Questions-Réponses FP#2
Mouhamadou Lamine CISSE
1. Qu'est-ce qu'un programme budgétaire ?
Un programme budgétaire est conçu pour
assurer la mise en œuvre efficace des politiques publiques dans une
perspective pluriannuelle. Les crédits sont regroupés pour des actions
homogènes, permettant une planification stratégique et un contrôle basé
sur des résultats mesurables. Chaque programme inclut :
Objectifs précis : Alignés sur des finalités d’intérêt général.
Indicateurs de performance : Mesurent la qualité et l’efficacité de
l’utilisation des ressources.
Spécialisation des crédits : Garantit une transparence dans l’allocation des
fonds et évite leur réaffectation arbitraire.
2. Quels sont les contrôles exercés par le comptable public en vue du
paiement d'une dépense ?
Les contrôles garantissent l’intégrité et la légalité des dépenses publiques :
Qualité de l’ordonnateur : S’assure que l’acte provient d’un responsable
habilité.
Disponibilité des crédits : Empêche le dépassement des autorisations
budgétaires.
Validité des pièces justificatives : Vérifie les preuves d’exécution (factures,
contrats, etc.).
Conformité légale : Protège contre les dépenses non prévues ou
irrégulières.
Exactitude des calculs : Évite des erreurs comptables pouvant affecter les
finances publiques.
3. Quelle est la procédure d'exécution d'une dépense publique ?
Chaque étape a un rôle bien défini :
Engagement : Acte initial créant l’obligation de paiement. Exemples :
signature d’un contrat, émission d’un bon de commande.
Liquidation : Vérifie la réalité du service fait et évalue le montant exact.
Ordonnancement : Acte par lequel l’ordonnateur autorise formellement le
paiement, accompagné des pièces justificatives.
Paiement : Réalisé par le comptable public, qui vérifie la régularité avant de
libérer les fonds.
4. Quelles sont les catégories de dépenses publiques ?
Les dépenses sont classées selon leur nature et leur finalité :
Dépenses de personnel : Incluent salaires, primes, cotisations sociales.
Dépenses de biens et services : Financement des consommables et des
prestations nécessaires au fonctionnement des administrations.
Dépenses d’investissement : Visent à financer des infrastructures ou des
équipements ayant une durée de vie prolongée.
Dépenses de transferts : Financement indirect sous forme de subventions,
aides ou bourses.
5. Quels documents de programmation budgétaire doivent accompagner le
projet de loi de finances ?
Ces documents renforcent la prévisibilité et la transparence :
Document de programmation économique et budgétaire pluriannuelle :
Analyse macroéconomique et financière sur une période d’au moins trois
ans.
Documents de programmation pluriannuelle des dépenses : Déclinent les
crédits nécessaires par ministère, en tenant compte des objectifs
stratégiques et des résultats attendus.
6. Que renferme le document de programmation économique et budgétaire
pluriannuel ?
Il intègre les éléments suivants :
Recettes attendues : Réparties par grandes catégories d’impôts et taxes.
Dépenses projetées : Classées par grandes fonctions (investissements,
fonctionnement).
Analyse de la dette publique : Évalue les engagements financiers et leur
impact sur les budgets futurs.
Objectifs budgétaires : Alignés avec le Pacte de convergence de l’UEMOA
pour assurer une gestion soutenable des finances publiques.
7. Quelles conséquences juridiques découlent de la structure bipartite de la
loi de finances ?
Partie "ressources" : Limite les recettes publiques au plafond voté par le
parlement, garantissant un contrôle législatif strict.
Partie "charges" : Autorise uniquement les dépenses prévues. Toute
dépense supplémentaire exige une loi de finances rectificative.
Acte administratif : La loi de finances reste un outil interne de régulation
entre le gouvernement et le parlement, sans effet direct sur les droits des
citoyens.
8. Différence entre unité de vote et unité de spécialisation des crédits
budgétaires ?
Unité de vote : Simplifie le contrôle parlementaire en regroupant les crédits
par ministère ou programme.
Unité de spécialisation : Découpe les crédits selon leur nature et leur
destination précise (personnel, investissements, etc.), facilitant un suivi
rigoureux et limitant les possibilités de réaffectation.
9. Quelles limites s’imposent aux gestionnaires en matière de virements et
transferts ?
Les virements ne peuvent pas modifier la finalité d’un programme.
Les transferts entre ministères nécessitent une justification stricte et,
souvent, une autorisation parlementaire.
Ces restrictions protègent le principe de spécialisation des crédits et évitent
une répartition arbitraire.
10. Qu’est-ce que l’engagement d’une dépense et ses formes ?
L’engagement est la première étape comptable et juridique d’une dépense.
Formes principales :
Marché public : Contrat passé pour des travaux, fournitures ou services.
Commande : Acquisition directe de biens ou prestations de faible montant.
Subvention : Attribution de fonds à une entité publique ou privée pour
réaliser un objectif d’intérêt général.
11. Agents d’exécution des opérations budgétaires selon la LOLF :
Ordonnateurs : Responsables des engagements, liquidations et
ordonnancements des dépenses. Ils sont souvent des ministres ou chefs de
services.
Comptables publics : Assurent le paiement des dépenses et le recouvrement
des recettes, avec une responsabilité personnelle et pécuniaire stricte.
12. Définitions de la Directive 07-2009 de l’UEMOA :
La directive établit un cadre normatif pour les lois de finances :
Équilibre budgétaire : Exige un alignement entre ressources et charges.
Séparation des fonctions : Renforce l’indépendance entre ordonnateurs et
comptables pour garantir la régularité des opérations financières.
Programmation pluriannuelle : Instaure une planification des budgets sur
trois ans, améliorant la prévisibilité et l’efficacité de la gestion publique.
13. Quels sont les pouvoirs reconnus au gouvernement en matière de
gestion des autorisations budgétaires ?
Le gouvernement peut faire:
1. Réalisation de virements et transferts de crédits :
Le gouvernement peut opérer des virements entre programmes d’un même
ministère ou des transferts entre ministères, mais ces opérations doivent
respecter la spécialisation des crédits et être justifiées par des besoins
précis.
Ces ajustements doivent en principe être soumis à l’autorisation préalable
du ministre chargé des finances et, dans certains cas, au parlement.
2. Utilisation des crédits supplémentaires :
Le gouvernement peut ouvrir des crédits supplémentaires en cours
d’exercice via des lois de finances rectificatives en cas de survenance
d’imprévus majeurs.
3. Gestion dans le cadre des lois de finances:
Le gouvernement est chargé de préparer, d’exécuter et de contrôler
l’utilisation des crédits autorisés par les lois de finances. Cela inclut
l’application des crédits selon leur destination prévue dans la loi organique
sur les lois de finances (LOLF).
4. Flexibilité en cas de circonstances exceptionnelles :
En cas d’urgence, le gouvernement peut engager des dépenses ou ajuster les
autorisations budgétaires sous réserve d’une régularisation ultérieure
devant le parlement.
5. Engagement et liquidation des dépenses :
Les membres du gouvernement, en tant qu’ordonnateurs principaux,
peuvent engager et liquider les crédits budgétaires alloués à leur ministère
ou institution conformément aux dispositions légales et réglementaires.
6. Conformité avec le principe d’équilibre budgétaire :
Toute gestion des crédits doit respecter l’équilibre budgétaire défini dans la
loi de finances initiale ou rectificative.
Ces pouvoirs sont toutefois limités par le contrôle parlementaire, les
exigences de transparence et la nécessité de respecter les principes
budgétaires fondamentaux (annualité, spécialité, sincérité, etc.).
14. Quelle différence établissez-vous entre un programme et une dotation ?
Programme : Regroupe les crédits alloués pour une action ou un ensemble
cohérent d’actions visant une politique publique, assorti d’objectifs précis
mesurés par des indicateurs de performance.
Dotation : Crédits destinés aux institutions pour leurs missions
constitutionnelles, sans être spécifiquement liés à une politique publique.
15. Quelles sont les contraintes procédurales qui s'imposent aux députés
lors de l'examen et du vote de la loi de finances ?
Respect de l’agenda fixé par la loi organique.
Interdiction d’introduire des cavaliers budgétaires (dispositions sans
incidence financière directe).
Obligation de respecter l’équilibre budgétaire prévu par la loi.
Priorité au vote global des services votés avant les mesures nouvelles.
16. Quelles informations doit contenir un programme budgétaire ?
Description des actions ou politiques publiques cohérentes.
Objectifs précis alignés sur l’intérêt général.
Indicateurs de performance pour évaluer les résultats.
Crédits spécialisés par nature (personnel, biens et services, investissement,
transferts).
Bonne fin d'année académique