Mathématiques pour le Secondaire
Mathématiques pour le Secondaire
Avant-propos 5
Chapitre 1 - Nombres 9
Chapitre 3 - Isométries 99
Bibliographie 432
Index 445
Sommaire 3
Avant-propos
Ce livre présente une théorie des mathématiques enseignées aux élèves de douze à seize
ans. Ce référentiel est conçu pour accompagner les élèves du secondaire, les enseignants
en fonction ou en formation ainsi que les personnes désireuses de disposer d’un exposé
général de mathématiques (parents, étudiants du supérieur,...).
La conception didactique à la base de l’ouvrage est celle de la construction du savoir :
nous présentons les concepts et leurs propriétés en nous appuyant sur des intuitions pre-
mières, des images mentales, des exemples, des commentaires et de nombreuses figures.
Ainsi, nous privilégions l’accès au sens plutôt que la rigueur des définitions formelles et
nous favorisons des argumentations locales nombreuses plutôt qu’une présentation axio-
matique globale.
Nous avons volontairement choisi d’utiliser la langue commune : l’apprentissage des ma-
thématiques passe autant par la langue maternelle que par l’usage des nombres, des
formules, des figures et des graphiques. Nous avons évité un recours trop fréquent au
symbolisme mathématique qui a tendance à provoquer des plongées prématurées dans
l’abstraction.
Les concepts rencontrés année après année sont reliés entre eux et structurés au travers
de quatorze chapitres dont l’ordre a été choisi pour fournir, dans la mesure du possible,
les prérequis pour les chapitres suivants.
Il n’y a pas de séparation entre un ensemble de chapitres de type numérique et algébri-
que d’une part et de type géométrique d’autre part. Les facettes numérique, algébrique,
géométrique et graphique d’un même thème s’éclairent mutuellement.
Plusieurs fils conducteurs enchaînent les concepts à l’intérieur d’un chapitre ou d’un cha-
pitre à l’autre :
Des grandeurs aux nombres : en s’appuyant sur les perceptions des nombres comme ou-
tils de comptage et de mesure, nous construisons progressivement un concept unifié de
nombre ainsi que les différentes opérations associées (chapitre 1).
Nous passons des grandeurs telles que longueurs, aires et volumes à leur mesure (chapi-
tre 14).
Des isométries aux propriétés des figures : nous nous appuyons sur les mouvements élé-
mentaires tels que glisser, tourner et retourner des figures pour arriver aux isométries
comme transformations du plan (chapitre 3); ensuite, au chapitre 4, nous présentons
différentes figures planes, nous élaborons les conditions de leurs déterminations à par-
tir de constructions et nous justifions les propriétés de ces figures à l’aide de celles des
isométries.
Au chapitre 2, nous décrivons les objets géométriques de base (droite, angle,...) qui sont
le support des isométries et des figures planes et nous présentons les instruments utilisés
en géométrie.
Des projections parallèles aux figures semblables et à la trigonométrie : nous nous ba-
sons sur l’observation de l’ombre au soleil d’une règle plantée régulièrement de clous pour
Avant-propos 5
argumenter le théorème de Thalès qui, à son tour, nous permet de justifier les critères
de similitude des rectangles et des triangles (chapitre 6).
La trigonométrie prend sa source dans des familles de triangles rectangles semblables
caractérisés par des rapports égaux, appelés rapports trigonométriques (chapitre 11).
Du calcul numérique au calcul algébrique : en nous basant sur des exemples numériques
et les propriétés des nombres, nous donnons du sens à l’écriture algébrique; nous con-
struisons des formules et nous élaborons les règles de calcul algébrique qui, à leur tour,
permettent la résolution d’équations et d’inéquations (chapitre 5).
De la géométrie des figures à la géométrie des coordonnées : nous décrivons le passage
d’objets géométriques tels que points, droites, cercles et paraboles à leur caractérisation
numérique ou algébrique (chapitre 8).
Des grandeurs variables aux classes de fonctions numériques : à partir de la dépendance
entre des grandeurs variables, nous construisons progressivement le concept de fonction
numérique décrite à l’aide de tableaux, de graphiques et de formules. Nous présentons les
outils qui permettent d’étudier ensuite des fonctions par familles (chapitre 9).
Les chapitres relatifs au théorème de Pythagore (7), à la statistique descriptive (10), aux
vecteurs (12) et à la géométrie de l’espace (13) viennent compléter ce référentiel.
Cet ouvrage est le fruit des recherches menées depuis vingt-cinq ans par le GEM, Groupe
d’Enseignement de Mathématique fondé par Nicolas Rouche en 1977 et constitué d’ensei-
gnants de mathématiques de la maternelle à l’université ainsi que de formateurs d’ensei-
gnants.
Les six auteurs sont membres du GEM et assurent des formations continuées d’ensei-
gnants.
ANNE CHEVALIER, licencée en mathématiques et titulaire d’un Diplôme d’Études Approfon-
dies en histoire des sciences, a enseigné dans le secondaire général et le
supérieur pédagogique et est formatrice d’enseignants;
DANIELLE DEGEN, licenciée en mathématiques, est enseignante dans le secondaire général;
CHRISTINE DOCQ, licenciée en mathématiques et docteur en didactique des mathématiques,
est enseignante dans l’enseignement supérieur;
MARIZA KRYSINSKA, licenciée en mathématiques et titulaire d’une maîtrise en mathématiques
appliquées, est enseignante dans le secondaire général et doctorante en
didactique des mathématiques;
GINETTE CUISINIER, licenciée en physique, est enseignante dans le secondaire technique;
CHRISTIANE HAUCHART, licenciée en mathématiques et docteur en didactique des mathémati-
ques, est enseignante à l’université et formatrice d’enseignants.
Les auteurs remercient les membres du GEM pour leurs encouragements amicaux et les
membres de leur entourage pour leur soutien quotidien.
6 Avant-propos
Guide de lecture pour les élèves
Ce livre vous est destiné : il contient une théorie des mathématiques rencontrées de la 1re
à la 4e année secondaire.
Nous avons choisi de présenter cette théorie par thèmes tels que les nombres, l’algèbre,
la géométrie des figures planes, les fonctions,... plutôt que par année d’étude.
De cette façon, vous pourrez découvrir les liens tissés à l’intérieur de chaque thème et
entre les matières.
Nous avons voulu vous expliquer les objets mathématiques et leurs propriétés dans notre
langue, le français. C’est la raison pour laquelle ce référentiel contient plus de texte que
ce qu’on s’attend à trouver dans un livre de mathématiques.
Voici quelques indications qui vous guideront dans votre lecture.
• Si vous cherchez un thème, vous pouvez consulter la table des matières.
Si vous cherchez un mot-clé, vous pouvez consulter l’index alphabétique.
• Auprès de certains nouveaux termes mathématiques, vous trouverez
• leur étymologie : leur origine dans des langues anciennes peut vous aider à
mieux en comprendre le sens;
• la comparaison avec leur emploi dans notre langage quotidien.
• Vous rencontrerez des notices historiques qui vous montrent où, quand et comment
certaines matières se sont construites.
• A l’intérieur des chapitres,
• chaque nouveau mot mathématique est écrit en vert et en italique;
• chaque définition est écrite en vert;
• par contraste, chaque propriété est rédigée sur un fond légèrement vert.
• Vous trouverez souvent des renvois à d’autres sections ou chapitres du livre : cela
signifie que nous nous appuyons à cet endroit sur des définitions ou des propriétés
développées ailleurs.
• Les parties de textes écrits en plus petits caractères ne sont pas indispensables lors
de la première lecture : ce sont des compléments.
• La matière du 2e degré (3e et 4e années) est distinguée de celle du 1er degré
(1re et 2e années) par la présence d’une bande verticale verte sur le bord des pages.
Nous espérons non seulement que ce livre vous sera utile et agréable mais aussi qu’il vous
permettra de découvrir que les mathématiques peuvent être passionnantes.
Les auteurs
5. Nombres réels
1 Nombres naturels
Les nombres comme un, deux, trois, quatre,..., nonante neuf, cent, cent un,... sont appelés nombres
naturels ou entiers naturels, ou encore plus simplement naturels.
Ils servent à « dénombrer », à « compter », à dire « combien » il y a d’objets dans une collection
d’objets. Autrefois, les bergers ont utilisé des « calculi », ce qui signifie en latin « petits cailloux »,
pour vérifier que leurs troupeaux étaient complets.
Ils servent aussi à mesurer des longueurs de segments : on détermine combien de fois un segment
unité peut être reporté le long du segment à mesurer (pour les mesures de longueurs, voir Chap. 14,
section 1.1).
Figure 1
5 Figure 2
10 Chapitre 1
On représente aussi la règle graduée sous forme simplifiée comme à la figure 3b, où la flèche indique
le sens qui va des plus petits nombres vers les plus grands. On l’appelle dorénavant droite graduée.
unité de mesure
* 1 2 3 4 5 6 7 …
* 1 2 3 4 5 6 7 …
a) b) Figure 3
Base 10
Ce système comporte dix symboles : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, appelés chiffres. Pour comprendre
comment fonctionne ce système, regardons un exemple.
Quand on écrit 7 659 dans notre système, cela signifie
7 milliers +6 centaines +5 dizaines +9 unités.
Le chiffre 7 indique le nombre de milliers, le chiffre 6 le nombre de centaines, le chiffre 5 le nombre
de dizaines et le chiffre 9 le nombre d’unités.
En base 10, les unités aux différents rangs sont les unités, les dizaines, les centaines, les milliers,...
Pour faire une dizaine, il faut disposer de 10 unités,
une centaine, il faut disposer de 10 dizaines,
un millier, il faut disposer de 10 centaines.
Pour écrire un nombre, on peut utiliser un tableau qui porte le nom d’abaque (tableau 1) :
• la première ligne du tableau indique les unités aux différents rangs : unités, dizaines, cen-
taines, milliers,...
• la deuxième ligne indique de combien d’unités, de dizaines, de centaines, de milliers... le nom-
bre est constitué :
... milliers centaines dizaines unités
... 7 6 5 9
Tableau 1
Nombres 11
L’écriture en base 10 d’un nombre est appelée écriture décimale de ce nombre.
Nous rencontrons fréquemment des objets qui renvoient à un système de numération dans d’autres
bases que la base 10. Observons par exemple la manière dont les horloges circulaires sont graduées
et notre manière de compter le temps.
Pour faire une minute, il faut disposer de 60 secondes,
une heure, il faut disposer de 60 minutes.
On parle par exemple d’une durée de « 54 minutes et 2 secondes ». C’est en base 60 au sens où, une
fois qu’on a un paquet de soixante, on passe à un autre rang. On ne dit pas : « 53 minutes et 62
secondes », mais bien « 54 minutes et 2 secondes ».
Numération de position
Dans notre système, un chiffre a une interprétation différente selon sa position : ainsi les deux
écritures 131 et 311
ne représentent pas les mêmes naturels, et pourtant elles sont faites toutes les deux avec les mêmes
chiffres (deux chiffres 1 et un chiffre 3) !
Le 3 dans l’écriture 131 renvoie au nombre « trente » (il est placé dans le rang des dizaines et doit
être interprété par « 3 dizaines » c’est-à-dire « trente »), tandis que le 3 dans l’écriture 311 renvoie
au nombre « trois cents » (il est placé dans le rang des centaines et doit être interprété par « 3
centaines » c’est-à-dire « trois cents »).
On dit que notre système de numération est positionnel ou de position.
7+5
5+7 Figure 4
12 Chapitre 1
Si on met bout à bout deux segments, l’un de longueur 5 et l’autre de longueur 7 (dans une unité
donnée), on obtient un nouveau segment de longueur 12 (figure 4).
Cette longueur totale est appelée la somme de 5 et de 7, et on écrit
7 + 5 = 12 = 5 + 7.
* 3 8 É
* …
5 É
*
* …
b c
a) b) Figure 5
Quels que soient les deux naturels qu’on se donne, on peut calculer leur somme. On dit alors qu’on
les additionne.
Les nombres que l’on additionne sont les termes de l’addition.
Remarquons que si à un naturel, on en ajoute un autre1 , la somme est un nombre plus grand
que chacun des deux naturels de départ. Ainsi, dans le contexte des nombres naturels, ajouter un
nombre revient à augmenter.
1.3.2 Propriétés
Commutativité
Lorsqu’on écrit 7 + 5 au lieu de 5 + 7, la somme ne change pas : elle vaut 12 dans les deux cas.
Si on pense au nombre d’objets obtenus quand on rassemble deux collections en une seule, on réalise
qu’il revient au même de prendre les objets de la première et d’y ajouter ceux de la deuxième, ou
de prendre ceux de la deuxième et d’y ajouter ceux de la première : le nombre total de la nouvelle
collection est le même dans les deux cas !
1 différent de zéro
Nombres 13
Peu importe si on on place un segment de longueur 5 à l’extrémité droite d’un segment de longueur
7 ou bien un segment de longueur 7 à l’extrémité droite d’un segment de longueur 5 : la longueur
obtenue pour le nouveau segment est 12 dans les deux cas (figure 4).
Changer l’ordre des termes dans l’addition de deux nombres naturels ne modifie pas la somme :
7 + 5 = 5 + 7.
Cette propriété observée pour 7 et 5 est valable quels que soient les naturels qu’on se donne.
L’addition des naturels est commutative.
Le mot « commuter » vient du latin et signifie « déplacer avec » : quand on commute deux termes
dans une somme, on échange leur place.
Associativité
Il arrive fréquemment qu’on doive additionner plus de deux naturels. On peut se demander si la
façon dont on les associe importe pour la somme.
Lorsqu’on écrit (3 + 4) + 5, on indique par les parenthèses qu’on commence le calcul par (3 + 4). Et
lorsqu’on écrit 3 + (4 + 5), on indique, au contraire, qu’on commence par (4 + 5).
La figure 6 illustre cette propriété dans le contexte de longueurs de deux segments : les segments
correspondant à (3 + 4) + 5 et à 3 + (4 + 5) ont la même longueur.
3+4
(3 + 4) + 5
4+5
3 + (4 + 5) Figure 6
Grouper différemment les termes d’une addition ne modifie pas leur somme :
(3 + 4) + 5 = 3 + (4 + 5).
Cette propriété observée pour les nombres 3, 4 et 5 est valable quels que soient les trois naturels
qu’on se donne.
L’addition des naturels est associative.
Le terme « associé » vient des deux mots latins « ad », qui signifie « avec » et « socius » qui signifie
« partenaire, compagnon ». Il désigne « qui tient compagnie, qui est proche ».
Puisque la façon de grouper les termes n’a pas d’effet sur le résultat, on convient d’écrire indiffé-
remment cette somme avec ou sans parenthèses :
(3 + 4) + 5 = 3 + (4 + 5) = 3 + 4 + 5.
14 Chapitre 1
Utilisation dans des calculs
On se sert fréquemment de l’associativité et de la commutativité de l’addition pour faciliter les
calculs. Par exemple :
3 + 129 + 297 = 3 + (129 + 297) = 3 + 297 + 129 (commutativité)
= (3 + 297) + 129 = 300 + 129 = 429 (associativité).
Pour ajouter par exemple 101 à un nombre, on lui ajoute d’abord 100, puis on ajoute 1 au résultat :
3258 + 101 = 3258 + (100 + 1) = (3258 + 100) + 1 = 3359 (associativité).
Remarques
a) Alors que 7 + 4 = 4 + 7, on ne peut rien écrire d’analogue avec 7 − 4 et 4 − 7, car 7 − 4 est un
naturel, tandis que 4 − 7 n’a pas de sens ici : la soustraction des naturels n’est pas commutative.
b) Rappelons que des parenthèses indiquent, dans un calcul où il faut effectuer plusieurs opérations,
quelle opération on effectue d’abord. Ainsi, quand on écrit (17 − 9) − 2, on indique qu’on effectue
d’abord 17 − 9. Tandis que, quand on écrit 17 − (9 − 2), on indique qu’on effectue d’abord 9 − 2.
On observe que, par exemple,
(17 − 9) − 2 = 17 − (9 − 2),
puisque (17 − 9) − 2 = 6, tandis que 17 − (9 − 2) = 10. Et donc, la soustraction des naturels n’est pas
associative.
2 différent de zéro
Nombres 15
1.4.2 Introduction et rôle du zéro
Regardons la différence de deux naturels identiques, comme 7 − 7.
D’une part, si on enlève 7 objets d’une collection de 7 objets, il ne reste plus rien. Cherchons quel
nombre naturel traduirait ce « rien ». Les seuls naturels à notre disposition jusqu’ici sont 1, 2, 3, 4,...
D’autre part, les règles graduées (figure 8) positionnent 7 − 7 en face du signe ∗ et il en irait de
même avec un autre nombre que 7. Aucun naturel n’est associé jusqu’ici à la position ∗ de la règle
graduée.
7Ð7 * ˜ É
É ˜ *
Figure 8
La différence d’un naturel avec lui-même, comme 7 − 7, est un nouveau naturel appelé zéro et
noté 0.
Le naturel 0 représente dorénavant le « nombre d’objets d’une collection qui ne contient aucun
objet » et correspond à la position ∗ de la règle graduée.
Le naturel 0 est plus petit que n’importe quel autre naturel.
On a 7 + 0 = 7.
De manière générale, ajouter 0 à un nombre ne modifie pas ce nombre.
On a 7 − 0 = 7.
De manière générale, soustraire 0 d’un nombre redonne ce nombre.
16 Chapitre 1
Soustraire une différence de deux termes revient
• à soustraire le premier terme d’abord,
• puis à ajouter le second au résultat.
a) b) Figure 9
1.5.2 Propriétés
Commutativité
Par définition, la multiplication satisfait la propriété suivante.
Changer l’ordre des facteurs dans une multiplication ne modifie pas le produit :
2 × 3 = 3 × 2.
Cette propriété, observée dans le cas particulier où les facteurs sont 2 et 3, est valable pour n’im-
porte quels nombres naturels.
La multiplication des naturels est commutative.
Associativité
Il arrive fréquemment que l’on doive multiplier plus de deux nombres. On utilise alors des paren-
thèses pour indiquer quels nombres on multiplie d’abord.
Par exemple, d’une part 5 × (4 × 3) = 5 × 12 = 60,
et d’autre part (5 × 4) × 3 = 20 × 3 = 60.
Nombres 17
Les résultats ne dépendent pas de la manière d’associer les nombres.
La figure 10 montre un solide constitué de 60 cubes unités. On peut le voir comme constitué
3 3
4 4
5 5
a) b) Figure 10
Grouper différemment les termes d’une multiplication ne modifie pas leur produit :
5 × (4 × 3) = (5 × 4) × 3.
Cette propriété observée pour les nombres 3, 4 et 5 est valable quels que soient les trois naturels
qu’on se donne.
La multiplication des naturels est associative.
Puisque la façon de grouper les facteurs n’a pas d’effet sur le résultat, on convient d’écrire indiffé-
remment ce produit avec ou sans parenthèses :
5 × (4 × 3) = (5 × 4) × 3 = 5 × 4 × 3.
Rôle du 1
On a 3 × 1 = 1 × 3 = 1 + 1 + 1 = 3.
Ce résultat, observé dans le cas particulier où un des facteurs est le naturel 3, est vrai quel que
soit le naturel qu’on se donne.
Lorsqu’on multiplie un nombre naturel par 1, on retrouve ce naturel.
Rôle du 0
Par définition, on a 0 × 3 = 3 × 0 = 0 + 0 + 0 = 0.
Ce résultat, observé dans le cas particulier où un des facteurs est le naturel 3, est vrai quel que
soit le naturel qu’on se donne.
Lorsqu’on multiplie un naturel par 0, on obtient 0.
495 × 300 = 495 × (3 × 100) = (495 × 3) × 100 = 1485 × 100 = 148500 (associativité).
18 Chapitre 1
1.6 Distributivité de la multiplication par rapport à l'addition
a) On observe à la figure 11a que l’aire du grand rectangle est aussi la somme des aires des deux
petits rectangles, ce qui se traduit par
(6 + 4) × 3 = (6 × 3) + (4 × 3) ou encore 10 × 3 = 18 + 12.
18 carrés 12 carrés 3 3
6 4 10 – 4 4
10
a) b) Figure 11
On a de même : 3 × (6 + 4) = (3 × 6) + (3 × 4).
On a (6 + 4) × 3 = (6 × 3) + (4 × 3) et 3 × (6 + 4) = (3 × 6) + (3 × 4).
Ces résultats, observés dans le cas particulier des nombres 6, 4 et 3, sont valables quels que soient
les trois naturels qu’on se donne.
Pour multiplier une somme par un naturel, il suffit de multiplier chacun des termes par ce naturel
et d’additionner ensuite les produits obtenus.
La multiplication est distributive par rapport à l’addition.
b) On observe à la figure 11b que l’aire du rectangle de gauche est aussi l’aire du grand rectangle
dont on soustrait l’aire du rectangle de droite, ce qui se traduit par
(10 − 4) × 3 = (10 × 3) − (4 × 3).
On a de même
3 × (10 − 4) = (3 × 10) − (3 × 4).
1.7 Puissances
1.7.1 Définitions
Lorsqu’on a un produit de facteurs identiques, on convient de l’écrire sous une forme abrégée. Par
exemple,
5 × 5 × 5 × 5 = 54 .
Cette écriture 54 se lit « 5 exposant 4 » ou encore « 5 puissance 4 ».
Nombres 19
Le nombre 4 est l’exposant de 5, il indique le nombre de facteurs identiques.
Le nombre 5 est la base de la puissance.
Ce que nous venons de convenir pour 5 et 4 est valable pour n’importe quels nombres naturels,
l’un pris comme base et l’autre comme exposant.
Le mot « exposant » vient du latin « exponere », qui signifie « poser dehors ». R. Descartes (1596-
1650) fut un des premiers, dans son ouvrage La géométrie, à utiliser cette notation d’exposant.
Une expression telle que 32 peut se lire aussi « 3 au carré ». La figure 12a montre l’origine de cette
locution : il y a 32 , c’est-à-dire 9 carrés unités, dans un carré dont le côté mesure 3 unités.
De même, 23 peut se lire aussi « 2 au cube ». L’origine de cette locution est aussi géométrique, comme
le montre la figure 12b : il y a 23 , c’est-à-dire 8 cubes unités, dans un cube dont le côté mesure 2
unités.
32 = 9 23 = 8
a) b) Figure 12
Exposant 0, exposant 1
Cherchons quel sens donner à des expressions comme 50 et 51 où l’exposant est 0 ou 1.
Lorsqu’on calcule les puissances successives de 5, on obtient la suite de nombres
25, 125, 625, 3125, 15 625, 390 625
qui croît très vite (tableau 2).
exposants 2 3 4 5 6 7
2 3 3 5 6 8
puissances de 5 5 = 25 5 = 125 5 = 625 5 = 3125 5 = 15625 5 = 390625
5 5 5 5 5
Tableau 2
Dans le tableau 2, chaque fois que l’exposant augmente de 1, la puissance est multipliée par 5,
autrement dit chaque fois que l’exposant diminue d’une unité, la puissance est divisée par 5. Ceci
suggère de prolonger le tableau vers la gauche (tableau 3).
On convient ainsi que
51 = 5 et 50 = 1.
Dans ces cas particuliers de 51 et 50 , les puissances ne sont plus des produits de facteurs tous égaux
à 5.
–1 –1 –1 –1 –1
exposants 0 1 2 3 4 5
0 1 2 3 4 5
puissances 5 =1 5 =5 5 = 25 5 = 125 5 = 625 5 = 3125
:5 :5 :5 :5 :5
Tableau 3
Cette définition, expliquée ci-dessus dans le cas où la base est 5, est maintenue pour n’importe quel
entier naturel non nul :
20 Chapitre 1
1.7.2 Propriétés
Produit de puissances
Considérons le produit 34 × 32 . On a
34 × 32 = (3 × 3 × 3 × 3) × (3 × 3) = 3 × 3 × 3 × 3 × 3 × 3 = 36 = 34+2 .
Pour multiplier des puissances de même base, on conserve la base et on additionne les exposants.
Pour élever une puissance à une puissance, on conserve la base et on multiplie les exposants.
Pour élever un produit à une puissance, on élève chaque facteur à cette puissance.
a) b) Figure 13
Nombres 21
Les significations que nous venons de donner à la division de 15 par 3 peuvent être généralisées à
d’autres naturels3 .
5 5 5
15
Figure 14
5 5 5 5 5 5 5
a) b) Figure 15
Remarques
a) Alors que 12 × 3 = 3 × 12, on ne peut rien écrire d’analogue pour 12 : 3 et 3 : 12. En effet, 12 : 3 est
le naturel 4, tandis que 3 : 12 n’a pas de sens. Partager 3 objets entre 12 personnes n’a pas de sens.
Il n’est donc pas question de commutativité pour la division. La division n’est pas commutative.
b) On a, par exemple, (24 : 6) : 3 = 24 : (6 : 3).
Et donc, la division n’est pas associative.
c) Intéressons-nous à la signification du quotient de 15 par 0. Par définition, ce serait un naturel qui,
multiplié par 0 donnerait 15. Il est impossible de trouver un tel nombre, car on sait que le produit
d’un naturel par 0 est 0 (section 1.5.2). Donc, la division par 0 n’a pas de sens.
3 autres que 0
4 différent de 0
22 Chapitre 1
1.8.3 Division de 0 par un naturel
On a, par exemple, 0:5=0 car 0 = 5 × 0 = 0 × 5.
Dorénavant une expression comme 2 + 3 × 5 signifie qu’on multiplie d’abord 3 et 5, et qu’on ajoute
ensuite ce résultat à 2.
S’il n’y a pas de parenthèses, on effectue d’abord les puissances, puis les multiplications et divisions,
puis les additions et soustractions.
Ainsi, les parenthèses servent uniquement à indiquer un autre ordre que celui-des priorités. Par
exemple, pour indiquer qu’on veut additionner 2 et 3, et multiplier ensuite la somme par 5, on
écrit :
(2 + 3) × 5.
36
Figure 16
Nombres 23
Un nombre est multiple d’un naturel s’il peut s’obtenir en multipliant ce naturel par un autre.
N’importe quel naturel possède une infinité de multiples.
Figure 17
Un naturel est diviseur d’un autre, si la division du deuxième par le premier n’a pas de reste.
Quand un naturel est diviseur d’un autre, on dit aussi qu’il divise cet autre.
5 non nuls
24 Chapitre 1
!
8
"
3
!
"
48
Figure 18
Les nombres pairs sont les multiples de 2, c’est-à-dire les nombres qui sont le double d’un certain
naturel.
En effet,
2 est le double de 1, c’est-à-dire 2=1×2=2×1
4 est le double de 2, c’est-à-dire 4=2×2
6 est le double de 3, c’est-à-dire 6=2×3=3×2
8 est le double de 4, c’est-à-dire 8=2×4=4×2
...
Remarquons que 0 fait partie des nombres pairs puisqu’il est le double du naturel 0 :
0 = 2 × 0 = 0 × 2.
Les nombres pairs constituent l’ensemble des multiples de 2, noté
Mult 2 = {0, 2, 4, 6, 8, ...}.
On peut exprimer le fait qu’un naturel est pair de diverses façons équivalentes :
• il est multiple de 2,
• il est le double d’un certain naturel,
• il est divisible par 2,
• la division de ce nombre par 2 ne possède pas de reste,
• 2 divise ce nombre.
La figure 19 illustre les nombres pairs dans le contexte des segments. Chacun correspond à la
graduation obtenue en reportant 0, 1, 2, 3,... fois un segment de longueur 2.
# " ! 8 # É Figure 19
Nombres 25
La figure 20 montre les nombres pairs dans le contexte des aires de rectangles : chaque nombre pair
(à part 0) est le nombre de carrés unités d’un rectangle dont un des côtés mesure 2 et l’autre côté
mesure 1, ou 2, ou 3, ou 4...
Figure 20
Nous connaissons bien aussi les nombres impairs : 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15,...
Multiples de 3
Les nombres 0, 3, 6, 9, 12, 15, 18,... fournis par la table de multiplication par 3 sont les multiples
de 3.
Appliquons ce critère aux nombres 4549 et 429, par exemple, pour savoir s’ils sont multiples de 3.
La somme 4 + 5 + 4 + 9 = 22 des chiffres de 4549 n’est pas multiple de 3. Donc, selon le critère
énoncé, 4549 n’est pas multiple de 3.
Par contre, la somme 4 + 2 + 9 = 15 des chiffres de 429 est multiple de 3. Donc le nombre 429 est
divisible par 3.
Le critère semble tenir de la magie. Voyons qu’il n’en est rien et que nous pouvons le comprendre.
Tout se passe comme si, du point de vue de la divisibilité par 3, il revenait au même d’étudier
429 ou 4 + 2 + 9.
Expliquons pourquoi. Souvenons-nous que l’écriture décimale 429 décimale traduit l’égalité
429 = 4 × 100 + 2 × 10 + 9 × 1.
En faisant apparaître dans 100, le multiple de 3 qui en est le plus proche, 99, et dans 10, le multiple
de 3 qui en est le plus proche, 9, on a :
429 = 4 × (99 + 1) + 2 × (9 + 1) + 9 × 1
= (4 × 99) + (2 × 9) + (4 + 2 + 9)
En considérant 4 + 2 + 9 au lieu de 429, on néglige en fait (4 × 99) + (2 × 9), ce qui n’est pas grave
puisque c’est un multiple de 3.
26 Chapitre 1
De manière analogue, quand, au lieu d’étudier la divisibilité par 3 de 4549, on étudie celle de
4 + 5 + 4 + 9 = 22, on néglige (4 × 999) + (5 × 99) + (4 × 9), ce qui n’est pas gênant puisque c’est un
multiple de 3.
Multiples de 5
Les nombres 0, 5, 10, 15, 20, 25,... fournis par la table de multiplication par 5 sont les multiples de 5.
Multiples de 10
Les nombres 0, 10, 20, 30, 40, 50,... fournis par la table de multiplication par 10 sont les multiples
de 10.
On peut tous les écrire sous la forme 0 × 10, 1 × 10, 2 × 10, 4 × 10, 5 × 10, 6 × 10,...
1.10.3 Propriétés
Propriété 1
Considérons les naturels 6, 12 et 48.
D’une part, 6 divise 12 : le segment de longueur 12 peut s’obtenir en reportant 2 fois le segment de
longueur 6 (figure 21a).
D’autre part, 12 divise 48 : le segment de longueur 48 peut s’obtenir en reportant 4 fois le segment
de longueur 12 (figure 21b).
Dès lors, le segment de longueur 48 peut s’obtenir en reportant 8 fois le segment de longueur 6
(figure 21c), et donc 6 divise aussi 48.
On peut formuler ce résultat en termes de muliples :
• d’une part, 48 est multiple de 12 (figure 21b),
• d’autre part, 12 est multiple de 6 (figure 21a),
• dès lors, 48 est aussi multiple de 6 (figure 21c).
!
a)
b)
48
!
c)
48 Figure 21
Ce résultat observé pour les trois naturels 6, 12 et 48 se généralise. Voici trois manières de l’exprimer :
Nombres 27
Si un naturel en divise un autre, et que cet autre en divise un troisième, alors le premier divise
aussi le troisième.
Si un naturel est multiple d’un autre, et que cet autre est multiple d’un troisième, alors le premier
est multiple du troisième.
Si un nombre en divise un autre, alors il divise aussi n’importe quel multiple de cet autre.
Propriété 2
Considérons un naturel qui en divise deux autres : par exemple 3 qui divise à la fois 6 et 15.
Puisque 3 divise 6, on peut obtenir le segment de longueur 6 en reportant 2 fois le segment de
longueur 3 (figure 22a).
Puisque 3 divise 15, on peut obtenir le segment de longueur 15 en reportant 5 fois le segment de
longueur 3 (figure 22b).
La somme 6 + 15 = 21 est la longueur du segment obtenu en mettant bout à bout le segment de
longueur 6 et celui de longueur 15. La figure 22c montre qu’il peut lui aussi s’obtenir en reportant
7 fois le segment de longueur 3.
3
a)
!
3
b)
15
3
c)
6 + 15 = 21 Figure 22
Ce résultat, observé sur les trois naturels 3, 6 et 15 se généralise. Voici deux manières de l’exprimer.
Propriété 3
On peut montrer de manière analogue la propriété suivante.
28 Chapitre 1
Quand un nombre premier est un facteur d’un produit, on parle de facteur premier ou de diviseur
premier : ainsi, à propos du produit
24 = 3 × 8,
on dit que 3 est facteur premier du produit 24.
Tout nombre peut s’écrire de manière unique comme un produit de facteurs premiers.
Nombres 29
TREILLIS DE 48
Attribuons une direction à chacun de ces facteurs premiers : par exemple (figure 23)
3 6 12 24 48
1 2 4 8 16
2 Figure 23
Le représentation en treillis montre que n’importe quel diviseur de 48 peut s’obtenir à partir de 1,
par des multiplications par 2 ou 3.
Elle montre aussi que, pour atteindre 48 en partant de 1, on doit se déplacer 4 fois vers la droite et
une fois vers le haut. Cela peut se faire de plusieurs manières : plusieurs chemins mènent à 48. Mais
tous correspondent à multiplier 4 fois par 2, et 1 fois par 3.
TREILLIS DE 120
15 30 !# #
3 ! "
5
3 5 # # "#
" 8
Figure 24
120 = 23 × 3 × 5.
On attribue une direction à chacun de ces facteurs : par exemple, de gauche à droite, pour 2 ; de bas
en haut pour 3 et d’avant en arrière pour 5.
On peut atteindre 120 en partant de 1 en suivant différents chemins, mais tous correspondent à
multiplier 3 fois par 2, 1 fois par 3 et 1 fois par 5.
Div 120 = {1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 20, 24, 30, 40, 60, 120}.
30 Chapitre 1
1.10.6 Diviseurs communs et plus grand commun diviseur
Un naturel qui est à la fois diviseur de 48 et de 120 est un diviseur commun de 48 et de 120.
Comme Div 120 = {1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 20, 24, 30, 40, 60, 120}
et Div 48 = {1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 16, 24, 48},
les diviseurs communs de 48 et 120 sont les naturels 1, 2, 3, 4, 6, 8, 12 et 24. Le plus grand d’entre
eux est 24.
Quand deux naturels donnés ont des diviseurs communs différents du naturel 2, le plus grand
d’entre eux est appelé le plus grand commun diviseur de ces deux naturels.
Il est noté p.g.c.d.
Un naturel qui est à la fois multiple de 15 et multiple de 36 est un commun multiple de 15 et de 36.
Les communs multiples de 15 et de 36 sont les nombres 0, 180, 360, 540, ...
Il y en a une infinité.
Parmi les communs multiples non nuls de deux naturels donnés, le plus petit d’entre eux est appelé
le plus petit commun multiple de ces deux naturels.
Il est noté p.p.c.m.
Nombres 31
2 Nombres entiers
Dans la section précédente, nous avons étudié les nombres naturels. Ici, nous considérons de nou-
veaux nombres : les entiers négatifs.
Les nombres négatifs peuvent intervenir lorsqu’on parle de températures, de comptes bancaires,
d’ascenseurs, de niveaux sur les cartes de géographie,...
On les utilise chaque fois que l’échelle des mesures possède un point de repère bien précis qui est
choisi comme zéro et que l’on doit descendre en-dessous de zéro. Ainsi pour les températures, le zéro
degré Celsius indique la température qu’il fait lorsque l’eau devient glace et les nombres négatifs
mesurent des températures en dessous de ce zéro; pour les altitudes, le zéro indique qu’on est au
niveau de la mer et les négatifs expriment l’altitude des profondeurs marines; dans un ascenseur,
le zéro correspond au niveau du rez de chaussée et les nombres négatifs indiquent des niveaux
en-dessous du rez-de-chaussée.
De telles grandeurs (comme la température, l’altitude, le niveau par rapport au rez-de-chaussée,...)
sont dites orientées.
Les entiers positifs et négatifs rassemblés constituent ce qu’on appelle les nombres entiers ou plus
brièvement les entiers.
En mathématique, les nombres négatifs permettent de fournir un résultat à toutes les soustractions
de deux entiers naturels, même lorsque le nombre qu’on soustrait est le plus grand de deux, comme
dans 8 − 12, ou 0 − 2.
… –4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 … Figure 25
A chaque naturel, on associe un nombre appelé son opposé de telle sorte que les graduations d’un
naturel et de son opposé soient symétriques par rapport à 0.
Les nombres comme ..., −4, −3, −2, −1, qui sont chacun l’opposé d’un entier positif, sont les entiers
négatifs.
32 Chapitre 1
Ainsi, les entiers négatifs ..., −4, −3, −2, −1 correspondent aux graduations qui apparaissent à
gauche du zéro et les entiers naturels 1, 2, 3, 4, 5, ... à celles qui apparaissent à droite du zéro sur la
droite graduée.
Le nombre 0 est le seul nombre qui correspond à son propre symétrique.
Les entiers négatifs et positifs pris ensemble sont les nombres entiers, ou encore les entiers.
On dit que le signe d’un entier naturel est positif, et que le signe d’un entier négatif est négatif.
Deux entiers de même signe sont disposés du même côté du 0 sur la droite graduée.
Deux entiers de signes différents sont disposés de part et d’autre du zéro sur la droite graduée.
A chaque entier, positif ou négatif, on associe un nombre, appelé son opposé, disposé de telle sorte
que les graduations d’un entier et de son opposé soient symétriques par rapport à 0 sur la droite
graduée.
On désigne l’opposé d’un entier en écrivant un signe « − » devant l’écriture de cet entier. Ainsi par
définition,
• l’opposé de l’entier positif 3 est l’entier négatif −3,
• l’opposé de l’entier négatif −3 est l’entier positif 3, ce qui se note −(−3) = 3.
On désigne la valeur absolue d’un nombre au moyen de deux barres verticales autour de l’écriture
du nombre.
Puisqu’une distance est un nombre positif, la valeur absolue de n’importe quel nombre est un nom-
bre positif. Ainsi, par exemple (figure 26),
• la valeur absolue de 3 est 3, ce qui se note |3| = 3,
• la valeur absolue de −3 est 3, ce qui se note | − 3| = 3.
Ð3 3
Ð3 # 3 Figure 26
Nombres 33
2.1.4 Ordre et nombres entiers
Nous avons défini un ordre entre deux naturels (section 1.1). Etendons cette définition à tous les
nombres entiers.
Entre deux nombres entiers, celui qui est positionné le plus à gauche sur la droite graduée est le
plus petit.
On garde les mêmes notations « < » et « > » que pour les naturels.
La figure 27a montre que −3 se positionne à gauche de 2 sur la droite graduée : −3 est donc plus
petit que 2, ce qu’on note −3 < 2.
La figure 27b montre que −2 se positionne à gauche de −1 sur la droite graduée : −2 est donc plus
petit que −1, ce qu’on note −2 < −1
–3 0 2 –2 –1 0
a) b) Figure 27
Nous avons vu comment construire la somme de deux naturels en utilisant deux règles graduées par
les naturels (section 1.3). On procède de la même façon pour construire la somme de deux entiers
quelconques.
La figure 28 montre comment obtenir la somme 3 + (−5) à l’aide des règles graduées.
Lire le rsultat: d a
Ð 2 = 3 + (Ð5) Reprer le 3
É Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 0 2 3 " É
É Ð6 Ð5 Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 0 3 " É
c b Positionner le 0
Reprer le Ð5 en face du 3 Figure 28
La figure 29a montre sous forme schématique comment trouver la somme 3 + (−5), et la figure
29b, la somme −5 + 3.
3 + (–5) = – 2 –5 + 3 = – 2
–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 –5 –4 –3 –2 –1 0 1
–6 –5 –4 –3 –2 –1 0 0 1 2 3 4 5 6
a) b) Figure 29
34 Chapitre 1
Ces figures montrent aussi que
3 + (−5) = −5 + 3 = −2
On observe de même à la figure 30b qu’ajouter l’entier négatif −5 à un nombre revient à repérer
la position de ce nombre et à se déplacer ensuite de 5 unités vers la gauche.
–5 –2 –2 0 3
–5+3=–2 3 + (– 5) = – 2
a) b) Figure 30
La figure 31 montre que si les deux termes sont de même signe, la somme a le même signe que ces
deux termes.
+5 + (– 5)
0 3 8 –8 –3 0
3+5=8 – 3 + (– 5) = – 8
a) b) Figure 31
La figure 32 illustre la situation quand les deux termes sont de signes contraires : la somme a le
signe de celui des deux termes qui a la plus grande valeur absolue.
+1 + (Ð 2)
a)
3 + (Ð 2) = 1
0 3
+3 Ð2
b)
Ð5+3=Ð2
Ð5 Ð2 #
+ (Ð 5)
c)
3 + (Ð 5) = Ð 2
Ð2 0 3
Ð2 +3
+6
d)
Ð5+6=1
Ð5 #
+1
Ð5 Figure 32
Nombres 35
2.2.2 Règle d'addition
2.2.3 Propriétés
Commutativité
Nous savons que l’addition de deux naturels est commutative (section 1.3.2).
Nous avons observé que 3 + (−5) = −5 + 3 = −2.
Le schéma de la figure 32c illustre la somme 3 + (−5) : à partir de 0, cela revient à « avancer de 3 »,
puis « reculer de 5 ».
Le schéma de la figure 32b illustre la somme −5 + 3 : à partir de 0, cela revient à « reculer de 5 »,
puis « avancer de 3 ».
Changer l’ordre des termes dans l’addition de deux entiers ne modifie pas la somme :
3 + (−5) = (−5) + 3.
Cette propriété observée pour 3 et (−5) est valable quels que soient les entiers qu’on se donne.
L’addition des entiers est commutative.
Associativité
Nous savons que l’addition de naturels est associative (section 1.3.2).
On peut vérifier que la propriété reste vraie pour l’addition d’entiers. Cela traduit le fait que quand
on enchaîne trois mouvements (qu’ils soient du type « reculer » ou « avancer »), la position finale
est la même quel que soit l’ordre dans lequel on les enchaîne.
Grouper différemment les termes d’une addition ne modifie pas leur somme :
[3 + (−4)] + 5 = 3 + [(−4) + 5].
Cette propriété énoncée pour les trois entiers 3, −4 et 5, est valable quels que soient les trois
entiers qu’on se donne.
L’addition des entiers est associative.
Rôle du zéro
On sait qu’ajouter 0 à un naturel ne modifie pas ce naturel (section 1.4.2).
On a −7 + 0 = −7 et 0 + (−7) = −7.
Cette propriété énoncée pour −7 est valable quel que soit l’entier qu’on se donne.
Ajouter 0 à un nombre ne modifie pas ce nombre.
36 Chapitre 1
Addition de deux opposés
Avec la commutativité, l’associativité et le rôle du zéro, on a les mêmes propriétés que pour l’addition
des entiers naturels. Mais quand on passe des naturels à tous les entiers (positifs et négatifs), une
nouvelle propriété apparaît. La figure 33 montre que la somme de 3 et de −3 vaut 0.
+3 + (– 3)
–3 0 0 3
a) b) Figure 33
On a −3 + 3 = 3 + (−3) = 0.
Cette propriété, observée pour 3 et −3, est valable pour n’importe quelle paire d’opposés.
La somme d’un entier et de son opposé est égale à zéro.
–4 –3 –2 –1 0 3 4
Figure 34
L’opposé d’une somme d’entiers, c’est la somme des opposés de ces entiers.
Nombres 37
Soustraire un naturel d’un autre revient à ajouter l’opposé de ce naturel à cet autre.
Remarquons toutefois que le signe « − » qui apparaît dans l’expression 5 − 3 indique qu’on effectue
une soustraction, tandis que le signe « − » qui apparaît dans l’expression 5 + (−3) indique qu’on
prend l’opposé d’un nombre.
38 Chapitre 1
Remarques
a) Les différences 7−2=5 et 2 − 7 = −5
ont toutes les deux un sens dans le contexte des nombres entiers mais elles ne sont pas égales. Donc,
la soustraction n’est pas commutative.
2.3.3 Propriétés
Différence de deux nombres identiques
On a 3−3=0 et −3 − (−3) = −3 + 3 = 0.
La différence d’un entier avec lui-même est égale à 0.
Rôle du zéro
L’opposé d’une différence de deux entiers est la différence de ces entiers, pris dans l’ordre inverse.
Nombres 39
Prolonger des suites de produits
Pour donner du sens à (−3) × (−2), prolongeons une liste de produits connus, tout en conservant
sa régularité.
(−3) × 4 = −12
+3
(−3) × 3 = −9
+3
(−3) × 2 = −6
+3
(−3) × 1 = −3
Passer d’un produit au suivant dans la liste ci-dessus revient à ajouter 3 au produit précédent.
Pour conserver la régularité de cette liste, nous sommes amenés à définir les produits (−3) × 0,
(−3) × (−1), et (−3) × (−1) par
(−3) × 0 = 0
+3
(−3) × (−1) = 3
+3
(−3) × (−2) = 6
Nous savons que le produit de zéro par un naturel est zéro (section 1.5.2). La définition du produit
de deux entiers maintient cette propriété.
2.4.3 Propriétés
Commutativité
La multiplication de deux naturels est commutative (section 1.5.2). La définition du produit de deux
entiers maintient cette propriété de la multiplication pour les entiers.
Changer l’ordre des facteurs dans la multiplication de deux entiers ne modifie pas le produit :
(−3) × (−5) = 15 = (−5) × (−3) et 3 × (−5) = (−5) × 3 = −15.
Cette propriété vérifiée sur les deux exemples ci-dessus est valable quels que soient les deux entiers
qu’on se donne.
La multiplication des entiers est commutative.
40 Chapitre 1
Associativité
On peut vérifier aussi que la multiplication des entiers est associative.
Rôle du 1 et du (−1)
Rôle du zéro
Quand le nombre de facteurs négatifs d’un produit est pair, ce produit est positif.
Quand le nombre de facteurs négatifs d’un produit est impair, alors ce produit est négatif.
Nombres 41
Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition
Comme soustraire un entier revient à additionner son opposé, la soustraction est une addition
particulière. Donc, la multiplication est aussi distributive par rapport à la soustraction, comme
l’illustre l’exemple suivant :
2.5.2 Propriétés
Signe d’une puissance
En utilisant la règle des signes d’un produit de plusieurs entiers, on obtient les propriétés suivantes
pour les puissances.
42 Chapitre 1
2.6 Division
Dans la section consacrée aux naturels, on a défini la division d’un naturel par un autre à l’aide de
la multiplication. Par exemple
15 : 3 = 5 car 15 = 5 × 3 = 3 × 5.
Cette définition de la division s’étend aux entiers.
Tout comme avec les naturels, la quotient d’un entier par 0 n’a pas de sens. Si le quotient (−15) : 0
existait, il devrait être un nombre qui, multiplié par 0, donne −15. Or n’importe quel nombre mul-
tiplié par 0 donne 0, et jamais −15.
3 Nombres rationnels
Les nombres entiers positifs ou négatifs ne suffisent pas à mesurer toutes les grandeurs. On s’ex-
prime aussi avec des expressions comme « un litre et demi », « trois quarts d’heure »,... où « un
demi » et « trois quarts » sont des exemples de fractions.
Dans cette section, nous explorons les contextes dans lesquelles apparaissent les fractions, le sens
qu’il faut leur donner, comment passer des fractions à une nouvelle famille de nombres : les ration-
nels.
Nombres 43
XII
IX
III
VI Figure 35
3.1.2 Mesures
« Un litre et demi », « 1m68 », « deux heures quart » expriment des mesures de grandeurs par rap-
port à une unité choisie (le litre, le mètre, l’heure,...). Pour mesurer une grandeur, on choisit une
unité de mesure et on observe combien de fois on peut reporter l’unité dans la grandeur. Il arrive
qu’on ne puisse pas reporter une grandeur exactement un nombre entier de fois. Alors on doit divi-
ser l’unité en sous-unités; on utilise souvent une sous-graduation en dix parties de l’unité principale
et puis en dix parties de chaque dixième,... Ainsi « 1m68 » signifie 1mètre et 68 centièmes de mètre.
Toutefois, il est possible de sous-graduer en demis, en quarts, en soixantièmes,...
3.1.3 Rapports
Chacune des expressions suivantes traduit un rapport, c’est-à-dire une comparaison entre deux
grandeurs ou entre leurs mesures.
• « L’échelle un vingt-cinq millième » se note 1 : 25000 ou 1/25000 et signifie que 1 cm sur la
carte correspond à 25000 cm ou 250 m sur le terrain.
• « Un Belge sur dix s’est fait vacciner contre la grippe » signifie que sur 10 millions de Belges,
1 million s’est fait vacciner ou encore que le nombre de Belges concernés est au nombre total
de Belges comme 1 est à 10. On parle aussi de « 10% des Belges ».
• On peut prendre le cinquième d’un disque, le vingt-cinquième d’un carré, le tiers d’un segment
(figure 37). L’unité de départ (le disque, le carré, le segment) est une grandeur géométrique.
Figure 37
44 Chapitre 1
• Pour mesurer un dixième de litre ou un quart d’heure, on a besoin d’un objet intermédiaire.
En effet, pour mesurer des fractions d’heure, on gradue un disque parcouru par une aiguille
en une heure. Pour mesurer des fractions de litre, on utilise un cylindre droit d’une capacité
d’un litre qu’on gradue sur sa hauteur. Dans ces exemples, l’unité de départ est une unité de
mesure, comme l’heure ou le litre.
Toute expression du type « un demi », « un tiers », « un quart »,... est appelée fraction unitaire. Elle
exprime qu’on a partagé une unité de départ en un nombre de parts égales et qu’on en considère
une part.
On utilise les notations 12 , 13 , 14 ,... n1 pour désigner les fractions unitaires. Le naturel n du dénomi-
nateur indique le nombre de parts.
• On peut aussi considérer un nombre comme unité de départ. Ainsi, par exemple, prendre un
quart de 24 revient à diviser 24 par 4. On obtient le nombre 6.
:4
24 6
L’opération « prendre un quart de 24 » se note 1
4 de 24 ou 1
4 × 24 (voir section 3.5 pour la définition
de la multiplication).
On décide que prendre un quart de 1 revient à diviser 1 par 4 et se note 1
4 de 1 ou 1
4 × 1.
Le résultat est noté 1
4. :4
1 1
4
3.2.2 Fractions
On rencontre aussi des expressions comme « trois quarts », « sept huitièmes », « cinq tiers »... Re-
gardons deux interprétations de l’expression de « prendre trois quarts d’une grandeur » :
1ère interprétation
• diviser d’abord cette grandeur A en quatre parties égales, ce qui fournit des quarts B (figure
38b);
• prendre ensuite trois parts, c’est-à-dire trois quarts ce qui donne C (figure 38c).
A B C
a) b) c) Figure 38
2ème interprétation
• prendre trois fois la même grandeur A et les considérer comme un tout D (figure 39b);
• diviser cette nouvelle grandeur en quatre parties égales et en prendre une part C (figure 39c).
A
D C
a) b) c) Figure 39
A C
X 3 D :4
Nombres 45
Puisque les deux procédés mènent au même résultat, on a que
trois quarts d’une grandeur
c’est
1 1
3 fois 4 de cette grandeur ou 4 de 3 fois cette grandeur,
3
qu’on note 4 de cette grandeur.
Lorsque la grandeur est un nombre, par exemple 24, le schéma précédent devient
:4 3
6
24 18
3 72 :4
L’opération « prendre trois quarts de 24 » se note 3
4 de 24 ou 4 ×24 (voir section 3.5 pour la définition
3
de la multiplication).
On décide que prendre trois quarts de 1 revient à diviser 3 par 4 et se note 3
4 de 1 ou 3
4 × 1. Le
résultat est noté 34 :
:4 3
1
4
1 3
4
3 3 :4
Toute expression du type « trois quarts », « sept huitièmes », « cinq tiers »,... porte le nom de frac-
tion. On la note sous la forme nk où la lettre k représente un naturel et la lettre n représente un
naturel non nul.
k
Prendre n d’une grandeur exprime
• soit qu’on a partagé une grandeur en n parts égales et qu’on prélève k parts;
• soit qu’on a pris k fois la grandeur et qu’on a partagé le tout en n parties égales.
Le nombre n est appelé le dénominateur. Il exprime en combien de parts on divise la grandeur de
départ. Il donne le nom à la fraction.
Le nombre k est appelé numérateur et exprime le nombre de parts qu’on prend.
k k
Prendre les n de 1 revient à diviser k par n. Le résultat est noté n.
3 5
Remarquons une différence importante entre les fractions 4 et 4.
3
Lorsqu’on prend les 4 d’une grandeur, la grandeur obtenue est plus petite que la grandeur de départ
(figure 40a).
Prendre 54 d’une grandeur, revient à diviser cette grandeur en quatre « quarts » et à prendre cinq fois
un « quart ». La grandeur de départ ne suffit pas. Il faut prendre une deuxième grandeur identique
à celle de départ et en prendre un quart. La grandeur finale est plus grande que la grandeur de
départ (figure 40b).
a) b) Figure 40
46 Chapitre 1
Dans 26 , les parties sont des sixièmes d’heure qui sont chacune deux fois plus petites qu’un tiers
d’heure, mais on en prend deux fois plus. La durée est finalement la même dans les deux cas. Elle
s’exprime par deux fractions différentes : 13 et 26 . On dit que ces fractions sont équivalentes et on
convient d’écrire 13 = 26 .
12
b) La partie colorée du carré de la figure 41a représente 16 du carré. Si on réorganise les petits
3 12
carrés comme à la figure 41b, la partie colorée représente 4 de ce carré. Les fractions 16 et 34 sont
équivalentes et on convient d’écrire 12 3
16 = 4 .
a) b) Figure 41
3
c) La longueur de chacun des segments obtenus en prenant 2 d’un segment ou 1510 de ce même
segment est la même (figure 42). C’est la raison pour laquelle, on convient d’écrire 32 = 15
10 .
Figure 42
a ma
Si a, b et m sont des nombres naturels, les fractions b et mb sont équivalentes et on convient
d’écrire a ma
= .
b mb
Pour obtenir une fraction équivalente à une fraction donnée, on multiplie ou on divise le numéra-
teur et le dénominateur de cette fraction par un même naturel6 .
Par ce procédé, on peut engendrer des familles de fractions équivalentes entre elles.
Il est souvent intéressant de trouver, pour une fraction donnée, la fraction équivalente qui s’exprime
avec les plus petits numérateur et dénominateur. On dit qu’on simplifie la fraction.
Simplifier une fraction par m revient à diviser le numérateur et le dénominateur de cette fraction
par ce nombre m. On obtient les fractions équivalentes
ma a
=
mb b
Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur sont premiers entre
eux.
6 non nul
Nombres 47
3.2.4 Fractions équivalentes et droite graduée
Considérons une droite graduée d’origine O et de segment unité [OI].
1
On peut associer un point de cette droite à la fraction 2 de la façon suivante (figure 43) :
O I
3
O " I
5
O 3 I
O I
3 5
" 3 Figure 43
3 15
Les points qu’on associe de la même façon aux fractions 2 et 10 coïncident puisque les deux segments
ont même longueur (section 3.2.3) (figure 44).
O I
O I
O I
# 3 15
=
# Figure 44
Deux fractions équivalentes correspondent à un même point sur une droite graduée.
Pour situer une fraction sur une droite graduée, comme par exemple 67 , on peut utiliser la technique
décrite au chapitre 6, section 2.1, basée sur la projection parallèle d’une droite graduée régulière-
ment (figure 45).
# !
˜ Figure 45
48 Chapitre 1
3.2.5 Nombres rationnels
Nous savons que toutes les fractions équivalentes
• ont le même effet sur une grandeur lorsqu’on la fractionne;
• correspondent à la même mesure de grandeur, dans une unité choisie;
• repèrent le même point sur une droite graduée.
Chaque famille de fractions équivalentes définit un nombre rationnel positif ou rationnel positif.
Un rationnel positif peut s’écrire à l’aide de chacune des fractions de la famille auquel il appartient.
Dorénavant, une fraction est considérée comme un nombre.
Toutes les fractions équivalentes sont dès lors considérées comme des fractions égales puisqu’elles
désignent le même nombre.
A chaque rationnel positif, on peut faire correspondre son opposé qui est un rationnel négatif.
Deux rationnels opposés correspondent, sur la droite graduée, à deux graduations disposées symé-
triquement par rapport à 0.
Ainsi, le nombre − 37 est un rationnel négatif, opposé au rationnel 3
7. Il en va de même pour le
nombre − 15 15
14 qui est opposé à 14 (figure 46).
Ð15 Ð1 Ð3 # 3 15
" ˜ ˜ " Figure 46
Les rationnels sont les nombres qui peuvent s’écrire à l’aide d’une fraction et les opposés de ces
nombres.
# " 8
3 5 ˜ Figure 47
Nombres 49
Si le numérateur est plus petit que le dénominateur, le rationnel est compris entre 0 et 1.
Si le numérateur est plus grand que le dénominateur, le rationnel est supérieur à 1.
Lorsque deux fractions ont le même dénominateur, la plus petite est celle qui a le plus petit numé-
rateur.
# " "
˜ ˜ 5 Figure 48
Lorsque deux fractions ont même numérateur, la plus petite est celle qui a le plus grand dénomi-
nateur.
Réduire deux fractions au même dénominateur signifie qu’on remplace les deux fractions de départ
par deux fractions ayant le même dénominateur et respectivement égales aux deux fractions de
départ.
La règle la plus simple pour réduire au même dénominateur est de chercher le plus petit commun
multiple des deux dénominateurs.
50 Chapitre 1
A la section 1.10.8, on a défini le plus petit commun multiple (p.p.c.m.) de deux naturels.
Pour comparer deux fractions qui n’ont ni le même numérateur, ni le même dénominateur :
• on cherche le p.p.c.m. des deux dénominateurs;
• on réduit les deux fractions de départ à ce nouveau dénominateur qu’est le p.p.c.m.;
• on applique la règle de comparaison de deux fractions qui ont le même dénominateur.
Il n’est pas toujours indispensable de réduire les deux fractions au même dénominateur pour pou-
voir les comparer. En effet, il est souvent plus rapide de comparer chacune des fractions à l’entier
le plus proche (ou à des fractions simples proches).
Nombres 51
Pour additionner deux fractions de dénominateurs différents :
• on calcule le plus petit commun multiple des dénominateurs : c’est le dénominateur de la
somme;
• on remplace chacune des fractions de départ par la fraction égale qui a ce dénominateur;
• on additionne les deux fractions de même dénominateur.
De même que soustraire un entier revient à ajouter l’opposé de cet entier (section 2.3.2),
Soustraire un rationnel revient à ajouter l’opposé de ce rationnel.
Les propriétés de l’addition des rationnels sont les mêmes que celles de l’addition des entiers.
3.5 Multiplication
3.5.1 Multiplication d'une fraction et d'un naturel
Convenons du sens à donner au produit d’une fraction et d’un naturel à partir de l’exemple du
produit de 2 et de 78 , noté
7 7
2 × = × 2.
8 8
re
1 interprétation : on peut considérer, comme pour les naturels (section 1.5.1), que
7 7 7 7 14 7
2× = ×2= + = = .
8 8 8 8 8 4
On se ramène ainsi à une addition de fractions ayant même dénominateur.
7 7
2e interprétation : prendre le double de 8 revient à prendre deux fois plus de parts que pour 8, ce
qui donne
7 14 7
2× = = .
8 8 4
3e interprétation : prendre le double de 78 revient à prendre le même nombre de parts que dans 78 ,
mais des parts deux fois plus grandes, c’est-à-dire des quarts et non des huitièmes, ce qui mène à
7 7
2× = .
8 4
Les trois interprétations conduisent au même résultat, ce qui amène les règles suivantes.
Montrons que la signification de la multiplication d’une fraction et d’un naturel décrite ci-dessus
correspond au sens qu’on a donné à la notation 34 × 24 à la section 3.2.2 :
52 Chapitre 1
• d’une part, on a vu que effectuer 34 × 24 revient à diviser 24 par 4 et multiplier ce quotient
par 3, ce qui fournit 18 comme résultat;
• d’autre part, la première règle ci-dessus permet d’effectuer le calcul
3 72 36
× 24 = = = 18.
4 4 2
Les deux résultats sont égaux.
a) b) Figure 49
2 3
Multiplions à présent 3 et 4.
En partant d’un carré unité, on montre à la figure 49b la surface qui correspond au produit 2
3 × 34 .
6
Cette surface correspond à 12 du carré, et on en conclut que
2 3 6 1
× = = .
3 4 12 2
6
Dans ce calcul, la fraction 12 est simplifiée à la fin. Cette simplification peut se faire avant d’effectuer
le produit des numérateurs et des dénominateurs. En effet,
2 3 2×3 1
× = = .
3 4 3×4 2
La règle des signes du produit de deux rationnels est la même que celle qui s’applique aux entiers.
Nombres 53
La multiplication des rationnels a les mêmes propriétés que la multiplication des entiers (section
2.4.3). Toutefois, avec la multiplication des rationnels apparaît une nouvelle propriété.
L’inverse d’un rationnel est le rationnel qui multiplié par le premier donne 1.
1
Le rationnel 0 n’a pas d’inverse. En effet, 0 n’est pas défini.
1
De façon générale, pour noter l’inverse d’un rationnel q , on utilise la notation q.
3 1 4
Ainsi, l’inverse de 4 se note 3
qui est égal à 3.
4
3.6 Division
3.6.1 Division d'une fraction par un naturel
24
Divisons, par exemple, 5 par 3.
24
On sait que correspond à 24 parts qui sont chacune des cinquièmes. Or, partager 24 parts entre
5
3 personnes revient à donner 8 parts à chacun, ce qu’on traduit par le calcul suivant :
24 8
:3= .
5 5
On peut aussi envisager la division de 24
5 par 3 en divisant chaque cinquième en trois parts égales;
on obtient alors des quinzièmes et on peut écrire
24 24
:3= .
5 15
8 24
Les deux résultats obtenus, 5 et 15 , sont bien des fractions égales.
54 Chapitre 1
1
3.6.2 Division d'un naturel par une fraction de type
n
Pour s’en faire une idée, considérons la suite des divisions de 80 successivement par 8, 4, 2, 1 :
80 : 8 = 10
2
80 : 4 = 20
2
80 : 2 = 40
2
80 : 1 = 80
D’une ligne à la suivante, le diviseur est chaque fois divisé par deux et le quotient est multiplié par
deux.
Pour conserver cette régularité, on convient des résultats suivants :
1
80 : = 160,
2
1
80 : = 320.
4
1
On constate ainsi que diviser 80 par 2 revient à multiplier 80 par 2 et de façon plus générale que
1
Pour diviser un naturel par la fraction n, on multiplie ce naturel par n.
k
3.6.3 Division par une fraction de type
n
Si le résultat de la division de 60 par 5 vaut 12, c’est parce que 12 × 5 = 60 (figure 50a).
3
De même si, pour passer d’un nombre à un autre, on divise par 4, on fait le chemin de retour en
multipliant par 34 (figure 50b).
:5 :3
4
60 12
5 3
4
a) b) Figure 50
Nombres 55
En se basant sur ce modèle, on décide que, pour diviser une fraction par une autre, on multiplie
la première par l’inverse de l’autre. Par exemple, pour diviser la fraction 53 par 12
7
, on décide de la
12
multiplier par 7 :
5 7 5 12 5 × 12 5×3×4 20
: = × = = = .
3 12 3 7 3×7 3×7 7
Pour diviser une fraction par une autre, on multiplie la première par l’inverse de la seconde.
Diviser un rationnel par un autre revient à multiplier le premier par l’inverse du second.
Ainsi, une division se ramène à une multiplication. La règle des signes de la multiplication est
d’application pour la division.
2 3 2 4 8
− : − = − × − = .
3 4 3 3 9
3.7 Puissance
3.7.1 Exposant naturel
3
Considérons par exemple 34 . Tout comme pour les entiers (section 2.5), il s’agit d’une écriture
qui traduit une multiplication répétée :
3
3 3 3 3
= × × .
4 4 4 4
Si on applique les règles de la multiplication des fractions décrites à la section 3.5, on obtient
3
3 3 3 3 3×3×3 33 27
= × × = = 3 = .
4 4 4 4 4×4×4 4 64
Pour élever une fraction à une puissance naturelle, on élève son numérateur et son dénominateur
à cette puissance.
–1 –1 –1 –1 –1 –1
−3 −2 −1 0 1 2 3
5−3 = 125
1
5−2 = 1
25 5−1 = 1
5 50 = 1 51 = 5 52 = 25 53 = 125
:5 :5 :5 :5 :5 :5
Tableau 4
56 Chapitre 1
• à la première ligne, on passe d’un exposant à celui qui est à sa gauche en diminuant d’une
unité à chaque étape;
• à la deuxième ligne, on passe d’une puissance à exposant naturel à celle qui est à sa gauche
en divisant par 5. Si on veut conserver la régularité du tableau 3, on convient de définir les
puissances à exposants entiers négatifs de la façon suivante :
1
5−1 = 1 : 5 =
5
1 1 1
5−2 = :5= = 2
5 25 5
1 1 1
5−3 = :5= = 3.
25 125 5
En particulier, on rencontre souvent les notations suivantes :
1 1 1
10−1 = 10−2 = 10−3 = ...
10 102 103
On décide d’appliquer cette règle, décrite pour une base naturelle, également pour une base entière
ou rationnelle. Voici quelques exemples :
−1
−1 1 1 2 1 3
(−5) = =− (section 3.8.5) = 2 =
−5 5 3 2
3
−3
1 1 2 1 1 33
(−5)−4 = 4
= 4 = 2 3 = 23 = 3
(−5) 5 3 (3) 3
2
3
... 100 10 1
2 3 6
Tableau 5
Nombres 57
Si on poursuit ce tableau vers la droite, les colonnes successives, à partir de l’unité, correspondent
aux dixièmes, aux centièmes, aux millièmes,... (tableau 6).
1 1 1
... 100 10 1 10 100 1000 ...
a) 7 8 5 2
b) 7 8 5 2
Tableau 6
Le premier nombre noté 785, 2 correspond aussi à 7, 852 × 100 qu’on peut noter 7, 852 · 10 . 2
Le deuxième nombre noté 0, 7852 correspond à 7, 852 × 0, 1 qu’on peut noter 7, 852 · 10−1 .
Les écritures 7, 852 · 102 et 7, 852 · 10−1 sont les notations scientifiques respectivement de chacun
des nombres.
La notation scientifique permet d’écrire de façon plus concise de très grands et de très petits nom-
bres :
2 560 000 000 = 2, 56 · 10
9
7 Pour l’ordre des nombres écrits sous forme décimale, voir la section 5.3
58 Chapitre 1
3.8.3 De l'écriture fractionnaire à l'écriture décimale
a) A partir de l’abaque décrit à la section 3.8.1, il est aisé d’obtenir l’écriture décimale de fractions
décimales. Par exemple,
38 42 540
= 3, 8 = 0, 042 = 54.
10 1000 10
b) Qu’en est-il des fractions non décimales ? Il est très simple d’écrire certaines fractions à l’aide
d’une fraction décimale. Par exemple :
1 2 2
= = = 0, 2 ;
5 5·2 10
7 7 7×5×5 175
= = = = 1, 75 ;
4 2×2 2×2×5×5 100
9 9 9 × 52 225
= 3 = 3 = = 0, 225.
40 2 ×5 2 ×5 3 1000
Dans chacun des cas, on multiplie le numérateur et le dénominateur par des facteurs 2 et/ou 5 de
façon à obtenir une fraction décimale.
c) Par contre, il est impossible de trouver une fraction décimale égale à 13 car il n’existe aucun entier
qui, multiplié par 3, donne 10, 100, 1000,... Il en va de même pour 16 , 27 , 11
5
,... ainsi que pour toute
fraction irréductible dont le dénominateur comporte un facteur premier différent de 2 ou de 5.
Pour connaître son écriture décimale, on doit passer par une autre technique décrite ci-dessous.
A la section 3.2.2, nous avons décidé que prendre les 34 de 1 revient à diviser 3 par 4. Le résultat est
le nombre 34 . Il en va de même, par exemple, pour 74 . Cherchons une écriture décimale du nombre
7
4 par le procédé de la division écrite :
L’écriture 1, 75 est l’écriture décimale du nombre qui fournit le résultat de cette division. On peut
donc écrire
7
= 7 : 4 = 1, 75.
4
Nombres 59
1
Pour connaître l’écriture décimale de 3, effectuons la division de 1 par 3 :
L’écriture décimale de 13 ne se termine jamais. On la note 0, 3333... Les points indiquent qu’il faudrait
continuer à écrire des 3 sans s’arrêter. L’écriture 0, 3333... est appelée l’écriture décimale illimitée
de 13 . On peut donc écrire 1
= 1 : 3 = 0, 333 . . .
3
La méthode de la division écrite fournit une technique qui permet de passer aisément de l’écriture
fractionnaire d’un rationnel à son écriture décimale. Ainsi, pour trouver l’écriture décimale de 27 ,
on effectue la division de 2 par 7.
• Si on va suffisamment loin dans la division, on obtient
0, 28571428... On observe que la suite des décimales 2, 8, 2,000 7
5, 7, 1, 4 se reproduit à partir de la septième décimale. -0 0,285714
En effet, dans la division de 2 par 7, on passe successive-
20
- 14
ment par les restes 2, 6, 4, 5, 1, 3 et 2. A cette étape, on
60
retrouve la situation de départ puisqu’il s’agit de diviser - 56
à nouveau 2 par 7 ; la division se poursuit donc comme 40
elle a commencé. - 35
50
- 49
10
-7
30
- 28
2
La suite de chiffres qui se répète dans l’écriture décimale d’un nombre porte le nom de période. La
période de 0, 333... est 3 ; celle de 0, 28571428... est 285714.
De manière générale, dans la division d’un naturel par un autre, deux situations peuvent se présen-
ter :
• soit, à un moment donné de la division, le reste est nul; le nombre rationnel, résultat de la
division admet alors une écriture décimale entière ou une écriture décimale limitée;
• soit, à un moment donné, on obtient un reste déjà rencontré dans la division puisque le
nombre de restes possibles pour une division est fini; la division se reproduit de la même
façon qu’à partir de cette étape; le nombre rationnel, résultat de la division, a une écriture
décimale illimitée périodique.
On appelle nombre décimal tout nombre dont l’écriture décimale est limitée.
60 Chapitre 1
3.8.4 De l'écriture décimale à l'écriture fractionnaire
Dans cette section, nous montrons la propriété suivante.
Tout nombre positif dont l’écriture est entière, décimale limitée ou illimitée périodique peut s’é-
crire sous forme d’une fraction.
Si un nombre est écrit avec un nombre n de chiffres après la virgule, on peut le transformer en
une fraction décimale dont le dénominateur est 10n .
Tout nombre positif écrit sous forme décimale illimitée périodique peut se transformer en une
fraction.
Les rationnels sont les nombres qui peuvent s’écrire sous forme d’une fraction et les opposés de
ces nombres.
On a vu qu’une fraction est le résultat d’une division d’un naturel par un naturel non nul. On peut
étendre cette propriété aux opposés des fractions :
3
− = −(3 : 7) = (−3) : 7 = 3 : (−7)
7
ce qu’on écrit aussi
3 −3 3
− = = .
7 7 −7
Les rationnels sont les nombres qui peuvent s’exprimer sous la forme d’un quotient d’un entier p
par un entier non nul q . On les note pq .
Cette définition et les résultats obtenus aux sections 3.8.3 et 3.8.4 permettent également de con-
clure que
Nombres 61
Les rationnels sont les nombres positifs et négatifs dont l’écriture décimale est entière, limitée ou
illimitée périodique.
Les rationnels sont les nombres positifs et négatifs qui admettent une unique écriture décimale
illimitée périodique.
3.9 Pourcentages
3.9.1 Définition et exemples dans des contextes
Les pourcentages sont des fractions décimales privilégiées : ils correspondent aux centièmes.
Figure 52
62 Chapitre 1
b) « Soyez prudents, cette route a une pente de 7% ». Un tel pourcentage exprime aussi un rapport.
Une telle route peut être représentée à l’aide d’un triangle tel que
la diffrence de hauteur 7
= .
la distance horizontale 100
7
100 Figure 53
Figure 54
k
On obtient le pourcentage correspondant à un rapport n en effectuant la division de k par n et
en multipliant ce résultat par 100.
Nombres 63
Pour calculer avec des pourcentages, deux techniques se présentent :
• on remplace le pourcentage par la fraction correspondante exprimée en centièmes et on se
ramène ainsi à une multiplication faisant intervenir des fractions;
• on remplace le pourcentage par le nombre décimal correspondant et on se ramène ainsi à
une multiplication de deux nombres décimaux.
Réduire un nombre de 10% revient à prendre 90% de ce nombre ou encore à le multiplier par 0, 9.
Augmenter un nombre de 20%, c’est prendre 120% de ce nombre, ce qui revient à le multiplier
par 1, 2.
64 Chapitre 1
4 Nombres irrationnels
Le rapport entre la circonférence et le diamètre d’un cercle est le même pour tous les cercles.
Il est égal au nombre π : ce nombre ne ressemble à aucun de ceux rencontrés dans les sections
précédentes. Il est appelé irrationnel. Dans cette section, nous étudions ce genre de nombres et
nous en découvrons d’abord dans le contexte de carrés (lien entre le côté et l’aire) et de cubes (lien
entre l’arête et le volume). Nous effectuons ensuite des opérations sur ces nombres.
Nombres 65
√
b) Considérons l’opposé de la racine carrée de 2 : c’est le nombre − 2. Son carré est aussi égal à 2 ;
par extension de la règle des signes :
√ 2 √ √ √ 2
− 2 = − 2 − 2 = 2 = 2.
La racine carrée négative d’un nombre positif a donné est le nombre négatif dont le carré vaut a.
√
C’est le nombre noté − a.
.
√
La racine carrée négative de 9 est −3 : − 9 = −3,
la racine carrée négative de 1
4 est − 12 : − 14 = − 12 ,
√
la racine carrée négative de 0, 16 est −0, 4 : − 0, 16 = −0, 4.
√
c) Nous avons vu que pour a > 0, l’égalité a2 = a est vérifiée. Ainsi,
√ √
16 = 42 = 4.
Mais 16 est aussi le carré de −4 : on a 16 = (−4)2 , et dès lors
(−4)2 = 4.
√
Quel que soit le nombre a, on a a2 = a si a > 0,
√
a2 = −a si a < 0,
√
0=0 si a = 0,
ce qui peut s’écrire en une seule formule, au moyen de la valeur absolue étendue aux nombres
rationnels. Ainsi, quel que soit le nombre rationnel
√ a, on a
a2 = |a|.
√
Ecriture décimale de 2
a) La recherche de la longueur c du côté du carré dont l’aire vaut 2 cm2 est en fait la recherche du
√
nombre auquel nous venons de donner une notation : il s’agit de 2, la racine carrée positive de 2.
Même si on ne connaît pas exactement ce nombre, on peut vérifier qu’il est situé entre 1 et 2.
En effet, parmi plusieurs carrés, celui qui a le plus grand côté a aussi la plus grande aire et celui qui
a la plus grande aire a aussi le plus grand côté.
L’aire d’un carré de côté 1 vaut 12 = 1, et l’aire d’un carré de côté 2 vaut 22 = 4. Comme 1 < 2 < 4,
ce qui s’écrit aussi 12 < 2 < 22 , on a √
1 < 2 < 2.
√ √
On dit que les nombres 1 et 2 encadrent le nombre 2 ou fournissent un encadrement de 2.
√
Positionnons 2 par rapport à 1, 5 qui est au milieu de 1 et 2.
2
Comme 1, 5 = 2, 25 et 1 < 2 < 2, 25, on a
√
12 < 2 < 1, 52 et donc 1 < 2 < 1, 5.
√
Pour mieux cerner le nombre 2 recherché, calculons les carrés de quelques autres nombres compris
entre 1 et 1, 5 :
12 = 1 ; 1, 12 = 1, 21 ; 1, 22 = 1, 44 ; 1, 32 = 1, 69 ; 1, 42 = 1, 96 ; 1, 52 = 2, 25.
Comme 1, 96 < 2 < 2, 25, on a
√
1, 42 < 2 < 1, 52 et donc 1, 4 < 2 < 1, 5.
Continuons cette procédure en l’étendant aux nombres qui s’écrivent avec deux décimales après la
virgule : comme 1, 412 = 1, 9881 et 1, 422 = 2, 0164, on a
√
1, 412 < 2 < 1, 422 et donc 1, 41 < 2 < 1, 42.
66 Chapitre 1
Les nombres
1; 1, 4; 1, 41; ...
√ √
qui sont inférieurs à 2 sont appelés approximations ou valeurs approchées par défaut de 2,
1 1
respectivement à une unité près, à une décimale ou à 10 près et à deux décimales ou à 100 près,...
Les nombres
2; 1, 5; 1, 42; ...
√ √
qui sont supérieurs à 2 sont appelés approximations ou valeurs approchées par excès de 2,
1 1
respectivement à une unité près, à une décimale ou à 10 près et à deux décimales ou à 100 près,...
√
Et on pourrait continuer ainsi et trouver des valeurs approchées par défaut et par excès de 2 avec
autant de décimales que l’on veut.
√
b) Le nombre 2 n’est pas un entier. Montrons en plus qu’il n’admet pas une écriture décimale
limitée.
Pour cela, on montre que, si on suppose le contraire, on arrive à une impossibilité : c’est ce qu’on
appelle un raisonnement par l’absurde.
√
Si l’écriture décimale de 2 était limitée, sa dernière décimale non nulle serait 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
ou 9.
L’écriture décimale du carré d’un nombre dont l’écriture décimale se termine par 1 se termine aussi
par 1. En observant les carrés des nombres de 1 à 9,
12 = 1, 22 = 4, 32 = 9, 42 = 16, 52 = 25, 62 = 36, 72 = 49, 82 = 64, 92 = 81,
on déduit que la dernière décimale du carré d’un décimal limité est 1, 4, 5, 6 ou 9.
√
Or le carré de 2 est 2 = 2, 000000 . . .
Il n’y a aucun décimal limité dont la carré vaut 2.
√
C’est donc que l’écriture décimale de 2 comporte une infinité de décimales !
√
Le nombre 2 a une écriture décimale illimitée.
√
Irrationalité de 2
√ √
Le nombre 2 n’est pas naturel, puisque 1 < 2 < 2.
√
On démontre ci-dessous que le nombre 2 ne peut pas s’écrire comme une fraction.
√ p
Montrons que l’égalité 2= q où p et q sont des naturels (q = 0) mène à une égalité fausse.
En effet, si cette égalité était une égalité vraie, en élevant les deux membres au carré, on obtiendrait
p2
2= ou 2 · q 2 = p2 .
q2
Nous avons vu qu’un nombre naturel s’écrit de manière unique comme un produit de facteurs premiers entre
eux (section 1.10.5).
De plus, si un entier naturel est pair, son carré est multiple de 4, et possède donc un nombre pair de facteurs 2.
Donc le membre de gauche, 2q 2 , de cette égalité contient un nombre impair de facteurs 2, tandis que le membre
de droite, p2 , contient un nombre pair de facteurs 2. Et l’égalité 2 · q 2 = p2 est donc une égalité fausse.
Un raisonnement comme celui que nous venons de mener est un deuxième exemple de raisonnement par l’ab-
surde.
√ p
Le nombre 2 ne peut pas s’écrire sous la forme d’une fraction q : il n’est pas rationnel. On dit qu’il
est irrationnel.
Le passage du nombre 2 à sa racine carrée, appelé extraction de la racine carrée de 2, engendre ainsi
un nombre d’un type nouveau.
√ √ √
On peut démontrer par un procédé similaire que les nombres 3, 5, 6,... ne sont pas rationnels.
Ce sont aussi des nombres irrationnels.
Nombres 67
Ils correspondent aux mesures des segments 1 1
qu’on peut calculer au moyen de la relation de 1
1
Pythagore (Chap. 7, section 2). La figure 56 pré- 4 3
5 2
sente un moyen de construire ces segments : 1
√ √ √ √ 6
2= 12 + 12 , 3 = ( 2)2 + 12 , . . . 1 Figure 56
√
La découverte de l’irrationalité de 2 a fait scandale à l’époque des Pythagoriciens (VIe et Ve siècles
avant J-C). Ces philosophes et scientifiques croyaient que l’on pouvait expliquer l’univers et tout ce
qu’il renferme uniquement à l’aide des nombres naturels ou de rapports de nombres naturels.
volume n’est plus le cube d’un naturel. Il est impossible d’obtenir ce cube par assemblage de cubes
unités. On sait seulement que la mesure de son côté est le nombre positif c tel que c3 = 10.
C’est le nombre qui, élevé au cube, donne 10. Ce nombre est appelé racine cubique de 10.
√
La racine cubique d’un nombre a donné est le nombre, noté 3
a, dont le cube vaut a.
Cela s’exprime par √
( 3 a)3 = a.
Puisque le cube d’un nombre est positif quand le nombre est positif et que le cube d’un nombre
est négatif quand le nombre est négatif, la racine cubique d’un nombre a a un sens quel que soit le
signe de a.
√
La racine cubique de 27 est 3 puisque 33 = 27 :
3
27 = 3,
3
√
la racine cubique de 0, 001 est 0, 1 puisque 0, 1 = 0, 001 : 3
0, 001 = 0, 1,
√
la racine cubique de −8 est −2 puisque (−2)3 = −8 : 3
−8 = −2.
68 Chapitre 1
Quant à la longueur c du côté du cube dont le volume mesure 10 cm3 , nous lui avons donné une
√
3
√
notation : il s’agit de 10, la racine cubique de 10. Comme nous l’avons fait pour 2, nous pourrions
√
3
montrer que 10 est un nombre irrationnel et l’encadrer par une suite d’approximations par défaut
et par excès : comme 23 = 8 et 33 = 27, on a
√
23 < 10 < 33 et donc 2 <
3
10 < 3.
On peut montrer plus généralement que la racine cubique d’un nombre qui n’est pas le cube d’un
nombre rationnel est un nombre irrationnel.
Si n est un naturel pair, et a est un nombre positif, la racine nième positive de a est le nombre
√
positif, noté n a, qui élevé à la puissance n vaut a.
On a ainsi : √
( n a)n = a.
Si n est un naturel impair, et si a est un nombre (positif ou négatif), la racine nième de a est le
√
nombre, noté n a, qui élevé à la puissance n vaut a.
Ce nombre est positif si a est positif et négatif si a est négatif.
On a ainsi : √
( n a)n = a.
Ð1 0 32 3 " Figure 58
Il existe beaucoup d’autres nombres irrationnels que ceux engendrés par l’extraction des racines.
Le plus connu d’entre eux est le nombre π que nous avons rappelé au début de cette section et
qui exprime le rapport de la circonférence de n’importe quel cercle à son diamètre (Chap. 14,
section 2.9.1).
On peut placer le nombre π sur la droite graduée. Il correspond à la longueur de la circonférence
d’un cercle de diamètre unitaire (figure 59).
Nombres 69
–1 0 1 2 32 3π 4 Figure 59
Au chapitre 11, nous avons introduit les rapports trigonométriques sin α, cos α et tg α d’un angle
aigu d’un triangle rectangle. Lorsque nous plaçons les angles dans le cercle trigonométrique, nous
savons que les points de ce cercle ont des coordonnées de la forme (cos α, sin α). Ces rapports sont
donc des nombres puisqu’ils sont des abscisses sur des droites. On peut démontrer que la plupart
de ces nombres sont des irrationnels.
On peut placer sur la droite graduée les nombres tels que sin 40◦ et cos 40◦ (figure 60).
Il n’est pas possible de dresser la liste de tous les moyens d’engendrer des irrationnels. Cependant,
tous ces nombres ont leur place sur la droite graduée.
Cherchons un critère de reconnaissance de l’irrationalité d’un nombre à travers son écriture déci-
male.
Nous savons que les nombres rationnels sont les nombres dont l’écriture décimale est entière, limitée
ou illimitée périodique (section 3.8.5).
Nous pouvons en déduire que
• si un nombre est irrationnel, son écriture décimale n’est ni entière, ni limitée, ni illimitée
périodique; elle est donc illimitée non périodique;
• si un nombre a une écriture décimale illimitée non périodique, il n’est pas un rationnel; il
s’agit donc d’un nombre irrationnel.
Les nombres irrationnels sont les nombres dont l’écriture décimale est illimitée non périodique.
Cette propriété permet de donner d’autres exemples de nombres irrationnels. Ainsi, les nombres
dont l’écriture décimale est esquissée ci-dessous
0, 123456789101112131415161718192021 . . .
0, 101001000100001 . . .
sont irrationnels : leur écriture décimale est illimitée non périodique puisqu’elle n’est pas basée sur
une loi d’engendrement avec répétition de blocs identiques de chiffres.
De manière générale, l’écriture décimale des nombres irrationnels ne peut être connue que par des
approximations : on cherche des encadrements par des décimaux limités qui sont d’une part, des
70 Chapitre 1
valeurs approchées par défaut et d’autre part, des valeurs approchées par excès. On précise souvent
√
le niveau de l’approximation (voir à la section 4.1.1 pour le nombre 2) : on dit qu’on encadre à la
nième décimale près.
Pour chaque nombre irrationnel, on peut élaborer une suite d’encadrements de plus en plus pré-
cis, qui détermine les décimales successives du nombre : on peut imaginer cette suite aussi loin
qu’on veut. Dans la pratique, on utilise un nombre de décimales adapté à la situation. Lorsqu’on
présente un irrationnel par un décimal limité, on utilise le symbole suivant « ∼= », qui signifie
√
∼
« approximativement égal ». Par exemple, on écrit 2 = 1, 41.
L’écriture décimale d’un irrationnel n’est jamais complète. C’est pourquoi, il est préférable d’utiliser
√
l’écriture symbolisée des nombres irrationnels telle que 3, π ou cos α pour garder la précision
maximale.
La somme de ces deux nombres est la mesure de la longueur du nouveau segment obtenu.
On peut donc additionner des irrationnels entre eux.
√ √
L’écriture décimale de la somme 2 + 5 n’est pas mieux connue que celle des nombres de départ :
elle est approchée par les sommes des nombres qui sont des valeurs approchées par défaut ou par
excès des nombres de départ.
√ √
Ainsi, en partant des encadrements de 2 et de 5:
√ √
1< 2<2 et 2< 5 < 3,
√ √
1, 4 < 2 < 1, 5 et 2, 2 < 5 < 2, 3,
√ √
1, 41 < 2 < 1, 42 et 2, 23 < 5 < 2, 24,
on déduit des encadrements pour la somme de ces deux nombres :
√ √ √ √
1+2< 2+ 5<2+3 ce qui donne 3< 2 + 5 < 5,
√ √ √ √
1, 4 + 2, 2 < 2 + 5 < 1, 5 + 2, 3 ce qui donne 3, 6 < 2 + 5 < 3, 8,
√ √ √ √
1, 41 + 2, 23 < 2 + 5 < 1, 42 + 2, 24 ce qui donne 3, 64 < 2 + 5 < 3, 66 .
√ √
On remarque que l’encadrement du nombre 2 + 5 est moins resserré à chaque niveau d’approxi-
mation que les encadrements de départ : l’écart entre les valeurs approchées par excès et par défaut
est respectivement de 2 unités, 2 dixièmes et 2 centièmes.
Nombres 71
On effectue l’addition d’irrationnels négatifs en créant les encadrements appropriés avec des déci-
maux limités négatifs.
Tout comme pour les entiers (section 2.3.1) et pour les rationnels (section 3.4.3), la soustraction
d’un nombre est ramenée à l’addition de son opposé.
72 Chapitre 1
√ √ √
Le nombre a · b est la racine carrée (positive) de a · b ; montrons que le nombre a· b est aussi
√ √ 2
la racine carrée (positive) de a · b en vérifiant que a · b = a · b.
Par extension, aux nombres irrationnels, de la propriété de la puissance d’un produit, on a
√ √ 2 √ 2 √ 2
a· b = a · b .
√ √
Par définition de a et b, on a aussi
√ 2 √ 2
a · b =a·b
√ √ 2
et donc finalement a · b = a · b.
La racine carrée (positive) du produit de deux nombres positifs, a et b quelconques, est égale au
produit des racines carrées positives de ces
√ deux √ nombres
√ :
a · b = a · b.
En particulier, si a > 0, on retrouve√le résultat suivant :
√ √ √
a2 = a · a = a · a = a.
La racine carrée (positive) d’un quotient de deux nombres positifs est égale au quotient des racines
carrées (positives) de ces deux nombres :
√
a a
= √
b b
quels que soient les nombres positifs a et b (b = 0).
Nombres 73
De manière analogue, on a
√ √
d’une part 25 − 16 = 9 = 3,
√ √
et d’autre part 25 − 16 = 5 − 4 = 1.
Si a et b sont non nuls, la racine carrée de leur somme √ n’est pas la somme des racines carrées :
√ √
a + b = a + b.
Si a et b sont non nuls et tels que a−b > 0, la racine carrée de leur différence n’est pas la différence
des racines carrées : √
√ √
a − b = a − b.
5 Nombres réels
L’ensemble des nombres s’est progressivement enrichi au cours de ce chapitre. Ainsi, des naturels
on est passé aux entiers, puis aux rationnels et finalement aux irrationnels. Ces différents nombres
sont unifiés par les aspects suivants :
• on peut tous les positionner sur une droite graduée;
• on peut leur associer une écriture décimale;
• on peut définir des opérations et ainsi effectuer des calculs;
• on peut résoudre des équations de plus en plus nombreuses.
0 1 2 3 4 5 Figure 63
b) Pour mesurer des grandeurs orientées, nous avons introduit les entiers négatifs tels que
. . . , −4, −3, −2, −1.
Nous les avons positionnés sur la droite symétriquement aux naturels par rapport à la graduation
de 0 (figure 64).
–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 Figure 64
Nous avons ainsi défini les nombres entiers qui sont les nombres naturels ou leurs opposés.
c) L’ensemble des nombres entiers se révèle vite insuffisant pour mesurer n’importe quelle grandeur
orientée ou non : on a besoin de fractionner l’unité. Nous avons ainsi défini les nombres rationnels
qui sont des fractions de nombres naturels ou les opposés de ces fractions. Les nombres entiers
sont aussi des nombres rationnels puisqu’ils sont des fractions dont le dénominateur vaut 1. On
74 Chapitre 1
peut positionner un rationnel sur la droite graduée à l’aide des projections parallèles. La figure 65
montre la technique utilisée pour positionner le nombre 73 entre les naturels 2 et 3.
–2 –1 0 1 27 3 4 5
3 Figure 65
On positionne les rationnels négatifs symétriquement à leurs correspondants positifs par rapport
à 0.
Il y a vraiment beaucoup de nombres rationnels : on a l’impression que tous les points de la droite
graduée sont marqués par les rationnels.
d) Cependant, nous avons vu que les rationnels ne suffisent pas pour mesurer toutes les longueurs
de segments : il est impossible de mesurer la diagonale d’un carré de côté unitaire au moyen des
nombres rationnels. Nous avons défini les nombres irrationnels.
√
On peut positionner le nombre irrationnel 2 sur la droite graduée par report d’un segment à
l’aide d’un compas comme le montre la figure 66.
–2 –1 0 1 2 2 3 4 Figure 66
De manière analogue, on peut positionner tous les nombres irrationnels positifs sur la droite gra-
duée (section 4.2).
On positionne les nombres irrationnels négatifs symétriquement à leurs correspondants positifs
par rapport à 0.
Nous avons donc identifié quatre ensembles de nombres :
• l’ensemble des naturels, noté N,
• l’ensemble des entiers, contenant les naturels, noté Z,
• l’ensemble des rationnels, contenant les entiers, noté Q,
• l’ensemble des irrationnels, indépendant des autres.
Tous ces nombres forment l’ensemble des nombres réels : ils correspondent aux mesures de tous les
segments (dans une unité choisie) et de leurs opposés.
Un nombre réel est un nombre qui est soit rationnel, soit irrationnel.
Un nombre réel est strictement négatif s’il est positionné à gauche de 0 sur la droite graduée.
Un nombre réel est strictement positif s’il est positionné à droite de 0 sur la droite graduée.
L’ensemble des nombres réels est noté R.
Avec cette construction des nombres réels, basée sur la mesure de longueurs de segments, nous
avons créé une correspondance entre l’ensemble des nombres réels et l’ensemble des points d’une
droite graduée :
Nombres 75
Deux nombres réels sont égaux lorsqu’ils correspondent à un même point sur la droite graduée.
La valeur absolue d’un nombre réel a est la distance entre le point origine de la droite graduée
et le point correspondant à ce nombre a. Elle est notée |a|. Elle est un nombre positif même si le
nombre a est négatif. On a les égalités suivantes :
|a| = a lorsque a est positif;
|a| = −a lorsque a est négatif;
|0| = 0 .
Il y a une infinité de nombres réels. Entre deux nombres réels donnés, a et b, si proches soient-ils,
il y en a d’autres : par exemple le nombre a+b
2 .
Dans la pratique et en particulier avec les calculatrices, on utilise souvent des décimaux limités.
76 Chapitre 1
5.3 Ordre - intervalle
5.3.1 Ordre
Pour comparer deux nombres réels quelconques, on examine leur position sur la droite graduée :
celui qui est le plus à gauche est le plus petit des deux; il est inférieur à l’autre.
Si on veut comparer deux nombres réels positifs à partir de leur écriture décimale, on compare les
décimales de même rang à partir de la gauche : dès qu’on trouve deux chiffres différents, on classe
les deux nombres dans l’ordre de ces chiffres.
Ainsi, 427, 06 < 5078, 5
car on considére que le chiffre des milliers du premier nombre est 0, qui est inférieur au chiffre 5
des milliers du second.
On a aussi 4, 33333 . . . < 4, 393939
car le chiffre 3 des centièmes du premier nombre est inférieur au chiffre 9 des centièmes du second.
Si on veut comparer deux nombres réels négatifs, on compare leurs opposés positifs par la règle
décrite ci-dessus et on renverse cet ordre pour revenir aux négatifs puisque les négatifs sont posi-
tionnés symétriquement aux positifs par rapport à 0.
Par exemple, pour comparer les nombres négatifs −3, 2 et −3, 9, on compare leurs opposés 3, 2 et
3, 9 qui sont positifs : on a 3, 2 < 3, 9 ; on conclut que −3, 9 < −3, 2 (figure 67).
0 1 2 3
– 3,9 – 3,2 3,2 3,9 Figure 67
Cependant, il faut être prudent : en procédant de cette façon, on serait amené à dire que
0, 99999999 . . . serait inférieur à 1 alors que ces deux nombres sont égaux (section 3.8.5).
Sur la droite graduée, on peut insérer, entre chaque paire d’entiers, tous les réels appropriés.
Ainsi, par exemple, entre les entiers 2 et 3, on peut insérer tous les réels dont l’écriture décimale
est du type 2,...
En pratique, sur une règle graduée en centimètres qui est l’instrument de mesure le plus utilisé en
classe, on ne positionne, entre les nombres 2 et 3, que les nombres correspondant aux divisions de
l’unité par 10 : les nombres 2, 1 ; 2, 2 ; 2, 3 ; .... Cette situation est schématisée à la figure 68.
Entre les entiers −4 et −3 par exemple, on peut positionner tous les réels dont l’écriture est du
type −3,...
Sur la droite graduée, on positionne entre les nombres −4 et −3, de gauche à droite, les nombres
−3, 9 ; −3, 8 ; −3, 7 ; ... (figure 68).
Nombres 77
L’expression « x −3, 7 » qui se lit « x plus grand ou égal à −3, 7 » est utilisée pour désigner n’im-
porte quel nombre réel supérieur ou égal au réel −3, 7.
√
L’expression « −3 < x < 2 » désigne n’importe quel nombre réel qui est à la fois supérieur à −3 et
√
inférieur à 2.
On appelle intervalle l’ensemble de tous les nombres réels compris entre deux réels donnés.
√ √
L’intervalle ouvert ] − 3, 2[ est l’ensemble de tous les nombres réels x tels que −3 < x < 2.
√ √
L’intervalle fermé [−3, 2] est l’ensemble de tous les nombres réels x tels que −3 x 2.
√ √
L’intervalle semi-ouvert [−3, 2[ est l’ensemble de tous les nombres réels x tels que −3 x < 2.
√
Les nombres −3 et 2 sont appelés bornes de l’intervalle.
Chaque nombre réel peut être encadré par une suite infinie d’intervalles fermés emboîtés, c’est-à-
dire successivement contenus les uns dans les autres.
√
Les intervalles suivants encadrent le nombre 2 : [1, 2], [1, 4; 1, 5], [1, 41; 1, 42],...
5.4.1 Addition
On peut additionner deux nombres réels quelconques : la somme est un nombre réel.
Cette opération est associée à l’image mentale suivante (dans le cas de réels positifs) : on détermine,
au moyen d’une unité donnée, la mesure de la longueur du segment obtenu par la juxtaposition
bout à bout de deux segments dont les mesures des longueurs sont les nombres réels donnés.
L’addition est munie des propriétés suivantes.
• L’addition est commutative : changer l’ordre des termes ne modifie pas la somme.
Quels que soient les réels a et b,
a + b = b + a.
• L’addition est associative : grouper différemment les termes d’une addition ne modifie pas
leur somme.
Quels que soient les réels a, b et c,
(a + b) + c = a + (b + c).
• Le nombre 0 est le neutre pour l’addition : il n’a pas d’effet sur le résultat.
Quel que soit le réel a,
a + 0 = 0 + a = a.
• Chaque nombre réel a admet un symétrique pour l’addition : l’opposé du nombre a, noté −a.
Ce nombre, additionné à celui de départ, donne le neutre 0.
Quel que soit le réel a,
a + (−a) = (−a) + a = 0.
78 Chapitre 1
5.4.2 Soustraction
On peut soustraire entre eux deux nombres réels quelconques.
La soustraction entre deux nombres réels n’est rien d’autre que l’addition du premier nombre avec
l’opposé du deuxième. Elle se ramène donc à une addition de deux nombres réels et n’est pas étudiée
de manière systématique pour elle même.
5.4.3 Multiplication
On peut multiplier deux nombres réels quelconques : le produit est un nombre réel.
Cette opération est associée à l’image mentale suivante (dans le cas de réels positifs) : on détermine
au moyen d’une unité donnée la mesure de l’aire d’un rectangle dont les côtés ont pour mesure les
nombres donnés.
La multiplication est munie des propriétés suivantes.
• La multiplication est commutative : changer l’ordre des facteurs ne modifie pas le produit.
Quels que soient les réels a et b, a · b = b · a.
• La multiplication est associative : grouper différemment les termes d’une multiplication ne
modifie pas le produit.
Quelques soient les réels a, b et c,
(a · b) · c = a · (b · c).
• Le nombre 1 est le neutre pour la multiplication : il n’a pas d’effet sur le résultat de la mul-
tiplication.
Quel que soit le réel a, a · 1 = 1 · a = a.
• Chaque nombre réel a admet un symétrique pour la multiplication : il s’agit de l’inverse de
ce nombre noté a1 ou a−1 . Ce nombre multiplié à celui de départ donne le neutre 1.
Quel que soit le réel a, 1 1
a · = · a = 1.
a a
• La multiplication est distributive par rapport à l’addition : pour multiplier une somme par
un nombre, il suffit de miltiplier chacun des termes par ce nombre et d’additionner ensuite
les produits obtenus.
Quels que soient les réels a, b et c,
a · (b + c) = a · b + a · c et (b + c) · a = b · a + c · a.
5.4.4 Division
On peut diviser un nombre réel quelconque par un autre nombre réel quelconque non nul.
La division entre deux nombres réels n’est rien d’autre que la multiplication du premier par l’inverse
du deuxième. Elle se ramène donc à une multiplication entre deux nombres réels et n’est pas étudiée
de manière systématique pour elle même.
Dans l’ensemble des nombres réels, la notation fractionnaire ab , où a et b désignent des nombres
réels quelconques (le nombre b étant non nul), a du sens : elle stipule qu’on effectue la division du
nombre a par le nombre b ou qu’on effectue le produit du nombre a par l’inverse du nombre b.
5.4.5 Puissances
On peut élever un nombre réel non nul à n’importe quelle puissance entière.
On peut prendre les racines nièmes paires ou impaires de n’importe quel nombre réel positif et les
racines nièmes impaires de n’importe quel nombre réel négatif.
On a les propriétés suivantes, déjà vérifiées pour les puissances des naturels (section 1.7.2) :
am · ap = am+p (am )p = am·p ,
et
où a désigne un nombre réel quelconque (non nul) et m et p désignent des entiers.
Nombres 79
5.4.6 Priorités des opérations
De la même manière que pour les nombres naturels (section 1.9), les opérations doivent être effec-
tuées dans un certain ordre : d’abord les puissances et extractions de racines, ensuite les multiplica-
tions et les divisions et finalement, les additions et soustractions.
Si on ajoute ou on retire un même nombre à deux nombres réels égaux, on obtient encore deux
nombres réels égaux.
Si on multiplie par 8 les deux membres de l’égalité (1), on obtient une nouvelle égalité de nombres :
√ 18 − 2
(5 − 9) × 8 = ×8
8
puisque chaque membre vaut 16.
Si on multiplie ou on divise deux nombres réels égaux par un même nombre (non nul), on obtient
encore deux nombres réels égaux.
+ 1,9 + 1,9
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
5,2 7,1 7,5 9,4 Figure 69
80 Chapitre 1
Si on ajoute ou on retranche un même nombre aux deux membres d’une inégalité, on obtient une
nouvelle inégalité dans le même sens que la première.
0 2 3 4 6 – – 2 –1,5 –1 0
a) b) Figure 70
(– 1)
(– 1)
–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 Figure 71
Multiplier les deux membres d’une inégalité par le nombre −2 par exemple revient à multiplier
successivement par −1 et par 2 : on obtient une nouvelle inégalité de sens contraire.
Si on multiplie les deux membres d’une inégalité par un même nombre strictement positif, on
obtient une nouvelle inégalité dans le même sens.
Si on multiplie les deux membres d’un inégalité par un même nombre strictement négatif (en
particulier par le nombre −1), on obtient une nouvelle inégalité de sens contraire.
Par contre, cette équation admet une solution dans l’ensemble des entiers : le nombre −3 qui est un
entier négatif.
Nombres 81
De même, dans l’ensemble des entiers, l’équation 3x = 2 par exemple ne possède pas de solution. En
effet, si on remplace x par un entier, l’expression 3x qui apparaît au premier membre peut prendre
les valeurs suggérées ci-dessous
. . . , −12, −9, −6, −3, 0, 3, 6, 9, 12, . . .
parmi lesquelles ne figure pas la valeur 2.
Par contre, cette équation admet une solution dans l’ensemble des rationnels : le nombre 23 qui est
une fraction non réductible à un entier.
De même, dans l’ensemble des rationnels, l’équation x2 − 2 = 0 n’admet pas de solution. En effet,
cette équation s’écrit aussi x2 = 2, et il n’y a pas de rationnel qui, élevé au carré, donne 2.
√ √
Par contre cette équation possède deux solutions dans l’ensemble des réels : les nombres 2 et − 2
qui sont des nombres irrationnels.
On aurait pu espérer que dans l’ensemble des nombres réels, toutes les équations admettent des
solutions. Ce n’est pas le cas. En effet, l’équation x2 + 2 = 0 ne possède pas de solution réelle puisque
tout nombre élevé au carré est un nombre positif. Il faut définir un autre type de nombres qu’on
appelle imaginaires mais cela c’est une toute autre histoire !
82 Chapitre 1
Chapitre 2
Objetsdebasedelagéométrieplane
La géométrie (mot qui étymologique-
ment signifie « mesure de la terre »)
est avant tout l’étude des figures pla-
nes et des objets spatiaux. Les ob-
jets spatiaux sont étudiés au chapitre
13. Les figures planes qui sont dé-
veloppées au chapitre 4 ont de nom-
breuses propriétés. Pour pouvoir les
expliquer, nous partons de figures
plus simples et plus « pauvres » telles
que points, droites, demi-droites,
droites perpendiculaires, droites pa-
rallèles, angles, cercles,... Nous ne
définissons pas les points et les
droites, considérés comme éléments 1. Droite - règle
de base. Nous associons les figures
élémentaires telles que droites, an- 2. Droites perpendiculaires -
équerre
gles et cercles à des instruments de
dessin tels que règle, équerre, rap- 3. Droites parallèles - équerre
porteur et compas. Nous établissons et règle
les propriétés qui s’y rapportent. 4. Distance - règle graduée -
compas
8. Constructions
1 Droite - règle
1.1 Pliages et constructions
Si on place deux points A et B sur une feuille, on peut former un pli qui passe par ces deux points
(figure 1) et lorsqu’on déplie la feuille, on peut longer le pli à l’aide d’une règle et ainsi colorier le
pli : le trait qu’on peut imaginer aussi long qu’on veut correspond à une droite.
B
A
Figure 1
1.2 Propriété
Cette propriété n’est pas tout à fait vraie pour les droites et les points qu’on dessine, à cause de
l’épaisseur du trait. Pour pouvoir construire une géométrie théorique où cette propriété est vraie,
on doit supposer les points très petits et les droites très fines.
B
A
d Figure 2
Trois points A, B et C sont alignés quand ils appartiennent à une même droite.
L’ensemble des points d’une droite compris entre deux points A et B est appelé segment de droite
ou segment.
L’ensemble des points d’une droite situés d’un côté d’un point A de la droite est appelé demi-droite
issue de A.
Chaque point d’une droite détermine deux demi-droites opposées. On note [AB la demi-droite issue
de A et passant par le point B (figure 4). On dit que le point A est l’origine de la demi-droite.
B
A Figure 4
84 Chapitre 2
2 Droites perpendiculaires - équerre
2.1 Pliages et constructions
• On plie une feuille (ce qui détermine une droite le long du pli) et on choisit un point A
appartenant à cette droite (figure 5a);
• on replie la feuille de manière à superposer les deux demi-droites d’origine A (figure 5b);
• on déplie la feuille (figure 5c) et on observe que ce deuxième pli détermine une deuxième
droite passant par le point A.
li
A A A 2e p
1er pli
a) b) c) Figure 5
Les deux droites ainsi construites sont appelées droites perpendiculaires. Elles déterminent quatre
régions appelées angles droits.
L’instrument de dessin permettant de dessiner des droites perpendiculaires est l’équerre. On en
trouve de deux formes (figure 6). Le modèle b) est appelé équerre Aristo (du nom de son fabriquant)
et il sert aussi à mesurer des angles comme nous le verrons à la section 7.
90
10
80
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
11
70
0
12
60
0
13
80 90 100 50
0
70 110
60 35 0
14
12 40
0
50 30 0
13
15
25 30
0
40
0
14
20
0
30
15
16
20
0
15
160
20
10
17
10
0
5
170
10
7 6 5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 6 7
a) b) Figure 6
2.2 Propriété
Par un point, on peut mener une et une seule droite perpendiculaire à une droite.
Pour dessiner, avec une équerre, une droite perpendiculaire à une droite d donnée et passant par
un point A donné, on procède comme suit :
• on place un côté de l’angle droit de l’équerre le long de la droite d (figure 7a);
• on fait glisser l’équerre le long de la droite d jusqu’à ce que l’autre côté de l’angle droit passe
par le point donné A (figure 7b);
• on trace, par le point A, la droite d perpendiculaire à la droite d (figure 7c).
A A
A
d d
d
a) b) c) Figure 7
A d'
A
S
S
A
O O
d
d
d
a) b) c) Figure 8
On dit que AH est la perpendiculaire à la droite d élevée en H ou abaissée du point A (figure 9).
86 Chapitre 2
3 Droites parallèles - équerre et règle
3.1 Constructions
Considérons une droite d et construisons une droite d de la manière suivante :
B B 0
1
2
3
4
0 0 5
1 1 6
2 2 7
3 3 8
9
4 4 10
5 5 11
6 6
A
12
7 7 13
A
8 8 14
15
9 9 16
10 10 17
11 11 18
12 12 19
13 13 20
14 14 21
15 15
C
22
23
16 16
d d
24
17 17 25
26
27
28
C
29
a) b)
30
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
B
12
13
14
15
B
16
17
18
19
20
0 21
0
1 22 1
2 23 2
3 3
d d
24
4 25
26
4
5 27
5
6 28 6
A
7 7
A
29
8 30 8
9 9
10 10
11 11
12 12
13 13
C C
14 14
15 15
d'
16 16
17 17
c) d) Figure 10
0 1
2 3
9
0
4 5 1
8
6 7 2
7
8 9 3
6
4
10
11 1 5
5
d
2 13 6
4
14 1 7
5 16 30 8
3
29
17 28 9
27
2
26 10
25
11
1
d'
24
23
22 12
d'
0
21 13
20
19 14
18
17 15
16
15 16
d
14
13 17
12
11 18
10 19
9
8 20
7
6 21
5
4 22
3
2 23
1
0 24
25
26
27
28
Figure 11
29
30
d'
d
7
170
6
5
160
10
4
20
150
3
30
2
140
40
1
130
50
0
60
5
10
120
1
15
20
70
2
25
30
110
80
3
35
90
0
10
4
100
170
160 110
120
5
90
70 80
50 60
40
7
20 30
10
Figure 12
Ici on suppose les deux droites distinctes mais, pour les besoins de la théorie, on doit considérer
que deux droites confondues sont aussi parallèles (chap.13, 2.3).
On dit que deux droites parallèles ont une même direction.
Le mot « direction » n’a pas ici la même signification que dans le langage quotidien : en effet, lors-
qu’on veut prendre une route ou une ligne de chemin de fer qui relie les villes A et B , on dit qu’on
va dans la direction de A ou de B . En géométrie, des droites ont une même direction si elles sont
« dirigées, inclinées » d’une même manière.
3.2.2 Propriétés
a) Par un point passe une et une seule parallèle à une droite donnée.
b) Si deux droites sont parallèles, toute droite perpendiculaire à l’une est aussi perpendiculaire à
l’autre.
c) Si deux droites sont perpendiculaires à une droite donnée, elles sont parallèles entre elles.
88 Chapitre 2
• on choisit un second point, B , sur la droite d (figure 13d);
• on replie la feuille de manière à faire coïncider les deux demi-droites d’origine B (figure 13e);
• on déplie la feuille; le troisième pli correspond à une droite b passant par le point B et
perpendiculaire à la droite d (figure 13f).
On observe que les deux droites a et b, perpendiculaires à la droite d, sont parallèles entre elles.
La droite d est une perpendiculaire commune aux droites a et b.
A A
A
a) b) c)
A A
a B a B
b
d d
d) e) f) Figure 13
Si deux droites distinctes ne sont pas parallèles, on dit qu’elles sont sécantes.
A B C
a) b) Figure 14
La longueur d’un côté d’un triangle est plus petite que la somme des longueurs des deux autres
côtés.
C Figure 15
On a donc les trois inégalités suivantes :
90 Chapitre 2
4.3 Distance d'un point à une droite
La distance d’un point à une droite est la distance entre le point et le pied de la perpendiculaire
abaissée du point sur la droite.
d
P
H Figure 16
La propriété suivante peut être justifiée par le théorème de Pythagore (chapitre 7).
La distance d’un point A extérieur à une droite d au pied H de la perpendiculaire menée par ce
point A à la droite d est inférieure à la distance de A à n’importe quel autre point P de la droite
d.
C
A
a
D
B
b Figure 17
On peut le positionner par pliage : on replie la feuille sur elle-même en faisant coïncider les extré-
mités du segment; le point du segment situé sur le pli est le point milieu.
On peut aussi déterminer le point milieu d’un segment à l’aide d’une règle graduée : on mesure la
longueur du segment, on la divise en deux et on reporte cette demi-longueur à partir d’une des
extrémités du segment.
O B
A
7
6
5
4
3
0
B
10
17
2
1
0
O
1
2
20
3 5
0
A
4
16
5 10
170
30
7
15
0
15
16
10
40
20
0
15
0
50
25
14
20
0
14
0 30 60
30 13
0
70
13
0 35
120 80
40 110 100 90
0
12
50
60
0
11
70
0
10
80
90
a) b) Figure 18
5.2 Définitions
Pour un point O donné et une distance r donnée, on appelle cercle l’ensemble de tous les points
situés à la distance r fixée du point O . Ce point est appelé centre du cercle.
92 Chapitre 2
La figure 21 présente différents cercles ayant
pour centre le point O : ils sont appelés cercles
concentriques.
O
On dit aussi qu’un cercle est le lieu des points équi-
distants d’un point donné, c’est-à-dire situés à une
même distance de ce point. Figure 21
On appelle disque de centre O et de rayon r l’ensemble des points du plan dont la distance au point
O est inférieure ou égale à la longueur r.
a) b) Figure 25
On appelle secteur circulaire une partie de disque limitée par deux rayons et l’arc de cercle inter-
cepté par les extrémités des deux rayons. (figure 25b)
a) le cercle et la droite n’ont aucun point commun; on dit qu’ils sont disjoints ; (figure 26a)
b) le cercle et la droite ont deux points communs : on dit qu’ils sont sécants ; (figure 26b)
c) le cercle et la droite ont exactement un point commun : on dit qu’ils sont tangents ou que la
droite est tangente au cercle. (figure 26c)
a) b) c) Figure 26
Dans le cas a), la distance de la droite au centre du cercle est supérieure au rayon du cercle; dans le
cas b), cette distance est strictement inférieure au rayon et dans le cas c), elle est exactement égale
au rayon (figure 27).
a) b) c) Figure 27
94 Chapitre 2
La tangente en un point d’un cercle est perpendiculaire au diamètre passant par ce point.
La perpendiculaire à un diamètre d’un cercle en une de ses extrémités est tangente au cercle en ce
point.
Cette propriété permet de construire en un point donné d’un cercle la tangente à ce cercle :
7 Angle - rapporteur
7.1 Angle
Un angle est une région du plan délimitée par deux demi-droites issues d’un point.
Chaque paire de demi-droites issues d’un point détermine deux régions (figure 29).
Figure 29
On parle d’un angle plat lorsque les deux demi-droites sont opposées. (figure 30a)
Un angle est droit lorsque les deux demi-droites sont contenues dans deux droites perpendiculaires
(figure 30b)
a) b) Figure 30
Un angle est saillant lorsqu’il peut être contenu dans un angle plat. (figure 31a)
Un angle est rentrant lorsqu’il peut contenir un angle plat. (figure 31b)
a) b) Figure 31
Lorsque les deux demi-droites sont superposées, l’angle saillant est appelé angle nul et l’angle
rentrant est appelé angle plein. (figure 32)
Figure 32
Un angle de sommet O et de côtés [OA et [OB est désigné par AOB ou BOA
ou Ô. Sauf mention
contraire, cette notation désigne l’angle saillant (figure 33).
B Figure 33
96 Chapitre 2
7.2 Mesures d'angles et rapporteur
L’ouverture entre les deux côtés d’un angle s’appelle amplitude de cet angle.
La mesure de l’amplitude d’un angle dépend de l’angle choisi comme unité. Une unité possible est le
degré.
Ce sont les astronomes babyloniens des derniers siècles avant J-C qui ont décidé de diviser l’angle
plein en 360 parties égales.
1
Un angle de un degré est un angle valant 360 de l’angle plein.
On appelle angle aigu un angle dont l’amplitude est strictement comprise entre 0◦ et 90◦ . (fi-
gure 35a)
On appelle angle obtus un angle dont l’amplitude est strictement comprise entre 90◦ et 180◦ .
(figure 35b)
135°
35°
a) b) Figure 35
Le rapporteur est un instrument de mesure d’angle gradué en degrés. Certains rapporteurs ont
la forme d’un disque, d’autres d’un demi-disque ou sont incorporés dans une équerre Aristo (fi-
gure 36).
90
10
80
0
70 908 110 1
11
70
0
00 0 60 30
12
60
50 120 1
0
13
80 90 100 50
0
70 110
60 35 0
14
12 40
0
150 20 0
0
40
50 30
180 160 30
0
14
13
15
25 30
0
40
0
14
20
0
30
15
16
20
170
15
10
160
20
10
17
10
0
5
170
10
7 6 5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 6 7
Figure 36
Il existe d’autres unités d’angles que le degré. Dans certains domaines techniques, on utilise des
grades notés « gr » : en 1803 on a décidé que l’angle droit correspondait à 100 grades.
Plus loin dans le cours de mathématique, on introduit une autre unité d’angles : le radian (Chap.9,
section 4.2.2).
98 Chapitre 2
Isométries
Chapitre 3
Figure 1
La figure 1 représente des échantillons de pa-
piers peints. Les parties de dessins dont nous Contrairement à la figure 1, les différentes
disposons suffisent pour imaginer comment se gouttes de la figure 2 ne sont pas superposa-
poursuivent les dessins dans toutes les direc- bles puisqu’elles n’ont pas la même taille.
tions. Dans ce chapitre, nous allons décrire différents
Chacun de ces trois dessins est construit à par- mouvements possibles qui permettent de
tir d’un seul motif, une « goutte », reproduite passer d’une figure à une autre qui lui est su-
dans différentes positions suivant des cons- perposable, les définir en langage mathémati-
tructions précises qui se répètent. On observe que, donner leurs caractéristiques ainsi que le
que, dans les trois cas, la goutte se déplace sans procédé de construction qui permet de dessi-
changer ni de forme, ni de dimension. En effet, ner une nouvelle figure à partir de la première
si on dessine une goutte au hasard sur un cal- sans utiliser le calque.
que, on peut la superposer à n’importe quelle
autre goutte, éventuellement après avoir re-
1.
tourné le calque. On dit que toutes ces gouttes
sont superposables. Translation
2. Symétrie orthogonale
3. Symétrie centrale
Figure 2 4. Rotation
5. Isométries du plan
1 Translation
1.1 Caractérisation
La figure 3 montre deux gouttes. On peut passer
de celle de gauche à celle de droite en la glissant
le long d’une droite sur une certaine distance.
Quand on peut passer de cette façon d’un motif
à un autre, on dit que le second est l’image du
premier par une translation (du latin « trans » qui
signifie « à travers » et « latere », « porter »).
Figure 3
Pour caractériser ce mouvement, il suffit de dispo-
ser d’une « flèche ». Une telle « flèche » ou
segment orienté est entièrement déterminée par A
son origine et son extrémité; on peut la noter à
l’aide d’un couple de points (A, B).
La figure 4 montre un exemple de couple de points B
Figure 4
A A
P P
B B
P'
a) b) Figure 5
100 Chapitre 3
A A A
U B U B U B
U' U'
W W
W
V V W' V W'
V' V' Figure 6
a) b) Figure 7
Figure 8
Figure 9
Isométries 101
2 Symétrie orthogonale
2.1 Caractérisation
La figure 10a montre une goutte et une autre goutte retournée.
a) b) Figure 10
Si elles étaient dessinées sur du papier calque, on pourrait plier le papier en deux et ainsi superposer
les deux gouttes. Dessinons ce pli imaginaire qui est la droite d de la figure 10b.
Si on reproduit une des deux gouttes sur du papier-calque, pour passer de l’une à l’autre, on doit
retourner le calque.
Quand on peut passer ainsi d’un motif à un autre, on dit que chaque motif est l’image de l’autre par
une symétrie orthogonale (le mot « symétrie » vient du grec « sun », avec et « metron », mesure).
Une symétrie orthogonale est entièrement déterminée dès qu’on connaît la droite d qui porte le
nom d’axe de la symétrie orthogonale.
Figure 11
Ces observations permettent de décrire les étapes de la construction de l’image P d’un point P par
la symétrie orthogonale d’axe d :
• on trace la droite a passant par le point P et perpendiculaire à la droite d ; on appelle O le
point d’intersection des droites a et d (figure 12a);
• on mesure la distance |P O| ;
• on reporte la distance |P O| sur la droite a au-delà de O (pour reporter la distance, on peut
utiliser soit une règle graduée, soit un compas) (figure 12b);
• on obtient ainsi le point P .
102 Chapitre 3
d d
a
P'
P P
a) b) Figure 12
d d A' d A'
B' B'
A D A D A D
B B D' B D'
C' C'
C C C
Figure 13
Observons que les points de la figure qui sont sur l’axe d ne se déplacent pas.
Isométries 103
2.5 Figure invariante par une symétrie orthogonale
Il arrive que l’image d’une figure par une symétrie orthogonale donnée soit la figure elle-même. Dans
ce cas, on dit que la figure possède un axe de symétrie. Une telle figure est dite figure invariante
par la symétrie orthogonale d’axe d.
Les découpages les plus fantaisistes d’une feuille
pliée une fois donnent toujours une figure possé-
dant le pli comme axe de symétrie (figure 15a). Et
si on plie la feuille deux fois à angle droit, on ob-
tient, après découpage, une figure possédant deux
axes de symétrie (figure 15b).
a) b) Figure 15
Il y a dans l’architecture beaucoup d’exemples
d’objets possédant un ou plusieurs axes de symétrie (figure 16).
Figure 16
Dans la nature aussi, beaucoup d’objets semblent posséder un ou plusieurs axes de symétrie (fi-
gure 17).
Figure 17
Certaines figures géométriques possèdent un ou plusieurs axes de symétrie. Ainsi, le triangle isocèle
en possède un (figure 18a), le rectangle deux (figure 18b), le triangle équilatéral trois (figure 18c),
le carré quatre (figure 18d), le cercle une infinité (figure 18e).
a) b) c) d) e) Figure 18
La figure 19 montre un échantillon de frise sur lequel on peut observer qu’un motif est reproduit
104 Chapitre 3
successivement à l’aide de symétries orthogonales. Une telle figure, considérée comme infinie dans
les deux sens, est invariante par différentes symétries orthogonales.
Figure 19
Remarquons qu’on trouve aussi de nombreuses translations dans cette figure (si on la prolonge).
A A
B B B
A
Figure 20
Lorsqu’on rabat, par pliage, l’une sur l’autre les deux extrémités d’un segment tracé sur une feuille
transparente (figure 20), on détermine un axe de symétrie de ce segment puisque l’image du seg-
ment est le segment lui-même. L’axe de symétrie ainsi obtenu est perpendiculaire au segment et le
coupe en son milieu.
On appelle médiatrice d’un segment la droite perpendiculaire à ce segment, passant par son milieu.
Remarquons que la droite déterminée par les extrémités d’un segment est aussi un axe de symétrie
du segment.
A A
B B B
D
A
C C C
Figure 21
et DBC
Les angles ABD sont superposables, ils ont donc même amplitude. Ce fait conduit à la
définition suivante.
On appelle bissectrice d’un angle, la droite qui partage celui-ci en deux angles de même amplitude.
Isométries 105
3 Symétrie centrale
3.1 Caractérisation
a) b) Figure 22
La figure 22a montre deux gouttes. En reproduisant une goutte sur du papier-calque, on peut
passer d’une goutte à l’autre en effectuant un demi-tour autour d’un point (que l’on peut tenter de
retrouver en fixant le calque avec une pointe de crayon) (figure 22b).
Quand on peut passer ainsi d’un motif à un autre, on dit que les motifs sont images l’un de l’autre
par une symétrie centrale.
Une symétrie centrale est entièrement déterminée dès qu’on connaît le point autour duquel on
tourne. Ce point est appelé centre de la symétrie centrale.
Figure 23
Ces observations permettent de décrire les étapes de la construction de l’image P d’un point P par
la symétrie centrale de centre O :
P P
PÕ
a) b) Figure 24
106 Chapitre 3
3.3 Image d'une figure
Pour dessiner l’image d’une figure par la symétrie centrale de centre O , on devrait dessiner l’image de
chaque point de la figure. Souvent, quelques points suffisent pour déterminer entièrement l’image.
La figure 25 montre, étape par étape, la construction de l’image d’une figure par la symétrie centrale
de centre O .
CÕ CÕ
BÕ BÕ
A D A D A D
DÕ DÕ
AÕ AÕ
B B B
C C C Figure 25
Figure 27
Figure 28
Isométries 107
La figure 29 montre un échantillon de frise sur lequel on peut observer qu’un motif est reproduit
successivement à l’aide de symétries centrales. Une telle figure, considérée comme infinie dans les
deux sens, est invariante par chacune des symétries centrales qui envoie un motif sur un autre.
Figure 29
4 Rotation
4.1 Caractérisation
La figure 30 montre deux gouttes. En reproduisant une goutte sur du papier-calque, on peut passer
de la goutte du haut à celle du bas en la faisant tourner autour du point O , dans le sens des aiguilles
d’une montre appellé sens horloger. (figure 30b)
a) b) Figure 30
Quand on peut passer ainsi d’un motif à une autre en tournant autour d’un point, on dit que le
second est l’image du premier par une rotation.
Pour déterminer exactement le mouvement de rotation, il faut un point autour duquel on tourne,
appelé centre de rotation, l’amplitude d’un angle et un sens de rotation (horloger ou anti-horloger).
d’am-
La figure 31 montre un angle orienté AOB D
Figure 31
d’ampli-
plitude −60◦ et un angle orienté COD
tude +120◦ .
108 Chapitre 3
4.2 Construction de l'image d'un point
(ici
Pour dessiner l’image P d’un point P par la rotation de centre O et d’angle orienté ACB
d’amplitude −120◦ ), on procède de la façon suivante :
• on trace la demi-droite [OP (figure 32a);
• on dessine un cercle ou un arc de cercle de centre O et de rayon |OP | (figure 32a);
• on mesure et on trace un angle orienté d’amplitude 120◦ de sommet O dont le premier côté
est la demi-droite [OP (à l’aide d’un rapporteur) (figure 32b);
• le point P se situe à l’intersection du cercle et de la demi-droite, deuxième côté de l’angle
(figure 32b).
P P
B
Ð 120¡
C
A
PÕ
a) b) Figure 32
A'
C'
B' Figure 33
B B
A A
C C
a) b) Figure 34
Isométries 109
4.6 Figure invariante par rotations
Lorsque la figure se superpose avec elle-même après avoir subi une rotation, on dit que cette figure
est une figure invariante par une rotation. La figure 35 montre différents motifs invariants par des
rotations particulières.
Figure 35
Si une figure est invariante par une rotation d’amplitude α, elle l’est aussi par toute rotation dont
l’amplitude est un multiple de α et dont le sens est positif ou négatif.
Si on répète la rotation qui laisse une figure invariante, on ramène la figure dans sa position initiale
après un nombre déterminé d’étapes. Ceci permet de conclure que l’amplitude de cette rotation
doit être un diviseur de 360◦ ou d’un de ses multiples.
5 Isométries du plan
Nous avons observé que les différents mouvements décrits jusqu’ici, translation, symétrie ortho-
gonale, symétrie centrale et rotation envoient une figure sur une figure qui lui est superposable.
Toutes les copies d’une figure, obtenues à l’aide d’un de ces procédés ou une succession de ces
procédés, ont la même forme et les mêmes dimensions que la figure initiale et sont appelées figures
isométriques (du grec « iso » qui signifie « égale » et « metron » qui signifie « mesure »).
La figure 36 montre des triangles isométriques.
C C C
B
A
A
A A
B A
C
B B
C B
a) b) c) d) e) Figure 36
Si deux triangles isométriques ont même orientation, on dit qu’ils sont déplacés l’un par rapport
à l’autre.
Si deux triangles isométriques ont des orientations différentes, on dit qu’ils sont retournés l’un
par rapport à l’autre.
Ainsi, à la figure 36, les triangles c) et d) sont retournés par rapport au triangle a) et les triangles b)
et e) sont déplacés par rapport à ce même triangle a). On peut le vérifier aussi en utilisant un calque.
110 Chapitre 3
5.1 Définitions des isométries
Jusqu’ici, nous avons décrit les mouvements comme agissant sur des figures.
Les mathématiciens ont théorisé ces mouvements, d’une part, en ne s’intéressant qu’à la position
initiale et à la position finale des points et non au mouvement subi et, d’autre part, en envisageant
leur effet sur l’ensemble des points du plan.
On parle d’isométrie du plan lorsque tout point du plan est envoyé sur un point du plan, appelé
point-image et que
• tout segment a pour image un segment de même longeur;
• tout angle a pour image un angle de même amplitude.
Les translations, les symétries orthogonales, les symétries centrales et les rotations sont des isomé-
tries.
Voici les définitions mathématiques plus formelles de ces isométries agissant sur tous les points du
plan.
Isométries 111
5.1.4 Rotation de centre O et d'amplitude α
P
Un point P est l’image d’un point P par la rota-
tion de centre O et d’amplitude d’angle orienté
α si : Ð 120¡
• les segments [OP ] et [OP ] ont même
longueur (|OP | = |OP |);
• l’amplitude de l’angle orienté P OP vaut α.
PÕ Figure 40
La rotation de centre et d’amplitude −120◦ est
notée rO,−120◦ . L’image d’un point P par la rotation rO,−120◦ se note P = rO,−120◦ (P ).
La symétrie centrale est un cas particulier de rotation : sO = rO,+180◦ = rO,−180◦ .
112 Chapitre 3
A' B'
A B
A''
B'' Figure 41
Regardons, pour chacune des isométries, si elle possède des points fixes.
Pour une translation non identique, il n’y a pas de point fixe puisque tous les points sont déplacés.
Pour une symétrie orthogonale, les points situés sur l’axe sont envoyés sur eux-mêmes puisqu’ils sont situés à
une distance nulle de l’axe. Il y a donc une droite de points fixes.
Pour une rotation non identique et donc aussi pour une symétrie centrale, le centre est le seul point fixe.
Pour une translation identique, ou une rotation identique tous les points du plan sont fixes.
Isométries 113
Chapitre
Figures géométriques planes
4
Les figures géométriques comme les
triangles, les quadrilatères et autres
polygones sont l’objet d’étude
depuis la nuit des temps; en effet, ce
sont les modélisations d’objets fami-
liers : maisons, champs, outils,... Il
faut pouvoir les reconnaître à partir
de leurs éléments caractéristiques,
les dessiner en prenant un minimum
de mesures,...
L’objet de ce chapitre est de caracté-
riser les polygones, en particulier les
triangles et les quadrilatères, et en-
suite d’étudier des familles d’angles.
1. Polygones
2. Triangles
3. Quadrilatères
4. Familles d’angles
1 Polygones
1.1 Polygones quelconques
Un polygone est une figure plane délimitée par une ligne fermée constituée de segments.
Chacun de ces segments est un côté du polygone. Le point commun à deux côtés consécutifs est un
sommet. L’angle formé par deux côtés consécutifs du polygone et situé à l’intérieur de celui-ci est un
angle intérieur du polygone. Un polygone admet autant d’angles que de côtés. Le mot « polygone »,
d’origine grecque se décompose en « poly », « nombreux » et « gônia », « angles ». La figure 1 montre
quelques polygones.
A
B
E
C
D
a) b) c) Figure 1
La figure 1a est un polygone à cinq sommets A, B , C , D , et E et cinq côtés [AB], [BC], [CD], [DE]
et [EA].
Les polygones peuvent avoir des allures et des formes très variables. On distingue les polygones
convexes (figures 1a et 1b) et non convexes (figure 1c). Ces derniers ont un angle rentrant.
Il existe des polygones avec autant de côtés qu’on veut. Le nom d’un polygone dépend du nombre
de côtés. Le tableau ci-dessous reprend le nom des différents polygones en fonction du nombre de
côtés.
Une diagonale d’un polygone est un segment qui relie deux sommets non consécutifs.
La figure 2a montre toutes les diagonales d’un polygone issues d’un même sommet et la figure 2b
montre toutes les diagonales de ce polygone.
116 Chapitre 4
a) b) Figure 2
La figure 3 montre quelques polygones réguliers. L’amplitude des angles de chaque polygone régulier
est déterminée par son nombre de côtés (section 4.2.3). Tous ces polygones sont convexes.
Figure 3
Sauf pour les triangles, l’égalité des longueurs de côtés n’entraîne pas l’égalité des amplitudes des
angles et réciproquement. Par exemple, un losange a quatre côtés de même longueur et peut avoir
des angles de deux amplitudes différentes (figure 4a). Un rectangle a quatre angles droits et peut
avoir des côtés de deux longueurs différentes (figure 4b). De tous les losanges et de tous les rectan-
gles, seul le carré est un polygone régulier car il est le seul à posséder à la fois des côtés de même
longueur et des angles de même amplitude (figure 4c).
a) b) c) Figure 4
Si le polygone a un nombre impair de côtés, toutes les droites qui passent par un sommet et le
milieu du côté qui lui est opposé sont des axes de symétrie (figure 5a).
Si le polygone a un nombre pair de côtés, il y a deux familles d’axes de symétrie : les droites qui relient
les paires de sommets opposés et les droites qui relient les milieux de côtés opposés (figure 5b).
L’intersection de tous les axes de symétrie fournit le centre du cercle circonscrit qui passe par tous
les sommets du polygone et qu’on appelle cercle circonscrit. Ce centre est le sommet commun à n
triangles isométriques constitutifs d’un polygone à n côtés (figure 6).
Figure 6
Il y a plusieurs techniques pour dessiner un polygone régulier à n côtés selon qu’on impose ou non
la longueur de ses côtés.
a) Si on n’impose pas la longueur des côtés, on construit le polygone en s’appuyant sur la décom-
position d’un polygone en n triangles dont le sommet commun est le centre du cercle circonscrit.
• On dessine un cercle quelconque de centre O (figure 7a);
• on divise 360◦ par n pour obtenir l’amplitude α de chacun des angles au centre du poly-
gone;
• on trace n angles d’amplitude α à partir du centre O (figure 7b);
• l’intersection de chacun des côtés des angles avec le cercle donne les n sommets du poly-
gone recherché (figure 7c).
O α
a) b) c) Figure 7
b) Si on impose la longueur des côtés, il faut connaître l’amplitude des angles du polygone (voir
4.2.3) pour pouvoir le dessiner.
• On dessine un côté de longueur imposée;
• avec une des extrémités de ce segment comme sommet, on dessine un angle dont l’ampli-
tude est celle du polygone recherché (figure 8a);
• sur le nouveau côté de l’angle, on reporte la longueur du côté du polygone (figure 8b);
118 Chapitre 4
• à partir de l’extrémité de ce nouveau segment, on recommence l’opération précédente
(figure 8c);
• on procède ainsi autant de fois qu’il y a de côtés au polygone (figure 8c).
1
135¡
a) b) c) Figure 8
2 Triangles
2.1 Définitions et classement
Un triangle est un polygone à trois côtés.
Un triangle est déterminé dès qu’on se donne trois points non alignés. Il suffit de les relier deux à
deux pour former des segments de droite. La figure 9 montre différents triangles.
A
B
C Figure 9
Un côté d’un triangle est adjacent à un angle ou un angle est adjacent à un côté si ce côté est aussi
un côté de l’angle.
Par exemple, dans le triangle ABC de la figure 9, les côtés [BA] et [BC] sont adjacents à l’angle
.
ABC
On dit qu’un côté d’un triangle est opposé à un angle si ce côté n’est pas un des deux côtés de
l’angle.
.
Par exemple, le côté [AC] est opposé à l’angle ABC
Triangle scalène
Un triangle est scalène lorsque les longueurs des trois côtés sont différentes.
Un triangle est isocèle lorsqu’il a au moins deux côtés de même longueur (figure 10).
Le mot « isocèle » est un composé de deux mots grecs : « isos » qui signifie « égal » et « skalos » qui
signifie « jambe ». Le troisième côté du triangle est appelé base du triangle isocèle. L’angle opposé à
la base est appelé angle au sommet du triangle isocèle.
Figure 10
Nous remarquons que, malgré cette condition sur les longueurs des côtés, les triangles isocèles
peuvent avoir des formes très différentes.
Triangle équilatéral
Un triangle est équilatéral lorsqu’il a trois côtés de même longueur (figure 11).
Figure 11
Les triangles équilatéraux semblent avoir tous la même forme et ne varier que par leur taille. Nous
expliquons ce phénomène au chapitre 6 à la section 3.5.
Les deux autres angles sont nécessairement aigus. Cette propriété est justifiée à la section 4.2.1 de
ce chapitre. A B A
B C C Figure 12
Triangle acutangle
Un triangle est acutangle lorsque tous ses angles sont aigus (figure 13a).
Triangle obtusangle
120 Chapitre 4
Les deux autres angles d’un triangle obtusangle sont nécessairement aigus. Cette propriété est
justifiée à la section 4.2.1 de ce chapitre.
a) b) Figure 13
Critère 1
On peut construire un triangle dès qu’on connaît la longueur de deux de ses côtés et l’amplitude
de l’angle compris entre ceux-ci.
a) Procédé de construction
Pour construire un triangle dont deux côtés ont pour longueur 2, 5 et 4 cm et dont l’amplitude de
l’angle compris entre les deux est 50◦ , on procède de la façon suivante (figure 14) :
• on trace un segment [AB] dont la longueur est celle d’un des côtés, par exemple, 4 cm;
• on mesure et on trace un angle de 50◦ à partir du côté [AB] (il y a quatre possibilités suivant
qu’on choisisse A ou B comme sommet et l’orientation de l’angle positive ou négative);
• on reporte la longueur de 2, 5 cm du deuxième côté le long du deuxième côté de l’angle
dessiné pour obtenir le troisième sommet du triangle.
2,
cm
5
cm
2,5
50° 50°
A 4 cm B A 4 cm B
50° 50°
Figure 14
Les quatre triangles ainsi obtenus sont isométriques, ainsi que tous les autres qu’on aurait pu
construire à partir des données fournies.
Un triangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de la longueur de deux
côtés et de l’amplitude de l’angle compris entre ceux-ci.
La donnée de n’importe quel angle strictement compris entre 0◦ et 180◦ ainsi que de deux mesures
quelconques pour les deux côtés adjacents permet toujours de construire un triangle.
Critère 2
On peut construire un triangle dès qu’on connaît la longueur d’un de ses côtés et l’amplitude de
ses deux angles adjacents.
a) Procédé de construction
Pour construire un triangle dont un côté mesure 4 cm et dont les amplitudes des angles adjacents
sont respectivement de 30◦ et 45◦ , on procède de la façon suivante (figure 15) :
• on trace un segment [AB] de longueur 4 cm;
• on dessine un angle de 30◦ à partir du côté [AB] (il y a quatre possibilités suivant qu’on
choisisse A ou B comme sommet et l’orientation de l’angle positive ou négative);
• on dessine un angle de 45◦ à partir du côté [AB] ayant l’autre point (B ou A) comme sommet
et du même côté de [AB] ;
• pour chacun des triangles, le troisième sommet se situe à l’intersection des deux demi-droites
formant les angles imposés avec le segment de départ.
Figure 15
Les quatre triangles construits à la figure 15 ainsi que tous ceux qui respectent les contraintes
imposées sont isométriques.
Un triangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de la longueur d’un
côté et de l’amplitude des deux angles adjacents.
Figure 16
122 Chapitre 4
• Si l’amplitude d’un des deux angles est égale à 90◦ , l’amplitude de l’autre angle doit être
strictement inférieure à 90◦ pour que les deux côtés aient un point d’intersection (figure 17).
Figure 17
• Si l’amplitude d’un des deux angles est supérieure à 90◦ , par exemple 100◦ , l’amplitude de
l’autre angle doit être strictement inférieure à 80◦ pour que les deux côtés aient un point
d’intersection (figure 18).
100° 100°
Figure 18
Pour qu’il soit possible de construire un triangle à partir de la donnée de la longueur d’un côté et
de l’amplitude de deux angles, il faut que la somme des deux angles soit strictement inférieure à
180◦ .
Critère 3
On peut dessiner un triangle dès qu’on connaît les longueurs de ses trois côtés.
a) Procédé de construction
Pour construire un triangle dont on donne les trois longueurs des côtés, par exemple 4 cm, 3 cm et
2, 5 cm, on procède de la façon suivante (figure 19) :
• on trace un segment [AB] dont la longueur est celle d’un des côtés, par exemple 4 cm;
• on trace un arc de cercle de centre A et de rayon 3 cm et un autre de centre B et de rayon
2, 5 cm (figure 19a) ou on trace un arc de cercle de centre B et de rayon 3 cm et un autre
de centre A et de rayon 2, 5 cm (figure 19b);
• Pour chacun des triangles, le troisième sommet se situe à l’intersection des arcs de cercle.
C D
A B A B
C' D’
a) b) Figure 19
Un triangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée des trois longueurs
de ses côtés.
La donnée de trois longueurs prises au hasard ne permet pas toujours de construire un triangle.
Représentons et nommons a, b et c les trois longueurs des côtés d’un triangle et supposons que a
soit la plus grande longueur. Si on démarre la construction en partant d’un segment de longueur
a, trois cas peuvent se présenter (figure 20) :
b c b
c
a a b c
b c
Figure 20
Les deux cercles ont deux Les deux cercles n’ont pas de Les deux cercles ont un point
points d’intersection qui point d’intersection. d’intersection qui se situe sur le
déterminent ainsi deux segment.
triangles superposables.
Pour qu’il soit possible de construire un triangle à partir de la donnée de trois longueurs, il faut
que la somme des deux plus petites soit strictement supérieure à la plus grande.
A la section 2.2.1, nous avons pu constater que trois données peuvent suffire pour déterminer un
triangle. Dans cette section, nous allons montrer un exemple de trois données qui ne déterminent
pas un triangle.
Par exemple, pour construire un triangle dont deux côtés mesurent 4 et 3, 5 cm et dont l’angle
opposé au côté de 3, 5 cm mesure 50◦ , on procède de la façon suivante (figure 21) :
124 Chapitre 4
• on dessine un segment [AB] de 4 cm A 4 cm B
(figure 21); 50°
• on mesure et on trace un angle de 50◦ à
D 3,5 cm
partir du côté [AB] ayant le point A ou B
comme sommet;
• on trace un arc de cercle de 3, 5 cm de
rayon ayant l’autre point comme centre.
Celui-ci coupe la demi-droite en deux points
C et D déterminant ainsi deux triangles
C Figure 21
ABC et ABD non isométriques.
On ne peut donc pas dire qu’un triangle soit entièrement déterminé par la donnée de deux longueurs
et d’un angle non compris entre les deux côtés.
• Un triangle rectangle est entièrement déterminé si on connaît les mesures des deux côtés de
l’angle droit. C’est une application immédiate du critère 1.
• Un triangle rectangle est entièrement déterminé si on connaît la mesure d’un des côtés de
l’angle droit ainsi que l’amplitude de l’angle aigu adjacent à ce côté. C’est une application
immédiate du critère 2.
A ces deux critères, viennent s’en ajouter deux autres qui sont spécifiques aux triangles rectangles.
Critère 4
On peut construire un triangle rectangle dès qu’on connaît son hypoténuse ainsi qu’un côté de
l’angle droit.
a) Procédé de construction
Construisons, par exemple, un triangle dont l’hypoténuse mesure 5 cm et un côté de l’angle droit
mesure 2 cm. On commence par tracer l’angle droit de sommet A (figure 22a). Sur un des deux
côtés, on mesure 2 cm à partir du sommet A et on situe le point B (figure 22b). Avec le point B
comme centre, on trace un arc de cercle de 5 cm afin de situer le point C .
B B
2 cm 5 cm
A A A C
a) b) c) Figure 22
Un triangle rectangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de son
hypoténuse et d’un côté de l’angle droit.
La donnée de n’importe quelles mesures pour l’hypothénuse et pour le côté de l’angle droit per-
met de construire un triangle rectangle, à condition que la plus grande des deux sort celle de
l’hypothénuse.
Critère 5
On peut construire un triangle rectangle dès qu’on connaît son hypoténuse ainsi que l’amplitude
d’un des deux angles aigus.
a) Procédé de construction
Construisons, par exemple, le triangle dont l’hypoténuse mesure 5 cm et dont un des angles aigus
mesure 30◦ . On commence par tracer l’hypoténuse [AB ] de 5 cm et l’angle aigu de 30◦ qui lui est
adjacent (avec B pour sommet) (figure 23a). On abaisse ensuite la perpendiculaire issue de A sur
l’autre côté du triangle et on obtient le sommet C (figure 23b).
A 30¡ B A B
5 cm
a) b) Figure 23
Un triangle rectangle est entièrement déterminé (à une isométrie près) par la donnée de son
hypoténuse et de l’amplitude d’un des deux angles aigus.
La donnée de n’importe quel angle aigu ainsi qu’une mesure quelconque pour l’hypothénuse per-
met de construire un triangle rectangle.
Deux triangles sont isométriques dès qu’ils possèdent l’un et l’autre un angle de même amplitude
compris entre deux côtés de même longueur deux à deux.
126 Chapitre 4
Critère 2
Deux triangles sont isométriques dès qu’ils possèdent l’un et l’autre un côté de même longueur
adjacent à deux angles de même amplitude deux à deux.
Critère 3
Deux triangles sont isométriques dès qu’ils possèdent trois côtés de même longueur deux à deux.
Ces trois premiers critères sont valables pour tous les triangles.
A ceux-ci, viennent s’ajouter deux autres, spécifiques aux triangles rectangles.
Critère 4
Deux triangles rectangles sont isométriques dès qu’ils ont leur hypoténuse de même longueur ainsi
qu’un des côtés de l’angle droit.
Critère 5
Deux triangles rectangles sont isométriques dès qu’ils ont leur hypoténuse de même longueur et
un angle aigu de même amplitude.
L’utilité de ces critères est la suivante : à partir de la reconnaissance de certaines égalités de longueur
de côtés et d’amplitude d’angles, on peut déduire les égalités de tous les éléments correspondants.
Ces critères sont souvent utilisés dans des démonstrations de géométrie (par exemple, les démons-
trations des propriétés de la médiatrice (section 2.3.1) et de la bissectrice (section 2.3.2)).
Une médiatrice d’un triangle est une droite perpendiculaire à un côté, passant par son milieu,
c’est-à-dire médiatrice de ce côté. Un triangle a ainsi trois médiatrices.
La figure 24 montre deux situations différentes. A la figure 24a, les trois médiatrices semblent se
couper en un point. Est-ce un hasard ou le résultat serait-il vrai pour tous les triangles ?
a) b) Figure 24
Pour répondre à cette question, on s’appuie sur les deux propriétés suivantes de la médiatrice d’un
segment.
a) Tout point appartenant à la médiatrice d’un segment [AB] (figure 25a) est équidistant des
points A et B (figure 25b).
P P
A B A B
a) b) Figure 25
b) Tout point équidistant des points A et B (figure 26a) appartient à la médiatrice du segment
[AB] (figure 26b).
P P
A B A B
a) b) Figure 26
La médiatrice d’un segment est l’ensemble de tous les points équidistants de ses extrémités.
On dit aussi que la médiatrice d’un segment est le lieu des points équidistants des extrémités de ce
segment.
En mathématique, on appelle lieu des points satisfaisant une condition, l’ensemble des points qui
satisfont cette condition. Ici, la condition est « être équidistant de deux points fixés ».
On peut reconnaître si une droite est la médiatrice d’un segment en vérifiant, soit si elle est « droite
perpendiculaire passant par le milieu », soit si elle est « lieu des points équidistants de deux points
fixes ».
Il en va de même pour construire une médiatrice : on peut utiliser la définition ou la caractérisation.
128 Chapitre 4
D D
A B A B
E E
a) b) Figure 27
Démonstration de la propriété a)
Soit m la médiatrice du segment [AB], M le point milieu du segment [AB] et P un point situé sur
la médiatrice du segment [AB] (figure 28a).
Il faut démontrer que |AP | = |P B| (figure 28b).
m m
P P
A M B A M B
a) b) Figure 28
Considérons les deux triangles AM P et BM P . Ils ont tous deux un angle droit bordé de deux côtés
de même longueur deux à deux. En effet, |AM | = |M B| et [M P ] est un côté commun (figure 28a).
Les deux triangles AM P et BM P satisfont au critère 1 d’isométrie (deux triangles sont isométriques
s’ils ont un angle de même amplitude bordé de deux cotés de même longueur deux à deux, (section
2.2.4)). Ils sont donc isométriques.
Ce qui permet de conclure que |AP | = |P B| (figure 28b).
Démonstration de la propriété b)
Soit P un point situé à égale distance de A et de B . On a donc |AP | = |P B|.
Il faut démontrer que P est situé sur la médiatrice du segment [AB] autrement dit que, si le point M
est le point milieu du segment [AB], la droite M P est perpendiculaire au segment [AB] (figure 29b).
P P
A B A B
M
a) b) Figure 29
Considérons un triangle ABC , la droite a, médiatrice du côté [BC] et la droite b, médiatrice du côté
[AC] (figure 30a). Ces deux droites se coupent en un point O.
Il faut prouver que la droite c, médiatrice du côté [AB] passe par le point O (figure 30b).
A A
b b
O O
B C B C
a a
a) b) Figure 30
Nous savons que la droite a, médiatrice du côté [BC], est le lieu des points équidistants de B et de
C et la droite b, médiatrice du côté [AC], est le lieu des points équidistants de A et de C .
Le point O , commun aux deux droites a et b, est équidistant de A et de B . Il appartient donc à la
médiatrice du côté [AB] (figure 30b).
Les trois médiatrices d’un triangle se coupent donc en même point. Celui-ci se situe à l’intérieur
d’un triangle acutangle (figure 31a), à l’extérieur d’un triangle obtusangle (figure 31b) et sur l’hy-
poténuse d’un triangle rectangle (figure 31c).
O
O
a) b) c) Figure 31
130 Chapitre 4
Cercle circonscrit à un triangle
On peut construire un cercle passant par les trois sommets d’un triangle.
En effet, le point O , intersection des trois médiatrices, est équidistant des trois sommets du triangle.
On peut donc construire un cercle de centre O passant par les trois sommets. Un tel cercle porte le
nom de cercle circonscrit au triangle (figure 32). L’intersection des trois médiatrices est le centre
du cercle circonscrit.
O O O
a) b) c) Figure 32
Une bissectrice d’un triangle est une droite qui partage un de ses angles en deux angles de même
amplitude, c’est-à-dire la bissectrice1 de cet angle. Un triangle a trois bissectrices.
La figure 33 représente les trois bissectrices d’un triangle. Tout comme pour les médiatrices, il
semble que ces trois droites se coupent en un même point. Est-ce le cas pour n’importe quel triangle ?
Figure 33
Pour répondre à cette question, on s’appuie sur les deux propriétés suivantes de la bissectrice d’un
angle.
1 En réalité, la partie qui nous intéresse est la demi-droite issue du sommet et traversant le triangle. Désormais, nous ne dessinerons que cette
demi-droite.
B P B P
A A
a) b) Figure 34
b) Tout point équidistant des deux côtés [BA et [BC (figure 35a) appartient à la bissectrice de
(figure 35b). C C
l’angle ABC
B B
P P
A A
a) b) Figure 35
La bissectrice d’un angle est le lieu des points équidistants de ses deux côtés.
Avant de démontrer ces deux propriétés, nous donnons la méthode de construction d’une bissec-
trice.
A
D D
B B
P P
E E
C
a) b) Figure 36
132 Chapitre 4
Démonstration de la propriété a)
et P un point situé sur cette bissectrice (figure 37a).
Soit la bissectrice de l’angle ABC
Il faut montrer que la distance du point P à la droite BA est égale à distance du point P à la droite
BC (figure 37b). C C
B P B P
A A
Q
a) b) Figure 37
Comme la distance d’un point à une droite se mesure le long de la perpendiculaire à la droite passant
par le point, abaissons de P la perpendiculaire à la droite BA. Son point d’intersection avec la droite
BA est le point Q. Abaissons de P la perpendiculaire à la droite BC . Son point d’intersection avec
la droite BC est le point R (figure 37b).
Les deux triangles BQP et BRP sont deux triangles rectangles dont l’hypoténuse est commune et
ayant un angle aigu de même amplitude (QBP = RBP , par définition de la bissectrice).
Ils répondent au critère 5 de détermination des triangles (un triangle rectangle est entièrement
déterminé si on connaît son hypoténuse et l’amplitude d’un de ses angles aigus, (section 2.2.4)). Ils
sont donc isométriques.
On en conclut que |P Q| = |P R|. Le point P est donc bien équidistant des deux demi-droites déter-
minant l’angle (figure 37b).
Démonstration de la propriété b)
Soit P un point situé à égale distance des deux demi-droites [BA et [BC . On a donc |P Q| = |P R|
(figure 38a).
Il faut démontrer que P est situé sur la bissectrice du segment [AB], autrement dit que les angles
et RBP
QBP ont même amplitude (figure 38b).
C
Q C
B B
P P
A A
a) b) Figure 38
Par construction, les deux triangles P QB et P RB sont des triangles rectangles dont un des côtés
de l’angle droit et l’hypoténuse ont respectivement même longueur.
Ils répondent donc au critère 4 des triangles isométriques (deux triangles rectangles sont isomé-
triques lorsqu’ils ont leur hypoténuse de même longueur ainsi qu’un côté de l’angle droit, (section
2.2.4)). Ils sont donc isométriques.
et RBP
On en conclut que les angles QBP ont même amplitude. La droite BP est la bissectrice de
l’angle ABC (figure 38b).
Cette propriété va permettre de démontrer la propriété suivante.
Intersection des bissectrices d’un triangle
b
b
O
O
a
B a
B
C C
a) b) Figure 39
Nous savons que tous les points de la droite a, bissectrice de l’angle BAC , sont équidistants des
, sont équidistants
côtés [AB] et [AC] et que tous les points de la droite b, bissectrice de l’angle ABC
des côtés [BA] et [BC].
Le point O commun aux deux droites a et b est équidistant des côtés [AC] et [BC]. Il appartient
.
donc à la bissectrice de l’angle BCA
Les trois bissectrices d’un triangle quelconque se coupent donc en un même point. On voit qu’il se
situe à l’intérieur du triangle (figure 39b).
Le point O , intersection des trois bissectrices d’un triangle, est équidistant des trois côtés [AB],
[AC] et [BC]. On peut donc construire un cercle de centre O (figure 40) et passant par un point de
chacun des côtés.
Une médiane d’un triangle est un segment de droite reliant le milieu d’un côté au sommet qui lui
est opposé. Un triangle a donc trois médianes.
134 Chapitre 4
La figure 41 montre un triangle et ses trois mé- B
dianes.
En effet, si on considère le triangle comme composé de fines baguettes parallèles à un des côtés
(figure 42a), on peut imaginer que cet objet est en équilibre s’il repose sur une latte passant par
les milieux de chacune des baguettes, c’est-à-dire la médiane issue du sommet opposé.
a) b) c) Figure 42
Par ailleurs, il n’y a aucune raison de décomposer ce triangle en baguettes parallèles à un côté plutôt
qu’un autre. On peut refaire le même raisonnement en le découpant en baguettes parallèles à un
autre côté. Le triangle est alors en équilibre s’il repose le long de la médiane relative à ce côté-ci
(figure 42b).
Ce double raisonnement permet de pressentir que le point d’intersection entre les trois médianes
est le point d’équilibre d’une plaque triangulaire homogène (figure 42c).
La figure 43 montre le cas de trois triangles avec leurs trois hauteurs. Nous observons à la figure 43b
que nous avons dû prolonger deux des côtés pour tracer leur hauteur relative. Ce sera toujours le
cas pour les triangles obtusangles.
a) b) c) Figure 43
La figure 43 suggère un résultat semblable aux précédents, à savoir que les hauteurs d’un triangle
se coupent en un même point. Vérifions-le.
B B
A A
A1
a H b
C C
B1
a) b) Figure 44
Montrons que la hauteur AH du triangle ABC est en fait une médiatrice du triangle A1 B1 C1 .
Le point A est le milieu du segment [B1 C1 ]. En effet, par construction, la droite b est parallèle à
AC et la droite a est parallèle à BC . Le quadrilatère ACBC1 est formée de deux paires de côtés
parallèles. C’est un parallélogramme, par définition (section 3.2.2). Ses côtés [C1 A] et [BC] ont
même longueur. De même, le quadrilatère ABCB1 est un parallélogramme et donc |AB1 | = |BC|.
On en conclut que |C1 A| = |AB1 | et que A est milieu de [B1 C1 ].
La droite AH est perpendiculaire à la droite B1 C1 . En effet, par construction, la droite AH est
perpendiculaire à la droite BC et la droite B1 C1 est parallèle à la droite BC .
On peut faire un raisonnement analogue pour les deux autres hauteurs.
Les trois hauteurs du triangle ABC sont donc les trois médiatrices du triangle A1 B1 C1 . Or, nous
savons que les médiatrices d’un triangle se coupent en un même point (section 2.3.1). On en conclut
la propriété suivante.
Le point d’intersection des hauteurs d’un triangle s’appelle l’orthocentre de ce triangle. Ce point
se situe à l’intérieur du triangle si le triangle est acutangle (figure 45a), à l’extérieur du triangle
si celui-ci est obtusangle (figure 45b) et coïncide avec le sommet de l’angle droit si le triangle est
rectangle (figure 45c).
a) b) c) Figure 45
136 Chapitre 4
Le mot « hauteur » est aussi utilisé dans le sens de « mesure de la distance entre un sommet et
le côté opposé » (figure 46). C’est le contexte qui permet de différencier les deux interprétations.
Généralement, dans le cadre de calcul d’aire, il s’agit de la mesure.
B
2,2 cm
A
C
Figure 46
Cette droite passe par le milieu de la base [BC] et lui est perpendiculaire. C’est le lieu géométrique
des points équidistants des sommets B et C (section 2.3.1). Comme le triangle ABC est isocèle,
|AB| = |AC| et le sommet A du triangle appartient donc à la médiatrice de la base [BC]. Par
conséquent, la médiatrice de la base d’un triangle isocèle est aussi un axe de symétrie du triangle
ABC .
On en déduit les propriétés suivantes d’un triangle isocèle.
Dans un triangle isocèle, les deux angles à la base ont même amplitude.
En effet, ces deux angles sont images l’un de l’autre par une symétrie orthogonale.
Dans un triangle isocèle, la médiatrice de la base est aussi la bissectrice de l’angle au sommet.
En effet, la médiatrice relative à la base divise cet angle en deux angles de même amplitude puisqu’elle
est un axe de symétrie (figure 48a).
Dans un triangle isocèle, la médiatrice de la base est aussi la hauteur relative au sommet.
En effet, c’est la droite passant par A et perpendiculaire au côté opposé (figure 48b).
Dans un triangle isocèle, la médiatrice de la base est aussi la médiane relative à ce côté.
B C B C B C
a) b) c) Figure 48
Dans un triangle équilatéral, toutes les droites remarquables relatives à cette base se superposent
(figure 49).
Dans un triangle équilatéral, les trois angles ont même amplitude.
Figure 49
3 Quadrilatères
3.1 Définitions
Un quadrilatère est un polygone à quatre côtés.
On peut déterminer un quadrilatère en reliant par des segments consécutifs quatre points parmi
lesquels il n’y a pas trois points alignés. La figure 50 montre différents quadrilatères.
B
A
C
D
a) b) c) d) Figure 50
Les quadrilatères peuvent avoir des allures et des formes très variées.
Les quadrilatères des figures 50a et 50d sont convexes.
138 Chapitre 4
Le quadrilatère de la figure 50c est non convexe ;
Les côtés du quadrilatère de la figure 50b se coupent : c’est un quadrilatère croisé.2
Deux côtés d’un quadrilatère convexes sont opposés lorsqu’ils sont non consécutifs.
Deux côtés d’un quadrilatère sont adjacents lorsqu’ils sont consécutifs.
Deux angles d’un quadrilatère convexe sont opposés lorsque leurs sommets ne sont pas les extré-
mités d’un même côté.
Tout comme pour les triangles, on peut identifier certaines droites remarquables dans un quadri-
latère.
Une diagonale d’un quadrilatère convexe est un segment de droite qui relie deux sommets opposés.
Comme tout quadrilatère a deux paires de sommets opposés, il a deux diagonales. La figure 51
montre différents quadrilatères et leurs diagonales.
Figure 51
Une médiane d’un quadrilatère convexe est un segment de droite qui relie les milieux de deux côtés
opposés.
Comme tout quadrilatère a deux paires de côtés opposés, il a deux médianes. La figure 52 montre
différents quadrilatères et leurs médianes.
Figure 52
Dans ce qui suit, nous allons définir les différentes familles de quadrilatères convexes et établir leurs
propriétés ainsi que celles de leurs diagonales et de leurs médianes.
a) b) c) d) e)
Figure 53
2 Dans la suite, sauf exception, nous traitons seulement des quadrilatères convexes.
Un trapèze dont les deux côtés non parallèles sont de même longueur est appelé trapèze isocèle
(figure 53c).
3.2.2 Parallélogramme
Un parallélogramme est un quadrilatère dont les côtés opposés sont parallèles. Il a donc deux
paires de côtés parallèles.
a) b) Figure 54
Étant donné qu’il possède au moins une paire de côtés parallèles, on en déduit la propriété suivante.
Lorsqu’on accole deux triangles isométriques ABD et CDB de telle sorte qu’ils soient images l’un de
l’autre par la symétrie centrale de centre O , milieu du segment [DB], on obtient un parallélogramme
(figure 55).
On admet, par ailleurs, que tout parallélogramme peut se décomposer en deux triangles isométri-
ques, images l’un de l’autre par une symétrie centrale.
140 Chapitre 4
Un parallélogramme admet un centre de symétrie.
Les côtés opposés d’un parallélogramme ont même longueur.
Les angles opposés d’un parallélogramme ont même amplitude.
D C D C
a) b) Figure 57
Par construction, le point O , milieu du segment [DB], est le centre de symétrie du parallélogramme.
La symétrie centrale échange le sommet A et le sommet C . Le point O est donc aussi milieu du
segment [AC] (figure 57b). On conclut par la propriété suivante.
Deux segments qui se coupent en leur milieu déterminent les diagonales d’un parallélogramme.
Figure 58
La démonstration de cette propriété se base sur les cas d’isométries des triangles et les propriétés
des angles alternes-internes. Nous ne la détaillons pas ici.
O
Q N Q N
D P C D P C
a) b) Figure 59
Considérons les points M , N , P et Q respectivement milieux des côtés [AB], [BC], [CD] et [DA]
(figure 59a). Comme la symétrie centrale respecte les milieux, on peut dire que les points P et M
sont images l’un de l’autre, de même que le point Q et N . Le point O , centre de symétrie est bien le
milieu des segments [M P ] et [N Q] (figure 59b). On conclut par la propriété suivante.
Le point d’intersection des diagonales est aussi le point d’intersection des médianes.
Le réciproque du théorème de Thalès (Chap. 6, section 2.5) permet de justifier la propriété suivante.
3.2.3 Rectangle
Un rectangle est un quadrilatère qui a quatre angles droits.
Figure 60
D
Figure 61
A B A B
D C D C
a) b) Figure 62
142 Chapitre 4
Les triangles BAD et ABC sont isométriques. En effet, il s’agit de deux triangles rectangles dont
les côtés de l’angle droit ont même longueur deux à deux (critère 1 de la section 2.2.4). On peut
en déduire que les hypoténuses respectives des triangles, à savoir les diagonales du rectangle, ont
même longueur. On en conclut la propriété suivante. (figure 62b)
Les diagonales d’un rectangle ont même longueur et se coupent en leur milieu.
Deux segments de même longueur qui se coupent en leur milieu déterminent les diagonales d’un
rectangle.
Figure 63
La démonstration de cette propriété se base sur la connaissance des amplitudes des angles d’un
triangle et les propriétés des triangles isocèles. Nous ne la détaillons pas ici.
Figure 64
Comme pour un parallélogramme, les médianes
d’un rectangle sont parallèles aux côtés de celui-ci. La perpendicularité des côtés d’un rectangle
permet de conclure que
3.2.4 Cerf-volant
Un cerf-volant est un quadrilatère qui possède deux paires de côtés consécutifs de même longueur.
Figure 65
Figure 66
Réciproquement, tout cerf-volant peut se décomposer en deux triangles isométriques, images l’un
de l’autre par une symétrie orthogonale (figure 67).
En effet, traçons la diagonale qui joint le sommet A, commun à deux côtés de même longueur et le
sommet C qui lui est opposé. Cette diagonale détermine deux triangles qui ont leurs côtés deux à
deux de même longueur. Ils répondent au critère 3 des isométries des triangles (section 2.2.4).
Les deux triangles ABC et ADC sont isométri- B
ques et images l’un de l’autre par la symétrie or-
thogonale d’axe AC .
A C
La diagonale d’un cerf-volant qui relie les sommets communs à deux segments de même longueur
coupe l’autre diagonale perpendiculairement en son milieu.
A N B
B
M
A C O
D
P
D C
a) b) Figure 68
144 Chapitre 4
sont images l’un de l’autre. Les médianes [M O] et [N P ] sont donc aussi images l’une de l’autre par
la symétrie orthogonale. On conclut par la propriété suivante.
3.2.5 Losange
Un losange est un quadrilatère qui a quatre côtés de même longueur.
Figure 69
Figure 70
Réciproquement, tout losange peut être décomposé (de deux façons différentes) en deux triangles
isocèles isométriques images l’un de l’autre par une symétrie orthogonale ou une symétrie centrale.
Deux segments qui se coupent perpendiculairement en leur milieu déterminent les diagonales d’un
losange.
Les médianes d’un losange ont même longueur et se coupent en leur milieu.
3.2.6 Carré
Un carré est un quadrilatère qui a quatre côtés de même longueur et quatre angles droits.
Figure 74
Les diagonales d’un carré se coupent en leur milieu perpendiculairement et ont même longueur.
Deux segments de même longueur qui se coupent perpendiculairement en leur milieu déterminent
les diagonales d’un carré.
146 Chapitre 4
La figure 76 illustre cette propriété. Ces deux seg-
ments de même longueur et se coupant en leur
milieu sont les diagonales d’un rectangle. De plus,
ils se coupent perpendiculairement en leur milieu :
ils sont les diagonales d’un losange. La figure est
donc un carré.
Figure 76
Médianes d’un carré
Un carré est un rectangle, donc ses médianes sont
perpendiculaires (figure 77).
Les médianes d’un carré se coupent en leur milieu perpendiculairement et ont même longueur.
Quadrilatère
Trapèze
Cerf-volant
Parallèlogramme
Rectangle
Losange
Carré Figure 78
Lorsqu’on veut caractériser un quadrilatère, il faut trouver la contrainte qui se situe le plus bas
possible dans l’organigramme.
et BOC
A la figure 79, les angles AOB sont adja- C
cents.
B
Deux angles adjacents déterminent un nouvel an-
gle dont le sommet est le sommet commun et dont
les côtés sont les deux demi-droites non commu- A O
nes aux deux. L’amplitude de ce nouvel angle est Figure 79
la somme des amplitudes des deux autres.
Des angles supplémentaires ne doivent pas être adjacents (figure 80a). Toutefois, s’ils sont adja-
cents, les angles supplémentaires forment un angle plat (figure 80b).
B
150°
30°
A O C
a) b) Figure 80
Des angles complémentaires ne doivent pas être adjacents (figure 81a). Toutefois, s’ils sont adja-
cents, les angles complémentaires forment un angle droit (figure 81b).
35° 55°
O A
a) b) Figure 81
148 Chapitre 4
A2
A
A1 A3
A4
Figure 82
Deux angles sont opposés par le sommet s’ils ont le même sommet et que les demi-droites qui les
déterminent sont dans le prolongement respectif l’une de l’autre.
Les angles Â1 et Â3 d’une part et les angles Â2 et Â4 d’autre part sont opposés par le sommet. Ils
sont images l’un de l’autre par une symétrie centrale dont le centre est le sommet commun, ce qui
permet d’affirmer le résultat suivant.
Remarquons par ailleurs que, dans cette figure, deux angles adjacents sont toujours supplémen-
taires. Ainsi, on a
La figure 83 montre deux droites a et b coupées par une droite sécante s. Ces trois droites déter-
minent quatre angles de sommet A et quatre angles de sommet B .
s A2 a
A1 A
A3
A4
B2
B1 B b
B4 B3
Figure 83
Deux angles sont correspondants s’ils n’ont pas le même sommet et sont situés du même côté de la
droite s et du même côté respectivement de la droite a et de la droite b. (figure 84a)
Ainsi les paires d’angles Â1 et B̂1 , Â2 et B̂2 , Â3 et B̂3 et Â4 et B̂4 sont des angles correspondants
(figures 83).
Deux angles sont alternes internes s’ils n’ont pas le même sommet et sont situés de part et d’autre
de la droite s et entre les droites a et b. (figure 84b)
Ainsi les paires d’angles Â4 et B̂2 , et Â3 et B̂1 sont des angles alternes internes (figures 83).
Deux angles sont alternes externes s’ils n’ont pas le même sommet et sont situés de part et d’autre
de la droite s et à l’extérieur des deux droites a et b. (figure 84c)
Ainsi les paires d’angles Â1 et B̂3 , et Â2 et B̂4 sont des angles alternes externes (figure 83).
b b b
a) b) c) Figure 84
L’égalité des angles correspondants ou des angles alternes internes ou des angles alternes externes
est liée au parallélisme des droites a et b.
s A2
a
A1 A
A4 A3
C
B2
B b
B1
B4 B3
Figure 85
Le parallélisme des droites a et b permet de conclure qu’il existe une translation tAB qui envoie
chacun des angles de sommet A sur son correspondant de sommet B (figure 85). Ils ont donc bien
deux à deux la même amplitude.
Par ailleurs, considérons le point C , milieu du segment [AB] (figure 85). C’est le centre de la symétrie
centrale qui envoie A sur B , la droite a sur la droite b, l’angle A3 sur l’angle B1 , l’angle A4 sur l’angle
B2 ,... et les angles alternes internes ont même amplitude.
La figure 86 montre plusieurs dessins de paires d’angles à côtés parallèles deux à deux. A la fi-
gure 86a, les deux angles ont leurs côtés parallèles et de même orientation; à la figure 86b, un des
côtés a conservé l’orientation et l’autre a changé d’orientation; à la figure 86c, les côtés ont changé
d’orientation.
150 Chapitre 4
a) b) c) Figure 86
Pour comparer ces angles deux à deux, on construit l’image d’un des deux angles par une translation
qui fait coïncider les sommets. On obtient nécessairement un des trois cas de la figure 87.
a) b) c) Figure 87
Dans le cas a), les deux angles coïncident; dans le cas b), ils ont un côté commun, les deux autres
s’alignent : les deux angles sont supplémentaires; dans le cas c), les deux angles sont opposés par le
sommet, ils ont donc même amplitude. On obtient le résultat suivant.
Lorsqu’on superpose une famille de triangles isocèles de même base (figure 88), on peut faire les
observations suivantes :
Figure 88
Généralisation
La somme des amplitudes des trois angles d’un triangle vaut 180◦ .
On peut disposer trois triangles isométriques comme à la figure 90. Le triangle BAF est image du
triangle ABC par la symétrie centrale de centre D . Le triangle BCG est image du triangle CBA
par la symétrie centrale de centre E . Cette disposition des triangles permet d’observer les égalités
d’angles suivantes : Â1 = B̂1 ; Ĉ3 = B̂3 .
La somme des amplitudes des trois angles Â1 , B̂2 et Ĉ3 est la même que celles des trois angles B̂1 ,
B̂2 et B̂3 qui forment ensemble un angle plat.
A C
1 3
D E
1 2 3
F B G Figure 90
En effet, dans un triangle rectangle, un des angles mesure 90◦ et dans un triangle obtusangle, un
des angles mesure plus de 90◦ . On conclut que la somme des amplitudes des deux autres angles est
égale ou inférieure à 90◦ . Ils sont donc aigus tous les deux (figure 91).
Figure 91
Nous savons que les trois angles d’un triangle équilatéral ont même amplitude (section 2.3.6). Cette
amplitude vaut 180◦ divisé par trois.
152 Chapitre 4
Tout quadrilatère convexe ou concave peut se sub-
diviser en deux triangles à l’aide d’une diagonale
du quadrilatère. Les angles du quadrilatère sont
recouverts exactement par ceux des deux trian-
gles (figure 92). Il en résulte la propriété suivante.
Figure 92
Figure 93
La somme des amplitudes des angles d’un polygone à n côtés vaut (n − 2) × 180◦ .
Figure 94
a) b) c) Figure 95
a) b) c) Figure 96
154 Chapitre 4
4.3 Angle et cercle
P
4.3.1 Angle inscrit et angle au centre
Considérons un cercle de centre O , et trois points
B
de ce cercle A, B et P . Envisageons les angles AP
(figure 97). Ils portent des noms particu-
et AOB O
liers.
Angle inscrit B
Angle au centre
P
O O O
P B B B
A A A
a) b) c) Figure 98
Dans un cercle, considérons un angle inscrit et l’angle au centre interceptant le même arc. L’am-
plitude de l’angle au centre vaut le double de l’amplitude de celle de l’angle inscrit.
Envisageons la démonstration dans le cas où l’angle inscrit est un angle aigu. Pour démontrer cette
propriété, il faut envisager trois cas.
P P P
180° - 2α
O O O
α α α
B B 2α B
α
A A A
a) b) c) Figure 99
On a bien, dans ce cas, que l’amplitude de l’angle au centre vaut le double de celle de l’angle inscrit.
b) L’angle inscrit a ses deux côtés de part et d’autre des côtés de l’angle au centre
Reprenons la figure 98c à la figure 100a. Subdivisons l’angle inscrit AP B d’amplitude α en deux
angles inscrits AP Q d’amplitude α1 et QP B d’amplitude α2 :
P P P
α
α
α1 α2 α1 α2
O O O
B 2α2 B 2α B
2α1
A A A
Q Q Q
a) b) c) Figure 100
156 Chapitre 4
Q Q Q
O O O
2α2
α2 B α2 2α1 B 2α B
P P P
α α1 α1 α
A A A
a) b) c) Figure 101
Dans un cercle, des angles inscrits interceptant le même arc ont même amplitude.
B
O Figure 103
A
MULTIPLES
Les nombres pairs sont les nombres :
0, 2, 4, 6, 8, 10, ...
Ils sont tous multiples de 2, car on peut les écrire sous la forme :
2 × 0, 2 × 1, 2 × 2, 2 × 3, 2 × 4, 2 × 5, ...
Si on décide de représenter un naturel par la lettre n, tous les nombres pairs peuvent s’écrire sous
la forme :
2 × n.
De même 3 × n représente un multiple de 3 et 4 × n est un multiple de 4 ; ...
NOMBRES CONSÉCUTIFS
Ecrivons trois nombres consécutifs :
6, 7, 8;
on peut écrire ces nombres autrement :
7 − 1, 7, 7 + 1.
De la même façon, si n représente un naturel différent de zéro, alors n − 1 représente le naturel qui
le précède et n + 1 représente le naturel qui lui succède. Ainsi les trois expressions
n − 1, n, n+1
représentent trois nombres consécutifs.
160 Chapitre 5
… Figure 1
On a ajouté 3 allumettes à la première figure; le Elle est formée de 2 carrés de 4 côtés dont 2 sont
nombre d’allumettes est confondus; le nombre d’allumettes est
4 + 3. 2 × 4 − 1.
Troisième figure Troisième figure
On a ajouté 3 allumettes à la deuxième figure Elle est formée de 3 carrés et 2 paires de côtés
ou 2 fois 3 allumettes à la première figure; le sont confondus; le nombre d’allumettes est
nombre d’allumettes est
4+3+3=4+2×3 3×4−2
... ...
On a ajouté 6 fois 3 allumettes à la première Elle est formée de 7 carrés et 6 paires de côtés
figure; le nombre d’allumettes est sont confondus; le nombre d’allumettes est
4 + 6 × 3. 7 × 4 − 6.
On pourrait continuer de la sorte. Toutefois, si au lieu de parler de la figure à l’étape 1, 2, 3, ..., 7,
..., on parle de la figure à l’étape n, la lettre n désignant n’importe quel nombre naturel non nul, on
peut exprimer le nombre d’allumettes en une seule fois.
ne figure ne figure
Le nombre d’allumettes à l’étape n est Le nombre d’allumettes à l’étape n est
Algèbre 161
Par le même procédé, on calculerait le périmètre et l’aire de ce rectangle avec d’autres unités et on
calculerait le périmètre et l’aire de n’importe quel rectangle.
Pour généraliser ces calculs à tous les rectangles et exprimer que l’on fait chaque fois le même calcul
avec des nombres différents, on désigne la longueur de la base et la hauteur par des lettres, par
exemple les lettres b et h (figure 2).
b × h.
Remarquons que les lettres b et h désignent des nombres positifs quelconques, non nécessairement
entiers.
– 32 5 :9
Température Température
aux USA aux USA
(degrés Fahrenheit) (degrés centigrades)
– 32 5 :9
50 18 90 10
– 32 5 :9
20 –12 – 60 – 6,66…
– 32 5 :9
162 Chapitre 5
On pourrait choisir, pour la température en degrés Fahrenheit, une multitude de nombres positifs
ou négatifs et les traiter pour obtenir la température correspondante en degrés centigrades. Pour
éviter de répéter indéfiniment le même schéma de calcul pour les différentes valeurs, on représente
le nombre de la première case par une lettre, par exemple f , et on traite ensuite la lettre comme
on a traité les nombres. – 32 5 :9
f f – 32 (f – 32) 5 (f – 32) 5
9
(degrés Fahrenheit) (degrés centigrades)
On obtient ainsi un unique schéma qui, à lui seul, remplace tous les autres.
Si on résume ce schéma en oubliant les étapes intermédiaires du calcul, on retient que lorsque
la température en degrés Fahrenheit est représentée par la lettre f , la température en degrés
centigrades est donnée par l’expression :
(f − 32) × 5
,
9
qui est un nouvel exemple d’expression algébrique.
En remplaçant, dans la formule, f par n’importe quelle température en degrés Fahrenheit, on ob-
tient la température correspondante en degrés centigrades.
Comme une lettre représente un nombre, les calculs permis avec les nombres le sont avec les
lettres; les propriétés des opérations ainsi que leurs priorités restent valables lorsque on travaille
avec des lettres.
Il faut cependant être prudent. Par exemple, on sait qu’on ne peut pas diviser par zéro; lorsqu’une
variable apparaît au dénominateur, elle ne peut pas prendre une valeur qui annule ce dénominateur.
Lorsqu’une lettre désigne un nombre négatif, le signe moins « − » n’apparaît pas explicitement.
Ainsi, lorsque b = −7, l’expression 3 + b représente le nombre −4 car
3 + (−7) = 3 − 7 = −4
et l’expression 3 − b représente le nombre 10 car
3 − (−7) = 3 + 7 = 10.
Comme le calcul d’une somme se ramène parfois à celui d’une différence, et vice-versa, on utilise
dans les deux cas, le terme de somme.
Algèbre 163
Omission du signe ×
En général, on omet le signe de multiplication « × » dans les cas suivants;
• entre un nombre et une lettre :
par exemple, on écrit 2a à la place de 2 × a ou a × 2 ;
• entre deux lettres :
par exemple, on écrit ab à la place de a × b ;
• entre une lettre (ou un nombre) et une parenthèse :
par exemple, on écrit a(b + 3) à la place de a × (b + 3) ;
• entre deux parenthèses :
par exemple, on écrit (a + 1)(b + 3) à la place de (a + 1) × (b + 3).
Souvent aussi, dans une expression algébrique, on remplace le signe × par un point.
Par exemple, on écrit 3a · 2b à la place de 3a × 2b.
Omission du facteur 1
Habituellement, on n’écrit pas le facteur 1 devant une lettre.
Par exemple, on écrit a à la place de 1a ou de 1 · a ou de 1 × a.
a b c
Figure 3
Les expressions suivantes sont des sommes de longueurs, elles représentent des longueurs.
a+a qui se note aussi 2a :
a a
a+b: a b
b
b−a:
b–a a
Les expressions suivantes sont des produits de deux longueurs et des sommes de produits de deux
longueurs, elles représentent des aires.
a
a×a qui se note aussi a2 :
a
b
a×b qui se note aussi ab :
a
b b
ab + ab qui se note aussi 2ab :
a
164 Chapitre 5
Les expressions suivantes sont des produits de trois longueurs, elles représentent des volumes.
a
a × a × a qui se note aussi a : 3
b
a×b×c qui se note aussi abc :
a
Soit, on calcule l’aire en la considérant comme
celle d’un rectangle de longueur a + b et de lar-
Figure 4
geur a, elle vaut donc
a(a + b) ;
soit, on calcule l’aire en la considérant comme la somme des aires d’un carré de côté a et d’un
rectangle de côtés a et b, elle vaut donc
a2 + ab.
Les expressions algébriques a(a + b) et a2 + ab représentent toutes les deux la même aire. A nouveau,
on décide d’écrire :
a(a + b) = a2 + ab.
Algèbre 165
Chaque fois qu’on attribue une valeur aux variables a et b, on obtient une égalité entre des nombres.
c) Reprenons l’exemple des allumettes de la section 1.1.1 où nous avons déterminé deux expressions
qui permettent de calculer le nombre d’allumettes nécessaires à l’étape n. Ce sont les expressions :
4 + ((n − 1) × 3) et (n × 4) − (n − 1)
qui s’écrivent aussi en raison de la priorité des opérations
4 + (n − 1) × 3 et n × 4 − (n − 1)
ou encore
4 + 3(n − 1) et 4n − (n − 1).
Elles expriment toutes les deux le même nombre. A nouveau, on décide d’écrire :
4 + 3(n − 1) = 4n − (n − 1).
Pour chaque valeur que l’on donne à n, on obtient le même nombre à gauche et à droite du sym-
bole « = ».
Définition
Dans les trois exemples précédents, on a écrit le signe « = » entre deux expressions qui désignent le
même périmètre, la même aire, le même nombre :
b + h + b + h = 2(b + h)
a(a + b) = a2 + ab
4 + 3(n − 1) = 4n − (n − 1) .
Quand on remplace chacune des lettres d’une égalité par des nombres, une même lettre étant
remplacée par un même nombre, on obtient une égalité entre nombres.
Si, chaque fois qu’on attribue, dans deux expressions algébriques, une même valeur à une même
variable, les deux expressions prennent une même valeur, on dit que les deux expressions sont
équivalentes.
1.2.2 Equations
Voici deux types de question auxquelles on est souvent confronté.
a) On ajoute 2 à un nombre et on obtient 7. Quel est ce nombre ?
b) On multiplie un nombre par 6, on obtient 18. Quel est ce nombre ?
Dans les deux cas, le nombre cherché est appelé inconnue. On décide de le représenter par une lettre
(on choisit souvent la lettre x) et on le traite avec des opérations comme s’il était connu.
Les deux problèmes se ressemblent. On les traite de manière similaire. La colonne de gauche présente
une réponse à la première question et la colonne de droite, une réponse à la deuxième question.
Les figures 5a et 5b schématisent les deux questions.
166 Chapitre 5
+2 6
x 7 x 18
:6
a) b) Figure 5
x 7 x 18
–2
a) b) Figure 6
Algèbre 167
2 Transformations d'expressions
algébriques
Dans cette section, nous fixons des règles qui permettent de transformer une expression algébrique
en une autre qui lui est équivalente.
Ces règles permettent aussi de vérifier si deux expressions algébriques sont équivalentes; en l’ab-
sence de ces règles, il faudrait vérifier que, pour chaque valeur attribuée aux variables, ces expres-
sions prennent la même valeur. On montre que deux expressions sont équivalentes en transformant,
selon les règles fixées, l’une jusqu’à ce qu’elle soit de la même forme que l’autre.
On sait que, dans une expression algébrique, les calculs permis avec les nombres le sont avec les
lettres. Pour établir ces règles, on se base donc sur les propriétés des opérations sur les nombres.
2.1 Puissance
Lorsqu’on multiplie par lui-même, un nombre représenté par une lettre, par exemple la lettre a, on
obtient « le carré de a » ou « a au carré » et on écrit :
a × a = a2 .
En général, le produit de n facteurs égaux à a (n étant un naturel supérieur à 1) est appelé « a
puissance n » ou « a exposant n » et on écrit :
a × a × a... × a = an .
n facteurs
2.3 Produit
La commutativité et l’associativité de la multiplication des nombres permettent d’écrire :
2ab × (−3a) = 2 × a × b × (−3) × a
= 2 × (−3) × a × a × b
= −6 × a2 × b
= −6a2 b .
Dans une expression ne contenant que des produits, on multiplie les facteurs numériques entre
eux et on groupe les facteurs littéraux identiques pour en former des puissances.
168 Chapitre 5
2.4 Quotient
Le résultat de la division d’une expression algébrique par une autre, comme
(2a − 3) : (b + 1)
s’écrit sous la forme d’un quotient appelé fraction algébrique :
2a − 3
.
b+1
Comme pour les nombres (Chap.1, section 3), on parle de numérateur et de dénominateur de la
fraction.
Dans notre exemple, il faut exiger que le dénominateur soit différent de zéro, c’est-à-dire que
b = −1
puisque la division par zéro n’a pas de sens (Chap.1, section 1.8.1).
Parfois on écrit cette condition pour être sûr d’en tenir compte dans les calculs.
Dans la suite, nous supposons que les variables ne prennent aucune valeur qui rendrait le dénomi-
nateur égal à zéro.
Envisageons deux types de fractions algébriques.
Lorsque le numérateur et le dénominateur d’une fraction sont des produits et qu’ils contiennent
un facteur commun, on peut diviser le numérateur et le dénominateur par ce facteur. On dit,
comme pour les fractions numériques, qu’on simplifie la fraction.
On ne peut simplifier une fraction que lorsque le numérateur et le dénominateur sont tous les
deux écrits sous forme de produit.
Algèbre 169
2.5 Suppression des parenthèses encadrant une somme
Comme avec des nombres, pour ajouter une somme d’expressions algébriques, on ajoute chaque
terme de la somme. Ainsi on a
d + (2a + b − c) = d + (2a) + (b) + (−c) = d + 2a + b − c.
Cela revient à supprimer les parenthèses entourant la somme.
Pour retrancher une somme algébrique, on retranche chaque terme de la somme (Chap.1, sec-
tions 1.4.3 et 1.4.4). Par exemple,
d − (a − b + c) = d − a − (−b) − (+c) = d − a + b − c.
Cela revient à supprimer les parenthèses entourant la somme tout en changeant tous les signes à
l’intérieur des parenthèses.
Lorsque les parenthèses encadrant les termes d’une somme sont précédées du signe +, on peut
supprimer ces parenthèses.
Lorsque les parenthèses encadrant les termes d’une somme sont précédées du signe −, on peut
supprimer ces parenthèses à condition de changer les signes de tous les termes se trouvant à
l’intérieur des parenthèses.
Figure 7
170 Chapitre 5
On remarque que passer de la première à la deuxième expression revient à distribuer la multiplica-
tion par (a + b) sur chacun des termes de la somme c + d :
( a + b ) ( c + d ) = (a + b)c + (a + b)d.
( a + b ) ( c + d ) = ac + ad + bc + bd.
On a illustré la distributivité au moyen du calcul de l’aire d’un rectangle, dont les longueurs des côtés
sont des nombres positifs, mais cette propriété est vraie aussi pour les nombres négatifs (chap. 1,
section 2.4.3).
a b
(a + b)2 = a2 + 2ab + b2 .
Algèbre 171
On peut justifier qu’elle est vraie aussi pour les valeurs négatives de a et de b en appliquant la
distributivité de la multiplication par rapport à l’addition et la commutativité de la multiplication :
(a + b)2 = (a + b) × (a + b)
= a2 + ab + ba + b2
= a2 + ab + ab + b2
= a2 + 2ab + b2 .
a–b
2.7.2 Carré d'une différence
La figure 9 montre que l’aire du carré de côté a–b (a – b)2 ab
(a − b) s’obtient en retirant du carré de côté a, les a
deux rectangles hachurés de côtés a et b et en ra-
joutant le carré de côté b (retiré deux fois). L’aire b
du carré de côté (a − b) vaut donc :
b
(a − b)2 = a2 − ab − ab + b2 = a2 − 2ab + b2 . a Figure 9
(a − b)2 = a2 − 2ab + b2 .
On peut justifier que la formule est vraie pour toutes les valeurs de a, b et (a − b) en appliquant la
distributivité de la multiplication par rapport à la somme et la commutativité de la multiplication :
(a − b)2 = (a − b) × (a − b)
= a2 − ab − ba + b2
= a2 − ab − ab + b2
= a2 − 2ab + b2 .
a a
b
a–b
b
b
a) b) Figure 10
L’expression a − b est l’aire du carré de côté a duquel on a retiré le carré hachuré de côté b
2 2
(figure 10a). En déplaçant le petit rectangle de côtés b et (a−b) comme à la figure 10b, on transforme
la figure de départ en un rectangle de côtés (a + b) et (a − b).
Ces deux figures ont même aire, cela permet d’établir, pour les valeurs positives de a, b et (a − b), la
formule :
a2 − b2 = (a − b)(a + b).
172 Chapitre 5
Pour justifier que la formule est vraie pour toutes les valeurs de a, b et (a − b), on applique, dans le
second membre, la double distributivité de la multiplication par rapport à l’addition et la commu-
tativité de la multiplication :
( a + b ) ( a – b ) = a2 − ab + ba − b2 = a2 − b2 .
2.7.4 Utilisation
Dans les formules
(a + b)2 = a2 + 2ab + b2 , (a − b)2 = a2 − 2ab + b2 et a2 − b2 = (a − b)(a + b)
on peut remplacer chaque lettre par un nombre ou par n’importe quelle expression algébrique. Par
exemple,
(2x + 1)2 = 4x2 + 2 · 2x · 1 + 12 = 4x2 + 4x + 1,
4x2 − 9y 2 = (2x)2 − (3y)2 = (2x − 3y)(2x + 3y) .
a c−1 a a2 a3
: = · = ,
c−2 a2 c−2 c−1 (c − 2)(c − 1)
4
a−2 (a − 2)4
= ,
b b4
a c a+c
+ = ,
b b b
a c a·d b·c ad + bc
+ = + = ,
b d b·d b·d bd
a a c a + bc
+c= + = .
b b 1 b
Algèbre 173
3 Transformations d'égalités
3.1 Principes d'équivalence entre deux égalités
Les principes d’équivalence, que nous développons ci-dessous, permettent de remplacer une égalité
par une autre égalité; ces égalités sont toutes deux vraies ou toutes deux fausses lorsque on y
remplace les mêmes lettres par les mêmes valeurs.
Principe d’addition
Si on ajoute ou retranche un même nombre aux deux membres d’une égalité vraie, on obtient une
autre égalité vraie.
On peut le dire autrement :
• si l’égalité a = b est vraie,
alors l’égalité a + c = b + c est vraie quelle que soit la valeur donnée à c ;
• réciproquement, si l’égalité a + c = b + c est vraie,
alors l’égalité a = b est vraie aussi.
On dit que les deux égalités a = b et a + c = b + c sont équivalentes.
174 Chapitre 5
3.1.2 Principe de multiplication
Si on multiple deux nombres égaux par un même nombre ou si on divise deux nombres égaux par
un même nombre différent de zéro, on obtient encore deux nombres égaux.
Etendons à nouveau ce principe à des égalités dans lesquelles il y a des lettres.
Algèbre 175
Principe de multiplication
Si on multiple ou divise deux membres d’une égalité vraie par un même nombre différent de zéro,
on obtient une autre égalité vraie.
Plus précisément :
• si l’égalité a = b est vraie,
alors l’égalité ac = bc est vraie pour toute valeur donnée à c ;
• réciproquement, si l’égalité ac = bc est vraie et si c est différent de zéro,
alors l’égalité a = b est vraie aussi.
On dit que les deux égalités a = b et ac = bc sont équivalentes à condition que c ne prenne pas la
valeur 0.
Pour mieux comprendre les principes d’équivalence, on peut comparer une égalité à l’équilibre d’une
balance à plateaux : si on ajoute ou retranche une même masse aux deux plateaux d’une balance en
équilibre, la balance reste en équilibre et si on multiple ou divise les masses se trouvant sur les deux
plateaux d’une balance en équilibre par un même nombre non nul, la balance reste en équilibre.
176 Chapitre 5
Principe des carrés égaux
Si l’égalité a2 = b2 est vraie, alors au moins une des deux égalités suivantes est vraie :
a = b, a = −b.
Principe de substitution
Si l’égalité a = b est vraie,
alors lorsqu’on remplace a par b dans une égalité vraie contenant a (ou b par a dans une égalité
vraie contenant b), l’égalité obtenue est aussi vraie.
Principe de transitivité
Si les égalités a = b et b = c sont vraies, alors l’égalité a = c est aussi vraie.
Deux expressions égales à une même troisième sont égales entre elles.
3.3 Proportions
On appelle proportion une égalité de rapports.
On a, par exemple, les proportions
2 4 3 9
= et = ,
3 6 5 15
où les rapports sont des rapports de nombres.
On a par exemple aussi la proportion
a c
=
b d
où les lettres représentent des nombres non nuls ou des expressions algébriques1
Nous allons transformer cette dernière égalité de rapports en différentes formes équivalentes en
utilisant les propriétés des nombres et les deux principes d’équivalence.
Règle 1
a c b d
= équivaut à = .
b d a c
En effet, lorsque deux nombres sont égaux, leurs inverses sont égaux également.
Algèbre 177
Règle 2
a c
= équivaut à ad = bc.
b d
En effet, lorsque
a c
= ,
b d
en appliquant le principe de multiplication, on obtient l’égalité équivalente :
a c
bd = bd c’est-à-dire ad = bc.
b d
Règle 3
a c a b
= équivaut à = .
b d c d
a c a+c a
= équivaut à = .
b d b+d b
178 Chapitre 5
On dit qu’une solution vérifie l’équation.
Deux égalités sont équivalentes si elles sont vraies pour les mêmes valeurs attribuées aux lettres. Des
équations équivalentes sont donc des équations ayant mêmes solutions. Les principes d’équivalence
sont des règles qui permettent de transformer une égalité en une autre équivalente et en particulier
une équation en une autre équivalente.
La méthode utilisée pour résoudre une équation dépend du type de cette équation. Il existe beau-
coup de types d’équations. Nous nous limitons ici à l’étude des équations du premier degré et des
équations du deuxième degré.
4.1.2 Résolution
A la section 1.2.2, nous avons résolu les équations très simples
x+2=7 et 6x = 18,
dans lesquelles ne se trouve qu’une opération : une addition ou une multiplication.
Dans cette section, nous envisageons des exemples plus complexes.
Premier exemple
Intéressons-nous à une équation dans laquelle on trouve un produit et une somme, par exemple :
3x + 4 = 19.
Cette équation est schématisée à la figure 11. On part de l’inconnue x, et on la traite comme si elle
était un nombre connu :
• on multiplie x par 3 et on obtient 3x ;
• on ajoute ensuite 4 à 3x et le résultat final est 19.
X 3 +4
x 3x 19
Figure 11
2 apparemment, car en réalité les équations x + 2 = x − 4 et 2x + 7 − 1 = 72x + 6 − 32x ne contiennent pas de terme en x après réduction des
termes semblables.
Algèbre 179
Pour trouver la solution, on fait le chemin en sens inverse comme le montre la figure 12 :
X 3 +4
x 3x 19
:3 –4 Figure 12
b) On divise ensuite 15 par 3 et on obtient 5 qui est la valeur cherchée pour x. Cela revient à
remplacer l’équation (2) par l’équation : x = 5. (3)
L’équation (3) peut aussi s’obtenir en divisant les deux membres de (2) par 3, c’est-à-dire en ap-
pliquant le principe de multiplication. Pour une même valeur attribuée à x, les égalités (2) et (3)
sont donc toutes les deux vraies ou toutes les deux fausses. Les équations (1), (2) et (3) ont même
solution, le nombre 5.
Vérifions que 5 est solution de l’équation (1). Pour cela, remplaçons x par 5 dans cette équation,
on a : 3 × 5 + 4 = 19
qui est une égalité vraie.
Deuxième exemple
Utilisons directement les principes d’équivalence pour résoudre l’équation
4x − 1 = 2x + 7.
Comme dans le premier exemple, nous commençons par transformer l’équation afin d’obtenir une
équation équivalente dont le premier membre est un terme en x et dont le deuxième membre un
nombre.
Pour cela, on applique le principe d’addition pour éliminer le terme en x du second membre : on
retranche 2x des deux membres. On obtient :
4x − 1 − 2x = 2x + 7 − 2x c’est-à-dire 2x − 1 = 7.
On applique une deuxième fois le principe d’addition pour éliminer du premier membre le terme ne
contenant pas x : on ajoute 1 aux deux membres. On obtient :
2x − 1 + 1 = 7 + 1 c’est-à-dire 2x = 8.
Pour obtenir la solution, il suffit d’appliquer le principe de multiplication en divisant les deux mem-
bres par 2 :
2x 8
= c’est-à-dire x = 4.
2 2
180 Chapitre 5
La solution est 4. Pour le vérifier, on remplace x par 4 dans l’équation de départ :
4×4−1=2×4+7 c’est-à-dire 15 = 15
et on obtient bien une égalité vraie.
Troisième exemple
Pour résoudre l’équation
7x = 0,
il suffit d’utiliser le principe de multiplication, car le premier membre est un terme en x et le
deuxième est un nombre. On divise les deux membres par 7 :
7x 0
= c’est-à-dire x = 0.
7 7
La solution est 0. Vérifions-le en remplaçant x par 0 dans l’équation de départ :
7×0=0
et on obtient bien une égalité vraie.
Quatrième exemple
Résolvons l’équation
x+2=x−4
Pour avoir le terme en x dans le premier membre et dans le deuxième membre, on applique le
principe d’addition :
0x = −6 ou 0 = −6
qui est une égalité fausse.
Cela signifie que l’équation
x+2=x−4
n’admet aucune solution.
Cinquième exemple
Pour résoudre l’équation,
7x 3x
2x + 7 − 1 = +6− ,
2 2
on additionne les termes semblables dans chaque membre et l’équation s’écrit :
4x
2x + 6 = +6 c’est-à-dire 2x + 6 = 2x + 6.
2
Cette dernière égalité est vraie quelle que soit la valeur de x : tout nombre est donc solution de cette
équation.
En appliquant le principe d’addition, on la transforme en l’équation :
2x + 6 − (2x + 6) = 2x + 6 − (2x + 6) c’est-à-dire 0x = 0
et on retrouve que tout nombre est solution de cette équation.
Une équation du premier degré est une équation équivalente à une équation de la forme
ax = b.
Dans cette expression, la lettre a représente un nombre non nul quelconque (car pour avoir une
équation en x, la présence du terme contenant x est requise) et la lettre b représente un nombre
quelconque. Le nombre représenté par a est appelé coefficient de x et le nombre représenté par b
est appelé terme indépendant.
Algèbre 181
Pour résoudre une équation dans laquelle le plus haut degré de l’inconnue est 1, on l’écrit d’abord
sous sa forme équivalente : ax = b. (1)
1) Si a = 0, on divise les deux membres par a et on obtient :
b
x= ;
a
b
est l’unique solution de l’équation.
a
2) Si a = 0, alors on a : 0x = b. (2)
Dans ce cas, l’équation (2) ne contient pas de termes en x, elle n’est donc pas du premier degré.
De plus :
• si b = 0, l’égalité (2) est fausse pour toutes les valeurs de x et l’équation n’admet aucune
solution;
• si b = 0, l’égalité (2) est vraie pour toutes les valeurs de x et tout nombre est solution de
l’équation.
Une équation du deuxième degré est une équation équivalente à une équation de la forme
ax2 + bx + c = 0.
Dans cette expression, la lettre a représente un nombre non nul quelconque (car pour avoir un
deuxième degré, la présence du terme contenant x2 est requise); les lettres b et c représentent des
nombres quelconques. Le nombre représenté par a est appelé coefficient de x2 , le nombre représenté
par b coefficient de x et le nombre représenté par c est le terme indépendant.
4.2.2 Résolution
Premier exemple
Selon le principe des carrés égaux (section 3.2.1), l’équation
x2 = 5
182 Chapitre 5
peut être remplacée par les deux équations suivantes :
√ √
x= 5 x = − 5.
√ √
Les solutions sont donc 5 et − 5.
Une résolution plus détaillée consiste à mettre l’équation sous sa forme équivalente :
x2 − 5 = 0
et ensuite décomposer x2 − 5 en facteurs; on obtient
√ √
x− 5 x + 5 = 0.
Par le principe du produit nul, cette équation peut-être remplacée par
√ √
x− 5=0 ou x+ 5 = 0.
√ √
On retrouve les deux solutions 5 et − 5.
Deuxième exemple
L’équation
x2 + 5 = 0
est équivalente à l’équation
x2 = −5
qui n’est vraie pour aucune valeur de x puisqu’un carré n’est jamais négatif.
L’équation n’admet donc aucune solution.
Troisième exemple
Pour trouver les solutions de l’équation
x2 − 4x = 0,
on écrit le premier membre sous la forme d’un produit en mettant x en évidence :
x(x − 4) = 0.
Par le principe du produit nul, on déduit que :
x=0 ou x − 4 = 0,
ce qui équivaut à
x=0 ou x = 4.
Les solutions de l’équation sont 0 et 4.
Quatrième exemple
Le premier membre de l’équation
x2 + 6x + 9 = 0
est le carré de (x + 3).
Cette équation peut s’écrire sous la forme
(x + 3)2 = 0.
On en déduit que :
x + 3 = 0, c’est-à-dire x = −3.
La solution est égale à —3.
Cinquième exemple
Le premier membre de l’équation
x
(x + 3) −1 =0
5
est écrit sous forme de produit. Par le principe du produit nul, on obtient :
x
x+3=0 ou − 1 = 0,
5
ce qui équivaut à
x = −3 ou x = 5.
Les solutions de l’équation sont −3 et 5.
Sixième exemple
Dans les exemples précédents, soit on factorise facilement le premier membre en facteurs, soit on
peut isoler le terme en x2 . Dans la suite, nous envisageons des cas dont la résolution est moins
immédiate. Ils préparent la mise au point d’une formule générale de résolution.
Algèbre 183
Pour résoudre l’équation
4x2 + 12x − 1 = 0,
on la met sous la forme équivalente
4x2 + 12x = 1. (1)
On complète la somme du premier membre par un troisième terme pour obtenir le carré d’une
somme de deux termes (section 2.7.1).
Pour nous aider dans cette démarche, reprenons la figure 13a, déjà rencontrée à la section 2.7.1 et
raisonnons d’abord géométriquement.
a b A B H A 2x B 3 H
a a2 ab 4x2 6x 2x 2x
D E D E
b ab b 2 6x C 3 C 3
I G F I 2x G3 F
a) b) c) Figure 13
Supposons que 4x2 représente l’aire du carré ABCD (figure 13b) et 6x l’aire de chaque rectangle.
Alors, pour que le premier membre de (1) représente l’aire du carré AHF I , il faut lui ajouter l’aire
du carré CEF G.
Déterminons les dimensions de ce dernier. Le côté de ABCD est 2x (figure 13c) et les côtés de
chaque rectangle sont 2x et 3. Le côté du carré CEGF est 3 et son aire 9. Le premier membre de
(1) augmenté de 9 représente donc l’aire d’un carré de côté 2x + 3.
Si on ajoute 9 aux deux membres de l’équation (1), on obtient l’équation :
4x2 + 12x + 9 = 10 c’est-à-dire (2x + 3)2 = 10.
On sait que la démarche géométrique n’est valable que pour les nombres positifs. On peut raisonner
de manière algébrique, c’est-à-dire déterminer le terme à ajouter au premier membre de (1) pour
qu’il devienne le carré d’une somme de deux termes.
Pour cela, on compare
4x2 + 12x
à l’expression du carré de a + b
a2 + 2ab + b2
Le terme 4x , qui est le carré de 2x, correspond à a2 ; le terme 12x est le double produit.
2
Résolvons un septième exemple et établissons, en parallèle, une formule qui permet de calculer les
solutions de l’équation du deuxième degré
ax2 + bx + c = 0.
Pour résoudre l’équation Pour résoudre l’équation
3x + 4x − 4 = 0,
2
ax2 + bx + c = 0,
on la met sous la forme équivalente on la met sous la forme équivalente
2
3x + 4x = 4. ax2 + bx = −c.
2
Le terme du deuxième degré 3x est le carré de On multiplie les deux membres par a pour que
√
3x. Comme ce n’est pas commode de travailler le terme du second degré en x soit le carré de
avec des racines carrées, on multiplie les deux ax, on obtient l’équation équivalente :
membres de l’équation par 3, on obtient l’équa-
tion équivalente :
3(3x2 + 4x) = 3 × 4 a(ax2 + bx) = −ac
c’est-à-dire c’est-à-dire
2
9x + 12x = 12 a2 x2 + abx = −ac
ou ou
b
(3x)2 + 2 × 3x × 2 = 12. (ax)2 + 2 · ax · = −ac.
2
2
b
Il manque 4 au premier membre pour que celui- Il manque au premier membre pour que
2
ci soit le carré de (3x + 2). On ajoute donc 4 aux
b
deux membres : celui-ci soit le carré de ax + . On ajoute
2
2
b
donc aux deux membres :
2 2 2
b b b
(3x) + 2 × 3x × 2 + 4 = 12 + 4
2
(ax) + 2 · ax · +
2
= −ac +
2 2 2
c’est-à-dire c’est-à-dire 2
b b2 − 4ac
(3x + 2)2 = 16. ax + = . (2)
2 4
Par le principe des carrés égaux, cette équation Pour que l’équation admette des solutions, il
peut être remplacée par faut que le deuxième membre soit un nombre
3x + 2 = 4 ou 3x + 2 = −4. positif ou nul, puisque le premier membre est
En résolvant ces équations du premier degré, on un carré, c’est-à-dire il faut que
détermine les solutions de l’équation : 23 et −2. b2 − 4ac 0.
b b2 − 4ac b b2 − 4ac
ax + = ou ax + =− ,
2 4 2 4
Algèbre 185
et en appliquant le principe de multiplication,
√ √
−b+ b2 − 4ac −b− b2 − 4ac
x= ou x= .
2a 2a
Si b2 − 4ac = 0,
b
alors les deux valeurs obtenues pour x coïncident : elles sont égales à − .
2a
2
L’équation ax + bx + c = 0
admet deux, une ou pas de solution selon le signe de b2 − 4ac :
lorsque b2 − 4ac > 0, l’équation admet deux solutions :
√ √
−b+ b2 − 4ac −b− b2 − 4ac
et ;
2a 2a
b
lorsque b2 − 4ac = 0, l’équation admet une solution (deux solutions confondues) : − ;
2a
lorsque b2 − 4ac < 0, l’équation n’admet pas de solution.
L’expression b2 −4ac est appelée réalisant, discriminant ou déterminant de l’équation ax2 +bx+c = 0
et est souvent notée par l’une des lettres grecques « ρ » ou « ∆ » qui se lisent respectivement « rho »
et « delta ».
Il n’est pas toujours nécessaire d’appliquer la méthode générale de résolution; on a pu résoudre
autrement les cinq premiers exemples ayant l’une des formes suivantes :
ax2 + c = 0 ax2 + bx = 0
186 Chapitre 5
9 − 19 = 10.
De même les couples (−9, −19), (2, 5 ; −7, 5), (16, 69 ; 6, 69) sont quelques solutions3 de l’équation
(1). L’équation en admet une infinité : dès qu’on a choisi une valeur pour une des inconnues (il y a
une infinité de choix), il suffit de résoudre une équation du premier degré pour trouver la valeur
de l’autre inconnue.
Dans un plan muni d’un système d’axes, les points dont les coordonnées sont solutions de l’équation
x − y = 10
appartiennent tous à une même droite et tous les points de cette droite sont les seuls dont les
coordonnées vérifient l’équation (Chap.8, section 2.1.3).
On dit que cette équation est du premier degré en x et y .
Elle admet une infinité de couples solutions qui sont les coordonnées des points de la droite d’équa-
tion ax + by − c = 0.
Remarquons que les équations suivantes ne sont pas du premier degré :
1
y= qui équivaut à x · y = 1;
x
x2 + y = 1.
3 Remarquons que, lorsque le couple contient des décimaux, on remplace, par un point virgule, la virgule placée entre les deux nombres.
Algèbre 187
• on résout cette équation qui fournit la valeur de la première inconnue;
• on introduit la valeur de cette première inconnue dans une équation du système de départ
et la solution de cette nouvelle équation est la valeur de la deuxième inconnue.
Dans la pratique, trois méthodes sont utilisées pour déduire du système une équation ne contenant
qu’une inconnue; c’est l’objet des trois sections suivantes.
188 Chapitre 5
3 1
x=1−2· c’est-à-dire x=− .
5 5
Le couple − 15 , 3
est la seule solution du système.
5
Vérifions que − 15 , 35 est solution en remplaçant, dans le système, x et y par les valeurs trouvées :
1 3 1 3
− +2· =1 et 2 − − = −1.
5 5 5 5
Ces égalités sont vraies.
De façon générale, pour résoudre un système dans lequel on peut isoler facilement une inconnue
dans l’une des équations, on déduit du système une équation ne contenant qu’une inconnue en
appliquant le principe de substitution :
• on isole une inconnue dans une équation;
• dans l’autre équation, on remplace cette inconnue par le deuxième membre de l’égalité dans
laquelle elle est isolée;
• on résout cette équation à une inconnue;
• on introduit la valeur de cette inconnue dans une équation du système de départ et la solu-
tion de cette équation est la valeur de l’autre inconnue.
Méthode par combinaison
Résoudre le système :
3x + 2y = −1 (1)
2x − 5y = −4 (2)
Dans ce système, les méthodes précédentes sont difficilement applicables, car aucune inconnue n’est
isolée ou n’apparaît avec un coefficient égal à 1. Pour éliminer une inconnue, on procède comme
suit.
On applique le principe de multiplication aux deux équations du système de telle manière que les
coefficients de x de chaque équation du nouveau système soient des nombres opposés.
Pour cela, on multiplie les deux membres de (1) par 2 et les deux membres de (2) par −3. On obtient
un système formé de deux équations équivalentes aux équations (1) et (2) :
6x + 4y = −2 (3)
−6x + 15y = 12 (4)
Si un couple de nombres vérifie le système, alors il vérifie l’équation à une inconnue, obtenue en
appliquant aux égalités (3) et (4), le principe d’addition membre à membre (section 3.2.2) :
10
19y = 10 c’est-à-dire y= .
19
10
En remplaçant dans (1), y par 19 , on obtient :
10
3x + 2 · = −1,
19
et après résolution de cette équation :
13
x=− .
19
Le couple − 13
19 , 19 est la seule solution du système. Vérifions que − 19 ,
10 13 10
19 est solution en rem-
plaçant, dans le système, x et y par les valeurs trouvées :
− 13 10 − 13 10
3· +2· = −1 et 2· −5· = −4
19 19 19 19
Ces égalités sont vraies.
De façon générale, lorsque les coefficients ne permettent pas une utilisation simple des méthodes
de comparaison et de substitution, on utilise la méthode de combinaison pour déduire du système
une équation ne contenant qu’une inconnue comme suit :
Algèbre 189
• on applique, si nécessaire, le principe de multiplication à une ou à plusieurs équations du
système de telle sorte que les coefficients d’une même inconnue dans les deux équations
soient des nombres opposés;
• on applique le principe d’addition membre à membre aux deux nouvelles équations;
• on résout cette équation à une inconnue;
• on introduit la valeur de cette inconnue dans une équation du système de départ et la solu-
tion de cette équation est la valeur de l’autre inconnue.
Une solution
Chacun des trois systèmes résolus dans la section 5.2.2 a une seule solution. Ils sont donc constitués
d’équations de deux droites sécantes (figure 14).
y y y
Ð13 10
( , )
19 19
Ð1
Ð 6 Ð 4 Ð2 2 ( , )
5 5
x x x
Ð2
Ð1 Ð1
Ð4
Ð6
(Ð5,Ð7) Ð8 Ð1 Ð1
a) b) c) Figure 14
y = 2x + 3 x + 2y = 1 3x + 2y = −1
y =x−2 2x − y = −1 2x − 5y = −4
Pas de solution y 6
Le système suivant 5
4
x+y =1 y = −x + 1
qui s’écrit aussi
2x + 2y = 4 y = −x + 2
2
est constitué par les équations de deux droites pa-
rallèles (non confondues) (figure 15) et n’a donc Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 2
x
pas de solution. Ð1
Figure 15
190 Chapitre 5
Vérifions algébriquement que ce système n’admet aucune solution. En appliquant la méthode de
comparaison à la deuxième forme du système, on obtient l’équation :
−x + 1 = −x + 2 qui se transforme en 1 = 2.
Cette égalité est fausse et le système n’est donc vérifié par aucun couple. Il n’admet aucune solution.
Une infinité de solutions
Interprétons le système suivant :
x+y =1 (1) y 6
2x + 2y = 2 (2)
5
Les deux équations du système (1) et (2) sont des 4
équations équivalentes : on passe de la première
à la deuxième en multipliant les deux membres 2
par 2. Les deux équations ont donc les mêmes so-
lutions. Ð4 Ð3 Ð2 Ð1 2
x
Les coordonnées des points vérifiant ces deux Ð1
équations sont sur une même droite et tous les Figure 16
points de cette droite (il y en a une infinité) sont solutions du système (figure 16).
6.2 Inéquations
Les inégalités suivantes ne sont pas vraies pour toutes les valeurs attribuées à la lettre qui s’y trouve :
3x + 5 > 0 t2 25
3 2
x3 + x > 3 m+1 m−2
2 3
Ce sont des inéquations à une inconnue et la lettre représente l’inconnue, c’est-à-dire un nombre
inconnu à déterminer pour que l’inégalité soit vraie.
Résoudre une inéquation à une inconnue, c’est trouver toutes les valeurs de l’inconnue pour les-
quelles l’inégalité est vraie.
Ces valeurs sont appelées solutions de l’inéquation. Un nombre est donc solution d’une inéquation
si, lorsqu’on remplace la lettre par ce nombre, on obtient une inégalité vraie.
Algèbre 191
On dit qu’une solution vérifie l’inéquation.
Regardons par exemple l’inéquation x3 + 2 > 3 (1)
et examinons si l’inégalité obtenue en attribuant certaines valeurs à x est vraie ou fausse.
x = −2 (−2) + 2 = −6
3
fausse, car −6 < 3
3
3 3 11 11
x=− − +2=− fausse, car − <3
2 2 8 8
x=1 (1)3 + 2 = 3 fausse, car 3 = 3
Parmi les valeurs choisies pour x, les nombres 2 et 4, 5 rendent l’inégalité (1) vraie et sont donc
solutions de l’inéquation.
Comme pour les équations, deux inéquations sont équivalentes lorsque toute solution de l’une est
solution de l’autre.
Pour résoudre une inéquation, on utilise les principes d’équivalence exposés dans la section suivante.
L’inéquation est résolue quand on obtient une inéquation dont le premier membre est l’inconnue
et le deuxième membre un nombre.
On peut remplacer une des deux inégalités par l’autre; elles donnent la même information.
Principe d’addition
Si on ajoute ou retranche un même nombre aux deux membres d’une inégalité vraie, on obtient
une autre inégalité vraie.
On peut le dire autrement :
• si l’inégalité a < b est vraie,
alors l’inégalité a + c < b + c est vraie quelle que soit la valeur donnée à c ;
• réciproquement, si l’inégalité a + c < b + c est vraie,
alors l’inégalité a < b est vraie aussi.
Les deux inégalités a < b et a + c < b + c sont équivalentes.
192 Chapitre 5
Cas particulier
• Si l’inégalité a < b est vraie,
alors l’inégalité a − b < b − b, c’est-à-dire l’inégalité a − b < 0 est vraie;
• réciproquement, si l’inégalité a − b < 0 est vraie,
alors l’inégalité a − b + b < b, c’est-à-dire l’inégalité a < b est vraie aussi.
Les deux inégalités a < b et a − b < 0 sont donc équivalentes.
b) Cas général
L’inégalité
a<b
est équivalente à l’inégalité
a − b < 0. (1)
Algèbre 193
Si c est strictement positif, on obtient, en multi- Si c est strictement négatif, on obtient, en multi-
pliant par c les deux membres de l’inégalité (1), pliant par c les deux membres de l’inégalité (1),
l’inégalité équivalente l’inégalité équivalente
ca − cb < 0, ca − cb > 0,
elle-même équivalente à elle-même équivalente à
ca < cb. ca > cb.
Si c est strictement positif, les deux inégalités Si c est strictement négatif, les deux inégalités
a<b et ca < cb a<b et ca > cb
sont équivalentes. sont équivalentes.
Principe de multiplication
Si on multiple ou divise les deux membres d’une inégalité vraie par un même nombre positif, on
obtient une autre inégalité vraie.
Si on multiple ou divise les deux membres d’une inégalité vraie par un même nombre négatif, pour
obtenir une inégalité vraie, il faut inverser le sens de l’inégalité de départ.
Premier exemple
Pour résoudre
2x + 3 < 0,
on applique le principe d’addition pour que seul le terme en x soit dans le premier membre et que
le terme indépendant soit dans le deuxième membre; on obtient l’inéquation équivalente :
194 Chapitre 5
on applique le principe de multiplication pour isoler x dans le premier membre, c’est-à-dire on divise
les deux membres par 2 et on obtient l’inéquation équivalente :
3
x<− .
2
L’inéquation admet donc une infinité de solutions, elles correspondent à tous les points à gauche
de − 32 sur la droite graduée. Ils sont représentés sur la figure 21; le rond non rempli signifie que
− 32 n’est pas solution. Toutes ces solutions constituent la demi-droite ←, − 32 .
–3
2
Figure 21
Deuxième exemple
Pour résoudre l’inéquation
3x − 3 5x + 1,
on applique le principe d’addition pour que les termes en x soient tous dans le premier membre et
les termes indépendants soient tous dans le deuxième membre; on obtient l’inéquation équivalente :
3x − 3 − 5x + 3 5x + 1 − 5x + 3 c’est-à-dire −2x 4 ;
on applique le principe de multiplication pour isoler x dans le premier membre, c’est-à-dire on divise
les deux membres par −2 et, en changeant le sens de l’inégalité, on obtient l’inéquation équivalente
− 2x 4
c’est-à-dire x −2.
−2 −2
L’inéquation admet donc une infinité de solutions, elles correspondent à tous les points à droite
de −2 sur la droite réelle. Ils sont représentés sur la figure 22; le rond rempli signifie que −2 est
solution de l’inéquation. Toutes ces solutions constituent la demi-droite [−2, →].
–2 Figure 22
Algèbre 195
a) Etudions séparément le signe de chaque facteur, c’est-à-dire déterminons les valeurs de x pour
lesquelles chaque facteur est strictement négatif, nul ou strictement positif. Les résultats sont pré-
sentés dans les tableaux suivants.
Signe de 2x − 3
2x − 3 < 0 2x − 3 = 0 2x − 3 > 0
équivaut à équivaut à équivaut à
2x < 3 2x = 3 2x > 3
c’est-à-dire à c’est-à-dire à c’est-à-dire à
3 3 3
x< x= x>
2 2 2
Tableau 2
Signe de x + 4
x+4<0 x+4=0 x+4>0
équivaut à équivaut à équivaut à
x < −4 x = −4 x > −4
Tableau 3
3 3 3
Valeur attribuée à x x < −4 x = −4 −4 < x < x= x>
2 2 2
Signe de 2x − 3 − − − 0 +
Signe de x + 4 − 0 + + +
Signe du produit (2x − 3)(x + 4) + 0 − 0 +
Tableau 4
196 Chapitre 5
On représente les solutions par les points des demi-droites ]←, −4[ et 2, →
3
de la figure 23.
–4 3
2
Figure 23
−5 x 5.
On représente les solutions par les points d’un segment (figure 24). Elle constituent l’intervalle
[−5, 5].
–5 5 Figure 24
Algèbre 197
Dans le cas où b2 − 4ac est positif ou nul, on peut factoriser le premier membre de (3) :
2 √ √ 2
b b2 − 4ac b b2 − 4ac b b − 4ac
ax + − = ax +
+ ax + −
2 4 2 2 2 2
√ √
− b − b2 − 4ac − b + b2 − 4ac
= ax − ax −
2 2
√ √
− b − b2 − 4ac − b + b2 − 4ac
=a · x−
2
· x−
2a 2a
et, en appelant x1 et x2 les solutions de (1) telles que x1 < x2 , on obtient :
2
b b2 − 4ac
ax + − = a2 · (x − x1 )(x − x2 ). (4)
2 4
De (2) et de (4), on déduit :
a2 x2 + abx + ac = a2 · (x − x1 )(x − x2 ),
et donc, en simplifiant par a,
ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ).
Si b − 4ac = 0, les deux solutions sont confondues
2
ax2 + bx + c = a(x − x1 )2 .
Si b2 − 4ac < 0, on peut prouver qu’il n’y a pas de factorisation possible.
Lorsque b2 − 4ac > 0,
ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ).
Lorsque b2 − 4ac = 0,
ax2 + bx + c = a(x − x1 )2 .
Lorsque b2 − 4ac < 0,
ax2 + bx + c n’admet pas de factorisation.
x1 x2
même signe que a même signe que a Figure 25
198 Chapitre 5
Si a > 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
admet comme solutions : x < x1 et x > x2 .
Ces solutions correspondent aux deux demi-droites ] ←, x1 [ et ]x2 , → [.
Si a < 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
admet comme solutions : x <x<x 1 2
Elles correspondent à l’intervalle ]x1 , x2 [.
Cas où ax2 + bx + c = a · (x − x1 )2
Dans ce cas, l’inéquation : ax2 + bx + c > 0
s’écrit a(x − x1 )2 > 0.
Comme (x − x1 )2 est toujours positif, le signe de a(x − x1 )2 est le même que celui de a quelle que
soit la valeur qu’on donne à x sauf lorsque x = x1 .
Si a > 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
admet toute valeur pour x comme solution sauf x = x1 .
Si a < 0, l’inéquation ax2 + bx + c > 0
n’admet aucune solution.
Algèbre 199
Projections parallèles
Figures semblables
Chapitre 6
a) b) Figure 1
Figure 2
Considéré de cette façon, le phénomène de l’ombre au soleil d’un objet est modélisé par une
projection sur un plan parallèlement à une direction donnée.
Dans le cas particulier de l’ombre d’un bâton planté de clous, on peut modéliser le bâton par un
segment de droite et les clous par des points lui appartenant. L’ombre du bâton est elle aussi
modélisée par un segment de droite. Les deux segments de droite (représentant le bâton et son
ombre) se situent dans un même plan. On parle ici de projection parallèlement à une droite sur une
droite.
1.2 Définition
Considérons deux droites sécantes s et d et un d'
d P
point P .
2 Théorème de Thalès
2.1 Projection parallèle d'une règle graduée
Dans cette section, nous traduisons le phénomène de l’ombre au soleil d’un bâton planté de clous à
intervalles réguliers dans le langage des projections parallèles.
Considérons une droite s quelconque sur laquelle on marque deux points O et I qui permettent de
graduer la droite régulièrement (figure 4).
202 Chapitre 6
s
O I Figure 4
Que devient la graduation régulière de la droite s quand on la projette parallèlement à une droite
d sur la droite s ?
Dans les deux situations représentées à la figure 5, les segments [O , I ], [I , J ], [J , K ],..., obtenus
sur la droite s , ont même longueur entre eux.
s
K
d O I J K s J
I
O
O' I' J' K' s' O' I' J' K' s'
a) b) Figure 5
Toute projection parallèle d’une droite graduée régulièrement est une droite graduée régulière-
ment.
` la figure 5a, d’une part, les droites s et s sont parallèles entre elles et d’autre part, les segments
a) A
[OO ], [II ], [JJ ], [KK ] sont parallèles à la droite d. Les quadrilatères OO I I , II J J ,... sont donc
des parallélogrammes, par définition. On peut en déduire les égalités de longueurs suivantes :
b) Reprenons la figure 5b à la figure 6. Les droites s et s ne sont plus parallèles. Traçons, à partir
de O , un segment parallèle à s et, à partir de I , un segment parallèle à s , et ainsi de suite.
Les triangles IOI et JIJ ont un côté de même longueur (|OI| = |IJ| par construction) adjacent à
deux angles de même amplitude (il s’agit dans les deux cas, d’angles correspondants déterminés par
deux parallèles coupées par une sécante). Ces deux triangles sont donc isométriques. On en conclut
que
|OI | = |IJ |.
Or, par construction, les quadrilatères OO I I , II J J ,... sont des parallélogrammes; donc on a
2.2 Applications
2.2.1 Division d'un segment en parties égales
Première méthode
Considérons, par exemple, le segment [AB] (figure 7a) qu’on veut diviser en cinq parties égales.
Utilisons un papier transparent sur lequel on a tracé six droites parallèles équidistantes (figure 7b).
B B
A A
a) b) c) Figure 7
On pose le transparent ligné sur le segment [AB] de telle sorte que la première droite passe par
le point A et la dernière par le point B (figure 7c). Les parallèles divisent le segment [AB] en cinq
segments de même longueur.
Ce procédé est une application directe du fait que U
la projection parallèle de toute droite graduée ré-
gulièrement est une droite graduée régulièrement V
(2.1). En effet, si on trace une perpendiculaire
B
aux six droites, on détermine un segment [U V ] dé- A
coupé en cinq segments de même longueur puis-
que les droites sont équidistantes. La projection
du segment [U V ] sur le segment [AB] parallèle-
ment à la direction des droites déterminent sur le
Figure 8
segment [AB] une graduation régulière (figure 8).
Deuxième méthode
On peut utiliser la même propriété de la projection d’une droite graduée décrite en 2.1 pour diviser
exactement un segment donné en un certain nombre de parties égales en utilisant seulement une
règle non graduée et un compas.
Illustrons cette construction par un exemple. Pour subdiviser le segment [AB] (figure 9a) en cinq
parties de même longueur,
• on construit une demi-droite quelconque d’origine A (figure 9a);
• on situe sur cette demi-droite un point Q qui détermine un segment [AQ] (figure 9b);
204 Chapitre 6
• A l’aide du compas, on reporte ce segment quatre fois sur la demi-droite [AQ au-delà de Q ;
on obtient ainsi un segment [AH] divisé en cinq parties égales (figure 9c);
La graduation ainsi obtenue sur le segment [AB] est régulière. Celui-ci est divisé en cinq parties de
même longueur (figure 9d).
B B
A A
Q
a) b)
B B
A A
Q H Q H
c) d) Figure 9
Grâce au procédé décrit ci-dessus, on peut obtenir la sous-graduation décimale d’une droite graduée
régulièrement. Il s’agit, en effet, de diviser en dix parties de même longueur chacun des segments
de la droite graduée. On montre, à la figure 10, une telle sous-graduation du segment [OI]. On peut
ensuite associer aux points de la sous-graduation successivement les décimaux à une décimale après
la virgule 0, 1 ; 0, 2 ; 0, 3 ; ...
Il est possible d’envisager une nouvelle sous-graduation pour chacun des segments obtenus par
division. Il y a toutefois des limites pratiques à cette construction (épaisseur du trait de crayon,...).
A la figure 11, on projette le segment [AB] sur une droite s dans une direction quelconque. On
obtient le segment [A B ] qui est, lui aussi, gradué régulièrement. Le point M ’ est donc le milieu
de [A B ].
B
M
Toute projection parallèle envoie le milieu d’un segment sur le milieu de la projection de ce seg-
ment.
Toute projection parallèle conserve le milieu.
Dans tout triangle, la droite passant par le milieu d’un côté et parallèle à un autre côté coupe le
troisième côté en son milieu.
Considérons deux droites sécantes s et s coupées l’une et l’autre par des droites parallèles a, b
et c (figure 13). Appelons A, B et C les points d’intersection de s avec a, b et c et A , B et C , les
points d’intersection de s avec a , b et c . On peut en déduire l’égalité
|AB| |BC|
= .
|A B | |B C |
a b c s
C
B
A
s'
A' B' C' Figure 13
206 Chapitre 6
1er cas : les points A, B et C de la droite s sont équidistants
On se trouve dès lors dans le cas d’une droite graduée régulièrement. Par ailleurs, les droites a, b et c
sont parallèles. Or nous savons que « toute projection parallèle d’une droite graduée régulièrement
est une droite graduée régulièrement ». Les points A , B et C sont les projections des points A, B
et C et déterminent ainsi une graduation régulière sur la droite s (figure 14). Les segments [A B ],
[B C ] sont donc de même longueur entre eux tout comme le sont entre eux les segments [AB],
[BC]. On a donc l’égalité suivante
|AB| |BC|
= .
|A B | |B C |
s
C
B
A
s'
s s
B C B C
A U
A
s' s'
A' B' C' A' U' B' C'
a) b) Figure 15
a) Supposons qu’il soit possible d’intercaler des points de telle sorte que la graduation devienne
régulière (figure 15b). Dans ce cas, la projection de cette graduation parallèlement aux droites a, b
et c est une graduation régulière et on se retrouve dans la situation décrite au 1er cas.
|AB| = m · u et |BC| = n · u.
|AB| m
Ce qui permettrait d’écrire le rapport suivant : = .
|BC| n
Or, nous savons que certains rapports de longueurs ne peuvent s’exprimer à l’aide d’aucune fraction. Par exemple,
√
le rapport entre la longueur de la diagonale d’un carré et celle de son côté qui vaut 2 (Chap. 1, section 4.1.1).
Dans ce cas, on dit que les segments sont incommensurables.
Il y a beaucoup de situations où il n’est pas possible d’intercaler des points de telle sorte que la
graduation soit régulière. Toutefois, on peut démontrer que, dans ce cas aussi, le théorème de Thalès
reste valable. Nous acceptons ce résultat sans en faire la démonstration qui dépasse largement le
cadre de ce livre.
Figure 16
Si on désigne cette fois les longueurs des segments découpés sur une des sécantes par les lettres k
et l et les longueurs des segments projetés sur l’autre sécante par k et l (figure 17), on peut écrire
la proportion suivante quelle que soit la configuration :
k l
= . (1)
k l
k+l k l
l
k k l
k'
k' l'
k'+l' l' k' l'
Figure 17
Par ailleurs, les propriétés des proportions (Chap. 5, section 3.3), permettent de déduire de l’égalité
(1) d’autres proportions comme
k l k k k+l k
= ou = ou
= .
k l l l k +l k
208 Chapitre 6
Figure 18
2.4.1 Enoncé
La propriété ci-dessous exprime une proportion entre les côtés correspondants de chacun de ces
triangles. Elle se déduit du théorème de Thalès.
Comme les droites a et b sont parallèles et que les projections parallèles conservent le milieu (2.2.2),
le point A est le milieu du segment [OB ] (figure 20a). On peut donc écrire
|OA| |OA | 1
=
= .
|OB| |OB | 2
|AA | 1
Il reste encore à prouver que = .
|BB | 2
b s
a s B
B
A A
B"
A' A'
sÕ sÕ
B' B'
a) b) Figure 20
Traçons, par A , la droite parallèle à la droite s (figure 20b). Elle coupe la droite b au point B .
Dans le triangle OBB , la droite A B passe par le milieu de [OB ] et est parallèle à OB . Elle coupe
donc le côté [BB ] au point B , milieu du segment [BB ] (2.2.2). On a ainsi la proportion
|BB | 1
= .
|BB | 2
Or, par construction, la figure ABB A est un parallélogramme (figure 20b) et donc |BB | = |AA |,
ce qui conduit à l’égalité recherchée
|AA | 1
= .
|BB | 2
|OA | |BB |
= .
|OB | |BB |
Or, le quadrilatère ABB A est un parallélogramme, par construction. On a donc l’égalité |B B| = |A A|.
2.4.2 Configurations
Il est important de pouvoir reconnaître les configurations pour lesquelles on peut appliquer cette
propriété. Il s’agit de deux droites sécantes coupées par deux droites parallèles. La figure 22 montre
de telles configurations.
Figure 22
Si on désigne par m1 , p1 et q1 les trois longueurs d’un triangle et par m2 , p2 et q2 les trois longueurs
de l’autre (figure 23), les égalités suivantes sont vraies, quelle que soit la configuration :
m1 p1 q1
= = .
m2 p2 q2
m2
m1
m1 q2
p1 p2 p2 p1
q1
m2 q1
q2
Figure 23
210 Chapitre 6
2.5 Réciproque du théorème de Thalès
Dans la formulation du théorème de Thalès, on suppose le parallélisme des droites et on en déduit
une proportion entre les longueurs des segments découpés par les parallèles sur les droites sécantes.
Considérons deux droites s et s coupées l’une et l’autre par deux droites parallèles a et b. Appelons
A, B , A et B respectivement leurs points d’intersection.
Si un point C de la droite s et un point C de la droite s vérifient les conditions suivantes :
|AB| |BC|
= ,
|A B | |B C |
alors la droite CC est parallèle aux droites a et b.
a b s
C
B
A
A' s'
B' C' Figure 24
s
C
B
B' s'
C' Figure 25
Dans tout triangle, le segment joignant les milieux de deux des côtés est parallèle au troisième
côté et sa longueur vaut la moitié de celle de ce troisième côté.
212 Chapitre 6
3 Figures semblables
3.1 Approche intuitive
Lorsque, sur une photocopieuse, on utilise une touche de réduction (par exemple à 75%) ou une
touche d’agrandissement (par exemple à 150%), on obtient des images du type de celles représentées
à la figure 28.
a) b)
c) Figure 28
Quel que soit le dessin de la figure 28, nous avons l’impression qu’il s’agit bien de la même voiture
même si ses dimensions varient d’un dessin à l’autre. La forme générale de la voiture ainsi que celle
de chacune de ses parties sont les mêmes sur les trois images.
Comparons le dessin de la figure 28a repris à la figure 29a avec ceux de la figure 29b et c.
a) b)
c) Figure 29
La voiture de la figure 29c a la même hauteur que celle de la figure 29a mais elle s’est allongée. Les
roues sont devenues ovales. L’angle formé par la vitre avant n’a pas la même amplitude sur les deux
dessins. La voiture de la figure 29b a aussi subi des déformations puisqu’elle paraît plus trapue.
Dans ce qui suit, nous allons étudier comment se traduit sur des figures géométriques cette idée
d’avoir la « même forme ».
La figure 30 montre plusieurs rectangles pour lesquels nous avons considéré le plus long côté comme
base afin de faciliter les comparaisons. Dans cette section, nous appelons longueur notée L ou L ,
le plus long côté du rectangle et nous appelons largeur notée l ou l , le plus petit côté du rectangle.
l’
l
L L’
a) b) c) Figure 30
Même s’ils ont tous quatre angles droits, des rectangles peuvent avoir des formes très différentes.
Celui de la figure 30a est allongé, sa largeur est nettement plus petite que sa longueur; celui de la
figure 30b est plus trapu, sa largeur se rapproche de sa longueur et celui de la figure 30c est un
carré.
Approche numérique
Partons du rectangle de la figure 31a. Nous pressentons que, pour agrandir ou réduire ce rectangle,
tout en conservant sa forme, il faut multiplier sa longueur et sa largeur par un même nombre : il
s’agit de construire une reproduction à l’échelle du rectangle donné.
Construisons deux autres rectangles : le rectangle de la figure 31b, est obtenu en multipliant la
longueur et la largeur du rectangle de la figure 31a par trois demi et celui de la figure 31c, en
divisant sa longueur et sa largeur par deux. Ces trois rectangles nous apparaissent comme ayant la
même forme.
l' = 1,5
l' = 4,5
l=3
L' = 2
L=4
L' = 6
a) b) c) Figure 31
Pour obtenir les rectangles des figures 31b et 31c, on a multiplié ou divisé la longueur L et la
largeur l du rectangle de la figure 31a par un même nombre. Les dimensions L et l d’un rectangle
214 Chapitre 6
à l’échelle sont donc proportionnelles aux dimensions L et l ; ce qu’on traduit par l’égalité
L l
= (1)
L l
équivalente à
L L
= . (2)
l l
Dans la relation (1), on compare le rapport entre les longueurs de deux rectangles d’une part et
celui des largeurs de ces mêmes rectangles d’autre part. Tandis que, dans la relation (2), on compare
les rapports entre la longueur et la largeur de chacun des rectangles.
Le rapport entre la longueur et la largeur de chacun des trois rectangles de la figure 31 est le même
et vaut 43 . Par contre, pour chacun des trois rectangles de la figure 30, le rapport entre la longueur
et la largeur est différent. La forme d’un rectangle serait liée au rapport entre sa longueur et sa
largeur.
L
On appele coefficient de forme d’un rectangle de longueur L et de largeur l, le rapport .
l
En effet, il donne une information sur le caractère trapu ou allongé d’un rectangle. Plus le coefficient
de forme est proche de 1, plus le rectangle est proche d’un carré; plus le coefficient de forme est
grand, plus il est allongé.
Approche géométrique
Comparons les deux familles de rectangles des figures 30 et 31 en les positionnant comme à la
figure 32. Dans ce qui suit, nous dirons qu’on « superpose » des rectangles lorsqu’on les place de
cette façon. Traçons les diagonales de chacun de ces rectangles.
a) b) Figure 32
Nous observons les faits suivants : les rectangles de la figure 32a ont des formes différentes et leurs
diagonales ont des directions différentes tandis que les rectangles de la figure 32b ont la même
forme et leurs diagonales « se superposent ».
Caractérisation géométrique
Les superpositions des rectangles (figure 32) amènent un critère de reconnaissance de deux rec-
tangles semblables. C’est un critère de type géométrique qui s’exprime en deux parties de la façon
suivante :
Supposons qu’on ait placé deux rectangles de telle sorte qu’ils aient un sommet commun, leurs
longueurs dans une direction commune et leurs largeurs aussi.
Si les diagonales des deux rectangles se superposent, alors les deux rectangles sont semblables.
Si les diagonales des deux rectangles ne se superposent pas, alors les deux rectangles ne sont pas
semblables.
Ce procédé permet de vérifier si deux rectangles sont semblables sans rien mesurer.
Nous pouvons justifier les deux propositions en nous basant sur le théorème de Thalès.
Si les diagonales de deux rectangles se superposent, alors les deux rectangles sont semblables.
Dessinons, à la figure 33, deux rectangles ABCD et AEF G dont les diagonales se superposent et
montrons que leurs dimensions L et l d’une part, et L et l d’autre part répondent à la définition
de rectangles semblables : Ll = Ll .
D L C
G L' F
l
l'
A E B Figure 33
Dans le triangle ABC , les segments [EF ] et [BC] sont parallèles. On a donc une configuration de
Thalès, ce qui permet d’appliquer la propriété énoncée à la section 2.4 :
|AB| |AC| |BC|
= = .
|AE| |AF | |EF |
|AB| L |BC| l
Or |AE| = L et |EF | = l , ce qui conduit à l’égalité
L l L L
= équivalente à = .
L l l l
1 Dans ce chapitre, nous utilisons l’expression « côtés proportionnels » à la place « côtés de longueurs proportionnelles »
216 Chapitre 6
Si les diagonales de deux rectangles ne se superposent pas, alors les deux rectangles ne sont pas
semblables.
A la figure 34, nous avons dessiné deux rectangles : ABCD de dimensions L et l et AEF G de di-
mensions L et l dont les diagonales AC et AF ne se superposent pas.
D L C
G L' F
l
l'
A E B Figure 34
Reproduisons la figure 34 à la figure 35a en y ajoutant le point d’intersection H entre la diagonale
AC et le segment [EF ]. Les triangles ABC et AHE constituent une configuration de Thalès et nous
pouvons écrire |AC| |AB| L
= = . (1)
|AH| |AE| L
L C D C
}
L' F G F
I
H
H l
l'
A E B A E B
a) b) Figure 35
De même, reproduisons la figure 34 à la figure 35b en y ajoutant le point d’intersection I entre
la diagonale AC et la prolongation du segment [GF ]. Les triangles ADC et AGI présentent une
configuration de Thalès et nous pouvons écrire
|AC| |AD| l
= = . (2)
|AI| |AG| l
Comparons les deux égalités extraites de (1) et (2)
|AC| L |AC| l
= et = .
|AH| L |AI| l
Comme les points I et H sur la diagonale [AC] ne coïncident pas, on conclut que
L l
= .
L l
Les côtés de ces rectangles ne sont pas proportionnels, ils ne sont donc pas semblables.
Nous présentons ci-dessous quelques exemples de familles de rectangles semblables dans des con-
textes familiers. Pour chacune des familles, nous calculons son coefficient de forme.
a) b) Figure 36
Formats de photos
Un négatif « standart » a pour dimensions 24 mm sur 36 mm. Si on veut reproduire l’entièreté du
négatif sur une photo, il faut que celle-ci ait la même forme, c’est-à-dire le même coefficient de
forme 32 . Ainsi, le format de photo 10 sur 15 répond à ce critère puisque son coefficient de forme
vaut 32 . Le rectangle support d’un négatif et celui d’une photo 10 × 15 sont semblables.
Par contre, le format de photo 9 sur 13 ne permet pas de reproduire exactement tout le négatif car
son coefficient de forme est différent de 32 .
Formats de papier
Depuis l’existence des photocopieuses, le format d’une feuille de papier dit « A4 » répond aux ca-
ractéristiques suivantes :
• lorsqu’on juxtapose deux feuilles A4, comme à la figure 37a, on obtient un rectangle dit A3
(figure 37b);
• afin de pouvoir agrandir, sur une feuille A3, un document réalisé sur une feuille A4, les deux
types de feuilles doivent avoir le même coefficient de forme.
A3
l
2l
L A4
A4 L
l L
a) b) Figure 37
A partir de ces caractéristiques, calculons le coefficient de forme d’une feuille de format « A4 » et
celui d’une feuille de format « A3 ». En s’appuyant sur l’égalité des coefficients de forme
L 2l
=
l L
on obtient l’égalité 2
2 2 L2 L
L = 2l équivalente à 2 = = 2.
l l
218 Chapitre 6
L √
Par conséquent, le coefficient de forme d’une feuille A4 vaut = 2.
l
√
Le nombre 2 est aussi le coefficient de forme de n’importe quelle feuille dite de format A0, A1, A2,
A3, A5,...
Rectangle d’or
Déjà du temps de Grecs, on parlait d’un rectangle au format harmonieux, c’est-à-dire ni trop trapu,
ni trop allongé, appelé rectangle d’or.
Voici la description de la construction d’un tel rectangle :
• on dessine un carré ABCD et la demi-droite [AB (figure 38a);
• on situe le point M , milieu de la base [AB] et on dessine le segment [M C] (figure 38b);
• on trace l’arc de cercle de centre M et de rayon |M C| et on appelle E le point d’intersection
de cet arc avec la demi-droite [AB (figure 38c);
Le rectangle AEF B est un rectangle d’or (figure 38d).
D C C C D F
A B A M B M E A E
a) b) c) d) Figure 38
a) b) Figure 40
a) b) c) Figure 41
C C
1,5
E
0,8
A 1,5 B D A D B
0,8
a) b) Figure 42
Justifions que, dans les deux cas, les triangles ADE et ABC ont leurs angles de même amplitude et
leurs côtés proportionnels.
En effet :
• l’angle  est commun aux deux triangles;
|AD| |AE|
• par construction des points D et E , on a l’égalité |AB| = |AC| = k . Elle est équivalente à
|AD| |AB|
|AE| = |AC| . On est dans les conditions pour appliquer la réciproque du théorème de Thalès
(2.5); on peut donc conclure que la droite DE est parallèle à la droite BC . Les angles B̂ et D̂
sont donc des angles correspondants de même amplitude, de même que les angles Ĉ et Ê ;
220 Chapitre 6
• le parallélisme des droites BC et DE permet de reconnaître une configuration de Thalès
(2.4) et donc de conclure que
|AD| |AE| |DE|
= = = k.
|AB| |AC| |BC|
Si deux triangles ont un angle de même amplitude dont les côtés respectifs sont proportionnels,
alors ils ont leurs trois angles, deux à deux, de même amplitude et leurs trois côtés respectifs sont
proportionnels.
A D B A B D Figure 43
Justifions que, dans les deux cas, les triangles ABC et ADE ont des angles de même amplitude et
des côtés proportionnels.
En effet :
• l’ angle  est commun par construction;
• par construction, les droites BC et DE sont parallèles; dès lors, les angles B̂ et D̂ sont des
angles correspondants de même amplitude, de même que les angles Ĉ ET Ê ;
• le parallélisme des droites BC et DE permet de reconnaître une configuration de Thalès
(2.4); on a donc
|AD| |AE| |DE|
= = = k.
|AB| |AC| |BC|
Si deux triangles ont deux angles de même amplitude, alors ils ont leurs trois angles deux à deux
de même amplitude et leurs trois côtés respectifs sont proportionnels.
D B A 1,5 B D
0,75 Figure 44
Dans les deux cas, nous observons que le point E appartient à AC et que les côtés [BC] et [DE]
sont parallèles.
Si deux triangles ont leurs trois côtés respectifs proportionnels, alors ils ont aussi leurs trois angles
deux à deux de même amplitude.
Deux triangles semblables doivent répondre à six conditions. Toutefois, les constructions faites à
la section 3.3.1 permettent de conclure que certaines de ces conditions sont suffisantes pour les
entraîner toutes.
Comme il existe des critères qui permettent de conclure que des triangles sont isométriques (Chap.4,
section 2.2.4), on peut établir des critères qui permettent de conclure que des triangles sont sem-
blables. On les appelle critères de similitude.
Voici les trois critères amenés par les trois procédés de construction développés à la section 3.3.1.
Critère 1
Deux triangles sont semblables dès qu’ils ont un angle de même amplitude dont les côtés respectifs
sont proportionnels.
Critère 2
Deux triangles sont semblables dès qu’ils ont deux angles respectivement de même amplitude.
Critère 3
Deux triangles sont semblables dès qu’ils ont trois côtés respectifs proportionnels.
222 Chapitre 6
Deux polygones sont semblables lorsque les deux conditions suivantes sont vérifiées :
• les côtés respectifs des deux polygones sont proportionnels.
• les angles ont deux à deux même amplitude.
Le coefficient de proportionnalité est appelé rapport de similitude.
Figure 45
Cette définition implique que des polygones isométriques sont semblables. En effet, toutes les lon-
gueurs sont multipliées par 1 et les angles ont deux à deux même amplitude.
Pour vérifier que des polygones sont semblables entre eux, il faut vérifier les conditions sur les côtés
et sur les angles. En effet, sauf exception, une des deux conditions ne suffit pas. Par exemple, deux
rectangles ont des angles de même amplitude mais ils peuvent avoir des côtés non proportionnels
(figure 46a). Ou encore, les deux losanges de la figure 46b ont des côtés proportionnels et des
angles d’amplitudes différentes.
a) b) Figure 46
D C
A B E
a) b) Figure 47
Lorsque des polygones sont ainsi placés les uns par rapport aux autres, on dit qu’ils sont
homothétiques.
• toutes les droites reliant deux sommets respectifs se coupent en un même point, appelé
centre ;
C
C
Figure 48
A la figure 47, les polygones sont dans une position homothétique particulière puisque le centre
est un des sommets.
La figure 49 montre des polygones qui satisfont une des deux conditions et pas l’autre. Ainsi, à
la figure 49a, les sommets respectifs sont alignés avec le centre mais tous les côtés respectifs ne
sont pas parallèles entre eux. Par contre, à la figure 49b, les côtés respectifs sont parallèles mais les
droites qui relient les sommets respectifs ne se coupent pas en un même point.
a) b) Figure 49
La propriété suivante exprime l’intérêt des figures homothétiques : celles-ci permettent de recon-
naître visuellement des figures semblables.
D Figure 50
224 Chapitre 6
• Montrons que les angles des deux polygones sont deux à deux de même amplitude. Par dé-
finition de polygones homothétiques, les droites AB et A B sont parallèles, de même que
et A
les droites BC et B C . On peut en conclure que les angles ABC B C ayant leurs côtés
directement parallèles ont même amplitude (Chap. 4, section 4.1.5). Il en est de même pour
chacun des angles du polygone.
• Montrons que les côtés respectifs des deux polygones sont proportionnels. Considérons les
triangles OAB et OA B . Les droites AB et A B sont parallèles. On peut donc appliquer la
conséquence du théorème de Thalès (2.4) et on a l’égalité
|A B | |OB |
= . (1)
|AB| |OB|
|B C | |OB |
= . (2)
|BC| |OB|
|B C | |A B |
= .
|BC| |AB|
Par conséquent, les côtés respectifs des deux polygones sont proportionnels.
Critère
Deux polygones qu’on peut placer en position homothétique sont des polygones semblables.
• on choisit un point O qui sert de centre; ce point peut se situer sur le pentagone, à l’intérieur
ou à l’extérieur de celui-ci;
• et ainsi de suite.
La figure 51a montre une telle construction à partir d’un point O situé à l’extérieur du pentagone
et la figure 51b, à partir d’un point O situé à l’intérieur du pentagone.
B B'
A'
B
B'
E
E E'
E' C'
C
C
C'
D'
D
D'
D
a) b) Figure 51
R'
L 3/
l' T
T'
R l
3/
a) b) Figure 52
Périmètres
Le périmètre p du rectangle R vaut 2 · (l + L ) et le périmètre p du rectangle R vaut 2 · (l + L). Or,
par définition de rectangles semblables : L = 2L et l = 2l. Donc,
p = 2(l + L ) = 2(2l + 2L) = 4(l + L) = 2p.
De même, on peut comparer aisément le périmètre des triangles T et T . Chacun des côtés du
triangle T a une longueur qui vaut les 3/4 du côté respectif du triangle T . Le périmètre du triangle
T qui est la somme des longueurs des côtés vaut donc les 3/4 du périmètre du triangle T .
Ces deux exemples se généralisent de la façon suivante.
Aires
A l’intérieur du rectangle R de la figure 52, nous pouvons dessiner quatre rectangles isométriques
au rectangle R. L’aire a du rectangle R vaut donc quatre fois l’aire a du rectangle R.
226 Chapitre 6
En effet, a = L · l = (2L) · (2l) = 22 L · l = 22 a.
L’aire a du rectangle R vaut l’aire a du rectangle R multipliée par le carré du rapport de similitude.
Pour comparer les aires des triangles T et T , calculons celles-ci à partir de la formule
base × hauteur
.
2
La figure 53 reprend la figure 52b. Nous y avons
ajouté la hauteur h relative à la base b du triangle
T et la hauteur h relative à la base b du trian-
gle T . h' h
Comme les deux triangles sont semblables et que b'
le rapport de similitude vaut 34 , on a :
3 3 b Figure 53
b = b et h = h.
4 4
Les aires a et a des deux triangles se calculent de la manière suivante :
b·h
a= ;
2
3 3 2 2
b .h 4b · 4h 3 b·h 3
a = = = = a.
2 2 4 2 4
L’aire a du triangle T s’obtient en multipliant l’aire a du triangle T par le carré du rapport de
similitude.
Ces deux exemples se généralisent de la façon suivante.
En effet, ils ont tous trois angles d’amplitude égale à 60◦ (figure 54). Leurs angles ont donc deux à
deux même amplitude et ils répondent au critère 2 de similitude.
Figure 54
Tous les polygones réguliers d’un même nombre de côtés sont semblables.
En effet, on peut les placer dans une position dans laquelle ils sont homothétiques (figure 55).
Figure 55
En effet, on peut inscrire chaque cercle dans un carré dont le côté correspond au diamètre du cercle.
Comme tous les carrés sont semblables, tous les cercles le sont aussi (figure 56).
C
CÕ
r rÕ
Figure 56
Le rapport de similitude k entre deux cercles C et C est celui de leurs rayons respectifs r et r .
On peut étendre aux cercles les résultats au sujet des périmètres et des aires de polygones sembla-
bles.
r
Si k est le rapport entre les deux rayons r et r de deux cercles C et C k= r ,
alors, le périmètre p du cercle C s’obtient en multipliant le périmètre p du cercle C par ce rap-
port k
et l’aire a’ du disque intérieur à C s’obtient en multipliant l’aire a du disque intérieur à C par le
carré du rapport, k 2 .
228 Chapitre 6
Chapitre
Théorèmede Pythagore
7
Ce théorème qui énonce une
propriété des triangles rectangles,
est un des plus célèbres de la
géométrie et est très souvent utilisé.
Il est attribué à Pythagore (569–500
av. J.-C.) bien que ce théorème était
déjà connu des Babyloniens 2000
ans avant les Grecs. Mais les Babylo-
niens n’ont laissé aucune trace de sa
démonstration. Peut-être Pythagore
fut-il le premier à en donner une
preuve ? Pythagore n’ayant laissé
aucun écrit, la démonstration qui lui
est attribuée, est rapportée par
Euclide (330-275 av. J.-C.) presque
deux siècles plus tard.
Dans ce chapitre, nous énonçons le
théorème sous deux formes
différentes : l’une, en termes d’aires
et l’autre, en termes de longueurs.
Ensuite, nous donnons différentes
applications de ce théorème ainsi 1. Théorème de Pythagore
que deux autres démonstrations de
celui-ci.
2. Réciproque du théorème de
Pythagore
3. Applications du théorème de
Pythagore
On peut démontrer ce théorème de plusieurs manières à l’aide de puzzles. En voici une ci-dessous,
on en trouvera d’autres à la section 4.
On part d’un triangle rectangle dont les longueurs des côtés sont notées a, b, c (figure 1a) et on
construit sur ses côtés les carrés notés A, B et C comme le montre la figure 1b. On doit démontrer
que l’aire du carré C est égale à la somme des aires des carrés A et B .
α α C
c B c
b b
β β
a a
A
a) b) Figure 1
Pour cela, on compare deux puzzles d’une même figure.
Le premier puzzle est donné à la figure 2a : à chaque côté libre du carré C , on a accolé une copie du
triangle rectangle de la figure 1a.
b a b a
α β
a γ
c b
c b B c b
b
C
a
c
b c a a
a A
a b b a
a) b) Figure 2
En procédant de cette manière, on obtient un quadrilatère dont le côté vaut a + b.
En effet, la somme des angles α, β et γ est égale à 180◦ puisque la somme des angles α + β est égale
à 90◦ comme somme des angles aigus d’un triangle rectangle, et que l’angle γ vaut aussi 90◦ comme
angle du carré C . De plus, ce quadrilatère a quatre côtés de longueur a + b et quatre angles droits.
C’est donc un carré de côté a + b.
Pour le deuxième puzzle, aux côtés des carrés A et B , on a accolé deux paires de triangles rectangles,
copies du triangle de la figure 1a (figure 2b). On obtient un quadrilatère qui a quatre côtés de
longueur a + b et quatre angles droits : il s’agit donc de nouveau d’un carré dont le côté vaut a + b.
Les carrés extérieurs des figures 2a et 2b ont donc même aire. Celui de la figure 2a est recouvert
par le carré C et par quatre triangles isométriques au triangle de départ. Celui de la figure 2b est
recouvert par les carrés A et B et par les mêmes quatre triangles isométriques.
On en déduit que l’aire du carré C est égale à la somme des aires des carrés A et B .
230 Chapitre 7
1.2 Théorème de Pythagore en termes de longueurs
Pour exprimer une relation entre les longueurs des côtés d’un triangle rectangle, on reformule
l’énoncé précédent de la manière suivante.
Le carré de la longueur de l’hypoténuse d’un triangle rectangle est égal à la somme des carrés des
longueurs des deux autres côtés.
Si a et b sont les longueurs des deux côtés de l’angle droit d’un triangle rectangle et c est la longueur
de son hypoténuse, alors c2 est égal à l’aire du carré construit sur l’hypoténuse et a2 et b2 sont égaux
aux aires des carrés construits sur les deux autres côtés du triangle rectangle.
L’égalité entre l’aire du carré construit sur l’hypoténuse et la somme des aires des carrés construits
sur les deux autres côtés, s’écrit de la manière suivante :
c2 = a2 + b2 .
Ce théorème permet de calculer la longueur d’un côté d’un triangle rectangle quand on connaît la
longueur des deux autres côtés. Les calculs liés au théorème de Pythagore conduisent à l’utilisation
√
de la notion de racine carrée notée « » (Chap.1, section 4).
Puisque l’hypoténuse d’un triangle rectangle est le plus long des côtés du triangle, on a que c > a
et que c > b et l’égalité c2 = a2 + b2 entraîne les égalités suivantes :
c= a2 + b2 ,
a= c2 − b2 ,
b = c2 − a2 .
Dans la réciproque, l’égalité entre les carrés des longueurs des côtés d’un triangle est donnée et on
en déduit que le triangle est un triangle rectangle.
Si dans un triangle, le carré de la longueur d’un côté est égal à la somme des carrés des longueurs
deux autres côtés, alors le triangle est rectangle et son hypoténuse est le premier côté cité.
A la figure 3a, nous avons construit à l’aide d’un compas, un triangle T1 dont les côtés ont pour
longueurs les nombres a, b, c tels que a2 + b2 = c2 . Montrons que ce triangle est rectangle et que
son hypoténuse est le côté de longueur c.
b
b a T2
T1
c a
a) b) Figure 3
Pour cela, considérons un autre triangle rectangle T2 dont les côtés de l’angle droit mesurent a et
b (figure 3b).
Puisque le triangle T2 est rectangle, nous pouvons utiliser le théorème de Pythagore. Donc, le carré
de la longueur de son hypoténuse est égal à a2 + b2 , c’est à dire à c2 . On en conclut que la longueur
de son hypoténuse est égale à c.
Ainsi les deux triangles T1 et T2 ont leurs trois côtés correspondants de même longueur : ils sont
isométriques (Chap.4, 2.2.4). On en conclut que le triangle T1 est un triangle rectangle dont l’hy-
poténuse est le côté de longueur c.
Figure 4
Ils utilisaient la réciproque du théorème de Pythagore : dans ce triangle comme le montre la figure 4,
on a 52 = 25 = 42 + 32 , donc l’angle opposé au côté de longueur 5 est un angle droit.
232 Chapitre 7
3 Applications du théorème de Pythagore
Le théorème de Pythagore permet d’exprimer des longueurs de segments remarquables d’une fi-
gure à partir des longueurs d’autres segments. En voici quelques exemples utiles.
d b √
d= a2 + b2
a Figure 5
d b √ √ √ √
d= a2 + b2 = 2a2 = a 2 = 2a
a Figure 6
2
2 a 2
a =h +
a 2
h 2 2 √ √
2
a 3a 3 3
h= a + = =a = a
a a 2 4 2 2
2 2 Figure 7
d c
dÕ b
a Figure 8
La diagonale d d’un parallélépipède est l’hypoténuse d’un triangle rectangle (figure 9a) dont un des
côtés de l’angle droit est la hauteur c du parallélépipède et dont l’autre côté de l’angle droit est la
diagonale d d’un rectangle de côtés a et b (figure 9b).
d dÕ
c b
dÕ a
a) b) Figure 9
On a donc d2 = d2 + c2 .
Or d2 = a2 + b2 .
d
√ √ √ √
a d= d2 + a2 = 2a2 + a2 = 3a2 = a 3
d' a
a Figure 10
4 D'autres puzzles
pour le théorème de Pythagore
De nombreux autres puzzles que celui utilisé à la section 1 permettent de démontrer le théorème
de Pythagore. Nous en proposons ici deux.
T1 c b
a c T3
T2 γ
α β
b a Figure 11
A la figure 11, les triangles T2 et T3 sont isométriques et on a aligné le côté de longueur b du triangle
T2 et le côté de longueur a du triangle T3 .
Il en résulte que le triangle T1 est rectangle en γ puisque la somme des angles α + β + γ est égale à
180◦ et que la somme α + β est égale à 90◦ .
Les côtés de longueurs a et b du quadrilatère extérieur de la figure 11 sont parallèles car ils sont
tous deux perpendiculaires à son côté de longueur b + a. Ce quadrilatère est donc un trapèze. Ce
trapèze a une petite base de longueur égale à a, une grande base de longueur égale à b et une
hauteur de longueur égale à b + a.
(a + b)(a + b)
L’aire de ce trapèze vaut .
2
c2
L’aire du triangle rectangle T1 isocèle de côté c vaut .
2
ab
L’aire de chacun des triangles T2 et T3 vaut .
2
Puisque ces trois triangles forment un puzzle du trapèze, l’aire de ce trapèze est égale à la somme
des aires de ces triangles.
234 Chapitre 7
(a + b)(a + b) ab c2
On a donc l’égalité suivante : =2 + .
2 2 2
En développant les deux membres, cette égalité s’écrit :
a2 + 2ab + b2 c2
= ab + ,
2 2
ou encore a2 + b2 = c2 .
Puzzle de Chou Pei Suan Ching (300 avant J.C.)
c
β
α
c c
b
a
b–
c
c Figure 12
A la figure 12, le quadrilatère extérieur est un carré de côté c puisque la somme des angles α et β
est égale à 90◦ . Il est entièrement recouvert par quatre triangles rectangles et par le quadrilatère
central, qui est un carré de côté b − a. Ceci permet d’écrire l’égalité suivante :
ab
c2 = 4 + (b − a)2 .
2
En développant le deuxième membre de cette égalité, on obtient
c2 = 2ab + (b2 − 2ab + a2 ),
ou encore
c2 = b2 + a2 .
O I P d
Figure 1
A chaque point d’une droite graduée, correspond un et un seul nombre, et à chaque nombre
correspond un et un seul point de cette droite.
Le nombre associé à un point sur une droite graduée est appelé abscisse du point sur cette droite.
L’abscisse de l’origine est égale à 0 et l’abscisse de l’extrémité du segment choisi comme unité de
mesure est égale à 1 (figure 2).
O I P d
0 1 x Figure 2
Sur une droite graduée, l’abscisse d’un point est la distance de ce point à l’origine ou l’opposé de
cette distance selon que le point est du même côté de O que I ou de l’autre côté.
Si x désigne l’abscisse d’un point P sur une droite graduée (figure 2), on a :
• lorsque P et I sont du même côté de O : x = |OP | et donc x > 0 ;
• lorsque P et I sont de part et d’autre de O : x = −|OP | et donc x < 0.
En utilisant la notation de la valeur absolue, on a une seule formule pour les deux cas :
|OP | = |x|.
L’origine d’une droite graduée partage celle-ci en deux demi-droites. La demi-droite sur laquelle se
trouve un point détermine le signe de son abscisse. A la figure 3, le point P a une abscisse positive
et le point P a une abscisse négative.
P' O I P d
}
}
Sur une droite graduée, lorsqu’un point B d’abscisse xB est situé à droite d’un point A d’abscisse
xA (figure 4), on a la relation suivante : xA < xB .
O I A B d
0 1 xA xB Figure 4
La figure 5a montre que l’abscisse du point A sur la droite graduée à l’aide du segment [OI] est 6
et que son abscisse sur la droite graduée à l’aide du segment [OJ] est 3.
238 Chapitre 8
La figure 5b montre que le point B correspondant à l’abscisse 3 sur la droite graduée à l’aide du
segment [OI] n’est pas le même que le point B correspondant à l’abscisse 3 sur la droite graduée à
l’aide du segment [OJ].
O I J A O I J B B'
0 1 6 0 1 3
0 1 3 0 1 3
a) b) Figure 5
La correspondance entre tous les nombres et tous les points d’une droite permet de faire des calculs
qui traduisent des propriétés géométriques.
O A B A O B A B O
0 1 3 5 -2 0 1 5 -6 -2 0 1
a) b) c) Figure 6
La distance entre deux points A et B d’abscisses respectives xA et xB sur une droite graduée est
égale à la valeur absolue de la différence entre les abscisses de ces points :
|AB| = |xA − xB | = |xB − xA |.
O A M B
0 1 xA xM xB Figure 7
Sur une droite graduée, l’abscisse xM du milieu M d’un segment [AB] est la demi-somme des
abscisses xA et xB des points extrémités de ce segment :
xA + xB
xM = .
2
240 Chapitre 8
y y y
1 1
1
0 1 x 0 1 x 0 1 x
a) b) c) Figure 8
Dans la plupart des cas, on utilise deux droites perpendiculaires; il s’agit alors d’un système d’axes
orthogonaux (figure 8b).
Lorsque, en plus les unités de mesures sur les axes sont les mêmes, le plan est muni d’un système
d’axes orthonormés (figure 8c).
En géométrie des coordonnées, on utilise généralement un système d’axes orthonormés. C’est ce
que nous adoptons dans la suite de ce chapitre.
P P2 P P2 P
y
1 1 1
P1 P1
0 1 0 1 0 1 x
a) b) c) Figure 9
Cette construction permet d’associer, à tout point P du plan, un couple de nombres noté (x, y).
Ces nombres sont appelés coordonnées du point P . Il s’agit bien d’un couple : l’ordre des nombres
est important. En effet, le premier nombre est associé à l’axe des abscisses et le second à l’axe des
ordonnées.
Dans un plan muni d’un système d’axes, à chaque point P correspond un couple de nombres x et
y , noté (x, y). Ce sont les coordonnées du point P .
b) Un plan étant muni d’un système d’axes, à chaque couple de nombres (x, y), il est possible de faire
correspondre un point P tel que x soit l’abscisse du point P et que y soit l’ordonnée du point P .
Par exemple, le point P correspondant au couple (3, 4) est obtenu par les constructions suivantes :
• on trace la parallèle à l’axe des ordonnées passant par le point de l’axe des abscisses, associé
au nombre 3 (figure 10a);
4 4 P
1 1 1
x
0 1 3 x 0 1 3 0 1 3 x
a) b) c) Figure 10
Dans un plan muni d’un système d’axes, à chaque couple de nombres (x, y) correspond un point.
A chaque point d’un plan muni d’un système d’axes, correspond un et un seul couple de nombres
et à chaque couple de nombres correspond un et un seul point du plan.
Régions du plan y
Les axes de coordonnées partagent le plan en qua-
II I
tre régions ou quadrants.
x<0 x>0
y>0 y>0
Le quadrant dans lequel se trouve un point déter-
mine le signe de son abscisse et de son ordonnée.
III IV x
Les quadrants sont numérotés comme indiqué à
x<0 x>0
y<0 y<0
la figure 11.
Figure 11
Les points P et P de la figure 12 sont situés sur l’axe des abscisses et ils ont une ordonnée nulle.
Les points Q et Q sont situés sur l’axe des ordonnées et ils ont une abscisse nulle.
y
Q (0,2)
1
P (2,0) P' (5,0)
0 1 x
Un point situé sur l’axe des abscisses a des coordonnées du type (k, 0).
Un point de coordonnées (k, 0) est situé sur l’axe des abscisses.
Un point situé sur l’axe des ordonnées a des coordonnées du type (0, k).
Un point de coordonnées (0, k) est situé sur l’axe des ordonnées.
Les coordonnées de l’origine sont données par le couple (0, 0).
242 Chapitre 8
Coordonnées d’un point et système d’axes
Les coordonnées du point A dans un système d’axes sont (5, 4) et celles du même point A dans
l’autre système d’axes sont (3, −2) (figure 13).
y y'
1
1 3
0 x'
-1
4
-2 A
0 1 5 x
Figure 13
Le point A correspondant aux coordonnées (3, 2) dans un système d’axes n’est pas le même que le
point B correspondant aux coordonnées (3, 2) dans l’autre système d’axes (figure 14).
y y'
B
1
0 1 3 x'
2 A
1
0 1 3 x
Figure 14
La correspondance entre les points du plan et leurs coordonnées sert à traduire des propriétés
géométriques en formules algébriques.
yA
A C Figure 15
Dans un plan muni d’un système d’axes orthonormés, la distance entre deux points A et B de
coordonnées respectives (xA , yA ) et (xB , yB ) est égale à la racine carrée (positive) de la somme du
carré des différences des abscisses et du carré des différences des ordonnées de ces deux points :
|AB| = (xA − xB )2 + (yA − yB )2 .
Un cas particulier souvent utile est le calcul de la distance d’un point P de coordonnées (x, y) à
l’origine O de coordonnées (0, 0).
Dans un plan muni d’un système d’axes orthonormés, la distance d’un point P de coordonnées
(x, y) à l’origine O est la racine carrée (positive) de la somme des carrés de ses coordonnées :
|OP | = x2 + y 2 .
yB B yB B" B
yM M yM M" M
yA A yA A" A
1 1
A' M' B'
0 1 xA xM xB 0 1 xA xM xB
a) b) Figure 16
Comme les projections parallèles conservent le milieu d’un segment (Chap.6, section 2.2.2), et que
le point M est le milieu du segment [AB] sa projection M sur l’axe des abscisses est aussi le milieu
du segment [A B ]. Il en résulte que (section 1.1.3)
xA + xB
xM = .
2
Puisque les points A , M et B ont respectivement les mêmes abscisses que les points A, M et B
(figure 16b), cette égalité peut s’écrire :
xA + xB
xM = .
2
D’une manière analogue, on peut établir que
yA + yB
yM = .
2
244 Chapitre 8
Dans un plan muni d’un système d’axes, considérons deux points A et B de coordonnées respectives
(xA , yA ) et (xB , yB ), les coordonnées du point M ,milieu du segment [AB] sont respectivement égales
à la demi-somme des abscisses et la demi-somme
des ordonnées
des points extrémités du segment :
xA + xB yA + yB
, .
2 2
Symétries
La symétrie de centre situé à l’origine du système envoie le point P de coordonnées (x, y) sur le
point S de coordonnées (−x, −y).
Par une symétrie orthogonale dont l’axe est l’axe des y , un point et son image ont même ordonnée
et des abscisses opposées.
Par une symétrie orthogonale dont l’axe est l’axe des x, un point et son image ont même abscisse
et des ordonnées opposées.
Par une symétrie de centre situé à l’origine du système, un point et son image ont leurs coor-
données opposées.
Considérons la symétrie orthogonale dont l’axe est la première bissectrice des axes de coordonnées,
un point P et son image T par cette symétrie (figure 18a).
T T (y,x)
P P (x,y)
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 18
Les deux rectangles hachurés de la figure 18b sont images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale
considérée; ils sont isométriques. Donc, la base de l’un est la hauteur de l’autre. Cela signifie que
l’abscisse du point P est l’ordonnée du point T et que l’ordonnée du point P est l’abscisse du point T .
Par la symétrie orthogonale dont l’axe est la première bissectrice des axes de coordonnées, l’abscisse
du point image est l’ordonnée du point de départ et l’ordonnée du point image est l’abscisse du
point de départ.
Translations
Considérons la translation tAA (figure 19a) qui envoie le point A de coordonnées (2, 5) sur le point
A de coordonnées (7, 4).
A la figure 19b, construisons l’image B du point B de coordonnées (3, 3) par la translation tAA :
traçons la parallèle à AA passant par B et reportons sur cette droite la distance |AA | à partir du
point B (figure 19c).
A (2,5) A A +5
5 5
A' (7,4) A' –1
4 4
+5 A'
3
B B –1
B' B'
1 1 1
0 1 2 7 0 1 3 7 0 1 3 7 8
a) b) c) Figure 19
A' (xA',yA')
A (xA,yA)
P'
(x + (xA–xA') , y + (yA–yA'))
P
1
(x,y)
0 1
Figure 21
246 Chapitre 8
La translation qui envoie un point A de coordonnées (xA , yA ) sur le point A de coordonnées
(xA , yA ) est caractérisée par le couple (xA − xA , yA − yA ).
Les coordonnées du point P image par cette translation d’un point P de coordonnées (x, y) sont
(x + (xA − xA ), y + (yA − yA )).
Justifions ce résultat en montrant que que le quadrilatère AA P P (figure 20b) est un parallélo-
gramme. Vérifions pour cela que ses diagonales [AP ] et [P A ] se coupent en leur milieu.
Les coordonnées du milieu de la diagonale [AP ] sont
xA + x + (xA − xA ) yA + y + (yA − yA )
,
2 2
c’est-à-dire
x + xA y + yA
, .
2 2
Dans ces coordonnées on reconnaît celles du milieu de la diagonale [P A ].
Ce résultat fournit une nouvelle construction de l’image P d’un point P par la translation tAA .
le point P est le quatrième sommet du parallélogramme dont deux côtés sont les segments [AA ]
et [AP ]. Le point P se situe donc à l’intersection de la parallèle à la droite AA passant par le point
P et de la parallèle à la droite AP passant par le point A .
R
(-y,x) R
P (x,y) P (x,y)
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 22
Les deux rectangles hachurés de la figure 22b sont isométriques et de plus, la base de l’un est la
hauteur de l’autre. Cela suggère qu’un point de coordonnées (x, y) est envoyé sur le point R de
coordonnées (−y, x).
On peut vérifier qu’on obtient le même résultat quel que soit le quadrant auquel appartient le
point P .
Par la rotation centrée à l’origine et d’amplitude 90◦ , l’abscisse du point image est l’opposé de
l’ordonnée du point de départ et l’ordonnée du point image est l’abscisse du point de départ.
Figure 23
Pour repérer un point dans l’espace, on se donne trois plans sécants1 en un point. Cela revient à
se donner trois droites sécantes en ce point. En effet, les plans se coupent deux à deux selon trois
droites concourantes, elles aussi, en le même point.
Les trois droites graduées forment un système d’axes de l’espace.
Les plans considérés au départ deviennent alors les plans déterminés par deux axes de coordonnées;
ils sont appelés plans de coordonnées. Il y en a en a trois (figure 24) : le plan xy déterminé par l’axe
des x et l’axe des y , le plan yz déterminé par l’axe des y et l’axe des z , et le plan xz déterminé par
l’axe des x et l’axe des z .
248 Chapitre 8
z z z
y y y
x x
x Figure 25
a) A chaque point P de l’espace, on peut associer un triplet de nombres (x, y, z) appelés coordonnées
du point P en procédant de la manière suivante :
z z z
P3
P P P
y P2 y P2 y
P1 P1 P1
x x x
a) b) c) Figure 26
Dans l’espace muni d’un système d’axes, à chaque point P correspond un triplet de nombres x, y
et z , noté (x, y, z). Ce sont les coordonnées du point.
b) A chaque triplet de nombres (x, y, z), on peut associer un point de l’espace muni d’un système
d’axes, à l’aide de la construction suivante :
• on marque sur les axes, les points P1 , P2 et P3 d’abscisses respectives x, y et z (figure 27a);
z P3 z
P2 y
y
P1
x x
a) b) Figure 27
Dans l’espace muni d’un système d’axes, à chaque triplet de nombres (x, y, z) correspond un point
de l’espace.
A chaque point de l’espace muni d’un système d’axes, correspond un et seul un triplet de nombres
et à chaque triplet de nombres correspond un et un seul point de l’espace.
250 Chapitre 8
2.1 Droites
Nous nous intéressons d’abord aux droites parallèles aux axes de coordonnées et ensuite aux autres
droites.
0 1 2 0 1 2 0 1 2
a) b) c) Figure 28
La figure 28b montre qu’un point P quelconque de la droite d a la même abscisse que le point A.
Donc tous les points de la droite d ont une même abscisse qui est égale à 2. Ce qui s’écrit :
x = 2.
Un point Q non situé sur la droite d n’a pas une abscisse égale à 2 (figure 28c).
L’égalité x = 2 est donc vérifiée par les coordonnées des points de la droite d et seulement par eux;
on l’appelle équation de la droite d.
Tous les points d’une droite parallèle à l’axe des ordonnées ont une même abscisse.
Une droite parallèle à l’axe des ordonnées a une équation de la forme
x=k
où k est l’abscisse d’un point quelconque de la droite.
Tous les points de l’axe des ordonnées ont une abscisse nulle.
L’axe des ordonnées a pour équation x = 0.
1 1 1
0 1 3 0 1 3 0 1 3
a) b) c) Figure 29
y = 4.
Un point Q non situé sur la droite d n’a pas son ordonnée égale à 4 (figure 29c).
L’égalité y = 4 est vérifiée par les coordonnées des points de la droite d et seulement par eux; on
l’appelle équation de la droite d.
Tous les points d’une droite parallèle à l’axe des abscisses ont une même ordonnée.
Tous les points de l’axe des abscisses ont une ordonnée nulle.
L’axe des abscisses a pour équation y = 0.
On trace les parallèles aux axes qui passent par les points A, B et P pour former les triangles AP P
et ABB (figure 31b).
d P (x,y) d P (x,y)
5 B (7,5) 5 B (7,5)
0 1 3 7 0 1 3 7
a) b) Figure 31
252 Chapitre 8
Dire que le point P appartient à la droite d revient à dire que les triangles AP P et ABB sont
semblables puisque leurs angles sont égaux deux à deux (Chap.6, section 3.3.2). Par conséquent,
leurs côtés correspondants sont proportionnels. Ce qui s’écrit :
|P P | |AP |
= .
|BB | |AB |
Cette égalité traduite sur les coordonnées des points devient :
y−2 x−3
= ,
5−2 7−3
ou encore successivement
y−2 x−3
= ,
3 4
4(y − 2) = 3(x − 3) ,
4y − 8 = 3x − 9 ,
4y = 3x − 1 ,
3 1
y = x− .
4 4
3 1
Toutes ces égalités et, en particulier, l’égalité y= x− (1)
4 4
lient l’abscisse x et l’ordonnée y d’un point du plan lorsque ce point appartient à la droite d. Ces
égalités sont appelées équations de la droite d.
Une équation d’une droite d est une égalité exprimant une contrainte qui lie l’abscisse et l’ordonnée
d’un point quelconque de la droite.
Connaissant une équation d’une droite, on peut vérifier si un point du plan appartient ou non à
la droite. Pour cela, on remplace les lettres x et y se trouvant dans l’équation de la droite par les
coordonnées du point :
• si on obtient une égalité vraie, on dit que les coordonnées du point vérifient l’équation de
la droite et on conclut que le point appartient à la droite;
• si on obtient une égalité fausse, on dit que les coordonnées du point ne vérifient pas l’é-
quation de la droite et on conclut que le point n’appartient pas à la droite.
d d P (x,y) d P (x,y)
B (xB ,yB) B (xB ,yB) B (xB ,yB)
A (xA ,yA) A (xA ,yA)
A (xA,yA)
1 1 1
0 1 0 1 0 1
a) b) c) Figure 32
Considérons un point P quelconque du plan de coordonnées (x, y). Supposons que le point P ap-
partienne à la droite d (figure 32b) et recherchons la formule qui, dans ce cas, lie l’abscisse x et
l’ordonnée y de ce point.
On trace les parallèles aux axes qui passent par les points A, B et P pour former les triangles AP P
et ABB (figure 32c).
Dire que le point P appartient à la droite d revient à dire que les triangles AP P et ABB sont
semblables puisque leurs angles sont égaux deux à deux (Chap.6, section 3.3.2). Par conséquent,
leurs côtés correspondants sont proportionnels. Ce qui s’écrit :
|P P | |AP |
=
|BB | |AB |
ou |P P | |BB |
= .
|AP | |AB |
x - xA
d
P xB - x A
B' P'
B
A
yB - y A y - y A yB - y A
A B y - yA
xB - xA B' P' P
d
1 x - xA 1
0 1 0 1
a) b) Figure 33
Traduisons cette dernière égalité sur les coordonnées des points; dans le cas de la figure 33a, elle
s’écrit :
y − yA yB − y A
= , (1)
x − xA xB − xA
et dans le cas de la figure 33b : yA − y yA − y B
= . (2)
x − xA xB − xA
Comme yA − y = −(y − yA ) et yA − yB = −(yB − yA ), l’égalité (2) s’écrit aussi :
− (y − yA ) − (yB − yA )
= ,
x − xA xB − xA
y − yA yB − y A
ce qui revient à = .
x − xA xB − xA
Et les égalités (1) et (2) sont les mêmes.
254 Chapitre 8
y − yA yB − y A
On peut vérifier que l’égalité = est valable pour les différentes positions relatives
x − xA xB − xA
des points A, B et P sur la droite d.
Ainsi, puisque le point P est quelconque sur la droite d, l’égalité
y − yA yB − y A
=
x − xA xB − xA
est vérifiée par les coordonnées de tous les points de la droite d et seulement par eux; on l’appelle
équation de la droite d.
Une droite non parallèle aux axes et passant par deux points A et B , de coordonnées respectives
(xA , yA ) et (xB , yB ), a pour équation y − yA yB − y A
= .
x − xA xB − xA
y − yA yB − y A
=
x − xA xB − xA
yB − y A
de la manière suivante : y − yA = (x − xA ) .
xB − xA
yB − yA
Notons m= ,
xB − xA
alors l’équation devient y − yA = m(x − xA ) ,
ou encore y = mx − mxA + yA .
Notons p = yA − mxA ,
l’équation devient y = mx + p .
L’équation d’une droite non parallèle aux axes peut s’écrire sous la forme
y = mx + p.
Interprétation du coefficient m
Le point P de coordonnées (x, y) étant un point quelconque de la droite d, l’égalité
y − yA yB − y A
= =m
x − xA xB − xA
y − yA
exprime que la valeur du rapport est la même quel que soit le point P de la droite. En effet,
x − xA
yB − yA
ce rapport est égal à qui est constant.
xB − xA
Le rapport m de la différence des ordonnées à la différence des abscisses de deux points quelconques
∆y
d’une droite est appelé pente de la droite d. Il est souvent noté où ∆y = yB −yA et ∆x = xB −xA
∆x
à l’aide de la lettre grecque « ∆ » pour rappeler qu’il s’agit d’une différence.
Si une droite d monte de gauche à droite lorsqu’on la parcourt dans le sens positif des abscisses,
yB − y A
alors sa pente m = est positive (figure 34a). Si une droite d descend de gauche à droite
xB − xA
d
B xB – xA > 0
A
yB – y A > 0 yB – yA < 0
A
xB – xA > 0 B d
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 34
La pente d’une droite non parallèle aux axes, notée m, est le rapport de la différence des ordonnées
à la différence des abscisses de deux points quelconques de cette droite. Si les coordonnées de ces
points sont (xA , yA ) et (xB , yB ), on a :
yB − yA
m= .
xB − xA
d'
d 1
1 m m 1
m d
1 m 1
m m m'
1 1 1
1 d
m
0 1 0 1 0 1
a) b) c) Figure 35
La pente d’une droite précise l’inclinaison de celle-ci par rapport aux axes de coordonnées comme
le montre la figure 35c où on a représenté dans un même système d’axes, deux droites d et d de
pentes respectives m et m .
yB − yA
Le rapport m = est nul lorsque son numérateur est nul, c’est-à-dire lorsque yB = yA , ce
xB − xA
256 Chapitre 8
qui veut dire que les points A et B ont la même ordonnée. Dans ce cas, la droite passant par A et
B est parallèle à l’axe des abscisses (figure 36a) : son équation est un cas particulier de l’équation
y = mx + p avec m = 0 c’est à dire y = p ; ce qui est bien une équation de la forme de celle décrite à
la section 2.1.2.
A B
B
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 36
y B − yA
Le rapport m = n’a pas de sens lorsque son dénominateur est nul, c’est-à-dire lorsque
xB − xA
xB = xA , ce qui veut dire que les points A et B ont la même abscisse. Dans ce cas, la droite passant
par A et B est parallèle à l’axe des ordonnées (figure 36b). Son équation, de la forme x = k (section
2.1.1), n’est pas un cas particulier de l’équation y = mx + p.
Interprétation du coefficient p
Lorsque, dans l’équation d’une droite de la forme y = mx + p, on remplace x par 0, on obtient
y = p. Le point (0, p) est donc un point de cette droite. C’est le point en lequel la droite coupe
l’axe des ordonnées. Le point (0, p) est donc aussi sur l’axe des ordonnées (figure 37a). Parce que
le coefficient p est l’ordonnée du point d’abscisse 0, il est appelé ordonnée à l’origine associée à la
droite.
Lorsque p = 0, la droite passe par l’origine (figure 37b).
(0,p)
d
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 37
L’ordonnée à l’origine associée à une droite est l’ordonnée du point en lequel la droite coupe l’axe
des ordonnées.
L’ordonnée à l’origine associée à une droite est le terme indépendant p, lorsque l’équation de la
droite est de la forme y = mx + p.
Une droite passant par l’origine a pour équation y = mx.
d
1
(0,p)
m<0
(0,p) m>0
1 d
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 38
Lorsque des points sont sur une même droite, leurs coordonnées (x, y) vérifient une même équa-
tion de la forme ax + by + c = 0.
258 Chapitre 8
c
• Si b = 0 et a = 0, cette équation s’écrit aussi by + c = 0 ou y = − . Elle est de la forme y = k ;
b
c’est donc l’équation d’une droite parallèle à l’axe des abscisses.
c
• Si b = 0 et a = 0, cette équation s’écrit aussi ax + c = 0 ou x = − . Elle est de la forme
a
x = k ; c’est donc l’équation d’une droite parallèle à l’axe des ordonnées.
Tous les points du plan dont les coordonnées (x, y) vérifient une même équation de la forme
ax + by + c = 0 appartiennent à une même droite.
• les équations x = k et x = k sont celles de deux droites parallèles à l’axe des ordonnées et
donc parallèles entre elles;
• les équations y = k et y = k sont celles de deux droites parallèles à l’axe des abscisses et
donc parallèles entre elles.
La figure 39a montre une droite d non parallèle aux axes passant par l’origine et une droite d
parallèle à d.
d' d'
1
(0, p) m'
(0, p) m' d'
d 1 d
1 1 1
m 1
0 1 0 1 0 m
d
a) b) c) Figure 39
Montrons d’abord que des droites parallèles ont la même pente. Pour cela, accrochons à l’ordonnée
à l’origine associée à chacune des droites (figure 39b), un triangle ayant un côté horizontal égal
à l’unité et un autre côté vertical égal à la pente de chacune des droites. Comme ces triangles ont
leurs côtés parallèles deux à deux, ils ont leurs angles égaux deux à deux. Ils sont donc isométriques
puisque leur côté égal à l’unité est bordé par des angles égaux deux à deux (Chap.4, section 2.2.4).
On en déduit que leurs côtés correspondants sont aussi isométriques, et donc m = m (figure 39b)
et −m = −m (figure 39c).
Deux droites parallèles distinctes, à l’exclusion de celles parallèles à l’axe des y , ont la même pente
et leurs équations sous la forme y = mx + p ne diffèrent que par leur terme indépendant.
d'
d
d
A (xA, yA) d'O
1 1 d'
dO
0 1 0 1
a) b) Figure 40
d’amplitude 90◦ appartient à la droite d et les coordonnées du point P sont (−y, x) (section 1.2.4).
La pente m de la droite d calculée à l’aide des coordonnées (0, 0) de l’origine et (−y, x) du point P
vaut ∆y x−0 x x
m = = = =− .
∆x −y−0 −y y
La pente m de la droite d calculée à l’aide des coordonnées (0, 0) de l’origine et celles (x, y) du point
P vaut ∆y y−0 y
m= = = .
∆x x−0 x
En comparant ces résultats, on observe que
1
m = − .
m
260 Chapitre 8
Dans un système d’axes orthonormés, si deux droites non parallèles aux axes sont perpendiculaires,
la pente de l’une est l’opposé de l’inverse de la pente de l’autre. Lorsque les pentes de telles droites
sont m et m , on a : 1
m = − .
m
Dans un système d’axes orthonormés, le produit des pentes m et m de deux droites perpendicu-
laires non parallèles aux axes vaut −1, on a :
m · m = −1.
b) Lorsque les deux points donnés ont la même abscisse, comme par exemple les points (5, −27) et
(5, 7), la droite est parallèle à l’axe des ordonnées et son équation est x = 5.
c) Lorsque les deux points donnés ont la même ordonnée, comme par exemple les points (3, −7) et
(4, −7), la droite est parallèle à l’axe des abscisses et son équation est y = −7.
Droite passant par un point donné et parallèle à une droite donnée par son équation
Déterminons une équation de la droite d passant par le point de coordonnées (−1, 7) et parallèle à
une droite d dont une équation est y = 4x + 3 (figure 42a).
Deux droites parallèles ont la même pente; la droite cherchée a donc une équation de la forme
y = 4x + p.
d
(-1,7)
y = 4x + 3
(-1,4)
1 1 y=1 x–2
2
0 1 0 1
d
a) b) Figure 42
Droite passant par un point donné et perpendiculaire à une droite donnée par son équation
Déterminons une équation de la droite d passant par le point de coordonnées (−1, 4) et perpendi-
culaire à une droite d dont une équation est y = 12 x − 2 (figure 42b).
La pente de la droite cherchée est l’opposé de l’inverse de celle de la droite d, elle est donc égale à
−2. La droite cherchée a donc une équation de la forme
y = −2x + p.
Pour calculer son ordonnée à l’origine, on utilise le fait que le point (−1, 4) appartient à la droite,
ce qui signifie qu’en remplaçant x par −1 et y par 4 dans l’équation y = −2x + p, on obtient une
égalité vraie. Donc,
4 = (−2) · (−1) + p
et
p = 2.
La droite cherchée a donc une équation de la forme
y = −2x + 2.
Une autre forme de cette équation est, par exemple, 2x + y − 2 = 0.
2.2 Cercles
Nous avons vu (Chap.2, section 5.2) qu’un cercle est un ensemble de points situés à une distance
fixée, appelée rayon, d’un point fixe, appelé centre du cercle.
262 Chapitre 8
2.2.1 Cercle centré à l'origine
Dans un système d’axes orthonormés, considérons un cercle centré à l’origine et de rayon r (fi-
gure 43a) .
P (x,y)
1 1
0 1 0 1
r r
a) b) Figure 43
Considérons un point P quelconque du plan, de coordonnées (x, y). Supposons que ce point appar-
tienne au cercle centré à l’origine et de rayon r (figure 43b); cela veut dire que la distance de ce
point à l’origine vaut r .
Traduisons cette égalité sur les coordonnées; elle s’écrit (section 1.2.2) :
x2 + y 2 = r
ou encore x2 + y 2 = r2 .
Ainsi, puisque P est un point quelconque du cercle, l’égalité x2 + y 2 = r 2 est vérifiée par tous les
points du cercle et seulement par eux; on l’appelle équation du cercle.
Dans un système d’axes orthonormés, un cercle centré à l’origine et de rayon r a pour équation
x2 + y 2 = r2 .
P (x,y)
A (xA,yA) A (xA,yA)
r r
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 44
2.3 Paraboles
2.3.1 Définition
Une parabole est un ensemble de points équidistants d’une droite donnée d et d’un point donné
F , n’appartenant pas à la droite d.
d F
Figure 45
d
Figure 46
264 Chapitre 8
Le point M à mi-distance entre le point F et la droite d appartient à la parabole (figure 47a).
E k
A
A
F F F
G
B B
M
M M
k
d M'
d d
a) b) c) Figure 47
On trouve (figure 47b) les points A et B situés sur la parallèle à la droite d passant par F , de part
et d’autre de F et tels que |AF | = |BF | = |F M | où M est le pied de la perpendiculaire abaissée à
partir de F sur la droite d.
• on dessine l’ensemble des points situés à une distance k du foyer F : c’est le cercle de centre
F et de rayon k ;
• on dessine l’ensemble des points à cette même distance k de la directrice d : ce sont les deux
droites parallèles à la directrice situées de part et d’autre de celle-ci à une distance k ;
• les points d’intersection E et G entre ce cercle et les droites parallèles tracées sont à la
distance k du point F et de la droite d. Ils appartiennent donc au lieu cherché. Seule la
parallèle située du même côté que F par rapport à d a une intersection avec ce cercle.
E
A
F
G
B
M
d
Figure 48
Le sommet d’une parabole est le point situé à mi-distance entre son foyer et sa directrice.
Une parabole admet un axe de symétrie perpendiculaire à sa directrice et passant par son foyer.
Cet axe de symétrie passe par son sommet.
Pour la construction proposée ci-dessus, on a utilisé une méthode appelée méthode des deux lieux.
Elle consiste à construire un point du lieu comme intersection de deux autres lieux. Pour cette
construction, les deux lieux sont un cercle et une droite : ainsi chaque point de la parabole se situe
à l’intersection d’un cercle et d’une droite.
2.3.3 Equation
A la figure 49, nous avons repris le dessin de la figure 48 et nous l’avons placé dans un système d’axes
orthonormés. Pour tenir compte des symétries observées lors de la construction de la courbe, le
choix des axes s’impose : l’origine du système est mise au sommet de la parabole, l’axe des ordonnées
est l’axe de symétrie de la courbe et l’axe des abscisses est perpendiculaire à l’axe de symétrie.
F (0,y) P (x,y)
1
0 1
d
P' Figure 49
Du choix de ce système d’axes, il découle immédiatement que les coordonnées du foyer sont de la
forme (0, p) et que l’équation de la directrice est y = −p.
Considérons un point quelconque P du plan, de coordonnées (x, y). Supposons que le point P ap-
partienne à la parabole de foyer F et de directrice d (figure 49b); cela veut dire que ce point est à
égale distance du point F et de la droite d :
|P F | = |P P |
et aussi |P F |2 = |P P |2 (1)
où P est le pied de la perpendiculaire abaissée du point P sur la droite d.
Exprimons ces distances à l’aide des coordonnées des points F , P et P :
|P F |2 = (x − 0)2 + (y − p)2
et |P P |2 = (y − (−p))2 = (y + p)2 .
L’égalité (1) s’écrit : (x − 0)2 + (y − p)2 = (y + p)2 ,
ou encore, en développant les carrés :
x2 + y 2 − 2py + p2 = y 2 + 2py + p2 ,
et en rassemblant les termes semblables : x2 = 4py .
266 Chapitre 8
Finalement, en isolant y dans le premier membre, cette égalité s’écrit
1 2
y= x .
4p
1 2
Ainsi, puisque le point P est un point quelconque de la parabole, l’égalité y = x est vérifiée par
4p
tous les points de cette parabole et seulement par eux; on l’appelle équation de la parabole.
Dans un système d’axes orthonormés, l’équation de la parabole ayant son foyer en (0, p) et dont
la directrice a pour équation y = −p, est 1 2
y= x .
4p
1
En remplaçant par a, cette équation s’écrit y = ax2 .
4p
Dans un système d’axes orthonormés, l’équation d’une parabole ayant pour axe de symétrie l’axe
des ordonnées et son sommet à l’origine est
2
y = ax
1 1
Les coordonnées de son foyer sont 0, et sa directrice a pour équation y = − .
4a 4a
1 1 1 2
Lorsque = 1, c’est-à-dire lorsque p = , l’équation y = x s’écrit y = x2 .
4p 4 4p
1
Dans un système d’axes orthonormés, l’équation de la parabole ayant son foyer en 0, et dont
4
1
la directrice a pour équation y = − est
4 y = x2 .
(–2,4) (2,4)
1
(–1,1) (1,1)
F
0 1
d
Figure 50
1 2 3 4 5
Figure 1
Les dimensions, le périmètre et l’aire d’un rectangle sont des exemples de grandeurs; le périmètre
est pour cette famille une grandeur constante tandis que les dimensions et l’aire sont des grandeurs
variables.
Considérons la dépendance entre les grandeurs, base et hauteur, d’une famille particulière de rec-
tangles. Les dimensions de quelques rectangles de cette famille sont présentées dans le tableau 1 :
la première ligne comporte des mesures possibles pour la base des rectangles et la seconde ligne,
les mesures correspondantes des hauteurs.
X 2 5
X
3
base 1 2 3 4 5 6
(en demi-cm) 3 2
X X
hauteur 2 3
(en demi-cm) 1,5 3 4,5 6 7,5 9
5
X
3
X 2
Tableau 1
270 Chapitre 9
1 × 1, 5 = 1, 5
2 × 1, 5 = 3
3 × 1, 5 = 4, 5
4 × 1, 5 = 6
5 × 1, 5 = 7, 5
6 × 1, 5 = 9
Cette propriété peut aussi s’écrire sous forme de rapports égaux :
1 2 3 4 5 6 1, 5 3 4, 5 6 7, 5 9 3
= = = = = ou = = = = = = 1, 5 =
1, 5 3 4, 5 6 7, 5 9 1 2 3 4 5 6 2
Autrement dit, pour tous ces rectangles, le rapport de la base à la hauteur ou le rapport de
la hauteur à la base est constant.
• Pour passer d’un nombre d’une colonne à son correspondant dans une autre colonne, on le
multiplie par un même nombre. Par exemple,
1×2=2 et 1, 5 × 2 = 3
5 5
3× =5 et 4, 5 × = 7, 5
3 3
Cette propriété peut aussi se traduire sous forme de rapports égaux :
2 3 5 7, 5
= ou = .
1 1, 5 3 4, 5
Le tableau 1 est un exemple de tableau de proportionnalité.
Des grandeurs représentées par un tableau de proportionnalité s’appellent grandeurs proportion-
nelles.
Un tableau de nombres tel que le rapport entre les nombres d’une ligne et les nombres correspon-
dants de l’autre ligne est constant, s’appelle un tableau de proportionnalité.
Les deux grandeurs présentes sont dites grandeurs proportionnelles.
Le rapport constant est appelé coefficient de proportionnalité.
On reconnaît un tableau de proportionnalité quand il satisfait à l’un des deux critères suivants :
• chaque nombre d’une ligne est obtenu en multipliant (ou en divisant) le nombre qui lui
correspond dans l’autre ligne par un même facteur;
• si un nombre d’une ligne est obtenu par multiplication (ou division) d’un autre de la même
ligne, il en sera de même pour les nombres correspondants de l’autre ligne.
Fonctions 271
• à l’endroit de l’axe horizontal qui correspond à une mesure donnée de la base, on dresse un
segment dont la longueur est égale à la hauteur du rectangle.
hauteur
8
7
6
5
4
3
2
1
base
0 1 2 3 4 5
a) b) Figure 2
Les sommets des segments sont alignés parce qu’ils correspondent aux sommets des rectangles dont
les diagonales sont confondues et la droite qui les porte passe par l’origine parce que l’origine du
système est le sommet commun de tous les rectangles.
La taille d’un enfant varie en fonction de son âge. Le tableau 2 montre l’évolution de la taille d’un
enfant d’année en année, depuis sa naissance jusqu’à dix ans :
A la figure 3a, les données du tableau 2 sont représentées par un diagramme. Celui-ci est obtenu
en indiquant les âges sur l’axe horizontal et les tailles sur l’axe vertical. Ensuite, pour chaque âge
on dessine un segment représentant la taille de l’enfant.
taille (en cm) taille (en cm)
140 140
120 120
100 100
80 80
60 60
40 40
20 20
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
ge (en annes) ge (en annes)
a) b) Figure 3
On aurait pu décider de mesurer l’enfant tous les mois, toutes les semaines,..., toutes les heures ! Le
tableau serait trop grand et les segments verticaux trop nombreux. Alors, pour tenir compte du fait
272 Chapitre 9
que la croissance de l’enfant est continue, on la représente par une courbe qui relie les extrémités
des quelques segments verticaux tracés (figure 3b).
Dans cet exemple, on a envisagé comment la grandeur qui est la taille d’un enfant dépend de la
grandeur qui est l’âge de l’enfant. Parce que cette dépendance est donnée par un tableau de mesures,
on parle de fonction définie empiriquement.
La courbe de la figure 3b est appelée graphique de la fonction.
20°
temps (en h)
6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Figure 4
Mouvement uniforme
Un mobile se déplace à la vitesse v constante de 5 m/s. La distance parcourue d dépend du temps
t écoulé. Le calcul de cette distance se fait au moyen de la formule d = v · t. Son évolution, de
demi-seconde en demi-seconde, est reprise dans le tableau 3 :
La figure 5 représente les données du tableau 3 au moyen d’un diagramme. A nouveau, à la gradua-
tion de chaque demi-seconde marquée sur l’axe horizontal, on dresse un segment dont la longueur
est proportionnelle, selon une certaine échelle, à la distance parcourue. Les points aux extrémités
des segments semblent être alignés : cette droite est le graphique de la fonction.
distance (en m)
20
15
10
0 1 2 3 4
temps (en s) Figure 5
Fonctions 273
La grandeur qui est la distance parcourue par un mobile dépend d’une autre grandeur, le temps.
Cette dépendance est une fonction définie mathématiquement par une formule.
Dans chacun des exemples cités, la grandeur indépendante est le temps et les grandeurs dépen-
dantes sont respectivement la taille d’un enfant, la température dans une ville donnée et la distance
parcourue par un mobile.
Une fonction peut être définie empiriquement ou mathématiquement.
Une fonction définie empiriquement est donnée soit par un tableau de mesures, soit par une
courbe.
Une fonction définie mathématiquement est d’abord donnée par une loi de calcul ou une formule
qui explique comment passer d’une grandeur à une autre. La formule permet de construire un
tableau et un graphique.
274 Chapitre 9
1.4 Fonctions de reférence dans des contextes
1.4.1 Une fonction de proportionnalité
Reprenons le cas de la famille de rectangles dont le rapport de la hauteur à la base est constant
(section 1.2.1).
Considérons la base comme grandeur indépendante et la hauteur comme grandeur dépendante.
La dépendance de la hauteur en fonction de la base est un exemple de fonction correspondant à la
proportionnalité de deux grandeurs. La formule s’écrit
3
h= b. (1)
2
Son diagramme est représenté à la figure 6a et son graphique est représenté à la figure 6b.
hauteur (en cm) hauteur (en cm)
8 8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
Une dépendance entre deux grandeurs proportionnelles dont l’une est considérée comme grandeur
indépendante et l’autre comme grandeur dépendante s’appelle une fonction de proportionnalité
ou une fonction linéaire.
15 15
Fonctions 275
Quand on s’intéresse seulement à l’allongement du ressort en fonction de la force, on obtient un
nouveau tableau (tableau 5). On peut vérifier qu’il s’agit d’un tableau de proportionnalité et que le
coefficient de proportionnalité est égal à 14 .
Les tableaux 4 et 5 ne présentent que les résultats de 8 observations. Pour prévoir la longueur du
même ressort pour d’autres forces, on décide que les deux grandeurs, la force notée f et l’allonge-
ment du ressort noté ∆l, sont proportionnelles, à condition que la force ne dépasse pas 40N faute
de quoi elle risque de déformer le ressort. On obtient ainsi la formule suivante :
1
∆l = f.
4
Si l désigne la longueur totale du ressort, alors
1
l = 15 + ∆l = 15 + f.
4
Cette formule permet de tracer le graphique de la fonction. Ce qraphique est une droite qui ne
passe pas par l’origine (figure 7b).
Dans la formule l = 15 + 14 f , la grandeur indépendante f est au premier degré comme dans le cas
d’une fonction linéaire. La fonction associée est un exemple de fonction du premier degré.
côté 0, 5 1 1, 5 2 2, 5 3 3, 5 4
aire 0, 25 1 2, 25 4 6, 25 9 12, 25 16
Tableau 6
8 8 8
4 4 4
1 1 1
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
côté (en cm) côté (en cm) côté (en cm)
a) b) c) Figure 8
En donnant d’autres valeurs au côté du carré, on obtient un autre tableau et un autre diagramme
(tableau 7 et figure 8b).
276 Chapitre 9
côté 0, 25 0, 75 1, 25 1, 75 2, 25 2, 75 3, 25 3, 75
aire 0, 0625 0, 5625 1, 5625 3, 0625 5, 0625 7, 5625 10, 5625 14, 0625
Tableau 7
En traçant la courbe qui passe par les sommets des segments verticaux du diagramme (figure 8c),
on obtient l’allure générale du graphique de la fonction.
Convenons de considérer le côté d’un carré comme grandeur indépendante et l’aire comme grandeur
dépendante. Si c désigne le côté d’un carré et a l’aire de ce carré, alors
a = c2 .
Dans cette formule, la grandeur indépendante c est au deuxième degré. La fonction associée est un
exemple de fonction du deuxième degré.
arête 0, 5 1 1, 5 2 2, 5
volume 0, 125 1 3, 375 8 15, 625
Tableau 8
base 1 2 3 4 6 12
hauteur 12 6 4 3 2 1
Tableau 9
Nous avons
1 × 12 = 2 × 6 = 3 × 4 = 4 × 3 = 6 × 2 = 12 × 1 = 12.
Fonctions 277
Un tableau dans lequel le produit des nombres correspondant de la première ligne et de la deuxième
ligne est constant, s’appelle un tableau de proportionnalité inverse.
Deux grandeurs représentées par un tableau de proportionnalité inverse sont appelées grandeurs
inversement proportionnelles.
Le diagramme de la figure 10a correspond au tableau 9 (les dimensions des rectangles sont repré-
sentées à l’échelle).
6 6
4 4
3 3
2 2
1 base (en cm) 1 base (en cm)
0 1 2 3 4 6 12 0 1 2 3 4 6 12
a) b) Figure 10
Une dépendance entre deux grandeurs inversement proportionnelles dont l’une est considérée
comme grandeur indépendante et l’autre comme grandeur dépendante s’appelle une fonction de
proportionnalité inverse.
278 Chapitre 9
1.4.6 Une fonction constante
Observons le tableau 11. Il donne, à différents moments, les distances qui séparent un mobile d’un
point fixe.
temps (en h) 0 1 2 3 4 5 6
distance (en km) 2 2 2 2 2 2 2 Tableau 11
Comme la distance du mobile par rapport au point fixe est la même, ce mobile est à l’arrêt. Sur le
diagramme, les segments verticaux sont de même longueur et le graphique est une droite parallèle
à l’axe horizontal (figure 11).
1
temps (en h)
0 1 2 3 4 5 6 Figure 11
Convenons de considérer le temps comme grandeur indépendante et la distance comme grandeur
dépendante.
Notons d la distance parcourue. Elle peut être exprimée à l’aide de la formule très simple
d=2
Dans cette formule, la grandeur indépendante, le temps, est absente.
Bien que la distance d soit constante quand le temps varie, on la considère comme une fonction du
temps et on appelle cette fonction, fonction constante.
2 Fonctions numériques
2.1 Dépendance entre grandeurs traduite en fonction numérique
Dans les exemples de la section 1.4, des grandeurs variables ont été traitées à partir de leurs mesures.
Mais, un même nombre peut être la mesure de différentes grandeurs. Par exemple, le nombre 30
peut représenter un intervalle de temps de 30 secondes, ou de 30 heures, comme il peut représenter
une distance de freinage de 30 mètres, ou une force de 30 newtons,... Ainsi, pour pouvoir envisager
tous les cas possibles de grandeurs, on introduit la notion de variable numérique. Les valeurs qu’elle
prend ne sont pas liées à la grandeur qu’elle représente.
Deux grandeurs peuvent dépendre l’une de l’autre dans des contextes différents, mais selon la même
loi.
C’est le cas par exemple des bases et des hauteurs d’une famille de rectangles liées par la formule
2
b= h
3
et de la distance et du temps dans le cadre d’un mouvement uniforme (vitesse constante) liés par
la formule 2
d = t.
3
Dans les deux cas, la valeur de la variable dépendante s’obtient en multipliant celle de la variable
indépendante par 23 .
Fonctions 279
2 2
soient les grandeurs en jeu. Les formules b = 3h et d = 3t s’écrivent
2
y= x.
3
Cette écriture vaut pour toutes les proportionnalités de même rapport 23 , quel que soit le contexte
ou les grandeurs envisagées. On parle dans ce cas de fonction numérique. Seules les valeurs prises
par les variables x et y comptent, sans que des unités physiques y soient attachées. Les valeurs prises
peuvent alors être négatives.
Une lettre comme x ou y ou t représente un nombre réel quelconque : on dit qu’elle représente
une variable (numérique). Des nombres particuliers attribués à la variable s’appellent valeurs de la
variable.
Lorsqu’à chaque valeur d’une variable numérique appartenant à un ensemble de nombres, on associe
une et une seule valeur d’une autre variable numérique, on définit une fonction sur cet ensemble.
La première variable est appelée variable indépendante, la seconde variable est appelée variable
dépendante.
Jusqu’à présent, une fonction est représentéé algébriquement par une formule ou une équation.
Mais, cela peut être une source de confusions. Par exemple, les équations y = 2x et x = 12 y sont
équivalentes, mais elles peuvent être interprétées comme formules de deux fonctions différentes
selon le statut de variable indépendante ou dépendante attribué aux variables x et y :
Ainsi, on introduit une notation d’une fonction dans laquelle on tient compte du nom de la va-
riable indépendante et du mécanisme selon lequel cette fonction attribue une valeur à la variable
dépendante en fonction de la valeur de la variable indépendante. Par exemple, une fonction qui fait
correspondre à un nombre son double est notée
soit par x → 1
2 x, soit par y → 1
2 y, soit par t → 1
2 t,
Cette notation peut être associée à l’idée d’une fonction vue comme une sorte de machine qui,
selon un certain mécanisme, transforme un nombre quelconque en un autre nombre. Par exemple,
la machine de la figure 12a transforme un nombre en son doubble et la machine de la figure 12b
transforme un nombre en sa moité.
280 Chapitre 9
entrée (variable indépendante) fonction sortie (variable dépendante)
2 2 4 2 1 1
2
7 2 14 7 1 7
2 2
x 2 2x x 1 1x
2 2
y 2 2y y 1 1y
2 2
t 2 2t t 1 1 t
2 2 Figure 12
Fonctions 281
la valeur de la fonction est positive, le segment est tracé vers le haut à partir de l’axe horizontal.
Quand la valeur de la fonction est négative, le segment correspondant est tracé vers le bas.
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 13
Lorsqu’on relie les extrémités de tous les segments possibles, on obtient un graphique de la fonc-
tion f . C’est le lieu des points de coordonnées (x, f (x)) ou la courbe d’équation y = f (x).
Remarques
1◦ A une même fonction f peuvent correspondre différents graphiques selon les unités choisies sur
les axes, comme à la figure 14, où la fonction f (x) = x est représentée trois fois.
1 1
0 0 1
0 1 1
Figure 14
◦
2 A une même fonction peuvent correspondre plusieurs formules :
x si x > 0
f (x) =
0 si x 0
3◦ Il y a des fonctions auxquelles on ne peut associer aucune formule simple, c’est le cas de la
fonction présentée par le tableau 12 :
x 1 2, 3 2, 6 3, 1 5, 4 5, 5
f (x) 0 2, 8 1, 5 2, 3 5, 4 5, 4
Tableau 12
ƒ (0)
x
x" x' x''' Figure 15
282 Chapitre 9
On appelle racine d’une fonction f un nombre x appartenant à son domaine tel que f (x ) = 0.
Une racine est l’abscisse d’un point d’intersection du graphique avec l’axe horizontal.
Déterminer des racines d’une fonction revient à résoudre l’équation f (x) = 0.
On appelle ordonnée à l’origine le nombre f (0) pour autant que la fonction soit définie en 0.
Ce nombre est l’ordonnée du point d’intersection du graphique de la fonction avec l’axe des or-
données.
2.4.3 Parité
Dans l’étude d’une fonction, il est intéressant de repérer les symétries éventuelles du graphique par
rapport à l’origine ou par rapport à l’axe des ordonnées. Quand il y a des symétries, l’étude de la
fonction peut être limitée, soit à l’ensemble des nombres positifs, soit à l’ensemble des nombres
négatifs, selon le cas.
Fonction paire
ƒ (x) = ƒ (-x)
x -x Figure 16
Graphiquement, cela se traduit ainsi : les ordonnées de deux points du graphique d’abscisses op-
posées sont égales (figure 16). De ce fait l’axe vertical est un axe de symétrie du graphique.
Fonction impaire
! (Ðxˇ
x
Ðx
Ä (xˇ
Figure 17
Fonctions 283
Lorsque, pour toutes les valeurs de la variable indépendante x appartenant au domaine de f , on a
f (−x) = −f (x),
on dit que la fonction f est impaire.
Graphiquement, cela se traduit ainsi : les ordonnées de deux points du graphique d’abscisses op-
posées sont également opposées (figure 17). De ce fait l’origine est un centre de symétrie du gra-
phique.
Etudier la parité d’une fonction, c’est déterminer si elle est paire ou impaire sur son domaine. Pour
cela, on doit comparer f (x) et f (−x) pour chaque valeur de x du domaine de la fonction, pour
autant que son opposé −x appartienne également au domaine.
ƒ (x”) ƒ (x’)
ƒ (x’) ƒ (x”)
x’ x” x’ x”
a) b) Figure 18
Une fonction est croissante sur un intervalle de son domaine lorsque, pour tout choix de deux
valeurs de la variable indépendante x et x appartenant à cet intervalle et telles que
x < x ,
on a f (x ) f (x ).
Graphiquement cela signifie que la courbe monte de gauche à droite sur cet intervalle (figure 18a).
Fonction décroissante
Une fonction est décroissante sur un intervalle de son domaine lorsque, pour tout choix de deux
valeurs de la variable indépendante x et x appartenant à cet intervalle et telles que
x < x ,
on a f (x ) f (x ).
Graphiquement cela signifie que la courbe descend de gauche à droite sur cet intervalle (figure 18b).
284 Chapitre 9
2.4.5 Maximum et minimum d'une fonction
Souvent, on s’intéresse à la plus grande valeur ou à la plus petite valeur d’une fonction.
ƒ (a) ƒ (d)
ƒ (c)
b
c a d c d c d
ƒ (b)
a) b) c) Figure 19
La valeur f (a) d’une fonction f s’appelle le maximum de la fonction sur l’intervalle [c, d] ou la
valeur maximale sur l’intervalle [c, d] lorsque
f (a) f (x)
pour toutes les valeurs de x comprises entre c et d.
La valeur f (b) d’une fonction f s’appelle le minimum de la fonction sur l’intervalle [c, d] ou la valeur
minimale sur l’intervalle [c, d] lorsque
f (b) f (x)
pour toutes les valeurs de x comprises entre c et d.
y=x
1 1
1 1
a) b) Figure 20
Fonctions 285
• La fonction est définie pour toutes les valeurs réelles de la variable x.
• La fonction s’annule pour x = 0.
• La fonction est positive pour les valeurs de x positives et elle est négative pour les valeurs
de x négatives.
• La fonction est impaire : f (−x) = −x = −f (x).
• La fonction est croissante sur l’ensemble de tous les nombres réels.
• Le graphique de la fonction est la droite d’équation y = x qui est la bissectrice des axes
(figure 20a) pour les raisons suivantes :
• dans un système d’axes perpendiculaires, tout point de coordonnées positives (x, x)
peut être considéré comme le quatrième sommet d’un carré dont le sommet opposé
est le point origine (0, 0) (figure 20b);
• dans tous ces carrés superposés comme à la figure 20, les diagonales d’extrémités (0, 0)
et (x, x) sont aussi superposées (Chap.6, section 3.2.1). Il en résulte l’alignement des
extrémités (x, x) pour les valeurs positives de x ;
• étant donné que la fonction est impaire, le graphique de la fonction pour les valeurs
négatives de x s’obtient par la symétrie de centre (0, 0), de la demi-droite obtenue
pour les valeurs positives de x.
Ce tableau permet de comparer, à la figure 21, les positions relatives des graphiques des 3 fonctions;
f (x) = x, f (x) = x2 et f (x) = x3 .
y = x3
y = x2
y=x
1
0 1
Figure 21
2
Pour les valeurs positives de x comprises entre 0 et 1, la courbe de la fonction y = x est au-dessus
de la courbe y = x3 .
Quand x est plus grand que 1, c’est la courbe de y = x3 qui est au-dessus de la courbe de y = x2 .
Les positions relatives de ces deux courbes et de la droite y = x traduisent les inégalités algébriques
suivantes :
0 < x3 < x2 < x < 1 ou 1 < x < x2 < x3 .
Ces inégalités peuvent être déduites de l’inégalité 0 < x < 1 ou de l’inégalité 1 < x, par application
d’un principe d’équivalence des inégalités (Chap.5, section 6.3.2).
286 Chapitre 9
Propriétés de la fonction f (x) = x2
• La fonction est définie pour toutes les valeurs réelles de la variable x.
• La fonction s’annule en x = 0 car l’équation x2 = 0 admet 0 comme solution unique.
• La fonction prend des valeurs supérieures à 0 pour toutes les valeurs de x sauf pour x = 0.
• La fonction est paire car le graphique de la fonction f (x) = x2 est symétrique par rapport à
l’axe des ordonnées. On peut vérifier algébriquement que pour toutes les valeurs de x
f (−x) = (−x)2 = x2 = f (x).
• La fonction est croissante sur l’ensemble des nombres positifs car l’ordre entre les carrés de
deux nombres positifs est le même que l’ordre entre ces nombres :
x > x > 0 équivaut à (x )2 > (x )2 .
On peut le prouver algébriquement.
La fonction est décroissante sur l’ensemble des nombres négatifs parce que son graphique
est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. On peut le prouver algébriquement.
• La valeur minimale de la fonction est égale à 0 et elle est atteinte pour x = 0.
• Le graphique de la fonction f (x) = x2 est une parabole d’équation y = x2 ou plus pré-
cisément, le lieu des points équidistants de la droite d’équation y = − 14 et du point 0, 14
(Chap.8, section 2.3).
1
2.5.3 Fonction inverse f (x) =
x
1
La fonction f (x) = x correspond à une fonction de la proportionnalité inverse.
1
Le tableau 14 reprend quelques valeurs de la fonction f (x) = x.
x 0, 01 0, 02 0, 05 0, 1 0, 5 1 10 50 100
1
100 50 20 10 2 1 0, 1 0, 02 0, 01
x Tableau 14
On observe que lorsque les valeurs positives de x s’approchent de 0, les valeurs correspondantes
de la fonction deviennent de plus en plus grandes. Graphiquement la branche droite de la courbe
s’approche de l’axe vertical (figure 22). Une observation analogue peut être faite pour la branche
gauche de la courbe.
Fonctions 287
Lorsque les valeurs de x deviennent de plus en plus grandes, les valeurs de la fonction deviennent
de plus en plus proches de 0. Graphiquement la branche droite de la courbe s’approche de plus en
plus de l’axe horizontal (figure 22). On peut affirmer un fait analogue pour la branche gauche.
y=1
x
y=x
0 1
Figure 22
• La fonction f (x) = 1
xn’est pas définie pour x = 0 parce qu’on ne peut pas diviser 1 par 0.
Son domaine est l’ensemble de tous les nombres réels sauf 0.
• La fonction n’a pas de racine car l’équation 1
x = 0 n’a pas de solution. En effet, une fraction
ne peut être nulle que si son numérateur est nul.
• La fonction prend des valeurs supérieures à 0 pour les valeurs de x supérieures à 0 et elle
prend des valeurs inférieures à 0 pour les valeurs de x inférieures à 0. En effet, un nombre
et son inverse sont de même signe.
• La fonction est impaire car pour toutes les valeurs de x différentes de 0
1 1
f (−x) = = − = −f (x).
−x x
• La fonction est décroissante sur l’ensemble de nombres réels supérieurs à 0 et sur l’ensemble
de nombres réels inférieurs à 0 :
1 1 1 1
par exemple, pour 2 < 3, on a > et pour −3 < −2, on a − > − .
2 3 3 2
• Le graphique de la fonction est la courbe d’équation y = 1
composée de deux parties symé-
x
triques par rapport à l’origine. Cette courbe est appelée hyperbole.
Cette fonction, bien que définie par une seule formule, est représentée par une courbe en deux
morceaux.
288 Chapitre 9
2.5.5 Fonction valeur absolue f (x) = |x|
Le tableau 15 permet de mieux comprendre la signification de la formule f (x) = |x| (Chap.1, sec-
tion 2.1.3).
x −10 −8 −5 −2 0 2 5 8 10
|x| 10 8 5 2 0 2 5 8 10
Tableau 15
y = x2
(x > 0)
y= x y= x
1 1
0 1 0 1
a) b) Figure 25
√
• La fonction f (x) = x est définie uniquement pour les valeurs positives et nulle de la variable
indépendante x car seuls les nombres positifs et 0 admettent une racine carrée.
• La fonction s’annule pour x = 0.
• La fonction prend des valeurs positives ou nulle. La valeur minimale de la fonction est égale
à 0 et elle est atteinte en x = 0.
• La fonction est croissante sur l’ensemble de nombres réels positifs car l’ordre entre les racines
carrées de deux nombres est le même que celui des nombres.
√
• Le graphique est la courbe d’équation y = x.
Fonctions 289
√
Si on ne retient que les valeurs positives de x, la courbe y = x2 est symétrique de la courbe y = x
par rapport à la droite y = x. En effet, si on reprend l’image d’une machine pour une fonction et que
l’on dispose côte à côte les entrées et les sorties des deux machines illustrant les fonctions y = x2
√
et y = x, on observe que les entrées de l’une sont les sorties de l’autre et réciproquement. Il y a
donc échange de rôle entre les variables dépendantes et indépendantes.
16 4 x x
4 ( )2 16 x ( )2 (x)2
Figure 26
y = x2 + 1x +1
2
y = x2
1
0 1
y= 1 x+1
2 Figure 27
Lorsque, à chaque valeur d’une fonction f (x), on ajoute une constante a, alors on obtient une
fonction appelée somme d’une fonction et d’une fonction constante. Cette nouvelle fonction est
notée
x → f (x) + a.
Cette fonction-somme particulière est aussi désignée par f (x) + a.
290 Chapitre 9
L’exemple d’une telle somme est représenté à la figure 28a. Elle suggère que le graphique de la
fonction x → f (x) + a s’obtient à partir du graphique de la fonction f (x) par la translation de a
unités parallèlement à l’axe des ordonnées (figure 28b). C’est la courbe d’équation y = f (x) + a.
y = f(x) + a y = f(x) + a
a a
y = f(x) y = f(x)
y=a
a
a) b) Figure 28
C’est ici qu’on voit l’intérêt de disposer de fonctions constantes. Cela permet d’interpréter l’expres-
sion f (x) + a comme celle de la somme de deux fonctions. Sans cela, la somme d’une fonction et d’un
nombre n’aurait pas de sens puisqu’on ne peut pas additionner des objets de natures différentes.
2.6.2 Fonction x → f (x − a)
Pour mieux comprendre cette nouvelle opération sur des fonctions, illustrons-la par un exemple.
Considérons pour cela la fonction x → x2 et sa transformée x → (x − 2)2 .
Leurs graphiques sont représentés à la figure 29. On y observe que le graphique de la fonction
x → (x − 2)2 est l’image du graphique de la fonction x → x2 par la translation de +2 unités
parallèlement à l’axe horizontal. Expliquons cela. Pour construire le graphique de x → (x − 2)2 à
partir de celui de x → x2 , nous dressons à la verticale de chaque valeur de x le segment qui est à la
verticale de l’abscisse x − 2 (figure 29).
y = (x – 2)2
y = x2
1
x–2 x Figure 29
x → a · f (x).
Cette fonction est désignée par a · f (x) ou par af (x).
Si les nombres a et f (x) sont positifs, la valeur de la fonction af en x est représentée par un segment
dont la longueur vaut af (x).
Fonctions 291
Si le nombre a est positif et strictement supérieur à 1, la valeur af (x) en x est représentée par un
segment plus long que celui qui représente f (x) ; on dit, dans ce cas, que le graphique de af (x) est
obtenu par un étirement de facteur a parallèle à l’axe des ordonnées (figure 30a).
Si le nombre a est positif et strictement inférieur à 1, la valeur af (x) en x est représentée par un
segment plus court que celui qui représente f (x) ; on dit, dans ce cas, que le graphique de af (x) est
obtenu par une compression de facteur a parallèle à l’axe des ordonnées (figure 30b).
Si le nombre a vaut −1, on obtient le graphique de f (x) à partir du graphique de −f (x) par une
symétrie orthogonale dont l’axe est celui des abscisses.
Si le nombre a est négatif et différent de −1, le graphique de f (x) subit une compression ou un
étirement de facteur |a| parallèle à l’axe des ordonnées suivie d’une symétrie par rapport à l’axe des
abscisses ou vice versa (figure 30c).
Le graphique d’une fonction x → af (x) est la courbe d’équation y = af (x).
y = x2
y = 2x2 1
1
y= 1 x2 0 a = Ð 0,25
y = x2 2
y=Ð 1 x2
a = 0,5 4
1 a=2 1
y = x2
y = Ð x2
0 1 0 1
a) b) c) Figure 30
3 Familles de fonctions
3.1 Famille des fonctions du premier degré
Les fonctions données par les expressions suivantes sont des exemples de fonctions du premier
degré :
3 √ 7
x → 2x + 1 , x → x − 5, x → −5, 2x + 3, 14 , x → 3x + .
2 3
On dit qu’une fonction est du premier degré lorsque sa formule ou son expression analytique est
de la forme
f (x) = mx + p où m = 0.
292 Chapitre 9
3.1.1 Fonction linéaire : f (x) = mx
Si p = 0, la fonction de la famille f (x) = mx + p devient
f (x) = mx.
Elle est appelée fonction linéaire.
A la section 2.5.1, nous avons étudié la fonction linéaire particulière : x → x. Toute fonction de la
famille x → mx est le produit de x → x par le nombre m.
Ainsi, les caractéristiques des fonctions linéaires comme racine, parité, croissance, signe, se déduisent
immédiatement de celles établies pour x → x (figure 31a et b).
y = –2x
y=x
y=x
1
y=3 x 1 y = mx
1
0 1 0
0 1
a) b) c) Figure 31
La représentation graphique d’une fonction de la famille x → mx est une droite pour l’une ou
l’autre des raisons suivantes :
• tout point de cordonnées (x, mx) peut être considéré comme le sommet d’un rectangle op-
posé par la diagonale au sommet (0, 0). Pour une valeur fixe du coefficient m et pour des
valeurs différentes de x, tous ces rectangles sont semblables (Chap.6, section 3.2) et donc
leurs diagonales se superposent (figure 31c).
Le graphique d’une fonction linéaire de la famille f (x) = mx est une droite passant par l’origine
des axes. C’est le lieu des points dont les coordonnées vérifient l’équation y = mx.
Pour envisager toutes les fonctions de la famille x → mx, on doit donner au paramètre m toutes les
valeurs possibles. Quand on représente les graphiques des fonctions correspondantes, on obtient
un « faisceau » de droites passant par l’origine, à l’exception des axes (figure 32).
m= 3
m = –2 2 2
m= 3
m = –1
1
1
m=– 1 m= 4
3
Figure 32
Fonctions 293
3.1.2 Cas général : f (x) = mx + p
Chaque fonction de la famille x → mx + p peut être considérée comme la somme des fonctions
x → mx et x → p (figures 33a et b).
Graphiques
m>0 y = mx + p y = mx + p m<0
p p
1 y = mx 1
y = mx
0 1 0 1
a) b) Figure 33
m<0 m>0
p
p p
m p m
a) b) Figure 34
Signe
Si m > 0, les valeurs de la fonction sont positives pour les valeurs de x plus grandes que la racine
et les valeurs de la fonction sont négatives pour les valeurs de x plus petites que la racine :
p
mx + p > 0 lorsque x>−
m
et p
mx + p < 0 lorsque x<− .
m
294 Chapitre 9
On peut se convaincre de ce résultat en examinant le graphique de la figure 34b, mais on peut
l’établir également en s’appuyant sur les propriétés des inégalités (Chap.5, section 6.3).
Quand m < 0, les valeurs de la fonction sont négatives pour les valeurs de x plus grandes que la
racine; elles sont positives pour les valeurs de x plus petites que la racine :
p
mx + p < 0 lorsque x>−
m
et p
mx + p > 0 lorsque x<− .
m
On peut se convaincre de ces résultats en examinant les graphiques de la figure 34, mais on peut
les établir en s’appuyant sur les propriétés des inégalités (Chap.5, section 6.3).
Croissance
La fonction est croissante lorsque m > 0. La fonction est décroissante lorsque m < 0.
On peut se convaincre de ce résultat en examinant les graphiques de cette famille de fonctions. Mais
on peut également l’établir par un raisonnement algébrique.
En effet, quelles que soient les valeurs de x et x telles que x < x , on a par les propriétés des
inégalités (Chap.5, section 6.3) que
si m > 0, alors mx + p < mx + p
et
si m < 0, alors mx + p > mx + p.
Taux d’accroissement
x 1 x+1 x x+1 1
a) b) Figure 35
On reconnaît dans le coefficient m la pente de la droite d’équation y = mx+p (Chap.8, section 2.1.3).
Fonctions 295
Représentons dans un même système d’axes, les
graphiques des fonctions correspondant aux diffé-
rentes valeurs de m. Nous obtenons un faisceau de
droites sécantes au point (0, p) (figure 36).
(0,p)
Fixons m ; à chaque valeur de p correspond une au-
tre fonction du premier degré. m<0 m>0
m>0 m<0
a) b) Figure 37
On dit qu’une fonction est du deuxième degré lorsque sa formule ou son expression algégrique est
de la forme
f (x) = ax2 + bx + c où a = 0.
Graphique
Le graphique d’une fonction de la famille x → ax2 est obtenu à partir de celui de la fonction x → x2
par compression ou étirement parallèle à l’axe des ordonnées et de coefficient a.
Le graphique d’une fonction de la famille x → ax2 est une parabole d’équation y = ax2 (Chap.8,
section 2.3.3).
Si le nombre a est strictement positif, la courbe est orientée de la même manière que celle d’équation
y = x2 . On dit que sa concavité est tournée vers le haut.
296 Chapitre 9
Si le nombre a est strictement négatif, la courbe y = 1,5 x2
est orientée dans le sens contraire de celle d’équa-
tion y = x2 . On dit que sa concavité est tournée y = x2
vers le bas.
La courbe qui représente une fonction de la fa- y = 0,5 x2
mille x → ax2 est une parabole d’équation y =
ax2 .
a < –1 a = –1
Figure 39
3.2.2 Cas particulier : f (x) = ax2 + c
Chaque fonction de la famille x → ax2 + c peut être considérée comme la somme des fonctions
x → ax2 et x → c.
Graphique
On passe du graphique d’une fonction de la famille x → ax2 à celui d’une fonction de la famille
x → ax2 + c en ajoutant le nombre c à l’ordonnée de chacun de ses points. Ainsi, le graphique de la
fonction x → ax2 + c est obtenu à partir du graphique de la fonction x → ax2 par une translation
de c unités parallèle à l’axe des ordonnées.
Ce graphique est une parabole : son foyer et sa directrice sont les images du foyer et de la directrice
de la parabole d’équation y = ax2 par la même translation.
–1 Figure 40
Fonctions 297
3.2.3 Cas général : f (x) = ax2 + bx + c
Pour a = 1, la figure 41 représente les graphiques de deux fonctions de cette famille.
de (+2) unités parallèlement à l’axe des abscisses, on obtient celui de la fonction x → (x − 2)2
• lorsqu’on translate le graphique de x → (x − 2)2 de (−1) unité parallèlement à l’axe des
ordonnées, on obtient celui de la fonction x → (x − 2)2 − 1.
On vérifie qu’effectivement
(x − 2)2 − 1 = x2 − 2x + 3.
Ce résultat permet d’établir que l’axe de symétrie du graphique de la fonction est la droite d’équation
x = 2 et que la fonction admet le minimum pour x = 2 (figure 41).
De façon générale, on peut vérifier que le graphique de toute fonction du deuxième degré x →
ax2 + bx + c peut être obtenu comme le résultat de deux translations successives du graphique de
la fonction x → ax2 .
Notons k , la mesure de la translation parallèle à l’axe des abscisses et l la mesure de la translation
parallèle à l’axe des ordonnées. Lorsqu’on applique au graphique de la fonction x → ax2 les deux
translations successives, on obtient le graphique de la fonction
x → a(x − k)2 + l.
Il reste à établir que toute fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c peut s’écrire sous forme
f (x) = a(x − k)2 + l.
Pour mettre la formule ax2 + bx + c sous la forme a(x − k)2 + l, utilisons la technique suivante
b c
ax2 + bx + c = ax2 + a x + a
a a
2 b c
=a x + x+
a a
2 b c
=a x +2 x+
2a a
b b2 b2 c
2
= a x + 2x + 2 − 2 +
2a 4a 4a a
2
2
b b b c
2
= a x + 2x + 2 −a +
2a 4a 4a2 a
2 2
b b
=a x+ − −c
2a 4a
2 2
b b − 4ac
=a x+ − .
2a 4a
298 Chapitre 9
On a ainsi établi le résultat formulé ci-dessous.
Il existe des nombres k et l tels que la formule ax2 +bx+c se transforme en la formule a(x−k)2 +l :
b b2 − 4ac
ax + bx + c = a(x − k) + l
2 2
si k = − et l = − .
2a 4a
Symétrie
L’axe de symétrie de la parabole d’équation y = ax2 a pour équation x = 0.
L’axe de symétrie de la parabole d’équation y = ax2 + bx + c subit les mêmes translations que la
courbe y = ax2 et a donc pour équation x = − 2a
b
.
Le sommet de la parabole d’équation y = ax2 a pour coordonnées (0, 0). Celui de la parabole d’é-
quation y = ax2 + bx + c subit les mêmes translations que la courbe y = ax2 et donc il a pour
b2 −4ac
coordonnées − 2a
b
, 4a .
Le graphique d’une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c admet un axe de symétrie d’équation
x = − 2a
b
.
a>0 a<0
1 1
0 1 b 0 1
x=– 2a b
x=– 2a Figure 42
Croissance et décroissance
Si a > 0, la fonction est croissante sur l’ensemble des valeurs de x telles que x > − 2a
b
et décroissante
sur l’ensemble des valeurs de x telles que x < − 2a .
b
Si a < 0, la fonction est croissante sur l’ensemble des valeurs de x telles que x < − 2a
b
et décroissante
sur l’ensemble des valeurs de x telles que x > − 2a .
b
Maximum et minimum
Fonctions 299
Racines
La figure 43 présente les six cas possibles des positions relatives de la parabole par rapport à l’axe
des abscisses :
a>0
a<0
Figure 43
2
Nous observons que le graphique de la fonction f (x) = ax + bx + c peut avoir
• deux points distincts d’intersection avec l’axe des abscisses;
• un point d’intersection avec l’axe des abscisses qui peut être vu comme deux points confon-
dus;
• aucun point d’intersection avec l’axe des abscisses (figure 44).
Or, l’existence des racines est liée au nombre de points d’intersection de la parabole et de l’axe des
abscisses. Ainsi on conclut que la fonction f (x) = ax2 + bx + c peut avoir
• deux racines distinctes;
• une racine qui peut être vue comme deux racines confondues;
• aucune racine.
Algébriquement, on détermine des racines éventuelles d’une fonction du deuxième degré en résol-
vant l’équation
ax2 + bx + c = 0. (1)
Nous reprenons ici les résultats relatifs à propos de telles équations (Chap.5, section 4.2.2) et nous
les interprétons dans le contexte des fonctions du second degré.
• Lorsque b2 − 4ac > 0, l’équation (1) a deux solutions x1 et x2 données par les formules
suivantes : √ √
b b2 − 4ac b b2 − 4ac
x1 = − − et x2 = − + .
2a 2a 2a 2a
Dans ce cas, une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c a deux racines distinctes et son
graphique a deux points d’intersection avec l’axe horizontal (figures 44a et d).
• Lorsque b2 − 4ac = 0, l’équation (1) a deux solutions confondues
b
x1 = x2 = − .
2a
Cela signifie qu’une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c a deux racines confondues ou
que son graphique rencontre l’axe horizontal en x = − 2a b
(figure 44b et e).
• Lorsque b2 − 4ac < 0, l’équation (1) n’a pas de solutions.
Dans ce cas, une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c n’a pas de racine; son graphique
ne coupe pas l’axe des abscisses : il est situé soit entièrement au-dessous, soit entièrement
au-dessus de l’axe des abscisses (figures 44c et f).
300 Chapitre 9
a>0 b2 – 4 ac < 0
b2 – 4 ac = 0
b2 – 4 ac > 0
x1 x2 x1 = x 2
a) b) c)
a<0
b2 – 4 ac > 0
b2 – 4 ac = 0 b2 – 4 ac < 0
x1 x2 x1 = x 2
d) e) f) Figure 44
Etude du signe
Le signe d’une fonction de la famille f (x) = ax2 + bx + c dépend du signe du paramètre a et du signe
de b2 − 4ac.
L’étude générale du signe d’une fonction du second degré peut être faite à partir de la figure 44.
• Soit b2 − 4ac > 0 et a > 0. Un graphique possible est celui de la figure 44a. Les valeurs
d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont inférieures à 0 pour les valeurs de x
comprises entre les racines et supérieures à 0 pour des valeurs de x à l’extérieur des racines.
Cela peut être traduit sous forme d’un tableau de signe (tableau 17).
• Soit b2 − 4ac > 0 et a < 0. Les valeurs d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont
supérieures à 0 pour les valeurs de x comprises entre les racines et inférieures à 0 pour des
valeurs de x à l’extérieur des racines.
• Soit b2 − 4ac = 0 et a > 0. Une fonction qui satisfait à ces deux conditions s’écrit aussi
b 2
f (x) = a x + 2a . Ses valeurs sont supérieures à 0 pour toutes les valeurs de x sauf en
x = − 2a .
b
• Soit b2 − 4ac = 0 et a < 0. Une fonction qui satisfait à ces deux conditions s’écrit aussi
b 2
f (x) = a x + 2a . Ses valeurs sont inférieures à 0 pour toutes les valeurs de x sauf en
x = − 2a
b
.
Fonctions 301
• Soit b2 − 4ac < 0 et a > 0. Les valeurs d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont
supérieures à 0.
• Soit b2 − 4ac < 0 et a < 0. Les valeurs d’une fonction qui satisfait à ces deux conditions sont
inférieures à 0.
302 Chapitre 9
4 Fonctions sinus et cosinus
4.1 Sinusoïde comme lieu de points
A la figure 45a, on reconnaît la vue d’en haut et la vue de profil d’un escalier en colimaçon sur un
dessin d’architecte. Dans la vue de profil, les positions successives des marches suggèrent une courbe.
A la figure 45b, on refait le dessin en remplaçant les marches par des segments. Les extrémités des
segments suggèrent une courbe. Elle nous donne une première idée de ce qu’est une sinusoïde et
comment on peut la construire.
16
16
15
15
14
14
13
13 12
12
11
11
10
10
9
9
8
8
7
7
6
6
5
5
4
4
3
3
2
2
1
1
5 4 3
6 2
7 1
8 16
9 15
10 14
11 12 13
a) b) Figure 45
Basculons l’axe de l’escalier dans la position horizontale. En s’appuyant sur l’idée de la construction
présente dans la figure 45b, recommençons la construction du schéma de cet escalier, cette fois-ci
vu de profil (figure 46).4
5 3
6 2
7 1
8 16
3
˛ 15
10 14
11 13 Figure 46
12
Fonctions 303
Le cercle est divisé en 16 parties égales. Chacune d’elles représente une marche vue d’en haut. Pour
construire par exemple la troisième marche vue de face, on divise l’axe de l’escalier en 16 parties
égales et à 3/16 de l’axe, on place un segment vertical dont l’extrémité est déterminée par la ligne
de rappel mise en pointillés à la figure 46.
Construisons un segment vertical correspondant à un point R situé, par exemple, à 2/5 de [ST ].
Procédons de la façon suivante (figure 47) :
• Sur le cercle, situons un point N tel que l’amplitude de l’angle SON est égale à 25 de 360◦
c’est-à-dire à 144◦ .
• Projetons N sur le diamètre horizontal du cercle. Nous obtenons le point M .
• Dressons en R un segment vertical [RP ] tel que |RP | = |M N |.
D’une manière analogue, nous pouvons construire autant de segments que nous voulons. Leurs
extrémités tracent une courbe appelée sinusoïde (figure 47).
) P
144¡
M S R T
Figure 47
) P
M S R T
Figure 48
La figure 49 représente une sinusoïde construite sur un segment [ST ] plus long.
M S R T
Figure 49
La figure 50 représente une sinusoïde étirée par rapport à celle de la figure 47. C’est la conséquence
du rayon plus grand du cercle.
304 Chapitre 9
P
M S R T
Figure 50
N P
α
O M S R T
Figure 51
Dans ce cas, la longueur du segment [SR] est égale à la longueur de l’arc SN .
Toutes les sinusoïdes peuvent être obtenues à partir de celle-ci par des transformations telles qu’une
compression ou un étirement dans les directions verticale ou horizontale.
4.2.1 Equation
Pour représenter une « sinusoïde canonique » sur l’ordinateur ou sur une calculatrice, on a besoin
de son équation. Pour établir cette équation, il faut choisir un système d’axes. Ce choix s’impose
d’une manière naturelle et le rayon du cercle est choisi comme unité sur les axes (figure 52).
1
N P
α
O M S R 1 x
T
Figure 52
Considérons un point quelconque P de la sinusoïde canonique. Notons son abscisse par x. L’ordonnée
y du point P est égale à sin α, où α représente l’amplitude de l’angle SON . Notons
Fonctions 305
y = sin α.
Pour faire apparaître le lien entre l’ordonnée y et l’abscisse x, on s’appuie sur le fait que |SR| est
égal à la longueur de l’arc SN . On décide de
• mesurer l’amplitude de l’angle α par la longueur de l’arc SN ;
• mesurer, avec la même unité qu’est le rayon, l’abscisse x et la longueur de l’arc SN corres-
pondant.
On obtient alors que la longueur de l’arc SN vaut x.
Ainsi l’ordonnée y devient égale à sin x, d’où l’équation de la courbe s’écrit
y = sin x.
De ce qui précède, on a
360◦ = 2π rad Figure 53
d’où
360◦ ∼
1 rad = = 57, 3◦
2π
et 2π rad ∼
1◦ = = 0, 017 rad
360
Les tableaux de proportionnalité ci-dessous permettent une conversion des degrés en radians, et
des radians en degrés pour quelques valeurs particulières.
radians 2π = 6, 28 1 2 3 4 5 6
degrés 360 57, 3 114, 6 171, 9 229, 2 286, 5 343, 8
Tableau 19
306 Chapitre 9
MÕ
M
Niveau 0
Figure 54
Supposons que la position initiale du point M sur le cercle, au moment t = 0, est en S (figure
55). A un instant t, le point M a parcouru un arc de longueur t rayons. A la figure 55, on montre
qu’au même instant, sa projection M sur le segment vertical est au niveau sin t. C’est la raison pour
laquelle cette fonction s’écrit
t → sin t ou x → sin x
et on l’appelle fonction sinus.
Lorsqu’on dessine le graphique de cette fonction dans un système d’axes avec l’unité égale au rayon
du cercle sur lequel se meut le point M , alors la courbe obtenue est la sinusoïde que nous avons
appelée sinusoïde canonique (figure 55).
M
MÕ
temps (en sec.)
S t 1
T
Figure 55
Contrairement à toutes les fonctions rencontrées jusqu’à maintenant, la fonction sinus une fonction
dont les valeurs ne peuvent plus être calculées à l’aide de quatre opérations algébriques telle que
l’addition, la soustraction, la multiplication, la division.
Fonctions 307
1 P
NÕ
MÕ
M S x 1
T
Figure 56
La figure 56 montre que l’ordonnée de P est égale au sinus de l’angle SON qui est égal au cosinus
de l’angle SON . On peut donc écrire que
sin x + π2 = cos x
pour toute valeur de l’abscisse x.
Dès lors, à chaque abscisse x, on dessine verticalement un segment de longueur cos x, vers le haut
si la valeur de cos x est supérieure à 0, vers le bas si la valeur de cos x est inférieure à 0. On obtient
ainsi la courbe de la figure 56. C’est la raison pour laquelle la fonction x → sin x + π2 est aussi
notée
y = cos x.
On l’appelle fonction cosinus.
308 Chapitre 9
Chapitre
Statistique descriptive
10
Généralement pour étudier un thème Les données statistiques font maintenant
sociologique ou pour prendre des décisions partie de notre vie quotidienne : les
dans des domaines très variés, on se journaux, la télévision, les revues nous
renseigne, on se documente, on recueille apportent chaque jour leur lot de sondages
des informations. On dispose alors de et de graphiques divers. Ceux-ci permet-
données; celles-ci constituent ce qu'on tent d'apprécier d'un coup d'oeil un ensem-
appelle des données statistiques. Le trai- ble de données. Il est donc important qu'ils
tement de ces données est l'objet de la soient éclairants pour le lecteur et qu'ils
« statistique descriptive ». ne dénaturent pas les données.
Le mot statistique vient du mot latin L'objet de la statistique descriptive est de
« statisticus » qui signifie « relatif à représenter sous forme de graphiques et
l'état ». Les premières civilisations, de résumer à l'aide de quelques nombres
plusieurs millénaires avant notre ère, ont significatifs les informations disponibles
laissé des traces d'études statistiques dans un tableau de données.
(Chine, Egypte, Empire romain). La statis- Dans les sections 1, 2 et 3, nous introdui-
tique consistait alors à inventorier des ren- sons progressivement et sur des exemples
seignements à propos des individus et de les notions de base de la statistique des-
leurs biens. Ces informations permettaient criptive. A la section 4 se trouvent les
à l'Etat de recruter des soldats et de définitions du vocabulaire spécifique
recueillir des impôts le plus souvent pour utilisé par les statisticiens.
des besoins de guerre.
A partir du 18e siècle, la statistique
devient une branche des mathématiques
qui, avec l'apport du calcul des probabi-
1. Premières présentations de
données
lités puis des ordinateurs, a évolué très ra-
pidement pour intervenir dans des 2. Traitement de données
domaines aussi divers que les sciences
politiques, économiques et sociales, la
3. Transformation d’une série
en une autre
médecine, la psychologie, la biologie, la
physique, la météorologie,...
4. Vocabulaire - définitions -
propriétés
1 Premières présentations de données
Dans cette section, nous introduisons les premiers mots de vocabulaire utilisés par les statisticiens
et nous montrons comment sont construites les représentations graphiques rencontrées quotidien-
nement dans les médias.
A pied 16
A vélo 1
Transports en commun 68
Train 3
Voiture 52
Tableau 1
Le groupe de personnes ou d’objets au sujet duquel on récolte des informations est appelé popula-
tion. Les personnes ou objets du groupe sont appelés individus.
Dans l’exemple traité ici, la population est composée des élèves de première de l’école considérée et
les individus sont les élèves.
Le nombre d’élèves interrogés est appelé effectif total et vaut ici 140.
La liste des réponses des élèves constituent les données.
La caractéristique étudiée, ici le moyen de transport, est appelée caractère.
Dans notre exemple, le caractère étudié prend cinq valeurs différentes : « A pied », « Vélo », « Trans-
port en commun », « Train » et « Voiture ».
Les nombres 16, 1, 68, 3 et 52 représentent le nombre d’élèves empruntant respectivement chacun
des moyens de transports mentionnés. Le nombre 16, par exemple, est appelé effectif de la valeur
« A pied ».
On a
16 + 1 + 68 + 3 + 52 = 140.
La somme des effectifs des différentes valeurs est égale à l’effectif total.
La liste des différentes valeurs et de leurs effectifs constituent une série statistique.
A partir de ces données, on construit le tableau 2.
310 C h a p i t r e 10
Moyens de transport Nombre d’élèves Fréquences Fréquences Fréquences sous
ou effectifs sous forme sous forme de forme d’écriture
de fractions pourcentages décimale
16
A pied 16 140 11, 4% 0, 114
1
A vélo 1 140 0, 7% 0, 007
68
Transports en commun 68 140 48, 6% 0, 486
3
Train 3 140 2, 1% 0, 021
52
Voiture 52 140 37, 1% 0, 371
140
Totaux 140 140 99, 9% 0, 999
Tableau 2
Dans la deuxième colonne, on lit les effectifs correspondant aux différentes valeurs.
Dans la troisième colonne, pour chaque valeur, on trouve le rapport de l’effectif de cette valeur à
l’effectif total. Ce rapport est appelé fréquence.
Pour comparer deux séries, soit elles doivent avoir le même effectif total, soit il faut ramener les
fractions à un même dénominateur qu’on prend égal à 100. C’est pourquoi, dans les deux dernières
colonnes, les fréquences sont exprimées respectivement à l’aide de pourcentages et de leur écriture
décimale. L’utilisation des arrondis entraîne parfois, comme c’est le cas ici, que les totaux des deux
dernières colonnes ne sont pas exactement 100% et 1.
Ë pied 20 Ë pied
Train Train
10
(' 175¡ Vlo Vlo
en ran re
n
o
m s
ed
m rt
ai
l
un
T itu
co spo
Tr
pi
V
o
Ë
a) V b) c) Figure 1
Un autre graphique, appelé diagramme en barres des fréquences, est souvent utilisé pour représen-
ter le tableau 2 (figure 1b). Ce graphique est obtenu en associant à chaque valeur particulière du
caractère étudié une bande verticale dont la hauteur est proportionnelle à la fréquence de cette
valeur.
Détaillons la construction de ce diagramme en barres :
• sur une droite horizontale, on dresse cinq barres d’égale largeur, chaque barre représente
un moyen de transport;
• la hauteur de chaque bande est proportionnelle à la fréquence du moyen de transport cor-
respondant.
En conclusion de cette étude, il semble que le facteur « pollution » n’est certainement pas le seul
facteur envisagé pour choisir un moyen de transport pour aller tous les jours à l’école : en effet,
plus du tiers des élèves viennent à l’école en voiture.
Les diagrammes circulaires sont souvent utilisés pour visualiser les résultats de l’étude d’un même
caractère dans deux populations ou deux échantillons différents. La figure 1c présente un dia-
gramme circulaire des résultats d’une enquête similaire menée aux Pays-Bas. Du premier coup d’œil,
on se rend compte que le vélo rencontre largement les faveurs de nos voisins du Nord. On peut se
demander pourquoi : un meilleur aménagement du territoire pour assurer la sécurité des cyclistes ?
Le relief de ce pays favorise-t-il ce moyen de locomotion ?
Nombre d’enfants 1 2 3 4 5 6 7 8
Nombre de familles 19 54 38 20 4 3 1 1
Tableau 4
312 C h a p i t r e 10
Le caractère étudié prend huit valeurs différentes : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Les effectifs de chacune de ces
valeurs sont respectivement 19, 54, 38, 20, 4, 3, 1, 1.
A partir de ces données, on construit le tableau 5.
Pour illustrer le tableau 5, on peut construire un diagramme circulaire (figure 2a) et un diagramme
en barres (figure 2b). Ces diagrammes permettent de visualiser l’importance relative des différentes
valeurs prises par le caractère observé.
Fréquences (%)
1 40 40
Fréquences (%) 35 35
2 27,1%
30 30
3
25 25
4 14,3%
20 20
5 3% 15 15
2%
6 1% 10 10
7 1% 5 5
39%
14%
8 0 0
1 2 3 4 5 6 7 8 1 2 3 4 5 6 7 8
Nombre d'enfants Nombre d'enfants
par famille par famille
a) b) c) Figure 2
Lorsque les valeurs prises par le caractère étudié sont, comme dans notre exemple, des nombres, on
peut aussi réaliser un diagramme en bâtons des fréquences (figure 2c). Ce graphique est obtenu en
associant à chaque valeur un segment vertical dont la longueur est proportionnelle à la fréquence
de cette valeur.
Détaillons la construction de ce diagramme :
• un axe horizontal est gradué régulièrement de sorte que chaque graduation indique un nom-
bre d’enfants par famille;
• à chaque graduation de l’axe horizontal, on dresse un segment dont la longueur est propor-
tionnelle (selon une échelle placée sur un axe vertical) au pourcentage de familles compre-
nant le nombre d’enfants correspondant à cette graduation.
Le mode de cette série est la valeur 2 puisque le pourcentage le plus élevé du tableau est celui des
familles comprenant deux enfants. Le mode d’une série est donc aussi la valeur qui correspond au
plus haut segment vertical d’un diagramme en bâtons des fréquences.
1 × 19 + 2 × 54 + 3 × 38 + . . . + 8 × 1
Ainsi, x̄ = ,
140
19 54 38 1
ou encore : x̄ = 1 × +2× +3× + ... + 8 × .
140 140 140 140
Ces calculs montrent que la moyenne peut aussi se calculer à partir des fréquences.
Pour cette raison, il est commode d’ajouter au tableau 5 une sixième colonne reprenant les produits
des valeurs par les fréquences correspondantes (tableau 6). La moyenne s’obtient alors simplement
en additionnant tous les éléments de cette colonne supplémentaire.
La moyenne du nombre d’enfants par famille dans les 140 familles interrogées est plus élevé que
celui donné par l’I.N.S. C’est bien normal car, pour calculer la moyenne du nombre d’enfants par
314 C h a p i t r e 10
familles, l’I.N.S. a pris en compte toutes les familles y compris celles sans enfant. Dans notre exemple,
toutes les familles des élèves interrogés ont au moins un enfant !
On ne peut pas calculer la moyenne lorsque les valeurs du caractère étudié ne sont pas numériques.
La moyenne n’est pas nécessairement une valeur observée du caractère étudié : en effet, il n’existe
pas de famille comprenant 2, 67 enfants !
Lorsque les valeurs prises par un caractère sont des nombres, la moyenne peut résumer les infor-
mations d’une série statistique.
La moyenne, par sa définition, tient compte de toutes les valeurs observées et est, par conséquent,
sensible aux valeurs extrêmes. Ainsi dans notre exemple, parmi les 140 familles, la présence de cinq
familles de 5 enfants à la place de cinq familles d’1 enfant aurait pour effet d’augmenter le nombre
total d’enfants et donc aussi la moyenne : dans ce cas, un calcul analogue à celui fait ci-dessus mène
à 2, 81 enfants par famille.
1.5 Etendue
Pour une suite de cinq interrogations en mathématique, deux élèves ont obtenu la même moyenne :
12 sur 20. Et pourtant, l’analyse des points obtenus par l’un et par l’autre (Tableau 7) ne donne pas
la même impression.
Résultats de l’élève A 10, 11, 11, 13, 15
Résultats de l’élève B 5, 12, 12, 14, 17
Tableau 7
Remarquons que les points obtenus s’étalent de 10 à 15 pour l’élève A et de 5 à 17 pour l’élève B.
La série B est plus étendue que la série A. Pour l’élève A, la différence entre la plus grande et la
plus petite valeur observée, soit 15 − 10 = 5, appelée étendue de la série, donne une mesure de la
dispersion des résultats de l’élève A. L’étendue pour la série des résultats de l’élève B vaut 12.
Sur cet exemple, on peut voir que deux séries d’observations différentes peuvent mener à la même
moyenne. La moyenne résume l’ensemble des résultats, mais ne dit rien sur le profil des deux élèves :
en effet, il semble bien que l’élève B soit plus fort en mathématique que l’élève A. Le fait d’avoir
obtenu seulement une fois 5 sur 20 à une interrogation ramène sa moyenne à celle de l’élève A.
2 Traitement de données
Dans les exemples traités à la section 1, le caractère étudié prenait respectivement cinq et huit
valeurs différentes. Lorsque le caractère étudié prend un grand nombre de valeurs différentes, il
devient fastidieux de traiter et de représenter les données à l’aide des outils décrits à la section 1 : les
tableaux s’étendent, les effectifs de chaque valeur sont très petits et le risque d’erreurs de calcul et de
transcription est important. C’est pourquoi au lieu de travailler avec toutes les valeurs possibles du
caractère étudié, on les regroupe en un nombre raisonnable de classes ; on ne compte plus le nombre
de fois qu’on rencontre une valeur déterminée mais le nombre d’observations qui appartiennent à
une classe donnée.
2.1 Histogramme
Une école offre à chaque élève de quatrième un tee-shirt de couleurs différentes pour les garçons
et pour les filles.
On dispose aussi de l’information suivante : les tailles S, M, L, XL et XXL sont destinées aux personnes
mesurant respectivement moins de 1m60, entre 1m60 et 1m65, entre 1m65 et 1m70, entre 1m70 et
1m80, plus de 1m80.
Pour que l’école puisse établir le bon de commande, les 40 garçons et 75 filles de quatrième ont
communiqué leur taille en cm. Ces données ont été réparties selon les tailles S, M, L, XL et XXL
proposées par le fournisseur. Pour un élève mesurant par exemple 1m70, il faut choisir entre les
tailles L et XL. Le choix se porte sur XL. Ainsi, la commande pour les filles et celle pour les garçons
se fait très facilement à partir des tailles en cm des 135 élèves (tableau 8).
Tailles Nombre de tee-shirt pour les filles Nombre de tee-shirt pour les garçons
S 13 2
M 20 10
L 27 12
XL 13 12
XXL 2 4
Tableau 8
En désignant par t la taille en cm d’un élève et compte tenu de ce qui a été décidé pour un élève
mesurant 1m70, les tailles S, M, L, XL et XXL peuvent s’écrire à l’aide des inégalités suivantes :
t < 160 ; 160 t < 165 ; 165 t < 170 ; 170 t < 180 et t 180.
On remplace l’inégalité
t < 160 par 145 t < 160
où la borne inférieure 145 a été choisie en accord avec les observations : le plus petit élève de qua-
trième dans cette école mesure 1m47.
De manière analogue, on remplace l’inégalité
t 180 par 180 t < 195
où la borne supérieure 195 a été choisie parce que le plus grand élève de quatrième dans cette école
mesure 1m93.
De cette façon, les données ont été regroupées en classes représentées par des inégalités de la forme
a t < b ou encore par des intervalles du type [a, b[ (Chap.1, section 5.3.2). Le tableau 9 donne les
fréquences des différentes classes.
316 C h a p i t r e 10
Ce graphique est obtenu en associant à chaque classe un rectangle dont la base est proportionnelle à
la longueur de la classe et dont l’aire est proportionnelle à la fréquence de la classe qu’il représente.
La hauteur des rectangles doit donc tenir compte du fait que les rectangles n’ont pas tous la même
base puisque les classes n’ont pas toutes la même longueur.
Détaillons la construction de l’histogramme associé à la commande des tee-shirt pour les filles :
• on gradue un axe horizontal et on y indique les extrémités des différentes classes;
• on choisit une échelle pour représenter les hauteurs des rectangles;
• on calcule les hauteurs des rectangles en divisant la fréquence de chaque classe par la lon-
gueur de celle-ci; par exemple, la hauteur du rectangle associé à la classe [145, 160[ est égale
à 17,3
15 = 1, 15 car la fréquence de cette classe est 17, 3% et sa longueur est égale à 15 (ta-
bleau 10);
• on construit l’histogramme en juxtaposant les rectangles (figure 3a).
Le tableau 10 rassemble les calculs des hauteurs des différents rectangles.
Tailles Longueur des classes Fréquences Fréquence / Longueur de la
(Base des rectangles) classe (Hauteur des rectangles)
[145, 160[ 15 17, 3% 17, 3 : 15 = 1, 15
[160, 165[ 5 26, 7% 26, 7 : 5 = 5, 34
[165, 170[ 5 36% 36 : 5 = 7, 2
[170, 180[ 10 17, 3% 17, 3 : 10 = 1, 73
[180, 195[ 15 2, 7% 2, 7 : 15 = 0, 18 Tableau 10
On a donc
Aire d’un rectangle = Base × Hauteur
Fréquence
= Longueur de la classe × = Fréquence.
Longueur de la classe
De cette manière, l’aire totale des rectangles de l’histogramme des fréquences est égale à 100%.
8 Échelle
pour les hauteurs
7
représente Âges
6
une fréquence >95 HOMMES FEMMES
de 5% 90-94
85-89
5 80-84
75-79
70-74
65-69
4 60-64
55-59
50-54
45-49
3 40-44
35-39
30-34
25-29
2 20-24
15-19
10-14
05-09
1 00-04
10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 % %
145 160 165 170 180 195 Taille (cm)
a) b) Figure 3
On remarque que les deux fréquences 17, 3% ne sont pas représentées par des rectangles de même
hauteur puisqu’elles correspondent à des classes de longueurs différentes.
Déjà le tableau 11 nous apprend que, si le bus circule dans un rayon de 5 km, il désservira au moins
50% des élèves. Mais, il est raisonnable de penser que les élèves habitant à proximité immédiate
de l’école n’utiliseront pas ce bus. Le traitement des données proposé ci-dessous apporte une autre
réponse au problème.
Pour chaque classe, on additionne la fréquence de cette classe et celles de toutes les classes qui la
précèdent. Pour chaque classe, la somme obtenue est appelée fréquence cumulée de cette classe.
Elle est généralement exprimée en pourcentages (tableau 12).
On remarque de nouveau que l’utilisation des approximations entraîne que la fréquence cumulée
de la dernière classe n’est pas exactement égale à 100%.
La représentation graphique des fréquences cumulées est appelée diagramme des fréquences cu-
mulées (figure 5b). Ce graphique donne, pour chaque distance d, le pourcentage des élèves qui
habitent à une distance plus petite ou égale à d.
318 C h a p i t r e 10
Détaillons la construction de ce diagramme :
• l’axe des abscisses représente les distances, on y marque les extrémités différentes classes;
• l’axe des ordonnées représente les fréquences cumulées et est gradué de 20 en 20% ;
• à la borne supérieure de chacune des classes correspond la fréquence cumulée relative à cette
classe (figure 5a);
• les points obtenus sont reliés par des segments de droite : ceci revient à supposer que les
observations sont uniformément réparties à l’intérieur d’une classe (figure 5b).
Le graphique des fréquences cumulées est une ligne brisée qui monte nécessairement de gauche à
droite puisque les fréquences cumulées augmentent de classe en classe.
60 60
40 40
20 20
Sur ce diagramme repris à la figure 6a, on apprend que 50% des élèves habitent à moins de 4, 37
km de l’école puisque l’abscisse 4, 37 est celle du point de ce diagramme dont l’ordonnée est 50%.
Cette distance partage la série en deux : la moitié des élèves de l’école considérée habitent à moins
de 4, 4 km de l’école et l’autre moitié habitent à plus de 4, 4 km de l’école. Cette distance est appelée
médiane de la série et notée Med.
De la même façon, on obtient les valeurs qui partagent la série en quatre parties égales (figure 6b).
L’abscisse du point correspondant à l’ordonnée 25% est appelée premier quartile noté Q1 et celle du
point dont l’ordonnée est 75% est appelée troisième quartile noté Q3 . La médiane est le deuxième
quartile. Dans l’exemple traité ici, le premier quartile Q1 vaut 2, 19 et le troisième quartile Q3
vaut 9, 32.
L’intervalle [Q1 , Q3 ] est appelé intervalle interquartile. Les distances séparant le domicile et l’école,
pour 50% des élèves considérés, se situent dans l’intervalle [2, 19; 9, 32]. Un bus circulant dans un
anneau limité par ces distances ramasserait donc 50% des élèves.
80 80 80
75 75
60 60 60
50 50
40 40 40
25 25
20 20 20
Distances (km) Distances (km) Distances (km)
0 5 ˘0 15 20 25 0 5 ˘0 15 20 25 0 5 ˘0 15 20 25
4,37 2,19 9,32
Med +˘ +3 + ˘ Med Q3
a) b) c) Figure 6
Il est possible de visualiser l’information fournie par la médiane et les quartiles à l’aide du dessin
au bas de la figure 6c.
On y voit un rectangle dont la base est égale à la longueur de l’intervalle interquartile. Le trait
vertical intérieur correspond à la médiane. Le rectangle est prolongé à droite et à gauche par une
ligne jusqu’aux valeurs extrêmes de la série donnant une représentation de l’étendue de la série.
Les boîtes à moustaches sont particulièrement simples à construire. Elles permettent de comparer
facilement deux populations ou deux échantillons différents.
On peut voir aussi que l’étendue de la deuxième série est plus grande que celle de la première.
a) 0 25
2,19 4,37 9,37
b)
0 30
4,5 11,3 14,7 Figure 7
Pour nous faire une idée à ce sujet, examinons les notes attribuées par chacun des professeurs
(tableau 13).
Professeur A 7, 8, 8, 8, 8, 9, 10, 10, 10, 10, 12, 12, 12, 12, 12, 14, 14, 14, 15, 15
Professeur B 7, 8, 9, 10, 10, 10, 10, 10, 11, 11, 11, 11, 11, 12, 12, 12, 13, 13, 14, 15
Tableau 13
320 C h a p i t r e 10
Les cotes s’étalent de 7 à 15 chez l’un et chez l’autre et pourtant la vue d’ensemble que donne un
diagramme en bâtons de chacune d’elles (figure 8) suggèrent qu’il existe une différence entre les
deux séries.
5 Effectifs 5 Effectifs
4 4
3 3
2 2
1 1
Points Points
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 obtenus 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 obtenus
a) b) Figure 8
322 C h a p i t r e 10
3 Transformation d'une série en une autre
Au début de l’année 2002, le patron d’une P.M.E.2 a décidé d’augmenter chacun de ses cinq employés.
Il hésite entre augmenter le salaire horaire de chacun d’eux d’un montant de 1 Euro ou augmenter
tous les salaires de 10%. Au début de l’année 2002, les salaires de ses cinq employés sont 9, 11, 12,
15 et 18 Euros.
Avant de prendre sa décision, il calcule, dans les deux cas, les nouveaux salaires de ses employés.
Ensuite, il calcule l’effet des nouveaux salaires sur le salaire moyen et sur la dispersion des salaires
au sein de son entreprise.
Frquences (%)
0,2
Salaires horaires (en euros)
0˘˘ 12 15 ˘(
0/0 12,1 13,2 16,5 ˘0/( Figure 10
Calculons la variance Sx2 de la série 9, 11, 12, 15, 18 et celle Sz2 de la série transformée 9, 9 ; 12, 1 ; 13, 2 ;
16, 5 ; 19, 8 : 1
Sx2 = (9 − 13)2 + (11 − 13)2 + . . . + (18 − 13)2 = 10 ;
5
1
Sz2 = (9, 9 − 14, 3)2 + (12, 1 − 14, 3)2 + . . . + (19, 8 − 14, 3)2 = 12, 1 .
5
On peut observer que la variance Sz2 s’obtient en multipliant Sx2 par le facteur (1, 1)2 .
Sz2 = (1, 1)2 Sx2 .
Pour le patron, le coût est presque le même puisque les moyennes ne sont pas très différentes. Mais
la différence entre les salaires de ses employés s’amplifie s’il choisit d’augmenter les salaires horaires
de 10%.
Lorsqu’on souhaite faire une enquête pour répondre à une question, on choisit une population.
Lorsqu’on recueille les informations auprès de tous les individus d’une population, on dit qu’on
procède à un recensement.
Lorsque la population est trop importante, un tel recensement est coûteux en temps et en argent.
Parfois, un recensement nécessiterait la destruction de tous les éléments observés (par exemple,
lorsqu’il s’agit de la durée de vie d’ ampoules électriques). Pour ces raisons, on restreint souvent
l’étude à une partie de la population appelée échantillon : celui-ci est choisi au hasard selon des règles
bien précises afin de constituer une « miniaturisation » de la population. Cette méthode est utilisée
324 C h a p i t r e 10
dans les sondages lorsqu’on entend des expressions du type « étude faite auprès d’un échantillon
représentatif de 1249 personnes ».
Le nombre total d’individus de la population ou de l’échantillon, est appelé effectif total.
Sur cette population ou sur cet échantillon on récolte une ou des informations particulières appelées
caractères. Les résultats sont appelés observations.
Dans les exemples rencontrés, les caractères étudiés sont : les moyens de transport utilisés pour
venir à l’école, le nombre d’enfants par famille, la distance qui sépare le domicile de l’école, les cotes
ou le montant des salaires.
Chaque caractère peut prendre différentes valeurs. On distingue deux types de caractères :
• on parle de caractère non numérique ou qualitatif lorsque les valeurs ne s’expriment pas
par des nombres;
• on parle de caractère numérique ou quantitatif lorsque les valeurs sont des nombres.
Lorsqu’on peut énumérer tous ces nombres, comme pour le nombre d’enfants par famille ou pour
les cotes, le caractère est dit discret. Lorsque ces nombres appartiennent à un intervalle, comme
pour la taille en cm des élèves et la distance entre le domicile et l’école, le caractère est dit continu.
Lorsqu’un caractère est continu comme la taille en cm des élèves et la distance entre le domicile et
l’école ou discret avec un grand nombre de valeurs, on regroupe les valeurs en classes choisies de
façon à obtenir une répartition équilibrée des valeurs. Une classe est un intervalle de la forme [a, b[.
Les nombres a et b sont les bornes de la classe. La différence b − a est appelée longueur de la classe.
Une fois que les différentes valeurs (ou les classes) d’un caractère sont définies, on compte pour
chaque valeur (ou chaque classe), le nombre d’individus de la population qui prennent cette valeur
(ou qui appartiennent à cette classe). De cette manière, à chaque valeur ou à chaque classe, on fait
correspondre un nombre appelé effectif de la valeur (ou effectif de la classe).
L’effectif d’une valeur est le nombre de fois que cette valeur apparaît dans les données.
La somme des effectifs des différentes valeurs est égale à l’effectif total.
Pour un caractère donné, la liste des différentes valeurs prises par le caractère étudié et celle de
leurs effectifs respectifs constituent une série statistique.
Pour chacune des valeurs (ou des classes), on peut calculer le rapport entre l’effectif de la valeur
(ou de la classe) et l’effectif total. Ce rapport est appelé fréquence. Il peut s’écrire sous forme de
fraction, de pourcentage ou d’un nombre décimal.
La fréquence d’une valeur est le rapport de l’effectif de la valeur (ou de la classe) à l’effectif total.
Pour un caractère non numérique, les représentations graphiques utilisées pour représenter les
fréquences, sont des diagrammes circulaires et des diagrammes en barres (section 1.2).
Pour un caractère numérique discret, les représentations utilisées sont des diagrammes en bâtons
(section 1.3).
Pour un caractère numérique groupé en classes, les représentations utilisées sont des histogrammes
(section 2.1).
La fréquence cumulée relative à une valeur (ou une classe) particulière d’un caractère est le pour-
centage de la population ayant atteint une valeur inférieure ou égale à la valeur (ou à la limite
supérieure de la classe) considérée.
A la section 2.2, on a montré que la fréquence cumulée relative à une valeur (ou une classe) parti-
culière d’un caractère se calcule en additionnant toutes les fréquences relatives aux valeurs (ou aux
classes) inférieures ou égale à la valeur (ou la classe) considérée.
4.2.1 Mode
Le mode d’une série statistique est la valeur qui apparaît le plus souvent. C’est la valeur dont la
fréquence est la plus grande.
Lorsque les valeurs sont regroupées en classes, la classe dont l’effectif est le plus élevé est appelée
classe modale.
Des exemples de mode ont été donnés aux sections 1.2 et 1.3.
Le mode n’est pas nécessairement unique.
Il peut être déterminé même pour des séries dont le caractère est qualitatif.
Il est facile à déterminer et n’est pas influencé par les valeurs observées extrêmes mais il ne se prête
pas aux calculs algébriques.
4.2.2 Médiane
La médiane d’une série statistique, notée « Med », est la valeur qui divise les données en deux
groupes de même effectif : les observations du premier groupe prennent des valeurs inférieures ou
égale à cette valeur et les observations du deuxième groupe prennent des valeurs supérieures ou
égales à cette valeur.
Pour déterminer la médiane, il faut ranger toutes les données par ordre croissant, ce qui suppose
que le caractère étudié soit numérique.
Lorsque l’effectif est impair, l’observation qui se trouve au milieu de cette liste est la médiane de la
série.
Lorsque l’effectif est pair, la médiane est la demi-somme des deux observations qui encadrent le
milieu de la liste.
Dans les deux cas, on peut dire que la moitié des observations prend des valeurs inférieures (supé-
rieures) ou égales à la médiane.
326 C h a p i t r e 10
Lorsque que l’effectif total est grand ou lorsque les valeurs sont groupées en classes, comme à la
section 2.2, on lit la médiane sur un diagramme des fréquences cumulées (figure 11a) : il s’agit de
l’abscisse du point d’ordonnée 50.
Fréquences (%)
60
100 Fréquences
cumulées (%)
50
80
représente une
40 fréquence de 10%
60
50 30
40
20
20
10
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 Distances (km)
4,37 Distances (km) 4,37
a) b) Figure 11
Lorsque les données sont groupées en classes, la médiane divise l’histogramme des fréquences en
deux parties d’aires égales puisque l’aire de tous les rectangles d’un histogramme des fréquences
représentent 100% (figure 11b).
La médiane est unique, facile à déterminer. Elle n’est pas influencée par les valeurs observées ex-
trêmes mais elle ne tient pas compte de toutes les données et ne se prête pas à des calculs algébri-
ques.
4.2.3 Moyenne
La valeur centrale la plus utilisée pour résumer une série statistique est la moyenne.
La moyenne, notée x̄, est égale à la somme de toutes les observations, divisée par l’effectif total.
Pour obtenir la moyenne d’une série statistique à partir des effectifs des différentes valeurs prises
par le caractère étudié :
• on multiplie les différentes valeurs du caractère étudié par leur effectif;
• on additionne tous ces produits;
• on divise cette somme par l’effectif total.
Pour obtenir la moyenne d’une série statistique à partir des fréquences des différentes valeurs
prises par le caractère étudié :
• on multiplie les différentes valeurs du caractère étudié par leur fréquence exprimée par un
nombre décimal;
• on additionne tous ces produits.
La moyenne ne peut se calculer que si les valeurs observées sont numériques (quantitatives). Une
série qualitative n’a pas de moyenne.
• au lendemain des élections, on cherche à savoir quel parti comptera le plus de représentants,
ce qui correspond au mode;
• un chef d’entreprise doit connaître le salaire mensuel moyen de ses employés pour détermi-
ner dans son budget le montant qu’il doit attribuer à la masse salariale.
Nous reprenons ici les différentes mesures de dispersion rencontrées dans les sections 1 et 2.
4.3.1 Etendue
Pour se faire une première idée de la dispersion des observations, on calcule l’étendue de la série :
L’étendue d’une série est la différence entre la plus grande et la plus petite valeur observée.
L’étendue est facile à calculer, mais elle présente les désavantages suivants : elle ne tient pas compte
de toutes observations et elle est particulièrement sensible aux valeurs extrêmes comme nous l’avons
montré à la section 1.5.
Une manière de mesurer la dispersion autour de la médiane a été développée à la section 2.2. : elle
consiste à diviser la série en quatre parties, chacune d’elles comprenant 25% des observations.
De la même manière que la médiane est déterminée à partir du diagramme des fréquences cumulées
(section 4.2.2), on peut déterminer les valeurs correspondant respectivement aux fréquences 25% et
75%. Ces valeurs, notées respectivement Q1 et Q3 , sont appelées respectivement premier quartile et
troisième quartile de la série. La médiane est le deuxième quartile. La figure 12a montre brièvement
comment il faut procéder.
L’intervalle [Q1 , Q3 ] est appelé intervalle interquartile. Il comprend 50% des observations.
328 C h a p i t r e 10
Frquences Frquences
100 cumules (%) 100 cumules (%)
80 80
75 75
60 60
50
40 40
25 25
20 20
A la section 2.2, on a montré comment résumer l’information fournie par les quartiles et les in-
tervalles interquartiles sous forme d’un dessin appelé boîte à moustaches ou diagramme en boîtes.
Il a été dessiné en dessous du diagramme des fréquences cumulées de la figure 12b. La base du
rectangle est égale à la longueur de l’intervalle interquartile. Le trait vertical à l’intérieur du rec-
tangle correspond à la position de la médiane. Les deux segments horizontaux relient le rectangle
aux valeurs extrêmes de la série donnant ainsi une représentation de l’étendue de la série.
Une boîte à moustaches indique de façon très simple quelques caractéristiques d’une série statisti-
que. La médiane nous renseigne sur le milieu de la série. Les largeurs des deux parties de la boîte
rendent compte de la dispersion des valeurs autour de la médiane de la série : la boîte contient
50% de l’ensemble des observations : 25% à gauche de la médiane et 25% à sa droite. La longueur
des moustaches nous renseigne sur l’étendue d’une série. Une boîte à moustache permet aussi de
visualiser d’éventuelles symétries ou asymétries dans une série statistique.
De manière générale, la dispersion d’une série est d’autant plus grande que la boîte est longue.
La boîte à moustaches est particulièrement bien adaptée lorsqu’on veut comparer des séries d’ob-
servations d’un même caractère (section 2.2).
La mesure de dispersion d’une série autour de sa moyenne a été traité à la section 2.3.
La mesure généralement utilisée pour apprécier les écarts à la moyenne est la variance notée S 2 .
La variance d’une série statistique, notée S 2 , est la moyenne arithmétique des carrés des écarts à
la moyenne x̄, ce qui s’écrit
1
S2 = (xi − x̄)2 .
n
Pour obtenir la variance, notée S 2 , d’une série statistique à partir des effectifs des différentes
valeurs prises par le caractère étudié :
• on calcule l’écart entre chaque valeur prise par le caractère étudié et la moyenne;
• on élève cet écart au carré;
• on multiplie le carré de cet écart par l’effectif correspondant à la valeur;
• on additionne tous ces produits;
• on divise cette somme par l’effectif total.
L’écart-type d’une série, noté S , est la racine carrée (positive) de la variance de la série.
330 C h a p i t r e 10
yi = xi + b.
La seconde transformation consiste à remplacer une série de n observations x1 , x2 , . . . , xn par une
autre série de n observations y1 , y2 , . . . , yn obtenue en multipliant toutes les valeurs de la série par
une constante a : y = ax .
i i
On a vu l’effet sur la moyenne, la variance et donc sur l’écart-type de ces deux transformations. Ces
résultats se généralisent facilement.
Ces transformations sont utilisées pour comparer plusieurs séries statistiques concernant un même
caractère; par exemple, les revenus d’une même classe socio-professionnelle (médecins, ouvriers,...)
dans plusieurs pays différents. Pour cela, une série xi de moyenne x̄ et d’écart-type S est transformée
en une autre zi telle que z = xi −x̄ .
i S
On peut vérifier que la série zi a une moyenne nulle et un écart-type égal à 1.
les différences entre les valeurs obtenues pour la variance par l’une ou l’autre définition sont peu
importantes.
cÕ
90¡- α aÕ
c a
α α b
bÕ
a) b) Figure 1
Tous les triangles rectangles dont un angle aigu a une amplitude donnée α ont donc leurs angles
deux à deux de même amplitude. Ils sont donc tous semblables (Chap.6, section 3.3.2) et on peut
les placer en position homothétique (figure 1b).
Puisque ces triangles sont semblables, ils ont leurs côtés correspondants proportionnels; nous pou-
vons écrire les égalités a b c
= = . (1)
a b c
334 C h a p i t r e 11
B
α
A C Figure 3
Le rapport donné par la tangente de l’angle α correspond aussi à la pente (Chap.8, section 2.1.3)
de la droite AB par rapport à la direction de la droite AC (figure 3).
c
Dans un triangle rectangle, on définit
côté adjacent à l’angle b
cos α = = .
hypoténuse c α b
Figure 4
a c
= .
a c
Nous la transformons aussi, par la propriété des proportions, en l’égalité suivante :
a a
= .
c c
Donc, le rapport de la longueur du côté opposé à l’angle aigu donné à la longueur de l’hypoténuse
est le même pour tous les triangles rectangles semblables. Ce rapport est indépendant de la taille
des triangles et ne dépend que de l’amplitude de l’angle aigu α (figure 5).
Ce rapport est appelé sinus de l’angle aigu α et est noté par le symbole « sin α ».
c
Dans un triangle rectangle, on définit
côté opposé à l’angle a a
sin α = =
hypoténuse c α
Figure 5
Les rapports sin α, cos α et tg α sont des nombres. Ils sont appelés nombres trigonométriques asso-
ciés à l’angle aigu d’amplitude α.
Trigonométrie 335
1.2.4 Rapports trigonométriques d'angles complémentaires
Dans tout triangle rectangle, les deux angles aigus sont complémentaires : leurs amplitudes α et β
sont liées par la relation β = 90◦ − α (figure 6).
D’après les définitions des rapports trigonométriques, on peut écrire les égalités suivantes.
a b a
tg α = cos α = sin α =
b c c
b a b
tg β = cos β = sin β =
a c c
L’observation de ces rapports permet d’énoncer la propriété suivante.
Cette relation lie les nombres trigonométriques sin α et cos α et permet de calculer l’un dès qu’on
connaît l’autre.
336 C h a p i t r e 11
1.3.2 Relation entre tg α, cos α et sin α
a
Par définition, le rapport trigonométrique tg α = est calculé à partir des longueurs des deux
b
côtés de l’angle droit du triangle rectangle et ne fait pas intervenir l’hypoténuse.
a b
Par contre, les rapports trigonométriques sin α = et cos α = font intervenir la longueur de
c c
l’hypoténuse au dénominateur.
En calculant le rapport de sin α et de cos α, on aboutit à
a
sin α c a
= b
= .
cos α c
b
Dans un triangle rectangle, pour tout angle aigu α, on a
sin α
= tg α.
cos α
On peut en déduire que les valeurs que peuvent prendre le sinus et le cosinus d’un angle aigu dans
un triangle rectangle sont comprises entre 0 et 1 puisque cos α = cb et sin α = ac .
Par contre, dans un triangle rectangle, la tangente d’un angle aigu, tg α = ab , peut prendre toutes
les valeurs positives possibles puisque les longueurs a et b des deux côtés de l’angle droit sont
quelconques.
Trigonométrie 337
Nombres trigonométriques de 45◦
D
a) b) Figure 10
Pour calculer les nombres trigonométriques de 30◦ , on cherche une relation entre les longueurs des
côtés a, b et c de ce triangle.
En construisant le symétrique du triangle ABC par rapport à l’axe AC (figure 10b), on obtient un
triangle équilatéral ABD puisqu’il a trois angles de 60◦ . Comme
c = 2a,
en appliquant le théorème de Pythagore au triangle rectangle ACB de la figure 10a), on obtient
l’égalité : c2 = a2 + b2
qui se transforme en 4a2 = a2 + b2 .
On en déduit la valeur de b en fonction de a :
√
b2 = 3a2 et b = 3a.
Calculons les nombres trigonométriques de l’angle 30◦ :
a a 1
sin 30◦ = = =
c 2a 2
√ √
◦ b 3a 3
cos 30 = = =
c 2a 2
√
◦ a a 1 3
tg 30 = = √ = √ = .
b 3a 3 3
338 C h a p i t r e 11
Par les relations entre les nombres trigonométriques d’angles complémentaires, nous avons les
égalités suivantes
1
cos 60◦ = sin 30◦ =
2
√
◦ ◦ 3
sin 60 = cos 30 =
2
1 √
tg 60◦ = = 3.
tg 30◦
Le tableau 1 reprend les nombres trigonométriques des angles de 30◦ , 45◦ et 60◦ .
Estimation graphique
E
C
10
α
B
A D Figure 11
Trigonométrie 339
On peut obtenir une estimation du cosinus et du sinus d’un angle aigu α grâce au procédé graphique
suivant :
• on dessine, sur du papier millimétré, un quart de cercle dont le rayon mesure 10 cm (fi-
gure 11);
• on représente l’angle aigu d’amplitude dans un triangle rectangle placé comme sur la fi-
gure 11; l’hypoténuse du triangle a la même mesure que le rayon du cercle;
• on mesure en cm au mm près (grâce au papier millimétré), le côté adjacent [AB] et le côté
opposé [BC] à l’angle α ;
• on obtient une estimation des nombres trigonométriques de la manière suivante :
|AB| |BC| |BC|
cos α ∼
= , sin α ∼
= et tg α ∼
= .
10 10 |AB|
Voici une autre méthode pour obtenir une estimation de tg α : on dessine le triangle ADE semblable
au triangle ABC en prolongeant l’hypoténuse [AC] jusqu’au point E (figure 11). Dans ce triangle,
le côté [AD] mesure 10 cm; on mesure le côté [DE] à l’aide du papier millimétré. On obtient
|DE|
tg α ∼
= .
10
A l’aide de la calculatrice
Pour obtenir des valeurs plus précises de ces nombres, on peut utiliser une calculatrice. Pratique-
ment, chaque utilisateur doit se référer au mode d’emploi de sa calculatrice pour connaître la procé-
dure à utiliser.
Même si elles sont très précises, les valeurs fournies par une calculatrice n’en sont pas moins des
valeurs approchées.
Dans la résolution de problèmes, il est rarement nécessaire de garder toutes les décimales que donne
une calculatrice. Toutefois, dans les étapes intermédiaires d’un calcul, il est intéressant de conserver
un maximum de précision et de n’arrondir le résultat qu’à la fin.
340 C h a p i t r e 11
Voici deux exemples de résolution de problèmes à l’aide de la trigonométrie.
Exemple 1
Un avion décolle et s’élève dans le ciel en formant avec la terre ferme un angle de 25◦ . A quelle
altitude se situe-t-il lorsqu’il a parcouru 3 km ? A quelle distance « à vol d’oiseau » se trouve-t-il
alors de l’aéroport ?
Représentons cette situation à l’aide d’un triangle
rectangle (figure 13). 3 a
Nous sommes dans une situation où nous connais-
sons l’amplitude de deux angles (et donc du troi- 25° b Figure 13
sième) ainsi que la longueur de l’hypoténuse. Nous devons en déduire les longueurs des deux côtés
de l’angle droit.
a
Pour calculer l’altitude de l’avion, nous utilisons le rapport sin α = c. Avec les données, il s’écrit
a
◦
sin 25 = ou a = 3 · sin 25 ∼
◦
= 1, 2678.
3
L’avion est donc à 1268 m d’altitude.
Pour calculer la distance horizontale déjà parcourue par l’avion, nous utilisons le rapport cos α = cb .
Avec les données, il s’écrit b
cos 25◦ = ou b = 3 · cos 25◦ ∼
= 2, 7189.
3
L’avion se trouve donc à 2719 m « à vol d’oiseau » de son point de départ.
Exemple 2
A un moment précis de la journée, l’ombre d’un bâton vertical de 1, 20 m de hauteur planté dans
un sol parfaitement horizontal mesure 82 cm. Calculez l’inclinaison des rayons du soleil avec le sol.
On peut également représenter cette situation (fi-
gure 14) à l’aide d’un triangle rectangle dont on
connaît les deux côtés de l’angle droit et dont on
cherche l’amplitude d’un des deux angles aigus.
120
Le rapport tg α = ab lie les mesures des deux côtés
de l’angle droit à l’amplitude d’un des angles aigus.
α
Dans notre problème, on obtient
82 Figure 14
120
tg α = = 1, 46341...
82
Pour connaître une valeur approchée de l’amplitude de l’angle α, on utilise une calculatrice. Dans
cette situation, cela donne α∼
= 55, 6539◦ .
Trigonométrie 341
2 Extension aux triangles quelconques
Les rapports trigonométriques des angles aigus d’un triangle rectangle lient les mesures des angles
et des côtés.
Dans les triangles quelconques, on peut s’appuyer sur ces mêmes rapports pour trouver de nouvelles
relations entre les mesures des côtés et des angles.
Comme certains triangles quelconques sont obtusangles, cela nous amène à définir les nombres
trigonométriques d’un angle obtus.
Nous envisageons trois cas selon que le triangle quelconque est déterminé par un côté et deux
angles, deux côtés et l’angle compris entre ces côtés ou trois côtés.
α + β + γ = 180◦ ou α = 180◦ − β − γ .
Il est possible de calculer les longueurs b et c de ses deux autres côtés.
Afin de pouvoir utiliser les rapports trigonométriques des triangles rectangles, on abaisse du som-
met B , la hauteur BM et du sommet C , la hauteur CN . On a deux cas de figures suivant que le
triangle est acutangle ou obtusangle (figure 16).
A
M
M A
B C B C Figure 16
Considérons le triangle acutangle ABC de la figure 17 : sa hauteur [BM ] détermine deux triangles
rectangles en M , BM A et BM C . Par définition du sinus d’un angle aigu dans un triangle rectangle,
on a les égalités :
|BM |
= sin α ou |BM | = c sin α (1)
|BA|
|BM |
= sin γ ou |BM | = a sin γ . (2)
|BC|
342 C h a p i t r e 11
A
α
c M
γ
B a C Figure 17
β
B a C Figure 18
La hauteur [BM ] détermine deux triangles rectangles en M , BM A dont un des angles aigus mesure
(180◦ − α) et BM C dont un des angles aigus mesure γ (figure 20a). Par définition du sinus d’un
angle aigu dans un triangle rectangle, nous avons les relations :
|BM |
= sin γ ou |BM | = a sin γ , (8)
|BC|
|BM |
= sin(180◦ − α) ou |BM | = c sin(180◦ − α) . (9)
|BA|
Trigonométrie 343
En égalant les valeurs de |BM | dans (8) et (9), on obtient l’égalité
a sin γ = c sin(180◦ − α)
a c
qui s’écrit aussi = . (10)
sin(180◦ − α) sin γ
Cette égalité permet de calculer c à partir des données.
De la même manière, la hauteur [CN ] détermine deux triangles rectangles en N , CN A et CN B
(figure 20b). Nous obtenons successivement
|CN |
= sin β ou |CN | = a sin β , (11)
|CB|
|CN |
= sin(180◦ − α) ou |CN | = b sin(180◦ − α) . (12)
|CA|
M
A A
180¡-α 180¡-α
c b
γ β
B a C B a C
a) b) Figure 20
Cette formule est presque la même que celle obtenue dans le cas du triangle acutangle. Remarquons
qu’il est normal que le sin α n’intervienne pas dans la formule (14) puisqu’il s’agit d’un angle obtus
dont nous n’avons pas encore défini jusqu’ici le sinus.
Afin d’obtenir une même formule pour exprimer la relation entre les mesures des côtés et les am-
plitudes des angles quel que soit le type de triangle (acutangle ou obtusangle), nous décidons de
définir le sinus d’un angle obtus comme le sinus de son supplémentaire qui, lui, est un angle aigu.
Les égalités (7) et (14) peuvent donc s’écrire sous une forme unique appelée formule des sinus.
344 C h a p i t r e 11
2.2 Généralisation du théorème de Pythagore
Nous savons qu’un triangle est déterminé par A
deux côtés b et c ainsi que par l’angle α compris α
entre les deux côtés (figure 21). c b
Recherchons le troisième côté a et les deux an-
gles β et γ .
β?
B a? γ?
La formule des sinus C
Figure 21
a b c
= =
sin α sin β sin γ
ne permet pas de calculer α, β et γ . En effet, quelle que soit l’égalité choisie, on a toujours deux
inconnues (soit a et β , soit β et γ , soit a et γ ). Il faut donc travailler autrement. Distinguons ici
aussi deux cas suivant que l’angle donné est aigu ou obtus.
Cette relation lie deux longueurs |CM | et |M B| que nous ne connaissons pas.
Cependant d’une part,
|CM | = |AC| − |AM |, (2)
et d’autre part, le théorème de Pythagore dans le triangle BM A permet d’écrire
|M B|2 = |AB|2 − |AM |2 . (3)
En substituant les valeurs de |CM | et |M B| données par les égalités (2) et (3) dans l’égalité (1), on
obtient successivement
|BC|2 = (|AC| − |AM |)2 + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AM |2 − 2|AC||AM | + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AB|2 − 2|AC||AM | .
Puisque
|BC| = a , |AC| = b , |AB| = c et |AM | = c cos α,
nous obtenons la formule suivante :
a2 = b2 + c2 − 2bc cos α. (4)
Cette formule permet de calculer a à partir des données.
Pour déterminer ensuite les amplitudes β et γ des deux autres angles, on utilise la formule des sinus
élaborée à la section 2.1.
Trigonométrie 345
Cas du triangle obtusangle M
Cette égalité lie deux longueurs |CM | et |M B| que nous ne connaissons pas.
Cependant d’une part,
|CM | = |CA| + |AM |, (6)
et d’autre part, le théorème de Pythagore dans le triangle BM A permet d’écrire
|M B|2 = |AB|2 − |AM |2 . (7)
En substituant les valeurs de |CM | et |M B| données par les égalités (6) et (7) dans l’égalité (5), on
obtient successivement
|BC|2 = (|AC| + |AM |)2 + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AM |2 + 2|AC||AM | + |AB|2 − |AM |2
= |AC|2 + |AB|2 + 2|AC||AM | .
Puisque
|BC| = a , |AC| = b , |AB| = c et |AM | = c cos(180◦ − α),
nous obtenons la formule suivante :
a2 = b2 + c2 + 2bc cos(180◦ − α). (8)
Cette formule permet d’obtenir a à partir des données.
Tout comme dans le cas de la formule des sinus, on trouve deux formules, la première valable si
l’angle α est aigu et l’autre si l’angle α est obtus. Afin d’obtenir une même formule, quel que soit
le type de triangle (acutangle ou obtusangle), nous décidons de définir le cosinus d’un angle obtus
comme l’opposé du cosinus de son supplémentaire qui lui est un angle aigu.
Les égalités (4) et (8) peuvent donc s’écrire sous une forme unique appelée formule de Pythagore
généralisée.
Pour déterminer les angles β et γ , on utilise la formule des sinus élaborée à la section 2.1.
Cette démarche qui nous amené à définir le cosinus et le sinus d’un angle obtus à partir du cosinus
et du sinus d’un angle aigu reflète un souci d’unification d’une théorie.
346 C h a p i t r e 11
2.3 Détermination des amplitudes des angles d'un triangle
Un triangle ABC est déterminé par les longueurs A
a, b et c de ses côtés (figure 24). α?
La formule de Pythagore généralisée b c
a = b + c − 2bc cos α
2 2 2
Trigonométrie 347
P
+60° +240°
O O
E E
-300° -120°
Figure 26
D’autre part, tout angle orienté ABC détermine un point P du cercle trigonométrique (figure
, on
27). Pour situer sur le cercle trigonométrique, le point P correspondant à l’angle orienté ABC
transporte une copie de l’angle ABC (à l’aide d’un calque, par exemple), on superpose le côté [BA
au côté [OE et on situe le point P sur le cercle trigonométrique à l’intersection de la demi-droite
[BC et du cercle.
A C
+135¡ +135¡
C B O B E A
Figure 27
348 C h a p i t r e 11
y y
α x α x
O
-α E -α E
Q
Q
Figure 28
Dans un cercle trigonométrique, deux angles opposés sont représentés par deux points du cercle,
images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale d’axe x.
Deux angles orientés sont supplémentaires lorsque la somme de leurs amplitudes vaut 180◦ .
La figure 29 montre deux cas d’angles supplémentaires dans un cercle trigonométrique. A la figure
et EOQ
29a, les deux angles orientés EOP ont une amplitude positive strictement comprise entre
◦ ◦ a une amplitude supérieure à 180◦ et donc l’angle EOQ
0 et 180 et à la figure 29b, l’angle EOP
est considéré négativement.
y y
Q
180¡-α
α
α x x
O
O E 180¡-α E
a) b) Figure 29
Dans un cercle trigonométrique, deux angles supplémentaires sont représentés par deux points
du cercle, images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale d’axe y .
Deux angles orientés sont antisupplémentaires lorsque la différence de leurs amplitudes vaut 180◦ .
Trigonométrie 349
y y
180¡+ α α
α x x
O
E O α Ð 180¡ E
Q Q
a) b) Figure 30
Dans un cercle trigonométrique, deux angles antisupplémentaires sont représentés par deux points
du cercle, images l’un de l’autre par la symétrie centrale de centre O .
La figure 31 montre deux cas d’angles complémentaires dans un cercle trigonométrique. A la figure
et EOQ
31a, les deux angles orientés EOP ont une amplitude positive strictement comprise entre
◦ ◦ a une amplitude supérieure à 90◦ et donc l’angle EOQ
0 et 90 et à la figure 31b, l’angle EOP est
considéré négativement.
y y
Q
y=x y=x
O α 90¡- α x 90¡Ð α x
O
E α E
a) b) Figure 31
Dans un cercle trigonométrique, deux angles complémentaires sont représentés par deux points du
cercle, images l’un de l’autre par la symétrie orthogonale dont l’axe est la droite d’équation y = x.
350 C h a p i t r e 11
3.3 Nombres trigonométriques d'angles orientés
En tenant compte de l’orientation du cercle tri-
gonométrique, on répartit les points du cercle (et
tous ceux du plan) en quatre parties appelées II I
quadrants comme à la figure 32.
A partir des rapports trigonométriques dans un triangle rectangle (sections 1.2.2 et 1.2.3), on a
|OPx | |P Px |
cos α = et sin α = .
|OP | |OP |
Or, |OP | = 1 et donc
cos α = |OPx | et sin α = |P Px |.
y y
(0,1) (0,1)
(cosα, sinα)
1
O α (1,0) O α
x E x x (1,0) x
a) b) Figure 33
Trigonométrie 351
3.3.2 Coordonnées des points situés dans le deuxième quadrant
Considérons le cercle trigonométrique et un point P situé dans le deuxième quadrant (figure 34a).
est un angle obtus orienté d’amplitude α. En abaissant de P , la perpendiculaire à l’axe
L’angle EOP
des x, on trouve le point Px . Le triangle OPx P est un triangle rectangle dont l’amplitude de l’angle
aigu en O vaut (180◦ − α) et dont l’hypoténuse [OP ] est de longueur unité.
A partir des rapports trigonométriques dans un triangle rectangle (sections 1.2.2 et 1.2.3), on a
|OPx | |P Px |
cos(180◦ − α) = et sin(180◦ − α) = .
|OP | |OP |
Or, |OP | = 1 et donc
cos(180◦ − α) = |OPx | et sin(180◦ − α) = |P Px |.
y y
(0,1) (0,1)
(x,y) (cosα, sinα)
α α
180¡Ð α (1,0) x (1,0) x
x O E O E
a) b) Figure 34
Nous en déduisons que l’abscisse et l’ordonnée du point P (figure 34a), dans le système d’axes choisi,
sont
x = −|OPx | = − cos(180◦ − α) et y = |P Px | = sin(180◦ − α).
Or, aux sections 2.1 et 2.2, nous avons défini le cosinus et le sinus d’un angle obtus d’amplitude α
de la façon suivante :
cos α = − cos(180◦ − α) et sin α = sin(180◦ − α).
Nous en déduisons que l’abscisse et l’ordonnée du point P (figure 34b), dans le système d’axes choisi,
sont
x = − cos(180◦ − α) = cos α et y = sin(180◦ − α) = sin α.
3.3.3 Coordonnées des points situés dans les troisième et quatrième quadrants
Supposons que le point P se situe dans le troisième ou le quatrième quadrant. L’amplitude α de la
rotation qui envoie le point E sur le point P dans le sens positif est supérieure à 180◦ .
Les coordonnées de tous les points P des premier et deuxième quadrants s’expriment sous l’unique
forme (cos α, sin α).
Nous décidons d’étendre ce résultat aux coordonnnées des points P du cercle trigonométrique situés
dans les troisième et quatrième quadrants; ce qui conduit aux définitions de la section suivante.
352 C h a p i t r e 11
3.3.4 Définitions générales des nombres trigonométriques
Cosinus et sinus d’un angle orienté
Quelle que soit la position du point P sur un cercle trigonométrique et l’angle α associé, on a
cos α = abscisse du point P ,
sin α = ordonnée du point P .
y y
(0,1) (0,1)
α
x O x
O (1,0) (1,0)
α
(cosα, sinα)
(cosα, sinα)
Figure 35
Trigonométrie 353
3.3.5 Interprétation de la tangente d'un angle orienté
Considérons la droite OP (figure 37) passant par l’origine O du système d’axes et par le point P de
coordonnées (cos α, sin α) et calculons sa pente :
∆y yP − yO sin α − 0 sin α
m= = = = = tg α. (1)
∆x xP − xO cos α − 0 cos α
La tangente d’un angle orienté d’amplitude α correspond à la pente de la droite passant par l’ori-
gine du système d’axes et le point du cercle associé à cet angle.
y y (1,yA) = (1,tgα)
(0,1) (0,1) A
(cosα, sinα)
∆y = tgα
∆y = sinα
O α x O α x
∆x = cosα (1,0) ∆x = 1 (1,0)
a) b) Figure 37
La tangente d’un angle orienté peut prendre n’importe quelle valeur numérique.
Les angles orientés de 90◦ et 270◦ n’ont pas de tangente.
354 C h a p i t r e 11
Or, le cercle trigonométrique est un cercle centré à l’origine et de rayon unité et tout point P de
ce cercle a pour coordonnées (cos α, sin α). Nous en déduisons la propriété suvante.
Q (cosα, sinα)
(- cosα, sinα) 180¡-α
180¡+α α E
-α x
O
S R (cosα, - sinα)
(- cosα, - sinα)
Figure 38
Des angles supplémentaires ont mêmes sinus et ont des cosinus opposés.
Trigonométrie 355
, opposé de EOP
b) Le point R, symétrique de P par rapport à l’axe des x, détermine l’angle EOS
et dont l’amplitude vaut (−α). Les coordonnées du point R peuvent s’obtenir de deux façons diffé-
rentes.
A partir de l’angle d’amplitude (−α), les coordonnées du point R sont
(cos(−α), sin(−α)).
A partir des coordonnées du point P , on obtient celles du point R :
(cos α, − sin α).
On en déduit la propriété suivante.
, antisupplémentaire
c) Le point S , symétrique de P par rapport au centre O , détermine l’angle EOR
◦
de EOP et dont l’amplitude vaut (180 +α). Les coordonnées du point S peuvent s’exprimer de deux
façons.
A partir de l’angle d’amplitude (180◦ + α), les coordonnées du point S sont
(cos(180◦ + α), sin(180◦ + α)).
A partir des coordonnées du point P , on obtient celles du point S :
(− cos α, − sin α).
On en déduit la propriété suivante.
Des angles antisupplémentaires ont des sinus opposés et des cosinus opposés.
α (cosα, sinα)
α 90¡- α
O x E x
Figure 39
356 C h a p i t r e 11
Les coordonnées du point T peuvent s’obtenir de deux façons.
A partir de l’angle d’amplitude (90◦ − α), les coordonnées du point T sont
(cos(90◦ − α), sin(90◦ − α)).
A partir des coordonnées du point P , on obtient celles du point T :
(sin α, cos α).
On en déduit la propriété suivantes.
Pour deux angles complémentaires, le sinus de l’un est égal au cosinus de l’autre.
Trigonométrie 357
Chapitre
Vecteurs
12
Déjà du temps de la Grèce antique,
des savants comme Euclide, ont
utilisé des segments pour
représenter des grandeurs et des
nombres. Mais cette utilisation de
segments ne s’appuyait que sur une
de leurs propriétés : la longueur.
D’autres propriétés des segments
telles que la direction et le sens, ont
été prises en considération
seulement aux XVIe et XVIIe siècles.
Léonard de Vinci, Galilée ou Simon
Stevin ont utilisé des flèches pour
représenter des grandeurs orientées
telles que les forces, les vitesses, les
déplacements... Ce n’est qu’au XXe
siècle que les vecteurs sont devenus
aussi des outils de la géométrie.
Dans ce chapitre, on définit les
vecteurs géométriques et les 1. Vers une définition de
opérations sur les vecteurs en vecteur
s’inspirant de leurs propriétés en 2. Vers la somme de deux
physique. On montre l’intérêt des vecteurs
vecteurs dans l’étude de la
géométrie.
3. Produit d’un vecteur par un
nombre
4. Composantes d’un vecteur
5. Quelques propriétés
exprimées vectoriellement
1 Vers une définition de vecteur
1.1 Vecteur en physique
En physique, un vecteur représente une grandeur orientée, c’est-à-dire une grandeur caractérisée
par une direction, un sens et une mesure.
On montre ici deux exemples : le vecteur-force et le vecteur-déplacement.
1.1.1 Vecteur-force
Selon la loi de Hooke (Chap.9, section 1.4.2), lorsqu’on tire sur l’extrémité d’un ressort, celui-ci
s’allonge proportionnellement à l’intensité de la force appliquée (figure 1a). Cette propriété du
ressort est à la base de la construction d’un appareil qui permet de mesurer l’intensité d’une force,
appelé dynamomètre. Il est constitué essentiellement d’un ressort et d’une marque qui se déplace
devant une graduation (figure 1b). La force qui s’exerce sur le dynamomètre est représentée par
une flèche (figure 1c) dont la direction est celle du dynamomètre, le sens est celui qui correspond
au sens d’étirement du ressort et la longueur est proportionnelle à l’intensité lue sur la graduation.
−
→
Ainsi, un vecteur-force, noté F , est caractérisé par une direction, un sens et une intensité. Une
flèche ou un segment orienté représente toutes ces informations.
a) b) c) Figure 1
Dans le langage courant, on confond souvent la direction et le sens. Dans le cas des vecteurs, il
est important de faire la distinction entre les deux : la figure 2 représente deux forces de même
intensité, de même direction, mais de sens opposés.
F2 F1
Figure 2
1.1.2 Vecteur-déplacement
En physique, quand on étudie le déplacement d’un B
mobile dans le plan ou dans l’espace, on prend en
compte seulement la position initiale et la posi-
tion finale de ce mobile, quel que soit le trajet A
emprunté entre les deux. Ainsi, un déplacement Figure 3
−→
de A vers B (figure 3), noté AB , peut être modélisé par une flèche dont la direction est celle de la
droite AB , le sens est celui de A vers B et la longueur est égale à la distance |AB|.
360 C h a p i t r e 12
1.2 Vecteur en géométrie
En géométrie, une flèche est appelée segment orienté. Ce segment est déterminé par un couple de
points. Le premier point est l’origine et le second est l’extrémité.
−→
Lorsque le couple de points est (A, B), le segment orienté associé est noté AB .
1.2.1 Translation
Une translation est déterminée par un segment orienté ou par un couple de points (Chap. 3, sec-
−−→
tion 1.1). Par exemple, la donnée du segment orienté noté M N à la figure 4, indique que la trans-
lation considérée envoie le point M sur le point N . Cela suffit pour construire le quadrilatère
−−→
A B C D comme image du quadrilatère ABCD par cette translation. Le segment orienté M N in-
dique la direction, le sens et la longueur de la translation. Mais tout autre segment orienté de même
direction, même longueur et même sens détermine la même translation.
On identifie une translation avec l’ensemble de tous les segments orientés ayant une même direc-
tion, une même longueur et un même sens.
M
D
N
D'
A
C
A' C'
B
B' Figure 4
Ainsi, en géométrie, un segment orienté n’est pas un vecteur mais représente un vecteur.
On désigne généralement un vecteur
−→
• par deux lettres majuscules A et B surmontées d’une flèche AB , où A et B désignent res-
pectivement l’origine et l’extrémité d’un représentant du vecteur;
• par une seule lettre minuscule surmontée d’une flèche − →
u.
−→
La notation AB utilisée jusqu’à maintenant pour désigner un segment orienté d’origine A et d’ex-
trémité B , désigne désormais un vecteur, c’est-à-dire tous les segments orientés ayant une même
direction, un même sens et une même longueur.
u
B u
u u u
u
A Figure 5
Vecteurs 361
Grâce à cette nouvelle signification de la notation, on peut donner du sens à l’égalité
−→ −→
AB = CD
bien que les segment orientés, l’un d’origine A et d’extrémité B , et l’autre d’origine C et d’extrémité
D, soient différents. Il s’agit ici d’une égalité de vecteurs, ce qui signifie que ces segments sont
parallèles, de même sens et de même longueur. La translation qui envoie le point A sur le point B
est donc la même que la translation qui envoie le point C sur le point D .
De ce qui précède, il résulte que
−→ −→
• d’une part, si AB = CD, alors le quadrilatère ABDC est un parallélogramme (Chap.8, sec-
tion 1.2.4).
• d’autre part, si un quadrilatère ABDC est un parallélogramme, alors les segments orientés
correspondant aux couples de points (A, B) et (C, D) sont des représentants d’un même
−→ −→
vecteur, ce qu’on exprime à l’aide de l’égalité AB = CD .
Le fait que le quadrilatère soit un parallélogramme s’exprime vectoriellement à l’aide d’une des
égalités : −→ −→ −→ −→
AB = CD ou AC = BD.
B B
u
A A v
D D
u v
C C
a) b) Figure 6
362 C h a p i t r e 12
−
→ −
→
Deuxième principe : L’action simultanée, sur un point A, de deux forces F1 et F2 de même direction,
de même intensité mais de sens opposés maintient le point A en équilibre (c’est-à-dire que le point
ne se déplace pas).
F1 A F2
Figure 8
On convient dans ce cas de noter la relation entre les deux forces de la manière suivante :
−
→ −
→
F1 = −F2 .
Ces principes ont été établis expérimentalement. Voici une expérience qui permet de rendre plausible le premier
principe :
• on attache un anneau à une extrémité d’un élastique et l’autre extrémité est fixée à un clou;
• on accroche à l’anneau deux dynamomètres gradués de la même manière et on les tire dans les directions
différentes. Les dynamomètres étirent l’élastique (figure 9a);
• On accroche à l’élastique un seul dynamomètre (figure 9c) et on le tire d’une telle manière que l’anneau
prenne la même position que celle marquée à la figure 9b.
On observe que la direction, le sens et l’intensité de la force utilisée correspondent à la flèche qui est construite
sur la diagonale du parallélogramme représenté à la figure 9b.
FA
FR
FB
a) b) c) Figure 9
−→ −→
Considérons les déplacements données par les segments orientés AB et BC , le déplacement de A
−→
vers C est donné par le segment orienté AC .
C
B
Figure 10
On convient de noter la relation entre les trois déplacements de la manière suivante :
−→ −→ −→
AB + BC = AC .
Vecteurs 363
2.2 Composition de translations
Considérons deux translations définies par les vecteurs −
→
u et −
→
v de directions différentes comme à
la figure 11a.
B D
u u u
N v v
v v v
M
u u
A C
a) b) c) Figure 11
On se donne un point A et on cherche son image B par la succession de ces deux translations
(figure 11b) :
• soit on envoie d’abord le point A sur le point M par la translation de vecteur −
→
u et ensuite,
−
→
on envoie le point M sur le point B par la translation de vecteur v ;
• soit on envoie d’abord le point A sur le point N par la translation de vecteur −
→
v et ensuite,
−→
le point N est envoyé sur le point B par la translation de vecteur u car le quadrilatère
AN BM est un parallélogramme.
Quand on applique successivement ces deux translations à un autre point, par exemple le point C ,
−→ −→
on a que CD = AB (figure 11c).
−→
Ainsi, n’importe quel segment orienté représentant le vecteur AB définit la translation qui résulte
de la succession des deux translations associées aux vecteurs −
→
u et −
→
v.
−→
La translation de vecteur AB est appelée composée des translations de vecteurs −
→
u et −
→
v.
Une translation qui résulte de la succession de deux translations est appelée composée de
translations.
2.3 Somme de deux vecteurs - vecteur nul - vecteur opposé d'un vecteur
2.3.1 Somme de deux vecteurs
La somme de deux vecteurs − →u et −
→
v est le vecteur correspondant à la translation composée des
translations définies par les vecteurs −
→
u et −
→v.
Ce vecteur est noté −
→
u +−
→
v ou −
→
v +−
→
u.
364 C h a p i t r e 12
Dans le cas particulier où les deux vecteurs ont la même direction, leur somme est le vecteur con-
struit par enchaînement1 . La figure 13a montre cet enchaînement lorsque les deux vecteurs ont le
même sens. La figure 13b le montre lorsque les deux vecteurs ont des sens opposés.
u v
v u
u u v
v
u +v u +v
a) b) Figure 13
−
→
u et de son opposé −−
La somme du vecteur −
→ →
u est le vecteur nul : −
→
u + −−
→
u = 0.
1 Dans ce cas là, le parallélogramme est aplati, autrement dit tous les sommets sont alignés.
Vecteurs 365
2.4 Propriétés de l'addition
L’addition des vecteurs a les mêmes propriétés que l’addition des nombres.
2.4.1 Commutativité
La figure 14a illustre cette propriété pour deux vecteurs non nuls, de directions différentes, et la
figure 14b pour deux vecteurs non nuls, de même direction.
u B
u v
v N v
v +u u
u +v u
v v v +u
M v
u +v
u A u
a) b) Figure 14
2.4.2 Associativité
Pour additionner trois vecteurs −
→
u,−
→
v et −
→
w , on additionne l’un d’eux à la somme des deux autres.
w
w w
u u +v ( u +v ) +w v +w (
u + v+w )
v v v
u u
a) b) Figure 15
La figure 15 montre que le vecteur −
→
u +−
→
v +−
→
w (figure 15a) est égal au vecteur −
→
u + −
→
v +−
→
w
(figure 15b). Ce vecteur est noté
−
→
u +−
→
v +−
→
w.
Lorsque, pour additionner plusieurs vecteurs, on choisit leurs représentants de sorte que l’extré-
mité de chacun (sauf le dernier) soit l’origine du suivant, alors leur somme est représentée par le
segment orienté qui relie l’origine du premier à l’extrémité du dernier (figure 16).
366 C h a p i t r e 12
A6
A1 A2
B A5
A A3
C
A4
Figure 16
−→ −→ −→ −−−→ −−−→ −−−→ −−−→
AB + BC = AC A1 A2 + A2 A3 + ... + A5 A6 = A1 A6 .
Ces égalités sont des expressions de la relation de Chasles2 et rappellent la succession des déplace-
ments.
Pour multiplier un vecteur par un nombre positif, on multiplie sa longueur par ce nombre et on
conserve sa direction et son sens.
Pour multiplier un vecteur par un nombre négatif, on multiplie sa longueur par la valeur absolue
du nombre et on conserve sa direction, mais on inverse son sens.
1
u
3
0,5 u Figure 17
Vecteurs 367
En particulier, la multiplication d’un vecteur par le nombre 1 ne modifie pas ce vecteur :
1·−
→
u =−
→
u.
La multiplication d’un vecteur par le nombre −1 donne le vecteur opposé :
(−1) · −
→
u = −−
→
u.
La multiplication d’un vecteur par un nombre est appelée multiplication scalaire.
u 1
u
6
1
1 u
1 2
3
( 2
u ) Figure 18
Le terme mixte est justifié par la présence de deux multiplications : la multiplication entre deux
nombres et celle entre un nombre et un vecteur.
368 C h a p i t r e 12
Quels que soient les nombres a et b, et le vecteur −
→
u , on a
(a + b)−
→
u = a−
→
u + b−
→
u.
Cette propriété de la multiplication scalaire est appelée distributivité de la multiplication scalaire
par rapport à l’addition des nombres.
2v
2 u +2 v 2 (u +v )
v v
u +v
u 2u u
a) b) c) Figure 20
L’égalité (1) est l’expression vectorielle du fait que les parallélogrammes qui servent à construire
les sommes de vecteurs − →u +− v et 2−
→ →
u + 2−→v sont homothétiques (figure 20c) donc semblables et
que le rapport de la similitude est égal à 2 (Chap. 6, section 3.4.2).
La figure 21 montre, pour les vecteurs −
→
u et −
→
v et pour le nombre −2, que
−2−
→
u + −2−
→
v = −2 −→
u +−
→
v .
v u +v -2 u v
Ð2 ( u + v ) u Ð2 u + ( Ð2 v ) u
-2v
Figure 21
Vecteurs 369
4 Composantes d'un vecteur
On peut additionner deux vecteurs quels qu’ils soient et la somme est encore un vecteur. Dans
cette section, on montre qu’on peut aussi décomposer un vecteur en une somme de deux vecteurs
quelconques non nuls.
F
N N N
voile voile voile F’
a) b) c) Figure 22
−
→
Un bateau à voile avance grâce à la force de la poussée du vent. Cette poussée notée N s’exerce
perpendiculairement sur la voile (figure 22a). Elle peut être décomposée en somme de deux forces : la
−
→ −
→ −
→ → −
− →
force F qui pousse le bateau en avant et la force F qui tente de le reverser. On a donc N = F + F .
Ces forces sont respectivement parallèle et perpendiculaire à l’axe du bateau.
−
→ −
→ −
→
La décomposition de la force N en somme des forces F et F est présentée aux figures 22b et 22c.
−
→ −→ −→
u = AB = CD.
B
A D
u
C L Figure 24
370 C h a p i t r e 12
−→ −→
A la figure 24, les vecteurs AB et CD apparaissent comme somme de deux vecteurs, l’un horizontal
et l’autre vertical. On a
−→ −−→ −−→ −→ −→ −→
AB = AK + KB et CD = CL + LD.
−→ −→
A la figure 25, on a placé les vecteurs AB et CD dans un système d’axes; soient (xA , yA ), (xB , yB ),
(xC , yC ), (xD , yD ) les coordonnées respectives des points A, B , C et D.
yB B
A K
yA
D
yD
u
yC L
1 C
0 1 xA xC xB xD Figure 25
La translation qui envoie A sur B est caractérisée par le couple (xB − xA , yB − yA ) (Chap.8, section
1.2.4) et celle qui envoie C sur D est caractérisée par le couple (xD − xC , yD − yC ).
−→ −→
Comme AB et CD sont des représentants du même vecteur −
→
u , il s’agit de la même translation et
donc du même couple, d’où
xB − xA = xD − xC et yB − yA = yD − yC .
Dans un système d’axes, le couple de nombres associé à un vecteur est appelé composantes du
vecteur −
→
u et noté (xu , yu ).
−→
Considérons (xA , yA ) et (xB , yB ) les coordonnées respectives de deux points A et B . Si AB est un
représentant du vecteur − →u . Alors on a
xu = xB − xA et yu = yB − yA .
Les composantes d’un vecteur permettent de construire un représentant de celui-ci dont l’origine
est un point quelconque du plan : dans un système d’axes, considérons un point A et le vecteur − →
u
dont les composantes sont (2, −1). Pour trouver l’extrémité B du représentant dont l’origine est le
point A, il faut avancer de 2 unités vers la droite, parallèlement à l’axe des abscisses et d’1 unité
vers le bas, parallèlement à l’axe des ordonnées (figure 26a).
A +2 A +2
u
Ð1 Ð1
B B
+2
Ð1
(2,-1)
a) b) Figure 26
Pour trouver l’extrémité P du représentant dont l’origine est l’origine O du système d’axes, il faut
avancer de 2 unités vers la droite, parallèlement à l’axe des abcisses et d’1 unité vers le bas, parallè-
Vecteurs 371
lement à l’axe des ordonnées (figure 26b).
−→ −→
D’une part, les composantes du vecteur OP = AB sont (2, −1).
D’autre part, les coordonnées du point P sont (2, −1).
Dans un système d’axes, les composantes d’un vecteur −→u sont les coordonnées du point P extré-
−→
mité du représentant de u qui a pour origine, l’origine du système d’axes.
u
yu
xu
yu
O xu Figure 27
1 1
1 0
3 1
1
0 1
a) b) Figure 28
A la figure 29, on a construit un représentant du vecteur de composantes (1, 2) dans chacun des
systèmes d’axes indiqués. Les deux vecteurs obtenus ne sont pas égaux : ils n’ont ni la même direction,
ni la même longueur.
1
1
0 1 0 1
a) b) Figure 29
372 C h a p i t r e 12
A la figure 30, on a (xu , yu ) = (1, 5; 2) et v
(xv , yv ) = (3, 1). On observe que les composantes 3 1
du vecteur − →
u +− →
v sont u u +v 3
2
(4, 5; 3) = (1, 5 + 3; 2 + 1) = (xu + xv , yu + yv ). 1
1,5 4,5
0
1 Figure 30
3
A la figure 31, on a (xu , yu ) = (1, 2) et r = 2. On
3−→ 3
u
observe que les composantes du vecteur 2 u sont 2
3
3 3 3 3 3 u 2
,3 = · 1, · 2 = xu , yu .
2 2 2 2 2 1
1
1,5
0
1 Figure 31
Vecteurs 373
Alignement de trois points
Ce critère est la conséquence de la définition de la multiplication scalaire d’un vecteur par un nom-
bre.
Quelle que soit la configuration de la figure 35 que l’on considère, le théorème de Thalès a une
expression vectorielle unique (Chap.6, section 2.3).
Considérons deux droites s et s , parallèles ou sécantes coupées l’une et l’autre par des droites
parallèles a, b et c. Soient A, B et C , les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et
c et A , B et C les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et c.
−→ −→ −−→ −−→
Si AC = r AB où r est un nombre réel, alors A C = r A B .
a b a b a b
s A c c c
B A
C A B C s B s'
s' C'
A' A' A' B'
B' B' C
C' s
C' s'
Figure 35
Considérons deux droites s et s , parallèles ou sécantes coupées l’une et l’autre par les droites
parallèles a, b et c. Soient A, B et C , les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et
c et A , B et C les points d’intersection de la droite s avec les droites a, b et c.
Si un point C de la droite s et un point C de la droite s vérifient les égalités suivantes :
−→ −→ −− → −−→
AC = rAB et A C = rA B pour un certain nombre réel r
alors les droites AA , BB et CC sont parallèles entre elles.
374 C h a p i t r e 12
Théorème du milieu
L’expression vectorielle du théorème de milieu (Chap. 6, section 2.2.2) est la suivante.
Dans un triangle ABC , si M est le milieu de [AB] et N est le milieu de [AC], alors
−−→ 1 −→
M N = BC .
2
A A
M N M
N
B B
C C Figure 36
Figures homothétiques
Considérons deux figures homothétiques, par exemple, de rapport de similitude égal à 3. Cela
s’exprime vectoriellement par les égalités suivantes :
−−→ −→ −−→ −→ −−→ −→ −−→ −→
OA = 3OA, OB = 3OB , OC = 3OC , OD = 3OD,
−− → −→ −−→ −→ −−→ −→
A B = 3AB , B C = 3BC , C D = 3CD.
O
A D
B C
A' D'
Vecteurs 375
Chapitre
Lagéométriedel'espace
13
Nous vivons dans l’espace et nous tions relatives des droites et des
sommes entourés d’objets appelés plans à l’aide de dessins, mais pour
« solides » ou « tridimensionnels » justifier la validité des dessins, on a
car ils ont, pour le dire simplement, besoin des propriétés déduites des
une longueur, une largeur et une positions relatives.
hauteur. La géométrie de l’espace Dans ce qui suit, nous faisons le
s’intéresse aux objets tridimension- choix suivant : nous présentons
nels ainsi qu’à leurs propriétés. d’abord des solides qui servent de
Comme en géométrie plane, pour support aux objets de l’espace que
expliquer ces propriétés, il faut sont les points, les droites et les
s’appuyer sur les figures élémen- plans. Ces solides sont dessinés
taires que sont les points, les droites suivant un type de représentation
et les plans et sur leurs différentes relativement familier appelé
positions relatives (droites paral- « perspective cavalière ».
lèles, plans parallèles, droite perpen- Dans une deuxième section, nous
diculaire à un plan,...). développons une théorie de géomé-
La géométrie de l’espace présente trie de l’espace avec les positions
une difficulté qui n’apparaît pas en relatives des droites et des plans, en
géométrie plane : pour représenter nous limitant à quelques propriétés
des objets de l’espace sur du papier, utiles pour les projections et les
il faut passer de trois à deux sections planes de polyèdres.
dimensions, ce qui fait perdre des Ensuite, nous explicitons quelque
informations. peu des techniques de représenta-
Les différentes civilisations qui se tion plane et finalement nous
sont succédées dans l’histoire ont montrons comment les propriétés de
géré cette difficulté avec maladresse. géométrie de l’espace sont investies
Il y a seulement six siècles que des dans des déterminations de sections
techniques de représentation cohé- planes de polyèdres.
rentes ont vu le jour avec Alberti
(1404-1472) et Dürer (1471-1528).
1. Objets
Ces techniques s’expriment à l’aide
des propriétés telles que le 2. Droites - plans
parallélisme de droites ou de plans.
Pour faire une présentation écrite de 3. Différentes représentations
la géométrie de l’espace, on se planes
trouve devant un dilemme : on
souhaite présenter des objets
4. Sections planes de
et développer la théorie des posi- polyèdres
1 Objets
Dans cette section, nous nous intéressons aux objets appelés solides et non à leur contenance appelée
volume (cet aspect est considéré au chapitre 14).
1.1 Polyèdres
1.1.1 Définitions générales
Un polyèdre est un solide de l’espace dont la surface n’est constituée que de polygones plans
appelés faces.
Le préfixe grec « poly » signifie « nombreux » et le mot « èdre » signifie « base, assise ».
Les solides des figures 1a, 1b et 1c sont des polyèdres alors que les solides des figures 1d, 1e et 1f
n’en sont pas.
a) b) c) d) e) f) Figure 1
• Deux faces d’un polyèdre peuvent partager un côté commun appelé arête : par exemple sur
le solide de la figure 2, les faces avant et supérieure partagent l’arête [AB]. Une arête ne peut
pas faire partie de plus de deux faces.
• Deux arêtes d’un polyèdre peuvent partager une extrémité commune appelée sommet : par
exemple, sur le solide de la figure 2, les arêtes [DH] et [HG] partagent le sommet commun
H . Un sommet peut être l’extrémité de plusieurs arêtes.
• Les sommets sont des points de l’espace.
• Les arêtes sont des segments de droites de l’espace.
• Les faces sont des portions de plans de l’espace.
Les objets de la géométrie plane sont des points et des droites, tous situés dans un même plan.
En géométrie de l’espace, il existe des points non coplanaires, c’est-à-dire non situés dans un même
plan. Les objets de la géométrie de l’espace sont donc des points, des droites et des plans.
Dans ce qui suit, nous présentons des solides qui servent de supports aux objets de l’espace que
sont les points, les droites et les plans ainsi qu’à leurs positions relatives. Ces solides sont dessinés
suivant un type de représentation relativement familier appelé perspective cavalière (qui est défini
à la section 3.2).
1.1.2 Cube D C
Un cube est un polyèdre dont la surface est con- A B
stituée de six faces carrées isométriques. (figure 2)
H G
Le mot « cube » est issu du mot grec « kubos » si-
gnifiant « dé à jouer ». E F Figure 2
378 C h a p i t r e 13
1.1.3 Prisme
Voici une première description d’un prisme.
Considérons un polygone à n côtés dans un plan et son translaté dans un autre plan. Joignons ces
deux polygones translatés l’un de l’autre par n parallélogrammes. Le solide ainsi construit est un
prisme.
a) b) c) d) e) Figure 3
• Lorsque les faces latérales d’un prisme sont des rectangles, on dit que le prisme est droit
(figures 3c, 3d et 3e). Dans le cas contraire, le prisme est oblique (figures 3a et 3b).
Un parallélépipède est un prisme qui a pour bases deux parallélogrammes isométriques (figures 3a,
3c et 3d).
Un parallélépipède rectangle est un parallélépipède droit à bases rectangulaires (figures 3c et 3d).
Soit deux polygones isométriques situés dans des plans parallèles distincts1 ; le solide engendré par
la translation qui amène un des deux polygones sur l’autre est un prisme qui admet ces deux
polygones comme bases.
1.1.4 Pyramide
Une pyramide est un polyèdre dont la surface est constituée d’un polygone à n côtés appelé base
et de n triangles ayant chacun un côté commun avec la base et ayant tous un point commun
n’appartenant pas au plan de la base.
a) b) Figure 4
Parmi les polygones, certains sont appelés « réguliers » (Chap.4, section 1.2). Quels solides seraient
des polyèdres réguliers ? Assez naturellement, ils auraient pour faces des polygones réguliers isomé-
triques. Toutefois cette condition ne suffit pas pour obtenir des solides parfaitement symétriques.
Si nous considérons les deux polyèdres de la figure 6, celui de la figure 6b semble plus régulier que
celui de la figure 6a : en fait, à la figure 6b, chaque sommet est entouré d’un même nombre de faces
(4) tandis qu’à la figure 6a, certains sommets sont entourés de 3 faces et d’autres de 4 faces.
a) b) Figure 6
Un polyèdre régulier est constitué de polygones réguliers isométriques, en même nombre autour
de chaque sommet.
En assemblant trois, quatre ou cinq triangles équilatéraux par sommet, on obtient respectivement
un tétraèdre régulier (figure 7a), un octaèdre régulier (figure 7b) et un icosaèdre régulier (fi-
gure 7c).
a) b) c) Figure 7
Ces trois noms correspondent au nombre de faces : ces trois polyèdres ont en effet, respectivement,
quatre, huit et vingt faces.
380 C h a p i t r e 13
A partir de carrés
En assemblant trois carrés autour de chaque sommet, on obtient un polyèdre qui n’est rien d’autre
que le cube appelé parfois hexaèdre régulier (figure 8a).
a) b) Figure 8
a) b) c) d) Figure 9
Considérons deux disques de même rayon situés dans des plans parallèles distincts3 . Un cylindre
circulaire est un solide engendré par la translation qui amène un disque sur l’autre.
• Les deux disques isométriques des cylindres circulaires sont appelés bases.
• La surface latérale d’un cylindre circulaire droit est constituée d’un rectangle dont la lon-
gueur correspond à la circonférence des disques de base.
Voici une autre manière d’engendrer un cylindre circulaire droit.
On prend un rectangle (ABCD sur la figure 10) B C
et on le fait tourner de 360◦ autour d’un de ses P
côtés ([AB] dans le cas de la figure 10) : chaque
point P du segment [CD] décrit un cercle. Le so-
lide engendré est un cylindre circulaire droit. A D
Figure 10
1.2.2 Cône
On peut obtenir ce solide par une construction analogue à celle d’une pyramide.
Considérons une courbe plane C , fermée et ne se recoupant pas et un point S n’appartenant pas
au plan de la courbe. Joignons le point S à tous les points de la courbe par des segments de droite;
nous engendrons un solide de l’espace appelé cône (figure 12a).
• Le point S est appelé sommet du cône.
• La surface entourée par la courbe fermée est appelée base du cône.
Quand la courbe plane est un cercle, le cône est appelé cône circulaire (figure 12b et 12c).
S S S
O O O
a) b) c) Figure 12
• La hauteur d’un cône est le segment de droite mené du sommet perpendiculairement au plan
de la base4 et limité, d’une part, par le sommet et d’autre part, par le point d’intersection
avec la base, appelé pied de la hauteur. Sur la figure 12, il s’agit des segments [SO].
• On appelle aussi hauteur d’un cône la longueur de ce segment.
• Un cône circulaire est droit si le pied de la hauteur coïncide avec le centre du cercle de base.
Le cône de la figure 12b n’est pas droit, le cône de la figure 12c l’est.
Un cône circulaire droit peut être engendré par la rotation d’un triangle rectangle tel que SAB sur
la figure 13, autour du segment [SA]. Chaque point P du segment [SB] engendre un cercle. Un cône
droit est donc un solide de révolution.
• Un segment tel que le segment [SB] est appelé génératrice du cône.
Un cône circulaire droit est un solide engendré par la rotation d’un triangle rectangle autour d’un
des côtés de l’angle droit.
382 C h a p i t r e 13
S
A B
Figure 13
1.2.3 Sphère
Une sphère est l’ensemble de tous les points de l’espace dont la distance à un point donné est fixée.
Le point donné est appelé centre de la sphère et la distance fixée est le rayon (figure 14a).
Une sphère peut aussi être considérée comme un solide de révolution : elle peut être engendrée par
la rotation dans l’espace d’un demi-cercle AB autour de son diamètre [AB] (figure 14b).
On appelle parfois boule l’ensemble des points contenus dans une sphère, c’est-à-dire l’ensemble des
points dont la distance au centre est inférieure ou égale au rayon.
C r
A
a) b) Figure 14
1.3 Développement
1.3.1 Définition
On appelle développement d’un solide une figure plane telle que si on la plie aux endroits appropriés,
on obtient le solide ( à condition de coller entre eux les bords libres).
Les figures 15a et 15b présentent chacune un développement de cube tandis que la figure 15c
présente un assemblage de carrés qui ne peut pas être le développement d’un cube.
a) b) c) Figure 15
Tous les polyèdres admettent des développements : cela signifie qu’on peut tous les construire à
partir d’une surface plane.
Certains solides n’admettent aucun développement : par exemple, il est impossible de mettre une
sphère à plat sans la déformer (tout comme on ne peut aplatir la pelure d’une orange). De tels
solides sont des solides non développables.
A S
α R
r
B
Figure 17
L’amplitude de l’angle α dépend directement de la longueur de l’arc AB : plus l’arc AB est grand,
plus l’angle α est grand. Plus précisément, il y a proportionnalité entre l’amplitude de l’angle α et
la longueur de l’arc AB . On a la relation suivante :
AB 2πR
= ,
α 360
et donc α
AB = 2πR.
360
Puisque la longueur de l’arc AB vaut 2πr , nous obtenons
α
2πr = 2πR.
360
En simplifiant par le facteur commun 2π , on obtient
α
r= R
360
qui peut aussi s’écrire α r r
= ou α = 360.
360 R R
Le rapport du rayon r du disque de base à la longueur R de la génératrice nous donne le rapport de
l’angle α à l’angle plein. Dès lors, si on connaît les valeurs de r et R, on peut construire le secteur
circulaire avec l’angle α approprié.
384 C h a p i t r e 13
2 Droites - plans
2.1 Détermination de droites
En géométrie de l’espace, on garde la même propriété qu’en géométrie plane :
On dit que deux points déterminent une droite. En réalité, cette propriété n’est pas tout à fait vraie
pour les points et les droites qu’on dessine, à cause de l’épaisseur du trait.
Pour construire une géométrie théorique, il faut « idéaliser » les points et les droites : on suppose
les points très petits et les droites très fines.
Cela nous semble évident mais nous le comprenons sans doute mieux lorsque nous nous asseyons
sur une chaise bancale (pas stable) : l’extrémité d’un des quatre pieds n’est pas dans le plan des trois
autres (le plan du sol). Par contraste, chaque tabouret à trois pieds est stable.
La propriété ci-dessus permet de désigner un plan par trois de ses points; pour le cube de la figure 18,
on peut parler, par exemple, des plans ABC , ABF et ADH . On désigne aussi souvent un plan par
une lettre de l’alphabet grec.
D C
A B
H G
E F
Figure 18
Nous avons longuement étudié la géométrie plane dans les chapitres précédents. Nous pouvons
considérer que chaque plan de l’espace est muni de toutes les propriétés de la géométrie plane.
Toutes les propriétés de géométrie plane sont vérifiées dans un plan quelconque de l’espace.
H G R S
U T
E F
a) b) Figure 19
Deux droites non contenues dans un même plan sont appelées droites gauches ou non-coplanaires.
Deux droites de l’espace sont parallèles si elles sont contenues dans un même plan et si, dans ce
plan, elles n’ont pas de point commun ou elles sont confondues.
Par exemple, les droites AE et GC de la figure 19a sont des droites parallèles ainsi que les droites
RS et U T à la figure 19b.
Il peut sembler étonnant de considérer deux droites confondues comme parallèles puisqu’on ne
dispose finalement que d’une droite : les mathématiciens ont décidé cela pour que le parallélisme
jouisse de propriétés intéressantes que nous ne développons pas ici.
On dit que des droites parallèles ont même direction.
Le mot direction n’a pas ici la même signification que dans le langage quotidien : en effet, lorsqu’on
veut prendre une route ou une ligne de chemin de fer qui relie les villes A et B , on dit qu’on va dans
la direction de A ou de B . En géométrie, des droites ont une même direction si elles sont « dirigées,
inclinées » d’une même manière.
Par exemple, les droites DH et HG à la figure 19a sont sécantes ainsi que les droites V U et U T à
la figure 19b.
A la lecture d’une représentation plane de droites, il faut être attentif : le point commun sur la
représentation n’est pas nécessairement un point commun dans l’espace. Les droites de l’espace ne
peuvent être sécantes que si elles sont contenues dans un même plan.
Deux droites de l’espace sont perpendiculaires si elles sont sécantes et perpendiculaires dans le
plan qui les contient.
Par exemple, les droites DH et HG à la figure 19a sont contenues dans le plan DHG et sont
perpendiculaires.
Deux droites de l’espace sont orthogonales si la parallèle à l’une menée par un point quelconque
de l’autre est perpendiculaire à cette autre.
Par exemple, les droites HE et F B à la figure 19a sont orthogonales car la droite F G menée par le
point F parallèlement à EH est perpendiculaire à F B .
386 C h a p i t r e 13
Deux droites perpendiculaires sont aussi orthogonales.
Conventionnellement, ces différentes positions relatives sont représentées comme à la figure 20.
d1
d2
d3 = d4
a) b) c) Figure 20
Par exemple, la droite GC est parallèle aux plans EHD , DHG, BF G et ABF à la figure 21a.
D C V
A B
R S
H G
E F U T
a) b) Figure 21
Si une droite et un plan ne sont pas parallèles, la droite a exactement un point en commun avec le
plan.
Si une droite et un plan ne sont pas parallèles, on dit que la droite et le plan sont sécants ou que
la droite perce le plan.
A la figure 21a, la droite EF perce le plan GCB en F et à la figure 21b, la droite V S perce le plan
RST en S .
Une droite et un plan sont perpendiculaires si la droite perce le plan en un point et si elle est
perpendiculaire à toutes les droites du plan passant par ce point. Celui-ci est appelé pied de la
perpendiculaire.
Conventionnellement, ces différentes positions relatives sont représentées comme à la figure 23.
a) b) Figure 23
Nous pouvons faire ici la même remarque que pour les droites parallèles : le fait de considérer deux
plans confondus comme parallèles est une nécessité interne aux mathématiques.
A la figure 24a, les plans ABC et EF G sont parallèles ainsi que les plans ADH et BCG. Par contre,
il n’y a aucune paire de faces situées dans des plans parallèles sur la pyramide à base carrée de la
figure 24b.
D C V
A B
R S
H G
U T
E F
a) b) Figure 24
Deux plans sécants sont perpendiculaires si l’un contient une droite perpendiculaire à l’autre.
388 C h a p i t r e 13
A la figure 24a, les plans F EH et BAE sont perpendiculaires.
Conventionnellement, ces différentes positions relatives sont représentées comme à la figure 25.
γ=δ
a) b) Figure 25
Propriété 1 : Q
P
Si deux points appartiennent à un plan, la droite
qu’ils déterminent est contenue dans le plan α
Figure 26
Propriété 2 :
Propriété 3 :
a
Deux droites sécantes se coupent en un et un C
seul point.
b Figure 28
6 Nous ne voulons pas faire ici une étude axiomatique de la géométrie de l’espace.
α
Deux plans sécants se coupent suivant une et une
seule droite.
d
β
Figure 29
Propriété 5 :
Propriété 6 :
Propriété 7 :
Si un plan coupe deux plans parallèles, les intersections sont des droites parallèles entre elles.
Propriété 8 :
Si un plan coupe deux plans sécants et est parallèle à leur intersection, il les coupe suivant deux
droites parallèles. Celles-ci sont aussi parallèles à l’intersection des deux plans.
390 C h a p i t r e 13
Nous illustrons cette propriété sans la démontrer. c
Soient α et β les deux plans sécants (figure 33), c
leur droite d’intersection; soit γ le troisième plan,
parallèle à la droite c.
Si une droite est parallèle à deux autres, celles-ci sont parallèles entre elles.
Le préfixe « trans » signifie « à travers, par delà » : d’une manière imagée, une propriété est transitive
si elle se transmet d’un cas à l’autre.
Une droite et un plan sont parallèles si et seulement si la droite est parallèles à une droite contenue
dans le plan.
a) Si une droite d est parallèle à un plan α, elle est parallèle à une droite d de ce plan.
On sait que la droite d et le point A déterminent un plan unique (propriété 2). Nommons ce plan
β . Le plan β coupe le plan α suivant une droite d (propriété 4). Les droites d et d n’ont pas de
point commun puisque la droite d n’a aucun point commun avec le plan α. Les droites d et d sont
disjointes et contenues dans le plan β : elles sont donc parallèles.
d
d'
d' α α
a) b) Figure 36
Si la droite d, parallèle à d , est dans α, elle est parallèle au plan α puisqu’elle est contenue dans ce
plan (figure 36a).
Si la droite d n’est pas dans le plan α (figure 36b), alors les droites d et d déterminent un plan unique
(propriété 6), qui coupe le plan α suivant la droite d . Puisque les droites d et d sont parallèles, la
droite d ne rencontre pas la droite d et donc pas le plan α. Par conséquent, la droite d est parallèle
au plan α.
Dans la pratique, il est plus facile de trouver une droite telle que d que de prouver qu’il n’y a pas de
point commun entre la droite d et le plan α.
Propriété 11
Si on a deux plans parallèles et une droite contenue dans un des deux, la droite menée parallèlement
à celle-ci par un point de l’autre plan est contenue dans cet autre plan.
Nous illustrons cette propriété (dans le cas de deux plans distincts) sans la démontrer.
Soient α et β les deux plans parallèles, a une droite contenue dans le plan α et B un point de β . La
droite b menée par le point B parallèlement à la droite a est contenue dans le plan β .
a
α
B
b β
Figure 37
Deux plans sont parallèles si et seulement si l’un d’eux contient deux droites sécantes respective-
ment parallèles à deux droites sécantes contenues dans l’autre.
Envisageons la démonstration dans le cas de deux plans distincts : elle se fait en deux parties.
a) Si les plans α et β sont parallèles et distincts, alors le plan α contient deux droites sécantes
respectivement parallèles à deux droites sécantes du plan β .
La figure 38a présente deux plans parallèles et distincts α et β ; le premier contient au moins trois
points O , A et B non alignés.
392 C h a p i t r e 13
Ces points déterminent deux droites sécantes a et b (figure 38b), qui sont chacune parallèle au plan
β ; en effet, toute droite contenue dans un plan parallèle à un autre plan est parallèle à cet autre
plan car elle n’a pas de point commun avec celui-ci.
Par un point P du plan β , menons les droites c et d, respectivement parallèles aux droites a et b du
plan α (figure 38c). Les deux droites c et d sont bien contenues dans le plan (propriété 11).
O O a O a
b b
A B A B A B
α α α
d
P
β β β c
a) b) c) Figure 38
b) Si deux droites sécantes d’un plan α sont respectivement parallèles à deux droites sécantes d’un
plan β distinct de α, alors les plans α et β sont parallèles entre eux.
Une droite sécante à un plan est perpendiculaire à ce plan si et seulement si elle est perpendiculaire
à deux droites du plan passant par son point de percée.
Figure 41
Si deux droites sont parallèles, tout plan perpendiculaire à l’une est perpendiculaire à l’autre.
d1 d2 d1 d2
α
Figure 42
Propriété 15
d1 α
d2 α d1 d2
α
Figure 43
394 C h a p i t r e 13
3 Différentes représentations planes
Nous examinons différentes représentations planes d’objets solides.
La figure 44 montre trois représentations différentes d’une même maisonnette.
a) b)
vue du dessus
c) Figure 44
Figure 45
Toute représentation plane dans laquelle des droites parallèles sont représentées par des droites
parallèles ou par des points est appelée perspective cavalière ou axonométrique.
Cette perspective conserve le parallélisme et les rapports de longueurs. En particulier, deux segments
parallèles entre eux et de même longueur sont représentés par des segments parallèles entre eux
et de même longueur ou par deux points.
Par contre, elle ne conserve ni les longueurs des segments, ni l’amplitude des angles : des droites
perpendiculaires dans l’espace ne sont pas nécessairement représentées par des droites perpendi-
culaires.
La figure 46 présente diverses représentations d’un cube en perspective cavalière : on peut les inter-
préter comme des ombres d’un cube plein, placé au soleil. Les différences sont liées à l’inclinaison
des rayons solaires par rapport au cube ou à l’inclinaison du plan de l’ombre par rapport au cube.
a) b) c) d) Figure 46
Les traits du dessin ne sont pas tous de même nature : il y a des traits pleins et des traits interrompus.
Il s’agit d’une convention de représentation : on représente les arêtes « vues » par des traits pleins
et les arêtes « cachées » par des traits interrompus.
Les figures 46c et 46d sont des représentations souvent rencontrées en perspective cavalière : deux
faces opposées du cube sont représentées par des carrés.
La figure 46b est une représentation en perspective isométrique : les arêtes des trois directions
différentes sont représentées par des segments de même longueur comme dans la réalité. De plus,
les angles droits entre chaque couple d’arêtes issues du sommet supérieur avant sont représentés
par des angles égaux. Ce genre de représentation est très pratique pour les techniciens qui doivent
faire des metrés sur des plans.
396 C h a p i t r e 13
On utilise parfois du « papier pointé » pour ce type de représentation (figure 47).
Figure 47
vue du dessus
Figure 48
Nous avons placé des guillemets autour du mot vue parcequ’il ne s’agit pas d’une vue à proprement
parler, mais c’est le terme habituellement utilisé.
Ces dessins présentent la maisonnette selon trois directions perpendiculaires entre elles.
La figure 49a présente en perspective cavalière la construction des trois « vues » d’un dé à six faces
(figure 49b).
face profil
face
dessus
profil
dessus
a) b) Figure 49
La projection sur un plan π parallèlement à une droite d (non parallèle au plan π ) envoie un point
A sur un point A : celui-ci est le point de percée dans le plan π de la parallèle à d passant par le
point A. (figure 50a)
d A d A
A' A'
¹ ¹
a) b) Figure 50
Une projection orthogonale est un cas particulier de projection parallèle : la droite qui donne la
direction de la projection est perpendiculaire au plan sur lequel on projette. (figure 50b)
Une représentation plane d’un solide qui est une perspective cavalière est en fait une image de ce
solide par une projection parallèle de l’espace.
Les « vues coordonnées » d’un solide sont les images de ce solide par des projections orthogonales
sur trois plans perpendiculaires deux à deux.
Lorsqu’on fait l’analogie entre un dessin en perspective cavalière et une ombre au soleil, on s’appuie
sur l’hypothèse suivante : le soleil est tellement éloigné qu’on peut modéliser ses rayons par des
droites parallèles. L’ombre est interprétée comme l’image de l’objet par une projection parallèle
aux rayons du soleil sur un plan.
D
d C
α
A
B
D'
C'
β A'
B'
Figure 51
398 C h a p i t r e 13
Justifions d’abord le parallélisme des côtés [A B ] et [D C ].
Nous savons que les côtés [AB] et [DC] sont parallèles puisque la figure de départ est un parallélo-
gramme.
Par ailleurs, les droites AA et DD sont parallèles entre elles puisqu’elles sont parallèles à la droite
d.
On en déduit que les plans ABA et DCD sont parallèles entre eux car ils contiennent chacun
deux droites sécantes respectivement parallèles entre elles (critère de parallélisme de deux plans,
propriété 12). Ces deux plans parallèles sont coupés par le plan β suivant deux droites parallèles
A B et D C (propriété 7).
Pour justifier le parallélisme des côtés [A D ] et [B C ], on se base sur le parallélisme des côtés [AD]
et [BC] ainsi que sur celui des droites AA et BB avec les mêmes arguments que ci-dessus.
• L’autre point appartenant au plan α, le point K appartient à l’arête [HG] commune aux faces
supérieure et arrière.
Nous ne disposons d’aucune propriété utile H K
pour dessiner l’intersection dans la face su-
G
périeure. Par contre, nous savons que les E L F
faces avant et arrière sont contenues dans J
des plans parallèles. Or un plan coupe deux
I
plans parallèles selon des droites parallèles D C
(propriété 7). Le plan α coupe donc le plan
A B
de la face arrière selon une droite menée Figure 55
par K parallèlement à la droite IJ .
Comme la perspective cavalière respecte le parallélisme, nous dessinons par K une parallèle
à la droite IJ . Nous limitons cette parallèle à son intersection avec un segment du contour
de la face; il s’agit ici de l’arête [HD]. Nous appelons L ce point d’intersection (figure 55).
• Nous disposons des deux points I et L du H K
plan dans le plan α de la face latérale
G
gauche. Il suffit de les joindre pour obte- E L F
nir le segment [IL] qui est l’intersection du J
plan α avec la face ADH (figure 56).
I
D C
A B Figure 56
• Nous avons dessiné trois côtés du contour polygonal cherché. Les points K et J n’appartien-
nent pas à une même face.
Il est nécessaire de repartir du point J : K
H G
il appartient à la face latérale droite qui M
est parallèle à la face latérale gauche. Nous E F
L
savons, par la propriété 7, que le plan α J
coupe le plan BCG selon une droite menée
par le point J parallèlement à la droite IL. I D C
Nous limitons cette parallèle à son inter- A B
section avec un segment du contour de la Figure 57
face : il s’agit ici de l’arête [F G]. Nous appe-
lons M ce point d’intersection (figure 57).
400 C h a p i t r e 13
• Nous disposons de deux points du plan α H K
G
dans la face supérieure. Il suffit de les join- M
dre pour obtenir le segment [KM ] qui est E L F
l’intersection du plan α avec la face EF G J
(figure 58).
Le contour polygonal est complètement I D C
construit : la section du cube par le plan α
A B
est le pentagone IJM KL qui a deux paires
Figure 58
de côtés parallèles entre eux.
I I
A C A C
B B
a) b) Figure 59
• L’intersection du plan α avec le plan de la face ABD est une droite menée par le
point I parallèlement à la droite AB . En effet, le plan α et le plan de la base sont parallèles :
ils sont donc coupés par le plan ABD selon deux droites parallèles. Nous menons donc par le
point I une droite parallèle à la droite AB et nous la limitons à son intersection avec l’arête
[DB] au point J (figure 59b).
• Par le même raisonnement que ci-dessus, on peut affirmer que l’intersection du plan α avec
la face BCD est une droite menée par le point J parallèlement à la droite BC . Elle est limitée
au point K d’intersection avec l’arête [DC] (figure 60a).
D D
I K I K
J J
A C A C
B B
a) b) Figure 60
• Dans la face CAD, nous disposons des points K et I appartenant au plan α. Il suffit de les
joindre pour obtenir le segment [KI]. Pour les mêmes raisons que ci-dessus, ce segment est
parallèle à la droite AC (figure 60b).
Le contour polygonal de la section de la pyramide par le plan α est le triangle IJK .
Le triangle obtenu comme section d’une pyramide à base triangulaire par un plan parallèle à la
base est semblable au triangle de la base.
En effet, comme la droite IJ est parallèle à la droite AB , les triangles DIJ et DAB constituent
|DI|
une configuration de Thalès. Le point I est donné au départ, donc le rapport |DA| est connu. Par le
théorème de Thalès et sa conséquence (Chap.6, section 2.4.1), nous pouvons écrire les égalités
|DI| |DJ| |IJ|
= = .
|DA| |DB| |AB|
Comme la droite JK est parallèle à la droite BC , les triangles DJK et DBC constituent une
configuration de Thalès et nous pouvons écrire les égalités
|DJ| |DK| |JK|
= = .
|DB| |DC| |BC|
Pour terminer, comme la droite KI est parallèle à la droite CA, les triangles DKI et DCA consti-
tuent eux aussi une configuration de Thalès et nous pouvons écrire les égalités
|DK| |DI| |KI|
= = .
|DC| |DA| |CA|
En observant ces trois lignes d’égalités, nous constatons que nous pouvons exprimer la proportion-
nalité entre les côtés du triangle IJK et ceux du triangle ABC :
|IJ| |JK| |KI|
= = .
|AB| |BC| |CA|
En appliquant le critère 3 de similitude des triangles, nous justifions que les triangles IJK et ABC
sont semblables. Leurs aires sont donc dans un rapport égal au carré du rapport de similitude
(Chap.6, section 3.4.4).
D
4.2.2 Section plane quelconque
I
Considérons une pyramide ABCD à base triangu-
laire et trois points I , J et K situés sur des arêtes
différentes (figure 61). K
A C
Les trois points I , J et K sont non alignés car J
les points I et J appartiennent au plan de la face
DAB et le point K n’appartient pas à ce plan. B Figure 61
402 C h a p i t r e 13
• Nous pouvons aussi dessiner le segment D
[IK] car les points I et K appartiennent
au plan α et au plan de la face ACD, donc
à l’intersection des deux plans (figure 62).
• Nous observons que les points J et K n’ap-
partiennent pas à une même face. Par ail- K
A C
leurs, le segment [IJ] n’est pas parallèle au J
segment [AB] ; les droites IJ et AB sont
non parallèles et coplanaires (dans le plan B
de la face ABD ) : elles sont donc sécantes L
en un point L, situé hors de la pyramide Figure 63
mais sur la droite AB (figure 63). Ce point
est appelé point de percée de la droite IJ
dans le plan de la bace ABC .
D
• Comme ce point L appartient à la droite
IJ , il appartient au plan α. Les points L et I
K appartiennent tous deux au plan α et au
plan de la face ABC : la droite LK est l’in-
K
tersection des deux plans. Nous dessinons C
A
le segment [LK] (figure 64). Ce segment J
coupe le segment [BC] en un point M . C’est M
donc le segment [M K] qui fait partie du B
contour polygonal de la section de la pyra- L Figure 64
mide.
Les trois exemples de section plane de solides décrites ci-dessus donnent un aperçu des techniques
qui peuvent être utilisées dans cette problématique.
Exemples
a) Si nous prenons le segment u comme segment unité (figure 3), la mesure de la longueur du
segment [AB] est 4.
u A B Figure 3
Par contre, si nous prenons le segment v comme segment unité (figure 4), la mesure de la lon-
gueur du même segment [AB] est 8.
v A B Figure 4
Si, finalement nous prenons un segment d’un centimètre (noté cm en abrégé) comme segment
unité (figure 5), la mesure de la longueur du segment [AB] est 6.
1 cm A B Figure 5
b) Si on veut mesurer la longueur d’une courbe telle que celle de la figure 6, il faut se donner une
ficelle unitaire et la reporter le long de la courbe.
Figure 6
Mesures et nombres
Si la longueur à mesurer contient un nombre entier de fois la longueur unitaire, la mesure est un
nombre entier.
Mais il arrive souvent que « cela ne tombe pas juste », c’est-à-dire que la dernière partie à mesurer
(après avoir reporté l’unité un nombre maximum de fois) soit plus courte que la longueur unitaire;
par exemple, on peut reporter 4 fois le segment unitaire u dans le segment [CD] (figure 7) mais la
longueur restante est plus courte que celle de u.
u C D Figure 7
406 C h a p i t r e 14
On passe alors à des subdivisions de ce segment unitaire : on envisage éventuellement la moitié.
Dans le cas du segment [CD], nous voyons (figure 8) qu’on peut reporter un demi-segment unitaire
dans la longueur restante, mais il y a un nouveau reste : la mesure de la longueur du segment [CD]
exprimée dans l’unité u est donc supérieure à 4, 5 mais inférieure à 5.
1/ u
2 C D Figure 8
On envisage alors éventuellement des subdivisions en quarts de u. La partie restante a ici la même
mesure que le quart de u (figure 9).
1/ u
4 C D Figure 9
Donc la mesure de la longueur du segment [CD] exprimée dans l’unité u est 4, 75.
Il arrive qu’on doive subdiviser l’unité en dixièmes ou en centièmes pour déterminer exactement la mesure.
Il arrive même qu’on ne trouve aucune subdivision de l’unité donnée pour mesurer exactement un segment.
Dans ce cas, on dit qu’il y a incommensurabilité entre le segment à mesurer et le segment unitaire. C’est le cas,
par exemple, entre le côté d’un carré et sa diagonale (voir Chap. 1, section 4.3). En effet, par le théorème de
√ √
Pythagore, lorsque le côté d’un carré mesure une unité, la diagonale mesure 2 unité où 2 est un nombre
irrationnel.
Exemples
a) Prenons comme unité de surface le carré construit sur le segment unitaire u. Désignons ce carré
par la lettre c. La mesure de l’aire du rectangle CDEF exprimée dans l’unité c vaut 3 (figure 10).
C D
u F E Figure 10
b) Prenons comme unité de surface le carré construit sur un segment de un centimètre de côté :
son aire est un centimètre carré noté en abrégé cm2 ; la mesure de l’aire du rectangle RSTU vaut
6 cm2 (figure 11).
R S
1 cm2
1 cm
U T Figure 11
d) Pour mesurer l’aire d’une surface triangulaire comme celle de la figure 13a, on peut paver avec des
pavés carrés et des morceaux de pavés. On peut aussi décomposer le triangle pour le recomposer
en un rectangle qu’on pave plus facilement (figure 13b).
a) b) Figure 13
Exemples
a) Assez naturellement, on prend comme solide unité un cube construit sur un segment unité u :
soit C ce cube unité (figure 15); le volume du parallélépipède exprimé dans l’unité C est 72.
C
Figure 15
b) On prend souvent un cube avec des arêtes d’un centimètre de long comme solide unité : son
volume est d’un centimètre cube, noté en abrégé cm3 .
408 C h a p i t r e 14
1.4 Liens entre les unités de mesures de longueur, d'aire et de volume
Lorsqu’on travaille dans un contexte où interviennent à la fois des longueurs, des aires et des vo-
lumes, on utilise des unités de mesure cohérentes entre elles : si on choisit le cm comme unité de
longueur, on prend le cm2 comme unité d’aire et le cm3 comme unité de volume.
2.1 Rectangle
Soit un rectangle de base b et de hauteur h (figure b
17). Nous préférons ces notations à celles de lon-
gueur L et de largeur l qui laissent penser souvent
que la longueur est plus grande que la largeur et h
cela crée parfois des difficultés.
Figure 17
2.1.1 Périmètre
Visualisons sur un unique segment le périmètre
d’un rectangle (figure 18) et déterminons-le.
b h b h Figure 18
Nous obtenons
p=b+h+b+h
=b+b+h+h
= 2b + 2h
= 2(b + h) .
2.1.2 Aire
Lorsque les longueurs des base et hauteur d’un
rectangle sont des multiples de l’unité, nous pou-
vons paver le rectangle de h lignes de b carrés h
unités ou de b colonnes de h carrés unités (fi-
gure 19). Il y a donc b · h carrés unités.
b Figure 19
Nous obtenons alors la formule a = b · h.
1,5
4,5
a) b) Figure 20
Nous le pavons avec 9 colonnes de 3 petits carrés ou 3 lignes de 9 petits carrés : nous arrivons à un
total de 27 petits carrés ou 6 carrés de départ et 34 d’un carré de départ.
Même si un des côtés du rectangle est incommensurable avec l’unité de longueur, la formule de l’aire est valable :
on peut la justifier par encadrements successifs.
Dès qu’on a choisi une valeur pour la mesure de la base, on n’a plus le choix pour la mesure de la
hauteur : celle-ci doit valoir
h = 6 − b.
Tous les rectangles de même périmètre sont appelés rectangles isopérimétriques (le préfixe grec
« iso » signifie « égal »). Nous en avons représenté quelques-uns à la figure 21.
5 5,5
0,5
1
3
3
2
Figure 21
Bien que ces rectangles aient un même périmètre, ils n’ont pas une même aire. C’est ce que montre
la troisième ligne du tableau 2.
410 C h a p i t r e 14
b 5 4, 5 4 3, 8 3 2 1 0, 5
h 1 1, 5 2 2, 2 3 4 5 5, 5
a 5 6, 75 8 8, 36 9 8 5 2, 75 Tableau 2
Dès qu’on a choisi une valeur pour la base, on n’a plus le choix pour la hauteur : celle-ci vaut
24
h= .
b
Tous ces rectangles ayant une même aire ou superficie sont appelés rectangles isosuperficiels. Nous
en avons représenté quelques-uns à la figure 22.
24
1
12 6
2
4
8
3
Figure 22
Bien que ces rectangles aient une même aire, ils n’ont pas un même périmètre. C’est ce que montre
la troisième ligne du tableau 4.
b 24 12 10 8 6 5 4 3 2 1 0, 5
h 1 2 2, 4 3 4 4, 8 6 8 12 24 48
p 50 28 24, 8 22 20 19, 6 20 22 28 50 97 Tableau 4
Si nous connaissons le périmètre et l’aire d’un rectangle, nous pouvons alors déterminer ses deux
dimensions.
2.2 Carré
Un carré est un cas particulier de rectangle dont b=c
la base b et la hauteur h ont même mesure qu’on
note c (figure 23).
h=c
2.2.1 Périmètre Figure 23
2.2.2 Aire
Pour l’aire, nous devons multiplier c par c, ce qui amène la formule
a = c · c = c2 .
Si nous connaissons la mesure de l’aire a d’un carré, nous pouvons déterminer la longueur du côté c :
√
c = a.
2.3 Triangle
2.3.1 Périmètre
De manière générale (figure 24a), le périmètre d’un triangle est la somme des mesures de longueur
de ses trois côtés : p = a + b + c.
c b a
c c b
a a
a c b c
a) b) c) d) Figure 24
Le calcul est simplifié lorsque le triangle est équilatéral (figure 24b) :
p = 3c,
ou isocèle (deux côtés de longueur a et un côté de longueur b) (figure 24c) :
p = 2a + b.
Si le triangle est rectangle (figure 24d), nous savons grâce au théorème de Pythagore ( Chap.7)
qu’une des longueurs de côté est calculable à partir des deux autres : par exemple, si nous connais-
√
sons les longueurs b et c des côtés de l’angle droit, alors l’hypoténuse vaut b2 + c2 et le périmètre
vaut ainsi
√
p = b + c + b2 + c2 .
2.3.2 Aire
De manière générale, pour déterminer l’aire d’un triangle, on essaie de se ramener à une aire de
rectangle par des procédés de découpages et puzzles.
Triangle rectangle
Nous savons qu’en juxtaposant deux triangles rec-
tangles isométriques, images l’un de l’autre par h
une symétrie centrale (Chap. 4, section 3.2.3),
nous obtenons un rectangle (figure 25). b Figure 25
412 C h a p i t r e 14
Nous en déduisons facilement la formule de l’aire du triangle rectangle :
b·h
a= ,
2
où b et h sont les longueurs des deux côtés de l’angle droit.
Triangle quelconque
Voyons comment nous ramener au cas de triangle rectangle.
Choisissons un côté du triangle que nous nommons base et examinons la hauteur correspondante.
Deux cas peuvent se présenter.
1◦ cas : la hauteur relative à la base choisie est intérieure au triangle (figure 26a)
Cette hauteur découpe le triangle en deux triangles rectangles AF C et AF B . Chacun d’eux peut
être complété en un rectangle d’aire double : AF CD d’une part et AF BE d’autre part (figure 26b).
A D A E
C F b B C F B
a) b) Figure 26
Les deux rectangles accolés AF CD et AF BE forment ensemble le rectangle DEBC . L’aire du rec-
tangle DEBC vaut a = b · h.
Par conséquent, l’aire du triangle ABC vaut b·h
a= .
2
2◦ cas : la hauteur relative à la base choisie est extérieure au triangle (figure 27).
Cette fois, le triangle donné ABC peut être considéré comme la différence de deux triangles rec-
tangles : ADB et ADC .
L’aire du triangle ABC vaut donc la moitié de la différence des aires des rectangles AF BD et AECD
ce qui revient à la moitié de l’aire du rectangle EF BC . A E F
Le rectangle EF BC a comme base la base b du
triangle ABC et comme hauteur la hauteur h du h
triangle ABC . On a donc la même formule que
précédemment pour l’aire du triangle : D C b B Figure 27
b·h
a= .
2
L’aire a d’un triangle de base b et de hauteur h est donnée par la formule
b·h
a= .
2
Triangle équilatéral
Dans ce cas particulier (figure 28), nous pouvons B
calculer la hauteur h en fonction du côté c
(Chap.7, section 4).
√ c
h
3
Nous obtenons h= c.
2
A D C
L’aire d’un triangle équilatéral de côté c vaut donc
√ √ Figure 28
1 3 3 2
a= ·c· c= c .
2 2 4
Longueurs, aires et volumes 413
2.4 Losange
2.4.1 Périmètre
Un losange a quatre côtés égaux (figure 29) : notons c leur longueur.
2.4.2 Aire
d
L’aire a d’un losange de diagonales d et d est
d · d
donnée par la formule a= .
2 d’ Figure 30
2.5 Parallélogramme h
Un parallélogramme est souvent présenté au
moyen d’une base b et d’une hauteur h (figure 31).
b Figure 31
2.5.1 Périmètre
Il y a beaucoup de parallélogrammes différents
qui peuvent avoir une même base b et une même h c1 c2 c3
hauteur h (figure 32).
414 C h a p i t r e 14
2.5.2 Aire
Pour calculer l’aire d’un parallélogramme ABCD de base b et de hauteur h (figure 33a), on translate
le triangle BEC parallèlement à la droite BA de B jusqu’en A. On obtient le triangle AF D et on
construit ainsi le rectangle ABEF (figure 33b).
A B A B
D b E C F D E C
a) b) Figure 33
L’aire du parallélogramme est conservée par ce découpage et est donc égale à l’aire du rectangle de
base b et de hauteur h :
a = b · h.
b·h
a=2· =b·h .
2
Tous les parallélogrammes ayant une même base et une même hauteur comme ceux de la figure 32
sont donc isosuperficiels.
2.6 Trapèze h
Soit un trapèze de grande base b , de petite base b
et de hauteur h (figure 36).
b’ Figure 36
2.6.1 Périmètre
Avec les données de b , b et h, il est impossible de déterminer la longueur des deux côtés obliques et
donc de calculer la longueur du périmètre : en effet, plusieurs trapèzes correspondent à ces données
(figure 37).
b b b
b’ b’ b’ Figure 37
2.6.2 Aire
Plusieurs puzzles sont possibles pour transformer un trapèze en un parallélogramme, quadrilatère
dont nous connaissons déjà la formule de l’aire.
1ère méthode
En accolant deux trapèzes isométriques par une b b’
symétrie centrale, centrée au milieu d’un des deux
côtés non parallèles, on forme un parallélo-
gramme (figure 38).
C D C D
E H
F E F
B A B A G
a) b) Figure 39
416 C h a p i t r e 14
Nous savons que les symétries centrales envoient un segment sur un segment qui lui est parallèle.
Le polygone BF HG est donc un parallélogramme dont la base vaut la somme des bases du trapèze
et dont la hauteur vaut la moitié de la hauteur du trapèze. Par la formule de l’aire d’un parallélo-
gramme, nous obtenons celle de l’aire du trapèze initial :
(b + b) · h
a= .
2
Cette formule est celle obtenue par la première méthode.
L’aire a d’un trapèze de grande base b , de petite base b et de hauteur h est donnée par la formule
1
a= · (b + b) · h .
2
Tous les trapèzes ayant les mêmes grande et petite bases ainsi que la même hauteur sont donc
isosuperficiels.
Figure 40
2.7.2 Aire
Pour déterminer la mesure de l’aire d’un polygone quelconque, on peut procéder par triangula-
tion : on décompose le polygone en un nombre minimum de triangles comme à la figure 41 et on
additionne les mesures des aires de tous les triangles.
Figure 41
Il est déterminé par la longueur d’un côté ou par le rayon du cercle circonscrit (chapitre 4, sec-
tion 1.2.1).
c Figure 42
Le périmètre d’un polygone régulier à n côtés de longueur c est donné par la formule p = n · c
Si on ne dispose que du rayon du cercle circonscrit r , on peut calculer la longueur c du côté du polygone régulier.
Considérons un des triangles isocèles (figure 43a). L’angle opposé au côté du polygone régulier est l’angle au
◦
centre de ce polygone : son amplitude vaut 360n .
r
360° r
180°
n n h
c c
a) b) Figure 43
Dessinons la hauteur relative à un côté du polygone (figure 43b) : elle partage le triangle isocèle en deux triangles
◦
180◦
rectangles isométriques. L’angle adjacent aux côtés de mesure r et h a une amplitude de 360 2n ou n . La
trigonométrie permet de calculer les longueurs c et h.
c 180◦
En effet, = r · sin .
2 n
180◦ 180◦
Donc, c = 2r · sin et h = r · cos .
n n
Le périmètre est donc donné par la formule
180◦
p = 2nr · sin .
n
2.8.2 Aire
L’aire peut être calculée à l’aide du puzzle formé de ces n triangles isocèles isométriques dont la
base est le côté du polygone de longueur c et dont la hauteur h est appelée apothème (figure 43b).
On obtient ainsi :
c·h
a=n·
2
ou aussi, en faisant intervenir le périmètre,
h
a=p· .
2
418 C h a p i t r e 14
Si la longueur du côté n’est pas connue, mais que lerayon
r du cercle
circonscrit est connu, on obtient
◦ ◦
1 180 180
a=n· · 2r sin · r cos
2 n n
◦ ◦
180 180
= nr2 sin cos .
n n
dÕ
d rÕ
r
a) b) Figure 44
On peut écrire,
6r l 8r,
ou 3d l 4d. (1)
En désignant respectivement le rayon, le diamètre et la circonférence du cercle de la figure 44b par
r , d et l ; on obtient de manière analogue les encadrements suivants :
6r l 8r ,
ou 3d l 4d (2)
En divisant les inégalités (1) par d et les inégalités (2) par d , on obtient respectivement
l l
3 4 ou 3 4.
d d
Or nous savons que tous les cercles sont semblables (Chap.6, section 3.5.4) et donc que la circonfé-
rence et le diamètre sont proportionnels. Pour tous les cercles, le rapport entre la circonférence et
le diamètre est donc constant et est compris entre le nombre 3 et le nombre 4.
Notice historique
Les Babyloniens (2000 ans avant notre ère), les Egyptiens, les Grecs, les Chinois puis les Arabes
étaient persuadés de la constance de ce rapport. La Bible (Premier livre des Rois) donne la valeur 3
à ce rapport.
Un papyrus égyptien, le célèbre papyrus Rhind (1800 avant J.C.), lui attribue la valeur
4
4 ∼
= 3, 16.
3
Le nombre π est un nombre irrationnel (Chap. 1, section 4) dont on essaie de déterminer toujours
plus de décimales.
π∼
= 3, 14159.
Souvent, on arrondit le nombre à 3, 14. Toutes les calculatrices fonctionnent avec un nombre limité
de décimales du nombre π (8,10,12,13,14... suivant les calculatrices).
2.9.2 Aire
Pour conjecturer l’aire d’un disque, on peut utiliser deux méthodes qui s’appuient chacune sur la
connaissance de la circonférence.
1ère méthode :
On peut approcher l’aire d’un disque de rayon r (figure 45a) en décomposant celui-ci en secteurs
circulaires isométriques et en les réarrangeant comme à la figure 45b.
a) b) Figure 45
420 C h a p i t r e 14
Si on subdivise le disque en un nombre assez grand
de secteurs circulaires isométriques, la figure re- r
composée ressemble de plus en plus à un rectan-
gle dont la hauteur vaut le rayon r du disque et
la base, la demi-circonférence 2πr πr
2 (figure 46).
Figure 46
2ème méthode :
On peut approcher l’aire d’un disque de rayon r par une autre méthode.
Imaginons tous les cercles centrés au centre du disque : nous en avons dessiné quelques-uns à la
figure 47a.
O O'
P M'
P'
A A'
a) b) Figure 47
A chaque point P du rayon [OA] correspond un cercle de circonférence 2π|OP | qu’on déroule pour
obtenir le segment [P M ] de même longueur (figure 47b). Nous savons que les circonférences sont
proportionnelles aux diamètres et donc aussi aux rayons. Donc, les longueurs des segments tels que
[O P ] et [P M ] sont proportionnelles. Ceci permet d’affirmer que le point O et tous les points
obtenus comme M sont alignés (Chap.9, section 2).
Tous les segments du type [P M ] accolés forment un triangle dont la base vaut la circonférence du
disque et la hauteur le rayon du disque. Le disque et le triangle sont composés « d’autant » de lignes
de même longueur deux à deux : on peut penser qu’ils ont la même aire. Nous utilisons la formule
de l’aire d’un triangle pour exprimer l’aire du disque correspondant :
2πr · r
= πr2 .
2
Les deux méthodes fournissent une même formule pour l’aire d’un disque.
Cette formule peut par ailleurs être démontrée, par des moyens mathématiques plus avancés.
Nous admettons cette formule même si le solide ne contient pas un nombre entier de cubes unités.
3.2 Cube
Le cube est un cas particulier de parallélépipède rectangle : ses six faces sont des carrés isométriques.
Si la longueur de l’arête vaut a, alors l’aire de la base, égale à l’aire de chaque face, vaut a2 . Le volume
est donné par le produit de l’aire a2 de la base par la hauteur a.
3.3 Prisme
Pour les prismes droits à bases quelconques comme ceux de la figure 49, on peut imaginer un pavage
de la base inférieure à l’aide de pavés unités ou de morceaux de pavés unités (par triangulation),
qui se reproduit dans chaque couche en hauteur (quand celle-ci est mesurée par un entier).
422 C h a p i t r e 14
Figure 49
Le volume V d’un prisme droit à bases quelconques est donné par la formule
V = aire de la base × hauteur.
Nous admettons que cette formule est valable même si la hauteur n’est pas exprimée par un nombre
entier.
a) b) Figure 50
Le volume des deux piles est identique puisqu’il est constitué des mêmes cartons de départ. C’est ce
qu’affirme le principe de Cavalieri.
« Si les sections de deux solides par n’importe quel plan parallèle au plan des bases ont des aires
dans un même rapport, les volumes des deux solides sont aussi dans ce même rapport. »
« Si les sections de deux solides par n’importe quel plan parallèle au plan des bases ont des aires
égales entre elles, les volumes des deux solides sont aussi égaux ».
Nous utilisons ces principes pour déterminer le volume d’un prisme oblique à bases polygonales
quelconques, en commençant par le cas particulier des parallélépipèdes obliques et en poursuivant
par des prismes obliques à bases triangulaires.
Pour déterminer le volume d’un parallélépipède oblique, nous le comparons avec un parallélépipède
rectangle ayant même hauteur et même aire de base (figure 52).
La base du parallélépipède oblique est un parallélogramme ayant une base notée L et une hauteur
notée l (figure 53a); la base du parallélépipède rectangle est un rectangle de dimensions L et l
(figure 53b).
a) b) Figure 52
Si nous coupons les deux solides par n’importe quel plan parallèle au plan des bases, les sections sont
chaque fois un parallélogramme d’une part et un rectangle d’autre part, de même aire (figure 53).
l l
L L
a) b) Figure 53
Le principe de Cavalieri permet d’affirmer que les volumes des deux solides sont égaux et nous
obtenons le résultat suivant.
Pour déterminer le volume d’un prisme oblique à bases triangulaires, nous le comparons à un pa-
rallélépipède oblique de même hauteur et dont l’aire de base est le double de l’aire de la base du
prisme (figure 54).
Figure 54
On applique à ces deux solides le principe de Cavalieri dans sa forme générale : les aires des sections
des deux solides par n’importe quel plan parallèle à leurs bases sont dans le même rapport 12 , donc
les volumes sont dans le même rapport.
424 C h a p i t r e 14
Le volume du prisme est égal à la moitié du volume du parallélépipède.
Nous pouvons donc écrire
1
volume du prisme = volume du parallélépipède,
2
1
= (aire de base du parallélépipède × hauteur),
2
1
= × aire de base du parallélépipède × hauteur.
2
Comme la moitié de l’aire de base du parallélépipède est l’aire de base du prisme, nous obtenons la
formule générale du volume d’un prisme à base triangulaire.
Le volume V d’un prisme oblique à bases triangulaires est donné par la formule
V = aire de base × hauteur.
Le volume V d’un prisme oblique à bases polygonales quelconques est donné par la formule
V = aire de base × hauteur.
3.4 Cylindre
3.4.1 Aire d'un cylindre circulaire droit
Le développement d’un cylindre circulaire droit est constitué de deux disques et d’un rectangle
(figure 55).
Figure 55
Un côté de ce rectangle a pour mesure la hauteur du cylindre et l’autre, la circonférence d’un disque
de base.
L’aire latérale d’un cylindre circulaire droit est l’aire du rectangle de son développement.
L’aire latérale d’un cylindre circulaire droit de hauteur h et de rayon r est donné par la formule :
aire latérale = 2πrh.
L’aire totale est la somme de l’aire latérale et des aires des disques de base.
L’aire totale d’un cylindre circulaire droit de hauteur h et de rayon r est donnée par la formule
aire totale = 2πrh + 2πr 2 .
r 2r
2r Figure 56
Les sections respectives par n’importe quel plan parallèle aux bases sont d’une part un disque d’aire
πr2 et d’autre part, un carré d’aire (2r)2 = 4r2 .
Le rapport des aires de ces sections est constant et vaut
πr2 π
= .
4r2 4
On applique le principe général de Cavalieri à ces deux solides. Les volumes sont dans le même
rapport que les aires des sections. On a
Vcyl aire des disques π
= = .
Vprisme aire des carrés 4
On en déduit que π
Vcyl = · Vprisme
4
π
= · 4r2 · h
4
= πr2 h
= aire de base × hauteur.
Le volume V d’un cylindre circulaire droit de hauteur h et de rayon r est égal au produit de l’aire
de la base πr 2 par la hauteur h : V = πr2 h.
3.5 Pyramide
Considérons d’abord une pyramide particulière obtenue par découpage d’un cube.
On peut décomposer un cube d’arête a en six pyramides isométriques (figure 57a).
Chacune d’elles a pour base une face du cube et pour hauteur la moitié de la hauteur du cube
(figure 57b).
a) b) Figure 57
Le volume V de chacune de ces pyramides vaut donc le sixième du volume du cube et est donné par
426 C h a p i t r e 14
la formule
1 3
V = a .
6
a
Or chaque pyramide a une base d’aire a2 et une hauteur 2.
Exprimons le volume en faisant apparaître ces valeurs :
1 3 1 a 1
V = a = · a2 · = × aire de base × hauteur.
6 3 2 3
On peut interpréter ce résultat : le volume d’une pyramide droite (de base carrée et de hauteur
égale à la moitié de l’arête de base) vaut le tiers du volume d’un prisme droit de même base et de
même hauteur.
Ce résultat reste valable pour une pyramide droite ou oblique, quelle que soit la forme de sa base.
2h
P Pr Figure 58
Coupons les deux pyramides par un plan parallèle aux bases. Nous obtenons deux figures semblables aux bases
dans un même rapport (figure 59). Donc leurs aires respectives a1 et a2 sont proportionnelles aux aires des
bases (généralisation du résultat obtenu au Chap.13, section 4.2.1).
Puisque l’aire de la base de la pyramide de référence vaut 4h2 , nous pouvons écrire l’égalité de rapports
a1 a
= 22
b 4h
a1 b
ou encore = .
a2 4h2
a1 a2 2h
b
2h Figure 59
On a le même résultat pour les sections obtenues par n’importe quel plan parallèle aux bases. Par le principe de
Cavalieri, nous pouvons affirmer que les volumes des deux pyramides sont dans le même rapport :
VP b
= .
VP r 4h2
Or, nous connaissons le volume de la pyramide de référence :
2r
Figure 60
Si nous sectionnons ces deux solides par n’importe quel plan parallèle aux bases, nous obtenons un cercle et
un carré circonscrit semblables dans un même rapport respectivement aux cercle et au carré de base (Chap.13,
section 4.2.1). Par un raisonnement analogue à celui qui est fait pour les pyramides à la section 3.5, on peut
dire que le rapport des aires des sections est égal au rapport des aires des figures de base (figure 61).
r
2r
2r
Figure 61
428 C h a p i t r e 14
π
VC = · VP
4
π 4r2 h
= ·
4 3
1 2
= · πr h
3
On peut démontrer que la formule se généralise pour les cônes circulaires obliques et pour les cônes
non circulaires.
Le volume d’un cône a été calculé de manière analogue à celui d’une pyramide.
Le facteur 13 est présent dans les deux formules de volumes de solides « avec une pointe » (pyramides,
cônes). On peut le contraster avec le facteur 12 présent dans les formules d’aires de surfaces « avec
une pointe » que sont les triangles.
3.7 Sphère
3.7.1 Volume d'une sphère
Nous nous intéressons au volume d’une sphère avant de s’intéresser à son aire.
Nous présentons le procédé astucieusement mis au point par un mathématicien du 17ème siècle, Luca Valerio :
il se base sur la connaissance du volume d’un cylindre et de celui d’un cône.
Il considère en réalité une demi-sphère ou hémisphère de rayon r , un cylindre circonscrit à l’hémisphère et un
cône circulaire droit inscrit au cylindre (figure 62).
Figure 62
C B A
430 C h a p i t r e 14
L’aire d’une sphère de rayon r est étonnamment égale à l’aire latérale du cylindre circulaire droit circonscrit à
cette sphère (figure 64).
Figure 64
Nous signalons que toutes les formules d’aires et de volumes présentées ici peuvent être justifiées grâce à l’outil
du calcul intégral en fin de secondaire.
432 Bibliographie
Index
Abaque 11 rentrant 96
Abscisse (s) saillant 96
axe des 241 supplémentaires 148, 349
point dans un plan 241 Arc de cercle 93
point dans l’espace 249 Arête d’un polyèdre 378
point sur une droite 238 Associativité
Addition addition
entiers 34 d’entiers 36
irrationnels 71 de naturels 14
naturels 12 de réels 78
rationnels 52 de vecteurs 366
réels 78 division de naturels 22
Aire 405 mixte 368
carré 412 multiplication
disque 420 d’entiers 41
histogramme 316 de naturels 17
losange 414 de réels 79
parallélogramme 415 soustraction
polygones quelconques 417 d’entiers 39
polygones réguliers 418 de naturels 15
polygones semblables 226 Axe
rectangle 409 abscisses 241, 248
trapèze 416 ordonnées 240, 248
triangle 412 symétrie orthogonale 102
Algèbre 159 d’une parabole 266
Amplitude d’un angle 97 d’un polygone régulier 117
Angle(s) 95, 148
à côtés parallèles 150 Base
adjacents 148 numération 11
aigu 97 prisme 379
alternes internes 149 puissance 20
alternes externes 149 triangle 120
antisupplémentaires 349 Bissectrice
au centre 155 angle 105
au sommet 120 triangle 131
complémentaires 148, 336, 350 Boîte à moustaches 320
correspondants 149
droit 85, 96
Caractère 325
inscrit 155
continu 325
intérieur 116
numérique 325
obtus 97
qualitatif 325
opposés 149, 348
quantitatif 325
orienté 108,347
Carré 146
plat 96
d’un nombre 20
plein 96
Cavalieri 423
Index 433
Centre Cosinus
cercle 92 angle aigu 335
gravité 135 angle orienté 353
rotation 108 fonction 307
symétrie centrale 106 Côté 116
symétrie d’une figure 107 adjacent 119
Cercle 92 opposé 119
circonscrit 118, 131 Couple(s)
corde 93 de nombres 241
équation 263 de points 100
inscrit 134 Critères
trigonométrique 347 isométrie (triangles) 126
Cerf volant 143 parallélisme
Chiffre 11 d’une droite et d’un plan 391
Classes 316, 325 de deux plans 392
centre 328 perpendicularité
longueur 325 d’une droite et d’un plan 394
Coefficient 181, 182 similitude (triangles) 222
Combinaison Croissance d’une fonction 284
résolution de systèmes 189 Cube 378
Commutativité d’un nombre 20
addition Cylindre 381
d’entiers 39 aire 425
de naturels 13 circulaire 381
de réels 78 volume 426
de vecteurs 366
division de naturels 22 Décimal(e)
multiplication écriture 12
d’entiers 40 des irrationnels 70
de naturels 17 des rationnels 57
de réels 79 des réels 76
soustraction nombre 60
d’entiers 39 Décomposition en facteurs 29
de naturels 15 Décroissance d’une fonction 284
Comparaison Degré
résolution de systèmes 188 équation 179, 182
Composantes fonction 292, 296
produit d’un vecteur par un nombre 373 unité de mesure d’angle 97
vecteur 370 Demi-droite 84
vecteur somme 373 Dénominateur 46
Concavité d’une courbe 296 Développement 383
Cône 382 cône 384
circulaire droit 382 cube 383
développement 384 cylindre 384
volume 428
Coordonnées
point dans un plan 241
point dans l’espace 249
434 Index
Diagonale orthogonales 386
carré 146, 233 parallèles
cerf volant 144 dans le plan 87, 259
cube 234 dans l’espace 386
losange 145 pente 255
parallélogrammme 141 perpendiculaires
parallélépipède 233 dans le plan 85, 260
polygone 116 dans l’espace 386
rectangle 142, 233 remarquables 127
Diagramme sécantes
circulaire 311, 325 dans le plan 89
en barres 312, 325 dans l’espace 386
en bâtons 312, 325 Droite graduée
en boîte 320, 328 entiers 32
fonction 271, 274 irrationnels 69
fréquences 313, 325 naturels 10
fréquences cumulées 318, 329 rationnels 48
Diamètre 93 réels 74, 238
Différence 15
Direction Ecart type 321, 330
de droite 88, 386 Echantillon 324
de vecteurs 361 Effectif
Directrice d’une parabole 264 d’une classe 325
Discriminant 186 d’une valeur 310, 325
Dispersion 328 total 310, 325
Disque 93 Egalité(s)
Distance d’expressions algébriques 165
entre deux parallèles 91 de nombres 80
entre deux points 90, 239, 243 de rapports 177
entre un point et une droite 91 équivalentes 174
Distributivité Enquête 310
de la multiplication sur l’addition 19, 42, 79, 170 Entier 32
de la multiplication scalaire sur l’addition Equation(s) 166
des vecteurs 368 à 1 inconnue 178
Dividende 21 du deuxième degré 182
Diviseur 21 du premier degré 179
commun 31 à 2 inconnues 186
Division de droite
écrite 59 parallèle à un axe 251
entiers 43 quelconque 252
irrationnels 72 d’un cercle 263
naturels 21 d’une parabole 264
rationnels 54 équivalentes 179
réels 79 Equivalence
Domaine d’une fonction 281 d’égalités 174
Droite(s) 84 d’expressions algébriques 165
équation 251, 258 d’inégalités 192
gauches 386 Etendue 315, 328
non coplanaires 386 Exposant 20, 42, 56, 168
Index 435
Expression(s) algébrique(s) 161, 163 proportionnelles 270
équivalentes 165 variable 270
Expression analytique 274 Graphique d’une fonction 272, 282
436 Index
Membre Ordonnée(s)
égalité 166 à l’origine 257, 282
inégalité 77 axe 240
Mesure d’un point 241, 249
aire 407 Ordre
longueur 406 entiers 34
volume 408 et opérations 80
Milieu d’un segment 91 naturels 10
coordonnées 240, 244, 373 rationnels 49
théorème 205, 212 réels 77
Minimum 285 Origine
Mise en évidence 171 d’un système d’axes 240, 248
Mode 311, 326 de la droite graduée 10
Moyenne 314, 327 Orthocentre 135
Multiple(s) 23
communs 31 Pair 25
de 3, de 5, de 10 25 Parabole 264
Multiplication équation 266
entiers 39 fonction 297, 298
irrationnels 72 Parallélépipède 379
naturels 17 rectangle 379
rationnels 52 volume 422
réels 79 Parallélisme
scalaire 368 de deux droites
dans le plan 87, 259, 374
Naturel(s) 9,10 dans l’espace 386
Négatif(s) 9, 32 de deux plans 388
Neutre entre une droite et un plan 387
addition 79 Parallélogramme 140
multiplication 79 Paramètres 292, 296
Nombre(s) 9 Parité d’une fonction 283
d’or 219 Pavage 154
entier 32 Pente 255
irrationnel 65, 70 Périmètre
naturels 10 carré 411
premier 28 cercle 419
premiers entre eux 31 losange 414
rationnel 43, 49 parallélogramme 414
réel 74 polygone quelconque 417
trigonométriques 336 polygone régulier 418
Notation scientifique 58 polygones semblables 226
Numérateur 46 rectangle 409
Numération 11 trapèze 416
de position 12 triangle 412
en base 10 11 Période
dans l’écriture décimale 60
Opposé(s) Perpendiculaire
d’un entier 33 commune à 2 droites 88
d’un vecteur 365 pied 86
d’une somme 37
Index 437
Perpendicularité Pyramide 379
de deux droites statistique 317
dans le plan 85, 260 volume 426
dans l’espace 386 Pythagore 229
de deux plans 388 réciproque 231
d’une droite et d’un plan 387 théorème 230
Perspective théorème généralisé 345
à points de fuite 395
axonométrique 396 Quadrant 242
cavalière 396 Quadrilatère 138
Plan(s) 395 Quartile 319, 328
de coordonnées 248 Quotient 21
parallèles 388
perpendiculaires 388 Racine(s)
sécants 388 carrée 65, 289
PGCD 31 d’un produit 72
Point(s) d’un quotient 73
alignés 84, 374 d’une somme 73
fixes 113 cubique 68
PPCM 31 d’une fonction 282
Polyèdre 378 nième 69
régulier 380 Radian 97, 306
Polygone(s) 116 Rapport 44
homothétiques 223 de similitude 222, 223
régulier 117, 153 trigonométrique 334
semblables 222 Rationnel 43, 49
Population 310, 324 Rayon 92, 93
Positif 32 Réalisant 186
Pourcentage 62 Recensement 324
Priorité des opérations Réciproque
naturels 23 théorème de Pythagore 231
réels 80 théorème de Thalès 211
Prisme 379 Rectangle(s) 142
volume 422 d’or 219
Produit 17 isopérimétriques 410
de puissances 21, 42 isosuperficiels 411
remarquable 171 semblables 214
Projection parallèle 202, 398 Réel 9, 74
Proportion 177 Relation de Chasles 366
Proportionnalité 270, 275 Représentant d’un vecteur 361
inverse 277 Représentation graphique
Puissance(s) d’une fonction 281
d’entiers 42 Reste d’une division 22
de naturels 19 Rotation 108, 112
de rationnels 56 identique 109
de réels 79 réciproque 109
de variables 168
d’un produit 21, 42 Secteur circulaire 94
d’une puissance 21, 42
438 Index
Section plane Sphère 383
d’un cube 399 aire 430
d’une pyramide 401 volume 429
Segment de droite 84 Substitution
orienté 100, 361 principe 177
Semblables résolution de systèmes
polygones 222 Symétrie
rectangles 214 centrale 106, 111
triangles 220 réciproque 107
Sens coordonnées 245
antihorloger 108 orthogonale 102, 111
horloger 108 réciproque 103
translation 111 Symétrique
vecteurs 360 pour l’addition 78
Série statistique 310, 325 pour la multiplication 79
Signe 33 Systèmes
d’un produit 41, 193 d’axes 240
d’une expression du 2e degré 198 d’équations 187
d’une puissance 42
d’une fonction 283 Tableau
Sinus fonction 272, 274
angle aigu 335 proportionnalité 270
angle orienté 353 Tangente
fonction 302 à un cercle 94
formule des sinus 342 trigonométrique
Sinusoïde 302 d’un angle aigu 334
Solide 378 d’un angle orienté 353, 354
de révolution 382 Terme(s)
Solution dans une addition 13
d’une équation 167, 178, 186 dans une soustraction 15
d’une inéquation 191 indépendant dans une équation 181,
Somme 182
de fonctions 290 semblables 169
de nombres 12 Thalès 206
de vecteurs 362 configurations 208
Sommet réciproque 211
cône 382 théorème 206
parabole 266 Théorème
polyèdre 378 de Pythagore 230
polygone 266 de Thalès 206
pyramide 379 du milieu 205, 212, 375
Soustraction Transformation
entiers 37 coordonnées 245
irrationnels 71 du plan 112
naturels 15 série statistique 322, 330
rationnels 52 Transitivité
réels 79 de l’égalité 177
du parallélisme 391
Index 439
Translation(s) 100, 111, 361 Variable
composées 364 d’une expression algébrique 163
coordonnées 246 dépendante 280
identique 101 indépendante 280
réciproque 101 numérique 279
Trapèze 139 Variance 320, 329
Treillis de diviseurs 29 Vecteur(s) 360
Triangle(s) 119 déplacement 360
acutangle 120 force 360
détermination 121 nul 365
équilatéral 120, 138, 152 opposés 365
isocèle 120, 137 translation 361
isométriques 126 Volume 405, 408
obtusangle 120 cône 428
rectangle 120, 152, 157 cube 422
scalène 119 cylindre 426
semblables 220 parallélépipède 422
Trigonométrie 333 prisme 422
pyramide 426
Valeur sphère 429
absolue 33, 76, 289 Vues coordonnées 397
centrale 326
d’une variable 163 Zéro 12, 16
statistique 310
440 Index
Table des matières
Sommaire 3
Avant-propos 4
Guide de lecture pour les élèves 6
Chapitre 1 - Nombres 9
1 Nombres naturels 10
1.1 Naturels et ordre 10
1.2 Ecriture des nombres 11
1.3 Addition et propriétés 12
1.4 Soustraction et propriétés 15
1.5 Multiplication et propriétés 17
1.6 Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition 19
1.7 Puissances 19
1.8 Division et propriétés 21
1.9 Priorité entre les opérations 23
1.10 Multiples et diviseurs 23
2 Nombres entiers 32
2.1 Entiers négatifs et prolongement de la droite graduée 32
2.2 Addition et propriétés 34
2.3 Soustraction et propriétés 37
2.4 Multiplication et propriétés 39
2.5 Puissance d’un nombre entier 42
2.6 Division 43
3 Nombres rationnels 43
3.1 Différentes facettes des fractions 43
3.2 Vers les nombres rationnels 44
3.3 Ordre sur les rationnels 49
3.4 Addition et soustraction 51
3.5 Multiplication 52
3.6 Division 54
3.7 Puissance 56
3.8 Ecriture décimale 57
3.9 Pourcentages 62
4 Nombres irrationnels 65
4.1 Nombres irrationnels dans le contexte des racines 65
4.2 Nombres irrationnels et droite graduée 69
4.3 Nombres irrationnels et écriture décimale 70
4.4 Opérations sur les irrationnels 71
5 Nombres réels 74
5.1 Nombres réels et droite graduée 74
Chapitre 3 - Isométries 99
1 Translation 100
1.1 Caractérisation 100
1.2 Construction de l’image d’un point 100
1.3 Image d’une figure 100
1.4 Translation réciproque 101
1.5 Translation identique 101
1.6 Figure invariante par une translation 101
Bibliographie 432
Index 433
Table des matières 441