Les Défauts Au Niveau Des Machines À Induction
Les Défauts Au Niveau Des Machines À Induction
autres
12%
stator
38%
roulements
40% rotor
10%
La figure 3 représente une liste non exhaustive des défauts qui peuvent affecter les machines à
induction et leurs effets. Dans cette figure, les roulements sont supposés comme une partie du
rotor.
Désalignement Couplage incorrect, jeu important des Dégât durant l’installation, Avarie
roulements , surcharge, montage démarrage fréquent, haute ou basse
des roulements incorrect. humidité et température. d’isolation
Désalignement Transition importante, déséquilibre de Chocs dues aux défauts, démarrage Déplacement
la force magnétique. répété, vibration de bout d’
du rotor enroulement.. des conducteurs
Défauts de sur échauffement, contamination par Défaillance de l’isolement, haute Défaut entre
l’huile, défaillance du joint du température, déséquilibre de
lubrification roulement. l’alimentation. phases
Défaut du corps Défaut de fabrication, choc chauffage excessif, haute humidité, Défaut entre
thermique, couple important. vibration, contamination par l’huile.
du rotor spires du stator
Déséquilibre Mouvement de l’anneau, groupement Faiblesse des joints, contamination, Défaut des
asymétrique. vibration excessive.
mécanique connections
Roulements
Les barres rotoriques de la machine à induction sont soumises à des forces mécaniques et
électriques et des processus thermiques transitoires. Durant les phases transitoires et surtout
durant le démarrage, les valeurs élevées des courants qui circulent dans la cage produisent une
faible déformation des barres et des anneaux. Ces déformations combinées avec les
expansions et les contractions causées par les processus thermiques transitoires et la présence
des défauts de fabrications inévitables conduisent à la fatigue des barres rotoriques. La fatigue
commence par des petites fissures dans la jonction entre la barre et l’anneau et se termine par
la cassure totale des barres. Les causes de la fatigue des barres ont été étudiées dans les
machines à induction de basse et de moyenne tensions. Les forces appliquées au rotor durant
la phase de démarrage ont été calculées. Les résultats obtenus ont été validés par des tests
destructifs sur des spécimens réels et par des analyses des modèles incluant les défauts
intentionnels de fabrication.
La détection de ces types de défauts est rendu difficile par le fait que lors de leurs apparitions,
la machine continue à fonctionner. Ils ont par ailleurs un effet cumulatif. Le courant que
conduisait une barre cassée, se répartit sur les barres adjacentes. Ces barres sont alors
surchargées, ce qui conduit à leurs ruptures, et ainsi de suite jusqu’à la rupture d’un nombre
suffisamment important de barres pour provoquer l’arrêt de la machine. Elles provoquent
aussi une dissymétrie de répartition de courant au rotor et des à-coups de couple, ceci va
générer des vibrations et par conséquent l’apparition des défauts mécaniques.
.
La figure 7 démontre une faiblesse de l'isolation normalement causée par: des contaminateurs,
des abrasifs, des vibrations ou une sur-tension.
La détérioration thermique de l'isolation d'une phase du bobinage peut être le résultat d'une
tension déséquilibrée entre phases (Fig.8). Ce déséquilibre est causé par des charges inégales,
des connexions inappropriées au bloc d'alimentation, un contact à résistance élevée.
Par exemple un déséquilibre en tension de 1% peut provoquer un déséquilibre de courant de
6% à 10%.
Figure 7: Faiblesse de l'isolation
Zones détériorées
Bobinage totalement
détérioré
Une détérioration excessive de l'isolation sur trois phases du bobinage est normalement
provoquée par des surintensités caractéristiques d'une situation à rotor bloqué (Fig.10). Un
nombre excessif de démarrages ou d'inversions de rotation donne un résultat équivalent.
Bobinage totalement
détérioré et anneau fondu
Un tel dommage d'isolation est normalement dû à des crêtes de tension (Fig.11). Ces crêtes
surviennent souvent lors de: mise en contact des circuits d'alimentation, coup de foudre,
décharge de condensateur et circuit d'électronique de puissance.
4- Décharges partielles
(a)
(b)
Soient :
Os : l’axe de symétrie du stator (axe géométrique).
Or : l’axe de symétrie du rotor (axe géométrique).
Ow : l’axe de rotation du rotor.
Dans un moteur sain les trois axes Os, Or et Ow se coïncident. L’occurrence de l’excentricité
veut dire la séparation de l’un ou bien de tous les axes [Sob 03], [Fai 02], [Fai 09], comme
montre la figure 13.
Trois cas d’excentricité [Dev 01] sont généralement distingués :
Excentricité dynamique: lorsque l’axe Or se sépare de deux autres axes (Os, Ow) le rotor
ne tourne plus autour de son axe de rotation Ow et la position minimale et maximale de
l’entrefer tourne avec le rotor, pour cette raison on l’appelle excentricité dynamique [Iam
10],
Excentricité mixte : géométriquement, ce type d’excentricité prend lieu quand les trois
axes sont séparés. Dans ce cas, non seulement, il y a variation de la position de l’entrefer
mais aussi il y a variation de la longueur de ce dernier avec la rotation du rotor, ce type
d’excentricité est l’association de deux cas précédemment
En réalité, l’excentricité mixte est le type le plus habituel et le plus rencontré dans la pratique
et même plusieurs études ont affirmés qu’il est presque impossible d’étudier l’excentricité
dynamique sans considérer l’excentricité statique.
Stator Stator Stator
Figure13 . Section transversale de moteur pour trois types d'excentricités : (a) excentricité
statique; (b) excentricité dynamique ; et (c) excentricité mixte.
Chaque type d’excentricité (statique, dynamique et mixte) peut exister dans la machine à
induction d’une manière radiale ou axiale. Le travail présenté dans [Gho 09] donne une
représentation schématique de l’excentricité axiale et radiale. Pour la simplification du
schéma, les auteurs dans [Gho 09] considèrent juste les axes principaux de la machine. Cette
représentation est illustrée dans figure 14. et figure 15.
L’excentricité de l’entrefer est l’un des défauts les plus rencontrés dans la machine à
induction et qui peut être due à la présence d’autres défauts [Bos 06], [Dri 08], [Gho 09], [Fai
09], [Hyu 12] dans la machine tels que :
Le positionnement incorrect des paliers lors de l’assemblage.
Un défaut roulement (usure, frottement ou mal placement des roulements à billes).
Désalignement relatif du stator et rotor pendant l’étape de fixation (axe de rotor
penché).
Un défaut de charge (charge déséquilibrée)
Un défaut de fabrication (usinage).
La forme ovale du stator.
La forme ovale du rotor.
Le désalignement entre l’axe de la charge et l’axe rotorique.
Résonance mécanique pendant une vitesse critique.
Les vibrations mécaniques dans l’entrefer peuvent être considérées des petits
déplacements du rotor qui résultent à des excentricités instantanées.
L’excentricité statique peut être due à plusieurs causes telles que : les tolérances de
fabrication de la machine, la forme ovale du stator ou bien l’erreur de positionnement du
stator ou du rotor lors de l’assemblage (figure 16.).
Entrefer non uniforme Centre géométrique
du stator = centre de
rotation du rotor
(a)
(b)
Figure16. Causes possibles d’excentricité statique : (a) la forme ovale du stator, (b)
positionnement incorrect du rotor et stator
(a)
(b)
Figure17. Causes possibles d’excentricité dynamique : (a) ovalité du rotor, (b) non-
coïncidence entre l’axe géométrique et l’axe de rotation du rotor
Dans le cas de la figure (17. (b)), le rotor tourne autour du centre de stator qui n’est pas en
coïncidence avec l’axe géométrique du rotor. Cette position du rotor mène à l’excentricité
dynamique.
En réalité, les excentricités statique et dynamique ont tendance à coexister, et chaque machine
réelle est caractérisée par un degré inhérent (naturel) d’excentricité due aux méthodes de
fabrication et d’assemblage des machines, même celles qui sont récemment fabriquées.
Par conception, l’entrefer d’une machine à induction est considérablement plus petit que dans
d’autres types de machines ayant les mêmes grandeurs et performances. La présence d’un
certain niveau naturel d’excentricité est normale dans les machines électriques. Des fabricants
et utilisateurs spécifient un niveau admissible maximum de 5%, tandis que dans d’autres cas,
un niveau maximum de 10% de la largeur d’entrefer est permis par d’autres utilisateurs [Tho
03]. Cependant, les fabricants essayent d’avoir un niveau d’excentricité très faible afin de
réduire les vibrations et le bruit et de minimiser les forces radiales résultantes qui peuvent
créer un frottement entre le stator et le rotor qui peut endommager la machine.
Le roulement est un organe mécanique permettant la rotation entre deux éléments, il est
constitué par [Tho 09] :
Deux bague liées l’une à l’élément fixe, l’autre à l’élément mobile et comportant
des chemins de roulement comme le montre la figure 18.
Des éléments roulants permettant le déplacement relatif des deux bagues avec un
frottement minimal.
Une cage guidant et séparant les éléments roulant.
Dans une machine à induction, le roulement assure la rotation de l’arbre du rotor monté dans
sa bague interne, par apport au stator dans lequel la bague externe est montée. Sa fonction est
de permettre cette rotation sous charge, avec précision et avec un frottement minimal.
Les roulements se présentent en deux grandes familles :
Les roulements à billes où le contact est théoriquement ponctuel.
Les roulements à rouleaux où le contact est théoriquement linéaire. Les
roulements à rouleaux sont utilisés pour supporter des charges plus élevées.
Les roulements sont des mécanismes de haute résistance et leur durée de vie théorique est de
plusieurs années. Toutefois, ils représentent l’une des parties les plus sollicitées des machines
et les conditions de fonctionnement n’étant pas idéales (poussière, humidité), ceci a pour
conséquence de provoquer une forte usure et de réduire leur durée de vie.
Cage Bague
Elément
Bague
Piste
La défaillance des roulements représente la majorité des défauts qui peuvent affecter
les machines électriques [One 08], [Kni 05]. De même, les défauts peuvent affecter les
constituants du roulement tel que la bague intérieure, la bague extérieure, les billes et la cage
qui les maintient (figure 1.12.). Plusieurs chercheurs ont étudié les causes et les effets de ce
type de défauts ainsi que les techniques de leurs détection [Sta 02], [Sta 03-1], [Sta 03-2], [Lin
03], [Oba 03]. Les causes de ces défauts sont multiples: montage incorrect, graissage
insuffisant, absence d’étanchéité, surcharge. Les conséquences des défauts de roulement
peuvent être graves : défaillance du roulement qui se trouve dans l’autre extrémité du rotor,
excentricité statique ou dynamique du rotor, échauffement de la machine, désalignement du
rotor.
La durée nominale de fonctionnement d’un roulement est finie mais une incertitude souvent
impossible à définir, lui est associée.
Trois politiques sont adoptées :
au titre de la maintenance systématique, le roulement après un certain temps de service
est remplacé par un roulement neuf.
les roulements sont remplacés lorsqu’ils sont détruits et il s’agit de la maintenance
corrective avec les risques qu’elle comporte.
les roulements sont surveillés et remplacés lorsque des descripteurs qu’ils imposent
dépassent des valeurs fixées, c’est la maintenance préventive conditionnelle.
La durée nominale de fonctionnement est estimée par une statistique des résultats obtenus sur
un ensemble de roulements soumis à des tests dans des conditions de fonctionnement très
voisines : vitesse de rotation, forces, température, lubrification.
Les écarts par rapport aux valeurs moyennes résultent des défauts initiaux, des défauts
spécifiques et des caractères imposés par l’environnement.
Les vibrations imposées par les machines voisines entrent dans cette catégorie et elles peuvent
affecter les roulements en rotation ou à l’arrêt.
Défauts initiaux
Ils sont difficiles à apprécier. A titre indicatif citons les défauts :
Les dégradations des surfaces de contact entre les éléments d’un roulement sont
classées généralement en trois types : fissure de surface, piqûre et écaillage [Khu 04].
La fissure de surface apparait comme une surface lisse résultant de la déformation plastique
dans la zone de rugosité (profondeur typique inférieur à 10 µm) tant que les piqures
apparaissent comme des cavités aux niveaux des surfaces de contact à une profondeur au
maximum l’épaisseur de la couche d’écrouissage (approximativement 10 µm) comme montré
à la figure 21, l’écaillage laisse une cavité plus profonde au niveau de la surface de contact
d’une profondeur allant de 20 µm à 100 µm, comme montré à la figure 22.
Figure 21. Piqure et écaillage et zone de rugosité [Saw 11]
38 h 40 h 44 h 52 h 60 h 72 h 84 h 96 h
Dans [Blo 10], les auteurs montrent qu’un courant produit par le flux homopolaire causé
par l’excentricité inévitable du rotor de la machine à induction traverse les éléments d’un
roulement et l’arbre de la machine, des arcs peuvent produire des points chauds ou des fusions
(figure 23.). Suite à un refroidissement rapide, le métal se trempe et des cratères se forment,
caractérisés par des taches claires aux bords sombres. Pour les courants faibles, l’altération est
moins marquée et elle se traduit par des rainures. Dans tous les cas, les vibrations augmentent
et la dégradation des roulements sera accélérée.
(a) (b)
Figure 24. Influence de la mauvaise lubrification (a) écaillage d’une piste de la bague interne,
(b) éclatement des billes [Tra 09]
Des joints d’étanchéité en mauvais état permettent l’accès de la poussière dans le roulement
ce qui cause un écaillage périodique longitudinal sur la piste, c’est le phénomène de
contamination [Tra 09] qui consiste à la présence des particules de matière entre les surfaces
de contact et causent leur usure et leur fatigue, ces particules peuvent être générer à l’intérieur
de la machine à cause de la corrosion chimique ou aqueuse (figure 25) [Khu 04]
[Tho 09], soit ils peuvent être absorbé de l’extérieur de la machine. Une charge trop élevée ou
une vitesse excessive cause la surchauffe des surfaces de contact d’où le métal s’enlève d’une
partie du roulement et se dépose sur une autre, c’est le phénomène de l’essuyage [Tho 09],
ceci cause des vibrations supplémentaires qui conduisent à un phénomène d’ébrèchement qui
est caractérisé par l’enlèvement du métal des pistes.
Le tableau 1 résume les différents types de détériorations qui peuvent affecter les roulements
ainsi que leurs origines.
[Link] et origines de détériorations qui peuvent affecter les roulements [Big 95]
Corrosion de contact
par déformation
par abrasion
Coloration
Corrosion
Ecaillage
Grippage
étrangers
Origine
Montage
Manque de soin
Déformation
Défauts logements ou portées
Jeu insuffisant
Ajustement trop libre
Désalignement
Fonctionnement
Surcharge
Vibrations
Vitesse excessive
Environnement
Température trop basse
Température trop élevée
Passage de courant électrique
Pollution eau
Pollution poussière
Lubrification
Lubrification inadaptée
Manque de lubrifiant
Excès de lubrifiant
(a) (b)
(a) (b)
Figure 1.27. Différentes sections dégradées sur une bille d’un roulement 6205[Kar 09]
Ecaillage Piqures de
Fissure
corrosion
Figure 28. Différentes types de défauts d’un roulement 6205. (a) Fissure sur la bague externe.
(b) écaillage sur la bague interne. (c) piqures de corrosion sur la bille [Kan 11]