Introduction à l'Économie
Introduction à l'Économie
L’ANALYSE ECONOMIQUE
Objet et Définitions
Pourquoi les prix augmentent-ils rapidement dans certains pays et plus
lentement dans d’autres ? Pourquoi les ménages utilisent ils le bois de
feu pour la cuisson ? Pourquoi étudiez-vous à l’université ? Pourquoi
certains individus sont pauvres ? Pourquoi le pays importe t-il des biens
et services ? Pourquoi la Côte d’Ivoire produit t-elle le cacao ?
Comment le produit-elle ? Pourquoi les entrepreneurs n’obtiennent ils
pas de crédit auprès des banques? Pourquoi l’Etat intervient-il dans
l’économie? Pourquoi il y a du chômage? Pourquoi certaines économies
croissent plus vite tandis que d’autres stagnent? Pourquoi des pays
enregistrent ils des déficits commerciaux importants? etc.
• Le problème économique fondamental auquel est confrontée la société
consiste à savoir comment concilier la contradiction entre le désir quasiment
illimité des individus et la rareté des ressources.
• Le principe général qui sous-tend l'économie, en particulier pour les
ressources limitées ou rares, est celui de la rentabilité. Elle consiste à
consommer un minimum de moyens en vue de réaliser un maximum de
profits.
• Les économistes étudient:
o comment les individus prennent leurs décisions (nbre d’heures
travaillées, les quantités de biens achetées, montant épargné, etc.);
o comment les individus interagissent (pour déterminer l’équilibre);
o les forces et les tendances qui affectent l’économie dans sa globalité (la
croissance du PIB, le chômage, l’inflation)
Définition
L’économie est l’étude de la manière dont la société gère ses ressources rares.
• Du grec oïkonomos, constitué d’oikos (maison) et nomos (gérer, administrer), l’économie
désigne la gestion de la maison. Etymologiquement, l'économie est l'art de bien administrer
une maison, de gérer les biens d'une personne, puis par extension d'un pays.
• Selon R. Barre : «La science économique est la science de l’administration des ressources
rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces
ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société
affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités. »
• En tant que science sociale (ayant pour objet la société) l’économie étudie la sphère
économique de la société;
• Plus généralement, l'économie est une science sociale qui étudie la production, la répartition,
la distribution et la consommation des richesses d'une société.
• Toutefois, sa définition n'est pas consensuelle. Ses contours et son contenu varient en fonction
des auteurs et des courants de pensée.
• L’économie comme science des richesses selon l’école classique.
La science économique est définie comme la science de la richesse dans la mesure où
l’enrichissement est le but fondamental de l’individu et de la société
• L’économie comme science de l’échange marchand et des prix selon l’école
néoclassique
La science économique est la science des prix dans la mesure où elle a pour objet l’étude
des fondements de l’échange marchand.
• L’économie comme science des choix efficaces : théorie libérale au XXème siècle
Pour Lionel Robbins (1947), l’économie est la science qui étudie le comportement humain
en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatif
Dès lors, l’économie ne se limite plus aux seules activités de production et d’échange. Par
exemple, G. Becker introduit l’analyse économique du droit, de l’éducation, de la famille,
etc.
En général, l’économie s’intéresse aux:
• objets économiques : marchandises, biens, ressources naturelles, travail, monnaies, titres, informations.
Un bien (ou service) est dit économique s’il répond aux trois caractéristiques suivantes :
o l’aptitude à satisfaire un besoin (l’utilité): Cette caractéristique est relative, elle dépend du temps et de
l’espace. Par exemple, le pétrole n’était pas un bien économique avant l’invention du moteur à explosion.
o La disponibilité : la possibilité de se procurer de ce bien en tout temps
o La rareté : Un bien qui est disponible en quantité illimitée n’est pas un bien économique. L’air, par exemple
n’est pas un bien économique puisque, bien qu’il satisfasse un besoin essentiel celui de respirer, il n’est pas
rare ; c’est un bien libre. La rareté existe parce que les agents ont des besoins illimites dans un monde a
ressources limitées.
• actes économiques : production, échange, consommation, épargne, par lesquels se créent, circulent et sont
détruits les objets économiques.
• acteurs économiques, ce sont des sujets, individuels ou collectifs, qui commettent les actes économiques en
manipulant les objets économiques. Les acteurs se caractérisent par leurs comportements à l’égard des
objets économiques
PLAN
• Introduction
11
1. la prise de décision
Principe 1 : Les individus font face à des arbitrages
La première leçon relative à la prise de décision peut se résumer par un adage
familier aux économistes : « il n’y a pas de repas gratuit ».
• En effet, pour obtenir quelque chose que nous aimons, nous devons généralement
abandonner quelque chose d’autre que nous aimons aussi.
• Prendre une décision signifie arbitrer entre différents objectifs.
o L’arbitrage classique est celui qui porte sur « les armes et le beurre ». Plus nous
investissons dans la défense nationale (armes) pour protéger nos frontières des
agressions extérieures, moins nous pouvons acheter de biens de consommation
(beure) afin d’augmenter notre niveau de vie à l’échelle de la nation.
o Un autre arbitrage est celui de l’efficacité et l’équité. L’efficacité signifie que la
société tire le meilleur parti de ses ressources rares (taille du gâteau). L’équité
signifie que les produits de ces ressources sont distribues de manière juste entre les
membres de la société. L’exemple de l’assurance chômage et de l’impot. Une
répartition équitable du gâteau conduit a la réduction de sa taille dans la mesure ou
un prélèvement plus important du revenu du travail décourage le travailleur. 12
Principe 2: Le coût d’une chose mesure ce à quoi on renonce pour
l’obtenir
• Puisque les individus font face à des arbitrages, la prise de décision
nécessite de comparer les coûts et les bénéfices des alternatives qui se
présentent.
• Le coût d'opportunité d'une chose mesure ce à quoi il faut renoncer
pour l’obtenir.
• Par exemple, les joueurs de football en âge d'étudier à l'université et
qui pourraient gagner des millions en abandonnant leurs études pour
jouer au niveau professionnel sont bien conscients de l'importance du
cout de l'opportunité..
13
Principe 3 : Les individus rationnels raisonnent à la marge
Un décideur rationnel entreprend une action si et seulement si l'avantage
marginal de cette action est supérieur au coût marginal
Par exemple, vous avez déjà étudié quelques années à l'université et vous êtes
lassé par les études, au point que vous vous demander si cela vaut bien la
peine de poursuivre une année supplémentaire. Afin de trancher, vous devez
identifier les avantages résultant de cette année supplémentaire elle (des
salaires élevés tout au long de votre vie et l'immense joie d'apprendre) ainsi
que les coûts additionnels que vous devrez supporter (une année
supplémentaire de frais de scolarité et une année de salaire sacrifiée). En
comparant ses avantages marginaux et couts marginaux, vous pouvez
déterminer en quoi cette dernière année vaut la peine d'être effectuée.
14
Principe 4 : Les individus réagissent aux incitations
Puisque les individus prennent leurs décisions en comparant les avantages et
les coûts, leur comportement peut aussi changer lorsque les coûts et les
avantages sur modifient. Cela signifie que les individus réagissent aux
incitations.
Par exemple, lorsque le prix des pommes augmente, les individus décident de
manger plus de poires et moins de pommes puisque le prix d’achat d’une
pomme est plus élevé. En même temps, les exploitants des vergers décident
d’embaucher plus d’ouvriers et de récolter plus de pommes, puisqu’il est
devenu encore plus avantageux de vendre une pomme.
15
2. les interactions des agents
Principe 5 : L’échange est profitable pour tous
• l’échange entre deux économies peut améliorer la situation de chacune
de ces économies.
• L’échange permet à chaque pays (personne) de se spécialiser dans les
activités pour lesquelles il est le meilleur, qu’il s’agisse d’élevage, de
couture ou de construction. En échangeant avec les autres, les pays
(individus) peuvent accéder à une plus grande variété de biens et ce, à
un coût plus faible.
16
Principe 6 : Les économies de marché sont habituellement un bon mode
d’organisation de l’activité économique.
Les marchés libres (ou décentralisés) présentent de nombreux acheteurs et vendeurs de
nombreux biens et services et tous sont intéressés au premier titre par leur propre bien être.
Cependant, en dépit d’un processus de décision décentralisé et de décideurs égoïstes, les
économies de marché s’avèrent remarquablement talentueuses dans l’organisation de
l’activité économique dans la mesure où elles assurent le bien-être économique global.
• En étudiant l’économie, vous apprendrez pourquoi les prix sont les instruments avec
lesquels la main invisible dirige l’activité économique. Les prix reflètent à la fois la
valeur que la société accorde à un bien et ce qu’il lui coûte de produire ce bien. Puisque
les ménages et les firmes se réfèrent au prix lorsqu’ils prennent leurs décisions d’achats et
de vente, ils prennent en considération, sans le savoir, les avantages et les coûts sociaux
relatifs à leurs actions. Finalement, les prix conduisent les décideurs individuels à des
situations qui, dans de nombreux cas, maximisent le bien-être de la société dans son
intégralité.
17
Principe 7 : L’État peut parfois améliorer les situations de marché
Etat protecteur (police, gendarmerie, justice); Etat fournisseur de bien public, Etat correcteur des
externalités
• Si la main invisible du marché est si merveilleuse, pourquoi alors avons-nous besoin de l’État ?
Une réponse consisterait à dire que la main invisible a besoin de l’État pour la protéger.
• Les marchés ne fonctionnement que si les droits de propriété sont respectés. Un agriculteur ne
produit pas de produits alimentaires s’il s’attend à ce que ses récoltes soient volées, et un restaurant
ne servira pas de repas tant qu’il ne sera pas assuré que les clients paieront avant qu’ils ne partent.
Nous nous reposons tous sur le contrôle public et sur les tribunaux pour assurer nos droits sur les
choses que nous produisons.
• Les économistes utilisent le mot échec (ou défaillance) de marché en référence à une situation dans
laquelle le marché livré à lui-même ne réussit pas à produire une allocation des ressources efficace.
Une cause possible d’échec de marché réside dans les externalités.
18
3. le fonctionnement global de l’économie
Principe 8 : Le niveau de la vie d’une économie dépend de sa capacité à produit des biens et
services
Qu’est-ce qui explique ces différences importantes dans les niveaux de vie entre les pays et au cours
du temps ?
• Tout écart de niveau de vie est attribuable aux différences de productivité des pays c’est-à-dire la
quantité de biens et services produits par chaque heure de travail.
• Dans les nations où les travailleurs sont capables de produire une grande quantité de biens et
services par unité de temps, la plupart des citoyens bénéficient d’un niveau de vie élevé,
• dans les nations où les travailleurs sont moins productifs, la plupart des citoyens connaissent des
conditions de vie plus modestes.
• De manière similaire, le taux de croissance de la productivité d’une nation détermine le taux de
croissance de son revenu moyen.
Étant donné la relation entre productivité et niveau de vie, pour doper les niveaux de vie, les
décideurs politiques doivent faire augmenter la productivité en s’assurant que les travailleurs ont un
bon niveau d’instruction, qu’ils ont les outils nécessaires pour produire des biens et services et qu’ins
ont accès à la meilleures technologie disponible.
19
Principe 9 : Les prix augmentent lorsque la Banque centrale
imprime trop de monnaie
Lorsqu’une banque centrale émet de larges quantités de la monnaie
nationale, la valeur de la monnaie baisse
Dans presque tous les cas d’inflation forte ou persistante, le coupable est
le même : la croissance dans la quantité de monnaie
Ainsi, comme l’inflation impose différents coûts à la société, garder
l’inflation à un bas niveau est un objectif pour tous ceux qui font de la
politique économique.
20
Principe 10 : A court terme, la société est confrontée à un arbitrage entre
inflation et chômage.
• Bien qu’il soit controversé, de nombreux économistes admettent qu'au cours d’une
période donnée, de nombreuses politiques économiques poussent l’inflation et le
chômage dans des directions opposées.
• L’arbitrage entre l’inflation et le chômage est seulement temporaire, mais il peut
aussi durer plusieurs années. La courbe de Phillips est, par conséquent, essentielle
à la compréhension de nombreux développement de l’économie. En particulier,
elle est importante pour la compréhension du cycle économique (les fluctuations
irrégulières et largement imprévisibles dans l’activité économique, telles qu’elles
apparaissent dans le nombre de personnes employées ou dans la production de
biens et services).
• Les décideurs politiques peuvent exploiter l’arbitrage de court terme entre
l’inflation et le chômage en utilisant différents instruments de politique
économique.
21
Chapitre 2
La méthodologie de l’économie
Introduction
La science est généralement assimilée à la connaissance exacte,
universelle et vérifiable. Elle est réservée aux domaines des sciences
exactes qui disposent de laboratoires pour les expérimentations. Dans
ces conditions l’absence de laboratoire et la rareté de l’expérimentation
paraissent restreindre la portée de l’économie comme science. En plus,
il y a plusieurs écoles de pensée et des théories contradictoires sur un
même sujet. Dans ce contexte, l’économie peut-elle être considérée
comme une science ? si oui quelle est la méthodologie de l’analyse
économique ?
2.1 L'approche scientifique
25
2.1.1 Approche scientifique (l’économie comme une science)
• La démarche suivie par les sciences consiste à décrire, expliquer et prévoir les faits afin
d’orienter l’action humaine. L’analyse scientifique commence par des hypothèses et doit
se prolonger par des expérimentations. Selon Karl Popper (1963), une proposition est
scientifique lorsqu’elle peut être réfutée c’est-à-dire quand il est possible de la
confronter aux faits. Toutefois, ce critère peut être remis en cause car l’expérimentation
peut se révéler impossible dans certaines sciences dures. Par exemple, le clonage humain
ou les essais nucléaires.
• Dès lors, même si l’expérimentation est difficile en économie, elle peut être
considérée comme une science de par sa démarche méthodologique rigoureuse.
• L’essence de la science c’est la méthode scientifique et toute discipline qui applique une
méthodologie qui fait appel à l’expérimentation, à la mesure et à l’estimation pour
atteindre son objectif peut être considérée comme une science. En effet, la manière de
penser des économistes exige une approche analytique et objective. Au fil du temps, les
économistes vont introduire les instruments d’analyse tels que les statistiques, les
mathématiques et l’économétrie. Dès lors, l’économie sera considérée comme science et
ce sera la fin des controverses.
26
2.1.2 les étapes de la demarche scientifique
Pour élaborer des lois, l’économiste suit une démarche scientifique qui passe par les étapes
suivantes :
• La phase d’observation des phénomènes économiques qui est fournie par l’économie
descriptive et par la statistique.
• La phase d’abstraction. L’abstraction est une opération qui consiste à isoler certains éléments
essentiels en négligeant les autres. Il s’agit de simplifier la réalité en dissociant les aspects
essentiels des aspects secondaires.
• La phase déductive comprend l’élaboration des hypothèses
• L’élaboration des lois par un raisonnement causal.
• La phase de vérification de la théorie qui consiste à confronter la théorie à la réalité pour tester
sa pertinence. La vérification de la théorie peut être réalisée par l’utilisation des séries statistiques
et des modèles mathématiques et/ou économétriques. Si la théorie est vérifiée par les faits, elle est
acceptée sinon elle est rejetée.
• La scientificité de l’économie repose sur la démarche hypothético-déductive qui fait un aller-retour
entre élaboration théorique et confrontation au réel.
De façon schématique, on peut représenter les étapes de la démarche scientifique comme suit :
Exemple illustratif : comprendre le rôle de l’Etat dans l’économie ivoirienne.
• On commence par former des séries statistiques sur les dépenses et les recettes
de l’Etat et du produit global sur une longue période. On trace l’évolution globale
de ces grandeurs.
• Ensuite on établira un lien possible entre le produit d’une part et les dépenses
et les recettes d’autre part.
• On formule une hypothèse pour comprendre la nature de ce lien. Par exemple :
les taxes découragent l’investissement privé.
• On en déduit une loi : l’élargissement de la taille de l’Etat est nuisible à la
croissance économique, si l’on admet que les dépenses sont financées par les
taxes et que l’investissement est le moteur de la croissance.
• A partir de cette loi, on élabore une théorie libérale de la croissance selon
laquelle toute intervention de l’Etat est défavorable à la croissance.
• La vérification de cette théorie repose sur la construction d’un modèle
économétrique de croissance qui lie l’évolution du produit à celle des éléments
qui contribuent à sa formation : le capital, le travail et les dépenses publiques
Y = F (K, L, G). Les tests statistiques nous permettent de mesurer la contribution de
chaque facteur à la croissance ; si ces tests montrent que les dépenses publiques
contribuent négativement à la croissance, on admet que la théorie est acceptable
puisqu’elle permet de comprendre la nature de la croissance de l’économie
ivoirienne.
2.1.3 les éléments constitutifs d’une théorie
37
38
• On peut suivre le circuit, dans l’économie, d’une pièce de monnaie a travers
ce flux circulaire.
• Imaginons que vous disposez de 1000 FCFA pour acheter un plat dans un
restaurant de votre quartier (marche des B&S). Lorsque ce billet va dans la
caisse enregistreuse du restaurant, il devient un revenu pour son
propriétaire. Cependant, cette somme ne reste pas longtemps chez le
propriétaire du restaurant car il l’utilise pour acheter des intrants sur le
marché des facteurs de production. Par exemple, le propriétaire peut
l’utiliser pour payer le loyer du local dans lequel il est installé ou pour payer
le salaire de ses employés. Dans chacun des cas, cette somme entre dans le
revenu de certains ménages et, une fois encore, il retourne dans la poche de
quelqu’un. A ce point, l’histoire du flux circulaire de l’économie
recommence une fois encore.
• Le diagramme de flux circulaire présenté est un modèle simple de
l’économie. En tant que tel, il est utile au développement d’idées de
base se rapportant au fonctionnement de l’économie. Il permet une
compréhension basique de la manière dont l’économie est
organisée. Du fait de sa simplicité, le diagramme de flux circulaire est
utile à garder en mémoire lorsque l’on pense à la façon dont les
pièces de l’économie s’ajustent les unes aux autres.
• Mais, en même temps, il nous dispense de certains détails qui
pourraient être pertinents à d’autres fins. Un modèle de flux circulaire
plus complexe et plus réaliste inclurait, par exemple, le commerce
international (le reste du monde). Ceci serait utile si nous voulons
comprendre ces aspects.
2.2.2 La frontière des possibilités de production (FPP)
41
• A l’échelle de l’ensemble du pays, la courbe des possibilités de choix traduit
les choix offerts à un pays quant à l’usage de ces ressources rares.
• Supposons que le pays décide de produire, en plus des pommes de terre,
des ordinateurs.
• Si ce pays consacre ses ressources pour produire uniquement des pommes
de terre, la quantité maximale qu’il peut produire est, par exemple, de 4
tonnes. Alors que si toutes les ressources étaient utilisées pur produire
seulement des ordinateurs, la production maximale serait, par exemple, de
10 000 ordinateurs; ce sont alors les situations extrêmes.
• Il y a également des situations intermédiaires qui sont résumées dans le
tableau suivant appelé tableau des possibilités de production :
• La courbe montre que l’économie est en situation de plein emploi puisqu’elle utilise toutes ses
ressources pour produire des ordinateurs et/ou des pommes de terre.
• En dessous de la courbe des possibilités de production, l’économie n’a pas utilisé pleinement toutes
ses ressources, on dit qu’elle est en situation de sous-emploi ou d’inefficience. Il en résulte alors du
chômage parce que le travail est une ressource qui est utilisée pour produire ces deux biens.
• Alors qu’au-dessus de la courbe des possibilités de production, les combinaisons de biens (pommes
de terre, ordinateurs) ne peuvent pas être réalisées avec les ressources existantes.
• En passant de A à B, pour pouvoir produire 1 millier de kg de pommes de terre supplémentaire,
cette économie doit renoncer à produire mille ordinateurs, sinon il est impossible de produire à la
fois 10 000 ordinateurs et 1 millier de kg de pommes de terre puisque les ressources sont rares.
Produire plus d’un bien oblige l’économie à renoncer à produire une partie de l’autre bien ; la
raison étant la rareté des ressources qui oblige à faire des choix.
• En passant de D à E, pour pouvoir produire mille kg de pommes de terre de
plus, il faut renoncer à produire 4 milles ordinateurs. Par conséquent le coût
des pommes de terre ou encore le coût relatif des pommes de terre en termes
des ordinateurs est croissant : c’est la loi des coûts relatifs croissants. Ainsi,
le coût des pommes de terres en termes des ordinateurs ou encore le taux de
substitution est le rapport de la quantité à laquelle on renonce (les
ordinateurs) à la quantité qu’on obtient (pommes de terre).
• Par conséquent pour produire des quantités supplémentaires d’un bien,
l’économie doit renoncer à produire des quantités toujours croissantes de
l’autre bien. C’est la loi des coûts croissants qui trouve son explication
dans la loi des rendements décroissants.
Relation entre la loi des rendements décroissants et la loi des coûts croissants
Le tableau nous permet de mettre en évidence la relation entre la loi des rendements décroissants et la loi des
coûts croissants. On considère deux secteurs (un secteur agricole et un secteur industriel) et deux biens (des
pommes de terre et des ordinateurs); Supposons que cette économie dispose de 15 travailleurs et d’une superficie
de terre fixe et qu’à chaque fois, on enregistre un transfert de travailleurs du secteur industriel vers le secteur
agricole.
• la production agricole s’effectue selon la loi des rendements décroissants puisque chaque travailleur nouveau
provenant du secteur industriel contribue à la production agricole mais avec un rendement marginal
décroissant; le premier permet d’augmenter la production de 20 unités alors que le deuxième ne concourt à
l’augmentation de celle-ci que de 10 unités, la contribution du dernier travailleur n’étant que d’une unité.
Quelle est l’influence de ce transfert de la main d’oeuvre sur le coût relatif des produits agricoles (les pommes de
terre) en termes de produits industriels (les ordinateurs).
• En passant de A à B, le transfert du premier travailleur de l’industrie à l’agriculture permet d’accroître la
production agricole de 20 unités supplémentaires contre une renonciation d’une unité de production industrielle
• 20 unités de produits agricoles coûtent alors 1 unité de produits industriels ou
encore 1 unités de produits agricoles coûtent 1/20 d’unités de produits industriels.
• Mais en passant de B à C, le transfert du deuxième travailleurs de l’industrie à
l’agriculture permet d’obtenir 10 unités supplémentaires de produits agricoles
contre une baisse d’une unité de produits industriels. 1 unité de produits agricoles
coûte alors 1/10 unité de produits industriels.
• Au fur et à mesure qu’un travailleur nouveau quitte l’industrie à l’agriculture, le
coût relatif d’une unité de produits agricoles en termes d’unités de produits
industriels est croissant.
• L’explication de la croissance des coûts réside dans la décroissance des
rendements puisque plus on introduit des travailleurs sur une superficie de terre
limitée, plus la productivité de ces travailleurs est faible. La décroissance des
rendements des travailleurs est due également au fait que ces travailleurs
proviennent de l’industrie et ne sont pas donc qualifiés en agriculture. Il s’ensuit
alors un coût relatif de plus en plus croissant.
• La frontière des possibilités de production montre un arbitrage entre la
production de différents biens à un moment donné du temps.
• Mais cet arbitrage peut se modifier au cours du temps. Par exemple, si
une avancée technologique dans l’industrie informatique permet
d’augmenter le nombre d’ordinateurs qu’un travailleur peut produire par
semaine, l’économie peut alors produire plus d’ordinateurs pour un nombre
donné de pommes de terre.
• Finalement, la frontière des possibilités de production se déplace vers la
droite, comme le montre la figure ci-après.
• Du fait de cette croissance économique, la société pourrait faire évoluer sa
production du point F au point G, bénéficiant de plus de pommes de terre et
de plus d’ordinateurs.
• La frontière des possibilités de production rend compte, de façon
simple, d’une économie complexe pour mettre en lumière et pour
clarifier certaines idées de base.
• Elle permet d’illustrer certains concepts clés notamment la rareté,
l’efficacité, l’arbitrage, le coût d’opportunité et la croissance
économique. Ces idées reviendront de manière récurrente tout au
long de votre cursus sous des formes différentes.
53
2.2.3 Approche positive et normative
54
• L’économie positive s’interroge sur le pourquoi des choses afin de
comprendre pourquoi les choses et les comportements sont ce qu’ils sont.
Elle concerne ce qui est, ce qui était ou ce qui sera. Elle tente de décrire le
monde tel qu'il est.
• L’économie positive met en œuvre une démarche scientifique. En effet, elle
émet des hypothèses de comportement des agents économiques pour
déduire des conséquences relatives à l’évolution des variables mesurables
qui seront confrontées aux variables observables. L’évolution des
statistiques et des mathématiques permet de tester empiriquement les
hypothèses théoriques.
• Les questions qui relèvent de l’économie positive sont du genre : Quelles
politiques gouvernementales pour réduire le chômage ? ou Quelles
politiques économiques pouvant maîtriser l’inflation ?
• L’économie normative cherche à dire ce que doivent être les choses
et les comportements. Elle est liée aux systèmes philosophiques,
culturels et religieux. Elle essaie de décrire le monde tel qu'il devrait
être.
• Il s’agit d’un jugement de valeur en appréciant ce qui est bien de ce
qui est mal.
• Les questions qui révèlent de l’économie normative sont du genre :
Devrait-on se préoccuper davantage du chômage plutôt que de
l’inflation ?
• Le scientifique ne produit de l’information que sur ce qui est. Le débat sur ce que doit
être dépend des objectifs et des priorités. Or ces objectifs relèvent des jugements de
valeur et sont totalement subjectifs. Ainsi, l’approche positive relèverait de la science.
• En utilisant la démarche positive, on peut résoudre tout désaccord en faisant appel aux
faits. Ce qui n’est pas le cas avec la démarche normative.
• Ainsi lorsqu’il survient un désaccord sur un énoncé normatif tel qu'il est mal de voler ou
il est immoral de boire du vin on ne peut régler ce différend par un simple recours aux
faits, il faut donc utiliser des techniques différentes de celles utilisées par l’analyse
positive telles que la consultation populaire pour répondre à la question normative:
devrait-on subventionner l’éducation ? ou devrait-on lutter contre le Sida ?
• Concrètement, la science économique peut expliquer comment on lutte contre
l’endettement. Mais, elle ne peut pas dire s’il faut le faire ou s’il faut donner la priorité à
d’autres objectifs. Si l’économiste donne son avis, ce n’est que subjectif dépendant d’un
jugement de valeur et non le résultat d’une analyse scientifique.
2.2.4 Approche microéconomie et macroéconomie
58
• La microéconomie est la branche de l’économie qui analyse le comportement des unités
individuelles considérées comme libres et isolées à propos des opérations de production de
consommation, d’investissement et d’épargne.
• La microéconomie part du postulat de la rationalité des actes individuels et aboutit a démontrer
l’existence d’un équilibre général qui dans certaines conditions est en même temps un optimum de
rendement social. On considère deux acteurs. Les consommateurs qui repartissent leurs revenus
entre différents achats compte tenu du système de prix de façon a en tirer le maximum de
concentrations et les producteurs qui veulent maximiser leurs produits en jouant sur le choix des
facteurs de production.
• La confrontation entre offre et demande individuels de chaque produit se fait sur un marché et
aboutit à définir pour chaque produit le prix d’équilibre.
• Il existe un système de prix tel que l’équilibre est réalisé sur tous les marchés et si la concurrence
est pure et parfaite, cette situation est considérée comme optimum de Pareto.
• La microéconomie sert de référence à l’idéologie qui rejette toute intervention de l’Etat ou du
moins réduire celle-ci à la fonction de gendarme chargé de maintenir la concurrence entre les
producteurs.
59
• La macroéconomie c’est l’étude du fonctionnement des systèmes économiques
caractérisée par le regroupement des acteurs en sous ensemble suivant leur
fonctionnement principal et la mise en relation du flux économique circulant entre
ces sous ensemble. La macroéconomie traite généralement de l'économie d'un
pays. Les agrégats correspondent aux actes économiques essentiels tels que la
production, la consommation, l'épargne, les importations, et les exportations.
• On peut préciser entre ses flux les conditions d'équilibre et les caractères de cet
équilibre par les grandeurs économiques comme le taux de chômage, l’inflation,
etc.
• Une étude dynamique débouche sur les théories de la croissance, des fluctuations
et des crises. L'action de l'Etat est prépondérante en macroéconomie car c'est le
seul agent qui a des objectifs au niveau du système et les moyens d'en modifier le
fonctionnement (par le biais politique budgétaire, l'information au public, etc.).
60
2.2.5 L’optimisation
L’économie peut être définie comme l’étude de choix. Les économistes partent généralement du principe que les
individus font des choix en essayant d’adopter la meilleure option réalisable étant donné l’information
disponible.
• Effectuer un choix optimal implique donc de faire de multiples compromis. Par exemple, comment comparer
deux appartements, dont l’un présente l’avantage d’offrir un loyer plus bas et l’autre, un temps de transport du
domicile au lieu de travail plus court ? comment allez-vous déterminer celui qui présente un meilleur choix
pour vous ?
• On peut utiliser le principe d’optimisation pour analyser tout choix auquel est confronté un agent économique.
Par exemple, le choix du nombre de kilomètres que vous pouvez courir lors d’un entrainement ou le nombre
d’années d’études que vous ferez.
Plusieurs techniques différentes permettent d’appliquer le principe d’optimisation. En voici deux, qui donnent
des réponses identiques :
• La première technique consiste a calculer la valeur totale de chaque option réalisable. L’option choisie est
celle ayant la plus grande valeur totale.
• La seconde technique, qualifiée d’analyse marginale, consiste a exploiter les différences entre les options
réalisables et trouve la meilleure option en analysant ces différences.
• Comme ces deux techniques aboutissent à des réponses identiques, vous pouvez choisir celle qui est la mieux
adaptée à un problème particulier.
2.2.5.1La technique d’optimisation selon la valeur totale
Appartement Coût de transport coût de transport Coût de Coût de Coût total Coût total marginal
marginal location location
marginal
• On ne peut donc conclure que l’appartement «loin» est l’optimum c’est-à-dire la meilleure option réalisable.
Passé de «près» à «loin» améliore la situation de l’employé. Mais passé de «loin» à «Très loin» détériore la
situation de l’employé. L’appartement «loin» est le seul qui respect la propriété suivante : Déménage dans cet
appartement améliore la situation de l’employé et s’en éloigner détériore la situation de ce dernier. Autrement
dit, l’appartement «loin» a l’avantage d’être la meilleure option que ses «voisins».
• L’objectif de l’employé est de se sentir le mieux possible et à l’optimum, il ne peut faire mieux.
• En résumé, considérons, par exemple, deux options de vacances dans le même
hôtel à Miami : un séjour de 4 jours contre un séjour de 5 jours. Supposons que
vous deviez choisir l’une des deux options. Si on utilise l’optimisation selon la
valeur totale, on évalue le bénéfice net total d’un séjour de 4 jours et on le
compare au bénéfice net total d’un séjour de 5 jours. On pourrait également
considérer uniquement les différences entre ces deux séjours. Autrement dit on
pourrait uniquement considérer les coûts et bénéfices d’une journée
supplémentaire (selon la marge). On optera pour des vacances de 5 jours si le
bénéfice de la cinquième journée dépasse son coût. Pour choisir entre les options 4
et 5 jours, on n’a pas nécessairement besoin de s’intéresser aux quatre premiers
jours, vue qu’ils sont communs aux deux séjours. On se focalisera sur la seule
chose qui les différencie : le cinquième jour
Chapitre 3
Pour avoir une vision complète du marché, il nous faut également étudier le
comportement des vendeurs car c’est l’interaction des acheteurs et des
vendeurs sur un marché qui détermine le prix du marché.
• A un prix donné la quantité de biens ou services que les vendeurs sont
disposés à payer s’appelle la quantité offerte.
• Lorsque le prix d’un bien augmente (panini) les vendeurs ont-ils tendance à
offrir davantage ou non? Considérons le cas suivant
• Le tableau d’offre montre que la firme augmente la quantité de bien
offerte lorsque le prix du bien augmente.
• La courbe d’offre de la firme indique la quantité offerte à des prix
différents.
• Il existe une relation positive entre le prix du bien et la quantité offerte;
c’est la loi de l’offre selon laquelle, dans la plupart des cas, la quantité
offerte augmente lorsque le prix augmente (toutes choses égales par
ailleurs).
• Tant que le producteur du bien parvient au moins à couvrir ses cout
marginaux, il devrait être disposé à fournir une unité supplémentaire de
bien;
• C’est la disposition à vendre, c’est-à-dire le prix le plus bas qu’un vendeur
est disposé à accepter pour vendre 1 unité supplémentaire d’un bien.
• La hauteur de la courbe d’offre correspond au cout marginal de
l’entreprise.
• Lorsqu’une entreprise est en quête d’optimisation la disposition à vendre
est identique au cout marginal de production.
L’offre agregee
• Tout comme la demande agregee, l’offre agregee est la somme des
offres de tous les producteurs.
• La courbe d’offre du marché est la somme des courbes d’offre
individuelle de tous les vendeurs potentiels. Elle représente la relation
entre la quantité totale offerte et le prix du marché, toutes choses
égales par ailleurs.
• La courbe d’offre du marché a une pente positive.
Les déplacements de la courbe d’offre
• Tout comme la courbe de demande, la courbe d’offre se déplace lorsque certaines variables
changent. Il s’agit des prix des facteurs, la technologie, les anticipations et le nombre de vendeurs.
• La courbe d’offre se déplace seulement lorsque la quantité offerte change à un prix donné.
• Le changement dans le prix du bien entraîne seulement un mouvement le long de la courbe
d’offre.
• Tout changement dans les prix des inputs déplace la courbe d’offre
• Une hausse du prix de l’input déplace la courbe d’offre du bien vers la gauche. En d’autres termes,
le prix du bien restant constant, la quantité de bien offerte diminue. En revanche une baisse du prix
du bien déplace la courbe d’offre vers la droite.
• Tout changement technologique déplace également la courbe d’offre.
3.4 l’offre et de la demande ensemble: l’équilibre du
marché
• Comment les acheteurs et les vendeurs réagissent- ils entre eux ?
Quel est le prix qui s’établit sur le marché ? Quelles quantités sont
échangées sur le marché ?
• Toutes ces questions trouveront réponses en combinant les courbes
de demande et d’offre.
• Sur un marché concurrentiel, le prix du marché est le point auquel la courbe
de demande croise la courbe d’offre
• ce point d’intersection est l’équilibre concurrentiel.
• Le prix situé à ce point d’intersection s’appelle prix d’équilibre concurrentiel,
qui est le prix auquel la quantité offerte est égale à la quantité demandée. A ce
prix, il existe un acheteur pour chaque unité offerte sur le marché.
• La quantité située au point d’intersection s’appelle quantité d’équilibre
concurrentiel. C’est la quantité qui correspond au prix d’équilibre concurrentiel.
• Lorsque le prix du marché est au-dessus du prix d’équilibre, la
quantité offerte excède la quantité demandée, créant une offre
excédentaire.
• Dans le cas contraire, on a une demande excédentaire. Dans
l’exemple de la courbe, la demande excédentaire est de 44-30= 14.
Le déplacement des courbes de l’offre et de demande en situation
d’équilibre concurrentiel
• Lorsqu’un évènement est a l’origine de déplacement de l’une de ces courbes, l’équilibre du marche se
modifie.
• Cette analyse est la statique comparative car elle consiste a comparer deux situations: un équilibre
initial et un nouvel équilibre.
• La question est de savoir comment un choc (positif ou négatif) influence la quantité et le prix
d’équilibre?
• Trois étapes doivent être observées pour analyser l’effet d’un évènement sur le marche.
o Savoir si l’évenement affecte t-il l’offre ou la demande ou les deux a la fois?
o Savoir la direction dans laquelle les courbes se déplacent;
o Comparer le nouvel et l’ancien équilibre
• Un choc négatif sur l’offre se traduit par un déplacement de la courbe d’offre vers la gauche; ce qui
entraine une hausse du prix d’équilibre et une baisse de la quantité d’équilibre.
• Un choc positif sur l’offre se traduit par un déplacement de la courbe d’offre vers la droite; ce qui
entraine une baisse du prix d’équilibre et une hausse de la quantité d’équilibre.
• Lorsque la courbe de demande se déplace vers la gauche et la courbe
d’offre se déplace vers la droite, le prix d’équilibre concurrentiel
diminue toujours (𝑃2 est toujours inferieur à 𝑃1 ).
• Mais, la quantité d’équilibre concurrentiel peut diminuer (𝑄2 inferieur
à 𝑄1 sur le graphique [a]); rester inchangée (𝑄2 égale à 𝑄1 sur le
graphique [b]); ou augmenter (𝑄2 supérieure à 𝑄1 sur le graphique
[c]).