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4 Attachement et système

affiliatif : les liens d’amitié

R. Dugravier

L’homme est destiné à nouer des liens avec son entourage ; c’est un animal
social et ceci depuis les premiers temps de son évolution. Très tôt, les êtres
humains se sont associés pour chasser et se sont rassemblés en petits groupes
sur un même territoire, ce qui avait comme vertu de leur donner plus de
chances de survie dans un monde hostile. Constituer des groupes sociaux
est donc une caractéristique commune à l’ensemble des êtres humains,
même si certains individus sont plus aptes que d’autres à instaurer des re-
lations sociales satisfaisantes. Le tempérament joue probablement un rôle
dans cette propension à nouer des liens, mais cette aptitude dépend aussi
de l’environnement dans lequel l’individu a grandi. C’est ce qu’Ainsworth
(1989) traduit par le fait que les relations des adultes avec leurs pairs reflè-
tent leur style d’attachement élaboré lors des premiers échanges avec les
parents. Donc, si les liens d’attachement sont bien distincts des liens affi-
liatifs, il est difficile d’envisager les liens sociaux sans considérer l’influence
des premières expériences d’attachement.

Les relations affiliatives, une curiosité très


précoce
Dans les années 1950, les scientifiques considèrent encore que les bébés ne
s’intéressent pas vraiment aux autres et que, dans le cadre d’éventuelles in-
teractions, ils ont plus tendance à traiter les individus comme des objets.
Nous savons maintenant, grâce aux études basées sur l’observation di-
recte des jeunes enfants que ceux-ci éprouvent très tôt (dès deux mois) une
curiosité pour leurs pairs qui s’exprime par l’intensité de leur éveil et leur ex-
citation en présence d’autres bébés, et par leur propension à imiter les com-
portements, les attitudes de leurs pairs (National Research Council, 2000).
En fait, dès 3 ans, les jeunes enfants sont capables d’entretenir des
échanges sociaux complexes avec d’autres enfants du même âge (Gottman,
1983 ; Rubin, 1973). Ce n’est pas seulement une question de compétence,
mais aussi le signe d’un intérêt croissant. Nous verrons qu’en grandissant,
les enfants en viennent consacrer de plus en plus de temps à leurs pairs
plutôt qu’à leurs parents.

L’attachement : approche théorique


© 2009, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
30 Grands concepts de la théorie de l’attachement

La notion de système motivationnel, concept


éthologique
Lorsque John Bowlby développe sa théorie, il prend soin de distinguer les
liens d’attachement des autres modes de liens sociaux. Il s’inspire pour cela
du concept de systèmes motivationnels développé par les éthologues. Un
système de motivation est inné, primaire, essentiel à la survie de l’espèce,
de qualité péremptoire, activable ou non. Ces différents systèmes sont acti-
vés et hiérarchisés selon les situations rencontrées (Fonagy, 2004). Bowlby
considère ainsi que le système attachemental est un système parmi d’autres,
particulièrement activé lors des situations de stress.
Les éthologues considèrent que le fait de nouer des liens sociaux est
une tâche adaptative, car cela favorisait la survie quand la recherche
de nourriture rendait l’association préférable. Mais appartenir à un
groupe permet aussi d’avoir l’occasion de jouer, de développer plus de
compétences dans les domaines de l’exploration, de la découverte, de
l’altruisme.
Toujours dans une considération évolutionniste, il faut néanmoins bien
considérer que le système d’attachement et le système affiliatif diffèrent
grandement. Ainsi, si le fait de s’attacher est caractéristique de la plupart des
espèces de primates et de certains mammifères, au contraire, les primates
ne sont, pour la plupart, pas très sociaux (Furman, 1999). D’ailleurs, les
humains recherchent la compagnie d’individus différents selon les circons-
tances et donc selon le système activé : les jeunes enfants se tournent vers
leur caregiver lorsqu’ils sont stressés, mais lorsqu’ils sont plus détendus, ils
préfèrent jouer avec leurs pairs, particulièrement s’ils les connaissent déjà
(Lewis et coll., 1975 ; Nash, 1988).

Des systèmes motivationnels distincts


mais étroitement liés
Rappelons que les liens d’attachement se caractérisent par la recherche de
proximité, le stress lors de la séparation, le havre de sécurité, la base de
sécurité (Zeifman et Hazan, 2008). Ces relations d’attachement, au moins
dans les premières années, sont fondamentalement asymétriques (le jeune
enfant recherche de la sécurité auprès de son caregiver sans en procurer en
échange), ce qui les distingue nettement des autres relations sociales qui
reposent davantage sur une réciprocité, une coopération et des échanges
mutuels. Deux amis sont dépendants l’un de l’autre et bénéficient souvent
d’actions effectuées en commun. Ces relations dites affiliatives sont aussi,
dans les premières années tout au moins, excitantes, stimulantes, ce qui
contraste avec les relations d’attachement qui ont pour but de favoriser un
sentiment de sécurité.
Attachement et système affiliatif : les liens d’amitié 31

Parmi les différents systèmes coexistants, le système affiliatif s’active


donc lorsque l’individu engage des relations avec ses pairs (à l’exclusion no-
table des relations amoureuses) et que ces relations concernent un individu
singulier, non interchangeable. Ces relations d’amitié reposent sur le bon
vouloir de chacun et, à ce titre, nécessitent une grande capacité de négo-
ciation pour être maintenues. Si ces conditions ne sont pas réunies, libre à
chacun de mettre fin à cette relation, ce qui n’est évidemment pas vrai des
liens d’attachement.
Mais, si le système attachemental et le système affiliatif sont donc bien
distincts, ils sont aussi intimement liés. En effet, on comprend bien que les
expériences précoces d’attachement vécues par l’enfant avec ses parents ont
une influence notable sur la capacité de celui-ci à nouer ultérieurement des
relations affectives avec les autres enfants du même âge.

Association entre qualité de l’attachement


précoce et relations avec les pairs
Sroufe considère que la qualité de l’attachement mère-enfant favorise des
relations sociales plus harmonieuses, une meilleure considération par les
pairs et moins de conflits avec eux (Berlin et coll., 2008).
Même si la recherche est encore balbutiante dans ce domaine, il existe
un certain nombre d’études effectuées de manière écologique et d’études
de laboratoire qui confirment l’existence d’un lien entre qualité de l’atta-
chement et relations avec les pairs, particulièrement en ce qui concerne les
liens d’amitié.
Que les données soient transversales ou longitudinales, les études confir-
ment que l’attachement sécure donne un avantage adaptatif en ce qui
concerne l’objectif de nouer des liens sociaux. Ainsi, les enfants sécures
répondent de manière plus appropriée à leur partenaire de jeu (Pierrehum-
bert et coll., 1989). Les enfants évalués comme sécures expérimentent aussi
à 4 ans plus d’échanges positifs avec leur meilleur ami et vivent moins
d’échanges négatifs à 6 ans (Booth et coll., 1998 ; Kerns, 1994). Par contre,
cela est moins vrai quand les enfants ont un attachement sécure avec leur
père (Youngblade et Belsky, 1992 ; Youngblade et coll., 1993).
La qualité de l’attachement influe donc bien sur la qualité des liens d’ami-
tié, comme cela est mis en évidence dans l’étude longitudinale du Minne-
sota (Elicker et coll., 1992 ; Sroufe et coll., 1999), où les enfants de 10 ans
évalués comme sécures à l’âge de 12 mois nouent préférentiellement des
liens amicaux avec des enfants eux-mêmes sécures.
Plus encore, dans l’étude longitudinale allemande, l’attachement mère-
enfant évalué à 12 mois prédit la capacité à établir des relations amicales
32 Grands concepts de la théorie de l’attachement

à 10 ans. Donc, le style d’attachement précoce influence non seulement la


qualité mais aussi la quantité des amitiés infantiles (Elicker et coll., 1992 ;
Lewis et Feiring, 1989).

Stratégies de minimalisation et de
maximisation (Main, 1990)
On peut comprendre aussi l’influence de la qualité de l’attachement sur les
relations avec les pairs à partir des stratégies relationnelles. Ces stratégies se
sont constituées en fonction de la sensibilité du caregiver aux besoins de son
enfant et elles affectent les relations de l’enfant avec ses pairs.
Les enfants ambivalents-résistants usent de stratégies de maximalisation
qui reflètent de façon exacerbée leur besoin de soin et d’attention, leur vul-
nérabilité et leur désir de trouver des amis. Cette attitude engendre souvent
en retour rejet et négligence de la part des pairs.
Les enfants évitants, quant à eux, peuvent se montrer hostiles, agressifs,
refusant les échanges positifs avec les pairs (Cassidy et Berlin, 1994 ; Sroufe
et coll., 2005). Ils usent alors de stratégies de minimalisation de l’attache-
ment ; ils se présentent comme indépendants, imbus d’eux-mêmes. Cette
attitude aussi occasionne du rejet ; ce sont des enfants qui s’aliènent fré-
quemment leurs pairs.
Ces considérations sont étayées par l’étude longitudinale auprès des 1060
participants du NICHD (Mc Elwain et coll., 2003) sur les liens entre attache-
ment mère-enfant précoce et amitié à 3 ans :
• les enfants évitants usent plus facilement de comportements agressifs
(tels qu’arracher un jouet) que les sécures ou les ambivalents ;
• Les amis des enfants désorganisés (en réponse au manque de stratégie
de ces enfants ?) sont plus péremptoires ou contrôlants que les amis des
enfants sécures ou insécures évitants et ambivalents.
Un certain nombre d’études reposant sur les auto-évaluations des enfants
concernant leurs relations avec leurs amis et leurs pairs étayent ces résultats.
Ainsi, deux recherches longitudinales du lien entre attachement et solitude
mettent en évidence une association entre le fait d’avoir un style d’atta-
chement ambivalent et un sentiment de solitude chez les enfants de 5 ans
(Berlin et coll., 1995 ; Raikes et Thompson, 2008).
Dans l’étude concernant les enfants allemands (Grossmann et Gross-
mann, 1991), à 10 ans, les enfants préalablement identifiés comme sécures
nommaient un certain nombre d’amis tandis que les enfants insécures (es-
sentiellement évitants, 83 %) arguaient avoir beaucoup d’amis sans pouvoir
les nommer. Ce décalage entre les allégations et l’absence de corroboration
de leurs dires ressemble au discours idéalisant de certains adultes considérés
Attachement et système affiliatif : les liens d’amitié 33

comme « dismissing » à l’Adult Attachment Interview. Ces adultes décrivent


leurs expériences en généralisations positives mais ne parviennent pas à
donner d’exemples spécifiques, et donnent même souvent des exemples
contradictoires, ce qui est considéré comme de l’exclusion défensive des
souvenirs douloureux (équivalent d’une stratégie de minimisation de l’atta-
chement). Ici aussi, affirmer avoir beaucoup d’amis sans pouvoir les nom-
mer semble être une stratégie d’exclusion défensive vis-à-vis du sentiment
de solitude (Berlin et coll., 2008).

Attachement précoce et relation dans l’enfance


avec les amis et les pairs : mécanismes de
médiation
Selon John Bowlby, ce sont les modèles internes opérants qui médiatisent
le lien entre attachement précoce et relations affectives ultérieures. Les don-
nées sont encore peu solides dans ce domaine.
Néanmoins, certaines études mettent en évidence une association entre
la qualité de l’attachement et les représentations de soi, des autres, et de
l’attachement en général (Booth et coll., 1998 ; Ziv et coll., 2004)
Dans une recherche menée auprès d’enfants de crèche et de maternelle,
les représentations qu’avaient les enfants de leurs relations avec leurs pairs
médiatisaient partiellement l’association entre l’attachement de l’enfant à
sa mère et les relations actuelles avec les pairs (Cassidy et coll., 1996).
Des résultats concordants sont retrouvés dans une étude transversale
auprès d’enfants de moins 6 ans pour lesquels le support social perçu était
un médiateur de l’association entre l’attachement mère-enfant (évalué à
l’AQS) et une mesure composite des compétences sociales de l’enfant in-
cluant les relations avec les pairs (Bost et coll., 1998).
L’étude du Minnesota (Carlson et coll., 2004) donne aussi des résultats
intéressants concernant l’association entre attachement mère-enfant et
« comportement social » à 4 et 12 ans, ainsi que le fonctionnement social
à l’adolescence. Ici, les expériences précoces de l’enfance prédisent signifi-
cativement les représentations infantiles de soi et des autres. Ces représen-
tations prédisent elles-mêmes les représentations ultérieures des relations
avec les pairs ainsi que le comportement social.
En plus des processus représentationnels, il est important de considérer
d’autres mécanismes possibles liant attachement précoce et relations affecti-
ves ultérieures. Comme décrit précédemment, les parents d’enfants sécures
peuvent faciliter les relations positives de leur enfant de diverses manières,
par exemple, en leur faisant profiter de plus d’expériences sociales (Cassidy
et Berlin, 1999). Des arguments dans ce sens peuvent être tirés de l’étude
34 Grands concepts de la théorie de l’attachement

de Lieberman (1977), dans laquelle il existe une association positive entre


attachement sécure et étendue des contacts des enfants avec leurs pairs.

Association entre attachement précoce, amitié


entre enfants et relations avec les pairs : une
spécificité croissante
Étant donné l’insistance de Bowlby concernant l’influence des liens d’at-
tachement sur les liens affectifs ultérieurs, Berlin et Cassidy (1999) se sont
intéressés à distinguer comment l’attachement influence plus fortement les
relations ayant une dimension affective que les relations sociales.
Une méta-analyse de 2001, à partir de 63 études traitant de l’attachement
parent-enfant et des relations avec les pairs dont l’amitié (Schneider et coll.,
2001), retrouve un effet modéré de l’attachement parent-enfant sur les re-
lations des enfants avec leurs pairs. Cette ampleur d’effet était significative-
ment plus forte si on distinguait les relations amicales des relations sociales.
Ainsi, les liens d’attachement précoce exercent une influence plus forte sur
les relations caractérisées par une dimension affective que sur celles qui en
sont dénuées. On retrouve des résultats similaires dans l’étude du Minne-
sota (Sroufe et coll., 2005) et l’étude du NICHD (National Institute of Child
Health and Human Development, 2006).

Étude du Minnesota
La sécurité de l’attachement mère-enfant est reliée de manière plus consis-
tante avec la qualité des amitiés dans l’enfance qu’avec les compétences
sociales évaluées par les enseignants (Sroufe et coll., 1999). On retrouve
aussi des associations significatives entre « soins précoces » (attachement
et parentalité) et amitié et sociabilité. Il est donc important de ne pas se
limiter à l’étude de l’attachement.

Étude du NICHD
Elle retrouve une association directe entre attachement mère-enfant et com-
pétences sociales de l’enfant (sociabilité, empathie, engagement prosocial)
évaluées par la mère à l’âge de 3 ans (Belsky et Fearon, 2002).
À 3 ans toujours, l’association entre attachement et compétences sociales
est modérée par une mesure composite du risque familial. En fait, quel que
soit le style d’attachement, lorsque le risque familial augmente, les compé-
tences sociales diminuent linéairement. Lorsque le risque familial est très
élevé, il n’y a pas de différence de compétence sociale, quel que soit le style
d’attachement.
Attachement et système affiliatif : les liens d’amitié 35

De plus, l’association à 3 ans entre attachement mère-enfant et compé-


tences sociales dépend de la sensibilité maternelle à 2 ans (idem).
En ce qui concerne l’amitié, c’est sensiblement différent. L’attachement
mère-enfant et la sensibilité maternelle potentialisent la prédiction quant à
la qualité de l’amitié ; et l’association significative entre attachement mère-
enfant et amitié persiste pour tous les styles d’attachement.
Avec l’âge, les effets principaux de l’attachement précoce sur les compé-
tences sociales persistent. Plus encore, entre 4 ans et demi et 6 ans, des argu-
ments en faveur de mesures intermédiaires de la qualité parentale (HOME
inventory, sensibilité maternelle) comme médiatrices émergent (NICHD,
2006) pour les enfants insécures :
• si la qualité parentale diminue, les troubles du comportement augmen-
tent ;
• si la qualité parentale augmente, les troubles du comportement dimi-
nuent.
Ces évolutions ne sont pas observées chez les enfants sécures. Ainsi, l’at-
tachement insécure serait malléable et ouvert au changement. L’attache-
ment sécure jouerait un rôle de facteur de protection au long cours.

Évolution des relations d’amitié,


des similitudes avec les relations d’attachement
Les premières relations amicales sont simples, reposent sur des comporte-
ments positifs réciproques.
Après 9 ans, c’est le concept de coopération qui prédomine dans la notion
d’amitié, en considérant que l’amitié repose sur le fait de considérer l’autre
comme son égal.
À l’adolescence, cela englobe la capacité non seulement à répondre aux
besoins de l’autre, mais aussi la capacité à être concerné par ses problèmes,
ses soucis. En nouant des liens d’amitié, les enfants n’apprennent pas
seulement à se tourner vers leurs pairs, mais aussi à écouter et à être
soutenants.
On constate aussi qu’avec l’âge, les enfants puis les adolescents sont de
plus en plus capables de développer des relations intimes avec leurs pairs
(Buhrmester et Furman, 1986 ; 1987 ; Buhrmester et Prager, 1995) et même
de se tourner de plus en plus fréquemment vers eux lorsqu’ils éprouvent
un besoin de réconfort (Steinberg et Silverberg, 1986). Ces comportements
s’apparentent à la recherche de proximité et au havre de sécurité précé-
demment incarnés par les parents. Un certain nombre de comportements
d’attachement semblent ainsi se rediriger vers les individus du même âge
au détriment des parents.
36 Grands concepts de la théorie de l’attachement

Une recherche (Zeifman et Hazan, 2008) a tenté d’étudier l’évolution de


ces comportements à partir d’entretiens menés auprès de 100 enfants et ado-
lescents âgés de 6 à 17 ans. Les différentes composantes de la relation d’at-
tachement sont ici prises en compte (recherche de proximité, havre de sécu-
rité, base de sécurité, stress lors de séparations), les enfants devant à chaque
fois nommer leur personne préférée pour la situation correspondante.

Recherche de proximité
Les enfants et les adolescents se tournent majoritairement vers leurs pairs ;
en d’autres termes, ils préfèrent consacrer du temps à leurs pairs plutôt qu’à
leurs parents.

Havre de sécurité
Ici, les auteurs observent une évolution dans les réponses des enfants entre
8 et 14 ans ; les pairs étant progressivement préférés aux parents comme
source de réconfort et de soutien émotionnel.

Base de sécurité, réaction au stress


Pour la majorité des enfants de l’échantillon, les parents sont encore leur base
de sécurité, c’est d’ailleurs à eux qu’ils s’adressent préférentiellement lorsqu’ils
sont confrontés à une situation stressante. Les auteurs observent néanmoins
que les adolescents les plus âgés en viennent aussi à choisir leur amoureux
plutôt que leurs parents (ce n’est pas vrai pour les relations d’amitié).
Les relations d’amitié reposent sur le bon vouloir de chacun et, à ce titre,
nécessitent une grande capacité de négociation pour être maintenues. Si ces
conditions ne sont pas réunies, libre à chacun de mettre fin à cette relation,
ce qui n’est évidemment pas vrai des liens d’attachement.

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