SMP1 Cours Algèb
SMP1 Cours Algèb
SMP1 – SMC1
F F F F F
Polycopie de cours :
ALGÈBRE
GÉNÉRALE
SMP1 – SMC1
1 Polynômes à une indéterminée à coefficients dans R ou C 4
1.1 L’ensemble des polynômes à une indéterminée : . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Définitions : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Opérations sur K[X] : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Degré d’un polynôme : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Division des polynômes dans K[X] : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Division suivant les puissances décroissantes : . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Racines d’un polynôme : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 Décomposition en facteurs irréductibles : . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.4 Division suivant les puissances croissantes : . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Dérivation des polynômes : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.1 Définition : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Propriétés : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.3 Remarque : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.4 Proposition : (Formule de Mac-Laurin) . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.5 Proposition : (Formule de Taylor) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.6 Théorème : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2
Pr. Nouh IZEM TABLE DES MATIÈRES
3 Espaces Vectoriels 22
3.1 Structure d’espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2 Sous-espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3 Combinaisons Linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4 Familles Libres-Familles Liées-Bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
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SMP1 – SMC1
coefficients dans R ou C
Nous Notons K[X] L’ensemble des polynômes à une indéterminée à coefficients dans K.
1.1.2 Opérations sur K[X] :
a) Addition de deux polynômes :
Soient P (X) = an X n +an−1 X n−1 +· · ·+a1 X+a0 et Q(X) = bn X n +bn−1 X n−1 +· · ·+b1 X+b0
deux polynômes de K[X], avec n ∈ N. On définit alors le polynôme P + Q par :
(P + Q)(X) = (an + bn )X n + (an−1 + bn−1 )X n−1 + · · · + (a1 + b1 )X + (a0 + b0 )
b) Multiplication de deux polynômes :
Etant donnés deux polynômes P (X) = ap X p + ap−1 X p−1 + · · · + a1 X + a0 et Q(X) =
bq X q + bq−1 X q−1 + · · · + b1 X + b0 , on définit le polynôme P · Q par :
(P · Q)(X) = cr X r + cr−1 X r−1 + · · · + c1 X + c0
4
CHAPITRE 1. POLYNÔMES À UNE INDÉTERMINÉE À COEFFICIENTS DANS R
Pr. Nouh IZEM OU C
avec
X k
X k
X
r =p+q et ck = ai b j = ai bk−i = ak−j bj , k ∈ {0, 1, · · · , r}
i+j=k i=0 j=0
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de P . On le note deg(P ) ou do P .
Si P est le polynôme nul, on convient que le degré de P est moins l’infini (−∞).
Exemples :
Soient P (X) = 1 + 4X + 3X 9 et Q(X) = X 12 − 2X 3 + 5X + 1 deux polynômes de K[X],
on a
a) deg(P ) = 9.
b) deg(Q) = 12.
Propriétés :
Soient P et Q deux polynômes de K[X]. Alors on a :
a) deg(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)).
b) deg(P · Q) = deg(P ) + deg(Q).
c) ∀α ∈ K∗ , deg(αP ) = deg(P ).
Preuve :
Posons
n
ak X k ,
X
P = avec an 6= 0,
k=0
m
bk X k ,
X
Q = avec bm 6= 0.
k=0
a) Si n > m alors
m n
(ak + bk )X k + ak X k ,
X X
P +Q=
k=0 k=m+1
d’où
deg(P + Q) = n.
De même si m > n, on obtient deg(P + Q) = m.
n
(ak + bk )X k .
P
Si m = n alors P + Q =
k=0
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m+n
X n
X m+n
X
cm+n = ai bm+n−i = ai bm+n−i + ai bm+n−i
i=0 i=0 i=n+1
= an bn 6= 0.
Car pour
0 ≤ i ≤ n =⇒ bm+n−i = 0
i ≥ n + 1 =⇒ ai = 0
Donc
deg(P · Q) = deg(P ) + deg(Q).
c) Claire.
6X 4 + X3 + 0X 2 + X + 1 X2 + X + 1
6X 4 + 6X 3 + 6X 2 6X 2 − 5X − 1
− 5X 3 − 6X 2 + X + 1
− 5X 3 − 5X 2 − 5X
− X2 + 6X + 1
− X2 − X − 1
7X + 2
D’où :
A = BQ + R, avec Q = 6X 2 − 5X − 1 et R = 7X + 2.
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B divise A ( On note B/A) ⇐⇒ ∃Q ∈ K[X] tel que : A = BQ.
Exemple :
Soient A = X 3 − 1 et B = X − 1.
Alors B divise A : A = QB avec Q = X 2 + X + 1.
Définition :
Soit P ∈ K[X]. On dit que α ∈ K est une racine de P si P (α) = 0.
Proposition :
Soient P ∈ K[X] et α ∈ K.
Preuve :
P (X) = (X − α)Q(X) + λ, λ ∈ K.
Or, P (α) = 0 =⇒ λ = 0.
d’où
P (X) = (X − α)Q(X).
Donc (X − α)/P .
Définition :
Soient α ∈ K, m ∈ N et P ∈ K[X].
1. α est une racine d’ordre de multiplicité m si et seulement si (X −α)m /P et (X −α)m+1
ne divise pas P .
2. Soit α une racine d’ordre de multiplicité m alors :
Ô Si m = 1, on dit que α est une racine simple de P .
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Ô Si m = 2, on dit que α est une racine double de P .
Exemple :
Soit P ∈ K[X] tel que :
Théorème :(admis)
Soient P ∈ K[X] et α1 , α2 , · · · , αm des racines de P deux à deux distinctes d’ordres de
multiplicité respectifs k1 , k2 , · · · , km . Alors, il existe un polynôme Q ∈ K[X] tel que
Corollaire :
Soit P un polynôme deK[X] de degré n. Alors P ne peut pas avoir plus de n racines
distinctes.
Preuve :
Supposons que P admet n + 1 racines α1 , α2 , · · · , αn+1 . Alors, il existe un polynôme Q ∈
K[X] tel que
P (X) = (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αn+1 )Q(X), Q ∈ K[X]
donc,
deg(P ) = deg((X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αn+1 )) + deg(Q)
≥ n + 1. Absurde !
Définition :
Soit P un polynôme de K[X] de degré n > 1. P est dit scindé sur K s’il admet n racines
dans K.
Exemple :
a) P (X) = X 3 − 3X 2 − X + 3 = (X − 1)(X + 1)(X − 3) est scindé sur R.
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1.2.3 Décomposition en facteurs irréductibles :
Définition :
Soit P un polynôme de K[X]. P est irréductible dans K s’il n’a pour diviseurs dans
K[X] que les polynômes constants et les polynômes λP où λ 6= 0.
Corollaire :
Tout polynôme P non nul de C[X] admet une décomposition en facteurs irréductibles
du type suivant :
k
(X − λi )mi ,
Y
P (X) = λ
i=1
Exemple :
Le polynôme P (X) = X 3 + 3X 2 + 2X + 6 se décompose en facteurs irréductibles dans :
√ √
a) C[X] en (X − 3)(X + i 2)(X − i 2).
A = B · Qn + X n+1 Rn ,
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deg(R) ≤ n
On effectue cette division un peu comme la division euclidienne classique, mais en écrivant
les polynômes suivant les puissances croissantes, et en cherchant à éliminer d’abord les
termes constants, puis les termes en X, etc...
Exemple :
Effectuer la division suivant les puissances croissantes à l’ordre 2 de A = 4 + X 2 par
B = 1 + X + X 2.
On a :
4 + 0X X2 1 + X + X2
4 + 4X + 4X 2 4 − 4X + X 2
− 4X − 3X 2
− 4X − 4X 2 − 4X 3
X2 + 4X 3
X2 + X3 + X4
3X 3 − X4
D’où :
A = BQ2 + X 3 R2 , avec Q2 = 4 − 4X + X 2 et R2 = 3 − X.
1.3.2 Propriétés :
Soient P et Q deux polynômes de K[X] et λ ∈ K, on a les propriétés suivantes :
1. Si deg(P ) > 0 alors deg(P 0 ) = deg(P ) − 1.
1.3.3 Remarque :
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On définit par récurrence le polynôme dérivé d’ordre n du polynôme P , que l’on note
P (n) comme suit :
P (0) = P, et ∀k ∈ {1, · · · , n} , P (k) = (P (k−1) )0 .
Et on a le résultat suivant entre les dérivées successives de P et ses coefficients :
k=0
n
ak (k(k − 1) · · · (k − j + 1)) X k−j
X
=
k=j
n
ak (k(k − 1) · · · (k − j + 1)) X k−j
X
= aj j! +
k=j+1
1.3.6 Théorème :
Soient P un polynôme de K[X], m ∈ N∗ et α ∈ K. Les propriétés suivantes sont
équivalentes :
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Fractions Rationnelles dans R ou C
13
Pr. Nouh IZEM CHAPITRE 2. FRACTIONS RATIONNELLES DANS R OU C
P R PR
b)- × = ,
Q S SQ
P λP
c)- λ = .
Q Q
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2.2.1 Définition :
Les éléments simples de K(X) sont les fractions rationnelles qui ont l’une des formes
suivantes :
1. Les monômes : an X n où n est un entier naturel.
P
2. Les fractions rationnelles avec deg(P ) < deg(Q) et Q un polynôme irréductible
Qr
de K[X] et r > 0.
2.2.2 Exemples :
ä Les éléments simples de R(X) sont :
1. Les monômes : an X n où n ≥ 0.
a
2. Les fractions de la forme , (r ≥ 1) dites éléments simples de 1er espèce.
(X − b)r
aX + b
3. Les fractions de la forme , avec c2 − 4d < 0 et r ≥ 1 dites
(X + cX + d)r
2
2.2.3 Proposition :
Soit F une fraction rationnelle écrite sous forme irréductible, il existe un unique poly-
nôme E et un unique polynôme R tels que
R
F =E+ et deg(R) < deg(Q).
Q
R
E est appelée partie entière de la fraction F et , la partie fractionnaire.
Q
Preuve :
P
Soit F = , d’aprés le théorème de la division euclidienne de P par Q, on a :
Q
P = E · Q + R, avec deg(R) < deg(Q).
Donc,
R
F =E+ et deg(R) < deg(Q).
Q
2.2.4 Exemple :
a) Trouver la partie entière et la partie fractionnaire de la fraction rationnelle suivante :
P X 3 + 4X 2 − 2X − 10
= .
Q X2 − 3
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P X +2
= (X + 4) + 2 .
Q X −3
La partie entière de la fraction F est le polynôme X + 4 et sa partie fractionnaire est
X +2
.
X2 − 3
X3
b) Pour F = 2 , sa partie entière est X, et on a :
X +1
−X
F =X+ ,
X2 + 1
c’est la décomposition de F en éléments simples dans R(X), mais dans C(X) on a :
!
1 1
F =X− + .
2(X + i) 2(X − i)
où E est la partie entière de F et λk,j sont des éléments de C. Cette écriture est appe-
lée décomposition en éléments simples de F dans C(X) et s’effectue donc de la manière
suivante :
P
1. On simplifie d’abord F = si c’est possible de façon à obtenir une fraction irréduc-
Q
tible.
2. Si deg(P ) ≥ deg(Q), on effectue la division euclidienne de P par Q de façon à obtenir
P1
la partie entière E et la partie fractionnaire de F .
Q
3. On décompose le dénominateur Q de F en facteurs irréductibles. Soit Q = (X −
α1 )m1 (X − α2 )m2 · · · (X − αp )mp .
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4. On écrit la forme de la décomposition (∗) et on détermine les coefficients λk,j .
Proposition :
Si a est un pôle simple de F (X), alors
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Q(X) est divisible par X − a, donc
P (X) P (X) α
F (X) = = = + G(X),
Q(X) (X − a)Q1 (X) X −a
P (a)
avec α = [(X − a)F (X)](a) = . De plus, Q0 (X) = Q1 (X) + (X − a)Q01 (X) alors
Q1 (a)
P (a) P (a)
Q1 (a) = Q0 (a). Finalement, α = = 0 .
Q1 (a) Q (a)
Exemple 2 :
Décomposer dans C(X) la fraction rationnelle suivante :
P (X) X2 + 1
F (X) = = .
Q(X) (X − 1)(X + 2)(X − 2)
Comme deg(P ) < deg(Q), la partie entière est nulle et la décomposition de F en éléments
simples se fait alors sous la forme
X2 + 1 a b c
F (X) = = + + .
(X − 1)(X + 2)(X − 2) X −1 X +2 X −2
P (1) 2
1 est un pôle simple donc a = = − , où Q1 (X) = (X + 2)(X − 2).
Q1 (1) 3
P (−2) 5
−2 est un pôle simple de F (X) donc b = = ,où Q2 (X) = (X + 2)(X − 1).
Q2 (−2) 12
P (2) 5
2 est un pôle simple de F (X) donc c = = .
Q3 (2) 4
Ici, Q3 (X) = (X − 1)(X + 2).
Finalement :
X2 + 1 2 5 5
=− + + .
(X − 1)(X + 2)(X − 2) 3(X − 1) 12(X + 2) 4(X − 2)
Comme
(X 2 − 1)2 = (X − 1)2 (X + 1)2 ,
F se décompose sous la forme
a b c d
F (X) = + + + . (2.2)
X − 1 (X − 1)2 X + 1 (X + 1)2
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Méthode par identification :
En multipliant (2.2) par (X +1)2 et en faisant X = −1 dans l’égalité trouvée, on obtient
d = 1.
1
En faisant passer dans le premier membre de (2.2) on obtient une fraction qui se
(X + 1)2
simplifie par X + 1 :
1 −X 2 + 2X + 3 X −3
F (X) − = =−
(X + 1) 2 (X − 1) (X + 1)
2 2 (X + 1)(X − 1)2
On obtient donc :
X −3 c a b
− = + + (2.3)
(X + 1)(X − 1)2 X + 1 X − 1 (X − 1)2
On voit alors que l’on peut déterminer d et c en faisant une division suivant les puissances
croissantes du polynôme 4 par le polynôme (T − 2)2 = 4 − 4T + T 2 . On obtient alors :
4 = (4 − 4T + T 2 )(1 + T ) + T 2 (3 − T ).
2.4.1 Proposition :
P
Soient F = Q une fraction rationnelle à coefficients réels, sous forme irréductible.
Soit la décomposition suivante en produit de facteurs irréductibles du dénominateur Q =
p q
(X − ak )rk (X 2 + bk X + ck )sk . Alors F s’écrit de manière unique :
Q Q
λ
k=1 k=1
p rk q sk
X λk,j X X X dk,j X + ek,j
F = E+
j
+
j
. (∗∗)
k=1 j=1 (X − αk )
2
k=1 j=1 (X + bk X + ck )
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En énumérant,
λ1,1 λ1,r1 λ2,1 λ2,r2
F = E+ + ··· + + + · · · +
(X − α1 ) (X − α1 )r1 (X − α2 ) (X − α2 )r2
...
λp,1 λp,rp
+ + ··· + ,
(X − αp ) (X − αp )rp
d1,1 X + e1,1 d1,s1 X + e1,s1 d2,1 X + e2,1 d2,s2 X + e2,s2
= + 2 + ··· + + + · · · +
(X + b1 X + c1 ) (X 2 + b1 X + c1 )s1 (X 2 + b2 X + c2 ) (X 2 + b2 X + c2 )s2
...
dq,1 X + eq,1 dq,sq X + eq,sq
+ 2 + ··· + ,
(X + bp X + cp ) (X 2 + bq X + cq )sq
où E est la partie entière de F et où les λk,j , dk,j , ek,j sont des éléments de R. Cette
écriture est appelée décomposition en éléments simples de F dans R(X) et s’effectue donc
de la manière suivante :
P
1. On simplifie d’abord F = si c’est possible de façon à obtenir une fraction irréduc-
Q
tible.
2. Si deg(P ) ≥ deg(Q), on effectue la division euclidienne de P par Q de façon à obtenir
P1
la partie entière E et la partie fractionnaire de F .
Q
p q
(X − ak )rk (X 2 + bk X +
Q Q
3. On décompose Q en facteurs irréductibles. Soit Q = λ
k=1 k=1
ck )sk .
4. On écrit la forme de la décomposition (∗∗) et on détermine les coefficients λk,j , dk,j
et ek,j .
2.4.2 Exemple 1 :
X3 + 1
Soit D (X) = .
X (X − 1) (X 2 + 1)2
Le facteur (X 2 +1) du dénominateur n’est pas réductible, c’est à dire ne peut se décom-
poser comme produit de facteurs du premier degré. Dans ces conditions la décomposition
en éléments simples sera de la forme
a b cX + d eX + f
D (X) = + + 2 + . (2.5)
X X − 1 X + 1 (X 2 + 1)2
a = −1.
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En multipliant par (X 2 + 1)2 et en faisant X = i, on obtient
i3 + 1
= ei + f.
i(i − 1)
e = 1 et f = 0.
X
En faisant passer dans le premier membre l’élément simple , on obtient une
(X 2
+ 1)2
fraction qui se simplifie par X 2 + 1 :
X 1 a b cX + d
D (X) − = = + + 2 .
(X 2+ 1) 2 X(X − 1)(X + 1)
2 X X −1 X +1
a + b + c = 0.
2X + 3.
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−7X − 5.
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Espaces Vectoriels
Telles que :
1. (E, +) est un groupe commutatif (abélien), c-à-d :
(a). ∀x, y, z ∈ E, (x + y) + z = x + (y + z). Associativité
(b). ∃0 ∈ E tel que ∀x ∈ E, x + 0 = x = 0 + x. 0 élément neutre de E
(c). ∀x ∈ E, ∃x0 ∈ E tel que x + x0 = 0 = x0 + x x0 élément symétrique de x
(d). ∀x, y ∈ E, x + y = y + x. Commutativité
2.
(a). ∀α ∈ K, ∀x, y ∈ E, α · (x + y) + z = α · x + α · y.
(b). ∀α, ∀β ∈ K, ∀x ∈ E, (α + β) · x = α · x + β · x.
(c). ∀α, ∀β ∈ K, ∀x ∈ E, (αβ) · x = α · (β · x).
(d). ∀x ∈ E, 1K · x = x.
Les éléments de E sont appelés vecteurs. Les éléments de K sont appelés des scalaires.
L’élément neutre de E est noté 0E . Le symétrique de x0 est noté −x.
22
Pr. Nouh IZEM CHAPITRE 3. ESPACES VECTORIELS
Exemples 1.
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+ Rn muni des lois suivantes :
(x1 , · · · , xn ) + (y1 , · · · , yn ) = (x1 + y1 , · · · , xn + yn )
λ(x1 , · · · , xn ) = (λx1 , · · · , λxn ), ∀λ ∈ R
Proposition 2.
Soit E un K−e.v et soit F un sous-ensemble de E, F est un sous-espace vectoriel de
E si et seulement si :
(a). F 6= ∅
(b). ∀x, y ∈ F, x+y ∈F
(c). ∀λ ∈ K, ∀x ∈ F, λx ∈ F
Remarque 3.
∀λ, µ ∈ K, ∀x, y ∈ F, λx + µy ∈ F
ou
∀λ ∈ K, ∀x, y ∈ F, λx + y ∈ F
2. Tout K−s.e.v F est lui même un K−e.v, alors 0E ∈ F . En effet, comme F 6=, il
existe u ∈ F . D’où :
0·u∈F
Donc 0E ∈ F
Exemples 2.
+ Soit E un K− espace vectoriel. {0E } et E sont des s.e.v de E.
+ F = {0} × R = {(0, x); x ∈ R} et G = R × {0} = {(x, 0); x ∈ R} sont deux s.e.v de
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R2 . En effet, pour F on a :
a. F 6= ∅ car (0, 1) ∈ F
b. ∀(0, x), (0, y) ∈ F, (0, x) + (0, y) = (0, x + y) ∈ F
c. ∀λ, ∀(0, x) ∈ F, λ(0, x) = (0, λx) ∈ F
Proposition 3.
Soit E un K− espace vectoriel, (Fi )i∈I une famille de s.e.v de E alors F = ∩i∈I Fi est un
sous-espace vectoriel de E.
Preuve :
• F 6= ∅ car 0E ∈ Fi , ∀i ∈ I.
• Soient (x, y) ∈ F 2 , (α, β) ∈ K2 , on a :
x, y ∈ Fi , ∀i ∈ I.
D’où αx + βy ∈ Fi , ∀i ∈ I. (car Fi est un s.e.v de E) Donc αx + βy ∈ F . Et
parsuite F est un s.e.v de E.
Remarque 4.
En particulier, pour toute partie A de E, l’intersection de tous les s.e.v de E contenant A
est un s.e.v de E contenant A. C’est le plus petit s.e.v de E contenant A. On l’apppelle le
s.e.v de E engendré par A. Il se note vect(A).
Proposition 4.
Soit E un K− espace vectoriel, F1 , F2 deux s.e.v de E. La somme de F1 , F2 noté par
F1 + F2 = {x ∈ E/∃(x1 , x2 ) ∈ F1 × F2 : x = x1 + x2 }
= {x1 + x2 /(x1 , x2 ) ∈ F1 × F2 }
est un s.e.v de E.
Preuve :
• F1 + F2 6= ∅ car 0 = 0 + 0 ∈ F1 + F2 .
• Soient (x, y) ∈ (F1 + F2 )2 , il existe (x1 , x2 ) ∈ F1 × F2 et (y1 , y2 ) ∈ F1 × F2 tels que
x = x 1 + x2 et y = y1 + y2
On a alors
x + y = (x1 + x2 ) + (y1 + y2 )
= (x1 + y1 ) + (x2 + y2 ) ∈ F1 + F2
| {z } | {z }
∈F1 ∈F2
λx = λ(x1 + x2 )
= (λx1 ) + (λx2 ) ∈ F1 + F2 .
| {z } | {z }
∈F1 ∈F2
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Remarque 5.
(a). F1 + F2 = F2 + F1 (b). F 1 ∩ F2 = F2 ∩ F1
(c). F1 ⊂ F1 + F2 (d). F1 ∩ F2 ⊂ F1
( (
F1 ⊂ F3 F3 ⊂ F1
(e). =⇒ F1 + F2 ⊂ F3 (f ). =⇒ F3 ⊂ F1 ∩ F2
F2 ⊂ F3 F3 ⊂ F2
(g). F1 ⊂ F2 =⇒ F1 + F3 ⊂ F2 + F3 (h). F1 ⊂ F2 =⇒ F1 ∩ F3 ⊂ F2 ∩ F3
(i). F1 + F1 = F1 (j). F1 ∩ F1 = F1
(k). F1 + {0E } = F1 (l). F1 ∩ {0E } = {0E }
(m). F1 + E = E (n). F1 ∩ E = F1
(o). (F1 + F2 ) + F3 = F1 + (F2 + F3 ) (p). (F1 ∩ F2 ) ∩ F3 = F1 ∩ (F2 ∩ F3 )
Proposition 6.
1. A ⊂ B =⇒ vect(A) ⊂ vect(B).
2. A s.e.v de E ⇐⇒ vect(A) = A.
3. vect(vect(A)) = vect(A).
4. vect(A ∪ B) = vect(A) + vect(B).
Exemples 3.
+ Soit (x, y) ∈ R2 , on a :
(x, y) = x(1, 0) + y(0, 1).
Tout vecteur de R2 est combinaison linéaire de (1, 0) et (0, 1).
SMP1 – SMC1
· · · , et (0, 0, · · · , 0, 1).
Proposition 7.
Soit E un K− e.v et soit {x1 , · · · , xn } un système de vecteurs de E. L’ensemble F des com-
binaisons linéaires du système {x1 , · · · , xn } est un sous espace vectoriel de E. F est appelé
s.e.v engendré par {x1 , · · · , xn }. On dit aussi que {x1 , · · · , xn } est un système générateur
de F ou que {x1 , · · · , xn } engendre F . F est défini par :
Preuve :
• F 6= ∅ car x1 ∈ F ; x1 = 1x1 + 0x2 + · · · + 0xn
• F ⊂ E. En effet, on a :
• Soient u = α1 x1 + α2 x2 + · · · + αn xn ∈ F et v = β1 x1 + β2 x2 + · · · + βn xn ∈ F pour
tout αi ∈ K et βi ∈ K, on a :
u + v = α1 x1 + α2 x2 + · · · + αn xn + β1 x1 + β2 x2 + · · · + βn xn
= (α1 + β1 )x1 + (α2 + β2 )x2 + · · · + (αn + βn )xn
d’où u + v ∈ F
• Soient u = α1 x1 + α2 x2 + · · · + αn xn ∈ F et λ ∈ K, on a :
SMP1 – SMC1
n
X
∀(α1 , α2 , · · · , αn ) ∈ K , αi xi = α1 x1 +α2 x2 +· · ·+αn xn = 0E =⇒ α1 = α2 = · · · = αn = 0.
i=1
2. Un système qui n’est pas libre est appelé système lié (ou linéairement dépendant).
{x1 , x2 , · · · , xn } est lié si et seulement si :
n
∃(α1 , α2 , · · · , αn ) ∈ Kn \ {(0, 0, · · · , 0)},
X
αi xi = α1 x1 + α2 x2 + · · · + αn xn = 0E .
i=1
Exemples 5.
+ Dans R4 , les vecteurs X1 = (1, 0, 1, 2), X2 = (0, 1, 1, 2), X3 = (1, 1, 1, 3) sont linéai-
rement indépendants. En effet, soient (α1 , α2 , α3 ) ∈ R3 tels que :
α1 X1 + α2 X2 + α3 X3 = 0R4
On a
α1 + 0 + α3
= 0
0 + α2 + α3 = 0
α1 X1 + α2 X2 + α3 X3 = 0R4 ⇐⇒
α 1 + α2 + α3 = 0
2α1 + 2α2 + 3α3 = 0
On obtient : α1 = α2 = α3 = 0
+ R2 , les vecteurs X1 = (1, 1), X2 = (2, 1), X3 = (−1, 0) sont linéairement dépendants.
+ Toute famille contenant le vecteur nul est liée.
+ Deux vecteurs sont linéairement dépendants si et seulement si l’un d’entre eux est un
multiple de l’autre (colinéaires).
Remarque 7.
• (⇒) {x1 , x2 , · · · , xn } est lié =⇒ ∃(α1 , α2 , · · · , αn ) ∈ Kn \ {(0, 0, · · · , 0)} non nul tel
que α1 x1 + α2 x2 + · · · + αn xn = 0E supposons que c’est αi qui est non nul. Alors
1
xi = − (α1 x1 + · · · + αi−1 xi−1 + αi+1 xi+1 + · · · + αn xn )
αi
Donc xi est combinaison des autres.
• (⇐) Supposons que xi = β1 x1 + · · · + βi−1 xi−1 + βi+1 xi+1 + · · · + βn xn ) avec βi ∈ K
donc β1 x1 + · · · + βi−1 xi−1 − xi + βi+1 xi+1 + · · · + βn xn ) = 0 Le coefficient de xi est
SMP1 – SMC1
−1 6= 0 donc le système {x1 , x2 , · · · , xn } est lié.
Définition 5.
On appelle base d’un R− e.v E toute famille B = {x1 , x2 , · · · , xn } qui est à la fois libre et
génératrice.
Exemples 6.
(a)− Les vecteurs de e1 = 1, 0, · · · , 0 , e2 = 0, 1, · · · , 0 , · · · , en = 0, · · · , 0, 1
constituent une base de Rn . On l’appelle base canonique de Rn .
(b)− La famille F = {X1 , X2 , X3 } où X1 = (1, 1, 0), X2 = (1, 0, 1) et X3 = (0, 1, 1) est
une base de R3 . En effet, soit X = (x, y, z) ∈ R3 , on a :
α1 + α2 = x
α1 X1 + α2 X2 + α3 X3 = X ⇐⇒ α1 + α3 = y
α2 + α3 = z
α1 = 12 (x + y − z)
⇐⇒ α2 = 21 (x − y + z)
α3 = 21 (−x + y + z)
On en déduit que la famille F est génératrice. Elle est également libre car on a :
α1 X1 + α2 X2 + α3 X3 = 0R3 ⇐⇒ α1 = α2 = α3 = 0
Théorème & Définition 1.
Soit B = {u1 , u2 , · · · , un } une base d’un K− e.v E. Alors pour tout vecteur X de E, il
existe un n−uplet unique (x1 , x2 , · · · , xn ) ∈ Kn tel que :
X = x1 u1 + x2 u2 + · · · + xn un .
Les scalaires x1 , x2 , · · · , xn sont appelés les composantes (ou les coordonnées) du vecteur
X dans la base B.
Démonstration :
Comme B est génératrice, tout vecteur X de E est une combinaison linéaire des ui , donc
il existe x1 , x2 , · · · , xn ∈ K tels que
X = x1 u1 + x2 u2 + · · · + xn un .
De plus, s’il existe y1 , y2 , · · · , yn ∈ K tels que X = y1 u1 + y2 u2 + · · · + yn un . Alors, on a :
n
X
(xi − yi )ui = (x1 − y1 )u1 + (x2 − y2 )u2 + · · · + (xn − yn )un = 0E .
i=1
SMP1 – SMC1
Théorème 1.
Soient E un K− e.v de dimension n. Alors on a :
1. Toute famille libre de n vecteurs de E est une base de E.
2. Toute famille génératrice de n vecteurs de E est une base de E.
3. Si F est un s.e.v de E, alors on a :
F ⊂ E et si dim F = dim E alors F = E.