Keita Fodé Baba
Université Al Joufra - Faculté de pédagogie - Département de français
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[email protected] La pédagogie active, les stratégies et objectifs
Résumé
Dès le 19e siècle, un courant de pensée et des pratiques éducatives prônent
l’engagement actif des apprenants dans les processus d’apprentissage. Cette
vision diffère fortement des pratiques passives basées sur l’écoute de
l’enseignant, la prise de notes, l’observation, la mémorisation et l’imitation de ce
qui est présenté. Rendre les étudiants actifs, c’est susciter leur participation sur
le plan social et surtout, les engager intensément avec le contenu à apprendre en
ayant comme visée de le rendre significatif, de faire comprendre le sens.
Enseigner dans cette perspective suppose de questionner ses conceptions de
l’apprentissage, de revisiter sa posture d’enseignant, de s’intéresser à comment
faire apprendre plutôt qu’à comment transmettre et, conséquemment de créer
des situations d’apprentissage innovantes.
Mots clés: éducatives - passives – mémorisation - étudiants - actif - susciter -
enseigner - enseignant - d’apprentissage innovantes.
Abstract
As early as the 19th century, a school of thought and educational practice
advocated the active engagement of learners in the learning process. This view
differs greatly from passive practices based on listening to the teacher, taking
notes, observing, memorizing and imitating what is presented. Making students
active means encouraging their participation on a social level and above all,
engaging them intensely with the content to be learned with the aim of making it
meaningful, of making the meaning understood. Teaching from this perspective
involves questioning your conceptions of learning, revisiting your teaching
posture, looking at how to teach rather than how to transmit and, consequently,
create innovative learning situations.
Keywords: educational - passive - memorization - students - active - arouse -
teach - teacher - innovative learning.
1
Introduction
La rentabilité des méthodes dites passives étant faible,
Il ne s’agit plus de se contenter de transmettre des informations, mais de passer à
un modèle d’enseignement où l’étudiant devient acteur dans la construction de
son savoir.
Le monde étant en profonde mutation, il devient urgent de réinventer nos
institutions d’enseignement afin d’aider les étudiants à acquérir les compétences
et aptitudes qui leur seront essentielles pour relever les défis de demain. La
pédagogie active y contribue grandement. Avec la compétition entre les
établissements scolaires et la marchandisation de l’éducation que nous
connaissons actuellement, la pédagogie active est devenue aujourd’hui un
moyen pour certaines écoles de se démarquer des autres. En parlant
d’apprentissage actif, nous pensons aux grands théoriciens qui ont révolutionné
la pédagogie et plus particulièrement celle appliquée dans les écoles primaires et
secondaires. Afin de contrer une pédagogie statique dominante au début du 20
ème
siècle, ces penseurs ont agi tantôt ensemble, tantôt individuellement afin de
proposer des alternatives pédagogiques et d’améliorer la qualité de
l’enseignement. Presque tous les acteurs de l’éducation attestent que les
stratégies et les méthodes d’enseignement qui cherchent à impliquer l’apprenant
dans son apprentissage sont les plus efficaces, et qu’elles créent un véritable
apprentissage, contrairement aux pédagogies traditionnelles, dont les critiques
augmentent de jour en jour. Pour surmonter les faiblesses de ces méthodes
traditionnelles, les théoriciens et les praticiens du domaine de l’éducation ont
travaillé dur et conçu des méthodes et des stratégies plus avancées, efficaces et
productives, y compris la pédagogie active, que nous allons essayer de saisir à
cet égard. Qu’est-ce que la pédagogie active? Comment rendre les étudiants
actifs? Telles sont les questions auxquelles nous essayons d’apporter des
éléments d’analyse et de réflexion. Dans la première partie, nous vous
2
présenterons un cadre théorique visant à définir les concepts-clés relevant du
domaine de la pédagogie active. Dans la seconde partie, nous étudierons les
objectifs et les stratégies pédagogiques à adopter pour rendre l’apprenant actif
dans son apprentissage. En fin dans la troisième partie, nous examinerons le rôle
de l’étudiant et l’enseignant ainsi que l’acte d’évaluation des apprentissages des
étudiants.
CADRE THEORIQUE
I - Définitions des concepts
1- La pédagogie active
Avant de détailler la substance des méthodes actives (ou de la pédagogie
active), il nous faut définir la notion de méthode pédagogique. Cette notion est
ainsi définie par Meirieu (1991) comme un « mode de gestion des relations
entre le formateur, les apprenants et le savoir ». Le savoir est donc indépendant,
il ne s’agit que de stratégies mises en place par le professeur (Meirieu, 1991 :
105-106) dans les cours de langues, par exemple, le professeur emploiera des
stratégies communicationnelles pour faire parler les élèves et ainsi développer
leur compétence orale.
La pédagogie, c'est donc cet entre-deux, ce va-et-vient entre la théorie (comment
apprend-on?) et la pratique (que font l'enseignant et donc l'élève?), mais aussi
entre celui/celle qui enseigne et celui/celle qui apprend, d'où l'idée d'échange, de
dialogue. Ainsi, nous le verrons, les pédagogies dites « actives » s'inspirent de
théories dites « socioconstructivistes » et sont largement diffusées de nos jours.
Elles considèrent donc que « seul l'individu peut apprendre ; on ne peut
apprendre à sa place, n'en déplaise aux tenants de la simple transmission du
savoir qui ressassent qu'il n'y qu'à bien donner son cours pour que l'élève
apprenne » 1. Mais alors, quel est le rôle et la place de l'enseignant si l'élève «
n'est pas un objet à « former », c'est un partenaire qu'il faut convaincre et non
1
2 André Giordan, Apprendre ! Belin, 2016, p.35
3
forcer: nul ne peut contraindre qui que ce soit à apprendre» 2? On pourrait
répondre par une autre citation bien connue, celle de l'ancien inspecteur Roger
Cousinet: « Si on veut que l'élève commence à apprendre, il faut que le maître
s'arrête d'enseigner »3.
Il s’agit, dans l’ensemble, d’un plan d’action général visant à inciter les élèves à
obtenir une meilleure productivité en impliquant les apprenants dans les activités
et à en faire l’acteur principal, et ils se caractérisent par plusieurs spécifications,
y compris l’inclusivité, et leur association avec les objectifs, la positivité,
l’efficacité, la flexibilité, l’ajustement, le développement et l’attractivité.
2. Apprentissage versus méthode
Afin d’éviter toute confusion dans ce mémoire, il est nécessaire de définir les
termes apprentissage et méthode d’enseignement. Un apprentissage est la «
capacité d’action effective ou symbolique, matérielle ou verbale, liée à
l’existence de schèmes mentaux issus de l’action » (Aumont & Mesnier, 1994 :
117). Une méthode est le moyen de parvenir à un apprentissage efficace pour
l’élève. C’est une mode de gestion, dans un cadre donné, des relations entre le
formateur, les apprenants et le savoir. La méthode est ce qui relie ces trois
éléments.
Si l’on oublie un de ces trois éléments, il se produit des dérives:
dérive programmatique
POLE SAVOIR
METHODE PEDAGOGIQUE
(mode de gestion des relations entre le formateur, les
apprenants, et le savoir)
POLE FORMATEUR POLE APPRENANT
2 dérive
Evelin Charmeux, démiurgique
« Apprendre dérive
à enseigner : ce qu'il ne faudrait pas oublier psychologique
» 27 septembre 2012. Cité in
Débuter en langues, GFEN, Chronique Sociale, 2016
3
Roger Cousinet, Pédagogie de l'apprentissage, PUF, 1959 p.78
4
3- Définition de la stratégie pédagogique
Selon MESSIER (2014) : une « stratégie pédagogique » se caractérise par une
série d’opérations qui vise l’atteinte d’objectifs pédagogiques dans le cadre
d’une situation pédagogique. L’enseignant doit la choisir ou la concevoir et la
mettre en œuvre dans le cadre d’une situation pédagogique réelle. Plus
spécifiquement, on peut différencier des « méthodes » (par ex: apprentissage
par problèmes, apprentissage coopératif) et des « techniques » (par ex. : jeu de
rôles, ateliers) au sein même du concept global de stratégies pédagogiques.
II - Les objectifs de la pédagogie active
Depuis plusieurs décennies, nombreux sont les chercheurs qui accusent
la pédagogie classique comme étant à l’origine des échecs que connaissent les
étudiants et l’être humain en général. Dans le cadre de la méthodologie active, le
but de l’apprentissage est de développer les compétences de l’apprenant, pour
qu’il en ressorte de la créativité, de la collaboration et ainsi des résolutions des
problèmes concrets de la vie.
Il s’agit d’emmener l’apprenant à participer pour que l’apprentissage soit orienté
comme étant une « école de la vie » en général. Cela va permettre d’engager les
étudiants dans le processus. Dans ce cas, l’étudiant ne serait plus un spectateur
passif lors de son apprentissage, mais il sera mis au défi pour mettre en œuvre
toutes ses performances. À l’issue de la formation, le but est de faire de
l’étudiant un citoyen responsable, qui pourra mettre à la disposition de la société
le savoir-faire acquis et développé lors de son parcours scolaire.
1 - Stratégies de la pédagogie active
Les travaux portant sur les stratégies pédagogiques des enseignants
universitaires sont pourtant peu nombreuses (Duguet, 2014) pour bien
comprendre le phénomène. Certains auteurs rapportent que l’enseignement
5
magistral est la pratique la plus répandue en enseignement au postsecondaire
(Darling-Hammond, 2006 ; Prégent et al., 2009).
D’autres enseignants utilisent des stratégies pédagogiques uniques, mais plus
actives que l’enseignement magistral comme l’apprentissage par problèmes,
l’approche par projets, etc., dont certaines recherches reconnaissent les bienfaits
en pédagogie de l’enseignement supérieur (Huang et Wang, 2012 ; Viau, Joly
et Bédard, 2004). Ainsi, plusieurs chercheurs en éducation soutiennent
l’importance d’utiliser différentes stratégies pédagogiques en enseignement
(Halawah, 2011 ; Joyce et al., 2015 ; Pratt, 2005). Selon Sauvé et al. (2007),
les activités pédagogiques doivent être diversifiées pour donner aux étudiants la
possibilité de faire des choix et d’enrayer la routine. La recherche quantitative
d’Halawah (2011), menée auprès de 232 étudiants universitaires ayant répondu
à un questionnaire portant sur les facteurs influençant leur motivation, révèle
l’importance d’utiliser une variété de stratégies pédagogiques pour capter
l’attention des étudiants et susciter leur curiosité. Les résultats de cette recherche
démontrent qu’en plus de la personnalité de l’enseignant, l’utilisation d’une
variété de stratégies pédagogiques influence positivement la motivation à
apprendre des étudiants. Ainsi, bien que le nombre minimal de stratégies
pédagogiques à mobiliser pour parler de « diversification » demeure imprécis
dans les écrits scientifiques, il semblerait qu’il soit préférable de recourir à une
pluralité de stratégies pédagogiques pour profiter des avantages qu’offre
individuellement chacune d’entre elles.
2- Diversité des stratégies pédagogiques
Les recherches menées à ce jour montrent que l’enseignement magistral est la
pratique la plus répandue en enseignement au postsecondaire (Darling-
Hammond, 2006; Prégent, Bernard et Kozanitis, 2009). Or, les résultats
d’une méta-analyse comparant la performance des étudiants dans les cours qui
préconisent l’apprentissage actif et les cours traditionnels rapportent que les
étudiants des classes utilisant l’enseignement magistral étaient 1,5 fois plus
6
susceptibles d’échouer que les étudiants des classes utilisant l’apprentissage
actif (Freeman et al., 2014). D’autres enseignants utilisent des stratégies
pédagogiques uniques, mais plus actives que l’enseignement magistral comme
l’APP, l’approche par projets. Même si certaines recherches reconnaissent les
bienfaits de telles stratégies actives, il s’avère que l’utilisation systématique
d’une même stratégie pédagogique dans tout un programme d’études peut
parfois créer un effet de saturation chez les étudiants. Ainsi, Joyce et al. (2015)
soutiennent l’importance d’utiliser différentes stratégies pédagogiques en
enseignement. Bien que le nombre minimal de stratégies pédagogiques à
mobiliser pour parler de « diversification » demeure imprécis dans les écrits
scientifiques, il semblerait qu’il soit préférable de recourir à une pluralité de
stratégies pédagogiques pour profiter des avantages qu’offre individuellement
chacune d’entre elles et ainsi de favoriser l’atteinte des objectifs d’apprentissage
visés.
III- Rendre l’étudiant actif - le rôle de l’étudiant et du professeur.
Rendre les apprenants plus actifs dans leur apprentissage peut contribuer à
développer leur curiosité et leur passion pour le sujet. « Comment rendre les
élèves actifs au sein de leur apprentissage ?»
1- Rendre l’étudiant acteur de ses apprentissages
L’objectif prioritaire de « l’éducation » est de former des citoyens compétents,
susceptibles de contribuer au progrès économique de la société dans laquelle ils
vivent. Ces dernières années, nous avons pu constater une évolution des pensées
dans l’univers de l’éducation. Et dans ces innovations en éducation, nous
retrouvons notamment la pédagogie active. Dans la pédagogie active,
l’enseignement est focalisé sur l’étudiant, qui devient acteur de son
apprentissage en réalisant quatre actions fondamentales : parler, écouter, lire et
réfléchir. Pratiquer une pédagogie active, c'est donc proposer des situations qui
confrontent chacun des objectifs-obstacles spécifiques (Martinand, 1986 ;
Meirieu, 1989) qui lui conviennent. Elle place donc l’élève au centre de
7
l’action éducative. Elle consiste donc à laisser l’élève conjuguer lui-même, à la
première personne du singulier, les verbes suivants: entendre, observer, discuter,
faire et enseigner (SILBERMAN)
2. L’apprentissage proposé aux étudiants actif et l’apprentissage
On part souvent du principe que l’activité proposée par l’enseignant détermine
le niveau de profondeur des apprentissages. La pédagogie active prône, comme
premier principe, l’apprentissage actif qui permet à l’étudiant de lier les
connaissances, les attitudes ou les compétences à leurs besoins. Il s’agit
d’enseigner à l’étudiant comment apprendre, prendre des décisions sur ce qu’il
éprouve et les actions à entreprendre (les exercices de laboratoire).
3. Apprentissage actif et modes d’engagement cognitif
Michelene Chi est chercheuse en sciences cognitives, professeure et directrice
du Learning and Cognition Lab de l’Université d’Etat de l’Arizona. Elle
s’intéresse principalement aux questions liées à l’apprentissage actif, et à la
manière dont les étudiants s’engagent concrètement avec les supports
d’apprentissage. Pour surmonter ces obstacles, Chi et son équipe se sont lancés
dans une vaste tâche de fond : recenser la littérature scientifique existante sur
l’apprentissage actif et affiner les caractéristiques de celui-ci. Au bout du
compte, quatre modes d’engagement cognitif (et leurs comportements associés)
voient le jour, à travers le modèle ICAP. Dans ce travail, Michelene Chi partage
le fruit de ses travaux à l’occasion du Knowledge Forum organisé en 2016 par
l’AERA (American Educational Research Association). Le modèle ICAP a
pour objectif d’élargir la notion d’apprentissage actif traditionnel en proposant
un continuum constitué de quatre modes d’engagement cognitif principaux : il
s’agit des modes d’engagement passif, actif, constructif et interactif. Ceux-ci
s’intègrent dans une hiérarchie (I - C - A -P), chaque mode d’engagement
prédisant un niveau d’apprentissage différent et graduel, allant d’un niveau
apprentissage en surface (modes passif et actif) vers un niveau d’apprentissage
en profondeur (modes constructif et interactif).
8
4- L’approche pédagogique
L’approche pédagogique correspond à la façon d’enseigner privilégiée par un
enseignant (manière de faire). Celle-ci découle de la conception qu’il a de l’acte
d’enseigner et se traduit par un ensemble de méthodes, stratégies, activités et
outils auxquels celui-ci a recours dans sa pratique. Une approche pédagogique
peut se placer sur un continuum allant de celles centrées sur l’enseignant à celles
centrées sur l’apprenant.
Pédagogie centrée sur l’enseignant Pédagogie centrée sur l’apprenant
Utilisation de méthodes Utilisation de méthodes
magistrales et transmissives, où actives et interactives
l’apprenant est passif et réceptif où l’apprenant est actif et réflexif
3- Le rôle de l’enseignant et de l’apprenant dans la pédagogie active
A – le rôle de l’apprenant
La pédagogie active vise à placer l’apprenant au centre de sa formation, à le
rendre acteur de ses apprentissages.
L’étudiant doit ressentir de la motivation pour s'impliquer dans l'apprentissage.
Cet apprentissage doit être parlant, s'appuyer sur des éléments concrets, pour les
étudiants afin qu'il prenne du sens. L’étudiant doit être actif.ve, physiquement et
intellectuellement, il doit s'exprimer, parler, bouger, coopérer avec ses pairs.
9
L'étudiant est autodidacte, il est central et est le propre « constructeur » 4 de son
savoir, de ses compétences. L'étudiant est l'acteur principal qui se partagera
constructivement le contrôle de la classe. Il pratique systématiquement l’auto
évaluation.
B- Rôle de l’enseignant
Le rôle traditionnel de l’enseignant savant et diffuseur de contenus peut
sembler superflu dans ce contexte. Ce rôle de l’enseignant dans les méthodes
d’enseignement associées à l’apprentissage actif est en effet différent de celui
joué dans un exposé magistral. Bien qu’il conserve en partie son rôle de
diffuseur, il devient surtout l’architecte et le guide des étudiants dans un
contexte d’apprentissage plus structuré et plus complexe. Ce rôle de tuteur ou de
facilitateur n’est pas toujours adopté aisément et certains enseignants ont même
déjà été encouragés à devenir tuteurs pour des activités portant sur des sujets où
ils n’étaient pas eux-mêmes experts, dans le but de se concentrer sur les
exigences de ce nouveau rôle (Barrows, 1996). Certains chercheurs et
enseignants estiment que la maîtrise de ce nouveau rôle peut prendre jusqu’à
trois ans (Marx et coll., 1997).
4
« Tout apprenant est un constructeur » citation de Jean Piaget à propos de ses travaux sur le constructivisme de
l'apprentissage.
10
Représentation des champs d’intervention de l’enseignant et des étudiants dans une situation
d’apprentissage par projets traditionnelle et plus active.
Le rôle de l’enseignant va donc continuer de se transformer, ce dernier devenant
davantage le guide des apprentissages de ses étudiants et leur entraîneur plutôt
que le transmetteur des contenus.
Évaluation
Comment évaluer les compétences transversales acquises au travers des
méthodes actives ? L'évaluation fait partie intégrante du processus
d'apprentissage. Elle est intimement liée aux programmes d'études et à
l'enseignement. En même temps que les enseignants et les élèves travaillent en
vue d'atteindre les résultats d'apprentissage des programmes d'études,
l'évaluation joue un rôle essentiel en fournissant des renseignements utiles pour
guider l'enseignement, pour aider les élèves à atteindre les prochaines étapes et
pour vérifier les progrès et les réalisations.
Le rôle de l'évaluation dans l'apprentissage
L'évaluation joue un rôle essentiel dans la façon dont les élèves apprennent, dans
leur motivation à apprendre et dans la façon dont les enseignants enseignent.
Elle doit être planifiée en fonction de ses buts. L'évaluation au service de
11
l'apprentissage, l'évaluation en tant qu'apprentissage et l'évaluation de
l'apprentissage ont chacun un rôle à jouer dans le soutien et l'amélioration de
l'apprentissage des élèves. L'utilisation de ces trois types d'évaluation doit être
équilibrée. L'évaluation au service de l'apprentissage : l'évaluation éclaire les
enseignants sur ce que les élèves comprennent et leur permet de planifier et
d'orienter l'enseignement tout en fournissant une rétroaction utile aux élèves.
L'évaluation en tant qu'apprentissage: l'évaluation permet aux élèves de prendre
conscience de leurs méthodes d'apprentissage et d'en profiter pour ajuster et faire
progresser leurs apprentissages en assumant une responsabilité accrue à son
égard.
L'évaluation de l'apprentissage: les renseignements recueillis à la suite de
l'évaluation permettent aux élèves, aux enseignants et aux parents, ainsi qu'à la
communauté éducative au sens large, d'être informés sur les résultats
d'apprentissage atteints à un moment précis afin de souligner les réussites,
planifier les interventions et continuer à favoriser la réussite.
Conclusion
A travers notre recherche la pédagogie active présente de nombreux avantages
puisqu’elle se démarque des logiques très descendantes de la pédagogie
traditionnelle: il n’y a plus le formateur d’un côté et le groupe d’apprenants qui
subissent son savoir de l’autre. La pédagogie active crée une dynamique de
groupe positive qui facilite les échanges et les interactions au sein du groupe.
Ensuite, elle capte l’attention des apprenants, booste leur intérêt et leur
motivation: ils participent et peuvent même prendre le contrôle de leur
apprentissage. Enfin, l’apprentissage en lui-même se trouve facilité: les
apprenants sont plus réceptifs car ils construisent eux-mêmes leur savoir. Sur le
plan humain, la pédagogie active pose également certains challenges. Elle oblige
le formateur à revoir sa posture: il n’est plus le « fournisseur de savoir », mais
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plutôt un accompagnateur dans la construction du savoir. Les apprenants
peuvent être déroutés par cette nouvelle approche, voire avoir certains a priori.
C’est alors au formateur de guider, proposer et animer les différentes étapes de
la formation. Même si une pédagogie active demande plus d’efforts au
formateur pour la mettre en place et même si elle se heurte sans doute à
quelques sceptiques, elle devient aujourd’hui indispensable pour motiver les
apprenants et les aider à mieux mémoriser. Dans l'optique de la pédagogie
active, l'étudiant est l'acteur principal de son éducation et de sa formation. La
pédagogie qui veut intégrer efficacement l'informatique doit impérativement
répondre à ses besoins. Face aux défis de la société du prochain millénaire, les
étudiants seuls peuvent assumer une partie de leur apprentissage avec ces
technologies. La conviction que l'instituteur est celui qui possède le savoir et
peut transmettre celui-ci à ses étudiants s'avère de l'illusion pure. Face à la
masse d'informations à laquelle nous sommes confrontés, le rôle de l'école n'est
plus le même qu'il y a quelques dizaines d'années. " Le professeur n'est plus le
maître omniscient qui, du haut de son estrade, "déverse" des connaissances à un
cercle de jeunes avides de savoir. "
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