LES PATHOLOGIES
ET LA RÉPARATION
DU BÉTON
Caractéristiques
Généralités sur le béton :
Connaissance du matériau
Généralités sur le béton:
connaissance du matériau
granulats pâte
A
Sable Ciment r
m
+ a
+ t
+ + u
Gravillons Eau r
e
Partie inerte Partie active ou
« collante »
Evolution du mélange
eau + ciment
1 2 3 4 5
Grains de
ciment
Eau
ETAPE 1 ETAPE 2 à 5
Dissolution Cristallisation et séchage du
mélange
Les propriétés du béton
D’une part à l’état frais = phase plastique
→ OUVRABILITE MAXIMALE
Recherche d’une maniabilité maximale
D’autre part à l’état durci = phase durcie
→ DURABILITE MAXIMALE
Recherche d’une porosité minimale
OUVRABILITE MAXIMALE DURABILITE MAXIMALE
Recherche d’un rapport optimum E / C
le plus petit possible
Nature, mécanismes
diagnostic et prévention
Dégradations
Chimiques
Physiques
Mécaniques
Mauvaise qualité du béton
(facteur aggravant)
Causes chimiques
La carbonatation
C’est une réaction chimique entre la chaux (développée durant l’hydratation du
ciment) et le dioxyde de carbone présent dans l’air
Cette réaction donne du carbonate de calcium et conduit à un abaissement du pH.
CO2 + H2O H2CO3
H2CO3 H+ + HCO3-
Chaux
Ca(OH)2 + H+ + HCO3- CaCO3 + 2H2O
Carbonate de calcium
Vitesse de carbonatation
Elle est fonction de la porosité du béton, de l’humidité et de la température
Elle est proportionnelle à la racine carrée du temps
Elle est maximale pour un taux d’humidité de 60 à 70 %
Désordres liés à la carbonatation
❑ Oxydation des aciers en raison de la baisse du pH de 13.5 – 12.5 à 9
❑ Conséquence : forte contrainte à l’intérieur du béton et éclatement de celui-ci
❑ Les armatures sont mises à nu et peuvent disparaître
Epaisseur de carbonatation
❑ Elle est mesurée par une méthode colorimétrique
qui utilise la phénolphtaléine diluée avec de l’alcool
éthylique
– Si le béton ne change pas de couleur, cela
signifie qu’il est carbonaté
– Si le béton devient rouge, cela signifie qu’il n’a
pas été touché par le dioxyde de carbone
PHENOLPHTALEINE : ELLE PERMET DE MESURER L’EPAISSEUR DE
BETON CARBONATE
Action des sels de déverglaçage
❑ Ils détruisent les armatures
Prévention
La vitesse de carbonatation diminue au fur et à mesure que la réaction se développe.
On peut limiter les risques en :
Augmentant l’épaisseur d’enrobage des armatures
Améliorant la qualité du béton (diminution de la porosité)
Agression par les ions chlore
❑ Il y a deux types de sels de chlore utilisés en hiver comme sels de déverglaçage :
a. Le chlorure de sodium
b. Le chlorure de calcium
❑ Ils conduisent à deux agressions différentes sur le béton
❑ Les chlorures peuvent aussi se rencontrer dans certains adjuvants
Chlorure de sodium (NaCl)
❑ Il peut causer la corrosion des
armatures (destruction de la
couche d’oxydes stables)
❑ Il peut générer une réaction alcali-
agrégats (seulement si ceux-ci sont
réactifs)
DETERIORATION DU BETON LIEE AUX SELS DE DEVERGLACAGE
Chlorure de calcium
• Il génère la corrosion des armatures (destruction de la couche d’oxydes stables)
• Il réagit avec la chaux de la pâte de ciment pour former un composé dangereux :
l’oxychlorure de calcium hydraté
Comment évaluer l’attaque des chlorures?
On la mesure avec un système colorimétrique qui utilise du
nitrate d’argent et de la fluorescine.
- Si le béton vire au rose : pénétration de chlorure
- Si le béton devient noir : absence de chlorures
FLUORESCINE ET NITRATE D’ARGENT : ILS PERMETTENT DE
MESURER LA PROFONDEUR DE PENETRATION DES CHLORURES
Prévention
La meilleure prévention est la formulation d’un béton de haute
qualité (faible rapport E/C). Sa compacité permet de limiter la
pénétration des agents agressifs
Dans des environnements particulièrement agressifs, il est
nécessaire d’appliquer un revêtement de protection supplémentaire.
Action des sulfates
❑ Les sulfates (de sodium, de calcium de magnésium et de potassium) sont présents dans sol, l’eau de mer et
dans les agrégats.
❑ En solution, ils réagissent avec la pâte cimentaire (chaux et C3A)pour former un composé expansif :
→ Formation d’ettringite et de taumasite = sels expansifs qui fissurent et éclatent le béton
Comment évaluer l’ampleur d’une
attaque de sulfates?
La diffraction X est la méthode la plus adaptée
Diffraction X : procédé utilisé pour évaluer la formation d’ettringite
Prévention
Il convient d’utiliser un ciment résistant aux sulfates (faible taux de C3A). C’est le cas
des ciments PM ES.
L’utilisation de fumée de silice permet d’améliorer la résistance du béton grâce à une
réaction pouzzolanique qui consomme de la chaux.
La formulation d’un béton de qualité (faible rapport E/C) est un atout supplémentaire
Réactions entre alcalis et agrégats
❑ Nous pouvons avoir une réaction alcali – agrégats si les granulats contiennent de la silice
amorphe (comme l’opale, la calcédoine, etc.)
❑ En milieu humide, la réaction donne un gel de silicate de sodium ou de potassium
❑ Volume important
❑ Expansion – rupture (écaillage)
→ Rend le béton non cohésif
Prévention
Plusieurs niveaux de prévention existent en fonction de la nature de l’ouvrage.
En pratique, on limite la quantité d’alcalins solubles dans les constituants du béton , on
caractérise la réactivité des granulats ou on qualifie la formule par des tests accélérés
Causes Physiques
Cycles gel - dégel
❑ Quand l’eau est transformée en glace,
son volume augmente de 9% , ce qui
génère des contraintes, des fissures
et la rupture du béton.
❑ La solution consiste à incorporer 4 à 6
% d’air dans le béton (le diamètre et
l’espacement des bulles doivent être
adaptés)
Le retrait
Le retrait génère des contraintes de traction.
Lorsque ces contraintes sont supérieures à la résistance en traction du béton, des
fissures se forment
La solution consiste à armer le béton (treillis soudé ou fibres), à étudier la formulation
(taille et quantité de granulats, adjuvants spécifiques) et à appliquer une cure soignée
Causes Mécaniques
Abrasion - érosion
C’est le résultat du frottement d’un corps étranger (eau, sable…) sur la
surface du béton.
De bas rapports E/C améliorent la résistance du béton à l’abrasion ainsi
que l’utilisation de granulats spéciaux.
Chocs
Ils sont souvent liés à des accidents
La résistance aux chocs est souvent proportionnelle à la résistance mécanique
L’ajout de fibres peut améliorer la tenue du béton.
Mauvaise qualité du béton
Erreurs de composition
Rapport E/C
Dosage en ciment
Type de ciment
Qualité des agrégats
Qualité des adjuvants
Erreurs de fabrication, transport et mise
en œuvre (ségrégation, vibration, lissage)
Problèmes de cure
Détérioration due à la ségrégation
Conclusions
• Pour formuler un béton durable, il est aussi important
de prendre en compte les agressions subies par
l’ouvrage que les contraintes mécaniques liées à son
exploitation.
• Avant d’entamer une réparation, il est nécessaire
d’effectuer un diagnostic complet.
Déroulement d’une
opération, causes,
1 – Diagnostic
→ Evaluer la maladie et son étendue
→ Réparations Structurelles / Superficielles
REPARATION DEMANDE
ETUDE SPECIFIQUE
STRUCTURELLE
C'EST LE CAS
REPARATION LE PLUS
GENERAL ET LE
PLUS FACILE A
SUPERFICIELLE TRAITER
2 – Préparation du support
→ Eliminer les parties
malades
→ Décapage des
armatures
→ Support béton
rugueux,
humidifié à refus sans
ressuage
3 – Protection des armatures
4 – Application du mortier du réparation
• Ciment
• Microsilice
• Fibres synthétiques
• Agrégats
• Adjuvants et résines
5 – Protection du béton
Avant Après
UNE BONNE RÉPARATION C’EST :
• Déterminer les causes et l’ampleur des désordres
• Identifier le meilleur mode de réparation et les
produits adaptés
• Préparer correctement le support
DÉTERMINER LES CAUSES DE LA
DÉGRADATION DU BÉTON EST
INDISPENSABLE POUR :
• Être en mesure de choisir les procédés et matériaux de
réparation adaptés pour éviter que les désordres ne
réapparaissent
• Être sûr que le béton dégradé a été entièrement purgé
lors de la préparation du support
CARACTÉRISTIQUES RECHERCHÉES
POUR UNE BONNE RÉPARATION
• Trés bonne adhérence au support
• Compatibilité mécanique avec le béton existant
• Retrait contrôlé
• Imperméabilité et résistance face à l’agression
chimique du dioxyde de carbone, des chlorures et des
sulfates
• Facilité de mise en oeuvre
• Conforme à la norme EN 1504 (avant NF P 18 840)
LA NORME NF P 18 840
Caractères garanties
➢ Adhérence au support (surface verticale ou
horizontale, sciée ou rugueuse, sèche ou humide)
avec et sans cycle thermique.
• > 1.5 MPa : classe 1 (rep de surface)
• > 2 MPa : classe 2 (rep structurale)
• > 3 MPa : classe 3 (rep structurale)
➢ Tenue aux chocs répétés sans cycles gel-dégel :
pas de décollement ni de fissuration
LA NORME NF P 18 840
Caractères optionnels
➢ Perméabilité aux liquides
➢ Tenue aux chocs répétés après cycles gel-dégel
➢ Tenue aux rayonnements ultra-violets
Contraintes réglementaires : norme
P 18 840 - caractéristiques garanties des produits
• Perméabilité aux liquides
• Tenue aux chocs répétés après cycles
gel-dégel
• Tenue aux rayonnements ultra-violets
LA PROTECTION ANTICORROSION EST
OBTENUE PAR :
➢ l’imperméabilité à l’eau, au dioxyde de carbone, etc…
➢ Présence d’inhibiteurs de corrosion qui protègent la surface
du métal de l’oxydation
Phase applicative
Lissage à la taloche
Vue d’ensemble