0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
47 vues446 pages

Mathématiques pour le Secondaire

Transféré par

waspwasp
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
47 vues446 pages

Mathématiques pour le Secondaire

Transféré par

waspwasp
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Sommaire

Avant-propos 5

Guide de lecture pour les élèves 7

Chapitre 1 - Nombres 9

Chapitre 2 - Objets de base de la géométrie plane 83

Chapitre 3 - Isométries 99

Chapitre 4 - Figures géométriques planes 115

Chapitre 5 - Algèbre 159

Chapitre 6 - Projections parallèles et figures semblables 201

Chapitre 7 - Théorème de Pythagore 229

Chapitre 8 - Géométrie des coordonnées 237

Chapitre 9 - Fonctions 269

Chapitre 10 - Statistique descriptive 309

Chapitre 11 - Trigonométrie 333

Chapitre 12 - Vecteurs 359

Chapitre 13 - Géométrie de l'espace 377

Chapitre 14 - Longueurs, aires et volumes 406

Bibliographie 432

Index 445

Table des matières 441

Sommaire 3
Avant-propos
Ce livre présente une théorie des mathématiques enseignées aux élèves de douze à seize
ans. Ce référentiel est conçu pour accompagner les élèves du secondaire, les enseignants
en fonction ou en formation ainsi que les personnes désireuses de disposer d’un exposé
général de mathématiques (parents, étudiants du supérieur,...).
La conception didactique à la base de l’ouvrage est celle de la construction du savoir :
nous présentons les concepts et leurs propriétés en nous appuyant sur des intuitions pre-
mières, des images mentales, des exemples, des commentaires et de nombreuses figures.
Ainsi, nous privilégions l’accès au sens plutôt que la rigueur des définitions formelles et
nous favorisons des argumentations locales nombreuses plutôt qu’une présentation axio-
matique globale.
Nous avons volontairement choisi d’utiliser la langue commune : l’apprentissage des ma-
thématiques passe autant par la langue maternelle que par l’usage des nombres, des
formules, des figures et des graphiques. Nous avons évité un recours trop fréquent au
symbolisme mathématique qui a tendance à provoquer des plongées prématurées dans
l’abstraction.
Les concepts rencontrés année après année sont reliés entre eux et structurés au travers
de quatorze chapitres dont l’ordre a été choisi pour fournir, dans la mesure du possible,
les prérequis pour les chapitres suivants.
Il n’y a pas de séparation entre un ensemble de chapitres de type numérique et algébri-
que d’une part et de type géométrique d’autre part. Les facettes numérique, algébrique,
géométrique et graphique d’un même thème s’éclairent mutuellement.
Plusieurs fils conducteurs enchaînent les concepts à l’intérieur d’un chapitre ou d’un cha-
pitre à l’autre :
Des grandeurs aux nombres : en s’appuyant sur les perceptions des nombres comme ou-
tils de comptage et de mesure, nous construisons progressivement un concept unifié de
nombre ainsi que les différentes opérations associées (chapitre 1).
Nous passons des grandeurs telles que longueurs, aires et volumes à leur mesure (chapi-
tre 14).
Des isométries aux propriétés des figures : nous nous appuyons sur les mouvements élé-
mentaires tels que glisser, tourner et retourner des figures pour arriver aux isométries
comme transformations du plan (chapitre 3); ensuite, au chapitre 4, nous présentons
différentes figures planes, nous élaborons les conditions de leurs déterminations à par-
tir de constructions et nous justifions les propriétés de ces figures à l’aide de celles des
isométries.
Au chapitre 2, nous décrivons les objets géométriques de base (droite, angle,...) qui sont
le support des isométries et des figures planes et nous présentons les instruments utilisés
en géométrie.
Des projections parallèles aux figures semblables et à la trigonométrie : nous nous ba-
sons sur l’observation de l’ombre au soleil d’une règle plantée régulièrement de clous pour

Avant-propos 5
argumenter le théorème de Thalès qui, à son tour, nous permet de justifier les critères
de similitude des rectangles et des triangles (chapitre 6).
La trigonométrie prend sa source dans des familles de triangles rectangles semblables
caractérisés par des rapports égaux, appelés rapports trigonométriques (chapitre 11).
Du calcul numérique au calcul algébrique : en nous basant sur des exemples numériques
et les propriétés des nombres, nous donnons du sens à l’écriture algébrique; nous con-
struisons des formules et nous élaborons les règles de calcul algébrique qui, à leur tour,
permettent la résolution d’équations et d’inéquations (chapitre 5).
De la géométrie des figures à la géométrie des coordonnées : nous décrivons le passage
d’objets géométriques tels que points, droites, cercles et paraboles à leur caractérisation
numérique ou algébrique (chapitre 8).
Des grandeurs variables aux classes de fonctions numériques : à partir de la dépendance
entre des grandeurs variables, nous construisons progressivement le concept de fonction
numérique décrite à l’aide de tableaux, de graphiques et de formules. Nous présentons les
outils qui permettent d’étudier ensuite des fonctions par familles (chapitre 9).
Les chapitres relatifs au théorème de Pythagore (7), à la statistique descriptive (10), aux
vecteurs (12) et à la géométrie de l’espace (13) viennent compléter ce référentiel.
Cet ouvrage est le fruit des recherches menées depuis vingt-cinq ans par le GEM, Groupe
d’Enseignement de Mathématique fondé par Nicolas Rouche en 1977 et constitué d’ensei-
gnants de mathématiques de la maternelle à l’université ainsi que de formateurs d’ensei-
gnants.
Les six auteurs sont membres du GEM et assurent des formations continuées d’ensei-
gnants.
ANNE CHEVALIER, licencée en mathématiques et titulaire d’un Diplôme d’Études Approfon-
dies en histoire des sciences, a enseigné dans le secondaire général et le
supérieur pédagogique et est formatrice d’enseignants;
DANIELLE DEGEN, licenciée en mathématiques, est enseignante dans le secondaire général;
CHRISTINE DOCQ, licenciée en mathématiques et docteur en didactique des mathématiques,
est enseignante dans l’enseignement supérieur;
MARIZA KRYSINSKA, licenciée en mathématiques et titulaire d’une maîtrise en mathématiques
appliquées, est enseignante dans le secondaire général et doctorante en
didactique des mathématiques;
GINETTE CUISINIER, licenciée en physique, est enseignante dans le secondaire technique;
CHRISTIANE HAUCHART, licenciée en mathématiques et docteur en didactique des mathémati-
ques, est enseignante à l’université et formatrice d’enseignants.
Les auteurs remercient les membres du GEM pour leurs encouragements amicaux et les
membres de leur entourage pour leur soutien quotidien.

6 Avant-propos
Guide de lecture pour les élèves
Ce livre vous est destiné : il contient une théorie des mathématiques rencontrées de la 1re
à la 4e année secondaire.
Nous avons choisi de présenter cette théorie par thèmes tels que les nombres, l’algèbre,
la géométrie des figures planes, les fonctions,... plutôt que par année d’étude.
De cette façon, vous pourrez découvrir les liens tissés à l’intérieur de chaque thème et
entre les matières.
Nous avons voulu vous expliquer les objets mathématiques et leurs propriétés dans notre
langue, le français. C’est la raison pour laquelle ce référentiel contient plus de texte que
ce qu’on s’attend à trouver dans un livre de mathématiques.
Voici quelques indications qui vous guideront dans votre lecture.
• Si vous cherchez un thème, vous pouvez consulter la table des matières.
Si vous cherchez un mot-clé, vous pouvez consulter l’index alphabétique.
• Auprès de certains nouveaux termes mathématiques, vous trouverez
• leur étymologie : leur origine dans des langues anciennes peut vous aider à
mieux en comprendre le sens;
• la comparaison avec leur emploi dans notre langage quotidien.
• Vous rencontrerez des notices historiques qui vous montrent où, quand et comment
certaines matières se sont construites.
• A l’intérieur des chapitres,
• chaque nouveau mot mathématique est écrit en vert et en italique;
• chaque définition est écrite en vert;
• par contraste, chaque propriété est rédigée sur un fond légèrement vert.
• Vous trouverez souvent des renvois à d’autres sections ou chapitres du livre : cela
signifie que nous nous appuyons à cet endroit sur des définitions ou des propriétés
développées ailleurs.
• Les parties de textes écrits en plus petits caractères ne sont pas indispensables lors
de la première lecture : ce sont des compléments.
• La matière du 2e degré (3e et 4e années) est distinguée de celle du 1er degré
(1re et 2e années) par la présence d’une bande verticale verte sur le bord des pages.
Nous espérons non seulement que ce livre vous sera utile et agréable mais aussi qu’il vous
permettra de découvrir que les mathématiques peuvent être passionnantes.

Les auteurs

Guide de lecture pour les élèves 7


Nombres
Chapitre 1
Le concept de nombre s’est progres- On aboutit ainsi à l’ensemble des
sivement enrichi au fil du temps. nombres réels. On peut considérer
Les premiers nombres rencontrés que cet ensemble est constitué de
sont ceux que nous appelons toutes les mesures de grandeurs,
aujourd’hui les naturels ou encore orientées ou non.
entiers naturels. Ils servent essen- Dans ce chapitre, nous envisageons
tiellement à compter « combien » il y a quelles opérations on peut appliquer
d’objets dans une collection. Ils à ces différentes sortes de nombres,
permettent aussi, au moyen d’une quel est le sens de ces opérations, et
unité donnée, de mesurer des quelles en sont les propriétés.
grandeurs non orientées (des On découvre qu’au fur et à mesure
longueurs, des aires, des volumes,...) que l’on agrandit l’univers des
Mais, très vite, on se rend compte nombres, de plus en plus d’opéra-
que les naturels ne permettent pas de tions ont du sens et de plus en plus
mesurer n’importe quelle grandeur d’équations ont des solutions.
non orientée, et que l’on doit créer
de nouveaux nombres qui s’écrivent
sous forme de fractions et de
décimaux.
Pour mesurer des grandeurs
orientées (des températures, des
temps, des vitesses,...), on introduit
les nombres négatifs.
Et plus tard, on réalise que les 1. Nombres naturels
entiers et les fractions ne permettent
pas non plus de mesurer n’importe
2. Nombres entiers

quelle grandeur, ce qui amène à 3. Nombres rationnels


introduire les nombres irrationnels.
4. Nombres irrationnels

5. Nombres réels
1 Nombres naturels
Les nombres comme un, deux, trois, quatre,..., nonante neuf, cent, cent un,... sont appelés nombres
naturels ou entiers naturels, ou encore plus simplement naturels.
Ils servent à « dénombrer », à « compter », à dire « combien » il y a d’objets dans une collection
d’objets. Autrefois, les bergers ont utilisé des « calculi », ce qui signifie en latin « petits cailloux »,
pour vérifier que leurs troupeaux étaient complets.
Ils servent aussi à mesurer des longueurs de segments : on détermine combien de fois un segment
unité peut être reporté le long du segment à mesurer (pour les mesures de longueurs, voir Chap. 14,
section 1.1).

1.1 Naturels et ordre


Entre deux naturels différents, on peut distinguer un plus petit et un plus grand.

1.1.1 Interprétation dans le contexte de comptage


Si deux naturels expriment le nombre d’objets de deux collections d’objets,
• le plus grand des deux est celui qui est associé à la famille qui a le plus d’objets,
• le plus petit des deux est celui qui est associé à la famille qui a le moins d’objets.
On peut énumérer les nombres naturels en comptant 1, 2, 3, 4, 5, 6,... Dans ce contexte, le plus petit
de deux naturels est celui qui est cité avant l’autre dans le comptage.
La figure 1 montre, sur un exemple, qu’entre les deux naturels 3 et 5, le naturel 3 est le plus petit
et 5 est le plus grand. Et on note cette comparaison entre 3 et 5 de l’une ou l’autre façon que voici :
3<5, qui se lit « 3 est plus petit que 5 » ou encore « 3 est inférieur à 5 »
5>3, qui se lit « 5 est plus grand que 3 » ou encore « 5 est supérieur à 3 ».

Figure 1

1.1.2 Interprétation dans le contexte des mesures


Si deux naturels expriment, par exemple, des mesures de longueurs de segments au moyen d’une
même unité,
• le plus grand est celui qui correspond au segment le plus long,
• le plus petit est celui qui correspond au segment le plus court.
La figure 2 illustre, dans le contexte des longueurs de segments, qu’entre les naturels 3 et 5, le
naturel 3 est le plus petit et 5 est le plus grand.

5 Figure 2

1.1.3 Règle graduée


Pour mesurer des grandeurs au moyen d’une unité donnée, on construit une règle graduée de la
manière suivante : à partir d’un point qu’on appelle origine et que l’on désigne par exemple par le
signe ∗, on reporte l’unité de mesure une fois, deux fois, trois fois,... A chaque fois le point corres-
pondant à l’extrémité du dernier segment reporté est noté : d’abord 1, puis 2, puis 3,... (figure 3a).

10 Chapitre 1
On représente aussi la règle graduée sous forme simplifiée comme à la figure 3b, où la flèche indique
le sens qui va des plus petits nombres vers les plus grands. On l’appelle dorénavant droite graduée.

unité de mesure

* 1 2 3 4 5 6 7 …
* 1 2 3 4 5 6 7 …
a) b) Figure 3

1.2 Ecriture des nombres


Comment dire avec des mots, et aussi comment écrire, combien il y a d’objets dans une collection ? La
manière d’exprimer, d’écrire des nombres naturels, ce qui s’appelle numération, a beaucoup évolué
et de façon très diversifiée selon les époques et les régions. Nous en donnons ci-après deux exemples :
chez les Romains et chez nous.

1.2.1 Numération chez les Romains


On peut encore lire sur des bâtiments anciens des textes datant de l’époque romaine et dans lesquels
interviennent des nombres naturels. Les symboles de la numération romaine sont les suivants :
M D C L X V I
Ils correspondent aux naturels que nous écrivons aujourd’hui :
1000 500 100 50 10 5 1
Par exemple, l’écriture MDCCXV représente le nombre
1000 + 500 + 100 + 100 + 10 + 5,
que nous écrivons aujourd’hui 1715.

1.2.2 Notre système de numération


Le système de numération que nous utilisons le plus couramment aujourd’hui est un système de
numération positionnel en base 10.

Base 10
Ce système comporte dix symboles : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, appelés chiffres. Pour comprendre
comment fonctionne ce système, regardons un exemple.
Quand on écrit 7 659 dans notre système, cela signifie
7 milliers +6 centaines +5 dizaines +9 unités.
Le chiffre 7 indique le nombre de milliers, le chiffre 6 le nombre de centaines, le chiffre 5 le nombre
de dizaines et le chiffre 9 le nombre d’unités.
En base 10, les unités aux différents rangs sont les unités, les dizaines, les centaines, les milliers,...
Pour faire une dizaine, il faut disposer de 10 unités,
une centaine, il faut disposer de 10 dizaines,
un millier, il faut disposer de 10 centaines.
Pour écrire un nombre, on peut utiliser un tableau qui porte le nom d’abaque (tableau 1) :
• la première ligne du tableau indique les unités aux différents rangs : unités, dizaines, cen-
taines, milliers,...
• la deuxième ligne indique de combien d’unités, de dizaines, de centaines, de milliers... le nom-
bre est constitué :
... milliers centaines dizaines unités
... 7 6 5 9
Tableau 1

Nombres 11
L’écriture en base 10 d’un nombre est appelée écriture décimale de ce nombre.
Nous rencontrons fréquemment des objets qui renvoient à un système de numération dans d’autres
bases que la base 10. Observons par exemple la manière dont les horloges circulaires sont graduées
et notre manière de compter le temps.
Pour faire une minute, il faut disposer de 60 secondes,
une heure, il faut disposer de 60 minutes.
On parle par exemple d’une durée de « 54 minutes et 2 secondes ». C’est en base 60 au sens où, une
fois qu’on a un paquet de soixante, on passe à un autre rang. On ne dit pas : « 53 minutes et 62
secondes », mais bien « 54 minutes et 2 secondes ».

Numération de position
Dans notre système, un chiffre a une interprétation différente selon sa position : ainsi les deux
écritures 131 et 311
ne représentent pas les mêmes naturels, et pourtant elles sont faites toutes les deux avec les mêmes
chiffres (deux chiffres 1 et un chiffre 3) !
Le 3 dans l’écriture 131 renvoie au nombre « trente » (il est placé dans le rang des dizaines et doit
être interprété par « 3 dizaines » c’est-à-dire « trente »), tandis que le 3 dans l’écriture 311 renvoie
au nombre « trois cents » (il est placé dans le rang des centaines et doit être interprété par « 3
centaines » c’est-à-dire « trois cents »).
On dit que notre système de numération est positionnel ou de position.

Statut du chiffre zéro


Le chiffre zéro a un statut fort différent des chiffres significatifs. Quand on écrit 7 609, cela signifie
7 milliers +6 centaines +0 dizaines +9 unités.
On voit dans cet exemple que le zéro indique qu’il n’y a pas de dizaine. Il ne dit pas le nombre de
centaines, puisqu’il n’y a pas de centaine ! Dans ce contexte, le symbole zéro a seulement le statut
d’un chiffre, d’un symbole; il ne s’agit pas d’un nombre.

1.3 Addition et propriétés


1.3.1 Notion et interprétations
Dans un contexte de comptage
Si on réunit deux collections, l’une de 50 objets et l’autre de 127 objets, on obtient une nouvelle
collection de 177 objets.
Ce nombre total est appelé la somme de 50 et 127, et on écrit
50 + 127 = 177 = 127 + 50.
Dans un contexte de longueurs

7+5

5+7 Figure 4

12 Chapitre 1
Si on met bout à bout deux segments, l’un de longueur 5 et l’autre de longueur 7 (dans une unité
donnée), on obtient un nouveau segment de longueur 12 (figure 4).
Cette longueur totale est appelée la somme de 5 et de 7, et on écrit
7 + 5 = 12 = 5 + 7.

Deux règles graduées : une machine à additionner


Deux règles graduées peuvent servir de « machine à additionner » des naturels. La figure 5a montre
comment les utiliser pour obtenir la somme des naturels 3 et 5 :
a) on repère le 3 sur la première règle,
b) on place le signe ∗ de la seconde règle en face du 3,
c) on repère le 5 sur la seconde règle,
d) on lit le résultat, 8, sur la première règle, en face de ce 5.
La figure 5b représente la même situation mais de façon plus schématique, en termes de droite
graduée.
8=3+5
a d 8=3+5

* 3 8 É

*         …
5 É
*
*         …

b c
a) b) Figure 5

Quels que soient les deux naturels qu’on se donne, on peut calculer leur somme. On dit alors qu’on
les additionne.
Les nombres que l’on additionne sont les termes de l’addition.

La somme de deux naturels est un naturel.

Remarquons que si à un naturel, on en ajoute un autre1 , la somme est un nombre plus grand
que chacun des deux naturels de départ. Ainsi, dans le contexte des nombres naturels, ajouter un
nombre revient à augmenter.

1.3.2 Propriétés
Commutativité
Lorsqu’on écrit 7 + 5 au lieu de 5 + 7, la somme ne change pas : elle vaut 12 dans les deux cas.
Si on pense au nombre d’objets obtenus quand on rassemble deux collections en une seule, on réalise
qu’il revient au même de prendre les objets de la première et d’y ajouter ceux de la deuxième, ou
de prendre ceux de la deuxième et d’y ajouter ceux de la première : le nombre total de la nouvelle
collection est le même dans les deux cas !

1 différent de zéro

Nombres 13
Peu importe si on on place un segment de longueur 5 à l’extrémité droite d’un segment de longueur
7 ou bien un segment de longueur 7 à l’extrémité droite d’un segment de longueur 5 : la longueur
obtenue pour le nouveau segment est 12 dans les deux cas (figure 4).

Changer l’ordre des termes dans l’addition de deux nombres naturels ne modifie pas la somme :
7 + 5 = 5 + 7.
Cette propriété observée pour 7 et 5 est valable quels que soient les naturels qu’on se donne.
L’addition des naturels est commutative.

Le mot « commuter » vient du latin et signifie « déplacer avec » : quand on commute deux termes
dans une somme, on échange leur place.

Associativité

Il arrive fréquemment qu’on doive additionner plus de deux naturels. On peut se demander si la
façon dont on les associe importe pour la somme.

Lorsqu’on écrit (3 + 4) + 5, on indique par les parenthèses qu’on commence le calcul par (3 + 4). Et
lorsqu’on écrit 3 + (4 + 5), on indique, au contraire, qu’on commence par (4 + 5).

Dans les deux cas, le résultat est le même : 7 + 5 = 3 + 9 = 12.

La figure 6 illustre cette propriété dans le contexte de longueurs de deux segments : les segments
correspondant à (3 + 4) + 5 et à 3 + (4 + 5) ont la même longueur.

3+4

(3 + 4) + 5

4+5

3 + (4 + 5) Figure 6

Grouper différemment les termes d’une addition ne modifie pas leur somme :
(3 + 4) + 5 = 3 + (4 + 5).
Cette propriété observée pour les nombres 3, 4 et 5 est valable quels que soient les trois naturels
qu’on se donne.
L’addition des naturels est associative.

Le terme « associé » vient des deux mots latins « ad », qui signifie « avec » et « socius » qui signifie
« partenaire, compagnon ». Il désigne « qui tient compagnie, qui est proche ».
Puisque la façon de grouper les termes n’a pas d’effet sur le résultat, on convient d’écrire indiffé-
remment cette somme avec ou sans parenthèses :

(3 + 4) + 5 = 3 + (4 + 5) = 3 + 4 + 5.

14 Chapitre 1
Utilisation dans des calculs
On se sert fréquemment de l’associativité et de la commutativité de l’addition pour faciliter les
calculs. Par exemple :
3 + 129 + 297 = 3 + (129 + 297) = 3 + 297 + 129 (commutativité)
= (3 + 297) + 129 = 300 + 129 = 429 (associativité).
Pour ajouter par exemple 101 à un nombre, on lui ajoute d’abord 100, puis on ajoute 1 au résultat :
3258 + 101 = 3258 + (100 + 1) = (3258 + 100) + 1 = 3359 (associativité).

1.4 Soustraction et propriétés


1.4.1 Définition
Soustraire 3 de 5, signifie
• soit enlever 3 unités de 5 unités,
• soit chercher combien d’unités il faut ajouter à 3 pour obtenir 5.
Dans les deux cas, on obtient
5−3=2 car 3 + 2 = 5.
De manière générale, quels que soient les deux naturels qu’on se donne, on peut soustraire le plus
petit du plus grand.
Les deux nombres sont appelés les termes de la soustraction.
Le résultat de la soustraction des deux nombres s’appelle leur différence.

Le mot « soustraire » vient du latin « subtrahere » et signifie « tirer de », « retirer ».


Remarquons que, si d’un naturel, on en soustrait un autre2 , on obtient un nombre plus petit que
le premier. Ainsi, dans le contexte des nombres naturels, soustraire revient à diminuer.

Deux règles graduées : une machine à soustraire


La figure 7 montre comment on peut utiliser le schéma des droites graduées pour obtenir la diffé-
rence 5 − 3.
On lit d a
On positionne le 5 sur
5Ð3=2 la premire droite
* 5
3 *

On repre le 3 c b On positionne l'* de la 2e droite


sur la 2e droite retournŽe en face du 5 Figure 7

Remarques
a) Alors que 7 + 4 = 4 + 7, on ne peut rien écrire d’analogue avec 7 − 4 et 4 − 7, car 7 − 4 est un
naturel, tandis que 4 − 7 n’a pas de sens ici : la soustraction des naturels n’est pas commutative.
b) Rappelons que des parenthèses indiquent, dans un calcul où il faut effectuer plusieurs opérations,
quelle opération on effectue d’abord. Ainsi, quand on écrit (17 − 9) − 2, on indique qu’on effectue
d’abord 17 − 9. Tandis que, quand on écrit 17 − (9 − 2), on indique qu’on effectue d’abord 9 − 2.
On observe que, par exemple,
(17 − 9) − 2 = 17 − (9 − 2),
puisque (17 − 9) − 2 = 6, tandis que 17 − (9 − 2) = 10. Et donc, la soustraction des naturels n’est pas
associative.

2 différent de zéro

Nombres 15
1.4.2 Introduction et rôle du zéro
Regardons la différence de deux naturels identiques, comme 7 − 7.
D’une part, si on enlève 7 objets d’une collection de 7 objets, il ne reste plus rien. Cherchons quel
nombre naturel traduirait ce « rien ». Les seuls naturels à notre disposition jusqu’ici sont 1, 2, 3, 4,...
D’autre part, les règles graduées (figure 8) positionnent 7 − 7 en face du signe ∗ et il en irait de
même avec un autre nombre que 7. Aucun naturel n’est associé jusqu’ici à la position ∗ de la règle
graduée.

7Ð7 * ˜ É
É ˜ *

Figure 8

La différence d’un naturel avec lui-même, comme 7 − 7, est un nouveau naturel appelé zéro et
noté 0.

Le naturel 0 représente dorénavant le « nombre d’objets d’une collection qui ne contient aucun
objet » et correspond à la position ∗ de la règle graduée.
Le naturel 0 est plus petit que n’importe quel autre naturel.

A partir de maintenant, nous notons, sur la règle graduée, 0 à la place de ∗.


Cette définition du naturel 0 fournit les propriétés suivantes de l’addition et de la soustraction de
naturels.

On a 7 + 0 = 7.
De manière générale, ajouter 0 à un nombre ne modifie pas ce nombre.

On a 7 − 0 = 7.
De manière générale, soustraire 0 d’un nombre redonne ce nombre.

1.4.3 Soustraire une somme


Pour soustraire 101, on peut d’abord soustraire 100, puis soustraire 1 du résultat :
1000 − 101 = 1000 − (100 + 1) = (1000 − 100) − 1.
Cette propriété, vérifiée sur le cas particulier de la somme 101, est vraie pour n’importe quelle
somme de deux naturels.

Soustraire une somme de deux termes revient


• à soustraire le premier terme d’abord,
• puis à soustraire le second du résultat.

1.4.4 Soustraire une différence


Soustraire 49 revient à soustraire 50 d’abord, puis à ajouter 1 au résultat obtenu :
100 − 49 = 100 − (50 − 1) = (100 − 50) + 1.
Cette propriété, vérifiée sur le cas particulier de la différence 49 est vraie pour la n’importe quelle
différence de deux naturels.

16 Chapitre 1
Soustraire une différence de deux termes revient
• à soustraire le premier terme d’abord,
• puis à ajouter le second au résultat.

1.5 Multiplication et propriétés


1.5.1 Définition et interprétations
Multiplier 3 par 2, c’est prendre 2 fois le nombre 3 ou prendre 3 fois le nombre 2 et on écrit
3 × 2 = 2 × 3 = 2 + 2 + 2 = 3 + 3 = 6.
De manière générale, quels que soient les deux naturels qu’on se donne, on peut les multiplier.
Les nombres qu’on multiplie sont les facteurs.
Le résultat de la multiplication des deux nombres est leur produit.

Le produit de deux naturels est un naturel.

Interprétation dans un contexte de comptage


La figure 9a montre une image de la multiplication de 2 par 3 (ou de 3 par 2). On y voit un total de
6 points, soit rangés en 2 lignes de 3 points, soit rangés en 3 colonnes de 2 points. Et on retrouve
bien que 6 = 2 × 3 = 3 × 2.

Interprétation dans un contexte de mesure


On peut représenter la multiplication à l’aide d’un rectangle. La figure 9b montre qu’un rectangle
dont les côtés mesurent 3 et 2 unités contient 6 carrés unitaires.
On peut voir ces 6 carrés soit rangés en 2 lignes de 3 carrés, soit rangés en 3 colonnes de 2 carrés.
On retrouve bien que 6 = 2 × 3 = 3 × 2.

a) b) Figure 9

1.5.2 Propriétés
Commutativité
Par définition, la multiplication satisfait la propriété suivante.

Changer l’ordre des facteurs dans une multiplication ne modifie pas le produit :
2 × 3 = 3 × 2.
Cette propriété, observée dans le cas particulier où les facteurs sont 2 et 3, est valable pour n’im-
porte quels nombres naturels.
La multiplication des naturels est commutative.

Associativité
Il arrive fréquemment que l’on doive multiplier plus de deux nombres. On utilise alors des paren-
thèses pour indiquer quels nombres on multiplie d’abord.
Par exemple, d’une part 5 × (4 × 3) = 5 × 12 = 60,
et d’autre part (5 × 4) × 3 = 20 × 3 = 60.

Nombres 17
Les résultats ne dépendent pas de la manière d’associer les nombres.

La figure 10 montre un solide constitué de 60 cubes unités. On peut le voir comme constitué

• soit de 5 « plaques » de 4 sur 3, c’est-à-dire 5 plaques de 12 petits cubes (fig. 10a),


• soit de 3 « plaques » de 4 sur 5, c’est-à-dire 3 plaques de 20 petits cubes (fig. 10b).

3 3

4 4

5 5
a) b) Figure 10

Grouper différemment les termes d’une multiplication ne modifie pas leur produit :
5 × (4 × 3) = (5 × 4) × 3.
Cette propriété observée pour les nombres 3, 4 et 5 est valable quels que soient les trois naturels
qu’on se donne.
La multiplication des naturels est associative.

Puisque la façon de grouper les facteurs n’a pas d’effet sur le résultat, on convient d’écrire indiffé-
remment ce produit avec ou sans parenthèses :

5 × (4 × 3) = (5 × 4) × 3 = 5 × 4 × 3.

Rôle du 1

On a 3 × 1 = 1 × 3 = 1 + 1 + 1 = 3.
Ce résultat, observé dans le cas particulier où un des facteurs est le naturel 3, est vrai quel que
soit le naturel qu’on se donne.
Lorsqu’on multiplie un nombre naturel par 1, on retrouve ce naturel.

Rôle du 0

Par définition, on a 0 × 3 = 3 × 0 = 0 + 0 + 0 = 0.
Ce résultat, observé dans le cas particulier où un des facteurs est le naturel 3, est vrai quel que
soit le naturel qu’on se donne.
Lorsqu’on multiplie un naturel par 0, on obtient 0.

Utilisation dans des calculs

On se sert fréquemment de l’associativité et de la commutativité de la multiplication pour faciliter


les calculs : par exemple, on a

495 × 300 = 495 × (3 × 100) = (495 × 3) × 100 = 1485 × 100 = 148500 (associativité).

125 × (27 × 8) = 125 × (8 × 27) = (125 × 8) × 27 = 100 × 27 = 27000


(associativité et commutativité).

18 Chapitre 1
1.6 Distributivité de la multiplication par rapport à l'addition
a) On observe à la figure 11a que l’aire du grand rectangle est aussi la somme des aires des deux
petits rectangles, ce qui se traduit par
(6 + 4) × 3 = (6 × 3) + (4 × 3) ou encore 10 × 3 = 18 + 12.

18 carrés 12 carrés 3 3

6 4 10 – 4 4
10
a) b) Figure 11

On a de même : 3 × (6 + 4) = (3 × 6) + (3 × 4).

On a (6 + 4) × 3 = (6 × 3) + (4 × 3) et 3 × (6 + 4) = (3 × 6) + (3 × 4).
Ces résultats, observés dans le cas particulier des nombres 6, 4 et 3, sont valables quels que soient
les trois naturels qu’on se donne.
Pour multiplier une somme par un naturel, il suffit de multiplier chacun des termes par ce naturel
et d’additionner ensuite les produits obtenus.
La multiplication est distributive par rapport à l’addition.

b) On observe à la figure 11b que l’aire du rectangle de gauche est aussi l’aire du grand rectangle
dont on soustrait l’aire du rectangle de droite, ce qui se traduit par
(10 − 4) × 3 = (10 × 3) − (4 × 3).
On a de même
3 × (10 − 4) = (3 × 10) − (3 × 4).

On a (10 − 4) × 3 = (10 × 3) − (4 × 3) et 3 × (10 − 4) = (3 × 10) − (3 × 4).


Ces résultats, observés dans le cas des trois naturels 10, 4 et 3, sont valables quels que soient les
trois naturels qu’on se donne.
Pour multiplier une différence par un naturel, il suffit de multiplier chacun des termes de la
différence par ce naturel, et de soustraire ensuite les produits obtenus.
La multiplication est distributive par rapport à la soustraction.

Utilisation dans des calculs


Les propriétés ci-dessus sont souvent utilisées pour calculer mentalement certains produits. Ainsi,
• 495 × 1001 = 495 × (1000 + 1) = 495000 + 495 = 495495,
• 495 × 99 = 495 × (100 − 1) = 49500 − 495 = 49005.

1.7 Puissances
1.7.1 Définitions
Lorsqu’on a un produit de facteurs identiques, on convient de l’écrire sous une forme abrégée. Par
exemple,
5 × 5 × 5 × 5 = 54 .
Cette écriture 54 se lit « 5 exposant 4 » ou encore « 5 puissance 4 ».

Nombres 19
Le nombre 4 est l’exposant de 5, il indique le nombre de facteurs identiques.
Le nombre 5 est la base de la puissance.
Ce que nous venons de convenir pour 5 et 4 est valable pour n’importe quels nombres naturels,
l’un pris comme base et l’autre comme exposant.

Le mot « exposant » vient du latin « exponere », qui signifie « poser dehors ». R. Descartes (1596-
1650) fut un des premiers, dans son ouvrage La géométrie, à utiliser cette notation d’exposant.
Une expression telle que 32 peut se lire aussi « 3 au carré ». La figure 12a montre l’origine de cette
locution : il y a 32 , c’est-à-dire 9 carrés unités, dans un carré dont le côté mesure 3 unités.
De même, 23 peut se lire aussi « 2 au cube ». L’origine de cette locution est aussi géométrique, comme
le montre la figure 12b : il y a 23 , c’est-à-dire 8 cubes unités, dans un cube dont le côté mesure 2
unités.

32 = 9 23 = 8

a) b) Figure 12

Exposant 0, exposant 1
Cherchons quel sens donner à des expressions comme 50 et 51 où l’exposant est 0 ou 1.
Lorsqu’on calcule les puissances successives de 5, on obtient la suite de nombres
25, 125, 625, 3125, 15 625, 390 625
qui croît très vite (tableau 2).

exposants 2 3 4 5 6 7
2 3 3 5 6 8
puissances de 5 5 = 25 5 = 125 5 = 625 5 = 3125 5 = 15625 5 = 390625

5 5 5 5 5
Tableau 2

Dans le tableau 2, chaque fois que l’exposant augmente de 1, la puissance est multipliée par 5,
autrement dit chaque fois que l’exposant diminue d’une unité, la puissance est divisée par 5. Ceci
suggère de prolonger le tableau vers la gauche (tableau 3).
On convient ainsi que
51 = 5 et 50 = 1.
Dans ces cas particuliers de 51 et 50 , les puissances ne sont plus des produits de facteurs tous égaux
à 5.
–1 –1 –1 –1 –1

exposants 0 1 2 3 4 5
0 1 2 3 4 5
puissances 5 =1 5 =5 5 = 25 5 = 125 5 = 625 5 = 3125

:5 :5 :5 :5 :5
Tableau 3

Cette définition, expliquée ci-dessus dans le cas où la base est 5, est maintenue pour n’importe quel
entier naturel non nul :

Un naturel, élevé à la puissance 1, est égal à ce naturel.


Un naturel, élevé à la puissance 0, est égal au naturel 1.

20 Chapitre 1
1.7.2 Propriétés
Produit de puissances
Considérons le produit 34 × 32 . On a
34 × 32 = (3 × 3 × 3 × 3) × (3 × 3) = 3 × 3 × 3 × 3 × 3 × 3 = 36 = 34+2 .

Pour multiplier des puissances de même base, on conserve la base et on additionne les exposants.

Puissance d’une puissance


Considérons (52 )3 . On a
(52 )3 = 52 × 52 × 52 = (5 × 5) × (5 × 5) × (5 × 5) = 5 × 5 × 5 × 5 × 5 × 5 = 56 = 53×2 .

Pour élever une puissance à une puissance, on conserve la base et on multiplie les exposants.

Puisssance d’un produit


Considérons (3 × 7)4 . On a par les propriétés de commutativité et d’associativité de la multiplication
(3 × 7)4 = (3 × 7) × (3 × 7) × (3 × 7) × (3 × 7) = 34 × 74 .

Pour élever un produit à une puissance, on élève chaque facteur à cette puissance.

1.8 Division et propriétés


1.8.1 Introduction et définitions
Considérons les naturels 15 et 3 et cherchons
• soit combien de paquets de 3 objets on peut faire avec 15 objets, c’est-à-dire chercher par
combien il faut multiplier 3 pour obtenir 15 (figure 13a),
• soit comment répartir 15 objets entre 3 personnes, c’est-à-dire chercher combien il y aura
d’objets si on les répartit en 3 paquets (figure 13b).
Dans les deux cas, la réponse est 5, car 3 × 5 = 15.
Le nombre 5 est appelé le quotient de 15 par 3.

a) b) Figure 13

Diviser 15 par 3, ce qui s’écrit 15 : 3


• c’est chercher le nombre de fois que 3 est contenu dans 15,
• c’est aussi chercher le nombre qui, multiplié par 3, donne 15.
On a 15 : 3 = 5 car 15 = 5 × 3 = 3 × 5.
Le résultat de la division est le quotient du plus grand par le plus petit.
Le plus grand des deux naturels, celui qui est divisé, est le dividende ; le plus petit, celui qui divise,
est le diviseur.

Nombres 21
Les significations que nous venons de donner à la division de 15 par 3 peuvent être généralisées à
d’autres naturels3 .

Division avec reste


En reportant exactement 3 fois un segment de longueur 5, on obtient un segment de longueur 15.
Autrement dit, si on partage un segment de longueur 15 en 3 segments identiques, la longueur de
ces segments identiques est exactement 5 (figure 14).
On dit parfois que la division de 15 par 3 « tombe juste ». Ce n’est pas le cas de toutes les divisions.

5 5 5

15
Figure 14

Considérons cette fois un segment de longueur 17.


• En accolant 3 fois un segment de longueur 5, on obtient un segment trop petit car 3 × 5 = 15
(figure 15a);
• en accolant 4 fois un segment de longueur 5 on obtient un segment trop grand car 4 × 5 = 20
(figure 15b).
17 17

5 5 5 5 5 5 5
a) b) Figure 15

La division de 17 par 3 est caractérisée par l’égalité


17 = (3 × 5) + 2.
Aucun naturel multiplié par 3 ne donne 17 : la division de 17 par 3 possède un reste.
Le naturel 17 est le dividende, 3 est le diviseur, 5 est le quotient et 2 est le reste.
Quels que soient les deux naturels qu’on se donne, si on divise le plus grand par le plus petit4 , on a :
dividende = (diviseur × quotient) + reste.

Remarques
a) Alors que 12 × 3 = 3 × 12, on ne peut rien écrire d’analogue pour 12 : 3 et 3 : 12. En effet, 12 : 3 est
le naturel 4, tandis que 3 : 12 n’a pas de sens. Partager 3 objets entre 12 personnes n’a pas de sens.
Il n’est donc pas question de commutativité pour la division. La division n’est pas commutative.
b) On a, par exemple, (24 : 6) : 3 = 24 : (6 : 3).
Et donc, la division n’est pas associative.
c) Intéressons-nous à la signification du quotient de 15 par 0. Par définition, ce serait un naturel qui,
multiplié par 0 donnerait 15. Il est impossible de trouver un tel nombre, car on sait que le produit
d’un naturel par 0 est 0 (section 1.5.2). Donc, la division par 0 n’a pas de sens.

1.8.2 Division par 1


On a, par exemple, 15 : 1 = 15 car 15 = 1 × 15 = 15 × 1.

Quand on divise un naturel par 1, on retrouve ce naturel.

3 autres que 0
4 différent de 0

22 Chapitre 1
1.8.3 Division de 0 par un naturel
On a, par exemple, 0:5=0 car 0 = 5 × 0 = 0 × 5.

Quand on divise 0 par un naturel, on obtient 0.

1.9 Priorité entre les opérations


Intéressons-nous à la signification de 2 + 3 × 5 par exemple.
Si on effectue (2 + 3) × 5, on obtient 5 × 5 = 25.
Par contre, si on effectue 2 + (3 × 5), on obtient 2 + 15 = 17.
Pour savoir ce que signifie l’expression 2 + 3 × 5, il faut donc préciser quelle opération on effectue
d’abord, ce qui revient à placer des parenthèses.
Plutôt que d’écrire chaque fois des parenthèses pour indiquer quelle opération on veut effectuer
d’abord, on convient de priorités entre les opérations.
Par exemple,
au lieu d’écrire : on convient d’écrire plus simplement :
2 + (3 × 5) 2+3×5
2 + (12 : 4) 2 + 12 : 4
2 + (72 ) 2 + 72
3 + (7 × (23 )) 3 + 7 × 23

Dorénavant une expression comme 2 + 3 × 5 signifie qu’on multiplie d’abord 3 et 5, et qu’on ajoute
ensuite ce résultat à 2.

S’il n’y a pas de parenthèses, on effectue d’abord les puissances, puis les multiplications et divisions,
puis les additions et soustractions.

Ainsi, les parenthèses servent uniquement à indiquer un autre ordre que celui-des priorités. Par
exemple, pour indiquer qu’on veut additionner 2 et 3, et multiplier ensuite la somme par 5, on
écrit :
(2 + 3) × 5.

1.10 Multiples et diviseurs


1.10.1 Interprétations et définitions
Multiples d’un naturel
On peut introduire l’idée de multiple d’un naturel à l’aide des reports de segments. Considérons
un segment de longueur 12 et reportons-le 3 fois comme à la figure 16. On obtient un segment de
longueur 36.
12 12 12

36
Figure 16

Le naturel 36 est un multiple de 12 : le segment de longueur 36 s’obtient en reportant trois fois le


segment de longueur 12.
Dire que 36 est multiple de 12 se traduit par l’égalité
3 × 12 = 36
qui exprime que 36 est le triple de 12.

Nombres 23
Un nombre est multiple d’un naturel s’il peut s’obtenir en multipliant ce naturel par un autre.
N’importe quel naturel possède une infinité de multiples.

Par exemple, les multiples de 3 sont les nombres


0, 3, 6, 9, 15, 18, . . .
puisque 0 × 3 = 0, 1 × 3 = 3, 2 × 3 = 6, 3 × 3 = 9, 4 × 3 = 12, 5 × 3 = 15, 6 × 3 = 18, . . .
On utilise la notation
Mult 3 = {0, 3, 6, 9, 12, 15, 18, . . .}
pour désigner l’ensemble de tous les multiples de 3.

La notion de multiple peut aussi s’interpréter dans un contexte de rectangles.


On sait en effet que l’aire d’un rectangle est donnée par la formule
aire = base × hauteur.
Les multiples5 de 3 correspondent donc chacun, pour une unité donnée, à l’aire d’un rectangle dont
la longueur d’un des côtés est 3 et la longueur de l’autre est un naturel (figure 17).

Figure 17

Diviseurs d’un naturel


On peut introduire l’idée de diviseur à l’aide des reports de segments.
Le naturel 12 est diviseur de 36 ou divise 36 : il correspond à la longueur d’un segment, qui reporté
trois fois, fournit la longueur 36.
Dire que 12 est diviseur de 36 se traduit par l’égalité
36 : 12 = 3
qui exprime que 12 est le tiers de 36. La division de 36 par 12 n’a pas de reste.

Un naturel est diviseur d’un autre, si la division du deuxième par le premier n’a pas de reste.
Quand un naturel est diviseur d’un autre, on dit aussi qu’il divise cet autre.

Un naturel ne possède qu’un nombre fini de diviseurs.

Par exemple, les diviseurs de 48 sont les nombres


1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 16, 24 et 48,
puisque

48 : 1 = 48, 48 : 2 = 24, 48 : 3 = 16, 48 : 4 = 12,


48 : 6 = 8, 48 : 8 = 6, 48 : 12 = 4, 48 : 16 = 3,
48 : 24 = 2, 48 : 48 = 1.
On utilise la notation
Div 48 = {1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 16, 24, 48}
pour désigner l’ensemble de tous les diviseurs de 48.
La notion de diviseur d’un naturel peut aussi s’interpréter dans le contexte des rectangles. Par
exemple, la figure 18 montre que rechercher les diviseurs de 48 revient à rechercher (pour une
unité donnée) tous les rectangles d’aire 48 et dont les côtés sont mesurés par des naturels.

5 non nuls

24 Chapitre 1
!
8
"

3
!

"

48
Figure 18

Lien entre multiple et diviseur


Montrons, sur un exemple, que dès qu’on a une situation où un naturel est multiple d’un autre, on
a aussi une situation où un naturel est diviseur d’un autre.
Par exemple, 15 est multiple de 3 et de 5, puisque
15 = 5 × 3 ou encore 15 : 3 = 5 ou encore 15 : 5 = 3.
Dorénavant, nous utilisons indifféremment l’une ou l’autre des expressions suivantes :
15 est multiple de 3 ou 3 est diviseur de 15.

1.10.2 Familles de multiples


Nombres pairs et nombres impairs
Les nombres pairs 0, 2, 4, 6, 8, 10, 12,... sont fournis par la table de multiplication par 2.

Les nombres pairs sont les multiples de 2, c’est-à-dire les nombres qui sont le double d’un certain
naturel.

En effet,
2 est le double de 1, c’est-à-dire 2=1×2=2×1
4 est le double de 2, c’est-à-dire 4=2×2
6 est le double de 3, c’est-à-dire 6=2×3=3×2
8 est le double de 4, c’est-à-dire 8=2×4=4×2
...
Remarquons que 0 fait partie des nombres pairs puisqu’il est le double du naturel 0 :
0 = 2 × 0 = 0 × 2.
Les nombres pairs constituent l’ensemble des multiples de 2, noté
Mult 2 = {0, 2, 4, 6, 8, ...}.
On peut exprimer le fait qu’un naturel est pair de diverses façons équivalentes :
• il est multiple de 2,
• il est le double d’un certain naturel,
• il est divisible par 2,
• la division de ce nombre par 2 ne possède pas de reste,
• 2 divise ce nombre.
La figure 19 illustre les nombres pairs dans le contexte des segments. Chacun correspond à la
graduation obtenue en reportant 0, 1, 2, 3,... fois un segment de longueur 2.

# " ! 8 # É Figure 19

Nombres 25
La figure 20 montre les nombres pairs dans le contexte des aires de rectangles : chaque nombre pair
(à part 0) est le nombre de carrés unités d’un rectangle dont un des côtés mesure 2 et l’autre côté
mesure 1, ou 2, ou 3, ou 4...

Figure 20

Nous connaissons bien aussi les nombres impairs : 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15,...

Les nombres impairs sont les multiples de 2 augmentés de 1.

On reconnait facilement si un naturel est pair ou impair :


• les pairs se terminent par 0, 2, 4, 6 ou 8,
• les impairs se terminent par 1, 3, 5, 7 ou 9.

Multiples de 3

Les nombres 0, 3, 6, 9, 12, 15, 18,... fournis par la table de multiplication par 3 sont les multiples
de 3.

On peut tous les écrire sous la forme 0 × 3, 1 × 3, 2 × 3, 4 × 3, 5 × 3, 6 × 3,...

CRITERE DE DIVISIBILITE PAR 3


Pour reconnaître si un naturel est divisible par 3, on effectue la somme des chiffres qui le consti-
tuent et on observe si cette somme est ou non multiple de 3.
• Si elle l’est, le nombre de départ est multiple de 3 ;
• dans le cas contraire, le nombre de départ n’est pas multiple de 3.

Appliquons ce critère aux nombres 4549 et 429, par exemple, pour savoir s’ils sont multiples de 3.
La somme 4 + 5 + 4 + 9 = 22 des chiffres de 4549 n’est pas multiple de 3. Donc, selon le critère
énoncé, 4549 n’est pas multiple de 3.
Par contre, la somme 4 + 2 + 9 = 15 des chiffres de 429 est multiple de 3. Donc le nombre 429 est
divisible par 3.
Le critère semble tenir de la magie. Voyons qu’il n’en est rien et que nous pouvons le comprendre.
Tout se passe comme si, du point de vue de la divisibilité par 3, il revenait au même d’étudier
429 ou 4 + 2 + 9.
Expliquons pourquoi. Souvenons-nous que l’écriture décimale 429 décimale traduit l’égalité
429 = 4 × 100 + 2 × 10 + 9 × 1.
En faisant apparaître dans 100, le multiple de 3 qui en est le plus proche, 99, et dans 10, le multiple
de 3 qui en est le plus proche, 9, on a :
429 = 4 × (99 + 1) + 2 × (9 + 1) + 9 × 1
= (4 × 99) + (2 × 9) + (4 + 2 + 9)
En considérant 4 + 2 + 9 au lieu de 429, on néglige en fait (4 × 99) + (2 × 9), ce qui n’est pas grave
puisque c’est un multiple de 3.

26 Chapitre 1
De manière analogue, quand, au lieu d’étudier la divisibilité par 3 de 4549, on étudie celle de
4 + 5 + 4 + 9 = 22, on néglige (4 × 999) + (5 × 99) + (4 × 9), ce qui n’est pas gênant puisque c’est un
multiple de 3.

Multiples de 5

Les nombres 0, 5, 10, 15, 20, 25,... fournis par la table de multiplication par 5 sont les multiples de 5.

On peut tous les écrire sous la forme 0 × 5 ; 1 × 5 ; 2 × 5 ; 3 × 5 ; 4 × 5 ; 5 × 5 ;...

On reconnaît facilement les multiples de 5 : ils se terminent par 5 ou par 0.

Multiples de 10

Les nombres 0, 10, 20, 30, 40, 50,... fournis par la table de multiplication par 10 sont les multiples
de 10.

On peut tous les écrire sous la forme 0 × 10, 1 × 10, 2 × 10, 4 × 10, 5 × 10, 6 × 10,...

On reconnaît facilement les multiples de 10 : ils se terminent par 0.

1.10.3 Propriétés

Propriété 1
Considérons les naturels 6, 12 et 48.
D’une part, 6 divise 12 : le segment de longueur 12 peut s’obtenir en reportant 2 fois le segment de
longueur 6 (figure 21a).
D’autre part, 12 divise 48 : le segment de longueur 48 peut s’obtenir en reportant 4 fois le segment
de longueur 12 (figure 21b).
Dès lors, le segment de longueur 48 peut s’obtenir en reportant 8 fois le segment de longueur 6
(figure 21c), et donc 6 divise aussi 48.
On peut formuler ce résultat en termes de muliples :
• d’une part, 48 est multiple de 12 (figure 21b),
• d’autre part, 12 est multiple de 6 (figure 21a),
• dès lors, 48 est aussi multiple de 6 (figure 21c).

!
a)

b)
48

!
c)

48 Figure 21

Ce résultat observé pour les trois naturels 6, 12 et 48 se généralise. Voici trois manières de l’exprimer :

Nombres 27
Si un naturel en divise un autre, et que cet autre en divise un troisième, alors le premier divise
aussi le troisième.
Si un naturel est multiple d’un autre, et que cet autre est multiple d’un troisième, alors le premier
est multiple du troisième.
Si un nombre en divise un autre, alors il divise aussi n’importe quel multiple de cet autre.

Propriété 2
Considérons un naturel qui en divise deux autres : par exemple 3 qui divise à la fois 6 et 15.
Puisque 3 divise 6, on peut obtenir le segment de longueur 6 en reportant 2 fois le segment de
longueur 3 (figure 22a).
Puisque 3 divise 15, on peut obtenir le segment de longueur 15 en reportant 5 fois le segment de
longueur 3 (figure 22b).
La somme 6 + 15 = 21 est la longueur du segment obtenu en mettant bout à bout le segment de
longueur 6 et celui de longueur 15. La figure 22c montre qu’il peut lui aussi s’obtenir en reportant
7 fois le segment de longueur 3.

3
a)
!

3
b)
15

3
c)

6 + 15 = 21 Figure 22

Ce résultat, observé sur les trois naturels 3, 6 et 15 se généralise. Voici deux manières de l’exprimer.

Si un naturel en divise deux autres, alors il divise aussi leur somme.


Si deux naturels sont multiples d’un même troisième, leur somme est aussi multiple de ce troisième.

Propriété 3
On peut montrer de manière analogue la propriété suivante.

Si un naturel en divise deux autres, alors il divise aussi leur différence.


Si deux naturels sont multiples d’un même troisième, leur différence est multiple de ce troisième.

1.10.4 Nombres premiers


Définition
Parmi les nombres naturels, certains, comme 5, ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes : la
seule façon d’écrire 5 comme produit de deux naturels est
5 = 1 × 5 = 5 × 1.
Par contre, le naturel 4 a un autre diviseur que 1 et 4 : le naturel 2. Nous disons que 5 est un nombre
premier et que 4 n’est pas premier.

Un naturel est premier quand il admet exactement deux diviseurs : 1 et lui-même.

28 Chapitre 1
Quand un nombre premier est un facteur d’un produit, on parle de facteur premier ou de diviseur
premier : ainsi, à propos du produit
24 = 3 × 8,
on dit que 3 est facteur premier du produit 24.

1.10.5 Décomposition d'un nombre en facteurs premiers

Tout nombre peut s’écrire de manière unique comme un produit de facteurs premiers.

Montrons comment faire pour le nombre 48.


On commence par voir si 2 est un facteur de 48. On a
48 = 2 × 24,
et 2 est donc un facteur de 48.
Mais comme 2 est aussi facteur de 24, on a
48 = 2 × 24 = 2 × 2 × 12
et 2 apparaît deux fois comme facteur de 48.
En continuant de la sorte, on observe que 2 apparaît quatre fois et 3, une fois, comme facteur
premier
48 = 2 × 24 = 2 × 2 × 12 = 2 × 2 × 2 × 6 = 2 × 2 × 2 × 2 × 3 = 24 × 3.
On dit que
24 × 3
est la décomposition de 48 en facteurs premiers.

On schématise parfois la recherche des facteurs premiers au moyen d’un tableau.

Décomposition en facteurs premiers de 48 Décomposition en facteurs premiers de 120


A la première ligne, on indique qu’on divise En procédant de même pour 120, on obtient
48 par 2. On obtient 24. 120 = 23 × 3 × 5
A la deuxième ligne, on indique qu’on divise et
24 par 2. On obtient 12.
Et ainsi de suite.
La deuxième colonne du tableau donne les
facteurs premiers de 48.
48 2 120 2
24 2 60 2
12 2 30 2
6 2 15 3
3 3 5 5
1 1

Représentation des diviseurs d’un nombre à l’aide d’un treillis


On peut aussi découvrir tous les diviseurs d’un nombre à partir de sa décomposition en facteurs
premiers, sous une forme schématique appelée treillis. Montrons par exemple comment construire
le treillis des diviseurs de 48.

Nombres 29
TREILLIS DE 48

Comme 48 = 24 × 3, les facteurs premiers de 48 sont 2 et 3.

Attribuons une direction à chacun de ces facteurs premiers : par exemple (figure 23)

• de gauche à droite pour le facteur 2


• de bas en haut pour le facteur 3
et représentons le nombre 1 par un point.

3 6 12 24 48

1 2 4 8 16
2 Figure 23

On construit alors progressivement le treillis de la manière suivante. A partir de 1, on se déplaçe


d’une maille à la suivante

• soit vers la droite, ce qui revient à multiplier par 2,


• soit vers le haut, ce qui revient à multiplier par 3.
Les naturels 2 et 3 sont premiers : ils sont disposés « juste après 1 » dans le treillis.

Le représentation en treillis montre que n’importe quel diviseur de 48 peut s’obtenir à partir de 1,
par des multiplications par 2 ou 3.

Elle montre aussi que, pour atteindre 48 en partant de 1, on doit se déplacer 4 fois vers la droite et
une fois vers le haut. Cela peut se faire de plusieurs manières : plusieurs chemins mènent à 48. Mais
tous correspondent à multiplier 4 fois par 2, et 1 fois par 3.

Div 48 = {1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 16, 24, 48}

TREILLIS DE 120

On procède de manière analogue pour construire le treillis de 120 (figure 24).

15 30 !# #

3 ! "
5
3 5 # # "#

" 8
Figure 24

Les nombres 2, 3 et 5 sont les facteurs premiers de 120 puisque

120 = 23 × 3 × 5.
On attribue une direction à chacun de ces facteurs : par exemple, de gauche à droite, pour 2 ; de bas
en haut pour 3 et d’avant en arrière pour 5.

On peut atteindre 120 en partant de 1 en suivant différents chemins, mais tous correspondent à
multiplier 3 fois par 2, 1 fois par 3 et 1 fois par 5.

Div 120 = {1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 20, 24, 30, 40, 60, 120}.

30 Chapitre 1
1.10.6 Diviseurs communs et plus grand commun diviseur
Un naturel qui est à la fois diviseur de 48 et de 120 est un diviseur commun de 48 et de 120.

Comme Div 120 = {1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 20, 24, 30, 40, 60, 120}
et Div 48 = {1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 16, 24, 48},
les diviseurs communs de 48 et 120 sont les naturels 1, 2, 3, 4, 6, 8, 12 et 24. Le plus grand d’entre
eux est 24.

Quand deux naturels donnés ont des diviseurs communs différents du naturel 2, le plus grand
d’entre eux est appelé le plus grand commun diviseur de ces deux naturels.
Il est noté p.g.c.d.

Ainsi, le p.g.c.d. de 48 et 120 est 24.

1.10.7 Nombres premiers entre eux


Deux nombres sont premiers entre eux quand leur seul diviseur commun est le nombre 1.

Ainsi 28 et 15 sont premiers entre eux, car


Div 28 = {1, 2, 4, 7, 14, 28} et Div 15 = {1, 3, 5, 15},
et leur seul diviseur commun est 1.

1.10.8 Multiples communs et plus petit commun multiple


Considérons les deux naturels 15 et 36 par exemple, et cherchons leurs multiples.
Les multiples de 15 sont les naturels obtenus par la table de multiplication par 15 :
0, 15, 30, 45, 60, 75, 90, 105, 120, 135, 150, 165, 180, 195, 210, 225, 240, 255, 270, 285,
300, 315, 330, 345, 360, 375, 390, 405, 420, 435, 450, 465, 480, 495, 510, 525, 540, ...
Il y en a une infinité.
Les multiples de 36 sont les naturels obtenus par la table de multiplication par 36 :
0, 36, 72, 108, 144, 180, 216, 252, 288, 324, 360, 396, 432, 468, 504, 540, ...
Il y en a une infinité.

Un naturel qui est à la fois multiple de 15 et multiple de 36 est un commun multiple de 15 et de 36.

Les communs multiples de 15 et de 36 sont les nombres 0, 180, 360, 540, ...
Il y en a une infinité.

Parmi les communs multiples non nuls de deux naturels donnés, le plus petit d’entre eux est appelé
le plus petit commun multiple de ces deux naturels.
Il est noté p.p.c.m.

Par exemple, le p.p.c.m. de 15 et 36 est 180.

Nombres 31
2 Nombres entiers
Dans la section précédente, nous avons étudié les nombres naturels. Ici, nous considérons de nou-
veaux nombres : les entiers négatifs.
Les nombres négatifs peuvent intervenir lorsqu’on parle de températures, de comptes bancaires,
d’ascenseurs, de niveaux sur les cartes de géographie,...
On les utilise chaque fois que l’échelle des mesures possède un point de repère bien précis qui est
choisi comme zéro et que l’on doit descendre en-dessous de zéro. Ainsi pour les températures, le zéro
degré Celsius indique la température qu’il fait lorsque l’eau devient glace et les nombres négatifs
mesurent des températures en dessous de ce zéro; pour les altitudes, le zéro indique qu’on est au
niveau de la mer et les négatifs expriment l’altitude des profondeurs marines; dans un ascenseur,
le zéro correspond au niveau du rez de chaussée et les nombres négatifs indiquent des niveaux
en-dessous du rez-de-chaussée.
De telles grandeurs (comme la température, l’altitude, le niveau par rapport au rez-de-chaussée,...)
sont dites orientées.
Les entiers positifs et négatifs rassemblés constituent ce qu’on appelle les nombres entiers ou plus
brièvement les entiers.
En mathématique, les nombres négatifs permettent de fournir un résultat à toutes les soustractions
de deux entiers naturels, même lorsque le nombre qu’on soustrait est le plus grand de deux, comme
dans 8 − 12, ou 0 − 2.

2.1 Entiers négatifs et prolongement de la droite graduée


2.1.1 Construction des entiers
A la section 1.1, nous avons construit une droite graduée qui permet de positionner n’importe quel
nombre naturel.
On introduit les entiers négatifs en associant à chaque naturel un nouveau nombre de la manière
suivante (figure 25) :
• au naturel 1, on associe le nombre noté −1, de telle sorte que les graduations de 1 et −1
soient symétriques par rapport à l’origine;
• de manière analogue, aux naturels 2, 3,..., on associe de nouveaux nombres notés −2, −3,...

… –4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 … Figure 25

A chaque naturel, on associe un nombre appelé son opposé de telle sorte que les graduations d’un
naturel et de son opposé soient symétriques par rapport à 0.

On désigne l’opposé d’un naturel en écrivant un signe « − » devant l’écriture de ce naturel.


Le mot « opposé » vient du latin « ob positus » qui signifie « positionné contre, en sens contraire »
et traduit bien le positionnement symétrique de deux nombres opposés.

Les nombres comme ..., −4, −3, −2, −1, qui sont chacun l’opposé d’un entier positif, sont les entiers
négatifs.

32 Chapitre 1
Ainsi, les entiers négatifs ..., −4, −3, −2, −1 correspondent aux graduations qui apparaissent à
gauche du zéro et les entiers naturels 1, 2, 3, 4, 5, ... à celles qui apparaissent à droite du zéro sur la
droite graduée.
Le nombre 0 est le seul nombre qui correspond à son propre symétrique.

Les entiers négatifs et positifs pris ensemble sont les nombres entiers, ou encore les entiers.
On dit que le signe d’un entier naturel est positif, et que le signe d’un entier négatif est négatif.
Deux entiers de même signe sont disposés du même côté du 0 sur la droite graduée.
Deux entiers de signes différents sont disposés de part et d’autre du zéro sur la droite graduée.

2.1.2 Opposé d'un nombre entier

Etendons la définition d’opposé à tous les entiers.

A chaque entier, positif ou négatif, on associe un nombre, appelé son opposé, disposé de telle sorte
que les graduations d’un entier et de son opposé soient symétriques par rapport à 0 sur la droite
graduée.

On désigne l’opposé d’un entier en écrivant un signe « − » devant l’écriture de cet entier. Ainsi par
définition,
• l’opposé de l’entier positif 3 est l’entier négatif −3,
• l’opposé de l’entier négatif −3 est l’entier positif 3, ce qui se note −(−3) = 3.

Lorsqu’un entier est positif, son opposé est négatif.


Lorsqu’un entier est négatif, son opposé est positif.
Prendre l’opposé d’un entier revient à en changer le signe.
L’opposé de l’opposé d’un entier redonne cet entier.

2.1.3 Valeur absolue


La valeur absolue d’un entier, qu’il soit positif ou négatif, est la distance qui sépare, sur la droite
graduée, la graduation de cet entier et celle du zéro.

On désigne la valeur absolue d’un nombre au moyen de deux barres verticales autour de l’écriture
du nombre.
Puisqu’une distance est un nombre positif, la valeur absolue de n’importe quel nombre est un nom-
bre positif. Ainsi, par exemple (figure 26),
• la valeur absolue de 3 est 3, ce qui se note |3| = 3,
• la valeur absolue de −3 est 3, ce qui se note | − 3| = 3.

Ð3 3

Ð3 # 3 Figure 26

Avec ces notations, on a |3| = |−3| = 3.

Deux nombres opposés ont une même valeur absolue.

Nombres 33
2.1.4 Ordre et nombres entiers

Nous avons défini un ordre entre deux naturels (section 1.1). Etendons cette définition à tous les
nombres entiers.

Entre deux nombres entiers, celui qui est positionné le plus à gauche sur la droite graduée est le
plus petit.

On garde les mêmes notations « < » et « > » que pour les naturels.

La figure 27a montre que −3 se positionne à gauche de 2 sur la droite graduée : −3 est donc plus
petit que 2, ce qu’on note −3 < 2.

La figure 27b montre que −2 se positionne à gauche de −1 sur la droite graduée : −2 est donc plus
petit que −1, ce qu’on note −2 < −1

–3 0 2 –2 –1 0
a) b) Figure 27

2.2 Addition et propriétés


2.2.1 Construction de la somme de deux entiers

Deux règles graduées

Nous avons vu comment construire la somme de deux naturels en utilisant deux règles graduées par
les naturels (section 1.3). On procède de la même façon pour construire la somme de deux entiers
quelconques.

La figure 28 montre comment obtenir la somme 3 + (−5) à l’aide des règles graduées.
Lire le rŽsultat: d a
Ð 2 = 3 + (Ð5) RepŽrer le 3

É Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 0 2 3 " É

É Ð6 Ð5 Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 0 3 " É

c b Positionner le 0
RepŽrer le Ð5 en face du 3 Figure 28

La figure 29a montre sous forme schématique comment trouver la somme 3 + (−5), et la figure
29b, la somme −5 + 3.
3 + (–5) = – 2 –5 + 3 = – 2

–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 –5 –4 –3 –2 –1 0 1

–6 –5 –4 –3 –2 –1 0 0 1 2 3 4 5 6
a) b) Figure 29

34 Chapitre 1
Ces figures montrent aussi que
3 + (−5) = −5 + 3 = −2

« Avancer » ou « reculer » sur une droite graduée


AJOUTER UN ENTIER POSITIF ¸ UN NOMBRE

On observe à la figure 30a qu’ajouter 3 à un nombre revient à repérer la position de ce nombre et


à se déplacer ensuite de 3 unités vers la droite.

AJOUTER UN ENTIER NÉGATIF ¸ UN NOMBRE

On observe de même à la figure 30b qu’ajouter l’entier négatif −5 à un nombre revient à repérer
la position de ce nombre et à se déplacer ensuite de 5 unités vers la gauche.

–5 –2 –2 0 3
–5+3=–2 3 + (– 5) = – 2
a) b) Figure 30

La figure 31 montre que si les deux termes sont de même signe, la somme a le même signe que ces
deux termes.

+5 + (– 5)

0 3 8 –8 –3 0

3+5=8 – 3 + (– 5) = – 8
a) b) Figure 31

La figure 32 illustre la situation quand les deux termes sont de signes contraires : la somme a le
signe de celui des deux termes qui a la plus grande valeur absolue.

+1 + (Ð 2)
a)
3 + (Ð 2) = 1
0 3

+3 Ð2
b)
Ð5+3=Ð2
Ð5 Ð2 #

+ (Ð 5)
c)
3 + (Ð 5) = Ð 2
Ð2 0 3
Ð2 +3
+6
d)
Ð5+6=1
Ð5 #
+1
Ð5 Figure 32

Nombres 35
2.2.2 Règle d'addition

Pour calculer la somme de deux entiers, on procède de la façon suivante :


• si les deux entiers sont positifs, il s’agit de la somme de deux naturels;
• si les deux entiers sont négatifs :
• leur somme est négative,
• la valeur absolue de la somme s’obtient en additionnant les valeurs absolues des deux
nombres;
• si l’un des nombres est positif et l’autre est négatif :
• la somme a le signe de celui qui a la plus grande valeur absolue,
• la valeur absolue de la somme s’obtient en prenant la valeur absolue de la différence
entre les valeurs absolues des deux nombres.

2.2.3 Propriétés
Commutativité
Nous savons que l’addition de deux naturels est commutative (section 1.3.2).
Nous avons observé que 3 + (−5) = −5 + 3 = −2.
Le schéma de la figure 32c illustre la somme 3 + (−5) : à partir de 0, cela revient à « avancer de 3 »,
puis « reculer de 5 ».
Le schéma de la figure 32b illustre la somme −5 + 3 : à partir de 0, cela revient à « reculer de 5 »,
puis « avancer de 3 ».

Changer l’ordre des termes dans l’addition de deux entiers ne modifie pas la somme :
3 + (−5) = (−5) + 3.
Cette propriété observée pour 3 et (−5) est valable quels que soient les entiers qu’on se donne.
L’addition des entiers est commutative.

Associativité
Nous savons que l’addition de naturels est associative (section 1.3.2).
On peut vérifier que la propriété reste vraie pour l’addition d’entiers. Cela traduit le fait que quand
on enchaîne trois mouvements (qu’ils soient du type « reculer » ou « avancer »), la position finale
est la même quel que soit l’ordre dans lequel on les enchaîne.

Grouper différemment les termes d’une addition ne modifie pas leur somme :
[3 + (−4)] + 5 = 3 + [(−4) + 5].
Cette propriété énoncée pour les trois entiers 3, −4 et 5, est valable quels que soient les trois
entiers qu’on se donne.
L’addition des entiers est associative.

Rôle du zéro
On sait qu’ajouter 0 à un naturel ne modifie pas ce naturel (section 1.4.2).

On a −7 + 0 = −7 et 0 + (−7) = −7.
Cette propriété énoncée pour −7 est valable quel que soit l’entier qu’on se donne.
Ajouter 0 à un nombre ne modifie pas ce nombre.

36 Chapitre 1
Addition de deux opposés
Avec la commutativité, l’associativité et le rôle du zéro, on a les mêmes propriétés que pour l’addition
des entiers naturels. Mais quand on passe des naturels à tous les entiers (positifs et négatifs), une
nouvelle propriété apparaît. La figure 33 montre que la somme de 3 et de −3 vaut 0.
+3 + (– 3)

–3 0 0 3
a) b) Figure 33

On a −3 + 3 = 3 + (−3) = 0.
Cette propriété, observée pour 3 et −3, est valable pour n’importe quelle paire d’opposés.
La somme d’un entier et de son opposé est égale à zéro.

Opposé d’une somme


Considérons, par exemple, la somme 3 + (−7) et calculons son opposé. On a
−[3 + (−7)] = −(−4) = 4.
Le résultat obtenu n’est rien d’autre que la somme des opposés −3 et 7 des termes 3 et (−7) de
départ :
−3 + 7 = 4.
On comprend que ce n’est pas un hasard si on réalise que
• prendre l’opposé d’un nombre revient à prendre le nombre qui lui est symétrique par rapport
au 0 sur la droite graduée;
• le mouvement qui, par symétrie, correspond à « avancer » est un mouvement de type
« reculer » ;
• le mouvement qui, par symétrie, correspond à « reculer » est un mouvement de type
« avancer ».
La figure 34 montre comment les sommes 3 + (−7) et −3 + 7 se correspondent comme dans un
miroir.
+ (– 7) +7

–4 –3 –2 –1 0 3 4
Figure 34

L’opposé d’une somme d’entiers, c’est la somme des opposés de ces entiers.

2.3 Soustraction et propriétés


2.3.1 Construction de la différence de deux entiers
Observation dans le contexte des mouvements « avancer » et « reculer »
Comparons la différence entre les deux naturels 5 et 3
5 − 3 = 2,
et la somme des deux entiers 5 et −3
5 + (−3) = 2.
On observe que « retirer 3 » et « ajouter −3 » se traduisent par « reculer » de 3 unités :
5 − 3 = 5 + (−3).

Nombres 37
Soustraire un naturel d’un autre revient à ajouter l’opposé de ce naturel à cet autre.

Remarquons toutefois que le signe « − » qui apparaît dans l’expression 5 − 3 indique qu’on effectue
une soustraction, tandis que le signe « − » qui apparaît dans l’expression 5 + (−3) indique qu’on
prend l’opposé d’un nombre.

Prolonger des listes de différences


Pour donner du sens à la différence de deux entiers quelconques (et pas seulement de deux naturels
tels que le premier est plus grand que le deuxième), considérons des listes de différences de deux
naturels.
Cherchons par exemple le sens qu’il faut donner à 3 − 5. La régularité de la liste
3−1=2
–1
3−2=1
–1
3−3=0
nous amène à définir les différences 3 − 4 et 3 − 5 par
3 − 4 = −1 ce qui revient à 3 − 4 = 3 + (−4),
3 − 5 = −2 ce qui revient à 3 − 5 = 3 + (−5).
Cela correspond bien à notre observation à propos de la soustraction de naturels : soustraire 5
revient à ajouter (−5).
Et pour donner du sens à une différence comme 5 − (−2), cherchons à prolonger la liste suivante
tout en conservant sa régularité :
5−2=3
+1
5−1=4
+1
5 − 0 = 5.
On est amené à définir les différences 5 − (−1), 5 − (−2),... de la manière suivante :
5 − (−1) = 6 ce qui revient à 5 − (−1) = 5 + 1,
5 − (−2) = 7 ce qui revient à 5 − (−2) = 5 + 2,
5 − (−3) = 8 ce qui revient à 5 − (−3) = 5 + 3.
Ainsi, soustraire (−1) revient à ajouter 1, soustraire (−2) revient à ajouter 2, soustraire (−3) revient
à ajouter 3.

2.3.2 Règle de soustraction


Soustraire un nombre entier, c’est ajouter l’opposé de ce nombre.

Ainsi, on a 5 − (−3) = 5 + (3) = 8 et 3 − 5 = 3 + (−5) = −2.


A partir de maintenant, nous utilisons indifféremment les écritures comme
5−3 et 5 + (−3),
3−5 et 3 + (−5),
même si, au départ, le signe « − » n’y a pas la même signification.
Puisque soustraire un entier revient à ajouter son opposé, une différence de deux entiers revient à
une addition de deux entiers, et l’addition a un sens quels que soient les deux entiers qu’on se donne
(section 2.2.2).

38 Chapitre 1
Remarques
a) Les différences 7−2=5 et 2 − 7 = −5
ont toutes les deux un sens dans le contexte des nombres entiers mais elles ne sont pas égales. Donc,
la soustraction n’est pas commutative.

b) On observe par exemple que


(7 − 3) − (−1) = 4 + 1 = 5 tandis que 7 − (3 − (−1)) = 7 − (3 + 1) = 7 − 4 = 3.
Et donc (7 − 3) − (−1) = 7 − (3 − (−1)).
Ainsi, la soustraction n’est pas associative.

2.3.3 Propriétés
Différence de deux nombres identiques

On a 3−3=0 et −3 − (−3) = −3 + 3 = 0.
La différence d’un entier avec lui-même est égale à 0.

Rôle du zéro

On a 7−0=7 et (−7) − 0 = (−7).


Soustraire zéro à un nombre redonne ce nombre.

La différence 0 − 7 vaut 0 − 7 = 0 + (−7) = −7 qui est l’opposé de 7


et la différence 0 − (−7) vaut 0 − (−7) = 0 + 7 = 7 qui est l’opposé de −7.
Soustraire un nombre de zéro donne l’opposé de ce nombre.

Opposé d’une différence


Considérons la différence 3 − 7 de 3 et 7, et calculons son opposé :
−(3 − 7) = −(−4) = 4.
Le résultat 4 n’est rien d’autre que la différence 7 − 3 = 4 des entiers 7 et 3.

L’opposé d’une différence de deux entiers est la différence de ces entiers, pris dans l’ordre inverse.

2.4 Multiplication et propriétés


Dans cette section, nous précisons ce que nous entendons par produit de deux nombres entiers
quelconques, qu’ils soient positifs ou négatifs. Le produit de deux naturels peut s’interpréter comme
l’aire d’un rectangle qui a ces nombres comme mesures des côtés. Mais cette interprétation n’est
pas valable quand l’un des nombres ou les deux sont négatifs.

2.4.1 Construction du produit


La multiplication comme addition répétée
Nous avons défini la multiplication de deux naturels comme une addition répétée (section 1.5.1).
Si nous voulons conserver cette caractéristique pour la multiplication d’entiers quelconques, nous
sommes amenés à convenir par exemple que
3 × (−2) = (−2) × 3 = (−2) + (−2) + (−2) = −6.
Le produit d’un négatif et d’un positif est négatif et la valeur absolue du produit est le produit des
valeurs absolues.

Nombres 39
Prolonger des suites de produits
Pour donner du sens à (−3) × (−2), prolongeons une liste de produits connus, tout en conservant
sa régularité.
(−3) × 4 = −12
+3
(−3) × 3 = −9
+3
(−3) × 2 = −6
+3
(−3) × 1 = −3
Passer d’un produit au suivant dans la liste ci-dessus revient à ajouter 3 au produit précédent.
Pour conserver la régularité de cette liste, nous sommes amenés à définir les produits (−3) × 0,
(−3) × (−1), et (−3) × (−1) par
(−3) × 0 = 0
+3
(−3) × (−1) = 3
+3
(−3) × (−2) = 6
Nous savons que le produit de zéro par un naturel est zéro (section 1.5.2). La définition du produit
de deux entiers maintient cette propriété.

2.4.2 Règle du produit

Pour obtenir le produit de deux entiers, on procède de la manière suivante :


• on calcule la valeur absolue du produit : c’est le produit des valeurs absolues;
• on détermine le signe du produit par la « règle des signes » :
• si les deux entiers sont positifs, le produit est positif,
• si les deux entiers sont négatifs, le produit est positif,
• si les deux entiers sont de signes contraires, le produit est négatif.

Signe du produit et position sur la droite graduée


Ainsi,
• multiplier un entier par entier positif fournit un entier qui se positionne du même côté du
zéro sur la droite graduée,
• multiplier un entier par un entier négatif, fournit un entier qui se positionne de l’autre côté
du zéro sur la droite graduée.

2.4.3 Propriétés
Commutativité
La multiplication de deux naturels est commutative (section 1.5.2). La définition du produit de deux
entiers maintient cette propriété de la multiplication pour les entiers.

Changer l’ordre des facteurs dans la multiplication de deux entiers ne modifie pas le produit :
(−3) × (−5) = 15 = (−5) × (−3) et 3 × (−5) = (−5) × 3 = −15.
Cette propriété vérifiée sur les deux exemples ci-dessus est valable quels que soient les deux entiers
qu’on se donne.
La multiplication des entiers est commutative.

40 Chapitre 1
Associativité
On peut vérifier aussi que la multiplication des entiers est associative.

Grouper différemment les facteurs ne modifie pas leur produit :


[3 × (−4)] × (−2) = 3 × [(−4) × (−2)].
Cette propriété vérifiée pour les trois entiers 3, −4 et −2, est valable quels que soient les trois
entiers qu’on se donne.
L’addition des entiers est associative.

Rôle du 1 et du (−1)

On a : 1 × (−5) = (−5) × 1 = −5.


Cette propriété observée pour l’entier (−5) est valable pour n’importe quel entier : lorsqu’on mul-
tiplie un entier par 1, on retrouve cet entier.

On a : (−1) × (−5) = (−5) × (−1) = 5.


Cette propriété observée pour l’entier (-5) est valable pour n’importe quel entier : lorsqu’on mul-
tiplie un entier par (-1), on obtient l’opposé de cet entier.

Rôle du zéro

Par définition, on a (−3) × 0 = 0 × (−3) = 0.


Ce résultat, observé dans le cas particulier où un des facteurs est (−3) est vrai en général : lorsqu’on
multiplie un entier par 0, on obtient 0.

Signe d’un produit de plusieurs entiers


Considérons un produit qui comporte quatre facteurs négatifs, comme
(−1) × 2 × (−3) × 4 × (−5) × (−6).
Par la commutativité et l’associativité de la multiplication, ce produit est égal à
(−1) × 2 × (−3) × 4 × (−5) × (−6) = (2 × 4) × [(−1) × (−3) × (−5) × (−6)]
= (2 × 4) × [(−1) × (−3)] × [(−5) × (−6)] = 8 × 3 × 30
qui est un nombre positif.
Considérons un produit qui comporte trois facteurs négatifs, comme (−1) × (−2) × 3 × (−4) × 5. Il
s’écrit
(3 × 5) × [(−1) × (−2) × (−4)] = 15 × [(−1) × (−2)] × (−4) = 15 × 2 × (−4),
qui est un nombre négatif.
Ce que nous avons observé sur ces deux exemples se généralise de la façon suivante. Le signe d’un
produit de nombres entiers dépend du nombre de facteurs négatifs de ce produit.

Quand le nombre de facteurs négatifs d’un produit est pair, ce produit est positif.
Quand le nombre de facteurs négatifs d’un produit est impair, alors ce produit est négatif.

Nombres 41
Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition

On peut vérifier que

[3 + (– 5)] x (– 4) = [3 x (– 4)] + [(– 5) x (– 4)] et (– 4) x [3 + (– 5)] = [(– 4) x 3] + [(– 4) x (– 5)] .


Ces résultats, observés dans le cas particulier des entiers 3, −5 et −4, sont valables quels que soient
les trois entiers qu’on se donne.
Pour multiplier une somme par un entier, on peut multiplier chacun de ses termes par cet entier
et additionner ensuite les produits obtenus.
La multiplication est distibutive par rapport à l’addition.

Comme soustraire un entier revient à additionner son opposé, la soustraction est une addition
particulière. Donc, la multiplication est aussi distributive par rapport à la soustraction, comme
l’illustre l’exemple suivant :

[3 – 5)] x (– 4) = [3 x (– 4)] + [(– 5) x (– 4)] et (– 4) x [3 – 5)] = [(– 4) x 3] – [(– 4) x (– 5)] .

2.5 Puissance d'un nombre entier


2.5.1 Définition
On définit la puissance d’un entier de manière analogue à la puisssance d’un naturel (section 1.7.1).

On définit (−5)3 par (−5)3 = (−5) × (−5) × (−5).


Cette définition que nous venons d’établir pour la base (−5) et pour l’exposant 3, est valable pour
n’importe quel entier pris comme base et pour n’importe quel naturel pris comme exposant.

2.5.2 Propriétés
Signe d’une puissance
En utilisant la règle des signes d’un produit de plusieurs entiers, on obtient les propriétés suivantes
pour les puissances.

Le produit (−3)4 = (−3) × (−3) × (−3) × (−3)


qui comporte un nombre pair de facteurs (−3) est positif.
Plus généralement, toute puissance paire d’un entier négatif est un entier positif.

Le produit (−3)3 = (−3) × (−3) × (−3)


qui comporte un nombre impair de facteurs (−3) est négatif.
Plus généralement, toute puissance impaire d’un entier négatif est un entier négatif.

Produit de puissances, puissance d’une puissance, puissance d’un produit


Les propriétés vérifiées par les puissances dans le cas où la base est un naturel (section 1.7.2) restent
valables quand la base est un entier. On a ainsi par exemple
(−3)2 × (−3)3 = (−3)2+3 ,
[(−3)2 ]5 = (−3)2×5 ,
[(−3) × 7]4 = (−3)4 × 74 .

42 Chapitre 1
2.6 Division
Dans la section consacrée aux naturels, on a défini la division d’un naturel par un autre à l’aide de
la multiplication. Par exemple
15 : 3 = 5 car 15 = 5 × 3 = 3 × 5.
Cette définition de la division s’étend aux entiers.

Ainsi, par exemple,


15 : (−3) = −5 car 15 = (−5) × (−3) = (−3) × (−5),
(−15) : 3 = −5 car −15 = (−5) × 3 = 3 × (−5),
(−15) : (−3) = 5 car −15 = 5 × (−3) = (−3) × 5.
Le sens qui est donné, pour ces trois exemples, à la division d’un entier par un autre peut s’étendre
à la division d’autres entiers.

Tout comme avec les naturels, la quotient d’un entier par 0 n’a pas de sens. Si le quotient (−15) : 0
existait, il devrait être un nombre qui, multiplié par 0, donne −15. Or n’importe quel nombre mul-
tiplié par 0 donne 0, et jamais −15.

Règle des signes


Puisque la division de deux entiers se traduit en termes de produits, on peut trouver la règle des
signes pour la division à partir de celle du produit.

• Si le dividende et le diviseur sont positifs, alors le quotient est positif;


• si le dividende et le diviseur sont négatifs, alors le quotient est positif;
• si le dividende et le diviseur sont de signes contraires, alors le quotient est négatif.

3 Nombres rationnels
Les nombres entiers positifs ou négatifs ne suffisent pas à mesurer toutes les grandeurs. On s’ex-
prime aussi avec des expressions comme « un litre et demi », « trois quarts d’heure »,... où « un
demi » et « trois quarts » sont des exemples de fractions.
Dans cette section, nous explorons les contextes dans lesquelles apparaissent les fractions, le sens
qu’il faut leur donner, comment passer des fractions à une nouvelle famille de nombres : les ration-
nels.

3.1 Différentes facettes des fractions


Les fractions se rencontrent dans des contextes très différents que nous décrivons ci-dessous.

3.1.1 Grandeurs fractionnées


« La moitié d’un morceau », « les trois quarts d’un verre », « un quart d’heure », expriment des
grandeurs fractionnées. Le morceau est divisé en deux et on en prend une part, le contenu du
verre est divisé en quatre et on en considère trois parts, l’heure est divisée en quatre et on en prend
une part (figure 35).

Nombres 43
XII

IX
III

VI Figure 35

3.1.2 Mesures
« Un litre et demi », « 1m68 », « deux heures quart » expriment des mesures de grandeurs par rap-
port à une unité choisie (le litre, le mètre, l’heure,...). Pour mesurer une grandeur, on choisit une
unité de mesure et on observe combien de fois on peut reporter l’unité dans la grandeur. Il arrive
qu’on ne puisse pas reporter une grandeur exactement un nombre entier de fois. Alors on doit divi-
ser l’unité en sous-unités; on utilise souvent une sous-graduation en dix parties de l’unité principale
et puis en dix parties de chaque dixième,... Ainsi « 1m68 » signifie 1mètre et 68 centièmes de mètre.
Toutefois, il est possible de sous-graduer en demis, en quarts, en soixantièmes,...

3.1.3 Rapports
Chacune des expressions suivantes traduit un rapport, c’est-à-dire une comparaison entre deux
grandeurs ou entre leurs mesures.
• « L’échelle un vingt-cinq millième » se note 1 : 25000 ou 1/25000 et signifie que 1 cm sur la
carte correspond à 25000 cm ou 250 m sur le terrain.
• « Un Belge sur dix s’est fait vacciner contre la grippe » signifie que sur 10 millions de Belges,
1 million s’est fait vacciner ou encore que le nombre de Belges concernés est au nombre total
de Belges comme 1 est à 10. On parle aussi de « 10% des Belges ».

3.2 Vers les nombres rationnels


3.2.1 Fractions unitaires
Regardons quelques exemples.

• On peut prendre le huitième d’une tarte


ou le sixième d’un bâton de chocolat (fi-
gure 36); chacun de ces deux objets est di-
visé respectivement en huit et en six par-
ties égales. Dans ces deux exemples, l’unité Figure 36
de départ (la tarte, le chocolat,...) est un
objet.

• On peut prendre le cinquième d’un disque, le vingt-cinquième d’un carré, le tiers d’un segment
(figure 37). L’unité de départ (le disque, le carré, le segment) est une grandeur géométrique.

Figure 37

44 Chapitre 1
• Pour mesurer un dixième de litre ou un quart d’heure, on a besoin d’un objet intermédiaire.
En effet, pour mesurer des fractions d’heure, on gradue un disque parcouru par une aiguille
en une heure. Pour mesurer des fractions de litre, on utilise un cylindre droit d’une capacité
d’un litre qu’on gradue sur sa hauteur. Dans ces exemples, l’unité de départ est une unité de
mesure, comme l’heure ou le litre.

Toute expression du type « un demi », « un tiers », « un quart »,... est appelée fraction unitaire. Elle
exprime qu’on a partagé une unité de départ en un nombre de parts égales et qu’on en considère
une part.
On utilise les notations 12 , 13 , 14 ,... n1 pour désigner les fractions unitaires. Le naturel n du dénomi-
nateur indique le nombre de parts.

• On peut aussi considérer un nombre comme unité de départ. Ainsi, par exemple, prendre un
quart de 24 revient à diviser 24 par 4. On obtient le nombre 6.
:4

24 6
L’opération « prendre un quart de 24 » se note 1
4 de 24 ou 1
4 × 24 (voir section 3.5 pour la définition
de la multiplication).
On décide que prendre un quart de 1 revient à diviser 1 par 4 et se note 1
4 de 1 ou 1
4 × 1.
Le résultat est noté 1
4. :4
1 1
4

3.2.2 Fractions
On rencontre aussi des expressions comme « trois quarts », « sept huitièmes », « cinq tiers »... Re-
gardons deux interprétations de l’expression de « prendre trois quarts d’une grandeur » :
1ère interprétation
• diviser d’abord cette grandeur A en quatre parties égales, ce qui fournit des quarts B (figure
38b);
• prendre ensuite trois parts, c’est-à-dire trois quarts ce qui donne C (figure 38c).
A B C
a) b) c) Figure 38

2ème interprétation
• prendre trois fois la même grandeur A et les considérer comme un tout D (figure 39b);
• diviser cette nouvelle grandeur en quatre parties égales et en prendre une part C (figure 39c).

A
D C

a) b) c) Figure 39

On peut schématiser ce double procédé de la façon suivante :


:4 X 3
B

A C

X 3 D :4

Nombres 45
Puisque les deux procédés mènent au même résultat, on a que
trois quarts d’une grandeur
c’est
1 1
3 fois 4 de cette grandeur ou 4 de 3 fois cette grandeur,
3
qu’on note 4 de cette grandeur.
Lorsque la grandeur est un nombre, par exemple 24, le schéma précédent devient

:4 3
6

24 18

3 72 :4
L’opération « prendre trois quarts de 24 » se note 3
4 de 24 ou 4 ×24 (voir section 3.5 pour la définition
3

de la multiplication).
On décide que prendre trois quarts de 1 revient à diviser 3 par 4 et se note 3
4 de 1 ou 3
4 × 1. Le
résultat est noté 34 :
:4 3
1
4
1 3
4
3 3 :4

Toute expression du type « trois quarts », « sept huitièmes », « cinq tiers »,... porte le nom de frac-
tion. On la note sous la forme nk où la lettre k représente un naturel et la lettre n représente un
naturel non nul.
k
Prendre n d’une grandeur exprime
• soit qu’on a partagé une grandeur en n parts égales et qu’on prélève k parts;
• soit qu’on a pris k fois la grandeur et qu’on a partagé le tout en n parties égales.
Le nombre n est appelé le dénominateur. Il exprime en combien de parts on divise la grandeur de
départ. Il donne le nom à la fraction.
Le nombre k est appelé numérateur et exprime le nombre de parts qu’on prend.
k k
Prendre les n de 1 revient à diviser k par n. Le résultat est noté n.

3 5
Remarquons une différence importante entre les fractions 4 et 4.
3
Lorsqu’on prend les 4 d’une grandeur, la grandeur obtenue est plus petite que la grandeur de départ
(figure 40a).
Prendre 54 d’une grandeur, revient à diviser cette grandeur en quatre « quarts » et à prendre cinq fois
un « quart ». La grandeur de départ ne suffit pas. Il faut prendre une deuxième grandeur identique
à celle de départ et en prendre un quart. La grandeur finale est plus grande que la grandeur de
départ (figure 40b).

a) b) Figure 40

3.2.3 Fractions équivalentes


a) D’une part, 13 d’une heure, c’est 20 minutes. D’autre part, 2
6 d’une heure, c’est 2 fois 1
6 d’heure,
donc 2 fois 10 minutes, c’est donc aussi 20 minutes.

46 Chapitre 1
Dans 26 , les parties sont des sixièmes d’heure qui sont chacune deux fois plus petites qu’un tiers
d’heure, mais on en prend deux fois plus. La durée est finalement la même dans les deux cas. Elle
s’exprime par deux fractions différentes : 13 et 26 . On dit que ces fractions sont équivalentes et on
convient d’écrire 13 = 26 .
12
b) La partie colorée du carré de la figure 41a représente 16 du carré. Si on réorganise les petits
3 12
carrés comme à la figure 41b, la partie colorée représente 4 de ce carré. Les fractions 16 et 34 sont
équivalentes et on convient d’écrire 12 3
16 = 4 .

a) b) Figure 41
3
c) La longueur de chacun des segments obtenus en prenant 2 d’un segment ou 1510 de ce même
segment est la même (figure 42). C’est la raison pour laquelle, on convient d’écrire 32 = 15
10 .

Figure 42

Observons les fractions équivalentes :


1 2 12 3 3 15
3 = 6 16 = 4 2 = 10

Pour passer de 13 à 26 , on multi- Pour passer de 12 3 3 15


16 à 4 , on divise Pour passer de 2 à 10 , on multi-
plie par 2 aussi bien le numéra- par 4 aussi bien le numérateur plie par 5 aussi bien le numéra-
teur 1 que le dénominateur 3. 12 que le dénominateur 16. teur 3 que le dénominateur 2.

a ma
Si a, b et m sont des nombres naturels, les fractions b et mb sont équivalentes et on convient
d’écrire a ma
= .
b mb
Pour obtenir une fraction équivalente à une fraction donnée, on multiplie ou on divise le numéra-
teur et le dénominateur de cette fraction par un même naturel6 .

Par ce procédé, on peut engendrer des familles de fractions équivalentes entre elles.
Il est souvent intéressant de trouver, pour une fraction donnée, la fraction équivalente qui s’exprime
avec les plus petits numérateur et dénominateur. On dit qu’on simplifie la fraction.

48 . D’une part, 27 = 3 × 9 et d’autre part 48 = 3 × 16. On a


Considérons, par exemple, la fraction 27
donc 27
48 = 3×9
3×16 et on peut diviser le numérateur et le dénominateur par 3 ; on trouve 27 9
48 = 16 . La
9
fraction 16 est irréductible car 9 et 16 sont premiers entre eux (section 1.10.7).
60 6×10 6 3 3
De même, 40 = 4×10 = 4 = 2 et la fraction 2 est irréductible.

Simplifier une fraction par m revient à diviser le numérateur et le dénominateur de cette fraction
par ce nombre m. On obtient les fractions équivalentes
ma a
=
mb b
Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur sont premiers entre
eux.

6 non nul

Nombres 47
3.2.4 Fractions équivalentes et droite graduée
Considérons une droite graduée d’origine O et de segment unité [OI].
1
On peut associer un point de cette droite à la fraction 2 de la façon suivante (figure 43) :

• on considère le segment unité comme grandeur de départ et on en prend la moitié;


• on associe la fraction 1
au point de la droite graduée qui correspond à l’extrémité du segment
2
obtenu après le fractionnement.
3 5
On procède de même pour les fractions 4 et 3.

O I

3
O " I

5
O 3 I

O I
3 5
" 3 Figure 43

3 15
Les points qu’on associe de la même façon aux fractions 2 et 10 coïncident puisque les deux segments
ont même longueur (section 3.2.3) (figure 44).
O I

O I

O I

# 3 15
=
# Figure 44

On peut déduire la propriété suivante.

Deux fractions équivalentes correspondent à un même point sur une droite graduée.

Pour situer une fraction sur une droite graduée, comme par exemple 67 , on peut utiliser la technique
décrite au chapitre 6, section 2.1, basée sur la projection parallèle d’une droite graduée régulière-
ment (figure 45).

# !
˜ Figure 45

48 Chapitre 1
3.2.5 Nombres rationnels
Nous savons que toutes les fractions équivalentes
• ont le même effet sur une grandeur lorsqu’on la fractionne;
• correspondent à la même mesure de grandeur, dans une unité choisie;
• repèrent le même point sur une droite graduée.

Chaque famille de fractions équivalentes définit un nombre rationnel positif ou rationnel positif.
Un rationnel positif peut s’écrire à l’aide de chacune des fractions de la famille auquel il appartient.
Dorénavant, une fraction est considérée comme un nombre.
Toutes les fractions équivalentes sont dès lors considérées comme des fractions égales puisqu’elles
désignent le même nombre.

A chaque naturel, on a fait correspondre un entier négatif (section 2.1.1).

A chaque rationnel positif, on peut faire correspondre son opposé qui est un rationnel négatif.

Deux rationnels opposés correspondent, sur la droite graduée, à deux graduations disposées symé-
triquement par rapport à 0.
Ainsi, le nombre − 37 est un rationnel négatif, opposé au rationnel 3
7. Il en va de même pour le
nombre − 15 15
14 qui est opposé à 14 (figure 46).

Ð15 Ð1 Ð3 # 3 15
" ˜ ˜ " Figure 46

Les rationnels sont les nombres qui peuvent s’écrire à l’aide d’une fraction et les opposés de ces
nombres.

Quelques rationnels positifs particuliers


Tous les naturels sont des rationnels.
En effet, le naturel 2, par exemple correspond à une famille de fractions équivalentes :
10 4 2
= = = 2.
5 2 1
Le naturel 1 est un rationnel. En effet, il correspond à une famille de fractions équivalentes :
5 4 3 2 1
= = = = = 1.
5 4 3 2 1
Le naturel 0 est un rationnel. En effet, il correspond à une famille de fractions équivalentes :
0 0 0
= = = 0.
4 3 2

3.3 Ordre sur les rationnels


3.3.1 Comparer des fractions à l'unité
On a situé quelques fractions sur la droite graduée de la figure 47.

# " 8
3 5 ˜ Figure 47

Nombres 49
Si le numérateur est plus petit que le dénominateur, le rationnel est compris entre 0 et 1.
Si le numérateur est plus grand que le dénominateur, le rationnel est supérieur à 1.

3.3.2 Comparer des fractions


Les deux fractions ont le même dénominateur
Considérons, par exemple, 54 et 64 . On sait que, dans les deux cas, on partage l’unité en 4 parts égales
pour obtenir des quarts; on en prend 5 pour obtenir 54 et 6 pour obtenir 64 .
Comme 5 < 6, on a
5 6
< .
4 4
5 6
La fraction 4 se situe avant la fraction 4 sur la droite graduée.

Lorsque deux fractions ont le même dénominateur, la plus petite est celle qui a le plus petit numé-
rateur.

Les deux fractions ont le même numérateur


Comparons, par exemple, 47 et 45 en les positionnant sur la droite graduée (figure 48). Pour posi-
tionner la fraction 47 , on divise le segment-unité en 7 parts égales et pour positionner la fraction 45 ,
on divise l’unité en 5 parts égales. Sur la droite graduée, 17 se situe avant 15 et donc on a
4 4
< .
7 5

# " "
˜ ˜ 5 Figure 48

Lorsque deux fractions ont même numérateur, la plus petite est celle qui a le plus grand dénomi-
nateur.

Les deux fractions n’ont ni le même numérateur, ni le même dénominateur


7 11
Comparons 10 et 15 . Nous avons les égalités suivantes :
7 14 21 28
= = = = ...
10 20 30 40
11 22 33
= = = ...
15 30 45
Il est plus facile de comparer ces deux fractions si on les écrit toutes les deux sous la forme de
fractions qui ont le même dénominateur : 21 22
30 et 30 . On dit qu’on a réduit les deux fractions au même
dénominateur.
21 22
Comme 30 < 30 , on conclut que
7 11
< .
10 15

Réduire deux fractions au même dénominateur signifie qu’on remplace les deux fractions de départ
par deux fractions ayant le même dénominateur et respectivement égales aux deux fractions de
départ.
La règle la plus simple pour réduire au même dénominateur est de chercher le plus petit commun
multiple des deux dénominateurs.

50 Chapitre 1
A la section 1.10.8, on a défini le plus petit commun multiple (p.p.c.m.) de deux naturels.

Pour comparer deux fractions qui n’ont ni le même numérateur, ni le même dénominateur :
• on cherche le p.p.c.m. des deux dénominateurs;
• on réduit les deux fractions de départ à ce nouveau dénominateur qu’est le p.p.c.m.;
• on applique la règle de comparaison de deux fractions qui ont le même dénominateur.

Il n’est pas toujours indispensable de réduire les deux fractions au même dénominateur pour pou-
voir les comparer. En effet, il est souvent plus rapide de comparer chacune des fractions à l’entier
le plus proche (ou à des fractions simples proches).

Par exemple, pour comparer 13/7 et 33/16, on observe que


13 14 33 32
< =2 et > = 2.
7 7 16 16
13 33
On en conclut que < .
7 16
Pour comparer des fractions comme, par exemple, 26 36
51 et 73 , le passage par la réduction au même
dénominateur est possible mais peu commode. Le passage de l’écriture fractionnaire à l’écriture
décimale d’un rationnel (section 3.8.3) permet de comparer ces rationnels à partir des leur écriture
décimale (section 5.3.1).

3.3.3 Comparer des rationnels


Pour comparer deux rationnels de signes différents ou deux rationnels négatifs, on définit l’ordre
comme sur les entiers (section 2.1.4) : le plus petit est celui qui se situe le plus à gauche sur la droite
graduée.

3.4 Addition et soustraction


3.4.1 Addition de fractions de même dénominateur
3 7
Additionnons par exemple 16 et 16 . Les parts sont des seizièmes pour les deux fractions. On a donc
en tout 3 + 7, soit 10 seizièmes. On simplifie ensuite le résultat et on note ce calcul :
3 7 10 5
+ = = .
16 16 16 4

Pour additionner deux fractions de même dénominateur :


• on conserve le dénominateur;
• on additionne les numérateurs;
• si possible, on simplifie la fraction.

3.4.2 Addition de fractions de dénominateurs différents


Additionnons, par exemple, 13 et 34 . On se ramène à la somme de deux fractions de même dénomi-
4 9
nateur en les transformant respectivement en 12 et 12 .
1 3 4 9 13
On a donc + = + = .
3 4 12 12 12

Nombres 51
Pour additionner deux fractions de dénominateurs différents :
• on calcule le plus petit commun multiple des dénominateurs : c’est le dénominateur de la
somme;
• on remplace chacune des fractions de départ par la fraction égale qui a ce dénominateur;
• on additionne les deux fractions de même dénominateur.

3.4.3 Addition et soustraction de rationnels et propriétés


Les deux exemples des sections 3.4.1 et 3.4.2 montrent que l’addition de fractions s’appuie sur
l’addition des naturels.
De la même façon, l’addition de rationnels positifs et négatifs s’appuie sur l’addition des entiers
(section 2.2).

De même que soustraire un entier revient à ajouter l’opposé de cet entier (section 2.3.2),
Soustraire un rationnel revient à ajouter l’opposé de ce rationnel.

Les propriétés de l’addition des rationnels sont les mêmes que celles de l’addition des entiers.

3.5 Multiplication
3.5.1 Multiplication d'une fraction et d'un naturel
Convenons du sens à donner au produit d’une fraction et d’un naturel à partir de l’exemple du
produit de 2 et de 78 , noté
7 7
2 × = × 2.
8 8
re
1 interprétation : on peut considérer, comme pour les naturels (section 1.5.1), que
7 7 7 7 14 7
2× = ×2= + = = .
8 8 8 8 8 4
On se ramène ainsi à une addition de fractions ayant même dénominateur.
7 7
2e interprétation : prendre le double de 8 revient à prendre deux fois plus de parts que pour 8, ce
qui donne
7 14 7
2× = = .
8 8 4
3e interprétation : prendre le double de 78 revient à prendre le même nombre de parts que dans 78 ,
mais des parts deux fois plus grandes, c’est-à-dire des quarts et non des huitièmes, ce qui mène à
7 7
2× = .
8 4
Les trois interprétations conduisent au même résultat, ce qui amène les règles suivantes.

Pour multiplier une fraction et un naturel non nul :


• soit on multiplie son numérateur par ce naturel,
• soit on divise son dénominateur par ce naturel (quand la division du dénominateur par le
naturel n’a pas de reste).
Dans les deux cas, on simplifie ensuite la fraction si nécessaire.

Montrons que la signification de la multiplication d’une fraction et d’un naturel décrite ci-dessus
correspond au sens qu’on a donné à la notation 34 × 24 à la section 3.2.2 :

52 Chapitre 1
• d’une part, on a vu que effectuer 34 × 24 revient à diviser 24 par 4 et multiplier ce quotient
par 3, ce qui fournit 18 comme résultat;
• d’autre part, la première règle ci-dessus permet d’effectuer le calcul
3 72 36
× 24 = = = 18.
4 4 2
Les deux résultats sont égaux.

3.5.2 Multiplication de deux fractions


1 1
Multiplions, par exemple, 3 et 4.
Interprétons ce produit à partir d’un carré-unité dont on découpe un des côtés en 3 parties égales
et l’autre en 4 parties égales. Le carré est ainsi découpé en 12 rectangles de mêmes dimensions.
Chacun des rectangles a un côté qui vaut 13 et l’autre qui vaut 14 ; il occupe 12
1
de la surface du carré
(figure 49a). On en conclut que
1 1 1
× = .
3 4 12
1 2
3 3
1
4
3
4

a) b) Figure 49
2 3
Multiplions à présent 3 et 4.
En partant d’un carré unité, on montre à la figure 49b la surface qui correspond au produit 2
3 × 34 .
6
Cette surface correspond à 12 du carré, et on en conclut que
2 3 6 1
× = = .
3 4 12 2
6
Dans ce calcul, la fraction 12 est simplifiée à la fin. Cette simplification peut se faire avant d’effectuer
le produit des numérateurs et des dénominateurs. En effet,
2 3 2×3 1
× = = .
3 4 3×4 2

Pour multiplier deux fractions entre elles,


• soit on multiplie les numérateur entre eux et les dénominateur entre eux et on simplifie
ensuite la fraction;
• soit on supprime les facteurs communs aux numérateurs et dénominateurs et on effectue
ensuite le produit des nouveaux numérateurs entre eux et des nouveaux dénominateurs
entre eux.

3.5.3 Multiplication de rationnels et propriétés


Tout comme la multiplication de fractions s’appuie sur le produit des naturels, la multiplication de
rationnels s’appuie sur la multiplication des entiers (section 2.4).

La règle des signes du produit de deux rationnels est la même que celle qui s’applique aux entiers.

Nombres 53
La multiplication des rationnels a les mêmes propriétés que la multiplication des entiers (section
2.4.3). Toutefois, avec la multiplication des rationnels apparaît une nouvelle propriété.

Inverse d’un rationnel


3 4
Considérons, par exemple, le rationnel 4. Si on le multiplie par le rationnel 3, on obtient
3 4 12
× = = 1.
4 3 12
4 3
Le rationnel 3 est appelé l’inverse du rationnel 4.
De même, si on multiplie le rationnel − 53 par le rationnel − 35 , on obtient 1 :
   
5 3 15
− × − = = 1.
3 5 15
Le rationnel − 35 est appelé l’inverse du rationnel − 53 .

L’inverse d’un rationnel est le rationnel qui multiplié par le premier donne 1.

Tout rationnel non nul a un inverse :


• l’inverse d’un naturel non nul n est le rationnel n1 ;
• l’inverse de l’opposé d’un naturel non nul n est le rationnel − n1 ;
• l’inverse d’un rationnel positif nk est le rationnel positif nk ;
• l’inverse d’un rationnel négatif − nk est le rationnel négatif − nk .

1
Le rationnel 0 n’a pas d’inverse. En effet, 0 n’est pas défini.
1
De façon générale, pour noter l’inverse d’un rationnel q , on utilise la notation q.

3 1 4
Ainsi, l’inverse de 4 se note 3
qui est égal à 3.
4

3.6 Division
3.6.1 Division d'une fraction par un naturel
24
Divisons, par exemple, 5 par 3.
24
On sait que correspond à 24 parts qui sont chacune des cinquièmes. Or, partager 24 parts entre
5
3 personnes revient à donner 8 parts à chacun, ce qu’on traduit par le calcul suivant :
24 8
:3= .
5 5
On peut aussi envisager la division de 24
5 par 3 en divisant chaque cinquième en trois parts égales;
on obtient alors des quinzièmes et on peut écrire
24 24
:3= .
5 15
8 24
Les deux résultats obtenus, 5 et 15 , sont bien des fractions égales.

Pour diviser une fraction par un naturel non nul :


• soit on divise le numérateur par ce naturel (quand la division du numérateur par le naturel
n’a pas de reste),
• soit on multiplie le dénominateur par ce naturel.

54 Chapitre 1
1
3.6.2 Division d'un naturel par une fraction de type
n
Pour s’en faire une idée, considérons la suite des divisions de 80 successivement par 8, 4, 2, 1 :
80 : 8 = 10
2
80 : 4 = 20
2
80 : 2 = 40
2
80 : 1 = 80
D’une ligne à la suivante, le diviseur est chaque fois divisé par deux et le quotient est multiplié par
deux.
Pour conserver cette régularité, on convient des résultats suivants :
1
80 : = 160,
2
1
80 : = 320.
4
1
On constate ainsi que diviser 80 par 2 revient à multiplier 80 par 2 et de façon plus générale que

1
Pour diviser un naturel par la fraction n, on multiplie ce naturel par n.

On peut contrôler ce résultat à partir de l’interprétation de la division : diviser 80 par 12 revient à se


demander combien de fois 12 est contenu dans 80. Puisque 12 est contenu 2 fois dans chaque unité,
on confirme le résultat obtenu plus haut :
1
80 : = 160.
2

k
3.6.3 Division par une fraction de type
n
Si le résultat de la division de 60 par 5 vaut 12, c’est parce que 12 × 5 = 60 (figure 50a).
3
De même si, pour passer d’un nombre à un autre, on divise par 4, on fait le chemin de retour en
multipliant par 34 (figure 50b).

:5 :3
4
60 12

5 3
4
a) b) Figure 50

Or, nous avons vu à la section 3.2.2, que multiplier 4


un nombre par 34 revient à multiplier le nombre
3
par 3 et ensuite diviser le résultat par 4. Le shéma 4 :3
de la figure 51 montre que diviser un nombre par
3
4 revient à le multiplier par 4 et ensuite à diviser
le résultat obtenu par 3, ce qui revient à multiplier :4 3
le nombre de départ par 43 . Or 43 est l’inverse de 34 .
3
4
Figure 51

Nombres 55
En se basant sur ce modèle, on décide que, pour diviser une fraction par une autre, on multiplie
la première par l’inverse de l’autre. Par exemple, pour diviser la fraction 53 par 12
7
, on décide de la
12
multiplier par 7 :
5 7 5 12 5 × 12 5×3×4 20
: = × = = = .
3 12 3 7 3×7 3×7 7
Pour diviser une fraction par une autre, on multiplie la première par l’inverse de la seconde.

3.6.4 Division de rationnels

Diviser un rationnel par un autre revient à multiplier le premier par l’inverse du second.
Ainsi, une division se ramène à une multiplication. La règle des signes de la multiplication est
d’application pour la division.
       
2 3 2 4 8
− : − = − × − = .
3 4 3 3 9

3.7 Puissance
3.7.1 Exposant naturel
 3
Considérons par exemple 34 . Tout comme pour les entiers (section 2.5), il s’agit d’une écriture
qui traduit une multiplication répétée :
 3
3 3 3 3
= × × .
4 4 4 4
Si on applique les règles de la multiplication des fractions décrites à la section 3.5, on obtient
 3
3 3 3 3 3×3×3 33 27
= × × = = 3 = .
4 4 4 4 4×4×4 4 64
Pour élever une fraction à une puissance naturelle, on élève son numérateur et son dénominateur
à cette puissance.

Par ailleurs, si on applique la règle des signes d’un produit, on a


 3  4
3 27 3 81
− =− et − = .
4 64 4 6256
 3 0
Si l’exposant vaut 0, on définit 4 de la même façon que pour 50 à la section 1.7.1 :
 0
3
= 1.
4

3.7.2 Exposant entier


Pour donner du sens à des puissances dont les exposants sont des entiers négatifs, reprenons le
tableau 3 de la section 1.7.1 et poursuivons-le vers la gauche (tableau 4).

–1 –1 –1 –1 –1 –1

−3 −2 −1 0 1 2 3
5−3 = 125
1
5−2 = 1
25 5−1 = 1
5 50 = 1 51 = 5 52 = 25 53 = 125

:5 :5 :5 :5 :5 :5
Tableau 4

On a utilisé les procédés suivants :

56 Chapitre 1
• à la première ligne, on passe d’un exposant à celui qui est à sa gauche en diminuant d’une
unité à chaque étape;
• à la deuxième ligne, on passe d’une puissance à exposant naturel à celle qui est à sa gauche
en divisant par 5. Si on veut conserver la régularité du tableau 3, on convient de définir les
puissances à exposants entiers négatifs de la façon suivante :
1
5−1 = 1 : 5 =
5
1 1 1
5−2 = :5= = 2
5 25 5
1 1 1
5−3 = :5= = 3.
25 125 5
En particulier, on rencontre souvent les notations suivantes :
1 1 1
10−1 = 10−2 = 10−3 = ...
10 102 103
On décide d’appliquer cette règle, décrite pour une base naturelle, également pour une base entière
ou rationnelle. Voici quelques exemples :
 −1
−1 1 1 2 1 3
(−5) = =− (section 3.8.5) = 2 =
−5 5 3 2
3

 −3
1 1 2 1 1 33
(−5)−4 = 4
= 4 = 2 3 = 23 = 3
(−5) 5 3 (3) 3
2
3

Si q est un rationnel non nul et n un naturel, on a


1 1
q −1 = et q −n = n .
q q
Elever un rationnel q à la puissance « −1 » revient à prendre l’inverse de ce rationnel.

3.8 Ecriture décimale


3.8.1 Fractions décimales - écriture décimale
k
Parmi les fractions du type n , on peut considérer celles où n vaut 10, 100, 1000,... c’est-à-dire une
puissance de 10. On a, par exemple,
7 81 56
, , , ...
10 100 1000
De telles fractions sont des fractions décimales. Elles jouent un rôle privilégié dans notre numéra-
tion.
A la section 1.2.2, on décrit notre numération dite décimale de position en base 10 pour les naturels.
Ainsi, 236 est l’écriture qui correspond à
2 × 100 + 3 × 10 + 6 × 1.
On peut aussi écrire ce nombre dans l’abaque du tableau 5 (section 1.2.2).

... 100 10 1
2 3 6
Tableau 5

Nombres 57
Si on poursuit ce tableau vers la droite, les colonnes successives, à partir de l’unité, correspondent
aux dixièmes, aux centièmes, aux millièmes,... (tableau 6).
1 1 1
... 100 10 1 10 100 1000 ...
a) 7 8 5 2
b) 7 8 5 2
Tableau 6

La ligne a) du tableau 6 correspond à la somme :


1 1 52
7 × 10 + 8 × 1 + 5 × +2× c’est-à-dire 78 +
10 100 100
dont 78, 52 est l’écriture décimale.
La ligne b) du tableau 6 correspond par contre à la somme
1 2
7 × 100 + 8 × 10 + 5 × 1 + 2 × c’est-à-dire 785 +
10 10
dont 785, 2 est l’écriture décimale.
La virgule, dans chacun des deux nombres, indique que les unités se situent immédiatement à gauche
de celle-ci et les dixièmes immédiatement à droite. Grâce à cette notation « avec virgule », il n’est
plus nécessaire de placer les nombres dans un abaque pour comprendre de quels nombres il s’agit.

3.8.2 Notation scientifique


Nous avons vu, à la section 3.7.2, l’utilisation des notations
1 1 1
; 10−2 =
10−1 = ; 10−3 = ; ...
10 100 1000
Ecrivons la première ligne de l’abaque au moyen des puissances de 10 (tableau 7).

... 102 101 1 10−1 10−2 10−3 10−4 ...


7 8 5 2
7 8 5 2
Tableau 7

Le premier nombre noté 785, 2 correspond aussi à 7, 852 × 100 qu’on peut noter 7, 852 · 10 . 2

Le deuxième nombre noté 0, 7852 correspond à 7, 852 × 0, 1 qu’on peut noter 7, 852 · 10−1 .
Les écritures 7, 852 · 102 et 7, 852 · 10−1 sont les notations scientifiques respectivement de chacun
des nombres.

La notation scientifique d’un nombre est du type


a · 10p
où a est un nombre dont l’écriture est décimale et tel que 1  a < 10 et p est un entier.7

La notation scientifique permet d’écrire de façon plus concise de très grands et de très petits nom-
bres :
2 560 000 000 = 2, 56 · 10
9

0, 000 025 6 = 2, 56 · 10−5 .


Les puissances 109 et 10−5 fournissent l’ordre de grandeur de chacun des nombres.
On a un grand usage de la notation scientifique sur les calculatrices scientifiques. Elle permet d’é-
crire, sous cette forme, des nombres dont le nombre de chiffres dépasse le nombre de cases d’affi-
chage.

7 Pour l’ordre des nombres écrits sous forme décimale, voir la section 5.3

58 Chapitre 1
3.8.3 De l'écriture fractionnaire à l'écriture décimale

En passant par les fractions décimales

a) A partir de l’abaque décrit à la section 3.8.1, il est aisé d’obtenir l’écriture décimale de fractions
décimales. Par exemple,
38 42 540
= 3, 8 = 0, 042 = 54.
10 1000 10

b) Qu’en est-il des fractions non décimales ? Il est très simple d’écrire certaines fractions à l’aide
d’une fraction décimale. Par exemple :
1 2 2
= = = 0, 2 ;
5 5·2 10

7 7 7×5×5 175
= = = = 1, 75 ;
4 2×2 2×2×5×5 100

9 9 9 × 52 225
= 3 = 3 = = 0, 225.
40 2 ×5 2 ×5 3 1000

Dans chacun des cas, on multiplie le numérateur et le dénominateur par des facteurs 2 et/ou 5 de
façon à obtenir une fraction décimale.

c) Par contre, il est impossible de trouver une fraction décimale égale à 13 car il n’existe aucun entier
qui, multiplié par 3, donne 10, 100, 1000,... Il en va de même pour 16 , 27 , 11
5
,... ainsi que pour toute
fraction irréductible dont le dénominateur comporte un facteur premier différent de 2 ou de 5.
Pour connaître son écriture décimale, on doit passer par une autre technique décrite ci-dessous.

En passant par la division écrite

A la section 3.2.2, nous avons décidé que prendre les 34 de 1 revient à diviser 3 par 4. Le résultat est
le nombre 34 . Il en va de même, par exemple, pour 74 . Cherchons une écriture décimale du nombre
7
4 par le procédé de la division écrite :

• comme 7 = 4 · 1 + 3, on note 1 comme résultat dans la


colonne des unités et 3 comme reste; on remplace ensuite 7,00 4
-4 1,75
3 par 30 qui correspond à la fraction décimale 30 10 ;
30
• de même, 30 10 = 4 · 7
10 + 2
10 ; on note 7 comme résultat et
- 28
2 comme reste dans la colonne des dixièmes; on poursuit 20
la division par 4 du reste 2 qui correspond à 10020
; - 20
• et 100 = 4 · 100 ; on note 5 dans la colonne des centièmes;
20 5 0
il n’y a pas de reste et la division est terminée.

L’écriture 1, 75 est l’écriture décimale du nombre qui fournit le résultat de cette division. On peut
donc écrire
7
= 7 : 4 = 1, 75.
4

Nombres 59
1
Pour connaître l’écriture décimale de 3, effectuons la division de 1 par 3 :

• comme 1 = 3 · 0 + 1, on note 0 comme résultat dans la


colonne des unités et 1 comme reste; on remplace ensuite 1,00 3
10 -0 0,33
1 par 10 qui correspond à la fraction 10 ;
10
• de même, 10 10 = 3 · 10 + 10 ; on note 3 comme résultat
3 1
-9
dans la colonne des dixièmes et on continue la division 10
en remplaçant le reste 10 1 10
par 100 ; -9
• et 100 = 3 · 100 + 100 ; on note 3 comme résultat dans
10 3 1 1
la colonne des centièmes et on continue la division en
1 10
remplaçant 100 par 1000 ;
• le processus ne s’arrête jamais puisque les restes succes-
1 1 1
sifs sont 10 , 100 , 1000 ,...

L’écriture décimale de 13 ne se termine jamais. On la note 0, 3333... Les points indiquent qu’il faudrait
continuer à écrire des 3 sans s’arrêter. L’écriture 0, 3333... est appelée l’écriture décimale illimitée
de 13 . On peut donc écrire 1
= 1 : 3 = 0, 333 . . .
3
La méthode de la division écrite fournit une technique qui permet de passer aisément de l’écriture
fractionnaire d’un rationnel à son écriture décimale. Ainsi, pour trouver l’écriture décimale de 27 ,
on effectue la division de 2 par 7.
• Si on va suffisamment loin dans la division, on obtient
0, 28571428... On observe que la suite des décimales 2, 8, 2,000 7
5, 7, 1, 4 se reproduit à partir de la septième décimale. -0 0,285714
En effet, dans la division de 2 par 7, on passe successive-
20
- 14
ment par les restes 2, 6, 4, 5, 1, 3 et 2. A cette étape, on
60
retrouve la situation de départ puisqu’il s’agit de diviser - 56
à nouveau 2 par 7 ; la division se poursuit donc comme 40
elle a commencé. - 35
50
- 49
10
-7
30
- 28
2

La suite de chiffres qui se répète dans l’écriture décimale d’un nombre porte le nom de période. La
période de 0, 333... est 3 ; celle de 0, 28571428... est 285714.
De manière générale, dans la division d’un naturel par un autre, deux situations peuvent se présen-
ter :
• soit, à un moment donné de la division, le reste est nul; le nombre rationnel, résultat de la
division admet alors une écriture décimale entière ou une écriture décimale limitée;
• soit, à un moment donné, on obtient un reste déjà rencontré dans la division puisque le
nombre de restes possibles pour une division est fini; la division se reproduit de la même
façon qu’à partir de cette étape; le nombre rationnel, résultat de la division, a une écriture
décimale illimitée périodique.

L’écriture décimale de toute fraction est entière, limitée ou illimitée périodique.

On appelle nombre décimal tout nombre dont l’écriture décimale est limitée.

60 Chapitre 1
3.8.4 De l'écriture décimale à l'écriture fractionnaire
Dans cette section, nous montrons la propriété suivante.

Tout nombre positif dont l’écriture est entière, décimale limitée ou illimitée périodique peut s’é-
crire sous forme d’une fraction.

L’écriture décimale est limitée


Voici deux exemples :
21 3125
2, 1 = et 3, 125 = .
10 1000
Si un nombre est écrit avec un chiffre après la virgule, on peut le transformer en une fraction
décimale dont le dénominateur est 10.
Si un nombre est écrit avec trois chiffres après la virgule, on peut le transformer en une fraction
décimale dont le dénominateur est 1000.

Si un nombre est écrit avec un nombre n de chiffres après la virgule, on peut le transformer en
une fraction décimale dont le dénominateur est 10n .

L’écriture décimale est illimitée périodique


Considérons un nombre dont l’écriture décimale est illimitée périodique : 0, 323232...
Pour transformer en une fraction, on passe par les étapes suivantes :
100 × 0, 323232 . . . = 32, 323232 . . .
−1 × 0, 323232 . . . = −0, 323232 . . .
99 × 0, 323232 . . . = 32
On peut donc écrire
32
0, 323232 . . . = 32 : 99 = .
99

Tout nombre positif écrit sous forme décimale illimitée périodique peut se transformer en une
fraction.

3.8.5 Ecritures des nombres rationnels


Reprenons ici la définition de rationnel de la section 3.2.5 :

Les rationnels sont les nombres qui peuvent s’écrire sous forme d’une fraction et les opposés de
ces nombres.

On a vu qu’une fraction est le résultat d’une division d’un naturel par un naturel non nul. On peut
étendre cette propriété aux opposés des fractions :
3
− = −(3 : 7) = (−3) : 7 = 3 : (−7)
7
ce qu’on écrit aussi
3 −3 3
− = = .
7 7 −7

Les rationnels sont les nombres qui peuvent s’exprimer sous la forme d’un quotient d’un entier p
par un entier non nul q . On les note pq .

Cette définition et les résultats obtenus aux sections 3.8.3 et 3.8.4 permettent également de con-
clure que

Nombres 61
Les rationnels sont les nombres positifs et négatifs dont l’écriture décimale est entière, limitée ou
illimitée périodique.

Un nombre rationnel peut avoir plusieurs écritures décimales.


Le nombre 0, 99999... est un rationnel. Ecrivons-le sous forme de fraction grâce au procédé décrit à
la section 3.8.4 : 10 × 0, 999999 . . . = 9, 999999 . . .
−1 × 0, 999999 . . . = −0, 999999 . . .
9 × 0, 999999 . . . = 9
On peut donc écrire 9
0, 999999 . . . = 9 : 9 = = 1.
9
Le nombre dont l’écriture décimale illimitée périodique est 0, 9999 . . . correspond à l’entier 1.
De la même façon, on pourrait montrer que
2, 5 = 2, 499999 . . . et 1, 34 = 1, 339999 . . .
et que tout nombre dont l’écriture décimale est entière ou limitée admet aussi une écriture décimale
illimitée périodique de période 9.
On a aussi les égalités 2, 5 = 2, 50 = 2, 50000 = 2, 50000 . . .
Toutefois, on considère toutes ces écritures comme identiques à 2, 5.

Les rationnels sont les nombres positifs et négatifs qui admettent une unique écriture décimale
illimitée périodique.

3.9 Pourcentages
3.9.1 Définition et exemples dans des contextes
Les pourcentages sont des fractions décimales privilégiées : ils correspondent aux centièmes.

Un pourcentage correspond à une fraction dont le dénominateur est 100.


« 75% » se lit « 75 pourcents » et peut se traduire à l’aide de la fraction 75
100 ou du nombre 0, 75.

Voici quelques exemples de pourcentages dans des contextes.


a) « 70% des élèves de notre école sont des filles ».
Cette expression signifie que le rapport entre le nombre de filles et le nombre total d’élèves de notre
école est comme 70 est à 100. On peut noter :
nombre de filles 70
= .
nombre d’élèves 100
Dans cette situation, on considère le nombre des élèves d’une école comme un tout égal à 100% et
70% représente une part de ce tout, celle représentée par les filles. On peut en déduire que 30% est
la part des garçons. On peut visualiser cette situation soit par un diagramme circulaire, soit par un
rectangle découpés en deux morceaux (figure 52).

Figure 52

62 Chapitre 1
b) « Soyez prudents, cette route a une pente de 7% ». Un tel pourcentage exprime aussi un rapport.
Une telle route peut être représentée à l’aide d’un triangle tel que
la diffrence de hauteur 7
= .
la distance horizontale 100

7
100 Figure 53

c) « Cette semaine, les jeans sont à moins 10%. »


A l’achat d’un jeans, je bénéficie d’une réduction qui correspond à 10% du prix affiché. Le prix payé
correspond alors à 90% du prix affiché.
Dans cette situation, les pourcentages correspondent à des opérateurs qui agissent sur le prix.

d) « Il faut agrandir ce dessin à 150%. »


Pour agrandir un rectangle à 150%, on doit augmenter chacune de ses dimensions initiales de 50%
c’est-à-dire de la moitié (figure 54).

Figure 54

On peut interpréter 150% de la façon suivante :


dimension finale 150 3
= = .
dimension initiale 100 2

3.9.2 Exprimer une part ou un rapport en pourcents


Dans notre classe, 10 élèves sur 25 viennent à pied à l’école. Pour calculer le pourcentage correspon-
dant, il suffit de transformer 10
25 en une fraction décimale dont le dénominateur est 100 :
10 40
= = 0, 40 = 40%.
25 100
Dans une autre classe, 14 élèves sur 22 viennent en bus. Pour calculer le pourcentage correspondant,
on ne peut pas passer par une fraction décimale (section 3.8.3). Par contre, il est possible d’obtenir
l’écriture décimale du rapport 14
22 en divisant 14 par 22. On obtient 0, 636363 . . . qu’on peut arrondir
à 0, 636 et qui correspond à 63, 6%.

k
On obtient le pourcentage correspondant à un rapport n en effectuant la division de k par n et
en multipliant ce résultat par 100.

3.9.3 Calculer avec des pourcentages


Prendre un pourcentage
Pour calculer 30% de 280, on peut procéder comme suit :
30
30% de 280 = × 280 = 3 × 28 = 84.
100
Par contre, pour calculer 17% de 1025, 3, on procède comme suit :
17% de 1025, 3 = 0, 17 × 1025, 3 = 174, 301.

Nombres 63
Pour calculer avec des pourcentages, deux techniques se présentent :
• on remplace le pourcentage par la fraction correspondante exprimée en centièmes et on se
ramène ainsi à une multiplication faisant intervenir des fractions;
• on remplace le pourcentage par le nombre décimal correspondant et on se ramène ainsi à
une multiplication de deux nombres décimaux.

Réduire d’un pourcentage


Pour réduire 225 de 10%, on peut procéder de la façon suivante :
• on calcule la réduction qui correspond à 10% de 225 soit 22, 5 ;
• on soustrait la réduction du nombre de départ et on obtient : 225 − 22, 5 = 202, 5.
Ce procédé peut être décrit à l’aide de la suite des calculs ci-dessous :
10
225 − 10% de 225 = 225 − × 225 = 225 − 0, 1 × 225.
100
On met 225 en évidence (Chap.5, section 2.6.3) :
225 × (1 − 0, 1) = 225 × 0, 9.

Réduire un nombre de 10% revient à prendre 90% de ce nombre ou encore à le multiplier par 0, 9.

Augmenter d’un pourcentage


Augmenter 1024 de 20% revient à ajouter à 1024 la valeur correspondant à 20% de 1024. On a la
suite des calculs :
1024 + 20% de 1024 = 1024 + 0, 2 × 1024 = 1024 × (1 + 0, 2) = 1024 × 1, 2.

Augmenter un nombre de 20%, c’est prendre 120% de ce nombre, ce qui revient à le multiplier
par 1, 2.

Répéter l’augmentation ou la réduction


On veut calculer, au départ de 450, l’effet répété de trois augmentations de 10%.
On sait qu’augmenter un nombre de 10% revient à le multiplier par 1, 1. On obtient donc,
• après une augmentation : 450 × 1, 1
• après deux augmentations : (450 × 1, 1) × 1, 1
• après trois augmentations : ((450 × 1, 1) × 1, 1) × 1, 1
Multiplier 450 trois fois par 1, 1 revient à calculer : 450 × 1, 13 .

Appliquer n augmentations consécutives de 10% à un nombre revient à le multiplier par 1, 1n .

64 Chapitre 1
4 Nombres irrationnels
Le rapport entre la circonférence et le diamètre d’un cercle est le même pour tous les cercles.
Il est égal au nombre π : ce nombre ne ressemble à aucun de ceux rencontrés dans les sections
précédentes. Il est appelé irrationnel. Dans cette section, nous étudions ce genre de nombres et
nous en découvrons d’abord dans le contexte de carrés (lien entre le côté et l’aire) et de cubes (lien
entre l’arête et le volume). Nous effectuons ensuite des opérations sur ces nombres.

4.1 Nombres irrationnels dans le contexte des racines


4.1.1 Racines carrées d'un nombre positif
EXEMPLE ET DÉFINITION

a) Si on connaît l’aire d’un carré, on peut s’inté-


resser à la longueur de son côté. Par exemple, si
l’aire d’un carré mesure 4 cm2 , la longueur de son
côté mesure 2 cm (figure 55). En effet, l’aire a d’un
carré de côté c est donnée par la formule a = c2
2 Figure 55
(Chap.14, section 2.2.2).
On trouverait de même que
• si l’aire vaut 9 cm2 , le côté mesure 3 cm parce que 32 = 9 ;
• si l’aire vaut 16 cm2 , le côté mesure 4 cm parce que 42 = 16 ;
• si l’aire vaut 100 cm2 , le côté mesure 10 cm parce que 102 = 100.
On réalise que l’aire d’un carré et la longueur du côté augmentent simultanément.
Recherchons le côté d’un carré dont l’aire vaut 2 cm2 . Dans ce cas, la mesure 2 de l’aire n’est pas le
carré d’un naturel. Il est impossible de dessiner ce carré par pavage comme on l’a fait pour celui de
la figure 55. On sait seulement que la mesure de son côté est le nombre positif c tel que 2 = c2 .
C’est le nombre qui, élevé au carré, donne 2. Il est appelé racine carrée de 2.

La racine carrée positive d’un nombre positif a donné est le nombre positif, noté a, dont le carré
vaut a. Cela s’exprime : √
si a > 0 ( a)2 = a.
Puisque le carré d’un nombre est positif, la racine carrée d’un nombre n’a de sens que si ce nombre
est positif.

La racine carrée positive de 9 est 3 : 9=3 car 32 = 9,
  1 2
1 1 1 1
la racine carrée positive de 4 est 2 : 4 = 2 car 2 = 14 ,

la racine carrée positive de 0, 16 est 0, 4 : 0, 16 = 0, 4 car 0, 42 = 0, 16,

et la racine carrée positive de 0 est 0 : 0=0 car 02 = 0.
Ces exemples peuvent aussi s’écrire sous la forme
 
√ 1
2
1  √
32 = 3, = , 0, 42 = 0, 4, 02 = 0 .
2 2

La définition de la racine carrée positive entraîne que



si a > 0 a2 = a
puisque a est un nombre (positif) qui élevé au carré donne a2 .

Nombres 65

b) Considérons l’opposé de la racine carrée de 2 : c’est le nombre − 2. Son carré est aussi égal à 2 ;
par extension de la règle des signes :
 √ 2  √   √  √ 2
− 2 = − 2 − 2 = 2 = 2.

La racine carrée négative d’un nombre positif a donné est le nombre négatif dont le carré vaut a.

C’est le nombre noté − a.

.

La racine carrée négative de 9 est −3 : − 9 = −3,

la racine carrée négative de 1
4 est − 12 : − 14 = − 12 ,

la racine carrée négative de 0, 16 est −0, 4 : − 0, 16 = −0, 4.

c) Nous avons vu que pour a > 0, l’égalité a2 = a est vérifiée. Ainsi,
√ √
16 = 42 = 4.
Mais 16 est aussi le carré de −4 : on a 16 = (−4)2 , et dès lors

(−4)2 = 4.


Quel que soit le nombre a, on a a2 = a si a > 0,

a2 = −a si a < 0,

0=0 si a = 0,
ce qui peut s’écrire en une seule formule, au moyen de la valeur absolue étendue aux nombres
rationnels. Ainsi, quel que soit le nombre rationnel
√ a, on a
a2 = |a|.

Ecriture décimale de 2
a) La recherche de la longueur c du côté du carré dont l’aire vaut 2 cm2 est en fait la recherche du

nombre auquel nous venons de donner une notation : il s’agit de 2, la racine carrée positive de 2.
Même si on ne connaît pas exactement ce nombre, on peut vérifier qu’il est situé entre 1 et 2.
En effet, parmi plusieurs carrés, celui qui a le plus grand côté a aussi la plus grande aire et celui qui
a la plus grande aire a aussi le plus grand côté.
L’aire d’un carré de côté 1 vaut 12 = 1, et l’aire d’un carré de côté 2 vaut 22 = 4. Comme 1 < 2 < 4,
ce qui s’écrit aussi 12 < 2 < 22 , on a √
1 < 2 < 2.
√ √
On dit que les nombres 1 et 2 encadrent le nombre 2 ou fournissent un encadrement de 2.

Positionnons 2 par rapport à 1, 5 qui est au milieu de 1 et 2.
2
Comme 1, 5 = 2, 25 et 1 < 2 < 2, 25, on a

12 < 2 < 1, 52 et donc 1 < 2 < 1, 5.

Pour mieux cerner le nombre 2 recherché, calculons les carrés de quelques autres nombres compris
entre 1 et 1, 5 :
12 = 1 ; 1, 12 = 1, 21 ; 1, 22 = 1, 44 ; 1, 32 = 1, 69 ; 1, 42 = 1, 96 ; 1, 52 = 2, 25.
Comme 1, 96 < 2 < 2, 25, on a

1, 42 < 2 < 1, 52 et donc 1, 4 < 2 < 1, 5.
Continuons cette procédure en l’étendant aux nombres qui s’écrivent avec deux décimales après la
virgule : comme 1, 412 = 1, 9881 et 1, 422 = 2, 0164, on a

1, 412 < 2 < 1, 422 et donc 1, 41 < 2 < 1, 42.

66 Chapitre 1
Les nombres
1; 1, 4; 1, 41; ...
√ √
qui sont inférieurs à 2 sont appelés approximations ou valeurs approchées par défaut de 2,
1 1
respectivement à une unité près, à une décimale ou à 10 près et à deux décimales ou à 100 près,...
Les nombres
2; 1, 5; 1, 42; ...
√ √
qui sont supérieurs à 2 sont appelés approximations ou valeurs approchées par excès de 2,
1 1
respectivement à une unité près, à une décimale ou à 10 près et à deux décimales ou à 100 près,...

Et on pourrait continuer ainsi et trouver des valeurs approchées par défaut et par excès de 2 avec
autant de décimales que l’on veut.

b) Le nombre 2 n’est pas un entier. Montrons en plus qu’il n’admet pas une écriture décimale
limitée.
Pour cela, on montre que, si on suppose le contraire, on arrive à une impossibilité : c’est ce qu’on
appelle un raisonnement par l’absurde.

Si l’écriture décimale de 2 était limitée, sa dernière décimale non nulle serait 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
ou 9.
L’écriture décimale du carré d’un nombre dont l’écriture décimale se termine par 1 se termine aussi
par 1. En observant les carrés des nombres de 1 à 9,
12 = 1, 22 = 4, 32 = 9, 42 = 16, 52 = 25, 62 = 36, 72 = 49, 82 = 64, 92 = 81,
on déduit que la dernière décimale du carré d’un décimal limité est 1, 4, 5, 6 ou 9.

Or le carré de 2 est 2 = 2, 000000 . . .
Il n’y a aucun décimal limité dont la carré vaut 2.

C’est donc que l’écriture décimale de 2 comporte une infinité de décimales !


Le nombre 2 a une écriture décimale illimitée.

Irrationalité de 2
√ √
Le nombre 2 n’est pas naturel, puisque 1 < 2 < 2.

On démontre ci-dessous que le nombre 2 ne peut pas s’écrire comme une fraction.
√ p
Montrons que l’égalité 2= q où p et q sont des naturels (q = 0) mène à une égalité fausse.
En effet, si cette égalité était une égalité vraie, en élevant les deux membres au carré, on obtiendrait
p2
2= ou 2 · q 2 = p2 .
q2
Nous avons vu qu’un nombre naturel s’écrit de manière unique comme un produit de facteurs premiers entre
eux (section 1.10.5).
De plus, si un entier naturel est pair, son carré est multiple de 4, et possède donc un nombre pair de facteurs 2.
Donc le membre de gauche, 2q 2 , de cette égalité contient un nombre impair de facteurs 2, tandis que le membre
de droite, p2 , contient un nombre pair de facteurs 2. Et l’égalité 2 · q 2 = p2 est donc une égalité fausse.
Un raisonnement comme celui que nous venons de mener est un deuxième exemple de raisonnement par l’ab-
surde.
√ p
Le nombre 2 ne peut pas s’écrire sous la forme d’une fraction q : il n’est pas rationnel. On dit qu’il
est irrationnel.
Le passage du nombre 2 à sa racine carrée, appelé extraction de la racine carrée de 2, engendre ainsi
un nombre d’un type nouveau.
√ √ √
On peut démontrer par un procédé similaire que les nombres 3, 5, 6,... ne sont pas rationnels.
Ce sont aussi des nombres irrationnels.

Nombres 67
Ils correspondent aux mesures des segments 1 1
qu’on peut calculer au moyen de la relation de 1
1
Pythagore (Chap. 7, section 2). La figure 56 pré- 4 3
5 2
sente un moyen de construire ces segments : 1
√ √ √ √ 6
2= 12 + 12 , 3 = ( 2)2 + 12 , . . . 1 Figure 56


La découverte de l’irrationalité de 2 a fait scandale à l’époque des Pythagoriciens (VIe et Ve siècles
avant J-C). Ces philosophes et scientifiques croyaient que l’on pouvait expliquer l’univers et tout ce
qu’il renferme uniquement à l’aide des nombres naturels ou de rapports de nombres naturels.

4.1.2 Racine(s) nième(s) d'un nombre


Dans cette section, on présente d’autres extractions de racine qui génèrent aussi des nombres irra-
tionnels.

Racine cubique d’un nombre


De la même manière qu’on a recherché la longueur du côté d’un carré d’aire connue, on peut
rechercher la longueur du côté d’un cube de volume connu.
Cherchons, par exemple, la longueur c du côté d’un cube dont le volume mesure 8 cm3 . La formule
du volume V d’un cube en fonction de la longueur c de son côté est donnée (Chap. 14, section 3.2)
par
V = c3 , c’est-à-dire ici 8 = c3 .

Donc c = 2, puisque 8 = 23 . Le cube dont le volume


mesure 8 cm3 est un assemblage de 8 cubes unités
(figure 57).

Cherchons la longueur c du côté d’un cube dont le


volume mesure 10 cm3 . Dans ce cas, la mesure du
2 Figure 57

volume n’est plus le cube d’un naturel. Il est impossible d’obtenir ce cube par assemblage de cubes
unités. On sait seulement que la mesure de son côté est le nombre positif c tel que c3 = 10.

C’est le nombre qui, élevé au cube, donne 10. Ce nombre est appelé racine cubique de 10.

La racine cubique d’un nombre a donné est le nombre, noté 3
a, dont le cube vaut a.
Cela s’exprime par √
( 3 a)3 = a.

Puisque le cube d’un nombre est positif quand le nombre est positif et que le cube d’un nombre
est négatif quand le nombre est négatif, la racine cubique d’un nombre a a un sens quel que soit le
signe de a.

La racine cubique de 27 est 3 puisque 33 = 27 :
3
27 = 3,
3

la racine cubique de 0, 001 est 0, 1 puisque 0, 1 = 0, 001 : 3
0, 001 = 0, 1,

la racine cubique de −8 est −2 puisque (−2)3 = −8 : 3
−8 = −2.

La définition de la racine cubique d’un nombre


√ a entraîne que
3
a3 = a
puisque a est le nombre qui, élevé au cube, donne a3 .

68 Chapitre 1
Quant à la longueur c du côté du cube dont le volume mesure 10 cm3 , nous lui avons donné une

3

notation : il s’agit de 10, la racine cubique de 10. Comme nous l’avons fait pour 2, nous pourrions

3
montrer que 10 est un nombre irrationnel et l’encadrer par une suite d’approximations par défaut
et par excès : comme 23 = 8 et 33 = 27, on a

23 < 10 < 33 et donc 2 <
3
10 < 3.
On peut montrer plus généralement que la racine cubique d’un nombre qui n’est pas le cube d’un
nombre rationnel est un nombre irrationnel.

Racine(s) nièmes d’un nombre


On a défini la racine carrée et la racine cubique d’un nombre. On peut également définir la racine
nième d’un nombre.
Il faut cependant être attentif aux signes des nombres : en effet, quand on élève un nombre b (peu
importe son signe) à une puissance paire, on obtient un nombre positif et quand on élève un nombre
b à une puissance impaire, on obtient un nombre positif ou négatif selon que b est positif ou négatif.
Ces observations nous amènent à distinguer deux cas pour la définition de la racine nième d’un
nombre.

Si n est un naturel pair, et a est un nombre positif, la racine nième positive de a est le nombre

positif, noté n a, qui élevé à la puissance n vaut a.
On a ainsi : √
( n a)n = a.
Si n est un naturel impair, et si a est un nombre (positif ou négatif), la racine nième de a est le

nombre, noté n a, qui élevé à la puissance n vaut a.
Ce nombre est positif si a est positif et négatif si a est négatif.
On a ainsi : √
( n a)n = a.

4.2 Nombres irrationnels et droite graduée


Les racines nièmes de nombres engendrent de nombreux nombres irrationnels.
Sur une droite graduée, nous pouvons placer les points correspondant à ces nouveaux nombres
√ √
puisqu’ils traduisent des longueurs de segments. Les nombres tels que 2, 3 correspondent à des
longueurs d’hypoténuse de triangles rectangles particuliers (figure 58),

Ð1 0 32 3 " Figure 58

Il existe beaucoup d’autres nombres irrationnels que ceux engendrés par l’extraction des racines.
Le plus connu d’entre eux est le nombre π que nous avons rappelé au début de cette section et
qui exprime le rapport de la circonférence de n’importe quel cercle à son diamètre (Chap. 14,
section 2.9.1).
On peut placer le nombre π sur la droite graduée. Il correspond à la longueur de la circonférence
d’un cercle de diamètre unitaire (figure 59).

Nombres 69
–1 0 1 2 32 3π 4 Figure 59

Au chapitre 11, nous avons introduit les rapports trigonométriques sin α, cos α et tg α d’un angle
aigu d’un triangle rectangle. Lorsque nous plaçons les angles dans le cercle trigonométrique, nous
savons que les points de ce cercle ont des coordonnées de la forme (cos α, sin α). Ces rapports sont
donc des nombres puisqu’ils sont des abscisses sur des droites. On peut démontrer que la plupart
de ces nombres sont des irrationnels.
On peut placer sur la droite graduée les nombres tels que sin 40◦ et cos 40◦ (figure 60).

(cos 40¡, sin 40¡)

Ð1 0 sin 40¡ 32 3π "


cos 40¡ Figure 60

Il n’est pas possible de dresser la liste de tous les moyens d’engendrer des irrationnels. Cependant,
tous ces nombres ont leur place sur la droite graduée.

4.3 Nombres irrationnels et écriture décimale


p
Un nombre irrationnel est un nombre qui ne peut s’écrire au moyen d’une fraction q ou de l’opposé
d’une fraction.

Cherchons un critère de reconnaissance de l’irrationalité d’un nombre à travers son écriture déci-
male.
Nous savons que les nombres rationnels sont les nombres dont l’écriture décimale est entière, limitée
ou illimitée périodique (section 3.8.5).
Nous pouvons en déduire que
• si un nombre est irrationnel, son écriture décimale n’est ni entière, ni limitée, ni illimitée
périodique; elle est donc illimitée non périodique;
• si un nombre a une écriture décimale illimitée non périodique, il n’est pas un rationnel; il
s’agit donc d’un nombre irrationnel.

Les nombres irrationnels sont les nombres dont l’écriture décimale est illimitée non périodique.

Cette propriété permet de donner d’autres exemples de nombres irrationnels. Ainsi, les nombres
dont l’écriture décimale est esquissée ci-dessous
0, 123456789101112131415161718192021 . . .
0, 101001000100001 . . .
sont irrationnels : leur écriture décimale est illimitée non périodique puisqu’elle n’est pas basée sur
une loi d’engendrement avec répétition de blocs identiques de chiffres.
De manière générale, l’écriture décimale des nombres irrationnels ne peut être connue que par des
approximations : on cherche des encadrements par des décimaux limités qui sont d’une part, des

70 Chapitre 1
valeurs approchées par défaut et d’autre part, des valeurs approchées par excès. On précise souvent

le niveau de l’approximation (voir à la section 4.1.1 pour le nombre 2) : on dit qu’on encadre à la
nième décimale près.
Pour chaque nombre irrationnel, on peut élaborer une suite d’encadrements de plus en plus pré-
cis, qui détermine les décimales successives du nombre : on peut imaginer cette suite aussi loin
qu’on veut. Dans la pratique, on utilise un nombre de décimales adapté à la situation. Lorsqu’on
présente un irrationnel par un décimal limité, on utilise le symbole suivant « ∼= », qui signifie


« approximativement égal ». Par exemple, on écrit 2 = 1, 41.
L’écriture décimale d’un irrationnel n’est jamais complète. C’est pourquoi, il est préférable d’utiliser

l’écriture symbolisée des nombres irrationnels telle que 3, π ou cos α pour garder la précision
maximale.

4.4 Opérations sur les irrationnels


Nous voulons étendre les opérations à ces nouveaux nombres que sont les irrationnels. Mais dès
qu’un calcul contient un irrationnel, il n’est plus exécutable de la même manière qu’avec les autres
nombres. En effet, on ne connaît pas les dernières décimales et on ne dispose pas d’une écriture
sous forme de fraction.

4.4.1 Addition et soustraction


Chaque nombre irrationnel positif peut, ainsi que n’importe quel autre nombre, être interprété

comme la mesure de la longueur d’un segment dans une unité choisie (par exemple, 2 comme la
mesure de la diagonale d’un carré de côté 1).

L’addition de deux irrationnels positifs peut être 2


1 1 1
interprétée, comme nous l’avions déjà vu pour les
autre nombres, par la juxtaposition des deux seg- 2 5 Figure 61
ments correspondants (figure 61).

La somme de ces deux nombres est la mesure de la longueur du nouveau segment obtenu.
On peut donc additionner des irrationnels entre eux.
√ √
L’écriture décimale de la somme 2 + 5 n’est pas mieux connue que celle des nombres de départ :
elle est approchée par les sommes des nombres qui sont des valeurs approchées par défaut ou par
excès des nombres de départ.
√ √
Ainsi, en partant des encadrements de 2 et de 5:
√ √
1< 2<2 et 2< 5 < 3,
√ √
1, 4 < 2 < 1, 5 et 2, 2 < 5 < 2, 3,
√ √
1, 41 < 2 < 1, 42 et 2, 23 < 5 < 2, 24,
on déduit des encadrements pour la somme de ces deux nombres :
√ √ √ √
1+2< 2+ 5<2+3 ce qui donne 3< 2 + 5 < 5,
√ √ √ √
1, 4 + 2, 2 < 2 + 5 < 1, 5 + 2, 3 ce qui donne 3, 6 < 2 + 5 < 3, 8,
√ √ √ √
1, 41 + 2, 23 < 2 + 5 < 1, 42 + 2, 24 ce qui donne 3, 64 < 2 + 5 < 3, 66 .
√ √
On remarque que l’encadrement du nombre 2 + 5 est moins resserré à chaque niveau d’approxi-
mation que les encadrements de départ : l’écart entre les valeurs approchées par excès et par défaut
est respectivement de 2 unités, 2 dixièmes et 2 centièmes.

Nombres 71
On effectue l’addition d’irrationnels négatifs en créant les encadrements appropriés avec des déci-
maux limités négatifs.
Tout comme pour les entiers (section 2.3.1) et pour les rationnels (section 3.4.3), la soustraction
d’un nombre est ramenée à l’addition de son opposé.

4.4.2 Multiplication et division


On a vu que le produit de deux naturels peut être interprété comme la valeur de l’aire d’un rectangle
dont les côtés ont pour mesures respectives les deux naturels donnés (section 1.5.1).
On étend cette interprétation au produit de deux irrationnels positifs : on peut construire un rec-
tangle dont les mesures des côtés dans une unité donnée sont des nombres irrationnels positifs. Ce
rectangle a évidemment une aire : elle peut être associée au produit des deux irrationnels.
Il y a donc un sens à multiplier deux irrationnels entre eux.
L’écriture décimale du produit est approchée par
les produits des décimaux limités qui sont des va-
leurs approchées des nombres de départ. Ces va-
leurs approchées du produit correspondent aux
aires de rectangles contenus dans le rectangle de
départ ou contenant ce rectangle (figure 62). 3
5 Figure 62
Ainsi, on a, par exemple,
√ √ √ √
1×2< 2× 5<2×3 ce qui donne 2< 2 × 5 < 6,
√ √ √ √
1, 4 × 2, 2 < 2 × 5 < 1, 5 × 2, 3 ce qui donne 3, 08 < 2 × 5 < 3, 45,
√ √ √ √
1, 41 × 2, 23 < 2 × 5 < 1, 42 × 2, 24 ce qui donne 3, 1443 < 2 × 5 < 3, 1808 .
On remarque qu’ici aussi, l’encadrement est moins resserré qu’au départ : l’écart entre les valeurs
approchées par excès et par défaut est respectivement de 4 unités, 4 dixièmes et 4 centièmes.
Ces observations sur la perte de précision au cours des opérations nous incitent à être très vigilants
dans les calculs : il faut garder le plus longtemps possible le nombre dans son écriture symbolisée et
ne passer à l’écriture décimale qu’en dernière étape.
On effectue la multiplication d’irrationnels négatifs en créant les encadrements appropriés avec des
décimaux limités négatifs.
On peut aussi effectuer des divisions de nombres irrationnels bien que les calculs avec les enca-
drements se complexifient. Nous n’entrons pas dans les détails ici. A la section suivante, on voit
comment contourner cette difficulté lorsqu’on doit diviser par exemple des racines carrées entre
elles.

4.4.3 Opérations et racines carrées


Intéressons-nous, en particulier, aux multiplications, divisions et additions, où interviennent des
racines carrées.

Racine carrée d’un produit


√ √
Prenons un exemple et calculons d’une part 4 × 25 = 100 = 10,
√ √
et d’autre part 4 × 25 = 2 × 5 = 10.
On obtient le même résultat.
Montrons que pour n’importe quels nombres positifs a et b, même si a et b ne sont pas les carrés de
nombres naturels (comme par exemple a = 3 et b = 7), la racine carrée (positive) de leur produit
est le produit des racines carrées de ces deux nombres :
√ √ √
a·b= a · b.

72 Chapitre 1
√ √ √
Le nombre a · b est la racine carrée (positive) de a · b ; montrons que le nombre a· b est aussi
√ √ 2
la racine carrée (positive) de a · b en vérifiant que a · b = a · b.
Par extension, aux nombres irrationnels, de la propriété de la puissance d’un produit, on a
√ √ 2 √ 2 √ 2
a· b = a · b .
√ √
Par définition de a et b, on a aussi
√ 2 √ 2
a · b =a·b
√ √ 2
et donc finalement a · b = a · b.

La racine carrée (positive) du produit de deux nombres positifs, a et b quelconques, est égale au
produit des racines carrées positives de ces
√ deux √ nombres
√ :
a · b = a · b.
En particulier, si a > 0, on retrouve√le résultat suivant :
√ √ √
a2 = a · a = a · a = a.

Voici quelques exemples de l’utilisation de ces propriétés :


√ √
2 2· 2 √
• √ = √ = 2,
2 2
√ √ √ √ √
• 18 = 9 × 2 = 9 × 2 = 3 2,
√ √ √ √
• 6 × 150 = 6 × 150 = 900 = 30.
Ce dernier exemple montre qu’il est préférable de calculer avec les racines le plus loin possible sans
passer aux approximations, ce qui n’aurait pas fourni la réponse exacte 30 : en effet,
√ √
comme 6∼= 2, 4494 et 150 ∼
= 12, 2472,
√ √
on aurait 6 × 150 = 29, 99878156 = 30.
Racine carrée d’un quotient
Prenons un exemple et calculons    
2
25 52 5 5
d’une part = 2
= = ,
49 7 7 7

25 5
et d’autre part √ = .
49 7
On obtient le même résultat.

La racine carrée (positive) d’un quotient de deux nombres positifs est égale au quotient des racines
carrées (positives) de ces deux nombres :
√ 
a a
= √
b b
quels que soient les nombres positifs a et b (b = 0).

Racine carrée d’une somme, d’une différence


Il suffit de considérer un exemple pour vérifier qu’on n’a pas la propriété analogue pour une somme,
ni pour une différence : ainsi, on a
√ √
d’une part 9 + 16 = 25 = 5,
√ √
et d’autre part 9 + 16 = 3 + 4 = 7.
Les résultats 5 et 7 sont différents.

Nombres 73
De manière analogue, on a
√ √
d’une part 25 − 16 = 9 = 3,
√ √
et d’autre part 25 − 16 = 5 − 4 = 1.

Si a et b sont non nuls, la racine carrée de leur somme √ n’est pas la somme des racines carrées :
√ √
a + b = a + b.
Si a et b sont non nuls et tels que a−b > 0, la racine carrée de leur différence n’est pas la différence
des racines carrées : √
√ √
a − b = a − b.

5 Nombres réels
L’ensemble des nombres s’est progressivement enrichi au cours de ce chapitre. Ainsi, des naturels
on est passé aux entiers, puis aux rationnels et finalement aux irrationnels. Ces différents nombres
sont unifiés par les aspects suivants :
• on peut tous les positionner sur une droite graduée;
• on peut leur associer une écriture décimale;
• on peut définir des opérations et ainsi effectuer des calculs;
• on peut résoudre des équations de plus en plus nombreuses.

5.1 Nombres réels et droite graduée


a) Nous avons d’abord rencontré les nombres naturels ou entiers positifs tels que
0, 1, 2, 3, 4, . . .
Ils servent essentiellement à « dénombrer », à compter « combien il y a d’objets » dans une famille
d’objets.
Mais ces nombres servent aussi à mesurer des grandeurs, au moyen d’une unité donnée. C’est pour
cette raison qu’on représente souvent les naturels sur une droite graduée : sur une demi-droite, on
se donne une origine et une unité. Cela permet de positionner les naturels 0 et 1. En reportant à
partir de l’origine, deux fois, ou trois fois, ou quatre fois... l’unité, on fait apparaître les graduations
de la droite correspondant aux naturels 2, 3, 4,... (figure 63).

0 1 2 3 4 5 Figure 63

b) Pour mesurer des grandeurs orientées, nous avons introduit les entiers négatifs tels que
. . . , −4, −3, −2, −1.
Nous les avons positionnés sur la droite symétriquement aux naturels par rapport à la graduation
de 0 (figure 64).

–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 Figure 64

Nous avons ainsi défini les nombres entiers qui sont les nombres naturels ou leurs opposés.
c) L’ensemble des nombres entiers se révèle vite insuffisant pour mesurer n’importe quelle grandeur
orientée ou non : on a besoin de fractionner l’unité. Nous avons ainsi défini les nombres rationnels
qui sont des fractions de nombres naturels ou les opposés de ces fractions. Les nombres entiers
sont aussi des nombres rationnels puisqu’ils sont des fractions dont le dénominateur vaut 1. On

74 Chapitre 1
peut positionner un rationnel sur la droite graduée à l’aide des projections parallèles. La figure 65
montre la technique utilisée pour positionner le nombre 73 entre les naturels 2 et 3.

–2 –1 0 1 27 3 4 5
3 Figure 65

On positionne les rationnels négatifs symétriquement à leurs correspondants positifs par rapport
à 0.
Il y a vraiment beaucoup de nombres rationnels : on a l’impression que tous les points de la droite
graduée sont marqués par les rationnels.
d) Cependant, nous avons vu que les rationnels ne suffisent pas pour mesurer toutes les longueurs
de segments : il est impossible de mesurer la diagonale d’un carré de côté unitaire au moyen des
nombres rationnels. Nous avons défini les nombres irrationnels.

On peut positionner le nombre irrationnel 2 sur la droite graduée par report d’un segment à
l’aide d’un compas comme le montre la figure 66.

–2 –1 0 1 2 2 3 4 Figure 66

De manière analogue, on peut positionner tous les nombres irrationnels positifs sur la droite gra-
duée (section 4.2).
On positionne les nombres irrationnels négatifs symétriquement à leurs correspondants positifs
par rapport à 0.
Nous avons donc identifié quatre ensembles de nombres :
• l’ensemble des naturels, noté N,
• l’ensemble des entiers, contenant les naturels, noté Z,
• l’ensemble des rationnels, contenant les entiers, noté Q,
• l’ensemble des irrationnels, indépendant des autres.
Tous ces nombres forment l’ensemble des nombres réels : ils correspondent aux mesures de tous les
segments (dans une unité choisie) et de leurs opposés.
Un nombre réel est un nombre qui est soit rationnel, soit irrationnel.
Un nombre réel est strictement négatif s’il est positionné à gauche de 0 sur la droite graduée.
Un nombre réel est strictement positif s’il est positionné à droite de 0 sur la droite graduée.
L’ensemble des nombres réels est noté R.
Avec cette construction des nombres réels, basée sur la mesure de longueurs de segments, nous
avons créé une correspondance entre l’ensemble des nombres réels et l’ensemble des points d’une
droite graduée :

Chaque nombre réel correspond à un point d’une droite graduée.


Chaque point d’une droite graduée correspond à un nombre réel.

Nombres 75
Deux nombres réels sont égaux lorsqu’ils correspondent à un même point sur la droite graduée.

La valeur absolue d’un nombre réel a est la distance entre le point origine de la droite graduée
et le point correspondant à ce nombre a. Elle est notée |a|. Elle est un nombre positif même si le
nombre a est négatif. On a les égalités suivantes :
|a| = a lorsque a est positif;
|a| = −a lorsque a est négatif;
|0| = 0 .

Il y a une infinité de nombres réels. Entre deux nombres réels donnés, a et b, si proches soient-ils,
il y en a d’autres : par exemple le nombre a+b
2 .

5.2 Ecriture décimale des nombres réels


Les nombres réels rencontrés ont des écritures très différentes, par exemple :
2 √
4, , 23 , 2 , π , sin 27◦ , 0, 33333 . . . , 4, 3 · 10−3 .
3
Une écriture commune à tous ces réels est l’écriture décimale qui fait référence à l’unité et à notre
système de numération en base 10.
Les nombres naturels (sauf 0) obtenus par reports de l’unité vers la droite admettent une écriture
sans virgule et un signe positif (mais on n’écrit généralement pas le symbole « + »). On rencontre,
par exemple, les écritures suivantes : 364 ou 1 456 ou 3 456 678.
On écrit cependant parfois un nombre naturel avec une virgule suivie de chiffres zéro : on écrit
parfois 3, 00 pour 3.
Les nombres entiers comprenant les naturels et leurs opposés admettent aussi une écriture décimale
sans virgule et avec un signe moins pour les négatifs. On rencontre, par exemple, les écritures
suivantes pour des entiers négatifs : −4 ou −569 ou −4 000.
Les nombres rationnels admettent une écriture décimale limitée ou illimitée périodique, munie
d’un signe moins pour les négatifs (section 3.8.3). On rencontre, par exemple, les écritures 4, 21
100 ou −4, 036 pour − 1000 ou 10, 33333 . . . pour 3 ou 0, 428571428571 . . .
pour exprimer le quotient 421 4036 31
3
pour 7 .
De plus, tout nombre dont l’écriture décimale est entière ou limitée admet aussi une écriture déci-
male illimitée périodique de période 9 (section 3.8.5). On rencontre la chaîne d’égalités suivante :
5
= 2, 5 = 2, 499999 . . .
2
Les nombres irrationnels admettent une écriture décimale illimitée non périodique. Elle ne peut donc
pas être présentée complètement : on peut encadrer de tels nombres par des valeurs approchées
par défaut et par excès qui sont des décimaux limités (section 4.3). Cet encadrement peut être fait
avec autant de précision que l’on veut (à une unité près, à 1/10ème près, à un 1/100ème près,..., à
1/1000000ème près,...).

Par exemple, l’écriture décimale du nombre irrationnel 2 à 10−6 près est la suivante :

1, 414213 < 2 < 1, 414214.

Tout nombre réel admet une écriture décimale illimitée.

Dans la pratique et en particulier avec les calculatrices, on utilise souvent des décimaux limités.

76 Chapitre 1
5.3 Ordre - intervalle
5.3.1 Ordre
Pour comparer deux nombres réels quelconques, on examine leur position sur la droite graduée :
celui qui est le plus à gauche est le plus petit des deux; il est inférieur à l’autre.

Si on veut comparer deux nombres réels positifs à partir de leur écriture décimale, on compare les
décimales de même rang à partir de la gauche : dès qu’on trouve deux chiffres différents, on classe
les deux nombres dans l’ordre de ces chiffres.
Ainsi, 427, 06 < 5078, 5
car on considére que le chiffre des milliers du premier nombre est 0, qui est inférieur au chiffre 5
des milliers du second.
On a aussi 4, 33333 . . . < 4, 393939
car le chiffre 3 des centièmes du premier nombre est inférieur au chiffre 9 des centièmes du second.
Si on veut comparer deux nombres réels négatifs, on compare leurs opposés positifs par la règle
décrite ci-dessus et on renverse cet ordre pour revenir aux négatifs puisque les négatifs sont posi-
tionnés symétriquement aux positifs par rapport à 0.
Par exemple, pour comparer les nombres négatifs −3, 2 et −3, 9, on compare leurs opposés 3, 2 et
3, 9 qui sont positifs : on a 3, 2 < 3, 9 ; on conclut que −3, 9 < −3, 2 (figure 67).

0 1 2 3
– 3,9 – 3,2 3,2 3,9 Figure 67

Cependant, il faut être prudent : en procédant de cette façon, on serait amené à dire que
0, 99999999 . . . serait inférieur à 1 alors que ces deux nombres sont égaux (section 3.8.5).
Sur la droite graduée, on peut insérer, entre chaque paire d’entiers, tous les réels appropriés.
Ainsi, par exemple, entre les entiers 2 et 3, on peut insérer tous les réels dont l’écriture décimale
est du type 2,...
En pratique, sur une règle graduée en centimètres qui est l’instrument de mesure le plus utilisé en
classe, on ne positionne, entre les nombres 2 et 3, que les nombres correspondant aux divisions de
l’unité par 10 : les nombres 2, 1 ; 2, 2 ; 2, 3 ; .... Cette situation est schématisée à la figure 68.
Entre les entiers −4 et −3 par exemple, on peut positionner tous les réels dont l’écriture est du
type −3,...
Sur la droite graduée, on positionne entre les nombres −4 et −3, de gauche à droite, les nombres
−3, 9 ; −3, 8 ; −3, 7 ; ... (figure 68).

– 4 – 3,9 – 3,8 – 3,7 –3 2 2,1 2,2 2,3 3 Figure 68

5.3.2 Inégalité et intervalle



Les expressions déjà rencontrées « 5 < 3 » ou « π > 3 » sont appelées inégalités. Les nombres écrits
de part et d’autre des symboles « < » ou « > » sont appelés membres de l’inégalité.
L’expression « x < 5 » est utilisée pour désigner n’importe quel nombre réel inférieur au réel 5.
L’expression « x  5 » qui se lit « x plus petit ou égal à 5 » est utilisée pour désigner n’importe quel
nombre réel inférieur ou égal au réel 5.
L’expression « x > −3, 7 » est utilisée pour désigner n’importe quel nombre réel supérieur au
réel −3, 7.

Nombres 77
L’expression « x  −3, 7 » qui se lit « x plus grand ou égal à −3, 7 » est utilisée pour désigner n’im-
porte quel nombre réel supérieur ou égal au réel −3, 7.

L’expression « −3 < x < 2 » désigne n’importe quel nombre réel qui est à la fois supérieur à −3 et

inférieur à 2.
On appelle intervalle l’ensemble de tous les nombres réels compris entre deux réels donnés.
√ √
L’intervalle ouvert ] − 3, 2[ est l’ensemble de tous les nombres réels x tels que −3 < x < 2.
√ √
L’intervalle fermé [−3, 2] est l’ensemble de tous les nombres réels x tels que −3  x  2.
√ √
L’intervalle semi-ouvert [−3, 2[ est l’ensemble de tous les nombres réels x tels que −3  x < 2.

Les nombres −3 et 2 sont appelés bornes de l’intervalle.
Chaque nombre réel peut être encadré par une suite infinie d’intervalles fermés emboîtés, c’est-à-
dire successivement contenus les uns dans les autres.

Les intervalles suivants encadrent le nombre 2 : [1, 2], [1, 4; 1, 5], [1, 41; 1, 42],...

5.4 Nombres réels et opérations


En élargissant les ensembles de nombres de N à R, on peut effectuer de plus en plus d’opérations.
A chaque nouvel ensemble de nombres, on « gagne » au moins une opération.
Dans N, certaines soustractions n’ont pas de sens. Dans Z, qui contient tous les opposés des naturels,
toutes les soustractions ont du sens.
Dans Z, certaines divisions n’ont pas de sens. Dans Q, qui contient tous les inverses des entiers,
toutes les divisions ont du sens à l’exception de celle par zéro.
Dans Q, l’extraction de racine carrée de certains nombres positifs n’a pas de sens. Dans R, qui
contient les nombres irrationnels, l’extraction de racine carrée de tous les nombres positifs a du
sens.
Rassemblons les différentes propriétés des opérations qui ont du sens dans l’ensemble des nombres
réels.

5.4.1 Addition
On peut additionner deux nombres réels quelconques : la somme est un nombre réel.
Cette opération est associée à l’image mentale suivante (dans le cas de réels positifs) : on détermine,
au moyen d’une unité donnée, la mesure de la longueur du segment obtenu par la juxtaposition
bout à bout de deux segments dont les mesures des longueurs sont les nombres réels donnés.
L’addition est munie des propriétés suivantes.
• L’addition est commutative : changer l’ordre des termes ne modifie pas la somme.
Quels que soient les réels a et b,
a + b = b + a.
• L’addition est associative : grouper différemment les termes d’une addition ne modifie pas
leur somme.
Quels que soient les réels a, b et c,
(a + b) + c = a + (b + c).
• Le nombre 0 est le neutre pour l’addition : il n’a pas d’effet sur le résultat.
Quel que soit le réel a,
a + 0 = 0 + a = a.
• Chaque nombre réel a admet un symétrique pour l’addition : l’opposé du nombre a, noté −a.
Ce nombre, additionné à celui de départ, donne le neutre 0.
Quel que soit le réel a,
a + (−a) = (−a) + a = 0.

78 Chapitre 1
5.4.2 Soustraction
On peut soustraire entre eux deux nombres réels quelconques.
La soustraction entre deux nombres réels n’est rien d’autre que l’addition du premier nombre avec
l’opposé du deuxième. Elle se ramène donc à une addition de deux nombres réels et n’est pas étudiée
de manière systématique pour elle même.

5.4.3 Multiplication
On peut multiplier deux nombres réels quelconques : le produit est un nombre réel.
Cette opération est associée à l’image mentale suivante (dans le cas de réels positifs) : on détermine
au moyen d’une unité donnée la mesure de l’aire d’un rectangle dont les côtés ont pour mesure les
nombres donnés.
La multiplication est munie des propriétés suivantes.
• La multiplication est commutative : changer l’ordre des facteurs ne modifie pas le produit.
Quels que soient les réels a et b, a · b = b · a.
• La multiplication est associative : grouper différemment les termes d’une multiplication ne
modifie pas le produit.
Quelques soient les réels a, b et c,
(a · b) · c = a · (b · c).
• Le nombre 1 est le neutre pour la multiplication : il n’a pas d’effet sur le résultat de la mul-
tiplication.
Quel que soit le réel a, a · 1 = 1 · a = a.
• Chaque nombre réel a admet un symétrique pour la multiplication : il s’agit de l’inverse de
ce nombre noté a1 ou a−1 . Ce nombre multiplié à celui de départ donne le neutre 1.
Quel que soit le réel a, 1 1
a · = · a = 1.
a a
• La multiplication est distributive par rapport à l’addition : pour multiplier une somme par
un nombre, il suffit de miltiplier chacun des termes par ce nombre et d’additionner ensuite
les produits obtenus.
Quels que soient les réels a, b et c,
a · (b + c) = a · b + a · c et (b + c) · a = b · a + c · a.

5.4.4 Division
On peut diviser un nombre réel quelconque par un autre nombre réel quelconque non nul.
La division entre deux nombres réels n’est rien d’autre que la multiplication du premier par l’inverse
du deuxième. Elle se ramène donc à une multiplication entre deux nombres réels et n’est pas étudiée
de manière systématique pour elle même.
Dans l’ensemble des nombres réels, la notation fractionnaire ab , où a et b désignent des nombres
réels quelconques (le nombre b étant non nul), a du sens : elle stipule qu’on effectue la division du
nombre a par le nombre b ou qu’on effectue le produit du nombre a par l’inverse du nombre b.

5.4.5 Puissances
On peut élever un nombre réel non nul à n’importe quelle puissance entière.
On peut prendre les racines nièmes paires ou impaires de n’importe quel nombre réel positif et les
racines nièmes impaires de n’importe quel nombre réel négatif.
On a les propriétés suivantes, déjà vérifiées pour les puissances des naturels (section 1.7.2) :
am · ap = am+p (am )p = am·p ,
et
où a désigne un nombre réel quelconque (non nul) et m et p désignent des entiers.

Nombres 79
5.4.6 Priorités des opérations
De la même manière que pour les nombres naturels (section 1.9), les opérations doivent être effec-
tuées dans un certain ordre : d’abord les puissances et extractions de racines, ensuite les multiplica-
tions et les divisions et finalement, les additions et soustractions.

5.5 Egalité - ordre - opérations


5.5.1 Egalité
Un même nombre réel peut se présenter sous diverses écritures. Entre celles-ci, on écrit le signe

« = ». Par exemple, on a 3 1 5 8−5 9
= 1, 5 = 1 + =1+ = = = ...
2 2 10 2 4
Ces différentes écritures sont interchangeables suivant la nécessité du contexte. On peut substituer
une écriture à une autre lorsque c’est nécessaire.

5.5.2 Egalité et opérations



Considérons, par exemple, les nombres 5 − 9 et 18−2
8 . On a l’égalité
√ 18 − 2
5− 9= (1)
8
puisque chaque membre vaut 2.
Si on ajoute le nombre 3 aux deux membres de l’égalité numérique (1), on obtient une nouvelle
égalité de nombres : √ 18 − 2
5− 9+3= +3 (2)
8
puisque chaque membre vaut 5.

Si on ajoute ou on retire un même nombre à deux nombres réels égaux, on obtient encore deux
nombres réels égaux.

Si on multiplie par 8 les deux membres de l’égalité (1), on obtient une nouvelle égalité de nombres :
 
√ 18 − 2
(5 − 9) × 8 = ×8
8
puisque chaque membre vaut 16.

Si on multiplie ou on divise deux nombres réels égaux par un même nombre (non nul), on obtient
encore deux nombres réels égaux.

5.5.3 Ordre et opérations


Considérons l’inégalité suivante 5, 2 < 7, 5.
Ajoutons le nombre 1, 9 aux deux membres de cette inégalité : nous obtenons les deux nombres 7, 1
et 9, 4 qui sont rangés dans le même ordre que les nombres 5, 2 et 7, 5. On obtient une inégalité de
même sens (figure 69) : 5, 2 + 1, 9 < 7, 5 + 1, 9.

+ 1,9 + 1,9

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
5,2 7,1 7,5 9,4 Figure 69

80 Chapitre 1
Si on ajoute ou on retranche un même nombre aux deux membres d’une inégalité, on obtient une
nouvelle inégalité dans le même sens que la première.

Considérons l’inégalité suivante :


2 < 4.
Multiplions les deux membres de cette inégalité par le nombre 1, 5 : nous obtenons les deux nombres
3 et 6 qui sont rangés dans le même ordre que les deux premiers. On obtient une inégalité de même
sens (figure 70a) :
2 × 1, 5 < 4 × 1, 5.
Considérons l’inégalité suivante :
−3 < −2.
Multiplions les deux membres de cette inégalité par le nombre 0, 5. On obtient les deux nombres
−1, 5 et −1 qui sont rangés dans le même ordre que −3 et −2. On obtient une inégalité de même
sens (figure 70b) :
(−3) × 0, 5 < (−2) × 0, 5.

1,5 1,5 0,5 0,5

0 2 3 4 6 – – 2 –1,5 –1 0
a) b) Figure 70

Multiplions cette fois les deux membres de l’inégalité


2<4
par le nombre −1. On obtient les deux nombres −2 et −4 rangés dans l’ordre contraire des nombres 2
et 4 puisqu’ils sont disposés symétriquement par rapport à 0. On obtient l’inégalité de sens contraire
(figure 71) :
−2 > −4.

(– 1)
(– 1)

–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 Figure 71

Multiplier les deux membres d’une inégalité par le nombre −2 par exemple revient à multiplier
successivement par −1 et par 2 : on obtient une nouvelle inégalité de sens contraire.

Si on multiplie les deux membres d’une inégalité par un même nombre strictement positif, on
obtient une nouvelle inégalité dans le même sens.
Si on multiplie les deux membres d’un inégalité par un même nombre strictement négatif (en
particulier par le nombre −1), on obtient une nouvelle inégalité de sens contraire.

5.6 Nombres réels et équations


En élargissant les ensembles de nombres des naturels aux réels, on peut résoudre de plus en plus
d’équations.
En effet, dans l’ensemble des naturels, l’équation x + 3 = 0 par exemple ne possède pas de solution :
il est impossible d’obtenir 0 en ajoutant un naturel à 3.

Par contre, cette équation admet une solution dans l’ensemble des entiers : le nombre −3 qui est un
entier négatif.

Nombres 81
De même, dans l’ensemble des entiers, l’équation 3x = 2 par exemple ne possède pas de solution. En
effet, si on remplace x par un entier, l’expression 3x qui apparaît au premier membre peut prendre
les valeurs suggérées ci-dessous
. . . , −12, −9, −6, −3, 0, 3, 6, 9, 12, . . .
parmi lesquelles ne figure pas la valeur 2.
Par contre, cette équation admet une solution dans l’ensemble des rationnels : le nombre 23 qui est
une fraction non réductible à un entier.
De même, dans l’ensemble des rationnels, l’équation x2 − 2 = 0 n’admet pas de solution. En effet,
cette équation s’écrit aussi x2 = 2, et il n’y a pas de rationnel qui, élevé au carré, donne 2.
√ √
Par contre cette équation possède deux solutions dans l’ensemble des réels : les nombres 2 et − 2
qui sont des nombres irrationnels.
On aurait pu espérer que dans l’ensemble des nombres réels, toutes les équations admettent des
solutions. Ce n’est pas le cas. En effet, l’équation x2 + 2 = 0 ne possède pas de solution réelle puisque
tout nombre élevé au carré est un nombre positif. Il faut définir un autre type de nombres qu’on
appelle imaginaires mais cela c’est une toute autre histoire !

82 Chapitre 1
Chapitre 2
Objetsdebasedelagéométrieplane
La géométrie (mot qui étymologique-
ment signifie « mesure de la terre »)
est avant tout l’étude des figures pla-
nes et des objets spatiaux. Les ob-
jets spatiaux sont étudiés au chapitre
13. Les figures planes qui sont dé-
veloppées au chapitre 4 ont de nom-
breuses propriétés. Pour pouvoir les
expliquer, nous partons de figures
plus simples et plus « pauvres » telles
que points, droites, demi-droites,
droites perpendiculaires, droites pa-
rallèles, angles, cercles,... Nous ne
définissons pas les points et les
droites, considérés comme éléments 1. Droite - règle
de base. Nous associons les figures
élémentaires telles que droites, an- 2. Droites perpendiculaires -
équerre
gles et cercles à des instruments de
dessin tels que règle, équerre, rap- 3. Droites parallèles - équerre
porteur et compas. Nous établissons et règle
les propriétés qui s’y rapportent. 4. Distance - règle graduée -
compas

5. Cercle et disque - compas

6. Positions relatives d’une


droite et d’un cercle
7. Angle - rapporteur

8. Constructions
1 Droite - règle
1.1 Pliages et constructions
Si on place deux points A et B sur une feuille, on peut former un pli qui passe par ces deux points
(figure 1) et lorsqu’on déplie la feuille, on peut longer le pli à l’aide d’une règle et ainsi colorier le
pli : le trait qu’on peut imaginer aussi long qu’on veut correspond à une droite.

B
A
Figure 1

1.2 Propriété

Par deux points passe une et une seule droite.

Cette propriété n’est pas tout à fait vraie pour les droites et les points qu’on dessine, à cause de
l’épaisseur du trait. Pour pouvoir construire une géométrie théorique où cette propriété est vraie,
on doit supposer les points très petits et les droites très fines.

1.3 Vocabulaire et notation


La propriété 1.2 permet dès lors de désigner une droite par deux de ses points : on parle, par exemple,
de la droite AB . On désigne aussi une droite par une lettre minuscule, par exemple d (figure 2).

B
A
d Figure 2

Trois points A, B et C sont alignés quand ils appartiennent à une même droite.
L’ensemble des points d’une droite compris entre deux points A et B est appelé segment de droite
ou segment.

Le segment de droite compris entre les points A et B est noté [AB].


Les points A et B sont les extrémités de ce segment (figure 3).
A
B Figure 3

L’ensemble des points d’une droite situés d’un côté d’un point A de la droite est appelé demi-droite
issue de A.

Chaque point d’une droite détermine deux demi-droites opposées. On note [AB la demi-droite issue
de A et passant par le point B (figure 4). On dit que le point A est l’origine de la demi-droite.

B
A Figure 4

84 Chapitre 2
2 Droites perpendiculaires - équerre
2.1 Pliages et constructions
• On plie une feuille (ce qui détermine une droite le long du pli) et on choisit un point A
appartenant à cette droite (figure 5a);
• on replie la feuille de manière à superposer les deux demi-droites d’origine A (figure 5b);
• on déplie la feuille (figure 5c) et on observe que ce deuxième pli détermine une deuxième
droite passant par le point A.

li
A A A 2e p

1er pli

a) b) c) Figure 5

Les deux droites ainsi construites sont appelées droites perpendiculaires. Elles déterminent quatre
régions appelées angles droits.
L’instrument de dessin permettant de dessiner des droites perpendiculaires est l’équerre. On en
trouve de deux formes (figure 6). Le modèle b) est appelé équerre Aristo (du nom de son fabriquant)
et il sert aussi à mesurer des angles comme nous le verrons à la section 7.

90
10

80
0

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
11

70
0
12

60
0
13

80 90 100 50
0

70 110
60 35 0
14

12 40
0

50 30 0
13
15

25 30
0
40
0

14

20
0
30

15
16

20
0

15
160
20

10
17

10
0

5
170
10

7 6 5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 6 7

a) b) Figure 6

2.2 Propriété

Par un point, on peut mener une et une seule droite perpendiculaire à une droite.

Pour dessiner, avec une équerre, une droite perpendiculaire à une droite d donnée et passant par
un point A donné, on procède comme suit :
• on place un côté de l’angle droit de l’équerre le long de la droite d (figure 7a);
• on fait glisser l’équerre le long de la droite d jusqu’à ce que l’autre côté de l’angle droit passe
par le point donné A (figure 7b);
• on trace, par le point A, la droite d perpendiculaire à la droite d (figure 7c).

Objets de base de la géométrie plane 85


d'





















A A



A



























d d
d
a) b) c) Figure 7

Avec une équerre Aristo, on peut utiliser une autre technique :


• on dépose la droite OS de l’équerre sur la droite d (figure 8a);
• on fait glisser la droite OS de l’équerre le long de la droite d jusqu’à ce que le grand côté de
l’équerre passe par le point A (figure 8b);
• on trace, par le point A, la droite d perpendiculaire à la droite d (figure 8c).


A  d'


 

A 




S
S


 
 
 


       
   


 


 

A














































O O



















d








d






















 


 





d








a) b) c) Figure 8

2.3 Vocabulaire et notation

Nous écrivons d ⊥ d ou d ⊥ d pour signifier que


les droites d et d sont perpendiculaires. d'
Sur un dessin, on utilise le symbole « » pour in- A
diquer que deux droites sont perpendiculaires (fi-
gure 9).

Lorsqu’on mène, par un point A, une droite d per-


d H
pendiculaire à une droite d, le point H d’intersec-
tion des deux droites est appelé pied de la perpen- Figure 9
diculaire à d issue du point A.

On dit que AH est la perpendiculaire à la droite d élevée en H ou abaissée du point A (figure 9).

86 Chapitre 2
3 Droites parallèles - équerre et règle
3.1 Constructions
Considérons une droite d et construisons une droite d de la manière suivante :

• on place le côté [AB] de l’équerre le long de la droite d (figure 10a);


• on appuie ensuite une règle le long du côté [BC] de l’équerre (figure 10b);
• on fait glisser l’équerre contre la règle (figure 10c);
• on trace une droite d le long du côté [AB] de l’équerre (figure 10d).
Cette droite d est dite parallèle à la droite d.

B B 0
1
2
3
4
0 0 5
1 1 6
2 2 7
3 3 8
9
4 4 10
5 5 11
6 6

A
12
7 7 13

A
8 8 14
15
9 9 16
10 10 17
11 11 18
12 12 19
13 13 20
14 14 21

15 15

C
22
23
16 16

d d
24
17 17 25
26
27
28

C
29

a) b)
30

0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11

B
12
13
14
15

B
16
17
18
19
20
0 21
0
1 22 1
2 23 2
3 3

d d
24

4 25
26
4
5 27
5
6 28 6

A
7 7

A
29
8 30 8
9 9
10 10
11 11
12 12
13 13

C C
14 14
15 15

d'
16 16
17 17

c) d) Figure 10

Cette construction peut se faire de différentes façons (figure 11).


17
16
15
14
13
12
11
10

0 1
2 3
9

0
4 5 1
8

6 7 2
7

8 9 3
6

4
10
11 1 5
5

d
2 13 6
4

14 1 7
5 16 30 8
3

29
17 28 9
27
2

26 10
25
11
1

d'
24
23
22 12

d'
0

21 13
20
19 14
18
17 15
16
15 16

d
14
13 17
12
11 18
10 19
9
8 20
7
6 21
5
4 22
3
2 23
1
0 24
25
26
27
28

Figure 11
29
30

Objets de base de la géométrie plane 87


On peut aussi dessiner une droite d parallèle à une droite d donnée à l’aide d’une équerre Aristo.
En effet, sur cette équerre, sont dessinées plusieurs parallèles au grand côté : il suffit de déposer un
de ces traits sur la droite d et de tracer une droite d à l’aide du long côté (figure 12).

d'
d

7
170
6
5

160
10
4

20

150
3

30
2

140
40
1

130
50
0

60
5
10

120
1

15

20

70
2

25

30

110
80
3

35
90
0
10
4

100
170
160 110
120
5

150 140 130


6

90
70 80
50 60
40
7

20 30
10

Figure 12

3.2 Définition et propriétés


3.2.1 Définitions
Deux droites sont parallèles si elles ne se rencontrent pas.

Ici on suppose les deux droites distinctes mais, pour les besoins de la théorie, on doit considérer
que deux droites confondues sont aussi parallèles (chap.13, 2.3).
On dit que deux droites parallèles ont une même direction.
Le mot « direction » n’a pas ici la même signification que dans le langage quotidien : en effet, lors-
qu’on veut prendre une route ou une ligne de chemin de fer qui relie les villes A et B , on dit qu’on
va dans la direction de A ou de B . En géométrie, des droites ont une même direction si elles sont
« dirigées, inclinées » d’une même manière.

3.2.2 Propriétés

a) Par un point passe une et une seule parallèle à une droite donnée.

b) Si deux droites sont parallèles, toute droite perpendiculaire à l’une est aussi perpendiculaire à
l’autre.

On parle dans ce cas de perpendiculaire commune à deux droites parallèles.

c) Si deux droites sont perpendiculaires à une droite donnée, elles sont parallèles entre elles.

On peut illustrer les propriétés b) et c) par un triple pliage :


• on plie une feuille, on détermine ainsi une droite d (figure 13a);
• on choisit un point A appartenant à la droite d (figure 13a);
• on replie la feuille de manière à superposer les deux demi-droites d’origine A (figure 13b);
• on déplie la feuille; le deuxième pli correspond à une droite a passant par le point A et
perpendiculaire à la droite d (figure 13c);

88 Chapitre 2
• on choisit un second point, B , sur la droite d (figure 13d);
• on replie la feuille de manière à faire coïncider les deux demi-droites d’origine B (figure 13e);
• on déplie la feuille; le troisième pli correspond à une droite b passant par le point B et
perpendiculaire à la droite d (figure 13f).
On observe que les deux droites a et b, perpendiculaires à la droite d, sont parallèles entre elles.
La droite d est une perpendiculaire commune aux droites a et b.

A A
A

a) b) c)

A A

a B a B

b
d d
d) e) f) Figure 13

3.3 Vocabulaire et notation


Nous écrivons a//b ou b//a pour signifier que les droites a et b sont parallèles.

Si deux droites distinctes ne sont pas parallèles, on dit qu’elles sont sécantes.

Le mot « sécant » vient du latin « secare » signifiant couper.

3.4 Positions relatives de deux droites

Deux droites du plan peuvent donc être :


• parallèles : elles sont soit distinctes et n’ont pas de point commun
soit confondues : elles ont tous leurs points communs
• sécantes : elles ont exactement un point commun (avec le cas particulier de perpendicu-
laires).

Objets de base de la géométrie plane 89


4 Distance - règle graduée - compas
4.1 Distance entre deux points
La distance entre deux points A et B est la mesure de la longueur du segment [AB] dans une unité
donnée.

Souvent, on utilise « longueur » à la place de « mesure de la longueur ».


On note cette distance d(A, B) ou AB ou |AB|. Dans ce livre, nous adoptons la notation |AB|.
Sur une feuille de papier, on peut déterminer la distance entre deux points à l’aide d’une règle
graduée : dans ce cas, l’unité est généralement le centimètre.
On peut reporter une distance |AB| sur une droite d à l’aide d’un compas :
• on ouvre le compas de telle sorte que ses pointes se placent respectivement en A et en B
(figure 14a),
• à partir d’un point quelconque C de la droite d, on reporte cette distance (figure 14b).

A B C
a) b) Figure 14

4.2 Inégalité triangulaire


Trois points A, B et C non alignés constituent les sommets d’un triangle (figure 15).
Le plus court chemin entre deux points est le segment de droite qui les relie. On arrive alors à la
propriété suivante.

La longueur d’un côté d’un triangle est plus petite que la somme des longueurs des deux autres
côtés.

Cette propriété porte le nom d’inégalité triangulaire.

C Figure 15
On a donc les trois inégalités suivantes :

|AB| < |AC| + |CB|


|AC| < |AB| + |BC|
|BC| < |BA| + |AC|

90 Chapitre 2
4.3 Distance d'un point à une droite
La distance d’un point à une droite est la distance entre le point et le pied de la perpendiculaire
abaissée du point sur la droite.

Soient le point A et la droite d (figure 16), appelons H le pied de la perpendiculaire abaissée du


point A à la droite d ; la distance de A à d est donnée par la longueur du segment [AH].

d
P
H Figure 16

La propriété suivante peut être justifiée par le théorème de Pythagore (chapitre 7).

La distance d’un point A extérieur à une droite d au pied H de la perpendiculaire menée par ce
point A à la droite d est inférieure à la distance de A à n’importe quel autre point P de la droite
d.

4.4 Distance entre deux droites parallèles


La distance entre deux droites parallèles est la distance entre les points d’intersection de ces pa-
rallèles avec une perpendiculaire commune.

Cette distance est indépendante du choix de la perpendiculaire commune.


La distance entre les droites a et b, notée d(a, b) est donnée par |AB| ou |CD| (figure17).

C
A
a

D
B
b Figure 17

4.5 Milieu d'un segment


Le point milieu d’un segment est le point de ce segment situé à égale distance des extrémités du
segment.

On peut le positionner par pliage : on replie la feuille sur elle-même en faisant coïncider les extré-
mités du segment; le point du segment situé sur le pli est le point milieu.

On peut aussi déterminer le point milieu d’un segment à l’aide d’une règle graduée : on mesure la
longueur du segment, on la divise en deux et on reporte cette demi-longueur à partir d’une des
extrémités du segment.

Objets de base de la géométrie plane 91


On peut aussi utiliser une équerre Aristo : le point milieu se superpose avec le point 0 de la gradua-
tion si les extrémités du segment se superposent avec deux graduations identiques (figure 18a).
Pour noter qu’un point O est le point milieu d’un segment [AB], on place un même trait sur chacun
des deux segments [AO] et [OB] (figure 18b).

O B
A
7
6
5
4
3

0
B

10

17
2
1
0

O
1
2

20
3 5

0
A
4

16
5 10
170

30
7
15

0
15
16

10

40
20
0
15

0
50
25

14
20
0

14
0 30 60
30 13

0
70

13
0 35
120 80
40 110 100 90

0
12
50

60

0
11
70
0
10

80

90

a) b) Figure 18

5 Cercle et disque - compas


5.1 Constructions
Prenons une ficelle, attachons une punaise à l’ une
de ses extrémités et la pointe d’un crayon à l’au-
tre. Fixons la punaise dans un carton, tendons la
ficelle et traçons avec le crayon pendant que nous
Figure 19
faisons tourner la ficelle tendue autour de la pu-
naise (figure 19) : nous dessinons une courbe qui
se referme, c’est un cercle.

Prenons un compas, piquons la pointe sèche dans


une feuille de papier, écartons les bras du compas.
Pendant que nous faisons tourner le compas au-
tour de sa pointe sèche, nous dessinons un cercle
(figure 20).
La punaise ou la pointe sèche du compas occupe
la position du centre du cercle.
La distance entre la punaise et la pointe du crayon
ou l’ouverture du compas détermine le rayon du
Figure 20
cercle.

5.2 Définitions
Pour un point O donné et une distance r donnée, on appelle cercle l’ensemble de tous les points
situés à la distance r fixée du point O . Ce point est appelé centre du cercle.

92 Chapitre 2
La figure 21 présente différents cercles ayant
pour centre le point O : ils sont appelés cercles
concentriques.
O
On dit aussi qu’un cercle est le lieu des points équi-
distants d’un point donné, c’est-à-dire situés à une
même distance de ce point. Figure 21

On appelle rayon d’un cercle tout segment ayant


pour extrémités le centre et un point du cercle.
On appelle aussi rayon la longueur d’un tel seg-
ment.

C’est le contexte qui permet de comprendre si on


parle d’un segment ou de sa longueur. O

La figure 21 présente des cercles de rayons res-


pectifs : 0, 6 cm, 0, 9 cm et 1, 5 cm.
Figure 22
On appelle diamètre d’un cercle tout segment
passant par le centre du cercle et dont les ex-
trémités sont deux points du cercle. (figure 22)

Le centre est le point milieu de n’importe quel


diamètre puisqu’il est à égale distance (valant le
rayon) de deux points du cercle (qui sont ses ex- O
trémités).

On appelle aussi diamètre du cercle la longueur


d’un segment diamètre : elle vaut donc le double
Figure 23
du rayon.

On appelle corde d’un cercle tout segment joi-


gnant deux points situés sur le cercle. (figure 23)
A
Tout diamètre est donc une corde. C’est la plus
longue corde qu’on peut obtenir. B
O
Deux points A et B d’un cercle déterminent deux
parties de ce cercle appelées arcs de cercle. La no-
 
tation AB ou BA désigne indifféremment chacun
des deux arcs (figure 24). C’est le contexte qui per- Figure 24

met en général de distinguer de quel arc il s’agit.

On appelle disque de centre O et de rayon r l’ensemble des points du plan dont la distance au point
O est inférieure ou égale à la longueur r.

Objets de base de la géométrie plane 93


La partie colorée de la figure 25a représente un disque de centre O .

a) b) Figure 25

On appelle secteur circulaire une partie de disque limitée par deux rayons et l’arc de cercle inter-
cepté par les extrémités des deux rayons. (figure 25b)

6 Positions relatives d'une droite


et d'un cercle
Lorsqu’on considère simultanément un cercle et une droite, trois positions relatives sont possibles :

a) le cercle et la droite n’ont aucun point commun; on dit qu’ils sont disjoints ; (figure 26a)

b) le cercle et la droite ont deux points communs : on dit qu’ils sont sécants ; (figure 26b)

c) le cercle et la droite ont exactement un point commun : on dit qu’ils sont tangents ou que la
droite est tangente au cercle. (figure 26c)

a) b) c) Figure 26

Dans le cas a), la distance de la droite au centre du cercle est supérieure au rayon du cercle; dans le
cas b), cette distance est strictement inférieure au rayon et dans le cas c), elle est exactement égale
au rayon (figure 27).

a) b) c) Figure 27

94 Chapitre 2
La tangente en un point d’un cercle est perpendiculaire au diamètre passant par ce point.

La figure 28 illustre cette propriété.

Appelons O le centre du cercle et M le point com- M


mun à la tangente et au cercle. N’importe quel
autre point P de la tangente est extérieur au cer-
cle; donc sa distance au centre est supérieure au
O
rayon et nous pouvons affirmer que la distance
|OM | est plus courte que la distance |OP |.

Le point M de la tangente est le point de celle-ci. Figure 28


Le plus proche du point O : il est donc le pied de
la perpendiculaire abaissée de O sur la tangente (section 4.3).

On peut aussi prouver la propriété suivante.

La perpendiculaire à un diamètre d’un cercle en une de ses extrémités est tangente au cercle en ce
point.

Cette propriété permet de construire en un point donné d’un cercle la tangente à ce cercle :

• on trace le diamètre passant par ce point;


• on mène par ce point, la perpendiculaire au diamètre.

7 Angle - rapporteur
7.1 Angle
Un angle est une région du plan délimitée par deux demi-droites issues d’un point.

Chaque paire de demi-droites issues d’un point détermine deux régions (figure 29).

Figure 29

Objets de base de la géométrie plane 95


Le point dont sont issues les demi-droites est appelé sommet de l’angle et les demi-droites sont
appelées côtés de l’angle.

On parle d’un angle plat lorsque les deux demi-droites sont opposées. (figure 30a)

Dans ce cas, il y a aussi deux régions.

Un angle est droit lorsque les deux demi-droites sont contenues dans deux droites perpendiculaires
(figure 30b)

a) b) Figure 30

Un angle est saillant lorsqu’il peut être contenu dans un angle plat. (figure 31a)

Un angle est rentrant lorsqu’il peut contenir un angle plat. (figure 31b)

a) b) Figure 31

Lorsque les deux demi-droites sont superposées, l’angle saillant est appelé angle nul et l’angle
rentrant est appelé angle plein. (figure 32)

Figure 32

Un angle de sommet O et de côtés [OA et [OB est désigné par AOB  ou BOA
 ou Ô. Sauf mention
contraire, cette notation désigne l’angle saillant (figure 33).

B Figure 33

96 Chapitre 2
7.2 Mesures d'angles et rapporteur
L’ouverture entre les deux côtés d’un angle s’appelle amplitude de cet angle.

La mesure de l’amplitude d’un angle dépend de l’angle choisi comme unité. Une unité possible est le
degré.
Ce sont les astronomes babyloniens des derniers siècles avant J-C qui ont décidé de diviser l’angle
plein en 360 parties égales.

1
Un angle de un degré est un angle valant 360 de l’angle plein.

On note les degrés avec le symbole « ◦ » : par exem-


ple, la mesure de l’amplitude d’un angle plat est 90°
180◦ et celle d’un angle droit est 90◦ (figure 34).
180°
360°
Souvent, on parle de l’« amplitude » plutôt que de
« mesure de l’amplitude ».
 peut désigner soit
Dans la suite, la notation ABC Figure 34
un angle, soit son amplitude, soit encore la mesure
de son amplitude. Le contexte permet de distinguer.

On appelle angle aigu un angle dont l’amplitude est strictement comprise entre 0◦ et 90◦ . (fi-
gure 35a)
On appelle angle obtus un angle dont l’amplitude est strictement comprise entre 90◦ et 180◦ .
(figure 35b)

135°

35°
a) b) Figure 35

Le rapporteur est un instrument de mesure d’angle gradué en degrés. Certains rapporteurs ont
la forme d’un disque, d’autres d’un demi-disque ou sont incorporés dans une équerre Aristo (fi-
gure 36).
90
10

80
0

70 908 110 1
11

70
0

00 0 60 30
12

60

50 120 1
0
13

80 90 100 50
0

70 110
60 35 0
14

12 40
0

150 20 0

0
40

50 30
180 160 30

0
14

13
15

25 30
0
40
0

14

20
0
30

15
16

20
170

15
10

160
20

10
17

10
0

5
170
10

7 6 5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 6 7

Figure 36

Il existe d’autres unités d’angles que le degré. Dans certains domaines techniques, on utilise des
grades notés « gr » : en 1803 on a décidé que l’angle droit correspondait à 100 grades.
Plus loin dans le cours de mathématique, on introduit une autre unité d’angles : le radian (Chap.9,
section 4.2.2).

Objets de base de la géométrie plane 97


8 Constructions
8.1 Constructions à la règle et au compas
L’expression « constructions à la règle et au compas » signifie que la construction se fait à l’aide de
ces instruments mais qu’on ne mesure ni longueur de segments, ni amplitude d’angles.
Pendant des siècles, à la suite des mathématiciens grecs (IIIe et IIe siècles avant J.-C.), on a cherché à
répertorier toutes les figures qu’on pouvait construire uniquement à l’aide d’une règle non graduée
et d’un compas, autrement dit sans les instruments de mesure que sont une règle graduée et un
rapporteur.
Cette exigence a permis de faire progresser les connaissances des propriétés des figures. Certaines
constructions semblaient impossibles : partager un angle en trois parties égales ou construire un
cercle dont l’aire est égale à celle d’un carré ( ce qu’on appelle la quadrature du cercle, expression
désignant actuellement une impossibilité).
Les mathématiciens ont fait progresser les théories en cherchant à justifier ces faits.

8.2 Constructions avec des logiciels comme « Cabri-géomètre »


Ce logiciel permet des constructions élaborées de figures géométriques en s’appuyant notamment
sur les propriétés élémentaires répertoriées dans ce chapitre.

98 Chapitre 2
Isométries
Chapitre 3

Figure 1
La figure 1 représente des échantillons de pa-
piers peints. Les parties de dessins dont nous Contrairement à la figure 1, les différentes
disposons suffisent pour imaginer comment se gouttes de la figure 2 ne sont pas superposa-
poursuivent les dessins dans toutes les direc- bles puisqu’elles n’ont pas la même taille.
tions. Dans ce chapitre, nous allons décrire différents
Chacun de ces trois dessins est construit à par- mouvements possibles qui permettent de
tir d’un seul motif, une « goutte », reproduite passer d’une figure à une autre qui lui est su-
dans différentes positions suivant des cons- perposable, les définir en langage mathémati-
tructions précises qui se répètent. On observe que, donner leurs caractéristiques ainsi que le
que, dans les trois cas, la goutte se déplace sans procédé de construction qui permet de dessi-
changer ni de forme, ni de dimension. En effet, ner une nouvelle figure à partir de la première
si on dessine une goutte au hasard sur un cal- sans utiliser le calque.
que, on peut la superposer à n’importe quelle
autre goutte, éventuellement après avoir re-

1.
tourné le calque. On dit que toutes ces gouttes
sont superposables. Translation

2. Symétrie orthogonale

3. Symétrie centrale

Figure 2 4. Rotation

5. Isométries du plan
1 Translation
1.1 Caractérisation
La figure 3 montre deux gouttes. On peut passer
de celle de gauche à celle de droite en la glissant
le long d’une droite sur une certaine distance.
Quand on peut passer de cette façon d’un motif
à un autre, on dit que le second est l’image du
premier par une translation (du latin « trans » qui
signifie « à travers » et « latere », « porter »).
Figure 3
Pour caractériser ce mouvement, il suffit de dispo-
ser d’une « flèche ». Une telle « flèche » ou
segment orienté est entièrement déterminée par A
son origine et son extrémité; on peut la noter à
l’aide d’un couple de points (A, B).
La figure 4 montre un exemple de couple de points B
Figure 4

1.2 Construction de l'image d'un point


Le mouvement de glissement que subit une figure lors d’une translation permet de décrire la con-
struction de l’image P  d’un point P par la translation de couple (A, B) :
• on trace la parallèle à (A, B) passant par le point P (figure 5a);
• on reporte sur cette droite, à partir du point P , la distance |AB| dans le sens de A vers B
(figure 5b);
• on obtient ainsi le point P  .

A A
P P
B B
P'

a) b) Figure 5

1.3 Image d'une figure


Pour dessiner l’image d’une figure par la translation de couple (A, B), on envoie chaque point de la
figure parallèlement à la droite AB , dans le sens de A vers B et sur une distance égale à |AB|.
Pour trouver l’image d’une figure à côtés rectilignes, il suffit de rechercher l’image des points par-
ticuliers de cette figure et de les relier ensuite suivant des segments de droite. La figure 6 montre,
étape par étape, la construction de l’image d’un triangle par la translation de couple (A, B).

100 Chapitre 3
A A A
U B U B U B
U' U'
W W
W
V V W' V W'
V' V' Figure 6

1.4 Translation réciproque


Si une figure est envoyée sur une autre par la transla- A A

tion de couple (A, B) (figure 7a), alors on peut envoyer


l’image sur la figure initiale grâce à la translation de cou-
B B
ple (B, A), appelée translation réciproque (figure 7b).

a) b) Figure 7

1.5 Translation identique


Si le couple de la translation est formé de deux points identiques comme le couple (A, A), alors la translation
envoie tous les points sur eux-mêmes. On parle alors de translation identique.

1.6 Figure invariante par une translation


La figure 8 est un échantillon de frise sur lequel on peut observer qu’un motif est reproduit plusieurs
fois à l’aide d’une même translation. On peut imaginer qu’une telle construction n’a pas de fin, de
même qu’on ne peut pas dire où elle commence. Si on considère la frise comme une figure infinie
dans les deux sens, on peut imaginer que, pour toute translation qui envoie un motif sur n’importe
quel autre, la frise-image coïncide avec la frise de départ. On dit que cette figure est une figure
invariante par chacune de ces translations.

Figure 8

A la figure 9, on peut aussi imaginer que la figure


se prolonge dans toutes les directions; dans ce cas,
la figure est aussi invariante par toute translation
qui envoie un motif sur un autre.

Figure 9

Isométries 101
2 Symétrie orthogonale
2.1 Caractérisation
La figure 10a montre une goutte et une autre goutte retournée.

a) b) Figure 10

Si elles étaient dessinées sur du papier calque, on pourrait plier le papier en deux et ainsi superposer
les deux gouttes. Dessinons ce pli imaginaire qui est la droite d de la figure 10b.
Si on reproduit une des deux gouttes sur du papier-calque, pour passer de l’une à l’autre, on doit
retourner le calque.
Quand on peut passer ainsi d’un motif à un autre, on dit que chaque motif est l’image de l’autre par
une symétrie orthogonale (le mot « symétrie » vient du grec « sun », avec et « metron », mesure).
Une symétrie orthogonale est entièrement déterminée dès qu’on connaît la droite d qui porte le
nom d’axe de la symétrie orthogonale.

2.2 Construction de l'image d'un point


Afin de mieux comprendre la construction de l’image d’une figure par la symétrie orthogonale d’axe
d, on peut relier entre eux quelques points qui se correspondent (figure 11) et faire les observations
suivantes :
• tous les segments ainsi tracés sont perpendiculaires à la droite d (le pli);
• la droite d passe par le milieu de chacun des segments.

Figure 11

Ces observations permettent de décrire les étapes de la construction de l’image P  d’un point P par
la symétrie orthogonale d’axe d :
• on trace la droite a passant par le point P et perpendiculaire à la droite d ; on appelle O le
point d’intersection des droites a et d (figure 12a);
• on mesure la distance |P O| ;
• on reporte la distance |P O| sur la droite a au-delà de O (pour reporter la distance, on peut
utiliser soit une règle graduée, soit un compas) (figure 12b);
• on obtient ainsi le point P  .

102 Chapitre 3
d d
a
P'

P P

a) b) Figure 12

2.3 Image d'une figure


Pour dessiner l’image d’une figure par la symétrie orthogonale d’axe d, on devrait dessiner l’image
de chacun des points de la figure. Souvent, quelques points suffisent pour déterminer entièrement
la figure-image. La figure 13 montre, étape par étape, la construction de l’image d’un polygone de
départ par la symétrie orthogonale d’axe d.

d d A' d A'
B' B'
A D A D A D

B B D' B D'
C' C'

C C C
Figure 13

Observons que les points de la figure qui sont sur l’axe d ne se déplacent pas.

2.4 Réciproque d'une symétrie orthogonale


A la figure 10 reprise à la figure 14, on peut dire, d’une
part, que la goutte G2 est l’image de la goutte G1 par d
la symétrie orthogonale d’axe d ou, d’autre part, que
la goutte G1 est l’image de la goutte G2 par la même G1
symétrie orthogonale d’axe d.
Cela signifie que, si on applique une symétrie orthogo-
G2
nale à une figure F1 pour obtenir une figure F2 et qu’on
Figure 14
applique ensuite la même symétrie orthogonale à la fi-
gure F2 , on obtient la figure F1 .

Une symétrie orthogonale est sa propre réciproque.

Isométries 103
2.5 Figure invariante par une symétrie orthogonale
Il arrive que l’image d’une figure par une symétrie orthogonale donnée soit la figure elle-même. Dans
ce cas, on dit que la figure possède un axe de symétrie. Une telle figure est dite figure invariante
par la symétrie orthogonale d’axe d.
Les découpages les plus fantaisistes d’une feuille
pliée une fois donnent toujours une figure possé-
dant le pli comme axe de symétrie (figure 15a). Et
si on plie la feuille deux fois à angle droit, on ob-
tient, après découpage, une figure possédant deux
axes de symétrie (figure 15b).
a) b) Figure 15
Il y a dans l’architecture beaucoup d’exemples
d’objets possédant un ou plusieurs axes de symétrie (figure 16).

Figure 16

Dans la nature aussi, beaucoup d’objets semblent posséder un ou plusieurs axes de symétrie (fi-
gure 17).

Figure 17

Certaines figures géométriques possèdent un ou plusieurs axes de symétrie. Ainsi, le triangle isocèle
en possède un (figure 18a), le rectangle deux (figure 18b), le triangle équilatéral trois (figure 18c),
le carré quatre (figure 18d), le cercle une infinité (figure 18e).

a) b) c) d) e) Figure 18

La figure 19 montre un échantillon de frise sur lequel on peut observer qu’un motif est reproduit

104 Chapitre 3
successivement à l’aide de symétries orthogonales. Une telle figure, considérée comme infinie dans
les deux sens, est invariante par différentes symétries orthogonales.

Figure 19

Remarquons qu’on trouve aussi de nombreuses translations dans cette figure (si on la prolonge).

2.5.1 Médiatrice d'un segment

A A

B B B
A

Figure 20

Lorsqu’on rabat, par pliage, l’une sur l’autre les deux extrémités d’un segment tracé sur une feuille
transparente (figure 20), on détermine un axe de symétrie de ce segment puisque l’image du seg-
ment est le segment lui-même. L’axe de symétrie ainsi obtenu est perpendiculaire au segment et le
coupe en son milieu.

On appelle médiatrice d’un segment la droite perpendiculaire à ce segment, passant par son milieu.

Cette droite est un axe de symétrie du segment.

Remarquons que la droite déterminée par les extrémités d’un segment est aussi un axe de symétrie
du segment.

Tout segment possède deux axes de symétrie.

2.5.2 Bissectrice d'un angle


Lorsqu’on rabat, par pliage, l’un sur l’autre les deux côtés d’un angle, on détermine l’axe de symétrie
de cet angle (figure 21).

A A
B B B
D
A
C C C
Figure 21
 et DBC
Les angles ABD  sont superposables, ils ont donc même amplitude. Ce fait conduit à la
définition suivante.

On appelle bissectrice d’un angle, la droite qui partage celui-ci en deux angles de même amplitude.

Cette droite est l’axe de symétrie de l’angle.

Isométries 105
3 Symétrie centrale
3.1 Caractérisation

a) b) Figure 22

La figure 22a montre deux gouttes. En reproduisant une goutte sur du papier-calque, on peut
passer d’une goutte à l’autre en effectuant un demi-tour autour d’un point (que l’on peut tenter de
retrouver en fixant le calque avec une pointe de crayon) (figure 22b).

Quand on peut passer ainsi d’un motif à un autre, on dit que les motifs sont images l’un de l’autre
par une symétrie centrale.

Une symétrie centrale est entièrement déterminée dès qu’on connaît le point autour duquel on
tourne. Ce point est appelé centre de la symétrie centrale.

3.2 Construction de l'image d'un point


Afin de mieux comprendre la construction de l’image d’une figure par la symétrie centrale de centre
O, on peut relier entre eux quelques points qui se correspondent (figure 23) et faire les observations
suivantes :

• tous les segments ainsi tracés se coupent au point O (le centre);


• le centre O est le milieu de chacun des segments.

Figure 23

Ces observations permettent de décrire les étapes de la construction de l’image P  d’un point P par
la symétrie centrale de centre O :

• on trace la droite P O (figure 24a);


• on mesure la distance |P O| ;
• on reporte la distance |P O| sur la droite P O au-delà de O (pour reporter la distance, on peut
utiliser soit une règle graduée, soit un compas) (figure 24b);

• on obtient ainsi le point P  .

P P

a) b) Figure 24

106 Chapitre 3
3.3 Image d'une figure
Pour dessiner l’image d’une figure par la symétrie centrale de centre O , on devrait dessiner l’image de
chaque point de la figure. Souvent, quelques points suffisent pour déterminer entièrement l’image.
La figure 25 montre, étape par étape, la construction de l’image d’une figure par la symétrie centrale
de centre O .
CÕ CÕ

BÕ BÕ
A D A D A D

DÕ DÕ
AÕ AÕ
B B B

C C C Figure 25

3.4 Réciproque d'une symétrie centrale


A la figure 22 reprise à la figure 26, on peut dire d’une
O G2
part que la goutte G2 est l’image de la goutte G1 par la
symétrie centrale de centre O ou d’autre part que que G1
la goutte G1 est l’image de la goutte G2 par la même Figure 26
symétrie centrale de centre O .
Cela signifie que, si on applique une symétrie centrale à une figure F1 pour obtenir une figure F2 et qu’on
applique ensuite la même symétrie centrale à la figure F2 , on obtient la figure F1 .

Une symétrie centrale est sa propre réciproque.

3.5 Figure invariante par une symétrie centrale


Lorsque l’image d’une figure par une symétrie centrale se superpose avec la figure elle-même, on dit
que la figure possède un centre de symétrie ou qu’elle est une figure invariante par une symétrie
centrale.
La figure 27 montre quelques exemples de figures invariantes par une symétrie centrale.

Figure 27

Certaines figures géométriques (figure 28) possèdent un centre de symétrie.

Figure 28

Isométries 107
La figure 29 montre un échantillon de frise sur lequel on peut observer qu’un motif est reproduit
successivement à l’aide de symétries centrales. Une telle figure, considérée comme infinie dans les
deux sens, est invariante par chacune des symétries centrales qui envoie un motif sur un autre.

Figure 29

Remarquons qu’on trouve aussi de nombreuses translations dans cette figure.

4 Rotation
4.1 Caractérisation
La figure 30 montre deux gouttes. En reproduisant une goutte sur du papier-calque, on peut passer
de la goutte du haut à celle du bas en la faisant tourner autour du point O , dans le sens des aiguilles
d’une montre appellé sens horloger. (figure 30b)

a) b) Figure 30

Quand on peut passer ainsi d’un motif à une autre en tournant autour d’un point, on dit que le
second est l’image du premier par une rotation.

Pour déterminer exactement le mouvement de rotation, il faut un point autour duquel on tourne,
appelé centre de rotation, l’amplitude d’un angle et un sens de rotation (horloger ou anti-horloger).

Lorsqu’on précise un ordre sur les deux côtés d’un


angle, on a un angle orienté. C
A
L’amplitude d’un angle orienté est munie d’un
signe positif si le sens considéré est le sens anti- + 120¡ Ð 60¡
horloger et d’un signe négatif si le sens est horlo-
ger. B

 d’am-
La figure 31 montre un angle orienté AOB D
Figure 31
 d’ampli-
plitude −60◦ et un angle orienté COD
tude +120◦ .

Une rotation est entièrement déterminée par un centre et un angle orienté.

108 Chapitre 3
4.2 Construction de l'image d'un point
 (ici
Pour dessiner l’image P  d’un point P par la rotation de centre O et d’angle orienté ACB
d’amplitude −120◦ ), on procède de la façon suivante :
• on trace la demi-droite [OP (figure 32a);
• on dessine un cercle ou un arc de cercle de centre O et de rayon |OP | (figure 32a);
• on mesure et on trace un angle orienté d’amplitude 120◦ de sommet O dont le premier côté
est la demi-droite [OP (à l’aide d’un rapporteur) (figure 32b);
• le point P  se situe à l’intersection du cercle et de la demi-droite, deuxième côté de l’angle
(figure 32b).
P P

B
Ð 120¡
C
A

a) b) Figure 32

4.3 Image d'une figure


Pour dessiner l’image d’une figure par une rotation, on recherche l’image de quelques points bien
choisis (figure 33). B
A

A'

C'
B' Figure 33

4.4 Rotation réciproque


 (figure 34a), alors on
Si une figure est envoyée sur une autre par la rotation de centre O et d’angle orienté ACB
 (figure 34b),
peut envoyer l’image sur la figure initiale grâce à la rotation de centre O et d’angle orienté BCA
appelée rotation réciproque.

B B

A A
C C

a) b) Figure 34

4.5 Rotation identique


Lorsque l’amplitude d’une rotation vaut 0◦ ou 360◦ , tout point est envoyé sur lui-même. On parle de rotation
identique.

Isométries 109
4.6 Figure invariante par rotations
Lorsque la figure se superpose avec elle-même après avoir subi une rotation, on dit que cette figure
est une figure invariante par une rotation. La figure 35 montre différents motifs invariants par des
rotations particulières.

Figure 35

Si une figure est invariante par une rotation d’amplitude α, elle l’est aussi par toute rotation dont
l’amplitude est un multiple de α et dont le sens est positif ou négatif.
Si on répète la rotation qui laisse une figure invariante, on ramène la figure dans sa position initiale
après un nombre déterminé d’étapes. Ceci permet de conclure que l’amplitude de cette rotation
doit être un diviseur de 360◦ ou d’un de ses multiples.

5 Isométries du plan
Nous avons observé que les différents mouvements décrits jusqu’ici, translation, symétrie ortho-
gonale, symétrie centrale et rotation envoient une figure sur une figure qui lui est superposable.
Toutes les copies d’une figure, obtenues à l’aide d’un de ces procédés ou une succession de ces
procédés, ont la même forme et les mêmes dimensions que la figure initiale et sont appelées figures
isométriques (du grec « iso » qui signifie « égale » et « metron » qui signifie « mesure »).
La figure 36 montre des triangles isométriques.
C C C
B
A
A

A A
B A
C
B B
C B
a) b) c) d) e) Figure 36

Intéressons-nous à l’orientation de chacun de ces triangles, c’est-à-dire au sens de parcours pour


aller de A vers B puis de B vers C . Les triangles a), b) et e) sont orientés dans le sens horloger et
les triangles c) et d) dans le sens anti-horloger.

Si deux triangles isométriques ont même orientation, on dit qu’ils sont déplacés l’un par rapport
à l’autre.
Si deux triangles isométriques ont des orientations différentes, on dit qu’ils sont retournés l’un
par rapport à l’autre.

Ainsi, à la figure 36, les triangles c) et d) sont retournés par rapport au triangle a) et les triangles b)
et e) sont déplacés par rapport à ce même triangle a). On peut le vérifier aussi en utilisant un calque.

110 Chapitre 3
5.1 Définitions des isométries
Jusqu’ici, nous avons décrit les mouvements comme agissant sur des figures.
Les mathématiciens ont théorisé ces mouvements, d’une part, en ne s’intéressant qu’à la position
initiale et à la position finale des points et non au mouvement subi et, d’autre part, en envisageant
leur effet sur l’ensemble des points du plan.

On parle d’isométrie du plan lorsque tout point du plan est envoyé sur un point du plan, appelé
point-image et que
• tout segment a pour image un segment de même longeur;
• tout angle a pour image un angle de même amplitude.

Les translations, les symétries orthogonales, les symétries centrales et les rotations sont des isomé-
tries.
Voici les définitions mathématiques plus formelles de ces isométries agissant sur tous les points du
plan.

5.1.1 Translation de couple (A, B) A


Un point P  est l’image d’un point P par la trans-
lation de couple (A, B) si
• les segments [P P  ] et [A, B] sont parallèles B
et de même longueur (|P P  | = |AB|);
P
• le sens de P vers P  est le même que celui
de A vers B .

La translation de couple (A, B) est notée tAB . PÕ


Figure 37
L’image d’un point P par la translation tAB se
note P  = tAB (P ).

5.1.2 Symétrie orthogonale d'axe d d


Un point P  est l’image d’un point P par la symé-

trie orthogonale d’axe d si l’axe d est la média-
trice du segment [P P  ].

La symétrie orthogonale d’axe d est notée sd (d en


P
lettre minuscule car il s’agit d’une droite). L’image Figure 38
d’un point P par la symétrie orthogonale sd se
note P  = sd (P ).

5.1.3 Symétrie centrale de centre O


Un point P  est l’image d’un point P par la symétrie centrale de centre O si le point O est le milieu
du segment [P P  ].

La symétrie centrale de centre O est notée sO (O P


en lettre majuscule car il s’agit d’un point).
L’image d’un point P par la symétrie centrale sO PÕ
Figure 39
se note P  = sO (P ).

Isométries 111
5.1.4 Rotation de centre O et d'amplitude α
P

Un point P est l’image d’un point P par la rota-
tion de centre O et d’amplitude d’angle orienté
α si : Ð 120¡
• les segments [OP ] et [OP  ] ont même
longueur (|OP | = |OP  |);
• l’amplitude de l’angle orienté P OP  vaut α.
PÕ Figure 40
La rotation de centre et d’amplitude −120◦ est
notée rO,−120◦ . L’image d’un point P par la rotation rO,−120◦ se note P  = rO,−120◦ (P ).
La symétrie centrale est un cas particulier de rotation : sO = rO,+180◦ = rO,−180◦ .

5.2 Propriétés des isométries


Les isométries font partie d’une catégorie plus large, les transformations du plan, qui agissent sur
l’ensemble des points du plan. On compte parmi les transformations du plan, les agrandissements
et les réductions, les projections parallèles (Chap. 6, section 1).
Ce qui permet de classer les transformations, ce sont les propriétés géométriques qu’elles conservent
et celles qu’elles ne conservent pas.
Les isométries sont des transformations du plan qui « transforment » bien peu de propriétés puis-
que, dans tous les cas, l’image a la même forme et les mêmes dimensions que la figure initiale.
Voici quelques propriétés vraies pour toutes les isométries.

• L’image du milieu d’un segment est le milieu du segment-image.


• L’image de deux droites parallèles entre elles est formée de deux droites parallèles entre
elles.
• L’image de deux droites perpendiculaires entre elles est formée de deux droites perpendi-
culaires entre elles.

Certaines isométries peuvent avoir des propriétés supplémentaires.

• Les translations et les rotations conservent l’orientation d’une figure.


• Les symétries orthogonales changent l’orientation d’une figure.
• Les translations et les symétries centrales envoient une droite sur une droite parallèle.
• Les translations conservent le sens d’une droite et les symétries centrales inversent le sens
d’une droite.

La figure 41 illustre ces deux dernières propriétés.

112 Chapitre 3
A' B'

A B

A''
B'' Figure 41

5.3 Points fixes


Les points fixes d’une transformation du plan sont les points du plan qui sont leur propre image.

Regardons, pour chacune des isométries, si elle possède des points fixes.
Pour une translation non identique, il n’y a pas de point fixe puisque tous les points sont déplacés.
Pour une symétrie orthogonale, les points situés sur l’axe sont envoyés sur eux-mêmes puisqu’ils sont situés à
une distance nulle de l’axe. Il y a donc une droite de points fixes.
Pour une rotation non identique et donc aussi pour une symétrie centrale, le centre est le seul point fixe.
Pour une translation identique, ou une rotation identique tous les points du plan sont fixes.

5.4 Dans un système d'axes


Si on décide de munir le plan d’un système d’axes, on peut regarder comment varient les coordonnées
d’un point lorsqu’il subit une translation, une symétrie orthogonale, une symétrie centrale ou une
rotation.
Ce regard sur les isométries est développé dans le chapitre traitant de la Géométrie des coordonnées
(Chap. 8, section 1.2.4).

Isométries 113
Chapitre
Figures géométriques planes
4
Les figures géométriques comme les
triangles, les quadrilatères et autres
polygones sont l’objet d’étude
depuis la nuit des temps; en effet, ce
sont les modélisations d’objets fami-
liers : maisons, champs, outils,... Il
faut pouvoir les reconnaître à partir
de leurs éléments caractéristiques,
les dessiner en prenant un minimum
de mesures,...
L’objet de ce chapitre est de caracté-
riser les polygones, en particulier les
triangles et les quadrilatères, et en-
suite d’étudier des familles d’angles.

1. Polygones

2. Triangles

3. Quadrilatères

4. Familles d’angles
1 Polygones
1.1 Polygones quelconques
Un polygone est une figure plane délimitée par une ligne fermée constituée de segments.

Chacun de ces segments est un côté du polygone. Le point commun à deux côtés consécutifs est un
sommet. L’angle formé par deux côtés consécutifs du polygone et situé à l’intérieur de celui-ci est un
angle intérieur du polygone. Un polygone admet autant d’angles que de côtés. Le mot « polygone »,
d’origine grecque se décompose en « poly », « nombreux » et « gônia », « angles ». La figure 1 montre
quelques polygones.

A
B

E
C
D
a) b) c) Figure 1

La figure 1a est un polygone à cinq sommets A, B , C , D , et E et cinq côtés [AB], [BC], [CD], [DE]
et [EA].
Les polygones peuvent avoir des allures et des formes très variables. On distingue les polygones
convexes (figures 1a et 1b) et non convexes (figure 1c). Ces derniers ont un angle rentrant.
Il existe des polygones avec autant de côtés qu’on veut. Le nom d’un polygone dépend du nombre
de côtés. Le tableau ci-dessous reprend le nom des différents polygones en fonction du nombre de
côtés.

nombre de côtés nom du polygone


trois triangle
quatre quadrilatère
cinq pentagone
six hexagone
sept heptagone
huit octogone
dix décagone
douze dodécagone
n polygone à n côtés

Une diagonale d’un polygone est un segment qui relie deux sommets non consécutifs.

La figure 2a montre toutes les diagonales d’un polygone issues d’un même sommet et la figure 2b
montre toutes les diagonales de ce polygone.

116 Chapitre 4
a) b) Figure 2

1.2 Polygones réguliers


1.2.1 Définition et propriétés
Un polygone est régulier si tous ses côtés ont même longueur et tous ses angles intérieurs même
amplitude.

La figure 3 montre quelques polygones réguliers. L’amplitude des angles de chaque polygone régulier
est déterminée par son nombre de côtés (section 4.2.3). Tous ces polygones sont convexes.

Figure 3

Sauf pour les triangles, l’égalité des longueurs de côtés n’entraîne pas l’égalité des amplitudes des
angles et réciproquement. Par exemple, un losange a quatre côtés de même longueur et peut avoir
des angles de deux amplitudes différentes (figure 4a). Un rectangle a quatre angles droits et peut
avoir des côtés de deux longueurs différentes (figure 4b). De tous les losanges et de tous les rectan-
gles, seul le carré est un polygone régulier car il est le seul à posséder à la fois des côtés de même
longueur et des angles de même amplitude (figure 4c).

a) b) c) Figure 4

Tous les polygones réguliers admettent des axes de symétrie.

Si le polygone a un nombre impair de côtés, toutes les droites qui passent par un sommet et le
milieu du côté qui lui est opposé sont des axes de symétrie (figure 5a).
Si le polygone a un nombre pair de côtés, il y a deux familles d’axes de symétrie : les droites qui relient
les paires de sommets opposés et les droites qui relient les milieux de côtés opposés (figure 5b).

Figures géométriques planes 117


a) b) Figure 5

L’intersection de tous les axes de symétrie fournit le centre du cercle circonscrit qui passe par tous
les sommets du polygone et qu’on appelle cercle circonscrit. Ce centre est le sommet commun à n
triangles isométriques constitutifs d’un polygone à n côtés (figure 6).

Figure 6

1.2.2 Constructions générales

Il y a plusieurs techniques pour dessiner un polygone régulier à n côtés selon qu’on impose ou non
la longueur de ses côtés.
a) Si on n’impose pas la longueur des côtés, on construit le polygone en s’appuyant sur la décom-
position d’un polygone en n triangles dont le sommet commun est le centre du cercle circonscrit.
• On dessine un cercle quelconque de centre O (figure 7a);
• on divise 360◦ par n pour obtenir l’amplitude α de chacun des angles au centre du poly-
gone;
• on trace n angles d’amplitude α à partir du centre O (figure 7b);
• l’intersection de chacun des côtés des angles avec le cercle donne les n sommets du poly-
gone recherché (figure 7c).

O α

a) b) c) Figure 7

b) Si on impose la longueur des côtés, il faut connaître l’amplitude des angles du polygone (voir
4.2.3) pour pouvoir le dessiner.
• On dessine un côté de longueur imposée;
• avec une des extrémités de ce segment comme sommet, on dessine un angle dont l’ampli-
tude est celle du polygone recherché (figure 8a);
• sur le nouveau côté de l’angle, on reporte la longueur du côté du polygone (figure 8b);

118 Chapitre 4
• à partir de l’extrémité de ce nouveau segment, on recommence l’opération précédente
(figure 8c);
• on procède ainsi autant de fois qu’il y a de côtés au polygone (figure 8c).
1

135¡

a) b) c) Figure 8

2 Triangles
2.1 Définitions et classement
Un triangle est un polygone à trois côtés.

Un triangle est déterminé dès qu’on se donne trois points non alignés. Il suffit de les relier deux à
deux pour former des segments de droite. La figure 9 montre différents triangles.
A

B
C Figure 9

Tous les triangles sont convexes.

Un côté d’un triangle est adjacent à un angle ou un angle est adjacent à un côté si ce côté est aussi
un côté de l’angle.

Par exemple, dans le triangle ABC de la figure 9, les côtés [BA] et [BC] sont adjacents à l’angle
 .
ABC

On dit qu’un côté d’un triangle est opposé à un angle si ce côté n’est pas un des deux côtés de
l’angle.

 .
Par exemple, le côté [AC] est opposé à l’angle ABC

2.1.1 Classement des triangles à partir de conditions sur les côtés


Un triangle peut avoir trois côtés de longueur différente, deux côtés de même longueur ou trois
côtés de même longueur. Ce constat nous conduit aux définitions suivantes.

Triangle scalène

Un triangle est scalène lorsque les longueurs des trois côtés sont différentes.

Les trois triangles de la figure 9 sont scalènes.

Figures géométriques planes 119


Triangle isocèle

Un triangle est isocèle lorsqu’il a au moins deux côtés de même longueur (figure 10).

Le mot « isocèle » est un composé de deux mots grecs : « isos » qui signifie « égal » et « skalos » qui
signifie « jambe ». Le troisième côté du triangle est appelé base du triangle isocèle. L’angle opposé à
la base est appelé angle au sommet du triangle isocèle.

Figure 10

Nous remarquons que, malgré cette condition sur les longueurs des côtés, les triangles isocèles
peuvent avoir des formes très différentes.

Triangle équilatéral

Un triangle est équilatéral lorsqu’il a trois côtés de même longueur (figure 11).

Un triangle équilatéral est un triangle isocèle particulier.

Figure 11

Les triangles équilatéraux semblent avoir tous la même forme et ne varier que par leur taille. Nous
expliquons ce phénomène au chapitre 6 à la section 3.5.

2.1.2 Classement des triangles à partir de conditions sur les angles


Triangle rectangle

Un triangle est rectangle lorsqu’il possède un angle droit (figure 12).

Les deux autres angles sont nécessairement aigus. Cette propriété est justifiée à la section 4.2.1 de
ce chapitre. A B A

B C C Figure 12

Le côté opposé à l’angle droit est appelé hypoténuse du triangle rectangle.


A la figure 12, le côté [AC] est l’hypoténuse de chacun des triangles.

Triangle acutangle

Un triangle est acutangle lorsque tous ses angles sont aigus (figure 13a).

Triangle obtusangle

Un triangle est obtusangle lorsqu’il possède un angle obtus (figure 13b).

120 Chapitre 4
Les deux autres angles d’un triangle obtusangle sont nécessairement aigus. Cette propriété est
justifiée à la section 4.2.1 de ce chapitre.

a) b) Figure 13

2.2 Constructions - déterminations


A chaque triangle, correspondent trois mesures d’angles et trois mesures de longueurs de côtés. Or,
il n’est pas nécessaire de fournir l’ensemble de ces données pour pouvoir dessiner un triangle.
On dit que des données déterminent un triangle si tous les triangles dessinés à l’aide de ces seules
données sont superposables ou isométriques.

2.2.1 Détermination des triangles quelconques

Critère 1

On peut construire un triangle dès qu’on connaît la longueur de deux de ses côtés et l’amplitude
de l’angle compris entre ceux-ci.

a) Procédé de construction
Pour construire un triangle dont deux côtés ont pour longueur 2, 5 et 4 cm et dont l’amplitude de
l’angle compris entre les deux est 50◦ , on procède de la façon suivante (figure 14) :
• on trace un segment [AB] dont la longueur est celle d’un des côtés, par exemple, 4 cm;
• on mesure et on trace un angle de 50◦ à partir du côté [AB] (il y a quatre possibilités suivant
qu’on choisisse A ou B comme sommet et l’orientation de l’angle positive ou négative);
• on reporte la longueur de 2, 5 cm du deuxième côté le long du deuxième côté de l’angle
dessiné pour obtenir le troisième sommet du triangle.
2,
cm

5
cm
2,5

50° 50°
A 4 cm B A 4 cm B

50° 50°

Figure 14

Les quatre triangles ainsi obtenus sont isométriques, ainsi que tous les autres qu’on aurait pu
construire à partir des données fournies.

Un triangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de la longueur de deux
côtés et de l’amplitude de l’angle compris entre ceux-ci.

Figures géométriques planes 121


b) Mesures possibles pour les données

La donnée de n’importe quel angle strictement compris entre 0◦ et 180◦ ainsi que de deux mesures
quelconques pour les deux côtés adjacents permet toujours de construire un triangle.

Critère 2

On peut construire un triangle dès qu’on connaît la longueur d’un de ses côtés et l’amplitude de
ses deux angles adjacents.

a) Procédé de construction
Pour construire un triangle dont un côté mesure 4 cm et dont les amplitudes des angles adjacents
sont respectivement de 30◦ et 45◦ , on procède de la façon suivante (figure 15) :
• on trace un segment [AB] de longueur 4 cm;
• on dessine un angle de 30◦ à partir du côté [AB] (il y a quatre possibilités suivant qu’on
choisisse A ou B comme sommet et l’orientation de l’angle positive ou négative);
• on dessine un angle de 45◦ à partir du côté [AB] ayant l’autre point (B ou A) comme sommet
et du même côté de [AB] ;
• pour chacun des triangles, le troisième sommet se situe à l’intersection des deux demi-droites
formant les angles imposés avec le segment de départ.

30° 45° 45° 30°


A B A B
30° 45° 45° 30°

Figure 15

Les quatre triangles construits à la figure 15 ainsi que tous ceux qui respectent les contraintes
imposées sont isométriques.

Un triangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de la longueur d’un
côté et de l’amplitude des deux angles adjacents.

b) Mesures possibles pour les données


On peut évidemment donner n’importe quelle mesure au côté. Qu’en est-il pour les angles ?
Envisageons quelques cas de figures.
• Si l’amplitude de chacun des deux angles est inférieure à 90◦ , les côtés ont nécessairement
un point commun (figure 16).

Figure 16

122 Chapitre 4
• Si l’amplitude d’un des deux angles est égale à 90◦ , l’amplitude de l’autre angle doit être
strictement inférieure à 90◦ pour que les deux côtés aient un point d’intersection (figure 17).

Figure 17

• Si l’amplitude d’un des deux angles est supérieure à 90◦ , par exemple 100◦ , l’amplitude de
l’autre angle doit être strictement inférieure à 80◦ pour que les deux côtés aient un point
d’intersection (figure 18).

100° 100°
Figure 18

Pour qu’il soit possible de construire un triangle à partir de la donnée de la longueur d’un côté et
de l’amplitude de deux angles, il faut que la somme des deux angles soit strictement inférieure à
180◦ .

Cette propriété est justifiée à la section 4.2.1.

Critère 3

On peut dessiner un triangle dès qu’on connaît les longueurs de ses trois côtés.

a) Procédé de construction
Pour construire un triangle dont on donne les trois longueurs des côtés, par exemple 4 cm, 3 cm et
2, 5 cm, on procède de la façon suivante (figure 19) :
• on trace un segment [AB] dont la longueur est celle d’un des côtés, par exemple 4 cm;
• on trace un arc de cercle de centre A et de rayon 3 cm et un autre de centre B et de rayon
2, 5 cm (figure 19a) ou on trace un arc de cercle de centre B et de rayon 3 cm et un autre
de centre A et de rayon 2, 5 cm (figure 19b);
• Pour chacun des triangles, le troisième sommet se situe à l’intersection des arcs de cercle.
C D

A B A B

C' D’
a) b) Figure 19

Figures géométriques planes 123


Les quatre triangles obtenus à la figure 19 ainsi que tous ceux qui respectent les contraintes im-
posées sont isométriques.

Un triangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée des trois longueurs
de ses côtés.

b) Mesures possibles pour les données

La donnée de trois longueurs prises au hasard ne permet pas toujours de construire un triangle.

Représentons et nommons a, b et c les trois longueurs des côtés d’un triangle et supposons que a
soit la plus grande longueur. Si on démarre la construction en partant d’un segment de longueur
a, trois cas peuvent se présenter (figure 20) :

La somme des longueurs b et c La somme des longueurs b et c La somme des longueurs b et c


des deux autres segments est des deux autres segments est des deux autres segments est
supérieure à a. inférieure à a. égale à a.
a a a
b b b
c c c

b c b
c
a a b c

b c

Figure 20

Les deux cercles ont deux Les deux cercles n’ont pas de Les deux cercles ont un point
points d’intersection qui point d’intersection. d’intersection qui se situe sur le
déterminent ainsi deux segment.
triangles superposables.

Pour qu’il soit possible de construire un triangle à partir de la donnée de trois longueurs, il faut
que la somme des deux plus petites soit strictement supérieure à la plus grande.

Cette condition correspond à l’inégalité triangulaire développée au chapitre 2, section 4.2.

2.2.2 Un exemple de conditions non suffisantes pour déterminer un triangle

A la section 2.2.1, nous avons pu constater que trois données peuvent suffire pour déterminer un
triangle. Dans cette section, nous allons montrer un exemple de trois données qui ne déterminent
pas un triangle.

Par exemple, pour construire un triangle dont deux côtés mesurent 4 et 3, 5 cm et dont l’angle
opposé au côté de 3, 5 cm mesure 50◦ , on procède de la façon suivante (figure 21) :

124 Chapitre 4
• on dessine un segment [AB] de 4 cm A 4 cm B
(figure 21); 50°
• on mesure et on trace un angle de 50◦ à
D 3,5 cm
partir du côté [AB] ayant le point A ou B
comme sommet;
• on trace un arc de cercle de 3, 5 cm de
rayon ayant l’autre point comme centre.
Celui-ci coupe la demi-droite en deux points
C et D déterminant ainsi deux triangles
C Figure 21
ABC et ABD non isométriques.

On ne peut donc pas dire qu’un triangle soit entièrement déterminé par la donnée de deux longueurs
et d’un angle non compris entre les deux côtés.

2.2.3 Détermination des triangles rectangles


Si un triangle est rectangle, on sait déjà qu’il a un angle droit.

• Un triangle rectangle est entièrement déterminé si on connaît les mesures des deux côtés de
l’angle droit. C’est une application immédiate du critère 1.

• Un triangle rectangle est entièrement déterminé si on connaît la mesure d’un des côtés de
l’angle droit ainsi que l’amplitude de l’angle aigu adjacent à ce côté. C’est une application
immédiate du critère 2.

A ces deux critères, viennent s’en ajouter deux autres qui sont spécifiques aux triangles rectangles.

Critère 4

On peut construire un triangle rectangle dès qu’on connaît son hypoténuse ainsi qu’un côté de
l’angle droit.

a) Procédé de construction

Construisons, par exemple, un triangle dont l’hypoténuse mesure 5 cm et un côté de l’angle droit
mesure 2 cm. On commence par tracer l’angle droit de sommet A (figure 22a). Sur un des deux
côtés, on mesure 2 cm à partir du sommet A et on situe le point B (figure 22b). Avec le point B
comme centre, on trace un arc de cercle de 5 cm afin de situer le point C .

B B
2 cm 5 cm

A A A C
a) b) c) Figure 22

Un triangle rectangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de son
hypoténuse et d’un côté de l’angle droit.

Figures géométriques planes 125


b) Mesures possibles pour les données

La donnée de n’importe quelles mesures pour l’hypothénuse et pour le côté de l’angle droit per-
met de construire un triangle rectangle, à condition que la plus grande des deux sort celle de
l’hypothénuse.

Critère 5

On peut construire un triangle rectangle dès qu’on connaît son hypoténuse ainsi que l’amplitude
d’un des deux angles aigus.

a) Procédé de construction
Construisons, par exemple, le triangle dont l’hypoténuse mesure 5 cm et dont un des angles aigus
mesure 30◦ . On commence par tracer l’hypoténuse [AB ] de 5 cm et l’angle aigu de 30◦ qui lui est
adjacent (avec B pour sommet) (figure 23a). On abaisse ensuite la perpendiculaire issue de A sur
l’autre côté du triangle et on obtient le sommet C (figure 23b).

A 30¡ B A B
5 cm
a) b) Figure 23

Un triangle rectangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de son
hypoténuse et de l’amplitude d’un des deux angles aigus.

b) Mesures possibles pour les données

La donnée de n’importe quel angle aigu ainsi qu’une mesure quelconque pour l’hypothénuse per-
met de construire un triangle rectangle.

2.2.4 Critères d'isométrie des triangles


Les critères de détermination des triangles permettent aussi de repérer des triangles isométriques.
Considérons, par exemple, le premier critère « un triangle est entièrement déterminé par la donnée
de ses trois longueurs ». Cela signifie que tous les triangles dont les longueurs des trois côtés sont
égales aux trois longueurs données sont isométriques entre eux.
On peut en conclure que si on compare deux à deux les longueurs de deux triangles et qu’elles sont
égales, ces deux triangles sont isométriques.
C’est pourquoi, on peut réexprimer les critères de détermination sous forme de critères d’isométrie
des triangles.
Critère 1

Deux triangles sont isométriques dès qu’ils possèdent l’un et l’autre un angle de même amplitude
compris entre deux côtés de même longueur deux à deux.

126 Chapitre 4
Critère 2

Deux triangles sont isométriques dès qu’ils possèdent l’un et l’autre un côté de même longueur
adjacent à deux angles de même amplitude deux à deux.

Critère 3

Deux triangles sont isométriques dès qu’ils possèdent trois côtés de même longueur deux à deux.

Ces trois premiers critères sont valables pour tous les triangles.
A ceux-ci, viennent s’ajouter deux autres, spécifiques aux triangles rectangles.
Critère 4

Deux triangles rectangles sont isométriques dès qu’ils ont leur hypoténuse de même longueur ainsi
qu’un des côtés de l’angle droit.

Critère 5

Deux triangles rectangles sont isométriques dès qu’ils ont leur hypoténuse de même longueur et
un angle aigu de même amplitude.

L’utilité de ces critères est la suivante : à partir de la reconnaissance de certaines égalités de longueur
de côtés et d’amplitude d’angles, on peut déduire les égalités de tous les éléments correspondants.
Ces critères sont souvent utilisés dans des démonstrations de géométrie (par exemple, les démons-
trations des propriétés de la médiatrice (section 2.3.1) et de la bissectrice (section 2.3.2)).

2.3 Droites remarquables


2.3.1 Médiatrices d'un triangle et cercle circonscrit

Une médiatrice d’un triangle est une droite perpendiculaire à un côté, passant par son milieu,
c’est-à-dire médiatrice de ce côté. Un triangle a ainsi trois médiatrices.

La figure 24 montre deux situations différentes. A la figure 24a, les trois médiatrices semblent se
couper en un point. Est-ce un hasard ou le résultat serait-il vrai pour tous les triangles ?

a) b) Figure 24

Pour répondre à cette question, on s’appuie sur les deux propriétés suivantes de la médiatrice d’un
segment.

Figures géométriques planes 127


Deux propriétés de la médiatrice d’un segment

a) Tout point appartenant à la médiatrice d’un segment [AB] (figure 25a) est équidistant des
points A et B (figure 25b).

P P

A B A B

a) b) Figure 25

b) Tout point équidistant des points A et B (figure 26a) appartient à la médiatrice du segment
[AB] (figure 26b).

P P

A B A B

a) b) Figure 26

Les propriétés a) et b) peuvent se résumer en une seule.

La médiatrice d’un segment est l’ensemble de tous les points équidistants de ses extrémités.

On dit aussi que la médiatrice d’un segment est le lieu des points équidistants des extrémités de ce
segment.
En mathématique, on appelle lieu des points satisfaisant une condition, l’ensemble des points qui
satisfont cette condition. Ici, la condition est « être équidistant de deux points fixés ».
On peut reconnaître si une droite est la médiatrice d’un segment en vérifiant, soit si elle est « droite
perpendiculaire passant par le milieu », soit si elle est « lieu des points équidistants de deux points
fixes ».
Il en va de même pour construire une médiatrice : on peut utiliser la définition ou la caractérisation.

Construction de la médiatrice d’un segment à la règle et au compas


On peut dessiner la médiatrice du segment [AB], à la règle et au compas, de la façon suivante
(figure 27a) :
• on trace un arc de cercle de centre A et de rayon r, plus grand que la moitié de |AB| ;
• on trace un arc de cercle de centre B et de rayon r ;
• on situe les deux points D et E d’intersection entre les deux arcs de cercle;
• la droite DE est la médiatrice du segment [AB].
En effet, les points D et E appartiennent à la médiatrice puisqu’ils sont à même distance des points
A et B (figure 27b).

128 Chapitre 4
D D

A B A B

E E

a) b) Figure 27

Démonstration de la propriété a)
Soit m la médiatrice du segment [AB], M le point milieu du segment [AB] et P un point situé sur
la médiatrice du segment [AB] (figure 28a).
Il faut démontrer que |AP | = |P B| (figure 28b).

m m
P P

A M B A M B

a) b) Figure 28
Considérons les deux triangles AM P et BM P . Ils ont tous deux un angle droit bordé de deux côtés
de même longueur deux à deux. En effet, |AM | = |M B| et [M P ] est un côté commun (figure 28a).
Les deux triangles AM P et BM P satisfont au critère 1 d’isométrie (deux triangles sont isométriques
s’ils ont un angle de même amplitude bordé de deux cotés de même longueur deux à deux, (section
2.2.4)). Ils sont donc isométriques.
Ce qui permet de conclure que |AP | = |P B| (figure 28b).

Démonstration de la propriété b)
Soit P un point situé à égale distance de A et de B . On a donc |AP | = |P B|.
Il faut démontrer que P est situé sur la médiatrice du segment [AB] autrement dit que, si le point M
est le point milieu du segment [AB], la droite M P est perpendiculaire au segment [AB] (figure 29b).

P P

A B A B
M

a) b) Figure 29

Figures géométriques planes 129


Considérons les deux triangles AM P et BM P . Ils ont trois côtés de même longueur deux à deux.
En effet, |AM | = |M B|, |AP | = |P B| et [M P ] est un côté commun (figure 29b).
Les deux triangles AM P et BM P répondent ainsi au critère 3 d’isométrie (deux triangles sont
isométriques s’ils ont trois côtés de même longueur deux à deux (section 2.2.4)). Ils sont donc
isométriques.
Ceci permet de conclure que les angles AM P et BM P ont même amplitude.
Or, la somme de l’amplitude de ces deux angles vaut 180◦ . Chacun des angles a donc une amplitude
de 90◦ .
La droite M P est bien perpendiculaire au segment [AB] ; de plus, elle passe par le milieu M ; elle est
donc la médiatrice du segment [AB] (figure 29b).
Cette propriété va nous permettre de démontrer la propriété suivante.
Intersection des médiatrices d’un triangle

Les médiatrices d’un triangle se coupent en un même point

Considérons un triangle ABC , la droite a, médiatrice du côté [BC] et la droite b, médiatrice du côté
[AC] (figure 30a). Ces deux droites se coupent en un point O.
Il faut prouver que la droite c, médiatrice du côté [AB] passe par le point O (figure 30b).

A A
b b

O O

B C B C
a a
a) b) Figure 30
Nous savons que la droite a, médiatrice du côté [BC], est le lieu des points équidistants de B et de
C et la droite b, médiatrice du côté [AC], est le lieu des points équidistants de A et de C .
Le point O , commun aux deux droites a et b, est équidistant de A et de B . Il appartient donc à la
médiatrice du côté [AB] (figure 30b).
Les trois médiatrices d’un triangle se coupent donc en même point. Celui-ci se situe à l’intérieur
d’un triangle acutangle (figure 31a), à l’extérieur d’un triangle obtusangle (figure 31b) et sur l’hy-
poténuse d’un triangle rectangle (figure 31c).

O
O

a) b) c) Figure 31

130 Chapitre 4
Cercle circonscrit à un triangle

On peut construire un cercle passant par les trois sommets d’un triangle.

En effet, le point O , intersection des trois médiatrices, est équidistant des trois sommets du triangle.
On peut donc construire un cercle de centre O passant par les trois sommets. Un tel cercle porte le
nom de cercle circonscrit au triangle (figure 32). L’intersection des trois médiatrices est le centre
du cercle circonscrit.

O O O

a) b) c) Figure 32

On peut aussi formuler cette propriété de la façon suivante.

Par trois points non alignés passe un et un seul cercle.

2.3.2 Bissectrices d'un triangle et cercle inscrit

Une bissectrice d’un triangle est une droite qui partage un de ses angles en deux angles de même
amplitude, c’est-à-dire la bissectrice1 de cet angle. Un triangle a trois bissectrices.

La figure 33 représente les trois bissectrices d’un triangle. Tout comme pour les médiatrices, il
semble que ces trois droites se coupent en un même point. Est-ce le cas pour n’importe quel triangle ?

Figure 33

Pour répondre à cette question, on s’appuie sur les deux propriétés suivantes de la bissectrice d’un
angle.

1 En réalité, la partie qui nous intéresse est la demi-droite issue du sommet et traversant le triangle. Désormais, nous ne dessinerons que cette
demi-droite.

Figures géométriques planes 131


Deux propriétés de la bissectrice d’un angle

 (figure 34a) est équidistant des deux


a) Tout point appartenant à la bissectrice d’un angle ABC
côtés de l’angle [BA et [BC (figure 34b).
C C

B P B P

A A

a) b) Figure 34

b) Tout point équidistant des deux côtés [BA et [BC (figure 35a) appartient à la bissectrice de
 (figure 35b). C C
l’angle ABC

B B
P P

A A

a) b) Figure 35

Les propriétés a) et b) peuvent se résumer en une seule.

La bissectrice d’un angle est le lieu des points équidistants de ses deux côtés.

Avant de démontrer ces deux propriétés, nous donnons la méthode de construction d’une bissec-
trice.

Construction de la bissectrice d’un angle à la règle et au compas


 , à la règle et au compas, de la façon suivante (fi-
On peut dessiner la bissectrice d’un angle ABC
gure 36a) :
• on trace un arc de cercle de centre B et de rayon r quelconque de part et d’autre des deux
côtés de l’angle;
• on situe les points D et E d’intersection de l’arc de cercle avec les deux côtés de l’angle;
• on trace un arc de cercle de centre D et de rayon r et un autre arc de cercle de centre E et
de rayon r ;
• on situe le point P d’intersection des deux arcs.
 . En effet, par construction les points B et P sont équi-
La droite BP est la bissectrice de l’angle ABC
distants des points D et E ; la droite BP est donc la médiatrice du segment [DE] et donc aussi son
 et EBP
axe de symétrie. On peut en conclure que les angles DBP  ont même amplitude (figure 36b).

A
D D
B B
P P

E E
C
a) b) Figure 36

132 Chapitre 4
Démonstration de la propriété a)
 et P un point situé sur cette bissectrice (figure 37a).
Soit la bissectrice de l’angle ABC
Il faut montrer que la distance du point P à la droite BA est égale à distance du point P à la droite
BC (figure 37b). C C

B P B P

A A
Q

a) b) Figure 37
Comme la distance d’un point à une droite se mesure le long de la perpendiculaire à la droite passant
par le point, abaissons de P la perpendiculaire à la droite BA. Son point d’intersection avec la droite
BA est le point Q. Abaissons de P la perpendiculaire à la droite BC . Son point d’intersection avec
la droite BC est le point R (figure 37b).
Les deux triangles BQP et BRP sont deux triangles rectangles dont l’hypoténuse est commune et
ayant un angle aigu de même amplitude (QBP  = RBP  , par définition de la bissectrice).
Ils répondent au critère 5 de détermination des triangles (un triangle rectangle est entièrement
déterminé si on connaît son hypoténuse et l’amplitude d’un de ses angles aigus, (section 2.2.4)). Ils
sont donc isométriques.
On en conclut que |P Q| = |P R|. Le point P est donc bien équidistant des deux demi-droites déter-
minant l’angle (figure 37b).
Démonstration de la propriété b)
Soit P un point situé à égale distance des deux demi-droites [BA et [BC . On a donc |P Q| = |P R|
(figure 38a).
Il faut démontrer que P est situé sur la bissectrice du segment [AB], autrement dit que les angles
 et RBP
QBP  ont même amplitude (figure 38b).
C
Q C

B B
P P

A A

a) b) Figure 38
Par construction, les deux triangles P QB et P RB sont des triangles rectangles dont un des côtés
de l’angle droit et l’hypoténuse ont respectivement même longueur.
Ils répondent donc au critère 4 des triangles isométriques (deux triangles rectangles sont isomé-
triques lorsqu’ils ont leur hypoténuse de même longueur ainsi qu’un côté de l’angle droit, (section
2.2.4)). Ils sont donc isométriques.
 et RBP
On en conclut que les angles QBP  ont même amplitude. La droite BP est la bissectrice de

l’angle ABC (figure 38b).
Cette propriété va permettre de démontrer la propriété suivante.
Intersection des bissectrices d’un triangle

Les bissectrices d’un triangle se coupent en un même point.

 et la bissectrice b de l’angle ABC


Considérons un triangle ABC , la bissectrice a de l’angle BAC 

Figures géométriques planes 133


(figure 39a). Ces deux droites se coupent en un point O .
 passe par le point O (figure 39b).
Il faut prouver que la droite c, bissectrice de l’angle BCA
A A

b
b
O
O
a
B a
B
C C
a) b) Figure 39
Nous savons que tous les points de la droite a, bissectrice de l’angle BAC  , sont équidistants des
 , sont équidistants
côtés [AB] et [AC] et que tous les points de la droite b, bissectrice de l’angle ABC
des côtés [BA] et [BC].
Le point O commun aux deux droites a et b est équidistant des côtés [AC] et [BC]. Il appartient
 .
donc à la bissectrice de l’angle BCA
Les trois bissectrices d’un triangle quelconque se coupent donc en un même point. On voit qu’il se
situe à l’intérieur du triangle (figure 39b).

Cercle inscrit à un triangle

Le point O , intersection des trois bissectrices d’un triangle, est équidistant des trois côtés [AB],
[AC] et [BC]. On peut donc construire un cercle de centre O (figure 40) et passant par un point de
chacun des côtés.

Sur chacun des côtés, le point de contact avec le A


cercle est le plus proche du centre O . Il s’agit du I
pied de la perpendiculaire menée de O à ce côté
(figure 40).
B
Un tel cercle porte le nom de cercle inscrit au tri-
angle. Le point est le centre du cercle inscrit. Cha- O
cun des côtés est tangent au cercle.

Pour construire ce cercle, il suffit d’abaisser du


point O la perpendiculaire à un des côtés du trian-
gle, par exemple [AB], jusqu’au point I , pied de la C
Figure 40
perpendiculaire. On trace le cercle inscrit de cen-
tre O et de rayon [OI].

Cette propriété s’exprime sous la forme suivante.

On peut construire un cercle tangent à chacun des côtés d’un triangle.

2.3.3 Médianes d'un triangle et centre de gravité

Une médiane d’un triangle est un segment de droite reliant le milieu d’un côté au sommet qui lui
est opposé. Un triangle a donc trois médianes.

134 Chapitre 4
La figure 41 montre un triangle et ses trois mé- B
dianes.

Tout comme pour les trois médiatrices et les trois


bissectrices, on a bien l’impression que les trois
médianes se coupent en un même point. A

C’est une propriété importante des triangles qui C Figure 41


n’est pas démontrée dans le cadre de ce livre. Tou-
tefois, nous en donnons une explication inspirée de la physique car le point d’intersection des mé-
dianes d’un triangle coïncide avec son centre de gravité.

En effet, si on considère le triangle comme composé de fines baguettes parallèles à un des côtés
(figure 42a), on peut imaginer que cet objet est en équilibre s’il repose sur une latte passant par
les milieux de chacune des baguettes, c’est-à-dire la médiane issue du sommet opposé.

a) b) c) Figure 42

Par ailleurs, il n’y a aucune raison de décomposer ce triangle en baguettes parallèles à un côté plutôt
qu’un autre. On peut refaire le même raisonnement en le découpant en baguettes parallèles à un
autre côté. Le triangle est alors en équilibre s’il repose le long de la médiane relative à ce côté-ci
(figure 42b).
Ce double raisonnement permet de pressentir que le point d’intersection entre les trois médianes
est le point d’équilibre d’une plaque triangulaire homogène (figure 42c).

2.3.4 Hauteurs d'un triangle et orthocentre


Une hauteur d’un triangle est une droite passant par un sommet et perpendiculaire au côté opposé
ou à son prolongement. Un triangle a donc trois hauteurs.

La figure 43 montre le cas de trois triangles avec leurs trois hauteurs. Nous observons à la figure 43b
que nous avons dû prolonger deux des côtés pour tracer leur hauteur relative. Ce sera toujours le
cas pour les triangles obtusangles.

a) b) c) Figure 43

La figure 43 suggère un résultat semblable aux précédents, à savoir que les hauteurs d’un triangle
se coupent en un même point. Vérifions-le.

Figures géométriques planes 135


La figure 44a montre un triangle ABC et ses trois hauteurs. La figure 44b reprend la figure 44a
sur laquelle on a tracé une droite a passant par le point A et parallèle à la droite BC , une droite b
passant par le point B et parallèle à la droite AC et une droite c passant par le point C et parallèle
à la droite AB .
Nommons A1 , le point d’intersection des droites b et c ; B1 , le point d’intersection des droites a et c
et C1 , le point d’intersection des droites a et b. C1

B B
A A
A1
a H b
C C
B1

a) b) Figure 44

Montrons que la hauteur AH du triangle ABC est en fait une médiatrice du triangle A1 B1 C1 .
Le point A est le milieu du segment [B1 C1 ]. En effet, par construction, la droite b est parallèle à
AC et la droite a est parallèle à BC . Le quadrilatère ACBC1 est formée de deux paires de côtés
parallèles. C’est un parallélogramme, par définition (section 3.2.2). Ses côtés [C1 A] et [BC] ont
même longueur. De même, le quadrilatère ABCB1 est un parallélogramme et donc |AB1 | = |BC|.
On en conclut que |C1 A| = |AB1 | et que A est milieu de [B1 C1 ].
La droite AH est perpendiculaire à la droite B1 C1 . En effet, par construction, la droite AH est
perpendiculaire à la droite BC et la droite B1 C1 est parallèle à la droite BC .
On peut faire un raisonnement analogue pour les deux autres hauteurs.
Les trois hauteurs du triangle ABC sont donc les trois médiatrices du triangle A1 B1 C1 . Or, nous
savons que les médiatrices d’un triangle se coupent en un même point (section 2.3.1). On en conclut
la propriété suivante.

Les hauteurs d’un triangle se coupent en un même point.

Le point d’intersection des hauteurs d’un triangle s’appelle l’orthocentre de ce triangle. Ce point
se situe à l’intérieur du triangle si le triangle est acutangle (figure 45a), à l’extérieur du triangle
si celui-ci est obtusangle (figure 45b) et coïncide avec le sommet de l’angle droit si le triangle est
rectangle (figure 45c).

a) b) c) Figure 45

136 Chapitre 4
Le mot « hauteur » est aussi utilisé dans le sens de « mesure de la distance entre un sommet et
le côté opposé » (figure 46). C’est le contexte qui permet de différencier les deux interprétations.
Généralement, dans le cadre de calcul d’aire, il s’agit de la mesure.
B

2,2 cm
A
C
Figure 46

2.3.5 Droites particulières d'un triangle isocèle

Si le triangle est quelconque, les quatre familles A


de droites (médiatrices, bissectrices, médianes et
hauteurs) que nous venons de décrire ne se super-
posent pas et les quatre points particuliers sont
des points distincts.

Toutefois, si le triangle est isocèle, certaines droi-


tes particulières sont confondues. Dans le triangle B C
de la figure 47, on a dessiné la médiatrice relative Figure 47
à la base [BC].

Cette droite passe par le milieu de la base [BC] et lui est perpendiculaire. C’est le lieu géométrique
des points équidistants des sommets B et C (section 2.3.1). Comme le triangle ABC est isocèle,
|AB| = |AC| et le sommet A du triangle appartient donc à la médiatrice de la base [BC]. Par
conséquent, la médiatrice de la base d’un triangle isocèle est aussi un axe de symétrie du triangle
ABC .
On en déduit les propriétés suivantes d’un triangle isocèle.

Dans un triangle isocèle, les deux angles à la base ont même amplitude.

En effet, ces deux angles sont images l’un de l’autre par une symétrie orthogonale.

Dans un triangle isocèle, la médiatrice de la base est aussi la bissectrice de l’angle au sommet.

En effet, la médiatrice relative à la base divise cet angle en deux angles de même amplitude puisqu’elle
est un axe de symétrie (figure 48a).

Dans un triangle isocèle, la médiatrice de la base est aussi la hauteur relative au sommet.

En effet, c’est la droite passant par A et perpendiculaire au côté opposé (figure 48b).

Dans un triangle isocèle, la médiatrice de la base est aussi la médiane relative à ce côté.

En effet, elle relie le sommet A au milieu du côté [BC] (figure 48c).

Figures géométriques planes 137


A A A

B C B C B C
a) b) c) Figure 48

2.3.6 Droites particulières d'un triangle équilatéral


Un triangle équilatéral ayant trois côtés de même longueur, chacun de ces côtés peut être considéré
comme la base d’un triangle isocèle.
On en déduit les propriétés suivantes d’un triangle équilatéral.

Dans un triangle équilatéral, toutes les droites remarquables relatives à cette base se superposent
(figure 49).
Dans un triangle équilatéral, les trois angles ont même amplitude.

Figure 49

3 Quadrilatères
3.1 Définitions
Un quadrilatère est un polygone à quatre côtés.

On peut déterminer un quadrilatère en reliant par des segments consécutifs quatre points parmi
lesquels il n’y a pas trois points alignés. La figure 50 montre différents quadrilatères.

B
A
C
D
a) b) c) d) Figure 50

Les quadrilatères peuvent avoir des allures et des formes très variées.
Les quadrilatères des figures 50a et 50d sont convexes.

138 Chapitre 4
Le quadrilatère de la figure 50c est non convexe ;
Les côtés du quadrilatère de la figure 50b se coupent : c’est un quadrilatère croisé.2

Deux côtés d’un quadrilatère convexes sont opposés lorsqu’ils sont non consécutifs.
Deux côtés d’un quadrilatère sont adjacents lorsqu’ils sont consécutifs.
Deux angles d’un quadrilatère convexe sont opposés lorsque leurs sommets ne sont pas les extré-
mités d’un même côté.

Tout comme pour les triangles, on peut identifier certaines droites remarquables dans un quadri-
latère.

Une diagonale d’un quadrilatère convexe est un segment de droite qui relie deux sommets opposés.

Comme tout quadrilatère a deux paires de sommets opposés, il a deux diagonales. La figure 51
montre différents quadrilatères et leurs diagonales.

Figure 51

Une médiane d’un quadrilatère convexe est un segment de droite qui relie les milieux de deux côtés
opposés.

Comme tout quadrilatère a deux paires de côtés opposés, il a deux médianes. La figure 52 montre
différents quadrilatères et leurs médianes.

Figure 52

Dans ce qui suit, nous allons définir les différentes familles de quadrilatères convexes et établir leurs
propriétés ainsi que celles de leurs diagonales et de leurs médianes.

3.2 Classement et propriétés


3.2.1 Trapèze
Un trapèze est un quadrilatère dont au moins deux côtés opposés sont parallèles (figure 53).

a) b) c) d) e)
Figure 53

2 Dans la suite, sauf exception, nous traitons seulement des quadrilatères convexes.

Figures géométriques planes 139


Un trapèze qui possède deux angles droits est appelé trapèze rectangle (figure 53b).

Un trapèze dont les deux côtés non parallèles sont de même longueur est appelé trapèze isocèle
(figure 53c).

3.2.2 Parallélogramme
Un parallélogramme est un quadrilatère dont les côtés opposés sont parallèles. Il a donc deux
paires de côtés parallèles.

Ainsi on peut obtenir un parallélogramme en superposant deux bandes de papier transparent à


bords parallèles (figure 54a). La figure 54b montre différents parallélogrammes.

a) b) Figure 54

Étant donné qu’il possède au moins une paire de côtés parallèles, on en déduit la propriété suivante.

Un parallélogramme est aussi un trapèze.

En plus du parallélisme de ses côtés opposés, un parallélogramme possède d’autres propriétés. On


peut les énoncer et les justifier à partir de la construction suivante.

Parallélogramme et triangles isométriques

Lorsqu’on accole deux triangles isométriques ABD et CDB de telle sorte qu’ils soient images l’un de
l’autre par la symétrie centrale de centre O , milieu du segment [DB], on obtient un parallélogramme
(figure 55).

En effet, les propriétés de la symétrie centrale A B


(Chap. 3, section 5.2) permettent d’affirmer que O
les côtés [AB] et [CD] images l’un de l’autre par
une symétrie centrale sont parallèles entre eux, D C Figure 55
de même que les côtés [AD] et [CB].

On admet, par ailleurs, que tout parallélogramme peut se décomposer en deux triangles isométri-
ques, images l’un de l’autre par une symétrie centrale.

Propriétés d’un parallélogramme A B


O
Cette décomposition d’un parallélogramme en
deux triangles et isométriques conduit aux pro-
priétés suivantes qu’on observe aisément à partir D C Figure 56
du codage de la figure 56.

140 Chapitre 4
Un parallélogramme admet un centre de symétrie.
Les côtés opposés d’un parallélogramme ont même longueur.
Les angles opposés d’un parallélogramme ont même amplitude.

Diagonales d’un parallélogramme


Observons le parallélogramme décomposé à l’aide de deux triangles isométriques ABD et CDB
(figure 57a). Les segments [DB] et [AC] sont deux diagonales.
A B A B
O

D C D C
a) b) Figure 57

Par construction, le point O , milieu du segment [DB], est le centre de symétrie du parallélogramme.
La symétrie centrale échange le sommet A et le sommet C . Le point O est donc aussi milieu du
segment [AC] (figure 57b). On conclut par la propriété suivante.

Les diagonales d’un parallélogramme se coupent en leur milieu.

On a même la propriété réciproque.

Deux segments qui se coupent en leur milieu déterminent les diagonales d’un parallélogramme.

La figure 58 illustre cette propriété.

Figure 58

La démonstration de cette propriété se base sur les cas d’isométries des triangles et les propriétés
des angles alternes-internes. Nous ne la détaillons pas ici.

Médianes d’un parallélogramme


A M B A M B

O
Q N Q N

D P C D P C
a) b) Figure 59

Considérons les points M , N , P et Q respectivement milieux des côtés [AB], [BC], [CD] et [DA]
(figure 59a). Comme la symétrie centrale respecte les milieux, on peut dire que les points P et M
sont images l’un de l’autre, de même que le point Q et N . Le point O , centre de symétrie est bien le
milieu des segments [M P ] et [N Q] (figure 59b). On conclut par la propriété suivante.

Les médianes d’un parallélogramme se coupent en leur milieu.

Figures géométriques planes 141


L’intersection des diagonales est le centre de symétrie du parallélogramme. Il en va de même pour
l’intersection des médianes. On peut également conclure la propriété suivante.

Le point d’intersection des diagonales est aussi le point d’intersection des médianes.

Le réciproque du théorème de Thalès (Chap. 6, section 2.5) permet de justifier la propriété suivante.

Les médianes d’un parallélogramme sont parallèles à ses côtés.

3.2.3 Rectangle
Un rectangle est un quadrilatère qui a quatre angles droits.

La figure 60 montre quelques rectangles.

Figure 60

Rectangles et triangles isométriques


On obtient un rectangle lorsqu’on associe deux triangles rectangles isométriques par une symétrie
centrale (figure 61).
A B
O

D
Figure 61

Réciproquement, on peut décomposer tout rectangle en deux triangles rectangles isométriques.


Propriétés d’un rectangle

Un rectangle est un parallélogramme.


Un rectangle possède toutes les propriétés du parallélogramme.

Diagonales d’un rectangle


Comme un rectangle est un parallélogramme, il hérite aussi des propriétés des diagonales d’un
parallélogramme.
Observons le rectangle de la figure 62a et ses deux diagonales pour en déduire une autre propriété
importante des diagonales du rectangle.

A B A B

D C D C
a) b) Figure 62

142 Chapitre 4
Les triangles BAD et ABC sont isométriques. En effet, il s’agit de deux triangles rectangles dont
les côtés de l’angle droit ont même longueur deux à deux (critère 1 de la section 2.2.4). On peut
en déduire que les hypoténuses respectives des triangles, à savoir les diagonales du rectangle, ont
même longueur. On en conclut la propriété suivante. (figure 62b)

Les diagonales d’un rectangle ont même longueur et se coupent en leur milieu.

On a même la propriété réciproque.

Deux segments de même longueur qui se coupent en leur milieu déterminent les diagonales d’un
rectangle.

La figure 63 illustre cette propriété.

Figure 63

La démonstration de cette propriété se base sur la connaissance des amplitudes des angles d’un
triangle et les propriétés des triangles isocèles. Nous ne la détaillons pas ici.

Médianes d’un rectangle

Dessinons les deux médianes d’un rectangle à la


figure 64.

Figure 64
Comme pour un parallélogramme, les médianes
d’un rectangle sont parallèles aux côtés de celui-ci. La perpendicularité des côtés d’un rectangle
permet de conclure que

Les médianes d’un rectangle sont perpendiculaires et se coupent en leur milieu.

3.2.4 Cerf-volant
Un cerf-volant est un quadrilatère qui possède deux paires de côtés consécutifs de même longueur.

La figure 65 montre quelques cerfs-volants3 .

Figure 65

3 Le cerf-volant du milieu de la figure 65 est non convexe.

Figures géométriques planes 143


Cerfs-volants et triangles isométriques
Dès qu’on associe deux triangles isométriques par un de leurs côtés de telle sorte qu’ils soient images
l’un de l’autre par une symétrie orthogonale, on obtient un cerf-volant (figure 66).

Figure 66

Réciproquement, tout cerf-volant peut se décomposer en deux triangles isométriques, images l’un
de l’autre par une symétrie orthogonale (figure 67).
En effet, traçons la diagonale qui joint le sommet A, commun à deux côtés de même longueur et le
sommet C qui lui est opposé. Cette diagonale détermine deux triangles qui ont leurs côtés deux à
deux de même longueur. Ils répondent au critère 3 des isométries des triangles (section 2.2.4).
Les deux triangles ABC et ADC sont isométri- B
ques et images l’un de l’autre par la symétrie or-
thogonale d’axe AC .
A C

Propriétés d’un cerf-volant


D Figure 67

Un cerf-volant possède un axe de symétrie.

Diagonales d’un cerf-volant


Le cerf-volant de la figure 68a admet la droite AC comme axe de symétrie. Les deux autres sommets
B et D sont images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale d’axe AC . Le segment [BD] admet
donc la droite AC comme médiatrice.

La diagonale d’un cerf-volant qui relie les sommets communs à deux segments de même longueur
coupe l’autre diagonale perpendiculairement en son milieu.

A N B
B
M

A C O
D

P
D C
a) b) Figure 68

Médianes d’un cerf-volant


La figure 68b montre les médianes [M O] et [N P ] d’un cerf-volant. La présence de l’axe de symétrie
orthogonale AC permet de dire que les paires de points M et N d’une part et O et P d’autre part

144 Chapitre 4
sont images l’un de l’autre. Les médianes [M O] et [N P ] sont donc aussi images l’une de l’autre par
la symétrie orthogonale. On conclut par la propriété suivante.

Les médianes d’un cerf-volant ont même longueur.

3.2.5 Losange
Un losange est un quadrilatère qui a quatre côtés de même longueur.

La figure 69 montre quelques losanges.

Figure 69

Losange et triangles isométriques


On obtient un losange dès qu’on associe deux triangles isocèles isométriques par leur base. On peut
les considérer comme images l’un de l’autre soit par une symétrie orthogonale dont l’axe est le
prolongement de la base commune, soit par une symétrie centrale dont le centre est le milieu de la
base (figure 70).

Figure 70

Réciproquement, tout losange peut être décomposé (de deux façons différentes) en deux triangles
isocèles isométriques images l’un de l’autre par une symétrie orthogonale ou une symétrie centrale.

Propriétés d’un losange


Ce double regard sur un losange permet d’enoncer les propriétés suivantes.

Un losange est un cerf-volant.


Un losange est un parallélogramme.

Diagonales d’un losange

Un losange est un cerf-volant, donc ses diagonales


sont perpendiculaires (figure 71).
Figure 71
Un losange est aussi un parallélogramme, donc ses
diagonales se coupent en leur milieu (figure 71).

Les diagonales d’un losange sont perpendiculaires et se coupent en leur milieu.

On a même la propriété réciproque.

Deux segments qui se coupent perpendiculairement en leur milieu déterminent les diagonales d’un
losange.

Figures géométriques planes 145


La figure 72 illustre cette propriété.

La démonstration de cette propriété se base sur


les critères d’isométries des triangles. Nous ne la
détaillons pas ici. Figure 72

Médianes d’un losange

Un losange est un cerf-volant, donc les médianes


ont même longueur (figure 73).

Un losange est aussi un parallélogramme, donc ses Figure 73

médianes se coupent en leur milieu (figure 73).

Les médianes d’un losange ont même longueur et se coupent en leur milieu.

3.2.6 Carré
Un carré est un quadrilatère qui a quatre côtés de même longueur et quatre angles droits.

La figure 74 montre quelques carrés.

Figure 74

Propriétés d’un carré

Un carré est un losange et un rectangle.

Diagonales d’un carré

Un carré est un rectangle, donc ses diagonales ont


même longueur (figure 75).

Un carré est un losange, donc ses diagonales sont


perpendiculaires (figure 75).
Figure 75

Les diagonales d’un carré se coupent en leur milieu perpendiculairement et ont même longueur.

On a même la propriété réciproque.

Deux segments de même longueur qui se coupent perpendiculairement en leur milieu déterminent
les diagonales d’un carré.

146 Chapitre 4
La figure 76 illustre cette propriété. Ces deux seg-
ments de même longueur et se coupant en leur
milieu sont les diagonales d’un rectangle. De plus,
ils se coupent perpendiculairement en leur milieu :
ils sont les diagonales d’un losange. La figure est
donc un carré.
Figure 76
Médianes d’un carré
Un carré est un rectangle, donc ses médianes sont
perpendiculaires (figure 77).

Un carré est un losange, donc ses médianes ont


même longueur (figure 77).
Figure 77

Les médianes d’un carré se coupent en leur milieu perpendiculairement et ont même longueur.

3.3 Définitions emboîtées des quadrilatères


Nous observons que les différents ensembles des quadrilatères s’emboîtent. Ils sont présentés à la
figure 78, de bas en haut; à chaque fois, la famille des quadrilatères qui est à l’origine de la flèche
est un cas particulier de celle qui se trouve à l’extrémité. Cette présentation permet de retrouver,
par exemple, les propriétés suivantes :
• un losange est un parallélogramme et un cerf-volant;
• un rectangle est un parallélogramme;
• ...

Quadrilatère

Trapèze

Cerf-volant

Parallèlogramme

Rectangle
Losange

Carré Figure 78

Lorsqu’on veut caractériser un quadrilatère, il faut trouver la contrainte qui se situe le plus bas
possible dans l’organigramme.

Figures géométriques planes 147


4 Familles d'angles
4.1 Définitions
4.1.1 Angles adjacents
Des angles sont adjacents s’ils ont le même sommet et sont situés de part et d’autre d’un côté
commun.

 et BOC
A la figure 79, les angles AOB  sont adja- C
cents.
B
Deux angles adjacents déterminent un nouvel an-
gle dont le sommet est le sommet commun et dont
les côtés sont les deux demi-droites non commu- A O
nes aux deux. L’amplitude de ce nouvel angle est Figure 79
la somme des amplitudes des deux autres.

4.1.2 Angles supplémentaires - angles complémentaires


Des angles sont supplémentaires si la somme de leurs amplitudes vaut 180◦ .

Des angles supplémentaires ne doivent pas être adjacents (figure 80a). Toutefois, s’ils sont adja-
cents, les angles supplémentaires forment un angle plat (figure 80b).

B
150°
30°
A O C
a) b) Figure 80

Des angles sont complémentaires si la somme de leurs amplitudes vaut 90◦ .

Des angles complémentaires ne doivent pas être adjacents (figure 81a). Toutefois, s’ils sont adja-
cents, les angles complémentaires forment un angle droit (figure 81b).

35° 55°
O A
a) b) Figure 81

4.1.3 Angles opposés par le sommet


Deux droites sécantes déterminent quatre angles de même sommet qu’on peut nommer Â1 , Â2 , Â3
et Â4 (figure 82).

148 Chapitre 4
A2
A
A1 A3
A4
Figure 82

Deux angles sont opposés par le sommet s’ils ont le même sommet et que les demi-droites qui les
déterminent sont dans le prolongement respectif l’une de l’autre.

Les angles Â1 et Â3 d’une part et les angles Â2 et Â4 d’autre part sont opposés par le sommet. Ils
sont images l’un de l’autre par une symétrie centrale dont le centre est le sommet commun, ce qui
permet d’affirmer le résultat suivant.

Deux angles opposés par le sommet ont même amplitude.

Remarquons par ailleurs que, dans cette figure, deux angles adjacents sont toujours supplémen-
taires. Ainsi, on a

Â1 + Â2 = Â2 + Â3 = Â3 + Â4 = 180◦ .

4.1.4 Angles correspondants, alternes internes, alternes externes

La figure 83 montre deux droites a et b coupées par une droite sécante s. Ces trois droites déter-
minent quatre angles de sommet A et quatre angles de sommet B .

s A2 a

A1 A
A3
A4
B2
B1 B b
B4 B3
Figure 83

Certaines paires d’angles portent des noms particuliers.

Deux angles sont correspondants s’ils n’ont pas le même sommet et sont situés du même côté de la
droite s et du même côté respectivement de la droite a et de la droite b. (figure 84a)

Ainsi les paires d’angles Â1 et B̂1 , Â2 et B̂2 , Â3 et B̂3 et Â4 et B̂4 sont des angles correspondants
(figures 83).

Deux angles sont alternes internes s’ils n’ont pas le même sommet et sont situés de part et d’autre
de la droite s et entre les droites a et b. (figure 84b)

Ainsi les paires d’angles Â4 et B̂2 , et Â3 et B̂1 sont des angles alternes internes (figures 83).

Deux angles sont alternes externes s’ils n’ont pas le même sommet et sont situés de part et d’autre
de la droite s et à l’extérieur des deux droites a et b. (figure 84c)

Ainsi les paires d’angles Â1 et B̂3 , et Â2 et B̂4 sont des angles alternes externes (figure 83).

Figures géométriques planes 149


s a
s a s a

b b b

a) b) c) Figure 84

L’égalité des angles correspondants ou des angles alternes internes ou des angles alternes externes
est liée au parallélisme des droites a et b.

Considérons deux droites a et b coupées par une sécante s


a) Si les deux droites a et b sont parallèles, alors
• les angles correspondants ont même amplitude;
• les angles alternes internes ont même amplitude;
• les angles alternes externes ont même amplitude.
b) Réciproquement,
• si les angles correspondants ont même amplitude, alors les droites a et b sont parallèles;
• si les angles alternes internes ont même amplitude, alors les droites a et b sont parallèles;
• si les angles alternes externes ont même amplitude, alors les droites a et b sont parallèles.

s A2
a
A1 A
A4 A3
C
B2
B b
B1
B4 B3
Figure 85

On peut justifier la propriété a) à l’aide des isométries.

Le parallélisme des droites a et b permet de conclure qu’il existe une translation tAB qui envoie
chacun des angles de sommet A sur son correspondant de sommet B (figure 85). Ils ont donc bien
deux à deux la même amplitude.

Par ailleurs, considérons le point C , milieu du segment [AB] (figure 85). C’est le centre de la symétrie
centrale qui envoie A sur B , la droite a sur la droite b, l’angle A3 sur l’angle B1 , l’angle A4 sur l’angle
B2 ,... et les angles alternes internes ont même amplitude.

On peut démontrer la propriété réciproque de façon similaire.

4.1.5 Angles à côtés parallèles

La figure 86 montre plusieurs dessins de paires d’angles à côtés parallèles deux à deux. A la fi-
gure 86a, les deux angles ont leurs côtés parallèles et de même orientation; à la figure 86b, un des
côtés a conservé l’orientation et l’autre a changé d’orientation; à la figure 86c, les côtés ont changé
d’orientation.

150 Chapitre 4
a) b) c) Figure 86

Pour comparer ces angles deux à deux, on construit l’image d’un des deux angles par une translation
qui fait coïncider les sommets. On obtient nécessairement un des trois cas de la figure 87.

a) b) c) Figure 87

Dans le cas a), les deux angles coïncident; dans le cas b), ils ont un côté commun, les deux autres
s’alignent : les deux angles sont supplémentaires; dans le cas c), les deux angles sont opposés par le
sommet, ils ont donc même amplitude. On obtient le résultat suivant.

Des angles à côtés parallèles ont même amplitude ou sont supplémentaires.

4.2 Somme des amplitudes des angles d'un polygone


4.2.1 Somme des amplitudes des angles d'un triangle
Première observation

Lorsqu’on superpose une famille de triangles isocèles de même base (figure 88), on peut faire les
observations suivantes :

• L’amplitude des angles à la base est toujours inférieure à 90◦ .


• L’amplitude de l’angle au sommet semble dépendre de l’amplitude des angles à la base; plus
ceux-ci se rapprochent de l’angle droit, plus l’amplitude de l’angle au sommet est petite.

Figure 88

Figures géométriques planes 151


Deuxième observation

On peut toujours associer deux triangles rectan-


gles isométriques de telle sorte qu’ils forment un
rectangle (figure 89). Or, la somme des quatre an-
gles droits d’un rectangle vaut 360◦ . On peut en
conclure que la somme des amplitudes des trois
angles d’un triangle rectangle vaut 180◦ . Figure 89

Généralisation

La somme des amplitudes des trois angles d’un triangle vaut 180◦ .

On peut disposer trois triangles isométriques comme à la figure 90. Le triangle BAF est image du
triangle ABC par la symétrie centrale de centre D . Le triangle BCG est image du triangle CBA
par la symétrie centrale de centre E . Cette disposition des triangles permet d’observer les égalités
d’angles suivantes : Â1 = B̂1 ; Ĉ3 = B̂3 .

La somme des amplitudes des trois angles Â1 , B̂2 et Ĉ3 est la même que celles des trois angles B̂1 ,
B̂2 et B̂3 qui forment ensemble un angle plat.

A C
1 3
D E

1 2 3
F B G Figure 90

Deux conséquences de cette propriété

Dans un triangle rectangle ou un triangle obtusangle, il y a deux angles aigus.

En effet, dans un triangle rectangle, un des angles mesure 90◦ et dans un triangle obtusangle, un
des angles mesure plus de 90◦ . On conclut que la somme des amplitudes des deux autres angles est
égale ou inférieure à 90◦ . Ils sont donc aigus tous les deux (figure 91).

Figure 91

Dans un triangle équilatéral, chaque angle a une amplitude de 60◦ .

Nous savons que les trois angles d’un triangle équilatéral ont même amplitude (section 2.3.6). Cette
amplitude vaut 180◦ divisé par trois.

4.2.2 Somme des amplitudes des angles d'un polygone


Nous savons que la somme des amplitudes des angles d’un rectangle vaut 360◦ .

152 Chapitre 4
Tout quadrilatère convexe ou concave peut se sub-
diviser en deux triangles à l’aide d’une diagonale
du quadrilatère. Les angles du quadrilatère sont
recouverts exactement par ceux des deux trian-
gles (figure 92). Il en résulte la propriété suivante.
Figure 92

La somme des amplitudes des angles d’un quadrilatère vaut 360◦ .

Si on considère un polygone quelconque, on peut aussi le subdiviser en triangles ayant un sommet


commun (figure 93).
Si le polygone a 5 côtés, on obtient 3 triangles; la somme des angles d’un pentagone vaut 3 × 180◦ =
540◦ (figure 93a).
Si le polygone a 7 côtés, on obtient 5 triangles; la somme des angles d’un tel polygone vaut 5×180◦ =
900◦ (figure 93b).

Figure 93

Plus généralement, si le polygone a n côtés, on obtient (n − 2) triangles; on a la propriété suivante.

La somme des amplitudes des angles d’un polygone à n côtés vaut (n − 2) × 180◦ .

4.2.3 Amplitude des angles des polygones réguliers


Par définition, tous les angles d’un polygone régulier ont même amplitude (section 1.2). Pour cal-
culer l’amplitude d’un angle d’un polygone régulier, il suffit de diviser la somme des amplitudes des
angles du polygone par le nombre d’angles. Dans le tableau ci-dessous, on a calculé, pour différents
polygones réguliers l’amplitude d’un de leurs angles à partir de la somme des amplitudes des angles
de ce polygone.

n Somme des angles Amplitude d’un angle



3 180 60◦
4 360◦ 90◦
5 540◦ 108◦
6 720◦ 120◦
7 900◦ 128, 57◦
8 1080◦ 135◦
9 1260◦ 140◦
10 1440 144◦
12 1800◦ 150◦
15 2340 156◦
(n − 2)180◦
n (n − 2)180◦
n

Figures géométriques planes 153


Nous observons que l’amplitude des angles d’un polygone régulier augmente avec le nombre de
côtés et restera toujours inférieure à 180◦ (figure 94).

Figure 94

4.2.4 Pavage du plan avec des polygones


On appelle pavage du plan, un recouvrement de celui-ci à l’aide de polygones de telle sorte qu’ils ne
se chevauchent pas et ne laissent pas d’espace non couvert. Un pavage doit être extensible à l’infini.
Il existe une très grande variété de pavages suivant le type de polygones utilisés.
La figure 95 montre ici les pavages possibles à l’aide d’un seul type de polygones réguliers :
• les triangles équilatéraux peuvent s’associer par 6 autour de chaque sommet (appelé nœud);
en effet, 6 × 60◦ = 360◦ (figure 95a);
• les carrés peuvent s’associer par 4 autour d’un nœud car 4 × 90◦ = 360◦ (figure 95b);
• les pentagones ne permettent pas de recouvrir le plan puisque 3 × 108◦ < 360◦ et 4 × 108◦ >
360◦ (figure 96a);
• les hexagones peuvent s’associer par 3 autour d’un nœud puisque 3 × 120◦ = 360◦ (fi-
gure 95c);
• les autres polygones réguliers ne conviennent pas puisque l’amplitude de chacun des angles
est supérieure à 120◦ et inférieure à 180◦ ; dès qu’on en associe deux, il reste trop peu d’es-
pace pour y joindre un troisième (figure 96b). Dans certains cas, on peut y placer un autre
polygone régulier, par exemple, deux octogones laissent la place d’un carré (figure 96c).

a) b) c) Figure 95

a) b) c) Figure 96

154 Chapitre 4
4.3 Angle et cercle
P
4.3.1 Angle inscrit et angle au centre
Considérons un cercle de centre O , et trois points
B
de ce cercle A, B et P . Envisageons les angles AP
 (figure 97). Ils portent des noms particu-
et AOB O
liers.

Angle inscrit B

Un angle est inscrit à un cercle si son sommet


appartient au cercle et si les deux demi-droites A Figure 97
issues de ce sommet coupent le cercle une
deuxième fois.

B de la figure 97 est un angle inscrit. On dit que l’angle AP 


B intercepte l’arc AB qui ne
L’angle AP
contient pas P (figure 97).

Angle au centre

Un angle au centre d’un cercle a le centre de ce cercle comme sommet.


 de la figure 97 est un angle au centre.
L’angle AOB

Relation entre l’angle inscrit et l’angle au centre correspondant


Faisons varier la position du point P le long de l’arc AB qui le contient comme à la figure 98. On
obtient une famille d’angles inscrits interceptant l’arc AB qui ne contient pas P .

P
O O O

P B B B

A A A
a) b) c) Figure 98

B ne semble pas varier d’un cas à l’autre.


L’amplitude de l’angle inscrit AP
On peut en effet démontrer la propriété suivante.

Dans un cercle, considérons un angle inscrit et l’angle au centre interceptant le même arc. L’am-
plitude de l’angle au centre vaut le double de l’amplitude de celle de l’angle inscrit.

Envisageons la démonstration dans le cas où l’angle inscrit est un angle aigu. Pour démontrer cette
propriété, il faut envisager trois cas.

Figures géométriques planes 155


a) L’angle inscrit a un côté qui se superpose à un des côtés de l’angle au centre.
B égale à α.
Reprenons la figure 98b à la figure 99a. Supposons l’amplitude de l’angle AP
Le triangle P OA étant isocèle, l’amplitude de l’angle P
AO vaut également α et l’angle au sommet
 ◦
P OA de ce même triangle vaut (180 − 2α) (figure 99b).
 qui est le supplémentaire de P
On en déduit que l’angle AOB OA a une amplitude de 2α (figure 99c).

P P P
180° - 2α
O O O
α α α
B B 2α B
α

A A A
a) b) c) Figure 99

On a bien, dans ce cas, que l’amplitude de l’angle au centre vaut le double de celle de l’angle inscrit.

b) L’angle inscrit a ses deux côtés de part et d’autre des côtés de l’angle au centre
Reprenons la figure 98c à la figure 100a. Subdivisons l’angle inscrit AP B d’amplitude α en deux
 
angles inscrits AP Q d’amplitude α1 et QP B d’amplitude α2 :

P P P
α
α
α1 α2 α1 α2
O O O
B 2α2 B 2α B
2α1

A A A
Q Q Q
a) b) c) Figure 100

Le résultat précédent permet de dire que


 vaut le double de celle de l’angle AP
• l’amplitude de l’angle AOQ Q, c’est-à-dire 2α1
(figure 100b);
 vaut le double de celle de l’angle QP
• l’amplitude de l’angle QOB B , c’est-à-dire 2α2 (fi-
gure 100b).
 (figure 100c) vaut
On en déduit que l’amplitude de l’angle AOB
2α1 + 2α2 = 2(α1 + α2 ) = 2α.
c) Un des côtés de l’angle inscrit traverse un des côtés de l’angle au centre
Reprenons la figure 98a à la figure 101a et traçons le diamètre P Q du cercle. Considérons l’angle
B d’amplitude α comme la différence de deux angles inscrits AP
inscrit AP Q d’amplitude α1 et BP
Q
d’amplitude α2 :
α = α1 − α2 .

156 Chapitre 4
Q Q Q
O O O
2α2
α2 B α2 2α1 B 2α B
P P P
α α1 α1 α

A A A
a) b) c) Figure 101

Le résultat obtenu au cas a) permet de dire que


 vaut le double de celle de l’angle AP
• l’amplitude de l’angle AOQ Q, c’est-à-dire 2α1
(figure 101b);
 vaut le double de celle de l’angle BP
• l’amplitude de l’angle BOQ Q, c’est-à-dire 2α2 (fi-
gure 101b);
 (figure 101c) vaut
On en déduit que l’amplitude de l’angle AOB
2α1 − 2α2 = 2(α1 − α2 ) = 2α.
Une conséquence immédiate de la propriété qu’on vient de démontrer est la suivante.

Dans un cercle, des angles inscrits interceptant le même arc ont même amplitude.

4.3.2 Triangle rectangle inscrit dans un demi-cercle

La figure 102 montre le cas particulier d’un an-


B dans un cercle et interceptant un P
gle inscrit AP
diamètre [AB]. Dans ce cas-ci, l’angle au centre 90¡ B
 est un angle plat et mesure 180◦ .
AOB O
La démonstration du cas b) de la section précé- A
180¡
dente reste tout à fait valable dans ce cas-ci et
permet de conclure que l’amplitude de l’angle in-
terceptant un demi-cercle mesure 90◦ . Le triangle Figure 102

AP B est donc rectangle en P . Ce résultat s’exprime souvent sous la forme suivante.

Tout triangle inscrit dans un demi-cercle est un triangle rectangle.

La figure 103 illustre cette propriété.

B
O Figure 103
A

Figures géométriques planes 157


Algèbre
Chapitre 5
Le mot « algèbre » provient d’un mot L’algèbre a introduit le mode de
arabe « al jabr » qui désignait le pensée qui consiste à établir des
transfert, dans une égalité, d’un relations entre le connu et l’inconnu
terme d’un membre dans l’autre : par en supposant le problème résolu. Au
l’opération de « jabr », on remplaçait, début, l’algèbre était liée aux calculs
par exemple, l’équation pratiques sur les nombres et à
« 3x − 2 = 0 » par l’équation l’arithmétique élémentaire. Plus tard
« 3x = 2 » afin de n’avoir que des elle s’est développée essentiel-
nombres positifs. lement dans deux directions :
Au 9e siècle, le mathématicien arabe l’élaboration de formules par le
AL-KHWÂRIZMÎ utilise le mot remplacement des nombres par des
« al jabr » dans son traité intitulé lettres et la résolution des équations.
« Livre abrégé du calcul par le jabr et Ces deux aspects sont traités dans
la muqâbala ». Pour la première fois, ce chapitre.
un livre rassemble et structure des
éléments qui étaient éparpillés
et sans lien entre eux dans les
ouvrages de traditions scientifiques
babylonienne, grecque et indienne.
On considère que ce livre est l’acte
de naissance officiel de l’algèbre en
1. Objets de l’algèbre
tant que discipline.
Le symbolisme de l’algèbre n’existe
2. Transformations
d’expressions algébriques
pas en ce temps-là. Les énoncés,
solutions ou calculs sont exprimés à 3. Transformations d’égalités
l’aide de phrases. L’utilisation
généralisée des lettres pour désigner
4. Equations à une inconnue

les inconnues et les coefficients est 5. Equations du premier degré


mise au point au 16e siècle par le à deux inconnues
mathématicien français François
Viète.
6. Inéquations à une inconnue
1 Objets de l'algèbre
1.1 Expressions algébriques ou formules
1.1.1 Quelques exemples
Exemples dans le contexte des nombres naturels
Dans le chapitre 1, section 5.4, on a utilisé des lettres représentant des nombres pour exprimer les
propriétés des opérations. Voici d’autres exemples.

MULTIPLES
Les nombres pairs sont les nombres :
0, 2, 4, 6, 8, 10, ...
Ils sont tous multiples de 2, car on peut les écrire sous la forme :
2 × 0, 2 × 1, 2 × 2, 2 × 3, 2 × 4, 2 × 5, ...
Si on décide de représenter un naturel par la lettre n, tous les nombres pairs peuvent s’écrire sous
la forme :
2 × n.
De même 3 × n représente un multiple de 3 et 4 × n est un multiple de 4 ; ...

NOMBRES CONSÉCUTIFS
Ecrivons trois nombres consécutifs :
6, 7, 8;
on peut écrire ces nombres autrement :
7 − 1, 7, 7 + 1.
De la même façon, si n représente un naturel différent de zéro, alors n − 1 représente le naturel qui
le précède et n + 1 représente le naturel qui lui succède. Ainsi les trois expressions
n − 1, n, n+1
représentent trois nombres consécutifs.

NOMBRES NON MULTIPLES


Comme un nombre impair succède à un nombre pair, il peut être représenté par l’expression
(2 × n) + 1
où n représente un naturel.
Mais comme un nombre impair précède aussi un nombre pair, il peut aussi être représenté par
l’expression
(2 × n) − 1
où n représente un naturel non nul.
Pour représenter un nombre qui n’est pas multiple de 3, observons le début de la suite des naturels :
0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7,...
elle peut s’écrire sous la forme
3 × 0, 3 × 0 + 1, 3 × 0 + 2, 3 × 1, 3 × 1 + 1, 3 × 1 + 2, 3 × 2, 3 × 2 + 1,...
Dans cette suite se trouvent des multiples de 3 de la forme :
3 × n,
et des non multiples de 3, qui s’expriment sous la forme :
(3 × n) + 1 ou (3 × n) + 2 .
SUITE DE NOMBRES
Si on s’intéresse à une suite régulière de figures construites avec des allumettes, comme suggérée à
la figure 1, on peut s’interroger sur le nombre d’allumettes nécessaires pour chaque figure.

160 Chapitre 5
… Figure 1

Pour la première figure, il faut quatre allumettes.


Pour compter le nombre d’allumettes nécessaires à chaque étape, on peut considérer le problème
de deux façons différentes. Chacune des colonnes présente un des modes de raisonnement et les
résultats qui en découlent.
Deuxième figure Deuxième figure

On a ajouté 3 allumettes à la première figure; le Elle est formée de 2 carrés de 4 côtés dont 2 sont
nombre d’allumettes est confondus; le nombre d’allumettes est

4 + 3. 2 × 4 − 1.
Troisième figure Troisième figure

On a ajouté 3 allumettes à la deuxième figure Elle est formée de 3 carrés et 2 paires de côtés
ou 2 fois 3 allumettes à la première figure; le sont confondus; le nombre d’allumettes est
nombre d’allumettes est
4+3+3=4+2×3 3×4−2
... ...

Septième figure Septième figure

On a ajouté 6 fois 3 allumettes à la première Elle est formée de 7 carrés et 6 paires de côtés
figure; le nombre d’allumettes est sont confondus; le nombre d’allumettes est

4 + 6 × 3. 7 × 4 − 6.
On pourrait continuer de la sorte. Toutefois, si au lieu de parler de la figure à l’étape 1, 2, 3, ..., 7,
..., on parle de la figure à l’étape n, la lettre n désignant n’importe quel nombre naturel non nul, on
peut exprimer le nombre d’allumettes en une seule fois.
ne figure ne figure
Le nombre d’allumettes à l’étape n est Le nombre d’allumettes à l’étape n est

4 + ((n − 1) × 3). (n × 4) − (n − 1).


De telles expressions, dans lesquelles se trouve une lettre, sont appelées expressions algébriques ou
formules. Pour connaître le nombre d’allumettes nécessaires lors d’une étape choisie, il suffit de
remplacer n par le nombre correspondant. Par exemple,
209e figure 209e figure
Le nombre d’allumettes à la 209e figure est Le nombre d’allumettes à la 209e figure est
4 + (209 − 1) × 3 = 628 209 × 4 − (209 − 1) = 628
et on vérifie qu’on obtient bien le même résultat avec les deux expressions.

Exemples dans le contexte de la géométrie


Si, dans une unité de longueur donnée, la base d’un rectangle mesure 6 et sa hauteur 4, alors la
mesure de son périmètre est donnée par le calcul :
2 × (6 + 4)
et la mesure de son aire, dans l’unité correspondante, est donnée par le calcul :
6 × 4.

Algèbre 161
Par le même procédé, on calculerait le périmètre et l’aire de ce rectangle avec d’autres unités et on
calculerait le périmètre et l’aire de n’importe quel rectangle.
Pour généraliser ces calculs à tous les rectangles et exprimer que l’on fait chaque fois le même calcul
avec des nombres différents, on désigne la longueur de la base et la hauteur par des lettres, par
exemple les lettres b et h (figure 2).

Ainsi le périmètre du rectangle de base b et de b


hauteur h s’exprime par la formule ou l’expres-
sion algébrique : h h
2 × (b + h),
b Figure 2
et son aire par

b × h.

Remarquons que les lettres b et h désignent des nombres positifs quelconques, non nécessairement
entiers.

Exemple dans le contexte de la physique


Aux Etats-Unis, la température est couramment exprimée en degrés Fahrenheit. Pour la convertir
en degrés centigrades, on utilise la méthode expliquée par le schéma suivant :

– 32 5 :9

Température Température
aux USA aux USA
(degrés Fahrenheit) (degrés centigrades)

De la température exprimée en degrés Fahrenheit, on soustrait 32 ; on multiplie la différence ainsi


obtenue par 5 et enfin on divise le résultat par 9. Effectuons la conversion pour quelques exemples :
ceux où la température en degrés Fahrenheit est 50, 20 et −4.

– 32 5 :9

50 18 90 10

– 32 5 :9

20 –12 – 60 – 6,66…

– 32 5 :9

–4 –36 –180 –20

162 Chapitre 5
On pourrait choisir, pour la température en degrés Fahrenheit, une multitude de nombres positifs
ou négatifs et les traiter pour obtenir la température correspondante en degrés centigrades. Pour
éviter de répéter indéfiniment le même schéma de calcul pour les différentes valeurs, on représente
le nombre de la première case par une lettre, par exemple f , et on traite ensuite la lettre comme
on a traité les nombres. – 32 5 :9

f f – 32 (f – 32) 5 (f – 32) 5
9
(degrés Fahrenheit) (degrés centigrades)

On obtient ainsi un unique schéma qui, à lui seul, remplace tous les autres.
Si on résume ce schéma en oubliant les étapes intermédiaires du calcul, on retient que lorsque
la température en degrés Fahrenheit est représentée par la lettre f , la température en degrés
centigrades est donnée par l’expression :
(f − 32) × 5
,
9
qui est un nouvel exemple d’expression algébrique.
En remplaçant, dans la formule, f par n’importe quelle température en degrés Fahrenheit, on ob-
tient la température correspondante en degrés centigrades.

1.1.2 Vocabulaire et conventions d'écriture


Une expression algébrique ou formule contient des nombres, des lettres désignant des nombres, des
parenthèses et des symboles d’opérations tels +, −, ×,. . .
(f − 32) × 5
Ainsi (2 × n) + 1, 4 + ((n − 1) × 3), 2 × (b + h), b × h, sont des expressions algébriques.
9
Les lettres, appelées variables, désignent des nombres, parfois entiers positifs, parfois entiers néga-
tifs, parfois non entiers,... suivant le contexte.
Une variable peut prendre diverses valeurs : par exemple, lorsque dans l’expression (2 × n) + 1, on
remplace n par 3, on dit qu’on attribue la valeur 3 à la variable n.
Utiliser une expression avec des lettres permet d’écrire tous les cas possibles (il y en a parfois une
infinité !) en une seule fois.
Lorsque, dans une expression algébrique, on attribue une valeur à la variable, l’expression algébrique
devient un nombre : c’est une valeur particulière de cette expression.

Comme une lettre représente un nombre, les calculs permis avec les nombres le sont avec les
lettres; les propriétés des opérations ainsi que leurs priorités restent valables lorsque on travaille
avec des lettres.

Il faut cependant être prudent. Par exemple, on sait qu’on ne peut pas diviser par zéro; lorsqu’une
variable apparaît au dénominateur, elle ne peut pas prendre une valeur qui annule ce dénominateur.

Lorsqu’une lettre désigne un nombre négatif, le signe moins « − » n’apparaît pas explicitement.
Ainsi, lorsque b = −7, l’expression 3 + b représente le nombre −4 car
3 + (−7) = 3 − 7 = −4
et l’expression 3 − b représente le nombre 10 car
3 − (−7) = 3 + 7 = 10.
Comme le calcul d’une somme se ramène parfois à celui d’une différence, et vice-versa, on utilise
dans les deux cas, le terme de somme.

Algèbre 163
Omission du signe ×
En général, on omet le signe de multiplication « × » dans les cas suivants;
• entre un nombre et une lettre :
par exemple, on écrit 2a à la place de 2 × a ou a × 2 ;
• entre deux lettres :
par exemple, on écrit ab à la place de a × b ;
• entre une lettre (ou un nombre) et une parenthèse :
par exemple, on écrit a(b + 3) à la place de a × (b + 3) ;
• entre deux parenthèses :
par exemple, on écrit (a + 1)(b + 3) à la place de (a + 1) × (b + 3).
Souvent aussi, dans une expression algébrique, on remplace le signe × par un point.
Par exemple, on écrit 3a · 2b à la place de 3a × 2b.

Omission du facteur 1
Habituellement, on n’écrit pas le facteur 1 devant une lettre.
Par exemple, on écrit a à la place de 1a ou de 1 · a ou de 1 × a.

1.1.3 Quelques expressions algébriques de base et leur interprétation géométrique


Quand les lettres a, b et c désignent des longueurs (figure 3), certaines expressions algébriques
contenant a, b, c peuvent s’interpréter géométriquement comme le montrent les exemples suivants.

a b c
Figure 3

Les expressions suivantes sont des sommes de longueurs, elles représentent des longueurs.
a+a qui se note aussi 2a :
a a

a+b: a b
b
b−a:
b–a a
Les expressions suivantes sont des produits de deux longueurs et des sommes de produits de deux
longueurs, elles représentent des aires.
a
a×a qui se note aussi a2 :
a

b
a×b qui se note aussi ab :
a

b b
ab + ab qui se note aussi 2ab :
a

2a2 + 3a2 qui se note aussi 5a2 :


a2 a2 + a2 a2 a2

164 Chapitre 5
Les expressions suivantes sont des produits de trois longueurs, elles représentent des volumes.
a
a × a × a qui se note aussi a : 3

a × a × b qui se note aussi a2 b : b

b
a×b×c qui se note aussi abc :

1.2 Egalités avec des expressions algébriques


1.2.1 Expressions algébriques équivalentes
Quelques exemples
a) Le périmètre d’un rectangle de base b et de hauteur h peut se calculer de plusieurs manières. Par
exemple,
b+h+b+h ou 2(b + h).
Ces deux expressions représentent toutes les deux le périmètre du même rectangle. On décide d’é-
crire :
b + h + b + h = 2(b + h).
Chaque fois qu’on attribue une valeur aux variables b et h, on obtient le même nombre à gauche et
à droite du signe « = ». Par exemple, pour b = 3 et h = 2, on obtient
3 + 2 + 3 + 2 = 2(3 + 2) c’est-à-dire 10 = 10.

b) L’aire du rectangle de la figure 4 peut se calcu- a b


ler de plusieurs manières.

a
Soit, on calcule l’aire en la considérant comme
celle d’un rectangle de longueur a + b et de lar-
Figure 4
geur a, elle vaut donc
a(a + b) ;
soit, on calcule l’aire en la considérant comme la somme des aires d’un carré de côté a et d’un
rectangle de côtés a et b, elle vaut donc
a2 + ab.
Les expressions algébriques a(a + b) et a2 + ab représentent toutes les deux la même aire. A nouveau,
on décide d’écrire :
a(a + b) = a2 + ab.

Algèbre 165
Chaque fois qu’on attribue une valeur aux variables a et b, on obtient une égalité entre des nombres.

c) Reprenons l’exemple des allumettes de la section 1.1.1 où nous avons déterminé deux expressions
qui permettent de calculer le nombre d’allumettes nécessaires à l’étape n. Ce sont les expressions :
4 + ((n − 1) × 3) et (n × 4) − (n − 1)
qui s’écrivent aussi en raison de la priorité des opérations
4 + (n − 1) × 3 et n × 4 − (n − 1)
ou encore
4 + 3(n − 1) et 4n − (n − 1).
Elles expriment toutes les deux le même nombre. A nouveau, on décide d’écrire :
4 + 3(n − 1) = 4n − (n − 1).
Pour chaque valeur que l’on donne à n, on obtient le même nombre à gauche et à droite du sym-
bole « = ».

Définition
Dans les trois exemples précédents, on a écrit le signe « = » entre deux expressions qui désignent le
même périmètre, la même aire, le même nombre :
b + h + b + h = 2(b + h)
a(a + b) = a2 + ab
4 + 3(n − 1) = 4n − (n − 1) .
Quand on remplace chacune des lettres d’une égalité par des nombres, une même lettre étant
remplacée par un même nombre, on obtient une égalité entre nombres.

Si, chaque fois qu’on attribue, dans deux expressions algébriques, une même valeur à une même
variable, les deux expressions prennent une même valeur, on dit que les deux expressions sont
équivalentes.

Etymologiquement « équivalent » signifie « qui a même valeur ».


On exprime cette équivalence en écrivant le signe « = » entre les deux expressions.
L’expression située à gauche du symbole « = » est le premier membre de l’égalité et celle située à
droite, le second membre.
Le signe « = » s’enrichit ici d’une nouveau sens : lorsqu’il est situé entre deux expressions algébriques
équivalentes, il indique que les deux expressions donnent toujours le même résultat quelle que soit
la valeur attribuée à chaque variable.
Le signe « = » entre deux expressions algébriques équivalentes exprime donc une multitude d’égalités
de nombres (autant d’égalités que de valeurs attribuables aux variables).

1.2.2 Equations
Voici deux types de question auxquelles on est souvent confronté.
a) On ajoute 2 à un nombre et on obtient 7. Quel est ce nombre ?
b) On multiplie un nombre par 6, on obtient 18. Quel est ce nombre ?
Dans les deux cas, le nombre cherché est appelé inconnue. On décide de le représenter par une lettre
(on choisit souvent la lettre x) et on le traite avec des opérations comme s’il était connu.
Les deux problèmes se ressemblent. On les traite de manière similaire. La colonne de gauche présente
une réponse à la première question et la colonne de droite, une réponse à la deuxième question.
Les figures 5a et 5b schématisent les deux questions.

166 Chapitre 5
+2 6

x 7 x 18

:6
a) b) Figure 5

En ajoutant 2 au nombre x, on obtient 7 : En multipliant le nombre x par 6, on obtient 18 :


x + 2 = 7. (1) x × 6 = 18. (2)
Pour beaucoup de valeurs attribuées à x, cette Pour beaucoup de valeurs attribuées à x, cette
égalité n’est pas vraie. égalité n’est pas vraie.
Par exemple, Par exemple,
si x = 2, x + 2 = 2 + 2 = 4; si x = 2, x × 6 = 2 × 6 = 12 ;
si x = −3, x + 2 = −3 + 2 = −1 ; si x = −3, x × 6 = −3 × 6 = −18 ;
si x = 0, x + 2 = 0 + 2 = 2; si x = 0, x × 6 = 0 × 6 = 0;
si x = 5, x + 2 = 5 + 2 = 7. si x = 3, x × 6 = 3 × 6 = 18.
Le nombre 5 rend l’égalité (1) vraie. Le nombre 3 rend l’égalité (2) vraie.
Cherchons une méthode qui permet de trouver Cherchons une méthode qui permet de trouver
directement cette valeur et qui montre qu’elle directement cette valeur et qui montre qu’elle
est la seule. est la seule.
Pour cela, comme le montre la figure 6a, on fait Pour cela, comme le montre la figure 6b, on fait
le chemin en sens inverse de celui de la figure 5a. le chemin en sens inverse de celui de la figure 5b.
+2 2

x 7 x 18

–2
a) b) Figure 6

On part de 7, on soustrait 2 et on trouve la va- On part de 18, on divise par 6 et on trouve la


leur de x : valeur de x :
x=7−2 x = 18 : 6
c’est-à-dire : x = 5. c’est-à-dire : x = 3.
Ainsi, l’égalité (1) n’est vraie que si x = 5 et l’égalité (2) n’est vraie que si x = 3.
Des égalités telles que (1) et (2), dans lesquelles se trouve une inconnue, sont des équations. Ce mot
vient du latin aequatis signifiant égalisation.
Le nombre 5 est solution de l’équation (1). On dit que l’équation (1) a le nombre 5 pour solution.
On dit aussi que 5 vérifie cette équation.
Le nombre 3 est solution de l’équation (2). On dit que 3 vérifie l’équation (2).

Algèbre 167
2 Transformations d'expressions
algébriques
Dans cette section, nous fixons des règles qui permettent de transformer une expression algébrique
en une autre qui lui est équivalente.
Ces règles permettent aussi de vérifier si deux expressions algébriques sont équivalentes; en l’ab-
sence de ces règles, il faudrait vérifier que, pour chaque valeur attribuée aux variables, ces expres-
sions prennent la même valeur. On montre que deux expressions sont équivalentes en transformant,
selon les règles fixées, l’une jusqu’à ce qu’elle soit de la même forme que l’autre.
On sait que, dans une expression algébrique, les calculs permis avec les nombres le sont avec les
lettres. Pour établir ces règles, on se base donc sur les propriétés des opérations sur les nombres.

2.1 Puissance
Lorsqu’on multiplie par lui-même, un nombre représenté par une lettre, par exemple la lettre a, on
obtient « le carré de a » ou « a au carré » et on écrit :
a × a = a2 .
En général, le produit de n facteurs égaux à a (n étant un naturel supérieur à 1) est appelé « a
puissance n » ou « a exposant n » et on écrit :
a × a × a... × a = an .
  
n facteurs

2.2 Somme de termes semblables


Dans la somme
2a2 + 4ab + 3a2 ,
on remarque que deux termes contiennent une même partie littérale : a2 . De tels termes sont appelés
termes semblables. On les regroupe pour les additionner et on écrit :
2a2 + 3a2 + 4ab = 5a2 + 4ab.

Dans une somme, on additionne les termes semblables.

2.3 Produit
La commutativité et l’associativité de la multiplication des nombres permettent d’écrire :
2ab × (−3a) = 2 × a × b × (−3) × a
= 2 × (−3) × a × a × b
= −6 × a2 × b
= −6a2 b .

Dans une expression ne contenant que des produits, on multiplie les facteurs numériques entre
eux et on groupe les facteurs littéraux identiques pour en former des puissances.

168 Chapitre 5
2.4 Quotient
Le résultat de la division d’une expression algébrique par une autre, comme
(2a − 3) : (b + 1)
s’écrit sous la forme d’un quotient appelé fraction algébrique :
2a − 3
.
b+1
Comme pour les nombres (Chap.1, section 3), on parle de numérateur et de dénominateur de la
fraction.
Dans notre exemple, il faut exiger que le dénominateur soit différent de zéro, c’est-à-dire que
b = −1
puisque la division par zéro n’a pas de sens (Chap.1, section 1.8.1).
Parfois on écrit cette condition pour être sûr d’en tenir compte dans les calculs.
Dans la suite, nous supposons que les variables ne prennent aucune valeur qui rendrait le dénomi-
nateur égal à zéro.
Envisageons deux types de fractions algébriques.

2.4.1 Le numérateur et dénominateur sont tous deux des produits


Par exemple 2c(a + 1)(b − 2) 2 × c × (a + 1) × (b − 2)
= .
3c(a + 1)2 3 × c × (a + 1) × (a + 1)
Comme pour les fractions numériques, on peut diviser le numérateur et le dénominateur par les
facteurs communs, ici c × (a + 1) :
2 × c × (a + 1) × (b − 2) 2(b − 2)
= .
3 × c × (a + 1) × (a + 1) 3(a + 1)

Lorsque le numérateur et le dénominateur d’une fraction sont des produits et qu’ils contiennent
un facteur commun, on peut diviser le numérateur et le dénominateur par ce facteur. On dit,
comme pour les fractions numériques, qu’on simplifie la fraction.

2.4.2 Le numérateur et le dénominateur ne sont pas tous deux des produits


Par exemple, les fractions suivantes
a+b a+b a+b
, ,
c+b cb a
ne peuvent être transformées en des fractions plus simples.

On ne peut simplifier une fraction que lorsque le numérateur et le dénominateur sont tous les
deux écrits sous forme de produit.

Remarquons que le numérateur et le dénominateur de la fraction


a+b
(a + b)c
peuvent s’écrire sous forme de produits dont un des facteurs est la somme (a + b) :
(a + b)1
.
(a + b)c
On peut donc simplifier cette fraction en divisant le numérateur et le dénominateur par le facteur
commun (a + b). On a : a+b (a + b)1 1
= = .
(a + b)c (a + b)c c

Algèbre 169
2.5 Suppression des parenthèses encadrant une somme
Comme avec des nombres, pour ajouter une somme d’expressions algébriques, on ajoute chaque
terme de la somme. Ainsi on a
d + (2a + b − c) = d + (2a) + (b) + (−c) = d + 2a + b − c.
Cela revient à supprimer les parenthèses entourant la somme.
Pour retrancher une somme algébrique, on retranche chaque terme de la somme (Chap.1, sec-
tions 1.4.3 et 1.4.4). Par exemple,
d − (a − b + c) = d − a − (−b) − (+c) = d − a + b − c.
Cela revient à supprimer les parenthèses entourant la somme tout en changeant tous les signes à
l’intérieur des parenthèses.

Lorsque les parenthèses encadrant les termes d’une somme sont précédées du signe +, on peut
supprimer ces parenthèses.
Lorsque les parenthèses encadrant les termes d’une somme sont précédées du signe −, on peut
supprimer ces parenthèses à condition de changer les signes de tous les termes se trouvant à
l’intérieur des parenthèses.

2.6 Distributivité de la multiplication par rapport à l'addition, mise en


évidence
2.6.1 Distributivité simple
A la section 1.2.1, nous avons vu que l’égalité
a(a + b) = a2 + ab (1)
est une équivalence. Elle traduit la distributivité de la multiplication par rapport à l’addition. On
distribue la multiplication par a sur chacun des termes de la somme a + b :
a ( a + b ) = a · a + a · b = a2 + ab.

Le produit a(a + b) est transformé en une somme : a2 + ab.

2.6.2 Distributivité double


a b
c

Figure 7

L’aire du rectangle de base a + b et de hauteur c + d (figure 7) peut être calculée de différentes


façons et conduire aux expressions algébriques équivalentes suivantes;
• on considère un seul rectangle de côtés (a + b) et (c + d) :
(a + b)(c + d) ;
• on considère deux rectangles ayant chacun un côté de longueur (a + b) :
(a + b)c + (a + b)d ;
• on considère deux rectangles ayant chacun un côté de longueur (c + d) :
a(c + d) + b(c + d) ;
• on considère quatre rectangles :
ac + ad + bc + bd.

170 Chapitre 5
On remarque que passer de la première à la deuxième expression revient à distribuer la multiplica-
tion par (a + b) sur chacun des termes de la somme c + d :

( a + b ) ( c + d ) = (a + b)c + (a + b)d.

Et passer de la première à la troisième expression revient à distribuer la multiplication par (c + d)


sur chacun des termes de la somme a + b :

( a + b ) ( c + d ) = a(c + d) + b(c + d).

Pour passer de la deuxième à la quatrième expression ou de la troisième à la quatrième, il suffit


d’appliquer la distributivité simple.
Le schéma suivant montre comment on s’organise pour appliquer la double distributivité :

( a + b ) ( c + d ) = ac + ad + bc + bd.

Le produit (a + b)(c + d) est transformé en une somme : ac + ad + bc + bd.

On a illustré la distributivité au moyen du calcul de l’aire d’un rectangle, dont les longueurs des côtés
sont des nombres positifs, mais cette propriété est vraie aussi pour les nombres négatifs (chap. 1,
section 2.4.3).

2.6.3 Mise en évidence


Dans l’expression (1) de la section 2.6.1, on passe de l’expression a(a + b) à l’expression équivalente
a2 + ab : on distribue la multiplication sur la somme et le produit est remplacé par une somme.
En passant de l’expression a2 + ab à l’expression équivalente a(a + b), on dit qu’on met le facteur a
en évidence : a multiplie la somme écrite dans les parenthèses.
Lorsqu’on fait une mise en évidence, on remplace une somme par un produit.
Pratiquement, pour mettre un facteur en évidence dans une somme, il faut
• trouver un facteur commun à tous les termes de la somme,
• diviser chaque terme de la somme par ce facteur,
• encadrer cette nouvelle somme de parenthèses,
• écrire le facteur commun à l’extérieur des parenthèses, il multiplie la somme.
Voici un autre exemple :
2ab + 4a2 b = 2.a.b + 2 × 2.a.a.b = 2ab(1 + 2a).
Pour vérifier, il suffit d’appliquer la distributivité de la multiplication par 2ab sur chacun des termes
de la somme (1 + 2a) :
2ab(1 + 2a) = 2ab.1 + 2ab.2a = 2ab + 4a2 b.

a b

2.7 Produits remarquables


a a2 ab
2.7.1 Carré d'une somme
Pour les nombres positifs, la figure 8 permet d’é-
tablir la formule b ab b2
Figure 8

(a + b)2 = a2 + 2ab + b2 .

Algèbre 171
On peut justifier qu’elle est vraie aussi pour les valeurs négatives de a et de b en appliquant la
distributivité de la multiplication par rapport à l’addition et la commutativité de la multiplication :
(a + b)2 = (a + b) × (a + b)
= a2 + ab + ba + b2
= a2 + ab + ab + b2
= a2 + 2ab + b2 .
a–b
2.7.2 Carré d'une différence
La figure 9 montre que l’aire du carré de côté a–b (a – b)2 ab
(a − b) s’obtient en retirant du carré de côté a, les a
deux rectangles hachurés de côtés a et b et en ra-
joutant le carré de côté b (retiré deux fois). L’aire b
du carré de côté (a − b) vaut donc :
b
(a − b)2 = a2 − ab − ab + b2 = a2 − 2ab + b2 . a Figure 9

Ce raisonnement permet d’établir, pour les


valeurs positives de a, b et (a − b), la formule :

(a − b)2 = a2 − 2ab + b2 .

On peut justifier que la formule est vraie pour toutes les valeurs de a, b et (a − b) en appliquant la
distributivité de la multiplication par rapport à la somme et la commutativité de la multiplication :
(a − b)2 = (a − b) × (a − b)
= a2 − ab − ba + b2
= a2 − ab − ab + b2
= a2 − 2ab + b2 .

2.7.3 Différence de deux carrés


a a

a a

b
a–b
b
b

a) b) Figure 10

L’expression a − b est l’aire du carré de côté a duquel on a retiré le carré hachuré de côté b
2 2

(figure 10a). En déplaçant le petit rectangle de côtés b et (a−b) comme à la figure 10b, on transforme
la figure de départ en un rectangle de côtés (a + b) et (a − b).
Ces deux figures ont même aire, cela permet d’établir, pour les valeurs positives de a, b et (a − b), la
formule :

a2 − b2 = (a − b)(a + b).

172 Chapitre 5
Pour justifier que la formule est vraie pour toutes les valeurs de a, b et (a − b), on applique, dans le
second membre, la double distributivité de la multiplication par rapport à l’addition et la commu-
tativité de la multiplication :

( a + b ) ( a – b ) = a2 − ab + ba − b2 = a2 − b2 .

2.7.4 Utilisation
Dans les formules
(a + b)2 = a2 + 2ab + b2 , (a − b)2 = a2 − 2ab + b2 et a2 − b2 = (a − b)(a + b)
on peut remplacer chaque lettre par un nombre ou par n’importe quelle expression algébrique. Par
exemple,
(2x + 1)2 = 4x2 + 2 · 2x · 1 + 12 = 4x2 + 4x + 1,
4x2 − 9y 2 = (2x)2 − (3y)2 = (2x − 3y)(2x + 3y) .

2.8 Opérations sur les fractions algébriques


Pour effectuer des opérations sur les fractions algébriques, on utilise les mêmes règles que pour ef-
fectuer des opérations sur des fractions numériques (Chap.1, section 3). Nous donnons ici quelques
exemples :
b+1 (a − 2)(b + 1) (b + 1)
(a − 2) · = = ,
(a − 2)2 (a − 2)2 (a − 2)

a − 1 (a + 3)3 (a − 1)(a + 3)3 (a − 1)(a + 3)2


· = = ,
a+3 a+5 (a + 3)(a + 5) a+5

c+1 c+1 1 c+1


:a= = ,
c+2 c+2 a a(c + 2)

a c−1 a a2 a3
: = · = ,
c−2 a2 c−2 c−1 (c − 2)(c − 1)

 4
a−2 (a − 2)4
= ,
b b4

a c a+c
+ = ,
b b b

a c a·d b·c ad + bc
+ = + = ,
b d b·d b·d bd

a c a·d·e b·c ade + bc


+ 2 = + = ,
be de b · d · e2 b · d · e2 bde2

a a c a + bc
+c= + = .
b b 1 b

Algèbre 173
3 Transformations d'égalités
3.1 Principes d'équivalence entre deux égalités
Les principes d’équivalence, que nous développons ci-dessous, permettent de remplacer une égalité
par une autre égalité; ces égalités sont toutes deux vraies ou toutes deux fausses lorsque on y
remplace les mêmes lettres par les mêmes valeurs.

3.1.1 Principe d'addition


Nous avons vu que si on ajoute ou on retire un même nombre à deux nombres égaux, on obtient
encore deux nombres égaux (Chap.1, section 5.5.2).
Nous allons étendre, ici, ce principe à des égalités entre des expressions algébriques.

a) Si, par exemple, l’égalité


a=b
est vraie, alors l’égalité
a+4=b+4
est vraie également.
Réciproquement, si l’égalité
a+4=b+4
est vraie, alors l’égalité
a+4−4=b+4−4 c’est-à-dire a=b
est vraie également.
On peut remplacer une de ces deux égalités par l’autre.

b) Nous avons aussi vu (section 2.2) que l’équation


x+2=7
est une égalité vraie seulement si x = 5.
Si on ajoute un même nombre aux deux membres, par exemple 3, on obtient une nouvelle égalité
x+2+3=7+3 c’est-à-dire x + 5 = 10
qui, elle aussi, n’est vraie que si x = 5.
De même, si on retranche 3 des deux membres de l’égalité
x + 5 = 10
vraie seulement si x = 5, on obtient l’égalité
x+2=7
vraie seulement si x = 5.
On peut remplacer une des deux équations par l’autre.

Principe d’addition
Si on ajoute ou retranche un même nombre aux deux membres d’une égalité vraie, on obtient une
autre égalité vraie.
On peut le dire autrement :
• si l’égalité a = b est vraie,
alors l’égalité a + c = b + c est vraie quelle que soit la valeur donnée à c ;
• réciproquement, si l’égalité a + c = b + c est vraie,
alors l’égalité a = b est vraie aussi.
On dit que les deux égalités a = b et a + c = b + c sont équivalentes.

174 Chapitre 5
3.1.2 Principe de multiplication
Si on multiple deux nombres égaux par un même nombre ou si on divise deux nombres égaux par
un même nombre différent de zéro, on obtient encore deux nombres égaux.
Etendons à nouveau ce principe à des égalités dans lesquelles il y a des lettres.

a) Si, par exemple, l’égalité


a=b
est vraie, alors l’égalité
a·4=b·4
est vraie également.
Réciproquement, si l’égalité
a·4=b·4
est vraie, alors l’égalité
a·4 b·4
= c’est-à-dire a=b
4 4
est vraie également.
On peut remplacer une de ces deux égalités par l’autre.

Que se passerait-il si on multipliait les deux membres d’une égalité par 0 ?


La multiplication de tout nombre par zéro donne zéro et si on multipliait les deux membres de
l’égalité a = b par 0, on aurait
a · 0 = b · 0, c’est-à-dire 0=0
même si l’égalité a = b est fausse.
Donc, en multipliant par 0 les deux membres d’une égalité fausse, on obtiendrait une égalité vraie.
On ne peut donc pas remplacer l’une par l’autre.

b) Nous avons aussi vu que l’équation


6 · x = 18
est une égalité vraie seulement si x = 3.
Si on multiplie les deux membres par un même nombre non nul, par exemple 2, on obtient la nouvelle
égalité :
2 × (6x) = 2 × 18 c’est-à-dire 12x = 36
qui, elle aussi, n’est vraie que si x = 3.
De même, si on divise par 2, les deux membres de l’égalité
12x = 36
vraie seulement si x = 3, on obtient l’égalité
6x = 18
vraie seulement si x = 3.
On peut remplacer l’une des deux équations par l’autre; ces équations donnent la même information
sur x, elles ont la même solution.

Que se passerait-il si on multipliait les deux membres de l’équation par 0 ?


En multipliant par 0, les deux membres d’une équation, par exemple, de l’équation
6x = 18,
vérifiée seulement par x = 3, on obtiendrait l’équation
0 × 6x = 0 × 18 c’est-à-dire 0 · x = 0,
qui est vérifiée pour n’importe quelle valeur attribuée à x. Les deux équations ne donnent pas la
même information sur x. On ne peut donc pas remplacer l’une par l’autre.

Algèbre 175
Principe de multiplication
Si on multiple ou divise deux membres d’une égalité vraie par un même nombre différent de zéro,
on obtient une autre égalité vraie.
Plus précisément :
• si l’égalité a = b est vraie,
alors l’égalité ac = bc est vraie pour toute valeur donnée à c ;
• réciproquement, si l’égalité ac = bc est vraie et si c est différent de zéro,
alors l’égalité a = b est vraie aussi.
On dit que les deux égalités a = b et ac = bc sont équivalentes à condition que c ne prenne pas la
valeur 0.

Pour mieux comprendre les principes d’équivalence, on peut comparer une égalité à l’équilibre d’une
balance à plateaux : si on ajoute ou retranche une même masse aux deux plateaux d’une balance en
équilibre, la balance reste en équilibre et si on multiple ou divise les masses se trouvant sur les deux
plateaux d’une balance en équilibre par un même nombre non nul, la balance reste en équilibre.

3.2 Transformations d'égalités


3.2.1 Principe du produit nul
Alors que les deux principes d’équivalence décrits à la section précédente permettent de remplacer
une égalité par une autre, les principes présentés dans cette section permettent d’obtenir deux
égalités à partir d’une seule égalité.
Nous avons vu au chapitre 1 que le résultat de la multiplication d’un nombre par zéro est toujours
zéro.
Réciproquement, si le produit de deux nombres est zéro, c’est qu’au moins l’un des facteurs est nul.

Principe du produit nul


Si les expressions algébriques a et b sont telles que l’égalité ab = 0 est vraie, alors au moins une
des deux égalités suivantes est vraie : a = 0, b = 0.

Par exemple, l’égalité


(x + 2)(x − 3) = 0
est vraie si l’une des égalités suivantes est vraie :
x+2=0 ou x − 3 = 0,
c’est-à-dire si
x = −2 ou x = 3.
Du principe du produit nul, on déduit le principe des carrés égaux qu’on utilise pour la résolution
des équations du second degré (4.2.2).
A l’égalité a2 = b2 vraie, on applique le principe d’addition et on obtient l’égalité équivalente :
a2 − b2 = 0 c’est-à-dire (a − b)(a + b) = 0.
Selon le principe du produit nul, si cette dernière égalité est vraie, alors au moins une des deux
égalités suivantes est vraie :
a − b = 0, a + b = 0,
c’est-à-dire au moins une des deux égalités suivantes :
a = b, a = −b.

176 Chapitre 5
Principe des carrés égaux
Si l’égalité a2 = b2 est vraie, alors au moins une des deux égalités suivantes est vraie :
a = b, a = −b.

3.2.2 Principe de substitution


Nous fixons des principes qui permettent d’obtenir une égalité à partir de deux autres. Ils serviront
notamment à la résolution de systèmes d’équations (5.2.2).

Principe de substitution
Si l’égalité a = b est vraie,
alors lorsqu’on remplace a par b dans une égalité vraie contenant a (ou b par a dans une égalité
vraie contenant b), l’égalité obtenue est aussi vraie.

De ce principe, on déduit les deux cas particuliers suivants.

Principe de transitivité
Si les égalités a = b et b = c sont vraies, alors l’égalité a = c est aussi vraie.
Deux expressions égales à une même troisième sont égales entre elles.

Principe d’addition membre à membre


Si les égalités a = b et c = d sont vraies, alors l’égalité a + c = b + c est vraie par le principe
d’addition et l’égalité a + c = b + d est aussi vraie par le principe de substitution.
Si on additionne (ou soustrait) membre à membre plusieurs égalités vraies, on obtient encore une
égalité vraie.

3.3 Proportions
On appelle proportion une égalité de rapports.
On a, par exemple, les proportions
2 4 3 9
= et = ,
3 6 5 15
où les rapports sont des rapports de nombres.
On a par exemple aussi la proportion
a c
=
b d
où les lettres représentent des nombres non nuls ou des expressions algébriques1

Nous allons transformer cette dernière égalité de rapports en différentes formes équivalentes en
utilisant les propriétés des nombres et les deux principes d’équivalence.

Règle 1

a c b d
= équivaut à = .
b d a c

En effet, lorsque deux nombres sont égaux, leurs inverses sont égaux également.

1 Il faut s’assurer que ces expressions ne prennent pas la valeur zéro.

Algèbre 177
Règle 2

a c
= équivaut à ad = bc.
b d

En effet, lorsque
a c
= ,
b d
en appliquant le principe de multiplication, on obtient l’égalité équivalente :
a c
bd = bd c’est-à-dire ad = bc.
b d
Règle 3

a c a b
= équivaut à = .
b d c d

En effet, selon la règle 2,


a c
= équivaut à ad = bc
b d
En divisant les deux membres par cd, on obtient l’égalité équivalente :
a b
= .
c d
Règle 4

a c a+c a
= équivaut à = .
b d b+d b

En effet, selon la règle 2,


a c
= équivaut à ad = bc.
b d
Selon le principe d’addition, cette dernière égalité est équivalente à
ad + ab = bc + ab c’est-à-dire a(d + b) = b(c + a).
En divisant les deux membres par b(d+b) ou en appliquant la règle 2, on obtient l’égalité équivalente :
a c+a a a+c
= c’est-à-dire = .
b d+b b b+d

4 Equations à une inconnue


Les égalités suivantes ne sont pas vraies pour toutes les valeurs attribuées à la lettre. Ce sont
des équations (section 1.2.2) et la lettre représente l’inconnue, c’est-à-dire un nombre inconnu à
déterminer pour que l’égalité soit vraie :
3x + 5 = 0 (x − 2)(x + 12 ) = 0
x=1 3
2m + 1 = 23 m − 2
t2 = 25
Ces équations sont des équations à une inconnue.
Résoudre une équation, c’est trouver toutes les valeurs de l’inconnue pour lesquelles l’égalité est
vraie. Ces valeurs sont appelées solutions de l’équation.

178 Chapitre 5
On dit qu’une solution vérifie l’équation.
Deux égalités sont équivalentes si elles sont vraies pour les mêmes valeurs attribuées aux lettres. Des
équations équivalentes sont donc des équations ayant mêmes solutions. Les principes d’équivalence
sont des règles qui permettent de transformer une égalité en une autre équivalente et en particulier
une équation en une autre équivalente.
La méthode utilisée pour résoudre une équation dépend du type de cette équation. Il existe beau-
coup de types d’équations. Nous nous limitons ici à l’étude des équations du premier degré et des
équations du deuxième degré.

4.1 Equations du premier degré


4.1.1 Notion
Les équations suivantes sont du premier degré 2 , car dans chacune d’elles, le degré le plus élevé de
x est 1.
2x + 3 = 0 7x = 0
−x + 6 = 0 7x = −3
x+2=x−4 3x + 4 = 19
7x 3x
4x − 1 = 2x + 7 2x + 7 − 1 = +6−
2 2
Par contre, l’équation
x2 − 8 = 0
n’est pas du premier degré puisque x apparaît à la puissance 2 ; de même l’équation
(x − 2)(x + 4) = 0
n’est pas du premier degré, car après application de la distributivité dans le premier membre, elle
s’écrit 2
x + 4x − 2x − 8 = 0
2
et elle contient aussi un terme en x .

4.1.2 Résolution
A la section 1.2.2, nous avons résolu les équations très simples
x+2=7 et 6x = 18,
dans lesquelles ne se trouve qu’une opération : une addition ou une multiplication.
Dans cette section, nous envisageons des exemples plus complexes.
Premier exemple
Intéressons-nous à une équation dans laquelle on trouve un produit et une somme, par exemple :
3x + 4 = 19.
Cette équation est schématisée à la figure 11. On part de l’inconnue x, et on la traite comme si elle
était un nombre connu :
• on multiplie x par 3 et on obtient 3x ;
• on ajoute ensuite 4 à 3x et le résultat final est 19.
X 3 +4

x 3x 19
Figure 11

2 apparemment, car en réalité les équations x + 2 = x − 4 et 2x + 7 − 1 = 72x + 6 − 32x ne contiennent pas de terme en x après réduction des
termes semblables.

Algèbre 179
Pour trouver la solution, on fait le chemin en sens inverse comme le montre la figure 12 :
X 3 +4

x 3x 19

:3 –4 Figure 12

Décrivons ce chemin; il donne la méthode de résolution de l’équation.


a) On retranche d’abord 4 de 19, on obtient 15 qui est la valeur de 3x.
Cela revient à remplacer l’équation 3x + 4 = 19 (1)
par l’équation : 3x = 15. (2)
L’équation (2) peut aussi s’obtenir en retranchant 4 des deux membres de (1), c’est-à-dire en appli-
quant le principe d’addition. Pour une même valeur attribuée à x, les égalités (1) et (2) sont donc
toutes les deux vraies ou toutes les deux fausses et les deux équations ont même solution.

b) On divise ensuite 15 par 3 et on obtient 5 qui est la valeur cherchée pour x. Cela revient à
remplacer l’équation (2) par l’équation : x = 5. (3)
L’équation (3) peut aussi s’obtenir en divisant les deux membres de (2) par 3, c’est-à-dire en ap-
pliquant le principe de multiplication. Pour une même valeur attribuée à x, les égalités (2) et (3)
sont donc toutes les deux vraies ou toutes les deux fausses. Les équations (1), (2) et (3) ont même
solution, le nombre 5.
Vérifions que 5 est solution de l’équation (1). Pour cela, remplaçons x par 5 dans cette équation,
on a : 3 × 5 + 4 = 19
qui est une égalité vraie.

Pour résoudre une équation du premier degré,


• on transforme l’équation de départ en des équations équivalentes de plus en plus simples,
en utilisant les deux principes d’équivalence;
• l’équation est résolue quand on a obtenu une équation dont le premier membre est l’incon-
nue et le second membre est un nombre.

Deuxième exemple
Utilisons directement les principes d’équivalence pour résoudre l’équation
4x − 1 = 2x + 7.
Comme dans le premier exemple, nous commençons par transformer l’équation afin d’obtenir une
équation équivalente dont le premier membre est un terme en x et dont le deuxième membre un
nombre.
Pour cela, on applique le principe d’addition pour éliminer le terme en x du second membre : on
retranche 2x des deux membres. On obtient :
4x − 1 − 2x = 2x + 7 − 2x c’est-à-dire 2x − 1 = 7.
On applique une deuxième fois le principe d’addition pour éliminer du premier membre le terme ne
contenant pas x : on ajoute 1 aux deux membres. On obtient :
2x − 1 + 1 = 7 + 1 c’est-à-dire 2x = 8.
Pour obtenir la solution, il suffit d’appliquer le principe de multiplication en divisant les deux mem-
bres par 2 :
2x 8
= c’est-à-dire x = 4.
2 2

180 Chapitre 5
La solution est 4. Pour le vérifier, on remplace x par 4 dans l’équation de départ :
4×4−1=2×4+7 c’est-à-dire 15 = 15
et on obtient bien une égalité vraie.

Troisième exemple
Pour résoudre l’équation
7x = 0,
il suffit d’utiliser le principe de multiplication, car le premier membre est un terme en x et le
deuxième est un nombre. On divise les deux membres par 7 :
7x 0
= c’est-à-dire x = 0.
7 7
La solution est 0. Vérifions-le en remplaçant x par 0 dans l’équation de départ :
7×0=0
et on obtient bien une égalité vraie.

Quatrième exemple
Résolvons l’équation
x+2=x−4
Pour avoir le terme en x dans le premier membre et dans le deuxième membre, on applique le
principe d’addition :
0x = −6 ou 0 = −6
qui est une égalité fausse.
Cela signifie que l’équation
x+2=x−4
n’admet aucune solution.

Cinquième exemple
Pour résoudre l’équation,
7x 3x
2x + 7 − 1 = +6− ,
2 2
on additionne les termes semblables dans chaque membre et l’équation s’écrit :
4x
2x + 6 = +6 c’est-à-dire 2x + 6 = 2x + 6.
2
Cette dernière égalité est vraie quelle que soit la valeur de x : tout nombre est donc solution de cette
équation.
En appliquant le principe d’addition, on la transforme en l’équation :
2x + 6 − (2x + 6) = 2x + 6 − (2x + 6) c’est-à-dire 0x = 0
et on retrouve que tout nombre est solution de cette équation.

Une équation du premier degré est une équation équivalente à une équation de la forme
ax = b.

Dans cette expression, la lettre a représente un nombre non nul quelconque (car pour avoir une
équation en x, la présence du terme contenant x est requise) et la lettre b représente un nombre
quelconque. Le nombre représenté par a est appelé coefficient de x et le nombre représenté par b
est appelé terme indépendant.

Algèbre 181
Pour résoudre une équation dans laquelle le plus haut degré de l’inconnue est 1, on l’écrit d’abord
sous sa forme équivalente : ax = b. (1)
1) Si a = 0, on divise les deux membres par a et on obtient :
b
x= ;
a
b
est l’unique solution de l’équation.
a
2) Si a = 0, alors on a : 0x = b. (2)
Dans ce cas, l’équation (2) ne contient pas de termes en x, elle n’est donc pas du premier degré.
De plus :
• si b = 0, l’égalité (2) est fausse pour toutes les valeurs de x et l’équation n’admet aucune
solution;
• si b = 0, l’égalité (2) est vraie pour toutes les valeurs de x et tout nombre est solution de
l’équation.

4.2 Equations du deuxième degré


4.2.1 Définition
Les équations suivantes sont du deuxième degré :
x2 + 5 = 0 x2 + 6x + 9 = 0
3x2 + x + 2 = 0 4x2 + 12x − 1 = 0
x2 − 4x = 0 3x2 + 4x − 4 = 0
Elles sont toutes de la forme :
ax2 + bx + c = 0.
Les équations suivantes
x2 = 5
2
x
− x + 1 = 3x2 + x + 5
2  
x
(x + 3) −1 =0
4
ne sont pas de la forme ax2 +bx+c = 0 mais peuvent être transformées en une équation équivalente
de cette forme et sont aussi du deuxième degré.

Une équation du deuxième degré est une équation équivalente à une équation de la forme
ax2 + bx + c = 0.
Dans cette expression, la lettre a représente un nombre non nul quelconque (car pour avoir un
deuxième degré, la présence du terme contenant x2 est requise); les lettres b et c représentent des
nombres quelconques. Le nombre représenté par a est appelé coefficient de x2 , le nombre représenté
par b coefficient de x et le nombre représenté par c est le terme indépendant.

4.2.2 Résolution
Premier exemple
Selon le principe des carrés égaux (section 3.2.1), l’équation
x2 = 5

182 Chapitre 5
peut être remplacée par les deux équations suivantes :
√ √
x= 5 x = − 5.
√ √
Les solutions sont donc 5 et − 5.
Une résolution plus détaillée consiste à mettre l’équation sous sa forme équivalente :
x2 − 5 = 0
et ensuite décomposer x2 − 5 en facteurs; on obtient
 √  √ 
x− 5 x + 5 = 0.
Par le principe du produit nul, cette équation peut-être remplacée par
√ √
x− 5=0 ou x+ 5 = 0.
√ √
On retrouve les deux solutions 5 et − 5.
Deuxième exemple
L’équation
x2 + 5 = 0
est équivalente à l’équation
x2 = −5
qui n’est vraie pour aucune valeur de x puisqu’un carré n’est jamais négatif.
L’équation n’admet donc aucune solution.
Troisième exemple
Pour trouver les solutions de l’équation
x2 − 4x = 0,
on écrit le premier membre sous la forme d’un produit en mettant x en évidence :
x(x − 4) = 0.
Par le principe du produit nul, on déduit que :
x=0 ou x − 4 = 0,
ce qui équivaut à
x=0 ou x = 4.
Les solutions de l’équation sont 0 et 4.
Quatrième exemple
Le premier membre de l’équation
x2 + 6x + 9 = 0
est le carré de (x + 3).
Cette équation peut s’écrire sous la forme
(x + 3)2 = 0.
On en déduit que :
x + 3 = 0, c’est-à-dire x = −3.
La solution est égale à —3.
Cinquième exemple
Le premier membre de l’équation  
x
(x + 3) −1 =0
5
est écrit sous forme de produit. Par le principe du produit nul, on obtient :
x
x+3=0 ou − 1 = 0,
5
ce qui équivaut à
x = −3 ou x = 5.
Les solutions de l’équation sont −3 et 5.
Sixième exemple
Dans les exemples précédents, soit on factorise facilement le premier membre en facteurs, soit on
peut isoler le terme en x2 . Dans la suite, nous envisageons des cas dont la résolution est moins
immédiate. Ils préparent la mise au point d’une formule générale de résolution.

Algèbre 183
Pour résoudre l’équation
4x2 + 12x − 1 = 0,
on la met sous la forme équivalente
4x2 + 12x = 1. (1)
On complète la somme du premier membre par un troisième terme pour obtenir le carré d’une
somme de deux termes (section 2.7.1).
Pour nous aider dans cette démarche, reprenons la figure 13a, déjà rencontrée à la section 2.7.1 et
raisonnons d’abord géométriquement.
a b A B H A 2x B 3 H

a a2 ab 4x2 6x 2x 2x

D E D E
b ab b 2 6x C 3 C 3
I G F I 2x G3 F
a) b) c) Figure 13

Supposons que 4x2 représente l’aire du carré ABCD (figure 13b) et 6x l’aire de chaque rectangle.
Alors, pour que le premier membre de (1) représente l’aire du carré AHF I , il faut lui ajouter l’aire
du carré CEF G.
Déterminons les dimensions de ce dernier. Le côté de ABCD est 2x (figure 13c) et les côtés de
chaque rectangle sont 2x et 3. Le côté du carré CEGF est 3 et son aire 9. Le premier membre de
(1) augmenté de 9 représente donc l’aire d’un carré de côté 2x + 3.
Si on ajoute 9 aux deux membres de l’équation (1), on obtient l’équation :
4x2 + 12x + 9 = 10 c’est-à-dire (2x + 3)2 = 10.
On sait que la démarche géométrique n’est valable que pour les nombres positifs. On peut raisonner
de manière algébrique, c’est-à-dire déterminer le terme à ajouter au premier membre de (1) pour
qu’il devienne le carré d’une somme de deux termes.
Pour cela, on compare
4x2 + 12x
à l’expression du carré de a + b
a2 + 2ab + b2
Le terme 4x , qui est le carré de 2x, correspond à a2 ; le terme 12x est le double produit.
2

Donc on peut écrire :


4x2 + 12x = (2x)2 + 2 × 2x × 3.
Pour avoir le carré d’une somme, il manque donc le carré de 3. En effet, on a :
(2x)2 + 2 × 2x × 3 + 32 = (2x + 3)2 .
Donc, en ajoutant 9 aux deux membres de l’équation
4x2 + 12x = 1, (1)
on obtient l’équation équivalente :
4x2 + 12x + 9 = 10 c’est-à-dire (2x + 3)2 = 10.
Par le principe des carrés égaux, on déduit :
√ √
2x + 3 =
10 ou 2x + 3 = − 10,
c’est-à-dire √ √
2x = −3 + 10 ou 2x = −3 − 10,
c’est-à-dire √ √
− 3 + 10 − 3 − 10
x= ou x= .
2 2
√ √
− 3 + 10 − 3 − 10
Les solutions de l’équation sont et .
2 2
184 Chapitre 5
Septième exemple et formule générale

Résolvons un septième exemple et établissons, en parallèle, une formule qui permet de calculer les
solutions de l’équation du deuxième degré

ax2 + bx + c = 0.
Pour résoudre l’équation Pour résoudre l’équation
3x + 4x − 4 = 0,
2
ax2 + bx + c = 0,
on la met sous la forme équivalente on la met sous la forme équivalente
2
3x + 4x = 4. ax2 + bx = −c.
2
Le terme du deuxième degré 3x est le carré de On multiplie les deux membres par a pour que

3x. Comme ce n’est pas commode de travailler le terme du second degré en x soit le carré de
avec des racines carrées, on multiplie les deux ax, on obtient l’équation équivalente :
membres de l’équation par 3, on obtient l’équa-
tion équivalente :
3(3x2 + 4x) = 3 × 4 a(ax2 + bx) = −ac
c’est-à-dire c’est-à-dire
2
9x + 12x = 12 a2 x2 + abx = −ac
ou ou
b
(3x)2 + 2 × 3x × 2 = 12. (ax)2 + 2 · ax · = −ac.
2
 2
b
Il manque 4 au premier membre pour que celui- Il manque au premier membre pour que
2  
ci soit le carré de (3x + 2). On ajoute donc 4 aux
b
deux membres : celui-ci soit le carré de ax + . On ajoute
2
 2
b
donc aux deux membres :
2  2  2
b b b
(3x) + 2 × 3x × 2 + 4 = 12 + 4
2
(ax) + 2 · ax · +
2
= −ac +
2 2 2
c’est-à-dire c’est-à-dire 2
b b2 − 4ac
(3x + 2)2 = 16. ax + = . (2)
2 4
Par le principe des carrés égaux, cette équation Pour que l’équation admette des solutions, il
peut être remplacée par faut que le deuxième membre soit un nombre
3x + 2 = 4 ou 3x + 2 = −4. positif ou nul, puisque le premier membre est
En résolvant ces équations du premier degré, on un carré, c’est-à-dire il faut que
détermine les solutions de l’équation : 23 et −2. b2 − 4ac  0.

Discussion de la formule générale

Supposons donc que b2 − 4ac > 0.


Par le principe des carrés égaux, l’égalité (2) peut être remplacée par

b b2 − 4ac b b2 − 4ac
ax + = ou ax + =− ,
2 4 2 4

en appliquant le principe d’addition,


√ √
b b2 − 4ac b b2 − 4ac
ax = − + ou ax = − − ,
2 2 2 2

Algèbre 185
et en appliquant le principe de multiplication,
√ √
−b+ b2 − 4ac −b− b2 − 4ac
x= ou x= .
2a 2a
Si b2 − 4ac = 0,
b
alors les deux valeurs obtenues pour x coïncident : elles sont égales à − .
2a
2
L’équation ax + bx + c = 0
admet deux, une ou pas de solution selon le signe de b2 − 4ac :
lorsque b2 − 4ac > 0, l’équation admet deux solutions :
√ √
−b+ b2 − 4ac −b− b2 − 4ac
et ;
2a 2a
b
lorsque b2 − 4ac = 0, l’équation admet une solution (deux solutions confondues) : − ;
2a
lorsque b2 − 4ac < 0, l’équation n’admet pas de solution.

L’expression b2 −4ac est appelée réalisant, discriminant ou déterminant de l’équation ax2 +bx+c = 0
et est souvent notée par l’une des lettres grecques « ρ » ou « ∆ » qui se lisent respectivement « rho »
et « delta ».
Il n’est pas toujours nécessaire d’appliquer la méthode générale de résolution; on a pu résoudre
autrement les cinq premiers exemples ayant l’une des formes suivantes :
ax2 + c = 0 ax2 + bx = 0

(mx + p)2 = 0 (mx + p)(nx + q) = 0

5 Equations du premier degré


à deux inconnues
5.1 Une équation du premier degré à deux inconnues
5.1.1 Exemple
Cherchons deux nombres dont la différence est 10. Notons-les x et y . La condition sur x et y se
traduit par l’équation : x − y = 10. (1)
Cette équation contient deux inconnues x et y . On dit que c’est une équation à deux inconnues.
Voici quelques valeurs de x et de y qui vérifient l’égalité (1) :
x = 19 et y=9
x = −9 et y = −19
x = 2, 5 et y = −7, 5
x = 16, 69 et y = 6, 69
Les nombres 19 et 9, placés dans cet ordre, constituent une solution de l’équation. Cette suite de
deux nombres est appelée couple de nombres. Pour présenter une solution d’une équation en x et y ,
on écrit à gauche la valeur attribuée à x et à droite, celle attribuée à y . Le couple ci-dessus, solution
de l’équation, est ainsi noté (19, 9). Le couple (9, 19) est un autre couple et n’est pas solution de
l’équation (1) puisque

186 Chapitre 5
9 − 19 = 10.
De même les couples (−9, −19), (2, 5 ; −7, 5), (16, 69 ; 6, 69) sont quelques solutions3 de l’équation
(1). L’équation en admet une infinité : dès qu’on a choisi une valeur pour une des inconnues (il y a
une infinité de choix), il suffit de résoudre une équation du premier degré pour trouver la valeur
de l’autre inconnue.
Dans un plan muni d’un système d’axes, les points dont les coordonnées sont solutions de l’équation
x − y = 10
appartiennent tous à une même droite et tous les points de cette droite sont les seuls dont les
coordonnées vérifient l’équation (Chap.8, section 2.1.3).
On dit que cette équation est du premier degré en x et y .

5.1.2 Forme générale


Une équation du premier degré à deux inconnues est de la forme
ax + by = c où a = 0, b = 0 et c quelconque.

Elle admet une infinité de couples solutions qui sont les coordonnées des points de la droite d’équa-
tion ax + by − c = 0.
Remarquons que les équations suivantes ne sont pas du premier degré :
1
y= qui équivaut à x · y = 1;
x
x2 + y = 1.

5.2 Système de deux équations du premier degré à deux inconnues


5.2.1 Notion
Cherchons deux nombres dont la somme est 10 et dont la différence est 5. Notons ces nombres x
et y . Les conditions sur x et y se traduisent par deux équations :
x + y = 10 et x − y = 5.
On écrit les deux équations de la manière suivante
x + y = 10
x−y =5 .
L’accolade signifie que la première et la deuxième conditions doivent être satisfaites toutes les deux.
Les deux équations constituent un système de deux équations du premier degré à deux inconnues.
Les deux inconnues sont x et y .
Résoudre un système, c’est chercher les couples de nombres qui vérifient à la fois les deux équations.
De tels couples de nombres sont solutions du système. Ainsi, le couple de nombres (7, 5 ; 2, 5)
est une solution du système puisque
7, 5 + 2, 5 = 10 et 7, 5 − 2, 5 = 5.
Par contre (9, 1) n’est pas solution puisque
9 + 1 = 10 mais 9 − 1 = 5.

5.2.2 Méthodes de résolution


Pour résoudre un système, on procède généralement de la manière suivante :
• on déduit du système une équation ne contenant qu’une inconnue;

3 Remarquons que, lorsque le couple contient des décimaux, on remplace, par un point virgule, la virgule placée entre les deux nombres.

Algèbre 187
• on résout cette équation qui fournit la valeur de la première inconnue;
• on introduit la valeur de cette première inconnue dans une équation du système de départ
et la solution de cette nouvelle équation est la valeur de la deuxième inconnue.
Dans la pratique, trois méthodes sont utilisées pour déduire du système une équation ne contenant
qu’une inconnue; c’est l’objet des trois sections suivantes.

Méthode par comparaison


Considérons le cas particulier où le système à résoudre a une forme simplifiée : la même inconnue
est isolée dans chaque équation. Par exemple :
y = 2x + 3 (1)
y =x−2 (2)
On cherche un couple de nombres qui vérifie la première et la seconde équations.
Si un couple de nombres est solution de chaque équation du système, alors ce couple doit aussi
vérifier l’équation (3), obtenue en appliquant le principe de transitivité (section 3.2.2) aux égalités
(1) et (2) : 2x + 3 = x − 2. (3)
On résout l’équation (3), on trouve : x = −5.
On a ainsi déterminé la valeur à attribuer à x. On l’utilise pour trouver la valeur à attribuer à y en
remplaçant x par −5 dans l’une des deux équations du système. On choisit pour cela l’équation la
plus simple, ici l’équation (2) et on obtient
y = −5 − 2 c’est-à-dire y = −7.
Le couple (−5, −7) est solution du système et c’est la seule.
Vérifions que (−5, −7) est solution en remplaçant, dans le système, x et y par les valeurs trouvées :
−7 = −10 + 3 et −7 = −5 − 2.
Ces égalités sont vraies.
De façon générale, pour résoudre un système dans lequel une même inconnue est isolée dans les
deux équations,
• on déduit du système une équation ne contenant qu’une inconnue en appliquant le principe
de transitivité;
• on résout cette équation qui fournit la valeur de cette inconnue;
• on introduit la valeur de cette inconnue dans une équation du système de départ et la solu-
tion de cette nouvelle équation est la valeur de l’autre inconnue.

Méthode par substitution


Résoudre le système : x + 2y = 1 (1)
2x − y = −1 (2)
L’inconnue x apparaît avec un coefficient simple dans l’équation (1); on peut facilement isoler x et
on obtient : x = 1 − 2y (3)
2x − y = −1 (2)
Si un couple de nombres est solution du système, alors ce couple doit aussi vérifier l’équation (4)
qu’on obtient en appliquant le principe de substitution (section 3.2.2), c’est-à-dire en remplaçant,
dans (2), x par le membre de droite de (3) :
2(1 − 2y) − y = −1 (4)
On résout (4) et on trouve :
3
2 − 4y − y = −1 c’est-à-dire y= .
5
3
En substituant à y dans (3), la valeur 5 qui lui est attribuée, on obtient :

188 Chapitre 5
3 1
x=1−2· c’est-à-dire x=− .
5 5
 
Le couple − 15 , 3
est la seule solution du système.
 5 
Vérifions que − 15 , 35 est solution en remplaçant, dans le système, x et y par les valeurs trouvées :
 
1 3 1 3
− +2· =1 et 2 − − = −1.
5 5 5 5
Ces égalités sont vraies.
De façon générale, pour résoudre un système dans lequel on peut isoler facilement une inconnue
dans l’une des équations, on déduit du système une équation ne contenant qu’une inconnue en
appliquant le principe de substitution :
• on isole une inconnue dans une équation;
• dans l’autre équation, on remplace cette inconnue par le deuxième membre de l’égalité dans
laquelle elle est isolée;
• on résout cette équation à une inconnue;
• on introduit la valeur de cette inconnue dans une équation du système de départ et la solu-
tion de cette équation est la valeur de l’autre inconnue.
Méthode par combinaison
Résoudre le système :
3x + 2y = −1 (1)
2x − 5y = −4 (2)
Dans ce système, les méthodes précédentes sont difficilement applicables, car aucune inconnue n’est
isolée ou n’apparaît avec un coefficient égal à 1. Pour éliminer une inconnue, on procède comme
suit.
On applique le principe de multiplication aux deux équations du système de telle manière que les
coefficients de x de chaque équation du nouveau système soient des nombres opposés.
Pour cela, on multiplie les deux membres de (1) par 2 et les deux membres de (2) par −3. On obtient
un système formé de deux équations équivalentes aux équations (1) et (2) :
6x + 4y = −2 (3)
−6x + 15y = 12 (4)
Si un couple de nombres vérifie le système, alors il vérifie l’équation à une inconnue, obtenue en
appliquant aux égalités (3) et (4), le principe d’addition membre à membre (section 3.2.2) :
10
19y = 10 c’est-à-dire y= .
19
10
En remplaçant dans (1), y par 19 , on obtient :
10
3x + 2 · = −1,
19
et après résolution de cette équation :
13
x=− .
19
   
Le couple − 13
19 , 19 est la seule solution du système. Vérifions que − 19 ,
10 13 10
19 est solution en rem-
plaçant, dans le système, x et y par les valeurs trouvées :
− 13 10 − 13 10
3· +2· = −1 et 2· −5· = −4
19 19 19 19
Ces égalités sont vraies.
De façon générale, lorsque les coefficients ne permettent pas une utilisation simple des méthodes
de comparaison et de substitution, on utilise la méthode de combinaison pour déduire du système
une équation ne contenant qu’une inconnue comme suit :

Algèbre 189
• on applique, si nécessaire, le principe de multiplication à une ou à plusieurs équations du
système de telle sorte que les coefficients d’une même inconnue dans les deux équations
soient des nombres opposés;
• on applique le principe d’addition membre à membre aux deux nouvelles équations;
• on résout cette équation à une inconnue;
• on introduit la valeur de cette inconnue dans une équation du système de départ et la solu-
tion de cette équation est la valeur de l’autre inconnue.

5.2.3 Interprétation géométrique et discussion


Dans un système d’axes, les points dont les coordonnées vérifient une équation du premier degré à
deux inconnues sont sur une droite (Chap.8, section 2.1.4).
Résoudre un système de deux équations à deux inconnues, c’est déterminer les couples de nombres
qui vérifient deux équations à la fois, c’est-à-dire les coordonnées des points qui se trouvent sur
deux droites, c’est-à-dire les coordonnées des éventuels points d’intersection des deux droites.
Or deux droites peuvent être
• sécantes c’est-à-dire avoir un seul point commun;
• parallèles distinctes c’est-à-dire n’avoir aucun point commun;
• parallèles confondues c’est-à-dire avoir tous leurs points communs.
Cela signifie qu’un système de deux équations à deux inconnues peut avoir soit une solution, soit
zéro solution, soit encore une infinité de solutions.

Une solution
Chacun des trois systèmes résolus dans la section 5.2.2 a une seule solution. Ils sont donc constitués
d’équations de deux droites sécantes (figure 14).

y y y
Ð13 10
( , )
19 19
Ð1
Ð 6 Ð 4 Ð2 2 ( , )
5 5
x x x
Ð2
Ð1 Ð1
Ð4
Ð6
(Ð5,Ð7) Ð8 Ð1 Ð1
a) b) c) Figure 14
y = 2x + 3 x + 2y = 1 3x + 2y = −1
y =x−2 2x − y = −1 2x − 5y = −4

Pas de solution y 6

Le système suivant 5
4
x+y =1 y = −x + 1
qui s’écrit aussi
2x + 2y = 4 y = −x + 2
2
est constitué par les équations de deux droites pa-
rallèles (non confondues) (figure 15) et n’a donc Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 2
x
pas de solution. Ð1
Figure 15

190 Chapitre 5
Vérifions algébriquement que ce système n’admet aucune solution. En appliquant la méthode de
comparaison à la deuxième forme du système, on obtient l’équation :
−x + 1 = −x + 2 qui se transforme en 1 = 2.
Cette égalité est fausse et le système n’est donc vérifié par aucun couple. Il n’admet aucune solution.
Une infinité de solutions
Interprétons le système suivant :
x+y =1 (1) y 6
2x + 2y = 2 (2)
5
Les deux équations du système (1) et (2) sont des 4
équations équivalentes : on passe de la première
à la deuxième en multipliant les deux membres 2
par 2. Les deux équations ont donc les mêmes so-
lutions. Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 2
x
Les coordonnées des points vérifiant ces deux Ð1
équations sont sur une même droite et tous les Figure 16
points de cette droite (il y en a une infinité) sont solutions du système (figure 16).

6 Inéquations à une inconnue


6.1 Inégalité
Au chapitre 1, section 5.3.2, nous avons rencontré des inégalités telles que :

5 < 3, x < 5, x  5, ...
L’inégalité stricte
a < b,
qui se lit « a est inférieur à b » ou « a est plus petit que b », peut ausssi s’écrire sous la forme
b > a,
qui se lit « b est supérieur à a » ou « b est plus grand que a ».
L’inégalité
a  b,
qui se lit « a inférieur ou égal à b » ou « a plus petit ou égal à b », peut aussi s’écrire sous la forme
b  a,
qui se lit˚: « b supérieur ou égal à a » ou « b plus grand ou égal à a ».

6.2 Inéquations
Les inégalités suivantes ne sont pas vraies pour toutes les valeurs attribuées à la lettre qui s’y trouve :
3x + 5 > 0 t2  25
3 2
x3 + x > 3 m+1 m−2
2 3
Ce sont des inéquations à une inconnue et la lettre représente l’inconnue, c’est-à-dire un nombre
inconnu à déterminer pour que l’inégalité soit vraie.
Résoudre une inéquation à une inconnue, c’est trouver toutes les valeurs de l’inconnue pour les-
quelles l’inégalité est vraie.
Ces valeurs sont appelées solutions de l’inéquation. Un nombre est donc solution d’une inéquation
si, lorsqu’on remplace la lettre par ce nombre, on obtient une inégalité vraie.

Algèbre 191
On dit qu’une solution vérifie l’inéquation.
Regardons par exemple l’inéquation x3 + 2 > 3 (1)
et examinons si l’inégalité obtenue en attribuant certaines valeurs à x est vraie ou fausse.

Valeur attribuée à x Valeur de x3 + 2 L’inégalité est

x = −2 (−2) + 2 = −6
3
fausse, car −6 < 3
 3
3 3 11 11
x=− − +2=− fausse, car − <3
2 2 8 8
x=1 (1)3 + 2 = 3 fausse, car 3 = 3

x=2 (2)3 + 2 = 10 vraie, car 10 > 3

x = 4, 5 (4, 5)3 + 2 = 93, 125 vraie, car 93, 125 > 3

Parmi les valeurs choisies pour x, les nombres 2 et 4, 5 rendent l’inégalité (1) vraie et sont donc
solutions de l’inéquation.
Comme pour les équations, deux inéquations sont équivalentes lorsque toute solution de l’une est
solution de l’autre.
Pour résoudre une inéquation, on utilise les principes d’équivalence exposés dans la section suivante.
L’inéquation est résolue quand on obtient une inéquation dont le premier membre est l’inconnue
et le deuxième membre un nombre.

6.3 Principes d'équivalence entre deux inégalités


6.3.1 Principe d'addition
Si, par exemple (figure 17), l’inégalité a<b
est vraie, alors l’inégalité a+4<b+4
est vraie également.

a a+4 b b+4 Figure 17

Réciproquement (figure 18), si l’inégalité a + 4 < b + 4

est vraie, alors l’inégalité a+4−4<b+4−4 c’est-à-dire a<b


est vraie également.

a a+4 b b+4 Figure 18

On peut remplacer une des deux inégalités par l’autre; elles donnent la même information.

Principe d’addition
Si on ajoute ou retranche un même nombre aux deux membres d’une inégalité vraie, on obtient
une autre inégalité vraie.
On peut le dire autrement :
• si l’inégalité a < b est vraie,
alors l’inégalité a + c < b + c est vraie quelle que soit la valeur donnée à c ;
• réciproquement, si l’inégalité a + c < b + c est vraie,
alors l’inégalité a < b est vraie aussi.
Les deux inégalités a < b et a + c < b + c sont équivalentes.

192 Chapitre 5
Cas particulier
• Si l’inégalité a < b est vraie,
alors l’inégalité a − b < b − b, c’est-à-dire l’inégalité a − b < 0 est vraie;
• réciproquement, si l’inégalité a − b < 0 est vraie,
alors l’inégalité a − b + b < b, c’est-à-dire l’inégalité a < b est vraie aussi.
Les deux inégalités a < b et a − b < 0 sont donc équivalentes.

6.3.2 Principe du signe du produit


Nous savons que le produit de deux nombres positifs ou de deux nombres négatifs est un nombre
positif (Chap.1, section 3.5.3).
Le produit d’un nombre positif et d’un nombre négatif est un nombre négatif.
Réciproquement, si le produit de deux nombres est positif, les deux facteurs sont tous deux positifs
ou tous deux négatifs et si le produit est négatif, un des deux facteurs est positif et l’autre négatif.

Principe du signe du produit


Si l’inégalité a · b > 0 est vraie, alors
soit a>0 et b>0 sont vraies;
soit a<0 et b<0 sont vraies.
Si l’inégalité a · b < 0 est vraie, alors
soit a>0 et b<0 sont vraies;
soit a<0 et b>0 sont vraies.

6.3.3 Principe de multiplication


a) Le second membre est 0
Si on multiplie, par un nombre strictement po- Si on multiplie, par un nombre strictement né-
sitif c, les deux membres de l’inégalité vraie gatif c, les deux membres de l’inégalité vraie
a > 0, a > 0,
on obtient l’inégalité vraie : pour obtenir une inégalité vraie, il faut inverser
ca > 0. le sens de l’inégalité :
ca < 0.
Réciproquement si on divise par c, positif, les Réciproquement si on divise par c, négatif, les
deux membres de l’inégalité vraie deux membres de l’inégalité vraie
ca > 0, ca < 0,
on obtient l’inégalité vraie : et qu’on inverse le sens de l’inégalité, on obtient
l’inégalité vraie :
a > 0. a > 0.
Si c est positif, les deux inégalités Si c est négatif, les deux inégalités
a>0 et ca > 0 a>0 et ca < 0
sont équivalentes. sont équivalentes.

b) Cas général
L’inégalité
a<b
est équivalente à l’inégalité
a − b < 0. (1)

Algèbre 193
Si c est strictement positif, on obtient, en multi- Si c est strictement négatif, on obtient, en multi-
pliant par c les deux membres de l’inégalité (1), pliant par c les deux membres de l’inégalité (1),
l’inégalité équivalente l’inégalité équivalente
ca − cb < 0, ca − cb > 0,
elle-même équivalente à elle-même équivalente à
ca < cb. ca > cb.

Si c est strictement positif, les deux inégalités Si c est strictement négatif, les deux inégalités
a<b et ca < cb a<b et ca > cb
sont équivalentes. sont équivalentes.

Exemple : si c = 2, les inégalités Exemple : si c = −1, les inégalités


a<b et 2a < 2b a<b et −a > −b
sont équivalentes comme l’illustre la figure 19. sont équivalentes comme l’illustre la figure 20.

Si a > 0 et b > 0 Si a > 0 et b > 0


b 2b –b b
0 a 2a –a 0 a

Si a < 0 et b > 0 Si a < 0 et b > 0


b 2b –b b
2a a 0 a 0 –a
Figure 19 Figure 20

Principe de multiplication
Si on multiple ou divise les deux membres d’une inégalité vraie par un même nombre positif, on
obtient une autre inégalité vraie.
Si on multiple ou divise les deux membres d’une inégalité vraie par un même nombre négatif, pour
obtenir une inégalité vraie, il faut inverser le sens de l’inégalité de départ.

6.4 Inéquations du premier degré


Les inéquations suivantes sont du premier degré, car dans chacune d’elles, le degré le plus élevé de
x est 1 :
2x + 3 < 0,
3x − 3  5x + 1.
Pour résoudre une inéquation, on la transforme en des inéquations équivalentes de plus en plus
simples en utilisant les principes d’addition et de multiplication.

Premier exemple

Pour résoudre
2x + 3 < 0,
on applique le principe d’addition pour que seul le terme en x soit dans le premier membre et que
le terme indépendant soit dans le deuxième membre; on obtient l’inéquation équivalente :

2x + 3 − 3 < 0 − 3 c’est-à-dire 2x < −3 ;

194 Chapitre 5
on applique le principe de multiplication pour isoler x dans le premier membre, c’est-à-dire on divise
les deux membres par 2 et on obtient l’inéquation équivalente :
3
x<− .
2
L’inéquation admet donc une infinité de solutions, elles correspondent à tous les points à gauche
de − 32 sur la droite graduée. Ils sont représentés sur la figure 21; le rond non rempli signifie que
− 32 n’est pas solution. Toutes ces solutions constituent la demi-droite ←, − 32 .
–3
2
Figure 21

Deuxième exemple
Pour résoudre l’inéquation
3x − 3  5x + 1,
on applique le principe d’addition pour que les termes en x soient tous dans le premier membre et
les termes indépendants soient tous dans le deuxième membre; on obtient l’inéquation équivalente :
3x − 3 − 5x + 3  5x + 1 − 5x + 3 c’est-à-dire −2x  4 ;
on applique le principe de multiplication pour isoler x dans le premier membre, c’est-à-dire on divise
les deux membres par −2 et, en changeant le sens de l’inégalité, on obtient l’inéquation équivalente
− 2x 4
 c’est-à-dire x  −2.
−2 −2
L’inéquation admet donc une infinité de solutions, elles correspondent à tous les points à droite
de −2 sur la droite réelle. Ils sont représentés sur la figure 22; le rond rempli signifie que −2 est
solution de l’inéquation. Toutes ces solutions constituent la demi-droite [−2, →].

–2 Figure 22

6.5 Inéquations du deuxième degré


Les inéquations suivantes sont du deuxième degré :

(2x − 3)(x + 4) > 0 3x2 + x + 2  0


x2
x2  25 − x + 1 < 3x2 + x + 5
2
x2 + 5 < 0
Chacune peut être transformée en une inéquation équivalente de l’une des formes suivantes :

ax2 + bx + c < 0, ax2 + bx + c  0,


ax2 + bx + c > 0, ax2 + bx + c  0,
où les lettres a, b et c représentent des nombres quelconques, a représentant un nombre non nul
(car pour avoir un deuxième degré, la présence du terme contenant x2 est requise).

6.5.1 Premier exemple


Résoudre
(2x − 3)(x + 4) > 0.
Pour que le produit soit positif, les deux facteurs doivent être tous deux positifs ou tous deux
négatifs.

Algèbre 195
a) Etudions séparément le signe de chaque facteur, c’est-à-dire déterminons les valeurs de x pour
lesquelles chaque facteur est strictement négatif, nul ou strictement positif. Les résultats sont pré-
sentés dans les tableaux suivants.

Signe de 2x − 3
2x − 3 < 0 2x − 3 = 0 2x − 3 > 0
équivaut à équivaut à équivaut à
2x < 3 2x = 3 2x > 3
c’est-à-dire à c’est-à-dire à c’est-à-dire à
3 3 3
x< x= x>
2 2 2
Tableau 2

Signe de x + 4
x+4<0 x+4=0 x+4>0
équivaut à équivaut à équivaut à
x < −4 x = −4 x > −4
Tableau 3

b) Etudions le signe du produit.


La valeur x = 32 provoque un changement de signe du facteur 2x − 3 et la valeur x = −4, un
changement de signe du facteur x + 4.
Il en résulte que les valeurs x = 32 et x = −4 provoquent toutes deux un changement de signe du
produit. Nous le montrons dans le tableau 4 où les valeurs de x sont classées par ordre croissant.

3 3 3
Valeur attribuée à x x < −4 x = −4 −4 < x < x= x>
2 2 2
Signe de 2x − 3 − − − 0 +
Signe de x + 4 − 0 + + +
Signe du produit (2x − 3)(x + 4) + 0 − 0 +
Tableau 4

Dans ce tableau, nous lisons que


• l’expression (2x − 3)(x + 4) est strictement positive si l’une des inégalités suivantes est vraie :
3
x < −4 ou x> ,
2
• l’expression (2x − 3)(x + 4) est nulle
3
si x = −4 ou si x = ,
2
• l’expression (2x−3)(x+4) est strictement négative si les deux inégalités suivantes sont vraies :
3
x > −4 et x< ;
2
ces deux dernières égalités réunies sont généralement résumées par l’expression :
3
−4 < x < .
2
Nous cherchons les valeurs de x qui vérifient :
(2x − 3)(x + 4) > 0.
Nous avons montré que ce sont les valeurs telles que :
3
x < −4 ou x> .
2

196 Chapitre 5
On représente les solutions par les points des demi-droites ]←, −4[ et 2, →
3
de la figure 23.

–4 3
2

Figure 23

6.5.2 Deuxième exemple


Considérons l’inéquation
x2  25.
Pour résoudre cette inéquation du deuxième degré, on applique le principe d’addition afin d’avoir
zéro dans le deuxième membre. On retranche 25 des deux membres et on obtient :
x2 − 25  0.
On factorise x2 − 25 et on est ramené au cas précédent :
(x − 5)(x + 5)  0.
Signe de x − 5 Signe de x + 5
x−5<0 x−5=0 x−5>0 x+5<0 x+5=0 x+5>0
équivaut à équivaut à équivaut à équivaut à équivaut à équivaut à
x<5 x=5 x>5 x < −5 x = −5 x > −5
Tableau 5 Tableau 6

Résumons les tableaux 5 et 6 dans la tableau 7.

Valeur attribuée à x x < −5 x = −5 −5 < x < 5 x=5 x>5


Signe de x − 5 − − − 0 +
Signe de x + 5 − 0 + + +
Signe du produit (x − 5)(x + 5) + 0 − 0 +
Tableau 7

Dans le tableau 7, nous lisons que x − 25 est négatif ou nul si


2

−5  x  5.
On représente les solutions par les points d’un segment (figure 24). Elle constituent l’intervalle
[−5, 5].

–5 5 Figure 24

6.5.3 Cas général


Pour résoudre
ax2 + bx + c = 0,
nous devons factoriser ax2 + bx + c.
Factorisation de ax2 + bx + c
A la section 4.2.2, nous avons montré que l’équation
ax2 + bx + c = 0 (1)
est équivalente aux équations
a(ax2 + bx + c) = 0, (2)
 2
b b2 − 4ac
ax + = ,
2 4
donc à l’équation  2
b b2 − 4ac
ax + − = 0. (3)
2 4

Algèbre 197
Dans le cas où b2 − 4ac est positif ou nul, on peut factoriser le premier membre de (3) :
 2   √   √ 2 
b b2 − 4ac b b2 − 4ac b b − 4ac
ax + − = ax +
+ ax + −
2 4 2 2 2 2
√  √ 
− b − b2 − 4ac − b + b2 − 4ac
= ax − ax −
2 2
√  √ 
− b − b2 − 4ac − b + b2 − 4ac
=a · x−
2
· x−
2a 2a
et, en appelant x1 et x2 les solutions de (1) telles que x1 < x2 , on obtient :
 2
b b2 − 4ac
ax + − = a2 · (x − x1 )(x − x2 ). (4)
2 4
De (2) et de (4), on déduit :
a2 x2 + abx + ac = a2 · (x − x1 )(x − x2 ),
et donc, en simplifiant par a,
ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ).
Si b − 4ac = 0, les deux solutions sont confondues
2

ax2 + bx + c = a(x − x1 )2 .
Si b2 − 4ac < 0, on peut prouver qu’il n’y a pas de factorisation possible.
Lorsque b2 − 4ac > 0,
ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ).
Lorsque b2 − 4ac = 0,
ax2 + bx + c = a(x − x1 )2 .
Lorsque b2 − 4ac < 0,
ax2 + bx + c n’admet pas de factorisation.

Cas où ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ) avec x1 = x2


Si b2 − 4ac > 0, l’inéquation :
ax2 + bx + c > 0
s’écrit
a(x − x1 )(x − x2 ) > 0.
Pour connaître le signe de a(x − x1 )(x − x2 ), il faut connaître le signe de chaque facteur. Dans le
tableau 8, nous étudions le signe du produit (x − x1 )(x − x2 ).

Valeur attribuée à x x < x1 x = x1 x1 < x < x2 x = x2 x > x2


Signe de x − x1 − 0 + + +
Signe de x − x2 − − − 0 +
Signe du produit (x − x1 )(x − x2 ) + 0 − 0 +
Tableau 8

Dans le tableau, nous lisons que :


le produit (x−x1 )(x−x2 ) est strictement positif le produit (x−x1 )(x−x2 ) est strictement négatif
si si
x < x1 ou x > x2 x1 < x < x2
Pour ces valeurs de x, Pour ces valeurs de x,
ax + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 )
2
ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 )
a donc le même signe que a. a donc le signe opposé au signe a.
Visualisons ces résultats sur la droite réelle (figure 25).
signe opposé de a

x1 x2
même signe que a même signe que a Figure 25

198 Chapitre 5
Si a > 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
admet comme solutions : x < x1 et x > x2 .
Ces solutions correspondent aux deux demi-droites ] ←, x1 [ et ]x2 , → [.
Si a < 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
admet comme solutions : x <x<x 1 2
Elles correspondent à l’intervalle ]x1 , x2 [.

Cas où ax2 + bx + c = a · (x − x1 )2
Dans ce cas, l’inéquation : ax2 + bx + c > 0
s’écrit a(x − x1 )2 > 0.
Comme (x − x1 )2 est toujours positif, le signe de a(x − x1 )2 est le même que celui de a quelle que
soit la valeur qu’on donne à x sauf lorsque x = x1 .
Si a > 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
admet toute valeur pour x comme solution sauf x = x1 .
Si a < 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
n’admet aucune solution.

Cas où ax2 + bx + c n’admet pas de factorisation


Ce cas est traité dans le chapitre 9 en y faisant le lien avec le graphique de la fonction
f (x) = ax2 + bx + c.

Algèbre 199
Projections parallèles
Figures semblables
Chapitre 6

a) b) Figure 1

Ce chapitre repose sur l’observation Dans ce chapitre, nous définissons


de l’ombre au soleil d’un bâton planté les projections parallèles et nous éta-
de clous à distance régulière blissons le théorème de Thalès. En-
(figure 1a) et celle d’une planche suite, nous étudions les figures sem-
dans laquelle on a foré des trous à blables et leurs propriétés, en parti-
intervalles réguliers (figure 1b). culier celles des rectangles sembla-
On constate (en s’aidant éventuelle- bles et des triangles semblables.
ment d’une règle graduée) que, sur
l’ombre du bâton, les ombres des
clous sont placées à intervalles régu-
liers et que dans l’ombre de la
planche, les trous restent équi-
distants.
Ces observations s’expliquent par le
fait suivant : le soleil est tellement
éloigné de la terre que les rayons
arrivant sur un objet de la terre
peuvent être considérés comme
parallèles. 1. Projections parallèles
C’est pourquoi, les mathématiciens
modélisent le phénomène de l’ombre
2. Théorème de Thalès

au soleil par les projections 3. Figures semblables


parallèles.
1 Projections parallèles
1.1 Modélisation
Dans cette section, nous proposons une modélisation, par les mathématiciens, du phénomène de
l’ombre au soleil.
Chaque rayon qui arrive sur un objet de la terre peut être modélisé par une droite. L’ensemble des
rayons qui atteignent un objet est représenté par un ensemble de droites parallèles. L’ombre de
l’objet sur la feuille est modélisé par la figure formée de tous les points d’intersection, avec le plan
de la feuille, de chacune des droites représentant un rayon aboutissant sur l’objet (figure 2).

Figure 2

Considéré de cette façon, le phénomène de l’ombre au soleil d’un objet est modélisé par une
projection sur un plan parallèlement à une direction donnée.
Dans le cas particulier de l’ombre d’un bâton planté de clous, on peut modéliser le bâton par un
segment de droite et les clous par des points lui appartenant. L’ombre du bâton est elle aussi
modélisée par un segment de droite. Les deux segments de droite (représentant le bâton et son
ombre) se situent dans un même plan. On parle ici de projection parallèlement à une droite sur une
droite.

1.2 Définition
Considérons deux droites sécantes s et d et un d'
d P
point P .

Pour construire la projection P  du point P sur la


droite s parallèlement à la droite d, on trace, par P' s
le point P , la droite d parallèle à la droite d. Le
point P  est le point d’intersection de la droite d Figure 3
avec la droite s.

2 Théorème de Thalès
2.1 Projection parallèle d'une règle graduée
Dans cette section, nous traduisons le phénomène de l’ombre au soleil d’un bâton planté de clous à
intervalles réguliers dans le langage des projections parallèles.
Considérons une droite s quelconque sur laquelle on marque deux points O et I qui permettent de
graduer la droite régulièrement (figure 4).

202 Chapitre 6
s
O I Figure 4

Que devient la graduation régulière de la droite s quand on la projette parallèlement à une droite
d sur la droite s ?
Dans les deux situations représentées à la figure 5, les segments [O  , I  ], [I  , J  ], [J  , K  ],..., obtenus
sur la droite s , ont même longueur entre eux.

s
K
d O I J K s J
I
O

O' I' J' K' s' O' I' J' K' s'

a) b) Figure 5

Toute projection parallèle d’une droite graduée régulièrement est une droite graduée régulière-
ment.

On peut justifier cette propriété de la façon suivante.

` la figure 5a, d’une part, les droites s et s sont parallèles entre elles et d’autre part, les segments
a) A
[OO ], [II  ], [JJ  ], [KK  ] sont parallèles à la droite d. Les quadrilatères OO I  I , II  J  J ,... sont donc
des parallélogrammes, par définition. On peut en déduire les égalités de longueurs suivantes :

|OI| = |O I  | , |IJ| = |I  J  | , |JK| = |J  K  |.


Or, par construction, la droite s est graduée régulièrement, c’est-à-dire

|OI| = |IJ| = |JK|.


Donc, |O I  | = |I  J  | = |J  K  |.
La droite s est graduée régulièrement.

b) Reprenons la figure 5b à la figure 6. Les droites s et s ne sont plus parallèles. Traçons, à partir
de O , un segment parallèle à s et, à partir de I , un segment parallèle à s , et ainsi de suite.

Les triangles IOI  et JIJ  ont un côté de même longueur (|OI| = |IJ| par construction) adjacent à
deux angles de même amplitude (il s’agit dans les deux cas, d’angles correspondants déterminés par
deux parallèles coupées par une sécante). Ces deux triangles sont donc isométriques. On en conclut
que
|OI  | = |IJ  |.
Or, par construction, les quadrilatères OO  I  I , II  J  J ,... sont des parallélogrammes; donc on a

|OI  | = |OI  | et |IJ  | = |I  J  |.


Ce qui conduit à l’égalité
|O I  | = |I  J  |.
La droite s est graduée régulièrement.

Projections parallèles et Figures semblables 203


s
K
J
K''
I
J''
O
I''

O' I' J' K' s' Figure 6

2.2 Applications
2.2.1 Division d'un segment en parties égales
Première méthode
Considérons, par exemple, le segment [AB] (figure 7a) qu’on veut diviser en cinq parties égales.
Utilisons un papier transparent sur lequel on a tracé six droites parallèles équidistantes (figure 7b).

B B
A A

a) b) c) Figure 7

On pose le transparent ligné sur le segment [AB] de telle sorte que la première droite passe par
le point A et la dernière par le point B (figure 7c). Les parallèles divisent le segment [AB] en cinq
segments de même longueur.
Ce procédé est une application directe du fait que U
la projection parallèle de toute droite graduée ré-
gulièrement est une droite graduée régulièrement V
(2.1). En effet, si on trace une perpendiculaire
B
aux six droites, on détermine un segment [U V ] dé- A
coupé en cinq segments de même longueur puis-
que les droites sont équidistantes. La projection
du segment [U V ] sur le segment [AB] parallèle-
ment à la direction des droites déterminent sur le
Figure 8
segment [AB] une graduation régulière (figure 8).

Deuxième méthode
On peut utiliser la même propriété de la projection d’une droite graduée décrite en 2.1 pour diviser
exactement un segment donné en un certain nombre de parties égales en utilisant seulement une
règle non graduée et un compas.
Illustrons cette construction par un exemple. Pour subdiviser le segment [AB] (figure 9a) en cinq
parties de même longueur,
• on construit une demi-droite quelconque d’origine A (figure 9a);
• on situe sur cette demi-droite un point Q qui détermine un segment [AQ] (figure 9b);

204 Chapitre 6
• A l’aide du compas, on reporte ce segment quatre fois sur la demi-droite [AQ au-delà de Q ;
on obtient ainsi un segment [AH] divisé en cinq parties égales (figure 9c);

• on relie les points H et B par un segment de droite;


• on projette tous les points de la graduation du segment [AH] sur le segment [AB] parallèle-
ment à la droite HB .

La graduation ainsi obtenue sur le segment [AB] est régulière. Celui-ci est divisé en cinq parties de
même longueur (figure 9d).
B B

A A
Q
a) b)
B B

A A
Q H Q H
c) d) Figure 9

Grâce au procédé décrit ci-dessus, on peut obtenir la sous-graduation décimale d’une droite graduée
régulièrement. Il s’agit, en effet, de diviser en dix parties de même longueur chacun des segments
de la droite graduée. On montre, à la figure 10, une telle sous-graduation du segment [OI]. On peut
ensuite associer aux points de la sous-graduation successivement les décimaux à une décimale après
la virgule 0, 1 ; 0, 2 ; 0, 3 ; ...

O 0,1 0,3 0,7 I Figure 10

Il est possible d’envisager une nouvelle sous-graduation pour chacun des segments obtenus par
division. Il y a toutefois des limites pratiques à cette construction (épaisseur du trait de crayon,...).

2.2.2 Conservation du milieu


Considérons un segment [AB] et le point M , milieu de ce segment. On peut dès lors considérer que
le segment [AB] est gradué régulièrement.

A la figure 11, on projette le segment [AB] sur une droite s dans une direction quelconque. On
obtient le segment [A B  ] qui est, lui aussi, gradué régulièrement. Le point M ’ est donc le milieu
de [A B  ].
B
M

A' M' B' s' Figure 11

Projections parallèles et Figures semblables 205


On peut exprimer ce résultat sous différentes formes.

Toute projection parallèle envoie le milieu d’un segment sur le milieu de la projection de ce seg-
ment.
Toute projection parallèle conserve le milieu.

Cette propriété recouvre aussi le cas particulier M B


de la figure 12. Le segment [AB] est projeté sur le A
segment parallèlement au segment [BC]. Le point
M , milieu de [AB], est ainsi envoyé sur le point N , N C Figure 12
milieu de [AC].
Cette version de la conservation du milieu se formule de la façon suivante, appelée souvent théorème
du milieu.

Dans tout triangle, la droite passant par le milieu d’un côté et parallèle à un autre côté coupe le
troisième côté en son milieu.

2.3 Théorème de Thalès


Thalès vécut au VIe siècle avant Jésus-Christ à Milet sur la côte d’Asie Mineure, actuellement en
Turquie. Il était homme d’Etat, commerçant, ingénieur, astronome, philosophe et mathématicien.
Grand voyageur, il apprit des éléments d’algèbre et de géométrie des Babyloniens et des Egyptiens.
Il voulait dépasser le stade des mathématiques purement empiriques et a contribué à la mise en place
d’une structure dans les propriétés mathématiques. Il fait partie des fondateurs de la géométrie
grecque.
On ne sait pas si Thalès est vraiment à l’origine du théorème dit « de Thalès » que nous développons
dans cette section. Toutefois, on raconte que, lors d’un de ses voyages en Egypte, il aurait calculé la
hauteur d’une pyramide à partir de l’ombre au soleil.

2.3.1 Enoncé du théorème

Considérons deux droites sécantes s et s coupées l’une et l’autre par des droites parallèles a, b
et c (figure 13). Appelons A, B et C les points d’intersection de s avec a, b et c et A , B  et C  , les
points d’intersection de s avec a , b et c . On peut en déduire l’égalité
|AB| |BC|
 
= .
|A B | |B  C  |
a b c s
C
B
A

s'
A' B' C' Figure 13

Justifions ces égalités en envisageant les différents cas possibles.

206 Chapitre 6
1er cas : les points A, B et C de la droite s sont équidistants

On se trouve dès lors dans le cas d’une droite graduée régulièrement. Par ailleurs, les droites a, b et c
sont parallèles. Or nous savons que « toute projection parallèle d’une droite graduée régulièrement
est une droite graduée régulièrement ». Les points A , B  et C  sont les projections des points A, B
et C et déterminent ainsi une graduation régulière sur la droite s (figure 14). Les segments [A B  ],
[B  C  ] sont donc de même longueur entre eux tout comme le sont entre eux les segments [AB],
[BC]. On a donc l’égalité suivante
|AB| |BC|
= .
|A B  | |B  C  |
s
C
B
A

s'

A' B' C' Figure 14

2e cas : les points A, B et C de la droite s ne sont pas équidistants.

s s
B C B C
A U
A

s' s'
A' B' C' A' U' B' C'
a) b) Figure 15

a) Supposons qu’il soit possible d’intercaler des points de telle sorte que la graduation devienne
régulière (figure 15b). Dans ce cas, la projection de cette graduation parallèlement aux droites a, b
et c est une graduation régulière et on se retrouve dans la situation décrite au 1er cas.

Par exemple, dans le cas de la figure 15b, on a les égalités suivantes :


|AB| 3|AU | |AU |
 
=  
=
|A B | 3|A U | |A U  |
|BC| 2|AU | |AU |
 
=  
=
|B C | 2|A U | |A U  |
Ce qui permet de conclure que
|AB| |BC|
 
= .
|A B | |B  C  |
b) Reste à savoir s’il est toujours possible d’intercaler des points entre les points A, B , C de façon
à obtenir une graduation régulière.
Pour que ce soit possible, il faudrait pouvoir découper chaque segment en un nombre entier de segments de
même longueur. Dans ce cas, si u est la longueur du segment-unité, on aurait :

|AB| = m · u et |BC| = n · u.
|AB| m
Ce qui permettrait d’écrire le rapport suivant : = .
|BC| n

Projections parallèles et Figures semblables 207


Autrement dit, les segments [AB] et [BC] seraient tels que le rapport de leurs longueurs puisse s’exprimer à
l’aide d’une fraction. Dans une telle situation, on dit aussi que les deux segments ont une commune mesure u
ou sont commensurables.

Or, nous savons que certains rapports de longueurs ne peuvent s’exprimer à l’aide d’aucune fraction. Par exemple,

le rapport entre la longueur de la diagonale d’un carré et celle de son côté qui vaut 2 (Chap. 1, section 4.1.1).
Dans ce cas, on dit que les segments sont incommensurables.

Il y a beaucoup de situations où il n’est pas possible d’intercaler des points de telle sorte que la
graduation soit régulière. Toutefois, on peut démontrer que, dans ce cas aussi, le théorème de Thalès
reste valable. Nous acceptons ce résultat sans en faire la démonstration qui dépasse largement le
cadre de ce livre.

2.3.2 Configurations de Thalès


Il est important de pouvoir reconnaître les configurations pour lesquelles on peut appliquer le
théorème de Thalès. Il s’agit de configurations dans lesquelles se trouvent deux droites sécantes
coupées par au moins deux droites parallèles. La figure 16 en montre quelques unes.

Figure 16

Si on désigne cette fois les longueurs des segments découpés sur une des sécantes par les lettres k
et l et les longueurs des segments projetés sur l’autre sécante par k  et l (figure 17), on peut écrire
la proportion suivante quelle que soit la configuration :

k l

= . (1)
k l

k+l k l
l
k k l

k'
k' l'
k'+l' l' k' l'
Figure 17

Par ailleurs, les propriétés des proportions (Chap. 5, section 3.3), permettent de déduire de l’égalité
(1) d’autres proportions comme

k l k k k+l k
= ou =  ou  
= .
k l l l k +l k

2.4 Une propriété déduite du théorème de Thalès


Dans toutes les configurations de Thalès, on peut faire apparaître au moins deux triangles, (fi-
gure 18).

208 Chapitre 6
Figure 18

2.4.1 Enoncé
La propriété ci-dessous exprime une proportion entre les côtés correspondants de chacun de ces
triangles. Elle se déduit du théorème de Thalès.

Lorsque deux droites s et s sécantes sont coupées b


a s
l’une et l’autre par deux droites parallèles a et b, B
A
on obtient deux triangles OAA et OBB  dont les
côtés sont tels que
A'
|OA| |OA | |AA |
= = . B' s'
|OB| |OB  | |BB  | Figure 19

Un cas particulier : le point A est milieu du segment [OB]

Comme les droites a et b sont parallèles et que les projections parallèles conservent le milieu (2.2.2),
le point A est le milieu du segment [OB  ] (figure 20a). On peut donc écrire
|OA| |OA | 1
= 
= .
|OB| |OB | 2
|AA | 1
Il reste encore à prouver que = .
|BB  | 2
b s
a s B
B
A A
B"
A' A'
sÕ sÕ
B' B'
a) b) Figure 20

Traçons, par A , la droite parallèle à la droite s (figure 20b). Elle coupe la droite b au point B  .
Dans le triangle OBB  , la droite A B  passe par le milieu de [OB  ] et est parallèle à OB . Elle coupe
donc le côté [BB  ] au point B  , milieu du segment [BB  ] (2.2.2). On a ainsi la proportion
|BB  | 1

= .
|BB | 2
Or, par construction, la figure ABB  A est un parallélogramme (figure 20b) et donc |BB  | = |AA |,
ce qui conduit à l’égalité recherchée
|AA | 1
= .
|BB  | 2

Projections parallèles et Figures semblables 209


Cas général
|OA| |OA |
Démonstration de la première égalité : = .
|OB| |OB  |
A la figure 19, on reconnaît une configuration de Thalès. On a donc la proportion

|OA| |OB| |OA| |OA |



= 
équivalente à = .
|OA | |OB | |OB| |OB  |
|OA | |AA |
Démonstration de la deuxième égalité : =
|OB  | |BB  |
Traçons, par le point A , la droite s parallèle à la b s
droite s (figure 21). Elle coupe la droite b au point B .
B
a A
s''
B"
Les droites sécantes s et b sont coupées par deux droites
parallèles s et s (figure 21).
A'
On reconnaît une configuration de Thalès, ce qui permet s'
d’écrire la proportion
B' Figure 21

|OA | |BB  |
= .
|OB  | |BB  |

Or, le quadrilatère ABB  A est un parallélogramme, par construction. On a donc l’égalité |B  B| = |A A|.

Ce qui permet de conclure que


|OA | |AA |

= .
|OB | |BB  |

2.4.2 Configurations
Il est important de pouvoir reconnaître les configurations pour lesquelles on peut appliquer cette
propriété. Il s’agit de deux droites sécantes coupées par deux droites parallèles. La figure 22 montre
de telles configurations.

Figure 22

Si on désigne par m1 , p1 et q1 les trois longueurs d’un triangle et par m2 , p2 et q2 les trois longueurs
de l’autre (figure 23), les égalités suivantes sont vraies, quelle que soit la configuration :
m1 p1 q1
= = .
m2 p2 q2
m2
m1
m1 q2
p1 p2 p2 p1
q1
m2 q1
q2
Figure 23

210 Chapitre 6
2.5 Réciproque du théorème de Thalès
Dans la formulation du théorème de Thalès, on suppose le parallélisme des droites et on en déduit
une proportion entre les longueurs des segments découpés par les parallèles sur les droites sécantes.

Dans la formulation de l’énoncé réciproque du théorème de Thalès, on suppose le parallélisme de


deux droites ainsi qu’une proportion entre les longueurs de segments et on en déduit le parallélisme
des autres droites avec les deux premières.

2.5.1 Formulation générale


Nous énonçons ici, sans la démontrer, une formulation de la réciproque du théorème de Thalès.

Considérons deux droites s et s coupées l’une et l’autre par deux droites parallèles a et b. Appelons
A, B , A et B  respectivement leurs points d’intersection.
Si un point C de la droite s et un point C  de la droite s vérifient les conditions suivantes :
|AB| |BC|
 
= ,
|A B | |B  C  |
alors la droite CC  est parallèle aux droites a et b.

a b s
C
B
A

A' s'
B' C' Figure 24

2.5.2 Formulation dans le cas d'un triangle


Lorsque les points A et A de l’énoncé ci-dessus sont confondus, on se trouve dans une situation
représentée à la figure 25 et l’énoncé prend la forme suivante.

Si deux droites s et s se coupent en un point A et que les points B et C appartenant à la droite s


et les points B  et C  appartenant à la droite s sont tels que
|AB| |AC|

= ,
|AB | |AC  |
alors les droites BB  et CC  sont parallèles.

s
C
B

B' s'
C' Figure 25

Projections parallèles et Figures semblables 211


2.5.3 Réciproque du théorème du milieu
A la section 2.2.2, on a formulé le théorème du milieu à propos d’un triangle :

Dans tout triangle, la droite passant par le milieu M B


d’un côté et parallèle à un autre côté coupe le troi-
A
sième côté en son milieu (figure 26b).
Ennonçons la réciproque de ce théorème. C Figure 26

Dans tout triangle, le segment joignant les milieux de deux des côtés est parallèle au troisième
côté et sa longueur vaut la moitié de celle de ce troisième côté.

Démontrons cette propriété. M B


A la figure 27, M est le milieu du côté [AB] et N A
est le milieu du côté [AC] d’un triangle ABC .
C Figure 27
Dès lors, on a les égalités suivantes :
|AM | |AN | 1
= = ,
|AB| |AC| 2
ce qui conduit à la proportion équivalente
|AM | |AB|
= . (1)
|AN | |AC|
La proportion (1) répond aux conditions de la réciproque de Thalès (section 2.5.2); on peut en
conclure que le segment [M N ] est parallèle au segment [BC].
Les droites M N et BC étant parallèles, on reconnaît une configuration décrite à la figure 22. On
peut en déduire (section 2.4.2)
|AM | |AN | |M N | 1
= = = .
|AB| |AC| |BC| 2
Le segment [M N ] a donc bien une longueur qui vaut la moitié de celle du segment [BC].

212 Chapitre 6
3 Figures semblables
3.1 Approche intuitive
Lorsque, sur une photocopieuse, on utilise une touche de réduction (par exemple à 75%) ou une
touche d’agrandissement (par exemple à 150%), on obtient des images du type de celles représentées
à la figure 28.

a) b)

c) Figure 28

Quel que soit le dessin de la figure 28, nous avons l’impression qu’il s’agit bien de la même voiture
même si ses dimensions varient d’un dessin à l’autre. La forme générale de la voiture ainsi que celle
de chacune de ses parties sont les mêmes sur les trois images.

Comparons le dessin de la figure 28a repris à la figure 29a avec ceux de la figure 29b et c.

a) b)

c) Figure 29

La voiture de la figure 29c a la même hauteur que celle de la figure 29a mais elle s’est allongée. Les
roues sont devenues ovales. L’angle formé par la vitre avant n’a pas la même amplitude sur les deux
dessins. La voiture de la figure 29b a aussi subi des déformations puisqu’elle paraît plus trapue.

Dans ce qui suit, nous allons étudier comment se traduit sur des figures géométriques cette idée
d’avoir la « même forme ».

Projections parallèles et Figures semblables 213


3.2 Rectangles semblables
3.2.1 Approche intuitive
La plupart des images que nous regardons sont imprimées ou apparaissent sur des supports rec-
tangulaires : photos, feuilles de papier, écrans de télévision ou de cinéma,...

La figure 30 montre plusieurs rectangles pour lesquels nous avons considéré le plus long côté comme
base afin de faciliter les comparaisons. Dans cette section, nous appelons longueur notée L ou L ,
le plus long côté du rectangle et nous appelons largeur notée l ou l , le plus petit côté du rectangle.

l’
l

L L’
a) b) c) Figure 30

Même s’ils ont tous quatre angles droits, des rectangles peuvent avoir des formes très différentes.
Celui de la figure 30a est allongé, sa largeur est nettement plus petite que sa longueur; celui de la
figure 30b est plus trapu, sa largeur se rapproche de sa longueur et celui de la figure 30c est un
carré.

A quoi peut reconnaître que deux rectangles ont la même forme ?

Approche numérique

Partons du rectangle de la figure 31a. Nous pressentons que, pour agrandir ou réduire ce rectangle,
tout en conservant sa forme, il faut multiplier sa longueur et sa largeur par un même nombre : il
s’agit de construire une reproduction à l’échelle du rectangle donné.

Construisons deux autres rectangles : le rectangle de la figure 31b, est obtenu en multipliant la
longueur et la largeur du rectangle de la figure 31a par trois demi et celui de la figure 31c, en
divisant sa longueur et sa largeur par deux. Ces trois rectangles nous apparaissent comme ayant la
même forme.
l' = 1,5
l' = 4,5
l=3

L' = 2

L=4
L' = 6
a) b) c) Figure 31

Pour obtenir les rectangles des figures 31b et 31c, on a multiplié ou divisé la longueur L et la
largeur l du rectangle de la figure 31a par un même nombre. Les dimensions L et l d’un rectangle

214 Chapitre 6
à l’échelle sont donc proportionnelles aux dimensions L et l ; ce qu’on traduit par l’égalité
L l
= (1)
L l
équivalente à
L L

= . (2)
l l
Dans la relation (1), on compare le rapport entre les longueurs de deux rectangles d’une part et
celui des largeurs de ces mêmes rectangles d’autre part. Tandis que, dans la relation (2), on compare
les rapports entre la longueur et la largeur de chacun des rectangles.
Le rapport entre la longueur et la largeur de chacun des trois rectangles de la figure 31 est le même
et vaut 43 . Par contre, pour chacun des trois rectangles de la figure 30, le rapport entre la longueur
et la largeur est différent. La forme d’un rectangle serait liée au rapport entre sa longueur et sa
largeur.

L
On appele coefficient de forme d’un rectangle de longueur L et de largeur l, le rapport .
l

En effet, il donne une information sur le caractère trapu ou allongé d’un rectangle. Plus le coefficient
de forme est proche de 1, plus le rectangle est proche d’un carré; plus le coefficient de forme est
grand, plus il est allongé.

Approche géométrique
Comparons les deux familles de rectangles des figures 30 et 31 en les positionnant comme à la
figure 32. Dans ce qui suit, nous dirons qu’on « superpose » des rectangles lorsqu’on les place de
cette façon. Traçons les diagonales de chacun de ces rectangles.

a) b) Figure 32

Nous observons les faits suivants : les rectangles de la figure 32a ont des formes différentes et leurs
diagonales ont des directions différentes tandis que les rectangles de la figure 32b ont la même
forme et leurs diagonales « se superposent ».

3.2.2 Caractérisations numérique et géométrique


Caractérisation numérique
L’approche intuitive que nous avons développée à la section 3.2.1 conduit à la définition suivante.

On appelle rectangles semblables, deux rectangles, l’un de dimensions L et l et l’autre de dimensions


L et l ayant même coefficient de forme
L L
=  .
l l

Les trois rectangles de la figure 32b sont semblables.

Projections parallèles et Figures semblables 215


L’égalité des coefficients de forme de deux rectangles semblables
L L l L
=  est équivalente à l’égalité = .
l l l L
Celle-ci exprime la proportionnalité des côtés des deux rectangles.

Deux rectangles semblables ont leurs côtés proportionnels1 .


Deux rectangles dont les côtés sont proportionnels sont des rectangles semblables.

Caractérisation géométrique
Les superpositions des rectangles (figure 32) amènent un critère de reconnaissance de deux rec-
tangles semblables. C’est un critère de type géométrique qui s’exprime en deux parties de la façon
suivante :

Supposons qu’on ait placé deux rectangles de telle sorte qu’ils aient un sommet commun, leurs
longueurs dans une direction commune et leurs largeurs aussi.
Si les diagonales des deux rectangles se superposent, alors les deux rectangles sont semblables.
Si les diagonales des deux rectangles ne se superposent pas, alors les deux rectangles ne sont pas
semblables.

Ce procédé permet de vérifier si deux rectangles sont semblables sans rien mesurer.

Nous pouvons justifier les deux propositions en nous basant sur le théorème de Thalès.

Si les diagonales de deux rectangles se superposent, alors les deux rectangles sont semblables.

Dessinons, à la figure 33, deux rectangles ABCD et AEF G dont les diagonales se superposent et
montrons que leurs dimensions L et l d’une part, et L et l d’autre part répondent à la définition

de rectangles semblables : Ll = Ll .

D L C

G L' F
l
l'

A E B Figure 33
Dans le triangle ABC , les segments [EF ] et [BC] sont parallèles. On a donc une configuration de
Thalès, ce qui permet d’appliquer la propriété énoncée à la section 2.4 :
|AB| |AC| |BC|
= = .
|AE| |AF | |EF |
|AB| L |BC| l
Or |AE| = L et |EF | = l , ce qui conduit à l’égalité
L l L L
= équivalente à = .
L l l l

1 Dans ce chapitre, nous utilisons l’expression « côtés proportionnels » à la place « côtés de longueurs proportionnelles »

216 Chapitre 6
Si les diagonales de deux rectangles ne se superposent pas, alors les deux rectangles ne sont pas
semblables.

A la figure 34, nous avons dessiné deux rectangles : ABCD de dimensions L et l et AEF G de di-
mensions L et l dont les diagonales AC et AF ne se superposent pas.
D L C
G L' F

l
l'

A E B Figure 34
Reproduisons la figure 34 à la figure 35a en y ajoutant le point d’intersection H entre la diagonale
AC et le segment [EF ]. Les triangles ABC et AHE constituent une configuration de Thalès et nous
pouvons écrire |AC| |AB| L
= = . (1)
|AH| |AE| L
L C D C

}
L' F G F
I
H
H l
l'

A E B A E B
a) b) Figure 35
De même, reproduisons la figure 34 à la figure 35b en y ajoutant le point d’intersection I entre
la diagonale AC et la prolongation du segment [GF ]. Les triangles ADC et AGI présentent une
configuration de Thalès et nous pouvons écrire
|AC| |AD| l
= = . (2)
|AI| |AG| l
Comparons les deux égalités extraites de (1) et (2)
|AC| L |AC| l
=  et = .
|AH| L |AI| l
Comme les points I et H sur la diagonale [AC] ne coïncident pas, on conclut que
L l
=  .
L l
Les côtés de ces rectangles ne sont pas proportionnels, ils ne sont donc pas semblables.

3.2.3 Familles de rectangles semblables

Nous présentons ci-dessous quelques exemples de familles de rectangles semblables dans des con-
textes familiers. Pour chacune des familles, nous calculons son coefficient de forme.

Projections parallèles et Figures semblables 217


Formats de télévision
A la figure 36, on a dessiné deux rectangles représentant chacun un des deux formats possibles
d’écrans de télévision. La figure 36a correspond au modèle d’écran classique dont le coefficient de
forme vaut 43 . La figure 36b correspond au modèle d’écran plus allongé dont le coefficient de forme
vaut 16
9 . Ces deux familles de rectangles n’ont pas même coefficient de forme et ne sont donc pas
semblables entre elles.

a) b) Figure 36
Formats de photos
Un négatif « standart » a pour dimensions 24 mm sur 36 mm. Si on veut reproduire l’entièreté du
négatif sur une photo, il faut que celle-ci ait la même forme, c’est-à-dire le même coefficient de
forme 32 . Ainsi, le format de photo 10 sur 15 répond à ce critère puisque son coefficient de forme
vaut 32 . Le rectangle support d’un négatif et celui d’une photo 10 × 15 sont semblables.
Par contre, le format de photo 9 sur 13 ne permet pas de reproduire exactement tout le négatif car
son coefficient de forme est différent de 32 .
Formats de papier
Depuis l’existence des photocopieuses, le format d’une feuille de papier dit « A4 » répond aux ca-
ractéristiques suivantes :
• lorsqu’on juxtapose deux feuilles A4, comme à la figure 37a, on obtient un rectangle dit A3
(figure 37b);
• afin de pouvoir agrandir, sur une feuille A3, un document réalisé sur une feuille A4, les deux
types de feuilles doivent avoir le même coefficient de forme.

A3
l

2l
L A4
A4 L

l L
a) b) Figure 37
A partir de ces caractéristiques, calculons le coefficient de forme d’une feuille de format « A4 » et
celui d’une feuille de format « A3 ». En s’appuyant sur l’égalité des coefficients de forme
L 2l
=
l L
on obtient l’égalité  2
2 2 L2 L
L = 2l équivalente à 2 = = 2.
l l

218 Chapitre 6
L √
Par conséquent, le coefficient de forme d’une feuille A4 vaut = 2.
l

Le nombre 2 est aussi le coefficient de forme de n’importe quelle feuille dite de format A0, A1, A2,
A3, A5,...

Rectangle d’or
Déjà du temps de Grecs, on parlait d’un rectangle au format harmonieux, c’est-à-dire ni trop trapu,
ni trop allongé, appelé rectangle d’or.
Voici la description de la construction d’un tel rectangle :
• on dessine un carré ABCD et la demi-droite [AB (figure 38a);
• on situe le point M , milieu de la base [AB] et on dessine le segment [M C] (figure 38b);
• on trace l’arc de cercle de centre M et de rayon |M C| et on appelle E le point d’intersection
de cet arc avec la demi-droite [AB (figure 38c);
Le rectangle AEF B est un rectangle d’or (figure 38d).
D C C C D F

A B A M B M E A E
a) b) c) d) Figure 38

Pour calculer son coefficient de forme, on exprime G C F


sa longueur L en fonction de sa largeur l (figure
39). l
L = |AE| = |AM | + |M C| ;
   √
2
l l 2
l 5l2 l 5l A l M E
L= + +l = + = + ; 2
2 2 2 4 2 2 L Figure 39

1+ 5
L= l.
2

L 1+ 5
Et donc, = .
l 2
Ce rapport est appelé nombre d’or.
Tous les rectangles d’or ont même coefficient de forme et sont semblables.

Agrandir ou réduire une image à l’aide d’un logiciel


Lorsqu’on active une figure sur un ordinateur, un rectangle apparaît ainsi que des carrés aux quatre
sommets et au milieu de chaque côté (figure 40a).

a) b) Figure 40

Projections parallèles et Figures semblables 219


Si on veut obtenir une nouvelle image semblable à la première, il suffit d’agir sur le rectangle en
allongeant (ou raccourcissant) la diagonale tout en conservant sa direction initiale (figure 41b).

3.3 Les triangles semblables


La figure 41 montre quelques triangles. Les triangles a) et b) semblent avoir la même forme sans
avoir les mêmes dimensions. Par contre, le triangle c) n’a certainement pas la même forme que les
deux autres.

a) b) c) Figure 41

Comment reconnaître que deux triangles ont la même forme ?


Pour cela, nous décrivons trois procédés qui permettent de construire un triangle de même forme
qu’un triangle donné. Il s’agit de reproduire à l’échelle un triangle donné. Ils permettent d’amener
trois critères de reconnaissance de triangles semblables.

3.3.1 Trois procédés de construction de triangles de même forme


Procédé 1 : on reproduit deux côtés à l’échelle le long d’un angle
Partons du triangle ABC de la figure 42. On peut construire un triangle ADE de même forme que
le triangle ABC de la façon suivante :
• sur la demi-droite [AB , on situe un point D tel que |AD| = k|AB| ;
• sur la demi-droite [AC , on situe un point E tel que |AE| = k|AC| ;
• on relie les points D et E .
A la figure 42a, on a construit de cette manière un triangle avec k = 1, 5 : c’est un agrandissement.
A la figure 42b, on a choisi k = 0, 8 : c’est une réduction.

C C
1,5

E
0,8

A 1,5 B D A D B
0,8
a) b) Figure 42

Justifions que, dans les deux cas, les triangles ADE et ABC ont leurs angles de même amplitude et
leurs côtés proportionnels.
En effet :
• l’angle  est commun aux deux triangles;
|AD| |AE|
• par construction des points D et E , on a l’égalité |AB| = |AC| = k . Elle est équivalente à
|AD| |AB|
|AE| = |AC| . On est dans les conditions pour appliquer la réciproque du théorème de Thalès
(2.5); on peut donc conclure que la droite DE est parallèle à la droite BC . Les angles B̂ et D̂
sont donc des angles correspondants de même amplitude, de même que les angles Ĉ et Ê ;

220 Chapitre 6
• le parallélisme des droites BC et DE permet de reconnaître une configuration de Thalès
(2.4) et donc de conclure que
|AD| |AE| |DE|
= = = k.
|AB| |AC| |BC|

Si deux triangles ont un angle de même amplitude dont les côtés respectifs sont proportionnels,
alors ils ont leurs trois angles, deux à deux, de même amplitude et leurs trois côtés respectifs sont
proportionnels.

Procédé 2 : on reproduit deux angles de même amplitude


Partons du triangle ABC de la figure 43. On peut construire un triangle ADE de même forme que
le triangle ABC de la façon suivante :
• on situe un point D sur la demi-droite [AB ;
• on trace la demi-droite [AC ;
• on trace une demi-droite d’origine D parallèle à la droite BC ;
• on nomme E le point d’intersection de ces deux demi-droites.
A la figure 43, on a construit deux triangles ADE , l’un est une réduction du triangle ABC et l’autre
est un agrandissement du triangle ABC .
E
C C
E

A D B A B D Figure 43

Justifions que, dans les deux cas, les triangles ABC et ADE ont des angles de même amplitude et
des côtés proportionnels.
En effet :
• l’ angle  est commun par construction;
• par construction, les droites BC et DE sont parallèles; dès lors, les angles B̂ et D̂ sont des
angles correspondants de même amplitude, de même que les angles Ĉ ET Ê ;
• le parallélisme des droites BC et DE permet de reconnaître une configuration de Thalès
(2.4); on a donc
|AD| |AE| |DE|
= = = k.
|AB| |AC| |BC|

Si deux triangles ont deux angles de même amplitude, alors ils ont leurs trois angles deux à deux
de même amplitude et leurs trois côtés respectifs sont proportionnels.

Procédé 3 : on reproduit les trois côtés à l’échelle


Partons du triangle ABC de la figure 44. On peut construire un triangle ADE de même forme que
le triangle ABC de la façon suivante :
• sur la demi-droite [AB , on situe un point D tel que |AD| = k|AB| ;
• on dessine un arc de cercle de centre A et de rayon r = k|AC| ;
• on dessine un arc de cercle de centre D et de rayon r = k|BC| ;
• on nomme E , le point d’intersection des deux arcs de cercle.
3
A la figure 44, on a construit deux triangles ADE , l’un avec k = 4 et l’autre avec k = 1, 5.

Projections parallèles et Figures semblables 221


E
C r'
E C
r
r'
r

D B A 1,5 B D
0,75 Figure 44

Dans les deux cas, nous observons que le point E appartient à AC et que les côtés [BC] et [DE]
sont parallèles.

Si deux triangles ont leurs trois côtés respectifs proportionnels, alors ils ont aussi leurs trois angles
deux à deux de même amplitude.

3.3.2 Définition et critères de similitude


Deux triangles sont semblables lorsque les conditions suivantes sont vérifiées :
• les côtés respectifs des deux triangles sont proportionnels.
• les angles respectifs ont deux à deux la même amplitude.
Le coefficient de proportionnalité est appelé rapport de similitude des triangles.

Deux triangles semblables doivent répondre à six conditions. Toutefois, les constructions faites à
la section 3.3.1 permettent de conclure que certaines de ces conditions sont suffisantes pour les
entraîner toutes.
Comme il existe des critères qui permettent de conclure que des triangles sont isométriques (Chap.4,
section 2.2.4), on peut établir des critères qui permettent de conclure que des triangles sont sem-
blables. On les appelle critères de similitude.
Voici les trois critères amenés par les trois procédés de construction développés à la section 3.3.1.

Critère 1
Deux triangles sont semblables dès qu’ils ont un angle de même amplitude dont les côtés respectifs
sont proportionnels.
Critère 2
Deux triangles sont semblables dès qu’ils ont deux angles respectivement de même amplitude.
Critère 3
Deux triangles sont semblables dès qu’ils ont trois côtés respectifs proportionnels.

3.4 Polygones semblables


3.4.1 Définition
Le travail réalisé pour définir des rectangles semblables et ensuite des triangles semblables conduit
naturellement à définir des polygones semblables de la façon suivante.

222 Chapitre 6
Deux polygones sont semblables lorsque les deux conditions suivantes sont vérifiées :
• les côtés respectifs des deux polygones sont proportionnels.
• les angles ont deux à deux même amplitude.
Le coefficient de proportionnalité est appelé rapport de similitude.

La figure 45 montre deux pentagones semblables.

Figure 45

Cette définition implique que des polygones isométriques sont semblables. En effet, toutes les lon-
gueurs sont multipliées par 1 et les angles ont deux à deux même amplitude.
Pour vérifier que des polygones sont semblables entre eux, il faut vérifier les conditions sur les côtés
et sur les angles. En effet, sauf exception, une des deux conditions ne suffit pas. Par exemple, deux
rectangles ont des angles de même amplitude mais ils peuvent avoir des côtés non proportionnels
(figure 46a). Ou encore, les deux losanges de la figure 46b ont des côtés proportionnels et des
angles d’amplitudes différentes.

a) b) Figure 46

3.4.2 Caractérisation géométrique : polygones homothétiques


A la section 3.2.2, nous avons présenté un procédé géométrique permettant de reconnaître si deux
rectangles sont semblables : on les superpose à partir d’un sommet comme à la figure 47a. Si les
sommets A, C et F sont alignés, les deux rectangles sont semblables.
Dans les trois procédés de constructions de triangles semblables, on a comparé deux triangles placés
dans des configurations du même type que celle de la figure 47b.
G F

D C

A B E
a) b) Figure 47

Lorsque des polygones sont ainsi placés les uns par rapport aux autres, on dit qu’ils sont
homothétiques.

Projections parallèles et Figures semblables 223


Des polygones sont homothétiques lorsque les deux conditions suivantes sont vérifiées :

• toutes les droites reliant deux sommets respectifs se coupent en un même point, appelé
centre ;

• les côtés respectifs sont parallèles.

La figure 48 montre deux exemples de polygones homothétiques.

C
C

Figure 48

A la figure 47, les polygones sont dans une position homothétique particulière puisque le centre
est un des sommets.

La figure 49 montre des polygones qui satisfont une des deux conditions et pas l’autre. Ainsi, à
la figure 49a, les sommets respectifs sont alignés avec le centre mais tous les côtés respectifs ne
sont pas parallèles entre eux. Par contre, à la figure 49b, les côtés respectifs sont parallèles mais les
droites qui relient les sommets respectifs ne se coupent pas en un même point.

a) b) Figure 49

La propriété suivante exprime l’intérêt des figures homothétiques : celles-ci permettent de recon-
naître visuellement des figures semblables.

Des polygones homothétiques sont semblables.

Démontrons cette propriété. A B


A' B'
A la figure 50, nous avons deux polygones
ABCDE et A B  C  D E  homothétiques. O
E'
E C'
C
D'

D Figure 50

224 Chapitre 6
• Montrons que les angles des deux polygones sont deux à deux de même amplitude. Par dé-
finition de polygones homothétiques, les droites AB et A B  sont parallèles, de même que
 et A
les droites BC et B  C  . On peut en conclure que les angles ABC B  C  ayant leurs côtés
directement parallèles ont même amplitude (Chap. 4, section 4.1.5). Il en est de même pour
chacun des angles du polygone.

• Montrons que les côtés respectifs des deux polygones sont proportionnels. Considérons les
triangles OAB et OA B  . Les droites AB et A B  sont parallèles. On peut donc appliquer la
conséquence du théorème de Thalès (2.4) et on a l’égalité

|A B  | |OB  |
= . (1)
|AB| |OB|

De même, si on considère les triangles OBC et OB  C  , on a l’égalité

|B  C  | |OB  |
= . (2)
|BC| |OB|

Des relations (1) et (2), on déduit que

|B  C  | |A B  |
= .
|BC| |AB|

Par conséquent, les côtés respectifs des deux polygones sont proportionnels.

Critère

Deux polygones qu’on peut placer en position homothétique sont des polygones semblables.

3.4.3 Construction de polygones semblables


Pour construire des polygones semblables, il suffit de construire des polygones homothétiques. Voici
la description des différentes étapes de la construction d’un pentagone A B  C  D  E  homothétique
au pentagone ABCDE (figure 51) :

• on choisit un point O qui sert de centre; ce point peut se situer sur le pentagone, à l’intérieur
ou à l’extérieur de celui-ci;

• on trace les demi-droites [OA, [OB , [OC ,...;

• on situe un point quelconque A sur [OA ;

• on trace la demi-droite issue de A parallèle à la droite AB ;

• on détermine le point B  à l’intersection de cette demi-droite et de [OB ;

• on trace la demi-droite issue de B  parallèle à la droite BC ;

• on détermine le point C  à l’intersection de cette demi-droite et de [OC ;

• et ainsi de suite.

La figure 51a montre une telle construction à partir d’un point O situé à l’extérieur du pentagone
et la figure 51b, à partir d’un point O situé à l’intérieur du pentagone.

Projections parallèles et Figures semblables 225


A'
A A

B B'
A'
B
B'
E
E E'
E' C'
C
C
C'
D'
D
D'
D
a) b) Figure 51

3.4.4 Périmètres et aires de polygones semblables


Considérons deux rectangles semblables R et R dont le rapport de similitude vaut 2 (figure 52a)
et deux triangles semblables T et T  de rapport de similitude 34 (figure 52b).

R'
L 3/
l' T
T'
R l

3/
a) b) Figure 52

Périmètres
Le périmètre p du rectangle R vaut 2 · (l + L ) et le périmètre p du rectangle R vaut 2 · (l + L). Or,
par définition de rectangles semblables : L = 2L et l = 2l. Donc,
p = 2(l + L ) = 2(2l + 2L) = 4(l + L) = 2p.
De même, on peut comparer aisément le périmètre des triangles T et T  . Chacun des côtés du
triangle T  a une longueur qui vaut les 3/4 du côté respectif du triangle T . Le périmètre du triangle
T  qui est la somme des longueurs des côtés vaut donc les 3/4 du périmètre du triangle T .
Ces deux exemples se généralisent de la façon suivante.

Si k est le rapport de similitude de deux polygones semblables P et P  ,


alors, le périmètre p du polygone P  s’obtient en multipliant le périmètre p du polygone P par k :
p  = k · p.

Aires
A l’intérieur du rectangle R de la figure 52, nous pouvons dessiner quatre rectangles isométriques
au rectangle R. L’aire a du rectangle R vaut donc quatre fois l’aire a du rectangle R.

226 Chapitre 6
En effet, a = L · l = (2L) · (2l) = 22 L · l = 22 a.
L’aire a du rectangle R vaut l’aire a du rectangle R multipliée par le carré du rapport de similitude.
Pour comparer les aires des triangles T et T  , calculons celles-ci à partir de la formule
base × hauteur
.
2
La figure 53 reprend la figure 52b. Nous y avons
ajouté la hauteur h relative à la base b du triangle
T et la hauteur h relative à la base b du trian-
gle T  . h' h
Comme les deux triangles sont semblables et que b'
le rapport de similitude vaut 34 , on a :
3 3 b Figure 53
b = b et h = h.
4 4
Les aires a et a des deux triangles se calculent de la manière suivante :
b·h
a= ;
2
3  3   2  2
 b .h 4b · 4h 3 b·h 3
a = = = = a.
2 2 4 2 4
L’aire a du triangle T  s’obtient en multipliant l’aire a du triangle T par le carré du rapport de
similitude.
Ces deux exemples se généralisent de la façon suivante.

Si k est le rapport de similitude de deux polygones semblables P et P  ,


alors l’aire a du polygone P  s’obtient en multipliant l’aire a du polygone P par le carré du rap-
port k : a = k 2 · a.

3.5 Familles de figures semblables


Tous les triangles équilatéraux sont semblables.

En effet, ils ont tous trois angles d’amplitude égale à 60◦ (figure 54). Leurs angles ont donc deux à
deux même amplitude et ils répondent au critère 2 de similitude.

Figure 54

Tous les carrés sont semblables.

Projections parallèles et Figures semblables 227


En effet, ce sont des rectangles dont le coefficient de forme vaut 1.

Tous les polygones réguliers d’un même nombre de côtés sont semblables.

En effet, on peut les placer dans une position dans laquelle ils sont homothétiques (figure 55).

Figure 55

Tous les cercles sont semblables.

En effet, on peut inscrire chaque cercle dans un carré dont le côté correspond au diamètre du cercle.
Comme tous les carrés sont semblables, tous les cercles le sont aussi (figure 56).
C

r rÕ

Figure 56
Le rapport de similitude k entre deux cercles C et C  est celui de leurs rayons respectifs r et r  .
On peut étendre aux cercles les résultats au sujet des périmètres et des aires de polygones sembla-
bles.

 
r
Si k est le rapport entre les deux rayons r  et r de deux cercles C  et C k= r ,
 
alors, le périmètre p du cercle C s’obtient en multipliant le périmètre p du cercle C par ce rap-
port k
et l’aire a’ du disque intérieur à C  s’obtient en multipliant l’aire a du disque intérieur à C par le
carré du rapport, k 2 .

228 Chapitre 6
Chapitre
Théorèmede Pythagore
7
Ce théorème qui énonce une
propriété des triangles rectangles,
est un des plus célèbres de la
géométrie et est très souvent utilisé.
Il est attribué à Pythagore (569–500
av. J.-C.) bien que ce théorème était
déjà connu des Babyloniens 2000
ans avant les Grecs. Mais les Babylo-
niens n’ont laissé aucune trace de sa
démonstration. Peut-être Pythagore
fut-il le premier à en donner une
preuve ? Pythagore n’ayant laissé
aucun écrit, la démonstration qui lui
est attribuée, est rapportée par
Euclide (330-275 av. J.-C.) presque
deux siècles plus tard.
Dans ce chapitre, nous énonçons le
théorème sous deux formes
différentes : l’une, en termes d’aires
et l’autre, en termes de longueurs.
Ensuite, nous donnons différentes
applications de ce théorème ainsi 1. Théorème de Pythagore
que deux autres démonstrations de
celui-ci.
2. Réciproque du théorème de
Pythagore

3. Applications du théorème de
Pythagore

4. D’autres puzzles pour le


théorème de Pythagore
1 Théorème de Pythagore
1.1 Théorème de Pythagore en termes d'aires
L’aire du carré construit sur l’hypoténuse d’un triangle rectangle est égale à la somme des aires
des carrés construits sur les deux autres côtés.

On peut démontrer ce théorème de plusieurs manières à l’aide de puzzles. En voici une ci-dessous,
on en trouvera d’autres à la section 4.
On part d’un triangle rectangle dont les longueurs des côtés sont notées a, b, c (figure 1a) et on
construit sur ses côtés les carrés notés A, B et C comme le montre la figure 1b. On doit démontrer
que l’aire du carré C est égale à la somme des aires des carrés A et B .

α α C
c B c
b b

β β
a a
A
a) b) Figure 1
Pour cela, on compare deux puzzles d’une même figure.
Le premier puzzle est donné à la figure 2a : à chaque côté libre du carré C , on a accolé une copie du
triangle rectangle de la figure 1a.
b a b a
α β
a γ
c b
c b B c b
b
C
a
c
b c a a
a A
a b b a
a) b) Figure 2
En procédant de cette manière, on obtient un quadrilatère dont le côté vaut a + b.
En effet, la somme des angles α, β et γ est égale à 180◦ puisque la somme des angles α + β est égale
à 90◦ comme somme des angles aigus d’un triangle rectangle, et que l’angle γ vaut aussi 90◦ comme
angle du carré C . De plus, ce quadrilatère a quatre côtés de longueur a + b et quatre angles droits.
C’est donc un carré de côté a + b.
Pour le deuxième puzzle, aux côtés des carrés A et B , on a accolé deux paires de triangles rectangles,
copies du triangle de la figure 1a (figure 2b). On obtient un quadrilatère qui a quatre côtés de
longueur a + b et quatre angles droits : il s’agit donc de nouveau d’un carré dont le côté vaut a + b.
Les carrés extérieurs des figures 2a et 2b ont donc même aire. Celui de la figure 2a est recouvert
par le carré C et par quatre triangles isométriques au triangle de départ. Celui de la figure 2b est
recouvert par les carrés A et B et par les mêmes quatre triangles isométriques.

On en déduit que l’aire du carré C est égale à la somme des aires des carrés A et B .

230 Chapitre 7
1.2 Théorème de Pythagore en termes de longueurs

Pour exprimer une relation entre les longueurs des côtés d’un triangle rectangle, on reformule
l’énoncé précédent de la manière suivante.

Le carré de la longueur de l’hypoténuse d’un triangle rectangle est égal à la somme des carrés des
longueurs des deux autres côtés.

Si a et b sont les longueurs des deux côtés de l’angle droit d’un triangle rectangle et c est la longueur
de son hypoténuse, alors c2 est égal à l’aire du carré construit sur l’hypoténuse et a2 et b2 sont égaux
aux aires des carrés construits sur les deux autres côtés du triangle rectangle.

L’égalité entre l’aire du carré construit sur l’hypoténuse et la somme des aires des carrés construits
sur les deux autres côtés, s’écrit de la manière suivante :

c2 = a2 + b2 .

Ce théorème permet de calculer la longueur d’un côté d’un triangle rectangle quand on connaît la
longueur des deux autres côtés. Les calculs liés au théorème de Pythagore conduisent à l’utilisation

de la notion de racine carrée notée « » (Chap.1, section 4).
Puisque l’hypoténuse d’un triangle rectangle est le plus long des côtés du triangle, on a que c > a
et que c > b et l’égalité c2 = a2 + b2 entraîne les égalités suivantes :

c= a2 + b2 ,

a= c2 − b2 ,

b = c2 − a2 .

2 Réciproque du théorème de Pythagore


Dans le théorème de Pythagore énoncé à la section 1.2, le triangle donné est rectangle et on exprime
une égalité entre les carrés des longueurs de ses côtés.

Dans la réciproque, l’égalité entre les carrés des longueurs des côtés d’un triangle est donnée et on
en déduit que le triangle est un triangle rectangle.

2.1 Enoncé de la réciproque

Si dans un triangle, le carré de la longueur d’un côté est égal à la somme des carrés des longueurs
deux autres côtés, alors le triangle est rectangle et son hypoténuse est le premier côté cité.

A la figure 3a, nous avons construit à l’aide d’un compas, un triangle T1 dont les côtés ont pour
longueurs les nombres a, b, c tels que a2 + b2 = c2 . Montrons que ce triangle est rectangle et que
son hypoténuse est le côté de longueur c.

Théorème de Pythagore 231


a 3 cm
b 4 cm
c 5 cm

b
b a T2
T1

c a
a) b) Figure 3
Pour cela, considérons un autre triangle rectangle T2 dont les côtés de l’angle droit mesurent a et
b (figure 3b).
Puisque le triangle T2 est rectangle, nous pouvons utiliser le théorème de Pythagore. Donc, le carré
de la longueur de son hypoténuse est égal à a2 + b2 , c’est à dire à c2 . On en conclut que la longueur
de son hypoténuse est égale à c.
Ainsi les deux triangles T1 et T2 ont leurs trois côtés correspondants de même longueur : ils sont
isométriques (Chap.4, 2.2.4). On en conclut que le triangle T1 est un triangle rectangle dont l’hy-
poténuse est le côté de longueur c.

2.2 Un exemple d'utilisation de la réciproque


Cette propriété permet de vérifier si un triangle dont on donne les longueurs des côtés, est rectangle
ou non.
La légende raconte que deux millénaires avant J.-C., les Egyptiens se servaient d’une corde à 12
nœuds pour tracer des angles droits. Ils construisaient, à l’aide de cette corde, un triangle comme
le montre la figure 4 et ils concluaient que ce triangle était rectangle

Figure 4
Ils utilisaient la réciproque du théorème de Pythagore : dans ce triangle comme le montre la figure 4,
on a 52 = 25 = 42 + 32 , donc l’angle opposé au côté de longueur 5 est un angle droit.

232 Chapitre 7
3 Applications du théorème de Pythagore
Le théorème de Pythagore permet d’exprimer des longueurs de segments remarquables d’une fi-
gure à partir des longueurs d’autres segments. En voici quelques exemples utiles.

Diagonale d’un rectangle

d b √
d= a2 + b2
a Figure 5

Diagonale d’un carré


Il s’agit du cas particulier du rectangle lorsque a = b.

d b √ √ √ √
d= a2 + b2 = 2a2 = a 2 = 2a
a Figure 6

Hauteur d’un triangle équilatéral

 2
2 a 2
a =h +
a 2
h   2  2 √ √
2
a 3a 3 3
h= a + = =a = a
a a 2 4 2 2
2 2 Figure 7

Diagonale d’un parallélépipède rectangle

d c

dÕ b
a Figure 8

La diagonale d d’un parallélépipède est l’hypoténuse d’un triangle rectangle (figure 9a) dont un des
côtés de l’angle droit est la hauteur c du parallélépipède et dont l’autre côté de l’angle droit est la
diagonale d d’un rectangle de côtés a et b (figure 9b).

d dÕ
c b

dÕ a
a) b) Figure 9

On a donc d2 = d2 + c2 .
Or d2 = a2 + b2 .

Théorème de Pythagore 233


Donc, d2 = a2 + b2 + c2 ,

et d = a2 + b2 + c2 .

Diagonale d’un cube


Il s’agit du cas particulier du parallélépipède lorsque a = b = c.

d
√ √ √ √
a d= d2 + a2 = 2a2 + a2 = 3a2 = a 3

d' a
a Figure 10

4 D'autres puzzles
pour le théorème de Pythagore
De nombreux autres puzzles que celui utilisé à la section 1 permettent de démontrer le théorème
de Pythagore. Nous en proposons ici deux.

Puzzle d’Abraham Garfield (1831-1881)

T1 c b
a c T3
T2 γ
α β
b a Figure 11

A la figure 11, les triangles T2 et T3 sont isométriques et on a aligné le côté de longueur b du triangle
T2 et le côté de longueur a du triangle T3 .
Il en résulte que le triangle T1 est rectangle en γ puisque la somme des angles α + β + γ est égale à
180◦ et que la somme α + β est égale à 90◦ .
Les côtés de longueurs a et b du quadrilatère extérieur de la figure 11 sont parallèles car ils sont
tous deux perpendiculaires à son côté de longueur b + a. Ce quadrilatère est donc un trapèze. Ce
trapèze a une petite base de longueur égale à a, une grande base de longueur égale à b et une
hauteur de longueur égale à b + a.
(a + b)(a + b)
L’aire de ce trapèze vaut .
2
c2
L’aire du triangle rectangle T1 isocèle de côté c vaut .
2
ab
L’aire de chacun des triangles T2 et T3 vaut .
2
Puisque ces trois triangles forment un puzzle du trapèze, l’aire de ce trapèze est égale à la somme
des aires de ces triangles.

234 Chapitre 7
(a + b)(a + b) ab c2
On a donc l’égalité suivante : =2 + .
2 2 2
En développant les deux membres, cette égalité s’écrit :
a2 + 2ab + b2 c2
= ab + ,
2 2
ou encore a2 + b2 = c2 .
Puzzle de Chou Pei Suan Ching (300 avant J.C.)

c
β
α

c c
b
a
b–
c

c Figure 12
A la figure 12, le quadrilatère extérieur est un carré de côté c puisque la somme des angles α et β
est égale à 90◦ . Il est entièrement recouvert par quatre triangles rectangles et par le quadrilatère
central, qui est un carré de côté b − a. Ceci permet d’écrire l’égalité suivante :
ab
c2 = 4 + (b − a)2 .
2
En développant le deuxième membre de cette égalité, on obtient
c2 = 2ab + (b2 − 2ab + a2 ),
ou encore
c2 = b2 + a2 .

Théorème de Pythagore 235


Chapitre
Géométrie des coordonnées
8
Jusqu’au 17e siècle, l’algèbre et la A la section 2, nous étudions des
géométrie sont considérées droites, des cercles et des paraboles.
comme deux parties complètement Nous cherchons à caractériser
différentes des mathématiques et chacun de ces objets géométriques
sont étudiées séparément. par une condition à imposer sur les
Dans les années 1630, Fermat et coordonnées d’un point quelconque
Descartes ont relié la géométrie des du plan pour qu’il appartienne à
Grecs avec l’algèbre des Arabes. La l’objet géométrique considéré.
« géométrie des coordonnées »
permet d’exprimer des propriétés
géométriques à l’aide de formules
algébriques. Elle est à l’origine d’une
branche des mathématiques appelée
aujourd’hui « géométrie analytique ».
Ainsi, l’algèbre et la géométrie sont
étroitement liées.
Pour établir ce lien, on a besoin avant
tout de trouver une méthode
permettant de déterminer la position
d’un point sur une droite, dans un
plan et dans l’espace à l’aide de
nombres. A la section 1, nous
introduisons les coordonnées d’un
point et nous les utilisons dans
différents calculs.

1. Repérage d’un point et


calcul de distances
2. Equations de lieux de
points dans un plan :
droites, cercles, paraboles
1 Repérage d'un point et calcul de
distances
1.1 Repérage et distance sur une droite
1.1.1 Repérer un point sur une droite
Une droite d munie d’une origine, notée O (première lettre du mot origine), d’une unité de mesure
|OI| et d’un sens indiqué par la flèche (figure 1) est une droite graduée orientée, appelée droite
graduée dans la suite du chapitre (Chap.1, section 5.1).

O I P d
Figure 1

A chaque point d’une droite graduée, correspond un et un seul nombre, et à chaque nombre
correspond un et un seul point de cette droite.

Le nombre associé à un point sur une droite graduée est appelé abscisse du point sur cette droite.
L’abscisse de l’origine est égale à 0 et l’abscisse de l’extrémité du segment choisi comme unité de
mesure est égale à 1 (figure 2).

O I P d

0 1 x Figure 2

Sur une droite graduée, l’abscisse d’un point est la distance de ce point à l’origine ou l’opposé de
cette distance selon que le point est du même côté de O que I ou de l’autre côté.
Si x désigne l’abscisse d’un point P sur une droite graduée (figure 2), on a :
• lorsque P et I sont du même côté de O : x = |OP | et donc x > 0 ;
• lorsque P et I sont de part et d’autre de O : x = −|OP | et donc x < 0.
En utilisant la notation de la valeur absolue, on a une seule formule pour les deux cas :
|OP | = |x|.
L’origine d’une droite graduée partage celle-ci en deux demi-droites. La demi-droite sur laquelle se
trouve un point détermine le signe de son abscisse. A la figure 3, le point P a une abscisse positive
et le point P  a une abscisse négative.

P' O I P d
}
}

x<0 x=0 x>0 Figure 3

Sur une droite graduée, lorsqu’un point B d’abscisse xB est situé à droite d’un point A d’abscisse
xA (figure 4), on a la relation suivante : xA < xB .

O I A B d

0 1 xA xB Figure 4

La figure 5a montre que l’abscisse du point A sur la droite graduée à l’aide du segment [OI] est 6
et que son abscisse sur la droite graduée à l’aide du segment [OJ] est 3.

238 Chapitre 8
La figure 5b montre que le point B correspondant à l’abscisse 3 sur la droite graduée à l’aide du
segment [OI] n’est pas le même que le point B  correspondant à l’abscisse 3 sur la droite graduée à
l’aide du segment [OJ].

O I J A O I J B B'

0 1 6 0 1 3
0 1 3 0 1 3
a) b) Figure 5

L’abscisse d’un point sur une droite dépend de la graduation choisie.

La correspondance entre tous les nombres et tous les points d’une droite permet de faire des calculs
qui traduisent des propriétés géométriques.

1.1.2 Distance entre deux points


Soient deux points A et B situés sur une même droite graduée et d’abscisses respectives xA et xB ;
la distance entre ces deux points est notée |AB| (Chap.2, section 4.1).
Pour exprimer cette distance à l’aide des abscisses des deux points, nous devons envisager trois cas :
• les abscisses des deux points sont positives (figure 6a);
• les abscisses des deux points sont de signes contraires (figure 6b);
• les abscisses des deux points sont négatives (figure 6c).
Dans la situation décrite ci-dessous, le point B se situe à droite du point A. On a donc xA < xB ou
xB − xA > 0.

O A B A O B A B O

0 1 3 5 -2 0 1 5 -6 -2 0 1
a) b) c) Figure 6

|AB| = |OB| + |OA| |AB| = |OA| − |OB|


|AB| = |OB| − |OA|
=5+2=7 =6−2=4
=5−3=2
= xB + (−xA ) = −xA − (−xB )
= xB − xA
= xB − xA = xB − xA
Lorsque le point A est à droite du point B , la place et donc le rôle des points A et B s’échangent;
on a xA > xB ou xB − xA < 0. On obtient :
|AB| = xA − xB = −(xB − xA ).
Rassemblons ces résultats :
|AB| = xB − xA lorsque xB − xA > 0
= −(xB − xA ) lorsque xB − xA < 0 .
En utilisant la notation de la valeur absolue, on obtient une seule formule valable pour tous les cas :
|AB| = |xB − xA | = |xA − xB |.
Dans le cas où xA = xB , les points A et B coïncident, la distance |AB| = 0 et la formule reste valable.

La distance entre deux points A et B d’abscisses respectives xA et xB sur une droite graduée est
égale à la valeur absolue de la différence entre les abscisses de ces points :
|AB| = |xA − xB | = |xB − xA |.

Géométrie des coordonnées 239


La distance entre deux points sur une droite graduée est égale à la différence entre l’abscisse du
point situé le plus à droite et celle de l’autre.

1.1.3 Milieu d'un segment


Soient deux points A et B d’abscisses xA et xB sur une droite graduée tels que B est situé à droite
de A ; on veut exprimer l’abscisse xM du point M milieu du segment [AB] à l’aide des abscisses xA
et xB (figure 7).

O A M B

0 1 xA xM xB Figure 7

Cela peut se faire de deux façons :


a) En traduisant l’égalité |AM | = |M B| en termes d’abscisses, on obtient :
xM − xA = xB − xM ,
ou encore 2xM = xB + xA ,
xA + xB
et finalement xM = .
2
b) En traduisant l’égalité |AM | = 2 |AB|
1
en termes d’abscisses, on obtient successivement :
1
xM − xA = (xB − xA ) ,
2
1 1
xM = xB − xA + xA ,
2 2
xA + xB
xM = .
2

Sur une droite graduée, l’abscisse xM du milieu M d’un segment [AB] est la demi-somme des
abscisses xA et xB des points extrémités de ce segment :
xA + xB
xM = .
2

1.2 Repérage d'un point dans un plan


1.2.1 Repérer un point dans un plan
Pour localiser un point sur une feuille de papier, on donne la distance à deux bords de la feuille, par
exemple, au bord inférieur et au bord gauche.
Pour repérer un point dans un plan, on précise sa position par rapport à deux droites graduées
sécantes.

Munir un plan d’un système d’axes


Considérons deux droites graduées sécantes en un point pris comme origine sur chacune d’elles
(figure 8a).
Les deux droites graduées forment un système d’axes du plan.
Une des droites est appelée axe des abscisses ou axe des x et l’autre est appelée axe des ordonnées
ou axe des y .
Le point d’intersection des axes est appelé origine du système d’axes ou origine.

240 Chapitre 8
y y y

1 1
1

0 1 x 0 1 x 0 1 x
a) b) c) Figure 8

Dans la plupart des cas, on utilise deux droites perpendiculaires; il s’agit alors d’un système d’axes
orthogonaux (figure 8b).
Lorsque, en plus les unités de mesures sur les axes sont les mêmes, le plan est muni d’un système
d’axes orthonormés (figure 8c).
En géométrie des coordonnées, on utilise généralement un système d’axes orthonormés. C’est ce
que nous adoptons dans la suite de ce chapitre.

Caractériser un point par ses coordonnées


a) Pour déterminer les coordonnées d’un point P dans un plan muni d’un système d’axes on procède
de la manière suivante :
• par P , on trace les parallèles aux axes (figure 9a);
• les points P1 et P2 sont les points d’intersection de ces parallèles avec les axes (figure 9b);
• le point P1 situé sur l’axe des abscisses peut être repéré à l’aide d’un nombre x appelé abscisse
du point P (figure 9c);
• le point P2 situé sur l’axe des ordonnées peut être repéré à l’aide d’un nombre y appelé
ordonnée du point P (figure 9c).

P P2 P P2 P
y

1 1 1
P1 P1
0 1 0 1 0 1 x
a) b) c) Figure 9

Cette construction permet d’associer, à tout point P du plan, un couple de nombres noté (x, y).
Ces nombres sont appelés coordonnées du point P . Il s’agit bien d’un couple : l’ordre des nombres
est important. En effet, le premier nombre est associé à l’axe des abscisses et le second à l’axe des
ordonnées.

Dans un plan muni d’un système d’axes, à chaque point P correspond un couple de nombres x et
y , noté (x, y). Ce sont les coordonnées du point P .

b) Un plan étant muni d’un système d’axes, à chaque couple de nombres (x, y), il est possible de faire
correspondre un point P tel que x soit l’abscisse du point P et que y soit l’ordonnée du point P .
Par exemple, le point P correspondant au couple (3, 4) est obtenu par les constructions suivantes :
• on trace la parallèle à l’axe des ordonnées passant par le point de l’axe des abscisses, associé
au nombre 3 (figure 10a);

Géométrie des coordonnées 241


• on trace la parallèle à l’axe des abscisses passant par le point de l’axe des ordonnées, associé
au nombre 4 (figure 10b).
Le point P se situe à l’intersection de ces parallèles (figure 10c).
y y y

4 4 P

1 1 1
x
0 1 3 x 0 1 3 0 1 3 x
a) b) c) Figure 10

Cet exemple se généralise et on a la propriété suivante.

Dans un plan muni d’un système d’axes, à chaque couple de nombres (x, y) correspond un point.

c) Rassemblons les résultats obtenus en a) et b).

A chaque point d’un plan muni d’un système d’axes, correspond un et un seul couple de nombres
et à chaque couple de nombres correspond un et un seul point du plan.

Régions du plan y
Les axes de coordonnées partagent le plan en qua-
II I
tre régions ou quadrants.
x<0 x>0
y>0 y>0
Le quadrant dans lequel se trouve un point déter-
mine le signe de son abscisse et de son ordonnée.
III IV x
Les quadrants sont numérotés comme indiqué à
x<0 x>0
y<0 y<0
la figure 11.
Figure 11

Caractérisation des points situés sur les axes de coordonnées

Les points P et P  de la figure 12 sont situés sur l’axe des abscisses et ils ont une ordonnée nulle.
Les points Q et Q sont situés sur l’axe des ordonnées et ils ont une abscisse nulle.
y

Q (0,2)
1
P (2,0) P' (5,0)
0 1 x

Q' (0,-3) Figure 12

Un point situé sur l’axe des abscisses a des coordonnées du type (k, 0).
Un point de coordonnées (k, 0) est situé sur l’axe des abscisses.
Un point situé sur l’axe des ordonnées a des coordonnées du type (0, k).
Un point de coordonnées (0, k) est situé sur l’axe des ordonnées.
Les coordonnées de l’origine sont données par le couple (0, 0).

242 Chapitre 8
Coordonnées d’un point et système d’axes
Les coordonnées du point A dans un système d’axes sont (5, 4) et celles du même point A dans
l’autre système d’axes sont (3, −2) (figure 13).

y y'
1
1 3
0 x'
-1
4
-2 A

0 1 5 x
Figure 13
Le point A correspondant aux coordonnées (3, 2) dans un système d’axes n’est pas le même que le
point B correspondant aux coordonnées (3, 2) dans l’autre système d’axes (figure 14).

y y'

B
1

0 1 3 x'

2 A
1

0 1 3 x
Figure 14

Les coordonnées d’un point du plan dépendent du système d’axes choisis.

La correspondance entre les points du plan et leurs coordonnées sert à traduire des propriétés
géométriques en formules algébriques.

1.2.2 Distance entre deux points B


Dans un système d’axes orthonormés, considérons
yB
deux points A et B de coordonnées respectives
(xA , yA ) et (xB , yB ) (figure 15).
Puisque le triangle ABC est rectangle, par le
théorème de Pythagore, nous avons :
1
|AB|2 = |AC|2 + |BC|2 . (1) xA xB
Or, |AC| = |xA − xB | et |BC| = |yA − yB |. 0 1

yA
A C Figure 15

Géométrie des coordonnées 243


En introduisant les résultats dans l’égalité (1), on obtient :

|AB|2 = |xA − xB |2 + |yA − yB |2 .

Puisque |xA − xB |2 = (xA − xB )2 et |yA − yB |2 = (yA − yB )2 , on peut écrire que



|AB| = (xA − xB )2 + (yA − yB )2 .

Dans un plan muni d’un système d’axes orthonormés, la distance entre deux points A et B de
coordonnées respectives (xA , yA ) et (xB , yB ) est égale à la racine carrée (positive) de la somme du
carré des différences des abscisses et du carré des différences des ordonnées de ces deux points :

|AB| = (xA − xB )2 + (yA − yB )2 .

Un cas particulier souvent utile est le calcul de la distance d’un point P de coordonnées (x, y) à
l’origine O de coordonnées (0, 0).

Dans un plan muni d’un système d’axes orthonormés, la distance d’un point P de coordonnées
(x, y) à l’origine O est la racine carrée (positive) de la somme des carrés de ses coordonnées :

|OP | = x2 + y 2 .

1.2.3 Milieu d'un segment


Considérons deux points A et B de coordonnées respectives (xA , yA ) et (xB , yB ) ; recherchons les
coordonnées (xM , yM ) du point M , milieu du segment [AB] (figure 16a). Pour faire apparaître les
coordonnées des points, il faut tracer par A, M et B des parallèles aux axes (figure 16b).

yB B yB B" B

yM M yM M" M

yA A yA A" A
1 1
A' M' B'
0 1 xA xM xB 0 1 xA xM xB

a) b) Figure 16

Comme les projections parallèles conservent le milieu d’un segment (Chap.6, section 2.2.2), et que
le point M est le milieu du segment [AB] sa projection M  sur l’axe des abscisses est aussi le milieu
du segment [A B  ]. Il en résulte que (section 1.1.3)
xA + xB
xM  = .
2
Puisque les points A , M  et B  ont respectivement les mêmes abscisses que les points A, M et B
(figure 16b), cette égalité peut s’écrire :
xA + xB
xM = .
2
D’une manière analogue, on peut établir que
yA + yB
yM = .
2

244 Chapitre 8
Dans un plan muni d’un système d’axes, considérons deux points A et B de coordonnées respectives
(xA , yA ) et (xB , yB ), les coordonnées du point M ,milieu du segment [AB] sont respectivement égales
à la demi-somme des abscisses et la demi-somme
 des ordonnées
 des points extrémités du segment :
xA + xB yA + yB
, .
2 2

1.2.4 Coordonnées et transformations du plan


Dans cette section, nous allons voir comment, à partir des coordonnées d’un point P , on peut
déterminer celles de ses images par différentes transformations du plan.

Symétries

La figure 17 montre l’image d’un point P par dif- Q (-x,y) P (x,y)


férentes symétries.
1
La symétrie orthogonale dont l’axe est l’axe des
y envoie le point P de coordonnées (x, y) sur le 0 1
point Q de coordonnées (−x, y).
S (-x,-y) R (x,-y)
La symétrie orthogonale dont l’axe est l’axe des
x envoie le point P de coordonnées (x, y) sur le
Figure 17
point R de coordonnées (x, −y).

La symétrie de centre situé à l’origine du système envoie le point P de coordonnées (x, y) sur le
point S de coordonnées (−x, −y).

Par une symétrie orthogonale dont l’axe est l’axe des y , un point et son image ont même ordonnée
et des abscisses opposées.

Par une symétrie orthogonale dont l’axe est l’axe des x, un point et son image ont même abscisse
et des ordonnées opposées.

Par une symétrie de centre situé à l’origine du système, un point et son image ont leurs coor-
données opposées.

Considérons la symétrie orthogonale dont l’axe est la première bissectrice des axes de coordonnées,
un point P et son image T par cette symétrie (figure 18a).

T T (y,x)

P P (x,y)
1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 18

Les deux rectangles hachurés de la figure 18b sont images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale
considérée; ils sont isométriques. Donc, la base de l’un est la hauteur de l’autre. Cela signifie que
l’abscisse du point P est l’ordonnée du point T et que l’ordonnée du point P est l’abscisse du point T .

Géométrie des coordonnées 245


Ainsi, la symétrie orthogonale dont l’axe est la première bissectrice des axes de coordonnées envoie
un point de coordonnées (x, y) sur le point de coordonnées (y, x).
On peut vérifier qu’on obtient le même résultat quel que soit le quadrant auquel appartient le
point P .

Par la symétrie orthogonale dont l’axe est la première bissectrice des axes de coordonnées, l’abscisse
du point image est l’ordonnée du point de départ et l’ordonnée du point image est l’abscisse du
point de départ.

Translations
Considérons la translation tAA (figure 19a) qui envoie le point A de coordonnées (2, 5) sur le point
A de coordonnées (7, 4).
A la figure 19b, construisons l’image B  du point B de coordonnées (3, 3) par la translation tAA :
traçons la parallèle à AA passant par B et reportons sur cette droite la distance |AA | à partir du
point B (figure 19c).

A (2,5) A A +5
5 5
A' (7,4) A' –1
4 4
+5 A'
3
B B –1
B' B'
1 1 1

0 1 2 7 0 1 3 7 0 1 3 7 8

a) b) c) Figure 19

Cherchons les coordonnées du point B  . Pour aller


A
du point A au point A , on s’est déplacé horizon-
talement de 5 unités vers la droite (5 = 7−2), puis
P A'
de 1 unité vers le bas (−1 = 4 − 5). Effectuons le
même mouvement en partant du point B , pour (x,y) P'
obtenir les coordonnées du point B  . Cela donne (x + 5 , y – 1)
1
(3 + 5, 3 − 1) c’est-à-dire (8, 2).
0 1
De manière générale, les coordonnées d’un point
Figure 20
P  , image d’un point P de coordonnées (x, y) par
la translation tAA , seraient (x + 5, y − 1) (figure 20).

On peut dire que le couple (5, −1) caractérise la translation tAA .

A' (xA',yA')
A (xA,yA)
P'
(x + (xA–xA') , y + (yA–yA'))
P
1
(x,y)

0 1
Figure 21

246 Chapitre 8
La translation qui envoie un point A de coordonnées (xA , yA ) sur le point A de coordonnées
(xA , yA ) est caractérisée par le couple (xA − xA , yA − yA ).
Les coordonnées du point P  image par cette translation d’un point P de coordonnées (x, y) sont
(x + (xA − xA ), y + (yA − yA )).

Justifions ce résultat en montrant que que le quadrilatère AA P  P (figure 20b) est un parallélo-
gramme. Vérifions pour cela que ses diagonales [AP  ] et [P A ] se coupent en leur milieu.
Les coordonnées du milieu de la diagonale [AP  ] sont 
xA + x + (xA − xA ) yA + y + (yA − yA )
,
2 2
c’est-à-dire  
x + xA y + yA
, .
2 2
Dans ces coordonnées on reconnaît celles du milieu de la diagonale [P A ].
Ce résultat fournit une nouvelle construction de l’image P  d’un point P par la translation tAA .

le point P  est le quatrième sommet du parallélogramme dont deux côtés sont les segments [AA ]
et [AP ]. Le point P  se situe donc à l’intersection de la parallèle à la droite AA passant par le point
P et de la parallèle à la droite AP passant par le point A .

Rotation centrée à l’origine et d’amplitude 90◦


Considérons la rotation centrée à l’origine et d’amplitude 90◦ , un point P de coordonnées (x, y) et
son image R par cette rotation (figure 22a).

R
(-y,x) R

P (x,y) P (x,y)
1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 22
Les deux rectangles hachurés de la figure 22b sont isométriques et de plus, la base de l’un est la
hauteur de l’autre. Cela suggère qu’un point de coordonnées (x, y) est envoyé sur le point R de
coordonnées (−y, x).
On peut vérifier qu’on obtient le même résultat quel que soit le quadrant auquel appartient le
point P .

Par la rotation centrée à l’origine et d’amplitude 90◦ , l’abscisse du point image est l’opposé de
l’ordonnée du point de départ et l’ordonnée du point image est l’abscisse du point de départ.

Géométrie des coordonnées 247


1.3 Repérage d'un point dans l'espace
Pour localiser une lampe dans une pièce, par exemple, on précise sa distance au sol et sa distance à
deux murs perpendiculaires au sol (figure 22).

Figure 23

Pour repérer un point dans l’espace, on se donne trois plans sécants1 en un point. Cela revient à
se donner trois droites sécantes en ce point. En effet, les plans se coupent deux à deux selon trois
droites concourantes, elles aussi, en le même point.
Les trois droites graduées forment un système d’axes de l’espace.

Le point d’intersection de ces trois droites est ap- z


pelé origine du système d’axes. L’un des axes est
appelé axe des abscisses, celles-ci sont notées x, un
autre est appelé axe des ordonnées, celles-ci sont
notées y et le dernier est appelé axe des hauteurs,
celles-ci sont notées z .
y
La direction et le sens de chacun des axes sont
habituellement ceux que montre la figure 24 où
les trois axes sont perpendiculaires2 deux à deux
x
et les unités de mesure sur les trois axes sont les
mêmes : il s’agit alors d’un système d’axes ortho- Figure 24
normés.

Les plans considérés au départ deviennent alors les plans déterminés par deux axes de coordonnées;
ils sont appelés plans de coordonnées. Il y en a en a trois (figure 24) : le plan xy déterminé par l’axe
des x et l’axe des y , le plan yz déterminé par l’axe des y et l’axe des z , et le plan xz déterminé par
l’axe des x et l’axe des z .

1 Pour la définition de plans sécants, voir Chap.13, section 2.5


2 Pour la définition de droites perpendiculaires, voir Chap.13, section 2.3

248 Chapitre 8
z z z

y y y

x x
x Figure 25

a) A chaque point P de l’espace, on peut associer un triplet de nombres (x, y, z) appelés coordonnées
du point P en procédant de la manière suivante :
z z z
P3
P P P

y P2 y P2 y

P1 P1 P1
x x x
a) b) c) Figure 26

• Pour déterminer la première coordonnée x, on mène par le point P , le plan parallèle3 au


plan yz . Le point de percée de l’axe des x dans ce plan est le point P1 . A ce point sur l’axe des
x correspond un nombre appelé abscisse du point P (figure 26a).
• Pour déterminer la deuxième coordonnée y , on mène par le point P , le plan parallèle au plan
xz . Le point de percée de l’axe des y dans ce plan est le point P2 . A ce point sur l’axe des y
correspond un nombre appelé ordonnée du point P (figure 26b).
• Pour déterminer la troisième coordonnée z , on mène, par le point P , le plan parallèle au plan
xy . Le point de percée de l’axe des z dans ce plan est le point P3 . A ce point sur l’axe des z
correspond un nombre appelé hauteur ou altitude du point P (figure 26c).
Cette construction permet d’associer à tout point P de l’espace, un triplet de nombres noté (x, y, z).
Ces nombres sont appelés coordonnées du point P . Il s’agit bien d’un triplet : l’ordre des nombres
est important. En effet, le premier nombre est associé à l’axe des abscisses, le deuxième à l’axe des
ordonnées et le troisième à l’axe des hauteurs.

Dans l’espace muni d’un système d’axes, à chaque point P correspond un triplet de nombres x, y
et z , noté (x, y, z). Ce sont les coordonnées du point.

b) A chaque triplet de nombres (x, y, z), on peut associer un point de l’espace muni d’un système
d’axes, à l’aide de la construction suivante :
• on marque sur les axes, les points P1 , P2 et P3 d’abscisses respectives x, y et z (figure 27a);

3 Pour la définition de plans parallèles, voir Chap.13, section 2.5

Géométrie des coordonnées 249


• on construit par ces points les plans parallèles aux plans de coordonnées.
Le point P se situe à l’intersection de ces trois plans. Il apparaît comme le sommet diagonalement
opposé à l’origine d’un parallélépipède tel que dessiné à la figure 27b.

z P3 z

P2 y
y

P1
x x
a) b) Figure 27

Dans l’espace muni d’un système d’axes, à chaque triplet de nombres (x, y, z) correspond un point
de l’espace.

c) Rassemblons les résultats obtenus en a) et b) :

A chaque point de l’espace muni d’un système d’axes, correspond un et seul un triplet de nombres
et à chaque triplet de nombres correspond un et un seul point de l’espace.

2 Equations de lieux de points dans un


plan : droites, cercles, paraboles
Rappelons qu’un lieu de points est un ensemble de points vérifiant une propriété géométrique
commune (Chap.2, section 5 et Chap.4, section 2.3.1).
Dans cette section, nous étudions trois types de lieu :
• les droites;
• les cercles : ensembles de points à une distance donnée d’un point fixé;
• les paraboles : ensembles de points équidistants d’une droite fixée et d’un point fixe n’appar-
tenant pas à la droite.
Pour chacun de ces lieux, nous cherchons la condition à imposer aux coordonnées d’un point quel-
conque du plan pour qu’il appartienne à ce lieu. Cela revient à traduire les propriétés géométriques
en formules liant l’abscisse x et l’ordonnée y de tout point du lieu. La formule est appelée équation
du lieu.

250 Chapitre 8
2.1 Droites
Nous nous intéressons d’abord aux droites parallèles aux axes de coordonnées et ensuite aux autres
droites.

2.1.1 Droite parallèle à l'axe des ordonnées


A la figure 28a, on a dessiné la droite d parallèle à l’axe des ordonnées et passant par le point A de
coordonnées (2, 1).
d d d
P (2,y) Q

1 A (2,1) 1 A (2,1) 1 A (2,1)

0 1 2 0 1 2 0 1 2
a) b) c) Figure 28

La figure 28b montre qu’un point P quelconque de la droite d a la même abscisse que le point A.
Donc tous les points de la droite d ont une même abscisse qui est égale à 2. Ce qui s’écrit :
x = 2.
Un point Q non situé sur la droite d n’a pas une abscisse égale à 2 (figure 28c).
L’égalité x = 2 est donc vérifiée par les coordonnées des points de la droite d et seulement par eux;
on l’appelle équation de la droite d.

Tous les points d’une droite parallèle à l’axe des ordonnées ont une même abscisse.
Une droite parallèle à l’axe des ordonnées a une équation de la forme
x=k
où k est l’abscisse d’un point quelconque de la droite.

En particulier, on a les propriétés suivantes.

Tous les points de l’axe des ordonnées ont une abscisse nulle.
L’axe des ordonnées a pour équation x = 0.

2.1.2 Droite parallèle à l'axe des abscisses


A la figure 29a, on a dessiné la droite d parallèle à l’axe des abscisses et passant par le point A de
coordonnées (3, 4).

A (3,4) d P (x,4) A (3,4) d A (3,4) d


4 4 4
Q

1 1 1

0 1 3 0 1 3 0 1 3
a) b) c) Figure 29

Géométrie des coordonnées 251


La figure 29b montre qu’un point P quelconque de la droite d a la même ordonnée que celle du
point A. Donc tous les points de la droite d ont une même ordonnée qui est égale à 4. Ce qui s’écrit :

y = 4.
Un point Q non situé sur la droite d n’a pas son ordonnée égale à 4 (figure 29c).

L’égalité y = 4 est vérifiée par les coordonnées des points de la droite d et seulement par eux; on
l’appelle équation de la droite d.

Tous les points d’une droite parallèle à l’axe des abscisses ont une même ordonnée.

Une droite parallèle à l’axe des abscisses a une équation de la forme


y=k
où k est l’ordonnée d’un point quelconque de la droite.

En particulier, on a les propriétés suivantes.

Tous les points de l’axe des abscisses ont une ordonnée nulle.
L’axe des abscisses a pour équation y = 0.

2.1.3 Droite non parallèle aux axes de coordonnées

Recherche d’une équation : exemple


d
A la figure 30, on donne deux points distincts A et
5 B (7,5)
B , de coordonnées (3, 2) et (7, 5). Ces points n’ont
ni la même abscisse, ni la même ordonnée. Ainsi,
la droite d passant par ces deux points n’est pas
parallèle aux axes de coordonnées.
2 A (3,2)
1
Considérons un point P quelconque du plan de
0 1 3 7
coordonnées (x, y). Supposons que le point P ap- Figure 30
partienne à la droite d (figure 31a) et recherchons
la formule qui, dans ce cas, lie l’abscisse x et l’ordonnée y de ce point.

On trace les parallèles aux axes qui passent par les points A, B et P pour former les triangles AP P 
et ABB  (figure 31b).

d P (x,y) d P (x,y)

5 B (7,5) 5 B (7,5)

2 A (3,2) 2 P' (x,2)


A (3,2) B' (7,2)
1 1

0 1 3 7 0 1 3 7
a) b) Figure 31

252 Chapitre 8
Dire que le point P appartient à la droite d revient à dire que les triangles AP P  et ABB  sont
semblables puisque leurs angles sont égaux deux à deux (Chap.6, section 3.3.2). Par conséquent,
leurs côtés correspondants sont proportionnels. Ce qui s’écrit :
|P P  | |AP  |

= .
|BB | |AB  |
Cette égalité traduite sur les coordonnées des points devient :
y−2 x−3
= ,
5−2 7−3
ou encore successivement
y−2 x−3
= ,
3 4
4(y − 2) = 3(x − 3) ,
4y − 8 = 3x − 9 ,
4y = 3x − 1 ,
3 1
y = x− .
4 4
3 1
Toutes ces égalités et, en particulier, l’égalité y= x− (1)
4 4
lient l’abscisse x et l’ordonnée y d’un point du plan lorsque ce point appartient à la droite d. Ces
égalités sont appelées équations de la droite d.

Elles permettent de dire si un point appartient ou non à la droite d.


Le point de coordonnées (15, 11) appartient à la droite d. En effet, lorsqu’on remplace x par 15 et y
par 11 dans l’équation (1), on obtient
3 1
11 = · 15 − .
4 4
Cette égalité est vraie puisque le second membre vaut 44 4 soit 11 comme le premier membre. On dit
que les coordonnées (15, 11) vérifient l’équation de la droite d.
Le point de coordonnées (−34, −26) n’appartient pas à la droite d. En effet, lorsqu’on remplace x
par −34 et y par −26 dans l’équation (1), on obtient
3 1
−26 = · (−34) − .
4 4
Cette égalité est fausse puisque le second membre vaut − 1034 alors que le premier membre vaut −26
ou − 104
4 . On dit que les coordonnées (−34, −26) ne vérifient pas l’équation de la droite d.

Une équation d’une droite d est une égalité exprimant une contrainte qui lie l’abscisse et l’ordonnée
d’un point quelconque de la droite.

Connaissant une équation d’une droite, on peut vérifier si un point du plan appartient ou non à
la droite. Pour cela, on remplace les lettres x et y se trouvant dans l’équation de la droite par les
coordonnées du point :
• si on obtient une égalité vraie, on dit que les coordonnées du point vérifient l’équation de
la droite et on conclut que le point appartient à la droite;
• si on obtient une égalité fausse, on dit que les coordonnées du point ne vérifient pas l’é-
quation de la droite et on conclut que le point n’appartient pas à la droite.

Géométrie des coordonnées 253


Recherche d’une équation : généralisation
A la figure 32a, on donne deux points distincts A et B , de coordonnées respectives (xA , yA ) et
(xB , yB ). Ces points n’ont ni la même abscisse (xA = xB ), ni la même ordonnée (yA = yB ). Ainsi, la
droite d passant par ces deux points n’est pas parallèle aux axes de coordonnées.

d d P (x,y) d P (x,y)
B (xB ,yB) B (xB ,yB) B (xB ,yB)
A (xA ,yA) A (xA ,yA)
A (xA,yA)
1 1 1
0 1 0 1 0 1
a) b) c) Figure 32

Considérons un point P quelconque du plan de coordonnées (x, y). Supposons que le point P ap-
partienne à la droite d (figure 32b) et recherchons la formule qui, dans ce cas, lie l’abscisse x et
l’ordonnée y de ce point.
On trace les parallèles aux axes qui passent par les points A, B et P pour former les triangles AP P 
et ABB  (figure 32c).
Dire que le point P appartient à la droite d revient à dire que les triangles AP P  et ABB  sont
semblables puisque leurs angles sont égaux deux à deux (Chap.6, section 3.3.2). Par conséquent,
leurs côtés correspondants sont proportionnels. Ce qui s’écrit :
|P P  | |AP  |

=
|BB | |AB  |
ou |P P  | |BB  |
= .
|AP  | |AB  |
x - xA
d
P xB - x A
B' P'
B
A
yB - y A y - y A yB - y A
A B y - yA
xB - xA B' P' P
d
1 x - xA 1

0 1 0 1

a) b) Figure 33

Traduisons cette dernière égalité sur les coordonnées des points; dans le cas de la figure 33a, elle
s’écrit :
y − yA yB − y A
= , (1)
x − xA xB − xA
et dans le cas de la figure 33b : yA − y yA − y B
= . (2)
x − xA xB − xA
Comme yA − y = −(y − yA ) et yA − yB = −(yB − yA ), l’égalité (2) s’écrit aussi :
− (y − yA ) − (yB − yA )
= ,
x − xA xB − xA
y − yA yB − y A
ce qui revient à = .
x − xA xB − xA
Et les égalités (1) et (2) sont les mêmes.

254 Chapitre 8
y − yA yB − y A
On peut vérifier que l’égalité = est valable pour les différentes positions relatives
x − xA xB − xA
des points A, B et P sur la droite d.
Ainsi, puisque le point P est quelconque sur la droite d, l’égalité
y − yA yB − y A
=
x − xA xB − xA
est vérifiée par les coordonnées de tous les points de la droite d et seulement par eux; on l’appelle
équation de la droite d.

Une droite non parallèle aux axes et passant par deux points A et B , de coordonnées respectives
(xA , yA ) et (xB , yB ), a pour équation y − yA yB − y A
= .
x − xA xB − xA

Autres écritures de l’équation d’une droite


Souvent, on exprime l’ordonnée y à partir de l’abscisse x. Dans ce but, on isole y dans le premier
membre de l’équation. Pour cela, transformons

y − yA yB − y A
=
x − xA xB − xA
yB − y A
de la manière suivante : y − yA = (x − xA ) .
xB − xA
yB − yA
Notons m= ,
xB − xA
alors l’équation devient y − yA = m(x − xA ) ,
ou encore y = mx − mxA + yA .
Notons p = yA − mxA ,
l’équation devient y = mx + p .

L’équation d’une droite non parallèle aux axes peut s’écrire sous la forme
y = mx + p.

Interprétation du coefficient m
Le point P de coordonnées (x, y) étant un point quelconque de la droite d, l’égalité
y − yA yB − y A
= =m
x − xA xB − xA
y − yA
exprime que la valeur du rapport est la même quel que soit le point P de la droite. En effet,
x − xA
yB − yA
ce rapport est égal à qui est constant.
xB − xA
Le rapport m de la différence des ordonnées à la différence des abscisses de deux points quelconques
∆y
d’une droite est appelé pente de la droite d. Il est souvent noté où ∆y = yB −yA et ∆x = xB −xA
∆x
à l’aide de la lettre grecque « ∆ » pour rappeler qu’il s’agit d’une différence.
Si une droite d monte de gauche à droite lorsqu’on la parcourt dans le sens positif des abscisses,
yB − y A
alors sa pente m = est positive (figure 34a). Si une droite d descend de gauche à droite
xB − xA

Géométrie des coordonnées 255


y B − yA
lorsqu’on la parcourt dans le sens positif des abscisses, alors sa pente m = est négative
xB − xA
(figure 34b).

d
B xB – xA > 0
A
yB – y A > 0 yB – yA < 0
A
xB – xA > 0 B d
1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 34

La pente d’une droite non parallèle aux axes, notée m, est le rapport de la différence des ordonnées
à la différence des abscisses de deux points quelconques de cette droite. Si les coordonnées de ces
points sont (xA , yA ) et (xB , yB ), on a :
yB − yA
m= .
xB − xA

Lorsque l’équation d’une droite est de la forme y = mx + p, le coefficient de x est la pente de la


droite.

Envisageons le cas particulier où la différence des abscisses ∆x = xB − xA = 1, alors


yB − yA
m= = yB − yA = ∆y .
xB − xA
Donc, dans le cas où ∆x = 1, la pente m correspond à la différence des ordonnées des points A et
B . Autrement dit, chaque fois que l’abscisse x augmente d’une unité, l’ordonnée y varie de m unités
(figures 35a et 35b).

d'
d 1
1 m m 1
m d
1 m 1
m m m'
1 1 1
1 d
m
0 1 0 1 0 1

a) b) c) Figure 35

La pente d’une droite précise l’inclinaison de celle-ci par rapport aux axes de coordonnées comme
le montre la figure 35c où on a représenté dans un même système d’axes, deux droites d et d de
pentes respectives m et m .
yB − yA
Le rapport m = est nul lorsque son numérateur est nul, c’est-à-dire lorsque yB = yA , ce
xB − xA

256 Chapitre 8
qui veut dire que les points A et B ont la même ordonnée. Dans ce cas, la droite passant par A et
B est parallèle à l’axe des abscisses (figure 36a) : son équation est un cas particulier de l’équation
y = mx + p avec m = 0 c’est à dire y = p ; ce qui est bien une équation de la forme de celle décrite à
la section 2.1.2.

Une droite parallèle à l’axe des abscisses a une pente nulle.

A B

B
1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 36

y B − yA
Le rapport m = n’a pas de sens lorsque son dénominateur est nul, c’est-à-dire lorsque
xB − xA
xB = xA , ce qui veut dire que les points A et B ont la même abscisse. Dans ce cas, la droite passant
par A et B est parallèle à l’axe des ordonnées (figure 36b). Son équation, de la forme x = k (section
2.1.1), n’est pas un cas particulier de l’équation y = mx + p.

Une droite parallèle à l’axe des ordonnées n’a pas de pente.

Interprétation du coefficient p
Lorsque, dans l’équation d’une droite de la forme y = mx + p, on remplace x par 0, on obtient
y = p. Le point (0, p) est donc un point de cette droite. C’est le point en lequel la droite coupe
l’axe des ordonnées. Le point (0, p) est donc aussi sur l’axe des ordonnées (figure 37a). Parce que
le coefficient p est l’ordonnée du point d’abscisse 0, il est appelé ordonnée à l’origine associée à la
droite.
Lorsque p = 0, la droite passe par l’origine (figure 37b).

(0,p)
d

1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 37

L’ordonnée à l’origine associée à une droite est l’ordonnée du point en lequel la droite coupe l’axe
des ordonnées.

L’ordonnée à l’origine associée à une droite est le terme indépendant p, lorsque l’équation de la
droite est de la forme y = mx + p.
Une droite passant par l’origine a pour équation y = mx.

Géométrie des coordonnées 257


Construction d’une droite à partir des coefficients m et p
Pour construire la droite d’équation y = mx + p, nous nous appuyons sur l’interprétation des
coefficients m et p.
Cette droite coupe l’axe des ordonnées au point (0, p) et sa pente m indique que chaque fois que x
augmente d’une unité, y varie de m unités. Elle passe donc ainsi par les points (1, p+m), (2, p+2m)...
Si m est positif, y augmente lorsque x augmente (figure 38a). Si m est négatif, y diminue lorsque x
augmente (figure 38b).

d
1
(0,p)
m<0

(0,p) m>0
1 d
1 1

0 1 0 1
a) b) Figure 38

2.1.4 Equation générale d'une droite


Faisons le point sur toutes les équations de droites obtenues dans les sections précédentes. Nous en
avons trouvé de trois formes différentes :
x=k,
y=k,
y = mx + p .
Elles représentent tous les types possibles de droites du plan.

Ces différentes équations peuvent s’écrire sous une même forme :


ax + by + c = 0.
En effet, l’équation x = k s’écrit aussi x − k = 0. Cette expression est de la forme ax + by + c = 0
dans le cas particulier où a = 1, b = 0 et c = −k .
L’équation y = k s’écrit aussi y − k = 0 et correspond au cas particulier où a = 0, b = 1 et c = −k .
L’équation y = mx + p s’écrit aussi y − mx − p = 0 et correspond au cas où a = −m, b = 1 et c = −p.

Toutes les droites ont une équation de la forme


ax + by + c = 0.

Lorsque des points sont sur une même droite, leurs coordonnées (x, y) vérifient une même équa-
tion de la forme ax + by + c = 0.

Par ailleurs, on peut vérifier que toute équation de la forme


ax + by + c = 0
est celle d’une droite.
a c
• Si b = 0 et a = 0, cette équation s’écrit aussi y = − x − . Elle est de la forme y = mx + p ;
b b
c’est donc l’équation d’une droite non parallèle aux axes.

258 Chapitre 8
c
• Si b = 0 et a = 0, cette équation s’écrit aussi by + c = 0 ou y = − . Elle est de la forme y = k ;
b
c’est donc l’équation d’une droite parallèle à l’axe des abscisses.
c
• Si b = 0 et a = 0, cette équation s’écrit aussi ax + c = 0 ou x = − . Elle est de la forme
a
x = k ; c’est donc l’équation d’une droite parallèle à l’axe des ordonnées.

Toute équation de la forme ax + by + c = 0 est celle d’une droite du plan.

Tous les points du plan dont les coordonnées (x, y) vérifient une même équation de la forme
ax + by + c = 0 appartiennent à une même droite.

L’équation ax + by + c = 0 a l’avantage de présenter la même forme d’équation pour toutes les


droites. Toutefois, si on veut obtenir la pente, lorsque celle-ci existe, il faut isoler y dans le premier
membre. C’est la raison pour laquelle, dans les sections suivantes, on utilise l’équation de la forme
y = mx + p.

2.1.5 Droites parallèles


Nous avons déjà les résultats suivants :

• les équations x = k et x = k  sont celles de deux droites parallèles à l’axe des ordonnées et
donc parallèles entre elles;

• les équations y = k et y = k  sont celles de deux droites parallèles à l’axe des abscisses et
donc parallèles entre elles.

La figure 39a montre une droite d non parallèle aux axes passant par l’origine et une droite d
parallèle à d.

Connaissant une équation de la droite d, cherchons une équation de la droite d .

d' d'
1
(0, p) m'
(0, p) m' d'
d 1 d

1 1 1

m 1

0 1 0 1 0 m
d
a) b) c) Figure 39

Montrons d’abord que des droites parallèles ont la même pente. Pour cela, accrochons à l’ordonnée
à l’origine associée à chacune des droites (figure 39b), un triangle ayant un côté horizontal égal
à l’unité et un autre côté vertical égal à la pente de chacune des droites. Comme ces triangles ont
leurs côtés parallèles deux à deux, ils ont leurs angles égaux deux à deux. Ils sont donc isométriques
puisque leur côté égal à l’unité est bordé par des angles égaux deux à deux (Chap.4, section 2.2.4).
On en déduit que leurs côtés correspondants sont aussi isométriques, et donc m = m (figure 39b)
et −m = −m (figure 39c).

Géométrie des coordonnées 259


Puisque la droite d passe par l’origine, son équation est de la forme y = mx. La droite d a la même
pente que la droite d et elle ne passe pas par l’origine, son équation est donc de la forme y = mx + p.

Deux droites parallèles distinctes, à l’exclusion de celles parallèles à l’axe des y , ont la même pente
et leurs équations sous la forme y = mx + p ne diffèrent que par leur terme indépendant.

Les équations y = mx + p et y = mx + q sont celles de deux droites parallèles.

2.1.6 Droites perpendiculaires


La figure 40a montre deux droites perpendiculaires d et d , l’une étant parallèle à l’axe des x et
l’autre parallèle à l’axe des y . Elles se coupent en un point A de coordonnées (xA , yA ).
La droite d a pour équation y = yA et la droite d a pour équation x = xA .

d'
d

d
A (xA, yA) d'O
1 1 d'
dO

0 1 0 1

a) b) Figure 40

Pour chercher le lien entre les pentes de deux d'O


droites perpendiculaires non parallèles aux axes,
P'(-y,x)
on peut se limiter au cas de droites d0 et d0 pas-
sant par l’origine (figure 40b) car des droites pa-
dO
rallèles ont la même pente.

Lorsque deux droites sont perpendiculaires, on P(x,y)


1
peut considérer que l’une est l’image de l’autre
par une rotation de 90◦ (figure 41). Considérons
0 1
un point P de coordonnées (x, y) de la droite d,
son image P  par la rotation centrée à l’origine et Figure 41

d’amplitude 90◦ appartient à la droite d et les coordonnées du point P  sont (−y, x) (section 1.2.4).

La pente m de la droite d calculée à l’aide des coordonnées (0, 0) de l’origine et (−y, x) du point P 
vaut ∆y x−0 x x
m = = = =− .
∆x −y−0 −y y
La pente m de la droite d calculée à l’aide des coordonnées (0, 0) de l’origine et celles (x, y) du point
P vaut ∆y y−0 y
m= = = .
∆x x−0 x
En comparant ces résultats, on observe que
1
m = − .
m

260 Chapitre 8
Dans un système d’axes orthonormés, si deux droites non parallèles aux axes sont perpendiculaires,
la pente de l’une est l’opposé de l’inverse de la pente de l’autre. Lorsque les pentes de telles droites
sont m et m , on a : 1
m = − .
m

Dans un système d’axes orthonormés, le produit des pentes m et m de deux droites perpendicu-
laires non parallèles aux axes vaut −1, on a :
m · m = −1.

2.1.7 Recherche d'équations de droites : exemples


Droite passant par deux points donnés
a) Reprenons l’exemple de la section 2.1.3 et déterminons une équation de la droite passant par les
points (3, 2) et (7, 5).
Observons d’abord que les deux points n’ont ni la même abscisse, ni la même ordonnée; la droite a
donc une équation de la forme y = mx + p.
Calculons la pente de cette droite :
∆y 2−5 5−2 3
m= = = = .
∆x 3−7 7−3 4
Donc, une équation de cette droite est de la forme :
3
y= x + p.
4
Pour déterminer le coefficient p, on utilise le fait suivant : le point (3, 2) appartient à la droite
cherchée. Par conséquent, les coordonnées de ce point vérifient l’équation de la droite, ce qui signifie
qu’en remplaçant x par 3 et y par 2 dans l’équation y = 34 x + p, on obtient une égalité vraie. Donc,
3
2= 3 + p.
4
On en déduit la valeur du coefficient p :
1
p=− .
4
Et la droite cherchée a une équation de la forme
3x 1
y= − .
4 4
Une autre forme de cette équation est, par exemple, −3x + 4y + 1 = 0.
On peut vérifier que, pour déterminer le coefficient p, on obtient le même résultat en utilisant le
point (7, 5) à la place du point (3, 2).

b) Lorsque les deux points donnés ont la même abscisse, comme par exemple les points (5, −27) et
(5, 7), la droite est parallèle à l’axe des ordonnées et son équation est x = 5.
c) Lorsque les deux points donnés ont la même ordonnée, comme par exemple les points (3, −7) et
(4, −7), la droite est parallèle à l’axe des abscisses et son équation est y = −7.
Droite passant par un point donné et parallèle à une droite donnée par son équation
Déterminons une équation de la droite d passant par le point de coordonnées (−1, 7) et parallèle à
une droite d dont une équation est y = 4x + 3 (figure 42a).
Deux droites parallèles ont la même pente; la droite cherchée a donc une équation de la forme
y = 4x + p.

Géométrie des coordonnées 261


Pour calculer son ordonnée à l’origine, on utilise le fait que le point (−1, 7) appartient à la droite, ce
qui signifie qu’en remplaçant x par −1 et y par 7 dans l’équation y = 4x + p, on obtient une égalité
vraie. Donc,
7 = 4 · (−1) + p
et
p = 11.
La droite cherchée a donc une équation de la forme
y = 4x + 11.
Une autre forme de cette équation est, par exemple, 4x − y + 11 = 0.
Lorsque l’équation de la droite donnée est de la forme 4x − y + 11 = 0, on doit isoler y dans le
premier membre pour faire apparaître la pente de la droite.

d
(-1,7)

y = 4x + 3
(-1,4)

1 1 y=1 x–2
2
0 1 0 1

d
a) b) Figure 42

Droite passant par un point donné et perpendiculaire à une droite donnée par son équation
Déterminons une équation de la droite d passant par le point de coordonnées (−1, 4) et perpendi-
culaire à une droite d dont une équation est y = 12 x − 2 (figure 42b).
La pente de la droite cherchée est l’opposé de l’inverse de celle de la droite d, elle est donc égale à
−2. La droite cherchée a donc une équation de la forme
y = −2x + p.
Pour calculer son ordonnée à l’origine, on utilise le fait que le point (−1, 4) appartient à la droite,
ce qui signifie qu’en remplaçant x par −1 et y par 4 dans l’équation y = −2x + p, on obtient une
égalité vraie. Donc,
4 = (−2) · (−1) + p
et
p = 2.
La droite cherchée a donc une équation de la forme
y = −2x + 2.
Une autre forme de cette équation est, par exemple, 2x + y − 2 = 0.

2.2 Cercles
Nous avons vu (Chap.2, section 5.2) qu’un cercle est un ensemble de points situés à une distance
fixée, appelée rayon, d’un point fixe, appelé centre du cercle.

262 Chapitre 8
2.2.1 Cercle centré à l'origine
Dans un système d’axes orthonormés, considérons un cercle centré à l’origine et de rayon r (fi-
gure 43a) .

P (x,y)

1 1

0 1 0 1
r r

a) b) Figure 43

Considérons un point P quelconque du plan, de coordonnées (x, y). Supposons que ce point appar-
tienne au cercle centré à l’origine et de rayon r (figure 43b); cela veut dire que la distance de ce
point à l’origine vaut r .

Traduisons cette égalité sur les coordonnées; elle s’écrit (section 1.2.2) :

x2 + y 2 = r
ou encore x2 + y 2 = r2 .
Ainsi, puisque P est un point quelconque du cercle, l’égalité x2 + y 2 = r 2 est vérifiée par tous les
points du cercle et seulement par eux; on l’appelle équation du cercle.

Dans un système d’axes orthonormés, un cercle centré à l’origine et de rayon r a pour équation
x2 + y 2 = r2 .

2.2.2 Cercle non centré à l'origine


Dans un système d’axes orthonormés, considérons un cercle de centre A de coordonnées (xA , yA )
et de rayon r (figure 44a) .

P (x,y)

A (xA,yA) A (xA,yA)

r r

1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 44

Géométrie des coordonnées 263


Considérons un point P quelconque du plan, de coordonnées (x, y). Supposons que ce point appar-
tienne au cercle centré au point A et de rayon r (figure 44b); cela veut dire que la distance |AP |
est égale à r :
|AP | = r.
Traduisons cette égalité sur les coordonnées; elle s’écrit (section 1.2.2) :

(x − xA )2 + (y − yA )2 = r2
ou encore (x − xA )2 + (y − yA )2 = r2 .
Ainsi, puisque P est un point quelconque du cercle l’égalité (x − xA )2 + (y − yA )2 = r 2 est vérifiée
par tous les points du cercle et seulement par eux; on l’appelle équation du cercle.

Dans un système d’axes orthonormés, un cercle centré en le point A de coordonnées (xA , yA ) et de


rayon r a pour équation : (x − x )2 + (y − y )2 = r2 .
A A

2.3 Paraboles
2.3.1 Définition
Une parabole est un ensemble de points équidistants d’une droite donnée d et d’un point donné
F , n’appartenant pas à la droite d.

La droite est appelée directrice de la parabole.


Le point est appelé foyer de la parabole.
La figure 45 montre un point P équidistant d’un point F et d’une droite d.

d F

Figure 45

2.3.2 Construction point par point


A la figure 46, on a dessiné une droite d et un point F n’appartenant pas à la droite d. Construisons
la parabole dont le foyer est le point F et la directrice est la droite d.

d
Figure 46

Cherchons quelques points à égale distance de d et de F .

264 Chapitre 8
Le point M à mi-distance entre le point F et la droite d appartient à la parabole (figure 47a).

E k
A
A
F F F
G
B B
M
M M
k
d M'
d d

a) b) c) Figure 47

On trouve (figure 47b) les points A et B situés sur la parallèle à la droite d passant par F , de part
et d’autre de F et tels que |AF | = |BF | = |F M  | où M  est le pied de la perpendiculaire abaissée à
partir de F sur la droite d.

Pour trouver d’autres points (figure 47c), on procède de la façon suivante :

• on dessine l’ensemble des points situés à une distance k du foyer F : c’est le cercle de centre
F et de rayon k ;
• on dessine l’ensemble des points à cette même distance k de la directrice d : ce sont les deux
droites parallèles à la directrice situées de part et d’autre de celle-ci à une distance k ;

• les points d’intersection E et G entre ce cercle et les droites parallèles tracées sont à la
distance k du point F et de la droite d. Ils appartiennent donc au lieu cherché. Seule la
parallèle située du même côté que F par rapport à d a une intersection avec ce cercle.

La figure 48 montre cette construction pour différentes valeurs de k : on a pris successivement


k = 32 |F M |, k = 2|F M |, k = 52 |F M |. On obtient ainsi deux par deux des points de la parabole.

E
A
F
G
B
M

d
Figure 48

Géométrie des coordonnées 265


En répétant cette construction pour toutes les valeurs possibles de k , on obtiendrait la parabole
cherchée.
Le point M est appelé sommet de la parabole.

Le sommet d’une parabole est le point situé à mi-distance entre son foyer et sa directrice.

Cette construction mène à la propriété suivante :

Une parabole admet un axe de symétrie perpendiculaire à sa directrice et passant par son foyer.
Cet axe de symétrie passe par son sommet.

Pour la construction proposée ci-dessus, on a utilisé une méthode appelée méthode des deux lieux.
Elle consiste à construire un point du lieu comme intersection de deux autres lieux. Pour cette
construction, les deux lieux sont un cercle et une droite : ainsi chaque point de la parabole se situe
à l’intersection d’un cercle et d’une droite.

2.3.3 Equation
A la figure 49, nous avons repris le dessin de la figure 48 et nous l’avons placé dans un système d’axes
orthonormés. Pour tenir compte des symétries observées lors de la construction de la courbe, le
choix des axes s’impose : l’origine du système est mise au sommet de la parabole, l’axe des ordonnées
est l’axe de symétrie de la courbe et l’axe des abscisses est perpendiculaire à l’axe de symétrie.

F (0,y) P (x,y)
1

0 1
d
P' Figure 49

Du choix de ce système d’axes, il découle immédiatement que les coordonnées du foyer sont de la
forme (0, p) et que l’équation de la directrice est y = −p.
Considérons un point quelconque P du plan, de coordonnées (x, y). Supposons que le point P ap-
partienne à la parabole de foyer F et de directrice d (figure 49b); cela veut dire que ce point est à
égale distance du point F et de la droite d :
|P F | = |P P  |
et aussi |P F |2 = |P P  |2 (1)

où P est le pied de la perpendiculaire abaissée du point P sur la droite d.
Exprimons ces distances à l’aide des coordonnées des points F , P et P  :

|P F |2 = (x − 0)2 + (y − p)2
et |P P  |2 = (y − (−p))2 = (y + p)2 .
L’égalité (1) s’écrit : (x − 0)2 + (y − p)2 = (y + p)2 ,
ou encore, en développant les carrés :
x2 + y 2 − 2py + p2 = y 2 + 2py + p2 ,
et en rassemblant les termes semblables : x2 = 4py .

266 Chapitre 8
Finalement, en isolant y dans le premier membre, cette égalité s’écrit
1 2
y= x .
4p
1 2
Ainsi, puisque le point P est un point quelconque de la parabole, l’égalité y = x est vérifiée par
4p
tous les points de cette parabole et seulement par eux; on l’appelle équation de la parabole.

Dans un système d’axes orthonormés, l’équation de la parabole ayant son foyer en (0, p) et dont
la directrice a pour équation y = −p, est 1 2
y= x .
4p
1
En remplaçant par a, cette équation s’écrit y = ax2 .
4p

Dans un système d’axes orthonormés, l’équation d’une parabole ayant pour axe de symétrie l’axe
des ordonnées et son sommet à l’origine est
2
  y = ax
1 1
Les coordonnées de son foyer sont 0, et sa directrice a pour équation y = − .
4a 4a
1 1 1 2
Lorsque = 1, c’est-à-dire lorsque p = , l’équation y = x s’écrit y = x2 .
4p 4 4p
 
1
Dans un système d’axes orthonormés, l’équation de la parabole ayant son foyer en 0, et dont
4
1
la directrice a pour équation y = − est
4 y = x2 .

(–2,4) (2,4)

1
(–1,1) (1,1)
F
0 1
d
Figure 50

Géométrie des coordonnées 267


Fonctions
Chapitre 9
Le concept de fonction joue un rôle Le terme « fonction » a été utilisé pour
dominant dans la pensée mathémati- la première fois par le mathématicien
que depuis deux siècles. Le mot allemand Leibniz (1673) dans son
« fonction » vient du latin « functio » manuscrit « Methodus tangentium
qui peut être traduit par « accomplis- invera, seu de functionibus ».
sement ». Il est souvent utilisé en Dans ce chapitre, on rencontre
français dans le sens de rôle, comme d’abord divers exemples de
dans l’expression « remplir une fonctions comme moyen d’exprimer
fonction ». Un autre sens, plus des phénomènes géométriques ou
proche de celui qui est donné en ma- physiques. Ces exemples font évo-
thématique ou en physique, est luer la notion même de fonction.
celui d’une dépendance; cette Ensuite, on traite des fonctions de
dépendance est présente dans l’ex- référence et des premières familles
pression « en fonction de ». C’est le de fonctions.
sens, en physique, de la relation
entre plusieurs grandeurs comme,
par exemple, l’allongement d’une
tige de métal en fonction de la tempé-
rature, ou la distance parcourue par
un mobile en fonction de la vitesse et
du temps.
Le concept de « fonction » en mathé-
matique, prend sa naissance dans le
monde des grandeurs physiques
variables comme le temps, l’espace, 1. Dépendance entre deux
grandeurs
la vitesse, la longueur... Quand ces
grandeurs varient, on peut se deman- 2. Fonctions numériques
der pourquoi et comment elle varient.
Ainsi la fonction apparaît comme un 3. Familles de fonctions
moyen qui permet d’exprimer la
dépendance d’une grandeur par
4. Fonctions sinus et cosinus

rapport à une autre.


1 Dépendance entre deux grandeurs
1.1 Grandeurs variables et grandeurs constantes
Considérons une famille de rectangles dont le périmètre mesure 10 cm. La figure 1 en montre
quelques-uns : les dimensions des rectangles sont respectivement de 2 cm × 3 cm, 1 cm × 4 cm,
1, 5 cm × 3, 5 cm, 2, 25 cm × 2, 75 cm et 2, 5 cm × 2, 5 cm. Bien que leurs périmètres soient égaux,
leurs dimensions sont différentes et leurs aires aussi puisqu’elles valent respectivement 6 cm2 , 4
cm2 , 5, 25 cm2 , 6, 1875 cm2 et 6, 25 cm2 .

1 2 3 4 5

Figure 1

Les dimensions, le périmètre et l’aire d’un rectangle sont des exemples de grandeurs; le périmètre
est pour cette famille une grandeur constante tandis que les dimensions et l’aire sont des grandeurs
variables.

1.2 Grandeurs proportionnelles


1.2.1 Exemple

Considérons la dépendance entre les grandeurs, base et hauteur, d’une famille particulière de rec-
tangles. Les dimensions de quelques rectangles de cette famille sont présentées dans le tableau 1 :
la première ligne comporte des mesures possibles pour la base des rectangles et la seconde ligne,
les mesures correspondantes des hauteurs.

X 2 5
X
3
base 1 2 3 4 5 6
(en demi-cm) 3 2
X X
hauteur 2 3
(en demi-cm) 1,5 3 4,5 6 7,5 9

5
X
3
X 2
Tableau 1

On peut observer plusieurs propriétés de ce tableau. Citons-en quelques-unes.


• Pour passer d’un nombre de la ligne des bases à son correspondant dans la ligne des hauteurs,
on le multiplie par 32 c’est-à-dire 1, 5 :

270 Chapitre 9
1 × 1, 5 = 1, 5
2 × 1, 5 = 3
3 × 1, 5 = 4, 5
4 × 1, 5 = 6
5 × 1, 5 = 7, 5
6 × 1, 5 = 9
Cette propriété peut aussi s’écrire sous forme de rapports égaux :
1 2 3 4 5 6 1, 5 3 4, 5 6 7, 5 9 3
= = = = = ou = = = = = = 1, 5 =
1, 5 3 4, 5 6 7, 5 9 1 2 3 4 5 6 2
Autrement dit, pour tous ces rectangles, le rapport de la base à la hauteur ou le rapport de
la hauteur à la base est constant.
• Pour passer d’un nombre d’une colonne à son correspondant dans une autre colonne, on le
multiplie par un même nombre. Par exemple,
1×2=2 et 1, 5 × 2 = 3
5 5
3× =5 et 4, 5 × = 7, 5
3 3
Cette propriété peut aussi se traduire sous forme de rapports égaux :
2 3 5 7, 5
= ou = .
1 1, 5 3 4, 5
Le tableau 1 est un exemple de tableau de proportionnalité.
Des grandeurs représentées par un tableau de proportionnalité s’appellent grandeurs proportion-
nelles.

1.2.2 Définition et critères de reconnaissance d'un tableau de proportionnalité


Considérons un tableau composé de deux lignes. Sur une ligne, plaçons toutes les valeurs d’une
grandeur et sur l’autre ligne, plaçons les valeurs correspondantes d’une autre grandeur.

Un tableau de nombres tel que le rapport entre les nombres d’une ligne et les nombres correspon-
dants de l’autre ligne est constant, s’appelle un tableau de proportionnalité.
Les deux grandeurs présentes sont dites grandeurs proportionnelles.
Le rapport constant est appelé coefficient de proportionnalité.

On reconnaît un tableau de proportionnalité quand il satisfait à l’un des deux critères suivants :
• chaque nombre d’une ligne est obtenu en multipliant (ou en divisant) le nombre qui lui
correspond dans l’autre ligne par un même facteur;
• si un nombre d’une ligne est obtenu par multiplication (ou division) d’un autre de la même
ligne, il en sera de même pour les nombres correspondants de l’autre ligne.

1.2.3 Représentation d'un tableau de proportionnalité sous forme de diagramme


Représentons les rectangles considérés en 1.2.1 en les emboîtant les uns dans les autres comme
à la figure 2a. Leurs diagonales sont portées par une même droite (Chap.6, section 3.2.2). Une
telle configuration correspond donc à la proportionnalité de la base et de la hauteur des rectangles
considérés. Elle est à l’origine de la représentation du tableau 1 sous forme de diagramme qui est
construit ainsi (figure 2b) :
• on place un système d’axes;
• on associe les bases de rectangles à l’axe horizontal et les hauteurs à l’axe vertical;

Fonctions 271
• à l’endroit de l’axe horizontal qui correspond à une mesure donnée de la base, on dresse un
segment dont la longueur est égale à la hauteur du rectangle.
hauteur
8
7
6
5
4
3
2
1
base
0 1 2 3 4 5
a) b) Figure 2

Les sommets des segments sont alignés parce qu’ils correspondent aux sommets des rectangles dont
les diagonales sont confondues et la droite qui les porte passe par l’origine parce que l’origine du
système est le sommet commun de tous les rectangles.

1.3 Première idée de fonction


1.3.1 Tableaux-Graphiques-Formules

Taille d’un enfant

La taille d’un enfant varie en fonction de son âge. Le tableau 2 montre l’évolution de la taille d’un
enfant d’année en année, depuis sa naissance jusqu’à dix ans :

âge (en année) 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10


taille (en cm) 52 76 88 96 104 110 116 121 128 134 140
Tableau 2

A la figure 3a, les données du tableau 2 sont représentées par un diagramme. Celui-ci est obtenu
en indiquant les âges sur l’axe horizontal et les tailles sur l’axe vertical. Ensuite, pour chaque âge
on dessine un segment représentant la taille de l’enfant.
taille (en cm) taille (en cm)
140 140
120 120
100 100
80 80
60 60
40 40
20 20

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
‰ge (en annŽes) ‰ge (en annŽes)
a) b) Figure 3

On aurait pu décider de mesurer l’enfant tous les mois, toutes les semaines,..., toutes les heures ! Le
tableau serait trop grand et les segments verticaux trop nombreux. Alors, pour tenir compte du fait

272 Chapitre 9
que la croissance de l’enfant est continue, on la représente par une courbe qui relie les extrémités
des quelques segments verticaux tracés (figure 3b).
Dans cet exemple, on a envisagé comment la grandeur qui est la taille d’un enfant dépend de la
grandeur qui est l’âge de l’enfant. Parce que cette dépendance est donnée par un tableau de mesures,
on parle de fonction définie empiriquement.
La courbe de la figure 3b est appelée graphique de la fonction.

Variation diurne de la température


La variation diurne de la température dans une ville donnée, en fonction de l’heure, est représentée
par une courbe dessinée par l’aiguille d’un thermomètre enregistreur (figure 4), sur une bande de
papier qui se déroule à vitesse constante. Cette courbe permet de lire la température à chaque
instant.
La dépendance entre la température et le temps est ici fournie par un procédé graphique.
Parce que cette dépendance est donnée par un graphique, on parle à nouveau de fonction définie
empiriquement.
température (en °C)

20°

temps (en h)

6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Figure 4

Mouvement uniforme
Un mobile se déplace à la vitesse v constante de 5 m/s. La distance parcourue d dépend du temps
t écoulé. Le calcul de cette distance se fait au moyen de la formule d = v · t. Son évolution, de
demi-seconde en demi-seconde, est reprise dans le tableau 3 :

temps (en secondes) 0 0, 5 1 1, 5 2 2, 5 3 3, 5 4


distance (en mètres) 0 2, 5 5 7, 5 10 12, 5 15 17, 5 0
Tableau 3

La figure 5 représente les données du tableau 3 au moyen d’un diagramme. A nouveau, à la gradua-
tion de chaque demi-seconde marquée sur l’axe horizontal, on dresse un segment dont la longueur
est proportionnelle, selon une certaine échelle, à la distance parcourue. Les points aux extrémités
des segments semblent être alignés : cette droite est le graphique de la fonction.

distance (en m)
20

15

10

0 1 2 3 4
temps (en s) Figure 5

Fonctions 273
La grandeur qui est la distance parcourue par un mobile dépend d’une autre grandeur, le temps.
Cette dépendance est une fonction définie mathématiquement par une formule.

1.3.2 Une grandeur qui dépend d'une autre


A la suite des exemples traités à la section 1.3.1, on peut donner une première description de la
notion de fonction.

Une fonction traduit une dépendance entre deux grandeurs.


Une des grandeurs varie librement; elle s’appelle grandeur indépendante.
L’autre grandeur varie en fonction de la première; elle s’appelle grandeur dépendante.

Dans chacun des exemples cités, la grandeur indépendante est le temps et les grandeurs dépen-
dantes sont respectivement la taille d’un enfant, la température dans une ville donnée et la distance
parcourue par un mobile.
Une fonction peut être définie empiriquement ou mathématiquement.

Une fonction définie empiriquement est donnée soit par un tableau de mesures, soit par une
courbe.
Une fonction définie mathématiquement est d’abord donnée par une loi de calcul ou une formule
qui explique comment passer d’une grandeur à une autre. La formule permet de construire un
tableau et un graphique.

Un diagramme d’une fonction est obtenu de la façon suivante :


• on trace un système d’axes perpendiculaires, l’un horizontal, l’autre vertical (Chap.8, sec-
tion 1.2.1);
• on associe la grandeur indépendante à l’axe horizontal et la grandeur dépendante à l’axe
vertical;
• sur l’axe horizontal, on place les points qui correspondent aux valeurs choisies de la variable
indépendante;
• à partir des points marqués sur l’axe horizontal, on construit perpendiculairement des seg-
ments dont les longueurs sont proportionnelles aux valeurs correspondantes de la variable
dépendante.
Le graphique d’une fonction est obtenu en traçant une courbe qui passe par les extrémités de tous
les segments verticaux possibles.
Un tableau, un graphique et une formule sont trois représentations possibles et complémentaires
d’une fonction. Chacune d’elles a sa spécificité.
• Un tableau reprend des valeurs particulières de la fonction, avec une précision intéressante,
mais ne donne pas une idée générale de la fonction.
• Un graphique peut être saisi d’un coup d’œil; il permet de visualiser les caractéristiques prin-
cipales de la fonction comme sa croissance ou sa décroissance, mais ne fournit qu’une faible
précision des valeurs.
• Une formule appelée aussi expression analytique de la fonction permet de calculer des valeurs
de la fonction d’une manière précise mais ce calcul peut être fastidieux.
Une formule permet également de reconnaître à quelle famille appartient la fonction. Mais
une formule ne permet pas de connaître d’une manière globale la variation des valeurs de la
fonction.
Il est souvent possible et intéressant de passer de l’une de ces trois représentations — tableau,
graphique, formule — aux deux autres.

274 Chapitre 9
1.4 Fonctions de reférence dans des contextes
1.4.1 Une fonction de proportionnalité
Reprenons le cas de la famille de rectangles dont le rapport de la hauteur à la base est constant
(section 1.2.1).
Considérons la base comme grandeur indépendante et la hauteur comme grandeur dépendante.
La dépendance de la hauteur en fonction de la base est un exemple de fonction correspondant à la
proportionnalité de deux grandeurs. La formule s’écrit
3
h= b. (1)
2
Son diagramme est représenté à la figure 6a et son graphique est représenté à la figure 6b.
hauteur (en cm) hauteur (en cm)
8 8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1

0 1 2 3 4 5 base (en cm) 0 1 2 3 4 5 base (en cm)


a) b) Figure 6
On observe que, dans la formule (1), la variable indépendante b apparaît au premier degré et que
le graphique est une droite qui passe par l’origine.

Une dépendance entre deux grandeurs proportionnelles dont l’une est considérée comme grandeur
indépendante et l’autre comme grandeur dépendante s’appelle une fonction de proportionnalité
ou une fonction linéaire.

1.4.2 Une fonction du premier degré


La loi de Hooke exprime la dépendance entre la force appliquée à un ressort et la longueur du
ressort qui en résulte. Le tableau 4 donne les longueurs d’un ressort particulier sous l’action d’une
force variable mesurée en newtons (le newton est une unité de mesure d’une force).
La longueur initiale du ressort est de 15 cm.

force (en newton) 0 4 12 20 24 30 32 40


longueur totale du ressort (en cm) 15 16 18 20 21 22, 5 23 25
Tableau 4

Le diagramme qui correspond au tableau 4 est présenté à la figure 7a.

longueur (en cm) longueur (en cm)


25 25

15 15

0 4 12 20 24 30 32 40 force (en newtons) 0 4 12 20 24 30 32 40 force (en newtons)


a) b) Figure 7

Fonctions 275
Quand on s’intéresse seulement à l’allongement du ressort en fonction de la force, on obtient un
nouveau tableau (tableau 5). On peut vérifier qu’il s’agit d’un tableau de proportionnalité et que le
coefficient de proportionnalité est égal à 14 .

force (en newtons) 0 4 12 20 24 30 32 40


allongement (en cm) 0 1 3 5 6 7, 5 8 10
Tableau 5

Les tableaux 4 et 5 ne présentent que les résultats de 8 observations. Pour prévoir la longueur du
même ressort pour d’autres forces, on décide que les deux grandeurs, la force notée f et l’allonge-
ment du ressort noté ∆l, sont proportionnelles, à condition que la force ne dépasse pas 40N faute
de quoi elle risque de déformer le ressort. On obtient ainsi la formule suivante :
1
∆l = f.
4
Si l désigne la longueur totale du ressort, alors
1
l = 15 + ∆l = 15 + f.
4
Cette formule permet de tracer le graphique de la fonction. Ce qraphique est une droite qui ne
passe pas par l’origine (figure 7b).
Dans la formule l = 15 + 14 f , la grandeur indépendante f est au premier degré comme dans le cas
d’une fonction linéaire. La fonction associée est un exemple de fonction du premier degré.

1.4.3 Une fonction du deuxième degré


Le tableau 6 donne l’aire de carrés, pour différentes longueurs du côté.

côté 0, 5 1 1, 5 2 2, 5 3 3, 5 4
aire 0, 25 1 2, 25 4 6, 25 9 12, 25 16
Tableau 6

Ce tableau n’est pas un tableau de proportionnalité car, par exemple,


0, 25 1
= .
0, 5 1
Le diagramme qui correspond au tableau 6 est représenté à la figure 8a : les sommets des segments
verticaux ne sont plus alignées.

aire (en cm2) aire (en cm2) aire (en cm2)

8 8 8

4 4 4

1 1 1
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
côté (en cm) côté (en cm) côté (en cm)
a) b) c) Figure 8

En donnant d’autres valeurs au côté du carré, on obtient un autre tableau et un autre diagramme
(tableau 7 et figure 8b).

276 Chapitre 9
côté 0, 25 0, 75 1, 25 1, 75 2, 25 2, 75 3, 25 3, 75
aire 0, 0625 0, 5625 1, 5625 3, 0625 5, 0625 7, 5625 10, 5625 14, 0625
Tableau 7

En traçant la courbe qui passe par les sommets des segments verticaux du diagramme (figure 8c),
on obtient l’allure générale du graphique de la fonction.
Convenons de considérer le côté d’un carré comme grandeur indépendante et l’aire comme grandeur
dépendante. Si c désigne le côté d’un carré et a l’aire de ce carré, alors
a = c2 .
Dans cette formule, la grandeur indépendante c est au deuxième degré. La fonction associée est un
exemple de fonction du deuxième degré.

1.4.4 Une fonction du troisième degré


Le tableau 8 donne, pour différent cubes, les volumes correspondant à quelques valeurs des arêtes.
Ce tableau n’est pas un tableau de proportionnalité.

arête 0, 5 1 1, 5 2 2, 5
volume 0, 125 1 3, 375 8 15, 625
Tableau 8

A ce tableau, correspond le diagramme de la figure 9a.

volume (en cm3) volume (en cm3)


16

1 arête (en cm) 1 arête (en cm)


0 1 2 3 0 1 2 3
a) b) Figure 9

Convenons de considérer la longueur de l’arête comme grandeur indépendante et le volume comme


grandeur dépendante. Si a désigne la longueur de l’arête du cube et V son volume, alors la dépen-
dance entre ces deux grandeurs s’exprime à l’aide de la formule
V = a3
Cette formule permet d’ajouter au diagramme de la figure 9a autant de segments verticaux qu’on
veut. On obtient le graphique de la fonction en traçant la courbe qui passe par les sommets de tous
les segments possibles (figure 9b).
Dans la formule V = a3 , la grandeur indépendante a est au troisième degré. La fonction associée
est un exemple de fonction du troisième degré.

1.4.5 Une fonction de proportionnalité inverse


Considérons des rectangles même aire, par exemple 12 cm2 . Le tableau 9 présente les dimensions
de quelques-uns de ces rectangles.

base 1 2 3 4 6 12
hauteur 12 6 4 3 2 1
Tableau 9

Nous avons
1 × 12 = 2 × 6 = 3 × 4 = 4 × 3 = 6 × 2 = 12 × 1 = 12.

Fonctions 277
Un tableau dans lequel le produit des nombres correspondant de la première ligne et de la deuxième
ligne est constant, s’appelle un tableau de proportionnalité inverse.

Deux grandeurs représentées par un tableau de proportionnalité inverse sont appelées grandeurs
inversement proportionnelles.

Si b désigne la base du rectangle et h la hauteur, alors la dépendance entre la base et la hauteur


s’exprime par la formule
b × h = 12. (1)

Le diagramme de la figure 10a correspond au tableau 9 (les dimensions des rectangles sont repré-
sentées à l’échelle).

hauteur (en cm) hauteur (en cm)


12 12

6 6

4 4
3 3
2 2
1 base (en cm) 1 base (en cm)
0 1 2 3 4 6 12 0 1 2 3 4 6 12
a) b) Figure 10

Les sommets des segments du diagramme ne sont pas alignés.

Convenons de considérer la base b comme grandeur indépendante et la hauteur h comme grandeur


dépendante. On peut transformer la formule b · h = 12 en une autre qui permet d’exprimer la
hauteur en fonction de la base :
12
h= .
b
A partir de cette formule, on obtient le graphique de la fonction en traçant la courbe qui passe par
les sommets de tous les segments possibles du diagramme (figure 10b).
12
Dans la formule h = b la grandeur indépendante se trouve au dénominateur.

Une dépendance entre deux grandeurs inversement proportionnelles dont l’une est considérée
comme grandeur indépendante et l’autre comme grandeur dépendante s’appelle une fonction de
proportionnalité inverse.

Le tableau 9 se transforme en un tableau de proportionnalité entre l’inverse de la base et la hauteur


(tableau 10).

inverse de base 1 1/2 1/3 1/4 1/6 1/12


hauteur 12 6 4 3 2 1
Tableau 10

En effet, nous pouvons vérifier que


12 6 4 3 2 1
= = = = = = 12.
1 1/2 1/3 1/4 1/6 1/12

278 Chapitre 9
1.4.6 Une fonction constante
Observons le tableau 11. Il donne, à différents moments, les distances qui séparent un mobile d’un
point fixe.
temps (en h) 0 1 2 3 4 5 6
distance (en km) 2 2 2 2 2 2 2 Tableau 11
Comme la distance du mobile par rapport au point fixe est la même, ce mobile est à l’arrêt. Sur le
diagramme, les segments verticaux sont de même longueur et le graphique est une droite parallèle
à l’axe horizontal (figure 11).

distance (en km)

1
temps (en h)

0 1 2 3 4 5 6 Figure 11
Convenons de considérer le temps comme grandeur indépendante et la distance comme grandeur
dépendante.
Notons d la distance parcourue. Elle peut être exprimée à l’aide de la formule très simple
d=2
Dans cette formule, la grandeur indépendante, le temps, est absente.
Bien que la distance d soit constante quand le temps varie, on la considère comme une fonction du
temps et on appelle cette fonction, fonction constante.

2 Fonctions numériques
2.1 Dépendance entre grandeurs traduite en fonction numérique
Dans les exemples de la section 1.4, des grandeurs variables ont été traitées à partir de leurs mesures.
Mais, un même nombre peut être la mesure de différentes grandeurs. Par exemple, le nombre 30
peut représenter un intervalle de temps de 30 secondes, ou de 30 heures, comme il peut représenter
une distance de freinage de 30 mètres, ou une force de 30 newtons,... Ainsi, pour pouvoir envisager
tous les cas possibles de grandeurs, on introduit la notion de variable numérique. Les valeurs qu’elle
prend ne sont pas liées à la grandeur qu’elle représente.
Deux grandeurs peuvent dépendre l’une de l’autre dans des contextes différents, mais selon la même
loi.
C’est le cas par exemple des bases et des hauteurs d’une famille de rectangles liées par la formule
2
b= h
3
et de la distance et du temps dans le cadre d’un mouvement uniforme (vitesse constante) liés par
la formule 2
d = t.
3
Dans les deux cas, la valeur de la variable dépendante s’obtient en multipliant celle de la variable
indépendante par 23 .

Appelons x la variable numérique indépendante et y la variable numérique dépendante, quelles que

Fonctions 279
2 2
soient les grandeurs en jeu. Les formules b = 3h et d = 3t s’écrivent

2
y= x.
3

Cette écriture vaut pour toutes les proportionnalités de même rapport 23 , quel que soit le contexte
ou les grandeurs envisagées. On parle dans ce cas de fonction numérique. Seules les valeurs prises
par les variables x et y comptent, sans que des unités physiques y soient attachées. Les valeurs prises
peuvent alors être négatives.

2.2 Vocabulaire, Définition, Notations

Une lettre comme x ou y ou t représente un nombre réel quelconque : on dit qu’elle représente
une variable (numérique). Des nombres particuliers attribués à la variable s’appellent valeurs de la
variable.

Lorsqu’à chaque valeur d’une variable numérique appartenant à un ensemble de nombres, on associe
une et une seule valeur d’une autre variable numérique, on définit une fonction sur cet ensemble.
La première variable est appelée variable indépendante, la seconde variable est appelée variable
dépendante.

Jusqu’à présent, une fonction est représentéé algébriquement par une formule ou une équation.
Mais, cela peut être une source de confusions. Par exemple, les équations y = 2x et x = 12 y sont
équivalentes, mais elles peuvent être interprétées comme formules de deux fonctions différentes
selon le statut de variable indépendante ou dépendante attribué aux variables x et y :

• si on décide que la lettre x représente la variable indépendante et la lettre y représente la


variable dépendante, alors la formule y = 2x représente une fonction qui fait correspondre
à un nombre son double;

• si on décide que la lettre y représente la variable indépendante et la lettre x représente la


variable dépendante, alors la formule x = 12 y représente une fonction qui fait correspondre
à un nombre sa moitié.

Ainsi, on introduit une notation d’une fonction dans laquelle on tient compte du nom de la va-
riable indépendante et du mécanisme selon lequel cette fonction attribue une valeur à la variable
dépendante en fonction de la valeur de la variable indépendante. Par exemple, une fonction qui fait
correspondre à un nombre son double est notée

soit par x → 2x, soit par y → 2y , soit par t → 2t,

et une fonction qui fait correspondre à un nombre sa moitié est notée

soit par x → 1
2 x, soit par y → 1
2 y, soit par t → 1
2 t,

selon la lettre choisie pour représenter la variable indépendante.

Cette notation peut être associée à l’idée d’une fonction vue comme une sorte de machine qui,
selon un certain mécanisme, transforme un nombre quelconque en un autre nombre. Par exemple,
la machine de la figure 12a transforme un nombre en son doubble et la machine de la figure 12b
transforme un nombre en sa moité.

280 Chapitre 9
entrée (variable indépendante) fonction sortie (variable dépendante)

2 2 4 2 1 1
2

7 2 14 7 1 7
2 2

x 2 2x x 1 1x
2 2

y 2 2y y 1 1y
2 2

t 2 2t t 1 1 t
2 2 Figure 12

Universellement, on emploie la lettre f pour désigner une fonction.


Une autre notation, le symbole f (x) qui se lit « f de x », est très utile et même incontournable
dans l’étude des propriétés des fonctions du point de vue théorique. Illustrons son utilisation sur
l’exemple de la fonction notée par x → 2x ou y → 2y ou t → 2t ; on écrit que
f (x) = 2x, ou que f (y) = 2y ou que f (t) = 2t
selon la lettre choisie pour représenter la variable indépendante. Pour noter que 7 → 14, on écrit
f (7) = 14. Ainsi, la notation f (x) désigne la valeur de la variable dépendante qui correspond à une
valeur de x. Cette valeur, notée donc par f (x), est aussi appelée la valeur de la fonction f en x, plus
particulièrement f (7) est appelée la valeur de la fonction f en x = 7.
Les notations f et f (x) ont été introduites par le mathématicien suisse Euler en 1748.
L’ensemble des valeurs que peut prendre la variable indépendante s’appelle le domaine de la fonction.
L’ensemble des valeurs pour lesquelles la formule qui définit une fonction a un sens s’appelle le
domaine de définition de la fonction.
Mais on peut décider que la variable indépendante ne prendra que les valeurs d’un ensemble de
nombres plus restreint ou plus utile, qui sera l’ensemble de départ.
L’ensemble de départ est parfois imposé par le contexte et s’appelle alors domaine utile. Par exemple,
la fonction x → x2 est définie sur l’ensemble des nombres des réels mais si x représente le côté d’un
carré et y son aire, il va de soi que seules les valeurs positives de x ont un sens : c’est le domaine
utile dans ce contexte.
Dans la suite, on se sert d’une des trois notations évoquées ci-dessus, selon les critères suivants :
• lorsqu’il s’agit du graphique ou d’une courbe qui représente une fonction, on utilise l’équation
du type y = 2x ;
• lorsqu’il est question de plusieurs fonctions à traiter, on utilise la notation du type x → 2x ;
• dans les autres cas, on utilise la notation du type f (x) = 2x.

2.3 Représentations graphiques


Le plus souvent, les représentations graphiques sont réalisées dans un système d’axes perpendi-
culaires. On convient de représenter la variable indépendante sur l’axe horizontal et la variable
dépendante sur l’axe vertical.
Une fonction peut être représentée à l’aide d’un diagramme. Celui-ci est composé de segments
dressés en certaines valeurs de la variable indépendante. La longueur de chacun des segments est
proportionnelle à la valeur de la variable dépendante, pour une échelle donnée (figure 13a). Quand

Fonctions 281
la valeur de la fonction est positive, le segment est tracé vers le haut à partir de l’axe horizontal.
Quand la valeur de la fonction est négative, le segment correspondant est tracé vers le bas.

1 1

0 1 0 1

a) b) Figure 13

Lorsqu’on relie les extrémités de tous les segments possibles, on obtient un graphique de la fonc-
tion f . C’est le lieu des points de coordonnées (x, f (x)) ou la courbe d’équation y = f (x).
Remarques
1◦ A une même fonction f peuvent correspondre différents graphiques selon les unités choisies sur
les axes, comme à la figure 14, où la fonction f (x) = x est représentée trois fois.

1 1

0 0 1
0 1 1
Figure 14

2 A une même fonction peuvent correspondre plusieurs formules :

x si x > 0
f (x) =
0 si x  0
3◦ Il y a des fonctions auxquelles on ne peut associer aucune formule simple, c’est le cas de la
fonction présentée par le tableau 12 :
x 1 2, 3 2, 6 3, 1 5, 4 5, 5
f (x) 0 2, 8 1, 5 2, 3 5, 4 5, 4
Tableau 12

2.4 Quelques « outils » pour décrire des fonctions


Dans cette section, quelques éléments caractéristiques d’une fonction qu’on appelle « outils » sont
décrits graphiquement et définis algébriquement.

2.4.1 Racine et ordonnée à l'origine


Les points en lesquels le graphique d’une fonction coupe les axes de coordonnées sont des points
particuliers.
ƒ (x)

ƒ (0)

x
x" x' x''' Figure 15

282 Chapitre 9
On appelle racine d’une fonction f un nombre x appartenant à son domaine tel que f (x ) = 0.

Une racine est l’abscisse d’un point d’intersection du graphique avec l’axe horizontal.
Déterminer des racines d’une fonction revient à résoudre l’équation f (x) = 0.

On appelle ordonnée à l’origine le nombre f (0) pour autant que la fonction soit définie en 0.

Ce nombre est l’ordonnée du point d’intersection du graphique de la fonction avec l’axe des or-
données.

2.4.2 Signe d'une fonction et interprétation sur le graphique


La connaissance des racines d’une fonction permet de déterminer le signe de la fonction, c’est-à-dire
le signe de la valeur de f (x).
A la figure 15, les valeurs de la fonction f sont supérieures à 0 pour x < x et sont inférieures à 0
pour x > x . Par exemple, en x la valeur de la fonction est positive car le segment qui la représente
est tracé vers le haut; par contre en x , la valeur de la fonction est négative car le segment qui la
représente est tracé vers le bas.
Etudier le signe d’une fonction à partir de sa formule revient à résoudre les inéquations suivantes
f (x) > 0, f (x) < 0, f (x)  0, f (x)  0.

2.4.3 Parité
Dans l’étude d’une fonction, il est intéressant de repérer les symétries éventuelles du graphique par
rapport à l’origine ou par rapport à l’axe des ordonnées. Quand il y a des symétries, l’étude de la
fonction peut être limitée, soit à l’ensemble des nombres positifs, soit à l’ensemble des nombres
négatifs, selon le cas.

Fonction paire

ƒ (x) = ƒ (-x)
x -x Figure 16

Lorsque, pour toutes les valeurs de la variable indépendante x appartenant au domaine de f , on a


f (−x) = f (x),
on dit que la fonction f est paire.

Graphiquement, cela se traduit ainsi : les ordonnées de deux points du graphique d’abscisses op-
posées sont égales (figure 16). De ce fait l’axe vertical est un axe de symétrie du graphique.

Fonction impaire

! (Ðxˇ
x
Ðx
Ä (xˇ
Figure 17

Fonctions 283
Lorsque, pour toutes les valeurs de la variable indépendante x appartenant au domaine de f , on a
f (−x) = −f (x),
on dit que la fonction f est impaire.

Graphiquement, cela se traduit ainsi : les ordonnées de deux points du graphique d’abscisses op-
posées sont également opposées (figure 17). De ce fait l’origine est un centre de symétrie du gra-
phique.
Etudier la parité d’une fonction, c’est déterminer si elle est paire ou impaire sur son domaine. Pour
cela, on doit comparer f (x) et f (−x) pour chaque valeur de x du domaine de la fonction, pour
autant que son opposé −x appartienne également au domaine.

2.4.4 Croissance et décroissance d'une fonction


Fonction croissante

ƒ (x”) ƒ (x’)

ƒ (x’) ƒ (x”)

x’ x” x’ x”

a) b) Figure 18

Une fonction est croissante sur un intervalle de son domaine lorsque, pour tout choix de deux
valeurs de la variable indépendante x et x appartenant à cet intervalle et telles que
x < x ,
on a f (x )  f (x ).
Graphiquement cela signifie que la courbe monte de gauche à droite sur cet intervalle (figure 18a).
Fonction décroissante

Une fonction est décroissante sur un intervalle de son domaine lorsque, pour tout choix de deux
valeurs de la variable indépendante x et x appartenant à cet intervalle et telles que
x < x ,
on a f (x )  f (x ).
Graphiquement cela signifie que la courbe descend de gauche à droite sur cet intervalle (figure 18b).

284 Chapitre 9
2.4.5 Maximum et minimum d'une fonction
Souvent, on s’intéresse à la plus grande valeur ou à la plus petite valeur d’une fonction.

ƒ (a) ƒ (d)

ƒ (c)
b
c a d c d c d
ƒ (b)
a) b) c) Figure 19

La valeur f (a) d’une fonction f s’appelle le maximum de la fonction sur l’intervalle [c, d] ou la
valeur maximale sur l’intervalle [c, d] lorsque
f (a)  f (x)
pour toutes les valeurs de x comprises entre c et d.

Le graphique de la figure 19a montre un maximum.

La valeur f (b) d’une fonction f s’appelle le minimum de la fonction sur l’intervalle [c, d] ou la valeur
minimale sur l’intervalle [c, d] lorsque
f (b)  f (x)
pour toutes les valeurs de x comprises entre c et d.

Le graphique de la figure 19b montre un minimum.


La figure 19c montre le graphique d’une fonction qui admet un minimum et un maximum aux
extrémités de l’intervalle [c, d] : f (c) est sa valeur minimale et f (d) est sa valeur maximale.

2.5 Fonctions de référence


Dans cette section, nous étudions quelques fonctions élémentaires. Pour chacune d’elles, nous met-
tons en évidence les propriétés les plus significatives et nous les représentons graphiquement.

2.5.1 Fonction identique f (x) = x


La fonction identique f (x) = x correspond à la fonction de proportionnalité pour laquelle le coef-
ficient de proportionnalité est égal à 1.

y=x

1 1

1 1

a) b) Figure 20

Fonctions 285
• La fonction est définie pour toutes les valeurs réelles de la variable x.
• La fonction s’annule pour x = 0.
• La fonction est positive pour les valeurs de x positives et elle est négative pour les valeurs
de x négatives.
• La fonction est impaire : f (−x) = −x = −f (x).
• La fonction est croissante sur l’ensemble de tous les nombres réels.
• Le graphique de la fonction est la droite d’équation y = x qui est la bissectrice des axes
(figure 20a) pour les raisons suivantes :
• dans un système d’axes perpendiculaires, tout point de coordonnées positives (x, x)
peut être considéré comme le quatrième sommet d’un carré dont le sommet opposé
est le point origine (0, 0) (figure 20b);
• dans tous ces carrés superposés comme à la figure 20, les diagonales d’extrémités (0, 0)
et (x, x) sont aussi superposées (Chap.6, section 3.2.1). Il en résulte l’alignement des
extrémités (x, x) pour les valeurs positives de x ;
• étant donné que la fonction est impaire, le graphique de la fonction pour les valeurs
négatives de x s’obtient par la symétrie de centre (0, 0), de la demi-droite obtenue
pour les valeurs positives de x.

2.5.2 Fonction du deuxième degré f (x) = x2 et fonction du troisième degré f (x) = x3


Le tableau 13 permet de comparer les deux fonctions.

x −10 −5 −0, 1 −0, 01 0 0, 01 0, 1 1 5 10


x2 100 25 0, 01 0, 0001 0 0, 0001 0, 01 1 25 100
x3 −1000 −625 −0, 001 −0, 00001 0 0, 00001 0, 0001 1 625 1000
Tableau 13

Ce tableau permet de comparer, à la figure 21, les positions relatives des graphiques des 3 fonctions;
f (x) = x, f (x) = x2 et f (x) = x3 .
y = x3

y = x2

y=x
1

0 1

Figure 21
2
Pour les valeurs positives de x comprises entre 0 et 1, la courbe de la fonction y = x est au-dessus
de la courbe y = x3 .
Quand x est plus grand que 1, c’est la courbe de y = x3 qui est au-dessus de la courbe de y = x2 .
Les positions relatives de ces deux courbes et de la droite y = x traduisent les inégalités algébriques
suivantes :
0 < x3 < x2 < x < 1 ou 1 < x < x2 < x3 .
Ces inégalités peuvent être déduites de l’inégalité 0 < x < 1 ou de l’inégalité 1 < x, par application
d’un principe d’équivalence des inégalités (Chap.5, section 6.3.2).

286 Chapitre 9
Propriétés de la fonction f (x) = x2
• La fonction est définie pour toutes les valeurs réelles de la variable x.
• La fonction s’annule en x = 0 car l’équation x2 = 0 admet 0 comme solution unique.
• La fonction prend des valeurs supérieures à 0 pour toutes les valeurs de x sauf pour x = 0.
• La fonction est paire car le graphique de la fonction f (x) = x2 est symétrique par rapport à
l’axe des ordonnées. On peut vérifier algébriquement que pour toutes les valeurs de x
f (−x) = (−x)2 = x2 = f (x).
• La fonction est croissante sur l’ensemble des nombres positifs car l’ordre entre les carrés de
deux nombres positifs est le même que l’ordre entre ces nombres :
x > x > 0 équivaut à (x )2 > (x )2 .
On peut le prouver algébriquement.
La fonction est décroissante sur l’ensemble des nombres négatifs parce que son graphique
est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. On peut le prouver algébriquement.
• La valeur minimale de la fonction est égale à 0 et elle est atteinte pour x = 0.
• Le graphique de la fonction f (x) = x2 est une parabole d’équation y = x2 ou plus pré-
cisément, le lieu des points équidistants de la droite d’équation y = − 14 et du point 0, 14
(Chap.8, section 2.3).

Propriétés de la fonctionf (x) = x3


• La fonction est définie pour toutes les valeurs réelles de la variable x.
• La fonction s’annule en x = 0 car l’équation x3 = 0 admet 0 comme solution unique.
• La fonction prend des valeurs supérieure à 0 pour toutes les valeurs supérieure à 0 de la
variable x. Elle prend des valeurs inférieure à 0 pour toutes les valeurs inférieure à 0 de la
variable x.
• La fonction est impaire car le graphique de la fonction f (x) = x3 est symétrique par rapport
à l’origine. On peut le vérifier algébriquement :
f (−x) = (−x)3 = −x3 = −f (x).
• La fonction est croissante sur l’ensemble des nombres positifs car l’ordre entre les cubes de
deux nombres positifs est le même que l’ordre entre ces nombres;
x > x équivaut à (x )3 > (x )3 .
On peut le prouver algébriquement.
Elle est croissante sur l’ensemble des nombres négatifs parce que son graphique est symétri-
que par rapport à l’origine.
• Le grahpique de la fonction est une courbe d’équation y = x3 .

1
2.5.3 Fonction inverse f (x) =
x
1
La fonction f (x) = x correspond à une fonction de la proportionnalité inverse.
1
Le tableau 14 reprend quelques valeurs de la fonction f (x) = x.

x 0, 01 0, 02 0, 05 0, 1 0, 5 1 10 50 100
1
100 50 20 10 2 1 0, 1 0, 02 0, 01
x Tableau 14

On observe que lorsque les valeurs positives de x s’approchent de 0, les valeurs correspondantes
de la fonction deviennent de plus en plus grandes. Graphiquement la branche droite de la courbe
s’approche de l’axe vertical (figure 22). Une observation analogue peut être faite pour la branche
gauche de la courbe.

Fonctions 287
Lorsque les valeurs de x deviennent de plus en plus grandes, les valeurs de la fonction deviennent
de plus en plus proches de 0. Graphiquement la branche droite de la courbe s’approche de plus en
plus de l’axe horizontal (figure 22). On peut affirmer un fait analogue pour la branche gauche.

y=1
x

y=x

0 1

Figure 22

• La fonction f (x) = 1
xn’est pas définie pour x = 0 parce qu’on ne peut pas diviser 1 par 0.
Son domaine est l’ensemble de tous les nombres réels sauf 0.
• La fonction n’a pas de racine car l’équation 1
x = 0 n’a pas de solution. En effet, une fraction
ne peut être nulle que si son numérateur est nul.
• La fonction prend des valeurs supérieures à 0 pour les valeurs de x supérieures à 0 et elle
prend des valeurs inférieures à 0 pour les valeurs de x inférieures à 0. En effet, un nombre
et son inverse sont de même signe.
• La fonction est impaire car pour toutes les valeurs de x différentes de 0
1 1
f (−x) = = − = −f (x).
−x x
• La fonction est décroissante sur l’ensemble de nombres réels supérieurs à 0 et sur l’ensemble
de nombres réels inférieurs à 0 :
1 1 1 1
par exemple, pour 2 < 3, on a > et pour −3 < −2, on a − > − .
2 3 3 2
• Le graphique de la fonction est la courbe d’équation y = 1
composée de deux parties symé-
x
triques par rapport à l’origine. Cette courbe est appelée hyperbole.
Cette fonction, bien que définie par une seule formule, est représentée par une courbe en deux
morceaux.

2.5.4 Fonction constante


Toute fonction dont les valeurs sont égales à un 1
même nombre, quelle que soit la valeur de la va-
riable indépendante, s’appelle fonction constante. 0,5
y=1
2
Une telle fonction est représentée par une droite
parallèle à l’axe des abscisses, comme à la figure
23. On la note f (x) = 12 . 0 1
Il est difficile de parler ici de fonction : rien ne va-
rie donc il n’y a pas de dépendance au sens strict Figure 23
du terme. Pourtant de telles fonctions ont un certain intérêt dans l’étude générale des fonctions.

288 Chapitre 9
2.5.5 Fonction valeur absolue f (x) = |x|
Le tableau 15 permet de mieux comprendre la signification de la formule f (x) = |x| (Chap.1, sec-
tion 2.1.3).
x −10 −8 −5 −2 0 2 5 8 10
|x| 10 8 5 2 0 2 5 8 10
Tableau 15

La figure 24 montre le graphique de la fonction


f (x) = |x|.
y=–x y=x
• La fonction valeur absolue s’écrit à l’aide 1
de trois formules simples :

x si x > 0 –1 1 x
f (x) = 0 si x = 0
 Figure 24
−x si x > 0

• La fonction est définie pour toutes les valeurs de la variable x.


• La fonction s’annule pour x = 0.
• La fonction est paire car
f (−x) = |x| = | − x| = f (x).
• La fonction est croissante sur l’ensemble des nombres positifs; elle est décroissante sur l’en-
semble de nombres réels négatifs.
• Le graphique de la fonction est composé de deux demi-droites (figure 24), l’une d’équation
y = x et l’autre d’équation y = −x.

2.5.6 Fonction racine carrée f (x) = x

Le tableau 16 reprend quelques valeurs de la fonction f (x) = x.
x 0 0, 5 1 1, 5 2 2, 5

x 0 0, 7071... 1 1, 2247... 1, 4142... 1, 5811
Tableau 16

La figure 25a représente le graphique de la fonction f (x) = x.

y = x2
(x > 0)

y= x y= x
1 1

0 1 0 1
a) b) Figure 25

• La fonction f (x) = x est définie uniquement pour les valeurs positives et nulle de la variable
indépendante x car seuls les nombres positifs et 0 admettent une racine carrée.
• La fonction s’annule pour x = 0.
• La fonction prend des valeurs positives ou nulle. La valeur minimale de la fonction est égale
à 0 et elle est atteinte en x = 0.
• La fonction est croissante sur l’ensemble de nombres réels positifs car l’ordre entre les racines
carrées de deux nombres est le même que celui des nombres.

• Le graphique est la courbe d’équation y = x.

Fonctions 289

Si on ne retient que les valeurs positives de x, la courbe y = x2 est symétrique de la courbe y = x
par rapport à la droite y = x. En effet, si on reprend l’image d’une machine pour une fonction et que
l’on dispose côte à côte les entrées et les sorties des deux machines illustrant les fonctions y = x2

et y = x, on observe que les entrées de l’une sont les sorties de l’autre et réciproquement. Il y a
donc échange de rôle entre les variables dépendantes et indépendantes.

16 4 x x

4 ( )2 16 x ( )2 (x)2
Figure 26

Cette fonction est un exemple de fonction irrationnelle.

2.6 Opérations sur les fonctions


A partir de fonctions élémentaires, on peut construire de nouvelles fonctions au moyen d’opérations
algébriques. Ces opérations se traduisent sur les formules ainsi que sur les graphiques.
Dans cette section, il est utile de noter une fonction de la manière suivante :
x → f (x).

2.6.1 Somme de deux fonctions


On obtient la somme de deux fonctions x → f (x) et x → g(x) quand on additionne leurs valeurs
f (x) et g(x) pour chaque valeur de la variable x. La fonction-somme est définie ainsi :
x → f (x) + g(x).
La fonction-somme est aussi désignée par f (x) + g(x).
Dans le cas de fonctions f et g dont les valeurs sont positives, on construit le graphique de la
fonction x → f (x) + g(x) par la mise bout à bout des segments de longueurs f (x) et g(x) pour
chaque valeur de x (figure 27). Le graphique de la somme est la courbe d’équation y = f (x) + g(x).

y = x2 + 1x +1
2

y = x2
1

0 1

y= 1 x+1
2 Figure 27

Lorsque, à chaque valeur d’une fonction f (x), on ajoute une constante a, alors on obtient une
fonction appelée somme d’une fonction et d’une fonction constante. Cette nouvelle fonction est
notée
x → f (x) + a.
Cette fonction-somme particulière est aussi désignée par f (x) + a.

290 Chapitre 9
L’exemple d’une telle somme est représenté à la figure 28a. Elle suggère que le graphique de la
fonction x → f (x) + a s’obtient à partir du graphique de la fonction f (x) par la translation de a
unités parallèlement à l’axe des ordonnées (figure 28b). C’est la courbe d’équation y = f (x) + a.

y = f(x) + a y = f(x) + a

a a
y = f(x) y = f(x)
y=a
a

a) b) Figure 28

C’est ici qu’on voit l’intérêt de disposer de fonctions constantes. Cela permet d’interpréter l’expres-
sion f (x) + a comme celle de la somme de deux fonctions. Sans cela, la somme d’une fonction et d’un
nombre n’aurait pas de sens puisqu’on ne peut pas additionner des objets de natures différentes.

2.6.2 Fonction x → f (x − a)
Pour mieux comprendre cette nouvelle opération sur des fonctions, illustrons-la par un exemple.
Considérons pour cela la fonction x → x2 et sa transformée x → (x − 2)2 .

Leurs graphiques sont représentés à la figure 29. On y observe que le graphique de la fonction
x → (x − 2)2 est l’image du graphique de la fonction x → x2 par la translation de +2 unités
parallèlement à l’axe horizontal. Expliquons cela. Pour construire le graphique de x → (x − 2)2 à
partir de celui de x → x2 , nous dressons à la verticale de chaque valeur de x le segment qui est à la
verticale de l’abscisse x − 2 (figure 29).

D’une manière générale le graphique de x → f (x − a) s’obtient à partir du graphique de x → f (x)


par la translation parallèle à l’axe des abscisses, de longueur a et dont le sens est déterminé par le
signe de a. C’est la courbe d’équation y = f (x − a)

y = (x – 2)2
y = x2

1
x–2 x Figure 29

2.6.3 Produit d'une fonction par une constante


On obtient le produit d’une fonction x → f (x) par une constante a quand on multiplie chaque
valeur f (x) de la fonction par cette constante. La nouvelle fonction est définie ainsi :

x → a · f (x).
Cette fonction est désignée par a · f (x) ou par af (x).

Si les nombres a et f (x) sont positifs, la valeur de la fonction af en x est représentée par un segment
dont la longueur vaut af (x).

Fonctions 291
Si le nombre a est positif et strictement supérieur à 1, la valeur af (x) en x est représentée par un
segment plus long que celui qui représente f (x) ; on dit, dans ce cas, que le graphique de af (x) est
obtenu par un étirement de facteur a parallèle à l’axe des ordonnées (figure 30a).
Si le nombre a est positif et strictement inférieur à 1, la valeur af (x) en x est représentée par un
segment plus court que celui qui représente f (x) ; on dit, dans ce cas, que le graphique de af (x) est
obtenu par une compression de facteur a parallèle à l’axe des ordonnées (figure 30b).
Si le nombre a vaut −1, on obtient le graphique de f (x) à partir du graphique de −f (x) par une
symétrie orthogonale dont l’axe est celui des abscisses.
Si le nombre a est négatif et différent de −1, le graphique de f (x) subit une compression ou un
étirement de facteur |a| parallèle à l’axe des ordonnées suivie d’une symétrie par rapport à l’axe des
abscisses ou vice versa (figure 30c).
Le graphique d’une fonction x → af (x) est la courbe d’équation y = af (x).

y = x2

y = 2x2 1

1
y= 1 x2 0 a = Ð 0,25
y = x2 2

y=Ð 1 x2
a = 0,5 4
1 a=2 1
y = x2

y = Ð x2
0 1 0 1
a) b) c) Figure 30

3 Familles de fonctions
3.1 Famille des fonctions du premier degré
Les fonctions données par les expressions suivantes sont des exemples de fonctions du premier
degré :
3 √ 7
x → 2x + 1 , x → x − 5, x → −5, 2x + 3, 14 , x → 3x + .
2 3

On dit qu’une fonction est du premier degré lorsque sa formule ou son expression analytique est
de la forme
f (x) = mx + p où m = 0.

L’expression « du premier degré » est due à l’exposant « 1 » de la variable indépendante x.


Les valeurs de la variable x sont prises dans l’ensemble de tous les nombres réels.
Les coefficients m et p peuvent être remplacés par différents nombres. Chaque fois que m et p sont
fixés, la formule mx + p définit une fonction. Par exemple, si m = −5, 2 et p = 3, 14, la fonction est
f (x) = −5, 2x + 3, 14. Les coefficients m et p sont appelés ici des paramètres.

292 Chapitre 9
3.1.1 Fonction linéaire : f (x) = mx
Si p = 0, la fonction de la famille f (x) = mx + p devient

f (x) = mx.
Elle est appelée fonction linéaire.

A la section 2.5.1, nous avons étudié la fonction linéaire particulière : x → x. Toute fonction de la
famille x → mx est le produit de x → x par le nombre m.

Ainsi, les caractéristiques des fonctions linéaires comme racine, parité, croissance, signe, se déduisent
immédiatement de celles établies pour x → x (figure 31a et b).

y = –2x
y=x
y=x
1
y=3 x 1 y = mx
1

0 1 0
0 1

a) b) c) Figure 31

La représentation graphique d’une fonction de la famille x → mx est une droite pour l’une ou
l’autre des raisons suivantes :

• le graphique de x → mx s’obtient à partir du graphique de x → x par une compression ou


un étirement de facteur |m| et une telle transformation conserve l’alignement;

• tout point de cordonnées (x, mx) peut être considéré comme le sommet d’un rectangle op-
posé par la diagonale au sommet (0, 0). Pour une valeur fixe du coefficient m et pour des
valeurs différentes de x, tous ces rectangles sont semblables (Chap.6, section 3.2) et donc
leurs diagonales se superposent (figure 31c).

Le graphique d’une fonction linéaire de la famille f (x) = mx est une droite passant par l’origine
des axes. C’est le lieu des points dont les coordonnées vérifient l’équation y = mx.

Allure du graphique en fonction du paramètre m

Pour envisager toutes les fonctions de la famille x → mx, on doit donner au paramètre m toutes les
valeurs possibles. Quand on représente les graphiques des fonctions correspondantes, on obtient
un « faisceau » de droites passant par l’origine, à l’exception des axes (figure 32).

m= 3
m = –2 2 2
m= 3
m = –1
1
1
m=– 1 m= 4
3

Figure 32

Fonctions 293
3.1.2 Cas général : f (x) = mx + p
Chaque fonction de la famille x → mx + p peut être considérée comme la somme des fonctions
x → mx et x → p (figures 33a et b).

Graphiques

m>0 y = mx + p y = mx + p m<0

p p
1 y = mx 1
y = mx

0 1 0 1

a) b) Figure 33

Le graphique d’une fonction du premier degré x → mx + p est une droite.

En effet, on passe du graphique d’une fonction de la famille x → mx à celui d’une fonction de


la famille x → mx + p en ajoutant le nombre p à l’ordonnée de chacun de ses points. La droite
d’équation y = mx + p est ainsi obtenue comme translation (section 2.6.1) de la droite d’équation
y = mx de p unités parallèle à l’axe des ordonnées (figure 33).

Racine et ordonnée à l’origine


• Comme m est non nul, toute fonction de la famille x → mx + p admet une racine car une
équation du type
mx + p = 0
p
admet une solution unique : − .
m
• L’ordonnée à l’origine est égale à p car f (0) = p.

m<0 m>0
p

p p
m p m
a) b) Figure 34

Signe

Si m > 0, les valeurs de la fonction sont positives pour les valeurs de x plus grandes que la racine
et les valeurs de la fonction sont négatives pour les valeurs de x plus petites que la racine :
p
mx + p > 0 lorsque x>−
m
et p
mx + p < 0 lorsque x<− .
m

294 Chapitre 9
On peut se convaincre de ce résultat en examinant le graphique de la figure 34b, mais on peut
l’établir également en s’appuyant sur les propriétés des inégalités (Chap.5, section 6.3).

Quand m < 0, les valeurs de la fonction sont négatives pour les valeurs de x plus grandes que la
racine; elles sont positives pour les valeurs de x plus petites que la racine :
p
mx + p < 0 lorsque x>−
m
et p
mx + p > 0 lorsque x<− .
m

On peut se convaincre de ces résultats en examinant les graphiques de la figure 34, mais on peut
les établir en s’appuyant sur les propriétés des inégalités (Chap.5, section 6.3).

Croissance

La fonction est croissante lorsque m > 0. La fonction est décroissante lorsque m < 0.

On peut se convaincre de ce résultat en examinant les graphiques de cette famille de fonctions. Mais
on peut également l’établir par un raisonnement algébrique.
En effet, quelles que soient les valeurs de x et x telles que x < x , on a par les propriétés des
inégalités (Chap.5, section 6.3) que
si m > 0, alors mx + p < mx + p
et
si m < 0, alors mx + p > mx + p.
Taux d’accroissement

Lorsque la variable indépendante augmente d’une unité, la fonction f (x) = mx + p augmente de


m quand m > 0 (ou diminue de m quand m < 0).
Le coefficient m est appelé taux d’accroissement de la fonction.

En effet, quelle que soit la valeur de la variable x, on a que


f (x + 1) = m(x + 1) + p = mx + m + p = (mx + p) + m = f (x) + m.
On peut illustrer cela graphiquement (figure 35).
1
m
m
1

x 1 x+1 x x+1 1

a) b) Figure 35

On reconnaît dans le coefficient m la pente de la droite d’équation y = mx+p (Chap.8, section 2.1.3).

L’allure du graphique en fonction des paramètres m et p


Pour envisager les graphiques de toutes les fonctions de la famille considérée, on fait varier les
valeurs des paramètres m et p.
Fixons p ; à chaque valeur de m, correspond une autre fonction du premier degré.

Fonctions 295
Représentons dans un même système d’axes, les
graphiques des fonctions correspondant aux diffé-
rentes valeurs de m. Nous obtenons un faisceau de
droites sécantes au point (0, p) (figure 36).
(0,p)
Fixons m ; à chaque valeur de p correspond une au-
tre fonction du premier degré. m<0 m>0

Représentons dans un même système d’axes, les Figure 36


graphiques des fonctions correspondant aux diffé-
rentes valeurs de p. Nous obtenons un faisceau de droites parallèles de pente m (figure 37).

m>0 m<0

a) b) Figure 37

3.2 Famille des fonctions du deuxième degré


Les fonctions données par les expressions suivantes sont des exemples de fonctions du
deuxième degré :
x → x2 , x → 2x2 − 3 , x → 2x2 + 7, 2x , x → 2x2 − 8x + 19.

On dit qu’une fonction est du deuxième degré lorsque sa formule ou son expression algégrique est
de la forme
f (x) = ax2 + bx + c où a = 0.

Le terme « du deuxième degré » est dû à l’exposant « 2 » de la variable indépendante x dans le


terme ax2 .
Les valeurs de la variable x sont prises dans l’ensemble de tous les nombres réels.
Les coefficients a, b et c peuvent prendre différentes valeurs numériques. A une valeur choisie de
chaque coefficient, correspond une fonction particulière. Par exemple, si a = 2, b = −8 et c = 19, la
fonction est f (x) = 2x2 − 8x + 19.
Les coefficients a b et c sont appelés ici des paramètres.

3.2.1 Cas particulier : f (x) = ax2


A la section 2.5.2, nous avons étudié la fonction particulière : x → x2 .
Toute fonction de la famille x → ax2 est le produit de la fonction x → x2 par le nombre a.

Graphique
Le graphique d’une fonction de la famille x → ax2 est obtenu à partir de celui de la fonction x → x2
par compression ou étirement parallèle à l’axe des ordonnées et de coefficient a.
Le graphique d’une fonction de la famille x → ax2 est une parabole d’équation y = ax2 (Chap.8,
section 2.3.3).
Si le nombre a est strictement positif, la courbe est orientée de la même manière que celle d’équation
y = x2 . On dit que sa concavité est tournée vers le haut.

296 Chapitre 9
Si le nombre a est strictement négatif, la courbe y = 1,5 x2
est orientée dans le sens contraire de celle d’équa-
tion y = x2 . On dit que sa concavité est tournée y = x2
vers le bas.
La courbe qui représente une fonction de la fa- y = 0,5 x2
mille x → ax2 est une parabole d’équation y =
ax2 .

Ainsi, les caractéristiques des fonctions de cette y = – 0,5 x2


famille, comme racine, parité, croissance, signe, se
Figure 38
déduisent immédiatement à partir de celles éta-
blies pour x → x2 (figure 38).
a>1 a=1
Allure du graphique en fonction du paramètre a

Pour envisager les graphiques de toutes les fonc-


tions de la famille traitée, on fait varier la valeur
0<a<1
du paramètre a, ce qui fait varier la concavité de
la courbe.

Quand le paramètre a augmente tout en restant


positif, la courbe se « referme », quand il diminue
vers de 0, la courbe « s’ouvre » (figure 39). On ob- –1 < a < 0
tient ainsi un faisceau de paraboles de sommet
en (0, 0).

a < –1 a = –1
Figure 39
3.2.2 Cas particulier : f (x) = ax2 + c

Chaque fonction de la famille x → ax2 + c peut être considérée comme la somme des fonctions
x → ax2 et x → c.

Graphique
On passe du graphique d’une fonction de la famille x → ax2 à celui d’une fonction de la famille
x → ax2 + c en ajoutant le nombre c à l’ordonnée de chacun de ses points. Ainsi, le graphique de la
fonction x → ax2 + c est obtenu à partir du graphique de la fonction x → ax2 par une translation
de c unités parallèle à l’axe des ordonnées.
Ce graphique est une parabole : son foyer et sa directrice sont les images du foyer et de la directrice
de la parabole d’équation y = ax2 par la même translation.

Allure du graphique en fonction du paramètre c

• Fixons la valeur du paramètre a et faisons


varier le paramètre c ; alors le graphique 1,3

est décalé vers le haut si c augmente, et


0,2
le graphique est décalé vers le bas quand c
diminue (figure 40).

–1 Figure 40

Fonctions 297
3.2.3 Cas général : f (x) = ax2 + bx + c
Pour a = 1, la figure 41 représente les graphiques de deux fonctions de cette famille.

Elle suggère que le graphique de x → x2 − 2x + 3


s’obtient à partir du graphique de x → x2 comme y = x2
le résultat de deux translations successives; l’une
de +2 unités parallèlement à l’axe des abscisses,
l’autre de −1 unité parallèlement à l’axe des or- 1 y = x2 Ð 2x + 3
données.

D’après les résultats établis en 2.6.1 et en 2.6.2, on 0 1


a que

• lorsqu’on translate le graphique de x → x2 Figure 41

de (+2) unités parallèlement à l’axe des abscisses, on obtient celui de la fonction x → (x − 2)2
• lorsqu’on translate le graphique de x → (x − 2)2 de (−1) unité parallèlement à l’axe des
ordonnées, on obtient celui de la fonction x → (x − 2)2 − 1.

On vérifie qu’effectivement
(x − 2)2 − 1 = x2 − 2x + 3.
Ce résultat permet d’établir que l’axe de symétrie du graphique de la fonction est la droite d’équation
x = 2 et que la fonction admet le minimum pour x = 2 (figure 41).
De façon générale, on peut vérifier que le graphique de toute fonction du deuxième degré x →
ax2 + bx + c peut être obtenu comme le résultat de deux translations successives du graphique de
la fonction x → ax2 .
Notons k , la mesure de la translation parallèle à l’axe des abscisses et l la mesure de la translation
parallèle à l’axe des ordonnées. Lorsqu’on applique au graphique de la fonction x → ax2 les deux
translations successives, on obtient le graphique de la fonction
x → a(x − k)2 + l.
Il reste à établir que toute fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c peut s’écrire sous forme
f (x) = a(x − k)2 + l.
Pour mettre la formule ax2 + bx + c sous la forme a(x − k)2 + l, utilisons la technique suivante
b c
ax2 + bx + c = ax2 + a x + a
a a
 
2 b c
=a x + x+
a a
 
2 b c
=a x +2 x+
2a a
 
b b2 b2 c
2
= a x + 2x + 2 − 2 +
2a 4a 4a a
 2
  2 
b b b c
2
= a x + 2x + 2 −a +
2a 4a 4a2 a
 2  2 
b b
=a x+ − −c
2a 4a
 2  2 
b b − 4ac
=a x+ − .
2a 4a

298 Chapitre 9
On a ainsi établi le résultat formulé ci-dessous.

Il existe des nombres k et l tels que la formule ax2 +bx+c se transforme en la formule a(x−k)2 +l :
 
b b2 − 4ac
ax + bx + c = a(x − k) + l
2 2
si k = − et l = − .
2a 4a

De là, on déduit que le graphique de la fonction x → ax2 + bx + c s’obtient comme le résultat de


deux translations successives appliquées au graphique de la fonction x → ax2 . Ces courbes sont
isométriques, et la courbe d’équation y = ax2 + bx + c est une parabole.

La courbe d’équation y = ax2 + bx + c est une parabole.

Symétrie
L’axe de symétrie de la parabole d’équation y = ax2 a pour équation x = 0.
L’axe de symétrie de la parabole d’équation y = ax2 + bx + c subit les mêmes translations que la
courbe y = ax2 et a donc pour équation x = − 2a
b
.
Le sommet de la parabole d’équation y = ax2 a pour coordonnées (0, 0). Celui de la parabole d’é-
quation y = ax2 + bx + c subit les mêmes translations que la courbe y = ax2 et donc il a pour
b2 −4ac
coordonnées − 2a
b
, 4a .

Le graphique d’une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c admet un axe de symétrie d’équation
x = − 2a
b
.

a>0 a<0

1 1

0 1 b 0 1
x=– 2a b
x=– 2a Figure 42

Croissance et décroissance

Si a > 0, la fonction est croissante sur l’ensemble des valeurs de x telles que x > − 2a
b
et décroissante
sur l’ensemble des valeurs de x telles que x < − 2a .
b

Si a < 0, la fonction est croissante sur l’ensemble des valeurs de x telles que x < − 2a
b
et décroissante
sur l’ensemble des valeurs de x telles que x > − 2a .
b

Ce résultat est établi graphiquement (figure 42).

Maximum et minimum

Le maximum ou le minimum de la fonction f (x) = ax2 + bx + c est atteint pour x = − 2a


b
et vaut
−(b2 −4ac)
4a
On a un minimum quand a > 0 et un maximum quand a < 0.

Ce résultat est établi graphiquement.

Fonctions 299
Racines
La figure 43 présente les six cas possibles des positions relatives de la parabole par rapport à l’axe
des abscisses :

a>0

a<0

Figure 43

2
Nous observons que le graphique de la fonction f (x) = ax + bx + c peut avoir
• deux points distincts d’intersection avec l’axe des abscisses;
• un point d’intersection avec l’axe des abscisses qui peut être vu comme deux points confon-
dus;
• aucun point d’intersection avec l’axe des abscisses (figure 44).
Or, l’existence des racines est liée au nombre de points d’intersection de la parabole et de l’axe des
abscisses. Ainsi on conclut que la fonction f (x) = ax2 + bx + c peut avoir
• deux racines distinctes;
• une racine qui peut être vue comme deux racines confondues;
• aucune racine.
Algébriquement, on détermine des racines éventuelles d’une fonction du deuxième degré en résol-
vant l’équation
ax2 + bx + c = 0. (1)
Nous reprenons ici les résultats relatifs à propos de telles équations (Chap.5, section 4.2.2) et nous
les interprétons dans le contexte des fonctions du second degré.
• Lorsque b2 − 4ac > 0, l’équation (1) a deux solutions x1 et x2 données par les formules
suivantes : √ √
b b2 − 4ac b b2 − 4ac
x1 = − − et x2 = − + .
2a 2a 2a 2a
Dans ce cas, une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c a deux racines distinctes et son
graphique a deux points d’intersection avec l’axe horizontal (figures 44a et d).
• Lorsque b2 − 4ac = 0, l’équation (1) a deux solutions confondues
b
x1 = x2 = − .
2a
Cela signifie qu’une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c a deux racines confondues ou
que son graphique rencontre l’axe horizontal en x = − 2a b
(figure 44b et e).
• Lorsque b2 − 4ac < 0, l’équation (1) n’a pas de solutions.
Dans ce cas, une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c n’a pas de racine; son graphique
ne coupe pas l’axe des abscisses : il est situé soit entièrement au-dessous, soit entièrement
au-dessus de l’axe des abscisses (figures 44c et f).

300 Chapitre 9
a>0 b2 – 4 ac < 0
b2 – 4 ac = 0
b2 – 4 ac > 0

x1 x2 x1 = x 2

a) b) c)

a<0
b2 – 4 ac > 0
b2 – 4 ac = 0 b2 – 4 ac < 0

x1 x2 x1 = x 2

d) e) f) Figure 44

La fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c admet


• deux racines distinctes lorsque b2 − 4ac > 0 ;
• deux racines confondues (ou une racine double) lorsque b2 − 4ac = 0 ;
• aucune racine lorsque b2 − 4ac < 0.

Etude du signe

Le signe d’une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c dépend du signe du paramètre a et du signe
de b2 − 4ac.

L’étude générale du signe d’une fonction du second degré peut être faite à partir de la figure 44.

• Soit b2 − 4ac > 0 et a > 0. Un graphique possible est celui de la figure 44a. Les valeurs
d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont inférieures à 0 pour les valeurs de x
comprises entre les racines et supérieures à 0 pour des valeurs de x à l’extérieur des racines.
Cela peut être traduit sous forme d’un tableau de signe (tableau 17).

x x < x1 x = x1 x1 < x < x2 x = x2 x2 < x


signe de f (x) + 0 − 0 +
Tableau 17

• Soit b2 − 4ac > 0 et a < 0. Les valeurs d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont
supérieures à 0 pour les valeurs de x comprises entre les racines et inférieures à 0 pour des
valeurs de x à l’extérieur des racines.

• Soit b2 − 4ac = 0 et a > 0. Une fonction qui satisfait à ces deux conditions s’écrit aussi
 
b 2
f (x) = a x + 2a . Ses valeurs sont supérieures à 0 pour toutes les valeurs de x sauf en
x = − 2a .
b

• Soit b2 − 4ac = 0 et a < 0. Une fonction qui satisfait à ces deux conditions s’écrit aussi
 
b 2
f (x) = a x + 2a . Ses valeurs sont inférieures à 0 pour toutes les valeurs de x sauf en
x = − 2a
b
.

Fonctions 301
• Soit b2 − 4ac < 0 et a > 0. Les valeurs d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont
supérieures à 0.
• Soit b2 − 4ac < 0 et a < 0. Les valeurs d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont
inférieures à 0.

3.3 Famille des fonctions polynomiales


Les fonctions du premier degré x → mx + p et du second degré x → ax2 + bx + c sont des cas
particuliers de fonctions polynomiales. On peut avoir des fonctions du troisième degré, du quatrième
degré et, d’une manière générale, du nème degré.
Par exemple, la fonction x → 7x5 + 4x3 − 0, 5x2 + 2, 3 est un exemple d’une fonction polynomiale du
5ème degré.
D’une manière générale, on note des fonctions polynomiales du nème degré de la manière suivante :
x → an xn + an−1 xn−1 + an−2 xn−2 + ... + a1 x1 + a0 .
Les lettres avec les indices an , an−1 , an−2 , ..., a1 , a0 correspondent aux coefficients des termes en
xn , xn−1 , xn−2 , ..., x = x1 , x0 = 1.
La famille des fonctions polynomiales n’est pas étudiée dans cet ouvrage.

302 Chapitre 9
4 Fonctions sinus et cosinus
4.1 Sinusoïde comme lieu de points
A la figure 45a, on reconnaît la vue d’en haut et la vue de profil d’un escalier en colimaçon sur un
dessin d’architecte. Dans la vue de profil, les positions successives des marches suggèrent une courbe.
A la figure 45b, on refait le dessin en remplaçant les marches par des segments. Les extrémités des
segments suggèrent une courbe. Elle nous donne une première idée de ce qu’est une sinusoïde et
comment on peut la construire.
16
16
15
15
14
14
13
13 12
12
11
11
10
10

9
9
8
8
7
7
6
6
5
5

4
4
3
3
2
2
1
1

5 4 3
6 2

7 1

8 16

9 15

10 14
11 12 13
a) b) Figure 45

Basculons l’axe de l’escalier dans la position horizontale. En s’appuyant sur l’idée de la construction
présente dans la figure 45b, recommençons la construction du schéma de cet escalier, cette fois-ci
vu de profil (figure 46).4
5 3
6 2

7 1

8 16
3
˛ 15

10 14
11 13 Figure 46
12

Fonctions 303
Le cercle est divisé en 16 parties égales. Chacune d’elles représente une marche vue d’en haut. Pour
construire par exemple la troisième marche vue de face, on divise l’axe de l’escalier en 16 parties
égales et à 3/16 de l’axe, on place un segment vertical dont l’extrémité est déterminée par la ligne
de rappel mise en pointillés à la figure 46.
Construisons un segment vertical correspondant à un point R situé, par exemple, à 2/5 de [ST ].
Procédons de la façon suivante (figure 47) :
• Sur le cercle, situons un point N tel que l’amplitude de l’angle SON est égale à 25 de 360◦
c’est-à-dire à 144◦ .
• Projetons N sur le diamètre horizontal du cercle. Nous obtenons le point M .
• Dressons en R un segment vertical [RP ] tel que |RP | = |M N |.
D’une manière analogue, nous pouvons construire autant de segments que nous voulons. Leurs
extrémités tracent une courbe appelée sinusoïde (figure 47).

) P
144¡

M S R T

Figure 47

La figure 48 montre comment la courbe se poursuit au delà du point T .

) P

M S R T

Figure 48

La figure 49 représente une sinusoïde construite sur un segment [ST ] plus long.

M S R T

Figure 49

La figure 50 représente une sinusoïde étirée par rapport à celle de la figure 47. C’est la conséquence
du rayon plus grand du cercle.

304 Chapitre 9
P

M S R T

Figure 50

4.2 Equation de la « sinusoïde canonique »


Considérons le cas particulier d’une sinusoïde lorsque la longueur |ST | est égale au périmètre du
cercle. Une telle sinusoïde est représentée à la figure 51.

N P

α
O M S R T

Figure 51

Dans ce cas, la longueur du segment [SR] est égale à la longueur de l’arc SN .

Nous appelons la courbe de la figure 51 « sinusoïde canonique ».

Toutes les sinusoïdes peuvent être obtenues à partir de celle-ci par des transformations telles qu’une
compression ou un étirement dans les directions verticale ou horizontale.

4.2.1 Equation
Pour représenter une « sinusoïde canonique » sur l’ordinateur ou sur une calculatrice, on a besoin
de son équation. Pour établir cette équation, il faut choisir un système d’axes. Ce choix s’impose
d’une manière naturelle et le rayon du cercle est choisi comme unité sur les axes (figure 52).

1
N P

α
O M S R 1 x
T

Figure 52

Considérons un point quelconque P de la sinusoïde canonique. Notons son abscisse par x. L’ordonnée
y du point P est égale à sin α, où α représente l’amplitude de l’angle SON . Notons

Fonctions 305
y = sin α.
Pour faire apparaître le lien entre l’ordonnée y et l’abscisse x, on s’appuie sur le fait que |SR| est

égal à la longueur de l’arc SN . On décide de

• mesurer l’amplitude de l’angle α par la longueur de l’arc SN ;

• mesurer, avec la même unité qu’est le rayon, l’abscisse x et la longueur de l’arc SN corres-
pondant.

On obtient alors que la longueur de l’arc SN vaut x.
Ainsi l’ordonnée y devient égale à sin x, d’où l’équation de la courbe s’écrit
y = sin x.

4.2.2 Nouvelle unité d'angle


Mesurer l’amplitude d’un angle par la longueur de
l’arc qui lui correspond sur un cercle centré en
1 radian
son sommet revient à choisir une nouvelle unité
pour mesurer l’amplitude d’un angle : l’angle qui
intercepte l’arc de longueur égale au rayon. Cette
unité d’angle s’appelle radian (figure 53).

De ce qui précède, on a
360◦ = 2π rad Figure 53

d’où
360◦ ∼
1 rad = = 57, 3◦

et 2π rad ∼
1◦ = = 0, 017 rad
360
Les tableaux de proportionnalité ci-dessous permettent une conversion des degrés en radians, et
des radians en degrés pour quelques valeurs particulières.

degrés 360 180 90 60 45 30 2π


radians 2π π π
2
π
3
π
4
π
6
360o
Tableau 18

radians 2π = 6, 28 1 2 3 4 5 6
degrés 360 57, 3 114, 6 171, 9 229, 2 286, 5 343, 8
Tableau 19

4.3 Fonction sinus


Les fonctions représentées par des courbes sinusoïdales sont importantes en physique, par exemple
dans l’étude des mouvement circulaires.
Considérons un point mobile qui se déplace sur un cercle avec une vitesse circulaire constante et
qui, pendant une seconde, parcourt un arc de longueur égale au rayon. Cela veut dire que sa vitesse
est égale à 1 rayon/s. Dans le mouvement circulaire uniforme, les différentes positions sur le cercle
du point mobile sont séparées par des arcs de même longueur pour les intervalles de temps égaux.
Projetons sur un segment vertical, le point mobile du cercle. Considérons le mouvement de projec-
tion de ce point sur ce segment (figure 54). Les différentes positions des projections du point ne sont
plus séparées par des segment de même longueur. Ces segments deviennent de plus en plus courts
lorsque les projections s’approchent des extrémités du segment. Cela signifie que le mouvement des
projections du point est ralenti.

306 Chapitre 9

M
Niveau 0

Figure 54

Supposons que la position initiale du point M sur le cercle, au moment t = 0, est en S (figure
55). A un instant t, le point M a parcouru un arc de longueur t rayons. A la figure 55, on montre
qu’au même instant, sa projection M  sur le segment vertical est au niveau sin t. C’est la raison pour
laquelle cette fonction s’écrit
t → sin t ou x → sin x
et on l’appelle fonction sinus.
Lorsqu’on dessine le graphique de cette fonction dans un système d’axes avec l’unité égale au rayon
du cercle sur lequel se meut le point M , alors la courbe obtenue est la sinusoïde que nous avons
appelée sinusoïde canonique (figure 55).

M

temps (en sec.)

S t 1
T

Figure 55

Contrairement à toutes les fonctions rencontrées jusqu’à maintenant, la fonction sinus une fonction
dont les valeurs ne peuvent plus être calculées à l’aide de quatre opérations algébriques telle que
l’addition, la soustraction, la multiplication, la division.

4.4 Fonction cosinus


Intéressons-nous de plus près à la fonction
 
x → sin x + π2
et construisons son graphique.
Ce graphique peut être obtenu de deux manières :
• par la translation de la courbe y = sin x, de π
2 unités vers la gauche (voir section 2.6.2);
• par construction, point par point, comme à la  figure
 56. Il s’agit de dresser à la verticale de
chaque abscisse un segment de longueur sin x + π2 . Pour cela, on considère un point N du

cercle tel que l’arc SN est égal à x. Ensuite, on y ajoute l’arc de longueur π2 radians, ce qui
revient à considérer le point N  sur lequel est envoyé le point N par la rotation de 90◦ dans
le sens anti-horloger.

Fonctions 307
1 P

M S x 1
T

Figure 56
La figure 56 montre que l’ordonnée de P est égale au sinus de l’angle SON  qui est égal au cosinus
de l’angle SON . On peut donc écrire que
 
sin x + π2 = cos x
pour toute valeur de l’abscisse x.
Dès lors, à chaque abscisse x, on dessine verticalement un segment de longueur cos x, vers le haut
si la valeur de cos x est supérieure à 0, vers le bas si la valeur de cos x est inférieure à 0. On obtient
 
ainsi la courbe de la figure 56. C’est la raison pour laquelle la fonction x → sin x + π2 est aussi
notée
y = cos x.
On l’appelle fonction cosinus.

308 Chapitre 9
Chapitre
Statistique descriptive
10
Généralement pour étudier un thème Les données statistiques font maintenant
sociologique ou pour prendre des décisions partie de notre vie quotidienne : les
dans des domaines très variés, on se journaux, la télévision, les revues nous
renseigne, on se documente, on recueille apportent chaque jour leur lot de sondages
des informations. On dispose alors de et de graphiques divers. Ceux-ci permet-
données; celles-ci constituent ce qu'on tent d'apprécier d'un coup d'oeil un ensem-
appelle des données statistiques. Le trai- ble de données. Il est donc important qu'ils
tement de ces données est l'objet de la soient éclairants pour le lecteur et qu'ils
« statistique descriptive ». ne dénaturent pas les données.
Le mot statistique vient du mot latin L'objet de la statistique descriptive est de
« statisticus » qui signifie « relatif à représenter sous forme de graphiques et
l'état ». Les premières civilisations, de résumer à l'aide de quelques nombres
plusieurs millénaires avant notre ère, ont significatifs les informations disponibles
laissé des traces d'études statistiques dans un tableau de données.
(Chine, Egypte, Empire romain). La statis- Dans les sections 1, 2 et 3, nous introdui-
tique consistait alors à inventorier des ren- sons progressivement et sur des exemples
seignements à propos des individus et de les notions de base de la statistique des-
leurs biens. Ces informations permettaient criptive. A la section 4 se trouvent les
à l'Etat de recruter des soldats et de définitions du vocabulaire spécifique
recueillir des impôts le plus souvent pour utilisé par les statisticiens.
des besoins de guerre.
A partir du 18e siècle, la statistique
devient une branche des mathématiques
qui, avec l'apport du calcul des probabi-
1. Premières présentations de
données
lités puis des ordinateurs, a évolué très ra-
pidement pour intervenir dans des 2. Traitement de données
domaines aussi divers que les sciences
politiques, économiques et sociales, la
3. Transformation d’une série
en une autre
médecine, la psychologie, la biologie, la
physique, la météorologie,...
4. Vocabulaire - définitions -
propriétés
1 Premières présentations de données
Dans cette section, nous introduisons les premiers mots de vocabulaire utilisés par les statisticiens
et nous montrons comment sont construites les représentations graphiques rencontrées quotidien-
nement dans les médias.

1.1 Effectifs - fréquences


Les gens se disent préoccupés par le problème de la pollution. Est-ce seulement une apparence ou
retrouve-t-on réellement ce souci dans leur pratique quotidienne par exemple en ce qui concerne le
moyen de transport utilisé pour amener leurs enfants à l’école ?
Le tableau 1 rassemble les résultats d’une enquête menée à ce sujet auprès des élèves de 12-13 ans
d’une école de Bruxelles (première année du secondaire).

Moyens de transport Nombre d’élèves

A pied 16
A vélo 1
Transports en commun 68
Train 3
Voiture 52
Tableau 1

Le groupe de personnes ou d’objets au sujet duquel on récolte des informations est appelé popula-
tion. Les personnes ou objets du groupe sont appelés individus.
Dans l’exemple traité ici, la population est composée des élèves de première de l’école considérée et
les individus sont les élèves.
Le nombre d’élèves interrogés est appelé effectif total et vaut ici 140.
La liste des réponses des élèves constituent les données.
La caractéristique étudiée, ici le moyen de transport, est appelée caractère.
Dans notre exemple, le caractère étudié prend cinq valeurs différentes : « A pied », « Vélo », « Trans-
port en commun », « Train » et « Voiture ».
Les nombres 16, 1, 68, 3 et 52 représentent le nombre d’élèves empruntant respectivement chacun
des moyens de transports mentionnés. Le nombre 16, par exemple, est appelé effectif de la valeur
« A pied ».
On a
16 + 1 + 68 + 3 + 52 = 140.

La somme des effectifs des différentes valeurs est égale à l’effectif total.

La liste des différentes valeurs et de leurs effectifs constituent une série statistique.
A partir de ces données, on construit le tableau 2.

310 C h a p i t r e 10
Moyens de transport Nombre d’élèves Fréquences Fréquences Fréquences sous
ou effectifs sous forme sous forme de forme d’écriture
de fractions pourcentages décimale
16
A pied 16 140 11, 4% 0, 114
1
A vélo 1 140 0, 7% 0, 007
68
Transports en commun 68 140 48, 6% 0, 486
3
Train 3 140 2, 1% 0, 021
52
Voiture 52 140 37, 1% 0, 371
140
Totaux 140 140 99, 9% 0, 999
Tableau 2

Dans la deuxième colonne, on lit les effectifs correspondant aux différentes valeurs.
Dans la troisième colonne, pour chaque valeur, on trouve le rapport de l’effectif de cette valeur à
l’effectif total. Ce rapport est appelé fréquence.
Pour comparer deux séries, soit elles doivent avoir le même effectif total, soit il faut ramener les
fractions à un même dénominateur qu’on prend égal à 100. C’est pourquoi, dans les deux dernières
colonnes, les fréquences sont exprimées respectivement à l’aide de pourcentages et de leur écriture
décimale. L’utilisation des arrondis entraîne parfois, comme c’est le cas ici, que les totaux des deux
dernières colonnes ne sont pas exactement 100% et 1.

Une fréquence est un nombre compris entre 0 et 1.


La somme des fréquences est égale à 1.

1.2 Mode - diagrammes circulaires - diagrammes en barres


Le moyen de transport le plus utilisé par les élèves interrogés sont les transports en commun. Cette
valeur du caractère est appelée mode.
Le tableau 2 est précis mais difficile à saisir d’un seul coup d’œil dans sa totalité. C’est la raison pour
laquelle on utilise des représentations graphiques moins précises mais plus parlantes.
Le graphique de la figure 1a appelé diagramme circulaire est obtenu en associant à chaque valeur
un secteur angulaire dont l’aire est proportionnelle à la fréquence de cette valeur.
Détaillons la construction de ce diagramme circulaire :
• on trace un cercle : le disque représente l’ensemble des élèves interrogés;
• pour déterminer l’amplitude du secteur associé à une valeur particulière, il faut transfor-
mer en degrés les fréquences, exprimées ici en pourcentages. Le tableau 3 où les différents
moyens de transport sont listés horizontalement est un tableau de proportionnalité (Chap.9,
section 1.2.2). Il montre que cette correspondance en degrés se fait en multipliant les diffé-
rentes fréquences par 3, 6 ;
• on partage le disque en cinq secteurs angulaires selon les angles obtenus dans le tableau 3.
(figure 1a).
De cette façon, l’aire d’un secteur qui est proportionnelle à l’angle est bien proportionnelle à la
fréquence du moyen de transport qu’il représente.

Moyens de transport A pied A vélo Transports en commun Train Voiture


Pourcentages 100 1 11, 4 0, 7 48, 6 2, 1 37, 1
3,6
Degrés 360 3, 6 41 3 175 8 134
Tableau 3

Statistique descriptive 311


L’utilisation des approximations entraîne que la somme des mesures des angles ne vaut pas exacte-
ment 360◦ .
En Belgique En Belgique Aux Pays-Bas
FrŽquences (%)
50
41¡ Transports Transports
3¡ 40
en commun en commun
134¡ Voiture 30 Voiture

Ë pied 20 Ë pied
Train Train
10
(' 175¡ VŽlo VŽlo

en ran re
n
o

m s
ed

m rt
ai
Žl

un
T itu
co spo
Tr

pi
V

o
Ë
a) V b) c) Figure 1

Un autre graphique, appelé diagramme en barres des fréquences, est souvent utilisé pour représen-
ter le tableau 2 (figure 1b). Ce graphique est obtenu en associant à chaque valeur particulière du
caractère étudié une bande verticale dont la hauteur est proportionnelle à la fréquence de cette
valeur.
Détaillons la construction de ce diagramme en barres :
• sur une droite horizontale, on dresse cinq barres d’égale largeur, chaque barre représente
un moyen de transport;
• la hauteur de chaque bande est proportionnelle à la fréquence du moyen de transport cor-
respondant.
En conclusion de cette étude, il semble que le facteur « pollution » n’est certainement pas le seul
facteur envisagé pour choisir un moyen de transport pour aller tous les jours à l’école : en effet,
plus du tiers des élèves viennent à l’école en voiture.
Les diagrammes circulaires sont souvent utilisés pour visualiser les résultats de l’étude d’un même
caractère dans deux populations ou deux échantillons différents. La figure 1c présente un dia-
gramme circulaire des résultats d’une enquête similaire menée aux Pays-Bas. Du premier coup d’œil,
on se rend compte que le vélo rencontre largement les faveurs de nos voisins du Nord. On peut se
demander pourquoi : un meilleur aménagement du territoire pour assurer la sécurité des cyclistes ?
Le relief de ce pays favorise-t-il ce moyen de locomotion ?

1.3 Diagramme en bâtons


D’après les statistiques fournies par l’I.N.S.1 , le nombre d’enfants par famille est au 1er janvier 2000
égal à 1, 14 enfants par famille.
Le tableau 4 donne le nombre d’enfants dans les familles des 140 élèves interrogés. Etudions les
informations que donne ce tableau au sujet du nombre d’enfants par famille et comparons-le au
nombre publié par l’I.N.S.

Nombre d’enfants 1 2 3 4 5 6 7 8
Nombre de familles 19 54 38 20 4 3 1 1
Tableau 4

1 Institut National de Statistiques, http : //statbel.fgov.be

312 C h a p i t r e 10
Le caractère étudié prend huit valeurs différentes : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Les effectifs de chacune de ces
valeurs sont respectivement 19, 54, 38, 20, 4, 3, 1, 1.
A partir de ces données, on construit le tableau 5.

Nombre Nombre Fréquences Fréquences Fréquences sous


d’enfants d’élèves ou sous forme sous forme forme d’écriture
par famille effectifs de fractions de pourcentages décimale
19
1 19 140 13, 6% 0, 136
54
2 54 140 38, 6% 0, 386
38
3 38 140 27, 1% 0, 271
20
4 20 140 14, 3% 0, 143
4
5 4 140 2, 9% 0, 029
3
6 3 140 2, 1% 0, 021
1
7 1 140 0, 7% 0, 007
1
8 1 140 0, 7% 0, 007
140
Totaux 140 140 100% 1
Tableau 5

Pour illustrer le tableau 5, on peut construire un diagramme circulaire (figure 2a) et un diagramme
en barres (figure 2b). Ces diagrammes permettent de visualiser l’importance relative des différentes
valeurs prises par le caractère observé.

Fréquences (%)
1 40 40
Fréquences (%) 35 35
2 27,1%
30 30
3
25 25
4 14,3%
20 20
5 3% 15 15
2%
6 1% 10 10
7 1% 5 5
39%
14%
8 0 0
1 2 3 4 5 6 7 8 1 2 3 4 5 6 7 8
Nombre d'enfants Nombre d'enfants
par famille par famille
a) b) c) Figure 2

Lorsque les valeurs prises par le caractère étudié sont, comme dans notre exemple, des nombres, on
peut aussi réaliser un diagramme en bâtons des fréquences (figure 2c). Ce graphique est obtenu en
associant à chaque valeur un segment vertical dont la longueur est proportionnelle à la fréquence
de cette valeur.
Détaillons la construction de ce diagramme :
• un axe horizontal est gradué régulièrement de sorte que chaque graduation indique un nom-
bre d’enfants par famille;
• à chaque graduation de l’axe horizontal, on dresse un segment dont la longueur est propor-
tionnelle (selon une échelle placée sur un axe vertical) au pourcentage de familles compre-
nant le nombre d’enfants correspondant à cette graduation.
Le mode de cette série est la valeur 2 puisque le pourcentage le plus élevé du tableau est celui des
familles comprenant deux enfants. Le mode d’une série est donc aussi la valeur qui correspond au
plus haut segment vertical d’un diagramme en bâtons des fréquences.

Statistique descriptive 313


1.4 Moyenne
Supposons que les 140 familles se partagent de façon égale le nombre total d’enfants. Nous voulons
connaître le nombre d’enfants par famille.
Pour cela, calculons le nombre total d’enfants :
1 × 19 + 2 × 54 + 3 × 38 + . . . + 8 × 1 = 374.
Ensuite, divisons ce nombre total d’enfants par le nombre de familles. On obtient :
1 × 19 + 2 × 54 + 3 × 38 + . . . + 8 × 1
= 2, 67.
140
Ce nombre est appelé moyenne de la série et est noté x̄.

Pour calculer la moyenne x̄ à partir des effectifs :


• on multiplie chacune des valeurs prises par le caractère par l’effectif correspondant;
• on additionne les résultats obtenus;
• on divise la somme par l’effectif total.

1 × 19 + 2 × 54 + 3 × 38 + . . . + 8 × 1
Ainsi, x̄ = ,
140
19 54 38 1
ou encore : x̄ = 1 × +2× +3× + ... + 8 × .
140 140 140 140
Ces calculs montrent que la moyenne peut aussi se calculer à partir des fréquences.

Pour calculer la moyenne x̄ à partir des fréquences :


• on multiplie chacune des valeurs prises par le caractère par la fréquence correspondante;
• on additionne les résultats obtenus.

Pour cette raison, il est commode d’ajouter au tableau 5 une sixième colonne reprenant les produits
des valeurs par les fréquences correspondantes (tableau 6). La moyenne s’obtient alors simplement
en additionnant tous les éléments de cette colonne supplémentaire.

Nombre Nombre Fréquences Fréquences Fréquences Nombre d’enfants par


d’enfants d’élèves ou en fractions en en nombres famille multiplié par la
par famille effectifs pourcentages décimaux fréquence correspondante
1 19 19
140 13, 6% 0, 136 1 × 0, 136
2 54 54
140 38, 6% 0, 386 2 × 0, 386
3 38 38
140 27, 1% 0, 271 3 × 0, 271
4 20 20
140 14, 3% 0, 143 4 × 0, 143
5 4 4
140 2, 9% 0, 029 5 × 0, 029
6 3 3
140 2, 1% 0, 021 6 × 0, 021
7 1 1
140 0, 7% 0, 007 7 × 0, 007
8 1 1
140 0, 7% 0, 007 8 × 0, 007
140
Totaux 140 140 100, 8% 1, 008 x̄ = 2, 67
Tableau 6

La moyenne du nombre d’enfants par famille dans les 140 familles interrogées est plus élevé que
celui donné par l’I.N.S. C’est bien normal car, pour calculer la moyenne du nombre d’enfants par

314 C h a p i t r e 10
familles, l’I.N.S. a pris en compte toutes les familles y compris celles sans enfant. Dans notre exemple,
toutes les familles des élèves interrogés ont au moins un enfant !
On ne peut pas calculer la moyenne lorsque les valeurs du caractère étudié ne sont pas numériques.
La moyenne n’est pas nécessairement une valeur observée du caractère étudié : en effet, il n’existe
pas de famille comprenant 2, 67 enfants !
Lorsque les valeurs prises par un caractère sont des nombres, la moyenne peut résumer les infor-
mations d’une série statistique.
La moyenne, par sa définition, tient compte de toutes les valeurs observées et est, par conséquent,
sensible aux valeurs extrêmes. Ainsi dans notre exemple, parmi les 140 familles, la présence de cinq
familles de 5 enfants à la place de cinq familles d’1 enfant aurait pour effet d’augmenter le nombre
total d’enfants et donc aussi la moyenne : dans ce cas, un calcul analogue à celui fait ci-dessus mène
à 2, 81 enfants par famille.

1.5 Etendue
Pour une suite de cinq interrogations en mathématique, deux élèves ont obtenu la même moyenne :
12 sur 20. Et pourtant, l’analyse des points obtenus par l’un et par l’autre (Tableau 7) ne donne pas
la même impression.
Résultats de l’élève A 10, 11, 11, 13, 15
Résultats de l’élève B 5, 12, 12, 14, 17
Tableau 7

Remarquons que les points obtenus s’étalent de 10 à 15 pour l’élève A et de 5 à 17 pour l’élève B.
La série B est plus étendue que la série A. Pour l’élève A, la différence entre la plus grande et la
plus petite valeur observée, soit 15 − 10 = 5, appelée étendue de la série, donne une mesure de la
dispersion des résultats de l’élève A. L’étendue pour la série des résultats de l’élève B vaut 12.
Sur cet exemple, on peut voir que deux séries d’observations différentes peuvent mener à la même
moyenne. La moyenne résume l’ensemble des résultats, mais ne dit rien sur le profil des deux élèves :
en effet, il semble bien que l’élève B soit plus fort en mathématique que l’élève A. Le fait d’avoir
obtenu seulement une fois 5 sur 20 à une interrogation ramène sa moyenne à celle de l’élève A.

2 Traitement de données
Dans les exemples traités à la section 1, le caractère étudié prenait respectivement cinq et huit
valeurs différentes. Lorsque le caractère étudié prend un grand nombre de valeurs différentes, il
devient fastidieux de traiter et de représenter les données à l’aide des outils décrits à la section 1 : les
tableaux s’étendent, les effectifs de chaque valeur sont très petits et le risque d’erreurs de calcul et de
transcription est important. C’est pourquoi au lieu de travailler avec toutes les valeurs possibles du
caractère étudié, on les regroupe en un nombre raisonnable de classes ; on ne compte plus le nombre
de fois qu’on rencontre une valeur déterminée mais le nombre d’observations qui appartiennent à
une classe donnée.

Statistique descriptive 315


Pour les mêmes raisons, on procède à un groupement des données en classes lorsque l’effectif total
d’une série est très grand. Par exemple, les montants des revenus déclarés par les habitants d’un
pays sont regroupées en tranches de revenus.

2.1 Histogramme
Une école offre à chaque élève de quatrième un tee-shirt de couleurs différentes pour les garçons
et pour les filles.
On dispose aussi de l’information suivante : les tailles S, M, L, XL et XXL sont destinées aux personnes
mesurant respectivement moins de 1m60, entre 1m60 et 1m65, entre 1m65 et 1m70, entre 1m70 et
1m80, plus de 1m80.
Pour que l’école puisse établir le bon de commande, les 40 garçons et 75 filles de quatrième ont
communiqué leur taille en cm. Ces données ont été réparties selon les tailles S, M, L, XL et XXL
proposées par le fournisseur. Pour un élève mesurant par exemple 1m70, il faut choisir entre les
tailles L et XL. Le choix se porte sur XL. Ainsi, la commande pour les filles et celle pour les garçons
se fait très facilement à partir des tailles en cm des 135 élèves (tableau 8).

Tailles Nombre de tee-shirt pour les filles Nombre de tee-shirt pour les garçons
S 13 2
M 20 10
L 27 12
XL 13 12
XXL 2 4
Tableau 8

En désignant par t la taille en cm d’un élève et compte tenu de ce qui a été décidé pour un élève
mesurant 1m70, les tailles S, M, L, XL et XXL peuvent s’écrire à l’aide des inégalités suivantes :
t < 160 ; 160  t < 165 ; 165  t < 170 ; 170  t < 180 et t  180.
On remplace l’inégalité
t < 160 par 145  t < 160
où la borne inférieure 145 a été choisie en accord avec les observations : le plus petit élève de qua-
trième dans cette école mesure 1m47.
De manière analogue, on remplace l’inégalité
t  180 par 180  t < 195
où la borne supérieure 195 a été choisie parce que le plus grand élève de quatrième dans cette école
mesure 1m93.
De cette façon, les données ont été regroupées en classes représentées par des inégalités de la forme
a  t < b ou encore par des intervalles du type [a, b[ (Chap.1, section 5.3.2). Le tableau 9 donne les
fréquences des différentes classes.

Tailles Fréquences pour les filles Fréquences pour les garçons


145  t < 160 [145, 160[ 17, 3% 5%
160  t < 165 [160, 165[ 26, 7% 25%
165  t < 170 [165, 170[ 36% 30%
170  t < 180 [170, 180[ 17, 3% 30%
180  t < 195 [180, 195[ 2, 7% 10%
Tableau 9

Pour visualiser le tableau 9, on utilise un graphique appelé histogramme des fréquences.

316 C h a p i t r e 10
Ce graphique est obtenu en associant à chaque classe un rectangle dont la base est proportionnelle à
la longueur de la classe et dont l’aire est proportionnelle à la fréquence de la classe qu’il représente.
La hauteur des rectangles doit donc tenir compte du fait que les rectangles n’ont pas tous la même
base puisque les classes n’ont pas toutes la même longueur.
Détaillons la construction de l’histogramme associé à la commande des tee-shirt pour les filles :
• on gradue un axe horizontal et on y indique les extrémités des différentes classes;
• on choisit une échelle pour représenter les hauteurs des rectangles;
• on calcule les hauteurs des rectangles en divisant la fréquence de chaque classe par la lon-
gueur de celle-ci; par exemple, la hauteur du rectangle associé à la classe [145, 160[ est égale
à 17,3
15 = 1, 15 car la fréquence de cette classe est 17, 3% et sa longueur est égale à 15 (ta-
bleau 10);
• on construit l’histogramme en juxtaposant les rectangles (figure 3a).
Le tableau 10 rassemble les calculs des hauteurs des différents rectangles.
Tailles Longueur des classes Fréquences Fréquence / Longueur de la
(Base des rectangles) classe (Hauteur des rectangles)
[145, 160[ 15 17, 3% 17, 3 : 15 = 1, 15
[160, 165[ 5 26, 7% 26, 7 : 5 = 5, 34
[165, 170[ 5 36% 36 : 5 = 7, 2
[170, 180[ 10 17, 3% 17, 3 : 10 = 1, 73
[180, 195[ 15 2, 7% 2, 7 : 15 = 0, 18 Tableau 10

On a donc
Aire d’un rectangle = Base × Hauteur
Fréquence
= Longueur de la classe × = Fréquence.
Longueur de la classe
De cette manière, l’aire totale des rectangles de l’histogramme des fréquences est égale à 100%.
8 Échelle
pour les hauteurs
7

représente Âges
6
une fréquence >95 HOMMES FEMMES
de 5% 90-94
85-89
5 80-84
75-79
70-74
65-69
4 60-64
55-59
50-54
45-49
3 40-44
35-39
30-34
25-29
2 20-24
15-19
10-14
05-09
1 00-04
10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 % %
145 160 165 170 180 195 Taille (cm)
a) b) Figure 3

On remarque que les deux fréquences 17, 3% ne sont pas représentées par des rectangles de même
hauteur puisqu’elles correspondent à des classes de longueurs différentes.

Statistique descriptive 317


En géographie, on présente souvent deux histogrammes accolés symétriquement par rapport à un
axe vertical. On obtient alors une pyramide (figure 3b). Dans une population, on peut ainsi comparer
la répartition des femmes et des hommes selon des classes d’âges.
Lorsque toutes les classes ont la même longueur, comme pour la pyramide des âges, la hauteur de
chaque rectangle est proportionnelle à la fréquence de la classe.

2.2 Fréquences cumulées - médiane - boîte à moustaches


Une école se propose d’organiser un système de ramassage scolaire par bus. On souhaite que le bus
puisse être utilisé par 50% des élèves.
Dans cette section, nous proposons de chercher le rayon dans lequel ce bus devrait circuler. Le
tableau 11 donne la répartition des fréquences des distances (regroupées de 5 en 5 km) entre le
domicile et l’école pour les 1565 élèves de cette école. Dans ce tableau, la distance entre le domicile
et l’école est notée d.
Classes Fréquences Fréquences (%)
60
0d<5 57, 1%
5  d < 10 20, 7% 50
10  d < 15 12, 1% représente une
40 fréquence de 10%
15  d < 20 5, 7%
20  d < 25 4, 3% 30
Tableau 11
20
La figure 4 présente un histogramme des fréquen-
ces construit à partir de ces données. Dans cet 10

exemple, les classes sont toutes de même longueur Distances (km)


et donc les hauteurs des rectangles sont égales aux 0 5 10 15 20 25 Figure 4
fréquences.

Déjà le tableau 11 nous apprend que, si le bus circule dans un rayon de 5 km, il désservira au moins
50% des élèves. Mais, il est raisonnable de penser que les élèves habitant à proximité immédiate
de l’école n’utiliseront pas ce bus. Le traitement des données proposé ci-dessous apporte une autre
réponse au problème.
Pour chaque classe, on additionne la fréquence de cette classe et celles de toutes les classes qui la
précèdent. Pour chaque classe, la somme obtenue est appelée fréquence cumulée de cette classe.
Elle est généralement exprimée en pourcentages (tableau 12).

Classes Fréquences Fréquences cumulées


0d<5 57, 1% 57, 1%
5  d < 10 20, 7% 77, 8%
10  d < 15 12, 1% 89, 9%
15  d < 20 5, 7% 95, 6%
20  d < 25 4, 3% 99, 9%
Tableau 12

On remarque de nouveau que l’utilisation des approximations entraîne que la fréquence cumulée
de la dernière classe n’est pas exactement égale à 100%.
La représentation graphique des fréquences cumulées est appelée diagramme des fréquences cu-
mulées (figure 5b). Ce graphique donne, pour chaque distance d, le pourcentage des élèves qui
habitent à une distance plus petite ou égale à d.

318 C h a p i t r e 10
Détaillons la construction de ce diagramme :

• l’axe des abscisses représente les distances, on y marque les extrémités différentes classes;

• l’axe des ordonnées représente les fréquences cumulées et est gradué de 20 en 20% ;

• à la borne supérieure de chacune des classes correspond la fréquence cumulée relative à cette
classe (figure 5a);

• à la borne inférieure de la première classe, soit 0, correspond l’ordonnée 0 ;

• à la borne supérieure 5 de la classe [0, 5[ correspond la fréquence cumulée de cette


classe, soit 57, 1% ;

• à la borne supérieure 10 de la classe [5, 10[ correspond la fréquence cumulée de cette


classe, soit 77, 8% ;

• à la borne supérieure de la dernière classe correspond la fréquence cumulée de 100% ;

• les points obtenus sont reliés par des segments de droite : ceci revient à supposer que les
observations sont uniformément réparties à l’intérieur d’une classe (figure 5b).

Le graphique des fréquences cumulées est une ligne brisée qui monte nécessairement de gauche à
droite puisque les fréquences cumulées augmentent de classe en classe.

100 Fréquences (%) 100 Fréquences (%)


cumulées cumulées
80 80

60 60

40 40

20 20

0 5 10 15 20 25 Distances (km) 0 5 10 15 20 25 Distances (km)


a) b) Figure 5

Sur ce diagramme repris à la figure 6a, on apprend que 50% des élèves habitent à moins de 4, 37
km de l’école puisque l’abscisse 4, 37 est celle du point de ce diagramme dont l’ordonnée est 50%.

Cette distance partage la série en deux : la moitié des élèves de l’école considérée habitent à moins
de 4, 4 km de l’école et l’autre moitié habitent à plus de 4, 4 km de l’école. Cette distance est appelée
médiane de la série et notée Med.

De la même façon, on obtient les valeurs qui partagent la série en quatre parties égales (figure 6b).
L’abscisse du point correspondant à l’ordonnée 25% est appelée premier quartile noté Q1 et celle du
point dont l’ordonnée est 75% est appelée troisième quartile noté Q3 . La médiane est le deuxième
quartile. Dans l’exemple traité ici, le premier quartile Q1 vaut 2, 19 et le troisième quartile Q3
vaut 9, 32.

L’intervalle [Q1 , Q3 ] est appelé intervalle interquartile. Les distances séparant le domicile et l’école,
pour 50% des élèves considérés, se situent dans l’intervalle [2, 19; 9, 32]. Un bus circulant dans un
anneau limité par ces distances ramasserait donc 50% des élèves.

Statistique descriptive 319


100 FrŽquences FrŽquences FrŽquences
cumulŽes (%) 100 cumulŽes (%) 100 cumulŽes (%)

80 80 80
75 75
60 60 60
50 50
40 40 40
25 25
20 20 20
Distances (km) Distances (km) Distances (km)

0 5 ˘0 15 20 25 0 5 ˘0 15 20 25 0 5 ˘0 15 20 25
4,37 2,19 9,32
Med +˘ +3 + ˘ Med Q3
a) b) c) Figure 6

Il est possible de visualiser l’information fournie par la médiane et les quartiles à l’aide du dessin
au bas de la figure 6c.

On y voit un rectangle dont la base est égale à la longueur de l’intervalle interquartile. Le trait
vertical intérieur correspond à la médiane. Le rectangle est prolongé à droite et à gauche par une
ligne jusqu’aux valeurs extrêmes de la série donnant une représentation de l’étendue de la série.

Ce dessin est appelé boîte à moustaches, ou diagramme en boîte.

Les boîtes à moustaches sont particulièrement simples à construire. Elles permettent de comparer
facilement deux populations ou deux échantillons différents.

A la figure 7a, on a dessiné la boîte à moustaches de la figure 6c et à la figure 7b celle obtenue à


partir de données provenant d’une autre école. En observant ces boîtes, on peut voir que la zone
dans laquelle les bus de la seconde école devraient circuler est plus grande que celle de notre exemple
et cela, parce que le rectangle de la figure 7b a une base plus grande que celui de la figure 7a.

On peut voir aussi que l’étendue de la deuxième série est plus grande que celle de la première.

a) 0 25
2,19 4,37 9,37

b)
0 30
4,5 11,3 14,7 Figure 7

2.3 Variance et écart-type


Deux professeurs se partagent les copies d’un même contrôle. Certains élèves estiment qu’il n’est
pas indifférent que leur copie soit corrigée par l’un ou l’autre professeur. On peut se demander s’ils
ont raison ou tort de s’inquiéter à propos de la pile dans laquelle se trouve leur copie.

Pour nous faire une idée à ce sujet, examinons les notes attribuées par chacun des professeurs
(tableau 13).

Professeur A 7, 8, 8, 8, 8, 9, 10, 10, 10, 10, 12, 12, 12, 12, 12, 14, 14, 14, 15, 15
Professeur B 7, 8, 9, 10, 10, 10, 10, 10, 11, 11, 11, 11, 11, 12, 12, 12, 13, 13, 14, 15
Tableau 13

320 C h a p i t r e 10
Les cotes s’étalent de 7 à 15 chez l’un et chez l’autre et pourtant la vue d’ensemble que donne un
diagramme en bâtons de chacune d’elles (figure 8) suggèrent qu’il existe une différence entre les
deux séries.

5 Effectifs 5 Effectifs

4 4

3 3

2 2

1 1

Points Points
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 obtenus 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 obtenus
a) b) Figure 8

Calculons la moyenne pour le professeur A :


1 × 7 + 4 × 8 + 1 × 9 + . . . + 2 × 15
x̄ = = 11. (1)
20
Pour le professeur B, ce calcul mène au même résultat.
Cependant, l’examen de la figure 8 nous fait dire que les notes du professeur A sont moins con-
centrées autour de 11 que celles du professeur B ou ce qui revient au même de dire que les écarts
entre les notes attribuées et 11 sont plus importants pour le professeur A que pour le professeur
B.
On peut penser à mesurer ces écarts à la moyenne en calculant leur somme. Détaillons ce calcul
pour les notes du professeur A :
1 × (7 − 11) + 4 × (8 − 11) + . . . + 3 × (14 − 11) + 2 × (15 − 11) = 0.
On trouve 0 et on n’a rien mesuré du tout car les différences positives et négatives se compensent.
Pour remédier à cet inconvénient, il faut mesurer les écarts par un nombre toujours positif, d’où
l’idée de remplacer les écarts par leurs valeurs absolues. Mais celles-ci se prêtent difficilement aux
calculs. Ainsi, on utilise le carré des écarts et on calcule leur moyenne arithmétique.
1  
1 × (7 − 11)2 + 4 × (8 − 11)2 + . . . + 3 × (14 − 11)2 + 2 × (15 − 11)2 = 6, 2. (2)
20
De cette manière, les écarts à la moyenne sont appréciés par un nombre appelée variance, notée S 2 .
L’unité dans laquelle s’exprime la variance vaut le carré des unités utilisées pour les valeurs ob-
servées. C’est pourquoi on utilise comme mesure de dispersion autour de la moyenne, la racine
carrée de la variance, appelée écart-type et noté S .

Pour les notes du professeur A, l’écart-type SA vaut 6, 2 = 2, 49 et pour celles du professeur B ,
l’écart-type, SB , vaut 1, 87. Le fait que SA soit plus grand que SB confirme l’impression donnée par
le tableau 13 et la figure 8 : les cotes attribuées par le professeur A sont plus dispersées autour
de la moyenne 11 que celles du professeur B . Par conséquent, un élève qui connaît très bien sa
matière préfèrera que sa copie soit corrigée par le professeur A tandis qu’un élève, pas trop sûr de
lui, préfèrera que sa copie soit corrigée par le professeur B .

Lorsqu’on a beaucoup de données, les calculs de la moyenne, de la variance et celle de l’écart-type


doivent être systématisés. Cela nécessite l’introduction de nouvelles notations. Ceci est réalisé, pour
le professeur A, dans le tableau 14. Les différentes valeurs du caractère 7, 8, 9, 10, 12, 14, 15 sont

Statistique descriptive 321


notées x1 , x2 , x3 , x4 , x5 , x6 et x7 et l’une quelconque d’entre elles est notée xi . De manière analogue,
l’effectif correspondant à la cote xi est notée ni . En notant n l’effectif total, on a :
n1 + n2 + . . . + n7 = n. (3)

Pour indiquer qu’on fait la somme des effectifs, on utilise le symbole « », lettre grecque qui se lit
« sigma », de sorte que l’égalité (3) s’écrit  n = n.
i
Avec ces notations, le produit de l’effectif ni d’une valeur xi est noté ni xi et le calcul de la moyenne
(1) s’écrit

ni xi
x̄ = .
n
De la même manière, le calcul de la variance (2) se note

2 (xi − x̄)2
S = .
n
Le tableau 14 propose une disposition pratique pour ces calculs :
xi ni ni xi (xi − x̄)2 ni (xi − x̄)2
x1 = 7 n1 = 1 n1 x1 = 1 × 7 (7 − 11)2 = 42 = 16 1 × (7 − 11)2 = 16
x2 = 8 n2 = 4 n2 x2 = 4 × 8 (8 − 11) = 3 = 9
2 2
4 × (8 − 11)2 = 36
x3 = 9 n3 = 1 n3 x3 = 1 × 9 (9 − 11)2 = 22 = 4 1 × (9 − 11)2 = 4
x4 = 10 n4 = 4 n4 x4 = 4 × 10 (10 − 11) = 1 = 1
2 2
4 × (10 − 11)2 = 4
x5 = 12 n5 = 5 n5 x5 = 5 × 12 (12 − 11)2 = 12 = 1 5 × (12 − 11)2 = 5
x6 = 14 n6 = 3 n6 x6 = 3 × 14 (14 − 11)2 = 32 = 9 3 × (14 − 11)2 = 27
x7 = 15 n7 = 2 n7 x7 = 2 × 15 (15 − 11) = 4 = 16
2 2
2 × (15 − 11)2 = 32
  
Totaux ni = n ni xi = 220 ni (xi − x̄)2 = 124
 
ni xi 220 2 ni (xi − x̄)2 124
Totaux x̄ = = = 11 SA = = = 6, 2
n 20 n 20
Tableau 14
Il existe d’autres formules pour calculer la variance : à la section 4.3.3, on démontre que la variance
peut aussi se calculer à l’aide la formule
1 
S2 = ni x2i − x̄2 . (4)
n
Pour calculer la variance à partir de cette formule, il est pratique de construire un autre tableau
pour lequel les intitulés des différentes colonnes sont les suivants (tableau 15) :
xi ni xi ni x2i ni x2i Tableau 15
Ainsi de la cinquième colonne du tableau 15 et on divise ensuite cette somme par l’effectif total.
Pour obtenir la variance, on soustrait de ce résultat le carré de la moyenne.
Ainsi, l’écart-type peut se calculer à l’aide d’une des formules suivantes :
 
√ 1  √ 1 
S = S2 = ni (xi − x̄)2 ou S = S2 = ni x2i − x̄2 .
n n

322 C h a p i t r e 10
3 Transformation d'une série en une autre
Au début de l’année 2002, le patron d’une P.M.E.2 a décidé d’augmenter chacun de ses cinq employés.
Il hésite entre augmenter le salaire horaire de chacun d’eux d’un montant de 1 Euro ou augmenter
tous les salaires de 10%. Au début de l’année 2002, les salaires de ses cinq employés sont 9, 11, 12,
15 et 18 Euros.
Avant de prendre sa décision, il calcule, dans les deux cas, les nouveaux salaires de ses employés.
Ensuite, il calcule l’effet des nouveaux salaires sur le salaire moyen et sur la dispersion des salaires
au sein de son entreprise.

3.1 Ajouter une constante à une série statistique


La nouvelle grille des salaires suite à l’augmentation de 1 Euro est 10, 12, 13, 16 et 19 Euros.
La moyenne x̄ des salaires en vigueur, avant cette augmentation vaut
9 + 11 + 12 + 15 + 18
x̄ = = 13.
5
La moyenne de la série des salaires, suite à l’augmentation de 1 Euro, est notée ȳ et vaut
10 + 12 + 13 + 16 + 19
ȳ = = 14.
5
On remarque que ȳ = x̄ + 1 : la moyenne a donc subi la même transformation que chacune des
observations de la série. En effet :
(9 + 1) + (11 + 1) + (12 + 1) + (15 + 1) + (18 + 1)
ȳ =
5
peut s’écrire de la manière suivante :
9 + 11 + 12 + 15 + 18 + (5 × 1)
ȳ = ,
5
c’est-à-dire 9 + 11 + 12 + 15 + 18 5×1
ȳ = + = x̄ + 1.
5 5
Avec cette augmentation de 1 Euro, le diagramme en bâtons associé à la série est translaté hori-
zontalement (figure 9). La dispersion autour de la moyenne n’est pas modifiée : les deux séries ont
donc la même variance Sy2 = Sx2 .
FrŽquences (%)
0,2
Salaires horaires (en euros)
0 ˘˘ 12 15 ˘(
10 12 13 ˘* ˘0 Figure 9

3.2 Multiplier une série statistique par une constante


La nouvelle grille des salaires, suite à l’augmentation de 10%, est 9, 9 ; 12, 1 ; 13, 2 ; 16, 5 et 19, 8 Euros.
La moyenne de la série suite à l’augmentation de 10% est notée z̄ et vaut
9, 9 + 12, 1 + 13, 2 + 16, 5 + 19, 8
z̄ = = 14, 3.
5
On peut vérifier que  
z̄ = 14, 3 = 13 + 1, 3 = 13 + 13
10 = 13 1 + 1
10 = 13 × 1, 1 = 1, 1 × x̄.

2 Petite et Moyenne Entreprise

Statistique descriptive 323


La moyenne a donc subi une augmentation de 10% comme chacune des observations de la série. En
effet : (1, 1 × 9) + (1, 1 × 11) + (1, 1 × 12) + (1, 1 × 15) + (1, 1 × 18)
z̄ =
5
peut s’écrire de la manière suivante :
1, 1 × (9 + 11 + 12 + 15 + 18)
z̄ =
5
c’est-à-dire (9 + 11 + 12 + 15 + 18)
z̄ = 1, 1 × = 1, 1 × x̄.
5
Avec cette augmentation de 10%, le diagramme en bâtons associé à la première série a subi un
étirement horizontal de facteur 1, 1. Par conséquent, les écarts entre deux valeurs sont eux aussi
multipliés par le facteur 1, 1. Les deux séries n’ont pas la même variance (figure 10).

FrŽquences (%)
0,2
Salaires horaires (en euros)
0˘˘ 12 15 ˘(
0/0 12,1 13,2 16,5 ˘0/( Figure 10
Calculons la variance Sx2 de la série 9, 11, 12, 15, 18 et celle Sz2 de la série transformée 9, 9 ; 12, 1 ; 13, 2 ;
16, 5 ; 19, 8 : 1 
Sx2 = (9 − 13)2 + (11 − 13)2 + . . . + (18 − 13)2 = 10 ;
5
1 
Sz2 = (9, 9 − 14, 3)2 + (12, 1 − 14, 3)2 + . . . + (19, 8 − 14, 3)2 = 12, 1 .
5
On peut observer que la variance Sz2 s’obtient en multipliant Sx2 par le facteur (1, 1)2 .
Sz2 = (1, 1)2 Sx2 .
Pour le patron, le coût est presque le même puisque les moyennes ne sont pas très différentes. Mais
la différence entre les salaires de ses employés s’amplifie s’il choisit d’augmenter les salaires horaires
de 10%.

4 Vocabulaire - définitions - propriétés


Dans cette section, on trouve un aide-mémoire théorique, utile certes mais qui ne peut suffire pour
donner aux concepts toute leur signification.

4.1 Vocabulaire de base

Lorsqu’on souhaite faire une enquête pour répondre à une question, on choisit une population.

Lorsqu’on recueille les informations auprès de tous les individus d’une population, on dit qu’on
procède à un recensement.

Lorsque la population est trop importante, un tel recensement est coûteux en temps et en argent.
Parfois, un recensement nécessiterait la destruction de tous les éléments observés (par exemple,
lorsqu’il s’agit de la durée de vie d’ ampoules électriques). Pour ces raisons, on restreint souvent
l’étude à une partie de la population appelée échantillon : celui-ci est choisi au hasard selon des règles
bien précises afin de constituer une « miniaturisation » de la population. Cette méthode est utilisée

324 C h a p i t r e 10
dans les sondages lorsqu’on entend des expressions du type « étude faite auprès d’un échantillon
représentatif de 1249 personnes ».
Le nombre total d’individus de la population ou de l’échantillon, est appelé effectif total.
Sur cette population ou sur cet échantillon on récolte une ou des informations particulières appelées
caractères. Les résultats sont appelés observations.
Dans les exemples rencontrés, les caractères étudiés sont : les moyens de transport utilisés pour
venir à l’école, le nombre d’enfants par famille, la distance qui sépare le domicile de l’école, les cotes
ou le montant des salaires.
Chaque caractère peut prendre différentes valeurs. On distingue deux types de caractères :
• on parle de caractère non numérique ou qualitatif lorsque les valeurs ne s’expriment pas
par des nombres;
• on parle de caractère numérique ou quantitatif lorsque les valeurs sont des nombres.
Lorsqu’on peut énumérer tous ces nombres, comme pour le nombre d’enfants par famille ou pour
les cotes, le caractère est dit discret. Lorsque ces nombres appartiennent à un intervalle, comme
pour la taille en cm des élèves et la distance entre le domicile et l’école, le caractère est dit continu.
Lorsqu’un caractère est continu comme la taille en cm des élèves et la distance entre le domicile et
l’école ou discret avec un grand nombre de valeurs, on regroupe les valeurs en classes choisies de
façon à obtenir une répartition équilibrée des valeurs. Une classe est un intervalle de la forme [a, b[.
Les nombres a et b sont les bornes de la classe. La différence b − a est appelée longueur de la classe.
Une fois que les différentes valeurs (ou les classes) d’un caractère sont définies, on compte pour
chaque valeur (ou chaque classe), le nombre d’individus de la population qui prennent cette valeur
(ou qui appartiennent à cette classe). De cette manière, à chaque valeur ou à chaque classe, on fait
correspondre un nombre appelé effectif de la valeur (ou effectif de la classe).

L’effectif d’une valeur est le nombre de fois que cette valeur apparaît dans les données.

La somme des effectifs des différentes valeurs est égale à l’effectif total.

Pour un caractère donné, la liste des différentes valeurs prises par le caractère étudié et celle de
leurs effectifs respectifs constituent une série statistique.

Pour chacune des valeurs (ou des classes), on peut calculer le rapport entre l’effectif de la valeur
(ou de la classe) et l’effectif total. Ce rapport est appelé fréquence. Il peut s’écrire sous forme de
fraction, de pourcentage ou d’un nombre décimal.

La fréquence d’une valeur est le rapport de l’effectif de la valeur (ou de la classe) à l’effectif total.

La fréquence est un nombre compris entre 0 et 1.


La somme des fréquences est égale à 1.

Pour un caractère non numérique, les représentations graphiques utilisées pour représenter les
fréquences, sont des diagrammes circulaires et des diagrammes en barres (section 1.2).
Pour un caractère numérique discret, les représentations utilisées sont des diagrammes en bâtons
(section 1.3).
Pour un caractère numérique groupé en classes, les représentations utilisées sont des histogrammes
(section 2.1).

Statistique descriptive 325


Lorsque le caractère est non numérique, le seul traitement possible des données est de confectionner
des graphiques qui traduisent ces données.
Lorsque le caractère est numérique, en plus des graphiques, les données se prêtent à des calculs, ce
qui entraîne la mise en place d’outils supplémentaires.

La fréquence cumulée relative à une valeur (ou une classe) particulière d’un caractère est le pour-
centage de la population ayant atteint une valeur inférieure ou égale à la valeur (ou à la limite
supérieure de la classe) considérée.

A la section 2.2, on a montré que la fréquence cumulée relative à une valeur (ou une classe) parti-
culière d’un caractère se calcule en additionnant toutes les fréquences relatives aux valeurs (ou aux
classes) inférieures ou égale à la valeur (ou la classe) considérée.

4.2 Valeurs centrales


Lorsqu’on a une série statistique avec un grand nombre de données, on souhaite la résumer par un
seul nombre qui traduirait le mieux possible l’ensemble des données. Pour chaque série statistique,
trois nombres peuvent répondre à cette question : ces nombres appelés valeurs centrales de la série
sont le mode, la médiane et la moyenne.

4.2.1 Mode
Le mode d’une série statistique est la valeur qui apparaît le plus souvent. C’est la valeur dont la
fréquence est la plus grande.

Lorsque les valeurs sont regroupées en classes, la classe dont l’effectif est le plus élevé est appelée
classe modale.
Des exemples de mode ont été donnés aux sections 1.2 et 1.3.
Le mode n’est pas nécessairement unique.
Il peut être déterminé même pour des séries dont le caractère est qualitatif.
Il est facile à déterminer et n’est pas influencé par les valeurs observées extrêmes mais il ne se prête
pas aux calculs algébriques.

4.2.2 Médiane
La médiane d’une série statistique, notée « Med », est la valeur qui divise les données en deux
groupes de même effectif : les observations du premier groupe prennent des valeurs inférieures ou
égale à cette valeur et les observations du deuxième groupe prennent des valeurs supérieures ou
égales à cette valeur.

Pour déterminer la médiane, il faut ranger toutes les données par ordre croissant, ce qui suppose
que le caractère étudié soit numérique.
Lorsque l’effectif est impair, l’observation qui se trouve au milieu de cette liste est la médiane de la
série.
Lorsque l’effectif est pair, la médiane est la demi-somme des deux observations qui encadrent le
milieu de la liste.
Dans les deux cas, on peut dire que la moitié des observations prend des valeurs inférieures (supé-
rieures) ou égales à la médiane.

326 C h a p i t r e 10
Lorsque que l’effectif total est grand ou lorsque les valeurs sont groupées en classes, comme à la
section 2.2, on lit la médiane sur un diagramme des fréquences cumulées (figure 11a) : il s’agit de
l’abscisse du point d’ordonnée 50.

Fréquences (%)
60
100 Fréquences
cumulées (%)
50
80
représente une
40 fréquence de 10%
60
50 30
40
20

20
10

0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 Distances (km)
4,37 Distances (km) 4,37
a) b) Figure 11

Lorsque les données sont groupées en classes, la médiane divise l’histogramme des fréquences en
deux parties d’aires égales puisque l’aire de tous les rectangles d’un histogramme des fréquences
représentent 100% (figure 11b).
La médiane est unique, facile à déterminer. Elle n’est pas influencée par les valeurs observées ex-
trêmes mais elle ne tient pas compte de toutes les données et ne se prête pas à des calculs algébri-
ques.

4.2.3 Moyenne
La valeur centrale la plus utilisée pour résumer une série statistique est la moyenne.

La moyenne, notée x̄, est égale à la somme de toutes les observations, divisée par l’effectif total.

Avec les notations introduites à la section 2.3, le calcul de la moyenne se note



ni xi
x̄ = .
n

Pour obtenir la moyenne d’une série statistique à partir des effectifs des différentes valeurs prises
par le caractère étudié :
• on multiplie les différentes valeurs du caractère étudié par leur effectif;
• on additionne tous ces produits;
• on divise cette somme par l’effectif total.

En notant fi la fréquence de la valeur xi , le calcul de la moyenne se note



x̄ = fi xi .

Pour obtenir la moyenne d’une série statistique à partir des fréquences des différentes valeurs
prises par le caractère étudié :
• on multiplie les différentes valeurs du caractère étudié par leur fréquence exprimée par un
nombre décimal;
• on additionne tous ces produits.

Statistique descriptive 327


Lorsque les valeurs sont groupées en classes, on calcule la moyenne de la même manière que dans
un cas discret, en considérant que toutes les observations d’une classe sont égales au centre de la
classe obtenu en calculant la demi-somme des extrémités de cette classe.

La moyenne ne peut se calculer que si les valeurs observées sont numériques (quantitatives). Une
série qualitative n’a pas de moyenne.

La moyenne est unique.

La moyenne est rarement une des valeurs observées.

4.2.4 Choix d'une valeur centrale

Le choix d’une valeur centrale dépend de l’objectif poursuivi :

• au lendemain des élections, on cherche à savoir quel parti comptera le plus de représentants,
ce qui correspond au mode;

• un fabricant de vêtements préférera connaître la médiane de la taille des acheteurs potentiels


pour concentrer sa production autour de cette valeur centrale;

• un chef d’entreprise doit connaître le salaire mensuel moyen de ses employés pour détermi-
ner dans son budget le montant qu’il doit attribuer à la masse salariale.

4.3 Mesures de dispersion

Nous reprenons ici les différentes mesures de dispersion rencontrées dans les sections 1 et 2.

4.3.1 Etendue

Pour se faire une première idée de la dispersion des observations, on calcule l’étendue de la série :

L’étendue d’une série est la différence entre la plus grande et la plus petite valeur observée.

L’étendue est facile à calculer, mais elle présente les désavantages suivants : elle ne tient pas compte
de toutes observations et elle est particulièrement sensible aux valeurs extrêmes comme nous l’avons
montré à la section 1.5.

4.3.2 Intervalles interquartiles et boîte à moustaches

Une manière de mesurer la dispersion autour de la médiane a été développée à la section 2.2. : elle
consiste à diviser la série en quatre parties, chacune d’elles comprenant 25% des observations.

De la même manière que la médiane est déterminée à partir du diagramme des fréquences cumulées
(section 4.2.2), on peut déterminer les valeurs correspondant respectivement aux fréquences 25% et
75%. Ces valeurs, notées respectivement Q1 et Q3 , sont appelées respectivement premier quartile et
troisième quartile de la série. La médiane est le deuxième quartile. La figure 12a montre brièvement
comment il faut procéder.

L’intervalle [Q1 , Q3 ] est appelé intervalle interquartile. Il comprend 50% des observations.

328 C h a p i t r e 10
FrŽquences FrŽquences
100 cumulŽes (%) 100 cumulŽes (%)

80 80
75 75
60 60
50
40 40
25 25
20 20

0 5 ˘0 15 20 25 Distances (km) 0 5 ˘0 15 20 25 Distances (km)


2,19 9,32
+˘ +3 + ˘ Med Q3
a) b) Figure 12

A la section 2.2, on a montré comment résumer l’information fournie par les quartiles et les in-
tervalles interquartiles sous forme d’un dessin appelé boîte à moustaches ou diagramme en boîtes.
Il a été dessiné en dessous du diagramme des fréquences cumulées de la figure 12b. La base du
rectangle est égale à la longueur de l’intervalle interquartile. Le trait vertical à l’intérieur du rec-
tangle correspond à la position de la médiane. Les deux segments horizontaux relient le rectangle
aux valeurs extrêmes de la série donnant ainsi une représentation de l’étendue de la série.

Une boîte à moustaches indique de façon très simple quelques caractéristiques d’une série statisti-
que. La médiane nous renseigne sur le milieu de la série. Les largeurs des deux parties de la boîte
rendent compte de la dispersion des valeurs autour de la médiane de la série : la boîte contient
50% de l’ensemble des observations : 25% à gauche de la médiane et 25% à sa droite. La longueur
des moustaches nous renseigne sur l’étendue d’une série. Une boîte à moustache permet aussi de
visualiser d’éventuelles symétries ou asymétries dans une série statistique.

De manière générale, la dispersion d’une série est d’autant plus grande que la boîte est longue.

La boîte à moustaches est particulièrement bien adaptée lorsqu’on veut comparer des séries d’ob-
servations d’un même caractère (section 2.2).

4.3.3 Variance et écart type

La mesure de dispersion d’une série autour de sa moyenne a été traité à la section 2.3.

La mesure généralement utilisée pour apprécier les écarts à la moyenne est la variance notée S 2 .

La variance d’une série statistique, notée S 2 , est la moyenne arithmétique des carrés des écarts à
la moyenne x̄, ce qui s’écrit
1 
S2 = (xi − x̄)2 .
n

Pour obtenir la variance, notée S 2 , d’une série statistique à partir des effectifs des différentes
valeurs prises par le caractère étudié :
• on calcule l’écart entre chaque valeur prise par le caractère étudié et la moyenne;
• on élève cet écart au carré;
• on multiplie le carré de cet écart par l’effectif correspondant à la valeur;
• on additionne tous ces produits;
• on divise cette somme par l’effectif total.

Statistique descriptive 329


Lorsque les données sont groupées en classe, la variance se calcule de la même manière que dans
un cas discret en considérant que toutes les observations appartenant à une classe sont égales au
centre de la classe.
A la section 2.3, on a signalé que la variance peut aussi se calculer à l’aide de la formule
1 
S2 = ni x2i − x̄2 .
n
Pour obtenir ce résultat à partir de
1 
S2 = ni (xi − x̄)2 ,
n
on développe le carré de la différence (xi − x̄)2 de sorte que
1   2 
S2 = ni xi − 2xi x̄ + x̄2 .
n
On a successivement,
1  
S2 = ni x2i − 2ni xi x̄ + ni x̄2
n
1  1  1 
S2 = ni x2i − 2ni xi x̄ + ni x̄2 .
n n n
 
Dans la somme 2ni xi x̄, mettons 2x̄ en évidence et dans la somme ni x̄2 mettons x̄2 en évidence
de sorte que
1  2x̄  x̄2 
S2 = ni x2i − ni xi + ni .
n n n
Et on obtient successivement :

ni x2i n
S2 = − 2x̄x̄ + x̄2
n n

ni x2i
= − 2x̄2 + x̄2
n
1 
= ni x2i − x̄2 .
n
A la section 2.3, on a proposé une organisation pratique du tableau de données permettant un
calcul rapide de la variance.
La variance ne se conçoit que si les valeurs du caractère sont numériques.
Si toutes les valeurs d’une série sont identiques, sa variance est nulle.
Comme la moyenne, la variance est sensible aux valeurs extrêmes.
L’unité dans laquelle s’exprime la variance vaut le carré de l’unité utilisée pour les valeurs observées.
C’est pourquoi on considère, comme mesure de dispersion autour de la moyenne, la racine carrée
de la variance, appelée écart-type ; son unité est la même que celle des observations.

L’écart-type d’une série, noté S , est la racine carrée (positive) de la variance de la série.

Avec les notations introduites précédemment, l’écart-type s’écrit


 
√ 1  √ 1 
S = S2 = ni (xi − x̄)2 ou S = S2 = ni x2i − x̄2 .
n n

4.4 Transformations d'une série


A la section 3, on a envisagé deux types de transformations.
La première consiste à remplacer une série de n observations x1 , x2 , . . . , xn par une autre série de
n observations y1 , y2 , . . . , yn obtenue en ajoutant une même constante b à toutes les valeurs de la
série :

330 C h a p i t r e 10
yi = xi + b.
La seconde transformation consiste à remplacer une série de n observations x1 , x2 , . . . , xn par une
autre série de n observations y1 , y2 , . . . , yn obtenue en multipliant toutes les valeurs de la série par
une constante a : y = ax .
i i
On a vu l’effet sur la moyenne, la variance et donc sur l’écart-type de ces deux transformations. Ces
résultats se généralisent facilement.

En remplaçant une série de n observations x1 , x2 , . . . , xn par une autre série de n observations


y1 , y2 , . . . , yn telle que yi = xi + b, la moyenne ȳ et l’écart-type Sy de la série transformée se calcule
à partir de la moyenne x̄ et de l’écart-type Sx de la série de départ de la manière suivante :
ȳ = x̄ + b et Sy = Sx .

En remplaçant une série de n observations x1 , x2 , . . . , xn par une autre série de n observations


y1 , y2 , . . . , yn telle que yi = axi , la moyenne ȳ et l’écart-type Sy de la série transformée se calcule
à partir de la moyenne x̄ et de l’écart-type ȳ = ax̄ Sx de
et la série
S =deaSdépart
. de la manière suivante :
y x

Ces transformations sont utilisées pour comparer plusieurs séries statistiques concernant un même
caractère; par exemple, les revenus d’une même classe socio-professionnelle (médecins, ouvriers,...)
dans plusieurs pays différents. Pour cela, une série xi de moyenne x̄ et d’écart-type S est transformée
en une autre zi telle que z = xi −x̄ .
i S
On peut vérifier que la série zi a une moyenne nulle et un écart-type égal à 1.

4.5 Statistique et calculatrices


Le traitement de données statistiques repose sur la manipulation et la comparaison de nombres.
La plupart des calculatrices possèdent des touches réservées aux calculs statistiques et permettent
en particulier un calcul rapide de la moyenne, la médiane, la variance et des quartiles d’une série
statistique.
La plupart des calculatrices graphiques offrent en outre la possibilité de dessiner les diagrammes
rencontrés dans ce chapitre : diagramme en bâtons, histogrammes, diagramme des fréquences cu-
mulées et même des boîtes à moustaches.
Les instructions et même parfois les notations diffèrent d’une machine à l’autre. Ainsi, certaines
2
calculatrices utilisent la notation σn au lieu de S 2 pour la variance, d’autres proposent σn−1
2
: dans

2
ce cas la variance est définie par la formule s = n−1 1
ni (xi − x̄) . Pour des grandes valeurs de n,
2

les différences entre les valeurs obtenues pour la variance par l’une ou l’autre définition sont peu
importantes.

Statistique descriptive 331


Chapitre
Trigonométrie
11
Le mot « trigonométrie », d’origine d’angles dans des situations qu’on
grecque, peut être décomposé en peut modéliser à l’aide de triangles.
trois parties : « tri » évoque le Ainsi, les méthodes de la trigonomé-
nombre trois, « gonon » le mot angle trie sont utilisées pour calculer la
et « métrie » le mot mesure. La hauteur d’un arbre ou d’un bâtiment,
trigonométrie est au départ la la distance qui sépare deux points
science qui lie des mesures de lon- très éloignés afin de constituer des
gueurs et des mesures d’angles dans cartes d’état-major, la distance de la
les triangles. terre au soleil ou des étoiles au soleil.
Bien que les Babyloniens et les Dans ce chapitre, on introduit les
Egyptiens se soient occupés de la rapports trigonométriques d’angles
mesure des triangles, on peut, pour aigus dans les triangles rectangles
l’essentiel, situer les débuts de la ainsi que les relations qui lient ces
trigonométrie dans l’école grecque nombres entre eux. Ensuite, on
d’Alexandrie du IIIe siècle avant montre comment étendre la trigono-
Jésus-Christ. Cette école est le métrie aux angles obtus dans les
premier centre scientifique organisé triangles quelconques. Enfin, on
connu dans l’histoire de l’humanité; introduit les angles orientés et leurs
elle a été fondée par Ptolémée III. nombres trigonométriques.
Pour le développement de
l’astronomie et de la navigation, on
devait mieux comprendre les repères
sur terre et dans le ciel. Aristarque
(310-250 av. J.C.) a été le premier à
évaluer les distances de la lune et du 1. Rapports trigonométriques
soleil à la terre. Hipparque (150 av. dans un triangle rectangle
J.C.) fit une table des sinus et
l’employa pour calculer précisément
2. Extension aux triangles
quelconques
la distance entre la terre et la lune.
La trigonométrie est utile pour calcu- 3. Angles orientés et cercle
trigonométrique
ler des distances inaccessibles, au
moyen de mesures de longueurs et
1 Rapports trigonométriques
dans un triangle rectangle
1.1 Triangles rectangles semblables
Si un triangle rectangle a un angle aigu d’amplitude donnée α, les autres angles sont déterminés. En
effet, il a un angle droit puisque le triangle est rectangle et l’autre angle a une amplitude β = 90◦ −α
puisque la somme des angles d’un triangle est égale à 180◦ (figure 1a).


90¡- α aÕ
c a
α α b

a) b) Figure 1
Tous les triangles rectangles dont un angle aigu a une amplitude donnée α ont donc leurs angles
deux à deux de même amplitude. Ils sont donc tous semblables (Chap.6, section 3.3.2) et on peut
les placer en position homothétique (figure 1b).
Puisque ces triangles sont semblables, ils ont leurs côtés correspondants proportionnels; nous pou-
vons écrire les égalités a b c

=  = . (1)
a b c

1.2 Rapports trigonométriques d'un angle aigu


1.2.1 Tangente d'un angle aigu
a b
Examinons dans (1), la première égalité = . (2)
a b
Elle constitue une proportion.
Rappelons la propriété des proportions (Chap.5, section 3.3).
a c a b
Si = , alors ad = bc et = .
b d c d
Appliquons cette propriété à l’égalité (2), cela donne
a a
= .
b b
Donc, le rapport de la longueur du côté opposé à l’angle aigu donné à la longueur du côté adjacent
à cet angle est le même pour tous les triangles rectangles semblables. Ce rapport est indépendant
de la taille des triangles et ne dépend que de l’amplitude de l’angle aigu α (figure 2).
Ce rapport est appelé tangente de l’angle aigu α et est noté par le symbole « tg α ».

Dans un triangle rectangle, on définit


a
côté opposé a
tg α = = .
côté adjacent b α b Figure 2

334 C h a p i t r e 11
B

α
A C Figure 3

Le rapport donné par la tangente de l’angle α correspond aussi à la pente (Chap.8, section 2.1.3)
de la droite AB par rapport à la direction de la droite AC (figure 3).

1.2.2 Cosinus d'un angle aigu


Examinons dans (1), la deuxième égalité
b c

= .
b c
Nous la transformons aussi, par la propriété des proportions, en l’égalité
b b
= .
c c
Donc, le rapport de la longueur du côté de l’angle droit adjacent à l’angle aigu donné à la longueur de
l’hypoténuse est le même pour tous les triangles rectangles semblables. Ce rapport est indépendant
de la taille des triangles et il ne dépend que de l’amplitude de l’angle aigu α (figure 4).
Ce rapport est appelé cosinus de l’angle aigu α et est noté par le symbole « cos α ».

c
Dans un triangle rectangle, on définit
côté adjacent à l’angle b
cos α = = .
hypoténuse c α b
Figure 4

1.2.3 Sinus d'un angle aigu


De la relation (1), nous pouvons aussi extraire l’égalité suivante :

a c

= .
a c
Nous la transformons aussi, par la propriété des proportions, en l’égalité suivante :
a a
= .
c c
Donc, le rapport de la longueur du côté opposé à l’angle aigu donné à la longueur de l’hypoténuse
est le même pour tous les triangles rectangles semblables. Ce rapport est indépendant de la taille
des triangles et ne dépend que de l’amplitude de l’angle aigu α (figure 5).
Ce rapport est appelé sinus de l’angle aigu α et est noté par le symbole « sin α ».

c
Dans un triangle rectangle, on définit
côté opposé à l’angle a a
sin α = =
hypoténuse c α
Figure 5

Les rapports sin α, cos α et tg α sont des nombres. Ils sont appelés nombres trigonométriques asso-
ciés à l’angle aigu d’amplitude α.

Trigonométrie 335
1.2.4 Rapports trigonométriques d'angles complémentaires
Dans tout triangle rectangle, les deux angles aigus sont complémentaires : leurs amplitudes α et β
sont liées par la relation β = 90◦ − α (figure 6).

D’après les définitions des rapports trigonométriques, on peut écrire les égalités suivantes.
a b a
tg α = cos α = sin α =
b c c

b a b
tg β = cos β = sin β =
a c c
L’observation de ces rapports permet d’énoncer la propriété suivante.

Dans tout triangle rectangle, on a


c β
1
tg β = tg(90◦ − α) = a
tg α
cos β = cos(90◦ − α) = sin α α
◦ b Figure 6
sin β = sin(90 − α) = cos α .

Les tangentes de deux angles complémentaires sont inverses l’une de l’autre.


Le cosinus d’un angle aigu est égal au sinus de son complémentaire.

1.3 Relations fondamentales dans un triangle rectangle


1.3.1 Relation entre cos α et sin α
Appliquons le théorème de Pythagore (Chap.7,
section 1.2) au triangle rectangle de la figure 7, c
a
a2 + b2 = c2 .
α
Divisons les deux membres de l’égalité par le nom- b Figure 7
bre non nul c2 ; nous obtenons l’égalité
a2 + b2 c2
= ,
c2 c2
 2  2
a2 b2 a b
qui devient 2
+ 2 = + = 1.
c c c c
a b
Or, les valeurs et correspondent respectivement au sinus et au cosinus de l’angle aigu d’ampli-
c c
tude α. Nous avons la propriété suivante.

Dans un triangle rectangle, pour tout angle aigu α, on a


sin2 α + cos2 α = 1.

Cette relation lie les nombres trigonométriques sin α et cos α et permet de calculer l’un dès qu’on
connaît l’autre.

336 C h a p i t r e 11
1.3.2 Relation entre tg α, cos α et sin α
a
Par définition, le rapport trigonométrique tg α = est calculé à partir des longueurs des deux
b
côtés de l’angle droit du triangle rectangle et ne fait pas intervenir l’hypoténuse.
a b
Par contre, les rapports trigonométriques sin α = et cos α = font intervenir la longueur de
c c
l’hypoténuse au dénominateur.
En calculant le rapport de sin α et de cos α, on aboutit à
a
sin α c a
= b
= .
cos α c
b
Dans un triangle rectangle, pour tout angle aigu α, on a
sin α
= tg α.
cos α

1.4 Valeurs des rapports trigonométriques

Dans tout triangle rectangle, les longueurs a et b


des deux côtés de l’angle droit sont inférieures à c
celle de l’hypoténuse c (figure 8). a
α
En effet, on sait que, dans tout triangle rectangle,
b Figure 8
le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des
carrés des deux autres côtés :
c2 = a2 + b2 .

Cette égalité nous assure que a2 < c2 et b2 < c2


et donc que a<c et b<c
a b
ou encore 0< <1 et 0< <1
c c

On peut en déduire que les valeurs que peuvent prendre le sinus et le cosinus d’un angle aigu dans
un triangle rectangle sont comprises entre 0 et 1 puisque cos α = cb et sin α = ac .
Par contre, dans un triangle rectangle, la tangente d’un angle aigu, tg α = ab , peut prendre toutes
les valeurs positives possibles puisque les longueurs a et b des deux côtés de l’angle droit sont
quelconques.

Dans un triangle rectangle, pour tout angle aigu α, on a


0 < cos α < 1
0 < sin α < 1
0 < tg α .

1.4.1 Nombres trigonométriques d'angles particuliers


Les nombres trigonométriques associés aux angles de 30◦ , 45◦ et 60◦ peuvent se calculer à partir de
triangles rectangles dans lesquels on les trouve.

Trigonométrie 337
Nombres trigonométriques de 45◦

Considérons un triangle rectangle isocèle. Ses an- 45°


c
gles aigus ont pour amplitude 45◦ et les deux côtés a
de l’angle droit ont même longueur a (figure 9).

La tangente de 45◦ se calcule à l’aide du rapport 45°


a
a
tg 45◦ = = 1. Figure 9
a
a
Le sinus et le cosinus de 45◦ sont égaux au rapport .
c
Par le théorème de Pythagore, nous pouvons écrire
a2 + a2 = c2 , donc 2a2 = c2 .
Nous en déduisons la longueur c en fonction de a :

c = 2a.
Par conséquent, nous pouvons calculer les nombres trigonométriques de 45◦

a a 1 2
sin 45◦ = cos 45◦ = = √ = √ = .
c 2a 2 2
Nombres trigonométriques de 30◦ et 60◦
Considérons un triangle rectangle dont les angles aigus ont une amplitude de 30◦ et de 60◦ (fi-
gure 10a). B B
c 60¡ c 60¡
a a
30¡ 30¡
A b C A b C
30¡
a

D
a) b) Figure 10

Pour calculer les nombres trigonométriques de 30◦ , on cherche une relation entre les longueurs des
côtés a, b et c de ce triangle.
En construisant le symétrique du triangle ABC par rapport à l’axe AC (figure 10b), on obtient un
triangle équilatéral ABD puisqu’il a trois angles de 60◦ . Comme
c = 2a,
en appliquant le théorème de Pythagore au triangle rectangle ACB de la figure 10a), on obtient
l’égalité : c2 = a2 + b2
qui se transforme en 4a2 = a2 + b2 .
On en déduit la valeur de b en fonction de a :

b2 = 3a2 et b = 3a.
Calculons les nombres trigonométriques de l’angle 30◦ :
a a 1
sin 30◦ = = =
c 2a 2
√ √
◦ b 3a 3
cos 30 = = =
c 2a 2

◦ a a 1 3
tg 30 = = √ = √ = .
b 3a 3 3

338 C h a p i t r e 11
Par les relations entre les nombres trigonométriques d’angles complémentaires, nous avons les
égalités suivantes
1
cos 60◦ = sin 30◦ =
2

◦ ◦ 3
sin 60 = cos 30 =
2
1 √
tg 60◦ = = 3.
tg 30◦

Le tableau 1 reprend les nombres trigonométriques des angles de 30◦ , 45◦ et 60◦ .

angles 30◦ 45◦ 60◦


√ √
1 2 3
sinus
√2 √2 2
3 2 1
cosinus
√2 2 2
3 √
tangente 1 3
3
Tableau 1

1.4.2 Nombres trigonométriques d'angles aigus quelconques


On a calculé les nombres trigonométriques des angles de 30◦ , 45◦ et 60◦ , grâce aux triangles parti-
culiers qui leur sont associés. Pour les autres angles aigus, on ne dispose pas, à ce stade-ci de l’étude
de la trigonométrie, de moyens pour calculer leurs nombres trigonométriques.

Estimation graphique

E
C

10

α
B
A D Figure 11

Trigonométrie 339
On peut obtenir une estimation du cosinus et du sinus d’un angle aigu α grâce au procédé graphique
suivant :
• on dessine, sur du papier millimétré, un quart de cercle dont le rayon mesure 10 cm (fi-
gure 11);
• on représente l’angle aigu d’amplitude dans un triangle rectangle placé comme sur la fi-
gure 11; l’hypoténuse du triangle a la même mesure que le rayon du cercle;
• on mesure en cm au mm près (grâce au papier millimétré), le côté adjacent [AB] et le côté
opposé [BC] à l’angle α ;
• on obtient une estimation des nombres trigonométriques de la manière suivante :
|AB| |BC| |BC|
cos α ∼
= , sin α ∼
= et tg α ∼
= .
10 10 |AB|
Voici une autre méthode pour obtenir une estimation de tg α : on dessine le triangle ADE semblable
au triangle ABC en prolongeant l’hypoténuse [AC] jusqu’au point E (figure 11). Dans ce triangle,
le côté [AD] mesure 10 cm; on mesure le côté [DE] à l’aide du papier millimétré. On obtient
|DE|
tg α ∼
= .
10
A l’aide de la calculatrice
Pour obtenir des valeurs plus précises de ces nombres, on peut utiliser une calculatrice. Pratique-
ment, chaque utilisateur doit se référer au mode d’emploi de sa calculatrice pour connaître la procé-
dure à utiliser.
Même si elles sont très précises, les valeurs fournies par une calculatrice n’en sont pas moins des
valeurs approchées.
Dans la résolution de problèmes, il est rarement nécessaire de garder toutes les décimales que donne
une calculatrice. Toutefois, dans les étapes intermédiaires d’un calcul, il est intéressant de conserver
un maximum de précision et de n’arrondir le résultat qu’à la fin.

1.5 Résoudre des problèmes


Les nombres trigonométriques d’angles aigus permettent de résoudre un grand nombre de pro-
blèmes qu’on peut schématiser à l’aide de triangles rectangles.
Selon les données fournies, on peut obtenir les mesures manquantes en s’appuyant
• soit sur le théorème de Pythagore, dès qu’on connait deux des trois côtés,
• soit sur les angles complémentaires dès qu’on connait un des deux angles aigus,
• soit sur les rapports trigonométriques.

Pour choisir le rapport utile, parmi


c
a
tg α = ,
b
cos α = ,
a
sin α = , a
b c c
α b Figure 12
on procède de la la façon suivante :
• on représente la situation à l’aide d’un triangle rectangle;
• on situe les données sur ce triangle;
• on nomme la mesure inconnue;
• on choisit, parmi les rapports trigonométriques, celui qui lie deux valeurs connues à celle qui
est inconnue;
• on isole l’inconnue dans l’équation et on calcule sa valeur.

340 C h a p i t r e 11
Voici deux exemples de résolution de problèmes à l’aide de la trigonométrie.
Exemple 1
Un avion décolle et s’élève dans le ciel en formant avec la terre ferme un angle de 25◦ . A quelle
altitude se situe-t-il lorsqu’il a parcouru 3 km ? A quelle distance « à vol d’oiseau » se trouve-t-il
alors de l’aéroport ?
Représentons cette situation à l’aide d’un triangle
rectangle (figure 13). 3 a
Nous sommes dans une situation où nous connais-
sons l’amplitude de deux angles (et donc du troi- 25° b Figure 13
sième) ainsi que la longueur de l’hypoténuse. Nous devons en déduire les longueurs des deux côtés
de l’angle droit.
a
Pour calculer l’altitude de l’avion, nous utilisons le rapport sin α = c. Avec les données, il s’écrit
a

sin 25 = ou a = 3 · sin 25 ∼

= 1, 2678.
3
L’avion est donc à 1268 m d’altitude.
Pour calculer la distance horizontale déjà parcourue par l’avion, nous utilisons le rapport cos α = cb .
Avec les données, il s’écrit b
cos 25◦ = ou b = 3 · cos 25◦ ∼
= 2, 7189.
3
L’avion se trouve donc à 2719 m « à vol d’oiseau » de son point de départ.
Exemple 2
A un moment précis de la journée, l’ombre d’un bâton vertical de 1, 20 m de hauteur planté dans
un sol parfaitement horizontal mesure 82 cm. Calculez l’inclinaison des rayons du soleil avec le sol.
On peut également représenter cette situation (fi-
gure 14) à l’aide d’un triangle rectangle dont on
connaît les deux côtés de l’angle droit et dont on
cherche l’amplitude d’un des deux angles aigus.
120
Le rapport tg α = ab lie les mesures des deux côtés
de l’angle droit à l’amplitude d’un des angles aigus.
α
Dans notre problème, on obtient
82 Figure 14
120
tg α = = 1, 46341...
82
Pour connaître une valeur approchée de l’amplitude de l’angle α, on utilise une calculatrice. Dans
cette situation, cela donne α∼
= 55, 6539◦ .

Trigonométrie 341
2 Extension aux triangles quelconques
Les rapports trigonométriques des angles aigus d’un triangle rectangle lient les mesures des angles
et des côtés.

Dans les triangles quelconques, on peut s’appuyer sur ces mêmes rapports pour trouver de nouvelles
relations entre les mesures des côtés et des angles.

Comme certains triangles quelconques sont obtusangles, cela nous amène à définir les nombres
trigonométriques d’un angle obtus.

Nous envisageons trois cas selon que le triangle quelconque est déterminé par un côté et deux
angles, deux côtés et l’angle compris entre ces côtés ou trois côtés.

2.1 Formule des sinus


Nous savons qu’un triangle est déterminé par la
mesure a d’un côté et les amplitudes β et γ des
deux angles adjacents à ce côté (figure 15).
A
c? α
Recherchons l’angle α et les deux autres côtés c
B β b?
et b. a γ
C Figure 15
L’amplitude du troisième angle α est déterminée
par la relation

α + β + γ = 180◦ ou α = 180◦ − β − γ .
Il est possible de calculer les longueurs b et c de ses deux autres côtés.

Afin de pouvoir utiliser les rapports trigonométriques des triangles rectangles, on abaisse du som-
met B , la hauteur BM et du sommet C , la hauteur CN . On a deux cas de figures suivant que le
triangle est acutangle ou obtusangle (figure 16).

A
M
M A

B C B C Figure 16

Cas du triangle acutangle

Considérons le triangle acutangle ABC de la figure 17 : sa hauteur [BM ] détermine deux triangles
rectangles en M , BM A et BM C . Par définition du sinus d’un angle aigu dans un triangle rectangle,
on a les égalités :
|BM |
= sin α ou |BM | = c sin α (1)
|BA|
|BM |
= sin γ ou |BM | = a sin γ . (2)
|BC|

342 C h a p i t r e 11
A
α
c M

γ
B a C Figure 17

En égalant les valeurs de |BM | dans (1) et (2), on obtient l’égalité


c sin α = a sin γ
a c
qui s’écrit aussi = . (3)
sin α sin γ
Cette égalité permet de calculer c à partir des données.
De la même manière, la hauteur [CN ] est le côté commun de deux triangles rectangles en N , CN A
et CN B (figure 18). Les relations trigonométriques dans un triangle rectangle nous permettent
d’écrire successivement
|CN |
= sin α ou |CN | = b sin α (4)
|CA|
|CN |
= sin β ou |CN | = a sin β . (5)
|CB|
A
α
b

β
B a C Figure 18

En égalant les valeurs de |CN | dans (4) et (5), on obtient l’égalité


b sin α = a sin β
a b
qui s’écrit aussi = . (6)
sin α sin β
Cette égalité permet de calculer b à partir des données.
En rassemblant les égalités (3) et (6), nous obtenons la formule suivante :
a b c
= = . (7)
sin α sin β sin γ
Cas du triangle obtusangle M
A
Dans le cas d’un triangle dont l’angle est obtus, la
situation se présente comme à la figure 19. Les α
hauteurs [BM ] et [CN ] sont extérieures au trian-
β γ
gle. B C Figure 19

La hauteur [BM ] détermine deux triangles rectangles en M , BM A dont un des angles aigus mesure
(180◦ − α) et BM C dont un des angles aigus mesure γ (figure 20a). Par définition du sinus d’un
angle aigu dans un triangle rectangle, nous avons les relations :
|BM |
= sin γ ou |BM | = a sin γ , (8)
|BC|
|BM |
= sin(180◦ − α) ou |BM | = c sin(180◦ − α) . (9)
|BA|

Trigonométrie 343
En égalant les valeurs de |BM | dans (8) et (9), on obtient l’égalité

a sin γ = c sin(180◦ − α)
a c
qui s’écrit aussi = . (10)
sin(180◦ − α) sin γ
Cette égalité permet de calculer c à partir des données.
De la même manière, la hauteur [CN ] détermine deux triangles rectangles en N , CN A et CN B
(figure 20b). Nous obtenons successivement

|CN |
= sin β ou |CN | = a sin β , (11)
|CB|
|CN |
= sin(180◦ − α) ou |CN | = b sin(180◦ − α) . (12)
|CA|

M
A A
180¡-α 180¡-α
c b
γ β
B a C B a C
a) b) Figure 20

En égalant les valeurs de |CN | dans (11) et (12), on obtient l’égalité


b sin(180◦ − α) = a sin β
a b
qui s’écrit aussi = . (13)
sin(180◦ − α) sin β

Cette égalité permet de calculer b à partir des données.


En rassemblant les égalités (10) et (13), nous obtenons la relation
a b c
= = . (14)
sin(180◦ − α) sin β sin γ

Cette formule est presque la même que celle obtenue dans le cas du triangle acutangle. Remarquons
qu’il est normal que le sin α n’intervienne pas dans la formule (14) puisqu’il s’agit d’un angle obtus
dont nous n’avons pas encore défini jusqu’ici le sinus.
Afin d’obtenir une même formule pour exprimer la relation entre les mesures des côtés et les am-
plitudes des angles quel que soit le type de triangle (acutangle ou obtusangle), nous décidons de
définir le sinus d’un angle obtus comme le sinus de son supplémentaire qui, lui, est un angle aigu.

Dans un triangle quelconque, pour tout angle obtus d’amplitude α, on a


sin α = sin(180◦ − α).

Les égalités (7) et (14) peuvent donc s’écrire sous une forme unique appelée formule des sinus.

Dans un triangle quelconque de côtés a, b et c et d’angles α, β et γ respectivement opposés à ces


côtés, on a a b c
= = .
sin α sin β sin γ

344 C h a p i t r e 11
2.2 Généralisation du théorème de Pythagore
Nous savons qu’un triangle est déterminé par A
deux côtés b et c ainsi que par l’angle α compris α
entre les deux côtés (figure 21). c b
Recherchons le troisième côté a et les deux an-
gles β et γ .
β?
B a? γ?
La formule des sinus C
Figure 21
a b c
= =
sin α sin β sin γ

ne permet pas de calculer α, β et γ . En effet, quelle que soit l’égalité choisie, on a toujours deux
inconnues (soit a et β , soit β et γ , soit a et γ ). Il faut donc travailler autrement. Distinguons ici
aussi deux cas suivant que l’angle donné est aigu ou obtus.

Cas du triangle acutangle A M


α
Considérons le triangle acutangle ABC : sa hau-
c b
teur [BM ] détermine deux triangles rectangles
BM A et BM C (figure 22).

Le côté [BC] dont on cherche la longueur a est a


B
l’hypoténuse du triangle rectangle BM C . Le théo- C
rème de Pythagore nous permet d’écrire Figure 22

|BC|2 = |CM |2 + |M B|2 . (1)

Cette relation lie deux longueurs |CM | et |M B| que nous ne connaissons pas.
Cependant d’une part,
|CM | = |AC| − |AM |, (2)
et d’autre part, le théorème de Pythagore dans le triangle BM A permet d’écrire
|M B|2 = |AB|2 − |AM |2 . (3)
En substituant les valeurs de |CM | et |M B| données par les égalités (2) et (3) dans l’égalité (1), on
obtient successivement
|BC|2 = (|AC| − |AM |)2 + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AM |2 − 2|AC||AM | + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AB|2 − 2|AC||AM | .
Puisque
|BC| = a , |AC| = b , |AB| = c et |AM | = c cos α,
nous obtenons la formule suivante :
a2 = b2 + c2 − 2bc cos α. (4)
Cette formule permet de calculer a à partir des données.
Pour déterminer ensuite les amplitudes β et γ des deux autres angles, on utilise la formule des sinus
élaborée à la section 2.1.

Trigonométrie 345
Cas du triangle obtusangle M

Considérons le triangle obtusangle de la figure 23:


sa hauteur [BM ] détermine deux triangles rectan- 180¡-α A
gles BM A et BM C . c α
b
Le côté [BC] dont on cherche la longueur a est B a
l’hypoténuse du triangle rectangle BM C . Le théo- C
Figure 23
rème de Pythagore permet d’écrire

|BC|2 = |CM |2 + |M B|2 . (5)

Cette égalité lie deux longueurs |CM | et |M B| que nous ne connaissons pas.
Cependant d’une part,
|CM | = |CA| + |AM |, (6)
et d’autre part, le théorème de Pythagore dans le triangle BM A permet d’écrire
|M B|2 = |AB|2 − |AM |2 . (7)
En substituant les valeurs de |CM | et |M B| données par les égalités (6) et (7) dans l’égalité (5), on
obtient successivement
|BC|2 = (|AC| + |AM |)2 + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AM |2 + 2|AC||AM | + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AB|2 + 2|AC||AM | .
Puisque
|BC| = a , |AC| = b , |AB| = c et |AM | = c cos(180◦ − α),
nous obtenons la formule suivante :
a2 = b2 + c2 + 2bc cos(180◦ − α). (8)
Cette formule permet d’obtenir a à partir des données.
Tout comme dans le cas de la formule des sinus, on trouve deux formules, la première valable si
l’angle α est aigu et l’autre si l’angle α est obtus. Afin d’obtenir une même formule, quel que soit
le type de triangle (acutangle ou obtusangle), nous décidons de définir le cosinus d’un angle obtus
comme l’opposé du cosinus de son supplémentaire qui lui est un angle aigu.

Dans un triangle quelconque, pour tout angle obtus d’amplitude α, on a


cos α = − cos(180◦ − α).

Les égalités (4) et (8) peuvent donc s’écrire sous une forme unique appelée formule de Pythagore
généralisée.

Dans un triangle quelconque de côtés a, b et c et d’angles α, β et γ respectivement opposés à ces


côtés, on a a2 = b2 + c2 − 2bc cos α. (9)

Pour déterminer les angles β et γ , on utilise la formule des sinus élaborée à la section 2.1.
Cette démarche qui nous amené à définir le cosinus et le sinus d’un angle obtus à partir du cosinus
et du sinus d’un angle aigu reflète un souci d’unification d’une théorie.

346 C h a p i t r e 11
2.3 Détermination des amplitudes des angles d'un triangle
Un triangle ABC est déterminé par les longueurs A
a, b et c de ses côtés (figure 24). α?
La formule de Pythagore généralisée b c
a = b + c − 2bc cos α
2 2 2

lie les trois mesures des côtés à celle de l’angle α.


γ?
En isolant cos α, on obtient C β?
a B
b +c −a
2 2 2
Figure 24
cos α =
2bc
et on en déduit la valeur de l’angle α.
On utilise ensuite les formules b2 = a2 + c2 − 2ac cos β et c2 = a2 + c2 − 2ac cos β pour calculer
l’amplitude des deux autres angles.

3 Angles orientés et cercle trigonométri-


que
3.1 Définition
Lorsque nous travaillons dans des triangles comme aux sections 1 et 2, les angles sont non orientés.
Par contre, lorsqu’on envisage des rotations, il est important de préciser le sens de la rotation en
plus de l’amplitude de l’angle. On parle alors d’angle orienté (Chap. 3, section 4.1).
Nous décrivons ci-dessous une façon de représenter tous les angles orientés.

Dans un système d’axes orthonormés (Chap.8, sec- y


tion 1.2.1), considérons un cercle de centre O et (0,1)
de rayon unité.
Choisissons le point E de coordonnées (1, 0)
comme le point de départ sur ce cercle de toutes
les rotations. O (1,0)
E x
Ainsi, le premier côté de tout angle orienté est
la demi-droite [OE , que tout angle orienté dans
le sens anti-horloger a une amplitude positive et
que tout angle orienté dans le sens horloger a une
amplitude négative (figure 25). Figure 25

Un tel cercle est un appelé cercle trigonométrique.


D’une part, tout point P du cercle détermine un angle orienté EOP  et correspond à deux rota-
tions, l’une d’amplitude positive et l’autre d’amplitude négative. La figure 26 montre deux exemples
d’angles orientés situés dans un cercle trigonométrique et leurs amplitudes exprimées en degrés.

Trigonométrie 347
P

+60° +240°
O O
E E
-300° -120°

Figure 26
D’autre part, tout angle orienté ABC  détermine un point P du cercle trigonométrique (figure
 , on
27). Pour situer sur le cercle trigonométrique, le point P correspondant à l’angle orienté ABC
transporte une copie de l’angle ABC (à l’aide d’un calque, par exemple), on superpose le côté [BA
au côté [OE et on situe le point P sur le cercle trigonométrique à l’intersection de la demi-droite
[BC et du cercle.

A C

+135¡ +135¡

C B O B E A

Figure 27

3.2 Angles associés


3.2.1 Angles opposés
Deux angles orientés sont opposés lorsque la somme de leurs amplitudes vaut 0◦ .

La figure 28 montre deux cas d’angles opposés dans un cercle trigonométrique.


Dans le cas d’angles orientés, lorsqu’on désigne une amplitude par α, elle est munie d’un signe
correspondant à son orientation. Lorsqu’on désigne une amplitude par −α, on considère l’amplitude
opposée d’une amplitude donnée.

348 C h a p i t r e 11
y y

α x α x
O
-α E -α E

Q
Q
Figure 28

Dans un cercle trigonométrique, deux angles opposés sont représentés par deux points du cercle,
images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale d’axe x.

3.2.2 Angles supplémentaires

Deux angles orientés sont supplémentaires lorsque la somme de leurs amplitudes vaut 180◦ .

La figure 29 montre deux cas d’angles supplémentaires dans un cercle trigonométrique. A la figure
 et EOQ
29a, les deux angles orientés EOP  ont une amplitude positive strictement comprise entre
◦ ◦  a une amplitude supérieure à 180◦ et donc l’angle EOQ
0 et 180 et à la figure 29b, l’angle EOP 
est considéré négativement.

y y

Q
180¡-α
α
α x x
O
O E 180¡-α E

a) b) Figure 29

Dans un cercle trigonométrique, deux angles supplémentaires sont représentés par deux points
du cercle, images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale d’axe y .

3.2.3 Angles antisupplémentaires

Deux angles orientés sont antisupplémentaires lorsque la différence de leurs amplitudes vaut 180◦ .

La figure 30 montre deux cas d’angles antisupplémentaires dans un cercle trigonométrique. A la


 a
figure 30a, les deux angles orientés ont une amplitude positive et à la figure 30b, l’angle EOP
 est considéré négativement.
une amplitude positive et l’angle EOQ

Trigonométrie 349
y y

180¡+ α α
α x x
O
E O α Ð 180¡ E

Q Q

a) b) Figure 30

Dans un cercle trigonométrique, deux angles antisupplémentaires sont représentés par deux points
du cercle, images l’un de l’autre par la symétrie centrale de centre O .

3.2.4 Angles complémentaires


Deux angles orientés sont complémentaires lorsque la somme de leurs amplitudes vaut 90◦ .

La figure 31 montre deux cas d’angles complémentaires dans un cercle trigonométrique. A la figure
 et EOQ
31a, les deux angles orientés EOP  ont une amplitude positive strictement comprise entre
◦ ◦  a une amplitude supérieure à 90◦ et donc l’angle EOQ
0 et 90 et à la figure 31b, l’angle EOP  est
considéré négativement.

y y
Q
y=x y=x

O α 90¡- α x 90¡Ð α x
O
E α E

a) b) Figure 31

Dans un cercle trigonométrique, deux angles complémentaires sont représentés par deux points du
cercle, images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale dont l’axe est la droite d’équation y = x.

350 C h a p i t r e 11
3.3 Nombres trigonométriques d'angles orientés
En tenant compte de l’orientation du cercle tri-
gonométrique, on répartit les points du cercle (et
tous ceux du plan) en quatre parties appelées II I
quadrants comme à la figure 32.

Tous les points du premier quadrant correspon-


dent à des angles orientés d’amplitude stricte-
ment comprise entre 0◦ et 90◦ , ceux du deuxième,
à des angles orientés d’amplitude strictement
comprise entre 90◦ et 180◦ et ainsi de suite.
III IV
En parcourant le cercle trigonométrique de qua-
Figure 32
drant en quadrant, nous allons progressivement
déterminer les coordonnées des points correspondants et ainsi définir les nombres trigonométri-
ques d’angles orientés.

3.3.1 Coordonnées des points situés dans le premier quadrant


Considérons le cercle trigonométrique et un point P situé dans le premier quadrant (figure 33a).
 est un angle aigu orienté d’amplitude α. En abaissant de P , la perpendiculaire à l’axe
L’angle EOP
des x, on trouve le point Px . Le triangle OPx P est un triangle rectangle dont l’amplitude de l’angle
aigu en O est α et dont l’hypoténuse [OP ] est de longueur unité.

A partir des rapports trigonométriques dans un triangle rectangle (sections 1.2.2 et 1.2.3), on a
|OPx | |P Px |
cos α = et sin α = .
|OP | |OP |
Or, |OP | = 1 et donc
cos α = |OPx | et sin α = |P Px |.

y y
(0,1) (0,1)

(cosα, sinα)

1
O α (1,0) O α

x E x x (1,0) x

a) b) Figure 33

Or, les longueurs |OPx | = cos α et |P Px | = sin α correspondent respectivement à l’abscisse et à


l’ordonnée du point P dans le système d’axes choisi pour le cercle (figure 33b).

Les coordonnées de tout point P du premier quadrant du cercle trigonométrique sont


(cos α, sin α).

Trigonométrie 351
3.3.2 Coordonnées des points situés dans le deuxième quadrant
Considérons le cercle trigonométrique et un point P situé dans le deuxième quadrant (figure 34a).
 est un angle obtus orienté d’amplitude α. En abaissant de P , la perpendiculaire à l’axe
L’angle EOP
des x, on trouve le point Px . Le triangle OPx P est un triangle rectangle dont l’amplitude de l’angle
aigu en O vaut (180◦ − α) et dont l’hypoténuse [OP ] est de longueur unité.

A partir des rapports trigonométriques dans un triangle rectangle (sections 1.2.2 et 1.2.3), on a
|OPx | |P Px |
cos(180◦ − α) = et sin(180◦ − α) = .
|OP | |OP |
Or, |OP | = 1 et donc
cos(180◦ − α) = |OPx | et sin(180◦ − α) = |P Px |.

y y
(0,1) (0,1)
(x,y) (cosα, sinα)

α α
180¡Ð α (1,0) x (1,0) x
x O E O E

a) b) Figure 34

Nous en déduisons que l’abscisse et l’ordonnée du point P (figure 34a), dans le système d’axes choisi,
sont
x = −|OPx | = − cos(180◦ − α) et y = |P Px | = sin(180◦ − α).
Or, aux sections 2.1 et 2.2, nous avons défini le cosinus et le sinus d’un angle obtus d’amplitude α
de la façon suivante :
cos α = − cos(180◦ − α) et sin α = sin(180◦ − α).
Nous en déduisons que l’abscisse et l’ordonnée du point P (figure 34b), dans le système d’axes choisi,
sont
x = − cos(180◦ − α) = cos α et y = sin(180◦ − α) = sin α.

Les coordonnées de tout point P du deuxième quadrant du cercle trigonométrique sont


(cos α, sin α).

3.3.3 Coordonnées des points situés dans les troisième et quatrième quadrants
Supposons que le point P se situe dans le troisième ou le quatrième quadrant. L’amplitude α de la
rotation qui envoie le point E sur le point P dans le sens positif est supérieure à 180◦ .

Les coordonnées de tous les points P des premier et deuxième quadrants s’expriment sous l’unique
forme (cos α, sin α).

Nous décidons d’étendre ce résultat aux coordonnnées des points P du cercle trigonométrique situés
dans les troisième et quatrième quadrants; ce qui conduit aux définitions de la section suivante.

352 C h a p i t r e 11
3.3.4 Définitions générales des nombres trigonométriques
Cosinus et sinus d’un angle orienté

Quelle que soit la position du point P sur un cercle trigonométrique et l’angle α associé, on a
cos α = abscisse du point P ,
sin α = ordonnée du point P .
y y
(0,1) (0,1)

α
x O x
O (1,0) (1,0)
α

(cosα, sinα)

(cosα, sinα)
Figure 35

De ces définitions en termes d’abscisse et d’ordonnée, on a les propriétés suivantes.

Pour tout angle orienté d’amplitude α, on a


−1  cos α  1 et −1  sin α  1.

Tangente d’un angle orienté


Pour les angles aigus dans un triangle rectangle, nous avons établi la propriété suivante (sec-
tion 1.3.2) :
sin α
tg α = .
cos α
Pour garder cette propriété pour tous les angles orientés α, on définit la tangente d’un angle orienté
de la même façon.

Pour tout angle orienté d’amplitude α, on a


sin α
tg α = .
cos α

Nombres trigonométriques d’angles particuliers y


(0,1)
Les définitions de sinus, cosinus et tangente d’un
angle orienté permettent de déterminer les nom-
270¡
bres trigonométriques des angles d’amplitude 0◦ ,
90◦ , 180◦ , 270◦ et 360◦ (figure 36). 180¡
90¡
(-1,0) O (1,0)
angles sinus cosinus tangente
x
0◦ 0 1 0

90 1 0 impossible
180◦ 0 −1 0
270◦ −1 0 impossible
(0,-1)
360◦ 0 1 0 Figure 36

Trigonométrie 353
3.3.5 Interprétation de la tangente d'un angle orienté

Considérons la droite OP (figure 37) passant par l’origine O du système d’axes et par le point P de
coordonnées (cos α, sin α) et calculons sa pente :
∆y yP − yO sin α − 0 sin α
m= = = = = tg α. (1)
∆x xP − xO cos α − 0 cos α

La tangente d’un angle orienté d’amplitude α correspond à la pente de la droite passant par l’ori-
gine du système d’axes et le point du cercle associé à cet angle.

La figure 37a illustre cette situation.

y y (1,yA) = (1,tgα)
(0,1) (0,1) A

(cosα, sinα)
∆y = tgα
∆y = sinα
O α x O α x
∆x = cosα (1,0) ∆x = 1 (1,0)

a) b) Figure 37

Calculons la pente m de la droite OP (figure 37b) à partir du point O de coordonnées (0, 0) et du


point A de coordonnées (1, yA ) :
∆y yA − 0
m= = = yA . (2)
∆x 1−0
Des égalités (1) et (2), on déduit la propriété suivante.

La tangente d’un angle orienté α associé à un point P du cercle trigonométrique correspond à


l’ordonnée du point d’abscisse 1 de la droite OP .

Cette interprétation de la tangente conduit aux deux propriétés suivantes.

La tangente d’un angle orienté peut prendre n’importe quelle valeur numérique.
Les angles orientés de 90◦ et 270◦ n’ont pas de tangente.

3.3.6 Relation entre sin α et cos α


A la section 1.3.1, nous avons établi la relation
sin2 α + cos2 α = 1,
valable pour tous les angles aigus d’amplitude α dans un triangle rectangle.
Cette relation reste valable pour nombres trigonométriques de n’importe quel angle orienté. En
effet, nous savons (Chap. 8, section 2.2.1) que le cercle centré à l’origine et de rayon unité a pour
équation
x2 + y 2 = 1.

354 C h a p i t r e 11
Or, le cercle trigonométrique est un cercle centré à l’origine et de rayon unité et tout point P de
ce cercle a pour coordonnées (cos α, sin α). Nous en déduisons la propriété suvante.

Pour tout angle orienté d’amplitude α, on a


sin2 α + cos2 α = 1.

3.4 Nombres trigonométriques et symétries


Il existe de nombreuses symétries dans un cercle trigonométrique, elles permettent de relier entre
eux les nombres trigonométriques d’angles orientés associés. En voici quelques exemples.

3.4.1 Symétries par rapport aux axes et à l'origine


Dans un cercle trigonométrique, considérons le rectangle P QRS (figure 38).

Q (cosα, sinα)
(- cosα, sinα) 180¡-α

180¡+α α E
-α x
O

S R (cosα, - sinα)
(- cosα, - sinα)

Figure 38

 d’amplitude α et il a pour coordonnées (cos α, sin α).


Le point P détermine l’angle orienté EOP
 , supplémentaire
a) Le point Q, symétrique de P par rapport à l’axe des y , détermine l’angle EOQ
 ◦
de EOP et d’amplitude (180 − α). Les coordonnées du point Q peuvent s’obtenir de deux façons
différentes.

A partir de l’angle d’amplitude (180◦ − α), les coordonnées du point Q sont

(cos(180◦ − α), sin(180◦ − α)).


A partir des coordonnées du point P (Chap.8, section 1.2.4), on obtient celles du point Q :

(− cos α, sin α).


On en déduit la propriété suivante.

Pour tout angle orienté d’amplitude α, on a


cos(180◦ − α) = − cos α ,
sin(180◦ − α) = sin α .

Des angles supplémentaires ont mêmes sinus et ont des cosinus opposés.

Trigonométrie 355
 , opposé de EOP
b) Le point R, symétrique de P par rapport à l’axe des x, détermine l’angle EOS 
et dont l’amplitude vaut (−α). Les coordonnées du point R peuvent s’obtenir de deux façons diffé-
rentes.
A partir de l’angle d’amplitude (−α), les coordonnées du point R sont
(cos(−α), sin(−α)).
A partir des coordonnées du point P , on obtient celles du point R :
(cos α, − sin α).
On en déduit la propriété suivante.

Quel que soit l’angle orienté d’amplitude α, on a


cos(−α) = − cos α ,
sin(−α) = − sin α .

Des angles opposés ont même cosinus et des sinus opposés.

 , antisupplémentaire
c) Le point S , symétrique de P par rapport au centre O , détermine l’angle EOR
 ◦
de EOP et dont l’amplitude vaut (180 +α). Les coordonnées du point S peuvent s’exprimer de deux
façons.
A partir de l’angle d’amplitude (180◦ + α), les coordonnées du point S sont
(cos(180◦ + α), sin(180◦ + α)).
A partir des coordonnées du point P , on obtient celles du point S :
(− cos α, − sin α).
On en déduit la propriété suivante.

Quel que soit l’angle orienté d’amplitude α, on a


cos(180◦ + α) = − cos α ,
sin(180◦ + α) = − sin α .

Des angles antisupplémentaires ont des sinus opposés et des cosinus opposés.

3.4.2 Symétrie par rapport à la droite d'équation y = x


 d’amplitude α et son complémentaire
Dans un cercle trigonométrique, considérons l’angle EOP
 d’amplitude (90◦ − α) (figure 39). Les points P et T sont symétriques par rapport à la droite
EOT
d’équation y = x.
y y=x
T (sinα, cosα)
Ty

α (cosα, sinα)

α 90¡- α
O x E x

Figure 39

356 C h a p i t r e 11
Les coordonnées du point T peuvent s’obtenir de deux façons.
A partir de l’angle d’amplitude (90◦ − α), les coordonnées du point T sont
(cos(90◦ − α), sin(90◦ − α)).
A partir des coordonnées du point P , on obtient celles du point T :
(sin α, cos α).
On en déduit la propriété suivantes.

Quel que soit l’angle orienté d’amplitude α, on a


cos(90◦ − α) = sin α ,
sin(90◦ − α) = cos α .

Pour deux angles complémentaires, le sinus de l’un est égal au cosinus de l’autre.

Trigonométrie 357
Chapitre
Vecteurs
12
Déjà du temps de la Grèce antique,
des savants comme Euclide, ont
utilisé des segments pour
représenter des grandeurs et des
nombres. Mais cette utilisation de
segments ne s’appuyait que sur une
de leurs propriétés : la longueur.
D’autres propriétés des segments
telles que la direction et le sens, ont
été prises en considération
seulement aux XVIe et XVIIe siècles.
Léonard de Vinci, Galilée ou Simon
Stevin ont utilisé des flèches pour
représenter des grandeurs orientées
telles que les forces, les vitesses, les
déplacements... Ce n’est qu’au XXe
siècle que les vecteurs sont devenus
aussi des outils de la géométrie.
Dans ce chapitre, on définit les
vecteurs géométriques et les 1. Vers une définition de
opérations sur les vecteurs en vecteur
s’inspirant de leurs propriétés en 2. Vers la somme de deux
physique. On montre l’intérêt des vecteurs
vecteurs dans l’étude de la
géométrie.
3. Produit d’un vecteur par un
nombre
4. Composantes d’un vecteur

5. Quelques propriétés
exprimées vectoriellement
1 Vers une définition de vecteur
1.1 Vecteur en physique
En physique, un vecteur représente une grandeur orientée, c’est-à-dire une grandeur caractérisée
par une direction, un sens et une mesure.
On montre ici deux exemples : le vecteur-force et le vecteur-déplacement.

1.1.1 Vecteur-force
Selon la loi de Hooke (Chap.9, section 1.4.2), lorsqu’on tire sur l’extrémité d’un ressort, celui-ci
s’allonge proportionnellement à l’intensité de la force appliquée (figure 1a). Cette propriété du
ressort est à la base de la construction d’un appareil qui permet de mesurer l’intensité d’une force,
appelé dynamomètre. Il est constitué essentiellement d’un ressort et d’une marque qui se déplace
devant une graduation (figure 1b). La force qui s’exerce sur le dynamomètre est représentée par
une flèche (figure 1c) dont la direction est celle du dynamomètre, le sens est celui qui correspond
au sens d’étirement du ressort et la longueur est proportionnelle à l’intensité lue sur la graduation.


Ainsi, un vecteur-force, noté F , est caractérisé par une direction, un sens et une intensité. Une
flèche ou un segment orienté représente toutes ces informations.

a) b) c) Figure 1
Dans le langage courant, on confond souvent la direction et le sens. Dans le cas des vecteurs, il
est important de faire la distinction entre les deux : la figure 2 représente deux forces de même
intensité, de même direction, mais de sens opposés.

F2 F1
Figure 2

1.1.2 Vecteur-déplacement
En physique, quand on étudie le déplacement d’un B
mobile dans le plan ou dans l’espace, on prend en
compte seulement la position initiale et la posi-
tion finale de ce mobile, quel que soit le trajet A
emprunté entre les deux. Ainsi, un déplacement Figure 3
−→
de A vers B (figure 3), noté AB , peut être modélisé par une flèche dont la direction est celle de la
droite AB , le sens est celui de A vers B et la longueur est égale à la distance |AB|.

360 C h a p i t r e 12
1.2 Vecteur en géométrie
En géométrie, une flèche est appelée segment orienté. Ce segment est déterminé par un couple de
points. Le premier point est l’origine et le second est l’extrémité.
−→
Lorsque le couple de points est (A, B), le segment orienté associé est noté AB .

1.2.1 Translation
Une translation est déterminée par un segment orienté ou par un couple de points (Chap. 3, sec-
−−→
tion 1.1). Par exemple, la donnée du segment orienté noté M N à la figure 4, indique que la trans-
lation considérée envoie le point M sur le point N . Cela suffit pour construire le quadrilatère
−−→
A B  C  D comme image du quadrilatère ABCD par cette translation. Le segment orienté M N in-
dique la direction, le sens et la longueur de la translation. Mais tout autre segment orienté de même
direction, même longueur et même sens détermine la même translation.

On identifie une translation avec l’ensemble de tous les segments orientés ayant une même direc-
tion, une même longueur et un même sens.

M
D
N
D'
A
C

A' C'
B

B' Figure 4

1.2.2 Définition et notations d'un vecteur


En géométrie, un vecteur est l’ensemble de tous les segments orientés ayant une même direction,
un même sens et une même longueur.
Chacun de ces segments orientés est un représentant du vecteur.
Chaque point du plan peut être pris comme origine d’un représentant.

Ainsi, en géométrie, un segment orienté n’est pas un vecteur mais représente un vecteur.
On désigne généralement un vecteur
−→
• par deux lettres majuscules A et B surmontées d’une flèche AB , où A et B désignent res-
pectivement l’origine et l’extrémité d’un représentant du vecteur;
• par une seule lettre minuscule surmontée d’une flèche − →
u.
−→
La notation AB utilisée jusqu’à maintenant pour désigner un segment orienté d’origine A et d’ex-
trémité B , désigne désormais un vecteur, c’est-à-dire tous les segments orientés ayant une même
direction, un même sens et une même longueur.

u
B u
u u u
u
A Figure 5

Vecteurs 361
Grâce à cette nouvelle signification de la notation, on peut donner du sens à l’égalité
−→ −→
AB = CD
bien que les segment orientés, l’un d’origine A et d’extrémité B , et l’autre d’origine C et d’extrémité
D, soient différents. Il s’agit ici d’une égalité de vecteurs, ce qui signifie que ces segments sont
parallèles, de même sens et de même longueur. La translation qui envoie le point A sur le point B
est donc la même que la translation qui envoie le point C sur le point D .
De ce qui précède, il résulte que
−→ −→
• d’une part, si AB = CD, alors le quadrilatère ABDC est un parallélogramme (Chap.8, sec-
tion 1.2.4).
• d’autre part, si un quadrilatère ABDC est un parallélogramme, alors les segments orientés
correspondant aux couples de points (A, B) et (C, D) sont des représentants d’un même
−→ −→
vecteur, ce qu’on exprime à l’aide de l’égalité AB = CD .

Le fait que le quadrilatère soit un parallélogramme s’exprime vectoriellement à l’aide d’une des
égalités : −→ −→ −→ −→
AB = CD ou AC = BD.
B B
u
A A v
D D
u v
C C
a) b) Figure 6

2 Vers la somme de deux vecteurs


La construction de la somme de deux vecteurs en géométrie s’inspire de la composition de forces et
de la succession de déplacements.

2.1 Somme en physique


2.1.1 Composition de forces
La composition des forces s’appuie sur les deux principes suivants :

Premier principe (principe du parallélogramme) :



→ −

l’action simultanée de deux forces F1 et F2 sur
F1 F
un point A est équivalente à l’action sur ce point


d’une seule force F . Cette force appelée A F2
Figure 7
résultante est représentée par la flèche construi-

→ −

te sur la diagonale du parallélogramme construit sur F1 et F2 .
On convient de noter le lien entre trois forces de la manière suivante :
→ −
− → − →
F1 + F2 = F .

362 C h a p i t r e 12

→ −

Deuxième principe : L’action simultanée, sur un point A, de deux forces F1 et F2 de même direction,
de même intensité mais de sens opposés maintient le point A en équilibre (c’est-à-dire que le point
ne se déplace pas).
F1 A F2
Figure 8
On convient dans ce cas de noter la relation entre les deux forces de la manière suivante :

→ −

F1 = −F2 .

Ces principes ont été établis expérimentalement. Voici une expérience qui permet de rendre plausible le premier
principe :

• on attache un anneau à une extrémité d’un élastique et l’autre extrémité est fixée à un clou;
• on accroche à l’anneau deux dynamomètres gradués de la même manière et on les tire dans les directions
différentes. Les dynamomètres étirent l’élastique (figure 9a);

• on marque la position de l’anneau.


On obtient une modélisation géométrique de cette situation en dessinant une flèche suivant la direction de
chaque dynamomètre, de longueur proportionnelle à l’allongement du ressort, et dont le sens est le même que
celui de l’étirement (figure 9b).

• On accroche à l’élastique un seul dynamomètre (figure 9c) et on le tire d’une telle manière que l’anneau
prenne la même position que celle marquée à la figure 9b.

On observe que la direction, le sens et l’intensité de la force utilisée correspondent à la flèche qui est construite
sur la diagonale du parallélogramme représenté à la figure 9b.

FA

FR

FB

a) b) c) Figure 9

2.1.2 Succession de déplacements

−→ −→
Considérons les déplacements données par les segments orientés AB et BC , le déplacement de A
−→
vers C est donné par le segment orienté AC .
C

B
Figure 10
On convient de noter la relation entre les trois déplacements de la manière suivante :
−→ −→ −→
AB + BC = AC .

Vecteurs 363
2.2 Composition de translations
Considérons deux translations définies par les vecteurs −

u et −

v de directions différentes comme à
la figure 11a.
B D
u u u
N v v

v v v
M
u u
A C
a) b) c) Figure 11

On se donne un point A et on cherche son image B par la succession de ces deux translations
(figure 11b) :
• soit on envoie d’abord le point A sur le point M par la translation de vecteur −

u et ensuite,


on envoie le point M sur le point B par la translation de vecteur v ;
• soit on envoie d’abord le point A sur le point N par la translation de vecteur −

v et ensuite,
−→
le point N est envoyé sur le point B par la translation de vecteur u car le quadrilatère
AN BM est un parallélogramme.
Quand on applique successivement ces deux translations à un autre point, par exemple le point C ,
−→ −→
on a que CD = AB (figure 11c).
−→
Ainsi, n’importe quel segment orienté représentant le vecteur AB définit la translation qui résulte
de la succession des deux translations associées aux vecteurs −

u et −

v.
−→
La translation de vecteur AB est appelée composée des translations de vecteurs −

u et −

v.

Une translation qui résulte de la succession de deux translations est appelée composée de
translations.

2.3 Somme de deux vecteurs - vecteur nul - vecteur opposé d'un vecteur
2.3.1 Somme de deux vecteurs
La somme de deux vecteurs − →u et −

v est le vecteur correspondant à la translation composée des
translations définies par les vecteurs −

u et −
→v.
Ce vecteur est noté −

u +−

v ou −

v +−

u.

La figure 12 suggère que la somme des vecteurs −



u et −

v , de directions différentes peut se faire de
trois façons équivalentes :
• soit par la règle du parallélogramme qui renvoie à la composition de deux forces (figure 12a);
• soit par enchaînements qui renvoie à la succession de deux déplacements (figure 12b et 12c).
u u
v
v +u v +u u+v
v v
v
u u
a) b) c) Figure 12

364 C h a p i t r e 12
Dans le cas particulier où les deux vecteurs ont la même direction, leur somme est le vecteur con-
struit par enchaînement1 . La figure 13a montre cet enchaînement lorsque les deux vecteurs ont le
même sens. La figure 13b le montre lorsque les deux vecteurs ont des sens opposés.
u v
v u

u u v
v
u +v u +v
a) b) Figure 13

2.3.2 Vecteur nul




Le vecteur nul, noté 0 , est celui qui correspond à la translation identique (celle qui laisse tous les
points en place).
Par exception, ce vecteur n’a ni direction, ni sens et sa longueur est nulle.

De cette définition résulte que, pour n’importe quel point A, on a :


−→ − →
AA = 0 .
La somme de deux vecteurs, définie par enchaînement, s’étend au vecteur nul : quel que soit le
vecteur −

u , on a −
→ − −
→ →
0 +→ u =−→
u + 0 =− u.
En physique, selon le contexte, le vecteur nul représente le déplacement nul ou la force nulle c’est-
à-dire la résultante des forces qui maintiennent un point en équilibre (voir le deuxième principe,
section 2.1.1).

2.3.3 Opposé d'un vecteur



→ −

En physique, deux forces F1 et F2 qui maintiennent un point en équilibre sont représentées par des
segments orientés de même longueur, de même direction mais de sens opposés (section 2.1.1). Cet

→ −

équilibre, exprimé par l’égalité F1 = −F2 , peut maintenant s’exprimer par une autre égalité :
→ −
− → − →
F1 + F2 = 0 .
La succession de deux déplacements, l’un de A vers B et l’autre de B vers A, est un déplacement
nul. On le note −→ −→ −→ − →
AB + BA = AA = 0 .
−→ −→
En géométrie, deux translations, par exemple l’une de vecteur AC et l’autre de vecteur CA sont
réciproques l’une de l’autre (chap. 3, section 1.4). Leur composée est la translation identique de
vecteur nul −→ −→ −→ − →
AC + CA = AA = 0 ,
−→ −→ −→ − →
CA + AC = CC = 0
−→ −→
Les vecteurs AC et CA ont même direction, même longueur mais sont de sens opposés : leur somme
est le vecteur nul. Ils sont appelés vecteurs opposés l’un de l’autre.

Le vecteur opposé du vecteur − →u , noté −−



u , est le vecteur dont la direction et la longueur sont
celles du vecteur u et dont le sens est opposé à celui de −

→ →u.

  −

u et de son opposé −−
La somme du vecteur −
→ →
u est le vecteur nul : −

u + −−

u = 0.

1 Dans ce cas là, le parallélogramme est aplati, autrement dit tous les sommets sont alignés.

Vecteurs 365
2.4 Propriétés de l'addition
L’addition des vecteurs a les mêmes propriétés que l’addition des nombres.

2.4.1 Commutativité

L’addition de deux vecteurs est commutative :


quels que soient les vecteurs −

u et −

v , on a


u +−

v =−

v +−

u.

La figure 14a illustre cette propriété pour deux vecteurs non nuls, de directions différentes, et la
figure 14b pour deux vecteurs non nuls, de même direction.

u B
u v
v N v
v +u u
u +v u
v v v +u
M v
u +v
u A u
a) b) Figure 14

2.4.2 Associativité
Pour additionner trois vecteurs −

u,−

v et −

w , on additionne l’un d’eux à la somme des deux autres.

w
w w

u u +v ( u +v ) +w v +w (
u + v+w )
v v v
u u

a) b) Figure 15
   
La figure 15 montre que le vecteur −

u +−

v +−

w (figure 15a) est égal au vecteur −

u + −

v +−

w
(figure 15b). Ce vecteur est noté


u +−

v +−

w.

L’addition des vecteurs est associative :


quels que soient les vecteurs −
→u , −

v et −→
w , on a 
 


u +−

v +−

w =−

u + −

v +−

w =−→
u +−

v +−

w.

2.4.3 Loi de Chasles

Lorsque, pour additionner plusieurs vecteurs, on choisit leurs représentants de sorte que l’extré-
mité de chacun (sauf le dernier) soit l’origine du suivant, alors leur somme est représentée par le
segment orienté qui relie l’origine du premier à l’extrémité du dernier (figure 16).

366 C h a p i t r e 12
A6

A1 A2
B A5
A A3
C
A4
Figure 16
−→ −→ −→ −−−→ −−−→ −−−→ −−−→
AB + BC = AC A1 A2 + A2 A3 + ... + A5 A6 = A1 A6 .
Ces égalités sont des expressions de la relation de Chasles2 et rappellent la succession des déplace-
ments.

3 Produit d'un vecteur par un nombre


3.1 Produit d'un vecteur-force par un nombre
Quand on multiplie un vecteur-force par un nombre, on obtient un autre vecteur-force dont
• la direction est la même que celle du vecteur-force donné;
• l’intensité est égale au produit de l’intensité du vecteur donné par la valeur absolue du
nombre;
• le sens est le même que celui du vecteur-force donné si le nombre est positif et le sens est
opposé à celui du vecteur-force donné si le nombre est négatif.

3.2 Définition du produit d'un vecteur par un nombre


La multiplication d’un vecteur-force par un nombre suggère d’adopter en géométrie les règles sui-
vantes pour multiplier un vecteur par un nombre.

Pour multiplier un vecteur par un nombre positif, on multiplie sa longueur par ce nombre et on
conserve sa direction et son sens.
Pour multiplier un vecteur par un nombre négatif, on multiplie sa longueur par la valeur absolue
du nombre et on conserve sa direction, mais on inverse son sens.

Multiplier un vecteur par 0 donne le vecteur nul.


u par un nombre r se note r · −
Le produit du vecteur −
→ →
u ou r−

u.

La figure 17 montre, pour un vecteur −


→ u et 0, 5−
u donné, les produits − 13 −
→ →
u.

1
u
3

0,5 u Figure 17

2 Mathématicien français (1793-1880)

Vecteurs 367
En particulier, la multiplication d’un vecteur par le nombre 1 ne modifie pas ce vecteur :
1·−

u =−

u.
La multiplication d’un vecteur par le nombre −1 donne le vecteur opposé :
(−1) · −

u = −−

u.
La multiplication d’un vecteur par un nombre est appelée multiplication scalaire.

3.3 Propriétés de la multiplication scalaire


3.3.1 Associativité mixte
Pour multiplier un vecteur par deux nombres, on peut procéder de deux façons :
• soit on multiplie le vecteur par un des nombres et ensuite, on multiplie le vecteur obtenu
par l’autre nombre;
• soit on multiplie les deux nombres et ensuite, on multiplie le vecteur par le produit obtenu.
La figure 18 montre, pour un vecteur −→u donné et pour les nombres 12 et − 13 , que
   
1 1− → 1 1 − → 1→
− u = − · u =− − u.
3 2 3 2 6

u 1
u
6
1
1 u
1 2
3
( 2
u ) Figure 18

Quels que soient les nombres a et b, et le vecteur −



u , on a

a b−

u = (ab)−

u = ab−

u.
Cette propriété de la multiplication scalaire est appelée associativité mixte .

Le terme mixte est justifié par la présence de deux multiplications : la multiplication entre deux
nombres et celle entre un nombre et un vecteur.

3.3.2 Distributivité de la multiplication scalaire par rapport à l'addition des nombres


Pour multiplier un vecteur par la somme de deux nombres, on peut procéder de deux façons :
• soit on multiplie le vecteur par la somme des deux nombres;
• soit on multiplie le vecteur donné par chacun des nombres et on additionne les vecteurs
obtenus.
La figure 19 montre, pour un vecteur fixé −

u et pour les nombres − 16 et 1
2, que
 
1 1 −
→ 1→ 1 → 1−
− + u = −u =− −u + →u.
6 2 3 6 2
1 1
u u + u
6 2 1
u
6
1 1
u u
3 2 Figure 19

368 C h a p i t r e 12
Quels que soient les nombres a et b, et le vecteur −

u , on a
(a + b)−

u = a−

u + b−

u.
Cette propriété de la multiplication scalaire est appelée distributivité de la multiplication scalaire
par rapport à l’addition des nombres.

Dans l’égalité (a + b)−



u = a− →
u + b−

u le symbole « + » est utilisé pour deux additions différentes : dans
l’expression (a + b) u , il correspond à l’addition de deux nombres et dans l’expression a−

→ →u + b− →
u , il
correspond à l’addition de deux vecteurs.

3.3.3 Distributivité de la multiplication scalaire par rapport à l'addition des vecteurs


Pour multiplier la somme de deux vecteurs par un nombre, on peut procéder de deux façons :
• soit on additionne les vecteurs et on multiplie le résultat par le nombre;
• soit on multiplie chaque vecteur donné par le nombre donné et on additionne les vecteurs
obtenus.
La figure 20 montre, pour des vecteurs − →u et −

v et
 pour lenombre 2, que
2−

u + 2−

v =2 −

u +−

v . (1)

2v
2 u +2 v 2 (u +v )
v v
u +v
u 2u u
a) b) c) Figure 20
L’égalité (1) est l’expression vectorielle du fait que les parallélogrammes qui servent à construire
les sommes de vecteurs − →u +− v et 2−
→ →
u + 2−→v sont homothétiques (figure 20c) donc semblables et
que le rapport de la similitude est égal à 2 (Chap. 6, section 3.4.2).
La figure 21 montre, pour les vecteurs −

u et −

v et pour le nombre −2, que
   
−2−

u + −2−

v = −2 −→
u +−

v .

v u +v -2 u v

Ð2 ( u + v ) u Ð2 u + ( Ð2 v ) u
-2v
Figure 21

Quel que soit le nombre a et quels que −


→ − →
 soient les
 vecteurs u et v , on a
a −

u +−

v = a−

u + a−

v.
Cette propriété de la multiplication scalaire est appelée distributivité de la multiplication scalaire
par rapport à l’addition des vecteurs.

Vecteurs 369
4 Composantes d'un vecteur
On peut additionner deux vecteurs quels qu’ils soient et la somme est encore un vecteur. Dans
cette section, on montre qu’on peut aussi décomposer un vecteur en une somme de deux vecteurs
quelconques non nuls.

4.1 Décomposer un vecteur-force


Quand on étudie les effets d’une force, il est souvent intéressant de la décomposer en une somme
de deux forces perpendiculaires. Cette idée est illustrée par l’exemple suivant.

F
N N N
voile voile voile F’
a) b) c) Figure 22


Un bateau à voile avance grâce à la force de la poussée du vent. Cette poussée notée N s’exerce
perpendiculairement sur la voile (figure 22a). Elle peut être décomposée en somme de deux forces : la

→ −
→ −
→ → −
− →
force F qui pousse le bateau en avant et la force F  qui tente de le reverser. On a donc N = F + F  .
Ces forces sont respectivement parallèle et perpendiculaire à l’axe du bateau.

→ −
→ −

La décomposition de la force N en somme des forces F et F  est présentée aux figures 22b et 22c.

4.2 Décomposer un vecteur-déplacement B


A la figure 23, le déplacement du point A vers B
est décomposé en une succession de deux déplace-
ments, l’un horizontal de A vers C et l’autre ver-
tical, de C vers B .
A C Figure 23

4.3 Décomposer un vecteur en géométrie


4.3.1 Composantes d'un vecteur dans un système d'axes
−→ −→
Considérons deux représentants AB et CD d’un vecteur −

u (figure 24); on a


→ −→ −→
u = AB = CD.
B

A D

u
C L Figure 24

370 C h a p i t r e 12
−→ −→
A la figure 24, les vecteurs AB et CD apparaissent comme somme de deux vecteurs, l’un horizontal
et l’autre vertical. On a
−→ −−→ −−→ −→ −→ −→
AB = AK + KB et CD = CL + LD.
−→ −→
A la figure 25, on a placé les vecteurs AB et CD dans un système d’axes; soient (xA , yA ), (xB , yB ),
(xC , yC ), (xD , yD ) les coordonnées respectives des points A, B , C et D.

yB B

A K
yA
D
yD
u

yC L
1 C

0 1 xA xC xB xD Figure 25

La translation qui envoie A sur B est caractérisée par le couple (xB − xA , yB − yA ) (Chap.8, section
1.2.4) et celle qui envoie C sur D est caractérisée par le couple (xD − xC , yD − yC ).
−→ −→
Comme AB et CD sont des représentants du même vecteur −

u , il s’agit de la même translation et
donc du même couple, d’où

xB − xA = xD − xC et yB − yA = yD − yC .

Dans un système d’axes, le couple de nombres associé à un vecteur est appelé composantes du
vecteur −

u et noté (xu , yu ).
−→
Considérons (xA , yA ) et (xB , yB ) les coordonnées respectives de deux points A et B . Si AB est un
représentant du vecteur − →u . Alors on a
xu = xB − xA et yu = yB − yA .

Les composantes d’un vecteur permettent de construire un représentant de celui-ci dont l’origine
est un point quelconque du plan : dans un système d’axes, considérons un point A et le vecteur − →
u
dont les composantes sont (2, −1). Pour trouver l’extrémité B du représentant dont l’origine est le
point A, il faut avancer de 2 unités vers la droite, parallèlement à l’axe des abscisses et d’1 unité
vers le bas, parallèlement à l’axe des ordonnées (figure 26a).

A +2 A +2
u
Ð1 Ð1
B B
+2
Ð1
(2,-1)
a) b) Figure 26

Pour trouver l’extrémité P du représentant dont l’origine est l’origine O du système d’axes, il faut
avancer de 2 unités vers la droite, parallèlement à l’axe des abcisses et d’1 unité vers le bas, parallè-

Vecteurs 371
lement à l’axe des ordonnées (figure 26b).
−→ −→
D’une part, les composantes du vecteur OP = AB sont (2, −1).
D’autre part, les coordonnées du point P sont (2, −1).

Dans un système d’axes, les composantes d’un vecteur −→u sont les coordonnées du point P extré-
−→
mité du représentant de u qui a pour origine, l’origine du système d’axes.

u
yu
xu
yu

O xu Figure 27

4.3.2 Composantes d'un vecteur dans des systèmes d'axes différents


Au chapitre 8, section 1.2.1, nous avons vu que les coordonnées d’un point dépendent du système
d’axes choisi. De manière analogue, un vecteur peut avoir des composantes différentes suivant le
choix du système d’axes.
A la figure 28a, les composantes du vecteur −

u sont (3, 1) et à la figure 28b les composantes du


même vecteur u sont (1, 1).

1 1
1 0
3 1
1
0 1
a) b) Figure 28

A la figure 29, on a construit un représentant du vecteur de composantes (1, 2) dans chacun des
systèmes d’axes indiqués. Les deux vecteurs obtenus ne sont pas égaux : ils n’ont ni la même direction,
ni la même longueur.

1
1

0 1 0 1
a) b) Figure 29

4.4 Calculer avec les composantes


Dans cette section, nous traduisons sur les composantes, les opérations algébriques sur les vecteurs.

4.4.1 Composantes du vecteur somme


Dans un système d’axes, cherchons à exprimer les composantes du vecteur −

u +−

v à partir des

→ −

composantes (xu , yu ) et (xv , yv ) des vecteurs u et v .

372 C h a p i t r e 12
A la figure 30, on a (xu , yu ) = (1, 5; 2) et v
(xv , yv ) = (3, 1). On observe que les composantes 3 1
du vecteur − →
u +− →
v sont u u +v 3
2
(4, 5; 3) = (1, 5 + 3; 2 + 1) = (xu + xv , yu + yv ). 1
1,5 4,5
0
1 Figure 30

Les composantes du vecteur −



u +−

v , somme de deux vecteurs −→
u et −

v de composantes (xu , yu ) et
(xv , yv ) sont égales à (xu + xv , yu + yv ).

4.4.2 Composantes du produit d'un vecteur par un nombre


Dans un système d’axes, cherchons à exprimer les composantes du vecteur r −

u à partir des compo-


santes (xu , yu ) du vecteur u .

3
A la figure 31, on a (xu , yu ) = (1, 2) et r = 2. On
3−→ 3
u
observe que les composantes du vecteur 2 u sont 2
      3
3 3 3 3 3 u 2
,3 = · 1, · 2 = xu , yu .
2 2 2 2 2 1
1
1,5
0
1 Figure 31

Les composantes du vecteur r −



u , produit d’un vecteur −→u de composantes (xu , yu ) par un nombre r,
sont égales à (rx , ry ). u u

5 Quelques propriétés exprimées


vectoriellement
La notation vectorielle permet d’exprimer très simplement de nombreuses situations géométriques.
Donnons-en quelques exemples.

Milieu d’un segment

La propriété « un point M est milieu d’un seg- B


ment [AB] » s’exprime vectoriellement par les M
égalités A Figure 32

−−→ 1 −→ −−→ −−→


AM = AB ou AM = M B .
2

Vecteurs 373
Alignement de trois points

L’alignement de trois points distincts A, B et C C


s’exprime vectoriellement par l’égalité B
−→ −→ A Figure 33
AB = rAC
pour un certain nombre réel r .

Ce critère est la conséquence de la définition de la multiplication scalaire d’un vecteur par un nom-
bre.

Parallélisme de deux droites

Le parallélisme des droites AA et BB  s’exprime


vectoriellement par l’égalité A'
A
−→ −→
AA = rBB B'
B
pour un certain nombre réel r .
Figure 34

Théorème de Thalès et sa réciproque

Quelle que soit la configuration de la figure 35 que l’on considère, le théorème de Thalès a une
expression vectorielle unique (Chap.6, section 2.3).

Considérons deux droites s et s , parallèles ou sécantes coupées l’une et l’autre par des droites
parallèles a, b et c. Soient A, B et C , les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et
c et A , B  et C  les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et c.
−→ −→ −−→ −−→
Si AC = r AB où r est un nombre réel, alors A C  = r A B  .

a b a b a b
s A c c c
B A
C A B C s B s'
s' C'
A' A' A' B'
B' B' C
C' s
C' s'
Figure 35

La réciproque du théorème de Thalès s’exprime également à l’aide des vecteurs.

Considérons deux droites s et s , parallèles ou sécantes coupées l’une et l’autre par les droites
parallèles a, b et c. Soient A, B et C , les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et
c et A , B  et C  les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et c.
Si un point C de la droite s et un point C  de la droite s vérifient les égalités suivantes :
−→ −→ −− → −−→
AC = rAB et A C  = rA B  pour un certain nombre réel r
  
alors les droites AA , BB et CC sont parallèles entre elles.

374 C h a p i t r e 12
Théorème du milieu
L’expression vectorielle du théorème de milieu (Chap. 6, section 2.2.2) est la suivante.

Dans un triangle ABC , si M est le milieu de [AB] et N est le milieu de [AC], alors
−−→ 1 −→
M N = BC .
2
A A

M N M
N

B B

C C Figure 36

Figures homothétiques

Considérons deux figures homothétiques, par exemple, de rapport de similitude égal à 3. Cela
s’exprime vectoriellement par les égalités suivantes :
−−→ −→ −−→ −→ −−→ −→ −−→ −→
OA = 3OA, OB = 3OB , OC = 3OC , OD = 3OD,
−− → −→ −−→ −→ −−→ −→
A B  = 3AB , B  C  = 3BC , C  D = 3CD.

O
A D

B C
A' D'

B' C' Figure 37

Vecteurs 375
Chapitre
Lagéométriedel'espace
13
Nous vivons dans l’espace et nous tions relatives des droites et des
sommes entourés d’objets appelés plans à l’aide de dessins, mais pour
« solides » ou « tridimensionnels » justifier la validité des dessins, on a
car ils ont, pour le dire simplement, besoin des propriétés déduites des
une longueur, une largeur et une positions relatives.
hauteur. La géométrie de l’espace Dans ce qui suit, nous faisons le
s’intéresse aux objets tridimension- choix suivant : nous présentons
nels ainsi qu’à leurs propriétés. d’abord des solides qui servent de
Comme en géométrie plane, pour support aux objets de l’espace que
expliquer ces propriétés, il faut sont les points, les droites et les
s’appuyer sur les figures élémen- plans. Ces solides sont dessinés
taires que sont les points, les droites suivant un type de représentation
et les plans et sur leurs différentes relativement familier appelé
positions relatives (droites paral- « perspective cavalière ».
lèles, plans parallèles, droite perpen- Dans une deuxième section, nous
diculaire à un plan,...). développons une théorie de géomé-
La géométrie de l’espace présente trie de l’espace avec les positions
une difficulté qui n’apparaît pas en relatives des droites et des plans, en
géométrie plane : pour représenter nous limitant à quelques propriétés
des objets de l’espace sur du papier, utiles pour les projections et les
il faut passer de trois à deux sections planes de polyèdres.
dimensions, ce qui fait perdre des Ensuite, nous explicitons quelque
informations. peu des techniques de représenta-
Les différentes civilisations qui se tion plane et finalement nous
sont succédées dans l’histoire ont montrons comment les propriétés de
géré cette difficulté avec maladresse. géométrie de l’espace sont investies
Il y a seulement six siècles que des dans des déterminations de sections
techniques de représentation cohé- planes de polyèdres.
rentes ont vu le jour avec Alberti
(1404-1472) et Dürer (1471-1528).
1. Objets
Ces techniques s’expriment à l’aide
des propriétés telles que le 2. Droites - plans
parallélisme de droites ou de plans.
Pour faire une présentation écrite de 3. Différentes représentations
la géométrie de l’espace, on se planes
trouve devant un dilemme : on
souhaite présenter des objets
4. Sections planes de
et développer la théorie des posi- polyèdres
1 Objets
Dans cette section, nous nous intéressons aux objets appelés solides et non à leur contenance appelée
volume (cet aspect est considéré au chapitre 14).

1.1 Polyèdres
1.1.1 Définitions générales
Un polyèdre est un solide de l’espace dont la surface n’est constituée que de polygones plans
appelés faces.

Le préfixe grec « poly » signifie « nombreux » et le mot « èdre » signifie « base, assise ».
Les solides des figures 1a, 1b et 1c sont des polyèdres alors que les solides des figures 1d, 1e et 1f
n’en sont pas.

a) b) c) d) e) f) Figure 1

• Deux faces d’un polyèdre peuvent partager un côté commun appelé arête : par exemple sur
le solide de la figure 2, les faces avant et supérieure partagent l’arête [AB]. Une arête ne peut
pas faire partie de plus de deux faces.
• Deux arêtes d’un polyèdre peuvent partager une extrémité commune appelée sommet : par
exemple, sur le solide de la figure 2, les arêtes [DH] et [HG] partagent le sommet commun
H . Un sommet peut être l’extrémité de plusieurs arêtes.
• Les sommets sont des points de l’espace.
• Les arêtes sont des segments de droites de l’espace.
• Les faces sont des portions de plans de l’espace.
Les objets de la géométrie plane sont des points et des droites, tous situés dans un même plan.
En géométrie de l’espace, il existe des points non coplanaires, c’est-à-dire non situés dans un même
plan. Les objets de la géométrie de l’espace sont donc des points, des droites et des plans.
Dans ce qui suit, nous présentons des solides qui servent de supports aux objets de l’espace que
sont les points, les droites et les plans ainsi qu’à leurs positions relatives. Ces solides sont dessinés
suivant un type de représentation relativement familier appelé perspective cavalière (qui est défini
à la section 3.2).

1.1.2 Cube D C
Un cube est un polyèdre dont la surface est con- A B
stituée de six faces carrées isométriques. (figure 2)
H G
Le mot « cube » est issu du mot grec « kubos » si-
gnifiant « dé à jouer ». E F Figure 2

378 C h a p i t r e 13
1.1.3 Prisme
Voici une première description d’un prisme.
Considérons un polygone à n côtés dans un plan et son translaté dans un autre plan. Joignons ces
deux polygones translatés l’un de l’autre par n parallélogrammes. Le solide ainsi construit est un
prisme.

Le mot « prisme » est issu d’un mot grec signifiant « scier ».


• Les deux polygones translatés l’un de l’autre sont appelés bases et les parallélogrammes sont
appelés les faces latérales (figure 3).

a) b) c) d) e) Figure 3

• Lorsque les faces latérales d’un prisme sont des rectangles, on dit que le prisme est droit
(figures 3c, 3d et 3e). Dans le cas contraire, le prisme est oblique (figures 3a et 3b).

Un parallélépipède est un prisme qui a pour bases deux parallélogrammes isométriques (figures 3a,
3c et 3d).
Un parallélépipède rectangle est un parallélépipède droit à bases rectangulaires (figures 3c et 3d).

Considérons une autre manière, plus dynamique, de définir un prisme.

Soit deux polygones isométriques situés dans des plans parallèles distincts1 ; le solide engendré par
la translation qui amène un des deux polygones sur l’autre est un prisme qui admet ces deux
polygones comme bases.

1.1.4 Pyramide
Une pyramide est un polyèdre dont la surface est constituée d’un polygone à n côtés appelé base
et de n triangles ayant chacun un côté commun avec la base et ayant tous un point commun
n’appartenant pas au plan de la base.

a) b) Figure 4

• Le sommet de la pyramide est le point commun à ces n triangles (figure 4a).


• La hauteur d’une pyramide est le segment de droite menée du sommet perpendiculairement
au plan de la base2 et limité, d’une part, par le sommet et, d’autre part, par le point d’inter-
section avec la base, appelé pied de la hauteur ; sur la figure 4b, il s’agit du segment [SO].
• On appelle aussi hauteur d’une pyramide la longueur de ce segment.

1 Pour la définition de plans parallèles, voir section 2.5


2 Pour la définition de droite perpendiculaire à un plan, voir section 2.4

La géométrie de l'espace 379


Nous pouvons décrire une pyramide à partir d’une autre construction.
S
Considérons un polygone B et un point S de l’es-
pace n’appartenant pas au plan du polygone B .
Si nous joignons le point S à tous les points du
polygone par des segments de droite, nous en-
gendrons une pyramide dont le point S est le
B
sommet et la surface B est la base. (figure 5) Figure 5

1.1.5 Polyèdres réguliers

Parmi les polygones, certains sont appelés « réguliers » (Chap.4, section 1.2). Quels solides seraient
des polyèdres réguliers ? Assez naturellement, ils auraient pour faces des polygones réguliers isomé-
triques. Toutefois cette condition ne suffit pas pour obtenir des solides parfaitement symétriques.

Si nous considérons les deux polyèdres de la figure 6, celui de la figure 6b semble plus régulier que
celui de la figure 6a : en fait, à la figure 6b, chaque sommet est entouré d’un même nombre de faces
(4) tandis qu’à la figure 6a, certains sommets sont entourés de 3 faces et d’autres de 4 faces.

a) b) Figure 6

Un polyèdre régulier est constitué de polygones réguliers isométriques, en même nombre autour
de chaque sommet.

Décrivons les différents polyèdres réguliers.

A partir de triangles équilatéraux

En assemblant trois, quatre ou cinq triangles équilatéraux par sommet, on obtient respectivement
un tétraèdre régulier (figure 7a), un octaèdre régulier (figure 7b) et un icosaèdre régulier (fi-
gure 7c).

a) b) c) Figure 7

Ces trois noms correspondent au nombre de faces : ces trois polyèdres ont en effet, respectivement,
quatre, huit et vingt faces.

380 C h a p i t r e 13
A partir de carrés
En assemblant trois carrés autour de chaque sommet, on obtient un polyèdre qui n’est rien d’autre
que le cube appelé parfois hexaèdre régulier (figure 8a).

a) b) Figure 8

A partir de pentagones réguliers


En assemblant trois pentagones réguliers par sommet, on obtient un polyèdre à douze faces qui
s’appelle le dodécaèdre régulier (figure 8b).
On peut démontrer que ces polyèdres peuvent être effectivement construits et qu’il n’y en a pas
d’autres polyèdres réguliers possibles.
Ainsi, alors qu’il y a une infinité de polygones réguliers, il n’y a que cinq polyèdres réguliers !

1.2 Solides non polyédriques


1.2.1 Cylindre
On utilise souvent le terme cylindre (issu d’un mot grec signifiant « rouler ») pour un solide qui est
plus précisément un cylindre circulaire droit (figure 9a). Il existe des cylindres circulaires obliques
(figure 9b) et des cylindres non circulaires, droits (figure 9c) ou obliques (figure 9d).

a) b) c) d) Figure 9

Voici une définition dynamique de cylindre circulaire droit ou oblique.

Considérons deux disques de même rayon situés dans des plans parallèles distincts3 . Un cylindre
circulaire est un solide engendré par la translation qui amène un disque sur l’autre.

• Les deux disques isométriques des cylindres circulaires sont appelés bases.
• La surface latérale d’un cylindre circulaire droit est constituée d’un rectangle dont la lon-
gueur correspond à la circonférence des disques de base.
Voici une autre manière d’engendrer un cylindre circulaire droit.
On prend un rectangle (ABCD sur la figure 10) B C
et on le fait tourner de 360◦ autour d’un de ses P
côtés ([AB] dans le cas de la figure 10) : chaque
point P du segment [CD] décrit un cercle. Le so-
lide engendré est un cylindre circulaire droit. A D
Figure 10

3 Pour la définition de plans parallèles, voir section 2.5

La géométrie de l'espace 381


Un cylindre circulaire droit est un solide engen-
dré par la rotation d’un rectangle autour d’un de
ses côtés.

Cette manière d’engendrer un cylindre circulaire


droit nous amène à l’appeler solide de révolution.
Le mot « révolution » signifie ici rotation de 360◦ .

Un solide de révolution est un solide obtenu en


faisant tourner une surface plane autour d’une
droite, appelée axe de rotation, cette droite
étant située dans le plan de la surface
(figure 11). Figure 11

1.2.2 Cône
On peut obtenir ce solide par une construction analogue à celle d’une pyramide.
Considérons une courbe plane C , fermée et ne se recoupant pas et un point S n’appartenant pas
au plan de la courbe. Joignons le point S à tous les points de la courbe par des segments de droite;
nous engendrons un solide de l’espace appelé cône (figure 12a).
• Le point S est appelé sommet du cône.
• La surface entourée par la courbe fermée est appelée base du cône.
Quand la courbe plane est un cercle, le cône est appelé cône circulaire (figure 12b et 12c).

S S S

O O O
a) b) c) Figure 12

• La hauteur d’un cône est le segment de droite mené du sommet perpendiculairement au plan
de la base4 et limité, d’une part, par le sommet et d’autre part, par le point d’intersection
avec la base, appelé pied de la hauteur. Sur la figure 12, il s’agit des segments [SO].
• On appelle aussi hauteur d’un cône la longueur de ce segment.
• Un cône circulaire est droit si le pied de la hauteur coïncide avec le centre du cercle de base.
Le cône de la figure 12b n’est pas droit, le cône de la figure 12c l’est.
Un cône circulaire droit peut être engendré par la rotation d’un triangle rectangle tel que SAB sur
la figure 13, autour du segment [SA]. Chaque point P du segment [SB] engendre un cercle. Un cône
droit est donc un solide de révolution.
• Un segment tel que le segment [SB] est appelé génératrice du cône.

Un cône circulaire droit est un solide engendré par la rotation d’un triangle rectangle autour d’un
des côtés de l’angle droit.

4 Pour la notion de droite perpendiculaire à un plan, voir la section 2.4

382 C h a p i t r e 13
S

A B
Figure 13

1.2.3 Sphère
Une sphère est l’ensemble de tous les points de l’espace dont la distance à un point donné est fixée.

Le point donné est appelé centre de la sphère et la distance fixée est le rayon (figure 14a).

Une sphère peut aussi être considérée comme un solide de révolution : elle peut être engendrée par

la rotation dans l’espace d’un demi-cercle AB autour de son diamètre [AB] (figure 14b).

On appelle parfois boule l’ensemble des points contenus dans une sphère, c’est-à-dire l’ensemble des
points dont la distance au centre est inférieure ou égale au rayon.

C r

A
a) b) Figure 14

1.3 Développement
1.3.1 Définition
On appelle développement d’un solide une figure plane telle que si on la plie aux endroits appropriés,
on obtient le solide ( à condition de coller entre eux les bords libres).

Les figures 15a et 15b présentent chacune un développement de cube tandis que la figure 15c
présente un assemblage de carrés qui ne peut pas être le développement d’un cube.

a) b) c) Figure 15

Tous les polyèdres admettent des développements : cela signifie qu’on peut tous les construire à
partir d’une surface plane.

Certains solides n’admettent aucun développement : par exemple, il est impossible de mettre une
sphère à plat sans la déformer (tout comme on ne peut aplatir la pelure d’une orange). De tels
solides sont des solides non développables.

La géométrie de l'espace 383


1.3.2 Développement d'un cylindre circulaire droit
r
Un développement d’un cylindre circulaire droit A B
de rayon r et de hauteur h est présenté à la fi-
gure 16. Il est constitué de deux disques isomé- h
triques de rayon r et d’un rectangle ABCD de 2¹r
hauteur |AD| égale à la hauteur h et dont la base D C
|AB| vaut la longueur de la circonférence du dis- Figure 16
que5 , c’est-à-dire 2πr .

1.3.3 Développement d'un cône circulaire droit


Représentons le développement d’un cône circulaire droit dont le rayon de la base est r et dont la
génératrice est de longueur R. Il est composé de deux parties : un disque de rayon r pour la base et
une surface latérale qui est un secteur circulaire de rayon R et d’angle α (figure 17).
Pour réaliser ce développement, il faut déterminer l’angle α de telle sorte que la longueur de l’arc

AB corresponde à la circonférence du cercle de base :

AB = 2πr

A S

α R
r
B

Figure 17
 
L’amplitude de l’angle α dépend directement de la longueur de l’arc AB : plus l’arc AB est grand,
plus l’angle α est grand. Plus précisément, il y a proportionnalité entre l’amplitude de l’angle α et

la longueur de l’arc AB . On a la relation suivante :

AB 2πR
= ,
α 360
et donc  α
AB = 2πR.
360

Puisque la longueur de l’arc AB vaut 2πr , nous obtenons
α
2πr = 2πR.
360
En simplifiant par le facteur commun 2π , on obtient
α
r= R
360
qui peut aussi s’écrire α r r
= ou α = 360.
360 R R
Le rapport du rayon r du disque de base à la longueur R de la génératrice nous donne le rapport de
l’angle α à l’angle plein. Dès lors, si on connaît les valeurs de r et R, on peut construire le secteur
circulaire avec l’angle α approprié.

5 Pour la formule de la circonférence d’un disque, voir chap.14, section 2.9

384 C h a p i t r e 13
2 Droites - plans
2.1 Détermination de droites
En géométrie de l’espace, on garde la même propriété qu’en géométrie plane :

Par deux points, il passe une et une seule droite.

On dit que deux points déterminent une droite. En réalité, cette propriété n’est pas tout à fait vraie
pour les points et les droites qu’on dessine, à cause de l’épaisseur du trait.
Pour construire une géométrie théorique, il faut « idéaliser » les points et les droites : on suppose
les points très petits et les droites très fines.

2.2 Détermination de plans


Il n’est pas possible de définir le concept de plan mais nous en avons des images intuitives telles
qu’une feuille de papier infinie, sans épaisseur ou la surface d’un lac sans vague.
La propriété suivante caractérise de manière essentielle un plan :

Trois points non alignés de l’espace déterminent un plan.

Cela nous semble évident mais nous le comprenons sans doute mieux lorsque nous nous asseyons
sur une chaise bancale (pas stable) : l’extrémité d’un des quatre pieds n’est pas dans le plan des trois
autres (le plan du sol). Par contraste, chaque tabouret à trois pieds est stable.
La propriété ci-dessus permet de désigner un plan par trois de ses points; pour le cube de la figure 18,
on peut parler, par exemple, des plans ABC , ABF et ADH . On désigne aussi souvent un plan par
une lettre de l’alphabet grec.

D C
A B

H G

E F
Figure 18

Nous avons longuement étudié la géométrie plane dans les chapitres précédents. Nous pouvons
considérer que chaque plan de l’espace est muni de toutes les propriétés de la géométrie plane.

Toutes les propriétés de géométrie plane sont vérifiées dans un plan quelconque de l’espace.

2.3 Positions relatives de deux droites


En géométrie plane, deux droites quelconques sont soit sécantes, soit parallèles.
En géométrie de l’espace, ces deux types de positions relatives se retrouvent mais ne sont pas les
seules : les droites AB et GC de la figure 19a d’une part et les droites V T et RS de la figure 19b
d’autre part ne sont ni parallèles ni sécantes dans l’espace.

La géométrie de l'espace 385


D C V
A B

H G R S
U T
E F
a) b) Figure 19

Ces droites ne sont pas contenues dans un même plan.

Deux droites non contenues dans un même plan sont appelées droites gauches ou non-coplanaires.

Le mot « gauche » a ici la signification « maladroit, de travers ».


Deux droites gauches n’ont pas de point commun malgré la présence éventuelle d’un point d’inter-
section sur leurs représentations planes comme les droites V T et RS de la figure 19b.
Comme, dans l’espace, on peut trouver des droites n’ayant pas de point commun et qui ne sont
manifestement pas parallèles, on ne peut pas transposer telle quelle la définition du parallélisme de
deux droites de la géométrie plane.

Deux droites de l’espace sont parallèles si elles sont contenues dans un même plan et si, dans ce
plan, elles n’ont pas de point commun ou elles sont confondues.

Par exemple, les droites AE et GC de la figure 19a sont des droites parallèles ainsi que les droites
RS et U T à la figure 19b.
Il peut sembler étonnant de considérer deux droites confondues comme parallèles puisqu’on ne
dispose finalement que d’une droite : les mathématiciens ont décidé cela pour que le parallélisme
jouisse de propriétés intéressantes que nous ne développons pas ici.
On dit que des droites parallèles ont même direction.
Le mot direction n’a pas ici la même signification que dans le langage quotidien : en effet, lorsqu’on
veut prendre une route ou une ligne de chemin de fer qui relie les villes A et B , on dit qu’on va dans
la direction de A ou de B . En géométrie, des droites ont une même direction si elles sont « dirigées,
inclinées » d’une même manière.

Deux droites de l’espace sont sécantes si elles ont un point commun.

Par exemple, les droites DH et HG à la figure 19a sont sécantes ainsi que les droites V U et U T à
la figure 19b.
A la lecture d’une représentation plane de droites, il faut être attentif : le point commun sur la
représentation n’est pas nécessairement un point commun dans l’espace. Les droites de l’espace ne
peuvent être sécantes que si elles sont contenues dans un même plan.

Deux droites de l’espace sont perpendiculaires si elles sont sécantes et perpendiculaires dans le
plan qui les contient.

Par exemple, les droites DH et HG à la figure 19a sont contenues dans le plan DHG et sont
perpendiculaires.

Deux droites de l’espace sont orthogonales si la parallèle à l’une menée par un point quelconque
de l’autre est perpendiculaire à cette autre.

Par exemple, les droites HE et F B à la figure 19a sont orthogonales car la droite F G menée par le
point F parallèlement à EH est perpendiculaire à F B .

386 C h a p i t r e 13
Deux droites perpendiculaires sont aussi orthogonales.

Deux droites de l’espace peuvent être


a) parallèles (disjointes ou confondues),
b) sécantes (avec le cas particulier de perpendiculaires),
c) gauches ou non coplanaires (avec le cas particulier d’orthogonales).

Conventionnellement, ces différentes positions relatives sont représentées comme à la figure 20.

d1
d2

d3 = d4
a) b) c) Figure 20

2.4 Positions relatives d'une droite et d'un plan


Une droite et un plan sont parallèles si la droite et le plan n’ont pas de point commun (on dit alors
que la droite et le plan sont disjoints) ou si la droite est contenue dans le plan.

Par exemple, la droite GC est parallèle aux plans EHD , DHG, BF G et ABF à la figure 21a.

D C V

A B
R S
H G

E F U T
a) b) Figure 21

Si une droite et un plan ne sont pas parallèles, la droite a exactement un point en commun avec le
plan.

Si une droite et un plan ne sont pas parallèles, on dit que la droite et le plan sont sécants ou que
la droite perce le plan.

A la figure 21a, la droite EF perce le plan GCB en F et à la figure 21b, la droite V S perce le plan
RST en S .

Une droite et un plan sont perpendiculaires si la droite perce le plan en un point et si elle est
perpendiculaire à toutes les droites du plan passant par ce point. Celui-ci est appelé pied de la
perpendiculaire.

Par exemple, la droite EF est perpendiculaire au plan BF G à la figure 21a.


On peut prendre conscience de la perpendicularité d’une droite à toutes les droites du plan passant
par le point de percée en utilisant une feuille de carton et une équerre.
On dépose (figure 22) un côté de l’angle droit de l’équerre sur le carton et le deuxième côté de
l’angle droit en position perpendiculaire au plan.

La géométrie de l'espace 387


Si on fait tourner l’équerre autour du deuxième
côté de l’angle droit, le premier côté prend succes-
sivement la position de toutes les droites du plan
passant par le point de percée et reste évidem-
ment perpendiculaire au premier côté de l’angle
Figure 22
droit.

Une droite et un plan peuvent être


a) parallèles (la droite étant disjointe du plan ou contenue dans le plan),
b) sécants (avec le cas particulier de perpendiculaires).

Conventionnellement, ces différentes positions relatives sont représentées comme à la figure 23.

a) b) Figure 23

2.5 Positions relatives de deux plans


Deux plans de l’espace sont parallèles s’ils n’ont pas de point commun ou s’ils sont confondus.

Nous pouvons faire ici la même remarque que pour les droites parallèles : le fait de considérer deux
plans confondus comme parallèles est une nécessité interne aux mathématiques.
A la figure 24a, les plans ABC et EF G sont parallèles ainsi que les plans ADH et BCG. Par contre,
il n’y a aucune paire de faces situées dans des plans parallèles sur la pyramide à base carrée de la
figure 24b.
D C V
A B
R S
H G
U T
E F
a) b) Figure 24

Deux plans non parallèles sont appelés sécants.

Ils ont en commun non pas un point mais une droite.


A la figure 24a, les plans ABC et ABF se coupent suivant la droite AB . A la figure 24b, les plans
RST et ST V se coupent suivant la droite ST ; les plans RU V et ST V se coupent suivant une droite
qui passe par le point V (à ce stade de la théorie, nous ne pouvons pas représenter cette droite).

Deux plans sécants sont perpendiculaires si l’un contient une droite perpendiculaire à l’autre.

388 C h a p i t r e 13
A la figure 24a, les plans F EH et BAE sont perpendiculaires.

Deux plans de l’espace peuvent être


a) parallèles (disjoints ou confondus),
b) sécants (avec le cas particulier de perpendiculaires).

Conventionnellement, ces différentes positions relatives sont représentées comme à la figure 25.

γ=δ
a) b) Figure 25

2.6 Propriétés des droites et des plans


Nous avons répertorié toutes les positions relatives des droites et des plans. Nous pouvons progres-
ser dans la théorie en décrivant des propriétés dont jouissent ces objets de l’espace. Nous ne faisons
pas une liste exhaustive de ces propriétés : nous signalons celles qui sont utiles pour comprendre
les projections parallèles et celles qui sont instrumentales dans la recherche de sections planes de
polyèdres. Nous démontrons quelques unes6 de ces propriétés.

Propriété 1 : Q
P
Si deux points appartiennent à un plan, la droite
qu’ils déterminent est contenue dans le plan α
Figure 26

Propriété 2 :

Une droite de l’espace et un point ne lui appar- R


tenant pas déterminent un plan. Q
d
P
Soit d la droite et P le point : on peut déterminer
deux points distincts Q et R sur la droite. Figure 27

Les trois points P , Q et R sont non alignés et déterminent donc un plan.

Propriété 3 :
a
Deux droites sécantes se coupent en un et un C
seul point.
b Figure 28

6 Nous ne voulons pas faire ici une étude axiomatique de la géométrie de l’espace.

La géométrie de l'espace 389


Propriété 4 :

α
Deux plans sécants se coupent suivant une et une
seule droite.
d

β
Figure 29

Propriété 5 :

Deux droites de l’espace qui sont sécantes sont coplanaires.

En effet, le point C commun des deux droites a et a


b, un point P quelconque sur la droite a (différent C
du point commun) et un point Q quelconque sur
Q P
la droite b (différent du point commun) sont trois b
points non alignés. Ils déterminent un plan qui
Figure 30
contient les deux droites a et b par la propriété 1.

Propriété 6 :

Deux droites parallèles distinctes sont contenues d1


dans un et un seul plan.
d2
Cette propriéte se démontre de la même manière Figure 31
que la propriété 2.

Propriété 7 :

Si un plan coupe deux plans parallèles, les intersections sont des droites parallèles entre elles.

Démontrons cette propriété.


α β
Si les deux plans sont confondus, les intersections
se réduisent à deux droites confondues, qui sont γ
donc parallèles.

Soient α et β deux plans parallèles distincts (fi- a


gure 32) et γ le plan sécant; appelons a la droite
d’intersection de α et γ et b la droite d’intersection Figure 32
de β et γ .

Démontrons que les droites a et b ne peuvent être ni gauches, ni sécantes.


En effet, d’une part, les droites a et b ne sont pas gauches puisqu’elles sont contenues dans le plan γ .
D’autre part, les droites a et b ne sont pas sécantes puisque leur éventuel point commun devrait
être commun aux plans α et β et qui sont supposés disjoints.
Donc les droites a et b sont parallèles.

Propriété 8 :

Si un plan coupe deux plans sécants et est parallèle à leur intersection, il les coupe suivant deux
droites parallèles. Celles-ci sont aussi parallèles à l’intersection des deux plans.

390 C h a p i t r e 13
Nous illustrons cette propriété sans la démontrer. c
Soient α et β les deux plans sécants (figure 33), c
leur droite d’intersection; soit γ le troisième plan,
parallèle à la droite c.

Soit alors a la droite d’intersection du plan γ avec


le plan α et b la droite d’intersection du plan γ γ
avec le plan β . α a b β
Figure 33
Alors, les droites a et b sont parallèles entre elles
et parallèles à la droite c.

Propriété 9 : transitivité du parallélisme de droites

Si une droite est parallèle à deux autres, celles-ci sont parallèles entre elles.

Le préfixe « trans » signifie « à travers, par delà » : d’une manière imagée, une propriété est transitive
si elle se transmet d’un cas à l’autre.

Nous illustrons cette propriété sans la démontrer.


La figure 34 présente les droites a, b et c. Si on sait
c
que la droite a est parallèle à la droite b et que
la droite b est parallèle à la droite c, on peut en
a b
déduire que les droites a et c sont parallèles entre
Figure 34
elles.

Propriété 10 : critère de parallélisme d’une droite et d’un plan


Nous connaissons la définition de parallélisme d’une droite et d’un plan : la droite n’a pas de point
commun avec le plan ou est contenue dans le plan. Cette définition n’est pas toujours facile à vérifier.
C’est la raison pour laquelle on remplace la définition par un critère.

Une droite et un plan sont parallèles si et seulement si la droite est parallèles à une droite contenue
dans le plan.

La démonstration se fait en deux parties.

a) Si une droite d est parallèle à un plan α, elle est parallèle à une droite d de ce plan.

Lorsque la droite d est dans le plan, elle est pa-


d
rallèle à elle-même.

Prenons le cas où la droite d et le plan n’ont pas A d'


de point commun : la figure 35 montre un plan α, α
Figure 35
une droite d et un point A dans le plan α.

On sait que la droite d et le point A déterminent un plan unique (propriété 2). Nommons ce plan
β . Le plan β coupe le plan α suivant une droite d (propriété 4). Les droites d et d n’ont pas de
point commun puisque la droite d n’a aucun point commun avec le plan α. Les droites d et d sont
disjointes et contenues dans le plan β : elles sont donc parallèles.

La géométrie de l'espace 391


b) Si une droite d est parallèle à une droite d d’un plan α, elle est parallèle à ce plan.

d
d'
d' α α
a) b) Figure 36

Si la droite d, parallèle à d , est dans α, elle est parallèle au plan α puisqu’elle est contenue dans ce
plan (figure 36a).
Si la droite d n’est pas dans le plan α (figure 36b), alors les droites d et d déterminent un plan unique
(propriété 6), qui coupe le plan α suivant la droite d . Puisque les droites d et d sont parallèles, la
droite d ne rencontre pas la droite d et donc pas le plan α. Par conséquent, la droite d est parallèle
au plan α.
Dans la pratique, il est plus facile de trouver une droite telle que d que de prouver qu’il n’y a pas de
point commun entre la droite d et le plan α.

Propriété 11

Si on a deux plans parallèles et une droite contenue dans un des deux, la droite menée parallèlement
à celle-ci par un point de l’autre plan est contenue dans cet autre plan.

Nous illustrons cette propriété (dans le cas de deux plans distincts) sans la démontrer.
Soient α et β les deux plans parallèles, a une droite contenue dans le plan α et B un point de β . La
droite b menée par le point B parallèlement à la droite a est contenue dans le plan β .

a
α

B
b β
Figure 37

Propriété 12 : critère de parallélisme de deux plans


Nous connaissons la définition du parallélisme de deux plans : ils n’ont pas de point commun ou ils
sont confondus. Il existe un critère qui est plus facile à vérifier que la définition.

Deux plans sont parallèles si et seulement si l’un d’eux contient deux droites sécantes respective-
ment parallèles à deux droites sécantes contenues dans l’autre.

Envisageons la démonstration dans le cas de deux plans distincts : elle se fait en deux parties.

a) Si les plans α et β sont parallèles et distincts, alors le plan α contient deux droites sécantes
respectivement parallèles à deux droites sécantes du plan β .

La figure 38a présente deux plans parallèles et distincts α et β ; le premier contient au moins trois
points O , A et B non alignés.

392 C h a p i t r e 13
Ces points déterminent deux droites sécantes a et b (figure 38b), qui sont chacune parallèle au plan
β ; en effet, toute droite contenue dans un plan parallèle à un autre plan est parallèle à cet autre
plan car elle n’a pas de point commun avec celui-ci.

Par un point P du plan β , menons les droites c et d, respectivement parallèles aux droites a et b du
plan α (figure 38c). Les deux droites c et d sont bien contenues dans le plan (propriété 11).

O O a O a
b b
A B A B A B
α α α

d
P
β β β c
a) b) c) Figure 38

b) Si deux droites sécantes d’un plan α sont respectivement parallèles à deux droites sécantes d’un
plan β distinct de α, alors les plans α et β sont parallèles entre eux.

Considérons les droites sécantes a et b du plan α b


respectivement parallèles aux droites sécantes c
a
et d du plan β (figure 39). Les droites a et b sont α
donc parallèles au plan β par le critère de parallé-
lisme d’une droite et un plan (propriété 10). Les
plans α et β ne peuvent être sécants : sinon, une d
des droites a ou b du plan α rencontrerait le plan c β Figure 39
β et ne lui serait donc pas parallèle.

Les plans α et β sont donc parallèles entre eux.


d2
d1
La figure 40 montre que le parallélisme d’une
seule paire de droites (une dans chaque plan) est β
insuffisant pour obtenir le parallélisme des plans. α
Figure 40

Propriété 13 : critère de perpendicularité d’une droite et d’un plan

Une droite sécante à un plan est perpendiculaire à ce plan si et seulement si elle est perpendiculaire
à deux droites du plan passant par son point de percée.

On voit ici l’avantage du critère par rapport à la


définition qui exige que la droite soit perpendicu-
laire à toutes les droites du plan passant par son
point de percée.

Figure 41

La géométrie de l'espace 393


Propriété 14

Si deux droites sont parallèles, tout plan perpendiculaire à l’une est perpendiculaire à l’autre.

d1 d2 d1 d2

α
Figure 42

Propriété 15

Deux droites perpendiculaires à un même plan sont parallèles entre elles.

d1 α
d2 α d1 d2

α
Figure 43

394 C h a p i t r e 13
3 Différentes représentations planes
Nous examinons différentes représentations planes d’objets solides.
La figure 44 montre trois représentations différentes d’une même maisonnette.

a) b)

vue de face vue de profil

vue du dessus

c) Figure 44

3.1 Perspective à points de fuite


La représentation de la figure 44a correspond à notre perception visuelle. C’est aussi la représen-
tation que donne une photographie.
Tous les segments horizontaux de même direction de la maisonnette sont représentés par des seg-
ments contenus dans des droites concourantes, c.-à-d. se coupant en un même point (ici, soit en A,
soit en B ).
• Ces points de concours (de rencontre) sont appelés points de fuite.
• Ils appartiennent à une droite appelée ligne d’horizon.
Les segments verticaux de la maisonnette sont représentés par des segments parallèles.
Toute représentation plane dans laquelle la plupart des parallèles de l’espace sont représentées par
des droites concourantes et certaines par des droites parallèles est appelée perspective à points de
fuite.
De manière générale, la perspective à points de fuite ne conserve ni le parallélisme, ni l’amplitude
des angles, ni les longueurs, ni les rapports de longueurs. C’est la raison pour laquelle elle est peu
utilisée comme type de représentation plane dans les manuels de géométrie.

La géométrie de l'espace 395


La figure 45 présente un cube en perspective à points de fuite. On peut interpréter ce dessin
comme l’ombre d’un cube constitué seulement de ses arêtes et éclairé par une source lumineuse
ponctuelle.

Figure 45

3.2 Perspective cavalière ou axonométrique


La représentation de la figure 44b est la plus usuelle dans les domaines techniques : elle conserve le
parallélisme des droites.

Toute représentation plane dans laquelle des droites parallèles sont représentées par des droites
parallèles ou par des points est appelée perspective cavalière ou axonométrique.

Cette perspective conserve le parallélisme et les rapports de longueurs. En particulier, deux segments
parallèles entre eux et de même longueur sont représentés par des segments parallèles entre eux
et de même longueur ou par deux points.
Par contre, elle ne conserve ni les longueurs des segments, ni l’amplitude des angles : des droites
perpendiculaires dans l’espace ne sont pas nécessairement représentées par des droites perpendi-
culaires.
La figure 46 présente diverses représentations d’un cube en perspective cavalière : on peut les inter-
préter comme des ombres d’un cube plein, placé au soleil. Les différences sont liées à l’inclinaison
des rayons solaires par rapport au cube ou à l’inclinaison du plan de l’ombre par rapport au cube.

a) b) c) d) Figure 46

Les traits du dessin ne sont pas tous de même nature : il y a des traits pleins et des traits interrompus.
Il s’agit d’une convention de représentation : on représente les arêtes « vues » par des traits pleins
et les arêtes « cachées » par des traits interrompus.
Les figures 46c et 46d sont des représentations souvent rencontrées en perspective cavalière : deux
faces opposées du cube sont représentées par des carrés.
La figure 46b est une représentation en perspective isométrique : les arêtes des trois directions
différentes sont représentées par des segments de même longueur comme dans la réalité. De plus,
les angles droits entre chaque couple d’arêtes issues du sommet supérieur avant sont représentés
par des angles égaux. Ce genre de représentation est très pratique pour les techniciens qui doivent
faire des metrés sur des plans.

396 C h a p i t r e 13
On utilise parfois du « papier pointé » pour ce type de représentation (figure 47).

Figure 47

3.3 Vues coordonnées


Les trois « vues » présentées à la figure 44c et reprises à la figure 48 se complètent mutuellement
pour donner de nombreuses informations sur les formes et les dimensions exactes (à l’échelle) de
la maisonnette.

vue de face vue de profil

vue du dessus

Figure 48

Nous avons placé des guillemets autour du mot vue parcequ’il ne s’agit pas d’une vue à proprement
parler, mais c’est le terme habituellement utilisé.

Ces dessins présentent la maisonnette selon trois directions perpendiculaires entre elles.

La figure 49a présente en perspective cavalière la construction des trois « vues » d’un dé à six faces
(figure 49b).

face profil
face

dessus

profil
dessus

a) b) Figure 49

La géométrie de l'espace 397


3.4 Les perspectives cavalières et les vues coordonnées obtenues
à l'aide des projections parallèles
On peut regrouper les représentations par perspective cavalière et celles qui sont appelées « vues
coordonnées » dans une même théorie : ce sont des images d’objets de l’espace par des projections
sur un plan parallèlement à une droite (voir chap.6, section 1.1).

La projection sur un plan π parallèlement à une droite d (non parallèle au plan π ) envoie un point
A sur un point A : celui-ci est le point de percée dans le plan π de la parallèle à d passant par le
point A. (figure 50a)

d A d A

A' A'
¹ ¹

a) b) Figure 50

Une projection orthogonale est un cas particulier de projection parallèle : la droite qui donne la
direction de la projection est perpendiculaire au plan sur lequel on projette. (figure 50b)

Une représentation plane d’un solide qui est une perspective cavalière est en fait une image de ce
solide par une projection parallèle de l’espace.
Les « vues coordonnées » d’un solide sont les images de ce solide par des projections orthogonales
sur trois plans perpendiculaires deux à deux.
Lorsqu’on fait l’analogie entre un dessin en perspective cavalière et une ombre au soleil, on s’appuie
sur l’hypothèse suivante : le soleil est tellement éloigné qu’on peut modéliser ses rayons par des
droites parallèles. L’ombre est interprétée comme l’image de l’objet par une projection parallèle
aux rayons du soleil sur un plan.

3.5 Conservation du parallélisme par les projections parallèles


Nous disposons de tous les outils mathématiques nécessaires pour justifier que les projections pa-
rallèles conservent le parallélisme dans l’espace.
Plus particulièrement, nous démontrons que la projection d’un parallélogramme est un parallélo-
gramme.
Prenons un parallélogramme ABCD situé dans un plan α et considérons sa projection parallèle à
la droite d sur le plan β : nous obtenons un quadrilatère A B  C  D  (figure 51).

D
d C
α
A
B
D'
C'
β A'
B'
Figure 51

Prouvons que c’est un parallélogramme.

398 C h a p i t r e 13
Justifions d’abord le parallélisme des côtés [A B  ] et [D  C  ].
Nous savons que les côtés [AB] et [DC] sont parallèles puisque la figure de départ est un parallélo-
gramme.
Par ailleurs, les droites AA et DD  sont parallèles entre elles puisqu’elles sont parallèles à la droite
d.
On en déduit que les plans ABA et DCD  sont parallèles entre eux car ils contiennent chacun
deux droites sécantes respectivement parallèles entre elles (critère de parallélisme de deux plans,
propriété 12). Ces deux plans parallèles sont coupés par le plan β suivant deux droites parallèles
A B  et D C  (propriété 7).
Pour justifier le parallélisme des côtés [A D  ] et [B  C  ], on se base sur le parallélisme des côtés [AD]
et [BC] ainsi que sur celui des droites AA et BB  avec les mêmes arguments que ci-dessus.

4 Sections planes de polyèdres


Nous montrons ici comment la théorie des positions relatives des droites et plans et celle des repré-
sentations planes peuvent être des instruments pour résoudre certaines problématiques de l’espace.

4.1 Section plane d'un cube


Imaginons qu’on doive couper un cube plein par
un plan appelé plan de section : ce plan va sec-
tionner la surface extérieure du cube suivant un
contour polygonal. En effet, ce plan va couper les
plans des faces et deux plans se coupent suivant
une droite. Donc, le plan de section va déterminer
des segments dans les faces rencontrées.
On appelle section plane d’un cube la figure com-
mune au cube et au plan de section.
Figure 52
La figure 52 montre les deux parties d’un cube
sectionné.

Montrons, au moyen d’un exemple, comment con-


H K
struire, sur une perspective cavalière d’un cube, G
une section plane de celui-ci. E F
J
La figure 53 présente un cube et trois points I , J
et K appartenant à différentes arêtes.
I
Ces trois points déterminent un plan; ils sont, en D C
effet, non alignés : la droite déterminée par les A B Figure 53
points I et J est contenue dans le plan de la face
avant et le point K appartient au plan de la face arrière.
Nommons α le plan déterminé par les points I , J et K . Pour déterminer la section du cube par ce
plan, cherchons les intersections des plans des faces avec ce plan.

La géométrie de l'espace 399


• Commençons naturellement par le plan de H K
la face avant qui contient deux points du
G
plan α, les points I et J . L’intersection du E F
plan α et du plan de la face avant ABF est J
la droite IJ puisque ces deux points appar-
I
tiennent aux deux plans. Nous ne considé- D C
rons de cette droite que la partie contenue
A B
dans la face du cube, c’est-à-dire le segment Figure 54
[IJ] (figure 54).

• L’autre point appartenant au plan α, le point K appartient à l’arête [HG] commune aux faces
supérieure et arrière.
Nous ne disposons d’aucune propriété utile H K
pour dessiner l’intersection dans la face su-
G
périeure. Par contre, nous savons que les E L F
faces avant et arrière sont contenues dans J
des plans parallèles. Or un plan coupe deux
I
plans parallèles selon des droites parallèles D C
(propriété 7). Le plan α coupe donc le plan
A B
de la face arrière selon une droite menée Figure 55
par K parallèlement à la droite IJ .

Comme la perspective cavalière respecte le parallélisme, nous dessinons par K une parallèle
à la droite IJ . Nous limitons cette parallèle à son intersection avec un segment du contour
de la face; il s’agit ici de l’arête [HD]. Nous appelons L ce point d’intersection (figure 55).
• Nous disposons des deux points I et L du H K
plan dans le plan α de la face latérale
G
gauche. Il suffit de les joindre pour obte- E L F
nir le segment [IL] qui est l’intersection du J
plan α avec la face ADH (figure 56).
I
D C
A B Figure 56

• Nous avons dessiné trois côtés du contour polygonal cherché. Les points K et J n’appartien-
nent pas à une même face.
Il est nécessaire de repartir du point J : K
H G
il appartient à la face latérale droite qui M
est parallèle à la face latérale gauche. Nous E F
L
savons, par la propriété 7, que le plan α J
coupe le plan BCG selon une droite menée
par le point J parallèlement à la droite IL. I D C
Nous limitons cette parallèle à son inter- A B
section avec un segment du contour de la Figure 57
face : il s’agit ici de l’arête [F G]. Nous appe-
lons M ce point d’intersection (figure 57).

400 C h a p i t r e 13
• Nous disposons de deux points du plan α H K
G
dans la face supérieure. Il suffit de les join- M
dre pour obtenir le segment [KM ] qui est E L F
l’intersection du plan α avec la face EF G J
(figure 58).
Le contour polygonal est complètement I D C
construit : la section du cube par le plan α
A B
est le pentagone IJM KL qui a deux paires
Figure 58
de côtés parallèles entre eux.

4.2 Sections planes d'une pyramide à base triangulaire


4.2.1 Section plane par un plan parallèle au plan de la base
Considérons une pyramide ABCD à base triangulaire (figure 59a). Cherchons la section de cette
pyramide par le plan mené par un point I de l’arête [AD] parallèlement au plan de la base ABC .
D D

I I

A C A C

B B
a) b) Figure 59

• L’intersection du plan α avec le plan de la face ABD est une droite menée par le
point I parallèlement à la droite AB . En effet, le plan α et le plan de la base sont parallèles :
ils sont donc coupés par le plan ABD selon deux droites parallèles. Nous menons donc par le
point I une droite parallèle à la droite AB et nous la limitons à son intersection avec l’arête
[DB] au point J (figure 59b).
• Par le même raisonnement que ci-dessus, on peut affirmer que l’intersection du plan α avec
la face BCD est une droite menée par le point J parallèlement à la droite BC . Elle est limitée
au point K d’intersection avec l’arête [DC] (figure 60a).
D D

I K I K

J J

A C A C

B B
a) b) Figure 60

• Dans la face CAD, nous disposons des points K et I appartenant au plan α. Il suffit de les
joindre pour obtenir le segment [KI]. Pour les mêmes raisons que ci-dessus, ce segment est
parallèle à la droite AC (figure 60b).
Le contour polygonal de la section de la pyramide par le plan α est le triangle IJK .

La géométrie de l'espace 401


Pour ce triangle, nous pouvons affirmer le résultat suivant.

Le triangle obtenu comme section d’une pyramide à base triangulaire par un plan parallèle à la
base est semblable au triangle de la base.

En effet, comme la droite IJ est parallèle à la droite AB , les triangles DIJ et DAB constituent
|DI|
une configuration de Thalès. Le point I est donné au départ, donc le rapport |DA| est connu. Par le
théorème de Thalès et sa conséquence (Chap.6, section 2.4.1), nous pouvons écrire les égalités
|DI| |DJ| |IJ|
= = .
|DA| |DB| |AB|
Comme la droite JK est parallèle à la droite BC , les triangles DJK et DBC constituent une
configuration de Thalès et nous pouvons écrire les égalités
|DJ| |DK| |JK|
= = .
|DB| |DC| |BC|
Pour terminer, comme la droite KI est parallèle à la droite CA, les triangles DKI et DCA consti-
tuent eux aussi une configuration de Thalès et nous pouvons écrire les égalités
|DK| |DI| |KI|
= = .
|DC| |DA| |CA|
En observant ces trois lignes d’égalités, nous constatons que nous pouvons exprimer la proportion-
nalité entre les côtés du triangle IJK et ceux du triangle ABC :
|IJ| |JK| |KI|
= = .
|AB| |BC| |CA|
En appliquant le critère 3 de similitude des triangles, nous justifions que les triangles IJK et ABC
sont semblables. Leurs aires sont donc dans un rapport égal au carré du rapport de similitude
(Chap.6, section 3.4.4).
D
4.2.2 Section plane quelconque
I
Considérons une pyramide ABCD à base triangu-
laire et trois points I , J et K situés sur des arêtes
différentes (figure 61). K
A C
Les trois points I , J et K sont non alignés car J
les points I et J appartiennent au plan de la face
DAB et le point K n’appartient pas à ce plan. B Figure 61

Nommons α le plan déterminé par les trois points


I , J et K .

Pour déterminer la section de la pyramide par le D


plan α, il suffit de chercher les intersections des
plans des faces avec ce plan. I

• Nous pouvons directement dessiner le seg-


ment [IJ] car les points I et J appartien- K
nent au plan α et au plan de la face ABD , A C
donc à l’intersection des deux plans J
(figure 62).
B Figure 62

402 C h a p i t r e 13
• Nous pouvons aussi dessiner le segment D
[IK] car les points I et K appartiennent
au plan α et au plan de la face ACD, donc
à l’intersection des deux plans (figure 62).
• Nous observons que les points J et K n’ap-
partiennent pas à une même face. Par ail- K
A C
leurs, le segment [IJ] n’est pas parallèle au J
segment [AB] ; les droites IJ et AB sont
non parallèles et coplanaires (dans le plan B
de la face ABD ) : elles sont donc sécantes L
en un point L, situé hors de la pyramide Figure 63
mais sur la droite AB (figure 63). Ce point
est appelé point de percée de la droite IJ
dans le plan de la bace ABC .
D
• Comme ce point L appartient à la droite
IJ , il appartient au plan α. Les points L et I
K appartiennent tous deux au plan α et au
plan de la face ABC : la droite LK est l’in-
K
tersection des deux plans. Nous dessinons C
A
le segment [LK] (figure 64). Ce segment J
coupe le segment [BC] en un point M . C’est M
donc le segment [M K] qui fait partie du B
contour polygonal de la section de la pyra- L Figure 64
mide.

• Les points J et M appartiennent au plan α D


et au plan de la face BCD . La droite JM
est l’intersection de ces deux plans. Nous I
dessinons le segment [JM ] qui est le der-
nier segment du contour polygonal IJM K
(figure 65). K
A C
La section obtenue est un quadrilatère n’ayant au- J
cune propriété particulière. M
B Figure 65

Les trois exemples de section plane de solides décrites ci-dessus donnent un aperçu des techniques
qui peuvent être utilisées dans cette problématique.

La géométrie de l'espace 403


Chapitre
Longueurs,aires et volumes
14
Lorsqu’on se trouve devant des
surfaces planes telles que celles de
la figure 1, on peut s’intéresser à la
longueur du contour, appelée
« périmètre » (du mot grec « péri » qui
signifie « autour » et « mètre » qui si- Figure 1

gnifie « mesure ») et à l’étendue ou


la place occupée appelée « aire » ou
« superficie ».
Ces deux grandeurs sont indépen-
dantes l’une de l’autre : on peut
trouver des figures qui ont un même
périmètre et des aires différentes ou
des figures qui ont une même aire et
des périmètres différents ! Nous
observons cette indépendance dans
le cas des rectangles à la section 2.1.
Lorsqu’on se trouve devant des
solides de l’espace tels que ceux de
la figure 2, on peut s’intéresser à la
Figure 2
superficie de la surface qui les
enveloppe appelée « aire totale » et à
l’espace occupé ou contenu appelé
« volume ».
Le périmètre, l’aire et le volume sont
des grandeurs qui sont intrinsèque-
ment liées aux objets géométriques :
1. Mesurer, c’est comparer

elles ne sont pas modifiées si on 2. Périmètre et aire de figures


change ces objets de place. planes

3. Aire et volume de solides


1 Mesurer, c'est comparer
Mesurer une grandeur, c’est comparer cette grandeur avec une grandeur de même nature qui sert
d’étalon ou d’unité : c’est donner le nombre de fois que la grandeur unité entre dans la grandeur
considérée. Donc, si on change d’unité de mesure, le nombre correspondant à la mesure change
aussi.
Si l’unité de grandeur est choisie et connue de tous, il arrive qu’on passe de la grandeur à sa mesure
sans le signaler.

1.1 Mesurer une longueur


Pour mesurer une longueur (d’un segment ou d’un contour polygonal ou curviligne), il faut d’abord
se donner un segment considéré comme segment unité et déterminer combien de fois il peut être
reporté le long du segment ou du contour. Le nombre obtenu est la mesure de la longueur.

Exemples
a) Si nous prenons le segment u comme segment unité (figure 3), la mesure de la longueur du
segment [AB] est 4.

u A B Figure 3

Par contre, si nous prenons le segment v comme segment unité (figure 4), la mesure de la lon-
gueur du même segment [AB] est 8.

v A B Figure 4

Si, finalement nous prenons un segment d’un centimètre (noté cm en abrégé) comme segment
unité (figure 5), la mesure de la longueur du segment [AB] est 6.

1 cm A B Figure 5

b) Si on veut mesurer la longueur d’une courbe telle que celle de la figure 6, il faut se donner une
ficelle unitaire et la reporter le long de la courbe.

Figure 6

Mesures et nombres
Si la longueur à mesurer contient un nombre entier de fois la longueur unitaire, la mesure est un
nombre entier.
Mais il arrive souvent que « cela ne tombe pas juste », c’est-à-dire que la dernière partie à mesurer
(après avoir reporté l’unité un nombre maximum de fois) soit plus courte que la longueur unitaire;
par exemple, on peut reporter 4 fois le segment unitaire u dans le segment [CD] (figure 7) mais la
longueur restante est plus courte que celle de u.

u C D Figure 7

406 C h a p i t r e 14
On passe alors à des subdivisions de ce segment unitaire : on envisage éventuellement la moitié.
Dans le cas du segment [CD], nous voyons (figure 8) qu’on peut reporter un demi-segment unitaire
dans la longueur restante, mais il y a un nouveau reste : la mesure de la longueur du segment [CD]
exprimée dans l’unité u est donc supérieure à 4, 5 mais inférieure à 5.

1/ u
2 C D Figure 8

On envisage alors éventuellement des subdivisions en quarts de u. La partie restante a ici la même
mesure que le quart de u (figure 9).

1/ u
4 C D Figure 9

Donc la mesure de la longueur du segment [CD] exprimée dans l’unité u est 4, 75.

Il arrive qu’on doive subdiviser l’unité en dixièmes ou en centièmes pour déterminer exactement la mesure.
Il arrive même qu’on ne trouve aucune subdivision de l’unité donnée pour mesurer exactement un segment.
Dans ce cas, on dit qu’il y a incommensurabilité entre le segment à mesurer et le segment unitaire. C’est le cas,
par exemple, entre le côté d’un carré et sa diagonale (voir Chap. 1, section 4.3). En effet, par le théorème de
√ √
Pythagore, lorsque le côté d’un carré mesure une unité, la diagonale mesure 2 unité où 2 est un nombre
irrationnel.

1.2 Mesurer une aire


Pour mesurer l’aire d’une surface, il faut d’abord se donner une surface prise comme unité et
essayer de paver la surface au moyen de ce « pavé » unitaire. Le nombre de pavés nécessaires au
pavage est la mesure de l’aire.

Paver signifie juxtaposer sans espace ni chevauchement.

Exemples

a) Prenons comme unité de surface le carré construit sur le segment unitaire u. Désignons ce carré
par la lettre c. La mesure de l’aire du rectangle CDEF exprimée dans l’unité c vaut 3 (figure 10).

C D

u F E Figure 10

b) Prenons comme unité de surface le carré construit sur un segment de un centimètre de côté :
son aire est un centimètre carré noté en abrégé cm2 ; la mesure de l’aire du rectangle RSTU vaut
6 cm2 (figure 11).

R S

1 cm2

1 cm
U T Figure 11

Longueurs, aires et volumes 407


c) Par contre, la mesure de l’aire du rectangle C D
CDEF exprimée en cm2 n’est pas un nombre en-
tier (figure 12). Il faut passer à des subdivisions
de l’unité et on obtient 6, 75 cm2 . En effet, on
trouve 4 unités entières, 5 demi-unités et un F E Figure 12
quart d’unité.

d) Pour mesurer l’aire d’une surface triangulaire comme celle de la figure 13a, on peut paver avec des
pavés carrés et des morceaux de pavés. On peut aussi décomposer le triangle pour le recomposer
en un rectangle qu’on pave plus facilement (figure 13b).

a) b) Figure 13

e) Pour mesurer l’aire d’une surface curviligne


telle que celle de la figure 14, il faut faire des
encadrements : trouver le nombre maximum de
pavés contenus et le nombre minimum de pavés
contenant cette surface. Ensuite, on applique
le même procédé avec un nouveau pavé qui est
une subdivision du pavé initial. Ainsi, l’aire Figure 14

d’une surface curviligne est encadrée par des


approximations par défaut et par excès.

1.3 Mesurer un volume


Pour mesurer le volume d’un solide, il faut d’abord se donner un solide pris comme unité et con-
struire un remplissage du solide donné avec des exemplaires du solide unité. Le nombre de solides
unités nécessaires au remplissage est la mesure du volume.

Exemples

a) Assez naturellement, on prend comme solide unité un cube construit sur un segment unité u :
soit C ce cube unité (figure 15); le volume du parallélépipède exprimé dans l’unité C est 72.

C
Figure 15

b) On prend souvent un cube avec des arêtes d’un centimètre de long comme solide unité : son
volume est d’un centimètre cube, noté en abrégé cm3 .

c) On ne peut pas toujours faire des remplissages


exacts : il faut parfois subdiviser l’unité ou faire
des encadrements. C’est le cas, par exemple,
pour la pyramide de la figure 16. Figure 16

408 C h a p i t r e 14
1.4 Liens entre les unités de mesures de longueur, d'aire et de volume
Lorsqu’on travaille dans un contexte où interviennent à la fois des longueurs, des aires et des vo-
lumes, on utilise des unités de mesure cohérentes entre elles : si on choisit le cm comme unité de
longueur, on prend le cm2 comme unité d’aire et le cm3 comme unité de volume.

2 Périmètre et aire de figures planes


Lorsque c’est possible, nous notons de manière abrégée p pour périmètre et a pour aire.

2.1 Rectangle
Soit un rectangle de base b et de hauteur h (figure b
17). Nous préférons ces notations à celles de lon-
gueur L et de largeur l qui laissent penser souvent
que la longueur est plus grande que la largeur et h
cela crée parfois des difficultés.
Figure 17

2.1.1 Périmètre
Visualisons sur un unique segment le périmètre
d’un rectangle (figure 18) et déterminons-le.

b h b h Figure 18

Nous obtenons
p=b+h+b+h
=b+b+h+h
= 2b + 2h
= 2(b + h) .

Le périmètre p d’un rectangle de base b et de hauteur h est donné par la formule


p = 2(b + h).

2.1.2 Aire
Lorsque les longueurs des base et hauteur d’un
rectangle sont des multiples de l’unité, nous pou-
vons paver le rectangle de h lignes de b carrés h
unités ou de b colonnes de h carrés unités (fi-
gure 19). Il y a donc b · h carrés unités.
b Figure 19
Nous obtenons alors la formule a = b · h.

Longueurs, aires et volumes 409


Même lorsque les longueurs des base et hauteur ne sont pas des multiples de la longueur unité,
la formule ci-dessus reste valable. Considérons le rectangle de la figure 12 repris ci-dessous à la
figure 20a : si nous effectuons le produit
4, 5 × 1, 5
nous obtenons 6, 75.
Nous comprenons mieux ce résultat si nous pavons le rectangle avec des quarts de carré unité
comme à la figure 20b.

1,5

4,5
a) b) Figure 20

Nous le pavons avec 9 colonnes de 3 petits carrés ou 3 lignes de 9 petits carrés : nous arrivons à un
total de 27 petits carrés ou 6 carrés de départ et 34 d’un carré de départ.
Même si un des côtés du rectangle est incommensurable avec l’unité de longueur, la formule de l’aire est valable :
on peut la justifier par encadrements successifs.

L’aire a d’un rectangle de base b et de hauteur h est donnée par la formule a = b · h.

2.1.3 Rectangles isopérimétriques


Si nous ne connaissons que le périmètre d’un rectangle, nous ne pouvons pas déterminer ses dimen-
sions. En effet, plusieurs rectangles de formes variées peuvent avoir un même périmètre.
Par exemple, prenons un périmètre de 12 unités de longueur. Nous avons regroupé quelques valeurs
possibles de mesures de base b et de hauteur h dans le tableau 1.
b 5 4, 5 4 3, 8 3 2 1 0, 5
h 1 1, 5 2 2, 2 3 4 5 5, 5 Tableau 1

Dès qu’on a choisi une valeur pour la mesure de la base, on n’a plus le choix pour la mesure de la
hauteur : celle-ci doit valoir
h = 6 − b.
Tous les rectangles de même périmètre sont appelés rectangles isopérimétriques (le préfixe grec
« iso » signifie « égal »). Nous en avons représenté quelques-uns à la figure 21.

5 5,5
0,5
1
3

3
2

Figure 21

Bien que ces rectangles aient un même périmètre, ils n’ont pas une même aire. C’est ce que montre
la troisième ligne du tableau 2.

410 C h a p i t r e 14
b 5 4, 5 4 3, 8 3 2 1 0, 5
h 1 1, 5 2 2, 2 3 4 5 5, 5
a 5 6, 75 8 8, 36 9 8 5 2, 75 Tableau 2

2.1.4 Rectangles isosuperficiels


Si nous ne connaissons que l’aire d’un rectangle, nous ne pouvons pas déterminer ses dimensions.
Plusieurs rectangles de formes variées peuvent avoir une même aire.
Par exemple, prenons une aire de 24 (unités d’aire). Nous avons regroupé quelques valeurs possibles
de mesures de base b et de hauteur h dans le tableau 3.
b 24 12 10 8 6 5 4 3 2 1 0, 5
h 1 2 2, 4 3 4 24/5 6 8 12 24 48 Tableau 3

Dès qu’on a choisi une valeur pour la base, on n’a plus le choix pour la hauteur : celle-ci vaut
24
h= .
b
Tous ces rectangles ayant une même aire ou superficie sont appelés rectangles isosuperficiels. Nous
en avons représenté quelques-uns à la figure 22.

24
1
12 6
2
4
8

3
Figure 22

Bien que ces rectangles aient une même aire, ils n’ont pas un même périmètre. C’est ce que montre
la troisième ligne du tableau 4.
b 24 12 10 8 6 5 4 3 2 1 0, 5
h 1 2 2, 4 3 4 4, 8 6 8 12 24 48
p 50 28 24, 8 22 20 19, 6 20 22 28 50 97 Tableau 4

Si nous connaissons le périmètre et l’aire d’un rectangle, nous pouvons alors déterminer ses deux
dimensions.

2.2 Carré
Un carré est un cas particulier de rectangle dont b=c
la base b et la hauteur h ont même mesure qu’on
note c (figure 23).
h=c
2.2.1 Périmètre Figure 23

Le périmètre p d’un carré de côté c est donné par la formule p = 4c.

Longueurs, aires et volumes 411


Si nous connaissons le périmètre p d’un carré, nous pouvons déterminer la longueur c du côté :
p
c= .
4

2.2.2 Aire
Pour l’aire, nous devons multiplier c par c, ce qui amène la formule
a = c · c = c2 .

L’aire a d’un carré de côté c est donnée par la formule a = c2 .

Si nous connaissons la mesure de l’aire a d’un carré, nous pouvons déterminer la longueur du côté c :

c = a.

2.3 Triangle
2.3.1 Périmètre
De manière générale (figure 24a), le périmètre d’un triangle est la somme des mesures de longueur
de ses trois côtés : p = a + b + c.

c b a
c c b
a a

a c b c
a) b) c) d) Figure 24
Le calcul est simplifié lorsque le triangle est équilatéral (figure 24b) :
p = 3c,
ou isocèle (deux côtés de longueur a et un côté de longueur b) (figure 24c) :
p = 2a + b.
Si le triangle est rectangle (figure 24d), nous savons grâce au théorème de Pythagore ( Chap.7)
qu’une des longueurs de côté est calculable à partir des deux autres : par exemple, si nous connais-

sons les longueurs b et c des côtés de l’angle droit, alors l’hypoténuse vaut b2 + c2 et le périmètre
vaut ainsi

p = b + c + b2 + c2 .

2.3.2 Aire

De manière générale, pour déterminer l’aire d’un triangle, on essaie de se ramener à une aire de
rectangle par des procédés de découpages et puzzles.

Triangle rectangle
Nous savons qu’en juxtaposant deux triangles rec-
tangles isométriques, images l’un de l’autre par h
une symétrie centrale (Chap. 4, section 3.2.3),
nous obtenons un rectangle (figure 25). b Figure 25

412 C h a p i t r e 14
Nous en déduisons facilement la formule de l’aire du triangle rectangle :
b·h
a= ,
2
où b et h sont les longueurs des deux côtés de l’angle droit.

Triangle quelconque
Voyons comment nous ramener au cas de triangle rectangle.
Choisissons un côté du triangle que nous nommons base et examinons la hauteur correspondante.
Deux cas peuvent se présenter.
1◦ cas : la hauteur relative à la base choisie est intérieure au triangle (figure 26a)
Cette hauteur découpe le triangle en deux triangles rectangles AF C et AF B . Chacun d’eux peut
être complété en un rectangle d’aire double : AF CD d’une part et AF BE d’autre part (figure 26b).
A D A E

C F b B C F B
a) b) Figure 26
Les deux rectangles accolés AF CD et AF BE forment ensemble le rectangle DEBC . L’aire du rec-
tangle DEBC vaut a = b · h.
Par conséquent, l’aire du triangle ABC vaut b·h
a= .
2
2◦ cas : la hauteur relative à la base choisie est extérieure au triangle (figure 27).
Cette fois, le triangle donné ABC peut être considéré comme la différence de deux triangles rec-
tangles : ADB et ADC .
L’aire du triangle ABC vaut donc la moitié de la différence des aires des rectangles AF BD et AECD
ce qui revient à la moitié de l’aire du rectangle EF BC . A E F
Le rectangle EF BC a comme base la base b du
triangle ABC et comme hauteur la hauteur h du h
triangle ABC . On a donc la même formule que
précédemment pour l’aire du triangle : D C b B Figure 27
b·h
a= .
2
L’aire a d’un triangle de base b et de hauteur h est donnée par la formule
b·h
a= .
2

Triangle équilatéral
Dans ce cas particulier (figure 28), nous pouvons B
calculer la hauteur h en fonction du côté c
(Chap.7, section 4).
√ c
h
3
Nous obtenons h= c.
2
A D C
L’aire d’un triangle équilatéral de côté c vaut donc
√ √ Figure 28
1 3 3 2
a= ·c· c= c .
2 2 4
Longueurs, aires et volumes 413
2.4 Losange
2.4.1 Périmètre
Un losange a quatre côtés égaux (figure 29) : notons c leur longueur.

Le périmètre p d’un losange de côté c est donné par la formule p = 4c.

Si le losange est déterminé à partir des longueurs c


d et d de ses diagonales, nous pouvons appliquer
le théorème de Pythagore pour calculer la valeur
d
c du côté (figure 29) :
 2  2
d d
c= + ,
2 2 d’
 Figure 29
d2 d2 1  2
c= + , ou c = d + d2 .
4 4 2

2.4.2 Aire

Nous observons (figure 30) que l’aire d’un losange


vaut la moitié de l’aire du rectangle de base d et
de hauteur d.

d

L’aire a d’un losange de diagonales d et d est
d · d
donnée par la formule a= .
2 d’ Figure 30

2.5 Parallélogramme h
Un parallélogramme est souvent présenté au
moyen d’une base b et d’une hauteur h (figure 31).
b Figure 31

2.5.1 Périmètre
Il y a beaucoup de parallélogrammes différents
qui peuvent avoir une même base b et une même h c1 c2 c3
hauteur h (figure 32).

Avec les données de b et de h, nous ne pouvons b Figure 32


pas calculer la longueur des côtés obliques.

Nous ne détaillons pas ici la recherche du périmètre.

414 C h a p i t r e 14
2.5.2 Aire

Pour calculer l’aire d’un parallélogramme ABCD de base b et de hauteur h (figure 33a), on translate
le triangle BEC parallèlement à la droite BA de B jusqu’en A. On obtient le triangle AF D et on
construit ainsi le rectangle ABEF (figure 33b).

A B A B

D b E C F D E C
a) b) Figure 33

L’aire du parallélogramme est conservée par ce découpage et est donc égale à l’aire du rectangle de
base b et de hauteur h :
a = b · h.

Avec un parallélogramme tel que celui de la figure A B A B


1
34a, il n’y a pas moyen d’effectuer la translation
comme ci-dessus. On utilise la méthode du décou- 2 2'
page ou du puzzle pour aboutir à un rectangle 3 3'
comme à la figure 34b. 4 4'
6 6’
5 5'
Le parallélogramme ABCD a même aire que le D C D C F E
rectangle ABEF qui a même base et même hau- a) b) Figure 34

teur que lui.

Une autre manière d’arriver à la formule de l’aire A B


est de décomposer le parallélogramme en deux tri-
angles isométriques (figure 35).
h

La base du triangle ACD est la base b du parallélo-


D b C Figure 35
gramme et la hauteur de ce triangle est la hauteur
h du parallélogramme.

L’aire du parallélogramme vaut alors le double de l’aire du triangle :

b·h
a=2· =b·h .
2

L’aire a d’un parallélogramme de base b et de hauteur h est donnée par la formule


a=b·h .

Tous les parallélogrammes ayant une même base et une même hauteur comme ceux de la figure 32
sont donc isosuperficiels.

Longueurs, aires et volumes 415


b

2.6 Trapèze h
Soit un trapèze de grande base b , de petite base b
et de hauteur h (figure 36).
b’ Figure 36

2.6.1 Périmètre

Avec les données de b , b et h, il est impossible de déterminer la longueur des deux côtés obliques et
donc de calculer la longueur du périmètre : en effet, plusieurs trapèzes correspondent à ces données
(figure 37).
b b b

b’ b’ b’ Figure 37

2.6.2 Aire
Plusieurs puzzles sont possibles pour transformer un trapèze en un parallélogramme, quadrilatère
dont nous connaissons déjà la formule de l’aire.

1ère méthode
En accolant deux trapèzes isométriques par une b b’
symétrie centrale, centrée au milieu d’un des deux
côtés non parallèles, on forme un parallélo-
gramme (figure 38).

L’aire d’un trapèze vaut donc la moitié de celle b’ b


d’un parallélogramme dont la base vaut la somme Figure 38
des bases du trapèze et la hauteur est égale à celle du trapèze.

Nous obtenons ainsi la formule suivante :


(b + b) · h
a= .
2
2ème méthode
On dessine dans le trapèze ABCDdonné (figure 39a) le segment [EF ] parallèle aux bases et à mi-
hauteur. Les points E et F sont donc respectivement au milieu des segments [AD] et [BC]. On
applique au petit trapèze DEF C une symétrie centrale de centre E : il a comme image le trapèze
AEHG (figure 39b).

C D C D

E H
F E F

B A B A G
a) b) Figure 39

416 C h a p i t r e 14
Nous savons que les symétries centrales envoient un segment sur un segment qui lui est parallèle.
Le polygone BF HG est donc un parallélogramme dont la base vaut la somme des bases du trapèze
et dont la hauteur vaut la moitié de la hauteur du trapèze. Par la formule de l’aire d’un parallélo-
gramme, nous obtenons celle de l’aire du trapèze initial :
(b + b) · h
a= .
2
Cette formule est celle obtenue par la première méthode.

L’aire a d’un trapèze de grande base b , de petite base b et de hauteur h est donnée par la formule
1
a= · (b + b) · h .
2

Tous les trapèzes ayant les mêmes grande et petite bases ainsi que la même hauteur sont donc
isosuperficiels.

2.7 Polygone quelconque


2.7.1 Périmètre
Pour déterminer la mesure du périmètre d’un polygone quelconque tel que celui de la figure 40, on
n’a pas d’autre possibilité que d’additionner les mesures de longueur de tous les côtés.

Figure 40

2.7.2 Aire
Pour déterminer la mesure de l’aire d’un polygone quelconque, on peut procéder par triangula-
tion : on décompose le polygone en un nombre minimum de triangles comme à la figure 41 et on
additionne les mesures des aires de tous les triangles.

Figure 41

2.8 Polygone régulier


Un polygone régulier à n côtés est caractérisé par l’égalité des longueurs de ses n côtés et l’égalité
des amplitudes des n angles intérieurs (figure 42).

Il est déterminé par la longueur d’un côté ou par le rayon du cercle circonscrit (chapitre 4, sec-
tion 1.2.1).

Longueurs, aires et volumes 417


2.8.1 Périmètre
Soit un polygone régulier à n côtés de longueur c (figure 42).

c Figure 42

Le périmètre d’un polygone régulier à n côtés de longueur c est donné par la formule p = n · c

Si on ne dispose que du rayon du cercle circonscrit r , on peut calculer la longueur c du côté du polygone régulier.
Considérons un des triangles isocèles (figure 43a). L’angle opposé au côté du polygone régulier est l’angle au

centre de ce polygone : son amplitude vaut 360n .

r
360° r
180°
n n h

c c
a) b) Figure 43

Dessinons la hauteur relative à un côté du polygone (figure 43b) : elle partage le triangle isocèle en deux triangles

180◦
rectangles isométriques. L’angle adjacent aux côtés de mesure r et h a une amplitude de 360 2n ou n . La
trigonométrie permet de calculer les longueurs c et h.
 
c 180◦
En effet, = r · sin .
2 n
   
180◦ 180◦
Donc, c = 2r · sin et h = r · cos .
n n
Le périmètre est donc donné par la formule  
180◦
p = 2nr · sin .
n

2.8.2 Aire
L’aire peut être calculée à l’aide du puzzle formé de ces n triangles isocèles isométriques dont la
base est le côté du polygone de longueur c et dont la hauteur h est appelée apothème (figure 43b).
On obtient ainsi :
c·h
a=n·
2
ou aussi, en faisant intervenir le périmètre,
h
a=p· .
2

418 C h a p i t r e 14
Si la longueur du côté n’est pas connue, mais que lerayon 
r du cercle
 circonscrit est connu, on obtient
◦ ◦
1 180 180
a=n· · 2r sin · r cos
2 n n
 ◦  ◦
180 180
= nr2 sin cos .
n n

2.9 Cercle et disque


2.9.1 Périmètre
Le périmètre d’un cercle ou d’un disque est aussi appelé circonférence (ce mot vient du mot latin
« circumfere » signifiant « faire le tour »).
On peut voir à la figure 44a que la circonférence l d’un cercle est supérieure au périmètre de
l’hexagone inscrit qui vaut six fois le rayon r ou trois fois le diamètre d .
D’autre part, la circonférence l est inférieure au périmètre du carré circonscrit, qui vaut huit fois
le rayon r ou quatre fois le diamètre d.


d rÕ
r

a) b) Figure 44
On peut écrire,
6r  l  8r,
ou 3d  l  4d. (1)
En désignant respectivement le rayon, le diamètre et la circonférence du cercle de la figure 44b par
r , d et l ; on obtient de manière analogue les encadrements suivants :
6r  l  8r ,
ou 3d  l  4d (2)
En divisant les inégalités (1) par d et les inégalités (2) par d , on obtient respectivement
l l
3 4 ou 3  4.
d d
Or nous savons que tous les cercles sont semblables (Chap.6, section 3.5.4) et donc que la circonfé-
rence et le diamètre sont proportionnels. Pour tous les cercles, le rapport entre la circonférence et
le diamètre est donc constant et est compris entre le nombre 3 et le nombre 4.

Notice historique
Les Babyloniens (2000 ans avant notre ère), les Egyptiens, les Grecs, les Chinois puis les Arabes
étaient persuadés de la constance de ce rapport. La Bible (Premier livre des Rois) donne la valeur 3
à ce rapport.
Un papyrus égyptien, le célèbre papyrus Rhind (1800 avant J.C.), lui attribue la valeur
 4
4 ∼
= 3, 16.
3

Longueurs, aires et volumes 419


Le grec Archimède (3e siècle avant J.C.) a fait de nombreuses recherches à ce sujet : il a inscrit et
circonscrit au cercle un polygone régulier à 96 côtés et a obtenu l’encadrement suivant :
10 l 1
3+  3+ ,
71 d 7
l
qui s’écrit aussi avec 4 décimales 3, 1408   3, 1428.
d
Le rapport dl est noté par le symbole « π » qui se lit « pi » : ce symbole correspond dans l’alphabet
grec à la lettre « p » de notre alphabet. Il a été choisi parce qu’il est la première lettre du mot grec
« peripherein » qui a la même signification que « circumfere » en latin.
On trouve ce symbole avec cette signification pour la première fois en Angleterre en 1706 dans un
texte de William Jones.

C’est le mathématicien suisse Euler (1707-1783) qui a répandu l’usage de ce symbole.

Le nombre π est un nombre irrationnel (Chap. 1, section 4) dont on essaie de déterminer toujours
plus de décimales.

Voici une approximation de π avec 5 décimales :

π∼
= 3, 14159.
Souvent, on arrondit le nombre à 3, 14. Toutes les calculatrices fonctionnent avec un nombre limité
de décimales du nombre π (8,10,12,13,14... suivant les calculatrices).

Puisque le rapport de la circonférence au diamètre est égal à π , nous pouvons écrire :


l
= π.
d

La circonférence l d’un cercle est calculée à partir du diamètre d par la formule


l = πd,
ou à partir du rayon r par la formule
l = 2πr.

2.9.2 Aire
Pour conjecturer l’aire d’un disque, on peut utiliser deux méthodes qui s’appuient chacune sur la
connaissance de la circonférence.

1ère méthode :

On peut approcher l’aire d’un disque de rayon r (figure 45a) en décomposant celui-ci en secteurs
circulaires isométriques et en les réarrangeant comme à la figure 45b.

a) b) Figure 45

420 C h a p i t r e 14
Si on subdivise le disque en un nombre assez grand
de secteurs circulaires isométriques, la figure re- r
composée ressemble de plus en plus à un rectan-
gle dont la hauteur vaut le rayon r du disque et
la base, la demi-circonférence 2πr πr
2 (figure 46).
Figure 46

L’aire de cette figure peut être calculée par le produit πr · r = πr 2 .

2ème méthode :

On peut approcher l’aire d’un disque de rayon r par une autre méthode.

Imaginons tous les cercles centrés au centre du disque : nous en avons dessiné quelques-uns à la
figure 47a.

O O'
P M'
P'

A A'
a) b) Figure 47

A chaque point P du rayon [OA] correspond un cercle de circonférence 2π|OP | qu’on déroule pour
obtenir le segment [P  M  ] de même longueur (figure 47b). Nous savons que les circonférences sont
proportionnelles aux diamètres et donc aussi aux rayons. Donc, les longueurs des segments tels que
[O P  ] et [P  M  ] sont proportionnelles. Ceci permet d’affirmer que le point O et tous les points
obtenus comme M  sont alignés (Chap.9, section 2).

Tous les segments du type [P  M  ] accolés forment un triangle dont la base vaut la circonférence du
disque et la hauteur le rayon du disque. Le disque et le triangle sont composés « d’autant » de lignes
de même longueur deux à deux : on peut penser qu’ils ont la même aire. Nous utilisons la formule
de l’aire d’un triangle pour exprimer l’aire du disque correspondant :
2πr · r
= πr2 .
2
Les deux méthodes fournissent une même formule pour l’aire d’un disque.

Cette formule peut par ailleurs être démontrée, par des moyens mathématiques plus avancés.

L’aire a d’un disque de rayon r est donnée par la formule


a = πr2 .

Longueurs, aires et volumes 421


3 Aire et volume de solides
Dans cette section, nous nous intéressons, d’une part, aux volumes des principaux corps solides et,
d’autre part, aux aires uniquement des corps ronds. En effet, pour les aires des polyèdres, il suffit
d’additionner les aires de chacun des polygones pour obtenir l’aire totale.

3.1 Parallélépipède rectangle


Déterminer le volume d’un parallélépipède rectangle, c’est déterminer combien de fois un cube unité
est contenu dans ce solide.
Pour ce faire, on compte d’abord le nombre de
cubes unités qui recouvrent la base du parallélé-
pipède. A la figure 48, il y en a 2 × 3 = 6. Ensuite,
on compte le nombre de couches de cubes unités
qui remplissent le solide. On remplit le solide de
la figure 48 avec 4 couches de 6 cubes unités cha- Figure 48
cune. On a donc au total 6 × 4 = 24 cubes unités.
Le volume est égal à 24.

Le volume V d’un parallélépipède rectangle de longueur L, de largeur l et de hauteur h est donné


par la formule V = aire de la base × hauteur
ou encore V = L × l × h.

Nous admettons cette formule même si le solide ne contient pas un nombre entier de cubes unités.

3.2 Cube
Le cube est un cas particulier de parallélépipède rectangle : ses six faces sont des carrés isométriques.

Si la longueur de l’arête vaut a, alors l’aire de la base, égale à l’aire de chaque face, vaut a2 . Le volume
est donné par le produit de l’aire a2 de la base par la hauteur a.

Le volume V d’un cube d’arête a est donné par la formule V = a3 .

3.3 Prisme

3.3.1 Prisme droit


Les parallélépipèdes rectangles et les cubes sont des prismes droits pour lesquels on peut imaginer
un remplissage à l’aide de cubes unités ou de parties de cubes unités.

Pour les prismes droits à bases quelconques comme ceux de la figure 49, on peut imaginer un pavage
de la base inférieure à l’aide de pavés unités ou de morceaux de pavés unités (par triangulation),
qui se reproduit dans chaque couche en hauteur (quand celle-ci est mesurée par un entier).

422 C h a p i t r e 14
Figure 49

Le volume V d’un prisme droit à bases quelconques est donné par la formule
V = aire de la base × hauteur.

Nous admettons que cette formule est valable même si la hauteur n’est pas exprimée par un nombre
entier.

3.3.2 Prisme oblique


Par contre, il est difficile d’imaginer le remplissage d’un prisme oblique avec des cubes unités.
De la même manière qu’on découpe un parallélogramme pour en faire un rectangle, on pourrait
essayer de découper un prisme oblique pour en faire un prisme droit. Ce n’est pas toujours possible.
On imagine une autre méthode; cette méthode s’inspire de l’observation suivante. Prenons des car-
tons rectangulaires identiques et disposons-les en une pile régulière; cette pile a la forme d’un pa-
rallélépipède rectangle (figure 50a); donnons un petit coup qui transforme la pile en un parallélé-
pipède oblique (figure 50b).

a) b) Figure 50
Le volume des deux piles est identique puisqu’il est constitué des mêmes cartons de départ. C’est ce
qu’affirme le principe de Cavalieri.

Principe de Cavalieri (mathématicien italien, 1598-1647)

« Si les sections de deux solides par n’importe quel plan parallèle au plan des bases ont des aires
dans un même rapport, les volumes des deux solides sont aussi dans ce même rapport. »

Le principe permet d’affirmer que si, pour n’im-


porte quelle section, on a les égalités (figure 51),
a1 a2
 =  = k, a1 a'1
a1 a2
alors on a le rapport
V a2 a'2
= k.
V
Cavalieri a appelé indivisibles ces sections planes
V V' Figure 51

ainsi découpées dans les solides.

Longueurs, aires et volumes 423


Une version simplifiée de ce principe est la suivante.

« Si les sections de deux solides par n’importe quel plan parallèle au plan des bases ont des aires
égales entre elles, les volumes des deux solides sont aussi égaux ».

Nous utilisons ces principes pour déterminer le volume d’un prisme oblique à bases polygonales
quelconques, en commençant par le cas particulier des parallélépipèdes obliques et en poursuivant
par des prismes obliques à bases triangulaires.

Pour déterminer le volume d’un parallélépipède oblique, nous le comparons avec un parallélépipède
rectangle ayant même hauteur et même aire de base (figure 52).

La base du parallélépipède oblique est un parallélogramme ayant une base notée L et une hauteur
notée l (figure 53a); la base du parallélépipède rectangle est un rectangle de dimensions L et l
(figure 53b).

a) b) Figure 52

Si nous coupons les deux solides par n’importe quel plan parallèle au plan des bases, les sections sont
chaque fois un parallélogramme d’une part et un rectangle d’autre part, de même aire (figure 53).

l l

L L
a) b) Figure 53

Le principe de Cavalieri permet d’affirmer que les volumes des deux solides sont égaux et nous
obtenons le résultat suivant.

Le volume V d’un parallélépipède oblique est donné par la formule


V = aire de la base × hauteur.

Pour déterminer le volume d’un prisme oblique à bases triangulaires, nous le comparons à un pa-
rallélépipède oblique de même hauteur et dont l’aire de base est le double de l’aire de la base du
prisme (figure 54).

Figure 54

On applique à ces deux solides le principe de Cavalieri dans sa forme générale : les aires des sections
des deux solides par n’importe quel plan parallèle à leurs bases sont dans le même rapport 12 , donc
les volumes sont dans le même rapport.

424 C h a p i t r e 14
Le volume du prisme est égal à la moitié du volume du parallélépipède.
Nous pouvons donc écrire
1
volume du prisme = volume du parallélépipède,
2
1
= (aire de base du parallélépipède × hauteur),
2
 
1
= × aire de base du parallélépipède × hauteur.
2
Comme la moitié de l’aire de base du parallélépipède est l’aire de base du prisme, nous obtenons la
formule générale du volume d’un prisme à base triangulaire.

Le volume V d’un prisme oblique à bases triangulaires est donné par la formule
V = aire de base × hauteur.

La formule se généralise de la même manière pour un prisme à bases polygonales quelconques :

Le volume V d’un prisme oblique à bases polygonales quelconques est donné par la formule
V = aire de base × hauteur.

3.4 Cylindre
3.4.1 Aire d'un cylindre circulaire droit
Le développement d’un cylindre circulaire droit est constitué de deux disques et d’un rectangle
(figure 55).

Figure 55

Un côté de ce rectangle a pour mesure la hauteur du cylindre et l’autre, la circonférence d’un disque
de base.

L’aire latérale d’un cylindre circulaire droit est l’aire du rectangle de son développement.

L’aire latérale d’un cylindre circulaire droit de hauteur h et de rayon r est donné par la formule :
aire latérale = 2πrh.

L’aire totale est la somme de l’aire latérale et des aires des disques de base.

L’aire totale d’un cylindre circulaire droit de hauteur h et de rayon r est donnée par la formule
aire totale = 2πrh + 2πr 2 .

Longueurs, aires et volumes 425


3.4.2 Volume d'un cylindre circulaire
Un cylindre circulaire a pour bases des disques isométriques.
Pour calculer le volume d’un cylindre circulaire droit, on le compare avec un prisme droit de même
hauteur à bases carrées (figure 56) : ces carrés ont pour côtés deux fois le rayon du disque (carrés
circonscrits aux disques).

r 2r

2r Figure 56

Les sections respectives par n’importe quel plan parallèle aux bases sont d’une part un disque d’aire
πr2 et d’autre part, un carré d’aire (2r)2 = 4r2 .
Le rapport des aires de ces sections est constant et vaut
πr2 π
= .
4r2 4
On applique le principe général de Cavalieri à ces deux solides. Les volumes sont dans le même
rapport que les aires des sections. On a
Vcyl aire des disques π
= = .
Vprisme aire des carrés 4
On en déduit que π
Vcyl = · Vprisme
4
π
= · 4r2 · h
4
= πr2 h
= aire de base × hauteur.
Le volume V d’un cylindre circulaire droit de hauteur h et de rayon r est égal au produit de l’aire
de la base πr 2 par la hauteur h : V = πr2 h.

Le même raisonnement peut être appliqué à un cylindre circulaire oblique.

3.5 Pyramide
Considérons d’abord une pyramide particulière obtenue par découpage d’un cube.
On peut décomposer un cube d’arête a en six pyramides isométriques (figure 57a).
Chacune d’elles a pour base une face du cube et pour hauteur la moitié de la hauteur du cube
(figure 57b).

a) b) Figure 57

Le volume V de chacune de ces pyramides vaut donc le sixième du volume du cube et est donné par

426 C h a p i t r e 14
la formule
1 3
V = a .
6
a
Or chaque pyramide a une base d’aire a2 et une hauteur 2.
Exprimons le volume en faisant apparaître ces valeurs :
1 3 1 a 1
V = a = · a2 · = × aire de base × hauteur.
6 3 2 3
On peut interpréter ce résultat : le volume d’une pyramide droite (de base carrée et de hauteur
égale à la moitié de l’arête de base) vaut le tiers du volume d’un prisme droit de même base et de
même hauteur.
Ce résultat reste valable pour une pyramide droite ou oblique, quelle que soit la forme de sa base.

Le volume V d’une pyramide quelconque de hauteur h est donné par la formule


1
V = × aire de base × hauteur.
3

Voici une justification appuyée sur le principe de Cavalieri.


Considérons une pyramide P quelconque de hauteur h et de base d’aire b. Comparons-la à une des six pyramides
extraites d’un cube d’arête égale à 2h. Une telle pyramide a une hauteur h. Notons-la Pr , comme pyramide de
référence (figure 58).

2h
P Pr Figure 58

Coupons les deux pyramides par un plan parallèle aux bases. Nous obtenons deux figures semblables aux bases
dans un même rapport (figure 59). Donc leurs aires respectives a1 et a2 sont proportionnelles aux aires des
bases (généralisation du résultat obtenu au Chap.13, section 4.2.1).
Puisque l’aire de la base de la pyramide de référence vaut 4h2 , nous pouvons écrire l’égalité de rapports
a1 a
= 22
b 4h
a1 b
ou encore = .
a2 4h2

a1 a2 2h
b

2h Figure 59

On a le même résultat pour les sections obtenues par n’importe quel plan parallèle aux bases. Par le principe de
Cavalieri, nous pouvons affirmer que les volumes des deux pyramides sont dans le même rapport :
VP b
= .
VP r 4h2
Or, nous connaissons le volume de la pyramide de référence :

Longueurs, aires et volumes 427


1
VP r = × aire de base × hauteur
3
ou plus précisément,
1
VP r = · 4h2 · h.
3
Calculons le volume de la pyramide quelconque :
b
VP = · VP r .
4h2
Nous obtenons
b 1
VP = · · 4h2 · h
4h2 3
et finalement
1
VP = ·b·h.
3

3.6 Cône circulaire droit


Intéressons-nous au volume d’un cône circulaire droit de hauteur h et de rayon r . Nous pouvons inscrire ce
cône dans une pyramide de base carrée et de même hauteur (figure 60) : le cercle de base est inscrit au carré de
côté 2r .

2r
Figure 60

Si nous sectionnons ces deux solides par n’importe quel plan parallèle aux bases, nous obtenons un cercle et
un carré circonscrit semblables dans un même rapport respectivement aux cercle et au carré de base (Chap.13,
section 4.2.1). Par un raisonnement analogue à celui qui est fait pour les pyramides à la section 3.5, on peut
dire que le rapport des aires des sections est égal au rapport des aires des figures de base (figure 61).

r
2r

2r
Figure 61

Calculons ce rapport : il vaut


πr2 π
= .
4r2 4
Par le principe de Cavalieri, nous savons que les volumes des deux solides sont dans le même rapport. Nous avons
donc
VC π
= .
VP 4
Or, nous pouvons déterminer le volume d’une pyramide dont la base vaut 4r 2 et la hauteur h. En effet,
1
VP = · 4r2 · h.
3
Nous obtenons alors pour le volume du cône circulaire droit :

428 C h a p i t r e 14
π
VC = · VP
4
π 4r2 h
= ·
4 3
1 2
= · πr h
3

Le volume d’un cône circulaire droit est donné par la formule


1
V = × aire de base × hauteur.
3

On peut démontrer que la formule se généralise pour les cônes circulaires obliques et pour les cônes
non circulaires.
Le volume d’un cône a été calculé de manière analogue à celui d’une pyramide.
Le facteur 13 est présent dans les deux formules de volumes de solides « avec une pointe » (pyramides,
cônes). On peut le contraster avec le facteur 12 présent dans les formules d’aires de surfaces « avec
une pointe » que sont les triangles.

3.7 Sphère
3.7.1 Volume d'une sphère
Nous nous intéressons au volume d’une sphère avant de s’intéresser à son aire.
Nous présentons le procédé astucieusement mis au point par un mathématicien du 17ème siècle, Luca Valerio :
il se base sur la connaissance du volume d’un cylindre et de celui d’un cône.
Il considère en réalité une demi-sphère ou hémisphère de rayon r , un cylindre circonscrit à l’hémisphère et un
cône circulaire droit inscrit au cylindre (figure 62).

Figure 62

Le cylindre a le même rayon r que l’hémisphère et une hauteur égale à ce rayon r .


Le volume VCy de ce cylindre est donc donné par la formule
VCy = πr2 · r = πr3 .
Le cône a comme rayon de base le rayon r de l’hémisphère et une hauteur égale à ce rayon r .
Le volume VCo de ce cône est donc donné par la formule
1 1
VCo = · πr2 · r = πr3 .
3 3
Pour comparer le volume de l’hémisphère aux volumes connus du cylindre et du cône, on compare les aires des
sections planes de ces trois solides par des plans parallèles aux bases.
Considérons les sections obtenues dans le cylindre, le cône et l’hémisphère par un de ces plans : ce sont des
disques de rayons différents (figure 63a). Intéressons-nous à une vue de face (figure 63b) pour déterminer les
rayons de ces disques.

Longueurs, aires et volumes 429


O O

C B A

B' A' B' A'


a) b) Figure 63

Le rayon rCy de la section du cylindre est indépendant de la hauteur : il est égal à r .


Calculons les rayons rCo = |AB| et rH = |AC| des sections du cône et de l’hémisphère.
Le triangle 0AB est un triangle rectangle isocèle car il est semblable au triangle OA B  dont les côtés [OA ] et
[A B  ] ont chacun la longueur r.
Nous savons ainsi que
rCo = |AB| = |OA|.
Par ailleurs, le triangle OAC est rectangle en A. Nous pouvons appliquer le théorème de Pythagore :
|OC|2 = |OA|2 + |AC|2 .
En reconnaissant les différents rayons en jeu (|OC| = rCy ), nous pouvons écrire
2 2 2
rCy = rCo + rH .
En multipliant les deux membres de cette égalité par π , nous obtenons une relation entre les aires des disques
qui sont les sections planes des trois solides :
2 2 2
πrCy = πrCo + πrH .
Cette égalité reste vraie quelle que soit la section par un plan parallèle aux bases.
On applique à ces trois solides une version étendue du principe de Cavalieri et on en déduit une relation entre
les volumes :
VCy = VCo + VH .
Si on isole le volume de l’hémisphère :
VH = VCy − VCo
ou plus précisément, si on remplace VCy et VCo par leur formule,
1 3 2
VH = πr3 − πr = πr3 .
3 3
Finalement, le volume de la sphère vaut le double de celui de l’hémisphère :
4 3
VS = πr .
3

Le volume d’une sphère de rayon r est donné par la formule 4 3


V = πr .
3

3.7.2 Aire d'une sphère


On peut considérer le volume d’une sphère comme le produit suivant :
4 3 1
V = πr = · 4πr2 · r.
3 3
On peut y voir une analogie avec la formule du volume d’une pyramide.
On pourrait considérer une sphère comme un ballon de football. Celui-ci peut être interprété comme l’assem-
blage d’un grand nombre de pyramides à base polygonale, de sommet commun au centre de la sphère et de
hauteur égale au rayon r . Le total des aires des bases vaudrait alors
A = 4πr2 .
Nous n’avons pas, à ce niveau de mathématiques, d’autre outil pour justifier cette formule.

L’aire d’une sphère de rayon r est donnée par la formule A = 4πr2 .

430 C h a p i t r e 14
L’aire d’une sphère de rayon r est étonnamment égale à l’aire latérale du cylindre circulaire droit circonscrit à
cette sphère (figure 64).

Figure 64
Nous signalons que toutes les formules d’aires et de volumes présentées ici peuvent être justifiées grâce à l’outil
du calcul intégral en fin de secondaire.

Longueurs, aires et volumes 431


Bibliographie
Baruk S., Dictionnaire des mathématiques élémentaires, Seuil, Paris, 1992.
Charrierre G., L’algèbre mode d’emploi, Editions scolaires du canton de Vaud, Suisse, 1995.
Cojerem, Des situations pour enseigner la géométrie 1e/4e, guide méthodologique, De
Boeck Wesmael, Bruxelles, 1995.
Cojerem, Géométrie en situations 1e/4e, notions pour l’élève, De Boeck Wesmael,
Bruxelles, 1995.
Dahan-Dalmedico A., Peiffer J., Une histoire des mathématiques, Seuil, Paris, 1986.
Deledicq A., Mathématiques collège, Editions de la Cité, Malesherbes, 1999.
Deledicq A., Mathématiques lycée, Editions de la Cité, Malesherbes, 1998.
Dhombres J., et al., Mathématiques au fil des âges, Gauthiers-Villars, Paris, 1987.
Droesbeke J.J., Elements de statistique, Edition de l’université de Bruxelles, 1997.
Field R., Geometric Patterns from Churches and Cathedrals, Stradbroke, Tarquin Publica-
tions, 1996 (illustrations des pp. 11, 39 et 53).
Friedelmeyer J. P., Recherche inconnue désespérément, in IREM, Histoire de problèmes,
Histoire des mathématiques, Ellipses, Paris, 1993 (pp. 299-326).
Gamlin L., Les arbres, Guide de terrain, Tournai, Casterman, 1993 (illustration p. 71)
Gel’fand I.M., Kirillov A.A., Glagoleva E.G., The Method of coordinates, Birkhäuser, Boston,
1990.
GEM, De question en question 2, Didier Hatier, Bruxelles, 1994.
GEM, De question en question 3, Didier Hatier, Bruxelles, 1996.
GEM, De question en question 4, Didier Hatier, Bruxelles, 1997.
Godefroy G., L’aventure des nombres, Editions Odile Jacob, Paris, 1997.
Ifrah G., Histoire universelle des chiffres, Laffont, Paris, 1981.
Coordonné par Legrand P., Professeur Enseignant, Les maths au Collège et au Lycée, Ha-
chette Education, 1997.
Mialaret G., Statistique, Presses universitaires, 1996.
Robert C., L’empereur et la girafe, Initiation à la statistique, Diderot Editeur, Arts et
sciences, Bonchamp-les-Laval, 1998.
N. Rouche, Pourquoi ont-ils inventé les fractions ?, Ellipses, Paris, 1998.
Schattscheider D. et Walker W., M.C. Escher Kaleidocycles, Berlin, Taco, 1988 (illustration
p. 24).
Stewart I., Les symétries de la nature dans Pour la science, hors série, juillet 1998, p. 3 :
un flocon de neige ( c Fotogram-Stone / Gerben Oppermans).
Swokowski E.W., Cole Jeffery A., Algèbre et trigonométrie avec géométrie analytique, Paris,
Bruxelles, De Boeck et Larcier, 1988.
Van Dieren-Thomas F., Rouche N., Ottevaere J., Vilanoy-Schul M., De question en ques-
tion 2, Didier Hatier, Bruxelles, 1993.

432 Bibliographie
Index
Abaque 11 rentrant 96
Abscisse (s) saillant 96
axe des 241 supplémentaires 148, 349
point dans un plan 241 Arc de cercle 93
point dans l’espace 249 Arête d’un polyèdre 378
point sur une droite 238 Associativité
Addition addition
entiers 34 d’entiers 36
irrationnels 71 de naturels 14
naturels 12 de réels 78
rationnels 52 de vecteurs 366
réels 78 division de naturels 22
Aire 405 mixte 368
carré 412 multiplication
disque 420 d’entiers 41
histogramme 316 de naturels 17
losange 414 de réels 79
parallélogramme 415 soustraction
polygones quelconques 417 d’entiers 39
polygones réguliers 418 de naturels 15
polygones semblables 226 Axe
rectangle 409 abscisses 241, 248
trapèze 416 ordonnées 240, 248
triangle 412 symétrie orthogonale 102
Algèbre 159 d’une parabole 266
Amplitude d’un angle 97 d’un polygone régulier 117
Angle(s) 95, 148
à côtés parallèles 150 Base
adjacents 148 numération 11
aigu 97 prisme 379
alternes internes 149 puissance 20
alternes externes 149 triangle 120
antisupplémentaires 349 Bissectrice
au centre 155 angle 105
au sommet 120 triangle 131
complémentaires 148, 336, 350 Boîte à moustaches 320
correspondants 149
droit 85, 96
Caractère 325
inscrit 155
continu 325
intérieur 116
numérique 325
obtus 97
qualitatif 325
opposés 149, 348
quantitatif 325
orienté 108,347
Carré 146
plat 96
d’un nombre 20
plein 96
Cavalieri 423

Index 433
Centre Cosinus
cercle 92 angle aigu 335
gravité 135 angle orienté 353
rotation 108 fonction 307
symétrie centrale 106 Côté 116
symétrie d’une figure 107 adjacent 119
Cercle 92 opposé 119
circonscrit 118, 131 Couple(s)
corde 93 de nombres 241
équation 263 de points 100
inscrit 134 Critères
trigonométrique 347 isométrie (triangles) 126
Cerf volant 143 parallélisme
Chiffre 11 d’une droite et d’un plan 391
Classes 316, 325 de deux plans 392
centre 328 perpendicularité
longueur 325 d’une droite et d’un plan 394
Coefficient 181, 182 similitude (triangles) 222
Combinaison Croissance d’une fonction 284
résolution de systèmes 189 Cube 378
Commutativité d’un nombre 20
addition Cylindre 381
d’entiers 39 aire 425
de naturels 13 circulaire 381
de réels 78 volume 426
de vecteurs 366
division de naturels 22 Décimal(e)
multiplication écriture 12
d’entiers 40 des irrationnels 70
de naturels 17 des rationnels 57
de réels 79 des réels 76
soustraction nombre 60
d’entiers 39 Décomposition en facteurs 29
de naturels 15 Décroissance d’une fonction 284
Comparaison Degré
résolution de systèmes 188 équation 179, 182
Composantes fonction 292, 296
produit d’un vecteur par un nombre 373 unité de mesure d’angle 97
vecteur 370 Demi-droite 84
vecteur somme 373 Dénominateur 46
Concavité d’une courbe 296 Développement 383
Cône 382 cône 384
circulaire droit 382 cube 383
développement 384 cylindre 384
volume 428
Coordonnées
point dans un plan 241
point dans l’espace 249

434 Index
Diagonale orthogonales 386
carré 146, 233 parallèles
cerf volant 144 dans le plan 87, 259
cube 234 dans l’espace 386
losange 145 pente 255
parallélogrammme 141 perpendiculaires
parallélépipède 233 dans le plan 85, 260
polygone 116 dans l’espace 386
rectangle 142, 233 remarquables 127
Diagramme sécantes
circulaire 311, 325 dans le plan 89
en barres 312, 325 dans l’espace 386
en bâtons 312, 325 Droite graduée
en boîte 320, 328 entiers 32
fonction 271, 274 irrationnels 69
fréquences 313, 325 naturels 10
fréquences cumulées 318, 329 rationnels 48
Diamètre 93 réels 74, 238
Différence 15
Direction Ecart type 321, 330
de droite 88, 386 Echantillon 324
de vecteurs 361 Effectif
Directrice d’une parabole 264 d’une classe 325
Discriminant 186 d’une valeur 310, 325
Dispersion 328 total 310, 325
Disque 93 Egalité(s)
Distance d’expressions algébriques 165
entre deux parallèles 91 de nombres 80
entre deux points 90, 239, 243 de rapports 177
entre un point et une droite 91 équivalentes 174
Distributivité Enquête 310
de la multiplication sur l’addition 19, 42, 79, 170 Entier 32
de la multiplication scalaire sur l’addition Equation(s) 166
des vecteurs 368 à 1 inconnue 178
Dividende 21 du deuxième degré 182
Diviseur 21 du premier degré 179
commun 31 à 2 inconnues 186
Division de droite
écrite 59 parallèle à un axe 251
entiers 43 quelconque 252
irrationnels 72 d’un cercle 263
naturels 21 d’une parabole 264
rationnels 54 équivalentes 179
réels 79 Equivalence
Domaine d’une fonction 281 d’égalités 174
Droite(s) 84 d’expressions algébriques 165
équation 251, 258 d’inégalités 192
gauches 386 Etendue 315, 328
non coplanaires 386 Exposant 20, 42, 56, 168

Index 435
Expression(s) algébrique(s) 161, 163 proportionnelles 270
équivalentes 165 variable 270
Expression analytique 274 Graphique d’une fonction 272, 282

Face d’un polyèdre 378 Hauteur


Facteur(s) premier(s) 29 d’un triangle 135
Faisceau de droites 296 d’un triangle équilatéral 233
Figures Histogramme des fréquences 316, 325
homothétiques 223, 375 Hyperbole 288
isométriques 110
semblables 213 Impair 26
Fonction(s) 269, 274, 280 équation 166, 178
constante 279, 288 inéquation 191
cosinus 307 Individu 310
croissante 284 Inégalité(s) 78, 191
décroissante 284 équivalentes 192
deuxième degré 276, 286, 296 triangulaire 90
identique 285 Inéquation(s) 191
impaire 283 deuxième degré 195
inverse 287 premier degré 194
linéaire 275, 293 Intervalle 78
notation 280 interquartile 319, 328
numérique 280 Inverse 54, 79
paire 283 Irrationnalité de˚67
premier degré 275, 292 Irrationnel 9, 67, 70
proportionnalité 275 écriture décimale 70
proportionnalité inverse 277 Isométrie 111
racine carrée 289 critères (triangles) 126
sinus 306 propriétés 112
troisième degré 277, 286
valeur absolue 289 Lieu de points 93, 250
Formule 161, 163 Longueur 406
d’une fonction 272 Losange 145
Foyer d’une parabole 264
Fraction(s) 9, 43, 45
algébrique 169, 173 Maximum d’une fonction 285
équivalentes 46 Médiane
irréductible 47 carré 147
simplification 47, 169 cerf-volant 144
Fréquence(s) 310, 325 losange 146
cumulées 318, 326 parallélogramme 140
diagramme 312, 313 quadrilatère 139
rectangle 143
Grandeur(s) statistique 319, 326
constante 270 triangle 134
dépendante 274 Médiatrice
indépendante 274 segment 105, 127
inversement proportionnelle 277 triangle 127
orientée 9, 32, 360

436 Index
Membre Ordonnée(s)
égalité 166 à l’origine 257, 282
inégalité 77 axe 240
Mesure d’un point 241, 249
aire 407 Ordre
longueur 406 entiers 34
volume 408 et opérations 80
Milieu d’un segment 91 naturels 10
coordonnées 240, 244, 373 rationnels 49
théorème 205, 212 réels 77
Minimum 285 Origine
Mise en évidence 171 d’un système d’axes 240, 248
Mode 311, 326 de la droite graduée 10
Moyenne 314, 327 Orthocentre 135
Multiple(s) 23
communs 31 Pair 25
de 3, de 5, de 10 25 Parabole 264
Multiplication équation 266
entiers 39 fonction 297, 298
irrationnels 72 Parallélépipède 379
naturels 17 rectangle 379
rationnels 52 volume 422
réels 79 Parallélisme
scalaire 368 de deux droites
dans le plan 87, 259, 374
Naturel(s) 9,10 dans l’espace 386
Négatif(s) 9, 32 de deux plans 388
Neutre entre une droite et un plan 387
addition 79 Parallélogramme 140
multiplication 79 Paramètres 292, 296
Nombre(s) 9 Parité d’une fonction 283
d’or 219 Pavage 154
entier 32 Pente 255
irrationnel 65, 70 Périmètre
naturels 10 carré 411
premier 28 cercle 419
premiers entre eux 31 losange 414
rationnel 43, 49 parallélogramme 414
réel 74 polygone quelconque 417
trigonométriques 336 polygone régulier 418
Notation scientifique 58 polygones semblables 226
Numérateur 46 rectangle 409
Numération 11 trapèze 416
de position 12 triangle 412
en base 10 11 Période
dans l’écriture décimale 60
Opposé(s) Perpendiculaire
d’un entier 33 commune à 2 droites 88
d’un vecteur 365 pied 86
d’une somme 37

Index 437
Perpendicularité Pyramide 379
de deux droites statistique 317
dans le plan 85, 260 volume 426
dans l’espace 386 Pythagore 229
de deux plans 388 réciproque 231
d’une droite et d’un plan 387 théorème 230
Perspective théorème généralisé 345
à points de fuite 395
axonométrique 396 Quadrant 242
cavalière 396 Quadrilatère 138
Plan(s) 395 Quartile 319, 328
de coordonnées 248 Quotient 21
parallèles 388
perpendiculaires 388 Racine(s)
sécants 388 carrée 65, 289
PGCD 31 d’un produit 72
Point(s) d’un quotient 73
alignés 84, 374 d’une somme 73
fixes 113 cubique 68
PPCM 31 d’une fonction 282
Polyèdre 378 nième 69
régulier 380 Radian 97, 306
Polygone(s) 116 Rapport 44
homothétiques 223 de similitude 222, 223
régulier 117, 153 trigonométrique 334
semblables 222 Rationnel 43, 49
Population 310, 324 Rayon 92, 93
Positif 32 Réalisant 186
Pourcentage 62 Recensement 324
Priorité des opérations Réciproque
naturels 23 théorème de Pythagore 231
réels 80 théorème de Thalès 211
Prisme 379 Rectangle(s) 142
volume 422 d’or 219
Produit 17 isopérimétriques 410
de puissances 21, 42 isosuperficiels 411
remarquable 171 semblables 214
Projection parallèle 202, 398 Réel 9, 74
Proportion 177 Relation de Chasles 366
Proportionnalité 270, 275 Représentant d’un vecteur 361
inverse 277 Représentation graphique
Puissance(s) d’une fonction 281
d’entiers 42 Reste d’une division 22
de naturels 19 Rotation 108, 112
de rationnels 56 identique 109
de réels 79 réciproque 109
de variables 168
d’un produit 21, 42 Secteur circulaire 94
d’une puissance 21, 42

438 Index
Section plane Sphère 383
d’un cube 399 aire 430
d’une pyramide 401 volume 429
Segment de droite 84 Substitution
orienté 100, 361 principe 177
Semblables résolution de systèmes
polygones 222 Symétrie
rectangles 214 centrale 106, 111
triangles 220 réciproque 107
Sens coordonnées 245
antihorloger 108 orthogonale 102, 111
horloger 108 réciproque 103
translation 111 Symétrique
vecteurs 360 pour l’addition 78
Série statistique 310, 325 pour la multiplication 79
Signe 33 Systèmes
d’un produit 41, 193 d’axes 240
d’une expression du 2e degré 198 d’équations 187
d’une puissance 42
d’une fonction 283 Tableau
Sinus fonction 272, 274
angle aigu 335 proportionnalité 270
angle orienté 353 Tangente
fonction 302 à un cercle 94
formule des sinus 342 trigonométrique
Sinusoïde 302 d’un angle aigu 334
Solide 378 d’un angle orienté 353, 354
de révolution 382 Terme(s)
Solution dans une addition 13
d’une équation 167, 178, 186 dans une soustraction 15
d’une inéquation 191 indépendant dans une équation 181,
Somme 182
de fonctions 290 semblables 169
de nombres 12 Thalès 206
de vecteurs 362 configurations 208
Sommet réciproque 211
cône 382 théorème 206
parabole 266 Théorème
polyèdre 378 de Pythagore 230
polygone 266 de Thalès 206
pyramide 379 du milieu 205, 212, 375
Soustraction Transformation
entiers 37 coordonnées 245
irrationnels 71 du plan 112
naturels 15 série statistique 322, 330
rationnels 52 Transitivité
réels 79 de l’égalité 177
du parallélisme 391

Index 439
Translation(s) 100, 111, 361 Variable
composées 364 d’une expression algébrique 163
coordonnées 246 dépendante 280
identique 101 indépendante 280
réciproque 101 numérique 279
Trapèze 139 Variance 320, 329
Treillis de diviseurs 29 Vecteur(s) 360
Triangle(s) 119 déplacement 360
acutangle 120 force 360
détermination 121 nul 365
équilatéral 120, 138, 152 opposés 365
isocèle 120, 137 translation 361
isométriques 126 Volume 405, 408
obtusangle 120 cône 428
rectangle 120, 152, 157 cube 422
scalène 119 cylindre 426
semblables 220 parallélépipède 422
Trigonométrie 333 prisme 422
pyramide 426
Valeur sphère 429
absolue 33, 76, 289 Vues coordonnées 397
centrale 326
d’une variable 163 Zéro 12, 16
statistique 310

440 Index
Table des matières
Sommaire 3
Avant-propos 4
Guide de lecture pour les élèves 6
Chapitre 1 - Nombres 9
1 Nombres naturels 10
1.1 Naturels et ordre 10
1.2 Ecriture des nombres 11
1.3 Addition et propriétés 12
1.4 Soustraction et propriétés 15
1.5 Multiplication et propriétés 17
1.6 Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition 19
1.7 Puissances 19
1.8 Division et propriétés 21
1.9 Priorité entre les opérations 23
1.10 Multiples et diviseurs 23
2 Nombres entiers 32
2.1 Entiers négatifs et prolongement de la droite graduée 32
2.2 Addition et propriétés 34
2.3 Soustraction et propriétés 37
2.4 Multiplication et propriétés 39
2.5 Puissance d’un nombre entier 42
2.6 Division 43
3 Nombres rationnels 43
3.1 Différentes facettes des fractions 43
3.2 Vers les nombres rationnels 44
3.3 Ordre sur les rationnels 49
3.4 Addition et soustraction 51
3.5 Multiplication 52
3.6 Division 54
3.7 Puissance 56
3.8 Ecriture décimale 57
3.9 Pourcentages 62
4 Nombres irrationnels 65
4.1 Nombres irrationnels dans le contexte des racines 65
4.2 Nombres irrationnels et droite graduée 69
4.3 Nombres irrationnels et écriture décimale 70
4.4 Opérations sur les irrationnels 71
5 Nombres réels 74
5.1 Nombres réels et droite graduée 74

Table des matières 441


5.2 Ecriture décimale des nombres réels 76
5.3 Ordre - intervalle 77
5.4 Nombres réels et opérations 78
5.5 Egalité - ordre - opérations 80
5.6 Nombres réels et équations 81

Chapitre 2 - Objets de base de la géométrie plane 83


1 Droite - règle 84
1.1 Pliages et constructions 84
1.2 Propriété 84
1.3 Vocabulaire et notation 84
2 Droites perpendiculaires - équerre 85
2.1 Pliages et constructions 85
2.2 Propriété 85
2.3 Vocabulaire et notation 86
3 Droites parallèles - équerre et règle 87
3.1 Constructions 87
3.2 Définition et propriétés 88
3.3 Vocabulaire et notation 89
3.4 Positions relatives de deux droites 89
4 Distance - règle graduée - compas 90
4.1 Distance entre deux points 90
4.2 Inégalité triangulaire 90
4.3 Distance d’un point à une droite 91
4.4 Distance entre deux droites parallèles 91
4.5 Milieu d’un segment 91
5 Cercle et disque - compas 92
5.1 Constructions 92
5.2 Définitions 92
6 Positions relatives d’une droite et d’un cercle 94
7 Angle - rapporteur 95
7.1 Angle 95
7.2 Mesures d’angles et rapporteur 97
8 Constructions 98
8.1 Constructions à la règle et au compas 98
8.2 Constructions avec des logiciels comme « Cabri-géomètre » 98

Chapitre 3 - Isométries 99
1 Translation 100
1.1 Caractérisation 100
1.2 Construction de l’image d’un point 100
1.3 Image d’une figure 100
1.4 Translation réciproque 101
1.5 Translation identique 101
1.6 Figure invariante par une translation 101

442 Table des matières


2 Symétrie orthogonale 102
2.1 Caractérisation 102
2.2 Construction de l’image d’un point 102
2.3 Image d’une figure 103
2.4 Réciproque d’une symétrie orthogonale 103
2.5 Figure invariante par une symétrie orthogonale 104
3 Symétrie centrale 106
3.1 Caractérisation 106
3.2 Construction de l’image d’un point 106
3.3 Image d’une figure 107
3.4 Réciproque d’une symétrie centrale 107
3.5 Figure invariante par une symétrie centrale 107
4 Rotation 108
4.1 Caractérisation 108
4.2 Construction de l’image d’un point 109
4.3 Image d’une figure 109
4.4 Rotation réciproque 109
4.5 Rotation identique 109
4.6 Figure invariante par rotations 110
5 Isométries du plan 110
5.1 Définitions des isométries 111
5.2 Propriétés des isométries 112
5.3 Points fixes 113
5.4 Dans un système d’axes 113

Chapitre 4 - Figures géométriques planes 115


1 Polygones 116
1.1 Polygones quelconques 116
1.2 Polygones réguliers 117
2 Triangles 119
2.1 Définitions et classement 119
2.2 Constructions - déterminations 121
2.3 Droites remarquables 127
3 Quadrilatères 138
3.1 Définitions 138
3.2 Classement et propriétés 139
3.3 Définitions emboîtées des quadrilatères 147
4 Familles d’angles 148
4.1 Définitions 148
4.2 Somme des amplitudes des angles d’un polygone 151
4.3 Angle et cercle 155

Table des matières 443


Chapitre 5 - Algèbre 159
1 Objets de l’algèbre 160
1.1 Expressions algébriques ou formules 160
1.2 Egalités avec des expressions algébriques 165
2 Transformations d’expressions algébriques 168
2.1 Puissance 168
2.2 Somme de termes semblables 168
2.3 Produit 168
2.4 Quotient 169
2.5 Suppression des parenthèses encadrant une somme 170
2.6 Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition, mise en évidence 170
2.7 Produits remarquables 171
2.8 Opérations sur les fractions algébriques 173
3 Transformations d’égalités 174
3.1 Principes d’équivalence entre deux égalités 174
3.2 Transformations d’égalités 176
3.3 Proportions 177
4 Equations à une inconnue 178
4.1 Equations du premier degré 179
4.2 Equations du deuxième degré 182
5 Equations du premier degré à deux inconnues 186
5.1 Une équation du premier degré à deux inconnues 186
5.2 Système de deux équations du premier degré à deux inconnues 187
6 Inéquations à une inconnue 191
6.1 Inégalité 191
6.2 Inéquations 191
6.3 Principes d’équivalence entre deux inégalités 192
6.4 Inéquations du premier degré 194
6.5 Inéquations du deuxième degré 195

Chapitre 6 - Projections parallèles - Figures semblables 201


1 Projections parallèles 202
1.1 Modélisation 202
1.2 Définition 202
2 Théorème de Thalès 202
2.1 Projection parallèle d’une règle graduée 202
2.2 Applications 204
2.3 Théorème de Thalès 206
2.4 Une propriété déduite du théorème de Thalès 208
2.5 Réciproque du théorème de Thalès 211
3 Figures semblables 213
3.1 Approche intuitive 213
3.2 Rectangles semblables 214
3.3 Les triangles semblables 220
3.4 Polygones semblables 222

444 Table des matières


3.5 Familles de figures semblables 227

Chapitre 7 - Théorème de Pythagore 229


1 Théorème de Pythagore 230
1.1 Théorème de Pythagore en termes d’aires 230
1.2 Théorème de Pythagore en termes de longueurs 231
2 Réciproque du théorème de Pythagore 231
2.1 Enoncé de la réciproque 231
2.2 Un exemple d’utilisation de la réciproque 232
3 Applications du théorème de Pythagore 233
4 D’autres puzzles le théorème de Pythagore 234

Chapitre 8 - Géométrie des coordonnées 237


1 Repérage d’un point et calcul de distances 238
1.1 Repérage et distance sur une droite 238
1.2 Repérage d’un point dans un plan 240
1.3 Repérage d’un point dans l’espace 248
2 Equations de lieux de points dans un plan : droites, cercles, paraboles 250
2.1 Droites 251
2.2 Cercles 262
2.3 Paraboles 264

Chapitre 9 - Fonctions 269


1 Dépendance entre deux grandeurs 270
1.1 Grandeurs variables et grandeurs constantes 270
1.2 Grandeurs proportionnelles 270
1.3 Première idée de fonction 272
1.4 Fonctions de reférence dans des contextes 275
2 Fonctions numériques 279
2.1 Dépendance entre grandeurs traduite en fonction numérique 279
2.2 Vocabulaire, Définition, Notations 280
2.3 Représentations graphiques 281
2.4 Quelques « outils » pour décrire des fonctions 282
2.5 Fonctions de référence 285
2.6 Opérations sur les fonctions 290
3 Familles de fonctions 292
3.1 Famille des fonctions du premier degré 292
3.2 Famille des fonctions du deuxième degré 296
3.3 Famille des fonctions polynomiales 302
4 Fonctions sinus et cosinus 303
4.1 Sinusoïde comme lieu de points 303
4.2 Equation de la « sinusoïde canonique » 305
4.3 Fonction sinus 306
4.4 Fonction cosinus 307

Table des matières 445


Chapitre 10 - Statistique descriptive 309
1 Premières présentations de données 310
1.1 Effectifs - fréquences 310
1.2 Mode - diagrammes circulaires - diagrammes en barres 311
1.3 Diagramme en bâtons 312
1.4 Moyenne 314
1.5 Etendue 315
2 Traitement de données 315
2.1 Histogramme 316
2.2 Fréquences cumulées - médiane - boîte à moustaches 318
2.3 Variance et écart-type 320
3 Transformation d’une série en une autre 323
3.1 Ajouter une constante à une série statistique 323
3.2 Multiplier une série statistique par une constante 323
4 Vocabulaire - définitions - propriétés 324
4.1 Vocabulaire de base 324
4.2 Valeurs centrales 326
4.3 Mesures de dispersion 328
4.4 Transformations d’une série 330
4.5 Statistique et calculatrices 331

Chapitre 11 - Trigonométrie 333


1 Rapports trigonométriques dans un triangle rectangle 334
1.1 Triangles rectangles semblables 334
1.2 Rapports trigonométriques d’un angle aigu 334
1.3 Relations fondamentales dans un triangle rectangle 336
1.4 Valeurs des rapports trigonométriques 337
1.5 Résoudre des problèmes 340
2 Extension aux triangles quelconques 342
2.1 Formule des sinus 342
2.2 Généralisation du théorème de Pythagore 345
2.3 Détermination des amplitudes des angles d’un triangle 347
3 Angles orientés et cercle trigonométrique 347
3.1 Définition 347
3.2 Angles associés 348
3.3 Nombres trigonométriques d’angles orientés 351
3.4 Nombres trigonométriques et symétries 355

Chapitre 12 - Vecteurs 359


1 Vers une définition de vecteur 360
1.1 Vecteur en physique 360
1.2 Vecteur en géométrie 361
2 Vers la somme de deux vecteurs 362
2.1 Somme en physique 362
2.2 Composition de translations 364

446 Table des matières


2.3 Somme de deux vecteurs - vecteur nul - vecteur opposé d’un vecteur 364
2.4 Propriétés de l’addition 366
3 Produit d’un vecteur par un nombre 367
3.1 Produit d’un vecteur-force par un nombre 367
3.2 Définition du produit d’un vecteur par un nombre 367
3.3 Propriétés de la multiplication scalaire 368
4 Composantes d’un vecteur 370
4.1 Décomposer un vecteur-force 370
4.2 Décomposer un vecteur-déplacement 370
4.3 Décomposer un vecteur en géométrie 370
4.4 Calculer avec les composantes 372
5 Quelques propriétés exprimées vectoriellement 373

Chapitre 13 - La géométrie de l'espace 377


1 Objets 378
1.1 Polyèdres 378
1.2 Solides non polyédriques 381
1.3 Développement 383
2 Droites - plans 385
2.1 Détermination de droites 385
2.2 Détermination de plans 385
2.3 Positions relatives de deux droites 385
2.4 Positions relatives d’une droite et d’un plan 387
2.5 Positions relatives de deux plans 388
2.6 Propriétés des droites et des plans 389
3 Différentes représentations planes 395
3.1 Perspective à points de fuite 395
3.2 Perspective cavalière ou axonométrique 396
3.3 Vues coordonnées 397
3.4 Les perspectives cavalières et les vues coordonnées obtenues à l’aide des projections parallèles
398
3.5 Conservation du parallélisme par les projections parallèles 398
4 Sections planes de polyèdres 399
4.1 Section plane d’un cube 399
4.2 Sections planes d’une pyramide à base triangulaire 401

Chapitre 14 - Longueurs, aires et volumes 406


1 Mesurer, c’est comparer 406
1.1 Mesurer une longueur 406
1.2 Mesurer une aire 407
1.3 Mesurer un volume 408
1.4 Liens entre les unités de mesures de longueur, d’aire et de volume 409
2 Périmètre et aire de figures planes 409
2.1 Rectangle 409
2.2 Carré 411

Table des matières 447


2.3 Triangle 412
2.4 Losange 414
2.5 Parallélogramme 414
2.6 Trapèze 416
2.7 Polygone quelconque 417
2.8 Polygone régulier 417
2.9 Cercle et disque 419
3 Aire et volume de solides 422
3.1 Parallélépipède rectangle 422
3.2 Cube 422
3.3 Prisme 422
3.4 Cylindre 425
3.5 Pyramide 426
3.6 Cône circulaire droit 428
3.7 Sphère 429

Bibliographie 432
Index 433
Table des matières 441

448 Table des matières

Vous aimerez peut-être aussi