Semiologie Neurologique
Semiologie Neurologique
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NEUROLOGIE 1 :
SEMIOLOGIE
NEUROLOGIQUE
Notes de cours
Troisième Doctorat en Médecine
par
Dr Tsongo Kibendelwa,
Professeur à l’Université de Kisangani
2012-2014
SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 2
NEUROLOGIE
Objectifs éducationnels
Prérequis :
CONTENU DU COURS
I. SÉMIOLOGIE NEUROLOGIQUE.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 3
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 4
BIBLIOGRAPHIE
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 5
1. Anamnèse.
3. Examen physique.
Cet examen comporte différentes étapes qui ne seront pas toujours appliquées dans le même
ordre :
- Le coma :
Il se définit comme la perte des fonctions des relations (conscience, sensibilité motilité) avec
conservation de la vie végétative.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 6
L’examinateur doit avant tout apprécier la profondeur du coma. Pour cela, il étudie l’aspect
du malade, les réactions aux questions posées, aux bruits, aux stimulations nociceptives.
On apprécie la présence ou non du réflexe de clignement à la menace, du réflexe cornéen et
surtout l’existence des troubles végétatifs c.-à-d. vasomoteurs, respiratoires et cardiaques.
C’est à partir de ces données qu’on peut apprécier la profondeur du coma. Il existe plusieurs
classifications :
- Classification classique en 3 stades : coma vigil, coma léger, coma carus
- Classification en échelle de Glasgow
- Classification en échelle de Liège.
Il faut rechercher les signes de localisation : crises convulsives type bravais-jacksonien, signes
méningés, hémiplégie…
La constatation d’une rigidité de décortication ou de décérébration est un élément de mauvais
pronostic. Le coma avancé devra être distingué de la mort cérébrale ou mort clinique.
- La confusion mentale
Elle porte essentiellement sur une désorientation temporo-spatiale c.-à-d. le sujet ignore
l’endroit où il se trouve et est incapable de se situer dans le temps. A cette désorientation
s’associent des troubles de la mémoire qui portent sur des faits récents et un état de perplexité
car le sujet ne réalise pas exactement ce qui se passe. Il y a un certain degré d’onirisme.
- Les hypersomnies
Ces états doivent être différenciés du coma léger. On peut individualiser deux cadres
cliniques :
1° La narcolepsie ou besoin subit de sommeil, qui peut durer quelques minutes ou quelques
heures. Elle peut s’associer à une catalepsie c.-à-d. une perte brutale du tonus de posture à
l’origine d’une chute.
2° Le syndrome de Pick-Wick : affection du sujet obèse qui s’endort dès que son attention
n’est plus sollicitée.
- Le mutisme akinétique
C’est un état particulier dans lequel le patient a toutes les apparences de l’éveil, mais toute
communication avec l’entourage est impossible. Il peut juste bouger les globes oculaires. Le
sujet ne peut pas parler et ne réagit pas ou réagit très faiblement aux stimuli (le plus souvent
par un mouvement des globes oculaires de haut en bas).
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 7
1° L’image du corps peut être perturbée chez ce malade et on peut ainsi observer une hémi-
asomatognosie avec méconnaissance d’un hémicorps, une anosognosie c.-à-d.
méconnaissance du trouble présenté, par ex. le malade méconnaît la paralysie d’un hémicorps
qu’il présente.
2° L’agnosie : C’est un trouble de la reconnaissance des objets survenant chez un sujet qui ne
présente pas d’affaiblissement intellectuel important. Il peut s’agir d’une agnosie concernant :
a. La reconnaissance des objets par la palpation : astéréognosie.
b. L’identification des bruits, de la musique, des mots : agnosie auditive.
c. La reconnaissance des objets, des personnes ou des symboles graphiques : agnosie
visuelle.
3° L’apraxie : c’est un trouble affectant la motilité volontaire, il n’est pas dû à une paralysie
ou à une incoordination motrice et apparaît en l’absence d’agnosie, de troubles de
compréhension et d’un déficit intellectuel important.
Le trouble peut porter sur la réalisation des gestes simples : c’est l’apraxie idéomotrice.
Il peut concerner la réalisation des actes complexes et porte alors sur la succession
coordonnée des différents gestes élémentaires qui le constituent : c’est l’apraxie idéatoire.
Il peut s’agir enfin d’une difficulté à réunir les unités dimensionnelles pour former des figures
à deux dimensions c’est l’apraxie constructive.
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- Une atteinte tronculaire c.-à-d. affectant tous les muscles innervés par un même tronc.
- Une atteinte monoplégique c.-à-d., atteinte de l’ensemble de la musculature d’un membre.
- Une atteinte paraplégique c.-à-d., atteinte symétrique de deux membres (en pratique les
deux membres inférieurs).
- Une atteinte quadriplégique c.-à-d., atteinte de quatre membres.
- Une atteinte hémiplégique c.-à-d. paralysie d’un hémicorps.
Enfin le déficit peut être diffus et symétrique, dans ce cas il faut noter sa prédominance
proximale ou distale. Certains cas peuvent être caractérisés par le fait que tel mouvement ne
peut être exécuté sur ordre mais parfaitement réalisé lorsqu’il s’intègre dans le contexte
automatique. La dissociation inverse peut s’observer, bien que rarement.
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1° L’hypertonie :
Il existe deux types d’hypertonie :
- L’hypertonie pyramidale ou spasticité élastique : elle n’apparaît en effet que sous un
certain angle d’étirement et s’accentue au fur et à mesure que l’on fléchit ou que l’on
étend le membre. Celui-ci tend à reprendre sa position de départ lorsque l’examinateur le
lâche. Cette hypertonie s’accompagne fréquemment d’un déficit de la force musculaire.
- L’hypertonie extrapyramidale ou spasticité plastique : elle est à peu près identique quelle
que soit la position des segments des membres les uns par rapport aux autres. Elle est
homogène et en fin de mouvement, le membre conserve l’attitude qui lui a été imposée.
Cette rigidité est dite en tuyau de plomb. Elle cède fréquemment par à-coups réalisant le
phénomène de la roue dentée.
2° L’hypotonie :
Habituellement, on distingue deux composantes :
- L’hyperextensibilité : elle se traduit par une exagération de l’amplitude des mouvements,
avec possibilité des mouvements extrêmes.
- La passivité : elle se traduit par une augmentation du ballant lors de la mobilisation
passive et rapide d’un segment de membre.
L’hypotonie accompagne toute paralysie flasque. On peut décrire différents types
d’hypotonie :
- Dans l’atteinte du neurone moteur périphérique, elle porte à la fois sur l’extensibilité et sur
la passivité.
- Elle affecte essentiellement l’extensibilité dans les lésions du neurone moteur central.
- Elle porte sur la passivité dans le syndrome cérébelleux.
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4° Autres réflexes :
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Les troubles de la sensibilité se manifestent par des signes subjectifs et de signes objectifs :
La technique de recherche doit être rigoureuse, le malade ayant les yeux fermés :
a. La sensibilité superficielle
Pour la sensibilité tactile, on procède à des attouchements légers par la pulpe de doigt ou avec
un tampon d’ouate ou une feuille de papier.
La sensibilité douloureuse s’étudie grâce à une excitation mécanique c.-à-d. pincement ou
piqûre de la peau par une aiguille.
La sensibilité thermique se recherche par application sur les téguments des deux tubes à essai
contenant l’un de l’eau chaude, l’autre de l’eau froide.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 16
Il doit être pratiqué de façon systématique en les analysant les unes après les autres ou en les
groupant par fonction.
- L’olfaction (I).
- La vision (II et voies optiques) : déterminer l’acuité visuelle, examiner le fond d’œil et le
champ visuel.
- La motilité oculaire (III, IV, VI) et sympathique cervical. On peut distinguer :
- La motricité extrinsèque telle qu’elle est assurée par les muscles et les nerfs
oculomoteurs ;
- La motilité oculaire de fonction qui comporte les mouvements de latéralité, de
verticalité, de convergence qui prennent leur origine dans le centre supranucléaire.
- La motilité intrinsèque qui concerne la motilité irienne et l’accommodation.
- Le trijumeau (V). On étudie :
- la sensibilité de la face, de la muqueuse buccolinguale et de la cornée
- Le muscle masticateur.
- L’étude de la motricité de la face (VII) : rechercher si les muscles innervés par le facial
supérieur et ceux innervés par le facial inférieur se contractent de façon analogue.
- L’examen de l’audition (VIII) se fait par le tic tac d’une montre et l’examen
audiométrique.
- L’examen des fonctions vestibulaires (VIII) : il s’agit de rechercher un nystagmus, des
troubles de l’équilibre. On peut compléter l’examen par des épreuves vestibulaires et une
nystagmographie.
- L’examen de la déglutition, de la motilité, du constricteur supérieur du pharynx et de la
sensibilité du tiers postérieur de la langue (IX).
- - L’examen de la motilité du voile du palais (ou réflexe velo-palatin) ; du pharynx et du
larynx et étude de la sensibilité du voile du palais et du pharynx (X, Spinal interne XI)
- L’étude de la force musculaire du sterno-cléido-mastoïdien et du trapèze pour explorer le
spinal externe (XI).
- L’étude de la motricité de la langue (XII).
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- La défécation a également son centre réflexe médullaire au niveau de S2-S4 comme pour
la miction. Les troubles sont constitués soit par une incontinence des matières soit par une
constipation. Ces troubles peuvent être liés à une interruption de l’arc réflexe ou à une
lésion centrale qui a entraîné une déconnexion de centres médullaires de la défécation.
8. Les fonctions génitales doivent également être explorées en tenant compte du fait que le
centre médullaire de l’érection est situé entre S2 et S4, alors que le centre de l’éjaculation
est situé au niveau de L1- L3. On peut ainsi observer des atteintes dissociées au cours des
lésions médullaires.
Conclusion
L’examen neurologique doit être complété par un examen somatique général et des
explorations paracliniques. A la fin de l’examen clinique, on doit pouvoir grouper les
symptômes en syndromes neurologiques qui traduisent l’atteinte de telle ou telle fonction du
système nerveux central ou périphérique.
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Chap. 2
Les examens du sang, des urines et des selles ne doivent jamais être négligés. Ils aident à
l’établissement d’un diagnostic et au contrôle de l’évolution.
1° La goutte épaisse :
Elle peut mettre en évidence :
- Une malaria : en effet, le paludisme peut être responsable d’un coma surtout chez les
enfants. Il peut aussi expliquer l’anorexie, l’asthénie, les manifestations ataxiques,
méningées ou névralgiques ainsi que le délire et l’hyperthermie.
- Une filariose : celle-ci peut être responsable d’un prurit intense entraînant l’irritabilité et
dans certains cas une encéphalite avec troubles visuels et de la conscience et surtout en cas
de traitement intempestif de la loase.
- Une trypanosomiase : en effet, celle-ci comporte au stade hémolymphatique quelques
symptômes neurologiques liés à une méningo-encéphalite.
2° Le dosage de l’hémoglobine et numération des globules rouges.
Ces examens permettent de déceler une anémie macrocytaire à mettre en relation avec les
signes d’une sclérose combinée de la moelle.
3° La numération des globules blancs et formule leucocytaire.
Elles permettent le diagnostic différentiel entre par exemple une méningite ou un abcès
cérébral avec une tumeur intracérébrale.
4° La vitesse de sédimentation.
Son augmentation suggère un syndrome infectieux, inflammatoire ou tumoral.
5° La glycémie : si elle est élevée dans le coma, il s’agit d’un coma lié à un diabète.
L’hyperglycémie peut également expliquer la présence des polynévrites, des troubles
ataxiques, mais l’hypoglycémie peut entraîner des manifestations syncopales et un coma.
6° L’urée sanguine : l’urémie peut être responsable des manifestations convulsives ou
comateuses.
7° Le VDRL et le TPHA. Leur positivité plaide en faveur de la syphilis.
8° Le suc gastrique : on peut être obligé de l’analyser devant un syndrome neuro-anémique.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 20
9° Le L.C.R
Chez l’adulte, il y a environ 150 ml de LCR. C’est un liquide clair, limpide comme l’eau de
roche. Au niveau des ventricules, il est pauvre en cellule 0,1 cellules par mm 3) et pauvre en
albumine 7 à 10 mg/dL car les protéines et les éléments sédimentent dans la colonne
liquidienne. Au niveau du rachis par contre, le LCR contient :
- des éléments (mononucléaires) : 1-5 par L (mm3).
- de l’albumine : 20-40 mg/dL
- du glucose : 35-70 mg/dL (2/3 de la glycémie)
- des chlorures : 700- 800 mg/dL, c.-à-d. 115-125 mEq/L
- de l’urée : 20-40 mg/dL.
La pression du LCR varie également suivant l’étage du névraxe et suivant que le patient est en
position couchée ou assise. Cette pression est égale au niveau du lac spinal à 10-20 cm d’eau
en position couchée et à 30-45 cm d’eau en position assise. Cette pression varie également
avec la contraction abdominale, avec l’inspiration et l’expiration, la toux, les pleurs, les cris,
la manœuvre de Valsalva, etc.
Le prélèvement peut se faire à 3 niveaux :
1. Au niveau du lac spinal : c’est la ponction lombaire. Celle-ci se fait chez le malade couché
latéralement, en chien de fusil sur un plan dur ou alors chez le malade assis sur un plan
dur et faisant un gros dos, le menton sur le sternum, pieds relevés, le malade comprime
son ventre par ses bras croisés. On pique habituellement au niveau de l’espace
intervertébral situé au-dessus d’une ligne horizontale unissant les deux crêtes iliaques et
de préférence entre L2-L3-L4. Cette ponction doit se faire en dessous de L2 pour ne pas
blesser le cône terminal de la moelle. Les précautions à prendre sont :
- L’examen du fond d’œil si on suspecte une hypertension intracrânienne qui peut
comprimer le tronc cérébral au niveau du trou occipital. Le fond d’œil permet de
rechercher une éventuelle stase papillaire, signe d’hypertension intracrânienne avancée.
- La malade à jeun sauf urgence.
- Après la ponction lombaire, le malade doit se coucher pendant une heure en décubitus
ventral sans oreiller, puis en décubitus dorsal. Si possible, pas de lever avant 24 h.
2. Au niveau de la grande citerne cérébello-médullaire : c’est la ponction sous- occipitale.
Elle se fait chez le malade en décubitus latéral, en chien de fusil, la tête en hyperflexion ;
soit chez le malade assis, tête hyperfléchie bien maintenue ; soit chez le malade en
décubitus ventral, tête fléchie dépassant le lit ; soit chez un malade en position genu
pectoral, tête hyperfléchie. On pique entre l’os occipital et l’atlas à la jonction d’une ligne
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passant par la pointe extrême deux apophyses mastoïdes avec la ligne médiane. Il faut
viser la racine du nez et arrêter la progression de l’aiguille après avoir franchi la
membrane occipito-atlasidienne pour ne pas risquer de blesser le bulbe. Les règles
générales à observer sont les mêmes qu’en cas de ponction lombaire.
L’intérêt de cette ponction tient sur trois éléments :
- Elle est mieux tolérée que la ponction lombaire et ne provoque pas de céphalée. Elle peut
même être pratiquée chez le malade en ambulatoire. Cependant, les dangers en cas de
mauvaise technique sont plus graves qu’en cas de mauvaise ponction lombaire. C’est
pourquoi cette technique est moins habituelle.
- Elle permet en cas de compression médullaire, l’étude du LCR au-dessus du blocage. Elle
permet également de pratiquer une myélographie qui permettra de localiser le pôle
supérieur de l’obstacle.
- Cet examen permet d’obtenir un LCR quand la ponction lombaire ne peut pas être
pratiquée surtout en cas de lésions locales notamment le mal de Pott, brûlure, escarre etc.
3. Au niveau des ventricules cérébraux : c’est la ventriculo-ponction ou ponction
ventriculaire. La ponction consiste à prélever le LCR au niveau de la corne frontale chez
le nourrisson ayant encore sa grande fontanelle ouverte ; ou lorsque la ventriculo-ponction
est le premier temps d’une ventriculographie iodée. On préfère ponctionner la corne
occipitale dans les autres cas, car ses repères sont plus stables.
Chez l’adulte ou en cas de fermeture de la fontanelle chez l’enfant cette ponction nécessite
le forage d’un trou de trépan, cela en salle d’opération.
L’intérêt de la ventriculographie réside dans le fait qu’elle peut se faire en cas de HIC,
mais il faut toujours être prudent car tout changement brutal de pression dans le système
ventriculaire peut entraîner des répercutions dramatiques.
Au cours de la ponction lombaire, on peut procéder à la mesure de la tension du LCR. Cette
mesure consiste à utiliser le manomètre de Claude ou même un tensiomètre à mercure. Il faut
effectuer la mesure de l’écoulement des premières gouttes des liquides car la déperdition des
liquides et l’aspiration de l’air en cas de pression négative faussent les résultats. Il faut
mesurer seulement lorsque le patient est calme car la toux, l'éternuement, les cris, toute
pression abdominale ou cervicale augmente la tension du LCR.
Résultats :
On parle d’hypertension modérée quand la pression est de 20-25 cm d’eau en position
couchée (en cas de méningite tuberculeuse, méningite virale).
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On peut observer une hypertension élevée jusqu’à 100 cm d’eau au début des méningites
aiguës, en cas de HIC par tumeur, abcès cérébral, hémorragie cérébro-méningée.
On peut également observer une hypotension du LCR dans les collapsus cérébraux après
traumatismes crâniens, en dessous d’une compression médullaire, dans les états
d’hypotension artérielle ou dans le cas où une autre PL à été effectuée quelques jours
auparavant.
Pendant le prélèvement du LCR, on peut pratiquer la manœuvre de Queckensted: elle
consiste, dès que la pression du LCR est notée, à comprimer légèrement les veines jugulaires
au niveau du cou. Cette compression ralentit le flux veineux et augmente le volume de
l’encéphale par stase et par conséquent la tension du LCR. Si le canal rachidien est libre, on
verra immédiatement la tension du LCR monter de 10-20 cm d’eau et persister à ce niveau
tant que dure la compression et revenir à la normale en quelques secondes lorsque celle-ci
cesse. En cas de blocage rachidien total, l’ascension est nulle ou infime et lente, même après
compression forte. En cas de blocage partiel, l’ascension est lente et limitée. Le retour à la
normale est également lent. En cas de réponse négative, pratiquer l’épreuve de contrôle
abdominale qui s’obtient par simple compression de l’abdomen, par la toux, la pression
manuelle, la manœuvre de Valsalva.
Cette épreuve entraîne dans tous les cas, même s’il y a blocage rachidien, une augmentation
de la pression du LCR de 4-5 cm d’eau car la compression du système veineux abdominale
augmente la tension dans l’espace épidural.
Le prélèvement permet d’examiner la teinte et l’aspect du LCR. Le liquide est normalement :
eau de roche. Il peut être :
- opalescent dans les méningites tuberculeuses au début
- trouble ou purulent dans les méningites aiguës bactériennes
- jaune ou xanthochromique dans certaines compressions de la moelle par une
tumeur
- sanglant dans le cas d’hémorragie méningée.
En général, il faut 200-300 éléments par mm 3 pour que le liquide devienne trouble. En cas de
liquide rougeâtre, il faudra différencier celui provenant d’une hémorragie méningée de celui
provenant d’une hémorragie créée par la ponction. Dans les hémorragies méningées, la
coloration rougeâtre reste inchangée dans les tubes successifs, le sang ne coagule pas et après
centrifugation, le surnageant est xanthochromique car, il y a déjà lyse des globules rouges et
même présence de bilirubine. Dans l’hémorragie due à la ponction, le LCR s’éclaircit souvent
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 24
- une hyperalbuminorachie élevée (sup. à 100 mg/dL) s’observe dans une méningite aiguë
purulente, une méningite tuberculeuse ou syphilitique, une poliomyélite antérieure aiguë à
la phase de régression, une polyradiculonévrite ou syndrome de Guillain-Barré.
- une hyperalbuminorachie considérable (jusqu’à 3000- 4000 mg/dL) : surtout dans les
compressions médullaires.
En règle générale, les modifications de la cytose et de l’albuminorachie marchent de pair.
Cependant, dans certains cas, on peut observer une dissociation :
- albumino-cytologique : c.-à-d. que l’hyperalbuminorachie contraste avec la cytose
normale. Cette situation s’observe dans les compressions médullaires où on peut observer
200-4000 mg pour cent de protéines pour trois à six éléments cellulaires. Elle peut
s’observer aussi d’une manière moins nette dans l’hypertension artérielle et les tumeurs
cérébrales avec environ 100 mg/dL d’albumine pour une cytose normale ou légèrement
augmentée, dans le syndrome de Guillain-Barré 80-250 mg/dL d’albumine pour 3 à 10
lymphocytes et dans la poliomyélite antérieure aiguë à sa période de régression.
- cyto-albuminique : elle est rare, il s’agit en fait d’une réaction cellulaire relativement
forte, contrastant avec une hyperalbuminorachie modérée. Cette situation s’observe dans :
- les poussées de sclérose en plaques
- les méningites virales (300-500 parfois 3000-4000 lymphocytes pour 50-60 mg/dL
d’albumine).
REMARQUE :
Le terme albuminorachie est impropre parce qu’en fait, il s’agit d’un dosage des protéines
totales. On peut cependant apprécier le rapport albumine-globulines notamment par la
réaction de floculation de Benjoin colloïdal. Cette réaction est pratiquée dans 16 tubes à des
taux de dilution progressive et l’intensité de floculation est notée de 0 à 2. On obtient les
résultats suivants :
- la floculation dans les tubes 5-8 est normale c.-à-d., 0000222200000000.
- la floculation dans les tubes de 1-4 : Ceci correspond surtout à une augmentation relative
des gammaglobulines et se voit surtout dans la sclérose en plaques, dans la paralysie, la
trypanosomiase africaine au stade encéphalique. Exemple : 2211220000000000.
- la floculation dans les tubes de 9-13 : Elle correspond surtout à une augmentation relative
d’albumine et se voit lorsque la barrière hémato-encéphalique est perméable, c’est le cas
des méningites aiguës. Exemple : 0000002222212220.
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- L’examen le plus précis pour l’étude du rapport albumine globuline est l’électrophorèse ;
mais cette technique est beaucoup plus difficile car la concentration de protéines est faible
dans le LCR.
La glucorachie
Celle-ci est normalement liée à la glycémie. Elle varie habituellement entre 35-70 mg/dL.
L’hyperglucorachie est rare, elle s’observe en cas de diabète sucré, dans certaines
encéphalites. Elle va souvent de paire avec une hyperglycémie. Par contre l’hypoglucorachie
se rencontre dans les méningites aiguës purulentes, dans les méningites tuberculeuses, dans
les méningites syphilitiques aiguës, la trypanosomiase (stade encéphalique).
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dans différentes positions des segments de la colonne vertébrale pour l’étude des relations
intervertébrales en hyperflexion, en hyperextension, en inclinaison latérale. Les incidences
obliques sont indiquées notamment dans la mise en évidence de trous de conjugaison qui sont
parfois obstrués par des ostéophytes.
Les radiographies de la colonne permettent également de mettre en évidence les lésions d’une
spondylite : typhique ou tuberculeuse (mal de Pott), d’une tumeur primitive ou métastatique,
d’une fracture ou luxation, d’un écrasement vertébral.
3. La pneumo-encéphalographie
Il existe plusieurs types de pneumo-encéphalographie :
a. La ventriculographie directe : Elle consiste à introduire de l’air au niveau des ventricules
cérébraux notamment les ventricules latéraux. L’usage de cette technique est limité par le
fait qu’elle ne permet pas l’étude des contours externes de l’encéphale. Elle ne permet pas
non plus l’étude de troisième et quatrième ventricules. Elle exige une intervention
chirurgicale.
b. L’encéphalographie par voie sous occipitale.
c. L’encéphalographie par voie lombaire ou médullo-spinale. Ces deux examens (b et c)
permettent l’étude soit isolée soit combinée à celle du système ventriculaire, des contours
externes de l’encéphale. Ces deux techniques permettent également et souvent de
visualiser le troisième et quatrième ventricules. La technique d’encéphalographie
consistait auparavant à injecter 80-100 ml d’air suivant le sujet. Cela entraîne des graves
inconvénients sous forme de céphalées, douleurs à la nuque, choc et tendance
lipothymique, nausées, vomissements, poussées d’hyperthermie, parfois engagement des
amygdales cérébelleuses dans le trou occipital avec compression du bulbe ou engagement
de la partie interne du lobe temporal (uncus) sous la tente du cervelet avec compression
latérale du tronc cérébral. Plus tard on a essayé une nouvelle technique, bien tolérée et
moins dangereuse parce que ne nécessite que l’injection d’une faible quantité d’air.
Il s’agit de :
- L’encéphalographie fractionnée : consiste à injecter par voie lombaire, une petite quantité
d’air (30-40ml) et de façon fractionnée par 10-15 ml. Chaque injection est suivie du
prélèvement d’une quantité de LCR égale à la moitié du volume d’air injecté.
- L’encéphalographie progressive : consiste à redresser progressivement le sujet qui se
trouve en décubitus ventral sur une table d’examen radiologique basculante, après qu’on
lui aura injecté de l’air par voie lombaire pendant qu’il était couché latéralement ou en
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 29
trendelenbourg. Les différents clichés sont pris à des inclinaisons standardisés de la table.
Cet examen consiste à injecter 30-40 ml d’air, suivi du prélèvement de 15-20 ml de LCR.
4. L’iodoventriculographie
Cet examen consiste à injecter dans le système ventriculaire, un produit iodé opaque. Les
indications se limitent aux malades qui présentent une symptomatologie de la fosse
postérieure ou des lésions supra-tentorielles médianes ou paramédianes.
5. L’angiographie cérébrale
Elle consiste à injecter le produit opaque dans le courant artériel, dans une branche issue du
polygone de Willis. Il s’agit de l’angiographie carotidienne ou angiographie vertébrale.
Chez le sujet normal, le temps de passage du produit est de 6-7 secondes. Ce temps peut être
augmenté en cas de HIC. Si les clichés sont pris à une cadence rapide, on peut visualiser le
système artériel pendant les deux à trois premières secondes (temps artériel), le système
capillaire pendant 3-4 secondes, (temps capillaire) et le système veineux pendant 4-5
secondes, (temps veineux). Ces différents temps notés sur des clichés de face ou de profil
donnent des images correctes de la morphologie vasculaire cérébrale pouvant servir aussi au
diagnostic des néoformations intracrâniennes. A l’état pathologique l’angiographie cérébrale
fournit des renseignements nombreux et précis :
- les lésions vasculaires primitives ou secondaires comme la thrombose, l’embolie,
l’insuffisance circulatoire, l’anévrisme, l’angiome, la vascularisation de certaines tumeurs
comme le méningiome, le glioblastome etc.
- le déplacement de la trajectoire classique des vaisseaux, permettant de déduire la présence
d’une néoformation intracrânienne.
9. La myélographie
Elle consiste à mettre en évidence par contraste opaque ou gazeux l’espace inter-arachnoïdien
compris entre la moelle épinière et son enveloppe dure-mérienne. Cet examen est indiqué
particulièrement dans les compressions médullaires et dans certains syndromes d’atteinte
radiculaire. La technique la plus utilisée consiste à injecter dans l’espace sous-arachnoïdien
une faible quantité de lipiodol (2-3 ml) qui aura tendance à gagner les régions les plus
déclives. Il faudra faire passer progressivement le sujet en position verticale, soit débout si
l’injection a été faite par voie sous occipitale, soit la tête en bas, malade solidement fixé à la
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 30
table radiologique, si l’injection a été faite par voie lombaire. Entre temps, on prend des
clichés lorsqu’on constate un arrêt ou une déformation intéressante.
On a proposé de remplacer le lipiodol par de l’air, dans ce cas on parle de myélographie
gazeuse ou soit par un produit opaque plus fluide qu’on peut facilement retirer du lac spinal
enfin d’examen.
C’est une méthode d’exploration cérébrale qui consiste à enregistrer l’activité électrique du
cerveau à travers le crâne et les parties molles du scalp. Le tracé ainsi obtenu est
l’électroencéphalogramme. La technique consiste à détecter des ondes cérébrales par des
électrodes appliquées sur le cuir chevelu. Ces ondes doivent être amplifiées pour pouvoir être
inscrites et étudiées. La détection des ondes cérébrales se fait à la voûte crânienne et au cuir
chevelu sans qu’il soit nécessaire de raser les cheveux au point d’application des électrodes.
Ces électrodes sont constituées d’une courte tige d’argent chlorurée qui repose sur le scalp par
l’intermédiaire d’un tampon d’ouate imbibé d’eau salée. Elles sont maintenues sur le cuir
chevelu par un casque élastique.
Les variations du potentiel d’origine cérébrale étant d’amplitude trop faible (de quelques
microvolts), il est nécessaire de les amplifier considérablement au moyen d’amplificateurs à
entrée différentielle qui éliminent non seulement toutes les variations du potentiel égales entre
elles provenant des bornes de l’appareil, mais aussi toutes les fréquences parasites comme le
potentiel musculaire.
L’inscription se fait soit par l’intermédiaire d’un papier carbone soit à l’encre sur une bande
de papier qui se déroule à vitesse constante. On obtient ainsi un tracé où l’on peut étudier la
fréquence, l’amplitude et la morphologie des ondes.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 31
L’enregistrement de l’EEG se réalise chez le sujet rassuré et détendu, les yeux fermés. Au
cours de l’enregistrement, on exécute les preuves d’ouverture et de fermeture des yeux
(réaction d’arrêt). On pratique en outre une épreuve d’hyperpnée et souvent une épreuve de
stimulation lumineuse intermittente. Parfois, on peut utiliser d’autres épreuves comme la
respiration d’azote pure ou l’injection intraveineuse de cardiazol. On peut également
enregistrer l’EEG au cours du sommeil spontané ou provoqué.
L’EEG normal
Chez l’adulte au repos, les yeux fermés et qui n’est soumis à aucune sollicitation sensitivo-
sensorielle ou psychique particulière, l’EEG est caractérisé par une activité prédominante
dans les dérivations postérieures et composée d’ondes sinusoïdales, régulières, d’une certaine
fréquence de 9-12 cycles par seconde. Ces ondes ont une amplitude de 20-80 µv et
surviennent parfois par bouffées d’amplitude progressivement croissante, puis décroissante
donc en fuseau : c’est le rythme de Berger.
Lorsque le sujet est soumis à des différences sensorielles ou psychiques, le rythme disparaît
pour faire place à un rythme beaucoup plus ample, et beaucoup plus rapide (18 cycles par
seconde) : c’est le rythme . Celui-ci apparaît surtout dans les dérivations centrales des deux
hémisphères. Le passage du rythme au rythme appelé réaction d’arrêt est produit dans la
routine de l’examen EEG par simple ouverture des yeux. Il peut être aussi réalisé par toutes
sortes des stimulations sensitivo-sensorielles ou même par une activité psychique soutenue
comme l’activité mentale. La réaction d’arrêt est donc une réaction non spécifique qui
apparaît chaque fois que l’attention du sujet est sollicitée.
Un tracé normal chez le sujet adulte peut montrer dans les régions centro-temporales une
légère dysrythmie non survoltée composée d’ondes d’une fréquence instable oscillante dans
une même dérivation de 6-8 cycles par seconde.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 32
faible (moins de 40 µv) au-dessus de 1-2 mois et physiologiquement plus ample (entre
100-150 µv) jusqu’à 1-2 mois. L’EEG montre dans ses grandes lignes l’aspect d’un tracé
d’adulte à partir de 12-14 ans. Jusqu’à 16-18 ans, cependant, une légère instabilité du
rythme de base occipital ne doit pas être considérée comme pathologique.
De nombreux sujets apparemment normaux dont l’âge atteint ou dépasse 50 ans
présentent dans les régions temporales des paroxysmes d’ondes de 4-6 cycles par seconde
entremêlés de pointes ou d’ondes d’une durée brève de un à deux secondes. Ceux-ci sont
aggravés en nombre et en amplitude par l’épreuve de l’hyperpnée et n’apparaissent parfois
qu’au cours de cette épreuve. De plus, on observe fréquemment, après 50 ans un
ralentissement de la fréquence du rythme de base occipital. Ces diverses altérations
serraient dues à l’état vasculaire de ces sujets âgés.
- Suivant l’état mental et affectif du sujet ;
- Chez la femme suivant la période du cycle menstruel ;
- D’un sujet à l’autre.
Ces trois dernières sortes de variations sont habituellement minimes et se situent dans les
limites des rythmes normaux.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 33
- Dans les traumatismes crâniens, l’EEG confirme les données de la clinique mais permet
rarement de donner des précisions supplémentaires ou d’aider à rétablir le diagnostic.
Cependant, l ‘EEG peut être altéré alors que sur le plan clinique le sujet semble avoir
récupéré complètement. Ceci est important en médecine légale.
- Dans les affections cérébrales localisées comme les hématomes, les abcès et les tumeurs,
l’EEG confirme les données de la clinique concernant la localisation de la lésion. Dans
certains cas, alors que la clinique est pauvre, l’EEG peut être précieux en indiquant le
siège de la lésion ou du moins le côté où il faut orienter les autres examens
complémentaires comme l’angiographie. Dans d’autres cas, l’EEG restera absolument
normal ou ne donnera que les signes diffus alors que la lésion est localisée, surtout si
celle-ci est profonde ou si elle est située dans la fosse postérieure ou alors si elle évolue
lentement. Ainsi donc l’EEG normal n’a aucune valeur absolue.
IV. L’ECHOENCEPHALOGRAPHIE
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 34
V. LA GAMMAENCEPHALOGRAPHIE
C’est une méthode d’exploration cérébrale utilisant les traceurs radioactifs injectés dans la
circulation cérébrale. Chez le sujet normal les traceurs radioactifs injectés dans la circulation
générale ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique. Ainsi l’accumulation des
traceurs radioactifs dans une région de l’encéphale résulte soit du développement anormal des
vaisseaux, comme angiome, tumeur très vascularisée, soit alors de la perméabilité anormale
de la barrière hémato-encéphalique ou par troubles de la perméabilité vasculaire comme en
cas d’œdème péri-tumoral, AVC ou, alors développement d’une tumeur maligne.
On utilise habituellement le 99Tc, 197Hg ou l’albumine sérique marquée à 131I.
Le contage externe est assuré par une caméra à scintillations. Il s’agit de la scintigraphie
cérébrale.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 35
Chap. 3
Il est constitué d’un ensemble des symptômes apparus après une interruption partielle
ou totale de la voie pyramidale qui constitue le support de la motilité volontaire.
a. Rappel anatomophysiologique :
Le faisceau pyramidal prend naissance dans les cellules pyramidales de Betz situées
dans la couche V de la circonvolution frontale ascendante (aire 4). Les fibres qui constituent
le faisceau pyramidal proviennent de ces cellules de Betz et se dirigent vers le tronc cérébral
et la moelle. Elles traversent successivement le centre ovale, la capsule interne (au niveau de
laquelle les fibres situées au niveau du genou prennent le nom de faisceau géniculé), le pied
du pédoncule, le pied de la protubérance et la pyramide bulbaire.
A la partie inférieure du bulbe, la grande partie des fibres croise la ligne médiane et descend
dans le cordon antéro-latéral de la moelle. Une faible partie de ces fibres gagne la moelle sans
croiser la ligne médiane et descend à la partie antéro-interne du cordon antéro-latéral, c’est le
faisceau pyramidal direct.
La terminaison du faisceau pyramidal est double :
Les fibres du faisceau géniculé quitte la voie pyramidale à différents étages du tronc
cérébral pour gagner les noyaux moteurs des nerfs crâniens controlatéraux ; il s’agit des
nerfs III et IV pour le pédoncule cérébral, V, VI, et VII, pour la protubérance annulaire et
IX, X, XI, XII, pour le bulbe.
Le contingent corticospinal se termine sur les motoneurones et de la corne antérieure
de la moelle soit directement, soit par l’intermédiaire des interneurones. Le faisceau
pyramidal direct aura déjà croisé la ligne médiane au niveau de chaque segment de la
moelle.
Le faisceau pyramidal permet la mise en action des systèmes neuro-musculaires qui
interviennent dans l’activité motrice volontaire. Le système pyramidal a également une action
de contrôle sur les autres types de motricité automatique et réflexe, le contrôle étant
essentiellement inhibiteur.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 36
b. Sémiologie
Le syndrome pyramidal est caractérisé par l’association des :
- Signes déficitaires qui traduisent directement l’atteinte du faisceau pyramidal ;
- Signes de spasmodicité qui traduisent la liberté des activités motrices réflexes qui sont
inhibées normalement par le système pyramidal. L’apparition de ces deux groupes des
signes est décalée dans le temps : ainsi la paralysie est d’abord flasque puis spastique.
Au stade de la paralysie flasque, on observe :
- La paralysie qui prédomine sur les allongeurs aux membres supérieurs et sur les
racourcisseurs aux membres inférieurs et les muscles les plus volutionnels sont les plus
atteints, en particulier les muscles qui commandent les mouvements fins des doigts.
- Cette paralysie est flasque et l’hypotonie porte sur l’extensibilité.
- Les réflexes ostéotendineux sont abolis. La présence du signe de Babinski permet
d’affirmer l’origine pyramidale de la paralysie.
Si la lésion est unilatérale et siège au-dessus de la décussation bulbaire des voies
pyramidales, la paralysie sera controlatérale. Par contre, si la lésion siège en dessous de la
décussation, la paralysie sera homolatérale parce que, la plupart des fibres pyramidales ont
déjà croisé la ligne médiane.
Au stade de la paralysie spastique, on observe :
- La paralysie, est caractérisée par l’existence d’une contracture dite pyramidale ou
spasticité. Celle-ci est due à l’exagération du réflexe myotatique, conséquence de
l’hypertonie des fibres musculaires fusoriales, par l’intermédiaire des fibres nerveuses
libérées du contrôle pyramidal. La spasticité pyramidale se présente comme une
hypertonie musculaire élastique qui intéresse les muscles les plus volutionnels avec une
prédominance sur les fléchisseurs aux membres supérieurs et sur les extenseurs aux
membres inférieurs. Ceci est à l’origine de l’attitude caractéristique de cette paralysie
notamment aux membres supérieurs : les bras en rotation interne, coude demi-fléchi,
poignet en pronation, doigts en flexion et le pouce en adduction et légère opposition. Aux
membres inférieurs, la jambe est en extension et le pied en varus équin, la cuisse en
rotation interne et en adduction.
- On observe une exagération des réflexes ostéotendineux qui sont vifs, polycinétiques et
diffusés avec clonus de la rotule et trépidation épileptoïde du pied. Tous les signes sont
dus à l’exagération du réflexe myotatique.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 37
- Il y a modification des réflexes cutanés avec abolition des réflexes cutanés abdominaux,
crémastériens et surtout présence du signe de Babinski.
- Existence de syncinésies qui traduisent l’hypertonie. Ce sont des mouvements
involontaires ou des renforcements toniques survenant dans un groupe musculaire lors des
mouvements involontaires ou réflexes et concernant une autre partie du corps.
Il existe deux types de syncinésies :
a. Syncinésies de coordination obéissant à l’innervation réciproque : elles se
traduisent par l’apparition des mouvements involontaires dans le territoire parésié
lors de la réalisation d’un mouvement volontaire ou réflexe par le groupe
musculaire synergique.
b. Syncinésies globales ou spasmodiques : ce sont des renforcements toniques qui
augmentent l’intensité de la contracture préexistante dans un membre, un
hémicorps ou le corps tout entier, à l’occasion d’un mouvement volontaire ou
automatique réalisé par le sujet.
c. Formes cliniques
Le syndrome pyramidal peut être dû à une lésion siégeant à un niveau quelconque de
l’axe cérébro-spinal :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 38
a- Dans le pédoncule :
L’hémiplégie croisée, avec paralysie faciale centrale, s’associe à une paralysie directe
du nerf III (c’est le syndrome de Weber) ou à une paralysie croisée de latéralité (c.-à-d.
syndrome de Foville pédonculaire). Ce dernier syndrome est caractérisé par une hémiplégie
croisée avec paralysie faciale centrale et une déviation conjuguée de la tête et des yeux vers
la lésion.
b- Dans la protubérance :
L’association d’une hémiplégie croisée avec paralysie faciale centrale, avec une
paralysie directe de latéralité, c.-à-d. déviation conjuguée de la tête et des yeux vers les
membres paralysés, constitue le syndrome de Foville protubérantiel supérieur.
Dans la protubérance inférieure, l’hémiplégie croisée respecte la face, mais s’associe à
une paralysie faciale directe de type périphérique, c’est le syndrome de Millard-Gubler. Il
peut s’y adjoindre une paralysie directe de latéralité et une paralysie directe du nerf VI : c’est
le syndrome de Foville protubérantiel inférieur.
c- Dans le bulbe :
Il s’agit d’une hémiplégie croisée, lorsque la lésion siège au-dessus de la décussation
des pyramides, qui respecte la face et s’associe à une paralysie directe des nerfs crâniens IX,
X, XI, XII. Le syndrome de Babinski Nageotte est constitué par l’association des troubles
directes : syndrome cérébelleux, syndrome de Claude-Bernard-Horner, et troubles de
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 39
déglutition avec atteinte du voile et des troubles croisés (hémiplégie, hémi-anesthésie avec
dissociation de type syringomyélique)
REMARQUE :
Toutes ces hémiplégies sont habituellement liées à un AVC. L’existence d’une
hémiplégie à bascule ou d’un syndrome pyramidal bilatéral doit évoquer une insuffisance ou
une thrombose de l’artère basilaire. Ce syndrome peut être aussi, dû à une tumeur (neurinome,
méningiome, gliome) ou à une cause inflammatoire (sclérose en plaques).
4° Au niveau de la moelle
L’atteinte peut être unilatérale ou bilatérale. En cas d’atteinte unilatérale, on observe le
syndrome de Brown-Séquard caractérisé par une atteinte directe de la motilité volontaire, la
sensibilité tactile épicritique, la sensibilité profonde et l’atteinte croisée de la sensibilité
superficielle tactile protopathique, et thermo-algésique.
Si la lésion est bilatérale, on observe une paraplégie ou une quadriplégie selon le
niveau de l’atteinte. Il faut préciser l’existence des signes sensitifs, leurs limites supérieures,
l’existence ou non d’un syndrome lésionnel et la présence ou non d’un réflexe d’automatisme
médullaire.
Tous ces signes permettent d’orienter le diagnostic et la localisation de la lésion.
Etiologie
Les lésions latérales de la moelle sont dues habituellement au mal de Pott, à la hernie
discale, au cancer de la moelle, au neurinome, à l’AVC, à la sclérose latérale amyotrophique
et à la sclérose en plaques.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 40
Sémiologie
Le syndrome neurogène périphérique est la conséquence d’une interruption de la voie
finale commune.
Clinique
Les signes observés sont les suivants :
1° La paralysie :
Elle est appréciée par l’étude de la force musculaire.
- Son mode d’installation est rapide ou lent
- Son caractère sémiologique : paralysie complète, non dissociée, affectant au même
degré les différents types de motilité, c.-à-d. motilité volontaire, motilité automatique
et motilité réflexe.
- La paralysie est flasque, hypotonique. La passivité et l’extensibilité se trouvent
augmentées (à comparer avec la paralysie du syndrome pyramidal)
- L’importance de la paralysie est variable allant de la simple parésie à l’impotence
absolue. On l’exprime suivant la cotation suivante :
0 : absence de contraction volontaire
1 : contraction faible sans déplacement perceptible
2 : déplacement possible si l’action de la pesanteur est éliminée
3 : déplacement possible contre la pesanteur
4 : déplacement possible malgré une résistance supérieure à la pesanteur
5 : force musculaire normale
- La topographie : la paralysie peut avoir une topographie nettement neurogène avec une
systématisation radiculaire ou tronculaire. On peut noter une localisation ou une
prédominance distale. Lorsqu’il existe une atteinte bilatérale progressive, ce caractère est en
soi évocateur d’une atteinte neurogène.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 41
2° L’amyotrophie
Elle est due à une dénervation du muscle. Elle fait suite au déficit de la force
musculaire. Elle peut être visible à l’inspection mais parfois un examen comparatif avec
mensurations peut être nécessaire pour affirmer le diagnostic. Les arguments suivants sont en
faveur du caractère neurogène de l’amyotrophie :
- existence des crampes qui précèdent son installation,
- prédominance distale ou existence d’une systématisation radiculaire ou tronculaire
- Présence des fasciculations, c.-à-d. des contractions parcellaires spontanées, visibles à la
surface du muscle à jour frisant.
Elles traduisent la mise en jeu spontanée d’une unité motrice. Elles peuvent survenir
également après percussion ou refroidissement du muscle atteint. On appelle unité motrice,
l’ensemble des fibres musculaires innervées par un seul motoneurone .
4° Les réflexes
Les réflexes ostéotendineux sont abolis ou diminués à cause de l’interruption de l’arc
réflexe. L’étude des réflexes ostéotendineux permet de déterminer le niveau de la lésion. Les
réflexes cutanés, abdominaux, crémastériens et plantaires sont également abolis si l’arc
réflexe qui les concerne se trouve interrompu. Il n’y a pas de signe de Babinski (sauf
association possible du syndrome pyramidal).
5° La sensibilité
On peut observer :
- des douleurs de type radiculalgie ou de type névralgie
- Une hypoesthésie à topographie radiculaire ou tronculaire.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 42
Examens paracliniques
1. L’électrodiagnostic
L’’électrodiagnostic de stimulation et l’électrodiagnostic de détection ou
électromyographie : inexcitabilité, hypo-excitabilité du muscle, diminution de la vitesse de
conduction et de l’activité électrique spontanée.
La biopsie musculaire
Elle permet de mettre en évidence une atrophie musculaire avec systématisation
fasciculaire des lésions. On observe des fibres musculaires altérées sur toute leur longueur et
ces troubles affectent l’ensemble du fascicule musculaire. Les fascicules voisins peuvent être
normaux ou présenter les même types des lésions. Si on observe en même temps des
fascicules normaux et des fascicules atrophiques, c’est que l’atrophie musculaire est d’origine
neurogène.
Etiologie
Le syndrome neurogène périphérique peut être due à une lésion des cornes antérieures
de la moelle ou des noyaux des nerfs crâniens, à une lésion des racines motrices de la moelle
ou du tronc cérébral ou, à une lésion des nerfs périphériques.
1° L’atteinte du motoneurone périphérique dans les cornes antérieures de la moelle ou dans
les noyaux des nerfs crâniens peut s’observer dans les circonstances suivantes :
- poliomyélite antérieure aiguë
- Sclérose latérale amyotrophique caractérisée par l’association d’un syndrome
pyramidal au syndrome neurogène périphérique, sans atteinte sensitive.
- Syndrome lésionnel, provoqué par un traumatisme, un ramollissement, une
compression, une syringomyélie ;
- Certaines affections familiales comme l’amyotrophie de Charcot-Marie et Tooth, et
l’amyotrophie spinale de Werdning-Hoffmann.
2° La lésion peut affecter les racines rachidiennes.
La symptomatologie radiculaire sera motrice pure si la racine antérieure est seule
intéressée. La symptomatologie est habituellement sensitivomotrice à cause de l’atteinte
simultanée de la racine postérieure. Cette lésion peut être due à un traumatisme, à une
compression extra-médullaire comme une tumeur, le mal de Pott, la hernie discale. L’atteinte
simultanée de plusieurs racines rachidiennes peut s’observer en cas des lésions siégeant au
niveau des plexus.
3° La lésion peut affecter les nerfs périphériques.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 43
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 44
a. LE SYNDROME SENSITIF
Il est lié à l’atteinte des différentes sensibilités ( musculaire, articulaire, osseuse) qui
constituent la sensibilité profonde consciente.
Rappel anatomophysiologique
1° Les récepteurs de la sensibilité profonde sont : les fuseaux neuromusculaires, les organes
tendineux de Golgi et les corpuscules de Paccini.
2° Les voies de la sensibilité profonde sont constituées par trois neurones :
- Le premier (protoneurone) : il naît au contact des propriorécepteurs, chemine dans le nerf
périphérique puis, après le ganglion rachidien où se trouve son corps cellulaire, il entre
dans la constitution du faisceau interne des fibres longues des racines postérieures. Après
leur pénétration dans la moelle, ces fibres montent dans les faisceaux homolatéraux de
Goll et Burdach. Ce protoneurone monte dans le bulbe et se termine dans les noyaux de
Goll, Burdach et Von Monakow ;
- le deuxième (deutéronome) prend naissance dans ces noyaux et après avoir décussé à la
partie inférieure du bulbe, il entre dans la constitution du ruban de Reil médian pour se
terminer dans le noyau ventro-postéro-latéral du thalamus ;
- le troisième prend naissance dans ce noyau thalamique et gagne le cortex cérébral où il se
termine dans la circonvolution pariétale ascendante (aires 1,2,3)
Sémiologie
Le syndrome sensitif comprend des troubles subjectifs, des troubles objectifs de la
sensibilité profonde et des troubles du tonus.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 45
heures. Elles se répètent en série au même point pendant la durée de l’accès. Le malade
les rapporte à la profondeur des tissus ;
- Douleurs térébrantes : douleurs fixes sous forme de morsure ou de clou pénétrant dans les
tissus ;
- Douleurs constrictives : sensation de serrement ou de broiement ;
- Paresthésies ou dysesthésies sous forme de sensation de courant d’eau chaude ou d’eau
froide ou sous forme d’impression de marche sur de la mousse ou un matelas.
Formes topographiques
1° Quand la lésion intéresse les nerfs périphériques, les ganglions rachidiens et les racines
postérieures de la moelle, l’anesthésie ou l’hypoesthésie ne porte pas seulement sur la
sensibilité profonde mais intéresse aussi la sensibilité superficielle (tactile et thermo-
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 46
algésique) Lorsque la lésion siège sur les nerfs périphériques ex. en cas de traumatisme,
polynévrite, multinévrite, polyradiculonévrite, on constate une atteinte sensitivomotrice et non
motrice pure et le syndrome a une topographie tronculaire.
Si la lésion siège au niveau des ganglions rachidiens ex. Zona, les troubles intéressent
tous les différents types de sensibilités et ils ont une topographie radiculaire.
Si la lésion intéresse la racine postérieure, notamment en cas de traumatisme, de
compression extra médullaire ; comme en cas de mal de Pott, hernie discale, cancer vertébral
ou, encore en cas d’affections médullaires comme ramollissements et troubles médullaires, on
observe une atteinte de tous les types de sensibilité avec une topographie radiculaire. Ces
signes permettent de localiser avec précision le niveau lésionnel.
3° Quant la lésion se situe dans le tronc cérébral, notamment en cas de tumeur ou lésion
vasculaire, l’anesthésie profonde est croisée et, non plus directe. On peut observer une
dissociation de type tabétique lorsque la lésion est médiane. A l’atteinte de la sensibilité
s’associent un syndrome pyramidal et la paralysie d’un ou de plusieurs nerfs crâniens, ce qui
permet de localiser la lésion.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 47
5° La lésion peut être pariétale : elle est vasculaire et tumorale. Habituellement on distingue
deux syndromes : le syndrome de Déjerine Mouzon, caractérisé par une hémi-anesthésie
intéressant les sensibilités élémentaires et le syndrome de Verger-Déjerine caractérisé par
l’intégrité des sensations élémentaires (tactiles, thermo-algésiques et kinesthésiques) alors
qu’il existe des troubles de la perception différentielle des intensités et des extensités. Cette
atteinte de la sensibilité traduit l’existence d’agnosies perceptives liées à une lésion du cortex
pariétale.
Il est constitué par l’ensemble des symptômes qui traduisent l’atteinte des sensibilités
tactile, thermique et douloureuse.
Rappel anatomophysiologique
Les récepteurs de la sensibilité superficielle sont :
Pour la sensibilité tactile : les corpuscules de Meissner, les corpuscules de Paccini et les
corpuscules en corbeille à la base des follicules pileux ;
Pour la sensibilité thermique : les corpuscules de Krause et Ruffini,
Pour la sensibilité douloureuse : les terminaisons nerveuses libres.
Les voies qui vectent ces différentes sensibilités sont constituées de trois neurones :
Le premier prend naissance aux contacts des récepteurs, chemine dans le nerf
périphérique, puis après le ganglion rachidien où se trouve son corps cellulaire, il gagne la
moelle par la racine postérieure et se termine au niveau des cornes postérieures dans la
substance gélatineuse de Rolando.
Le deuxième y prend naissance, traverse la ligne médiane peu après pour la sensibilité
thermo-algésique ou après un ou deux segments médullaires plus haut pour le tact
protopathique. Les voies de la sensibilité superficielle constituent le faisceau spino-
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 48
Sémiologie
Le syndrome sensitif superficielle comporte des troubles subjectifs et des troubles
objectifs de la sensibilité :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 49
Etiologie
1° La lésion peut intéresser le nerf périphérique, le ganglion rachidien ou les racines
postérieures. Il y a une anesthésie ou une hypoesthésie portant sur toutes les sensibilités
superficielles et profondes.
2° La lésion peut être médullaire. On peut observer une section complète ou une hémisection
de la moelle ou une atteinte syringomyélique liée à une atteinte préférentielle de la thermo-
algésie alors que le tact épicritique et la sensibilité profonde sont intactes. Ce syndrome
traduit une interruption des fibres commissurales sensitives dans la moelle et il est observé
dans la syringomyélie et dans les tumeurs intramédullaires.
3° La lésion peut se situer dans le tronc cérébral, on peut observer :
- Une dissociation syringomyélique,
- Une hémi-anesthésie alterne.
4° La lésion peut se situer dans le thalamus ;
5° La lésion peut se situer dans le cortex pariétal voire : syndrome de Déjerine Mouzon et
syndrome de Verger Déjerine.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 50
c. LE SYNDROME CEREBELLEUX
Il est constitué par l’ensemble des symptômes qui apparaissent après une lésion qui
intéresse le cervelet lui-même ou après interruption des voies cérébelleuses dans le tronc
cérébral.
Rappel anatomophysiologique
Le cervelet est constitué d’un vermis médian, de deux hémisphères latéraux et des
noyaux centraux qui sont : Noyau dentelé, Noyau du toit, embolus et globulus. Il est relié au
bulbe par les pédoncules cérébelleux inférieurs, à la protubérance par les pédoncules
cérébelleux moyens et aux pédoncules cérébraux par les pédoncules cérébelleux supérieurs.
Sur le plan phylogénétique, le cervelet comporte trois parties :
- L’archéo-cervelet qui est constitué du lobule floculo-nodulaire. Il présente des connexions
essentiellement vestibulaires. Il reçoit des influx en provenance du nerf vestibulaire après
relais dans les noyaux vestibulaires. Il émet des fibres destinées également aux noyaux
vestibulaires.
- Le paléocervelet, essentiellement constitué par le vermis. Il présente des connexions
spinales. Il reçoit des afférences en provenance de la moelle homolatérale grâce aux
faisceaux de Flechsig et de Gowers. Il émet des fibres
qui après relais dans le noyau du toit et le globulus gagne le pédoncule cérébelleux
supérieur. Certaines entrent dans la constitution du faisceau en crochet de Russel, d’autres
par la commissure de Wernekink gagnent la partie ancienne du noyau rouge où elles font
synapse avec les fibres qui entrent dans la constitution du faisceau rubro-spinal.
- Le néocervelet : il est constitué par les lobes latéraux. Il présente des connexions avec le
cortex cérébral. Par le pédoncule cérébelleux moyen, il reçoit des afférences en
provenance des noyaux du pont, eux même en connexion avec les aires 5, 6 , 7 et 21 du
cortex cérébral. Le néocortex émet des fibres qui après relais dans le noyau dentelé et
l’embolus, gagnent par le pédoncule cérébelleux supérieur le noyau rouge, le thalamus et
se projettent dans les aires 5 et 6 du cortex cérébral.
Le cervelet joue un rôle important dans la régulation de l’adaptation posturale et des
mouvements volontaires. Il permet de ce fait le jeu harmonieux des muscles agonistes et
antagonistes, de leur contraction et de leur décontraction. L’archéo-cervelet et le paléo-
cervelet interviennent dans la régulation de la statique grâce à l’ajustement permanent du
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 51
Sémiologie
Le syndrome cérébelleux comporte des troubles de la statique, des troubles de
l’exécution des mouvements et les troubles du tonus.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 52
Formes cliniques
Le syndrome cérébelleux peut être dû à :
1° Une atteinte du cervelet : Dans ce cas on peut observer deux syndromes :
a. Le syndrome vermien ou syndrome paléocérébelleux caractérisé par l’importance des
troubles de la statique et de la marche alors que la coordination segmentaire des membres
est relativement conservée, voire intacte aux membres supérieurs.
b. Le syndrome latéral ou hémisphérique ou syndrome néocérébelleux caractérisé par
l’impotence de la coordination segmentaire des membres alors que l’équilibre est
relativement conservé.
2° Une atteinte des voies cérébelleuses :
a. Au cours des lésions médullaires, le syndrome cérébelleux est très rare. Il s’extériorise
exceptionnellement en raison de l’atteinte pyramidale souvent associée.
b. Au cours des lésions bulbaires, les troubles cérébelleux se traduisent par les troubles de la
statique à cause de l’atteinte du pédoncule cérébelleux inférieur. Ce syndrome peut entrer
dans la constitution des syndromes plus complexes, comme le syndrome de Wallemberg
caractérisé par :
- Un hémisyndrome cérébelleux ;
- une anesthésie du trijumeau,
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 53
Etiologies
- Le plus souvent, les affections vasculaires du cervelet et du tronc cérébral ;
- Les tumeurs de la fosse postérieure et spécialement les tumeurs de l’angle
pontocérébelleux (neurinome, méningiome, médulloblastome chez l’enfant) ;
- L’infection aiguë qui intéresse le cervelet (cérébellite), abcès cérébelleux ;
- La sclérose en plaques ;
- Les atrophies cérébelleuses qui peuvent être dues à une intoxication surtout alcoolique ou
à un syndrome néoplasique ;
- Dégénérescences cérébelleuses et spinocérébelleuses primitives.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 54
d. LE SYNDROME VESTIBULAIRE
Rappel anatomophysiologique
Le système vestibulaire comprend :
- L’appareil récepteur ou labyrinthe membraneux constitué de :
Vestibule formé d’utricule et de saccule et dont les cellules sensorielles sont situées au
niveau de la macula. Ces cellules sensorielles sont sensibles aux changements de position
de la tête et plus précisément aux variations de pression des otolithes sur les macules ;
Canaux semi-circulaires comportant des crêtes ampulaires formées des cellules
sensorielles ciliées. Ces cellules sensorielles sont sensibles aux déplacements du liquide
endolymphatique contenu dans les canaux semi-circulaires. Le déplacement du sujet et
notamment ses mouvements rotatoires sont à l’origine du déplacement du liquide
endolymphatique.
- Le nerf vestibulaire : il prend son origine au niveau des cellules sensorielles de l’utricule,
de saccule, et des canaux semi-circulaires. Il gagne les ganglions de Scarpa formé des
corps cellulaires des neurones du nerf. Les prolongements cellulifuges gagnent ensuite les
noyaux vestibulaires situés dans le plancher du quatrième ventricule. Il s’agit du noyau de
Betcherew, noyau triangulaire, noyau de Dieters et du noyau de la racine descendante.
- Les voies vestibulaires : les voies vestibulaires centrales prennent naissance au niveau des
noyaux vestibulaires qui présentent des nombreuses connections notamment avec le
vermis du cervelet, la moelle cervicale, la substance réticulée du tronc cérébral, le noyau
oculomoteur, les noyaux striés, et le cortex cérébral.
Le système vestibulaire a pour rôle essentiel de permettre les réactions d’adaptation de
l’individu aux changements de position dans l’espace et surtout aux changements rotatoires. Il
constitue l’organe d’équilibre par excellence.
Sémiologie
Le syndrome vestibulaire comporte les signes subjectifs et les signes objectifs :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 55
a. Les vertiges : signe majeur. Il s’agit d’une sensation de déplacement rotatoire des objets
environnants par rapport à l’individu ou du sujet par rapport aux objets environnants.
L’impression de déplacement est nette et se produit dans le sens vertical ou dans le sens
horizontal. Il peut s’agir d’une sensation vertigineuse statique avec impression de
déplacement ou balancement du corps, impression d’ascension, de chute ou de
déséquilibre.
b. Les signes d’accompagnement : le sujet ressent une impression pénible, angoissante,
d’une perte de l’équilibre. Il peut s’agir d’une chute lors de la survenue des vertiges ou
troubles de la marche.
c. Les nausées et vomissements : réveillés par le moindre mouvement, accompagnés des
réactions vasomotrices (pâleur, sueurs, ralentissement du pouls).
2° Signes objectifs :
e. Le nystagmus : c’est un mouvement rythmique des globes oculaires constitué d’une
succession d’une phase lente de déplacement des globes oculaires dans une direction
donnée suivie d’une phase rapide de sens contraire qui ramène les yeux à leur position de
repos. C’est ce qu’on appelle nystagmus à ressort.
Le nystagmus est défini par le sens de sa composante rapide qui peut être
horizontale, verticale, rotatoire, (horaire ou anti-horaire), mixte (horizontale et rotatoire).
Le nystagmus peut être spontané c.-à-d. apparaissant dans le regard de face ou réveillé c.-
à-d. apparaissant lorsque le sujet regarde dans une direction déterminée ou un nystagmus
de position c.-à-d. apparaissant dans une certaine position de la tête.
f. Troubles de l’équilibre :
- Les troubles de la statique : Lorsque le sujet est débout, les pieds joints, on voit survenir
une inclinaison lente du corps qui se fait en général latéralement (c’est ce qu’on appelle
latéropulsion), plus rarement en avant ou en arrière, (c’est l’antépulsion ou la rétropulsion)
mais toujours dans une même direction pour un sujet donné. Ce trouble est accentué les
yeux fermés c’est le signe de Romberg labyrinthique.
La déviation du corps n’apparaît qu’après une certaine latence. Elle s’installe
lentement et se fait toujours dans la même direction. La déviation des index se recherche
sur un sujet debout, les yeux fermés, les bras tendus horizontalement en avant, les deux
index étant pointés face à ceux de l’examinateur placé devant lui. En cas de trouble de la
statique, on observe la déviation lente de deux index dans le plan horizontal.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 56
Symptomatologie :
On parle de syndrome vestibulaire complet quand l’ensemble des perturbations qui
traduisent l’atteinte vestibulaire sont présentes, c.-à-d. le nystagmus horizontal et rotatoire, les
troubles de la statique, la déviation des index et les troubles de la marche.
On perle de syndrome vestibulaire harmonieux quand tous les mouvements lents se
font dans la même direction et habituellement vers le labyrinthe lésé : les secousses lentes du
nystagmus, la déviation de l’axe du corps et de la marche, la déviation des index.
Dans le syndrome labyrinthique périphérique, on observe également des troubles
auditifs type bourdonnements, surdité de perception. Les épreuves vestibulaires montrent une
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 57
Etiologie :
- Les hémorragies labyrinthiques : elles peuvent être liées à une artériosclérose, une
hypertension artérielle, un syndrome hémorragique.
- Les traumatismes crâniens avec ou sans fracture du rocher ;
- Les infections auriculaires aiguës ou chroniques entraînant une labyrinthite ;
- Les intoxications notamment par les médicaments : streptomycine, quinine, salicylate de
soude ;
- La méningite virale ou syphilitique ;
- Le neurinome de l’acoustique ;
- Le syndrome de Ménière : il est caractérisé par l’absence de toute étiologie connue et se
manifeste par des vertiges paroxystiques avec une atteinte cochléovestibulaire. Il se
manifeste également par une surdité de perception et une hypo-excitabilité vestibulaire.
Symptomatologie :
Elle est atypique ;
- Les vertiges sont moins francs et moins nettes et les signes objectifs sont permanents : le
nystagmus spontané est pur, il est vertical dans les lésions pédonculaires, horizontal dans
les lésions protubérantielles et rotatoire dans les lésions bulbaires.
- Le syndrome vestibulaire est incomplet c.-à-d. qu’il ne comporte pas l’ensemble de
perturbations traduisant l’atteinte vestibulaire. Il est dysharmonieux parce que les
différentes secousses lentes ne se font pas dans une même direction. Les fonctions
cochléaires sont normales. Par contre, on note habituellement l’association d’autres signes
neurologiques notamment cérébelleux, pyramidaux ou oculaires.
Les étiologies :
- La sclérose en plaques ;
- Les tumeurs de la fosse postérieure ;
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 58
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 59
LE SYNDROME PARKINSONIEN
Rappel anatomophysiologique
Le système extrapyramidal est constitué des formations suivantes :
- Les aires corticales 6 et 8 ; 1, 2, 3, 5 et 22 ;
- les noyaux gris centraux :
Le striatum : putamen et noyau caudé, dont les fonctions sont réceptrices et
associatives ;
Le pallidum : dont le rôle est essentiellement effecteur ;
Le thalamus, spécialement les noyaux antérieur et ventrolatéral ;
Certaines formations sous-thalamiques : la zona incerta, le corps de Luys, le locus
niger et le noyau rouge.
- La substance réticulée du tronc cérébral.
Ces différentes formations sont reliées entre elles par des voies extrapyramidales. Elles
projettent sur le cortex cérébral, le tronc cérébral, le cervelet, la moelle et elles contrôlent
l’activité motrice automatique. Le système extrapyramidal est en étroite liaison avec les
structures nerveuses qui interviennent dans la commande motrice jouant ainsi un rôle dans la
réalisation des mouvements volontaires.
Sémiologie
Le syndrome parkinsonien est caractérisé par l’association des trois signes majeurs :
- Le tremblement,
- L’hypertonie,
- L’akinésie.
On peut observer d’autres signes mineurs dont : les troubles des réflexes
ostéotendineux et les troubles vasomoteurs.
a. Le tremblement.
Il est constitué d’oscillations de faible amplitude au rythme lent et régulier de 4 à 7 par
seconde. Il se manifeste au repos, disparaît ou s’atténue considérablement au cours du
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 60
h. L’akinésie.
C’est la perte des automatismes primaires. Tout mouvement qui peut être réalisé doit
être conçu volontairement. Ainsi, le malade conserve le schéma nécessaire au déroulement
moteur de l’activité qu’il projette ; mais les différents constituants du mouvement doivent en
être pensés, voulus, les uns après les autres et, surveillés tout le long de leur déroulement.
Cette akinésie explique la rareté des gestes, les difficultés de la mise en route, la perte de
balancement des bras au cours de la marche. Elle est responsable de l’amimie et de la rareté
de clignement.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 61
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 62
- Les lésions vasculaires sont aussi à la base du syndrome, notamment les lésions
disséminées dans les noyaux gris de la base.
- L’intoxication au CO, au Mn et dans ce cas il n’y a pas de tremblement de repos.
- L’infection comme la fièvre typhoïde, la syphilis : il s’agit des manifestations fortuites.
- Les tumeurs de la base du cerveau.
- Les neuroleptiques : le syndrome parkinsonien neuroleptique est caractérisé par une
akinésie, une hypertonie, un tremblement, mais parfois aussi des dyskinésies facio-bucco-
linguo-pharyngiennes et des dystonies.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 63
Sémiologie
Le syndrome choréique comporte les éléments suivants :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 64
Etiologie
Deux types de syndrome choréique sont observés :
- Les chorées aiguës,
- Les chorées chroniques.
-
1° Les chorées aiguës :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 65
La chorée de Huntington
C’est une affection héréditaire à transmission dominante, débutant vers la quarantaine.
A la période d’état, le tableau est caractérisé par l’association des mouvements
anormaux et des troubles psychiques. Les mouvements anormaux débutent à la face et
envahissent progressivement tout le corps. On observe une hypotonie musculaire avec parfois
des manifestations hypertoniques transitoires, et localisées. Les manifestations psychiques
sont de type irritabilité, instabilité, parfois réaction dépressive avec risque de suicide. Le
déficit intellectuel d’intensité variable est constant allant de la dysmnésie (mémoire),
l’aprosexie (attention) à la démence profonde. La mort survient au bout de 20-30 ans, dans la
cachexie, au cours d’une infection intercurrente.
Sur le plan anatomopathologique, on observe une atrophie du cortex cérébral qui
prédomine sur le lobe frontal et une atrophie du striatum. Sur le plan microscopique, il s’agit
des lésions dégénératives avec raréfaction neuronale et prolifération gliale.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 66
Sémiologie
Ce syndrome est caractérisé par :
- L’existence des mouvements anormaux,
- Des troubles du tonus.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 67
3° Autres signes
- Difficulté d’exécution des mouvements volontaires. On observe ainsi une pseudo-
adiadococinésie et de l’oppositionnisme c.-à-d. que le mouvement exécuté par le malade
est à l’inverse de celui que l’on désirerait obtenir ;
- Syncinésies globales et d’imitation ;
- Réflexes cutanés abdominaux et crémastériens : exagérés avec extension de la zone
réflexogène ;
- Déformation du tronc (lordose lombaire, scoliose), déformation des extrémités (déviations
des doigts vers le bord cubital, flexion de la main sur l’avant-bras, aspect en bâillonnette) ;
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 68
Etiologie
Le syndrome athétosique s’observe dans deux circonstances :
1° Au cours d’une maladie autonome, l’athétose double.
Elle est souvent la conséquence des lésions néonatales. Il peut s’agir soit :
- de l’état marbré des corps striés : la lésion intéresse le noyau caudé et le putamen qui
présentent l’aspect marbré dû à un agrégat des fibres myéliniques entourant la substance
grise normale.
- de l’état dysmyélinique des néostriatum : il s’agit d’une atrophie striée avec
démyélinisation du striatum.
2° Les athétoses symptomatiques
Le syndrome athétosique peut s’observer au cours :
- des affections dégénératives de nature dysmétabolique comme l’ictère nucléaire néonatal
et la dégénérescence hépatolenticulaire,
- de certaines affections dégénératives primitives comme la maladie de Creutzfeldt-Jacob,
- des lésions tumorales et vasculaires qui affectent les noyaux gris de la base, notamment le
thalamus, le noyau caudé et le pallidum.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 69
Sémiologie
Le syndrome ballique se caractérise par l’existence des mouvements anormaux et d’autres
éléments moins constants.
1° Les mouvements anormaux
Ce sont des mouvements involontaires brusques et rapides, irréguliers, pouvant survenir par
salves. Ils sont de grande amplitude entraînant de déplacements segmentaires importants. Ils
s’exagèrent au cours des mouvements volontaires, à l’émotion et diminuent au repos,
disparaissant pendant le sommeil. Ces mouvements involontaires se différencient des
mouvements choréiques par les faits suivants :
- Leur intensité : ce sont des mouvements brusques extrêmement rapides et violents, très
explosifs, d’amplitude extrême. Cette intensité est à l’origine des lésions traumatiques ;
- Leur tendance à provoquer une torsion avec enroulement en dedans du ou des membres
atteints ;
- Le caractère stéréotypé du mouvement involontaire avec la répétition du même thème
moteur pendant plusieurs minutes.
Ces mouvements balliques sont habituellement unilatéraux, rarement bilatéraux et leur
caractère varie suivant le segment du membre affecté :
- Au niveau du membre supérieur : Ces mouvements prédominent à la racine et se
présentent comme mouvements d’élévation et d’abaissement de l’épaule avec projection
de celle-ci en avant, des mouvements d’adduction et d’abduction du bras, d’extension et
de flexion de l’avant-bras et de la main avec pronation et supination. Les petits
mouvements des doigts et des phalanges ne sont pas exceptionnels. Chaque segment du
membre peut être atteint isolement mais habituellement les différents mouvements
segmentaires s’additionnent et sont à l’origine d’un déplacement global du membre
affecté. La tendance à l’enroulement et à la torsion en dedans du membre affecté est un
caractère majeur du diagnostic.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 70
2° Autres éléments :
- Les modifications du tonus : il s’agit d’une hypotonie avec hyperextensibilité et
exagération de la passivité.
- Autres signes neurologiques :
o douleurs avec troubles objectifs de la sensibilité profonde et superficielle. Ces
signes traduisent une atteinte thalamique ;
o hyperreflexivité ostéotendineuse avec signe de Babinski. Ce signe traduit
l’atteinte de la voie pyramidale ;
o signes oculaires : hémianopsie latérale homonyme, parfois myosis, syndrome
de Claude Bernard Horner ;
o signes mentaux : confusion, agitation, irritabilité.
Formes étiologiques
1° L’hémiballisme :
Il survient habituellement chez les personnes âgées. Il débute par des céphalées, des douleurs
de l’hémicorps ou une impression de malaise général, puis des mouvements anormaux au
niveau des membres supérieurs, plus rarement aux membres supérieurs et inférieurs à la fois,
et cela en deux ou trois jours.
Les mouvements intéressent tout l’hémicorps avec maximum d’intensité à la période d’état où
ces mouvements anormaux ont une violence extrême. Les signes cliniques associés sont dus à
l’extension des lésions en cause.
La maladie est mortelle dans les quelques semaines qui suivent, à la suite d’une infection
pulmonaire, d’une insuffisance cardiaque ou, d’un coma.
Les étiologies de l’hémiballisme sont :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 71
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 72
Rappel anatomophysiologique
La coordination des mouvements et de la statique implique l’intervention des
structures nerveuses complexes :
a. Un système d’information : Il est constitué par :
- Les voies de la sensibilité profonde qui transmettent, à partir des récepteurs périphériques,
les données de proprioréceptivité au cortex pariétal pour la sensibilité profonde consciente
et, au cervelet pour la sensibilité profonde inconsciente.
- Les voies de la sensibilité tactile et les voies optiques qui concourent aussi à cette
information ;
b. Le système d’exécution : Il est responsable de diverses activités volontaires automatiques
ou réflexes :
- Le cortex cérébral agit sur le neurone moteur de la corne antérieure de la moelle, soit
directement par la voie pyramidale soit indirectement par la voie extrapyramidale ;
- Les centres réflexes se trouvent le long de l’axe cérébrospinal, y compris le système
vestibulaire, qui jouent un rôle sur la statique et l’équilibre ;
c. Le système de contrôle qui est représenté par le cervelet dont le rôle est la régulation de
l’adaptation posturale et au cours des mouvements volontaires.
Une atteinte de chacun de ces systèmes va entraîner une ataxie.
Formes cliniques
L’atteinte des systèmes anatomiques qui interviennent dans la coordination des
mouvements et dans la statique est à l’origine d’une ataxie.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 73
est également perturbée, les pieds sont brusquement lancés trop loin en avant pour tomber
lourdement sur le sol par les talons : le malade talonne.
b. Les autres éléments des troubles sensitifs profonds sont :
- Troubles subjectifs : douleurs cordonnales et paresthésies, perte de la sensibilité
musculaire, tendineuse, articulaire à la pression et anesthésie osseuse ;
- Troubles du tonus : l’hypotonie avec hyperextensibilité, augmentation de la passivité, et
abolition des réflexes ostéotendineux.
Etiologies
Elles sont constituées par des lésions des voies de la sensibilité profonde à n’importe quel
niveau du trajet:
Dans les nerfs périphériques (ex. Polynévrites et polyradiculonévrites).
Au niveau de la moelle : en cas d’atteinte du cordon postérieur comme dans le tabès ou en
cas de ramollissement des artères spinales postérieures, dans les compressions
postérieures de la moelle, dans la sclérose en plaques, mais également en cas d’atteinte du
cordon postérieur et antérolatéral, par ex. dans la sclérose combinée de la moelle de la
maladie de Biermer.
Au niveau du tronc cérébral : en cas de lésions en foyers (vasculaires inflammatoires ou
tumorales). Dans ce cas, on observe une démi-ataxie croisée.
Dans le thalamus : on observe une demi-ataxie controlatérale à la lésion.
Au niveau du cortex cérébral : c’est l’ataxie pariétale. Elle s’explique par l’hémi-
anesthésie profonde controlatérale et les troubles vestibulaires.
2° L’ataxie cérébelleuse
L’ataxie associe les troubles de la statique et les troubles d’exécution des
mouvements.
A la marche, le malade élargit son polygone de sustentation, présente des oscillations
non aggravées par l’occlusion des yeux : Au cours de la marche, les pas sont petits,
irréguliers et décrivent une ligne festonnée.
Il y a des troubles de l’exécution des mouvements : troubles de la coordination dans
l’espace (notamment l’hypermétrie et l’asynergie), troubles dans la coordination des
mouvements dans le temps (dyschronométrie et adiadococinésie, tremblement statique et
kinétique).
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 74
Les autres éléments du syndrome cérébelleux sont la dysarthrie avec parole lente,
scandée, explosive, l’hypotonie avec exagération de la passivité et de l’extensibilité ainsi que
les réflexes ostéotendineux pendulaires et vifs.
Etiologie :
L’ataxie cérébelleuse s’observe en cas de lésion du cervelet et des voies cérébelleuses.
L’atteinte du cervelet réalise un syndrome vermien ou un syndrome latéral. L’atteinte des
voies cérébelleuses a lieu dans la moelle, le bulbe, la protubérance, dans les pédoncules
cérébraux ou dans la région thalamo-hypothalamique.
3° L’ataxie labyrinthique
Elle se caractérise par les troubles de l’équilibre au cours de la station débout et de la
marche. En station debout, le malade présente le signe de Romberg labyrinthique c.-à-d.
déséquilibre avec tendance à la chute qui s’exagère les yeux fermés. Au cours de la marche,
on observe une déviation latérale car le malade ne peut maintenir la ligne droite. On peut
mettre en évidence la démarche en étoile de Babinski.
Les autres signes du syndrome labyrinthique sont :
- les vertiges avec impression de rotation des objets environnant,
- le nystagmus vestibulaire avec ses composantes lente et rapide,
- la déviation des index à l’épreuve des bras tendus.
Etiologie
Lésion du nerf vestibulaire, du noyau vestibulaire et des voies vestibulaires centrales.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 76
Ce sont des contractions brèves et involontaires, avec ou sans déplacement, qui affecte
un segment de muscle, un muscle entier ou, un groupe des muscles.
Rappel anatomophysiologique
Les contractions musculaires qui sont à l’origine des myoclonies sont la conséquence
d’une décharge synchrone d’un groupe des motoneurones de la corne antérieure de la moelle.
Le motoneurone de la corne antérieure de la moelle constitue la voie finale commune pour
toute activité musculaire, il est sous la dépendance du système suprasegmentaire de contrôle
qui règle les différents types de motricité ; il s’agit de :
- Système pyramidal pour la motricité volontaire ;
- Système extrapyramidal pour la motricité automatique ;
- Centres de la moelle et du tronc cérébral pour l’arc réflexe.
Lorsqu’il y a un dérèglement du système de contrôle, au cours de différents processus
pathologiques, on voit survenir une décharge synchrone des centres affectés qui retentit sur un
certain nombre des motoneurones de la corne antérieure dont la décharge synchrone est à
l’origine de la myoclonie. Ainsi le système pyramidal peut être affecté par une décharge du
cortex cérébral, ex. en cas d’épilepsie. Le système extrapyramidal peut être également affecté
par une décharge par exemple de l’hypothalamus et le système reflex par une atteinte du
contrôle de la moelle ou tronc cérébral.
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2. Les myoclonies du pharynx : ce sont des contractions synchrones des muscles pharyngés.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 78
4. Les myoclonies du diaphragme sont des contractions rythmées qu’on met en évidence à la
radio.
6. Les myoclonie de la face : sont des contractions rythmées des muscles innervés par les
branches inférieures du facial c.-à-d. la lèvre, le peaucier du cou et la houppe du menton.
7. Les myoclonies des globes oculaires sont des mouvements rythmés, de rotation, de
verticalité des globes oculaires.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 79
3.12. L’APHASIE
C’est un trouble qui porte sur l’expression et la compréhension du langage et qui n’est même
pas lié à un état démentiel, ni à une atteinte sensorielle, ni même à un dysfonctionnement de la
musculature pharyngolaryngée.
Rappel anatomique
La zone du langage est la portion du cortex cérébral gauche dont la lésion détermine chez les
droitiers des troubles du langage. Cette zone comprend 3 parties :
- Une partie antérieure ou frontale, appelée zone de Broca : elle est constituée par le pied du
F3 (troisième circonvolution frontale), l’opercule frontal et la corticalité immédiatement
voisine en dehors de l’opercule rolandique.
- Une partie inférieure ou temporale, appelée région de Wernicke, qui comprend la partie
postérieure de T2 et du gyrus supramarginalis.
- Une partie postérieure qui correspond au pli courbe.
Formes cliniques
1° L’aphasie de Wernicke
Elle constitue une aphasie sans troubles de l’articulation verbale. Cette aphasie
comporte : - Les
troubles du langage :
Il existe une déficience du langage spontanée qui ne porte pas sur l’articulation mais
plutôt porte sur l’évocation des mots. Si le sujet s’exprime, ce qu’il dit n’a aucune
signification. Les mots sont déformés, pris les uns pour les autres. Il existe une intoxication
par les mots, des paraphasies c.-à-d. des productions verbales erronées par rapport aux mots
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 80
entendus et parfois une véritable logorrhée avec jargonaphasie. La dénomination des objets
est impossible, la parole répétée est également perturbée du fait de l’incompréhension. En
effet, il existe des troubles importants de la compréhension du langage et les ordres simples ne
sont pas exécutés. Le malade ne comprend pas ce qu’on lui dit, c’est ce qu’on appelle surdité
verbale ; et il ne comprend pas ce qu’il lit, c’est ce qu’on appelle alexie. On observe
fréquemment à la longue, une détérioration intellectuelle et la méconnaissance du trouble est
complète.
- Les signes neurologiques associés :
L’hémianopsie latérale homonyme droite, l’hémiplégie avec ou sans troubles sensitifs.
La localisation des lésions dans l’aphasie de Wernicke est la zone de Wernicke de
l’hémisphère dominant c.-à-d. le gyrus supramarginalis gauche chez les droitiers, le pli courbe
du même côté et la partie postérieure de T1 et T2.
2° L’aphasie de Broca
- Les signes associés : l’hémiplégie droite. Si la lésion est limitée, il y a une hémiparésie
brachiofaciale. Si la lésion est étendue, l’hémiplégie sera sensitivomotrice.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 81
La lésion siège dans l’hémisphère dominant c.-à-d. dans l’hémisphère gauche chez le
droitier. Elle se situe dans la zone de Broca ou dans un quadrilatère qui comprend les noyaux
gris centraux, la capsule interne et externe et le cortex de l’insula. A ces lésions lenticulo-
insulaires qui sont à l’origine de l’anarthrie, peut s’ajouter une lésion de la zone de Wernicke
ou des fibres qui en émanent.
L’agraphie se caractérise par un trouble de l’écriture que celle-ci soit spontanée, copiée
ou dictée. L’agraphie fait également partie du syndrome de Gerstmann qui comprend une
indistinction droite et gauche, une agnosie digitale , une acalculie, une agraphie pure. Une
agraphie est reliée à une lésion du pli courbe dans l’hémisphère dominant.
L’alexie ou cécité verbale pure : Le sujet ne comprend pas le langage écrit même s’il
s’agit de relire ce qu’il a lui-même écrit. Par contre, il parle correctement et la compréhension
du langage est normale. L’alexie est due à une destruction des fibres qui unissent le pli courbe
au centre de la vision.
La surdité verbale pure : L’incompréhension du langage parlé est totale. Le sujet ne
comprend pas ce qu’on lui dit à haute voix ; il ne peut pas répéter les mots, et la dictée est
impossible. Par contre, la parole spontanée, la lecture et l’écriture sont normales. La surdité
verbale survient habituellement dans le cadre d’une agnosie auditive en rapport avec une
lésion bilatérale de T1 ou avec une lésion unilatérale gauche de la même région chez le
droitier.
Etiologies
- Les AVC :
- Les ramollissements cérébraux de l’hémisphère dominant :
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3.13. L’APRAXIE
C’est un trouble affectant la motilité volontaire qui n’est pas due à une paralysie ou à
une incoordination motrice et qu’on observe en l’absence d’agnosie (trouble de
reconnaissance des objets), de troubles de la compréhension et d’un défit intellectuel
(démence).
Rappel anatomique
Les centres praxiques sont situés dans le lobe pariétal gauche et plus précisément dans
le gyrus supramarginalis et la circonvolution pariétale supérieure. A ces régions, il faut ajouter
la région centrale gauche avec la pariétale ascendante, la frontale ascendante et les pieds de
F1 et F2. Les centres praxiques gauches sont en étroite liaison avec l’hémisphère droit par
l’intermédiaire du corps calleux. Ces fibres associatives transmettent les commandes en
provenance du centre gauche vers l’hémisphère mineur et permettent ainsi l’action synergique
des deux hémisphères. Les voies d’exécution sont croisées au même titre que la voie motrice
qui en constitue le support.
Formes cliniques.
1. Le trouble peut porter sur la réalisation des gestes élémentaires. Dans ce cas, on parle
d’apraxie idéomotrice.
2. Le trouble peut n’apparaître que si l’activité réalisée par le sujet implique une construction
dans le domaine de la vision spatiale. On parle, dans ce cas, d’apraxie constructive.
3. Le trouble peut porter sur le schéma nécessaire à la réalisation des gestes complexes alors
que les gestes élémentaires pris isolément sont correctement exécutés. On parle, dans ce cas,
d’apraxie idéatoire.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 84
1° L’apraxie idéomotrice :
2° L’apraxie idéatoire :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 85
3° L’apraxie constructive :
1. L’apraxie de l’habillage :
Le sujet est incapable d’enfiler son pantalon, incapable de mettre sa chemise et à plus forte
raison de nouer sa cravate. Bref, le sujet éprouve des grandes difficultés pour disposer
correctement ses vêtements. Dans le cas le moins sévère, l’anomalie n’apparaît que si l’on
complique l’épreuve, ex. présentation du vêtement à l’envers ou retourné.
La lésion se situe habituellement dans la région pariétale postérieure et préférentiellement de
l’hémisphère dominant.
2. L’apraxie de la marche :
Le malade ne peut disposer convenablement les membres inférieurs au cours de la marche,
sans qu’il y ait des troubles moteurs ou kinesthésiques. Ce type d’apraxie est lié à une lésion
de F1 et le plus souvent bilatérale.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 86
3. L’apraxie oculaire :
Le malade présente des troubles de l’utilisation du regard.
4. L’apraxie buccofaciale :
Elle intéresse les muscles de la face et de la cavité buccale. Le malade ne peut exécuter
volontairement les mouvements de la bouche et de la langue, ex. tirer la langue, montrer les
dents, orienter la langue vers la commissure labiale, siffler, souffler, faire un baiser, déglutir,
etc. Mais les mêmes activités sont possibles lorsqu’elles sont automatiques ou réflexes ; ex. le
malade peut souffler en éteignant une allumette. Cette apraxie associe souvent une aphasie de
Broca. Elle est le fait d’une lésion du pied de F3 et/ou la partie antérieure de l’opercule
rolandique gauche.
5. L’apraxie motrice ou mélokinétique :
Ce trouble affecte la réalisation du geste par ailleurs bien programmé et bien construit dans
ses actes élémentaires. Est perturbée la synergie des muscles agonistes et antagonistes.
L’anomalie peut intéresser soit tous les types de gestes et aggraver les autres types d’apraxies
gestuelles. On la met en évidence par imitation des postures prises par l’examinateur ; par la
reproduction des séquences motrices. Cette apraxie perturbe également la réalisation des
mouvements alternatifs rapides comme jouer au piano ou à la guitare. Cette apraxie est due à
une lésion de la région prémotrice et ou pariétale antérieure controlatérale.
Etiologies
[Link] AVC.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 87
Syndromes anatomocliniques
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 88
3.14. L’AGNOSIE
L’agnosie est un trouble de la reconnaissance des objets alors qu’il n’y a pas de déficit
sensoriel ou sensitif ni un affaiblissement intellectuel, ni de troubles de la conscience ou de
l’attention, ni de troubles de la compréhension ou de l’expression.
Rappel anatomophysiolgique
La reconnaissance des objets est un acte psychique complexe, réalisé au cours d’une
synthèse cérébrale entre les impressions sensorielles venues du monde extérieur et les
souvenirs antérieurement acquis par l’individu. Chaque objet présente certaines qualités
propres : luminosité, couleur, consistance, etc. qui peuvent constituer des stimuli spécifiques
et à l’origine d’un influx nerveux qui, par les voies nerveuses centripètes, transmet
l’excitation jusqu’aux zones bien limitées du cortex cérébral ou aires réceptrices ou aires de
projection primaire. L’excitation physiologique des ces centres sensitifs ou sensoriels
corticaux est à l’origine d’une sensation : sensation de lumière, sensation des couleurs,
sensation de consistance, etc. L’individu reçoit ainsi les différentes informations analytiques
sur l’objet à percevoir. Pour qu’il y ait perception et pour que l’objet soit identifié, il est
nécessaire que les sensations élémentaires qui parviennent au cortex cérébral soient
sélectionnées, analysées, en fonction de leur intensité et leur extensité, puis intégrées dans les
formes déjà connues qui sont les résultats de l’expérience sensitivosensorielle antérieure.
Cette élaboration des sensations brutes qui parviennent au cerveau, constitue la composante
purement cérébrale de l’acte perceptif. Les aires corticales associatives ou de projection
secondaire jouent un rôle déterminant.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 89
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 90
voiture ou d’une moto, bruit des clés. Il ne peut pas distinguer ces bruits les uns des autres et
il ne différencie pas leurs qualités propres.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 91
Etiologies.
1. Les AVC : ramollissement cérébral affectant le territoire de la cérébrale postérieure ou des
branches postérieures de l’artère sylvienne.
2. Les traumatismes ;
3. Les tumeurs cérébrales ;
4. Les infections : les abcès cérébraux ;
5. Les atrophies cérébrales qui peuvent débuter par un syndrome aphaso-apraxo-agnosique,
comme dans le cas de la maladie d’Alzheimer.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 92
Rappel anatomophysiologique :
Le lobe frontal possède trois faces :
- la face externe, séparée en arrière du lobe pariétal par la scissure de Rolando ;
- la face interne, séparée en bas de la circonvolution du corps calleux (ou circonvolution
limbique) par la scissure calloso-marginale ;
- la face inférieure ou lobe orbitaire, séparée en bas et en arrière du lobe temporal par la
scissure de Sylvius.
Le lobe frontal est parcouru de sillons :
- sur la face externe : le sillon frontal supérieur, et le sillon frontal inférieur, qui sont
parallèles au bord supérieur de l’hémisphère sans atteindre la scissure de Rolando. On a en
plus le sillon prérolandique (sillon précentral).
- sur la face inférieure : le sillon orbitaire interne (ou sillon olfactif) où passent le nerf et le
bulbe olfactifs, et le sillon orbitaire externe (ou sillon cruciforme) en forme de H.
Le lobe frontal possède quatre circonvolutions :
- La frontale ascendante (FA) ou prérolandique, située en avant de la scissure de Rolando et
en arrière du sillon prérolandique. A la face interne de l’hémisphère, la FA constitue la
partie antérieure du lobule paracentral ;
- La première circonvolution frontale (F1) : Elle est limitée à la face interne en bas par la
scissure calloso-marginale. A la face inférieure, elle est située entre le sillon inter-
hémisphérique en dedans et le sillon olfactif en dehors. A la face externe elle est limitée
en bas par le sillon frontal supérieur.
- La deuxième frontale (F2) : Elle est située à la face externe entre les deux sillons frontaux
supérieur et inférieur. A la face inférieure, elle est située entre les deux sillons orbitaires,
interne et externe ;
- La troisième frontale F3 : A la face externe, elle présente une forme M avec deux pieds
antérieur et postérieur et un cap médian. A la face inférieure, elle est située en dehors du
sillon orbitaire externe et constitue le segment orbitaire.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 93
La vascularisation :
La vascularisation artérielle du lobe frontal dépend de l’artère cérébrale antérieure et de
l’artère sylvienne.
- L’artère cérébrale antérieure chemine dans le sillon interhémisphérique à la face
supérieure du corps calleux. Elle donne des branches corticales qui irriguent toute la face
interne du lobe frontal. A la face externe, elle irrigue le F1 et la partie supérieure du FA et
à la face inférieure, les F1 et F2.
- L’artère sylvienne (ou artère cérébrale moyenne) : vascularise le reste du lobe frontal, c.-
à-d. à la face externe : F2, F3, les 2/3 inférieurs de la FA et la face inférieure de F3.
Les veines corticales se dirigent en haut dans le sinus longitudinal supérieur, en bas dans la
veine basilaire de Rosenthal et le sinus caverneux. Tandis que les veines profondes se drainent
dans la veine septale, la veine thalamostriée et la veine choroïdienne supérieure qui, toutes les
trois, se réunissent pour former la veine cérébrale interne.
Sur le plan architectonique, le lobe frontal est divisé en trois régions :
- L’aire motrice primaire ou somato-motrice ou aire pyramidale ou encore aire précentrale.
Elle correspond à l’aire 4 de Brodman. Elle occupe toute la frontale ascendante depuis
l’opercule rolandique en bas jusqu’au lobule paracentral en haut. C’est le point de départ
de la voie pyramidale ;
- Les aires prémotrices (6 et 8 de Brodman) : situées en avant de l’aire 4. A la face interne
de l’hémisphère, elle donne l’aire motrice supplémentaire. Elle donne des efférences
destinées aux structures extrapyramidales.
- Les aires pré-frontales : elles sont situées en avant des aires pré-motrices. Il s’agit des
aires 9, 10, 44, 45, 46, 47 à la face externe et les aires 11 et 12 à la face interne.
Les aires frontales sont reliées par des nombreuses connections aux autres aires corticales par
les faisceaux, longitudinal supérieur, unciné et le cingulum. Elles sont reliées aux structures
sous-corticales, le thalamus et le système limbique.
Rôle physiologique
Le cortex frontal a un rôle essentiel dans l’étape de programmation des comportements et
notamment l’analyse et la synthèse des informations venues du milieu extérieur et intérieur, la
détermination et l’exécution du programme d’action c.-à-d. l’organisation des différentes
activités motrices.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 94
La sémiologie
L’expression clinique du syndrome frontal est très riche, fait des troubles et des
comportements très variés.
a. L’aspontanéité motrice :
C’est une réduction globale de l’activité motrice alors qu’il n’y a pas de paralysie ni de
troubles sensitifs. Cette réduction peut être unilatérale, par lésion de la région
prérolandique et/ ou de l’aire motrice supplémentaire. Elle s’observe au niveau de
l’hémicorps controlatéral. Les attitudes, imposées ou non, sont conservées. Les
mouvements spontanés sont rares et les mouvements automatiques sont réduits. Il s’agit
d’une négligence motrice associée à une négligence nociceptive et spatiale.
L’aspontanéité motrice peut être bilatérale. Il s’agit, dans ce cas, d’un mutisme akinétique
qui est différent du mutisme akinétique d’origine sous corticale parce qu’il y a
conservation de l’éveil, respect des mécanismes de sommeil et réponses imprévisibles et
paradoxales aux différents stimuli. Ce mutisme akinétique est dû à des lésions bilatérales
des régions frontales antérieures et des formations cingulaires.
b. Les troubles de la marche et de la station débout :
Ils s’observent en cas de lésions frontales bilatérales. On observe d’un déséquilibre plus
ou moins prononcé à la station debout, avec tendance à la rétropulsion et à la
latéropulsion. On peut également observer une apraxie de la marche, conséquence d’une
désorganisation des circuits fonctionnels unissant le cortex frontal et le cervelet.
c. Le phénomène de préhension pathologique ou grasping reflex.
Si l’on caresse la paume de la main du malade sur la base des doigts, on observe un
mouvement de flexion des doigts et la fermeture de la main. Les doigts de l’examinateur,
qui ont servi de stimulus, sont emprisonnés dans la main du malade et toute tentative de
retrait augmente l’effort de préhension du malade qui ne peut plus ouvrir la main. C’est le
phénomène de préhension forcée. Ce phénomène s’accompagne souvent d’une attraction
de la main du malade vers l’objet présenté, c’est le phénomène d’aimantation ; et si l’on
déplace l’objet dans l’espace, la main du malade se déplace également à sa poursuite.
On rapproche du phénomène de grasping reflex les phénomènes suivants :
- Le réflexe oral avec moue et déviation de la langue, après stimulation cutanée de
la région péribuccale ;
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 95
a. Troubles intellectuels :
Un déficit de l’attention et une incapacité d’acquérir des nouvelles expériences, d’où,
troubles de la mémoire ; parfois une perte des fonctions supérieures de synthèse mentale
avec perte de jugement et de l’autocritique.
b. Troubles thymiques : expansivité de l’humeur avec euphorie.
Le langage montre une tendance au jeu des mots et aux pitreries. On peut également
observer le phénomène de moria qui associe une libération des tendances instinctives avec
boulimie et exaltation de la sexualité. Rarement, on peut observer un état dépressif avec
indifférence, asthénie, et des idées de suicide.
a. Réduction des mouvements volontaires de latéralité vers le côté opposé à la lésion (lésion
de l’aire 8).
En cas de lésion massive, on peut observer une déviation secondaire de la tête et des yeux
vers le côté de la lésion.
b. Agrippement du regard :
C’est une exaltation de la fixation : le regard ne peut s’échapper du point fixé. Le malade est
incapable d’explorer du regard, d’appréhender de façon globale une image complexe et sa
signification.
Ils sont mis en évidence par l’épreuve de dénomination et de désignation des images et objets,
d’évocation, de répétition des série, d’expression, et de compréhension. On peut observer une
aphasie motrice pure, une aphasie faciale.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 96
a. Troubles de l’activité :
Apathie, apragmatisme, le malade ne sait plus accomplir même les gestes de la vie
quotidienne : toilette, habillage, etc.
b. Troubles des comportements instinctifs :
Troubles de comportement sphinctérien, le malade urine n’importe où et devant n’importe qui
sans paraître gêné.
c. Crises comitiales :
Il s’agit des manifestations paroxystiques notamment :
- une suspension du langage ou une vocalisation ;
- une élévation en adduction du membre supérieur controlatéral ;
- une adversion de la tête et des yeux du même côté,
- une déviation rapide des yeux et une rotation de la tête vers le côté opposé;
- des crises toniques de l’hémicorps opposé, des automatismes verbaux ou ambulatoires,
des absences ou des crises généralisées.
Formes étiologiques
- Syndromes vasculaires notamment l’hémorragie cérébrale, l’hématome sous-dural,
l’hémorragie cérébroméningée, le ramollissement ;
- Les tumeurs frontales : celles-ci se manifestent le plus souvent au début par les troubles
mentaux, le grasping reflex ainsi que l’anosmie.
- Les infections : abcès et méningites.
- Traumatismes crânio-encéphaliques.
- Démences préséniles ou séniles.
Il regroupe l’ensemble des symptômes qui traduisent une lésion des circonvolutions
rolandiques c.-à-d. la circonvolution pariétale ascendante, et la frontale ascendante.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 97
Rappel anatomophysiologique
La scissure de Rolando sépare la circonvolution FA de la PA mais ces deux circonvolutions
sont unies entre elles par deux plis de passage : l’opercule rolandique en bas sur la face
externe de l’hémisphère et le lobule paracentral en haut sur la face interne. La région
rolandique comporte deux aires fonctionnelles.
- L’aire somato-motrice ou aire 4 : elle s’individualise sur le plan histologique par la
présence des cellules giganto-pyramidales de Betz. Ces cellules constituent en grande
partie l’origine du faisceau pyramidal destiné à l’hémicorps controlatéral. La musculature
controlatérale s’y projette selon une localisation bien précisée dont le pied est situé dans le
lobule paracentral, le membre supérieur à la partie moyenne, le cou et la face dans le tiers
inférieur de la FA et dans l’opercule rolandique.
- L’aire somato-sensitive correspond aux aires 1, 2 et 3. Ces aires occupent la PA, et ne
renferment pas de cellules pyramidales. Elles s’individualisent par la présence des cellules
granulaires au niveau des couches III et V.
L’aire somato-sensitive reçoit les afférences sensitives en provenance de l’hémicorps
controlatérale après relais dans le noyau VPL du thalamus. Ces voies de la sensibilité
superficielle et profonde se terminent dans le cortex pariétal selon une topographie bien
précise comme pour la zone somato-motrice : la face est située au niveau du tiers inférieur de
la PA et dans l’opercule rolandique. Le pied est situé dans le lobule para-central.
La vascularisation
La vascularisation de la région rolandique est assurée par l’artère sylvienne et l’artère
cérébrale antérieure. L’artère du sillon prérolandique, l’artère rolandique et l’artère pariétale
antérieure sont des branches de l’artère sylvienne et irriguent la face externe de la région ;
tandis que l’artère cérébrale antérieure irrigue le lobule paracentral et la partie supérieure de la
face externe des circonvolutions PA et FA.
Sémiologie
Les symptômes du syndrome rolandique sont tous croisés par rapport à la lésion et
comportent des crises comitiales, des signes moteurs déficitaires et des signes sensitifs.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 98
a. La crise bravais-jacksonienne :
Elle est liée à l’atteinte de l’aire somato-motrice. Elle est caractérisée par des convulsions
cloniques, qui débutent au membre supérieur, au membre inférieur ou à la face. Elle peut
rester localisée ou s’étendre à tout l’hémicorps. Une généralisation de la crise est toujours
possible si la décharge initialement localisée à l’aire somato-motrice se propage aux
structures profondes.
b. Les crises sensitives :
Elles traduisent l’atteinte du centre somatosensitif. Elles sont essentiellement faites des
paresthésies et débutent au membre supérieur, au membre inférieur ou à la face et
présentent également une extension progressive qui sera fonction de la somatotopie
corticale. Une généralisation secondaire avec intrications des manifestations motrices est
possible.
Leur importance varie d’un cas à l’autre et est liée à l’atteinte de la FA. Il peut s’agir :
a. D’une hémiplégie dite corticale :
Elle est non proportionnelle avec nette prédominance segmentaire et distale. Ce déficit
moteur peut prédominer au membre supérieur, au membre inférieur ou à la face. D’abord
flasque, elle devient spasmodique et s’accompagne d’un signe de Babinski.
b. Des monoplégies corticales. Il s’agit :
- D’une monoplégie brachiale qui peut s’installer d’emblée ou après une hémiplégie.
Elle est d’abord flasque puis spasmodique et prédomine toujours à la partie distale.
- Des monoplégies crurales sont rares et présentent les mêmes caractéristiques
évolutives d’une monoplégie brachiale.
c. D’une paralysie faciale rarement isolée.
Elle prédomine sur le facial inférieur. Il n’y a donc pas de signe de Charles Bell.
d. Des paralysies corticales limitées.
EIles prennent l’aspect d’une paralysie cubitale, radiale, d’atteinte des interosseux pour
le membre supérieur, d’une atteinte des extenseurs du pied et des orteils, et des abducteurs
du pied pour le membre inférieur.
Au cours des ces lésions corticales, on observe des paralysies dissociées c.-à-d. atteinte de la
motilité volontaire avec conservation de la motilité automatique et réflexe.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 99
Rappel anatomophysiologique
Le lobe pariétal occupe la partie supérieure et moyenne de l’hémisphère cérébral. Il possède
deux faces. Il est limité à la face externe par la scissure de Rolando en avant, par la scissure de
Sylvius en bas, et par le prolongement théorique de la scissure perpendiculaire externe ou
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 100
scissure pariéto-occipitale en arrière. Sur la face interne, le lobe pariétal est limité par
l’encoche de la scissure de Rolando avec à ce niveau un pli de passage qui est le lobule
paracentral et par la scissure sous pariétale en bas ou scissure callosomarginale et par la
scissure perpendiculaire interne ou scissure pariéto-occipitale en arrière. Le lobe pariétal
comporte 3 circonvolutions délimitées par le sillon interpariétal en forme de T couché vers
l’avant :
La PA est située en avant de la partie verticale du sillon interpariétal et en arrière de la
scissure de Rolando. On l’appelle également circonvolution post-centrale.
- La circonvolution pariétale supérieure (ou P1) est située au-dessus de la branche
horizontale du sillon interpariétal. A la face interne, elle constitue le lobe quadrilatère.
- La circonvolution pariétale inférieure (ou P2) est située au-dessous de la branche
horizontale du sillon interpariétal. Elle est séparée en deux par le sillon de Jensen issu du
sillon interpariétal. A la partie antérieure de la P2, on a le gyrus supra-marginal (ou lobule
du pli courbe) qui est à cheval sur l’extrémité postérieure de la vallée sylvienne. A la
partie postérieure, on a le gyrus angulaire (ou pli courbe) qui coiffe l’extrémité postérieure
du premier sillon temporal.
Vascularisation
Le lobe pariétal est vascularisé par l’artère cérébrale antérieure et l’artère sylvienne. La
cérébrale antérieure irrigue le lobule paracentral et le lobule quadrilatère ; tandis que la
sylvienne ou cérébrale moyenne irrigue le reste du lobe pariétal.
Le drainage veineux est assuré par la veine cérébrale moyenne superficielle qui parcourt la
vallée sylvienne et se draine dans le sinus caverneux et par deux veines anastomotiques qui
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 101
Sémiologie
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 102
Au cours des lésions de l’hémisphère dominant, les troubles de la somatognosie affectent les
deux hémicorps :
- Autotopo-agnosie : impossibilité pour le malade de localiser et/ ou de designer les
différentes parties de son corps ;
- Agnosie digitale : incapacité pour le malade d’identifier les doigts, soit sur sa propre main,
soit sur celle de l’examinateur ;
- Indistinction gauche-droite : le malade ne peut désigner sur commande ses membres droits
ou gauches.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 103
Formes cliniques
Habituellement, on individualise deux syndromes cliniques :
- Le syndrome de Gerstman : Il est la conséquence d’une lésion de l ‘hémisphère dominant
et associe une agnosie digitale, une indistinction droit-gauche, une acalculie et une
agraphie pure. Il s’y ajoute fréquemment une apraxie constructive.
- Le syndrome pariéto-occipital droit chez le droitier. Il est la conséquence d’une
désorganisation spatiale et comporte une apraxie constructive, une apraxie de l’habillage,
une agnosie spatiale unilatérale gauche et des troubles de la mémoire topographique et de
l’orientation.
Formes étiologiques
- Les syndromes vasculaires notamment une hémorragie cérébrale, un hématome en
particulier sous-durale, une hémorragie cérébroméningée et des ramollissements du
territoire de l’artère sylvienne.
- Les tumeurs pariétales : se manifestent le plus souvent par des crises somatosensitives,
par une apraxie ou par une agnosie.
- Les infections : méningite tuberculeuse le plus souvent, les abcès.
- Les traumatismes crânio-encéphaliques le plus souvent sont responsables d’une épilepsie
post-traumatique. On peut observer également une apraxie constructive ou une agnosie
tactile.
Il désigne l’ensemble des symptômes qui traduisent une lésion du lobe temporal.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 104
Rappel anatomophysiologique
Le lobe temporal est situé à la partie inférieure de l’hémisphère. Il est séparé du lobe frontal
en bas par la scissure de Sylvius, de même que du lobe pariétal en haut. En arrière, le
prolongement théorique vers le bas de la scissure perpendiculaire externe le sépare du lobe
occipital. Le lobe temporal comporte 3 faces divisées en 5 circonvolutions :
a. A la face externe, on observe deux sillons : le premier sillon temporal (ou sillon parallèle)
et le deuxième sillon temporal qui sont parallèles à la scissure de Sylvius et délimitent 3
circonvolutions : T1, T2 et T3. La T1 se prolonge en haut et en dehors pour former le
gyrus transverse de Heschl. La T2 se prolonge en haut avec le pli courbe et en arrière avec
la deuxième circonvolution occipitale (O2). La T3 forme le bord interne de l’hémisphère.
b. A la face inférieure : on observe deux sillons dirigés d’avant en arrière et appelés sillons
temporo-occipital interne et externe. Ils délimitent 3 circonvolutions qui sont en continuité
avec les circonvolutions occipitales, la T3, la T4 qui forme avec O4 le gyrus fusiforme et
la T5 qui forme avec O5 le gyrus lingual.
c. A la face interne, la T5 forme la circonvolution de l’hippocampe qui appartient au système
limbique avec : En avant l’uncus de l’hippocampe (ou lobe piriforme ou encore aire
entorhinale) qui reçoit la bandelette olfactive latérale.
- L’hippocampe vertical, la fimbria et le gyrus dentatus participant à la construction de la
circonvolution.
- Le complexe amygdalien.
- La circonvolution para-hyppocampique, élément du grand lobe limbique de Broca.
Vascularisation
La vascularisation antérieure est assurée essentiellement par l’artère sylvienne :
- Ses branches corticales descendantes (ou temporales) qui naissent dans la vallée
sylvienne se distribuent à toutes la face externe du lobe temporal ainsi qu’à sa face
inférieure (pôle temporal, T3).
- L’artère temporo-occipitale, qui apparaît à l’extrémité postérieure de la scissure de
Sylvius, irrigue la partie postérieure de T1, T2, T3 et la partie antérieure de O2 et O3.
- L’artère du pli courbe, qui est la branche terminale de la sylvienne, se ramifie au carrefour
pariéto-temporo-occipital et vascularise la partie postérieure de T1. A part les branches de
l’artère sylvienne, l’artère cérébrale postérieure irrigue la face externe et le reste de la face
interne c.-à-d. la partie postérieure de T4, T5. Tandis que l’artère choroïdienne antérieure
irrigue l’extrémité antérieure de la face interne c.-à-d. l’uncus et le complexe amygdalien.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 105
La vascularisation veineuse est assurée par les veines temporales superficielles qui se drainent
dans le sinus latéral en arrière, le sinus caverneux en avant. Elle est assurée également par les
veines temporales profondes qui se drainent dans la veine cérébrale interne et dans la veine
basilaire de Rosanthal, donc finalement dans la grande veine de Galien et le sinus droit.
Sur le plan architectonique, le cortex temporal correspond à sa face externe aux aires 41, 42,
21, 22, 37, 38 de Brodmann ; à sa face interne aux aires 20, 35, 36, 37, 38 et 28 de Brodman.
La structure du cortex temporal n’est pas homogène. L ‘uncus a une structure de paléocortex
ou allocortex paléopallial qui est un cortex de structure primitive où on n'individualise pas de
couches cellulaires.
L’hippocampe a une structure d’archéocortex ou allocortex archéopallial qui est un cortex de
structure élémentaire avec une couche moléculaire, une couche granulaire, réceptrice et
associative, et une couche pyramidale, effectrice. La circonvolution para-hippocampique a
une structure intermédiaire ou transitionnelle appelée mésocortex.
Le gyrus transverse de Heschl a une structure de koniocortex sensoriel ou isocortex néopallial
hétérotypique où les couches granulaires l’emportent en importance. Le reste du cortex
temporal a une structure du néocortex ou isocortex néopallial homotypique. Il a les 6 couches
cellulaires bien individualisées et en proportion harmonieuse.
Connections :
- Le néocortex temporal :
Les connexions intercorticales sont nombreuses avec le lobe frontal grâce au cingulum et au
faisceau unciné ; avec le lobe occipital grâce au faisceau longitudinal inférieur. Il existe
également des fibres unissant l’aire auditive primaire à ses aires associatives.
Les connections cortico-sous-corticales comportent :
Une efférence qui est le faisceau temporo-pontin qui naît à partir de l’aire 22. Il s’agit
d’un élément du système extrapyramidal cortico-néocérébelleux qui apporte à la
régulation du mouvement volontaire les informations sensitives, auditives et visuelles ;
Il existe des afférences notamment les projections auditives directes et indirectes
passant par le corps calleux, les projections venant du pulvinar et les projections du
système intraluminaire du thalamus.
- Le limbe temporal reçoit des informations venant du néocortex, de l’hypothalamus, du
thalamus, de la formation réticulée, de l’appareil olfactif et se projette sur les structures
suivantes : le néocortex et la formation réticulée.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 106
Rôle fonctionnel
Le néocortex temporal est essentiellement le cortex auditif.
L’aire auditive primaire ou gyrus transverse de Heschl, est située à la partie supérieure de
T1, le long de son versant sylvien au niveau de l’aire 41. C’est là que se projettent les
voies cochléaires centrales après relais au niveau du corps genouillé interne. Les
projections sont : homo et surtout controlatérales. Les deux aires auditives primaires sont
reliées entre elles par le corps calleux. Les sons aigus se projettent à la partie la plus
profonde de la circonvolution transverse. Et les sons les plus graves se projettent à la
partie la plus externe.
Autour de cette aire auditive primaire qui enregistre les bruits sans les interpréter, il existe
une zone de perception où se fait l’interprétation discriminatoire des bruits élémentaires
et une aire de gnosie où se fait la reconnaissance et l’identification des bruits. Cette zone
correspond à l’aire 42.
L’aire de Wernicke appartient au cortex associatif sphérique auditif et joue un rôle dans le
décodage des informations auditives ayant une valeur linguistique. Les voies vestibulaires
se terminent également au niveau de T1.
Le limbe temporal participe, avec le reste du système limbique, à la régulation du
comportement motivé. En effet le système limbique donne à une situation son contenu
affectif et adapte la réponse comportementale aux conditions du milieu et du moment. Il
participe aussi à la modulation, l’élaboration et l’expression des réactions émotionnelles,
de même qu’à la modulation du mode de vigilance, du cycle éveil-sommeil et au
processus de mémorisation.
Sémiologie.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 107
2°. L’aphasie:
a. L’aphasie de Wernicke.
b. L’aphasie amnésique de Pitres : elle est liée à l’atteinte de la partie postérieure de T3
et se manifeste par l’impossibilité de dénommer les objets, le malade ayant perdu la
mémoire des mots.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 108
6. Les manifestations motrices : elles sont d’une complexité variée : Il peut s’agir de :
Crises masticatrices ;
Automatismes bucco-nasaux qui se traduisent par des mouvements de
mâchonnement, de déglutition, de reniflement, une vocalisation, une palilalie.
Les grands automatismes psychomoteurs peuvent induire une activité complexe
parfaitement bien coordonnée, tels une longue marche, un voyage en voiture ou dans
un camion. Mais toutes ces manifestations sont totalement amnésiques.
Etiologies
- Syndromes vasculaires, notamment hémorragie cérébrale, hématomes, ramollissements
qui intéressent l’artère sylvienne ;
- Les tumeurs ;
- Les infections : méningites surtout tuberculeuses, abcès, encéphalites ;
- Les traumatismes crânio-encéphaliques : crise temporale post-traumatique ;
- Les maladies dégénératives notamment la démence d’Alzheimer.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 109
C’est l’ensemble des symptômes qui traduisent une atteinte du lobe occipital. Les
manifestations visuelles en sont les plus significatives.
Rappel anatomophysiologique
Le lobe occipital est situé à la partie postérieure de l’hémisphère cérébral. Il a 3 faces. Sur la
face interne, la scissure perpendiculaire interne le sépare du lobe pariétal. Sur la face externe,
il est séparé du lobe pariétal en haut et du lobe temporal en bas par une ligne virtuelle
prolongeant la scissure perpendiculaire externe jusqu’à l’incisure pré-occipitale. Sur la face
inférieure, il est séparé du lobe temporal par une ligne virtuelle tracée de l’extrémité
antérieure de la scissure calcarine jusqu’à l’incisure pré-occipitale.
Le lobe comporte 6 circonvolutions. Sur la face externe, on trouve de haut en bas O1, O2, O3
séparés par le premier et le deuxième sillons occipitaux. Sur la face inférieure, on trouve en
dehors O4 qui forme avec T4 le gyrus fusiforme, et en dedans, O5 qui forme avec T5 le gyrus
lingual. O4 est situé entre le troisième sillon occipital en dehors et le quatrième sillon
occipital ou sillon sous occipital en dedans. Sur la face interne, la scissure calcarine chemine
d’avant en arrière, d’abord horizontale puis oblique en bas vers le pôle occipital. La scissure
calcarine découpe avec la scissure perpendiculaire interne un lobule triangulaire appelé
cunéus ou O6. En dessous de la scissure calcarine, on a O5.
La vascularisation du lobe occipital dépend essentiellement de l’artère calcarine, branche de
l’artère cérébrale postérieure. Seule la partie antérieure de la face externe du lobe occipital
(O1, O2) est vascularisée par l’artère temporale postérieure et l’artère du pli courbe, branches
de l’artère sylvienne. Les veines occipitales superficielles se drainent dans la veine de Galien
et dans le sinus longitudinal supérieur, tandis que les veines occipitales profondes se drainent
dans la veine cérébrale interne qui, avec celle controlatérale, forment la veine de Galien qui se
jette dans le sinus droit.
L’architectonie : Le lobe occipital est constitué de 3 aires :
a. L’aire striée ou aire 17 : elle correspond aux deux lèvres supérieure et inférieure de la
scissure calcarine. Elle déborde légèrement vers le versant externe du pôle occipital. Elle a
une structure du cortex hétérotypique du type coniocortex qui caractérise les territoires de
perception, avec une couche IV très riche et les couches I et V très pauvres.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 110
Les connexions
Elles sont très riches.
- Les efférences de l’aire 17 sont essentielles à l’aire 18 tandis que l’aire 18 est en relation
par de courtes fibres associatives avec les aires 17 et 19 homolatérales et par le splénium
du corps calleux avec l’aire 18 controlatérale. Le cortex occipital est relié aux autres aires
corticales par des faisceaux d’association intrahémisphérique :
- Le faisceau longitudinal supérieur ou faisceau arqué pour le cortex frontal ;
- Le faisceau longitudinal inférieur pour le cortex temporal ;
- Le cingulum qui est enroulé autour du seuil de l’hémisphère ;
- La bandelette sensori-visuelle qui relie la scissure calcarine au gyrus
angulaire.
A partir du cortex occipital, naissent des voies descendantes destinées à la réticulée
mésencéphalique par la voie cortico-tegmentale qui est directe, et la voie cortico-tectale qui
est indirecte et via le colliculus supérieur au cervelet.
Les rôles :
Le cortex occipital est le cortex visuel. Le message visuel gagne le cortex par la voie
géniculo-striée. Les radiations optiques se terminent au niveau de l’aire striée qui est l’aire de
projection primaire. La rétine s’y projette point par point de façon systématisée. La moitié
supérieure de la rétine se projette sur la lèvre calcarine supérieure tandis que la moitié
inférieure se projette sur la lèvre calcarine inférieure. La macula se projette sur l’extrémité
postérieure de la scissure et sur le pôle occipital. Les aires parastriées et péristriés constituent
l’aire visio-psychique. C’est là que se fait la synthèse des informations élémentaires
enregistrées dans l’aire striée, synthèse qui permet la perception et la reconnaissance des
objets et des symboles visuels. L’information visuelle est également diffusée au colliculus
supérieur, à la réticulée et au cervelet.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 111
Sémiologie
La sémiologie occipitale est centrée sur la fonction visuelle :
1. Les hémianopsies : elles sont la conséquence d’une atteinte de l’aire 17 et on peut
observer différents types :
- L’hémianopsie latérale homonyme : elle est liée à la destruction unilatérale de l’aire striée
et intéresse l’hémichamp visuel controlatéral.
- L’hémianopsie altitudinale : résulte de l’atteinte des lèvres supérieures (en cas de déficit
du champ visuel inférieur) et des lèvres inférieures (en cas de déficit du champ visuel
supérieur) des deux scissures calcarines.
- L'hémianopsie en quadrant ou quadranopsie : s’observe au cours des lésions localisées de
l’aire striée, n’affectant qu’une des lèvres de la scissure calcarine. La perte de la vision
s’observe sur la moitié supérieure ou inférieure de l’hémichamp visuel controlatéral selon
que la lésion intéresse la lèvre inférieure ou supérieure de la scissure calcarine.
- L’hémianopsie latérale homonyme, dont l’intensité est variable, est dite relative
lorsqu’une stimulation bilatérale est nécessaire pour sa mise en évidence. Le sujet ne
perçoit pas le stimulus appliqué dans l’hémichamp atteint lorsque les deux hémichamps
visuels sont stimulés simultanément et symétriquement.
- Le scotome hémianopsique : se caractérise par un déficit en îlot du champ visuel qui peut
affecter la vision maculaire ou la vision périphérique.
- L’hémianopsie double : se manifeste par la perte de la vision périphérique dans
l’ensemble du champ visuel avec conservation de la vision maculaire. Il s’agit d’une
vision tubulaire. Inversement, la vision maculaire peut être seule touchée.
2. La cécité corticale : elle est la conséquence d’une destruction bilatérale de l’aire 17. La
perte de la vision est totale, elle intéresse aussi bien la vision maculaire que périphérique,
mais le réflexe pupillaire et le fond d’œil sont normaux. La durée d’une telle cécité
corticale est variable transitoire ou définitive. Elle peut s’accompagner d’anosognosie c.-
à-d. méconnaissance du trouble par le malade d’autant plus que des hallucinations
visuelles sont fréquentes dans des tels cas.
3. Les hallucinations visuelles et les métamorphopsies : elles s’observent en cas de lésion
des aires parastriées et péristriées. Les hallucinations ou perceptions visuelles sans objet,
peuvent être élémentaires (sous forme d’éclairs, boules, points, lignes, etc.) ou
complexes (formes diverses aux limites imprécises, objets divers, animaux ou êtres
humains, scènes cinématographiques). On peut observer une hallucination de
dédoublement, héautoscopie hallucinatoire, c.-à-d. que le sujet se voit lui-même.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 112
Les métamorphopsies : se manifestent par une perception modifiée de l’objet : l’image perçue
subit une distorsion, se dédouble ou présente des modifications de taille, de forme,
contours, d’orientation, etc.
4. Les agnosies visuelles : elles traduisent une lésion de la circonvolution occipitale externe
dans les aires para et péristriées. Lors des lésions gauches, on observe une agnosie des
objets ou cécité psychique, une agnosie de symboles graphiques, alexie ou cécité verbale
pure ; et lors des lésions droites il s’agit d’une agnosie spatiale, d’une agnosie de
physionomie ou propagnosie.
5. Les troubles oculomoteurs : ils s’observent au cours des lésions des aires 18 et 19. Ils se
caractérisent par une perte de possibilité de fixation oculaire : la recherche d’un stimulus
dans le champ visuel est difficile voir impossible. Les mouvements oculaires de poursuite
sont abolis. Ces troubles sont particulièrement nets en cas de lésion bilatérale. Il y a une
altération du nystagmus optocinétique qui est unidirectionnel, horizontal.
6. Les troubles psychiques : notamment l’amnésie de fixation, parfois une affabulation.
7. Les autres troubles possibles :
- Sensation d’accélération ou de ralentissement des mouvements des personnes ou des
objets de l’environnement.
- Allesthésie visuelle : c’est le transfert des images visuelles d’un hémichamp visuel à
l’autre. Elle est interprétée comme le transfert interhémisphérique de la perception du lobe
occipital normal vers le lobe occipital lésé.
- Syndrome de Ballint : il résulte des lésions pariéto-occipitales bilatérales et étendues. Il
associe :
- Une ataxie optique c.-à-d. le trouble de la préhension des objets sous le contrôle de la vue,
- Une paralysie psychique du regard c’est à dire une impossibilité de fixer sur ordre un
objet situé dans le champ visuel et dont la présence est cependant perçue et une inattention
visuelle c.-à-d. une indifférence, une absence de réaction aux stimulations visuelles.
Etiologie
- Syndromes vasculaires : hémorragie cérébrale, hématome sous-dural, ramollissements du
territoire de l’artère cérébrale postérieure ;
- Les tumeurs cérébrales occipitales : gliome, méningiomes, métastases
- Les infections : encéphalites, abcès ;
- Les traumatismes crânio-encéphaliques
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 113
Rappel anatomophysiologique
Le corps calleux est l’une de trois commissures interhémisphériques qui unissent les deux
hémisphères cérébraux et forme un pont en avant et au-dessus du diencéphale. C’est une
lame de substance blanche de 1 cm d’épaisseur, 8 cm de longueur, 1 cm de largeur en
avant et 2 cm en arrière. Il possède deux extrémités antérieure et postérieure. L’extrémité
antérieure, située à 3 cm en arrière du pôle frontal, s’incurve en bas et en arrière pour
former le genou du corps calleux. L’extrémité postérieure ou bourrelet ou splénium du
corps calleux se situe à 6 cm du pôle occipital. Le corps calleux est la principale voie de
transfert interhémisphérique. Les fibres calleuses naissent de la partie profonde du cortex
(petites cellules pyramidales des couches corticales III et V) et se terminent en général au
point symétrique du cortex controlatéral (couche II et IV).
Le genou et le tiers antérieur du corps calleux sont formés par les fibres unissant les
cortex temporal et pariétal avec leurs homologues controlatéraux, le tiers postérieur et le
splénium par les fibres unissant les deux cortex occipitaux.
La répartition des ces voies d’association interhémisphérique n’est pas homogène. En effet les
aires corticales associatives ont des connections beaucoup plus abondantes que les aires
corticales projectives.
Les aires corticales motrices et sensitives impliquées dans les mouvements synergiques (face
et tronc) sont plus densément reliées que celles qui contrôlent les mouvements unilatéraux des
membres.
Les voies d’association des cortex limbique empruntent peu le corps calleux. Certaines
régions corticales, comme l’aire striée, sont dépourvues de fibres calleuses.
Sur le plan électrophysiologique, on peut noter 3 éléments :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 114
Ainsi en résumé :
Les messages centripètes en provenance d’une stimulation sensitive ou sensorielle unilatérale
ont une terminaison bilatérale sur les deux aires sensorielles symétriques, grâce au corps
calleux. Cette duplication du message sensoriel joue un rôle important dans le transfert d’un
hémisphère à l’autre des acquisitions perceptives et motrices c.-à-d. dans la mémoire et
l’apprentissage. La mise hors circuit du corps calleux, au cours des processus pathologiques,
a pour conséquence une déconnexion cérébrale à l’origine d’une asynergie entre les deux
hémisphères.
Sémiologie
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 115
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 116
7. L’acalculie spatiale droite : le calcul mental est correct, mais les opérations écrites sont
impossibles du fait d’une mauvaise proportion spatiale des chiffres.
Corrélations anatomocliniques
Le syndrome de déconnexion inter-hémisphérique est rarement au complet. Les signes
dépendent pour une part du siège de l’interruption calleuse. Ainsi, une pseudo-hémianopsie
latérale homonyme gauche et les troubles de transfert somesthésique sont le fait des lésions
postérieures, tandis que l’agraphie, l’anomie tactile et l’apraxie idéomotrice gauches
s’observent au cours des lésions de la partie moyenne du corps calleux.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 117
Formes étiologiques :
- L’agénésie du corps calleux : celle-ci est rarement isolée. Elle est généralement associée à
d’autres lésions cérébrales.
- Les causes vasculaires : (2/3 antérieurs du corps calleux) le syndrome de l’artère cérébrale
antérieure et le syndrome de l’artère cérébrale postérieure (1/3 postérieur du corps alleux).
- La dégénérescence du corps calleux : est une complication de l’alcoolisme chronique. Elle
se traduit en clinique par un syndrome démentiel.
- Les tumeurs : gliomes, sarcome, …
- Les infections : la syphilis nerveuse et les abcès.
Il est constitué de l’ensemble des manifestations neurologiques provoquées par une altération
du thalamus. Ces manifestations sont dominées par l’importance des signes sensitifs.
Rappel anatomophysiologique
Le thalamus est une masse de substance grise paire et symétrique située de chaque côté du
troisième ventricule. Sa face interne limite en dehors le troisième ventricule et sa face externe
est en rapport avec le bras postérieur de la capsule interne. Le thalamus possède plusieurs
noyaux mais qu’on peut grouper en fonction de leurs connexions, On a ainsi :
- Les noyaux à connexion sous-corticale. Il s’agit des noyaux de la ligne médiane, des
noyaux intra- laminaires et le noyau ventral antérieur.
- Les noyaux de relais cortical : il s’agit des noyaux ventraux (latéral et postérieur), les
noyaux inférieurs et les corps genouillés.
- Les noyaux d’association : le noyau dorso-médian, les noyaux latéraux et le pulvinar. Le
thalamus représente le relais pré-cortical pour les différentes sensibilités somatiques
conscientes. Il joue un rôle dans l’élaboration de sensations
Sémiologie
Le syndrome thalamique comporte une série de symptômes pour la plupart controlatéraux par
rapport à la lésion.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 118
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 119
Formes cliniques
1° Le syndrome de Déjerine Roussy : C'est un syndrome thalamique pur, complet, c.-à-d.
regroupant pratiquement tous les symptômes.
2° La forme hémialgique pure : elle se manifeste par des douleurs très vives et tenaces dans
une moitié du corps avec des troubles vasomoteurs et trophiques. Mais, on note
l’absence des troubles sensitifs objectifs et moteurs. Cette forme est due à une atteinte
du noyau latéral.
3° La forme analgésique : elle se caractérise par l’absence des douleurs spontanées alors que
le syndrome thalamique est au complet. Elle est due à une atteinte des noyaux ventro-
postérieurs
4° La forme avec mouvements choréo-athétosiques de grande amplitude. Ces éléments du
syndrome thalamique sont relégués au second plan devant l’importance des
mouvements choréo-athétosiques.
5° Les formes thalamo-pyramidales et thalamo-striés : elles sont dues à une extension des
lésions aux structures voisines du thalamus. La forme thalamo-striée est caractérisée
par l’association des signes thalamiques avec hypertonie intentionnelle.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 120
Etiologies
a) Les ramollissements : dus à l’atteinte des différents pédicules artériels qui irriguent le
thalamus :
Le syndrome du pédicule thalamo-génouillé. Il réalise le syndrome de Déjerine
Roussy.
Le syndrome du pédicule thalamo-perforé : il réalise le syndrome cérébello-
thalamique.
Le syndrome du pédicule choroïdien : il réalise le syndrome de Déjerine Roussy avec
hémiplégie importante. Il s’agit d’un syndrome capsulo-thalamique.
Le syndrome du pédicule lenticulo-optique dominé par l’hémi-anesthésie.
Le syndrome du pédicule thalamo-tuberien : les signes du syndrome thalamique sont
discrets.
b) L’hémorragie détermine un syndrome thalamique avec hémiplégie importante.
c) Les tumeurs : elles peuvent être extra-thalamiques et compriment ou envahissent le
thalamus ou, intra-thalamiques.
d) Maladies dégénératives : maladie de Creutzfeldt-Jacob.
Il est dû à une atteinte des différentes structures nerveuses qui constituent les pédoncules
cérébraux.
Rappel anatomophysiologique :
Les pédoncules cérébraux constituent la partie supérieure du tronc cérébral. Ils sont traversés
par l’aqueduc de Sylvius. Ils sont séparés de chaque côté de la ligne médiane par le locus
niger en deux segments : le pied et la calotte ou tegmentum. En arrière du tegmentum, il y a le
tectum ou toit du mésencéphale.
Le pied du mésencéphale est constitué des fibres descendantes qui sont de dedans en
dehors : le faisceau géniculé, le faisceau pyramidal et le faisceau de Türck Meynert.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 121
Sémiologie :
Les signes observés sont liés à l'atteinte des différentes structures :
2° Les troubles sensitifs : liés à l’atteinte du ruban de Reil médian et du faisceau spino-
thalamique. Il s’agit habituellement d’une hypoesthésie globale.
4° Les troubles du tonus : c’est une hypotonie en cas de syndrome cérébelleux ou plus
fréquemment une hypertonie. L’hypertonie peut être de deux types :
- La rigidité de décérébration : elle est due à une exagération du réflexe myotatique et elle
prédomine sur la racine et les extenseurs. Cette hypertonie de décérébration est
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 122
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 123
Formes cliniques
Les étiologies du syndrome pédonculaire sont : le ramollissement, l’hémorragie, les tumeurs,
les maladies inflammatoires comme la sclérose en plaques, les maladies carentielles, les
traumatismes.
Les formes cliniques sont :
- Le syndrome du pied pédonculaire : syndrome de Weber. C’est une hémiplégie alterne
associant une hémiplégie controlatérale avec paralysie faciale du type central liée à
l’atteinte de la voie pyramidale associée à une paralysie directe (partielle ou totale), de
l’oculomoteur commun.
- Le syndrome de Foville pédonculaire : il associe l’hémiplégie croisée liée à l’atteinte de la
voie pyramidale et une paralysie des mouvements oculaires de latéralité. Celle-ci affecte
la motilité volontaire et est croisée par rapport à la lésion c.-à-d. que le malade regarde du
côté de la lésion et ne peut pas regarder ses membres paralysés. Il y a une déviation
conjuguée de la tête et des yeux vers le côté opposé c.-à-d. du côté de la lésion.
- Les syndromes du noyau rouge :
Les syndromes supérieurs du noyau rouge ou syndromes controlatéraux se
caractérisent par l’absence de paralysie du nerf III et la présence, du côté opposé à la
lésion, soit d’une hémiasynergie, soit des mouvements involontaires choréo-
athétosiques.
Les syndromes inférieurs du noyau rouge : syndromes alternes caractérisés par la
présence d’une paralysie homolatérale du III avec du côté opposé une présence soit
des mouvements involontaires de type tremblement ou de type choréo-athétosique :
c’est le syndrome de Benedikt, soit à une hémiasynergie c’est le syndrome de Claude.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 124
Il est dû à une atteinte des différentes structures nerveuses qui constituent la protubérance
annulaire.
Rappel anatomophysiologique
La protubérance annulaire ou pont de Varole ou pons, constitue la partie moyenne du tronc
cérébral. Elle forme en arrière le plancher de la partie supérieure du quatrième ventricule, et
elle est reliée latéralement au cervelet par les pédoncules cérébelleux moyens. Elle comprend
deux étapes : le pied (antérieur) et la calotte (postérieur).
Le pied est essentiellement occupé par le faisceau pyramidal et le pédoncule
cérébelleux moyen. Ce faisceau pyramidal a déjà émis des fibres du faisceau géniculé
destinées aux noyaux du VI et VII avant de descendre de chaque côté de la ligne
médiane. Il est dissocié en différents fascicules par les différents noyaux gris de la
protubérance et les différentes fibres qui en naissent. Ces fibres vont constituer le
pédoncule cérébelleux moyen. Le pied de la protubérance est également traversé par
les fibres radiculaires du V, du VI, et du VII.
La calotte : On observe à ce niveau différentes voies de passage et différents noyaux
de certains nerfs crâniens. Les voies de passage sont : le ruban de Reil médian, le
faisceau spino-réticulo-thalamique, le faisceau rubrospinal, le faisceau
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 125
Sémiologie
Les signes dus à l’atteinte des différentes structures sont :
4. Les signes d’atteinte des paires crâniennes : conséquence des lésions nucléaires ou
radiculaires.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 126
- L’atteinte du V se manifeste par une paralysie des masticateurs, et une bouche oblique
ovalaire en cas d’atteinte motrice, et une anesthésie homolatérale de l’hémiface et de la
cornée avec abolition du réflexe cornéen en cas d’atteinte sensitive.
- En cas d’atteinte du nerf VI, il y a une diplopie avec strabisme convergent et paralysie de
l’abduction du côté de la lésion.
- En cas de paralysie du VII : il s’agit d’une paralysie intéressant l’hémiface homolatérale.
C’est une paralysie de type périphérique avec inocclusion des paupières du côté atteint et
signe de Charles Bell.
- Les signes cochléovestibulaires, s’observent au cours des lésions protubérantielles basses
et en cas d’atteinte du nerf périphérique (VIII).
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 127
Formes cliniques
Les lésions en cause peuvent être des ramollissements, des hémorragies, des maladies
inflammatoires comme la sclérose en plaques et des traumatismes.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 128
- Une anesthésie de la face du côté de la lésion avec anesthésie cornéenne (atteinte du nerf
V).
- Une anesthésie des membres et du tronc du côté opposé. Cette anesthésie est souvent
dissociée de type syringomyélique.
L’atteinte sensitive peut coïncider chez le même malade avec une paralysie alterne.
3. L’hémiplégie cérébelleuse
Il s’agit d’un syndrome cérébelleux pur, homolatéral. Ce syndrome peut s’associer à une
hémiplégie controlatérale, ce qui réalise un syndrome alterne avec syndrome cérébelleux d’un
côté et syndrome pyramidal du côté opposé. Une telle association évoque une lésion du pied
de la protubérance.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 129
Il traduit une atteinte des différentes structures nerveuses qui constituent le bulbe.
Rappel anatomophysiologique
Sémiologie
Les signes observés au cours des lésions bulbaires sont dus à l’atteinte des différentes
structures.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 130
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 131
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 132
Formes cliniques :
Les lésions bulbaires peuvent être dues à des ramollissements, des tumeurs, des hémorragies,
des infections (poliomyélite bulbaire, abcès,… ), des affections dégénératives comme la
sclérose latérale amyotrophique et des malformations (syringomyélie).
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 133
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 134
Ils peuvent s’observer dans la poliomyélite, l’atteinte bulbaire est d’un mauvais pronostic. Il
peut s’agir des lésions bilatérales et non systématisées dues à une thrombose ou une
insuffisance circulatoire dans le domaine vertébro-basilaire.
En cas d’insuffisance circulatoire, on observe un trouble moteur appelé "drop attack" et
caractérisé par la survenue lors d’une brusque rotation de la tête, d’un dérobement brutal des
deux membres inférieurs, de brève durée, sans vertiges ni troubles de la conscience.
C’est l’ensemble des symptômes qui traduisent une lésion de la moelle épinière.
Rappel anatomophysiologique
La moelle épinière est à la fois le centre réflexe, sous le contrôle des structures sus-jacentes et
l’organe de conduction. Il est constitué de deux éléments : la substance grise et la substance
blanche.
a. La substance grise est formée de trois portions :
- Les cornes antérieures: comportent des neurones multipolaires qui reçoivent des
afférences provenant de l’ensemble du système nerveux. Les axones de ces neurones
multipolaires quittent la moelle par les racines antérieures qui constituent la voie finale
commune.
- Les cornes postérieures de la moelle : reçoivent des fibres en provenance des racines
postérieures et servent de relais aux sensibilités tactile protopathique et thermo-algésique.
- Les cornes latérales et la pars intermedia : ont une fonction végétative.
b. La substance blanche est formée de :
- Cordons postérieurs : formés par les faisceaux de Goll et Burdach qui vectent la sensibilité
profonde consciente et le tact épicritique.
- Cordons antéro-latéraux : renferment des voies ascendantes et descendantes.
Les voies descendantes sont motrices : il s’agit des faisceaux pyramidaux directs et croisés, et
des faisceaux extrapyramidaux qui sont les faisceaux tecto-, vestibulo-, olivo-, et rubro-spinal.
Les voies ascendantes sont sensitives et prennent naissance dans les noyaux des cornes
postérieurs et dans la colonne de Clarke (corne ntermédiaire). Il s’agit des faisceaux
spinothalamiques (thermoalgésie), faisceaux spinocérébelleux de Fleschsig et Gowers
(sensibilité profonde inconsciente), faisceaux spinoréticulothalamiques (tact protopathique).
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 135
Sémiologie
Le syndrome médullaire est caractérisé par l’association de signes moteurs, de signes
sensitifs, et de signes végétatifs.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 136
Formes cliniques
Les différents syndromes médullaires :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 137
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 138
1. L’hémorragie cérébrale
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 139
Rappel anatomophysiologique
La vascularisation de l’encéphale est sous la dépendance de quatre troncs artériels :
- Les deux artères vertébrales, en arrière ;
- Les deux carotides internes, en avant.
Chaque artère vertébrale qui naît de la sous-clavière rejoint son homologue pour
constituer le tronc basilaire. Celui-ci chemine sur la ligne médiane en avant de la
protubérance. Au niveau du sillon ponto-pédonculaire, il se divise en deux branches
terminales, les artères cérébrales postérieures. Tandis que chaque carotide interne émerge du
sinus caverneux et, après avoir donné l’artère ophtalmique, se termine en donnant quatre
branches terminales : l’artère cérébrale antérieure, l’artère cérébrale moyenne, l’artère
choroïdienne antérieure et la communicante postérieure. Ainsi est formé à la base du cerveau
un circuit anastomotique appelé polygone de Willis formé par :
- Les deux cérébrales antérieures unies entre elles par la communicante
antérieure ;
- La terminaison de la carotide interne et la communicante postérieure ;
- Les deux cérébrales postérieures.
Les artères cérébrales se terminent sous trois modes :
a. Un réseau anastomotique pie-mérien d’où naissent deux sortes d’artères :
- Les artères courtes ou artères corticales qui irriguent le cortex cérébral ;
- Les artères longues ou artères médullaires qui irriguent la substance blanche ;
b. Les artères centrales gagnent leur territoire d’irrigation après avoir pénétré les espaces
perforés antérieurs et postérieurs. Les artères centrales sont des artères terminales.
c. Le réseau choroïdien qui pénètre dans les plexus choroïdes et y constitue un fin réseau
capillaire.
L’hémorragie cérébrale est la conséquence soit d’une rupture vasculaire par ex. en cas
de malformation vasculaire (angiome, anévrisme), soit alors d’autres lésions cérébrales
acquises.
Sémiologie
Le tableau typique d’une hémorragie cérébrale est réalisé par une hémorragie au
niveau de la capsule interne, c.-à-d. rupture des artères lenticulo-striées.
Le début est rarement précédé de prodromes genre céphalées, vertiges,
bourdonnements d’oreille, épistaxis, manifestations hémiparésiques transitoires.
Habituellement, le début est brutal par ictus apoplectique c.-à-d. que le malade est en bonne
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 140
activité et en pleine santé apparente, puis, il ressent brusquement une céphalée violante,
pousse un cri, et perd rapidement conscience.
A la période d’état, il s’agit d’un coma avec signe de localisation. Le malade est pâle,
sa respiration est lente, bruyante, stertoreuse, le pouls est ample et lent, la température basse,
la pression artérielle habituellement élevée, le coma est profond. Il peut exister des signes de
localisation : la déviation conjuguée de la tête et des yeux (le malade regarde du côté de la
lésion) ; paralysie faciale et hémiplégie flasque avec signe de Babinski positif.
Habituellement, le pronostic est sombre et la mort survient au bout de quelques heures
sans que le malade ne sorte du coma. Plus rarement, le malade reprend connaissance, les
signes de localisation sont évidents ; mais il est exposé à des complications de décubitus :
escarres, broncho-pneumonie, infections urinaires. Parfois l’issue est favorable, le malade sort
du coma mais garde des lourdes séquelles : hémiplégie spasmodique, aphasie, mais surtout
menace d’une récidive.
Formes cliniques
1. L’hématome intracérébral : c’est une collection sanguine limitée qui donne le tableau
clinique pseudotumoral. Le début peut être brusque avec perte brutale de la conscience,
mais habituellement, le tableau est dominé par une céphalée violente, diffuse, souvent
accompagnée de vomissements. Les signes neurologiques d’accompagnement s’installent
progressivement. Le malade sort habituellement du coma mais l’hémiparésie et la
céphalée persistent. Plus tard, peut survenir une aggravation progressive avec accentuation
des signes d’hypertension intracrânienne et coma.
2. Les hémorragies cérébroméningées: Il peut s’agir d’un foyer hémorragique primitivement
cortical qui s’ouvre secondairement dans les méninges, ou alors d’une hémorragie
méningée qui entraîne secondairement un foyer hémorragique cérébral. Sur le plan
clinique, il s’agit d’association des signes méningés et des signes d’hémorragie cérébrale.
3. L’inondation ventriculaire : c’est l’irruption du sang dans les ventricules après dilacération
du tissu cérébral. Le sang diffuse en suite dans le tissu méningé. Le tableau clinique est
dramatique, caractérisé par un coma profond avec parfois crises convulsives répétées,
hypertonie généralisée des membres de type décérébration avec hyperréflexie
ostéotendineuse et Babinski bilatéral. Le décès survient en quelques heures.
Formes topographiques
- L’hémorragie cérébrale profonde : la forme typique est la forme capsulo-lenticulaire.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 141
Formes étiologiques
1. L’hypertension artérielle ;
2. Les malformations vasculaires (anévrisme, angiomes cérébraux),
3. Les traumatismes crânio-encéphaliques ;
4. L’endocardite maligne type Osler ;
5. La maladie hémorragique comme l’hémophilie ;
6. Les thrombophlébites cérébrales (rares),
7. Le traitement aux anticoagulants.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 142
Il s’agit des ramollissements cérébraux dus à une oblitération du tronc ou des branches
de l’artère cérébrale antérieure.
Rappel anatomophysiologique
L’artère cérébrale antérieure est la branche terminale de la carotide interne. Elle se
dirige horizontalement en avant et en dedans vers l’entrée de la scissure interhémisphérique
où se détache la communicante antérieure. Elle se redresse ensuite et se dirige en haut et en
avant en contournant le genou du corps calleux, puis elle longe le sillon du corps calleux dont
elle épouse la convexité et se termine en donnant l’artère péricalleuse postérieure qui
contourne le splénium du corps calleux et gagne la région épiphysaire. L’artère cérébrale
antérieure possède des branches collatérales suivantes :
a. Les artères centrales :
- Les artères centrales courtes ou diencéphaliques. Elles irriguent la paroi antérieure et la
partie antérieure du troisième ventricule de même que l’hypothalamus antérieur ;
- L’artère centrale longue ou artère du noyau caudé ou artère de Heubner, qui vascularise la
tête du noyau caudé, la partie antérieure du noyau lenticulaire et la capsule interne ;
b. Les branches corticales (au nombre de cinq) :
- L’artère frontale inférieure ou artère frontale inférieure interne ;
- L’artère frontale interne antérieure ou artère pré-frontale.
Ces deux artères portent le nom d’artères frontopolaires, elles vascularisent les face
orbitaire et interne de la partie antérieure du lobe frontal.
- L’artère frontale interne moyenne irrigue la moitié postérieure de F1.
- L’artère frontale interne postérieure.
Ces deux artères portent le nom d’artère calloso-marginale ; la frontale interne postérieure
irrigue la partie interne de la frontale ascendante
- L’artère pariétale interne se divise en trois banches : l’artère para centrale, l’artère
précunéenne, et l’artère pariéto-occipitale.
Ainsi donc, l’artère cérébrale antérieure irrigue :
par ses branches profondes la partie antérieure de la tête du noyau caudé, le corps
calleux à l’exception du splénium, la partie antérieure du centre ovale, l’hypothalamus
antérieur ;
par ses branches superficielles, l’artère cérébrale antérieure irrigue le lobe orbitaire et
le lobe préfrontal, la circonvolution frontale interne, la circonvolution du corps
calleux, le lobe paracentral, et le lobule quadrilatère, la première circonvolution
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 143
Sémiologie
L’oblitération de l’artère cérébrale antérieure est à l’origine d’un ramollissement
cérébral. La symptomatologie est fonction du territoire affecté.
1. Le coma : manifestation révélatrice, d’installation brutale. Il se caractérise par
l’importance des troubles neurovégétatifs et métaboliques à cause de l’atteinte
hypothalamique.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 144
Formes cliniques
On observe différents syndromes selon la localisation de l’obstruction sur l’artère ou
ses branches :
1° Le ramollissement cérébral antérieur total : il est lié à l’obstruction de l’artère à son
origine. Il débute par un coma brutal et sévère avec troubles neurovégétatifs importants.
L’hémiplégie est controlatérale à prédominance crurale avec des signes sensitifs plus discrets,
une apraxie idéomotrice gauche chez le droitier, un réflexe de préhension forcée et une
aphasie motrice si la lésion siège sur la moitié de l’hémisphère dominant.
2° Les formes partielles : la symptomatologie est fonction du territoire affecté :
a. Le ramollissement cérébral antérieur partiel est lié à l’oblitération de l’artère après
l’émergence de l’artère centrale longue et de la communicante antérieure. Il se manifeste
par une hémiplégie à prédominance crurale avec hypoesthésie discrète. Le coma et
l’apraxie idéomotrice sont inconstants.
b. Le ramollissement localisé lié à l ‘oblitération d’un des branches de l’artère :
- Le syndrome d’oblitération de l’artère centrale longue : il est caractérisé par une
parésie du membre supérieur controlatéral, une discrète paralysie faciale et linguale et
une aphasie motrice en cas de lésion d l'hémisphère dominant.
- Le syndrome de l’oblitération des artères frontales internes moyenne et postérieure : il
se traduit essentiellement par une hémiplégie controlatérale à prédominance crurale ;
- Le syndrome de l’oblitération de l’artère paracentrale : il y a monoplégie du membre
inférieur à prédominance distale avec hypoesthésie d’allure radiculaire.
3° Les formes bilatérales : on les observe en cas de lésions bilatérales ou lorsque les deux
artères cérébrales antérieures proviennent toutes de la carotide interne d’un même côté. Sur le
plan clinique, on observe une paraplégie avec paralysie de deux membres inférieurs à cause
de l’atteinte de deux lobes paracentraux.
Rappel anatomophysiologique
L’artère sylvienne est aussi une branche terminale de la carotide interne. Elle est située à la
face externe du cerveau. Elle se dirige d’abord en dehors vers la scissure de Sylvius où elle
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 145
décrit une courbe à concavité postéro-interne. Elle comporte les branches collatérales
suivantes :
1° Les branches profondes ou branches perforantes. Elles se détachent près de l’origine de
l’artère sylvienne. On en distingue trois :
- Les artères putamino-capsulo-caudées qui irriguent le putamen, la capsule interne, et
le noyau caudé à l’exception de la tête ;
- Les artères lenticulo-optiques : irriguent le putamen, la capsule interne, la couche
externe du thalamus ;
- Les artères pallidales externes : irriguent le globus pallidus (la partie externe).
2° Les branches superficielles ou branches corticales : elles sont au nombre de cinq :
- L’artère temporale antérieure : naît au niveau du coude de la sylvienne. Elle irrigue la
moitié antérieure de la face externe du lobe temporal après avoir donné des branches à
l’insula ;
- Le tronc commun des artères ascendantes : naît au fond de la vallée sylvienne sur le
lobe de l’insula. Il se divise en un bouquet artériel constitué des artères suivantes :
1. L’artère orbito-frontale : se divise en deux branches, inférieure et externe.
Elle irrigue le lobe orbitaire, le lobe pré-frontal et la presque totalité du F3.
2. L’artère du sillon prérolandique : chemine dans le sillon prérolandique et
irrigue ainsi le pied de F3, pied de F2 et la partie antérieure de la FA.
3. L’artère de la scissure de Rolando : chemine dans la scissure de Rolando
irrigue le versant postérieur de la FA et le versant antérieur de la PA.
4. L’artère pariétale antérieure : s’engage dans le sillon inter-pariétal au
niveau de son segment vertical. Elle irrigue le versant postérieur de la PA
et la partie antérieure de P1 et P2 ;
- L’artère temporale postérieure descend dans le lobe temporal et irrigue la moitié
postérieure de T1 et T2 ;
- L’artère pariétale postérieure : naît à la partie postérieure de la scissure de Sylvius. Elle
irrigue la partie postérieure de P1 et P2 ;
- L’artère du pli courbe : constitue la terminaison de l’artère sylvienne. Elle irrigue la partie
postérieure du lobe temporal, la partie antérieure du lobe occipital et en partie les
radiations optiques.
Ainsi donc, par ses branches profondes, l’artère sylvienne irrigue la capsule interne, la partie
externe du pallidum, le putamen ; le noyau caudé à l’exception du segment inférieur de la tête
qui est vascularisé par l’artère cérébrale antérieure. Par ses branches superficielles, elle irrigue
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 146
Sémiologie
L’occlusion de l’artère sylvienne est à l’origine d’un ramollissement cérébral dont la
symptomatologie est fonction du territoire cérébral affecté :
1. Le coma : il est une manifestation révélatrice et sa profondeur dépend du territoire affecté.
2. Les signes moteurs : l’hémiplégie controlatérale. Elle est soit proportionnelle, affectant de
façon égale le membre supérieur, inférieur et la face. Dans ce cas elle est due à une
atteinte de la capsule interne. Elle est soit non proportionnelle, prédominant à la face et
aux membres inférieurs, et est due à une atteinte du territoire superficiel.
3. L’hémianesthésie controlatérale : prédomine au membre supérieur et à la face. Cette
hémianesthésie intéresse la sensibilité superficielle (tactile et thermique) et la sensibilité
profonde. Elle peut entraîner une astéréognosie par anesthésie et le phénomène de
l’extinction sensitive, c.-à-d. au cours des stimulations simultanées et bilatérales, le sujet
ne perçoit que la stimulation sur le côté sain.
4. L’hémianopsie latérale homonyme controlatérale par atteinte des radiations optiques.
5. Au cours de l’atteinte de l’hémisphère dominant, on peut observer :
Une aphasie, et selon le cas il s’agira :
- d’une anarthrie caractérisée par des troubles de l’articulation,
- d’une aphasie de Wernicke qui porte sur la compréhension du langage et l’évaluation
des mots alors que l’articulation est normale,
- et d’une aphasie de Broca qui porte à la fois sur l’articulation et sur la compréhension
du langage.
Une apraxie qui est soit idéomotrice affectant les actes simples, soit idéatoire affectant
la succession coordonnée des différents gestes élémentaires qui constituent un acte
complexe.
6. Les troubles gnosiques notamment l’astéréognosie, et dans les cas de lésion de
l’hémisphère mineur, l’hémiasomatognosie (c.-à-d. méconnaissance du côté opposé) avec
anosognosie (méconnaissance du trouble présenté).
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 147
Formes cliniques
Selon le siège de l’occlusion, on peut observer :
a. Le ramollissement sylvien total : dû à une occlusion du tronc de l’artère sylvienne à son
origine. Le ramollissement intéresse le territoire de la sylvienne dans son ensemble. On
observera un coma avec hémiplégie importante, hémianesthésie, hémianopsie latérale
homonyme ; avec une aphasie de Broca lorsque la lésion siège à l’hémisphère
dominant ou une hémiasomatognosie avec anosognosie quand la lésion siège dans
l’hémisphère mineur.
b. Les ramollissements sylviens profonds : ils sont dus :
- pour le grand ramollissement sylvien profond, à une occlusion incomplète du tronc de
la sylvienne à son origine. Il affecte essentiellement le territoire profond de l’artère,
bien que le territoire superficiel ne soit pas toujours indemne. Cliniquement, c’est une
hémiplégie proportionnelle sans signes sensitifs associés. Si la lésion siège dans
l’hémisphère dominant, il y a aphasie de Broca avec prédominance de l’anarthrie.
- pour le ramollissement sylvien profond localisé, à une occlusion des artères pallidales
externes ou putamino-capsulo-caudées. Cliniquement, c’est une hémiplégie pure et
proportionnelle de type capsulaire.
c. Les ramollissements sylviens superficiels :
- Le grand ramollissement sylvien antérieur : affecte le territoire du tronc commun des
artères ascendantes. Cliniquement, c’est une hémiplégie controlatérale prédominant à
la face et au membre supérieur, associée à des troubles sensitifs de même topographie
et une aphasie de Broca.
- Le grand ramollissement sylvien postérieur : en cas d’occlusion de l’artère sylvienne,
après la naissance du tronc commun des artères ascendantes. Il affecte le territoire de
l’artère temporale postérieure, de la pariétale postérieure et l’artère du pli courbe. Sur
le plan clinique, si la lésion siège à l’hémisphère dominant, il y a une aphasie de
Wernicke et une hémianopsie latérale homonyme. Si la lésion siège à l’hémisphère
mineur, il y aura seulement une hémianopsie latérale homonyme.
- Le ramollissement superficiel localisé :
Le ramollissement du territoire du sillon prérolandique : on observe une paralysie
facio-linguo-masticatrice avec anarthrie si la lésion siège à l’hémisphère dominant.
Le ramollissement du territoire de l’artère pariétale antérieure : se traduit par un
trouble de la sensibilité qui réalise un tableau pseudothalamique.
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 148
Rappel anatomophysiologique
L’artère cérébrale postérieure est une branche du tronc basilaire. Elle comporte :
a. Le pédicule rétromamillaire formé d’un bouquet d’artérioles qui naissent près de l’origine
de l’artère et se divise en deux :
- Le pédicule antérieur : monte dans l’espace perforé postérieur, traverse la partie
antérieure du noyau rouge et irrigue les fibres rubrothalamiques, le thalamus et la
partie postérieure de l’hypothalamus. On l’appelle également pédicule thalamo-perforé
ou thalamo - sus-optique.
- Le pédicule postérieur ou pédicule pédonculaire, pénètre dans l’espace perforé et se
dirige dans la calotte pédonculaire en irriguant le pied du pédoncule cérébral, le
pédoncule cérébelleux supérieur, le noyau rouge, le locus niger, la région sous
optique.
b. L’artère quadrijumelle : naît près de l’origine de la cérébrale postérieure, contourne le
pédoncule cérébral et bifurque en deux branches, l’une antérieure destinée au tubercule
quadrijumeau supérieur, l’autre postérieure destinée au tubercule quadrijumeau inférieur.
c. Les artères choroïdiennes postérieures : elles naissent souvent par un tronc commun. Il
s’agit de :
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 149
Sémiologie
La symptomatologie est fonction du territoire cérébral affecté par le ramollissement.
1. Le coma : c’est une manifestation révélatrice, en particulier dans le ramollissement
étendu ;
2. Les troubles moteurs :
- L’hémiparésie controlatérale, parfois hémiplégie en cas d’atteinte du pied des
pédoncules cérébraux ;
- La paralysie de l’oculomoteur commun, homolatérale ;
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 150
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 151
Formes cliniques
Selon le siège de l’obstruction sur le tronc ou les branches de l’artère, on peut observer les
syndromes suivants :
1. Les syndromes partiels : sont les plus fréquents :
a. Les syndromes partiels postérieurs : sont dus à une obstruction des branches corticales
de la cérébrale postérieure et en particulier de l’artère calcarine. Cliniquement, on
observe une hémianopsie latérale homonyme controlatérale avec conservation de la
vision maculaire. Si la lésion siège au niveau de l’hémisphère dominant, il s’y associe
une alexie ou une aphasie de Wernicke à prédominance alexique et une agnosie
visuelle. Si la lésion siège au niveau de l’hémisphère mineur, on observe une
anosognosie. Si la lésion est bilatérale, on observe une cécité corticale caractérisée par
la perte de la vision mais avec conservation des réflexes pupillaires et un fond d’œil
normal.
b. Le syndrome thalamique : est dû à une oblitération du pédoncule thalamo-génouilé.
Ce syndrome se manifeste dans les cas purs par les signes controlatéraux à la lésion :
- un syndrome sensitif avec douleurs très intenses, anesthésie affectant les différents
types de sensibilité et hyperpathie ;
- des troubles moteurs avec hémiparésie habituellement discrète, des mouvements
choréo-athétosiques avec possibilité de ‘main thalamique’ et une hémiataxie ;
- des troubles vasomoteurs et trophiques.
c. Le syndrome supérieur du noyau rouge : il est dû à une occlusion du pédicule thalamo-
perforé. Il se caractérise par la survenue du côté opposé à la lésion, soit d’une
hémiasynergie, soit des mouvements involontaires choréo-athétosiques. L’obstruction
simultanée du pédicule thalamo-perforé et du thalamogénouillé donnent le syndrome
cérébello-thalamique.
d. Des syndromes pédonculaires peuvent également s’observer :
- Le syndrome de Weber ou syndrome du pied pédonculaire. Il associe une
hémiplégie controlatérale et une paralysie directe de l’oculomoteur commun.
- Le syndrome de Foville pédonculaire : associe une hémiplégie, une paralysie des
mouvements oculaires de latéralité. Toutes les deux croisées par rapport à la
lésion.
- Les syndromes inférieurs du noyau rouge : se caractérisent par une paralysie
homolatérale de l’oculomoteur commun avec du coté opposé soit des mouvements
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SEMIOLOGIE NEUROLOGIQUE 152
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