GED00001011
GED00001011
THÈSE
pour l’obtention du
par
Sylvia Piotin
Introduction 1
I Analyse 5
1 État de l'art 6
1.1 La modélisation de textile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 L'animation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Le rendu visuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Le tricot au sein du laboratoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.1 La modélisation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.2 Animation dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
[Link] Splines matérielles dynamiques . . . . . . . . . . . . . 12
[Link] Application au tricot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
[Link] Réduction de paramétrage . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.3 Visualisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
i
TABLE DES MATIÈRES
3 Le schéma de liage 33
3.1 Les conventions de représentation graphique des éléments de base d'un
tricot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.2 L'utilisation de la norme pour dénir les liages de base . . . . . . . . . 36
3.2.1 Les tricots à base jersey . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.2 Les tricots à base de côte 1 et 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2.3 Les tricots avec suppression de colonnes de mailles . . . . . . . 42
3.2.4 Les tricots à mailles chargées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.2.5 Le spacer 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
ii
TABLE DES MATIÈRES
3 L'application Tricot 3D 86
3.1 Architecture globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.2 L'interface Homme-Machine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.3 Implémentation et résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
Conclusion 97
Bibliographie 101
iii
Table des gures
iv
TABLE DES FIGURES
v
TABLE DES FIGURES
4.3 Topologie obtenue par les diérentes itérations du logiciel pour un même
liage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
vi
TABLE DES FIGURES
vii
viii
Introduction
1
À l'heure du tout numérique, l'industrie de la maille s'intéresse, elle aussi, aux opportu-
nités oertes par l'informatique graphique. Développer un outil de prototypage virtuel
orirait des avantages considérables. Cette avancée permettrait notamment d'examiner les
caractéristiques visuelles ainsi que le comportement mécanique d'un échantillon de tricot
sans être contraint de le manufacturer. L'impact nancier d'un tel outil serait considé-
rable puisqu'il contribuerait à libérer les métiers à tricoter monopolisés pour la confection
de prototypes ; cet aranchissement redistribuerait les ressources auparavant amputées à
l'activité de production.
Le 1er janvier 2005 l'accord multibres de 1975 prenait n. Cet accord allouait des
quotas aux pays en développement pour exporter vers les pays riches. Les exportations
chinoises de textiles vers l'Europe ont alors fortement augmenté. Le secteur du tricot eu-
ropéen pour l'habillement est durement frappé par cette concurrence. Ainsi, l'avenir du
tricot en France pourrait, selon les experts de l'industrie [SCM+ 07], résider dans les tricots
techniques. Les Textiles à Usages Techniques (TUT) sont des matériaux textiles répondant
à des exigences technico-qualitatives élevées (performances mécaniques, thermiques, élec-
troniques, durabilité, ...) leur conférant une aptitude à s'adapter à une fonction technique
et à son environnement.
Les tricots techniques apportent des solutions nouvelles pour les secteurs industriels
autres que l'habillement. Une des caractéristiques essentielles de cette industrie réside
dans l'innovation, et la recherche et le développement qu'elle nécessite pour répondre aux
contraintes imposées par les diérents utilisateurs. Même si les débouchés de ces tricots
particuliers sont multiples, trois segments applicatifs priment : l'industrie, le médical et le
transport. Ainsi, un intérêt supplémentaire représenté par un outil de prototypage virtuel
fournissant des modèles de tricot géométriquement et physiquement réalistes serait de
disposer d'un outil de simulation des caractéristiques physiques et mécaniques de l'étoe
telles que l'isolation thermique, l'imperméabilité ou encore la résistance à l'eort.
Cette thèse a été nancée par le conseil régional de Champagne-Ardenne dans le cadre
du projet C.A.O. Maille, en partenariat avec l'IFTH (Institut Français du Textile et de
l'Habillement) de Troyes. Il s'agit de la troisième thèse issue de cette collaboration née
en 1995 avec la thèse de Jean-Michel Nourrit [Nou99] et prolongée avec la thèse d'Olivier
2
Nocent [Noc01]. Centre technologique au service de l'industrie, l'IFTH ore un ensemble
de solutions pour la mise au point de nouveaux produits ou de nouveaux processus pour les
diérents marchés du textile à base de mailles que sont le transport, la santé, l'habillement
ou le bâti.
Les deux précédentes thèses ont permis de tester et de développer des algorithmes et
des modèles adaptés à la simulation des structures mailles en termes géométrique (trajec-
toire du l, entrelacement des mailles) et mécanique (comportement élastique, extension
et retour). Cette troisième thèse devait donc revêtir un caractère applicatif, ce qui en tant
qu'ingénieur m'intéressait, et permettre le développement d'un prototype logiciel de simu-
lation, destiné aux concepteurs de textiles tricotés. Cette modélisation 3D de la structure
doit être obtenue à partir de données métier (type de liage et caractéristiques textiles à
obtenir) usuelles pour les tricoteurs.
Dans une première partie, je vous présenterai d'abord les connaissances de base des
techniques de bonneterie nécessaires à la compréhension des mécanismes de formation
d'un tricot. Cette partie a pour but de fournir au lecteur les dénitions et notions essen-
tielles pour la compréhension de la suite du document ainsi qu'un aperçu de l'étendue
des possibilités de liages et par conséquent, de l'ampleur de la tâche à réaliser. Puis, les
connaissances plus pointues en matière de tricot n'étant pas formalisées, je vous décrirai
le besoin d'une extraction de savoir-faire chez nos partenaires de l'IFTH et comment nous
nous y sommes pris pour capter cette connaissance.
Puis, dans la deuxième partie, je décrirai notre logiciel de modélisation topologique de
tricot. Dans un premier temps je dénirai notre choix de modélisation d'une maille à l'aide
des points de contact de cette maille avec ses voisines. Les trajectoires des ls formant les
mailles sont représentées à l'aide de courbes splines. Ces premiers travaux ont fait l'objet
d'une première communication sans acte lors du GTAS 05 [CPNR05]. Ensuite, je décrirai
les règles de fonctionnement de notre moteur, grâce auxquelles il est possible de générer la
topologie d'un liage à partir de sa représentation graphique. Cela a également fait l'objet
d'une communication scientique internationale avec actes [CPNNR06]. Puis je fournirai
une description globale du logiciel : choix et enjeux, analyse, Interface Homme-Machine
et quelques résultats y seront présentés. Ce travail est également l'objet d'une publication
3
soumise à REFIG [CPNR08].
Enn, je conclurai ce mémoire en résumant les intérêts de ce travail et en présentant
les perspectives d'évolution, dont plusieurs ont déjà fait l'objet de développements partiels
et seront intégrées à moyen terme à notre logiciel.
4
Première partie
Analyse
5
Chapitre 1
État de l'art
Sommaire
1.1 La modélisation de textile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 L'animation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Le rendu visuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Le tricot au sein du laboratoire . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.1 La modélisation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.2 Animation dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4.3 Visualisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
6
1.1. LA MODÉLISATION DE TEXTILE
très restreinte conduit à une étoe quasi inextensible avec peu de déformations dans la
structure des ls. En revanche, les boucles imbriquées dans un tricot se déforment car le
l d'une maille glisse facilement au bénéce de sa (ses) voisine(s), ce qui conduit à une
surface plus extensible avec des disparités conséquentes au niveau de la structure même
des mailles. Le comportement à petite échelle des tricots est également important parce
que beaucoup de tricots sont constitués de ls plus épais que ceux utilisés pour le tissu, ce
qui signie que le l de structure est bien visible et doit se comporter correctement pour
des résultats réalistes.
Il est donc important de choisir la bonne granularité dans la modélisation et ainsi
de déterminer l'élément unitaire de notre modèle : serait-ce la maille, un groupe de mailles,
un l, l'étoe complète . . . ? Une des principales et premières démarches est de traiter
de manières indépendantes l'étoe et sa texture (aspect local) ce qui permet d'animer
ce tricot de manière relativement économique en temps de calcul. Il sut, en eet,
au moment de l'animation, de modier la forme de l'étoe puis d'appliquer la texture
pour améliorer le rendu visuel. Cependant, la complexité de l'élaboration de la texture
est l'inconvénient majeur de cette méthode. Le but de ma thèse étant de parvenir à un
outil de prototypage virtuel et ainsi de réduire la nécessité de fabriquer des prototypes, il
parait aberrant de chercher à numériser des étoes préalablement tricotées. Les recherches
de Gröller [GRS95], basées sur les textures volumiques [PH89] [Ney95], proposaient certes
un rendu de bonne qualité, mais un nombre très restreint de liages. Par ailleurs, il n'y a
pas de véritable lien entre les déformations des textures et les mailles qu'elles représentent.
Pour autant, cette démarche a le mérite d'être raisonnable en termes de temps de calcul.
Largement répandu dans la plupart des secteurs industriels, l'usage d'outils de concep-
tion assistée par ordinateur (C.A.O.) reste marginal dans les entreprises du secteur textile.
Ces outils font particulièrement défaut dans le domaine de la maille, en raison de la com-
plexité du processus de tricotage et de la puissance de calcul jusqu'alors insusante des
ordinateurs. Il n'existe actuellement aucune solution complète de C.A.O. adaptée aux
structures tricotées. Une avancée importante en matière de modélisation, est celle de
Meiÿner et Eberhardt [ME98]. Leur approche consiste à réaliser une modélisation topo-
logique du tricot : la position et la forme des mailles sont déterminées à partir d'une
7
ÉTAT DE L'ART
description métier (utilisée par les métiers à tricoter de marque STOLL). Ils eectuent
ensuite un ranement de la topologie à l'aide de méthodes d'animation de systèmes de
particules pour donner un aspect réaliste au tricot. Ce travail reste cependant limité à des
tricots à topologie simple, sans charge (doublement des boucles, pour la côte perlée par
exemple) ne tenant pas compte des caractéristiques mécaniques des ls, ni des paramètres
fondamentaux du tricotage tels que la jauge (nombre d'aiguilles par unité de longueur),
la L.F.A. (longueur de l absorbée pour une maille, qui détermine avec l'épaisseur du l,
la densité linéique en relation avec la densité de la matière et en particulier son volume
apparent). Par ailleurs, les modèles qu'ils génèrent ne sont pas tridimensionnels et sont
utilisés pour des représentations schématiques limitées au seul contrôle d'erreur par le
tricoteur. D'autre part, le rendu visuel des tricots obtenus reste relativement sommaire.
1.2 L'animation
L'approche principalement utilisée dans la communauté de l'informatique graphique,
est de traiter les tissus comme des surfaces sans épaisseur, élastiques, linéaires et isotropes.
Le textile est représenté dans les modèles physiques par une grille de points massiques et
la position de ces points dans l'espace est calculée en fonction des contraintes appliquées
au textile. On peut distinguer deux types de méthodes : les méthodes visant à minimiser
l'énergie du système [Fey86] [BDP92] [BDM94] et les méthodes générant les équations
diérentielles décrivant le mouvement à l'aide des forces appliquées aux points du sys-
tème [TDK87]. Pour résoudre les équations du mouvement du système physique Bara
et Witkin [BW98] utilisent une méthode d'intégration d'Euler implicite. Des extensions
de ces modèles ont mis l'accent sur l'accélération du temps de calcul, en proposant une
méthode d'intégration implicite déduite de la méthode du point milieu pour résoudre les
équations du mouvement d'un système masses-ressorts [VT00], la révision des modèles
de pliage [BRR03], ou la stabilité de traitement des collisions [BRJ02]. [Pro95] a intro-
duit une limite d'étirement de l'étoe en utilisant un processus itératif limitant les eorts
d'étirement.
Certains ont utilisé les modèles à base de particules plutôt que le classique modèle
8
1.3. LE RENDU VISUEL
masses-ressorts [VT00] [BW98]. Ce dernier a l'avantage que les particules soient libres
d'interagir avec toutes les autres particules, alors que dans le modèle masses-ressorts une
particule ne peut interagir qu'avec ses voisines au sein d'un réseau structuré. Cepen-
dant dans la pratique, devant le grand nombre de particules et l'importante combinatoire
qui en découle, on utilise également une notion de voisinage pour calculer les interac-
tions. Dans leurs travaux, Breen et ses collaborateurs [BDP92] exploitent cette exibilité
du modèle pour simuler le drapé d'un tissu. L'énergie potentielle du système est compo-
sée d'une énergie de répulsion pour parer le chevauchement de matière et d'énergie de
cohésion pour résister à la traction, à la exion et au cisaillement. Dans [BDM94], ils
améliorent leur travail en se servant des données expérimentales issues des tests de Ka-
wabata [Kaw80]. Eberhardt [EWS96] propose un modèle dynamique de tissu à base de
particules en s'inspirant également des mesures expérimentales de Kawabata.
Comme nous l'avons déjà précisé auparavant, en raison de leur complexité comparée
aux étoes tissées, les tricots ne sont pas tant étudiés. Eberhardt et son équipe [EMS00]
modélisent le tricot comme une surface continue soumise à des forces de courbure tirées des
mesures expérimentales de Kawabata. Les récents travaux de Kaldor [KJS08], proposent
un nouveau modèle de simulation de textiles tricotés. Chaque l est considéré comme
inextensible, et est modélisé par une courbe B-spline exible. Kaldor propose une méthode
d'intégration hybride à la fois implicite et explicite, avec des contraintes d'inextensibilité
imposées aux ls en utilisant des projections ecaces. Cette simulation permet d'obtenir
une modélisation réaliste de l'état relâché de l'étoe à partir de son état étiré. Cependant,
on ne sait pas comment est obtenu cet état de départ et seulement les liages les plus
simples (sans charge par exemple) peuvent être modélisés.
9
ÉTAT DE L'ART
spéculaire et réexion interne, notamment) dans le modèle d'éclairement. Ils ont ainsi
autorisé un plus grand réalisme dans la simulation des interactions entre la lumière et la
matière, en utilisant des paramètres issus de mesures photométriques eectuées sur des
échantillons réels.
Par ailleurs d'autres recherches plus récentes [XCL+ 01] sur la visualisation des tricots,
issues de la méthode des lumigraphes, introduisent des limitations, concernant notamment
le modèle d'éclairement (qui exprime les interactions entre la lumière et la matière) réduit
à sa composante diuse pour des raisons de volume de données.
10
1.4. LE TRICOT AU SEIN DU LABORATOIRE
4 6
3 7
2 8
0 10
1 9
La maille ainsi modélisée possédait des propriétés géométriques très intéressantes, que
l'on peut observer sur la gure 1.1 : le segment compris entre les points 3 et 5 est le
symétrique du segment entre les points 1 et 3 par rapport au point 3. De même, on peut
remarquer que le segment compris entre les points 5 et 9 est le symétrique du segment 1−5
par rapport à l'axe vertical de la maille passant par le point 5. Ces boucles standard , en
fonction du liage, pouvaient être déformées par une méthode de type Free Form Defor-
mation : les déformations de la boîte englobante de la maille induisant les déplacements
de ses points de contrôle et donc les déformations de la maille [SP86] [Vin92].
11
ÉTAT DE L'ART
À l'issue de la modélisation géométrique, les ls étaient donc déjà modélisés par des
courbes splines dont les points de contrôle allaient être rendus mobiles, conférant ainsi une
déformabilité temporelle aux ls. L'animation des ls était alors obtenue en animant les
points de contrôle. L'originalité de la méthode développée alors était de ne pas considé-
rer les points de contrôle comme des particules massiques discrétisant les ls mais plutôt
comme des degrés de liberté d'un système mécanique continu. L'évolution de ce système
mécanique à nombre ni de degrés de liberté était obtenue en utilisant les équations de
Lagrange [RNG99] [RNN00]. Conformément au formalisme lagrangien, le modèle initial
de courbe spline (modèle géométrique du l) était enrichi en lui conférant une réparti-
tion massique continue. Les degrés de liberté d'une courbe spline matérielle étaient les
coordonnées 3D de ses points de contrôle [RNN00].
Pour la réussite de l'animation du tricot, il fallait déterminer les contacts entre les ls.
Jean-Michel Nourrit [Nou99] proposa alors une modélisation des contacts par contraintes
gérées par la méthode des multiplicateurs de Lagrange permettant ainsi l'application de
l'eort réellement nécessaire pour maintenir la contrainte réalisée quelles que soient les
sollicitations du système. Il était de plus préférable de proposer uniquement des contraintes
linéaires à coecients constants en fonction des degrés de liberté du système de manière
à conserver la constance temporelle de la matrice du système mécanique. De ce fait, si
instinctivement ils étaient tentés d'utiliser des contraintes de distance, cela était impossible
dans ce contexte. C'est pourquoi une autre modélisation des contacts a été choisie.
Partant du constat que les points de contacts correspondaient systématiquement (dans
la modélisation géométrique de repos ) aux points de contrôle, Jean-Michel Nourrit
avait supposé que les ls ne glissaient pas l'un sur l'autre et donc qu'ils restaient en
contact au niveau de ces points de contact tout au long de l'animation. Cette observation
faite, on créait deux triangles formés respectivement par le point de contrôle impliqué dans
le contact avec son antécédent et son suivant sur le l correspondant. Jean-Michel Nourrit
12
1.4. LE TRICOT AU SEIN DU LABORATOIRE
assurait le contact entre les ls en obligeant chacun des deux points de contrôle impliqués
dans un contact à rester en des coordonnées barycentriques constantes dans le triangle
formé par son homologue dans le contact. De manière plus explicite, si on observe la gure
A2 A1
B2
B1
C1
C2
Fig. I.1.2 Modélisation des contraintes barycentriques pour assurer le contact entre les
ls
1.2, B1 (respectivement B2) devait rester en même position barycentrique dans le triangle
A2B2C2 (respectivement A1B1C1) durant toute l'animation. Cette contrainte holonome
permettait ainsi à B1 et B2 de conserver les mêmes coordonnées barycentriques dans les
triangles A1B1C1 et A2B2C2. Cependant, ces contraintes ne susaient pas à assurer des
contacts réalistes. Elles laissaient en eet aux plans osculateurs AiBiCi des axes des deux
ls la possibilité de se croiser ; dans ce cas les ls s'interpénétraient et leur orientation
relative s'inversait. Pour maintenir ces plans approximativement perpendiculaires, Jean-
Michel Nourrit ajoutait quatre ressorts de compression non linéaires entre les sommets
extérieurs des 2 triangles comme le montre la gure 1.3. Assurer le maintien d'un point
de contact entre deux ls nécessite donc l'ajout de quatre ressorts et de deux contraintes
de coordonnées.
En fait, le paramétrage d'un morceau d'étoe est donné par les positions des points
de contrôle de chaque l qui le constitue. Comme nous l'avons vu précédemment, les
13
ÉTAT DE L'ART
A2 A1
B2
B1
C2 C1
contraintes de contact entre les ls choisies par Jean-Michel Nourrit assuraient la struc-
ture des boucles. Ces contraintes réduisaient le nombre de degrés de liberté de la pièce
d'étoe mais augmentaient de manière très importante le nombre d'inconnues du système,
ajoutant de nouvelles inconnues dues aux multiplicateurs de Lagrange. La taille déjà im-
portante du système d'équations à résoudre augmentait considérablement du fait de ces
contraintes. Par conséquent, considérant ce grand nombre d'inconnues intervenant dans la
résolution du système comme des eorts réduisant l'ensemble des congurations possibles
plutôt que comme de nouveaux degrés de liberté du tricot, une réduction de paramétrage
était tout à fait adaptée à la situation.
Pour la réduction du paramétrage, Olivier Nocent [Noc01] avait choisi d'utiliser un
volume paramétrique englobant l'ensemble des mailles de l'étoe. En eet, comme nous
l'avons déjà mentionné, l'épaisseur du tricot ne peut être négligée. Mais puisque cette
épaisseur est petite vis-à-vis de la longueur et de la largeur d'un échantillon d'étoe, il
a opté pour un volume dont la variation paramétrique en épaisseur est linéaire plutôt
qu'un volume spline dans les trois directions. Ainsi, grâce à une hypothèse simplicatrice
mais toujours dans le souci de conserver un comportement macroscopique le plus réaliste
possible, un mécanisme de niveau de détail était mis en place en vue de se rapprocher du
nombre véritable de degrés de liberté de l'étoe.
Cette approche a permis de restreindre notablement le nombre d'inconnues du système
mécanique. De plus, une réduction de paramétrage judicieusement choisie autorisait la
14
1.4. LE TRICOT AU SEIN DU LABORATOIRE
1.4.3 Visualisation
Jean-Michel Nourrit avait à sa disposition, nous avons déjà évoqué ce point plusieurs
fois, les points de contrôle de la trajectoire des ls. Il considérait donc la surface d'un l
comme un cylindre généralisé déni par la courbe spline correspondante car il souhaitait
aborder le rendu de mailles de manière semblable à celle qu'il avait utilisée pour animer
un tricot. Il avait donc choisi une technique de lancer de rayons [Whi80], en accord avec la
modélisation des ls comme objets linéiques. Cet algorithme était en eet le mieux adapté
à la visualisation de cylindres généralisés [Bin71]. Par ailleurs, il permettait d'obtenir des
images réalistes dans des temps de calcul acceptables, et restait susamment général pour
permettre d'intégrer à la scène des objets non textiles.
1.4.4 Conclusion
Ainsi, lors de sa thèse, Jean-Michel Nourrit [Nou99] a mis en place un modèle infogra-
phique de tricot capable de mettre en évidence les particularités de ce type de textile. Il
avait, pour cela, introduit un modèle de l déni à partir de courbes splines matérielles
dynamiques. De plus, au cours de sa thèse, Olivier Nocent [Noc01] a notamment utilisé
le modèle des variétés splines pour mettre en ÷uvre une méthode de réduction de pa-
ramétrage an d'accroître les performances de production d'animations dynamiques de
textiles tricotés. Cette réduction de paramétrage s'inscrivait dans un soucis de diminuer
considérablement la taille du système tout en continuant de manipuler un modèle continu.
Nous disposons donc d'un modèle géométrique et mécanique explicite, fondé sur une étude
approfondie des mailles et des techniques de fabrication de l'industrie textile.
Ce modèle est cependant basé sur un état de repos dont le calcul présente des défauts :
Certains types de liages ne sont pas pris en compte (entre autres les charges).
L'obtention de cet état de repos n'est pas basée sur le type de données utilisé dans
l'industrie pour commander les métiers.
Le calcul de cet état de repos est plus phénoménologique que réellement simulé (les
15
ÉTAT DE L'ART
phénomènes de relaxation à l'issue du tricotage ne sont pas simulés, les boucles ont
une géométrie pour partie issue de l'observation empirique).
Le but de cette nouvelle thèse est donc de travailler à l'obtention d'un état de repos
conforme à partir de données métiers décrivant toutes sortes de liages.
16
Chapitre 2
Sommaire
2.1 L'industrie de la maille : la bonneterie . . . . . . . . . . . 17
2.2 Fabrication industrielle des tricots . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Les ls . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
17
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
créés qu'entre 1860 et 1900. L'aiguille à clapet, qui est utilisée sur la plupart des machines
modernes, fût inventée en 1853. Elle permit, en 1866, la construction du premier métier
rectiligne appelé tricoteuse LAMB du nom de son inventeur américain, bien qu'il fût re-
connu en 1867, lors de l'Exposition Universelle de Paris, qu'une machine très similaire fut
créée, la même année, par un français nommé E. Buxtorf.
Depuis sa création, la tricoteuse n'a cessé d'évoluer : la machine actuelle, entièrement
automatique, ore de très grandes possibilités de tricotage. Une évolution s'est alors im-
posée à nous, informaticiens : et si nous rendions possible le prototypage virtuel an de
rendre notre industrie plus concurrentielle et de permettre aux bonnetiers de tester in
virtuo de nouveaux tricots. En eet, le prototypage virtuel pourrait accélérer la concep-
tualisation de nouveaux modèles, il permettrait aussi de se passer de la fabrication de
certains prototypes réels, ce qui aurait le double mérite d'économiser les coûts de pro-
duction impliqués tout en libérant les machines de productions réquisitionnées par ces
prototypages.
Si l'opération de tissage consiste à entrelacer deux ensembles de ls, appelés la chaîne
et la trame, disposés de façon rectiligne et se croisant à angle droit (gure 2.1(a)), le
tricotage permet l'obtention d'une étoe en recourbant un seul l de façon à former des
boucles, appelées mailles, qui s'entrelacent entre elles (gure 2.1(b)). L'examen des deux
gures citées permet de bien appréhender la diérence essentielle entre le tissu et le tricot :
la disposition rectiligne des ls dans un tissu ne permet l'obtention d'une étoe extensible
que si les ls eux-mêmes sont extensibles. Par contre, dans un tricot, les mailles peuvent
18
2.2. FABRICATION INDUSTRIELLE DES TRICOTS
se déformer même si les ls sont inextensibles. De plus, les diérentes combinaisons de
liages peuvent conférer au tricot de l'épaisseur ce qui n'est pas le cas du tissu pour lequel
il n'y a aucune variation dans l'entrelacement des ls. C'est sans doute la raison pour
laquelle les premiers articles tricotés ont été des pièces vestimentaires qui exigent une
adaptation étroite de l'étoe aux formes du corps qu'elle recouvre (bas, bonnet, sous-
vêtements. . . ). Cette aptitude à la déformation explique le développement considérable
du champ d'application de la maille dans d'autres domaines que celui de l'habillement,
tels que le milieu médical ou celui de la construction automobile par exemple.
Une maille, ou une boucle (nous emploierons indiéremment les deux termes par la
suite) est constituée d'une longueur de l dont la disposition est représentée gure 2.2 et
peut être divisée en trois parties : la tête (partie centrale), les jambes (parties latérales)
et les pieds (extrémités).
Tête
Jambes
Pieds
19
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
Le tricot le plus simple est le jersey : sur une de ses faces, on n'aperçoit que des mailles
endroit, tandis que l'autre face ne présente que des mailles envers.
Maille endroit : une maille dont les jambes sont au premier plan.
Maille envers : une maille dont la tête et les pieds sont au premier plan.
Colonne de mailles : ensemble de mailles entrelacées verticalement les unes au
dessus des autres (et les unes dans les autres).
Rangée de mailles : ensemble de mailles juxtaposées horizontalement les unes à
côté des autres, dans la continuité du l.
Les tricots produits par les métiers à tricoter industriels comportent au plus autant
de colonnes de mailles que le métier compte d'aiguilles. Ces aiguilles, dites aiguilles
à clapet , sont terminées par un crochet (le bec ) et disposent d'un clapet dont la
rotation permet de fermer le bec ou de l'ouvrir (gure 2.4). L'autre extrémité du corps
d'aiguille est munie d'un talon qui permettra, grâce à des cames ( chariot ), d'imposer
à l'aiguille les diérents mouvements nécessaires à la formation de la maille.
20
2.2. FABRICATION INDUSTRIELLE DES TRICOTS
Clapet
Bec
Talon
La gure 2.5 détaille les diérentes étapes de la formation d'une maille sur une aiguille
à clapet :
1. L'aiguille est dans sa position la plus basse ; on vient d'abattre une maille. L'aiguille
retient une colonne de mailles qui restera toujours plus ou moins dans le même plan
vertical. La dernière maille de cette colonne prise dans le bec est appelée ancienne
maille.
2. L'aiguille monte ; l'ancienne maille restant quasi-immobile ouvre le clapet et tombe
sur la tige de l'aiguille, puis l'aiguille atteint sa position d'ascension complète.
3. L'aiguille amorce sa descente ou mouvement de chute, le nouveau l est saisi, on
appelle cette étape le cueillage .
4. L'aiguille continue de descendre, l'ancienne maille ferme le clapet et passe par-
dessus ; sa chute du haut de l'aiguille provoque son abattage lorsqu'elle vient
tomber sur les pieds de la boucle nouvellement formée.
5. L'aiguille redescend jusqu'en son point le plus bas, ce qui provoque la formation de
la nouvelle maille.
La formation de la maille que nous venons de décrire conrme que l'aiguille à clapet
a grandement contribué à la mécanisation du tricotage. Toutefois, le tricotage sur une
aiguille n'aurait pas permis cette mécanisation. L'idée de base repose alors sur l'utilisation
d'un ensemble d'aiguilles disposées côte à côte.
Pour réaliser un tricot jersey de n colonnes, il sut donc de disposer n aiguilles dans le
plan les unes à côté des autres, parallèles entre elles et à égale distance les unes des autres.
21
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
1 2 3 4 5
Chaque aiguille devra être mobile pour recevoir les mouvements d'ascension et de chute
nécessaires à la formation de la maille. Sur un métier rectiligne, les aiguilles eectuent leur
Aiguilles Chariot
Aiguille
Fonture
(a) Métier Rectiligne à une fonture (b) Métier Rectiligne à deux fontures
Chariot
mouvement à tour de rôle grâce à un chariot (sorte de came en translation) qui se déplace
dans le sens de leur support ( fonture ) en les actionnant une à une (gure 2.6(a)).
Les aiguilles sont alimentées en l au moyen d'un guide-l qui parcourt les fontures
en même temps que le chariot qui l'entraîne (gure 2.7). Les métiers à tricoter industriels
disposent en fait de deux jeux d'aiguilles (gures 2.6(b) et 2.8). Sur un tel métier, on peut
faire fonctionner alternativement une aiguille d'une fonture et l'aiguille correspondante de
l'autre fonture, permettant ainsi de faire coexister sur une rangée (ligne de mailles) à la
fois des mailles endroit et des mailles envers, ce qui serait impossible sur un métier doté
d'une seule fonture.
Si les aiguilles sont placées en opposition pour qu'une aiguille dont le talon est tourné
22
2.2. FABRICATION INDUSTRIELLE DES TRICOTS
Fig. I.2.8 Vue du dessus d'un métier à tricoter rectiligne à 2 fontures où l'on a tricoté
uniquement sur la fonture arrière
vers l'observateur succède à une aiguille dont le talon lui est opposé , la rangée de mailles
formée est constituée alternativement de mailles endroit et de mailles envers.
23
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
La formation de la charge fait appel à deux passages du chariot (gure 2.10). La maille
24
2.2. FABRICATION INDUSTRIELLE DES TRICOTS
chargée est obtenue par ascension incomplète de l'aiguille (la maille dans le bec ouvre le
clapet sans le dépasser) lors du premier passage du chariot selon les étapes suivantes
illustrées sur la gure 2.11 :
1. L'aiguille est en position basse et retient une maille dans son bec.
2. L'aiguille eectue son mouvement d'ascension que l'on arrête alors que l'ancienne
maille repose encore sur le clapet de l'aiguille. C'est une demi ascension .
3. L'aiguille amorce son mouvement de chute, cueille le l puis descend jusqu'à son
point le plus bas, retenant dans son bec l'ancienne maille et le l cueilli qui constitue
la charge.
4. L'aiguille monte en ascension complète, l'ancienne maille et la charge tombent sur
le corps de l'aiguille.
5. Le mouvement de chute s'eectue, l'aiguille cueille une boucle de l qui devient la
nouvelle maille ; l'abattage simultané de l'ancienne maille et de la charge s'eectue
sur cette nouvelle maille.
1 2 3 4 5
La gure 2.12 montre ici l'insertion d'une charge dans un tricot jersey.
Il existe également un procédé appelé le tramage qui complète les possibilités déjà
étendues de conception de tricots. Sans approfondir son étude, ce procédé mérite d'être
signalé car il peut conférer au tricot une qualité nouvelle et/ou un aspect particulier.
Cette opération consiste à insérer un l dans un tricot suivant le sens des rangées sans
25
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
que ce l ne fasse partie d'aucune maille (gure 2.13). Le l est donc rectiligne et de ses
qualités dépendent les caractéristiques du tricot. Un l de trame élastique améliorera la
reprise élastique du tricot ; par contre, un l de trame peu extensible rendra le tricot peu
déformable dans le sens des rangées. Une rangée tramée est bien constituée de deux
ls : un l de fond formant les mailles et un l de trame coincé au milieu des colonnes
de mailles.
Comme nous l'avons vu précédemment, pour former leurs mailles, les aiguilles sont po-
26
2.2. FABRICATION INDUSTRIELLE DES TRICOTS
sitionnées et guidées dans des rainures fraisées dans une plaque métallique appelée fonture.
La formation de la maille nécessite les mouvements d'ascension et de chute de l'aiguille.
La fonture étant xe, les aiguilles ont chacune la possibilité de monter et descendre dans
Came 2
Came Came 1
Aiguilles Aiguilles
leur rainure grâce à l'action de la came. Cette dernière est en forme de triangle, pointe
dirigée vers le haut, disposée de telle manière que sa base se trouve juste au dessous du
niveau des talons d'aiguilles (gure 2.14(a)). Par exemple, sur la gure 2.14(a), la came
se déplace de gauche à droite, elle attaque les talons des aiguilles d'où l'obtention du
mouvement d'ascension.
En observant ce principe de fonctionnement, il apparait clairement la nécessité d'une
came de chute pour déclencher la chute des aiguilles une fois qu'elles ont atteint le sommet
de la came (gure 2.14(b)). Au terme de son mouvement d'ascension le long de la came
1, une aiguille est saisie au niveau du talon par la came de chute 2 qui l'oblige donc à
redescendre. Lorsque l'on aura tricoté dans le sens gauche-droite comme sur les gures
2.14(a) et 2.14(b), il faudra revenir en sens inverse. Le plan des cames doit donc être
conçu de telle façon que l'on puisse indiéremment tricoter dans un sens ou dans l'autre.
On adjoindra alors au système une came de chute supplémentaire symétrique de celle
déjà existante par rapport à la came d'ascension (gure 2.15). Ces trois plaques sont
portées par une plaque à cames, elle-même solidaire du chariot. La position en hauteur
de la came de chute par rapport à l'aiguille déterminera la grandeur (hauteur ou serre)
de maille. Autrement dit, si la came de chute est réglée bas, les boucles de mailles seront
longues, au contraire si elle est réglée haut, les boucles seront courtes.
27
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
Came 2 Came 3
Came 1
Aiguilles
Came 2 Came 3
II I
Came 1
28
2.2. FABRICATION INDUSTRIELLE DES TRICOTS
demi-ascension des aiguilles. Au cours du deuxième passage du chariot dans l'autre sens
(sens II ), la came 1 a repris sa position convenable pour eectuer un cycle normal de
formation de la maille.
La distance entre deux aiguilles voisines détermine la jauge de la fonture. La jauge
anglaise, qui est la plus fréquemment utilisée par les industriels, exprime le nombre d'ai-
guilles contenu sur un pouce anglais (soit 25, 4mm). Il existe un ensemble de lois et règles
qui permettent de préciser la dimension des mailles pour les tricots de base et en premier
lieu le jersey. Elles ont été initialement élaborées par Doyle et Munden ([Doy53], [Mun59])
qui ont mis en évidence des relations entre le nombre de colonnes et de rangées de mailles
au centimètre et la longueur de l constituant une maille. Ces relations sont les suivantes :
K1 K2 K1K2 K
C= R= et CR = N = 2
= 2
l l l l
où :
29
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
avec diculté sur le corps de l'aiguille ou de rester sur le clapet ouvert (ce phénomène
est dû aux forces de frottement agissant entre aiguille et l). En conséquence, il pourrait
en résulter une remontée du tricot lors de l'ascension. De plus, au moment de la chute
des aiguilles, si les mailles étaient lâches, elles risqueraient de ne pas fermer le clapet ou
d'être mal abattues ou encore d'être reprises par le bec des aiguilles. Le tirage a donc pour
but d'exercer une tension sur les mailles tenues par les aiguilles pour assurer un abattage
correct de l'ancienne maille sur la nouvelle et pour obvier aux inconvénients que nous
venons d'énumérer.
Il est important de préciser que les métiers à tricoter ne sont pas toujours rectilignes,
mais peuvent être également circulaires. L'étude du tricotage sur les métiers circulaires
est facilitée par l'initiation sur métier rectiligne. En eet, les métiers rectilignes ont pra-
tiquement tous leur équivalent en métier circulaire. Les aiguilles sont disposées sur des
fontures circulaires. Ils produisent des tricots en forme de tubes, qui pourront ensuite être
coupés-cousus pour en faire les articles souhaités. Au métier rectiligne simple fon-
ture, correspond le métier circulaire simple cylindre, tandis qu'au métier rectiligne deux
fontures correspond le métier circulaire deux fontures, calage côte (aiguilles disposées en
quinconce) ou interlock (aiguilles face à face). L'une des fontures est identique à celle
d'un métier simple fonture et porte également le nom de cylindre, l'autre fonture lui est
orthogonale et porte le nom de plateau (2.17).
30
2.3. LES FILS
Plateau
Rainures accueillant
les aiguilles du
plateau
Rainures accueillant
les aiguilles de cette
fonture
Cylindre
Les bres synthétiques (polyamides, polyester,. . . ) sont fabriquées totalement par voie
chimique à partir de dérivés du charbon ou du pétrole.
La désignation des ls est contenue dans la norme NF G 01.003. Il est important de
distinguer avec quel type de l on tricote, car ils ont des caractéristiques mécaniques très
diérentes. Voici les principaux ls utilisés :
31
TECHNIQUES INDUSTRIELLES DE TRICOTAGE
Le l texture : l continu, avec ou sans élasticité, avec ou sans torsion, dont l'aspect
gonant résulte d'une ondulation ou frisure des laments élémentaires.
Le l fantaisie : l qui a été fabriqué délibérément pour qu'il dière de façon signi-
cative, par son aspect, d'un l classique.
L'industrie textile dispose donc d'un grand nombre de ls diérents, utilisés pour des
confections très variées. Pour obtenir cette variété de l, les lateurs peuvent jouer sur de
nombreux paramètres tels que :
La matière première utilisée (coton, laine, nylon,. . . )
L'importance de la torsion
Le type de l utilisé (ls retors, guipés, fantaisie,. . . )
Le mélange de ls de couleurs et de compositions diérentes
La dimension du l
Les traitements additionnels appliqués au l
Pour caractériser l'épaisseur (ou titre) du l (qui est une donnée importante puisqu'elle
va jouer notamment sur le type d'aiguilles que l'on pourra employer), il existe plusieurs
conventions de mesure dont les deux principales sont :
Le numéro métrique (NM) : longueur en kilomètres d'un kilogramme de l.
Le tex (recommandé par l'AFNOR) : poids en grammes d'un kilomètre de l (le
titre d'un l de n N M sera de 1000
n
tex ).
La résistance d'un matériau correspond à la force que l'on doit exercer sur celui-ci
pour le rompre et s'exprime en gramme force. Mais la résistance d'un l ne permet pas
toujours de juger de sa solidité par rapport à d'autres ls puisque la grosseur ou titre du
l intervient. Aussi il est plus intéressant de calculer la ténacité du l qui correspond
à la résistance par unité de titre.
résistance en gf
Ténacité en gf /tex =
titre en tex
32
Chapitre 3
Le schéma de liage
Sommaire
3.1 Les conventions de représentation graphique des éléments
de base d'un tricot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.2 L'utilisation de la norme pour dénir les liages de base . 36
3.2.1 Les tricots à base jersey . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.2 Les tricots à base de côte 1 et 1 . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2.3 Les tricots avec suppression de colonnes de mailles . . . . . 42
3.2.4 Les tricots à mailles chargées . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.2.5 Le spacer 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
33
LE SCHÉMA DE LIAGE
et une aiguille de la fonture arrière. Pour un observateur placé devant la machine, A est
une maille endroit, tandis que B est une maille envers.
Rangées
antérieures
Observateur
De la même manière, la gure 3.2, illustre l'apparition d'une boucle de charge sur une
maille endroit (C ) et d'une boucle de charge sur une maille envers (D).
Observateur
Fig. I.3.2 Représentation schématique des boucles de charges lors de leur formation
Les mailles endroit et envers sont représentées par les symboles A et B de la gure
3.3. Les symboles C et D correspondent aux boucles de charge endroit et envers. Un
34
3.1. LES CONVENTIONS DE REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES ÉLÉMENTS
DE BASE D'UN TRICOT
point représente une colonne de mailles. Les aiguilles inactives sont indiquées par des
croix, comme l'illustre le symbole E . Ces symboles sont normalisés et décrits dans la
norme française NF. G. 00.025 intitulée Mode de représentation graphique du liage des
ls dans un tricot à mailles cueillies . Les professionnels de la maille appellent cette
représentation le langage vermicelle .
A B C D E
Fig. I.3.4 Représentation du papier utilisé pour représenter les liages en calage côte ou
interlock
35
LE SCHÉMA DE LIAGE
disposées ou non en quinquonce pour schématiser les tricots de base jersey ou côte (3.4).
Le vocabulaire utilisé pour désigner les modes de liage des ls dans un tricot (comme
par exemple, le jersey, le point de rome, la côte 1 et 1 . . . ) fait également l'objet d'une
norme française référencée N.F. G.00.028.
36
3.2. L'UTILISATION DE LA NORME POUR DÉFINIR LES LIAGES DE BASE
En a, le jersey est vu sur l'endroit (tricotage sur la fonture avant) tandis qu'en b il est vu
sur l'envers (fonture arrière). Si on examine ce tricot (gure 3.6), nous remarquons qu'en
tirant le début ou la n du l, les mailles se détricotent. Le jersey est donc démaillable
dans les deux sens. Une autre caractéristique de ce tricot est son aptitude à se rouler. Il
s'enroule sur l'endroit dans le sens colonnes et sur l'envers dans le sens rangées.
Sur le tricot vu en coupe suivant le sens colonnes (gure 3.7), les pieds de la maille M
sont disposés au dos de la maille M 1 tricotée auparavant. La tête de la maille est disposée
au dos de la maille suivante M 2. Nous observons donc que la tête, les pieds et les jambes
d'une maille ne sont pas planes, au contraire le prol de la maille forme un arc qui tend
Coupe du tricot
suivant le sens
Coupe du tricot
colonnes :
suivant le sens
rangées :
M2 B
C A C
M1
37
LE SCHÉMA DE LIAGE
à se redresser sous l'eet de la réaction du l. C'est pourquoi on constate une tendance
au roulage de ce tricot suivant le sens des èches, c'est à dire vers la face endroit.
Si on examine maintenant la coupe du tricot dans le sens rangées (gure 3.7), nous
observons que la tête de la maille A repose sur les pieds de la maille B suivante. La maille
A ainsi que les entremailles C sont en forme d'arc dont la concavité est tournée vers
l'endroit. C'est pourquoi ces arcs auront tendance à se redresser et de ce fait provoquer
un roulage sur l'envers. La gure 3.8 est une photo d'un tricot réel en jersey, réalisé à
l'IFTH. Pour les besoins de la formation, ce tricot est divisé selon un axe vertical, un côté
montrant la face envers d'un liage tandis que l'autre côté du tricot correspond à la face
endroit de ce même liage.
Un cas particulier du tricot à base jersey sur métier rectiligne est le jersey tubulaire :
le but est d'obtenir un tube de tricot jersey. Pour cela, on tricote alternativement sur
chaque fonture avec le même l ; il y aura donc liaison entre les colonnes de mailles des
aiguilles de chaque extrémité de rangées (gure 3.9). Lorsque, comme dans ce cas, un
motif nécessite des opérations distinctes sur plusieurs rangées de mailles, on utilise un
graphe doté d'autant de lignes (évolutions) que de passages de chariot nécessaires à la
réalisation du motif. Il est à noter que le sens de lecture n'est pas le sens intuitif, car
il faut lire les lignes du motif du bas vers le haut. Ce sens de lecture est dèle au sens
temporel de réalisation des rangées de mailles ; les premières rangées tricotées se trouvant
eectivement en bas du tricot sur le métier.
Lors d'un passage droite-gauche du chariot, on tricote uniquement sur la fonture avant
puis, lors du passage gauche-droite on tricote sur la fonture arrière uniquement. On re-
38
3.2. L'UTILISATION DE LA NORME POUR DÉFINIR LES LIAGES DE BASE
2e passe
du chariot
avec le
même fil
1re passe
du chariot
Arrière
Résultat : tube
de tricot jersey
Avant
produit ensuite ce cycle autant de fois que souhaité pour obtenir le tube de tricot de la
taille voulue (3.10).
Une application importante du jersey tubulaire est son utilisation dans la formation
du début d'un article. Pour démarrer un tricot sur des aiguilles dépourvues de mailles, on
forme une rangée de mailles articielles appelée réseau sur la base d'un tricotage
en côte 1 et 1. La ou les rangées de tubulaire limitent la déformabilité du réseau en lui
conférant une certaine fermeté.
39
LE SCHÉMA DE LIAGE
B B
suivant une rangée, on observe un resserrement transversal des mailles qui aboutit à une
disposition en accordéon des colonnes de mailles. Ce tricot est très extensible suivant
le sens des rangées : une sollicitation dans ce sens déforme les mailles A et allonge les
entremailles B et les place dans le même plan. La côte 1 et 1 entre dans la fabrication
de nombreux articles vestimentaires notamment dans les bandes de garnitures (extrémité
du tricot, de structure diérente au niveau des manches notamment) nécessaires à leurs
nitions. La photo de la gure 3.12 ne présente qu'une seule face car le tricot côte 1 et 1
est réversible.
La gure 3.13 illustre le tricot interlock 1 et 1 qui forme deux tricots réversibles en
cote 1 et 1. Ces deux tricots sont assortis de sorte que la colonne de mailles envers d'un
côté est contre la colonne de mailles envers du second tricot (gure 3.14). Cette disposition
fait de l'interlock un tricot indémaillable.
De plus, la mise dos à dos des deux rangées de côte 1 et 1 inhibe la disposition
40
3.2. L'UTILISATION DE LA NORME POUR DÉFINIR LES LIAGES DE BASE
2e passe
du chariot avec
le même
fil
1re passe
du chariot
Résultat :
Imbrication de
2 rangées de
côte 1 et 1.
41
LE SCHÉMA DE LIAGE
masculins, des maillots de corps, les vêtements de sport, mais aussi dans les textiles
techniques tels les supports d'enduction, les orthèses, certaines prothèses . . .
Les tricots Richelieu sont des tricots obtenus par la suppression régulière de colonnes
de mailles sur une face du tricot. La gure 3.15 représente une côte Richelieu 4/6
(quatre mailles endroit pour six mailles envers). Ce tricot est donc constitué, dans le sens
Fig. I.3.15 Graphe de liage d'une côte Richelieu 4/6 en calage côte
colonnes, de bandes de tricot de base côtes et de base jersey (3.16). Les bandes de jersey
auront tendance (nous avons étudié précédemment le comportement du jersey) à rouler
sur leur envers dans le sens rangées et à remonter sous forme de bourrelets dans le sens
colonnes. Ce comportement du jersey rapproche les bandes de côte 1 et 1 avec marquage
d'un creux à l'endroit où les colonnes de mailles ont été supprimées. Les tricots Richelieu
42
3.2. L'UTILISATION DE LA NORME POUR DÉFINIR LES LIAGES DE BASE
sont couramment utilisés dans la confection des sous-vêtements et des articles chaussants.
Les tricots côte Derby sont issus de la suppression d'aiguilles sur les deux fontures :
il y a donc une alternance de bandes de jersey endroit avec des bandes de jersey envers.
La gure 3.17 illustre une côte Derby 4 et 2 ; quatre mailles endroit sont suivies de
43
LE SCHÉMA DE LIAGE
Les tricots en côte Derby sont très utilisés dans la fabrication de chaussettes. Un cas
particulier de ces tricots et très répandu dans la bonneterie est la côte 2 et 2. Cette dernière
est obtenue en tricotant deux mailles sur la fonture avant suivies de deux mailles sur la
fonture arrière. Les bandes de jersey ont tendance, nous l'avons expliqué précédemment, à
rouler et donc à accentuer l'eet accordéon présent dans la côte 1 et 1. C'est pourquoi
le tricot côte 2 et 2 est plus extensible que la côte 1 et 1.
2e passe
du chariot
1re passe
du chariot
Résultat :
fil rectiligne
coincé entre
les mailles de
la côte 1 et 1.
44
3.2. L'UTILISATION DE LA NORME POUR DÉFINIR LES LIAGES DE BASE
2e passage
du chariot
1er passage
du chariot
L'association d'une rangée de côte 1 et 1 et d'une des deux rangées de la côte anglaise
45
LE SCHÉMA DE LIAGE
Elles varieront peu en dimension. La côte perlée et la côte anglaise sont très utilisées
dans la fabrication de pulls, vestes et articles pour les sports d'hiver.
46
3.2. L'UTILISATION DE LA NORME POUR DÉFINIR LES LIAGES DE BASE
3.2.5 Le spacer 3D
Les textiles 3D ou structures textiles tridimensionnelles sont constitués de bres dis-
continues ou de ls continus, disposés dans les trois directions de l'espace. Une très récente
innovation dans ce domaine est le spacer 3D . Le principe de fonctionnement de ce spa-
cer 3D est de relier deux tricots indépendants par des entretoises en monolament (type l
de pèche comme sur la photo de la gure 3.25). Le motif vermicelle de ce type de tricot est
constitué de trois évolutions : deux rangées de jersey (ou dérivé de jersey sur une fonture)
indépendantes séparées par une rangée de l de charge qui constituera l'entretoise (gure
3.24).
3e passe
du chariot
2e passe
du chariot
avec le fil
monofilament
1re passe
du chariot
Ces tricots sont destinés, notamment, à remplacer les mousses non recyclables des
sièges de divers secteurs industriels tels que l'automobile, le cinéma, l'aviation . . . ). Ils
ont en eet vocation à être aussi épais et confortables qu'une mousse tout en étant plus
simples à réaliser, plus écologiques et ayant une durée de vie bien supérieure.
47
LE SCHÉMA DE LIAGE
48
Chapitre 4
Sommaire
4.1 L'extraction de connaissances . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2 La formalisation des savoirs et savoir-faire de nos parte-
naires de l'IFTH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
49
FORMALISATION DU SAVOIR-FAIRE DES TRICOTEURS
du domaine.
Le transfert de connaissances d'experts s'avère bien souvent empirique et c'est ce qui
rend dicile son automatisation [KD91]. En eet, ce transfert d'expertise vise à formuler
les connaissances de l'expert, ainsi que celles contenues dans les documents et/ou ma-
nuels qu'il utilise [Aus89] [AG05]. L'acquisition des connaissances a d'abord été perçue
comme une activité d'accès à quelque-chose de préexistant puis de transcription dans un
formalisme donné. Ainsi, l'expert du domaine possède une connaissance plus ou moins ex-
plicite, qu'il sait plus ou moins exprimer et expliquer, qu'il s'agit d'extraire, pour ensuite
la transcrire dans un programme, selon un formalisme plus ou moins universel : règles de
productions, objets, logique . . . [HRWL83].
Il y a deux acteurs principaux du processus d'acquisition des connaissances ([DCG+ 74]) :
50
4.2. LA FORMALISATION DES SAVOIRS ET SAVOIR-FAIRE DE NOS
PARTENAIRES DE L'IFTH
51
FORMALISATION DU SAVOIR-FAIRE DES TRICOTEURS
Analyse
Conception Spécification
Implémentation
Validation
Tests
52
4.2. LA FORMALISATION DES SAVOIRS ET SAVOIR-FAIRE DE NOS
PARTENAIRES DE L'IFTH
Cette démarche s'imposait d'elle même dans la mesure où, s'agissant d'un travail de
recherche, le but à atteindre était très ouvert et évolutif : dans un premier temps, l'objectif
était de fournir un moteur topologique capable de générer la topologie des liages de base,
an de pouvoir, grâce à une étape d'animation, simuler la relaxation du tricot, en cours de
réalisation. Cependant, à l'issue des premières itérations de notre logiciel qui fournissait
la modélisation topologique des liages de base simples, nos partenaires de l'IFTH ont
identié de nouveaux potentiels et exprimé la volonté de pouvoir modéliser des modèles
plus complexes.
L'ambition concernant la topologie fût revue à la hausse, le nombre de cas à gérer
fût augmenté considérablement et mit en exergue les limites des premières itérations
du logiciel lors des phases de tests notamment sur les liages plus complexes récemment
ajoutés. Nous pouvions rencontrer deux types d'erreurs :
53
FORMALISATION DU SAVOIR-FAIRE DES TRICOTEURS
(a) Topologie clairement erronée du point de Rome (b) Topologie cohérente du point de Rome pour un
néophyte
3e passe
du chariot
2e passe
du chariot
1re passe
du chariot
(c) Topologie correcte du point de Rome validée (d) Schéma de liage du point de Rome
par l'expert
Fig. I.4.3 Topologie obtenue par les diérentes itérations du logiciel pour un même liage
maille chargée. Cependant, elle ne s'avéra pas valable et nous l'avons compris ensuite en
observant de nouveaux liages plus complexes, munis d'explications supplémentaires.
Chaque itération de notre travail est née de l'apparition de nouveaux cas à modéliser,
chacun d'entre nous pensant qu'il s'agissait des derniers ; nous les modélisateurs , car
54
4.2. LA FORMALISATION DES SAVOIRS ET SAVOIR-FAIRE DE NOS
PARTENAIRES DE L'IFTH
nous souhaitions disposer d'une liste exhaustive de liages à tester (ce qui est impossible car
la liste est innie) et nos partenaires pensant être parvenus à transmettre leur savoir-faire.
Il faut donc insister sur le fait qu'à chaque itération de notre logiciel, il m'a fallu,
grâce au feed-back de nos partenaires, comprendre les incohérences identiées, trouver une
nouvelle règle visant à parvenir à la topologie correcte quel que soit le liage, implémenter
ces nouvelles règles de traitement et tester l'ensemble des liages à notre disposition pour
vérier que nos récents apports ont été fructueux pour les nouveaux liages sans provoquer
de régression pour les anciens cas. Le prototype logiciel actualisé était ensuite transmis
à nos partenaires pour validation avec des rencontres de travail autour des résultats de
cette validation. On compte actuellement une dizaine d'itérations de notre logiciel.
55
56
Deuxième partie
57
Chapitre 1
Introduction
Sommaire
1.1 Enjeux à long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
1.2 Enjeux de la thèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
1.3 Présentation du logiciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
58
1.2. ENJEUX DE LA THÈSE
59
INTRODUCTION
générée. L'IFTH souhaiterait à terme pouvoir également utiliser ce moteur au sein d'une
méthode d'apprentissage en ligne type e-learning et ainsi orir un outil de formation
à distance.
L'objectif principal de la thèse restait tout de même le prototypage virtuel. Pour cela,
notre démarche est de fournir, pour tout liage représentable en vermicelle, une modélisa-
tion topologique exacte correspondant à l'état étiré du tricot tel qu'il est sous tension
sur le métier en cours de tricotage. L'étape suivante sera de calculer l'état relâché du tri-
cot par relaxation an d'obtenir une étoe topologiquement et géométriquement exacte
que nous pourrons ensuite animer. Il est primordial que la topologie fournie au moteur
d'animation soit précise et exacte pour assurer la cohérence des résultats lors du calcul
de la relaxation du tricot. Dans le cadre d'un prototypage virtuel de tricots à usage tech-
nique, la délité du comportement mécanique et physique de l'étoe numérique revêt un
caractère essentiel supplémentaire par rapport aux tricots destinés à l'habillement.
60
1.3. PRÉSENTATION DU LOGICIEL
Les deux chapitres à venir présenteront, dans un premier temps le moteur permettant
de générer la géométrie traduisant la topologie 3D d'un tricot à partir de données métiers.
Puis dans un deuxième temps le logiciel développé vous sera décrit.
61
Chapitre 2
Sommaire
2.1 Géométrie de la maille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
62
2.1. GÉOMÉTRIE DE LA MAILLE
63
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
ou moins prononcées. Une fois le motif dessiné et analysé, il faut générer la topologie du
tricot.
Pour cela, la première étape est de dénir le type de géométrie de la maille. Le choix
de cette dernière est stratégique tant sur le plan du volume des données que l'on aura à
traiter, que sur l'utilisation directe que l'on pourra en faire pour générer la topologie du
tricot.
D'après le cycle de formation d'une maille présenté dans la première partie de ce
document, une maille tient la maille du dessous tricotée antérieurement sur la même
aiguille et elle est tenue par la maille du dessus qui sera tricotée lors du prochain passage
du chariot. Une maille est donc en contact avec ses voisines dans la même colonne de
mailles en quatre points. Pour nous, géométriquement, une maille est donc dénie par ces
quatre points de contact : deux points au niveau des pieds de la maille et deux au niveau
de la tête de la maille (gure 2.1). Les points sont espacés horizontalement de la valeur de
64
2.1. GÉOMÉTRIE DE LA MAILLE
Ces quatre points dénissent les points de contact de la maille avec ses voisines du
dessus et du dessous (ses voisines latérales étant dans le prolongement du l). Sur ce point,
nous rejoignons la démarche de Meiÿner et Eberhardt [ME98] qui ont déni 4 points de
contact (Bonding Point ou BP) pour une maille.
Un point de contact peut être partagé par plusieurs mailles : il peut se situer au niveau
de la tête de la maille inférieure et au niveau des pieds de la maille supérieure par exemple.
Il faudra donc stocker dans un point de contact bien plus que sa position spatiale, mais
également la liste des mailles dont il fait partie et surtout la position du point au sein de
chacune d'entre elles.
Par contre, pour dénir la topologie complète d'un tricot issu de n'importe quel liage,
il a fallu prévoir la création de ces points de contact quelle que soit l'opération réalisée
sur l'aiguille (gure 2.2). C'est pourquoi, on ne dénira pour une charge que deux points
de contact au niveau de la tête de la maille car c'est à ce niveau que le l de charge est en
contact avec la maille qu'il vient doubler. Pour un otté, aucune maille n'étant générée,
nous ajoutons également deux points de contact au niveau des pieds de la maille, c'est à
ce niveau que le l peut rencontrer celui de la maille du dessous.
Nous souhaitons qu'à partir de cette dénition d'une maille nous puissions retrouver
la topologie in extenso du tricot. Pour cela, un point de contact (gure 2.2), quand il
est généré reçoit comme information sa position spatiale tridimensionnelle, sa situation
dans la maille (en bas à gauche, en haut à gauche, en bas à droite ou en haut à droite),
le type d'opération qui a été réalisé et dont il fait partie (maille, charge, otté), la
fonture sur laquelle il a été créé (fonture avant ou arrière), la liste des ls qui passent par
ce point ainsi que le point qui le précède. Les points de contact ainsi dénis permettent
donc non seulement de dénir la géométrie des mailles mais également de déterminer la
topologie du tricot.
65
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
66
2.2. ANALYSE DU MOTIF
1 2 3 4
gure 2.4). Cette règle est très intuitive si on se rapporte au fonctionnement des métiers
à tricoter.
Nous avons vu précédemment qu'à chaque fois qu'une maille est réalisée sur une aiguille
celle-ci vient s'entrelacer avec la dernière maille tricotée auparavant et conservée dans le
bec de l'aiguille. Les mailles s'empilent ainsi en colonne de mailles, la dernière maille
réalisée sur chaque aiguille attendant que la prochaine vienne la cueillir. Chaque maille
d'une rangée de mailles vient donc s'ajouter à la colonne de mailles correspondant à
l'aiguille sur laquelle elle a été produite.
Or, si toutes les colonnes contiennent le même nombre de mailles, ces dernières seront
toutes de la même hauteur alors que si certaines colonnes sont composées de moins de
mailles, ces dernières devront s'allonger pour compenser les absences de maille sur la ou
les rangées concernées et permettre à la prochaine maille de s'accrocher (gure 2.4).
On ne tiendra compte des déséquilibres quant au nombre de mailles réalisées dans le
traitement du motif que pour les colonnes de mailles où au moins une maille est réalisée.
Nous venons de voir qu'un allongement de maille sert à compenser l'absence de maille sur
une rangée de mailles pour une colonne donnée par rapport aux autres colonnes du motif.
C'est donc bien une maille existante, déjà tricotée et retenue dans le bec de l'aiguille
67
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
qui va s'allonger et ainsi permettre aux mailles réalisées ultérieurement sur cette colonne
de mailles de s'accrocher. Or, dans la mesure où aucune maille n'est réalisée sur une
aiguille, aucune maille ne se trouve dans son bec, et donc aucune maille n'est susceptible
de s'allonger.
2 colonnes de
mailles vides
correspondant
à des aiguilles
inactives.
RESULTAT :
PAS D’ALLONGEMENT
Fig. II.2.5 Inuence de colonnes de mailles vides dans l'analyse du motif sur le liage
d'une côte Richelieu 4/6
68
2.2. ANALYSE DU MOTIF
Lorsque nous détectons une colonne de mailles totalement vide sur le motif, on traite
le motif en omettant de traiter cette colonne de mailles (gure 2.5), c'est-à-dire qu'on
ne considère pas les déséquilibres de nombres de mailles réalisées relevés par rapport aux
autres colonnes.
Dès nos premières ébauches logicielles, l'analyse de la structure tricotée des liages et
l'expérience des tricoteurs nous ont conduit à un autre constat. Il apparaît que nous ne
formons pas nécessairement le même nombre de rangées de mailles qu'il y a de lignes sur
le motif. On peut en eet observer que plusieurs lignes d'un motif, si elles sont imbri-
cables , n'engendrent qu'une seule rangée de mailles (gures 2.6 et 2.7), puisque locale-
ment toutes les colonnes ont le même nombre de mailles.
Pour parvenir à ce résultat, nous avons établi, avec nos partenaires, une règle supplé-
mentaire à utiliser lorsque nous analysons notre motif. Cette marche à suivre consiste à
tester si les évolutions successives sont imbricables ; tant qu'elles le sont, il n'y a qu'une
seule rangée de mailles à générer. On considère, en fait, qu'on empile les évolutions suc-
cessives du motif tant qu'elles sont imbricables pour former une seule rangée de mailles.
L'exemple précédent illustrait notre raisonnement pour des structures à une seule
fonture, ce dernier reste valable pour des structures à deux fontures quelque soit le calage
des aiguilles (côte ou interlock). La gure 2.8 illustre le traitement d'un liage que nous
69
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
avons déjà évoqué : l'Interlock 1 et 1. C'est lors de l'étude de ce liage qu'a germé cette
règle dans notre esprit.
1re évolution
2e évolution
RESULTAT :
1 seule rangée
de mailles
70
2.2. ANALYSE DU MOTIF
Il est à noter que le schéma de liage d'un tricot issu du spacer 3D comporte trois
évolutions imbricables ; ainsi ce motif correspond à une seule rangée de mailles tricotées
(gure 2.10).
3e passe
du chariot
2e passe
du chariot
avec le fil
monofilament
1re passe
du chariot
Sur la topologie générée de la gure 2.11, on observe bien que les deux rangées de
jersey constitueront les deux faces de notre étoe ; le l formant alternativement les
charges sur chaque fonture (entretoise) confère le relief au tricot. Les principaux facteurs
71
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
inuents sur la géométrie de ces liages sont la distance entre fontures et les caractéristiques
des entretoises telles que le diamètre du l ou la densité des entretoises (dénie par la
jauge du métier).
Examinons maintenant un liage dont les évolutions ne s'imbriquent pas tel que le tricot
maille plate représenté sur la gure 2.12. Les évolutions successives ne s'imbriquent pas
et il y a déséquilibre quant au nombre de mailles tricotées par colonne de mailles. D'après
les deux règles que nous avons énoncées, il y aura allongement de mailles. En réalité sur
cet exemple, deux mailles seront tricotées sur la fonture arrière pendant qu'une seule le
sera sur la fonture avant, c'est pourquoi les mailles fabriquées sur l'avant seront deux fois
plus hautes que les mailles arrières.
Cependant, ces règles ne sont pas susantes car il existe des motifs dont le nombre de
mailles réalisées par colonne de mailles est identique mais pour lesquels il y a allongement.
C'est le cas, par exemple, pour le motif de la gure 2.13. Il faut donc aner la règle du
déséquilibre . Le bilan réalisé sur le nombre de mailles eectuées par colonnes de mailles
ne doit pas être réalisé à l'échelle du liage complet, mais au niveau local de chaque rangée
de mailles avec sa(ses) précédente(s). En eet, si deux évolutions successives du motif ne
sont pas imbricables, il faut tester la présence d'un déséquilibre local en comptant le
nombre de mailles par colonne pour chaque évolution. En cas de déséquilibre, il y aura
allongement.
72
2.2. ANALYSE DU MOTIF
DÉSÉQUILIBRE :
2 mailles réalisées
sur les colonnes
impaires et 1 seule sur
les colonnes paires
RESULTAT :
2 rangées de mailles
et allongement des
mailles sur les
colonnes paires
1 1 1
4e évolution
1 1
3e évolution
2
2e évolution
2
2
3 2 2
1re évolution
3 3 3
3 3
Fig. II.2.13 Allongement de maille malgré l'égalité du nombre de mailles par colonne
73
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
Comparer localement les déséquilibres comporte toutefois une faille : si deux rangées
successives non imbricables sont équivalentes en terme de nombre de mailles réalisées
par aiguille, aucun allongement ne sera décelé sur la dernière évolution d'après les règles
établies jusqu'à présent. Or si un allongement avait été décelé sur l'avant-dernière rangée
au niveau d'une aiguille, cela signie qu'une maille est encore prise dans le bec de celle-ci
et attend qu'une nouvelle maille vienne la cueillir. Si aucune maille n'est réalisée sur cette
aiguille au cours de la prochaine rangée de mailles, la nécessité d'allongement doit donc
être propagée sur cette dernière rangée pour compenser cette nouvelle absence de maille
(gure 2.14).
3 Rangées de mailles
non-imbricables.
MAIS déséquilibre du
nombre de mailles
uniquement entre les
2 premières évolutions
RÉSULTAT INTERMÉDIAIRE :
2 rangées de mailles
et allongement des
mailles sur les
colonnes paires
Nécessité de propager
l’allongement sur cette rangée
même si il n’y a aucun
déséquilibre avec la
rangée précédente
Une fois ces premières règles dénies, les résultats obtenus étaient très encourageants ;
cependant l'ajout de nouveaux liages réussissait encore à mettre en défaut notre modèle.
74
2.2. ANALYSE DU MOTIF
Après concertation avec nos experts, nous comprenions qu'il manquait encore une notion
primordiale à notre modèle : la périodicité. En eet, la périodicité du motif amène à
considérer les lignes du motif comme étant sur un anneau , c'est-à-dire que la dernière
ligne du motif est directement suivie de la première. Un motif à trois lignes a donc trois
représentations possibles et équivalentes comme par exemple sur la gure 2.15. Les dié-
3e évolution 3e évolution
2e évolution 2e évolution
2e Rangée 2e Rangée
de mailles de mailles
Fig. II.2.15 Analyse du motif des trois représentations équivalentes du point de Rome
rentes représentations étant équivalentes, leur analyse doit conduire au même résultat en
terme de présence ou d'absence d'allongement de mailles. Or, si pour les deux premiers
modèles de la gure 2.15, il apparaît intuitivement qu'il n'y aura pas d'allongement et que
le modèle génèrera deux rangées de tricot, cela est nettement moins évident sur la dernière
représentation du motif. Pour obtenir ce dernier résultat, la première et la dernière ligne
du motif doivent être considérées comme voisines et donc potentiellement imbricables.
75
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
premier lieu traduire le schéma vermicelle du motif dans un type de données que
nous pourrons facilement utiliser. Nous avons choisi un alphabet simple (Table 2.1) qui
permet une traduction aussi aisée qu'économique puisque nous stockons notre motif dans
un tableau de caractères dont la taille est le produit du nombre d'aiguilles composant
le motif par le nombre d'évolutions nécessaires à sa conception. Une fois le tableau de
caractères correspondant au motif initialisé nous pouvons déterminer les actions réalisées
sur chaque aiguille et pour chacune des évolutions du motif.
Symbole Lettre
vermicelle associée
Maille Endroit g
Maille Envers e
Charge Endroit v
Charge Envers n
Nous avons ensuite implémenté la classe Rangée qui contient notamment un tableau
76
2.2. ANALYSE DU MOTIF
d'entiers composé d'autant de cases que d'aiguilles composant le motif. Les valeurs de
toutes les cases du tableau sont initialisées à zéro car il s'agit en fait du nombre de mailles
retenues dans le bec de chaque aiguille pour une rangée donnée. Les valeurs acceptables
sont donc zéro ou un ; le bec d'une aiguille ne pouvant pas contenir plus d'une maille à la
fois, car comme nous l'avons vu précédemment, la formation d'une nouvelle maille vide
le bec de l'aiguille de son contenu préalable grâce à une ascension complète de l'aiguille.
En conséquence, la charge n'est pas considérée comme une maille puisqu'elle ne vide pas
le bec de l'aiguille.
La classe Rangée est dotée d'une méthode qui teste l'imbrication de deux rangées en
s'assurant que si on cumule les opérations eectuées sur chaque aiguille, en ajoutant case
à case les valeurs de leur tableau respectif, aucun résultat n'est supérieur ou égal à deux.
Si deux Rangées sont imbricables, on peut alors les additionner en faisant la somme
case à case des valeurs contenues dans leur tableau.
Nous avons implémenté l'algorithme 1, selon lequel nous traitons les diérentes évolu-
tions du motif et grâce auquel nous générons la liste de Rangées qui seront eectivement
tricotées. Il nous permet de déterminer les rangées de mailles réellement générées par un
motif donné. Chaque évolution est considérée comme une Rangée.
Lors du parcours du motif (qu'on évalue ligne par ligne), on initialise chaque Évolu-
tion à partir de la dénition alphabétique des lignes de notre motif : si une maille est
réalisée (c'est-à-dire lorsqu'on croise les lettres g ou e dans le tableau de caractères
dénissant notre motif), on attribue la valeur un à la case correspondant à l'aiguille sur
laquelle la maille a été eectuée dans l'Évolution, les autres cases sont initialisées à zéro.
On teste ensuite si l'Évolution et la Rangée en cours sont imbricables, si elles le sont,
on ajoute l'Évolution à notre Rangée en cours. Dès qu'une nouvelle Évolution n'est
plus imbricable avec la Rangée en cours, on insère cette dernière dans la liste des Ran-
gées qui vont constituer le motif et on crée une nouvelle Rangée en cours initialisée
avec l'Évolution.
Lorsqu'on a évalué toutes les lignes du motif et fabriqué la liste des Rangées engen-
drées par celui-ci, on teste si la première et la dernière Rangée sont imbricables ; si elles
le sont, on ajoute la dernière Rangée à la première et on supprime la dernière Rangée
77
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
de la liste. Cette condition ne peut être rencontrée qu'une fois au plus par motif puisque
les imbrications des premières ou des dernières lignes ont été traitées dans la boucle.
78
2.3. GENÈSE DE LA TOPOLOGIE À PARTIR DES BPS
79
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
80
2.4. LES MÉTACYLINDRES
Fig. II.2.16 Ajout de points de contrôle dans le cas d'une maille avant
81
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
Fig. II.2.17 Interpénétration des ls qui partagent la même trajectoire sur une portion
de maille dans un tricot à mailles chargées
Cet état de la topologie n'est pas acceptable que l'on veuille l'utiliser en tant que
résultat destiné à la formation ou en tant que trajectoires de ls à animer. Le moteur
topologique utilisé comme outil pédagogique doit donner des images de tricot dont la
topologie est précise et facile à interpréter. L'apprentissage sera en eet contrarié si la
trajectoire des ls ne peut pas être clairement visualisée dès lors que deux ls sont censés
passer au même endroit.
Ces partages de plusieurs points de contrôle consécutifs ont surtout lieu lorsqu'on
eectue des charges ou des ottés. Une maille chargée comptera donc quatre points de
contact, dont deux au niveau de la tête qu'elle partage avec la boucle de charge, venue
doubler cette tête de maille (gure 2.18). Un otté partagera ses points de contact avec
les entremailles des mailles voisines dans sa rangée de mailles.
82
2.4. LES MÉTACYLINDRES
83
LE C×UR : MODÉLISATION TOPOLOGIQUE ET GÉOMÉTRIQUE À PARTIR DE
DONNÉES MÉTIER
de placer n ls dans un métal. Encore une fois, il n'existe aucune règle permettant
d'anticiper comment se placeront les ls lorsqu'ils se chevauchent. Dans le cadre d'une
charge, par exemple, il est impossible d'après les professionnels du tricot de savoir à
l'avance si le l de charge se superposera à la tête de la maille ou s'il se glissera derrière.
Par conséquent, nous avons établi un modèle permettant d'organiser ces ls en fonction
de leur ordre chronologique d'arrivée ainsi que de la direction d'où ils viennent. Les ls
composant le métacylindre sont repositionnés grâce à une translation. Nous translatons
uniquement les deux points de contact situés aux extrémités du métal. Nous calculons
en réalité la translation à appliquer sur le premier point de contact et nous appliquons la
même sur le deuxième.
Le premier l arrivé occupe la position normale , c'est-à-dire celle qu'il aurait occu-
pée s'il était seul à suivre cette trajectoire. Arbitrairement et provisoirement, en attendant
de mener des tests sur des liages réels, nous choisissons que le deuxième l vient s'empiler
sur le premier. Pour placer les suivants, on détermine et stocke les axes selon lesquels les
ls à venir peuvent être positionnés. Pour identier ces axes, on se place sur le disque
correspondant à la section orthogonale du métacylindre. On maintient à jour la liste des
médiatrices des segments reliant les centres des ls tangents. Plus exactement, seules les
demi-droites dirigées vers l'extérieur de la section et non vers le centre sont stockées car,
elles seules, représentent un axe de développement pour notre amas de ls (gure 2.19).
Pour choisir l'axe selon lequel nous allons ajouter le l, connaissant la provenance de
celui-ci, nous cherchons l'angle minimal formé par la provenance du l et les diérentes
directions probables à notre disposition.
Une fois tous les ls placés, on les translate de manière à ce que l'isobarycentre de leurs
centres respectifs corresponde au centre du métacylindre. Il ne reste plus qu'à déterminer
le diamètre de ce métal. Pour cela, pour chaque l constituant le métacylindre, on calcule
la distance entre le centre du métacylindre et le centre du l à laquelle on ajoute la valeur
du rayon de ce l. Le diamètre du métacylindre sera ainsi la valeur maximale de cette
somme. La gure 2.20 fournit la topologie du tricot à mailles chargées de la gure 2.17
corrigée grâce à l'ajout de métacylindre.
84
2.4. LES MÉTACYLINDRES
2e fil placé
arbitrairement
Axes possibles
au dessus du 1er
d’ajout d’un
nouveau fil
4e fil ajouté
2 nouveaux axes
créés
3e fil
placé
Fig. II.2.20 Exemple de correction de l'interpénétration des ls grâce aux métacylindre
dans un tricot à mailles chargées
85
Chapitre 3
L'application Tricot 3D
Sommaire
3.1 Architecture globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.2 L'interface Homme-Machine . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.3 Implémentation et résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
À chaque étape de cette thèse, nous n'avons pas perdu de vue que l'objectif à atteindre
était de concevoir un outil de prototypage virtuel. Cet outil étant destiné à des tricoteurs,
nous avons ÷uvré an de rendre leur interaction avec le logiciel la plus agréable possible.
Par conséquent, plutôt que de dénir le liage dans un chier texte ou xml séparé, ou à
l'aide de lignes de commandes, nous avons développé une interface graphique permettant
à l'utilisateur de dessiner le schéma de liage du tricot qu'il souhaite modéliser.
86
3.1. ARCHITECTURE GLOBALE
Un point de contact1 est déni par sa position dans la maille, la fonture sur laquelle
cette dernière est réalisée et par un pointeur sur le point dénissant sa position spatiale.
1 les classes du diagramme de classes de la gure 3.1 sont identiées en gras
87
L'APPLICATION TRICOT 3D
En pratique, un l est décrit par la liste des points de contact qu'il va parcourir et par la
liste des opérations qu'il subit au niveau de chaque aiguille. Ces opérations sont stockées
sous forme d'un tableau d'entiers de la taille du nombre d'aiguilles utilisées pour réaliser
le tricot. Chaque évolution du motif correspond à un l. Comme nous l'avons évoqué
précédemment, plusieurs ls peuvent se partager un même point. La vision informatique
de cet état de fait est illustrée par le diagramme de classe de la gure 3.1.
On retrouve bien la possibilité de partage de coordonnées spatiales par plusieurs points
de contact. La classe point stockera la liste des ls passant par celui-ci ; chaque l sera
associé à la position occupée par le point dans la maille formée par ce l. Cette struc-
ture permettra de détecter les ls qui partagent une séquence de deux points consécutifs
nécessitant l'usage de cylindres.
Le trajet de chaque cylindre sera déni par deux références sur les points de départ et
d'arrivée de notre méta-cylindre. Il regroupera également la liste des ls qui le composent
ainsi que la liste des directions disponibles en cas d'ajout de l(s) supplémentaire(s).
La structure globale du tricot est donnée par la liste des ls et la liste éventuelle des
cylindres s'il y a lieu. La classe Structure Tricot a comme attribut les caractéristiques
techniques de réalisation du tricot telles que la jauge, la hauteur des mailles (normalement
ce n'est pas le tricoteur qui choisit ce paramètre, il découle de la LFA mais cela nécessiterait
la phase de relaxation) et le diamètre du l.
L'algorithme 2 décrit l'action générale du logiciel lorsque l'utilisateur a cliqué sur tri-
coter. Le motif est alors une chaîne de caractères. Il est d'abord analysé par notre moteur
suivant l'algorithme 1 (cf. chapitre précédent), et on dispose d'une table de booléens de
la taille du motif qui détermine pour chaque opération de celui-ci s'il y a allongement de
maille.
Les méthodes réalisant les mailles (charges ou ottés) créent les Points de contact et
les Fils en fonction de l'opération réalisée et de la présence (ou non) d'allongement. Les
Points de contacts et les Fils sont directement ajoutés dans les listes de la classe Structure
Tricot. La fonction Créer Cylindre() parcourt la liste des Points et crée un Cylindre
dès lors que deux points consécutifs sont parcourus par au moins deux ls. Puis, lors de
l'appel de Générer la topologie on ajoute des points de contrôle à partir de la liste des
88
3.1. ARCHITECTURE GLOBALE
8 cas où g
9 faire Maille Endroit(allongement) ;
10 cas où v
11 faire Charge Endroit(allongement) ;
12 cas où n
13 faire Charge Envers(allongement) ;
14 cas où +
15 faire otté Envers(allongement) ;
16 cas où -
17 faire otté Endroit(allongement) ;
20 Générer la topologie() ;
points de contact dénissant la topologie du tricot avant de calculer les trajectoires des
courbes splines passant par l'ensemble de ces points.
89
L'APPLICATION TRICOT 3D
Sur cette interface, pour dessiner le motif du liage qu'il veut réaliser, l'utilisateur dis-
pose des boutons en haut à gauche de la zone A de notre interface (gure 3.2) représentant
les symboles vermicelle des actions à sa disposition. Une fois qu'il a sélectionné une action,
l'utilisateur clique sur l'aiguille à laquelle il veut attribuer cette action dans la zone de
dessin de l'interface (zone B de la gure 3.2). Il est également possible de choisir la taille
90
3.2. L'INTERFACE HOMME-MACHINE
91
L'APPLICATION TRICOT 3D
Choix du nombre de fontures (une ou deux). Choix du calage côte ou interlock (si on
tricote sur deux fontures) ; choix disponible seulement quand le nombre de fontures
choisi est 2 ; de même les actions sur fonture arrière sont désactivées si le choix du
nombre de fontures est 1.
Règlage de la jauge qui correspond au nombre d'aiguilles par pouce et qui détermi-
nera l'espacement entre deux aiguilles.
Dénition du diamètre du l.
Mise au point de l'écart entre les deux fontures du métier à tricoter (très utile pour
le spacer 3D).
Les modèles ainsi générés sont visualisables en trois dimensions dans une fenêtre
OpenGL. La fenêtre de visualisation est interactive, elle permet de zoomer, déplacer le
tissu tricoté et de tourner autour an de faciliter l'évaluation de la topologie du tricot gé-
néré. En outre, si l'utilisateur modie le schéma de liage dans l'interface, les changements
apportés au motif vermicelle sont transposés au modèle 3D en temps réel.
92
3.3. IMPLÉMENTATION ET RÉSULTATS
nux et il est utilisé au quotidien sur windows comme outil de formation par nos partenaires
de l'IFTH.
La gure 3.3 illustre la topologie obtenue par notre moteur pour un tricot jersey, qui
rappelons-le, est le motif le plus simple car il ne comporte que des mailles endroit. Je me
propose donc de fournir quelques résultats obtenus grâce à notre logiciel, sur des liages que
nous avons souvent évoqués dans ce manuscrit. Voici donc la topologie que nous générons
pour le tricot Interlock (gure 3.4) qui est un des motifs les plus utilisés dans l'industrie
de la maille (notamment pour réaliser les T-shirts).
La gure 3.5 met en évidence les ls de charges de la côte anglaise ; on constate qu'il
n'y a pas d'allongement de mailles car les deux lignes du motif sont imbricables.
Le dernier exemple (gure 3.6) permet d'exprimer une structure plus compliquée, et
dont l'analyse du motif a permis de localiser des allongements de mailles. Ce motif donne
lieu en réalité à deux rangées de mailles : la première est le résultat de l'imbrication de
l'évolution initiale avec la dernière évolution du motif, alors que la deuxième rangée est
issue des deux évolutions intermédiaires. Cet exemple illustre la nécessité de périodicité
93
L'APPLICATION TRICOT 3D
94
3.3. IMPLÉMENTATION ET RÉSULTATS
95
96
Conclusion
97
L'objectif de cette thèse était de développer un modèle infographique de tricot capable
de simuler les caractéristiques géométriques et mécaniques d'une étoe tricotée. Cet ob-
jectif a été en partie atteint : nous disposons d'un modèle géométrique explicite rendant
compte de la topologie 3D de tricots à partir de données métier normalisées. Ce modèle est
par ailleurs utilisé au quotidien par nos partenaires de l'IFTH, comme outil de formation
aux techniques de bonneterie.
Ce travail de thèse, en premier lieu, a débouché sur un ensemble de règles permettant
de déterminer les rangées de mailles eectivement générées par n'importe quel schéma
de liage. Ce travail a exigé une phase non négligeable d'acquisition des savoir-faire et de
l'expertise de nos partenaires.
Cette étape réalisée, nous avons établi une modélisation de la maille à partir des points
de contact de celle-ci avec ses voisines. Nous avons déni les points de contact de telle
manière qu'ils dénissent la topologie complète de l'étoe. Nous avons également mis
en place des méta-cylindres an de gérer les partages de trajectoires par plusieurs ls ;
ces ls seront alors déplacés en fonction de leur ordre d'arrivée dans le tricot et de leur
provenance, puis ils seront associés à ce méta-l les englobant tous en vue d'une réduction
de paramétrage lors de la phase de relaxation.
Puis pour faciliter l'utilisation de notre moteur et améliorer la perception de la topo-
logie nous avons développé une interface graphique sur laquelle l'utilisateur peut dessiner
le schéma de liage de l'échantillon de tricot qu'il souhaite modéliser. Le résultat de cette
modélisation est visualisé dans une fenêtre openGL autorisant la manipulation 3D du
tricot.
Nous aurions certes souhaité obtenir des résultats sur la partie relaxation mécanique
initialement envisagée, mais la modélisation topologique fût une épreuve plus ardue que
nous l'avions alors imaginée. La nécessité de recevoir une formation approfondie sur les
techniques industrielles de bonneterie (industrie qui m'était totalement inconnue aupara-
vant), était anticipée mais la phase d'extraction de connaissances non formalisées auprès
des professionnels de la maille n'avait pas été correctement évaluée et a demandé un
nombre conséquent d'itérations dans notre processus de modélisation.
C'est pourquoi, même si nous nous sommes penchés sur la relaxation du tricot, nous
98
n'avons pas eu le temps de l'intégrer à notre modèle. Deux possibilités s'orent maintenant
à nous :
Soit simuler la relaxation en cours de tricotage, telle qu'elle a lieu réellement sur les
métiers, ce qui permettrait une mise en place plus réaliste de la géométrie de l'état
relâché du tricot.
Soit simuler la relaxation du tricot a posteriori en générant d'abord toute la topolo-
gie, puis en relâchant petit à petit l'étoe en commençant par les premières rangées
tricotées.
Dans tous les cas, nous aborderons les contacts entre nos ls de manière diérente de ce
qui a déjà été fait, considérant en eet qu'au cours de la relaxation et en fonction du
liage, le l d'une maille peut glisser au bénéce d'une (ou plusieurs) de ses voisines. Nous
utiliserions alors une méthode de gestions des contacts par contacts glissants (contraintes
à variables libres, modèle co-développé par le CReSTIC et le LIFL).
Nous disposons déjà d'un modèle d'énergie interne de l continu et de contacts glis-
sants, reste donc à assurer le maintien de l'orientation des contacts (cf. les contraintes
concernant les plans osculateurs dans l'état de l'art), ce qui est un peu plus délicat dans
le cas où nous utiliserions les contacts glissants.
Une autre perspective, partiellement liée à la simulation mécanique, concerne l'aspect
des ls lors de la visualisation. Là encore, des pistes ont été explorées mais les dévelop-
pements n'ont pas été nalisés en raison de l'accent mis sur la topologie plutôt que sur
le réalisme des images. Nos premiers eorts ont porté sur deux aspects : l'utilisation d'un
modèle d'éclairement spécique aux textiles ([YYTI92]) à l'aide de fragment shaders, et
la prise en compte des variations locales d'épaisseur en fonction de la tension des ls et
de la pression au niveau des contacts [KAK05] [HGLC97]. Ce second aspect devra être à
nouveau considéré lorsque la simulation mécanique sera fonctionnelle.
Enn, une perspective nouvelle et à très court terme, puisque nous disposons d'écrans
stéréoscopiques et autostéréoscopiques, serait de visualiser notre topologie en 3D relief
avec ou sans lunettes, au lieu de la visualisation actuelle en 3D à plat . Cette évolution
peut être obtenue très rapidement car nos modèles sont visualisés en openGL et nous dis-
99
posons au sein du laboratoire du savoir-faire pour connecter rapidement des applications
openGL à ces plate-formes de restitution 3D en relief.
100
Bibliographie
101
BIBLIOGRAPHIE
[BDM94] Breen D.E., H. D. et M.J., W. Predicting the drape of woven clothes using
interacting particles. dans Computer Graphics (Proceedings SIGRAPH'94),
volume 28, pages 365372, 1994. (Cité p. 8 et 9)
[BRJ02] Bridson R., F. R. et J., A. Robust treatment of collisions, contact and friction
for cloth animation. In proceedings of SIGGRAPH'02, pages 594603, 2002.
(Cité p. 8)
[DCG+ 74] Dieng, R., Corby, O., Giboin, A., Golebiowska, J., et Matta, N. Méthodes et
outils pour la gestion des connaissances. Dunod, 1974. (Cité p. 50)
102
[EMS00] Eberhardt, B., Meissner, M., et Strasser, W. Knit fabrics. pages 123144,
2000. (Cité p. 9)
[GLH+ 97] Grishanov, S., Lomov, S., Harwood, R., Cassidy, T., et Farrer, C. The si-
mulation of the geometry of two-components yarns. part i : The mechanics
of strand compression : Simulating yarn cross-section shape. Journal of the
Textile Institute. Part 1, Fibre science and textile technology, vol. 88, no 2 :
118131, 1997.
[GRS95] Gröller, E., Rau, R., et Straβ er, W. Modeling and visualization of knitwear.
IEEE Transactions on Visualization and Computer Graphics, vol. 1, no 4 :
302310, 1995. (Cité p. 7)
[HGLC97] Harwood, R., Grishanov, S., Lomov, S., et Cassidy, T. Modelling of two-
component yarns. part i : The compressibility of yarns. Journal of the Textile
Institute. Part 1, Fibre science and textile technology, vol. 88, no 4 : 373384,
1997. (Cité p. 99)
[HZG+ 97] Harwood, R., Z., L., Grishanov, S., Lomov, S., et Cassidy, T. Modelling
of two-component yarns. part ii : Creation of the visual images of yarns.
Journal of the Textile Institute. Part 1, Fibre science and textile technology,
vol. 88, no 4 : 385399, 1997.
103
BIBLIOGRAPHIE
[KJS08] Kaldor J., J. D. et S., M. Simulating knitted cloth at the yarn level. dans
ACM Transactions on Graphics (TOG), SIGGRAPH 2008, 2008. (Cité p. 9)
[Kaw80] Kawabata, S. The standardization and analysis of hand evaluation. Textile
Machinery Soc. Of Japan, 1980. (Cité p. 9)
[KB84] Kochanek, D. et Bartels, R. Interpolating splines with local tension, conti-
nuity and bias control. Computer Graphics, vol. 18, no 3 : 3341, 1984.
(Cité p. 79)
[KD91] Krivine, J. et David, J. L'acquisition des connaissances vue comme un pro-
cessus de modélisation : méthodes et outils. Intellectica, no 12 : 101137,
1991. (Cité p. 50)
[KAK05] Kyosev, Y., Angelova, Y., et Kovar, R. 3d modeling of plain weft knitted
structures of compressible yarn. Research Journal of Textile and Apparel,
vol. 9, no 1 : 8897, 2005. (Cité p. 99)
[ME98] Meiÿner, M. et Eberhardt, B. The art of knitted fabrics, realistic and phy-
sically based modelling of knitted patterns. Proceedings of Eurographics'98,
vol. 17, no 3 : 191209, 1998. (Cité p. 7 et 65)
[Mun59] Munden, D. The geometry and dimensional properties of plain-knit fabrics.
Journal of the Textile Institute, vol. 50 : 448471, 1959. (Cité p. 29)
[Ney95] Neyret, F. A general and multiscale model for volumetric textures. dans
Davis, W. A. et Prusinkiewicz, P., éditeurs, Graphics Interface'95, pages
8391", 1995. (Cité p. 7)
[Noc01] Nocent, O. Animation dynamique de corps déformables continus. Application
à la simulation de textiles tricotés. Thèse de doctorat, Université de Reims,
2001. (Cité p. 3, 10, 14 et 15)
[Nou99] Nourrit, J.-M. Modélisation, animation et visualisation de textiles à base de
mailles. Thèse de doctorat, Université de Reims, 1999. (Cité p. 2, 10, 12
et 15)
[PH89] Perlin, K. et Hoert, E. Hypertexture. Computer Graphics, vol. 23, no 3 :
253262, 1989. (Cité p. 7)
104
[Pie91] Piegl, L. On nurbs : a survey. Computer Graphics and Applications, vol. 11,
no 1 : 5571, 1991. (Cité p. 79)
[Pro95] Provot, X. Deformation constraints in a mass-spring model to describe rigid
cloth behavior. In Proceedings Graphics Interface'95, pages 147154, 1995.
(Cité p. 8)
[RNG99] Remion, Y., Nourrit, J.-M., et Gillard, D. Dynamic animation of spline like
objects. dans Winter School in Computer Graphics and Visualization, pages
426432, Plzen, Czech Republic, 1999. (Cité p. 12)
[RNN00] Remion, Y., Nourrit, J.-M., et Nocent, O. Dynamic animation of n-
dimensional deformable objects. dans Winter School in Computer Gra-
phics and Visualization, pages 147154, Plzen, Czech Republic, feb 2000.
(Cité p. 12)
[Rie73] Riesenfeld, R. Applications of B-spline approximation to geometric problems
of Computer Aided Design. Thèse de doctorat, Université de Syracuse, 1973.
(Cité p. 79)
[SP86] Sederberg, T. et Parry, S. Free-form deformation of solid geometric models.
SIGGRAPH Comput. Graph., vol. 20, no 4 : 151160, 1986. (Cité p. 11)
[SCM+ 07] Soares, R., Claparède, B., Marbach, C., Foucher, M.-C., Calisti, A., et
Trocmé, J. Le textile en chires. Rapport technique, Ministère de l'Éco-
nomie, des Finances et de l'Industrie, Sessi : Centre d'enquêtes statiqtiques,
2007. Édition 2007. (Cité p. 2)
[TDK87] Terzopoulos D., Platt J., B. A. et K., F. Elastically deformable models.
Computer Graphics (Proceedings SIGRAPH'87), vol. 21 : 205214, 1987.
(Cité p. 8)
[Vin92] Vince, J. 3D Computer Animation. Addison-Weisley Publishing Company,
1992. (Cité p. 11)
[VT00] Volino, P. et Thalmann, N. Implementing fast cloth simulation with colli-
sion response. Computer Graphics International Proceedings, pages 257266,
2000. (Cité p. 8 et 9)
105
BIBLIOGRAPHIE
106