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Lecture Linéaire (Ma Bohème, Arthur Rimbaud)

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Les Cahiers de Douai est un recueil de jeunesse écrit en 1870 par Arthur Rimbaud à

seulement 16 ans. Paul Verlaine le surnommera « L’homme aux semelles de vent » car Rimbaud
lorsqu’il était jeune avait pour passion de fuguer de chez lui pour s’émanciper dans la nature. Durant
ces vagabondages, Arthur Rimbaud va écrire des poèmes, le 1er cahier qu’il écrit en comporte 15 et le
second 7. C’est Paul Demeny, poète et éditeur, qui 18 ans plus tard publiera les poèmes de Rimbaud.
Ma Bohème est le dernier poème du recueil. Dans celui-ci Rimbaud y célèbre le voyage ainsi que son
amour pour la poésie. On se demandera alors comment à travers sa vie de vagabond et sa proximité
avec la nature Arthur Rimbaud exprime-t-il son sentiment de liberté. Premièrement nous verrons
l’errance et le vagabondage du poètes qui lui amène une proximité avec la nature et finalement nous
verrons la vision du poète et sa création.

I. L'errance et le vagabondage

Le poème commence par un mouvement d'errance et de liberté, symbolisé par l'expression "Je m'en
allais" dès le premier vers. Ce verbe de mouvement, "s'en aller", sans complément de lieu précis,
souligne une errance perpétuelle, une quête sans destination. Cette absence de destination est
renforcée par l'utilisation d'un complément circonstanciel vague, "sous le ciel", qui laisse planer une
incertitude totale sur l'itinéraire.

L'emploi de la première personne, "je", instaure un lyrisme intime tout en exprimant une attitude
détendue et insouciante, comme le montrent les "poings dans mes poches".

L'imparfait traduit la régularité de ce mode de vie, un choix de vie privilégiant la liberté à la stabilité.

Son style poétique brise également les conventions, comme en témoigne l'alexandrin d'ouverture
avec une césure irrégulière à la 4e syllabe, marquant la modernité de Rimbaud et son désir de casser
les codes.

La liberté lui permet de se rapprocher de la Muse, qu'il tutoie. Les Muses, filles de Zeus et de
Mnémosyne, représentent chacune une forme d'art ; pour Rimbaud, cette figure incarne la liberté
créatrice et la vie de bohème. Le poète tire son inspiration de cette existence vagabonde, préférant
une vie simple et pauvre à une vie riche mais contrainte.

Le poète revendique une liberté totale, tant physique que poétique. Son enthousiasme éclate à
travers des interjections inhabituelles, telles que "Ô là là", au vers 4, qui traduisent son exaltation face
à la vie de vagabondage. Les points d'exclamation accentuent cette excitation constante malgré un
certain dénuement matériel.

II. Une proximité entre le poète et la nature

Le début du deuxième mouvement poursuit sur la thématique du dénuement avec les adjectifs
« unique » et « large » qui insistent sur la simplicité de ses possessions. Rimbaud n’est pas dérangé
par ce dépouillement loin de là il y trouve une forme de beauté et de satisfaction, préférant semer
des rimes plutôt que des cailloux, à l'image du Petit Poucet. Ce personnage de conte, cherchant son
chemin, reflète le parcours de Rimbaud, en quête de lui-même, guidé par la nature et la poésie.

L’enjambement entre les vers crée un mouvement perpétuel, qui suggère que la nature est une
source inépuisable d’inspiration et de protection pour le poète. On retrouve un parallélisme avec
« Mon auberge » et « mes étoiles » témoignant d’une relation quasi-familiale avec la nature. De plus
la métaphore « Mon auberge était à la Grande-Ours » suggèrent que la nature devient un refuge
bienveillant.

Le mot « course », utilisé ici, peut à la fois signifier le désir d’évasion, mais aussi évoquer une course
poétique, une quête symbolique pour repousser les limites de la poésie.

Les dernières lignes du paragraphe 2 soulignent une connexion avec des sonorités douces comme
avec l’assonance en « ou », qui évoque la protection bienveillante de la nature. Pour Rimbaud, cette
nature est non seulement un refuge, mais également une source d’inspiration inépuisable, lui offrant
un abri symbolique sous les étoiles.

La troisième strophe est une continuité de la seconde. Dans celle-ci, l’ouïe est mise en avant avec le
verbe « écoutais ». On remarque aussi que Rimbaud s’assoit pour la première fois, il faut donc une
pause. Il y a une imprécision temporelle « Septembre » qui permet de relier ce poème à la fugue de
Rimbaud. Le poète fait de nouveau appelle aux sens « sentais », il évoque une sensation liée au
touché pour la comparer au gout avec le « vin ».

III. La vision du poète et sa création

Le troisième mouvement commence par le participe présent "rimant" marque l'acte de création,
faisant de la poésie un processus continu, même lors des moments de fugue et d'errance.

Le texte fait la part belle à la musicalité, jouant sur les sonorités des mots "fantastique" et
"élastique", et introduisant des images qui rappellent à la fois le concret et le symbolique. Par
exemple, les "souliers blessés" suggèrent non seulement la dureté du voyage mais aussi les marques
laissées par cette vie errante sur son corps et son esprit. De plus l’hypallage entre "blesser" et
"souliers" souligne l'intensité de l'expérience du poète.

Rimbaud célèbre ainsi le voyage et la vie de bohémien, non seulement à travers des images poétiques
mais aussi par des figures de style comme la métonymie : "un pied près de mon cœur". Ce "pied"
renvoie à la fois à la métrique poétique et évoque la proximité intime de la poésie avec sa propre vie.

L'exclamation finale du poème vient clore cette exploration, marquant l'apothéose de la liberté
poétique, comme une dernière note éclatante avant que le silence ne retombe.

In fine, nous voyons à travers ce poème une vision autobiographique des thèmes de l'errance
de la nature et de l'écriture. A travers ce poème au fil des vers Arthur Rimbaud nous livre sa définition
de la liberté. Tout d'abord pour le poète c'est le bonheur dans l'errance et la proximité avec la nature
pour s'affranchir des contraintes sociales, mais la liberté c'est également écrire une autre poésie
moderne et enfin la liberté s'est créé une nouvelle image du réel. Ses fugues ont permis à Rimbaud
de trouver son inspiration. En écho à "Ma Bohème" de Rimbaud, la chanson "La Bohème" de Charles
Aznavour célèbre également la liberté, et la passion créatrice car pour eux l'écriture devient un
refuge contre les contraintes sociales, et la liberté de l'artiste reste le cœur de leur inspiration.

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