Lycée Marie Curie PT Année 2024-2025
DS1
Durée : 2h
La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des
raisonnements entreront pour une part importante dans l’évaluation des copies.
Les résultats non justifiés (sauf consigne explicite de l’énoncé) ne seront pas pris en compte. Les
différents exercices sont indépendants. Des données utiles sont rassemblées en dernière page du sujet.
La calculatrice est autorisée.
1 Possibilité d’un cycle
On raisonne sur une quantité de matière n = 1 mol de gaz parfait qui subit la succession de transformations
(idéalisées) suivantes :
• A → B : détente isotherme quasi statique de PA = 2 bar et TA = 300 K jusqu’à PB = 1 bar en restant
en contact avec un thermostat de température T0 = TA ;
• B → C : évolution isobare quasi statique jusqu’à VC = 20,5 L toujours en restant en contact avec le
thermostat à T0 ;
• C → A : compression adiabatique réversible jusqu’à revenir à l’état A.
L’exposant adiabatique γ du gaz est pris égal à 1,4.
1. Représenter, en la justifiant, l’allure de ce cycle dans un diagramme de Watt (P, V ).
2. À partir du diagramme, déterminer le signe du travail total des forces de pression au cours du cycle.
En déduire s’il s’agit d’un cycle moteur ou d’un cycle récepteur.
3. Exprimer les capacités thermiques CV et CP du gaz en fonction de γ et des données de l’énoncé.
4. Déterminer le transfert thermique QAB entre A et B, puis l’entropie créée entre A et B. Commenter.
5. Calculer les volumes en A et en B, la température en C, puis le transfert thermique QBC reçus par
le gaz au cours de la transformation BC. En déduire l’entropie échangée avec le thermostat ainsi que
l’entropie crée. Conclure : le cycle proposé est-il réalisable ? Le cycle inverse l’est-il ?
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2 Expérience de Clément et Desormes
L’expérience mise au point par les Français Nicolas Clément
(1779-1841) et Charles Desormes (1777-1862) permet de mesurer
la valeur de l’exposant adiabatique γ d’un gaz. Le dispositif
expérimental, présenté à la figure 1, est constitué d’un ballon en
verre contenant le gaz à étudier, initialement en légère surpression
par rapport à la pression atmosphérique Patm , et d’un robinet
permettant d’ouvrir le ballon sur l’extérieur.
La différence de pression ∆P entre l’intérieur du ballon et
l’extérieur est mesurée à l’aide d’un manomètre à mercure : grâce
à la lecture de la variation du niveau de mercure ∆h, on déduit
∆P de la relation ∆P = ρg∆h, avec ρ la masse volumique du
Figure 1 – Dispositif expérimental de l’ex- mercure et g l’accélération de pesanteur.
périence de Clément et Desormes. Le gaz est
initialement en légère surpression par rap- Initialement, la différence de hauteur ∆h du liquide dans le
port à l’atmosphère, mais en équilibre ther- manomètre est égale à ∆hini . L’expérimentateur ouvre le robinet,
mique avec l’extérieur. Le robinet est ou-
vert le temps que l’équilibre des pressions
∆h devient presque instantanément nulle. L’expérimentateur
se fasse, puis refermé. La pression dans le referme alors le robinet et ∆h augmente lentement jusqu’à une
ballon augmente alors lentement. valeur ∆hfin .
1. Justifier que l’on puisse considérer la première transformation d’adiabatique quasi statique, et la se-
conde d’isochore. La température dans le ballon diminue-t-elle ou augmente-t-elle lors de la première
transformation ? Quelle est la température du gaz à l’issue de la seconde transformation ?
2. Le gaz est supposé parfait dans cette modélisation. La surpression ∆Pini dans le ballon est faible
(∆Pini ≪ Patm ), de sorte que la diminution de température ∆Tinter dans le ballon à la fin de la première
transformation (étape intermédiaire) est très inférieure à la température extérieure (∆Tinter ≪ Tatm ).
Démontrer que l’on a la relation
∆Pini ∆Tinter
(γ − 1) =γ .
Patm Tatm
3. De même, en étudiant la seconde transformation, proposer une relation entre ∆Tinter et la surpression
dans le ballon ∆Pfin à la fin de l’expérience.
4. En déduire γ en fonction de ∆Pini et ∆Pfin , puis en fonction de ∆hini et ∆hfin .
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3 Mesure calorimétrique de l’enthalpie de vaporisation de l’eau
3.1 Valeur en eau du calorimètre
On rappelle qu’un calorimètre est un récipient calorifugé utilisé pour effectuer des mesures de transferts
thermiques. Protocole expérimental : la température (température ambiante) d’un calorimètre vide est
mesurée à T1 = 20 ◦ C. On verse un volume V = 100 mL d’eau chaude à T2 = 40 ◦ C dans le calorimètre et,
après un temps de retour à l’équilibre de quelques minutes, la température finale de l’ensemble est mesurée
à Tf = 33 ◦ C.
On note c la capacité thermique massique de l’eau et Ccal la capacité thermique du calorimètre.
1. Quelle est la masse d’eau m introduite dans le calorimètre ?
2. On définit la valeur en eau du calorimètre µ comme la masse d’eau qui aurait exactement la même
capacité thermique que le calorimètre vide. Exprimer Ccal en fonction de µ.
3. En appliquant le premier principe à un système que l’on définira, exprimer µ en fonction des données
et faire l’application numérique.
3.2 Mesure de la capacité thermique massique de l’eau liquide
En première approximation, la capacité thermique massique de l’eau liquide c est indépendante de la
température. Protocole expérimental :
— On immerge une résistance R dans 300 g d’eau ajoutés au calorimètre, le tout à température ambiante
T1 = 20 ◦ C.
— R est reliée à un générateur de tension continue. On mesure la tension aux bornes de R et l’intensité
dans R grâce à deux appareils numériques : U = 29,9 V et I = 3,00 A.
— Après la mise sous tension, on attend deux minutes que la résistance soit chaude, puis on déclenche le
chronomètre ; un dispositif informatisé trace alors la température de l’eau au cours du temps pendant
environ 20 minutes.
dT
— On constate que la courbe est une droite et on mesure sa pente : = 3,6 K · min−1 .
dt
4. En appliquant le premier principe entre les instants t et t+dt à un système que l’on définira, exprimer
la capacité thermique massique de l’eau c en fonction des données. Faire l’application numérique.
3.3 Mesure de l’enthalpie de vaporisation de l’eau
Première série de mesure : On pose le calorimètre sur une balance avec la résistance immergée, aux bornes
de laquelle on mesure toujours U = 29,9 V et I = 3,00 A. On immerge également une sonde de température
dans l’eau (la résistance et la sonde ne sont pas en contact), on laisse monter la température et on constate
qu’elle atteint une limite, autour de 95 ◦ C. On déclenche alors le chronomètre, et on observe que la masse
d’eau décroît de 10 g en 10 minutes.
Deuxième série de mesure : On refait la même expérience mais avec une intensité de I ′ = 2,50 A et une
tension de U ′ = 24,9 V. On constate que la masse d’eau décroît de 3 g en 10 minutes.
5. Pourquoi la température du thermomètre plafonne-t-elle à 95 ◦ C ? Dans ces conditions, justifier qu’il
est nécessaire de prendre en compte les pertes thermiques, que l’on notera Pp dans la suite.
6. À l’aide du premier principe appliqué à la masse d’eau dm vaporisée pendant le temps dt pour les
deux séries de mesures, exprimer les pertes thermiques Pp ainsi que l’enthalpie de vaporisation de
l’eau ℓvap en fonction des données. Faire l’application numérique.
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Données :
• pour un gaz parfait de capacités thermiques CV et CP , on a de manière équivalente :
T V
S(T, V ) = Sréf + CV ln + nR ln
T V
réf réf
T P
S(T, P ) = Sréf + CP ln − nR ln
T P
réf réf
P V
S(P, V ) = Sréf + CV ln + CP ln
Préf Vréf
par rapport à l’état de référence « réf » ;
T
• pour une phase condensée idéale de capacité thermique C : S(T ) = Sréf + C ln par rapport
Tréf
à l’état de référence « réf » ;
• constante des gaz parfaits : R = 8,31 J · mol−1 · K−1 ;
• ∀α ∈ R, (1 + x)α ∼ 1 + αx.
x≪1
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