Refroidissement d'atomes par laser
Refroidissement d'atomes par laser
présentée par
Olivier MORICE
Sujet de la thèse :
ATOMES REFROIDIS PAR LASER:
DU REFROIDISSEMENT SUB-RECUL À LA
RECHERCHE D’EFFETS QUANTIQUES COLLECTIFS
présentée par
Olivier MORICE
Sujet de la thèse :
ATOMES REFROIDIS PAR LASER :
DU REFROIDISSEMENT SUB-RECUL À LA
RECHERCHE D’EFFETS QUANTIQUES COLLECTIFS
questions. A cela il n’a jamais ménagé son temps ni sa peine. Il n’a pas non plus
hésité à se charger des calculs que je trouvais trop difficiles, et à les mener à
bien. Ses exceptionnelles compétences en informatique m’ont également été très
profitables.
Je voudrais aussi remercier ceux qui ont été mes collaborateurs directs sur les
deux expériences auxquelles j’ai participé. Jakob Reichel m’a patiemment initié
aux techniques expérimentales, lesquelles ne m’étaient pas du tout familières.
Je ne saurais non plus oublier mes autres camarades thésitifs, François Bardou,
Maxime Ben Dahan, Kirstine Berg-Sørensen, Denis Boiron, Philippe Bouyer,
Pierre Desbiolles, Olivier Émile, Peter Grüter, David Guéry-Odelin, Simone
Kulin, Brahim Lounis, Bruno Saubaméa, Pascal Schriftgizer, Pippa Storey, avec
lesquels j’ai pu échanger quelques paroles ou résoudre des problèmes quotidiens.
Merci également aux autres membres de l’équipe, et en particulier à Carl Aminoff,
Markus Arndt, Ralph Dum, John Lawall, Alain Michaud et Andrew Steane.
Enfin, je remercie les personnels du laboratoire pour leur soutien logistique,
dont en particulier André Clouqueur et l’atelier d’électronique, ainsi que Claude
Guillaume et l’atelier de mécanique. Je remercie également Michèle Sanchez, le
secrétariat du LKB et la bibliothèque du département de physique de l’ENS.
Introduction générale
des lasers a été à l’origine de spectaculaires avancées dans le
domaine
L’INVENTION de la physique atomique. Il est maintenant possible d’agir méca-
niquement sur les atomes, de les ralentir à des vitesses de quelques millimètres
par seconde, de les piéger et de les manipuler [1-5]. Le refroidissement d’atomes
par laser est ainsi devenu un domaine de recherche extrêmement vaste, dont les
retombées sont nombreuses, en particulier en physique fondamentale.
Une première mise en évidence expérimentale de l’action mécanique de la lu-
mière sur les atomes a été réalisée par R. Frisch en 1933 [6]; l’auteur a réussi
à dévier un jet atomique de sodium, à l’aide de la lumière résonnante crée par
une lampe à décharge de sodium (une expérience similaire, mais plus perfor-
mante, a ensuite été effectuée en 1972 [7]). Des effets plus spectaculaires, tels le
ralentissement de jets atomiques, n’auraient toutefois pas pu être observés avant
l’apparition de lasers résonnants ; du fait de leurs finesse spectrale et de leur forte
puissance, ces derniers, comparés aux lampes, agissent sur les atomes de façon
beaucoup plus efficace [8].
Le ralentissement par laser de jets atomiques a quant-à lui été mis au point
pendant les années 80 [9-15] (signalons que l’idée de refroidir des particules à
l’aide de lumière avait déjà été introduite en 1950 par Alfred Kastler [16]). On
utilise pour cela un laser quasi-résonnant avec une transition atomique fermée, se
propageant le long du jet, dans le sens opposé à la vitesse des atomes. Un atome
du jet, de vitesse initiale v ~ 1 000 m/s, peut être excité en absorbant un photon
du laser, encaissant du même coup son impulsion 0127k . Ensuite, l’atome retourne
L
dans son état fondamental en émettant spontanément un photon. Cette émission
ayant lieu dans une direction aléatoire, le transfert moyen d’impulsion correspon-
dant est nul. Le cycle absorption/émission spontanée peut ensuite recommencer.
Finalement, l’atome est ralenti (v ~ 10 m/s) au bout de quelques dizaines de
milliers de cycles. La situation est en réalité un peu plus compliquée car il faut
tenir compte de l’effet Doppler : la condition de résonance atome/laser dépend de
la vitesse de l’atome. Par conséquent, si le laser est résonnant pour des atomes
non ralentis, il cesse de l’être dès que la vitesse atomique décroît. Pour contour-
ner cette difficulté, plusieurs techniques (glissement de fréquence accompagnant
8
devient du même ordre de grandeur que la longueur d’onde optique. Dans ces
conditions, il est nécessaire de quantifier le mouvement du centre de masse de
l’atome [60]. Par exemple, le mouvement d’atomes dans des potentiels pério-
diques induits par la lumière a été étudié théoriquement [60-62], et l’apparition
de signaux explicitement liés à la quantification du mouvement a été prédite. Les
atomes froids permettent également de rechercher des effets quantiques collectifs,
c’est-à-dire des effets liés à l’indiscernabilité des atomes, qui peuvent apparaître
lorsque la distance moyenne entre deux atomes devient du même ordre de gran-
deur que leur longueur d’onde de de Broglie. Le plus spectaculaire de ces effets
est bien sûr la condensation de Bose-Einstein, qui a tout récemment été observée
sur des atomes froids [63-65].
Prédite dès les années 1920, la condensation de Bose-Einstein [66-69] est une
transition de phase qui, lorsqu’elle se produit, provoque l’accumulation d’un grand
nombre de particules dans l’état de plus basse énergie (à condition bien sûr qu’il
s’agisse de bosons, ce qui est le cas de la plupart des espèces atomiques que l’on
sait refroidir par laser). La condensation de Bose-Einstein a lieu lorsque l’inégalité
DB
3 ~ 2,612 est vérifiée, p étant le nombre de particules par unité de volume.
03C1~
Depuis plusieurs dizaines d’années, deux phénomènes pouvant être assimilés à la
condensation de Bose-Einstein ont été observés en physique : la superfluidité de
l’hélium liquide d’une part, et la supraconductivité d’autre part. Toutefois, les
interactions entre particules y sont tellement fortes qu’il est difficile de reconnaître
les propriétés quantiques macroscopiques prédites par Bose et par Einstein. Plus
récemment, la condensation de Bose-Einstein a été observée sur un gaz d’excitons
dans un semi-conducteur [70]. L’interaction entre particules y est plus faible, mais
il demeure difficile d’en extraire des données suffisamment précises pour tester la
théorie.
Les densités mises en jeu étant nettement moins importantes, les atomes froids
dont on a récemment observé la condensation (et qui sont toujours dans leur état
fondamental) interagissent beaucoup moins que les atomes d’hélium liquéfiés, ou
que les paires de Cooper des supra-conducteurs. Contrairement aux excitons qui
sont des pseudo-particules avec une durée de vie extrêmement brève (typique-
ment 30 ns), les atomes possèdent des durées de vie infinies: on pourra donc
mettre en évidence des phénomènes physiques faisant intervenir des constantes
de temps de l’ordre de la seconde, et par suite être en mesure tester expérimen-
talement un grand nombre de propriétés quantiques spécifiques des condensats.
La condensation des atomes froids ouvre donc de grandes perspectives en ce qui
concerne l’amélioration de notre connaissance des lois fondamentales de la méca-
nique quantique.
Les nuages atomiques produits par un piège magnéto-optique ou par une mé-
lasse permettent pas
ne toutefois d’observer la condensation de Bose-Einstein, et
ce pour deux raisons: d’une part, la distance moyenne entre deux atomes reste
toujours supérieure à la longueur d’onde optique (dans le cas contraire, les atomes
qui sont excités interagissent fortement avec ceux qui sont dans l’état fondamen-
11
températures de recul).
Le refroidissement évaporatif n’est cependant pas la voie que nous avons choi-
sie au laboratoire pour abaisser la température des atomes en-dessous de la tem-
pérature de recul. Nous avons cherché à atteindre ce but en continuant à utiliser
des lasers : il existe en effet deux mécanismes permettant de progresser dans cette
voie (même si leurs résultats sont, pour l’instant du moins, moins spectaculaires
que ceux du refroidissement évaporatif). L’une de ces deux méthodes (le refroi-
dissement Raman) sera décrite en détail dans la première partie de ce manuscrit.
Je présente maintenant le plan de cette thèse : il est constitué de deux par-
ties (la première plutôt expérimentale, la deuxième entièrement théorique) qui
pourront être lues de façon totalement indépendante. Plusieurs compléments et
annexes figurent également ; le lecteur pourra sans inconvénient les sauter lors
cette condensation. Les expériences réalisées jusqu’ici utilisent toutes des atomes
confinés dans un piège, une configuration qui facilite la détection du condensat.
12
Pourtant, l’étude qui sera présentée ne se place pas dans ce cas, mais dans celui
plus académique où les atomes ne sont soumis à aucun potentiel extérieur. La
distance moyenne entre atomes sera en outre supposée grande devant la longueur
d’onde optique, et ce afin de faciliter les calculs (ceci permettra également de
discriminer sans ambiguïté les effets vraiment liés à la statistique quantique, de
phénomènes plus classiques de type superradiance, qui résultent de l’accumula-
tion d’un grand nombre d’atomes dans un volume de l’ordre de 03BB , où 03BB
L
3 L est
la longueur d’onde optique). Sous ces hypothèses, nous avons regardé s’il était
possible de mettre en évidence des effets liés à l’indiscernabilité des atomes en
mesurant l’indice de réfraction du nuage, ou encore la diffusion de la lumière sur
les atomes. Nous avons montré que de tels effets devraient effectivement pouvoir
être observés même au-dessus de la température de recul, mais que les signaux
correspondants seront faibles, et qu’il sera difficile de les mettre en évidence ex-
périmentalement.
Première partie
Refroidissement sub-recul
d’atomes de césium
Introduction
sera modifiée d’une quantité 0394v aléatoire. L’atome pourra ensuite effectuer un
Le refroidissement Raman consiste à envoyer sur les atomes une série d’im-
pulsions lumineuses de fréquence et de durée bien déterminées. Chacune de ces
impulsions excite une classe de vitesse donnée. En combinant de manière adéquate
les impulsions successives, on peut fabriquer « à la main» un profil d’excitation
convenant au refroidissement sub-recul. Contrairement à la méthode des réso-
nances noires, qui nécessite une transition en A, la méthode Raman fonctionne
sur un atome à trois niveaux dont deux de grande durée de vie, sans autre condi-
tion supplémentaire. C’est pourquoi nous l’avons choisie pour refroidir les atomes
de césium.
En 1993 et 1994, nous avons transposé au césium l’expérience de Kasevich
et Chu, et obtenu une « température 1D» de 23 nK. Je présenterai le principe
et les résultats de cette expérience dans le chapitre 1. Parallèlement, j’ai réfléchi
à la manière de généraliser le refroidissement Raman à 3D. Cette généralisation
n’est en effet pas immédiate du fait de la gravité qui accélère les atomes dans la
direction verticale. J’ai montré (chapitre 2) qu’il était possible de refroidir par la
méthode Raman des atomes préalablement piégés, et ai conçu un nouveau modèle
de piège (le piège opto-électrique) pouvant convenir à ce type de refroidissement.
L’expérience correspondante a débuté fin 1994, et est présentée au chapitre 3. A
ce jour, le piège opto-électrique fonctionne bien et le refroidissement Raman des
Refroidissement Raman 1 D
d’atomes libres
césium est l’atome que notre équipe avait choisi dans les années 80 (entre autres
pour développer des horloges atomiques). Le fait de l’utiliser également pour le
20
réside dans la compensation du champ magnétique, qui doit être réalisée à une
précision inférieure au mG.
Après un bref exposé du principe du refroidissement Raman (§ 1.1), je présen-
terai au paragraphe 1.2 les principales caractéristiques du dispositif expérimental.
niveaux du césium p. 18). Notons que ces deux niveaux contiennent un certain
nombre de sous-niveaux Zeeman qui doivent être dégénérés : le refroidissement
Raman ne peut donc fonctionner que si le champ magnétique est quasiment nul.
L’état excité |e> est le niveau , 3/2F 3).
P
2
|6 =
On envoie sur ces atomes à trois niveaux un système de deux faisceaux (de
faible saturation) notés A et B, et appelés faisceaux Raman. Ces faisceaux ne sont
pas résonnants avec la transition optique, mais sont désaccordés de telle sorte
que la différence de leurs fréquences soit voisine de la fréquence de la transition
|1> ~ |2>. On peut montrer [82] que, lorsque le désaccord 0394 est grand devant 03B4
et devant les fréquences de Rabi 03A9 B des faisceaux Raman 1
A et 03A9 , il n’y a pas
d’excitation réelle dans l’état |e> et les faisceaux Raman agissent sur un atome
de façon équivalente à une micro-onde de fréquence de Rabi
et de désaccord
1 Dans toute cette thèse, la définition adoptée pour la fréquence de Rabi est
b) La sélectivité en vitesse
FIG. 1.2 - Taux d’excitation par les impulsions d’une séquence typique utilisée
dans l’expérience de refroidissement Raman. Le « profil d’excitation » évoqué dans
le texte est la somme de toutes ces courbes.
dans |e> de revenir dans |1>) : on obtient ainsi 03BE =0,75. La table 1.1 indique la
valeur de ce rapport de branchement pour d’autres choix possibles des niveaux.
.
A
T B 1.1 - Le rapport de branchement 03BE, calculé en fonction des niveaux choisis
sur le césium (03BE est indépendant du sous-niveau Zeeman de l’état excité |e> d’où
Soit 03A9(t)
le profil temporel de la fréquence de Rabi effective d’une impulsion
Raman (que l’on peut assimiler à une micro-onde), et 03B4 at son désaccord. On
calcule la probabilité pour un atome de passer de l’état |1> à l’état |2> en résolvant
l’équation de Schrödinger pour un atome à deux niveaux. Celle-ci s’écrit
où C, =
1,2 et 03C8 étant l’état du système.
<i|03C8>, avec i =
Dans le cas d’une impulsion de faible puissance, on peut supposer que les
atomes ont une faible probabilité d’être excités, et remplacer dans l’équation
1 par 1. On en déduit que la probabilité pour l’atome de passer de l’état
(1.4.b) C
25
On voit donc que le profil d’excitation d’une impulsion de faible puissance est
donnée par le carré de sa transformée de Fourier. On en déduit notamment qu’il
n’existe pas d’impulsion dont le profil d’excitation (i.e. dans l’espace des vitesses)
est à support compact.
Le problème est donc de trouver une impulsion dont le profil temporel est à
support compact, et dont le profil spectral ne possède pas trop de bandes latérales.
On voit par exemple (fig. 1.3-a) qu’un simple créneau (z.e. 03A9(t) =
03B8(t)03B8(T - t),
o
03A9
03B8 étant la fonction de Heavyside), possède des bandes latérales importantes.
La solution à ce problème se trouve dans la littérature [83, p. 95-100; 84]:
l’impulsion de Blackman donnée par la formule
plus élevées. Toutefois, je ne pense pas que ceci améliorerait le résultat de notre
expérience, car d’autres limitations entrent en jeu.
Remarque : après que l’expérience que je présente ici eut été terminée, une
nouvelle approche théorique du problème basée sur les vols de Lévy a été déve-
loppée [79, 80, 85]. Elle montre notamment qu’un refroidissement utilisant des
impulsions en créneaux peut être utilisé, à condition de faire coïncider exactement
les zéros du profil d’excitation (ces zéros sont visibles sur la figure 1.3-a). Il faut
pour cela contrôler finement le désaccord des impulsions Raman (compte tenu
notamment des déplacements lumineux), ce qui a nécessité des améliorations du
dispositif expérimental. La température finale est alors 10 fois plus basse que celle
obtenue avec des impulsions de Blackman pendant la même durée d’interaction.
26
FIG. 1.3 - Comparaison du taux d’excitation d’un créneau de durée 300 03BCs, et
d’une impulsion de Blackman de durée 714 03BCs (l’aire des deux impulsions est la
même). La fréquence de Rabi maximale est 03A9
/2 203C0 x 166 Hz. Ces taux sont
0 =
donc plus vérifiée, et nous ne ne pouvons plus calculer le profil d’excitation par
une simple transformée de Fourier. Nous devons donc vérifier que ce dernier ne
contient toujours pas trop de bandes latérales. C’est ce qui est fait sur la figure 1.4.
Le profil d’excitation s’élargit et les bandes latérales deviennent plus importantes
quand on augmente la puissance des faisceaux Raman, mais il subsiste un facteur
4 entre le pic principal et les bandes latérales.
10
FIG. 1.4 - Profil d’excitation Raman avec une impulsion Blackman de durée 03C4. Les
courbes en pointillés sont tracées dans le régime linéaire, i.e. 0,42 03A9
03C4/403C0 0, 05.
o =
Les courbes continues vérifient la condition d’impulsion 03C0, i.e. 0,42 03A9
03C4/2 03C0.
o =
Notons que la différence de contraste entre le pic principal et les bandes latérales
passe de 10
8 à 10.
4
2. Le dispositif expérimental
a) Présentation générale du dispositif expérimental
Le plan simplifié du dispositif utilisé pour l’expérience de refroidissement 1D
est représenté sur la figure 1.5. Les éléments étaient installés sur une table New-
port de surface 3 m . La figure 1.6 pourra donner au lecteur une idée de la densité
2
d’occupation de cette table. Tous les lasers utilisés sont des diodes laser. Au centre
de la table d’expérience, on trouve une cellule en verre contenant une vapeur de
césium à ~ 1 03BCPa (10
-8 Torr), le vide étant maintenu et contrôlé par une pompe
ionique (non représentée sur la figure 1.5).
Avant d’effectuer le refroidissement Raman, on commence par pré-refroidir les
atomes à l’aide d’un piège magnéto-optique en cellule [31]. Ce PMO est réalisé
à l’aide des éléments situés à droite de la table (sur la figure 1.5). Il permet
de disposer d’un nuage contenant environ 4.10 7 atomes, à une température de
l’ordre de 6 03BCK. On charge le PMO pendant environ 400 ms, puis on effectue du
30
b) Le piège magnéto-optique
i) Elements optiques
Les éléments optiques constituant le piège magnéto-optique (à l’exception du
repompeur) ont été montés à l’origine par Brahim Lounis pour ses expériences
sur les réseaux optiques. Le lecteur pourra donc trouver dans la thèse de ce
dernier [89, p. 96] des détails concernant leur fonctionnement (je ne fournirai ici
que les grandes lignes).
Pour faire fonctionner efficacement le piège magnéto-optique, ainsi que pour
détecter les atomes après le refroidissement Raman, on a besoin d’un laser dont la
fréquence est stabilisée avec une précision de l’ordre du MHz. Comme une diode
laser a typiquement une largeur de 20 MHz, on doit affiner le spectre de cette
dernière. Cet affinement spectral est réalisé par auto-injection à l’aide d’un Fabry-
Pérot extérieur, méthode mise au point initialement au LPTF [90 ; 91, p. 12 ; 30,
p. 71]. Notre montage utilise une diode laser Hitachi, que l’on asservit sur le
sommet du croisement de niveau (6 S½
2 ,F 4 ~ 6
=
P , F’ 4,6
2 ,F
½
S
2 = =
4 ~ 6 P ,
2 F’ 5), grâce
= à une cale piézo-électrique sur laquelle on a installé
l’un des miroirs du Fabry-Pérot. Un autre miroir, situé entre le laser et le Fabry-
Pérot, doit également être installé sur une cale piézo-électrique (dont la tension
est également asservie) afin de contrôler la phase du trajet entre le laser et le
Fabry-Pérot.
La puissance de ce laser n’est que de 6 mW : c’est insuffisant pour un piège
magnéto-optique. On utilise donc ce faisceau pour injecter une diode SDL de
150 mW, très performante pour ce genre d’utilisation. L’injection d’une diode
est en quelque sorte une « amplification lumineuse », puisque la diode esclave
possède les propriétés spectrales de la diode maître, mais beaucoup plus de puis-
sance (verrouillage en phase). Pour réaliser une bonne injection, il faut que les
modes des diodes maître et esclave se recouvrent bien. Ceci est réalisé de manière
astucieuse en envoyant le faisceau maître par la deuxième voie du second cube
1. Dans toute lasuite, je désignerai par « laser bleu» celui des lasers Raman possédant la
fréquence la plus élevée, et par « laser rouge» l’autre laser Raman. Il va pourtant de soi que
ces deux lasers émettent dans l’infrarouge
1
31
de l’isolateur optique du faisceau esclave, selon une méthode mise au point par
Brahim Lounis [89, p. 70].
J’ai signalé que la diode maître était asservie sur un croisement de niveau,
c’est-à-dire à vrés -125 MHz, où v rés est la fréquence de résonance de la transition
F = 4 ~ F’ 5. Or, l’optimum de fonctionnement pour un piège magnéto-
=
1 Ceci dépend naturellement du modèle de MAO choisi (ici Crystal Technology 3080)
32
totale et un peu de lumière arrive au niveau des atomes, induisant des déplace-
ments lumineux et l’émission de photons spontanés nuisibles au refroidissement
Raman (si la lumière est résonnante, une extinction inférieure au 03BCW est néces-
saire). On utilise donc également un obturateur mécanique et un trou de filtrage
de diamètre 100 03BCm, placé au foyer d’un télescope. La fermeture de l’obturateur
mécanique nécessite plusieurs millisecondes, mais ce dernier assure une extinction
totale. Outre l’extinction du faisceau, le trou de filtrage permet d’obtenir un pro-
fil de faisceau parfaitement gaussien. Le prix à payer est une perte de puissance
de l’ordre de 30 %.
A l’aide de cubes polariseurs et de lames demi-ondes, le faisceau est séparé en
six bras indépendants. Ceci offre, par rapport à un piège de type rétro-réfléchi,
l’avantage de pouvoir optimiser plus finement le nombre d’atomes piégés. Mais
cet avantage est aussi une contrainte, dans la mesure où nous devions passer
quotidiennement une heure ou deux à réaligner le piège, à cause de la mauvaise
qualité des supports de miroirs et des variations de la température de la pièce 1.
Au niveau du piège, le diamètre des faisceaux est de l’ordre de 1 cm.
Le faisceau repompeur du PMO provient d’une diode STC, affinée à l’aide
d’un réseau [91, p. 11 ; 92; 93; 94, p. 188] : l’ordre 1 du réseau est renvoyé dans
la diode et sert à l’injection, tandis que l’ordre 0 constitue le faisceau utile. Cette
technique permet d’obtenir une largeur spectrale de l’ordre de 500 kHz, mais
on perd environ 50 % de la puissance. Cette diode a été montée par Moritz
Fichtmüller [95].
La diode du repompeur est asservie sur le croisement de niveau F = 3 ~
F’ =
2, F = 3 ~ F’ = 3. On utilise ensuite un modulateur acousto-optique à
75,6 MHz (n° 6) pour arriver sur la résonance F = 3 ~ F’ = 3. Ce modulateur
sert à couper la lumière rapidement au début de la phase de refroidissement
Raman. Signalons que là aussi, l’utilisation d’un obturateur mécanique (suivi
d’un simple diaphragme), s’est avérée nécessaire. Finalement, le repompeur est
mélangé avec les faisceaux du piège sur le 7
cube C (fig. 1.5). Il est donc présent
dans les 6 bras du piège.
tout d’abord,chargeons le
nous PMO pendant un temps de l’ordre de
350 ms. Le désaccord du piège est de -3 0393 et les faisceaux du piège sont au
maximum de leur puissance. Signalons que ce temps de 350 ms est insuffisant
pour que le nombre d’atomes dans le PMO atteigne sa valeur stationnaire
. Il
2
1 Dans les derniers mois de l’expénence, nous avons remplacé tous les supports de miroir
par des supports de la marque Thorlabs, ce qui a nettement amélioré cette situation
2 Nous aurions pu raccourcir le temps de chargement du PMO en augmentant la pression
de césium dans la cellule Toutefois, ceci aurait eu pour effet d’augmenter le bruit de fond lors
33
Les faisceaux sont ensuite éteints et les obturateurs mécaniques fermés. La phase
de refroidissement Raman peut alors commencer.
Cette séquence un peu compliquée (quoique très standard) a été rendue né-
cessaire par plusieurs facteurs. Tout d’abord, le refroidissement Raman ne peut
se faire qu’avec un champ magnétique résiduel inférieur au mG. Or, du fait de
à partir d’atomes dans |F 3) (p. 23). Il est donc nécessaire de dépomper les
=
atomes. Pour ce faire, nous avons employé deux méthodes : on peut couper le
repompeur du PMO avant les faisceaux de de la mélasse. Les atomes tombent
alors naturellement» dans le niveau |F
«
3) en une fraction de ms. On peut
=
de la détection du signal
1 Toutefois, le fait que les obturateurs mécaniques se ferment lentement impose le respect
d’un « délai de sécurité» de 1 à 2 ms entre la coupure des MAO et le début du refroidissement
Raman
34
FIG. 1.8 - Schéma simplifié du dispositif de verrouillage en phase des deux lasers
Raman.
connaître la valeur du désaccord 0394. Signalons que nous n’avons pas jugé utile
d’asservir la diode bleue: sa fréquence flotte donc pendant l’expérience, ce qui
n’est pas très grave, car la valeur de 0394 varie peu, et l’autre laser suit » grâce «
La plupart des expériences ont été réalisées avec 0394 = -203C0 3 GHz. Afin
d’assurer une meilleure homogénéité des déplacements lumineux dus aux fais-
ceaux Raman, un désaccord plus élevé eût été préférable. Toutefois, le désaccord
0394 ne doit pas être trop près de ±203C0 9 GHz, sinon l’un des deux faisceaux va
se rapprocher de résonance avec une transition
. La solution serait donc de tra-
1
vailler avec un désaccord 0394 bien supérieur à la résonance hyperfine du césium,
par exemple 0394 = 203C0 30 GHz. Toutefois, la fréquence de Rabi effective étant en
1/0394 (éq. (1.2)) , nous aurions dans ce cas été sévèrement limités par la puissance
Raman disponible.
1 Par exemple, si 0394 = -203C0 x 8 GHz, le laser bleu n’est désaccordé que de 1 GHz par rapport
à la transition |2> ~ |e>
36
La figure 1.2 (p. 23) nous montre qu’un séquence typique d’impulsions Raman
doit pouvoir exciter de façon symétrique les atomes de vitesse v et les atomes
de vitesse -v. Pour ce faire, on peut utiliser successivement des impulsions avec
at < 0 ; pourtant, ce n’est pas la bonne solution. En effet, les impulsions
at > 0 et 03B4
03B4
de désaccord positif ont pour effet de « pousser» les atomes dans le même sens
que leur vitesse, et donc d’augmenter l’énergie cinétique 1D moyenne du nuage
atomique. Au lieu de faire du refroidissement, on fait en fait du chauffage. Pour
réaliser le refroidissement Raman, il faut que le désaccord 03B4 at soit négatif. Afin
d’exciter les 2 côtés de la distribution en vitesses, il faut donc pouvoir échanger
les trajets des faisceaux bleu et rouge.
Ceci est réalisé à l’aide d’une cellule de Pockels. Une cellule de Pockels est une
lame à retard commandable : lorsqu’il n’y a pas de tension, elle n’agit pas sur la
lumière ; lorsque’il y a une certaine tension, elle agit comme une lame demi-onde.
Si les axes propres de la cellule de Pockels sont bien réglés, elle fait alors tourner
la polarisation des faisceaux de 03C0/2. Le faisceau qui était transmis par le cube
4
C est maintenant réfléchi, et vice versa.
puisse couper une tension de 6 kV, et qui réagisse en 1 03BCs. Nous avons pour cela
utilisé des interrupteurs de l’entreprise allemande Behlke, et choisi un montage de
type va-et-vient, où deux interrupteurs sont nécessaires, l’un isolant la cellule de
Pockels de la source de tension tandis que l’autre la raccorde à la masse. Le lecteur
pourra trouver le schéma de ce montage dans la thèse de Jakob Reichel [80].
Finalement les deux faisceaux Raman arrivent sur les atomes avec une pola-
risation linéaire. Ils sont polarisés orthogonalement l’un par rapport à l’autre. Le
diamètre des faisceaux est de l’ordre de 1 cm, donc les atomes quittent, du fait
de la gravité, la zone éclairée au bout de 40 ms environ. C’est ce qui limite le
temps de refroidissement disponible.
Le repompeur Raman est envoyé sur le cube C 4 de manière à coïncider avec les
faisceaux Raman. Il induit un recul de v rec sur les atomes. Il est donc nécessaire
de contrôler sa direction, ce que l’on fait avec la la 2 ecellule de Pockels. On
choisit cette direction en fonction des paramètres de l’impulsion Raman qui vient
juste de se produire. En général, si la vitesse résonnante de l’impulsion Raman
est élevée (i.e. supérieure à rec
2 v on oriente le repompeur Raman de telle sorte
),
qu’il pousse» les atomes dans le même sens que l’impulsion Raman. Si par
«
e) La détection du signal
La détection de la distribution en vitesse d’atomes refroidis sous la vitesse de
recul paraissait au départ un problème délicat ; en effet, les techniques usuelles de
temps de vol n’offraient pas une précision suffisante. Il s’est rapidement avéré que
la méthode la plus efficace, pour sonder la distribution en vitesse, était d’utiliser
les faisceaux Raman [100].
Le principe de la méthode est le suivant : on envoie sur les atomes refroidis
une impulsion Raman (de Blackman) de désaccord 03B4 déterminé, et de longue
allume les faisceaux du PMO, tout en les mettant à résonance avec la transition
F = 4 ~ F’ =5 (ceci est réalisé au moyen du MAO n° 4). Les atomes situés
dans le niveau |F =
4) émettent de la lumière de fluorescence, que l’on peut
détecter sur une photodiode placée au voisinage de la cellule. Le signal observé
est proportionnel au nombre d’atomes dans l’état |F 4), donc au nombre
=
minant avec les faisceaux du PMO. Le problème est que la puissance de ces
faisceaux fluctue d’environ 10 % sur un échelle de temps de l’ordre de la seconde,
ces fluctuations étant essentiellement dues à des vibrations mécaniques du trou
de filtrage. Or, le bruit induit par ces fluctuations sur le signal de fluorescence
est du même ordre de grandeur que le signal qui nous intéresse. Pour remédier
à ce problème, nous mesurons les fluctuations de puissance du faisceau, grâce à
une photodiode de contrôle placée après le trou de filtrage. Ensuite, à l’aide d’un
cela, les atomes sont retournés dans l’état |F = 3). Ce pic vient se superposer à la
1 Nous verrons au chapitre 3 (p 160) qu’il existe une méthode plus simple pour résoudre
ce genre de problème elle consiste à asservir la puissance du faisceau après le trou de filtrage
41
f) Distribution en vitesse
La figure 1.10 montre le signal typique que l’on obtient en sondant par une
On constate que la courbe peut être ajustée de façon satisfaisante par une
gaussienne. Cette man0153uvre permet de déduire la température de la mélasse
(5,9 03BCK sur la figure 1.10).
micro-gravité [101 ; 102; 89, p. 64]. Malheureusement, ce blindage avait été conçu
pour être utilisé avec la cellule employée pour les premières expériences de piège
magnéto-optique [30, p. 89]. Les performances de cette cellule sont très inadap-
tées au refroidissement Raman, du fait du faible accès optique et des faces non
traitées. Toutefois, la situation financière de notre équipe ne nous permettait pas,
à l’époque, de commander une nouvelle cellule et un nouveau blindage (ce dernier
surtout étant fort coûteux).
Le blindage en 03BC-métal n’arrête pas totalement le champ magnétique (en
particulier à cause des trous y sont percés pour faire passer les faisceaux et pour
observer le piège). Nous avons dû recourir, en plus du blindage, à des bobines
de compensation. Elles assurent une compensation grossière du champ au niveau
du blindage. Ces bobines doivent être alimentées avec des alimentations assurant
une stabilité du courant à une précision de l’ordre de 10 , du même type que
-5
celles utilisées pour les diodes laser.
pas sélective en vitesse, et l’on peut visualiser les différents sous-niveaux Zeeman
des deux niveau hyperfins du césium (fig. 1.11-a). En modifiant le courant des
bobines de compensation, on fait progressivement coïncider les différents pics en
un seul, puis on diminue la largeur de ce dernier. Finalement, on obtient un pic
tout d’abord, nous avons étudié l’influence sur les atomes d’une impulsion
Raman unique. Nous avons pu ainsi vérifier les effets (déplacement lumineux,
élargissement du profil d’excitation, saturation) prédits par la théorie;
-
à partir de ces résultats, nous avons construit une séquence de départ, que
nous avons testée sur les atomes ;
-
FIG. 1.11 - Spectre Raman, réalisé avec 2 faisceaux se propageant dans le même
sens. Lorsque le champ magnétique n’est pas compensé, on reconnaît les tran-
sitions entre sous-niveaux Zeeman du césium (de nombreuses transitions sont
confondues à cause des valeurs voisines (au signe près) des facteurs de Landé
des niveaux |F = 3) et |F = 4>). Remarque: le spectre
er n’est pas centré sur
1
le désaccord nul; ceci est dû aux déplacements lumineux induits par les faisceaux
Raman.
45
lesignal). Cela est dû au fait que peu d’atomes se situent» là où l’on creuse le
«
les conditions où elles seront ensuite utilisées (les faisceaux Raman n’empruntent
pas le même chemin, donc n’ont pas, au niveau du piège, le même profil spatial).
La méthode que nous avons retenue est finalement la suivante : à l’aide de 16
impulsions de Blackman de courte durée (50 à 100 03BCs chacune), nous refroidissons
les atomes à environ rec
3 v Un tel refroidissement, au-dessus de la vitesse de recul,
.
est relativement facile et ne nécessite pas d’optimisation fine. Nous disposons ainsi
d’une densité dans l’espace xdes v plus élevée. On pourra ensuite tester l’impulsion
avec un rapport signal sur bruit bien meilleur.
Remarque : les atomes excités par l’impulsion creusant le trou sont ensuite
repompés par le repompeur Raman (et on sonde la distribution ensuite). Ceci
est un peu gênant car certains des atomes peuvent, après l’émission spontanée
d’un photon, « retomber dans le trou » (i.e. avoir une vitesse correspondant à
la zone testée), et donc fausser le profil de ce dernier. Afin d’obtenir un résultat
plus correct, nous avons essayé de ne pas repomper les atomes avant de sonder
la distribution. Cette méthode n’est toutefois pas la plus efficace, car les atomes
excités par l’impulsion-trou contribuent au signal de fluorescence quel que soit le
désaccord de l’impulsion-sonde. Il apparaît donc un décalage sur l’ensemble du
spectre, et donc une source de bruit supplémentaire qui vient limiter l’intérêt du
procédé.
1 Il eût fallu ajuster la courbe par le profil d’excitation théorique d’une impulsion de Bla-
ckman, mais ceci n’est réalisable en pratique que dans le régime des faibles puissances, là où le
profil se calcule par transformée de Fourier, dans le cas contraire, on ne dispose pas de formule
analytique pour ce profil d’excitation théorique
46
FIG. 1.12 - Profil d’excitation d’une impulsion de Blackman (« trou »), testé sur
des atomes . La durée de l’impulsion est 500 03BCs,
préalablement refroidis à 3v
rec
et sa puissance 0,2 fois la puissance maximale des faisceaux Raman. Les flèches
verticales représentent les fréquences de résonance des impulsions ayant servi
au pré-refroidissement (ainsi que la fréquence de l’impulsion créant le trou). En
méthode est très pratique, puisqu’elle nous permet d’extraire simplement, pour
chaque valeur des paramètres (puissance et durée de l’impulsion), trois types de
données : la profondeur du trou (i.e. l’efficacité de l’excitation), sa largeur et son
centre (z.e. le déplacement lumineux).
du profil spatial des faisceaux Raman et aux valeurs disparates des coefficients
de Clebsch-Gordan, qui font que, en fonction de leur position où du sous-niveau
Zeeman dans lequel ils sont, tous les atomes ne « voient »pas les faisceaux Raman
avec la même puissance, et donc ne vérifient pas la condition d’impulsion 03C0 en
même temps.
profil d’excitation est suffisamment étroit. Pour ce faire, nous avons utilisé des
impulsions de Blackman de durée, amplitude et désaccord variables. Les plus
longues impulsions (i.e. celles dont le profil d’excitation est le plus étroit) ont
une vitesse résonnante plus proche de 0. Cette séquence a ensuite été testée à
l’excitation non résonnante par l’un des faisceaux Raman ne doit pas per-
turber le refroidissement Raman ;
-
les déplacements lumineux induits par les faisceaux Raman doivent être
les mêmes pour tous les sous niveaux Zeeman ;
-
probabilité 1/2 d’être excité de façon non résonnante pendant la durée totale de
la séquence).
1 Afin de gagner du temps, nous ne répétons pas, lors des derniers passages, les impulsions
dont la vitesse résonnante est le plus éloignée de 0 (voir la table 1.2) Ces impulsions sont
inutiles, car, après quelques sauts dans l’espace des vitesses, les atomes ne quittent plus la zone
comprise entre +4 v rec et -4 v
rec
2 Voir à ce sujet le raisonnement p 120
3 Je rappelle qu’il n’est pas avantageux que |0394| soit trop proche de 9 GHz
49
spectre (il reste présent d’une fois sur l’autre). Il est également présent après le
refroidissement Raman (petite saillie présente sur la courbe continue de la figure
1.13, à gauche du pic principal).
Il s’avère que ce pic est lié à la réflectivité résiduelle des faces de notre cellule.
Une partie de l’un des faisceaux Raman est réfléchie au niveau de la face de
sortie de la cellule, de telle sorte qu’elle repasse sur les atomes. Cette réflexion se
propage donc dans le même sens que l’autre faisceau Raman (pas tout-à-fait selon
le même axe cependant, les faces de la cellule n’étant pas orthogonales à l’axe de
propagation des faisceaux). Si le désaccord 03B4 est nul, une résonance Raman peu
sélective en vitesse se produit. Cette résonance est à l’origine du pic de la figure
1.10. Nous avons pu limiter l’importance de ce pic en diminuant la taille des
faisceaux Raman, à l’aide de fentes verticales (de façon à limiter le recouvrement
au niveau du piège), mais non le faire disparaître complètement.
Pour éviter que cet effet parasite vienne perturber le refroidissement Raman,
il n’y a qu’une seule solution : s’arranger pour qu’aucune impulsion de la séquence
ne possède de désaccord 03B4 trop proche de 0 (à quelques centaines de Hertz
près).
4. Résultat expérimental
a) Présentation du résultat
La figure 1.13 présente un résultat expérimental typique. La courbe continue
représente la distribution en vitesse obtenue par un refroidissement Raman de
24 ms, et 0394 =4,2 GHz. On obtient un pic centré sur la vitesse nulle, 5 fois plus
haut que la distribution initiale. Ce pic contient 37 % des atomes. En pointillés
figure la distribution en vitesse de la mélasse, mesurée après le même délai de
24 ms mais sans refroidissement Raman. La température de cette distribution
non refroidie vaut 5,9 03BCK. L’aire de la courbe
(qui est proportionnelle au nombre
d’atomes), est, à 5 % près, la même dans les deux cas (avec et sans refroidisse-
ment). Pendant ce délai de 24 ms, 17 % des atomes sont perdus du fait de la
gravité qui les expulse en dehors de la zone irradiée par les lasers. Les carac-
téristiques des impulsions de la séquence utilisées sont présentées dans la table
1.2.
Nous avons mesuré la largeur du pic refroidi en l’ajustant avec une gaussienne.
Il est bien évident qu’il s’agit d’une opération arbitraire d’un point de vue théo-
rique (puisque ce pic n’a aucune raison d’être gaussien), mais c’est un moyen
commode pour évaluer l’efficacité du refroidissement. Pour ce faire, nous avons
donc effectué un agrandissement de la figure au niveau du pic (médaillon de la
figure 1.13.a), et nous avons calculé la gaussienne la plus proche en utilisant le
logiciel Easyplot.
L’expression de la gaussienne est
50
b) Temps de refroidissement
Nous avons tracé, en fonction du nombre de répétitions de la séquence de la
table 1.2, la hauteur et la largeur du pic refroidi. Ceci nous a permis de calculer
le temps de refroidissement 1/e: on trouve 18 ms.
Nous nous sommes demandés si nous pouvions comparer ce temps de refroi-
dissement à celui de l’expérience sur le sodium [76], qui est 1,5 ms. Ce temps
est intrinsèquement lié aux durées des impulsions, elles mêmes inversement pro-
portionnelles à la largeur finale souhaitée de la distribution en vitesse. Si cette
largeur s’exprime comme une fraction de la vitesse de recul, alors le temps de
refroidissement est proportionnel à M/k
. Dans ces conditions, notre temps de
2
refroidissement est similaire à celui obtenu avec le sodium.
5. Conclusion
Cette expérience a donc permis de transposer sur le césium l’expérience de
refroidissement sub-recul 1D réalisée sur le sodium par Mark Kasevich et Steven
Chu [76]. Nous avons obtenu un résultat comparable au leur, en ce qui concerne
la largeur de la distribution en vitesse finale (exprimée en unité de recul), le
pourcentage d’atomes refroidis, et le temps de refroidissement. Notre expérience
52
représente en outre une simplification dans la mesure où tous les lasers sont des
diodes.
Toutefois, comme je l’ai dit dans l’introduction de ce chapitre, cette expérience
n’est qu’un début. Lorsque nous l’avons achevée, à l’été 1994, plusieurs voies de
continuation étaient possibles :
-
puissance des lasers Raman (grâce à l’utilisation d’une deuxième paire de diodes,
injectées par les premières), et augmenter le désaccord 0394 de façon à homogé-
néiser les déplacements lumineux induits par les faisceaux Raman et à diminuer
l’excitation résiduelle vers |e>. Une autre amélioration consistait à utiliser une
cellule traitée anti-reflets (pour supprimer le pic « co-propageant »), et à utiliser
un blindage en 03BC-métal à double couche. Cette voie a été suivie par Jakob Reichel
et al. [79, 80]. Toutefois, les résultat qu’ils ont obtenus n’auraient pas été aussi
spectaculaires sans les idées de François Bardou sur les vols de Lévy [85]. A l’aide
de quelques impulsions en créneaux seulement, ils ont en effet pu obtenir une
«
température» 1D de l’ordre du nanokelvin ;
-
qui ne posait pas de difficultés de principe. Toutefois, l’expérience avait déjà été
réalisée sur le sodium [77]. Cette voie ne constituait donc pas une étude originale.
En outre, la généralisation à 3D était compliquée par la gravité qui accélère les
atomes. Réaliser le refroidissement à 3D en microgravité aurait pu constituer une
possibilité intéressante mais coûteuse ;
pour réaliser le refroidissement Raman à 3 dimensions, nous avons préféré
-
utiliser des atomes confinés. Nous avons pour cela construit un nouveau piège (le
piège opto-électrique) adapté à une telle expérience. Le refroidissement Raman
d’atomes confinés diffère sensiblement du refroidissement d’atomes libres. Aussi
vais-je maintenant consacrer un chapitre à sa description théorique.
Chapitre 2
Théorie du refroidissement
Raman dans un piège
harmonique
une technique qui repose sur les collisions élastiques entre atomes froids (ce n’est
loge.
Ce chapitre entièrement théorique sera essentiellement consacré au refroidis-
sement Raman continu, qui est beaucoup plus simple à modéliser que le refroi-
dissement en impulsions. Ce dernier sera toutefois abordé dans la section 2.5. Je
commencerai (section 2.1.a) par introduire le principe du refroidissement et ex-
poserai les méthodes existant dans la littérature qui permettent de résoudre des
problèmes similaires. Dans la section 2.2, je me placerai dans le cas d’une raie de
largeur (effective) nulle. Je mettrai notamment en évidence l’existence d’un seuil
de refroidissement de l’ordre de la température de recul. La section 2.3 étudiera
le cas où la largeur de la raie est finie. A 1 dimension, il existe un moyen de ré-
soudre le problème de façon analytique. Par contre, le seul moyen d’investigation
du problème à 3D est la simulation de Monte-Carlo. Enfin, la section 2.4 sera
consacrée aux problèmes de temps de refroidissement.
55
A et k
k B étant les vecteurs d’ondes des faisceaux A et B, et 03C5 la vitesse de
l’atome. La sélectivité en vitesse de la transition est donc maximisée quand les
deux faisceaux se propagent en sens opposé. J’ai posé
où A
03A9 et B
03A9 sont les de Rabi des faisceaux A et B.
fréquences
Le troisième faisceau C (appelé repompeur) excite les atomes de |2> vers |e>,
le retour dans |1> se faisant ensuite par émission spontanée. Ceci introduit l’irré-
versibilité nécessaire à tout processus de refroidissement. Lorsque les 3 faisceaux
sont présents en même temps (refroidissement continu), et lorsque la puissance
des faisceaux est suffisamment faible, le profil d’excitation est lorentzien, la lar-
geur de la lorentzienne étant donnée par
pour commencer à une dimension (fig. 2.2). Un atome décrit, dans l’espace des
phases et sous l’action du potentiel, une trajectoire elliptique. Supposons que
les faisceaux Raman sont colinéaires, de sens opposé, et posons k ~ ~ ~
A
~k
~. Lorsque la vitesse de l’atome est telle que 2kv 03B4
B
~k , celui-ci entre en
eff
=
processus est réitéré jusqu’à ce que l’atome atteigne une ellipse assez petite pour
ne plus couper la droite résonnante. L’atome ne pouvant plus être à nouveau
résonnant sera définitivement refroidi.
A 2 ou 3 dimensions, le principe est analogue (fig. 2.3). J’ai représenté l’espace
des vitesses à 2D (il est impossible de représenter l’espace des phases complet qui
est à 4D ou à 6D). Les axes x et y sont les axes propres du piège. Comme les
énergies directionnelles
sont des constantes du mouvement, les atomes décrivent des trajectoires inscrites
dans des rectangles d’équations :
des plans de symétrie du piège, et par suite, que les trois fréquences d’oscillation
soient toutes différentes.
Remarques :
-
Je me placerai le plus souvent dans le cas où les 3 faisceaux sont colinéaires. Dans
59
b) Le modèle de Pritchard
Dans ce paragraphe, je vais présenter un modèle qualitatif introduit par
Pritchard [78, pages 68-72; 106]. Ce modèle permet d’apporter quelques indica-
tions sur la limite du refroidissement (i.e. la température finale accessible), ainsi
que sur le temps de refroidissement. Nous verrons notamment que la largeur de
la raie 0393 joue un rôle primordial. Signalons que, contrairement à la description du
principe du refroidissement que je viens de faire, ce modèle ne tient pas compte
du mouvement des atomes dans le piège.
Supposons que les atomes soient confinés, dans l’espace des vitesses, dans
un disque (ou une boule) R , de rayon de l’ordre de la vitesse de recul v
r rec =
0127k/M (expérimentalement cet ordre de grandeur peut être atteint avec un piège
magnéto-optique ou une mélasse). Avec un faisceau de profil spectral lorentzien
de largeur finie 0393, on cherche à les refroidir sous une vitesse v
f(fig. 2.4), i.e. dans
la région R .
f
où 03A0 est la proportion d’atomes déjà dans la zone R. On suppose que l’atome
f
excité peut retomber dans r
R avec une probabilité uniforme. Il tombera dans R
f
avec la probabilité
Les atomes de R fpourront quant à eux être excités de façon non résonnante,
f » 0393):
d’où le taux de départ de cette zone (si kv
Pour des valeurs typiques (à 3D) de 03A9 ~ 0,03 kv, 0393 ~ 0,1 kv
rec ,v
rec f~ 0,5 ,
rec
v
et en prenant la valeur du césium kv 2,4.10
rec =
4 rad/s, on obtient
On constate donc que la largeur effective de la raie 0393 joue un rôle primordial vis-
à-vis de la température accessible. Signalons que cette vitesse limite ne dépend
pas de 03A9.
Remarque : ce modèle ne rend pas compte de tous les effets entrant en jeu dans
le refroidissement. En particulier, il ne traite correctement ni la redistribution des
vitesses induite par les processus d’absorption/émission spontanée, ni le rôle des
oscillations dans le piège. Avant de passer à une théorie plus poussée, je vais
rappeler brièvement quelques études qui ont précédemment été faites sur le sujet.
où k ~ A
k ~ k . En fonction des valeurs respectives de ces 3 paramètres, le
B
système fonctionne selon différents régimes. L’objet de ce paragraphe est de pré-
senter ces différents régimes de fonctionnement, ainsi que les méthodes d’étude qui
correspondent (ces méthodes se restreignent en général à une dimension). Nous
verrons alors dans quelle mesure elles sont applicables au cas qui nous intéresse
du refroidissement sub-recul.
Il faut donc que la fonction de Wigner varie lentement sur une échelle d’impulsion
de l’ordre de 0127k. La largeur de la distribution finale en vitesse étant de l’ordre de
0393/k, on en déduit que ce traitement impose la condition
où le paramètre 03B6
0 est défini par
+
A - étant des coefficients
et A qui dépendent de l’intensité
et du désaccord de
la micro-onde équivalente, mais denon
n.
avons vu que dans tous les cas de figure, la température limite est supérieure à
65
B
01270393/k ou de l’ordre de .
B
01270393/k
Le refroidissement sub-recul n’est donc réalisable
que lorsque 0393 « 03C9
· Ceci exclut a priori la résolution du problème par une
rec
méthode de type Fokker-Planck (régions 4 à 6 sur la figure 2.5).
Regardons maintenant la région 1, située dans le régime de Lamb-Dicke. Il
s’agit d’un cas où la température peut descendre en-dessous de B/k on peut
x
03C9
:
mettre tous les atomes dans le niveau fondamental du piège. En réalité, ce n’est
pas la température qui va nous limiter ici, mais la densité. Nous savons en effet
que la taille de l’état fondamental du piège est donnée par
soit 0
03B6 =
0 « 1 (régime de
03C0b/03BB, 03BB étant la longueur d’onde optique. Nous avons 03B6
Lamb-Dicke), donc b « 03BB 03BB/(203C0). Plusieurs atomes sont confinés dans l’état
=
a) Dimension 1
Chaque excitation d’un atome modifie la taille de l’ellipse qu’il décrit dans
l’espace des phases d’une manière aléatoire. Je vais calculer ici à quelle condition
l’énergie diminue en moyenne lors d’une excitation, et en déduire un seuil sur la
vitesse résonnante.
Nous savons qu’à 1 dimension, l’excitation d’un atome a lieu à vitesse fixée,
c’est-à-dire, si les deux faisceaux Raman sont colinéaires et se propagent en sens
opposé, pour
1 Remarquons que le profil d’excitation n’est pas lorentzien Les résultats du paragraphe
2 1 b, ainsi que les conditions du paragraphe 2 1 c, ne sont donc pas applicables
67
où M03C9
x est l’impulsion selon x encaissée par l’atome lors du processus, indé-
pendante de la vitesse de l’atome. La moyenne et la moyenne quadratique de
68
w =
x,y
03C9 s’expriment sous la forme
avec
69
,v
0
x
(v ).
0
y Des signes de x
0394E et de ,
y
0394E et donc de la variation de 0
v lors d’une
excitation, on peut déduire qualitativement des lignes de courant dans l’espace
des amplitudes de trajectoires. Le sens de ces « courants» est aussi indiqué sur
la figure 2.7.
variations nulles sont en fait presque des droites). Les flèches sont les sens de
« courants »
que l’on peut en déduire qualitativement.
y 0,
0394E = elles mêmes déterminées par la du
fréquence laser, deux cas peuvent se
produire : si la droite 0394E
x 0 est au-dessus » (fig. 2.7-a), les lignes de courant
= «
plus réexcités).
être Le refroidissement aura bien lieu. Au contraire, dans le cas
de la figure 2.7-b, le refroidissement ne peut avoir lieu. Le cas limite est celui où
les courbes 0394E
x= 0 et 0394Ey = 0 se rejoignent sur la droite |(k
A -0 )·v= |03B4
B
k
| |.
eff
Dans ce cas, la formule (2.32) simplifie
se en
où j’ai supposé que <w > étaient négatifs (ce qui est nécessaire pour avoir
> et <w
x y
du refroidissement). Finalement, on généralise la condition de seuil (2.24) à partir
de (2.34), en remplaçant l’égalité (2.34.c) par une inégalité
x,y
u étant les vecteurs de la base correspondant aux axes propres du piège. On
peut de la même façon généraliser (2.35) à 3 dimensions.
La condition de seuil (2.35) indique qu’il n’est pas possible d’effectuer du
refroidissement si le désaccord est trop proche de 0, et donc si la vitesse résonnante
rés (définie par la formule (2.5), p. 58) est trop faible. Il s’agit donc bien d’un
v
seuil de refroidissement : il n’est pas possible de refroidir les atomes (du moins par
cette méthode) en-dessous d’une limite qui est de l’ordre de la température de
recul. Remarquons que la largeur de la raie 0393/k
B constitue également une limite
pour la température finale le
(voir paragraphe 2.1.b, p. 59). Cette seconde limite
n’apparaît pas ici car j’ai supposé que le profil d’excitation était une fonction 03B4.
c) Simulations de Monte-Carlo
Il est possible de tester numériquement les conditions (2.24) et (2.35) par des
simulations de Monte-Carlo. Le principe est le suivant : on crée un tableau 6 x N
(N étant le nombre d’atomes) qui, pour chaque atome, stocke les 3 composantes
de la position et de l’impulsion. On calcule, pour chaque intervalle de temps
0394t, l’action de la force de confinement sur les atomes, grâce à une méthode de
71
.
1
Runge-Kutta On teste aussi si l’atome a franchi pendant l’intervalle la droite
résonnante. Dans l’affirmative, on simule l’excitation en ajoutant à l’impulsion
de l’atome celle des photons Raman et de pompage, ainsi que celle d’un photon
spontané de direction aléatoire (choisi selon une loi isotrope). On tient également
compte de la possibilité d’effectuer la transition spontanée |e> ~ |2> (si le rapport
de branchement 03BE est strictement inférieur à 1). Périodiquement, on regarde la
proportion d’atomes non excitables ; je rappelle que les atomes dont la trajectoire
dans l’espace des vitesses ne coupe plus la droite résonnante (i.e. vérifiant A
|(k
-
) ·v
B
k |
0 < |)
eff
|03B4 excitables (fig. 2.6).
ne sont plus
On donne tout d’abord à vrés une valeur suffisamment élevée, et on regarde le
nombre d’atomes froids, en fonction du temps (fig. 2.8-a). On en déduit un ordre
de grandeur pour le temps de refroidissement. Dans un deuxième temps, on balaye
rés on effectue pour chaque valeur une simulation comme précédemment, et on
v
,
trace le pourcentage d’atomes refroidis à la fin
. On obtient la courbe de la figure
2
2.8-b :
Sur lafigure 2.8-b apparaît clairement un seuil, sous lequel le refroidissement
estimpossible. Pour vérifier la formule (2.35), on fait maintenant varier le rapport
de branchement 03B6, recommençant pour chaque valeur la courbe de la figure 2.8-b.
On détecte le rés permettant de refroidir 50 % des
seuil, c’est-à-dire la valeur de v
atomes. Enfin, on compare avec le résultat théorique, issu des formules (2.29) et
(2.35), ce qui aboutit à un assez bon accord (fig. 2.8-c).
La figure 2.9 a été calculée selon le même principe que la figure 2.8, les simu-
lations étant cette fois-ci réalisées à une dimension. On constate qu’il y a un bon
accord avec le résultat (2.24). On remarquera aussi que les temps de refroidisse-
ment sont plus courts qu’à 3D.
(a) % d’atomes refroidis en fonction du temps, exprimé (b) % d’atomes refroidis au bout de 500 périodes, en
en périodes d’oscillation selon (Ox) La vitesse réson- fonction de la vitesse résonnante Ce pourcentage est
nante (exprimée en vitesse de recul) vaut 3, et le rapport déduit de courbes de type a, en moyennant le nombre
de branchement vaut 03BE= 0,75 d’atomes piégés entre 400 et 500 périodes d’oscilla-
tion . Le rapport de branchement 03BE vaut 0,75.
231 rad.s
. Au départ, les atomes sont répartis de façon aléatoire dans l’espace
-1
des phases, pouvant acquérir au maximum une vitesse de 10 . rec Les simulations
v
ont été réalisées avec 100 atomes, sur 500 périodes d’oscillation.
73
FIG. 2.9 - Vérification de la condition de seuil 1D, effectuée de la même façon que
sur la figure 2.8. Les simulations sont réalisées avec avec une fréquence d’oscilla-
tion de 133 rad/s, les autres paramètres étant les mêmes que sur la figure 2.8. La
courbe continue correspond au seuil déduit des simulations, la courbe en pointillé
est le seuil théorique déduit de la formule (2.24). En médaillon, le résultat d’une
simulation, correspondant à 03BE= 0, 75 et v
res=
.
rec
3v
74
fréquence selon y est rapportée à la fréquence selon x, cette dernière étant fixée à
133 rad/s. En ordonnée, l’énergie moyenne atteinte, moyennée entre 400 et 500
périodes d’oscillations. En médaillon, la simulation correspondant à x /03C9
y
03C9 =
1,045.
Au paragraphe 2.2 (p. 66), j’ai utilisé un modèle dans lequel le mouvement des
atomes était traité classiquement, et où le profil d’excitation était une fonction 03B4.
J’ai trouvé qu’il existait un seuil pour la vitesse résonnante (de l’ordre de la vitesse
75
désaccord 0394 et d’une population de l’état |e> faible devant celles des états fon-
damentaux |1> et |2>. Rappelons que ces 2 faisceaux transfèrent aux atomes l’im-
pulsion A
(k
-k);
B
-
sont remplacés par des fonctions (R, a,b P) pouvant être interprétées comme des
W
quasi-densités de populations ou de cohérences dans l’espace des phases ;
enfin, on élimine adiabatiquement |2>. Cette élimination requiert que la
-
population de |2> soit faible devant celle de |1>, et donc que la transition Raman
soit faiblement saturée (03A9 0393). Il est également nécessaire d’avoir 0393 03C9 x,y,z
(condition qui correspond au régime de l’« atome lourd » présenté paragraphe
au
2.1.c.i, p. 62).
Voici l’équation obtenue :
où
b) Simulations de Monte-Carlo
constate que le refroidissement fonctionne bien, puisque 100 % des atomes sont
confinés, à la fin, sur des trajectoires ne coupant pas le plan résonnant (i.e.
d’équation 2k · v rés Le temps de refroidissement est de l’ordre de 1000
v
). =
périodes d’oscillations (soit 50 s). Par contre, dans le cas de la figure 2.12 où
1 La quantité L dépend de 0393 et de 03A9, que j’exprime usuellement en unité kv
rec Pour toutes
les simulations de ce chapitre, j’ai posé kv rec
=
2,4 10
4 rad/s (cette valeur correspond au
césium)
78
(a) Energie moyenne des atomes en énergiede (b) Pourcentage d’atomes refroidis en fonction
rec 1/2Mv
recul (E ),
r
2 ec= en fonction du temps du temps. Les atomes refroidis sont ceux dont
exprimé en milliers de périodes d’oscillation se- la trajectoire dans l’espace des vitesses ne coupe
lon (Ox) pas le plan 2k · v = 03B4
eff
(c) Distribution finale en vitesse, moyennée (d) Distribution finale en fonction de la racine
sur les 100 atomes de la simulation (l’aire de de l’énergie (en unité )rec Le moyennage se
E
la courbe vaut 1) et sur le temps entre 9 000 fait de la même façon que pour la vitesse
et 10 000 périodes d’oscillation Les vitesses
sont exprimées en vitesse de recul, et sont
mesurées selon la direction (1,-1,1) (par rap-
port aux axes propres du piège) En pointillés,
la distribution initiale (courbe théorique)
FIG. 2.11 - Résultat d’une simulation Monte-Carlo 3D avec 100 atomes, tenant
compte de la largeur des raies. Le rapport de branchement est pris égal à 0,75.
La direction du faisceau est (1;1;1) par rapport aux axes propres du piège, le
repompeur donnant une impulsion dans le même sens que celle des faisceaux
Raman (~= 1). Tout ceci donne un seuil égal à 1,93 . rec La largeur effective 0393
v
vaut 0,1kv
,
rec et la fréquence Rabi effective 03A9/2 0, 03kv
de . Les 3 fréquences
rec =
du piège valent respectivement 133, 125, et 231 rad/s. La vitesse résonnante est
3.rec Cette simulation montre qu’il est possible d’atteindre T
v rec en un temps 1/e
de 1000 périodes d’oscillation (soit 50 s).
79
FIG. 2.12 - Même principe que pour la figure précédente. La vitesse résonnante
rec On constate que l’énergie moyenne des atomes augmente (chauffage).
est ici .
v
rés
v =
rec le refroidissement
v
, ne fonctionne pas parce que nous sommes en-dessous
du seuil (2.35).
La distribution finale en vitesse est représentée sur la figure 2.11-c. Il est pos-
sible d’évaluer la température finale en ajustant le pic refroidi par une gaussienne.
Une telle man0153uvre, usuelle en physique expérimentale, est plus inhabituelle en
théorie. Dans le cas présent, elle est d’ailleurs difficile à justifier, car la distri-
bution finale n’est a priori pas thermique. Toutefois, ceci permet de déduire un
ordre de grandeur pour la température finale. J’ai trouvé que la vitesse quadra-
tique moyenne selon un axe était voisine de . rec La température correspondante
v
est de l’ordre de 200 nK.
Pour déterminer quelle valeur de 03C1~
DB il serait possible d’atteindre expéri-
3
mentalement par cette méthode
,
1 il faut connaître la densité et la température
initiales. J’ai pour cela choisi des paramètres expérimentaux voisins de ceux du
piège opto-électrique (cette expérience est présentée au chapitre 3). On confine
5 atomes dans le P.O.E., avec une densité p = 4.10
5.10 9 atomes/cm
, et à une
3
DB 7 x 6,1.10
température de 10 03BCK (soit 03C1~
3 , où je rappelle que la dégénéres-
-8=
cence entre 7 sous-niveaux Zeeman diminue d’autant les effets quantiques collec-
12 atomes/cm
1,7.10 , soit
3 optique
3 1). Cette valeur du paramètre 03C1~
03C103BB
~ DB est
3
encore insuffisante pour observer la condensation de Bose-Einstein (qui nécessite
DB 7 x 2,612). Toutefois, elle n’en est plus aussi éloignée. En particulier, une
3
03C1~
expérience de refroidissement évaporatif réalisée à partir d’atomes refroidis à la
vitesse de recul par refroidissement Raman aboutirait à un condensat contenant
davantage d’atomes que dans l’expérience de Boulder [63] (mais moins que dans
celle de Cambridge [65]).
Remarque les paramètres de départ que j’ai choisis ne sont pas a priori les plus favo-
rables En effet, le piège opto-électrique que nous avons réalisé expérimentalement contient peu
d’atomes, en raison du chargement médiocre du piège magnéto-optique servant à collecter les
atomes (médiocre chargement qui est lui-même dû à la présence de l’électrode). La situation
pourrait être améliorée en utilisant un second piège magnéto-optique et un vide différentiel,
comme il est fait dans [48]. Le refroidissement Raman se ferait dans ce cas à partir des para-
mètres typiques du piège magnéto-optique,i e. 03C1~
DB
3 ~ 3.10
-4 On serait donc tenté de croire
que la condensation de Bose-Einstein deviendrait accessible sans avoir recours au refroidisse-
ment évaporatif
En réalité, nous serions rapidement limités par la densité atomique, et par les processus de
diffusion multiple des photons intervenant dans le refroidissement Raman, que je ne prends pas
du tout en compte dans mes calculs La statistique quantique des atomes devrait également
modifier le processus de refroidissement, ainsi qu’il est expliqué dans [110] (laser à atomes).
La figure 2.11 nous enseigne qu’il est possible de refroidir des atomes à la
température de recul, en choisissant v rés 3 v Par contre, si l’on diminue la
.
rec=
La figure 2.13 nous montre une tentative de refroidissement des atomes sous
81
Remarques :
-
atomes de plus haute énergie, de façon à ne conserver que le pic sub-recul. Tou-
tefois, je ne pense pas a priori que cette méthode soit plus efficace que de faire
du refroidissement évaporatif (basé sur les collisions élastiques) à partir de la
distribution à Trec de la figure 2.11 ;
-
c) Etude particulière à 1D
1 Cette affirmation est tout-à fait vérifiée, par exemple, dans les simulations de Monte-Carlo
des figures 2 11 à 2 13
83
On obtient
84
avec
Remarquons que p et 03B8 sont les variables action et angle que l’on introduit sou-
vent dans le cas de systèmes présentant une évolution quasi-hamiltonienne [111,
p. 725]. A l’ordre le plus bas en (, on trouve que
L’évolution est bien hamiltonienne à cet ordre (la variable d’action p est une
constante du mouvement).
En écrivant le terme d’ordre 1 de (2.42), et en intégrant sur une trajectoire
de l’espace des phases (p Cte), ce qui élimine les termes en ,
=
(1) on obtient
W
85
J’ai déjà évoqué que, si la relation (2.49) n’est pas vérifiée dans le cas du re-
froidissement sub-recul, on peut considérer que la méthode est valable pour le
refroidissement Raman continu d’atomes piégés, qui ne peut prétendre atteindre
que des températures de l’ordre du recul. Je justifierai a posteriori la validité du
développement par une comparaison avec les résultats des simulations de Monte-
Carlo.
En développant, dans (2.48) (à l’état stationnaire), le produit W
(0) à l’ordre
2 en , puis en remplaçant les dérivées en , obtenues par des dérivées en 03C1, 03B8
(moyennant des intégrations par parties), on arrive à
où ,I
1
I ,
2 et 3
I sont des fonctions de p données par:
Les et <
> sont des moyennes par rapport à la loi de probabilité
2
quantités <>
p (en supposant l’émission spontanée isotrope, elles se calculent à partir de (2.29)).
On remarque que (2.50) est une équation de type Fokker-Planck, sur l’espace
des racines carrées des énergies.
86
avec
0
s étant donné par (2.24).
La constante d’intégration A est définie par la norme de la fonction de Wigner
(le nombre total d’atomes N étant fixé), c’est-à-dire par
Les
intégrales (2.51) peuvent se calculer analytiquement, un logiciel de calcul
symbolique s’avérant en pratique indispensable pour mener à bien le calcul. On
développe ensuite le résultat obtenu.
87
Le fait que W (0) soit normalisable équivaut à l’existence d’une solution sta-
tionnaire pour l’équation de Fokker-Planck (2.50). C’est donc un critère de fai-
sabilité du refroidissement (dans le cas contraire, les atomes sont réchauffés en
permanence, il n’y a donc pas de solution stationnaire). On constate que la condi-
tion (2.58) est identique à la condition (2.24). C’est un résultat important car il
montre que la condition de seuil (2.24), calculée dans le cas de raies infiniment
étroites, est généralisable aux raies de profil lorentzien.
Il eût été intéressant d’effectuer le calcul analytique que je viens de faire à 3 di-
mensions, pour vérifier la condition de seuil généralisée (2.35). Malheureusement,
les calculs sont inextricables (notamment parce que l’équation de Fokker-Planck
ne peut pas s’intégrer).
v) Comparaison avec une simulation Monte-Carlo
J’ai représenté sur la figure 2.14 le profil de la solution (2.53) de l’équation de
Fokker-Planck (2.50) (densité atomique en fonction de l’énergie). En pointillés,
sur cette même figure, on trouve le résultat d’une simulation Monte-Carlo réalisée
à 1 dimension à partir de l’équation (2.36).
88
L’accord entre les deux courbes de la figure 2.14 est bon: ceci permet de
justifier a posteriori le développement en puissances de , et ce bien que la
solution ne varie pas lentement à l’échelle de .
rec
v
où x
0 est l’amplitude du mouvement, reliée à l’énergie mécanique par
90
soit
0 est l’instant où
où t lieu la résonance. Pour le calcul de (2.62), on a remplacé
a
l’ellipse parcourue par l’atome dans l’espace des phases par sa tangente au point
de résonance, ce qui permet d’intégrer entre -~ et +~. La variation d’énergie
moyenne pendant un tour est donc n <0394E>, où <0394E> est la variation moyenne
d’énergie due au processus d’interaction atome/lumière, définie en moyennant
l’équation (2.23) sur le nombre et la direction des photons spontanés. On fait la
transformation
et on obtient
0393/2 = 0,1kv
,v
rec res =
, ~ 1, 03BE = 0,75, 03C9
rec
3v =
x =133 rad/s.
(Cette expressionn’est plus définie quandt est trop grand, ce qui confirme bien
que le modèle n’est plus valable (je rappelle que <0394E> < 0)). La constante de
temps typique de la formule (2.65), z.e.
Ce résultat n’est pas le même que celui de l’équation (2.66), mais on y retrouve
le fait que le temps de refroidissement est inversement proportionnel à |03A9|
.
2
> - <E>
Sur la figure 2.15, j’ai représenté l’évolution de (E), et de (<E
2 1/2
)
2
(représentée par les barres d’erreur), en fonction du temps, obtenues par une
simulation Monte-Carlo. En pointillés, le modèle exposé ci-dessus. L’accord est
excellent au début du refroidissement, et se dégrade ensuite comme attendu.
lorsque la vitesse initiale est de l’ordre de vrec (alors que le modèle précédent
supposait v initiale rec
v
). La solution de l’équation différentielle (2.10) est expo-
nentielle, et la constante d’évolution temporelle est
refroidis : d’une part parce que Edépart E rec (l’énergie des atomes doit baisser,
ce qui prend du temps), et d’autre part parce que les atomes doivent effectuer
une marche au hasard pour atteindre une distribution sub-recul (ou de l’ordre du
lorsque les atomes sont résonnants, leur taux d’excitation est petit (car 03A9
est petit, pour ne pas saturer (et donc élargir) la transition Raman).
1 Attention cette propriété n’est vraie que dans le cas de figure x,y,z
03C9 0393 où je me suis
placé
93
pour que les faisceaux Raman et le repompeur ne soient jamais présents en même
temps, le spectre d’excitation n’est plus lorentzien, mais dépend du profil temporel
de l’impulsion Raman, ainsi que de sa puissance. En particulier, si l’on choisit bien
ce profil temporel et cette puissance, il est possible qu’un atome résonnant avec la
lumière soit excité avec une probabilité voisine de 1, tout en garantissant un faible
niveau d’excitation résiduelle pour les atomes non résonnants. En réalisant une
succession d’impulsions de désaccords différents, on peut également s’arranger
pour qu’un atome puisse être excité en de nombreux points de sa trajectoire.
Le refroidissement par impulsions devrait donc nous permettre de contourner le
eet
1 r le 3 e point évoqués ci-dessus.
ration est basée sur la possibilité d’exciter les atomes par passage adiabatique :
on utilise une impulsion Raman de longue durée, sans repompeur Raman. Les
atomes qui coupent le plan résonnant (dans l’espace des vitesses) passent de l’état
|1> vers l’état |2> avec une probabilité voisine de 1, tandis que ceux qui ne la cou-
pent pas restent dans l’état |1>. Au bout d’un certain temps (et en tout cas avant
que les atomes puissent couper une deuxième fois le plan résonnant), on éteint
les faisceaux Raman et on repompe les atomes qui sont passés dans l’état |2>.
Outre quelques considérations théoriques sur le principe du passage adiaba-
tique et sur les conditions de validité de celui-ci, je présenterai dans cette section
des simulations de Monte-Carlo décrivant le refroidissement par passage adiaba-
tique. Ces simulations sont beaucoup plus complexes à réaliser que dans le cas
continu, car il est difficile d’évaluer le taux d’excitation d’un atome. Le programme
que j’ai réalisé utilise une résolution numérique de l’équation de Schrödinger.
i est la fréquence de transition de |i> vers son plus proche voisin, 03C9
où 03C9 i le
min
minimum de 03C9
i lors de l’évolution, 03B1
i,j =
<j|d dt|i(t)>,
et i
max
03B1 est le maximum sur
j et sur t de 03B1
(t).
i,j
Je vais maintenant appliquer cette condition au cas d’un atome interagissant
avec les faisceaux Raman, en l’absence de repompeur. Pour cela, j’assimilerai la
où N est le nombre de photons micro-onde, et 03B8 ~ ]0, 03C0/2[ est défini par
(marge de sécurité).
b) Diagramme durée-fréquence de Rabi
Dans ce paragraphe, je vais énumérer les conditions faisant intervenir la fré-
quence de Rabi effective 03A9 et la durée des impulsions Raman.
Pour t) ~ 1,
x
tan(03C9 on tire la condition:
de l’ordre de 10
3 rad/s, telles les pulsations transverses du POE (voir § 3.3.b,
p. 171), le diagramme se resserre et le refroidissement par passage adiabatique
devient impossible.
L’atome est confiné dans un piège harmonique à une dimension, et donc le désac-
eff qu’il « voit »évolue en conséquence. Le profil temporel de l’impulsion
cord 03B4
est le suivant (avec impul ) :
rampe
Ils’agit donc d’un créneau, régularisé à la montée et à la descente par des mor-
ceaux d’impulsion de Blackman. Ce choix donne un profil spectral convenable,
mais n’est pas le résultat d’une quelconque optimisation. Au début, l’atome est
dans l’état |1>. Je calcule la quantité |<2|03C8(+~)>|
2 (où |03C8(+~)> est l’état de
l’atome à la fin de l’impulsion), que je trace en fonction de la position initiale de
l’atome sur sa trajectoire (phase).
On constate que la probabilité de transition est pratiquement égale à 1 si
l’atome a pu franchir la zone résonnante pendant la durée de l’impulsion. Elle est
presque nulle dans le cas contraire. La propriété de passage adiabatique est donc
bien vérifiée.
d) Simulation de Monte-Carlo à 1D
La réalisation d’une simulation de Monte-Carlo décrivant le refroidissement
par impulsion est beaucoup plus compliquée que dans le cas continu, car la pro-
babilité d’excitation d’un atome n’est pas donnée par une formule analytique et
doit être évaluée en résolvant l’équation de Schrödinger.
Certes, il est en théorie possible de réaliser une simulation en faisant évoluer
6 paramètres (à 1D) par atome (un pour sa position, un pour son impulsion et 4
pour son état interne). Ces 6 paramètres sont solution d’une équation différentielle
à coefficients dépendant du temps, qu’il est possible de résoudre numériquement
par la méthode de Runge-Kutta. En fait, nous sommes gênés par l’existence
de deux constantes de temps différentes dans le problème : d’une part la période
d’oscillation, et d’autre part la durée des impulsions, qui est beaucoup plus courte.
Dans le cas continu, il suffit de prendre un pas d’intégration petit devant la période
. Dans le cas des impulsions, il faudrait prendre un pas court devant
1
d’oscillation
la durée des impulsions. Ceci implique donc des temps de calculs beaucoup trop
.
2
longs
1 le raccourcissant au voisinage de la résonance
en
2 La
présente étude à été réalisée au début de l’année 1993 Depuis cette époque, le matériel
informatique de notre équipe s’est amélioré, de telle sorte qu’une telle simulation prenant en
101
forcément au même moment), il est très probable que deux atomes abordent une
impulsion avec des amplitudes de trajectoire et des « phases» voisines. Dans ce
cas il est inutile de calculer deux fois la probabilité d’excitation.
La méthode que j’ai employée est donc la suivante : je commence par réaliser
une série de courbes analogues à la figure 2.20, mais pour différentes valeurs de
sûr que la méthode soit « rentable» à 3D, dans la mesure où il devient difficile
que deux atomes (même à deux moments différents) abordent une impulsion avec
compte les degrés de liberté internes et externes est très probablement envisageable (mais le
programme correspondant reste à écrire)
102
(a) Energie moyenne des atomes en fonction (b) Pourcentage d’atomes refroidis en fonction
du temps. du temps.
(c) Distribution finale en vztesse, moyennée (d) Distribution finale en fonction de la ra-
sur les 100 atomes de la simulation et sur cinede l’énergie Le moyennage se fait de la
le temps entre 800 et1 000 périodes d’os- même façon que pour la vitesse
cillation En pointillés, la distribution initiale
(courbe théorique)
résonnante est 2 . rec Les impulsions Raman utilisées sont des créneaux de 6 ms,
v
la rampe étant une impulsion de Blackman de durée 0,6 ms (voir texte p. 100).
Résultat : la vitesse quadratique moyenne de 0,4 vrec est atteinte en 1 s.
103
(a) Energie moyenne des atomes en fonction du (b) Pourcentage d’atomes refroidis en fonction
temps. du temps.
(c) Distribution finale en vitesse, moyennée (d) Distribution finale en fonction de la racine
sur les 100 atomes de la simulation et sur de l’énergie Le moyennage se fait de la même
le temps entre 800 et1 000 périodes d’os- façon que pour la vitesse
cillation En pointillés, la distribution initiale
(courbe théorique)
axes propres du piège, le repompeur donnant une impulsion dans le même sens que
celle des fazsceaux Raman (~= 1). Les 3 fréquences du piège valent respectivement
133, 125, et 231 rad/s. La vitesse résonnante est 3 .
rec Les impulsions Raman
v
utilisées sont des créneaux de 6 ms, la rampe étant une impulsion de Blackman
de durée 0,6 ms (voir texte p. 100). Cette simulation permet d’atteindre une
température légèrement sub-recul en 1,6 s.
105
où j"ai choisi pour fréquence 03A9 la moyenne quadratique des trois fréquences
d’oscillation du piège
, i.e.
1
L’équation (2.84) permet de calculer, pour chaque atome, et pour chaque impul-
sion, les quantités ~ et v
. On déduit ensuite la probabilité de passage dans |2>
0
par lecture du tableau.
Afin de m’assurer le la validité de cette méthode, j’ai comparé (fig. 2.22)
les taux d’excitation 3D obtenus en faisant réellement évoluer un atome dans
l’espace des phases à 3D (en trait plein), et les taux d’excitations calculés avec
la méthode d’approximation que je viens d’exposer (en pointillés). On constate
que l’accord est bon en général, sauf sur la partie gauche de la courbe: on se
trouve alors dans un cas où l’atome ne fait qu’effleurer la zone résonnante. Pour
avoir un bon accord, il faudrait rendre égales les dérivées suivantes du désaccord
par rapport au temps, ce que ne fait pas la méthode. Toutefois, ce cas est assez
exceptionnel (sauf en fin de refroidissement). De plus, le signe de l’erreur n’est
pas systématique : nous pourrons donc avoir une bonne idée du refroidissement
adiabatique à 3D.
Sur la figure 2.23, on constate que l’on peut obtenir à 3D, avec des impulsions
laser et en créant un passage adiabatique, un refroidissement avec v rés 3v
rec en =
un temps de 33 périodes d’oscillation (1,6 s), c’est-à-dire beaucoup plus court que
1 Lorsque l’on effectue du refroidissement Raman (par impulsions) sur des atomes libres, il
n’y a pas de seuil de refroidissement Par « continuité », on peut déduire que pour des atomes
confinés dans un piège très lâche (i e de très basses fréquences d’oscillation), il n’y a pas non
plus de seuil Par contre, l’obtention de températures sub-recul me semble plus difficile dans le
cas où le temps moyen séparant deux excitations d’un atome donné par les faisceaux Raman
devient supérieur à la période d’oscillation (et il sera de toute façon nécessaire d’utiliser un
grand nombre d’impulsions de désaccords différents)
2 Heun-Jin Lee et al affirment explicitement (en se basant sur des résultats expérimentaux)
que le refroidissement Raman fonctionne mieux pour des atomes libres [105]
3 Comme je l’ai dit, mon programme évalue l’excitabilité des atomes par extrapolation à
partir de quelques valeurs calculées une fois pour toutes, et qui correspondent à des paramètres
atomiques (vitesse, position) fixés Le profil d’excitation au voisinage d’un point où l’excitabilité
est nulle, dont on sait qu’il détermine de façon cruciale la température finale accessible [79, 80],
n’est absolument pas modélisé correctement ici, notamment parce que le maillage ne comporte
pas assez de points
107
6. Conclusion
Au cours de ce chapitre, j’ai donc établi que le refroidissement Raman
d’atomes piégés s’avère un peu décevant, dans la mesure où je n’ai pas dégagé
de mécanismes permettant d’atteindre des températures sub-recul. Dans le cas
du refroidissement continu, cette impossibilité est intrinsèquement liée au mouve-
ment des atomes dans le piège, et au fait que le désaccord 03B4 des faisceaux Raman
est toujours le même. Il n’est cependant pas exclu qu’il soit possible, lorsque les
fréquences d’oscillation du piège sont très basses, de contourner le seuil (2.35) en
utilisant un grand nombre d’impulsions Raman de désaccords différents. Toute-
fois, la séquence ad hoc n’a pas encore été trouvée
.
1
Les considérations liées au seuil mises à part, le refroidissement Raman
d’atomes piégés est intéressant parce qu’il permet également d’augmenter la den-
sité spatiale. Par conséquent, si la vitesse selon un axe diminue d’un facteur 03B1,
la densité dans l’espace des phases augmente de 03B1 . Les simulations que j’ai ef-
6
fectuées (qui ne tiennent certes pas compte de la diffusion multiple des photons)
prévoient l’obtention d’un paramètre 03C1~
DB seulement 200 fois plus petit que la
3
valeur correspondant à la condensation de Bose-Einstein. Le recours ultérieur au
refroidissement évaporatif sera donc indispensable, mais on peut espérer produire
un condensat contenant davantage d’atomes que si l’on était parti des conditions
du piège magnéto-optique.
Toute l’étude théorique de ce chapitre a été réalisée en supposant l’existence
d’un piège que l’on peut considérer comme harmonique, qui confine les atomes
sans perturber le fonctionnement du refroidissement Raman. Aucune considéra-
tion n’a jusqu’ici été faite quant à l’existence d’un tel piège. Le prochain chapitre
sera donc consacré à la résolution (théorique et expérimentale) de ce problème.
1 Une toute autre direction devrait également être explorée . le régime de Lamb-Dicke (03C9
x
), pour lequel il n’a pas été prouvé que les interactions entre atomes jouent dans tous les
rec
03C9
cas un rôle nocif
108
a) Notations
On considère l’atome à 3 niveaux, irradié par 3 lasers, représenté sur la figure
2.1. Si E
,E
1 , et e
2 E sont les énergies des 3 niveaux, avec E 2 0, on définit les
=
quantités suivantes :
les désaccords:
où 03C3 agit à la fois sur les états internes et externes de l’atome. décrit
l’émission spontanée.
On déduit de (2.88), (2.89) et (2.90) les équations de Bloch [120, page 116] :
110
avec
et
A
V
,VB et C
V sont les opérateurs hermitiens conjugués.
Dans la suite du calcul, j’effectuerai le changement de variable suivant :
d) Approximation Raman
Cette approximation permet de remplacer les deux faisceaux A et B par un
soit
111
où 0394n
x x
= -
n’ n x,y,z sont les fréquences
, et 03C9
x propres du piège. Pour pouvoir
négliger (2.101), il faut supposer que
Je vais maintenant intégrer, dans (2.93), l’équation en e,2 , sur une durée
grande devant 1/0394, petite devant 1/0393, 1/03A9
et . Je néglige le terme en 03C3
A,B,C e,e
devant celui en 03C3. suppose que 03C3
1
2,2 Je , 1,2
1,1 et 2,2
03C3 évoluent sur des temps de
l’ordre de 1/0393 et 1/03A9
, longs devant le temps d’intégration, ce qui permet de
A,B,C
les considérer comme constants.
que la population de l’état |e> est petite devant celles des états fondamen-
taux |1> et |2> ;
-
Si la condition (2.106) est vérifiée, 03C3 e,2 atteignent tout de suite leur
e,1 et 03C3
, 03C3
e,e
état stationnaire : on dit qu’ils suivent adiabatiquement le niveau fondamental.
Cette propriété va permettre d’éliminer l’état excité, en remplaçant la population
et les cohérences dans les autres équations. J’effectue par ailleurs le changement
113
de variable:
Plus physiquement, cela suppose que les atomes n’ont pas le temps de tourner
dans le piège pendant le temps qu’ils passent dans l’état excité.
On substitue dans celles des équations (2.105) qui ne font intervenir que le fon-
damental :
114
avec
avec
Quelques remarques doivent être faites à propos des relations (2.115). La re-
lation (2.115.c) traduit la faible saturation de la transition Raman (et (2.115.a)
découle de (2.115.c), elle même vérifiée si 03A9 0393). La condition (2.115.c) est la
condition de piège lâche (ou encore de l’atome lourd) : sans elle, il n’est plus pos-
sible de traiter le problème classiquement (voir § 2.1.c.i, p. 62). Remarquons aussi
que les conditions que j’avais imposées jusqu’ici (relations (2.91), (2.100), (2.103),
(2.106) et (2.109)) sont presque toujours vérifiées dans une situation « normale»
(atomes alcalins pour lesquels la largeur 0393 est grande devant la fréquence de recul,
lasers quasi-résonnants et de puissances raisonnables). Les équations (2.115.b) et
(2.115.c) constituent les seules hypothèses vraiment restrictives que l’on s’impose.
116
où
dip
03A9 étant la fréquence de Rabi traduisant le couplage atome-laser.
On voit donc que la force dipolaire dérive d’un potentiel, lequel est égal (tou-
jours dans le cas d’une faible saturation) au déplacement lumineux induit par le
laser sur le niveau fondamental (ou le niveau métastable) de l’atome. En particu-
lier, si le désaccord 03B4
dip du laser est négatif, l’atome sera attiré vers les maxima
d’intensité lumineuse.
1 En particulier 03B4
dip 0393 Cette condition est nécessaire, mais n’est pas suffisante si l’inten-
sité lumineuse varie peu à l’échelle de la longueur d’onde optique
119
où 0 est
c le col du faisceau, 03BB
dip sa longueur d’onde, dip
k =
dip
k
z u son vecteur
d’onde, dip
03C9 sa fréquence, et
et
croisé).
iii) Déplacement lumzneux des niveaux du césium
Plaçons nous dans lecas du césium, qui est utilisé pour la plupart des ex-
notre équipe
périences effectuées dans . En l’absence de champ
1 magnétique, les
sous-niveaux Zeeman sont dégénérés.
supposerai que le faisceau laser utilisé pour le confinement par force di-
Je
polaire est désaccordé quelques centaines de GHz (ou davantage) sur le rouge
de la transition 6S½
2 P c’est-à-dire d’une quantité très supérieure aux
2
6 ~
où D
+ D est la partie montante (resp. descendante) de l’opérateur di-
(resp. -
)
pôle, Edip (resp. )
+ et dip est la partie du champ oscillant en exp(-i03C9
-
E t) (resp.
dip
en exp(i03C9
t)).
dip Je désigne par PJ’,F’
2
6
E l’énergie de l’état excité J’ F’) (en
P
2
|6
,
1 Voir la structure des niveaux du césium sur la figure 0 3, p 18
121
posant quel’énergie de l’état fondamental est nulle). J’ai écrit l’équation (3.10)
dans le cadre de l’approximation du champ tournant. Ceci nécessite donc que le
faisceau dipolaire soit quasi-résonnant (i.e. 03B4
dip 03C9), et que les contributions
dip
des autres niveaux puissent être négligées.
Dans le cas où le désaccord du faisceau dipolaire est grand devant les struc-
tures hyperfines de l’état |6 P> (mais non nécessairement devant la structure
2
hyperfine de 6S>), l’équation (3.10) se simplifie en
2
où m
J et I m sont les nombres quantiques décrivant les spins des électrons et du
noyau (les éléments de matrices non diagonaux par rapport à ces deux nombres
quantiques sont nuls).
On reconnaît dans la formule (3.12) le produit de deux éléments de matrice
d’un opérateur vectoriel, pris entre un état fondamental de moment cinétique ½
et un état excité de moment cinétique ½ ou (le spin nucléaire étant « specta-
teur »). Les coefficients de Clebsch-Gordan correspondants à ces deux transitions
sont rappelés sur la figure 3.1.
Plaçons-nous tout d’abord dans le cas où la polarisation du faisceau est li-
néaire. On peut alors choisir un axe de quantification parallèle à la polarisa-
tion du faisceau. On voit donc que les carrés des coefficients de Clebsh-Gordan
qui interviennent sont les mêmes dans l’état |6 S ½,m
2 J = +½ > et dans l’état
½
S
2
|6 ,m J = - ½ >. L’élément de matrice sera donc le même, et par suite, l’opé-
rateur W sera scalaire dans le sous-espace 6 ½
S
2 . Le déplacement lumineux sera
indépendant du sous-niveau Zeeman et du niveau hyperfin. Remarquons que cette
propriété n’est plus vraie si le laser est polarisé circulairement ou elliptiquement
122
(car dans ce cas les coefficients de Clebsch-Gordan qui entrent en jeu ne sont
plus les mêmes dans l’état |6 S ½, m
2 J = + ½ > et dans l’état |6
,m
½
S
2 J
= - ½>.
Le fait que le niveau fondamental soit un état de spin ½ est également crucial ;
dans le cas contraire, les coefficients de Clebsch-Gordan ne seraient pas tous
semblables, même en polarisation linéaire (l’opérateur W contiendrait une com-
posante tensorielle d’ordre 2). La propriété du déplacement lumineux que je viens
de démontrer ne peut donc pas être généralisée à un niveau excité du césium, ni
non plus à un atome autre qu’un alcalin.
Tous les niveaux sont déplacés de la même quantité ; le piège aura la même
pente quel que soit le niveau dans lequel se trouve l’atome, ce qui correspond
aux conditions dans lesquelles je me suis placé au chapitre 2. Pour effectuer
S½
2
|6 ,F 4), et |e> |6
= =
P , F 3). Il s’agit du même choix qu’au chapitre
2 =
Remarques :
-
les déplacements lumineux dans les alcalins ont été calculés et mesurés
avec précision dans [131, 132]. Des considérations de symétries analogues à celles
que je viens d’évoquer ont en outre été introduites à propos des transitions à
deux photons [133, 134] ;
-
termes faisant intervenir des niveaux excités supérieurs) ; cependant, les mêmes
considérations de symétrie peuvent être appliquées à ces termes supplémentaires,
pourvu que le désaccord du laser par rapport chaque niveau soit grand devant
la structure hyperfine de ce niveau (et ce parce que l’état fondamental est de
spin ½ , et donc ne peut être couplé qu’avec des états de spin ½ ou );
dans le cas où le désaccord 03B4
-
(où 0394E
Stark est le du niveau par effet Stark), est indépendante du
déplacement
sous-niveau Zeeman et du niveau hyperfin. La valeur numérique de 03B1, qui a
été évaluée aussi bien théoriquement [135, 136] qu’expérimentalement [137], est
03B1 =
-39 J.V
5,8.10 2 (des mesures du déplacement de la raie 6
.m
-2 S ~ 6
2 P
2
ont également été effectuées [138-140]). La variation de l’écartement des deux
niveaux hyperfins |F 3) et |F 4) du fondamental due aux contributions
= =
de termes d’ordre supérieur a par ailleurs été évaluée [141, 142]. Le résultat est
F=4,mF=0
03B1- = 3,03.10 -2
F=3,mF=0
03B1
-43 .m
2
J.V
;
On peut également appliquer ces considérations de symétries au cas d’une transition Raman
entre ½
S
2
|6
, F 3) et |6
=
½
S
2, F 4) (i.eà la transition utilisée pour réaliser le refroidissement
=
où 0394 est le désaccord défini sur la figure 2 1 (p. 55), supposé grand devant la structure hyperfine,
et A,B
E les champs électriques crêtes des deux lasers Raman Si les deux faisceaux Raman ont
la même polarisation linéaire, alors l’opérateur W Raman est un opérateur scalaire dans l’espace
> Par conséquent, il ne peut pas coupler des états de F différents (qui sont orthogonaux),
½
S
2
|6
et la transition Raman ne peut avoir lieu. Dans le cas d’une configuration - -03C3 la transition
+
03C3
,
Raman ne fonctionne pas non plus on se convainc en effet aisément qu’une telle transition est
interdite sur une configuration ½ ~ ½ ou ½ ~ . Par contre, rien n’interdit a priori la
transition Raman si les deux polarisations sont linéaires et orthogonales entre elles ; c’est la
configuration que nous avons choisie au chapitre 1 (p 38), car elle garantit en outre l’égalité
des déplacements lumineux entre les sous-niveaux Zeeman et hyperfins. Signalons enfin que dans
le cas où le désaccord 0394 est grand devant la structure fine, il devient impossible d’effectuer une
transition Raman
124
où dip < 0.
je rappelle que 03B4
Soit Umin la profondeur minimale du piège que l’on s’impose (on prendra
typiquement 0,1 0393, où 0393 est la largeur naturelle de l’état excité du césium). Il
est difficile d’imposer que la profondeur du piège soit exactement U min (car les
équations ne sont pas solubles), mais on peut facilement majorer cette condition.
125
déduit la condition
Piège lâche. J’ai mentionné au paragraphe 2.1.c.iv (p. 64) qu’il n’était
pas souhaitable de se placer dans le régime de Lamb-Dicke (qui correspond à
x,y,z
03C9 ), car ce régime implique de fortes densités dès qu’il y a plus d’un
rec
03C9
atome. Le refroidissement est alors très perturbé par les interactions entre di-
pôles atomiques. J’imposerai ici la condition inverse, i.e. 03C9
x,y,z , qui est
rec
03C9
l’hypothèse de validité du traitement classique du refroidissement que j’ai effec-
tué au chapitre 2. Cette hypothèse est également nécessaire au refroidissement
par passage adiabatique (§ 2.5.b, p. 98). Signalons toutefois que le refroidissement
Raman reste a priori possible lorsque 03C9 ~ 03C9
x,y,z ·
rec
Les fréquences d’oscillations les plus élevées étant les fréquences transverses,
on en déduit la condition
Remarque : compte tenu des ordres de grandeurs choisis pour c 0 et des condi-
tions (3.17) imposées sur le désaccord, la condition (3.20) implique que le faisceau
dipolaire est faiblement saturé (03B4
dip 03A9).
dip
Puissance du faisceau de piégeage. Je vais maintenant imposer une
condition bassement matérielle : la fréquence de Rabi 03A9 dip doit correspondre à
une puissance laser réalisable dans l’état actuel de la technologie.
la puissance P
dip étant exprimée en W, et le col c0 en m.
Si le laser cesse d’être quasi-résonnant, il n’est plus possible d’employer la
formule (3.22). Par contre, dans le cas où 03C9
dip , on peut considérer le
at
03C9
champ du laser comme un champ électrique quasi-statique (les expériences de
piégeage d’atomes avec un laser CO 2 [127] correspondent à ce cas de figure).
Le déplacement des niveaux peut alors se calculer en utilisant la polarisabilité
-39 -2
statique du césium 03B1 = 5,8.10 .V Je rappelle que dans le cas statique,
2
J.m
.
le déplacement Stark du niveau fondamental est donné par la formule (3.14). Si
le champ est oscillant, on ne doit conserver que les termes de fréquence nulle (on
suppose que le temps de réponse mécanique de l’atome est long devant la période
). On obtient donc
du laser 203C0/03C9
dip
Remarques :
dans le cas quasi-statique, et par souci de
-
Cette définition n’a a priori pas de sens physique, mais permet d’appliquer les
formules (3.19) et (3.20) (qui en fait ne font intervenir que le déplacement lumi-
neux) ;
127
Ce qui nous intéresse est le temps 2 /(2D), qui est le temps au bout duquel
k
l’impulsion quadratique moyenne aura augmenté de k : en le comparant à ref ,
on peut déterminer s’il est possible de refroidir à .rec
T
Le gradient de la fréquence de Rabi figurant dans l’expression (3.32) se calcule
en utilisant la formule (3.2) du faisceau gaussien. On trouve (~03A9)
2 /(ec dip
403A9
)
0
2
(e exp
=
1). En supposant que dip 03A9
03B4 » ,
dip on déduit la condition
rec (v
devant Mv rec étant la vitesse de recul d’un photon résonnant). Le refroi-
dissement Raman ne sera donc pas très perturbé si quelques photons infrarouge
lointain viennent diffuser sur l’atome pendant ref
.
Remarque : en utilisant la définition (3.26)-(3.27) de la fréquence de Rabi, la
condition (3.38) devient
20 W à 03BB =
1,06 03BCm, et laser à 2
CO de puissance 100 W à 03BB 10,6 03BCm). J’ai
=
imposé que la profondeur du piège U min soit au moins égale à 0,1 0393, de telle sorte
que le piège puisse contenir le nuage atomique issu d’un piège magnéto-optique
ou d’une mélasse. J’ai pris pour col du faisceau c 0 200 03BCm : c’est la valeur
=
effectuer l’expérience avec un laser CO2 : c’est le seul cas de figure qui,
d’après la figure 3.2, est compatible avec le refroidissement Raman. Signalons que
la réalisation de cette expérience dans notre laboratoire demanderait beaucoup
de temps et d’argent, parce que le matériel optique dont nous disposons (lentilles
à faces traitées anti-reflets, miroirs )
max n’est pas du tout adapté à la longueur
R
d’onde de 10,6 03BCm (le prix du laser CO
2 est lui aussi non négligeable) ;
-
changer le principe du piégeage : c’est la voie que nous avons choisie, avec
le piège opto-électrique.
b) Le piège opto-électrique
i) Principe du piégeage
Parmi les conditions imposées au paragraphe 3.1.a.iv pour garantir le fonc-
tionnement du piège dipolaire, l’une est particulièrement restrictive : celle liée à
la profondeur du piège. Plus précisément, le fait d’être contraint de compenser la
gravité (alors que le césium est un atome lourd) impose d’utiliser un faisceau soit
131
très puissant, soit très focalisé; on est alors limité par le chauffage résiduel et par
les fréquences d’oscillation trop élevées. Si par contre on pouvait, par un moyen
quelconque, supprimer l’effet de la gravité, il deviendrait possible de réaliser un
piège dipolaire suffisamment profond sans nécessiter une très grande intensité
lumineuse.
Pour éliminer l’effet de la gravité, il existe bien sûr la possibilité de transpor-
ter l’expérience dans la caravelle du CNES. Toutefois, une autre solution moins
coûteuse consiste à compenser l’attraction terrestre à l’aide d’une autre force. Par
exemple, on peut utiliser la force induite sur les atomes par un gradient de champ
électrique statique: pour un atome dans l’état fondamental |6 S½
2 >, l’expression
de cette force est
portée potentiel V
au . Je supposerai pour l’instant que le potentiel 0 est à l’infini.
0
L’électrode est un disque circulaire (fig. 3.3) percé d’un petit trou, géométrie qui
est le fruit de quelques tâtonnements et non d’une optimisation systématique.
Le carré du champ électrique créé par une telle électrode est représenté en
fonction des coordonnées cylindriques r et z sur la figure 3.4. La zone où l’on
1. Le tenseur ~~E est la matrice A de composantes A
ij =
~ Les notations tensorielles
j
E
i
que j’emploie dans cette thèse (le plus souvent dans la deuxièmepartie) sont explicitées dans
la table II 1, p 218
132
cherche à piéger les atomes est située sur l’axe de révolution (r 0). Faisons dans
=
FIG. 3.4 - Carré du champ électrique créé par une électrode annulaire de rayon
externe Re = 5 mm, de rayon interne r e = 1,5 mm, et d’épaisseur 0,5 mm. Ce
carré du champ est tracé en fonction des coordonnées cylindriques r et z. L’élec-
trode est portée au potentiel 12 kV, le potentiel 0 étant à l’infini. Les carrés de
champs supérieurs à 2 -2.mm (au voisinage de l’électrode) sont « tronqués ».
2
kV
Notons que les atomes (qui sont attirés vers les régions de fort champ) sont ex-
pulsés de l’axe de révolutzon.
Si maintenant on prend en compte les degrés de liberté transverses, on re-
marque que le carré du champ n’est pas maximal: il augmente dès que l’on
s’éloigne de l’axe de révolution. Par conséquent, les atomes seront expulsés de
cet axe. Pour compenser cette expulsion, nous avons donc recours à un faisceau
très désaccordé sur le rouge de la raie D
2 du césium. Ce faisceau se propage dans
la direction verticale, le long de l’axe de révolution de l’électrode, de la façon
représentée sur la figure 3.3. Grâce à la force dipolaire, il permet de compenser
133
le faisceau que j’ai représenté sur la figure 3.3 est focalisé. Ceci correspond
à la situation expérimentale (c’est le moyen le plus pratique pour fabriquer un
faisceau de petite taille 2014
longitudinale induite par cette focalisation ne joue ici aucun rôle (elle est d’ailleurs
négligeable devant la force électrostatique et devant la gravité) ;
-
l’intensité lumineuse n’a plus besoin d’être aussi élevée que dans le cas
du piège dipolaire, parce que l’on ne demande plus au faisceau de compenser la
gravité. Toutefois, il lui faut compenser l’expulsion électrostatique, et un esprit
pessimiste pourrait craindre que cette nouvelle compensation « coûte aussi cher»
que celle de la gravité. En fait il n’en est rien, à condition que le diamètre du
faisceau reste petit devant celui du trou de l’électrode;
-
un lecteur naïf pourrait croire que l’expulsion des atomes hors de l’axe
attirés vers les régions de champ faible, ce qui n’est possible que ci ceux-ci ne
sont pas dans leur état fondamental.
134
-39 J.V
5,8.10 ) et de sa masse (M 2,22.10
2
.m
-2 -25 kg), la compensation de
=
taille est certes une opération relativement délicate pour celui qui n’est pas un
professionnel de la mécanique ; toutefois, une augmentation d’un facteur 2 de
cette taille eût nécessité de travailler avec une tension 2
3/2 fois plus élevée.
Le diamètre du trou percé dans l’électrode a aussi dû être déterminé avec
soin : plus il est petit, plus le champ sur l’axe de révolution est grand. Mais il
devient aussi plus difficile de faire passer un faisceau à l’intérieur. En outre, le
point d’équilibre se rapproche du plan de l’électrode, rendant plus délicat son
accès optique.
Sur la figure 3.5, j’ai représenté, pour diverses valeurs du rayon du trou, le
champ électrique sur l’axe de révolution, la force électrostatique à laquelle sont
soumis les atomes sur ce même axe, ainsi que le potentiel correspondant compte
tenu de la gravité. Ces quantités ont été évaluées en utilisant un programme de
résolution numérique de l’équation de Laplace, mis au point au Max-Planck Ins-
titut de Munich par Charles Schrama et Ekkehard Peik , et utilisant la méthode
1
des différences finies décrite dans [145] (ce programme avait été conçu à l’origine
pour mettre au point des pièges à ions [146]). On voit qu’un trou de 1,5 mm de
rayon constitue un compromis acceptable. On trouve que dans ce cas, le point
d’équilibre se situe à h = 1,2 mm au-dessus du plan médian de l’électrode. L’in-
tensité du champ électrique en ce point est ~E~
1 kV/mm. La profondeur du
=
piège dans la direction z est environ 0,25 0393. La force à laquelle est soumis un
atome situé à une distance dz du point d’équilibre, dont l’expression est donnée
par
(a) Champ électrique le long de l’axe. (b) Force électrique à laquelle sont soumis les
atomes le long de l’axe
FIG. 3.5 - Confinement des atomes dans la direction verticale à l’aide d’un champ
électrique statique, évalué pour plusieurs valeurs du rayon interne r
e de l’électrode.
Le rayon externe vaut R e 5 mm et l’épaisseur 0,5 mm. L’électrode est portée
=
particulier, dans le cas du Yag, un atome émet un photon spontané toutes les
3,6 s. Certes, un lecteur pourvu d’un minimum d’esprit critique remarquera que
l’on n’a gagné qu’un facteur 2,6 par rapport au piège dipolaire simple, et que
137
capture sera 2,6 fois plus élevé que pour un piège dipolaire simple (et 4 fois plus
grand si on le compare à un piège dipolaire croisé). Le nombre d’atomes capturés
sera augmenté en proportion, ce qui est non négligeable;
-
j’ai signalé que dans le cas du piège dipolaire, il ne servait à rien d’abais-
ser la profondeur du piège en-dessous de 0,1 0393, car la nécessité de compenser la
FIG. 3.7 - Allure du potentiel auquel sont soumis les atomes (vue en coupe x/
e 5 mm, r
z). Les paramètres électriques sont R =
e =
0 12 kV. Le
1,5 mm, et V =
par la suite été réalisé par Pierre Lemonde, Ekkehard Peik, Hélène Perrin et
Wolfgang Hänsel ; il constitue un bon candidat pour réaliser le refroidissement
Raman, et ne nécessite pas d’investissements trop importants. Il faut néanmoins
139
être conscient du fait que le chauffage résiduel constituera l’une des limites à
la température accessible. La solution idéale serait d’utiliser un laser CO
2 ; elle
nécessiterait toutefois de profondes modifications du dispositif expérimental (en
particulier, le verre dont est constituée la cellule à vide ne laisse pas passer la
fréquence du laser CO). En outre, l’utilité de la partie électrostatique du POE
2
n’est dans ce cas plus démontrée (un simple piège dipolaire croisé fait aussi bien
l’affaire).
v) Conclusion
J’ai proposé dans cette section un nouveau piège à atomes, le piège opto-
électrique, qui est bien adapté au refroidissement Raman d’atomes confinés : il
présente en effet la propriété de ne pas trop chauffer les atomes, et de posséder
des pulsations d’oscillation lentes. De même qu’un piège dipolaire (et à l’opposé
d’un piège magnétique), il permet de piéger les atomes dans tous les sous-niveaux
Zeeman de l’état fondamental |6 S½
2 > ; la constante de raideur est en outre in-
dépendante du sous-niveau Zeeman. Les fréquences d’oscillation dans les 3 di-
rections sont du même ordre de grandeur (ce qui n’est pas le cas d’un piège
dipolaire simple). Enfin, comparé à un piège dipolaire croisé, le POE possède
un plus grand volume de capture. Le chargement à partir d’un PMO sera donc
grandement facilité.
Il reste maintenant à réaliser expérimentalement le POE: ce sera l’objet de la
prochaine section.
d’équipe dans lequel Pierre Lemonde a fourni la plus grande part. Ekkehard Peik,
Jakob Reichel, Hélène Perrin, Wolfgang Hänsel, ainsi que Christophe Salomon y
ont également apporté une contribution importante. Certaines informations ne
figurant pas dans cette thèse pourront en particulier être trouvées dans [148].
a) Le piège magnéto-optique
Le piège magnéto-optique fonctionne avec six faisceaux indépendants, lesquels
proviennent tous de la même diode laser. Selon
une technique maintenant bien
,
1
rodée utilisons
nous une diode laser SDL de forte puissance (150 mW), affinée
spectralement grâce à l’injection d’un faisceau provenant d’une autre diode. Ici,
la diode maître est également une diode SDL, de puissance 100 mW, que l’on
affine à l’aide d’un réseau.
Pour fixer la fréquence du laser du PMO, on asservit la fréquence de la diode
maître au sommet de l’une des raies du profil d’absorption saturée du césium.
Traditionnellement, dans des montages analogues, on module la fréquence du laser
(en général en agissant sur le courant de la diode ou sur la longueur de la cavité
externe), de façon à fabriquer électroniquement la dérivée du signal d’absorption
saturée, ce qui permet d’induire un signal d’erreur qui s’annule pour la fréquence
correspondant à la raie. Toutefois, le fait que la fréquence de la lumière soit ainsi
modulée n’est pas sans inconvénient, en particulier dans le cas où l’on utilise
le même laser pour sonder les atomes (on retrouve alors la modulation sur le
.
2
signal)
Nous avons ici eu recours à une solution astucieuse, mise au point par Philippe
Bouyer et Pierre Lemonde lors de la réalisation du piège assisté par pompage op-
tique [94, p. Elle consiste à séparer en deux le faisceau maître, l’un des bras
189].
(utilisant 5 % la puissance) étant utilisé exclusivement pour l’asservissement
de
(voir la figure 3.8). Sur ce bras est installé un modulateur acousto-optique (n° 1),
alimenté par une micro-onde dont on module la fréquence à environ 100 kHz (ce
MAO fonctionne en simple passage, et sa fréquence centrale vaut 180,9 MHz).
Après le MAO, le faisceau est envoyé sur une cellule de césium, de façon à ob-
tenir un signal d’absorption saturée. Grâce à la modulation de fréquence induite
par le MAO, on peut obtenir un signal d’erreur s’annulant au sommet des raies,
lequel est renvoyé sur le courant de la diode ainsi que sur la cale piézoélectrique
contrôlant la position du réseau d’affinement
. Finalement, la fréquence du la-
3
ser est asservie, mais la partie utile du faisceau n’est pas modulée (puisque la
modulation ne s’effectue qu’après la séparatrice).
césium, mais il ne faut pas oublier qu’elle est décalée de 180,9 MHz par le MAO
n° 1. Afin de compenser ce décalage, on fait passer la partie utile du faisceau-
maître dans un MAO installé en double passage. Nous avons utilisé le
(n°2),
dispositif en 0153il-de-chat, que j’ai décrit au chapitre 1 sur la figure 1.7, et qui
nous permet de modifier la fréquence du MAO (et donc celle de la lumière à la
la plage d’injection, et la lumière n’est plus résonnante avec les atomes. Toute-
fois, il est préférable, dans un deuxième temps, de couper réellement la lumière
(notamment si l’on veut sonder les atomes juste après la phase de PMO) ; on
descend donc le courant de la diode à zéro, et ce en 50 03BCs. Il n’est cependant
pas souhaitable de maintenir trop longtemps un courant nul (faute de quoi la
température de la diode, modifiée par l’extinction de cette dernière, mettra plu-
sieurs secondes pour revenir à sa valeur initiale). On utilise donc un obturateur
mécanique, qui bloque le faisceau en quelques ms. Passé ce délai, il est possible
de rétablir le courant de la diode, laquelle retrouve son point d’injection en 50 ms
environ.
Sur l’expérience de refroidissement Raman 1D, nous avions eu recours à une
phase de piégeage à basse intensité (voir p. 32), qui permettait de diminuer la
température des atomes présents dans le PMO. Pour ce faire, nous réduisions l’in-
tensité lumineuse à l’aide d’un modulateur acousto-optique placé dans le faisceau
1 On peut bien sûr installer un trou de filtrage après le MAO, mais ceci cause encore une
perte de puissance de 30 %.
144
esclave. Sur la présente expérience, il n’existe pas de tel MAO ; aussi, pour réduire
l’intensité lumineuse à la fin de la phase de PMO, nous avons installé dans le fais-
ceau une lame à retard (à cristaux liquides). Cette lame produit le même effet
Le MAO n° 3 déplace la fréquence de +76 MHz, de telle sorte que la lumière est
finalement résonnante avec la transition F = 3 ~ F’ = 3.
b) Le faisceau dipolaire
i) Le laser utilisé
Le faisceau très désaccordé utilisé pour le confinement transverse des atomes
du POE provient d’un laser de saphir dopé au titane (Ti-Sa). En effet, notre
équipe possédait déjà un laser de ce type, suite à l’expérience de cavité gra-
vitationnelle réalisée en 1993 [150, 47]. Ce laser a été construit par Philippe
Bouyer [94, pages 35 à 64], selon un modèle initialement mis au point par Fran-
çois Biraben. Pour notre expérience, il a été entretenu par Ekkehard Peik, qui a
en particulier augmenté la puissance de sortie.
que 5 MHz). Un autre avantage de ce type de laser est qu’il peut produire des
puissances très supérieures à ce dont sont capables les diodes laser ; ainsi, le laser
1. La différence avec une cellule de Pockels (outre le coût qui est 10 fois moindre) est que le
temps de réponse typique est beaucoup plus long de l’ordre de la milliseconde, contre quelques
nanosecondes pour une cellule de Pockels. La lame à cristaux liquides est commandée par une
de notre W les jours où il est vraiment très bien réglé (en géné-
équipe fournit 1,2
ral, nous nous contentons plutôt de 800 mW). Toutefois, un laser Titane-Saphir
présente par rapport aux diodes laser un inconvénient majeur : le cristal n’est pas
semi-conducteur ; il faut donc le pomper à l’aide d’un autre laser, beaucoup plus
puissant et de fréquence plus élevée que les fréquences du spectre d’émission. On
utilise pour cela un laser à argon (03BB =501,7 et 514,5 nm) de puissance 20 W
(lequel nécessite une puissance électrique de 40 kW, un refroidissement hydrau-
lique à fort débit (30 1/min), et des coûts d’entretien particulièrement élevés).
En outre, le faisceau du laser argon se déplace lorsque ce dernier s’échauffe, et
notre laser Ti-Sa est installé sur une table de mauvaise qualité mécanique, non
solidaire du support sur lequel est posé le laser pompe. Par conséquent, le sys-
tème se dérègle sans cesse, et il est nécessaire de passer une heure quotidienne à
optimiser la puissance de sortie en réalignant le faisceau pompe.
Remarque : je rappelle que, si le laser Ti-Sa permet le piégeage opto-électrique
des atomes, il est incompatible avec le refroidissement Raman dans ce piège en
raison du trop grand nombre de photons diffusés (typiquement 1 photon toutes
les 10 ms). Le piégeage avec un laser Yag (qui a par la suite été réalisé par
notre équipe, en utilisant un laser gracieusement prêté par le groupe de Gilbert
Grynberg) constitue pour cette raison une meilleure solution.
ii) Le couplage dans une fibre optique monomode
1 Nous n’avons pas vérifié que de tels déplacement se produisaient effectivement. Remar-
quons à ce propos que, si le piège est situé dans le plan focal de la lentille de focalisation du
faisceau, que l’on suppose placée loin de la source des fluctuations, alors le faisceau au foyer
ne se déplace pas à l’ordre le plus bas Toutefois, nous ne sommes pas sûrs que le piège soit
exactement situé au foyer
2 Les fluctuations de position du faisceau entrant dans la fibre induisent cependant des
fluctuations de la puissance du faisceau à la sortie Heureusement, l’effet de telles fluctuations
s’est avéré négligeable sur une échelle de temps correspondant à la prise d’un spectre (ie de
quelques minutes à une heure)
146
ser des fibres, nous avons dû travailler « à main nues » : on commençait à mouiller
cette . Dans
1
fluorescence deuxième temps, on prend dans la main l’autre
un
micrométriques. Au bout d’un certain temps, on verra apparaître une légère lueur,
qu’il sera facile d’optimiser
. Dans un troisième temps, on installe l’extrémité de
2
sortie de la fibre sur un autre coupleur, et on optimise finement la puissance
transmise à l’aide d’une photodiode
.
3
Afin d’assurer un taux de transmission optimal, on doit s’assurer que le col du
faisceau au foyer de l’objectif de microscope, à l’entrée, soit voisin du diamètre du
c0153ur de la fibre (lequel est fixé par le fabriquant et adapté à la longueur d’onde
de travail). Pour une taille donnée du faisceau incident, il est ainsi nécessaire de
connaître le meilleur grossissement pour l’objectif. Un tableau de correspondance
entre la taille du faisceau incident et le grossissement de l’objectif a été établi
par Wolfgang Hânsel (table 3.2). Ces résultats ont été obtenus en se basant sur
le principe de retour inverse de la lumière : après avoir grossièrement couplé un
faisceau dans une fibre, on installe un objectif à la sortie, et on règle sa position
avec les vis micrométriques du coupleur, de telle sorte que le faisceau sortant soit
trop élevée.
Comme je l’ai dit, nous disposons d’un faisceau gaussien, de puissance infé-
rieure ou égale à 250 mW. Le col du faisceau à la sortie (i.e. son rayon 1/e
) vaut
2
1 Ce diagnostic doit considéré avec précaution il arrive, lorsque l’alignement est mauvais,
que la lumière pénètre dans la gaine de la fibre et non dans le c0153ur Dans ce cas, le maximum
(local) de fluorescence ne correspond pas du tout à un bon couplage
2 Il peut arriver que l’autre extrémité de la fibre soit déjà installée, ou encore située loin de
l’extrémité d’entrée (parfois même dans une autre pièce), de telle sorte qu’il n’est pas possible
de l’observer tout en tournant les vis Il est alors conseillé d’installer face à la sortie de la fibre
une caméra vidéo, de façon à pouvoir l’observer à distance
3 Lorsque la longueur de la fibre excède 1 m, il est indispensable de la protéger des chocs
mécaniques Ceci peut être réalisé à l’aide d’un tuyau de plastique de type Gardena (normale-
ment prévu pour arroser les jardins), dans lequel la fibre est relativement facile à enfiler. Pour
réaliser cet enfilage, on commence par faire passer une ficelle, que l’on « pousse» dans le tuyau
en y insufflant de l’air comprimé On noue ensuite la ficelle à la fibre, que l’on tire doucement.
Nous avons par ce moyen protégé jusqu’à 30 m de fibre
148
0,8 mm. Le faisceau est focalisé à l’aide d’une lentille de distance focale 1 m. Le
col du faisceau au foyer vaut donc 320 03BCm, d’après la formule (3.4).
La fibre utilisée n’est pas une fibre à maintien de polarisation. Par conséquent,
la polarisation du faisceau à la sortie est absolument quelconque (i.e. elliptique;
elle dépend notamment du parcours de la fibre et de ses torsions [151]). Comme
le POE nécessite une polarisation linéaire, du moins si l’on souhaite que tous les
niveaux soient déplacés de la même façon (voir § 3.1.a.iii, p. 120), nous avons
installé dans le faisceau un polariseur de haute qualité, qui linéarise la polari-
sation à 10
-5 près (on perd donc une partie de la puissance). Pour des raisons
d’encombrement, il y a un miroir entre ce polariseur et les atomes. Nous avons
vérifié qu’une réflexion du faisceau ne détériorait pas sensiblement la qualité de
la polarisation.
Pendant la phase de piégeage magnéto-optique, afin de ne pas perturber celui-
ci, nous coupons le faisceau dipolaire à l’aide d’un obturateur mécanique. Cet
obturateur est placé après la fibre ; si on le place avant, la fibre chauffe et n’atteint
son taux de transmission optimal que plusieurs secondes après l’ouverture de
l’obturateur (ce qui est beaucoup plus que la durée typique de piégeage opto-
électrique).
c) La cellule et l’électrode
i) La cellule en verre
J’ai
évoqué les problèmes que nous avions rencontrés à cause de la cellule, sur
l’expérience de refroidissement Raman 1D (§ 1.3.b.iii, p. 48): il apparaissait un
pic parasite sur le signal, dû à la réflexion de l’un des faisceaux Raman sur la face
intérieure de la cellule. Dans la perspective de réaliser du refroidissement Raman
dans le POE, et pour ne plus avoir à faire face à ce problème, nous avons donc
décidé de changer de cellule.
149
allemande Hellma, et déjà testé avec succès sur l’expérience de piégeage assisté
par pompage optique
. L’avantage de ce type de cellule est son très grand accès
1
optique. Il est notamment facile de s’assurer que l’incidence des faisceaux sur les
faces ne soit pas normale, de telle sorte que les réflexions ne passent pas là où
sont les atomes. L’inconvénient est son extrême fragilité.
Nous avons longtemps rêvé d’une cellule en verre dont toutes les faces se-
raient traitées anti-reflet, à l’intérieur comme à l’extérieur. Toutefois, pour des
raisons purement technologiques, on ne peut traiter anti-reflet que des surfaces
totalement accessibles. Le traitement d’une cellule est donc relativement aisé en
ce qui concerne les faces extérieures, mais quasiment impossible pour les faces
intérieures. Nous avons pensé avoir trouvé une solution consistant à faire traiter
séparément chacune des faces de la cellule (sur leurs deux côtés), puis, dans un
deuxième temps, de les assembler par contact optique (ce qui ne détruit pas le
traitement). Ces tentatives se sont soldées par un échec, car nous n’avons jamais
réussi à construire une cellule étanche. Deux mois de travail ont été inutilement
consacrés à cette opération, pendant lesquels nous ne sommes parvenus qu’à bri-
ser deux cellules à 20 000 F pièce. Nous avons finalement commandé à Hellma un
cellule toute montée, mais dont seules les faces extérieures sont traitées anti-reflet.
ii) L’électrode
Lors de l’étude théorique du POE que j’ai présentée au paragraphe 3.1.b.i
(p. 130), j’avais supposé que l’électrode était de forme annulaire, (et j’avais calculé
le champ électrique sous cette hypothèse). Nous avons donc cherché à réaliser une
électrode se rapprochant le plus possible de ce modèle théorique. L’électrode est
par conséquent un petit disque en acier inoxydable de diamètre 1 cm, d’épaisseur
quelques dixièmes de mm, et percé d’un trou de 3 mm de diamètre. Elle repose
sur quatre tiges de diamètre 1 mm, longues de 2 cm, elles mêmes fixées sur un
1 Nous n’avons pas pu réutiliser la cellule de cette expérience, dont la topographie n’était
pas à l’installation d’une électrode et d’un blindage en 03BC-métal (lequel était nécessaire
adaptée
dans la perspective de refroidissement Raman d’atomes confinés, mais demeurait inutile pour
une simple expérience de piégeage) Nous avons donc fait fabriquer une nouvelle cellule
150
cours desquelles nous n’avons observé aucun piégeage électrostatique, nous avons
eu l’idée demesurer le déplacement Stark induit sur les atomes par le champ
électrique (cette mesure a été réalisée par une méthode qui sera détaillée au
paragraphe 3.2.f, p. 166). Nous avons trouvé que le champ électrique était 10 fois
moindre que ce que prédisait la théorie. Nous avons alors fait appel à nos souvenirs
de la classe de seconde, où nous chargions des bâtons d’ébonite (un matériau
isolant, comme le verre) en les frottant avec une peau de chat. Nous avons émis
l’hypothèse que notre cellule de verre pouvait elle aussi se charger (l’électrode
arrachant des électrons au verre), et ainsi influer sur le champ électrique vu par
les atomes. Nous avons suspendu à proximité de la cellule une petite boule de
polystyrène ; lorsque l’on fait croître la haute tension sur l’électrode, la boulette
est brusquement attirée par le verre de la cellule. Si on éteint la haute tension,
elle reste collée pendant quelques minutes. Le polystyrène est donc bien attiré
par la cellule (laquelle prend plusieurs minutes pour se décharger), et non par
l’électrode à travers le verre. Par suite, la cellule chargée crée à l’intérieur un
champ venant compenser celui de l’électrode. C’est pourquoi le champ « vu» par
les atomes est si faible.
Pour éviter ceproblème, la solution est d’entourer l’électrode d’une cage de
Faraday, portée aupotentiel 0 (cette cage de Faraday (grillage) est visible sur
la photographie de la figure 3.10). Les champs électriques sont arrêtés par le
grillage, et l’électrode ne se charge plus. Certes, les modèles théoriques du para-
graphe 3.1.b.i (p. 130), dans lesquels je supposais la masse à l’infini, ne sont plus
valables. Toutefois, il est facile de se convaincre (et on peut le vérifier en utilisant
le programme résolvant l’équation de Laplace) que le fait de rapprocher la masse
augmente l’intensité du champ électrique (et donc la profondeur du POE).
Remarque: l’installation du grillage a nécessité de remettre la cellule à pression ambiante,
de démonter et remonter l’électrode, puis de refaire le vide en étuvant. L’ensemble de cette
opération a pris 4 semaines Nous en avons profité pour apporter quelques améliorations au
montage
Avant l’installation du grillage, nous avions souvent été gênés par des décharges électriques
qui se produisaient dans la cellule, lorsque le potentiel de l’électrode était supérieur à 10 kV,
et lorsque la pression de césium était suffisamment élevée (de l’ordre de quelques 03BCPa). Ces
décharges se produisaient le plus souvent sur le parcours des faisceaux quasi-résonnants du
PMO, ce qui nous poussait à les interpréter comme l’ionisation d’atomes de césium dans l’état
excité (ils s’ionisent plus facilement que les atomes dans l’état fondamental). Cependant, nous
avons également observé des décharges lorsque les faisceaux étaient éteints, en particulier à des
endroits où le fil de cuivre (dénudé) amenant la haute tension vers l’électrode passait à 1 ou
2 mm de pièces métalliques à la masse Lorsque nous avons reconstruit le montage, nous avons
donc pris soin d’éloigner le plus possible ce fil (opération assez délicate, compte tenu des petites
dimensions des objets et de l’encombrement) Nous avons en outre isolé de la haute tension le
disque de stabilisation, et ce grâce à l’emploi de la céramique MACOR (laquelle possède les
propriétés d’être usinable, bien isolante, et de ne pas trop dégazer sous vide).
L’installation de la cage de Faraday proprement dite a elle aussi posé de très sérieux pro-
blèmes. Nous avons utilisé un grillage dont la maille fait 5 mm de côté. Afin de garantir le
passage des faisceaux du PMO et du Ti-Sa, il a fallu couper les mailles aux endroits ad hoc.
Le grillage a dû être roulé et plaqué contre le disque de stabilisation, opération qu’il a fallu
153
recommencer plusieurs fois, car l’ensemble ne pénétrait pas dans le goulot de la cellule. La grille
a été fixéeutilisant de la colle Torr Seal, relativement bien adaptée au vide, bien qu’elle ne
en
cette capacité est environ 34 pF). La tension est transmise dans l’enceinte à vide
via une pièce de la marque MECA 2000 prévue pour cette utilisation (passage
haute tension modèle PMHT). Elle rejoint l’électrode par un fil dénudé (une gaine
en plastique provoquerait du dégazage).
la détection par temps de vol est impossible. Il importe donc qu’au moment de
la coupure, l’électrode soit directement reliée à la masse. Nous avons pour cela
utilisé le montage représenté sur la figure 3.11. Il comprend un commutateur
haute tension à tube construit par l’entreprise SDS, ainsi qu’un certain nombre
de résistances de 1,2 M03A9 montées en série. A la fin de la phase de PMO, on
ferme l’interrupteur: l’électrode est portée au potentiel de 12 kV en quelques
millisecondes (un temps compatible avec un bon chargement des atomes du PMO
vers le POE). A la fin de la phase de POE, ouvre l’interrupteur, et l’électrode
système est que l’alimentation doit débiter dans les résistances lorsque l’électrode
154
n’est pas .
1
chargée
De cette façon, on s’arrange pour que la lumière vienne raser la surface supérieure
de l’électrode, sans l’éclairer. De la même façon, des diaphragmes montés sur
translation xy sont installés dans les bras verticaux. On donne ainsi aux faisceaux
la taille et la position requises pour qu’ils passent exactement à l’intérieur du trou
de l’électrode, sans déborder.
Remarque : à cause de ces lames de rasoir et de ces diaphragmes (et notam-
ment parce que le diamètre des faisceaux verticaux est inférieur à 3 mm), le
volume de capture du PMO est plus petit que pour un piège magnéto-optique
réalisé dans des conditions usuelles. C’est pourquoi notre PMO ne contient que
quelques 10
5 atomes.
position d’un PMO est déterminée par le zéro du gradient de champ ma-
La
gnétique. Il importe donc que ce zéro soit situé à l’intersection des 6 faisceaux,
ce dont il n’est pas facile de s’assurer lorsque la taille des faisceaux est si petite.
Afin de faciliter les réglages, nous avons fixé les bobines du PMO sur un support
xyz de la marque Newport, permettant de balayer un cube de 2 cm de côté avec
une précision de 50 03BCm
. De cette façon, en déplaçant systématiquement les 3
1
vis et en s’armant d’une bonne dose de patience, il est possible de trouver une
position pour laquelle le piège apparaît
.
2
Faire apparaître un PMO relativement intense ne suffit pas ; il faut encore le
faire coïncider avec le POE. Nous avons pour ce faire employé successivement
deux méthodes, que je vais maintenant présenter. Pendant les premières phases
de l’expérience, nous commencions par centrer approximativement le PMO par
rapport au trou de l’électrode, en nous aidant de deux caméras vidéo placées dans
le plan horizontal du piège (observant celui-ci selon des angles de vue orthogo-
naux). La deuxième étape consistait à aligner le faisceau dipolaire sur le PMO.
Pour ce faire, nous rendions le laser résonnant, et cherchions à pousser le piège
de manière à le faire disparaître (ou tout au moins à le perturber).
Cette méthode suppose de rendre le Titane-Saphir résonnant, ce qui est pas-
sablement délicat car il n’est pas asservi, et donc sa fréquence fluctue de quelques
MHz sur une échelle de temps de l’ordre de la seconde. Nous avons grandement
facilité la man0153uvre (fig. 3.12) en faisant passer dans la même fibre que le Ti-Sa
(non simultanément bien sûr) le faisceau résonnant provenant d’une diode laser
DBR (de faible puissance, mais extrêmement facile à rendre résonnante et très
stable en fréquence). En effet, comme la fibre est monomode, on est sûr que la
position du faisceau après la fibre, réglée en utilisant la diode DBR, sera inchan-
gée lorsque l’on passera au Ti-Sa. Pour coupler la diode DBR dans la fibre, nous
avons utilisé un miroir fixé sur un support magnétique amovible de grande pré-
cision (de la marque Thorlabs), qu’il est possible de déplacer, puis de replacer en
retrouvant le même réglage. En réglant les vis de ce miroir, ainsi que celles d’un
autre miroir placé en amont, on arrive à coupler le faisceau de la diode DBR,
et ce sans toucher aux vis micrométriques du coupleur de fibre, lesquelles ont
été réglées pour le Ti-Sa. Après le réglage de la position du POE, on déplace le
support magnétique. Comme le réglage du coupleur de fibre convenant au laser
Ti-Sa n’a pas été modifié, celui-ci reste couplé dans la fibre.
La méthode que je viens d’exposer est celle qui nous a permis d’observer le
POE pour la première fois. Toutefois, elle présente un inconvénient : la position
1 Il est
également possible de déplacer le PMO en modifiant le courant des bobines de
compensation du champ terrestre Toutefois, cette méthode est déconseillée car elle perturbe
fortement le piégeage
2 Remarquons que le piège apparaît plus facilement si on le recherche nettement au-dessus
(i plusieurs mm) de l’électrode En effet, la diffusion de la lumière sur l’électrode (malgré la
e
présence des lames de rasoir) diminue le nombre d’atomes piégés lorsque le nuage est à moins
d’1 mm de cette dernière
156
FIG. 3.12 - Couplage du faisceau de la diode DBR dans la fibre du laser titane-
saphir. (a) :on couple le laser titane-saphir dans la fibre en agissant sur les vis
micrométriques du coupleur. (b) : on pose le miroir sur son support magnétique
et on couple le faisceau de la diode en ne touchant qu’aux vis des miroirs. (c) : en
ôtant le miroir sur support magnétique, le Ti-Sa est à nouveau couplé à la fibre.
Si on remet en place ce miroir, le faisceau de la diode est couplé sans nécessiter
de nouveau réglage.
1 On peut voir sur la figure 3 9 que le faisceau parcourt environ 35 cm d’un tuyau large de
35 mm, avant d’arriver au niveau des atomes
2 La nature de ce signal sera explicitée au paragraphe 3.2.e (p. 164).
157
ensuite ajuster finement la position des vis pour optimiser ledit signal. On voit
que la méthode impose de savoir à peu près pour quels paramètres il faut chercher
le signal. Il s’agit donc d’une technique que l’on peut utiliser lorsque le fonctionne-
ment du POE est devenu routinier, mais qui aurait difficilement pu être employée
pour rechercher le premier POE.
Charger une certaine quantité d’atomes dans le POE ne suffit pas ; il faut
aussi être capable de détecter la fraction de ces atomes qui subsiste au bout d’un
temps donné.
Il existe deux méthodes pour détecter des atomes froids : la détection par
fluorescence et la détection par absorption. Nous les avons utilisées toutes les
deux sur cette expérience. La méthode par fluorescence, qui est celle que nous
avions adoptée pour l’expérience de refroidissement Raman 1D (p. 40), consiste à
illuminer le nuage atomique avec de la lumière résonnante, et à détecter sur une
photodiode la lumière diffusée par les atomes. Elle présente deux inconvénients
majeurs : d’une part, pour des raisons d’encombrement évidentes, la fluorescence
n’est détectée que dans un petit angle solide; on perd donc la plus grande partie
de la lumière utile. D’autre part, la lumière du laser utilisé pour sonder peut
également être diffusée par des obstacles divers se trouvant sur son passage (en
particulier, sur expérience, par l’électrode), ce qui induit un bruit de fond
notre .
1
Pour détecter les atomes par absorption, on utilise un faisceau (résonnant)
de faible puissance, traversant le nuage atomique. On place une photodiode à
l’extrémité de ce faisceau, de façon à mesurer la lumière absorbée. L’avantage
de la méthode est que toute la lumière du faisceau est utilisée. Comme on peut
placer la photodiode loin de la cellule, les photons diffusés par des obstacles situés
sur le parcours du faisceau n’arrivent pas sur la photodiode, et donc ne jouent
pas de rôle nocif. Toutefois, cette technique est difficile à mettre en 0153uvre, parce
que la moindre fluctuation de la puissance du faisceau induit une grande quantité
de bruit sur le signal. Il convient donc d’éliminer au maximum ces fluctuations
de puissance.
Je maintenant détailler de quelle façon nous avons mis en oeuvre ces deux
méthodes.
posons ainsi de lumière quasi-résonnante sans avoir besoin d’installer une diode
1 La lumière de la pièce peut également s’avérer très gênante (et dans les faits, il est presque
toujours nécessaire nécessaire de travailler dans le noir) On devrait toutefois la rendre inoffen-
sive en installant une détection synchrone
158
supplémentaire. Le faisceau utilisé pour la sonde n’a pas besoin d’être très puis-
sant, au contraire: plus la puissance est élevée, plus le chauffage des atomes par
la sonde est important (en outre, si la transition atomique sature, la fraction de
lumière absorbée diminue). Par ailleurs, la sonde est utilisée à un moment où le
PMO est éteint. On peut donc (en modifiant la fréquence du MAO n° 2) rendre
le faisceau maître (i.e. la sonde) résonnant au moment choisi, sans se soucier de
l’injection du faisceau esclave.
La sonde a été installée de la manière représentée sur la figure 3.13. Afin de
pouvoir détecter les atomes tout en sélectionnant très précisément leur position,
nous avons choisi de faire passer la sonde dans une fente (de dimensions 1 mm x
. Nous avons utilisé une lentille de focale f = 250 mm, placée de façon
200 03BCm)
1
à ce que l’image de la fente à travers cette lentille coïncide avec le point où se
trouvent les atomes. De cette façon, le profil spatial du faisceau au niveau du
piège a exactement la même forme que la fente, et peut donc être assimilé à un
créneau ; la sélection des atomes en fonction de leur position se fait donc sans
« bavures ».
Plutôt que de sonder les atomes avec une onde progressive, nous avons choisi
d’utiliser une onde stationnaire, et donc de renvoyer la sonde sur elle-même à
l’aide d’un miroir. En effet, avec une onde progressive, les atomes sont poussés
par la sonde, et sortent rapidement de la zone de mesure. En employant une
onde stationnaire, la force moyenne est nulle; les atomes diffusent certes, mais
quittent la sonde plus lentement, de telle sorte que l’amélioration du signal est très
appréciable. La configuration de polarisation choisie pour la sonde est 03C3
+ - 03C3
.
+2
Nous avions construit pour le faisceau aller un profil en créneau en réalisant
l’image d’une fente par une lentille. La même précaution doit être prise en ce qui
concerne le faisceau retour. La configuration que nous avons choisie est repré-
sentée sur la figure 3.13. A l’aide d’une seconde lentille (de focale f =80 mm),
on commence par réaliser l’image de l’image de la fente, au niveau de laquelle
1. En particulier, la taille de la fente est petite devant les dimensions du faisceau avant la
sorte que l’on devrait pouvoir considérer
fente, de telle (du moins en première approximation)
que l’éclairement de la fente est uniforme
2 Ce choix permet de pomper tous les atomes dans le niveau S½
2
|6 ,F =
4, m
F =
4). De
cette atomes cyclent sur la transition |F
façon, les 4) |F’ 5), pour laquelle le coefficient
= ~ =
entraîné arrivera à observer sur le piège une très légère perturbation due à la
1 Même lorsque l’on ôte la densité que l’on utilise normalement pour faire fonctionner la
sonde, cette dernière est à peine visible sur une carte infrarouge En fonctionnement normal, la
puissance de la sonde est de l’ordre de 2 03BCW
2 Le réglage de la sonde vise à faire passer celle-ci dans le PMO On suppose donc que le
PMO est aligné avec le POE
160
.
1
sonde
Nous avons installé la lentille L 1 (fig. 3.13) sur une translation xy à vis gra-
duées. Pour déplacer la sonde, nous man0153uvrons ces vis à l’exclusion de toute
autre. La difficulté provient du fait que les dimensions transverses de la sonde
au niveau du piège sont très petites (puisque nous avons réalisé l’image d’une
petite fente). Par conséquent, il est délicat de trouver pour quelle position des
vis la sonde va passer au voisinage du piège ; un balayage systématique néces-
siterait plusieurs heures. Heureusement, nous sommes aidés par la présence de
l’électrode, sur laquelle il est facile de faire arriver la sonde. En théorie donc, il
suffit de centrer latéralement la sonde sur l’électrode, puis d’élever le faisceau de
1,1mm.
Toutefois, les choses sont compliquées par le fait que, lorsque l’on tourne
l’une des vis de la translation, le déplacement de la sonde n’est ni vertical, ni
. Aussi, nous avons dû au préalable calibrer les vis, en positionnant
2
horizontal
successivement le PMO à deux ou trois hauteurs différentes, sur l’axe, puis en re-
gardant à chaque fois (après avoir effectué la recherche systématique) pour quelles
positions des vis la sonde induisait la petite perturbation du piège précédemment
évoquée. Cette calibration est assez fastidieuse, mais peut être faite une fois pour
toutes ; on est ensuite capable de positionner directement la sonde sur l’axe à une
hauteur donnée, en choisissant les positions des vis adéquates.
Une fois réglé le faisceau aller, il reste à régler le retour, ce que l’on fait en
déplaçant le miroir de renvoi. Le réglage grossier est effectué à l’aide d’une carte
infrarouge percée d’un petit trou ; le réglage fin, en regardant encore le PMO :
le faisceau de retour, lorsqu’il coïncide parfaitement avec le faisceau aller, annule
la petite perturbation induite par ce dernier (la force induite par la sonde sur
les atomes est en moyenne nulle lorsque l’aller et le retour sont tous les deux
présents).
Asservissement de la puissance de la sonde. Lorsque nous avons es-
sayé d’observer le premier signal d’absorption, nous avons constaté la présence
d’un bruit supérieur au signal, qui évoluait sur des temps de l’ordre de la seconde.
Ce bruit était dû à des fluctuations de la puissance de la sonde, elles-mêmes cau-
sées par des vibrations mécaniques de la fente (et par le fait que le front d’onde
du faisceau avant la fente n’est pas régulier). Pour résoudre ce problème, nous
1 Cette observation est rendue difficile par le fait que, lorsque le désaccord vaut 1,5 r, la
forme du piège et le nombre d’atomes qu’il contient fluctuent beaucoup (sur un temps de
l’ordre de la seconde), la perturbation due à la sonde que l’on cherche à mettre en évidence
induisant des effets du même ordre de grandeur que ces fluctuations Ces dernières sont dues
aux vibrations mécaniques de l’assemblage de tiges sur lequel sont fixés les miroirs du PMO,
vibrations qui sont responsables de variations des phases relatives entre les six bras du piège.
Pour résoudre ce problème, il suffit de tapoter doucement (mais continuellement) quelque part
sur cet assemblage de tiges De cette façon, en créant des vibrations supplémentaires, on brouille
totalement les phases relatives et le PMO ne fluctue plus
2 La hauteur de la sonde est une fonction affine des positions des deux vis.
161
avons utilisé une méthode très astucieuse que nous devons à Pierre Lemonde:
l’asservissement de la puissance de la sonde. Nous avons donc installé une pho-
todiode de contrôle sur une petite dérivation du faisceau placée derrière la fente,
et un dispositif électronique qui rétro-agit sur la puissance du faisceau via le
MAO n° 2. L’installation de cet asservissement eût été un jeu d’enfant si la sonde
avait pu rester allumée en permanence. Malheureusement, elle doit être coupée
pendant la phase de piégeage opto-électrique. Si l’on ne prend pas de précau-
tion, l’intégrateur présent dans la boucle de l’asservissement sature pendant la
phase où le faisceau est coupé. Lorsque commence la phase de détection, il prend
plusieurs millisecondes pour cesser d’être saturé, ce qui est catastrophique (les
atomes ont le temps de disparaître). Nous avons finalement contourné ce pro-
blème en installant un circuit piloté par un interrupteur télécommandable, qui
permet à l’asservissement de boucler sur lui-même pendant la phase où le faisceau
est éteint.
l’ai dit, nous avons aligné la sonde sur le PMO, et donc sur le POE. Ceci permet de
connaître, dès la fin de la phase de piégeage opto-électrique, la quantité d’atomes
qui sont piégés. Le plus souvent toutefois, nous avons placé la sonde 2 à 3 mm
en-dessous de la position du POE. De cette façon, les atomes, à la fin de la phase
1
de POE, tombent et passent dans la sonde : il s’agit d’une détection en temps «
Efficacité de la sonde. Notre sonde s’est révélée être un moyen très per-
formant pour détecter les atomes. Ainsi, lorsque nous détectons directement les
atomes du PMO (sans phase de POE), les atomes absorbent jusqu’à 70 % de
la lumière de la sonde. Le bruit a été réduit à un niveau tel que nous sommes
capables de détecter 100 atomes en 20 ms.
Je vais évaluer ici quel est le nombre d’atomes correspondant à un signal
donné. J’appelle V max la tension mesurée sur la photodiode lorsqu’il n’y a pas
d’atomes, en supposant que la tension 0 correspond à l’absence de lumière. On
trouve V max 48 V
= . Je rappelle que la tension mesurée est proportionnelle à la
2
puissance du faisceau. Sachant que la partie imaginaire de l’indice à résonance
vaut, à faible saturation, n" = ,at où p est la densité atomique et 03BB c/03C9
3
303C003C1 at =
at
(03C9 étant la fréquence atomique), on déduit que la variation de tension due à
l’absorption vaut (dans le cas où le milieu atomique est mince)
où prés
N est le nombre d’atomes présents dans la sonde (j’ai tenu compte du fait
que les mêmes atomes absorbent la lumière à l’aller et au retour), et Ssonde la
section de la sonde. La largeur de la sonde dans la direction horizontale (1 mm)
est supérieure à la taille transverse du PMO (480 03BCm), de telle sorte que tous les
atomes passent dans la sonde. Comme le temps que chaque atome passe dans la
sonde est
sonde
(s et h étant respectivement la largeur de la sonde et la hauteur de chute),
on déduit l’équation donnant le nombre d’atomes total du nuage N tot
:
Outre la détection par absorption que je viens de décrire en détail (et qui
fonctionne très bien), nous avons cherché à diagnostiquer la présence des atomes
dans le POE par mesure de leur fluorescence. Dans ce but, nous avons installé
successivement deux systèmes de mesure. Le premier montage a été mis au point
pendant la première phase de l’expérience [148, p. 14], à une époque où la dé-
tection des atomes par absorption n’était pas encore au point (nous cherchions
à mesurer le nombre d’atomes par deux moyens, ne sachant pas d’avance lequel
serait le plus efficace). Nous avions installé un deuxième faisceau sonde, passant
2 cm en-dessous du piège 1 , et lui aussi dérivé du faisceau maître. Après la cou-
pure du piège, les atomes passaient dans cette sonde, et nous détections leur
fluorescence. La taille de la sonde était suffisamment petite pour ne pas éclairer
les piliers de l’électrode. Lors de la mise au point de cette détection, nous avons
eu beaucoup de problèmes avec la lumière ambiante, et avons dû installer une
1 par conséquent, en-dessous du « disque de stabilisation» visible sur la figure 3.9 (p. 150).
2 Remarquons que la diffusion de la lumière sur l’électrode ne constitue pas ici une gêne,
puisque la caméra peut séparer spatialement le piège de l’électrode
164
e) La séquence temporelle
La séquence temporelle que nous avons utilisée (fig 3.14) est la suivante:
-
(dans l’espace des positions), et donc de réduire l’efficacité du transfert PMO ~ POE. Rappe-
lons aussi que pour l’expérience Raman, la phase de temps noir (i e de refroidissement Raman)
ne pouvait commencer que lorsque le champ magnétique était descendu à 0 Une telle contrainte
n’existe pas sur la présente expérience, où B n’a pas besoin d’être très bien compensé.
2 Pour être sûr que le champ électrique est bien présent dès le début de la phase de piégeage
opto-électrique (afin d’assurer un bon chargement du POE), cette mise en route a lieu quelques
millisecondes avant la fin de la phase de PMO à grand désaccord La coexistence entre les
faisceaux et le champ électrique n’est pas gênante, dans la mesure où le déplacement Stark est
insuffisant pour perturber le piégeage magnéto-optique lorsque 03B4 = 201410 0393 (alors qu’il détruit
totalement le piège lorsque03B4 = -3 0393) Le faisceau dipolaire doit également être mis en route
quelques ms avant le début de la phase de POE, en raison de la durée d’ouverture de l’obturateur
mécanique
3 Il existe un petit délai toutefois entre la fin de la phase de PMO et le début de la phase
de sondage Ce délai est rendu nécessaire par la manoeuvre des obturateurs mécaniques
4 Le lecteur remarquera le faible niveau du bruit : il s’agit du résultat d’une longue et
fastidieuse optimisation des circuits électroniques du dispositif de détection (avec en particulier
une suppression systématique des boucles de
masse), qui a pour l’essentiel été réalisée par Pierre
Lemonde
166
FIG. 3.15 - Signal de temps de vol typique (sondage par absorption). Ce signal
correspond à un «
coup» (pas de moyenne). Le piège contient 9,8.10
4 atomes.
principale innovation qu’il a fallu apporter concerne le paramètre que l’on fait
varier lorsque l’on enregistre une courbe ; il ne pouvait bien sûr plus s’agir du
désaccord Raman, comme c’était le cas sur l’expérience précédente. La nouvelle
version du programme offre le choix entre trois paramètres à faire varier : le
temps de piégeage opto-électrique (l’option la plus utilisée), le désaccord du fais-
ceau sonde, et la durée de la phase de PMO à -100393. Le programme répète la
f) Résultat préliminaire
La première mesure expérimentale que nous avons faite est une « cartogra-
phie » du champ, c’est-à-dire une détermination du carré du champ électrique
167
Notons que pour l’état excité, l’opérateur de déplacement Stark contient éga-
lement un terme tensoriel d’ordre 2. Toutefois, les déplacements induits par ce
terme restent petits devant ceux du terme scalaire (ils sont par contre respon-
sables d’un élargissement de la raie).
Le champ électrique que nous venons de mesurer est celui du point de l’axe
z correspondant à la hauteur de la sonde. Pour recommencer la mesure en un
autre point, nous devons déplacer la sonde verticalement d’une quantité connue.
Ceci peut être fait en tirant parti de la calibration des vis micrométriques évo-
quée p. 160. La précision de la sélection spatiale selon la direction verticale, est
donnée par la largeur de la sonde, qui est 200 03BCm. On voit donc ici tout l’intérêt
de construire, comme nous l’avons fait, un profil de faisceau étroit en réalisant
l’image d’une fine fente (p. 158). La sélection horizontale de la position est quant-
à elle déterminée par la taille du piège magnéto-optique
, la largeur de la sonde
1
dans cette direction (1 mm) étant supérieure à la taille du PMO (480 03BCm).
Les résultats de cette mesure sont représentés sur la figure 3.16-b. J’ai comparé
la mesure expérimentale au résultat théorique obtenu par résolution numérique
de l’équation de Laplace (§ 3.1.b.ii, p. 134), résolution qui a été effectuée en modé-
lisant la cage de Faraday par un cylindre métallique au potentiel 0 . On constate
2
1 Lors de cette série de mesures, le nuage atomique du PMO doit être situé sur le passage de
la sonde Une mesure en « temps de vol» est en effet impossible, puisque le champ électrique,
encore présent pendant la mesure, perturberait la chute des atomes Lorsque l’on déplace la
sonde, il faut aussi déplacer le PMO en manoeuvrant les vis micrométriques de la translation
xyz des bobines de gradient de champ magnétique
2 Remarquons que la prise en compte de la grille fait augmenter le champ électrique d’en-
viron 50 %, par rapport au cas de la figure 3 5 (p 135) où la masse est à l’infini
168
(a) Spectre d’absorption, en l’absence et en pré- (b) Champ électrique, mesuré en fonction de
sence de champ électrique (mesure effectuée à de z En pointillés, la courbe théorique obte-
z =
2, 6 mm au-dessus de l’électrode). En poin- nue en résolvant l’équation de Laplace, et en
tillés, l’ajustement par une lorentzienne. tenant compte du grillage. L’accord est raison-
nable compte tenu du moyennage géométrique
(taille de la sonde).
que, même si leur ordre de grandeur et leur allure générale sont les mêmes, les
deux courbes ne coïncident pas parfaitement. En fait, on ne devait pas s’attendre
à un excellent accord, et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord, la géométrie
de l’électrode a été modélisée très grossièrement
. Ensuite, le champ mesuré est
1
en réalité une moyenne spatiale, à cause du caractère non ponctuel du PMO et
3. Résultats expérimentaux
a) Première mise en évidence expérimentale du piégeage
opto-électrique
Je vais présenter ici une mesure de temps de vol 1 que nous avons réalisée
après avoir installé la cage de Faraday. La sonde est placée 3 mm en-dessous de
la position de PMO, lequel a été placé approximativement au point où, d’après la
théorie, la gravité sera compensée par la force électrostatique. Nous avons balayé
la longueur de la phase noire (c’est-à-dire l’intervalle séparant la coupure des
faisceaux du PMO et le début du sondage), et regardé sur l’écran d’un oscilloscope
numérique (de la marque Lecroy) le comportement du signal. Nous avons ainsi
recherché un effet du champ électrique, puis du faisceau dipolaire.
Les résultats correspondants sont présentés sur la figure 3.17, où la quantité
de lumière transmise est tracée en fonction du temps, de la même façon que
sur la figure 3.15
. La phase noire ainsi que la phase de sonde sont toutes deux
2
visibles sur la courbe (pendant la phase noire, le signal sature à +0,2 V). Le
déclenchement du balayage de l’oscilloscope est effectué à l’instant où commence
la phase de sondage. C’est pourquoi le début de la phase noire apparaît de façon
plus ou moins décalée, en fonction de la durée de celle-ci.
Sur la figure 3.17-a, il n’y a ni champ statique, ni faisceau dipolaire ; une fois
que les faisceaux de la mélasse sont coupés, rien ne vient perturber la chute des
atomes. On s’attend donc à ce que ceux-ci passent dans la sonde 25 ms après le
début de la phase noire, et ce indépendamment du moment où on allume la sonde.
Par conséquent, étant donné que l’oscilloscope est déclenché au début de la phase
de sondage, on verra le pic se déplacer vers la gauche au fur et à mesure que la
durée de la phase noire va augmenter. C’est effectivement ce que l’on vérifie sur
la courbe expérimentale
.
3
Si maintenant on met en route le champ statique pendant la phase noire, les
atomes sont confinés dans la direction verticale. Leur chute ne peut commencer
qu’à partir du moment où la haute tension est coupée, instant qui coïncide avec
le début de la phase de sondage. On s’attend donc à ce que le pic du signal
apparaisse 25 ms après le début de cette phase, indépendamment de la durée de
la phase noire qui l’a précédée. C’est effectivement ce que l’on observe sur la figure
1 Pour tous les résultats expérimentaux qui vont suivre, le sondage a été réalisé par
absorption
2 Je rappelle qu’un maximum de lumière correspond à un minimum de tension. Le passage
des atomes induit l’absorption d’une partie de la lumière, donc un pic dirigé vers les tensions
positives
3. Pour réaliser la figure 3 17, j’ai dû superposer les courbes correspondant à différentes
durées de la phase noire. Les choses sont beaucoup plus parlantes lorsque l’on affiche ces courbes
successivement sur un écran , dans ce cas, on peut vraiment voir le signal se déplacer petit à
petit vers la gauche (ou ne pas se déplacer, lorsque le piégeage opto-électrique fonctionne).
L’état actuel de la technologie ne permet malheureusement pas encore d’incorporer des images
animées dans un manuscrit de thèse
170
(c) En présence de
champ électrique et de faisceau dipolaire.
FiG. 3.17 - Mise en évidence du piégeage opto-électrique. Le signal
d’absorption
est mesuré pour différents temps noirs, (les courbes1 à 5 correspondent à des
temps noirs de 30, 35, 42,5, 47,5 et 55 ms pour la sous-figure a, et 30, 40, 50, 60
et 70 ms pour les sous-figures b et c). On constate que le champ électrique retient
la chute des atomes et que le faisceau dipolaire maintient le nombre d’atomes
(détails dans le texte).
171
3.17-b, où le pic ne se déplace plus. Remarquons que la hauteur du pic décroît très
vite, et que ce dernier a totalement disparu au-delà de 70 ms de temps noir. Ceci
est dû au fait que le confinement dans la direction transverse n’est pas réalisé.
Si le temps noir est trop long, les atomes s’éloignent de l’axe et ne passent plus
dans la sonde au cours de leur chute.
Lorsque le faisceau dipolaire est lui aussi présent (fig. 3.17-c), on observe que
le signal persiste beaucoup plus longtemps : il en reste encore un tiers au bout
de 70 ms. Cette mesure a donc permis de mettre en évidence un piégeage opto-
électrique : le champ électrostatique empêche la chute des atomes ; le faisceau
dipolaire permet de conserver une partie importante des atomes en les confinant
transversalement.
Remarque : cette expérience semble indiquer que la durée de vie du POE est de
l’ordre de 50 ms. Cette durée de vie extrêmement courte (largement insuffisante
pour le refroidissement Raman, même par impulsions) ne peut être expliquée ni
par le chauffage résiduel du faisceau dipolaire, ni par les collisions avec les atomes
. Quelques semaines après cette mesure, nous avons compris qu’elle pro-
1
rapides
venait du fait que le faisceau dipolaire était mal centré. Il ne permettait donc
pas réellement de confiner transversalement les atomes, même s’il ralentissait for-
tement leur expulsion. Nous avons résolu ce problème en mettant au point la
nouvelle méthode de réglage de la position du POE, exposée p. 155 (elle consiste
à centrer d’abord le faisceau dipolaire en se référant au trou de l’électrode, puis à
déplacer la position du PMO de façon à optimiser le signal de POE après 50 ms
de temps noir).
1 Le temps de chauffage par les photons du faisceau dipolaire peut facilement être calculé;
on vérifie ainsi que ce n’est pas lui qui est en cause Pour ce qui est des collisions avec les atomes
rapides, nous avons effectué des mesures comparatives entre la durée de vie du POE, et celle
du PMO à -100393 (si ces collisions étaient en cause, elles auraient aussi limité la durée de vie
du PMO à -100393)
172
(a) Signaux d’absorption pour différents temps (b) Délai d’apparition du signal en fonction de
de piégeage opto-électrique (les courbes de 1 à la durée de la phase de POE. La courbe en
6 correspondent à des temps de POE de 0, 5, pointillés représente l’ajustement par une si-
Chaque courbe est ensuite ajustée par une gausszenne pour déterminer précisé-
ment l’abscisse de son sommet. Cette abscisse est tracée sur la courbe b (avec une
origine arbitraire) en fonction du temps de POE. La période est de 52±1ms, un
résultat en accord avec les prédictions théoriques.
quantifier cet effet, nous avons ajusté ces signaux par des gaussiennes, de façon
à déterminer précisément l’abscisse des sommets. Ces abscisses (z.e. les délais
d’arrivée du nuage atomique) sont tracées en fonction de la durée de la phase de
POE sur la figure 3.18-b. On voit très clairement apparaître une sinusoïde amortie.
La pulsation d’oscillation est de 120 rad/s, une valeur tout-à-fait compatible avec
ce que prédit la théorie (table 3.1, p. 140), i.e. 110 rad/s
. Les oscillations sont
1
amorties en un temps 1/e de 260 ± 30 ms. Cet amortissement est dû au chauffage
résiduel du faisceau dipolaire, et au couplage non harmonique entre les oscillations
transverses et longitudinales.
Lorsque des particules sont confinées dans un piège harmonique, leurs vitesses
tout comme leurs positions oscillent sinusoïdalement. Or, une variation du délai
d’apparition du signal de temps de vol peut tout aussi bien être causée par une
variation de la position des particules, que par une variation de leur vitesse.
On peut donc se demander, dans notre cas, qui de la vitesse ou de la position
contribue le plus au signal sinusoïdal observé. On répond à cette question par un
1 Si l’on calcule le champ électrique en tenant compte de la cage de Faraday, on trouve une
Remarques :
les oscillations longitudinales des atomes du POE ont également été mises
-
dence les oscillations transverses. Cela est dû au fait que la taille transverse du
PMO (180 03BCm) est du même ordre de grandeur que le col du faisceau dipolaire
(320 03BCm).
ceux de la figure 3.15) ont tous été enregistrés avec des pressions de césium
(2h x 9,2 GHz, h étant la constante de Planck) est libérée sous forme d’énergie
cinétique. Les atomes acquièrent donc une vitesse de 5 m/s environ, ce qui est
largement suffisant pour les expulser du piège
.
3
Les atomes collectés par le PMO sont tous dans l’état |F = 4), et donc des
collisions inélastiques peuvent se produire. Toutefois, le POE peut également
confiner les atomes dans |F 3) (et dans ce cas, il ne se produit pas de collisions
=
inélastiques). Afin de déterminer le rôle joué par ces collisions inélastiques, nous
avons donc comparé des mesures de durée de vie pour des atomes dans |F = 3)
1. Typiquement, 100 atomes pour les derniers points (i.e au bout de 2 à 3 s).
2. Remarquons que l’on pourrait concilier un vide poussé avec un nombre d’atomes décent
en utilisant soit un double PMO [48], soit un PMO à état noir [154].
3 Remarque des collisions inélastiques peuvent également se produire entre un atome ini-
tialement dans |F = 3) et un atome dans |F = 4)
175
repompeur quelques millisecondes avant les faisceaux du PMO afin que les atomes
soient « dépompés» dans |F 3). Toutefois, cette méthode ne fonctionne pas
=
bien ici à cause de la présence du faisceau dipolaire, qui excite les atomes de
nombreuses fois au cours de la phase de POE. Lorsqu’ils sont ainsi excités, les
atomes peuvent retomber aussi bien que dans |F 3) que dans |F 4). Dans
= =
Pour résoudre ce problème, nous avons installé une diode laser supplémen-
taire (diode OMTEC) que nous avons accordée sur la transition |6 ½
S
2 , F =
4) ~ |6P , F 3), et qui sature très faiblement les atomes (moins que le laser
2 =
pompeur est mis en route à la fin de la phase de PMO à grand désaccord, et reste
présent pendant toute la phase de POE. Pour sonder les atomes, nous rallumons
le repompeur du PMO en même temps que la sonde. De cette façon, les atomes
retournent dans |F =
4) et peuvent fluorescer lorsqu’ils passent dans la sonde
.
1
Pour réaliser une mesure dans |F 4),
= on n’utilise pas de faisceau qui pom-
perait les atomes de |F =
3) vers |F 4). = On se contente de désaccorder le
faisceau dipolaire du mieux que l’on peut (typiquement 03BB dip 853 nm). Certes
=
collisions.
Le résultat d’une mesure de durée de vie typique est présenté sur la figure
3.19 (le nombre d’atomes ayant été déduit du signal par la formule (3.53)). Cette
courbe peut être interprétée de la manière suivante : pendant les 200 premières
millisecondes du piégeage opto-électrique, a lieu une sélection « géométrique»
(les atomes du PMO qui étaient en dehors de la zone de capture sont peu à
peu expulsés, et ne contribuent plus au signal). Cette sélection géométrique se
fait de la même manière pour les deux sous-niveaux hyperfins (50 % des atomes
du PMO, soit 7.10 4 atomes environ, sont finalement transférés dans le POE).
Au-delà de 200 ms, les comportements correspondant aux deux sous-niveaux se
différencient : les pertes sont plus rapides pour le sous-niveau |F 4), ce qui est
=
où )
0
N(t =
. Lorsque l’on ajuste la courbe expérimentale par l’équation (3.56),
0
N
on trouve un résultat assez satisfaisant.
Il est alors tentant de rechercher une valeur numérique pour le coefficient 03B2.
Le problème est que ceci nécessite de connaître à la fois le nombre d’atomes et la
densité atomique dans |F 4) (laquelle n’a pas de raison d’être uniforme). On
=
« sélection
peut admettre que, après la géométrique » (i.e. au bout de 200 ms),
la taille transverse du piège coïncide approximativement avec celle du faisceau
. Connaissant le nombre d’atomes, et en admettant que la forme du
1
dipolaire
1 Cette affirmation peut être vérifiée à l’aide de la caméra déclenchable
177
nuage est gaussienne [158], on peut remonter à la densité pic, puis à 03B2. Dans le
cas de la présente courbe, on trouve que 03B2 ~ 8,0.10
-10 cm /s.
3
On remarquera que cette valeur n’est pas vraiment compatible avec les me-
sures effectuées dans [155], qui prédisent un coefficient 03B2 de quelques 10
-11 cm
/s.
3
En réalité, nous avons effectué un grand nombre de mesures de durée de vie,
lesquelles aboutissent à des valeurs de 03B2 très différentes (pouvant varier d’un
facteur 10). Remarquons aussi que la valeur que nous avons indiquée dans l’ar-
ticle d’Europhys. Lett. [147], i.e. 03B2 -11 ± 4.10
5.10 = -11 -1 .s n’est pas non
3
cm
,
plus compatible. Il s’agit en réalité d’une moyenne pondérée de divers résultats
obtenus, et nous nous sommes aperçus trop tard que le résultat correspondant
à la figure 3.19 n’entrait pas dans la barre d’erreur (nous avions également ou-
blié de modéliser le nuage par une gaussienne). Le résultat correct serait plutôt
-10±1 -1
03B2 = 1,5.10 .s
3
cm
.
Remarques :
-
exhaustive). Signalons que la mesure du coefficient 03B2 pourrait être nettement plus
précise si l’on augmentait la densité dans l’espace des phases (p. ex. à l’aide de
refroidissement Raman), car on favoriserait alors les pertes par collisions inélas-
tiques tout en se débarrassant de la sélection géométrique ;
-
on voit donc que les collisions inélastiques sont responsables d’une perte
d’atomes importante si ceux-ci ne sont pas dans l’état de plus basse énergie. Par
conséquent, ces collisions sont susceptibles de perturber fortement le refroidis-
sement d’atomes piégés
. Toutefois, il est possible de réduire le nombre de ces
1
collisions en utilisant un laser intense très désaccordé sur le bleu de la transition
atomique, ainsi qu’il est proposé dans [159].
1 Lors du refroidissement Raman continu, les atomes restent la plupart du temps dans l’état
de plus basse énergie, si bien que les collisions inélastiques joueraient peu de rôle Par contre,
ce n’est pas du tout le cas pour le refroidissement en impulsions par passage adiabatique que
j’ai présenté au paragraphe 25 (p 94)
178
4. Conclusion et perspectives
Cette expérience a permis de mettre au point un nouveau type de piège conser-
vatif, le piège opto-électrique. Il s’agit d’un piège suffisamment profond pour
contenir le nuage atomique d’un piège magnéto-optique, quasi-isotrope, et dont
les fréquences d’oscillation sont petites devant la fréquence de recul. Il possède
un volume de capture sensiblement supérieur à celui d’un piège dipolaire croisé,
Hélène Perrin, Wolfgang Hänsel, Ekkehard Peik et Christophe Salomon ont ré-
cemment réalisé un POE avec un laser Yag, qui pour un col de 70 03BCm peut piéger
4 atomes, avec une durée de vie 1/e de 520±50 ms. Ils ont ensuite tenté
5.10
de réaliser du refroidissement Raman dans ce nouveau POE, mais ont malheu-
reusement rencontré des difficultés, car l’électrode et la grille créent des champs
magnétiques parasites nuisibles à ce refroidissement. Il est donc nécessaire d’ou-
vrir la cellule pour remplacer l’électrode et le grillage par d’autres, constitués
d’un matériau amagnétique.
Par ailleurs, un piège dipolaire croisé a été réalisé avec le laser Yag, et il
fonctionne fort bien. Aussi est-il impossible de prédire aujourd’hui lequel du POE
ou du piège dipolaire croisé sera finalement retenu pour le refroidissement sub-
tel type de piège ne convient pas au refroidissement Raman, car la direction du champ
magnétique n’est pas la même dans tout l’espace (et il paraît très difficile d’adapter en
tout point la polarisation des faisceaux Raman à la direction du champ magnétique).
La solution que j’ai choisie ici est un piège de Ioffe, dont je vais maintenant décrire
le principe (§ 3.A.a). Le fonctionnement du refroidissement Raman dans ce piège ma-
gnétostatique sera ensuite introduit au paragraphe 3.A.b. Je terminerai (section 3.A.c)
1 Je rappel qu’il n’existe pas de maximum local de champ magnétique
2 Le fait de disposer d’atomes tous pompés dans le sous-niveau Zeeman |m = +J) est
particulièrement crucial pour l’observation d’effets quantiques collectifs sur l’indice de réfraction
et sur la diffusion de la lumière, effets qui sont prédits et évalués théoriquement dans la deuxième
partie de cette thèse Il est en effet expliqué au paragraphe IV 5 (p 284) que si les atomes ne sont
pas tous dans l’état |m = +J>, alors le signal d’effets collectifs est brouillé par des phénomènes
de pompage optique induits par la sonde
180
par la présentation des paramètres pouvant convenir à une future expérience. Signalons
que bien que j’aie proposé le refroidissement Raman dans un piège magnétique dès le
début 1993, et bien que ce piège semblât plus prometteur que le POE en terme de tem-
pérature finale accessible (du moins en faisant abstraction des effets parasites), l’étude
que je présente ici n’a été suivie d’aucune concrétisation expérimentale, en raison des
difficultés techniques auxquelles il eût alors fallu faire face. Je signale par ailleurs que les
propositions théoriques que je vais exposer ont perdu une partie de leur attrait depuis
les expériences de refroidissement évaporatif et de condensation de Bose-Einstein [63].
J’ai toutefois tenu (en dépit des pressions) à ce qu’elles figurent dans ce complément,
car ce dernier contient des idées et des développements théoriques que je juge non dé-
nués d’intérêt. Toutefois, un lecteur pressé pourra sans inconvénient majeur s’affranchir
de le parcourir.
Comme je l’ai dit, le refroidissement Raman nécessite la fabrication d’un piège dans
lequel la direction du champ magnétique est quasiment la même partout ; il faut donc
créer un fort champ uniforme, sur lequel viendra se superposer un champ inhomogène
plus faible (i.e. suffisamment fort pour réaliser le piégeage, mais suffisamment faible
pour ne pas trop perturber la direction du champ). La réalisation pratique d’un tel
champ a été imaginée dans les années 60 par l’équipe de Ioffe [165]. L’adaptation du
dispositif de Ioffe au cas des atomes a été proposée par Pritchard [166], la première
expérience d’un tel piégeage (la configuration des bobines n’étant pas exactement la
même toutefois) ayant été réalisée par l’équipe de Cornell en 1993 [167]. Le champ
magnétique créé par le dispositif de Ioffe est calculé en détail dans [168] ; j’en rappellerai
ici les grandes lignes.
Pour réaliser un piège de Ioffe, on utilise deux spires circulaires parallèles, proches
de la configuration de Helmholtz, et 4 fils verticaux (fig. 3.20), qui brisent l’invariance
par rotation’. Au voisinage du centre, le champ magnétique vaut, en coordonnées
cylindriques (p, ~, z) [168, éq. (24) p. 1542]:
1 On peut montrer que le confinement d’atomes par un champ magnétique invariant par
rotation autour de (Oz) est impossible
181
FIG. 3.20 - Le piège de Ioffe (en gris, l’anneau chargé électriquement qui sert à
compenser la gravité, et qui est présenté au paragraphe 3.A.a.ii; le rapport entre les
tailles des bobines et de l’électrode n’est pas respecté).
avec
Pour avoir un confinement, les deux conditions suivantes doivent être vérifiées :
gravité, la position du centre du piège ne sera donc pas la même pour |1> et pour |2>, une
situation qui est très nuisible au bon fonctionnement du refroidissement. Autrement
dit, la gravité constitue une gêne, et nous devons chercher à compenser son effet à l’aide
d’une autre force indépendante du sous-niveau Zeeman.
FIG. 3.21 - Rôle de la gravité: a) : potentiel vu par les atomes en l’absence de gravité.
b): en présence de gravité.
Remarque : on pourrait penser à première vue que les bobines circulaires du piège
de Ioffe sont devenues inutiles, car le confinement vertical est maintenant assuré grâce
à l’électrode (les 4 fils verticaux suffisant pour confiner les atomes selon x et y). En
fait, ces bobines sont nécessaires pour maintenir un champ directeur parallèle à (Oz)
(lequel est indispensable pour réaliser le refroidissement Raman).
183
FIG. 3.22 - Processus Raman pour le piège magnétique. (En pointillés, processus
parasite).
Pour pouvoir préparer les atomes par pompage optique, il est nécessaire de choisir
des niveaux où |m| est maximum. Il est donc tentant, dans le cas du césium, de prendre
le niveau |1> est confiné, le niveau |2> sera expulsé; le refroidissement paraît dès lors
difficile à réaliser, car les atomes passent, au cours du refroidissement, une fraction non
négligeable du temps dans le niveau |2>.
J’ai donc choisi d’appliquer le processus Raman entre deux sous-niveaux Zeeman
d’un même niveau hyperfin. Le choix est le suivant :
Avec un tel choix, on peut certes craindre que les atomes dans |2> = |6
½
S
2, F =
4, m
F =
3) soient deuxième fois excités par les faisceaux Raman, vers le niveau
une
½
S
2
|6
, F =
4, m
F =
2) (cette transition est représentée en pointillés sur la figure 3.22).
Dans ce cas les atomes sont momentanément « perdus pour la science» (il peuvent
184
néanmoins être repompés). En fait, un tel processus est limité par le fait que l’atome
n’est plus résonnant pour cette nouvelle transition (à cause du changement de vitesse
rec induit par la première transition). Davantage de détails seront donnés à ce
de 2 v
sujet page 192.
FIG. 3.23 - Deux méthodes de repompage pour le refroidissement Raman dans un piège
magnétostatique.
figure 3.23-b. Il fonctionne lorsque les désaccords 0394 2 sont grands devant la struc-
1 et 0394
ture hyperfine de l’état excité
, qui permet d’atténuer l’excitation non résonnante
1 ce
(mais non de la supprimer totalement). Le fait que l’état excité soit |e> |6
P ,F
2 = =
5, m 5) présente
F = un grand avantage: les atomes ne peuvent retomber que dans|1>,
à l’exclusion de tout autre niveau (grâce aux symétries). Le rapport de branchement 03BE
vaut donc 1, ce qui fournit un faveur de cette méthode. En outre, même
argument en
si le champ magnétique est très
intense, le niveau |6
P , F=F
2 5, m = 5) n’est pas
couplé à d’autres niveaux (à cause de la conservation du moment cinétique). Toutefois,
nous ne devons pas oublier qu’une transition à trois photons nécessite l’utilisation de
le faisceau devant impérativement être polarisé 03C3 , il ne peut que se propager le long de
+
(Oz) (fig. 3.24-a). La situation est un peu analogue dans le cas à trois photons (fig. 3.24-
b) : les faisceaux C 1 et C , et ne doivent pas avoir de composante
3 sont polarisés 03C3
+
), sinon il existerait une possibilité d’effectuer la transition à trois photons
03C0 (ou 03C3
-
½
S
2
|6 ,F F =
4,= m 4) ~
P , F 5, m
2
|6 F =
5). Par conséquent, ces deux faisceaux
=
Remarque : les directions des faisceaux ont été choisies de telles sorte que les règles
de sélection interdisent un certain nombre de transitions parasites. Dans le cas où
le champ magnétique est intense et où les déplacements Zeeman sont grands devant
la largeur de l’état excité 0393, ces transitions parasites deviennent non résonnantes. Il
devient donc à la rigueur possible de choisir la direction des faisceaux sans tenir compte
de ces règles de sélection (même s’il me semble préférable de conserver les choix énoncés
plus haut).
|1>
où
] [K |2>(resp. [K est le tenseur de rappel pour des atomes dans l’état |1>
])
(resp. |2>), et R la position atomique. L’équation (3.64) définit le tenseur 039E qui
avec [K On voit donc que, dans l’espace des phases, la zone
est co-diagonalisable |1>
].
résonnante n’est plus un hyperplan, mais un « hyperparaboloïde ».
A priori, cette propriété va modifier les propriétés du refroidissement ; ces nouvelles
caractéristiques peuvent être comprises intuitivement dans le cas unidimensionnel en
regardant la figure 3.25. Sur cette figure, le seuil s 0 défini par la formule (2.24) est
représenté par une droite parallèle à l’axe des positions. Supposons que la quantité
res
v =
/(2k)1
eff
03B4 soit inférieure à s . Comme la zone résonnante est parabolique, un
0
atome de suffisamment grande énergie la coupera bien au-dessus du seuil : il sera donc
refroidi, et le refroidissement se poursuivra jusqu’à ce qu’il puisse entrer en résonance
sous le seuil. Alors il sera réchauffé, jusqu’à repasser au-dessus, et ainsi de suite. S’il
tombe par hasard sur un trajectoire d’amplitude inférieure à , rés l’atome ne pourra
v
plus entrer en résonance: il sera refroidi définitivement. En fait, nous obtenons, avec
un seul système de faisceaux Raman, un profil d’excitation comparable
(du moins
qualitativement) à celui que j’avais «
fabriqué » avec trois systèmes pour réaliser la
figure 2.13 (p. 81).
A 3 dimensions, le raisonnement est toujours valable, mais un autre facteur vient
limiter l’efficacité. La zone résonnante est ici une sous-variété tridimensionnelle d’un
espace de dimension 6. Si les coefficients du tenseur [039E] sont trop grands, c’est-à dire
si la courbure de la parabole résonnante est trop forte, on comprend intuitivement que
- par
03C3 rapport à (Oz), et à la direction de propagation du faisceau C
2 (ici la direction de
coordonnées (1, 1, 1))
1 Je continue à utiliser la notation v
rés bien que cette notation soit ici un abus (puisque la
résonance n’a pas lieu à vitesse fixe).
188
(a) Energie moyenne des atomes en fonction du (b) Pourcentage, en fonction du temps, des
temps atomesrefroidis (i e. vérifiant v
0 ,
2 rec où
2
v
0 représente l’amplitude de la trajectoire).
v
(c) Distribution finale en vitesse, moyennée (d) Distribution finale en fonction de la racine
sur les 100 atomes de la simulation et sur le de l’énergie Le moyennage se fait de la même
temps entre 40 000 et 50 000 périodes d’os- façon que pour la vitesse
cillaison En pointillés, la distribution initiale
(courbe théorique)
simulation.
c) Ordres de grandeur
Les valeurs retenues pour un futur dispositif expérimental sont rassemblées dans la
table 3.A.c. Elles utilisent des bobines de quelques centimètres de rayon, dans lesquelles
circule un courant de 104 A (en pratique, on bobine 300 tours de fil dans lequel on fait
passer 30 A ; la réalisation de telles bobines pose de nombreux problèmes techniques
(chauffage, obstruction de l’accès optique du fait des dimensions des bobines) mais est
néanmoins possible).
On obtient finalement un piège suffisamment profond (45 0393 dans les directions
transverses, et de l’ordre de 0393 dans la direction z), quasiment isotrope, avec des fré-
quences d’oscillation parfaitement compatibles avec les hypothèses faites au chapitre
2. Sur une distance de l’ordre de la taille d’un nuage refroidi à quelques ,rec le champ
v
magnétique reste parallèle l’axez à 1 % près.
Remarque: la table 3.A.c montre que le niveau |1> est déplacé de presque 1 GHz.
De même, le niveau |e> sera déplacé de 1,9 GHz: c’est beaucoup plus que la largeur
191
de raie 0393, mais également que la structure hyperfine de l’état |6 P >. Nous devons
2
donc tenir compte du fait que certains des niveaux |1>, |2> et |e> choisis seront couplés
avec d’autres niveaux hyperfins. Je rappelle que, du fait que l’opérateur de déplacement
minime, le déplacement de |6 S½
2 ,F=F 4, m = 4) n’étant que 725 MHz, ce qui est
petit devant la structure hyperfine (9,2 GHz) de l’état fondamental |6 ½
S
2>. Aucun effet
catastrophique ne sera donc à déplorer (le niveau |2> restera piégeant, et le repompage
fonctionnera correctement, excitant les atomes vers le niveau ad hoc).
1 Je rappelle toutefois que cette transition est interdite dès que le désaccord 0394 des faisceaux
Raman est très supérieur à la structure hyperfine de l’état >
3/2 voir le raisonnement fait
P
2
|6
page 123
192
1 Une remarque au passage l’efficacité de repompage que j’impose implique une fréquence
Ci de 2 10
de Rabi 03A9 11 rad/s Si l’on focalise le faisceau sur 100 03BCm (ce qui correspond à la taille
du piège), la puissance nécessaire est de 14 W (pour chaque faisceau du repompeur bien sûr !).
2. Les conditions que j’impose ici sont sans doute un peu trop restrictives. En pratique, il
suffit de s’assurer que l’efficacité du refroidissement est supérieure à celle du chauffage parasite.
193
première transition Raman a certes pour effet de modifier la vitesse de l’atome d’une
rec et donc d’éloigner l’atome de la zone résonnante ; toutefois, rien n’em-
quantité 2 ,
v
pêche qu’il y revienne du fait des oscillations, et coupe à nouveau l’hyperparaboloïde
résonnant avant d’avoir pu être repompé.
Comme on peut le voir sur la figure 3.27, cette deuxième transition a plus de
chances de se produire si l’énergie de l’atome est grande devant E rec (dans ce cas
l’atome revient sur la zone résonnante au bout d’une petite fraction de la période
d’oscillation). Quantitativement, si l’amplitude de la trajectoire est de rec 10 v on peut
,
prévoir que la deuxième résonance se produira au bout du temps =
), soit
x,y,z
2/(1003C9
environ 2 ms. Il importe donc qu’au début du refroidissement, les impulsions Raman
soient de durée inférieure à 2 ms, de façon à repomper les atomes à temps. Une fois que
les atomes sont refroidis à une vitesse de l’ordre de , rec il devient possible d’utiliser
v
des impulsions un peu plus longues (jusqu’à 10 ms), ce qui permettra de « tailler» la
distribution finale avec plus de précision. Signalons que ce processus parasite est moins
important lorsque les coefficients du tenseur[039E] sont plus élevés pour un atome dans
|2> que pour un atome dans |1> (on le devine sur la figure 3.27), ce qui est le cas pour
les oscillations transverses du piège électrostatique et magnétostatique. Enfin, on peut
toujours récupérer les atomes qui auraient effectué cette transition parasite, à l’aide
d’un laser supplémentaire polarisé 03C3 + et accordé sur la transition |6½
S
2 , F = 4, m F =
194
atomes initialement dans |1>. Un tel changement de structure ne peut se produire que
lors d’une collision entre un atome dans |2> avec un atome dans |1> (un seul des deux
atomes changeant alors d’état hyperfin). La situation n’est donc pas plus catastrophique
que dans le cas du POE (là aussi, la perte a lieu lors de la collision d’un atome dans |1>
avec un atome dans |2>). Je rappelle que pour diminuer ce taux de perte, il existe deux
pistes : minimiser le temps que les atomes passent dans |2> (ce qui est difficilement
conciliable avec le refroidissement par passage adiabatique), ou utiliser un laser sur
le bleu de la transition, empêchant à deux atomes de s’approcher trop près, selon la
méthode qui est décrite dans [159].
e) conclusion
Lepiège électrostatique et magnétostatique est a priori une idée très séduisante,
puisque’il s’agit d’un piège compatible avec le refroidissement Raman, et qui ne chauffe
pas du tout les atomes. L’exploitation que nous avons faite des règles de sélection (avec
en particulier l’utilisation d’un repompeur à trois photons), l’avantage que procure la
où 03C1
0 est la densité atomique, et ~ DB h/203C0Mk
T est la longueur d’onde
B =
liberté : nous en dirons quelques mots au chapitre V. Enfin, il existe une autre
méthode que nous n’aborderons pas : l’étude des corrélations dans les photons
diffusés (expérience d’Hanbury-Brown et Twiss [169, 170]).
Le plan de la partie sera le suivant : tout d’abord j’introduirai le sujet (chapitre
I) avec la présentation de quelques articles qui ont précédemment été publiés, et
j’annoncerai la nature de nos résultats. J’exposerai ensuite les deux approches
que j’ai employées pour calculer l’indice d’un milieu, et je les appliquerai au cal-
cul d’indice à l’ordre le plus bas en densité (chapitre II). Je présenterai dans un
e chapitre le calcul proprement dit, tenant compte cette fois des effets quan-
III
tiques collectifs. Dans le chapitre IV, j’analyserai le résultat du chapitre III. J’y
justifierai en particulier les approximations faites. Enfin, le chapitre V sera une
introduction aux problèmes de section efficace de diffusion, plus complexes que
les problèmes d’indice mais plus prometteurs pour de futures expériences.
1 Voir notamment p 79
Chapitre I
Influence de la statistique
quantique des atomes sur leur
interaction avec la lumière :
présentation générale
avec q =k
d-k
L
; R
i est l’opérateur position de l’atome i. Le fait de négliger la
diffusion multiple nous a permis de mettre en facteur l’expression de la diffusion
par un seul atome 2.
1 Voir notamment le paragraphe IV 4, p 279
2 On montre que l’approximation de Born revient à remplacer la matrice T par
L
03BD(03C9
-
)
0
,
03BD
-1 H où 03BD est le terme de l’hamiltomen H qui représente le couplage entre les
dipôles atomiques et le champ électromagnétique, et 0
H = H - 03BD
représente l’énergie des
atomes excités et des photons Ici, j’effectue une resommation partielle, conduisant à remplacer
0 par H
H , dans lequel l’énergie des atomes excités est renormalisée L’expression de V est
0
202
On effectue ensuite une sommation sur les états finals atomiques (sous l’hy-
pothèse qu’on ne détecte pas cet état final). Cela revient à développer le carré
dans (1.2), et à appliquer une relation de fermeture:
(pour des atomes à 2 niveaux |f> et |e>, dans le cadre de l’approximation du champ tournant)
où l’on a effectué une somme sur tous les atomes i (de position R), et sur tous les modes k03B5 du
i
champ, ak03B5 étant l’opérateur d’annihilation d’un photon dans le mode k03B5 La quantité 03A9
k03B5 est
la fréquence de Rabi à un photon, dont l’expression sera donnée plus loin dans le cas vectoriel
(éq (II 2), p 217)
On constate que l’expression de V donnée par (I 3) possède une exponentielle complexe. Cette
exponentielle est à l’origine de celle que l’on trouve dans la formule (I 2)
203
Le calcul de cette densité de paire sera détaillé au paragraphe III.2.b (p. 245).
Dans le cas où les atomes ne sont soumis à aucun potentiel extérieur, et où le
milieu est infini, on obtient
0 étant la densité
03C1 atomique. La fonction ~ introduite dans l’équation (I.7) dépend
de la température et de la nature bosonique/fermionique des atomes.
Revenant maintenant à l’équation (1.5), on passe en point de vue r (en effec-
tuant une transformée de Fourier) pour faire apparaître les fonctions delta, et on
obtient, dans le cas où N » 1 (V étant le volume du milieu) :
1 Je passe ici sous silence la relation spin-statistique si un atome est un boson (resp un
fermion), alors le moment angulaire total de son état fondamental est entier (resp demi-entier)
L’expression approchée de la fonction ~ que je donne ici est valable lorsque tous les atomes sont
dans le même état interne Ceci est vrai lorsque l’état fondamental est de moment angulaire
nul, mais alors les atomes sont nécessairement des bosons Pour que le résultat puisse aussi être
appliqué au cas des fermions, on peut imposer qu’ils aient tous été pompés dans le même état
(par exemple |m
J =
J))
204
les atomes piégés (paragraphe a), tandis que l’autre concerne les atomes libres
(paragraphe b).
a) Diffusion de la lumière sur des atomes piégés
La condensation de Bose-Einstein a été observée sur des atomes confinés. C’est
également dans ce cas de figure que se sont placées certaines études théoriques.
Comme je l’ai dit dans l’introduction (p. 199), la condensation de Bose-Einstein
s’accompagne dans ce cas d’un élargissement du cône de diffraction.
Maciej Lewenstein et Li You [172] ont étudié le cas d’atomes piégés dans un
piège harmonique lent (03C9 p étant la pulsation du piège) et profond
/203C0 10 Hz, 03C9
p =
/h ~
0
(U 4
10 Hz, c’est-à-dire contenant plusieurs milliers de niveaux). Ces atomes
sont sondés avec des impulsions lumineuses très brèves et très intenses. Ce sont
des impulsions de durée L telles que
03A9 étant la fréquence de Rabi. Cette condition d’impulsion 203C0 permet, dans le
cas L » 0393/2 (0393 étant la largeur naturelle atomique), et donc l’émission
où 1/
spontanée est négligeable, de sonder les atomes froids sans les chauffer (mesure
non destructive).
Dans premier temps, les auteurs négligent totalement l’émission spontanée.
un
Ils trouvent alors que le système se comporte comme un ensemble d’atomes à deux
niveaux indépendants, le niveau|f, n) (atome dans son état fondamental, et dans
le niveau n du piège) étant couplé à l’état |03C8
n L · R)|e, n) (où l’atome
> exp(ik =
et
où l’atome est excité. Les atomes présents dans cet état vont bien sûr se désexciter
par émission spontanée. Javanainen affirme que l’on peut ne retenir que les termes
où, en se désexcitant, les atomes retombent dans le condensat. Ceci est vrai parce
que l’amplitude de ce processus est favorisée d’un facteur N 0 par rapport au
1 En partant de la fonction d’onde de l’état fondamental du piège (qui est une gaussienne),
et en effectuant la transformée de Fourier correspondant au terme en N 2 du résultat (I 8), on
trouve effectivement la gaussienne dans l’espace des k prévue par la formule (I 11).
207
cas où ils retombent dans un niveau quelconque les autres niveaux du piège
2014
que sa raie est considérablement élargie par rapport à celle d’un atome
unique ;
-
indépendant
du nombre d’atomes dans le condensat.
En fait, ces résultats ne sont pas spécifiques de la condensation de Bose-
Einstein. Ils peuvent être interprétés par un modèle classique de superradiance.
Mentionnons également un article de Li You, Maciej Lewenstein et
J. Cooper [175], pour lequel on se place dans le cas où a/03BB
L ~ 1 (avec 03BB
L =
/(203C0)), et 3
L
03BB /~
L
N03BBa 1. Les auteurs trouvent dans ce cas un spectre de diffu-
sion plus complexe, composé d’un pic très étroit sur un fond non lorentzien. Ce
spectre s’exprime comme la somme d’une série dont les premiers termes sont des
lorentziennes de la largeur prévue par Javanainen.
1 En réalité, les atomes ne retombent prioritairement dans le condensat que si N
0 est suf-
fisamment élevé J I Cirac et M Lewenstein [174] montrent que l’on doit vérifier la relation
0
N »N -N 0+, niv où n
n niv est le nombre de niveaux du piège accessibles
208
où L
203C0 03BB =
L
03BB est la longueur d’onde d’un laser résonnant avec la transition
atomique.
Tout d’abord, le cas où il n’y a pas de condensat est étudié dans [177]. Il y ap-
paraît des pseudo-excitons, dus à l’interaction entre un atome excité et un atome
dans le fondamental. Le couplage entre ces excitons et la lumière donne nais-
sance à des polaritons, dont la relation de dispersion possède une bande interdite
caractéristique.
Le de la condensation de Bose-Einstein est étudié par les mêmes au-
cas
teurs [178], ainsi que, pour le cas d’un pur condensat, par Politzer [179]. Les
auteurs négligent l’interaction entre atomes excités et atomes non excités
, ainsi
1
que l’émission spontanée (par argument
un voisin de celui de Javanainen, i.e. que
l’émission stimulée avec retour dans le condensat est beaucoup plus importante,
puisqu’il y a un facteur multiplicatif dû au condensat et un autre dû aux photons
du laser). Dans ce cas, le très fort couplage entre les photons résonnants et les
atomes du condensat donne naissance à des polaritons, mais d’une nature dif-
férente de ceux de [177]; ce sont des superpositions d’un photon et d’un atome
excité.
Dans ces conditions, la relation de dispersion trouvée (z.e. la relation entre la
L du laser et son vecteur d’onde k
fréquence 03C9 ) est la suivante [179] :
m
où A est
03C9 la fréquence de résonance atomique, M la masse atomique et 0393 la
largeur naturelle de l’état excité.
On peut réexprimer la relation de dispersion (I.18) d’une manière plus phy-
sique, i.e. tenant davantage compte des différents ordres de grandeurs. Dans la
limite où 0393 « 03C9
, 03B4 ~ 03C9
A L - 03C9
A rec ~ 2
A et 03C9
« 03C9 /(Mc
A
03C9
) « 03C9, l’équation
A
(I.18) devient
FIG. 1.5 - Relation de dispersion telle qu’elle est prévue par le calcul de
Politzer. Les paramètres choisis sont 203C0c/03C9
A =800 nm, 0393/(203C0) =100 Hz, et
/(203C0)
rec
03C9 =10 kHz. La densité est de ((203C0))
0
/03C1
L
3 03BB =10. En pointillés, les états
non couplés (atome excité et photon) ; la bande interdite est le résultat d’un anti-
croisement.
Pour obtenir le résultat (I.18), il a fallu négliger l’énergie cinétique des atomes.
B. V. Svistunov et G. V. Shlyapnikov montrent qu’il est pour cela nécessaire de
vérifier la relation
D’autre part, afin de pouvoir traiter les interactions dans le cadre de l’approxima-
tion binaire (c’est-à-dire ne prendre en compte que l’interaction entre 2 atomes),
il faut se placer dans l’hypothèse
où r
0 est défini par
La quantité r0 est une distance caractéristique pour les collisions entre un atome
excité et un atome dans le fondamental, lorsque l’échange d’énergie se fait de façon
résonnante, et dans le régime où le recul des atomes joue un rôle important [180].
En combinant les relations (I.17) et (I.21), on tire
c) Autres publications
D’autres publications relatives à la détection optique des effets quantiques
collectifs et de la condensation de Bose-Einstein (et qui concernent soit des atomes
libres, soit des atomes piégés) ont paru au cours de l’élaboration de la présente
étude. Je me contenterai de les citer ici, sans en détailler le contenu.
Un calcul de la diffusion de la lumière par un gaz d’atomes peu dense a été réa-
lisé par Juha Javanainen [181] (ce problème présente de profondes analogies avec
celui que j’expose au paragraphe I.1, p. 200). Il met en évidence l’apparition d’un
spectre à deux pics caractéristique de la condensation de Bose-Einstein. L’article
de L. You, Maciej Lewenstein et J. Cooper [182] considère le cas d’un conden-
sat d’atomes piégés, que l’on étudie à l’aide de courtes impulsions lumineuses
intenses. Il s’agit d’une prolongation du travail que j’ai présenté au paragraphe
211
I.2.a.i, p. 205 [172], les interactions entre atomes étant cette fois-ci prises en
compte.
L’interaction d’atomes identiques ultra-froids avec une onde laser stationnaire
a en outre été étudiée dans [183]. On doit également mentionner l’existence d’une
tous calculs seront effectués dans le cas d’atomes libres. Par consé-
nos
quent, à l’intérieur du milieu, la densité atomique sera uniforme : 03C1(r) = Cte = 03C1
0;
-
est vérifiée pour les alcalins, que nous utilisons dans presque toutes nos expé-
riences. Sachant que les atomes seront supposés refroidis à des vitesses proches
du recul, nous pourrons négliger dans tous les calculs les effets Doppler et de
recul devant 0393.
Signalons que ces 2 dernières conditions sont exactement opposées à celles
de [177]. Par conséquent, il n’y a aucune raison de s’attendre à trouver une bande
interdite, ni une réflexion totale de la lumière ;
-
dans toute cette étude, à l’exception du paragraphe IV.5, p. 284, nous nous
placerons dans le cas d’une transition 0 ~ 1, comme indiqué sur la figure I.6. Le
laser sera quant à lui quasi-résonnant, i.e. vérifiant la condition
l’ordre du recul. Par contre, nos calculs seront valables à des températures ar-
bitrairement basses. Une restriction doit toutefois être faite à ce sujet : lorsque
l’on mesurel’indice d’atomes refroidis sous la vitesse de recul avec une sonde
quasi-résonnante, cette dernière a pour effet de chauffer les atomes et donc de
détruire le milieu que l’on souhaite étudier. On répond à cette objection que la
puissance du laser peut être rendue arbitrairement basse, nous laissant alors le
temps d’effectuer notre mesure avant que les atomes soient chauffés.
212
Ce résultat est un résultat bien connu (voir par exemple [119, p. 578]). On l’obtient
en traitant chaque atome indépendamment des autres atomes ; par conséquent
on ne peut trouver aucun effet quantique collectif à cet ordre.
A l’ordre 2 en 03C1 , 2 types de corrections à (1.25) apparaissent : il y a d’une
L
3
003BB
part les effets statistiques analogues à ceux mis en évidence avec le modèle de
diffusion dans le cadre de l’approximation de Born (section I.1). D’autre part,
apparaissent des effets classiques d’interaction dipôle-dipôle entre atomes proches,
l’un étant dans l’état excité et l’autre dans le fondamental.
Nous allons comparer par un modèle simple les ordres de grandeur respectifs
de ces deux corrections (fig. 1.7). Pour cela, plaçons nous à grand désaccord
03B4 positif, i.e. 03B4 > 0393. La correction classique à l’indice est due au fait que les
interactions peuvent rendre certains atomes résonnants avec le laser. Comme
nous le verrons au paragraphe III.2.a, p. 243, cette interaction dipôle-dipôle a
pour effet de coupler un atome excité avec un autre dans l’état fondamental,
et donc de déplacer les énergies des états excités. Au voisinage de r 0 (r
=
FIG. 1.7 - Evaluatzon des termes d’interaction dipôle-dipôle entre un atome ex-
cité et un autre dans l’état fondamental, lorsque la transition atomique est une
transition 0 ~ 1. La figure correspond au cas où celui des deux atomes qui est
excité possède un moment angulaire parallèle à la droite joignant les deux atomes
(lorsque ce moment angulaire est orienté orthogonalement à la droite, l’énergie
de l’état superradiant est inférieure à celle de l’état subradiant).
et , avec
d’épaisseur 03B4r
* 1
obtient :
1 Je ne calcule ici qu’un ordre de grandeur Je néglige donc le fait que 0393 puisse être augmenté
Les équations (1.27)et (1.28) nous enseignent que le terme classique n’est né-
gligeable devant le terme quantique qu’à très petite température (~DB » c/03C9
,
A
i.e.k
T
B « 2/(2M)). Comme nous ne souhaitons pas imposer sur les para-
L
k
mètres du problème de restrictions autres que celle de faible densité, nous devrons
prendre en compte les interactions entre 2 atomes dont l’un est dans l’état excité.
L’approche par l’approximation de Born ne suffit donc pas.
1 J’ai un peu « triché » en écrivant l’équation (I 28) d’après mon raisonnement, la dépen-
dance en désaccord devrait être celle du terme à un atome, c’est-à-dire effectivement 2 /0393 pour
03B4
la partie imaginaire de l’indice (absorption), mais 03B4/0393 pour la partie réelle (déphasage) En fait,
comme nous le verrons ultérieurement, le résultat (I 28) est bien le bon résultat y compris pour
pour la partie réelle, même si je ne sais pas le justifier « avec les mains»
Chapitre II
de type Born-von Karmann. Dans ce cas, les impulsions des atomes décrivent
un réseau régulier, et les intégrales sur les impulsions sont remplacées par des
sommes discrètes.
Le milieu atomique est supposé interagir avec un photon unique. Les modes
du champ électromagnétique sont également discrétisés, avec le même volume de
quantification que pour les impulsions atomiques.
Nous écrivons donc l’hamiltonien du système :
en compte aurait fait apparaître, plus loin dans les calculs, les termes Doppler et
de recul, que nous négligeons en vertu des hypothèses faites au paragraphe 1.3.
Les degrés de liberté externe de l’atome sont toutefois pris en compte dans le
problème (tout se passe comme si l’on se plaçait dans la limite où la masse M de
l’atome tend vers l’infini).
b) Etat du système à l’instant t
A t =
0, le système se trouve dans l’état
218
sur des indices de coordonnées. Les vecteurs sont surmontés d’une flèche : ainsi
Le point désigne tout aussi bien le produit scalaire de 2 vecteurs, que le produit
matriciel de 2 tenseurs :
Ces conventions s’appliquent à des vecteurs numériques, mais peuvent aussi s’ap-
pliquer à des symboles de dérivation. Par exemple
Elles peuvent également s’appliquer à des opérateurs quantiques. Dans ce cas il faut
prendre garde au fait que de tels opérateurs ne commutent pas. Ainsi
et
Enfin, les notations vectorielles peuvent s’appliquer aux sous-niveaux Zeeman d’un
état |J = 1>. En effet, je peux choisir pour base {|e >, |e
x >} au lieu de la base
>, |e
y z
usuelle {|e
>, |e
-1 >, |e
0 Je
>}. remplace
1 alors les indices x, y, par une notation vecto-
z
rielle. Ainsi
L’état |e> · 03B5 est l’état de l’atome excité par un photon de polarisation 03B5.
219
où U(t,0) est l’opérateur d’évolution exp [-iHt/]. D’après [119, p. 164, formule
(A.11)], on a
(l’inversion devant être comprise au sens des matrices), et est appelée résolvante .
L’intégrale (II.5) se calcule à l’aide du théorème des résidus. On trouve alors
que le système évolue selon une somme d’exponentielles e i03C9où 03C9
,
t e est l’un des
pôles de la résolvante. Nous obtiendrons donc la relation de dispersion du système
en recherchant les pôles de la résolvante (i.e. les
fréquences complexes d’évolution
du système), et en les exprimant en fonction de ~k ~.
r
Remarque : nous nous intéressons en fait à l’élément de matrice <03C8|U(t, 0)|03C8>,
c’est pourquoi nous calculerons <03C8|g(z)|03C8>.
c) Calcul de la résolvante
La résolvante se calcule en utilisant la formule [119, formule (A.24) p. 167]
(équivalente à la théorie des perturbations dépendant du temps) :
avec G
(
0 z) =
1/(z - H
), H
0 0 et V étant définis par les accolades de la formule
(II.1).
L’équation (II.7) correspond à une somme de diagrammes. Par exemple le
(z)|03C8> correspond au diagramme le plus simple, que nous notons
0
<03C8|G
terme
. Il signifie que le photon r 03B5 est présent et n’interagit pas avec
k
03B5
k
.
r
les atomes. Le terme 0 ( z)VG vaut 0, à cause de la forme de l’hamil-
(<03C8|G
z)|03C8>
tonien (II.1): en effet, le photon présent dans |03C8> est nécessairement détruit par
l’opérateur d’annihilation de V. En fait seuls les termes du développement (II.7)
possédant un nombre pair d’opérateurs V sont non nuls.
220
Le terme 0
( z)VG fait apparaître un état intermédiaire dans
<03C8|G
(z)|03C8>
lequel le photon a disparu, et un atome a été excité. Dans un point de vue
1 J’expliquerai plus loin (p 222) pourquoi le photon est toujours diffusé dans le même mode.
221
n’ont pas été pris en compte : il s’agit des diagrammes où le photon passe 2
fois (ou plus) par un atome i donné, en visitant entre temps un atome j ~ i.
Au chapitre III et lors de l’annexe B, nous prendrons en compte certains de ces
diagrammes. Nous verrons alors qu’ils correspondent à des corrections d’ordre 2
en 3/k
0
03C1
,
L le terme que nous calculons ici étant quant à lui d’ordre 1. Notons que
cette approximation consistant à négliger de tels diagrammes est connue dans la
littérature sous le nom d’approximation de Twersky [189, p. 257].
Dans l’écriture de l’équation (II.10), j’ai utilisé le fait que les photons inter-
médiaires de la somme (II.9) excitent les atomes uniquement dans l’état 03B5 r·|e>
.
1
Pour le vérifier, il faut raisonner par récurrence sur les photons successifs : le
z =
L + i03B5, avec 03B5 ~ 0, 03C9
03C9 L étant une fréquence optique quasi-résonnante
avec les atomes (peu importe laquelle exactement). On utilise la relation
et l’on tire
Comme le photon ne visite qu’une seule fois un atome donné (par hypothèse), il
quitte dernier
ce dans le même mode que son mode initial, c’est à dire 03B5
k
.
1
r
Le fait que le photon reste toujours dans le même mode n’est pas très intui-
tif: un photon qui diffuse dans un milieu atomique n’a a priori aucune raison de
rester dans le même mode. Je calcule en fait un indice de réfraction, c’est-à-dire
je prends en compte uniquement la partie cohérente du champ. Cet indice de
réfraction possède une partie imaginaire, responsable de l’absorption, qui d’après
le théorème optique est directement reliée aux termes de diffusion dans une direc-
tion quelconque. Les termes de diffusion où l’impulsion n’est pas conservée sont
donc bien présents dans ce calcul, même s’ils sont « masqués ».
Cette considération faite, la resommation de la formule (II.8) est immédiate.
Elle donne
f) Relation de dispersion
On déduit la relation de dispersion en reliant les pôles z = 03C9
e (03C9
e est com-
plexe) de la résolvante dans (II.14.b), au vecteur d’onde .
r
k En 0 = N/V,
posant 03C1
et en utilisant la définition (II.2) de la fréquence de Rabi à 1 photon, ainsi que
l’expression de 0393 en fonction de d qui est
on tire
Je note G = {|03C8
0 >}. En l’absence d’émission spontanée, G représente
>} ~ {|03C8
1
l’espace de Hilbert accessible par le système. Par contre, l’émission spontanée
va provoquer une modification des impulsions atomiques, et donc un départ du
devant rester bornée en tout point, nous ne pouvons pas nous placer dans un
milieu infini. Nous avons choisi un milieu remplissant un demi-espace (fig. II.1).
Cela permet de ne pas avoir de réflexions à l’intérieur du milieu. Le résultat que
nous allons obtenir ne sera toutefois pas valable au voisinage du plan z = 0 (i.e.
FIG. II.1 - Calcul d’indice dans l’approche « champ moyen ». Le milieu, qui
remplit la moitié de l’espace, déphase et atténue le champ.
1 Le champ E | est transverse d’après l’équation (II 20 c), d’où l’indice | dans la notation.
Des indications relatives au choix de la notation E figurent au début de l’annexe A
226
nulle dans la
=
<E(r)> et =
où m
k =
.
z
u
m
k
Pour un milieu formé d’atomes modélisables par un système à deux niveaux,
la quantité ~ se calcule à l’aide des équations de Bloch optiques [119, p. 578]. On
obtient
La quantité 03B1 est la polarzsabilité d’un dipôle atomique. Elle vaut simple-
, où ~ est la susceptibilité du milieu qui a été évoquée au paragraphe
ment ~/03C1
0
précédent (éq. (II.25)). Cela donne:
Pour moyenner (II.26) sur les degrés de liberté atomique externes, il est né-
cessaire d’introduire les 3 quantités moyennées suivantes :
L’équation (II.32) implique que les effets statistiques sont négligés : il est facile
de le vérifier en sommant sur z et j(avec z ~ j); on fait alors apparaître la densité
à deux corps, et on déduit que la corrélation entre les positions atomiques doit
être nulle. Or, nous verrons au paragraphe III.2.b(p. 245) que les corrélations
en position sont directement liées aux effets de statistique quantique. L’approxi-
mation que je fais ici nécessite donc que les points r et r’ soient beaucoup plus
éloignés que la longueur d’onde de de Broglie . DB L’équation (II.32) implique
A
en outre que l’on néglige les interactions entre atomes : il est plus difficile de
s’en convaincre avec ce que l’on sait à présent, mais ce point deviendra clair au
chapitre III, lorsque j’établirai une correction à l’équation (II.32). On doit donc
avoir~r - r’~» L . Pour que ces deux conditions sur ~r - r’~soient vérifiées
pour presque toutes les paires d’atomes, il faut se placer dans les limites d’un gaz
non dégénéré (03C1
DB
3
~
0 « 1) et d’une faible densité (03C1 L « 1). Signalons que ces
3
0
approximations sont équivalentes à celle que j’avais faite au paragraphe II.1.c,
p. 219, où j’avais négligé les diagrammes où le photon passe plus d’une fois par
le même atome.
En revenant à l’équation (II.31), et en effectuant une sommation sur i, on
obtient finalement :
où L
k =
~= 03C9
L
~k /c.
L L’équation (II.35) traduit le fait que g est la fonction de
Green de (II.21). Elle s’obtienten exprimant g en transformée de Fourier
(voir
230
D’autre part, la différence entre les équations (II.30) et (II.33) donne simple-
ment
Nous retiendrons pour la relation de dispersion une formulation qui est équi-
valente à (II.38) à l’ordre 1 en 03C1
:
L
3
0
tion d’un paquet d’onde évaluée par l’approche diagrammatique est la même que
l’absorption de l’onde progressive de l’approche « champ moyen ».
231
Je vais décomposer cette onde plane sur la base des solutions adaptées au 1
er point
de vue
. Je vais alors démontrer que la dépendance spatiale 03C8(z) de l’onde est
1
bien celle à laquelle on s’attend, c’est-à-dire exp(zk
z).
m
Le développement s’écrit a priori sous la forme
où m
k est le vecteur d’onde complexe de partie imaginaire positive tel que
,k
L
~(03C9 ) =
m 0.
Pour démontrer l’équation (II.43) , il faut appliquer le théorème des résidus, en
fermant la boucle avec des k de partie imaginaire positive (pour que le pôle k = k m
puisse contribuer). La relation de dispersion devra donc remplir les conditions ad
1 Je rappelle qu’il faut en réalité calculer la valeur moyenne du champ dans l’état 0#x3E;
|0>+03B1|k
&
r 3B5
pour obtenir un résultat non nul 2014
hoc. En particulier, w(k) devra être définie et analytique sur le plan Jm(k) 0.
La partie imaginaire de w(k) devra rester minorée quand Re(k) ~ ±~, et tendre
vers +~ quand Jm(k) ~ +~ (rappelons que nous avons choisi t < 0).
est bien analytique sur {k ~ C/Jmk 0}. On se convainc aussi facilement que
sa partie imaginaire se comporte convenablement lorsque k est infini (réel ou
imaginaire).
Revenons maintenant à la formule (II.42). Il est maintenant aisé de connaître
la dépendance en z du champ électrique :
L’équation (II.46) s’intègre encore par la formule des résidus ; on est sûr que
c’est possible pour t < 0 et z 0. On trouve alors naturellement que
place dans une situation physique éloignée de la réalité, nous fournit bien un
résultat exploitable dans le cas d’un champ macroscopique, et peut donc être
interprétée en termes d’indice de réfraction.
i) Situation physique
Nous savons que l’approche à un photon que j’ai présentée au paragraphe
II.1 ne correspond pas à une situation physique réaliste à cause de l’impossibilité
d’isoler un photon unique, et surtout de l’impossibilité de disposer d’un milieu
infini.
Le calcul que je rapporte ici [171] montre qu’il est néanmoins possible d’imagi-
ner une situation qui s’en rapprocherait. Considérons en effet un paquet d’ondes,
que pour simplifier nous supposerons constitué d’un unique photon. Nous le sup-
posons également piqué, dans l’espace des impulsions, autour d’une impulsion
, mais à support compact dans l’espace des positions. Le milieu est mainte-
L
k
nant fini, mais beaucoup plus grand que la taille du paquet d’ondes.
At = -~, on suppose que le paquet d’ondes est à l’extérieur du milieu.
Son impulsion est donc k L réel et sa fréquence est 03C9 L L~. A t = 0, il
c~k=
est totalement entré dans le milieu (fig. II.2), avec une nouvelle impulsion qui
est kr réel
. Le paquet se déplace alors dans le milieu, tout en s’atténuant du
1
fait de l’absorption
. On voit que le comportement du système est analogue au
2
cas d’un photon constitué d’une onde plane, dans le vide à t -~, et pour
=
« brancherait
lequel on » adiabatiquement le milieu atomique. Pour t > 0, le
champ disparaît progressivement du fait de son couplage avec les atomes, et sa
fréquence d’évolution 03C9
e est complexe. Je signale qu’une telle équivalence peut
être démontrée [199, p. 108]
Pour connaître la relation entre L
k, on écrit la conservation de l’énergie
et 03C9
e
du système atomes+photons. Rappelons que l’on néglige l’énergie cinétique des
atomes. L’énergie du système à t -~ est donc 03C9
=
, celle à t 0 est Re(03C9
L =
),
e
3
d’où
FIG. II.2 - L’analogie entre l’évolution d’un photon composé d’une onde plane
dans un milieu infini, et celle d’un paquet d’ondes traversant un milieu fini.
voisinage de (03C9
,k
L ), puis en séparant parties réelle et imaginaire, on obtient
L 1
En éliminant k
r L dans le
-k système (II.50), on tire
1. J’ai en fait été rapide en écrivant l’équation (II 50) En effet, la condition |03C9"
un peu | « 03C9
e L
(et |k
r-k|
L « )
L
k suffit pas pour que ce développement perturbatif soit valable, car la
ne
fonction ~ peut varier rapidement à une échelle beaucoup plus petite que 03C9 , ie. à l’échelle de
L
0393 C’est pourquoi ce calcul n’est en fait correct que là où ~ varie lentement, c’est-à-dire loin de
résonance
235
, pour obtenir
iv) Interprétation
On sait que le paquet d’ondes se propage dans le milieu à la vitesse de groupe
g
v ~, il est
. Par conséquent, après la traversée du milieu, qui a duré le temps L/~v
g
absorbé de la quantité gL/~v
e ) exp(-k"
exp(03C9"
~ L).
m = Autrement dit, on trouve
le même taux d’absorption que dans l’approche « champ moyen ».
Il me paraît par contre moins aisé de comparer le déphasage du champ dans
les deux approches.
4. Conclusion
présenté deux approches de calcul d’indice de réfraction. La première
J’ai donc
approche, diagrammatique, est éloignée des conditions expérimentales habituelles,
mais est à mon avis plus élégante grâce à l’utilisation du puissant formalisme de
e approche est certes beaucoup plus classique, et correspond à
la résolvante. La 2
la réalité physique dans une géométrie très particulière. Toutefois, si l’on ne veut
pas admettre les équations (II.26) de départ, de longues pages de calculs sont
nécessaires pour les établir. Les deux méthodes aboutissent à la même relation
de dispersion ; on peut ainsi ainsi tendre des liens entre elles.
Je n’ai calculé dans ce chapitre que des indices à l’ordre le plus bas ; aucune in-
teraction entre atomes, ni aucun effet quantique collectif n’étaient présents. Pour
aller au-delà, on a le choix entre les deux approches. Je me restreindrai mainte-
nant à l’approche « champ moyen ». Le lecteur souhaitant connaître comment on
obtient le même résultat par l’autre approche est invité à se reporter à l’annexe
B.
Chapitre III
1. Calcul de l’indice
a) Les quantités moyennées
Je reviens aux équations sur les dipôle et sur le champ établies dans l’annexe
A, et données en (II.26). Je rappelle que ces équations ont été moyennées sur le
champ et sur les variables atomiques internes, mais sont des opérateurs vis-à-vis
238
où toutes les moyennes sont faites sur les variables atomiques externes.
La quantité 03C1(r) est la densité atomique. Dans toute cette étude, elle sera
. La notation 03C1
supposée constante à l’intérieur du milieu, z.e. 03C1(r) 03C1
0 =
(r,r’)
II
désigne la densité à deux corps, c’est-à-dire la probabilité de trouver un atome
en r et un autre en r’. Pour un milieu isotrope et homogène, (le cas que nous
r (i.e. qu’on n’a pas moyenné sur la position de ce dipôle). Dans la suite, nous
c) Brisure de la hiérarchie
Le système (III.6) contient un nombre infini d’équations. Pour le résoudre, il
faut effectuer une approximation.
L’approximation que nous allons faire repose sur le principe du développement
du Viriel [68, p. 297]. Elle consiste à tenir compte des interactions entre 2 par-
ticules, mais à négliger l’interaction entre 3 particules. En effet, à faible densité,
s’il est possible que 2 particules soient voisines, i.e. plus proches que la longueur
d’onde optique, il est improbable que 3 particules soient distantes de moins de
. De façon plus quantitative, comme la portée du potentiel de Van der Waals
L
03BB
entre un atome excité et un atome dans l’état fondamental est de l’ordre de 03BB ,
L
on s’attend à ce que le développement soit valable lorsque L
3
0
03C1
~ 1 Ainsi,
.
1
nous avons vu que, lorsqu’on néglige totalement les interactions entre atomes,
L’équation (III.7) certes n’est pas vraie dans tous les cas : notamment, elle est
fausse lorsque r est proche de r", et loin de r’. Néanmoins, on suppose que la
fonction g(r’ - r"), présente dans l’intégrale du second membre de (III.6.b) et qui
n’est non négligeable que lorsque ~r’ - r"~ 03BB , va défavoriser ce cas de figure.
L
En outre, je remplacerai Cette approximation peut
(r,r’,r") 03C1
III
03C1
(r,r’)
II par
(r’,r") 03C1(r’).
II
03C1
s’avérer incorrecte pour des bosons dans la limite des très basses températures.
Je reconnais que les approximations que je fais ici ne sont pas totalement jus-
tifiées. C’est pourquoi je présenterai dans l’annexe C quelques indications sur le
rôle de l’intégrale de l’équation (III.6.b) que je néglige ici. Nous verrons alors que
les corrections que je trouve sont effectivement en 03C1
. En outre, je présenterai
L
3
0
au paragraphe III.3, p. 252 une autre méthode de calcul, basée sur un dévelop-
,
L
3
0
03C1 mais , r
*
3
r
0
03C1 où * est l’endroit où l’interaction atome-lumière est résonnante compte tenu
du déplacement de Van der Waals La condition L
3
0
03C1 1 est trop restrictive à grand désaccord
Toutefois, je supposerai dans un premier temps qu’elle est vérifiée, afin de ne pas compliquer
le raisonnement
241
les deux équations obtenues, on élimine D(r/r’). On obtient alors (sachant que
L
(03B5 étant la
polarisation du laser incident, qui peut être linéaire ou elliptique), et
appliquons à l’équation (III.9.a) l’opérateur 0394 + k L ~k
L (avec k
2 ~). On tire (si
L =
m k
k )
z
u
m =
où
Pour obtenir les équations (III.12), je suis passé un peu vite sur un point : sur
les intégrales de la formule (III.9.b), j’ai effectué une translation sur les positions,
en posant r 1 = r - r’. Or les intégrales en question ne portaient pas sur tout
l’espace, mais sur le demi-espace que remplit le milieu atomique. Par conséquent
il n’était a priori pas possible d’éliminer la dépendance en r de l’équation comme
je l’ai fait.
Enfait, si on regarde de près ces intégrales, on constate qu’à un détail près elles
convergent sur une distance de quelques longueurs d’onde. Pour un F suffisamment
), il est donc licite d’étendre
loin des bords du milieu (i.e. plus loin que quelques 03BB
L
les intégrales sur tout l’espace, puis d’éliminer l’exponentielle exp(ik
m · r).
Le petit détail en question est le suivant : dans les intégrales de l’équation
(III.12.b) se trouve un facteur m
exp(-ik
· ).
1
r Or m complexe, donc l’ar-
k est
gument de l’exponentielle possède une partie réelle non nulle, faisant diverger
l’intégrale quand km · r ~ +~.
La réponse à problème est que le résultat (III.12.b) n’est pas le bon:
ce
en puissances de la densité. En fait, la divergence que nous obtenons ici est une
a) Le potentiel d’interaction g
L’expression du potentiel g(r) est donnée par la formule (II.28) du chapitre
II. On voit qu’il est diagonalisable dans toute base orthonormée dont l’un des
vecteurs est r/~r~, i.e.
244
où ~ = (~,), 03B4 =
L A est
- 03C9
03C9 le désaccord du laser, et A =
.
A
c/03C9
Nous savons que nous avons pris compte l’interaction de Van der Waals
en
entre un atome excité et un atome dans son état fondamental. On peut ainsi
interpréter chacun des crochets de l’équation (III.15) comme étant l’énergie d’un
état couplé, superposition linéaire des états|1, f; 2, e> et|1, e; 2, f> (les « numéros »
des deux atomes considérés sont 1 et 2). L’énergie de cet état couplé est complexe,
la partie imaginaire correspondant (à près) à l’inverse de la durée de vie de
l’état couplé. Les parties réelle et imaginaire de l’énergie ont été représentées sur
la figure III.1. Lorsque ~r~ ~ ~, g (~r~) = 0: les atomes n’interagissent pas et
~
les 2 niveaux sont dégénérés, ayant pour énergie 03C9
A et pour largeur 0393. Pour ~r~
fini, la levée de dégénérescence apparaît. Dans le cas où ~r~ ~ 0 (et si l’on oublie
le terme en 03B4(r) présent dans l’expression de g(r), les énergies des 2 niveaux
divergent en 1/~r~
, l’expression du potentiel étant alors celle de l’interaction
3
entre 2 dipôles statiques [193]. Par contre, la partie imaginaire des 2 énergies
245
converge : pour r = 0,
l’un des 2 niveaux couplés a une durée de vie infinie 2014
c’est l’état dit subradiant tandis que l’autre émet un photon 2 fois plus vite
2014
pondant.
Je moyenne (III.17) en utilisant le théorème de Wick [208, p. 180]. Seuls les
termes où l’on crée un atome dans des classes d’impulsion où l’on annihile aussi un
atome ont une valeur moyenne non nulle. Il y a donc un terme où k 1 k 2 0 = =
où ~
/f
b =±1 selon que l’on a affaire à des bosons ou à des p est le
fermions, et f
facteur d’occupation de l’état d’impulsion p [209, p. 335 et 344]. L’expression de
ce facteur d’occupation est
246
03BC étant le
potentiel chimique.
L’expression (III.18) se calcule sans difficulté (en faisant tendre le volume
de quantification vers +~ et en remplaçant les sommes discrètes par des inté-
).
1
grales On trouve finalement
où 03B1
s =
T)
B
03BC/(k et DB
~ =
h/203C0Mk est
T
B la longueur d’onde de de Broglie
thermique des atomes.
1 Attention ce passage à une intégrale n’est pas valable dans le cas de la condensation de
Bose-Einstein (cas qui sera abordé p 248)
2 du moins lorsque le volume de quantification est infini
247
~=1 ,
Je rappelle que 2,612 = 03B6(3/2) = 03A3
+~ -3/2ce qui fait que Q(1, 0, 0) = 1. Pour
~
des bosons, et pour ~r - r’~ ~ ~ DB (c’est-à-dire x ~ 1), on peut montrer que
l’on a
248
L’expression (III.24) offre sur (III.20) l’avantage d’être beaucoup plus facile
à évaluer . Malheureusement, elle n’est pas valable dans tous les
1
numériquement
cas. Notamment, elle n’est pas valable pour des fermions lorsque 03C1
DB
3
~
0 ~ +~,
parce que dans ce cas s > 0.
03B1
Dans le cas0, on peut bien sûr recourir à l’expression (III.20) et l’intégrer
s >
03B1
numériquement. Toutefois, cela devient très difficile à faire dans la limite des très
basses températures, car dans ce cas l’exponentielle qui est au numérateur oscille
très vite.
J’ai donc eu recours à un développement assez subtil, analogue à celui qui est
fait dans le livre de Huang [68, p. 225] pour calculer le potentiel chimique des
fermions à très basse température. Le principe en est le suivant : on se ramène
d’abord par parité à une intégrale de 0 à +~, avec une fonction sinus au nu-
mérateur. Pour 03B1
s ~ 1, la fonction 1/
montante. Sa dérivée a donc l’allure d’un
03B1 2
[exp(x
pic centré en 203B1
2 -
) + a l’allure d’une marche
s
. Il suffit donc d’in-
s
1]
tégrer (III.20) par parties (pour faire apparaître la dérivée), puis de développer
le numérateur autour de 03B1
. On étend enfin l’intégrale de -~ à +~, après avoir
s
montré que la partie que l’on rajoute à la main se comporte en O
)).
s
(exp(-03B1
1 La convergence de la série ~=1 ~
+~
03A3 -3/2 est cependant très lente Pour accélérer l’évaluation
numérique de la fonction Q, dans le casdes bosons et où |03B1
|~1
s (etnotamment dans le cas
de la condensation de Bose-Einstein), on l’écrit sous la forme
Après quelques pages d’un calcul pénible mais sans difficulté théorique, on trouve :
et
sont complètement délocalisés dans l’espace des positions. Leurs positions ne sont
donc pas du tout corrélées, d’où l’allure de la distribution de paire. Notamment,
on voit qu’à température nulle la distribution de paire est uniforme, et donc que
l’indice de réfraction sera le même qu’à température infinie. Si nous sommes à la
recherche d’effets quantiques collectifs liés à une distribution de paire non triviale,
nous devons les trouver autour du seuil de la condensation de Bose-Einstein, et
non à des températures plus basses.
Remarque :la propriété que je viens d’exposer est analogue à ce que l’on
peut observer dans le domaine de l’optique, lorsque l’on effectue des mesures
de corrélation d’intensité (expérience d’Hanbury-Brown et Twiss [169]). Si l’on
mesure la quantité <I(k)I(k’)>/<I(k)> <I(k’)>, (I(k)
étant l’intensité rayonnée
dans la direction k), et si l’on fait tendre k vers k’, on trouve 2 dans le cas d’une
lampe (rayonnement thermique), mais 1 dans le cas d’un laser: le rayonnement
de la lampe peut être assimilé à un gaz de Bose non condensé, et celui du laser
à un condensat.
Dans l’équation (III.31), j’ai écrit les intégrales en fonction du paramètre sans
r. La fonction (u) vaut
dimension u ~ k
L
(il s’agit donc du potentiel d’interaction sans le terme de contact), ce qui donne
« correction à
l’intégrale »
.
1
1 Je rappelle que nous avions dû introduire à la main un petit facteur imaginaire i03B5’ afin
d’écrire les équations du mouvement, et ce aussi bien dans la méthode diagrammatique (annexe
B, § B 1 a ii, p 349), que dans la méthode de champ moyen (annexe A, § A.2.a iv, p. 330).
C’est de ce même facteur dont nous avons besoin ici, il ne fallait donc pas le faire tendre vers
0 prématurément
252
1 Le facteur 108 a été choisi après quelques tâtonnements Il ne représente pas le résultat
d’une quelconque étude théorique
253
Attention : le
développement (III.37) n’est pas local, c’est-à-dire que rien n’im-
pose que ~(r) ne dépende que de 03C1(r). Les quantités ~(1) et ~
(2) sont des fonction-
(1) étant linéaire et ~
nelles, ~ (2) quadratique dans l’espace vectoriel des fonctions
de R3 dans M (C).
3 Bien sûr, tout se simplifie si l’on suppose que la densité
atomique est constante, mais je ne fais pas ici cette restriction.
En reprenant l’équation intégrale (III.9.a), et en remplaçant le dipôle moyen
D(r) grâce à (III.35) et (III.36), on obtient
densité, on a
où (1)
i ne fait intervenir qu’une seule position (forcément le point
d ), (2)
i
R i
d
fait intervenir deux positions, etc.
. Lorsque l’on moyennera sur les
1 positions
atomiques, (1)
i
d fournira le terme , (2)
en 03C1
0 i le terme en 03C1
d , etc.
0
2
On peut à nouveau développer les (p)i sous la forme suivante:
d
La quantité d
{i,j} utilisée dans l’équation (III.43.b) représente les termes du dé-
i
veloppement ide d qui ne font intervenir que les positions R i et j R De même
.
pour
{
i
.i,j,~}
d
1 L’unicité du développement (III 42) ne paraît pas a priori des plus évidentes En fait, il
s’avère que l’expression du dipôle d, est linéaire en champ, et dépend des ~
g(R
)
~’
- R
sous forme
de fractions rationnelles On peut développer formellement ces fractions en séries entières, et
ensuite extraire pour tout p (1 p N) la contribution à p points
255
D’où
Remarque oublions un instant que le milieu est fim, et supposons celui-ci homogène
(03C1(r) =
)
0
03C1 Les trois intégrales intervenant dans l’équation peuvent être intégrées ana-
(III 50)
lytiquement sur les angles, conduisant à un résultat analogue à l’équation (III.31) On constate
alors que pour les deux dernières lignes de (III 50), l’intégrale qui subsiste sur r’ ~r’~ obtenue
=
converge rapidement, i.esur une distance de l’ordre de quelques longueurs d’onde optique Par
contre, dans l’intégrale de la première ligne de (III.50), la fonction de r’ à intégrer tend vers
une constante non nulle quand r’ +~ ; l’intégrale diverge
~ donc Avec un milieu fini, on se
convainc alors aisément que cette intégrale est de l’ordre de 03BB
0
03C1
L
L
2 , où L est la longueur du
milieu On voit donc que, comme annoncé, la correction du deuxième ordre en densité rapportée
au terme du premier ordre est en en 03BB
0
03C1
L
L
2 .
On remplace alors
les qui (1)
~ figurent dans (III.40), puis on effectue l’identi-
fication à l’ordre 2. Cela donne
tifiée. Nous allons voir ici que cette méthode est encore plus puissante, puisqu’elle
nous fournit, dans le cas où le milieu atomique remplit le demi-espace z 0, à
l’intérieur duquel la densité est constante, la dépendance en z du dipôle atomique
moyen (c’est-à-dire les corrections à la dépendance exponentielle).
Je préviens le lecteur que ce paragraphe n’est pas essentiel pour la compréhen-
sion du reste de la thèse. Il peut donc passer directement aux résultats présentés
dans le chapitre IV, quitte à revenir ici lors d’une lecture ultérieure.
où la constante 0
D et la fonction 03C8 sont à déterminer. L’équation (III.54) est
équivalente à
où r =
(x, y, z) et r’ = (x’, y’, z’). La constante 0 sera déterminée en supposant
D
que le champ électrique 03B5 s’amortit lorsque z oo. ~
Oncommence par vérifier l’égalité suivante, valable pour tout champ de vec-
Je rappelle que 03B5(z) doit tendre vers 0 dans la limite z ~ +~. Comme le
dipôle D(z’)
décroît exponentiellement, la deuxième intégrale de (III.58) tend
vers 0 quand z ~ +~. Il faut par contre compenser les deux autres termes qui
contiennent le facteur non amorti . ikLz On remplace pour cela
e par son D(z’)
expression (III.55), et on intègre. Sachant que le dipôle est nul en z +~, on =
exprime 0
D en fonction de L et 03C8(0). On obtient finalement
E
optiques. Dès que l’on est suffisamment loin du bord du milieu, on peut les étendre
sur tout l’espace (ce que je ne fais pas ici, car je souhaite précisément étudier le cas
où l’on est au bord du milieu. Mais je le ferai par exemple au chapitre V lorsque
j’étudierai par une méthode voisine la section efficace différentielle de diffusion).
L’intégrale de la première ligne doit être séparée en deux termes : un terme clas-
sique ne contenant pas la fonction de corrélation ~, et un terme quantique la
contenant.
Le terme quantique converge lui aussi très rapidement, sauf dans le cas des
bosons à température quasi-nulle. Par contre, le terme classique ne converge pas
aussi vite (par exemple il diverge si on veut l’étendre sur tout l’espace). Par
conséquent, ce terme dépendra de la distance entre r et le bord du milieu, même
si l’on est très loin de ce bord.
Cette intégrale peut en fait être calculée en réutilisant le résultat (III.57), et
en choisissant cette fois-ci ik Cela donne ici
e
E
.
z
L V(z) =
1. Ce procédé est utilisé plusieurs fois au cours de cette thèse : par exemple pour calculer le
potentiel d’interaction (annexe A p 330), ou bien pour calculer l’indice à l’aide de la matrice
T (annexe B, § B 1 a ii, p 349) En fait, on montre que cette partie imaginaire apparaît
naturellement si l’on tient compte du fait que les photons échangés par les atomes se propagent
dans un milieu absorbant (annexe C)
260
Il ne reste plus qu’à comparer terme à terme les équations (III.61) et (III.63).
On obtient successivement
puis
et
sur tout l’espace, il n’en va pas de même pour (III.66.b) qui nécessite de longues
Analyse du résultat
avions le droit de négliger comme nous l’avons fait le mouvement des atomes.
Je terminerai par un complément (§ IV.5) qui montrera comment généraliser
notre calcul au cas d’une transition atomique quelconque.
FIG. IV.1 - Partze réelle (a) et partie imaginaire (b) de l’indice de réfraction d’un
milieu atomique dilué, calculées en fonction du désaccord. La densité atomique
vérifie 3
0=3BB
0
03C1
L 2, et la température /(
B
Mk
)
L
k
2 = 1. La courbe en trait plein
désigne les bosons, et celle en pointillés les « boltzons ». En médaillon, j’ai ôté le
terme dominant dans l’expression de l’indice.
Malheureusement, l’effet visible sur la figure IV.2 serait très difficile à mettre
en évidence expérimentalement, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les
Lorsquel’on sonde les atomes avec un laser de désaccord (positif) 03B4 » 0393,
la variation en fonction de T, et donc les effets collectifs, apparaissent pour des
températures plus élevées. Pour s’en convaincre, il faut revenir au raisonnement
que j’ai fait à la page 213 (davantage de détails seront également données au
paragraphe IV.3.a, p. 278). Du fait de l’interaction dipôle-dipôle, il existe une
267
Ce sont les atomes qui « voient» le laser de façon résonnante qui contribuent le
plus à l’indice. Lorsque 03B4 ~ +~, ce sont donc des paires d’atomes de plus en
plus proches qui interviennent. Tout se passe comme si l’on « sondait» la dis-
tribution de paire ~(r) pour des valeurs de r voisines de 0. Or, d’après la figure
III.3 (p. 249), ~(r) ~ 1 au voisinage de 0, même à des températures bien supé-
rieures à la température de condensation, d’où l’effet attendu. Quantitativement,
la température d’apparition des effets quantiques collectifs doit être (à un facteur
numérique multiplicatif près)
utile.
Tout d’abord les deux études ne calculent pas la même quantité. On peut
toutefois comparer la partie imaginaire de l’indice de réfraction avec la section
efficace totale de diffusion, grâce au théorème optique, que je rappellerai au para-
graphe IV.2.a. Muni de ce théorème, on s’attend à ce que le calcul dans le cadre
de l’approximation de Born redonne partiellement le résultat (III.13): on pense
retrouver le terme d’ordre le plus bas et le terme statistique (la première inté-
grale), mais pas la 2e intégrale qui est reliée aux interactions. Nous verrons qu’en
fait, la coïncidence attendue n’a lieu qu’à grand désaccord, et nous expliquerons
pourquoi à l’aide de considérations diagrammatiques. Moyennant une légère amé-
lioration du calcul de diffusion dans le cadre de l’approximation de Born, on peut
néanmoins étendre la concordance des deux résultats à un désaccord quelconque.
Enfin (§ IV.2. e, p. 276), je tracerai des courbes montrant que l’approximation de
Born donne un bon résultat qualitatif, mais que la prise en compte des interac-
tions telles que nous l’avons faite était bien nécessaire pour obtenir un résultat
correct.
268
a) Le théorème optique
Le théorème optique se déduit du fait que la matrice S est unitaire. On utilise
l’expression de S [119, p. 31 formule (30)] (|03C8 > sont les états incident
> et |03C8
inc dif
et diffusé discrétisés, d’énergie E
inc ):
et dif
E
c
où 03B4 est le symbole de Kronecker (égal à 1 si ses deux arguments sont égaux,
0 sinon). En écrivant que incS|03C8 1, et en utilisant une relation de
~
|S
<03C8
> =
L
03C9étant la longueur d’onde du photon incident (|03C8
> = L
inc 3B5 La formule
0#x3E;).
&|k
(IV.4) est valable lorsque le milieu remplit une lamelle d’épaisseur a et de section
.
2
L
D’autre part, en intégrant l’expression (I.1) de la section efficace différentielle
de diffusion sur l’angle solide 03A9, on trouve l’expression de la section efficace totale
de diffusion :
03B5
k
d étant le photon diffusé, et 03B4 03C9
=
L le désaccord.
- 03C9
A En intégrant sur 03A9 et
sommant à chaque fois sur la polarisation 03B5
, on trouve
d
Si on l’intègre sur l’angle solide, on trouve une contribution infinie. Cela vient
du fait qu’il faudrait, pour traiter correctement le problème, resommer certains
diagrammes de diffusion multiple (plus de détails seront donnés au paragraphe
IV.2.c.i. Voir aussi la remarque faite à ce sujet dans l’annexe B, p. 367).
Venons-en maintenant au 3 e terme de (1.8), que je noterai (d03C3/d03A9)
. Pour
stat
l’intégrer sur l’angle solide, j’utilise la relation
Cela donne
partie résonnante
1 ; nous pouvons donc faire l’assimilation:
breux diagrammes ont été négligés afin de rendre faisables les calculs. Pour pou-
voir appliquer le théorème optique et comparer une section efficace de diffusion
avec un indice, il faut donc que les mêmes termes aient été pris en compte. Or il
n’est pas toujours évident de reconnaître les termes d’un calcul à l’autre. Nous
allons voir ici qu’il est possible d’y parvenir en « repliant» les diagrammes du
calcul de diffusion de façon à obtenir ceux du calcul de l’indice.
Le calcul d’indice en termes de diagrammes a été présenté sommairement au
chapitre II (§ II.1, p. 216), et détaillé dans l’annexe B. Par contre, j’ai été très
rapide dans la présentation du calcul de diffusion. Une section différentielle de
diffusion s’exprime à l’aide du carré d’un élément de la matrice T ; chacun des
deux termes de ce carré peut être développé en diagrammes. Un diagramme de
diffusion est donc un diagramme à deux « voies » parallèles, chaque voie corres-
pondant à l’un des termes du carré [213, 214]. Pour nous fixer les idées, prenons
par exemple le cas d’atomes discernables, et négligeons la diffusion multiple. On
1
a la relation
où >
inc
|03C8 =
|{f, ,
i=1
}
i
P ,
,N 0#x3E;
&k
L > |{f, P
3B5 et |03C8
dif =
i i=1
’}
, ,
,N 0#x3E;.
&k
d3B5
Les impulsions
sont discrétisées, c est le
et 03B4 de
symbole Kronecker, traduisant la conservation de
l’impulsion des atomesi et j.
Dans le premier diagramme de (IV.13), le photon diffuse sur le même atome
dans chacune des deux voies. Ce diagramme correspond au premier terme de la
formule (I.8) (terme en N). Le deuxième diagramme, où le photon ne diffuse pas
sur le même atome, fournit le terme en N
2 dans le résultat (I.8). Rappelons que,
pour des atomes discernables, ~ 0 et le 3
= e terme de (1.8) est nul.
Pour passer d’une section efficace différentielle de diffusion à un indice de ré-
fraction, il faut effectuer une sommation sur le photon d 03B5 Cela revient, comme
k
.
on le voit dans la formule (IV.14), à refermer le diagramme sur lui-même pour
construire un diagramme à une voie, analogue à ceux utilisés dans le calcul d’in-
dice. De même, pour passer d’un indice de réfraction à une section efficace de
diffusion, il faut ouvrir les diagrammes au niveau d’un photon émis (ce peut être
un photon échangé entre 2 atomes, mais aussi un photon émis par un atome et
tous les photons émis et réabsorbés par l’atome (obtenant ainsi le déplacement
de Lamb et la largeur naturelle de l’état excité). Le photon supplémentaire d 03B5
k
n’est donc qu’un terme de plus dans cette sommation. On reconnaît donc l’un
des termes intervenant dans l’expression de (II.8) de l’indice à l’ordre le plus bas
en densité.
Si maintenant on referme le 2
e diagramme de (IV.13), on obtient
avec k
d =
L
k par conservation de
l’impulsion (si le milieu est infini), et 03B5
d 03B5
L par =
La situation est en fait plus complexe Les diagrammes doivent être classés en deux types
réductibles et irréductibles Les diagrammes réductibles peuvent être séparés en deux en coupant
une ligne de photon Par exemple, le 2 e diagramme de (II 8) (qui fait intervenir un atome) est
e (à deux atomes) est réductible Lorsque l’on compare un diagramme
irréductible, alors que le 3
d’indice et un diagramme de diffusion par le schéma de fermeture et d’ouverture que je viens
d’exposer, il faut que les deux diagrammes soient irréductibles Je n’expliquerai pas ici l’origine
de cette situation, car je n’ai pas encore introduit certaines notions indispensables Quelques
précisions seront données au paragraphe V 2 b vii, p 318
Ce diagramme peut être ouvert sur le photon k03B5, donnant naissance au diagramme
(IV.16). Mais on peut aussi l’ouvrir sur l’un des photons à l’intérieur» de
« x
i
ou x
(photon émis par l’un des atomes excité et aussitôt réabsorbé). On obtient
275
alors
de le faire : il faut pour cela considérer que l’énergie de l’état excité d’une atome
(resp. sa largeur naturelle ) n’est plus 03C9A (resp. 0393) mais est modifiée par
l’indiscernabilité des atomes [171].
Pour cela, on pose
où >
f
|03C8 un état où tous les atomes sont dans l’état fondamental et où l’im-
est
pulsion de > un état à un atome excité, dans
chaque atome est fixée, et |03C8
e
l’état excité de polarisation L
. Si les atomes sont discernables, on prend |03C8
> =
e
i{j,
e
|i,
,
L
>,
j~i
kLe·03B5
Ri
f}
et on trouve simplement
276
où je rappelle que, si i
P l’impulsion de l’atome z, |i,
est ikL·Ri e· 03B5
e ,P
L > = |i, e·
i
,P
L
03B5 i + >.
L
k Après quelques lignes de calcul sans difficulté, on obtient
e) Résultats
numériques
Afin d’évaluer les conséquences de l’approximation de Born, j’ai tracé sur
la figure IV.4 l’indice de réfraction en fonction de la température, avec et sans
277
densité (§ IV.3.b).
1. Le calcul qui va suivre n’est en fait valable qu’à grand désaccord positif. Nous savons en
effet que le potentiel d’interaction entre 2 atomes proches dont l’un est excité peut être répulsif
ou bien attractif, selon l’état interne dans lequel se trouve la paire (voir p. ex. la figure 1.7,
p 213) Dans le cas où le potentiel est attractif, il tend à confiner l’un des atomes au voisinage
de l’autre, et par conséquent, il existe des états liés Si le désaccord du laser est négatif, il peut
entrer en résonance avec la transition conduisant vers l’un de ces états liés Des effets physiques
complexes, que je ne prends pas en compte mes calculs, peuvent se produire
278
laquelle une paire d’atomes voit la lumière de façon résonnante. Je rappelle que
* vérifie
cette distance r
ou bien
Les deux conditions (IV.27) et (IV.28) sont très différentes : la première est
250 fois plus restrictive que la seconde ! Il est donc indispensable de déterminer
une condition de validité précise pour le calcul.
Un moyen de s’en tirer est de vérifier a posteriori que le calcul était bien
valable. Il suffit en effet que la contribution du terme d’ordre 1 en densité soit
effectivement bien plus importante que celle d’ordre 2. On vérifie par exemple
que la condition est bien vérifiée sur les courbes des figures IV.1 et IV.2, et ce
bien que la condition (IV.27) ne soit pas vérifiée (rappelons que les courbes ont
été tracées avec 3 03BB 2 (fig. IV.1) ou 3
0
03C1
L =
03BB 0,5 (fig. IV.2)).
0
03C1
L =
Le résultat (IV.26) nous fournit une réponse plus quantitative dans le cas des
particules discernables et à grand désaccord positif. On voit que la condition à
remplir est
(les facteurs numériques présents dans (IV.26) étant tous voisins de 1), ou encore
r* étant la distance pour laquelle une paire d’atomes voit la lumière de façon
résonnante, donnée par la formule (1.26). On constate donc que la condition
(IV.30) est moins restrictive que la condition (IV.28).
Nous avons dans tous les calculsnégligé le mouvement des atomes, sans vrai-
ment justifier cette approximation. Ce paragraphe se propose de revenir sur ce
point.
280
Je vais recalculer ici l’indice à l’ordre le plus bas en densité, en tenant compte
de manière perturbative du mouvement des atomes.
Pour cela, j’utilise la méthode de la matrice T (cf. annexe B, formule (B.28)
p. 359). Je me place donc en point de vue P. L’élément de matrice que je calcule
maintenant est T(E), avec E
i i =
L + 03A3
03C9 i=1
N /(2M)
i
2
P + i03B5. Je tiens compte
du changement d’impulsion que subissent les atomes quand ils sont excités (effet
Doppler et effet de recul). Dans le cas d’un état pur (i.e. où l’impulsion de chaque
atomes est bien déterminée), on trouve facilement que
Dans le cas non dégénéré (i.e. où les facteurs d’occupation se réduisent à des
exponentielles), on trouve
condition qu’il est très facile de vérifier avec des alcalins (par exemple pour le
césium la condition (IV.34) est équivalente à 03C1
L 5,7.10
3
0 ).
-7
b) Calcul de l’indice d’un gaz de bosons à température nulle
tenant compte du recul des atomes
i) Présentation du résultat
Yvan Castin [215] a effectué
calcul d’indice de réfraction tenant compte
un
du mouvement atomique, et en se limitant au cas de bosons à température nulle
(l’impulsion de chaque atome est donc initialement nulle). Voici le résultat ob-
tenu :
282
où
et
R R =
i - et P =
,
j
R i
(P
-P)
j/2. Par conséquent, et C g(R)
P ne commutent pas
de
(et il faut se le rappeler lorsqu’on manipule les fractions l’équation (IV.35.a)).
Remarque. les termes d’énergie cinétique ne figurent pas tous dans le résultat (IV.35). A
priori, l’énergie cinétique intervient au niveau des dénominateurs d’énergie (éléments de matrice
de G )) Dans le calcul d’indice, il existe deux sortes de dénominateurs d’énergie :
(z) = 1/(z-H
0 0
ceux correspondant à un état à un atome excité et 0 photon, qui s’écrivent
Pour obtenir le résultat (IV 35), il faut négliger l’énergie cinétique dans le 2 e type de dénomi-
nateur (de façon à retrouver le potentiel g sans correction) Si on ne néglige pas cette énergie
cinétique, on modifie le pôle z,
en et donc l’expression du potentiel d’interaction gOr,
on sait
(notamment grâce à l’annexe C) que, si la modification du pôle est petite devant , alors
L
03C9
l’indice est inchangé à l’ordre 2 en densité On peut donc négliger l’énergie cinétique dans le
deuxième type de dénominateurs à condition qu’elle reste négligeable devant 03C9 .
L
ligne de (IV.35.a). Cette approximation est valable dans la limite des grands
désaccords, où, comme nous l’avons vu au paragraphe IV.3, ce sont essentielle-
ment des valeurs de r proches de 0 qui contribuent au résultat
. Dans ce cas, la
1
contribution de l’état subradiant disparaît. On trouve simplement que
2
où
correctif (IV.39) convergent sur une distance de l’ordre de 03BB. Par conséquent,
L
le petit paramètre du problème est comme prévu k /M0393.
L
2 Dans le cas des alca-
lins, il paraît donc légitime de négliger l’énergie cinétique, et ce quel que soit le
.
3
désaccord
1 Sans cette approximation, le raisonnement queje fais ici n’est plus valable, car les intégrales
qui constituent alors les coefficients du développement sont divergentes
2. Le symbole utilisé dans (IV 38) désigne la contraction totale de deux tenseurs (i e la
trace de leur produit au sens des matrices) La dérivation du symbole ~ s’applique sur ce qui
est à droite, à l’intérieur du même groupe de parenthèses
3 Cette affirmation est un peu rapide dans la mesure où l’argument des intégrales de l’équa-
tion (IV 38) dépend du désaccord 03B4 Par conséquent, le calcul ci-dessus ne permet pas de dire
que l’on peut négliger l’énergie cinétique à tout désaccord
Une étude plus poussée de ces intégrales a été effectuée par Yvan Castm [215] Cette étude
est basée sur undéveloppement à grand désaccord du type de celui réalisé au paragraphe IV.3.
Elle conclut que le terme correctif A 1 se comporte, lorsque03B4 ~ +~, en 1/3 (0393/03B4) Par
2
)
0
(03B103C1
.
conséquent, A1 décroît plus vite que A 0 à grand désaccord
Les calculs conduisant à ce résultat sont fort longs C’est pourquoi je n’ai pas jugé indispen-
sable de les faire figurer dans cette thèse Le lecteur intéressé par le détail de ces calculs pourra
s’adresser à Yvan Castin
284
Remarque: dans l’article que nous avons publié dans Phys. Rev. A [188], nous
indiquions que notre calcul n’est valable que pour
dans le cas des atomes, leur état fondamental doit avoir un moment angulaire
demi-entier).
L’objet de ceparagraphe est de généraliser le calcul d’indice à une transition
J ~ J + 1 quelconque. Le problème est compliqué par le pompage optique qui
apparaît alors dans l’état fondamental. C’est pourquoi je me suis placé ici dans un
cas particulier : celui où les atomes sont initialement pompés dans le sous-niveau
|m =
+J>, et où le laser sonde est polarisé 03C3
. De tels atomes peuvent être
+
préparés dans un piège magnétique par du refroidissement évaporatif (comme par
exemple dans l’expérience de l’équipe de Cornell [63]). Le piège électrostatique et
magnétostatique, que j’ai présenté au paragraphe 3.A, p. 179 (première partie de
cette thèse) pourrait constituer un moyen de les obtenir avec du refroidissement
Raman.
285
a) Calcul de l’indice
Le principe du calcul est de resommer les diagrammes d’échanges de photons
entre deux atomes d’une paire (méthode de la résolvante). Afin de simplifier
les calculs, cette resommation doit être effectuée en choisissant comme axe de
quantification la droite joignant les deux atomes. A l’origine l’un des deux atomes
z et l’autre dans l’état |e, m = J+1>
est dans l’état|f,m = J> , où z correspond à
z
l’axe de propagation du laser. La première étape du calcul consiste donc à changer
d’axe de quantification. Les potentiels d’interactions seront ensuite calculés dans
la base correspondant à l’axe r.
où
et
Nous avons besoin de prendre une rotation amenant u z sur r/r (de coordon-
nées sphériques (03B8,~)). L’un des degrés de liberté est indéterminé. Il suffit donc
de prendre ~2 0 (et ~
=
1 ~). On applique la formule (IV.40) successivement
=
FIG. IV.5 - Echange d’un photon entre un atome dans l’état fondamental et un
. Ce couplage
couplage par échange d’un photon de cet état avec l’état |e, n’; f, n>
r
vaut
où <m|03B5|n’> est un élément de matrice (ce n’est pas un vecteur) qui se calcule par le
théorème de Wigner-Eckart, l’élément de matrice réduit valant 1. La sommation
de la deuxième ligne de (IV.41) se fait sur 3 vecteurs d’une base quelconque de
.
3
R
Pour calculer l’expression (IV.41), on exprime les polarisations sur la base des
polarisations 03C3
- + par rapport à r. On procède ensuite comme pour le
, 03C0 et 03C3
calcul du tenseur g dans le cas de la transition 0 ~1 (annexe A, p. 331). Voici
le résultat finalement obtenu :
287
où
et
avec
~
V est un vecteur colonne, défini pour - J m J et m’ = ~ - m par
Enfin, g
~ est une matrice carrée, indexée par m et n, avec -J m, n J.
L’expression de son élément de matrice est défini par la formule (IV.42), avec
m + m’ = n + n’ = ~.
b) Calcul formel
numérique
et
à toutes les valeurs de~ qui converge). Or les erreurs d’arrondi dans chacun des
termes empêchent le résultat numérique de converger. J’ai résolu ce problème en
soustrayant, lorsque k r
L 1, à la fraction rationnelle de la deuxième ligne de
(IV.42) le terme 03B1g
(r). Ensuite, j’ai calculé la contribution du terme soustrait
~
en faisant effectuer par Mathematica la sommation sur ~, et en développant le
résultat au voisinage de r = 0.
c) Résultat numérique
Le résultat du calcul d’indice pour diverses transitions J ~ J+1est donné par
la figure IV.6. Dans le cas des valeurs de J demi-entières, j’ai utilisé la distribution
de paire des fermions. On constate que, pour des valeurs de J correspondant au
même type de statistique, l’indice de réfraction est très voisin. Ceci permet de
justifier le fait que la quasi-totalité des calculs de cette thèse aient été effectués
sur une transition 0 ~ 1.
289
FIG. IV.6 - Indice de réfraction d’un gaz d’atomes, sur une transition J ~ J + 1,
tracé pour plusieurs valeurs de J. Le désaccord vaut 03B4 =
0393, la densité vérifie
03BB 0,5, et la lumière est polarisée 03C3
0
03C1
L
3 = . Dans les cas où J est demi-entier, j’ai
+
utilisé la distribution de paire des fermions.
290
Chapitre V
à-dire dans le régime où il est possible de faire le calcul). En effet, lorsque l’on
effectue une mesure de l’indice, les effets quantiques collectifs sont des effets du
second ordre en densité. Or les fluctuations du premier ordre viennent brouiller
le signal qui nous intéresse.
L’objet de ce chapitre est de revenir sur cette conclusion pessimiste. Nous
devons pour cela rechercher des signaux d’interaction atomes/lumière, tels que
les effets quantiques soient visibles « sur un fond noir ». Les effets quantiques
collectifs sont des effets à 2 atomes (ou plus). Nous devons donc chercher un
signal auquel un atome isolé ne contribue pas, mais auquel une paire d’atomes
peut contribuer.
Nous avons trouvé un tel signal : la section efficace différentielle de diffusion.
Nous savons que pour un atome isolé, cette section efficace est donnée par la
formule
où L
03B5 est le photon incident et d
k 03B5 le photon diffusé. Supposons que l’on place,
k
suffisamment loin du milieu, un photodétecteur. Ce photodétecteur permet de
détecter la diffusion du photon dans une direction kd donnée. Plaçons maintenant
devant ce photodétecteur un polariseur ne laissant passer que la composante de
292
ont été proposés. Par exemple, Shlyapnikov a proposé une expérience basée sur
FIG. V.1 - Diffusion d’un photon sur un nuage d’atome froids, et détection dans
une direction de polarisation fixée (ici, elle est orthogonale à celle du photon
incident).
Soit donc un milieu atomique mince, c’est-à-dire tel que 203BB 1, où a est la
0
03C1
a
L
taille du milieu (figure V.1). Le milieu est irradié par une onde plane incidente de
vecteur d’onde k L et de polarisation 03B5
. Je cherche à calculer l’intensité lumineuse
L
en un point M situé loin du milieu, selon une direction de polarisation 03B5
d donnée.
Pour ce faire, je dois définir les quantité suivantes
1
1 Le lecteur pourra être surpris des définitions figurant dans le système (V.2). En effet, les
quantités d
i et e(r) sont déjà des moyennes sur les degrés de liberté atomiques internes et sur les
photons Dans ces conditions, on ne voit pas pourquoi on considère les produits de moyennes,
par exemple di d
~ ,
j et non les moyennes des produits
Aussi ai-je effectué une étude plus poussée, basée sur les moyennes de fonctions de corrélation
temporelles, du type
Ces moyennes ont été effectuées en représentation de Heisenberg, dans le cas où la saturation
du laser est faible Les calculs sont analogues à ceux concernant l’amplitude qui sont présentés
dans l’annexe A
294
les moyennes étant effectuées sur les degrés de libertés atomiques externes (je
rappelle que e(r) et di sont des opérateurs vis-à-vis de ces degrés de liberté).
L’intensité lumineuse au point r est donc [I](r, r). La quantité que je me propose
de calculer est 03B5*
·M
d ,·
[I](r
) r03B5 .
d
En moyennant sur les positions atomiques, on met cette expression sous la forme
Je trouve finalement que les moyennes de produits d’opérateurs satisfont aux mêmes équations
que les produits de valeurs moyennes J’en déduis donc qu’il y a égalité entre ces deux types
de quantités Ceci découle du fait que le champ source est un champ cohérent,ie
295
la forme
l’ordre 2.
Plaçons-nous pour commencer dans le casi ~ j. Intuitivement, on écrit la
relation
On utilise ensuite les relations (V.7) et (V.8). Après moyenne sur les positions
atomiques, on trouve
tenseurs g(r
M - r) et g(r
M - r’) par leurs valeurs asymptotiques, i.e.
où j’ai défini d
k =
Ok
L
M/~OM~. J’utiliserai également le développement
où V est le volume du milieu et p(r) est la probabilité que deux points du milieu
soient séparés par le vecteur r, définie par
définition qui est suggérée par Bart A. van Tiggelen [214, p. 45]. Le tenseur g
(r)
~
coïncide avec le tenseur g(r) pour kr
L 1. Il ne contient pas les termes en 2
1/r
3 (ni non plus le terme de contact).
ni les termes en 1/r
Regardons de près les termes de l’équation (V.18). Les termes intitulés
« termes
géométriques » contiennent des intégrales qui ne convergent à l’infini
que grâce à la présence de la probabilité p(r). Ces termes dépendent fortement de
299
TAB. V.1 - Les termes irréductibles du résultat (V.18) et les diagrammes corres-
pondants. Les termes statistiques et les complexes conjugués ne figurent pas dans
ce tableau. Les noms ont été tirés de [213].
301
On voit que toutes les intégrales figurant dans l’équation (V.16) se ramènent à
la forme (V.22). Alors, le résultat de l’intégration angulaire (où j’ai séparé le cas
k =
0) est :
302
où les fonctions ,f
1
f 2 et 3
f sont définies par
g) Résultats numériques
z) Principe du calcul numérique
J’ai évalué numériquement la section efficace différentielle de diffusion, en
procédant de la même façon que pour l’indice, i.e. en partant de l’expression
intégrée sur les angles. J’ai évalué la lumière diffusée par un milieu sphérique
mince : j’ai donc dû choisir une densité et un rayon de milieu compatibles avec la
condition de minceur.
Je suis parti de l’expression (V.18), transformée grâce à l’équation (V.23). J’ai
intégré séparément les termes géométriques et les termes intrinsèques de l’équa-
tion (V.18), car le rayon de convergence des intégrales correspondantes n’est pas
du tout du même ordre. Par contre, j’ai groupé (après l’intégration angulaire) les
intégrants de tous les termes intrinsèques, avant de les intégrer numériquement.
Si j’effectue les opérations dans l’ordre inverse (intégration numérique de chaque
terme puis addition des résultats), j’obtiens un résultat faux à cause des erreurs
d’arrondis (avec notamment une section efficace négative dans certains cas).
Remarquons que l’expression de la section efficace (plus exactement la contri-
bution des diagrammes de boucles) contient un terme qui oscille sans s’amortir
pour r ~ +~. Ce problème avait déjà été rencontré dans le cas de l’indice et a
été traité ici de la même façon (en intégrant séparément l’exponentielle complexe
correspondante, et en l’ôtant de l’intégrant ; on le justifie en introduisant une
partie imaginaire au pôle lors de l’évaluation de g (par exemple en remplaçant g
par le tenseur B
g défini par les formules (C.3) et (C.4) dans l’annexe C)).
Comme pour l’indice, j’ai effectué le calcul sur la station SUN SPARC de
notre équipe. J’obtiens une courbe du genre de celle de la figure V.2 en quelques
heures.
303
ii) Résultat
La figure V.2 présente le résultat d’un calcul de section efficace différentielle
de diffusion, pour un milieu mince de forme sphérique, avec un désaccord laser
valant 03B4 0393, et en détectant la lumière diffusée dans une direction de polarisation
=
FIG. V.2 - Résultat d’un calcul de section efficace différentielle de diffusion, pour
des bosons (courbe continue) et des atomes discernables (courbe en pointillés). Le
milieu remplit une sphère de rayon a/2 = 2003BB
. La densité atomique (homogène)
L
vaut 303BB=0,01.
0
03C1
L Le désaccord du laser vaut 03B4 0393. Le faisceau incident est
=
guère observables sur les expériences de notre laboratoire. Si l’on recherche les
effets collectifs à des températures accessibles par le refroidissement laser, on a
besoin de contrôler la densité atomique à une précision de l’ordre du pour cent,
chose qui me paraît très difficile. A des températures plus basses (et notamment
si la condensation de Bose est atteinte), une précision de 10 % sur la densité
suffit. Mais il faut acquérir les techniques de refroidissement évaporatif, chose qui
304
La figure V.3 nous montre des résultat obtenus à des désaccords laser allant de
03B4
= 0 à 03B4
= 50 0393. On voit que comme attendu, la dépendance en température (et
donc les effets quantiques collectifs) apparaît à une température d’autant plus
élevée que le désaccord est grand. Nous avons également une surprise : plus le
désaccord est élevé, plus grande est l’importance (par rapport au signal total)
du terme statistique. A grand désaccord, il représente la moitié du signal total.
Il serait donc possible d’observer des effets quantiques collectifs sur des atomes
refroidis par laser, sans qu’il soit nécessaire de très bien contrôler la densité.
Malheureusement, ce bel optimisme doit être tempéré, et ce pour deux raisons.
La première a déjà été évoquée : les calculs sont effectués sur une transition 0 ~ 1,
et pour généraliser le résultat, il faut être capable de pomper parfaitement les
atomes. La deuxième difficulté vient du fait que l’intensité de la lumière diffusée
décroît lorsque 03B4 ~ +~. Pour un désaccord 03B4 10 0393, on trouve une section
=
-7 2
efficace différentielle par atome de l’ordre de 5.10 L (je rappelle que je me suis
placé dans le cas d’une très faible densité 303BB= 0,01) et que je détecte la lumière
0
(03C1
L
dans une direction de polarisation orthogonale à la polarisation incidente). Si
l’on suppose que la fréquence de Rabi du laser incident est de l’ordre de 0393, et en
prenant pour 0393 la valeur du césium (203C0 5,3 MHz), sachant également qu’avec les
paramètres choisis
1le milieu contient 335 atomes, on trouve que le milieu diffuse
600 photons par seconde et par stéradian. L’observation de ce signal nécessitera
donc l’emploi d’un photomultiplicateur, une technique relativement compliquée
à utiliser.
FIG. V.4 - Résultat d’un calcul de section efficace différentielle avec un petit angle
de diffusion (03B8=
0,1rad = 5,7°), et sans filtrage de la polarisation. La densité,
le désaccord, la taille du milieu et l’angle ~ sont les mêmes que sur la figure V.2.
En pointillés, résultat obtenu dans le cadre de l’approximation de Born (éq. (I.8),
p. 203).
v) Conclusion
Les calculs d’intensité que j’ai présentés montrent qu’il est théoriquement
possible d’observer un signal lié à l’indiscernabilité des atomes en mesurant la
diffusion de la lumière dans une direction de polarisation orthogonale à la polari-
sation incidente. Toutefois, les conditions expérimentales seront particulièrement
délicates, car elle nécessitent soit de très bien contrôler la densité, soit de détecter
très peu de lumière.
Néanmoins, la condition de milieu mince 2 03BB « 1, et la condition de faible
0
03C1
a
L
densité 03C1
L 1, que j’ai imposées dans mes calculs, sont des pures conditions
3
0
de théoricien : sans elles, je ne sais pas faire le calcul, ce qui ne veut pas dire qu’il
n’y a pas d’effets intéressants. En levant l’une de ces conditions, on augmente
le nombre d’atomes, donc le signal lumineux. Pour pouvoir prédire quel sera ce
signal, il faut trouver une méthode de calcul de la diffusion valable dans le cas
d’un milieu épais et dense.
Cette méthode existe, bien qu’elle ne soit pas très élégante: il s’agit d’une si-
mulation de Monte-Carlo, donc une méthode entièrement numérique. Elle permet
de calculer la section efficace de diffusion non seulement dans le cas d’un milieu
épais et/ou de densité élevée, mais également dans le cas où la densité n’est pas
uniforme. On pourra par exemple traiter la situation où les atomes sont confinés
dans un piège harmonique, comme c’est le cas sur les récentes expériences de
condensation par refroidissement évaporatif [63].
Les résultats de cette méthode seront présentés dans l’article que nous publie-
rons prochainement.
l’approche que nous avons développée (le calcul d’intensité par développement
systématique en puissances de la densité) et les résultats de la littérature [213]. Il
permet également d’apporter des précisions sur la zoologie des diagrammes pris
en compte, sur la séparation entre termes géométriques et termes intrinsèques
que nous avons rencontrée dans l’équation (V.18), ainsi que sur la formulation du
théorème optique en termes de diagrammes. Enfin, les équations de Dyson et de
Bethe-Salpeter constituent une formulation tellement élégante du problème qu’il
eût été vraiment dommage d’en priver le lecteur !
où le tenseur (r, r
D
g
)
1 (appelé propagateur du champ) dépend a priori des ca-
Le tenseur D
g vérifie l’équation suivante [214, éq. (2.3) p. 37; 220, éq (39)],
appelée équation de Dyson, et que je ne chercherai pas à démontrer ici :
Le tenseur [03A3] présent dans l’équation (V.27) est appelé réponse irréductible ».
«
(V.27). En particulier, le caractère non local du tenseur [03A3] n’est pas du tout
intuitif. On peut toutefois se rappeler (grâce aux résultats du chapitre III) que
le dipôle moyen en un point n’est pas proportionnel au champ en ce point ; il
dépend aussi du champ en des points voisins. Cette non-localité une fois admise,
l’équation de Dyson (V.27) exprime que le champ en un point est la somme du
champ des sources et du champ créé par les dipôles induits.
), en intégrant sur r
(V.27) par s(r
1 1 puis en utilisant les équations (V.25), (V.26)
et (III.5.a), on déduit l’identité
où P(r) =
03C1(r)D(r).
On calcule maintenant la réponse irréductible en puissance de la densité,
comme nous l’avions fait pour l’indice au paragraphe III.3. Je rappelle que ce
Je suppose également que la densité varie peu sur l’échelle de la longueur d’onde
311
Dans ces conditions, la relation entre dipôle et champ devient locale et on retrouve
le résultat de l’indice de réfraction établi au chapitre III.
1 La signification des nouvelles notations tensorielles introduites dans ce chapitre est expli-
quée dans la table V 2
312
Tout d’abord, si a etb sont deux tenseurs, je définis leur contraction totale par
Attention à l’ordre des indices : ce n’est pas le plus intuitif, mais c’est celui qui convient
le mieux au calcul d’intensité.
On peut également fabriquer un super-tenseur avec deux tenseurs, de la façon
suivante:
La quantité [V] présente dans l’équation (V.37) est appelée vertex irréduc-
tzble. C’est une quantité intrinsèque, tout comme l’était la réponse irréductible
[03A3]. Nous allons maintenant calculer l’expression du vertex irréductible par un
développement en puissances de la densité.
L’égalité (V.44) doit être vérifiée quels que soient r et r’. Or on constate
que r et r’ interviennent dans toutes les intégrales de (V.44) via le même facteur
-r)g*(r’
g(r
-
2 r’). ), poser u = 2
On peut donc intégrer sur r et r’ (sur R
3 r-r
et u’=
, puis séparer les intégrales sur u et u’. Ceci donne :
r’ - r’
2
un atome
Je suppose que la densité p varie peut sur une échelle de longueur de l’ordre
de la longueur d’onde optique. Je suppose en outre que les points r1 et r
2 sont
suffisamment proches pour que 03C1(r ). A l’ordre 2 en densité, j’obtiens
) ~ 03C1(r
1 2
efficace (V.18) valable pour un milieu mince, et qui sont représentés dans la table
V.1, p. 300. Le vertex irréductible peut donc être interprété comme une « section
efficace différentielle de diffusion intrinsèque » (de même que, pour le calcul d’am-
plitude, la réponse irréductible (c’est-à-dire l’indice) peut être interprété comme
un « déphasage intrinsèque »).
Le calcul du vertex à l’ordre 2 en densité a déjà été réalisé dans le cas scalaire
par Bart A. van Tiggelen et Ad Lagendijk [213]. Les auteurs ne considèrent
pas un milieu d’atomes froids, mais des particules classiques, qui induisent une
constante diélectrique aléatoire, vérifiant les propriétés <03B5(r)> 0 et <03B5(r)03B5(r’)> ~
=
(r - r’).
(3)
03B4 Les équations d’où ils partent sont donc très différentes des nôtres.
Leur résultat est cependant tout à fait analogue au résultat (V.50.b) (aux effets
collectifs près).
Remarquons que l’identité (V.51 ) est plus complexe que l’expression (IV.6) établie
au chapitre IV. En fait, cette dernière faisait (implicitement) l’approximation du
champ tournant, dont nous savons qu’il ne faut pas la faire pour obtenir un
résultat correct (voir à ce sujet le paragraphe B.3, p. 375).
Cette relation peut être retrouvée en refermant des diagrammes, selon la mé-
thode que j’ai présentée au paragraphe IV.2.c.i. Toutefois, il est nécessaire d’uti-
liser pour [03A3] et pour [V] des expressions renormalisées, dans lesquelles tous
les tenseurs g ont été remplacés par g D (et ceci pour éviter certains problèmes
avec des diagrammes réductibles, comme évoqué p. 273).
i) Le vertex réductible
1 Dans le cas où le champ est scalaire, on resomme exactement les mêmes diagrammes La
g(r)
seule différence est que le potentiel doit être remplacé par Y(r) = L
i
/e
r
(403C0r)
k
320
à tous les ordres. Dans le cas du milieu mince, nous nous étions restreints aux
termes à deux atomes, pour les diagrammes réductibles comme pour les dia-
grammes irréductibles. Ainsi, les diagrammes réductibles de la formule (V.20)
sont inclus dans les deux premiers termes de la somme (V.55)
.
1
iii) Un problème ouvert : la résolution dans le cas vectoriel
nous avions calculée dans le cas d’un milieu mince ne faisait pas intervenir de
sphère d’exclusion.
On peut voir que ce sont les diagrammes d’échelles qui sont à l’origine de la
divergence. Dans le cas de milieu mince, tout se passe bien parce que la divergence
qui est présente dans les diagrammes d’échelles irréductibles
Par contre, dans le cas du milieu épais, les divergences des diagrammes d’échelles
réductibles à partir du 3
e , i.e.
1 Je que par définition le diagramme « écranté»
rappelle contient tous les
diagrammes de diffusion multiple ne passant pas deux fois par le même atome (définition dans
l’annexe C, formule (C 2)) Cette convention permet d’inclure les deux premiers diagrammes
de (V 20) dans (V 55)
321
de cette annexe est d’établir les équations (II.26) dont nous sommes
L’OBJETpartis pour calculer l’indice de réfraction dans l’approche « champ moyen »
(§ II.2.c). Ces équations se calculent à partir des équations de Heisenberg pour
l’hamiltonien en jauge d. E. Elles nous permettront de retrouver la célèbre for-
mule de Lorentz-Lorenz sans avoir recours aux techniques classiques d’exclusion
d’une petite sphère autour d’un atome.
Dans la section A.1, j’introduirai l’hamiltonien du système, avec un terme de
contact le rendant valable même au voisinage d’un atome. Cet hamiltonien est
écrit en jauge A · p. J’effectuerai donc la transformation unitaire permettant de
passer de la jauge A·p à la jauge d. E, suivant la méthode présentée dans [222],
ainsi que dans [223].
Les équations du mouvement proprement dites seront établies dans la section
A.2, en prenant les opérateurs en représentation de Heisenberg. Enfin, la section
A.3 sera consacrée plus particulièrement au terme de contact et à la formule de
Lorentz-Lorenz.
Cet hamiltonien provient de [222, formule (41) p. 315]. Il est valable dans le
cas de l’approximation des grandes longueurs d’ondes. Il est montré dans [223]
que cette approximation permet de négliger le couplage des spins des électrons et
des nucléons avec le champ magnétique. La somme sur z est une somme sur les
i représente un constituant (noyau, électrons) de l’atome
N atomes du milieu. 03B1
i, de masse , 03B1i
m de position r
03B1i et d’impulsion . Dans la suite, je poserai
03B1i
p
r i
R + r’ où R
03B1i 03B1i
=
i est la position du centre de masse de l’atome z. De même,
03B1i
p =M mP
03B1i
i + ,
03B1i
p’ où i
P
l’impulsion totale de l’atome z et M sa masse.
est
La somme sur les photons du champ estdiscrétisée, car on a pris un volume de
quantification fini. Le potentiel vecteur A a pour expression:
où D
i est le dipôle électrique de l’atome z, défini par
b) Transformation unitaire
Par analogie avec [222, p. 309], posons
où
etc.
326
(j’ai fait un développement limité valable dans l’approximation des grandes lon-
gueurs d’onde).
Si l’on définit maintenant la densité de polarisation
on obtient
327
Nous remplaçons dans (A.22) la somme sur k par une intégrale. On constate alors
que cette intégrale diverge. Pour contourner ce problème, nous introduisons une
328
r = 0» [222, p. 44].
Par conséquent, l’expression (A.25) vient exactement compenser i,j
V
,
dip,dip au
où 03C9 ck. Le signeau-dessus des opérateurs indique qu’ils sont pris en repré-
=
où 0
E est le
champ tel qu’il évolue en l’absence d’atomes. Rappelons que, en
représentation de Heisenberg, et à des instants différents de 0, l’opérateur E
~
(ainsi que D
)
i sont couplés à la fois aux variables de champ et aux variables
atomiques internes.
330
L
03C9étant la fréquence du laser, et EL le champ laser en l’absence d’atomes.
Les définitions (A.31) que j’ai imposées sont loin d’être innocentes. En parti-
culier, (A.31.a) impose à tous les dipôles d’osciller à la fréquence du laser; cela
revient à dire que le système n’a qu’une seule fréquence propre 03C9
, proche de 03C9
A .
L
Je fais donc, sans le dire, l’approximation de l’atome à 2 niveaux. Par contre,
l’approximation du champ tournant semble ne pas être nécessaire pour écrire
l’équation sur le champ. En effet, comme nous allons le voir, les termes antiré-
sonnants viennent se combiner de façon naturelle avec les termes résonnants, au
point que leur absence rendrait le calcul inextricable. Or on sait bien que l’ap-
proximation du champ tournant est inséparable de celle de l’atome à 2 niveaux.
Mieux vaut plutôt dire que je fais effectivement les 2 approximations atome
2014
de faisabilité des calculs, je rajoute des termes antirésonnants dont je sais qu’ils
sont petits.
Les moyennes de (A.31) ne portent que sur les photons et sur les variables
atomiques internes. Autrement dit, d i et e(r) sont des opérateurs agissant sur
les variables atomiques externes, z.e. sur les positions/impulsions des atomes.
Je peux maintenant moyenner l’équation (A.30) :
un pôle supplémentaire en 03C9 0, qu’il faut contourner (le résultat ne dépend pas
=
d’où
On voit donc que g est une fonction de Green (d’où le choix de la notation).
b) Obtention de l’équation sur les dipôles
i) Hamiltonien atomique
Comme pour le champ, j’utilise l’hamil-
tonien (A.27) et la représentation de Heisen-
berg pour connaître l’évolution de l’opérateur
dipôle D.
i
Ce calcul ne peut se faire sans particula-
riser la structure atomique (fig. A.1). Je choi-
sirai une transition 0 1, de fréquence 03C9
~
,
A
et de largeur de niveau excité 0393 (prendre un
atome à 2 niveaux eût conduit à des incohé-
rences). Le laser de fréquence 03C9
L sera supposé
quasi-résonnant, c’est-à-dire 03B4 03C9
L =
- 03C9
A~
F. Ceci justifie l’hypothèse que j’avais déjà
faite pour introduire l’équation (A.31). FIG. A.1 - La transition utilisée.
J’aurai besoin de connaître l’élément de
matrice de l’opérateur D , afin d’évaluer le rôle du terme en k
i
2 M dans l’hamiltonien
3
(A.27). Lorsque l’on se contente des contributions des niveaux|f> et |e>, on trouve
>
i
2
<D
|e>
= >
i
2
<D
,
|f>c’est-à-dire que le terme en kM ne contribue pas. Ce résultat
3
est bien sûr inexact, il faut tenir compte des contributions des niveaux supérieurs.
Le calcul nécessiterait donc normalement de particulariser l’atome choisi, de
façon à calculer l’élément de matrice de l’opérateur dipôle électrique en tenant
compte de l’ensemble des niveaux et de leurs forces d’oscillateur respectives. Ce
n’est pas l’approche que j’ai choisie, car je souhaite rester dans un cadre général.
En outre, un calcul exact nécessiterait la prise en compte de très nombreux effets
334
On déduit que
1/6 fournira un terme de contact pour le cas i = j, tandis que le terme 1/18
viendra corriger l’énergie de l’état excité. Voici l’hamiltonien finalement obtenu :
où
et
336
J’aiemployé le signe ~ dans les équations (A.48) parce qu’elles constituent une
approximation (l’approximation du champ tournant) par rapport à la définition
(A.31) des quantités d
i et e(r).
337
l’équation (A.56) n’étant que l’équation (A.33) écrite avec un atome de moins.
En revenant à l’équation (A.47.a), je néglige le terme faisant intervenir s,
toujours sous l’hypothèse de faible saturation du laser. D’où finalement la version
moyennée de (A.47.a) :
339
où 03B4 =
L - 03C9
03C9 .
A Cela donne, en remplaçant te
lissépar sa définition (A.56) :
avec
En fait, ceci n’est pas aussi surprenant qu’il y paraît au premier abord ; nos
calculs sont en effet valables dans le cas où le laser ne sature pas les atomes. Or
pour l’oscillateur harmonique, il n’existe pas de termes de saturation. Autrement
340
Signalons toutefois que le fait qu’il reste ou non un terme en dans la (0)
(3)
03B4
renormalisation de l’état excité n’est pas très important pour nous : de toutes
façons, un calcul correct nécessiterait la prise en compte de nombreux effets (re-
lativistes, etc.). Ce qui nous intéresse ici n’est pas de calculer le déplacement de
Lamb, mais de connaître précisément l’interaction entre deux dipôles atomiques.
Or il n’est pas nécessaire de modéliser le potentiel atomique pour obtenir le ré-
sultat.
où
J’ai
par le
posé 03C1
terme
(r,r’)
II
de contact
=
dans
(
0 + ~(~r’ -
2
03C1 r~)).
Je vais maintenant étudier le rôle
cette relation de dispersion.
joué
le terme en 03B4
(3) ne joue aucun rôle, car là où 03B4 g1
~ est non nul, est très grand (et
~ ne vient pas modifier la limite du terme, qui est 20141). Par ailleurs,
donc 03B4
Il résulte que, pour la partie statistique (z.e. celle faisant intervenir ~), la
contribution du 03B4 dans la 1
r e de l’expression de A dans (A.61.b) vient exac-
ligne
tement compenser celle de la 2e ligne. Par contre, le 03B4 contribue de façon non nulle
sur le terme non statistique (i.e. ne dépendant pas de ~). Finalement il vient
Plaçons-nous maintenant dans le cas d’atomes qui n’interagissent pas (i.e. tels
que g = 0).
1 La relation de dispersion (A.61.b) se ramène alors à
de 2 atomes par le potentiel d’interaction entre 2 dipôles idéaux, tel qu’il est prévu
par Jackson [200]. Cette méthode conduit à un résultat exact, et est relativement
rigoureuse sur le plan mathématique. On peut néanmoins s’interroger sur la per-
tinence de cette modélisation. En effet, le comportement de 2 atomes lorsqu’ils
sont proches est beaucoup plus complexe qu’une simple interaction dipôle-dipôle.
En principe, il faudrait traiter séparément chaque proton et chaque électron, et
ne plus faire l’approximation des grandes longueurs d’onde.
exacte. Je vais toutefois rappeler ici la méthode traditionnelle [191, 204, 203]
d’obtention de Lorentz-Lorenz, basée sur l’exclusion d’un petite sphère autour des
atomes. Elle est mathématiquement beaucoup moins rigoureuse que la méthode
précédente, mais présente l’avantage de ne pas prétendre traiter ce que l’on ne
sait pas traiter !
quantité ne variant que sur des échelles macroscopiques. Pour cela, il faut lisser le
champ, c’est-à-dire le moyenner sur une distance de l’ordre de quelques a . Ceci
0
revient à ne pas considérer la contribution d’un atome très proche. Autrement
dit, dans l’intégrale de (III.9.a), il faut exclure une petite sphère de rayon r
03B5
~ a,
0
centrée en r.
1 J’ai déjà introduit un champ lissé page 337 lors de l’établissement l’équation d’évolution
des dipôles, mais ce champ n’était défini qu’au voisinage d’un atome Ici je prétends définir une
telle quantité dans tout l’espace
343
où (r)
03B5
03BD est la boule centrée en r et de rayon , 03B5 qui est une distance de l’ordre
r
de a
. En
0 fait, je fairai tendre 03B5
r vers 0 à la fin du calcul. Nous allons maintenant
regarder en détail les propriétés du tenseur g .
1
La quantité g
1 a déjà été introduite page 341. Sa définition est
où
de passer de l’intégrale sur la boule au flux d’un champ de vecteurs sur la sphère :
(0)
r03B5
03A3 la sphère centrée en O, et de rayon .
désignant 03B5
r
er terme de l’équation (A.72) tend vers 0 quand r
Le 1 03B5 tend vers 0, tandis que
le second tend Lvers - 03B5 Finalement, on obtient à nouveau la relation (III.11),
.
0 étant cette fois-ci l’amplitude du champ lissé.
03B5
On traite ensuite l’équation (A.65.b), toujours en excluant une petite boule
autour de r’ r. On calcule l’effet de cette boule en écrivant que
=
(A.65.b). Par contre, je suppose qu’il existe une « force » interdisant à deux
atomes de se rapprocher à une distance inférieure à .
03B5 Autrement dit, je prends
r
L’intégrale dans (A.65.b) est cette fois-ci prise dans tout l’espace. Moyennant cet
artifice de calcul, il est possible d’obtenir la correction de Lorentz-Lorenz.
5. Conclusion
Cette permis d’obtenir les équations du mouvement dont je pars
annexe a
au chapitre III pour présenter la méthode de la hiérarchie. Ces équations ont
été obtenues à partir de la jauge A · p, ce qui constitue une justification plus
rigoureuse que si nous étions partis de l’hamiltonien en jauge d · E. Comme nous
l’avons vu, la mise en place de ces équations a nécessités de forts longs calculs.
Ceci est un argument en faveur de l’autre méthode, celle des diagrammes, qui
permet d’obtenir l’expression de l’indice de réfraction au bout de quelques pages
de calcul.
Nous avons pris un soin tout particulier dans l’expression du terme de contact.
Moyennant quelques hypothèses de départ certes discutables, nous sommes ar-
rivés à retrouver la formule de Lorentz-Lorenz sans recourir à l’exclusion d’une
sphère. La prise en compte de ce terme était en effet importante, puisque sa
contribution à l’indice de réfraction est du même ordre de grandeur que les effets
collectifs qui nous intéressent.
346
Annexe B
une variante de la méthode, qui utilise la matrice T. Cette section n’est certes
(interactions atomiques et effets quantiques collectifs) sont les mêmes dans les
deux approches. Dans la section B.3 (p. 375), je ne ferai plus l’approximation du
champ tournant. La relation de dispersion obtenue est alors la même que pour
l’approche « champ moyen », aux prix d’un prise en compte moins systématique
des différents diagrammes.
i) Hamiltonien du problème
Considérons photon unique
un ,#x3E;,
&|k
L
03B5
constitué d’une onde plane, et un
unique atome, placé à l’origine des coordonnées. On cherche à connaître la per-
turbation induite par l’atome sur le photon. Pour ce faire, nous allons appliquer
la théorie de la diffusion. J’écris donc tout d’abord l’hamiltonien du système
1
où k03B5
~
a
et a sont les
k03B5
le mode k03B5, et 03A9
opérateurs de création et d’annihilation d’un photon dans
k03B5 la fréquence de Rabi à 1 photon définie par
V étant le volume de quantification. Dans toute la suite, je noterai 03C9 pour 03C9
k =
c~k~.
1 Le lecteur trouvera dans la table II 1, p 218 les définitions des notations vectorielles que
j’emploietout au long de cette thèse
349
je me place dans
le cas de la transition 0 ~1 (fig. 1.6), et A est son énergie non renormalisée.
Le terme de contact (voir l’annexe A) est absent, puisque je ne considère qu’un
seul atome. J’ai également fait l’approximation du champ tournant, qui consiste
à négliger les termes antirésonnants. De cette approximation résulte le fait que
les états où plus d’un photon est présent, ou bien ceux où l’atome est excité et
où il y a des photons, ne sont pas accessibles par le système.
avec L
03C9 =
~.
L La notation 03B5 désigne un réel positif que l’on fait tendre vers 0
c~k
à la fin des calculs. La fonction G est la résolvante, déjà introduite au chapitre II
(section II.1.b, p. 217) ; il faut comprendre la division figurant dans sa définition
au sens des matrices. La fonction 03B4 (t) est définie par
Enfin, le tempst est celui qu’a mis le photon à traverser le milieu, c’est-à-dire
L/c, L étant la longueur du milieu. Par conséquent il vient
350
Dans l’équation (B.6), j’ai supposé que le couplage atome-champ était « pe-
tit », et ai reconnu le début du développement d’une exponentielle. Une telle
man0153uvre est loin d’être gratuite: j’en ferai les frais au paragraphe B.1.b.ii.
Les notations employées dans les équations (B.8) et (B.9) sont certes très
classiques, mais sont aussi fort dangereuses. Ainsi, la fraction dans la ligne (B.9.a)
signifie que l’on considère la restriction à E
~ de l’opérateur z-H, et qu’on l’inverse
dans ce sous-espace. Par contre, le premier membre de (B.8) signifie, si l’on revient
à la définition de la résolvante qui est contenue dans (B.4), que l’on commence par
inverser z - H dans l’espace de Hilbert complet, puis que l’on restreint ensuite le
résultat au sous-espace (ici c’est ). Il est bien entendu que le résultat DÉPEND
FORTEMENT de l’ordre dans lequel on a effectué les opérations (inversion et
projection).
équations (B.8) et (B.9) permettent
Les 2 de remplacer la resommation de
diagrammes qui était nécessaire pour calculer la résolvante G(z) par une autre
resommation visant à calculer R(z). Si l’on a convenablement choisi son sous-
espace , cette nouvelle somme peut être beaucoup plus facile à calculer (dans
l’exemple qui va suivre, il y aura un nombre fini de termes). Par contre, il faut
être capable d’inverser exactement l’équation (B.8).
ne contribuent pas nonplus, car le système repasse au moins une fois dans l’état
(le projecteur Q présent dans la définition de R(z) annule le terme).
352
b étant le désaccord du laser. On voit donc que l’on a retrouvé les mêmes termes
qu’au paragraphe II.1.d, mais de façon beaucoup plus directe, et notamment sans
être obligé de calculer la somme d’une série dont la raison était supérieure à 1.
On déduit enfin facilement l’expression de T en utilisant l’équation (B.4.b),
puis l’indice de réfraction avec la formule (B.7). On trouve
externes celle où les atomes sont dans des état d’impulsion bien déterminée
.
1
Remarque : Dans ce paragraphe, j’abandonne momentanément la méthode des
projecteurs pour revenir à la resommation explicite de diagrammes.
Le calcul à un atome du paragraphe B.1.a ne prenait en compte qu’un seul dia-
03B5
(k
)
L 03B5
(k
)
L
gramme : x . Il
2 est tentant de généraliser le calcul à N atomes
1 Ceci implique en théorie que le milieu soit infim, ce qui ne peut être le cas ici. On touche là
un point faible de la méthode Le résultat est en fait valable dès que l’on se place suffisamment
loin des bords du milieu (i e plus loin que 03BB
)
L
2 J’invite le lecteur à consulter la table B 1où se trouve la signification des diagrammes
employés dans cette thèse Ici, le terme ~ ~ contient le dénominateur d’énergie de l’état
où l’atome excité, et son couplage avec l’état à 1 photon L03B5 Il ne contient par contre
k
pas le dénominateur d’énergie associé à cet état à 1 photon, contrairement au diagramme
03B5
k
L i
03B5
k
L
354
et des lignes droites pour des atomes, précisant s’ils sont ou non excités
où |a> = |i, f; r
03B5
k
) et |b> = |i, 03B5*
. é; 0>.
r
Remarque : les degrés de hbertés atomiques externes ne sont pas inclus dans les
diagrammes, qui doivent donc être évalués en supposant que tous les atomes sont
localisés au point r = 0.
Lorsqu’en bout de chaîne je veux tenir compte d’un couplage, mais pas du déno-
minateur de l’état correspondant, j’utilise un symbole raccourci, et j’écris l’état entre
parenthèses. Par exemple
355
s’exprime comme d’un nombre arbitraire de photons entre les deux atomes
l’échange
(voir la définition dans la formule (B.46) p. 368).
Egalement, dans l’annexe C, j’utiliserai le « photon renormalisé » (i.e. se propa-
geant dans un milieu d’indice différent de 1) défini par
où 03C1
0 = Comme on doit prendre z
N/V. L + i03B5, et faire tendre 03B5 vers 0, on
03C9 =
le cas z = j étant simplement donné par l’équation (B.12). |0> est le vide de
photons. La notation |i, e, {~, f}
> caractérise l’état où tous les atomes sont
~~i
1 Le résultat quelque peu surprenant qui va suivre serait inchangé si je ne faisais pas cette
approximation
357
Avec la formule (B.7), on déduit le résultat qui est certainement le plus sen-
sationnel de toute cette thèse : l’indice de réfraction de tout milieu dilué vaut
1!
Je vais montrer ici que le « résultat» (B.18) n’est pas spécifique du problème
d’indice qui nous intéresse: si l’on ne prend pas de précautions, l’élément de la
matrice T correspondant à la diffusion vers l’avant vaut toujours 0.
Soit un système physique décrit par un hamiltonien H 0 + V. Soit |03C8>
H =
d’où
pas encorealourdir les notations En effet, nous verrons qu’une fois que l’on a bien pris soin de
placer les atomes dans des états d’impulsion bien définie (afin que le photon diffusé soit toujours
dans le même mode), et si les atomes sont discernables, ce que je suppose ici, les éléments de
matrice ne dépendent pas de la distribution des impulsions
358
On voit donc que tous les pôles sont simples (même si certains niveaux sont
dégénérés).
Par conséquent , dans l’équation (B.20), z = E est un pôle simple, et donc
T(z)
z~E
lim = 0.
on définit les énergies. Pour les définir précisément, on a besoin de faire interagir
le milieu longtemps).
Revenons maintenant au calcul d’indice. Dans la formule (B.6.b), j’avais re-
connu le début du développement d’une exponentielle. Cette opération est licite
pour
Comme <03C8|T|03C8> est de l’ordre de <03C8|V|03C8>, le calcul n’est valable que pour
On ne peut donc pas faire tendre sans précaution 03B5 vers 0 à la fin du calcul.
d’épaisseur a (fig. B.1). L’espace de quantification est quant à lui un cube de côté
L (V =
). Le temps d’interaction est donct = L/c. Par conséquent
3
L
soit
La nouveauté est que lorsqu’on fait tendre L vers l’infini, ce n’est plus N/L 3
qui tend vers une constante (la densité 03C1 ), mais N/(03B1L
0 ). Par conséquent, la
2
fraction qui est à l’intérieur du crochet de (B.18) tend vers 0, et le produit <T>L/03B1
tend vers une valeur finie. On peut, dans un deuxième temps, faire tendre03B5 vers
0.
360
c) Conclusion
J’ai donc présenté dans cette section la méthode de la matrice T qui est une
variante de la méthode de la résolvante que nous avions vue au chapitre II. Elle
permet d’obtenir un indice de réfraction, par une approche à un photon, dans des
conditions voisines (fréquence du laser, forme du milieu) de celles de l’approche
«
champ moyen ».
Cette méthode présente toutefois des inconvénients. Tout d’abord, si elle four-
nit un indice, qui est le bon résultat à l’ordre 1 en densité, elle ne fournit pas
de relation de dispersion (donc le résultat est moins « général »). Ensuite, nous
avons vu qu’il existe un gros écueil à éviter. Il faut donc considérer un milieu ato-
mique fini (comme dans la méthode « champ moyen »). On perd du même coup
l’avantage du milieu infini, qui permettait, via la conservation de l’impulsion, de
resommer les diagrammes de
façon systématique. La prise en compte soigneuse
de certains effets liés à la géométrie serait nécessaire pour retrouver l’expression
de l’indice à l’ordre 2 en densité, compte tenu des effets de réflexion sur la face
d’entrée.
partie réelle de ce pôle qui est proche de la fréquence de résonance atomique. Par
contre, le photon incident est plus loin de résonance.
Malgré cela, je fais dans ce paragraphe les approximations du champ tournant
et de l’atome à deux niveaux. Ceci permet de traiter plus facilement les resom-
mations de diagrammes de la résolvante, mais aboutit à un résultat en partie
inexact (i.e. différent à l’ordre 2 en 03C1
Lde celui obtenu par la méthode « champ
3
0
moyen »). Je reviendrai sur ce problème au paragraphe B.3.
361
L’espace C
{P} est de dimension . Je note P
1
N+1 {P} (resp. P} le projecteur
{)
Q
sur
{P} (resp. ).
R {P}
~
E
Je souhaite calculer la quantité
où l’opérateur R(z) est défini par l’équation (B.9). On verra également a poste-
riori que R pair ne dépendent pas de {P},
impair et R ni de z et j.
Utilisant la formule (B.8), on trouve que
Signalons qu’on obtient cette relation de dispersion sans avoir à resommer ex-
plicitement la formule (II.8) (i.e. les diagrammes de diffusion multiple ne passant
pas 2 fois par le même atome). Cette resommation est cachée» dans l’inversion
«
de la matrice (B.33).
364
peut encore être factorisé en deux termes identiques (en changeant k’ en -k’)
correspondant à l’échange d’un photon entre un atome dans l’état fondamental
et un autre dans l’état excité. Je pose
où la quantité z est
03B1 définie par
Le tenseur 2
g est une approximation du tenseur g introduit au chapitre II
(éq. (II.28)). Il ne contient ni les termes
antirésonnants, ni le terme de contact.
366
de l’espace de projection
{P} cette désexcitation s’accompagne d’un changement
C
,
d’impulsion pour l’atome z (physiquement, ce changement d’impulsion correspond
à l’émission par cet atome d’un photon dans le mode r 03B5
k
· ).
367
ne figure pas dans la somme (B.42). La fonction 03B4 c qui y figure impose en effet
que le photon échangé soit r03B5 Par conservation de l’impulsion, tous les atomes
k
.
1
se trouvent alors dans leur état d’impulsion |{P}> d’origine. Autrement dit, l’état
En fait, on peut se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un hasard. Sous la méthode du
projecteur se cache une resommation des diagrammes ne passant pas deux fois par la même
paire d’atomes,ie
1 La c
fonction 03B4 n’impose a priori de contraintes que sur l’impulsion du photon échangé.
Des considérations de symétrie montrent aisément que la polarisation du photon est en fait
également imposée
2 Dans l’évaluation des autre diagrammes (et ce aussi bien pour le terme pair que pour le
terme impair), il peut fortuitement se produire que l’on retombe dans cet état appartenant à
{P}
R Toutefois, la modification du résultat induite par la prise en compte de ce phénomène
devient négligeable dans le cas où l’on fait tendre le volume de quantification vers l’infini
368
où le symbole représente l’interaction entre 2 atomes d’une paire que nous venons
de calculer, i.e
On constate donc que le diagramme (B 43) est donc bien présent dans la somme (B 45) il
s’agit du cas p =
2, avec le terme à un atome dans l’expression de 03B5
(k
)
L En ne le mettant
pas dans la somme (B 46), on évite tout simplement de le compter deux fois
Une manière naive de calculer l’indice aurait été de ne pas sommer la série (B 45), mais
de ne prendre que le terme p = 1 Cette façon de faire découle d’un a priori selon lequel, pour
effectuer un calcul à l’ordre q en densité, il faut resommer tous les diagrammes à q atomes et
eux seuls Cet a priori n’est pas démenti par un calcul à l’ordre 1 en densité: on ne garde que
le terme à 1 atome de (B 46), et obtient le bon résultat Par contre, passant à l’ordre 2, nous
n’avons aucune raison d’éliminer le diagramme (B 43) D’où un résultat divergent (ou tout au
moins, si le milieu atomique est fini, dépendant fortement de la taille de ce dernier) La nécessité
de resommer la série (B 45) apparaît donc a posteriori, et heurte le bon sens, puisque nécessite
des diagrammes avec un nombre arbitrairement grand d’atomes pour calculer l’indice à l’ordre
2
En fait, on peutrendre compte que les diagrammes resommés dans la formule (B 45) sont
se
un peu particuliers, dans la mesure où, lors de chaque absorption/émission du photon, l’impul-
sion de chacun des atomes est conservée Par conséquent, les contributions de ces diagrammes
1Nous ressommons donc à tous les ordres les diagrammes cohé-
s’ajoutent de façon cohérente
rents, mais seulement à l’ordre 2 les diagrammes incohérents,ie ceux qui ne conservent pas
l’impulsion des atomes
Il faudra bien garder ce problème à l’esprit au chapitre V, lorsque nous calculerons la section
efficace différentielle de diffusion En effet, nous verrons qu’il y apparaît un grand nombre de
divergences de ce type
1 Cette propriété est en fait générale dès que l’on a affaire à des diagrammes réductibles [214],
c’est-à dire des diagrammes que l’on peut séparer en deux en coupant une ligne de photons.
Les diagrammes réductibles s’ajoutent de façon cohérente On retrouve cette même propriété
avec les diagrammes d’échelles, dans le calcul de diffusion (p 319)
369
v) Relation de dispersion
La relation de dispersion se déduit de (B.34), en utilisant les résultats (B.41)
et (B.44). On fait tendre le volume de quantification vers l’infini en supposant
que
où
La matrice photons
03C9 est la matrice densité du champ électromagnétique. Je sup-
photons est un état pur à un seul photon, i.e.
pose que 03C9
370
où 03C9’ est
externe défini par
03BC étant le potentiel chimique. Tous les atomes sont supposés dans l’état fonda-
mental.
Dans la formule (B.52), j’utilise l’opérateur G d’(anti)symétrisation, défini
par
1 Bien que les atomes considérés ici (transition 0 ~1 entre le fondamental et le premier
état excité) soient forcément des bosons, je n’élimine pas le cas des fermions afin de pouvoir
généraliser mes calculs au cas d’une transition quelconque
371
où
(B.34) de la résolvante dans le cas où les atomes sont discernables suggère que
l’on peut écrire (du moins au voisinage du pôle)
avec cC
las (z) « 1 et C
quant (z) « 1.
clas (z) nous est donnée
L’expression de C en faisant ~
b/f = 0 et en utilisant les
résultats du paragraphe B.2.a. On trouve
obtient
Néanmoins, si cette relation de dispersion est analytique (ce qui est le cas ici), on
doit retrouver la relation de dispersion que l’on obtient par l’approche « champ
moyen » en remplaçant 03C9
e par 03C9
L (réelle et quasi-résonnante) et r
k par m (com-
k
plexe). Dans cas, l’indice de réfraction est le rapport L
ce /03C9
m
ck
.
Si, par cette méthode, compare
on la relation de dispersion (B.70) à la relation
(III.13) (p. 243) obtenue par la méthode de la hiérarchie, on constate que les deux
résultat se ressemblent beaucoup... mais ne sont pas exactement les mêmes. Deux
différences majeures apparaissent : d’une part, la relation (III.13) est une relation
en 2/03C9 alors que la relation (B.70) est en 03C9/k. Si l’on développe la relation
k
,
376
Ces différences viennent du fait que l’hamiltonien (B.14) dont je suis parti dans
le calcul par la résolvante n’est pas le même que l’hamiltonien (A.42) (annexe A)
utilisé pour l’approche de champ moyen. Outre le terme de contact, ce dernier ne
fait pas l’approximation du champ tournant. Nous avons vu au paragraphe II.3.b
que l’on pouvait interpréter physiquement l’approche à un photon (z.e. la méthode
de la résolvante) en supposant que la partie réelle de la fréquence complexe 03C9 e
est proche de résonance. Dans ces conditions la fréquence du photon incident r 03B5
k
n’a pas de raison d’être quasi-résonnante. Par conséquent, nous n’avons pas le
droit de faire l’approximation du champ tournant.
différents diagrammes.
J’ai signalé dans la remarque p. 367 qu’il fallait, pour calculer l’indice, re-
sommer tous les diagrammes cohérents (i.e. conservant l’impulsion de chaque
377
atomes). Ceci nous a conduit a calculer la somme (II.8) que je réécris ici :
où le champ ~
E se développe en
378
Le terme (0) présent dans l’hamiltonien (B.73) apportera des corrections dans
(3)
03B4
l’expressiondu déplacement de Lamb, que je ne détaillerai pas ici. Le dernier
terme de cet hamiltonien est le terme de contact.
où le 3
e terme du crochet dans (B.76) représente la contribution du terme de
contact (désexcitation de l’atome z et excitation de l’atome j lorsqu’ils entrent
en contact) :
Dans qui suit, je vais raisonner sur des échelles de longueur macroscopiques
ce
La relation (B.84) est en toute rigueur inexacte : on n’a pas le droit d’écrire la
continuité du champ en z 0. Nous savons (voir § III.3.d) que cette discontinuité
=
à l’échelle macroscopique est en fait une variation rapide du champ sur une dis-
tance de quelques longueurs d’onde optique. Pour rétablir la continuité du champ
macroscopique il faut introduire une onde réfléchie, c’est à dire un champ diffusé
de façon cohérente vers l’arrière, par les atomes situés au voisinage de l’interface
(ils oscillent tous en phase). On retrouve de cette façon la relation de dispersion
correcte en /03C9
k
c
.
2
381
z
03B1 étant défini par l’équation (B.40). Analytiquement, la formule (B.85) donne
A étant défini par l’équation (B.70.b) où l’on remplace g (r) par (r).
2 03C9e
g
On peut vérifier en faisant le remplacement e ,03C9
r
(k
) ~
,03C9 que l’on
m
(k
)
L
retrouve, si l’on se limite à l’ordre 2 en densité, la relation de dispersion (III.13).
Deux remarques s’imposent au niveau de ce remplacement
Tout d’abord, l’équivalence entre une relation de dispersion en e ,03C9 et une relation en
r
(k
)
, 03C9
m
(k )
L ne marche que si la fonction vérifie certaines propriétés asymptotiques permettant de
passer d’une approche à l’autre par le théorème des résidus (voir § II 3 a) Ces propriétés me
paraissent difficiles à vérifier dans le cas de la relation de dispersion à l’ordre 2.
Ensuite, on devrait en toute rigueur introduire une énergie renormalisée (avec sa partie
imaginaire) dans le premier dénominateur de l’équation (B 86) définissant le potentiel d’inter-
action g
z Si on le fait, le calcul devient problématique car on ne peut plus intégrer par les
résidus la partie positive de l’intégrale sur 03C9 k admet alors pour pôle 03C9 L = 03C9 tandis que la
,
partie négative admet w =
L
03C9- A - i0393/2)
2(03C9
Toutefois, nous verrons dans l’annexe C que le remplacement dans g du pôle w = 03C9 L par
03C9 = 03C9
L 03B1/2) (dans ce cas bien sûr le pôle est le même quel que soit le signe de 03C9) ne
(1 + 03C1
0
modifie pas le résultat à l’ordre 2 en densité Or, la modification introduite ici (0394E A - i0393/2)
est beaucoup plus petite, pour des densités raisonnables, que L 03C9
0
03B103C1
382
1 Je raisonne ici en utilisant l’analogie entre l’évolution d’un photon dans un milieu infini
que l’on a calculé ici par l’approche résolvante, et la diffusion d’un paquet d’ondes sur unmilieu
fini (p 233)
383
De tels diagrammes sont responsables des interactions entre atomes dans leur
état fondamental. J’ai dit au début du chapitre III que l’on pouvait négliger ce
type d’interactions dans la limite de faible densité, car leur portée est beaucoup
plus courte que celle des l’interactions que j’ai prises en compte entre un atome
dans le fondamental et un autre dans l’état excité
.
2
On voit donc que si l’on prend l’expression correcte (A.53.b) pour le déplace-
ment de Lamb, et si la densité est suffisamment faible pour pouvoir négliger les
interactions entre atomes dans leur état fondamental, alors l’état asymptotique
exact est bien l’état que nous avons utilisé (z.e. où tous les atomes sont dans
l’état fondamental avec un impulsion déterminée, et où il n’y a pas de photon).
Dans toute cette annexe, j’ai négligé la contribution des niveaux supérieurs
de l’atome, même lorsque j’ai cessé de faire l’approximation du champ tournant.
Or chacun sait que ces deux approximations sont indissociables.
Dans l’approche « champ moyen », les autres niveaux ne contribuent pas, parce
que le laser est quasi-résonnant avec la transition. Par contre, dans l’approche
diagrammatique où le photon r 03B5 n’est pas résonnant avec la transition, les autres
k
niveaux vont contribuer de façon non négligeable à la relation de dispersion.
En fait, ceci n’est pas très grave dans la mesure où la situation physique
correspondant à l’approche à un photon ne nous intéresse guère. Pour nous ra-
mener au cas qui nous intéresse, il faut faire l’extrapolation (k
, 03C9
r e ~ k m ): la
, 03C9
L
1 On peut l’équation (A 53 b) diverge moins que l’équation (B.11.b) (diver-
constater que
gence logarithmique heu
au d’une divergence en 03C9
, où 03C9
M
4 M est la fréquence de coupure) Pour
supprimer totalement la divergence, il faudrait tenir compte d’effets relativistes.
2 Si on tenait compte de ces interactions, on trouverait que la densité à deux corps serait
modifiée lorsque deux atomes sont proches, et ce même en l’absence d’effets statistiques
384
contribution des termes dus aux autre niveaux deviendra alors négligeable. Par
contre, l’interprétation du paragraphe II.3.b, dans lequel je calculais l’absorption
d’un paquet d’ondes, dans une situation physique analogue à celle de l’approche
à un photon, devient plus difficile à justifier. On peut toutefois s’en tirer en se
restreignant à des atomes dont l’essentiel de la force d’oscillateur serait celle de
la première transition.
4. Conclusion
J’ai donc présenté une méthode alternative pour calculer l’indice de réfraction
d’un milieu d’atomes froids, lorsque l’on tient compte des interactions et des
effets quantiques collectifs. Cette méthode offre l’avantage d’être interprétable en
termes de diagrammes. On peut aisément « visualiser » les processus entrant en
jeu (chose qui s’est avérée très utile, notamment pour généraliser le calcul au cas
de la section efficace différentielle de diffusion). Le fait de pouvoir travailler sur
un milieu infini est aussi un avantage (on est ainsi débarrassé des effets de bord).
en tenant compte du fait que les photons échangés par les atomes d’une paire
se propagent dans un milieu d’indice différent de 1. Lorsque, dans relation de
la
dispersion (III.12), on utilise ce potentiel à la place du potentiel g, il n’est plus
nécessaire d’effectuer le remplacement k m ~k L que je viens d’évoquer. L’indice
déduit de cette nouvelle relation de dispersion est (numériquement) très proche
de celui obtenu avec la relation (III.13), les corrections étant d’ordre 3 en 03C1
.
L
3
0
Je commencerai donc (§ C.1.a) par établir l’expression du potentiel renor-
malisé. J’utiliserai pour cela l’approche « résolvante ». Au paragraphe C.2, je
montrerai que ce potentiel renormalisé apparaît naturellement avec la méthode
de la hiérarchie, lorsque l’on fait une approximation plus fine que (III.7). Néan-
moins la relation de dispersion obtenue n’est pas la même. Je terminerai (§ C.3,
p. 390) par une comparaison numérique des différentes relations de dispersion, et
montrerai qu’il est raisonnable de les confondre à l’ordre qui nous intéresse.
386
Le calcul d’indice que nous avons effectué prend en compte les interactions de
Van der Waals par paires d’atomes. Il sous-entend que deux atomes interagissent
uniquement lorsqu’ils sont « proches» (i.e. que leur distance est inférieure ou de
l’ordre de 03BB
). Toutefois, lorsque, dans le résultat (III.31) (intégré sur les angles),
L
on étend jusqu’à l’infini l’intégrale, qui porte sur la distance entre les deux atomes
faudrait donc introduire une « distance de coupure ». Nous allons voir ici que
cette distance de coupure apparaît naturellement lorsque l’on tient compte des
diagrammes dans lesquels le photon échangé est absorbé et réémis par les atomes
se trouvant « sur son chemin ».
où
où
J’ai tenu compte dans (C.3) des termes antirésonnants et du terme de contact.
On remplace la somme sur k par une intégrale, pour aboutir au résultat
c) Interprétation
La renormalisation (C.1) a été introduite pour la première fois par Jean-Pierre
Barrat [228, 229], puis par Alain Omont [230]. Les calculs étaient alors effectués
en représentation R. On tenait compte des atomes situés au voisinage du segment
de droite joignant les deux atomes de la paire. Pour parvenir au résultat, il était
nécessaire d’effectuer une approximation de type phase stationnaire [231, app. B],
et de supposer le potentiel scalaire.
Nous effectuons ici le calcul en représentation P, avec un potentiel vectoriel.
Nous ne faisons aucune hypothèse sur la position des atomes intermédiaires (nous
imposons seulement au photon de ne pas passer deux fois par le même atome), et
parvenons à un résultat équivalent à celui de Barrat sans aucune approximation :
ceci peut donc sembler un peu magique.
En fait, nous perdons en compréhension physique ce que nous avons gagné en
exactitude mathématique. Dans la mesure où nous faisons contribuer un grand
nombre d’atomes, nous ne comprenons plus très bien pourquoi deux d’entre eux
(ceux de la paire) doivent jouer un rôle particulier, et notamment pourquoi nous
interdisons au photon de passer deux fois par l’un des autres atomes. En fait, il
faut garder à l’esprit les hypothèses du calcul de Barrat : ce sont les atomes placés
sur le segment joignant les deux atomes de la paire et eux seuls que nous faisons
contribuer, et le photon les « visite »dans l’ordre dans lequel ils sont placés sur
ce segment (mais en représentation P, rien ne permet de distinguer ces atomes
des autres).
1 Pour ce calcul je prends z = (03C9
+i03B5’) Cela ne change en rien le raisonnement, et permet
L
d’obtenir directement le résultat correspondant à l’approche « champ moyen » (03C9 = 03C9
L réel et
k = k
m complexe)
388
d) Relation de dispersion
On obtient la relation de dispersion en remplaçant g par g
B dans l’équation
(III.12). On obtient
où
m par k
On voit qu’il n’est plus besoin de remplacer k L dans les exponentielle, car
B contiennent une exponentielle complexe venant compenser les divergences.
les g
possible, la
via prise en compte de diagrammes faisant intervenir un grand nombre
d’atomes, d’obtenir une relation de dispersion où il n’est plus besoin de remplacer
m par k
k , et dans laquelle intervient un potentiel d’interaction renormalisé.
L
Dans ce paragraphe, je montrerai qu’il est possible de faire apparaître ce même
potentiel renormalisé avec la méthode de la hiérarchie, à condition de traiter les
contributions de D(r"/r,
r’) de façon plus fine qu’au chapitre III. Néanmoins, je
n’ai pas su retrouver la relation de dispersion (C.5) par cette méthode. En outre,
je ne sais faire le calcul que dans le cas d’atomes discernables.
Ce paragraphe n’a donc pas la prétention de calculer l’indice par la méthode
de la hiérarchie de façon plus rigoureuse qu’au chapitre III, mais simplement
de localiser la source de nos problèmes de convergence : le mauvais traitement
des termes à trois atomes. Je rappelle encore une fois que seul le développement
en puissances de la densité (§ III.3, p. 252) est en mesure de nous conduire
rigoureusement au résultat.
On se convainc facilement que l’ansatz (C.6) est vérifié dès que r, r’ et r" ne
L (par contre, deux de ces points
sont pas tous trois dans un même cube de côte 03BB
L à condition que le troisième soit beaucoup plus
peuvent être plus proches que 03BB
loin). L’identité (C.6) est donc une nouvelle façon d’exprimer le développement
du Viriel, dans le cadre duquel nous avons effectué tous nos calculs.
Je définis maintenant la quantité suivante
Dans la suite, je négligerai la dernière ligne de l’équation (C.8) : les deux fonctions
g qui y sont présentes favorisent en effet le cas où r et r’ sont tous deux proches
de r" (je ne sais pas justifier plus rigoureusement cette approximation).
b) Relation de dispersion
La définition (C.3.a) du potentiel renormalisé n’est en fait valable que lorsque
le milieu remplit tout l’espace. Dans le cas d’un milieu fini, il faut écrire
Une transformée de Fourier permet de passer de (C.9) à (C.3.a) dans le cas d’un
milieu infini (g
(r’,r) ne dépend alors que de r - r’). Je rappelle que la relation
B
(C.9) coïncide avec l’équation de Dyson (V.27) à l’ordre le plus bas en densité.
On vérifie alors aisément qu’une solution de (C.8) (lorsqu’on effectue l’ap-
proximation énoncée plus haut) est
où j’ai étendu l’intégrale sur tout l’espace (en me plaçant loin des bords et en
supposant la densité uniforme, cas dans lequel le tenseur g
(r, r’) est symétrique
B
et ne dépend que de r - r’).
390
L’équation (C.12) traduit le fait que le photon échangé entre les deux atomes
d’une paire se propage dans un milieu d’indice différent de 1. Le vecteur d’onde
c correspond à cet indice, calculé à l’ordre le plus bas en densité. Pour obtenir
k
un résultat cohérent, il conviendrait d’utiliser la relation de dispersion à l’ordre
3. Résultats numériques
Les calculs présentés dans cette annexe nous ont fourni les deux relations de
dispersion (C.5) et (C.11), lesquelles viennent s’ajouter à la relation de disper-
sion (III.13) obtenue au chapitre III. Le lecteur peut légitimement se demander
FIG. C.1 - Correctzon d’ordre 2 à l’indice de réfraction, calculée pour des atomes
discernables, et pour une densité vérifiant 3
03BB= 2. La courbe en plein correspond
0
03C1
L
au résultat standard (III.13). Les courbes en pointillés correspondent à
différentes
manières de renormaliser le résultat.
En regardant la figure C.1, on constate que toutes les courbes sont pratique-
ment confondues. Les différentes relations de dispersions ne diffèrent qu’à l’ordre
3 en densité. Par conséquent, j’avais raison de pas attacher trop d’importance à
la divergence de l’équation (III.12) et au remplacement de km par k .
L
392
Conclusion générale
très désaccordé ; nous avons préféré fabriquer un nouveau piège, le piège opto-
électrique, qui contiendra davantage d’atomes qu’un piège dipolaire. La réalisa-
tion expérimentale de ce piège a été menée à bien avec succès (chapitre 3). Le
refroidissement Raman des atomes du piège opto-électrique devrait être la pro-
chaine étape.
La deuxième partie de cette thèse, entièrement théorique, a été consacrée
à la détection optique des effets de statistique quantique. Nous nous sommes
placés dans le cas d’atomes libres, hypothèse qui ne correspond pourtant pas à la
situation des expériences de condensation de Bose-Einstein récemment réalisées.
Nous avons également supposé que la transition atomique était une transition
0 ~ 1 et que la densité était faible (03C1
L « 1) ; enfin, nous avons négligé le recul
3
0
des atomes.
Les premiers chapitres de cette deuxième partie ont été consacrés à l’indice de
réfraction, qui a été calculé par trois méthodes différentes. Il a été prouvé que la
seule dépendance en température d’un signal de déphasage ou d’absorption de la
lumière était due aux effets collectifs. Pour observer ces effets expérimentalement,
il devrait donc a priori suffire d’effectuer une série de mesures correspondant à
des températures différentes, tout en gardant la densité constante. Malheureuse-
ment, la densité atomique est très difficile à contrôler sur une expérience, et ses
fluctuations induiraient sur le signal des variations plus importantes que la dépen-
dance en température recherchée. La situation est par contre plus favorable si, au
lieu de mesurer l’indice, on mesure la diffusion dans une direction de polarisation
orthogonale à la polarisation incidente. Dans ce cas, seules les paires d’atomes
proches contribuent au signal. Le terme lié à la statistique peut dès lors constituer
une part importante du signal total, notamment si les conditions de température
entrepris par Ralph Dum et Yvan Castin. Ce calcul devrait permettre de se pla-
cer dans l’hypothèse d’un milieu plus épais. On devrait également pouvoir ne
plus supposer que la densité atomique est uniforme, et ainsi traiter le cas où les
atomes sont confinés dans un piège, une configuration qui est celle des expériences
actuelles.
395
Lorsque ces calculs de diffusion auront abouti, une mise en évidence expéri-
mentale des signaux prédits pourra être envisagée. Elle sera vraisemblablement
effectuée sur un piège magnétique analogue à celui de l’expérience de Boulder, et
qui est en cours de montage dans notre laboratoire.
396
Tableau récapitulatif des
principales notations
Ce tableau regroupe, par ordre alphabétique, les principales notations que j’ai
utilisées dans la deuxième partie de ma thèse (effets quantiques collectifs). Elles
sont accompagnées de l’endroit où elles ont été introduites pour la première fois
(numéro de la formule et page).
398
399
400
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414
Introduction générale 5
la distribution .......................... 43
ii) Recherche de la séquence ad hoc ..... 47
iii) Minimisation de quelques effets parasites ........... 48
4. Résultat expérimental .......................... 49
a) Présentation du résultat ....................... 49
b) Temps de refroidissement ...................... 51
5. Conclusion ................................ 51
c) Brisure de la hiérarchie
....................... 240
d) Obtention de la relation de dispersion 241
...............
de
iii) Eléments matrice de R(z) .................. 371
iv) Calcul de la résolvante ..................... 372
v) Moyenne sur les variables atomiques externes ..... 373
vi) Relation de dispersion ..................... 374
3. Le problème des termes antirésonnants ................. 375
a) Calcul sans tenir compte des interactions atomiques ..... 376
i) Les diagrammes resommés ................... 376
ii) Obtention de la relation de dispersion .............377
iii) Interprétation physique ..................... 379
b) Prise en compte des interactions et de la statistique 381
.......
RÉSUMÉ
techniques de refroidissement d’atomes par laser ont permis d’atteindre
Les
des températures suffisamment basses pour que des effets liés à la statistique
quantique deviennent observables. Toutefois, compte tenu des faibles densités
mises en jeu dans ces expériences, de tels effets ne sont significatifs que lorsque la
vitesse moyenne des atomes est inférieure à la vitesse de recul d’un seul photon.
La première partie de cette thèse présente la mise en oeuvre expérimentale à une
dimension d’une méthode de refroidissement laser permettant de franchir la limite
du recul, le refroidissement Raman. Pour rendre possible la généralisation cette
méthode à trois dimensions et au cas d’atomes confinés, un nouveau type de piège,
le piège opto-électrique, a été mis au point. Dans la deuxième partie, la détection
des effets quantiques collectifs par une méthode optique (mesures de l’indice de
réfraction et de la section efficace de diffusion) est étudiée théoriquement dans le
cas d’un nuage atomique homogène et de faible densité. Sous cette hypothèse, les
ABSTRACT
Thanks to laser cooling techniques, very low temperatures are now attainable.
Quantum collective effects may consequently be observed. Since the densities in-
volved in laser cooling experiments are rather low, such collective effects become
relevant only when the average atomic velocity is smaller than the one photon
recoil velocity. A subrecoil laser cooling method (Raman cooling) has been per-
formed experimentally in one dimension, and is presented in the first part of this
thesis. In order to generalise this technique to three dimensions with trapped
atoms, we have realised a new kind of trap (the opto-electrical trap). In the
second part of this thesis, we study theoretically an optical method for detecting
collective quantum effects (measurements of the refractive index and of the scat-
tering cross section). Our treatement is valid for the case of a homogeneous and
weakly dense atomic cloud. We find that collective effects are responsible for a
small but detectable perturbation of the signal.
MOTS CLEFS
2014
Diffusion de la lumière.