Géochimie des Argiles et Isotopes
Géochimie des Argiles et Isotopes
Ce module explore l'évolution historique, la composition, les propriétés, et les méthodes d'analyse des argiles, Chapitres abordés :
2. Familles d'argiles : Classification basée sur les structures cristallines et compositions chimiques.
4. Méthodes d'analyse des argiles : Techniques comme la diffraction des rayons X, l'analyse thermique et l'étude au microscope électronique.
Introduction. Fraction fine : Partie du sol qui passe à travers un tamis de 80 micromètres,
comprenant des éléments comme le limon, le silt et l'argile, tous séparés à une
1. Introduction. limite de 2 micromètres.
Les argiles sont des matériaux utilisés depuis des siècles, grâce à leur plasticité Limon : Matériau équivalent au silt, constitué de fines particules rocheuses et de
qui permet de les façonner en objets tels que des récipients ou des statuettes. minéraux tels que le gypse, le sel, la dolomie et le quartz.
Le mot "argile" vient du grec Argillos, dérivé de Argos, signifiant "blanc", ou du
latin argilla, qui signifie également "argile". Leur plasticité, leur douceur au Argile : Fraction du sol ayant une granulométrie inférieure à 2 micromètres,
toucher, leur cohésion et leur affinité pour l'eau ont suscité l’intérêt des incluant des particules argileuses et des colloïdes.
techniciens et des minéralogistes.
Colloïdes : Particules extrêmement fines qui restent en suspension dans l’eau,
Ainsi, les argiles ont captivé l'attention des minéralogistes, cristallographes, influencées par la tension superficielle, la charge électrique, le pH et la
chimistes et autres experts techniques. Les premières études à leur sujet concentration en sel, ce qui provoque la floculation (agglomération et
remontent à 1801, menées par le minéralogiste allemand Haüy. Cependant, sédimentation des particules).
c’est en 1807 que le Français Brogniart découvre l’"effet de perte de poids",
selon lequel les argiles perdent du poids lorsqu’elles sont chauffées. Gels minéraux : Minéraux amorphes composés de silico-alumines (comme
l'allophane) ou de silico-fer.
2. Historique.
Gels organiques : Constitués de débris végétaux et d’humus (matière
Au 19e siècle, la compréhension et la classification des matériaux argileux se organique en décomposition), ces gels peuvent être nuisibles lorsqu'ils entrent
sont perfectionnées grâce aux progrès des techniques d'analyse et de la en contact avec le ciment.
microscopie. Les minéralogistes ont proposé des premières classifications
basées sur la chimie, suivies par des critères cristallographiques. Les argiles, La géochimie des argiles.
classées parmi les phyllosilicates, sont souvent hydratées et possèdent une 1. La famille des argiles à 7Å :
granulométrie inférieure à 2 micromètres. On les retrouve fréquemment
associées aux sols. Kaolinite.
Les sédiments sont rarement asymétriques lors des dépôts. L'asymétrie peut
Analyse granulométrique. résulter d'un remaniement antérieur, où une taille particulière de grain
provoque cette déviation.
1. Introduction,
• Angulosité de la courbe : Une courbe asymétrique est complexe à
L'étude granulométrique consiste à analyser la taille des particules, souvent à interpréter.
l'aide d'une méthode statistique. La définition précise des tailles mesurées peut
être difficile, car les mesures sont conventionnelles et dépendent des outils • Mélanges : En présence de mélanges, les courbes deviennent
utilisés, comme le tamisage. complexes, présentant plusieurs pics, ce qui reflète la diversité des tailles
de grains présentes dans l'échantillon.
• À l’échelle macroscopique : L’observation à la main permet une
approche micromorphologique pour analyser la répartition des argiles
dans une roche.
Méthode d’étude des argiles Pour les minéraux argileux, l’accent est mis sur :
Les minéraux argileux peuvent être étudiés à différentes échelles : • Réactions d’inversion : Formation de nouvelles phases cristallines après
la destruction des réseaux argileux.
Ces réactions sont mises en évidence grâce aux méthodes ATP et ATD.
Analyse thermique pondérale (ATP) galvanomètre sensible pour enregistrer cette différence. Une troisième courbe,
enregistrée dans le corps inerte, sert de référence pour les températures.
L'ATP consiste à enregistrer en continu la perte de poids d’un échantillon soumis
à un chauffage progressif. Les Cette méthode permet de classer les argiles selon leurs anomalies thermiques
courbes obtenues, représentant la lors du chauffage.
perte de poids en fonction de la
température, permettent d’identifier • Réactions endothermiques : la courbe présente un pic orienté vers le
les températures des réactions de bas.
déshydratation ainsi que leur • Réactions exothermiques : la courbe montre un pic orienté vers le haut.
intensité.
Les appareils électroniques modernes permettent d’amplifier ces différences
Cette méthode, bien qu’intéressante de température et d’étudier jusqu’à six échantillons simultanément. Lorsque les
pour quantifier la déshydratation, températures du corps inerte et de l’échantillon sont identiques, la courbe est
n’est pas applicable à des une droite horizontale d’ordonnée zéro.
températures élevées (900 à 1000 °C).
Elle analyse également le Inconvénients de l'ATD
dégazement des produits volatils liés
à l'augmentation de la température. Facteurs expérimentaux : Les résultats de l'ATD ne sont pas standardisés et
Cependant, l’ATP n’est pas utilisée peuvent varier pour le même échantillon entre différents laboratoires. Cela
seule, mais conjointement avec l’ATD s'explique par :
pour des résultats complets. • Taux d'élévation de la température : Varie entre 5 et 20 °C/min,
Analyse thermique différentielle : influençant l'intensité des réactions. Le taux optimal se situe entre 1h et
1h15 min.
Principe : • Support de l'échantillon :
L’ATD est une méthode différentielle où la grandeur mesurée est la différence o Un support en nickel (haute conductivité thermique) accentue
de température entre deux corps soumis à un chauffage régulier : les pics exothermiques et atténue les endothermiques.
• Un spécimen étudié, dont la o La position de l'échantillon doit rester constante pour minimiser
température s’écarte de les effets de conduction (basse température) et de radiation
celle du corps inerte en cas (haute température).
de réactions exothermiques o La nature et le diamètre des thermocouples doivent être
ou endothermiques. uniformes pour garantir la reproductibilité.
Les énergies impliquées dans ces • Propriétés de la substance inerte : Le matériau inerte doit avoir des
réactions étant faibles, la méthode caractéristiques thermiques (chaleur spécifique, conductivité, diffusion
consiste à amplifier et mesurer la thermique) proches de celles de l'argile étudiée.
différence de température entre le
four et l’échantillon. Deux Facteurs liés à l'échantillon
thermocouples, placés
• Nature du minéral argileux : La stabilité dépend de l'énergie de liaison
respectivement dans le corps inerte
de la trame minérale.
et dans le spécimen, sont reliés à un
• Taille des particules : Optimale entre 3 et 5 µm. Le dispositif comprend :
• Degré de cristallisation : Plus il est élevé, plus la température de • Canon à électrons : Fonctionne avec une tension d’accélération V₀
décomposition est haute, et le pic endothermique est étroit. d’environ 10 keV.
• Effet des cations adsorbés : • Système de condenseur : Composé de deux lentilles permettant de
réduire le "crossover" du faisceau.
o Les courbes sont plus marquées avec H⁺.
• Lentille objet électromagnétique : Projette l'image formée. Les sources
o Avec Ca²⁺ ou Mg²⁺, des courbes à double pic endothermique actuelles offrent une résolution de 50 à 100 Å (1 Å = 10⁻¹⁰m).
apparaissent à basse température en raison de l'hydratation des
cations. 2. Système à balayage
Le principe de cet appareil repose sur l’agrandissement des petits organismes o Durée de balayage : Entre 1 milliseconde et 5 secondes.
invisibles à l'œil nu. Cependant, il ne produit pas d'image stigmatisée. o Zone balayée : Ajustable par un système photométrique.
Caractéristiques principales • Visualisation et enregistrement :
• Résolution : 100 Å. o Deux oscilloscopes synchronisés avec le balayage de
• Agrandissement : Permet de grossir l’objet entre 5 000 et 10 000 fois. l’échantillon.
• Capacité d’examen : Idéal pour l’observation d’échantillons massifs o Observation visuelle sur écran à grande rémanence.
grâce à une grande profondeur de champ, offrant une impression de o Photographie sur écran à basse rémanence.
vue en 3D.
o Certains modèles incluent un enregistrement par
Principe de fonctionnement : magnétoscope.
Le schéma de principe de l’appareil se compose des éléments suivants, 3. Échantillon
disposés dans le sens du flux d’électrons :
• Support : Monté sur une platine goniométrique permettant des
• Sonde de production d’électrons : Génère le faisceau d’électrons. mouvements de translation et rotation.
• Système de balayage : Contrôle le déplacement du faisceau
d’électrons sur l’échantillon. • Caractéristiques :
• Échantillon : Objet à examiner.
• Formation électronique de l’image : Convertit les interactions entre les o Taille : Généralement massive, avec des dimensions de l’ordre
électrons et l’échantillon en une image. du centimètre.
• Traitement de l’image : Permet d’améliorer, d’analyser et de o Conditions requises :
sauvegarder les données visuelles obtenues.
1. Résister au vide et au bombardement
Production à la soude électromagnétique intense.
Le système
2. Présenter une conductivité électrique superficielle pour
dissiper les charges. Les échantillons isolants doivent être nλ=2dsinθ
métallisés pour répondre à cette condition.
o d : Distance inter-réticulaire (espace entre les plans atomiques
Formation de l'image et traitement de l'information dans le cristal).
L’interaction entre les électrons et la matière génère divers rayonnements, qui o θ: Complément de l'angle d'incidence.
transportent des informations sur l’objet percuté, car ils sont issus de ce dernier.
o λ: Longueur d’onde du rayonnement.
Définition des rayonnements :