Chapitre 03 : Les cellules du système immunitaire
Chapitre 03 : Les cellules du système immunitaire
Tous les éléments cellulaires du sang, dont les globules rouges, les plaques et les globules blancs du
système immunitaire, dérivent des mêmes progéniteurs ou précurseurs : les cellules souches
hématopoïétiques de la moelle osseuse.
A partir d’une cellule souche hématopoïétique (CSH) totipotente (qui peut également donner
plaquettes), sont générées des cellules souches lymphoïdes (CSL) et des cellules souches myéloïdes
(CSM). Les premières donnent naissance aux lymphocytes B, aux lymphocytes T CD4 ou CD8 et
aux cellules NK.
Les secondes sont à l’origine des trois de granulocytes : polynucléaires neutrophiles, éosinophiles et
basophiles, ainsi qu’aux monocytes qui se différencient par la suite en cellules dendritiques ou en
macrophages.
I- Les cellules de la réponse immunitaire innée
1- Les phagocytes
Les phagocytes ou cellules phagocytaires sont les éboueurs de l’organisme, capables d’endocyter des
bactéries et des cellules mortes ; on parle de phagocytose. Parmi eux on compte les macrophages, les
monocytes, les cellules dendritiques, et les polynucléaires.
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a- Le monocyte
Le monocyte est une cellule sanguine immature de la famille des leucocytes, qui provient de la
moelle osseuse. Cette cellule se différencie une fois dans les tissus où elles résideront, et sera ainsi à
l’origine des macrophages et des cellules dendritiques.
b- Le macrophage
Le macrophage est la cellule phagocytaire par excellence qui provient de la différenciation des
monocytes. Il joue également le rôle de cellule présentatrice d’antigène, mais de manière beaucoup
plus occasionnelle que les cellules dendritiques.
Un des rôles principal des macrophages est le nettoyage de l’organisme. Ils se doivent donc d’être
ubiquitaires au sein de l’organisme (tissus conjonctifs, foie, tissus nerveux, poumons, plasma, rate, …).
Les macrophages résidents portent chacun une appellation caractéristique suivant le tissu dans
lequel il se trouve : les cellules de Kupffer dans le foie, les cellules microgliales dans les tissus
nerveux, les macrophages alvéolaires dans les poumons…
c- La cellule dendritique (CD)
La cellule dendritique est une cellule immunitaire présentant des expansions cytoplasmiques
appelées des dendrites, et présente dans l’ensemble des tissus de l’organisme, plus spécifiquement au
niveau de l’épiderme et au niveau du thymus. La cellule dendritique a différent rôle dans la réponse
immunitaire :
Elle joue le rôle de cellule phagocytaire et de cellules présentatrice d’antigène, lui permettant
d’activer les lymphocytes (B et T) présents au niveau des organes lymphoïdes secondaires. Elle a
donc un rôle principal dans l’activation de la réponse immunitaire adaptative. En effet une fois
l’antigène phagocyté et présenté, la cellule dendritique quitte son lieu de résidence et migre vers les
organes lymphoïdes secondaires.
Au niveau du thymus elle joue un rôle essentiel dans le maintien de la tolérance au soi, dans la
sélection négative des lymphocytes T.
d- Les polynucléaires ou granulocytes
Les polynucléaires ou granulocytes sont des leucocytes ayant pour origine la moelle osseuse.
Attention leur appellation « polynucléaire » est a due à une erreur historique, en effet ces cellules ne
sont pas polynucléées mais présentent des noyaux polylobés.
❖ Les polynucléaires neutrophiles sont les plus nombreux dans le sang. Ils sont
reconnaissables par leur noyau unique polylobé. Ce sont essentiellement des cellules
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phagocytaires qui jouent un rôle majeur dans la défense antimicrobienne et dans
l’inflammation aigue. Ces polynucléaires contiennent dans leur cytoplasme des granulations
riches en enzymes (plus de 100 différentes).Ils sont attirés sur le lieu de l’infection par les
chimiokines libérées par les macrophages et les autres cellules présentes. Il passe ainsi
par diapédèse du vaisseau sanguin où il situe en temps normal, vers les tissus conjonctifs
cibles. Contrairement aux autres cellules phagocytaires, les polynucléaires neutrophiles
meurent suite à la phagocytose.
❖ Les polynucléaires basophiles ont un noyau unique bilobé et sont les moins nombreux et
jouent un rôle essentiel dans l’allergie. En effet, lorsqu’ils rentrent en contact d’allergènes ils
déversent le contenu de leurs granulations, dont de l’histamine qui active la réaction
inflammatoire. Dans leurs granulations on trouvera également de l’héparine qui empêchera la
coagulation sanguine et qui augmentera la perméabilité des capillaires, augmentant la
réaction inflammatoire et facilitant la diapédèse.
❖ Les polynucléaires acidophiles (ou éosinophiles) ont un noyau unique bilobé, ils ont
une action antiparasitaire en déversant sur eux le contenu de leurs granules, et jouent un rôle
mineur dans l’allergie.
2- La cellule NK (Natural Killer)
La cellule NK fait partie des lymphocytes car elle découle du progéniteur lymphoïde au niveau de la
moelle osseuse ; elle fait partie des grands lymphocytes granuleux (GLG). Elle ne correspond
cependant ni à un lymphocyte B ni à un lymphocyte T, ne présentant respectivement ni le dimère
Igα-Igβ ni le cluster de différentiation CD3. La cellule NK est caractérisée par le cluster de
différentiation CD56.
La cellule NK peut tuer les cellules cibles de manière spontanée, en faisant intervenir les molécules
de classe 1 du CMH, et sont capables de faire la différence entre une cellule saine et une cellule «
malade ». Pour se faire elle présente deux grands types de récepteurs :
Des récepteurs activateurs ayant comme ligand le « ligand activateur » présent à la surface des
cellules de l’organisme.
Des récepteurs inhibiteurs ayant comme ligand les molécules de classe 1 du CMH qui sont
exprimées par toutes les cellules saines nucléées de l’organisme.
La cellule NK est donc spontanément une cellule tueuse envers toutes les cellules, mais inhibée par
la présence de molécule de classe 1 du CMH, d’où son nom de cellule « Natural Killer », ce qui
donne en français (cellule tueuse naturelle).
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La cellule NK exprime également :
Un dimère DAP-12 associé au récepteur activateur et présentant des motifs ITAM nécessaire à la
transmission du signal intracellulaire.
Des récepteurs RFC qui sont des récepteurs reconnaissant les fragments constants (Fc) des anticorps
Ig-G. En effet ces anticorps jouent le rôle d’opsonines, qui sont reconnu par la cellule NK permettant
la lyse de la cellule cible. Ces récepteurs RFC ne sont autre que le CD16.
3- Le mastocyte
Le mastocyte est une variété de leucocytes jouant un rôle primordial dans les allergies. Il est
habituellement situé au niveau des tissus conjonctifs, des poumons, des ganglions lymphatiques, de
la rate et bien évidemment de la moelle osseuse où il est produit.
Le mastocyte contient des granulations contenant de l’histamine, de l’héparine, de la sérotonine et
des enzymes diverses. Tout comme le polynucléaire basophile, le mastocytes a donc plusieurs effet :
activation et amplification de la réaction inflammatoire, diminution de la coagulation sanguine,
augmentation de la perméabilité des capillaires facilitant la diapédèse.
Le mastocyte exprime des récepteurs membranaires aux fragments constants (Fc)
des immunoglobulines E (IgE) qui ont également un rôle caractéristique dans les allergies. Lorsque
le mastocyte, complexé avec ces IgE dirigé spécifiquement contre un allergène, rentre en contact
avec cet allergène, il y a dégranulation, provoquant des réactions allergiques qui peuvent être très
grave parfois même jusqu’à des chocs anaphylactiques.
II- Les cellules de la réponse immunitaire adaptative
Les lymphocytes sont les cellules majeures de la réponse immunitaire adaptative qui font parties des
leucocytes . Ils sont principalement de deux types :
D’une part les lymphocytes B (LB) ou cellule B, dont la lettre « B » provient de la « Bourse de
Fabrice » qui est un organe d’oiseaux dans lequel les LB arrivent à maturité. Chez l’Homme, les
lymphocytes B arrivent à maturité dans la moelle osseuse. Ils sont caractérisés par la présence
d’un BCR qui leurs permettent de reconnaître des fragments antigéniques.
D’autre par les lymphocytes T (LT) ou cellule T, dont la lettre « T » provient du « Thymus », organe
humain dans lequel les LT arrivent à maturité. Ils sont caractérisés par la présence d’un TCR qui
leurs permettent de reconnaître des fragments antigéniques.
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Les lymphocytes ont différentes localisations suivant leur stade de maturité, en effet ils sont
d’avantages présents aux niveaux des organes lymphoïdes secondaires, du sang et de la lymphe
lorsqu’ils ne sont pas encore activé, et ont une localisation ubiquitaires lorsqu’ils sont activés.
1- Le lymphocyte B
Le lymphocyte B est responsable de l’immunité humorale, qui vise à produire les anticorps
spécifiques de l’agent pathogène. En plus du BCR, le lymphocyte B est caractérisé par un dimère
Igα-Igβ qui est associé au BCR (IgM), des récepteurs de cytokines, des protéines membranaires
telles que des intégrines (LFA-1), des sélectines, des immunoglobulines-like, les récepteurs
membranaires B7 et des clusters de différenciation CD19, CD21, CD35, CD45, CD80 (ou B7-1 est
le ligand de CD28 présent à la surface des lymphocytes T),CD81 et CD86 (ou B7-2 est le ligand de
CD28 présent à la surface des lymphocytes T), etc.
Le lymphocyte B aura 2 destinées, en effet il se différenciera :
Soit en plasmocytes qui sécrètent les anticorps solubles qui iront se fixer sur l’antigène
(opsonisation), facilitant ainsi la phagocytose. Ces cellules ne présentent pas d’anticorps
membranaires. Soit en lymphocyte B mémoire qui expriment à leur surface les anticorps spécifique
d’un antigène, permettant une réponse plus rapide si une seconde infection se présente.
Le lymphocyte B joue également le rôle de cellule présentatrice d’antigène et présente donc ainsi les
molécules de classe 2 du CMH, en plus des molécules de classes 1 du CMH.
2- Le lymphocyte T
Le lymphocyte T est responsable de l’immunité cellulaire, qui vise à détruire les cellules pathogènes
(des bactéries ou des cellules cancéreuses). En plus du TCR, le lymphocyte T est caractérisé par le
cluster de différentiation CD3, ainsi que par un certain nombre de protéines membranaires :
des immunoglobulines, des intégrines, des sélectines L, des récepteurs de cytokines et d’autres
clusters de différenciation CD4 ou CD8, CD2 (récepteur des clusters CD48 et CD58 présents sur les
cellules présentatrices d’antigènes), CD28 (récepteur des clusters CD80 ou B7-1, et CD86 ou B7-
2), CD45 et CD154 (ligand de CD40 (CD40-L) que l’on trouve à la surface des cellules
présentatrices d’antigènes), etc.
On distingue plusieurs types de lymphocytes T :
Les LT CD8 qui ont comme destinée leur évolution en LT cytotoxique.
Les LT CD4 qui donneront des LT helper (ou auxiliaires) qui ont un rôle de régulation de la réponse
immunitaire adaptative par activation d’autres cellules immunitaires.
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III- Cellules à l’interface entre les deux systèmes
❖ La cellule NKT
La cellule NKT (Natural Killer T) est une cellule intermédiaire entre la cellule NK et le lymphocyte
T. Elle fait partie des lymphocytes car elle découle du progéniteur lymphoïde au niveau de la moelle
osseuse, mais contrairement à la cellule NK, elle présente un TCR bien qu’il soit quasiment
invariant, autrement dit c’est le même sur toutes les cellules NKT.
La cellule NKT dérive de thymocytes au niveau du thymus, où elle acquiert son TCR α-β, ainsi que
le CD3 lors de l’ontogénie des LT, mais se distingue du LT α-β car elle ne présente ni CD4, ni CD8.
Le TCR présenté par les cellules NKT est caractéristique dans le sens où il reconnait les lipides et les
glycolipides présentés par des molécules structurellement proches des molécules de classe 1 du
CMH, les CD1d qui sont également invariant. Parmi les lipides reconnus on compte les
glycosphingolipides d’origine bactérienne, ou d’origine endogène produit lors de l’interaction avec
des bactéries.
Lorsque la cellule NKT est activée, les cellules présentatrices d’antigène se fixe à la cellule NKT qui
produit ainsi un certain nombre de cytokines (IL-4, IL-13 et interférons γ) qui activeront quasiment
tous les types de cellules immunitaires.