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Académie

9e édition

Académie

8e édition

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BDLP

Francophonie

BHVF

attestations

DMF

(1330 - 1500)

Entrez une forme


littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.
− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.
Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli
A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).
β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.
E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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BHVF

attestations

DMF

(1330 - 1500)

Entrez une forme

littérature

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toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.
A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.
b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):
6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.
Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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9e édition

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8e édition

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Francophonie

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attestations

DMF

(1330 - 1500)

Entrez une forme

littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):
1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]


a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.
Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.
BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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44, avenue de la Libération BP 30687 54063 Nancy Cedex - France

Tél. : +33 3 83 96 21 76 - Fax : +33 3 83 97 24 56

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MorphologieLexicographieEtymologieSynonymieAntonymieProxémieConcordanceAide

TLFi

Académie

9e édition

Académie

8e édition

Académie

4e édition

BDLP

Francophonie

BHVF

attestations
DMF

(1330 - 1500)

Entrez une forme

littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]


a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.
b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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(1330 - 1500)

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littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.
− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.
Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

Valid XHTML 1.0 Strict Valid Cascading Style Sheet

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44, avenue de la Libération BP 30687 54063 Nancy Cedex - France

Tél. : +33 3 83 96 21 76 - Fax : +33 3 83 97 24 56

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MorphologieLexicographieEtymologieSynonymieAntonymieProxémieConcordanceAide

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Académie

9e édition

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8e édition

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4e édition

BDLP

Francophonie

BHVF

attestations

DMF

(1330 - 1500)

Entrez une forme

littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli
A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).
β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.
E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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(1330 - 1500)

Entrez une forme

littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.
A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.
b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):
6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.
Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):
1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]

a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]


a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.

b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.
Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.
BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

Valid XHTML 1.0 Strict Valid Cascading Style Sheet

© 2012 - CNRTL

44, avenue de la Libération BP 30687 54063 Nancy Cedex - France

Tél. : +33 3 83 96 21 76 - Fax : +33 3 83 97 24 56

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MorphologieLexicographieEtymologieSynonymieAntonymieProxémieConcordanceAide

TLFi

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9e édition

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4e édition

BDLP

Francophonie

BHVF

attestations
DMF

(1330 - 1500)

Entrez une forme

littérature

options d'affichage catégorie :

toutes

LITTÉRATURE, subst. fém.

LITTÉRATURER, verbe intrans.

I. − Vieilli

A. − Connaissance des lettres, culture générale. Ton père me devina (...) c'était un homme sans grande
éducation, sans littérature (...) mais qui avait le coup d'œil juste (Labiche, Cigale chez Fourmis,1876, 1, p.
194).

B. − Corps des gens de lettres. Ah! mais il faut que je vous dise que la littérature voyant ma canne, mes
boutons travaillés, a décidé que j'étais le Benjamin d'une vieille anglaise (Balzac, Lettres Étr.,1834, p.
211).

II.

A. − Usage esthétique du langage écrit. La littérature; histoire et littérature; langue et littérature; théorie
de la littérature; doctrines, tendances de la littérature. C'est ce que Flaubert exprimait sous cette forme
paradoxale : « les bourgeois ont la haine de la littérature ». La preuve que ce n'est pas « l'art » qui a
séduit le public dans Madame Bovary, c'est qu'il n'a jamais pu lire Salammbô (Lemaitre, Contemp.,1885,
p. 82).Jamais le problème de la littérature n'avait été, jusqu'à Edgar Poe (...), abordé au moyen d'une
analyse où la logique et la mécanique des effets étaient délibérément employées (Valéry, Variété
II,1929, p. 143):

1. J'ai écrit (...) ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de
la mauvaise littérature. » (...) J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les
pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Gide, Journal,1940, p.
52.

B. − Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s'écoutent.

1. [La production est définie par sa matière]


a)

α) Littérature + adj.

− Littérature + adj. précisant l'orig. géogr. des œuvres.Littérature anglaise, chinoise, française. On sait
que la littérature britannique pousse la chasteté jusqu'à la pruderie (Baudel., Paradis artif.,1860, p.
402).Boylesve était radicalement clos à tout ce qui était étranger : (...) il avait pour les littératures
étrangères en général une antipathie si involontaire qu'elle en prend comme une valeur de trait éthique
(Du Bos, Journal,1926, p. 134).

− Littérature + adj. précisant une période.Littérature ancienne, médiévale. Après le collège, on dévore la
littérature contemporaine (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 289).

− Littérature + adj. ou compl. de nom précisant un genre d'œuvres.Littérature décadente, dramatique,


enfantine, engagée, érotique, légère, marginale, pieuse, populaire; littérature de gare, de masse. Les
procédés inhérents à la littérature d'observation (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 213).Les jours
de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés (Breton, Nadja,1928, p. 17).

β) P. méton., péj. [P. oppos. à la réalité] Ce qui possède un caractère peu authentique, artificiel,
superficiel. Et tout le reste est littérature (Verlaine, Œuvres poét. compl., Jadis, Paris, Gallimard, 1962
[1884], p. 327).Elle [Mmede Sévigné] voyait un peu de littérature dans ce désespoir d'être séparée de
cette ennuyeuse Mmede Grignan (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 762).

− En emploi interjectif :

2. mme arrow : Quand il ne rançonne pas, il tue. courpière : Littérature! mme arrow : Réalité!... Je le
sais, peut-être! Hermant, M. de Courpière,1907, III, 3, p. 23.

b) Bibliographie d'un sujet. P. ext. Ensemble d'ouvrages produits dans une matière, de publications
éditées par un groupe social. Littérature médicale, scientifique. Caroline (...) lut d'abord, avec la
profonde indifférence qu'on a pour la littérature municipale, ces premières lignes : « Arrêt de la cour
d'assises de Poitiers... » (Gozlan, Notaire,1836, p. 127).L'efficacité du sérum antitétanique, pour ceux qui
étaient au courant de la littérature de la question, paraissait un fait bien établi (Camus, Gournayds Nouv.
Traité Méd. fasc. 2 1928, p. 798).

2. [La production se définit par son moyen d'expression]

a) Littérature orale. Catégorie d'œuvres d'expression orale non écrite. Jusqu'au xixesiècle les peuples
balkaniques ont vécu presque exclusivement sur leur fonds de littératures orales : contes surnaturels en
prose et chants populaires (Arts et litt.,1936, p. 52-4):

3. ... on s'est souvent demandé pourquoi les mythes, et plus généralement la littérature orale, font un si
fréquent usage de la duplication, triplication ou quadruplication d'une même séquence. Lévi-Strauss,
Anthropol. struct.,1958, p. 254.
b) MUS. Ensemble d'œuvres musicales relatives à un instrument. Les arpèges sont très usités dans la
littérature du piano et dans la musique de chambre (Koechlin, Harm., t. 2, 1930, p. 102).

C. − Travail qui aboutit à cette production :

4. Pourquoi ne travaillez-vous pas davantage? Le seul moyen de supporter l'existence, c'est de s'étourdir
dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l'art cause une longue ivresse et il est
inépuisable. C'est de penser à soi qui rend malheureux. Flaub., Corresp.,1858, p. 277.

− P. méton. Carrière des lettres. Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai
pas très faim (Renard, Journal,1902, p. 724).Tu seras éternellement le petit jeune homme qu'il a lancé
dans la littérature et qui lui doit tout (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 141).

D. − Fonctionnement du langage qui constitue cette production. Synon. littérarité :

5. Ce que l'école admire dans l'écriture d'un Maupassant ou d'un Daudet, c'est un signe littéraire enfin
détaché de son contenu, posant sans ambiguïté la Littérature comme une catégorie sans aucun rapport
avec d'autres langages, et instituant par là une intelligibilité idéale des choses. R. Barthes, Le Degré zéro
de l'écriture, Paris, éd. du Seuil, 1972 [1953], p. 50.

E. − Ensemble d'études sur cette production. Cours, professeur de littérature; histoire de la littérature.
Le nombre des œuvres littéraires qui survivent autrement que dans les manuels de littérature (...), qui
influencent encore les destinées individuelles sont extrêmement rares (Mauriac, Journal 2,1937, p.
161).Des travaux de littérature comparée, des études sur le « préromantisme français » et sur les «
sources occultes » communes aux deux pays [l'Allemagne et la France] (Béguin, Âme romant.,1939, p.
327):

6. J'ai bien retrouvé sur sa figure, surtout quand il parle de M. Mairobert, l'âcreté qui fait la seule vie des
articles de littérature compris dans le pamphlet rouge. Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 112.

REM. 1.

Littéraillerie, subst. fém.,hapax. En voilà bien assez sur ma littéraillerie et sur tout ce qui n'est pas
plaisant (Balzac, Lettres Étr.,1834, p. 162).

2.

Littératuriser, verbe intrans.,hapax. En le flattant sur la littérature, on se rend intime (parce qu'il
littératurise avec vous, que vous lui fournissez la jouissance d'amour-propre dont il a besoin) (Stendhal,
Journal,1810p. 341).

3.

Littératurisme, subst. masc.Caractère de ce qui appartient à la littérature. Ont peut affirmer que le
littératurisme, si l'on appelle ainsi la volonté de la littérature de relever de lois propres et de repousser
celles de l'intellectualité, n'eut jamais d'opposants plus effectifs (...) que les classiques français du grand
siècle (Benda, Fr. byz.,1945, p. 170).

4.

Littératuriste, adj.,hapax. Aujourd'hui, MM. Alexandre Dumas et Victor Hugo, qui savent mieux que
personne à quoi s'en tenir sur la valeur de la spécialité littératuriste, (...) s'en viennent (...) protester
contre toute espèce d'organisation (Proudhon, Confess. Révol.,1849, p. 377).

5.

Littératurite, subst. fém.,hapax. Ces commentaires sont des types parfaits de « littératurite » à propos
d'art (Bremond, Poés. pure,1926, p. 133).

Prononc. et Orth. : [liteʀaty:ʀ]. [lit(t)-] ds Barbeau-Rodhe 1930. V. littéraire. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymol. et Hist. A. 1121-34 « ce qui est écrit, le sens littéral (d'un texte) » (Philippe de Thaon, Bestiaire,
éd. E. Walberg, 955), seulement au xiies. (v. T.-L. et FEW t. 5, p. 379). B. 1. 1495 « érudition,
connaissance (acquise dans l'étude des livres) » (J. de Vignay, Miroir hist. ds DG); ca 1500 (Philippe de
Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 2, p. 340); 2. 1680 « le corps des gens de lettres » (Rich.); 3.
1736-40 « ensemble des productions littéraires » (F. Granet, Réflexions sur les ouvrages de littérature);
4. 1758 « ensemble de ce qui a été écrit sur un sujet donné » (Duhamel du Monceau, La physique des
arbres, Dissertation sur les méthodes de bot., t. 1, p. xlvij); 5. 1884 emploi péj. (Verlaine, Jadis et
naguère, p. 207 : ... Et tout le reste est littérature). Empr. au latinlitteratura (de litterae « lettres ») «
écriture », « ce qui concerne l'étude des lettres » et « production littéraire »; l'a. m. fr. avait lettreüre «
érudition » issu du lat. litteratura et attesté du xiieau xives. (v. T.-L. et FEW, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 5
340. Fréq. rel. littér. : xixs. : a) 5 725, b) 6 152; xxes. : a) 10 898, b) 7 972.

DÉR.

Littératurer, verbe intrans.Faire de la littérature. Tâchez d'être seule dimanche prochain dans l'après-
midi, afin que nous ayons nos aises pour littératurer à loisir. Il y a moyen, je crois, en huit jours, de faire
de ce livre un chef-d'œuvre ou quelque chose d'approchant (Flaub., Corresp.,1861, p. 420).Emploi adj.
L'Existentialisme, au théâtre et en philosophie, Sartre et tous ces jeunes littérateurs littératurants qui se
trémoussent dans les caves de Saint-Germain-des-Prés (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 302).− [liteʀatyʀe],
(il) littérature [liteʀaty:ʀ]. − 1reattest. 1861 (Flaub., loc. cit.); de littérature, dés. -er.

BBG. − Escarpit (R.). La Déf. du terme Littérature. In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp.
Bordeaux, 1961, pp. 1-7; In : Congrès de l'Assoc. Internat. de Litt. comp. 3, 1962. Utrecht, 1965, pp. 77-
89. - Léonard (A.). La Crise du concept de littérature en France au xxes. Paris, 1974, 270 p.

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