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Profession de La Sage-Femme Cours

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PROFESSION DE LA SAGE-FEMME

PLAN

OBJECTIFS

INTRODUCTION

I- HISTORIQUE

II- DESCRIPTION DE LA SAGE-FEMME

III- CODE DE DEONTOLOGIE

CONCLUSION
OBJECTIF GÉNÉRAL

Maîtriser en quoi consiste le métier de sage-femme, partant de son historique, en passant par ses
missions et compétences jusqu’aux normes régissant sa profession.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

 Connaître l’historique de la profession en général, dans le monde et au Cameroun

 Définir la sage-femme selon l’OMS

 Maîtriser ses missions, ses rôles, ses compétences voire ses activités

 Connaître la réglementation et l'organisation de la profession : expliquer brièvement le


code de déontologie de la sage-femme (devoirs et responsabilités professionnelles).
INTRODUCTION

Spécialiste du suivi physiologique et gynécologique des femmes, la sage-femme


accompagne les femmes en bonne santé et sans pathologie particulière tout au long de leur vie. Ce
métier difficile demande à la fois des compétences médicales et psychologiques.

Environ 15% des femmes enceintes au niveau mondial affrontent des complications
susceptibles de menacer leur vie durant la grossesse, l’accouchement ou le post-partum. En dépit
de cela, 35% des nouvelles mères dans les pays en développement donneront naissance soit seules,
soit sans assistance qualifiée durant l’un des moments les plus dangereux de toute la vie d’une
femme.

Pour empêcher le décès de femmes et de nouveau-nés pendant l’accouchement, l’un des


plus importants investissements qu’un pays puisse faire, réside dans les ressources humaines afin
de garantir une assistance qualifiée durant la grossesse et l’accouchement. ([Link])
Chaque année, environ 287 000 femmes meurent de complications durant la grossesse ou
l’accouchement. Cependant, la pénurie de sages-femmes et de personnel de santé qualifié est la
plus aiguë dans les pays les plus pauvres du monde. Cinquante-huit pays, presque tous dans les
régions les moins avancées, représentent 58% des naissances du monde entier, mais 91% des décès
maternels, 80% des cas de mortinatalité (avant l’accouchement) et 82% de ceux de mortalité
néonatale. Ces pays ne disposent que de 17% des sages-femmes, infirmières et médecins du monde
entier. En outre, 5,7 millions de femmes souffrent de maladies ou invalidités graves ou de longue
durée, dont les pires sont la fistule obstétricale, un grave prolapsus utérin, la dépression et la
stérilité. Il est capital de dispenser des soins de santé qualifiés durant la grossesse et
l’accouchement afin de réduire le nombre de femmes et de nouveau-nés qui meurent ou subissent
des blessures durant l’accouchement.
I- HISTORIQUE Par Gersende Cornelis

La profession de sage-femme est un métier en constante évolution et surtout vieux comme


le monde. Auparavant, la sage-femme ne portait pas cette dénomination, on l’appelait « matrone
» ou « ventrière ». Ce mot puise son origine du latin « mater » qui signifie mère. Autrement dit, la
sage-femme de l’époque faisait référence à la femme d’expérience, celle qui a connu la grossesse,
l’accouchement et qui était donc apte à pouvoir elle-même donner naissance à d’autres enfants.

A l’époque, l’exercice du métier de « matrone » n’exigeait aucunes compétences


d’obstétrique. Le fait est que le rôle de la matrone était de respecter au mieux les préceptes
religieux. La sage-femme de l’époque représentait la sagesse et était fortement reconnue au sein
de la société. En effet, cette profession se transmettait de générations en générations et c’était la
matrone qui enseignait les grands principes de mise au monde traditionnelle des enfants.

Toutefois à partir du XVème siècle, la profession de sage-femme connaît une


réglementation accrue au niveau communal. La sage-femme doit dès lors suivre une formation.
Aussi Madame de la Chapelle fait le tour de la France pour enseigner aux accoucheuses avec un
mannequin et un manuel. Suite à cela, se crée vers la fin du XVIème – XVIIème siècle, un corpus
des sage-femme hautement qualifiées. Ainsi en 1660, la communauté des SF fût reconnu Madame
Bourcier du Coudray. Celle-ci forme 8000 accoucheuses et chirurgiens en 25 ans et devient la
première pédagogue de l’obstétrique. L’Etat français décide alors d’agir et de mettre en place une
formation de ces femmes car il s’est rendu compte de l’importance de la naissance.

Au Cameroun, la formation des sage-femme fut suspendue en 1987 sur décision du


gouvernement suite à des contraintes budgétaires. En 2011, seulement 122 sage-femme diplômées
dont 4 dans le secteur public, étaient comptées pour un besoin estimé à 5400 selon les normes
internationales. Ce déficit en sage-femme explique l’augmentation du ratio de mortalité maternelle
ces dernières années : 430 décès pour 100000 naissances vivantes à 782 décès, entre 1998 et 2011.

En 2010, le Ministère de la santé publique au travers de la Campagne d’Accélération de la


Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA), soutenue par l’UNFPA (fondes des
Nations Unies pour la population), l’UNICEF (Fond des nations unies pour l’enfance), l’OMS, la
banque mondiale, l’ONUSIDA a relancé la formation des sage-femme grâce à la réouverture des
huit écoles de sage-femme réparties sur l’ensemble du territoire. Celui-ci a donc pris la décision
de créer un corps de sage-femme afin que celle-ci offre à la communauté comme à chaque femme
un accompagnement claire pour la planification familiale, la grossesse, l’accouchement, les suites
de couches, le suivi du nouveau-né et du nourrisson, la sensibilisation des populations sur la
maternité sans risque, l’éducation des jeunes sur la parenté responsable et la lutte contre les
pratiques néfastes. « La SF est donc un maillon essentiel dans la lutte contre la morbidité et la
mortalité maternelle et néonatale » a dit madame Bourcier du Coudray.

II- DESCRIPTION DU MÉTIER DE SAGE-FEMME

La profession de sage-femme est une profession médicale réglementée par le code de la santé
publique et le code de déontologie des sages-femmes. Elles ont un pouvoir de diagnostic et un
droit de prescription.
La sage-femme (ou le maïeuticien ou homme sage-femme, mais avec une proportion que de
2,6% des effectifs) est une spécialiste des grossesses normales. Elle suit les femmes enceintes dont
elle a la charge, du diagnostic de la grossesse jusqu'au jour de l'accouchement.
L’OMS définit la sage-femme comme étant la personne qui surveille, soigne et conseille les futures
mères pendant leur grossesse, l’accouchement et le postpartum.

. II-1. Missions de la sage-femme

Ces missions peuvent se regrouper en 3 mots-clés :

 Veiller au bon déroulement de la grossesse, de l'accouchement et des suites de couches et


des soins du nouveau-né.
 Surveiller pour dépister tout passage à l'anomalie dans ce déroulement et agir en
conséquence.
 Éveiller, travail en amont et tout au long de cet évènement : grossesse-naissance, afin
d'aider les bases nécessaires au bon déroulement ; travail d'informations, d'éducation, de
prévention.

Pour remplir ces missions, la sage-femme se doit d’établir un climat de confiance avec ses
patients, tâche primordiale. Cela consiste à avoir un point d’appui à l’intérieur de soi, d’évaluer
ses limites et de s’ouvrir à l’autre afin d’amener les patients vers la sécurité, la sûreté, le respect.
Ces points d'appui se prennent aux trois niveaux de l'être humain : tête, corps, cœur ; ceci,
tant pour la sage-femme que pour la femme enceinte.

I-1-1- Veiller

 Au niveau " tête "


La sage-femme doit acquérir des connaissances solides en matière :

 du corps humain, de la physiologie de ses différents systèmes,


 de l'anatomie et la physiologie de la grossesse,
 de l'étude clinique et paraclinique de la grossesse,
 de l'étude de l'accouchement normal et des suites de couches normales,
 de l'étude des différentes présentations fœtales,
 de l'étude de l'anesthésie et de l'analgésie obstétricales, la pharmacie, sans omettre les
pharmacologies traditionnelles,
 de l'étude du nouveau-né sain,
 de l'analyse et organisation des données.

Les connaissances sont données sous forme de cours (principe de sécurité).

 Au niveau " corps "


Cela concerne :

 l'hygiène,
 l'asepsie,
 le confort physique, l'alimentation,
 toutes les acquisitions gestuelles dans l'exécution des soins en consultations pré- et post-
natales, la clinique,
 la pratique de l'accouchement,
 la détente, la relaxation, les sensations,
 la préparation à l'accouchement pour permettre et respecter les attitudes corporelles "
prises " lors de l'accouchement,
 développer l'observation.

Ceci dans un objectif de sûreté, d'aisance. Ce qui implique l'aspect important de la formation
que sont les stages, la mise en pratique, l'expérience de l'apprentissage et son évaluation.

 Au niveau " cœur "


Cela regroupe :

 des connaissances en psychologie de la cellule familiale, en données socioculturelles, en


ethnologie, etc.,
 un repérage de ce qui est ressenti au niveau des émotions et des sentiments par une écoute
et une acceptation de ce qui est et par la parole,
 la nécessité de développer une attitude d'empathie, de respect, de discrimination, - ainsi
qu'une responsabilisation.

I-1-2- Surveiller
 Au niveau " tête "
Tout au long de la grossesse et de l'accouchement, un incident ou un accident peut survenir et
changer brusquement le cours des événements. A l'aide de l'observation précise des faits, d'une
synthèse rapide, un raisonnement logique entraîne un diagnostic de l'anomalie et une prise de
décision immédiate.

Pour cela, il est nécessaire de connaître :

 la pathologie de la grossesse et de l'accouchement au niveau de la femme, et au niveau du


fœtus,
 la gynécologie et la pathologie gynécologique,
 la pathologie néonatale dans les divers systèmes (respiratoire ...), infectieuse,
 le nouveau-né prématuré ou hypotrophique,
 les données pathologiques propres au pays, à la région concernée.

 Au niveau " corps "


Grâce à ses connaissances apprises, la sage-femme se doit, et doit à la femme et à l'enfant à
venir d'être attentive et efficace s'il apparaît des signes d'anomalie au niveau de la femme et du
bébé : importance des consultations prénatales régulières et répétées consignées dans un dossier.

Pour cela, elle s'aide aussi des propos de la femme, de ses gestes, du matériel pour se renseigner
(antécédents de la santé de la famille de la femme, du père ; douleurs, fatigue, variations du
poids, œdèmes, chiffres de la tension artérielle, analyse des urines, hauteur utérine en rapport
avec l'âge de la grossesse, fièvre, présence de contractions utérines, mouvements actifs du bébé,
bruits du cœur du bébé, échographie...).

À l'accouchement, avec le dossier de la consultation prénatale, la sage-femme s'aide du


partogramme : évaluation par ce " dessin " de la situation pour déterminer quand et comment
savoir agir ainsi que savoir attendre.

Elle doit connaître son matériel en bon état de propreté et de marche pour un usage au bon
moment. Connaître la pharmacie, qu'elle soit complète et en bon état de fonctionnement
(approvisionnement, dates de péremption, bonne protection...) pour en faire un usage à bon
escient.

Le bébé : observation à l'aide du test d'Apgar : gestes de réanimation, chaleur, allaitement


précoce, dans un environnement de propreté et de calme. Présager de l'état de santé de l'enfant à
la naissance au cours du déroulement de l'accouchement.

Elle doit reconnaître les limites de confiance en sa compétence (savoir passer le relais), en son
lieu de travail (hygiène, sécurité).
Enfin, l'organisation du transfert vers l'hôpital de référence si cela s'avère nécessaire, avec une
transmission des données ; l'accompagnement, par qui et comment, prise de nouvelles et analyse
du pourquoi du transfert pour l'avenir.

 Au niveau " coeur "


Dans les pays du Sud-Est asiatique, il est dit que la femme enceinte est "en mue". L'état d'être
" en mue " est un état fragile, d'ouverture à tous les niveaux de la personne. La sage-femme
cherchera à développer en elle un état d'ouverture compréhensive à la situation de la femme qui
se modifie (création d'une famille, agrandissement de la famille, changements dans le caractère,
dialogue ou non dans la famille, confiance ou non, accueil du nouveau-né...). Cela nécessite du
temps, du calme, du respect, des paroles de part et d'autre entre la sage-femme et la femme, voire
le couple et la famille.

I-1-3- Éveiller
Ce troisième point se situe en amont des deux points précédents. Il regroupe un autre aspect du
travail de la sage-femme dans le domaine de la prévention.

 Évaluation-connaissance de l'état sanitaire du pays (de la région).


 Planification familiale.
 Dépistage des grossesses à hauts risques.
 Informations :
 au niveau "tête" : connaissance du déroulement de la grossesse, de l'accouchement, des
soins aux nouveau-nés ;
 au niveau " corps " : hygiène, alimentation, repos (détente, la douleur et ses possibles
prises en charge, pratiques traditionnelles);
 au niveau " cœur " : se mettre en état de confiance pour donner confiance (aider,
accompagner dans la souffrance).
 Éducation qui vise, dans la mesure où il y a un enrichissement intellectuel, un
changement de comportement ou une action. Ce travail, il est conseillé de le faire en
accord et avec l'aide de responsables locaux. Le message doit toucher tous les membres
de la famille et entrer dans le tableau que constituent les différents aspects de la vie
quotidienne (le travail, les tâches ménagères, les ressources familiales, la vie agricole, la
vie urbaine, les déplacements, les projets familiaux et de la communauté...).

Ce travail d'éducation implique de démontrer, de faire voir, d'aller rendre visite aux familles chez
elles. Il implique un lieu d'accueil pour accueillir les groupes. Il implique également d'évaluer
une action lorsque celle-ci est "achevée" et d'organiser un suivi à moyen et long terme, pour se
permettre de confirmer l'action ou d'ajuster en fonction de nouvelles données.

La sage-femme a un rôle d'éveil à la santé, à l'éclosion d'une famille, à "l'ajustement"


chaleureux entre une mère et son enfant, entre un père et son enfant; et à l'attention et au respect
à porter à l'enfant lui-même, étant, par ce qu'il est, un "puissant" éveilleur.

II-2. Rôle
La sage-femme joue un rôle déterminant et intervient donc à quatre moments distincts :
 Avant la grossesse du nouveau-né
 Pendant la grossesse
 Pendant l’accouchement
 Après l’accouchement ou après la naissance du nouveau-né
Le principal rôle de la sage-femme est la surveillance de la grossesse normale, durant
laquelle elle pratique les consultations et les échographies obstétricales. Au fil des mois, elle
anime des séances de préparation à la naissance (exercices de relaxation, sophrologie, yoga…).
Ainsi leur statut de profession médicale les autorise à la prescription d'une liste de
médicaments (nécessaire à l'exercice de leur profession) établie par l'arrêté du ministère de la
Santé. Elle effectue tous les examens de laboratoire, de diagnostic ou des radiologies comme
l'échographie, la radiopelvimétrie, les sérodiagnostics de la rubéole, de la toxoplasmose, du
HIV... (pendant la grossesse). Elle apporte son soutien psychologique aux futures mères.
Responsable du déroulement de l’accouchement, c'est elle qui pose le diagnostic du début du
travail, dont elle suit l’évolution (suivi du travail).
Avec l’aide de technologies de pointe (monitoring, échographies…), la sage-femme assure seule
la plupart des accouchements (75% des cas). Elle pratique épisiotomie, sutures, réanimation
néonatale et intubation si nécessaire. Si des complications surviennent, elle doit agir très vite
pour faire appel au gynécologue-obstétricien ou au chirurgien.
Après l’accouchement, elle s’occupe du nouveau-né, vérifie qu’il soit en bonne santé et
accomplit les gestes de réanimation si nécessaire. Elle dispense les soins nécessaires à la mère
et au nouveau-né et conseillent les femmes sur l'allaitement et la contraception. Elle
surveille aussi le rétablissement de la mère, la conseille sur l’allaitement et l’hygiène du
bébé et pratique la rééducation périnéale; les sages-femmes assurent aussi un rôle
important dans la prévention contre les addictions et notamment en matière de tabacologie.
Elles peuvent assurer des consultations en tabacologie auprès des femmes dans le cadre de leur
suivi de grossesse ou suivi gynécologique de prévention. Elles sont également habilitées à
prescrire des substituts nicotiniques aux femmes et à toutes les personnes qui vivent
régulièrement dans l’entourage de la femme enceinte ou de l’enfant jusqu’au terme de la période
postnatale.

L'activité de la sage-femme ne se limite pas à des gestes techniques : elle a aussi un rôle
relationnel très important. Elle doit savoir expliquer à la future mère comment vont se dérouler
les étapes successives, la rassurer et associer le père à ce moment important.

Mais le rôle de la sage-femme ne se limite pas uniquement à la grossesse. Spécialiste de la


physiologie de la femme, la sage-femme a aussi les compétences nécessaires pour assurer au
quotidien le suivi gynécologique de prévention des femmes (contraception, diagnostic de
grossesse, IVG médicamenteuse, traitement de la ménopause, contrôles réguliers, vaccination de
la femme et du nouveau-né). En cas de problèmes ou de pathologies particulières, elle oriente la
patiente vers [Link] gynécologue. Elle participe également aux activités cliniques d'assistance à la
procréation.

Cette profession implique de lourdes responsabilités et des conditions de travail souvent


difficiles : horaires irréguliers, gardes de nuit, stress… Une grande résistance à la fatigue
physique et nerveuse est donc nécessaire.
La plupart des sages-femmes travaillent à l'hôpital ou dans une clinique privée (80%). Quelques-
unes exercent en libéral (16%) c’est à dire qu’elles sont également amenées à suivre des
grossesses, dispenser des cours de préparation à la naissance et à la parentalité, ou encore
pratiquer la rééducation du périnée., et dans un centre de PMI (protection maternelle et infantile)
ou de planification familiale (4%). Dans ce cas, leur activité se concentre davantage sur la
prévention et la pédagogie.

II-3- Leurs principales activités

Elles se subdivisent en 3 niveaux :

Suivi de la grossesse

 conduire les consultations de grossesse des futures mamans en bonne santé (examens cliniques
et surveillance du fœtus), recueillir des informations personnalisées;

 prévenir et dépister les risques d'accouchement prématuré;

 dispenser des cours de préparation à la naissance en groupe ou en privé, expliquer les


techniques;

 donner des conseils en matière d'hygiène, de santé, de gymnastique prénatale;

 informer sur l'alimentation du bébé et les soins à prodiguer;

 répondre aux demandes des patientes, installer des relations de confiance;

Accouchement

 pratiquer des accouchements, seul-e ou en équipe;

 surveiller et guider les femmes qui accouchent, les accompagner psychologiquement dans les
moments difficiles (avortement tardif, enfant malformé ou mort-né);

 détecter les situations d'urgence et prendre les mesures appropriées;

 coopérer avec les gynécologues et les anesthésistes en cas de complication;

 accueillir les nouveau-nés, contrôler leurs réflexes et leur bonne santé;

 assurer, si nécessaire, les premiers gestes de réanimation;

 dispenser les soins à la mère et à l'enfant;

Accompagnement postnatal

 soigner les mamans et surveiller leur rétablissement durant les jours qui suivent
l'accouchement; parfois assurer le suivi à domicile;

 animer des séances d'éducation périnéale, de massages du bébé;


 encadrer la famille durant la période postnatale (allaitement) et informer les couples en
matière de contraception et de planning familial;

Tâches administratives

 tenir à jour les dossiers des patientes, noter les observations faites et les soins administrés;

 retranscrire les résultats de mesures et d'examens pratiqués;

 encadrer le personnel en formation, rédiger des rapports;

 assumer des tâches de promotion et de prévention de la santé des femmes;

 participer parfois à des travaux de recherche.

II-4. Compétences et qualités

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit aussi la sage-femme ou le


maïeuticien comme suit : « Une personne qui a suivi un programme de formation reconnu dans
son pays, a réussi avec succès les études afférentes et a acquis les qualifications ou compétences
nécessaires pour être reconnue ou licenciée en tant que sage-femme (…) ». Par Gersende
Cornelis

Même si ses compétences restent encore largement confondues avec la profession


d’infirmière, elle possède toutefois un certain nombre de compétences assez précises. Tout
comme le gynécologue, la sage-femme est apte à opérer un suivi médical de la femme avec
comme particularité qu’elle ne peut pas elle-même procéder à la péridurale lors de
l’accouchement. En effet, cette dernière est pratiquée par un médecin anesthésiste.

Quant aux compétences proprement dit, on compte huit compétences sur la profession de
sage-femme :

 N°1 - L’accompagnement et à la surveillance globale et autonome des femmes en


bonne santé et des nouveau-nés à partir de leur conception, pendant et après la
naissance.
 N°2 - Le suivi de la femme et de l’enfant dans les situations dites « à risque » en
collaboration avec le gynécologue ainsi que d’autres spécialistes. De plus, en raison de
son statut, elle peut aussi poser certains actes médicaux et s’impliquer dans le suivi
prénatal et post-natal de la mère et de l’enfant.
 N°3 - savoir situer la femme dans son contexte familial et social. Cela lui permettra de
déceler les cas possibles de crise psychosociale. De plus, elle accompagne les couples
ayant des problèmes de fertilité tout au long de leur traitement.
 N°4 - veiller à la formation sexuelle et relationnelle des jeunes. Elle va promouvoir la
santé et informer les couples ayant des problèmes de fertilité.
 N°5 - le fait d’être responsable de son organisation de travail mais elle se doit de
collaborer avec les autres structures (référence).
 N°6 - la participation active à l’assurance et à la promotion de la qualité des soins et
la contribution à son développement.
 N°7 - fonder sa pratique professionnelle sur l’évidence. (Se baser sur les connaissances
acquises durant sa formation) Elle possède des aptitudes et doit adopter une attitude lui
permettant une professionnalisation tout au long de sa vie. C’est le principe de formation
continue.
 N°8 - la partie relative aux compétences des sage-femmes, si elle fait partie d’une équipe
interdisciplinaire, la sage-femme va former des étudiants et/ou collègues pour que
ceux-ci acquièrent les compétences professionnelles nécessaires à la maitrise du
métier d’accoucheur/accoucheuse de façon à garantir des prestations de soins
optimales.

De plus, la sage-femme dispose d’un certain nombre de compétences humaines que voici :

 Contact et écoute : le rôle premier de la sage-femme est le contact humain et l’écoute des
futurs parents. Elles renvoient toutefois vers des spécialistes par après. Les sages-femmes
sont en quelque sorte un relais entre les médecins et les futurs parents. Elles se définissent
comme un lien entre les différents professionnels de la santé qui entourent les parents.30
Nous pouvons dès lors dire qu’elles jouent un rôle à la fois pratique et psychologique.
 Temps et disponibilité : la profession de sage-femme se base aussi sur l’idée de temps et
de disponibilité car elles insistent sur le caractère intime de l’accouchement. Elles
proscrivent les accouchements « vite fait bien fait » que l’on retrouve notamment au sein
des structures hospitalières. Elles prônent l’écoute des futurs parents et insistent sur la
mise en place d’un environnement paisible pour la future mère.
 Laissez-faire Vs. intervention : la sage-femme insiste sur le fait que c’est la parturiente
(la femme qui accouche) qui est au centre de son accouchement. La sage-femme
accompagne mais c’est bien la future mère qui agit. La sage-femme n’est présente qu’en
tant que soutient psychologique.
 Vaincre sa peur Vs. confiance : la peur reste l’un des grands problèmes lors des
accouchements. Certaines futures mères sont tellement effrayées que cela a des
conséquences négatives sur l’accouchement. La sagefemme est alors là pour l’informer et
répondre aux questions. C’est un point essentiel pour les sages-femmes car elles veulent
avoir la confiance de la parturiente. La sage-femme pousse la future mère à se faire
confiance et croire en ses capacités à pouvoir mettre un enfant au monde.
 Le geste : toutefois, même si l’aspect psychologique est primordial, il va de pair avec le «
geste, la juste chose à faire ». La particularité de leur pratique se traduit par « une
précision et une délicatesse de leurs toucher et de leurs gestes ».

III- CODE DE DÉONTOLOGIE MONDIALE ET DE SANTÉ PUBLIQUE

La Confédération internationale des sage-femme (CISF) est un organisme professionnel


international axé sur le métier de sage-femme. Celle-ci a présenté le code suivant pour orienter la
formation, la pratique et la recherche de la SF afin d’améliorer le niveau de soins dispensés aux
femmes, aux enfants et familles de manière mondiale à travers le développement, la formation et
le recours à une sage-femme compétente. Dans le but d’atteindre son objectif qui est la santé des
femmes, et s’appuyer sur la sage-femme, le code de déontologie de la sage-femme de la CISF
reconnaît que les femmes sont des individus ayant des droits humains, cherche à promouvoir la
justice pour tous et l’équité d’accès aux soins sanitaires. De ce fait, il se base sur des relations
mutuelles de respect, de confiance et de dignité de tout individu.

Le code suivant a été adopté par un groupe d’experts lors de l’élaboration d’un Cadre
règlementaire professionnel régional (en Afrique) à l’usage des infirmiers et sage-femme à
ACCRA au Ghana en juillet 2009. Il est donc essentiel que la sage-femme respecte et tienne
compte de ce code afin de ne pas être prédisposée à une sanction suite à un mauvais écart de
conduite.

Le code déontologique adapté de la version ICM 1993 comporte 3 éléments :

 Les responsabilités professionnelles de la sage-femme


 Sa pratique
 Les relations établies dans le cadre de la pratique de la sage-femme

III-1- Les responsabilités professionnelles

Les sage-femmes :

 garantissent la confidentialité des informations concernant leurs patients afin de protéger


leur vie privée et ne divulguent ces informations que lorsque la loi les y oblige.
 sont responsables de leurs décisions et de leurs actions et sont tenues responsables des
conséquences des soins qu'elles administrent aux femmes.
 peuvent refuser de ne pas participer à des activités en contradiction avec leurs convictions
morales profondes. Cependant, la conscience individuelle de chaque sage-femme ne doit
pas priver les femmes de services de santé essentiels.
 comprennent les conséquences défavorables que la violation de droits moraux et des
droits de l'homme ont sur la santé des femmes et des nouveau-nés et doivent s'efforcer
d'éliminer ces violations.
 participent à l’élaboration et à la mise en place de politiques de santé qui favorisent la
santé de toutes les femmes enceintes et de leurs familles.

III-2- La pratique de sage-femme

 Les sages-femmes dispensent des soins aux femmes enceintes et à leur famille en
respectant la diversité culturelle tout en tentant d'éliminer les pratiques dangereuses
qui existent dans ces mêmes cultures.
 Les sages-femmes encouragent des attentes réalistes dans leur société de la part des
femmes et des filles que la conception et l'accouchement ne nuiront pas à la santé.
 Les sages-femmes intègrent des connaissances professionnelles fondées sur des
preuves les plus récentes afin d’assurer des pratiques d’accouchement sans risque
dans tous les milieux et les cultures.
 Les sages-femmes répondent aux besoins psychologiques, physiques, émotionnels et
spirituels des femmes qui recherchent des soins médicaux, quelle que soit leur
situation (non-discrimination).
 Les sages-femmes servent de modèles efficaces en matière de promotion de la santé
pour les femmes pendant tout leur cycle de vie, pour les familles et d'autres
professionnels de la santé.
 Les sages-femmes recherchent activement, pendant toute leur carrière, un
développement personnel, intellectuel et professionnel et intègrent ce développement
dans leur métier.

III-3- Relations établies dans le cadre de la pratique de sage-femme

 Les sages-femmes nouent des relations avec chaque femme dans le cadre desquelles elles
partagent des informations pertinentes qui conduisent à une prise de décision informée,
conviennent d’un programme de soins évolutif et acceptent la responsabilité des
conséquences de leurs choix.
 Les sages-femmes soutiennent le droit des femmes/des familles à participer activement
aux décisions relatives à leurs soins et leur donnent la possibilité de s’exprimer sur les
questions relatives à leur santé et celle de leurs familles selon leur culture et/ou de leur
société
 Les sages-femmes habilitent les femmes/leurs familles à faire entendre leur point de vue
sur des questions qui affectent les femmes et les familles au sein de leur culture/société.
 Les sages-femmes, en collaboration avec les femmes, travaillent avec des agences de
politique et de financement pour définir les besoins des femmes en matière de services de
santé et pour garantir que les ressources sont allouées de façon juste en fonction des
priorités et disponibilités.
 Les sages-femmes s'aident et se soutiennent mutuellement dans leurs rôles professionnels
et encouragent activement le sentiment personnel de leurs propres valeurs et de celui des
autres.
 Les sages-femmes collaborent avec d'autres professionnels de santé en faisant preuve de
respect à leur égard et les consultent ou transfèrent si nécessaire les femmes dont elles ont
la charge si les soins requis par celles-ci excèdent les compétences de la sage-femme.
 Elles reconnaissent l’interdépendance humaine dans leur domaine d’exercice et cherche
activement à résoudre les conflits inhérents, ont des responsabilités vis-à-vis d’elle-même
en tant que personne de valeur morale notamment pour ce qui est des droits moraux, de
respect de soi et la préservation de l’intégration.

Conformément à l’article L.4151-1 du code de la santé publique, les sages-femmes sont


autorisées à concourir aux activités d’assistance médicale à la procréation. Les sages-femmes
participent aux activités cliniques d’assistance médicale à la procréation réalisées avec ou sans
tiers donneur ainsi qu’aux activités de dons de gamètes et d’accueil d’embryon. Les conditions
de concours des sages-femmes sont définies par décret.
[Link]
=20171003 ).

Sous réserve d’obtention de diplômes complémentaires, la sage-femme peut pratiquer :


– Des actes d’ostéopathie,
– Des actes d’acupuncture,
– Des examens échographiques de mesure de clarté nucale et de longueur cranio-caudale.

Dans l’exercice de l’ensemble de son activité professionnelle, la sage-femme, tient un rôle


primordial de proximité dans la prévention et l’information auprès des femmes. A ce titre, elle
contribue au repérage des situations de violences faites aux femmes (par exemple : par
l’orientation de la patiente vers des structures de prise en charge spécialisées ou encore par la
rédaction sur demande de la patiente de certificat médical descriptif ([Link]
[Link]/Depliants-et-guides,[Link] ).

Conscient de l’importance de la place des sages-femmes dans le parcours de santé des femmes et
soucieux de permettre à ces professionnels de santé d’assurer pleinement leur mission de santé
publique, l’Ordre des sages-femmes mène des actions en faveur de l’élargissement des
compétences des sages-femmes et veille au maintien et à la reconnaissance de ces dernières.

CONCLUSION

Les sage-femmes travaillent en tant que salariés dans des établissements hospitaliers
publics ou privés, ou à titre indépendant. En équipe pluridisciplinaire, ils collaborent
essentiellement avec des médecins (gynécologues, chirurgiens, anesthésistes, pédiatres), du
personnel infirmier et des travailleurs sociaux. Ils portent des vêtements de travail spécifiques et
s'activent toute l'année en horaires irréguliers, de jour comme de nuit. Bien qu'ouverte aux
hommes, cette profession reste majoritairement pratiquée par des femmes. La profession de sage-
femme est une profession médicale réglementée par le Code de déontologie des sages-femmes et
le Code de la santé publique.

Elle prescrit et pratique les vaccinations auprès de la femme et du nouveau-né dans les
conditions définies par décret, mais également auprès de toutes les personnes qui vivent
régulièrement dans l’entourage de la femme enceinte ou de l’enfant jusqu’au terme de la période
post-natale ou qui assurent la garde de l’enfant.

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