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Chapitre III

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Chapitre III : Le risque de liquidité et sa gestion

Introduction
Les banques ont besoin de liquidité pour faire face aux fluctuations prévues et
imprévues du bilan et pour financer la croissance. La liquidité représente la capacité de la
banque à faire face au reversement des dépôts et autres dettes et à couvrir les hausses de
financement du portefeuille de prêts et du portefeuille d’investissement.
Une banque dispose d’un potentiel de liquidité adéquat lorsqu’elle peut obtenir les
fonds nécessaires (par l’accroissement de ses dettes, par la titrisation ou par la vente d’actifs)
rapidement et à un coût raisonnable.
Le risque de liquidité est l’un des risques majeurs de l’activité bancaire, il est issu du
rôle de transformation dont le terme des emplois est généralement supérieur à celui des
ressources. La transformation étant inhérente à la fonction traditionnelle d’intermédiation
bancaire, il ne s'agit donc pas de l’éviter, mais de pouvoir évaluer -en cas de décalage
important entre entrées et sorties de fonds et compte tenu de l’échéancier des actifs et passifs -
en combien de temps et à quel prix la banque pourra respecter ses engagements et éviter le
manque de liquidité, qui risquera d’entrainer la banque en cessation de paiement.
1. La liquidité : définition, fonction et sources
1.1. Définition de la liquidité
Un actif est dit liquide, s’il peut être rapidement transformé en monnaie sans perte de
valeur et à un coût de transaction relativement faible.
Pour une banque, la liquidité signifie son aptitude à trouver les fonds nécessaires au
financement de ses engagements, à un prix raisonnable et à tout moment.
Le comité de Bâle, dans son document consultatif. Sound Practices for Managing
Liquidity in Banking Organisations de Février 2000 donne la définition suivante de la
liquidité : la liquidité est la capacité de la banque à financer ses actifs et à rembourser ses
engagements au moment où ces financements ou remboursements apparaissent.
1.2. Les fonctions de la liquidité
A. Rassurer les créanciers
La première fonction de la liquidité est de rassurer les prêteurs de fonds. Ceux-ci ne
sont pas tant intéressés par le rendement que par la certitude d’être remboursés. Tant qu’une
banque est perçue comme ayant des liquidités suffisantes, ces prêteurs n’auront aucune crainte
à prêter ou placer leurs fonds auprès de cette banque.
B. Rembourser les emprunts
La seconde fonction de la liquidité est de rassurer la banque elle-même sur son
aptitude à rembourser ses dettes à mesure qu’elles deviennent exigibles et cela sans être dans
la nécessite absolue de les renouveler.
C. Garantir l’aptitude de prêter
Le banquier doit entretenir une certaine liquidité, afin de faire face aux retraits de
fonds et aux demandes de prêts inattendus notamment dans le cadre de lignes de crédit
fermes1 qu’il accorde à ses clients. Pour ce faire, la banque doit faire en sorte que ses
emprunts actuels sur les marchés et sa bonne réputation soient tels qu’elle puisse se présenter
à nouveau sur ces marchés et acquérir des fonds sans difficultés selon ses besoins.

1
C’est une ligne de crédit assortie d’un engagement légal de la banque à prêter des fonds si le client décide de faire usage de
sa ligne.

1
D. Eviter la vente forcée d’actifs
Si une banque, pour un motif quelconque, devient sérieusement illiquide avec
l’incapacité de renouveler ses emprunts à mesure qu’ils arrivent à échéance, elle n’a plus
d’autres solutions que la vente de ces actifs (titres ou prêts) à des prix de marché très en
dessous de leur valeur nominale, ce qui va lui engendrer des pertes considérables.
E. Prévenir le paiement d’un intérêt élevé
En cas de problèmes de liquidité, la banque est obligée de se présenter sur le marché
en position emprunteuse, même si les taux ne sont pas avantageux. Elle sera donc perçue
comme illiquide, et le marché lui imposera des taux plus élevés étant donne que le risque sur
cette banque est plus important. Avoir des liquidités suffisantes permet donc à une banque
d’éviter le paiement de taux d’intérêt élevés, comme le « taux d’enfer2 ».
F. Eviter le recours à la Banque Centrale
Une banque qui souffre toujours d’un déficit de liquidité même après avoir épuise tous
les moyens de financement qui sont à sa disposition, peut encore s’adresser à la banque
centrale pour obtenir une avance en compte courant, étant donné que celle-ci joue le rôle du
préteur en dernier ressort dans un système bancaire. Toutefois, ce recours présente de
nombreux inconvénients, d’abord en raison de son coût élevé, mais aussi de l’intervention de
la banque centrale dans la gestion de l’établissement considéré comme illiquide.
1.3. Les sources de la liquidité bancaire
A. Les actifs quasi échus :
Ce sont des actifs sur le point d’arriver à échéance. Comprenant plusieurs éléments :
o Le portefeuille de prêts qui procure à la banque des liquidités au fur et à
mesure que les échéances tombent ;
o Les titres et les instruments de marché monétaire émis par d’autres
établissements, tels que les bons du trésor et les certificats de dépôt devant
bientôt échoir, et qui peuvent être par conséquent considérés comme une
source immédiate de liquidité.
B. Les actifs à court terme facilement liquidables
Les actifs à court terme constituent une seconde source de liquidité. Parmi ces actifs,
on peut retrouver des titres à long terme arrivant à échéance, mais la majeure partie est
constituée des instruments monétaires (court terme).
C. L’aptitude à emprunter
La troisième source de liquidité est l’aptitude de la banque à lever des fonds, notamment
sa capacité à accéder aux marchés de capitaux. Cette aptitude dépend de taille de la banque et
de la perception du marché de la qualité de sa signature. Ainsi, une banque jouissant d'une
bonne réputation de solvabilité a un accès illimité au marché monétaire. La seule limite à ses
emprunts est son capital (règlementation prudentielle).
D. Les lignes de crédit interbancaires et auprès de la Banque Centrale
Afin d’assurer la liquidité nécessaire en temps voulu, chaque banque doit avoir des
lignes de crédit, auprès de la banque centrale et auprès d'autres banques dites correspondants.
Ces lignes de crédit sont souvent sollicitées et accordées par des banques étrangères les unes
aux autres. En effet, une banque qui opère dans une devise étrangère peut, à juste titre,
craindre d’avoir des problèmes de liquidité dans cette devise.

2
Le taux d’enfer est le taux du découvert en compte courant auprès de la Banque Centrale. C’est le taux le plus élevé sur le marché
monétaire.

2
2. Le risque de liquidité et ses facteurs
2.1. Définitions du risque de liquidité 3
On l'aborde, en général, sous trois angles :
1. Très souvent, le risque de liquidité intervient quand la banque ne dispose pas de
liquidités suffisantes pour couvrir les besoins inattendus comme par exemple les
retraits massifs des dépôts ou de l'épargne des clients. C'est donc l'absence d'un
matelas de sécurité qui fait courir à la banque ce risque.
2. On peut définir encore le risque de liquidité sous la forme d’un état d'illiquidité
extrême pouvant conduire à la faillite d'un établissement bancaire. Des pertes
importantes pouvant être à l’origine de cette situation, il peut s'en suivre des retraits
massifs de fonds ou la fermeture de lignes de crédits d'autres banques ce qui peut
provoquer la crise de liquidité. Il y a dans ce cas une crise de confiance du marché à
l'égard de l'établissement concerné.
3. Troisième acception du risque de liquidité pour une banque est relative à sa capacité
de lever des ressources sur le marché à un coût normal pour couvrir ses besoins. Cette
capacité dépend essentiellement de la situation de liquidité du marché et de celle de
l'établissement de crédit lui-même. Il y a ici crise de confiance des prêteurs à l'égard
de l'établissement considéré.
2.2. Les facteurs du risque de liquidité
A. La transformation des échéances
Le risque de liquidité résulte de la transformation des échéances opérée par la banque.
Or, l’activité de transformation a deux origines :
: les intérêts des prêteurs et des emprunteurs sont
contradictoires. Les premiers veulent prêter court et pouvoir garder une certaine disponibilité
de leur épargne, tandis que les seconds veulent emprunter long et consolider leurs
financements. L’ajustement des actifs et passifs est donc impossible.
t : lorsque la courbe des taux a une forme ascendante dite
normale. (Les taux à long terme sont plus élevés que les taux à court terme), la transformation
génère une marge positive. La stratégie d’un établissement peut alors consister à privilégier
des emprunts à court terme pour financer des actifs plus longs.
B. L’attitude des agents économiques
La confiance qu’inspire l’établissement lui permet de réaliser ses opérations, de se
refinancer dans les meilleures conditions et donc de dégager une rentabilité qui améliore
encore son image sur le marché. A l’inverse, dès que la confiance est un peu soit entamée, le
coût des ressources s’en trouve automatiquement renchéri, l’accès à des nouveaux marchés est
limité et la dégradation des résultats qui en résulte ou qui est simplement anticipée ne peut
que concourir à une nouvelle atteinte de la confiance.
C. Les aspects liés aux devises étrangères
L’existence de devises multiples vient aussi augmenter la complexité de la gestion de
la liquidité, surtout lorsque la devise nationale n’est pas librement convertible. Une banque
peut avoir des difficultés à lever des fonds ou à vendre des avoirs en devises étrangères en cas
de perturbation des marchés ou en cas d’évolution de la politique monétaire nationale ou des
changes. En principe, une banque doit disposer d’un système de gestion de ses positions de
liquidités dans toutes les principales devises qu’elle utilise.

3
« Le risque de liquidité tient à la possibilité qu’une institution bancaire ne puisse satisfaire une demande de liquidités ou
ne puisse s’acquitter de ses obligations en raison de son incapacité à réaliser des actifs ou à réunir des fonds en temps
voulu à un prix raisonnable ».

3
D. La structure du financement
La structure de financement est un aspect essentiel de la gestion de la liquidité. Une
banque dont la base de dépôts est stable, vaste et variée connaîtra généralement moins de
problèmes de liquidité. L’évaluation de la structure et du type de base de dépôts ainsi que des
caractéristiques des dépôts en termes de stabilité et de qualité sera donc le point de départ de
l’évaluation des risques de liquidité.
Un autre facteur déterminant du risque de liquidité est la dépendance vis-à-vis d’une
seule source de financement (que l’on appelle aussi le risque de concentration). Lorsqu’une
banque a plusieurs déposants importants, et lorsque l’un ou plusieurs d’entre eux retirent leurs
fonds, la banque risque de connaitre de grave problèmes si elle n’est pas en mesure de trouver
rapidement d’autres sources de financement.
3. La gestion du risque de liquidité
De façon générale, la gestion du risque de liquidité consiste à emprunter des
ressources supplémentaires qui permettront d’honorer les échéances : elle repose donc sur
la facilite d’accès d’une banque aux différents marchés de capitaux qui dépend elle-même
d’éléments comme la notoriété, la taille, la rentabilité, la qualité de l’actionnariat, éléments
dont les apporteurs de capitaux tiennent le plus grand compte.
La gestion de la liquidité passe essentiellement par :
 Une surveillance étroite des écarts journaliers entre les échéances actives et passives
les plus rapprochées ;
 Un accès diversifié aux sources de financement : cela permettra à la banque d’éviter
le risque de dépendance vis-à-vis d’une seule source de financement, notamment le
risque de concentration.
 La détention d’actifs de toute première qualité, qui seront, en toutes circonstances,
cessibles sur le marché ou exigés comme collatéral en vue d’éliminer le risque pour la
contrepartie prêteuse. A cet égard, la détention de volumes importants de certificats du
Trésor et de fonds d’Etat met la banque dans une position privilégiée pour accéder au
financement collatéralité.

Conclusion

L’aptitude d’une institution financière à satisfaire la demande de retraits et autres


déboursements est un indice visible de sa viabilité. Si une banque ne peut satisfaire aux
exigences des déposants relativement aux retraits ou s’acquitter de ses obligations envers ses
créditeurs, ou si elle est obligée de limiter fortement ses nouveaux prêts, les autres agents
risquent de ne plus lui faire confiance. Le niveau de liquidités doit à tout le moins respecter
les exigences réglementaires. Les liquidités doivent également être suffisantes pour satisfaire
la demande en retraits, les engagements relatifs au financement pour les prêts approuvés, ainsi
que les débours d’exploitation habituels. S’il y a trop de liquidités, par contre, cela reflète
parfois une utilisation inefficace des fonds et risque de diminuer la rentabilité de la caisse

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