Méthodes de CESAR millan
Chapitre : 05
10) Le pouvoir de la meute
11) Pas de place pour la faiblesse
12) Diriger ou suivre ?
13) Le paradoxe des personnes de pouvoir
10) Le pouvoir de la meute
La meute d’un chien est sa force vitale. L’instinct de
meute est son instinct principal.
Son statut au sein de la meute constitue son être, son
identité.
La meute est de la plus haute importance pour un chien :
si quoi que ce soit menace son harmonie, cela menace
également l’harmonie de chacun de ses membres.
De même, si quelque chose menace la survie de la meute,
cela menace la survie de chaque chien qui la compose.
Le besoin de maintenir la meute dans un état de stabilité, de la faire fonctionner, est une force
puissante en chaque chien, même chez un caniche bichonné qui n’a jamais rencontré d’autre chien ou
qui n’a jamais quitté son jardin. Pourquoi ? Parce que c’est profondément enraciné dans son esprit :
l’évolution et mère nature se sont chargés de ça.
En réalité, les meutes de chiens ne sont pas si différentes de leurs
équivalents humains. Nous appelons nos meutes « famille »,
« club », « équipes de football », « églises », « entreprises »,
« gouvernement ».
Evidemment, nous pensons que nos groupes sociaux sont
infiniment plus complexes que les groupes de chiens, mais sont-ils
vraiment si différents ?
La meute à l’état naturel
Dans la nature, donc, les chefs de meutes sont innés, non acquis.
Ils ne suivent pas de cours pour devenir chef ; ils ne remplissent
pas de fiche de candidature et ne passent pas d’entretien.
Les chefs se déclarent très tôt et montrent très jeunes leurs
qualités de dominants. C’est l’énergie capitale.
Le chef de meute doit être né avec une énergie élevée, voire très élevée. Cette énergie doit par
ailleurs être une énergie dominante et calme-assurée.
De même, dans le monde des chiens, c’est le chef de meute qui est
responsable de la survie de tous les membres de la meute.
Il dirige les recherches d’eau et de nourriture. Il décide du terrain de
chasse ; décide de qui mange, quelle ration et quand ; décide des
moments pour se reposer, pour dormir ou pour jouer.
Le chef établit toutes les règles et structures que les autres membres
doivent respecter.
Et tout comme dans le monde des humains, la plupart des chiens sont nés pour suivre plutôt que pour
exécuter tout le travail que nécessite la position de chef.
Quand un chien est né avec une énergie et un tempérament de dominant, oui, il est plus dur pour lui
d’accepter qu’un humain soit son chef : il lui faut plus de temps.
Il est important de se rappeler qu’un chien très dominant, à l’énergie élevée, doit avoir pour maître un
humain qui a l’énergie, les capacités et les connaissances nécessaires pour être son chef. La personne
qui choisit un chien fort et dominant doit aussi s’engager à être le chef et doit prendre cet engagement
au sérieux.
Si le chef les défie, ils peuvent reculer, se courber, ou même se
coucher et se rouler par terre, en montrant leur ventre. En faisant
cela, ils disent « Tu es le chef, je ne le remets pas en cause, et
tout ce que tu dis me va ».
11) Pas de place pour la faiblesse
Dans la nature, si un chef de meute fait preuve de faiblesse, il
se fera attaquer et sera remplacé par un chien plus fort.
Aucune espèce animale ne tolère la faiblesse, excepté la nôtre.
Non seulement nous acceptons la faiblesse chez certains membres de notre meute, mais nous venons
même en aide à nos frères et sœurs « faibles » !
Nous sommes aussi la seule espèce à avoir un système de moralité, à connaître la notion de bien et de
mal.
Dans leur habitat naturel, les chiens ne plaignent pas les êtres faibles
et fragiles : ils les attaquent et les achèvent.
L’énergie affective est souvent perçue comme une faiblesse.
L’amour est une énergie douce
Les animaux ne se plieront pas à une énergie douce ou
faible, ni à une énergie compatissante.
Ils ne suivront pas un chef sympathique, pas plus qu’ils ne
suivront une énergie trop nerveuse.
Les animaux : chevaux, chiens, chats ou moutons, ne suivront qu’un chef stable.
Donc, quand nous projetons une énergie nerveuse, affective, émotive, ou même trop agressive à nos
animaux de compagnie, et particulièrement si c’est la seule énergie que nous projetons, il est bien plus
probable qu’ils nous considèrent comme des suiveurs que comme des chefs.
12) Diriger ou suivre ?
Pour les chiens, il n’y a que deux positions possibles dans une relation :
chef ou suiveur. « Dominant ou soumis. »
C’est tout noir ou tout blanc.
Il n’existe pas d’entre-deux dans leur monde.
Si un humain veut être capable de contrôler le comportement du chien
avec lequel il vit, il doit s’engager à constamment assumer le rôle de chef.
C’est aussi simple que ça.
Il est important de se souvenir que dans le règne animal, le mot cruauté n’existe pas.
Et la dominance n’est ni un jugement moral ni une expérience affective.
C’est simplement un état, un comportement aussi naturel que s’accoupler, manger ou jouer.
Le mot soumis ne désigne pas une poule mouillée ni quelqu’un de trop influençable.
Ce terme désigne l’énergie et l’état d’esprit d’un suiveur. Pour toutes les espèces qui vivent en meute,
la dominance et la soumission doivent nécessairement exister pour que la hiérarchie fonctionne.
Pour un chien, la question de savoir qui est dominant et qui est soumis dans la meute n’entraîne aucun
jugement, que ce soit une meute de chiens, ou une meute composée seulement d’un chien et d’un
humain.
Un chien « ne prend pas personnellement » si vous êtes en position de chef.
J’ai vu des milliers de bêtes se détendre pour la première
fois de leur vie après que leur maître s’est enfin engagé à
être un vrai chef.
Mais, croyez-moi, quand un chien sent que son maître
n’est pas à la hauteur du rôle de chef de meute, il
intervient pour tenter de combler le vide.
C’est dans sa nature de faire cela.
Pour votre chien, quelqu’un doit nécessairement tenir les rênes.
13) Le paradoxe des personnes de pouvoir
Les chiens se fichent de savoir si leurs maîtres ont un million de
dollars, une maison, une Ferrari, ou s’il a fait un flop, ou encore
s’il a gagné.
Ils ne remarquent même pas si leur maître a pris 10 kilos.
Toutefois, ce que jugent les chiens, c’est qui est le chef et qui
est le suiveur dans la relation.
Je ne saurais suffisamment insister sur le fait que les chiens captent tous les signaux
d’énergie que nous leur envoyons. Ils déchiffrent nos émotions à tout moment de la journée.
Une erreur classique que commettent la plupart des propriétaires
de chiens.
Il est important d’établir la position de chef sur le pas de la porte.
C’est celui qui sort en premier qui est le chef.
Dans la meute, le chef est toujours devant.
Quand un chef corrige un autre membre de la meute, ce dernier met un terme à son comportement
désagréable.
Les chiens calmes-soumis prêtent toujours attention aux instructions que donne le chef de meute.
Suite : chapitre 05