REPUBLIQUE DU CAMEROUN REUPBLIC OF CAMEROON
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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT MINISTRY OF HIGHER
SUPERIEUR EDUCATION
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UNIIVERSITE D’EBOLOWA UNIVERSITY OF EBOLOWA
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ECOLE NORMALE SUPÉRIEURE HIGHER TECHNICAL TRAINNING
D’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE COLLEGE
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DEPARTEMENT DE GENIE BOIS DEPARTMENT OF WOOD
BP. 886 EBOLOWA ENGINERRING
P.O. BOX 886 EBOLOWA
EXPOSE D’EDUCATION, LANGUES ET CULTURES NATIONALES
SED 352
THEME : L’ART CULINAIRE DANS LE SUD
CAMEROUN
LISTE DES MEMBRES :
NOMS MATRICULE FILIERE
OUMAROU BOUBA ADJI 22UEE0096 MB3
NDOUM BINDOM DERRICK 22UEE0030 GFC3
BILE CHANZY 22UEE0087 MB3
OLOUMAN MVOM PAUL JORDAN 22UEE0469A GFC3
ILOGA VICKY 21Z163 MHBIO3
Sous la coordination de : Pr OTYE ELOM Paul Ulrich (Maitre de conférences)
Mr ZAKARIA NDJIDDA (Det)
Année académique 2024/2025
INTRODUCTION
Forte de ses quatre départements (Dja-et-Lobo, Mvila, Océan, Vallée-du-
Ntem), de ses deux communautés urbaines (Kribi et Ebolowa), ses 29
communes et ses 1358 chefferies traditionnelles, la région du Sud du
Cameroun apparaît aujourd’hui comme un terreau très favorable où peuvent
s’allier avec aisance les notions de patrimoine et de développement. Étalée sur
47 110 km², avec une population estimée à 692 142 habitants (données 2005),
cette entité géographique constitue, en effet, de par sa situation géographique
et surtout son histoire, un espace riche en potentialités à la fois naturelles et
humaines qui abrite un très vaste patrimoine historique, culturel et naturel qui
ne demande qu’à être révélé et réveillé. Il sera question pour nous tout au long
de notre exposé de présenter le patrimoine culturel du Sud Cameroun à travers
son art culinaire. Un patrimoine qui est entouré d’histoires, de richesses, de
leçons et des repères dont a besoin un peuple, une région, un pays pour se
projeter en prenant appui sur ses racines et ses fondements.
I. Les facteurs qui influencent l’art culinaire du sud Cameroun
L'art culinaire du sud Cameroun est riche et varié, influencé par plusieurs
facteurs culturels, géographiques et historiques. Voici quelques-uns des
principaux facteurs :
1. Géographie et climat
- Biodiversité : La région bénéficie d'un climat tropical, propice à la
culture de diverses plantes et épices.
- Ressources naturelles : L'abondance de produits locaux comme le
manioc, le plantain, et les légumes de mer influence les recettes.
2. Culture et traditions
- Ethnies : Le sud Cameroun est habité par plusieurs groupes ethniques
(Beti, Pygmées, etc.), chacun ayant ses propres recettes et méthodes de
préparation.
- Célébrations : Les rites et festivités locales, comme les mariages et les
fêtes traditionnelles, jouent un rôle crucial dans la cuisine, avec des plats
spécifiques souvent préparés pour ces occasions.
3. Histoire et colonialisme
- Échanges culturels : L'histoire coloniale a introduit de nouvelles
techniques culinaires et ingrédients, enrichissant la cuisine locale.
- Influence des échanges commerciaux : Les contacts avec d'autres
régions d'Afrique et au-delà ont également amené des innovations dans
la gastronomie.
4. Techniques de préparation
- Méthodes traditionnelles : La cuisson à la vapeur, le bouillage, et le
grillage sont des techniques courantes qui façonnent les plats.
- Utilisation des épices : Les épices locales et les herbes aromatiques
sont essentielles pour le goût et l'arôme des plats.
5. Économie et accessibilité
- Marchés locaux : La disponibilité des ingrédients frais dans les
marchés influence les recettes et les habitudes alimentaires.
- Pratiques agricoles : Les techniques agricoles traditionnelles et
modernes affectent la production alimentaire.
6. Influence extérieure
- Cuisine internationale : La mondialisation a apporté de nouvelles
influences, avec l'intégration de plats étrangers dans les habitudes
alimentaires locales.
- Médias et tourisme : La promotion de la cuisine camerounaise à
travers les médias et le tourisme contribue à son évolution.
Ces facteurs interconnectés font de la cuisine du sud Cameroun un reflet
dynamique de la culture et de l'identité de ses habitants.
II. Ingrédients les plus utilises dans la cuisine sud-Camerounaise
La cuisine du sud Cameroun est caractérisé par une variété d'ingrédients
frais et locaux. Voici quelques-uns des ingrédients les plus couramment
utilisés :
1. Céréales et tubercules
- Manioc : Utilisé pour préparer le bobolo, fufu, etc. un aliment de
base.
- Plantain : Souvent cuit, frit ou utilisé dans des plats comme le "ndolé".
- Maïs : Utilisé dans plusieurs recettes, notamment l’Ekomba.
2. Légumes et feuilles
- Feuilles de manioc : Employées dans des plats comme le "sauce
gombo".
- Gombo : Utilisé dans des sauces et des ragoûts.
- Tomates : Essentielles pour la préparation de sauces et de soupes.
3. Protéines
- Poisson : Frais ou fumé, utilisé dans de nombreux plats.
- Viande : Porc, poulet et bœuf sont couramment cuisinés.
- Crevettes : Souvent intégrées dans des plats de fruits de mer.
4. Épices et condiments
- Piments : Pour ajouter du piquant aux plats.
- Ail et oignons : Ingrédients de base pour assaisonner les plats.
- Gingembre : Utilisé pour sa saveur et ses propriétés médicinales.
5. Huiles et graisses
- Huile de palme : Utilisée pour la cuisson et dans de nombreuses
sauces.
- pates d’arachide : Incorporé dans certaines recettes pour une texture
crémeuse.
6. Fruits
- Banane : Utilisée à la fois dans des plats salés et sucrés.
- Papaye et mangue : Souvent consommées comme desserts.
Ces ingrédients, souvent frais et locaux, sont la clé de la richesse et de la
diversité de la cuisine du sud Cameroun. Ils reflètent la culture et les
traditions alimentaires de la région.
III. Quelques plats du sud Cameroun
1. L’OKOK
Très apprécié de la cuisine camerounaise, l’okok est un plat typique des
Bétis, tribu de la région du centre et du Sud du Cameroun. C’est un plat très
riche quand il est préparé avec du jus de noix de palme et des arachides. Ce
plat a plusieurs variantes en fonction des régions.
2. LE Kpwem
Plat originaire de la province du sud et centre du Cameroun, le Kpwem sans
sel ou purée feuilles de manioc est un plat végan du peuple « béti » fait à base
de feuilles de manioc finement pilées, dont on ajoute du suc de noix de palme
frais et de banane. Ce plat très nourrissant s’accompagne généralement de
tubercule de manioc ou du macabo cuits à la vapeur.
3. Nnam Owondo
Si l’expression nnam owondo peut sembler compliquée pour les non-
initiés (c’est-à-dire les non béti), il s’agit juste d’une traduction de l’expression
française : pâte d’arachides. En effet, il s’agit d’un plat à base de pâte
d’arachides cuites à l’étouffée et emballées dans les feuilles de bananiers.
Grâce à la notoriété acquise dans sa région d’origine, cette spécialité culinaire a
très vite été exportée ailleurs et on le retrouve désormais au centre et dans le
littoral pour les populations fangs qui se retrouvent de ce côté. Les spécialistes
de la cuisine comparent le nnam owondo avec le célèbre Essankana (pâte
d’arachides cuite).
4. Le Sanga
Le sanga, très consommé dans les régions du Sud, du centre et du Littoral,
(particulièrement dans les ethnies Bassa et Beti), c'est un mets composé de
légumes verts cuits avec du jus de noix de palme et du maïs et mangé avec ou
sans sucre. On y ajoute parfois un peu de piment.
5. Mendim me zong
Mendim me zong encore appelé Jus ou eau d'aubergines africaines est très
apprécié chez les "Bulu" dans la région du Sud au Cameroun. La petite histoire
raconte qu'il est offert aux invités spéciaux pour les accueillir afin d'exprimer
leur amitié. Ce qui fait qu'il est souvent consommé lors de longues séances de
discussions ou palabres. En outre, il est également donné aux femmes qui
viennent d'accoucher dans le but de nettoyer leur utérus. De même, il est
consommé comme un brûle-graisse. Elle réduit la graisse abdominale et aide à
contrôler le taux de cholestérol.
6. 6.Nfiang-wondo
Encore appelée Nfiang-wondo, la sauce d’arachide fait partie des mets qui
font la fierté de la gastronomie du peuple fang-béti. Plus qu’un simple met,
cette sauce est considérée aujourd’hui comme un facteur clé dans
l’identification de ce peuple bantou. La sauce d’arachide est également appelée
Maffé sous d’autres cieux.
7. Le Ndomba,
Viande ou poisson cuit(e) à l'étouffée avec
des épices dans des feuilles de bananier spécialité de la région forestière du
centre et du sud.
8. Folong
Aux arachides. Légume vert, le folong est riche en vitamine A et B2. C’est un
épinard qui cuisiné avec l’arachide flatte le goût. C’est un plat végétarien où
peut être incorporée la viande. Il s’accompagne de divers compléments,
manioc, plantain, macabo, pour ne citer que ceux-là.
9. Le Mboam Kpem,
Cuisson à l'étouffée de feuilles de manioc pilées dans des feuilles de bananier.
10. Le Nfiang Ndoag
Ou la sauce de Ndo'o est une sauce aux noyaux de mangues sauvage, La
Mangue sauvage (en Ewondo (Andok), en Bulu (En’doé, Ando’o)
11.N’nam ngoane
Le mets de pistache, met à base de graines de courges assaisonnées avec du
poisson d'eau douce, de la viande de brousse, de la viande de bœuf, du bifaga
(hareng séché) ou des œufs de poules. Ce mets est accompagné de bâton de
manioc, de manioc, de ndengué (plantain pilé ou mélange de plantain et de
manioc), de couscous de manioc ou de maïs. Il s’accompagne généralement de
bâton de manioc, de l’igname.
12.Ekomba
Mélange de maïs et d’arachides dans des feuilles.
Conclusion
L’art culinaire du sud Cameroun est une véritable mosaïque de saveurs
et de traditions, ou chaque plat raconte une histoire et reflète l’identité
des peuples qui habitent cette région. Les techniques et les ingrédients
locaux continuent d’évoluer tout en préservant un lien fort avec le
passer.