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Mondialisation : Croissance et Inégalités

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Said El Hachimi
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Intitulée Globalization, Growth and Poverty; Building an

inclusive World Economy (mondialisation, croissance et


pauvreté: Bâtir une économie mondiale ouverte à tous), l'étude
révèle que 24 pays en développement qui ont renforcé leur
intégration à l'économie mondiale sur une période de 20 ans
jusqu'à la fin des années 90 ont bénéficié d'une plus forte
croissance des revenus, d'une augmentation de l'espérance de vie
et d'une amélioration de la scolarité. Pour ces pays, qui comptent
au total quelque 3 milliards d'habitants, le taux de croissance du
revenu par habitant a été en moyenne de 5% dans les années 90,
contre 2% dans les pays riches. Mais tous les pays ne se sont pas
bien intégrés. Selon le rapport, 2 milliards de personnes environ
- surtout en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et dans
l'ex-Union soviétique - vivent dans des pays qui restent en
marge, n'ayant pas réussi à renforcer leur intégration à
l'économie mondiale. En moyenne, ces pays ont vu leur
économie se contracter et la pauvreté augmenter.
L'étude propose un plan en sept points pour aider tous les pays
en développement à profiter davantage des fruits de la
mondialisations tout en maîtrisant les risques. Ses auteurs
exhortent les pays à faible revenu à établir un climat plus
propice aux investissements et à mettre en place une meilleure
protection sociale afin d'aider les pauvres à s'adapter à
l'évolution du contexte économique et à en saisir les
opportunités. Ils invitent aussi les pays riches à ouvrir leurs
marchés aux produits exportés par les pays en développement, et
à réduire considérablement leurs importantes subventions
agricoles, qui portent atteinte aux exportations des pays pauvres.
Ils préconisent une augmentation substantielle de l'aide au
développement, particulièrement dans le but de remédier aux
problèmes d'éducation et de santé.

«La mondialisation a souvent été un facteur très important de


réduction de la pauvreté, mais trop de pays et d'individus sont
restés en marge», estime Nicolas Stern, économiste en chef de la
Banque Mondiale. «Cette exclusion tient pour beaucoup à
l'insuffisance de la gestion publique et des politiques dans les
pays qui ne sont pas intégrés, aux tarifs douaniers et autres
barrières auxquels se heurtent les pays à faible revenu et les
pauvres pour accéder aux marchés des pays riches, et au déclin
de l'aide au développement».
Selon lui, «certaines craintes relatives à la mondialisation sont
fondées», mais inverser le processus aurait des conséquences
intolérables, car cela réduirait à néant «les perspectives de
prospérité pour plusieurs millions de pauvres». Et il ajoute:
«Nous ne sommes pas d'accords avec ceux qui voudraient se
retrancher dans un univers de nationalisme et de
protectionnisme. Cette voie mène à une aggravation de la
pauvreté et est fondamentalement préjudiciable au bien-être des
populations des pays en développement. Au contraire, nous
devons mettre la mondialisation au service des pauvres du
monde entier».

L'intégration commence à réduire la pauvreté à l'échelon


mondial

L'intégration croissante des économies et des sociétés qui résulte


de l'échange de biens et de services, du mouvement des capitaux
et de la circulation des personnes et des idées commence à
entraîner une réduction de la pauvreté dans des pays aussi divers
que la Chine, l'Inde, le Mexique, l'Ouganda et le VietNam.
Selon les responsables de la Banque, l'espoir de voir cette
avancée se poursuivre a été renforcé par l'accord récemment
conclu au niveau de l'Organisation mondiale du commerce
(OMC) pour le lancement d'un nouveau cycle de négociations
axé sur les besoins des pays en développement.
«Nous devons profiter du succès des pourparler de l'OMC à
Doha pour faire en sorte que les pays riches réduisent
considérablement les barrières qui empêchent les pays pauvres
de réaliser pleinement leur potentiel - y compris par des mesures
au niveau des subventions agricoles», estime Paul Collier, l'un
des coauteurs du rapport de la Banque. «A mesure que les pays
à faible revenu accèdent aux marchés internationaux des
produits manufacturés et des services, les pauvres ont la
possibilité d'échapper aux aléas d'une existence misérable en
milieu rural et d'accéder à de meilleurs emplois, souvent dans
les villes et agglomérations. Des travailleurs aux qualifications
équivalentes - qu'il s'agisse de fermiers, d'ouvriers d'usines ou de
pharmaciens - sont moins productifs et gagnent moins dans les
économies en développement que dans les économies avancées.
L'intégration réduit ces écarts».

Selon le rapport, le processus de mondialisation s'est fait en trois


grandes vagues. La première a duré de 1870 à 1914 et a vu le
revenu par habitant progresser rapidement, mais pas assez pour
empêhcer le nombre des pauvres d'augmenter. La deuxième, de
1950 à 1980, a permis une intégration bien plus poussée des
pays riches, mais laissé les pays pauvres tributaires des produits
primaires.
La vague actuelle a débuté vers 1980 et vu beaucoup de pays à
faible revenu réussir pour la première fois à accéder aux
marchés mondiaux des produits manufacturés. La part de ces
produits dans les exportations des pays en développement est
ainsi passée de 25% seulement en 1980 à plus de 80% en 1998.
Mais, dans le même temps, le décalage s'est accru entre les pays
en développement qui s'intègrent à l'économie mondiale et ceux
qui ne le font pas. Le rapport définit ainsi ces deux groupes:

• Pays plus intégrés - Pour 24 pays en développement, dont le


Chine, l'Inde, la Hongrie et le Mexique, l'adoption de politiques
et de dispositifs institutionnels permettant aux individus de tirer
parti des marchés internationaux, s'est traduite par une forte
augmentation de la part représentée par les échanges dans le
PIB. Ces pays, qui comptent au total 3 milliards d'habitants,
rattrapent progressivement les pays riches, avec des taux de
croissance annuelle qui sont passés de 1% dans les années 60 à
5% dans les années 90. Leur population a vu les salaires
augmenter et l'espérance de vie ainsi que les niveaux de scolarité
atteindre ceux des pays riches en 1960, et le nombre de
personnes vivant dans la pauvreté a diminué.
• Pays moins intégrés - dans les autres pays en développement,
le ratio des échanges au PIB n'a pas variée ou a en fait diminué.
Ce groupe comprend beaucoup de pays d'Afrique et de l'ex-
Union soviétique, ainsi que des pays de taille moyenne comme
l'Algérie, l'Egypte, l'Iran, le Myanmar, le Pakistan et le
Venezuela. Au total, ces pays comptent 2 milliards d'habitants.
Le revenu par habitant y a diminué en moyenne au cours des
années 90, et le nombre d'individus vivant dans la pauvreté a
augmenté. Les niveaux de scolarité ont progressé moins
rapidement que dans les pays plus intégrés.

Plan d'action en sept points

L'étude de la Banque préconise un plan d'action en sept points


destiné à accroître les avantages que les pauvres tireront de la
mondialisation, et à aider les pays qui sont restés en marge du
processus.
Comme l'explique David Dollar, autre coauteur du rapport :
«Pour les 2 milliards d'habitants des pays qui ne sont pas
intégrés, la mondialisation ne fonctionne pas aussi bien qu'elle le
devrait. Certains de ce pays ont subi le handicap de politiques,
d'institutions et d'une gestion publique déficientes, ou encore de
troubles civils et même d'une guerre civile. D'autres sont
handicapés par une situation géographique défavorable, comme
le fait d'être enclavés et à la merci des maladies. Une action doit
être menée à l'échelon aussi bien mondial que national pour
aider les populations ainsi marginalisées».

Les sept points du plan d'action sont les suivants :

• Lancement d'un «Cycle du développement» pour les


négociations commerciales.
Les pays en développement ont énormément à gagner si les pays
riches font du programme de travail convenu à Doha une réalité
et acceptent d'abaisser leurs barrières commerciales. La main-
d'œuvre pauvre des pays en développement est aujourd'hui
confrontée à des tarifs douaniers deux fois plus élevés que celle
des pays riches. Cela doit changer. Les pays riches doivent
également faire en sorte de réduire considérablement leurs
subventions agricoles, qui se chiffrent actuellement à 350
milliards de dollars par an, soit sept fois environ le montant
consacré par les pays riches à l'aide au développement. Non
seulement ces subventions portent préjudice aux pauvres des
pays en développement, mais elles se traduisent aussi par une
fiscalité et des prix plus élevés pour les habitants des pays
riches. Les pays en développement gagneraient également à se
donner mutuellement un meilleur accès à leurs marchés
respectifs, les barrières établies entre eux étant encore plus
élevés que celle auxquelles ils font face au niveau des pays
riches.

• Amélioration du climat des investissements dans les pays en


développement
Pour encourager l'investissement et créer des emplois, un pays
doit assurer une bonne gestion de son économie par des mesures
de lutte contre la corruption, une bureaucratie plus performante,
ainsi qu'une amélioration de la réglementation et des régimes
d'exécution des contrats et de protection des droits de propriété.
Cela est d'une importance particulière pour les petites et
moyennes entreprises et les exploitations agricoles, qui sont
déterminantes pour la création d'emplois et le relèvement du
niveau de vie des pauvres en milieu rural.

• Amélioration des prestations de services d'éducation et de


santé

Les pays en développement qui ont le plus tiré profit d'une


intégration à l'économie mondiale peuvent faire état de progrès
impressionnants sur le plan de l'enseignement primaire et de la
mortalité infantile. Cela laisse penser que beaucoup ont consenti
des investissements dans les services d'éducation et de santé qui
permettent aux pauvres de profiter de la croissance.

• Fourniture d'une protection sociale pour un marché du travail


en évolution
- Adapter la protection sociale aux besoins d'une économie en
mutation aide les travailleurs eux-mêmes à s'adapter aux défis
d'une économie plus ouverte. Une meilleure protection sociale
permet aux salariés et aux chefs d'entreprises de prendre plus de
risques et de tirer parti d'opportunités nouvelles.

• Nécessité pour les pays riches d'accroître l'aide extérieure

- On a constaté que les investisseurs privés peuvent être lents à


réagir une fois que les pays à faible revenu améliorent le climat
des investissement et les services sociaux. Or, c'est précisément
à ce stade qu'une aide à grande échelle peut avoir un fort impact
sur la croissance et la rééducation de la pauvreté. L'aide doit
également viser à remédier aux sérieux problèmes que les pays
les plus marginalisés connaissent en matière de santé et de par
leur situation géographique. Aujourd'hui, l'aide extérieure ne
représente plus que 0,22% du PNB des pays donateurs, soit le
plus faible niveau qu'elle ait jamais atteint depuis son
institutionnalisation dans le cadre du Plan Marshall, en 1947.

• Appui à des allégements de dette pour les pays réformateurs


- Réduire la dette des pays les plus marginalisés, surtout en
Afrique, permettra à ceux-ci de prendre davantage part à
mondialisation et aux avantages pouvant en découler. Les
allégements de dette ont une incidence particulièrement forte
dans le cas des pays qui améliorent le climat des investissements
et les services sociaux. Des programmes d'allégement sont à
présent en place pour 24 pays au titre de l'initiative PPTE
renforcée, représentant des engagements d'aide estimés au total
à plus de 36 milliards de dollars. Cela dit, il faut impérativement
veiller à ce que tout autre allégement ne provienne pas de
l'enveloppe de l'aide extérieure, qui est déjà en diminution, cela
équivaudrait à un simple transfert des ressources consacrées à
l'aide. Les allégements de dette doivent venir en supplément de
l'aide extérieure.

• Mesures pour faire face aux gaz à effet de serre - Les


scientifiques s'accordent généralement pour dire que l'activité
humaine met notre planète sur la voie d'un réchauffement
potentiellement catastrophique, et que les changements
climatiques correspondants seront particulièrement
préjudiciables aux pays à faible revenu ainsi qu'aux pauvres. Le
rapport insiste sur la nécessité d'une coopération internationale
plus efficace pour tenter de résoudre ces problèmes.

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