GEO 122 Chapitre 2 L’économie africaine
Introduction
En Afrique, la situation économique diffère d’un pays à un autre. Ces contrastes sont
aussi très marqués d’une région à l’autre. La structure politique actuelle (multitude des Etats) et
la nature de l’économie par les formes revêtues expliquent largement l’importance des
plantations (cacao, coton, café …), de l’extraction minière (cuivre manganèse …) et
l’exploitation des sources énergétiques. L’insuffisance récurrente des cultures vivrières et la
présence très remarquée des industries de transformation (légères) sont très distinctes. Les
économies des États restent faibles et leur PIB représente moins de 3% du total mondial (proche
de celui de l’Espagne).
A- Quelques paramètres économiques du continent
Néanmoins, les échanges de l’Afrique avec l’extérieur se font en majorité par voie
maritime (800 x106 tonnes). Les réseaux routiers (1 500 000 km) et ferroviaires (85 000 km) du
continent sont les moins denses du monde, mais en nette progression. Le trafic aérien est en
progression. Malgré la présence des compagnies africaines, 2/3 des profits reviennent aux
compagnies dites étrangères. Cependant, le tourisme africain a évolué très rapidement. Au début
du 3e millénaire, la téléphonie mobile connaît une progression fulgurante. Aussi, les liaisons
internet se sont nettement améliorées.
L’Afrique dispose actuellement de sources d’énergie abondantes, diversifiées et mal
exploitées. Le bois reste le combustible le plus utilisé par les populations africaines. Ces sources
sont toutefois mal réparties sur le continent africain. La consommation énergétique annuelle par
habitant stagne et demeure faible :
- 8% du pétrole et du gaz ;
- 28% d’uranium ;
- 6% de charbon ;
- 1/3 du capital hydroélectrique du monde.
L’Afrique assure une production mondiale de minerais et minéraux de moins de 15%
malgré une recherche très faible. Celle-ci ne favorise guère l’industrialisation qui souffre encore
des handicaps très accrus :
- Pénurie des capitaux ;
- Manque d’entrepreneurs, de chercheurs et de main-d’œuvre qualifiée ;
- Insuffisance des infrastructures et communication ;
- Marchés très limités ;
- L’agriculture très mal adaptée, etc.
Néanmoins, le sous-sol représente la première richesse de l’Afrique qui correspond près de
30 % des ressources minières de la planète.
L’agriculture occupe près de 60% de la population active et contribue à 20% du PIB du
continent, elle reste très faible et surtout adaptée à la production traditionnelle. Les
performances de l’agriculture africaine sont dans l’ensemble médiocres. L’élevage repose
essentiellement sur la transhumance (650 106 de tête de bétail). Comme l’élevage, l’Afrique
valorise encore très mal ses ressources halieutiques qui sont quasi exploitées par les navires
étrangers. Et aussi, le continent est devenu de plus en plus dépendant du reste du monde, à la
fois pour l’écoulement de ses produits et pour la satisfaction de ses besoins alimentaires.
Selon certains critères économiques établis par l’Organisation des Nations Unies et ses
organes annexes, les maux qui empêchent le développement de l’Afrique sont :
- Accès aux moyens de communication ;
- Disparités dans l’enseignement ;
- Emploi ;
- Évolution du développement urbain ;
- Évolution du revenu par habitant ;
- Jeux de ressources ;
- Santé ;
- Sécurité alimentaire ;
- Suivie et développement de l’enfant ;
- Tendances du développement et croissance économique
- Urbanisation croissante ;
- Utilisation de l’énergie, etc.
-
B : La nouvelle volonté politique des acteurs africains
Pour résoudre certains problèmes posés au début des années soixante, plusieurs
organisations furent créées : OUA (organisation de l’Unité africaine), BAD (Banque africaine de
développement)… afin de renforcer la coopération et l’intégration interafricaines, de nombreux
organismes inter- étatiques ont vu le jour sur le continent africain pour intervenir dans des
domaines divers : technique, industrie, sanitaire, culturel, agricole. Ces organisations se sont
développées et renforcées. Nous citerons : UMA (Union du Maghreb Arabe), CEAO
(Communauté économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest), CEMAC (Communauté
économique et monétaire de l’Afrique Centrale), SACU (Union Douanière de l’Afrique
Australe), SADC (Communauté économique des États d’Afrique australe). Les résultats de
tentatives intégratrices sont décevants à cause :
- Absence de complémentarité entre les productions nationales ;
- Égoïsme ;
- Insuffisance des moyens ;
- Manque de volonté politique ;
- Politiques inappropriées ;
- Structures inadéquates, etc.
Au début, du 3e millénaire, les responsables africains, conscients de la nécessité de
formuler une nouvelle politique de l’économie africaine, ont créé l’Union africaine (UA) et des
plans économiques énormes sont énoncés : plan Omega (Wade), NEPAD (nouveau partenariat
pour le développement de l’Afrique) constitue un nouveau cadre d’interaction avec le reste du
monde, notamment avec les pays industrialisés et les organisations multilatérales. qui préconise
l’appropriation par l’Afrique de son développement, en permettant à celle-ci de déterminer elle-
même ses objectifs et ses approches.
Les dirigeants africains doivent désormais assurer en commun un certain nombre de
responsabilités : consolider les mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des
conflits ; promouvoir et protéger la démocratie et les droits de l’homme ; restaurer et maintenir la
stabilité macroéconomique ; instaurer des cadres juridiques et réglementaires à l’intention des
marchés financiers; revitaliser et élargir la prestation des services d’enseignement, de formation
technique et de santé; promouvoir le rôle des femmes dans le développement socioéconomique ;
renforcer la capacité des états africains d’instituer des lois, de faire respecter la législation et de
maintenir l’ordre et la paix ; promouvoir le développement des infrastructures , de l’agriculture
et de sa diversification vers les agro-industries et les manufactures au service des marchés locaux
comme de l’exportation ; etc.
3 -Contextes historiques et géopolitiques
A- Contexte historique
Les facteurs historiques sont primordiaux parce qu’ils ont marqué la conscience africaine. Les
dynamiques historiques ont néanmoins déplacé la puissance vers l’Europe, puis vers les
Amériques et aujourd’hui vers l’Asie, ce qui a réduit l’Afrique à une position subalterne. Cette
histoire est irrémédiablement liée à l’histoire de l’esclavagisme, de la colonisation et d’autres
doctrines.
B - Contexte géopolitique
Les relations entre les pays du Nord et les pays du Sud constituent une domination injuste et
une appropriation induite des ressources de l’Afrique. Elles n’ont pas toujours été en faveur des
Africains car elles ont été symbolisées par les relations entre les pays nantis et les pays africains
pauvres. La théorie du système -monde de Wallerstein définit les relations nord-sud en termes de
centre-périphéries et apporte une explication compréhensible de la condition africaine. En effet,
le centre se sert des périphéries pour asseoir son développement. Ainsi, le développement du
centre (les pays nantis) dépend étroitement de l’exploitation des périphéries (les pays africains).
4- L’envol possible de l’Afrique
L’Afrique est la seule région du monde, à ne pas être parvenue à enclencher le processus de
développement. Avec certaines apparences comme le recul de la démocratie africaine et la
persistance de la grande pauvreté (soit plus de 400 millions de personnes). On peut avancer des
explications économiques, politiques et culturelles, qui permettent de comprendre les freins de
l’envol de l’Afrique. L’Afrique est le continent de la misère et de la pauvreté. C’est vrai. Mais
cette réalité masque une autre Afrique, plus nombreuse plus puissante. Mais aujourd’hui, la
situation de l’Afrique commence à évoluer et à changer (facteur principal du développement la
croissance – PIB est en hausse). Certains facteurs sociaux connaissent des améliorations (un
allongement de l’espérance de vie, la baisse de la mortalité infantile, la réduction des conflits, la
maîtrise de certaines pandémies ...).
L’Afrique, troisième continent par son étendue géographique, possède des ressources
naturelles nombreuses et abondantes qui constituent une ‘’trésorerie de ressources naturelles’’.
Ce continent est également un importateur des produits agricoles et un fournisseur essentiel de
matières premières industrielles pour le monde entier. Aussi, il reste un pilier indispensable
assurant le bon fonctionnement de l’économie mondiale et un contributeur pour la croissance
économique planétaire. Grâce aux réformes amorcées par les pays africains, le continent présente
un aspect moderne.
L’Afrique a renoué avec la croissance :
• L’Afrique profite du « basculement de la richesse mondiale entre l’Europe et l’Asie »:
• La poussée par la croissance démographique du continent, la demande intérieure est un des
principaux moteurs de la croissance africaine.
• Dans de nombreux pays, la «gouvernance économique» connaît une amélioration notable,
notamment pour la partie macroéconomique.
• La nature des tensions civiles change petit à petit : la part des revendications exprimées par les
voies démocratiques pour plus de transparence, d’équité et de probité dans la gestion des affaires
publiques progresse au détriment de la part des violences politiques.
5-Le réveil possible de l’Afrique
En effet, , l’Afrique sera le continent le plus peuplé du monde, et cela impliquerait
d’immenses marchés. Néanmoins, aujourd’hui, le continent possède la population la plus jeune
du monde avec approximativement 200 millions d’habitants âgés de 5 à 24 ans; un nombre qui
devrait atteindre 330 millions d’ici à 2034 et jouerait un rôle majeur dans la dynamique des
économies des pays africains. Et de fait, le continent disposera de la force de travail la plus
importante, dépassant celle de l’Inde ou de la chine. L’Afrique pourrait connaître un décollage
économique comme la Chine il y a trente ans ou l’Inde il y a vingt ans. Cette mutation
économique présente deux conséquences positives majeures :
- la grande pauvreté a commencé à reculer. En 2008, 47,5% de la population vivaient avec
moins de 1,25 dollar par tête et par jour, contre 58,1 % en 1999 ;
- la classe moyenne devient peu à peu une réalité. La croissance ces dix dernières années est
nette, soit plus de 4%. Et en outre, plus de 65 millions d’Africains ont un revenu supérieur
à 3000 dollars. Ils sont plus de 100 millions en 2015.
L’analyse économique confirme que les conditions sont bien plus favorables aujourd’hui
pour un décollage économique qu’au cours des décennies écoulées,. Performances et
perspectives de croissance en Afrique dans le contexte de la pandémie de Covid-19
En 2021, l’Afrique devrait se remettre de la pire récession économique enregistrée en un
demi-siècle.
En 2020, l’activité économique a été limitée en Afrique par une pandémie mondiale sans
précédent causée par la COVID-19. Après s’être contracté de 2,1 % en 2020, le PIB réel africain
devrait croître de 3,4 % en 2021. Cette reprise prévue après la pire récession enregistrée depuis
plus d’un demi-siècle sera soutenue par une reprise du tourisme, un rebond des prix matières
premières, et la levée des restrictions induites par la pandémie. Les perspectives sont toutefois
sujettes à une grande incertitude liée à des risques externes et internes.
L’Afrique subsaharienne compte plus d’un milliard d’habitants, dont la moitié auront moins de
25 ans en 2050. Forte de sa diversité et de ses ressources naturelles, la région a les moyens de
générer une croissance inclusive et de mettre un terme à la pauvreté sur le continent, pour
permettre à l’ensemble de ses habitants de vivre en meilleur santé et dans de meilleurs
conditions. Avec un marché de 1,2 milliard d’individus et la plus grande zone de libre-échange
au monde, le continent s’engage dans une voie de développement radicalement nouvelle qui
saura exploiter l’immense potentiel que représentent ses ressources humaines et naturelles.
La région comprend des pays à faible revenu, à revenu intermédiaire (de la tranche inférieure et
supérieure), ainsi que des pays à revenu élevé, par ailleurs 18 d’entre eux se trouvent affectés par
la fragilité ou des conflits. L’Afrique compte également 13 petits États caractérisés par une
population réduite, un capital humain limité et un territoire confiné.
Alors que les pays d’Afrique subsaharienne sont parvenus à maintenir sous contrôle le
coronavirus (COVID-19), avec un nombre de cas relativement faible, la pandémie prélève
cependant son tribut en vies humaines et pèse sur les économies. Les projections annoncent une
baisse de l’activité économique estimée à 3,3 % pour 2020, confirmant la première récession
pour la région en 25 ans. La baisse de la consommation intérieure et de l’investissement
entraînées par les mesures de confinement pour ralentir la progression du coronavirus devraient
coûter à la région au moins 115 milliards de dollars de pertes de production. Cette
conjoncture risque également de faire basculer quelque 40 millions de personnes dans
l’extrême pauvreté, effaçant ainsi 5 années de progrès dans la lutte contre ce fléau. La
pandémie de COVID-19 risque également d’entraîner un recul dans le développement du capital
humain, les fermetures d’écoles affectant près de 253 millions d’étudiants, ce qui met en péril
certains acquis dans les apprentissages.
Les pays d’Afrique de l’Est et australe ont été le plus durement touchés par les impacts de la
pandémie de COVID-19, notamment en raison de la contraction plus sévère de la production en
Afrique du Sud et en Angola. Les fortes perturbations dans l’industrie du tourisme et les mesures
de confinement entraîneront un sérieux ralentissement pour l’Éthiopie, le Kenya et les nations
insulaires. En Afrique de l’Ouest et centrale, la baisse de l’activité économique devrait être
principalement entraînée par les pays exportateurs de pétrole. Pour les économies moins
dépendantes des ressources naturelles, comme la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Sénégal, l’activité
ralentira mais sans contraction, portée par une croissance plus stable du secteur agricole. Les
États fragiles de la région devrait connaître un fort recul de la croissance, la pandémie exacerbant
les facteurs de fragilité.
L’économie régionale rebondira en 2021, avec cependant des disparités d’un pays à l’autre.
Alors que l’Afrique du Sud ne devrait connaître qu’un faible redressement, la croissance globale
pour la région Afrique de l’Est et australe devrait avoisiner les 2,7 %. Alors que le
redressement économique du Nigéria s’annonce faible, la région Afrique de l’ouest et centrale
devrait connaître une croissance moyenne de 1,4 %. Malgré la crise, de nombreux pays ont su
saisir les opportunités pour accroître le rythme des réformes et des investissements nécessaires,
cruciaux pour leur développement à long terme. Néanmoins, les inquiétudes relatives à la
deuxième vague de la pandémie alimentent encore les incertitudes.
Conclusion
L’Afrique est parée pour devenir l’une des locomotives de la croissance mondiale. Et elle
sera sans aucun doute au cœur du développement économique mondial. Car nous, observons-
nous ces dernières années un partenariat poussé avec certains pays comme la France-Afrique,
chine –Afrique, États-Unis –Afrique, Japon Afrique. Ainsi, le chemin de la reprise s’annonce
long et difficile ; il passe par l’adoption de politiques et d’investissements priorisant les
opportunités d’emploi pour la population, pour aider à mettre un terme à l’extrême pauvreté, en
particulier dans le contexte de l’après-COVID-19. À l’heure du confinement et de la
distanciation physique, il est crucial d’investir dans l’économie numérique et l’infrastructure,
afin d’atténuer les impacts de la pandémie et de promouvoir une reprise soutenue. L’Afrique
subsaharienne reste en retard sur les autres régions, en matière d’adoption des technologies
numériques par les gouvernements, les ménages et les compagnies. Les aides gouvernementales
pour réduire le coût des équipements et services, éviter la déconnexion pour défaut de paiement,
et accroître l’accès au haut débit seront donc essentielles.