FIN1020 Theme02
FIN1020 Theme02
L‘intérêt
Introduction....................................................................................................................................... 3
1. Le rôle de l’intérêt........................................................................................................................ 3
1.1 L’offre et la demande de fonds.............................................................................................. 4
1.2 Les facteurs de prime............................................................................................................ 5
2. Les types de taux d’intérêt............................................................................................................ 6
2.1 L’intérêt simple..................................................................................................................... 6
2.2 L’intérêt composé............................................................................................................... 10
3. La fréquence de capitalisation des taux...................................................................................... 16
3.1 Le taux d’intérêt nominal.................................................................................................... 17
3.2 Le taux d’intérêt périodique................................................................................................ 17
3.3 Le taux d’intérêt effectif .................................................................................................... 18
3.4 L’équivalence des taux d’intérêt......................................................................................... 19
4. La capitalisation versus l’actualisation ...................................................................................... 24
4.1 La valeur future d’un montant unique................................................................................. 25
4.2 La valeur actuelle d’un montant unique ............................................................................. 27
Conclusion...................................................................................................................................... 28
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
L’administration financière
L’intérêt
• Le rôle de l’intérêt
• Les types de taux d’intérêt
• La fréquence de capitalisation des taux
• La capitalisation versus l’actualisation
2
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Le thème 2 vous amène à comprendre la notion d’intérêt. Pour ce faire, vous devrez
atteindre les objectifs suivants :
– comprendre la dynamique de l’offre et de la demande de fonds;
– identifier les différentes sources de prime de risque;
– connaître les nuances entre taux d’intérêt simple et taux d’intérêt composé;
– distinguer les notions de taux d’intérêt nominal, de taux d’intérêt périodique
et de taux d’intérêt effectif;
– saisir la notion d’équivalence des taux;
– comprendre les notions de capitalisation et d’actualisation;
– calculer la valeur actuelle et la valeur future d’un montant unique.
Introduction
La valeur économique d’un bien évolue dans le temps. Cet aspect temporel de la
valeur d’un bien fait souvent appel à un concept fort important de l’économie moderne
qui est l’intérêt. L’intérêt peut être vu comme le coût d’utilisation de l’argent dans le
temps. Dans la première section de ce thème, nous allons nous familiariser avec cette
notion d’intérêt. Nous étudierons ensuite les différents types de taux d’intérêt et leurs
particularités. Finalement, nous mettrons en application les connaissances acquises
afin de déplacer, dans le temps, différentes valeurs économiques.
1. Le rôle de l’intérêt
Le rôle de l’intérêt est de permettre un transfert de richesse entre l’épargne du prêteur
et la consommation de l’emprunteur. En effet, l’argent emprunté donne à l’emprunteur
l’opportunité de faire immédiatement une transaction qui, autrement, aurait été repor
tée à plus tard ou même perdue à jamais. Par conséquent, pour l’emprunteur, l’intérêt
représente le prix à payer pour ne pas attendre à plus tard afin de bénéficier immédia
tement d’une opportunité. En contrepartie, les individus qui possèdent des réserves
monétaires importantes (ou épargne) n’ont aucune raison de s’en défaire, à moins d’y
3
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Taux d’intérêt
Offre
Taux d’équilibre
Demande
Figure 2.1
La détermination du niveau du taux d’intérêt par l’offre et la demande
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Le taux d’intérêt, qui constitue un revenu pour le prêteur et une dépense pour
l’emprunteur, voit sa justification dans différents facteurs qui varient selon que nous
sommes demandeur ou offreur de fonds. Ces facteurs de prime, justifiant le niveau
du taux d’intérêt, sont développés dans la section suivante. Notez, cependant, qu’à
des fins de simplification, nous retiendrons uniquement le point de vue du prêteur,
puisque chaque élément justifiant une partie du niveau du taux d’intérêt chez le prêteur
trouve sa réciprocité chez l’emprunteur.
Le report de la consommation
Le prêteur exige une prime de l’emprunteur pour compenser le sacrifice qu’il doit
faire en prêtant ses fonds. En effet, le prêteur pourrait utiliser ces fonds aujourd’hui
pour consommer des biens qui lui procureront utilité et jouissance. Puisque le prêteur
doit remettre à plus tard la jouissance qu’il aurait pu obtenir aujourd’hui, il va réclamer
une prime pour compenser ce sacrifice.
Le risque de non-remboursement
Aucun individu, de par la nature humaine, ne privilégie l’incertitude au détriment de
la certitude. Ainsi, la possession d’une certaine somme d’argent est une certitude
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
absolue puisqu’on peut physiquement le certifier et utiliser cet argent comme bon
nous semble. Cependant, à partir du moment où l’on prête cet argent, la certitude de
pouvoir un jour l’utiliser dépendra de la solvabilité de l’emprunteur. Il existe donc un
risque de ne jamais récupérer cet argent, puisque, entre le moment où l’argent est
prêté et le moment où il devrait être remboursé, plusieurs événements peuvent s urvenir
empêchant l’emprunteur de s’acquitter de ses obligations.
Exemple 1
Le 1er janvier 20X0, vous déposez un montant de 1 000 $ dans un compte à intérêt
simple de 10 % par année pendant cinq ans (le terme montant est synonyme de
« capital » ou « somme » ou « principal » ou encore « prêt »). Autrement dit, vous
prêtez à la banque 1 000 $. En contrepartie, cette dernière vous remettra 100 $
d’intérêt par année, pendant cinq ans. Nous avons illustré dans le tableau 2.1, pour
la période couverte par l’exemple, les flux monétaires (entrées et sorties de fonds)
résultant de cette transaction, à la fois pour le prêteur et l’emprunteur.
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Tableau 2.1
Les flux monétaires d’une transaction selon l’intérêt simple
Prêteur Emprunteur
Date Sortie de fonds Entrée de fonds Sortie de fonds Entrée de fonds
Nous constatons dans le tableau 2.1 l’application des règles de l’intérêt simple énu
mérées plus haut. En effet, on voit bien que le montant d’intérêt reste constant d ’année
en année ou de période en période. De plus, son calcul est toujours basé sur le capital
initial, soit 1 000 × 10 % = 100 $. On constate également que les intérêts sont versés
en fin de période, puisqu’il a fallu attendre la fin de l’année 20X0, c’est-à-dire le
début de l’année 20X1, pour encaisser les intérêts pour la première fois. Finalement,
on remarque que le montant dû par l’emprunteur reste toujours égal au montant p rêté
initialement, soit 1 000 $.
L’intérêt simple est toujours calculé sur le capital initial, soit 1 000 $ dans l’exemple 1.
Comme le taux d’intérêt ne change pas, et que le principal sur lequel il s’applique ne
change pas non plus, le montant d’intérêt reçu est égal, pour chacune des années, à
100 $. Au total, le prêteur a touché 500 $ en intérêt, soit 100 $ par année pendant
cinq ans.
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Un tel tableau peut facilement devenir encombrant si nous avons à calculer le montant
d’intérêt reçu sur un prêt durant une très longue durée. Afin de remédier à cette
situation, nous utiliserons une formulation algébrique. Une seule formule nous per
mettra de déterminer le montant total d’intérêt encaissé, et ce, indépendamment de la
période couverte, du capital utilisé ou du taux d’intérêt simple appliqué.
Cette formule, qui nous donne l’intérêt simple total reçu pour un principal initial, est
représentée par l’équation 2.1 :
où :
TOT i = le montant total d’intérêt versé ou reçu
PV = le capital prêté ou emprunté initialement (present value)
I = le taux d’intérêt simple annuel
(PV × I) = le versement d’intérêt annuel
N = le nombre de périodes de placement exprimé sur une base annuelle
(en années)
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
En outre, afin d’obtenir la somme totale reçue FVN, nous devons additionner le prin
cipal PV au montant total des intérêts TOT i, d’où l’équation 2.2 :
où :
FVN = la valeur à la période N (future value)
PV = le capital prêté ou emprunté initialement (principal)
I = le taux d’intérêt simple annuel
N = le nombre de périodes de placement exprimé sur une base annuelle
En utilisant cette équation dans l’exemple précédent, le capital prêté de 1 000 $, placé
à 10 % d’intérêt simple sur cinq ans, donne une valeur accumulée de 1 500 $.
En effet :
FV5 = à déterminer
PV = 1 000 $
I = 10 %
N = 5 ans
1. Dans le calcul de l’équation 2.3, la multiplication doit être effectuée avant l’addition (priorité des
opérateurs mathématiques).
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
De nos jours, on utilise peu l’intérêt simple et on en comprendra vite la raison lors du
traitement, dans la section suivante, de l’intérêt composé.
À la différence de l’intérêt simple, qui demeure constant pour chaque période, l’in
térêt composé s’accroît, pour sa part, de période en période.
Exemple 2
Le 1er janvier 20X0, vous déposez un montant de 1 000 $ dans un compte à intérêt
composé de 10 % par année, pendant cinq ans. Autrement dit, vous prêtez à la
banque 1 000 $. Nous avons illustré dans le tableau 2.2, pour la durée de l’invetis
sement, les flux monétaires (entrées et sorties de fonds) résultant de cette transaction,
à la fois pour le prêteur et pour l’emprunteur.
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Tableau 2.2
Les flux monétaires d’une transaction selon l’intérêt composé
Prêteur Emprunteur
Date Sortie de fonds Entrée de fonds Sortie de fonds Entrée de fonds
01-01-20X1 0 0 0 0
01-01-20X2 0 0 0 0
01-01-20X3 0 0 0 0
01-01-20X4 0 0 0 0
1 100
1 210
1 331
1 464,10
1 610,51 $
20X0 20X1 20X2 20X3 20X4 20X5
Figure 2.2
Le calcul de l’intérêt composé
La figure 2.2 nous permet de constater que le montant de 1 000 $ placé au début de
20X0 va engendrer des intérêts de 100 $ durant la première période, ce qui constituera
11
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
le capital initial pour la période suivante, soit 1 100 $. À la fin de 20X1, les intérêts
de cette période, qui s’élèvent à 110 $, s’ajoutent au capital initial de la période afin
de constituer le capital initial de la période subséquente, soit 1 210 $, et ainsi de suite
jusqu’à la fin de la durée du placement. Pour chacune des périodes considérées, le
calcul du capital initial se fait comme suit :
À partir des équations dont nous disposons, on peut déterminer les valeurs accumulées
période par période de la façon suivante :
La valeur accumulée après la première période :
FV1 =PV (1 + I × N)
Sachant que
N =1
FV1 =PV (1 + I)
FV1 = 1 000 (1 + 0,10)
FV1 = 1 000 (1,10)
FV1 = 1 100 $
12
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
FV2 =FV1 (1 + I)
Sachant que
FV1 =PV (1 + I)
on a :
FV2 =FV1 (1 + I)
FV2 =PV (1 + I) (1 + I)
FV2 = 1 000 (1,1) (1,1)
FV2 = 1 210 $
FV3 =FV2 (1 + I)
Sachant que
FV2 =PV (1 + I) (1 + I)
on a :
FV3 =FV2 (1 + I)
FV3 =PV (1 + I) (1 + I) (1 + I)
FV3 = 1 000 (1,1) (1,1) (1,1)
FV3 = 1 331 $
Par conséquent, on peut utiliser une formule algébrique générale qui nous permet de
déterminer la valeur finale FVN, d’un capital initial PV, placé à un taux d’intérêt com
posé I sur une période N :
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
où :
FVN = la valeur à la fin de la période N
PV = le capital prêté ou emprunté initialement (principal)
I = le taux d’intérêt composé annuellement
N = le nombre de périodes d’accumulation exprimé sur une base annuelle
FV5
FV4
FV3
FV2
FV1
Figure 2.3
La dynamique de l’intérêt composé avec un taux d’intérêt de 10 %
En comparant le tableau 2.1 (intérêt simple) et le tableau 2.2 (intérêt composé), nous
constatons qu’il n’y a pas de différence entre l’intérêt simple et l’intérêt composé lors
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Cette différence provient de l’intérêt supplémentaire généré par les intérêts dégagés
au cours des quatre premières périodes et réinvestis. Plus précisément, la première
année nous a permis de générer 100 $ d’intérêt qui ont été réinvestis pour une durée
de quatre ans. Par conséquent, ce placement de 100 $, sur quatre ans à 10 %, a généré,
à lui seul, le montant total d’intérêt TOT i de :
TOT i = PV × I × N
TOT i = 100 × 0,10 × 4
TOT i = 40 $
Par ailleurs, la deuxième année, le montant d’intérêt de 110 $, qu’on a encore réinvesti
pendant trois années, au taux de 10 %, va générer un total d’intérêt TOT i égal à :
TOT i = PV × I × N
TOT i = 110 × 0,10 × 3
TOT i = 33 $
2. Soulignons que la dynamique de l’intérêt simple est identique à celle de l’intérêt composé si
l’intérêt reçu en simple, à chaque période, est réinvesti aux mêmes conditions durant toute la durée
de l’investissement qui s’échelonne sur plusieurs périodes.
15
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
et :
TOT i = 133,10 × 0,10 × 1 = 13,31 $
Par conséquent, le montant total d’intérêt généré par les intérêts est de 40 + 33
+ 24,20 + 13,31 = 110,51 $. Ce montant correspond à la différence entre les
sommes accumulées selon l’intérêt simple (500 $) et celles accumulées selon l’intérêt
composé (610,51 $). La figure 2.4 représente la différence dans la croissance du mon
tant d’intérêt périodique, selon que l’intérêt est simple ou composé.
À noter.– À partir de maintenant, nous tiendrons toujours pour acquis que nous nous
situons dans une dynamique d’intérêt composé.
Montant d’intérêt
146,40
133,10
Intérêt composé
121
110
100
Intérêt simple
Figure 2.4
La différence entre les montants accumulés en intérêt simple et en intérêt composé
16
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
s’ajouter au capital initial. Les fréquences les plus courantes sont : semestrielle (tous
les six mois, soit deux fois par an), trimestrielle (tous les trois mois, soit quatre fois
par an), mensuelle (chaque mois, soit 12 fois par an), hebdomadaire (chaque semaine,
soit 52 fois par an) ou quotidienne (tous les jours, soit 365 fois par an).
Cette fréquence à laquelle sont calculés et versés les intérêts (la fréquence de capitali
sation des taux) a un impact significatif sur la valeur accumulée d’un montant. Par
exemple, un placement de 1 000 $ à un taux de 10 % capitalisé annuellement, sur une
période de cinq ans, n’a pas la même valeur accumulée qu’un montant de 1 000 $
placé à un taux de 10 % capitalisé mensuellement. Intuitivement, puisque l’intérêt est
calculé et versé plus souvent dans le deuxième cas (12 fois par an plutôt qu’une seule),
et vu l’effet « explosif » des intérêts composés sur la croissance du capital initial, le
montant accumulé sera plus élevé, pour un même principal et un même taux, lorsque
la fréquence de capitalisation des taux est plus élevée.
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
où :
i = le taux d’intérêt périodique
I = le taux d’intérêt nominal
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année
Les taux périodiques ne sont comparables l’un à l’autre que s’ils ont la même fré
quence de capitalisation. Autrement dit, on ne peut comparer un taux périodique
semestriel à un taux périodique mensuel que si on les ramène à une même fréquence
de capitalisation.
L’équation 2.6 nous permet d’effectuer cette transposition du taux périodique au taux
effectif :
où :
ir = le taux d’intérêt effectif
i = le taux d’intérêt périodique
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année
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T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
où :
I = le taux d’intérêt nominal
e = la base du logarithme népérien ou naturel, c’est-à-dire e = 2,718282
Exemple 3
Pour un taux nominal de 12 % capitalisé de façon continue ou infinie, le taux
effectif, serait :
ir = eI − 1
ir = 2,7182820,12 − 1
ir = 12,75 %
On peut donc, maintenant, comparer des taux capitalisés selon des fréquences diffé
rentes en les ramenant à une base commune, c’est-à-dire en calculant les taux d’inté
rêt effectifs, ou les équivalents annuels, qui correspondent à chacun de ces taux.
Il existe quatre grands principes généraux à retenir concernant le lien entre les taux
nominaux, effectifs et périodiques.
19
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Principe 1
Pour un taux nominal donné, le taux effectif est égal au taux nominal lorsque la
fréquence de capitalisation est d’une fois par an.
i r = :1 +
10 % D1
1 - 1 = 10 %
Principe 2
Pour un taux nominal donné, le taux effectif s’accroît avec l’augmentation de la
fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année.
En effet, pour I = 10 %
i r = :1 +
10 % D1
1 - 1 = 10 %
i r = :1 +
10 % D2
2 - 1 = 10, 25 %
i r = :1 +
10 % D4
4 - 1 = 10, 38 %
i r = :1 + 12 D - 1 = 10, 47 %
10 % 12
Principe 3
Pour un taux nominal donné, l’augmentation de la fréquence de capitalisation à
l’intérieur d’une même année entraîne une augmentation du taux effectif, mais à un
20
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Principe 4
On remarque que le taux d’intérêt nominal est égal au taux périodique et est égal au
taux effectif lorsque la fréquence de capitalisation est égale à 1.
En effet, pour I = 10 % et m = 1
on a : I = i = ir = 10 %
Tableau 2.3
La relation entre le taux nominal et la fréquence de capitalisation du taux
Fréquence Taux
Taux effectif
5% 6% 7% 8% 9% 10 % 11 % 12 % 13 % 14 % 15 %
Taux nominal
Annuelle (1) 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Semestrielle (2) 5,06 6,09 7,12 8,16 9,20 10,25 11,30 12,36 13,42 14,49 15,56
Trimestrielle (4) 5,09 6,14 7,19 8,24 9,31 10,38 11,46 12,55 13,65 14,75 15,87
Mensuelle (12) 5,11 6,17 7,23 8,30 9,38 10,47 11,57 12,68 13,80 14,93 16,08
Hebdomadaire (52) 5,12 6,18 7,25 8,32 9,41 10,51 11,61 12,73 13,86 15,01 16,16
Nous retrouvons dans le tableau 2.3 différents taux effectifs pour un taux nominal
donné et cinq fréquences différentes. L’équation 2.6 nous permet de jongler avec les
taux d’intérêt ayant des fréquences de capitalisation différentes.
21
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Exemple 4
Quel est le taux qui, capitalisé une fois l’an, est équivalent à un taux nominal de
12 %, capitalisé mensuellement?
On a :
ir = à déterminer
I = 12 %
m = 12
i = 1%
donc :
ir = (1 + i)m − 1
ir = (1 + 0,01)12 − 1
ir = 1,1268 – 1 = 12,68 %
Il n’y a donc pas de différence entre recevoir 12,68 % d’intérêt par année capitalisé
une fois l’an et recevoir un taux d’intérêt nominal de 12 % capitalisé 12 fois l’an.
Exemple 5
Quel est le taux périodique hebdomadaire correspondant à un taux effectif de 10 %?
On a :
i = à déterminer
ir = 10 %
m = 52
ir = (1 + i)m − 1
donc :
0,10 = (1 + i)52 − 1
0,10 + 1 = (1 + i)52
1,10 = (1 + i)52
i = 0,1835 %
22
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Il n’y a donc pas de différence entre recevoir un taux d’intérêt périodique hebdo
madaire de 0,1835 % et recevoir un taux de 10 % par année capitalisé une fois l’an.
Exemple 6
À quel taux préférez-vous placer votre argent? À un taux nominal de 11 % capita
lisé trimestriellement ou à un taux nominal de 10,5 % capitalisé mensuellement?
On a :
ir = à déterminer
I = 11 %
m =4
donc :
ir = (1 + i)m − 1
ir = (1 + 0,11/4)4 − 1
ir = 11,46 %
On a :
ir = à déterminer
I = 10,5 %
m = 12
donc :
ir = (1 + i)m − 1
ir = (1 + 0,105/12)12 − 1
ir = 11,02 %
23
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
On peut également trouver l’équivalence entre des taux nominaux avec des périodes
de capitalisation différentes à l’aide de l’équation 2.8. Cette approche est particu
lièrement intéressante lorsqu’on cherche à établir certaines équivalences de taux,
parmi des taux capitalisés différemment, sans avoir à déterminer le taux effectif
correspondant :
Exemple 7
À quel taux préférez-vous placer votre argent? À un taux nominal de 12 % capita
lisé mensuellement (soit un taux périodique de 1 %) ou à un taux nominal de 10,5 %
capitalisé trimestriellement?
(1 + 0,105/4)4 = (1 + I/12)12
(1 + 0,105/4)4 = (1 + i)12
(1 + 0,105/4)4/12 = (1 + i)
i = 0,0087 soit 0,87 %
24
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Capitalisation
Présent Futur
Actualisation
Figure 2.5
Axe temporel
Or, cette équation n’est valable que lorsque la fréquence de capitalisation est annuelle.
Afin d’être universelle, cette formulation doit tenir compte de la fréquence de
capitalisation des taux. Ainsi, la valeur future d’un montant unique peut être obtenue
quelle que soit la fréquence de capitalisation des taux à l’aide de l’équation suivante :
25
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
où :
FVn = la valeur à la fin de la période n
PV = la valeur actuelle ou initiale
i = le taux d’intérêt périodique (I/m)
n = le nombre de périodes de capitalisation (N × m)
N = le nombre d’années
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année
Exemple 8
Sachant que vous pouvez placer votre argent à un taux nominal de 15 % capitalisé
semestriellement, si on vous donnait le choix entre recevoir 100 000 $ aujourd’hui
ou recevoir 150 000 $ dans trois ans, que feriez-vous?
FVn = PV (1 + i)n
FVN × m = PV (1 + I/m)N × m
Il est donc préférable d’avoir 100 000 $ aujourd’hui, puisque, dans trois ans, ce
montant, placé à un taux nominal de 15 % capitalisé deux fois l’an, vaudra plus
que 150 000 $.
26
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
où :
PV = la valeur initiale ou présente
FVn = la valeur à la fin de la période n
i = le taux d’intérêt périodique (I/m)
n = le nombre de périodes de capitalisation (N × m)
N = le nombre d’années
m = la fréquence de capitalisation à l’intérieur d’une même année
Exemple 9
Sachant que le taux d’intérêt nominal couvrant les trois prochaines années sera de
15 % capitalisé semestriellement, si on vous donnait le choix entre recevoir
100 000 $ aujourd’hui ou recevoir 150 000 $ dans trois ans, que feriez-vous?
PV =FVn (1 + i)− n
PV =FVN × m (1 + I/m)− N × m
On voit donc qu’il est préférable de recevoir 100 000 $ aujourd’hui puisque la valeur
actuelle de 150 000 $ à recevoir dans trois ans est moindre que 100 000 $.
27
T h è m e 2 • L‘ i ntérêt
Conclusion
Nous avons développé dans ce thème la notion fondamentale de taux d’intérêt qui
nous permet de déterminer la valeur économique d’un bien à différents points dans
le temps.
Nous avons aussi identifié les différents types de taux d’intérêt : nominal, périodique
et effectif ainsi que les relations qui les unissent. Finalement, nous avons appliqué
nos connaissances pour déplacer dans le temps des montants uniques, soit en les
actualisant (en les ramenant au présent) ou en les capitalisant (en les projetant dans
le futur).
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