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Cours sur les Avantages Fiscaux en Tunisie

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

AVANTAGES FISCAUX
UIT 2023
Enseignant : Anis Mabrouk
BIBLIOGRAPHIE PRINCIPALE
❖ Notes communes (de la direction générale des études et de la
législation fiscale)
❖ Ouvrages
YAICH Abderraouf « les avantages fiscaux dans le cadre de la nouvelle
législation », Les éditions Raouf YAICH- Tunisie. 1ère édition 2018
Les mises à jour nécessaires ont été apportées à ce document pour se
conformer à la nouvelle réglementation fiscale.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Plan du cours
SOMMAIRE PAGE

PREMIERE PARTIE
LA LOI DE L’INVESTISSEMENT

Chapitre introductif …………………………………………………………………………… 4


CHAPITRE 1 : présentation de la loi de l’investissement ……………………….. 6
CHAPITRE 2 : les primes et autres incitations à l’investissement …….………… 11

DEUXIEME PARTIE
LES INCITATIONS FISCALES PAR ACTIVITE

CHAPITRE 1 : Les avantages du développement régional ………………….……..….. 13


CHAPITRE 2 : les avantages du développement agricole ………………………………. 24
CHAPITRE 3 : les avantages accordés à l’exportation ……………..…………….……… 27
CHAPITRE 4 : les avantages aux activités de soutien ………………….…………….…. 31
CHAPITRE 5 : les avantages aux activités de lutte contre la pollution …………..…. 33
CHAPITRE 6 : les avantages aux entreprises nouvellement créées …………………. 35
CHAPITRE 7 : reprise des entreprises en difficultés économiques .…………………. 36
CHAPITRE 8 : Conditions de bénéfice des avantages fiscaux au titre de l’exploitation.. 38
CHAPITRE 9 : dégrèvement financier ………………….………………………….……………. 39
CHAPITRE 10 : la détermination des bénéfices d’extention …….……………..………. 42
CHAPITRE 11 : mesures transitoires prévues par la loi portant refonte du 43
dispositif des avantages fiscaux …….……………..……………………………………………….
CHAPITRE 12 : les SICAR et FCPR ………………….……………………………………….…. 44
CHAPITRE 13 : Régime fiscal des start-up ………………….………………….……………. 48
CHAPITRE 14 : autres avantages fiscaux ………………….…………………………………. 51
CHAPITRE 15 : Régime des revenus ou bénéfices accessoires ………………………. 56

TROISIEME PARTIE
LES INCITATIONS FISCALES PAR INSTRUMENT

CHAPITRE 1 : la bonification d’amortissement ……………………………………..……... 57


CHAPITRE 2 : le régime suspensif de TVA et autres taxes …………..……………….. 58
CHAPITRE 3 : prime de développement de la capacité d’employabilité …………... 60
CHAPITRE 4 : régime fiscal des opérations de leasing ………………………………..… 62

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Liste des abréviations


IRPP : Impôt sur les revenus des personnes physiques
IS : Impôt sur les sociétés
TCL : Taxe sur les établissements à caractère industriel ou commercial
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
DD : Droit de douane
DC : Droit de consommation
CA : Chiffre d’affaires
TTC : Toutes taxes comprises
HT : Hors taxes
MI : Minimum d’impôt
PV : procès verbal
PP : Personne physique
PM : Personne morale
ZDR : zone d’encouragement aux développements régionaux
DA : Développement agricole
LF : Loi de finances
LFC : Loi de finances complémentaire
MI (art12) Article 12 de la loi 89-114 portant promulgation du code de l'IRPP et de l'IS
MI (art12 bis) Article 12bis de la loi 89-114 portant promulgation du code de l'IRPP et de
l'IS

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Première partie
Chapitre introductif
I- Introduction

Les avantages fiscaux jouent un rôle prépondérant sur le plan économique et social à travers
l’incitation des investisseurs à investir dans certains secteurs, activités ou régions.
Les objectifs, ainsi poursuivis par l’Etat, peuvent être atteints à travers l’orientation de
l’investissement par l’octroi d’avantages fiscaux, d’avantages financiers ou encore sociaux.
La réglementation tunisienne relative aux incitations pour promouvoir l’investissement a connu
une réforme majeure par la promulgation en 2016 et 2017 de nouveaux textes législatifs entrant
en vigueur au 1er avril 2017.
Tout d’abord, la loi 2016-71 du 30 septembre 2016 portant loi de l’investissement, a abrogé le
code d’incitation aux investissements. Une série de décrets d’application relative à ladite loi a été
promulguée au début de l’année 2017.
Et suite à la publication de la loi n°2017-8 du 14 Février 2017, portant refonte du dispositif des
avantages fiscaux, il a été ajouté au code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de
l’impôt sur les sociétés un chapitre IV intitulé "Avantages Fiscaux" et comprenant les articles de
63 à 77, qui prévoient les avantages fiscaux au titre de l’exploitation et au titre du réinvestissement
financier.
II- Le minimum d’impôt MI :
Selon les dispositions de l’article 12 de la loi 89-114 portant promulgation du code de l'IRPP et
de l'IS, pour les personnes morales et, en cas de déduction totale ou partielle des bénéfices, l'impôt
sur les sociétés, est dû :
 au taux minimum de 15% pour les sociétés soumises à l’IS au taux de 25% et de 20%et
ce jusqu’à l’exercice 2020,
 au taux minimum de 10% pour les sociétés soumises à l’IS au taux de 15% et ce à partir
de l’exercice 2021,
 au taux minimum de 20% pour les sociétés soumises à l’IS au taux de 35% .
Selon les dispositions de l’article 12 Bis de la loi 89-114 portant promulgation du code de l'IRPP
et de l'IS : « Les personnes physiques bénéficiaires d'exonérations fiscales sont soumises à un
MI égale à 45% de l'impôt dû sur le revenu globale compte non tenu desdites exonérations. »
Le minimum d’impôt prévu par la loi n° 89-114 au titre de l’IRPP (BIC et BNC) et au titre de l’IS
lequel est fixé à partir jusqu’à l’exercice 2020 comme suit :

Personnes - 0,2% du chiffre d’affaires local ou des recettes brutes avec un minimum égal à 300D.
- 0,1% du chiffre d’affaires ou des recettes dont les revenus en provenant bénéficient d’une
physique déduction de deux tiers…ou réalisé de la commercialisation de produits ou de services
soumis au régime de l’homologation administrative des prix et dont la marge bénéficiaire
brute ne dépasse pas 6% conformément à la législation et aux réglementations
en vigueur, avec un minimum égal à 200D.
Personnes - 0.2% du chiffre d’affaires local brut avec un minimum égal à 500D pour les sociétés non
morales soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 10%.
-0.1% du chiffre d’affaires dont les bénéfices en provenant sont soumis à l’impôt sur les
sociétés au taux de 10% ou le chiffre d’affaires réalisé de la commercialisation de produits
ou de services soumis au régime de l’homologation administrative des prix et dont la
marge bénéficiaire brute ne dépasse pas 6% avec un minimum égal à 300D.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Maximum du MI pour les personnes physiques et morales Sans plafond

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Il est à noter aussi que le minimum d’impôt prévu par la loi n° 89-114 :
 ne s’applique pas au chiffre d’affaires réalisés par les entreprises qui bénéficient dela
déduction totale de leurs bénéfices ou revenus provenant de l’exploitation, et ce, durant la
période qui leur est impartie par la législation en vigueur. Il s’agit notamment des :
entreprises exerçant dans les zones de développement régional ou dans les secteurs
de développement agricole durant la période de déduction totale de leurs bénéfices
ou revenus provenant de l’exploitation,
les entreprises exonérées de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés
(exemple : les sociétés mutuelles de services agricoles, les SICAV,…).
les PME bénéficiaires des avantages des lois de finances 2013,2014,2016,
2018,2019 et 2020 durant la période de déduction totale de leurs bénéfices ou
revenus provenant de l’exploitation,
 n'est pas exigible pour les 3 ans à compter de la date du dépôt de la déclaration
d'existence et ce pour les entreprises nouvelles durant la période de réalisation du projet.
Exemple n°1 :
Une société anonyme a réalisé au titre de l’année 2018:
- un CA brut de 8 MD dont 5 MD provenant de la vente de produits soumis au régime de
l’homologation administrative des prix dont la marge bénéficiaire ne dépasse pas 6% et,
- des bénéfices nets de 8.500D.
Dans ce cas, l’impôt sur les sociétés exigible est calculé comme suit :
- Impôt sur les sociétés sur la base du bénéfice net :
8.500D x 25% = 2.125D
- Minimum d’impôt exigible :
* CA provenant de la vente de produits soumis au régime de l’homologation administrative des
prix dont la marge bénéficiaire ne dépasse pas 6% : 5.000.000D x 0,1% = 5.000D
* Autre CA : 3.000.000 x 0,2% = 6.000D
Dans ce cas, et du fait que le MI calculé sur la base du CA (5.000D + 6.000D = 11.000D)
dépasse l’IS calculé au taux de 25%, le MI est exigible, soit 11.000D.

Exemple n°2:
Une société anonyme soumise à l’IS au taux de 25%, ait réalisé au titre de l’année 2018 :
- un CA brut local de 300.000D dont 100.000 D provenant de la vente de produits soumis au
régime de l’homologation administrative des prix dont la marge bénéficiaire ne dépasse pas 6%,
- une perte de 3.500D.
Son minimum d’impôt exigible serait calculé comme suit :
* CA provenant de la vente de produits soumis au régime de l’homologation administrative des
prix dont la marge bénéficiaire ne dépasse pas 6% : 100.000D x 0,1% = 100D----300
*Autre chiffre d’affaires : 200.000D x 0,2% = 400D------500
Dans ce cas, étant donné que le MI relatif au CA soumis au taux de 0,1% (100D) est inférieur au
minimum du minimum de cet impôt (300D), le minimum de 300D est exigible. Aussi, et étant
donné que le MI relatif au CA soumis au taux de 0,2% (400D) est inférieur au minimum du
minimum de cet impôt (500D), le minimum de 500D est exigible.
Par conséquent, cette société devient redevable du MI le plus élevé soit 500D.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 1 : présentation de la loi de l’investissement


(LOI N° 2016-71 DU 30 SEPTEMBRE 2016)

La loi de l’investissement a pour objectif la promotion de l’investissement et l’encouragement de


la création d’entreprises et de leur développement selon les priorités de l’économie nationale,
notamment à travers:
-l’augmentation de la valeur ajoutée, de la compétitivité et de la capacité d’exportation de
l’économie nationale et de son contenu technologique aux niveaux régional et international, ainsi
que le développement des secteurs prioritaires,
-la création d’emplois et la promotion de la compétence des ressources humaines,
-la réalisation d’un développement régional intégré et équilibré,
-la réalisation d’un développement durable.

La structure de la loi 2016-71 est présentée comme suit :

Section 1 : Champ d’application de la loi de l’investissement

L’article 2 de la loi 2016-71 stipule que « la présente loi fixe le régime juridique de
l’investissement réalisé par des personnes physiques ou morales, résidentes ou non résidentes,
dans toutes les activités économiques.
Les activités économiques sont classées conformément à « la nomenclature d’activités tunisienne
NAT » adoptée uniformément par tous les services publics intervenant dans l’investissement.
La nomenclature d’activités tunisienne est fixée par le décret gouvernemental n° 2017-390 du 9
mars 2017.
Ainsi, le champ d’application de la nouvelle loi de l’investissement couvre tous les secteurs
d’activités, y compris ceux qui étaient exceptés auparavant du champ d’application de l’ancien
Code d’Incitations aux Investissement (Commerce, Energie, Services financiers …)

L’investissement étant libre au sens de l’article 4 de la loi 2016-71. Cependant les opérations
d’investissement doivent se conformer à la législation relative à l’exercice des activités
économiques (cahier des charges, autorisation, carte de commerçant, étude impact sur
l’environnement…)
Certaines activités demeurent soumises à des autorisations administratives pour réaliser le projet.
Le décret gouvernemental n° 2018-417 du 11 mai 2018 a fixé la liste de ces activités.

L’investisseur est libre d’acquérir, louer ou exploiter les biens immeubles non agricoles afin de
réaliser ou poursuivre des opérations d’investissement direct sous réserve de respecter les
dispositions du code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme et des plans
d’aménagement du territoire (Le droit de propriété des terres agricoles ne peut appartenir qu'aux
personnes physiques de nationalité tunisienne, aux coopératives, et aux personnes morales dont
tous les participants sont des personnes physiques de nationalité tunisienne).

Pour bénéficier des avantages fiscaux et sociaux ainsi que des primes d’investissement,
l’investissement doit satisfaire un certain nombre de conditions relatives notamment, au dépôt
d’une déclaration d’investissement, au secteur d’activité, à l’adoption d’une schéma de
financement du projet comportant un minimum de fonds propre, à la tenue d’une comptabilité…

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Le minimum de fonds propres est fixé à 30% du coût d’investissement. Ce taux est ramené à 10%
pour les investissements de la catégorie « A » dans le secteur de l’agriculture, de la pêche et de
l’aquaculture
L’article 3 de la même loi définit l’investissement comme étant tout emploi durable de capitaux
effectué par l’investisseur pour la réalisation d’un projet permettant de contribuer au
développement de l’économie tunisienne tout en assumant ses risques et ce, sous forme
d’opérations d’investissement direct ou d’opérations d’investissement par participation.

1. Opération d’investissement direct: toute création d’un projet nouveau et autonome en vue
de produire des biens ou de fournir des services ou toute opération d’extension ou de
renouvellement réalisée par une entreprise existante dans le cadre du même projet permettant
d’augmenter sa capacité productive, technologique ou sa compétitivité,

2. Opération d’investissement par participation : la participation en numéraire ou en


nature dans le capital de sociétés établies en Tunisie, et ce, lors de leur constitution ou de
l’augmentation de leurs capitaux sociaux ou de l’acquisition d’une participation à leurs capitaux .

La doctrine administrative (Note Commune 19/2017) apporte certains éclaircissements relatifs à


la définition des opérations d’investissement:
1- ne sont pas considérées opérations d'extension ou de renouvellement, les opérations qui
n'entrainent pas une augmentation de la capacité productive, technologique ou de la compétitivité
d'une entreprise telle que la construction ou l'acquisition de dépôts de stockage ou d'un siège social
de l'entreprise;
2- une entreprise existante est tenue de réaliser ses investissements d'extension ou de
renouvellement dans le cadre du même projet et par conséquent la création d'une nouvelle
entreprise ou d'un nouveau projet pour la production de biens ou la prestation de services
nouveaux autres que les biens et services initiaux de l'entreprise n'est pas considérée une opération
d'extension ou de renouvellement.
3- une opération de renouvellement à l’identique ne répond pas à la définition d’investissement
direct.
4- Les services de contrôle des impôts peuvent ne pas retenir les attestations de dépôt de
déclaration d'investissement dans le cas de non- conformité de ces attestations avec la définition
des opérations d'investissement déclarées ou dans le cas de non-conformité des données déclarées
avec l'activité effective de l'entreprise concernée.

3. Recrutement des étrangers


Toute entreprise peut recruter des cadres de nationalité étrangère dans la limite de 30% du nombre
total de ses cadres jusqu’à la fin de la 3ème année à compter de la date de constitution juridique
de l’entreprise ou de la date d’entrée en activité effective au choix de l’entreprise. Ce taux doit
être ramené à 10 % à partir de la 4ème année à compter de ladite date. Dans tous les cas,
l’entreprise peut recruter quatre cadres de nationalité étrangère. Au-delà des taux ou limite prévus
au paragraphe précédent, l’entreprise est soumise, quant au recrutement des cadres étrangers, à
une autorisation délivrée par le ministère chargé de l’emploi conformément aux dispositions du
code du travail.

Section 2 : Gouvernance de l’investissement

Trois instances gouvernent le cadre législatif de l’investissement en Tunisie : le conseil supérieur


de l’investissement, l’instance tunisienne de l’investissement et le Fonds Tunisien de
l’Investissement.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

1- Le conseil supérieur de l’investissement (Article 11 et 12 de la loi 2016-71)


Il est créé un « conseil supérieur de l’investissement » auprès de la présidence du gouvernement,
présidé par le chef du gouvernement et composé des ministres ayant rapport avec le domaine de
l’investissement.
Les ministres chargés de l’investissement, des finances et de l’emploi doivent assister aux
délibérations du conseil.
Le conseil détermine la politique, la stratégie et les programmes de l’Etat dans le domaine de
l’investissement. Il est notamment chargé de:
✓ la prise des décisions nécessaires à la promotion de l’investissement et l’amélioration du
climat des affaires et de l’investissement,
✓ l’évaluation de la politique de l’Etat dans le domaine de l’investissement à travers un
rapport annuel qui sera publié,
✓ l’approbation des stratégies, des plans d’action et des budgets annuels de l’instance et du
fonds,
✓ l’approbation de l’allocation annuelle des ressources financières publiques affectées au
fonds conformément aux objectifs de la politique de l’Etat dans le domaine de
l’investissement, et ce, dans le cadre de l’élaboration des lois de finances,
✓ la supervision, le contrôle et l’évaluation des travaux de l’instance et du fonds
✓ l’adoption des incitations en faveur des projets d’intérêt national prévues à l’article 20 de
la loi .71-2016

L’instance assure le secrétariat permanent du conseil qui se réunit périodiquement au moins une
fois tous les trois mois.

2- L’instance tunisienne de l’investissement (Article 13 à 15 de la loi 2016-71)


Il est créé une instance publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie administrative
et financière dénommée « instance tunisienne de l’investissement » sous la tutelle du ministère
chargé de l’investissement.
Le siège de l’instance est à Tunis et peut avoir des représentations régionales et à l’étranger.
L’instance propose au conseil les politiques et les réformes en rapport avec l’investissement et ce
en concertation avec les organismes représentants le secteur privé. Elle assure aussi le suivi de
leur exécution, la collecte et la publication des informations relatives à l’investissement ainsi que
l’élaboration des rapports d’évaluation de la politique d’investissement.
L’instance examine les demandes de bénéfice des primes et décide de leur octroi sur la base d’un
rapport technique élaboré par l’organisme concerné qui assure le suivi de la réalisation de
l’investissement.
La relation entre l’instance et les organismes concernés par l’investissement est fixée par des
conventions cadres approuvées par le Conseil.
Il est créé au sein de l’instance un « Interlocuteur Unique de l’Investisseur » chargé notamment
de:
✓ accueillir l’investisseur, l’orienter et l’informer en coordination avec les différents
organismes concernés,
✓ effectuer en sa faveur les procédures administratives relatives à la constitution juridique de
l’entreprise ou son extension et à l’obtention des autorisations requises pour les différentes
étapes de l’investissement,
✓ recevoir les requêtes des investisseurs et œuvrer à les résoudre en coordination avec les
organismes concernés ainsi que la mise en place d’une base de données pour la collecte
des requêtes reçues, leur étude et la proposition des solutions appropriées, tout en publiant
les défaillances enregistrées et les actions correctives dans ses rapports d’évaluation.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

La déclaration de l’opération d’investissement direct et de l’opération de constitution juridique


des entreprises est effectuée suivant une liasse unique dont le modèle, la liste des documents
d’accompagnement et les procédures sont fixés par décret gouvernemental.
L’interlocuteur unique de l’investisseur fournit à l’investisseur une attestation de dépôt de la
déclaration de l’investissement et les documents de création ou d’extension de l’entreprise dans
un délai d’un jour ouvrable à compter de la date du dépôt de la déclaration accompagnée de tous
les documents requis.

3- Le fonds tunisien de l’investissement (Article 16 à 18 de la loi 2016-71)


Il est créé une instance publique dénommée le « fonds tunisien de l’investissement » dotée de la
personnalité morale et de l’autonomie administrative et financière.
Les ressources du fonds sont constituées:
• des ressources du budget de l’Etat,
• des prêts et des dons accordés de l’intérieur et de l’extérieur,
• de toutes autres ressources mises à sa disposition.
Le fonds gère ses ressources financières conformément à des programmes fixés sur la base des
priorités de développement dans le domaine de l’investissement. Ces interventions comprennent:
✓ le déblocage de primes mentionnées dans le titre V de la présente loi
✓ la souscription dans les fonds communs de placement à risque, les fonds de capital-risque
et les fonds d’amorçage d’une manière directe ou indirecte.

Les taux, les plafonds et les conditions de bénéfice des participations au capital sont fixés par le
décret gouvernemental n° 2017- 389 du 9 mars 2017.

Section 3 : Délai de réalisation de l’investissement

 Les projets déclarés doivent commencer la réalisation au plus tard une année à compter
de la date de la déclaration d’investissement. Ainsi la déclaration d’investissement est
considérée comme nulle dans le cas où l’exécution de l'investissement n’a pas été
entamée dans un délai d'une année à compter de la date de son obtention.
 La totalité de l’investissement déclaré doit etre réalisée au plus tard 4 ans à partir dela
date de la déclaration d’investissement . Une prorogation exceptionnelle de 2 ans peut
etre accordée au cas par cas.
 Pendant la période de réalisation de l’investissement, l’investisseur doit présenter un
rapport annuel sur l’état d’avancement du projet à l’organismechargé de
l’investissement pour la duréede réalisation.

Section 4 : Déchéance de l’avantage

Selon les dispositions de l’article 21 de la loi de l’investissement, les entreprises bénéficiaires des
incitations prévues par cette loi sont retirées de leurs bénéficiaires dans les cas suivants :
 le non respect des dispositions de la loi de l’investisement ou de ses textes d’application,
 la non réalisation du programme d’investissement durant les quatre premières annéesà
compter de la date de déclaration de l’investissement prorogeable exceptionnellement
une seule fois pour une période maximale de deux ans sur décision motivée par
l’instance,
 le détournement illégal de l'objet initial de l'investissement.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Section 5 : commission des autorisations et agréments

Il est créé auprès de l’Instance tunisienne de l’investissement, une commission nommée


commission des autorisations et agréments, composée de représentants des ministères et
organismes publics concernés.

Ladite commission est chargée de faciliter la réalisation des investissements entrepris par
l’Instance tunisienne de l’investissement en vertu de la législation en vigueur, et ce en vue de:
✓ statuer sur toutes les demandes des agréments et autorisations requises pour la réalisation
de l’investissement.
✓ Statuer sur les demandes de changement de vocation des terres agricoles et ce nonobstant
les dispositions contraires et notamment la loi n° 83-87 du 11 novembre 1983, relative à la
protection des terres agricoles.

Les demandes d’autorisations, d’agréments et de changement de vocation des terres agricoles


relatives aux projets entrepris par l’Instance tunisienne de l’investissement, sont obligatoirement
déposées auprès de la commission des autorisations et agréments à l’exclusion de tout autre
organisme public.

La commission des autorisations et agréments prend sa décision et l’adresse au ministre intéressé


le jour même par tout moyen laissant une trace écrite.

Le ministre peut s’opposer à la décision dans un délai ne dépassant pas les 15 jours à compter de
la date de sa réception.

Le silence du ministre, après l’expiration dudit délai, vaut acceptation. La décision de la


commission, dans ce cas, s’impose à tous les organismes publics et privés.

En cas d’opposition du ministre à l’autorisation, la commission des autorisations et agréments


saisit le Conseil supérieur de l’investissement dans un délai ne dépassant pas les 7 jours de la date
d’opposition .

Ladite commission peut saisir le conseil supérieur de l’investissement en cas d’empêchement de


prise de décision.

La composition, les modalités et les modes de fonctionnement de la commission des autorisations


et agréments et les délais d’octroi des autorisations ainsi que la liste des activités concernées sont
fixés par arrêté du ministre chargé de l’investissement.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 2 : les primes et autres incitations financières à l’investissement

1- Les types de primes (Article 19 de la loi 2016-71)

Les primes au titre de la réalisation des opérations d’investissement direct sont octroyées comme
suit:

a- La prime de l’augmentation de la valeur ajoutée et de la compétitivité:


➢ Au titre de la réalisation des opérations d’investissement direct dans:
✓ les secteurs prioritaires,
✓ les filières économiques.
➢ Au titre de la performance économique dans le domaine:
✓ des investissements matériels pour la maîtrise des nouvelles technologies et
l’amélioration de la productivité,
✓ des investissements immatériels,
✓ de la recherche et développement,
✓ de la formation des employés qui conduit à la certification des compétences.

b- La prime de développement de la capacité d’employabilité au titre de la prise


en charge par l’Etat:
✓ de la contribution patronale au régime légal de la sécurité sociale au titre des salaires versés
aux employés tunisiens durant une période ne dépassant pas les dix premières années à
partir de la date d’entrée en activité effective,
✓ d’un pourcentage des salaires versés aux employés tunisiens en fonction du niveau
d’encadrement.

c- La prime de développement régional en se basant sur l’indice de développement


régional dans certaines activités au titre:
✓ de la réalisation d’opération d’investissement direct,
✓ des dépenses des travaux d’infrastructures. La prime de développement durable au titre des
investissements réalisés dans la lutte contre la pollution et la protection de
l’environnement.

d- Cumul des primes:


Les primes prévues par la loi de l’investissement ou dans le cadre d’autres textes législatifs
peuvent être cumulées :
✓ sans que leur total ne dépasse le tiers du coût de l’investissement,
✓ et ce, compte non tenu de la participation de l’Etat aux dépenses d’infrastructures, des
primes au titre de la performance économique, de la prime de développement de la capacité
d’employabilité et de la prime de développement durable.
✓ le décaissement des primes ne doit pas dépasser, dans tous les cas, six mois de la date la
satisfaction de toutes les conditions juridiques requises pour le décaissement.

2- Les primes au titre des projets d’intérêt national (Article 20 de la loi 2016-71)
Sont considérés comme projets d’intérêt national, les projets qui contribuent à la réalisation de
l'une des priorités de l'économie nationale mentionnée aux dispositions de l’article premier de la
loi de l'investissement et qui satisfait à l’un des critères suivants:

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

✓ un coût d’investissement supérieur ou égal à cinquante (50) millions de dinars,


✓ la création d’au moins cinq cents (500) postes d’emploi durant une période de trois ans à
compter de la date d'entrée en activité effective.

Les projets d’intérêt national bénéficient des incitations suivantes:


- une déduction des bénéfices de l'assiette de l'impôt sur les sociétés dans la limite de dix
années,
- une prime d’investissement dans la limite du tiers du coût d’investissement y compris les
dépenses des travaux d’infrastructures intra-muros
- la participation de l’Etat à la prise en charge des dépenses des travaux d’infrastructure.
- la prise en charge par l’Etat de la contribution patronale au régime légal de la sécurité
sociale au titre des salaires versés aux employés tunisiens durant une période ne dépassant
pas les dix premières années à partir de la date d’entrée en activité effective
- l’octroi des terres domaniales non agricoles sous forme de location à long terme ou au
dinar symbolique. L’investisseur est déchu de son droit au terrain octroyé qui sera
rétrocédé à l’Etat en cas de cessation définitive de l’activité1.

Les dossiers des projets d’intérêt national sont transmis obligatoirement à l’instance qui se charge
de les étudier, les évaluer et les soumettre au conseil.
Sont fixés par décret gouvernemental les projets d’intérêt national sur la base de la taille de leur
investissement ou capacité d’employabilité et de la satisfaction d’au moins un des objectifs prévus
par l’article premier de la présente loi, le plafond de la prime d’investissement.
Les incitations précitées sont octroyées à tout projet d’intérêt national par décret gouvernemental
après avis du conseil.

1
La 4ème et 5ème tiret ont été ajouté par l’art. 19 de la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019, relative à l’amélioration du climat de
l’investissement

13
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Deuxième partie : les incitations fiscales par activité


Chapitre 1 : Les avantages accordés au développement régional

I. La loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux

1- Opérations d'investissement concernées

Conformément aux dispositions de l'article 63 du code de l'IRPP et de l’IS, les avantages fiscaux
au titre du développement régional sont accordés en phase d'exploitation suite à la réalisation
d'opérations d'investissement direct au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement et qui
consistent à:
✓ La création : toute création d'un projet nouveau et autonome en vue de produire des biens
ou de fournir des services,
✓ L'extension ou le renouvellement : opération réalisée par une entreprise existante dans le
cadre du même projet permettant d'augmenter sa capacité productive, technologique ou sa
compétitivité.
L'entreprise au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement désigne toute entité qui a pour but
de produire des biens ou de fournir des services et qui prend la forme d'une société ou d'une
entreprise individuelle conformément à la législation en vigueur.
2- Secteurs et activités concernés2

Toutes les activités établis dans les zones de développement régional sont éligibles aux avantages
et incitations du développement régional , à l’exclusion des activités fixées par le décret
gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017.
Parmi ces activités exclues, les activités suivantes sont à préciser :
✓ Les professions libérales : il s'agit notamment des comptables, experts comptables, avocats,
médecins, médecins dentistes, conseillers quelle que soit leur spécialité, les experts, les
ingénieurs, les architectes, les interprètes assermentés, les notaires, les huissiers notaires et
les agents d'assurance,
✓ Les petits métiers : la liste des petits métiers a été fixée par le décret n° 2005-3078 du 29
novembre 2005 fixant la liste des activités de métiers et de l'artisanat et déterminant les
activités dont l'exercice nécessite la qualification professionnelle tel que modifié et
complété par le décret n° 2009-439 du 16 février 2009....
3- Zones de développement régional concernées3

Les zones de développement régional sont déterminées sur la base d’un indice de développement
régional (IDR) établi par l’institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives. Elles
ont été fixées par l'annexe n° 2 du décret gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017. Elles
regroupent 147 délégations réparties en deux groupes:
 Le premier groupe des ZDR comprend 13 délégations,
 Le deuxième groupe des ZDR comprend 134 délégations.
Le découpage des zones de développement régional concerne toutes les activités et tous les
secteurs concernés par les avantages du développement régional .

Voir annexe n° 12
Voir annexe n°23
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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

4- Avantages fiscaux au titre du développement régional

A- Au niveau de l'exploitation

A-1- période de déduction totale :


Conformément aux dispositions de l'article 63 du code de l'IRPP et de l’IS, sont totalement
déductibles sans aucun minimum d'impôt de l'assiette de l'impôt sur le revenu des personnes
physiques et de l'impôt sur les sociétés, les revenus ou bénéfices provenant des opérations
d'investissement direct au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement ainsi que les bénéfices
exceptionnels prévus au paragraphe I bis de l'article 11 du code de l'IRPP et de l’IS réalisées dans
les zones de développement régional par les entreprises exerçant dans les secteurs et activités
concernés par les avantages de développement régional comme suit:
➢ Pendant les 5 premières années à partir de la date d'entrée en activité effective pour le
premier groupe des zones de développement régional,
➢ Pendant les 10 premières années à partir de la date d'entrée en activité effective pour le
deuxième groupe des zones de développement régional.
Conformément aux dispositions de l'article 72 du code de l'IRPP et de l’IS, les dispositions de
l'article 63 dudit code s'appliquent aux entreprises ayant obtenu une attestation de dépôt de
déclaration d'investissement à partir du 1er Mars 2017 au titre des opérations d'investissement
direct au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement.

A-2- après l’expiration de la période de déduction totale :


Conformément aux dispositions de l'article 64 du code de l'IRPP et de l’IS, les bénéfices et les
revenus provenant du développement régional ainsi que les bénéfices exceptionnels qui y sont liés
prévus par le parag I bis de l'article 11 du code de l’IRPP et de l’IS, sont soumis à :
✓ l'IS au taux de 10% pour les personnes morales,
✓ l'IR selon le barème après déduction des 2/3 des revenus pour les personnes physiques
nonobstant le minimum d'impôt.

B- En matière de TFP et C.FOPROLOS


Les entreprises bénéficiant des avantages du développement régional conformément à la
législation en vigueur ne sont pas soumises à la TFP et à la C.au FOPROLOS d'une manière
illimitée dans le temps et ce, à compter du 1er avril 2017.
C- Au niveau du réinvestissement
Nonobstant le MI (art 12 et 12 bis) sont totalement déductibles de l'assiette de l'impôt sur le revenu
des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés et dans la limite du bénéfice ou revenu
imposable, les revenus ou les bénéfices réinvestis dans la souscription au capital initial ou à son
augmentation des entreprises bénéficiant des avantages du développement régional.

D- Au niveau de la contribution patronale à la CNSS (voir page 61)


II- Ancien régime de déduction des revenus ou bénéfices provenant des
investissements dans le cadre du code d’incitations aux investissements
a- Pour les entreprises créées avant le 06/01/2008 :
Déduction totale pendant les 10 premières années à partir de la date d'entrée en activité effective
et ce nonobstant le MI (MI (12 et 12bis) et MI (44 et 49) ) et dans la limite de 50 % de ces revenus
ou bénéfices pendant les 10 années suivantes et ce sous réserve du MI .
b- Pour les entreprises créées à partir du 06/01/2008 :

15
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Premier groupe Deuxième groupe Troisième groupe (ZDR


GROUPE
prioritaires)
(Secteurs de l’industrie, (Secteurs de l’industrie,
de l’artisanat et quelques de l’artisanat et (Secteurs de l’industrie, de
activités de services) quelques activités de l’artisanat et quelques activités de
services) services) et secteur de tourisme
dans les ZDR
Déduction des revenus et
AVANTAGE Déduction des revenus Déduction des revenus
bénéfices provenant de l’activité
et bénéfices provenant et bénéfices provenant
pendant les dix premières
de l’activité pendant les de l’activité pendant les
années d’activité, en totalité
cinq premières années dix premières années
(100%), nonobstant le minimum
d’activité, en totalité d’activité, en totalité
d’impôt, et de 50% de ces
(100%), nonobstant le (100%), nonobstant le
revenus et bénéfices pendant les
minimum d’impôt. minimum d’impôt.
dix années suivantes, avec MI

a- Les entreprises installées dans les ZDR régies par le CII et dont les activités n’ont pas
été exclues selon le décret gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017 et qui ont expiré
la période de déduction:

sont imposables pour l’exercice 2017 :


➢ selon le barème de l'impôt sur le revenu .
➢ à l'impôt sur les sociétés au taux de 25% .
sont imposables à partir de l’exercice 2018 :
➢ déduction des 2/3 des revenus de l'assiette de l'impôt sur le revenu nonobstant le
minimum d'impôt pour les personnes physiques,
➢ à l'impôt sur les sociétés au taux de 10% .
b- Les entreprises installées dans les ZDR régies par le CII et dont les activités ont été
exclues selon le décret gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017 sont imposables
après l’expiration de la période de déduction comme suit :
➢ selon le barème de l'impôt sur le revenu .
➢ imposition à l'impôt sur les sociétés au taux de 25% jusqu’à l’exercice 2020 et 15% à
partir de l’exercice 2021.

III. Date d'entrée en vigueur des nouvelles dispositions


Les dispositions de la loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux entrent en vigueur à
compter du 1er avril 2017. Toutefois, la loi a prévu les dispositions transitoires suivantes :
➢ Les entreprises réalisant des opérations d’investissement dans les ZDR ayant obtenu une
attestation de dépôt de déclaration d’investissement avant le 1er avril 2017 et qui sont entrées
en activité effective avant le 1er avril 2017 et dont la période de déduction totale ou partielle
des revenus ou bénéfices provenant de l’activité n’a pas expiré, continuent à bénéficier de la
déduction en question jusqu’à l’expiration de la période qui leur sont impartie conformément
aux dispositions du CII.
➢ Les entreprises ayant obtenu une attestation de dépôt de déclaration d’investissement avant le
1er avril 2017 et qui entrent en activité effective après cette date, bénéficient des avantages
fiscaux au titre du développement régional conformément aux dispositions de la loi n° 2017-8
du 14 février 2017.

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Chapitre 2 : Les avantages accordés au développement agricole

I. La loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux

1- Les opérations d’investissement éligibles :


Il s’agit des opérations d’investissement direct au sens de l’article 3 de la loi de l’investissement,
qui concernent les opérations de création, d’extension et de renouvellement dans le secteur de
l’agriculture et de pêche sont éligibles au bénéfice des avantages fiscaux au titre du
développement agricole.

2- Les catégories de projets4 :


L’investissement direct dans le secteur de l’agriculture, de la pèche et de l’aquaculture sont
classés comme suit :

Catégorie « A » :
✓ investissement dans l’agriculture dont le coût ne dépasse pas deux cent (200) mille
dinars,
✓ investissement dans la pêche dont le coût ne dépasse pas trois cent (300) mille dinars,
✓ investissement dans l’aquaculture dont le coût ne dépasse pas cinq cent (500) mille
dinars,
✓ investissement réalisé par les sociétés mutuelles de services agricoles et les groupements
de développement dans le secteur de l'agriculture et de la pêche.

Catégorie « B » :
✓ investissement dans l’agriculture dont le coût dépasse deux cent (200) mille dinars,
✓ investissement dans la pêche dont le coût dépasse trois cent (300) mille dinars,
✓ investissement dans l’aquaculture dont le coût dépasse cinq cent (500) mille dinars,
✓ investissement réalisé dans les activités de services liés à l’agriculture et à la pêche et les
activités de première transformation des produits agricoles et de la pêche.

3- Les avantages accordés :


A- Les bénéfices et revenus provenant de l'exploitation

A-1- pendant la période de déduction totale :


Conformément aux dispositions de l'article 65 du code de l'IRPP et de l’IS, sont totalement
déductibles sans aucun minimum d'impôt de l'assiette de l'impôt sur le revenu des personnes
physiques et de l'impôt sur les sociétés, les revenus ou bénéfices provenant des opérations
d'investissement direct au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement ainsi que les bénéfices
exceptionnels prévus au paragraphe I bis de l'article 11 du code de l'IRPP et de l’IS réalisées par
les entreprises exercant dans le secteur de l’agriculture et de la pêche comme suit:
➢ Pendant les 10 premières années à partir de la date d'entrée en activité effective.

Les dispositions de l'article 65 dudit code s'appliquent aux entreprises ayant obtenu une attestation
de dépôt de déclaration d'investissement à partir du 1er Mars 2017 au titre des opérations
d'investissement direct au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement.

Décret gouvernemental n°389 du 09 mars 2017 4


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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

A-2- après l’expiration de la période de déduction totale :


Conformément aux dispositions de l'article 65 du code de l'IRPP et de l’IS, les revenus ou
bénéfices provenant des opérations d'investissement direct au sens de l'article 3 de la loi de
l'investissement bénéficient après l'expiration de la période de déduction totale prévue par
l'article 65 du code de l'IRPP et de l’IS ainsi que les bénéfices exceptionnels prévus au paragraphe
I bis de l'article 11 dudit code sont imposables comme suit :
➢ déduction des 2/3 des revenus de l'assiette de l'impôt sur le revenu nonobstant le minimum
d'impôt pour les personnes physiques,
➢ réduction du taux de l'impôt sur les sociétés à 10% pour les sociétés

B- En matière de droit d’enregistrement :

1- Les contrats de mutation de propriété des terres agricoles destinées à la réalisation


d’investissements dans le secteur agricole financés par un crédit foncier conformément à la loi de
l’investissement sont enregistrés au droit fixe de 25 D par page.
2- Le droit d’enregistrement proportionnel payé au titre des contrats de mutation de propriété des
terres agricoles destinées à la réalisation d’investissement dans le secteur agricole au sens de la
loi de l’investissement est restitué sur la base d’une demande présentée par l’acheteur dans un
délai ne dépassant pas trois ans de la date du contrat et ce, à condition du dépôt d’une déclaration
d’investissement auprès des services concernés quelque soit sa date.
La restitution est subordonnée à la présentation d’une attestation justifiant l’entrée en exécution
effective. La restitution est soumise aux dispositions du code des droits et procédures fiscaux.

C- En matière de TVA

Selon les dispositions de l’article 13 ter du code de la TVA, bénéficient du régime suspensif de la
taxe sur la valeur ajoutée, les opérations d’importation et d’acquisition locale d’équipements
nécessaires à l’investissement dans le secteur du développement agricole .
Les conditions et les procédures du bénéfice des avantages prévus par le présent article ainsi que
les listes des équipements concernés sont fixées par le décret gouvernemental n° 2017-419 du 10
avril 2017.

D- Autres avantages
Les entreprises agricoles bénéficient de l’exonération de:
✓ la contribution au fonds de promotion des logements pour les salariés (C.FOPROLOS),
✓ Taxe sur la Collectivité Locale (TCL ) pour les personnes physiques seulement ,
✓ Acomptes provisionnelles (AP )

E- Date d'entrée en vigueur des nouvelles dispositions


Les dispositions de la loi n° 2017-8 entrent en vigueur à compter du 1er avril 2017. Toutefois,
l'article 20 de la loi susvisée prévoit les dispositions transitoires suivantes :
➢ Les entreprises réalisant des opérations d’investissement dans les secteurs de développement
agricole ayant obtenu une attestation de dépôt de déclaration d’investissement avant le 1er avril
2017 et qui sont entrées en activité effective avant cette date et dont la période de déduction
totale ou partielle des revenus ou bénéfices provenant de l’activité n’a pas expiré, continuent à
bénéficier de la déduction en question jusqu’à l’expiration de la période qui leur sont impartie
conformément aux dispositions du code d’incitation aux investissements
➢ Les entreprises ayant obtenu une attestation de dépôt de déclaration d’investissement avant le
1er avril 2017 et qui entrent en activité effective après cette date, bénéficient des avantages

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

fiscaux au titre du secteur de développement agricole conformément aux dispositions de la loi


n° 2017-8 du 14 février 2017.
II- Ancien régime de déduction des revenus ou bénéfices provenant des
investissements dans le cadre du code d’incitations aux investissements
Activités ✓ les activités agricoles et de pêche et d’aquaculture
✓ Les activités de première transformation des produits agricoles et de
pêche (huilerie, conditionnement des produits agricoles,,,)
✓ Les activités de services liés au secteur agricole et de pêche (centres de
collecte du lait, transport frigorifique des produits agricoles et de
pèche,,,,)
Avantage Déduction des revenus et bénéfices provenant de l’activité pendant les dix
premières années d’activité, en totalité (100%), nonobstant le minimum d’impôt.

a- Les entreprises exerçant des activités de développement agricole qui répondent à la


définition du développement agricole selon la nouvelle réglementation sont imposables
après la période de déduction totale comme suit :
➢ déduction des 2/3 des revenus de l'assiette de l'impôt sur le revenu nonobstant le minimum
d'impôt pour les personnes physiques,
➢ imposition à l'impôt sur les sociétés au taux de 10% .
b- Les entreprises exerçant des activités de développement agricole qui ne répondent plus à
la définition du développement agricole selon la nouvelle réglementation sont
imposables après l’expiration de la période de déduction totale comme suit :
➢ selon le barème de l'impôt sur le revenu .
➢ imposition à l'impôt sur les sociétés au taux de 25% .

Dans une prise de position (2443) du 5 septembre 2018, la DGELF a précisé que
les investissements réalisés dans le domaine de l’aquaculture ne bénéficient pas
des avantages fiscaux au titre du développement agricole prévus par l’article 65 du code
de l’IRPP et de l’IS

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 3: Les avantages accordés à l’exportation

L’article 37 de la loi de finances 2019 a supprimé les avantages fiscaux liés à l’exportation en
matière d'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés.
Les dispositions de cette LF 2019 s’appliquent à compter du 1er Mars 2019.
Par ailleurs en application de l’article 41 de la même loi, les entreprises en activité avant le 1 er
Mars 2019 continuent de bénéficier des avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt
sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés jusqu’au 31 décembre 2020.

Section 1: Les avantages accordés aux entreprises totalement exportatrices


I- La loi n°2017-08 du 14 février 2017 portant refonte du dispositif des avantages
fiscaux
La loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux a révisé la définition des opérations
d'exportation, et ce, par l'unification de la définition dans le cadre du code de l'impôt sur le revenu
des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés.
Les conditions requises pour l’obtention de la qualité de totalement exportateur ont été également
révisées, et ce, en gardant le régime fiscal de faveur accordé à l'exportation applicable avant
l'entrée en vigueur de ladite loi.

1- Définition des opérations d'exportation :

Conformément aux dispositions de l'article 68 du code de l’IRPP et de l’IS, sont considérées


opérations d'exportation:

 la vente de produits et de marchandises produits localement, la prestation de services à


l'étranger et les services rendus en Tunisie et utilisés à l'étranger,
 la vente de marchandises et de produits des entreprises exerçant dans les secteurs de
l’agriculture et de la pêche, des industries manufacturières et de l’artisanat :
✓ aux entreprises totalement exportatrices telles que définies par l’article 69 du code de
l’IRPP et de l’IS, et ce, à condition que ces marchandises et ces produits constituent une
composante du produit final destiné à l’exportation,
✓ aux entreprises établies dans les parcs d’activités économiques et ce, à condition que ces
marchandises et produits constituent une composante du produit final destiné à
l’exportation,
✓ aux sociétés de commerce international totalement exportatrices .

 les prestations de services aux entreprises totalement exportatrices telles que définies par
l’article 69 dudit code, aux entreprises établies dans les parcs d’activités économiques et aux
sociétés de commerce international totalement exportatrices susvisées :
 dans le cadre des opérations de sous- traitance et exerçant dans le même secteur ou,
 dans le cadre de services liés directement à la production, à l'exception des services de
gardiennage, de jardinage, de nettoyage et des services administratifs, financiers et
juridiques.
La liste des services liés directement à la production a été fixée par le décret gouvernemental
n°2017-418 du 10 avril 2017 s’établit comme suit :
✓ la conception et le développement des logiciels liés à la production,
✓ la conception technique des produits,
✓ le contrôle technique de la qualité des produits,

20
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

✓ les analyses et essais de laboratoires et techniques des produits en vue de leur


certification selon les normes internationales,
✓ l’étiquetage des produits.
✓ Les services logistiques : opérations relatives :
- au groupement,
- au stockage,
- à la livraison de marchandises ainsi que,
- au transport,
- au chargement,
- au déchargement,
- à l’emballage,
- au montage,
- au contrôle de la qualité et,
- au suivi de la clientèle
A noter que :
 les services logistiques doivent être fournis concomitamment pour les entreprises
totalement exportatrices exerçant au 31 décembre 2018 et ce jusqu’au 31 décembre 2020.
 le nombre de services logistiques qui doivent être fournis rendus concomitamment ne
peut pas être inférieur à trois services pour les entreprises totalement exportatrices créées
à partir du 1er Mars 2019 et aux entreprises totalement exportatrices exerçant au 31
décembre 2018 et ce à compter du 1er Mars 2021.

Par ailleurs, ne sont pas considérées opérations d’exportation, dans tous les cas :
✓ les services financiers,
✓ les opérations de location d'immeubles,
✓ les ventes de carburants, d’eau, d’énergie et des produits des mines et des carrières.

2- Définition des entreprises totalement exportatrices :


Sont considérées entreprises totalement exportatrices au sens de l'article 69 du code de l’IRPP et
de l’IS:

 les entreprises qui vendent la totalité de leurs marchandises ou de leurs produits ou


rendent la totalité de leurs services à l'étranger ou celles qui rendent la totalité de leurs
services en Tunisie et qui sont utilisés à l’étranger,
 les entreprises qui vendent la totalité de leurs produits ou rendent la totalité de leurs
services aux entreprises en question et selon les mêmes conditions mentionnées au
paragraphe 1 susvisé.

Toutefois, ces entreprises peuvent écouler une partie de leur production ou rendre une partie de
leurs services sur le marché local à un taux ne dépassant pas 30% de leur chiffre d’affaires à
l’export réalisé au cours de l’année civile précédente.
Pour les nouvelles entreprises, le taux de 30% est calculé sur la base de leur chiffre d’affaires à
l’export réalisé depuis l’entrée en production effective.

N’est pas pris en considération pour le calcul du taux de 30% susvisé :


✓ le chiffre d’affaires provenant de la prestation de services ou de la réalisation de ventes
dans le cadre d’appels d’offres internationaux relatifs à des marchés publics ou,
✓ de ventes des déchets aux entreprises autorisées par le ministère chargé de
l’environnement à exercer les activités de valorisation, de recyclage et de traitement.

21
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Le taux de 30% est fixé sur la base du prix de sortie de la marchandise de l’usine pour les
marchandises, sur la base du prix de vente pour les services et de la valeur du produit pour
l’agriculture et la pêche.

Les procédures de la réalisation des ventes et de la prestation des services sur le marché local par
les entreprises totalement exportatrices sont fixées par le décret gouvernemental n°2018-11 du 10
Mars 2018 .

3- Conditions d'octroi de la qualité de totalement exportateur :


Conformément aux dispositions de l'article 69 du code de l’IRPP et de l’IS, l'octroi de la qualité
de totalement exportateur pour bénéficier des avantages fiscaux est subordonné, pour les
entreprises créées à partir du 1er Mars 2017, au respect des conditions suivantes:

 dépôt de la déclaration d’investissement auprès des services concernés par le secteur


d'activité conformément aux règlementations en vigueur

 Réalisation d’un schéma de financement de l'investissement comportant un minimum


defonds propres conformément à la législation et à la réglementation en vigueur

 Production, à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt, d’une attestation justifiant


l’entrée en activité effective délivrée par les services compétents

 Régularisation de la situation à l’égard des caisses de sécurité sociale

4- Régime fiscal de l'exportation


4-1- En matière d’impôt sur le revenu et d’impôt sur les sociétés
a. Revenus et bénéfices provenant de l'exploitation
Les bénéfices et les revenus provenant de l'exportation ainsi que les bénéfices exceptionnels qui
y sont liés prévus par le parag I bis de l'article 11 du code de l’IRPP et de l’IS, sont soumis à :
✓ l'IS au taux de 10% pour les personnes morales,
✓ l'IR selon le barème après déduction des 2/3 des revenus pour les personnes physiques.
La déduction est subordonnée à la tenue d’une comptabilité conforme à la législation
comptable des entreprises.

Toutefois, les revenus et les bénéfices provenant des ventes et des prestations de services
effectuées par les entreprises exportatrices sur le marché local sont soumis à l’impôt sur le revenu
ou à l’impôt sur les sociétés conformément aux dispositions du droit commun.
Les revenus ou les bénéfices provenant des ventes des sociétés totalement exportatrices des
déchets aux entreprises autorisées par le ministère chargé de l'environnement pour l'exercice des
activités de valorisation, de recyclage et de traitement, ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu
ou à l'impôt sur les sociétés.

Exemple :Une entreprise totalement exportatrice dont la période de déduction totale de ses
bénéfices provenant de l’exportation a expiré au 31 décembre 2013, a réalisé au titre de l’année
2018 un CA de 5 MD dont 1 MD provenant des ventes sur le marché local et un bénéfice net
global de 625.000D ventilé comme suit :
- Bénéfices provenant des ventes sur le marché local 125.000D
- Bénéfices provenant de l’exportation 500.000D
Dans ce cas, l’impôt exigible serait calculé comme suit :
- impôt sur les sociétés sur la base du bénéfice net :

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

(125.000D x 25%) + (500.000D x 10%)= 81.250D


- minimum d’impôt exigible :
*Chiffre d’affaires provenant des ventes sur le marché local : 1MD x 0.2% = 2.000D
*Chiffre d’affaires provenant de l’exportation : 4MD x 0.1% = 4.000D
Dans ce cas, et étant donné que l’IS calculé sur la base des bénéfices nets (81.250D) dépasse la
somme du minimum d’impôt calculé sur la base du CA aux taux de 0.1% et 0.2% (2.000D +
4.000D = 6000D), l’IS calculé sur la base du bénéfice serait exigible dans ce cas soit 81.250D.

4-2- En matière de taxe sur la valeur ajoutée et de droit de consommation

a- Les entreprises totalement exportatrices, bénéficient du régime suspensif de la taxe sur la


valeur ajoutée pour les opérations d’importation et d’acquisition locale de matières,
produits et équipements ainsi que les prestations de services nécessaires à leur activité et
donnant droit à déduction.
Les entreprises totalement exportatrices bénéficient, également, de la suspension des droits
et taxes dus au titre des acquisitions des voitures utilitaires et des immeubles nécessaires à
l’activité, et ce, sur la base des attestations ponctuelles délivrées par le service fiscal
compétent.
b- Les entreprises totalement exportatrices, bénéficient du régime suspensif du droit de
consommation.

4-3- En matière des autres impôts et taxes

Les entreprises totalement exportatrices bénéficient de l’exonération de:

✓ la contribution au fonds de promotion des logements pour les salariés,


✓ la taxe de formation professionnelle,
✓ la taxe compensatrice sur le ciment due sur les quantités exportées,
✓ la taxe au profit du fonds de soutien et de développement du ciment due sur les quantités
exportées,
✓ la taxe sur la tomate destinée à la transformation au titre des quantités de concentré de
tomates exportées,
✓ la taxe unique sur les assurances au titre des contrats d’assurance conclus avec les sociétés
d’assurance nécessaires pour l’activité d’exportation totale
✓ la taxe sur la vente de maïs et soja due au profit du fonds de développement de la
compétitivité dans le secteur de l’agriculture et de la pêche.
✓ la taxe sur les services et les produits des industries du cuir, des chaussures, du textile, de
l’emballage, des matériaux de construction de la céramique et du verre et de la taxe sur les
conserves alimentaires dues au profit du fonds de développement de la compétitivité dans
les secteurs industriel, de services et de l’artisanat,
✓ la taxe sur les produits de la pêche, la taxe sur les fruits et légumes et la taxe sur les viandes
dues au profit du fonds de développement de la compétitivité dans le secteur de
l’agriculture et de la pêche,
✓ la taxe pour la protection de l’environnement due au profit du fonds de dépollution au titre
des produits exportés,
✓ la taxe due sur les lampes et tubes non économiseurs d’énergie et la taxe due sur les
appareils pour le conditionnement de l’air au profit du fonds de la transition énergétique
au titre des produits exportés.
✓ La taxe d’encouragement à la création due au profit du fonds d’encouragement à la création
littéraire et artistique au titre des produits exportés.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

4-4- En matière des droits d’enregistrement

Sont exonérés des droits d’enregistrement, les contrats et les écrits des entreprises totalement
exportatrices telles que sus-définies relatifs à leur activité en Tunisie et qui sont obligatoirement
soumis à la formalité de l’enregistrement.
Aussi, les factures relatives aux opérations d’exportation demeurent exonérées du droit de timbre
.

4-5- Dispositions relatives aux cadres étrangers auprès des entreprises totalement
exportatrices

Les cadres étrangers recrutés par les entreprises totalement exportatrices selon les dispositions de
l'article 6 de la loi de l'investissement ainsi que les investisseurs ou leurs mandataires étrangers
chargés de la gestion desdites entreprises, bénéficient des avantages suivants:
✓ le paiement d'un impôt forfaitaire sur le revenu au taux de 20% du salaire brut,
✓ l'exonération des droits et des taxes dus à l'importation ou à l'acquisition locale des effets
personnels et d'une voiture de tourisme pour chaque personne.

Cet avantage fiscal est accordé dans la limite de 10 voitures de tourisme pour chaque entreprise.
La cession de la voiture de tourisme ou des effets objet de l'exonération est soumise à la
réglementation du commerce extérieur et au paiement des droits et taxes dus à la date de cession
sur la base de la valeur de la voiture de tourisme ou des effets à cette date.

5- Date d’application des nouvelles dispositions


Les dispositions de la loi n°2017-8 du 14 février 2017 portant refonte du dispositif des avantages
fiscaux sont entrées en vigueur à partir du 1er avril 2017. De ce fait, les nouvelles dispositions
relatives à l'exportation s'appliquent à partir de cette date.
Les entreprises exportatrices en activité au 1er avril 2017, soit dans le cadre du code de l’IRPP
et de l’IS ou du CII, et dont la période de déduction qui leur est impartie à la même date n'a pas
expiré, continuent à bénéficier de la déduction totale de leurs revenus ou de leurs bénéfices
provenant de l’exportation jusqu'à l'expiration de la période qui leur est impartie, et ce, à
condition que les opérations qu’elles réalisent répondent à la définition de l'exportation au
sens de la loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux (note commune N°24/2017)

II-L’ancien régime prévu par le Code d’Incitations aux Investissements


Entreprises Régime fiscal
1- entreprises exerçant avant le 01/01/2014:
1-1 entreprises dont la période de
déduction totale des revenus ou a. réalisés à partir du 1er Mars 2014 :
bénéfices provenant de l’exportation - imposition au taux de 10% pour les PM
(les dix premières années d’activité à compter de - déduction des deux tiers pour les PP
la première opération d’exportation) a Avec MI (44 et 49)
expiré avant le 1er Mars 2014
1-2 entreprises dont la période de a- jusqu' à l’expiration des 10 ans : déduction
déduction totale des revenus ou totale sans MI (44 et 49) ni MI (12 et 12bis)
bénéfices provenant de l’exportation b- après expiration des 10 ans :
n’a pas expiré au 1er Mars 2014 - imposition au taux de 10% pour les PM
- déduction des deux tiers pour les PP Avec MI (44
et 49)

24
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

2- Investissements relatifs à l’exportation déduction totale sans MI (44 et 49) ni MI (12 et


ayant obtenu une attestation de dépôt de 12bis) des revenus ou bénéfices provenant de
déclaration d’investissement avant le 1er l’exportation durant les dix premières années
Mars 2014 et qui entrent en activité d’activité à compter de la première opération
effective et réalisent la première opération d’exportation soit à partir de l’année 2014
d’exportation au cours de l’année 2014 . jusqu'à l'année 2020,
3- entreprises crées à partir du 1er Mars - imposition au taux de 10% pour les PM
2014 - déduction des deux tiers pour les PP
Avec MI (44 et 49)

III-Le nouveau régime prévu par la loi de finances 2019 :


L’article 37 de la loi de finances 2019 a supprimé les avantages fiscaux liés à l’exportation en
matière d'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés.
Les dispositions de cette LF 2019 s’appliquent à compter du 1er Mars 2019.
Par ailleurs en application de l’article 41 de la même loi, les entreprises en activité avant le 1 er
Mars 2019 continuent de bénéficier des avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt
sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés jusqu’au 31 décembre 2020.

Exercice : extrait de l’examen national révision comptable 2019


La société « All For Sport », est une société anonyme, exerçant une activité industrielle de fabrication
d’articles de sport, créée en 2011 ….. La société a réalisé sa première opération d’exportation en Avril
2014 ….Au titre de l’exercice 2018, ladite société a réalisé un bénéfice fiscal de 900 000 D et un chiffre
d’affaires (hors taxes) de 5 000 000 D dont 30 % provenant de l’export.
Calculer l’impôt sur les sociétés dû pour l’exercice 2018.

Section 2 : les sociétés de commerce international


( loi n°94-42 du 07 Mars 1994 telle que modifiée par les textes subséquents)
Pour être constituées, les SCI doivent disposer d'un capital dont le montant est au moins égal
à 150.000 D. Le capital minimum est réduit à 20.000 Dinars pour les jeunes promoteurs.
L’exercice de l’activité de commerce international est subordonné au dépôt d’une déclaration
d’investissement auprès du Centre de Promotion des Exportations (CEPEX).

1. Définition des sociétés de commerce international


L'article 2 (nouveau) de la loi n° 94-42 du 7 mars 1994 a défini les sociétés de commerce
international comme étant celles qui :

travaillent exclusivement avec les entreprises totalement exportatrices (importation et


exportation).
réalisent la totalité de leur chiffre d’affaires, à la fois, par des :
• opérations d’exportation de marchandises et de produits d'origine tunisienne
et,
• des opérations d'importation et d'exportation de marchandises et produits avec
des entreprises totalement exportatrices, telles que définies par la législation en
vigueur ou avec des entreprises établies dans les parcs d’activités économiques.
Elles ne sont pas astreintes, dans ce cas, à la condition de réalisation d'un pourcentage
minimum de leurs ventes à l'exportation.

25
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Si elles sont résidentes, ces sociétés peuvent également réexporter une partie des
marchandises et des produits importés en état neuf et non utilisés selon des conditions et
des procédures fixées par arrêté du ministre chargé du commerce.5

 réalisent au moins la moitié (50%) de leurs ventes annuelles à partir des exportations de
marchandises et de produits d'origine tunisienne. Cette limite peut être ramenée à 30%
dans la mesure où la société réalise un chiffre d'affaires égal au moins à 1million de dinars
tunisien provenant des ventes à l'exportation des produits et marchandises d'origine
tunisienne.
Le solde des opérations de négoce et de courtage a été considéré comme étant une
exportation et entre par conséquent dans le calcul du montant du chiffre d'affaires annuel
minimum à l'exportation de marchandises et de produits d'origine tunisienne réalisé par les
sociétés de commerce international résidentes.
Le solde des opérations de négoce international, étant égal à la différence entre le produit
des ventes réalisées à l'étranger de produits d'origine étrangère et le montant des achats
afférents auxdites opérations.
Par contre, le solde des opérations de courtage international est égal au montant des
commissions perçues et effectivement rapatriées en Tunisie.
Les sociétés de commerce international non résidentes sont celles dont le capital social est
détenu par des non résidents tunisiens ou étrangers au moyen d’une importation de devises
convertibles au moins égale à 66% du capital.
Les importations réalisées pour le compte des opérateurs du commerce extérieur et
destinées à la mise à la consommation sur le marché local sont considérées comme des
exportations de produits et marchandises d'origine tunisienne.
Les exportations de produits et marchandises d'origine tunisienne ne comprennent pas :
- les opérations d'importation de produits et marchandises à entreposer sous douane en vue
de leur réexportation,
- les opérations d'exportation de marchandises et produits d'origine étrangère,
- les opérations d'importation de marchandises et produits effectuées en transit sur la Tunisie.

Toute vente effectuée directement sur le marché local par les SCI est strictement interdite. Celles-
ci sont obligées de passer par les opérateurs du commerce extérieur (Office du Commerce de
Tunisie, Magasin Général et autres Commerçants et Industriels…) selon les conditions prévues
par la réglementation en vigueur.

Sont considérées opérations d’exportation en 2018, 2019 et 2020 ouvrant droit au bénéfice des
avantages fiscaux octroyés aux opérations d’exportation en vigueur au 31 décembre 2018, les
ventes des sociétés de commerce international exerçant conformément à la législation les
régissant, des biens, produits et équipements aux :
✓ sociétés totalement exportatrices,
✓ aux entreprises établies dans les parcs d’activités économiques et,
✓ aux sociétés de commerce international totalement exportatrices
L’application des dispositions du présent paragraphe ne peut entraîner la restitution des
montants payés avant l’entrée en vigueur de la présente loi6.

2. Le régime fiscal des sociétés de commerce international


Jusqu’à l’exercice 2020, le régime fiscal des sociétés de commerce international est celui des
entreprises totalement exportatrices .
5
Ajouté par l’art. 5 de la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019, relative à l’amélioration du climat de l’investissement
Mesure apportée par l’article 41 de la LF 2019 6
26
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

3.Les sociétés de commerce international totalement exportatrices


Les sociétés de commerce international totalement exportatrices sont définies comme étant celles
qui s'engagent à réaliser au moins 80% de leurs ventes à partir d'opérations d'exportations, le
reliquat du chiffre d'affaires peut provenir des importations.

Exemple :
Soit une société de commerce international totalement exportatrice qui a réalisé au titre de
l’exercice 2018 un bénéfice fiscal qui s’élève à 60 000 D dont 10% provenant des
importations. Dans ce cas, l’IS sera calculé de la manière suivante :
1- IS dû au titre de bénéfice provenant de l’export :
60 000 D * 90 % = 54 000 D
1ère supposition : la société n’a pas expiré la période de déduction totale (10 ans),
IS dû au titre de l’export = 0 D
2ème supposition : la société a expiré la période de déduction totale (10 ans),
IS dû au titre de l’export = 54 000 D * 10 % = 5 400 D
1- IS dû au titre de bénéfice provenant de l’importation:
60 000 D * 10 % = 6 000 D
IS dû au titre de l’importation = 6 000 D * 25 % = 1 500 D
1ère supposition : total IS dû = 1 500 D
2ème supposition : total IS dû = 6 900 D

4. Les sociétés de commerce international partiellement exportatrices


Les sociétés de commerce international partiellement exportatrices sont celles qui réalisent des
opérations d'importation et d'exportation. Ces sociétés peuvent prétendre aux avantages fiscaux
relatifs à l'exportation dans la mesure où elles détiennent une comptabilité conforme à la
législation comptable des entreprises.

5.Le nouveau régime prévu par la loi de finances 2019


L’article 37 de la loi de finances 2019 a supprimé les avantages fiscaux liés à l’exportation en
matière d'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés.
Les dispositions de cette LF 2019 s’appliquent à compter du 1er Mars 2019.
Par ailleurs en application de l’article 41 de la même loi, les entreprises en activité avant le 1 er
Mars 2019 continuent de bénéficier des avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt
sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés jusqu’au 31 décembre 2020.

Section 3 : les entreprises établis dans les parcs d’activités économiques


( loi n°92-81 du 03 Aout 1992 telle que modifiée par les textes subséquents)

1. Définition:

Les parcs d'activités économiques PAE sont créés sur le territoire tunisien par décret pris sur
proposition du ministre de l'économie nationale.
L’article 3 ajoute « Le régime prévu par la présente loi s'applique aux investissements réalisés
dans les parcs d'activités économiques par toutes personnes physiques ou morales résidentes ou
non résidentes dans les secteurs de la production et des services orientés totalement vers
l'exportation ».

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

2. Régime fiscal des entreprises établies dans les parcs d'activités économiques
2.1.Revenus et bénéfices provenant de l'exploitation
Jusqu’à l’exercice 2020, les bénéfices et les revenus provenant de l'exportation ainsi que les
bénéfices exceptionnels qui y sont liés prévus par le parag I bis de l'article 11 du code de l’IRPP
et de l’IS, sont soumis à :
✓ l'IS au taux de 10% pour les personnes morales,
✓ l'IR selon le barème après déduction des 2/3 des revenus pour les personnes physiques.
La déduction est subordonnée à la tenue d’une comptabilité conforme à la législation
comptable des entreprises.
2.2. Réinvestissement financier
Sont totalement déductibles de l’assiette de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés,
les revenus ou les bénéfices réinvestis dans la souscription au capital initial ou à son augmentation
des sociétés installées dans les parcs d'activités économiques avec application du minimum
d’impôt de 45% de l’IR pour les PP et de 15% pour les sociétés soumises à l’IS au taux de 25%
et de 20% pour les sociétés soumises à l’IS au taux de 35%.
2.3. En matière de TVA, droits de douane et droit de consommation
Les sociétés installées dans les parcs d'activités économiques bénéficient de l'exonération des
droits de douane et la suspension de la TVA et du droit de consommation dus au titre des
équipements importés n'ayant pas de similaires fabriqués localement et la suspension de la TVA
au titre des équipements fabriqués localement.

2.4. pour les autres impôts


Les entreprises installées dans les parcs d'activités économiques ne sont soumises au titre de
leurs activités en Tunisie qu'au paiement des taxes, droits, redevances et impôts suivants:
- Les droits et les taxes afférents aux véhicules de tourisme.
- Le droit unique compensatoire sur le transport terrestre.
- Les contributions et cotisations au régime légal de la sécurité sociale.
- La taxe sur les établissements à caractère industriel ou commercial ou professionnel au taux de
0,1% du chiffre d’affaires provenant de l’exportation, et ce à partir de l'année 2014,

3. Ventes sur le marché local


L'écoulement sur le marché local des biens ou services en provenance du PAE est considéré
comme une importation et est de ce fait soumis à autorisation préalable et au paiement des droits
et taxes dus à l'importation.
Toutefois, les entreprises opérant dans les secteurs de l’industrie et des services peuvent, sans
autorisation préalable, écouler une partie de leurs productions ou prestations de services sur le
marché local, et ce, dans la limite d’une proportion ne dépassant pas 20% de leurs chiffres
d’affaires. (Se référer au régime totalement exportateur)
Les revenus et bénéfices provenant des ventes et prestations de services effectuées par ces
entreprises sur le marché local sont soumis à l'IR ou à l'IS selon les dispositions du droit commun
et doivent subir la retenue à la source selon les dispositions du droit commun.
4.Le nouveau régime prévu par la loi de finances 2019 :
L’article 37 de la LF 2019 a supprimé les avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt
sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés.
Les dispositions de cette loi de finances 2019 s’appliquent à compter du 1er Mars 2019.
Par ailleurs en application de l’article 41 de la même loi, les entreprises en activité avant le 1 er
Mars 2019 continuent de bénéficier des avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt
sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés jusqu’au 31 décembre 2020.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Section 4 : les entreprises partiellement exportatrices


Jusqu’à l’exercice 2020, les entreprises partiellement exportatrices peuvent réaliser des
exportations directes et des exportations indirectes.

1- Définition des exportations directes :

a- Les ventes à l’étranger de produits et de marchandises produits localement.


b- La prestation de services à l’étranger.
c- Les services rendus en Tunisie et utilisés à l’étranger.

2- Définition des exportations indirectes :

la nouvelle législation a rétréci considérablement la définition d’exportation indirecte aux


opérations suivantes :
a- La vente de marchandises et de produits des entreprises exerçant dans les secteurs de
l’agriculture et de pêche, des industries manufacturières et de l’artisanat aux entreprises
totalement exportatrices, aux entreprises établies dans les parc d’activité économique, et ce, à
condition que ces marchandises et produits constituent une composante du produit final
destiné à l’exportation et aux sociétés de commerce international totalement exportatrices.
b- Les prestations de services aux entreprises totalement exportatrices, aux entreprises établies
dans les parcs d’activité économique et aux sociétés de commerce international totalement
exportatrices dans le cadre des opérations de sous-traitance et exerçant dans le même secteur.
c- Les prestations de services aux entreprises totalement exportatrices, aux entreprises établies
dans les parc d’activité économique et aux sociétés de commerce international totalement
exportatrices dans le cadre de services liés directement à la production, à l’exception des
services de gardiennage, de jardinage, de nettoyage et des services administratifs, financiers
et juridiques. Dans tous les cas, ne sont pas considérés opération, les services financiers, les
opérations de location d’immeubles, les ventes de carburants, d’eau, d’énergie et des produits
des mines et des carrières.

3- Revenus et bénéfices provenant de l’export :


Même régime pour les entreprises totalement exportatrices. Le commerce est exclu de
l’exportation indirecte, seul l’export direct à l’étranger de marchandises fabriquées localement
donne droit à l’avantage de l’export.

Section 5 : les entreprises exerçant dans le cadre du code de prestation


des services financiers aux non résidents

1. régime fiscal des bénéfices provenant des prestations jusqu’à l’exercice 2020
Selon l’article 143 du code de prestation des services financiers aux non-résidents, les prestataires
de services financiers non-résidents sont soumis à l’IS au taux de 10% et ce pour les bénéfices
provenant des opérations effectuées avec les non-résidents et réalisés à partir du 1er Mars 2011.
Selon l’article 142 du même code , les services réalisés avec les résidents les produits et les
bénéfices générés par ces services sont soumis à la législation fiscale en vigueur.

2.Le nouveau régime prévu par la loi de finances 2019:


L’article 37 de la LF 2019 a supprimé les avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt
sur les sociétés. En application de l’article 39 de la LF 2019, les prestataires de services

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

financiers non-résidents sont soumis à l’IS au taux de 35% et ce pour les bénéfices réalisés à partir
de l’exercice 2019. Les autres avantages prévus par l’article 143 n’ont pas été modifiés .
Les dispositions de cette loi de finances 2019 s’appliquent à compter du 1er Mars 2019. Par
ailleurs en application de l’article 41 de la même loi, les entreprises en activité avant le 1er Mars
2019 continuent de bénéficier des avantages fiscaux liés à l’exportation en matière d'impôt sur le
revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés jusqu’au 31 décembre 2020.

Section 6 : mesures fiscales et financières pour atténuer les répercussions


de la propagation du Coronavirus « Covid-19 »
Selon les dispositions de l’article 10 du décret-loi du Chef du Gouvernement n° 2020-6 du
16 avril 2020, prescrivant des mesures fiscales et financières pour atténuer les
répercussions de la propagation du Coronavirus « Covid-19 » :

1- les entreprises suivantes :


✓ les sociétés de commerce international,
✓ les entreprises industrielles totalement exportatrices exerçant dans les secteurs des
industries alimentaires et de l’industrie des produits médicaux et paramédicaux,
✓ les entreprises installées dans les parcs d'activités économiques opérant dans les secteurs
de l’industrie et des services,
sont autorisées à augmenter au cours de l’année 2020, le taux d’écoulement sur le
marché local de leurs produits à 100% de leur chiffre d’affaires à l’export réalisé au
cours de l’année 2019.
2- Les autres entreprises totalement exportatrices sont autorisées également à
augmenter, au cours de l’année 2020, le taux d’écoulement de leurs produits ou services
sur le marché local, selon le cas, à 50% de leur chiffre d’affaires à l’export réalisé durant
l’année 2019.
3- Pour les nouvelles entreprises, le taux de 50% ou de 100% est déterminé sur la base de
leur chiffre d’affaires à l’export réalisé à partir de l’entrée en activité effective.
4- Les ventes des entreprises susmentionnées sont soumises, lors de leur mise à la
consommation, au paiement des droits et taxes dus selon la nature et l’état des
marchandises, constatés lors de leur mise sous le régime totalement exportateur et sur la
base des quantités de ces marchandises entrant dans la fabrication des produits
compensateurs lors de leur mise à la consommation.
Toutefois, les services des douanes peuvent autoriser à soumettre les produits
compensateurs, lors de leur mise à la consommation, au paiement des droits et taxes dus
sur la base des éléments d’imposition qui leur sont appropriés à la date d'enregistrement de
la déclaration de mise à la consommation, et ce, dans les deux cas suivants :
- Lorsque le produit transformé est soumis, lors de sa mise à la consommation, à des droits
et taxes à des taux inférieurs à ceux applicables aux matières importées entrant dans sa
production,
- Lorsque le destinataire du produit fabriqué bénéficie d'une exonération totale ou partielle
des droits et taxes dus.

5- Les ventes sur le marché local des entreprises prévues au présent article, sont soumises
aux impôts, droits et taxes applicables au chiffre d’affaires réalisé sur le marché local
conformément à la législation fiscale en vigueur.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Exemple :
La société ABC est une entreprise industrielle partiellement exportatrice de fabrication de meubles
constituée en 2005, disposant d’une attestation d’entrée en activité en date du 1er mars 2007 et
qui a réalisé la première opération d’exportation le 1 juin 2008.
En 2018, ladite société a réalisé un chiffre d’affaires de 10 000 000 Dinars HT détaillé comme
suit :
-Vente sur le marché local pour des sociétés de distribution (gros) 1 500 000
-Vente aux entreprises industrielles totalement exportatrices sur présentation d’un Bon de
commande visé et d’une attestation d’achat en suspension de TVA 2 500 000
-Ventes aux sociétés de commerce international totalement exportatrices sur présentation d’un
Bon de commande visé et d’une attestation d’achat en suspension 1 000 000
-Vente directe à l’étranger 5 000 000
L’exercice 2018 s’est soldé par un résultat fiscal de 90 000 Dinars dont 20 000 Dinars produit de
la location d’une partie du local industriel au profit d’une société totalement exportatrice.
Résultat fiscal 90 000 D
Bénéfice provenant de gains exceptionnels 20 000 D
provenant de l’activité (local et export) 70 000 D
Bénéfices export provenant de l’activité (60%)
(1 MDT + 5 MDT)/10 MDT x 70 000 DT 42 000 D
Bénéfice local provenant de l’activité
(70 000 DT - 42 000 DT) 28 000 D
Déduction des bénéfices provenant de l’exportation (5 mois)
42 000 DT x 5/12 -17 500 D
Bénéfice export imposable
(42 000 DT - 17 500 DT) 24 500 D
Bénéfice local imposable
(y compris les gains exceptionnels) = 28000 +20000 = 48 000 D
Calcul de l’IS du :
Le bénéfice provenant de l’export pour les 5 premiers mois est exonéré (la déduction des
bénéfices provenant de l’export fixée à 10 ans à partir de la première opération d’export)
Le bénéfice provenant de l’export pour les 7 derniers mois est imposable à l’IS au taux de 10%
IS à l’export = 24 500 * 10 % = 2 450 D
MI = 6 000 000 * 7/12 * 0.1 % = 3 500 000 * 0.1 % = 3 500 D
IS à l’export dû = 3 500 D
Le bénéfice local est imposable à l’IS au taux de 25%
IS local = 48 000 * 25 % = 12 000 D
MI = 4 807 600 * 0.2 % = 9 615 D
IS global = 3 500 + 12 000 = 15 500 D

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 4 : Les activités de soutien et de lutte contre la pollution


I. La loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux

1- La liste des activités de soutien


Les activité de soutien regroupent, selon l’article 70 du code de l’IRPP et de l’IS, les activités
suivantes :
✓ Production et industries culturelles
✓ Recherche scientifique
✓ Animation des jeunes et encadrement de l’enfance
✓ Enseignement et formation professionnelle
✓ Etablissements sanitaires et hospitaliers
✓ Hébergement universitaire privé

La liste des activités concernées est fixée par l’annexe 2 du décret gouvernemental n°2017-418
du 10 avril 2017 comme suit :
1.Education et enseignement.
2.Formation professionnelle de base.
3.Recherche scientifique
4. Etablissements sanitaires et hospitaliers:
✓ Hôpitaux,
✓ cliniques pluri-disciplinaires,
✓ cliniques mono-disciplinaires.
5. Activités de production et d’industries culturelles:
✓ production cinématographique et théâtrale,
✓ restauration et animation des monuments archéologiques et historiques,
✓ création de musées,
✓ création de bibliothèques,
✓ arts graphiques,
✓ centres de musique et danse,
✓ arts plastiques,
✓ design,
✓ galeries d’expositions culturelles
✓ centres culturels,
✓ archivage sur micro-films,
✓ édition du livre,
✓ production des supports multi-média à contenu culturel,
✓ numérisation et catalogage du fonds audio-visuel.
6. Animation des jeunes, loisirs, encadrement de l’enfance et protection des personnes âgées:
✓ crèches et jardins d’enfants,
✓ centres de loisirs pour l’enfant et la famille,
✓ centres de camping et de résidence ,
✓ centres sportifs,
✓ centres de médicine sportive,
✓ centres d’éducation et de culture physique ,
✓ parcs de loisirs,
✓ centres de protection des personnes âgées .
7. Hébergement universitaire privé.

32
A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Dans une prise de position (192) du 25 Mars 2018, la DGELF a rappelé que les
services de formation professionnelle continue ne sont pas concernés par les
avantages fiscaux accordés aux activités de soutien et donc soumises à l’IS selon
les dispositions de droit commun. Il est précisé que seuls les services de
formation professionnelle de base donnent droit au bénéfice des avantages
fiscaux au titre des activités de soutien.
2- Définition des entreprises de lutte contre la pollution :
Ce sont les entreprises spécialisées dans :
✓ la collecte,
✓ la transformation,
✓ la valorisation,
✓ le recyclage ou,
✓ le traitement des déchets et ordures.

3- Les avantages fiscaux accordés :


A- Les bénéfices et revenus provenant de l'exploitation : à partir de l’exercice 2017 :

Pour les personnes physiques :


Les personnes physiques qui exercent une activité classée parmi les activités de soutien ou
de lutte contre la pollution et qui sont soumises au régime réel bénéficient de la déduction
des 2/3 des revenus nonobstant le minimum d'impôt provenant des investissements directs
au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement ainsi que les bénéfices exceptionnels
prévus au paragraphe I bis de l’article 11 du code de l’IRPP et de l’IS.

Pour les personnes morales :


Les bénéfices provenant des investissements directs au sens de l'article 3 de la loi de
l'investissement dans les activités de soutien ou de lutte contre la pollution ainsi que les
bénéfices exceptionnels prévus au paragraphe I bis de l’article 11 du code de l’IRPP et de
l’IS sont soumis, selon les mêmes conditions, à l’impôt sur les sociétés au taux réduit de
10%.
Exemple : soit une société qui dégage pour l’année 2017 un bénéfice fiscal de 500 000 D dont
400 000 D provenant d’une activité de soutien ou de lutte contre la pollution.
CA brut provenant d’une activité de soutien : 4000 000 D
CA brut provenant de l’autre activité : 1000 000 D
L’IS est liquidé comme suit :
Bénéfice global...........................................500 000 D
bénéfice de l’activité de soutien ................. 400 000 D * 10 % = 40 000 D
MI (0.1 % * 4000 000 ) ................................. 4 000 D
IS dû sur l’activité de soutien .................. Sup ( 40 000 ; 4000 ) = 40 000
autre bénéfice ............................................... 100 000 D * 25 % = 25 000 D
MI (0.2 % * 1000 000 ) ................................. 2 000 D
IS dû sur l’autre activité ............................ Sup ( 25 000 ; 2000 ) = 25 000
IS dû sur le bénéfice global ......................... 40 000 + 25 000 = 65 000 D

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

B- En matière de TVA
Selon les dispositions de l’article 13 ter du code de la TVA, bénéficient du régime suspensif de la
TVA, les opérations d’importation et d’acquisition locale d’équipements nécessaires à
l’investissement dans les activités de soutien ainsi que pour les entreprises spécialisées dans la
collecte, la transformation, la valorisation, le recyclage ou le traitement des déchets et ordures.
Les conditions et les procédures du bénéfice des avantages en matière de TVA ainsi que les listes
des équipements concernés sont fixées par le décret gouvernemental n° 2017-419 du 10 avril
2017.

II- Ancien régime de déduction des revenus ou bénéfices provenant des


investissements dans le cadre du code d’incitations aux investissements
Activités 1- Les entreprises spécialisées dans la collecte, la transformation, le traitement des
déchets ménagers et ordures ainsi que,
2- les activité de soutien regroupent les mêmes activités que la loi portant refonte du
dispositif des avantages fiscaux sauf :
✓ Hébergement universitaire privé.
Avantage Les activités de soutien bénéficient d’une déduction totale des revenus et bénéfices
provenant de l’activité ainsi que les bénéfices exceptionnels prévus au parag I
bis de l’article 11 du code de l’IRPP et de l’IS avec application du MI de 30%
de l’IR ou d’un IS au taux de 10% calculé sur le revenu ou bénéfice global.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 5 : Les entreprises nouvellement créées


I. La loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux
Les entreprises, nouvellement créées déduisent une quote-part de leurs bénéfices ou revenus
provenant de l’exploitation des quatre premières années d’activité ainsi que les bénéfices
exceptionnels visés par l'article 11 bis du code de l’IRPP et de l’IS et selon les mêmes conditions,
fixée comme suit :
- 100% nonobstant le MI (art12 et 12 bis), pour la première année,
- 75% pour la deuxième année,
- 50% pour la troisième année,
- 25% pour la quatrième année.

II. Apport des lois de finances 2018 et 2019


Les entreprises nouvellement créées en 2018, 2019 et 2020:
✓ ayant obtenu une attestation de déclaration d’investissement auprès des services concernés
par le secteur d’activité,
✓ et qui entrent en activité effective dans les deux années à partir de la date d’obtention de
l’attestation de déclaration d’investissement,
✓ bénéficient d’une exonération totale de l’IR ou de l’IS pendant 4 ans à compter de la date
d’entrée en activité effective (sans aucun minimum d’impôt) . L’exonération couvre aussi
les bénéfices exceptionnels visés par l'article 11 bis du code de l’IRPP et de l’IS.
III. Activités exclus de l’avantage des entreprises nouvellement créées
a- Cet avantage ne profite pas aux entreprises exerçant dans le secteur :
✓ financier,
✓ de l’énergie à l’exception des énergies renouvelables,
✓ des mines,
✓ de la promotion immobilière,
✓ de la consommation sur place,
✓ du commerce et,
✓ des opérateurs de télécommunication,
b- Cet avantage ne profite pas aux entreprises :
✓ créées dans le cadre des opérations de transmission (à l’exception des entreprises en
difficultés économiques),
✓ créées suite à la modification de la forme juridique de l’entreprise,
✓ constituées par des personnes qui exercent la même nature d’activité (produit ou service)
que l’entreprise créée et concernée par l’avantage.
III. Cumul des avantages
Ces entreprises peuvent bénéficier du cumul des avantages et ce, selon les situations suivantes :
1. une entreprise éligible aux avantages d’une zone de développement régional,créée en 2019,
bénéficie d’une exonération totale de l’IR ou de l’IS pendant 4 ans, et à partir de la 5ème
année bénéficie de l’exonération totale de l’IR ou de l’IS pendant 5 ans (1er groupe
des ZDR) ou 10 ans (2ème groupe des ZDR) (apport LF 2019)
2. Création d’une entreprise dans les activités de soutien implantée dans une zone de
développement régional : application du régime le plus favorable (développement
régional)
3. Création d’une entreprise totalement exportatrice implantée dans une zone de
développement régional : application du régime le plus favorable (développement
régional)

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 6 : régime de la reprise des entreprises en difficultés


économiques
D’après la loi portant refonte du dispositif des avantages fiscaux, la reprise des entreprises en
difficultés économiques bénéficie d’avantages spécifiques.

1- Impôt sur le revenu des personnes physiques et impôt sur les sociétés :
Nonobstant le MI (art 12 et 12 bis), les entreprises autres que celles exerçant dans le secteur :
✓ financier,
✓ de l’énergie à l’exception des énergies renouvelables,
✓ des mines,
✓ de la promotion immobilière,
✓ de la consommation sur place,
✓ du commerce et,
✓ des opérateurs de télécommunication,
reprises dans le cadre de la transmission des entreprises en difficultés économiques, déduisent une
quote-part de leurs bénéfices ou revenus provenant de l’exploitation des quatres premières années
à partir de la date de la transmission ainsi que les bénéfices exceptionnels prévus au paragraphe
II de l'article 11 bis du code de l’IRPP et de l’IS, selon les mêmes conditions fixées comme suit :
- 100% nonobstant le MI (art 12 et 12bis), pour la première année à partir de la date de la
transmission,
- 75% pour la deuxième année,
- 50% pour la troisième année,
- 25% pour la quatrième année.
Le bénéfice de la déduction susvisée est subordonné au respect des conditions prévues par
l'article 39 quater du code de l’IRPP et de l’IS dont notamment :
✓ La déduction est accordée sur la base d'une décision du ministre chargé des finances ou de
toute personne déléguée par le ministre chargé des finances à cet effet.
✓ l’exercice, par l’entreprise cédée, de son activité dans des secteurs éligibles éligibles au
dégrèvement financier,
✓ la poursuite de l’exploitation de l’entreprise cédée par l’entreprise cessionnaire pendant
une période de 3 ans au moins à compter du premier Mars de l’année qui suit celle de
l’acquisition,
✓ la tenue d’une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises pour les
personnes physiques réalisant des revenus dans la catégorie des BIC et BNC,
✓ l’enregistrement des actifs acquis au bilan de l’entreprise cessionnaire de l’année
concernée par la déduction,
✓ la production à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt de l’année de la déduction
d’un état des éléments acquis dans le cadre du paragraphe II de l’article 11 bis précité
comportant notamment la valeur d’acquisition et d’une copie de la décision du Ministre
des Finances précitée.

2- Dégrèvement du montant réinvesti dans la reprise des entreprises en difficultés


économiques :
Sous réserve du MI (art 12 et 12 bis), les personnes physiques et les sociétés soumises à l’IS qui
acquièrent des entreprises en difficultés économiques, bénéficient de la déduction des revenus ou
bénéfices réinvestis à cette fin, et ce, dans la limite des revenus ou des bénéfices soumis à l’IR ou
à l’IS de l’année de l’acquisition.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Le bénéfice de la déduction susvisée est subordonné au respect des conditions prévues par
l'article 39 quater du code de l’IRPP et de l’IS ci-dessus mentionnées.

3- Dispense du reversement de TVA :


L’obligation de reverser la TVA sur cession d’immobilisations ayant donné lieu à déduction par
l’entreprise cédante ne s’applique à la cession des batiments, des équipements ou du matériel dans
le cadre de la cession des entreprises en difficultés économiques.
Dans le cas ou les biens cédés comportent un terrain ayant supporté la TVA, la TVA récupérée à
ce titre par l’entreprise en difficultés cédée doit etre intégralement reversée.

4- Enregistrement au droit fixe :


La transmission des biens dans le cadre de la transmission des entreprises en difficultés
économiques s’enregistre au droit fixe de 150 dinars par acte.

5- Exonération de la plus-value de cession :


Est déductible du bénéfice imposable la plus-value de cession provenant de la cession des
entreprises en difficultés économiques.
Le bénéfice de la déduction susvisée est subordonné à la production à l’appui de la déclaration
annuelle de l’impôt de l’année de la déduction d’un état des éléments cédés comportant
notamment la valeur d’acquisition et d’une copie de la décision du Ministre des Finances précitée,
les références du JORT de cette décision, la valeur comptable nette des actifs, la valeur de cession
et la plus-value ou la moins-value enregistrée.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 7 : Conditions de bénéfice des avantages fiscaux au titre de


l'exploitation
Conformément aux dispositions des articles 63, 64 et 72 du code de l’IRPP et de l’IS, le bénéfice
des avantages fiscaux dans la phase d'exploitation au titre :

✓ du développement régional
✓ du développement agricole
✓ des entreprises nouvellement créées
✓ des activités de soutien et de lutte contre la pollution

est subordonné à la satisfaction des conditions suivantes :

1. La tenue d'une comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises,


2. Le dépôt d'une déclaration d'investissement auprès des services concernés par le secteur
d'activité conformément à la réglementation en vigueur,
3. La réalisation d'un schéma de financement de l'investissement comportant un minimum de
fonds propres conformément à la législation et la réglementation en vigueur,

Le taux minimum de fonds propres a été fixé à 30% du coût de l'investissement et ce, en vertu des
dispositions de l'article 7 du décret gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017 relatif aux
incitations financières au profit des investissements réalisés dans le cadre de la loi de
l'investissement.
Ce minimum de fonds propres a été fixé à 10% du coût de l'investissement pour les projets
agricoles de la catégorie « A » (coût d’investissement inférieur ou égal à 200 000 D et de pêche
(coût d’investissement inférieur ou égal à 300 000 D)

4. La production à l'appui de la déclaration annuelle de l'impôt d'une attestation justifiant


l'entrée en activité effective délivrée par les services compétents

L'entrée en activité effective désigne la réalisation totale de l'opération d'investissement direct


déclarée et la réalisation de la première opération de vente ou de la première prestation de service
dans le cadre de l'opération d'investissement précitée.

5. La présentation d'une attestation d’adhésion aux caisses sociales lors de la phase de


création ou la régularisation de la situation à l'égard des caisses de sécurité sociale. Cette
condition est concrétisée par la présentation par l'entreprise concernée d'une attestation de
paiement ou d'une attestation de règlement de litige délivrée par la caisse de sécurité sociale
concernée depuis moins d'un mois à la date de dépôt de la déclaration annuelle de l'impôt.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 8 : Le dégrèvement financier


1- Le dégrèvement financier sans application du minimum d’impôt :
Sont déductibles de l’assiette imposable sans application du minimum d’impôt et dans la limite
du revenu ou bénéfice et du montant souscrit dans le capital initial ou à son augmentation dans
les sociétés :
1- Bénéficiaires des avantages du développement régional,
2- Bénéficiaires des avantages du développement agricole,

2- Le dégrèvement financier avec application du minimum d’impôt :


Sont déductibles de l’assiette imposable avec application du minimum d’impôt et dans la limite
du revenu ou bénéfice et du montant souscrit dans le capital initial ou à son augmentation dans
les sociétés :
1- Bénéficiaires du régime totalement exportatrice,
2- Les sociétés de commerce international totalement exportatrice,
3- Les sociétés établis dans les parcs d’activité économiques.
L’article 37 de la LF 2019 a mis fin à la possibilité de réinvestissement financier par la
souscription au capital initial ou à l’augmentation du capital des entreprises totalement
exportatrices à compter du 1er Mars 2019.

4- Les sociétés réalisant des investissements permettant le développement de la technologie ou


à sa maitrise et des investissements d’innovation,
5- Les sociétés créées par les jeunes promoteurs diplômés de l’enseignement supérieur âgés de
moins de 40 ans à la date de création ( la loi n’a exclu aucune activité ) et qui assument
personnellement et en permanence la responsabilité de gestion du projet ( la note commune
n°18/2017 a ajouté une condition en exigeant que le capital des sociétés créées par les jeunes
promoteurs soit détenu à raison de plus de 50% par le jeune promoteur ).

3- Les conditions :
✓ le dépôt de la déclaration d’investissement auprès des services concernés par le secteur
d'activité conformément à la règlementation en vigueur,
✓ la réalisation d’un schéma de financement de l'investissement comportant un minimum de
fonds propres conformément à la législation et à la réglementation en vigueur,
✓ la régularisation de la situation à l’égard des caisses de sécurité sociale,
✓ la tenue d'une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité BIC ou BNC,
✓ l'émission de nouvelles actions ou parts sociales,
✓ la non réduction du capital souscrit pendant une période de cinq ans à partir du 1er Mars de
l'année qui suit celle de la libération du capital souscrit sauf le cas de réduction pour résorption
de pertes,
✓ la production par les bénéficiaires de la déduction, à l'appui de la déclaration de l'impôt sur le
revenu des personnes physiques ou à l'impôt sur les sociétés, d'une attestation de libération du
capital souscrit ou tout autre document équivalent,
✓ la non cession des actions ou des parts sociales qui ont donné lieu au bénéfice de la déduction,
avant la fin des deux années suivant celle de la libération du capital souscrit,
✓ la non stipulation dans les conventions signées entre les sociétés et les souscripteurs de
garanties hors projets ou de rémunérations qui ne sont pas liées aux résultats du projet objet
de l’opération de souscription.
✓ l’affectation des bénéfices ou des revenus réinvestis dans un compte spécial au passif du bilan
non distribuable sauf en cas de cession des actions, des parts sociales ayant donné lieu

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

au bénéfice de la déduction, et ce, pour les sociétés et les personnes qui exercent une activité
BIC ou BNC telle que définies par le code de l’IRPP et de l’IS .
✓ le dégrèvement financier n’est pas accordé aux opérations de souscription destinées à
l’acquisition de terrains. Cette disposition ne s’applique pas aux souscriptions au capital de
sociétés créées par les jeunes promoteurs.
4- Le dégrèvement financier dans les hôtels touristiques :
D’après l’article 26 de la LF 2019, sont déductibles de l’assiette imposable avec application du
minimum d’impôt et dans la limite de 25% du revenu ou bénéfice imposable le montant souscrit
au capital des hôtels touristiques :
- Dans le cadre d’une restructuration financière,
- Ayant maintenu tous leurs employés et,
- Ayant obtenu l’approbation d’une commission dont la composition et les modalités de
fonctionnement sont fixés par décrèt gouvernemental.
Le bénéfice de cette déduction :
✓ Est subordonnée à la satisfaction des conditions : 4,5,6,7,8,10 ci-dessus mentionnées, ainsi
que la condition de régularisation de la situation à l’égard des caisses de sécurité sociale.
✓ S’applique aux opérations de souscription au capital des hôtels touristiques pendant la
période allant du 1er Mars 2019 au 31 décembre 2020.
Remarques:

a. Ordre de déduction des bénéfices provenant de l’exploitation et des bénéfices


réinvestis 7:

1. Toute entreprise qui bénéficie des avantages fiscaux au titre des bénéfices provenant de
l’exploitation et au titre du réinvestissement, peut opter pour l’ordre de déduction des bénéfices
qui lui est le plus profitable.

Toutefois, en cas de réalisation de plusieurs opérations d’investissement subordonnées au


minimum d’impôt, l’ordre de déduction adoptée ne peut pas aboutir à un impôt inférieur à :
✓ un minimum fixé à 45% de l’impôt dû sur le revenu global imposable compte non tenu de
la déduction du revenu réinvesti pour les personnes physiques, et
✓ un minimum fixé à 15% du bénéfice global imposable compte non tenu de la déduction
des bénéfices réinvestis pour les personnes morales soumises à l’IS au taux de 25% et
20% pour les autres personnes morales (jusqu’à l’exercice 2020).
✓ un minimum fixé à 10% du bénéfice global imposable compte non tenu de la déduction
des bénéfices réinvestis pour les personnes morales soumises à l’IS au taux de 15% .(à
partir de l’exercice 2021)
Sachant que les bénéfices totalement déductibles sans que le minimum d’impôt soit exigible et
les bénéfices soumis à l’impôt au taux de 10% n’entrent pas dans la base de calcul du minimum
d’impôt.

2. En cas d’exigibilité d’un impôt sur les sociétés à 10% du bénéfice global pour les personnes
morales et déduction des deux tiers des revenus pour les personnes physiques, et de réalisation
d’opérations d’investissement, autres que celles déductibles totalement sans que le minimum
d’impôt de 45% ou de 15% ne soit exigible, l’IS à 10% (pour les PM) ou imposition du tiers des
revenus (pour les PP) demeure dû.

note commune 7/2015 7

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

b. déduction des bénéfices ou revenus déclarés dans les délais légaux :La LF 2004 a limité la
déduction des bénéfices et des revenus réinvestis aux seuls revenus et bénéfices déclares dans les
délais légaux (déclaration définitive). Il en découle que les bénéfices et revenus provenant de
l'exploitation ne sont pas concernés par ces dispositions.

c. résultat comptable et fiscal bénéficiaire : Dans le cas où la société enregistre un résultat


comptable déficitaire, elle ne peut pas bénéficier du dégrèvement financier même si son bénéfice
fiscal est bénéficiaire.

d. La prime d’émission n’est pas éligible au dégrèvement financier.

Exemple : Une société commerciale A a réalisé au titre de l’exercice 2017 un bénéfice fiscal de
180 000 D. Elle a souscrit au cours du meme exercice au capital d’une société anonyme B éligible
aux avantages des ZDR un montant de 300 000 D dont 75 000 D ont été libérés en date du 05
avril 2018. Si la société a respecté toutes les conditions du dégrèvement financier, son bénéfice
imposable sera déterminé comme suit (en dinars) :
Bénéfice fiscal 180 000
Déduction des bénéfices réinvestis (100% SMI) 75 000
Bénéfice imposable 105 000
IS dû 105 000 * 25% = 26 250 (en supposant que MI de 0.2% CA<26 250)
Supposons que la société a cédé les titres de société B en date du 05 mai 2019, elle serait tenue
de payer l’impot non acquitté comme suit :
Bénéfice fiscal 180 000
Bénéfice imposable 180 000
IS dû 180 000 * 25% = 45 000
IS payé 26 250
IS restant dû 18 750 majoré des pénalités de retard.
TAF : reprenez l’exemple en supposant que l’entité A est une personne physique (BIC
régime réél)
Exemple : Une société industrielle A éligile aux avantages des ZDR (1er groupe) est entrée en
activité effective 01 avril 2013. Elle a réalisé au titre de l’exercice 2018 un bénéfice fiscal de 30
000 D. Elle a souscrit au cours du meme exercice au capital d’une société à responsabilité limitée
B totalement exportatrice un montant de 10 000 D. son bénéfice imposable sera déterminé comme
suit (en dinars) :
Bénéfice fiscal 30 000
Déduction des bénéfices provenant de l’exploitation ZDR pour 3 mois (100% SMI) 7 500
( 30 000 * 3 /12 )
Bénéfice fiscal après déduction des bénéfices provenant de l’exploitation 22 500
Déduction des bénéfices réinvestis (100% AMI) 10 000
Bénéfice imposable 12 500
IS au taux de 10% (société implantée dans une ZDR ) 12 500 * 10% = 1 250

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Minimum d’impot = 22 500 * 15% = 3 375


(en suppose que MI de 0.2% CA<1 250)
Le minimum d’impot est supérieur à l’IS au taux de 10%, il y lieu de retenir le minimum
d’impot de 3 375 D.
Cependant la société n’a pas intérêt à bénéficier du dégrèvement financier du moment que le
régime des ZDR est plus favorable.
IS dû 22 500 * 10% = 2 250 D
TAF : reprenez l’exemple en supposant que l’entité A est une personne physique (BIC
régime réél)

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 9 : la détermination des bénéfices provenant des opérations de


réinvestissement
Selon une doctrine administrative récente ( note commune 7/2015 ) , en cas de réalisation par une
société de plusieurs opérations de réinvestissement au sein d'elle-même ( extention,
renouvellement ) qui donnent droit à l'avantage fiscal au titre des bénéfices de l'exploitation, les
bénéfices déductibles attribués aux dits réinvestissements se déterminent pour chaque opération
séparément, et ce, comme suit :

➢ En cas de tenue d'une comptabilité analytique

En cas de tenue d'une comptabilité analytique permettant de déterminer avec précision les
bénéfices provenant de chaque opération de réinvestissement, les dits bénéfices sont déterminés
sur la base de cette comptabilité.

➢ En absence d'une comptabilité analytique

Les bénéfices provenant de l'exploitation relatifs à des opérations de réinvestissement et


déductibles de l'assiette imposable sont déterminés sur la base de prorata résultant du rapport entre
le montant du nouvel investissement et le montant global des investissements réalisés y compris
celui de l'exercice dont les résultats sont concernés par la déduction, et ce , selon la formule
suivante :

montant de l'investissement de l'année concernée


montant total des investissements y compris celui de l'année concernée
Le montant de l'investissement s'entend du montant hors taxes récupérables et avant
déduction de l’amortissement.
Exemple 1 : Une société industrielle totalement exportatrice a réalisé au titre de l'année 2017 un
bénéfice fiscal de 1 200 000 D pour un chiffre d'affaires de 14 000 000 D. La société a réalisé la
1ère opération d'exportation le 02/01/2004 et elle a réalisé au cours de l’année 2012 une opération
d'extension tel que précisé dans le tableau suivant (en D):
l'IS au titre de l'année 2017 est déterminé comme suit :
- résultat fiscal: 1 200 000
- déduction des bénéfices provenant du réinvestissement d'extension 240 000
de l'année 2012 (1200000 * 20%) =
- résultat fiscal imposable 960 000
l'IS du au taux de 10 % : 96 000
minimum d'impôt de 0.1 % du CA provenant de l'export 11 200 D
Année l'investissement total des montant de l'investissement de l'année concernée
de l'année investissement montant total des investissements y compris celui de l'année
concernée
s
2004 1 000 000 1 000 000 -
2005 à 0 1 000 000 -
2011
2012 250 000 1 250 000 20% = 250 000/ 1 250
000
2016 0 1 250 000 -
0 1 250 000

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

14 000 000 * 960 000* 0.1 % 11 200 D


1 200 000
L'impôt sur le bénéfice provenant de l'export ( 96 000 ) étant supérieur au minimum d'impôt dû
sur le chiffre d'affaires ( 11 200 D ), l'IS dû au titre de l'année 2017 = 96 000 D.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 10 : mesures transitoires prévues par la loi portant


refonte du dispositif des avantages fiscaux
1) Les revenus et les bénéfices réinvestis au sein même des entreprises éligibles au
bénéfice des avantages au titre du réinvestissement prévus par le code de l’impôt sur le
revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés à condition que les
investissements entrent en activité effective au plus tard le 31 décembre 2020.

2) Les opérations de souscription au capital des entreprises ayant obtenu une


attestation de dépôt de déclaration d’investissement avant le 1er avril 2017, ouvrant
droit au bénéfice des avantages fiscaux à ce titre conformément aux dispositions du code
d’incitation aux investissements demeurent soumises aux dispositions dudit code à
condition de la libération du capital souscrit au plus tard le 31 décembre 2017 et de l’entrée
de l’investissement concerné en activité effective au plus tard le 31 décembre 2020.

3) Les opérations de réinvestissement des bénéfices au sein même de la société ouvrant


droit au bénéfice des avantages fiscaux à ce titre conformément aux dispositions du code
d’incitation aux investissements et ayant obtenu une attestation de dépôt de déclaration
d’investissement avant le 1er avril 2017, demeurent soumises aux dispositions dudit
code, et ce, à condition de l’entrée en activité effective au plus tard le 31 décembre
2020.

Remarque :
Selon l’article 3 du décret-loi du Chef du Gouvernement n° 2020-13 du 27 avril 2020
« Sont suspendus à compter du 23 mars 2020 jusqu'au quinzième jour de la date de
publication d'un décrèt gouvernemental à cet effet :
- le délai mentionné à l’alinéa 4 de l'article 19 et aux alinéas 3 et 4 de l'article 20 de la
loi n° 2017-8 du 14 février 2017, portant refonte du dispositif des avantages fiscaux
…»
La levée du confinement total a été fixé en date du 03 juillet 2020 et ce d’après le décrèt
gouvernemental n° 411 en date du 03 juillet 2020.
Ainsi le délai du 31 décembre 2020 sera étalée d’une période allant du 23 mars 2020
jusqu’au 18 juillet 2020 soit de 118 jours.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 11 : les sociétés d’investissement à capital risque et fond


commun de placement risque

I- Déduction des revenus ou bénéfices réinvestis auprès des SICAR :

a) Sous réserve du minimum d’impôt :


Sous réserve du MI (12 et 12 bis), les revenus ou les bénéfices souscrits au capital des SICAR, ou
placés auprès d'elles sous forme de fonds à capital risque qui emploient, avant l’expiration du
délai fixé par à 2 ans suivant celle de la libération du capital souscrit ou celle du paiement de
chaque montant mis à sa disposition, le capital souscrit et libéré ou les montants déposés sous
forme de fonds à capital risque, autres que ceux provenant de sources de financement étrangères
ou de ressources du budget de l’Etat, dans la souscription aux actions ou aux parts sociales ou aux
obligations convertibles en actions conformément aux limites et aux conditions prévues par
l’article 22 de la même loi, émises par les entreprises qui ouvrent droit aux avantages fiscaux au
titre du réinvestissement.
La déduction susvisée a lieu dans la limite des montants effectivement employés par la société
d’investissement à capital risque conformément aux dispositions du présent paragraphe et sans
dépasser le revenu ou le bénéfice imposable.

b) Nonobstant le minimum d’impôt :

La déduction des montants effectivement employés par la SICAR conformément aux dispositions
du présent paragraphe, a lieu dans la limite du revenu ou du bénéfice soumis à l'impôt et
nonobstant le minimum d'impôt susvisé, en cas d'emploi par ladite société du capital souscrit et
libéré ou des montants déposés sous forme de fonds à capitalrisque, autres que ceux provenant de
sources de financement étrangères ou de ressources du budg et de l’Etat, dans la souscription aux
actions ou aux parts sociales ou aux obligations convertibles en actions susvisées émises par les
entreprises prévues par les articles 63 et 65 du présent code, à savoir respectivement les entreprises
implantées dans les zones de développement régional et les entreprises de développement
agricole.

c) Les conditions exigées :

Le bénéfice de la déduction est subordonné à la satisfaction des conditions suivantes:


- la présentation, à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt, d’une attestation délivrée par la
société d’investissement à capital risque justifiant l'emploi de ladite société du capital libéré ou
des montants déposés sous forme de fonds à capital risque conformément aux dispositions du
présent paragraphe,
- le non retrait des montants déposés sous forme de fonds à capital risque, et qui correspondent
aux montants utilisés conformément aux dispositions du présent paragraphe, pendant une période
de cinq ans à partir du 1er Mars de l'année qui suit celle de leur emploi,
- la non réduction par la société d’investissement à capital risque de son capital pendant une
période de cinq ans à partir du 1er Mars de l'année qui suit celle de l’emploi du capital libéré
conformément aux dispositions du présent paragraphe sauf en cas de réduction pour résorption
des pertes,
- la tenue d'une comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité industrielle ou commerciale ou une profession non
commerciale telle que définie par le présent code.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

II- Déduction des revenus ou bénéfices réinvestis auprès des Fonds communs de Placement
à Risque :

La déduction susvisée s’applique, dans les mêmes limites, aux revenus ou bénéfices souscrits et
libérés aux parts des fonds communs de placement à risque prévus par l’article 22 bis du code des
organismes de placement collectif qui emploient leurs actifs conformément au paragraphe 4- 1
susvisé ainsi qu’aux parts des fonds communs de placement à risque prévus par l’article 22 ter du
même code qui emploient leurs actifs dans la souscription aux parts de fonds communs de
placement à risque précités conformément à la législation les régissant.
Le bénéfice de la déduction prévue au présent paragraphe est subordonné à la satisfaction des
conditions suivantes:
- la présentation, à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt, d’une attestation délivrée par le
gestionnaire des fonds communs de placement à risque justifiant l’emploi des actifs desdits fonds
conformément aux dispositions du présent paragraphe,
- le non rachat des parts souscrites ayant donné lieu au bénéfice de la déduction pendant cinq ans
à partir du 1er Mars de l’année qui suit celle de l’emploi par le fonds de ses actifs conformément
aux dispositions du présent paragraphe,
- la tenue d'une comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité industrielle ou commerciale ou une profession non
commerciale telle que définie par le présent code.

III- Déduction des revenus ou bénéfices réinvestis auprès des SICAR qui s’engagent à
employer une partie des fonds souscrits au capital ou placés dans le fonds à capital risque :

a) Sous réserve du minimum d’impôt :


Sous réserve du MI (12 et 12 bis), sont déductibles dans la limite du revenu ou du bénéfice soumis
à l'impôt, les revenus ou les bénéfices souscrits au capital des SICAR ou placés auprès d'elles sous
forme de fonds à capital risque qui s’engagent à employer, avant l’expiration du délai fixé par
l’article 21 de la même loi, 65% au moins du capital libéré et 65% au moins de chaque montant
mis à leur disposition sous forme de fonds à capital risque, autre que celui provenant de sources
de financement étrangères ou de ressources du budget de l’Etat, pour l’acquisition ou la
souscription des actions ou des parts sociales ou des obligations convertibles en actions
conformément aux limites et conditions prévues par l’article 22 de la même loi, nouvellement
émises par des entreprises qui ouvrent droit aux avantages fiscaux prévus par le présent code au
titre du réinvestissement.

b) Nonobstant le minimum d’impôt :


La déduction a lieu sans MI (12 et 12 bis) selon les mêmes conditions lorsque la SICAR s’engage
à employer 75% au moins du capital souscrit et libéré et 75% au moins de chaque montant placé
auprès d’elle sous forme de fonds à capital risque, autre que celui provenant de sources de
financement étrangères ou de ressources du budget de l’Etat, dans la souscription aux actions ou
aux parts sociales ou aux obligations convertibles en actions susvisées nouvellement émises par
les entreprises prévues par les articles 63 et 65 du présent code.
La condition relative aux actions, parts sociales et obligations convertibles en actions
nouvellement émises n’est pas requise lorsqu’il s’agit d’acquisition de participations au capital
des entreprises qui ouvrent droit au bénéfice des avantages fiscaux prévus pour les opérations de
transmission au titre du réinvestissement.

c) Les conditions exigées :

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Le bénéfice de la déduction prévue au présent paragraphe est subordonné à la satisfaction des


conditions suivantes:
- la présentation, à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt, de l’attestation de libération du
capital souscrit ou du paiement des montants, délivrée par la société d’investissement à capital
risque et de l’engagement de la société d’investissement à employer le capital libéré ou les
montants déposés sous forme de fonds à capital risque conformément aux dispositions du présent
paragraphe,
- l'émission de nouvelles actions,
- le non retrait des montants déposés sous forme de fonds à capital risque pendant une période de
cinq ans à partir du 1er Mars de l'année qui suit celle de leur paiement,
- la non réduction du capital pendant une période de cinq ans à partir du 1er Mars de l'année qui
suit celle de la libération du capital souscrit sauf en cas de réduction pour résorption des pertes,
- la tenue d'une comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité industrielle ou commerciale ou une profession non
commerciale telle que définie par le présent code.

IV- Déduction des revenus ou bénéfices réinvestis auprès des Fonds communs de Placement
à risque qui s’engagent à employer une partie de leurs actifs :

La déduction prévue au paragraphe 4-3 susvisé s’applique, dans les mêmes limites, aux revenus
ou bénéfices souscrits et libérés aux parts des fonds communs de placement à risque prévus par
l’article 22 bis du code des organismes de placement collectif qui s’engagent à employer leurs
actifs conformément aux conditions prévues au paragraphe 4-3 susvisé et aux parts des fonds
communs de placement à risque prévus par l’article 22 ter du même code qui emploient 65% ou
75%, selon le cas, au moins de leurs actifs dans la souscription aux parts de fonds communs de
placement à risque précités.
Le bénéfice de la déduction prévue au présent paragraphe est subordonné à la satisfaction des
conditions suivantes:
- la présentation, à l’appui de la déclaration annuelle de l’impôt, d’une attestation de souscription
et de libération des parts délivrée par le gestionnaire du fonds et de son engagement à employer
les actifs du fonds conformément aux dispositions du présent paragraphe,
- le non rachat des parts souscrites ayant donné lieu au bénéfice de la déduction pendant cinq ans
à partir du 1er Mars de l’année qui suit celle de leur libération,
- la tenue d'une comptabilité conformément à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité industrielle ou commerciale ou une profession non
commerciale telle que définie par le présent code.

V- Déduction des revenus ou bénéfices réinvestis pour l’acquisition ou la souscription des


actions ou parts dans le capital d’une entreprise transmise d’une manière volontaire suite
au décès ou à l’incapacité de gestion ou de retraite ou de sa restructuration: (voir note
commune n°19/2020)

Selon les dispositions de l'article 15 de la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019, relative à


l'amélioration du climat de l'investissement, les :
✓ SICAR ,
✓ sociétés de gestion des fonds communs de placement à risque,
peuvent employer le capital libéré et les montants mis à leur disposition sous forme de :
✓ fonds à capital risque et,
✓ des parts de fonds communs de placement à risque libérés

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

pour l’acquisition ou la souscription des actions ou parts dans le capital d’une entreprise
transmise d’une manière volontaire suite:
✓ au décès ou ,
✓ à l’incapacité de gestion ou de,
✓ retraite ou de,
✓ sa restructuration,
et ce nonobstant les entreprises qui ouvrent droit au bénéfice des avantages fiscaux au titre du
réinvestissement prévues à l’article 77 du code de l’IRPP et de l’IS.
Ainsi les montants employés par les dites sociétés d’investissement dans le capital d’une
entreprise transmise d’une manière volontaire suite au décès ou à l’incapacité de gestion ou de,
retraite ou de, sa restructuration sont déductibles du résultat soumis à l’IR ou à l’IS au niveau des
investisseurs et ce nonobstant la nature de l’activité et le lieu d’implantation des entreprises objet
de transmission ou de restructuration meme s’il s’agit d’entreprises autres que celles prévues par
l’article 77 du code de l’IRPP et de l’IS à l’instar des entreprises implantées en dehors des ZDR
ou des entrprises exerçant dans le secteur de commerce.
Toutefois restent non concernées par la déduction prévue par l’article 77 du code de l’IRPP et de
l’IS les revenus et bénéfices employés par les dites sociétés d’investissement dans la souscription
au capital des entreprises exerçant dans le secteur bancaire et financier et le secteur des
hydrocarbures et des mines.
Les revenus et bénéfices souscrits bénéficient de la déduction prévue par les dispositions de
l’article 77 du code de l’IRPPet de l’IS, et selon les conditions requises par les dispositions dudit
article, et ce à partir du 1er Mars 2020 jusqu’au 31 décembre 2022.
Est considérée restructuration au sens de la présente loi, toute augmentation du capital de
l’entreprise objet de l’investissement dans le cadre d’un programme de restructuration. Et selon
les dispositions de l’article 13 du décrèt-loi N°30 du 10 juin 2020, est considéré un programme
de restructuration, toute opération financière qui permet à l'entreprise de rétablir son équilibre
financier et d’assurer le développement de son activité afin d’honorer ses engagements. Le
programme comprend :
- Une étude du diagnostic financier et économique réalisée par un expert indépendant, le
diagnostic est approuvé par le conseil d'administration de l'entreprise bénéficiaire,
- La restructuration du capital des entreprises bénéficiaires et le renforcement de leurs fonds
propres,
- Le rééchelonnement des crédits accordés par les banques et prévus dans le cadre de l’étude du
diagnostic financier et économique,
- La possibilité d’octroyer des crédits pour financer la réalisation des investissements dans le
cadre du programme de restructuration financière.

Remarque :
Selon l’article 3 du décret-loi du Chef du Gouvernement n° 2020-13 du 27 avril 2020
« Sont suspendus à compter du 23 mars 2020 jusqu'au quinzième jour de la date de
publication d'un décrèt gouvernemental à cet effet :
- le délai mentionné au troisième alinéa de l'article 15 de la loi n° 2019-47 du 29 mai
2019, relative à l'amélioration du climat de l'investissement.»
La levée du confinement total a été fixé en date du 03 juillet 2020 et ce d’après le décrèt
gouvernemental n° 411 en date du 03 juillet 2020.
Ainsi le délai du 31 décembre 2022 sera étalée d’une période allant du 23 mars 2020
jusqu’au 18 juillet 2020 soit de 118 jours.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

VI- Les cas de cession ou de la rétrocession des participations ayant donné lieu au bénéfice
des participations ayant donné lieu au bénéfice des avantages fiscaux :

Dans le cas de la cession ou de la rétrocession par les sociétés d’investissement à capital risque
visées aux paragraphes 4-1et 4-3 de l’article 77 du Code de l’IRPP et de l’IS, des participations
ayant donné lieu au bénéfice des avantages fiscaux, lesdites sociétés sont tenues de réemployer le
produit de la cession ou de la rétrocession prévu par l’article 22 de la loi n°88- 92 du 2 août 1988
relative aux sociétés d’investissement telle que modifiée et complétée par les textes subséquents
selon les dispositions des paragraphes 4-1 et 4-3 susvisés.
De même, et dans le cas de la cession ou de la rétrocession par les fonds communs de placement
à risque visés aux paragraphes 4-2 et 4-4 de l’article 77 susvisés des participations ayant donné
lieu au bénéfice des avantages fiscaux, lesdits fonds sont tenus de réemployer le produit de la
cession ou de la rétrocession prévu par l’article 22 quater du code des organismes de placement
collectif selon les dispositions des paragraphes 4-2 et 4-4 précités.

VII- Solidarité entre les SICAR et les bénéficiaires de la déduction :


Les sociétés d’investissement à capital risque visées aux paragraphes 4-1 et 4-3 de l’article 77
susvisé sont tenues solidairement avec les bénéficiaires de la déduction, chacun dans la limite de
la déduction dont il a bénéficié, de payer le montant de l'impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les
sociétés dû et non acquitté en vertu des dispositions des paragraphes précités et des pénalités y
afférentes en cas de non emploi du capital libéré et des montants déposés sous forme des fonds à
capital risque selon les conditions prévues aux mêmes paragraphes ou dans le cas de réduction de
son capital avant l'expiration de la période fixée à cet effet.

VIII- Solidarité entre les gestionnaires des fonds communs des Placement à risque et les
bénéficiaires de la déduction :
Les gestionnaires des fonds communs de placement à risque visés aux paragraphes 4-2 et 4-4 de
l’article 77 susvisé sont tenus solidairement avec les bénéficiaires de la déduction, chacun dans la
limite de la déduction dont il a bénéficié, de payer le montant de l’impôt sur le revenu ou de
l’impôt sur les sociétés dû et non acquitté en vertu des dispositions des paragraphes précités et les
pénalités y afférentes en cas de non respect de la condition relative à l’emploi des actifs des fonds
conformément aux paragraphes précités ou en cas où il a été permis aux porteurs des parts le
rachat de leurs parts avant l’expiration de la période fixée à cet effet.

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

Chapitre 12 : Régime fiscal des start-up


I. Définition des start-up
La loi n° 2018-20 du 17 avril 2018 a institué un régime d’avantage spécifique aux start-up :

1- bénéficie du régime des start-up, toute entreprise labélisée « start-up » càd remplissant les
conditions suivantes :

✓ Constituée depuis moins de 8 ans à compter de la date de constitution (article 3 de la loi


n°2018-20) ,
✓ Employant un effectif ne dépassant pas 100 salariés et dont le total du bilan ne dépasse
pas 15 million de dinars,
✓ Le capital est détenu à plus des 2/3 par des personnes physiques et/ou des SICAR et/ou
des FCPR et/ou des fonds d’amorçage et/ou des organismes d’investissement et/ou des
start-up étrangères,
✓ Ayant un modèle économique basé sur l’innovation notamment en technologie,
✓ Ayant une activité avec un important potentiel de croissance.

2- le label « start-up » bénéficie des avantages des incitations pendant la durée de validité du
label « start-up ».

3- la start-up est tenue pendant la durée de validité du label de :

✓ Réaliser les objectifs de croissance comme suit :

Durée Effectif CA ou total bilan


Au bout de 3ans de la date Supérieur ou égal à 10 Supérieur ou égal à 300 000
d’octroi du label employés dinars
Au bout de 5ans de la date Supérieur ou égal à 30 Supérieur ou égal à 1000 000
d’octroi du label employés dinars
✓ Tenue de comptabilité conformément aux règles applicables et mises à disposition du
ministère de l’économie numérique des états financiers dans un délai ne dépassant pas 31
mars de l’année qui suit,
✓ Communication au ministère de l’économie numérique des changements intervenant
dans les élèments prévus par l’article 3 de la loi n°2018-20 dans le délai d’un mois.

5- le label « start-up » est retiré si :


✓ L’entreprise ne réalise pas les objectifs relatis à l’effectif, le total du bilan et le CA,
✓ L’entreprise ne remplit plus les conditions prévues par l’article 3 de la loi n°2018-20.

II. Avantages fiscaux :


1. Exonération de l’IS pendant la durée de validité du label (8 ans maximum)
2. Prise en charge des cotisations totales de CNSS (patronales et salariales) pendant la durée
de validité du label (8 ans maximum)
3. Dégrèvement total sans minimum d’impot aux souscripteurs au capital d’une start-up aux
conditions suivantes :

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A F : Cours d’Avantages Fiscaux ( CCA 2021-2022) 2023

✓ La personne souhaitant bénéficier de la déduction doit être en situation régulière à


l’égard de l’administration fiscale et des CNSS,
✓ la tenue d'une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité BIC ou BNC,
✓ dépôt d’une déclaration d’investissement auprès de la direction de l’économie
numérique via le portail électronique des start-up
✓ l'émission de nouvelles actions ou parts sociales,
✓ la production par les bénéficiaires de la déduction, à l'appui de la déclaration de L’IR ou
à l'IS, d'une copie du label attribué à la start-up dans laquelle la participation a eu lieu et
d’une attestation de libération du capital souscrit ou tout autre document équivalent,
✓ la non réduction du capital souscrit pendant une période de cinq ans à partir du 1er Mars
de l'année qui suit celle de la libération du capital souscrit sauf le cas de réduction pour
résorption de pertes,
✓ la non cession des actions ou des parts sociales qui ont donné lieu au bénéfice de la
déduction, avant la fin des deux années suivant celle de la libération du capital souscrit,
✓ la non stipulation dans les conventions signées entre les sociétés et les souscripteurs de
garanties hors projets ou de rémunérations qui ne sont pas liées aux résultats du projet
objet de l’opération de souscription.
✓ l’affectation des bénéfices ou des revenus réinvestis dans un compte spécial au passif du
bilan non distribuable sauf en cas de cession des actions, des parts sociales ayant donné
lieu au bénéfice de la déduction, et ce, pour les sociétés et les personnes qui exercent une
activité BIC ou BNC telle que définies par le code de l’IRPP et de l’IS .

4. Dégrèvement financier total sans minimum d’impot au réinvestissement dans la


souscription aux SICAR affectés aux fonds d’investissment à risque ou aux fonds
d’amorçage et aux organismes d’investissments conformémént à la législation qui
s’engagent à affecter 65% au minimum du capital libéré et toute somme mise à disposition
dans le capital des start-up ou dans les obligations convertiblessans intèréts émises par les
start-up aux conditions suivantes :
✓ La personne souhaitant bénéficier de la déduction doit être en situation régulière à l’égard
de l’administration fiscale et des CNSS,
✓ la tenue d'une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises pour les
personnes qui exercent une activité BIC ou BNC,
✓ la production par les bénéficiaires de la déduction, à l'appui de la déclaration de l'impôt
sur le revenu des personnes physiques ou à l'impôt sur les sociétés, d’une attestation de
souscription et de libération du capital ou des montants déposé sous forme de fonds à
risque ou aux fonds d’amorçage et aux organismes d’investissments,
✓ l'émission de nouvelles actions pour la souscription au capital des SICAR,
✓ la non réduction du capital des SICAR pendant une période de 5ans ou retrait des
montants déposés sous forme de FCR à partir du 1er Mars de l'année qui suit celle de la
libération du capital souscrit sauf le cas de réduction pour résorption de pertes,
✓ la non cession des actions ou des parts sociales qui ont donné lieu au bénéfice de la
déduction, avant la fin des deux années suivant celle de la libération du capital souscrit,
✓ la non stipulation dans les conventions signées entre les sociétés et les souscripteurs de
garanties hors projets ou de rémunérations qui ne sont pas liées aux résultats du projet
objet de l’opération de souscription.
✓ l’affectation des bénéfices ou des revenus réinvestis dans un compte spécial au passif du
bilan non distribuable sauf en cas de cession des actions, des parts sociales ayant donné
lieu au bénéfice de la déduction, et ce, pour les sociétés et les personnes qui exercent une
activité BIC ou BNC telle que définies par le code de l’IRPP et de l’IS .

52
A F : Cours d'Avantages Fiscaux ( CCA 2020-2021) Mars 2021

Chapitre 13 : Autres avantages fiscaux


Section I : Compte épargne en action : CEA
Les sommes déposées dans un compte épargne en action ouvert auprès d’un établissement de
crédit ayant la qualité de banque ou auprès d’un intermédiaire en bourse sont déductibles du
revenu imposable des personnes physiques sous réserve du MI (45% de l’IR dû) et ce au titre de
l’année de dépôt, dans la limite de 50 000D par an jusqu’à l’année 2019 et dans la limite de
100000D par an à partir de l’année 2020.
Les conditions suivantes doivent être remplies :
• Les sommes doivent être déposées pour la souscription ou l’acquisition :
✓ d’actions admises à la cote de la bourse,
✓ de bons de trésor assimilables, ou
✓ d’actions et de parts sociales des OPCVM dont les actifs sont employés pour
l’acquisition d’actions cotées en bourse et de bons de trésor assimilables.
• La production d’un certificat de dépôt délivré par l’établissement auprès duquel le compte a
été ouvert.
• Le non retrait des sommes déposées dans le compte pendant une période de 5 ans à compter
du 1/1 de l’année qui suit celle du dépôt. Cependant si le retrait intervient après l’expiration
de la 3ème année qui celle du dépôt ou lorsque le retrait intervient suite à des évènements
imprévisibles, seul le principal de l’IR dû est acquitté sans pénalités de retards.
La tenue d’une comptabilité n’est pas une condition exigée pour bénéficier de la déduction.
Les forfaitaires dans la catégorie des BIC ne peuvent pas bénéficier d'une telle déduction car elles
sont soumises à un impôt forfaitaire fixé en fonction de leur CA. (Idem pour le compte épargne
pour l’investissement)

Section II : Compte épargne pour l’investissement: CEI


Les montants déposés par les PP dans des comptes épargnes pour l’investissement ouverts auprès
de la Caisse d'Epargne Nationale de Tunisie ou auprès d’un établissement de crédit ayant la qualité
de banque sont déductibles de l’assiette sur le revenu au titre de l’année de dépôt dans la limite
de 50000 D par an et ce sous réserve du MI et des conditions suivantes:
• Les montants déposés dans les CEI ainsi que les intérêts y afférents doivent être
exclusivement employés, au nom du titulaire du compte ou au nom de l'un de ses enfants,
dans :
✓ la réalisation de projets individuels nouveaux réalisés dans les activités ou dans les
secteurs régis par le code de l'IR et de l'IS, ou une législation spécifique.
✓ La souscription au capital initial des sociétés ouvrant droit à la déduction des revenus
ou bénéfices réinvestis.
• Les montants déposés dans les CEI ainsi que les intérêts y relatifs doivent être utilisés au plus
tard le 31/12 de l'année qui suit l'expiration de la période de l'épargne fixée à 5 ans.

Déchéance :
Toute opération de retrait des fonds pour une raison autre que la réalisation des projets prévus ou
tout projet réalisé après l'expiration de la période susvisée, entraîne le paiement de l'impôt dû et
non acquitté au titre des montants déposés y compris les intérêts y afférents majoré des pénalités.
Les pénalités de retard ne seront pas exigibles lorsque le retrait des montants déposés a lieu suite
à la survenance d'événements imprévisibles tels que définis par la législation en vigueur.
Exemple 1 :

51
A F : Cours d'Avantages Fiscaux ( CCA 2020-2021) Mars 2021

Supposons qu’une personne physique célibataire ait réalisé pendant l’année 2018 au titre
de son activité non commerciale des recettes brutes de 80 000 dinars TTC, et ait déposé au
cours de la même année dans un compte épargne en actions un montant de 55 000 dinars.
Dans ce cas, l’impôt sur le revenu dû par l’intéressé au titre de l’année 2018 est déterminé
comme suit:
1- Impôt sur le revenu après déduction du montant déposé dans le compte épargne en
actions

- Revenu global net (80 000 dinars x 80%) = 64 000


- Déduction du montant déposé en CEA dans la limite de 50 000 dinars -50 000
- Revenu net imposable 14 000
- Impôt sur le revenu dû selon le barème de l’impôt 2 340
2- Minimum d’impôt dû sur le revenu global net soit 64 000 dinars
Revenu global net : 80 000 dinars x 80% 64 000
Impôt sur le revenu dû selon le barème de l’impôt 18 000
Minimum d’impôt exigible (18 000 dinars x 45% ) 8 100
Dans ce cas, et dès lors que l’impôt sur le revenu dû après déduction de la somme
déposée dans le comptes épargne en actions est inférieur au minimum d’impôt, le
minimum d’impôt reste exigible soit 8 100 dinars.

Section III : réduction du taux de l’IS

1- encouragement des sociétés à l’admission de leurs actions à la bourse :


Le taux de l’IS est réduit à :
➢ 15% pendant 5 ans à partir de l’année de l’admission pour les sociétés soumises à l’IS au
taux de 25% et qui procèdent à l’admission de leurs actions ordinaires à la cote de la
bourse des valeurs mobilières de Tunis au cours de la période allant du 1er Mars 2017
au 31 décembre 2020 à condition que le taux d’ouverture du capital au public soit au
moins égal à 30 %. (cette mesure a été supprimée par le fait de la réduction de l’IS du taux
de 25% au taux de 15%)
➢ 20% pendant 5 ans à partir de l’année de l’admission pour les sociétés soumises à l’IS au
taux de 35% et qui procèdent à l’admission de leurs actions ordinaires à la cote de la
bourse des valeurs mobilières de Tunis au cours de la période allant du 1er Mars 2010
au 31 décembre 2024 à condition que le taux d’ouverture du capital au public soit au
moins égal à 30 %, et ce, à l’exception des sociétés exerçant dans les secteurs des
télécommunications et des hydrocarbures8.

Ainsi, pour les sociétés qui s’introduisent à la BVMT jusqu’au 31/12/2024 :


➢ Le taux de l’IS est réduit à 15% pour les sociétés passibles de l’IS au taux de 25% qui
s’introduisent à compter du 1er Mars 2017,
➢ Les sociétés passibles de l’IS au taux de 35% ne sont pas éligibles au taux de 15%.
Néanmoins, quand elles ne sont pas exclues du champ d’application de l’avantage
prévu par la loi n°2010-29 du 7juin 2010, ces sociétés restent éligibles au taux de l’IS
20%.

la prolongation de l’application de la loi N°2010-29 du 7 juin 2010 concernant l’encouragement des entreprises à 8
l’admission de leurs actions en bourse instaurée par l’art 37 de LF 2020
52
A F : Cours d'Avantages Fiscaux ( CCA 2020-2021) Mars 2021

2- encouragement des sociétés à l’admission de leurs actions au marché


alternatif de la bourse :
Le marché alternatif est réservé aux sociétés anonymes qui ont choisi l’accès à ce marché par
l’admission à la négociation de leurs titres au moyen d’une augmentation de capital sans recours
à l’appel public à l’épargne au profit d’investisseurs avertis9.
L’admission sur le marché alternatif peut etre également demandée par une société anonyme dans
le cadre d’une cession totale ou partielle, au profit d’investisseurs avertis, des participations
détenus par les SICAR, les fonds communs de placement à risque ou les fonds d’amorçage dans
ce capital.
Le taux de l’IS est réduit à 15% pendant 5 ans à partir de l’année de l’admission pour les sociétés
soumises à l’IS au taux de 25% et qui procèdent à l’admission de leurs actions ordinaires au
marché alternatif de la BVMT au cours de la période allant du 1er Mars 2020 au 31 décembre
2024 à condition que le taux d’ouverture du capital au public soit au moins égal à 30 %.
Par ailleurs, les sociétés admise au marché alternatif de la BVMT bénéficieront d’une déduction
de l’assiette de l’impôt des quatre premières années d’introduction comme suit :

✓ 100% pour la première année d’introduction ,


✓ 75% pour la deuxième année,
✓ 50% pour la troisième année ,
✓ 25% pour la quatrième année.

Section IV : fonds d'amorçage


Les fonds d'amorçage sont des fonds communs de placement en valeurs mobilières ayant pour
objet le renforcement des fonds propres des projets innovants avant la phase de démarrage effectif.
Ces fonds interviennent pour aider le promoteur à :
- exploiter les brevets d'invention,
- achever l'étude technique et économique du projet,
- développer le processus technologique du produit avant la phase de la commercialisation,
- achever le schéma de financement.
Les actifs du fonds d'amorçage doivent être utilisés sous forme de :
- participations au capital des sociétés ou de titres donnant accès à leur capital à un taux minimum
de 50%.
- Avances en compte courant associés ouvert auprès de sociétés au capital desquels le fonds
participe à un taux minimum de 5%. Le total des avances en compte courant associés ne doit pas
dépasser pour toutes les sociétés 15% des actifs du fonds.
Les actifs du fonds d'amorçage doivent être employés selon lesdits taux et conformément aux fins
susvisées dans un délai ne dépassant pas la fin de la 4ème année suivant celle de la souscription
au fonds.
Régime fiscal du fonds d'amorçage
Du fait que les fonds d'amorçage ne disposent pas de la personnalité morale, ils sont en dehors du
champ d'application de l'impôt.
Réinvestissements financiers :
Les bénéfices et revenus réinvestis dans l'acquisition des parts des fonds d'amorçage sont
déductibles de l'assiette de l'impôt sans MI (100% sans MI) .
Le bénéfice de la déduction est subordonné à la satisfaction des conditions suivantes :

Selon l’art 24(nouveau) du règlement général de la bourse (tel que modifié par l’art 2 de l’arrété du ministre des finances du 15-08-2019) 9

53
A F : Cours d'Avantages Fiscaux ( CCA 2020-2021) Mars 2021

• La tenue d'une comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises, pour


les PP qui exercent une activité commerciale ou une profession non commerciale ;
• La présentation à l'appui de la déclaration annuelle de l’IR ou de l'IS de l'année de la
déduction d'une attestation de souscription et de paiement des parts.

Déchéance : Le non respect des conditions prévues par la loi susvisée relatives à l'utilisation des
actifs du fonds aux fins et dans un délai ne dépassant pas la fin de la 4ème année suivant celle de
la souscription, engendre le paiement de l'impôt dû et non payé au titre des montants réinvestis
dans l'acquisition des parts du fonds majoré des pénalités de retard y afférentes, et ce solidairement
entre le gestionnaire du fonds et le bénéficiaire de la déduction.

Exemple 1
Supposons qu'une société soumise à l'IS ait réalisé au titre de l'année N un bénéfice net de
165.000 D et ait souscrit au cours de la même année aux parts des fonds d'amorçage pour
120.000 D.
Dans ce cas, l'impôt dû par la société en question au titre de l'année 2006 est calculé comme
suit:
Bénéfice net 165 000
Déduction des bénéfices réinvestis -120 000
Bénéfice imposable 45 000
Impôt sur les sociétés 13 500
Exemple 2
Reprenons les données de l'exemple 1 et supposons que tout le bénéfice de la société ait été
réinvesti dans l'acquisition des parts du fonds d'amorçage. Dans ce cas la situation fiscale de la
société serait déterminée comme suit, avec l'hypothèse que son chiffre d'affaires serait de 1.5MD,
bénéfice net 165 000
déduction des bénéfices réinvestis -165 000
bénéfice imposable 0
impôt sur les sociétés 0
Dans ce cas, le minimum d'impôt prévu par l'article 12 de la loi n°89-114 du 30 décembre 1989
n'est pas dû. Toutefois, le minimum d'IS fixé par l'article 49 du code de l'IRPP et de l'IS soit 0,1%
du chiffre d'affaires demeure exigible. L'impôt dû par la société au titre de l'exercice 2006 serait
donc de :
1.5MD x 0,1% = 1500D
Conséquences de non utilisation des actifs du fonds dans les délais et selon les conditions fixés à
cet effet

Exemple 3
Reprenons les données de l'exemple n°1 et supposons qu'il ait été établi que les actifs du fonds
n'ont pas été utilisés aux fins pour lesquels ils ont été déposés malgré l'expiration de la période
des 4 années suivant l'année de la souscription.
Dans ce cas, le bénéficiaire de la déduction serait tenu solidairement avec le gestionnaire du fonds
de payer la différence entre l'impôt dû et l'impôt payé effectivement majorée des pénalités de
retard y afférentes calculées conformément à la législation fiscale en vigueur et ce comme suit :
Pour l'exemple 1 :

IS payé 13 500
IS dû 57 750
Différentiel d'impôt exigible 44 250

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A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Janvier 2021

Ce différentiel est majoré des pénalités de retard calculées conformément à la législation fiscale
en vigueur.
Pour l'exemple 2 :
IS payé 1 500
IS dû 57 750
Différentiel d'impôt exigible 56 250
Ce différentiel est majoré des pénalités de retard calculées conformément à la législation fiscale
en vigueur.

Revenus des parts dans le fonds d’amorçage


les revenus provenant des parts des fonds d'amorçage ont été considérés comme étant des
revenus distribués au sens de l'article 29 du code de l'IRPP et de l'IS.
Cession des parts dans le fonds d’amorçage
Les plus values sur cession de parts des fonds d'amorçage non rattachées à un actif professionnel
sont en dehors champ d'application de l'IR tel que fixé par le code de l'IRPP et de l'IS.
Concernant les parts des fonds d’amorçages rattachés à un actif professionnel, la plus value
réalisée de la cession des parts des fonds d'amorçage est déductible de la base de l'IRPP et de
l'IS.

Section V : Bénéfices provenant des contrats de location des terres


agricoles réservées aux grandes cultures
• Pour les PP : Exonération de l’IRPP des revenus provenant de la location des terres
agricoles réservées aux grandes cultures objet de contrats de location conclus pour
une période minimale de trois ans.
• Pour les PM : Déduction pour la détermination du bénéfice imposable sans MI, des
revenus provenant de la location des terres agricoles réservées aux grandes cultures
objet de contrats de location conclus pour une période minimale de 3ans.
• Est exonère des droits d’enregistrement, les contrats de location des terres agricoles
pour une période minimale de trois ans à condition de l’engagement du locataire
dans le contrat de location de les réserver aux grandes cultures.

Le bénéfice de cette exonération et déduction est subordonné :


• à l’engagement du locataire de réserver la terre aux grandes cultures,
• au dépôt, à l’appui de la déclaration de l’IR ou de l’IS d’une attestation que la terre objet
de la location a été réservée aux grandes cultures conformément aux exigences de la rotation
des cultures.

Exemple :Soit une personne physique mariée sans enfants à charge qui possède une terre agricole
qu’il décide de la donner en location pour une période allant du 1er Mars 2009 jusqu’à la fin de
l’année 2014 moyennant un loyer annuel de 10.000D, le contrat de location, comporte
l’engagement du locataire de réserver ladite terre aux grandes cultures.
Supposons qu’en sus des revenus provenant de la location de la terre, l’intéressé bénéficie d’une
retraite annuelle brute de 20.000 dinars.
Dans ce cas, l’impôt dû sur son revenu net de l’année 2009 est déterminé comme suit :
- Retraite brute 20.000 D
- Abattement de 25% 5.000 D
- Retraite nette 15.000 D
- Revenu provenant de la location de la terre ( 10.000D) Exonéré de l’impôt
- Revenu global net 15.000 D

55
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

- Déduction au titre de chef de famille 150 D et le Revenu net imposable 14.850 D


- Impôt dû 2.737,500 D
Etant précisé que l’exonération n’est accordée que dans le cas où une attestation délivrée par les
services régionaux compétents du ministère chargé de l’agriculture prouvant que la terre objet de
la location a été réservée aux grandes cultures conformément aux exigences de la rotation des
cultures au cours de l’année 2009, est jointe à la déclaration de l’impôt sur le revenu.
Section VI : Les Contrats d’assurance-vie et les contrats de
capitalisation
1- Les contrats d’assurance-vie et les contrats de capitalisation ouvrant droit aux avantages fiscaux
Sont éligibles aux avantages fiscaux, les contrats qui comportent :
✓ une garantie d'un capital ou d’une rente au profit de l'assuré, de son conjoint, de ses
ascendants ou descendants d'une durée effective au moins égale à 8 ans, ou
✓ une garantie des unités de compte au profit de l'assuré, de son conjoint, de ses ascendants
ou descendants servies après une durée minimale de 8 ans, ou
✓ une garantie d'un capital ou d’une rente en cas de décès au profit du conjoint, des
ascendants ou descendants, et
Pour les contrats collectifs, ils doivent comporter :
✓ une cotisation minimale de l’affilié selon le taux fixé par l’arrêté du Ministre de l’Economie
et des Finances du 11 mars 2014,
✓ une durée d’affiliation minimale du salarié de 8 ans à l’exception des contrats collectifs
souscrits avant le 1er Mars 2014 par les salariés dont la période allant de la date
d’affiliation à la date de départ à la retraite est inférieure à 10 ans.

2- Avantages fiscaux relatifs aux contrats d’assurance-vie et les contrats de


capitalisation

a. Au niveau de l’assuré
Montants payés aux entreprises d’assurance : Les montants payés par l’assuré sont déduits de
l’assiette de l’impôt sur le revenu, et ce, dans la limite de 10.000 dinars par an jusqu’à l’année
2019 et ce sans minimum d’impôt, et dans la limite de 100.000 dinars par an à partir de l’année
2020 avec minimum d’impot de 45% de l’impot dû sur le revenu global compte non tenu de cette
déduction.
Montants payés par l’employeur pour le compte du salarié : La cotisation de l’employeur est
exonérée de l’impôt sur le revenu et de la retenue à la source.
Montants payés en exécution desdits contrats : Tous les montants payés dans le cadre de
l’exécution des contrats d’assurance- vie et des contrats de capitalisation sont exonérés de l’impôt
sur le revenu.
Toutefois, l’exonération ne concerne pas les montants payés dans le cadre de l’exécution des
obligations de l’employeur telle que celle relative à l’indemnité de départ à la retraite.

b. Au niveau de l’employeur souscripteur aux contrats collectifs


Les montants payés par l’employeur souscripteur y compris ceux payés en exécution de ses
obligations prévues par la législation en vigueur sont déduits de son assiette imposable.

3- Conséquences de non-respect de la période de l’épargne de 8 ans

56
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

a- Au niveau de l’assuré et de l’employeur souscripteur


Le non-respect de la période de l’épargne fixée à 8 ans entraine le paiement de l’impôt non
acquitté majoré des pénalités de retard exigibles. La remise en cause des avantages fiscaux en
question a lieu aussi bien au niveau de l’assuré qu’au niveau de l’employeur souscripteur.
Il est à préciser, qu’aussi bien pour l’assuré que pour l’employeur souscripteur :
✓ Les pénalités de retard ne sont pas exigibles lorsque le retrait total ou partiel de l’épargne
a lieu après l’expiration d’une durée d’épargne égale à 5 ans au moins ou suite à la
survenance d’évènements imprévisibles.
✓ les avantages fiscaux ne sont pas remis en cause dans le cas où la valeur de la provision
mathématique constituée est transférée à une autre entreprise d’assurance, et ce, sous
réserves du respect de la condition relative à la période de 8 ans qui serait décomptée, dans
ce cas, à partir de la date du contrat initial.
b- Au niveau des entreprises d’assurance
Dans le cas où l’entreprise d’assurance permet à l’assuré de disposer totalement ou partiellement
de l’épargne avant l’expiration de la période de 8 ans sans attestation de régularisation de sa
situation fiscale et de celle de son employeur le cas échéant, elle est tenue solidairement avec eux,
pour le paiement de l’impôt dû et non acquitté ainsi que des pénalités de retard y afférentes.
Les dispositions des articles 11 et 12 de la LF 2020 ont harmonisé entre l’assurance classique et
l’assurance islamique et ce afin de préserver la neutralité de la fiscalité entre les intervenants
économiques d’un même secteur, ainsi sont admises en déduction pour la détermination du
bénéfice imposable ou en tant que déduction commune, les cotisations de l’adhérent payées
dans le cadre des contrats collectifs d’assurance « Takaful » et les cotisations de l’adhérent
payées dans le cadre des contrats assurance « Takaful » vie et des contrats d’assurance «
Takaful » de capitalisation en exécution des obligations du souscripteur prévues par la
législation en vigueur et dans la limite de 100.000 DT par an comme sus-indiquée.

57
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

Chapitre 14 : Régime des revenus ou bénéfices accessoires


Dans le cadre de réserver le même traitement fiscal pour les revenus et bénéfices provenant de
l’activité principale aux revenus ou bénéfices exceptionnels liés à ladite activité, la législation
fiscale a étendu les avantages fiscaux accordés aux revenus et bénéfices provenant de
l’exploitation aux revenus et bénéfices exceptionnels.

A. Bénéfices exceptionnels concernés par la mesure

Les bénéfices et revenus éligibles à cette mesure sont :

1. les primes d’investissement et les primes de mise à niveau et les primes accordées dans le
cadre de l’encouragement des opérations d’exportation.

2. la plus-value provenant de la cession des éléments de l’actif immobilisé tels que


notamment les:
✓ équipements techniques et appareils et matériels industriels,
✓ machines mécaniques et industrielles,
✓ moyens de transport de personnes et de marchandises
✓ matériel de bureau
✓ installations générales
Cette mesure exclue la plus-value provenant de la cession des fonds de commerce, des
immeubles bâtis, des terrains nus tels que notamment :
✓ les constructions
✓ l’infrastructure
✓ les terrains nus
✓ les garages et dépôts.
La plus-value provenant de la cession des éléments d’actif immobilisés de l’entreprise
exportatrice bénéficie de la mesure dans le cas où l’opération de cession des éléments a lieu
en dehors de la Tunisie ou au profit des entreprises totalement exportatrices.

3. Les gains de change relatifs aux ventes et acquisitions des entreprises dans le cadre de
l’exercice de leur activité principale,

4. Le bénéfice de l’abandon de créances.

5. Les primes reçues dans le cadre des interventions du fonds national de l’emploi. (LF 2011)

B.Entreprises concernées par la mesure


La mesure concerne toutes les entreprises bénéficiaires du droit de déduction des revenus ou
bénéfices provenant de l’exploitation avec ou sans minimum d’impôt, et ce, comme suit :

1- Les entreprises bénéficiaires de la déduction totale ou partielle des revenus ou bénéfices


provenant de l’exploitation nonobstant le minimum d’impôt ( exemple : entreprises
bénéficiaires des avantages relatifs au DA dans le cadre du CII, ETE durant la période de
bénéfice de la déduction totale des revenus ou bénéfices, entreprises bénéficiaires des
avantages relatifs au ZDR … )

2- Les entreprises bénéficiaires de la déduction totale ou partielle des revenus ou bénéfices


provenant de l’exploitation sous réserve du minimum d’impôt ( exemple :entreprises
58
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

exerçant dans les secteurs de soutien dans le cadre de l’article 49 du CII, entreprises
exerçant dans le secteur de la pollution et la protection de l’environnement dans le cadre
de l’article 38 du CII … )

C.Modalités d’application

Les bénéfices exceptionnels susvisés sont déductibles dans les mêmes limites que les bénéfices
de l’exploitation et ce, comme suit :
En ce qui concerne les entreprises totalement exportatrices : Au cas où l’entreprise totalement
exportatrice réalise des bénéfices de ses ventes sur le marché local, les bénéfices exceptionnels
sont déductibles selon les mêmes proportions que les bénéfices provenant de l’exportation.
En cas de non réalisation d’un chiffre d’affaires sur le marché local, les bénéfices exceptionnels
concernés par la mesure sont totalement déductibles au même titre que les bénéfices réalisés à
l’exportation, et ce, même dans le cas où l’entreprise réalise d’autres bénéfices exceptionnels ou
accessoires imposables.
La LF2016 a limité l’application du taux de l’impôt sur les sociétés de 10% aux bénéfices
provenant de l’activité principale ainsi que les bénéfices exceptionnels visés au paragraphe I bis
de l’article 11 du code de l'IRPP et de l'IS et selon les mêmes conditions.

59
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

Troisième partie : les incitations fiscales par instrument


Chapitre 1 : la bonification d’amortissement
Aux termes de l’article 12 bis du code de l’IRPP et de l’IS, les entreprises bénéficient d’une
déduction supplémentaire au taux de 30% au titre des amortissements des machines, du matériel
et des équipements destinés à l’exploitation, (à l’exception des voitures de tourisme autres que
celles constituant l’objet principal de l’exploitation), acquis ou fabriqués dans le cadre
d’opérations :
✓ d’extension au sens de l’article 3 de la loi de l’investissement, de l’assiette de l’IR ou
de l’IS dû au titre de la 1ère année à partir de la date d’acquisition, de fabrication ou du
commencement de l’utilisation, selon le cas au titre de l’exercice 2017 et les exercices
ultérieurs.
✓ de renouvellement au sens de l’article 3 de la loi de l’investissement, de l’assiette de
l’IR ou de l’IS dû au titre de la 1ère année à partir de la date d’acquisition, de fabrication
ou du commencement de l’utilisation, selon le cas au titre de l’exercice 2018 et les
exercices ultérieurs.

I- Modalités de déduction
La déduction est opérée de façon extra-comptable dans le cadre du tableau de détermination du
résultat fiscal de l’assiette de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés du au titre de la
première année à partir de la date d’acquisition , de fabrication ou de commencement de
l’utilisation, selon le cas.
II- Les activités éligibles et les activités exclues
Toutes les enreprises autres que celles exerçant dans le secteur :
✓ financier,
✓ de l’énergie à l’exception des énergies renouvelable,
✓ des mines,
✓ de la promotion immobilière,
✓ de la consommation sur place,
✓ du commerce,
✓ des opérateurs de télécommunication.
III- entreprises éligibles
La bonification d’amortissement de 30% du prix d’acquisition des machines, du matériel et des
équipements destinés à l’exploitation bénéficie exclusivement aux :
➢ Entreprises qui ont déposé une déclaration d’investissement d’extension à compter du 1er
avril 2017,
➢ Entreprises ayant obtenu une déclaration d’investissement avant et après le 1er Mars
2017.

60
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

Chapitre 2 : le régime suspensif et de réduction du taux de la TVA et


autres taxes

I- Régime privilégié selon la loi portant refonte du dispositif des avantages


fiscaux

1- Les assujettis à la TVA qui réalisent un chiffre d’affaires provenant de l’exportation ou des
ventes en suspension de la taxe supérieur à 50% de leur chiffre d’affaires global, peuvent
bénéficier du régime suspensif de la TVA pour leurs acquisitions locales de produits et services
donnant droit à la déduction conformément au présent code. (l’article 11 du code de la TVA )

2- Les entreprises totalement exportatrices, telles que définies par l’article 69 du code de l’IRPP
et de l’IS, bénéficient du régime suspensif de la TVA pour les opérations d’importation et
d’acquisition locale de matières, produits et équipements et les prestations de services nécessaires
à leur activité et donnant droit à déduction.Les personnes susvisées sont tenues, pour chaque
opération d’acquisition locale, d'établir un bon de commande en double exemplaire sur lequel
doivent être portées des indications . (l’article 11 du code de la TVA )

3- A l’exclusion des opérations effectuées par les commerçants, bénéficient de la suspension de


la taxe sur la valeur ajoutée, les opérations d’importation et d’acquisition locale de matières,
produits et les prestations de services donnant droit à déduction et nécessaires à la réalisation des
opérations d’exportation telles que définies par l’article 68 du code de l’IRPP et de l’IS. (l’article
11 du code de la TVA quarter )

4- Bénéficient, de la suspension de la TVA, les opérations d’acquisition d’équipements fabriqués


localement nécessaires aux investissements de la création, acquis avant l’entrée en activité
effective, dans les secteurs économiques à l’exclusion du secteur de la consommation sur place,
du secteur commercial, du secteur financier, du secteur de l’énergie autres que les énergies
renouvelables, des mines et des opérateurs de télécommunication10. (l’article 13 du code de la
TVA)

5- Imposition des équipements importés n’ayant pas de similaires fabriqués localement à la TVA
au taux de 7%6 . (paragraphe I du tableau « B » nouveau annexé au code de la TVA un numéro
18 ter )

6- Imposition des équipements fabriqués localement après l’entrée en activité effective (en phase
d’extention ou de renouvellement)6 dans les secteurs économiques à l’exclusion du secteur de la
consommation sur place, du secteur commercial, du secteur financier, du secteur de l’énergie
autres que les énergies renouvelables, des mines et des opérateurs de télécommunication à la TVA
au taux de 7% . (paragraphe I du tableau « B » nouveau annexé au code de la TVA un numéro
18 ter )
5- Bénéficient du régime suspensif de la TVA, les opérations d’importation et d’acquisition locale
d’équipements nécessaires à l’investissement dans les secteurs du développement agricole, de
l’artisanat, du transport aérien, du transport maritime, du transport international routier de
marchandises, de la lutte contre la pollution et des activités de soutien telles que définies par le
code de l’IRPP et de l’IS6. (l’article 13 ter du code de la TVA)

10
Liste des équipements annexée au décret gouvernemental n° 2017-419 du 10 avril 2017

61
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

II- Conditions de bénéfice du régime privilégié selon la loi portant refonte du


dispositif des avantages fiscaux

1- Le régime fiscal privilégié est accordé sous respect des conditions mentionnées à l’article 13
du décret gouvernemental n° 2017-419 du 10 avril 2017 tel que modifié et complété par le décret
gouvernemental n° 2018-613 du 17 juillet 2018:

✓ de présenter une attestation de dépôt de déclaration de l’investissement ,


✓ que l’entreprise soit agréée par le ministère de tutelle pour les activités de soutien, de la
lutte contre la pollution, pour le secteur du transport et le secteur du tourisme,
✓ que la liste des équipements à importer ou à acquérir sur le marché local soit visée par les
services concernés du ministère de tutelle pour les activités de soutien ,de la lutte contre la
pollution, pour le secteur du transport et le secteur du tourisme,
✓ de déposer les déclarations fiscales échues,
✓ de produire, pour le secteur de l’artisanat, la carte professionnelle d’artisan ou du récépissé
d’immatriculation pour les entreprises artisanales,
✓ que l’acquisition soit effectuée auprès d’assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée et de
produire une attestation de suspension ou de la réduction de ladite taxe délivrée par le
centre des impôts compétent pour les équipements fabriqués localement.
✓ l’inscription sur le certificat d’immatriculation de la mention " incessible pendant cinq ans
", et ce, pour les véhicules roulants bénéficiant de l'avantage fiscal à l'importation ou à
l'acquisition locale.
✓ Le bénéficiaire du régime fiscal privilégié prévu par le premier tiret du deuxième
paragraphe de l’article premier et par les articles de 2 à 10 du présent décret
gouvernemental , doit souscrire lors de chaque importation ou acquisition sur le marché
local un engagement de non cession des équipements à titre onéreux ou gratuit pendant les
cinq premières années à partir de la date d’importation ou d’acquisition. Cet engagement
doit être joint à la déclaration de mise à la consommation à l’importation ou à la demande
d’acquisition sur le marché local déposée au centre de contrôle des impôts compétent.

La cession durant le délai de cinq ans des équipements bénéficiant du régime fiscal privilégié, est
subordonnée à:

✓ l’acquittement des droits et taxes dus sur la base de la valeur et des taux en vigueur à la
date de cession pour les équipements importés,
✓ l’acquittement de la taxe sur la valeur ajoutée due conformément à la législation et la
réglementation en vigueur pour les équipements fabriqués localement.

2- Selon les dispositions de l’article 14 du décret gouvernemental n° 2017-419 du 10 avril 2017:


l'avantage relatif à la suspension ou la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée demeure applicable
aux équipements importés prévus par les articles de 1 à 10 du présent décret gouvernemental lors
de leur acquisition locale .

62
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

Chapitre 3 : prime de développement de la capacité d’employabilité

I- La prise en charge par l’Etat de la contribution patronale au régime


légal de la sécurité sociale11

La prise en charge par l’Etat de la contribution patronale au régime légal de la sécurité sociale au
titre des salaires versés aux employés de nationalité tunisienne recrutés pour la première fois et
d’une manière permanente comme suit :
✓ les secteurs prioritaires : pour les trois premières années à partir de la date d’entrée en
activité effective,
✓ le premier groupe des zones de développement régional : pour les cinq premières années
à partir de la date d’entrée en activité effective,
✓ le deuxième groupe des zones de développement régional : pour les dix premières années
à partir de la date d’entrée en activité effective.

II- La prise en charge par l’Etat d’une partie des salaires versés aux
employés tunisiens

La prise en charge par l’Etat d’une partie des salaires versés aux employés tunisiens en fonction
du niveau d’encadrement dans toutes les activités exceptées les activités exclues des incitations
au titre du développement régional12 comme suit :
✓ un taux d’encadrement variant entre 10% et 15% : la prise en charge par l’Etat sur une
période d’une année de 50% du salaire versé avec un plafond de deux cent cinquante
(250) dinars mensuellement au titre de recrutement des diplômés de l’enseignement
supérieur ou disposant d’un brevet de technicien supérieur,
✓ un taux d’encadrement supérieur à 15% : la prise en charge par l’Etat sur une période de
trois années de 50% du salaire versé avec un plafond de deux cent cinquante (250) dinars
mensuellement au titre de recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur ou
disposant d’un brevet de technicien supérieur,
✓ La prime de développement de la capacité d’employabilité susvisée n’est pas cumulable
avec celle prévue par la réglementation en vigueur dont bénéficient les entreprises du
secteur privé au même titre.

III- Condition de l’octroi :


Les entreprises concernées :
✓ L’entreprise ne doit pas être bénéficiaire de la contribution patronale au régimr légal de
la sécurité sociale en vertu de la législation en vigueur,
✓ L’entreprise ne doit pas être en cessation d’activité,
✓ L’entreprise doit déclarer les salaires des employés concernés et doit payer la
contribution des employés.
Conditions liées à l’employé recruté :
✓ Nationalité tunisienne,
✓ Contrat à durée indéterminée,
✓ Primo-demandeur d’emploi,
✓ Titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou d’un brevet de technicien
supérieur.

Décrèt gouvernemental n°389 du 09 Mars 2017 11


Liste annexée au décret gouvernemental n° 2017-418 du 10 avril 201712
63
A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

IV- Apport de la loi de finances 2019

L’article 21 de la LF 2019 a prévu des mesures de prise en charge par l’Etat de la contribution
patronale au régime légal de la sécurité sociale dans les zones de développement régional.

Entreprises éligibles :
✓ Créées avant le 1er Mars 2011,
✓ Opérant dans le secteur de l’industrie du textile du cuir et de la chaussure,
✓ Implantées dans les zones de développement régional,
✓ Qui sont en activité à la date d’entrée en vigueur de la LF 2019.

Etendue de l’avantage :
La prise en charge par l’Etat de la contribution patronale au régime légal de la sécurité sociale au
titre des salaires versés aux employés de nationalité tunisienne pour une durée maximale de 10
année à partir de la date d’entrée en activité effective. Les conditions et les modalités et les
procédures de bénéfice de cet avantage seront fixées par décrèt gouvernemental.

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A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

Chapitre 4 : régime fiscal des opérations de leasing aux


opérations d’Ijâra

La loi de finances pour l’année 2012 a étendu le régime fiscal des opérations de leasing aux
opérations d’Ijâra comme suit :

I. Les avantages aux opérations de leasing et Ijâra en matière de TVA


Les avantages et les exonérations accordés aux projets en vertu de la législation fiscale ou de la
législation relative à l'incitation aux investissements ou en vertu de textes spécifiques demeurent
en vigueur en cas d'acquisition des équipements, matériels ou des biens immobiliers objet de
l'avantage ou de l'exonération dans le cadre d'un contrat de leasing.

Les équipements, matériels ou biens immobiliers acquis dans le cadre de projets et ayant bénéficie
d'un avantage en matière de TVA et ce terme d'exonération, suspension ou réduction du taux de
la TVA de 19% a 13%, en vertu du code de la TVA ou en vertu de la législation relative a
l'incitation aux investissements ou en vertu des textes specifiques dans le cadre de contrats de
leasing ; Bénéficient de la suspension de la TVA au titre des loyers factures a l'acquéreur par les
sociétés de leasing.

II. Les avantages aux opérations de leasing et Ijâra en matière de droit


d’enregistrement
Une opération de leasing relative a un immeuble peut engendrer l'établissement de trois types
de contrats :
- Le contrat d'acquisition de l'immeuble par l'établissement de leasing destine à faire l'objet de
location ultérieure : ce contrat est soumis au régime du droit commun (5%)
- Le contrat de leasing proprement dit : ce contrat est soumis au droit fixe de 25D par page et
par copie d'acte.
- Le contrat de cession de l'immeuble au preneur au cours ou à l'expiration de la durée de
location : enregistrement au droit fixe de 25 dinars par page de chaque copie d'acte.
Il est à signaler que si l'immeuble est immatricule a la conservation de la propriété foncière, le
droit de 1% du pour le compte de la CPF est exigible. En outre, même si l’immeuble n’est pas
immatricule le droit de mutation et de partage des immeubles non immatricules de 1%
demeure exigible.

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A F : Cours d'Avantages Fiscaux (CCA 2020-2021) Mars 2021

ANNEXE 1 : Liste des activités exclues du bénéfice des avantages du développement régional
annexée au décret gouvernemental n° 2017-418 du 10 avril 2017
- Extraction et mise en vente des matériaux extractives à leur état primaire
- Les services financiers et assurances
- Les opérateurs de communication et les fournisseurs des services d’internet
- Le commerce en détail et de gros
- Les services de restauration, cafés et les services de consommation sur place
excepté les restaurants touristiques classés
- La production et la distribution de l’électricité et du gaz et du carburant excepté la production
des énergies renouvelables
- La promotion immobilière, les travaux publics et les services liés
- Les services immobiliers et les services de location
- Les services des petits métiers
- Les services de coiffure et d’esthétiques
- Le transport
- Les agences de voyage touristiques
- L’agriculture, la pêche et l’aquaculture
- Les professions libérales
- Les services paramédicaux, les pharmacies et les laboratoires d’analyses médicaux
- Les salles des fêtes
- Les industries de boulangerie, de pâtisseries et de confiserie
- L’industrie des différentes épices et le meulage du café
- L’artisanat non structuré (moins de cinq employés)
ANNEXE N° 2 : Liste des zones éligibles aux avantages du développement régional annexée au
décret gouvernemental n° 2017-418 du 10 avril 2017
Les Premier groupe Deuxième
Zones groupe
Gouvernorat de Jendouba
- Délégation de Jendouba X
- Délégation de Jendouba Nord X
- Délégation de Bou Salem X
- Délégation de Tabarka X
- Délégation de Aïn Draham X
- Délégation de Fernana X
- Délégation de Ghardimaou X
- Délégation de Oued Meliz X
- Délégation de Balta Bou Aouane X
Gouvernorat de Kasserine
- Délégation de Kasserine Nord et X
sud
- Délégation d’Ezzouhour X
- Délégation de Hassi El Frid X
- Délégation de Sbeitla X
- Délégation de Sbiba X
- Délégation, de Djedeliane X
- Délégation d’El Ayoun X
- Délégation de Thala X
- Délégation de Hidra X

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- Délégation de Foussana X

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- Délégation de Feriana X
- Délégation de Mejel Bel Abbès X
Gouvernorat de Kairouan
- Délégation de Kairouan Nord et X
sud
- Délégation d’Echbika X
- Délégation de Sbikha X
- Délégation de Haffouz X
- Délégation de Hajeb El Ayoun X
- Délégation de Nasrallah X
- Délégation d’Echrarda X
- Délégation de Bouhajla X
- Délégation d’El Oueslatia X
- Délégation d’El Alaâ X
- Délégation de Ain Jloula X
- Délégation de Menzel Mhiri X
Gouvernorat de Siliana
- Délégation de Bou Arada X
- Délégation de Gaâfour X
- Délégation d’El Krib X
- Délégation d’El Aroussa X
- Délégation de Siliana Nord et X
sud
- Délégation de Bou Rouis X
- Délégation de Bargou X
- Délégation de Makthar X
- Délégation d’Er-Rouhia X
- Délégation de Kesra X
Gouvernorat de Sidi Bouzid
- Délégation de Sidi Bouzid Est et X
Ouest
- Délégation de Mezzouna X
- Délégation de Regueb X
- Délégation de Ouled Haffouz X
- Délégation de Bir El Hafey X
- Délégation de Sidi Ali Ben Aoûn X
- Délégation de Menzel X
Bouzaïenne
- Délégation de Jilma X
- Délégation de Cebalet Ouled X
Asker
- Délégation de Meknassy X
- Délégation de Souk Jedid X
- Délégation d'Essaïda X
Gouvernorat du Kef
- Délégation de Kef Ouest et Est X

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- Délégation de Nebeur X
- Délégation de Sakiet Sidi X
Youssef
- Délégation de Tajerouine X

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- Délégation de Kalaât Sénan X


- Délégation de Kalaât Khasba X
- Délégation de Djérissa X
- Délégation d’El Ksour X
- Délégation de Dahmani X
- Délégation de Sers X
- Délégation de Touiref X
Gouvernorat de Tataouine
- Délégation de Tataouine Nord et X
sud
- Délégation de Bir Lahmar X
- Délégation de Smar X
- Délégation de Ghomrassen X
- Délégation de Dhehiba X
- Délégation de Remada X
Gouvernorat de Béja
- Délégation de Medjez El Bab X
- Délégation de Béja Nord et sud X
- Délégation de Teboursouk X
- Délégation de Tibar X
- Délégation de Testour X
- Délégation de Goubellat X
- Délégation de Nefza X
- Délégation de Amdoun X
Gouvernorat de Gafsa
- Délégation de Gafsa Nord et sud X
- Délégation de Sidi Aich X
- Délégation d’El Ksar X
- Délégation d’Oum El Araies X
- Délégation de Redeyef X
- Délégation de Metlaoui X
- Délégation de Mdhila X
- Délégation d’El Guetar X
- Délégation de Belkhir X
- Délégation de Sned X
- Délégation de Sidi Boubaker X
- Délégation de Zanouch X
Gouvernorat de Medenine
- Délégation de Medenine Nord et X
sud
- Délégation de Ben Guerdane X
- Délégation de Sidi Makhlouf X
- Délégation de Béni Khedeche X
Gouvernorat de Mahdia
- Délégation de Chorbane X

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- Délégation d’Essouassi X

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- Délégation de Hébira X
- Délégation de Ouled Chamekh X
Gouvernorat de Gabes
- Délégation de Mareth X
- Délégation d’El Hamma X
- Délégation de Menzel El Habib X
- Délégation de Nouvelle Matmata X
- Délégation de Matmata X
- Délégation de Dekhilet Toujane X
Gouvernorat de Kébili
- Délégation de Kébili Sud et Nord X
- Délégation de Souk El Ahad X
- Délégation de Douz Nord et sud X
- Délégation d’El Faouar X
- Délégation de Réjim Maatoug X
Gouvernorat de Zaghouan
- Délégation de Zaghouan X
- Délégation de Bir M’chergua X
- Délégation d’Ez-zeriba X
- Délégation d’El Fahs X
- Délégation de de Saouaf X
- Délégation d’En-Nadhour X
Gouvernorat de Tozeur
- Délégation de Tozeur X
- Délégation de Dégach X
- Délégation de Tamaghza X
- Délégation de Nefta X
- Délégation de Hazoua X
- Délégation de Hammet El Djérid X
Gouvernorat de Bizerte
- Délégation de Djoumine X
- Délégation de Ghézala X
- Délégation de Sedjnane X
Gouvernorat de Sfax
- Délégation de Agareb X
- Délégation de Djebeniana X
- Délégation d’El Amra X
- Délégation d’El Hancha X
- Délégation d’El Ghraiba X
- Délégation de Skhira X
- Délégation de Bir Ali Ben X
Khalifa
- Délégation de Menzel Chaker X
- Délégation de Kerkennah X
Gouvernorat de Sousse -Délégation de Sidi X

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El Hani

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