Institutions Politiques Françaises
Institutions Politiques Françaises
M. RIGAUDEAU
Licence de Science politique – Semestre 5
Modalités d’examen : Oral (connaitre le cours par cœur, surtout le plan). 10min de préparation, 10min de passage
(5min de réponse ; 5min questions). Tirage au sort de 2 sujets, faire un choix.
Bibliographie
• [Link]
• F. Hamon, M. Troper, Droit constitutionnel, LGDJ, 43e édition
• J. Gicquel, J.-E., Gicquel, Droit constitutionnel et institutions politiques, LGDJ, 36e édition
SOMMAIRE
Introduction ................................................................................................................................................................2
1. La notion d’institutions
Institution : organisation sociale qui est séparable des individus qui la composent.
- Est en relation avec l’ordre général des choses : son existence est objective, elle est objet et sujet de droit.
- Bénéficie d’une permanence individuelle assurée par une forme d’équilibre interne. Durabilité
indépendamment des membres.
- Pour assurer sa mission, l’institution sécrète du droit qui lui permet de s’inscrire dans la durée :
o Droit interne : détermine les comportements permettant à l’institution de fonctionner
o Droit statutaire à l’origine des situations juridiques protégées par l’institution
En France, l’Etat précède la Constitution (Moyen-Age → époque moderne). Aux Etats-Unis, au contraire, l’Etat se
construit au même moment que la Constitution (1787).
Approche mêlant droit constitutionnel et science politique car le droit constitutionnel est un droit politique.
Toutefois, le droit constitutionnel a pour objet les rapports de normes (la norme prescrit ce qui devrait être). Au
contraire, la science politique étudie ce qui est, et pas ce qui doit être.
Cette notion est liée à un mouvement politique né au XVIIe siècle en Angleterre : le constitutionnalisme, porté par
John Locke et le français Montesquieu. Ils produisent une réflexion destinée à lutter contre
l’absolutisme (concentration des pouvoirs au sein d’un seul organe) et contre l’arbitraire.
➢ Question posée par le constitutionnalisme : comment assurer les libertés publiques ?
Constitution : ensemble de normes supérieures à toutes les autres normes dont elles déterminent le mode de
production, ayant pour objet l’encadrement de l’Etat et la protection des libertés, et qui ne peuvent modifiées que
par une procédure spéciale.
➔ Définition formelle (mode de production) et matérielle (contenu)
➔ Définition matérielle :
o Etat : droit constitutionnel = droit de l’Etat. Ensemble des règles relatives à l’encadrement de l’Etat
o Distribution du pouvoir : fonction de la Constitution = assurer la distribution du pouvoir au sein
de l’Etat (s’oppose à l’arbitraire).
La distribution permet à l’Etat de fonctionner et de limiter le pouvoir au sein de l’Etat. La
Constitution correspond à l’organisation générale du pouvoir qui résulte de la répartition des
compétences entre les organes.
o Système de protection des droits fondamentaux (apparait suite à la fondamentalisation du droit
constitutionnel : faire de la Constitution l’outil de protection des droits fondamentaux) : Conseil
Constitutionnel, 1971, Liberté d’association → création du bloc de constitutionnalité
➔ Définition formelle :
o « Ensemble des normes supérieures à toutes les autres normes dont elles déterminent le mode de
production » → Hans Kelsen : hiérarchie des normes (organisation des normes par des rapports de
validité de l’une à l’autre) : une norme est supérieure à une autre lorsqu’en cas de conflit entre les
deux normes, la norme inférieure et invalidée par la norme de rang supérieur. Dans un système
hiérarchisé de production de droit, l’ensemble des normes de rang inférieur découle des normes de
rang supérieur → la Constitution règle les normes de production des règles de rang inférieur : des
organes sont habilités pour édicter un texte normatif (la Constitution peut aussi poser des
conditions).
o « et qui ne peuvent modifiées que par une procédure spéciale »→ modification de la Constitution
s’appuie sur une procédure de révision appuyée sur le pouvoir constituant.
❖ Distinction formelle/matérielle
Généralement, le champ de la constitution formelle coïncide avec le champ de la constitution matérielle.
Cependant, il arrive que des dispositions soient matériellement constitutionnelles sans l’être formellement (art 34C :
la loi fixe le régime électoral des assemblées parlementaires → les règles de scrutin sont fixées par la loi, or cela
relève bien de la distribution des pouvoirs).
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L’inverse peut être vrai aussi (tentative portée par Hollande de réviser la constitution en permettant de déchoir un
individu binational de la nationalité française en cas d’atteinte grave à l’intégrité de la nation).
❖ Constitution écrite/non-écrite
En France, il existe des pratiques constitutionnelles dont la force obligatoire est reconnue sans être sanctionnées par
une norme écrite (démission du PM).
La répartition des compétences entre organes et les missions qui leur sont confiés relève des institutions choses.
A. L’Etat
1. Définition
Etat : autorité souveraine qui exerce son pouvoir sur la population habitant un territoire donné et qui, à cette fin, est
dotée d’une organisation permanente.
➢ Définition doctrinale, pas juridique, car descriptive : fondée sur l’histoire de l’Etat et de son apparition.
➢ En droit, la définition de l’Etat est une question secondaire. Ce qui compte est comment on attribue la
qualité d’Etat à un organe. Jean Conbacau (auteur de droit international public) : « Un Etat est une
collectivité à laquelle s’applique le régime légal propre aux Etats. » → définition tautologique.
❖ Volet interne de l’Etat : rapports de l’Etat avec ses propres sujets sur son territoire
L’Etat est une construction intellectuelle destinée à rendre compte de l’organisation du pouvoir.
Il est « un être synthétique et abstrait qui personnifie la collectivité nationale » (Raymond Carré de Malberg) →
conséquence juridique : l’Etat peut agir en droit et être qualifié de personne morale (fiction juridique permettant
de construire une existence juridique). Il repose sur des organes qui lui permettent, en tant qu’entité fictive, d’agir.
On associe étroitement volonté de l’Etat et règle de droit. Les organes de l’Etat formalisent sa volonté. Le rôle des
agents publics est donc de mettre en œuvre la volonté de l’Etat.
La personnalité morale engendre des droits et des obligations → l’Etat lui-même, en tant que producteur de droit, a
la charge d’assurer par lui-même le respect du droit, y compris par lui : autolimitation de l’Etat par le droit. Il est
aussi titulaire d’un patrimoine : quand sa responsabilité est engagée, son patrimoine est visé. (CE, Ass., 02.04.2002,
Papon & CE, Ass., 13.04.2018, Sté Aristophile : posent la question de l’existence de l’Etat)
❖ Etat unitaire
Les normes locales ne peuvent créées qu’en l’application de normes nationales préalables. Les compétences de
principe reviennent donc à l’Etat central. Les organes infra-étatiques reçoivent des compétences d’attribution dont
le champ est fixé par la constitution ou la loi.
❖ Etat fédéral
Etat central limité : il est le seul à disposer de la souveraineté internationale. La répartition des compétences entre
Etat fédéral et Etats fédérés est assurée par la constitution donc la compétence de principe revient aux Etats fédérés
(US : art I, Sect. 8 fixe les compétences du Congrès en matière législative et fait l’objet de luttes inter-partisanes).
❖ Etat régional
Des régions produisent un droit doté d’une autonomie locale importante et prévu directement par la constitution.
Elles restent des compétences d’attribution (ex : Espagne)
B. La souveraineté
1. Définitions
4 acceptions de la souveraineté :
❖ L’Etat est supérieur à toute entité interne et il n’est soumis à aucune entité externe.
o Souveraineté interne : puissance suprême exercée au sein de l’Etat
Après la RF, la souveraineté n’est plus exercée au nom de dieu car sécularisation :
Souveraineté populaire :
➢ Appartient directement au peuple qui a donc la possibilité de l’exercer directement. Elle est compatible
avec les procédés de démocratie directe ou semi-directe.
➢ Elle admet le système de la délégation mais les gouvernants restent sous le contrôle direct du peuple.
➢ L’électorat est un droit.
➢ Le mandat est impératif et révocable à tout moment.
a) La doctrine de Montesquieu
Montesquieu envisage de diviser le pouvoir afin qu’il ne soit pas concentré dans les mains d’un seul homme et ainsi
limiter l’arbitraire. Il pose un objectif : « Il est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté
à en abuser ; pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le
pouvoir. »
Il reprend la théorie des fonctions développée par Locke → 3 sortes de pouvoirs dans chaque Etat
- Puissance législative
- Puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens
- Puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit civil
➔ Il ne faut pas que le même homme détienne les 3 : faire des lois, exécuter les résolutions publiques, juger
les crimes et les différends des particuliers
➔ Tripartition fonctionnelle de l’Etat
Equilibre des pouvoirs dans l’exercice de ces 3 fonctions par la faculté de statuer (droit d’ordonner par soi-même)
et faculté d’empêcher (droit de rendre nulle une résolution prise par quelqu’un d’autre)
Interprétation séparatiste : l’idée de séparation de pouvoirs implique de distribuer les pouvoirs de l’Etat entre au
moins 3 organes plus ou moins indépendants les uns des autres. Cette théorie selon laquelle les 3 pouvoirs ne
collaborent pas est fausse.
La Constitution américaine est basée sur le principe de checks and balances : chaque organe doit pouvoir peser sur
l’autre organe.
Distinction entre séparation souple et séparation stricte des pouvoirs : degré de séparation entre fonctions et organes.
D. La responsabilité
❖ Responsabilité civile
Fait générateur : commission d’un dommage, dans le cadre d’un contrat ou en dehors.
❖ Responsabilité pénale
Fait générateur : commission d’une infraction (réalisation d’un comportement faisant l’objet d’une interdiction par
le législateur)
❖ Responsabilité politique
Fait générateur : existence d’un différend politique (divergence d’appréciation entre divers organes) qui engendre
une perte de confiance.
Historiquement, la distinction entre responsabilité pénale et responsabilité politique est floue. La responsabilité
politique nait de l’évolution de la responsabilité pénale des membres du gouvernement → associée à la procédure
d’impeachment en GB : crimes et délits liés à des manquements politiques.
Question : la dissolution de l’AN peut-elle être considérée comme une façon d’engager la responsabilité politique
des députés ?
Derrière cette classification, on recherche aussi la meilleure forme de gouvernement afin de développer une théorie
du bon gouvernement.
1. La classification ancienne
Pour Montesquieu, le bon gouvernement est un gouvernement mixte qui emprunte à chacune de ces trois formes :
➢ Le pouvoir législatif devrait être exercé en commun par le roi, le peuple et les meilleurs.
o Chambre basse démocratique
o Chambre haute aristocratique
o Gouvernement et sanction de la loi dans les mains du monarque
➢ Système de checks and balances (poids et contrepoids)
Cette classification n’est plus employée. Elles sont des catégories pures qui ne se matérialisent pas en réalité.
- La démocratie représentative pourrait être plutôt qualifiée d’aristocratie.
La démocratie représentative est une forme intermédiaire entre l’autonomie et l’hétéronomie. L’autonomie suppose
une unanimité qui n’existe pas en démocratie, caractérisée par un rapport minorité/majorité.
❖ Totalitarisme vs libéralisme
Critère matériel (contenu des normes) : jusqu’où la loi peut-elle aller pour dicter les conduites ?
- Système libéral : les personnes privées doivent jouir d’une grande autonomie. Les normes ne peuvent
intervenir dans certaines matières afin de protéger la liberté des individus.
- Système totalitaire : grand nombre de normes produit par le pouvoir politique, régissent la plupart des
domaines de la vie. Faible marge d’autonomie laissée aux individus.
➔ Critère distinctif : existence d’une société civile (ensemble des individus envisagés de manière distincte de
l’Etat) en opposition à l’Etat (ensemble des institutions productrices de normes hétéronomes)
o Libéralisme : distinction marquée
o Totalitarisme : Etat envahit la société civile
La distinction des formes de régimes politiques se superpose à la distinction des formes de gouvernement.
Classification des régimes politiques : désigne des sous-classes en fonction du partage du pouvoir dans les
gouvernements. Elle est donc liée à la séparation des pouvoirs.
1. Le régime parlementaire
Doctrine développée au XIXe siècle pour désigner des gouvernements qui comptent au moins 3 organes : Parlement
(mono ou bicaméral), un gouvernement, un chef de l’Etat.
La notion de classification n’est pas employée de façon neutre : les auteurs peuvent chercher à établir le bon
gouvernement. La dégradation renvoie au fait qu’un organe devient prééminent par rapport à un autre organe.
- Régime d’assemblée (prééminence du parlement) : gouvernement responsable devant la chambre sans
disposer de moyen d’action réciproque
- Prééminence de l’organe exécutif : la responsabilité politique du gouvernement tend à ne plus être mise
en œuvre (le principal parti au parlement est capable d’obtenir, seul, une majorité de gouvernement → fait
majoritaire).
2. Le régime présidentiel
Régime semi-présidentiel : président élu au SU mais existence d’une responsabilité ministérielle devant le
Parlement (M. Duverger décrit ainsi la Ve République).
➢ Distinction intéressante mais pas forcément utile : on préfère se pencher sur le présidentialisme
➢ Présidentialisme : le Président dispose (en droit ou en fait) de pouvoirs conséquents qui en fait le premier
des organes. Ce phénomène est particulièrement important en situation de concordance des majorités.
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Aux USA, les prérogatives du POTUS sont encadrées et limitées en raison de l’indépendance organique importante.
Le contexte de rédaction de la Constitution reflète la crainte du despotisme présent dans le modèle britannique : on
tente d’imposer une impuissance de l’Etat afin d’éviter une dictature de la majorité.
- Jeux d’influence et de nominations entre les 3 organes (POTUS, Congrès, SCOTUS). Selon la configuration
politique et institutionnelle du moment, un des organes peut dominer.
- On peut parler de régime congressionnel quand le Congrès domine (W. Wilson)
Instabilité des régimes politiques en France depuis la RF : monarchies, empires, républiques, consulat
1. La Constitution de 1791
Promulguée le 14 septembre 1791 et suspendue le 10 août 1792 puis passage à la Convention nationale.
2. La charte
La Charte est octroyée (offerte par le souverain à ses sujets). Elle mélange la légitimité de l’AR et le renouveau.
- Le Roi domine les institutions et le pouvoir exécutif lui appartient. Il exerce des prérogatives législatives
importantes (initiative et sanction des lois)
- Bicamérisme : chambre des députés et chambres des pairs
➔ Conflit entre la chambre des représentants et le roi, avec la première qui s’oppose aux positions
conservatrices du Roi.
B. La IIIe République
Proclamée le 4 septembre 1870 à Paris à la suite de la défaite de l’armée française au cours de la bataille de Sedan
(captivité de Napoléon III). Les lois constitutionnelles de cette République datent de 1875 :
- Loi du 25 février 1875 relative à l’organisation des pouvoirs publics
- Loi du 24 février 1875 relative à l’organisation du Sénat
- Loi du 16 juillet 1875 sur les rapports des pouvoirs publics
En fait, le gouvernement mis en place en 1870 était un gouvernement de fait qui a autoproclamé la République. Il
doit donc gérer la fin de la guerre et la négociation d’un armistice : élection d’une AN en juillet 1871. L’enjeu de
cette élection tient au contexte : faire un choix entre guerre ou armistice.
➢ Les républicains sont divisés mais plutôt en faveur de la poursuite de la guerre
➢ Les conservateurs (monarchistes) sont en faveur de l’armistice
➔ Election d’une assemblée conservatrice (pour faire la paix). Or, elle ne souhaite pas particulièrement
instaurer la République dans la durée.
➔ La division du courant monarchiste les empêche de rétablir la monarchie à cause des querelles de succession
(Bourbon ou Orléans ?).
Au départ, l’exécutif est dirigé par Thiers (centre-gauche), qui parvient à faire rentrer la République dans les mœurs
(notamment en défendant l’ordre et réprimant vivement la Commune). Ensuite, le général Mac-Mahon prend les
rênes.
Les lois constitutionnelles sont le fruit de compromis et d’une longue élaboration. Il n’y a pas de grande déclaration
de droits ou de principes.
- Objectif : doter la France d’institutions durables en attendant d’être en mesure de renforcer la république
ou de rétablir la monarchie.
Président de la République élu pour 7 ans par la Chambre des députés et le Sénat à majorité des suffrages.
- Ministres nommés par le Président de la République, responsabilité solidaire devant les chambres.
2. Le fonctionnement
Formellement : parlementarisme pur avec moyens d’action réciproque (ministres solidairement responsables devant
les chambres).
Instabilité ministérielle importante : la mise en cause de la responsabilité ministérielle n’est pas compensée par
l’exercice de moyens de pression sur le parlement, alors même que les lois constitutionnelles prévoyaient un droit
de dissolution de la Chambre dans les mains du Président, à condition qu’il reçoive l’avis conforme du Sénat. En
conséquence, Mac-Mahon gouverne difficilement.
- Crise du 16 mai 1877 : nomination du duc de Broglie au gouvernement. Suite à l’opposition de la chambre,
celle-ci est dissoute. Les nouvelles élections provoquent la perte de la majorité des conservateurs, à la faveur
des républicains. Mac-Mahon est contraint de nommer un républicain à la tête du gouvernement.
- En 1879, le Sénat devient républicain et Mac-Mahon démissionne et est remplacé par le républicain Jules
Grévy qui s’engage à renoncer à l’exercice du droit de dissolution (Constitution Grévy)
La IIIe République s’affermit et est marquée par une prééminence de l’organe législatif sur le gouvernement (régime
d’assemblée).
V – L’INSTAURATION DE LA VE REPUBLIQUE
Après la libération, un référendum est organisé (21 octobre 1945) qui pose 2 questions :
- Voulez-vous que l’Assemblée Nationale, élue ce jour, soit Constituante ? → OUI, 95% → fin de la IIIe
République
Elabore un premier projet, dans lequel les communistes jouent un rôle important → nouvelle approche des droits
économiques et sociaux et monocamérisme (pas de division de la volonté générale).
➢ Le référendum du 5 mai 1946 donne lieu à une forte participation et à un NON (54%).
Nouvelles élections constituantes, avec les 3 mêmes partis mais le MRP légèrement en tête. CDG, dans son discours
de Bayeux, exprime sa volonté de trouver un exécutif fort, au contraire des idées du MRP.
➢ Nouvelle constitution proclamée le 27 octobre 1946.
La C46 s’ouvre par un long préambule qui énonce des droits de la seconde génération (droits économiques et
sociaux) et pose des PFRLR.
Crise en Algérie en mai 1958 : le gouvernement fait face à une crise ministérielle prolongée (questions dans la
Chambre sur la constitution d’un nouveau gouvernement).
- P. Pflimlin est appelé à prendre la présidence du Conseil par R. Coty.
- Le 13 mai, alors qu’il présente son programme au parlement, soulèvement à Alger (putsch des généraux)
qui s’oppose à l’investiture de Pflimlin.
- Crainte d’un coup d’état militaire
- Le retour au pouvoir de CDG devient une évidence face à cette crise politique grave.
- Pflimlin démissionne et Coty charge CDG de former un gouvernement et fait pression sur la Chambre pour
qu’elle accepte la nomination de CDG : 1er juin 1958
CDG a accepté de revenir au pouvoir à condition de lancer un processus constitutionnel destiné à instaurer un régime
à l’exécutif plus fort.
- Résolution de l’AN qui renonce à siéger
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- Vote d’une loi lui octroyant les pouvoirs nécessaires pour prendre par ordonnances des mesures pendant la
période où le Parlement ne siège plus
- Loi constitutionnelle → arriver rapidement à une nouvelle constitution sans la soumettre à l’AN qui la
rejetterait
o Révision de la procédure de révision de la Constitution se greffant sur une ancienne proposition
o Pose des conditions de forme :
▪ Constitution révisée par le gouvernement de CDG
▪ Recueil de l’avis d’un comité consultatif (CCC), composé notamment de membres du
parlement
▪ Consultation du CE puis voté par référendum
o Conditions de fond :
▪ SU : seul le SU est la source du pouvoir
▪ Séparation des pouvoirs : le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif doivent être
effectivement séparés
▪ Responsabilité politique : le gouvernement est responsable devant le parlement
▪ Indépendance de la justice et respect des libertés
▪ Organisation de la fin de la décolonisation
A. La revalorisation de l’exécutif
16 juin 1946 : discours de Bayeux → CDG désapprouve du projet constitutionnel de 1946. Il croit en un Etat fort
et en la nation donc les institutions doivent assurer l’intérêt supérieur de l’Etat.
Il montre une méfiance profonde à l’encontre des partis politiques même s’il reconnait leur légitimité. Toutefois,
à ses yeux, l’intérêt partisan peut dévoyer l’intérêt national. Les institutions doivent donc compenser la « perpétuelle
effervescence » politique liée au jeu des partis.
Il favorise un bicamérisme avec une chambre élue au SUD (vote définitif des lois et du budget) et une chambre à
la composition différente qui représente les collectivités territoriales.
Il ne remet pas en cause la responsabilité du gouvernement devant le Parlement mais veut que le gouvernement
découle du chef de l’Etat.
Le chef de l’Etat doit être désigné par un collège plus large que le Parlement afin que la légitimité ne découle pas
exclusivement des chambres.
2. La rationalisation du parlementarisme
Encadrer les rapports entre les organes exécutif et législatif afin d’assurer une stabilité gouvernementale,
notamment en encadrant les moyens d’action réciproques.
- M. Debré : réflexion sur le travail législatif pour donner plus de prérogatives au gouvernement dans la
fabrication de la loi (ordre du jour des assemblées, réduction du domaine de la loi)
- G. Mollet & P. Pflimlin : conditions d’engagement de la responsabilité du gouvernement
Principes constitutionnels républicains qui guident l’exercice de l’Etat → art 1C, al1 : « La France est une
République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans
distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »
1. L’indivisibilité
- Intégrité du territoire
o Le Président de la République en est garant (art 5C)
o Il dispose de pouvoirs exceptionnels quand elle est menacée (art 16C)
o La procédure de révision de la Constitution ne peut être enclenchée s’il est porté atteinte à l’intégrité
du territoire (art 89C)
Si ce principe avait été appliqué à la lettre, le processus de décolonisation aurait été enrayé. Les constituants ont
donc évoqué la possibilité d’une sécession : art 53C, al3 : « nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire
n'est valable sans le consentement des populations intéressées »
La loi doit être la même pour tous sur l’ensemble du territoire. Ce principe connait des exceptions :
- Décentralisation : transfert des compétences de l’Etat vers les collectivités territoriales ainsi dotées d’un
pouvoir normatif autonome.
- Les collectivités ultra-marines jouissent de compétences propres et disposent de statuts particuliers :
DROM (art 73C : les lois et règlements nationaux peuvent faire l’objet d’adaptation tenant aux
caractéristiques propres de ces régions + peuvent être habilitées à fixer elles-mêmes les règles applicables
sur leur territoire dans certaines matières) & Collectivités d’outre-mer (art 74C : chacune des ces
collectivités dispose d’un statut qui lui est propre et qui est fixé par un LO (+ Nouvelle-Calédonie qui
dispose de son propre titre au sein de la Constitution))
- 2003 : autorisation du principe de l’expérimentation législative
Ce principe est rappelé fermement dans la JP du Conseil Constitutionnel → n°91-290 DC, 9 mai 1991, Loi portant
statut de la collectivité territoriale de Corse
- Cette loi reconnaissait l’existence, au sein du peuple français, d’un peuple corse.
- Le Conseil Constitutionnel déclare que le constituant ne peut pas reconnaitre dans la constitution d’autres
peuples que le peuple français
o Préambule : « le peuple français »
o DDHC : « le peuple français »
o La référence faite au peuple français figure dans de nombreux textes constitutionnels depuis 2
siècles donc le concept a valeur constitutionnelle
- « La mention faite par le législateur du « peuple corse, composante du peuple français » est contraire à la
Constitution, laquelle ne connaît que le peuple français, composé de tous les citoyens français sans
distinction d'origine, de race ou de religion. »
2. La laïcité
Absence de participation de l’Etat à la vie des cultes mais garantit par l’Etat du libre-exercice des cultes (n°2017-
633 QPC)
4. L’égalité
5. La décentralisation
Déjà évoquée
6. La protection de l’environnement
Art 3C : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du
référendum. » → rédaction étrange qui assimile nation et peuple. La Ve République propose donc une souveraineté
hybride : elle est largement déléguée à des représentants (Président de la République et parlementaires) mais peut
aussi s’exprimer via les mécanismes de démocratie directe.
La Constitution prévoit 4 mécanismes de référendum : art 11(x2), art 88-5, art 89.
Art 88-5C : « Tout projet de loi autorisant la ratification d'un traité relatif à l'adhésion d'un État à l'Union
européenne est soumis au référendum par le Président de la République. »
➢ En fait, un tel traité pouvait déjà être soumis à référendum par le biais de l’art 11C (ça avait été le cas en
1972 pour le RU et l’Irlande).
➢ Révision du 1er mars 2005 : doit lever les obstacles constitutionnels à la ratification du TECE (constitution
pour l’Europe) → transforme la faculté de l’art 11 en obligation
o Contexte : l’UE venait d’ouvrir les négociations avec la Turquie en vue d’une éventuelle adhésion.
Une crainte : que cela freine l’adoption du TECE auprès des populations.
o Au final, le TECE est rejeté par le peuple français par référendum en 2005.
La révision constitutionnelle de 2008 révise l’article pour ajouter une disposition permettant de contourner cette
disposition devenue embarrassante :
- Al2 : « Toutefois, par le vote d'une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité
des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l'adoption du projet de loi selon la procédure prévue au
troisième alinéa de l'article 89. »
Dans ce cadre, le référendum n’a qu’un rôle confirmatif car il ne porte que sur un texte qui a déjà adopté par les
assemblées.
Il est d’ailleurs facultatif : « le projet de révision n'est pas présenté au référendum lorsque le Président de la
République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès » (majorité des 3/5e)
La Ve République innove car jusqu’alors la tradition constitutionnelle accordait une prévalence au parlement.
Tous les référendums de la Ve République ont été organisés sur la base de l’art 11C (sauf 2000).
A. Le contenu
Idée initiale : tout projet relevant du domaine de la loi devrait pouvoir faire l’objet d’un référendum. Dans la tradition
du parlementarisme, le champ du référendum a été réduit aux projets de loi :
✓ Sur l'organisation des pouvoirs publics
✓ Sur des réformes relatives à la politique économique, sociale (révision 1995) ou environnementale
(révision 2008) de la nation et aux services publics qui y concourent
✓ Tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des
incidences sur le fonctionnement des institutions.
B. Procédure
Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement ou sur proposition conjointe des deux
assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur le champ vu
ci-dessus.
➢ Initiative appartient au gouvernement et au parlement.
o En fait, tous les référendums de l’art 11C sont d’initiative gouvernementale
o En effet, il n’est pas dans l’intérêt des chambres de passer par le référendum alors que si elles sont
d’accord sur un texte elles peuvent le voter directement.
Formellement, le Président de la République n’est pas l’auteur ou à l’initiative du texte. En réalité, comme il a la
main sur le gouvernement, il a la véritable initiative du référendum.
- Ex : CDG annonce la tenue d’un référendum de l’art 11 avant même d’avoir reçu la composition de son
gouvernement.
- Le choix de recourir à cette procédure est une compétence propre du Président de la République.
Depuis la révision de 1995, un débat doit avoir lieu devant les chambres : « Lorsque le référendum est organisé
sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d'un débat. »
(pas de vote)
Introduit par la révision de 2008 et mis en œuvre par la LO du 06.12.2013 portant application de l’art 11C.
A. La procédure
A l’initiative d’un 1/5e des parlementaires soutenus par 1/10e des électeurs inscrits.
➢ L’opposition a ainsi la possibilité d’être à l’origine d’une telle proposition.
➢ Le seuil de soutien électoral est très haut : env. 4,7 millions d’électeurs
La période de recueil des soutiens dure 9 mois. Le recueil est effectué de manière électronique et les soutiens sont
rendus publics, comme un droit de pétition.
Si la proposition de loi recueille un nombre de soutiens suffisant, un délai de 6 mois s’ouvre pendant lequel la
proposition doit être examinée par les 2 assemblées → les chambres doivent se prononcer sur le fond de la
proposition par un vote favorable ou défavorable.
- Si l’examen est fait, elle est soit adoptée soit rejetée et c’est ici la fin du processus.
- Si l’examen n’est pas fait par une ou les deux chambres, la proposition est soumise au référendum par le
Président de la République.
Ici, le référendum joue le rôle d’une menace pour forcer l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de loi de
l’opposition et soutenue par les électeurs.
Aucune proposition ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins
d'un an → n°2019-1 RIP, ADP : interprétation stricte de ce texte qui admet le détournement de la procédure de RIP
afin d’empêcher la promulgation d’un texte.
Renversement symbolique de la hiérarchie entre les organes : le Président de la République passe en 1er alors que
le Parlement arrive en 3e position.
I – Le Président de la République
Dès le discours de Bayeux, CDG estimait que le chef de l’Etat devait se situer au-dessus des contingences politiques
pour assurer un « arbitrage national qui fasse valoir la continuité au milieu des combinaisons ».
La Ve République vise à renforcer la légitimité du chef de l’Etat par rapport aux IIIe et IVe Républiques en
élargissant la base électorale qui sert à sa désignation.
➢ 1958 : collège élargi : parlementaires, conseillers départements, assemblées des territoires d’outre-mer,
représentants des élus municipaux.
➢ 1962 : référendum révisant l’art 6C relatif à l’élection du Président de la République pour instaurer son
élection au SUD (OUI : 62%) → lien particulier entre le président et les Français.
Irresponsabilité de principe du Président de la République : sa responsabilité n’est pas engagée pour les actes
qu’il accompli en sa qualité de Président de la République.
1. Le mandat
A l’origine, on maintient le septennat issu de la IIIe République. Il apparait vite inadapté à la Ve République donc
il est réduit à 5 ans pour permettre une respiration démocratique : le mandat est plus court mais ainsi plus fort.
➢ Le quinquennat permet d’éviter les périodes de cohabitation (grâce aussi à l’inversement du calendrier
électoral) en faisant coïncider les mandats du Président de la République et des députés.
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Révision de 2008 : interdiction de cumuler plus de 2 mandats consécutifs. Cette disposition est issue de la volonté
de Sarkozy afin de permettre au Président de la République de se consacrer pleinement à son second mandat, sans
avoir à se consacrer à sa réélection.
➢ La limitation du nombre de mandats correspond à un encadrement de la souveraineté nationale : on
empêche les électeurs de s’abandonner à une personnalité providentielle dont ils renouvelleraient le mandat
perpétuellement.
➢ La Constitution n’interdit pas d’effectuer plus de 2 mandats non-consécutifs.
Le Président de la République est un « géant politique mais nain administratif. » En fait, les services administratifs
de l’Elysée sont assez réduits. Le parlement a toutefois réussi à faire pression afin d’améliorer la transparence,
notamment au niveau des dépenses.
Le Président de la République est le chef des armées : il dispose à ce titre d’un état-major particulier qui lui sert
d’interface avec les armées.
Le Président de la République s’appuie sur le secrétariat général de l’Elysée (SGE) qui permet d’organiser le
cabinet et d’assister le Président dans sa prise de décision. Avec le SGG, il prépare l’ordre du jour du Conseil des
ministres.
Art 5C : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le
fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. || Il est le garant de l'indépendance
nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. »
Pour parler de l’exécutif, on évoque l’exécutif bicéphale ou une diarchie (J. Massot : « diarchie hiérarchisée »).
L’organisation des rapports entre Président de la République et le PM est régie par le jeu des rapports de force
politiques.
➢ Cohabitation : opposition entre majorité parlementaire et majorité présidentielle → limite les rapports
hiérarchiques entre l’un et l’autre.
o Certains considèrent que la cohabitation est le « vrai » régime de la Ve République, le seul où la
Constitution est appliquée pleinement. Prof pas d’accord car les rapports ne peuvent pas être définis
par un encadrement normatif très rigoureux.
❖ En période normale
Sous les IIIe et IVe Républiques, tous les actes du Président de la République devaient être contresignés.
La Ve République distingue les actes qui doivent être contresignés et ceux qui ne doivent pas l’être (pouvoirs
partagés vs pouvoirs propres). Le poids politique de cette disposition apparait surtout en période de cohabitation.
La distinction est principalement juridique.
❖ En période de crise
II – Le Gouvernement
Art 8C : « Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation
par celui-ci de la démission du Gouvernement. || Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres
membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. »
a) Sur la nomination
L’art 8C consacre l’existence du PM. Ses fonctions sont évoquées à l’art 21C. Il dispose de pouvoirs propres.
Dans un régime parlementaire, le gouvernement est issu de la majorité parlementaire. En France, le choix du PM
est un choix d’opportunité politique, répondant à des contraintes et logiques propres : le Président de la République
doit tenir compte de la couleur politique de l’AN mais une majorité large lui accorde une vaste marge de manœuvre.
Le Parlement est absent du processus de nomination : pas de nécessité d’une investiture → le nouveau
gouvernement est-il obligé de recueillir la confiance du parlement avant d’entamer ses fonctions ?
➢ Pas de tradition à ce sujet
➢ Pratique fluctuante d’un gouvernement à l’autre
➢ Révision constitutionnelle 2008 : art 50-1C « Devant l'une ou l'autre des assemblées, le Gouvernement
peut, de sa propre initiative ou à la demande d'un groupe parlementaire au sens de l'article 51-1, faire, sur
un sujet déterminé, une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s'il le décide, faire l'objet d'un vote
sans engager sa responsabilité. »
CDG s’était s’engagé à ne pas offrir au Président de la République la possibilité de révoquer le PM. En effet, l’art
8C dispose que le Président de la République met fin aux fonctions du PM sur présentation par lui de la démission
du gouvernement.
➢ CDG, conférence de presse, 31 janvier 1964 : « Le Président de la République choisit le PM, qui le nomme
ainsi que les autres membres du gouvernement, qui a la faculté de le changer, soit parce que ce trouve
accomplie la tâche qu’il lui destinait et qu’il veuille s’en faire une réserve en vue d’une phase ultérieure,
soit qu’il ne l’approuverait plus. » → CDG pose ici une pratique constitutionnelle
➔ Le Président de la République dispose d’une faculté de révocation indirecte en sollicitant cette démission
S’agissant des membres du gouvernement, ils sont révoqués par le Président de la République à la demande du PM.
En pratique, le Président de la République peut en être à l’initiative.
2. Les incompatibilités
Les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de
toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité
professionnelle → séparation organique stricte entre parlement et gouvernement : objectif = autonomie du
gouvernement à l’égard du parlement.
Pendant longtemps, les membres du gouvernement ont pu disposer d’un mandat local. Le cumul des mandats est
sorti de mode.
Dans l’hypothèse où un parlementaire est nommé ministre, il est remplacé par son suppléant. Il a ensuite le droit de
récupérer son siège après avoir quitté le gouvernement.
La composition du gouvernement n’est pas réglée par des dispositions constitutionnelles. La pratique sert de guide.
Chiffres :
- Minimum : 25 (gouvernement Pompidou)
- Maximum : 48 (gouvernement Rocard)
- Aujourd'hui : moyenne à 30
Les ministres sont entourés d’un cabinet : organe politique composé des proches collaborateurs politiques.
- Conseillers politiques
- Conseillers techniques
Quand le Président de la République dispose d’une forte majorité parlementaire, il peut se saisir d’un « domaine
réservé » (J. Chaban-Delmas), c'est-à-dire traiter directement des matières relevant de la politique de la Nation.
➢ C’est plutôt le Président de la République qui détermine la politique de la nation et le gouvernement qui la
conduit.
Le gouvernement conduit la politique de la Nation : il la met en œuvre. A cet effet, il a la main sur tout l’appareil
d’Etat : « Il dispose de l'administration et de la force armée. » Le SGG joue donc un rôle particulièrement
important pour assurer la cohérence et la coordination du travail gouvernemental.
Les prérogatives du gouvernement s’exercent de manière collégiale dans le cadre du Conseil des ministres, présidé
par le Président de la République qui doit donc signer les actes qui y sont produits.
• Décisions les plus importantes prises en Conseil des ministres :
o Autorisation (donnée par le PM) d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’AN
o Nomination de certains hauts-fonctionnaires
o Délibération sur les projets de loi
o Proposer l’usage du référendum
o Suggérer de prendre par ordonnances des dispositions qui relève de la loi
• Lieu de discussion et d’échange entre le Président de la République et les ministres
Prérogatives du gouvernement
• Fonction exécutive (contrôle de l’administration)
• Fonction législative (initiative des lois, rôle important dans le processus législatif)
• Fonction fédérative (Locke) (relations internationales)
➔ Pas de spécialisation fonctionnelle marquée
III – Le Parlement
Art 24C : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. »
A. Un Parlement bicaméral
1. L’Assemblée nationale
Art 24C, al3 : « Les députés à l'Assemblée nationale, dont le nombre ne peut excéder 577, sont élus au SUD. »
➢ Aujourd'hui, ce maximum est atteint
➢ Débats constants sur la réduction du nombre de députés
2. Le Sénat
Art 24C, al4 : « Le Sénat, dont le nombre de membres ne peut excéder 348, est élu au suffrage indirect. Il assure
la représentation des collectivités territoriales de la République. »
• Aujourd'hui, le nombre maximal est atteint
Mandat initial : 9 ans (renouvelé par tiers tous les 3 ans) → réforme 2003 : mandat 6 ans (renouvelé par moitié tous
les 3 ans)
Modalités de scrutin dépendent de la taille du département : scrutin majoritaire à 2 tours ou scrutin proportionnel
Art 27C : « Tout mandat impératif est nul. || Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. »
a) Les moyens
Les indemnités des parlementaires remontent à la IIIe République avec l’émergence d’une exigence démocratique
qui doit permettre à chacun d’exercer la fonction de représentation. L’indemnité est instaurée afin que des personnes
non notables puissent se présenter.
Traditionnellement, les chambres disposaient d’une grande liberté interne d’organisation. Chaque chambre adoptait
son propre règlement comme elle le souhaite.
➢ Dans une dynamique de rationalisation du parlementarisme, la Constitution fixe désormais des règles
qui relevaient auparavant des assemblées.
➢ Le règlement intérieur fait l’objet d’une vérification systématique par le Conseil Constitutionnel
Le constituant souhaite limiter le régime du parlement et impose des périodes pendant lesquelles le parlement ne
siège pas.
➢ En pratique, face à la multiplication des projets de loi du gouvernement, les sessions extraordinaires se
multiplient : le parlement siège presque tout le temps.
❖ Bureau
Autorité collégiale élue par les membres de la chambre en charge de la direction des travaux parlementaires et
de l’organisation matérielle des services → fonctions techniques
- AN : le bureau est composé du Président de la chambre, assisté par 3 questeurs, 6 vice-présidents et 12
secrétaires (renouvellement annuel).
- Certains vice-présidents partagent avec le Président de l'Assemblée nationale la fonction de diriger les
débats
Réunion du président, des vice-présidents (du Bureau), des présidents des groupes politiques et des présidents des
commissions permanentes et du rapporteur général de la Commission des finances
➔ Formés par des parlementaires aux mêmes opinions politiques : min 15 membres
L’appartenance à un groupe conditionne l’accession à l’exercice de certaines prérogatives. Des droits spécifiques
sont reconnus aux groupes d’opposition et groupes minoritaires.
AN :
• Groupes de soutien au gouvernement
• Groupes d’opposition
• Groupes minoritaires : faible effectif donc volonté de se distinguer de la majorité sans pour autant entrer
dans l’opposition
Il existe aussi des commissions d’enquête qui exercent les missions de contrôle du gouvernement.
❖ Conseil Constitutionnel
La fonction du Conseil Constitutionnel est tellement importante que certains le qualifient de colégislateur.
❖ Autorité judiciaire
La Constitution reconnait, dans le Titre VIII, l’autorité judiciaire : le Président de la République est le garant de
l’indépendance de l’autorité judiciaire.
L’ordre juridictionnel administratif n’est pas expressément reconnu par la Constitution. Son existence
constitutionnelle est d’abord consacrée par le Conseil Constitutionnel : Conseil de la concurrence, 1987. En
revanche, le CE a une existence constitutionnelle dans sa fonction administrative, et non juridictionnelle. La révision
de 2008 reconnait implicitement la fonction juridictionnelle du CE (QPC, art 61-1C).
Pensé comme un auxiliaire du Parlement, destiné à servir d’intermédiaire entre les pouvoirs publics et la société
civile. La révision de 2008 tente de revaloriser cette institution
1. La composition
La Constitution ne dit pas beaucoup sur la composition du CESE : composition max = 263. Le reste est renvoyé à
une LO.
Actuellement, le CESE est composé de 175 membres. Fonctions incompatibles avec l’exercice d’un mandat
parlementaire.
Objectif : refléter la société civile → représentants des salariés, des entreprises, des professions libérales, de la
cohésion sociale et territoriale, de la vie associative, de la protection de la nature et de l’environnement
Le CESE est un organe consultatif : il peut être saisi par le Gouvernement afin de donner son avis sur les projets
de loi, d'ordonnance ou de décret ainsi que sur les propositions de loi qui lui sont soumis (art 69C).
Il existe aussi un droit de pétition : le CESE peut être saisi par voie de pétition en vue d’appeler l’attention du
gouvernement et du Parlement sur un projet de texte.
➢ Pétition présentée par 500k personnes majeures
➢ LO de 2008 prévoit que les pétitions peuvent être proposées en ligne
➢ Si la pétition est recevable, le CESE s’engage à se prononcer dessus pour remettre un avis au gouvernement
et au parlement → pas de pouvoir d’initiative législative
Face aux dysfonctionnements relatifs à ces pétitions, le CESE s’autosaisit des questions soulevées.
3. Le renouvellement du CESE
LO 2021 modernise le CESE et réduit le nombre de membres. Elle renforce son rôle dans les consultations → sa
consultation permet au gouvernement d’éviter de consulter d’autres organes.
1. Les AAI
Ces institutions administratives sont même susceptibles d’apparaitre comme des institutions politiques car elles
sont responsables de politiques publiques.
La 1ère AAI remonte au régime de Vichy : Commission de contrôle des banques. L’expression « AAI » est utilisée
pour la 1e fois pour qualifier la CNIL (fin 80s).
AAI
- de régulation économique
- de protection des droits et libertés (DDD, CNIL)
Statut :
- « administrative » : procède de l’administration de l’Etat
- « indépendante » à l’égard du gouvernement (composition, financement)
4 fonctions :
✓ Pouvoir d’autorisation
✓ Pouvoir réglementaire (Conseil Constitutionnel, 1986 & 1989) : à portée limitée & doit être nécessaire à la
mise en œuvre de ses attributions
✓ Pouvoir de sanction : pas contraire à la séparation des pouvoirs tout pendant qu’il existe des garanties
nécessaires à la sauvegarde des droits de la défense et des droits et libertés constitutionnellement garantis
(Conseil Constitutionnel, 1986 & 1989)
✓ Pouvoir d’incitation : capacité d’orienter les comportements sans recourir à des normes juridiquement
sanctionnées (droit souple ; /!\ Fairvesta et Numéricable, CE, 2016 tmtc)
2. Un ombudsman à la française
« ombudsman » : terme d’origine suédoise. Haut fonctionnaire qui recevait les plaintes adressées au Roi. il jouissait
d’une pleine indépendance par rapport au Roi et à l’administration.
Le DDD succède à la fonction de médiateur de la République qui avait été crée en 1973. Le DDD est
constitutionnalisé : Titre XI bis, qui contient un seul article posant le principe de son existence et renvoie le reste à
des LO et lois ordinaires (2011).
Le DDD est une institution et la personne à sa tête : Claire Hédon depuis 2020.
• Nommé par le Président de la République par décret en CM
• Mandat de 6 ans non-renouvelable et non-révocable (garantie effective de l’indépendance)
• La nomination est soumise au Parlement : véto requiert majorité des 3/5e des commissions concernées
Le DDD jouit d’une indépendance constitutionnelle, ne reçoit aucune instruction et dispose d’une immunité pénale.
Sa fonction est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction.
- Rôle de protection des libertés contre des atteintes commises par des personnes publiques ou dans le cadre
d’un service public.
- Promotion des intérêts des droits de l’enfant
Le DDD peut être saisi par toute personne ou toute association qui s’estime lésée dans son domaine de compétence.
Il peut aussi s’autosaisir.
• Dispose de moyens d’investigation importants
• Seulement un pouvoir de recommandation et de formulation d’injonction
• Publication de rapports
• Saisine d’une autorité compétente pour engager des poursuites disciplinaires
La distinction entre les art 5C et 20C est insuffisante pour déterminer la pratique des institutions et appréhender
leurs rôles.
- Art 5C : Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le
fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. || Il est le garant de
l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.
- Art 20C : Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation.
➔ Cette distinction correspond aux débats qui ont eu lieu lors de la rédaction de la Constitution de 1958 qui
ont laissé la distinction entre les rôles du Président de la République et du PM assez floue.
➔ En pratique, la Ve République est marquée par la prééminence du Président de la République
Fait majoritaire : capacité d’un parti de réunir à lui seul une majorité de gouvernement.
➢ En situation de fait majoritaire, le gouvernement est issu directement du parti majoritaire à l’AN
➢ Cela tend à gommer la distinction entre les organes législatif et exécutif.
Lorsque que le parti majoritaire soutient l’action présidentielle, le Président de la République est dans une situation
de pouvoir qui lui est favorable. De facto, il apparait comme le chef de l’Etat mais aussi le véritable chef du
gouvernement ainsi que le chef de la majorité à l’AN. Il dispose d’une compétence accrue pour déterminer la
politique de la nation.
CDG est Président de la République de janvier 1959 à avril 1969. Sa pratique constitutionnelle est marquée par 3
traits :
✓ Effacement du Parlement
o Les députés gaullistes ont été élus sur une ligne politique claire : le soutien à CDG
o La seule motion de censure de la Ve République a été votée en octobre 1962 après que CDG a
voulu instaurer l’élection du Président de la République au SUD. Après la dissolution, la nouvelle
AN élue contient une majorité relative de gaullistes et des soutiens forts.
✓ Affirmation de la prépondérance présidentielle : subordination du gouvernement au Président de la
République
o Le Président de la République nomme le PM et les autres membres du gouvernement.
o Il peut aussi décider de changer de PM et/ou de ministres (1962 : gouvernement Debré remplacé
par gouvernement Pompidou)
o Domaine réservé : politique étrangère, défense, nucléaire, etc.
✓ Relation directe entre le peuple et le Président de la République
o CDG prend l’habitude de s’adresser directement aux Français : radio, télévision, conférence de
presse. Ces tendances perdurent après lui.
o Consultation du peuple grâce au référendum (marque un soutien populaire)
Les institutions instaurées par CDG perdurent et se consolident avec ses successeurs.
Dans les présidences de Pompidou et VGE, on observe une continuité des rapports entre Président de la République
et PM.
• 1972 : Chaban-Delmas accepte de démissionner sous Pompidou
• 1976 : Chirac démissionne sous VGE
La pratique référendaire est abandonnée même si les prérogatives présidentielles demeurent → disproportion entre
les prérogatives du Président de la République et l’absence de responsabilité politique)
En dehors des périodes de cohabitation, peu importe la couleur politique du Président de la République, la tendance
présidentialiste demeure.
❖ Cohabitation
Hypothèse dans laquelle il existe une majorité de gouvernement à l’AN qui s’oppose à la majorité présidentielle
La période de cohabitation ne remet pas en cause les périodes de fait majoritaire : les partis, même opposés à la
majorité présidentielle, sont capables de former une majorité de gouvernement.
Dans l’exécutif, la dyarchie est plus marquée : le Président de la République est obligé de nommer un PM qui lui
est opposé politiquement afin de garantir que l’AN accorde sa confiance au gouvernement.
3 alternances :
✓ 1986-1988 : Mitterrand / Chirac
✓ 1993-1995 : Mitterrand / Balladur
✓ 1997-2002 : Chirac / Jospin
o Suite à une dissolution de l’AN par Chirac dans l’objectif de prolonger sa majorité jusqu’à la fin de
son mandat.
o L’AN élue lui est défavorable.
Le Président de la République ne dispose que d’une majorité relative à l’AN : le gouvernement soutient l’action du
Président de la République mais il est minoritaire, c'est-à-dire qu’il fait face à une opposition majoritaire à l’AN.
Or, cette opposition est divisée, de sorte qu’elle est incapable de former une majorité de gouvernement.
Le Président de la République demeure chef de l’Etat, chef du gouvernement et chef de la majorité parlementaire.
Mais la majorité parlementaire étant faible, il lui est plus difficile d’imposer ses choix.
➢ La dévalorisation du Parlement est renforcée car accroissement des procédés qui permettent de le
contourner (ordonnances, 49.3, …)
Domaine réservé (J. Chaban-Delmas) : compétences exercées directement par le Président de la République dans
certains domaines qu’il a choisi. Ce domaine réservé est restreint en période de cohabitation.
Dans la tradition constitutionnelle française, la participation à la fonction législative est en lien direct avec l’exercice
de la souveraineté. La tradition légicentriste fait de la loi l’expression de la volonté générale.
Progressivement, la loi perd en prestige car elle est perçue comme l’instrument du Parlement → amoindrissement
de la loi :
- Limitation du domaine d’intervention du parlement
- Accroissement du rôle de l’exécutif dans la procédure législatif
A. La dévalorisation de la loi
1. Le domaine de la loi
Jusqu’en 1958, le champ de la loi était illimité : le pouvoir législatif pouvait intervenir dans n’importe quelle matière
et descendre dans le détail autant qu’il le souhaitait. Le constituant de 1958 a voulu encadrer le pouvoir législatif en
L’objectif était de faire intervenir le Parlement dans les matières les plus importantes et permettre à l’exécutif de
gérer les domaines les plus techniques.
➢ Art 34C : domaine d’attribution du législateur (+ dispositions constitutionnelles éparses)
o Loi fixe des règles : compétence intégralement régie par le législateur
o Loi fixe des principes fondamentaux : partage entre la loi et le règlement
Des mesures existent pour mettre en œuvre la distinction pouvoir législatif / pouvoir exécutif :
✓ Irrecevabilité (art 41C) : S'il apparaît au cours de la procédure législative qu'une proposition ou un
amendement n'est pas du domaine de la loi ou est contraire à une délégation accordée en vertu de l'article
38, le Gouvernement ou le président de l'assemblée saisie peut opposer l'irrecevabilité. En cas de désaccord
entre le Gouvernement et le Président de l'Assemblée intéressée, le Conseil constitutionnel statue dans un
délai de huit jours.
o Cette procédure est employée relativement fréquemment, sans qu’il y ait besoin de saisir le Conseil
Constitutionnel.
✓ Procédure de déclassement : le gouvernement peut obtenir le déclassement d’une loi votée dans le
domaine du règlement afin de modifier le texte par un acte réglementaire.
o Texte antérieur à 1958 : modification possible par décret après avis du CE
o Texte postérieur à 1958 : modification possible après une décision de déclassement du Conseil
Constitutionnel
En 1958, la restriction matérielle du domaine de la loi marquait une innovation considérable qui renforçait le pouvoir
de l’exécutif. En fait, l’importance de cette innovation doit être relativisée :
➢ Facteur juridique : Conseil Constitutionnel donne une interprétation limitée de l’art34C et de son contrôle
o Décision n°82-143 DC, 30.07.1982, Blocage des prix : la Constitution n’a pas entendu frapper
d’inconstitutionnalité une disposition de nature réglementaire contenue dans la loi
o Le gouvernement dispose de prérogatives qui lui permettent de s’opposer à un texte qui empiète
sur le domaine réglementaire.
➢ Facteur politique : le fait majoritaire altère la conflictualité entre les organes. Dès lors que les majorités sont
concordantes, la distinction des domaines réglementaire et législatif n’est pas essentielle à la rationalisation
du parlementarisme.
2. La concurrence de la loi
Relativisation de la place de la loi sous la Ve République en raison d’une concurrence normative interne et externe.
Des normes d’origine interne occupent une place qui était prise par la loi jusqu’alors :
• Concurrence par le bas par les normes réglementaires
• Concurrence par le haut par les normes constitutionnelles (développement du contrôle de
constitutionnalité)
o Décision n°85-197 DC, 13.08.1985, Loi sur l’évolution de la Nouvelle-Calédonie : la loi
n’exprimer la volonté générale que dans le respect de la Constitution
• Concurrence par le droit souple : utilisation d’un discours normatif pour orienter les comportements sans
recours à la sanction
Règlement : acte de portée générale d’une autorité administrative (définition organique). Malgré son caractère
administratif, le règlement a une portée politique importante.
2021 :
• 157 textes législatifs → 76 lois & 91 ordonnances
• 680 décrets en CE
• 1105 décrets simples
Domaine du règlement : art 37C : Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ont un caractère
réglementaire.
3 types de règlements :
✓ Pouvoir réglementaire autonome : exercé dans des matières étrangères au domaine de la loi
✓ Pouvoir réglementaire semi-autonome : exercé dans les matières pour lesquelles la loi détermine les
principes fondamentaux
✓ Pouvoir réglementaire d’application des lois : exercé dans les matières dans lesquelles la loi fixe les règles
pour en assurer l’exécution
Cette distinction n’est pas très pertinente en droit car elle n’est pas à l’origine de véritables différences de régimes
juridiques. L’administration est toujours soumise au principe de légalité donc un règlement ne peut être contraire à
la loi. Ainsi, la répartition des compétences entre le législateur et le pouvoir réglementaire s’opère presque toujours
de la même manière : l’élaboration des règles essentielles et leur mise en cause nécessite l’intervention du
législateur. La mise en œuvre de ces règles requiert l’intervention du pouvoir réglementaire.
Le pouvoir réglementaire peut quand même être délégué aux ministres → art 21C : le PM peut déléguer certains de
ses pouvoirs aux ministres.
➢ Un ministre peut être habilité à prendre un certain type de mesures par le PM ou par la loi
L’existence des collectivités infraétatiques ne doivent pas pouvoir porter atteinte aux principes d’égalité,
d’indivisibilité et d’unité. Dès lors, l’habilitation des collectivités territoriales par le législateur doit être limitée et
finalisée au regard de l’intérêt public local : une collectivité locale ne peut exercer un pouvoir réglementaire que
dans le cadre des missions qui lui ont été attribuées.
Nature ambivalente du règlement : acte administratif & source du droit → des règles (forme & fond) à respecter :
• Pour ne pas bouleverser les situations juridiques & assurer la soumission de l’administration au principe de
légalité
• Pour permettre sa production par l’administration
II – La procédure législative
Critiques sur la lenteur de la procédure législative, qui ne permettrait pas de suffisamment débattre du fond de la
loi.
La dichotomie des organes exécutif/législatif à travers le gouvernement et le parlement est assez inappropriée quand
il s’agit de parler de la procédure législative : elle est un exercice conjoint entre le gouvernement et le parlement.
On préfère donc un clivage majorité/opposition, que la révision de 2008 avait mis en lumière en octroyant des droits
spécifiques à l’opposition.
Art 39C : « L'initiative des lois appartient concurremment au Premier ministre et aux membres du Parlement. »
➢ Egalité théorique à nuancer
➢ En fait, moins de la moitié des lois définitivement adoptées sont issues de propositions de loi
a) La prédominance du gouvernement
Le projet est préparé au sein des ministères par les administrations centrales et les cabinets. Les réunions
interministérielles (RIM) permettent de faire des arbitrages.
L’art 39C, al1 accorde l’initiative des lois au PM mais ne tient pas compte de la place du Président de la République.
➢ Or, en al2 il précise : « Les projets de loi sont délibérés en conseil des ministres », lequel est présidé par
le Président de la République
➢ Le PM dispose du choix de saisir en 1ère lecture l’une ou l’autre des chambres.
Art 48, al1 : « L'ordre du jour est fixé par chaque assemblée. »
• /!\ al2 : « Deux semaines de séance sur quatre sont réservées par priorité, et dans l'ordre que le
Gouvernement a fixé, à l'examen des textes et aux débats dont il demande l'inscription à l'ordre du jour. »
➔ La moitié de l’ordre du jour des assemblées est fixée par le gouvernement
La LO 2009 prévoyait qu’une étude d’impact devait être mise en œuvre dès le début de l’élaboration de la loi. Le
Conseil Constitutionnel a censuré cette disposition donc a substantiellement réduit l’utilité de l’étude d’impact, qui
peut désormais être réalisée a posteriori pour justifier des choix politiques du gouvernement.
La procédure spéciale destinée à sanctionner l’insuffisance des études d’impact est limitée : la Conférence des
présidents de la 1ère chambre saisie peut refuser de l’inscrire à l’ordre du jour un projet dont l’étude d’impact n’est
pas satisfaisante. Ça arrive rarement en raison de la coïncidence des majorités.
Un projet de loi est achevé par la délibération en Conseil des ministres (principe de solidarité et d’unité
gouvernementale).
Art 48C : « Un jour de séance par mois est réservé à un ordre du jour arrêté par chaque assemblée à l'initiative
des groupes d'opposition de l'assemblée intéressée ainsi qu'à celle des groupes minoritaires. »
Le dépôt des propositions de loi n’est pas soumis à des conditions de forme. Les conditions de recevabilité sont les
mêmes que celles des amendements.
La révision de 2008 permet au président d'une assemblée de soumettre pour avis au Conseil d'État une proposition
de loi déposée par l'un des membres de cette assemblée, sauf si ce dernier s'y oppose (art 39C).
➢ Permet de revaloriser l’initiative parlementaire en faisant naitre des propositions de loi plus solides,
appuyées sur l’avis du CE
En 2021, 814 articles ont été mis au dépôt et 1720 articles ont été promulgués.
➔ Le nombre d’articles contenus dans les textes de loi augmente de plus de 100% entre le dépôt et l’adoption
1. Le droit d’amendement
Partage du droit d’amendement entre gouvernement et parlement. Règles fixées par le règlement des assemblées.
Des garanties : art 45C : « Tout amendement est recevable en première lecture dès lors qu'il présente un lien,
même indirect, avec le texte déposé ou transmis »
2 limites de fond sur les amendements des parlementaires (et les propositions de loi) :
- Irrecevabilité d’un amendement qui ne relève pas du domaine de la loi (art 41C)
- Art 40C : « Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables
lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la
création ou l'aggravation d'une charge publique. »
o Le contrôle de la recevabilité financière est examiné par les commissions et peut être opposé à tout
moment de la procédure législatif par le gouvernement ou un parlementaire
o Eviter le démagogisme parlementaire
o Recentrer les discussions financières autour des LF et LFSS
Doit permettre la tenue d’un débat démocratique avec des convictions diverses et opposées tout en garantissant une
efficacité permettant d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics.
1. La procédure normale
❖ Travail en commission
Le texte est envoyé à une commission permanente de l’assemblée saisie. Sur demande, il peut être envoyé à une
commission spéciale.
La révision de 2008 permet d’examiner en séance plénière le texte issu de la commission → modification du
rapport de force entre le gouvernement et la commission. Si le gouvernement souhaite rétablir son texte originel, il
doit le faire par voie d’amendements adoptés en séance plénière.
La commission contient un rapporteur qui organise les débats et produit un rapport sur le texte.
La discussion générale ne donne pas lieu à un vote, sauf si le gouvernement ou un parlementaire dépose une motion
de procédure (pour différer l’examen du texte) → 3 motions de procédure :
✓ Renvoi en commission : le texte n’a pas été bien préparé en commission
✓ Exception d’irrecevabilité : faire reconnaitre que le texte est inconstitutionnel ou qu’il n’y a pas lieu à
délibérer de cette question
✓ Question préalable : faire reconnaitre qu’il n’y a pas lieu de délibérer sur un texte pour des motifs
d’opportunité politique
➔ Depuis 2009, l’exception d’irrecevabilité et la question préalable ont été fusionnées dans le mécanisme de
motion de rejet préalable, limité à une mise en œuvre par discussion.
Puis discussion article par article et des amendements qui s’y réfèrent :
• Les parlementaires peuvent s’inscrire pour 2 minutes dans la discussion d’un article
• Après l’examen du dernier amendement, la chambre vote sur tous les articles et amendements
A la demande du gouvernement ou d’une commission, il peut y avoir une seconde délibération sur tout ou partie du
texte.
Ensuite vote général : le président de la séance met aux voix l’ensemble du texte à voter
➢ Ce vote peut être éventuellement précédé d’une explication de vote par un orateur de chaque groupe
parlementaire pendant 5 minutes
Le texte effectue des allers-retours entre l’AN et le Sénat afin d’obtenir un texte identique. Au cours de la navette,
la chambre statue sur le texte adopté par l’autre assemblée. S’il est adopté dans les mêmes termes, il est
définitivement voté. Si des modifications sont apportées, le texte est renvoyé.
Dans l’objectif de limiter le temps passé sur la délibération, le débat est concentré : après la 2nde lecture, les seuls
amendements recevables doivent être en lien direct avec les articles encore en débat
❖ Promulgation
Acte par lequel le Président de la République constate que la loi a été adoptée selon les formes prescrites par la
Constitution et donne à toutes les autorités d’appliquer et de faire appliquer cette loi.
Art 10C : « Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au
Gouvernement de la loi définitivement adoptée. »
➢ La doctrine considère qu’il s’agit d’une compétence liée : il a l’obligation de promulguer la loi
➢ Le délai de 15 jours est prolongé en cas de saisine du Conseil Constitutionnel
Le Président de la République peut demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de
ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée.
• Compétence soumise au contreseing
La loi entre en vigueur au lendemain de la publication au JO ou à une date ultérieure qu’elle fixe.
Obstruction : détournement du droit d’amendement employé par un groupe d’opposition qui en dépose des
centaines en vue de faire dérailler la procédure d’adoption.
La procédure accélérée ne peut être mise en œuvre si la Conférence des présidents des deux assemblées s’y sont
opposés.
Depuis les 2 dernières législatives, la procédure accélérée est devenue le mode normal d’adoption de la loi.
Une LO prévoit la possibilité pour les règlements des assemblées d’instaurer une procédure fixant des limites de
temps pour l’examen des textes.
• Le Sénat ne prévoit pas ce mécanisme tandis que l’AN oui.
En principe, chaque amendement déposé fait l’objet d’une discussion et d’un vote.
➔ Si le gouvernement souhaite empêcher l’assemblée de se prononcer sur un amendement, il peut déclencher
la procédure du vote bloqué
➔ L’assemblée vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés
par le gouvernement.
➔ Soit elle rejette le texte, soit elle accepte un texte peu modifié.
Pour le gouvernement, cette procédure est facile à mettre en œuvre et assez souple.
Si le vote bloqué empêche l’assemblée de voter sur les amendements que le gouvernement n’a pas retenus, il ne fait
pas obstacle à la discussion de chacun des amendements.
Permet de faire adopter un texte sans vote en mettant en jeu la responsabilité du gouvernement sur un texte : le texte
est rejeté si l’AN adopte une motion de censure.
Voir infra
Lois directement prévues par la Constitution pour en préciser les modalités d’application
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Dernier mot pour l’AN, à condition qu’il soit adopté à la majorité absolue des membres de l’AN
Ordonnances (art 38C) : procédé qui permet au parlement de déléguer au gouvernement l’exercice de ses
compétences pour lui confier le soin de prendre des mesures qui relèvent du domaine de la loi
Entre 1958 et 2002, seulement 38 lois d’habilitation avaient permis l’adoption de 262 ordonnances. Le rythme
d’adoption d’ordonnances explose.
Il y a donc plus d’ordonnances adoptées que de lois. Toutefois, les ordonnances sont plus techniques que les lois.
A. La procédure
1. L’habilitation
« Le Gouvernement peut, pour l'exécution de son programme, demander au Parlement l'autorisation de prendre par
ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. »
➢ Initiative gouvernementale
L’habilitation peut être insérée dans un projet de loi plus large. Elle peut aussi être introduite a posteriori par la voie
d’un amendement gouvernemental.
2. L’ordonnance
« Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres après avis du CE. »
- La loi d’habilitation est impersonnelle : elle peut survivre à un gouvernement et à une législature.
- Le gouvernement n’a pas l’obligation de prendre des mesures par ordonnances et peut même renoncer à
l’habilitation.
- L’avis du CE sur les ordonnances est obligatoire. Pas rendu public mais suivi par le gouvernement.
- Délibération en Conseil des ministres puis signature par le Président de la République.
Période de cohabitation : le Président de la République n’est pas tenu de signer les ordonnances (Mitterrand)
3. La ratification de l’ordonnance
« Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n'est pas
déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d'habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière
expresse. »
➢ Le simple dépôt, sans discussion, suffit à ce que l’ordonnance ne soit pas atteindre de caducité
➢ Ratification expresse (auparavant, elle pouvait être implicite)
L’ordonnance est un acte juridique hybride qui emprunte au règlement (organique : gouvernement) et à la loi
(matériel : domaine législatif).
Le juge administratif fait prévaloir le critère organique : l’ordonnance est un acte réglementaire car émane d’une
autorité administrative → le juge administratif est compétent pour en contrôler la légalité. Traditionnellement, la
contestation des ordonnances revenait au juge administratif.
L’ordonnance perd son caractère réglementaire dès la promulgation de la ratification. Dès lors, la compétence du
juge administratif cesse.
1. L’ordonnance non-ratifiée
L’ordonnance est prise sur le fondement d’une loi d’habilitation qui habilite provisoirement le pouvoir
réglementaire à prendre des mesures qui relèvent du domaine de la loi. A l’expiration du délai d’habilitation, la
Problème : il peut y avoir une période transitoire pendant laquelle le délai d’habilitation a expiré mais l’ordonnance
n’est pas encore ratifiée.
➢ Elles ne peuvent donc plus être modifiées par le pouvoir réglementaire
➢ Mais ne sont pas non plus formellement des lois.
Par la décision n°2020-851/852 QPC du 3 juillet 2020, le Conseil Constitutionnel a pris le pouvoir sur le
contentieux des ordonnances non-ratifiées.
➔ Il estime que les dispositions d’une ordonnance qui relèvent du domaine de la loi entrent, dès l’expiration
du délai d’habilitation, dans les prévisions de l’art 61-1C (QPC)
➔ Le Conseil Constitutionnel peut donc contrôler la constitutionnalité des ordonnances même si elles n’ont
pas été ratifiées.
➔ Le juge administratif reste compétent pour le reste du contrôle des ordonnances (ce qui ne relève pas d’une
atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit)
2. L’ordonnance ratifiée
En 1958, la Constitution n’attribue au Parlement que la fonction législative. Aujourd'hui, on observe que la
participation à la souveraineté se traduit par la participation à la fonction gouvernementale (renforcement de
l’exécutif). La révision de 2008 renforce le rôle du Parlement, face au déclin du prestige de la loi.
➢ Art 24C : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques
publiques. »
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I – La conduite des relations extérieures et de la défense nationale
Les relations extérieures et la défense nationale sont les grands domaines de l’exécutif : fonction fédérative (J.
Locke).
• Le Président de la République prend une place conséquente dans la conduite des relations extérieures
• Même si les services administratifs relèvent du MAE et de la Défense
➔ Domaine réservé du Président de la République
A. La défense
En matière de défense nationale, les premiers rôles reviennent d’abord au Président de la République puis au
gouvernement
➢ Art 15C : « Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et comités
supérieurs de la Défense nationale. »
➢ Cet article est mis en œuvre dans le Code de la défense par des décrets en Conseil des ministres
o Régime spécifique de la dissuasion nucléaire
Le Parlement a quand même son mot à dire dans la conduite des politiques de défense.
Révision 2008 : nouveau régime pour associer davantage le Parlement à la guerre moderne → nouvel art 35C :
➢ Le déclenchement de l’intervention militaire reste une prérogative de l’exécutif (rapidité, surprise, …)
➢ Obligation d’information du Parlement, 3 jours après le début de l’intervention → donne lieu à un débat
sans vote
o Le Parlement ne peut pas s’opposer directement à une intervention à l’étranger
o L’autorisation est toutefois requise si l’opération dépasse une durée de 4 mois
En matière de renseignement, il existe une Délégation parlementaire au renseignement (loi du 9 octobre 2007)
• 8 membres : 4 députés & 4 sénateurs, habilités au secret
• Mission : contrôler l’action du gouvernement en matière de renseignement et évaluer les politiques
publiques dans ce domaine
B. La diplomatie
Plusieurs OI constituent en leur sein une assemblée parlementaire, composée de parlementaires nationaux :
- Ex : Conseil de l’Europe, OTAN, OSCE
Les conventions internationales qui les instituent peuvent confier un rôle pas uniquement consultatif à ces
assemblées parlementaires.
➢ L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe dispose de pouvoirs d’enquête et de compétences
propres :
o Election de postes importants au Conseil de l’Europe (Commissaire aux droits de l’Homme,
Secrétaire général)
o Election des juges à la CourEDH (qualification & indépendance)
b) La participation autonome
Il existe des commissions bilatérales permanentes entre Parlement français et parlements étrangers :
• Chine
• Russie
• Algérie
Art 52C : « Le Président de la République négocie et ratifie les traités. » → rôle principal
• Pouvoir partagé (Président de la République/gouvernement) : la négociation du traité s’effectue en accord
avec le gouvernement
• Le Président de la République a besoin du contreseing du PM pour la ratification du traité
Art 54C : saisine du Conseil Constitutionnel par les grandes autorités de l’Etat préalablement à la ratification d’un
traité. Si le traité comporte des clauses contraires à la Constitution, la ratification ne peut intervenir qu’après révision
de la Constitution.
II – La direction de l’administration
Depuis la révision de 2008, le Parlement se voit reconnaitre davantage de prérogative en matière d’administration.
Le gouvernement dispose de l’administration (art 20C) et le PM dispose du pouvoir réglementaire (art 21C).
Les moyens d’Etat sont donc aux mains du gouvernement.
1. Nominations
Encadrement des nominations les plus importantes effectuées par le Président de la République (révision 2008)
➢ Art 13C, al5 : Une LO détermine les emplois ou fonctions, autres que ceux mentionnés au troisième alinéa,
pour lesquels, en raison de leur importance pour la garantie des droits et libertés ou la vie économique
et sociale de la Nation, le pouvoir de nomination du Président de la République s'exerce après avis public
de la commission permanente compétente de chaque assemblée. Le Président de la République ne peut
procéder à une nomination lorsque l'addition des votes négatifs dans chaque commission représente au
moins trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions. La loi détermine les
commissions permanentes compétentes selon les emplois ou fonctions concernés.
Cet article est inspiré de la Constitution étatsunienne : le Sénat a la faculté de s’opposer aux nominations du POTUS.
Toutefois, en comparaison, le champ d’action est limité :
• Portée réduite du contrôle : ne concerne pas toutes les nominations
• Participation égale du Sénat et de l’AN
• Le Président de la République n’est pas lié par une majorité d’avis défavorable : majorité qualifiée des 3/5e
Rôle informatif du Parlement : ensemble des procédures de contrôle qui n’entrainent aucune sanction à l’égard du
gouvernement
➢ Le Parlement développe ses fonctions extra-législatives sans mettre en cause la responsabilité du
gouvernement
a) Questions au gouvernement
❖ Questions écrites
Les parlementaires utilisent souvent cette procédure pour relayer des questions propres aux électeurs de leur
circonscription, même s’ils ne peuvent pas nommer directement un cas particulier.
La réponse des ministres a souvent une faible portée politique car élaborée par les services administratifs du
ministère : rappel des actions entreprises par le gouvernement sur le sujet & rappel du droit applicable.
❖ Questions orales
Art 48C, al6 : « Une séance par semaine au moins, y compris pendant les sessions extraordinaires prévues à l'article
29, est réservée par priorité aux questions des membres du Parlement et aux réponses du Gouvernement. »
Le temps disponible pour les questions orales est réparti entre les groupes politiques, proportionnellement à leur
effectif et en veillant à ce que l’opposition dispose d’un temps égal à la majorité.
Commissions d’enquête :
- Rôle d’information : approfondir une question et faire apparaitre les réformes nécessaires
- Création relève de l’initiative parlementaire : proposition de résolution déposée par un parlementaire
expose les motifs et l’objet de la commission
- Chaque président de groupe d’opposition ou minoritaire obtient de droit, une fois par session ordinaire, le
droit de créer une commission d’enquête
- La mise en œuvre d’une commission d’enquête est impossible quand les faits qu’elle concerne ont donné
lieu à des poursuites judiciaires. L’existence de poursuites pénales n’interdit pas la création d’une
commission d’enquête mais restreint son champ d’investigation aux faits n’ayant pas donné lieu à
poursuites (ex : affaire Benalla)
La commission d’enquête prend fin avec le dépôt du rapport et au plus tard après un délai de 6 mois suivant la
résolution qui l’a créée.
➢ S’appuie sur une investigation poussée, reposant sur des droits propres : droit de citation directe, serment,
obligation de déposer (pas de droit au silence). Ces droits et obligations sont assorties de sanctions pénales.
➢ Pouvoirs spécifiques pour les rapporteurs : exercent leur mission sur pièce et sur place, reçoivent tous les
documents nécessaires (sauf ceux qui relèvent du secret)
➢ Peut s’appuyer sur l’apport de la Cour des comptes, laquelle peut même procéder à des enquêtes sur
demande d’une commission d’enquête.
➢ Audition publique, même si les commissions peuvent choisir de se placer sous le régime du secret
➢ Commission formule des conclusions présentées dans un rapport
o Publié
o Pas de contrainte juridique
o Orientation de la politique gouvernementale : critique de l’action publique menée dans le domaine
concerné & pistes de réforme
c) Proposition de résolution
Résolution : texte adopté par une assemblée parlementaire en dehors de la procédure législative
• Organisation ou fonctionnement de la chambre (commission d’enquête, modification du règlement)
• Proclamation de principe pour infléchir ou orienter la politique gouvernementale
o 1959 : le Conseil Constitutionnel estime, à l’occasion du contrôle de la conformité des règlements
intérieurs à la Constitution, que de telles résolutions étaient inconstitutionnelles car atteinte à
l’équilibre parlement/gouvernement
o Petit à petit, la possibilité de voter des résolutions s’élargit.
o 2008 : elle est complétement rétablie dans l’art 34-1C
Art 34-1C : « Les assemblées peuvent voter des résolutions dans les conditions fixées par la LO. || Sont
irrecevables et ne peuvent être inscrites à l'ordre du jour les propositions de résolution dont le Gouvernement estime
que leur adoption ou leur rejet serait de nature à mettre en cause sa responsabilité ou qu'elles contiennent des
injonctions à son égard. »
➢ Rédaction prudente et restrictive
➢ Place importante accordée à l’opinion du gouvernement
➔ Relativiser l’utilité de l’instrument
Beaucoup de propositions de résolutions sont déposées mais rarement inscrites à l’ordre du jour.
Approche économique et managériale de l’Etat et des institutions → évaluation des politiques publiques :
rechercher, à l’aide d’indicateurs de performance, si les moyens juridiques, administratifs et financiers mis en
œuvre ont produit les effets attendus de la politique mise en œuvre et ont permis la réalisation de ses objectifs.
Au sein des commissions permanentes, il est possible de créer des groupes de travail chargés du suivi d’une
politique spécifique.
Des prérogatives propres sont reconnues aux parlementaires dans ce cadre (ex : droit de visite en prison)
L’Etat central est concurrencé par d’autres organisations : la loi doit composer avec d’autres sources du droit
• Concurrence par le haut : normes internationales
• Concurrence par le bas : normes locales
Depuis la WW2, le droit international se développe : multiplication de traités et conventions internationales &
instauration de multiples institutions de coopération (OTAN, OMC, ONU).
Du point de vue normatif, la Constitution française accorde une place particulière au droit international mais encore
plus au droit communautaire.
Compétences larges attribuées par les traités constitutifs : compétences exclusives & compétences partagées. Les
institutions de l’UE produisent du droit dérivé (règlements & directives).
A. La Commission européenne
La Commission
✓ Dirige les administrations européennes
✓ Peut demander des comptes aux Etats
✓ Joue un rôle dans la négociation des accords externes à l’UE
Doit valider la plupart des décisions de l’UE. Réunit les ministres compétents des exécutifs nationaux.
❖ Conseil européen
Animé par le président du Conseil européen, élu à la majorité qualifiée par le Conseil européen pour 2 ans
renouvelables.
Prend des orientations politiques qui doivent ensuite être mises en œuvre : rôle d’impulsion.
Décisions prises par consensus, dans la mesure du possible. En cas de vote, système de vote à majorité qualifiée
en fonction de la taille des Etats et de leur population.
C. Le Parlement européen
705 membres, élus pour 5 ans renouvelable. Mode de scrutin proportionnel. Organisation par groupe politique.
➢ Minimum : 6 députés
➢ Maximum : 96 députés
Organe de nature politique au sein duquel les groupes parlementaires disposent de prérogatives importantes dans le
cadre de la procédure législative.
Contrôle des politiques de l’UE : questions orales adressées à la Commission et au Conseil des ministres &
commissions d’enquête
Dans certains domaines, le Parlement européen rend des avis. Dans d’autres, il doit approuver ce qui a été conclu
par la Commission. Enfin, il peut aussi exercer ses pouvoirs via la procédure législative ordinaire.
• Procédure législative déclenchée par la Commission (initiative)
• 1ère lecture : texte soumis au Parlement et au Conseil qui acceptent ou rejettent la proposition
• Parlement peut proposer des amendements qui doivent être communiqués à la Commission
Cet ordre juridictionnel à part entière joue un rôle important dans le développement de l’UE.
27 juges
II – La République et l’UE
Le développement du DUE et la place prise par les institutions soulèvent des questions en droit constitutionnel,
observables à travers les rapports entre la République et l’UE.
➢ Le Brexit rappelle que l’UE n’est pas une fédération : les Etats qui en sont membres disposent de leur
souveraineté et peuvent donc décider de la quitter (art 50 TUE).
➢ L’UE est toutefois habilitée à exercer des prérogatives de souveraineté qui lui ont été confiées par les
Etats : si elle n’est pas une entité fédérale, elle n’est pas non plus une OI classique. Il est difficile de définir
sa nature.
➢ Elle développe en son sein une forme de parlementarisme et de citoyenneté.
Dans ce cadre, la place de l’UE au sein des institutions françaises a pu apparaitre ambivalente : il existe une tension
entre la suprématie de la Constitution dans l’ordre interne et le principe de primauté du DUE.
• La Constitution française est révisée plusieurs fois pour permettre l’application du DUE.
• Conseil Constitutionnel, décision Maastricht I, 1992 : ajoute à l’art 54C que les traités ne peuvent porter
atteinte aux conditions essentielles de l’exercice de la souveraineté nationale
Les entités locales sont une autre grande source de pouvoir. Elles exercent des pouvoirs substantiels.
➢ Existence consacrée par le Titre XII de la Constitution :
o Collectivités territoriales métropolitaines (art 72C)
o Collectivités d’outre-mer & collectivités à statut particulier
Tension forte entre l’Etat et les collectivités territoriales (ex : actu : association des maires de France en colère
contre l’Etat, etc.) → des grands principes en opposition :
✓ Principe d’unité de l’Etat et d’indivisibilité de la République
✓ Principe de libre administration des collectivités territoriales et respect des libertés locales
➔ Instabilité des rapports entre l’Etat et les collectivités territoriales.
On tend quand même vers un renforcement de la décentralisation, mais paradoxe : la décentralisation demeure dans
les mains de l’Etat (c’est lui qui décide de la décentralisation).
Décentralisation
• fonctionnelle : attribution de compétences à une personne publique différente de l’Etat, ou pas soumise
au pouvoir hiérarchique du gouvernement (ex : AAI) → démembrements de l’Etat
• territoriale : transfert de compétences de l’Etat à une collectivité territoriale dotée de la personnalité
morale
Collectivité territoriale : personne morale de droit public dirigée par un conseil élu exerçant une compétence
générale au sein d’un ressort territorial limité
• Art 72C : « Les collectivités territoriales de la République sont les communes, les départements, les
régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d'outre-mer régies par l'art 74 »
• Compétence générale : vocation des collectivités territoriales à régler toute affaire présentant un intérêt
public local correspondant à leur échelon.
o Cette clause générale de compétence a été supprimée des textes pour le département et la région
mais persiste pour la commune. En pratique, elle subsiste.
Le mode principal d’attribution des compétences à une collectivité territoriale est l’habilitation législative : le
législateur détermine les compétences des collectivités territoriales. La plupart des compétences qu’elles exercent
sont donc des compétences d’attribution.
➢ Explique le nombre de lois intervenues dans ce domaine
➢ Respecte le principe d’unité de l’Etat car le Parlement reste maître des compétences accordées aux
collectivités territoriales.
3 échelons :
✓ Communes
✓ Départements
✓ Régions
➔ Au gré des différentes réformes de la décentralisation, on y ajoute des échelons intermédiaires : EPCI
(intercommunalité & métropoles)
❖ Acte III
Notion pas unanime, cet acte III correspondrait aux réformes du quinquennat Hollande
2 objectifs :
- Simplification des structures existantes
- Clarification des modalités d’exercice des compétences
3 lois :
- Loi MAPTAM, 2014
- Loi relative à la délimitation des régions, 2015
- Loi NOTRE, 2015
➔ Rationaliser la carte des territoires
Sous Macron, des lois ont l’objectif d’approfondir les précédentes réformes
• 2019 : loi relative à l’engagement dans la vie locale (qui vient modifier des dispositions de la loi NOTRE)
• 2022 : loi 3DS (différenciation, décentralisation, déconcentration), texte fourre-tout et technique
Les rapports entre l’Etat et les collectivités territoriales sont marqués par une tension importante à cause de la
contradiction des principes d’unité et de libre administration.
➢ La révision constitutionnelle de 2003 met ces tensions en lumière :
o Art 1C : « La France est une République indivisible[…]. Son organisation est décentralisée. »
o Ambivalence intrinsèque à la décentralisation
o L’Etat reste le maitre des collectivités qui le composent
La France reste un Etat unitaire malgré les politiques de décentralisation. En son sein, les rapports entre l’Etat et les
collectivités territoriales ne sont ni libres ni égaux.
Le principe de libre administration des collectivités territoriales comprend 2 dimensions (forme & fond)
• Dimension formelle :
o Règle de répartition des compétences entre la loi et le règlement → institue comme une garantie
que revient à la loi la détermination des principes fondamentaux de la libre administration des
collectivités territoriales, de leurs compétences et de leurs ressources
o Organiquement : les collectivités territoriales sont administrées par des conseils élus
• Dimension matérielle : les collectivités territoriales doivent être dotées d’attributions effectives
o Pour que les collectivités territoriales aient des attributions effectives, le principe de libre
administration des collectivités territoriales est associé à un volet financier, qui reprend le principe
de compensation : les collectivités territoriales doivent être dotées des ressources suffisantes pour
exercer les missions que l’Etat leur confie
Art 72C : « Dans les collectivités territoriales de la République, le représentant de l'Etat, représentant de chacun
des membres du Gouvernement, a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois. »
➔ Le préfet contrôle les collectivités territoriales
Il peut ainsi contrôler les actes des collectivités territoriales : s’il doute de la légalité d’un acte, il peut le déférer au
TA afin que l’acte soit annulé.
Il exerce aussi un contrôle budgétaire : il peut prendre le contrôle des finances d’une collectivité dont le budget est
illégal.
B. L’absence d’égalité
Pas d’égalité entre l’Etat et les collectivités territoriales : l’Etat régit la décentralisation.
➢ Ex : délimitation des régions → nouveau découpage régional élaboré sans consultation locale.
La loi 3DS développe l’idée d’une contractualisation des dépenses locales & d’une différenciation qui doit permettre
aux collectivités territoriales d’adapter leur fonctionnement et leurs compétences en fonction de l’intérêt local et
des différences objectives.
Les rapports entre l’Etat et les collectivités territoriales sont des rapports de subordination, tempérée par la recherche
de légitimité menée par l’Etat.
Ces collectivités relèvent du droit commun des collectivités territoriales. Elles sont à la fois département & région.
Dans certains cas, les compétences de la région et du département sont fusionnées au sein des mêmes organes.
Les lois et règlements nationaux peuvent faire l’objet d’adaptation tenant aux caractéristiques et aux contraintes
particulières de ces collectivités territoriales.
Depuis la révision de 2003, il leur est reconnu une forme de pouvoir normatif autonome : elles peuvent, selon le
cas, être habilitées par la loi ou le règlement à fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire dans un
nombre limité de matière susceptible de relever du domaine de la loi.
Chacune de ces collectivités disposent d’un statut particulier fixé par une LO qui tient compte de leur intérêt propre
au sein de la République.
• Polynésie française :
o Les autorités sont compétentes dans toutes les matières qui ne sont pas dévolues à l’Etat.
o Assemblée de la Polynésie française dont les actes sont appelés « lois du pays » (contrôlés par
Conseil Constitutionnel)
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❖ Nouvelle-Calédonie
Les rapports entre la Nouvelle-Calédonie et l’Etat sont marqué par une tension entre aspiration à l’émancipation et
rattachement à la République.
➢ Série de référendums entre 1998 et 2021 au sujet de l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie
➢ Issus de l’accord de Nouméa qui devait instaurer une transition vers l’autodétermination
Les accords de Nouméa prévoient un processus particulier : organisation de 3 consultations. Si toutes négatives,
alors le corps électoral sera mobilisé plus tard.
Au cours des 60s, les kanaks deviennent minoritaires sur l’île car immigration importante. Naissance d’un
mouvement indépendantiste fort, qui bénéficie de la légitimité du peuple d’origine. Il faut toutefois concilier cette
légitimité avec la légitimité démocratique de la majorité.
Elaboration de listes électorales spéciales (en plus de la liste générale pour les élections nationales)
➢ Servent à voter aux élections locales & Participation au processus d’autodétermination
➢ Liste favorable aux kanaks → idée qu’ils pourraient imposer leur propre majorité avec le temps.
Le système constitutionnel actuel de la Nouvelle-Calédonie est déjà très poussé. Les accords de Nouméa
prévoyaient la mise en œuvre d’une LO qui dispose que l’Etat a peu de compétences propres en Nouvelle-Calédonie
+ principe de non-régression : ce qui est attribué à la Nouvelle-Calédonie ne peut plus lui être retiré.
Les compétences attribuées à la Nouvelle-Calédonie sont très larges. L’Etat ne dispose plus que de ses pouvoirs
régaliens. On trouve aussi l’idée d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie (listes spéciales).
CE, 2006, Genelle : la Nouvelle-Calédonie n’est pas une collectivité territoriale au sens du Titre XII de la
Constitution car elle est régie par le Titre XIII.
Dans ses rapports avec la Nouvelle-Calédonie, la France apparait comme un Etat fédéral.
2. Un futur à décider
Si les résultats du dernier référendum écartent à court terme d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, on peut
quand même se demander quels seront les rapports de la Nouvelle-Calédonie avec l’Etat.
➢ Si indépendance : rapports d’Etat à Etat
➢ Pas d’indépendance : fédéralisme plus assumé, révision du Titre XIII pour reconnaitre le caractère affirmé
de la Nouvelle-Calédonie en tant qu’Etat fédéré ?
La forme la plus traditionnelle du contrôle du pouvoir politique est l’engagement de la responsabilité mais elle est
en fait peu sollicitée. Le contrôle est plutôt effectué par d’autres organes.
3 types de responsabilité → portent l’idée d’infliger une sanction en conséquence d’une faute ou d’un manquement
✓ Civile :
o Fondement : commission d’un dommage résultant d’un manquement à une obligation préalable
o Sanction : réparation du préjudice subi
✓ Pénale
o Fondement : commission d’une infraction prévue par la loi
o Sanction : peine prévue par la loi (caractère punitif)
✓ Politique
o Fondement : tout motif analysé comme un manquement politique
Titre IX (issu de la révision de 2007 provoquée par le rapport du groupe de travail de Pierre Avril)
➢ Art 67C : Le Président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous
réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.
Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis
de témoigner non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite.
Tout délai de prescription ou de forclusion est suspendu.
Les instances et procédures auxquelles il est ainsi fait obstacle peuvent être reprises ou engagées contre lui
à l'expiration d'un délai d'un mois suivant la cessation des fonctions.
➢ Art 68C : Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs
manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement
constitué en Haute Cour.
La proposition de réunion de la Haute Cour adoptée par une des assemblées du Parlement est aussitôt
transmise à l'autre qui se prononce dans les quinze jours.
La Haute Cour est présidée par le président de l'Assemblée nationale. Elle statue dans un délai d'un mois, à
bulletins secrets, sur la destitution. Sa décision est d'effet immédiat.
Les décisions prises en application du présent article le sont à la majorité des deux tiers des membres
composant l'assemblée concernée ou la Haute Cour. Toute délégation de vote est interdite. Seuls sont
recensés les votes favorables à la proposition de réunion de la Haute Cour ou à la destitution.
Une loi organique fixe les conditions d'application du présent article.
A l’origine, l’ensemble du statut pénal du Président de la République était fixé à l’art 68C : il n’est responsable des
actes commis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison. Désormais, l’art 67C pose le régime
général d’irresponsabilité et le 68 prévoit une exception
A. Nature
Art 67C : « Le Président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité »
Protection essentiellement politique : obstacle à la mise en cause du Président de la République en raison des actes
accomplis dans l’exercice de ses fonctions. Cette irresponsabilité aboutit à l’impossibilité de rechercher la
responsabilité civile ou pénale du Président de la République.
L’irresponsabilité a un caractère absolu et permanent. Elle ne porte que sur les actes accomplis en qualité de
Président de la République.
On y ajoute l’inviolabilité qui protège la personne du chef de l’Etat et qui couvre l’ensemble des actes détachables
de la fonction (accomplis avant ou pendant le mandat)
• Art 67C, al 2 & 3
• Garantit qu’aucun subterfuge ne puisse mettre en cause le chef de l’Etat pendant l’exercice de ses fonctions.
• Pénal : Président de la République ne peut être poursuivi pour des crimes/délits commis avant ou pendant
son mandat
• Civil : Président de la République ne peut être assigné au cours son mandat
La IVe République supprime le privilège de juridiction du Président de la République et réserve la cour spéciale
pour les cas de trahison. La Constitution de 1958 n’était pas claire à l’origine → fait émerger des questions :
➢ Soit on affirme le privilège de juridiction pour tous les actes du Président de la République, y compris ceux
détachables de la fonction
➢ Soit le privilège de juridiction n’est valable que pour les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions
→conception retenue par la CDC.
B. Fonction
En 1958, le constituant reprend la tradition d’irresponsabilité du chef de l’Etat sans s’interroger sur son contour et
sa fonction. La CDC confère une portée très large au principe d’irresponsabilité.
On peut quand même constater que la Constitution de 1958 renouvèle le fondement de l’irresponsabilité :
• Il procède de son statut d’élu du peuple au SUD et de la nécessité de protéger tout titulaire d’un mandat
électoral.
CDG considérait que le rejet d’un référendum qu’il proposait était un rejet d’une question de confiance qu’il poserait
aux Français et donc démissionne si les Français ne manifestent pas leur soutien à son action.
Interprétation restrictive des immunités du Président de la République : ne s’étend pas aux collaborateurs du
Président de la République.
Art 68C : « Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs
manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement
constitué en Haute Cour. »
Lorsque l’AN retire sa confiance au gouvernement au titre de l’art 49C, elle effectue un choix discrétionnaire dont
elle n’a pas besoin de se justifier. En revanche, l’art 68C se présente comme la sanction de la méconnaissance d’un
de ses devoirs par le Président de la République → coloration pénale à la responsabilité politique.
L’art 68C ne permet pas la sanction des infractions : sa mise en œuvre est subordonnée à des considérations
politiques, étrangères au droit pénal et au droit civil.
➢ Le Parlement détermine ce qui constitue un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec
l'exercice de son mandat »
➢ La sanction est de nature politique : destitution.
Prévue à l’art 53-2C : « La République peut reconnaître la juridiction de la Cour pénale internationale dans les
conditions prévues par le traité signé le 18 juillet 1998 [statut de Rome]. »
➢ Disposition nécessaire à la ratification des statuts de Rome
➢ Révision provoquée par décision Conseil Constitutionnel, 22 janvier 1999 : la ratification des statuts est
contraire à la Constitution, notamment au régime d’irresponsabilité du Président de la République.
➢ LC 8 juillet 1999 crée l’art 53-2C
Sous la Ve République, le développement du fait majoritaire conduit à une atrophie de la responsabilité politique
ministérielle : comme le Gouvernement est issu du parti majoritaire (souvent majorité absolue), il ne prend pas
vraiment de risques politiques, ne risque pas l’engagement de sa responsabilité
Cette atrophie est compensée par un développement de la responsabilité pénale des ministres : l’engagement de
la responsabilité politique est paradoxalement aujourd’hui un outil au profit de l’exécutif, qui ne constitue pas
nécessairement une menace
➔ Art 20C al3 : « Le Gouvernement est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les
procédures prévues aux articles 49 et 50 »
Déjà sous la IVe République, on observe une volonté d’une responsabilité du Gouvernement. La nouveauté sous la
Ve est que cette responsabilité est conditionnée.
➢ Responsabilité devant l’AN, pas devant le Sénat → bicamérisme inégalitaire
➢ Pareil dans la plupart des démocraties européennes : Chambre Haute ne peut pas renverser le
Gouvernement (sauf en Italie : gouvernement responsable devant Sénat & Chambre des députés)
L’idée générale est de conditionner la responsabilité politique du Gouvernement afin d’éviter les mises en causes
inopinées comme sous les IIIe ou IVe Républiques (idée de Debré, pas vraiment de CDG)
Sous la Ve République, un seul Gouvernement a été renversé : Pompidou en 1962, pour protester contre décision
de CDG d’utiliser l’art 11C pour organiser un référendum relatif à l’élection du Président de la République au SUD.
➢ Hormis ça, il n’y a jamais eu d' « engagement positif » ayant abouti à un vote de censure : c’est surtout le
développement du fait majoritaire qui a permis cette stabilité gouvernementale.
Aujourd'hui on est dans un présidentialisme minoritaire → le Président de la République est fort et dispose d’une
majorité relative à l’AN mais ne peut pas compter sur une majorité absolue
➢ Ce qui assure la stabilité gouvernementale c’est l’incapacité de l’opposition à fournir une majorité
alternative.
➢ Cette situation est de nature à restaurer le sens initial des mécanismes d’encadrement de la responsabilité
politique du gouvernement.
I – La question de confiance
Question de confiance : le PM cherche à s’assurer qu’il dispose toujours de l’appui de l’AN donc il ne pose la
question que s’il est sûr d’avoir une réponse positive
Art 49C al1 : « Le PM, après délibération du Conseil des ministres, engage devant l’AN la responsabilité du
Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale. »
➢ Programme vs déclaration de politique générale ?
➢ Conseil Constitutionnel : « programme » = déclaration de politique générale
La déclaration de politique générale n’est pas obligatoire : le Gouvernement est compétent dès qu’il est nommé par
le Président de la République, en période de fait majoritaire ou de cohabitation.
➢ Le recours à l’art 49C al1 est toujours une possibilité pour le PM, à son arrivée en fonction ou à tout moment
qu’il juge opportun
➢ Lorsque le Gouvernement dispose d’une large majorité, il tend à solliciter la confiance après son entrée en
fonction car le risque de désaveu est faible
➢ Lorsque le Gouvernement dispose d’une faible majorité, ce dernier n’utilise évidemment pas la question de
confiance lorsqu’il rentre en fonction (ex : LFI manifeste son opposition au non-vote de confiance par Borne
par le dépôt d’une motion de censure)
La question de confiance a été sollicitée une 40aine de fois entre 1959 et 2020
Art 49C al2 : « L’AN met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d'une motion de censure. Une
telle motion n'est recevable que si elle est signée par 1/10e au moins des membres de l’AN. Le vote ne peut avoir
lieu que 48 heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut
être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée. Sauf dans le cas prévu à l'alinéa ci-dessous,
un député ne peut être signataire de plus de 3 motions de censure au cours d'une même session ordinaire et
de plus d'une au cours d'une même session extraordinaire. »
➢ La motion de censure permet aux députés d’être à l'initiative de la mise en cause de la responsabilité
gouvernementale
➢ Elle est toutefois encadrée par des conditions restrictives justifiées par une rationalisation du
parlementarisme et la nécessité de solenniser cette procédure
C'est-à-dire qu’il faut aujourd'hui l’accord de 58 députés → certains groupes politiques d’opposition ne peuvent
pas à eux seuls proposer une motion de censure (ex : PS (23) et EELV (31) n’ont pas assez de députés)
B. La procédure
La motion de censure ne peut être adoptée qu’à la majorité absolue des députés composant l’AN
➢ C’était déjà le cas sous la IVe République
➢ Mais sous la Ve République, seuls les votes favorables à la motion de censure sont recensés → ceux qui
s’opposent directement au Gouvernement
Depuis 1958, des dizaines de motions de censure ordinaires ont été déposées mais une seule a été adoptée (1962,
Gouvernement Pompidou, voir supra)
Les motions de censure sont la plupart du temps dirigées contre le Président de la République
Art 49C al3 : « Le PM peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du
Gouvernement devant l’AN sur le vote d'un projet de LF ou de FSS. Dans ce cas, ce projet est considéré comme
adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les 24 heures qui suivent, est votée dans les conditions
prévues à l'alinéa précédent. Le PM peut, en outre, recourir à cette procédure pour un autre projet ou une
proposition de loi par session »
• L’engagement appartient au PM (gouvernement) car l'objectif est généralement le vote d’un texte précis
(de facto souvent des projets de loi)
• ≠ question de confiance qui porte sur les intentions générales du Gouvernement
Si aucune motion de censure n’est déposée dans les 24h qui suivent, le texte concerné est considéré comme
adopté sans vote ni débat
➢ L’absence de débat est assez exceptionnelle : généralement l’opposition est assez forte pour réunir assez de
signatures pour déposer une motion
La restriction de signatures des motions de censure ordinaires ne s’applique pas au sujet de l’utilisation de l’art
49C al3.
Cette procédure a été instaurée pour lutter contre l'instabilité gouvernementale qui prévalait sous les IIIe et IVe
Républiques
- Sous la IVe République, il est arrivé plusieurs fois que l’Assemblée refuse d’adopter des textes que le
Gouvernement jugeait nécessaires sans pourtant retirer sa confiance au Gouvernement
- Donc le gouvernement restait formellement en place, mais comme il ne disposait pas des moyens pour
mettre en œuvre sa politique il présentait sa démission.
Cette procédure est garante de la stabilité gouvernementale mais réductrice des droits du Parlement : les textes
ne sont ni amendés, ni débattus, ni votés.
➢ Plusieurs responsables politiques, notamment de gauche et attachés au légicentrisme, y voient une des
principales causes de l’affaiblissement du Parlement
➢ Toutefois, il faut noter que ce mécanisme n’a pas été conçu par des adversaires du parlementarisme mais
par 2 Présidents du Conseil sous la IVe : Guy Mollet (SFIO) et Pierre Pflimlin (MRP) pour concilier le
parlementarisme avec la stabilité gouvernementale en obligeant l’AN à prendre ses responsabilités
L’AN a toujours la possibilité de s’opposer au vote d’une loi en renversant le Gouvernement, lequel a les
moyens de déterminer la politique générale de la Nation, comme le prévoit la Constitution.
A l’origine, l’art 49 al3 pouvait être mis en œuvre sans autre condition que la délibération en Conseil des ministres
➔ Volonté de conditionner sa mise en œuvre (2008)
➔ Comité Balladur propose de réserver le mécanisme aux textes les plus essentiels à l’action du gouvernement
o Lois de finances et lois de financement de la Sécurité sociale
▪ Symboliquement, le vote du budget fonde le parlementarisme (principe du consentement à
l’impôt)
▪ LF initiale
▪ LFSS
▪ LF rectificative
▪ Loi de règlement du budget
o 1 autre projet par session
Lorsque le gouvernement engage la procédure, il délibère sur le texte sur lequel il engage sa responsabilité → il
décide de la version du texte qu’il retient. Il peut donc retenir les amendements qu’il souhaite.
La situation actuelle se rapproche de la 9e législature (1988-1993, gouvernement Rocard) où le mécanisme avait été
beaucoup utilisé pour faire face à la faiblesse de la majorité gouvernementale.
➢ Aujourd'hui, les oppositions sont majoritaires donc peuvent faire tomber le gouvernement si elles le
souhaitent.
Actu : ouverture du procès d’E. Dupont-Moretti, garde des Sceaux, devant la Cour de justice de la République pour
une affaire de prise illégale d’intérêts.
La Constitution de 1958 affirme toujours la pleine responsabilité pénale des ministres, mais la juridiction chargée
de juger les ministres a varié. Le scandale du sang contaminé (90s) a donné lieu à une révision constitutionnelle.
Version initiale, art 68C : « Le Président de la République n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de
ses fonctions qu'en cas de haute trahison. Il ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées statuant
par un vote identique au scrutin public et à la majorité absolue des membres les composant ; il est jugé par la Haute
Cour de Justice. || Les membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans
l'exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. La procédure définie
Ces articles instituent une responsabilité pénale menée par un organe de nature politique (composé des
parlementaires).
Système fortement critiqué au moment de l’affaire du sang contaminé dans les 90s.
- Les victimes n’ont pas pu demander le déclenchement des poursuites car il est réservé aux assemblées.
- Or, les assemblées sont évidemment politiquement marquées donc pas de mise en accusation d’un membre
de la majorité
LC 1993 crée la Cour de justice de la République dans un Titre X sur la responsabilité pénale des membres du
gouvernement
• Art 68-3 : Les dispositions du présent titre sont applicables aux faits commis avant son entrée en vigueur.
✓ Art 68-1C : « Les membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans
l'exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. »
Responsabilité mi-pénale & mi-politique, dont le régime demeure largement dérogatoire au droit commun, même
si la mise en œuvre est plus aisée qu’auparavant.
« La Cour de justice de la République comprend 15 juges : 12 parlementaires élus, en leur sein et en nombre égal,
par l'Assemblée nationale et par le Sénat après chaque renouvellement général ou partiel de ces assemblées et 3
magistrats du siège à la Cour de cassation, dont l'un préside la Cour de justice de la République. » → parlementaires
+ magistrats mais reste majoritairement parlementaire
« Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit commis par un membre du Gouvernement dans
l'exercice de ses fonctions peut porter plainte auprès d'une commission des requêtes. || Cette commission ordonne
soit le classement de la procédure, soit sa transmission au procureur général près la Cour de cassation aux fins de
saisine de la Cour de justice de la République. || Le procureur général près la Cour de cassation peut aussi saisir
d'office la Cour de justice de la République sur avis conforme de la commission des requêtes. » → modification de
la saisine
- Commission des requêtes : membres de la CDC, du CE et de la CdC
- Commission des requêtes donne suite → transmission à la commission d’instruction : magistrats du siège
à la CDC
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- La commission d’instruction ordonne le renvoi de l’affaire devant la CJR ou prononce le non-lieu.
Affaires en cours :
- Mise en examen d’Agnès Buzyn et Edouard Philippe pour leur gestion de la crise du Covid → soulève des
questions par rapport à la séparation des pouvoirs car concerne principalement des décisions politiques
- Procès d’Éric Dupont-Moretti
2 critiques opposées :
➢ Le privilège de juridiction conduit à faire juger les ministres par une institution composée principalement
de parlementaires → la CJR est à l’origine d’interférences politiques dans la mise en œuvre de la
responsabilité pénale
➢ Tendance du juge pénal à jouer de l’effet excessivement attractif du droit pénal pour mettre en cause une
responsabilité principalement politique
Des propositions de réforme voient le jour mais elles nécessitent une réforme constitutionnelle, mais ce n’est pas
d’actualité au vu de la configuration politique du moment.
• Commission Jospin (Hollande) de rénovation et de déontologie de la vie publique, pour un renouveau
démocratique : projet de loi relatif à la responsabilité juridictionnelle du Président de la République et des
membres du gouvernement
o Révision du statut juridictionnel du Président de la République (suppression de l’irresponsabilité
civile)
o Suppression du privilège de juridiction dont bénéficiaient les membres du gouvernement &
compétence des juridictions de droit commun mais aménagement de la procédure (poursuites
autorisées par une commission des requêtes composée de magistrats)
• Projet de LC pour un renouveau de la vie démocratique, 2019
o Conserve l’irresponsabilité du Président de la République
o Suppression de la CJR
o Les membres du gouvernement sont responsables dans les conditions du droit des actes qui ne se
rattachent pas directement à l’exercice de leur attribution
o Pénalement responsables des actes commis dans l’exercice de leur fonction (mais pas de
responsabilité à raison de l’inaction si l’inaction ne leur est pas directement imputable)
o Reprend l’idée d’une commission des requêtes qui doit autoriser les poursuites
Sous la IVe République, le comité constitutionnel ne pouvait pas examiner si les lois étaient conformes à la
Constitution mais devait vérifier si elles nécessitaient une révision constitutionnelle. Composition :
- Président de l'Assemblée nationale
- Président du Conseil de la République
- 7 membres élus par l’AN à la représentation proportionnelle des groupes et choisis en dehors de ses
membres
- 3 membres élus par le Conseil de la République à la représentation proportionnelle des groupes et choisis
en dehors de ses membres
Il était saisi par le Président de la République et devait chercher à provoquer un accord entre l’AN et le Conseil de
la République. Une loi qui impliquerait une révision de la Constitution était renvoyée à l’AN pour une nouvelle
délibération. Si l’AN maintient son 1er vote, la loi ne peut être promulguée avant que la Constitution soit révisée.
Au contraire, le Conseil Constitutionnel apparait comme une innovation majeure, même si sa montée en puissance
parmi les institutions est progressive et repose sur différentes révisions et JP.
• La fonction initiale du Conseil Constitutionnel est celle d’un organe régulateur de la rationalisation du
parlementarisme → vérifie que le parlement n’empiète pas sur les prérogatives du gouvernement
• Aujourd'hui, le Conseil Constitutionnel est moins l’arbitre entre les organes législatif et exécutif que celui
de l’opposition et des citoyens face à la majorité.
• Le Conseil Constitutionnel fait figure de juridiction constitutionnelle, sur un modèle unique de justice
constitutionnelle
Discours de Michel Debré du 29 août 1958 devant le CE : « La création du Conseil Constitutionnel manifeste la
volonté de subordonner la loi à la règle supérieure édictée par la Constitution. La constitution crée une arme contre
la déviation du régime parlementaire. »
➢ Opposition à un modèle de justice constitutionnelle diffus : le juge ordinaire peut confronter la loi à la
constitution (US, Marbury v. Madison, 1803)
➢ La constitutionnalité de la loi doit être contrôlée par un organe spécifique
Art 56C : « Le Conseil constitutionnel comprend 9 membres, dont le mandat dure 9 ans et n'est pas renouvelable.
Le Conseil constitutionnel se renouvelle par tiers tous les 3 ans. »
1. La désignation
Il acquiert donc sa légitimité en raison d’une JP tempérée et en faisant preuve d’indépendance vis-à-vis du
gouvernement.
2. Le statut
Ils ont un devoir de réserve et doivent s’abstenir de faire des déclarations publiques sur des affaires potentiellement
amenées à être traitées par le Conseil Constitutionnel.
Les anciens Présidents de la République sont des membres de droit (à vie) du Conseil Constitutionnel.
La légende raconte que cette disposition visait à fixer le sort de René Coty, qui a perdu son poste de Président de la
République avec le passage à la Ve République.
• CDG & Mitterrand n’ont jamais siégé
• VGE a décidé de commencer à siéger quand il a pris sa retraite politique (2004)
Le Conseil Constitutionnel estime que les membres de droit peuvent toujours avoir une vie politique active mais ne
peuvent pas siéger pendant cette période.
• Chirac siège épisodiquement puis se retire avec ses procès
• Sarkozy voulait siéger au début mais a annoncé démissionner (lol) quand le Conseil Constitutionnel a
annulé ses comptes de campagne
• Hollande refuse de siéger car il est contre
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Tout le monde est d’accord pour dire qu’il fait supprimer les membres de droit mais personne ne veut faire la
réforme en gros.
Art 56, al3 : « Le Président est nommé par le Président de la République. Il a voix prépondérante en cas de partage. »
Il est choisi parmi les membres du Conseil Constitutionnel, y compris parmi les membres de droit. Potentiellement,
on pourrait donc avoir un président à vie.
Le président du Conseil Constitutionnel a le même statut que les autres membres mais bénéficie d’une indemnité
plus importante et a plus de responsabilités.
II – Organisation et fonctionnement
Le fonctionnement du Conseil Constitutionnel est organisé par une ordonnance de 1958 portant LO et un décret de
1959.
A. Un fonctionnement collégial
Les structures du Conseil Constitutionnel sont réduites. Son siège est petit et son personnel est peu nombreux.
Le fonctionnement est assuré par le Secrétaire général du Conseil Constitutionnel, qui joue un rôle de gestion,
de préparation des décisions et de cohérence des JP. A cet égard, il est appelé le 10e membre. Sa fonction est
administrative mais va au-delà en débordant sur les missions juridictionnelles du Conseil Constitutionnel.
➢ Il conseille les membres du Conseil Constitutionnel, assisté par un service juridique.
Les délibérations sont secrètes et les décisions sont prises au nom de l’ensemble du Conseil Constitutionnel.
➔ Permet de renforcer la cohérence de la JP
H. Kelsen : la justice constitutionnelle est « une fonction de l’Etat destinée à garantir le fonctionnement régulier
des organes étatiques par le respect de la Constitution. »
➔ Le normativisme réduit le droit aux rapports de validité entre les normes inférieures et les normes
supérieures
➔ C’est un peu l’essence du contrôle de constitutionnalité
❖ Définition organique
La justice constitutionnelle est une institution en charge d’assurer la suprématie de la Constitution
➢ Une juridiction spécialement compétente : contrôle concentré
➢ Fonction assurée par le système juridictionnel général : contrôle diffus
❖ Définition matérielle
La justice constitutionnelle est l’activité de contrôle des actes subordonnés à la Constitution et des actions et
décisions des pouvoirs publics qui disposent d’une dimension constitutionnelle.
❖ Définition procédurale
I – Le contrôle a priori
Le contrôle a priori est exercé avant l’entrée en vigueur de la norme → top pour la sécurité juridique.
• Propre au modèle européen de justice constitutionnelle
• Concerne principalement les lois mais aussi des actes internationaux et les règlements des assemblées
Conseil Constitutionnel, 1985, n°85-197 DC : « l’objet de ce contrôle est non de gêner ou de retarder l’exercice du
pouvoir législatif mais d’assurer sa conformité à la Constitution. »
LO : une LO est ce qui est défini comme tel par la Constitution. Elle applique et met en œuvre la Constitution, et
est donc directement prévue par elle.
➢ L’examen du Conseil Constitutionnel sur les LO est complet car est rendu obligatoire par la Constitution
➢ Comme ce contrôle est obligatoire, le Conseil Constitutionnel est souvent saisi sans argumentaire relatif à
une potentielle inconstitutionnalité de la loi.
➢ Délai normal : 1 mois ; délai d’urgence : 8 jours (voire moins, cf. décision relative à une loi sur le Covid en
mars 2020)
Les parlementaires peuvent saisir le Conseil Constitutionnel pour une partie d’une LO dont ils estiment qu’elle a
une simple valeur de loi ordinaire → il arrive que le Conseil Constitutionnel déclare que certaines parties de la loi
n’ont la valeur que d’une loi ordinaire : déclassement
Art 61C, al 2 : « Les lois peuvent être déférées au Conseil constitutionnel, avant leur promulgation, par le Président
de la République, le Premier ministre, le Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat ou soixante
députés ou soixante sénateurs [pour un contrôle de constitutionnalité]. »
Seules les lois définitivement adoptées par le Parlement peuvent faire l’objet d’un contrôle a priori.
a) Les saisissants
✓ Président de la République
✓ Premier ministre
Assez rare pour les lois ordinaires mais toujours le PM pour les LO
➢ Car les lois adoptées par le Parlement sont largement issues du travail gouvernemental
➢ Le PM saisit le Conseil Constitutionnel dans 2 cas de figure :
o Trancher un conflit avec sa propre majorité
Encore une fois assez rare car le Président de l'Assemblée nationale est issu de la majorité parlementaire, qui a voté
la loi.
Les saisines du Président du Sénat sont plus importantes car peut se situer plutôt dans l’opposition ou la minorité.
Le règlement du 11 mars 2022 établi des nouvelles règles qui restent assez souples.
• Obligation de motivation de la saisine : mention des dispositions contestées par les saisissants (/!\ la
pratique de la saisine blanche demeure)
• Organisation des contributions extérieures (portes étroites) : plus grande transparence car publication
des contributions sur le site du Conseil Constitutionnel
Le président désigne un rapporteur qui prépare un projet de décision, appuyé sur les travaux fournis par le SGCC.
➢ Mise en œuvre d’une forme de contradictoire entre les intervenants
➢ Possibilité de tenir des auditions
➢ Possibilité de recourir à un amicus curia : personnalité extérieure qui donne son point de vue sur une
question de droit générale.
3. Le jugement
Le Conseil Constitutionnel statue dans un délai d’1 mois. Il suit de près l’actualité législative donc peut commencer
l’instruction d’une loi en amont de son adoption.
Art 54C : « Si le Conseil constitutionnel, saisi par le Président de la République, par le Premier ministre, par le
président de l'une ou l'autre assemblée ou par soixante députés ou soixante sénateurs, a déclaré qu'un engagement
international comporte une clause contraire à la Constitution, l'autorisation de ratifier ou d'approuver l'engagement
international en cause ne peut intervenir qu'après la révision de la Constitution. »
- Même procédure que les lois organiques
- Vérifie que le traité ne comporte pas de stipulation contraire à la Constitution & que le traité ne porte pas
atteinte aux conditions essentielles de l’exercice de la souveraineté nationale (Conseil Constitutionnel,
1992, Traité de Maastricht)
Le contrôle a priori n’est pas dénué de toute portée politique, qu’il porte sur une loi ou un traité.
➢ Le Conseil Constitutionnel répète qu’il n’a pas un pouvoir d’appréciation de même nature que celui du
parlement
➢ Ses décisions ont toutefois un impact politique car peuvent être amenées à bloquer le processus législatif
II – Le contrôle a posteriori
La révision constitutionnelle de 2008 introduit l’art 61-1C qui permet aux justiciables de contester la
constitutionnalité de la loi applicable aux litiges auxquels ils sont partie devant les juridictions ordinaires : question
prioritaire de constitutionnalité.
Avant la QPC, il était possible de contester une loi au motif de son inconventionnalité (Vabre & Nicolo) mais pas
de son inconstitutionnalité → paradoxe, encore plus vis-à-vis des droits et libertés qui sont garantis plus ou moins
pareil dans la constitution et les traités.
Crée une forme de relation organique entre les juges du fond, les juges de cassation et le Conseil Constitutionnel.
Historique :
- Les juges ordinaires ont souvent rappelé qu’ils n’étaient pas compétents pour contrôler la constitutionnalité
de la loi.
- L’idée d’un contrôle a posteriori nait dans les 90s : Badinter, président du Conseil Constitutionnel, propose
un projet de révision dans ce sens mais le Sénat s’y oppose
- Projet Vedel reprend les éléments du projet Badinter mais n’aboutit pas
- 2007 : Sarkozy met en place un comité de réflexion sur le rééquilibrage des institutions (Balladur)
- 2008 : révision → QPC
➔ Contrôle incident de constitutionnalité greffé sur une instance au fond mais traité selon une voie procédurale
autonome
A. Le double filtre
Double filtre : les juges du fond étudient la question et la renvoient devant la plus haute juridiction de l’ordre
concerné.
Art 23 LO : 3 critères
✓ Applicabilité : la disposition est applicable au litige (critère souple)
✓ Absence de déclaration de conformité à la constitution : la disposition ne doit pas avoir déjà été déclarée
conforme à la Constitution, sauf changement de circonstances
o Ne doit pas être interprété trop strictement au risque de verrouiller le contrôle a posteriori : de
nombreuses lois sont examinées par le contrôle a priori.
o Dès lors, la disposition litigieuse doit avoir été directement étudiée par le Conseil Constitutionnel
qui doit avoir confirmé sa constitutionnalité dans le dispositif de sa décision.
✓ La question n’est pas dépourvue de caractère sérieux
Les juges du fond ont l’interdiction de relever d’office une question constitutionnelle. Une fois que la QPC est
transmise, les juges sursoient à statuer (hors cas d’urgence ou quand personne privée de liberté).
Le juge du fond ne peut pas saisir directement le Conseil Constitutionnel : il transmet la QPC à la cour suprême de
son ordre de juridiction.
Le CE et la CDC ont 3 mois pour statuer sur la transmission de la QPC. Délai dépassé = renvoi automatique au
Conseil Constitutionnel.
B. La procédure applicable
Procédure fixée par la LO et le règlement intérieur du Conseil Constitutionnel sur les QPC.
La QPC est transmise au PM et aux présidents des chambres afin qu’ils puissent transmettre leurs observations. En
pratique, il appartient au PM, à travers le SGG, de les défendre
➔ Paradoxe : la défense de la constitutionnalité des lois n’est pas assurée par le parlement, qui a voté la loi,
mais par le gouvernement, qui doit en assurer la bonne exécution.
C. Le champ du contrôle
Champ limité : la disposition attaquée « porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit »
➢ La QPC n’assure pas le contrôle de la loi par rapport à l’ensemble du bloc de constitutionnalité, mais
seulement par rapport aux droits substantiels prévus dans le bloc.
Contrôle de la compétence du législateur → l’incompétence négative peut-elle donner lieu à une QPC ?
• Le législateur a renvoyé à une autre autorité que lui le soin de prendre des mesures qui relèvent normalement
du domaine de la loi
• Décision 2010-5 QPC, Société Kimberly Clark : la méconnaissance par le législateur de sa propre
compétence ne peut être invoquée à l’appui d’une QPC que dans le cas où est affecté un droit ou une liberté
que la Constitution garantit
Une disposition inconstitutionnelle sur le fondement de l’art 61-1C est abrogée à compter de la publication de la
décision du Conseil Constitutionnel.
Le contrôle de constitutionnalité était perçu comme un « régulateur de l’activité des pouvoirs publics » (Conseil
Constitutionnel, 1962) → contrôle de la compétence des organes constitutionnels, de la distinction du domaine de
la loi et du règlement. Emerge ensuite un contrôle de fond : des droits et libertés garantis par la Constitution. Les
deux ne sont pas exclusifs mais le contrôle matériel prend beaucoup d’importance.
Le Conseil Constitutionnel « se prononce sur la conformité des lois à la Constitution » → formulation large
➢ Définition des normes de référence :
o Bloc de constitutionnalité : notion doctrinale
o Le Conseil Constitutionnel ouvre la notion de « Constitution » en s’appuyant sur le préambule.
o Le CE avait déjà admis une interprétation large de la Constitution pour proclamer les PGD dans les
40s-50s. Le Conseil Constitutionnel reprend cette JP ensuite.
➢ Conseil Constitutionnel, 1971, Liberté d’association : consacre la valeur constitutionnelle du P58 et par
extension celle des textes auxquels il fait référence : P46 (PFRLR) & DDHC.
o Le principe de liberté d’association avait déjà été consacrée comme un PFRLR par le CE (CE,
1956, Amicale des Annamites de Paris)
o Les PFRLR ne sont pas précisément définis et ils sont le fruit d’un compromis politique entre le
PCF et le MRP en 1946
➢ Bloc de constitutionnalité (L. Favoreu) : ensemble des principes et des règles à valeur constitutionnelle
dont le respect s’impose au pouvoir législatif comme au pouvoir exécutif, et d’une manière générale à toutes
les autorités administratives et juridictionnelles, ainsi bien sûr qu’aux particuliers.
1. La Constitution
2. La DDHC
La question de la valeur juridique de la DDHC était récurrente. Elle est réglée par Conseil Constitutionnel, 1973,
Taxation d’office : fait entrer la DDHC dans le bloc de constitutionnalité.
3. Le préambule de 1946
Marqué par les conceptions sociales de l’après-guerre → volonté d’un renouveau des droits et libertés fondamentaux
(droits de 2e génération)
- Egalité hommes/femmes
- Droit d’asile
- Droit de grève
- Droit à une protection sociale minimum
- Principe du respect des obligations internationales
Ces principes sont « particulièrement nécessaires à notre temps ». Ces droits de 2e génération sont des droits-
créances : créent des obligations pour l’Etat car l’individu a le droit d’attendre que l’Etat lui délivre certaines
prestations.
❖ PFRLR
Les PFRLR sont le fruit d’un compromis entre le PCF et le MRP à la suite de l’échec du premier projet de
constitution.
Le Conseil Constitutionnel fixe une grille de lecture pour déterminer les PFRLR :
• Issus de lois adoptées sous un régime républicain
• Avant l’entrée en vigueur du P46 (issus de la tradition républicaine)
• Protection constante
• Principe clairement inscrit dans la loi
Quelques PFRLR :
- Liberté d’association
- Respect des droits de la défense
- Liberté d’enseignement
- Liberté de conscience
- Indépendance de la juridiction administrative
- Indépendance des professeurs d’université
- Compétence des juridictions administratives en matière d’annulation
4. La Charte de l’environnement
Le Conseil Constitutionnel peut utiliser d’autres textes pour l’exercice de son contrôle, notamment les LO.
Toutes les normes qui intègrent le bloc de constitutionnalité ont la même valeur juridique, mais certaines normes
posent des principes généraux tandis que d’autres ont un champ beaucoup plus restreint. Le Conseil Constitutionnel
doit assurer leur conciliation, en s’appuyant au besoin sur les OVC suivis par le législateur.
Le Conseil Constitutionnel doit mettre en balance des principes antagonistes prévus par la Constitution. Il doit
faire en sorte que ces différents principes produisent des effets de droit dans un système cohérent.
➢ Il apprécie la contradiction des normes en fonction des considérations d’espèces tenant au texte de loi qui
lui est soumis (ne raisonne pas abstraitement).
➢ La conciliation d’un principe constitutionnel avec un autre dépend de l’atteinte portée par le texte de loi à
un autre principe constitutionnel.
➔ Contrôle de proportionnalité
Les OVC sont des exigences tirées de la combinaison de différentes normes du bloc de constitutionnalité que
le Conseil Constitutionnel impose au législateur pour le guider dans l’énoncé d’une législation conforme à la
Constitution.
➢ Mise en œuvre des mécanismes de conciliation des normes de valeur constitutionnelle
Les élections régulières permettent de contrôler l’exercice du pouvoir et donc d’assurer la légitimité des
gouvernants
➢ Habilitation d’un élu à exercer un mandat
➢ Contrôle de la politique suivie par un candidat ou par un parti politique
➢ Ex : le Président de la République brigue un 2nd mandat → cherche une nouvelle habilitation & engage sa
responsabilité pour renouveler la confiance des électeurs
L’élection du Président de la République est prévue aux art 6C et 7C qui renvoient à une LO. En 1958, le Président
de la République était élu au SUI pour 7 ans. Désormais, il est élu au SUD pour 5 ans.
I – Le processus électoral
Le processus électoral est élitiste car il conduit à la désignation d’une seule personne parmi plusieurs candidats pour
accéder aux fonctions suprêmes → désigner le meilleur.
CDG mettait en garde contre le régime des partis mais la Constitution de 1958 reconnait leur existence : art 4C :
« Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur
activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. »
Les partis politiques sont des organismes de droit privé dont la fonction est de concourir à la vie politique → rôle
du parti dans le processus de l’élection présidentielle ? mêle du droit des associations & droit constitutionnel
➔ Chaque parti est libre de désigner un candidat à l’élection présidentielle selon les modalités qu’il décide.
Différentes modalités :
- Désignation d’un leader naturel par les instances du parti (ex : RN, LFI, LREM)
- Elections primaires : organisées par un parti ou un ensemble de partis d’une même tendance pour désigner
un candidat à l’élection
o Primaires fermées : la désignation du candidat du parti est effectuée par les membres du parti
o Primaires ouvertes : tout électeur peut y participer
➢ Les analystes ont longtemps considéré que les primaires étaient inutiles car l’élection présidentielle se
déroulant en 2 tours, le 1er sert de primaire entre les partis de droite et les partis de gauche.
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o Une coalition peut avoir intérêt à choisir un candidat commun en amont du 1er tour en vue
d’augmenter ses chances de qualification pour le 2nd.
o 2002 : la multiplication des candidatures de la gauche plurielle avait entrainé la fragmentation de
l’électorat et a empêché la qualification de Jospin au 2nd tour
o 2012 : primaire ouverte organisée par le PS et EELV. Réunit 2,8 millions de sympathisants →
désigne Hollande → élu Président de la République. Analyse : primaire large = victoire à l’élection
o 2017 : organisation de primaires chez LR et PS mais échec : désignation de candidats plutôt
radicaux (Fillon & Hamon)
➢ Les primaires visent à discipliner les candidats pour se rassembler derrière un leader mais en fait, elles
accentuent la fragmentation de la vie politique car les membres modérés des partis ont du mal à afficher
leur soutien au candidat désigné.
2022 : primaire populaire désigne Christiane Taubira qui ne se présente même pas.
2. La désignation officielle
Nombre de candidats :
✓ 2022 : 12
✓ 2017 : 11
✓ 2012 : 10
✓ 2007 : 12
Une candidature ne peut être présentée que par au moins 500 citoyens titulaires d’un mandat électif :
- Maires et présidents d’intercommunalité
- Membres d’une assemblée délibérante départementale ou régionale
- Elus de la nation : députés, sénateurs, députés européens
➢ Collège de 42 000 élus
Les élus ne sont pas obligés de parrainer. En 2022, env. 13k formulaires ont été reçus et validés. En 2017, env.
14 500 formulaires.
Le seuil de parrainage était de 100 signatures au départ et est élevé à 500 en 1976 pour éviter de multiplier les
candidatures.
Jusqu’en 2012, les parrainages pouvaient être recueillis directement par les équipes du candidat. LO de 2016
modifie ce point et permet aux élus de transmettre directement les formulaires au Conseil Constitutionnel (évite
des problèmes d’harcèlement).
Publicité des parrainages : 2016 : publication intégrale des parrainages recueillis par un candidat
• Avant 2016 : tirage au sort de 500 noms à publier parmi parfois des milliers de soutien
• Des élus restent contre la publicité des parrainages car n’assument pas forcément.
❖ Financement de la campagne
Voir infra
Campagne officielle :
- Ouverte à la publication de la liste des candidats par le Conseil Constitutionnel env. 2 semaines avant le 1er
tour.
- Close le vendredi qui précède l’élection à minuit
- Le samedi n’est pas un jour de campagne
- Rouvre le lundi pour le 2nd tour
Période préliminaire env. 3 mois avant le début de la campagne officielle : accès aux médias régulé par l’Arcom
- Période d’équité : les candidats bénéficient d’un traitement proportionnel à leur représentativité (temps de
parole & temps d’antenne)
- Période d’équite renforcée : s’ouvre quand on se rapproche du début de la campagne
Pendant la campagne officielle, l’accès des candidats aux médias répond à un principe d’égalité stricte (temps de
parole & temps d’antenne).
La période d’équité est toujours critiquée par les petits candidats. Toutefois, elle évite le risque de captation du
débat démocratique par les petits partis.
Entre la fin de la campagne officielle et le scrutin, la période de silence doit permettre aux électeurs de faire leur
choix. Evite qu’un candidat puisse répondre à des attaques de dernière minute. Interdiction de la publication de tout
sondage.
La question du contrôle est centrale car elle permet de garantir la légitimité du scrutin. La légitimité, la transparence
et la régularité du processus électoral sont des valeurs fondamentales dans le cadre du pacte constitutionnel
républicain. La croyance partagée dans leur respect assure la légitimité de l’édifice constitutionnel et de l’exercice
du pouvoir.
A. Le contrôle non-juridictionnel
Le contrôle du Conseil Constitutionnel résulte de l’art 58C. Le Conseil Constitutionnel suit l’ensemble du processus
électoral → 3 types de contrôle
❖ Scrutin
Le recensement général des votes est effectué sous la surveillance du Conseil Constitutionnel.
Pendant la période des élections, il désigne des délégués du Conseil Constitutionnel parmi les magistrats des
ordres judiciaire et administratif chargés de suivre les opérations de vote (+2k délégués en 2017).
- Contrôlent les opérations de vote dans les bureaux de vote
- S’ils constatent des irrégularités, ils invitent le président du bureau de vote à les corriger
- Ils transmettent des observations à leur chef de juridiction pour rendre compte de toute obstacle à l’exercice
du scrutin.
- Assistent aux opérations de la commission de recensement des votes (siège au chef-lieu du département)
- Font un rapport au Conseil Constitutionnel des conditions d’exercice de leur mission. Peuvent être
entendus par le Conseil Constitutionnel.
❖ Contrôle consultatif
Fonction consultative traditionnelle du Conseil Constitutionnel : le Conseil Constitutionnel est consulté pour tous
les projets de lois relatifs à l’organisation des élections. Le ministère de l’Intérieur collabore donc beaucoup avec le
Conseil Constitutionnel dans ce domaine.
Après chaque élection, le Conseil Constitutionnel peut proposer des réformes visant à améliorer le déroulement des
élections.
5 personnalités : vice-président du CE, 1er président de la CDC, 1er président de la CdC + 2 membres du CE, de la
CDC ou de la CdC désignés par les 3 membres de droit
+ des rapporteurs
Veille au respect des règles selon lesquelles tous les candidats reçoivent de la part de l’Etat les mêmes moyens pour
faire campagne.
Habilitée à transmettre les irrégularités des comptes des candidats à la Commission nationale des comptes de
campagne.
✓ Arcom
Chargée du respect de l’égalité des candidats dans les médias et du respect du pluralisme.
Instituée par une loi de 1977, rôle de mise au point : vérifie la sincérité et la méthodologie des sondages relatifs à
l’élection, s’assure qu’il n’y ait pas de manipulation des sondages
B. Le contrôle juridictionnel
En principe, le juge administratif est incompétent pour les opérations liées au scrutin. Toutefois, il reste compétent
pour les opérations détachables des élections stricto sensu (ex : contestation des décisions de l’Arcom).
La compétence du juge judiciaire est résiduelle. Il pourrait intervenir pour les différends entre parti. Il est aussi
compétent en matière d’inscription sur les listes électorales.
Désormais, les élections législatives ont lieu après l’élection présidentielle et sont donc largement déterminées par
elle.
A. La périodicité
Les règles relatives à l’organisation des élections législatives ne relèvent pas de la Constitution mais de lois
organiques.
➢ Pour le Conseil Constitutionnel, la modification de la durée des pouvoirs d’une assemblée est possible à
condition qu’elle n’empêche pas les électeurs d’exercer leur droit de suffrage dans un délai
raisonnable.
Des élections partielles permettent de renouveler les sièges devenus vacants. Elles constituent généralement un bon
indicateur de la popularité gouvernementale.
Lorsqu’un parlementaire devient ministre, il est remplacé par son suppléant. Il peut récupérer son siège ensuite.
Toute personne de 18 ans révolus, de nationalité française, jouissant de ses droits civils et politiques peut se présenter
aux élections législatives. Pas de condition de présentation.
Des règles d’inéligibilité absolues et des inéligibilités relatives (propres à une circonscription donnée : des
fonctionnaires d’autorité ne peuvent se présenter dans le ressort territorial où ils ont exercé leur fonction (préfet,
magistrat, …))
C. Le mode de scrutin
Le mode de scrutin des élections législatives est fixé par une loi ordinaire.
Moins d’un an avant les législatives de 1986, la majorité socialiste à l’AN change le mode de scrutin : scrutin de
liste départemental à la représentation proportionnelle (promesse de campagne + objectif de remporter les
élections en favorisant le FN qui devait concurrencer la droite lol). L’AN nouvellement élue rétablit le scrutin
majoritaire à 2 tours.
Pendant la campagne de 2017, Macron s’était déclaré favorable à l’introduction d’une dose de proportionnelle. Les
élections de 2022 relativisent l’importance de la proportionnelle : on constate une représentativité assez fiable.
1. Un scrutin uninominal
Un siège à pourvoir dans une circonscription. Les bulletins de vote comportent le nom du candidat principal et le
nom de suppléant.
Le maximum de députés est 577 → 577 circonscriptions : 566 circonscriptions métropolitaines et ultramarines + 11
circonscriptions pour les Français hors de France.
2. Un scrutin majoritaire
Pour être élu au 1er tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et réunir au moins ¼
des électeurs inscrits.
Le 2nd tour a lieu 1 semaine après le 1er. La majorité relative suffit pour être élu.
- La présentation au 2nd tour requiert 12,5% des électeurs inscrits
- Si 1 seul candidat a obtenu les 12,5%, alors le 2e plus proche peut se présenter au 2nd tour.
➔ Existence de triangulaire ou de quadrangulaire : participation de 3 ou 4 candidats au 2nd tour. Restent assez
rares :
o Abstention
o Accords entre partis → désistement au profit du candidat le plus favorisé
D. L’organisation de la campagne
Avant 1958, les assemblées étaient les juges de leur propre élection du coup, elles faisaient souvent un usage
politique de cette prérogative. La constitution de 1958 confie alors cette compétence au Conseil Constitutionnel.
Le Conseil Constitutionnel estime que sa compétence est limitée au seul examen des élections contestées devant
lui. Il ne peut pas être saisi de l’ensemble des élections.
➢ Il accepte de statuer préventivement sur certains actes généraux (cf. Hauchemaille) intervenus en amont,
comme le décret de convocation des collèges électoraux.
➢ Le contentieux des opérations préliminaires à une élection relève du juge administratif.
Le recours contre l’élection d’un parlementaire peut être formé par toute personne inscrite sur la liste électorale de
la circonscription ou par tout candidat dans un délai de 10 jours suivant la proclamation des résultats.
• La proclamation des résultats est effectuée par la commission de recensement des votes (département)
• Procédure contradictoire
• Conseil Constitutionnel en formation collégial (pas de délai)
➔ Le juge électoral annule l’élection s’il constate une irrégularité de nature à altérer le résultat du scrutin.
➔ En théorie, le Conseil Constitutionnel peut même procéder à la proclamation du candidat régulièrement élu
(rare car problème de légitimité).
Le Conseil Constitutionnel est également compétent en matière des recours contre les décisions de la Commission
nationale des comptes de campagne.
Depuis la fin du XIXe siècle se développent les campagnes électorales, lesquelles ont besoin d’être financée. Ce
financement s’est structuré progressivement en Europe de l’Ouest et aux US, sur fond de lutter contre les questions
de corruption.
La France est longtemps restée à l’écart de ce mouvement : elle a mis du temps à édicter une règlementation
générale. Une série d’affaires de corruption l’a encouragée à le faire.
LO et loi du 11 mars 1988 relatives à la transparence financière de la vie politique : instaurent un premier dispositif
pour encadrer le financement des partis politiques et des campagnes électorales.
➢ Réformées par la Loi Sapin I, 1993 relatives à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie
économique et des procédures publiques (concernent notamment l’attribution des marchés publics)
Document que chaque candidat soumis au plafonnement des dépenses électorales est tenu d’établir.
• Retrace l’ensemble des recettes perçues et des dépenses électorales
• Ne peut être en déficit
1. Recettes
Recettes :
✓ Dons des partis politiques
✓ Apports personnels des candidats
✓ Avantages en nature
✓ Produits annexes
2 règles :
• Plafonnement des dons des personnes physiques : 4600€
• Interdiction des dons des personnes morales (privées et publiques)
2. Dépenses électorales
Les dépenses électorales sont plafonnées dans des montants variables en fonction de la nature de l’élection. Les
règles qui les encadrent contribuent à l’égalité des candidats et donc au caractère égal du vote en évitant que soit
élu celui qui a plus de moyens.
Présidentielles :
• 1er tour : 13,7 millions €
Principe de remboursement partiel des dépenses de campagne, prévu par le Code électoral :
- « Les dépenses électorales des candidats aux élections font l’objet d’un remboursement forfaitaire de la part
de l’Etat égal à 50% de leur plafond de dépenses. »
- Ce remboursement forfaitaire n’est pas versé à ceux qui ont obtenu moins de 5% au 1er tour et à ceux dont
le compte de campagne n’a pas été validé.
Le mandataire peut être une association de financement électoral (loi 1901) ou une personne physique.
CNCCFP :
- AAI
- 9 membres nommés pour 5 ans : 3 membres du CE, 3 membres de la CDC, 3 membres de la CdC
C. Sanctions
En cas de transgression des règles relatives au financement, des mécanismes de sanction sont prévus.
A. Financement public
Le financement public est très substantiel. Le contribuable finance l’activité des partis politiques.
➢ Concourir à l’égalité du suffrage
➢ Eviter la corruption
La loi de 1988 prévoit un financement des partis politiques représentés à l’AN et au Sénat → enveloppe divisée en
deux :
• Distribuée en fonction des résultats aux élections
• Destinée au financement des partis et groupements représentés au Parlement
B. Financement privé
Les dons des personnes physiques sont autorisés à hauteur de 7,5k € /an /parti
✓ Pouvoir constituant dérivé : pouvoir des organes compétents pour modifier la Constitution
✓ Pouvoir constituant originaire : celui qui a adopté la Constitution
Généralement, quand les parlementaires évoquent une révision constitutionnelle c’est surtout pour attirer l’attention
du gouvernement sur le sujet afin qu’il propose un projet de loi.
1. L’examen du texte
Nécessite le soutien du groupe politique afin de pouvoir inscrire le texte dans la niche parlementaire
Navette mise en place mais /!\ pas de dernier mot pour l’AN : le texte doit être voté par les 2 chambres en termes
identiques. Dès lors, le Sénat peut s’opposer à toute révision constitutionnelle.
2. L’approbation du texte
Techniquement ça va :
- Pour être définitive, la révision doit être adoptée par référendum.
- Ce n’est jamais arrivé.
Toutes les révisions constitutionnelles ont été adoptées à l’occasion d’une initiative présidentielle.
Etape 2 : vote du texte dans des termes identiques par l’AN et le Sénat
Etape 3 : approbation
Limites circonstancielles :
• « Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité
du territoire. »
• Pas de révision en cas de vacance de la Présidence de la République ou d’intérim
Limite matérielle : « La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision. »
La Constitution est souvent révisée sans l’intervention directe des citoyens → une limitation sur le fond de la
révision peut donc apparaitre démocratiquement légitime car le Congrès est un pouvoir constituant de moindre
valeur que le peuple lui-même. Mais cette justification ne tient pas si la révision est adoptée par la voie du
référendum.
1 occurrence : révision de 1962 relative à l’élection du Président de la République au SUD. Cette révision n’aurait
pas été possible par la voie de l’art 89C en raison de la forte opposition du Sénat. L’utilisation de l’art 11C permet
d’établir un lien direct entre le peuple et le Président de la République. Cela déclenche une grande controverse
constitutionnelle.
❖ Argument technique
Art 11C : tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics → c’est donc l’objet même de toute
disposition constitutionnelle. Le constituant aurait donc voulu instituer 2 procédures de révision : art 89C + art 11C
❖ Argument théorique
Le peuple étant souverain, sa volonté ne peut être liée par une procédure établie. Le référendum consiste en
l’expression directe de la volonté nationale, comme l’a reconnu le Conseil Constitutionnel en 1962 en refusant de
connaitre de la LC 1962.
Le succès du référendum de 1962 aurait donné naissance à une coutume constitutionnelle : le référendum ratifiant
au-delà de la loi la procédure de révision de l’art 11C.
Le recours à l’art 11C pour réviser la Constitution était incorrect car la Constitution instaure une procédure spéciale
pour la réviser dans le titre spécifique à la révision de la Constitution : Titre XVI sur la révision.
En cas de nouveau recours à l’art 11C pour réviser la Constitution, pourrait-on envisager un contrôle de la validité
de ce recours ?
➢ La réponse est entre les mains du Conseil Constitutionnel : l’art 60C dispose que le Conseil Constitutionnel
veille à la régularité des opérations de référendum prévues aux art 11C et 89C
o JP constante : le Conseil Constitutionnel refuse de contrôler la constitutionnalité des lois
référendaires car résulte de l’expression même de la souveraineté nationale.
▪ Conseil Constitutionnel, 1992, Maastricht : « au regard de l'équilibre des pouvoirs établi
par la Constitution, les lois que celle-ci a entendu viser dans son article 61 sont uniquement
les lois votées par le Parlement et non point celles qui, adoptées par le Peuple français à la
suite d'un référendum contrôlé par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 60,
constituent l'expression directe de la souveraineté nationale »
o Le Conseil Constitutionnel pourrait toutefois être amené à exercer un contrôle préalable de la loi
soumise au référendum.
▪ Le Conseil Constitutionnel a déjà accepté d’examiner la légalité des actes préparatoires au
référendum, notamment le décret de convocation des électeurs (Hauchemaille, 2000)
▪ Le Conseil Constitutionnel laisse planer une ambiguïté sur la décision de soumettre au
référendum la ratification du TECE. Un des moyens était que le décret de convocation des
Introduction ................................................................................................................................................................2
A. L’Etat ..........................................................................................................................................................4
1. Définition ................................................................................................................................................4
B. La souveraineté ...........................................................................................................................................5
1. Définitions ..............................................................................................................................................5
D. La responsabilité .........................................................................................................................................8
1. La Constitution de 1791........................................................................................................................12
2. La charte ...............................................................................................................................................12
2. Le fonctionnement ................................................................................................................................14
2. La rationalisation du parlementarisme..................................................................................................18
1. L’indivisibilité ......................................................................................................................................18
2. La laïcité ...............................................................................................................................................19
4. L’égalité ................................................................................................................................................20
5. La décentralisation ................................................................................................................................20
A. Le contenu ............................................................................................................................................22
B. Procédure ..............................................................................................................................................22
A. La procédure ............................................................................................................................................23
1. Le mandat .....................................................................................................................................24
II – Le Gouvernement...................................................................................................................................27
a) Sur la nomination......................................................................................................................27
b) La cessation des fonctions ........................................................................................................28
2. Les incompatibilités ......................................................................................................................28
3. La composition .............................................................................................................................29
2. Le Sénat ........................................................................................................................................31
1. La composition .............................................................................................................................34
A. La dévalorisation de la loi.................................................................................................................40
A. La procédure .....................................................................................................................................51
1. L’habilitation ................................................................................................................................51
2. L’ordonnance ................................................................................................................................52
2. L’ordonnance ratifiée....................................................................................................................53
A. La défense .........................................................................................................................................54
B. La diplomatie ....................................................................................................................................55
A. Nature ...............................................................................................................................................70
B. Fonction ............................................................................................................................................71
B. La procédure .....................................................................................................................................75
1. La désignation...............................................................................................................................83
2. Le statut ........................................................................................................................................83
A. Un fonctionnement collégial.............................................................................................................84
3. Le jugement ..................................................................................................................................88
II – Le contrôle a posteriori..........................................................................................................................89
1. La Constitution .............................................................................................................................92
2. La DDHC ......................................................................................................................................93
A. La périodicité ..................................................................................................................................101
C. Le mode de scrutin..........................................................................................................................102
1. Recettes.......................................................................................................................................105
2. Contrôle : Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques ....106
C. Sanctions .........................................................................................................................................106