Révisions – Bloc 13
Conduction thermique
BLAISE PASCAL
PT 2019-2020
L L L Attention ! Nous avons fait plusieurs exercices sur la conduction thermique dans des systèmes en géométrie
cylindrique ou sphérique. Toutefois, depuis la réforme des programmes, tous les sujets d’écrit de la banque PT portant
sur la conduction se placent dans une géométrie cartésienne. Les exemples en cylindriques ne sont donc pas la priorité !
Année Chapitre Ce qu'il faut réviser Support Prioritaire ☺
Vecteur densité de flux thermique j, flux/puissance thermique Φ = jS, transfert
PT 9 Conduction Ex C1 ***
thermiqueδQ = j S dt (attention à l'algébrisation)
PT 9 Conduction Loi de Fourier ***
PT 9 Conduction Equation de la chaleur 1d cartésien (R+D), généralisation 3d (R) ***
Bilans thermiques dans d'autres géométries et/ou avec termes sources et/ou avec la
PT 9 Conduction TD ex 2, révisions ex 1, DM 7
loi de Newton
PT 9 Conduction Longueur et temps de diffusion Ex C3, TD ex 10
PT 9 Conduction Résistance thermique, exple fondamental d'une paroi plane (R+D) Ex C5 (loi de Newton) **
PT 9 Conduction Associations de résistances thermiques Révisions ex 2 **
Plan de la fiche
I Ressources en ligne 1
II Questions de cours 2
III Pour compléter vos TD 2
1 Géothermie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Isolation d’un pignon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
IV Correction des exercices 3
1 Géothermie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Isolation d’un pignon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I - Ressources en ligne
Scanner ou cliquer sur les QR-code pour accéder aux ressources.
• L’essentiel du cours sous forme de cartes mémo : cartes réalisées par Christophe Cayssiols.
Cartes utilisables pour ce bloc de révisions : choisir « thermodynamique » puis « diffusion
thermique ».
1/5 Étienne Thibierge, 14 mai 2020, www.etienne-thibierge.fr
Révisions – Bloc 13 : Conduction thermique Blaise Pascal, PT 2019-2020
II - Questions de cours
1 - Établir l’équation de la chaleur à une dimension cartésienne.
2 - Considérons une plaque plane d’épaisseur e, faite d’un matériau de diffusivité D et soumise à « un échelon » de
température ∆T . Par analyse dimensionnelle, exprimer la durée τ nécessaire pour atteindre le régime permanent OU
exprimer l’abscisse x à laquelle avance le front de diffusion au bout d’un temps t. Commenter les résultats.
Commentaires attendus :
. les résultats sont indépendants de ∆T ;
. différence fondamentale entre un phénomène diffusif et un phénomène ondulatoire pour lequel on
aurait x = ct.
3 - Établir l’expression de la résistance thermique d’une plaque plane d’épaisseur e, section S, faite dans un matériau
de conductivité thermique λ.
III - Pour compléter vos TD
L L L Attention ! Tous ces exercices ne sont pas « à faire », concentrez-vous sur ce qui vous pose des difficultés.
Signification des pictogrammes :
Difficulté d’analyse et compréhension, initiative requise ;
Difficulté technique et calculatoire ;
Exercice important.
Exercice 1 : Géothermie [ 2| 1| ]
Un exercice pas très compliqué, qui permet de revoir la démonstration de l’équation de la chaleur en
présence d’un terme source, c’est-à-dire d’une puissance thermique produite directement à l’intérieur
du milieu dans lequel on étudie la conduction thermique.
La croûte continentale terrestre a une épaisseur moyenne ` = 30 km, limitée par la discontinuité de Moho. Sa
conductivité thermique moyenne vaut λ = 20 W · m−1 · K−1 . Au niveau de la surface, la température vaut T0 = 300 K
alors qu’elle vaut TM = T0 + ∆T = 900 K sur la discontinuité de Moho. Les éléments radioactifs de la croûte terrestre
libèrent, en se désintégrant, une puissance volumique prad = 10 µW · m−3 .
On néglige localement la courbure de la Terre et on se place en régime permanent : la température ne dépend
que de la profondeur z, mesurée le long d’un axe vertical ascendant dont l’origine se trouve à la profondeur `.
1 - Établir l’équation différentielle régissant le champ de température T (z).
2 - Résoudre cette équation et représenter le profil de température.
3 - En déduire le flux géothermique surfacique au niveau du sol. Commenter l’influence des éléments radioactifs.
4 - Est-il possible de définir une résistance thermique de la croûte terrestre ?
Exercice 2 : Isolation d’un pignon [ 1| 2| ]
Cet exercice assez simple permet de retravailler les associations de résistances thermiques. Les valeurs
numériques ont été choisies de telle sorte que tous les calculs numériques soient faisables de tête ... un
bon entraînement en vue des écrits !
Une famille souhaite isoler le pignon de sa maison. La maçonnerie est en béton
cellulaire (λ = 0,3 W · m−1 · K−1 ), et a une surface (hors fenêtres) S = 40 m2 et une
épaisseur e = 12 cm. Il est percé de cinq fenêtres identiques, toutes de surface S 0 =
2 m2 , faites d’une épaisseur e0 = 5 mm de simple vitrage (λ0 = 1,25 W · m−1 · K−1 ).
L’objectif de l’exercice est de comparer deux solutions d’isolation : ou bien recou-
vrir l’ensemble du béton cellulaire d’une couche de laine de verre, ou bien installer
des fenêtres en double vitrage.
Donnée : 1/2600 = 3,85 · 10−4 et 1/60 = 1,66 · 10−2 .
1 - Établir l’expression de la résistance thermique Rth d’une paroi plane d’épaisseur e et de surface S. En déduire la
résistance R du mur en béton et celle R0 d’une fenêtre.
2 - Exprimer la résistance thermique R0 du pignon non isolé et la calculer numériquement.
3 - La première possibilité est d’isoler la maçonnerie par une couche de laine de verre (λ1 = 4 · 10−2 W · m−1 · K−1 )
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Révisions – Bloc 13 : Conduction thermique Blaise Pascal, PT 2019-2020
d’épaisseur e1 . Exprimer et calculer numériquement la résistance thermique R1 du pignon isolé de la sorte pour
e1 = 16 cm.
4 - Le second choix d’isolation consiste à installer du double vitrage, composé de deux lames de verre d’épaisseur e02 =
4 mm entourant une couche d’air d’épaisseur e2 = 12 mm (λ2 = 2,5 · 10−2 W · m−1 · K−1 ), suffisamment fine pour
que les mouvements de convection y soient négligeables. Calculer la résistance thermique Rdv0
d’une fenêtre en double
vitrage.
5 - En déduire la résistance thermique R2 du pignon pour lequel toutes les fenêtres auraient été remplacées.
6 - Conclure : quels travaux faut-il envisager en priorité ?
IV - Correction des exercices
Exercice 1 : Géothermie [ 2| 1| ]
1 Considérons la tranche mésoscopique de hauteur dz et de section S schématisée figure 1.
0 surface
φe
z
Prad
z + dz
φs
` Moho
z
Figure 1 – Tranche infinitésimale de croûte terrestre.
• Bilan des transferts thermiques : pendant une durée dt, elle échange
. un transfert thermique entrant par la face située en z
δQe = φe dt = jz (z) S dt
. un transfert thermique sortant par la face située en z + dz
δQs = φs dt = jz (z + dz) S dt
. un transfert thermique effectif fourni par les désintégrations radioactives
δQrad = Prad dt = prad S dz dt .
Comme TM > T0 , alors les transferts thermiques sont dirigés du Moho vers la surface ... donc dans
le sens contraire à celui dans lequel j’ai orienté les flux ... et ce n’est pas grave ! ! Pour ne pas se
tromper, mieux vaut orienter les flux dans le sens de l’axe plutôt que dans leur sens réel ... et il ne
faut SURTOUT PAS rajouter un signe « à la main » ... même si c’est peut être très tentant ! La
raison profonde à tout ceci est le caractère algébrique des flux : les conventions choisies ici imposent
simplement φe , φs < 0 et jz < 0.
• Bilan d’enthalpie : en régime permanent,
dH |{z}
= 0 |{z}
= jz (z) S dt − jz (z + dz) S dt + prad S dz dt .
RP 1er P
Par un développement limité, on obtient
djz
− dz S dt
+ p S dz
rad dt = 0 ,
dz
et en utilisant la loi de Fourier,
dT d2 T
jz = −λ d’où λ + prad = 0 .
dz dz 2
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Révisions – Bloc 13 : Conduction thermique Blaise Pascal, PT 2019-2020
2 Par double intégration,
d2 T prad dT prad prad 2
=− donc =− z+A et T (z) = − z + Az + B .
dz 2 λ dz λ 2λ
Avec les conditions aux limites,
T (z = 0) |{z}
= T0 |{z}
= B donc B = T0
CL expr
et
prad 2 prad 2 ∆T prad `
T (z = `) |{z}
= T0 + ∆T |{z}
= − ` + A` + T0 donc ∆T = − ` + A` d’où A= + .
2λ 2λ ` 2λ
CL expr
Finalement,
∆T
prad 2 p`
T (z) = − z + + z + T0 .
2λ ` 2λ
Le profil de température est donc parabolique. Comme il est physiquement évident que la température est forcément
une fonction croissante de z, on en déduit l’allure de la figure 2 qui ne présente pas de minimum.
La concavité de la courbe est donnée par la dérivée seconde −prad /λ < 0 : la dérivée diminue avec z,
donc la température est « de moins en moins croissante ».
TM = T0 + ∆T
T0
Figure 2 – Profil de température dans la croûte terrestre.
3 Par flux géothermique « surfacique », il faut comprendre qu’on se ramène à S = 1 m2 ... ou qu’on calcule
directement jz . D’après la loi de Fourier,
dT ∆T
prad `
jz (z = 0) = −λ (z = 0) = +prad × 0 − λ +
dz ` 2λ
et ainsi
λ ∆T prad `
φsurf = |jz (z = 0)| = + = 0,55 W · m−2 .
` 2
S’il n’y avait pas la radioactivité (prad = 0), le flux surfacique ne serait que de 0,4 W · m−2 : elle joue donc un rôle
important.
4 Non ! En effet, à cause de la puissance interne, le flux n’est pas proportionnel à la différence de température.
Profitons-en pour rappeler les hypothèses pour pouvoir définir et utiliser les résistances thermiques :
elles ne peuvent être utilisées qu’en régime permanent et s’il n’y a pas de libération d’énergie (=
puissance interne = terme source) à l’intérieur de l’élément considéré.
Exercice 2 : Isolation d’un pignon [ 1| 2| ]
1 Voir cours,
e
Rth = .
λS
On a alors
R = 1 · 10−2 K · W−1 et R0 = 2 · 10−3 K · W−1 .
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Révisions – Bloc 13 : Conduction thermique Blaise Pascal, PT 2019-2020
2 Les résistances thermiques du mur et des fenêtres sont montées en parallèle, donc
1 1 5 1
= + = 2600 W · K−1 donc R0 = = 3,85 · 10−4 K · W−1 .
R0 R R0 1 5
+
R R0
3 Le béton cellulaire et la laine de verre sont superposées, leurs résistances thermiques sont donc montées en série,
ainsi
e1
Rm+l = R + = 0,11 K · W−1 .
λ1 S
La résistance thermique du mur est donc largement améliorée (facteur 10). Ainsi,
1 1 5 1
= + 0 = 2508 W · K−1 donc R1 = = 3,98 · 10−4 K · W−1 .
R1 Rm+l R 1 5
+ 0
Rm+l R
Une fois les fenêtres prises en compte, l’impact des travaux est peu perceptible !
La résistance thermique du mur est tellement supérieure à celle des fenêtres que, finalement, tout se
passe comme si seules les fenêtres étaient des conducteurs thermiques. On peut faire l’analogie avec
l’électronique : quand deux résistances très différentes sont montées en parallèle, la plus élevée équivaut
à un interrupteur ouvert ... et l’association devient équivalente à la plus faible des deux résistances.
4 Les deux lames de verre et la couche d’air sont montées en série, donc
2e02 e2
0
Rdv = 0 0
+ = 2,43 · 10−1 K · W−1 .
λS λ2 S 0
5 Finalement,
1
R2 = = 1,6 · 10−2 K · W−1 .
1 5
+ 0
R Rdv
6 Pas beaucoup de doute à avoir : il vaut mieux changer les fenêtres !
Cette conclusion est largement vérifiée, même si les valeurs numériques choisies dans cet exercice rendent
les résultats un peu caricaturaux. De plus, en pratique, le toit joue également un rôle crucial dans
l’isolation d’une maison.
5/5 Étienne Thibierge, 14 mai 2020, www.etienne-thibierge.fr