Recyclage et compostage à Paris : enjeux et solutions
Recyclage et compostage à Paris : enjeux et solutions
septembre 2015
Directrice de la publication : Dominique Alba
Étude réalisée par : Olivier Richard avec Willem Joubert et Mehand Meziani
Sous la direction de : André-Marie Bourlon
Cartographie : Marie-Thérèse Besse et Christine Delahaye
Photos et illustrations : Apur sauf mention contraire
Maquette : Apur
www.apur.org
2015V2.2.2.4
2
Sommaire
Préambule..................................................................................................................................................... 4
Introduction................................................................................................................................................. 5
Partie 1
Les déchets occasionnels.................................................................................................................. 7
1. État des lieux des déchets occasionnels à Paris : une offre de collecte plurielle............ 9
1.1. Les déchets occasionnels : définition................................................................................................ 9
1.2. Quantification des déchets.................................................................................................................. 9
1.3. La collecte des déchets occasionnels............................................................................................... 12
2. Propositions pour améliorer le réemploi,
le tri et la collecte des déchets occasionnels............................................................................... 21
2.1. Créer une offre en équipements municipaux
de collecte bien répartie, visible, et intégrée......................................................................................... 21
2.2. L
es recycleries et ressourceries......................................................................................................... 45
2.3. L
e cas particulier des grands ensembles immobiliers ............................................................... 50
Partie 2
Le compostage des déchets organiques.......................................................................... 53
1. État des lieux............................................................................................................................................. 55
1.1. Définition du compost........................................................................................................................ 55
1.2. Le composteur......................................................................................................................................55
1.3. Les opérations en cours à Paris......................................................................................................... 56
2. Propositions de sites où développer le compostage............................................................... 58
2.1. L
e parc résidentiel privé pour un compostage collectif en pied d’immeuble....................... 58
2.2. Les crèches, écoles, collèges et lycées.............................................................................................. 60
2.3. Des lieux accessibles pour le compostage de quartier................................................................ 61
Conclusion.................................................................................................................................................. 63
Annexes........................................................................................................................................................ 67
Annexe 1 : Contraintes réglementaires liées à la réglementation
Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE)........................................... 67
Annexe 2 : Contraintes réglementaires liées au Plan Local d’Urbanisme parisien...................... 68
Annexe 3 : Contraintes fonctionnelles d’un CVAE à travers l’exemple
du projet Ménilmontant.............................................................................................................................69
Annexe 4 : Principes d’organisation d’une recyclerie (source REFER)........................................... 70
Annexe 5 : Les contraintes réglementaires pour le compostage...................................................... 71
3
Préambule
Depuis 2012, l’Apur a développé des travaux et études autour du métabolisme urbain.
L’ensemble de ces processus montre la nécessité de replacer toutes ces réflexions, trop souvent
menées de façon isolées par des spécialistes de chacun des thèmes, dans un cadre global définissant
une nouvelle économie de l’urbain et de la vie autour du recyclage (des objets, des matières, de
l’énergie) et de l’économie solidaire et circulaire.
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Introduction
Une politique globale ambitieuse sur la gestion des déchets à Paris
Depuis le début des années 2000, la production de déchets ménagers et assimilés à Paris diminue
progressivement, passant de 587 kg/habitant/an en 2000 à 489 en 2013, soit une baisse de plus de
15 %. Si cette tendance s’inscrit bien dans un objectif de réduction des déchets, de développement du
réemploi, porté à l’échelle européenne, mais aussi nationale (Grenelle), régionale (PREDMA et PREDIF)
et municipale (Programme local de prévention des déchets, PLPD), l’ambition des objectifs portés par
la municipalité pour donner un nouvel élan à la réduction et la gestion écologique des déchets montre
que cette tendance doit encore s’accentuer fortement dans les années qui viennent. Preuve de cette
forte volonté politique de favoriser la réduction, le réemploi, le tri et le recyclage, le Conseil de Paris des
16 et 17 juin 2014 a adopté unanimement un « vœu » engageant la Ville de Paris dans une trajectoire
« Zéro déchet », à l’instar d’autres cités comme San Francisco (USA).
Favoriser davantage la réduction, le réemploi et le recyclage des déchets requiert une évo-
lution des comportements vis-à-vis des déchets mais aussi l’optimisation des différents
systèmes de collecte afin d’améliorer le taux de captage du gisement d’objets réemployables
et de déchets recyclables, pour en favoriser la valorisation.
En 2013, pour l’ensemble des déchets produits par les parisiens (1,1 M de t), 72 % ont été déposés
dans le bac vert. Or, l’examen de la nature des déchets montre, à titre d’exemple, que près de la
moitié des déchets déposés dans les bacs verts pouvaient être orientés vers d’autres bacs ou d’autres
systèmes de collecte (multimatériaux, verre, compostage, CVAE).
« De nouveaux équipements de proximité seront créés afin de proposer aux Parisiens des sites de
dépôt et de récupération de leurs déchets. Un schéma directeur « déchets de proximité » devra
être élaboré dans les trois prochains mois. Il devra territorialiser notre engagement de disposer,
en 2020, de deux à quatre déchetteries et une ressourcerie (recyclerie) par arrondissement. Des
déchetteries mobiles pour les marchés devront également être créées ainsi que des lieux de stoc-
kage des encombrants dans les ensembles immobiliers sociaux et privés.
Le compostage en pied d’immeuble et dans les espaces verts devra être développé. »
En ce qui concerne les déchets occasionnels, une étude menée par l’Apur (avril 2014) a ainsi pu identifier
des pistes d’optimisation. Parmi celles-ci figuraient le développement des infrastructures de collecte,
mais aussi l’enrichissement de la gamme d’équipements proposés avec une nouvelle génération d’équi-
pements plus faciles à intégrer dans la ville, plus polyvalents, et plus ouverts sur la ville et les citadins.
Ainsi, l’objet du présent travail s’attache à identifier les opportunités pour développer les infrastruc-
tures de collecte, de réemploi des déchets occasionnels, mais aussi de compostage des bio-déchets.
Aussi, cette étude est organisée en deux parties, la première consacrée aux déchets occasionnels,
la seconde au développement du compostage.
5
Partie 1
Les déchets occasionnels
7
8
1. État des lieux des déchets occasionnels
à Paris : une offre de collecte plurielle
Si ce tableau montre une part prépondérante des ordures ménagères et assimilées (79 %) corres-
pondant principalement au bac vert dans le poids total des déchets, la réalité du contenu de ce bac
vert met aussi en lumière le très fort potentiel de progression du recyclage : en 2013, le bac vert
était ainsi constitué pour moitié de matériaux recyclables (papier, carton, plastique, verre, métaux)
non triés, de 12,4 % de déchets alimentaires et 3,8 % de produits alimentaires non déballés.
9
La composition des bacs verts et jaunes en 2013
© DPE
En ce qui concerne le bac jaune, la qualité du tri après deux contrôles (contrôle visuel de l’éboueur
puis contrôle réalisé au centre de tri) atteint le score de 82,7 %.
Enfin, la composition des déchets occasionnels (« encombrants » et assimilés) montre une grande
part d’encombrants en mélange en raison de la collecte sur espace public après RDV qui ne permet
pas aux agents de la DPE d’assurer le tri des déchets récoltés sur voie publique.
La compilation des bacs verts, jaunes, blancs, et des « encombrants » (cf. tableau suivant) permet
d’obtenir une photographie de la production de déchets d’un parisien :
• Les bacs jaunes : Aujourd’hui, la marge d’évolution la plus importante sur la gestion des déchets
– hors réduction – réside en une meilleure orientation des flux vers le recyclage, en particulier
vis-à-vis des bacs multimatériaux ou bacs jaunes : ces bacs ne captent aujourd’hui que 18 % des
flux qui pourraient y être déposés en 2013 ; la composition des poubelles parisiennes montre
qu’ils pourraient absorber 32 % de nos déchets (contre 7 % en 2013), soit près de 280 000 t
supplémentaires qui seraient orientées vers le recyclage. Cette meilleure orientation des flux
détournerait 45 % des déchets des bacs verts lesquels passeraient de 803 Kt/an à 434 Kt/an.
• La valorisation des déchets putrescibles constitue une autre piste importante : représentant 13 %
des déchets des parisiens, ce flux pourrait être valorisé soit énergétiquement par méthanisation,
soit par compostage ; en complément d’un meilleur recyclage, le tonnage du bac vert diminuerait
alors de 65 %, passant de 803 Kt/an à 293 Kt/an.
• La collecte du verre, l’un des flux « historiques » pour le tri sélectif, est symptomatique de l’effort
pédagogique à faire : près de 40 ans après la mise en place des premières filières de tri dédiées,
près de 40 % du verre est toujours placé dans les bacs verts.
• Si le sujet des déchets occasionnels et du développement de leurs points de collecte peut paraître 1 – Une partie des déchets occasion-
nels (non mesurable) peut aussi se
d’importance secondaire au regard des tonnages observés en 2013 (8 %)1, ce sujet n’en est pas retrouver dans le bac vert : ils ne sont
moins important au moins pour deux raisons : donc pas comptabilisés dans les 87
405 t des collectes dédiées.
--Les 75 000 t récoltés en mélange sur la voie publique, soit 87 % des déchets occasionnels,
2 – Les déchets adressés en mélange
ne sont pas triés et sont adressés en mélange au SYCTOM2. Les agents de la DPE n’ont en au SYCTOM sont ensuite triés par le
SYCTOM dans ses centres de tri.
10
effet pas les moyens matériels et humains d’en assurer le tri. Le seul moyen d’augmenter
la part du tri est donc de faire progresser la part d’apport direct, par les producteurs, des
déchets en sites de collecte. À cette fin, les sites de collecte doivent être au plus près d’une
population faiblement motorisée ;
--L’apport d’un déchet occasionnel en CVAE constitue une opportunité pédagogique essen-
tielle pour sensibiliser davantage la population au recyclage et au réemploi. Développer
les sites de collecte équivaut d’une certaine manière à développer aussi ces indispensables
plateformes pédagogiques.
Les flux de déchets des parisiens, leur mode de collecte actuel et idéal (t/an)
(en optimisant tous les flux vers leurs débouchés préférentiels)
Bacs blancs
Bacs verts Bacs jaunes / colonnes à Encombrants Total % âge
verre
Déchets putrescibles 140 677 - - - 140 677 13%
Textiles sanitaires 59 533 - - - 59 533 5,3%
Fines (< 60 mm) 49 811 2 433 - - 52 244 4,7%
Composants imbriqués ou souillés - 235 - - 235 0,0%
Bois et autres combustibles 42 661 - - - 42 661 3,8%
Plastiques non recyclables 141 480 1 530 - - 143 010 13%
Ordures ménagères non définies - 7 847 - - 7 847 1%
TOTAL BAC VERT IDEAL 293 485 12 045 - - 305 530 27%
Plastiques recyclables - 3 531 3 531 0,3%
Papiers, journaux, magazines 155 138 37 037 - 470 192 645 17%
Cartons et papiers d’emballage 75 601 21 814 - 326 97 741 9%
Emballages alimentaires (type briques) 27 396 628 - - 28 024 2,5%
Métaux 36 234 1 099 - - 37 332 3,4%
TOTAL BAC JAUNE IDEAL 294 369 64 108 - 796 359 273 32%
Verre 42 661 1 530 66 889 - 111 080 10%
Vêtements et textiles usagés 19 362 - - - 19 362 1,7%
Encombrants en mélange - - - 76 055 76 055 6,8%
Bois « encombrants » - - - 3 940 3 940 0,4%
Métaux « encombrants » - - - 1 759 1 759 0,2%
Gravats et autres déchets incombustibles 9 641 - - 1 930 11 571 1,0%
Déchets spéciaux 3 214 - - - 3 214 0,3%
Déchets d’équipements électriques et - 785 - 644 1 429 0,1%
électroniques (D3E)
Déchets d’éléments d’ameublement (DEA) - - - 1 864 1 864 0,2%
Déchets dangereux - - - 211 211 0,0 %
TOTAL DECHETS OCCASIONNELS HORS 12 855 785 - 86 403 100 042 9%
BACS
Autres déchets (marchés, voies publiques, etc) - - - - 77 494 7%
803 409 78 468 66 889 87 199 1 113 459 100%
72% 7% 6% 8%
Source : estimation Apur d’après les données DPE 2013
Source : données DPE Source : estimation Apur d’après données DPE
11
1.3. La collecte des déchets occasionnels
© Apur
12
Les centres de valorisation et d’apport d’encombrants (cvae)
3 – L’étude des déchets occasionnels Les CVAE sont des infrastructures d’apport volontaire, clôturées et gardiennées qui permettent la
au sein de la Métropole a permis de
mettre en évidence l’importance de collecte de l’ensemble des déchets occasionnels notamment ceux dont les particuliers ne peuvent
la proximité dans la fréquentation des
CVAE. Ainsi, la desserte du territoire
se débarrasser en raison de leur volume, de leur quantité ou de leur nature (D3E, gravats, déchets
parisien a été estimée selon deux dangereux…). Ces déchets, déposés (et donc triés) dans des caissons, des caisses grillagées ou
modes de transport : la voiture et la
marche à pied sur une distance temps sur palettes, par matériau, sont ensuite envoyés dans les filières de valorisation adaptées pour le
d’environ 10 minutes, soit une distance
de 500 m pour le piéton (3 km/h) et à 2 recyclage. Les CVAE acceptent également les ordures ménagères recyclables (papier, emballages
500 m pour l’automobiliste (15 km/h). À
noter que ces aires de couverture sont
verre et hors verre). Les futurs points d’apports volontaires pour les déchets occasionnels pour-
basées sur des cheminements réels, ront également accueillir avantageusement des contenants de collecte pour ce type de déchets, et
qui prennent en compte la taille, la
morphologie des îlots, et les coupures contribuer ainsi à l’amélioration du tri et du recyclage des papiers et emballages.
urbaines. À partir de ces aires de des-
serte, les populations correspondantes
ont été estimées. Les CVAE d’aujourd’hui
La ville de Paris possède aujourd’hui 7 CVAE publics. Ils disposent d’un accès routier et sont acces-
sibles aux habitants de la commune de Paris et des communes riveraines autorisées ainsi qu’au
Desserte Service Technique de la Propreté de Paris qui achemine par substitution des habitants les objets
des CVAE parisiens
encombrants ramassés sur la voie publique suite à prise de rendez-vous par le public parisien par
CVAE existant téléphone auprès du 3975 ou par Internet sur le site Paris.fr.
CVAE en projet
Desserte piètonne à m Les CVAE parisiens existants et projetés et leur zone de desserte à 500 et 2 500 m
Desserte routière à m En 2013, ils ont enregistré 145 223 visites, dont 52,4 % de particuliers parisiens, et ont permis
Eco-point mobile de collecter 61 670 t de déchets. Les flux acceptés varient selon le CVAE en fonction de la place
Population Insee offerte pour y disposer les différents caissons correspondants. Les CVAE de la porte de la Chapelle,
et moins du quai d’Issy, et de la porte des Lilas acceptent l’ensemble des flux, à l’exception des déchets verts
de à qui ne sont pas acceptés dans les CVAE parisiens.
de à
de à
plus de
Source : Insee , BDTopo IGN
Desserte des C
Porte
de la CVAE exis
Chapelle
CVAE en p
Porte de Desserte p
PANTIN
Desserte r
Square
Jessaint
Eco-point
Lilas
Fabert
Ménilmontant
Quai
d'Issy
Poterne des
Peupliers 0 1
13
Déchets autorisés ● ou interdits ● dans les CVAE
Caissons
Centre Population
de valorisation Surface Capacité desservie
et d’apport (m2) de (à moins
7 (m3) 15 (m3) 20 (m3) 25 (m3) 30 (m3) Total stockage
d’encombrants de 2 500 m)
(m3)
Porte 3 084 3 1 1 4 5 14 306 327 764
de la Chapelle
Poterne 2 040 1 1 5 7 177 198 055
Quai d’Issy 1 276 2 1 4 2 9 194 313 603
Lilas 1 000 1 5 1 7 112 238 201
Fabert 944 1 1 2 4 72 269 805
Carnot 650 1 3 4 97 210 891
Jessaint 650 1 3 4 82 576 297
* Ancien site, ouverture du nouveau site : 15/10/2014
Il y a aussi des compacteurs sur certains CVAE : Chapelle un 20 m3 pour les OM ; Fabert deux 20 m3, un pour les papiers cartons et un pour les OM ;
Jessaint un 20 m3 pour les OM.
14
La desserte du territoire
En considérant les CVAE fixes, la population parisienne desservie à 2 500 m est de 1,6 million
d’habitants, soit 70 % de la population parisienne. Mais à 10 minutes à pied (500 m), ce ne sont
que 61 000 personnes (3 %) qui sont desservies. En intégrant, les trois nouveaux équipements
(Ménilmontant, Pantin et Montreuil), la part de population desservie à 2 500 m augmentera
de 139 000 habitants et représentera alors 77 % de l’ensemble de la population parisienne soit
1 723 000 personnes. En se plaçant au niveau des piétons, le taux de couverture à 500 m doublera
presque en passant de 61 000 à 112 000 habitants (6 %).
Il en ressort que l’est du territoire parisien est bien desservi mais qu’il existe un déficit à l’ouest et
sur la rive gauche. De plus, sur les 7 CVAE parisiens, 5 sont situés aux portes de Paris et sur les 3
CVAE en projet, deux autres seront également mis en place aux portes de Paris.
© Apur
© Apur
© Apur
© Apur
Déchets verts ●
* en gras : les déchets dangereux
15
Un espace propreté est un équipement de proximité avec un accès piéton uniquement. Il dispose
d’une capacité d’accueil de déchets plus restreinte qu’un CVAE : il n’a pas de caissons mais uni-
quement des bacs collecteurs et récupère moins de types de déchets différents.
Il en existe deux à Paris de 350 m2 de surface chacun. Ils reçoivent la visite de plusieurs centaines
de particuliers par semaine (400 pour l’espace propreté Vincent Auriol). Ne contenant pas de cais-
sons, ces installations n’entrent pas dans le cadre de la réglementation ICPE et aucune contrainte
d’insertion n’est identifiée.
© Apur
16
Les colonnes à verre
Colonnes à verre
Source : DPE
, km
Source : DPE
, km
17
Les commerces d’électroménager
Suite au dispositif de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) portant sur les Déchets d’Équi-
pements Électroniques et Électroménagers (D3E) instituées depuis le 1er mai 2013, l’ensemble
des producteurs (commerces spécialistes d’électroménager, de radios, TV, Hifi) sont des points
d’apports potentiels des D3E des parisiens. Ils permettent de délester les collectes municipales
d’une partie des D3E. Ce tonnage collecté dans les magasins parisiens n’est pas connu. Les éco-or-
ganismes peuvent aussi avoir recours à d’autres points d’apports :
• éco-systèmes et ecologic : commerces d’électro-ménager, collectes solidaires sur espace public,
et points relais…
• Corepile (piles) : magasins divers (supermarchés, etc),
• Recylum (tubes, néons) : magasins divers (supermarchés, etc).
En considérant les points de collecte municipaux, en 2013, ce sont près de 440 tonnes de D3E qui
ont été récoltés dans l’ensemble des CVAE parisiens, chiffre qui atteint 644 tonnes en intégrant
les terrains relais.
Les commerces
d'électroménager
Commerces
électroménager
source : BD-Com Apur
, km
Acteurs du réemploi, les recycleries, collectent des biens ou équipements encore en état de fonc-
tionnement mais dont les propriétaires souhaitent se séparer, soit par apport direct en leur struc-
ture, soit par collectes à domicile ou encore par collectes événementielles. Elles les remettent en
état pour les revendre d’occasion à des personnes ayant des revenus modestes, ou en récupèrent
les matériaux pour l’industrie du recyclage. En plus de leur mission de réemploi, elles font de la
sensibilisation et de l’information sur la réduction et la gestion des déchets pour les écoles et les
habitants du quartier. En réinsérant des personnes en difficulté sociale, en sensibilisant sur les
déchets, elles contribuent à créer du lien social dans leur quartier.
18
Sites d'apport volontaire Emmaüs
Coup de
La Réserve
des arts
Main
Ressourceries / recycleries
Interloque Emmaüs
Emmaüs
Population Insee Défi
et moins
de à Maison
du canal
de à
de à Maison
du canal
plus de
Emmaüs
Source : Insee , BDTopo IGN Interloque Alternatives La Toute
DPE Petite
La Petite
Emmaüs Rockette
Rockette
Alternatives Emmaüs Emmaüs
Coup de Emmaüs
Emmaüs main Alternatives
Alternatives Emmaüs Coup
Emmaüs de main
Alternatives
Emmaüs Emmaüs
Alternatives
Emmaüs
La Réserve
des arts
Rejoué
Ma ressourcerie Emmaüs
Liberté
Emmaüs
Liberté
, km
Une expérience originale de collecte : le recours aux relais logistiques « pick-up » par Emmaüs
Concernant la collecte, Emmaüs a expérimenté en février-mars 2015 une association avec l’un des réseaux existants de distribution de colis,
le réseau « pick-up ». Ce réseau repose sur un système spécifique d’apport des objets par leurs propriétaires dans les points « pick-up »,
hébergés dans des commerces. Là, les propriétaires placent ces objets dans des enveloppes spécifiques qui sont acheminées jusqu’au point
pick-up le plus proche de l’adresse du destinataire. Le destinataire vient alors lui-même y chercher l’objet. Dans le cas de l’expérimentation
d’Emmaüs, le recours à ce réseau multiplie les points possibles de collecte d’objet avec environ 70 implantations sur Paris intra-muros.
http://lanavette.pickup.fr/operation-emmaus-defi
Les relais
« Pick Up »
Relais « Pick Up »
, km
19
En conclusion de ce diagnostic, il ressort que :
• la sensibilisation et la pédagogie constituent un levier majeur de la politique « 3R » ;
• pour les déchets occasionnels, aujourd’hui, l’offre en sites d’apport est déficiente et ne couvre
qu’une partie du territoire parisien, condamnant les ménages non motorisés à recourir à la
collecte sur rendez-vous ;
• cette offre est par ailleurs peu lisible entre les divers acteurs du réemploi, les points de collecte
municipaux (les CVAE et les espaces propreté), ceux des éco-organismes, ou encore d’autres
réseaux de collecte comme ceux des conteneurs de vêtements.
Porte
de la
Chapelle
Sites d'appo
Square CVAE en p
Jessaint
Espace Pr
Eco Point
Commerce
Conteneur
Colonnes
Ressource
Fabert
Ménilmontant
Quai
d'Issy
Auriol
0 0,5
Poterne des
Peupliers
20
2. Propositions pour améliorer le réemploi,
le tri et la collecte des déchets occasionnels
© Apur
Du point de vue fonctionnel, les équipements doivent pouvoir permettre l’arrivée et surtout l’éva-
cuation des déchets. Un accès véhicule est obligatoire. Aujourd’hui, la dimension des véhicules
implique une hauteur libre de 5,40 m afin d’autoriser la manœuvre des camions récupérant les cais-
sons. De plus, les mouvements de caissons nécessitent de considérer un rayon de giration adapté.
La notice du CVAE de Ménilmontant mentionne un rayon de giration de 18 m au minimum,
ce que n’offrent pas la plupart des sites actuels. Cela implique donc de prévoir un espace où les
camions pourront manœuvrer.
Augmenter l’offre au plus près des usagers, au cœur de la ville implique de trouver des espaces, des
volumes adaptés dans un tissu urbain dense où les seules opportunités foncières sont principa-
lement le fait de recomposition de la ville sur elle-même à l’occasion de projets urbains et/ou de
restructuration de sites. Cela implique aussi le fait d’en soigner l’insertion urbaine en limitant et/
ou en adaptant les aspects négatifs (apparence, flux de trafic routier généré, gêne sonore, olfac-
tive, etc). Cette insertion urbaine doit être compatible avec d’autres fonctions urbaines comme la
continuité des cheminements sur l’espace public. Elle pourra enfin s’inscrire dans une program-
mation plurielle (avec de la logistique, de l’économie circulaire), en préfiguration de véritables
pôles de services urbains de proximité. Une évolution de systèmes de collecte pourrait également
être envisagée par une diminution de la contrainte liée aux camions. Au final, l’équipement devra
être intégré à la ville, à l’instar des deux exemples représentés ci-après : un « point vert » de Bar-
celone en contexte urbain dense et un CVAE de Santiago du Chili implanté dans un espace vert
de la capitale chilienne.
21
Le point vert de Barcelone aux abords de la Sagrada Familia (environ 200 m²)
© Apur
© Apur
22
Exemple d’insertion possible en cas de transformation du terrain-relais DPE Jemmapes en CVAE
Le site de Jemmapes est aujourd’hui un terrain-relais utilisé par les services de la DPE pour le stockage « tampon » des encombrants
recueillis lors des collectes. D’une superficie d’environ 1 100 m², ce site situé sur les berges du canal Saint-Martin pourrait être transformé en
CVAE ouvert au public. Les images ci-dessous illustrent une organisation possible du site avec 4 caissons. À noter que ce schéma n’intègre
pas de quai haut en raison de la contrainte d’accès des véhicules de la DPE aux ateliers du site.
Dans cet exemple, une forte présence du végétal, à travers la mise en place d’une clôture végétalisée, contribue à la bonne insertion de
cet équipement ainsi qu’à la végétalisation des berges du canal où la promenade piétonne est ainsi mise en valeur. Des panneaux solaires
pourraient être installés en surplomb de l’équipement.
23
2.1.2. Une typologie en 4 niveaux
Les CVAE sont des équipements à fortes contraintes d’implantation, du point de vue réglementaire,
fonctionnel, et esthétique. De leur côté, les espaces propretés ne permettent pas la collecte de
suffisamment de flux. Pour consolider le maillage et permettre de s’adapter aux contraintes d’op-
portunités foncières, des nouvelles catégories d’équipements pourraient être définies et déployées
à partir du CVAE « classique » tel qu’il existe aujourd’hui : le CVAE de proximité, l’espace propreté
de proximité, la déchèterie mobile. D’ailleurs, il s’agit d’une typologie qui existe déjà parmi les
équipements parisiens avec les petits CVAE, comme Jessaint ou Fabert, qui s’apparenteraient aux
CVAE de proximité ; avec les deux espaces propreté de Vincent Auriol et Pasteur, et l’éco-point
mobile des Batignolles.
Type 1 : accès véhicule, 7 à 8 caissons, quai de déchargement, volume de plus de 100 m3 (régle-
mentation ICPE)
Type 2 : accès véhicule, 3 à 4 caissons, quai de déchargement si possible, moins de 100 m3 de Les sites existants selon
volume (hors réglementation ICPE) la typologie proposée
Type 3 : accès piéton, bacs de plain-pied (hors réglementation ICPE) Typologie d'équipement
Type 4 : accès piéton, éco point mobile (hors réglementation ICPE). proposée
Type : CVAE classique
Type : CVAE de proximité
Type : Espace propreté
Type : Eco-point mobile
Jessaint
Lilas
Typologie d'équipement p
Ménilmontant
Fabert Type 1 : CVAE cl
Type 2 : CVAE d
Population INSEE
300 et moins
de 300 à 500
Pasteur
de 500 à 1000
Carnot de 1000 à 2000
plus de 2000
Quai
d'Issy
Vincent-Auriol
0 0,5 1
Poterne
24
Le niveau 1 : le CVAE « Classique »
• Les cibles
Le CVAE « classique » correspond aux équipements existants aujourd’hui à Paris. Il s’agit donc d’en
renforcer le maillage actuel. Cet équipement cible les particuliers majoritairement automobilistes
et peut servir également d’exutoire pour la collecte des objets encombrants en porte à porte par
les divisions territoriales de propreté. Il doit donc disposer d’un accès véhicule mais compte tenu
de l’utilisation de caissons, cela implique une hauteur libre d’au moins 5,40 m pour leurs soulève-
ments. Bien que des apports de piétons restent secondaires pour ce type d’équipement, un accès
piéton doit être aménagé afin de permettre un accès pour les résidents proches.
À noter que les déchets ménagers spéciaux doivent être entreposés dans des locaux spécifiques,
dédiés, abrités des intempéries avec réception par un personnel habilité. La présence de caisson
d’une part, et la typologie de déchets acceptés entraînant l’apport de déchets lourds et encombrants
d’autre part, engendrent le besoin de respecter l’aménagement de base du CVAE qui consiste en la
séparation des quais haut et bas, pour permettre l’accès aux caissons par le dessus et leur récupé-
ration par le quai bas. En effet, afin d’optimiser le remplissage des caissons, la dépose doit se faire
par le dessus et de manière latérale pour éviter ainsi la concentration de déchets à une extrémité.
• Les caractéristiques :
Qu’il soit à ciel ouvert ou en souterrain, il entrera dans le cadre de la réglementation ICPE avec
notamment plus de 100 m3 de capacité de stockage de déchets non dangereux mais également une
capacité de stockage de déchets dangereux comprise entre 1 et 7 tonnes. De ce fait, la présence de
tous locaux à usage d’habitation ou occupés par des tiers est proscrite au-dessus de lui. De plus,
du fait des opportunités foncières rares et des mesures d’éloignement en cas de CVAE ayant une
capacité de stockage de déchets non dangereux supérieur à 300 m3, nous limiterons la capacité
de stockage à 300 m3.
25
Un fonctionnement optimal de l’installation compatible avec une politique volontariste de gestion
durable des déchets nécessite de prévoir une déchetterie de 2 500 m² car outre l’emprise des différents
caissons, il est indispensable de prendre en compte également l’espace requis pour leurs manœuvres,
rayon de giration de 18 m au minimum. Cependant une rationalisation des accès et un dimensionne-
ment optimisé permettent d’envisager un équipement d’une surface d’environ 1 500 m² qui répond aux
objectifs. Il est à noter que le respect de cette surface de fonctionnement optimale n’est pas primordial
pour le fonctionnement d’un CVAE. En effet, actuellement sur les 7 CVAE parisiens, 5 ne disposent
pas d’une telle surface (1 275 m² à Issy ; 1 000 m² à Porte des Lilas ; 950 m² à Fabert ; et seulement
650 m² à Carnot et Jessaint). Ces sites restent pourtant fonctionnels. Pour améliorer la visibilité et
l’insertion urbaine de ces équipements, une programmation connexe de services urbains est à privi-
légier. S’inscrire dans une plateforme multiservices qui outre l’aspect de la mutualisation des locaux,
des mouvements de véhicules et des coûts, permettrait de confirmer dans le quotidien de ce nouveau
type d’équipement et d’améliorer l’identification par les habitants de ces lieux multifonctions. Les
services ainsi mutualisables pourraient concerner la logistique de proximité (relais-colis, bureaux de
Poste) et des recycleries (tout ou partie, avec en priorité un espace collecte/sensibilisation matérialisé
à minima par un « caisson réemploi »). Le CVAE « classique » est soumis à la réglementation ICPE
qui autorise l’implantation dans l’enceinte de l’installation, d’une zone de réemploi où les particu-
liers peuvent déposer leurs objets destinés au réemploi. Cette zone abritée et distincte ne doit pas
dépasser 10 % de la surface totale de l’installation.
© DPE
© Apur
© Apur
Cette organisation représente celle mise en place sur le CVAE de Quai d’Issy qui dispose d’une
surface de 1 275 m2. Bien que permettant une implantation de nombreux caissons, elle présente
quelques limites comme la non-séparation des flux routiers. De ce fait, le parcours d’un particu-
lier doit alors être réalisé en dehors des moments de récupération ou de pose des caissons par les
véhicules poids lourds. En effet, le chemin de sortie du CVAE des particuliers correspond à celui
utilisé par les véhicules municipaux pour la manœuvre des caissons. Cette manœuvre monopolise
la voie circulée et empêche ainsi la sortie des véhicules. Un autre manque pour les particuliers
est la fluidité routière sur la partie décharge des déchets. La marge de manœuvre entre la voie
circulée et la voie de dépôt étant faible et compte tenu aussi bien des gabarits des véhicules que
des capacités de conduite de chacun, cela peut limiter le dépôt à un particulier à la fois, voire
26
engendrer des problèmes de sécurité de personnes. De plus, l’accès piéton est inexistant dû à sa
localisation sur le territoire. Toutefois, malgré ces limites fonctionnelles dues à la configuration
du site, le CVAE Quai d’Issy reste le site le plus optimisé des CVAE parisien. En effet, d’après les
données d’exploitation de 2013 fournies par la Ville de Paris, le CVAE Quai d’Issy a le meilleur
ratio tonne collectée par mètre carré de surface (11,3 t/m2). Pour le reste des CVAE parisiens, la
moyenne est de 5 t/m2.
© DPE
© DPE
L’aménagement ci-dessus est celui prévu pour le prochain CVAE Ménilmontant qui aura une surface
de 1 386 m2. Bien que les particuliers et véhicules municipaux empruntent les mêmes entrées et
sorties, deux circuits ont été clairement identifiés, l’un pour la dépose et l’autre pour l’évacua-
tion des caissons. Ainsi une séparation des flux routiers est programmée permettant d’assurer
la fonctionnalité du CVAE. De plus, avec cette configuration, lors de la décharge de particuliers,
les véhicules entrants sont moins susceptibles d’être gênés comme cela pouvait être le cas sur la
disposition du CVAE Quai d’Issy. L’accès piéton est mis en valeur dans cette organisation car en le
dissociant de l’accès routier cela renforce la sécurité piétonne pouvant inciter les piétons à mieux
s’approprier l’équipement. La surface et la configuration de cet espace permettent ainsi la mise en
place de 7 caissons, de locaux DEEE et DDS ainsi que de nombreux bacs sans perturber la gestion
des flux ni la sécurité des personnes. (aucun caisson dédié au réemploi n’est en revanche prévu).
Le nouveau site du CVAE des Lilas assure une totale séparation des flux. Les piétons, les véhicules
particuliers et les véhicules municipaux disposent d’accès et sorties distincts assurant en outre la
sécurité des personnes. De plus, les véhicules poids lourds récupérant les caissons dans une zone
qui leur est réservée, leurs manœuvres et déplacements ne perturbent alors pas le cheminement
des particuliers. Concernant les particuliers, le peu d’emplacements réservés pour la décharge de
leurs déchets peut perturber leur fluidité routière et fonctionnelle, l’accès aux caissons pouvant
être empêché lors de la décharge de véhicules et ainsi gêner l’accès aux nouveaux entrants.
© DPE
27
Bien que présentant quelques limites, ces organisations permettent d’optimiser l’espace disponible et
ainsi assurer une fonctionnalité sur des sites de configurations différentes. Toutefois, elles présentent
toutes la même carence caractérisée par l’absence d’espace pour une recyclerie ou un caisson de réem-
ploi. Le développement de ce niveau d’équipement est une opportunité d’intégrer ces nouveaux espaces.
• Les cibles
Le CVAE de proximité correspond à notre deuxième catégorie d’équipement permettant le mail-
lage du territoire parisien. Si cette catégorie n’existe pas formellement aujourd’hui, les CVAE de
Jessaint, Carnot et éventuellement de Fabert qui disposent tous deux de capacités de stockage
inférieur à 100 m3 pourraient y prétendre. À l’instar des CVAE classiques, ce niveau d’équipement
cible les particuliers majoritairement automobilistes, sert d’exutoire pour la collecte des objets
encombrants en porte à porte par les divisions territoriales de propreté, et offre un accès piéton
sécurisé. Compte tenu de l’utilisation de caissons, une accessibilité routière avec une hauteur sous
toit d’au minimum 5,40 m pour leurs soulèvements est indispensable.
Capacité de Capacité de
Déchets Contenants stockage d'un Déchets Contenants stockage d'un
contenant (m3) contenant (m3)
Déchets d’équipement
électriques et
Verre Bac 2,2 ● électroniques ménagers Bac ●
(DEEE) ne contenant pas
de composant dangereux 0,75
DEEE contenant des
Cartons/Papier/Magazine Bac 0,75 ● composants dangereux Bac ●
(Fréon, PCB, Amiantes…)
Ordures ménagères Bac 0,75 ● Cartouches d’encres Bac 0,1 ●
Déchets ménagers Bac dans un local
Métaux Dans le caisson tout-venant ● spéciaux (peintures, 2 ●
spécifique
inflammables…)
Déchets d'Éléments Caisson 30 ● Lampes/Néons Bac 0,1 ●
d'Ameublement
Gravats Caisson 7 ● Piles/Batteries Bac 0,1 ●
Tout-venant Caisson 30 ● Huiles moteur ●
Textiles Conteneur 2 ● Radiographies Bac 0,1 ●
Pneu ● Déchets verts ●
* en gras : les déchets dangereux
Avec ces différents contenants, le CVAE de proximité permet la collecte d’un nombre de flux
important. Il est à préciser que la collecte des déchets ménagers spéciaux dépend de la surface
disponible car elle requiert un local spécifique. Au vu de l’utilisation de caissons, le fait de disposer
d’un quai haut et d’un quai bas est un atout. À défaut de quais de déchargement, d’autres systèmes
pourront être envisagés (recours à des caissons ouvrant sur le côté comme observé en Allemagne).
28
• Les caractéristiques
Du fait de sa capacité de stockage de déchets non dangereux (inférieure à 100 m3) mais également
de sa capacité de stockage de déchets dangereux (inférieure à 1 tonne), il ne rentrera pas dans le
cadre de la réglementation ICPE mais devra respecter les normes sanitaires d’un local à poubelles.
De ce fait, il « ne doit pas communiquer directement avec les locaux affectés à l’habitation, au tra-
vail, au remisage de bien des occupants, à la restauration ou à la vente de produits alimentaires » 4.
Pour le fonctionnement de l’installation, une superficie variant entre 600 et 1 000 (voir ci-dessus)
m2 est nécessaire. Sur les 7 CVAE parisiens, 3 rentrent dans cette catégorie de CVAE de proximité :
Carnot, Fabert et Jessaint. En effet, d’une surface inférieure à 1 000 m2, leur capacité de stockage
de déchet non dangereux est également inférieure ou très voisine à 100 m3. Malgré la surface, ces
CVAE étant fonctionnels, cela démontre le potentiel de ces équipements de proximité.
Enfin, dans la même idée que les CVAE classiques, l’idée serait de mutualiser les services en
intégrant un espace de service urbain (recyclerie, logistique de proximité) à ces équipements.
Cependant, le caisson d’apport de la recyclerie étant indépendant de l’installation, sa capacité de
stockage n’est pas comptabilisée dans celle du CVAE de proximité.
Tout-venant 30 m3 23 m
Déchets 6m
2m
13 m
d’Éléments 30 m3
d’Ameublement Zone réservée aux véhicules municipaux
Surface : Gravats 7m 3
644 m2 Espace
de Renault
Premium
Carton 6,75 m3 services
11m
300
Espace de services urbains
88 m² 4m
urbains :
88 m2 Textile 4m 3
16 m
28 m
Potentiel de
stockage : Verre 3m 3
Tout
95 m3 Gravats
Zone Venant DEA
décharge
Cheminement piéton
Local Déchets Textiles
Loge Local DEEE Papiers Verres
Dangereux
17 m²
Total 95 m3 gardien
9 m² 17 m² Cartons (4 m3)
Les capacités de stockage maximums de chaque type de déchets sont illustrées dans les parenthèses
Cet exemple de disposition est une organisation possible pour un CVAE de proximité disposant
d’accès sur deux rues. D’une surface de 644 m2, il offre une capacité de stockage de 95 m3. Il permet
la récupération de l’ensemble des flux identifiés pour un CVAE de proximité grâce notamment à la
mise en œuvre de deux locaux de stockage : un pour les DEEE et un autre pour les déchets dange-
reux. À noter que pour ces deux locaux, la capacité de stockage n’est pas déterminée en fonction
des capacités des contenants comme pour les autres flux de déchets mais est estimée en fonction
du volume de stockage possible restant.
Son ouverture sur deux rues, rend possible une totale séparation des flux : les véhicules municipaux
et les particuliers (piétons et automobiles) disposent de leurs propres cheminements. De plus,
elle permet une surface de manœuvre des camions poids lourds de 200 m2. À titre indicatif, le
véhicule Renault Premium 300, le plus gros camion poids lourd de la Section des Moyens Méca-
niques susceptible d’intervenir pour la récupération des caissons, est représenté sur la surface de
4 – Arrêté du 23 novembre 1979
portant règlement sanitaire du manœuvre. Ce type d’organisation peut éventuellement être inclus un quai légèrement surélevé,
département de Paris, article Annexe
ART. 77
en fonction des caractéristiques précises du site où il s’intégrera (en fonction du nivellement du
(http://www.legifrance.gouv. secteur et de la longueur de rampe disponible).
fr/affichTexteArticle.do ; jses-
sionid=AE1F033E952C1376B- Un espace de service urbain de 88 m (petite boutique de recyclerie, atelier de sensibilisation, espace
FAE6515CA753E75.
tpdjo13v_2?idArticle=LEGIAR- logistique de proximité) adossé au CVAE mais indépendant favorise son insertion urbaine avec
TI000006363962&cidTexte=LE- notamment la mise en valeur du linéaire de 25 m des limites entre les emprises de l’équipement
GITEXT000006070308&date-
Texte=20120223) et de la voie publique.
29
Cas 2 : ouverture sur une rue (30 m sur rue x 20 m de profondeur)
Tout-venant 30 m3 30 m
Déchets Loge
d’Éléments 30 m3 gardien 6m
d’Ameublement 9 m²
0.9 m
Surface : Gravats 7 m3
600 m2 Renault
Cheminement piéton
Premium
Espace de services Espace 300
Carton 7,5 m3
13 m
de services urbains
urbains : 79 m²
79 m2
Textile 4 m3
20m
Potentiel de
stockage :
97 m3 Verre 4,4 m3 23 m
Textiles
Surface manœuvre DEEE 9 m3
camion : (4,4 m3) (7 m3)
300 m2 Verre
(4,4 m3)
Verre
Danger 5 m3 Tout
Local Déchets Local DEEE Zone Venant Zone DEA
Dangereux Papiers 22 m² Gravats
décharge décharge
20 m² Cartons
(9 m3)
(5 m3) (7,5 m3) (7 m3) (30 m3) (30 m3)
Total 97 m3
Les capacités de stockage maximums de chaque type de déchets sont illustrées dans les parenthèses
Cet exemple représente une organisation possible d’un CVAE de proximité de surface minimale dispo-
sant d’un accès sur une seule rue, l’accès s’effectuant sur la rue disposant du plus grand linéaire. D’une
surface de 600 m2, 97 m3 de déchets peuvent y être potentiellement stockés. Comme sur l’organisa-
tion précédente, l’ensemble des flux identifiés pour un CVAE de proximité sont récupérés dans leurs
contenants associés. De même, des locaux de stockage pour les déchets dangereux et pour les DEEE
dont les dimensions sont proches de ceux prévus pour le CVAE de Ménilmontant peuvent être mis en
place. À l’instar de l’organisation précédente, la capacité de stockage associée est également indiquée à
titre indicatif car déterminée en fonction du volume de stockage possible restant. Avec son ouverture
sur une rue unique, cela empêche une séparation des flux : les véhicules municipaux et les véhicules
des particuliers partagent le même espace. Cela implique un aménagement horaire des ouvertures
aux publics pour permettre la récupération des 3 caissons des véhicules poids lourds. L’accès sur la
rue disposant du plus grand linéaire offre une surface de manœuvre des camions municipaux de
300 m2. Un cheminement piéton sécurisé rend accessible les différents contenants de déchets. Avec
cette emprise minimale de 600 m2, il est possible d’y associer un espace de service urbain de 79 m2
(petite boutique de recyclerie, atelier de sensibilisation, espace logistique de proximité) adossé au
CVAE avec une vitrine sur voie publique de 18,5 m qui intègre l’équipement dans la ville.
Cas 3 : ouverture sur une rue avec longueur minimum (20 m sur rue x 30 m de profondeur)
20 m
Tout-venant 30 m3
Loge
gardien
Déchets 9 m²
6m
d’Éléments 30 m3 0,9 m
d’Ameublement
Espace
de services urbains
Gravats 7 m3 103 m²
Surface :
Cheminement piéton
600 m2
13,5m
Espace de services Carton 7,5 m3
urbains :
103 m2
19 m
Textile 4 m3
Potentiel de
30 m
(9 m3)
Textiles (4 m3)
Danger 4,5 m3
Tout
Zone Venant Zone DEA
Papiers Gravats décharge décharge
Verre
Cartons
Total 95 m3 (3 m3) (7,5 m3) (7 m3) (30 m3) (30 m3)
Les capacités de stockage maximums de chaque type de déchets sont illustrées dans les parenthèses
30
Cet exemple représente une organisation possible d’un CVAE de proximité de surface minimale
disposant d’un accès sur une seule rue, cependant l’accès s’effectuant cette fois sur la rue disposant
du plus petit linéaire.
D’une surface de 600 m2 également, avec un stockage possible de 95,5 m3 de déchets, l’ensemble
des flux identifiés pour un CVAE de proximité peuvent y être proposés. Les surfaces et capacité de
stockage des locaux sont identiques à l’organisation précédente.
Les mêmes contraintes de séparation de flux sont observées sur cette emprise ouverte sur une
rue unique car les automobilistes particuliers et les véhicules poids lourds partagent le même
espace. Avec l’accès sur la rue disposant du plus petit linéaire, la surface de manœuvre des camions
municipaux de 255 m2 est moins importante. Un cheminement piéton sécurisé rend également
accessible les différents contenants de déchets.
Avec cette emprise minimale de 600 m2, il est possible d’y associer un espace de service urbain
de 103 m2 (boutique de recyclerie, espace logistique de proximité) adossé au CVAE. Cet espace
de services urbains dispose d’un linéaire de limite de voie publique conséquent (26 m) pouvant
faciliter l’insertion urbaine de l’équipement.
• Les cibles :
L’espace propreté de proximité existe déjà à Paris avec les sites de Vincent Auriol et de Pasteur. Il
correspond à la troisième catégorie d’équipement permettant le maillage du territoire parisien.
Aucun caisson n’est utilisé, ce qui permet de s’affranchir de la contrainte de hauteur libre. Le public
ciblé est le piéton. Un accès piéton est donc aménagé pour cet équipement.
Capacité de Capacité de
Déchets Contenants stockage d'un Déchets Contenants stockage d'un
contenant (m3) contenant (m3)
Petits Déchets
d’équipement électriques
et électroniques ménagers Caissette et
Verre (V) Bac 0,75 (ou 0,34) ● ●
ne contenant pas de palette
composant dangereux
(D3E) 0,75 (ou 0,34)
Petits DEEE contenant
Cartons/Papier/Magazine des composants Caissette et
Bac 0,75 (ou 0,34) ● ●
(CPM) dangereux (Fréon, PCB, palette
Amiantes....) (D3E)
Tout venant incinérable Bac 0,75 (ou 0,34) ● Cartouches d’encres (DD) Bac 0,2 ●
(TV)
Déchets ménagers
Métaux ● spéciaux (peintures, Bac 1 ●
inflammables…) (DD)
Déchets d'Éléments
● Lampes/Néons (DD) Bac 0,2 ●
d'Ameublement
Gravats ● Piles/Batteries (DD) Bac 0,2 ●
Textiles (T) Conteneur/Bac 2 / 0,75 (ou 0,34) ● Huiles moteur ●
Pneus ● Radiographies (DD) Bac 0,2 ●
Déchets verts ●
* en gras : les déchets dangereux
31
• Les caractéristiques :
Comme pour le CVAE de proximité, du fait de sa faible capacité de stockage de déchets, il ne
rentre pas dans le cadre de la réglementation ICPE mais doit respecter les normes sanitaires d’un
local à poubelles.
Pour son fonctionnement, n’étant pas soumis aux contraintes fonctionnelles du caisson, sa superfi-
cie peut varier entre 40 et 250 m2 et sa hauteur sous plafond minimale de 5,40 m n’est pas requise.
17,5 m
Loge gardien
1,5 m
15,5 m²
TV TV TV V V CPM
1,6 m
Entrée et sortie
1,8 m
DD
Entrée réservée particuliers
aux agents Panneau de sensibilisation
DD
10 m
municipaux
Espace de
1,8 m
DD services
urbains
D3E D3E CPM CPM CPM T T
14 m²
1,5 m
Cette organisation est un exemple possible pour la mise en place d’un espace propreté de proximité
de 150 m2, soit, à titre de comparaison, une surface légèrement inférieure à celle du café Monde
et médias de la place de la République (169 m²). Il permet la récupération des flux identifiés
précédemment et offre une capacité de stockage totale de 14,5 m3.
Avec deux entrées distinctes, ce modèle permet une séparation entre le cheminement des particuliers
et la manipulation des bacs par les agents municipaux. La collecte des flux est organisée au niveau
de l’entrée réservée aux agents municipaux par des bennes ou véhicules de taille inférieure. Le che-
minement piéton permet le passage devant un espace de services urbains de 14 m2. Cet espace peut
être envisagé sous plusieurs formes : zone logistique de proximité pour retirer un colis, zone de dépôt
d’objets de réemploi à destination d’une recyclerie ou des particuliers venant déposer leurs objets,
station d’entretien des vélos… Il peut également être voué à d’autres usages : point-presse, café, etc.
Les exemples qui suivent montrent d’autres combinaisons possibles d’aménagement de 100 à 50 m².
15 m
Loge gardien
TV TV TV V V CPM 6,5 m²
Entrée réservée DD
Entrée et sortie
6,6 m
1,6 m
aux agents
municipaux DD particuliers
Espace de
D3E D3E CPM CPM CPM T services
urbains
6 m²
32
Cas 3 : 100 m² sans dissociation des flux visiteurs-agents, 15 m3 de stockage
15 m
6,6 m
1,6 m
/Sortie
DD
T
DD
Espace de services
D3E D3E CPM CPM CPM CPM urbains 8,5 m²
DD TV TV TV V V Loge gardien
DD T
7 m²
DD T
5,3 m
DD
3,5 m
Entrée
1,6 m
D3E /Sortie
D3E
Espace de services
D3E CPMCPMCPMCPM urbains 6 m²
9,3 m
© Apur
33
Exemple d’insertion possible en cas de transformation du CVAE Jessaint en Espace propreté de proximité
Aujourd’hui, le CVAE Jessaint est situé sous le viaduc du métro de la ligne 2. Dans le cadre de la mise en valeur des espaces publics et de
l’amélioration de la continuité piétonne sous ce viaduc, différentes pistes sont étudiées quant au devenir du CVAE : maintien en l’état,
reconfiguration, déménagement. Les images ci-dessous illustrent l’une de ces pistes avec la transformation du CVAE en un espace propreté
de 45 m², la fonction CVAE étant quant à elle alors délocalisée sur le site du TER Jemmapes et/ou sur d’autres sites existants ou futurs.
Dans ce scénario, la mise en place de l’espace propreté joue un rôle d’animation dans cet espace sous le viaduc. Son dimensionnement
permet d’assurer une bonne cohabitation avec les piétons.
34
Le niveau 4 : les déchèteries mobiles
Ce système a d’abord été expérimenté en 2014-15 à Paris sur un site des Batignolles (XVIIe). Depuis
le 1er juillet 2015, dans le cadre des projets du premier budget participatif, le nombre d’éco-points
mobiles a été largement augmenté à Paris avec la mise en place de 4 remorques permettant d’assurer
80 collectes par mois, sur une quarantaine de sites parisiens au total.
• Les cibles :
La dernière catégorie d’équipement permettant de finaliser le maillage du territoire parisien
correspond à la déchèterie mobile. En effet, cette solution ne nécessite pas de disposer d’un
foncier pour la mise en place d’installation fixe, ce qui ouvre de nouvelles possibilités. Sur le
modèle de l’Éco-Point Mobile mis en place par la DPE ou des déchèteries mobiles du SYELOM,
il s’agit de permettre la présence sur un site durant une demi-journée, voire une journée, selon
une fréquence à déterminer d’un équipement aménagé pour la collecte de petits déchets, et de
permettre aussi par ce biais un relais d’information sur la prévention et le tri afin de renvoyer vers
les autres équipements de collecte en cas de besoin. À titre d’illustration, la fréquence des points
mobiles de Barcelone est au minimum hebdomadaire. Celle de l’éco-point mobile des Batignolles
est bimensuelle. Les cibles, compte tenu de la surface disponible et des volumes de récupération
associés, sont uniquement les piétons. Aucun caisson ne sera utilisé.
En fonction du type, les flux de déchets acceptés peuvent varier (en bleu sont indiqués les flux
uniquement acceptés par le camion mobile, en violet ceux qui sont uniquement acceptés par
les dispositifs de collecte temporaire sur l’espace public et en vert les flux acceptés sur les deux
types de déchèteries mobiles). Ainsi, en fonction de la surface disponible pour l’implantation de
l’équipement, nous pouvons envisager une combinaison des deux équipements permettant la
récupération d’un plus grand nombre de flux.
35
L’éco-point mobile parisien lors de sa présentation place d’Italie
© Apur
© Apur
Pour les camions mobiles sur l’espace public, l’emprise au sol nécessaire est d’environ 40 à 50 m
(28 m² pour la seule remorque). Une allée centrale permet au particulier de traverser le camion
et de décharger ses déchets dans les espaces dédiés.
© Apur
Les dispositifs de collecte temporaire sur l’espace public nécessitent peu d’emprise en sol pouvant
ainsi s’implanter dans des parkings ou sur des marchés notamment, mais aussi sur des voies
publiques qui, le temps de l’installation, pourront éventuellement être neutralisées à la circulation.
La superficie nécessaire est d’environ 100 m2. Ils suivent le modèle des déchèteries mobiles SITA
mise en place pour le SYELOM où les zones de tri sont délimitées au sol à l’aide de bâches et de
barrières. Le système est complété par des bigs-bags d’1 m3 pour la collecte de gravats, des caisses
grillagées DEEE pour la collecte des écrans. Pour évacuer les déchets, ils sont chargés manuelle-
ment dans des camions sauf pour les caisses grillagées et les big-bags (chargés respectivement par
des transpalettes et par un camion grappin). Le dispositif mis en place sur le territoire du Syelom
mobilise deux agents par événement. En cas d’affluence importante et de remplissage précoce
des espaces de stockage, l’un des agents est habilité à effectuer une rotation avec le camion vers
la déchèterie. Il s’agit donc d’un système souple capable de s’adapter à des pics de fréquentation.
36
La déchèterie mobile du SYELOM à Bagneux : la zone de collecte des encombrants est bien délimitée / mise en place d’un
Big-Bag pour collecter les gravats
© Apur
© Apur
2.1.3. Densifier le maillage du territoire de points d’apport
37
, km
programme global de logements et d’équipements publics intégrant un commerce, un gymnase Marchés de + de stands
et deux terrains d’éducation physique (TEP). En profitant d’une topographie favorable, le CVAE Population Insee
vient s’implanter en fond de parcelle sous un TEP en plein air, une combinaison compatible avec et moins
la réglementation ICPE. de à
Cette liste compte près de 90 sites répartis surtout sur les arrondissements périphériques. Une de à
première analyse en a été faite par la DJS quant à la possibilité d’implanter un « CVAE » tel qu’ils de à
existent aujourd’hui. Cette liste a été à nouveau analysée au prisme des autres types d’équipements plus de
proposés, le CVAE de proximité, et l’espace propreté de proximité. Source : Insee , BDTopo IGN
38
• Les sites identifiés par le PLU
Le PLU identifie certaines parcelles comme pouvant accueillir des équipements liés à la collecte
de déchets. Celles pour lesquelles les projets n’ont pas été réalisés ont été aussi prises en compte
dans l’analyse.
• L’espace public
Enfin, à l’instar des exemples barcelonais, et pour les espaces propreté de proximité, l’espace public
constitue l’offre la plus proche des citadins, la plus visible également. Les grands projets identifiés
de refonte de l’espace public des places de la Nation, de la Bastille, ou encore Denfert-Rochereau
peuvent offrir des opportunités pour aménager des points de proximité sur le modèle du kiosque.
Les dessous du métro aérien (lignes 2 et surtout 6) peuvent offrir également des possibilités, tout
comme les espaces de voirie surdimensionnés (Port-Royal, place du Général Catrou…).
39
--La capacité du site à évoluer vers l’intégration d’un équipement d’un des trois niveaux
intègre différentes variables au cas par cas et en fonction du niveau d’équipement visé :
-- Pour marquer une évolutivité vers un équipement de niveau 1, le site, en l’état, ou
au travers d’un projet connu ou non, doit offrir la possibilité d’être compatible avec
la réglementation ICPE (pas de volumes clos au-dessus d’un CVAE) pour une surface
correspondante (plus de 1 200 m²) ; il doit aussi autoriser une hauteur libre de 5,40 m
pour la manœuvre des camions. Un réaménagement important récent est disqualifiant.
--Pour marquer une évolutivité vers un équipement de niveau 2, le site, en l’état, ou au
travers d’un projet connu ou non, doit pouvoir offrir une superficie dédiée d’au moins
500 m², avec une partie disposant d’une hauteur libre de 5,40 m pour la manœuvre des
camions. Un réaménagement important récent est disqualifiant.
--Pour marquer une évolutivité vers un équipement de niveau 3, le site, en l’état, ou au
travers d’un projet connu ou non, doit pouvoiroffrir une superficie dédiée d’au moins 40 m²,
facilement accessible depuis l’espace public pour les piétons. Il peut bien entendu être
adossé à un programme de nature différente. Un réaménagement important récent n’est
pas forcément disqualifiant.
Pour qu’un site soit éligible à la première catégorie (CVAE classique), il doit donc avoir une super-
ficie supérieure à 1 000 m², une bonne accessibilité routière, et une évolutivité favorable. Pour le
second niveau (CVAE de proximité), il doit avoir une superficie supérieure à 500 m², une bonne
accessibilité routière, et une évolutivité correspondante favorable. Pour le troisième niveau, le site
doit offrir plus de 40 m², une bonne accessibilité, piétonne cette fois, et une évolutivité favorable
vers ce même niveau. L’application de ces critères sur les sites permet donc d’identifier le type
d’équipement que chaque site pourrait accueillir.
40
Propositions
• Résultats de l’analyse de sites et d’affectation des niveaux d’équipements
Les résultats de l’analyse multicritères mettent en avant les propositions suivantes :
Famille
CVAE existants/en projet
Espaces propreté existants
Décheterie mobile existante
Appel à idées
Espaces/volumes « libres »
Espaces publics
Gares
La Poste
Projets urbains
Restructuration de sites
Sites PLU
Sites DJS
Terrains-relais DPE
Espaces portuaires
Marchés de + de stands
Population Insee
et moins
de à
de à
de à
plus de
Source : Insee , BDTopo IGN
, km
41
• Résultats de la hiérarchisation des propositions
, km
Un approfondissement de ces propositions devra ensuite être étudié à travers la réalisation d’une
esquisse détaillée de faisabilité technique de l’implantation de l’équipement et tenant compte des
informations de projet connu à ce jour pour la parcelle concernée.
, km
42
Les sites proposés
pour une implantation
TER
Fanny Triangle
Eole
de collecte
lot N2 Ordener Roses/Chapelle
Batignolles La Poste 18
Pitet – Porte de
Curnonsky P.T.T. : Pantin
Reims - Bureau de Ourcq –
Équipements proposés Pitet
P.T.T. : Bureau
Montmartre Jaurès
Rue de
Central du Xxeme
Horizon possible Hotel des
la mare
Arrondissement
Marey-Penaud
Postes du
Horizon post- Louvre
Pyrénées
T.E.P.
Ménilmontant renouvier
rue St Davout
Population Insee TER
Martin
Boulogne
et moins Place T.E.P. T.E.P.
Philippe-Auguste
Porte de
de la Thiere Montreuil
Buzenval
de à port de
Javel
Bastille
Point Port
Alleray
du jour d'Issy/Victor TEP
Source : Insee , BDTopo IGN Viaduc
T.E.P.
Paul
Jenner Terrasses
Place T.E.P. des Volume
Vaugirard Barruel de Bercy
Denfert-Rochereau Cordelieres futur Port de
P.T.T. : Bureau Chevaleret Tolbiac
TEP Central du XIVeme Italie
Edison Port de Paris Rive
Périchaux Arrondissement
P.T.T. : La Poste Bercy gauche,
T.E.P. de : Paris T.E.P. lot M5A2
Bureau Rue Watt Gare
la Rue du Italie Tolbiac
Bachelard Masséna
Docteur Laurent
, km
Population couverte
Moins de hab
Plus de hab
, km
43
• Des déchèteries mobiles pour compléter le maillage
Les déchèteries mobiles permettront de pallier les trous de desserte qui persistent, et de renforcer
la couverture de territoires déjà desservis. De manière à rendre le dispositif le plus lisible possible,
il est proposé d’adosser ces dispositifs mobiles à un élément marqueur de l’occupation provisoire
de l’espace public : les marchés alimentaires. Compte tenu du nombre important de marchés
qui peuvent se dérouler en simultané à Paris (plus de 40 en fin de semaine), il est proposé de se
concentrer dans un premier temps à la fois sur les marchés les plus importants (nous fixons un
seuil minimal à 30 exposants), et/ou à ceux qui se situent loin de toute autre proposition : ce sont
ainsi 33 marchés qui pourraient accueillir des déchèteries mobiles.
, km
44
Les marchés parisiens Les marchés parisiens
Définition et caractéristiques
La ressourcerie / recyclerie est une structure qui gère, sur un territoire donné, un centre de récu-
pération, de valorisation, de revente et d’éducation à l’environnement. Elle récupère des objets
pour leur donner une nouvelle vie après une remise en état et une revente à moindre coût. Cet
équipement est destiné uniquement aux particuliers.
45
© Interloque, httpwww.interloque.com – Thibaut Brosson
© Apur
Atelier de valorisation – La Petite Rockette
© Interloque, httpwww.interloque.com – Thibaut Brosson
Pour un fonctionnement optimal, une recyclerie doit pouvoir accueillir l’ensemble des 4 fonctions
sur site. D’après le réseau francilien de réemploi 5, cette recyclerie idéale peut être envisagée sur
une surface de 700 m2 à adapter au nombre de personnes desservies 6. Toutefois, ces fonctions
peuvent être séparées, les fonctions de valorisation pouvant être implantées sur un site moins
exposé, moins recherché. On peut aussi imaginer une mutualisation entre différentes structures
de cet espace de valorisation. En revanche, les autres fonctions ont besoin de plus de visibilité, qu’il
s’agisse du lieu d’apport des objets, de l’espace pédagogique mais surtout de l’espace de vente dont
la bonne implantation est essentielle à la viabilité économique de la structure. Son implantation
répondra aux mêmes contraintes que celles des commerces courants (importance du flux, bassin
environnant de clientèle cible importante, etc). Ayant en premier lieu l’ambition de rendre un
service aux habitants du quartier, les surfaces de la recyclerie seront fonction du tonnage estimé,
correspondant à la population du quartier desservie. Enfin, certaines structures se spécialisant
sur certains types d’objets, les besoins en superficie peuvent être différents.
De ce fait, déployer à Paris un ensemble de structures de 200 à 400 m2 de surface sur un arron-
dissement peut constituer une piste de développement pour le territoire parisien. Un tel modèle
impliquerait par contre d’avoir plus d’une recyclerie par arrondissement pour couvrir correctement
la population. Une surface de 200 m2 pourrait couvrir un bassin d’environ 30 000 habitants. De ce
fait, il serait possible de mailler Paris avec des recycleries de taille plus petite (200 à 400 m²) avec
parfois des services spécialisés. Le maillage pourrait ainsi s’organiser sur la base d’un équipement
pour 30 000 habitants.
5 – Réseau Francilien du Réemploi,
Note de travail, Implantation modu-
laire d’une recyclerie – idéal type.
46
Localisation des équipements actuels et identification des zones de carence
Vente
Vente et collecte Maison
du canal
Conteneurs textile Ding
Cetera Fring
Relais « Pick Up » Maison
du canal
Desserte réelle à m
Emmaüs
Interloque Alternatives
Emmaüs La Petite
Population Insee Emmaüs La Toute Rockette
Alternatives Petite Emmaüs Emmaüs
et moins Rockette Coup de Emmaüs
Emmaüs main Alternatives
Alternatives
de à Emmaüs
Emmaüs Coup
de main
Alternatives
de à
Emmaüs Emmaüs
de à Emmaüs
Alternatives
plus de
Source : Insee , BDTopo IGN Rejoué
Ding
Fring
La Réserve
des arts
Rejoué
Ma ressourcerie Emmaüs
Liberté
Emmaüs
Liberté
, km
Propositions
Adosser des ressourceries aux CVAE (N1 et N2)
Ressourceries Emmaüs
Coup de
La Réserve
des arts
et Recycleries Main
Sites potentiels
Interloque
(sites de types et proposés) Interloque Emmaüs
Emmaüs
Défi
Emmaüs
Défi
Ressourceries / recycleries
Desserte réelle à m Maison
du canal
Conteneurs de textile
Ding
Relais « Pick Up » Cetera Fring
Maison
du canal
Emmaüs
Types et proposés Interloque Alternatives
Emmaüs
Liberté
, km
47
La méthode retenue pour identifier les sites potentiels pour l’accueil d’une décheterie repose sur
les points suivants :
--Intégration au CVAE existant de points d’apports et d’information ;
--Programmation de recyclerie/ressourcerie (complète ou partielle) aux côtés des futurs
CVAE de niveau 1 et 2 ;
--Recherche d’espaces vacants comme les surfaces commerciales vacantes des bailleurs pari-
siens pour l’installation de tout ou partie du programme des ressourceries/recycleries en fonc-
tion, et en distinguant si nécessaire les surfaces de vente et surfaces de stockage/réparation.
La première proposition pour aider à la mise en place de plus de recycleries sur le territoire parisien
constituera à prévoir suffisamment en amont et pour tout nouveau projet de CVAE de niveaux 1 et
2 (CVAE classiques et de proximité) l’implantation concomitante d’un programme de recyclerie.
Les emplacements ainsi proposés et lorsqu’ils sont situés à proximité d’une recyclerie existante
pourront offrir de nouveaux locaux plus adaptés à la recyclerie voisine. Dans le cas où la recyclerie
ne souhaite pas se rapprocher du point de collecte, les surfaces réservées pourraient être alors
affectées soit à des recycleries spécialisées dans certains types de flux soit à d’autres programmes.
L’étude doit être approfondie pour prendre en compte les disponibilités foncières en fonction des
différentes missions de la recyclerie : l’emplacement de la vente et de la collecte du don ne nécessite
pas les mêmes besoins que celui du stockage et de la réparation.
Recycleries
et Ressourceries
Exploration des locaux
commerciaux vacants
Locaux vacants en
et leur positionnement
En angle de rue
Sur cour intérieure
Sur rue
, km
En ciblant uniquement les locaux propriétés de la Ville ou des principaux bailleurs parisiens, ce sont
ainsi 595 locaux qui sont pointés comme vacants. Parmi ceux-ci, 297 étaient déjà vacants lors de la
précédente enquête réalisée en 2011. Cette indication peut traduire un déficit d’attractivité com-
merciale pour ces emplacements, élément qui pourrait être propice à l’implantation des fonctions
de réparation et collecte (module d’environ 500 m² selon le scénario de segmentation du REFER).
48
Recycleries
et Ressourceries
Exploration des locaux
commerciaux vacants
Les locaux propriétés
de la Ville et des bailleurs sociaux
Locaux vacants en
par type de propriétaire
et par taille
² ²
m m² m
e
d e
ins - lus d
mo p
Ville de Paris
Paris Habitat
RIVP
SIEMP
IF
Elogie
Autres
Un cerclé noir indique que le local était
vacant lors des précédentes enquêtes
en et .
Ressourceries
et Recycleries
Sites potentiels :
• types et proposés
• locaux commerciaux vacants
de la Ville et des bailleurs
Ressourceries / recycleries
Desserte réelle à m
Conteneurs textile
Relais « Pick Up »
Locaux vacants
Locaux vacants
(Ville et bailleurs sociaux)
Types et proposés
Type : CVAE classique
Type : CVAE de proximité
, km
49
2.3. Le cas particulier des grands ensembles immobiliers
La question des grands ensembles est un sujet spécifique quant à la collecte des déchets occasion-
nels, les services de la DPE n’étant pas habilités à en assurer la collecte intérieure. Or, la taille parfois
importante des parcelles peut compliquer la vie des habitants lorsqu’ils souhaitent se délester de
déchets occasionnels avec à la clé, soit une collecte spécifique à organiser par le propriétaire et/
ou gestionnaire des lieux dans l’enceinte concernée, soit le constat de dépôts souvent sauvages
sur l’espace public aux abords du site, comme c’était le cas autour de la résidence Chaufournier
dans le 19e arrondissement.
Éléments de cadrage
Il y a deux entrées pour désigner les grands ensembles : le nombre de logements et la superficie
de la parcelle, variables plus ou moins corrélées. Partant du principe que ce sujet a surtout trait
à la distance à parcourir pour accéder à l’espace public, il a été décidé de retenir une approche
prônant la superficie.
Les parcelles abritant plus de 200 logements (seuil retenu afin d’éviter le cas des logements de fonction
sur une parcelle abritant un équipement) sur une superficie de plus d’un ha ont ainsi été identifiées.
Logements sociaux
de à logements
de à logements
plus de logements
Logements privés
de à logements
de à logements
plus de logements
Équipements
de collecte proposés
Source : Insee , BDTopo IGN
BD-Com
, km
50
pour les services de la Ville, ainsi qu’une baisse des charges des résidents liée à l’économie réalisée
en supprimant la collecte des encombrants sur les espaces intérieurs par une société privée. La mise
en place d’une telle initiative présente donc des avantages pour toutes les parties concernées même
si les riverains déposent parfois des sacs d’ordures dans cet espace et que le gardien doit quelquefois
lui-même apporter les encombrants dans la zone de stockage.
L’espace dédié aux encombrants dans la résidence Chaufournier (19e) est en limite de parcelle
© Apur
© Apur
L’autre exemple initié sur l’ensemble immobilier des Périchaux (15e arrondissement) également
géré par Paris Habitat a connu à ce jour une issue moins favorable. Dans ce cas-là, de premiers
contacts avaient été initiés en mai 2012 à l’initiative d’un représentant du conseil de quartier
local et en accord avec la mairie d’arrondissement. Cinq « points de présentation » avaient été
identifiés conjointement par la division territoriale du 15e et un représentant de Paris Habitat.
Le parcours de collecte des services de la DPE dans l’enceinte de la résidence avait été identifié.
Quelques arbitrages devaient ensuite être faits par Paris Habitat pour entériner ces emplacements
(neutralisation d’un emplacement de stationnement, dépassement sur l’emprise de voirie) et
quelques aménagements légers (repérage par un marquage au sol et une signalétique verticale).
Cette expérimentation n’a toutefois pas eu lieu dans ce cas.
Proposition d’insertion possible d’un point de dépôt en limite d’espace public sur un ensemble immobilier
51
En définitive, ces deux exemples démontrent le rôle des facteurs technico-juridiques mais aussi l’im-
portance du facteur humain dans la réussite de la mise en œuvre d’un tel dispositif. Ils démontrent
aussi la diversité des cas de figure et de solutions possibles : accès possibles ou non des véhicules
de la ville aux espaces privés, sous quelles conditions d’assurance, matérialisation et délimitation
de l’espace identifié, avec quel niveau d’ambition pour son insertion, etc.
Par conséquent, il est proposé d’étudier pour les grands ensembles identifiés (plus de 200 logements
et plus d’1 ha d’emprise) des solutions qui pourraient s’inspirer de l’exemple de Chaufournier en
fonction de chaque situation.
, km
52
Partie 2
Le compostage
des déchets organiques
53
54
1. État des lieux
1.1. Définition du compost
Le compost, amendement composé d’organismes vivants et de minéraux, est le fruit du recyclage
de matières organiques comme les déchets putrescibles (épluchures, coquilles d’œuf, marc de
café…) et les déchets verts de jardin (tonte, branchage…). En plus d’apporter tous les éléments
nutritifs nécessaires au développement des plantes, il agit directement sur la qualité du sol en
améliorant la structure (stabilité, porosité, capacité de rétention d’eau, etc.) et l’activité biolo-
gique, en favorisant le développement des micro-organismes, en limitant le développement des
organismes pathogènes, et en améliorant le développement racinaire des plantes. En 2013, ces
déchets organiques représentent 13 % des déchets parisiens 7, soit 143 925 t.
1.2. Le composteur
Il existe deux principaux types de composteurs : le bac à compost et le lombricomposteur.
Le bac à compost
Le dispositif le plus souvent mis en place se compose de trois bacs : un bac central pour les apports
des habitants, un pour la maturation et un troisième pour un pour la réserve de broyat. Pour les
installer, il faut disposer d’un espace en pleine terre non occupé de quelques m² (minimum 5 m²),
protégé ou un peu à l’écart des lieux de passage. Quelle que soit sa taille, il doit être placé en contact
avec la terre d’une part pour permettre les échanges avec les micro-organismes responsables de la
décomposition des déchets organiques et d’autre part absorber l’excès d’humidité produit par la
dégradation des déchets. Le processus de compostage démarre par la phase de décomposition de
la matière organique à haute température sous l’action de bactéries et en présence d’oxygène. La
phase de maturation va ensuite transformer le compost frais en compost mûr grâce à l’action des
champignons et des micro-organismes (vers de terre, mille-pattes…). Ces deux phases requièrent
une bonne aération pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour
de 70 °C (au-delà l’activité microbienne serait stoppée). Elles nécessitent également un contrôle de
l’humidité car les bactéries meurent si le compost est trop sec. Au bout de 9 mois en moyenne, le
compost est arrivé à maturité. Le compost mur peut alors être conservé environ 1 an. Au-delà de
cette période, il perd peu à peu sa richesse en azote et minéraux. Selon le guide méthodologique du
compostage partagé de l’ADEME, un site composé de 3 bacs de 600 litres à 1 000 litres peut accueillir
sans difficulté les déchets d’une trentaine de familles sur une surface d’environ 10 à 20 m2.
Le lombricomposteur
Le recours au lombricompostage est possible lorsque l’immeuble ne dispose pas d’espace vert extérieur
ou si celui-ci est trop petit. Un local de quelques m² suffit pour accueillir un lombricomposteur de
400 litres (8 à 15 foyers) ou 600 litres (15 à 20 foyers). Il est composé de plusieurs bacs opaques,
afin de conserver l’obscurité, et troués pour laisser passer les vers. Les vers se nourrissent des déchets
organiques puis excrètent du fumier prêt à être utilisé comme amendement. Pour éviter les odeurs,
7 – Données DPE 2013, Nature et une aération est nécessaire. Le compost obtenu est très humide et très chargé en matière organique.
volume des déchets collectés par la
ville de Paris (déchets putrescibles de La décomposition de la matière organique produit du jus (lombrithé) très riches en nutriments qui
la composition du bac vert associé aux
déchets verts incinérés). passent de bac en bac par percolation et qui peuvent être utilisés, après dilution, comme engrais
liquide. Une quantité maximale d’apport est déterminée pour éviter des dégagements de chaleur
8 – ADEME, Guide méthodologique du
compostage partagé, 2012, p.35. trop importants pouvant tuer les vers (8 kg pour un bac roulant de 250 litres 8).
55
1.3. Les opérations en cours à Paris
Le « compostage collectif »
L’opération de compostage collectif en pied d’immeuble de la Mairie de Paris a été initiée en 2010 9 – http://blogs.paris.fr/compost
et étendue en 2012 par le lombricompostage collectif 9. À travers cette opération, elle offre aux
habitants et à des établissements publics volontaires voire d’autres institutions, l’opportunité de
composter leurs déchets organiques dans des bacs composteurs ou des lombricomposteurs col-
lectifs installés au sein de leur immeuble ou structure. Le compost produit doit alors être réutilisé
localement pour éviter son transport et parce qu’il ne peut être vendu ou donner que s’il respecte
la norme NFU-44-051 (ce qui implique de faire des analyses chimiques).
Pour participer à cette opération, il faut déposer une candidature à la Mairie de Paris et remplir les condi-
tions de participations détaillées sur le blog Compost & vous à Paris (http ://blogs.paris. fr/compost) :
• habiter à Paris,
• bénéficier d’un soutien collectif à la démarche (accord du syndic, du propriétaire ou du bailleur
de l’immeuble),
• un nombre suffisant de foyers participants (8 minimum),
• trouver un emplacement pour installer le matériel, et être en mesure de réemployer le compost
produit dans les jardinières privées ou dans les espaces verts communs de la résidence,
• trouver, au sein du groupe de volontaires, une (ou plusieurs) personne(s) référente(s) chargée(s)
de l’animation et du suivi du compostage.
Une fois la candidature retenue, la ville fournit les équipements nécessaires (bio-seau pour faire le
tri dans sa cuisine, bacs, mélangeur, lombricomposteur), propose un accompagnement personna-
lisé par un professionnel du compostage (maître composteur) pendant 6 mois pour garantir le bon
fonctionnement du dispositif, répondre aux questions des participants. Les référents reçoivent une
formation de « guide composteur » d’une journée afin de connaître les techniques du compostage
Les sites de compostage
et apprendre à animer le site. collectifs
En avril 2015, 280 sites étaient équipés de composteurs collectifs (composteurs en bacs ou lombri-
composteurs) sur 430 candidatures reçues depuis 2010. Parmi ces 279 sites en fonctionnement, Lieux de compostage
153 sont des copropriétés, 102 sont des écoles et 24 sont des établissements publics. Source : Apur
, km
56
À noter qu’entre novembre 2014 et février 2015, 16 nouveaux sites ont intégré l’opération portant
à 262 le nombre de sites équipés de composteurs collectifs.
Les premiers retours d’expérience de la Direction de la Propreté et de l’Eau 10 permettent d’établir
un détournement de 28 kg de déchets (hors matière sèche) par habitant par an, soit environ 1
tonne/site/an. Il faut au minimum 8 foyers pour postuler au compostage mais en moyenne chaque
site en dispose de 15 et produit 100 kg de compost par an.
Le compostage de quartier
© Compost A Paris
Jardin de la Maison des Associations du 12e
Le premier composteur de quartier a été inauguré le samedi 18 octobre 2014 dans les jardins de
la Maison des Associations du 12e arrondissement. Cette expérience est menée par l’association
Compost à Paris et Compostory en partenariat avec la Mairie du 12e arrondissement, la Mairie de
Paris et la Région Ile-de-France. Le composteur est aménagé en 3 bacs (broyat/apport/maturation)
de 1 700 l, soit une capacité totale de 5,1 m3, dans un espace clôturé avec un contrôle d’accès pour
les 130 membres inscrits, résidant dans un rayon de 500 m. Les membres apportent leurs biodé-
chets et récupèrent le compost en excès qui n’est pas valorisé sur le site. La ville de Paris a formé
les référents (membres de la Régie de quartier) à la gestion du compost et fournis aux participants
des bio-seaux et des guides pratiques du compostage.
Le deuxième composteur de quartier a été lancé le 28 janvier 2015. Ce projet est conduit par
l’association « Espaces ». Il consiste à proposer aux riverains et usagers du centre sportif Henry
de Montherlant et du stade de la muette (32 Boulevard Lannes 16e) de rapporter leurs déchets
de cuisine triés afin de les composter sur place. Les déchets sont déposés dans 2 points d’apport
volontaire installés à l’entrée des installations sportives puis transportés par triporteur vers une
base de compostage mis en place sur le site. Le compost produit est utilisé pour végétaliser le site.
Deux autres projets devraient voir le jour en 2015. Le premier dans un jardin du 13e arrondisse-
ment de Paris où l’association « J’aime le vert » collectera en porte à porte, à l’aide d’un triporteur
électrique, les biodéchets de 200 foyers volontaires. Les déchets seront traités ensuite dans un
pavillon de compostage installé dans le square Éloïse et Abelard Le deuxième se situe dans le
square de l’Aspirant Dunand (14e) et est géré par l’association « Espaces » et le Conseil de quartier
Mouton-Duvernet. Les riverains volontaires pourront déposer leurs biodéchets dans les bacs de
compostage installés dans le square et récupérer une partie du compost produit.
57
2. Propositions de sites où développer
le compostage
2.1. Le parc résidentiel privé pour un compostage
collectif en pied d’immeuble
Les sites de compostages actuels couvrent près 0,3 % de la population parisienne 11, soit environ
8 000 habitants. Le potentiel de développement est conséquent comme en témoigne la demande,
à travers notamment le nombre de candidature de sites collectifs reçus par la ville ou encore le
succès observé de nouveaux projets de compostage de quartier.
L’identification de parcelles cibles dans l’habitat privé favorables à l’installation d’un composteur
repose sur les critères suivants :
• La présence d’au moins 8 logements sur la parcelle (seuil minimum pour bénéficier du soutien
de la Ville de Paris)
• La présence de végétation rase pour à la fois y installer le composteur (en cas de non-recours au
lombricomposteur) et pour ensuite épandre localement le compost produit (chaque m² pourra
absorber environ 10 kg de compost produit à partir de 100 kg de biodéchets). Les parcelles
intégrant un minimum de 5 m² de végétation rase sont retenues 12.
58
Les parcelles ainsi identifiées font l’objet de cartographies à l’arrondissement ainsi que de listings
précis afin de pouvoir initier une sensibilisation ciblée. L’exemple du 10e arrondissement figure
ci-dessous.
Répartition de la
végétation basse dans
les parcelles cadastrales :
copropriétés, SCI
et personne physique
Végétation inférieure
à cm à la parcelle
Copropriétés, société
immobilière, personne
physique ayant plus de
m² de végétation basse
(inf cm) et comptant
logements au minimum
, km
Répartition de la
végétation basse dans
les parcelles cadastrales :
copropriétés, SCI
et personne physique
Végétation inférieure
à cm à la parcelle
Copropriétés, société
immobilière, personne
physique ayant plus de
m² de végétation basse
(inf cm) et comptant
logements au minimum
m
59
2.2. Les crèches, écoles, collèges et lycées
Les établissements d’enseignement, de la petite enfance au lycée, ont également fait l’objet d’un
travail analogue d’identification de la végétation rase (> à 1 m²). L’installation des composteurs
joue à cet égard un rôle de sensibilisation primordial tant pour l’enfant que pour son cadre familial.
, km
m
60
2.3. Des lieux accessibles pour le compostage de quartier
L’identification des lieux propices à l’installation de composteurs de quartier a été faite en considé-
rant les espaces ouverts accessibles au public : les espaces municipaux (parcs et jardins) mais aussi
ceux dépendant d’autres institutions (État, Sénat, APHP…), et les espaces de voirie perméables
(végétalisés ou permettant des échanges avec le sol).
La végétation basse
dans le domaine public
Végétation de moins
de cm de hauteur
dans le domaine public*
Lieux de compostage
* Domaine public : les voies publiques,
esplanades, les jardins publics hôpitaux
Sources : Apur,
Image proche-infrarouge, MNE - MNT -
© InterAtlas
, km
La végétation basse
dans le domaine public
Végétation de moins
de cm de hauteur
dans le domaine public*
Lieux de compostage
* Domaine public : les voies publiques,
esplanades, les jardins publics hôpitaux
Sources : Apur,
Image proche-infrarouge, MNE - MNT -
© InterAtlas
m
61
Au-delà de l’emplacement pour accueillir l’installation de compostage quelques conditions doivent
être respectées pour être accompagné par la Ville de Paris :
• Le projet doit être porté par des habitants représentés par une association (convention d’occupa-
tion du domaine public dans le cas d’implantation dans des jardins municipaux). Être autonome
pour la gestion du compostage. Toutefois l’apport de matière carbonée par la DEVE pourra être
étudié localement ;
• Avoir un exutoire pour le compost ; en général ce sont les participants qui récupèrent le compost
produit et/ou le site d’accueil s’il est d’accord (ce ne peut pas être un jardin public pour des raisons
de responsabilité sanitaire et de labellisation de ces espaces gérés par la DEVE) ;
• Le projet doit être validé techniquement par la DPE-Mission 3R.
62
Conclusion
L’analyse des déchets des Parisiens montre un fort potentiel d’amélioration du tri qui pourrait
impacter l’ensemble des filières de collecte et de traitement, et ce, au-delà du cas spécifique des
déchets occasionnels. Si les déchets étaient orientés vers le flux correspondant à leur nature, le bac
vert ne représenterait plus que 40 % de l’ensemble (contre 72 % en 2013), le bac jaune (en pieds
d’immeuble ou dans les espaces propreté de proximité) passerait de 7 % à 32 %, et les apports de
déchets occasionnels en CVAE ou en collecte en porte à porte de 8 % à 9 %.
Mais, qu’il s’agisse d’amélioration du tri, de réemploi, ou, au préalable, de réduction des déchets,
l’outil principal demeure l’information et la pédagogie des habitants. Or, le déploiement de filières
jusqu’ici encore peu développées comme les recycleries-ressourceries, ou les installations de
compostages (en pieds d’immeuble ou à l’échelle de quartier) doit pouvoir contribuer à cette
indispensable sensibilisation.
Mais l’un des leviers essentiels repose sur un maillage fin du territoire par de nouveaux équipements
adaptés à cette nouvelle donne : un renforcement des CVAE classiques qui pourront se décliner
en CVAE de proximité, en points propreté, ou encore en déchetteries mobiles afin de couvrir au
mieux le territoire parisien en s’insérant dans le tissu urbain dense ; un déploiement des ressour-
ceries-recycleries qui pourront être adossées pour tout ou partie aux points de collecte des déchets
occasionnels ; mais aussi des composteurs de quartiers. Enfin, ces nouveaux équipements pourront
être adossés à d’autres services urbains (logistique en particulier) et devenir ainsi polyvalents (les
nouvelles « stations-service ») de manière à leur conférer une visibilité maximale.
63
Mieux mailler le territoire par des équipements de collecte des déchets
occasionnels fixes ou mobiles
Les marchés parisiens
Les marchés parisiens
des
Equipements sites
fixes fixes proposés
proposés
Desserte
Desserte à 500 m des sitesà
fixes m
proposés
à partir des marchés
Desserte à 500m à partir des marchés
Eco-point mobile
Eco-point mobile
Population
Population Insee
INSEE 2010
300 et moins
de 300 à 500 et moins
de 500 à 1000
de à
de 1000 à 2000
plus de 2000
de à
de à
plus de
Source : Insee , BDTopo IGN
DPE
0 0,5 1 Kilomètres
Locaux vacants
Locaux vacants
(Ville et bailleurs sociaux)
Types et proposés
Type : CVAE classique
Type : CVAE de proximité
, km
64
Explorer les espaces verts pour y intégrer des composteurs de quartier
La végétation basse
dans le domaine public
Végétation de moins
de cm de hauteur
dans le domaine public*
Lieux de compostage
* Domaine public : les voies publiques,
esplanades, les jardins publics hôpitaux
Sources : Apur,
Image proche-infrarouge, MNE - MNT -
© InterAtlas
, km
Au-delà de ces premières propositions, les étapes à venir reposent sur la consolidation de l’ensemble
de ces propositions en en distinguant deux familles :
1/ les sites « presque » prêts à investir : les terrains-relais de la DPE intéressants, les espaces
portuaires selon des modalités à préciser avec le Port (équipements fixes/temporaires, trans-
port fluvial), et les espaces/volumes disponibles (espace public, bureaux de poste, volumes
inexploités, etc),
2/ les sites qui nécessitent une étude globale, mêlant programmation résidentielle et d’autres
services urbains (logistique, lieu pour l’économie circulaire, etc) : les sites DJS, les sites de la
RATP, etc. Mais, dans tous les cas, des études préalables de faisabilité seront nécessaires.
65
Annexes
Du point de vue réglementaire, ces installations sont soumises à la réglementation des Installations
Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), selon la rubrique 27-10 des installations
de collecte de déchets apportés par le producteur initial de ces déchets.
Cette rubrique se décompose suivant la dangerosité des déchets apportés :
• Rubrique 2710-1 : les installations de collecte de déchets dangereux apportés par leur produc-
teur initial 14 ;
• Rubrique 2710-2 : les installations de collecte de déchets non dangereux apportés par leur
producteur initial 15.
Ainsi, lorsque l’installation dispose d’un stockage potentiel de déchets non dangereux supérieur à
100 m3 et/ou un stockage potentiel de déchets dangereux supérieur à 1 t, cela implique le respect
de la réglementation ICPE.
Comme l’indique la Direction des Affaires Juridiques de la ville de Paris, la mise en place de CVAE
généraliste concerne principalement l’apport de déchets non dangereux. Le régime applicable
dépendra alors de la capacité de stockage de l’installation :
• Pour une capacité de stockage global supérieure ou égale à 100 m3 mais inférieure à 300 m3,
l’installation est soumise à déclaration avec contrôle périodique ;
• Si la capacité est supérieure ou égale à 300 m3 mais inférieure à 600 m3, l’installation doit être
enregistrée ;
• Enfin, si la quantité de déchets pouvant être stockée est égale ou supérieure à 600 m3, l’instal-
lation sera autorisée.
À noter que la majorité des CVAE parisiens ont des capacités de stockages de déchets non dan-
gereux inférieurs à 300 m3, seul le CVAE Porte de la Chapelle entre dans la catégorie supérieure.
Cela induit alors pour cette catégorie des possibilités de mesures d’éloignement au cas par cas
en fonction de la configuration des lieux et la nature du voisinage. Cependant aucune mesure
d’éloignement ne doit être prise pour les CVAE dont la capacité de stockage de déchets non dan-
gereux est inférieure à 300 m3. En effet, depuis l’arrêté du 27/03/2012 relatif aux prescriptions
13 – La note de la Direction des générales applicables aux installations classées pour la protection de l’environnement soumises à
Affaires Juridiques sur l’implantation
de CVAE dans le cadre du schéma déclaration sous la rubrique 2710-2, les installations nouvelles ne sont plus soumises au déport
directeur déchets à proximité utilisée
pour déterminer ces contraintes sera
de 2 m à réaliser avec les limites de propriété, sauf celles séparant de la voie publique, comme le
ajoutée en annexe. prescrivait l’arrêté du 2 avril 1997 16.
14 – Arrêté du 27/03/12 relatif aux Outre cette contrainte d’éloignement, la contrainte induite par la réglementation ICPE porte sur
prescriptions générales applicables
aux installations classées pour la pro- les difficultés de coexistence des sites avec d’autres activités comme le logement par exemple.
tection de l’environnement soumises à Au-dessus d’un CVAE souterrain, il ne peut y avoir uniquement que des équipements ouverts,
déclaration sous la rubrique n° 2710-1
(Installations de collecte de déchets types terrains de sport, comme il est prévu pour le CVAE Ménilmontant.
dangereux apportés par leur produc-
teur initial) : http://www.ineris.fr/aida/
consultation_document/3489
67
Annexe 2 : Contraintes réglementaires liées
au Plan Local d’Urbanisme parisien
La Ville de Paris a, dans le cadre de son PLU, établi une liste des surfaces classées CINASPIC
(« Constructions et Installations Nécessaires Aux Services Publics d’Intérêt Collectif »). Les diffé-
rents équipements accueillant ou traitant les « déchets de proximité » relèvent de cette catégorie,
item « Bâtiments ou installations techniques conçus spécialement pour le fonctionnement des
réseaux ou de services urbains ». De ce fait, ces surfaces sont protégées par le PLU et bénéficient
de la non prise en compte de leur emprise au sol dans le calcul des espaces libres à réserver sur les
terrains au titre de l’article 13. Dans le cadre de la modification du PLU qui est en cours – début
2015-, il est envisagé de rattacher la catégorie des CINASPIC à celle privilégiée des destinations.
Les différents types d’équipements accueillant ou traitant les déchets pourraient être précisés afin
d’affirmer leur appartenance à cette catégorie et bénéficier de ces règles favorables.
Dans le règlement du PLU, la ville de Paris est décomposée en différentes zones où les possibilités
d’implantation de ces équipements diffèrent :
• Zone naturelle et forestière (N) : Selon le Code de l’urbanisme, cette zone correspond aux « secteurs
de la commune, équipés ou non, à protéger en raison soit de la qualité des sites, des milieux naturels,
des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique,
soit de l’existence d’une exploitation forestière, soit de leur caractère d’espaces naturels » (article
R. 123.8 du Code de l’Urbanisme). Les équipements relatifs aux déchets n’y sont pas admis ;
• Zone Urbaine Verte (UV) : c’est une zone à vocation paysagère et récréative qui s’applique aux
parcs et jardins, aux cimetières, aux stades et à d’autres espaces peu construits. Dans cette zone,
seules sont admises actuellement les plates-formes de transit des déchets acheminés ou évacués
par voie d’eau dans les emplacements des berges de la Seine. Dans le PLU modifié, il est envisagé
de rendre possible l’aménagement d’un CVAE uniquement dans les sous-sols existants (comme
pour les espaces de logistique urbaine).
Zonage PLU
Zone N
Zone UV
Zone UGSU
Zone UG
, km
• Zone Urbaine de Grands Services Urbains (UGSU) : Cette zone est à privilégier car elle rassemble
les équipements et services publics ou privés nécessaires au fonctionnement de la ville qui
nécessitent des aménagements spécifiques, afin de favoriser leur insertion et leur développement
harmonieux et durable.
• Zone Urbaine Générale (UG) : elle couvre la majeure partie du territoire, notamment les secteurs
d’aménagement (dont les Z.A.C.), et les secteurs de Maisons et villas. Elle vise à assurer la diversité
des fonctions urbaines, à développer la mixité sociale de l’habitat, à préserver les formes urbaines et
le patrimoine issus de l’histoire parisienne. La création d’équipements dans cette zone est possible.
68
Annexe 3 : Contraintes fonctionnelles
d’un CVAE à travers l’exemple du projet
Ménilmontant
69
Annexe 4 : Principes d’organisation
d’une recyclerie (source REFER)
Sur la base d’un équipement de 700 m2, l’implantation de la recyclerie peut être envisagée sous
forme modulaire. Certains espaces indispensables au fonctionnement doivent être conçus conjoin-
tement, d’autres, peuvent être indépendants et implantés de manière libre comme les bureaux ou
les espaces de personnels. Chaque module intègre un certain nombre de fonctions nécessaires à
la réalisation des équipements.
Les deux schémas ci-dessous, proposent une vision figurée de la décomposition en « modules »
des espaces de la recyclerie.
Le schéma n°1 propose une organisation idéale des espaces dans un équipement unique
© REFER
Le schéma n°2 propose une segmentation des modules sur deux sites (505 m² et 195 m²)
© REFER
Les deux schémas d’organisation respectent le cheminement logique entre boutique, zone d’ap-
port et zone de tri / revalorisation / réutilisation qui doivent être pensées en concomitance pour
produire une gestion des flux cohérente.
La zone de tri / revalorisation / réutilisation est concentrée en un seul module, non-éclaté, afin de
préserver une logique de cheminement des objets, un espace de travail permettant la mutualisation
d’outils, et l’échange entre les agents de valorisation et de tri.
Les modules « collecte », « boutique » et « zone de tri, réemploi, revalorisation, réutilisation »
restent mitoyens dans les deux schémas.
Dans le cas du schéma n° 2, les distances entre 2 établissements doivent être inférieures ou égales à
200 m afin de ne pas avoir à créer deux points d’apport, mais aussi par souci de faciliter les logiques
de transport entre les structures.
70
Annexe 5 : Les contraintes réglementaires
pour le compostage
Pour ces installations de composteurs partagés seuls donc s’applique l’article 93 du règlement
sanitaire du département de Paris (RSDP) relatif au dépôt de matières fermentescibles. Ses pres-
criptions se révèlent peu adaptées à la réalisation de compostage lorsqu’elles ne sont pas autorisées
par la mairie : « Ils ne peuvent être établis à moins de 5 mètres des routes et chemins et de 200
mètres de toute habitation existante à moins qu’il ne s’agisse d’ateliers de compostage spéciale-
ment aménagés et régulièrement autorisés » 19. En aucun dépôt ne doit avoir une hauteur de plus
de 2 m et un volume supérieur à 2 000 m3, ce qui n’est pas le cas des installations de compostage
collectif (estimé à 0,6 m3) et de quartier (5 m3). Contrairement à d’autres départements, le RSDP
n’affranchit pas son application pour les installations de moins de 5 m3.
71
• Présence obligatoire d’une signalétique indiquant les références des responsables, les consignes
concernant les conditions de dépôt et de brassage des biodéchets, la liste des déchets acceptés
et des déchets refusés...
• Nécessité que le site soit tenu dans un bon état de propreté et d’entretien,
• Présence obligatoire sur le site d’une réserve de matière carbonée structurante à ajouter aux
apports de biodéchets (broyat de bois par exemple),
• Mise en place d’une organisation assurant un approvisionnement régulier et pérenne de matière
carbonée structurante en quantité suffisante,
• Limitation de l’usage du compost au(x) seul(s) producteur(s).
Hormis des contraintes de gestion, aucune contrainte d’implantation n’est établie pour ces ins-
tallations de compostage partagé.
72
Les déchets de proximité à Paris :
Éléments pour un schéma directeur
Le traitement des déchets est un sujet majeur de la ville durable. Il comporte de façon classique 3
volets : 1/ la réduction de la production, 2/ l’amélioration de la collecte, et 3/ l’optimisation de la
valorisation. Selon le type de déchets (ménagers, occasionnels, etc), les dispositions ne sont pas
les mêmes. C’est la question des déchets de proximité, les déchets occasionnels (les déchets orga-
niques pouvant faire l’objet de compostage) qui est abordée dans cette étude à travers le sujet du
développement des infrastructures de collecte, des CVAE existants au développement des espaces
propreté, mais aussi des infrastructures de réemploi (ressourceries/recycleries), et de compos-
tage des bio-déchets. Au-delà du strict cadre des déchets de proximité, le développement de ces
équipements doit pouvoir aussi constituer un véritable outil de sensibilisation afin d’améliorer la
chaîne de tri de l’ensemble des déchets ménagers.
L’Apur, l’Atelier parisien d’urbanisme, est une association 1901 qui réunit la Ville de Paris, le Département de Paris, l’État, la Région Ile-de-France, la Chambre de
Commerce et d’Industrie de Paris, la Caisse d’Allocations Familiales de Paris, la Régie Autonome des Transports Parisiens, l’Établissement public d’aménagement
Orly-Rungis-Seine-Amont et Paris Métropole.