Résumé
Le texte traite de l'histoire et du développement de la géomorphologie. Il souligne que
ses origines sont liées à la géologie et aux sciences de la Terre, étant initialement une
science historique. Bien que ses débuts se situent à la fin du XIXe siècle ou au début
du XXe, il existe des documents antérieurs qui font référence au relief et aux
processus qui le composent.
L'importance de personnages tels que Hutton est mentionnée, qui a contribué à
l'explication des formes du territoire à travers l'histoire naturelle, en établissant des
relations entre les événements et leur chronologie. La description des paysages a
cédé la place à la physiographie, précurseur de la géomorphologie.
William Morris Davis est connu pour sa conceptualisation de la géomorphologie,
proposant une approche théorique et méthodologique caractéristique, en mettant
l'accent sur la description, l'explication et la valeur didactique des reliefs. Cependant,
ses théories ont été remises en question par d'autres auteurs tels que Köppen et
Dokuchaev.
Enfin, le texte indique que la géophysique et la physique (indirectement), ainsi que
l’hydrologie et l’agronomie (directement), ont influencé de manière significative la
géomorphologie moderne. La théorie de la tectonique des plaques a révolutionné la
compréhension des caractéristiques du relief, marquant un impact sur la
géomorphologie structurale et la manière d'aborder son étude. La physique, en
particulier, apporte les notions de force et de résistance. Le texte décrit le rôle de
l'hydrologie et de l'agronomie dans le développement de la géomorphologie.
L'hydrologie a joué un rôle crucial pour les progrès théoriques et méthodologiques de
la géomorphologie, notamment dans l'étude des processus d'érosion des sols.
L'agronomie, pour sa part, a fourni des techniques et des méthodes pour l'étude de
ces processus, ce qui a accru l'importance de la géomorphologie dans la société en
fournissant des outils pour répondre de manière adéquate aux problèmes
environnementaux urgents d'aujourd'hui, principalement causés par l'action humaine.
I.Histoire de la géomorphologie
Le texte décrit l'histoire de la géomorphologie avant le XXe siècle. Initialement, les
idées sur la formation de la Terre étaient confuses et mélangées à des interprétations
philosophiques et religieuses, notamment dans la Grèce antique et à Rome, où les
phénomènes naturels étaient attribués aux forces divines. Même si certains penseurs
grecs, comme Thalès de Milet et Anaxagore, fondaient leurs idées sur l’observation,
les explications catastrophiques prédominaient.
Cette perspective catastrophique, soutenue par la croyance au déluge universel,
demeure dominante jusqu’au XVIIIe siècle. Cependant, à la fin de ce siècle, les idées
uniformitaristes, proposées par Hutton et développées par Lyell, offraient une
explication alternative. Basées sur l'actualisme, ces idées mettaient l'accent sur la
transformation progressive du relief à travers des processus lents et continus,
similaires à ceux observables aujourd'hui. Playfair, avec ses « Illustrations de la théorie
huttonienne de la Terre », a consolidé ces idées, réfutant les explications
catastrophiques de phénomènes tels que les glaciers. Le texte décrit l'évolution de la
géomorphologie moderne, mettant la théorie de Ramsay en avant le passage du
catastrophisme à l'uniformitarisme comme explication de la formation du relief. Il se
concentre sur trois modèles d'évolution du relief proposés par Davis, Penck et King,
qui diffèrent principalement par l'importance qu'ils accordent au climat par rapport aux
facteurs tectoniques.
II. Les modèles d’évolution du relief
William Davis (1850-1934) professor américain de géologie à l’université Havard.
On le considère comme le fondateur de la géomorphologie.
Le modèle de Davis, considéré comme le plus influent, est basé sur le « cycle
géographique » (ou cycle d'érosion) : un processus cyclique qui commence par un
soulèvement soudain du relief plat, suivi d'une érosion prolongée à travers les étapes
de jeunesse, de maturité et de sénescence, culminant. dans une pénéplaine. Si un
nouveau soulèvement survient, un nouveau cycle commence. Davis a analysé
l'évolution des rivières, des pentes et des interruptions du cycle idéal pour expliquer
ce processus. Son travail synthétise des connaissances dispersées et il est considéré
comme le fondateur de la géomorphologie moderne. Le concept du cycle d'érosion de
Davis, malgré de nombreuses critiques, a été largement accepté. Ses travaux
couvrent de vastes domaines de la géomorphologie (glaciaire, côtière, aride,
volcanique), établissant des cycles d'érosion dans des contextes variés. Cependant,
Davis a été critiqué par plusieurs auteurs pour ne pas prendre en compte des facteurs
tels que la végétation et le climat, ce qui aboutit à un schéma logique mais superficiel
non adapté à la dynamique des processus érosifs. Contrairement au modèle de Davis,
Walther Penck , considéré comme le précurseur de la méthode géomorphologique
dans les investigations neotectoniques,propose un modèle basé sur l'analyse des
dépôts dans des bassins adjacents à des blocs surélevés. Penck met l'accent sur un
processus de levage lent et accéléré, aboutissant à la stabilité, par opposition au
levage rapide suivi de stabilité proposé par Davis. Penck considère la vitesse de
soulèvement et l'intensité de l'érosion comme des déterminants de la forme du relief,
générant une séquence de surfaces en escalier. Le texte décrit trois modèles
d'évolution du relief : celui de Davis, de Penck et de King. Le modèle de Davis,
cyclique, commence par un diastrophisme rapide suivi d'une longue période de calme
tectonique. Des vastes surfaces d'érosion se forment, limitées par des escarpements,
qui reculent parallèlement. Le modèle de Penck propose une lutte continue entre
l'érosion et les différentes vitesses de soulèvement. Le modèle de King, également
cyclique, est influencé par la géomorphologie de l'Afrique australe et partage des
similarités avec les modèles de Davis et Penck. Les trois modèles représentent les
seules options existantes pour expliquer l'évolution du relief. Le texte souligne que les
formes de modelage évoluent progressivement et systématiquement, passant par des
étapes de jeunesse, maturité et sénescence.
III. Interprétation des figures
L'image montre l'évolution d'un profil de rivière au cours du temps, de jeune à vieux.
On observe une diminution de la pente et un élargissement de la vallée au fur et à
mesure que la rivière vieillit et érode le paysage. La ligne pointillée représente le
niveau de base de l'érosion. La source indique un site web contenant plus
d'informations.
Les images montrent les différentes étapes de l'évolution d'un paysage fluvial. En
haut, on voit une représentation schématique du relief, tandis qu'en bas, on a une
représentation plus réaliste avec un fleuve visible. Dans les deux cas, on distingue trois
stades : jeune, mature et vieux.
Jeune :** Le relief est caractérisé par des pentes raides et une érosion importante. Le
fleuve (en bas) est étroit et rapide.
Mature :** Le relief est moins abrupt, avec des vallées plus larges et arrondies. Le
fleuve (en bas) est plus large, avec des méandres plus développés.
Vieux :** Le relief est très aplati, avec une érosion avancée. Le fleuve (en bas) est
large, sinueux, avec des plaines d'inondation importantes et un débit plus lent. Les
deux séries d'images illustrent le même processus géomorphologique, simplement
avec des styles de représentation différents.
IV. La géomorphologie dans la première moitié du 20 e siècle.
La géomorphologie de la première moitié du XXe siècle se caractérise par le débat
entre deux théories principales : l'isostasie et la théorie eustatique. L'isostasie,
l'équilibre hydrostatique de la croûte terrestre, était une idée centrale, bien que
controversée. L'épirogenèse, le soulèvement des montagnes, était également étudiée,
avec Gilbert suggérant que de vastes renflements pouvaient créer des continents.
Les changements climatiques, l'influence gravitationnelle et les variations eustatiques
(niveau de la mer) ont fortement influencé la pensée géomorphologique. Les
chercheurs ont travaillé à établir la chronologie des périodes glaciaires et
interglaciaires, profitant des études sur les varves (dépôts sédimentaires annuels).
Eduard Suess, dans son ouvrage *Das Antlitz der Erde*, a fourni des preuves de
transgressions et de régressions continentales synchrones à l'échelle mondiale,
suggérant une stabilité des zones continentales à l'exception de mouvements locaux.
L'hypothèse de Darwin sur l'affaissement lent des volcans et la croissance corallienne,
soutenue par Dana et Daly, a contribué au débat.
Après les années 1930, la théorie diastrophique s'est opposée à la théorie eustatique,
attribuant les transgressions et régressions à des mouvements verticaux de la croûte
terrestre.
V. La géomorphologie des processus et Géochronologie
La géomorphologie, d'abord descriptive, a évolué vers la quantification, intégrant des
méthodes issues d'autres sciences, notamment la physique. À partir du milieu du 20e
siècle, il s'est concentré sur l'étude des *processus* plutôt que sur les formes qui en
résultent. Cette nouvelle perspective, promue par des chercheurs comme Gilbert,
Horton, Strahler et Schumm, a nécessité le développement de techniques d'analyse
quantitative, facilitées par l'émergence des ordinateurs. Ces techniques permettent le
traitement efficace de grandes quantités de données, ce qui a donné naissance à la
géomorphologie quantitative.
Pour reconstruire l'histoire géomorphologique, on utilise à la fois des chronologies
relatives (qui indiquent la séquence des événements, mais pas leur durée) et des
chronologies absolues (qui fournissent l'âge des événements). La datation absolue,
même si elle n'élimine pas la nécessité de chronologies relatives, permet de préciser
l'âge des principales unités géologiques. L’analyse pollinique est un outil clé pour
étudier les oscillations climatiques au Quaternaire, à travers l’analyse de la variation
pollinique dans des colonnes ou des échantillons. Au début du XXe siècle, Blytt et
Sernander créent une chronologie des périodes climatiques, distinguant du plus
moderne au plus ancien le Postglaciaire (correspondant aux 10 000 dernières années),
avec des périodes comme le Subatlantique, le Subboréal, l'Atlantique, le Boréal et le
Préboréal. L’étude des changements globaux récents a conduit aux techniques de
reconstruction. Le projet principal de l'IGBP (Programme International Géosphère-
Biosphère), appelé PAGES (Past Global Changes), couvre deux périodes : les 2000
dernières années de l'histoire de la Terre et les dernières centaines de milliers
d'années. Les contributions géomorphologiques aux changements environnementaux
de cette époque se retrouvent, entre autres, dans Slaymaker (2000).
Conclusion:
La géomorphologie est une science de la Terre issue de la géologie, dont elle constitue
la dernière étape des études stratigraphiques. Son approche était historiquement
similaire à la géologie. Cependant, récemment, elle a connu une expansion
significative, tant en termes de diversité thématique et méthodologique que de
quantité et qualité de publications. Ce développement international est le fruit de la
confluence de diverses traditions scientifiques locales, et se manifeste notamment par
une production scientifique majoritairement en allemand, anglais et français.