Infrastructures Ferroviaires-2024
Infrastructures Ferroviaires-2024
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
INFRASTRUCTURES
FERROVIAIRES
Enseignant :
Yirdon Edwige HIEN
Ingénieur Génie Civil
I) DEFINITION ........................................................................................................... 6
II) HISTORIQUE ......................................................................................................... 6
III) LES DIVERS CHEMINS DE FER ........................................................................ 7
IV) IMPORTANCE DU CHEMIN DE FER ................................................................. 8
CHAPITRE II : ELEMENTS DE CONCEPTION ET DE CONSTRUCTION DU ................ 9
CHEMIN DE FER.............................................................................................................. 9
I) DEFINITION ......................................................................................................... 56
II) GENERALITES..................................................................................................... 56
1) Nature des obstacles ......................................................................................... 56
2) Classification des Ouvrages d’Art ...................................................................... 56
3) Conditions générales d’établissement des ouvrages......................................... 57
4) Les principaux types de pont ............................................................................. 57
5) Les différentes parties d’un pont ....................................................................... 58
6) Les principales caractéristiques des ponts ........................................................ 59
III) LES OUVRAGES METALLIQUES .................................................................... 60
1) Définition ........................................................................................................... 60
2) Eléments principaux d’un tablier métallique ...................................................... 60
IV) LES OUVRAGES EN MACONNERIE ............................................................... 61
1) Définition ........................................................................................................... 61
2) Différents types de maçonnerie ......................................................................... 61
CONTEXTE
Dans le cadre de la formation des futurs ingénieurs de BTP, un cours sur les infrastructures
ferroviaires est administré aux étudiants de Bachelor L3D et L3S, afin de les sensibiliser sur
la technologie du chemin de fer. Le train étant l’un des moyens de transport les plus
bénéfiques et sécurisés au monde, il est plus que nécessaire d’assurer sa pérennité. Cela
passe donc par la construction et l’entretien du chemin de fer qui constitue la « route du
train » ainsi que du matériel roulant. Ce cours intitulé « Infrastructures ferroviaires »
s’articulera autour des points suivants :
Dans un premier temps, nous parlerons des généralités sur le chemin de fer.
Ensuite, nous ferons ressortir les différents éléments de conception et de construction de
celui-ci ainsi que ses caractéristiques géométriques.
Puis nous aborderons quelques notions de construction des chemins de fer.
Enfin, nous donnerons un aperçu des équipements et ouvrages les constituant.
Au terme donc de ce cours, l’étudiant sera doté des notions de base pour la conception et
la réalisation d’infrastructures ferroviaires.
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
❖ GENERALITES SUR LES CHEMINS DE FER
❖ LES EQUIPEMENTS
❖ LES OUVRAGES
I) DEFINITION
II) HISTORIQUE
L’histoire des chemins de fer commence au début du XVIIè siècle au Royaume Uni comme
simple moyen de transport du charbon de la mine à la voie navigable avec l’utilisation des
rails en bois.
En 1768, les rails en bois furent remplacés par des rails en fonte moulée, ce qui favorisa le
transport de charges plus lourdes et limita par la même occasion l’usure de la voie.
Les rails de fer sont apparus au début du XVIIIè siècle. Le premier chemin de fer destiné au
transport de voyageurs a été ouvert en 1802. Cependant les convois étaient tractés par des
chevaux. Il a fallu attendre en 1812 pour voir la mise en service effective de la première
locomotive à vapeur pour le transport commercial de marchandises.
En 1825 en Angleterre, on assiste à l’inauguration de la première ligne de chemin de fer au
monde permettant le transport de voyageurs avec des locomotives à vapeur.
Le chemin de fer s’est réellement ouvert au public en 1828 en Angleterre avec des gares
puis aux Etats Unis en 1830. Quelques décennies plus tard, au fur et à mesure des progrès
techniques, on assiste à l'intense développement ferroviaire dans les années 1840 en
Angleterre.
En Afrique, le chemin de fer s’est vu pendant la colonisation devenir un moyen de transport
symbolique. Il permettait le contrôle des territoires par les colons, l’accès aux lieux enclavés
et l’exportation des matières premières.
L'un des premiers projets ferroviaires africains remonte à 1833 en Egypte, mais ne put voir
le jour. En 1851, un contrat pour la construction d'un chemin de fer est enfin signé. La
première section, d'Alexandrie à Kafr el Zaiyat, est inaugurée en 1854, et complétée
jusqu'au Caire en 1856. L'Egyptian State Railway (ESR) est ainsi donc la plus ancienne
compagnie africaine.
Le transport ferroviaire en Afrique est relativement peu développé avec une longueur de
lignes en exploitation de 50 000 km à la fin de 2014, soit 5 % du total mondial alors que le
continent représente environ 15 % de la population et 22 % de la superficie mondiales.
D'environ un total de 100 000 km de rail au début du XXe siècle, le continent africain a vu
son réseau fortement s'auto-annihiler notamment à cause des problèmes de sécurité ; en
2011 la partie fonctionnelle du réseau africain atteignait 70 000 km. Le réseau ferroviaire
africain, souvent à voie unique, construit à des écartements différents, est en outre très peu
interconnecté, consistant souvent en lignes isolées en impasse, à l'exception de l'Afrique
australe qui représente à elle seule 36 % des lignes exploitées, et de l'Afrique du Nord,
relativement bien équipée.
On distingue plusieurs types d’utilisation qui confèrent aux chemins de fer leur
particularité.
Dans un premier temps, l’écartement qui se définie par la distance entre les deux rails de
roulement. Elle est mesurée entre les faces internes du rail. L’écartement le plus
communément répandu est celui de la voie normale qui mesure une distance de 1,435 m.
Elle est celle du standard UIC. On rencontre également des écartements au-delà de
l’écartement standard. Dans ce cas on parle de voie large. Lorsque l’écartement est en
dessous de celui-ci, il s’agit de voie étroite.
Deuxièmement, nous avons les modes de traction :
− La traction à vapeur
− La traction par moteur à combustion interne (moteur Diesel)
− La traction électrique
Enfin, les différents types de voies à savoir :
− Les voies principales utilisées pour la circulation de la plupart des trains ;
− Les voies de services qui servent aux opérations de manœuvres dans les gares ;
− Les voies de garage sur lesquelles sont stationnés les matériels roulants.
Le chemin de fer est l’un des moyens de transport les plus sécurisés au monde. Il offre une
rapidité dans le transport des marchandises, comparativement au transport maritime. Il
permet le transport de grande quantité de marchandises dans un délai réduit.
Cependant, avec le développement du transport routier, le chemin de fer est soumis à une
rude concurrence dans le transport des passagers. Il n’est vraiment avantageux que dans
le transport des pondéreux, des produits non périssables ainsi que les minerais.
1) Les rails
Les rails constituent le chemin de roulement des véhicules. De ce fait, ils vont supporter
directement « le poids non suspendu » des véhicules et transmettre les efforts à la
traverse.
On peut dire de manière très sommaire, que la fabrication du rail comporte trois phases
principales :
− La production de la fonte par réduction du minerai de fer dans le haut fourneau,
− La conversion de cette fonte en acier par combustion du carbone excédentaire,
− La coulée en lingots, et laminages successifs jusqu’à obtention du profil désiré.
Table de roulement
Champignon
Patin
2) Les traverses
a) Rôle
Elles ont pour rôle de :
− répartir les charges sur le ballast
− maintenir les rails à l’écartement et à l’inclinaison
− maintenir les rails à leur place en long
• La table, inclinée au 1/20è, supporte le rail tout en lui donnant son inclinaison.
Dans la table, sont aménagées des lumières (2 par côté) destinées à recevoir les
attaches.
• La partie centrale située entre les 2 tables.
Les marques d’identification figurent en relief sur la partie latérale et indiquent :
− L’usine de fabrication
− L’année de fabrication
− Le type de la traverse
− Le mois de fabrication
La fixation du rail sur la traverse est réalisée par les crapauds et les boulons de crapauds.
Le crapaud est la pièce métallique qui maintient le patin du rail sur la table et qui détermine
l’écartement de la voie.
Le boulon de crapaud reçoit le crapaud et réalise la fixation du système d’attache.
La rondelle Grower qui est un dispositif élastique destiné à empêcher le desserrage des
écrous.
Remarques : Selon le profil du rail, on trouvera un dispositif d’attaches sensiblement
différent.
Les traverses métalliques peuvent durer pendant 60 ans. Ce vieillissement est néanmoins
fonction du trafic et de la qualité du ballast. Leur entretien est peu couteux. Elles peuvent
être réparées pour une nouvelle utilisation. Leur ancrage dans le ballast est excellent.
Cependant, le coût d’achat des traverses métalliques est élevé, leur isolement électrique
est difficile, et on rencontre également des difficultés pour le nivellement et le dressage. La
voie posée avec des traverses métalliques présente des nuisances sonores au roulement.
Crosse ou bêche
Table
Boulon
Rondelle
Ecrou GROWER
Crapaud
Elle comprend :
− 2 têtes
− 2 tables inclinées au 1/20è
− 1 partie centrale
Les marques d’identification figurent en creux sur la tête ou sur le blochet et indiquent
suivant le type :
− Le nom du fabricant
− Le modèle de la traverse (RS ou SL)
− L’année de fabrication
La fixation du rail est réalisée sur la traverse par les crapauds et les boulons à came.
Le crapaud est la pièce métallique ou isolante (C.I.L.) qui maintient le patin du rail sur la
table et qui détermine l’écartement de la voie.
Le boulon à came reçoit le crapaud et réalise la fixation du système d’attache.
Remarque : les dispositifs d’attaches peuvent être soit rigides, soit élastiques (pose avec
lame ressort ou griffon R.N.).
La traverse béton a une très grande longévité, au moins 40 ans, et une bonne stabilité par
suite de son poids et de la double butée. L’entretien des attaches est pratiquement nul à
part le serrage de routine.
Cependant, nous notons des difficultés de manutention par suite de sa forme, de son poids
et de sa fragilité ainsi qu’une moins bonne conservation du nivellement. Des difficultés pour
l’isolement, pour l’écartement sont observées également sur les traverses béton armé et en
cas de déraillement, les dégâts causés sont pratiquement irréversibles pour elles.
Lumière
Entretoise
Blochet Table
Lame ressort
Boulon à came
Ecrou
Crapaud C.I.L
Rondelle
GROWER
• La traverse en bois
Ces traverses sont employées en voie courante sur certains réseaux et uniquement pour
les appareils de voies sur d’autres.
Les traverses en bois sont caractérisées par :
❖ L’essence du bois :
Les traverses proviennent d’essences diverses (bois dur) et subissent un
traitement afin de les préserver :
− Des intempéries (traitement hydrofuge)
− Des insectes (traitement insecticide)
− Des champignons (traitement anticryptogamique)
− Des pourritures (traitement bactéricide).
Ce traitement est réalisé par imprégnation du bois à haute pression d’un produit appelé
« créosote » et il a pour but de garantir à la traverse une certaine longévité en voie.
❖ Les dimensions :
− Longueur moyenne 2,00 m
− Largeur moyenne 0,25 m
− Epaisseur moyenne 0,15 m à 0,20 m
❖ La forme de l’entaille :
Comme pour les traverses métalliques et en béton armé, l’entaille est inclinée au
1/20è.
Toutefois, la forme de l’entaille dépend du type de pose, rigide ou élastique, avec
ou sans selles.
❖ Le tirefond :
C’est l’attache type qui caractérise la traverse en bois. Il est usiné en acier doux.
Il peut être galvanisé pour le protéger de la corrosion.
Il est composé de :
− Une tête qui reçoit la clé à tirefond lors du serrage et du desserrage
− Un chapeau dont la partie inférieure appui sur l’aile du patin dans le cas de pose
rigide, ou sur le griffon élastique dans le cas de pose élastique
− Un collet : partie non filetée qui émerge en partie du trou de tirefond
− Une tige comprenant le noyau et le filet. La tige pénètre dans le trou du tirefond
et assure le serrage grâce au filet.
Traverse Bois
Tête
Chapeau
Collet
Tige
3) Le ballast
Le ballast ou pierre cassée provient du concassage de matériaux de carrière, en général de
roches dures comme le granite et le grès. Sa granulométrie est de 25/55.
• Rôle du ballast :
− la répartition des charges sur la plateforme
− l’ancrage des traverses : le ballast assure la butée latérale et longitudinale des
traverses et s’oppose ainsi à la variation de longueur des rails due à la dilatation et
par conséquent au flambage des barres notamment en longs rails soudés.
En outre, la résistance longitudinale du ballast et le frottement s’opposent au
cheminement.
− le drainage des eaux de pluie : le ballast permet l’évaporation des eaux par capillarité
et assure ainsi l’assèchement de la plateforme.
− l’amortissement des efforts supportés par la voie et transmis à la plateforme : le
ballast assure souplesse et stabilité à la voie.
• Les qualités recherchées dans le ballast :
− la dureté : le ballast doit résister aux charges, aux chocs, à l’usure.
− l’angularité : il doit présenter des arêtes vives et nettes pour permettre une meilleure
cohésion sous la traverse, notamment lors de l’exécution de bourrages mécaniques
lourds. En outre, il doit offrir une résistance au frottement importante pour buter les
traverses.
− la granulométrie : le ballast doit être calibré ; il faut exclure les fines et les gros
éléments pour améliorer sa cohésion et permettre l’imbrication des pierres.
Ce calibrage permet en outre une bonne évaporation des eaux par capillarité.
− la propreté : le ballast doit être débarrassé de toute terre ou argile afin d’éviter son
colmatage à brève échéance.
• Mise en œuvre du ballast
− Mise en œuvre de ballast : c’est l’opération qui consiste à répartir le ballast sur
la plateforme, sur une épaisseur sous traverse variable.
Un volume de 800 l de ballast est généralement nécessaire pour un ml de voie
en alignement équipée au profil normal. Toutefois, ce volume peut varier en
fonction de l’épaisseur de ballast mis en œuvre sous la traverse, notamment en
courbe ou dans le cas de profil renforcé où il peut atteindre 1000 l et plus au ml
de voie.
− Moule : c’est le volume de ballast qui se trouve sous la traverse. Un bon moule
doit être composé de ballast sain et dont les éléments sont bien calés de
manière à assurer la stabilité de la voie. A l’inverse, un ballast pollué et colmaté
Ballast
Moule
Case ou chambrée
L’avant-projet de construction d’une nouvelle ligne ferroviaire est établi à partir d’un tracé
de principe étudié sur des cartes topographiques.
Ce tracé tient compte en premier lieu de la situation des points à desservir ; l’idéal serait de
relier ces différents points par des lignes droites de déclivités constantes. Mais en général,
le relief des régions à desservir ne permet pas de réaliser ce tracé idéal. C’est pourquoi,
l’axe du chemin de fer se présente sous la forme d’une polygonale dont les alignements
sont raccordés entre eux par des arcs de cercle.
En fait, des courbes de raccord à courbure progressive appelées raccordements
paraboliques, sont aménagées entre les arcs de cercle et les alignements.
Le tracé définitif est arrêté en tenant compte des valeurs maximales des rayons de courbure
des arcs de cercle, fonction des vitesses devant être pratiquées sur la ligne.
Suivant les véhicules qui les empruntent, les voies sont tenues à des valeurs maximales
dans leurs conditions de tracé en plan et en profil :
− Valeurs maximales des pentes et rampes
− Valeurs maximales des courbes et raccords
Cela n’est possible parfois qu’au prix de travaux d’infrastructures importants (viaducs,
tunnels, remblais, etc.) et très onéreux.
Aussi, le tracé définitif d’une ligne, s’il se rapproche du tracé de principe recherché, est
souvent loin du tracé idéal.
1) Tracé en plan
Le rayon minimal des courbes dépend de la nature des voies (Voies Principales VP ou Voies
de Service VS).
En Voies Principales (VP) :
Le tracé en plan est réalisé par des lignes polygonales dont les alignements sont
reliés entre eux par des arcs de cercle.
Le rayon minimal des arcs de cercle est déterminé en fonction de la vitesse maximale
envisagée sur la Voie Principale.
Le rayon minimum dans ce cas est de 500 m.
En voie de Service (VS) :
Voie normale (VN) : rayon minimal= 150 m
Voie étroite (VE) : rayon minimal= 125 m
Cependant, un rayon plus faible peut être admis pour :
− Les embranchements particuliers
− Les zones portuaires
− Dans les parties de voie où ne sont pas pratiqués l’attelage et le dételage des
véhicules
Pour éviter l’enchevêtrement des tampons (mariage des tampons) des voitures, il est
souhaitable de mettre 10 m d’alignement entre 2 courbes de sens contraire dont les 2 rayons
ne dépassent pas :
− 200 m pour le plus petit
− 300 m pour le plus grand
et 15 m d’alignement quand R = 150 m pour une ou les deux courbes.
NB : Les appareils de voie sont implantés en alignement.
2) Profil en long
➢ Valeurs maximales des déclivités
Voies Principales
− Déclivités maximales de 8 à 10‰ (10 m de dénivellation pour 1000 m de voie)
500
− Déclivités maximales en courbe de (10 − ) 0/00
𝑅
Voies de gare :
− Déclivités de 0 0/00 (en pallier) ou < 1,5 mm/m
➢ Raccordements de déclivités
Un raccordement est à prévoir entre deux déclivités successives, lorsque la différence
algébrique entre les deux déclivités est supérieure à 4 mm
Voies Principales :
Les raccordements de déclivités se font avec des rayons minimums de 5000 m pour
3) Profil en travers
On rencontre deux types de profil en travers :
▪ Le profil en déblai avec une largeur minimale de plateforme de 4.00 m pour
les voies uniques et 12.50 m pour les doubles voies et un talus à inclinaison
variable suivant la nature du terrain
▪ Le profil en remblai avec une largeur minimale de plateforme de 4.50 m pour
les voies uniques et 9.00 m pour les doubles voies et un talus de 3/2 ou 2/1.
Deux types de profils géométriques de ballast sont également définis :
▪ Le profil normal qui concerne :
- Les barres normales en alignement et en courbe.
- Les longs rails soudés en alignement et en courbe de R ≥ 500 m.
▪ Le profil renforcé qui concerne :
- Les longs rails soudés en courbe de R < 500 m.
- Les 2 extrémités des Longs Rails Soudés (L.R.S.) sur 160 m de part et
d’autre.
- Les abords des passages à niveau (P.N.)
- Les abords des ponts à tablier métallique (P.T.M.).
4) Le devers
Un véhicule circulant dans une courbe est soumis à l’action de la force centrifuge qui tend
à le déporter vers l’extérieur de la courbe.
Pour éviter que les véhicules des trains rapides n’exercent des pressions trop fortes contre
la file extérieure, du fait de cette force centrifuge, on surélève cette file par rapport à l’autre.
Ce surhaussement est appelé dévers.
Nous avons le devers théorique ou devers d’équilibre dont la formule est la suivant :
III) LA PLATEFORME
La plateforme est la fondation de la voie. C’est sur elle que reposent les différents
éléments constitutifs de la voie. La stabilité et la longévité d’une voie réside dans la
réalisation de sa plateforme et donc des terrassements qui vont avec.
Pour bien comprendre les désordres qui affectent une plateforme et les problèmes de
stabilité des terrains liés à l’écoulement des eaux, il est indispensable de se reporter au
cours de bâtiment pour ce qui concerne les notions de géotechnique et plus précisément
les caractéristiques physiques, hydrauliques et mécaniques des sols.
En effet, les voies ferrées sont en étroit contact avec le sol sur lequel leur superstructure
prend appui. La stabilité des voies et l’économie de leur entretien sont fonction des qualités
de ce sol.
De plus, il faut savoir que l’eau a une action néfaste sur la stabilité des terrains, qu’elle soit
à l’état de turbulence lorsqu’elle provient du ruissellement ou qu’elle s’écoule sous terre.
De l’étude des caractéristiques physiques, hydrauliques et mécaniques, il ressort que la
stabilité d’une plateforme dépend :
− De la nature du terrain constituant cette plateforme ;
− De la teneur en eau du sol ;
− Des charges supportées.
La nature du terrain constituant la plateforme étant définie lors des travaux de terrassement.
Les charges supportées par la plateforme étant connues, il y a donc intérêt à considérer
avec la plus grande attention le problème de l’écoulement des eaux sur la plateforme.
a) Rôle de la plateforme
Elle a un rôle capital. Elle supporte des effets statiques et dynamiques et, en particulier, des
efforts verticaux dus à la charge statique des roues et aux accélérations dynamiques
engendrées par les inégalités de la voie.
Le but est de répartir les pressions dues à la charge des trains sur la plus grande surface
possible de la plateforme.
La stabilité des plateformes dépend de la nature des sols qui les composent à savoir :
− par du terrain naturel c’est-à-dire tel qu’il se présente dans le sol sans aucun
remaniement ; c’est le cas des déblais.
− par un terrain rapporté ou remblai constitué à l’aide de terrain naturel provenant, soit
de l’évacuation des déblais des tranchées voisines, soit de fouilles spécialement
ouvertes aux abords du chemin de fer.
b) Nature des terrains constituant la plateforme
On distingue :
− Le terrain ordinaire : sable, terre, gravois.
− Le terrain semi compact ou moyen : pierreux, caillouteux argileux.
− Le terrain dur : glaise lourde et franche, argile et marnes compactes.
− Le terrain compact : roches.
NB : Les profils en travers des plateformes doivent être établis de façon à assurer un
écoulement rapide des eaux en dehors de la zone sous voie.
c) Dispositifs courants d’assainissement des plateformes
Pour qu’une plateforme reste saine, il faut qu’elle ait une bonne pente afin que les eaux de
surface qui viennent en contact avec elle soient drainées, canalisées et évacuées ; de
même, il est nécessaire de capter et d’évacuer les eaux de fond (sources, infiltrations).
Les dispositifs destinés au captage et à l’évacuation des eaux drainées sur la plateforme
sont réalisés conjointement à l’établissement de la plateforme. Leur choix nécessite une
étude sérieuse préalable du terrain, qui vise à déterminer le dispositif le plus efficace à
adopter dans chaque cas.
Parmi les dispositifs courants destinés à l’assainissement des plateformes et à l’écoulement
des eaux, nous avons :
− les fossés
− les drains,
− les drains collecteurs et collecteurs d’assainissement.
• Les fossés : Ce sont des ouvrages d’écoulement entièrement visitables et curables,
qu’ils soient à ciel ouvert ou couvert par des dalles amovibles. Ils servent également,
dans de nombreux cas, au drainage des terrains encaissants.
Le tracé, le profil en long, la section, le type du fossé résultent de la situation des
lieux. On doit éviter de donner au radier une largeur excessive, ce qui risquerait de
provoquer une stagnation des eaux et un auto curage insuffisant par diminution des
vitesses d’écoulement.
• Les drains : Ce sont des ouvrages qui assurent l’assèchement des plateformes et
des terrassements. Ils constituent les « têtes » ou le « réseau primaire » du dispositif
d’assainissement.
Ils sont non visitables et difficilement curables, aussi ne sont-ils à envisager que
lorsque les dispositions locales ne permettent pas l’établissement de fossés. Ils
répondent bien aux besoins de captage des eaux de ruissellement en surface des
plateformes.
Le drain n’a généralement pas une grosse quantité d’eau à évacuer. La section n’a
donc pas lieu d’être importante. Par contre, le drain doit être établi avec le soucis
majeur de protéger le tuyau d’évacuation contre les infiltrations d’argile qui auraient
pour effet de le colmater.
Les drains sont axiaux, latéraux ou transversaux par rapport aux voies. Dans les cas
courants, les drains sont placés longitudinalement, soit dans les entre-voies, soit à
l’extérieur des banquettes et des pistes, ou encore en bordure d’un fossé maçonné
étanche. Dans certains cas particuliers, on est amené à étudier des dispositions
spéciales.
• Les drains collecteurs – collecteurs d’assainissement
Le drain collecteur est établi généralement sous piste avec des buses de ciment d’un
diamètre approprié, noyées dans des matériaux imperméables sur la moitié de leur
hauteur. Son but est d’assurer l’assèchement des terrains encaissants en même
temps que de permettre l’évacuation des eaux collectées.
Le collecteur d’assainissement a pour but d’évacuer les eaux collectées par les
b) Les traversées
Elles permettent le croisement d’une voie par une autre voie (traversée oblique ou T.O,
traversée rectangulaire).
c) Les traversées–jonctions
Elles permettent le croisement et la ramification (traversée–jonction simple ou T.J.S,
traversée–jonction double ou T.J.D).
De plus, la combinaison de ces divers appareils élémentaires permet la constitution
d’ensembles dont les principaux sont :
− Les diagonales : ensemble d’appareils permettant à une voie d’en traverser une ou
plusieurs autres, sans leur assurer directement une communication entre elles,
− Les jonctions croisées : constituées par deux communications qui se croisent
(ancienne dénomination : bretelle),
− Les bifurcations : qui permettent d’extraire d’une double voie, une ou deux nouvelles
directions.
4) PN Privé
Ces PN sont utilisés sans surveillance spéciale par les particuliers ou les collectivités
auxquels ils sont concédés, à leurs risques et périls et sous leur responsabilité.
Ils doivent comporter de part et d’autre des panneaux avec inscription : « PN PRIVE-
INTERDIT AU PUBLIC ». Ils peuvent être munis de barrières qui doivent être habituellement
fermés à clé.
Pour l’étude de concession d’un PN privé, il y a lieu de considérer les facteurs suivants :
− La visibilité : à définir, suivant la vitesse maximale des trains
− La situation : la proximité d’un autre PN. La présence de Passage Inférieur ou
Supérieur peut influencer la décision. Evitons de multiplier les servitudes le long de
la voie.
− L’intensité de la circulation ferroviaire.
▪ 2 éclisses
▪ 4 boulons d’éclisses
▪ 4 rondelles GROWER
▪ 4 écrous
Il existe plusieurs types d’éclisse, chacun avec un emploi particulier :
Eclisses ordinaires : elles sont fonction du profil de rail. Elles se
déterminent par leur forme (à bavette, cornière, plate). Elles sont
utilisées pour l’assemblage de rails de même type et de même usure.
Eclisses rematricées : utilisées pour la correction de l’usure des portées
d’éclissage.
Eclisses de raccord : utilisées pour assembler des rails de même profil
et d’usure différentes (rachat d’usure), ou des rails de profils différents.
Eclisses pour consolidation provisoire de rails rompus (éclisses non
percées ou éclisses à redent pour rupture de soudure).
Rondelle GROWER
I) DEFINITION
On appelle Ouvrage d’Art toute construction qui permet à une voie de communication de
franchir un cours d’eau, une montagne, une vallée, une autre voie ou tout obstacle, qu’il soit
naturel ou artificiel.
II) GENERALITES
Nous nous intéresserons essentiellement au premier type d’ouvrage qui est le plus
courant sur le réseau ferroviaire Abidjan-Ouagadougou.
1) Définition
Un ouvrage métallique est un ouvrage dont le tablier au moins est constitué par des
pièces métalliques (tôles et profilés assemblés entre eux par différents moyens).
La construction comprend deux phases principales :
− L’usinage des pièces élémentaires qui est réalisé en atelier
− L’assemblage de ces pièces qui est exécuté principalement sur le chantier.
ou traverses)
− Contreventements qui relient les poutres principales et empêchent la
déformation du tablier.
− Poutres de rive (éventuellement) placées à l’extérieur des poutres principales
et parallèlement à celles-ci dans le cas où une passerelle est accolée au
tablier.
A noter que les poutres principales peuvent être à âme pleine ou à treillis.
1) Définition
On appelle ouvrage en maçonnerie tout ouvrage constitué d’éléments naturels
(pierres) ou fabriqués (briques) de dimensions limitées, assemblés avec ou sans
mortier.
Suivant les proportions respectives du mortier et des éléments naturels et la
granulométrie de ces derniers, on utilise les termes de maçonnerie de pierres ou de
béton. La forme des éléments naturels et leur disposition détermine « l’appareil » de
la maçonnerie.
Lorsque les éléments sont assemblés sans mortier, on utilise le terme de maçonnerie
non hourdée. Dans le cas contraire, on parle de maçonnerie hourdée.
Elle est réalisée avec des pierres dont le parement est taillé et présente un
aspect plus soigné. L’épaisseur des joints se trouve diminuée. Chaque pierre
comporte un retour d’équerre, mais leur longueur (queue) varie.
− Maçonnerie appareillée
Elle est confectionnée avec des pierres ayant des dimensions précises sur
une ou deux faces au moins, voire même sur toutes les faces, ce qui ne
nécessite qu’une faible quantité de mortier.
− Maçonnerie de brique
La brique a remplacé la pierre dans les régions où celle-ci est rare ou de
mauvaise qualité. On utilise généralement des briques pleines placées en
carreau ou en boutisse.
− Maçonnerie de béton
Elle se compose de granulat de faible calibre (maximum 63 mm) mélangés
avec du mortier. Elle est utilisée pour la construction des culées.
− Maçonnerie mixte
Elle est réalisée avec un mélange de pierres de taille et briques ou de moellons
dont l’association n’est pas toujours satisfaisante (apparition de fissures suite
à des tassements différentiels).