COURANT
ALTERNATIF
MONOPHASÉ
Sommaire
I. Aperçu historique
I.1. Thomas Edison
I.2. Nikola Tesla
II. Le courant alternatif monophasé
II.1. Production du courant alternatif
II.2. Notions de « Phase » et de « Neutre »
III. Réseau alternatif monophasé
III.1. Tension électrique
III.2. Intensité du courant électrique
IV. Les puissances électriques
IV.1. Puissance active
IV.2. Puissance apparente
IV.3. Puissance réactive
IV.4. Facteur de puissance
I. Aperçu historique
I.1. Thomas Edison
En 1882, Tomas Edison (figure1), a inventé et mis en œuvre la première centrale à
charbon destinée à la production du courant électrique continu (DC). Ce courant,
bien qu’il ait été utilisé dans l’éclairage des cités entières dans certaines villes
Américaines, il a été :
- distribué à des courtes distances ;
- produit, transporté et consommé avec le même voltage.
I.2. Nikola Tesla
Ingénieur en électromécanique, le serbe Nikola Tesla (figure 1) a travaillé avec
Tomas Edison. Il lui a proposé l’idée de produire une autre forme du courant
électrique qui comble les inconvénients du courant continu.
En 1885, Nicola Tesla, s’est séparé de Tomas Edison et s’est mis au service
de George Westinghouse, ingénieur entrepreneur Américain. Ils ont adopté le
courant alternatif (AC) pour le transport à des longues distances et la distribution de
l’électricité.
Fig. 1
II. Le courant alternatif monophasé
II.1. Production du courant alternatif
II.1.1. Schéma de principe
La rotation à une vitesse constante d’un aimant en face d’une bobine (figure 2)
engendre une tension électrique u(t) (figure 3). Celle-ci change de signe en fonction
de la polarité de l’aimant :
- Quand le Nord de l’aimant est en face de la bobine, la tension électrique est
positive ;
- Quand le sud de l’aimant est en face de la bobine, la tension électrique est
négative.
Fig. 2
Fig. 3
II.1.2. Interprétation
A une vitesse de rotation constante de l’aimant :
- la tension électrique créée alterne entre une valeur positive et une valeur
négative (figure3), d’où son nom « tension alternative » et par conséquent «
courant alternatif ». Ainsi, contrairement au courant continu, il n’y a pas de (+)
et de (-) en alternatif.
- la tension électrique se reproduit identiquement à elle-même à chaque tour
de l’aimant. La durée correspondante est appelée période désignée par (T).
Le nombre de périodes pendant une seconde est appelé fréquence désignée
par (f) ;
- la valeur la plus élevée de la tension électrique est appelée « tension
maximale ». Elle est d’autant plus grande que le nombre de spires de la
bobine est plus grand ;
- l’allure de la courbe représentative de la tension électrique est sinusoïdale.
Elle est liée à la fonction trigonométrique sinus.
II.2. Notions de « Phase » et de « Neutre »
La figure 4 illustre un montage où l’une des deux bornes de la bobine est reliée à la
terre. Ainsi, cette borne est portée au même potentiel que celui de la terre (0V).
L’autre borne est, donc, la seule active d’alimentation électrique. La borne reliée à la
terre est appelée NEUTRE et celle active d’alimentation est appelée PHASE.
En Tunisie, comme beaucoup d’autres pays, le neutre du réseau de distribution de
l’électricité est relié à la terre.
Avec une seule phase et un neutre on obtient « un réseau électrique monophasé ».
Fig. 4
III. Réseau alternatif monophasé
Un réseau alternatif monophasé, composé d’une phase et d’un neutre, est utilisé
pour l’éclairage et l’alimentation des équipements domestiques, agricoles, etc. Ce
réseau :
- délivre une tension électrique alternative sinusoïdale;
- débite un courant électrique alternatif sinusoïdal ;
- transmet une puissance électrique.
III.1. Tension électrique
La tension est désignée par la lettre (u minuscule ou majuscule selon la signification).
Son unité est (V : Volts). L’origine de cette unité est l’inventeur de la pile électrique, le
physicien chimiste Alessandro Volta (figure 5).
Fig. 5
La tension disponible entre les bornes d'une prise électrique est appelée
«tension du secteur». La STEG nous fournit une tension alternative sinusoïdale
(figure 6) caractérisée par :
- sa forme sinusoïdale liée à la fonction trigonométrique sinus ;
- sa périodicité ;
- sa fréquence ;
- sa valeur efficace.
III.1.1. Expression instantanée
Ayant une allure sinusoïdale, l’expression instantanée de la tension électrique est :
u(t) = [Link](ω.t+u)
Avec : Fig. 6
- u(t) : valeur instantanée en (V) ;
- UMax : Valeur maximale en (V) ;
- t : le temps en secondes (s) ;
- ω : la pulsation en radians/seconde (rad/s).
- u : la phase à l’origine ( à l’instant : t=0s) ;
III.1.2. Période
On appelle période, l’intervalle du temps, en secondes, pendant lequel, un signal se
reproduit identiquement à lui-même. Une période est désignée par (T) et exprimée
en secondes (s).
III.1.3. Fréquence
La fréquence est désignée par (f). Son unité est Hz, (se lit Hertz). La fréquence est le
nombre de périodes par seconde. Son expression est :
Cette unité est liée au nom de l’ingénieur physicien « Heinrich Rudolf Hertz » (figure 7)
en hommage pour sa découverte des ondes hertziennes.
Fig. 7
III.1.4. Pulsation angulaire
La pulsation angulaire est désignée par (ω). Son unité est rad/s, (se lit : radians par
seconde). Elle représente la vitesse angulaire du courant ou de la tension
électriques. Elle est liée à :
- la période T par la relation :
- la fréquence f par la relation :
III.1.5. Valeur efficace
La tension efficace est désignée par U. Son unité est V (Volts).
La valeur efficace d'une tension variable au cours du temps correspond à la valeur
d'une tension continue qui produit un échauffement identique dans une même
résistance pendant le même intervalle du temps.
La tension efficace est liée à la tension maximale par la relation suivante :
III.1.6. Mesure d’une tension électrique alternative
III.1.6.1. Valeur efficace
La valeur efficace d’une tension électrique alternative est mesurée à l’aide des
appareils de mesures (figure 8) :
- voltmètre analogique ;
- multimètre analogique ;
- multimètre numérique.
Fig. 8
III.1.6.2. Utilisation d’un voltmètre analogique
La figure 9 illustre un voltmètre analogique et son mode d’utilisation.
Utilisation
- Choisir le type AC ou DC selon la nature
de la tension électrique à mesurer ;
- Placer le commutateur sur son calibre
maximal ;
- Brancher le voltmètre en parallèle avec le
dipôle à étudier en utilisant des
cordons électriques sécurisés ;
- Mettre sous tension le montage où le
voltmètre est branché ;
- Manipuler le calibre afin que l’aiguille se
positionne dans la partie droite de l’écran ;
- Relever les valeurs et calculer la tension
électrique mesurée par l’expression :
Fig. 9
III.1.6.3. Valeur maximale et oscillogramme
La figure 10 illustre un oscillogramme d’une tension électrique monophasée. Celle-ci
peut être visualisée à l’aide d’ :
- un oscilloscope numérique
- une carte d’acquisition ;
- un oscilloscope analogique.
Fig. 10
La valeur maximale est déterminée à partir d’un oscillogramme.
III.1.6.4. Utilisation d’un oscilloscope analogique
La figure 11 illustre les éléments communs à tous les oscilloscopes
analogiques.
Fig. 11
Légende
Repère Désignation
1 Ecran
2 Bouton Marche/Arrêt
3 Réglage de l’intensité de la lumière du signal visualisé
4 Focalisation réglage de l’épaisseur du signal visualisé
5 Réglage de la position verticale du signal visualisé
6 Réglage de la position horizontale du signal visualisé
7 Elimination de la base du temps pour visualiser la dépendance entre
deux signaux visualisés
8, 9 et 14 Bornes de branchement
10 Choix de l’échelle horizontale (base du temps)
11 Choix de l’échelle verticale (amplitude)
12 Sélecteur de choix selon le type du signal visualisé (AC ou DC)
13 Voyant
Mode d’utilisation
- Mettre l’oscilloscope sous tension ;
- Placer le point lumineux (spot) au centre de l’écran en utilisant les boutons 5
et 6 ;
- Déclencher le balayage en tournant le bouton de la base du temps (bouton
10) ;
- Brancher les cordons électriques au dipôle étudié (bornes 8) ;
- Placer le sélecteur 12 sur le symbole "courant" alternatif ou continu.
- Si la tension est alternative :
- Régler la base de temps pour obtenir 1 ou 2 périodes sur l’écran (bouton 7) ;
- Régler la sensibilité verticale (l’amplitude, bouton 5) afin que l’oscillogramme
occupe toute la hauteur de l’écran.
III.2. Intensité du courant électrique
André marie Ampère (figure 12), un mathématicien et physicien Français, est le
créateur du vocabulaire de l’électricité. En hommage à ses contributions, son nom
(Ampère) est attribué à l’unité de l’intensité électrique.
L’intensité du courant électrique désignée par (I) et exprimée en (A).
Fig. 12
III.2.1. Expression instantanée
L’intensité du courant électrique débitée par un réseau électrique monophasé est
sinusoïdale (figure13).
Fig. 13
Elle est exprimée par la relation :
i(t) = [Link]( ω.t + i ) avec :
- i(t) : valeur instantanée en (A) ;
- IMax : valeur maximale en (A) ;
- t : le temps en secondes ;
- ω : pulsation en radians/seconde avec ω = 2 f = 2 /T ;
- T : période en (s) ;
- f : fréquence en (Hz);
- i : phase initiale du courant à l’instant (t = 0).
L’intensité efficace (I) est liée à l’intensité maximale par l’expression :
N.B :
L’oscilloscope permet de visualiser une tension électrique et pas une intensité d’un
courant électrique. Ainsi, dans un dipôle électrique purement résistif :
- l’oscillogramme de l’intensité du courant électrique est déterminée à partir
de la tension appliquée à ce dipôle ;
- la valeur maximale de cette intensité (IMax) est déterminée par l’expression
suivante :
III.2.2. Mesure de l’intensité du courant électrique
III.2.2.1. Valeur efficace
La valeur efficace de l’intensité du courant électrique est mesurée à l’aide d’un :
- ampèremètre analogique ;
- multimètre analogique ;
- multimètre numérique.
III.2.2.2. Valeur maximale
La valeur maximale de l’intensité du courant électrique traversant un résistor de
résistance R est déterminée à partir d’un oscillogramme de la tension alternative
appliquée à ce résistor. Celle-ci est visualisée au moyen :
- d’un oscilloscope analogique ;
- d’un oscilloscope numérique ;
- d’une carte d’acquisition.
IV. Les puissances électriques
La puissance électrique est la quantité d’énergie fournie ou reçue pendant une
seconde. En alternatif, on distingue trois types de puissances :
- puissance active ;
- puissance réactive ;
- puissance apparente.
IV.1. Puissance active
La puissance active est désignée par (P). Son unité est W (se lit : Watt). Cette unité est liée
au nom de l’ingénieur Ecossais « James Watt » (figure 14) en reconnaissance à ses
contributions dans le domaine industriel, notamment aux améliorations qu’il a apportées aux
machines à vapeur.
La puissance active est absorbée par les récepteurs résistifs ou ceux ayant une composante
résistive tels que les fours électriques, les lampes d’éclairage, les chauffe-eaux électriques,
moteurs électriques, etc.
Fig. 14
IV.1.1.1. Expression de la puissance active
L’expression de la puissance active (P) dépend de la tension efficace (U),
de l’intensité du courant électrique efficace (I) et du déphasage (φ= φu -φi).
Le symbole (φ) est le déphasage de l’intensité du courant par rapport à la
tension électrique.
La puissance active (P) est mesurée avec un wattmètre (figure 15).
Fig. 15
IV.1.1.2. Mesure de la puissance active
La puissance active est mesurée à l’aide d’un wattmètre analogique ou numérique
illustré par un schéma d’un circuit électrique (figure 16).
Fig. 16
Fig. 17
Mode d’utilisation d’un wattmètre :
- mettre les calibres courant et tension du wattmètre aux valeurs les plus
élevés ;
- brancher un ampèremètre en série sur le circuit courant et un voltmètre en
dérivation sur le circuit tension ;
- mettre sous tension le montage électrique ;
- lire l’intensité du courant sur l’ampèremètre et la tension sur le voltmètre ;
- déterminer les calibres du wattmètre ;
- régler le wattmètre sur les calibres immédiatement supérieurs aux valeurs
lues au moyen de l’ampèremètre et du voltmètre ;
- lire la puissance en utilisant les relations 1 ou 2 :
;
2:
IV.2. Puissance apparente
La puissance apparente est désignée par (S). Son unité est VA (se lit VoltApmpère). Elle
dépend de la tension efficace (U) et de l’intensité efficace du courant électrique (I). Son
expression est :
IV.3. Puissance réactive
La puissance réactive est désignée par (Q). Son unité est (VAR : se lit VoltAmpères Réactif).
Elle est absorbée par les récepteurs inductifs tels que les moteurs, les soudeuses
électriques, etc. ou bien, elle est fournie par les récepteurs capacitifs tels que les batteries de
condensateurs. Son expression est :
IV.4. Facteur de puissance
IV.4.1. Définition
Le facteur de puissance (cosφ) est le rapport de la puissance active sur la puissance
apparente. Son expression est :
Le triangle des puissances (figure 18) montre la liaison entre les trois puissances.
L’angle φ est le déphasage de l’intensité du courant par rapport à la tension
électrique d’un même réseau électrique monophasé.
Fig. 18
IV.4.2. Intérêt du facteur de puissance
La STEG accorde un grand intérêt au facteur de puissance (cosφu,i) car :
- Dans les installations électriques domestiques, la puissance active (P) est très
élevée par rapport à la puissance réactive (Q) puisque la majorité des
récepteurs sont des lampes d’éclairage, des fours électriques ; des chauffe-
eaux électriques, etc. C’est pour cela que le facteur de puissance (cosφu,i)
est proche de 1. Ainsi, les factures de la consommation de l’électricité
fournies par la STEG ne tiennent compte que de l’énergie active. Les
consommateurs ne payent, alors, que l’énergie active mesurée par les
compteurs d’énergie domestique (énergie active consommée par les
équipements électriques utilisés dans une maison).
- Dans les installations électriques industrielles, le facteur de puissance est
faible car la puissance active consommée par les différents récepteurs
demeure considérable. La puissance réactive, elle aussi, est très importante
puisque les systèmes techniques industriels sont entrainés par des moteurs
électriques et d’une diversité de récepteurs à composantes réactives
importantes. C’est pour cela que les factures de la consommation de
l’électricité tiennent compte de l’énergie active et de l’énergie réactive. Chez
les industriels, l’énergie active et l’énergie réactive sont payées.
IV.4.2.1. Facteur de puissance pour un récepteur résistif
La figure 19 illustre un schéma de montage électrique destiné à déterminer les
puissances consommées par un récepteur purement résistif tel qu’un four
électrique.
Fig. 19
Dans un récepteur purement résistif, le déphasage entre l’intensité du courant et
la tension électrique est nul (φ =0). Ainsi :
- ;
-
- ;
-
-
IV.4.2.2. Facteur de puissance dans un récepteur inductif
La figure 20 illustre un schéma de montage électrique destiné à déterminer
les puissances consommées par un récepteur inductif tels que moteur
électrique, soudeuse électrique etc.
Fig.20