Traitement des boues de forage et hydrocarbures
Traitement des boues de forage et hydrocarbures
Mars 2018
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Boues de forage
Préambule : Comment se déroule un forage d'exploration ?
Le forage consiste à enfoncer un train de tiges dans le sous-sol en y injectant une
boue spéciale. Celle-ci va permettre de ramener à la surface des fragments de roches
et des échantillons de gaz. Il faudra forer à plusieurs endroits pour mieux délimiter
le gisement potentiel.
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CHAPITRE 1 : Généralité
1. Le pétrole
Les hydrocarbures (pétrole ou gaz) doivent s'être formés dans des terrains
propices que l'on qualifie de roche-mère; ces terrains correspondent
nécessairement à certaines phases de la sédimentation marines avec dépôts
de matières organiques dont l'évolution physico-chimique conduit à la
formation des hydrocarbures. Leur maturation se fait sur des périodes
extrêmement longues (des millions d'années) mais les conditions de formation
de ces hydrocarbures ayant existé à n'importe quelle époque de l'évolution du
globe terrestre, par conséquent on trouve des hydrocarbures dans tous les
terrains sédimentaires.
Cependant, certaines époques géologiques ont donné lieu, dans certaines zones, à
des productions de matières organiques plus abondantes, et finalement, à des
évolutions physico-chimiques plus élaborées que dans d'autres secteurs. La
répartition des hydrocarbures dans les bassins sédimentaires est donc très
hétérogène.
Pour qu'il y ait réellement un gisement de pétrole, il faut que les hydrocarbures
aient été, après leur formation, rassemblés, puis « piégés » dans des
« réservoirs ».
On appelle « réservoir » un espace étanche en haut, bordé par de l'argile ou par des
roches imperméables, plus ou moins grand dans lequel il y a une roche poreuse,
comparable à une éponge. Cette roche est imprégnée de gaz et/ou de liquide
(pétrole) et/ou d'eau salée.
Formé en milieu marins dans la plupart des cas, les hydrocarbures sont toujours
contenus dans des roches mères imprégnées d'eau; d'où une pression hydrostatique
les refoulant vers le haut (les hydrocarbures sont plus légers que l'eau). Si au cours
de cette migration vers le haut, ces hydrocarbures rencontrent, sur le chemin, une
zone de roches imperméables, leur migration s'en trouvera stoppée. Un gisement de
pétrole est donc constitué d'un réservoir à toit imperméable.
La qualité du réservoir est caractérisée par sa porosité (plus la roche est poreuse,
plus le volume du pétrole contenu est grand) et sa perméabilité (possibilité d'extraire
le pétrole).
Sur terre, la génération des ondes se fait soit à l'aide d'explosifs, soit avec des
camions vibrateurs. Les données sont enregistrées à l'aide de sismographes.
2. Prospection et Production
Prospection et production sont les termes couramment utilisés pour désigner les
activités de l’industrie pétrolière consistant à :
1. rechercher (forages d’exploration pour confirmer la présence
d’hydrocarbures) et découvrir de nouveaux gisements de pétrole et de gaz
naturel (forages d’évaluation qui permettent d’estimer la viabilité économique
du développement)
2. forer des puits et faire remonter les produits jusqu’à la surface.
Plusieurs forages sont ainsi nécessaires avant d’aboutir à l’exploitation d’un gisement
avec les puits de développement pour la mise en production (forages de production)
(Garcia et Parigot, 1968).
On appelle puits (puits de forage ou sonde) une excavation cylindrique verticale ou
déviée établie à partir de la surface dans un massif rocheux à l’aide de dispositifs
mécaniques. La prospection du pétrole et du gaz nécessite donc des connaissances
pluridisciplinaires, en géographie, en géochimie, en géologie et en géophysique.
3. Méthodes de forage
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2. Forage en circulation inverse
Cette méthode de foration diffère des méthodes précédentes par une circulation du
fluide (boue, eau ou air) dans l´espace annulaire (entre la formation et les tiges)
avec remontée des cuttings par l´intérieur du train de tiges. Il existe également des
tiges à double parois qui assurent l´injection et la remontée du fluide par
l´intermédiaire des seules tiges.
Avantages Information géologique plus précise et quasi instantanée. Les cuttings
recueillis en surface proviennent du seul fond du trou sans mélange avec des
cuttings provenant éventuellement de l´érosion du trou au cours de la remontée.
Information géologique continue. La traversée de zones fissurées, fracturées ou
caverneuses, se traduit assez souvent par des pertes partielles (ou totales) de fluide
de circulation (air, eau, boue) dans les techniques de foration à circulation directe. La
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remontée des cuttings par le train de tiges diminue fortement les risques de pertes
de fluide et de cuttings ainsi que les éventuels colmatages ou contamination des
aquifères traversés. Présence d´un fluide de forage et de risque de colmatage
(idem circulation directe).
Inconvénients : S´agissant d´une reconnaissance de niveaux producteurs au
moment de sa foration, le suivi d´un chantier en circulation inverse nécessite un
contrôle continu et des prises de décision adéquates pour caractériser les différents
niveaux (arrêt de foration et circulation ou pompage dès observation particulière). Il
existe un risque d´occulter des informations importantes sur un niveau producteur
d´épaisseur réduite par passage trop rapide.
3. Forage carottier
Cette méthode consiste en la réalisation d´un ouvrage à l´aide d´un outil spécial, le
carottier, destiné à récupérer la formation en place sans destruction. Avantages
Observations géologiques de qualité optimale. Couplé à un dispositif d´orientation
de la carotte, l´échantillon recueilli en zones fracturées permet une analyse des
directions de fracturation.
Inconvénients Coût élevé. Diamètre réduit. Pourcentage de récupération des
formations fonction de la nature des terrains (faible en structure non consolidée).
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Inconvénients Vitesse d´avancement assez faible induisant un coût "suivi
travaux" en proportion. Méthode peu adaptée dans les terrains plastiques ou
boulants dans lesquels le tubage à l´avancement est nécessaire. Difficultés pour
équilibrer des venues d´eau artésiennes jaillissantes. Absence d´information sur les
niveaux producteurs (qualité - production) sinon par mise en place de dispositif de
pompage en parallèle à la foration.
5. Forage dirigé
Le forage dirigé est une technique de génie civil permettant de faire passer des
canalisations et des câbles sous des obstacles (chaussées, bâtiments, cours d´eau...)
sans intervenir directement sur ces obstacles. Le forage dirigé est une application
récente nécessitant de puissants moyens informatiques. Grâce au forage dirigé, des
ressources qu´ils étaient difficiles d´atteindre en forage classique du fait d´obstacles
géologiques (lithologies rebelles), deviennent accessibles. Le secteur pétrolier est
très demandeur de forages dirigés ou bien sinon de forages dont on estime par
modélisation ou suivi la direction empruntée.
6. Forage horizontaux
Les forages subhorizontaux sont destinés à résoudre des problèmes liés par le
passage de réseaux sous des obstacles réputés infranchissables. Cette technique
permet aussi de résoudre des problèmes de drainage dans des glissements de terrain
où l´eau est l´élément moteur. Elle peut être associée à des drains terrassés dans le
cas d´assainissement de maison individuelle par exemple. Les forages réalisés sous
des bâtiments permettent de drainer de façon très efficace les horizons humides.
7. Top drive
Le système top drive comporte un moteur sur le derrick à courant continue équipées
d’un vérin hydraulique permettant de replier le lamier en position transport et de le
relever aisément en bout de champ. L’équipement spécialisé du derrick inclut un
système automatise de manutention des tuyaux et un système d’entrainement sur le
dessus alimente par la même source d’énergie que celle du treuil de forage. Le gros
mécanisme de levage d’une machine de forage qui est utilisée pour ramener le train
de tige de forage.
Lors du développement du moteur un accent particulier a été mis sur une mise en
service facile ce dispositif destine à faciliter le raccordement d’éléments tubulaires
par intermédiaire d’un dispositif d’entraînement supérieurs et un élément de support
pour supporte un déplacement pratique
Conclusion
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En somme nous retiendrons qu’il existe plusieurs méthodes de forage dont le choix
est fonction des caractéristiques intrinsèques des formations rencontrée et surtout du
budget du projet. Mais jusqu’ à présent la méthode présentant assez avantages et
donc la plus utilise est la méthode du système rotationnel.
4. Appareil de forage
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Flexible d’injection de boue
Conduit souple qui introduit la boue de forage dans la tête d’injection.
Moteur
Appareil qui transforme en énergie mécanique la combustion d’un mélange air-
carburant.
*Dans pratiquement tous les cas, un moteur Diesel fournit la puissance nécessaire
aux forages. La puissance est alors délivrée soit par électricité, soit par mécanique.
Dans le cas de forages profonds, des générateurs électriques alimentés par un
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moteur Diesel sont le plus souvent utilisés. L'option « électrique » possède de
nombreux avantages dont entre autres la réduction du bruit et une organisation du
chantier plus simple.
*Les moteurs qui fournissent l'énergie mécanique sont reliés soit à une table de
rotation qui transmet le mouvement à la tige carrée [comme son nom l'indique, elle
est carrée ou hexagonale pour permettre sa rotation ; cette tige est raccordée aux
tiges de forage par un raccord d'usure, qui transmet le mouvement à l'outil de forage
(bit en anglais)], soit à une tête de rotation (powered swivel) qui transmet le
mouvement directement aux tiges de forage.
Massif de fondation
Infrastructure métallique sur laquelle reposent la tour de forage, les moteurs et les
équipements annexes.
Tamis vibrant
Bac vibrant percé de trous qui permettent de filtrer la boue à la sortie du puits pour la
débarrasser des déblais et la réutiliser.
Crochet de levage
Pièce d’acier attachée à la moufle mobile, destinée à soutenir la tête d’injection et les
tiges de forage.
Tour de forage
Structure métallique dressée au-dessus d’un puits de pétrole, par laquelle
s’effectuent le levage et la descente des outils servant à creuser la roche.
Moufle fixe
Dispositif mécanique fixé au sommet de la tour de forage, comportant plusieurs
poulies et soutenant, avec la moufle mobile, les tiges de forage.
Pompe à boue
Appareil assurant la circulation de la boue dans l’appareil de forage.
Bac à boue
Bassin contenant la boue (mélange d’eau, d’argile et de produits chimiques) qui sert
notamment à refroidir et à lubrifier le trépan et à évacuer les déblais.
Le fluide dans un forage est un élément clé, car il évacue les déblais qui
s'accumulent au fond du trou, il stabilise les parois du trou lorsque ce dernier est
encore « nu » (sans cuvelage) et enfin il peut aussi lubrifier et refroidir l'outil en
activité. Le choix d'un fluide ne s'arrête pas là : les eaux souterraines (parfois
potables) peuvent être contaminées par certains fluides utilisés.
Pour évacuer les débris, soit le fluide doit circuler très vite (air comprimé), soit le
fluide, alors liquide, doit posséder une densité et une viscosité qui sont contrôlées
régulièrement par le foreur.
Treuil de forage
Appareil constitué d’un cylindre sur lequel s’enroulent les câbles de levage qui
servent à lever et à abaisser les tiges de forage et le trépan dans le puits.
Tête d’injection
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Pièce reliée au crochet de levage et à la tige carrée, qui permet d’introduire la boue
dans les tiges de forage pour refroidir et lubrifier le trépan.
Moufle mobile
Dispositif mécanique mobile à poulies, relié à la moufle fixe par un câble et portant le
crochet de levage.
Tige de forage
Chacune des tiges creuses en acier que l’on raccorde entre elles selon la profondeur
de l’excavation, dont la rotation active le trépan.
Masse-tige
Lourd tube d’acier situé immédiatement au-dessus du trépan sur lequel il applique un
certain poids afin qu’il entame la roche.
Système rotary
Dispositif de forage par lequel une tige carrée fixée à une table de rotation transmet
le mouvement rotatif aux tiges grâce à de puissants moteurs.
Table de rotation
Plateau circulaire mû par de puissants moteurs, qui transmet, par l’intermédiaire de
la tige carrée d’entraînement, le mouvement de rotation aux tiges de forage.
Tige carrée d’entraînement
Tige spéciale de section carrée vissée au sommet des tiges de forage, entraînée par
la table de rotation.
Trépan / Outils de forage
Outil de forage rotatif pourvu de molettes dentées en acier ou en diamant, qui
s’enfoncent dans la roche pour la désagréger et y creuser un trou.
Pour le foreur, l'outil de forage qui se trouve au bout de la colonne de forage est une
des clés de son activité. L'outil doit être choisi dans un catalogue aussi varié que
peut l'être la lithologie rencontrée. Si un outil de type marteau peut briser une roche
compacte, il sera inefficace pour creuser une argile, à la différence d'une tarière et
des outils de type trilame.
Selon son diamètre, l'outil peut peser de quelques kilogrammes à plusieurs centaines
de kilogrammes. On distingue différents types d'outils de forage :
couronnes qui sont des tiges, améliorées ou non, munies de dents ou de picots
renforcés ;
forages au diamant (diamant synthétique polycristallin), qui font appel à des outils
de formes très variées [dont les formes de type tricône (trépan) et trilame] dont
l'utilisation est restreinte à l'industrie pétrolière et minière du fait du coût d'exploitation
élevé. Les diamants ont la forme de pastilles noires prises dans la masse métallique
de l'outil ;
tricônes, outils montés par trois cônes rotatifs ou molettes (libres) munis de picots
pour les terrains durs (longs picots pour les terrains très compétents tels les
quartzites, et picots courts pour les terrains moins compétents tels les schistes), et
de dents pour les terrains durs (calcaires) à argileux (marnes) - les dents étant plus
longues lorsque le terrain est plus argileux. On trouve également des tricônes à
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pastilles faites de matériaux ultra-résistants (diamant et carbure de tungstène par
exemple) ;
trilames, outils montés par trois « lames » en chevron pour les terrains les plus
argileux et en gradin ou escalier pour les terrains plus durs (marnes et calcaires) ;
marteaux fond-de-trou (MFT), qui sont des outils à percussion prédestinés aux sols
durs et cassants.
5. Fluides de forage
Définition
Le fluide de forage était déjà présenté en 1933 lors du premier Congrès Mondial du
Pétrole, où il a fait l'objet de cinq communications (Darley et Gray, 1988). Le premier
traité sur les fluides de forage a été publié en 1936 par Evans et Reid . En 1979,
l'American Petroleum Institute (API) définit le fluide de forage comme un fluide en
circulation continue durant toute la durée du forage, aussi bien dans le sondage
qu’en surface. Le fluide est préparé dans des bacs à boues, il est injecté à l’intérieur
des tiges jusqu’à l’outil d’où il remonte dans l’annulaire, chargé des déblais formés au
front de taille. A la sortie du puits, il subit différents traitements, tamisage, dilution,
ajout de produits, de façon à éliminer les déblais transportés et à réajuster ses
caractéristiques physico-chimiques à leurs valeurs initiales.
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CHAPITRE 2 : Fonctions et composition des fluides de forage
La plupart des livres sur l’usage des fluides de forage énumèrent entre 10 et 20
fonctions assurées par ces fluides dans le puits. Nous allons les énumérer avant
d’entrer en détail sur chacune des fonctions.
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Historiquement, les fluides de forage ont évolué d'un simple mélange d'eau et
d'argile appelé "boue " vers des systèmes de plus en plus complexes composés
d'eau ou huile avec une multitude d'additifs répondant aux caractéristiques requises
et aux problèmes rencontrés. Les fluides de forage sont des fluides complexes
classés en fonction de la nature de leurs constituants de base. Traditionnellement,
les fluides de forage ont été classés en trois catégories selon le fluide de base utilisé
dans leur préparation : l’air, l’eau ou l’huile
Parmi les fluides de forage, les boues peuvent être classés selon leur composition et
leurs additifs ;
Les boues doivent par exemple être très visqueuses pour assurer la remontée des
déblais, mais la viscosité ne doit pas être trop élevée afin de limiter les pertes de
charge dues à l’écoulement et afin d’éviter la fracturation de la formation. De
nombreux composants multifonctions sont donc ajoutées à la boue pour lui conférer
les propriétés désirées. Il est possible de classer grossièrement ces composants en
20 catégories (Economides et aI,, 1988).
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1.2.1. Les fluides à base d’eau
Ces fluides sont souvent désignés par ‘Water-Based Muds” ou WBM. Ils sont dans
la plupart des cas constitués par des suspensions de bentonites dans l’eau (30 à 60
g/L) dont les caractéristiques rhéologiques et de filtration sont souvent ajustées par
des polymères. La nature des électrolytes et leur concentration dans les formulations
de boues à l’eau sont choisies en prenant en compte les caractéristiques de la
formation (activité de l’eau des formations argileuses, dissolution des formations
salines).
L’origine de l’utilisation de l’huile dans les fluides de forage remonte aux premiers
forages effectués à Okiahoma City (1934-1937) au cours desquels on a constaté une
amélioration des performances de forage après ajout de l’huile brute.
Les fluides à base d’huile sont des fluides dont la phase continue est une huile
minérale (pétrole brut, fuel, gazoil, ...) et la phase dispersée est de l’eau.
Par définition les fluides de forage à base d’huile contenant plus de 5% d’eau sont
appelés boues de forage en émulsion invers ; avec moins de 5% d’eau, on a les
boues à l’huile (IDF, 1988). Ces fluides sont souvent désignés par “Oil-Based
Muds” ou OBM.
La phase continue la plus utilisée jusqu’à ces dernières années était le gazoil, mais
actuellement la législation relative à la protection de l’environnement impose
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l’utilisation d’huiles minérales ou “synthétiques”, ne contenant plus de composés
aromatiques. Des agents émulsifiants et mouillants sont alors utilisés pour favoriser
la stabilité de l’émulsion.
Les propriétés rhéologiques (thixotropie) de cette émulsion sont ajustées par
l’addition d’agents viscosifiants, généralement des argiles organophiles. Les
formulations peuvent contenir également des agents réducteurs de filtrat (composés
asphalténiques et polyméres) et d’autres additifs spéciaux. Il faut signaler
qu’aujourd’hui la plupart des travaux de recherche portent sur l’amélioration des
boues inverses synthétiques, vu leurs avantages économiques et environnementaux,
comparativement aux fluides classiques à base de gazoil.
Ce sont des fluides dont la phase continue est du gaz mélangé avec de l’eau en
proportions variables provenant de la formation traversée (inévitablement) ou ajoutée
intentionnellement. Le gaz peut être de l’air ou du gaz naturel, et peut appartenir à
une mousse ou à un brouillard. Citons brièvement les fluides gazeux utilisés:
Forage à l’air
L’air est le fluide de forage qui possède la plus basse densité et le prix de revient le
moins élevé, mais le forage à l’air qui a commencé en 1940, devient difficile lors de
venues importantes d’eau. Il apporte une solution à des problèmes compliqués
parfois impossibles à résoudre avec les méthodes de forage à la boue
conventionnelle, Il est recommandé dans le cas des pertes totales répétées de la
boue lors de la circulation ainsi que dans le forage des couches productrices sous
faible pression.
D’une façon générale, le forage à l’air réduit le coût du forage de 50 à 60% par
rapport au forage à la boue dans le bassin.
Forage à la mousse
Les mousses sont des dispersions d’un volume de gaz (relativement) important dans
un volume de liquide relativement faible. Elles sont utilisées comme fluides de forage
lorsque les terrains traversés sont fracturés, ou lorsque le forage à l’air est
impossible parce que la pression nécessaire ne peut être fournie sur le chantier.
L’avantage du forage à la mousse se résume par sa faible pression hydrostatique au
fond et par son excellent pouvoir de remontée des déblais à moins que la mousse ne
refroidisse pas convenablement les terrains traversés ainsi que le train de sonde et
ne contrôle pas la tenue des parois du puits (pas de cake).
Des problèmes de sécurité au sujet de l’utilisation de la mousse en réservoir sont à
signaler, notamment des explosions dans le cas où le volume d’hydrocarbures
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gazeux est compris entre 3 et 10% par rapport à l’air. C’est le cas en 1992, du puits
RB-13 en Algérie, où lors d’une opération de reprise de puits avec une boue à la
mousse pour éviter les pertes de circulation, une explosion s’est produite suite à une
contamination de la boue par une venue d’huile ou de gaz (Abid, 1995).
Le forage à la boue aérée est utilisé afin d’éviter les pertes de circulation et pour
avoir un fluide de forage plus léger. Les avantages sont une bonne tenue des parois
grâce à un cake contrôlé, une tendance aux pertes de circulation fortement réduite et
une vitesse d’avancement plus grande, une assez bonne capacité de refroidissement
des terrains traversés et du train de sonde, à moins que la stabilité de la boue aérée
ne soit liée à une circulation effective des fluides.
D’une manière générale, lors d'une même opération de forage, l'opérateur peut faire
varier la composition physicochimique du fluide de forage pour l'adapter au contexte
(conditions de pression, température, profondeur, acidité, résistance, etc.
rencontrées lors de la pénétration de la roche par le trépan).
Le fluide doit être choisi et adapté de manière à éviter les dommages de la formation
forée (afin que le puits ne s'effondre pas ou que ses parois ne se dégradent pas)
mais aussi de manière à limiter la corrosion.
Les boues doivent par exemple être très visqueuses pour assurer la remontée des
déblais, mais la viscosité ne doit pas être trop élevée afin de limiter les pertes de
charge dues à l’écoulement et afin d'éviter la fracturation de la formation. De
nombreux composants multifonctions sont donc ajoutées à la boue pour lui conférer
les propriétés désirées. Il est possible de classer grossièrement ces composants en
20 catégories.
Dans plusieurs pays pétroliers, les principaux fluides de forage utilisés sont une boue
bentonitique au démarrage, des boues aux polymères pour les phases de forage
intermédiaires (WBM), et des boues émulsionnées inverses (OBM) pour les phases
réservoir. Sur le champ de Hassi Messaoud en Algerie, à l’exception de la première
phase, la totalité du puits est forée avec une boue émulsionnée inverse à différents
rapports Huile/Eau. Bien que les systèmes WBM assurent souvent les principales
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fonctions, leur efficacité et/ou rentabilité sont souvent critiquées du point de vue de
l’avancement et de la stabilité des parois argileuses : ils ne peuvent jamais atteindre
les performances des fluides émulsionnés (OBM), alors que ces derniers sont surtout
critiqués du point de vue de la pollution et de leur impact sur l’environnement.
Densité
La densité est un paramètre important des boues de forage. Elle doit être
suffisamment élevée pour contrebalancer la pression exercée par les venues d’eau,
d’huile et de gaz et par conséquent les éruptions.
Cependant elle ne doit pas dépasser la limite de résistance des parois du puits
(formations traversées) pour ne pas les fracturer et ne pas risquer une perte de boue
au cours de la circulation. Pour l’alourdissement de la boue, la barite (BaSO4) a été
utilisée dès 1922.
La pression exercée par la boue sur les parois du puits, est donnée par l’expression
suivante (Garda et Parigot, 1968):
La viscosité
VA = L 600 / 2
VP = L 600 - L300
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où L600 et L300 représentent respectivement les lectures à 600 et 300 tr/mn sur le
rhéomètre Fann 35.
Le rhéomètre utilisé est de type Couette (cylindres concentriques rotatifs). C’est la
classe de rhéomètre la plus fréquemment utilisée où la substance étudiée est
emprisonnée entre deux cylindres de révolution, coaxiaux, de rayons distants de
quelques mm. Le mouvement laminaire de cisaillement est obtenu en communiquant
à l’un des cylindres un mouvement de rotation uniforme de vitesse angulaire w,
l’autre cylindre demeurant immobile.
Sur chantier, les outils disponibles pour contrôler la rhéologie de la boue sont de
deux types. Le premier est le viscosimètre Marsh, outil encore très largement utilisé,
le deuxième est un rhéomètre Fann 35, réalisant une mesure de contrainte pour 2 ou
6 valeurs du cisaillement selon les appareils.
D’autre part, la circulation dans le puits impose des valeurs élevées de pression et de
température, il est donc nécessaire de mesurer ou de prévoir la rhéologie des fluides
aux hautes températures et pressions ainsi que la tenue des additifs soumis à ces
conditions (Nguyen, 1993). D’où l’importance de l’utilisation de rhéomètres travaillant
à haute pression et haute température, type Fann7O et d’appareils de filtration, type
Dynamic Filtration System.
La contrainte seuil
Les solides présents dans la boue de forage influencent un paramètre autre que la
viscosité plastique, qui est la contrainte seuil en exprimée Pa ou autres unités plus
connue sous le nom de “yield value” ou “yield point”.
YP=L300 – VP=(VA-VP).2
Gels et thixotropie
Une boue de forage laissée au repos édifie progressivement une structure qui
augmente sa rigidité et qui peut être réduite par agitation. On appelle thixotropie le
fait que ce phénomène soit non instantané et réversible.
Le caractère thixotrope d’une boue est évalué en mesurant le “gel 0” et le “gel 10”.
Le gel 0 représente la résistance du gel aussitôt après agitation de la boue. Ils sont
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mesurés à l’aide du viscosimètre Fann35 à une vitesse de 3 tr/min et exprimé en
lb/100ft2. Le gel 10 représente la résistance du gel après un repos de la boue de 10
minutes.
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par un refroidissement et lubrification de l’outil afin d’éviter l’usure rapide des pièces
métalliques en mouvement.
Les dents sont en métal très dur ou en diamant pour résister à l’usure lors de sa
roration dans la roche.
Les micro ou macro débris, sont parfois très abrasifs et peuvent provoquer des
bouchons dans un trou de forage. La boue aide à les remonter en surface au fur et à
mesure de leur production et de la manière la plus fluide possible, y compris dans le
cas de plus en plus fréquents de tubes non verticaux voire horizontaux dans le cas
des forages dirigés.
La vitesse de la boue doit être adaptée à la nature de la roche forée et des déchets à
remonter en surface. Ces facteurs influent sur les capacités de transport de la boue
(comme la vitesse d'une rivière influe sur la capacité à transporter des cailloux, du
gravier, du sable ou du sédiment fin). La viscosité de la boue sont deux autre
propriété importante ; si elle est trop faible, les fragments de roche tendront à se
déposent au fond du puits, et si elle est trop élevée elle circulera mal.
Des liquides rhéofluidifiants (dont la viscosité diminue losque le gradient de vitesse
augmente) et à viscosités élevées sont les plus efficaces pour le nettoyage du trou
foré dans la roche.
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Mais ce type de boues lourdes peut avoir un impact négatif si son poids dépasse le
seuil d'équilibre de pression avec la roche environnante (pression de la formation).
Ceci explique que le poids de la boue n'est généralement pas augmenté à des fins
de nettoyage des trous, mais plutôt au contraire pour colmater un puits.
Une mauvaise circulation ou remontée des déblais de forage peut causer l'apparition
d'étranglements et de variation dans la densité du fluide de puits pouvant eux-
mêmes conduire à d'une perte de circulation.
Les propriétés physiques (Cf. poids, densité, pression sur les parois) et chimiques
d'une boue de forage doit maintenir dans l'intégrité des parois du puits, en
entretenant une pression hydrostatique sur les formations traversées, en respectant
leurs limites d'élasticité ; la pression devant donc être ni trop faible ni excessive ;
- Une pression trop faible entrainerait un risque d'effondrement des parois du puits
(par exemple dans le sable ou certains schistes secs et très fortement fracturés).
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- Une pression excessive ferait que la boue risque de percoler trop profondément
dans le substrat, voire d'obturer les microfracturations et pores permettant
l'exploration puis l'exploitation de la roche réservoir).
Un tel colmatage peut néanmoins parfois être recherché pour colmater une roche
contenant par exemple un fluide qu'on ne veut pas voir s'infiltrer dans le puits (on sait
maintenant transformer certains fluides de forage en « ciment synthétique à prise
rapide » par adjonction d'un catalyseur qui peut être ou non une irradiation, par du
cobalt 60 en général), mais une obturation des pores de la roche doit être évitée
dans le réservoir que l'entreprise veut exploiter. Des moyens physiques et chimiques
de « décolmatage » existent, très utilisés dans les forages de gaz de schiste, mais
efficaces dans une certaine mesure seulement ou présentant certains risques
environnementaux ou de corrosion ou d'entartrage des installations.
Enfin la plupart des boues de forage sont conçues pour être « thixotropique » (c'est-
à-dire se stabiliser et se transformer en gel en cas d'arrêt de circulation de la boue,
durant les opérations d'entretien ou de changement de matériel pendant le forage).
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Il est ainsi possible de descendre un « train de tige » et des tubages dont le poids
excéderait grandement les capacités du derrick en l'absence de boue, y compris sur
une plate-forme de forage offshore.
à la rotation du trépan ;
au fonctionnement mécanique de certains outils d'acquisition de mesures en
cours de forage dits MWD (measurement while drilling) ;
au fonctionnement des outils de diagraphie en cours de forage dits LWD
(logging while drilling) tools ;
Différents types de buses permettent d'optimiser le travail du trépan et l'impact
du jet de boue au fond du puits ;
… avec certaines limites qui sont :
o la Puissance de la pompe ;
o une perte de pression à l'intérieur du train de tiges, plus élevées quand
la densité et viscosité de la boue sont importantes (cf forces de
cohérence et de friction augmentées, modification de l'effet de
cisaillement…) ;
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o la pression maximale admissible en surface et pour le puits ;
o un débit optimal qui varie selon le substrat, la profondeur…
Dans une installation de forage, l'information acquise par les outils de mesure en
profondeur peut être véhiculée vers la surface par la boue, via des « impulsions
de pression » ou MPT (pour "mud-pulse telemetry")). Les signaux doivent être
corrigés ou interprétés en fonction des propriétés chimiques et physiques de la
boue et des conditions de puits de forage.
détecteur de gaz ;
outils d'analyse de certains paramètres d'intérêt géologique ;
mesure de diagraphie utilisant le câble électrique, la transmission acoustique,
ou la résonance magnétique nucléaire;
outils de tests, etc.
29
o Les accidents peuvent être mortels pour les humains, même avec des
matériels et matériaux relativement récents.
Le problème posé par le gonflement des argiles lors du forage dans les formations
argileuses semble étroitement lié aux phénomènes d’interactions argile -fluide de
forage. L’instabilité des formations argileuses varie selon la nature (eau, autre
solvant) et l’état physique de ces fluides lors du contact argile-eau. Malgré de
nombreuses études fondamentales sur l’hydratation des argiles, il reste encore
beaucoup à comprendre sur les mécanismes qui en sont à l’origine.
Van Oort (2003) a proposé de classer les problèmes liés aux argile s selon la teneur
en eau, la pression de gonflement et la pression de pore en considérant une
quantification du phénomène de transport sur le changement chimique et sur la
stabilité mécanique de la roche.
Un fluide de forage idéal donnant une bonne stabilité est obtenu :
i) en évitant l’augmentation de la pression de pore due à l’altération du fluide ;
ii) en réduisant l’effet osmotique causé par l’ajout de sel au fluide et ;
iii) en utilisant des fluides émulsionnés inverses
30
- Les formations argileuses boulantes, dénommées 'sloughing shales' ou 'brittle
shales' sont généralement constituées par des schistes ou des marnes peu
consolidées avec une structure feuilletée. Du point de vue minéralogique, elles sont
composées d'illite et de kaolinite avec rarement de la montmorillonite. Lors du forage,
ces formations ont tendance à s'ébouler, s'effondrer, entraînant la formation des
caves importantes. Pour ces argiles, les fluides émulsionnés sont généralement peu
utilisés. Leur efficacité montre que les boues à base d'eau sont satisfaisantes et
qu’une augmentation de la viscosité du gel apporte une bonne contribution à la
solution aux problèmes.
- Les formations argileuses plastiques, dénommées 'plastic shales', 'wet shales',
'gumbo shales', ou 'softening shales' ont la particularité de se refermer plus ou moins
vite sur les outils et les garnitures de forage. Elles causent par conséquent les
problèmes de coincement conduisant à l’échec de tubage et de cimentation,
nécessitant un reforage. Sur le plan géologique, ces argiles sont situées dans le
grand ensemble à prédominance d'évaporites qui s'étend du Lias à la base du Trias.
Du point de vue minéralogique, elles sont composées essentiellement d'un mélange
d'illite et de chlorite. La plasticité des argiles a été observée pour la première fois
dans les cuttings des puits lors du forage en Gulf Coast (Hayes et Kennedy, 1903).
- Les formations argileuses gonflantes, dénommées 'hydratable shales', 'swelling
shales', ou 'heaving shales' : Ces argiles sont caractérisées par une capacité
importante de gonflement qui va au cours du forage s'ajouter à celle des minéraux
argileux intentionnellement ajoutés à la boue afin de lui conférer un certain nombre
de propriétés. Ces argiles gonflantes provoquent une forte augmentation de la
viscosité de la boue et le bouchage des tamis vibrants. Les argiles gonflantes sont
généralement rencontrées à des profondeurs relativement faibles. Du point de vue
minéralogique, elles sont caractérisées par une forte teneur de 20 à 40% en
montmorillonite (minéraux gonflants) avec une teneur élevée allant jusqu'à 40% et de
20 à 30% en illite (minéraux dispersibles). Pour ces argiles qui causent les
problèmes de bourrage des outils, la formation de bouchons dans l'annulaire ainsi
que les risques de perte et de coincement de la garniture les boues à l'huile et au
KCl apportent une amélioration notable. Différentes classes ont été proposées dans
la littérature, avec une minéralogie basée principalement sur les teneurs respectives
en montmorillonite et en illite.
Dans cet objectif, nous proposons une nouvelle méthode basée sur le suivi des
propriétés de filtration de trois systèmes de fluides modèles (PHPA, Glycol et Silicate
de sodium) à travers des pastilles d’argiles compactées. L'évaluation de la méthode
proposée repose sur l'étude des propriétés des systèmes à base de polymères
inhibiteurs à différentes échelles.
32
l'instabilité des puits, due essentiellement aux interactions des argiles de la formation
avec l’eau, mais plusieurs solutions acceptables sont émises.
Ainsi actuellement, un nombre important de systèmes de fluides sont proposés par
les Sociétés spécialisées. En fait, plusieurs de ces produits commercialisés sont
similaires malgré des noms d'usage différents. Voici quelques exemples d'additifs
utilisés dans les WBM, qui ont amélioré les performances des fluides de forage en
résolvant certains problèmes rencontrés.
a/ Les sels minéraux (KCl, NaCl, CaCl2, …) et organiques
La salinité de la phase aqueuse est choisie en fonction des caractéristiques de la
formation traversée.
Le KCl est certainement le sel le plus couramment utilisé pour l'inhibition du
gonflement des argiles. Cet additif ne colmate pas les pores, ne modifie pas la
perméabilité des argiles et ne retarde pas la pénétration de la boue. Il est
recommandé en priorité pour la stabilisation des cuttings réactifs contenant une
quantité significative de smectites. En effet, l’ion potassium est un bon inhibiteur qui
réduit l’énergie d’hydratation et le gonflement d’argiles, telles que l’illite ou la
montmorillonite.
Bien que l’ion Na+ ne soit pas un aussi bon inhibiteur que l’ion K +, l’utilisation de
NaCl possède certains avantages sur celle de KCl. NaCl peut réduire l'invasion du
filtrat dans les argiles. En effet, proche de la saturation, une solution de NaCl conduit
à de grandes viscosités et à une activité de l'eau plus faible que celles observées
avec les solutions concentrées de KCl. En combinaison avec les silicates, polyols et
methylglucosides, les solutions concentrées de NaCl permettent d'améliorer
l'efficacité de la membrane (cake). D'autres solutions de sels minéraux, tels que
CaCl2, ou CaBr2, ZnCl2, MgCl2 ou MgBr2 et ZnBr2 sont aussi largement utilisées en
tant que fluides de complétion.
2/. Les sels organiques, formiates et acétates alcalins (RCOO-M+, avec R = H,
CH3 et M+ = Na+, K+, Cs+) en solution conduisent à une forte viscosité des filtrats et
génèrent une pression osmotique élevée. Ces sels organiques ont un effet bénéfique
sur la réduction de la pression de gonflement des argiles
3/ Les polymères cationiques, anioniques et non ioniques
Les polymères cationiques (PHPA, amines,…) ont été développés comme
alternative aux sels minéraux :
i) pour augmenter le nombre des sites d'échange, car KCl possède un seul site
et
ii) pour des raisons de restrictions environnementales contre l'utilisation des sels
(sensibilité aux ions K+ ou aux chlorures) dans plusieurs chantiers à travers le
monde. Avec de faibles poids moléculaires (M < 10 000), ces polymères sont
de bons inhibiteurs du gonflement des argiles. Ils entrent dans les pores,
viscosifient les filtrats et retardent leur invasion dans les argiles. Les hauts
polymères (M > 10 000) n'ont pas l'aptitude de pénétrer dans les pores mais
peuvent agir par encapsulation. C’est le cas du PHPA qui s'adsorbe sur
plusieurs sites des argiles et réduit la désintégration des cuttings
4/ Autres additifs
33
► Chaux et gypse
Les systèmes de fluides à base de chaux ont un effet bénéfique pour le
développement de la cimentation des argiles in situ.
► Les additifs à base d’asphaltes modifiés, de gilsonite ou de graphite
Ces additifs n'ont pas d'effet sur la pression de gonflement. Leurs effets sont liés
principalement à leur taille permettant le blocage des pores et par conséquent le
retardement de l'invasion du filtrat. Ce type d'additifs est aussi recommandé pour le
forage des formations microfracturées.
Depuis les années 1990, les polymères ont apporté une alternative à l’utilisation des
OBM, largement critiqués à cause des problèmes déjà cités (pollution et toxicité).
Actuellement, les foreurs tentent d’exiger des polymères utilisés dans les WBM des
caractéristiques inspirées des propriétés des OBM.
L’introduction des polymères dans les fluides de forage à l'eau (WBM) date de la
première utilisation en 1930, d’amidon de maïs ajouté à de la boue bentonitique pour
contrôler les caractéristiques de filtration. Cet ajout est suivi par l’introduction de
carbox yméthylcelluloses (CMC), de tanins et de lignosulfonates, tous régulièrement
utilisés depuis 1945.
34
Toutes ces substances utilisées, produites naturellement ou extraites par des
procédés simples avaient pour objectif de protéger la bentonite de la floculation par
le sel.
L’addition des colloïdes organiques naturels dans les fluides de forage a apporté de
grandes améliorations aux propriétés et caractéristiques des fluides classiques à
base d’eau en termes de filtration et d’inhibition.
Les polymères utilisés, souvent conçus pour une situation particulière de forage, sont
devenus de plus en plus sophistiqués. Dans certains cas, ils peuvent même
remplacer totalement les argiles, particulièrement pour le forage des zones
argileuses sensibles à l’eau ou des zones productrices d’eau et d’hydrocarbures.
Les familles de polymères utilisés dans les fluides de forage doivent répondre à
plusieurs critères:
- la résistance à la température et la biodégradabilité, ainsi que la résistance à la
contamination par les ions ;
- la compatibilité avec l’ensemble des additifs du fluide ;
- la protection des formations forées: stabilisation des argiles et le minimum
d’endommagement des formations productrices ;
- la lubrification et la protection contre la corrosion.
Face à toutes ces exigences, de meilleures formulations ont été recherchées pour
répondre aux besoins de chaque forage spécifique. Ainsi les polymères cationiques
sont utilisés pour le forage des argiles gonflantes ‘Gumbo’. Les WBM à base de sels
d’ammoniums quaternaires se révèlent être de meilleurs inhibiteurs que les WBM
conventionnels.
Les polymères anioniques tels que les lignosulfonates de fer ont été largement
utilisés en tant que défloculants. Le lignite chromé en association avec les
lignosulfonates, permet la réduction du filtrat. Les dérivés ligneux (polyphénols) sont
utilisés pour les forages profonds (T> 220°C).
Les dérivés polyacryliques, généralement fortement anioniques, forment un colloïde
protecteur et donnent aussi une bonne stabilité thermique.
Les paramètres qui gouvernent l’efficacité des polymères sont de deux types
(Muller, 1990) :
i) les paramètres imposés par l’environnement tels que pH, salinité (nature et
concentration en sels), température, oxygène, et ;
ii) les paramètres ajustables liés à la structure même du polymère (nature et
longueur des chaînes principales et latérales, nature des groupes fon
ctionnels chargés et/ou neutres, et densité de charge).
36
La CMC est un polymère linéaire anionique à base de cellulose partiellement greffée
par des groupes –OCH2COO- selon un certain degré de substitution (DS).
Les trois groupements hydroxyle de chaque motif glucose peuvent être substit ués
par réaction chimique (DS ≤ 3), mais, en pratique, même les groupements alcool
primaire ne sont pas tous substitués (DS < 1). La viscosité est le principal paramètre
caractérisant les solutions aqueuses de CMC. La cellulose naturelle est insoluble
dans l’eau, même en solution diluée, parce que les atomes d’hydrogène des
groupements hydroxyle forment des liaisons intermoléculaires qui rendent impossible
la solvatation des chaînes.
La CMC qui est biodégradable est à classer dans la catégorie des polymères
flexibles puisque sa longueur de persistance est de l’ordre de 7 nm. Il résulte comme
dit précédemment, que lorsqu’on ajoute du sel à une solution de CMC, ses
dimensions en solution diminuent fortement.
37
Le PHPA peut être utilisé dans les fluides de forage à l’eau douce ou à l’eau salée,
contenant de f aibles quantités de solides.
Ainsi, les mélanges bentonite-PHPA montrent une augmentation de la durabilité, de
l’inhibition du gonflement et de la dureté avec l’augmentation de la concentration en
polymère jusqu'à une valeur optimale.
D/ Les glycols
Dans le domaine du forage, PG (polyglycol) ou PEG (polyéthylène glycol) désigne
souvent un ensemble de composés à base de glycol ou de glycérol. La première
référence relative à l'utilisation du glycol (ou glycérol) dans le domaine des fluides de
forage est donnée par Canon en 1940 pour le contrôle du gonflement des argiles.
Actuellement, les (Poly-) glycérols et les (poly-) glycols généralement notés
simplement glycérols et glycols sont largement utilisés pour le forage des argiles.
A/ Agents tensioactfs
38
Figure
Queue lipophile
Tête hydrophile
Ces molécules sont ainsi dotées i) d’une tête polaire, ionisée ou non, capable de
développer des interactions de type Van der Waals, acide-base de Lewis
et éventuellement coulombien lorsqu’une fonction ionisable est présente : cette partie
hydrophile possède une affinité pour les surfaces chargées et pour les liquides à fort
caractère polaire tels que l’eau ; et ii) d’une partie apolaire, typiquement une chaîne
hydrocarbonée (ou "grasse") capable uniquement d’interactions de Van der Waals
et donc ayant peu d’affinité pour l’eau.
L’antagonisme au sein d’une même molécule entre ces deux portions hydrophobe et
hydrophile provoque l’adsorption de molécules de tensioactif à diverses interfaces air
-eau ou huile-eau. Leur partie polaire se trouve dans l’eau, alors que leur partie
hydrophobe se trouve dans un solvant organique ou à la surface. Cette chimie
particulière permet aux agents de surface de se concentrer aux interfaces liquide-
liquide (chaque groupement se dirige vers le liquide pour lequel il a le plus d’affinité)
et aux interfaces liquide –gaz ou liquide-solide (le liquide repousse vers l’extérieur les
groupements qui ont une tendance opposée).
Les agents tensioactifs sont historiquement répartis selon leur charge en quatre
grandes classes : les cationiques, les anioniques, les amphotères et les non
ioniques.
► Elasticité
Cette élasticité interfaciale permet au film de supporter les sollicitations mécaniques
sans s’amincir, l’amincissement étant l’une des causes qui peut conduire à la rupture
du film.
B/ Les émulsions
Selon Becher (1965) une émulsion est un “système hétérogène, comportant au
moins un liquide non miscible intimement dispersé dans un autre liquide sous forme
de gouttelettes de diamètre en général supérieur à 0,1 μm.
De tels systèmes possèdent un minimum de stabilité, celle-ci pouvant être accrue par
la présence d’additifs, tels que des agents tensioactifs ou des solides finement
divisés“.
La nomenclature des émulsions est standardisée par AFNOR. Le liquide dispersé est
appelé phase dispersée, interne ou discontinue. L’autre liquide est appelé milieu de
dispersion ou milieu externe, et encore phase dispersante ou phase continue.
Types d’émulsion
Dans la plupart des cas, l'une des deux phases considérée est aqueuse. Les
différentes formes d'émulsion sont i) les émulsions eau-dans-l'huile ou huileuses, E/H
pour laquelle la phase interne (dispersée) est l'eau ; ii) les émulsion huile-dans-l'eau
ou aqueuses, H/E pour laquelle la phase externe (milieu dispersant) est l'eau ; et
enfin iii) les émulsions multiples où soit la phase continue est hydrophile E/H/E, et la
phase lipophile contient des sphérules hydrophiles plus petites, soit le cas inverse
H/E/H. Les formes d'émulsion ne sont pas nécessairement le résultat du mode de
préparation, ni même de la concentration plus ou moins grande de la phase
dispersée dans la phase continue.
Qualitativement, la règle de Bancroft permet de prévoir le type d’émulsion stable
formée (E/H ou H/E) en fonction de la solubilité du tensioactif. Cette règle dit que la
phase continue est celle où le tensioactif est le plus soluble, mais il est important de
noter qu’il existe des exceptions à la règle de Bancroft bien qu’elle reste cependant
très utilisée comme base de prévision
41
Aspect des émulsions
L’aspect des émulsions peut être rattaché à la dimension moyenne des gouttes.
L’aspect opaque (laiteux) est produit par la diffusion et la réflexion de la lumière
visible. Les reflets bleutés sont dus à la diffusion inégale du spectre visible (effet
Tyndall) produit par les particules inférieures à 0,2 μm, ce qui explique aussi la
couleur bleue du ciel. En cas de polydispersité, une minorité de grosses particules
donne son aspect à l’ensemble de l’émulsion .
Avec des phases de même indice de réfraction (au moins à une température
donnée) ou avec des nanodispersions d’huile, appelées nanoémulsions
ou miniémulsions (50 nm < d < 200 nm), on arrive à des milieux transparents ou
translucides.
42
CHAPITRE V : Filtration et Endommagement par les fluides de
forage
1. Introduction
La boue est malaxée par un « mélangeur de boue » (parfois dit "mitrailleuse à boue",
ou "mud gun" chez les anglophones). La circulation de ce fluide est assurée par une
« pompe à boue » (« Mud hog») ; Un dispositif dit « Mud collar » (« masse tige à
valve » en français) « permet la circulation de la boue en gardant propre le sommet
du trépan » et une « croix de circulation » (« Mud cross ») est situé en « raccord de
tête de puits, muni de sorties latérales pour la boue ».
On dit que le fluide circule en circulation directe quand il descend par le train de tiges
jusqu'au ou "trépan à boue" (« Mud bit »), et en circulation inverse quand il descend
par l'espace annulaire. Cette dernière (« circulation inverse ») possède plusieurs
avantages :
Si lors de la circulation du fluide les parois nues du forage se dégradent ou
s'éboulent, l'éboulis est repris directement par la circulation. Dans le cas contraire
l'éboulis pourrait s'accumuler et être plus difficile à extraire.
Les échantillons de sol et d'eau prélevés pour analyse ne sont pas ou moins
contaminés par les parois nues du forage.
43
Près du derrick de forage (« drilling rig » ou « rig »), la boue est pompée à partir de
réservoirs de boues (mud pits) et injectée dans ou sur le train de tiges de forage où
elle est pulvérisée par des buses spéciales sur le trépan de forage qu'elle active,
lubrifie, nettoie et refroidit au fur qu'il rogne la roche. Les buses d'injections
permettent un contrôle de la pression d'injection tout en conservant une haute
résistance à l'abrasion ; La boue chargée de fragments de roche concassée (ou de
sable ou d'argile pâteuse dans le cas de la traversée d'une couche de sable ou
d'argile) remonte ainsi ces éléments hors du puits.
Les boues peuvent circuler dans les tubes de forage, à l'extérieur des tubes dans le
forage, dans des flexibles et dans les fosses, en circuit ouvert ou fermé.
La boue peut notamment être injectée dans l'espace annulaire ("annulus") entre le
train de tiges et l'enveloppe du tube dans le trou foré et remonter le long du tube puis
émerger en surface.
Le fluide de forage remontant est analysé et ensuite nettoyé ou régénéré (dans une
unité de séparation mécanique des solides (« mud cleaner ») où elle peut subir un
dégazage, désablage, déshuilage et une filtration plus ou moins poussée, au moyen
d'un tamis vibrant ou via technologies plus récentes, dont chimiques via des agents
nettoyants spéciaux ("mud cleanout agent" (MCA). Le processus de régénération de
la boue est dit "Mud reclamation" pour les anglophones1). Après ce nettoyage, la
boue est ensuite renvoyée dans son réservoir (dit bourbier ou bac à boue) et stockée
en attendant d'être réutilisée ou de faire l'objet d'ajouts de nouveaux additifs
chimiques ou d'autres substances.
Trois types de traceurs sont utilisés : colorants, traceurs radioactifs et ions solubles.
Les colorants (de type fluorescéine, fuchsine et autres) ont été utilisés, mais avec
l'inconvénient de mal percoler dans certains substrats et de ne pouvoir faire l'objet de
résultats quantitatifs que par spectrophotométrie.
Les traceurs radioactifs impliquent des précautions particulières de sécurité et
peuvent interagir avec certains matériels de mesure utilisant les rayons gamma très
utilisés en géotechnique.
Les ions solubles sont plus ou moins adaptés au substrat rencontré.
Historiquement, on a d'abord testé des dichromates, chromates, nitrates, l'ion
ammonium, des ions cobalt, nickel, manganèse, vanadium ou lithium11, mais ils
44
étaient parfois absorbés par le substrat foré ou tout simpement, leur analyse
nécessitait un chimiste.
2. Filtration
Différentes zones peuvent être distinguées, le cake externe qui tapisse la paroi, le
cake interne qui s’étend sur une épaisseur équivalente à quelques diamètres de
grain et la zone envahie par les fines particules lors de la pénétration immédiate.
L’obstruction du milieu poreux est d’autant plus rapide que la concentration en
particules est plus élevée.
Deux types de filtration ont lieu pendant le forage: la filtration dynamique lorsque le
fluide est en circulation et la filtration statique pendant l’arrêt de la circulation de
fluide.
Tableau : caractéristiques du milieu filtrant
Sable non 1 à 10 74 14 28
consolidé
45
A/ Filtration statique
Le processus de filtration statique des suspensions classiques des particules solides
dans un liquide est d’une manière générale bien connu.
Fergusson et Klotz (1954) ont étudié plus particulièrement le cas des boues de
forage et ils ont montré que la filtration de ces fluides ne suivait qu’en partie la théorie
classique donnée par:
V K racine-carré t
B/ Filtration Dynamique
Vu l’importance des mécanismes de filtration dynamique des fluides de forage,
plusieurs paramètres ont été étudiés par plusieurs auteurs.
Ainsi, la composition et les caractéristiques du fluide sont d’une grande importance
dans l’invasion du filtrat du fluide.
La différence essentielle entre le cake formé en régime statique et celui formé en
régime dynamique réside dans l’érosion subie par le second. Cette érosion dépend à
la fois des conditions de circulation du fluide de forage dans l’annulaire, du régime
d’écoulement (laminaire ou turbulent), du taux de cisaillement développé en fonction
de la vitesse annulaire et de la géométrie du puits et de la garniture, et de la
résistance au cisaillement de la couche supérieure du cake.
Des fluides spécialement conçu pour chaque type de forage, ainsi que des fluides de
reconditionnement (restauration d'un puits) ou de complétion, permettent de
minimiser les dommages à la formation.
Les fluides et les solides ont donc un grand effet sur l’endommagement du réservoir
et la perméabilité. D’une part, les fluides de forage contiennent des particules solides
formant un filtre cake qui réduit le débit du fluide, et d’autre part le filtrat peut réagir
avec les argiles de la formation causant un gonflement, une mobilisation et une
migration des fines particules bouchant ainsi les pores, ce qui réduit aussi la
perméabilité.
47
CHAPITRE VI : Pollution
Des effets sur les plantes sont aussi signalés, parmi lesquels l'altération dans la
régulation de leur croissance, une diminution du taux d'oxygène dans le sol et le
phénomène de bioaccumulation
Sur les animaux, les effets des hydrocarbures montrent une diminution du taux
d'hémoglobine et un dysfonctionnement du foie (effets hépatotoxiques).
Donc, plusieurs effets sur la santé peuvent être associés aux fluides de forage, à
savoir des irritations dermiques, respiratoires et même des effets cancérigènes,
notamment dus aux hydrocarbures aromatiques polycycliques.
Ces produits sont introduits dans l’environnement à partir de la combustion
incomplète de combustibles fossiles, d’éventuels accidents dans les procédés
d’exploitation ou à partir des procédés naturels de transfert et de transformation du
carbone.
En plus des effets toxiques, mutagènes et cancérigènes des hydrocarbures
aromatiques polycycliques, on note de sérieux problèmes concernant leur oxydation,
leur bioaccumulation et leur adsorption dans le sol
49
Les produits tensioactifs sont généralement toxiques, surtout pour le milieu
aquatique, et entraînent des effets néfastes à long terme sur l’environnement.
L’exposition répétée peut provoquer des dessèchements ou gerçures de la peau.
Une exposition prolongée peut entraîner des problèmes de santé (respiratoires,
digestifs, dermiques). L’inhalation des vapeurs peut provoquer somnolence et
vertiges.
Pour les Compagnies pétrolières, le plus grand problème est celui du coût induit par
la protection de l'environnement, évidemment défavorable à la compétitivité, d'où la
recherche de solutions effectives à faible coût.
50
5. Définition des bourbiers
51
Bourbiers après une opération de forage
52
5.1.2. Opération de production sur puits
53
CHAPITRE VII : Problèmes fréquents et alternative à la boue
1. Problèmes vécus
La chute de pression induite peut poser des problèmes majeurs au foreur, et doit
être compensée en surface par l'injection de fluide supplémentaire avec
augmentation de pression.
Dans une formation hautement perméable (roche très fracturée ou à très large pores,
de type gravier ou couche de sable grossier non gréseux), les boues classiquement
utilisées par les foreurs pourraient théoriquement envahir toute la formation ;
o on utilise alors des agents colmatants (« bridging agents » pour les anglophones) ;
Ce sont par exemple du carbonate de calcium, des silicates, des produits à base
54
de cellulose… ; Ils doivent boucher les pores de la formation rocheuse, et ainsi
plus ou moins étanchéifier les parois du puits.
o Pour une efficacité optimale, les grains ou éléments d'agents colmatants doivent
avoir une taille équivalente à la moitié des espaces interstitiels ou de l'espace
des fractures. Ce type d'étanchéité peut néanmoins être dégradé par des
secousses (tremblements de terre) dans les zones sismiquement actives.
L' ingénieur des boues est la personne qui sur un champ pétrolifère, est envoyé par
une société de service pour déterminer la nature et la pression du fluide de forage ou
d'un système de fluide de complétion sur un forage de puits de pétrole et/ou de gaz.
Ingénieur de conformité ;
C'est le nom communément donné à un métier émergent depuis les années 2000
(2002 précisément) suite à l'apparition de réglementations environnementales plus
précises sur les boues synthétiques aux États-Unis (notamment pour le Golfe du
Mexique dans les années 1990 et plus récemment pour la recherche de gaz de
schiste fortement critiquée pour les pollutions induites par les fluides de forage ou de
fracturation de milliers de forages faits aux États-Unis, notamment dénoncées par le
film Gasland).
56
2. Alternatives aux boues de forage
57
58
FONDASOL a donc décidé d’investir dans la technique de la vibration à haute
fréquence, soit 120 à 180Hz plus communément appelée « sondage sonique ».
Depuis une année environ, FONDASOL possède une foreuse MID SONIC Type
CRS-V de 173CV.
Son oscillateur sonique permet d’atteindre une fréquence de vibration de 150 Hz,
des profondeurs d’investigation jusqu’à 50m en diamètre inférieur à 150mm pour des
rendements 2 à 3 fois supérieurs aux techniques traditionnelles.
Elle est également équipée d’un moteur de forage rotatif permettant de développer
un couple maximal de 5000 N.m et des vitesses de rotation de 200 tours/min afin de
travailler en carottier traditionnel.
Cette machine permet également de réaliser des équipements de forages par tubage
à pointe perdue. Cette technique est basée sur le fonçage d’un tubage équipé d’une
pointe de pénétration de diamètre supérieur. Après extraction du tubage, la pointe et
tout ce qui a été inséré restent dans le sol au fond du forage. Elle permet la pose de
piézomètre sans utilisation de fluide et évite le risque de contamination croisée.
Le revert
59
Sa préparation peut être facilitée par l’utilisation d’un canon mélangeur à air et eau qui
permet la mise en œuvre de 250-300 kg/h.
Grâce à ses propriétés hydrophiles, le REVERT retient l’eau dans laquelle il a été préparé
et s’oppose à l’hydratation des argiles du terrain. On peut ainsi forer dans de meilleures
conditions certaines formations argileuses qui ont tendance à gonfler ou à fluer.
En outre, dans les terrains riches en eau, la perméabilité naturelle n’est aucunement
altérée par la présence d’un cake épais comme dans le cas de l’emploi d’une boue à la
bentonite.
Avec le REVERT, les cuttings décantent beaucoup plus vite qu’avec une boue classique
et, n’étant pas réintégrés dans le circuit, ils laissent le fluide de circulation exempt de
sables abrasifs.
Du fait de sa structure macro-moléculaire, l’utilisation des tamis vibrants est difficile pour
le dessablage, pour des viscosités supérieures à 35sec. Marsh. On privilégiera l’utilisation
de bacs ou d’hydro-cyclones.
60
CHAPITRE VIII : Fluides utilisés dans la fracturation hydraulique
Ces différentes propriétés sont obtenues en ajoutant des additifs au fluide de base. Le
fluide de base le plus classique est de l’eau dont on augmente la viscosité en fabriquant
un gel linéaire ou réticulé. L’eau a l’avantage d’être un fluide peu couteux, facilement
disponible et transportable, ne posant pas de problèmes de sécurité (incendie, explosion,
pollution etc. ).
Il est important de faire attention à la qualité de l’eau. Dans une moindre mesure on
utilise aussi des fluides de fraction à base d’huile (huile brute, huile émulsionnée). Ils ont
l’avantage d’une meilleure compatibilité avec les fluides de la formation, de l’absence des
résidus solides, d’une bonne stabilité, et d’une bonne capacité de transport des gels,
61
d’une densité faible favorisant le dégorgement. Mais leur couts sont élevés, ils posent de
problèmes de sécurité d’emploi, ils requièrent une puissance de pompage plus élevée.
Ils existent d’autres fluides de fracturation tels que les mousses, le gaz carbonique
liquide et bien étendu, pour les formations carbonatées, les acides (acide chloridrique
concentré, précédé d’un gel à l’eau initier et développer la fracture, acide chloridrique en
émulsion dans l’huile ou gélifié…).
Note : La quantité d’eau utilisée dépend d’un puits à un autre. Selon l’industrie, les
volumes d’eau varient entre 250 et 4 000 mètres cubes par traitement. Elle est effectuée
par étapes. Étant donné que la longueur du puits de forage peut mesurer plus d’un
kilomètre, il n’est habituellement pas possible de maintenir une pression suffisante pour
stimuler (fracturer) la longueur totale d’un embranchement en une seule stimulation
(fracturation). Il pourrait donc y avoir de 10 à 20 étapes (fractures) par puits.
Il existe d’autres fluides de fracturation tels les mousses, le gaz carbonique liquide et
bien entendu, pour les formations carbonatées, les acides (acide chloridrique concentré,
précédé d’un gel à l’eau destiné à initier et développer la fracture, acide chloridrique en
émulsion dans l’huile ou gélifié,…).
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Figure 2..3. : Les différents additifs des fluides de fracturation hydraulique (Source: ALL
Consulting based on data from a fracture operation in the Fayetteville Shale, 2008)
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Cette conductivité dépend plus particulièrement de la granulométrie des agents de
soutènement.
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