BIOCARBURANTS
1. Généralités sur les biocarburants
On appelle biocarburants les carburants produits à partir de matières végétales ou
animales non fossiles, encore appelées biomasse. L’utilisation de ces carburants en mélange
dans les carburants conventionnels permet d’envisager un gain au niveau des émissions de
gaz à effet de serre par le secteur des transports, sans modification majeures des
infrastructures de distribution, ni modification des véhicules.
1 Histoire des biocarburants
Les biocarburants sont connus depuis le début de l’industrie automobile. En effet
Nikolaus Otto, l’inventeur du moteur à explosion avait conçu son invention pour utiliser de
l’éthanol. De son coté, Rudolf Diesel l’inventeur du moteur à combustion faisait tourner ses
machines à l’huile d’arachide. La Ford T, produite entre 1903 et 1926 roulait à l’éthanol.
Ensuite, le pétrole que l’on commençait à extraire depuis le milieu du 19èmè siècle devint
bon marché, et les consommateurs et les industriels se détournèrent des biocarburants.
Durant la seconde guerre mondiale, les allemands qui devaient faire face à des pénuries
de carburants utilisèrent un procédé pour fabriquer l’équivalent du pétrole à partir du
charbon.
Après les chocs pétroliers de 1973 et 1979, les autorités s’intéressèrent davantage aux
biocarburants et de nombreuses études furent menées à la fin des années 1970 et au début
des années 1980. Avec la baisse du prix du pétrole en 1986, l’intérêt pour les biocarburants
retomba.
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Finalement, au début et milieu des années 2000, avec la nouvelle hausse du prix du
baril de pétrole, et la crainte du pic pétrolier, la volonté de lutter contre l’effet de serre, et
avec les craintes sur la stabilité de certains pays producteurs, les gouvernements
multiplièrent les discours et aides pour le secteur des biocarburants. Par exemple, George
Bush, dans son discours de l’union de janvier 2006, a déclaré qu’il voulait que son pays se
passe de 75 % du pétrole issu du Proche-Orient pour 2025. La Commission Européenne
veut de son coté que les pays membre incluent au moins 5,75 % de biocarburants dans
l’essence.
2. Générations des biocarburants
Les biocarburants peuvent être divisés en trois catégories : les biocarburants de
première génération, principalement fabriqués à partir d’huile végétales, de sucres et
amidons comestibles, les biocarburants de deuxième génération, fabriqués à partir de
matières végétales non comestibles, et enfin, les biocarburants de troisième génération,
fabriqués à partir d'algues et d'autres micro-organismes.
2.1. Biocarburants de première génération
Selon le mode de production utilisé, les biocarburants de première génération
regroupent deux grands types de produits. On a la filière biodiesel et celle des alcools dont
le plus connu est l’éthanol.
2.1.1. Filière alcool
Les alcools (principalement l’éthanol) sont produits à partir des plantes sucrières
(betterave, canne à sucre) et des céréales (blé, maïs, orge). Ils sont utilisés pour la
reformulation des essences commerciales à des proportions variables selon les pays (5-10%
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en France, 5-85% aux Etats-Unis, jusqu’à 100% au Brésil, etc.). Les alcools, de formule R-
OH, présentent de nombreuses caractéristiques intéressantes notamment des indices
d’octane élevés (l’indice d’octane indique la résistance au cliquetis d’un carburant dans un
moteur à allumage commandé).
Le bioéthanol de première génération peut-être produit de deux façons différentes à
partir de la biomasse :
Par fermentation.
Par hydrolyse suivi d’un procédé de fermentation.
Toutes les formes de biomasse, telles que les plantes sucrières (comme la canne à
sucre ou la betterave) et les plantes amylacées (comme le blé ou le maïs), peuvent être
utilisées pour la production de bioéthanol par fermentation suivi d’une étape plus ou moins
intense de distillation qui sépare l’alcool de l’eau.
plantes sucrée plantes amylacée
extraction du sucre pretraitemento
Fermentation hydrolyze
Distillation Fermentation
Bioéthanolu
Production du bioéthanol
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2.1.2. Filière alcool
Le biodiesel est un carburant qui peut être utilisé pur et/ou mélangé dans le gazole
pour les moteurs Diesel. Il est constitué d’esters méthyliques d’huiles végétales (EMHV),
eux-mêmes provenant d’huiles végétales (tournesol, colza, palme, soja, etc.).
Afin d’obtenir des caractéristiques similaires à celles du gazole d’origine fossile, les
huiles végétales sont transformées en présence de méthanol, grâce à une opération de
transestérification, en esters méthyliques d’huiles végétales et en glycérine est obtenue à
l’aide d’un catalyseur (hydroxyde de sodium, de potassium ou méthoxyde de sodium
CH3ONa), à température modérée (20-80°C) et à pression atmosphérique. Les petites
molécules de bio-Diesel ainsi obtenues peuvent alors être utilisées comme carburant dans
les moteurs à allumage par compression (moteur Diesel).
En 2010, les pays ayant la plus importante production d’EMHV dans le monde étaient
les États-Unis, l'Allemagne et la France, même si de nombreux autres pays s'intéressent au
gazole d'origine végétale. Tout comme l’éthanol, l’EMHV utilisé pur nécessite des
adaptations spéciales du véhicule. Aujourd’hui, l’EMHV est principalement utilisé en
mélange à des teneurs variant entre 5 et 30%v/v.
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En Europe, la part des véhicules Diesel dans le parc automobile est aujourd’hui plus
importante que celle des véhicules à essence. Le bio-Diesel qui se substitue au gazole
permet donc de réduire les importations de gazole et d’améliorer la balance commerciale,
tout en réduisant les rejets de CO2 fossile dans l'atmosphère. La stratégie de réduction de la
dépendance énergétique, vis-à-vis du pétrole, se justifie d’autant plus depuis les hausses des
cours du pétrole en 2008.
2.1.3. Inconvénients des biocarburants de 1ere génération
L’usage des biocarburants s’est considérablement accéléré ces dernières années,
cependant ils présentes des inconvénients qui sont:
Coût élevé,
Faible productivité ramenée à l’hectare cultivé,
La concurrence qu’ils créent avec les besoins alimentaires des populations.
Afin de résoudre l’épineux problème de compétition entre les alimentaires vis à vis
production d’énergie, les biocarburants dits de seconde génération sont apparus.
2.2. Biocarburants de seconde génération
Dans ce cas, les matières premières sont sous la forme de biomasse lignocellulosique. Il
s’agit essentiellement de résidus d’origine agricole non consommables (pailles, tiges de
maïs), de résidus forestiers et de sous-produits issus de la transformation du bois. Les
déchets organiques des industries papetières et agroalimentaires constituent également
d’importantes ressources.
Les technologies de conversion dont les biocarburants de deuxième génération ont
comme principal atout de convertir l’intégralité de la biomasse et notamment ses
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constituants lignocellulosiques. La biomasse est constituée de lignine (15 à 20 %), de
cellulose (35 à 50 %) et d’hémicellulose (20 à 30 %).
2.2.1. Procédés de production
Deux grandes voies technologiques sont capables de valoriser plus ou moins
complètement ces polymères : la voie biochimique (hydrolyse et fermentation) qui permet
la production d’éthanol et la voie thermochimique (thermolyse et synthèse)
A. Voie biochimique
La voie biochimique désigne la filière de valorisation de la biomasse lignocellulosique
par hydrolyse puis fermentation. Le produit final principal est l’éthanol dit «cellulosique».
Il est de même nature que le bioéthanol de première génération produit à partir de plantes
sucrières ou céréalières. Néanmoins, si la filière bioéthanol de première génération est à un
stade avancé deumaturité technologique, celle de seconde génération se heurte encoreuà
des difficultésotechniques et économiques liées à la matière à valoriser:
– la lignine ne peut pas être fermentée en éthanol. Seules les fractions cellulosiques et
hémicellulosiques sont des sourcesupotentielles de sucres fermentescibles, respectivement
de glucose et de pentoses ;
– les trois polymères constitutifs de la matière lignocellulosique forment une
matriceurigide qu’il est nécessaire de prétraiter poururendre cellulose et hémicellulose
accessiblesuà l’hydrolyse.
Afinode répondre à ces considérations, le schéma générique duuprocédé de production
d’éthanol cellulosique est articuléuautour de quatre étapes principales :
prétraitement de la matière première afinud’en libérer la fraction hydrolysable ;
cassure par hydrolyse desomolécules de cellulose et d’hémicelluloseoen sucres,
respectivement glucose et pentoses ;
fermentationodes sucres en éthanol ;
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séparation de l’éthanol du moût de fermentation, distillation et séchage afin
d’obtenir de l’éthanol anhydre, apte à un usage comme biocarburant
Schéma de principe du procédé de production d’éthanol à partir de biomasse
lignocellulosique
B. Voie thermochimique
La voie thermochimique ou BTL (Biomass To Liquid) désigne la filière de
valorisation de la biomasse lignocellulosique par gazéification puis synthèse. Le produit
final peut être du diesel, du DME (diméthyléther), du méthanol ou encore de l’éthanol. Elle
doit son nom à la réaction de gazéification qui combine des processus thermiques et
chimiques à températures élevées. Elle produit entre autres l’hydrogène (H2) et le
monoxyde de carbone (CO) qui, dans une étape ultérieure du procédé, sont valorisés en
hydrocarbures liquides (CxHyOz). Des étapes d’épuration et de conditionnement du gaz en
sortie du réacteur de gazéification sont nécessaires, tout comme le conditionnement de la
matière première en amont du réacteur. Ainsi, la conversion de la biomasse en
biocarburants par voie thermochimique se fait à travers les étapes suivantes:
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Conversion de la biomasse en carburants liquides par voie thermochimique
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2.2.2. Avantages
Pas de concurrence avec l'alimentation et par conséquent pas d'effet sur les prix
agricoles.
De plus la matière première est plus diversifiée, ainsi elle provient des cultures
annuelles (taillis), des déchets de l'agriculture (paille, bagasse, tige..), de déchets
ménagers, et des déchets industriels (boues, liqueur noire..), il y a donc une exploitation
complète et diversifiée des ressources.
D'autre part le bilan énergétique est plus favorable que la première génération car
ils utilisent la plante entière et l'éthanol cellulosique produit 75% de CO2 de moins que le
pétrole conventionnel, tandis que l'éthanol à base de blé ou de betterave ne réduit le taux
de CO2 que de 60%.
Enfin ils permettent un meilleur bilan environnemental que la première génération
car leur consommation en eau et engrais est moins important.
2.2.3. Inconvénients
Les coûts de lancement sont très importants, ce qui constitue un inconvénient majeur.
Cependant, les coûts de production restent eux très intéressants. Une usine de première
génération de carburant demande environ 50,millions d’euros d’investissement pour
devenir opérationnelle. La production de biocarburant de seconde génération implique
un capital de départ 10 fois plus important que celui des usines de première génération et
il faut environ cinq ans pour que les usines de deuxième génération puisse atteindre une
production maximale. C’est donc un problème de financement important d’autant plus
que ces biocarburants ne sont pas encore sur le marché.
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3. Biocarburants de 3ème génération
Les biocarburants de troisième génération sont des carburants issus
principalement des micro algues.
On distingue deux façons de cultiver des micro-algues.
3.1. Procédés intensifs
Les micro-algues dans ce cas croissent dans des photobioréacteurs fermés où l’on
contrôle les paramètres physico-chimiques. les photobioréacteurs, tubes
transparents formant un système clos. Leur coût s’avère plus élevé mais est
compensé par des productivités supérieures.
3.2. Procédés extensifs
Les micro-algues dans ce cas croissent dans des bassins en extérieur. les bassins à
ciel ouvert, peu coûteux à faire fonctionner. Néanmoins, ces systèmes voient leur
productivité affectée par des contaminations microbiennes et une perte d’eau par
évaporation ;
3.3. Production des algocarburants
Les micro-algues peuvent subir différentes transformations pour être valorisées en
biocarburants.
1. Sélection des microalgues
2. Culture dans de grands bassins de plein air ou dans des photobioréacteurs (tubes
transparents).
3. Récolte et extraction de l'huile par centrifugation, traitement au solvant.
4. Conversion de l'huile en biocarburant par transesterification.
Ainsi, elles peuvent être utilisées pour la production du bio-Diesel.
3.4. Avantages des micro-algues
Grande efficacité de captation de CO2. (1tonneod'algues a besoin de 1,8otonne de CO2 )
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Ces rendements exceptionnels rendent réalistes la fabrication du biocarburant à
grande échelle sur une surface raisonnable.
-Ces cultures n’empiètent pas sur la culture agricole traditionnelle et ne limitent pas
la production de nourriture. C’est plutôt le contraire car certaines espèces d’algues sont
très nourrissantes avec un contenu exceptionnel en protéines, en vitamines et en oligo-
éléments (éléments minéraux purs nécessaires à la vie d’un organisme) et pourraient
donc très bien nous nourrir dans le futur.
-Les algues ont bien évidement besoins de se nourrir de déchets organiques et donc
limiter la pollution actuelle.
De plus, dans certaines parties du monde, les algues sont déjà utilisées pour la
biorestauration des eaux usées
-Enfin, les algues sont très faciles à cultiver
En combinant cette affinité pour le CO2 avec le fait que les algues peuvent pousser
presque Croissance n'importe où, beaucoup d’industries émettrices de CO2 pourraient
utiliser les algues pour absorber du CO2 et générer du carburant.
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