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FIN1020 Theme02

Mathématique financière

Transféré par

Alain N'Draman
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Thème 2

L‘intérêt

Introduction....................................................................................................................................... 3
1. Le rôle de l’intérêt........................................................................................................................ 3
1.1 L’offre et la demande de fonds.............................................................................................. 4
1.2 Les facteurs de prime............................................................................................................ 5
2. Les types de taux d’intérêt............................................................................................................ 6
2.1 L’intérêt simple..................................................................................................................... 6
2.2 L’intérêt composé............................................................................................................... 10
3. La fréquence de capitalisation des taux...................................................................................... 16
3.1 Le taux d’intérêt nominal.................................................................................................... 17
3.2 Le taux d’intérêt périodique................................................................................................ 17
3.3 Le taux d’intérêt effectif .................................................................................................... 18
3.4 L’équivalence des taux d’intérêt......................................................................................... 19
4. La capitalisation versus l’actualisation ...................................................................................... 24
4.1 La valeur future d’un montant unique................................................................................. 25
4.2 La valeur actuelle d’un montant unique ............................................................................. 27
Conclusion...................................................................................................................................... 28
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Schéma d’intégration des contenus

L’administration financière

Les mathématiques La décision Sujets


financières d’investissement particuliers

L’intérêt

• Le rôle de l’intérêt
• Les types de taux d’intérêt
• La fréquence de capitalisation des taux
• La capitalisation versus l’actualisation

2
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Le thème 2 vous amène à comprendre la notion d’intérêt. Pour ce faire, vous de­vrez
atteindre les objectifs suivants :
– comprendre la dynamique de l’offre et de la demande de fonds;
– identifier les différentes sources de prime de risque;
– connaître les nuances entre taux d’intérêt simple et taux d’intérêt composé;
– distinguer les notions de taux d’intérêt nominal, de taux d’intérêt périodique
et de taux d’intérêt effectif;
– saisir la notion d’équivalence des taux;
– comprendre les notions de capitalisation et d’actualisation;
– calculer la valeur actuelle et la valeur future d’un montant unique.

Introduction
La valeur économique d’un bien évolue dans le temps. Cet aspect temporel de la
valeur d’un bien fait souvent appel à un concept fort important de l’économie moderne
qui est l’intérêt. L’intérêt peut être vu comme le coût d’utilisation de l’argent dans le
temps. Dans la première section de ce thème, nous allons nous familiariser avec cette
notion d’intérêt. Nous étudierons ensuite les différents types de taux d’intérêt et leurs
particularités. Finalement, nous mettrons en application les connaissances acquises
afin de déplacer, dans le temps, différentes valeurs économiques.

1. Le rôle de l’intérêt
Le rôle de l’intérêt est de permettre un transfert de richesse entre l’épargne du prêteur
et la consommation de l’emprunteur. En effet, l’argent emprunté donne à l’emprunteur
l’opportunité de faire immédiatement une transaction qui, autrement, aurait été repor­
tée à plus tard ou même perdue à jamais. Par conséquent, pour l’emprunteur, l’intérêt
représente le prix à payer pour ne pas attendre à plus tard afin de bénéficier immédia­
tement d’une opportunité. En contrepartie, les individus qui possèdent des réserves
monétaires importantes (ou épargne) n’ont aucune raison de s’en défaire, à moins d’y

3
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

trouver un quelconque avantage. Par conséquent, pour le prêteur, l’intérêt représente


la compensation reçue pour reporter une opportunité à un moment ultérieur.

1.1 L’offre et la demande de fonds


Si l’on accepte que l’intérêt soit le prix à payer par l’emprunteur pour ne pas reporter
une opportunité, alors on peut supposer que celui-ci soit déterminé comme n’importe
quel autre prix : par les forces de l’offre et de la demande. Dans ce cas précis, il s’agit
de l’offre et de la demande de fonds qui affluent sur les marchés financiers.Plus le
taux d’intérêt (ou prix) sera élevé, plus la quantité demandée de fonds par les emprun­
teurs sera faible. À l’inverse, plus le taux d’intérêt sera élevé, plus la quantité offerte
par les prêteurs sera grande. Le taux d’intérêt qui prévaudra sur le marché sera celui
qui fera en sorte que la quantité demandée égalera la quantité offerte et on dira qu’il
s’agit du taux d’équilibre. La figure 2.1 nous aide à mieux saisir cette idée.

Taux d’intérêt
Offre

Taux d’équilibre

Demande

Quantité d’équilibre Fonds

Figure 2.1
La détermination du niveau du taux d’intérêt par l’offre et la demande

4
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Le taux d’intérêt, qui constitue un revenu pour le prêteur et une dépense pour
­l’em­prunteur, voit sa justification dans différents facteurs qui varient selon que nous
som­mes demandeur ou offreur de fonds. Ces facteurs de prime, justifiant le niveau
du taux d’intérêt, sont développés dans la section suivante. Notez, cependant, qu’à
des fins de simplification, nous retiendrons uniquement le point de vue du prêteur,
puisque cha­que élément justifiant une partie du niveau du taux d’intérêt chez le prêteur
trouve sa réciprocité chez l’emprunteur.

1.2 Les facteurs de prime

Le report de la consommation
Le prêteur exige une prime de l’emprunteur pour compenser le sacrifice qu’il doit
faire en prêtant ses fonds. En effet, le prêteur pourrait utiliser ces fonds aujourd’hui
pour consommer des biens qui lui procureront utilité et jouissance. Puisque le prêteur
doit remettre à plus tard la jouissance qu’il aurait pu obtenir aujourd’hui, il va ­réclamer
une prime pour compenser ce sacrifice.

La perte de pouvoir d’achat


Nous savons que les prix à la consommation, loin de rester constants dans le temps,
tendent en moyenne à augmenter. Ce phénomène se nomme l’inflation. L’inflation
correspond à la perte du pouvoir d’achat d’un certain montant d’argent, à mesure que
l’on reporte sa consommation à plus tard. Autrement dit, plus la consommation est
reportée dans le temps, plus la quantité de biens, obtenue pour un même montant
d’ar­gent, diminue. Afin de se prémunir contre toute perte de pouvoir d’achat, entre le
mo­ment où le prêteur avance son argent et celui où il sera remboursé, ce dernier exige
une prime de la part de l’emprunteur pour lui permettre de conserver le même pouvoir
d’achat avec les sommes prêtées. Cette prime est incluse dans le prix exigé par le
prê­teur et sera d’autant plus élevée que le taux d’inflation anticipé est élevé. Par
exemple, au Canada, en 2021, le taux d’inflation observé était de 3,4 %.

Le risque de non-remboursement
Aucun individu, de par la nature humaine, ne privilégie l’incertitude au détriment de
la certitude. Ainsi, la possession d’une certaine somme d’argent est une certitude

5
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

absolue puisqu’on peut physiquement le certifier et utiliser cet argent comme bon
nous semble. Cependant, à partir du moment où l’on prête cet argent, la certitude de
pouvoir un jour l’utiliser dépendra de la solvabilité de l’emprunteur. Il existe donc un
risque de ne jamais récupérer cet argent, puisque, entre le moment où l’argent est
prêté et le moment où il devrait être remboursé, plusieurs événements peuvent s­ urve­nir
empêchant l’emprunteur de s’acquitter de ses obligations.

2. Les types de taux d’intérêt


Il existe deux types de taux d’intérêt : l’intérêt simple et l’intérêt composé. Les diffé­
rences régissant ces deux types de taux sont majeures, tant dans leurs fondements que
dans leur finalité.

2.1 L’intérêt simple


L’intérêt est de type simple s’il est caractérisé par ce qui suit :
– il s’agit d’un montant toujours égal de période en période;
– sa détermination est toujours basée sur le capital initial;
– les intérêts sont toujours versés à la fin de chaque période;
– le montant dû au prêteur est toujours limité au capital initial.

Exemple 1
Le 1er janvier 20X0, vous déposez un montant de 1 000 $ dans un compte à intérêt
simple de 10 % par année pendant cinq ans (le terme montant est synonyme de
« capital » ou « somme » ou « principal » ou encore « prêt »). Autrement dit, vous
prêtez à la banque 1 000 $. En contrepartie, cette dernière vous remettra 100 $
d’intérêt par année, pendant cinq ans. Nous avons illustré dans le tableau 2.1, pour
la période couverte par l’exemple, les flux monétaires (entrées et sorties de fonds)
résultant de cette transaction, à la fois pour le prêteur et l’emprunteur.

6
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Tableau 2.1
Les flux monétaires d’une transaction selon l’intérêt simple

Prêteur Emprunteur
Date Sortie de fonds Entrée de fonds Sortie de fonds Entrée de fonds

01-01-20X0 1 000 $ 0 $ 0 $ 1 000 $

01-01-20X1 0 100 100 0

01-01-20X2 0 100 100 0

01-01-20X3 0 100 100 0

01-01-20X4 0 100 100 0

01-01-20X5 0 1 100 1 100 0

1 000 $ 1 500 $ 1 500 $ 1 000 $

Nous constatons dans le tableau 2.1 l’application des règles de l’intérêt simple énu­
mérées plus haut. En effet, on voit bien que le montant d’intérêt reste constant d­ ’an­née
en année ou de période en période. De plus, son calcul est toujours basé sur le capital
initial, soit 1 000 × 10 % = 100 $. On constate également que les intérêts sont ­versés
en fin de période, puisqu’il a fallu attendre la fin de l’année 20X0, c’est-à-dire le
début de l’année 20X1, pour encaisser les intérêts pour la première fois. Finale­ment,
on remarque que le montant dû par l’emprunteur reste toujours égal au montant p­ rêté
initialement, soit 1 000 $.

À partir de ce tableau, nous pouvons également constater que la perspective du ­prê­teur


trouve sa réciproque chez l’emprunteur. En effet, le solde du début correspond à une
sortie de fonds pour le prêteur et à une entrée de fonds pour l’emprunteur. Il en va de
même pour l’intérêt, où le revenu de l’un correspond à la dépense de l’autre.

L’intérêt simple est toujours calculé sur le capital initial, soit 1 000 $ dans l’exemple 1.
Comme le taux d’intérêt ne change pas, et que le principal sur lequel il s’applique ne
change pas non plus, le montant d’intérêt reçu est égal, pour chacune des années, à
100 $. Au total, le prêteur a touché 500 $ en intérêt, soit 100 $ par année pendant
cinq ans.

7
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Un tel tableau peut facilement devenir encombrant si nous avons à calculer le montant
d’intérêt reçu sur un prêt durant une très longue durée. Afin de remédier à cette
­situa­tion, nous utiliserons une formulation algébrique. Une seule formule nous per­
mettra de déterminer le montant total d’intérêt encaissé, et ce, indépendamment de la
période couverte, du capital utilisé ou du taux d’intérêt simple appliqué.

Cette formule, qui nous donne l’intérêt simple total reçu pour un principal initial, est
représentée par l’équation 2.1 :

TOT i = (PV × I) × N Éq. 2.1

où :
TOT i = le montant total d’intérêt versé ou reçu
PV = le capital prêté ou emprunté initialement (present value)
I = le taux d’intérêt simple annuel
(PV × I) = le versement d’intérêt annuel
N = le nombre de périodes de placement exprimé sur une base annuelle
(en années)

Rappelons que les termes « capital », « principal », « montant », « somme » ou « prêt »


sont équivalents et peuvent être interchangés.
À partir de l’exemple 1, déterminons le montant d’intérêt total reçu sur un capital
ini­tial de 1 000 $, placé pendant cinq ans, à un taux d’intérêt simple de 10 % :
TOT i = à déterminer
PV = 1 000 $
I = 10 %
N = 5 ans

Donc, à partir de l’équation 2.1 :


TOT i = PV × I × N
TOT i = 1 000 × 0,10 × 5
TOT i = 500 $

8
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

En outre, afin d’obtenir la somme totale reçue FVN, nous devons additionner le prin­
cipal PV au montant total des intérêts TOT i, d’où l’équation 2.2 :

FVN = PV + TOT i Éq. 2.2

En insérant TOT i = PV × I × N dans l’équation 2.2, nous obtenons :

FVN = PV + (PV × I × N) Éq. 2.2.1

et en mettant PV en facteur, nous obtenons :

FVN  = PV (1 + I × N) Éq. 2.31

où :
FVN = la valeur à la période N (future value)
PV = le capital prêté ou emprunté initialement (principal)
I = le taux d’intérêt simple annuel
N = le nombre de périodes de placement exprimé sur une base annuelle

En utilisant cette équation dans l’exemple précédent, le capital prêté de 1 000 $, ­placé
à 10 % d’intérêt simple sur cinq ans, donne une valeur accumulée de 1 500 $.

En effet :
FV5 = à déterminer
PV = 1 000 $
I = 10 %
N = 5 ans

1. Dans le calcul de l’équation 2.3, la multiplication doit être effectuée avant l’addition (priorité des
opérateurs mathématiques).

9
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Donc, à partir de l’équation 2.3 :


FVN =PV (1 + I × N)
FV5 = 1 000 (1 + 0,10 × 5)
FV5 = 1 000 × (1,50)
FV5 = 1 500 $

De nos jours, on utilise peu l’intérêt simple et on en comprendra vite la raison lors du
traitement, dans la section suivante, de l’intérêt composé.

2.2 L’intérêt composé


L’intérêt est de type composé s’il est caractérisé par ce qui suit :
– les intérêts se calculent sur le solde du début de chaque période;
– les intérêts s’additionnent au capital à la fin de chaque période;
– le solde du début de chaque période s’accroît, de période en période, du montant
d’intérêt dégagé pendant chaque période;
– le prêteur récupère son capital et les intérêts accumulés à l’échéance finale.

À la différence de l’intérêt simple, qui demeure constant pour chaque période, l’in­
térêt composé s’accroît, pour sa part, de période en période.

Exemple 2
Le 1er janvier 20X0, vous déposez un montant de 1 000 $ dans un compte à intérêt
composé de 10 % par année, pendant cinq ans. Autrement dit, vous prêtez à la
banque 1 000 $. Nous avons illustré dans le tableau 2.2, pour la durée de l’invetis­
sement, les flux monétaires (entrées et sorties de fonds) résultant de cette ­tran­saction,
à la fois pour le prêteur et pour l’emprunteur.

10
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Tableau 2.2
Les flux monétaires d’une transaction selon l’intérêt composé

Prêteur Emprunteur
Date Sortie de fonds Entrée de fonds Sortie de fonds Entrée de fonds

01-01-20X0 1 000 $ 0$ 0$ 1 000 $

01-01-20X1 0 0 0 0

01-01-20X2 0 0 0 0

01-01-20X3 0 0 0 0

01-01-20X4 0 0 0 0

01-01-20X5 0$ 1 610,51 $ 1 610,51 $ 0$

Le montant de 1 610,51 $ est constitué principalement de deux éléments : le capital


initial de 1 000 $ et l’intérêt de 610,51 $. Sa provenance est illustrée dans la figure 2.2
et repose sur la dynamique propre à l’intérêt composé.

1 000 1 100 1 210 1 331 1 464,10

1 100

1 210

1 331

1 464,10

1 610,51 $
20X0 20X1 20X2 20X3 20X4 20X5

Figure 2.2
Le calcul de l’intérêt composé

La figure 2.2 nous permet de constater que le montant de 1 000 $ placé au début de
20X0 va engendrer des intérêts de 100 $ durant la première période, ce qui ­constituera

11
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

le capital initial pour la période suivante, soit 1 100 $. À la fin de 20X1, les intérêts
de cette période, qui s’élèvent à 110 $, s’ajoutent au capital initial de la période afin
de constituer le capital initial de la période subséquente, soit 1 210 $, et ainsi de suite
jusqu’à la fin de la durée du placement. Pour chacune des périodes considérées, le
calcul du capital initial se fait comme suit :

Période Capital initial Capital final


1 1 000 $ 1 000 $ + (1 000 $ × 10 %) = 1 100 $
2 1 100 $ 1 100 $ + (1 100 $ × 10 %) = 1 210 $
3 1 210 $ 1 210 $ + (1 210 $ × 10 %) = 1 331 $
4 1 331 $ 1 331 $ + (1 331 $ × 10 %) = 1 464,10 $
5 1 464,10 $ 1 464,10 $ + (1 464 $ × 10 %) = 1 610,51 $

Les principes de l’intérêt composé, énumérés précédemment, sont donc vérifiés. En


effet, on voit que les intérêts se calculent sur le solde de début de chaque période. Ils
sont dus, mais non utilisés, car réinvestis. Par exemple, pour la deuxième année, l’in­
térêt se calcule sur 1 100 $, soit 1 000 $ auquel on ajoute l’intérêt de 100 $ dégagé
pendant la première période. Le solde s’accroît donc de période en période de 1 100 $,
à 1 210 $, à 1 331 $, etc. On constate également que le capital initial de chaque période
est constitué du capital de la fin de la période précédente auquel s’ajoutent les intérêts
accumulés pendant la présente période.

À partir des équations dont nous disposons, on peut déterminer les valeurs accumu­lées
période par période de la façon suivante :
La valeur accumulée après la première période :

FV1 =PV (1 + I × N)

Sachant que
N =1
FV1 =PV (1 + I)
FV1 = 1 000 (1 + 0,10)
FV1 = 1 000 (1,10)
FV1 = 1 100 $

12
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

La valeur accumulée après la deuxième période :

FV2 =FV1 (1 + I)

Sachant que

FV1 =PV (1 + I)
on a :
FV2 =FV1 (1 + I)
FV2 =PV (1 + I) (1 + I)
FV2 = 1 000 (1,1) (1,1)
FV2 = 1 210 $

La valeur accumulée après la troisième période :

FV3 =FV2 (1 + I)

Sachant que

FV2 =PV (1 + I) (1 + I)
on a :
FV3 =FV2 (1 + I)
FV3 =PV (1 + I) (1 + I) (1 + I)
FV3 = 1 000 (1,1) (1,1) (1,1)
FV3 = 1 331 $

Par conséquent, on peut utiliser une formule algébrique générale qui nous permet de
déterminer la valeur finale FVN, d’un capital initial PV, placé à un taux d’intérêt com­
posé I sur une période N :

FVN = PV (1 + I)N Éq. 2.4

13
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

où :
FVN = la valeur à la fin de la période N
PV = le capital prêté ou emprunté initialement (principal)
I = le taux d’intérêt composé annuellement
N = le nombre de périodes d’accumulation exprimé sur une base annuelle

FV5

FV4

FV3

FV2

FV1

FV5 = PV (1,1) × (1,1) × (1,1) × (1,1) × (1,1)

Figure 2.3
La dynamique de l’intérêt composé avec un taux d’intérêt de 10 %

Vérifions maintenant notre formule avec l’exemple précédent :


FVN = à déterminer
PV = 1 000 $
I = 10 %
N = 5 ans
donc :
FVN =PV (1 + I)N
FV5 = 1 000 (1 + 0,10)5
FV5 = 1 610,51 $

En comparant le tableau 2.1 (intérêt simple) et le tableau 2.2 (intérêt composé), nous
constatons qu’il n’y a pas de différence entre l’intérêt simple et l’intérêt composé lors

14
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

de la première période. Le montant de l’intérêt périodique est de 100 $ et le montant


accumulé après une année est le même, soit 1 100 $. À partir de la deuxième année,
cependant, les choses sont différentes. L’intérêt composé, contrairement à l’intérêt
simple, n’est plus calculé sur les 1 000 $ placés initialement, mais plutôt sur le capi­
tal de la première année, gonflé des intérêts touchés et réinvestis au cours de cette
même année, soit 1 000 $ + 100 $ = 1 100 $. L’intérêt de la deuxième année est donc
en partie composé de l’intérêt sur l’intérêt de la première année. Le montant périodique
d’intérêt composé va donc s’accroître de période en période, contrairement au mon­
tant de l’intérêt simple qui, lui, demeure constant. Ainsi, après cinq ans, on obtient
610,51 $ avec l’intérêt composé, au lieu de 500 $ avec l’intérêt simple, soit une
­différence de 110,51 $2.

Cette différence provient de l’intérêt supplémentaire généré par les intérêts dégagés
au cours des quatre premières périodes et réinvestis. Plus précisément, la première
année nous a permis de générer 100 $ d’intérêt qui ont été réinvestis pour une durée
de quatre ans. Par conséquent, ce placement de 100 $, sur quatre ans à 10 %, a ­généré,
à lui seul, le montant total d’intérêt TOT i de :
TOT i = PV × I × N
TOT i = 100 × 0,10 × 4
TOT i = 40 $

Par ailleurs, la deuxième année, le montant d’intérêt de 110 $, qu’on a encore ­réinvesti
pendant trois années, au taux de 10 %, va générer un total d’intérêt TOT i égal à :
TOT i = PV × I × N
TOT i = 110 × 0,10 × 3
TOT i = 33 $

De même, les intérêts de la troisième et de la quatrième année, réinvestis pendant les


années suivantes, vont générer :

TOT i = 121 × 0,10 × 2 = 24,20 $

2. Soulignons que la dynamique de l’intérêt simple est identique à celle de l’intérêt composé si
­l’intérêt reçu en simple, à chaque période, est réinvesti aux mêmes conditions durant toute la durée
de l’investissement qui s’échelonne sur plusieurs périodes.

15
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

et :
TOT i = 133,10 × 0,10 × 1 = 13,31 $

Par conséquent, le montant total d’intérêt généré par les intérêts est de 40 + 33
+ 24,20 + 13,31 = 110,51 $. Ce montant correspond à la différence entre les
sommes accu­mulées selon l’intérêt simple (500 $) et celles accumulées selon l’intérêt
composé (610,51 $). La figure 2.4 représente la différence dans la croissance du mon­
tant d’intérêt périodique, selon que l’intérêt est simple ou composé.

À noter.– À partir de maintenant, nous tiendrons toujours pour acquis que nous nous
situons dans une dynamique d’intérêt composé.

Montant d’intérêt

146,40
133,10
Intérêt composé
121
110
100

Intérêt simple

Période 1 Période 2 Période 3 Période 4 Période 5

Figure 2.4
La différence entre les montants accumulés en intérêt simple et en intérêt composé

3. La fréquence de capitalisation des taux


Jusqu’à présent, nous avons seulement considéré les taux exprimés sur une base an­
nuelle où les intérêts sont calculés une fois par an. En pratique, cependant, les intérêts
peuvent être versés et calculés plus d’une fois par année selon différentes fréquences.
La fréquence est le nombre de fois, à l’intérieur d’une même année, où l’intérêt vient

16
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

s’ajouter au capital initial. Les fréquences les plus courantes sont : semestrielle (tous
les six mois, soit deux fois par an), trimestrielle (tous les trois mois, soit quatre fois
par an), mensuelle (chaque mois, soit 12 fois par an), hebdomadaire (chaque semaine,
soit 52 fois par an) ou quotidienne (tous les jours, soit 365 fois par an).

Cette fréquence à laquelle sont calculés et versés les intérêts (la fréquence de capitali­
sation des taux) a un impact significatif sur la valeur accumulée d’un montant. Par
exemple, un placement de 1 000 $ à un taux de 10 % capitalisé annuellement, sur une
période de cinq ans, n’a pas la même valeur accumulée qu’un montant de 1 000 $
placé à un taux de 10 % capitalisé mensuellement. Intuitivement, puisque l’intérêt est
calculé et versé plus souvent dans le deuxième cas (12 fois par an plutôt qu’une seule),
et vu l’effet « explosif » des intérêts composés sur la croissance du capital initial, le
montant accumulé sera plus élevé, pour un même principal et un même taux, lorsque
la fré­­quence de capitalisation des taux est plus élevée.

Afin de pouvoir bien saisir les nuances de la dynamique de fréquence de capitalisation


des taux, il est important de différencier les appellations se rapportant au taux ­d’inté­rêt.
Nous avons donc :
– le taux d’intérêt nominal (représenté par le symbole I);
– le taux d’intérêt périodique (représenté par le symbole i);
– le taux d’intérêt effectif (représenté par le symbole ir).

3.1 Le taux d’intérêt nominal


Le taux d’intérêt nominal est le taux d’intérêt nommé, celui qu’on annonce ou qu’on
affiche. À moins d’indication contraire, le taux nominal est un taux annuel. Il est
important de noter que l’on ne peut prendre de décision financière sur la base du taux
nominal, à moins de comparer des taux capitalisés avec la même fréquence.

3.2 Le taux d’intérêt périodique


Le taux d’intérêt périodique est celui qui correspond à chaque période de capitali­
sation. Si nous avons un taux nominal de 10 % capitalisé semestriellement, par
exemple, alors le taux d’intérêt périodique est un taux semestriel de 10 %/2 = 5 %.

17
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Le taux d’intérêt périodique i s’obtient en divisant le taux nominal I par le nombre


de périodes de capitalisation m, à l’intérieur d’une même année. La formulation
­mathématique pour obtenir le taux périodique est :

i = I/m Éq. 2.5

où :
i = le taux d’intérêt périodique
I = le taux d’intérêt nominal
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année

Les taux périodiques ne sont comparables l’un à l’autre que s’ils ont la même fré­­
quence de capitalisation. Autrement dit, on ne peut comparer un taux périodique
­semestriel à un taux périodique mensuel que si on les ramène à une même fréquence
de capitalisation.

3.3 Le taux d’intérêt effectif


Le taux d’intérêt effectif est un taux annuel par définition. Il exprime sur une base
annuelle, et indépendamment de la fréquence de capitalisation, le taux effectivement
obtenu durant l’année. Tous les taux, dont la périodicité est différente, peuvent, une
fois leur équivalent annuel effectif déterminé, être comparés entre eux sur une base
commune annuelle. Donc, le taux effectif permet la comparaison entre divers taux
d’intérêt ayant des périodicités différentes.

L’équation 2.6 nous permet d’effectuer cette transposition du taux périodique au taux
effectif :

(l + ir) = (l + i)m Éq. 2.6

où :
ir = le taux d’intérêt effectif
i = le taux d’intérêt périodique
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année

18
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Si la fréquence de capitalisation est infinie ou en temps continu, (m est infini), le taux


effectif s’obtient de la manière suivante :

ir =eI − 1 Éq. 2.7

où :
I = le taux d’intérêt nominal
e = la base du logarithme népérien ou naturel, c’est-à-dire e = 2,718282

Exemple 3
Pour un taux nominal de 12 % capitalisé de façon continue ou infinie, le taux
­effectif, serait :
ir = eI − 1
ir = 2,7182820,12 − 1
ir = 12,75 %

On peut donc, maintenant, comparer des taux capitalisés selon des fréquences diffé­
rentes en les ramenant à une base commune, c’est-à-dire en calculant les taux d’inté­
rêt effectifs, ou les équivalents annuels, qui correspondent à chacun de ces taux.

3.4 L’équivalence des taux d’intérêt


L’équivalence des taux d’intérêt découle de la relation qui existe entre les différentes
fréquences de capitalisation des taux décrits précédemment. Il y a équivalence entre
deux taux, si tout montant placé à l’un ou à l’autre de ces taux procure la même valeur
au bout d’un horizon commun, quel que soit cet horizon.

Il existe quatre grands principes généraux à retenir concernant le lien entre les taux
nominaux, effectifs et périodiques.

19
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Principe 1
Pour un taux nominal donné, le taux effectif est égal au taux nominal lorsque la
­fréquence de capitalisation est d’une fois par an.

Par exemple, si I = 10 % et m   = 1, alors :

i r = :1 +
10 % D1
1 - 1 = 10 %

Principe 2
Pour un taux nominal donné, le taux effectif s’accroît avec l’augmentation de la
­fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année.

En effet, pour I = 10 %

Si 10 % est capitalisé annuellement (m = 1), alors :

i r = :1 +
10 % D1
1 - 1 = 10 %

Si 10 % est capitalisé semestriellement (m = 2), alors :

i r = :1 +
10 % D2
2 - 1 = 10, 25 %

Si 10 % est capitalisé trimestriellement (m = 4), alors :

i r = :1 +
10 % D4
4 - 1 = 10, 38 %

Si 10 % est capitalisé mensuellement (m = 12), alors :

i r = :1 + 12 D - 1 = 10, 47 %
10 % 12

Principe 3
Pour un taux nominal donné, l’augmentation de la fréquence de capitalisation à
l’intérieur d’une même année entraîne une augmentation du taux effectif, mais à un

20
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

taux décroissant. Par exemple, toujours pour I = 10 %, le passage d’une fréquence


de capitalisation annuelle à semestrielle donne une différence de
10,25 % −10 % = 0,25 % du taux effectif, de semestrielle à trimestrielle, la différence
est de 0,13 %, et de ­trimestrielle à mensuelle, l’augmentation du taux effectif n’est
plus que de 0,09 %.

Principe 4
On remarque que le taux d’intérêt nominal est égal au taux périodique et est égal au
taux effectif lorsque la fréquence de capitalisation est égale à 1.

En effet, pour I = 10 % et m = 1
on a : I = i = ir = 10 %

Tableau 2.3
La relation entre le taux nominal et la fréquence de capitalisation du taux

Fréquence Taux
Taux effectif
5% 6% 7% 8% 9% 10 % 11 % 12 % 13 % 14 % 15 %
Taux nominal
Annuelle (1) 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15

Semestrielle (2) 5,06 6,09 7,12 8,16 9,20 10,25 11,30 12,36 13,42 14,49 15,56

Trimestrielle (4) 5,09 6,14 7,19 8,24 9,31 10,38 11,46 12,55 13,65 14,75 15,87

Mensuelle (12) 5,11 6,17 7,23 8,30 9,38 10,47 11,57 12,68 13,80 14,93 16,08

Hebdomadaire (52) 5,12 6,18 7,25 8,32 9,41 10,51 11,61 12,73 13,86 15,01 16,16

Nous retrouvons dans le tableau 2.3 différents taux effectifs pour un taux nominal
donné et cinq fréquences différentes. L’équation 2.6 nous permet de jongler avec les
taux d’intérêt ayant des fréquences de capitalisation différentes.

21
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Exemple 4
Quel est le taux qui, capitalisé une fois l’an, est équivalent à un taux nominal de
12 %, capitalisé mensuellement?
On a :
ir = à déterminer
I = 12 %
m = 12
i = 1%
donc :
ir = (1 + i)m − 1
ir = (1 + 0,01)12 − 1
ir = 1,1268 – 1 = 12,68 %

Il n’y a donc pas de différence entre recevoir 12,68 % d’intérêt par année capitalisé
une fois l’an et recevoir un taux d’intérêt nominal de 12 % capitalisé 12 fois l’an.

Exemple 5
Quel est le taux périodique hebdomadaire correspondant à un taux effectif de 10 %?
On a :
i = à déterminer
ir = 10 %
m = 52
ir = (1 + i)m − 1
donc :
0,10 = (1 + i)52 − 1
0,10 + 1 = (1 + i)52
1,10 = (1 + i)52
i = 0,1835 %

22
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Il n’y a donc pas de différence entre recevoir un taux d’intérêt périodique hebdo­
madaire de 0,1835 % et recevoir un taux de 10 % par année capitalisé une fois l’an.

Exemple 6
À quel taux préférez-vous placer votre argent? À un taux nominal de 11 % capita­
lisé trimestriellement ou à un taux nominal de 10,5 % capitalisé mensuellement?
On a :
ir = à déterminer
I = 11 %
m =4
donc :
ir = (1 + i)m − 1
ir = (1 + 0,11/4)4 − 1
ir = 11,46 %

On a :
ir = à déterminer
I = 10,5 %
m = 12
donc :
ir = (1 + i)m − 1
ir = (1 + 0,105/12)12 − 1
ir = 11,02 %

Il est donc préférable d’investir à un taux nominal de 11 % capitalisé quatre fois


l’an. En effet, étant donné que les taux effectifs calculés pour chacun des taux
nominaux nous montrent que, sur une base annuelle, 11,46 % est supérieur à
11,02 %, on choisira d’investir le taux nominal correspondant au taux effectif de
11, 46 %, soit un taux de 11 % capitalisé trimestriellement.

23
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

On peut également trouver l’équivalence entre des taux nominaux avec des péri­odes
de capitalisation différentes à l’aide de l’équation 2.8. Cette approche est particu­
lièrement intéressante lorsqu’on cherche à établir certaines équivalences de taux,
parmi des taux capitalisés différemment, sans avoir à déterminer le taux effectif
correspondant :

^ 1 + I 1 /m 1hm1 = ^ 1 + I 2 /m 2hm2 Éq. 2.8

Exemple 7
À quel taux préférez-vous placer votre argent? À un taux nominal de 12 % capita­
lisé mensuellement (soit un taux périodique de 1 %) ou à un taux nominal de 10,5 %
capitalisé trimestriellement?
(1 + 0,105/4)4 = (1 + I/12)12
(1 + 0,105/4)4 = (1 + i)12
(1 + 0,105/4)4/12 = (1 + i)
i = 0,0087 soit 0,87 %

Ainsi, le taux périodique mensuel correspondant à un taux nominal de 10,5 %


capitalisé trimestriellement est de 0,87 %. Si on le compare au taux périodique de
1 % correspondant au taux nominal de 12 % capitalisé mensuellement, on voit que
1 % est supérieur à 0,87 % et, par conséquent, faire un placement à un taux de 12 %
capitalisé 12 fois l’an est une meilleure option.

4. La capitalisation versus l’actualisation


Les principes de capitalisation et d’actualisation reviendront continuellement dans ce
cours puisqu’ils sont essentiels à la compréhension de la notion de valeur. La
­capi­talisation consiste à projeter dans le futur la valeur d’une somme d’argent qu’on
a en main aujourd’hui. Par contre, l’actualisation consiste à ramener vers aujourd’hui
la valeur future d’une somme d’argent. Les deux processus sont représentés sur un
axe temporel dans la figure 2.5. La différence entre les principes d’actualisation et de

24
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

capitalisation est le sens du déplacement temporel à partir d’un point de départ


­prédé­terminé.

Capitalisation

Présent Futur

Actualisation

Figure 2.5
Axe temporel

4.1 La valeur future d’un montant unique


Comme nous l’avons vu, nous pouvons déterminer à l’aide de l’équation 2.4 la valeur
finale FVN d’un capital initial PV, placé à un taux d’intérêt composé annuellement I,
pour un nombre de périodes d’accumulation exprimé sur une base annuelle de N.

FVN =PV (1 + I)N Éq. 2.4

Or, cette équation n’est valable que lorsque la fréquence de capitalisation est annuelle.
Afin d’être universelle, cette formulation doit tenir compte de la fréquence de
­ca­pitalisation des taux. Ainsi, la valeur future d’un montant unique peut être obtenue
quelle que soit la fréquence de capitalisation des taux à l’aide de l’équation suivante :

FVn =PV (1 + i)n Éq. 2.9

25
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

où :
FVn = la valeur à la fin de la période n
PV = la valeur actuelle ou initiale
i = le taux d’intérêt périodique (I/m)
n = le nombre de périodes de capitalisation (N × m)
N = le nombre d’années
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année

Exemple 8
Sachant que vous pouvez placer votre argent à un taux nominal de 15 % capitalisé
semestriellement, si on vous donnait le choix entre recevoir 100 000 $ aujourd’hui
ou recevoir 150 000 $ dans trois ans, que feriez-vous?
FVn = PV (1 + i)n
FVN × m = PV (1 + I/m)N × m

FV3 × 2 = 100 000 (1 + 0,15/2)3 × 2

FV6 = 100 000 (1,075)6


FV6 = 154 330,15 $

Il est donc préférable d’avoir 100 000 $ aujourd’hui, puisque, dans trois ans, ce
montant, placé à un taux nominal de 15 % capitalisé deux fois l’an, vaudra plus
que 150 000 $.

26
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

4.2 La valeur actuelle d’un montant unique


Dans la section précédente, nous avons capitalisé dans le futur une valeur actuelle
connue. Mais nous pouvons aussi faire le chemin inverse. Une somme future connue
peut être ramenée au moment présent afin d’obtenir sa valeur actuelle. C’est ce qu’on
appelle l’actualisation.

Algébriquement, nous avons :

PV =FVn (1 + i)−n Éq. 2.10

où :
PV = la valeur initiale ou présente
FVn = la valeur à la fin de la période n
i = le taux d’intérêt périodique (I/m)
n = le nombre de périodes de capitalisation (N × m)
N = le nombre d’années
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année

Exemple 9
Sachant que le taux d’intérêt nominal couvrant les trois prochaines années sera de
15 % capitalisé semestriellement, si on vous donnait le choix entre recevoir
100 000 $ aujourd’hui ou recevoir 150 000 $ dans trois ans, que feriez-vous?
PV =FVn (1 + i)− n
PV =FVN × m (1 + I/m)− N × m

PV = 150 000 (1,075)− 6


PV = 97 194 $

On voit donc qu’il est préférable de recevoir 100 000 $ aujourd’hui puisque la valeur
actuelle de 150 000 $ à recevoir dans trois ans est moindre que 100 000 $.

27
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt

Conclusion
Nous avons développé dans ce thème la notion fondamentale de taux d’intérêt qui
nous permet de déterminer la valeur économique d’un bien à différents points dans
le temps.

Nous avons aussi identifié les différents types de taux d’intérêt : nominal, périodique
et effectif ainsi que les relations qui les unissent. Finalement, nous avons appliqué
nos connaissances pour déplacer dans le temps des montants uniques, soit en les
actuali­sant (en les ramenant au présent) ou en les capitalisant (en les projetant dans
le futur).

En réalité, les principes d’actualisation et de capitalisation font plus souvent ­interve­nir


des séries de flux monétaires que des montants uniques, d’où l’objet du prochain
thème.

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