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Alecki: Perspectives de La Gouvernance D'entreprise Durable, Paris

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Les Cahiers de droit

Catherine Malecki, Responsabilité sociale des entreprises.


Perspectives de la gouvernance d’entreprise durable, Paris,
L.G.D.J., 2014, 484 p., ISBN 978-2-275-04344-9
Ivan Tchotourian

Volume 57, numéro 1, mars 2016

URI : [Link]
DOI : [Link]

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Éditeur(s)
Faculté de droit de l’Université Laval

ISSN
0007-974X (imprimé)
1918-8218 (numérique)

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Citer ce compte rendu


Tchotourian, I. (2016). Compte rendu de [Catherine Malecki, Responsabilité
sociale des entreprises. Perspectives de la gouvernance d’entreprise durable,
Paris, L.G.D.J., 2014, 484 p., ISBN 978-2-275-04344-9]. Les Cahiers de droit, 57(1),
212–219. [Link]

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le fait que le genre a été pris comme notion C at her i ne M a l e c k i , Re sp onsabi l it é


fondatrice des analyses, notion remise en sociale des entreprises. Perspectives de
question, alors que des chercheurs et des la gouvernance d’entreprise durable,
chercheuses revendiquent une indifférencia- Paris, L.G.D.J., 2014, 484 p., ISBN
tion des sexes et des genres. Si le genre est 978-2-275-04344-9.
construit tout comme le sexe, la discrimi- « Enfin », c’est le premier mot qui nous
nation qui en découle est bien réelle pour est venu en tête à la réception et (surtout)
ceux et celles qui la vivent, d’où la nécessité à la lecture de l’ouvrage intitulé Responsa-
du genre comme outil d’analyse juridique. bilité sociale des entreprises. Perspectives
Les auteures et les auteurs réunis dans de la gouvernance d’entreprise durable.
cet ouvrage ont gagné leur pari : leurs Enfin, la professeure Catherine Malecki
analyses sont innovatrices, influencées par prend le temps de nous livrer ses réflexions
les féministes américaines certes, mais personnelles sur les liens entre gouvernance
adaptées aux réalités françaises. C’est donc d’entreprise et responsabilité sociétale1,
un ouvrage incontournable en recherches et ce, dans un format plus abouti et plus
féministes francophones. « Comme phéno- dense que celui des revues juridiques dans
mène social, système de catégorisation, le lesquelles nous pouvons habituellement la
genre informe le droit, préside à sa produc- lire (Bulletin Joly, Recueil Dalloz, Semaine
juridique). C’est incontestablement un bien
tion et est, en retour, consolidé par lui ;
bel ouvrage – qui n’est pas sans critiques,
comme concept et clef d’analyse du social,
critiques que nous développerons ci-après –
le genre fait figure d’outil permettant de
que nous offre cette auteure prolifique sur
révéler les inégalités et, partant, de renforcer
un sujet qui l’anime depuis de nombreuses
l’engagement du droit au service de l’égalité »
années et pour lequel elle dispose d’une
(p. 19). L’équipe de direction remarque aussi
expertise trop rare dans le monde franco-
que, si le genre et les études féministes ont phone2. De prime abord, il nous faut saluer
enrichi l’étude féministe du droit, en retour
l’analyse féministe du droit peut assurer le
même apport aux autres sciences sociales. 1. Nous employons le terme « sociétal » qui est
L’ouvrage ouvre ainsi la porte à d’autres plus inclusif que « social ». La traduction de
l’expression de corporate social responsibility
analyses féministes en droit. Pensons
en français se révèle inadaptée, car elle renvoie
notamment à des recherches en partena- essentiellement au droit du travail. Le terme
riat avec des groupes de femmes. Nous « sociétal » permet ainsi d’inclure la sphère
ne pouvons qu’espérer que les travaux de des droits fondamentaux. Il est amusant de
Régine seront utilisés dans les facultés de noter que la professeure Catherine Malecki
droit françaises auprès des futurs avocates se prononce sur le terme approprié pour lui
préférer le mot « social » : Catherine Malecki,
et avocats et juges, par les spécialistes de Responsabilité sociale des entreprises. Pers-
la recherche en droit de même que par les pectives de la gouvernance d’entreprise
groupes de femmes dans leurs plaidoyers durable, Paris, L.G.D.J., 2014, p. 26 et suiv.
pour améliorer les lois et les politiques. et 205.
2. Parmi une longue liste d’études dont elle est
Louise Langevin. l’auteure, voir : Catherine Malecki, « La RSE :
Université Laval une norme singulière et plurielle », Rev. Dr.
Bancaire et Financier 2015.100 ; Catherine
Malecki, « Devoir de vigilance des sociétés
mères et des entreprises donneuses d’ordre :
la France peut-elle faire cavalier seul ? »,
Bull. Joly 2015.171 ; Catherine M alecki ,
« L’article 12 de la loi Warsmann II ou le
reporting extra-financier “extra” allégé ! »,
Bull. Joly 2012.411 ; Catherine Malecki, « Le
Grenelle II et la gouvernance d’entreprise
sociétale », Bull. Joly 2010.703 ; Catherine

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la professeure Catherine Malecki qui vient, consacrer 468 pages aux interactions entre
par la publication de ce livre, combler un droit, gouvernance d’entreprise et respon-
vide littéraire : celui d’un ouvrage traitant de sabilité sociétale au travers de la reddition
la gouvernance des entreprises (qui plus est, non financière et du façonnage des compor-
sous l’angle du droit et de la responsabilité tements des acteurs de la gouvernance, avec
sociétale) en langue française3 et empruntant un détour par la finance durable et l’inves-
ses fondements culturels et ses références au tissement socialement responsable, il fallait
monde francophone et européen4. Dans un oser. À notre plus grande satisfaction, la
domaine marqué par la prédominance de la professeure Catherine Malecki a osé, et c’est
pensée et de l’influence anglo-américaines5, déjà là tout un mérite de sa part !
Sur la forme, cet ouvrage est incontes-
tablement l’œuvre d’une auteure animée
Malecki, « Finance durable et RSE », Rev. Dr.
Bancaire et Financier 2015.92, 95 ; Catherine d’une grande pédagogie et d’une forte
Malecki, « Publication de la directive RSE volonté de transmettre un message audible
ou comment faire confiance à la gouvernance et compréhensible, mais on ne s’en étonnera
d’entreprise durable », Bull. Joly 2014.732 ; pas lorsqu’on a entendu ou rencontré Cathe-
Catherine Malecki, « L’ISR : une définition rine Malecki : la gouvernance d’entreprise
à géométrie variable », Bull. Joly 2014.920 ; doit devenir encore plus sociétale, respon-
Catherine M alecki , « Des chiffres et des
sable et humaine, « pour le bien de tous »
lettres… de noblesse du reporting non finan-
cier », Bull. Joly 2013.780 ; Catherine Malecki,
(p. 73, 439 et 443)6. Nous en voulons pour
« “Structure de gouvernance de l’entreprise : preuve l’utilisation de chapitres introductifs
critères de décisions”. Les 16 bonnes pratiques pour chaque partie, intitulés à juste titre
de l’IFA », Bull. Joly 2013.242 ; Catherine « État des questions » et revenant en quelques
Malecki, « Le décret du 24 avril 2012 relatif pages sur les points essentiels qui seront
“aux obligations de transparence des entre- abordés par la suite. Cet effort n’est pas
prises en matière sociale et environnemen-
vain, car l’ouvrage se lit très bien et les pages
tale” », Bull. Joly 2012.590.
3. Il existe des ouvrages en langue américaine
défilent sans que le plaisir du lecteur d’en
portant sur cette question. Par exemple, voir : apprendre davantage se tarisse. Le résultat
Samuel O. I dowu, et autres (dir.), Corporate plus que satisfaisant quant à l’accessibilité
Social Responsibilit y and Governance. de l’ouvrage est incontestablement à mettre
Theory and Practice, Londres, Springer, au crédit de l’auteure, tant cette dernière a
2015 ; Justine Simpson et John Taylor, Corpo- abordé des problématiques aux liens ténus
rate Governance, Ethics and CSR, Londres,
et aux ramifications vastes qui dépassent, et
Kogan Page, 2013 ; Sabri Boubaker et Duc
Khuong Nguyen (dir.), Board Directors and
de loin, la sphère juridique stricto sensu (les
Corporate Social Responsibility, Basings- débats sont parfois philosophiques, mana-
toke, Palgrave Macmillan, 2012 ; Guler A ras gériaux, économiques ou encore financiers).
et David C rowther (dir.), A Handbook of De même, le style est peu chargé avec de
Corporate Governance and Social Responsi- courts paragraphes précédés d’un titre résu-
bility, Farnham, Gower, 2010 ; Michael Kerr, mant l’idée qui sera développée ; le nombre
Richard Janda et Chip P itts , Corporate
Social Responsibility. A Legal Analysis,
Markham, LexisNexis, 2009.
4. Toutefois, l’auteure ne rejette pas pour autant 6. Nous sommes d’accord avec cette conclusion
les réflexions provenant de pays de tradition de l’auteure, ainsi que nous l’avons exprimé
de common law, comme le démontrent ses à différentes reprises : Ivan Tchotourian,
renvois dans les notes en bas de page à des « Embrace the Coming Changes in Corporate
travaux ou encore à des documents améri- Governance : Lessons from Developments in
cains, australiens ou britanniques. Corporate Law – A Comparative View », (2014)
5. Il suffit de comparer les productions améri- 65 Revista da Faculdade de Direito da UFMG
caines et francophones de livres et d’articles 321 ; Ivan Tchotourian, « RSE, Développe-
pour s’en rendre compte, hypothèse partagée ment durable et gouvernance d’entreprise. Un
par l’auteure elle-même dans son introduction jeu d’acteurs et de structures… ad hominem
dans la section intitulée « L’influence améri- ou ad libitum du marché ? », Journal des
caine » (p. 19 et suiv.). sociétés 2012.36.

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de références par pages demeure d’ailleurs cière et ses enjeux en fait de contenu de
raisonnable (en dépit d’une impressionnante l’information extrafinancière (chapitre 2), de
littérature existante), ce qui donne un plaisir contraintes de divulgation et de vérification
particulier à la lecture. Les règles de droit (chapitre 3) et d’intégration dans le domaine
(textes de loi, projets législatifs, décisions de la comptabilité (chapitre 4). D’une part,
de jurisprudence, recommandations, avis, le chapitre 2 revient sur les grandes évolu-
etc.) – l’ouvrage demeure l’œuvre d’une tions qui ont marqué le droit français depuis
juriste7 – ne sont en rien oubliées et sont plus de dix ans en matière d’information non
abordées de manière à ne pas dérouter le financière : la loi dite « NRE » de 20019, le
lecteur et à ne pas rendre le contenu trop décret du 22 février 200210, la loi Grenelle II
technique. Nous regrettons simplement que de 201011 et le décret du 24 avril 201212 .
certains textes de loi ne soient pas inté- Avec un tel continuum normatif, le temps
gralement repris. L’ouvrage portant sur n’est-il plus aux critiques, comme l’affirme
une thématique qui n’échappe pas au droit avec ironie l’auteure à la page 106 ? Rien
comparé 8 et certains lecteurs ayant un n’est moins sûr, l’auteure montrant toute
accès plus restreint aux références législa- l’actualité de l’information non financière en
tives et réglementaires françaises, une telle évoquant les droits de la personne auxquels
reprise dans le corps de l’ouvrage aurait été elle accorde un rôle croissant dans la respon-
utile. Les intéressants commentaires sur sabilité sociétale (p. 123 et suiv.) ou la fisca-
les textes, propositions ou avis qu’offre la lité (p. 136), notamment lorsqu’il existe des
professeure Catherine Malecki ne peuvent filiales établies sur plusieurs continents, tout
souvent être parfaitement compris qu’à comme les émissions de gaz à effet de serre
condition d’avoir lu lesdits textes, proposi- qui ne sont pas oubliées au travers du bilan
tions ou avis. annuel auquel sont tenues certaines sociétés
(p. 138 et suiv.). Malgré son enthousiasme
Sur le fond, la table des matières de
relativement à l’émergence d’une entreprise
l’ouvrage est peu complexe, celui-ci étant
durable (p. 95) et la consécration d’une
articulé autour de trois parties. Compor-
gouvernance d’entreprise devenue d’« utilité
tant quatre chapitres, la première partie
publique » (p. 103), la professeure Cathe-
de 128 pages aborde la reddition non finan-
rine Malecki émet de pertinentes réserves
sur l’évolution du cadre réglementaire13, tels

7. Nous pouvons en voir la marque lorsque


l’auteure affirme, à juste titre, à notre sens, 9. Loi no 2001-420 du 15 mai 2001 relative aux
comme le professeur Alain C ouret, « La nouvelles régulations économiques, J.O.
structure juridique des entreprises (corpo- 16 mai 2001, p. 7776.
rate governance) », (2002) 2 R.I.D.E. 339, l’a 10. Décret no 2002-221 du 20 févr. 2002 pris pour
magistralement démontré par le passé, qu’il l’application de l’article L225-102-1 du code
a été fait appel au législateur national dans le de commerce et modifiant le décret no 67-236
domaine de la production des normes (p. 352 du 23 mars 1967 sur les sociétés commerciales,
et suiv.). De même, l’auteure n’oppose pas ni J.O. 21 févr. 2002, p. 3360.
ne rejette l’utilité du droit dur ou du droit mou 11. Loi no 2010-788 du 12 juill. 2010 portant enga-
ou des deux à la fois, mais elle considère ces gement national pour l’environnement, J.O. 13
deux degrés de normativité comme des outils juill. 2010 p. 12905.
juridiques complémentaires et indispensables 12. Décret no 2012-557 du 24 avr. 2012 relatif aux
à la construction d’une nouvelle gouvernance. obligations de transparence des entreprises
8. Klaus J. Hopt, « Comparative Corporate en matière sociale et environnementale, J.O.
Governance : The State of the Art and Inter- 26 avr. 2012, p. 7439.
national Regulation », (2011) 59 American 13. Nous avions nous-même fa it pa r t de
Journal of Comparative Law 1. Voir aussi nos réser ves d a ns plusieu rs ét udes :
l’ouvrage collectif suivant qui demeure une Nicolas A ntheaume et autres, « Du nouveau
référence : Klaus J. Hopt et autres, Compara- dans le reporting extra-financier des sociétés :
tive Corporate Governance. The State of the Analyse pluridisciplinaire et critique du décret
Art and Emerging Research, Oxford, Oxford relatif aux obligations de transparence des
University Press, 1998. entreprises en matière sociale et environne-

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Chronique bibliographique 215.

le malheureux traitement égal des informa- observe qu’un nouvel acteur est appelé lui
tions environnementales et sociales (p. 89 et aussi à jouer un rôle croissant : l’organisme
suiv.), les critères retenus pour leur diffusion tiers indépendant chargé de vérifier les
faisant fi du type d’activité exercé (p. 89 et informations non financières. Rappelons que
98), la complexité du décret de 21 012 (p. 95), son avis motivé sur la sincérité des informa-
les risques de détournement de la règle no tions figurant dans le rapport de gestion et
report, no explain (p. 95), la nature incer- sur les explications relatives à l’absence des
taine de la transparence (p. 104), l’existence informations est transmis à l’assemblée des
de listes d’informations différentes à fournir actionnaires en même temps que le rapport
suivant que la société est cotée ou non en de gestion du conseil d’administration. Voilà
Bourse (p. 110, 117 et suiv.), l’inefficacité du une transparence bienvenue, mais dont les
critère de cotation (p. 118), ou encore les actionnaires et les parties prenantes vont
dangers entourant l’allègement du périmètre devoir apprendre à se servir !
de l’obligation de reporting non financières La professeure Catherine Malecki aborde
en matière de lisibilité et d’accès (p. 133 et également au chapitre 3 la règle peu connue
suiv.)14. D’autre part, le chapitre 3 traite des des juristes de droit continental de l’obli-
contraintes entourant l’information extrafi- gation d’appliquer ou d’expliquer (comply
nancière que sont notamment l’impérieuse or explain) (p. 145 et suiv.)16, en signalant
cohérence avec les textes européens et inter- à juste titre que celle-ci est « porteuse de
nationaux ainsi que les nécessaires standar- chausse-trapes » qu’elle illustre habilement
disations et vérifications de l’information. À (p. 153) et qu’il convient d’être vigilant pour
propos de ce dernier point, l’auteure souligne éviter que les entreprises ne publient légiti-
que la mission du commissaire aux comptes mement17 des rapports « succincts, mimé-
est aujourd’hui incertaine (p. 154)15, même si tiques voire banalisés assortis d’explications
ce professionnel du chiffre est destiné à jouer insuffisantes, des rapports réduits à “peau
un « rôle-clé » dans la mécanique générale de de chagrin” pour les parties prenantes »
la gouvernance d’entreprise durable (p. 156). (p. 146 et 147). Ce chapitre se termine par
À la lecture de l’ouvrage (p. 154 et suiv.), on une ouverture – que nous aurions voulu plus
longue tant la discussion dans les disciplines
comptable et financière est âpre à ce sujet
mentale », dans Sabrina Dupouy (dir.), Jalons (pertinence, contenu, etc.) – sur le reporting
pour une économie verte, Aix-en-Provence, intégré qu’elle souhaite (est-ce là un vœu
Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2012,
pieux ?) construit sur l’activité de l’entre-
p. 205 ; Ivan Tchotourian, « Adoption du
décret no 2012-557 du 24 avril 2012 : le repor-
prise, son organisation et son implantation
ting extra-financier des sociétés revisité »,
Bull. Joly 2012.300 ; Louis-Daniel Muka-
Tshibende, Yann Queinnec et Ivan Tchotou- 16. Véronique M agn i er , « Le principe “se
rian, « Articles 224 et s. de la loi Grenelle II : conformer ou s’expliquer”, une consécration
vers un droit de la gouvernance d’entreprise en trompe-l’œil ? », J.C.P. 2008.280.3 ; Jean-
(enfin ?) responsable », (2012) 1 Rev. dr. int. et Baptiste Poulle, « L’apparition du principe
dr. comparé 97. “se conformer ou expliquer” en droit français »,
14. Pour une présentation de la plus récente direc- R.T.D.F. 2008.41. À propos de cette règle, voir
tive européenne, voir Ivan Tchotourian, Suzanne Young, « Comply or Explain », dans
« Divulgation extra-financière des sociétés Samuel O. I dowu et autres (dir.), Encyclopedia
en Europe : présentation et analyse du projet of Corporate Social Responsibility, Berlin,
de la Commission européenne », R.T.D. eur. Springer Verlag, 2013, p. 434.
2014.309. 17. En vertu des textes réglementaires français,
15. Ivan Tchotourian , « Plaidoyer pour une une société indique, parmi les informations
responsabilité accrue des commissaires aux extrafinancières qu’elle devrait divulguer dans
comptes en matière de RSE », dans Benoît le rapport de gestion, celles qui, eu égard à
P igé (dir.), Qualité de l’audit. Enjeux de l’audit la nature des activités ou à l’organisation de
interne et externe pour la gouvernance des la société, ne peuvent être produites ou ne
organisations, Bruxelles, De Boeck, 2011, paraissent pas pertinentes, en fournissant
p. 99. toutes les explications utiles.

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à l’international (p. 185 et suiv.). Enfin, le La deuxième partie de l’ouvrage de


chapitre 4 présente les initiatives dans le 173 pages comporte huit chapitres répartis
domaine comptable. Ce chapitre s’avère en deux titres : un sur les comportements et
d’autant plus important que, comme le un sur les sanctions. Au premier titre, l’au-
reconnaît elle-même l’auteure, la condition teure aborde les missions du conseil d’admi-
du succès de l’obligation d’information non nistration (chapitre 1), les guides et les labels
financière réside dans sa comptabilisation pouvant servir de boussole (chapitre 2), la
(p. 187 et suiv.). « Le rôle du droit comptable place des parties prenantes (chapitre 3) et
est essentiel », tonne la professeure Cathe- les opérations sociétaires (chapitre 4) et la
rine Malecki (p. 187). Après avoir présenté notion d’intérêt social (chapitre 5). Dans le
les normes comptables internationales et chapitre 1, la professeure Catherine Malecki
les différentes plateformes d’échanges entre précise que les conseils d’administration
professionnels (International Integrated sont au cœur de la stratégie Responsabilité
Reporting Council (IIRC), International sociale des entreprises (RSE) (p. 219). Trois
Federation of Accountants (IFAC), Climate moyens sont aujourd’hui utilisés pour faci-
Disclosure Standards Board (CDSB) et liter cette tâche : 1) assurer une diversité et
Global Reporting Initiative (GRI)), l’au- une parité dans sa composition (l’auteure
teure se penche sur la « locomotive euro- revient en détail sur les discussions euro-
péenne » (notamment la recommandation péennes en les mettant en perspective et en
du 30 mai 200118 et le règlement Eco-Mana- n’occultant pas la question de l’efficacité du
gement and Audit Scheme (EMAS) de dispositif : p. 222 et suiv.) ; 2) garantir une
200119) et les impulsions françaises issues formation appropriée des administrateurs
pour l’essentiel de l’autorité des marchés (p. 231 et suiv.) ; et 3) communiquer sur le
financiers (ses fameuses recommandations processus de prise de décision (p. 233 et
no 2009-1620 et no 2010-1321 sur les risques suiv.). La professeure Catherine Malecki
sociaux et environnementaux), le Conseil insiste à cette occasion sur l’intention de
français de la comptabilité se montrant plus s’informer sur les risques RSE qui doit
prudent, exception faite de l’édiction récente animer dorénavant les administrateurs
d’une norme d’exercice professionnel des (p. 236) sur la compétence, la loyauté et le
commissaires aux comptes intégrée dans courage dont ils devraient impérativement
l’article A823-36-2 du Code de commerce faire preuve (p. 236 et suiv.) ainsi que sur le
(p. 200 et suiv.). développement de rémunérations indexées
sur des critères non financiers (p. 248 et
suiv.) ou d’actions de performance RSE
(p. 251 et suiv.). Phénomène d’importa-
18. Recommandation 2001/453/CE de la Commis- tion (p. 275), la notion de partie prenante
sion du 30 mai 2001 concernant la prise en
et le caractère participatif qu’elle donne
considération des aspects environnementaux
dans les comptes et rapports annuels : inscrip- à la gouvernance d’entreprise se trouvent
tion comptable, évaluation et publication abordés dans le chapitre 3 sans doute de
d’informations, J.O. L 156/33. manière trop concise pour ce qui est des
19. Règlement 1221/2003 du Parlement européen sources nord-américaines, tant le fait de
et du Conseil du 25 novembre 2003 concernant consacrer 3 pages et demie à un sujet si riche
la participation volontaire des organisateurs nous semble par trop réducteur. Démontrant
à un système communautaire de management
que les parties prenantes sont des figures
environnemental et d’audit, J.O. L 342/1.
20. A u t o r i t é d e s M a rc h é s F i na n c i e r s , connues en droits européen et français
« Guide d’élaboration des documents de réfé- (p. 279 et suiv.), l’auteure établit la difficulté
rence », recommandation AMF no 2009-16, de les cartographier avec précision (p. 283 et
13 avril 2015. suiv.) et de les hiérarchiser (p. 286 et suiv.),
21. A u t o r i t é d e s M a rc h é s F i na n c i e r s , alors que les enjeux en matière d’arbitrage
« Rapport sur l’information publiée par les entre leurs intérêts respectifs sont pourtant
sociétés cotées en matière de responsabilité
colossaux (p. 288). Les actionnaires et les
sociale et environnementale », recommanda-
tion AMF no 2010-13, 2 décembre 2010. salariés font l’objet de sections spécifiques

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Chronique bibliographique 217.

de l’ouvrage pour signaler qu’ils auront doré- nistratives, pénales et du droit commun des
navant un rôle « décisif » et qu’un engage- sociétés. Sur ce dernier point, ce sont les
ment plus grand de leur part est à encourager injonctions de faire qui, pour l’auteure, sont
pour les premiers (p. 292, 294 et 297) et que, promises à un bel avenir dans le domaine
si leur intégration dans la prise de décision non financier (p. 327). La privation du droit
se révèle complexe, une logique d’informa- de vote en cas de décisions non financières
tion doit présider pour les seconds (p. 298). portant atteinte à un actionnaire ou un
tiers (p. 329), l’exclusion d’un associé au
Pour leur part, les chapitres 2 et 4 du
comportement antisocialement responsable
premier titre sont consacrés aux guides
(p. 331), la responsabilité civile des adminis-
et aux labels de comportements RSE sur
trateurs (p. 331 et suiv.) et la faute de gestion
lesquels l’auteure s’appuie pour démontrer la
(p. 335 et suiv.) soulèvent chacune de déli-
juridicité « inédite » de la RSE qui consacre
cates interrogations. Dans le chapitre 2, la
une nouvelle forme de droit à la fabrique
professeure Catherine Malecki propose une
inédite (une « soft hard law » ou une « hard
analyse originale : celle de la sanction que
law soft » : p. 270 et suiv. et 440 et suiv.) et
constitue la réputation à laquelle la respon-
aux opérations sociétaires. Cela permet à
sabilité sociétale fait jouer un rôle impor-
l’auteure de revenir sur la question des rela-
tant (p. 337). La corporate reputation, reflet
tions entre une société-mère et ses filiales à
des attentes de l’opinion publique et des
l’aune de la RSE (solidarité financière, devoir
parties prenantes influe sur la gouvernance
de vigilance, etc.) (p. 306 et suiv.)22 . Dans
d’entreprise dans un rôle d’« auto-correcteur
le chapitre 5, dernier mais tout aussi inté-
comportemental »… authentique système de
ressant chapitre du premier titre, l’auteure
défense naturel de la gouvernance d’entre-
replonge en 4 pages sur la délicate signifi-
prise durable (p. 342 et suiv.) s’appuyant sur
cation de l’intérêt social et les perspectives
les standards internationaux, les audits envi-
d’ouverture aux conceptions de bien-être et
ronnementaux, les codes de gouvernance,
de prospérité que sous-entend désormais la
sur les labels, sur les classements, etc. et leur
responsabilité sociétale (p. 314). De manière
donnant une normativité particulière (p. 355
innovatrice, la professeure Catherine
et suiv.). « Ce qu’il faut communiquer, où il
Malecki prône la construction d’un « intérêt
faut communiquer […] et comment il faut
commun durable » que le juge dessinerait se
communiquer » (p. 337) : tel est le triptyque
refusant à sacrifier une partie prenante dont
essentiel pour s’assurer une bonne image,
l’activité est essentielle (p. 316).
plus que jamais indispensable au moment
Dans le second titre de la deuxième où les atteintes à l’image sociétale – aux
partie de l’ouvrage, l’auteure traite des conséquences financières désastreuses (voir
sanctions de la gouvernance d’entreprise, l’exemple de l’entreprise Sodexho, p. 351) –
lesquelles viennent compléter l’indispen- sont si difficilement réparables (p. 366 et
sable logique pédagogique qui accompagne suiv.).
la démarche de responsabilité sociétale
(p. 319 et suiv.). Dans le chapitre 1, les sanc- La troisième et dernière partie de l’ou-
tions traditionnelles sont présentées : admi- vrage est la moins longue avec ses 59 pages.
En plus du chapitre 1, à l’aspect pédagogique
revenant lato sensu sur la place de la finance
dans le débat sur la gouvernance d’entre-
22. L’auteure aborde de nouveau ce thème sous prise (notamment la finance dite responsable
l’aspect de la responsabilité environnementale au travers du fameux « investissement socia-
dans les groupes de sociétés dans le second
titre consacré aux sanctions (p. 371 et suiv.).
lement responsable »), cette partie comporte
Dans le chapitre 3 du second titre, l’auteure trois autres chapitres. En guise de mise en
insiste sur l’« après » que constitue la loi bouche, le chapitre 2 prend le temps de
Grenelle II ayant institué une responsabilité revenir sur ce que constitue l’investisse-
civile « inclassable » en matière environnemen- ment socialement responsable (ISR) : ses
tale (p. 373) des sociétés mères pour des fautes
origines anglo-saxonnes (p. 387 et suiv.) ; son
caractérisées commises par leurs filiales.

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218 Les Cahiers de Droit (2016) 57 C. de D. 205

analyse plus que complexe en raison « des » ce travail n’est pas exempt de critiques.
approches et « des » grilles de lecture (p. 389 En premier lieu, nous regrettons un choix
et suiv.) ; son cadre institutionnel avec les de thèmes qui auraient mérité d’être sans
initiatives (d’essence publique et privée) doute plus larges. En deuxième lieu, la place
internationales, européennes et françaises et le rôle des actionnaires et des salariés fait
(p. 394 et suiv.) ; et les incontournables et si l’objet de peu de développements. L’auteure
délicats problèmes de notation et de labelli- traite en un peu plus de 8 pages de ces
sation qu’il soulève (p. 406 et suiv.)23. Dans acteurs centraux de la gouvernance d’entre-
le chapitre 3, l’auteure insiste sur le vote prise qui font l’objet d’actualités riches que
responsable que permet la transparence la presse relaie25 et de réflexions diverses des
voulue par le législateur français depuis mondes professionnel et universitaire26. Ces
quelques années. Présentant un environne- acteurs auraient sans doute mérité un trai-
ment international qui foisonne d’initiatives tement plus long. En troisième lieu, même si
de nature variée, très bien synthétisées en l’auteure fait par moments des détours par le
quelques pages (p. 417 et suiv.), l’auteure droit étranger (par exemple, dans l’analyse
détaille les conséquences de la loi Grenelle de la composition du conseil d’administra-
II pour certains acteurs du marché finan- tion), nous devons concéder que la place du
cier : transparence de vote et information droit comparé (qu’il soit étatsunien, cana-
sur les critères sociaux sont les nouveaux dien, australien ou asiatique ou encore en
outils au service d’une gouvernance d’entre- provenance d’autres pays européens) est
prise sociétalement responsable (p. 420 et restreinte. S’il est vrai que la présentation
suiv.). Ce chapitre se termine par de riches des évolutions intervenues dans le cas des
réflexions portant sur l’activisme et l’enga- instances et des juridictions européennes
gement. Enfin, le chapitre 4 aborde succinc- et françaises s’avère un tour de force en soi,
tement les chantiers européens et nationaux certains développements auraient gagné à
de la finance durable : la finance sociale et les
quotas d’émission de gaz à effet de serre. Si
l’intégration de cette partie dans l’ouvrage derrière la perception traditionnelle de la sanc-
peut surprendre, la lecture des développe- tion qu’ont les juristes.
25. Pensons ici à l’activisme actionnarial qui
ments de la professeure Catherine Malecki défraie la chronique, notamment lorsqu’il
suffira à démontrer aux lecteurs toute leur émane de fonds de couverture.
pertinence : la finance durable est le bras 26. Pour les actionnaires, voir récemment les
armé de la nouvelle gouvernance d’entre- travaux suivants : Jennifer G. Hills et autres
prise (p. 379), elle est l’aspect financier de la (dir.), The Research Handbook on Shareholder
Power, Cheltenham, Edgar Elgar Press, 2015 ;
responsabilité sociétale.
Lisa M. Fairfax, Shareholder Democracy. A
Bien que l’approche substantielle de Primer on Shareholder Activism and Parti-
l’ouvrage témoigne de grandes qualités24, cipation, Durham, Carolina Academic Press,
2011 ; Sabrina Bruno et Eugenio Ruggiero
(dir.), Public Companies and the Role of Share-
holders. National Models towards Global
23. De manière intéressante, l’auteure milite pour Integration, La Haye, Kluwer Law Interna-
un lissage des différences entre notation finan- tional, 2011 ; Mathias M. Siems, Convergence
cière et notation extrafinancière (p. 414) et pour in Shareholder Law, Cambridge, Cambridge
la création d’un label ISR européen. University Press, 2008. Pour les salariés, l’Eu-
24. Citons (sans caractère exhaustif) : les liens rope s’est, par exemple, récemment intéressée
que l’auteure établit avec de nombreux thèmes à leur place à la gouvernance des entreprises
faisant l’actualité bien au-delà du droit ; sa au travers d’une résolution du Parlement du
vision ouverte de la discipline qu’est la gouver- 14 janvier 2014 sur la participation financière
nance d’entreprise qui dépasse largement la des salariés aux résultats des entreprises et
pensée étriquée d’une partie si influente de la publication d’une étude à l’automne 2014
des sciences économique et financière ; sa intitulée « La promotion de la participation
présentation de la sanction de la réputation en et l’actionnariat des salariés », Centre Inter-
plus d’une trentaine de pages qui laisse loin University, Rapport final, octobre 2014.

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Chronique bibliographique 219.

être mis en perspective pour en apprécier proposée par l’auteure (p. 208 et suiv.) – car
toute leur portée. En quatrième et dernier elle est basée, croyons-nous, sur une huma-
lieu, bien que nous adhérions pleinement à nisation de la gouvernance et une consécra-
la conviction de l’auteure que la responsa- tion plus affirmée de l’entreprise29 –, mais qui
bilité sociétale offre une « troisième voie », demeure fondamentalement une troisième
nous doutons que cette voie trouve son voie : un changement de paradigme. Droit,
essence dans les seuls actionnaires socié- gouvernance30 et responsabilité sociétale31
talement responsables (p. 210). Cette vision sont dorénavant intimement liés. Comme
est sans doute trop angélique et néglige le l’atteste l’ouvrage de la professeure Cathe-
fait que les actionnaires des grandes sociétés rine Malecki, il existe aujourd’hui un « noyau
changent : on abandonne ainsi le visage dur de principes » (p. 206) construits autour
souriant et sympathique des petits porteurs de la responsabilité sociétale qui transcende
pour celui des investisseurs institutionnels les traditions juridiques et les différences
dont certains recherchent incontestable- culturelles. Il ne reste plus qu’à en tirer les
ment des profits et s’arc-boutent sur une conclusions qui s’imposent sur le devenir de
logique basée sur une vision à court terme la gouvernance d’entreprise… cette dernière
(« court-termisme27 »). La recette de cette n’étant peut-être rien d’autre qu’une idée
troisième voie est faite, à notre sens, de bien ancienne32 à réinventer.
plus nombreux ingrédients. Ivan Tchotourian.
« La gouvernance d’entreprise durable Université Laval
est une chance ; il faut la saisir », précise
l’auteure (p. 74). En fait, la gouvernance
d’entreprise est à un moment charnière de
son évolution, évolution que le droit (dur et 29. Claude Champaud, Manifeste pour la doctrine
souple) et la responsabilité sociétale faci- de l’entreprise. Sortir de la crise du financia-
litent conjointement (p. 440). La gouver- lisme, Bruxelles, Larcier, 2011. Voir récemment
nance à l’ancienne (old school) (p. 206) doit ces travaux d’économistes et de gestionnaires :
céder la place à une autre gouvernance d’en- Olivier Favereau, Entreprise : la grande
déformation, Paris, Parole et Silence, 2014 ;
treprise28. En route donc vers une troisième Armand H atchuel et Blanche Segrestin,
voie, différente peut-être de celle qui est Refonder l’entreprise, Paris, Seuil, 2012 ;
Roger Baudoin (dir.), L’entreprise, formes de
la propriété et responsabilités sociales, Paris,
27. Le comportement de certains actionnaires Lethielleux, 2012.
(tels les fonds de couverture) nous fait douter 30. Sur la gouvernance comme discipline juri-
de la solidité de ce fondement pour amorcer dique, voir E. Norman Veasey, « The Emer-
un changement. Voir Andrew Ross Sorkin, gence of Corporate Governance as a New
« “Sha reholder Democracy” Can Mask Legal Discipline », (1993) 48 Buss. Lawyer
Abuses », The New York Times, 25 février 2013, 1267.
[En ligne], [[Link]/2013/02/25/ 31. Sur la responsabilité sociétale comme disci-
shareholder-democracy-can-mask-abuses/ ?_ pline juridique, voir Jean-Philippe D om ,
r=0] (5 octobre 2015). Responsabilité sociale des entreprises.
28. Pour l’auteure, les caractéristiques de cette Initiatives et instruments de niveau euro-
nouvelle gouvernance sont les suivantes : péen capables d’améliorer l’efficience juri-
durable, participative, comportementale, dique dans le champ de la responsabilité
cognitive et technique, communicative et sociale des entreprises, 2012, [En ligne],
publique, électronique et procédurale (p. 441 [[Link]/RegData/etudes/
et suiv.). Voir, plus modestement, Stéphane e t u d e s / j o i n / 2 01 2 /4 6 2 4 6 4 / I P O L - J U R I _
Rousseau et Ivan Tchotourian, « La gouver- ET(2012)462464_FR.pdf] (4 octobre 2015).
nance d’entreprise, autrement », dans Corinne 32. À ce sujet, voir : Randall K. Morck (dir.), A
Gendron et Bernard Girard (dir.), Repenser History of Corporate Governance around the
la responsabilité sociale de l’entreprise. World, Chicago, University of Chicago Press,
L’école de Montréal, Paris, Armand Colin, 2007 ; Paul Frentrop, A History of Corporate
2013, p. 91. Governance, Amsterdam, Deminor, 2003.

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