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SURLIQUIDITE BANCAIRE ET SOUS-FINANCEMENT DES PETITES
ET MOYENNES ENTREPRISES EN REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO.
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i
Dédicace
A toute ma famille
ii
Epigraphe
« L’Industrie est la main droite de la fortune et l’économie en est la gauche »
Winston Churchill
iii
Remerciements
Au terme de cette thèse, nous tenons à exprimer notre sincère gratitude envers
les personnes qui n’ont cessé de nous prodiguer leurs appréciables encouragements et
contribuent par leurs recommandations à la réalisation de ce travail de recherche. Nous les
invitons cordialement à découvrir dans ces pages la vive sympathie et la grande estime
qu’elles méritent certainement.
Nos remerciements s’adressent particulièrement au Promoteur, Professeur
Ordinaire Célestin EMBIMEN EYALABA et Co-Promoteur Professeur Ordinaire Williams
MBUYAMBA KALOMBAY qui ont bien voulu diriger cette thèse.
Nous lui sommes reconnaissants pour son appui intellectuel et moral qu’il
nous a manifesté inlassablement, et surtout pour sa compétence dont il n’a pas été avare pour
nous en faire bénéficier. Très sensible à sa compréhension et disponibilité, nous lui
demandons, une fois de plus, de trouver à travers cette thèse l’expression de notre profond
respect.
A toute notre famille, surtout mon épouse MBOMBA PETULA Pethou et tous
les KEMBO ma reconnaissance pour les sacrifices endurés.
Enfin, aux membres du jury, il nous faut les remercier pour l’honneur qu’ils
nous font en acceptant de lire et de discuter notre thèse. A travers leurs noms, nous
renouvelons à tous nos maitres notre obligeance et notre déférence pour nous avoir appris,
par leurs publications et travaux, la science économique. Le recours à leurs citations tout au
long de ce travail exprime le sentiment que nous éprouvons et désirons partager avec nos
lecteurs sur ce passionnant pan de l’économie et de finance.
Abréviations Et Sigles
iv
BAD : Groupe de la Banque Africaine de Développement
BDEAC : Banques de Développement des Etats de l'Afrique Centrale
BEAC : Banque des Etats de l'Afrique Centrale
BM : Banque Mondiale
CAPPED : Caisse de Participation à la Promotion des Entreprises et à leur
Développement
CDE : Centre pour le Développement de l’Entreprise CFE Centre de Formalités des
Entreprises
CTA : Centre Technique de l’Agriculture
DSRP : Document de stratégie de réduction de la pauvreté
EDRE : Département de la Recherche de la BAD FJEC Forum des Jeunes Entreprises
du Congo
GARI : Fonds de Garantie des Investissements Privés en Afrique de l’Ouest
IMF : Institutions de Micro-Finance
MUCODEC : Mutuel Congolais d'Epargne et de Crédit
ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel
ORCE : Département des opérations région centre de la BAD
PARSEGD : Projet d'appui à la Réinsertion Socio-économique des défavorisés
PME : Petites et Moyennes Entreprises
PMI : Petites et moyennes Industries PIRI Programme Intégré de Relance
Industrielle
TPE : Très Petites Entreprises
UE : Union Européenne
BCC : Banque centrale du Congo
RDC : République Démocratique du Congo
CDF : Congo Democratic franc
FCFA : Franc des Colonies Françaises d’Afrique
USA : United Stades of America
OPEC : Office de promotion des Petites et moyennes entreprises congolaises
PNUD :
v
ONU : Organisation des Nations Unies
FMI : Fonds Monétaire International
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africain
OHADA : Organisation pour l’Harmonisation en Afrique de Droit des Affaires
CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Central
BEAC : Banque des Etats d’Afrique Centrale
COBAC : Commission Bancaire de l'Afrique Centrale
SEMC : Société des eaux minérales du Cameroun
AB : Access Bank
AG : Assemblée Générale
ALM : Asset Liability Management
AMC : Approche de Mesure Complexe
APR : Actifs Pondérés du Risque
BCDC : Banque Commerciale du Congo
BIAC : Banque Internationale pour l’Afrique au Congo
BIAO : Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest
BOA : Bank Of Africa
BTR : Bon de Trésor
CA : Conseil d’Administration
CD : Comité de Direction
CDF : Congolaise Démocratique Franc
CENAREF : Cellule Nationale des Renseignements Financiers
COOCEC : Coopératives Centrales d’Epargne et de Crédit
DGI : Direction générale des Impôts
DGRAD : Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales
ECD : Exposition en Cas de Défaut
FIBANK : First Investment Bank
FNM : Fonds National de Micro Finances
FPR : Fonds Propres Réglementaires
IMF : Institutions de Micro Finances
MPME : Micro, Petites et Moyennes Entreprises
NI : Notation Interne
NTC : Nouvelles Techniques de Communication
vi
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique
OFIDA : Office des Douanes et Assises
ONG : Organisation Non Gouvernementale
PCD : Perte en Cas de Défaut
PD : Probabilité de défaillance
PIB : Produit intérieur brut
ROR : Regulatory and 0perationnal Risk
SARL : Société par Action à Responsabilité Limitée
SOFIBANK : Société Financière de Banque
TMB : Trust Marchand Bank
TR : Taux de Recouvrement
UPN : Université Pédagogique Nationale
LDD : Livret de développement durable
CEL : Compte d'épargne logement
LEP : Livret d'épargne populaire
ETC : Etablissement teneur de compte
DAB : Distributeurs automatiques de billets
EBP : Etat, Banque, Pme
vii
Liste Des Tableaux
Tableau N°1 : Eléments de la définition de PME selon l’Union Européenne........................................33
Tableau N°2 : Classification des PME Congolaises................................................................................34
Tableau n°06: Description des variables..............................................................................................207
Tableau n°07 : Répartition des enquêtés selon l’accès aux crédits bancaires......................................211
Tableau n° 08: Ancienneté de la PME dans l’activité..........................................................................211
Tableau n°09 : Répartition des PME selon leur nature........................................................................211
Tableau n°11 : Taille de PME (ou nombre d’employés)......................................................................212
Tableau n°12: Répartition des PME selon le besoin de financement bancaire...................................212
Tableau n°13: Nombre de demandes de crédits bancaires formulées par an.......................................212
Tableau n°14: Répartition des PME selon les comptes bancaires ou non............................................212
Tableau n° 15: Répartition des PME selon que le compte bancaire est alimenté régulièrement.........213
Tableau n° 16 : Tranches du chiffre d’affaires (en USD).....................................................................213
Tableau n°17 : Tenez-vous régulièrement la comptabilité.................................................................213
Tableau n°18 : Les états financiers sont-ils tenus selon la norme OHADA.........................................214
Tableau n° 19 : Répartition des enquêtés selon la grande contrainte à l’accès aux crédits bancaires..214
Tableau n° 21 : Paiement régulier des impôts et taxes.........................................................................214
Tableau n° 22: Paiement régulier des salaires aux employés...............................................................215
Tableau n° 24 : Niveau de risque de l’activité......................................................................................215
2°. Tableau synoptique des diagrammes de l’Analyse statistique uni variée des PM........................216
Tableau n°25: Tableau des corrélations entre les variables exogènes (Xi) et la variable endogène (Y)
..............................................................................................................................................................223
Tableau n° 26 : Corrélation entre l’accès aux crédits bancaires (Y) et l’ancienneté de la PME ( X1) 224
Tableau n° 27 : Corrélation entre l’accès aux crédits bancaires (Y) et la taille de la PME (X4).........225
Tableau n° 28 : Corrélation entre l’accès aux crédits bancaires (Y) et le nombre de demandes des
crédits bancaires formulées/an par la PME (X6)..................................................................................226
Tableau n°29 : Modèle de régression logistique ( Robust)..................................................................227
Tableau n°31 : Test de la multi colinéarité VIF...................................................................................229
Tableau synoptique d’Analyse de la surliquidité de PANEL de banques sous examen de 2010 à 2022
(en milliers de CDF).............................................................................................................................233
Tableau n°32: Analyse de la surliquidité à la RAWBANK.................................................................233
Tableau n° 33 : Analyse de la surliquidité à la TMB...........................................................................233
Tableau n°34: Analyse de la surliquidité à l’AQUITY-BCDC (montants en milliers de CDF)..........234
Tableau n°35: Analyse de la surliquidité à l’ECOBANK....................................................................234
Tableau n°36: Analyse de la surliquidité à l’ACCES-BANK..............................................................234
viii
[Link]. Définition des variables...........................................................................................................235
4.2.2. Méthode d’estimation.................................................................................................................236
[Link]. Description...............................................................................................................................236
[Link]. Tests de validation...................................................................................................................236
1°) Analyse univariée..........................................................................................................................239
Tableau n°32 : Calculs des statistiques descriptives............................................................................239
Figure n°2 : Evolution du ratio des crédits alloués aux PME...............................................................240
Figure n°3 : Evolution du ratio de la surliquidité.................................................................................241
Figure n°4 : Evolution des demandes d’explication dans les entreprises ciblées.................................242
Tableau n°33: Matrice des corrélations entre les variables du modèle................................................245
Tableau n°34 : Résultats de l’estimation du modèle à effets fixes.......................................................246
Tableau n°35 : Résultats de l’estimation du modèle à effets aléatoires...............................................247
Tableau n°36 : Test d’Hausman..........................................................................................................249
Tableau n°32: Analyse de la surliquidité à la RAWBANK (montants en milliers de CDF)...............288
Tableau n° 33 : Analyse de la surliquidité à la TMB (montants en milliers de CDF).........................289
Tableau n°34: Analyse de la surliquidité à l’AQUITY-BCDC (montants en milliers de CDF)..........290
Tableau n°35: Analyse de la surliquidité à l’ECOBANK (montants en milliers de CDF)..................291
Tableau n°36: Analyse de la surliquidité à l’ACCES-BANK (montants en milliers de CDF)............292
ix
Liste des graphiques
Graphique 1 : Synergie Etat, Banque et PME (EBP)
Graphique 2 : Implication du pouvoir public dans le system financier des PME
Graphique 3 : Le diagramme de bonne gouvernance
x
xi
Liste des diagrammes
Diagramme 1 : Accès aux crédits
Diagramme 2. Nature des PME
Diagramme 3. Nature de PME
Diagramme 4. Besoin de financement
Diagramme 5. Avoir un compte bancaire
Diagramme 6. Alimentation (approvisionnement) des comptes bancaires
Diagramme [Link] du chiffre d’affaires
Diagramme [Link] régulière de la comptabilité
Diagramme 9. Tenue régulière des états financiers selon la norme OHADA
Diagramme 10. La grande contrainte d’accès aux crédits bancaires par les PME
Diagramme [Link] régulier des impôts et taxes par les PME
Diagramme 13. Niveau de rentabilité de l’activité de PME
Diagramme 14. Niveau de risque de l’activité de PME
xii
Résume
Notre dissertation a porté sur « La surliquidité bancaire et le sous financement
des PME en République Démocratique du Conga : de 2010 à 2022 »
L’objectif que nous poursuivons à travers cette recherche, est celui de
démontrer pourquoi la surliquidité auprès des banques pendant que les PME s’effondre faute
de financement et apporter notre apport qui est une solution à cette problématique qui nuit
l’économie de la République.
Apprécier la manière dont ces thématiques sont vécues par les PME et les
banques enfin, d’examiner leur apport dans l’économie de la République Démocratique du
Congo.
Pour atteindre nos objectifs visés dans cette recherche doctorale, nous avons
fait appel aux approches ci-après :
- Quantitatives, qualitatives appuyées par les méthodes comparatives, statistiques,
systémiques et des ratios ainsi que les techniques :
- de sondage d’enquête, documentaires et d’interview en utilisant le logiciel STATA 16
Après analyse et discussions des résultats, nous sommes arrivés aux
conclusions suivantes :
1. Sur 146 PME enquêtées, 113 soit 77 % n’ont pas accès aux crédits bancaires, contre 33
PME, soit 23% qui ont accès aux crédits bancaires ; 138 soit 95 % ont exprimé le besoin de
financement bancaire soit 69 %, contre 8 soit 5 % qui n’en ont pas exprimé ; la majorité
d’entre elles ont confirmé que le taux d’intérêt bancaire est la grande contrainte à l’accès aux
crédits, car cela n’est pas bénéfique pour elles, donc 135 soit 93 % l’ont confirmé, contre 6
soit 4 % qui ont parlé de l’exigence d’avoir des hypothèques et autres garanties comme
grande contrainte et 5 soit 3% ont parlé des échéances de remboursement courtes et ne sont
pas bénéfiques pour elles.
2. Au regard de ces résultats, notre hypothèse de base est confirmée car les PME souffrent d’
un sous financement des crédits bancaires dû aux facteurs endogènes et exogènes. En effet, la
surliquidité des banques commerciales évoluant en RDC a une incidence significative et
négative sur le volume des crédits accordés aux PME. Chaque fois que les banques veulent
devenir trop liquides, elles augmentent les barrières d’accès aux crédits par les PME et
maintiennent cette catégorie d’entreprises dans le sous financement.
Les mots clés : «Surliquidité, Banque, Financement, PME».
xiii
Abstract
Our dissertation focused on “Bank excess liquidity and underfinancing of
SMEs in the Democratic Republic of Congo: from 2010 to 2022”
The objective that we are pursuing through this research is to demonstrate why
excess liquidity in banks while SMEs collapse due to lack of financing and to provide our
contribution which is a solution to this problem which harms the economy of the Republic. .
Appreciate the way in which these themes are experienced by SMEs and banks
and finally examine their contribution to the economy of the Democratic Republic of Congo.
To achieve our objectives in this doctoral research, we used the following
approaches:
- Quantitative, qualitative supported by comparative, statistical, systemic and ratio methods as
well as techniques:
- Survey surveys, documentaries and interviews using STATA 16 software
After analyzing and discussing the results, we arrived at the following
conclusions:
1. Out of 146 SMEs surveyed, 113, or 77%, do not have access to bank loans, compared to 33
SMEs, or 23%, which have access to bank loans; 138, or 95%, expressed the need for bank
financing, or 69%, compared to 8, or 5%, who did not; the majority of them confirmed that
the bank interest rate is the main constraint to access to credit, because it is not beneficial for
them, so 135 or 93% confirmed this, against 6 or 4 % who spoke of the requirement to have
mortgages and other guarantees as a major constraint and 5 or 3% spoke of short repayment
terms and are not beneficial for them.
2. In view of these results, our basic hypothesis is confirmed because SMEs show
underfinancing of credits following endogenous and exogenous factors in commercial banks.
Indeed, the excess liquidity of commercial banks operating in the DRC has a significant and
negative impact on the volume of credits granted to SMEs. Every time banks want to become
too liquid, they increase the barriers to access to credit for SMEs and keep this category of
companies underfunded.
The key words: “Excess liquidity, Banking, Financing, SMEs”.
1
INTRODUCTION GENERALE
Contexte de l’étude
Depuis plusieurs années, les Entreprises ont largement été proclamées comme
ayant contribué avec succès à réduire la pauvreté et considérées comme un outil indispensable
pour atteindre les « Objectifs du Millénaire pour le développement » aujourd’hui objectif de
développement durable1.
Bien qu’il soit indéniable que l’accès aux services financiers soit un puissant
privilège, les produits de crédit et d’épargne ne s’adressent qu’à un seul aspect de la pauvreté,
c’est-à-dire le manque de liquidités, et ils ne suffisent pas pour gérer les graves difficultés que
rencontrent les populations.
La préférence pour la liquidité des banques est une analyse post-Keynesienne
du comportement bancaire. Pour Heron Edwun ADEK le comportement des banques et le
principe de la préférence pour la liquidité dans le cadre d’une monnaie endogène constitue un
enjeu fondamental pour le programme de recherche post-Keysien.
Les Banques commerciales en RD Congo sont-elles oui ou non en situation de
surliquidité ? La notion « surliquidité bancaire » supposant augmentation à taux croissant,
pour un niveau donné de crédit, de l’excès de liquidité bancaire de l’ensemble des banques.
Ce concept s’applique donc au système bancaire. En effet, il ne suffit pas d’observer
l’existence de l’excès de surliquidité dans une banque pour conclure à la surliquidité du
système en soi.
La liquidité d’un marché financier est la capacité à acheter ou vendre
rapidement les actifs qui y sont cotés sans cela ait d’effet majeur sur le prix. Plus un marché
est liquide plus il est aisé, rapide et peu couteux d’y réaliser des transactions.(Doris
Stockly,1995).La théorie quantitative de la monnaie et, plus encore la nouvelle économie
classique avec la problématique de l’incohérence temporelle de la politique monétaire, ont
validé le paradigme inflationniste de la création monétaire ex nihilo. Il ne reste qu’aux pays
africains étant donné que la faiblesse de leur base fiscale, qu’une seule possibilité pour
envisager le financement des projets de développement : la mobilisation de l’épargne
nationale et étrangère autrement appelé, l’endettement. (Doumbia, 2017)Au pluriel, les
1
Avec la conclusion des OMD à la fin de l’année 2015, les dirigeants du monde ont appelé à la mise en place
d’un programme ambitieux et de long-terme pour améliorer la vie des populations et protéger la planète pour
les générations futures. Ce programme de développement pour l’après-2015 abordera de nombreuses
problématiques : mettre fin à la pauvreté et à la faim, améliorer la santé et l’éducation, bâtir des villes plus
durables, combattre les changements climatiques et protéger les océans et les forêts .
2
liquidités évoquent les avoirs en numéraire et dans une acception plus large, les avoirs
disponibles à tout moment. Au singulier la liquidité désigne le fait, pour un actif, de pouvoir
être acheté ou vendu rapidement. La plus par temps, on appréhende la liquidité par le risque
d’en être dépourvu. Ainsi, plus il est facile, rapide et peu couteux d’y réaliser des transactions
(achat ou vente) importante.
Dans son Rapport sur la politique monétaire au premier semestre 2013, la
Banque centrale du Congo (BCC) revient sur cette matière, affirmant que la notion de
surliquidité bancaire peut être appréhendée sous trois angles.
A savoir :
La liquidité bancaire au sens microéconomique : il s’agit ici de celle émanant la
trésorerie d’une banque qui traduit sa capacité de financement ; c’est-à-dire sa capacité
à faire face aux demandes de retraits de fonds à court terme des contre parties ou pour
couvrir ses opérations. Vue sous cet angle, la liquidité d’une banque est
principalement liée à l’activité de transformation des ressources à court terme (des
clients ou des emprunts sur les marchés) en emplois et crédit à moyen et long terme.
Ce type de liquidité peut être appréciée à travers la somme de trois éléments, en
l’occurrence : le solde des opérations de la clientèle ; l’excédent des ressources
permanentes sur les immobilisations ; et le solde des divers.
La liquidité bancaire dans l’optique réglementaire peut être appréhendée par le respect
des normes édictées par le régulateur pour s’assurer que les banques sont capables de
faire face à des chocs de fuite de liquidité induite par les demandes des déposants.
Tenant compte du contexte congolais caractérisé par la circulation concomitante de la
monnaie nationale et des devises étrangères, l’Institut d’Emission a imposé aux
banques congolaises trois types de ratio de liquidité défini comme le rapport entre les
disponibilités et les ressources à un mois maximum, à savoir : en monnaie nationale,
en monnaies étrangères et un ratio de liquidité globale.
Vue sous l’angle macroéconomique : la surliquidité bancaire peut être appréhendée
par la somme des avoirs des banques auprès de la Banque centrale. Partant de cette
définition, on parlera de surliquidité du système bancaire lorsque le niveau de crédit
bancaire à l’économie, pour un niveau de transformation, n’augmente pas dans la
même proportion près au niveau des dépôts.
3
Elle se traduirait dans ce cas par un gonflement des avoirs des banques auprès
de la Banque Centrale au-delà du niveau requis.
Entre 2010 et juin 2013, l’évolution des paramètres clés des banques
congolaises s’est caractérisée par la hausse concomitante et non proportionnelle des dépôts et
crédits bancaires libellés en monnaie nationale, révèle l’intéressante publication de la BCC.
En effet, indique le document, de 163,2 milliards de CDF (Franc congolais), les
dépôts de la clientèle en monnaie nationale ont progressé significativement de 111,0% à fin
juin 2013. De même, les crédits bancaires libellés en monnaie nationale ont également
enregistré une hausse de 81,0%, venant de 34,3 milliards en 2010.
Cependant, en dépit de ces évolutions appréciables, le niveau de transformation
de ces dépôts est demeuré faible à hauteur de 25,0% en moyenne mensuelle. Dans le même
temps, il a été observé une évolution sensible des dépôts des banques auprès de la Banque
Centrale qui sont passés, au cours de la même période, de 126,4 milliards de Francs Congolais
en 2010 à 230,9 milliards à fin juin 2013, induisant ainsi un écart de plus en plus grand entre
ces dépôts en compte courant et les réserves obligatoires qui se sont situés à 45,0 milliards à
fin juin 2013(Pierre BRIAND KANANGA, 2013).
Fort de ce qui précède dans un contexte caractérisé par l’absence des recours
aux guichets de refinancement de l’Institut d’Emission – on peut aisément conclure à la
surliquidité du système bancaire congolais en monnaie nationale, tranche le Rapport.
En dehors du pouvoir de création monétaire dont les banques ont le quasi-
monopole, elles participent aussi à la création économique contrairement aux autres
établissements de crédit. Cette création peut s’appuyer sur des vecteurs différents : monétaire,
financier ou technique.
Tout naturellement, en tant que prêteur, le banquier Co-participe à la création
économique mais elle n’a pas toujours les mêmes effets monétaires.
Le paradoxe sur la surliquidité bancaire et le sous-financement des entreprises
locales revêt une importance particulière qui se justifie par l’impact désastreux des PME en
République Démocratique du Congo en particulier aussi dans plusieurs pays de l’Afrique.
Les entreprises à ces jours sont en pertes de vitesse et représentent une fois de plus une forte
menace pour la stabilité du système financier. Avec les risques de connaitre une grave crise
4
financière du genre de celle dite des subprimes qui s’est déclenchée durant l’été 2007, l’un
des événements les plus marquants de l’histoire financière du monde.
La question du financement des PME est, à n’en pas douter, l’un des sujets le
plus souvent mis en avant dans le débat public comme responsable du manque de dynamisme
de l’économie française depuis la crise financière de 2008-2009. Plus structurellement, le
manque de PME solides et de croissance en France serait à l’origine d’une faible
compétitivité de notre économie. Ou plutôt, un consensus émerge autour de l’idée que l’une
des voies les plus sûres pour que la France renoue avec les gains de compétitivité et la
croissance consisterait à miser sur le développement des PME.
C’est dans ce contexte d’économie financière consacré au financement des
PME, thème appréhendé ici avec une série d’éclairages pertinents et, finalement, optimistes et
dont il est possible de tirer des conclusions opérationnelles. Car l’enjeu est bien là :
comprendre finement les PME, leurs spécificités, leurs contraintes, leurs atouts et faiblesses,
leurs projets et leurs besoins, pour que l’ensemble des acteurs de la chaîne du financement,
des pouvoirs publics nationaux et étrangers qui fixent les règles du jeu, jusqu’aux chargés de
clientèle ou d’affaires dans les banques et les fonds d’investissement, puissent apporter des
solutions aux hommes et aux femmes qui sont aux manettes de ces entreprises.
Plusieurs auteurs se sont penchés sur le phénomène de la surliquidité en
cherchant à déterminer les principaux facteurs qui l'engendrent. Pour Agénor, Aizenman, et
Hoffmaister (2004), le phénomène dérive de la contraction de l'offre de crédit par les banques
commerciales. Dollar et Hallward-Driemeier (2000) affirment par contre que la surliquidité,
résulte de la baisse de la demande de crédit qui est due à la contraction de la demande agrégée
engendrée par la crise. Ce qui démontre que la surliquidité bancaire peut être engendrée par
plusieurs facteurs autres que la bonne gestion des risques auxquels les banques commerciales
sont exposées. Ces facteurs peuvent être soit externes ou internes aux banques.
Dans un contexte de transformation majeure de la régulation bancaire, l’avenir
du financement des PME suscite des interrogations légitimes d’ordres endogène et exogène.
Les nouvelles exigences de fonds propres et de liquidité risquent de réduire la propension des
banques à financer leur développement. Jusqu’à ce jour, la recapitalisation des banques ne
s’est pas faite au détriment des PME. La survie des organisations, surtout les petites et
moyennes entreprises (PME) qui sont le moteur de l’économie, repose sur l’accès au
financement que peuvent leur accorder les institutions financières ( Sylvie St-Onge L ,
5
Soumaya Ben Letaifa, Michèle Paulin 2011). Pourtant, les liens entre les PME et les
banques commerciales sont très souvent critiqués pour diverses raisons.
3°) Défis à relever par l’autorité monétaire
La Puissance publique peut chercher à atténuer les dysfonctionnements du
marché du crédit, par exemple en améliorant les possibilités d’échanges informationnels.
Lorsqu’elle choisit de prêter directement, elle doit rester consciente qu’elle est en général
soumise aux mêmes informations imparfaites qu’un acteur privé : un crédit jugé trop risqué
pour être rentable par une banque privée l’est également pour une banque publique [Jacques
Cailloux.2014].
Sous d'autres cieux lorsqu’une personne veut se lancer dans les affaires, c'est
l'Etat qui lui accorde une subvention de démarrage. Il va suivre cette personne pour que cet
argent reçu de subvention soit effectivement affecté dans le domaine de son projet.
Lorsqu’elle n'est pas affectée à l'activité pour laquelle elle a été accordée, cette subvention est
transformée en une dette (crédit) et la personne est poursuivie pour rembourser. Cette pratique
n’existe pas en RDCongo.
Le secteur des PME en RDC occupe 90% du marché de l’emploi au Congo,
selon les statistiques de l’Office de promotion des Petites et moyennes entreprises congolaises
(OPEC). Mais il est confronté au défi de financement [Albert Kabangu 2019].
Selon les promoteurs des PME congolaises, ils pensent qu’ils sont victimes
d’une discrimination dans l’octroi des crédits auprès des banques. Quelquefois elles leur
imposent les taux d’intérêt très élevé enfin de les amener à se décourager et rendre l’opération
difficile.
Pour les banques, plusieurs PME en RDC fonctionnent dans l’informel et
rendent difficile le besoin d’avoir une visibilité minimale. Or, Face à un poids important de
l’informel, les banques préfèreront la surliquidité bancaire que servir ces PME.
Tous les secteurs de l’économie ont besoin de se financer. La volonté des
banques à répondre favorablement à des demandes de crédit impacte tous les secteurs. Aucun
secteur n’est à l’abri.
6
L’autre clé est détenue par les autorités politiques qui doivent moderniser leur
économie. Pour y arriver, il faut déjà comprendre comment elle fonctionne. Cela a l’air
simple, mais c’est horriblement compliqué.
La misère de la population causée par le manque d’emploi est de plus en plus
reconnue comme une violation des droits de l’homme. La lutte contre l’extrême pauvreté,
depuis plusieurs années, se fraie un chemin au sein des institutions internationales et des
gouvernements. Qui doivent aboutir à une politique de création d’emploi par les
investissements au pays.
S’agissant particulièrement de la RDC, l’accès au service financier demeure
l’un des grands obstacles que rencontrent la population congolaise pour améliorer leur
condition de vie (PNUD, 2008) ; ce qui explique en partie la faiblesse des revenus des micro-
entrepreneurs et le niveau élevé de la pauvreté des communautés périurbaines et rurales. En
effet, la plupart des Institutions du système financier décentralisé ( Rapport de l’ONU,2010) et
de Microassurance en RDCongo demeurent encore petites, peu structurées, moins viables et
vulnérables (B.C.C, 2009).
Avec la mondialisation, le paradoxe devient criant : alors que les hommes
produisent de plus en plus de richesses, les inégalités et la misère, loin d’être résorbées,
s’aggravent « Chaque semaine, il y a un tsunami silencieux : 210 000 enfants meurent de
maladies qui auraient pu être évitées »BBC (2020)
Nous proposons plus exactement des analyses statistiques pour les PME et
économétriques pour le panel des banques considérées par notre recherche se focalisant sur
les origines de la surliquidité. Dans ce qui suit nous essayons d’abord d’identifier les
difficultés qui entravent le financement des PME. Ensuite, nous avons cherché à déterminer
les défis à relever par les autorités monétaires pour rendre la politique des banques plus
efficace pour promouvoir les PME.
2. Etat de la question
Depuis la thèse de neutralité de la structure financière avancée par Modigliani
et Miller (1958), la prise en compte de l’asymétrie d’information entre les dirigeants et les
bailleurs de fonds génère des contraintes financières, en raison de conflits d’intérêts (Jensen et
Meckling, 1976 ; Myers et Majluf, 1984). Jaffee et Russell (1976) ont été les premiers à
développer la notion de contraintes financières. Selon Allayannis et Mozumdar (2004), le
7
concept de contraintes de financement représente généralement deux aspects complémentaires
: le recours aux seuls fonds internes en raison des difficultés à lever des fonds externes, et
l’existence d’un écart de coût entre le financement interne et le financement externe.
Pour identifier les entreprises potentiellement soumises à des contraintes
financières, les études antérieures se basent en général sur un Q-modèle d’investissement
susceptible de refléter la sévérité des problèmes d’asymétrie d’information et des difficultés
de financement externe. Cette méthodologie initiée par Fazzari, Hubbard et Petersen (1988),
consiste à tester la présence de contraintes de financement, en observant si l’investissement
est affecté significativement et positivement par l’indicateur de richesse interne. Les études
confirment la présence de contraintes financières si l’investissement est affecté positivement
par l’indicateur de richesse interne, introduit dans l’équation d’investissement, mesuré le plus
souvent par le cash-flow.
Les résultats dégagés à partir d’un modèle Logit, mené sur un échantillon de
117 PME, montrent l’impact positif et significatif du cash-flow sur l’investissement innovant,
ce qui implique une sensibilité de l’innovation aux ressources internes et confirme que les
PME innovantes sont contraintes financièrement. D’autres investigations mettent en évidence
une sensibilité plus importante pour les entreprises engagées dans des activités de recherche et
développement, censées être plus exposées aux contraintes quant à l’accès au financement
externe.
Comparativement aux grandes entreprises, les PME font face à des difficultés
de financement (Ardict, Mylenko et Saltane, 2012). Ces problèmes de financement externe
résultent principalement de l’incapacité des bailleurs de fonds à évaluer le degré de risque
associé à ces petites entités, qui ne fournissent éventuellement, ni une base d’informations
fiables, ni des garanties réelles suffisantes. Cependant, l’incertitude et les asymétries
d’information qui caractérisent ces PME sont amplifiées pour les plus innovantes d’entre
elles, ce qui rend plus difficile leur accès au financement.
Selon Milliken (1987), l’incertitude est l’incapacité de prévoir précisément, les
événements à venir et leurs conséquences sur l’entreprise. Elle constitue la contrainte majeure
pour tout investisseur souhaitant se lancer dans un nouveau projet (Julien et St-Pierre, 2012).
L’incertitude rend les résultats des investissements aléatoires et risqués selon le parcours
antérieur de l’entrepreneur, l’importance et la forme de l’entreprise créée mais aussi selon le
secteur choisi et le niveau du rythme de changement dans l’environnement (Freel, 2005).
8
Ainsi, le véritable défi de tout entrepreneur est de faire face à l’incertitude. Ce dernier engage
des fonds, et investit énormément d’énergie dans une affaire sans être assuré du rendement
(Alvarez et Barney, 2005).
La pertinence de l’hypothèse de problèmes informationnels plus aigus pour les
PME est soutenue par Ang (1991). Cet auteur met en évidence, d’une part, l’existence
d’asymétries d’information plus prononcées entre ces entreprises et les créanciers et, d’autre
part, l’existence d’un problème lié à la qualité de l’information fournie par ces entreprises.
Myers et Majluf (1984) avancent la théorie du financement hiérarchique selon
laquelle, en présence d’asymétrie d’information, l’entreprise doit faire recours à
l’autofinancement, puis aux dettes peu risquées, et en dernier lieu à l’émission d’actions
nouvelles
Ceci rend les bailleurs de fonds réticents vis-à-vis du financement de ce type
d’investissements. Les travaux empiriques confirment cette liaison entre l’asymétrie
d’information et les activités de R&D, en mettant en évidence le fort besoin d’information
qu’elles suscitent (Tasker, 1998 ; Barth, Kasznik et McNichols, 2001 ; Barron, Byard et Kim,
2002).
Le phénomène d’antisélection est renforcé par des conflits d’intérêts
susceptibles d’apparaître une fois le financement accordé : le risque moral. Le dirigeant de
PME peut être incité à ne pas respecter ses engagements initiaux et à adopter des choix
stratégiques contraires aux intérêts du créancier (Petit et Singer, 1985). Le risque supporté par
l’investisseur est beaucoup plus élevé dans les PME dont la propriété est concentrée entre les
mains d’une ou de quelques personnes, et surtout dans celles exerçant une activité
d’innovation.
Une PME qui souhaite financer ses investissements innovants doit les financer
par fonds propres, puisque le recours au financement par dettes sera très coûteux, ce qui met
en évidence la place réduite accordée à la dette dans ce type d’entreprise (Titman et Wessels,
1988 ; Balakrishnan et Fox, 1993 ; Bah et Dumontier, 1996). Selon Marion (1995), la
spécificité des composantes de l’actif, a un rôle déterminant sur la structure de capital de
l’entreprise.
En effet, l’investissement innovant constitue un facteur de risque pour les
investisseurs externes puisqu’il présente la caractéristique de n’offrir aux bailleurs de fonds,
ni des garanties réelles aisément évaluables, ni une base d’informations passées. Lorsque le
9
degré de spécificité de l’actif augmente, l’évaluation des qualités de l’entreprise sera plus
difficile pour les banquiers et leur exigence sera de plus en plus forte, notamment dans le cas
d’investissements innovants (Williamson, 1988). Les banques adapteront leurs
comportements, en exigeant un taux d’intérêt élevé ou en refusant de les financer (BELZE ET
GAUTHIER, 2000). Une approche de la dette par la théorie des coûts de transaction se traduit
alors par la relation négative qui existe entre la spécificité des actifs et l’endettement bancaire.
Cette idée est soutenue également par la théorie de l’agence, qui suppose que la
présence d’activités de R&D, difficiles à évaluer et à contrôler, favorise la flexibilité des
PME, et permet aux dirigeants d’entreprendre des projets plus risqués que ceux proposés aux
prêteurs. Face à ce problème de substitution d’actifs, Jensen et Meckling (1976) suggèrent que
les entreprises engagées dans des activités de R&D doivent privilégier le financement par
fonds propres et limiter l’endettement dans leur structure de capital.
Dans le cadre de cette théorie, Myers (1977) suggère que les entreprises à
fortes opportunités de croissance n’ont pas intérêt à émettre de la dette risquée. En effet, cette
dernière peut, dans certains cas, limiter les possibilités d’investissement par l’obligation de
remboursement des échéances. Ainsi, dans les PME innovantes, synonymes de fortes
opportunités de croissance, le recours à l’endettement risque de les confronter à un problème
de sous-investissement.
Arrow (1962) a été le premier à montrer que le problème de risque moral
entrave le financement externe dans les entreprises fortement risquées, telles que les
entreprises innovantes. Face à ces asymétries d’information, les créanciers tenteront
d’introduire des clauses restrictives dans le contrat de la dette, notamment pour les échéances.
Ce qui se traduit par l’écartement des PME du champ du crédit à moyen et long termes,
relativement aux grandes entreprises (Charreaux, 1985 ; Adam et Farber, 1994). Une seconde
manière d’aboutir à la limitation du risque moral est d’imposer des garanties qui pénalisent la
PME en cas de faillite, du fait qu’elle se trouve menacée d’une liquidation potentielle de son
actif, si elle ne peut respecter ses engagements (Besanko et Thakor, 1987).
La traduction empirique de ce concept consiste à mesurer la sensibilité des
investissements aux cash-flows pour des entreprises définies à priori, comme étant
susceptibles d’être soumises à des problèmes informationnels et donc à des contraintes
10
financières (Fazzari, Hubbard et Petersen, 1988 ; Kaplan et Zingales, 1997 ; Campello,
Graham et Harvey, 2010).
Selon Berger et Udell (1998), certaines entreprises peuvent rencontrer des
contraintes financières spécifiques lorsqu’elles sont petites, jeunes ou présentent des
opportunités d’investissement risquées, telles que les activités d’innovation. Les entreprises
innovantes doivent être sujettes à de fortes contraintes financières, en raison du risque élevé,
du manque de garanties ainsi que de la forte opacité informationnelle qui les caractérisent.
La plupart des études sur le financement de l’innovation analysent l’effet des
contraintes financières sur l’investissement innovant et évaluent la sensibilité de la propension
à innover mais aussi les dépenses de recherche et développement (R&D) par des indicateurs
reflétant la richesse de l’entreprise (Himmelberg et Petersen, 1994 ; Harhoff, 1998 ; Bond,
Harhoff et Van-Reenen, 2006). La RDC est un pays intéressant pour ce type d’analyse,
puisqu’il s’agit d’un pays où il existe plusieurs petites et moyennes entreprises ( Harhoff et
Van-Reenen, 2006) qui éprouvent encore des difficultés dans le recours aux prêts bancaires,
leur structure de financement des investissements est prédominée par les fonds propres, alors
que les autres formes de financement telles que le capital-risque et le marché financier restent
très peu sollicités(A.-N., Berger et al. 1998).
Malgré l’importance du sujet, l’intérêt récent des recherches universitaires n’a
pas focalisé le problème de financement des petites entreprises innovantes. Le nombre réduit
d’études et de preuves sur leur problème de financement est dû principalement au manque des
données financières sur ce type d’entreprises, et également à la réticence des propriétaires des
PME à révéler des informations privées sur le financement de leurs entreprises.
La majorité d’économies d'Afrique subsaharienne sont caractérisées depuis
plusieurs années par une situation de surliquidité de leur secteur bancaire, reflet de la frilosité
des banques commerciales à accorder des crédits au secteur privé. Cette surliquidité bancaire,
dont l'origine est à rechercher dans la faiblesse de l'environnement institutionnel et juridique
de ces pays, constitue un puissant frein à l'investissement et au développement de l'activité
des petites et moyennes entreprises. Il est par conséquent urgent que les gouvernements, avec
l'aide de la Banque Mondiale et du FMI, prennent des mesures concrètes visant à réduire la
détention de liquidités oisives par les banques commerciales, en les réorientant vers des
investissements productifs, moteurs de la croissance et du développement économique.
11
La photographie que nous livrent les auteurs à travers leur recherche à la
question liée à la surliquidité bancaire et aux difficultés pour les PME d’accéder aux crédits
auprès des banques, est riche et nuancée. Michel Dietsch et Xavier Mahieux partent des
fondamentaux, fixant le cadre des questions qui sont ensuite examinées par l’ensemble des
contributeurs. Ils nous rappellent en effet que les PME présentent des spécificités qui sont à la
source de réelles contraintes et conduisent à un déficit de financement. Ces spécificités
tiennent à des caractéristiques économiques et comportementales des chefs d’entreprise et de
leurs financeurs qui sont à l’origine de trois grands obstacles à leur financement : un déficit
d’information, un déficit d’incitations à la croissance et une aversion de plus en plus marquée
au risque des institutions financières, notamment en raison des évolutions de la
réglementation bancaire et financière et d’une intense concurrence dans le secteur, comme le
souligne Jean-Paul Betbèze. La manifestation concrète de ces difficultés de financement est
d’ailleurs bien mise en avant par Jean-Marc Pillu et Yves Zlotowski qui disent que les grandes
PME sont surreprésentées dans les défaillances d’entreprises, qui ont doublé depuis 2009 et
ne baissent pas depuis, induites notamment par l’affaiblissement de la consommation des
ménages et la détérioration de leur situation financière. Mais le manque de financement pour
les PME est aussi associé aux structures du système financier qui ne canalise pas assez
l’épargne vers ces entreprises.
Selon le tableau de la situation économique et financière dressé par Élisabeth
Kremp et Claude Piot(2004) font le constat que, dans un contexte marqué par la crise
financière, puis par celle des dettes souveraines, les sources de financement des entreprises
françaises ne se sont pas taries et que les conditions de financement, notamment bancaires,
des PME françaises sont restées globalement favorables pendant et après le pic de la crise. Le
crédit aux sociétés non financières en France a plutôt bien résisté (notamment si on le
compare avec ce qui se passe dans le reste de la zone euro). Les encours de crédits bancaires
aux PME ont ainsi légèrement progressé depuis 2006, et l’ensemble des enquêtes et des
études menées récemment suggèrent que les PME ne sont pas globalement confrontées à un
phénomène de rationnement du crédit, même si des tensions sont enregistrées sur les
financements dégradation du taux de marge de certaines entreprises (en particulier les
entreprises industrielles), est que les PME françaises ont maintenu un effort d’investissement
élevé ces quinze dernières années, au prix d’un endettement croissant, mais maîtrisé grâce à la
baisse du coût de la dette. Dans le même temps, les entreprises ont maintenu une situation
financière relativement saine grâce au renforcement de leurs fonds propres, au travers d’une
politique de mise en réserve des résultats plutôt que d’appel à des financements externes.
12
Les acteurs publics du financement ne peuvent, ni ne doivent porter seuls le
financement des PME en France et en Europe. Ils doivent, à l’inverse, assumer un rôle qui
crée un effet d’entraînement, une mobilisation des acteurs privés. Or force est de constater
que la période actuelle est, sans doute, pour la première fois depuis la vague de
déréglementations du milieu des années 1980, traversée par un foisonnement d’initiatives, de
projets visant à mobiliser les financements privés en direction des PME, notamment en raison
des évolutions de la réglementation bancaire et d’une mise en œuvre mal maîtrisée des
normes de Bâle III.
Jean-François Pons et Benjamin Quatre montrent ainsi que ce sont moins les
exigences de solvabilité que les nouveaux ratios de liquidité qui risquent, si l’on n’y prend
garde, de se traduire par une diminution de la capacité des banques européennes à distribuer
du crédit aux PME. Ils rejoignent en fait le propos de Karl-Peter Schackmann-Fallis et Mirko
Weiss qui rappellent d’ailleurs fort justement l’objectif de neutralité que doit avoir la
réglementation à l’égard du choix des acteurs pour l’un ou l’autre des modes de financement
(bancaire contre marché) des PME. À cet égard, les discussions qui se dérouleront d’ici à la
fin de 2014 à l’échelon communautaire pour finaliser les textes sur l’application des normes
de Bâle III auront une importance capitale.
Au-delà des évolutions réglementaires, Jean-Paul Betbèze souligne également
que l’application des nouvelles technologies au secteur financier alimente sa capacité
d’innovation et la multiplication des offres de financements alternatives ou complémentaires
au crédit bancaire classique, historiquement dominant en Europe. Jocelyne Bendriss, Bertrand
Lavayssière et Mark Tilden dressent ainsi le panorama de cette nouvelle offre de
financements : l’Euro PP, le renouveau de la titrisation, les fonds communs de titrisation,
notamment pour les assureurs, ou l’émergence de financements directs par les particuliers, tel
que le financement participatif. Sylvain de Forges et Philippe Roca présentent d’ailleurs en
détail l’une de ces initiatives, à la fois simple et originale, visant à créer une banque détenue
par des entreprises dont l’objet est de consentir à ses seuls actionnaires des lignes de crédit à
moyen terme.
Le paradoxe sur la surliquidité bancaire et le sous - financement des entreprises
locales en revêt une importance particulière qui se justifie par l’impact désastreux des PME
en particulier en RDC. Qui explique à ce jour, la déchéance des entreprises locales et
13
représentent une fois de plus une forte menace pour la stabilité du système financier de tout le
pays
Notre étude constate aussi que les Petites et Moyennes entreprises locales de la
République Démocratique du Congo, ont les mêmes difficultés que dans d’autres pays du
monde où la surliquidité bancaire devient un problème lorsque les projets présentés par elles
ne peuvent être financés parce que les banques ne veulent pas prêter.
Le système bancaire de la RDC connaît un excès de liquidité qui contraste avec
la situation de sous-développement dans laquelle se trouve l’ensemble du pays. La RDC, où
on trouve la population la plus pauvre, a un secteur financier quasiment moins productif et des
PME qui manquent fréquemment de financement nécessaire à leur développement. De ce fait,
elles réalisent souvent des performances économiques médiocres en termes de croissance.
Raison pour laquelle, cette thèse porte sur « la Surliquidité bancaire et le sous-financement
des Petites et Moyennes Entreprises en République Démocratique du Congo, de 2010 à
2022 ».
Par rapport aux recherches antérieures nous avons mis notre accent sur le
contexte Congolais à travers le panel de banques et entreprises sous examen. Car, la relance
de l’économie de la RDC n’est possible que par la création d’emplois par les PME locales.
Tous les acteurs au développement ; nous citons : Etat, banques et entreprises locales sont
invités à respecter leurs rôles pour promouvoir le social des populations (chasser le chômage
et la misère par la création des emplois).
Dans le cadre de sa politique de développement économique et social, le
gouvernement de la République Démocratique du Congo a mis l’accent sur la promotion et la
protection de l’initiative privée. A ce titre, la PME a été identifiée comme l’un des piliers
essentiels au développement en ce sens que les effets d’entraînement sur le reste de
l’économie en termes de création d’emplois, de diversification de la production et
d’utilisation des ressources productives sont réels.
Selon son ordre de rentabilité décroissante la banque a trois options que l’on
doit mentionner :
(1) prêter à la clientèle (particuliers, entreprises, intermédiaires bancaires ou
financiers, États),
(2) conserver auprès de la Banque centrale et
14
(3) conserver par-devers elle. Les banques peuvent aussi opter pour une combinaison
de ces trois situations.
Dans la première option, la banque est en situation de surliquidité si et
seulement si elle ne prête pas l’intégralité de la liquidité excédentaire à la norme à respecter.
En revanche, dans les deux dernières situations, la banque est tout simplement surliquide, ce
qui n’est pas une situation rationnelle compte tenu des coûts d’opportunité que cela implique.
Inversement, une banque qui éprouve des difficultés à respecter le coefficient de liquidité peut
être considérée comme illiquide. Elle peut recourir à l’emprunt interbancaire ou au
refinancement de la Banque centrale pour éviter toute ruée sur ses dépôts.
Le système bancaire en RDC est de type « ouvert », c'est-à-dire qu'aucune
barrière n'est érigée à la participation totale ou partielle des privées étrangers dans le capital
social des banques locales. Depuis 1957, le législateur national fait obligation à toutes les
banques œuvrant comme succursales au Congo, de se constituer en sociétés de droit
congolais.
C’est qui explique la concentration du système bancaire Congolais qui est un
trait majeur tant au plan économique que spatial. D'une part, il y a décomposition de
l'ensemble des banques en deux sous ensemble hétérogène et inégaux (les « majors », qui
drainent l'essentiel des dépôts et des crédits, et les autres banques de moindre importance).
D'autre part, ces banques maintiennent une présentation plus marquée à Kinshasa et à
Lubumbashi que dans le reste du pays. Nous notons curieusement que le système bancaire
congolais est techniquement faible et tourné vers l'extérieur.
Cette situation fait que, sur le plan opérationnel, les banques Commerciales
s'accrochent plus aux techniques liées aux opérations d'import-export. L'importance accordée
au commerce extérieur constitue une faiblesse structurelle qui ne met pas le secteur bancaire à
l'abri des soubresauts de la conjoncture économique.
Crédit bancaire, « crédit » a la même étymologie que le mot « croire » (en latin
« credo », je crois, j’ai confiance) ; c’est donc une activité qui repose sur la confiance, celle
que le prêteur accorde à l’emprunteur de qui il attend le remboursement du prêt Dutaillis
(1967), Pruchaud (1960), Bernard et Colli (1965)
15
Les entreprises en RDC éprouvent des sévères difficultés d’accéder aux crédits
bancaires pour multiples raisons évoquées par les banques alors que ces dernières accusent
une santé financière forte, solide, prospère et pérenne. Rapports annuels des banques,
( 2020/2021).
L’analyse de l’environnement financier des entreprises en RDC démontre que
les institutions financières font preuve d’une grande frilosité. En effet, les établissements
bancaires estiment que les entrepreneurs congolais ne présentent généralement plus de
projets pouvant être financés. Leurs projets ne disposent pas des garanties de rentabilité et de
sécurité nécessaires. Ils comportent plus de risques que nécessaire
Partant de cette observation, nous avons identifié notre problème qu’il faut
cependant solutionner. ‘’Surliquidité bancaire et le sous- financement des PME locales’
Notre thèse apporte des éléments de réponse à la problématique de la
surliquidité des banques commerciales face aux financements des PME et propose des
solutions envisageables pour la RDC. Elle se propose d’une part d’analyser de manière plus
optimale le paradoxe de surliquidité bancaire et le sous - financement des entreprises locales
en RDC ; d’autre part, d’examiner les raisons qui poussent les banques de résister à l’octroi
des crédits aux entreprises.
Autrement, la volonté des banques commerciales de ne pas faire participer les
entreprises locales au développement de l’économie en République Démocratique du Congo à
base de services.
Une des innovations dans cette étude consiste à démontrer empiriquement le
rôle que l’Etat doit jouer auprès des PME et aux banques celui de garant ou parrain par
excellence qui freine le doute et l’inquiétude des banques de voir leurs crédits remboursés à
l’échéance. Nous l’avons illustré par la théorie EPB (Etat, Banque, PME) une synergie
triangulaire.
Les variables représentants les motifs involontaires de la détention des réserves
agissent sur la surliquidité à travers les motifs de précaution par les banques.
Depuis plusieurs années, les PME ont largement été proclamées comme ayant
contribué avec succès à réduire la pauvreté et considérées comme un outil indispensable pour
16
atteindre les « Objectifs du Millénaire pour le développement », aujourd’hui objectif de
développement durable2.
Bien qu’il soit indéniable que l’accès aux services financiers soit un puissant
privilège, les produits de crédit et d’épargne ne s’adressent qu’à un seul aspect de la pauvreté,
c’est-à-dire le manque de liquidités, et ils ne suffisent pas pour gérer les graves difficultés que
rencontrent les populations de la RDC.
La surliquidité bancaire et le sous financement des entreprises locales en RDC
sont deux phénomènes défavorables qui ne peuvent garantir la survie et l’émergence des
entreprises et le bien-être de la population dans son ensemble.
L’accès au financement des PME demeure encore très difficile pour les
raisons suivantes :
La rigidité des procédures d’octroi de crédit au sein des institutions financières ;
L’absence de produits financiers adaptés aux besoins des PME ;
La mauvaise perception des risques relatifs à certaines activités (secteur agricole
ou transport fluvial) exercées par les PME ;
Les fondamentaux de la gestion non maitrisée par certains dirigeants
d’entreprises
La difficulté des PME à un présenter un dossier de crédit bancable auprès des
institutions financières
L'incapacité des PME à présenter les garanties solides exigées par les
institutions financières ;
Le manque de confiance entre les PME et les institutions financières.
Malgré l’ampleur des besoins de financement en RDC, l’épargne reste
insuffisamment utilisée pour financer les entreprises. Cela provoque un taux très élevé du
chômage. De ce fait, la RDC réalise souvent des taux de croissance faibles, en deçà des
attentes et en comparaison avec les autres pays du Tiers Monde.
2
Avec la conclusion des OMD à la fin de l’année 2015, les dirigeants du monde ont appelé à la mise en place d’un
programme ambitieux et de long-terme pour améliorer la vie des populations et protéger la planète pour les
générations futures. Ce programme de développement pour l’après-2015 abordera de nombreuses
problématiques : mettre fin à la pauvreté et à la faim, améliorer la santé et l’éducation, bâtir des villes plus
durables, combattre les changements climatiques et protéger les océans et les forêts .
17
En effet, ce ne sont pas les ressources qui font défaut, mais le mécanisme
d’intermédiation qui consiste à transformer ces ressources en prêts aux agents en besoin de
financement. Les banques ont un comportement qui freine le circuit économique.
Avec une rentabilité élevée, en raison de la structure oligopolistique du
marché, elles préfèrent conserver des capacités oisives plutôt que de prêter une partie de
l’épargne collectée auprès de la clientèle. Il en résulte une situation de surliquidité qui se
traduit par l’augmentation de leur dépôt. Une inquiétude à ce sujet de forte liquidité consiste à
savoir à quel niveau c’est logé ? Auprès de leurs sièges à l’étranger ou à la Banque Centrale
du Congo ? A savoir que plus de 90% d’entre elles installées en RD. Congo sont des banques
à capitaux étrangers.
Dans le cadre de sa politique de développement économique et social, le
Gouvernement de la RDC a mis l'accent sur la promotion de l'initiative privée et du
développement participatif. A ce titre, la Petite et Moyenne Entreprise(PME) a été identifiée
comme l'un des leviers essentiels au développement en ce sens que les effets d'entrainement
sur le reste de l'économie en termes de création d'emplois, de diversification de la production
et d'utilisation des ressources productives sont réels.
L'émergence d’entreprises à laquelle on assiste est venue en réponse à un
contexte socioéconomique en pleine mutation : exode rural massif, échec des réformes
économiques, chômage et inégalités de revenus.
En parallèle, un courant de pensées s'est progressivement développé 1 décrivant
les micros entreprises non seulement comme un moyen de lutte contre la pauvreté, mais aussi
comme une solution aux problèmes de croissance dans les pays en développement comme la
RDC. C'est dans une telle perspective que depuis ces deux (2) dernières décennies, les
autorités avec l'appui des partenaires s'adonnent à promouvoir cette catégorie d'entreprise.
Cependant, la proportion des PME en fonction des efforts consentis à leurs
égards semble toujours inquiétante. De fait, ces entreprises rencontrent beaucoup de
difficultés qui contraignent leur épanouissement. Parmi lesquelles, figure le problème de
l'accessibilité au financement bancaire.
18
C'est dans ce cadre que s'inscrit la présente étude dont le choix du thème «
Surliquidité bancaire et le sous financement des PME locales en RDC » a été motivé par des
raisons tant d'ordre personnel, que scientifique.
La surliquidité bancaire et le sous financement des PME locales est récurrente
dans la plupart des pays en développement surtout que les PME constituent pour l'essentiel,
des chances de sortir du sous-développement de ces pays.
Une étude faite sur un secteur aussi important que celui de la finance est donc
d'un apport remarquable aussi bien pour les différents acteurs intervenant dans le processus
du financement que pour tous les agents économiques en général.
D'un point de vue personnel, amorcer cette étude est un fait fondamental du
fait qu'elle constitue un jalon de réflexion et d'étude de « ce qui se fait » et de « ce qui devrait
se faire » dans le secteur bancaire en RDC comme dans d’autres pays du sud condamnés de
vivre dans la misère.
Sur le plan scientifique, cette étude devra nous permettre de concilier la
théorie à la pratique. Un acquis qui nous permettra de mener une analyse complémentaire
aux recherches antérieures et de proposer des actions de soutien aux acteurs en vue d'une
véritable promotion du financement bancaire à l'égard des PME.
De ce contexte, la spécification de la problématique nous permettra d'abord de
justifier l'existence d'un problème de financement et par la suite, de formuler les
interrogations sur les raisons d'un tel état des faits.
Les banques ont tendance à surestimer le risque associé au financement d’une
grande partie des entreprises, ce qui se traduit par l’insuffisance des prêts vis-à-vis des dépôts
et, donc, par l’augmentation de leur liquidité au-delà du seuil nécessaire. La surliquidité des
banques a d’abord donné lieu à des dépôts oisifs auprès de la Banque centrale avant d’être
recyclée en partie pour financer les dettes souveraines. Ce phénomène a contribué à réduire
l’importance des réserves excédentaires sans les absorber intégralement.
Au final, le problème de surliquidité n’est pas totalement résolu et la
problématique de financement de l’économie a simplement changé de nature avec la
substitution du financement par le marché des Trésors nationaux aux avances de la Banque
19
centrale, l'accès au crédit du secteur productif privé et des PME reste donc une difficulté à
résoudre.
Quoi qu’il en soit la survie de ces Entreprises, moteur de l’économie, dépend largement de
l’accès au financement pour la réalisation de leurs objectifs de mise en marché, de croissance,
de développement et d’innovation. Alors que la résistance rencontrée auprès des banquiers les
éloignent d’atteindre ces objectifs.
Notre apport dans cette recherche consiste d’impliquer l’Etat Congolais
d’intégrer le circuit de demande des crédits pour garantir la relance économique des PME en
République Démocratique du Congo. Son rôle dans ce circuit n’est pas d’un observateur
plutôt de garant et d’un opérateur économique faisant partie intégrante aux opérations. Nous
l’avons illustré par une triangulation (schéma) au quatrième chapitre. Nous heureux d’avoir
apporté au monde scientifique et aux autorités monétaires notre contribution par la théorie
Kally KMB., laquelle va apporter aux PME une solution aux difficultés liées à l’octroi des
crédits bancaires. La RDC doit tenir compte de son environnement bancaire lequel opère
avec des banques à capitaux étrangers qui ne favorisent pas le décollage de son économie par
PME locales. Elle doit s’impliquer à cette théorie Kally KMB en investissant dans le secteur
bancaire et jouir enfin son vrai rôle d’un opérateur économique. (Démarcation :
PREDECESSEURS, MON APPORT)
3. Problématique
L’excès de liquidité bancaire a pu être constaté, par moments, dans certains
pays asiatiques et dans la Zone euro. La différence entre ces situations de surliquidité en
comparaison avec celle de la RDC tient, nous semble-t-il, à la permanence du phénomène.
Tandis que les incertitudes liées à la crise ou aux anticipations de faible croissance expliquent
le cas de l’Asie du Sud-Est et celui de la Zone euro , l’excédent de liquidité bancaire existe
depuis 1994. Aussi, son ampleur en fait une situation particulière. Les mécanismes qui sous-
tendent ces différentes situations de surliquidité peuvent être mis en évidence à travers une
analyse en termes d’offre et de demande de crédit. Selon Saxegaard (2006), l’excédent de
liquidité peut être, d’une part, le résultat de la volonté des banques de restreindre l’offre de
crédit : « surliquidité volontaire ». Ce phénomène peut être illustré de la façon suivante : (i)
l’incertitude, (ii) l’offre de crédit, (toutes choses égales par ailleurs), prêts/dépôts égal
surliquidité bancaire.
20
Agenor, Aizenman et Hoffmaister (2004) expliquent la surliquidité des
banques asiatiques par ce phénomène. Pour eux, la crise en Thaïlande a entraîné une
augmentation des incertitudes, ce qui a conduit les banques à limiter l’offre de crédit, d’où
l’excédent de liquidité bancaire.
D’autre part, la surliquidité bancaire pourrait être le résultat d’une insuffisance
de la demande de crédit (« surliquidité involontaire ») :
(i) demande de crédit, (toutes choses égales par ailleurs), prêts/dépôts égal surliquidité
bancaire.
Wyplosz (2005) fait une analyse de la surliquidité des banques européennes qui
privilégie l’insuffisance de la demande. Pour lui, l’excès de liquidité de la Zone euro
s’explique par une déficience de l’emprunt due aux faibles perspectives de croissance malgré
des taux d’intérêt bas. La phase actuelle de la surliquidité des banques de la Zone euro, qui a
débuté avec la crise financière en 2007, résulte de la combinaison de deux phénomènes. D’un
côté, les incertitudes ont conduit les banques à freiner l’expansion du crédit. Les ménages, de
leur côté, ont réorienté leur épargne vers les actifs liquides et sans risque. Cette situation a
conduit à l’excès de liquidité du système bancaire, après une tendance où les prêts étaient plus
importants que les dépôts.
L’excès de liquidité des banques de l’UEMOA s’explique, nous-semble-t-il, du
côté de l’offre, i.e. par les réticences d’une partie des banques commerciales à fournir
davantage de crédit. Cela résulte du manque de concurrence dans le secteur bancaire et, donc,
de la structure oligopolistique du marché. Les réticences des banques se manifestent par le
niveau élevé des taux d’intérêt, qui ne saurait se justifier par un taux de refinancement élevé
auprès de la Banque centrale, et par l’importance des garanties exigées pour accéder au crédit
bancaire. Nous retenons le mécanisme suivant :
(i) Les conditions et coûts du crédit, (ii) exclusion et dissuasion d’une partie
des emprunteurs du circuit de financement formel, (toutes choses égales par ailleurs), (iii)
prêts/dépôts entraine la Surliquidité du système bancaire.
Les conditions imposées par les banques ont un double effet négatif sur la
demande de crédit. Primo, une proportion importante des entreprises éprouvent des difficultés
à les satisfaire et sont, par conséquent, exclues du système bancaire classique. Il faut tout de
21
même signaler qu’en plus du haut niveau des taux d’intérêt, les garanties requises pour
accéder au financement bancaire sont souvent supérieures à la valeur du crédit
demandé. Secundo, une partie des emprunteurs s’abstiennent de formuler des demandes de
crédit en estimant que les banques n’accorderaient pas de suite favorable. C’est le phénomène
d’« auto-rationnement des entreprises ». Il a été constaté au Bénin, au Mali, au Niger et au
Sénégal (Banque mondiale, ICA). Outre leurs impacts négatifs sur les activités des
entreprises, les taux d’intérêt pourraient constituer un obstacle au développement des banques
elles-mêmes. Ils peuvent entraîner une hausse de la proportion des créances en souffrance
(sélection adverse). L’augmentation des risques de défaut qui en résulte pourrait engendrer
des crises financières.
Les difficultés d’accès au crédit bancaire ont favorisé l’émergence des
institutions de microfinance. Celles-ci ont élaboré des produits financiers et des procédures
relativement mieux adaptés aux contextes locaux. Elles ont permis la bancarisation et le
financement d’une partie des populations exclues du système bancaire classique. Toutefois,
les organismes de microfinancement, de par leur taille, leur nature et la cherté excessive des
financements accordés, pourraient difficilement combler le besoin de financement global de
ces économies.
Ils ne représentent moins de PC (%) des prêts et des dépôts (Rapport annuel de
la BCC, 2008) et dépendent des banques classiques, soit pour avoir accès eux-mêmes à la
liquidité, soit dans le cadre de partenariats plus poussés, ce qui confère aux banques une place
centrale dans la question de financement de ces économies.
En RDC comme dans le reste des pays du sud, la surliquidité bancaire devient
un problème lorsque les projets présentés par les entrepreneurs locaux ne peuvent être
financés parce que les banques ne veulent pas prêter. Or, les banques quant à elles justifient
leur résistance par la mauvaise gestion des PME qui ne répondent pas aux critères d’octroi des
crédits tels que fixés par elles. Une profonde inquiétude pour les banques d’être privées
d’informations fiables sur ces entreprises qu’elles considèrent comme négligentes même sur
la tenue d’une bonne comptabilité.
Cela nous pousse à dire que la question de la surliquidité bancaire est difficile à
appréhender en République Démocratique du Congo à cause de la défaillance du système
22
d’information. Quoi qu’il en soit, elle reste un réel problème visible en fonction des périodes
et des contraintes économiques du pays.
La particularité de la surliquidité bancaire est à relier non seulement aux causes
qui ont conduit à un effondrement rapide des cours boursiers mais aussi aux conséquences
qu’elle eut dans différents domaines. La principale réponse politique à cette crise particulière,
formulée lors du sommet du G20 à Londres en avril 2009, consiste en un renforcement de la
supervision bancaire menée par le Comité de Bâle. [Rachida HENNANI, 2016].
Le traitement que les banques commerciales accordent aux PME ne cesse de
faire l’objet de critiques. S’appuyant sur les résultats d’entrevues menées auprès
d’entrepreneurs, de décideurs politiques et de banquiers, les auteurs examinent deux facteurs
qui semblent nuire aux relations qu’entretiennent les banques avec les PME :
- le désengagement du Gouvernement congolais, qui amène les banques à faire
preuve de prudence et à négliger le suivi auprès des PME ;
- l’adoption d’une approche de marketing orientée vers les transactions
financières standardisées à court terme.
En RDC, sont majoritairement les banques étrangères qui gèrent ce secteur
alors que celles-ci protègent d’abord leurs propres intérêts. Or, aucun pays ne peut se
développer avec plus de banques étrangères que locales. Car, la banque étrangère, en dépit des
accords signés, rapatrie les bénéfices dans le pays de la maison mère. Pire, avec l’ingénierie
comptable, elle peut même rapatrier tous les bénéfices [BOUNGOU, JC. 2011].
La question de départ est celle de savoir :
Existe-t-il une surliquidité et sous-financement des Petites et Moyennes Entreprises en
RDC ?
Cette question principale a suscité deux préoccupations secondaires :
1°) Quels sont les facteurs qui ne favorisent pas l’accès facile aux crédits bancaires ?
2°) Quelles stratégies mettre en place pour lutter contre la surliquidité des banques
commerciales et de sous financement des PME sous étude ?
Ces questions de notre problématique soulèvent les difficultés de la politique monétaire de
l’économie de la RDC.
23
4. Hypothèses de la recherche
Les banques commerciales ont toujours reproché les PME de plusieurs facteurs
qui handicapent l’accès facile aux crédits. Notre étude se penche sur ces facteurs pour
ressortir deux hypothèses, ci- après :
H.1°. La structure organisationnelle des PME en général en RDC, n’arrive pas
encore à convaincre les banques commerciales de leur accorder des crédits. Les banques
commerciales fondent leur justification par la nature même des PME, le faible niveau du
chiffre d’affaires, la tenue irrégulière des états financiers (selon la norme de l’OHADA), leur
incapacité à répondre aux obligations et conditions posées par les banques et l’asymétrie de
l’information.
H.2). L’autorité monétaire (BCC) est l’auteur par excellence à mettre en place des stratégies
en lutte contre la surliquidité bancaire. Elle est tenue à contrôler la masse monétaire. Les
effets de son intervention se font sentir sur l’inflation et l’activité économique.
- Sur l’inflation ces effets se manifestent à travers l’augmentation générale et
durable des prix sur le marché se traduisant directement par une perte du pouvoir d’achat de
la monnaie.
L’analyse économique établit une relation entre inflation et quantité de
monnaie en circulation. Dès lors, toute augmentation de la quantité de monnaie entraine une
baisse des prix. A savoir que l’inflation avec ses effets néfastes, implique une baisse du
pouvoir d’achat de la monnaie qui entraine l’effondrement du système monétaire plongeant
ainsi l’économie dans la crise ;
- Les effets sur l’activité économique (monnaie et activité économique) sont définis par la
production des biens et services qui vont satisfaire les besoins de la population. C’est par la
création de la monnaie que l’activité économique stimule les échanges et favorise la
croissance. A l’inverse, elle freine la hausse de la production et la création d’emplois. Nous
savons qu’en accordant des prêts, la banque centrale du Congo crée la monnaie scripturale qui
favorise le développement de l’activité économique et lutte contre la surliquidité des banques.
En marge de cette lutte contre la surliquidité bancaire, les PME sont tenues à
améliorer leurs facteurs cités ci-haut. Et, les banques commerciales à leur tour doivent
accompagner les PME pour éviter l’asymétrie d’information à travers plusieurs mécanismes
24
notamment celui de renforcement des capacités. Les banques doivent aussi accompagner
l’Etat dans son programme du développement à travers les PME.
5. Objectifs de la recherche
3.1. Objectif Général
L'objectif principal de cette étude est donc d’apprécier les effets positifs et
négatifs de la surliquidité bancaire sur le financement des PME.
3.2. Objectifs spécifiques
Deux objectifs spécifiques en découlent de cette étude :
Identifier les contraintes d’accès au financement bancaire ;
Proposer un modèle pour améliorer la bonne gouvernance entre les banques et les
PME,
6. Méthodologie sommaire
Pour réaliser cette recherche doctorale, nous avons fait appel aux approches
quantitatives, qualitatives appuyées par les méthodes comparatives, statistiques, systémiques,
des ratios et techniques de sondage d’enquête, documentaires et d’interview en utilisant le
logiciel STATA 16
7. Délimitation
Nous avons mené nos recherches auprès d’un panel de 5 banques
commerciales et 146 PME exerçant leurs activités en RDC. Pour les banques : Trust
Marchand Bank (TMB), RAWBANK, Equity-BCDC, ECOBANK et Accès-BANK, de
2010 à 2022). Pour les PME, nous les avons sélectionnés sur le répertoire de la COPEMECO,
de 2010 à 2022
25
8. Structure du travail
Notre thèse de doctorat comporte deux parties :
Première partie : cadre théorique
Elle a deux chapitres :
- Le premier chapitre portera sur les considérations générales sur la politique monétaire
et le financement des PME. Elle contient deux sections à savoir :
1.1 Etude théorique sur les concepts fondamentaux de base ;
1.2 La revue de la littérature empirique sur la surliquidité et financement des PME
Congolaises conclusion
- Deuxième chapitre abordera le cadre de l’étude sur le système bancaire Congolais portant
aussi deux sections à savoir :
2.1 Aperçu historique ;
2.2. Structures organiques et fonctionnelles.
Conclusion partielle
La deuxième partie : cadre pratique
Il comporte trois sections :
3.1 La présentation des milieux d’étude ;
3.2 Les méthodes et techniques de la recherche ;
3.3 La thématique (modèle de la recherche)
- Conclusion partielle
Chapitre quatrième. Présentation, analyse et interprétation des résultats
4.1. Présentation, analyse et interprétation des tableaux chiffrés
4.2. Discussion des résultats et vérification des hypothèses.
- Résultats des tableaux
Conclusion partielle
Conclusion générale
Bibliographie
Annexes
Table des matières
26
Première partie : CADRE THEORIQUE
Elle comporte deux chapitres :
Chapitre 1er : Considérations générales sur la politique monétaire et le financement des Pme.
Chapitre 2ème : Cadre de l’étude sur le système bancaire Congolais.
27
Chapitre premier : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LA POLITIQUE
MONETAIRE ET LE FINANCEMENT DES PME.
L’origine des crises économique a toujours posé à la théorie économique un
véritable défit dans les années 1960 suivant la théorie de Keynes qui produit de résultat de la
récession. Cependant les années 1970 ont vu apparaitre la stagflation c’est-à-dire la situation,
l’économie souffre simultanément d’une croissance économique faible ou nulle et d’une forte
inflation c’est-à-dire une croissance rapide des prix.
L'excès de la tarification des services offerts aux grandes entreprises favorise la
surliquidité bancaire. Le coût du crédit dépend essentiellement de 3 facteurs, à savoir le taux
de base bancaire, la majoration liée au type de crédit et la majoration relative au type de
client.
La République Démocratique du Congo(RDC) dans son rapport sur la
politique monétaire ne s’échappe pas à cette politique qui met les PME en difficulté de
participer à la relance réelle de l’économie de la République
Plusieurs facteurs qui ont impacté l’efficacité de la politique monétaire en
RDC : la forte dollarisation du système bancaire et la faiblesse institutionnelle de la banque
centrale due aux faiblesses de l’indépendance et de la mauvaise situation financière.
Dans ce premier chapitre nous aurons deux sections :
- la revue de la littérature théorique sur les concepts fondamentaux de base
( Surliquidité , Entreprise , Banque, Monnaie, Financement, Crédit et la Revue de la
littérature Empirique sur la politique monétaire et financement des PME.
1.1. La revue théorique des concepts fondamentaux de base
Surliquidité
Définition : est d'un rapport entre différents éléments de l'actif et du passif du bilan des
banques. Une banque qui détient de la liquidité au-delà de ce ratio peut être
considérée comme surliquide.
Un ratio est dit prudentiel lorsqu’il est imposé par des autorités de tutelle pour
leur permettre de contrôler les risques des entités et ainsi de garantir leur pérennité.
Un ratio est un rapport de deux grandeurs, extrait des états financiers d’une
même entité, qui permet de mesurer les performances ou les risques de ladite entité.
28
La loi bancaire prévoit l’obligation de respecter des normes de gestion : « Les
établissements de crédit sont tenus, dans des conditions définies par le ministre chargé de
l’économie, de respecter des normes de gestion destinées à garantir leur liquidité et leur
solvabilité à l’égard des déposants et, plus généralement, des tiers, ainsi que l’équilibre de leur
structure financière. Ils doivent en particulier respecter des ratios de couverture et de division
de risques BEZARD M. (2004)
• Ratio de solvabilité
• Ratios de liquidité
• Coefficient de fonds propres et de ressources permanentes.
Les accords de Bâle I ont pour objectif:
recommander aux banques de structurer leur bilan d'une certaine façon;
ratio à respecter, appelé ratio Mc Donough (anciennement ratio Cooke);
Utile pour que les autorités de régulation prennent des mesures des réglementations
locales.
La montée du risque de crédit est expliquée par :
la forte augmentation des faillites d’entreprises après les deux chocs pétroliers ;
la forte baisse des actifs des sociétés sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt
nominaux et réels ;
la montée de risque pays et la crise de la dette des pays en voie de développement
(PVD).
D’où la mise en place du ratio de solvabilité appelé ratio COOKE du nom du
rapporteur du Comité M. PETER William COOKE
Ce ratio fait un rapport entre les fonds propres, composés d'un noyau dur
(capital et réserves) et d'éléments complémentaires tels que les provisions et les titres
subordonnés, et l'actif du bilan et les engagements hors bilan pondérés aux risques.
Ce rapport doit respecter deux conditions :
· - (fonds propres + quasi fonds propres) / ensemble des engagements > 8%
· - fonds propres / ensemble des engagements > 4%
Fonds propres réglementaires >= 8%
29
Les faiblesses d'un système bancaire que ce soit dans un pays en
développement ou développé, peuvent menacer la stabilité financière tant au sein de ce pays
qu'à l'échelle internationale
Les dispositifs de Bale sont des recommandations et non des obligations.
Chaque pays doit les adapter à son contexte. C’est ainsi que la réglementation bancaire en
République Démocratique du Congo fixe la norme de coefficient de solvabilité à 7 % pour le
tier 2 et à 10 % pour le tier 1 conformément à l’instruction n° 14, articles 12, 13, 14, 15 et 16.
La surliquidité des banques a d'abord donné lieu à des dépôts oisifs auprès de la Banque
centrale avant d'être recyclée en partie pour financer la dette souveraine.
Ce phénomène a contribué à réduire l'importance des réserves excédentaires
sans les absorber intégralement.
Entreprise
[Link]. Définitions :
Ce qu'on se propose d'entreprendre, de faire (dessein, projet) ; mise à exécution d'un
projet. Dictionnaires Le Robert(2000)
L'entreprise est avant tout un lieu de production qui réalise des biens et services pour
les vendre avec bénéfice sur un marché. Elle cherche à maximiser son profit et à
produire autant d'unités que la recette procurée de la vente de la dernière unité couvre
le coût des inputs.é[Link](2004).
Une entreprise, également appelée firme, compagnie ou société, ou encore
familièrement boîte ou business, est une organisation ou une unité institutionnelle,
mue par un projet décliné en stratégie, en politiques et en plans d'action, dont le but est
de produire et de fournir des biens ou des services à destination d'un ensemble
de clients, en réalisant un équilibre de ses comptes de charges et de produits.
Pour ce faire, une entreprise fait appel, mobilise et consomme des ressources
(matérielles, humaines, financières, immatérielles et informationnelles) ce qui la conduit à
devoir coordonner des fonctions (fonction d'achat, fonction commerciale, fonction
informatique, etc.). Elle exerce son activité dans le cadre d'un contexte précis auquel elle doit
s'adapter : un environnement plus ou moins concurrentiel, une filière technico-économique
caractérisée par un état de l'art, un cadre socio-culturel et réglementaire spécifique. Elle peut
30
se donner comme objectif de dégager un certain niveau de rentabilité, plus ou moins élevé. Du
point de vue légal, une entreprise est une personne morale.
Depuis le début du XXIe siècle, les entreprises sont appelées à prendre en
compte les exigences de développement durable, à travers la responsabilité sociétale des
entreprises
[Link]. L'entreprise selon l'approche juridique
- En droit français.
Il n'y a pas de reconnaissance de l'entreprise comme sujet, mais comme
activité. Il y a plusieurs formes de sujets juridiques qui peuvent porter une entreprise. Les plus
courantes sont :
les sociétés : lorsque l'entreprise est portée par plusieurs associés (société
anonyme, société par actions simplifiée, société à responsabilité limitée, société civile
professionnelle) ;
les associations ou coopératives : lorsque l'entreprise n'a pas de but lucratif ;
les structures individuelles : lorsque l'entreprise est portée par un individu seul (auto-
entrepreneur, profession libérale, artisan, entreprise individuelle, EURL).
La forme juridique choisie doit faire l'objet d'un enregistrement auprès des
autorités compétentes (registre du commerce et des sociétés ; répertoire des métiers pour les
entreprises artisanales ; URSSAF pour les professions libérales). Cette forme juridique est
associée à une identification distinctive et non ambiguë (en France par exemple, inscription au
répertoire SIREN/SIRET). Lorsqu'il s'agit d'une société, cet enregistrement lui confère la
personnalité morale et un statut juridique dont la forme dépend de l'objet social de la société,
du nombre des apporteurs de capitaux, du montant des capitaux engagés, ainsi que du cadre
législatif et réglementaire en vigueur. L'exercice de l'activité de l'entreprise peut également
faire l'objet d'une autorisation préalable délivrée à titre permanent ou révisable, là encore dans
le cadre des législations en vigueur (exemples des activités de banque, assurance, pharmacie,
travail temporaire, etc.).
Par le concept de société, le droit identifie donc l'entreprise avec ses dirigeants.
Cependant, le droit encadre aussi la représentation des employés au sein de l'entreprise.
31
La forme juridique requise pour la constitution d’une société financière en RDC
Depuis le 14 août 2023, les sociétés financières doivent être constituées sous la
forme d'une société anonyme pluripersonnelle pour obtenir leur agrément en République
Démocratique du Congo (RDC).
Les sociétés financières sont des personnes morales de droit congolais
dont l’activité consiste, à l’exclusion de toute réception de fonds remboursables du
public, à effectuer des opérations de crédit, à réaliser des opérations de paiement, à
générer des instruments de paiement ou à faire le change manuel (Cf. Article 3 de la
loi n°22/069 du 27 décembre 2022 relative à l’activité et au contrôle des
établissements de crédit établi).
Donc, contrairement aux établissements de crédit, la société financière ne
collecte pas l’épargne du public.
La loi dresse une liste non exhaustive des sociétés financières. Il s’agit
notamment des sociétés de crédit-bail, des entreprises de microcrédit, des sociétés
d’affacturage, des sociétés de cautionnement, des bureaux de change, des émetteurs
des instruments de paiement, des messageries financières et des institutions financières
spécialisées. Le législateur permet, sauf dispositions légales contraires, à la Banque
Centrale du Congo (BCC) de définir par voie d’instruction les autres catégories des
sociétés financières.
C’est grâce à l’objet social de la société qu’il est possible de déterminer
la catégorie de la société financière qui correspond à l’activité envisagée et le type
d’agrément à obtenir auprès de la BCC. En effet, une société financière ne peut pas
exercer l’activité réservée à une autre catégorie de société financière. Par exemple,
l’article 4 alinéa 5 de l’instruction administrative n°006 de la BCC portant
règlementation de l’activité des messageries financières (société financière) indique
que celles-ci doivent faire du transfert des fonds leur unique activité.
C’est dans ce contexte que l’instruction n°53 relative aux conditions
d’agrément des sociétés financières, de leurs dirigeants et de modification de leurs
situations statutaires du 14 août 2023 détermine la forme juridique requise pour
l’agrément d’une société financière en RDC.
32
L’article 15 de l’instruction précitée dispose que « Sauf disposition
spécifique contraire, les sociétés financières sont constituées sous forme de société
anonyme pluripersonnelle avec conseil d’administration ».
Il se dégage de ce texte une volonté de l’autorité de régulation d’encadrer
davantage la gouvernance des sociétés financières tout en renforçant leur contrôle. La
constitution sous la forme d’une société anonyme indique l’obligation de disposer d’un
commissaire aux comptes (Cf. Article 694 de l’acte Ohada sur les sociétés
commerciales et le groupement d’intérêt économique). Cette obligation a aussi un
impact sur l’amélioration de la transparence des sociétés financières.
Petite et Moyenne Entreprise (PME)
De nos jours, les économies du monde n’ont pas encore adopté une définition
légale et standard de la PME.
Il existe plusieurs formes sociétaires mais les plus couramment utilisés sont la
Société à Responsabilité Limitée (SARL), la Société par Action Simplifiées(SAS) et la
Société Anonyme(SA). La première étape consiste à choisir la forme juridique que va revêtir
votre société. Elles sont classifiées selon leurs chiffres d’affaires. Dans ce point, nous passons
en revue les controverses définitionnelles de PME ainsi que l’analyse de ses objectifs
permettant ainsi de ressortir son importance socio-é[Link], toutes font
référence aux critères tant quantitatifs (nombre d’employés, chiffre d’affaire, total bilan), que
qualitatifs (mode organisationnel, système de gestion, …)
Quand on parle des définitions quantitatives notons que sa dernière directive
de 2003, la commission Européenne a précisé de seuils d’effectifs, de chiffre d’affaire ainsi
que du total bilantaire pour l’ensemble des PME des pays membres. Elle a établi, une
distrinction entre une moyenne, une petite et une entreprise moyenne, une petite et une micro
entreprise selon les critères repris dans le tableau suivant :
33
Tableau N°1 : Eléments de la définition de PME selon l’Union Européenne.
Chiffre d’affaire Total bilan
Catégorie Effectifs
(en million d’Euro). (en million d’Euro)
Moyenne entreprise < 250 ≤50 ≤40
Petite entreprise < 50 ≤10 ≤10
Micro-entreprise <10 ≤2 ≤2
Source : Trabelsi, A(2006) ; P.27.
Le tableau met en évidence les seuils mentionnés pour la commission
européenne en faisant une distinction par classe de taille selon les effectifs : moins de
10(micro entreprises), de 10 à 49 (petite entreprises) de 50 à 250 (moyenne entreprise) et de
251 salarié et plus (grande entreprises).
Elle s’avère très complexe en ce sens que chaque pays voudrait avancer sa
propre définition, compte tenu de son contexte socio-économique ; une réalité qui a poussé
l’observation européenne à constater l’absence, voire l’existence dans toute humanité d’une
définition scientifiquement neutre et standard qui puisse ressortir l’essentiel du concept
« PME » c’est ainsi que la notion de PME est différemment saisie selon qu’on est par
exemple au Japon, aux USA, au Canada en Afrique lu dans les pays de l’union
Européenne .KAYEMBE, M. (2006)
Classification des PME
En RDC, l’ordonnance – Loi N° 13/006 du 23/02/2013 portant sur le régime
fiscal applicable aux entreprises de petites taille en matière d’impôt sur les bénéfices et
profits , au sens de la présente loi, il faut entendre, au plan fiscal, par entreprise de petite taille
constituée en Micro-entreprise ou petite entreprise, toute entreprise, quelle que soit sa forme
juridique, qui réalise un chiffre d’affaires annuel inférieur à 80.000.000,00 de Francs
Congolais.
La petite entreprise est celle qui réalise un chiffre d’Affaires annuel supérieur à
10.000.000,00 de Francs congolais et inférieur à 80.000.000,00 de Francs congolais.
On désigne une PME en RDC, par « Unité économique, dont la propriété
revient à une ou plusieurs personnes physiques ou morales et qui présente les traits suivants :
Un nombre d’employés permanents allant de 1 à 200 personnes ;
Un chiffre d’affaires hors taxes compris entre 1 et 400 000 USD ;
34
Tenue d’une comptabilité selon le système comptable en vigueur en RDC ;
Une valeur de l’investissement nécessaire mis en place pour les activités de
l’entreprise inférieure ou égale à 350 000USD.
Un mode de gestion concentrée ou ouvert à la décentralisation ». (Charte des
PME/RDC, 2007)
Tableau N°2 : Classification des PME Congolaises
Types Nombre Chiffre d'affaires Valeur Mode de gestion
d'entreprises d'employés en USD d'investissement
en USD
Micro entreprise 1 à 5 1 à 10.000 < 10.000 Concentrée
employés
Petite entreprise 6 à 50 10.001 à 50.000 10.001 à Concentrée
employés 150.000
Moyenne 51 à 200 50.001 à 400.000 150.001 à Plus au moins
entreprise employés 350.000 ouvert à la
décentralisation
Source : Construction de l’auteur
Le code des investissements de la RDC 3 ressort la disposition particulière aux
PME et son article 2, alinéa 1, entend par PME « toute entité économique constituée soit sous
forme d’entreprise individuelle ou soit sous forme sociétaire. Dans le premier cas, la priorité
revient aux personnes physiques et le chef d’entreprise est tenu d’assurer lui-même la fonction
de la gestion administrative et financière tandis que dans le second cas, il s’agit des sociétés
employant au moins cinq travailleurs. Dans l’un ou l’autre cas, le seuil de recevabilité est fixé
au minimum à l’équivalent de dix mille (10 000) dollars américains.
Importance socio-économique et objectifs de la PME
Les PME jouent un rôle essentiel en matière de création de richesse, de lutte
contre le chômage et la pauvreté, de développement régional, … cette population
d’entreprises représente plus de 80% de tissu entreprenariat national, contribue à 12% du PIB
et œuvre quasiment dans l’informel car, pour 2 100 entreprises immatriculées dans le secteur
formel en RD Congo, on dénombre simultanément10 000 structures informelles.
Numériquement importantes, la contribution socio-économique des PME reste cependant
largement en deçà des potentialités que peuvent faire valoir ce genre d’entreprises
3
35
Banque
[Link] Définition
« Une banque est une institution financière qui, recevant des fonds du public, les
emploie pour effectuer des opérations de crédit et des opérations financières, est chargé de
l’offre et de la gestion des moyens de paiement » JONAS SILIADIN (2011).
1.1.2. Origine de la banque et monnaie
L’histoire de la banque est indissociable de l’histoire de la monnaie. La Grèce
antique constitue le berceau de développements importants de l’activité bancaire. Jusqu’au Ve
siècle avant J.-C., chaque ville commerçante frappe sa propre monnaie. Dans un premier
temps, l’activité bancaire va se limiter à celle des changeurs : collubistes. Puis elle va se
développer avec les trapézistes, qui s’installent sur les foires et les marchés. Véritables
banquiers, ils gèrent des comptes courants à partir de dépôts de fonds. Jacques C. (2014).
1.1.3. Sortes des banques
Suivant la nature de leurs activités principales, nous pouvons énumérer les types
des banques ci-après :
a) Les banques d’émission : elles émettent la monnaie et opèrent des émissions monétaires
en jouant le rôle de centralisateur du système bancaire dans un pays.
Elles gardent le monopole des émissions des billets de banque et sauvegardent la
stabilité de la monnaie nationale et sa valeur.
b) Les banques de dépôts : elles ont pour fonction essentielle la collecte de l’épargne et
l’octroi de crédit à court et moyen terme, à l’économie privée et aux pouvoirs publics. Leurs
moyens d’action sont constitués essentiellement de leurs fonds propres, les dépôts des clients
et la monnaie scripturale qu’elles créent.
c) Les banques d’affaires : sont des banques qui ont pour activité principale l’octroi des
crédits à moyen et à long terme à des entreprises privées et la prise de participation en action
dans le capital de ces entreprises.
Contrairement à la catégorie précédente, les banques d’affaires interviennent
principalement au financement des affaires liées à l’industrie lourde de transformation ou
elles déploient de grands capitaux d’investissement.
36
d) Les banques d’assurance : elles s’occupent des opérations relatives à assurer les clients
dans divers domaines. Elles protègent leurs clients par la couverture en assurance.
e)Les banques de crédits agricoles : elles sont spécialisées pour le financement des
compagnies agricoles à la production, à la commercialisation et à la consommation. Elles
constituent des organes d’incitation aux activités agricoles telles que la production vivrière et
agro-industrielle.
f ) Les banques mutualistes : sont notamment les crédits mutuels, la banque populaire, le
crédit agricole habilités à recevoir du publique des fonds et qui peuvent effectuer des
opérations de banques.
1.1.4. Rôle des banques
L’intervention de la banque est d’une importance capitale, qui va au-delà
même de ses intérêts qu’elle projette réaliser sur les avoirs de ses clients. C’est qui la pousse à
mettre à la disposition des opérateurs économiques les liquidités monétaires et quasi
monétaires.
Un rôle important de la Banque Centrale est donc de refinancer les banques
commerciales, c'est à dire de leur fournir des liquidités (de la monnaie scripturale) en "prenant
en pension" des actifs en leur possession (bons du Trésor et créances privées de qualité).
Ces refinancements sont le plus souvent d'une durée très courte, de un à
quelques jours. La monnaie ainsi créée disparaît dès son retour à la Banque Centrale à la fin
de la prise en pension.
Ce refinancement n'est pas gratuit, et son taux d'intérêt est déterminé par la
Banque Centrale. Ce taux est fixé en fonction des risques concernant la stabilité de la
monnaie, ainsi qu'en fonction des besoins de liquidités des banques commerciales. Une
menace d'inflation incitera la Banque Centrale à remonter les taux, alors qu'un besoin de
liquidités tendra à les faire baisser.
En cas de crise de liquidité (manque de monnaie) sur le marché monétaire, la
Banque centrale se doit de créer la monnaie nécessaire au bon fonctionnement du système
bancaire. Elle est le prêteur en dernier recours. La crise des crédits "subprime" de 2007 a ainsi
amené les Banques Centrales à refinancer massivement les banques commerciales. JONAS
SILIADIN (2001).
37
Si à d'autres époques la Banque Centrale a créé de la monnaie en compensation
directe de titres du Trésor Public, ce n'est plus le cas de nos jours. L'État se finance
maintenant sur les marchés bancaires et financiers
Les banques commerciales quant à elles, collectent les dépôts des ménages
(des particuliers), des entreprises et des administrations publiques. Ces dépôts sont en premier
lieu les revenus des ménages et les rentrées d'argent des entreprises, le plus souvent
directement versés sur les comptes de dépôts, ou payés par l'intermédiaire de chèques ou carte
de paiement. C'est aussi l'épargne des ménages, déposée sur des "comptes sur livrets", ou
d'autres formes de placements utilisés surtout par les entreprises en excédent temporaire de
liquidités. Bardos M. (2001)
Cette masse de monnaie collectée n'est pas conservée stérilement par les
banques, mais est bien sûr prêtée. Soit à leur clientèle habituelle, soit par l'intermédiaire des
marchés monétaires ou financiers.
Une partie de l'activité des banques est de servir d'intermédiaire financier.
Quand une entreprise ou l'Etat veut se refinancer, il émet des titres qu'il vend par
l'intermédiaire des banques commerciales. Ces banques proposent ainsi à leurs clients divers
produits financiers, (actions de société, obligations d'entreprises, bons du Trésor, ...), ainsi que
des services de gestion de ces produits. Roland COASSE( 2009).
Un autre rôle des banques commerciales, est de créer de la monnaie
scripturale.
L’intervention de la banque est d’une importance capitale, qui va au-delà
même de ses intérêts qu’elle projette réaliser sur les avoirs de ses clients, en ce sens que la
banque en général met à la disposition des opérateurs économiques à besoin de financement
(ABF) les liquidités monétaires et quasi monétaires.
Un rôle important de la Banque Centrale est donc de refinancer les banques
commerciales, c'est à dire de leur fournir des liquidités (de la monnaie scripturale) en "prenant
en pension" des actifs en leur possession (bons du Trésor et créances privées de qualité).
Collongues Y. (1977).
38
Schéma 1. Banque Centrale
Veille sur la monnaie, le
crédit et le bon
fonctionnement du système
bancaire
Fixe le taux de change
Banque Centrale
Refinance les banques
commerciales
Prêteur en dernier recours
Schéma 1. Banque Commerciale
Collectent les dépôts des
ménages, Entreprises et
administrations publiques
Rapprêtent les dépôts collectés
Banque Commerciale
Servent d’intermédiaires financiers
Créent la monnaie scripturale
Source : Michel Lasserre (2016)
39
Monnaie
Définition
Unité de mesure de la valeur et d'échange commerciaux (généralement émise
par une institution officielle). Ensemble des billets ou pièces utilisés comme monnaie dans les
échanges commerciaux (par opposition aux chèques, aux cartes bancaires, à la monnaie
électronique).
La monnaie fiduciaire est émise par la banque centrale qui imprime les
billets (les pièces représentent un cas particulier car émises par les Trésors nationaux dans la
zone euro). La monnaie scripturale est, elle, créée par les banques commerciales, lorsque des
agents économiques (ménages, entreprises, ) etc.
[Link]. La monnaie : fonctions, formes et défaillances
On distingue 4 types de monnaie à savoir :
La monnaie métallique (pièces), la monnaie papier (billets), la monnaie scripturale. La
monnaie papier et métallique composent la monnaie fiduciaire. et fiduciaire.
La monnaie revêt différentes formes : manuelles avec les pièces et billets, scripturales
avec les comptes bancaires, elle peut aussi comprendre l'épargne convertible en
monnaie sans grands délais.
La monnaie remplit quelques fonctions entre autres : - intermédiaire
d’échanges (payer), une unité de compte (compter) et réserve de valeur (être stockée).
Les défaillances de la monnaie
Le fonctionnement d'une économie monétaire n'est pas assuré, mais repose sur
un certain fonctionnement social et des institutions.
Lénine aurait déclaré que la meilleure manière de détruire le système capitaliste est de
s'attaquer à sa monnaie. [· · ·] Il avait raison. Il n'y a pas de manière plus subtile, plus
sûre et plus discrète de renverser l'ordre existant de la société que de vicier sa
monnaie.
John Maynard Keynes (1883-1946), Les Conséquences économiques de la paix, 1920
40
Financement
[Link]. Définition.
Action de procurer des fonds (à une entreprise, à un service public).
Il y a 4 principaux modes de financement à court terme pour une entreprise
L'affacturage ;
L'escompte bancaire ;
La Dailly bancaire ;
Le financement de factures.
La différence majeure entre le financement et le crédit réside donc dans
l’identité’ du préteur. Si vous deviez demander à une personne physique de vous prêter une
somme d'argent, nous parlerons d'« emprunt». En revanche, si vous adressez votre demande
de financement aux organismes financiers, c'est le terme « crédit » qui sera le plus approprié.
Au moment de sa création, une entreprise a besoin de fonds, mais tout au long
de son existence, d'autres évènements clés nécessitent aussi des financements :
investissements, développements de projets, problèmes de trésorerie passagers... Connaître les
différents modes de financement des entreprises est donc indispensable à la bonne gestion des
finances de votre TPE/PME.
Parmi les modes de financements plus utilisés, nous citons, le financement à
court terme, à moyen et à long terme.
1.1.1. Crédit
Crédit : Confiance inspirée par quelqu’un à quelque chose. (Accréditer).
Influence due à cette confiance.
Jouir d'un grand crédit, de peu de crédit auprès de quelqu’un.
Il existe des différents types de crédit :
Le crédit affecte : ...
Le prêt personnel. ...
Le crédit renouvelable. ...
Le crédit-bail ou location avec option d'achat,
41
Le crédit gratuit. ...
La carte de crédit de commerce.
Mais celui qui nous intéresse dans notre recherche est le crédit bancaire qui est
un prêt accordé par une banque ou un établissement de crédit spéciale, à une entreprise,
ménage bref aux clients, ménage bref aux clients, titulaires des comptes au sein de cette
banque. Le crédit accordé fait partie des solutions pour ceux qui souhaitent financer divers
projets, tels que l'achat d'une maison, une voiture ou des rénovations dans votre habitation,
entre autres.
Plusieurs caractéristiques sont à prendre en compte dans un prêt bancaire : la
somme empruntée, la durée du prêt, le taux d’emprunt et les éventuels frais.
1.2. la Revue de la littérature Empirique sur la politique monétaire et financement des
PME
1.2.1. Définitions de la politique monétaire
La politique monétaire est un ensemble de mesures prise par la banque centrale
ou l’autorité monétaire (agence indépendante des pouvoirs publics qui était à l’origine de la
banque centrale de l’Etat) pour réguler la quantité de la monnaie en circulation.
- J Bremond ET A. Geledan, ils définissent la politique monétaire comme étant
l’ensemble de moyens mis en place pour contrôler la croissance financière de la masse
monétaire.
-Jacques Et Calette Neme définissent la politique monétaire comme l’action
exercée par les autorités monétaire ou pouvoir public sur la masse monétaire et les actifs
financiers en vue d’orienter l’économie à court terme ou à moyens terme (BERNARD B. et
YVES. S, 2007).
Leur théorie sur la politique monétaire est définie comme l'action exercée par
les autorités monétaires (Banque Centrale et trésor) ou pouvoirs publics sur la masse
monétaire et les actifs financiers en vue d'orienter l'économie à court ou moyen terme.
Elle est donc assujettie aux objectifs généraux de la politique économique : le
plein emploi, la croissance économique, la stabilité de prix, la satisfaction des besoins publics
et la réduction des inégalités, la contrainte.
42
La politique monétaire est aussi un instrument de la politique économique
générale susceptible de concourir, cumulativement ou alternativement à la réalisation qui nous
ramène directement au carré magique de 1Nicholas Kaldor, qui représente la variation positive
de production de biens et des services sur une période donnée et exprimée en pourcentage du
PIB de la stabilité des prix, la croissance économique, le plein emploi, l’équilibre de la
balance de paiement. La théorie quantitative de la monnaie, est apparue au 16 eme siècle lors de
l’afflux des métaux précieux en Europe.
La politique monétaire en RDC (République Démocratique du Congo), impacte
sur la croissance économique du pays. Effet, la croissance économique en RDC a été
principalement influencée par le secteur minier, qui est peu sensible à la politique monétaire.
De plus, la politique monétaire a souvent été utilisée pour financer le déficit budgétaire, ce qui
a contribué à l’inflation et à nuire à la croissance économique.
Cela peut être fait en réduisant l’inflation, en favorisant la stabilité
macroéconomique et en créant un environnement propice à l’investissement et à l’activité
économique. Voici quelques-unes des mesures qui pourraient être prises pour rendre la
politique monétaire en RDC plus efficace et plus favorable à la croissance économique :
Renforcer l’indépendance de la banque centrale du Congo
Améliorer la transparence et la responsabilité de la politique monétaire
Cibler l’inflation de manière plus efficace
Utiliser les instruments de la politique monétaire de manière plus flexible afin de
soutenir la croissance économique.
1.2.2. Revue de littérature empirique sur les PME et la surliquidité de banques
A travers cette section, nous allons nous pencher à résumer quelques ouvrages
de différents chercheurs sur les travaux antérieurs basés sur notre thématique.
H. Aftis, (2013) : « Analyse des causes de la surliquidité bancaire en Algérie et des
méthodes de sa gestion »
L’auteur dans son ouvrage ci-dessus intitulé « Analyse des causes de la
surliquidité bancaire en Algérie et des méthodes de sa gestion » ; insinue la surliquidité
des banques comme la priorité des soucis da la banque. Dans le cas du besoin comme dans la
situation de surliquidité, les banques sont censées veiller sue sa bonne gestion et déterminer
les moyens nécessaires pour pouvoir éviter le risque de liquidité en cas d’insuffisance, ou une
43
baisse de rentabilité dans le cas d’excès, et ce dans le but d’assurer leur pérennité et leur
croissance.
En Algérie, la situation monétaire nous renseigne sur l’existence d’une
surliquidité qui a caractérisé le système bancaire algérien depuis 2002 et revêt un caractère
quasi structurel. La maitrise de cette situation figure parmi les soucis fondamentaux de la
Banque d’Algérie. N’est-il pas donc temps de réfléchir sur les causes, autrement dit les
facteurs à l’origine de cette abondance de la liquidité bancaire ? Quelles sont les
méthodes et les mécanismes mis en œuvre pour sa gestion ? Autres questions soulevées par
l’auteur.
La cause principale de cette surliquidité bancaire est l’importance des
ressources pétrolières qui ont enregistré une croissance continue et ce, depuis 2002. Ces
recettes ont permis à l’Etat algérien de recourir à l’assainissement et la recapitalisation des
banques ce qui a renfloué leur trésorerie au point d’arriver à une situation d’excès de liquidité.
La banque d’Algérie a recouru à trois instruments de la politique monétaire, à savoir : les
resserves obligatoire, la reprise et la facilité de dépôt, pour pouvoir gérer cet excès tout en
veillant au respect de sa mission principale de gestion de la monnaie.
Les causes et les méthodes de gestion de la surliquidité bancaire en Algérie
La croissance des ressources collectées par les banques, à un rythme beaucoup
plus accéléré que leurs emplois, s’est traduite par un ralentissement des transactions
quotidiennes interbancaires. Par ailleurs, l’excès d’offre de liquidité sur le marché monétaire
interbancaire s’est traduit par une envolée des dépôts des banques auprès de la Banque
d’Algérie. L’excès de liquidité est ainsi devenu plus significatif, d’autant plus que son niveau
dépasse largement celui exigé pour la reconstitution des réserves obligatoires. La cause
principale de cette surliquidité bancaire est l’importance des ressources pétrolières qui ont
enregistré une croissance continue et ce depuis 2002. Ces recettes ont permis à l’Etat algérien
de recourir à l’assainissement et à la recapitalisation des banques ce qui a renfloué leur
trésorerie et qui confirme notre première hypothèse posée initialement. Des facteurs internes à
la banque ont aussi contribué à la persistance de cet excès de liquidité notamment
l’application de ratios prudentiels très restrictifs surtout pour les banques privées ainsi que la
réticence dans l’octroi des crédits aux entreprises en jugeant l’existence de risques élevés.
L’enquête menée auprès d’une agence bancaire nous a renseigné de l’existence
de la négligence, de l’incompétence, de décisions subjectives dans l’accord ou non des crédits
44
ainsi que le niveau du pouvoir de décision des agences qui ne leur permet pas de mieux
mobiliser leurs ressources et de fructifier leur surliquidité. Face à la persistance de la situation
d’excès d’offre de liquidité sur le marché monétaire, la Banque d’Algérie a intensifié ses
interventions sur ce marché en augmentant les montants de reprises de liquidités. La Banque
d’Algérie a, dès février 2001, réactivé l’instrument de réserves obligatoires et ce, pour amener
les banques à bien gérer leur excès de liquidités, et endiguer l’impact négatif de choc exogène
sur la liquidité bancaire.
L’utilisation active des trois instruments, réserves obligatoires, reprise de
liquidité et la facilité de dépôt, a permis à la Banque d’Algérie d’opérer des ponctions
additionnelles de liquidités sur le marché monétaire, sans pour autant trouver la solution
définitive à ce phénomène qui pèse toujours sur le système bancaire algérien.
La principale cause externe de la surliquidité conclut l’auteur , revient, pour les
banques publiques, aux directives de la Banque d’Algérie et à celles principalement liées à la
recapitalisation, cette dernière ne pourra être réalisée sans une amélioration importante des
recettes de l’Etat, dont le plus gros est représenté par le revenu des hydrocarbures. Pour les
banques privées, le problème tient beaucoup plus à la faiblesse de la demande du crédit causé
principalement par la suppression des crédits à la consommation par la loi de finance
complémentaire de 2009. D’autres facteurs internes ont été aussi des éléments qui ont
contribués à l’existence de la surliquidité. Par ailleurs, l’inefficience du marché financier reste
une donnée importante complice dans la persistance de ces excès de liquidité. L’existence
quasi nulle de la bourse d’Alger met les banques en face d’une seule alternative : le marché
monétaire.
En conclusion, l’auteur constate que la situation économique de l’Algérie a
subi un changement en passant d’une économie caractérisée par l’étatisation, la planification
centralisée et l’endettement extérieur à une économie s’ouvrant sur le marché. Selon la
distinction introduite par Hicks (1974), le système financier algérien demeure de type
économie d’endettement, parce que les entreprises satisfont leur besoin de ressources et
d’investissement essentiellement par recours au crédit, de plus que le marché financier
algérien n’est pas vraiment opérationnel, et du fait de la prépondérance de la finance
indirecte, les banques commerciales doivent avoir un besoin structurel de refinancement
auprès de la Banque Centrale.
45
Leur surliquidité et le manque des crédits à l’économie constituent donc un
véritable paradoxe, car pour le grand public, si ces dernières collectent des fonds c’est pour
les utiliser pour leur propre compte en opérations de crédit. Un tel phénomène paraîtrait
moins curieux dans le cadre d’une économie de marchés de capitaux, où les entreprises
peuvent diminuer leur demande de crédit en émettant des titres. De ce fait, Le passage d’une
économie d’endettement, à une économie de marché, nécessite une réforme globale du
schéma de financement de l’économie.
Malgré l’importance des ressources disponibles, le système bancaire, et plus
particulièrement les banques publiques, n’arrivent pas à assumer un rôle actif dans
l’intermédiation financière en raison de la modicité relative des crédits accordés au secteur
productif de l’économie. L’excédent des ressources sur les emplois des banques, appelé
encore la « surliquidité » bancaire revêt un caractère quasi structurel et les placements sont
opérés sur le compartiment « marché à terme » du marché monétaire, au lieu d’être orientés
vers le financement et répondre aux besoins de crédit exprimés par le secteur économique.
Face à cette situation structurelle de surliquidité bancaire.
La Banque d’Algérie a intensifié ses interventions sur le marché monétaire par
le biais des trois instruments (réserves obligatoires, reprise de liquidité et la facilité de dépôts)
qui ont permis d’absorber une partie importante de ces excès sans pour autant trouver la
solution définitive à ce phénomène qui pèse toujours sur l’activité des banques.
Face à cette situation structurelle de surliquidité bancaire, La Banque d’Algérie
a intensifié ses interventions sur le marché monétaire par le biais des trois instruments
(réserves obligatoires, reprise de liquidité et la facilité de dépôts) qui ont permis d’absorber
une partie importante de ces excès sans pour autant trouver la solution définitive à ce
phénomène qui pèse toujours sur l’activité des banques.
Seydou Ouédraogo (2011) : « Banques et transmission monétaire dans l’UEMOA :
effets des bilans bancaires, de la concentration bancaire et de l’excès de liquidité
bancaire sur l’efficacité de la politique »
S. Ouédraogo s’appuie sur les imperfections des marchés de crédit pour rendre
compte des performances des secteurs bancaires de l’UEMOA. Les réformes de libéralisation
financière, en cours dans l’UEMOA depuis deux décennies, ont enregistré des résultats
insuffisants sur le plan de l’intermédiation bancaire et de l’efficacité des instruments de
marché de la politique monétaire de la BCEAO. En effet, en 2009 le rapport crédit
46
bancaire/PIB est inférieur aux niveaux atteints à la fin de la décennie 1970 ; pendant que les
études empiriques soulignent une liaison distendue entre les taux directeurs de la BCEAO et
les variables d’inflation et de croissance économique. En vue d’expliquer cette faiblesse de
l’intermédiation bancaire ainsi que l’efficacité limitée de la politique monétaire, cette thèse a
entrepris d’étudier les déterminants du crédit bancaire, et d’évaluer, en particulier, la
sensibilité du crédit aux impulsions monétaires.
Les théories du canal du crédit permettent d’envisager le rôle de la résilience
des banques dans la transmission monétaire. La thèse apporte les principaux résultats suivants
: i) les bilans bancaires altèrent la transmission monétaire, les firmes bancaires les moins
capitalisées, les moins liquides et les plus petites, transmettent plus amplement les chocs
monétaires ; ii) la concentration bancaire contraint le financement bancaire de l’économie et
affaiblit, de façon importante, la transmission monétaire ; iii) la surliquidité bancaire limite le
financement des économies de l’UEMOA et réduit l’efficacité des instruments monétaires de
la BCEAO ; iv) la surliquidité bancaire est liée à la concentration des industries bancaires, et
le recours à la politique de titrisation peut servir à mobiliser les excédents de réserves ; v)
toutefois, un effet d’éviction peut se réaliser, mais les données montrent, au contraire, un recul
du financement de l’Etat au profit du crédit aux acteurs privés.
Ces résultats ont une portée pratique pour la politique économique dans
l’UEMOA. La thèse recommande : i) la prise en compte des liens entre la politique de
régulation bancaire et la politique monétaire ; ii) la promotion d’une architecture bancaire
fondée sur plusieurs échelons de banques ; iii) un pilotage de la structure des marchés
bancaires en vue d’accroitre le financement de l’économie et de renforcer l’efficacité de la
politique monétaire ; iv) la mobilisation des excédents de liquidité pour financer le
développement ; v) une priorité accordée, en général, à la définition d’une stratégie de
développement financier au service du développement endogène.
Agénor et El Aynaoui (2008) constatent l’absence de cadre global d’analyse des effets de la
surliquidité bancaire sur la transmission monétaire et proposent une théorie basée sur les
imperfections des marchés de crédit. Leur modèle est dédié explicitement aux économies à
revenu intermédiaire disposant notamment d’un marché financier relativement développé.
Outre que les économies de l’UEMOA ont des secteurs financiers largement dominés par les
banques, la concentration bancaire y est également une caractéristique de premier plan.
Khemraj (2008) a proposé un modèle de transmission dans une économie en développement
dont le secteur bancaire est oligopolistique et marqué par des surplus de liquidité. Les
47
caractéristiques majeures des économies de l’UEMOA sont conformes aux hypothèses de ce
modèle. Nous y recourons donc pour analyser la transmission des chocs monétaires de la
BCEAO. A cet effet, nous prolongeons le modèle et montrons qu’il peut, sous certaines
hypothèses, fonder théoriquement, non seulement les effets de la surliquidité et de la
concentration, mais également une sensibilité asymétrique de l’activité de prêt des banques
aux chocs monétaires dépendamment de leur position bilancielle (liquidité, capitalisation et
taille)
[Link] (2007), « Risques, comportements bancaires et déterminants de la surliquidité ».
Dans son ouvrage, l’auteur insiste sur le non octroi par les banques les crédits aux PME
parce qu'elles se méfient d’elles (leurs clients). Cela veut dire que les banques réduisent le
risque de crédit, car il existe une asymétrie d'information entre les banques et leurs clients.
Selon Wanda (2007), la principale fonction d'une banque commerciale est de collecter
l'épargne et de la distribuer à ses clients sous forme de crédits. Ce qui montre que lorsqu'une
banque est sur liquide, elle ne joue pas son rôle et cela a des effets néfastes sur l'économie en
générale et sur la rentabilité de la banque elle-même en particulier (Brahim Mansouri et Saïd
Afroukh, 2009).
Le renforcement de la politique de crédit élève les profits bancaires. Autrement
dit, plus une banque octroie des crédits, plus les réserves augmentent et donc les profits
(Bashir, 2000 ; Ben Naceur, 2003). Mais la politique de crédit peut parfois entraver la
profitabilité bancaire, en particulier lorsqu'une politique expansionniste de crédit est
incompatible avec la stratégie poursuivie en matière de recherche de ressources financières.
Dès lors le renforcement de la politique de crédit devrait être conduit en symbiose avec une
stratégie efficiente de drainage de ressources additionnelles. En conséquence, la maitrise de la
politique de dépôts devrait normalement aider la banque à augmenter ses profits (Moulneux et
Thornton, 1992 ; Bourke, 1989 ; Ben Naceur, 2003). Abreu et Mendes (2002), ont estimé par
exemple que la profitabilité
Dans le cas des pays de la zone franc en général et au Cameroun en particulier,
la crise des années 1980 a secoué l'ensemble du système économique et financier. Elle a pour
causes, les défauts de paiement, les créances douteuses, la suspension des découverts, les
pertes financières des agents économiques du fait de la non liquidité des banques et les
faillites (Mathurin Tchakounte Njoda et Charles Alain Bita, 2009). Cette situation a conduit à
48
la liquidation de huit banques camerounaises et d'autres restructurées. L'objectif de cette
restructuration était d'inverser la tendance et de retrouver des banques saines et liquides.
Cette opération de restructuration a pour but non seulement de résoudre les
difficultés présentes du système bancaire, mais aussi de prévenir des risques de fragilisation
ultérieurs (Tomba et Tchamambé, 1995 ; Adam Madji, 1997 ; Bekolo- Ebé, 1998). Elle se
traduit par la liquidation des banques insolvables et par la restauration durable de la
solvabilité ; la liquidité et la rentabilité des banques restant en activité, seul gage d'un système
bancaire sain et solide (Servant 1993).
Quoi qu'il en soit, il apparait que le principal objectif des débats théoriques
engagés a trait à l'efficacité et l'importance de l'octroi de crédits à l'économie, que se soient
pour les banques elles-mêmes ou alors pour le tissu économique en général. Très peu
d'auteurs se sont arrêtés pour démontrer l'importance d'un système bancaire sur liquide pour
une économie en développement comme celle du Cameroun. Il importe donc pour nous de
se demander quelle est la portée de la surliquidité bancaire au Cameroun ? Autrement
dit, En quoi la surliquidité bancaire peut-elle être un catalyseur ou un frein pour
l'économie camerounaise?
L’auteur constate en effet que depuis la sortie de la crise des années 1980,
l'économie camerounaise tarde à décoller. Mais ce constat est aussi valable pour le marché
financier6 camerounais crée en 2001 par les autorités camerounaises car il tarde à décoller
effectivement parce que très peu d'entreprises y sont cotées. Mais aussi nous remarquons
depuis cette sortie de crise, que le système bancaire camerounais est solide, solvable et le
risque d'une nouvelle crise bancaire est faible car les normes prudentielles édictées par la
COBAC aux banques sont respectées. Ce qui garantit une bonne croissance de l'économie.
[Link] Owoundi (2012) : « La surliquidité bancaire dans une économie d’endettement :
comment expliquer le paradoxe de la zone CEMAC ». .
En somme, à travers cet ouvrage, l’auteur révèle que le système bancaire
CEMAC fonctionne sous la supervision de la BEAC, qui en tant qu’autorité monétaire de
cette zone monétaire, mène une politique monétaire qui a pour but de promouvoir la stabilité
monétaire et financière. Ce système se traduit par un Risque de paralysie du mécanisme
d’intermédiation: les activités bancaires ne sont que la contrepartie monétaire de tous les flux
49
des biens et services. Si ce maillon de la chaine de transmission des flux est grippé, alors cela
doit fort probablement freiné les activités financières et économiques. C’est le cas avec le
sous financement du secteur réel de l’économie. Cette politique est conduite par des
instruments tels que les réserves obligatoires, les taux d’intérêt et les reprises de liquidité. La
stabilité est ébranlée
Plus une banque est sur liquide, plus elle a une bonne gestion des risques. En effet, la
crise des années 1980 a permis au système bancaire de la CEMAC en générale et celui du
Cameroun en particulier de se préoccuper de la bonne gestion des risques auxquels les
banques sont exposées, seul gage d'un système bancaire sain et solide (Servant 1993). C'est à
cet effet que la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC) 7 a été crée en 1990
pour assurer la régulation et la réglementation du système bancaire de la CEMAC.
Plus une banque est sur liquide, plus elle a tendance à exclure les particuliers de ses
services. La surliquidité ou excès de liquidité que certains auteurs qualifient d'excès de
réserves est définie comme la détention d'actifs liquides au-delà.
Cette littérature empirique prouve les mêmes effets (positifs et négatifs sur
l’économie des pays en développement et leurs économies ne peuvent connaitre une forte
croissance aussi longtemps que ce paradoxe de surliquidité bancaire et l’ sous financement
subsiste.
Le marché financier camerounais appelé DSX ou bourse de Douala ne compte
actuellement que trois entreprises cotées depuis le lancement de ses activités en 2006 à
savoir : la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC), la SOCAPALM et la SAFCAM.
L’auteur conclut alors que la surliquidité des banques camerounaises, d'après
notre population et notre période d'étude est majoritairement déterminée par le risque de
crédit, parce que qu'elles veulent bien gérer les risques auxquelles elles sont exposées. Et l'un
de ces risques le plus important est le risque de crédit. Ce qui permet de dire que la
surliquidité bancaire est un catalyseur pour l'économie camerounaise, car cette économie est
financée par le système bancaire, le marché financier camerounais ne fonctionnant pas
comme il se doit. Ainsi avoir un système bancaire saint et solide et liquide où le risque de
crise que nous avions connu dans les années 1980 est faible, est chose très importante pour
l'économie camerounaise. C'est à partir d'un système bancaire saint, solide et liquide que le
50
Cameroun pourra connaitre une croissance élevée et pouvoir espérer être émergent à l'horizon
2035. Ce qui nous montre les effets positifs de la surliquidité bancaire qui est souvent vue que
du côté négatif dans la littérature
L. Dinamona (1996) : « surliquidité bancaire dans la zone de CEMAC : diagnostic,
conséquences et pistes de solutions »
Cette thèse de Dinamona (1996) s’articule autour de trois essais consacrés à l’analyse de la
surliquidité bancaire dans les pays de la CEMAC.
Le premier essai a cherché à identifier les déterminants de la surliquidité des pays
membres de la CEMAC sur la période de 1985 à 2002. L’estimation GMM utilisé a
permis de montrer que la surliquidité en Afrique Centrale dérive à la fois du
comportement de précaution des banques commerciales et des facteurs exogènes. La
grande prudence des banques peut s’expliquer par l’expérience de la crise financière
des années 1980, la restructuration du système bancaire, l’instabilité des dépôts et un
contexte économique très risqué. L’embellie du cours du pétrole alimente les réserves
excédentaires due à la faible capacité d’absorption des pays de la zone.
-Dans le deuxième essai, il a été question d’identifier les canaux de transmission les
plus opérationnels en Afrique Centrale. La modélisation VAR a permis de montrer
que le taux d’intérêt est le canal le plus faible. C’est précisément la carence d’un
marché financier qui ne permet pas d’assurer le rôle de recyclage de la liquidité
bancaire et de la transmission de la politique monétaire.
-Dans le troisième essai, a été élaboré un modèle de prévision d’inflation dans un des
pays membres de la CEMAC à savoir le Tchad. Les modèles BVAR se sont révélés en
Afrique Centrale être plus efficaces que les outils traditionnels (AR, ARIMA, VAR).
L’analyse de sensibilité entreprise par l’approche bayesienne indique que la
surliquidité exercerait des tensions inflationnistes dans la zone.
1.2.3. Objectifs de la politique monétaire
La politique monétaire cherche à réguler la quantité de monnaie en circulation
de façon à satisfaire les objectifs parfois contradictoires de croissance économique, d’emploi
et de stabilité des prix (Y compris du taux de change). Quels sont les instruments dont
disposent les autorités pour atteindre ces objectifs ? Emission de la monnaie, le réescompte, le
refinancement, les réserves obligatoires et encadrement de crédits, sont les principaux
instruments à la disposition de l’autorité monétaire. La théorie économique avec l’application
51
pratique ; nous ramène à la mesure de chocs monétaires pour évaluer le prix et l’activité
économique qui suscitent, ainsi des discutions vives des stratégies de la Banque Centrale du
Congo. L’objectif poursuivit dans notre travail est de permettre à la banque centrale du Congo
de prendre de stratégies sur les instruments de la politique monétaire, sur l’influence de bien-
être social au cours d’une période bien déterminée. Nous osons croire que cette politique
impactera sur la croissance économique, la stabilité et sur le marché financier qui constituera
l’objectif le mieux approprie pour la politique monétaire.
L’objectif principal de la politique monétaire en RDC est d’obtenir et de
stabilisé le prix, tandis que notre étude portée sur la politique monétaire de la RDC qui est
inefficace, car la maitrise de stabilisée le prix n’était pas atteinte. L’inflation était très élevée
au court de ces dernières années avec une moyenne de 20% par ans entre 2000 et 2020 en
République démocratique du Congo (STHIMANGA et J. MBUYI., 2020)
[Link]. Objectifs finals
Dans le cadre de la politique économique qui nous ramener à l’instrument de la
politique monétaire qui a pour objectif finaux la croissance économique, le plein emploi, la
stabilité des prix et l’équilibre de la balance courante, la réalisation de l’objectif doit être
déléguée à une banque centrale indépendante qui suit une règle discrétionnaire de
responsabilité et transparente afin d’être crédible. La maitrise de la politique budgétaire est un
atout pour permettre la stabilité de la politique monétaire en RDC selon le DSCRP (document
stratégique pour la croissance et la réduction de pauvreté), en 2006. Cette politique avait
soulevé la problématique, tout en démontrant le déficit de la création monétaire. Cette
stratégie mise par le gouvernement avait pour conséquence de crée l’inflation au pays.
[Link]. Objectifs intermédiaires
Il s’agit des objectifs intermédiaires pour conduire la banque centrale à définir
l’une de trajectoire de croissance de la masse monétaire qui sont les objectifs quantitatifs, les
objectifs de taux de change qui obligent La banque centrale ou l’autorités monétaire à prendre
des décisions sur les variables qui sont directement à leur disposition ; le taux de marche
intermédiaire et la base monétaire exogène qui sont des objectifs qualifiés d’opérationnel de la
politique monétaire ayant l’obligation de faire un suivi sur les opérations courantes qui se
déroulent sur le marché :
L’évolution des encours de crédits accordés
L’évolution de la masse monétaire
52
L’évolution du taux d’intérêt.
[Link]. Objectifs opératoires
L’intervention de la banque centrale sur le marché monétaire est importante
pour réguler la liquidité détenue par les banques commerciales afin que le taux intérêt sur le
marché soit situé à un niveau qu’elle juge optimal selon sa propre vision de l’équilibre
monétaire, en déterminant le caractère plus au moins restrictif de la politique monétaire.
C’est pourquoi la BCC se fixe un objectif de taux interbancaire qu’elle essaie
de réaliser soit en injectant de la liquidité soit en utilisant des instruments prévus dans les
statuts. La banque centrale émet parfois des signaux pour attirer attention les opérateurs
financiers qui décodent pour forger leur anticipations d’inflation ou la clé pour l’orientation
de la conjoncture, soit dans le sens de la souplesse et donc de l’expansion, ou dans le sens de
la restriction.
1.2.4 Instruments de la politique monétaire
Les instruments que la banque centrale du Congo utilise pour bien réalise leur
activité sont :
La création de la monnaie ou émissions monétaires, qui aide à contrôle l’offre de la
monnaie.
L’open market,
Réserves obligatoire et le taux de réescompte.
Pour Milton Friedman avance les émissions monétaires additionnelles doivent
s’aligner sur le taux de croissance du PIB de peur que l’action menée par la banque centrale
ne débouche pas sur l’inflation à cause d’un excès de liquidité.
Open market : l’open marker fait allusion à des opérations qu’effectue la banque centrale sur
les marchés. Elle est caractérisée par les achats et les ventes de titres publics ou privés contre
la monnaie centrale. Par exemple : le Bon du trésor
Emission monétaire : elle fait référence à la création et à l’ajout de monnaie des
billets des banques en circulation par la Banque Centrale pour stimuler l’activité économique
en facilitant l’accès au crédit, en encourageant les investissements et en favorisant la
consommation. Généralement, l’injection économico-financières doit tenir compte du niveau
de l’inflation et de la préférence des agents économiques. Cette création de monnaie peut se
produire de plusieurs manières telles que :
53
Prêts aux banques commerciales : la banque centrale accorde des prêts aux banques
commerciales pour augmenter leurs réserves. Lorsque les banques commerciales
reçoivent ces prêts, elles disposent davantage de monnaie à prêter aux particuliers et
aux entreprises, en augmentant ainsi l’offre de monnaie dans l’économie.
Achat d’actifs : la banque centrale peut acheter des actifs financiers tels que de titres
d’Etat ou des obligations sur le marché ou directement auprès de banques
commerciales. En échange de ces achats, la banque centrale injecte de la monnaie dans
l’économie, en augmentant ainsi l’offre de la monnaie en circulation.
Réescompte : elle permet aux banques commerciales d’obtenir des liquidités au prêts
de la banque centrale en lui présentant des actifs et les moyens afin d’accorder à des
opérateurs économiques et aux entreprises ou donner de créances hypothécaires pour
répondre à leurs besoins de financement ou pour faire face à des problèmes de
liquidité. En intervenant ainsi sur le marché interbancaire, la banque centrale peut
influencer le cout de crédit et les taux d’intérêt dans l’économie. Le plus important est
le taux de réescompte, et le moins importante est l’aptitude que la banque
commerciale possède à recourir au guichet le refinancement de la banque centrale, et
vice-versa. Ainsi la révision à la hausse du taux de réescompte est appelle mesure de
la politique monétaire restrictive, tandis qu’une révision à la baisse est une mesure de
politique monétaire expansionniste.
Réserves obligatoire : Elles désignent les réglementations par lesquelles les banques
centrales obligent les banques commerciales à respecter un coefficient de réserves
minimal. Toute hausse du coefficient des réserves est obligatoire et permet de réduire
le multiplicateur donc l'offre de monnaie.
Encadrement de crédit : est une technique de la politique monétaire qui consiste à
contrôler la progression du crédit distribué par les banques commerciales, cette
distribution des crédits est régie par voies règlementaire et est considéré comme très
efficace car elle s’attaque à la source même de la création monétaire et de la
distribution du crédit. L’encadrement de crédit est une procédure administrative de
contrôle de la création monétaire réalisée par les banques. Il s’agit de fixer les normes
de progression de l’encours des crédits. En cas de dépassement de ces normes par une
banque, elle sera pénalisée En définitive, la politique d’encadrement de crédit permet
donc de freiner directement la progression de la masse monétaire tout en évitant une
forte hausse de taux d’intérêt.
1.2.5. Les canaux de transmission de la politique monétaire
54
Il est essentiel de comprendre comment les maniements des différents
instruments de la politique monétaire agissent sur l'économie et permettent aux autorités
monétaires d'atteindre leurs objectifs finals. C'est la question des canaux de transmission à
l'économie réelle des impulsions de la politique monétaire. Dans ce chapitre, nous allons
étudier les différents canaux de transmission et la politique monétaire.
a) Définition
Par canaux de transmission on entend les voies par lesquelles une décision de
la politique monétaire en affectant les comportements des agents économiques, agit sur la
croissance et le prix. PLIHON et DOMINIQUE (2004).
L'identification des canaux de transmission de la politique monétaire nous
informent sur le moyen par lequel une impulsion monétaire affecte le secteur réel.
Pour résumer ces canaux de transmission nous adoptons dans ce qui suit la
distinction de marie de la France qui le regroupe en trois catégories : le canal traditionnel des
taux d'intérêt, les canaux de prix des autres actifs e les canaux de crédits et les anticipations.
(MARIE DE LA FRANCE 2006)
Notre étude a appuyé le modèle Keynésien IS-LM conçu par John Hicks en
1937 (généralement considéré comme la formalisation de la théorie keynésienne qui est aussi
une approche de l'équilibre macroéconomique de court terme) pour présenter le mécanisme de
notre politique monétaire. Ce modèle insiste sur le rôle de la demande agrégée et son impact
sur l'équilibre macroéconomique de court terme pour présenter le mécanisme de transmission
de la politique monétaire.
Le canal des taux d'intérêt et des prix d'actifs dans le modèle néokeynésien IS-
LM, constituent le principal mécanisme de transmission de la politique monétaire. Selon cette
conception traditionnelle, une politique monétaire expansionniste qui amène une baisse de
taux d'intérêt, réduit le coût du capital, ce qui entraine une augmentation des dépenses
d'investissement
(F. MISHKIN 1996).
Il en résulte, par le mécanisme du multiplicateur, un accroissement de la
demande globale de la production dans le modèle, le canal de transmission de la politique
55
monétaire passe par un effet sur le coût du capital. Ce modèle standard représente plusieurs
limites en particulier, il n'y a qu'un seul taux d'intérêt dans le model IS-LM : le taux nominal
déterminé sur le marché monétaire.
Or, si les autorités monétaires contrôlent le taux d'intérêt à court terme sur le
marché monétaire ce sont surtout les taux d'intérêt à long terme sur les marchés financiers qui
affectent les décisions d'investissement des entreprises. Il fallait donc prendre en compte la
relation entre taux court et long. De, plus la variable pertinente pour les décisions des
entreprises et les taux d'intérêt corrigés des anticipations d'inflation, et non le taux d'intérêt
nominal coté sur le marché.
Le canal joue un rôle très important dans la façon dont la politique monétaire
affecte les économies nationales. Ce rôle ne se limite pas à un effet sur l'activité économique.
Il est également important sur les prix des importations exprimées en monnaie
nationale. Cet effet de prix a été au centre de la stratégie de Franc fort et de l'inflation
compétitive menée en France depuis la fin des années soixante-dix.
b) Les différentes catégories des canaux de transmission
La politique monétaire se situe désormais au cœur des débats relatifs aux
mesures susceptibles de favoriser une croissance durable et la stabilité des prix dans
l’économie. La politique budgétaire a perdu son attrait en tant qu’instrument de stabilisation
de l’ensemble de l’économie, en raison des doutes quant à la capacité de régler les mesures
budgétaires de façon à atteindre le degré de stabilisation souhaité et également du fait des
préoccupations relatives aux déficits budgétaires 4. Il s’ensuit que, depuis quelques années,
économistes et hommes politiques recommandent que l’objectif de stabilisation de la
production et de l’inflation revienne à la politique monétaire. Les économistes en sont
également venus à prôner plus fermement la stabilité des prix comme principal objectif à long
terme d’une banque centrale.
La très forte dollarisation de l’économie accentue les risques systémiques. Elle
anéantit le rôle de la BCC en tant que prêteur en dernier ressort et, en l’absence de
mécanismes de substitution, accroît le risque systémique. Cette situation nécessite la mise en
4
Article rédigé pour le colloque Banque de France-Université, « Cycles financiers et croissance », 24-26 janvier
1996 — je tiens à remercier Dorothy Sobol pour ses commentaires judicieux. Toutes les opinions exprimées
dans ce rapport sont celles de l’auteur, et non de la Banque fédérale de réserve de New York ou du Système
fédéral de réserve, ni de l’Université Columbia, ni du National Bureau of Economic Research.
56
place rapide d’un mécanisme de résolution et de systèmes de supervision bancaire et de
surveillance macroprudentielle qui anticipent les crises et permettent d’agir le plus tôt
possible. A défaut de pouvoir agir comme prêteur en dernier ressort en cas de crise
systémique, il est important pour la BCC d’être en mesure de prévenir les crises, de
développer ses indicateurs d’alerte et des instruments qui lui permettraient d’intervenir avec
plus d’anticipation. Il existe actuellement un système local de paiements en monnaie nationale
mais pas en devises (il en existait un pour la compensation locale en dollars EU, suspendu en
2020). Par conséquent toutes les grandes transactions, effectuées en dollars EU, se font via
des banques correspondantes à l’étranger et non par un système local.
A travers cette littérature, nous nous proposons de passer en revue des
mécanismes de transmission de la politique monétaire et de vous faire part de nos
appréciations sur les travaux, de plus en plus nombreux, consacrés à ce sujet. Nous allons
commencer d’abord par les canaux traditionnels de taux d’intérêt, ensuite nous allons
examiner les canaux agissant par le biais des prix d’autres actifs ; enfin, nous allons aborder le
canal du crédit, qui a fait l’objet de nombreuses études ces dernières années et qui surchauffe
la surliquidité bancaire. Il est important de comprendre ces mécanismes de transmission, non
seulement en raison de leur intérêt propre, mais aussi parce qu’ils comportent des leçons pour
la politique monétaire, tel que nous le montrerons par l’approche de la modélisation.
Les canaux de transmission de la politique monétaire en République
Démocratique du Congo (BCC) jouent aussi un rôle très prépondérant dans la régulation du
cadre macroéconomique de l'économie. Les autres chercheurs peuvent s'en servir pour
comprendre les particularités congolaises et afin d'apporter solution aux problèmes similaires
qu'elles enregistrent.
Il existe trois canaux importants de transmission de la politique monétaire :
(i) Canaux du taux d’intérêt,
(ii) Canaux des prix des autres actifs ; et
(iii) Canaux du crédit.
c) Canaux traditionnels de taux d’intérêt
Il s’agit ici d’un thème classique de la littérature économique depuis plus de
cinquante ans et aussi du principal mécanisme de transmission de la politique monétaire dans
57
le modèle keynésien de base ISLM, qui sert de référence dans l’enseignement de la macro-
économie.
La conception keynésienne ISLM traditionnelle du mécanisme de transmission
de la politique monétaire peut se résumer par le schéma suivant, qui illustre les effets d’une
expansion monétaire : M ↑ ⇒ ir ↓ ⇒ I ↑ ⇒ Y ↑ (1) où M ↑ indique la conduite d’une
politique monétaire expansionniste, qui aboutit à une baisse des taux d’intérêt réels (ir ↓) ;
celle-ci réduit le coût du capital, ce qui entraîne une augmentation des dépenses
d’investissement (I ↑) et, par là-même, un accroissement de la demande globale et de la
production (Y ↑).
Bien que, à l’origine, Keynes ait présenté ce canal comme agissant
principalement par l’intermédiaire des décisions des entreprises en matière de dépenses
d’investissement, des études ultérieures ont montré que l’investissement en logement et
l’acquisition de biens de consommation durables des ménages étaient également des décisions
d’investissement. Par conséquent, le schéma présenté ci-dessus s’applique vrai rassemblement
à certaines dépenses des consommateurs, I représentant alors les dépenses relatives au
logement et à l’achat de biens de consommation durables.
Une caractéristique importante du canal du taux d’intérêt est l’accent qu’il met
sur le taux d’intérêt réel plutôt que nominal, comme étant celui qui affecte les décisions des
consommateurs et des entreprises.
Ensuite, c’est le taux d’intérêt réel à long terme, et non à court terme, qui est
souvent considéré comme ayant une incidence majeure sur les dépenses. Comment se fait-il
que des modifications du taux d’intérêt nominal à court terme induites par une banque
centrale entraînent une variation correspondante du taux d’intérêt réel à court et à long terme ?
Simplement, cela s’explique par la rigidité des prix, de sorte qu’une politique monétaire
expansionniste qui abaisse le taux d’intérêt nominal à court terme réduit également le taux
d’intérêt réel à court terme ; cet enchaînement resterait encore valable dans un monde régi par
les anticipations rationnelles. L’hypothèse des anticipations de la structure par terme des taux,
selon laquelle le taux d’intérêt à long terme représente une moyenne des prévisions relatives
aux taux d’intérêt futurs à court terme, donne à penser que la baisse du taux d’intérêt réel à
court terme entraîne une chute du taux d’intérêt réel à long terme.
Ce fléchissement des taux d’intérêt réels aboutit ensuite à une hausse de
l’investissement en capital fixe des entreprises, de l’investissement en logements, des
58
dépenses de biens de consommation durables et de formation des stocks, le tout provoquant
une augmentation de la production globale.
Le fait que ce soit le taux d’intérêt réel, et non nominal, qui exerce une
influence sur les dépenses constitue un mécanisme important de la façon dont la politique
monétaire est susceptible de stimuler l’économie, même si les taux d’intérêt nominaux
atteignent un seuil zéro lors d’une phase de déflation.
Canaux des prix d’autres actifs
Une des principales objections des monétaristes au paradigme IS-LM
concernant l’analyse des effets de la politique monétaire sur l’économie est que ce modèle se
concentre sur le prix d’un seul actif, le taux d’intérêt, et non sur les prix de plusieurs actifs 1.
Les monétaristes imaginent un mécanisme de transmission dans lequel les prix relatifs
d’autres actifs et la richesse réelle transmettent des effets monétaires dans l’économie.
L’identification de ces autres canaux est une caractéristique des modèles macro-économiques
conçus par des keynésiens, tels Franco Modigliani, qui considèrent les effets des prix de ces
autres actifs comme essentiels pour le mécanisme de transmission de la politique monétaire. Il
existe deux actifs-clés, en plus des obligations, qui font l’objet de beaucoup d’attention dans
la littérature consacrée aux mécanismes de transmission : les devises et les actions.
Canal du taux de change
Compte tenu de l’internationalisation croissante de l’économie américaine et
du passage aux taux de change flexibles, on s’est davantage intéressé à la transmission de la
politique monétaire à travers l’influence des taux de change sur les exportations nettes. De
fait, ce mécanisme de transmission est devenu une caractéristique des principaux manuels de
référence en macro-économie, tout comme ceux portant sur la monnaie et le système bancaire.
Ce canal fait également intervenir les effets du taux d’intérêt car la baisse des taux d’intérêt
réels nationaux réduit l’attrait des dépôts nationaux en dollars par rapport aux dépôts libellés
en monnaies étrangères, ce qui entraîne une chute de la valeur des dépôts en dollars par
rapport aux dépôts en devises, c’est-à-dire une dépréciation du dollar (figurée par E ↓). La
dépréciation de la monnaie nationale abaisse le prix des biens nationaux par rapport aux biens
étrangers, ce qui se traduit par une augmentation des exportations nettes (NX ↑) et donc de la
production globale. Par conséquent, le schéma du mécanisme de transmission de la politique
monétaire par le canal du taux de change est le suivant :
M ↑ ⇒ ir ↓ ⇒ E ↓ ⇒ NX ↑ ⇒ Y ↑ (3) Ce canal joue un rôle important dans la façon dont la
politique monétaire affecte l’économie nationale, ce qui apparaît clairement dans les récentes
études menées sur ce sujet, comme celles de Bryant, Hooper et Mann (1993) et de Taylor
(1993).
59
Canal du cours des actions
Il existe deux canaux importants impliquant les cours des actions pour le
mécanisme de transmission de la politique monétaire : ils se réfèrent à la théorie de
l’investissement de Tobin (coefficient q) et aux effets de richesse sur la consommation.
- La théorie du coefficient q de Tobin
Cette théorie établit un mécanisme selon lequel la politique monétaire affecte
l’économie par le biais de ses effets sur la valorisation des actions (cf. Tobin 1969). Tobin
définit le coefficient q comme étant le rapport entre la valeur boursière des entreprises et le
coût de renouvellement du capital. Si q est élevé, la valeur boursière des entreprises est élevée
par rapport au coût de renouvellement du capital et les nouveaux investissements productifs
sont peu onéreux par rapport à la valeur boursière des entreprises. Celles-ci peuvent alors
émettre des actions et en obtenir un prix élevé, compte tenu du coût des investissements
productifs qu’elles réalisent. Par conséquent, les dépenses d’investissement augmenteront car
les entreprises peuvent acquérir beaucoup de biens d’équipement en émettant peu d’actions
nouvelles.
-Effets de richesse
Un autre canal de transmission par les cours des actions agit par le biais des
effets de richesse sur la consommation. Ce canal a été mis en évidence par Franco Modigliani
dans son modèle MPS, dont une version est actuellement utilisée par le Conseil des
gouverneurs du Système de réserve fédérale (cf. Modigliani 1971). Dans le modèle du cycle
de vie de Modigliani, les dépenses de consommation sont déterminées par les ressources des
consommateurs tout au long de leur vie, qui sont constituées du capital humain, du capital
matériel et de la richesse financière ou de patrimoine (les actions ordinaires).
Canaux du crédit
L’insatisfaction face aux thèses traditionnelles exposant comment l’action des
taux d’intérêt explique l’incidence de la politique monétaire sur les dépenses portant sur des
actifs durables a abouti à une nouvelle conception du mécanisme de transmission, qui met
l’accent sur l’asymétrie d’information sur les marchés de capitaux 1. Il existe deux canaux de
base pour la transmission de la politique monétaire, découlant des problèmes d’information
sur les marchés du crédit : le canal du crédit bancaire et le canal du bilan5.
Canal du crédit bancaire
Le canal du crédit bancaire est fondé sur l’idée que les banques jouent un rôle
spécifique au sein du système financier, car elles sont particulièrement bien placées pour
résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés de crédit. Du fait de ce rôle
spécifique des banques, certains emprunteurs n’auront pas accès aux marchés de crédit s’ils
n’empruntent pas auprès d’elles. Tant qu’il n’existe pas de parfaite substituabilité pour les
banques commerciales entre dépôts et autres sources de refinancement, le canal du crédit
5
Les problèmes d'information recouvrent également les problèmes qu'engendre le coût élevé de vérification et
d’exécution des contrats financiers. Celui-ci est étroitement lié à l'asymétrie de l'information, dans la mesure où
elle est l'une des principales raisons pour lesquelles ce coût est si élevé
60
bancaire agit de la façon suivante. Une politique monétaire expansionniste, qui contribue à
accroître les réserves et les dépôts bancaires, augmente la quantité de prêts bancaires
disponibles. Compte tenu du rôle spécifique des banques en tant que prêteurs à certaines
catégories d’emprunteurs, cette augmentation du volume de prêts conduira à une hausse des
dépenses d’investissement (et éventuellement de consommation). De façon schématique,
l’effet de politique monétaire est le suivant :
M ↑ ⇒ dépôts bancaires ↑ ⇒ prêts bancaires ↑ ⇒ I ↑ ⇒ Y ↑
Canaux des bilans
Le déclin de l’importance du canal du crédit bancaire n’implique pas pour
autant qu’il en va de même pour l’autre canal de crédit, celui du bilan. Ce canal trouve, lui
aussi, son origine dans l’existence de problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés de
crédit. Plus la situation nette d’une entreprise est faible, plus les problèmes de sélection
adverse6 et d’aléa de moralité sont aigus lorsqu’il s’agit de lui octroyer des prêts. En effet,
une diminution de la situation nette signifie que les prêteurs disposent d’une moindre garantie
en contrepartie de leurs prêts et les pertes dues à la sélection adverse sont donc plus
importantes.
La dégradation de la situation nette, qui aggrave le problème de sélection
adverse, aboutit par conséquent à une réduction des prêts destinés à financer les dépenses
d’investissement. En outre, elle accentue également le problème d’aléa de moralité, car cela
signifie que la valeur des participations dans l’entreprise diminue pour les propriétaires, ce qui
les incite à s’engager dans des projets d’investissement plus risqués. Comme la probabilité de
non-remboursement des prêteurs se trouve par là même renforcée, la dégradation de la
situation nette des entreprises aboutit à une diminution des prêts et donc des dépenses
d’investissement.
La politique monétaire est susceptible d’affecter les bilans des entreprises de
plusieurs manières. Une politique monétaire expansionniste (M ↑), qui entraîne une hausse
des cours des actions (Pe ↑) selon l’enchaînement décrit précédemment, renforce la situation
nette des entreprises et aboutit donc à une augmentation des dépenses d’investissement (I ↑) et
de la demande globale (Y ↑), puisque les problèmes de sélection adverse et d’aléa de moralité
sont atténués. On en déduit donc le schéma suivant, pour un canal de transmission de la
politique monétaire par le bilan : M ↑ ⇒ Pe ↑ ⇒ sélection adverse ↓ et aléa de moralité ↓ ⇒
prêts ↑ ⇒ I ↑ ⇒ Y ↑ (7)
6
NDT : C’est-à-dire la probabilité que les emprunteurs acceptant des taux d’intérêt plus élevés présentent de
plus grands risques de crédit
61
Canal de l’information
Depuis le début des années 90, les banques centrales prennent en compte un
autre canal, celui de l’information. Elles diffusent des informations que les agents vont ensuite
traiter. Dans le cadre de leurs décisions, les agents y intègrent de nombreuses anticipations sur
la consommation future, les capacités de production futures, les rémunérations futures… Ils
vont faire de la projection à partir d’indicateurs anticipés comme l’évolution du PIB estimé, le
taux d’inflation estimé. Les banques centrales vont utiliser des effets d’annonce. Par cette
action, la banque concernée indique aux agents par avance ses intentions. Il s’agit d’un signal
envoyé en direction des agents financiers, et surtout des agents non financiers.
Le message, avant tout effet quantité et/ou prix, essaye d’influencer le
comportement des acteurs économiques. Cette action permet aussi de rendre plus crédible les
actions de la banque centrale ; elle doit permettre de la renforcer. Il faut noter que la
perception des effets d’annonce est complexe
Une politique monétaire expansionniste, qui suscite une baisse des taux
d’intérêt, entraîne également une amélioration des bilans des entreprises car elle accroît leur
revenu d’exploitation, réduisant par là même les problèmes de sélection adverse et d’aléa de
moralité. On en déduit le schéma suivant, pour un canal de bilan supplémentaire :
Dans les pays en développement ou le système financier est peu développé, la
monnaie y constituée est le seul actif financier. Les marchés monétaires sont peu nombreux et
peu actifs. Les marchés financiers sont embryonnaires ou inexistants. Le taux de bancarisation
se situe, selon les pays, entre 5 et 10% de la population (Hugon, 2006). Au-delà de cette
situation, la population de certains pays membres de la zone fait partie intégrante des plus
pauvres de la planète7.
La thèse selon laquelle les variations non anticipées du niveau des prix ont une
forte incidence sur la demande globale n’est guère une nouveauté en économie : c’est la
principale caractéristique de la thèse d’Irving Fisher (1933) de la déflation par la dette lors de
la grande dépression.
7
Malgré la politique monétaire commune, cette zone n’en est pas encore à une totale intégration économique
62
Effets sur le patrimoine des ménages
Bien que la plupart des ouvrages relatifs au canal du crédit traitent
principalement des dépenses des entreprises, ce canal devrait tout aussi bien s’appliquer aux
dépenses des consommateurs, notamment celles portant sur des biens de consommation
durables et le logement. De même, un relèvement des taux d’intérêt entraîne une dégradation
de la situation patrimoniale des ménages, car la valeur des actifs à revenu fixe est affectée
négativement.
Une autre façon d’envisager l’action du canal du bilan par le biais des
consommateurs consiste à évaluer les effets de liquidité sur les dépenses portant sur les biens
de consommation durables et le logement — considérés comme d’importants facteurs lors de
la grande dépression (Mishkin 1978).
Selon la thèse des effets de liquidité, l’incidence sur le patrimoine agit plutôt
par le biais de la propension des consommateurs à dépenser que par celle des prêteurs à
octroyer des crédits. Compte tenu de l’existence d’asymétries d’information sur leur qualité,
les biens de consommation durables et les logements sont des actifs très peu liquides. Si les
consommateurs anticipent une probabilité plus forte de connaître des difficultés financières,
ils ont tout intérêt à détenir moins de biens de consommation durables ou immobiliers peu
liquides, et davantage d’actifs financiers, plus liquides.
Le caractère non liquide des biens de consommation durables et des actifs
immobiliers constitue une autre raison pour laquelle une contraction de la masse monétaire,
qui contribue à élever les taux d’intérêt et par conséquent à réduire la valeur du patrimoine
des consommateurs, aboutit à une chute des dépenses de biens de consommation durables et
de logement. Une diminution du patrimoine des consommateurs élève la probabilité de
connaître des difficultés financières, ce qui réduit leur propension à détenir des biens durables
ou un logement, d’où une diminution des dépenses afférentes et, donc, de la production
globale. L’unique différence entre cette thèse et celle décrite dans le schéma (8) tient au fait
que ce n’est pas la réticence des prêteurs à octroyer des crédits aux consommateurs qui
entraîne une baisse des dépenses, mais celle des consommateurs à dépenser.
Crises financières
Une forme extrême des canaux de crédit décrits précédemment fournit une
ligne directrice pour expliquer les effets de la politique monétaire sur l’économie par
l’intermédiaire d’une crise financière. Une crise financière se définit comme une perturbation
63
affectant les marchés financiers, qui aggrave sensiblement les problèmes d’asymétrie
d’information du type de ceux évoqués précédemment, de sorte que ces marchés ne sont plus
capables d’orienter efficacement les fonds vers les agents dont les projets d’investissement
sont les plus rentables. Il s’ensuit une forte contraction de l’activité économique.
La théorie des crises financières liée à l’asymétrie d’information, exposée par
BERNANKE (1983) et MISHKIN (1991, 1994), donne à penser qu’une politique de rigueur
monétaire est susceptible de jouer un rôle important dans le déclenchement de crises
financières. MISHKIN (1994) retient cinq facteurs susceptibles de favoriser leur apparition :
o hausse des taux d’intérêt,
o baisse de la Bourse,
o déclin non anticipé du niveau des prix,
o montée de l’incertitude et,
o paniques bancaires.
Les développements précédents montrent de quelle manière une politique de
rigueur monétaire peut engendrer des problèmes d’asymétrie d’information susceptibles
d’entraîner une contraction de l’activité économique résultant des trois premiers facteurs.
Comme le démontre Mishkin (1991), la plupart des crises financières aux
États-Unis ont débuté par une forte hausse des taux d’intérêt, un effondrement du marché
boursier et une montée de l’incertitude après le début d’une récession, tous ces facteurs étant
induits par une politique de rigueur monétaire. La dégradation de la situation des entreprises
et l’incertitude quant à la santé des banques ont provoqué une vague de retrait des dépôts, ce
qui a déclenché un mouvement de panique. Dans les périodes de crises les plus graves, un
recul non anticipé du niveau des prix s’est alors amorcé, du fait de la contraction de la masse
monétaire, ce qui a entraîné une déflation par la dette et une poursuite de la dégradation de la
situation nette des entreprises.
Nous voyons donc comment une contraction de la masse monétaire est
susceptible de créer un enchaînement d’événements aboutissant à une aggravation sensible
des problèmes de sélection adverse et d’aléa de moralité et, enfin, à une crise financière.
Celle-ci fournit alors une autre explication de la manière dont la politique monétaire est
susceptible d’affecter l’économie.
64
Évaluation générale
Dans les parties précédentes, nous avons présenté les différents canaux de
transmission de la politique monétaire. Comment peut-on évaluer leur importance relative ?
Si certains chercheurs, tels que TAYLOR (1995), considèrent comme
extrêmement importants les canaux traditionnels de taux d’intérêt, agissant par le biais du
coût du capital, de nombreux autres spécialistes n’ont pas la même opinion. Selon une étude
récente sur les dépenses d’investissement en capital fixe des entreprises CHIRINKO, (1993),
la réaction de l’investissement aux variables de prix, par rapport aux variables réelles, a
tendance à être faible et peu significative. On a effectivement conçu des modèles macro-
économiques comportant d’importants effets de taux d’intérêt, mais les utilisateurs constatent
souvent qu’une légère modification dans l’écriture des équations réduit considérablement ces
effets.
Toutefois, quand bien même l’importance des canaux traditionnels de taux
d’intérêt serait relativement limitée, nous avons vu que les canaux de crédit constituent un
mécanisme de transmission supplémentaire, dans lequel les variations de taux d’intérêt
peuvent avoir une incidence non négligeable sur la demande globale. De fait, les défenseurs
des canaux de crédit considèrent qu’ils amplifient et propagent les effets traditionnels de taux
d’intérêt. (i) Étant donné que les activités de prêt ne sont pas des forces motrices
indépendantes au sein de l’économie, mais plutôt des réactions à la politique monétaire,
l’existence des canaux de crédit n’implique pas une relation chronologique précise entre
agrégats de crédit et variables réelles. Par conséquent, il est peu probable que les tests de
séries chronologiques sur la capacité de prévision relative des agrégats de crédit, comme ceux
de RAMEY (1993) ET MELTZER (1995), fournissent des éclaircissements sur la validité des
canaux de crédit.
Il existe trois raisons de penser que les canaux de crédit constituent un élément
important du mécanisme de transmission de la politique monétaire. En premier lieu, un grand
nombre d’indices obtenus sur données individuelles tendent à prouver que les imperfections
des marchés de crédit, du type de celles qui sont essentielles à l’action des canaux de crédit,
affectent effectivement les décisions d’embauche et de dépenses des entreprises ; (ii) En
deuxième lieu, il semble, comme l’ont montré GERTLER ET GILCHRIST (1994), que les
petites entreprises, davantage susceptibles de subir des restrictions de crédit, soient plus
affectées par un resserrement de la politique monétaire que les grandes entreprises, qui sont
moins exposées à ce risque. La troisième raison, et probablement la plus solide, est que la
65
thèse d’asymétrie d’information expliquant les imperfections des marchés du crédit, qui se
situe au cœur de l’analyse du canal du crédit, est une construction théorique qui s’est avérée
extrêmement utile pour expliquer nombre d’autres phénomènes importants. Elle explique
notamment l’origine de l’existence de nombreuses institutions financières et la structure de
notre système financier ; (iii) En outre, l’analyse du canal du crédit présentée ci-dessus fournit
une explication cohérente de l’enchaînement des événements lors d’une crise financière type
et des raisons pour lesquelles les crises financières sont si néfastes pour l’économie ; (iv) Le
meilleur moyen de valider une théorie consiste à établir son utilité dans un large éventail
d’applications. La théorie selon laquelle les canaux de crédit sont des éléments importants du
mécanisme de transmission de la politique monétaire répond parfaitement à ce critère.
Une caractéristique importante des canaux de crédit est l’accent qu’ils mettent
sur la manière dont la politique monétaire affecte l’économie par le biais de prix d’actifs
autres que les taux d’intérêt. En outre, l’analyse des canaux supplémentaires tels que le taux
de change, le coefficient q de Tobin, la richesse et les prix des logements et des terrains
explique également pourquoi les prix d’autres actifs jouent un rôle si important dans le
mécanisme de transmission de la politique monétaire ;
Quatre leçons à tirer pour ce mécanisme de la politique monétaire
1°) Il est très dangereux d’associer systématiquement un assouplissement ou un resserrement
de la politique monétaire avec une baisse ou une hausse des taux d’intérêt nominaux à court
terme
Étant donné que la plupart des banques centrales ont recours aux taux d’intérêt
nominaux à court terme, généralement le taux interbancaire, comme principal instrument de
politique monétaire, il existe un risque que ces taux soient l’objet d’une attention excessive,
de la part des autorités monétaires comme du public, en tant qu’indicateurs de l’orientation de
la politique monétaire.
Par conséquent, des taux d’intérêt à court terme proches de zéro ne signifient
pas que la politique monétaire est souple, dans le cas d’une économie déflationniste, comme
cela s’est vérifié durant la phase de contraction de la grande dépression. De fait, comme le
montrent FRIEDMAN ET SCHWARTZ (1963), la période où les taux d’intérêt à court terme
ont été proches de zéro, durant la phase de contraction de la grande dépression, a coïncidé
avec une politique monétaire très rigoureuse, et non laxiste.
66
2°) Les prix d’autres actifs, outre ceux des instruments de dette à court terme, fournissent
d’importantes indications sur l’orientation de la politique monétaire car ce sont des canaux de
transmission essentiels.
3°) La politique monétaire peut être extrêmement efficace pour relancer une économie
déprimée, même si les taux d’intérêt à court terme sont déjà proches de zéro.
Les banques centrales peuvent mener une politique monétaire expansionniste
destinée à accroître le niveau de liquidité au sein de l’économie, grâce à des opérations
d’open-market ne portant pas nécessairement sur les seuls titres publics à court terme. Cet
accroissement de la liquidité favorise la relance de l’économie en suscitant une hausse des
anticipations du niveau général des prix et une augmentation des prix d’autres actifs, ce qui
stimule alors la demande globale par le biais des canaux décrits précédemment. Par
conséquent, la politique monétaire peut être un puissant facteur de relance des économies
soumises à une déflation et où les taux d’intérêt à court terme sont proches de zéro. De fait,
compte tenu des délais inhérents à la politique budgétaire et des contraintes politiques qui
pèsent sur son utilisation, la mise en œuvre d’une politique monétaire expansionniste est
l’arme essentielle pour permettre la relance d’une économie déflationniste.
4°) Un objectif important de la politique monétaire devrait consister à éviter les fluctuations
non anticipées du niveau des prix, ce qui permettrait de justifier la stabilité des prix comme
principal objectif à long terme de la politique monétaire.
Au cours des années récentes, les banques centrales ont entrepris de mettre
davantage l’accent sur la stabilité des prix comme principal objectif à long terme de la
politique monétaire. À cet effet, il est particulièrement important de garder à l’esprit que la
déflation des prix peut être un facteur essentiel dans l’apparition d’une crise financière
durable, comme cela s’est produit lors de la grande dépression.
L’étude du mécanisme de transmission de la politique monétaire présentée
dans cette étude est d’une grande utilité pour aider les responsables de la politique monétaire à
évaluer l’incidence de leurs actions sur l’économie. Ces informations sont non seulement
intéressantes en elles-mêmes mais, comme nous l’avons vu, elles fournissent aux autorités
monétaires d’importants éléments d’appréciation pour orienter leur politique et éviter au
mieux les erreurs passées.
67
Les canaux de transmission de la Banque Centrale du Congo (BCC)
La politique monétaire de la BCC utilise 3 canaux principaux de transmission,
ceux qui seront développés dans ce chapitre : Canal de crédit Bancaire, taux de change et taux
d'intérêt.
[Link]. Le canal de crédits bancaires
La politique monétaire se transmet à l'économie également par les biais de
crédit à travers les répercutions d'une décision de la politique monétaire sur les taux d'intérêt
pratiqués par les banques commerciale s lorsqu'elles accordent un crédit.
Ce canal a une incidence plus forte de la politique monétaire sur les dépenses
des petites et moyennes entreprises qui perdent davantage des prêts bancaires que les grandes
entreprises qui ont directement accès aux marchés.
a) L’encours global des crédits
L'encours global des crédits donne les informations sur les niveaux de crédit
que les banques accordent aux entreprises a augmenté de 73% en 2011 par exemple,
l'accélération du rythme de progression de cet encours est attribuable au boom économique
observé dans les secteurs de commerce de gros et de bétail, des productions minières et de
télécommunication.
Une décélération du rythme de progression de l'encours de crédit bancaire a
enregistré une hausse moyenne annuelle de 3,7% de 2008 à 2010. Cette évolution est
attribuable à la récession dans laquelle l'économie congolaise était entrée à la suite de la crise
financière et internationale. Mais, il présente une moyenne annuelle de 96,2% de 2011 à 2020
suite à la reprise économique constatée depuis l’arrivée du Premier Ministre MATATA
PONYO Augustin. Car ce dernier, par sa troïka hebdomadaire, avait réussi à activer la
politique monétaire comme l’un des principaux leviers de la politique économique.
b) Crédit à décaissement
Alors qu'en 2008, il y avait une augmentation importante de crédit à
décaissement par rapport à 2007, soit 144,2% ; en 2009 par contre, l'on a observé une baisse
auprès de 2,0% par rapport à l'année précédente. Même le poids de cette catégorie des crédits
68
dans le portefeuille crédits représente 81,4%. Au cours de la décennie 2010-2020, on peut
constater une augmentation des crédits à décaissement, avec une moyenne annuelle de 82,3%.
[Link]. Le canal de taux de change
L'institut d'émissions recourt principalement à l'intervention directe sur les
marchés des changes. Les transactions en devises s'effectuent par voie d'adjudication. Cette
méthode consiste à acquérir ou accéder des devises auprès des banques commerciales et, ce au
taux marginal qui épuise l'offre de la Banque Centrale ou la demande des banques. La
politique de change de la Banque Centrale continue à poursuivre ses deux objectifs à savoir :
Lisser les fluctuations du taux de change et ;
L'amélioration de niveaux des réserves internationales.
Pendant près de 5 ans, le marché des changes a été caractérisé par une stabilité
de taux de change au tour de 920,0 CDF à l'indicatif et 930,0 CDF au parallèle, soit des
variations annuelles d'environ 0,10 %, de 2011 à 2015.
Elle a résulté notamment de l'accroissement des besoins de banques expliqués
par la demande des devises exprimées par :
Les miniers bénéficiaires de remboursement en monnaie nationale de la TVA ;
Certaines prestations des services à l'Etat ayant bénéficié des paiements en monnaie
nationale.
La Banque Centrale du Congo est intervenue sur le marché des changes,
essentiellement par la vente des devises par voie, en vue de lisser les fluctuations de taux de
change. A cet effet, les interventions de l'institut d'émission avaient porté, sur un volume
global de 139,7 millions d'USD contre une prévision de 6,0 millions à la suite d'une opération
de swap de devise de 9,0 millions et d'une acquisition de 6.0 millions par adjudication.
[Link]. Le canal de taux d’intérêt
La politique monétaire de la BCC utilise en son sein deux différents taux d'intérêt :
Le taux d'intérêt directeur ; et
Le taux d'intérêt créditeurs.
69
a) Le taux directeur de la BCC
Le taux directeur de la BCC ou taux de base est un taux débiteur qui se calcul
sur fond du principe de la positivité par rapport au taux d'inflations en glissement annuel.
Et celui -ci se subdivise en deux grandes catégories :
Le taux de réescompte ; et
Les facilites permanentes.
1°. Le taux de réescompte
Le taux de réescompte est à la fois le taux de refinancement officiel de la
banque d'émission et le taux directeur du crédit. En tant que taux officiel de refinancement, il
garantit les banques contre les fluctuations de la valeur des titres qu'elles possèdent et leur
assure un profit connu à l'avance.
Il leur suffit en effet de posséder en permanence un volant de titres privés à
moins de trois mois pour disposer d'une source de refinancement à court terme. La hausse de
taux d'escompte devient alors un instrument de politique monétaire efficace. L'ensemble du
portefeuille des banques est alors dévalorisé et le refinancement des titres anciens se fait dans
des conditions désavantageuses.
L’efficacité de l'action des taux de réescompte dépend des circonstances et des
structures financières d'un pays. Si les pays ont besoin de crédit et s'il n'existe pas d'autres
sources de refinancement, la hausse du taux d'escompte est dans un premier temps inefficace,
l'absence d'autres sources de financement oblige les entreprises à emprunter.
Dans un premier temps, la pression qui s'exerce sur les comptes d'exploitation
se fait sentir et on assiste à un déclin marqué par l'activité.
Le taux de réescompte se subdivise en trois :
Le taux d'intérêt nominal : est la rémunération monétaire d'un placement en
pourcentage.
Le taux d'intérêt effectif : représente le taux capitalisé annuellement équivalent au
taux nominal d'un emprunt ou d'un produit financier.
70
Le taux d'intérêt réel : est définie par la quantité des biens et services
supplémentaires qui pourraient être acquise au bout d'un an rapporté, à la quantité qui
auraient acheté qu'au moment du placement.
2°. Les facilites permanentes
Les facilites permanentes est un guichet d'où sont réalisées des Opérations des
prêts au jour le jour pour faciliter un meilleur dénouement à la chambre de compensation. Son
taux se calcul sur base d'une marge positive variable par rapport au taux directeur.
Les facilites permanentes ont remplacé les anciens guichets de call money et
d'avances en comptes courants ont été fusionnées en un seul guichet facilite permanent à
partir de février 2008.
a) Le taux d’intérêt créditeur
Le taux d'intérêt créditeur il s'agit des taux d'intérêt moyen pondéré offert par
les banques pour rappel, depuis le 03 avril 2008, le marché BTR procède par adjudication, à
cet effet, ce sont les intervenants (les banques) qui détermine le taux sur le marché.
En son sein nous retrouvons le billet de trésorerie(BTR) de 7jours, 14 jours, et
28 jours. Le taux BTR a été remplacé à partir de 28 mars 2012 pour les Bons de la Banque
centrale du Congo(BBCC).
Les bons de BCC : est un titre de créance à court terme utilisé fréquemment par
la BCC pour réguler la quantité sur le marché monétaire.
Fonctionnement des canaux de transmission de la politique monétaire
Dans cette section, nous revenons sur les analyses faites par certains chercheurs
pour montrer comment fonctionne les différents canaux de transmission de la politique
monétaire sur l’économie.
Lorsque nous raisonnons en termes d’économie ouverte, notons que
l’intégration entre les sphères réelle et monétaire se trouve enrichie par le canal du taux de
change. Autrement dit, le canal du taux de change affecte la sphère réelle de manière autant
plus forte que l'on se situe dans le contexte de taux de change flexible et que l’économie soit
caractérisée par une forte ouverture extérieure.
71
Dans un régime de change flexible à mobilité internationale des capitaux, une
baisse des taux d'intérêt se traduit ; toutes choses égales par ailleurs, par une dépréciation
soutient les exportations nettes et par conséquent la production globale.
Le taux de change a une influence sur la production d'une économie via son
impact sur les exportations nettes. Dans un contexte de mondialisation, le canal du taux de
change fait également intervenir le canal du taux d’intérêt du fait des mouvements des
capitaux.
En effet, une baisse du taux d’intérêt national consécutive à une politique
monétaire expansionniste réduit l'attractivité des dépôts en monnaie nationale par rapport aux
dépôts en monnaie étrangère. Ce qui entraîne :
Une sortie des capitaux ;
Une contraction du niveau des dépôts en monnaie nationale par rapport aux dépôts en
monnaie étrangère ;
Une dépréciation de la monnaie nationale entraînant la baisse des prix des produits
nationaux par rapport aux prix des produits étrangers ;
Une hausse des exportations nettes ;
Et un fin, une hausse de production nationale Y
MENELIS et ROJAS-SUAREZ (1996) soulignent le fait que le degré de substitution
monétaire dépend non seulement des anticipations de l'inflation et de la dépréciation du taux
de change mais aussi de la volatilité associée à ces variables. Car, le risque accru consécutif à
la volatilité des prix et de taux de change amènerait les détenteurs d'actifs à abandonner la
monnaie nationale en faveur de la monnaie étrangère.
Par conséquent, réduire le degré de la substitution monétaire requiert non
seulement une réduction du niveau de l'inflation anticipée et de la dépréciation du taux de
change, mais aussi une réduction de la volatilité de ces variables.
En recourant au modèle Mundell-Fleming (également connu sous le modèle IS-
LM-BP) qui est une extension du modèle IS-LM, formulée par les économistes ROBERT
MUNDELL et MARCUS FLEMING, qui ont fait presque simultanément une analyse des
économies ouvertes dans les années 60, nous remarquons que pour ce modèle, outre
l’équilibre des marchés financiers, il incorpore aussi une analyse de la balance des paiements.
72
Dans le modèle de Mundell-Fleming, le régime des taux de changes flexibles
présente deux avantages. Il préserve d’une part l’autonomie de la politique monétaire et en
fait un instrument efficace de stabilisation macroéconomique, et isole d’autre part les
économies nationales des chocs de demande puisque l’ajustement se fait par le taux de
change. A l’inverse, en changes fixes, les déséquilibres commerciaux doivent être compensés
par des variations de réserves de change.
Afin de comprendre comment fonctionne ce modèle, nous verrons d'abord
comment la courbe IS, qui représente l'équilibre sur le marché des biens, est définie.
Deuxièmement, la courbe LM, qui représente l'équilibre sur le marché monétaire.
Troisièmement, la courbe BP, qui représente l'équilibre de la balance des paiements. Enfin,
nous analyserons comment l'équilibre est atteint.
a) La courbe IS : le marché des biens et services
Dans une économie ouverte, la condition d'équilibre sur le marché des
marchandises est que la production (Y), est égale à la demande de marchandises, qui est la
somme de la consommation, l'investissement, les dépenses publiques et les exportations
nettes. Cette relation s'appelle IS.
Si nous définissons la consommation (C) comme C = C (Y − T) où T correspond aux impôts,
l'équilibre serait donné par :
Y = C(Y − T) + I + G + NX
Graphe 1 : Courbe IS
Nous considérons que l'investissement n'est pas constant, et nous constatons
qu'il dépend principalement de deux facteurs : le niveau de production et les taux d'intérêt. Si
les ventes d'une entreprise augmentent, elle devra investir dans de nouvelles usines de
production pour augmenter la production ; c'est une relation positive. Plus les taux d'intérêt
sont élevés, plus les Investissements sont coûteux, de sorte que la relation entre les taux
73
d'intérêt et l'investissement est négative. Maintenant, en plus de ce que nous avons dans le
modèle IS-LM, puisque nous avons des exportations nettes, nous devons également tenir
compte des taux de change, qui affectent directement les exportations nettes.
Notons e le prix intérieur de la monnaie étrangère ou, en d'autres termes,
combien d'unités de Monnaie nationale doivent être cédées pour recevoir 1 unité de la
monnaie étrangère. La nouvelle relation est exprimée comme suit (où i est le taux d'intérêt) :
Y = C (Y − T) + I (Y, i) + G + NX(e)
En gardant à l'esprit l'équivalence entre la production et la demande, qui
détermine l'équilibre sur le marché des biens, et d'observer l'effet des taux d'intérêt, la courbe
IS est obtenue. Cette courbe représente la valeur de l'équilibre pour tout taux d'intérêt.
Un taux d'intérêt croissant entraînera une réduction de la production par son
effet sur les investissements. Par conséquent, la courbe a une pente négative. Le graphique
adjacent montre cette relation.
Comme indiqué précédemment, les variations des taux de change doivent
également être analysées (ici, e). Si e diminue, alors nous serons en mesure d'acheter plus de
devises étrangères avec moins de monnaie nationale. Par conséquent, quand e diminue (aussi
appelé une appréciation sous des taux de change flexibles ou une réévaluation sous des taux
de change fixes), les résidents nationaux ont plus de pouvoir d'achat, pouvant ainsi être en
mesure d'acheter la même quantité de marchandises utilisant moins de devises nationales.
Inversement, si e augmente (aussi appelée dépréciation sous des taux de change flexibles ou
une dévaluation sous des taux de change fixes), les résidents nationaux paieront plus pour les
mêmes marchandises. Pour résumer, une augmentation en e provoque l'augmentation des
exportations nettes (courbe IS se déplace vers la droite) et une diminution en e provoque la
diminution des exportations nettes (courbe IS se déplace vers la gauche).
b) La courbe LM : le marché monétaire
La courbe LM représente la relation entre la liquidité et la monnaie. Dans une économie
ouverte, le taux d'intérêt est déterminé par l'équilibre de l'offre et la demande de monnaie :
74
Graphe 2 : Courbe LM
Avec : M l’offre de monnaie, Y revenu réel et i le taux d'intérêt réel, étant L la demande de
monnaie, qui est fonction de i et Y. En outre, le taux de change doit être analysé car il affecte
la demande de monnaie (les investisseurs peuvent décider d'acheter ou de vendre des
obligations dans un pays en fonction du taux de change). L'équilibre du marché monétaire
implique que, compte tenu de la masse monétaire, le taux d'intérêt est une fonction croissante
du niveau de production. Quand la production augmente, la demande de monnaie augmente,
mais, comme nous l'avons dit, la masse monétaire est donnée. Par conséquent, le taux d'intérêt
augmente jusqu'à ce que les effets opposés agissant sur la demande de monnaie sont annulés,
les agents vont exiger plus de monnaie en raison de revenus plus élevés et moins en raison de
la hausse des taux.
La pente de la courbe est positive, contrairement à ce qui s'est passé dans la
courbe IS. C'est parce que la pente reflète la relation positive entre la production et les taux
d'intérêt.
c) La courbe BP : la balance des paiements
La courbe de BP indique à quels points la balance des paiements est à
l'équilibre. En d'autres termes, il montre des combinaisons de production et des taux d'intérêt
qui garantissent le financement de la balance des paiements, ce qui signifie que le volume des
exportations nettes qui affectent la production totale doit être compatible avec le volume des
sorties de capitaux nets.
75
Graphe 3 : Courbe BP
Elle s’incline généralement puisque, une augmentation de Y stimule les
importations, ce qui perturbe l'équilibre de la balance des paiements, à moins que les taux
d'intérêt augmentent (qui entraîne des entrées de capitaux pour maintenir l'équilibre). Donc, Y
et i doivent varier dans le même sens pour maintenir l’équilibre. Cependant, selon
l'importance de la mobilité du capital, il aura une pente plus grande ou plus petite : plus la
mobilité est grande, plus la courbe est plate. Une fois la courbe BP est dérivée, il est important
de savoir la manipulée. Tout point au-dessus de la courbe BP signifiera un excédent de
balance des paiements. Tous les points en dessous de la courbe BP signifiera un déficit de
balance des paiements. D’où son importance étant donné que différents facteurs peuvent
affecter les taux d'intérêt.
En s'appuyant sur le modèle de « sur ajustement » de Dornbusch, cet
économiste développe le travail de Mundell-Fleming en introduisant l’anticipation des agents
sur le mouvement du taux de change. Il affirme que le modèle de Mundell-Fleming présente
la propriété d’overshooting, selon lui une expansion monétaire conduit à une dépréciation
immédiate du taux de change. Le taux de change surajuste (overshoot) le nouveau niveau
d’équilibre de long terme proportionnellement à l’augmentation de la masse monétaire et
pendant la période de transition, à la suite du surajustement, le taux de change s'apprécie alors
que les prix sont en hausse. Le processus se poursuit jusqu'à ce que l'équilibre initial réel soit
rétabli.
La liquidité et la surliquidité
La littérature économique distingue deux définitions de la liquidité : une
définition étroite appelée « liquidité de financement » et une définition plus large qui renvoie
beaucoup plus à la « liquidité des marchés ».
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Au sens étroit, la notion de liquidité recouvre les espèces ou les actifs
susceptibles d'être convertis rapidement en espèces et détenus à cet effet pour satisfaire les
demandes de retraits de fonds à court terme émanant des contreparties, ou pour couvrir leurs
opérations. Dans cette approche, la liquidité est principalement liée à l'activité de
transformation traditionnellement pratiquée par les banques.
Au sens large, la liquidité correspond à la capacité des banques à liquider un
actif non monétaire, par exemple un titre d'investissement acquis à l'origine pour être détenu
jusqu'à l'échéance, dans le cadre d'une opération de refinancement en monnaie banque
centrale. La liquidité des marchés est au cœur des préoccupations de stabilité financière des
banques centrales. L'absence de liquidité des marchés peut non seulement engendrer une
inefficience des marchés, mais sa disparition soudaine sur un marché peut aussi dégénérer en
crise systémique.
a) La liquidité de financement (DOUMBIA, 2009)
La liquidité de financement se réfère à la liquidité nécessaire pour honorer les
demandes de retrait à court terme des contreparties, ou pour couvrir leurs opérations (VALLA
& AL, 2006). Selon cette acception, un établissement bancaire est dit liquide s'il dispose de
disponibilités, ou de possibilités de mobilisation rapide, permettant de couvrir ses exigibilités
suivant leur échéance durant une période donnée, souvent inférieure à trois mois. Il est lié à la
particularité de l'industrie bancaire. Cette particularité s'explique par son exposition au risque
de transformation. En fait, les banques procèdent souvent à des financements de long terme
par la mobilisation des ressources de court et/ou moyen terme(s).
Ce faisant, elles prennent le risque de s'exposer aux demandes de retrait
imprévues de leur clientèle. La détention d'une certaine quantité de liquidité par une banque
est donc nécessaire pour faire face au risque susmentionné. Le problème est que cette
détention peut se révéler, dans certaines circonstances, contradictoire avec l'objectif de
rentabilité des banques. Aussi, on parle de « gaspillage de liquidité » quand un établissement
bancaire détient une quantité de liquidité au-delà du nécessaire pour couvrir les opérations de
sa clientèle et sans motivation stratégique. La gestion de la liquidité est ainsi rendue délicate
puisqu'elle conduit à une ambivalence entre nécessité de prudence et objectif de rentabilité.
Ce phénomène a très tôt attiré l'attention du législateur car, une panique
bancaire, une ruée suite à la faillite ou à l'illiquidité d'une banque, peut avoir des
répercussions sur l'ensemble du système financier et remettre en cause la stabilité financière.
77
Ainsi, la mise en place d'une réglementation prudentielle, notamment en ce qui concerne la
gestion de la liquidité bancaire, s'est avérée nécessaire afin de sauvegarder le système
financier de la prise de risque excessive d'une banque donnée. Néanmoins, les dispositifs
prudentiels, aussi nécessaires soient-ils, ne permettent pas de réduire le risque de liquidité
bancaire à néant. Cela résulte, d'une part, de l'incertitude qui règne sur les marchés, incertitude
qui accentue les liens entre les deux dimensions de la liquidité et qui révèle le caractère relatif
de la liquidité d'un actif et, d'autre part, de l'asymétrie d'information entre le législateur et le
banquier.
La récurrence des crises bancaires et financières ne peut que valider cette
assertion. De ce fait, l'existence des Banques centrales, pourvoyeuses de la liquidité ultime,
est une nécessité absolue du système. Encore faudrait-il que celles-ci, dans leur fonction de
prêteur en dernier ressort, fassent la différence entre illiquidité et insolvabilité. Par
conséquent, le concept de liquidité bancaire peut bien se référer à l'éléphant de Joan
Robinson, facile à reconnaître, mais difficile à définir et à appréhender.
b) La liquidité des marchés
Le concept de liquidité de marché était au cœur de la crise des subprimes où
certains compartiments des marchés financiers ont été brutalement affectés. Avant de
l'aborder, il convient d'abord de définir la liquidité d'un actif financier. Celle-ci se réfère à la
rapidité avec laquelle cet actif peut être échangé contre la monnaie sans perte de valeur. La
liquidité de marché en est un concept proche. Elle désigne la capacité du marché à absorber
des transactions sur un volume donné d'actifs ou de titres sans effet significatif sur leurs cours.
Le degré de liquidité d'un marché peut être appréhendé selon trois critères (BERVAS, 2006) :
La largeur de l'écart (ou fourchette) entre cours acheteur et cours vendeur qui mesure
les coûts de transaction liés à la détention de l'actif considéré ;
La profondeur du marché qui se réfère au volume des transactions pouvant être
immédiatement exécuté sans décalage du prix à la meilleure limite ;
La résilience du marché i.e. la rapidité avec laquelle les cours retrouve leur niveau
d'équilibre à la suite d'un choc aléatoire dans le flux des transactions.
Cependant, cette définition de la liquidité de marché n'est pas la seule dans la
littérature bancaire. En fait, le concept de liquidité de marché est de plus en plus utilisé pour
désigner la capacité d'une banque à négocier rapidement, sans délai et ni perte en capital, un
78
actif non monétaire contre la liquidité ultime par excellence qui est la monnaie Banque
centrale. Cette seconde définition met plutôt l'accent sur la capacité du détenteur de l'actif à
s'en défaire moyennant un prix décent. L'idée sous-jacente est que la banque peut, à un
moment donné, avoir besoin de monnaie centrale pour une raison ou une autre.
Or, il se trouve que tous ses actifs n'ont pas le même degré de liquidité et que le
marché, sur lequel s'échange ces actifs, peut-être plus ou moins liquide selon les
circonstances. La liquidité de marché est donc un concept relatif car une banque pourrait être
dans l'incapacité de se procurer de la monnaie centrale compte tenu de la nature des actifs
qu'elle détient et/ou de l'état de la liquidité du marché. Dans ce papier, le terme « liquidité de
marché » sera utilisé dans ce dernier sens. En revanche, la liquidité de marché n'est pas l'objet
de cette étude, mais on ne peut pas non plus se passer de ce concept en raison du lien entre les
deux acceptions de la liquidité bancaire (Revue de la Stabilité Financière de la Banque de
France, No11, 2008).
c) La surliquidité bancaire
La surliquidité ou excès de liquidité que certains auteurs qualifient d'excès de réserves est
définie comme la détention d'actifs liquides au-delà du niveau règlementaire (SAXEGAARD,
2006). Le niveau règlementaire dont il est question ici est loin de faire l'unanimité entre les
différents auteurs, car les objectifs assignés à la politique monétaire sont multiples, le plus
important étant la stabilité des prix. Une situation de surliquidité est alors de nature à
alimenter l'inflation. Pour mieux caractériser les facteurs à l'origine de cet excès de liquidité,
nous passerons en revue les définitions théoriques de cette notion.
[Link]. Fondements théoriques de la question de surliquidité
La surliquidité n'est pas l'apanage des seuls Etats de l’Afrique. Il est reconnu
dans la littérature que c'est l'une des caractéristiques de toutes les régions du monde
(WYPLOSZ, 2005). L'auteur avance comme raisons la faible distribution des crédits et une
prospérité économique relativement faible. La distinction qu'il fait entre liquidité abondante et
liquidité excessive montre la complexité de la notion de surliquidité. Afin de mieux cerner le
contour de cette notion, nous examinerons les débats théoriques autour de celle-ci.
a) Surliquidité : une approche par les indicateurs de la liquidité bancaire
La liquidité d'une banque s'apprécie d'une manière générale par des actifs
aisément mobilisables.
79
Il s'agit des actifs facilement transformables sans perte de valeur, ni coûts de
transaction. L'actif le plus liquide étant reconnu être la monnaie, peut-on lier la surliquidité à
une abondance du stock de monnaie dans l'économie ?
Cette question ne gênerait en rien les économistes classiques, du fait de la
neutralité de la monnaie sur l'activité réelle. Mais du côté des monétaristes, la question serait
d'une grande importance, car la monnaie est au centre des fluctuations économiques. Outre
cette appréhension de la liquidité par les agrégats monétaires, la liquidité d'une économie
s'apprécie également au moyen des éléments de l'actif du bilan d'une banque.
La prise en compte de la stabilité macroéconomique et financière dans les
situations d'excès de liquidité induit nécessairement une interdépendance entre la liquidité du
marché et celle des banques (VALLA ET AL, 2006). Cette interdépendance dans les
économies en développement ne s'explique que par l'interconnexion des marchés financiers et
l'intense mouvement des capitaux.
Par définition, la liquidité d'une banque est sa capacité à faire face à ses
obligations de trésorerie suivant leur échéance (VALLA ET AL, 2006). La littérature bancaire
propose deux façons de définir la liquidité bancaire. Au sens strict, la liquidité bancaire est la
liquidité nécessaire pour satisfaire les demandes de retraits de fonds à court terme émanant
des contreparties ou pour couvrir leurs opérations. Au sens large, la liquidité bancaire est
beaucoup plus proche de la liquidité de marché.
C'est la capacité d'une banque à liquider un actif non monétaire dans le cadre
d'une action en dernier ressort afin de lever des fonds en monnaie banque centrale (VALLA et
al, 2006). Ces auteurs proposent les indicateurs de liquidité bancaire basée sur les actifs des
bilans bancaires.
Comme principaux indicateurs, on note : la gestion de la trésorerie et
opérations interbancaires, titres acquis dans le cadre des opérations de prise de pension, titres
de transaction, titre d'investissement auxquels on ajoute les engagements de refinancement
hors bilan. A cette définition de la liquidité bancaire basée sur les actifs des bilans bancaires,
l'on peut ajouter celle donnée par Poole (1968) et BALTENSPERGER (1980).
Le modèle de gestion des réserves bancaires de Poole (1968) et
BALTENSPERGER (1980), qui a fait l'objet de nombreuses applications aussi bien dans les
économies développées qu'en développement, est fondé sur une définition de la liquidité
80
basée sur les réserves et les dépôts des banques. En effet, dans le cadre de leur activité
d'intermédiation, les banques sont tenues de procéder à des ajustements de leurs portefeuilles
aussi bien sur le marché monétaire qu'auprès de la banque centrale. Ces ajustements
s'expliquent aussi bien par d'éventuels retraits inopinés des agents que par le respect des
normes réglementaires. La liquidité bancaire est donc une composante des actifs des banques.
Pour simplifier, certains auteurs apprécient cette liquidité à travers le comportement des
réserves libres des banques (réserves - réserves obligatoires). Ces derniers sont constitués des
encaisses, des dépôts des banques en comptes courants ainsi que des placements à la banque
centrale.
Outre ces définitions purement comptables de la liquidité bancaire, certaines
études ont proposé une définition de la liquidité fondée sur les agrégats monétaires
(GOUTERON et SZPIRO,2005 ; BRUGGEMAN, 2007). Gouteron et Szpiro (2005)
définissent la liquidité bancaire à partir de trois indicateurs. Comme premier indicateur, ils
proposent le ratio monnaie sur PIB nominal qui s'explique à partir de l'équation quantitative
de la monnaie. Le deuxième indicateur est le ratio crédit sur PIB nominal et le troisième
indicateur étant l'évolution du taux d'intérêt.
Cette dernière définition de la liquidité basée sur les agrégats monétaires est
d'une portée beaucoup plus générale, car elle ne permet pas directement de mesurer la
capacité d'une banque ou de tout le système bancaire à faire face à ses engagements à très
court terme. Une mesure beaucoup plus explicite permet de mettre en évidence les indicateurs
de la liquidité bancaire.
Afin de mieux cerner les éléments qui rentrent dans la définition de la liquidité
bancaire, Valla et al. (2006) proposent un indicateur de la liquidité basé sur les flux nominaux
et idiosyncratiques.
Ces flux bruts de liquidité sont élaborés par agrégation des variations positives
et négatives des encours des éléments d'actifs (gestion de la trésorerie et opérations
interbancaires, titres acquis dans le cadre d'opérations de pension, titres de transaction, titres
d'investissement et les engagements de refinancement hors bilan) du bilan de chaque banque.
Les flux nominaux de la liquidité bancaire sont la somme des taux de croissance de la
liquidité de chaque banque par rapport à zéro, pondérés par les parts de marché. Les flux
idiosyncratiques sont la somme des taux de croissance de la liquidité de chaque banque par
rapport à la tendance du secteur (Valla et al., 2006). L'indicateur privilégié dans ce calcul est
81
le taux de croissance de la liquidité bancaire qui est le rapport de la variation de la liquidité
sur la moyenne entre deux périodes.
Cette mesure de la liquidité bancaire qui porte exclusivement sur les éléments
d'actifs du bilan de la banque est critiquable en ce sens qu'elle ne prend pas en compte les
éléments du passif de la banque. En effet, malgré l'intensification des mouvements de
capitaux, la gestion de liquidité au sein d'une banque ne se limite pas seulement aux seules
opérations d'acquisitions et de cessions d'actifs en vue de satisfaire les exigences de rentabilité
et de financement de l'économie, mais elle consiste également à assurer l'exigibilité des dépôts
collectés. Dans un contexte d'économie à marchés financiers embryonnaires, comme celle de
l'UEMOA, la mesure de la liquidité bancaire basée sur les actifs des bilans bancaires ne
permettrait pas de mieux apprécier la liquidité du système bancaire.
Pour pallier aux exigences de rentabilité et de contraintes réglementaires,
certains auteurs ont proposé une mesure de la liquidité fondée sur la gestion des réserves
bancaires (POOLE,1968 ; BALTENSPERGER, 1980). La liquidité de la banque est appréciée
par rapport au niveau des réserves obligatoires. Les réserves bancaires sont donc la somme
des réserves non empruntées, c'est-à-dire les réserves officielles des banques auxquelles on
ajoute les dépôts nets et les flux de placement et de refinancement sur le marché monétaire
(Poole, 1968). Pour satisfaire les exigences réglementaires de constitution des réserves
obligatoires, les réserves de la banque devraient au moins être égales aux réserves
obligatoires. Cette mesure de la liquidité n'établissant pas une liaison directe avec les
instruments de la politique monétaire, certains auteurs ont proposé une mesure de la liquidité
fondée sur les agrégats monétaires.
L'équation quantitative de la monnaie met en évidence une liaison entre la
quantité de monnaie en circulation dans l'économie et le niveau générale des prix. Cette
liaison théorique fait penser à une forte corrélation entre liquidité et inflation. Les ratios
monnaie (masse monétaire au sens large) et crédit sur PIB (Produit Intérieur Brut) sont donc
les indicateurs de la liquidité. Cette mesure de la liquidité est vue sous l'angle macroéconomie
avec prise en compte des instruments de la politique monétaire. La question de la liquidité
n'est véritablement préoccupante que si l'économie ou le système bancaire est en situation
d'excès de liquidité ou de déficit de liquidité. La situation d'excès de liquidité est beaucoup
plus préoccupante pour les autorités monétaires, car elle est incompatible à long terme avec
l'objectif de stabilité des prix (Gouteron et Szpiro, 2005). Mais la principale difficulté est la
82
mesure de l'excès de liquidité qui ne fait pas l'unanimité entre les auteurs qui se sont penchés
sur la question.
b) Surliquidité : excès de liquidité systémique
La situation d'excès de liquidité dans l'économie a longtemps préoccupé les
autorités monétaires qui s'investissent davantage dans le contrôle de la liquidité bancaire pour
garantir la stabilité des prix. Cette situation rend difficile la mise en œuvre de la politique
monétaire et conduit le plus souvent à une réforme de celle-ci, c'est le cas des pays de
l'Europe juste après la seconde guerre mondiale (GURLEY, 1953). Plus généralement, une
situation d'excès de liquidité, que l'on appelle communément surliquidité, est vue sous deux
angles : excès de liquidité systémique ou excès de réserves bancaires.
L'excès de liquidité est généralement perçu dans la littérature bancaire comme
l'écart entre le total des actifs liquides et le total des actifs liquides réglementaires. La
principale interrogation qui est faite de cette définition concerne la distinction entre actifs
liquides et actifs liquides réglementaires. Mais cette interrogation est levée dès lors qu'on
dispose d'une norme réglementaire sur la liquidité des banques. La commission bancaire
établie généralement une norme de liquidité qui est le ratio éléments d'actifs liquides sur
éléments de passif exigibles (Valla et al., 2006). Ce ratio devant au moins être égal à 100%, il
est donc difficile de dire à partir de quel seuil cette liquidité devient excédentaire.
Pour pallier à cette difficulté, certains auteurs ont proposé comme seuil de
surliquidité, le niveau minimal de la norme de liquidité. Wanda (2007) considère qu'il y a
surliquidité lorsque le ratio dépôts sur crédits est supérieur à un. Outre le fait que le seuil
minimal de liquidité ne garantisse pas nécessairement l'objectif de maximisation du profit de
la banque et la satisfaction d'autres exigences réglementaires, les éléments d'actifs liquides et
de passifs exigibles qui rentrent dans la définition de la surliquidité ne sont pas suffisants.
D'autres indicateurs d'appréhension de l'excès de liquidité proposés dans la
littérature ne donnent pas nécessairement le seuil à partir duquel une détention de liquidité
peut être caractérisée d'excessif, c'est le cas par exemple des ratios monnaie (masse monétaire
au sens large) et crédit sur PIB. Cette approche nous conduit donc à une définition de la
notion d'excès de liquidité systémique. L'excès de liquidité est dit systémique s'il est relatif à
un système, en l'occurrence le système bancaire. Les mécanismes de fonctionnement du
système bancaire sont donc sources de liquidité excessive.
83
Cette dernière approche de la surliquidité comme excès de liquidité, malgré le
fait qu'elle tienne compte de la norme réglementaire de liquidité, ne prend pas en compte le
niveau de réserves des banques à la banque centrale. Cette prise en compte du niveau des
réserves bancaires permettra donc d'établir une relation directe entre surliquidité et la mise en
œuvre de la politique monétaire.
c) Surliquidité : excès de réserve bancaires
On appelle réserves bancaires, la partie des dépôts constitués auprès des
banques que celles-ci ne prêtent pas. Une fraction de ces réserves se trouve dans les coffres
forts de chaque banque, mais la majeure partie en est détenue par la banque centrale
(MANKIW, 2001). Cette définition fait apparaître implicitement les notions de réserves libres
et de réserves obligatoires.
Les réserves libres sont considérées comme l'écart entre l'excès de réserves
statutaires (réserves obligatoires) et les emprunts de la banque à la banque centrale (Poole,
1968). Les réserves obligatoires désignent les réglementations par lesquelles les banques
centrales obligent les banques commerciales à respecter un coefficient de réserves minimal
(Mankiw, 2001). Les réserves obligatoires sont donc comparables à une taxe sur une activité
particulière qui est la production des comptes de dépôts (BALTENSPERGER, 1980).
La constitution des réserves obligatoires pour le contrôle de la liquidité
bancaire induit une distinction entre système bancaire avec réserves intégrales et système
bancaire avec réserves fractionnaires. En effet, dans un système bancaire avec réserves
intégrales, tous les dépôts que reçoit la banque sont constitués en réserves obligatoires. On
parle dans ce cas d'un système bancaire avec 100% de réserves obligatoires (Baltensperger,
1980). En revanche, dans un système bancaire avec réserves fractionnaires, la banque ne peut
conserver en réserves qu'une partie de la totalité des dépôts (Mankiw, 2001). On note en outre
qu'un système bancaire avec réserves intégrales n'affecte pas l'offre de monnaie, alors qu'un
système avec réserves fractionnaires crée de la monnaie.
Comme instrument de contrôle de la liquidité bancaire, les réserves
obligatoires jouent un rôle important dans l'analyse de la surliquidité des banques. Par rapport
à cette approche, la surliquidité est donc une situation de réserves excédentaires qui est l'écart
entre les réserves bancaires et les réserves obligatoires.
84
De même, Agénor et al (2004), en s'inspirant des travaux de Baltensperger
(1980) sur le modèle de gestion des réserves bancaires, montrent que l'excès de liquidité, qui
est l'écart entre les réserves non rémunérées des banques et les réserves obligatoires, est une
fonction croissante du taux de pénalité des banques, décroissante du coefficient des réserves
obligatoires et décroissante de la volatilité du PIB. Ce modèle de gestion des réserves
bancaires de Baltensperger (1980), s'inspire des travaux de Poole (1968), qui propose un
modèle stochastique de gestion des réserves bancaires. Poole justifie la prise en compte du
modèle stochastique par le caractère aléatoire du montant des réserves de la banque à la
banque centrale et des dépôts des banques.
Vue ces définitions il est nécessaire de se pencher sur les méthodes
d'estimation de la surliquidité.
Une mesure couramment utilisée pour appréhender l'ampleur de ce phénomène
consiste à rapporter les réserves excédentaires des banques commerciales du pays considéré à
la masse monétaire en circulation ou au total des dépôts bancaires, les réserves excédentaires
correspondant à la différence entre les réserves constituées auprès de la banque centrale et les
réserves obligatoires (les réserves réglementaires imposées par l'autorité monétaire).
Les défis à relever par les autorités monétaires
Les différents enjeux préalablement exposés et les constats établis soulèvent
de nombreuses questions qui constituent les principales problématiques de la thèse. En
premier lieu, il convient de savoir quelles sont les origines du phénomène de la surliquidité
qui a survenu depuis quelques années en RDC et tend à devenir totalement structurel. Il s’agit
en fait d’identifier ses déterminants principaux afin de pouvoir l’endiguer car elle est souvent
considérée comme un facteur d’affaiblissement des canaux de transmission pouvant rendre
impuissante la Banque Centrale.
Dans la littérature économique, des controverses subsistent sur le caractère
involontaire ou non de l’accumulation de la surliquidité par les Banques Commerciales. Les
modèles de la gestion des risques de liquidité, en rapport avec les réserves, ont été largement
exposés dans la littérature par BALTENSPERGER (1974), SANTOMERO (1984) et
SWANK (1996). Agénor, AIZENMAN, et HOFFMAISTER (2004) en s’inspirant du
modèle de BALTENSPERGER (1974) postulent théoriquement qu’un accroissement du taux
de pénalité, ou de la volatilité de la production, augmente le niveau de réserves détenus par les
Banques Commerciales.
85
En Afrique Centrale, l’accumulation des recettes pétrolières, minières,
l’étroitesse du marché interbancaire, les faibles niveaux de bancarisation et des marchés
financiers peuvent permettre de postuler que la surliquidité est totalement indépendante de la
volonté des Banques Commerciales. Cependant, ces dernières, comme évoqué ci-dessus, ont
aussi en mémoire la grave crise des années 1980, et en outre face à l’incertitude et aux risques
encourus, elles peuvent détenir des actifs liquides volontairement pour des motifs de
précaution.
La seconde question centrale concerne les mécanismes de transmission de la
politique monétaire qui poursuit pour but ultime la stabilité monétaire malgré les défis
importants auxquels elle fait face. Les canaux de transmission de la politique monétaire, qui
se trouvent être des mécanismes par lesquels une décision de politique monétaire, en affectant
le comportement des agents économiques, agit sur la croissance et les prix, constituent des
processus très complexes. On distingue le canal du taux d’intérêt, le canal des prix d’autres
actifs et le canal du crédit. Les canaux du taux d’intérêt constituent le principal mécanisme
keynésien de transmission de la politique monétaire.
Selon Taylor (1995) l’expérience a montré que les taux d’intérêt ont une
influence considérable sur les dépenses de consommation et d’investissement, ce qui en fait
un parfait mécanisme de transmission de la politique monétaire. Cependant BERNANKE et
GERTLER (1995) affirment qu’il n’est pas du tout facile de montrer empiriquement que le
taux d’intérêt a une influence considérable. En outre, la principale critique élaborée, à
l’encontre de l’analyse keynésienne, repose sur le fait, qu’elle ne retient pas le prix des autres
actifs financiers (taux de change, cours des actions) à part le taux d’intérêt. ITO et SATO
(2006) montrent qu’en Indonésie, la réponse des variables de la politique monétaire en
présence des chocs de taux de change, était statistiquement significative.
Cependant, selon Caballero et KRISHNAMURTHY (2004), en période de
crise externe dans les pays en transition, la politique monétaire expansionniste exacerbe la
dépréciation du taux de change et a ainsi peu d’effet sur l’activité réelle. Le dernier canal qui
concerne celui du crédit bancaire est fondé sur l’idée que les banques jouent un rôle
spécifique au sein du système financier, car elles sont particulièrement bien placées pour
résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés de crédit (Mishkin, 1996).
Dans le contexte des pays en développement, les canaux que l’on pourrait
prendre compte concerneraient précisément le canal du taux d’intérêt et celui du crédit, car la
86
zone entretient un taux de change fixe avec l’Euro et son marché financier est quasi
inexistant. Cependant, en ce qui concerne le canal du taux d’intérêt, il existe presqu’un
consensus qu’il est difficilement opérationnel dans un tel contexte. D’abord, la présence des
banques filiales de multinationales qui entretiennent des relations verticales avec leur maison
mère fausse le jeu de la Banque Centrale (Hugon, 2006). En plus, dans le secteur réel, l’effet
de la politique monétaire est difficilement appréhendable du fait que la majeure partie de la
population se trouve dans le secteur agricole et n’accède pas ainsi au système financier
traditionnel. Par conséquent l’autoconsommation ainsi que l’auto investissement demeurent
encore prépondérants dans ces économies.
Enfin, la dernière question et non la moindre concerne la prévision du niveau
des prix qui doit s’améliorer afin de rendre les autorités monétaires plus proactives, car la
pression inflationniste constatée ces dernières années éloigne de plus en plus la BEAC de son
objectif principal. Il s’agit ici de ne pas seulement s’arrêter sur l’opérationnalité des canaux
existants, mais d’identifier dans quelle mesure, développer une certaine capacité à rendre plus
proactive les autorités monétaires. La gestion de la politique monétaire requiert une très bonne
anticipation afin de permettre aux décideurs de prévoir et de mettre sur pied des mécanismes
permettant d’atteindre les objectifs fixés.
Cependant, en plus du très faible niveau financier de la zone, la surliquidité en
affaiblissant les canaux de transmission de la politique monétaire vient réduire davantage les
marges de manœuvre de la BEAC, face à un éventuel choc inattendu sur le niveau d’inflation.
Cet événement, comme décrit précédemment, a occasionné plusieurs réactions de la BEAC,
qui n’arrivent pas à contenir le phénomène. On peut citer entre autres, les variations des
coefficients de réserves obligatoires dans le temps et entre les pays, ainsi que la diminution de
leur taux de rémunération. Malgré ces interventions, la surliquidité prend toujours de
l’ampleur au fil du temps et ainsi laisse craindre le pire pour l’avenir de la stabilité monétaire
dans la zone. En outre, les récentes crises alimentaire et énergétique sont susceptibles de créer
des tensions inflationnistes que les autorités monétaires sont supposées être capables de
maitriser.
87
Conclusion
Tout au long de ce chapitre, nous nous sommes attelés à traiter de la politique monétaire et les
déterminants de la surliquidité bancaire. La politique monétaire est une politique économique
conjoncturelle élaborée et exécutée par la banque centrale. Elle correspond à l’ensemble des
actions visant à atteindre les objectifs du « carré magique » (croissance économique, lutte
contre le chômage, maitrise de l’inflation et équilibre extérieur). Dans ce résumé, nous avons
essayé de présenter tout d’abord la logique de la politique monétaire et son champ de
déroulement, ensuite la mise en évidence de cette politique à objectifs internes et externes
(ou tout simplement la politique de change).
-Champ de déroulement et logique de la politique
monétaire
Banque Système Economie
Centrale Bancaire Réelle
( instruments Marché Marché
et actions de Monétaire Biens/
la politique (liquidité services
monétaire ) bancaire) (demande et
production)
-Logique de la politique monétaire
Instruments Actions Objectifs Objectifs
Interme- finals
- Taux - Augmenter diaires
d’intérêt ou diminuer - Croissance
directeur le taux - Niveau de la économique
masse mone
- Réserves directeur ou - Plein emploi
taire(M3)
monétaires la réserve - Stabilité des
- Taux
- Open monétaire. d’intérêt prix
market - Vente ou -Taux de - Equilibre
(échange des achat des change extérieur
titres sur le titres sur le
88
Source : Mohamed OUBEJJA/article scientifique
- La politique monétaire à objectifs internes Nous distinguons deux types de politique
monétaire : la politique monétaire de relance ou expansionniste et la politique
monétaire de stabilisation.
La politique monétaire de relance ou expansionniste vise comme objectifs
finals : favoriser les crédits à l’économie permet d’encourager la demande (consommation et
investissement) et par la suite la croissance économique et la création des emplois (lutte
contre le chômage).
Par contre la politique monétaire de stabilisation lutte contre l’inflation. Elle
vise à établir l’équilibre extérieur en favorisant les exportations car les produits nationaux
deviennent moins chers à l’étrangers et donc compétitifs.
- La politique monétaire à objectifs externes (la politique de change) et celle qui
dépend du régime de change adopté par le Gouvernement.
Nous pouvons distinguer principalement deux types de régime : le régime de
change fixe (le taux de change est fixé par l’Etat par voie autoritaire) et le régime de change
flottant (le taux de change est fixé sur le marché selon la loi de l’offre et la demande). La
RDC a adopté un régime de change flottant.
Le déterminant de la surliquidité bancaire, a abordé la thématique en disant
qu’il n’y a pas de surliquidité sans liquidité. Cependant, la liquidité bancaire se traduit par la
capacité d’une banque à faire face à ses obligations de trésorerie en fonction de leur échéance
la surliquidité bancaire peut également être estimée par le niveau des réserves excédentaires
(RE) qui découle de la différence entre les réserves constituées (RC) par les banques et les
réserves requises (RR) ou réserves obligatoires. Cette mesure, simple à mettre en œuvre, est
souvent utilisée dans les pays en développement. Le niveau de ces réserves excédentaires
rapporté à la masse monétaire M2 permet d’apprécier l’ampleur du phénomène de
surliquidité. Cependant, une telle mesure néglige la part de la surliquidité que les banques
conservent elles-mêmes. L’excès de la tarification des services offerts aux grandes entreprises
89
favorise la surliquidité bancaire. Le coût du crédit dépend essentiellement de 3 facteurs, à
savoir le taux de base bancaire, la majoration liée au type de crédit et la majoration relative au
type de client.
90
Chapitre deuxième : CADRE DE L’ETUDE SUR LE SYSTÈME BANCAIRE
CONGOLAIS
2.1. Aperçu historique
Dans la littérature économique, des controverses subsistent aussi bien sur le
plan théorique qu'empirique sur le caractère involontaire ou non de l'accumulation de la
liquidité par les Banques Commerciales.
Sur le plan théorique en s'inspirant du modèle de BALTENSPERGER (1974)
AGÉNOR et al (2004) postulent théoriquement qu'un accroissement du taux de pénalité
augmente le niveau de réserves détenues par les Banques Commerciales. Selon leur analyse le
phénomène de surliquidité dérive plutôt de la contraction de l'offre de crédit par les banques
commerciales. Le débat se situe finalement sur la volonté des banques commerciales à
accorder du crédit ou à détenir des réserves peu ou pas rémunérés. Dans cette même logique
Berger et al.(2005) montre qu'une forte tarification est de nature à limiter les crédits et à
conduire à une surliquidité bancaire. En effet la forte tarification des services bancaires est
liée à une forte asymétrie de l'information et à une réticence des banques à octroyer des
crédits.
Pour sa part, Vo Thi (2005) montre que le coût du crédit est positivement lié à
la probabilité de défaut de l'emprunteur, au taux de perte en cas de défaut de paiement et au
taux de rémunération des ressources. Par contre, l'espérance de rendement de crédit est
négativement liée à ces facteurs. Contrairement aux études précédentes, DOLLAR et
HALLWARD-DRIEMEIER (2000) affirment que la surliquidité, en Asie de l'Est, résulte de
la baisse de la demande de crédit qui est due à la contraction de la demande agrégée
engendrée par la crise. En effet l'instabilité affecte le climat des affaires et crée l'incertitude
sur les projets d'investissements futurs. Il en résulte une baisse de demande de crédit et
favorise ainsi la surliquidité des banques. Pour ces derniers c'est plutôt la faible demande de
crédit en raison de l'instabilité qui est la source de la surliquidité des banques dans cette
région.
La relation de causalité qui existe entre la crise économique et l'inflation
montre que cette dernière peut également représenter une cause cyclique de la surliquidité car
son l'importance est accompagnée par une volatilité élevé des prix relatifs (et donc une
augmentation dans les risques des projets d'investissement caractérisé par un degré élevé
d'irréversibilité). Un excès dans l'inflation peut augmenter l'incertitude sur la valeur de la
garantie des emprunteurs. En effet les grandes banques, lorsqu'elles sont confrontées aux
91
problèmes de sélection adverse, soit elles fixent une prime de risque élevée ou augmentent
l'incidence du rationnement de crédit. Ceci parce que, dans le cas formel, un taux débiteur
élevé va conduire non seulement à la sélection adverse (Stiglitz et Weiss, 1981), mais
également à une contraction dans la demande de crédit. Ce qui traduit une accumulation
involontaire d'excès de réserves (ALPHA, 2010).
En Afrique Sub-saharienne la plupart des arguments avancés sur ce thème
portent sur le caractère involontaire de l'accumulation de la liquidité par les banques
commerciales.
La surliquidité bancaire est un phénomène qui se retrouve dans les banques
commerciales, lorsque celles-ci détiennent des liquidités au-delà du niveau réglementaire. Ce
qui nous permet de déterminer si cette surliquidité ne provient pas de la gestion des risques
bancaires auxquels les banques sont exposées.
2.1.1. Surliquidité bancaire et risque
Le risque désigne un danger bien identifié, associé à l'occurrence à un
événement ou une série d'événements, parfaitement descriptibles, dont on ne sait pas s'ils se
produiront mais dont on sait qu'ils sont susceptibles de se produire dans une situation
exposante. Il est aisé de comprendre pourquoi la notion de risque, ainsi définie, ne permet pas
de décrire les situations d'incertitude et de rendre compte des modalités de la prise de décision
dans de tels contextes. On sait ce qu'on ne sait pas mais c'est à peu près tout ce que l'on sait : il
n'y a pas de meilleure définition de l'incertitude. Savoir anticiper, traquer les débordements
potentiels, mettre en place un système de surveillance et de collecte systématique des données
pour déclencher les alertes dès que des événements inhabituels se produisent : la liste des
mesures à prendre est longue, qui suggère que l'ignorance n'est pas une fatalité et que
raisonner en terme d'incertitude, c'est déjà se donner les moyens d'en prendre la mesure.
La notion de risque ainsi définit nous conduit à déterminer dans la littérature si
la gestion de celle-ci n'est pas la cause fondamentale de la surliquidité bancaire.
Nous allons présenter en premier lieu les différents risques auxquels les
banques sont exposées, avant d'en présenter par la suite les fondements théoriques sur la
relation entre surliquidité bancaire et la gestion des risques.
92
[Link]. Présentation des différents risques auxquels les banques sont exposées
Les risques bancaires sont nombreux et divers, ils sont de deux types : il y a les
risques financiers et les risques non financiers.
Les risques financiers sont les risques liés aux variations de prix des actifs
financiers (actions, obligations, taux de change). Ils sont les suivants : Risque de liquidité ;
risque de crédit ; risque de taux d'intérêt ; risque de change ; risque de marché.
Les risques non financiers, étant l'inverse des risques financiers comprennent entre
autres : Risque de marges (ou de volume) ; risques réglementaires et légaux ; risque
opérationnel. Dans lignes qui suivent, nous allons nous intéresser à un risque par type
de risque à savoir : le risque de crédit pour les risques financiers et le risque
opérationnel pour les risques non financiers dont on va présenter les définitions et les
mesures.
a) Le risque de crédit
L'un des risques auxquels les banques sont exposées, est le risque de crédit.
Celui-ci est l'un des risques les plus importants, car il détermine la relation entre la banque et
ses clients. Nous allons présenter la définition de ce risque, avant d'en présenter ses
différentes mesures.
Définitions
Le risque de crédit est défini comme étant le risque de perte auquel la banque
est exposée en cas de détérioration ou de défaillance de la contrepartie. Il résulte de la
combinaison de 3 facteurs : le risque de contrepartie, le risque d'exposition et le risque de
récupération (modèle dit CER).
-Risque de contrepartie
Le risque de contrepartie est caractérisé par la probabilité de défaillance du
client et qui concerne principalement 2 facteurs qui sont : la qualité du débiteur (classe de
risque ou notation) et la maturité du crédit.
-Risque d'exposition
Le risque d'exposition est l'évaluation du montant des engagements au jour de
la défaillance.
93
Ce montant dépend du type d'engagement accordé (facilité de caisse, prêt
moyen à terme, caution, opérations de marché, ...), du niveau confirmé ou non, de la durée de
l'engagement et de sa forme d'amortissement (linéaire, dégressif,).
-Risque de récupération
Le risque de récupération est, après coût de récupération et de partage, la
valeur attendue de la réalisation des garanties (sûretés réelles et personnelles) et de la
liquidation des actifs non gagée de la contrepartie.
La valorisation des garanties détenues vient en déduction de l'exposition. Elle
est fonction de la valeur initiale du bien, du caractère nécessaire ou non pour la poursuite de
l'activité, de sa durée de vie, du marché d'occasion et de la décote10 en cas de vente forcée.
Les méthodes de mesures
Dans le nouvel accord Bâle II, chaque établissement aura le choix entre trois
méthodes :
La méthode Standard (notation externe) ;
La méthode IRB Fondation (notation interne simple) ;
La méthode IRB Avancée (notation interne complexe).
L'idée sous-jacente à la multiplicité des modèles d'évaluation du risque de
crédit est d'inciter davantage les meilleures pratiques en matière de mesure et de contrôle de
risque de crédit pour calculer au mieux les charges en fonds propres.
Les approches de mesure de crédit doivent être envisagées en tenant compte
d'une dimension évolutive, en effet le comité de Bâle espère voir de nombreuses banques
passer de l'approche standard à l'approche IRB simplifiée puis avancée.
En effet, les établissements de crédit auront donc globalement deux grandes
options : soit laisser la responsabilité de la notation de leurs portefeuilles à des organismes de
notations externes, soit cherché à élaborer en interne des systèmes de gestion des risques des
contreparties pleinement adaptées à leurs natures d'activités.
94
Approche Standard
Cette approche, entrant en vigueur à partir du 1er janvier 2007, est fondée sur
une classification des risques obtenus à partir de notations externes (agences de notation,
assureurs de crédit...).
La pondération des expositions est fonction des notations externes. Il existe
différentes grilles de pondération selon les catégories d'emprunteurs. Les encours pondérés
sont des encours nets de provisions spécifiques.
Sept catégories d'emprunteurs sont définies pour les grilles de pondération :
souverains, entités du secteur public non gouvernemental, banques, entreprises, détail ),
crédits hypothécaires garantis par de l'immobilier, crédits garantis par une hypothèque
commerciale. L'approche standardisée mènera à un niveau de couverture en capital similaire à
Bâle I (8%), mais avec des changements importants : allocation de 2,8% (pondération de
35%) sur les prêts immobiliers au lieu de 4%.
Pour la détermination des pondérations par catégories d'emprunteurs, les
banques doivent recourir à des "notateurs externes". Six critères d'éligibilité sont recensés
pour la reconnaissance de ces agences de notation externes par le régulateur national :
objectivité, indépendance, accès international et transparence, publication, ressources et
crédibilité.
La Banque des Règlements Internationaux (2001) a suggéré que la fiabilité des
agences de notations est un élément crucial et fondamental pour l'efficacité de l'approche
standardisée de mesure du risque de crédit. Aussi, les régulateurs du marché financier doivent
certifier l'évaluation externe du risque de crédit.
Roy, V. P. (2005) simule le capital réglementaire des banques de l'Union
Européenne selon l'approche standardisée de mesure de risque de crédit pour les
combinaisons possibles de notations externes (ECAI), Moody's, S&P et Fitch rating, et ce en
reposant sur la simulation Monte-Carlo. Il trouve des différences significatives du capital
réglementaire pour ces trois agences de notations, mais ces divergences n'excédant pas 6% du
minimum du capital réglementaire.
Approche Notations Internes (Internal Ratings Based)
Selon cette approche, qui est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2007, la
banque utilise ses ratings internes et estime la probabilité de défaut correspondant à chaque
95
emprunteur. Les régulateurs fournissent toutes les autres informations permettant de calculer
le niveau de capital réglementaire requis (taux de recouvrement standard, maturité
standard...).
A cet effet, pour générer le niveau du capital réglementaire sous IRB, les
banques appliquent une formule mathématique à leurs estimations des risques :
Fonds propres réglementaires = (f (PD, LGD, M) EAD) > 8%
V' La Probabilité de Défaut (Probability of Default : PD) : la PD est une notion
orientée "emprunteur". Exprimée en pourcentage, elle correspond à la probabilité qu'une
contrepartie soit défaillante sur un horizon de douze mois.
V' La Perte en Cas de Défaut (Loss Given Default : LGD) : la LGD est une notion orientée
"transaction ", les pertes étant généralement dépendantes des caractéristiques de financement
(caractéristiques de l'emprunteur, caractère subordonné du crédit, garanties reçues, etc.…).
Exprimée en pourcentage, elle correspond au taux de perte constaté en cas de défaillance.
V' Exposition Au Défaut (Exposure At Default : EAD) : l'EAD correspond à l'exposition en
cas de défaillance, c'est la perte maximale que peut faire la banque sur ce prêt en cas de défaut
immédiat. La notion d'exposition englobe les encours bilanciels ainsi qu'une quote-part des
engagements hors bilan.
Le défaut se manifeste par un impayé supérieur à 90 jours ou une incapacité de
l'emprunteur à honorer les échéances prévues en nominal, intérêts, frais annexes (un
rééchelonnement des prêts, un provisionnement constaté sur l'encours, une cessation de
paiement, une liquidation judiciaire).
Selon cette approche, la banque doit évaluer elle-même la probabilité de défaut
(PD) associée à une catégorie d'emprunteur et se fonder sur les éléments fournis par les
autorités de contrôle pour l'estimation des autres éléments de risques.
L'approche basée sur la notation interne ou IRB proposée par le comité de Bâle
constitue un élément important dans le sens où les banques auront une approche statistique de
leurs risques afin d'établir une segmentation de l'ensemble des risques de crédits en
portefeuilles homogènes.
Cette approche a pour fin de faire passer la mesure du capital réglementaire
d'un calcul arithmétique (ratio Cooke) à un calcul probabiliste (ratio Mc Donough).
96
Selon une étude d'impact menée par la commission bancaire, les exigences en fonds propres
relatives seraient inférieures de 2,5% pour les banques adoptant l'approche Notation Interne
Simple et de 5% pour celles optant pour l'approche Notation Interne Complexe par rapport à
l'utilisation de la méthode standard révisée.
Méthode IRB avancée
Le comité a également défini une approche avancée, entrée en vigueur depuis
le 1er janvier 2008, déclinaison de la précédente, dans laquelle les banques fournissent leurs
propres estimations pour tous les paramètres de risque : la probabilité de défaut ; la perte en
cas de défaillance ("Loss Given Default" LGD), l'exposition en cas de défaillance ("Exposure
At Default" EAD) sous réserve de respecter les exigences des autorités de surveillance.
Cette méthode est destinée aux grandes banques ayant des systèmes de gestion
des risques bien élaborés et des données historiques.
Alors, les banques ont la possibilité de choisir leur méthode d'estimation. Le
choix de la méthode de notation interne constitue une opportunité pour les banques. En effet,
le nouvel accord de Bâle incite les établissements à mener une réflexion dynamique sur
l'emploi de leur capital afin de piloter de façon globale leurs activités en intégrant le coût de
risque. Mais, il faut remarquer que le comité a laissé le choix aux banques et à l'autorité de
contrôle et ceci en fonction des choix stratégiques de chaque entité. La complexité des
méthodes varie en fonction des processus de détermination des paramètres. En effet, la
méthode standard basée sur des notations externes est très simple, par contre, la marge de
liberté par rapport à l'allocation de capital est faible : il s'agit d'une relation inverse entre
simplicité de la méthode et marge de latitude par rapport à l'allocation des ressources.
b) Le risque opérationnel
Le risque opérationnel qui est l'un des risques non financiers est celle que nous
avions choisis de présenter. Nous allons commencer par donner sa définition, avant de
présenter les méthodes de mesures de ce risque.
Définitions.
Le risque opérationnel est défini comme le risque de perte résultant de carences
ou de défaillances attribuables à des procédures, personnels et systèmes internes ou à des
événements extérieurs. La définition inclut le risque juridique mais exclut les risques
stratégiques et d'atteinte à la réputation.
97
Dans la pratique, on peut considérer comme réalisation d'un risque
opérationnel tout événement qui perturbe le déroulement des processus et qui génère des
pertes financières ou une dégradation de l'image de la banque. Donc les risques opérationnels
sont réalisés essentiellement par : Les employés (fraudes, dommages, sabotages, ...) ; le
processus interne de gestion (risque sur opérations, de liquidité,...) ; le système (risques liés à
l'investissement technologique, violation,...) et par des événements externes (aspects
juridiques, catastrophes naturelles,...).
Le risque opérationnel a été officiellement défini et pris en compte dans le
document soumis à consultation par le comité de Bâle (2001) comme le risque de pertes
pouvant résulter de procédures internes inadéquates ou non appliquées, des personnes, des
systèmes ou d'évènements externes. Ces évènements de risque sont les fraudes internes ou
externes, les risques qui touchent aux relations clients, les problèmes liés à la gestion du
personnel, les dommages qui pourraient toucher les actifs physiques, l'interruption totale ou
partielle des systèmes ou des processus, et la mauvaise exécution de certains processus qu'ils
soient internes ou externes à la banque. Après cette définition claire du risque de crédit, nous
allons passer aux différentes mesures de ce risque.
Méthodes de mesures
On distingue trois méthodes pour mesurer le risque opérationnel. En effet, il
s'agit de trois options avec des exigences en fonds propres décroissantes en fonction de la
sophistication de l'approche. Les banques peuvent passer de l'approche la plus simple à
l'approche la plus complexe à mesure qu'elles développent des systèmes et des pratiques de
mesure plus élaborés du risque opérationnel. Ces méthodes sont les suivantes :
Approche indicateur de base (BIA : Basic Indicator Approach)
C'est la méthode de mesure du risque opérationnel la plus simple. Le capital
économique requis pour couvrir la perte en risque opérationnel est égal au Produit Net
Bancaire (PNB) multiplié par un ratio forfaitaire « £ » fixé par le régulateur, qui varie entre
15% et 20%, généralement £ prend la valeur de 15%. Elle représente la relation entre
l'exigence en fonds propres pour l'ensemble du secteur et l'indicateur pour l'ensemble du
secteur.
FPRO = PNB total
98
Avec : FPRO = exigence en fonds propres pour le risque opérationnel PNB total est le produit
annuel brut moyen sur les trois dernières années. ? Approche standard (SA : « Standardised
Approach »). L'exigence est liée aux produits nets bancaires des métiers (8 lignes métiers)
multipliée par des facteurs de pondérations (donnés par le régulateur) qui varient selon le
métier.
Pour chaque ligne de métier (i) un indicateur d'exposition unique (PNBi) est
multiplié par un facteur de pondération (ßi) reflétant le risque lié à l'activité. Ainsi, la charge
de capital est fixée d'une façon arbitraire sur le « Gross Income » de chaque ligne de métier
pondéré par un coefficient bêta fixé dans le cadre de l'accord de Bâle. Le comité de Bâle a
divisé les activités des banques en huit catégories à savoir : banque de financement des
entreprises, banque de détail, banque commerciale, négociation et vente, gestion d'actifs,
services d'agence, paiements et règlements et courtage de détail.
Approches de mesures avancées (AMA : Advanced Measurement Approaches)
C'est une approche plus complexe, réservée aux établissements bancaires les
plus avancés et les plus exposés aux risques, permettant une optimisation des exigences en
fonds propres. Le comité ne précise ni l'approche ni les hypothèses concernant le type de
distribution utilisée pour modéliser la mesure du risque opérationnel.
Dans le cadre de l'approche des mesures avancées, la notion de risque prend
toute son importance car il s'agira d'évaluer la perte potentielle dans 99,9 % des cas. Cette
méthode, permettant moins d'exigences en fonds propres, doit respecter les critères suivants :
- Un critère général : l'approbation préalable de l'autorité de supervision,
- Des critères qualitatifs : une fonction « risque opérationnel » indépendante, une
implication des dirigeants, un reporting régulier des expositions et des pertes, une
documentation sur les contrôles et les procédures, des audits internes/externes.
Des critères quantitatifs : processus de gestion et bases de données cohérents avec la
définition du risque opérationnel, système d'information approprié, procédures en cas
de changement de taille, revue périodique des méthodologies et paramètres.
La mesure du risque opérationnel est basée sur des modèles internes de
l'établissement. On distingue 3 possibilités à savoir :
99
L'approche de mesure interne (IMA : Internal Measurement Approach) ; les
approches basées sur la modélisation des pertes (ou LDA : Loss Distribution Approach) ; les
approches basées sur un scoring des lignes de métier (Scorecard Approach).
Pour l'approche IMA, on distingue entre 8 lignes de métier i et 7 types d'évènements j
L'approche par distribution des pertes ou LDA : il s'agit d'estimer la
distribution des pertes pour chaque ligne de métier et type d'évènement (hypothèses sur la
forme de la distribution ou simulation de type Monte-Carlo
La valeur en risque de l'institution correspond ensuite aux fonds propres à
allouer (horizon d'un an et intervalle de confiance de 99,9%).
Les approches par « scoring » : ce sont des approches qualitatives consistant à
produire, pour chaque type de risque, une grille d'appréciation regroupant des indicateurs
quantitatifs comme le taux de turn-over, le nombre d’opération, et qualitatifs comme
l'appréciation de la vitesse de changement d'une activité. Un score est donné par un groupe
d'experts spécialistes pour chaque ligne de métier. Donc le capital réglementaire est égal à la
somme des produits des pertes (EL), des pondérations (W) et du score de risque (RS).
Ainsi nous avions vu que les banques commerciales sont exposées à plusieurs
risques qui sont de deux types, à savoir : les risques financiers et les risques non financiers.
Nous avions décidé de présenter un seul risque par type de risque. Ainsi pour les risques
financiers, nous avions présenté le risque de crédit et pour les risques non financiers, le risque
opérationnel, en donnant à chaque risque présenté, sa définition et aussi ses méthodes de
mesures. Il s'avère intéressant pour nous d'étudier « les fondements théoriques sur la relation
entre la surliquidité bancaire et la gestion des risques par les banques commerciales.
[Link]. Fondements théoriques sur la relation entre la surliquidité bancaire et la gestion
des risques par les banques.
Il est connu que l'échange d'information entre établissement financiers a quatre
effets. Il participe à l'amélioration de la connaissance des caractéristiques des emprunteurs, à
la réduction des rentes informationnelles (en renforçant la concurrence entre les banques).
D'autres parts, la diffusion de l'information discipline les emprunteurs et réduit leur
propension au surendettement. Ce rôle déterminant joué par l'information dans les marchés de
crédit a suscité un intérêt depuis les travaux théoriques de JAFFEE et RUSSELL (1976),
STIGLITZ et WEISS (1981). En effet, une bonne partie de la littérature a montré que ces
problèmes d'asymétrie d'information entre prêteurs et emprunteurs aboutissent à une
100
allocation inefficace du crédit [rationnement du crédit et/ou des taux d'intérêt élevés]. En
réalité, ces types de problèmes apparaissent à deux niveaux différents dans la relation entre
prêteurs et emprunteurs. D'abord, la première forme d'asymétrie arrive lorsque le prêteur
ignore certaines informations importantes sur l'emprunteur ; face à une telle situation,
l'allocation des crédits devient inefficace et conduit surtout à des problèmes de rationnement
du crédit ou à des taux d'intérêt élevés. En réalité, lorsque le prêteur veut charger un taux
d'intérêt élevé, seuls les mauvais payeurs se font sélectionner. SAMI et DELORME (2004)
ont fait un survol des problèmes d'asymétrie d'information dans les pays émergents et
affirment que les banques en présence de sélection adverse rationnent le crédit ou demandent
aux emprunteurs des contreparties que peu d'entreprises sont capables de fournir si l'on
considère que la plupart des entreprises dans un pays sont, soit de l'informel, soit de taille
petite.
Le second problème apparaît après l'octroi du prêt. Plusieurs situations
d'asymétrie d'information peuvent se présenter ; elles peuvent être résumées comme suit :
- soit l'emprunteur dissimule ses efforts au prêteur ou décide de déployer les fonds vers
d'autres projets non identifiés lors du montage financier ;
- soit l'emprunteur cache ses résultats à la banque. Dans tous ces cas, on parle d'aléa
moral.
Ce comportement adopté par les banques leur permet de réduire les risques
auxquels elles sont exposées.
De l'autre côté, nous constatons que les banques de par le monde entier se
trouvent dans une situation de surliquidité. Le fait de gérer les risques auxquels elles sont
exposées est-elle la cause de cette surliquidité ? Ou existent-ils d'autres déterminants selon la
littérature ?
La réponse à ces questions nous permettra de voir dans la littérature la relation
entre surliquidité et gestion des risques par les banques commerciales, avant d'en présenter par
la suie les limites à cette relation.
a) La relation entre surliquidité bancaire et bonne gestion des risques
Selon WANDA (2007), le risque de crédit et la surliquidité évoluent dans le
même sens ; autrement dit, une augmentation de ce risque entraîne une hausse de la
101
surliquidité. Cet auteur affirme aussi que l'insécurité contractuelle entre le banquier et son
client (...), sont des indices supplémentaires du risque de défaut de remboursement qui
n'encouragent pas les banques à octroyer facilement les crédits mais qui augmentent
davantage leurs liquidités.
Ce qui démontre selon la littérature qu'il y a une relation étroite entre la
surliquidité bancaire et la bonne gestion des risques par les banques.
Pour démontrer selon la littérature comment existe-il cette relation entre
surliquidité bancaire et bonne gestion des risques, nous allons d'abord présenter le risque de
crédit et le rationnement de crédit, avant d'en présenter la surliquidité comme résultat d'une
bonne gestion de risques.
Risque de crédit et rationnement de crédit
Les banques, comme beaucoup d'entreprises, sont soumises aux risques.
Toutefois, elles sont soumises à plus de formes de risques que la plupart des autres institutions
et la maîtrise des risques bancaires est un enjeu important : il s'agit du thème central des
nouveaux accords de Bâle8qui sont entrés en vigueur en fin 2006.
Les risques peuvent être évalués selon trois méthodes : l'approche standard
révisée qui repose sur les notations externes, les notations internes (IRB) « fondation » et
avancée. Afin de privilégier les bonnes pratiques, le taux de fonds propres requis est moins
important pour les systèmes les plus développés. Ainsi, la plupart des banques devraient être
amenées à mettre en place des systèmes de notation interne afin de bénéficier d'économies en
fonds propres. La notation devrait donc se généraliser dans le
La liste des risques pouvant affecter une banque est longue : risque de marché,
d'option, de crédit, de liquidité, de paiement anticipé, de gestion et d'exploitation, risque sur
l'étranger, risque administratif, réglementaire, événementiel, risque spécifique... (FONG et
VASICEK, 1997).
Le risque qui nous intéressera ici est le risque de crédit aussi appelé risque de
contrepartie ; s'il existe plusieurs types de risques de crédit, celui de non-remboursement est
un risque majeur (MANCHON, 2001).
8
Bâle II remplace le ratio de solvabilité actuel, le ratio Cooke, par le ratio McDonough.
Désormais, les exigences en fonds propres seront calculées en fonction des risques.
102
HEEM (2000,) définit le risque de contrepartie pour le banquier comme : « le
risque de voir son client ne pas respecter son engagement financier, à savoir, dans la plupart
des cas, un remboursement de prêt. »
Dans un sens plus large, ce risque de contrepartie désigne aussi le risque de
dégradation de la santé financière de l'emprunteur qui réduit les probabilités de
remboursement.
Depuis 1984, la théorie de l'intermédiation financière considère que les
intermédiaires financiers et notamment les banques sont des surveillants spécialisés auxquels
les prêteurs délèguent la surveillance des crédits (DIAMOND, 1984) et quelques indices
comme l'augmentation du prix de l'action d'une entreprise suite à l'obtention d'un crédit
bancaire (JAMES, 1987) ou le fait que les entreprises obtiennent plus facilement des capitaux
après le recours au financement bancaire (DIAMOND, 1991), semblent indiquer que les
banques sont tout particulièrement compétentes dans l'octroi et la surveillance des crédits.
FAMA (1985) ajoute que le signal envoyé par le crédit bancaire est d'autant plus crédible que
le coût des ressources bancaires est élevé. Il remarque également que les banques bénéficient
d'informations particulières.
Cette compétence bancaire en matière de crédit peut s'expliquer par le pouvoir
de négociation des banques, leur expérience du crédit ou l'acquisition d'informations
spécifiques du fait de leurs activités (NAKAMURA, 1993). Cela conduit à l'idée que l'étude
des instruments bancaires de gestion du risque de crédit serait bénéfique à toute organisation
qui peut être amenée à prêter.
En analysant le risque de défaillance, nous constatons que le risque de
défaillance du client est essentiellement lié à sa cessation de paiement et à son insolvabilité.
C'est en effet à ces deux types d'événements que LA BRUSLERIE (1999) résume les
défaillances d'entreprises. Pour BARDOS (2001), sont considérées comme défaillantes les
entreprises ayant subi l'ouverture d'une procédure collective : redressement ou liquidation
judiciaire. Dans un contexte anglo-saxon, PASTENA et RULAND (1986) parlent de
défaillance financière dans les trois cas suivants : lorsque les capitaux propres sont négatifs,
lorsque l'entreprise ne peut faire face à ces obligations financières au moment où elles
deviennent exigibles et lorsque l'entreprise poursuit son activité ou est liquidée sous la
protection d'un tribunal. Plus proches de la problématique bancaire, WARD et FOSTER
103
(1997) proposent plutôt les difficultés de remboursement d'un prêt ou sa renégociation comme
critères de défaillance.
Dans tous les cas, la défaillance du client implique que le banquier recouvre
difficilement ses ressources voire ne les récupère pas. L'analyse du risque de défaillance vise
donc à déterminer le risque d'occurrence de tels événements : la décision d'octroyer ou non le
crédit sera prise sur la base de cette analyse, au regard de la politique générale de la banque
concernant le risque et mais aussi des aspects commerciaux comme la volonté de conserver
un bon client ou de s'introduire dans un secteur particulier.
L'analyse du risque utilise diverses informations regroupées dans le dossier de
crédit. Elle peut être menée par des banquiers ou reposer sur des modèles.
MANCHON (2001), dans un manuel destiné à la profession bancaire, propose
une liste quasi exhaustive des sources d'informations à la disposition du banquier. Il distingue
les informations provenant du client, les informations disponibles chez le banquier et les
informations professionnelles.
Parmi les informations provenant du client, il y a bien sûr les documents
comptables et financiers obligatoires, certains éléments de communication (plaquettes, sites
internet, publicité...) mais aussi les renseignements collectés lors de rencontres entre le
banquier et le client.
Certaines informations ne sont disponibles que pour les banques. Lorsque le
demandeur de crédit est déjà un client, le banquier peut analyser ses opérations bancaires.
Le banquier peut également avoir recours à l'information « de place » (le coup
de téléphone aux confrères), à des études privées ou publiques, aux informations issues des
greffes des tribunaux de commerce, aux rapports du commissaire aux comptes... Toute
information permettant d'affiner le jugement est la bienvenue.
Enfin, le suivi de l'actualité est nécessaire pour tenir compte de la conjoncture
économique, identifier les secteurs en pointe, les secteurs risqués, les produits à la mode...
Toutes ces informations, recoupées entre elles, doivent permettre aux banquiers de se faire
une opinion sur le risque de défaillance du client.
L'analyse par le banquier du risque de défaillance des entreprises a été étudiée
sous différents points de vue.
104
Dans une première optique, cette analyse a été utilisée afin de vérifier que
certaines informations comptables fournies à des banquiers leurs suffisaient pour prédire la
défaillance des entreprises (ABDEL-KHALIK, 1973 ; LIBBY, 1975 ; CASEY Jr., 1980a ;
ZIMMER, 1980). WALKER, WILKINS et ZIMMER (1982) s'intéressent eux, plus
précisément, à l'usage des comptes consolidés. Globalement, il ressort de ces études que la
capacité de prédiction des banquiers à partir de quelques ratios comptables est relativement
bonne. De plus, si l'on agrège les prédictions individuelles en une prédiction commune
(opinion majoritaire), cette dernière semble encore meilleure que les prévisions individuelles.
Cela explique sans doute le fait que la majorité des banques confient leurs décisions d'octroi
de crédit à des « comités ».
DANOS, HOLT et IMHOFF Jr. (1989) semblent être les premiers (et les seuls)
qui aient tenté de distinguer les différentes étapes de l'analyse du crédit et leur impact sur la
formation du jugement des banquiers. Les grandes phases de la décision d'octroi observées
sont l'examen des informations publiques (états financiers, cours boursiers, communications
institutionnelles...), la rencontre avec le client et l'examen de documents prévisionnels.
L'opinion du banquier semble se former dès la première étape et les phases
suivantes paraissent servir à asseoir cette opinion. L'étude portant sur des cas créés de toute
pièce, elle ne permet pas d'évaluer l'efficacité de l'analyse bancaire.
Enfin, l'analyse du risque de défaillance des entreprises par le banquier a été
étudiée dans une optique cognitive. Certaines études tentent de mettre en évidence la relation
postulée par SCHRODER, DRIVER et STREUFERT (1967) : lorsque la complexité de
l'environnement informationnel augmente, l'information traitée augmente dans un premier
temps puis diminue. C'est le cas de CASEY Jr. (1980b) qui soumet des banquiers à trois
niveaux d'information : la relation n'est pas parfaitement vérifiée, peut-être parce que les
niveaux d'information ne sont pas correctement choisis mais peut-être aussi parce qu'il a été
fait abstraction de la complexité variable des cas donnés à juger aux banquiers. Il semblerait
qu'on ne puisse pas identifier un niveau optimal d'information mais que celui-ci varie suivant
la complexité du cas. Plus récemment STOCKS et HARRELL (1995) se sont intéressés au
postulat de SCHRODER, DRIVER et STREUFERT (1967) pour les groupes d'individus : ils
montrent que les groupes de trois personnes sont moins pénalisés que les individus isolés par
l'augmentation de la quantité d'information à traiter. Ce résultat qui semble encourager
l'analyse en groupe oublie toutefois les difficultés à gérer son fonctionnement : le nombre
105
optimal de personnes dans un groupe comparativement à l'analyse à effectuer n'est pas
évoqué. Cependant, cette étude va dans le sens de la décision d'octroi de crédit en comités.
Compte tenu de la richesse des sources d'information accessibles aux banques,
ces études semblent incomplètes : elles démontrent que les banquiers sont aptes à utiliser des
données comptables mais ne s'intéressent pas vraiment aux informations réellement
examinées et à la façon dont elles sont traitées.
En information parfaite et en l'absence d'opportunisme, la simple analyse du
risque devrait permettre à un banquier de savoir, aussi bien que son client, si celui-ci va
rembourser.
Cependant, ces hypothèses ne sont pas vérifiées dans la réalité et la rédaction
de contrats incitatifs permet au banquier de se couvrir contre des risques qu'il ne peut évaluer
et contrôler, a priori.
Face à des problèmes incitatifs rencontrés en cours de crédit, les banques ont
développé des solutions contractuelles qui affectent les conditions du crédit.
Selon CHARLIER (1995), en cas d'asymétrie d'information, accroître le coût
du crédit pour rémunérer le risque est une solution inefficace car cela créerait de la sélection
adverse (AKERLOFF, 1970), des incitations adverses (STIGLITZ et WEISS, 1981) et de
l'aléa moral (WILLIAMSON, 1987). De plus, le coût du crédit est plafonné par le taux d'usure
et même en l'absence des problèmes incitatifs précédemment évoqués, la banque ne pourrait
rémunérer son risque au-delà de ce taux maximum légal.
La sélection adverse se traduit par le fait qu'en cas de taux d'intérêt élevés,
seuls les projets les plus risqués mais (en principe) les plus rémunérateurs sont compatibles
avec le financement par emprunt. De ce fait, les taux élevés n'attireraient que les emprunteurs
les plus risqués. Dans le contexte bancaire, l'incitation adverse implique que, après avoir
contracté un crédit à un coût élevé, les emprunteurs sont incités à mettre en œuvre les projets
les plus risqués afin d'améliorer leurs gains.
L'aléa moral désigne, quant à lui, la faible motivation de l'emprunteur à
rembourser le prêteur.
Pour éviter, autant que faire se peut, ces problèmes, les banques ont développé
des stratégies spécifiques reposant, pour la plupart, sur des incitations qui doivent limiter les
risques pris par l'emprunteur.
106
Une solution rationnelle et simple est le rationnement partiel ou total du crédit :
il vaut mieux ne pas prêter dès lors qu'on anticipe un risque élevé plutôt que de prêter à taux
élevé et accroître ainsi les effets désincitatifs au remboursement. Si l'imperfection de
l'information n'est pas nécessaire pour conduire au rationnement du crédit elle est de règle
dans la réalité.
Le terme rationnement est fréquemment utilisé dans la littérature économique.
Il signifie qu'une banque refuse de prêter à un emprunteur potentiel aux conditions demandées
(quantités et taux d'intérêt) (Anne JOSEPH, 1998). Il désigne en fait les quatre différents cas
de figure suivants JAFFEE et MODIGLIANI (1969).
Dans une situation de rationnement, que nous appellerons de type 1, la banque
accorde le prêt pour un montant inférieur à celui qui a été demandé. Cette définition repose
sur l'hypothèse qu'il existe une relation positive entre montant emprunté et difficultés de
remboursement.
Dans une situation de rationnement de type 2, les banques refusent de s'engager
envers certains emprunteurs alors qu'ils présentent les mêmes caractéristiques que ceux qui
obtiennent le crédit. De plus, ces emprunteurs sont prêts à payer un taux d'intérêt plus élevé et
à apporter des collatéraux (c'est-à-dire des garanties) plus importants. La plupart des modèles
analytiques s'attachent à expliquer ce phénomène. C'est notamment le cas des modèles de
Stiglitz et Weiss (1981) et de Williamson (1987). Le rationnement de type 2 est qualifié de
pur rationnement. Dans ce cas, la demande est supérieure à l'offre et, contrairement aux
modèles néoclassiques, l'ajustement se fait par les quantités et non par les prix car le taux
d'intérêt influence la probabilité de défaut de l'emprunteur. Le rationnement n'est plus
simplement considéré comme une situation de déséquilibre ou comme un retard d'ajustement,
c'est une situation d'équilibre durable, qui se produit même en situation de concurrence pure et
parfaite.
Le troisième type de rationnement correspond à un refus de prêter au taux
d'intérêt désiré par l'emprunteur. Ce troisième type de rationnement découle de la différence
d'anticipations des probabilités de réussite du projet entre l'emprunteur et la banque, celle-ci
étant plus pessimiste, et désirant appliquer une prime de risque plus élevée que celle souhaitée
par l'emprunteur.
Le quatrième type de rationnement est appelé « red-lining » dans la littérature
anglo-saxonne. Dans ce cas, les emprunteurs écartés se distinguent de ceux qui ont obtenu le
107
crédit car ils ont été identifiés comme trop risqués par la banque : quel que soit le taux en
vigueur, ils sont exclus du marché du crédit. Dans ce cas, le rationnement ne s'explique pas en
termes d'apurement du marché et d'adéquation de l'offre et de la demande par les quantités,
c'est un refus de prêter. Le « red-lining » correspond au rationnement le plus communément
observé dans la réalité.
C'est ainsi que les banques se retrouvent dans une situation de surliquidité
parce qu'elles veulent avoir une bonne gestion de leurs risques en réduisant au maximum les
risques auxquels elles sont exposées. Ce qui permet de considérer la surliquidité bancaire
comme le résultat d'une bonne gestion des risques par les banques.
2.1.2. Surliquidité bancaire comme résultat d'une bonne gestion de risques.
Ici prend place le rôle des banques au niveau microéconomique. Elles sont le
lieu du mécanisme de régulation du crédit offert et de vérification que les conditions du bien-
être et de la croissance existent. Elles sont un maillon central. Car elles doivent jouer un rôle
essentiel d'évaluateur et de contrôleur des emprunteurs puisque le montant correct d'émission
de monnaie ne peut être fixé que par le marché du crédit car ce dernier, sous la forme
d'escompte de traites ou d'accords de découverts est à l'origine de la création de monnaie et
que la monnaie n'a pas de marché. En effet, dès que la monnaie est émise en contrepartie de
crédit, se pose la question des asymétries d'information sur le marché du crédit qui peuvent
amener les banques à faire des erreurs DIATKINE SYLVIE, (2001). Vont-elles pouvoir
sélectionner les demandes émanant seulement des marchands « prudents » ?
Il existe, selon Smith dans son ouvrage « La richesse des nations », deux types
d'emprunteurs. Il y a, d'une part, les « hommes prudents » ou « marchands prudents » qui
n'empruntent que pour financer leur encaisse de transaction (et participer uniquement à la
substitution d'une encaisse en monnaie bancaire à une encaisse métallique) , pour des
échéances de court terme, et qui peuvent, en principe, rembourser (on pourra les appeler en
termes contemporains les « bons risques ») ; cependant, Smith ne voit pas que le prêt à court
terme encourt aussi un risque de solvabilité et peut ne pas être toujours un « bon risque ». Il y
a, d'autre part, les « faiseurs de projets » ou spéculateurs ayant des projets téméraires. Ces
derniers pourront être appelés les « mauvais risques » car ils se caractérisent par le fait à la
fois qu'ils empruntent pour financer tout leur capital (ils vont donc au-delà des besoins de leur
encaisse) et que l'issue de leurs entreprises « téméraires » est incertaine et les amènera
vraisemblablement à ne pas pouvoir rembourser la banque (il s'agit de lettres de change «
fictives »). Ils sont donc insolvables.
108
Les conséquences sont microéconomiques et macroéconomiques. Au niveau
microéconomique, il en résulte la faillite de la banque si elle prête aux « faiseurs de projets ».
Ceci est la conséquence, bien sûr, de l'insolvabilité de l'emprunteur mais aussi, selon Smith,
du fait, que dans ce cas une quantité supplémentaire aux besoins pour encaisse de transaction
circule dans l'économie et va nécessiter un mécanisme de régulation de la quantité de monnaie
par demande de conversion accrue aux banques qui vont perdre des réserves en métal. Elles
sont donc en risque de liquidité. Elles vont puiser dans leur capital pour les renouveler, ce qui
détruit du capital et met en danger la convertibilité de la monnaie bancaire. Ce risque de
liquidité est ici lié au risque de défaut. Au niveau macroéconomique, il en résulte que
l'augmentation de capital ne s'est pas accompagnée d'une épargne et ceci est dû à l'existence
des banques qui introduisent une « opacité » dans la liaison entre épargne et investissement au
niveau de leur bilan du fait de leur activité de prêt, une asymétrie d'information ou une
mauvaise information sur la qualité de leurs actifs. De plus, il peut en résulter des
mouvements de l'activité économique (overtrading) et pire, une destruction de capital car les
emprunteurs « téméraires », en faisant faillite vont détruire le capital emprunté et le capital
déjà existant. Ainsi le système financier n'est pas neutre.
Alors, il existe une asymétrie d'information à laquelle les banques sont
exposées lorsqu'elles veulent octroyer du crédit à leurs clients. En raison de cette asymétrie,
les banques sont parfois incapables d'évaluer la probabilité de défaut des projets pour lesquels
elles sont sollicitées et préfèrent rejeter les demandes au lieu de prendre le risque de s'engager
sur des projets trop risqués [Caprio et Honohan (1991)]. Le fait qu'une entreprise puisse
fournir des éléments comptables n'est pas suffisant pour réduire l'asymétrie d'information car
ces documents ne sont pas fiables. En effet, les entreprises établissent souvent trois
déclarations statistiques et fiscales (DSF) : la première a un usage interne, la deuxième est
destinée aux impôts et à la Direction de la Statistique et de la Comptabilité Nationale, et la
troisième à la banque. L'audit de ces documents par des commissaires aux comptes
assermentés n'est pas un critère de fiabilité en raison des problèmes de corruption. Bien que
les banques aient des logiciels pour retraiter les bilans et déceler les incohérences, elles ont du
mal à évaluer le risque des entreprises. Comme les banques s'engagent très peu envers les
nouveaux clients, le montant des crédits alloués diminue et le rationnement au sein de
l'économie augmente [Gertler (1988)]. Ces dernières sont amenées à mettre au point de
nouveaux critères de sélection et allouent moins de ressources, ce qui entraîne une surliquidité
des banques [CAPRIO ET HONOHAN (1993)].
109
Lorsqu'un entrepreneur vient demander du crédit, les banques évaluent la
solidité de l'entrepreneur avant d'étudier le risque spécifique du projet. Ainsi, les banques
cherchent à déterminer si l'entrepreneur fera les efforts nécessaires pour mener à bien son
projet (aléa moral ex-ante), et s'il ne dévoilera pas à la banque des revenus inférieurs à ceux
effectivement dégagés par le projet pour ne pas avoir à rembourser son crédit (aléa moral ex-
post). De plus, les banques ne savent pas quel degré de confiance accorder au nouveau client
et sa demande sera presque toujours refusée [Guille (1992)].
Afin de réduire la probabilité de défaut de l'emprunteur, les banques exigent un
autofinancement minimum et des garanties. Le fait qu'un entrepreneur soit prêt à financer une
partie de son projet montre qu'il estime que le risque spécifique est faible et qu'il fournira tous
les efforts nécessaires pour le mener à bien. Si les entreprises ne peuvent fournir
d'autofinancement minimum, les banques refusent de s'engager (Anne Joseph), ce qui
explique le caractère volontaire de la surliquidité des banques commerciales.
On évoque le caractère volontaire de la surliquidité des banques, le plus
souvent, pour expliquer un mécanisme de protection contre le risque de liquidité. Il s'agit donc
d'une réponse planifiée des Banques Commerciales pour faire face à un risque potentiel. Pour
gérer ce type de risque, et prendre une décision concernant la quantité d'actifs liquides qu'elles
doivent détenir, les Banques Commerciales internalisent le fait qu'elles peuvent emprunter des
fonds sur le marché interbancaire ou à la Banque Centrale en cas d'éventualités non anticipées
(Agénor, AIZENMAN, et HOFFMAISTER, 2004). Les modèles de la gestion des risques de
liquidité, en rapport avec les réserves, ont été largement exposés dans la littérature par
BALTENSPERGER (1974), SANTOMERO (1984) et SWANK (1996).
AGENOR, AIZENMAN, ET HOFFMAISTER (2004) en s'inspirant du modèle
de BALTENSPERGER (1974) postulent théoriquement qu'un accroissement du taux de
pénalité, ou de la volatilité de la production (si le niveau initial du taux de pénalité est
suffisamment élevé), augmente le niveau de réserves détenus par les Banques Commerciales ;
tandis qu'un accroissement des réserves obligatoires produit un effet inverse
En Afrique centrale, les mesures de protection contre le risque de liquidité,
pour éviter la crise précédente, ont entrainé une aisance de trésorerie qui a redonné confiance
aux déposants. A la place d'une ruée pour le retrait de la liquidité en cas de panique bancaire,
on assisterait plutôt à une affluence pour le dépôt de la liquidité. Et étant donné le caractère
110
volatil de ces dépôts, les Banques prennent leur précaution en les conservant sous forme de
réserves libres.
Ce qui montre que la surliquidité bancaire est la conséquence d'une bonne
gestion de risques bancaires par les banques, car les banques ne sont sur liquides que lorsque
celles-ci gèrent bien les risques auxquels elles sont exposées vu l'asymétrie de l'information
qui existe entre leurs clients et elles. Ce qui permet de conclure que la bonne gestion de
risques est le déterminant d'une surliquidité bancaire. Mais la question que l'on peut se poser
est celle de savoir si cette bonne gestion des risques est-elle le seul déterminant de la
surliquidité des banques ?
a) Les facteurs limitatifs relevés dans la littérature sur cette relation
La surliquidité bancaire peut être observée sous deux angles : excès de liquidité
systémique ou excès de réserves. Elle est généralement perçue dans la littérature bancaire
comme l'écart entre le total des actifs liquides et le total des actifs liquides réglementaires.
Cette surliquidité est difficile à tirer conclusion sur la détermination des facteurs qui
l'engendrent.
Plusieurs auteurs se sont penchés sur le phénomène de la surliquidité en
cherchant à déterminer les principaux facteurs qui l'engendrent. Pour Agénor, AIZENMAN,
et HOFFMAISTER (2004), le phénomène dérive de la contraction de l'offre de crédit par les
banques commerciales. Dollar et HALLWARD-DRIEMEIER (2000) affirment par contre que
la surliquidité, en Asie de l'Est, résulte de la baisse de la demande de crédit qui est due à la
contraction de la demande agrégée engendrée par la crise. Ce qui démontre que la surliquidité
bancaire peut être engendrée par plusieurs facteurs autres que la bonne gestion des risques
auxquels les banques commerciales sont exposées. Ces facteurs peuvent être soit externes ou
internes aux banques.
1°) Les facteurs externes aux banques
Plusieurs facteurs externes aux banques peuvent engendrer la surliquidité des
banques, à savoir :
La politique d'open market (marché ouvert) contribue à la création de la
surliquidité bancaire. Il s'agit de l'intervention de la banque centrale sur le marché monétaire.
Elle se porte acheteuse ou vendeuse ferme9 de titres privés ou publics. Lorsque la banque
9
« Ferme » veut dire transfert définitif de la propriété de titres soit au profit de l'acheteur ou au profit du
vendeur.
111
centrale vend des titres, la conséquence est une diminution de la liquidité sur le marché
monétaire ; par contre dans le cas de l'achat, cette dernière va augmenter sur le marché c'est-à-
dire une augmentation de l'offre de liquidité, qui peut engendrer un excès de liquidité bancaire
c'est-à-dire la surliquidité bancaire. Mais le respect du ratio de solvabilité peut aussi engendrer
la surliquidité bancaire.
Le ratio de solvabilité édicté par le comité de Bâle que les banques sont
assujetties à respecter, les oblige à couvrir une partie de leurs engagements par leurs fonds
propres. Ce ratio doit être égal ou supérieur à huit pour cent (8%). Cette réglementation
pénalise certaines banques qui ne disposent pas de fonds propres importants, malgré un
niveau élevé des ressources (dépôts). Ce qui va réduire leurs engagements et engendrer une
surliquidité bancaire.
Nous pouvons remarquer que les conjonctures socio-économiques nationales
ou internationales, sont aussi favorables à l'augmentation des ressources des banques, à l'instar
de la faiblesse de la demande de crédit auprès des ménages en général et des grands
investisseurs en particulier pour des raisons spécifiques non propres aux banques.
L'augmentation des investissements directs étrangers (IDE) et privatisation des
entreprises publiques qui vont engendrer une entrée importante des devises.
Une croissance économique due à l'importance des capacités d'autofinancement des
entreprises n'incite plus celles-ci à contracter des emprunts bancaires. Ce qui pousse ces
banques à devenir sur liquides.
En Asie de l'Est, Dollar et Hallward-Driemeir (2000) montrent que la
surliquidité dans ces pays pendant la crise, résulte d'une baisse de la demande de crédit,
engendrée par la contraction de la demande agrégée qui a accompagné la crise. Ce qui a
poussé les banques commerciales à devenir sur liquides.
Dans la zone franc en générale, la dévaluation du franc CFA de 1994, en
entrainant un accroissement des recettes d'exportations (ce qui induit l'entrée des devises) et le
rapatriement des capitaux, a contribué, à la surliquidité structurelle du système bancaire de la
zone (FMI, 2006). La dévaluation mène ainsi directement sur la piste du système de change
pratiquer dans la zone. En effet l'ancrage et la convertibilité illimitée avec l'Euro, sont de
nature à favoriser une détention de la liquidité en franc CFA par les agents au détriment de
l'investissement.
112
En Afrique centrale, l'envolée du cours du pétrole est aussi retenue par la
BEAC, comme facteur prépondérant dans l'explication de la surliquidité de la zone. Autant
l'effondrement du cours des matières premières a engendré une crise dans le système bancaire
dans les années 1980, autant son envolée serait à l'origine de cette aisance de trésorerie qui
inquiète toujours les autorités monétaires.
Ce qui montre que plusieurs facteurs externes peuvent engendrer la surliquidité
des banques. Ainsi, la gestion des risques n'est pas le seul déterminant de la surliquidité des
banques. Les facteurs internes à la banque autres que la gestion des risques peut aussi
engendrer la surliquidité des banques.
2°) Les facteurs internes aux banques.
La surliquidité bancaire peut provenir des facteurs externes à la banque, mais la
banque peut aussi avoir une situation d'excès de liquidité due à sa propre gestion.
En dehors du rationnement de crédit et de la gestion des risques évoqués plus
haut, d'autres facteurs internes à la banque peuvent engendrer la surliquidité bancaire. Nous
pouvons avoir :
Le manque de concurrence interbancaire qui peut être un facteur important
de la détermination de la surliquidité bancaire. En fait la concurrence pousse les banques à
réaliser plus de profits et cela ne peut se réaliser que dans le cas du non mobilisation de leurs
ressources, mais quand cette compétition de recherche de profits perd place, les banques se
contentent d'un niveau stable de rentabilité qui va donner naissance à un excès de liquidité.
En ce qui concerne les taux créditeurs, les banques dégagent un profit des
intérêts qu'elles perçoivent sur les titres qu'elles détiennent et sur les prêts qu'elles accordent
qui doivent être supérieurs aux intérêts versés sur les dettes (dépôts) et leurs autres dépenses.
La différence entre les intérêts perçus et les intérêts payés forme la marge d'intérêt. Une
hausse des taux créditeurs va inciter les ménages et les entreprises à déposer leurs avoirs
auprès de la banque, ce qui va apprécier le nombre de dépôts, mais une politique
d'augmentation des taux créditeurs va obliger les banques à recevoir à la hausse les taux
débiteurs dans l'objectif de réaliser une marge d'intérêts positive. Dans ce cas, le coût du
crédit revient cher et la demande va se détériorer et les flux sortants ce qui entraine la
surliquidité de ces banques.
113
L'inefficience du système bancaire se présente comme le facteur fondamental
causant de la surliquidité bancaire et qui résume les différents autres facteurs bancaires cités
auparavant. Ces éléments peuvent freiner la transmission des fonts des banques très liquides
aux banques dans lesquelles la demande de crédit est relativement forte. Une mauvaise
gestion interne des liquidités bancaires engendre d'une manière systémique une surliquidité
bancaire dans le cas de la non mobilisation rationnelle des ressources.
Nous pouvons enfin voir que les pays en développement sont caractérisés par
un faible niveau d'infrastructure financière (Hugon, 2006) pouvant occasionner des goulots
d'étranglement rendant impossible le désengorgement des Banques, ayant accumulé une forte
liquidité. L'absence d'un marché de titres et l'existence des avances aux trésors nationaux,
n'offrent pas beaucoup de possibilités aux Banques Commerciales de détenir des actifs
rémunérateurs, et ainsi elles se contentent d'accumuler plutôt des liquidités excédentaires, qui
constituent la surliquidité bancaire. La surliquidité des banques provient de la sur tarification
des services offerts par les banques aux grandes entreprises (Wanda, 2007).
Aux termes de ce chapitre, nous pouvons relever que les banques commerciales
dans leurs activités au quotidien sont exposées à plusieurs risques. Ces risques sont de deux
types à savoir les risques financiers qui sont les risques liés aux variations de prix des actifs
financiers (actions, obligations, taux de change). Nous avions vu que ces risques pouvaient
être entre autres le risque de liquidité, de taux d'intérêt de change et de marché. Nous avions
présenté le risque de crédit car c'est ce risque qui est considéré comme le risque le plus
important pour les risques financiers des banques. Ensuite, nous avions vu les risques non
financiers qui étaient entre autres le risque opérationnel, le risque de marge les risques légaux
ou réglementaires où nous avions présenté le risque opérationnel en détail. Ensuite nous
avions démontré que la surliquidité bancaire provenait de la gestion de ces risques par les
banques selon la littérature. Mais nous avions aussi vu les limites à cette relation car cette
surliquidité pouvait aussi provenir soit des facteurs internes ou externes aux banques. Il
restera alors pour nous de voir si la surliquidité des banques camerounaises provient d'une
bonne gestion des risques par celles-ci ?
[Link].A(2008), affirme que la principale raison de la surliquidité dans la
zone CEMAC est donc la flambée des prix des hydrocarbures sur le marché international. Ce
qui a entraîné une entrée importante de devise, un rapatriement régulier des recettes
d'exportation via le canal bancaire par les Etats, une accumulation des réserves de change.
Cette affirmation est reprise par Mopa(2010).A la différence du premier il introduit les
114
variables risque, le manque de concurrence entre les banques, la faiblesse de la demande de
crédit d'un certain nombre d'emprunteurs habituels, comme facteurs permissifs de la
surliquidité bancaire dans cette zone. Ces affirmations ont des limites dans la mesure où elles
ne sont pas formalisées. Gilmour (2005) trouve qu'en Ethiopie, la constitution de la
surliquidité est associée à un accroissement des dépôts du secteur privé et du gouvernement.
Cette observation reflète le cas de l'UEMOA en général et du Bénin en particulier car le
comportement des agents économiques dont la préférence pour les dépôts à vue en lien avec
une préférence pour le présent permet d'expliquer le phénomène (Amoussouga et Eggoh,
2010).
Doumbia(2009) par contre trouve que la surliquidité dans l'UEMOA provient
des facteurs externes aux banques commerciales de la zone. Il donne trois principales causes,
notamment les contraintes liées à la défense de la parité du franc CFA, l'entrée des capitaux et
le niveau élevé des taux d'intérêt. Dans son article il met l'accent sur la surliquidité des
banques dans l'UEMOA dans un contexte de sous-financement du secteur productif et des
PME. Selon lui, les banques ont tendance à surestimer le risque associé au financement d'une
grande partie des entreprises, ce qui se traduit par l'insuffisance des prêts vis-à-vis des dépôts
et, donc, par l'augmentation de leur liquidité au-delà du seuil nécessaire. L'auteur souligne par
ailleurs que la surliquidité des banques a d'abord donné lieu à des dépôts oisifs auprès de la
Banque Centrale avant d'être recyclée en partie pour financer les dettes souveraines. Ce
phénomène contribuant à réduire l'importance des réserves excédentaires sans les absorber
intégralement. Enfin, l'auteur souligne que le problème de surliquidité n'est pas totalement
résolu et que la problématique de financement de l'économie a simplement changé de nature.
Cependant, l'auteur se limite dans ses analyses à décrire le problème. Il ne cherche pas à
résoudre ou du moins à donner des pistes de réflexion pour résoudre le problème du
financement de l'économie à travers l'accès au crédit. Il faut dire que théoriquement ces
arguments avancés semblent expliqués le phénomène de la surliquidité dans la zone mais il
reste à se poser des questions sur l'évidence empirique.
2.2. Structures organiques et fonctionnelles
Sur le plan empirique il faut dire que très peu d'études se sont penchées sur la
volonté ou non des banques à conserver des réserves au-delà de la norme obligatoire.
Alberto Giovannini(1994), explore de façon empirique les fluctuations de la
demande de monnaie résultantes des marchés financiers. En étudiant les effets des chocs de
liquidité dans les marchés financiers et des devises étrangères en Suisse avant 1988, Il finit
115
par trouver que les chocs de liquidité ont été un déterminant important des retours de dépôts
de devises étrangères ex ante, aux dépôts de franc Suisse. Donc il en résulte une surliquidité
bancaire. Cette étude est soutenue par les travaux de Wai-Ming Ho (2004). En effet ce dernier
examine l'efficacité de l'intervention des devises étrangères dans deux pays et deux monnaies
différentes dans un modèle d'équilibre général qui admet des effets de liquidité. Il trouve que
quel que soit le mode d'intervention (stériliser ou non stériliser), les devises étrangères ont un
impact significatif sur l'allocation de la liquidité dans les marchés financiers internationaux. A
la différence du premier, son modèle montre qu'il existe des circonstances où la réponse du
taux de change à une intervention est paradoxale comme l'indique la littérature empirique.
Le cadre juridique est un élément du risque bancaire. Transparent, ce cadre
peut inciter les banques à un octroi important de crédit, c'est-à-dire à une faible surliquidité
des banques. Opaque ou inapproprié, ce cadre constitue un frein aux crédits et un incitateur à
la surliquidité.
Jappelli et al (2005), à l'aide des données de panel, ont étudié l'impact de
l'efficience judiciaire sur la politique d'octroi des crédits des banques italiennes.
Selon leurs résultats, les provinces italiennes où les sentences sont plus
pendantes ou à durée de sentence longue sont celles dans lesquelles les crédits bancaires sont
rares. Par contre, en cas d'efficience judiciaire, même les petits emprunteurs, jadis considérés
comme de véritables facteurs de risque, ont accès aux crédits.
A l'instar des analyses théoriques les travaux empiriques sur le sujet en
Afrique-Subsaharienne et particulièrement dans l'UEMOA ne sont pas nombreux.
C'est dans ce contexte que, Wanda (2007) met en exergue les facteurs réels qui
ont engendrés la surliquidité au Cameroun. Il s'appuie sur une enquête auprès de 10 banques
au Cameroun pour démontrer ; à travers une régression des données de panel sur la période
2002 à 2005 ; que la surliquidité bancaire dans ce pays s'explique par 4 facteurs que :
l'importance du risque de crédit, le caractère disciplinaire de la réglementation COBAC
(Commission Bancaire de l'Afrique Centrale) , la surfacturation des prestations servies aux
entreprises et l'absence de recours à l'arbitrage comme mode alternatif de résolution des
différends entre la banque et ses débiteurs. Cette étude ne concerne qu'un seul pays de la zone
et ne permet pas d'en savoir plus sur le phénomène en ce qui concerne les autres pays.
116
FOUDA (2009) aborde le problème d'une autre manière en étendant son étude
sur l'ensemble des pays de la zone. Il procède à une vérification empirique avec les données
de panel des bilans et des comptes de résultat bancaires agrégés portant sur la période 1993 à
[Link] tests confirment globalement les hypothèses sur le rôle entre plusieurs facteurs à
savoir :l'incertitude liée à la forte dégradation du climat des affaires, l'effet de mémoire des
crises bancaires antérieures et le renforcement de la frilosité des banques ainsi que les
innovations financières engendrées par la libéralisation financières.
Beguy (2012) en utilisant la méthode des moments généralisés(GMM) trouve
que dans la zone CEMAC sur la période 1985 à 2002, la surliquidité provient non seulement
de la volonté des banques commerciales à travers leurs mécanismes très rigoureux de
protection contre une éventuelle crise de liquidité mais également du renchérissement du
cours du pétrole.
Diop (1998) par une régression simple portant sur une période de 30 ans
aboutit au résultat selon lequel la surliquidité des banques au Sénégal est déterminée par
l'évolution des fuites en billets vers le public et par l'importance des dépôts bancaires. Cette
analyse n'explique pas bien le phénomène de surliquidité car elle prend les réserves comme la
variable d'appréciation de la surliquidité.
Alors qu'une abondante littérature empirique s'est penchée sur l'analyse
approfondie des déterminants de la surliquidité dans la plupart des régions du monde, à notre
connaissance, peu de travaux empiriques ont traité spécifiquement des causes de ce
phénomène dans la zone UEMOA. La présente étude s'intéresse à ces différents aspects.
Les résultats de plusieurs études montrent que la rentabilité financière (ROE)
est plus importante que la rentabilité économique (ROA) et mettent en évidence l’existence
d’une relation très significative entre l’ensemble des variables explicatives et les variables
endogènes (ROE, ROA). Il est à noter qu’il existe une corrélation positive entre les crédits
bancaires, les dépôts bancaires, la taille des actifs, le risque de solvabilité avec la rentabilité
des banques. Alors que les variables comme le risque de liquidité, l’inflation, le fond propre
ont un impact négatif sur la rentabilité des banques.
La crise financière des années 1980 n’a pas épargné les pays en développement
notamment ceux des Etats de l’Afrique Centrale et son système bancaire a connu également
des restructurations occasionnées par les Banques Centrales. Ces réformes qui ont conduit à la
libéralisation du secteur, avaient pour but d’une part de remédier aux principaux maux qui ont
117
miné les banques commerciales à savoir l’insolvabilité et le manque de liquidité et d’autre
part de passer d’un contrôle direct à un contrôle indirect de la situation monétaire.
Si le premier objectif est atteint, mais le passage au contrôle indirect de la
situation monétaire rend encore la politique monétaire moins efficace. Le secteur bancaire
joue un grand rôle dans l’économie d’une nation. Cependant, suite au contexte politico-
économique instable du pays, aux lourdes charges d’exploitation de ce secteur et au non-
respect des normes prudentielles, certaines banques sont butées à la cessation de leurs
activités, à la mise sous tutelle par la Banque Centrale, voire à la faillite et à la liquidation
(Nansha K, 2021).
En RDC, 17 banques sont réellement opérationnelles (Nzoimbengene B-D.,
2017). En outre, le taux de bancarisation est faible compte tenu de la grande taille de la
population congolaise et de la forte concentration des banques dans les grandes villes alors
que 65% de la population vit en milieu rural ce qui traduit d’emblée la faible couverture des
institutions financières présentes en RDC (Deloitte, 2021).
La gestion de ce problème exige une des solutions qui a consisté en
l’introduction depuis 2001 des réserves obligatoires. Cependant Nissanke et Aryeetey (1998)
montrent qu’en situation de surliquidité, il devient d'ailleurs difficile de réguler l’offre de
monnaie par les réserves obligatoires. Le cas de la CEMAC corrobore cette thèse, car la
surliquidité n’a pas été résorbée par les réserves obligatoires et ne cesse de poser jusqu’à ce
jour des difficultés à la BEAC. A l’exception de ce cas, l’envolée du cours du pétrole risque
d’aggraver à la fois cette crise de surliquidité et les tensions inflationnistes.
Les recherches menées par A.-N., Berger et al. (2001) et A.-N., Berger et al.
(2005) montrent l’existence d’un lien entre la forme organisationnelle de la banque et sa
capacité à entretenir une relation partenariale avec ses clients, susceptible de réduire le
problème d’opacité informationnelle qui les caractérise. Ce type de relation facilite la collecte
d’informations spécifiques sur l’entreprise et son propriétaire, nécessaires pour la prise de
décision bancaire
Accorder des crédits aux PME suppose une relation partenariale qui s’appuie
sur la collecte d’informations spécifiques par le chargé de clientèle. Ces informations sont
difficiles à vérifier par les niveaux supérieurs de la hiérarchie. La solution à ce problème est
d’accroître le contrôle en séparant la fonction d’allocation de capital et celle de collecte
d’informations. Une telle séparation affecte les motivations du chargé de crédit. Ce dernier ne
118
sera plus motivé par la collecte d’informations spécifiques puisqu’il n’a plus la possibilité de
les justifier auprès de ses supérieurs (J.-C., Stein, 2002).
Le manque de financement des projets au Congo est un sujet récurrent depuis
que le pays a atteint le point d’accomplissement dans le cadre de l’initiative PPTE. Les
établissements bancaires se retrouvent en surliquidité et les entreprises éprouvent de plus en
plus le besoin de financement. En tant que pays émergent, il est primordial de disposer des
entreprises compétitives et capables de s’intégrer parfaitement sur le marché mondial.
Cependant, Cette situation se présente comme un obstacle majeur pour les PME congolaises
Loin des préoccupations des banques centrales, cette situation interpelle tout
observateur économique de cette sous-région, soucieux de faire sortir ces pays de la spirale de
la pauvreté. Car au moment, où les experts jugent que l’accès des pauvres au crédit peut
contribuer à réduire la pauvreté, de manière tout à fait paradoxale, les banques commerciales
des pays en développement sont caractérisées par une certaine "thésaurisation". C’est ainsi
qu’une meilleure lisibilité des causes de ce phénomène permettrait non seulement de
contribuer à résoudre le problème de la stabilisation des prix, mais aussi de rendre moins
surliquide les banques commerciales afin de faciliter l’accès au système financier, d’une plus
grande partie de la population.
De tout ce qui précède, il est particulièrement important d’analyser le
phénomène de la surliquidité et d’identifier surtout ses principaux déterminants. Ce
phénomène proviendrait-il de la forte prudence des banques commerciales due à un effet de
mémoire par rapport à la crise précédente où de la faible demande de crédit ?
Cette question de surliquidité a été traité par plusieurs auteurs en cherchant à
déterminer les principaux facteurs qui l’engendrent. Dollar et Hallward-Driemeier (2000)
affirment pour leur part que la surliquidité, en Asie de l’Est, résulte de la baisse de la demande
de crédit qui est due à la contraction de la demande agrégée engendrée par la crise. Par contre,
pour Agénor, Aizenman, et Hoffmaister (2004), le phénomène dérive plutôt de la contraction
de l’offre de crédit par les banques commerciales. A ce point, le débat se situe finalement sur
la volonté des banques commerciales à accorder du crédit ou à détenir des réserves peu ou pas
rémunérés.
Ce cas d’oligopole particulier qu’est le secteur bancaire, est aussi marqué par
une concurrence rude qui ne cesse de sévir. En général, le but de chaque banque est de
119
pouvoir assurer une rentabilité pérenne dans un contexte de plus en plus caractérisé par des
turbulences économiques et financières (Issam e. et al., 2021).
Il est à noter que, l’analyse de rentabilité bancaire ne peut se faire que par une
parfaite connaissance des déterminants fondamentaux de celle-ci, lesquels agissent comme
des forces de rappel qui ramènent le degré de performance vers des différentes valeurs. Ainsi
donc, cette étude se propose d’identifier les facteurs explicatifs de la performance bancaire
dans le contexte Congolais
L’étroitesse du marché interbancaire en Afrique Centrale, les faibles niveaux
de bancarisation et des marchés financiers peuvent permettre de comprendre que la
surliquidité serait indépendante de la volonté des Banques Commerciales. Cependant, ces
dernières ont en mémoire la grave crise des années 1980, et en outre face à l’incertitude et aux
risques encourus, elles peuvent détenir des actifs liquides volontairement pour des motifs de
précaution.
2.2.1. Manifestations de la surliquidité en RDC
a) Refinancement de la Banque Centrale du Congo
Dans son Rapport sur la politique monétaire au premier semestre 2013, publié
récemment, la Banque centrale du Congo (BCC) revient sur cette matière, affirmant que la
notion de surliquidité bancaire peut être appréhendée sous trois angles. A savoir, d’abord : la
liquidité bancaire au sens microéconomique. Il s’agit ici de la trésorerie d’une banque qui
traduit sa capacité de financement ; c’est-à-dire sa capacité à faire face aux demandes de
retraits de fonds à court terme émanant des contre parties ou pour couvrir ses opérations. Vu
sous cet angle, la liquidité d’une banque est principalement liée à l’activité de transformation
des ressources à court terme (des clients ou des emprunts sur les marchés) en emplois et crédit
à moyen et long terme.
Ce type de liquidité peut être appréciée à travers la somme de trois éléments,
en l’occurrence : le solde des opérations de la clientèle ; l’excédent des ressources
permanentes sur les immobilisations ; et le solde des divers.
Ensuite la liquidité bancaire dans l’optique réglementaire peut être
appréhendée par le respect des normes édictées par le régulateur pour s’assurer que les
banques sont capables de faire face à des chocs de fuite de liquidité induite par les demandes
des déposants. Tenant compte du contexte congolais caractérisé par la circulation
concomitante de la monnaie nationale et des devises étrangères, l’Institut d’Emission a
120
imposé aux banques congolaises trois types de ratio de liquidité défini comme le rapport entre
les disponibilités et les ressources à un mois maximum, à savoir : en monnaie nationale, en
monnaies étrangères et un ratio de liquidité globale.
Enfin, vue sous l’angle macroéconomique, la surliquidité bancaire peut être
appréhendée par la somme des avoirs des banques auprès de la Banque centrale. Partant de
cette définition, on parlera de surliquidité du système bancaire lorsque le niveau de crédit
bancaire à l’économie, pour un niveau de transformation, n’augmente pas dans la même
proportion près au niveau des dépôts.
Elle se traduirait dans ce cas par un gonflement des avoirs des banques auprès
de la Banque centrale au-delà du niveau requis.
Entre 2010 et juin 2013, l’évolution des paramètres clés des banques
congolaises s’est caractérisée par la hausse concomitante et non proportionnelle des dépôts et
crédits bancaires libellés en monnaie nationale, révèle l’intéressante publication de la BCC.
En effet, indique le document, de 163,2 milliards de CDF (Franc Congolais),
les dépôts de la clientèle en monnaie nationale ont progressé significativement de 111,0% à
fin juin 2013. De même, les crédits bancaires libellés en monnaie nationale ont également
enregistré une hausse de 81,0%, venant de 34,3 milliards en 2010.
Cependant, en dépit de ces évolutions appréciables, le niveau de transformation
de ces dépôts est demeuré faible à hauteur de 25,0% en moyenne mensuelle. Dans le même
temps, il a été observé une évolution sensible des dépôts des banques auprès de la Banque
Centrale qui sont passés, au cours de la même période, de 126,4 milliards de Francs Congolais
en 2010 à 230,9 milliards à fin juin 2013, induisant ainsi un écart de plus en plus grand entre
ces dépôts en compte courant et les réserves obligatoires qui se sont situés à 45,0 milliards à
fin juin 2013.
L’évolution du montant de refinancement des Banques Commerciales par la
Banque Centrale reflète le niveau de liquidité sur le marché interbancaire. En effet, lorsque le
système bancaire est "en banque ", il n’y a pas de raison de solliciter le concours de la Banque
Centrale.
De mars à août 2008, en dépit du resserrement monétaire et de l'évolution
positive de la politique budgétaire, la Banque Centrale du Congo a dû faire face à l'inflation
par les coûts, en raison des chocs liés à l'offre, à savoir la hausse des prix des produits
121
pétroliers et alimentaires sur le marché international ainsi que les goulots d'étranglement dans
divers secteurs de production, principalement celui du ciment. Ces chocs ont réduit la portée
de la politique monétaire ;
A partir du deuxième semestre 2008, l'économie congolaise a été affectée par
la crise financière et économique internationale et les problèmes sécuritaires à l'Est du pays.
En effet, ces deux chocs ont eu aussi un impact négatif sur la conduite de la politique
monétaire. Cette situation a conduit à la dépréciation par palier de la monnaie nationale par
rapport aux autres devises et à la réapparition de l'inflation d'origine monétaire. La BCC a
procédé à l'augmentation du taux directeur et du coefficient de la réserve obligatoire.
Il convient de rappeler que l'économie congolaise est entrée en récession au
cours de ce second semestre. Ce choc négatif supplémentaire a considérablement affecté la
mise en œuvre de la politique monétaire. En effet, cette dernière a été confrontée à la
dégradation de la position nette du Gouvernement expliquée par la contraction de ses
ressources, en raison de la baisse de l'activité économique, et à la montée de certaines
dépenses, notamment sécuritaires.
Le modèle de M.-C., Jensen et W.-H., Meckling (1992) accorde une grande
importance au coût de transfert de la connaissance puisqu’il influence le choix de l’allocation
des droits décisionnels et les systèmes de mesure de performance et de rémunération.
Certains auteurs constatent une diminution des crédits accordés aux PME suite
à une fusion-acquisition entre deux grandes banques ou lors d’une acquisition d’une petite
banque par une grande banque. En revanche, la fusion-acquisition entre deux petites banques
à tendance à accroître les crédits accordés aux PME. Ce résultat confirmé aux Etats-Unis,
entre autres par E., Strahan et J., Weston (1996), est également observé en Italie. E.,
Bonaccorsi di Patti et G., Gobbi (2001) trouvent, pour la période 1993-1998, que les fusions
entre les grandes banques italiennes (dont le total actif est supérieur à 2,8 milliards de dollars)
exercent un effet négatif et significatif sur les crédits PME et un autre non significatif sur les
crédits accordés aux entreprises de grande taille. Les auteurs distinguent les petites et les
grandes entreprises par le montant de crédits bancaires observés dans leur bilan.
Le manque de financement des projets au Congo est un sujet récurrent depuis
que le pays a atteint le point d’accomplissement dans le cadre de l’initiative PPTE. Les
établissements bancaires se retrouvent en surliquidité et les entreprises éprouvent de plus en
122
plus le besoin de financement. En tant que pays émergent, il est primordial de disposer des
entreprises compétitives et capables de s’intégrer parfaitement sur le marché mondial. Les
problèmes de financement de projets au Congo sont essentiellement dus à certaines situations.
Il est important de souligner les causes de cet obstacle majeur dans le développement du pays
afin de déterminer des solutions adaptées.
L’analyse de l’environnement financier des entreprises en RDC démontre que
les institutions financières font preuve d’une grande frilosité. En effet, les établissements
bancaires estiment que les entrepreneurs congolais ne présentent généralement plus de projets
pouvant être financés. Leurs projets ne disposent pas des garanties de rentabilité et de sécurité
nécessaires. Ils comportent plus de risques que nécessaire.
La rentabilité bancaire représente l’aptitude d’une banque à dégager de son
activité d’exploitation, après la déduction des coûts, suffisamment de gains qui vont lui
permettre de poursuivre d’une manière durable l’exercice de ses activités. Ainsi, la
détermination de sa rentabilité est une nécessité car elle lui permet de juger de sa santé
financière ainsi que de sa pérennité (Bel Hadj M., 2020).
Les études pionnières focalisées sur l’analyse de la performance des banques
ont eu recours à l’approche par ratios financiers, qui est la méthode la plus simple et
répandue. Dans la littérature économique et financière, deux indicateurs clés ont été avancés
pour mesurer la rentabilité bancaire : le ROA et le ROE. Ces deux ratios de rentabilité ont été
utilisés dans la plupart des études sur la performance des banques.
Par contre pour la surliquidité bancaire, que Agénor, Aizenman, et Hoffmaister
(2004) attestent que le phénomène de la surliquidité est fonction de la volonté des banques.
Les résultats des tests empiriques n’attestent pas tous que c’est le motif de précaution qui
explique le niveau de la surliquidité. Saxegaard, (2006) reste un peu sceptique dans le cas des
pays en développement comme la RDC. Pour Khemraj (2008), dans les pays en
développement et en situation d’oligopole, les banques détiennent volontairement de la
liquidité et ont besoin d’un taux d’intérêt.
Les théories de la TOT « Trade Off Théory » et la théorie du financement
hiérarchique, dite aussi « Packing Oder Theory (POT) », est une règle de comportement qui se
123
traduit par l’existence d’une hiérarchie des sources de financement établie principalement
selon les hypothèses d’asymétrie d’information, laquelle hiérarchie intègre également des
éléments décisionnels réalités à l’objectif principal poursuivi par le dirigent d’entreprise et
sont particulièrement pertinents dans un cadre d’analyse dédié aux PME, (Mohamed. A).
La mauvaise gestion des dirigeants d’entreprises d’une part est pointée du doigt
comme l’une des causes, d’autre part cette volonté dite manifeste par certains auteurs des
banques commerciales de refuser d’octroyer des crédits aux PME. Une thèse qui sera infirmée
ou confirmée avec les résultats de nos enquêtes au quatrième chapitre de notre travail. Les
entreprises au Congo sont généralement dirigées par des cadres qui réalisent une mauvaise
gestion des ressources que génèrent les activités. Quand bien même la gestion se voit
améliorée, la politique de dividendes pose souvent problème
Les récents changements économiques, technologiques et réglementaires dans
les secteurs bancaires américains et européens ont été à l’origine de nombreuses opérations de
restructurations [1][1]En se référant à des comparaisons internationales effectuées à…. Si le
leitmotiv de ces opérations est l’accroissement de la richesse des actionnaires (A.- N., Berger
et al., 1999), elles ne sont pas, cependant, sans conséquences sur l’économie, en général, et
sur l’avenir des PME, en particulier. Les PME sont, généralement, financièrement contraintes
et leur financement se fait, principalement, par les banques. Les études antérieures montrent
des effets différents de la restructuration bancaire sur la relation Banque-PME et sur les
crédits accordés aux PME. Cependant, la majorité d’entre elles gravite autour de l’impact de
ces opérations sur la quantité des crédits accordés par les banques consolidées et rarement sur
la qualité de ces crédits (garanties, taux d’intérêt, etc.).
Les recherches menées par A.-N., Berger et al. (2001) et A.-N., Berger et al.
(2005) montrent l’existence d’un lien entre la forme organisationnelle de la banque et sa
capacité à entretenir une relation partenariale avec ses clients, susceptible de réduire le
problème d’opacité informationnelle qui les caractérise. Ce type de relation facilite la collecte
d’informations spécifiques sur l’entreprise et son propriétaire, nécessaires pour la prise de
décision bancaire.
b) Comportement de précaution du système bancaire
On évoque le caractère volontaire de la surliquidité des banques, le plus
souvent, pour expliquer un mécanisme de protection contre le risque de liquidité. Il s’agit
124
donc d’une réponse planifiée des Banques Commerciales pour faire face à un risque potentiel.
Pour gérer ce type de risque, et prendre une décision concernant la quantité d’actifs liquides
qu’elles doivent détenir, les Banques Commerciales internalisent le fait qu’elles peuvent
emprunter des fonds sur le marché interbancaire ou à la Banque Centrale en cas d’éventualités
non anticipées (Agénor, Aizenman, et Hoffmaister, 2004).
Le cas de la RDC, nous pousse d’abord, de nous poser la question de savoir si
les banques commerciales en RDC sont-elles oui ou non en situation de surliquidité ?
Certainement, car ce concept s’appliquant également au système bancaire congolais. Il
suppose l’augmentation à taux croissant par un niveau donné de crédit et de l’excès de
liquidité bancaire. En effet, il ne suffit pas d’observer l’existence de l’excès de surliquidité
dans une banque pour conclure à la surliquidité du système en soi.
Dans son rapport sur la politique monétaire au 1 er semestre 2013, la BCC est
revenue sur cette matière, affirmant que la notion de surliquidité bancaire peut être
appréhendée sous trois angles. A savoir : la liquidité bancaire au sens microéconomique, la
liquidité bancaire dans l’optique règlementaire et l’angle macroéconomique.
Au sens microéconomique, il est question ici de la trésorerie d’une banque qui
définit sa capacité de financement (sa capacité de faire face aux demandes de retraits de fonds
à court terme émanant des contres parties ou pour couvrir ses opérations. Sous cet angle, nous
disons que la liquidité d’une banque est principalement basée à l’activité de transformation
des ressources à court terme (des clients ou emprunts sur les marchés) en emplois et crédit à
moyen et long terme.
Ce type de liquidité peut être apprécié à travers la somme de trois éléments à
savoir :
-Le solde des opérations de la clientèle, l’excédent des ressources de la
clientèle et le solde des divers ;
-Ensuite, la liquidité bancaire dans l’optique règlementaire qui se traduit par
le respect des normes édictées par le régulateur pour s’assurer que les banques sont capables
de faire face à des chocs de fuite de liquidité induite par les demandes des déposants.
Le contexte congolais caractérisé par la circulation concomitante de la
monnaie nationale et des devises étrangères, l’institut d’Emission a imposé aux banques
comment rendre moins surliquide les banques commerciales afin qu’elles puissent financer les
investissements productifs pour le pays ?
125
La BBC impose aux banques congolaises trois types de ratios de liquidité
définie comme le rapport entre les disponibilités et les ressources à un mois maximum, à
savoir :
-En monnaie nationale ;
-En monnaie étrangère ; et
-Un ratio de liquidité globale.
-Enfin, vue sous l’angle macroéconomique, on parle de la surliquidité du
système bancaire lorsque le niveau de crédit bancaire à l’économie pour un niveau de
transformation, n’augmente pas dans la même proportion près au niveau des dépôts.
Elle est le constat par un gonflement des avoirs des banques auprès de la
Banque Centrale au-delà du niveau requis.
Dans le système bancaire en RDC s’explique entre autre, par l’exiguïté du
marché interbancaire, l’accès limité à des instruments tels les bons du trésor, le faible
développement des systèmes de paiement élaborés (distributeurs automatiques).
Les modèles de la gestion des risques de liquidité, en rapport avec les réserves,
ont été largement exposés dans la littérature par Baltensperger (1974), Santomero (1984) et
Swank (1996). Agénor, Aizenman, et Hoffmaister (2004) en s’inspirant du modèle de
Baltensperger (1974) postulent théoriquement qu’un accroissement du taux de pénalité, ou de
la volatilité de la production (si le niveau initial du taux de pénalité est suffisamment élevé),
augmente le niveau de réserves détenus par les Banques Commerciales ; tandis qu’un
accroissement des réserves obligatoires produit un effet inverse.
Les facteurs institutionnels peuvent aussi être à l’origine de la détention
volontaire des réserves en excès. L’étroitesse du marché interbancaire, ainsi que le contrôle
des Banques Commerciales par la Banque Centrale, pour le respect des normes prudentielles,
encourageraient les banques à détenir des réserves afin de pallier d’éventuels chocs.
Les résultats des tests empiriques, cependant, n’attestent pas tous que c’est le
motif de précaution qui explique le niveau de la surliquidité. Pendant que Agénor, Aizenman,
et Hoffmaister (2004) attestent que le phénomène de la surliquidité est fonction de la volonté
des banques en Thaïlande, Saxegaard, (2006) reste un peu sceptique dans le cas des pays de
la CEMAC. Pour Khemraj (2008), dans les pays en développement et en situation
d’oligopole, les banques détiennent volontairement de la liquidité et ont besoin d’un taux
d’intérêt minimum avant d’accorder un crédit à un emprunteur marginal, cas de la RDC.
126
En RDC, il résulte aussi d’autres facteurs déterminants la surliquidité auprès
des banques : les catalyseurs historiques et culturels. (i) Pour les catalyseurs historiques, les
banques congolaises ont l’habitude de garder beaucoup de liquidité. Ceci est lié aux
exigences des clients originels, s’expriment les banques. En particulier dans les riches régions
minières de l'Est du pays : « Il est important de dire que nous avons besoin de beaucoup
d'espèces ». (ii) les catalyseurs culturels mettent à l’esprit que les crédits à accorder aux
clients ; (entreprises ou personnes physiques) ne peuvent être que de consommation et non
pour les grands investissements. Ceci est un privilège pour les banques et les encourage de
conserver plus de dépôts.
Certains auteurs pensent que la surliquidité ne proviendrait pas seulement de la volonté des
banques, donc il va falloir chercher encore d’autres facteurs exogènes pour mieux cerner le
phénomène comme nous l’abordons dans le paragraphe ci-dessous.
c) Facteurs exogènes
Le cas de la Chute de cours des matières premières, entrainant un
accroissement des recettes d’exportations (ce qui induit l’entrée des devises) et le
rapatriement des capitaux, a contribué, à la surliquidité structurelle du système bancaire de la
zone (FMI, 2006). La dévaluation mène ainsi directement sur la piste du système de change
pratiqué dans la zone. En effet l’ancrage et la convertibilité illimitée avec l’Euro, sont de
nature à favoriser une détention de la liquidité par les agents au détriment de l’investissement.
La Chute de cours des matières premières et envolée du cours du pétrole est
aussi retenue par la BCC, comme facteur prépondérant dans l’explication de la surliquidité.
Autant l’effondrement du cours des matières premières a engendré une crise dans le système
bancaire dans les années 1980, autant son envolée serait à l’origine de cette aisance de
trésorerie qui inquiète toujours les autorités monétaires. Dollar et Hallward-Driemeir (2000)
montrent que la surliquidité dans les pays de l’Asie de l’Est pendant la crise résulte d’une
baisse de la demande de crédit, engendrée par la contraction de la demande agrégée qui a
accompagné la crise. En définitive, on peut affirmer que les banques dans leur mécanisme de
gestion des risques, doivent détenir de la liquidité, mais qu’au-delà de cette contrainte d’autres
facteurs contribuent à la surliquidité structurelle.
En Afrique Centrale, en plus des facteurs précités, nous émettons l’hypothèse
d’un phénomène inverse au phénomène de la "panique bancaire". Les mesures de protection
contre le risque de liquidité, pour éviter la crise précédente, a entrainé une aisance de
127
trésorerie qui a redonné confiance aux déposants. A la place d’une ruée pour le retrait de la
liquidité en cas de panique bancaire, on assisterait plutôt à une affluence pour le dépôt de la
liquidité. Etant donné le caractère volatil de ces dépôts, les Banques prennent leur précaution
en les conservant sous forme de réserves libres.
d) Facteurs endogènes
Pour évaluer la relation entre la performance et les caractéristiques internes des
banques, l’analyse portera sur deux ratios bancaires des indicateurs quantitatifs financiers les
plus communément utilisés. Il s’agit de la rentabilité des actifs (Return On Assets : ROA) et la
rentabilité des capitaux propres (Return On Equity : ROE). Le « ROA » mesure de la
performance économique, ce ratio est calculé par le rapport entre le résultat net de banque et
son total actif, il détermine le rendement des actifs de la banque. Il permet de mesurer si la
banque utilise d’une manière optimale ses actifs. Le « ROE » détermine la performance
financière de la banque, il est calculé par le rapport du résultat net sur les fonds propres. Il
permet de mesurer la rentabilité des capitaux investis par les actionnaires
e) Opportunités d’exploitation limitées
Les pays en développement sont caractérisés par un faible niveau
d’infrastructure financière (Hugon, 2006) pouvant occasionner des goulots d’étranglement
rendant impossible le désengorgement des Banques, ayant accumulé une forte liquidité.
L’absence d’un marché de titres et l’existence des avances aux trésors nationaux, n’offrent
pas beaucoup de possibilités aux Banques Commerciales de détenir des actifs rémunérateurs,
ainsi elles se contentent d’accumuler plutôt des liquidités excédentaires. En plus, du faible
niveau d’infrastructure financière, il faut noter aussi l’environnement difficile des affaires
(Mougani, 2006), un risque de défaillance élevé et le faible niveau d’éducation de la
population.
2.2.4. Causes de la surliquidité bancaire
A première vue, la surliquidité bancaire apparaît comme un comportement
irrationnel des banques commerciales. En effet, le coût d'opportunité qu'implique la détention
massive de liquidités oisives est très important 10. Un certain nombre de travaux de recherche
se sont penchés sur la question (voir Doumbia, 2011). Il ressort de ces études que la réticence
des banques à fournir davantage de crédits à l'économie résulte principalement du manque de
10
L’échec des politiques d’ajustement réel dans les années 80 a conduit à la dévaluation du franc CFA que l’on
peut considérer comme la dimension monétaire de l’ajustement structurel (HUGON, P., 1999).
128
projets d'investissement bancables, des lacunes en matière de normes comptables, et d'un
système judiciaire faiblement développé et souvent incapable de régler les litiges potentiels
entre prêteurs et emprunteurs. C'est précisément cette faiblesse de l'environnement
institutionnel et judiciaire qui rendrait les banques frileuses dans leur offre de prêts aux
entreprises du secteur privé, particulièrement aux petites et moyennes entreprises.
Les excédents de fonds détenus par les banques résultent essentiellement des
dépôts en monnaie étrangère qui ont doublé depuis le début de la pandémie (COVID 19) en
conséquence des obligations de rapatriement de devises plus élevées. Suite au changement du
code minier qui impose un rapatriement de 60 pourcent des revenus contre 40 pourcent
auparavant, le total des dépôts est passé de $ 5,63 milliards en mars 2020 à $ 10,33 milliards
en septembre 2021, la plupart en comptes courants / comptes à vue (62 pourcent des dépôts).
La plupart des clients préfèrent épargner en devises, ce qui maintient le degré extrêmement
élevé de dollarisation du système bancaire et sa surliquidité en République Démocratique du
Congo.
L’excès de liquidité des banques peut s’expliquer par trois principaux facteurs :
(i) les contraintes liées à la défense de la parité de la monnaie nationale et la devise, (ii)
l’entrée des capitaux et (iii) le niveau élevé des taux d’intérêt11.
(i) Contraintes liées à la défense de la parité
L’excès de liquidité bancaire a commencé après la dévaluation du franc CFA
en 1994 pour la zone FCA12. Cette modification de parité a été considérée comme une
thérapie de choc nécessaire à l’UEMOA après l’échec des programmes d’ajustement réel. Un
ensemble de mesures et de réformes ont été adoptées pour l’accompagner.
A la suite de ces mesures, on peut faire la remarque suivante : les trois règles
qui régissent le fonctionnement d’une économie sous currency board sont également
observables dans l’UEMOA. En plus de la fixité du change (1) et de la convertibilité de la
monnaie émise (2), la couverture intégrale de la base monétaire y est aujourd’hui une réalité
indéniable (3).
(ii) Entrées des capitaux
11
Pays Africains de la Zone Franc.
12
Pour une évolution de la liquidité bancaire depuis 1993, voir le Bulletin de statistiques monétaires et
financières de la BCEAO (2005).
129
L’afflux des capitaux découle des mesures élaborées dans le domaine
monétaire. Le système bancaire étant favorable au financement des entreprises tournées vers
l’extérieur (agricoles, commerciales et minières), celles-ci se sont développées et ont plus ou
moins contribué à l’augmentation de la liquidité d’ensemble de la Zone à travers le commerce
extérieur et en fonction de l’environnement international (cours des matières premières et
cours des monnaies de cotation de ces matières). Ensuite, il faut ajouter les transferts des
émigrés de la Zone.
Ces transferts, aussi importants soient-ils, sont difficiles à chiffrer en raison du
nombre important des réseaux informels de transfert d’argent. Ils occupent une place de plus
en plus considérable dans la balance des paiements d’un certain nombre de pays. Par
conséquent, ils suscitent l’intérêt des autorités et des banques. A ces facteurs, il faut enfin
souligner le rôle joué par l’aide publique au développement et par l’annulation de la dette de
certains pays consécutive à l’initiative pays pauvres très endettés.
(iii) Taux d’intérêt exorbitants entravent le financement de l’activité
Le niveau élevé des taux d’intérêt n’explique pas en lui-même l’excès de
liquidité du système bancaire, mais il constitue un véritable frein au recyclage de cette
surliquidité à des fins productives. Cette hausse exclut une partie des emprunteurs du circuit
de financement formel et pourrait engendrer un problème de sélection adverse. En plus, c’est
un obstacle au développement des activités tant des entreprises que des banques elles-mêmes.
En effet, le haut niveau des taux d’intérêt peut engendrer une hausse de la proportion des
créances en souffrance. L’augmentation des risques de défaut qui en résulte pourrait entraîner
une hausse de la probabilité de l’occurrence des crises financières.
Quatre raisons principales sont souvent évoquées pour expliquer le niveau
élevé des taux d’intérêt et du sous-financement de l’économie qui en résulte 13 : (i) le risque
important de défaut des emprunteurs, (ii) le manque de projet bancable, (iii) l’absence de
normes comptables et (iv) la faiblesse du système judiciaire.
13
Le niveau élevé des taux d’intérêt ne peut pas être expliqué par un taux de refinancement
élevé des banques auprès de la Banque centrale. Les niveaux des taux directeurs de la
Banque centrale sont raisonnables. Pour une évolution des taux directeurs depuis 2000, voir le
Rapport annuel de la Zone franc 2006.
130
Parmi les autres facteurs pouvant expliquer la surliquidité bancaire au sein de
ces économies, on retrouve également la faible concurrence du secteur bancaire. Couplé à la
faiblesse du cadre institutionnel et judiciaire, ce fort pouvoir de marché des banques se
caractérise alors par des taux d'intérêt débiteurs élevés et des conditions drastiques d'accès au
crédit bancaire. Parallèlement à ces facteurs structurels, un certain nombre d'autres éléments
sont venus alimenter cette surliquidité, parmi lesquels les contrôles sur les sorties de capitaux,
qui limitent le placement de la liquidité bancaire à l'étranger, et les entrées de devises liées
aux recettes pétrolières, des minerais et aux transferts des migrants.
2.2.5. Lutte contre la surliquidité bancaire
L'abondante surliquidité des secteurs bancaires en Afrique subsaharienne
contraste très fortement avec le fort besoin de financement de ces économies. Les difficultés
qu'éprouvent les entreprises pour se financer auprès du secteur bancaire contraignent
fortement leur émergence et leur développement, ce qui constitue un frein majeur au
développement économique de ces pays.
Au-delà de cet aspect, la surliquidité bancaire est également source de tensions
inflationnistes, et a des répercussions importantes sur l'efficacité de la politique monétaire. En
effet, du fait de leur caractère surliquide, les banques commerciales éprouvent un besoin de
refinancement relativement faible, et se tournent par conséquent rarement vers le marché
interbancaire pour satisfaire leur besoin de liquidité. Les modifications du taux directeur de la
banque centrale se transmettent alors très difficilement aux taux bancaires.
Il est donc urgent que les gouvernements concernés, avec l'appui des
organisations internationales (Banque Mondiale, FMI), prennent les dispositions qui
s'imposent pour permettre de mieux orienter l'épargne au profit de l'investissement et du
développement économique. Parmi les mesures envisageables, il faudrait bien sûr améliorer
l'environnement des affaires, avec en particulier l'adoption de normes comptables et la
création de cabinets comptables indépendants, mais également la mise sur pied d'un système
judiciaire sain, facilitant le règlement des litiges contractuels entre prêteurs et emprunteurs
(Kauffmann, 2005).
Notre apport à la lutte contre la surliquidité bancaire est d’assouplir les
conditions d’octroi des crédits par la présence de l’Etat aux cotés des PME comme Garant de
remboursement desdits crédits auprès des banques. Nous proposons que les gouvernements
131
des Etats jouent ce rôle de Parain de première ligne pour garantir le financement des PME
auprès des Banques et autres IF. Nous proposons la synergie EBP (Etat, Banque et PME)
comme solution au financement des PME. Néanmoins, la mise en place effective de cette
mesure demandera un certain nombre d'années. A plus court terme, il est possible d'imaginer
l'instauration d'un certain nombre d'instruments financiers (fonds de garantie public, crédit
sur nantissement des stocks, affacturage,) visant à rassurer l’Etat que ces PME sont
responsables devant lui en cas de non-respect de ses engagements. Ces dernières vont
travailler de manière à accompagner l’Etat dans la réussite de son programme du
développement économique et social du pays.
L’Etat dans son rôle de garant des crédits à accorder aux entreprises auprès
des banques commerciales jouera aussi un rôle de formateur de ces entreprises pour lutter
contre tous les maux et faiblesses jusqu’alors reprochés aux entreprises par les banques.
Citons : (1) le risque important de défaut des emprunteurs, (2) le manque de projet bancable,
(3) l’absence de normes comptables et (4) la faiblesse du système judiciaire.
Il procédera par : - (i) Identifier et sélectionner des MPE, -(ii) créer des
cellules des formations de renforcement de capacité des gestionnaires et promoteurs de ces
entreprises, - (iii) jouer le rôle de conseiller en dernier ressort.
2.2.6. Cadre organique et fonctionnement des PME en RDC
La présente loi organique fixe l'organisation et le fonctionnement des services
publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées, en
application de l'article 194 de la Constitution du 18 février 2006 de la République
démocratique du Congo
Caractéristiques des PME
Les caractéristiques comprennent le dirigeant de la PME, la taille, l'organisation et la gestion
1. le dirigeant de PME
Le dirigeant d'une PME présente les caractéristiques ci-après :
132
(i) Confiance en soi et besoin de réalisation ;
(ii) (ii) Créatif et talentueux ;
(iii) Initiative privée et indépendance ;
(iv) Défi et gout du risque ;
(v) Acuité et persévérance ;
(vi) Optimisme et réalisme ;
(vii) Orientation sur le profit ;
(viii) Connaissance de soi et imagination ;
(ix) Aptitude de la recherche, à la communication, à la délégation, à l'organisation ;
(x) Capacité de prévoir et d'analysé etc.
2. la taille d'une PME
De ce point de vue, il convient de spécifier l'effectif des salariés et le chiffre d'affaire selon
marchenay ;
Très petite entreprise Petite moyennes entreprise Grandes entreprises
0 à 9 salariés 10 à 500 salariés Plus de 500 salariés
Le chiffre d'affaire est significatif pour les PME. Cependant, dans le contexte de celles
de la RD Congo, le chiffre d'affaires ne constitue plus un critère d'appréciation de la
taille.
3. l'organisation
Le terme organisation renvoie à deux idées :
L'organisation, en tant que collectivité des personnes réunies en vue de l'obtention d'un
but commun.
l'action d'organiser qui consiste à définir des taches, à les attribues à des individus, à
regrouper ces taches et ces individus en unités de travail (des services, des
départements, des fonctions), à distribuer des responsabilités, à déléguer l'autorité, à
concevoir des systèmes de communications...
4. la gestion
La création, la survie et la croissance des PME sont intimement liées à l'esprit
de l'entreprise. Selon son caractère de PME (familial, privée etc.) sa gestion de fois pose
d’énormes difficultés.
133
Généralement, le nombre réduit d’employés implique une gestion des
ressources humaines très centralisées, informelles et une fonction du personnel peu
développé.
2. Apports et contraintes des PME pour le développement économique et social de la
République Démocratique du Congo
2.1 Apports des PME dans le développement économique et social de la RDC.
La PME est considérée à ce jour comme l’un des moyens de survie de la
population congolaise qui est actuellement renforcée par l’entreprenariat.
Elle contribue à la création de l'emploi, paie les impôts et différentes taxes de
l'Etat. Sa création et son implantation ne font pas appel à des gros moyens d'investissement,
mais avec des moyens locaux appropries et moins couteux. La plupart des pays industrialisés
ont atteint aujourd'hui un niveau économique et social très enviable par les biais des PME.
C'est aussi grâce à la promotion de celles-ci qu'un grand nombre des jeunes
pays asiatiques (TAIWAN, SINGAPOUR, HONG KONG, JAPON, COREE DU SUD,
CHINE) émergent progressivement du lot des pays du « tiers monde »29(*)
A. L'apport des PME au développement économique
L'une des caractéristiques d'une bonne économie d'un pays c'est d'avoir une
bonne production, consommation suffisant et une augmentation des exportations des biens et
services, sans oublier une bonne répartition du revenu national. Tout cela entrainerait des
conséquences positives sur la fiscalité.
L'économie de la RDC ne correspond plus à ce que nous venons de décrire ci -
haut. Les PME peuvent donc aider à remédier à la situation dans les domaines de :
- La production, la consommation et les exportations
- La fiscalité
- La lutte contre l'inflation
1. En matière de production, de consommation et d'exportation.
134
Avec plusieurs PME installées à travers toute l'étendue de la RDC et exploitant
des divers domaines, l'augmentation de la production est possible. Il est évident qu'une PME
n'est qu'une petite unité de production, d'où sa production en dépend aussi. Dans tous les cas,
les PME encadrées et bénéficiant de l’appui de l’Etat et les crédits bancaires sont capables
d’aboutir à autosuffisance alimentaire voire même exporter surplus et faire rentrer des
devises au pays.
2. En matière fiscale
Le système fiscal d'un pays est étroitement lié à ses structures économiques.
Cette dépendance est d'ailleurs le corollaire des objectifs de l'activité financière de l'Etat. En
effet le système fiscal a pour objet principal de prélever sur le revenu de la nation les
ressources nécessaires pour couvrir les dépenses publiques.
C’est pourquoi, les PME peuvent rendre plus florissante la fiscalité dans ce
sens qu'une fois que certaines exemptions fiscales temporaires dont elles bénéficient arrivent à
terme, elles vont rentrer dans le régime fiscal du droit commun.
Vu leur nombre et surtout leur mode de gestion qui n'est pas complexe comme
dans des entreprises sociétaires, le prélèvement fiscal ne poserait pas tellement des problèmes.
3. En matière de lutte contre l'inflation
L'inflation est un déséquilibre économique caractérisé par une hausse
généralisée des prix suite à une augmentation excessive de la masse monétaire en circulation.
En mettant sur le marché les biens et services essentiels au bien être de la
population à des prix défiant toute concurrence, les PME aident à lutter contre l'inflation. Ceci
se justifie par le fait que leurs capitaux d'investissement sont minimes et leurs promoteurs se
contentent le plus souvent des bénéfices minimes. Elles y sont d'ailleurs forcées par la
concurrence très forte qui règne entre elles, alors que des grandes entreprises jouissent dans la
plupart des cas d'un grand monopole.
B. Apport des PME au développement social
135
La situation sociale d'un pays ne peut être que le reflet de son économie. Dans
ce cadre, les PME ont un rôle très important à jouer dans le domaine de la création des
emplois, de la formation professionnelle et de la distribution des revenus
1. La création des emplois
Dans ces pays en voie de développement, tout comme dans des pays
développés, on constate que la croissance du secteur industriel est incapable de résoudre le
problème de l'emploi dans le milieu urbain. A l'origine de cette impuissance, il y a
évidemment la forte croissance de l'agglomération urbaine due à l'émigration rurale et à un
taux de croissance naturellement élevé.
2. Analyses et suggestions sur les PME
2.1 Analyses sur les PME
En raison du rôle déterminant qu'elle joue dans le développement des Etats
modernes, la PME à l'heure actuelle est au centre de la préoccupation de tout gouvernement.
En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, le problème de la relance de la
PME se pose avec acuité suite à la déliquescence du tissu économique national,
d'infrastructure de base subséquente aux perturbations socio politiques qui ont secoué le pays.
En dépit de cet environnement macroéconomique difficile, certaines PME se sont adaptées et
se confirment comme alternative de développement économique et sociable de la RDC à
l'occurrence, la lutte contre la pauvreté
Sur le plan social, il est bon de souligner que dans les pays en voie de
développement, tout comme dans les pays développé, on constate que la croissance du secteur
industriel est impuissante à résoudre le problème du chômage urbain.
A l'origine de cette impuissance, il y a évidemment la forte croissance de l'agglomération
urbaine, à l'émigration rurale et à un taux de croissance naturelle élevée.
A Kinshasa, l'emploi dans le secteur moderne à considérablement diminué ces
dernières années, avec un taux de croissance négatif de 11,4% la production des grandes
entreprises minières et agricoles accuse une baisse sensible.
Il n'existe aucune estimation valable du chômage à Kinshasa, Certain
prétendent qu'il atteint 70% de la population active.
136
Malgré son importance stratégique à contribuer à l'essor économique et à la
création d'emplois, les PME congolaises n'ont pas bénéficient jusqu'à ce jour des assistances
conséquentes, collectivement ou individuellement, face aux multiples difficultés qu'elles
rencontrent.
2.2 Suggestions sur les PME
Malgré les handicaps qui ne permettent pas vraiment aux PME de bien
s'épanouir normalement, nous avons quelques remèdes à soumettre à notre Etat pour qu'ils
puissent en tenir compte ;
§ Sur le plan économique, l'Etat peut aussi octroyer des crédits aux agents pour
l'épanouissement des PME
§ Sur le plan juridique, il faudrait qu'il ait une loi qui organise les PME.
§ Sur le plan fiscal, l'Etat peut exonérer ou diminuer le taux des taxations et d'imposition aux
PME, afin que ces PME ne puissent ne pas avoir la difficulté de payer l'impôt et taxe et tout
serait au profit et bénéfice de l'Etat.
Que l'Etat congolais puisse procéder aux encadrements des PME, et de faire la
promotion des PME. Qu’il puisse favoriser l'épanouissement des PME, et de laisser la porte
libre à toutes personnes qui veulent participer ou encourager les PME.
2.2.6. Avantage de la proposition et rôle de l’Etat sur les PME
(i) Avantage de la proposition :
- amélioration du climat d’affaires ;
- Création des nouvelles entreprises sur le territoire national (nouveaux investissements) ;
- Création d’emplois ;
- Diminution de taux de chômage ;
- Augmentation de la production ;
- Augmentation de la richesse ;
- Amélioration du bien-être de la population ;
- croissance alimentaire,
- Hausse de PIB, etc.
137
(ii) Autorité de l’Etat sur les Banques
- L'Etat est régulateur pour adapter les règles comptables et prudentielles ;
- L'Etat joue le rôle de stratège pour soutenir la solvabilité des banques, les
nationaliser parfois, les restructurer ;
- L'Etat est un acteur, ou même planificateur, pour maintenir les flux de
crédits
(iii) Rôle de l’Etat sur les PME
- Amélioration du climat d’affaires,
- Client
- Allocation des ressources
- Redistribution des revenus
- Stabilisation de l’économie
- Effectue les dépenses pour financement ses fonctions régaliennes
Concernant l’allocation des ressources, Keynes adopte une position favorable à
cette fonction. Pour Keynes, le marché est incapable d’assurer l’allocation optimale des
ressources économiques, c’est-à-dire la meilleure utilisation possible de ces ressources. L’Etat
doit, en conséquence, produire les biens et services que ne fournit pas le secteur privé et qui
sont pourtant nécessaires à la collectivité.
Concernant la fonction de stabilisation de l’économie, Keynes préconise
d’utiliser les politiques budgétaires et monétaires pour lutter contre les récessions. En cas de
chômage par exemple, l’Etat peut relancer l’activité économique en augmentant les dépenses
publiques et les restreindre en cas d’accélération de l’inflation. Pour les libéraux toute
politique conjoncturelle accentue les déséquilibres.
Quant à la fonction de redistribution, Keynes préconise une redistribution des
revenus en faveur des classes sociales qui ont la plus forte propension marginale à
consommer. Les libéraux ont en sont favorables mais à une certaine limite pour réduire les
inégalités les plus criantes.
Graphique N°1 : Synergie Etat, Banque et PME (EBP)
Etat
138
Banque PME
Source : nos recherches
Le triangle EBP est une solution à la crise financière que connaissent les PME
pour la relance de l’économie du pays et à la bonne gouvernance des PME en RDC.
il est temps de repenser le rôle de l’État dans le secteur financier de manière à
ce que les pouvoirs publics puissent trouver un meilleur équilibre entre, d’une part, le soutien
au crédit et l’aide d’urgence en faveur des banques, d’autre part les mesures visant à
promouvoir la transparence et la concurrence en cas de crise.
Graphique N° 2 : Implication du pouvoir public dans le system financier des PME
Banque
PME
Etat
Les pouvoirs publics doivent assurer une supervision rigoureuse et une saine concurrence
dans le secteur financier. Ils doivent aussi soutenir l’infrastructure financière, par exemple en
encourageant l’amélioration et la diffusion de l’information sur le crédit », dit Mahmoud
Mohieldin, directeur général du Groupe de la Banque mondiale.
« Toutefois, il convient d’examiner attentivement les résultats mitigés de
l’intervention directe de l’État dans les émissions de crédit. De fait, au moment où nous
sortons de la crise financière mondiale, les gouvernements devraient peut-être envisager de
privilégier plutôt des interventions indirectes ».
139
Se référant du comportement des systèmes financiers durant la crise financière
mondiale, il s’avère que plusieurs nouvelles études mondiales et rassemblent des données
nationales uniques portant sur plus de 200 économies depuis les années 60 n’ont pas résolu
avec succès la problématique de financement des PME parce que l’implication de l’Etat dans
ce circuit financier était indirect.
A l’analyse de quatre caractéristiques qui découlent du système financier ci-
après :
(i) la taille des institutions et des marchés financiers,
(ii) l’accès aux services financiers,
(iii) l’efficience et
(iv) la stabilité ; le rapport examine les systèmes financiers avant la crise financière
mondiale et évalue la mesure dans laquelle ils se sont redressés depuis. Les auteurs
confirment que les systèmes financiers des pays en développement ont moins de
profondeur et sont d’un accès plus limité que ceux des pays développés, mais ajoutent
que ces systèmes ne sont pas très différents en termes de stabilité.
(v) Les variables suivantes de la bonne gouvernance est une solution au financement des
PME selon notre recherche. L’application de l’Etat est directe. Elle fait de l’Etat aussi
opérateur économique par cette implication à travers :
la transparence ;
la responsabilité ;
l’obligation de rendre compte de ses actes ;
la participation ;
la capacité de répondre aux besoins de la population.
Deux variables dépendantes et endogènes découlant de l’implication directe de l’Etat dans la
système Financier, EPB :
I : Implication (intervenant du premier rang)
P : Parain des PME auprès des Banques
Une des contributions originales de la recherche est la création des banques publiques par
l’Etat Congolais.
140
Graphique N° 3 : Le diagramme de bonne gouvernance
TRANSLATION DE
BONNE DE GOUVERNANCE
EBP
PME
E
Les PME adressent leurs demandes aux banques d’État pour faire face à la
contraction du crédit. L’Etat Congolais injectera des capitaux dans les banques publiques pour
couvrir les prêts existants ou accorder de nouveaux crédits aux exportateurs et aux petites et
moyennes entreprises. L’intervention directe de l’Etat dans ce système financier contribuera à
freiner la propagation de la crise et pousser l’économie de la République à sa relance .
Dans le figure n°1, nous constatons la relation qui existe entre l’Etat, la Banque et les PME.
L’Etat exerce son pouvoir sur les PME aussi sur la banque. D’autre part la banque avec les
PME garde ses relations de préteur et d’emprunteur.
Dans sa relation avec la banque l’Etat : (i) Régalien dans le domaine monétaire
pour endiguer la crise de liquidité interbancaire ; (ii) garant pour préserver les capacités
d’emprunt des banques ; (iii) L’Etat gardien des biens publics pour préserver le système de
paiement de l’économie en prévenant une crise de confiance de ménages enfin (iv) régulateur
pour adapter les règles comptables et prudentielles. Il règlemente le fonctionnement des PME
à travers les textes de lois et améliore le climat d’affaires pour l’investissement.
2.2.7. Identification du modèle de référence
141
L’approche méthodologique de notre travail s’appuiera sur le modèle
économétrique d’Agénor, modifié par Saxegaard (2006)16, qui a servi à déterminer les
facteurs engendrant la surliquidité dans le système bancaire. Ce modèle prend en compte les
variables expliquant la surliquidité pour des motifs de précaution et des variables montrant
qu’elle peut être influencée par des facteurs involontaires. A la différence de Saxegaard, nous
utiliserons un modèle en panel dynamique des banques commerciales Congolaises afin de
prendre en compte l’hétérogénéité de certains phénomènes de la RDC.
Bahyaoui S. (2017) a analysé les déterminants idiosyncratiques de la
performance des banques marocaines. Les résultats obtenus mettent en évidence l’effet de la
capitalisation, du coût de financement, de l’efficacité opérationnelle et de la nature du
contrôle comme déterminants de la performance bancaire.
Gabriel-Jiménez et al., (2007) montrent que le problème d’insolvabilité des
banques est principalement la conséquence de l’augmentation du risque de crédit et
l’accumulation des prêts à problème. Ces auteurs montrent également que l’évolution de la
profitabilité de la banque est largement expliquée par la prise du risque de crédit.
FIGUEIRA et al. (2006) ont étudié la structure de propriété et les performances
des banques africaines. Ils ont constaté que, lorsque des actionnaires privés introduisent des
actionnaires étrangers dans la structure de propriété des banques africaines, cela tend à avoir
un effet positif sur la performance de ces dernières. Cette étude suggère dans certains cas, un
lien statistique positif et significatif entre les mécanismes de gouvernance et la performance
des banques
Quelques auteurs apportent des définitions prenant plutôt en compte les
agrégats macroéconomiques tels que le ratio de crédit ou de masse monétaire sur le PIB.
Quant à GOUTERON et SZPIRO (2006) l’excès de liquidité est généralement entendu
comme le surplus de monnaie - ou de crédit – incompatible avec la stabilité des prix à long
terme et que cette définition prend généralement appui sur la théorie quantitative de la
monnaie. Celle-ci est aussi la définition retenue par WYPLOSZ (2005) qui indique que
l’abondance de liquidité n’est pas un phénomène propre à la zone Euro, mais qu’il concerne le
monde entier. Dans le même sens BRUGGEMAN (2007) identifie la surliquidité soutenue
comme étant une déviation vers le haut du ratio masse monétaire sur PIB, par rapport à son
niveau cible pendant trois trimestres consécutifs.
142
Ces définitions qui prennent en compte le ratio masse monétaire ou crédit sur
PIB, identifient ainsi les actifs détenus par les agents économiques non financiers. Mais étant
donné que notre souci majeur est de savoir pourquoi les banques détiennent avec elles des
réserves en excès non rémunérées auprès de la Banque Centrale dans des pays pauvres, nous
n’utiliserons par la suite que la définition considérant la surliquidité comme le surplus de
réserves par rapport au niveau statutaire.
Le problème est de savoir comment rendre moins surliquidé les banques
commerciales afin qu’elles puissent financer les investissements productifs pour les pays.
Fondamentalement, une banque commerciale a pour rôle l’intermédiation financière qui
consiste à collecter l’épargne des agents à capacité de financement, pour l’octroyer en crédit
aux agents à besoin de financement. Sa rentabilité provient même de ce mécanisme de
gestion. Alors qu’elles sont aussi confrontées au phénomène du risque encouru lors
d’attribution du crédit aux agents économiques, ou à certains chocs exogènes susceptibles de
fragiliser leur niveau de liquidité.
BEL HADJ M. (2020) a examiné l’impact de deux types de déterminants de la
performance bancaire, internes et externes sur la rentabilité des actifs et la marge nette
d’intérêts des banques tunisiennes cotées. Concernant les déterminants internes, la taille de la
banque, le capital plus élevé, les prêts et les dépôts bancaires ont un effet positif et significatif
sur la performance. En outre, il semble que les banques privées ont tendance à être plus
rentables que les banques publiques. Concernant les déterminants externes, la concurrence
accrue entre les banques réduit significativement leurs performances et que le taux de marché
monétaire et le taux de croissance du produit intérieur brut ont des effets positifs sur la
rentabilité des banques tunisiennes.
Dembélé S. et Machrafi M. (2021) ont mis en évidence les déterminants de la
performance bancaire à partir d’un panel de six grandes banques ivoiriennes de 2012-2018.
Les résultats obtenus ont montré une relation statistiquement significative entre la
performance de ces banques et cinq déterminants internes qui sont : le ratio des capitaux
propre, le ratio de liquidité, la taille de la banque, la part de marché, et la marge bénéficiaire
nette.
Les divergences observées dans les discussions empiriques ci-dessus, laissent à
désirer un énorme intérêt d’approfondir les études sur la performance bancaire. De ce fait,
143
cette étude se focalisera à l’étude de la performance bancaire sous deux aspects ; à savoir : la
rentabilité financière et la rentabilité économique.
2.2.8. Surliquidité bancaire et exclusion bancaire de particuliers par les banques
L'exclusion bancaire et financière des particuliers reste un phénomène
méconnu. Souvent comprise comme la seule absence de compte bancaire, elle inclut certes les
difficultés d'accès aux services bancaires et financiers, mais également les difficultés d'usage
que rencontrent les personnes qui possèdent ces services, difficultés qui conduisent très
fréquemment au surendettement. Des centaines de milliers de particuliers seraient aujourd'hui,
partout dans le monde, exclus de tout ou partie des services et produits bancaires de base
(compte et moyens de paiement scripturaux]. Si le dénombrement des personnes concernées
peut être sujet à débat, cette question mérite d'être posée pour une étude de ce qu'est
l'exclusion bancaire et financière, de ce qui la provoque et de ce qui peut permettre de l'éviter.
Pour certains auteurs, les banques utilisent certaines pratiques pour exclure les particuliers,
surtout lorsqu'elles se sentent sur liquides. Pour Beck, Demirguc-Kunt et Peria (2006), les
banques exigent un montant initial minimum lors de l'ouverture d'un compte en banque pour
éliminer les particuliers à faible revenu. Pour Jean-Michel Servet par contre cela peut provenir
d'un problème volontaire aux particuliers.
De toutes les façons, le problème d'exclusion bancaire des particuliers est un
problème grave, car il entraine celui d'exclusion sociale des particuliers. Ce qui ne permet
plus à ces particuliers de vivre à l'aise dans la société qui est la leur car ils sont bloqués par
certaines pratiques dont ils n'ont pas accès dans leur société.
L'objectif de cette partie est de transposer la théorie traditionnelle de
l'exclusion bancaire des particuliers comme dérivant de la surliquidité des banques
commerciales. C'est pourquoi, dans le troisième chapitre, il sera exposé la relation existante
entre l'exclusion bancaire des particuliers et la surliquidité bancaire des banques. Puis, dans le
quatrième chapitre il sera exposé l'analyse méthodologique et présentation des résultats sur la
relation entre la surliquidité bancaire et l'exclusion bancaire des particuliers par les banques
au Cameroun.
[Link]. L'exclusion bancaire des particuliers : Quelle relation entretient-elle avec le
niveau de surliquidité des banques.
Pour parler d'exclusion bancaire des particuliers par les banques commerciales,
il faut que ces particuliers soient sans compte bancaire ou ayant un compte bancaire mais ne
144
bénéficiant pas de tous les services offerts par les banques. Alors lorsqu'un particulier veut
intégrer le système bancaire, il faut que celui-ci puisse remplir les conditions exigées par la
banque cible. C'est à l'intérieur que ce particulier pourra faire connaissance des différents
dépôts auxquels il pourra faire.
La question qui se pose est celle de savoir si les banques commerciales
durcissent ces conditions afin de pouvoir éliminer certains particuliers pauvres ? En d'autres
termes il est question pour nous de déterminer si la surliquidité bancaire des banques
commerciales amène celles-ci à exclure les particuliers du système bancaire.
Nous allons présenter les modalités d'ouverture d'un compte et types de dépôts
bancaires, avant d'en présenter par la suite les fondements théoriques sur la relation entre la
surliquidité bancaire et l'exclusion bancaire des particuliers par les banques.
a) Les modalités d'ouverture d'un compte et types de dépôts bancaires.
Dans les sociétés du monde, les Hommes ont la possibilité de régler leurs
différentes factures avec de la monnaie fiduciaire, mais de nos jours, c'est le paiement avec la
monnaie scripturale qui est de plus en plus sollicité. Ce qui oblige alors tous les individus à se
procurer d'un compte bancaire pour bénéficier de tous les avantages que cela apporte. Or pour
en arriver à ce niveau, il faut nécessairement ouvrir un compte en banque. Mais cela nécessite
d'abord pour l'individu concerné de remplir les différentes conditions exigées par la banque
considérée. Et c'est lorsqu'une personne a déjà un compte en banque qu'il pourra choisir le
type de dépôts qu'il pourra faire auprès de la banque considérée afin de pouvoir jouir des
différents avantages que cela pourra procurer.
Nous présenterons les différentes modalités que les banques peuvent exiger aux
personnes en général pour qu'elles puissent ouvrir un compte en banque, avant d'en présenter
dans la suite les différents types de dépôts bancaires que ces personnes auront la possibilité de
faire lorsqu'elles auront ouvert un compte en banque.
Les différentes modalités à remplir pour ouvrir un compte en banque.
Le compte en banque est un document comptable sur lequel est inscrit
l'ensemble des opérations effectuées entre la banque et son client. C'est également un contrat
générateur de droits et obligations. En ouvrant un compte à un client, le banquier s'oblige à
mettre à sa disposition tout ou partie de services formant ce qu'on appelle « service de caisse
», à savoir : réception de fonds en dépôts, encaissements, virements.
145
Etant une opération contractuelle, elle ne nécessite pas de versement
immédiat, ni de dépôts minimale pour certaines banques, mais cela est indispensable pour
d'autres banques. Cependant, elle est soumise à certaines règles.
Toute personne physique ou morale est libre de choisir un établissement de
crédit. Il n'existe aucune obligation d'ouvrir un compte bancaire, mais ce principe doit être
nuancé. En effet le compte bancaire est un élément indispensable car de nombreux paiements
doivent obligatoirement être effectués par virement bancaire. Ainsi :
- Tout commerçant est devenu de se faire ouvrir un compte dans une banque ou
établissement de crédit ;
- Les paiements des salariés doivent être effectués par chèque barré, virement bancaire,
carte de paiement.
Toute personne peut librement choisir sa banque en fonction de divers critères tels que :
- La proximité de l'agence bancaire du lieu de son domicile ou de son lieu de travail ;
- Les jours et les horaires d'ouverture ; y' Les services proposés par la banque ;
- Le coût de ces services (frais d'opposition, agios pour découverts bancaires…)
Nous pouvons constater par conséquent que la banque est libre d'accepter ou de
refuser l'ouverture d'un compte sans avoir à se justifier. Cette liberté est toutefois atténuée par
le droit au compte pour ce qui est de la France par exemple. Lorsqu'elle accepte, elle doit
effectuer des vérifications et contrôles pour le client qu'elle désir accepter, mais aussi lui
fournir des informations nécessaires pour le fonctionnement du compte qu'il désir ouvrir.
Les vérifications et contrôles opérés par le banquier
L'usage abusif d'un compte pouvant nuire à la banque, au client lui-même et
aux tiers, le banquier doit préalablement à l'ouverture d'un compte vérifier divers éléments
sous peine d'engager sa responsabilité. Ainsi :
146
Le banquier doit s'assurer de la capacité juridique du client, c'est-à-dire de son pouvoir
de faire par lui-même des actes tels que l'ouverture et l'utilisation d'un compte
bancaire. Dans certains cas particuliers, il existe des restrictions au libre
fonctionnement du compte (incapable majeur, mineur…). Indépendamment des cas
d'incapacité, le banquier écarte parfois les personnes qui ne peuvent pas effectuer un
dépôt suffisamment consistant ou un volume d'opérations assez important pour rendre
le compte rémunérateur. La décision dépend de la politique commerciale de la banque.
Le banquier doit vérifier l'identité du client (nom et prénoms, date et lieu de naissance,
profession, nationalité, résidence principale) à l'aide d'un document officiel en cours
de validité comportant photo et signature, comme la carte nationale d'identité, le
passeport, la carte de résident. Les caractéristiques et les références de ce document
sont enregistrées par le banquier. Cette vérification se justifie par la nécessité d'éviter
que le titulaire du compte effectue des opérations illicites nuisibles aux tiers sous un
nom d'emprunt (émission de chèques sans provisions…). La responsabilité de la
banque est engagée si l'absence de contrôle suffisant a rendu possible ou facilité des
actes préjudiciables à un tiers. En cas de contestation, il appartient au banquier de
prouver qu'il a satisfait à son obligation de contrôle. Une photocopie facilite la preuve
du respect de l'obligation de contrôle. Par ailleurs, il est fréquent que le banquier
demande des renseignements complémentaires sur la situation professionnelle ou
personnelle de son client. Ainsi, lorsque le client est un commerçant, les banques
demandent la communication d'un extrait de l'immatriculation au registre de
commerce.
La banque doit vérifier le domicile du client. Pour cela, elle demande la
communication d'un plan de localisation. Cependant, pour s'assurer précisément de
l'exactitude de l'adresse fournie, elle envoie généralement une lettre d'accueil au
domicile du client. Le non-retour du courrier permet de présumer que la lettre a bien
été remise au destinataire, et que l'adresse indiquée est exacte.
En cas de délivrance de formules de chèques, la banque doit également se renseigner
auprès de la banque de France pour ce qui est de la France pour s'assurer que le
titulaire du compte n'est frappé d'une interdiction bancaire d'émettre des chèques. «
Tout banquier doit interroger la banque de France avant de procéder à la première
délivrance de formules de chèques à un nouveau titulaire de compte. Les réponses
147
doivent être conservées pendant deux ans », selon l'article 30, D 22 mai 1992 du code
monétaire et financier de France.
Le banquier est tenu de déclarer à l'administration fiscale pour consignation sur le
fichier des comptes bancaires (Ficoba), et dans le mois, toutes les ouvertures et
clôtures de comptes auxquelles il procède. Ces déclarations indiquent les noms,
prénoms et adresses des titulaires ainsi que leur date et lieu de naissance. Le Ficoba
permet à l'administration fiscale de connaître l'ensemble des comptes en banque
ouverts par toute personne physique ou morale. Cette obligation n'est pas applicable
au compte de passage. Cette dispense n'est valable que si le compte de passage
n'enregistre pas d'opérations multiples. La banque est cependant tenue de vérifier
l'identité du client de passage.
Le banquier va relever l'ensemble des renseignements et recueillir un spécimen de la
signature du client et des mandataires qu'il a éventuellement désigné. Ce spécimen
permettra de vérifier l'authenticité des ordres émanant du client, notamment les
chèques émis.
S'agissant des personnes morales, le banquier doit examiner les statuts qui permettent
de déterminer l'objet du groupe, d'apprécier le fonctionnement du dit groupe. Dans le
cas des sociétés ou groupements d'intérêts économiques, il s'assure de leur réalité
juridique en exigeant un extrait de leur immatriculation au registre du commerce et des
sociétés. Il vérifie également les pouvoirs et l'identité des personnes qui prétendent
être habilitées à engager la personne morale. Pour les associations, il demande un
exemplaire du journal dans lequel est inscrite la déclaration de l'association et
éventuellement la reconnaissance d'utilité publique ; ainsi que la justification des
pouvoirs des représentants de l'association.
Après que la banque ait reçue des informations concernant le client, celle-ci est
dans le devoir à son tour de fournir des informations au client pour qu'il puisse mieux
comprendre ce qu'elle attend de lui.
Des informations à fournir aux clients
L'ouverture d'un compte est une opération contractuelle qui résulte d'un accord
préalable entre le banquier et son client. Cet accord peut être tacite ; il est souvent express et
constaté par un contrat imprimé dit « convention de compte » signé par le client.
148
Avant la conclusion du contrat, le professionnel est tenu de mettre le
consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien ou du service.
Lorsque la banque ouvre un compte, elle est tenue d'informer le client sur les conditions
d'utilisation du compte à savoir : les engagements réciproques de la banque et du client, les
dispositions qui régissent ce compte ainsi que le prix des différents services auxquels elle
donne accès.
Le choix des moyens de communication est laissé aux banques. En principe,
les conditions tarifaires sont affichées dans les agences. Les conditions d'utilisation du compte
et les engagements réciproques de la banque et du client sont inclus dans une convention
écrite d'ouverture de compte ou énoncé dans un document que le banquier remet au client au
moment de l'ouverture. En cas de litige ultérieur, la banque devra apporter la preuve de
l'acceptation du client.
L'obligation d'information des banques ne se limite pas à l'ouverture du
compte, elle reste présente pendant toute la durée de vie du compte. Ainsi, toute modification
apportée ultérieurement aux conditions d'ouverture du compte devra pour être opposable au
client lui avoir été préalablement signalée. Hormis cette information générale, les banques
doivent une information particulière à l'occasion de certaines opérations (crédit à la
consommation...).
La banque doit obligatoirement informer le client sur le type de compte qu'il a
la possibilité d'ouvrir selon ses besoins. C'est ainsi que la banque peut proposer au client :
Le compte unique où seul le titulaire de ce compte peu le faire fonctionner pour les
paiements et les retraits en espèce. Pour les versements, n'importe quelle personne
peut, si elle connait les références bancaires du compte, y déposer des espèces ou
libeller un chèque à l'intention du titulaire du compte et le remettre au guichet de la
banque.
Le compte unique avec procuration. Il est fréquent que le titulaire d'un compte (le
mandant) autorise une ou plusieurs autres personnes (le mandataire) à le faire
fonctionner. Ce mandat appelé procuration comporte les noms, prénoms et domicile
du mandant, l'étendu du mandat (limite à certains actes ou total), sa durée, la signature
du mandant et celle du mandataire. Il peut être donné sur papier libre ou sur un
formulaire délivré par la banque. La procuration peut être faite à l'ouverture du compte
ou à tout moment. Elle peut être annulée également à tout moment.
149
Le compte joint. Un même compte peut être ouvert au nom de plusieurs personnes. Il
en est ainsi du compte joint adopté généralement entre les époux mais qui peut l'être
aussi par des personnes sans lien de parenté. Ce compte permet à chacun de l'utiliser
indépendamment de l'autre sous sa seule signature, comme s'il en était le seul titulaire.
Le fonctionnement du compte joint dépend de l'intitulé du compte. Il existe
trois possibilités d'intitulé du compte :
- En pratique pour permettre une plus grande souplesse de fonctionnement, l'intitulé du
compte, pour un couple est souvent « Monsieur OU Madame X ». Dans ce cas, le
compte présente deux cotitulaires et fonctionne avec une seule signature ;
- -Si le compte a été ouvert sous l'intitulé « Monsieur ET Madame X », la signature des
deux cotitulaires du compte est nécessaire pour toutes les opérations.
- Enfin si l'intitulé du compte est « Monsieur ET/OU Madame X », la signature
conjointe des deux cotitulaires est requise pour certains actes préétablis au moment de
l'ouverture du compte (chèques d'un certain montant…). Dans les autres cas, une seule
signature suffit.
Le compte individis. Il ne peut fonctionner qu'avec la signature de tous les
cotitulaires, sauf si une procuration a été donnée à un représentant pour gérer le compte. Cette
procuration peut être limitée à certaines opérations. Ce type de compte est surtout ouvert
lorsqu'il y a ouverture d'une succession de gestion des biens individuels comme une maison....
Les cotitulaires sont indivisaires des fonds14. Aucune opération ne peut se réaliser sans
l'accord de tous. Si le compte est débiteur, la banque peut réclamer à chacun sa part du passif.
Alors nous pouvons constater que pour ouvrir un compte en banque, cela n'est
pas chose facile car plusieurs modalités doivent être remplies. Pour le client, il doit fournir des
informations nécessaires pour que la banque puisse mieux le connaitre et connaître aussi ses
besoins vis-à-vis de la banque. Quant à la banque, elle doit fournir à son tour des informations
au client pour que celui-ci puisse mieux comprendre de quoi il s'agit et des exigences qu'il a
envers la banque. Après avoir ouvert son compte, le client a la possibilité d'effectuer des
dépôts auprès de la banque et ces dépôts sont de différentes catégories.
14
Etre indivisaire des fonds veut dire que les cotitulaires sont propriétaires ensemble de ces fonds qui sont en
indivision ou en commun.
150
b) Les différents types de dépôts bancaires
Lorsque le client a ouvert un compte en banque, celui-ci a déjà la possibilité
d'effectuer des versements qui sont qualifiés de dépôts bancaires. Les avis des spécialistes du
droit et les arrêts mêmes pris par les autorités de la justice sont profondément discordants
quant à la nature juridique du dépôt bancaire. Pour les uns, il s'agit d'un prêt, pour les autres
un dépôt disposant de règles spécifiques, pour certains d'un contrat implicite entre le client et
la banque. D'une manière générale, les spécialistes s'accordent sur les points suivants : le
déposant perd la propriété physique des sommes déposées. Il le fait en "l'échange" de la
promesse de la banque de les rendre dès qu'il le demandera (mais dans des conditions
spécifiées par la banque), voire dès qu'il se présentera au guichet.
Le dépôt bancaire est donc une opération de "prêt", qui génère une créance
dans le patrimoine du déposant (matérialisée par le relevé de compte) et une dette pour la
banque (les Comptes bancaires figurent au passif de la banque). Il peut être effectué sous la
forme de dépôt à vue, mais aussi sous la forme de dépôt à terme.
Les dépôts à vue
Un dépôt « à vue » est un dépôt, rémunéré ou non, dont les fonds peuvent être
retirés partiellement ou totalement à tout instant. Il est comptabilisé dans l'agrégat M1 15 par
les Banques Centrales. Le client de la banque a la possibilité d'effectuer son dépôt à vue dans
plusieurs types de comptes. Il peut le faire dans un compte courant, mais aussi dans un
compte d'épargne.
Le compte courant traditionnellement appelé « compte chèque », est un compte dont
non seulement l'argent peut être retiré à tout moment mais qui est également destiné à
servir de pivot aux paiements, aux encaissements et aussi aux mouvements de fonds
avec les autres comptes. Ce compte est généralement non rémunéré, ou très faiblement
rémunéré et seulement dans les pays où le paiement d'un intérêt est permis. Ce compte
est parfois assorti d'une autorisation de découvert permettant que son solde soit
temporairement négatif à concurrence d'un plafond de débit autorisé.
Le compte d'épargne, qui était parfois aussi appelé « compte sur livret », du fait que
les opérations étaient à l'origine reportées sur un livret d'épargne que le titulaire
conservait par-devers lui (c'est encore le cas dans certains pays). Il est comptabilisé en
15
L'agrégat M1 correspond aux billets, pièces et dépôts à vue.
151
agrégat M216 par les Banques Centrales : il n'est donc pas au sens strict « à vue ». Il
doit obligatoirement être créditeur. C'est un compte où les fonds sont là-aussi
disponibles à vue, mais seulement sous forme de retrait d'espèces, donc en général
sans moyens de paiement.
Ces comptes sont rémunérés par un intérêt et :
Fiscalisés (compte d'épargne bancaire ordinaire) ;
ou défiscalisés mais fortement réglementés (Par exemple, en France, livret A, Livret
de développement durable LDD, compte d'épargne logement CEL, Livret d'épargne
populaire LEP).
Alors, le client de la banque a le choix d'effectuer n'importe quel type de dépôt
à vue qui lui intéresse suivant ses besoins et ses envies, mais aussi il a la possibilité de faire
des dépôts à terme.
Les dépôts à terme et plans d'épargne.
Également comptabilisés en M2 par les banques centrales qui incluent dans cet
agrégat les dépôts à préavis de moins de trois mois et les dépôts à terme de moins de deux ans
(aucune épargne à plus de deux ans n'est considérée comme « monnaie »). Ces différents
comptes peuvent être entre autre :
Le compte à terme ou dépôt à terme a une durée fixée à l'avance et rapporte un intérêt
à condition que le client titulaire du compte ne retire pas l'argent avant l'échéance
(fixée entre un mois et dix ans selon les établissements bancaires). Plus la durée
d'immobilisation du dépôt est longue et plus le taux de rémunération est élevé. Il
existe deux types de comptes à terme : les comptes à taux fixes et ceux à taux
progressif.
Le compte à préavis est une variante selon laquelle l'argent ne peut être récupéré par le
client titulaire du compte sans perte d'intérêts, si celui-ci n'annonce pas son retrait
suffisamment à l'avance.
Le plan d'épargne, qui est souvent affecté à la constitution d'épargne pour un objectif
spécifique. Pour prendre l'exemple français on trouve des plans pour le logement
16
L'agrégat M2 correspond à M1 plus les dépôts à termes inférieurs ou égaux à deux ans et les dépôts assortis d'un préavis de
remboursement inférieur ou égal à trois mois.
152
(PEL), permettant d'épargner dans le but de réaliser l'achat d'un bien immobilier. Au
terme d'une période définie, cette formule permet d'obtenir un crédit dans des
conditions favorables. Les caractéristiques du Plan épargne logement (PEL) sont les
suivantes pour le cas de la France :
- Epargne minimum de 4 ans ;
- Crédit à taux privilégié au terme de l'épargne ;
- Dépôt limité à 61 200 €, minimum de 225 € ;
- Versements périodiques avec un minimum de 540 € par an ;
- Argent indisponible, retraits impossibles ; si argent retiré avant 4 ans : clôture du PEL
et perte des avantages, plus ou moins selon la durée de garde ;
- Taux d'intérêt : 2,5 % hors prime d'État ;
- Montant maximal de la prime : 1 525 € ;
- Prime versée même si un prêt n'est pas signé ;
- Intérêts et prime exonérés d'impôts sauf pour les PEL de plus de 12 ans ; mais tous les
revenus des PEL sont soumis aux prélèvements sociaux ;
- Un seul PEL par personne, cumulable avec un CEL, accessible aux mineurs.
Nous pouvons toujours avoir pour l'exemple de la France, des plans d'épargne
en actions (PEA), pour la retraite (PERP). Aux États-Unis, on trouve le plan 401(k) destiné à
la retraite. Un plan d'épargne est souvent alimenté par des virements périodiques depuis le
compte courant. La durée et les modalités de sortie de ces plans sont réglementées en
contrepartie d'avantages fiscaux particuliers.
Ainsi, ouvrir un compte en banque nécessite plusieurs modalités à remplir par
le client, mais aussi par le banquier, pour que les règles puissent être fixées. Cela permet à la
banque de mieux connaître son client, ainsi que ses besoins lorsque celui-ci vient ouvrir un
compte en banque. Mais aussi la banque a pour devoir de faire connaitre au client les
caractéristiques de son produit. C'est ainsi que la banque est obligée de présenter au client les
types de compte qu'il est à mesure d'ouvrir, avec les caractéristiques de chaque type de
153
compte. Elle a aussi le devoir d'expliquer au client, le type de dépôt que celui-ci est à mesure
de faire dans son compte, sachant déjà les modalités de chaque type de dépôt. Mais lorsque la
banque est déjà sur liquide, comment celle-ci va se comporter à l'égard de nouveaux clients
qui veulent venir ouvrir de nouveaux comptes ? La relation théorique entre la surliquidité
d'une banque et son exclusion des clients s'avère importante d'être étudiée.
[Link]. Fondements théoriques sur la relation entre la surliquidité bancaire et
l'exclusion bancaire des particuliers par les banques
L'exclusion bancaire et financière ne possède pas encore de définition qui soit
unanimement partagée. Cela tient à ses contours relativement nébuleux ainsi qu'au degré de
méconnaissance qui entoure encore ses mécanismes et son lien avec l'exclusion sociale. Des
recherches récentes consacrées à l'élaboration de ce concept, il est néanmoins possible de
dégager quelques éléments de consensus. Le premier élément est que le phénomène de
l'exclusion bancaire et financière est relatif. Comme pour celui de l'exclusion sociale auquel il
est étroitement lié, les individus sont exclus d'une société et d'une période donnée. Ils sont
exclus par rapport à des normes, à des pratiques en vigueur dans les pays. Pour Paugam
(1996), en effet: « Une personne se trouve en situation d'exclusion bancaire et financière
lorsqu'elle subit un degré d'entrave dans ses pratiques bancaires et financières qui ne lui
permet plus de mener une vie sociale normale dans la société qui est la sienne. » La première
conséquence de cette relativité est que l'exclusion bancaire et financière n'a donc pas la même
signification ni les mêmes répercussions, tant objectives que subjectives, selon les pays, en
particulier selon leur degré de bancarisation et leurs pratiques bancaires et financières.
Cette définition implique également que l'exclusion bancaire se présente sous
des aspects différents et à des degrés divers. Sur un plan au moins conceptuel en pratique,
c'est moins évident, on distingue les difficultés d'accès, qui vont du non-accès pur et simple à
l'accès différencié, et les difficultés d'usage liées, quant à elles, aux conséquences sociales
négatives qu'entraîne une mauvaise utilisation des produits bancaires. Cette distinction permet
de différencier au sein même d'une population dite « exclue bancaire » celle qui est non
bancarisée, couramment désignée dans les pays anglo-saxons sous le terme « unbanked » et
de celle dite sous bancarisée (« underbanked ») par le caractère limité du choix ou de
l'utilisation des produits bancaires ou encore de celle qui est mal bancarisée par une utilisation
inadéquate de ceux-ci à des besoins spécifiques.
154
Vue les conséquences négatives que cette exclusion bancaire engendre selon sa
définition, nous nous posons la question de savoir quelles sont les causes de cette exclusion
bancaire des particuliers ?
Nous pouvons voir que la surliquidité bancaire est une barrière à l'accès aux
services bancaires avec les conditions à remplir pour ouvrir un compte qui sont difficiles pour
le particulier ainsi que celles à remplir pour avoir accès à tous les services et produits
bancaires et qui engendre l'exclusion bancaire de ces particuliers.
Dans la suite de notre étude, nous allons présenter la surliquidité bancaire
comme la cause de l'exclusion bancaire des particuliers par les banques. Il nous restera alors
de présenter les limites relevées dans la littérature sur cette relation.
a) La surliquidité bancaire comme la cause de l'exclusion bancaire des particuliers
par les banques.
D'après la définition du Centre Walras17 repris par Gloukoviezoff (2004b), «
une personne se trouve en situation d'exclusion bancaire et financière lorsqu'elle subit
d'entraves dans ses pratiques bancaires et financières qui ne lui permet plus de mener une vie
sociale normale dans la société qui est la sienne ». Il ressort de cette définition que l'exclusion
bancaire se mesure par rapport aux difficultés sociales qu'elle engendre. Bien que cela soit
globalement vrai pour tous les pays développés où le rôle de la monnaie scripturale est
prédominant, il n'en demeure pas moins que l'impact social dépend du pays concerné. Les
banques sur liquides ont tendance à négliger les particuliers pauvres, car elles sont en excès de
liquidité et ne veulent plus les petites sommes de ces particuliers. Elles vont utiliser plusieurs
moyens permettant d'exclurent ces particuliers pauvres et cela a des conséquences socio-
économiques négatives sur ces particuliers et sur l'économie du pays concerné. Nous verrons
d'abord les différentes pratiques utilisées par ces banques avant de voir les conséquences
socio-économiques que cela pourra avoir sur ces particuliers et sur l'économie toute entière.
Les pratiques bancaires comme cause d'exclusion bancaire des particuliers
17
Le Centre Walras est spécialisé dans l'étude de l'exclusion bancaire en France et édite des rapports périodiques
sur le sujet.
155
La théorie des barrières à l'accès a été développée par plusieurs auteurs qui ont
procédé à des études comparatives sur le niveau de pénétration des services bancaires et
financiers dans différents pays. Certaines de ces études ((Caskey et al. (2004) ; Chamberlain
et Walker (2005) ; Honohan (2004); Ketley, Davis et Truen (2005); Peachey et Roe (2004)) se
sont limitées à une analyse statistique simple tandis que d'autres (Beck, Demirguc-Kunt et
Peria (2005 et 2006); Beck et al. (2004)) ont procédé à une analyse économétrique des
phénomènes observés et en ont déduit les facteurs explicatifs provenant des banques.
Ainsi, les banques mettent des barrières financières à l'accès aux particuliers
lorsque celles-ci sont sur liquides. C'est ainsi que les barrières financières peuvent se traduire
par les conditions d'ouverture et de maintien d'un compte de dépôt. Elles sont évaluées sur la
base du montant minimal d'ouverture et des frais de tenue d'un compte chèque. Beck,
Demirguc-Kunt et Peria (2006) mesurent cette barrière par un indicateur qui représente la part
du PIB/habitant nécessaire à l'ouverture d'un compte et à son entretien. Chamberlain et
Walker (2005) estiment à 2%, la part maximale de revenu qu'une personne peut consacrer aux
frais bancaires.
Au-delà, se crée un obstacle. Ketley, Davis et Truen (2005) insistent
particulièrement sur la barrière financière en détaillant davantage son contenu. Ils y incluent
notamment les charges liées au retrait à un distributeur automatique (DAB) ou dans une
agence, et les charges liées aux opérations de transfert électronique, aux paiements par carte,
etc. Alors, lorsqu'une banque est sur liquide elle a tendance à augmenter le montant initial
auquel un particulier devrait ouvrir un compte et même des frais que celui-ci devrait
débourser pour la tenue de son compte.
D'autres barrières financières utilisées par les banques pour exclure les
particuliers surtout lorsque celles-ci sont sur liquide, concerne l'accès aux crédits, à l'épargne
et aux assurances. Les refus de crédits bancaires sont fréquents, avec des variations selon les
banques. L'ancienneté dans la banque est un élément déterminant, avec l'emploi occupé et les
revenus, si bien que beaucoup de ménages s'en trouvent exclus (Sophie Ebermeyer, 2004).
Les ménages confrontés au refus, se tournent vers des organismes de crédit à
la consommation, qui ne servent parfois qu'à combler des découverts, à rembourser d'autres
crédits ou des membres de la famille. Pouvant souscrire à plusieurs de ces prêts, certains
ménages les multiplient et parviennent à des situations inextricables de surendettement, qui
les excluent des moyens de paiement momentanément. L'incitation à l'épargne, notamment
156
auprès des ménages modestes, semble être la stratégie partout suivie dans une perspective de
sécurisation du client, plus ou moins adaptée en fonction de la clientèle lorsque la banque est
sur liquide.
Certaines barrières physiques permettent l'exclusion des particuliers par les
banques. Elle mesure la distance parcourue par le client pour accéder au guichet d'un
établissement teneur de compte (ETC). Beck, Demirguc-Kunt et Peria (2005) ont construit un
indicateur composite constitué de quatre informations à savoir la pénétration géographique
des agences (nombre d'agences bancaires sur 1.000 km2), la pénétration démographique des
agences (nombre d'agences bancaires pour 100.000 habitants), la pénétration géographique
des distributeurs automatiques de billets ou DAB (nombre de DAB sur 1.000 km2) et la
pénétration démographique des DAB (nombre de DAB pour 100.000 habitants). Beck,
Demirguc-Kunt et Peria (2006) ont construit un indicateur qui mesure cette barrière. Il vaut 1
si le compte ne peut être ouvert qu'au siège de l'établissement, 2 si le compte peut être ouvert
au siège ou dans une agence et 3 si le compte peut être ouvert au siège, dans une agence ou à
un point de service. Chamberlain et Walker (2005) mesurent cette barrière par le coût du
transport nécessaire pour joindre l'agence bancaire la plus proche. Ainsi une banque qui est
sur liquide n'a plus de pression à se faire pour augmenter le nombre d'agences, ni le nombre
de distributeurs automatiques de billets (DAB) car elle n'est pas dans le besoin de liquidité et
par conséquent ne veut pas fournir plus d'efforts pour en chercher ces liquidités.
Nous avons exposé dans la première section de ce chapitre, les conditions
nécessaires pour ouvrir un compte en banque. Ainsi, les banques commerciales utilisent ces
conditions pour exclurent les particuliers, ceci lorsqu'elles se sentent sur liquides. Cette
catégorie d'exclus est constituée d'individus capables d'utiliser les services mais qui en sont
écartés par des pratiques de sélection de la clientèle organisées par les établissements de crédit
(Eber, 2000).
Alors, la barrière d'éligibilité indique les conditions particulières d'ouverture
imposées par les établissements de crédit. Pour Beck, Demirguc-Kunt et Peria (2006), il s'agit
de déterminer le nombre de documents nécessaires à l'ouverture d'un compte de dépôt. Parmi
ces documents, on peut citer la carte d'identité nationale, la fiche de paie et la lettre de
recommandation (dans certains cas). Plus le nombre de documents demandé est important,
plus la barrière est élevée. Chamberlain et Walker (2005) mesurent cette barrière par le
pourcentage d'agences bancaires n'imposant aucune de ces conditions.
157
En conséquence, la sélection bancaire se fait avec pour objectif de garantir la
rentabilité de la relation nouée. Il faut pour cela minorer les risques de défaillance du client,
mais également les coûts qu'il engendre. Ainsi, les clients aux revenus modestes présentent un
niveau de risque moyen plus élevé de par le niveau et la nature de leurs ressources. Ils sont
également plus coûteux que les autres car ils « consomment » davantage de services gratuits,
principalement les services de guichet, notamment ceux liés à l'utilisation du livret A comme
compte courant. Parce que les banques veulent des relations sans risques, elles préfèrent
exclurent les particuliers et détenir des liquidités en excès qu'elles préfèreront garder en
réserves auprès de la banque centrale sous forme de réserves excédentaires. Comme ces
banques sont sur liquides, elles ne veulent plus prendre de risques d'intégrer du système des
particuliers à revenus faibles. L'exclusion bancaire adoptée par les banques a des
conséquences socio-économiques négatives pour ces particuliers et pour l'économie du pays
en général.
Les conséquences socio-économiques de l'exclusion bancaire des particuliers.
La définition du Centre Walras donnée ci-dessus montre bien que le
phénomène de l'exclusion bancaire s'apprécie alors par des dégâts engendrés sur la qualité de
la vie sociale. Ainsi une personne exclue bancaire est forcément confrontée à des problèmes
sociaux. Cette causalité se justifie dans le cas de la France où la législation impose l'utilisation
de la monnaie scripturale dans toutes les transactions 18. Ne pas détenir de compte courant ou
être limité à l'usage de tous les services bancaires est lourd de conséquences non seulement au
quotidien mais également à plus long terme. Ne pas détenir de compte courant signifie en
effet ne pas pouvoir percevoir des revenus sous forme électronique (salaire, pensions de
retraite, allocations sociales), ne pas pouvoir déposer son argent dans un lieu sûr, ne pas
pouvoir bénéficier des moyens de paiement scripturaux qui lui sont associés pour effectuer
des paiements et réaliser des versements (Gloukoviezoff, 2005). Ne pas détenir de compte
bancaire signifie aussi ne pas pouvoir bénéficier des autres produits pour lesquels il constitue
le point d'entrée comme le crédit à court terme (facilités de découverts, crédit à la
consommation) et les produits d'épargne, des produits bancaires pourtant essentiels pour faire
face à des situations d'urgence et se projeter dans l'avenir.
18
Les accords de Matignon de 1968 ont consacré l'usage prioritaire du compte bancaire dans les transactions
avec l'obligation de verser les salaires dans des comptes bancaires (Alain Plessis dans « Histoire des banques de
France ». Ces dispositions seront par la suite étendues aux revenus sociaux.
158
Cela n'est pas exactement le cas des pays anglo-saxons notamment des Etats-
Unis et de la Grande-Bretagne. Ici, le salaire est parfois perçu sous forme de chèque non barré
ou en liquidité. L'absence de relation bancaire n'a donc pas nécessairement un impact direct
sur la vie sociale. Contrairement à la France qui a décrété le droit au compte, la bancarisation
aux Etats-Unis s'est faite par la démocratisation du crédit (Gloukoviezoff, 2005).
Mais quel que soit le pays développé considéré, l'absence de relation bancaire
est un facteur de dégradation de la qualité de vie. Le niveau de vie et la consommation de
masse obligent les ménages à recourir à des crédits et donc à entretenir nécessairement une
relation bancaire. A défaut, ils sont socialement marginalisés. « L'exclusion bancaire étant
elle-même une composante de désaffiliation sociale » selon Servet (2000). Pour Peachey et
Roe (2004), la question de l'exclusion bancaire est partie intégrante d'une problématique plus
vaste de lutte contre l'exclusion sociale.
Sur le plan économique par son coût, l'exclusion bancaire a pour conséquence
de restreindre la consommation, dont le rôle social n'est plus à démontrer. Mais elle peut
également la restreindre en décourageant le vendeur, ou plutôt, un loueur potentiel. Ainsi,
l'accès au logement, qui est un maillon essentiel dans la chaîne de l'exclusion sociale pour les
pays développés, peut être compromis par la privation de moyens de paiement scripturaux. En
effet, l'absence de chéquier pourra rendre impossible la location d'un logement car le
propriétaire en déduira un risque important d'impayés. L'achat des produits dans des super
marchés qui n'exigent que des cartes bancaires ne pourra plus être possible pour ces
particuliers exclus. Le paiement des factures par virement bancaire ne pourra pas être possible
pour ces particuliers, ce qui freine l'économie.
Enfin, l'exclusion bancaire peut inciter certaines personnes à sortir du cadre de
l'économie légale. Un exemple permet d'illustrer ce phénomène. Il concerne les personnes
confrontées à un plan de surendettement insoutenable, qui se tournent vers l'économie
parallèle pour atténuer la pression budgétaire. Des travailleurs sociaux relatent d'ailleurs les
cas, rares mais particulièrement dramatiques, de femmes ayant pensé ne plus avoir d'autres
alternatives pour échapper au surendettement que de se prostituer.
Ce qui montre que la surliquidité bancaire qui pousse les banques à exclure du
système bancaire les particuliers a un rôle très négatif, vue les conséquences que cela cause
aux exclus dans la société. Mais nous nous demandons si d'autres facteurs autres que la
surliquidité bancaire ne peut pas aussi être à l'origine de cette exclusion bancaire des
159
particuliers ? Ce qui nous permet de voir les limites de la relation entre surliquidité et
exclusion bancaire.
2.2.10. Les limites relevées dans la littérature sur la relation entre surliquidité bancaire
et l'exclusion bancaire des particuliers par les banques.
Les pratiques bancaires et financières décrivent l'ensemble de la relation
bancaire qu'une personne entretient avec sa banque dans le cadre de la consommation des
services qui lui sont proposés. Une entrave à ces pratiques traduit une limitation dans l'accès
aux dits services. Le terme « accès » revêt une notion de droit qui peut être répartie en droits
formels et droits réels (Gloukoviezoff, 2001). Les droits formels décrivent l'autorisation et la
liberté que l'on a d'accéder aux services. Les droits réels décrivent plutôt la capacité de
comprendre et d'utiliser ces services et le vrai problème de l'exclusion bancaire se situe au
niveau des droits réels. Il ne suffit pas d'être autorisé, il faut pouvoir exercer son droit. Les
personnes confrontées à des difficultés d'ordre cognitif (connaissance) ou émotionnel (vécu)
s'auto-excluent (Beck et De la Torre, 2006). L'auto-exclusion constitue d'ailleurs selon
Kempson (2001) et Kempson & Whyley (1999) cités par Gloukoviezoff (2004a) la principale
source de non-accès aux services bancaires. Nous verrons dans la suite comment un
particulier peut s'auto exclure du système bancaire, sans que cela ne soit la cause de la
surliquidité des banques, il nous restera aussi à voir la différence entre exclusion bancaire et
faible bancarisation.
[Link]. L'auto exclusion ou exclusion volontaire des particuliers.
L'auto-exclusion y correspond à un processus par lequel une personne réduit
progressivement les services dont elle dispose à mesure que sa situation professionnelle ou
familiale se dégrade. Ce processus peut aller jusqu'à une absence totale de services bancaires,
y compris de compte, ce qui n'est pas le cas en France (Gloukoviezoff G, 2004a). En effet, la
possession d'un compte bancaire y étant quasiment indispensable, l'auto-exclusion ne sera que
partielle, se limitant à un renoncement aux moyens de paiement scripturaux et aux services de
découvert ou de crédit pour le cas de la France.
Cependant, si le compte est conservé, l'usage qui en est fait peut également
traduire une forme d'auto-exclusion. En effet, en retirant l'intégralité des ressources perçues
dès leur versement, des personnes gèrent leur budget en dehors du système bancaire tout en
conservant un compte pour sa fonction indispensable. Cette pratique, parfois conseillée par
des agents de la Banque, permet aux personnes de préserver leurs ressources des facturations
des banques, mais aussi de leurs pratiques parfois abusives, notamment la saisie de prestations
160
pourtant insaisissables (Gloukoviezoff G, 2004a). Il y a ainsi plusieurs motifs expliquant ces
pratiques d'exclusion volontaire :
Les raisons morales ou religieuses.
Il s'agit principalement de personnes qui refusent les services de crédit ou les
produits d'épargne rémunérés. Ce motif d'exclusion reste très minoritaire et c'est également le
cas au Royaume-Uni.
L'intégration du discours des banques et leurs critères de sélection.
Les personnes renoncent à solliciter les établissements bancaires sachant, ou
supposant, qu'elles seront éconduites19. Cela permet notamment d'éviter l'humiliation du refus.
Le rapport de Fors souligne d'ailleurs qu'en dépit de leur regret de ne pas posséder ces
services, les personnes ne les revendiquent pas (Gloukoviezoff G, 2004).
La complexité et l'incompréhension liées à l'usage des services bancaires.
Peur des dérapages et représentations des services bancaires comme source de
dangers potentiels sont ici à l'origine du renoncement. En effet, la complexité liée à
l'utilisation des services bancaires (vocabulaire technique, dématérialisation 20, etc.) peut
entraîner des difficultés et mettre en péril un équilibre budgétaire déjà fragile. Ainsi, à propos
du chéquier, « les bénéficiaires de minima sociaux expliquent plus souvent que s'ils n'en ont
pas besoin c'est parce que « ce mode de paiement n'est pas sécurisant» et même «difficile à
gérer. Daniel A. (2001) ». Ce motif concerne également les personnes âgées et celles vivant en
milieu rural qui ont toujours géré leur argent en liquide et qui souhaitent conserver ce mode
de gestion pour lequel elles disposent de savoir-faire (Gloukoviezoff G, 2004a) ;
*Les expériences passées négatives.
Suite à des difficultés économiques et/ou sociales et à une réponse bancaire inadaptée,
certaines personnes ne désirent pas posséder à nouveau des services qui ont participé à
l'aggravation de leur situation.
Ainsi, l'auto-exclusion dépend d'un certain nombre de « barrières » qui
entravent les pratiques bancaires de certaines catégories de clients. Elle est donc un élément
19
Econduites veut dire être éliminé d'office vue les conditions exigées par les banques.
20
Il s'agit du passage d'une gestion physique de ses avoirs (en pièces et billets) à une gestion où il n'y a plus ce contact direct
avec l'argent (le compte bancaire, la carte bleue). Par exemple, les livrets A ont récemment été dématérialisés : le livret
papier, physique, sur lequel étaient inscrites toutes les opérations, a été remplacé par une carte magnétique.
161
déterminant de la compréhension du processus d'exclusion bancaire. Elle met d'ailleurs en
lumière que :
- l'exclusion en termes d'accès ne se limite pas à la sélection explicite faite par les
établissements bancaires mais inclut le renoncement de clients potentiels. Renoncement qui
semble concerner un nombre de personnes plus important que celui des personnes se heurtant
à une sélection explicite ;
- le renoncement aux services bancaires est le fruit de difficultés d'usage. Il y a donc un lien
direct entre exclusion en termes d'accès et celle en termes d'usage. Ce qui montre que l'auto
exclusion est aussi très importante pour la compréhension des causes d'exclusion bancaire des
particuliers par les banques.
2.2.2. La différence entre exclusion bancaire et faible bancarisation.
La bancarisation se définit comme la proportion de la population titulaire d'un
compte en banque. Elle est mesurée par un indice appelé taux de bancarisation. Cet indice
traduit le niveau de pénétration des services bancaires et financiers dans le pays ou la région
concernée. La définition intrinsèque de la bancarisation fait référence à la proportion de la
population ayant un compte de dépôt (bancaire ou non). Mais tous les comptes, même en
banque, ne donnent pas droit à l'utilisation des moyens scripturaux de paiement. Le compte
livret de la Poste et le compte d'épargne permettent juste de faire des mouvements de dépôt et
de retrait directement au guichet des institutions concernées. Il n'est pas possible de délivrer
sur ces types de comptes des chéquiers, des cartes bancaires etc. Et pourtant leurs titulaires
seront considérés comme bancarisés bien qu'ils ne puissent utiliser des instruments
scripturaux.
Il existe donc une différence entre la promotion de la bancarisation et la
promotion de l'utilisation des moyens scripturaux de paiement. La première est une condition
nécessaire mais pas suffisante pour la seconde.
A l'opposé de l'exclusion bancaire, la faible bancarisation traduit le faible
niveau d'accès aux services bancaires au même titre que l'accès à l'eau courante, à la santé, à
l'éducation etc. Peachey et Roe (2004) font remarquer à cet effet que le taux de bancarisation
dans les pays du Sud et le taux d'exclusion bancaire et financière dans les pays du Nord sont
similaires. Ils tournent au tour de 10%. Environ 10% des populations des pays riches sont
exclues alors que dans les pays pauvres, seules 10% y ont accès.
162
Mais cette catégorisation systématique du problème de l'exclusion bancaire
dans les pays du Nord et de la faible bancarisation dans les pays du Sud souffre de quelques
imprécisions qu'il convient d'indiquer ici. En effet, d'après les propos du directeur financier
d'un réseau mutualiste repris par Gloukoviezoff (2004b), un exclu bancaire « ce n'est pas
forcément quelqu'un qui est hors de la banque, c'est également quelqu'un qui est dans la
banque mais n'y comprend rien ». Il est évident que dans les pays sous-développés, parmi la
frange de la population bancarisée, il y a des personnes qui bien que disposant d'un compte en
banque ne comprennent rien aux services proposés ; se contentant de gérer leur compte
comme une caisse où ils déposent et retirent de la monnaie fiduciaire, ou même sont bloquées
par la banque pour utiliser tous les services proposés.
Ce qui nous permet de dire que toutes les personnes non bancarisées sont
incluses dans le pourcentage de celles qui sont exclues bancaires, auquel on ajoute ceux qui
sont bancarisées mais qui ne comprennent rien des services offerts ou qui n'ont pas accès à ces
services bancaires.
Dans ce chapitre qui prend fin, il a été question pour de développer la théorie
sur la relation pouvant exister entre la surliquidité bancaire et l'exclusion bancaire des
particuliers. Alors nous avions vu en premier temps les différentes modalités qu'un particulier
devait remplir pour ouvrir un compte en banque. Ensuite, nous avions présenté la surliquidité
bancaire comme la cause de l'exclusion bancaire des particuliers par les banques et présenter
les différentes conséquences négatives, que cela pouvait causer aux particuliers dans la société
et pour l'économie toute entière. Après, nous avions présenté quelques limites sur la relation
pouvant exister entre la surliquidité bancaire et l'exclusion bancaire des particuliers par les
banques. Nous avions par exemple vu que les particuliers pouvaient s'auto-exclure pour
différentes raisons.
Ce qui nous préoccupe actuellement, c'est de savoir pour ce qui en est du
Cameroun, où nous remarquons que très peu de particuliers sont clients des banques et ceux
qui sont clients de ces banques, très peu utilisent tous les services offerts par ces banques. La
surliquidité bancaire est-elle la cause de ce phénomène ? Etant donné que l'économie du
Cameroun est financée en majorité par le système bancaire. Exclure des particuliers devient
alors négatif pour cette économie car cela réduit les liquidités dont cette économie a besoin.
D'où donc il est nécessaire pour nous de savoir si effectivement la surliquidité est à l'origine
de ce phénomène au Cameroun dans le chapitre suivant.
163
164
Conclusion
La RDC est un pays en voie de développement, qui fournit des efforts depuis
quelques années, pour devenir pays émergent à l'horizon 2030. Pour y parvenir, il faut que son
économie connaisse une croissance élevée et cela n'est possible, que si les sources de
financement de cette économie jouent effectivement leur rôle. Or, nous savons que la source
de financement accessible à toutes les entreprises, ainsi qu'à l'Etat est le financement bancaire
ou par intermédiation, le marché financier tardant à bien décoller et à financer réellement
l'économie. Alors, si ce système bancaire ne collecte pas de façon efficace, les dépôts des
ménages pour pouvoir les prêter aux entreprises à besoin de financement, va réduire la
croissance économique. C'est ainsi que nous remarquons, que plusieurs particuliers qui
doivent faire des dépôts auprès des banques ne sont pas des clients de ces banques. Plusieurs
de ceux qui sont déjà clients, ne bénéficient pas de tous les services offerts par ces banques.
Nous nous posons donc la question de savoir, ce qui pouvait être à l'origine de ce phénomène.
Dans le chapitre précédent, nous avions présenté une théorie démontrant que la
surliquidité bancaire était la cause de ce phénomène. Mais par la suite, nous avions présenté
des limites à cette relation entre surliquidité bancaire et exclusion bancaire des particuliers par
elles. L'objectif de ce chapitre sera de faire une étude empirique pour ce qui est des banques
camerounaises. Cela nous permettra de tirer une conclusion à savoir, si la surliquidité bancaire
est déterminée par l'exclusion bancaire des particuliers ( cas de la RDC), cela va confirmer ou
infirmer que, plus une banque est sur liquide, plus elle a tendance à exclure les particuliers de
ses services. Si nous nous prononçons par un oui, nous aurions démontré que la surliquidité
bancaire a des effets négatifs sur l'économie congolaise, car elle sera déterminée par
l'exclusion bancaire des particuliers par les banques.
Conclusion partielle
Les deux chapitres nous ont permis de parcourir plusieurs concepts et la littérature
économique sur la surliquidité ainsi que ses déterminants par le biais d'une revue de littérature
non moins exhaustive.
165
Deuxième partie : CAS PRATIQUE
Cette parte du travail présente l’évolution des variables de contrôle et de
décision (le volume des crédits alloués aux entreprises ou PME, le volume des dépôts
collectés par les banques, le volume des crédits à l’économe et le volume de réserve légale)
pour chacune de 5 banques qui constituent notre panel. Lesdites banques sont : TMB,
RAWBANK, EQUITY-BCDC, ECOBAN et ACCES-BANK.
L’approche méthodologique est réalisée à deux niveaux d’analyse des données :
1°) L’analyse statistique, à partir d’un questionnaire d’enquête administré chez les
responsables des PME nous permet de faire des analyses univariée, bivariée et
multivariée sur les facteurs endogènes et exogènes du non accès des PME aux
crédits bancaires.
2°) L’analyse économétrique, réalisée à partir d’un modèle des données de panel de
banques susmentionnées, nous permet d’évaluer l’impact de la surliquidité
bancaire sur le volume des crédits accordés aux PME.
166
Chapitre troisième : APPROCHE METHODOLOGIQUE DE LA
RECHERCHE
A travers ce troisième chapitre, nous donnons un aperçu général du système
bancaire en RDC et son organisation. Nous allons aussi présenter le panel de cinq banques
tirées sur le fichier de banques commerciales opérationnelles en RDC. Il s’agit de la
Rawbank, la TMB, l’Equity-BCDC, l’Ecobank et l’Acces-bank.
3.1. Présentation du milieu de l’étude
Le système bancaire congolais tel qu'il se présente à l'heure actuelle est de
formation récente. Il subit des transformations successives et se complète au fur et à mesure
que des nouvelles exigences du développement du pays apparaissent. C'est pourquoi, pour
mieux cerner ses particularités, il faut suivre les étapes de son évolution ( KABANGA K.,
2008)
La première banque à avoir vu le jour au Congo est la Banque du Congo-Belge
(BCB), filiale de la Banque de la Société Générale de Belgique, créée en 1909. Elle
remplissait à la fois son rôle originel de banque de dépôts, celui de Banque d'émission,
privilège dont elle fut investie le 07/07/1911 (STIGDITZ J et GREEN WALD B., 2005 )
Le 10/08/1911, naissait la Banque Commerciale du Congo ; elle devrait vivre
en satellite de la Banque du Congo-Belge et limiter conventionnellement ses opérations à
celles que la Banque du Congo-Belge se vit interdire par les dispositions la régissant en tant
qu'institut d'émission. En 1919, la Banque du Congo-Belge disposait de 24 agences au Congo,
2 dans le Tanganyika Territory, d'un siège à Londres ouvert pendant la guerre et d'un bureau à
Anvers. En 1911, la Standard Bank of South Africa établit une agence à Lubumbashi. Cette
banque se retirera du Congo en 1936.
En 1920, le Crédit Général du Congo ouvre ses portes en tant que société à
portefeuille. Il reprend en 1924 les 4 agences de la Banque de Bruxelles à Kinshasa,
Lubumbashi, Matadi et Kisangani. Ces agences avaient été ouvertes en 192321.
En 1929, les activités du Crédit Général du Congo passèrent à la Banque Belge
d'Afrique qui devrait les gérer comme une banque commerciale pure. Après 1971, la Banque
Belge d'Afrique pris la dénomination d'Union Congolaise de Banque22.
21
Bulletin de la BCCBRU p.2. janvier 1957,.
22
L'ordonnance loi n°72004 du 14 janvier1972 relative à la production ou l'épargne ou
167
En 1919, la Banco National Ultramarino avait ouvert une agence à Kinshasa.
Cette agence fut reprise en 1926 par la Banco d'Angola et transférée à Boma en 1934. Cette
banque se retira du Congo en 1947.
En 1928, l'Union du Crédit d'Elisabethville vit le jour, mais n'eut qu'une brève
existence. Elle devrait disparaitre au cours de la grave dépression de 1930-1935.
Le 24 décembre 1947, la Société Congolaise de Banque, émanation de la
Banque de Reports avait été constituée. Depuis que le Congo était devenu Zaïre, elle avait pris
le nom de Banque du Peuple.
En octobre 1950, sous l'impulsion de la Banque Belge pour l'Industrie, naissait
la Banque Congolaise pour l'Industrie, le Commerce et l'Agriculture.
En mars 1951, la Banque Nationale pour le Commerce et l'Industrie (Paris)
installait une agence à Kinshasa. Ses activités furent reprises par la Société Congolaise de
Banque, devenue Banque du Peuple.
Le 28 septembre 1951, le Crédit Congolais ouvrait ses portes sous le patronage
de la Société Belge de Banque et de la Banque de Commerce.
Pour coiffer la structure financière du pays, l'Etat créait le 29 septembre 1951
la Banque Centrale du Congo-Belge et du Ruanda-Urundi qui devait entrer en fonction le 01
juillet 1952.
A ce moment, les établissements de crédit continuaient leur implantation. Le
25 septembre 1952, la Krediet Bank s'installait au Congo. Elle devrait reprendre au cours de
l'année 1954 l'activité de la Banque Congolaise pour le Commerce, l'Industrie et l'Agriculture,
installée à Bukavu, dont une assemblée générale tenue le 28 avril de cette même année
modifiait son appellation en Krediet Bank-Congo. Enfin cette banque prit le nom de Crédit
Commercial Africain après 1960 et fut absorbée par la Banque du Peuple en 196723.
La dissolution de la Banque Commerciale du Congo était décidée le 19
novembre 1952, étant donné qu'elle n'avait plus de raison d'être avec la création de la Banque
Centrale et la reprise par la Banque Commerciale de ses activités.
Contrôle des intermédiaires
Bulletin de la BCCBRU, 1957.
23
168
En 1954, au mois de juillet, la Banque de Paris et des Pays-Bas (Société
Française) ouvrait ses guichets à Kinshasa. Cette banque fut la dernière à s'installer au Congo
avant 1960, année de l'indépendance du pays.
En 1969, il eut la création de la Banque de Kinshasa qui est d'initiative des
nationaux. Ce fait mérite d'être mentionné. Cela marque la concrétisation de la volonté
nationale de voir ses entrepreneurs nationaux s'insérer d'une manière dynamique et
irréversible dans le processus du développement national.
En avril 1970, la Banque Internationale pour l'Afrique au Congo (au Zaïre à
l'époque) voit le jour. Elle est en fait une filiale de Banque Internationale pour l'Afrique
Occidentale (BIAO), une banque au capital français à l'origine, qui s'est ensuite transformée
en banque internationale avec la participation à son capital de la First National City Bank en
1965. En 1965, la BIAO jouit d'un capital d’un grand rayon d'action en Afrique.
Le 1er juin 1971, la First City Bank ouvre ses portes à Kinshasa suivie de la
Grindlay Bank (mars 1973)24.
3.1.1. Organisation bancaire
Dans cette brève présentation de la structure bancaire congolaise, nous
distinguerons d'une part les institutions monétaires et d’autre part les institutions financières
spécialisées. Le système bancaire congolais est organisé selon un système pyramidal
comprenant un institut d'émission, qui est la Banque Centrale et un ensemble d'établissements
constituant les banques dites du second rang.
24
Bulletin de la BCCBRU, janvier 1957.
169
[Link]. Les institutions monétaires
1°) La Banque Centrale du Congo (BCC).
La Banque Centrale du Congo a été créée par le décret-loi du 23 février 1961
mais n'entra en activité que le 22 juin 1964. Le décret-loi numéro 005/2002 relative à la
constitution, à l'organisation et aux financements, la BCC reconnait en son article 1 er,
l'indépendance de celle-ci dans l'élaboration et la mise en œuvre de la politique monétaire
visant à stabiliser le niveau général des prix. La BCC est donc indépendante et jouit de
l'autonomie de gestion dans la réalisation de ses missions et attributions . Elle est donc
responsable des interventions sur le marché des changes en opérant l'achat des devises
étrangères et leurs ventes lorsque le Franc congolais s'apprécie ou déprécie
En outre, elle est chargée de maintenir la valeur externe de la monnaie de l'Etat
et c'est dans cette optique qu'elle réglemente l'activité des établissements de crédit. Elle veille
au bon fonctionnement du système bancaire et financier, établit et impose à toute banque de
respecter un ensemble des règles prudentielles d'activités.
a) Fonctionnement de la BCC
1. Conseil d’Administration de la BCC25
Le Conseil de la Banque est l'organe suprême d'administration de la Banque.
Dans ce cadre, il conçoit, oriente la politique de la Banque et en contrôle la gestion. Il prend
tout acte intéressant la Banque, notamment la définition et la mise en œuvre des politiques
monétaire et de change, l'élaboration du budget et l'établissement des comptes annuels ainsi
que la définition du statut des agents.
Le Gouverneur est l'organe qui dirige la Banque Centrale. Il prépare et met en
œuvre les résolutions du Conseil d'Administration. Aussi, assure-t-il la gestion courante de
l'Institut d'Emission et la mise en œuvre de la politique monétaire. Dans l'exercice de ses
fonctions, le Gouverneur est assisté d'un Vice-gouverneur. Ce dernier exerce les fonctions qui
lui sont déléguées par le Gouverneur. Le Gouverneur et le Vice-gouverneur constituent la
Haute Direction de la Banque Centrale (STIGDITZ J et GREEN WALD B., 2005)
b) Structures de contrôle
25
[Link] , Séminaire de Management 2014/2015
170
Outre le collège des commissaires aux comptes, la Banque Centrale dispose
également d'autres structures de contrôle, à savoir : le Comité d'Audit et la Direction de
l'Audit Interne.
Collège des commissaires aux comptes
Le Collège des commissaires aux comptes exerce un contrôle des opérations
financières de la Banque. Il vérifie les livres, les caisses, le portefeuille et les valeurs de la
Banque. Il contrôle la régularité et la sincérité des inventaires et certifie le bilan annuel et le
tableau de formation des résultats.
Comité d'Audit
Le Comité d'Audit est un organe relevant du Conseil d'Administration de la
Banque. Il a pour mission de veiller sur les procédures d'Audit, le système de contrôle interne
et le cadre d'informations financières et comptables de l'Institut d'Emission ( Marc JOUFFROY,
2009)
Direction de l'audit interne
L'Audit Interne est l'organe chargé de la prévention des risques et pertes en vue
de garantir l'efficacité, la transparence et la bonne gouvernance de la Banque. A cet effet, il
exerce une activité permanente de surveillance et de contrôle sur le fonctionnement et la
gestion de l'Institut d'Emission. Il propose à la Haute Direction des mesures susceptibles de
contribuer à la prévention des cas de mauvaise gestion, à l'accroissement du rendement au
sein de la Banque par la qualité de ses services et à l'amélioration de la fiabilité de
l'information financière(MWALABA K., 2007).
2°) Les banques du second rang
La période postcoloniale connait un léger recul des activités jusqu'en 1966,
mais un regain est constaté à partir de 1967 avec l'embellie des cours de cuivre et la mise en
place d'un nouveau code d'investissement attirent les investisseurs dans plusieurs domaines y
compris les banques.
171
Cependant, le retrait de la coopération en 1991 a causé un vide dans l'attrait de
capitaux. Par contre, la nouvelle loi bancaire parue en 2002 et le nouvel ordre politique et
économique pouvaient ramener les investisseurs dans le secteur.
Jusqu'en 1998, le pays ne comptait que 9 banques commerciales et à ces jours
il en a 19.
Les banques commerciales (en activité) concentrent quasi exclusivement leurs
activités sur environ 100 sociétés grandes et moyennes (ont été présentes surtout dans le
secteur minier et de l'importation) sur les comptes des administrations publiques et sur l'élite
économique du pays.
172
Liste des banques créatrices de monnaie en R.D.C26.
1. Banque Commerciale du Congo(BCDC)/ Equity-BCDC
Siège : Kinshasa
Succursales ou agences : Bukavu, Butembo, Fungurume, Goma, Kananga, Kisangani,
Kinshasa,
Kolwezi, Likasi, Lubumbashi, Matadi, Mbuji-Mayi.
2. Afriland First Bank Congo Democratic (First Bank CD)
Siège : Kinshasa
3. Citi Bank(CB)
Siège : Kinshasa
4. Stanbic Bank Congo (SBC)
Siège : Kinshasa
5. Access Bank
Siège : Goma/Nord – Kivu
6. Banque Internationale de Credit(BIC)
Siège : Kinshasa
Succursales ou agences : Beni, Boma, Bukavu, Butembo, Lubumbashi, Matadi,
MbanzaNgungu et
Muanda.
7. Equity Bank
Siège : Kinshasa
8. RawBank
Siège : Kinshasa
Succursales ou agences : Fungurume, Kolwezi, Likasi, Lubumbashi et Matadi.
9. Trust Merchant Bank ( TMB)
Siège : Lubumbashi
Succursales ou agences : Kasumbalesa, Kinshasa, Kolwezi et Likasi.
10. Ecobank (EC)
Siège : Kinshasa
11. Mining Bank Congo (MBC)
Siège : Kinshasa
12. First International Bank (FIBank)
Siège : Kinshasa
26
Rapport annuel de la BCC 2018
173
13. Sofi banque
Siège : Kinshasa
14. La Cruche Banque
Siege: Goma
15. Advans Banque Congo
Siège: Kinshasa
16. Bank of Africa, BOA
Siège: Kinshasa
17. Banque Gabonaise Française Internationale, BGFIBANK
Siège : Kinshasa
18. United Bank for Africa, UBA
Siège : Kinshasa
19. Byblos Bank Congo
Siège : Kinshasa
3°) Les institutions financières spécialisées
Regroupés sous le vocable d'organismes spécialisés, différents établissements
ont été associés par les Pouvoirs Publics, pendant des décennies, au financement de
l'investissement dans le cadre de procédures spéciales mises en place au gré des impératifs
économiques et sociaux : expression même d'une économie de « financements administrés »,
caractérisé par un cloisonnement de l'intermédiation, ils constituaient le fer de lance de la
politique sélective du crédit définie par la puissance publique (MISHKINI F. 2007)
Ce sont des organismes établis par l'Etat pour permettre les différents agents
économiques à subvenir à leurs besoins en venant souscrire des dépôts dans ces différents
organismes. Ils contribuent au financement des activités économiques de l'Etat. Ils ont
également le privilège de mobilisation des ressources pour un bon fonctionnement de
l'appareil étatique. Malheureusement ces établissements ne jouent plus leur rôle suite à la
mauvaise gouvernance.
1. Caisse (Générale) d'Epargne du Congo (CADECO)
Elle est créée en juin 1950, elle a pour objectif essentiel de permettre aux
masses congolaises de se constituer une épargne en vue d'améliorer leur sort. D'autre part,
cette épargne ainsi constituée pourra être mise à la disposition notable.
174
La CADECO a mobilisé l'épargne et accordé les crédits jusqu'à connaître une
baisse d'activités. Cette situation est consécutive à la baisse du pouvoir d'achat, au désordre
macroéconomique et politique et l'inattention des autorités. A l'heure de l'émergence des
micro-finances et banques de rues, cette institution est à recapitaliser
1. Caisse Nationale d'Epargne et de Crédit Immobilier (CNECI)
Elle a été créée en 1971. Son objectif social était :
- d'accorder des prêts et des crédits à moyen terme et à long terme avec ou sans garantie
personnelle ou réelle aux personnes à revenus modestes en vue de construction,
acquisition, achèvement ou extension d'immeubles d'habitation ;
- de favoriser la naissance d'institutions d'épargne et de crédit publiques et privées en
vue de financer la construction immobilière, par des prêts à moyen terme ou à long
terme ;
- de recevoir des dépôts d'épargne ;
- de faire toutes les opérations mobilières, immobilières, financières, commerciales ou
civiles qui soient de nature à favoriser son objet social. Elle a obtenu pour le début de
ses activités une dotation de l'Etat que devrait compléter les dépôts d'épargne reçus du
public27.
2. Caisse nationale de Sécurité Sociale(CNSS)
Il est créé par le décret-loi du 29 juin 1961
3. Fonds de Promotion Industrielle (FPI)
Cet organisme créé pour financer le développement industriel du pays est
alimenté en ressources à partir de la parafiscalité. Il s'agit d'une taxe prélevée sur la vente au
détail des biens produits et / ou commercialisés sur toute l'étendue du pays d'une part et
prélevée à l'importation d'autre part. Selon les ordonnances n° 89-171 du 07 août 1989 et n°
89-031 du 07 août 1989, les ressources du Fonds de Promotion Industrielle constituent une
subvention destinée à la réalisation de l'objet social du Fonds pendant dix ans (depuis 1999).
Au-delà de cette échéance, elles constituent des lignes de crédit dont les conditions d'octroi et
27
175
de remboursement seront fixées par le Gouvernement. Il a pour but de stimuler la production
des matières premières locales indispensables au bon fonctionnement de l'industrie. C'est le
cas du maïs pour les brasseries et minoteries, le coton pour les textiles, le tabac pour les
cigarettes, le latex et le caoutchouc pour la pneumatique
5) Société Financière de Développement (SOFIDE)
Elle a été créée le 09 janvier 1970 sous l'impulsion des pouvoirs publics avec le
concours du groupe de Banque Mondiale et d'un ensemble de banques et institutions
financières étrangères. Elle a pour objectif de financer le développement économique sous
forme de prêts ou de prises de participations en faveur des projets dont la rentabilité aurait pu
être établie quel que soit le secteur intéressé.
Les opérations à caractère commercial, immobilier ou social sont écartées du
champ d'intervention de cette institution financière. La SOFIDE situe ses interventions dans le
moyen et long terme, des projets agricoles, industriels et commerciaux. Quoi qu'elle soit
autorisée à recevoir des dépôts à terme, depuis sa création, elle n'a pas recouru à cette nature
de ressources. Elle a plutôt privilégié la mobilisation de ressources provenant des emprunts en
devises à l'extérieur.
La SOFIDE connait de sérieuses difficultés à la suite de la sous-capitalisation,
amplifiée par l'absence de ligne de crédit de la Banque Mondiale, principal actionnaire et
bailleur de fonds. A l'heure actuelle, les investisseurs se heurtent au statut semi-officiel de cet
organisme28.
6) Société Nationale d'Assurance (SONAS)
Elle est créée le 23 novembre 1966 par l'ordonnance-loi n°66/622 bis, elle
jouissait du monopole des assurances dans le pays. Ce secteur depuis quelques années a été
libéralisé. Elle mobilise de fonds importants comme l'INSS, qui pourraient contribuer
efficacement au financement des investissements.
N.B : les banques commerciales sont elles aussi regroupées en une association
appelée Association Congolaise des Banques (ACB), créée par l'assemblée constituante du 22
28
African Banker (magazine, éd. française). RDC Congo: Un tournant pour les
Investisseurs?,
France, avril, mai et juin 2011,
176
août 1952 pour une durée de 30 ans prorogée de manière indéterminée par l'assemblée
générale du 18 juin 1982. Par la loi n°003-2002 du 02 février 2002 relative à l'activité au
contrôle des établissements de crédit en son article 86 dispose que tout établissement de crédit
est obligatoirement tenu d'adhérer à l'ACB,
[Link]. La crise bancaire en RDC
Les banques jouent un rôle majeur sur les marchés financiers parce qu'elles
sont bien placées pour s'engager dans des activités de production d'information qui facilitent
l'investissement productif. La condition des bilans des banques a beaucoup d'importance pour
offre des prêts. Si les banques souffrent d'une détérioration de leurs bilans et subissent par
conséquent une contraction importante de leur capital. Comme conséquence directe, il y aura
moins de ressources à prêter et des crédits bancaires diminueront. La contraction du crédit
provoque alors une baisse de la dépense d'investissement, ce qui ralenti l'activité économie 29.
La crise bancaire peut être définie comme une rupture dans le processus
d'intermédiation bancaire, rupture provoquée soit par des retraits massifs des dépôts (course
aux guichets), soit par la fraude et le détournement des fonds et l'insolvabilité d'une ou
plusieurs établissements suite à l'excès de risque (le cas de la BIAC). Cette rupture peut être
interceptée par des indicateurs micro et macroéconomiques de la crise bancaire. A propos de
l'insolvabilité des banques, les causes ne se situent pas uniquement au niveau de la mauvaise
gestion des banques mais également au niveau des distorsions affectant le cadre dans lequel
les banques exercent leurs activités
Les dépôts bancaires, ont connu une période croissante de 1965 à 1975. A
partir de 1980, les signes annonciateurs de la crise bancaire apparaissaient : les dépôts
bancaires avaient constamment fléchi, et les crédits offerts par le système bancaire congolais
avait connu approximativement une loi d'évolution semblable
Parallèlement, le taux d'intermédiation bancaire, qui exprime le rapport D/L,
était passé de 3,54 en 1965 à 1,58 en 1997. Ce taux traduisait la capacité du système bancaire
à favoriser les dépôts à partir des crédits et à entretenir un processus cumulatif de
l'intermédiation.
29
AfricanBanker (magazine, é[Link]çaise). RDC Congo: Un tournant pour les Investisseurs,
France, avril, mai et juin 2011, p.41.
177
3.2.1. Présentation de la RAWBANK
[Link]. Aperçu historique
L’histoire de la RAWBANK date de très longtemps, après plusieurs tentatives
opérées dans beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, la RAWBANK est une banque
commerciale indépendante congolaise, fondée le 13 mai 2001 en RDC par quelques membres
de la fondation RAWJI et RAWHOLDING S.A, avec l’autorisation de la Banque Centrale du
Congo (BCC) dirigée par Monsieur Thierry TAYMANS à travers le décret présidentiel n°
040/2001 du 08 août 2001.
La Banque offre plusieurs services financiers, entre autre celui de MasterCard,
dont elle fut la première banque congolaise à offrir ce genre de produit.
Depuis quatre générations, la famille RAWBANK investit au Congo ; son
histoire commence en 1922 ; pionnière sociale, économique et politique du pays. La
RAWBANK naît 80 ans plus tard. La connaissance approfondie du marché, des multiples
besoins de la population et des opérateurs économiques incita la famille à investir dans le
secteur bancaire, avec cet esprit, de pionnier, entrepreneur et leader qui a toujours caractérisé
la famille.
C’est ainsi qu’est née la RAWBANK en 2002, au terme d’une réflexion menée
dès 1989. Son aboutissement fut retardé par les secousses dont a souffert la République
Démocratique du Congo dans les années 1990. Elle a été citée comme première banque en
2009-2012, comme 14ème banque en Afrique Centrale.
En décembre 2013, la RAWBANK était présente dans les 19 villes de la RDC,
avec un réseau de 36 agences et 12 guichets. Elle dispose d’un bureau de représentation à
Bruxelles
Au terme des neufs mois de l’exercice 2013, les chiffres clés s’inscrivent dans
la tendance haussière des exercices précédents conformément ainsi le bon développement de
la banque malgré le ralentissement monétaire de certaines activités économiques en RDC.
Ainsi, l’augmentation des dépôts et la rentabilité calculée sur les neuf premiers mois de
l’exercice 2013 traduisent la confiance de la clientèle de la banque.
178
Le siège de la RAWBANK se trouve à Kinshasa, et porte plusieurs agences en
RDC, au moins dans les 19 villes du pays, avec un réseau de 36 agences et 12 guichets. La
RAWBANK à Bukavu se situe sur avenue Patrice Emery LUMUMBA, dans l’immeuble de
l’ex UTEX-AFRICA/Place de la Paix n°105, dans la commune d’Ibanda, à côté de la Société
KOTCHA.
[Link]. Objectif, activités et missions
Son objectif est la satisfaction de sa clientèle en intégrant son hétérogénéité
économique et sociale et en lui proposant un service à grande échelle, diversifié, en série,
adapté aux attentes de chaque strate des clients (simplification des formalités d’ouverture, la
fluidité des opérations) et issu d’une politique commerciale de proximité se concrétisant
notamment en l’expansion du réseau d’agence et à la multiplication des guichets
automatiques ; quant à elle de s’approprier le slogan mettant la banque en exergue
‘‘RAWBANK ismy Bank’’.
La RAWBANK organise à son sein des activités réparties en 3 catégories dont :
1°) Commercial Banking : c’est une catégorie où nous avons intérêt aux transferts nationaux
et internationaux, au ramassage de fonds, à des avances sur produits et aval d'effets, aux
dépôts à vue et à terme, aux opérations de change et d'arbitrage au comptant et à terme, à
l'émission des cautionnements de marché et lettres de garantie, à l'ouverture de crédits
documentaires, à la négociation des remises documentaires, au financement des importations
et exportations, à la mise à disposition des devises cash et francs congolais.
2°) PrivateBanking : cette catégorie se charge de conseil en placement, de l’émission des
cartes de crédit (Mastercard), de l’émission des cartes de débit RAPIDOS (Classic, Gold,
Platinum), de l’émission des cartes de débit prépayées (Maestro), de l’émission des cartes
Websurfer (pour l'achat sur le net), de la banque à domicile (Rawbanking), et de la vente et
achat de travellers chèques.
3°) InvestmentBanking : c’est une catégorie a pour rôle de donner conseil aux
entreprises, d’aider à la création d'entreprises, à la fusions et acquisitions, à la recherche de
financement à moyen terme et analyse des projets d'investissement.
179
Sa mission s’articule autour de l’exploitation des atouts permettant sa
distinction dans l’octroi de son service à savoir : le savoir-faire à travers la mise à niveau
permanence des connaissances et le renforcement des capacités de ses agents (confère
l’Académie RAWBANK), la rigueur, le respect, la rapidité (3R) dans le traitement des
informations et le défi de la qualité au profit du client.
[Link]. La vision de la RAWBANK
La RAWBANK avec sa vision ‘‘aller ensemble plus haut et plus loin’’ traduit
le mieux ce qu’elle démontre dès sa création et ce à quoi elle veut pérenniser au profit de la
population congolaise par le fait de :
leur produire un service innovant et de qualité ;
leur attirer et leur fidéliser moyennant des employés compétents ;
leur attirer et sécuriser les partenaires.
A travers cette vision, la RAWBANK veut promouvoir le partage mutuel et la
collaboration pour une communication efficace afin de créer un esprit d’équipe en prenant
l’image d’un acteur bancaire de référence, global et innovant, créateur et distributeur de
produits bancaires, financiers et monétique performant et profitable à l'ensemble de sa
clientèle congolaise et internationale : entreprises privées et publiques, organismes
internationaux, ONG et particuliers.
[Link]. La stratégie de la RAWBANK
Dans la perspective du renouveau économique congolais, la RAWBANK se
veut être une référence bancaire de premier plan en RD Congo, en termes de solvabilité, de
flexibilité et de rapidité. Pour renforcer en permanence le niveau d'excellence. Pour ce faire,
elle met en œuvre les ; moyens financiers utiles et nécessaires, en adéquation avec ses
ambitions.
La RAWBANK dispose de quatre atouts majeurs, qui, analysés dans sa
globalité qui concourent positivement à son développement dans le pays : une stratégie de
réseau adapté à l’émergence de notre économie nationale ; une organisation commerciale
adaptée à une stratégie des métiers en phase avec une segmentation actualisée du marché ; des
produits à la pointe de la modernité ; et l’efficience organisationnelle au service du client.
180
[Link]. Les valeurs de la RAWBANK
Totalement dédiée à sa clientèle et avec le souci de la qualité de ses produits et
services, la RAWBANK est un entrepreneur financier qui respecte des valeurs sociétales, tout
en étant à l'écoute des besoins et des attentes de toutes les composantes de ses marchés cibles.
Elle veille à l'épanouissement de chacun de ses collègues et collaborateurs,
pour partager sa passion d'entreprise et relever avec succès les défis du marché, dans le
respect bien compris et sans compromis de l'intégrité intellectuelle, de la transparence, de
l'éthique des affaires et de la déontologie bancaire. Elle reste attentive à la création de valeur à
long terme nécessaire à la croissance de la banque, à la pérennité de ses investissements, au
développement de ses cœurs de métiers ainsi qu'à la satisfaction de ses actionnaires.
Services à la clientèle
Depuis son entrée sur le marché bancaire congolais, la RAWBANK n'a cessé
de croître grâce à sa ligne innovatrice de produits et services, couplée à ses techniques
modernes de management. En effet, elle offre un paquet complet de divers produits et services
financiers pour les entreprises et les particuliers en matière de :
1°) Gestion des capitaux : la RAWBANK met à la disposition de sa clientèle un intéressant
éventail d'investissements englobant les cinq classes et capitaux et leur garantie des intérêts
prospères avec un portefeuille à risques équilibrés.
2°) Trésor : pour permettre à sa clientèle une bonne gestion des ressources, la RAWBANK
donne un accès à ses clients pour leur permettre de visualiser et d'anticiper le cours des
devises ainsi que l'échange de celles-ci avec plusieurs options.
3°) Finance commerciale : la RAWBANK met à la disposition de ses clients divers produits
de finance commerciale, à savoir : des lettres de collection, des lettres de crédit, des billets
d'échanges et d'industrie, etc. En outre, elle fonctionne en tant qu'établissement commercial de
finances en permettant à ses clients d'avoir des comptes courants avec chèque et carte, des
comptes d'épargne, ainsi que des produits financiers personnels.
Première banque congolaise à avoir intégrer le réseau international SWIFT
(Société privée dont l'objet est d'assurer le fonctionnement d'un réseau international de
communication électronique entre acteurs des marchés financiers) pour le traitement des
181
transferts internationaux. La RAWBANK est également pionnière en matière de la monétique
et dans la distribution des cartes de crédit MasterCard, en RDC..
1. Partenaires et correspondants
La RAWBANK travaille en partenariat avec certaines entreprises dans l'échange
ou la sous-traitance en matière de divers services. Elle travaille en partenariat avec :
1°) Moneygram : pour le transfert d'argent et la messagerie financière tant sur le plan national
qu'international.
2°) Celpay : dans l'offre des services de banque sur mobile pour les transactions bancaires sur
téléphone portable. Outre ces partenaires, la RAWNBANK dispose d'un réseau performant de
banquiers correspondants aux quatre coins du monde : USA, EUROPE, AFRIQUE, MOYEN
ORIENT, AUSTRALIE.
Par ailleurs, les avoirs en banques auprès des correspondants sont principalement
logés auprès de Citybank New York, Standard Bank of South Africa et Habib American Bank
New York, ainsi que quelque placements auprès de commerce bank et ING Bank.
2. Organisation commerciale
Lors de sa création, la RAWBANK était une banque à vocation essentiellement
‘‘Corporate’’ mais aujourd'hui elle a élargie sa clientèle aux cibles ‘‘Private’’ et ‘‘Retail’’.
1°) L'activité ‘‘Corporate’’ : elle reste la plus importante en termes d'apports bruts. Le
portefeuille ‘‘corporate’’ de la banque est reparti en différents secteurs : mines, diamant,
pétrole, distribution, bâtiments, ONG, ambassades, organismes publics et autres.
Les corporateofficers se spécialisent progressivement par secteur, le secteur des
comptoirs de diamant étant affecté à un spécialiste. Pour Jimmy BIANGA (corporate manager
Rawbank Bukavu), « l'objectif est clair : parler un même langage que notre clientèle ».
2°) L'activité ‘‘Private’’ : elle cible une clientèle privée ‘‘high standing’’ qui génère
d'importants mouvements en compte, attirée par la qualité de l'accueil et du service aux
bureaux VIP de la banque et par des produits haut de gamme.
182
3°) L'activité ‘‘retail’’ : la clientèle ‘‘retail’’ est une clientèle de particuliers salariés
d'entreprise en compte à la banque et de commerçants de bonne notoriété ayant pignon sur
rue. Cette clientèle prend de plus en plus le chemin de la RB où elle bénéficie de services
monétiques à la pointe du progrès technologique. C'est une démarche qui anticipe l'évolution
de la société congolaise qui, avec le retour de la normalisation politique et de la relance
économique, voit progressivement renaître une classe moyenne épargnante et consommatrice.
La RAWBANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises
de 3862609,92 milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de
877865887,00 et contre le dépôt moyen annuel collecté de 2108419263 et une réserve légale
de 12377891,54. Soit un ratio de surliquidité de 2,26 largement supérieur à 1 et à la norme.
3.5.2. Présentation de la TMB.
1. Création et cadre juridique.
La Trust Merchant Bank est opérationnelle depuis Août 2004. La TMB est une
société par actions à responsabilité limitée, inscrite sur la liste des banques agréées en RDC.
Mais aussi guidée par une orientation stratégique inspirée par le dynamisme, elle recherche
constamment l’application créative d’un système de gestion rationnelle capable de répondre
aux exigences de l’activité bancaire, poursuivant l’objectif de répondre à toutes les normes
internationales.
2. Siège, raison et objet social.
Le siège social de la TMB est installé à Lubumbashi, sur l’avenue Lumumba
n° 1223 centre-ville ; elle a deux directions régionales : une à Lubumbashi et une autre à
Kinshasa. En plein essor, la TMB vous donne déjà accès à tous ses services et produits partout
en RDC. Il est déjà établi dans les villes de Bandundu, Bukavu, Fungurume, Goma, Kalemie,
Kilwa, Kindu, Kinshasa avec 13 agences, Kolwezi, Likasi, Lubumbashi avec 7 agences,
Matadi, Moanda et Mbandaka. Ouvertures prévues six nouvelles agences s’ouvriront dans un
futur proche dans les villes de Beni, Bunia, Butembo, Kisangani, Bunji-mayi et Uvira. C’est
là le réseau de la TMB. La raison sociale de la TMB est de considérer tous les particuliers,
comme un de ses axes stratégiques. C’est pourquoi elle a créé immédiatement le département
de microfinance, considérant comme totalement anormal que dans un pays de 60 millions
183
d’habitants, il n’y ait plus de 100.000 qui connaissent le chemin formel du secteur financier en
y ayant un compte.
L’objet social de la banque est d’offrir des produits et services aux PME et
aujourd’hui les résultats sont indéniables : la TMB est devenue une des banques de référence
en RDC par ses performances et sa dimension de banque nationale acquise en l’espace de
trois ans.
3. Les objectifs et les activités.
L’objectif de la TMB est celui de la banque de proximité conciliant une offre
de service bancaire de pointe et répondant aux normes internationales en matière compliance
et de bonne gouvernance, avec un service de qualité adaptés aux spécificités des grands
opérateur qui ont choisi la RDC pour investir en toute sécurité et poursuit ses efforts pour être
en permanence à la pointe du progrès, au service du client qui au cœur de la démarche
marketing. La TMB a pour rôle de recevoir les fonds, de gérer et de faciliter les moyens de
paiement de personnes tant physiques que morales30.
La TMB exerce les activités suivantes : le transfert des fonds, les opérations de
change (achat et vente devise), les versements et les retraits de fonds, les paiements pour le
compte des régies financières (Western Union, VISA, MASTERCARD et MAESTRO), le
paiement du guichet unique, la consignation des fonds.
4. Vision et mission de la TMB.
La vision d’une organisation est l’expression des résultats qu’elle voudrait voir
ses activités réaliser. La vision de la TMB consiste à développer une institution financière
plus durable qu’auparavant et celle de la jonction entre tous, une jonction d’autant plus
nécessaire qu’elle est vitale pour le développement du pays et des populations à la base, dont
le désir ardent est de sortir du cycle de la précarité.
La TMB a contribué, contribue et contribuera incontestablement à la
bancarisation de la RDC. Au-delà d’outils marketing classiques fort onéreux et à impact
incertain, la TMB s’emploie, en lieu et place, à faire connaître ses dans les villes et villages du
30
Rapport annuel de TMB, 2018
184
pays qui ont été ignorés et privés de banques durant des décennies ou qui n’ont simplement
jamais vu de banques, par l’ouverture d’agences ou guichets avancés
La volonté de la banque est d’accueillir les investissements et les entreprises,
en leur ouvrant les portes d’une institution crédible, capable d’effectuer les transactions en
toute sécurité, tout en pointant le rôle primordial que celles-ci pourraient jouer en agissant de
contact avec la TMB pour le développement social et économique du pays. Une large gamme
de produits combinés à un haut degré de professionnalisme et une gestion éthique
irréprochable ont fait de la banque, une banque de référence en RDC. La formation continue
de son personnel lui permet de répondre au mieux aux différents segments de l’économie
congolaise
La TMB met un point d’honneur à ce que les relations avec ses clients ne se
limitent pas uniquement à l’offre des services financiers, elle souhaite également construire
des relations de travail solides s’inscrivant dans la durée.
5. Produits et services offerts par la TMB.
Elle offre une gamme de produit et services aux personnes physiques et aux
personnes morales afin de satisfaire et répondre aux attentes de la clientèle. Elle déploie une
offre de produits et services adaptée aux nécessités et aux contraintes d’un marché local. La
banque accompagne ainsi le développement dans les activités commerciales des opérateurs
économiques performants en RDC. Ces produits et services sont entre autres : les comptes à
vue, les comptes salaires, les comptes d’épargne, les dépôts à terme, le visa et mastercard,
TMB netbanking, transferts nationaux et internationaux, crédits bancaires.
6. Stratégie de la TMB.
Avec sa gamme des services variés et sa détermination à contribuer au
développement du pays. La TMB se doit être une référence bancaire de premier plan en RDC,
en termes de solvabilité, de flexibilité et de rapidité, mais aussi de la qualité et de sécurité.
Pour renforcer en permanence ce niveau d’excellence, la TMB met à la disposition de ses
clients un réseau d’agence en constance expansion, des équipes en compétences
professionnelles régulièrement actualisés ainsi qu’un savoir-faire de haut niveau en matière de
la gestion du personnel
185
Pour ce faire, elle met en œuvre les moyens financiers utiles et nécessaires, en
adéquation avec ses ambitions. Dans ce déploiement, de sa stratégie, la TMB veut être une
entreprise cohérente et appréciée comme telle, gérée avec rigueur, ambition et
professionnalisme dans le respect de ses clients, son personnel et de ses actionnaires
Le rôle que jouent les banques dans la vie économique d’un pays est
primordial. En effet, l’activité économique d’un pays est dominée par l’organisation
financière qui épaule les grandes entreprises et concours au développement harmonieux du
commerce, de l’industrie et à l’épanouissement de l’activité générale du pays
Le succès de la TMB est intimement lié à la prospérité du Congo et nous
sommes persuadés que nous avons la responsabilité de contribuer à relever les défis
économiques, sociaux et environnementaux auxquels le pays fait face. Je suis convaincu que
le succès de nos investissements à travers le Congo demeure, à ce jour, inégalé
La banque sert d’intermédiaire financier entre agent économique à capacité de
financement et ceux qui ont besoin de financement. Elle intervient dans tout ce qui touche au
mouvement des capitaux.
En considérant la fonction économique des banques, on doit admettre que
celle-ci doit réaliser trois objectifs :
Elles doivent tout d’abord fournir un crédit suffisant ;
Elles doivent ensuite fournir du crédit au bon marché ; et
Elles doivent aussi généraliser la distribution du crédit dans tout le Pays.
186
3.5.6. Liste des autres institutions de dépôt et institutions financières évoluant en RDC
en 202331
2°) Liste des Messageries financières
MESSAGERIES CATEGORIE A
1 Agence Aiglon Sce
2 Agence Baudouin Transfert
3 Agence Goldorak
4 Agence M. Fils Express
5 Aigle Express
6 Armi Global Bussiness
7 Assurance Bénie Logistique Sarl
8 Beach - [Link] Sarl
9 Bénédiction Cash
10 BKM Transfert Sarl
11 Bobo Cash Express
12 Félicit& MK Transfert Sarl
13 Feza Express
14 Feza Tavari Sarl
15 Five Fingers Compagny Sprl
16 K.K.K.M. Ndjimbo Transfert Sprl
17 La main de l'Eternel Progrès
18 Lidacom Transfert
19 Lumbey Fils 20 Mefide Sarl
21 Messie Agence
31
Liste des institutions de dépôt et institutions financières Banque Centrale du Congo - Rapport annuel 2023.
187
22 M.F.K. Kwenge Sarl
23 Ndeko ya RITA
24 Pactol Services
25 Padel Business
26 Proximax 27 Sambo Sarl
28 Setram Sarl
29 Schilo Services
30 Société Elegance Transfert
31 Start Finance
32 Viadine Sarl
33 TSHIOBESHA TRANSFERT SARL
34 GS MONEY 35 MAKUTA TRANSFERT Sarl 3
6 FLORY TRANSFERT PLUS SARL
37 CONGO DIGITAL MONEY SARLU
MESSAGERIES CATEGORIE B
1 African Express Agency
2 Agence Grâce [Link] Busin
3 Apocalypse 22
4 Avida Business Link
5 Cash Express
6 Compagnie Financière au Congo
7 Congo Trans
8 Datco
9 Dieu est Bon et Riche
10 Express Money Transfert
188
11 Express Union
12 Fikipo Business Tranding
13 Finca Transfert
14 Force Unie Sarl
15 Free Cash
16 Golgotha Express & Fils Sarl
17 Hodan Global Money Transfert
18 Lobi Express
19 Marcello Express
20 Massah & Meriba
21 Mefis Sarl
22 Money Express
23 Money Trans Sprl
24 Mpasu Mutombo
25 Mukuru Money Transfert
26 National Transfert Service
27 New Congo Services
28 Saphir Mefis
29 Soficom Transfert
30 Solidaire Transfert
31 Step By Step
32 Transcash Sprl
33 Troîka
34 W. Transfert Sarl RDC
35 Wealth Money Transfert
189
36 Winkele Business
37 Z.M. Business
38 La Perle Business Trading
39 MAXI CASH
40 La Générale des Transfert
41 MICROBIT
42 CEYRON FINANCE
43 DIGI PAY
44 DADANADA
45 AGENCE TIC TAC
46 MFS AFRICA
47 GB TRADING MONEY
48 PARFAITE SERVICE
I. MESSAGERIES COUPLEES AUX BANQUES
1 Access WU
2 Advans WU
3 BCDC WU
4 BGFIbank WU196
5 FBN Bank Money Exchange
6 FBN Bank Western6 Union
7 BOA WU
8 Ecobank WU
9 Rawbank Money Gram
II. Liste des Bureaux de change N° INSTITUTIONS
190
1 SOLIDAIRE CHANGE
2 MODESTIE CHANGE
3 MAMIE LAURE
4 REFERENCE CHANGE
5 KILEFU SPRL
6 MERE DOUBLE
7 AFRICAN CHANGE
8 VALENTINO CHANGE
9 SOCO CHANGE
10 GRACIA CHANGE
11 BANGRACED GROUP
12 MEDARSY Sarl
13 JACQUES SERVICES Sarl
14 KUMBOKO BUSINESS SCE M.
15 HERITAGE SERVICE Sarl
16 MONEY TRANS CHANGE
17 SOPABA CHANGE
18 Sarl-BIZ-MAS RDC
19 LIMES INTERNATIONAL
20 BCECO sarl
21 LE CHÂTEAU
22 MERCI CHANGE
23 BIENHEURESE NENGAPETA
24 NKB JADOT
25 VICTORIAT
191
26 BBM CHANGE
27 Soco RDC
28 Merveille du Congo
29 Clic Change
30 Makengo et frères
31 Smart cash
32 Flash Change
33 KAIROS SARL
34 DIZO BUSINESS
35 SOLEIL COUCHANT
36 PROCHANGE SARL
37 GAM FOREX SARL
38 JUNIOR & B. BUSINESS
39 MANGA SARL
40 FINAZ SARL
41 DADANADA CHANGE SARL
42 CENTER BUSINESS CHANGE SARL
43 FINANCE-COMMERCE-ADMINISTRATION
44 LES TRADERS SARL
45 TF SERVICE SARL
46 IYELI EDDY BUSINESS
47 SOCIETE MOPANGA CHANGE
48 MAISON VOUS ET NOUS
49 REJA EXCHANGE SARL
50 AFRICAN UNION FINANCIAL SERVICE SARL
192
51 TRIGGER FOREX SARLU
52 MONALISA
53 ALEX CHANGE SARL
54 EXPRESS CHANGE SARL
55 IBRAHIM ILUNGA CHANGE SARLU
56 AFRI CHANGE SARL
57 MERCI CHANGE SARL
58 MAISON BAWELA SARL
59 GROUPE PAIX SERVICE
60 MONALISA SARLU
61 EXPRESS CHANGE
III. Liste des Institutions de Micro Finance DENOMINATION
1 FINCA RDC (SM)
2 IMF HEKIMA (SM)
3 IMF BUSINA MICROCREDIT sprl (entreprise de microcrédit)
4 IMF APE (entreprise de microcrédit)
5 IMF TUJENGE (SM)
6 IMF SMICO (SM)
7 VisionFund RDC, en sigle VFDRC (SM)
8 Société de Microfinance Light in Business "SMF LBC" (SM)
9 IMF CREDIT YA MPA (entreprise de microcrédit)
10 MICROCRED RDC "Baoba" (OXUS RDC(SM))
11 IMF MAMA TOMBWAMA (entreprise de microcrédit)
12 SMF P.A.I.D.E.K. (SM)
13 IMF TID (SM)
193
14 IMF IFOD SA (SM)
15 IMF TGD (Entreprise de micro crédit)
16 IMF KITUMAINI SA (Entre prise de micro crédit)
17 IMF ProcFin SA (SM)
18 IMF TUJENGE PAMOJA
19 IMF MICROPOP (SM)
20 IMF YOASI (entreprise de microcrédit)
21 IMF PADERU (entreprise de microcrédit) 2
2 IMF GUILGAL (SM)
23 IMF EMILAC SA-CA ((entreprise de microcrédit)
IV. Liste des Coopératives d’Epargnes et de Crédit DENOMINATION
1 MEC BOMOKO COOPEC
2 MUCREFEKI / COOPEC
3 COOPEC NYAWERA BUKAVU
4 COODEFI/COOPEC
5 CAMEC MBANZA-NGUNGU/COOPEC
6 CAMEC INKISI / COOPEC
7 MECREKIN/COOPEC
8 COOPEC PILOTE
9 MECREGO/COOPEC
10 MECRE-KATINDO/COOPEC
11 MECRE-VIRUNGA/COOPEC
12 MECREBU/COOPEC
13 COOPEC CEAC / MATETE
14 COOPEC CAHI
194
15 COOPEC ECC/ Kikwit
16 MECRE NGALIEMA.
17 MECRE KINTAMBO MAGASIN
18 COOPEC BAGIRA
19 COOPEC LA SEMENCE
20 COOPECCO-KIRUMBA
21 MUTEC/COOPEC
22 MECRE UVIRA/COOPEC
23 COOPEC FOMULAC KATANA
24 COOPEC CIHERANO
25 COOPEC BONNE MOISSON
26 COOPEC UMOJA NI NGUVU
27 COOPEC AGROPAS-LE GRENIER/BUTEMBO
28 COOPEC MUDIANO
29 COOPPEC UNION ET CHARITE
30 COOPEC SILOE
31 CAMEC KWILU-NGONGO / COOPEC
32 COOPEC KANDO
33 COOPEC AKIBA YETU
34 COOPEC CEC/BOMA
35 COOPEC BULUNGU
36 COOPEC MKONO MKONONI
37 COOPEC CEAC LUKULA
38 COOPEC Mbongo za Kinvuka
39 COOPEC NYATENDE
195
40 MECREKISANGANI
41 MECREBUNIA
42 MECRE KAVUMU
43 COOPEC UDEV
44 COOPEC BANTU TUDISANGE
45 COOPEC LE MEILLEUR SEMEUR/KISANGANI
46 COOPEC MUCEC
47 COOPEC KABARE
48 COOPEC SODAC
49 COOPEC BOMENGO
50 COOPEC CECAFEP
51 COOPEC BONNE SEMENCE KWILU NGONGO
52 COOPEC PROGIKIS
53 COOPEC MBENGU BORA
54 COOPEC LA PEPINIERE
55 LE TRESOR BENI
56 COOPEC LE PALMIER/BENI
57 COOPEC ILUMBI
58 COOPEC LWANZO
59 MECRECO/COOCEC
60 COOCEC-KIVU
61 COOPEC IMARA GOMA
62 MECRE-BENI/COOPEC
63 COOPEC KALUNDU
64 MECRE IBANDA
196
65 COOPEC IMARA BUKAVU
66 COOPEC IMARA KINDU
67 MECRE KINDU
68 MEC IDECE
69 COOPEC OBUGUMA
70 COOPEC ALLIANCE-VIE
71 COOPEC COOPESA
72 COOPEC FATIMA
73 COOPEC PEKE SIWEZ
3.2. METHODES ET TECHNIQUES
3.2.1 Approche Méthodologique
La méthodologie peut être définie comme l’ensemble des méthodes, des procédés
et des règles permettant de choisir les outils statistiques adaptés à une analyse des données
POCHET, Bernard, CHEVILLOTTE (2000). Pour faire aboutir notre recherche, nous avons
utilisé les méthodes ci-après détaillées.
Méthodes d’analyse et de traitement des données.
L’approche méthodologique comprend deux volets importants : les techniques de collecte de
données et les méthodes de leur structuration, analyse et test dans le cadre du travail de
rédaction.
Nous avons fait appel aux approches quantitatives et qualitatives appuyées par les méthodes
comparatives, statistiques, systémiques, des ratios et des techniques de sondage d’enquête,
documentaire et d’interview en utilisant le logiciel STATA 16.
197
- la méthode historique
La méthode historique est la méthode employée pour constituer l'histoire ; elle
sert à déterminer scientifiquement les faits historiques, puis à les grouper en un système
scientifique.
Les méthodes historiques font référence à un ensemble de procédures formelles
utilisées en histoire pour établir une connaissance fiable du passé en analysant et en évaluant
les sources historiques en termes d’exactitude et de fiabilité.
Elle nous a permis d'examiner le processus évolutif du système bancaire
Congolais et l’évolution des PME en RDC en l'occurrence au chapitre deuxième :
- la méthode statistique.
L'analyse statistique est la pratique qui consiste à recueillir et à analyser des
données afin d'identifier des modèles et des tendances. Il s'agit d'une méthode permettant
d'éliminer les biais de l'évaluation des données en utilisant l'analyse numérique.
Le but de l’analyse statistique est d’extraire des informations pertinentes d’une
liste de nombres difficile à interpréter par une simple lecture. Deux grandes familles de
méthodes sont utilisées selon les circonstances
Qui nous a permis de récolter un ensemble de données chiffrées et des
informations diverses, en calculant les différents écarts et variations qu'a subit le système
bancaire congolais, en vue d'émettre certaines hypothèses et interpréter toutes ces données
quantitatives;
- la méthode systémique.
Elle Fait référence à une méthode d'analyse, une façon de traiter un système
complexe avec un point de vue global sans se focaliser sur les détails. Elle vise à mieux
comprendre la complexité sans trop simplifier la réalité. Elle s’attache à décrire, pour les
comprendre ou les accompagner, les interactions et adaptations successives de tous les
composants du système qui concourent tous à la finalité
Les plus souvent, les principes sont utilisés sans être nommés et voire même
être identifies. Les terminologies « approche systémique» et »approche systémique
198
et « analyse systémique » sont employée couramment dans certains domaines d’application
que dans d’autres pour y faire expressément référence, mais il existe bien une unité dont on
peut identifier les articulations historiques.
L’approche systémique est un champ interdisciplinaire relatif à l’étude
d’objets dans leur complexité ; tente d’appréhender cet objet d’étude dans son
fonctionnement, de ses mécanismes, dans ce qui n’appartient pas en faisant la somme de ses
parties. Cette démarche nous aide à identifier :
La finalité du système ;
Les niveaux d’organisation ;
Les états stables possibles ;
Les échanges entre les parties ;
Les facteurs d’équilibre et de déséquilibre ;
Les boucles logiques et leur dynamique, etc.
Techniques d’analyse et traitement des données
Sont des méthodes ou des modèles différents que les psychologues utilisent
pour tester leurs hypothèses, trouver des réponses à des problèmes et fournir des preuves pour
des théories et des interventions. Les expériences sont des procédures scientifiques bien
conçues que les chercheurs utilisent pour tester leurs hypothèses.
La méthodologie permet au chercheur d’avancer dans la réalisation de son
étude, grâce à des méthodes d’enquête et des outils analytiques.
La méthodologie de travail mise en place permet de guider le chercheur depuis
ses premières recherches jusqu'à sa conclusion finale.
Les principaux types de méthodes de recherche sont les méthodes
quantitatives, qualitatives et mixtes. Les méthodes quantitatives se concentrent sur les
données numériques et l'analyse statistique, les méthodes qualitatives sur les descriptions et
interprétations détaillées, et les méthodes mixtes combinent les deux approches.
Il s'agit donc de permettre à chaque chercheur de développer à partir d'une
problématique tirée de la pratique, une méthodologie, puis des résultats d'évaluation afin de
construire un travail de recherche sur la norme. C’est à cela que nous sommes appelés
exactement.
199
L’analyse des données est une partie cruciale du processus de recherche. Nous ne pouvons
affirmer que notre recherche est fructueuse qu’une fois que nous aurons analysé les données
et préparé un rapport.
Caractéristiques de la recherche qualitative
Outre le fait de collecter et d'analyser la documentation, la recherche
qualitative s'appuie sur des entretiens ou des observations sur le terrain naturel de la vie
sociale quotidienne. Parmi les caractéristiques de la recherche qualitative figurent les
éléments suivants :
La recherche qualitative accroît notre compréhension de tout phénomène social dont
nous ne savons guère de choses ou corrige notre connaissance de phénomènes sociaux
répandus mais non expliqués avec précision.
La recherche qualitative permet d'accéder à des informations approfondies difficiles à
exprimer de manière quantitative ou statistique.
La recherche qualitative se caractérise par une flexibilité et une ouverture aux
variables car les entretiens et les observations ne sont pas codifiés ou standardisés pour
tous les cas.
Dans la recherche qualitative, le chercheur n'a pas de contrôle préalable sur le domaine
de la recherche et les méthodes de collecte d'informations
Caractéristiques de la recherche quantitative
La recherche quantitative repose sur la collecte et la mise en rapport
d'informations et de faits qui peuvent être quantifiés et mesurés ou de faits sociaux qui
peuvent être convertis en chiffres, statistiques et données graphiques. Ce type de recherche est
basé sur la mesure des opinions à travers une enquête, un questionnaire ou bien la mesure du
comportement par l'observation et la collecte d'informations enregistrées. La recherche
quantitative est particulièrement importante pour les études démographiques ou les études
liées au vote et au comportement politique ou social en général.
Les techniques de sondage
Le statisticien peut légitimement chercher à mesurer, dans une population
donnée, une information descriptive de nature globale telle qu’une moyenne, un total, une
dispersion, une proportion, un ratio, un coefficient de régression ou de corrélation. Pour y
200
parvenir il met en œuvre une enquête par sondage et enclenche de ce fait une procédure
statistique complexe qui distingue trois étapes essentielles à savoir:
(i) Une méthode de collecte de l’information individuelle (échantillonnages) ;
(ii) une procédure d’estimation de l’information globale qui s’achève très souvent par
un processus de redressement et
(iii) une étape finale de mesure de la qualité (calcul de précision).
Techniques
Les techniques de recherche sont des procédés opératoires, des moyens concrets
de collecter des données intégrées par des méthodes de recherche. DUFFAU, Catherine et
ANDRÉ, François-Xavier(2005)
Dans le cadre de ce travail, nous avons utilisé :
- La technique documentaire
Selon GRAWITZ, M.10(*), la technique documentaire consiste en une fouille
systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche. Il s'agit
les ouvrages, les mémoires, les rapports, et les notes de cours ainsi que les sites web, etc.
Grâce à une méthodologie précise, la recherche documentaire permet au chercheur de
développer ses connaissances sur le sujet de recherche. En faisant naître de nouvelles hypothèses de
travail, le recherche documentaire permet de réaliser une étude empirique efficace pour un résultat
d'enquête plus pertinent.
Elle nous a facilité dans la récolte des données, et même de théorie sous-
tendant cette recherche à travers les rapports annuels de la BCC, de RAWBANK, de TMB,
les bulletins statistiques de la BCC, les Thèses, les cours, l'internet, et autres ouvrages en
rapport avec notre sujet.
- L’entretien (interview)
Est un entretien avec quelqu’un pour l’interroger sur ses actes, ses idées
Il n'y a pas une seule technique mais il existe des règles simples :
- Préférer les questions courtes (l'intervieweur doit évidemment parler moins que
l'interviewé !)
201
- Alterner questions ouvertes et fermées ;
- Poser une seule question dans sa question ;
- Éviter de donner la réponse dans la question
L’interview doit avant tout :
Déterminer l'objectif de l'interview. ...
Choisir la personne idéale. ...
Définir le format et les modalités de l'entretien. ...
Préparer ses questions. ...
Créer un climat convivial et de confiance. ...
Présenter le sujet et l'invité ...
Utiliser les transitions et les pauses
Il nous a permis d'échanger avec les hauts cadres et experts dudit secteur pour
avoir leurs témoignages et tirer leurs expériences en utilisant le logiciel STATA 16.
3.3 Thématique (modèle de la recherche)
Présentation
La méthodologie peut se définir comme étant l’étude du bon usage des
méthodes et techniques de recherche. Il ne suffit pas de les connaitre, encore faut-il savoir les
utiliser comme il se doit, c’est-à-dire savoir comment les adapter, le plus rigoureusement
possible, d’une part à l’objet précis de la recherche ou de l’étude envisagée, et d’autre part
aux objectifs poursuivis.
Autrement dit, les méthodes et techniques retenues dans une recherche donnée
doivent être les plus aptes à rendre compte du sujet étudié et à mener le chercheur vers les
buts qu’il s’est fixés en termes d’aboutissement de son travail (SEM MBIMBI et CORNET,
2017).
Approche statistique utilisée pour les données transversales
202
Cette section présente les points relatifs au type d’étude, la population cible,
l’échantillonnage (la détermination de la taille de l’échantillon), les méthodes, les techniques
et outils de collecte des données, le déroulement de l’enquête proprement dite, la saisie, le
traitement et analyse des données, les considérations d’ordre éthique, les limites et les
difficultés rencontrées sur terrain.
Il s’agit d’une étude descriptive et transversale. Elle est descriptive car, elle va décrire les
facteurs explicatifs de la surliquidité des banques commerciales et les facteurs de non accès
aux crédits bancaires par les PME en RDC, cas de celles évoluant à Kinshasa.
Techniques de collecte des données
Pour collecter les données, nous avons utilisé les techniques suivantes :
a) Technique d’observation directe : Elle nous a permis d’observer les difficultés
qu’ont les PME à accéder aux crédits bancaires en RDC en général, et dans la ville de
Kinshasa en particulier.
b) Technique documentaire : elle est indispensable pour tout chercheur, car elle
consiste à étudier et à analyser les documents pour enrichir la question de recherche.
La technique documentaire nous a permis de recenser les données déjà existantes,
c’est-à-dire les données secondaires (GAVARD et al, 2010).
Ainsi, nous avons recouru à toute publication relative à notre thème ou sujet de
recherche (ouvrages, notes de cours, mémoires, thèses, articles) et aux rapports
annuels des banques qui forment notre panel d’analyse.
c) Technique d’interview/entretien : elle est un jeu de questions/réponses au sens
unique entre deux personnes, l’« intervieweur » qui pose les questions afin d’obtenir
des informations de la part de l’« interviewé » qui répond (SEM MBIMBI et
CORNET, Op. Cit.).
Cette technique utilise comme outil : le guide d’entretien. Ainsi, en ce qui nous
concerne, nous avons eu des entretiens avec quelques responsables des PME de
Kinshasa et des Gérants de certaines banques commerciales, afin de recueillir des
informations importantes et nécessaires sur les différents facteurs explicatifs de non
accès facile des PME aux crédits bancaires et les facteurs de la surliquidité bancaire en
RDC.
d) Technique d’enquête par questionnaire : elle est une recherche de type descriptif et
explicatif qui vise à obtenir des informations sur les pensées, les comportements, les
opinions, les perceptions d’une population en l’interrogeant. Cette technique utilise
203
comme outil : le questionnaire d’enquête. L’enquête est une technique qui vise à
collecter des informations de manière systématique à l’intérieur d’une population
donnée pour décrire, comparer ou expliquer le phénomène étudié.
Le sondage est l’outil de base d’une étude quantitative qui vise à évaluer les
proportions de différentes caractéristiques d’une population à partir de l’étude d’une
partie seulement de cette population, appelée échantillon (SEM MBIMBI et
CORNET, Op. Cit.).
Ainsi, n‘ayant pas la possibilité d’interroger tous les Responsables des PME de la ville
de Kinshasa, nous nous sommes limités à un échantillon pour réaliser notre enquête.
4.2.4. Détermination de la taille d’échantillon
La COPEMECO nous a présenté un répertoire de 5000 PME affilées et qui
sont opérationnelles dans la Ville de Kinshasa.
a) Taille de l’échantillon
Pour trouver la taille de l’échantillon de cette étude, nous nous sommes servis de la formule
du Statisticien « LUNCH32 », qui est la suivante :
N = population = 5000 PME
Z = coefficient de déviation standard qui correspond à un degré de confiance de 95 %,
soit 1,96.
P = Prévalence qui est 50 %, soit 0,50.
Q = (1-P) = Proportion de la population qui ne porte pas notre caractéristique de
recherche (Q= 1-0,50= 0,50).
d = la marge d’erreur que nous souhaitons, soit 8%, soit 0,08.
NZ ².(Px Q) NZ ². P . (1−P)
n = taille de l’échantillon d’où n= 2 2 = 2 2
N d + Z . ( PxQ ) N d + Z . P .(1−P)
5000 ( 1 , 96 )2 ( 0 , 5 ) . (1−0 , 5)
n= =146 PME à enquêter dans celles affilées à la
5000 ( 0 , 08 )2 + ( 1 , 96 )2 ( 0 , 5 ) . (1−0 , 5)
COPEMECO.
b) Unités statistiques
PME évoluant dans la ville de Kinshasa avec comme répondant le Responsable ou son
délégué.
c) Critères d’éligibilité
32
LUNCH R. (2006), Echantillonnage et estimation, Dunod, Paris, p.52
204
Critère d’inclusion
Accepter de répondre au questionnaire ;
Être Responsable de la PME ou son délégué ;
PME localisée à Kinshasa et affiliée à la COPEMECO.
Critères d’exclusion :
Ne pas être localisée à Kinshasa et non affiliée à la COPEMECO ;
Ne pas accepter de répondre au questionnaire.
4.2.5. Outils de collecte des données
a) La pré-enquête
Pour avoir une idée globale du problème, nous avons fait une pré -enquête
auprès de 10 PME par rapport à la problématique de leur non accès facile aux crédits
bancaires, ce qui nous a aidé à avoir une idée nous permettant d’aborder ce travail en toute
quiétude.
b) La demande d'autorisation d'enquête
Pour collecter nos données, nous avons au préalable obtenu une
recommandation du Responsable de la COPEMECO/Kinshasa. A l’aide de cette
recommandation, nous avons obtenu l’autorisation de collecter les différentes informations
auprès des PME qui y sont affiliées dans la ville de Kinshasa.
c)Pré-test du questionnaire
Un pré-test du questionnaire a été réalisé et administré au 10 PME de la
commune de Limete en vue d’en détecter les failles éventuelles.
d) L'enquête proprement dite
Pour collecter les données, nous avons fait recours au répertoire de la
COPEMECO et les 146 PME furent sélectionnées au hasard.
Nous nous sommes servis d’un questionnaire structuré et pré-test pour
recueillir les informations en rapport les difficultés d’accès aux crédits bancaires par ces
PME.
L’enquête proprement dite a été effectuée pendant 6 mois avec des enquêteurs
recrutés au sein de la COPEMECO et formés localement. L’équipe était constituée de 2
superviseurs, un informaticien, 10 enquêteurs et 1 investigateur principal.
205
e) L'aspect éthique
Afin d’assurer le respect de la personne humaine, d’éviter la discrimination et
la stigmatisation, tout participant a signé un formulaire de consentement éclairé
soigneusement expliqué et traduit dans la langue qu’il maitrise le mieux. En plus, la
participation à l’interview a été volontaire, le caractère confidentiel des informations
recueillies a été garanti aux participants.
Le Pré-test de la méthodologie a été réalisé en vue d’évaluer : La
compréhension et la manipulation des outils, la technique d’échantillonnage, la disponibilité
des données à recueillir, la compétence des membres de l’équipe, les techniques de traitement
et d’analyse des données ; le budget et le chronogramme des activités.
Pour cette étude, nous avons tenu compte des considérations éthiques selon
les principes ci-après :
- Le principe du respect de la personne : Tout enquêté impliqué dans notre protocole a
été un collaborateur libre et autonome ;
- Nous avons pris en compte le caractère intime de l’information que l’enquêté a
consenti de fournir ;
- Nous avons protégé les enquêtés vulnérables ;
- Nous avons recherché le consentement de l’enquêté après avoir éclairé notre recherche
et nous avons garanti le respect du caractère confidentiel des données.
- Pour le consentement éclairé des participants, nous avons procédé comme suit :
- Fournir le formulaire de façon amicale, ouverte et respectueuse ;
- Encourager les participants à poser des questions ou à exprimer leurs préoccupations ;
- Rassurer toute personne qui reçoit le service sur le fait que son admissibilité au
programme ne sera pas affectée par sa participation à l’étude.
- Pour la confidentialité et l’anonymat, nous avons précisé clairement les mesures ci-
après :
- Préserver l’anonymat signifie que l’étude ou le personnel militaire ne sera pas en
mesure d’associer l’information fournie à l’individu qui l’a donnée ;
- Protéger la confidentialité signifie que l’information peut être attribuée à la personne
qui l’a fournie, mais ne le sera pas en dehors de l’équipe d’étude.
Pour la sensibilité, nous avons tenu compte de valeurs traditions et culturelles
dans les méthodes de collecte de données ;
206
- Le principe de la bienfaisance : Nous avons assuré la protection du bien-être physique,
mental et social de l’enquêté au cours de notre entretien ;
- Principe de la justice : le recrutement et la sélection des enquêtés à la recherche a tenu
compte de l’équité.
Logiciels utilisés
Après le contrôle de la qualité des données sur Microsoft EXCEL et analysées
et traitées par STATA version 14, les tableaux et graphiques ont été réalisés à l’aide du
logiciel STATA et saisis sous Microsoft WORD.
Les analyses statistiques descriptives (Analyse uni variée), inférentielle
(Analyse bivariée) et économétrique (Analyse multivariée) nous ont permis d’obtenir les
fréquences, les tableaux de contingence pour dégager la contribution de chaque variable dans
l’étude et le jugement de test statistiques pour la validation de l’indépendance et l’association
entre les variables pour nuancées nos hypothèses. Nous avons appliqués les tests de Khi-
carré , de Bravais Pearson et de Student dont le P-value est au seuil de signification de 5
ou 0,05 pour vérifier l’indépendance et la dépendance entre les variables testées. Enfin
l’analyse multivariée pour nous permettre d’appliquer la régression logistique où la valeur de
P-value est toujours au seuil de 5% ou 0,05 enfin de permettre de construire le modèle de
régression logistique par
STATA 14.
4.2.6. Analyse statistique des facteurs explicatifs de non accès aux crédits bancaires par
les PME de la ville de Kinshasa
[Link]. Variables d’intérêt et de décision
Pour conduire cette étude ; les variables d’intérêt suivantes ont été
sélectionnées et font parties dans notre questionnaire afin d’atteindre les objectifs (Voir le
tableau ci-dessous).
207
208
Tableau n°06: Description des variables
Variables retenues pour chaque PME Nature Code Test de liaison ou
de corrélation
approprié
Accédez-vous aux crédits bancaires Qualitative Y Variable
endogène
Ancienneté Quantitative X1 Test de Student
Nature de la PME Qualitative X2 Test de Chie2
Domaine d’activité Qualitative X3 Test de Chi2
Taille de la PME Quantitative X4 Test de Student
Avez-vous besoins de financement bancaire Qualitative X5 Test de Chi2
Nombre de demandes des crédits bancaires Quantitative X6 Test de Student
/an
Votre PME a-t-elle un compte bancaire Qualitative X7 Test de Chi2
Votre compte bancaire est-il alimenté Qualitative X8 Test de Chie2
régulièrement
Chiffre d’affaires /par tranche Qualitative X9 Test de Chie2
Tenez-vous régulièrement la comptabilité Qualitative X10 Test de Chie2
Vos états financiers sont-ils tenus Qualitative X11 Test de Chi2
régulièrement et selon la norme de l’OHADA
La grande contrainte imposée par les Banques Qualitative X12 Test de Chie2
pour votre accès aux crédits bancaires
La PME paie régulière les impôts et taxes Qualitative X13 Test de Chi2
La PME régulièrement les salaires des Qualitative X14 Test de Chie2
employés
Niveau de rentabilité de l’activité Qualitative X15 Test de Chi2
Niveau de risque de l’activité Qualitative X16 Test de Chie2
Source : Nous-mêmes sur base de l’observation sur terrain.
209
Notre apport dans cette recherche consiste d’impliquer l’Etat Congolais
d’intégrer le circuit de demande des crédits pour garantir la relance économique des PME en
République Démocratique du Congo. Son rôle dans ce circuit n’est pas d’un observateur
plutôt de garant et d’un opérateur économique faisant partie intégrante aux opérations. Nous
l’avons illustré par une triangulation (schéma) au quatrième chapitre. Nous, heureux d’avoir
apporté au monde scientifique et aux autorités monétaires notre contribution par la théorie
Kally KMB., laquelle va apporter aux PME une solution aux difficultés liées à l’octroi des
crédits bancaires. La RDC doit tenir compte de son environnement bancaire lequel opère avec
des banques à capitaux étrangers qui ne favorisent pas le décollage de son économie par PME
locales. Elle doit s’impliquer à cette théorie Kally KMB en investissant dans le secteur
bancaire et jouir enfin son vrai rôle d’un opérateur économique.
3.4 Difficultés rencontrées
La réalisation de cette thèse, s'est confrontée à plusieurs difficultés sur le plan
de recherche, notamment :
- dans l'obtention de certaines informations, vu l’importance du sujet jugé sensible par
ceux qui devraient les mettre à notre disposition ;
- l’absence cruelle d’ouvrages traitant la question de notre recherche en RDC.
- Ajouter à ces deux obstacles l’indisponibilité permanente et criante de ces experts au
rendez- vous ;
- la difficulté financière (qui ne nous a pas permis la réalisation en temps record ce
travail);
- L’accès à l'internet trop couteux.
210
Conclusion partielle
L’état des lieux du système bancaire congolais, nous a permis d’identifier les
différentes institutions des crédits et des dépôts ; et d’autres messageries financières.
Nous avons présenté le niveau de la surliquidité dans chaque banque de notre
panel.
211
Chapitre Quatrième : PRESENTATION, ANALYSE ET
INTERPRETATION DES RESULTATS
4.1. Analyse statistique des pme et interprétation des résultats des tableaux chiffres
Elle est transversale car elle couvre une courte période allant de juin au
décembre 2023. Les données ont été collectées à travers une enquête de terrain au court de
ladite période pour les facteurs explicatifs d’accès aux crédits bancaires par les PME en RDC.
4.2.1. Analyse des facteurs explicatifs de non accès aux crédits bancaires par les PME
dans la ville de Kinshasa
Le non accès aux crédits par les PME fait que les banques commerciales se
retrouve avec une surliquidité ; alors que les besoins en financement exprimés par cette
catégorie d’entreprises demeurent non satisfaits.
4.2.2. Population d'étude et population cible
La population d’étude était constituée par les Petites et Moyennes Entreprises
(PME) évoluant dans la ville de Kinshasa.
La population cible de notre recherche a été constituée par les PME recensées
et affiliées à la COPEMECO/Kinshasa dans laquelle nos enquêtes ont été effectuées. Ce
faisant, nous avons enquêté les responsables de ces PME.
[Link]. Analyse statistique proprement dite
Nos variables étant toutes qualitatives, nous procéderons par l’analyse
univariée et l’analyse bivariée, avec comme variable de décision le « besoin de diminuer ou
d’arrêter l’inhalation de Kapapilo ».
212
1°) Analyse univariée
L’analyse univariée est une approche statique qui permet au chercheur de
présenter les statistiques de position et de dispersion de chaque variable retenue dans l’étude.
Il s’agit de la moyenne et de l’écart-type pour une variable quantitative, et de la fréquence et
pourcentage pour une variable qualitative.
1. Tableau synoptique de l’Analyse statistique uni variée des PME
Tableau n°07 : Répartition des enquêtés selon l’accès aux crédits bancaires
Y Fréquence Pourcentage cumul
NON 113 77 77
OUI 33 23 100
Total 146 100 /////////////////////////////
Source : Traitement des données par STATA-16.
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 113 soit 77 % n’ont pas accès aux crédits
bancaires, contre 33 PME, soit 23% qui ont accès aux crédits bancaires.
Tableau n° 08: Ancienneté de la PME dans l’activité
Variable Observations Moyenne Ecart-type Minimum Maximum
X1 146 22 12 8 60
Source : Traitement des données par STATA-16
Sur 146 PME enquêtées, l’ancienneté moyenne est 22 ans, avec un écart-type de 12 (forte
dispersion) ; soit une ancienneté minimale de 8 ans et une ancienneté maximale de 60 ans.
Tableau n°09 : Répartition des PME selon leur nature
X2 Fréquence Pourcentage cumul
Entreprise individuelle 121 83 83
Entreprise collective 6 4 87
Entreprise familiale 19 13 100
Total 146 100 §§§§§§§§§§§§§§§§§
Source : Traitement des données par STATA-16
213
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtée, 121 soit 83 % sont des entreprises
individuelles ; 19 soit 13% des entreprises collectives et 6 soit 4 % sont des entreprises
familiales.
Tableau n°11 : Taille de PME (ou nombre d’employés)
Variable Observations Moyenne Ecart-type Minimum Maximum
X4 146 38 20 12 98
Source : Traitement des données par STATA-16
Sur 146 PME enquêtées, le nombre moyen d’employés est 38, avec un écart-type de 20 (forte
dispersion) ; soit un effectif minimal de 12 ans et un effectif maximal de 98.
Tableau n°12: Répartition des PME selon le besoin de financement bancaire
X5 Fréquence Pourcentage cumul
Non 8 5 5
Oui 138 95 100
Total 146 100 /////////////////////////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 138 soit 95 % ont exprimé le besoin de
financement bancaire soit 69 %, contre 8 soit 5 % qui n’en ont pas exprimé.
Tableau n°13: Nombre de demandes de crédits bancaires formulées par an
Variable Observations Moyenne Ecart-type Minimum Maximum
X6 146 4 3 0 21
Source : Traitement des données par STATA-16
Sur 146 PME enquêtées, le nombre moyen de demande des crédits bancaires formulées par an
est de 4 (moyenne très faible), avec un écart-type de 3 (faible dispersion) ; soit un minimum
de 0 (donc certaines PME ne demandent pas les crédits bancaires) et un maximum de 21
(donc celles qui en ont demandé beaucoup, l’ont fait 21 fois).
Tableau n°14: Répartition des PME selon les comptes bancaires ou non
X7 Fréquence Pourcentage cumul
Non 8 5 5
Oui 138 95 100
TOTAL 146 100 §§§§§§§§§§§§§§§§§
Source : Traitement des données par STATA-16
214
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 138 soit 95 % ont des comptes bancaires et
8 soit 5 % n’en possèdent pas.
Tableau n° 15: Répartition des PME selon que le compte bancaire est alimenté
régulièrement
X8 Fréquence Pourcentage cumul
Non 65 45 45
Oui 81 55 100
TOTAL 146 100 §§§§§§§§§§§§§§§§§
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 81soit 55 % alimentent régulièrement leurs
comptes bancaires, contre 65 soit 45 % qui n’en alimentent pas régulièrement
Tableau n° 16 : Tranches du chiffre d’affaires (en USD)
X9 Fréquence Pourcentage cumul
Moins de 5000 20 14 14
De 5001 à 10000 13 9 23
De 10001 à 20000 58 40 63
De 20001 à 50000 38 26 89
De 50001 à 100000 17 11 100
Plus de 100000 0 0 100
Total 146 100 ////////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 58 soit 40 % ont un chiffre d’affaires
compris entre 10.001 et 20.000 USD ; 38 PME, soit 26 % ont un chiffre d’affaires compris
entre 20.001 à 50.000 USD ; 20 soit 14% ont un chiffre d’affaires moins de 5.000 USD ; 17
soit 11% ont un chiffre d’affaires 50.001 à 100.000 USD ; 13 soit 9 % ont un chiffre
d’affaires compris entre 5001 et 10.000 USD et aucune PME n’a un chiffre d’affaires
supérieur à 100.000 USD.
Tableau n°17 : Tenez-vous régulièrement la comptabilité
X10 Fréquence Pourcentage cumul
Non 11 8 8
Oui 135 92 100
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 135 soit 92 % tiennent régulièrement leurs
comptes bancaires, contre 11 soit 8 % qui n’en tiennent pas régulièrement
215
Tableau n°18 : Les états financiers sont-ils tenus selon la norme OHADA
X11 Fréquence Pourcentage cumul
Non 103 71 71
Oui 43 29 100
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 103 soit 71 % ne tiennent pas leurs états
financiers selon la norme OHAD, contre 43 soit 29 % dont les états financiers sont tenus selon
la norme OHADA.
Tableau n° 19 : Répartition des enquêtés selon la grande contrainte à l’accès aux crédits
bancaires
X12 Fréquence Pourcentage cumul
Le taux d’intérêt n’est pas bénéfique pour nous 135 93 93
L’exigence d’avoir des hypothèques et autres 6 4 97
garanties
Les échéances de remboursement sont très courtes et 5 3 100
non bénéfiques pour nous
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles ont confirmé que le
taux d’intérêt bancaire est la grande contrainte à l’accès aux crédits, car il n’est pas bénéfique
pour elles, donc 135 soit 93 % l’ont confirmé, contre 6 soit 4 % qui ont parlé de l’exigence
d’avoir des hypothèques et autres garanties comme grande contrainte et 5 soit 3% ont parlé
des échéances de remboursement courtes et ne sont pas bénéfiques pour elles.
Tableau n° 21 : Paiement régulier des impôts et taxes
X13 Fréquence Pourcentage cumul
Non 16 11 11
Oui 130 89 100
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles
paient les impôts et taxes, donc 130 soit 89 % l’ont confirmé, contre 16 soit 11% qui ne paient
pas régulièrement les impôts et taxes
216
Tableau n° 22: Paiement régulier des salaires aux employés
X14 Fréquence Pourcentage cumul
Non 68 47 47
Oui 78 53 100
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, 68 soit 47% ne paient pas régulièrement les
salaires, tandis que 78 soit 53% en paient régulièrement.
Tableau n° 23 : Niveau de rentabilité de l’activité
X15 Fréquence Pourcentage cumul
Moins rentable 6 4 4
Rentable 104 71 75
Très rentable 36 25 100
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles ont jugé que leurs
activités sont rentables, donc 104 soit 71%, contre 36 soit 25% qui ont jugé très rentables et 6
soit 4% de moins rentables.
Tableau n° 24 : Niveau de risque de l’activité
X16 Fréquence Pourcentage cumul
Moins risquée 44 30 30
Risquée 100 69 99
Très risquée 2 1 100
Total 146 100 //////////
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce tableau renseigne que sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles ont jugé que leurs
activités sont risquées, donc 100 soit 69%, contre 44 soit 30% qui ont jugé moins risquées et 2
soit 1% de très risquées
2°. Tableau synoptique des diagrammes de l’Analyse statistique uni variée des PM
217
Diagramme n°1: Acces aux crédits bancaires
23%
NON
OUI
77%
Diagramme n°2 Nature de PME
13% Entreprise individuelle
4% Entreprise collective
Entreprise familiale
83%
Diagramme n°3: Nature d'activité de PME
Commerce
6%
Agriculture
23%
Services
2% Autres
68%
Diagramme n°4: Besoin de financement
bancaire
Non
5%
Oui
95%
218
Diagramme n° 5: Avoir un compte bancaire
5%
Non
Oui
95%
Diagramme n° 6: Alimentation des comptes
bancaires
Non
Oui
45%
55%
Diagramme n° 7: Tranches du chiffre d'affaires
Moins de 5000
12% 14% De 5001 à 10000
De 10001 à 20000
9%
26% De 20001 à 50000
De 50001 à 100000
Plus de 100000
40%
Diagramme n° 8: Tenue régulièrement la
comptabilité
Non
8%
Oui
92%
219
Diagramme n°9: Tenue des états financiers
selon la norme OHADA
Non
29% Oui
71%
Diagramme n°10: La grande contrainte d'accès
aux crédits bancaires par les PME
Le taux d’intérêt n’est pas bénéfique
4%3% pour nous
L’exigence d’avoir des hypothèques
et autres garanties
Les échéances de remboursement
sont très courtes et non bénéfiques
pour nous
92%
Diagramme n° 11: Paiement régulier des
impots et taxes par les PME
Non
11%
Oui
89%
220
Diagramme n° 12: Paiement régulier des
salaires aux employés
Non
Oui
47%
53%
Diagramme n°13 : Niveau de rentabilité de l'ac-
tivité de PME
Moins rentable
4% Rentable
25%
Très rentable
71%
Diagramme n°14: Niveau de risque de l'activité
de PME
Moins risquée
1% Risquée
30%
Très risquée
68%
Source : Traitement des données par STATA-16
Commentaires
Diagramme 1 : Accès aux crédits.
Sur 146 PME enquêtées, (i) 23 % OUI, (ii) 77% NON.
221
23% des PME enquêtées ont accès aux crédits bancaires ou avoir sollicités des crédits auprès
des banques contre 77% qui ne s’y intéressent pas parce qu’elles savent d’avance que les
crédits solliciter ou pas, ils ne seront pas accordés.
Diagramme 2. Nature des PME
(i) 4% PME sont collectives ;
(ii) 13% PME sont familiales ;
(iii) 83% industrielles.
Les PME en RDC s’intéressent plus à l’industrie qu’aux PME familiale et collective. Cela est
prouvé par le pourcentage de notre étude dans ce diagramme.
Diagramme 3. Nature de PME
(i) 69% évoluent dans le commerce ;
(ii) 2% sont dans l’agriculture ; (iii) 23% sont dans d’autres services (dans la
débrouille).
Comme nous le constatons, nos enquêtes démontrent que les PME en RDC ne sont basées
essentiellement que dans le commerce. 69% de la population vit du commerce. Il est aussi
prouvé que même les étrangers s’en mêlent au mépris de la loi congolaise en matière ;
laquelle interdit aux étrangers d’exercer le petit commerce.
Diagramme 4. Besoin de financement
(i) 95% OUI ;
(ii) 5% NON.
C’est à dire, 95% sollicitent le financement pour promouvoir leurs activités( en besoin de
financement) et 5% parmi les PME enquêtées ne s’en intéressent pas. Elles pèsent les
risques de non remboursement à l’échéance.
Diagramme 5. Avoir un compte bancaire
(i) 5% NON,
(ii) 95% OUI.
(5%) des PME non pas encore des comptes bancaires et 95% en ont. Disons
que les filiales des banques exerçant leurs activités en RDC ont appliqué une politique qui
222
consiste à baisser les frais d’ouverture de compte bancaire, qui lié à la concurrence et au faible
taux de bancarisation de la population Congolaise. Il suffit de disposer de 20 US pour un
majeur pour ouvrir son compte bancaire en RDC. Disposer d’un compte bancaire n’est pas un
motif de fierté mais il faut l’approvisionner régulièrement. C’est l’épineuse difficulté à
laquelle les PME sont confrontées.
Diagramme 6. Alimentation (approvisionnement) des comptes bancaires
(i) 55% OUI ; (ii) 45% NON
Ces résultats du diagramme 6 corroborent avec le commentaire fait sur le compte bancaire du
diagramme 5. 55% sur 95% approvisionnent leurs comptes bancaires.
Diagramme [Link] du chiffre d’affaires
(i) Moins de 5000 US 4%
(ii) De 5001 à 10000 9%
(iii) De 10001 à 20000 40%
(iv) De 20001 à 50000 26%
(v) De 500001 à 1000000 11%
Plus de 1000000
La moyenne des tranches du chiffre d’affaires est de 18%. De plus au moins
5001 à 9000 US.
Ce qui explique le besoin réel de financement des PME en RDC. Quelle taille de PME
voudrons-nous avoir avec un chiffre d’affaires aussi médiocre ? la problématique de sous
financement des PME est prouvée dans tous les cas.
Diagramme [Link] régulière de la comptabilité
(i) 92% OUI
(ii) 8% NON
Diagramme 9. Tenue régulière des états financiers selon la norme OHADA
(i) 29% OUI
(ii) 71% NON
Diagramme 10. La grande contrainte d’accès aux crédits bancaires par les PME
(i) le taux d’intérêt n’est pas bénéfique pour nous : 93%
(ii) L’exigence d’avoir des hypothèques et autres garanties : 4%
(iii) Les échéances de remboursement sont très courtes et non bénéfiques pour nous :
3%
223
Les contraintes de l’octroi de crédit mises en place par le banquier ne permettent pas aux
PME de s’engager efficacement. Le taux d’intérêt, l’échéance courte de remboursement et les
hypothèques exigés n’encouragent pas les PME de solliciter les crédits auprès de la banque.
Diagramme [Link] régulier des impôts et taxes par les PME
(i) 89 % : OUI
(ii) 11% : NON
Malgré les conditions précaires des PME en RDC, 89 % se forcent quand
même de respecter les lois du commerce en payant les impôts et taxes contre 11% qui n’en
peuvent pas.
Diagramme 12. Paiement régulier des salaires aux employés
(i) 53% : OUI
(ii) 47% : NON
Diagramme 13. Niveau de rentabilité de l’activité de PME
(i) 4% Moins rentable
(ii) 71% Rentable
(iii) 4% Très rentable
Dans un environnement économique en constance évolution, la rentabilité reste
un indicateur vital pour la santé et la durabilité d’une entreprise. Avec 71% des PME
rentables selon nos enquêtes malgré les difficultés, il y a un effort de la part des PME pour la
relance de l’économie du pays. Il leur faut un financement dans un système financier durable.
Diagramme 14. Niveau de risque de l’activité de PME
(i) 30% Moins risqué
(ii) 69% Risqué
(iii) 1% Très risqué
Effectivement, nous sommes arrivés à prouver que 69% des PME sont dans un
niveau de risque élevé de disparition. Les risques liés au manque de financement et à la peur
de solliciter les crédits auprès des banques pour des raisons évoquées ci-haut.
2°) Analyse bivariée
Cette analyse nous permet d’établir le sens de la liaison entre les variables de contrôle
retenues.
Hypothèses :
224
H0 : Pas de corrélation : la P-value n’est pas significative, c’est-dire que la probabilité
obtenue est supérieure au seuil critique de 5% ou 0,05.
H1 : Il y a corrélation : la P-value est significative, c’est-dire que la probabilité obtenue
est inférieure ou égale au seuil critique de 5% ou 0,05. Nous procédons par deux tests
différents selon que les variables sont quantitatives ou qualitatives.
Notre analyse bivariée se réalise d’abord entre la variable Y qualitative et Xi qualitative.
Dans ce cas, nous réalisons le test de Khi-deux, qui est un test de Bravais-
Pearson au seuil de 5%.
Tableau n°25: Tableau des corrélations entre les variables exogènes (Xi) et la variable
endogène (Y)
L’accès aux crédits bancaires par la PME (Y)/Variable qualitative
Variables Code Coefficient de corrélation P-Value Décision sur la
(Pearson Chi2) significativité
Nature de la PME X2 Pearson Chi2 = 8,8093 0,012 Significative
Domaine d’activité X3 Pearson Chi2 = 6 ,3816 0,094 Non significative
Avez-vous besoins de X5 Pearson Chi2 = 3,8183 0,148 Non significative
financement bancaire
Votre PME a-t-elle un X7 Pearson Chi2 =2,4717 0,116 Non significative
compte bancaire
Votre compte bancaire est-il X8 Pearson Chi2 = 1,7348 0,188 Non significative
alimenté régulièrement
Chiffre d’affaires /par tranche X9 Pearson Chi2 = 18,7834 0,001 Significative
Tenez-vous régulièrement la X10 Pearson Chi2 = 3,4741 0,062 Non significative
comptabilité
Vos états financiers sont-ils X11 Pearson Chi2 = 12,9213 0,000 Significative
tenus régulièrement et selon la
norme de l’OHADA
La grande contrainte imposée X12 Pearson Chi2 = 8,2165 0,016 Significative
par les Banques pour votre
accès aux crédits bancaires
La PME paie régulière les X13 Pearson Chi2 = 5,2477 0,022 Significative
impôts et taxes
La PME régulièrement les X14 Pearson Chi2 = 0,0215 0,883 Non significative
225
salaires des employés
Niveau de rentabilité de X15 Pearson Chi2 =4,4672 0,107 Non significative
l’activité
Niveau de risque de l’activité X16 Pearson Chi2 =1,4042 0,496 Non significative
Source : Nos résultats après traitement des données par STATA-16
Nous constatons que, sur 13 variables qualitatives explicatives (ou facteurs), 5
seulement sont corrélées significativement à la variable endogène (Y)/qualitative car leurs P-
value sont inférieures à 0,05 ou 5%. En effet, l’accès aux crédits bancaires (Y) par les PME
est lié significativement :
- à la nature de la PME (X2) ;
- au chiffre d’affaires de la PME ;
- à la tenue régulière des états financiers selon la norme de l’OHADA ;
- aux contraintes imposées par les banques commerciales ;
- au paiement des impôts et taxes par les PME.
Tableau n° 26 : Corrélation entre l’accès aux crédits bancaires (Y) et l’ancienneté de la
PME ( X1)
------------------------------------------------------------------------------
Group | Obs Mean Std. Err. Std. Dev. [95% Conf. Interval]
---------+--------------------------------------------------------------------
0| 113 20.34513 .955701 10.15924 18.45153 22.23873
1| 33 25.93939 2.567254 14.74775 20.71007 31.16872
---------+--------------------------------------------------------------------
combined | 146 21.60959 .9552764 11.54265 19.72152 23.49765
---------+--------------------------------------------------------------------
diff | -5.594261 2.243947 -10.02959 -1.158931
------------------------------------------------------------------------------
diff = mean(0) - mean(1) t = -2.4930
Ho: diff = 0 degrees of freedom = 144
Ha: diff < 0 Ha: diff != 0 Ha: diff > 0
Pr(T < t) = 0.0069 Pr(|T| > |t|) = 0.0138 Pr(T > t) = 0.9931
226
Ces résultats indiquent la différence des moyennes pour les PME qui accèdent
et celles qui n’accèdent pas aux crédits bancaires par rapport à leurs ancienneté est négative et
significative car la P-Value associée est inférieure à 0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0069 < 0,05.
L’accès aux crédits bancaires est lié aussi à l’ancienneté de la PME.
Tableau n° 27 : Corrélation entre l’accès aux crédits bancaires (Y) et la taille de la PME
(X4)
Group | Obs Mean Std. Err. Std. Dev. [95% Conf. Interval]
---------+--------------------------------------------------------------------
0| 113 34.38053 1.718187 18.26458 30.97616 37.7849
1| 33 48.84848 3.471781 19.94386 41.7767 55.92027
---------+--------------------------------------------------------------------
combined | 146 37.65068 1.61823 19.55314 34.45232 40.84905
---------+--------------------------------------------------------------------
diff | -14.46795 3.690441 -21.76239 -7.173519
------------------------------------------------------------------------------
diff = mean(0) - mean(1) t = -3.9204
Ho: diff = 0 degrees of freedom = 144
Ha: diff < 0 Ha: diff != 0 Ha: diff > 0
Pr(T < t) = 0.0001 Pr(|T| > |t|) = 0.0001 Pr(T > t) = 0.9999
Ces résultats indiquent la différence des moyennes pour les PME qui accèdent
et celles qui n’accèdent pas aux crédits bancaires par rapport à leurs tailles est négative et
significative car la P-Value associée est inférieure à 0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0001 < 0,05.
L’accès aux crédits bancaires est lié aussi à la taille de la PME.
227
Tableau n° 28 : Corrélation entre l’accès aux crédits bancaires (Y) et le nombre de
demandes des crédits bancaires formulées/an par la PME (X6)
Group | Obs Mean Std. Err. Std. Dev. [95% Conf. Interval]
---------+--------------------------------------------------------------------
0| 113 4.39823 .36489 3.878834 3.675247 5.121213
1| 33 3.484848 .1747358 1.003781 3.128923 3.840774
---------+--------------------------------------------------------------------
combined | 146 4.191781 .2865782 3.462738 3.625371 4.758191
---------+--------------------------------------------------------------------
diff | 0.9133816 .6833212 -.437254 2.264017
------------------------------------------------------------------------------
diff = mean(0) - mean(1) t = 1.3367
Ho: diff = 0 degrees of freedom = 144
Ha: diff < 0 Ha: diff != 0 Ha: diff > 0
Pr(T < t) = 0.9083 Pr(|T| > |t|) = 0.1834 Pr(T > t) = 0.0917
Ces résultats indiquent la différence des moyennes pour les PME qui accèdent et celles qui
n’accèdent pas aux crédits bancaires par rapport au nombre de demandes des crédits bancaires
formulées par chacune est positive et non significative car la P-Value associée est supérieure à
0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0917 > 0,05. L’accès aux crédits bancaires n’est pas lié au nombre de
demandes des crédits bancaires formulées par la PME.
3°) Analyse multivariée
Cette analyse nous permet d’établir l’effet significatif ou non significatif de chaque variable
exogène sur la variable endogène.
Hypothèses :
H0 : la P-value n’est pas significative (probabilité obtenue est supérieure au seuil critique de
5% ou 0,05) ; c’est-à-dire que la variable exogène considérée n’a pas d’effet significatif sur la
variable endogène.
228
H1 : la P-value est significative (la probabilité obtenue est inférieure ou égale au seuil critique
de 5% ou 0,05) ; c’est-à-dire que la variable exogène considérée a un effet significatif sur la
variable endogène.
Notre variable exogène (accès aux crédits bancaires par les PME) ou Y étant qualitative, nous
réalisons une régression logistique
Tableau n°29 : Modèle de régression logistique ( Robust)
Y Coefficient Ecart-type Z P > |z|
X1 -0,039 0,394 -0,99 0,001
X2 0,326 0,251 -0,56 0,000
X3 -0,161 0,434 -0,37 0,711
X4 0,017 0,016 1,06 0,288
X5 0,125 0,023 0,14 0,124
X6 -0,092 0,177 -0,51 0,610
X7 0,125 0,526 -2,58 0,145
X8 -1,519 0,809 -1,88 0,020
X9 -1,167 0,487 -0,48 0,003
X10 0,145 1,771 1,71 0,078
X11 3,031 1,245 -7,46 0,047
X12 -9,291 2,214 -5,45 0,000
X13 0,235 2,421 -1,20 0,214
X14 -1,841 3,048 11,62 0,229
X15 28,13 1,256 8,90 0,000
X16 27,121 3,124 4,45 0,000
C -71,891 7,162 -10,04 0,000
Nbre d'Obs 146 //////////// //////////// ////////////
Wald Chi2 (11) 4254 ,99 //////////// //////////// ///////////
Prob > Chi2 0,0000 //////////// //////////// ///////////
2
Pseudo R 0,5824 /////////// /////////// ///////////
Source : Nos estimations sur STATA
Cette régression logistique réalisée au seuil de 5%, montre que, sur 16 variables exogènes, 8
ont des incidences significatives sur l’accès des PME aux crédits bancaires car leurs P-Values
sont inférieures à 5%. Il s’agit de :
- La nature de la PME (X1) ;
- L’ancienneté des agents (X2) ;
- Le niveau d’alimentation du compte bancaire pour les PME (X8) ;
- Le niveau du chiffre d’affaires pour les PME (X9) ;
229
- La tenue régulière de la comptabilité et des états financiers selon les normes OHADA
(X11) ;
- Les contraintes des garanties exigées par les banques commerciales (X12) ;
- Le niveau de rentabilité de la PME (X15) ;
- Le niveau de risque présenté par la PME (X16).
En somme, les 8 facteurs énumérés, sont ceux qui expliquent le non accès des PME aux
crédits bancaires dans la ville de Kinshasa
Diagnostic du modèle
Density
a) Normalité des résidus
.6
.4
.2
Figure n°1 : Test de normalité des résidus
Kernel density estimate
-2 0 2 4 6
Pearson residual
Kernel density estimate
Normal density
kernel = epanechnikov, bandwidth = 0.3062
Cette figure montre que les résidus sont distribués normalement.
b) Détection de la multi colinéarité
Une condition pour pouvoir utiliser la régression pour ce type des données (données en coupe
instantanée) est celle de l’absence de multi colinéarité. Dans cette analyse, nous utilisons le
test VIF.
230
Tableau n°31 : Test de la multi colinéarité VIF
Variables VIF 1/VIF
X1 2,42 0,412474
X2 2,04 0,491160
X3 1,73 0,578374
X4 1,47 0,681007
X5 1,4 0,716164
X6 1,33 0,752169
X7 1,28 0,783562
X8 1,24 0,808776
X9 1,11 0,904514
X10 2,12 0,471698
X11 1,14 0,877192
X12 1,13 0,884955
X13 1,21 0,826446
X14 1,25 0,800000
X15 1,17 0,854700
X16 1,41 0,709219
Moyenne 1,46 0,73
Source : Traitement des données par STATA-16
Ce test révèle l’absence du problème de muticolinéarité, car tous les VIF sont
inférieurs à 10.
4.1.3. Discussion partielle des résultats
L’approche statistique réalisée nous a permis de faire une analyse univariée, une analyse
bivarée et une multivariée.
Dans l’analyse univariée, nous pouvons retenir que :
- Sur 146 PME enquêtées, 113 soit 77 % n’ont pas accès aux crédits bancaires, contre
33 PME, soit 23% qui ont accès aux crédits bancaires ;
231
- Sur 146 PME enquêtées, 138 soit 95 % ont exprimé le besoin de financement bancaire
soit 69 %, contre 8 soit 5 % qui n’en ont pas exprimé ;
- Sur 146 PME enquêtées, 58 soit 40 % ont un chiffre d’affaires compris entre 10.001 et
20.000 USD ; 38 PME, soit 26 % ont un chiffre d’affaires compris entre 20.001 à
50.000 USD ; 20 soit 14% ont un chiffre d’affaires moins de 5.000 USD ; 17 soit 11%
ont un chiffre d’affaires 50.001 à 100.000 USD ; 13 soit 9 % ont un chiffre d’affaires
compris entre 5001 et 10.000 USD et aucune PME n’a un chiffre d’affaires supérieur à
100.000 USD ;
- Sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles ont confirmé que le taux d’intérêt
bancaire est la grande contrainte à l’accès aux crédits, car il n’est pas bénéfique pour
elles, donc 135 soit 93 % l’ont confirmé, contre 6 soit 4 % qui ont parlé de l’exigence
d’avoir des hypothèques et autres garanties comme grande contrainte et 5 soit 3% ont
parlé des échéances de remboursement courtes et ne sont pas bénéfiques pour elles.
Dans l’analyse bivariée, nous pouvons retenir que l’accès aux crédits bancaires par
les PME est lié significativement :
- à la nature de la PME ;
- au chiffre d’affaires de la PME ;
- à la tenue régulière des états financiers selon la norme de l’OHADA ;
- aux contraintes imposées par les banques commerciales ;
- au paiement des impôts et taxes par les PME.
La différence des moyennes pour les PME qui accèdent et celles qui n’accèdent
pas aux crédits bancaires par rapport à leurs ancienneté est négative et significative car la P-
Value associée est inférieure à 0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0069 < 0,05. L’accès aux crédits
bancaires est lié aussi à l’ancienneté de la PME.
La différence des moyennes pour les PME qui accèdent et celles qui n’accèdent
pas aux crédits bancaires par rapport à leurs tailles est négative et significative car la P-Value
associée est inférieure à 0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0001 < 0,05. L’accès aux crédits bancaires est
lié aussi à la taille de la PME.
La différence des moyennes pour les PME qui accèdent et celles qui n’accèdent
pas aux crédits bancaires par rapport au nombre de demandes des crédits bancaires formulées
par chacune est positive et non significative car la P-Value associée est supérieure à 0,05 ; soit
232
Pr(T < t) = 0.0917 > 0,05. L’accès aux crédits bancaires n’est pas lié au nombre de demandes
des crédits bancaires formulées par la PME.
Dans l’analyse multivariée, nous pouvons retenir que , sur 16 variables exogènes, 8
ont des incidences significatives sur l’accès des PME aux crédits bancaires car leurs
P-Values sont inférieures à 5%. Il s’agit de :
- La nature de la PME ;
- L’ancienneté des agents ;
- Le niveau d’alimentation du compte bancaire pour les PME ;
- Le niveau du chiffre d’affaires pour les PME ;
- La tenue régulière de la comptabilité et des états financiers selon les normes
OHADA ;
- Les contraintes des garanties exigées par les banques commerciales ;
- Le niveau de rentabilité de la PME ;
- Le niveau de risque présenté par la PME.
En somme, les 8 facteurs énumérés, sont ceux qui expliquent le non accès des
PME aux crédits bancaires dans la ville de Kinshasa.
4.2: Analyse économétrique des données de panel des banques
4.2.1. Des modèles de panel et estimateurs
[Link]. Modèle de Panel
Dans le cadre de l'économétrie de panel, on analyse un phénomène sur au
moins deux dimensions. Dans une analyse de panel, on cherche à déterminer, s'il existe une
hétérogénéité dans le comportement des différents individus étudié, ou si au contraire,
l'ensemble des provinces ont un comportement homogène. Dans une estimation en pool , les
différentes provinces analysées ont la même équation de comportement et les mêmes
paramètres, donc ont un comportement homogène.
S'il existe un effet individuel, celui-ci peut être de deux types : soit fixe, soit
aléatoire. Si cet effet est fixe, seule la constante est différente entre les différentes provinces
analysées. Dans ce genre de modèle, on utilise la méthode du LSDV pour estimer le modèle.
233
Dans le cas où celui-ci est aléatoire ou encore à erreur composée, la constante
de notre modèle est différente d'une province à l'autre mais contrairement au cas précédent,
celle-ci est impactée par un choc aléatoire. Les modèles à effets aléatoires sont aussi appelés
modèles à effet composé.
Si tous les coefficients sont statistiquement différents pour l'ensemble des
individus analysés, alors on rejette la structure de panel de notre modèle. Il sera donc
préférable d'analyser séparément chacun des pays sur la période de temps étudiée.
Estimateurs
Dans le cadre d'une estimation de panel, on dispose d'une large gamme
d'estimateur, donc de différentes manières de calculer de façon optimale la valeur des
différents paramètres du modèle. Dans le cas où il n'y a pas d'hétérogénéité, le modèle se base
sur des données de panels appelés modèles sur les données empilées ou encore modèles
pooled. Toujours dans le cas de l'absence de spécificité individuelle et/ou temporelle, on peut
s'intéresser aux moyennes des séries de l'échantillon au cours du temps. Il s'agit du modèle
Between. Cette méthode revient à appliquer la méthode des MCG aux MCO.
Et enfin, nous avons les estimateurs Within ou encore estimateur intra-
individuel. Cet estimateur permet de prendre en compte l'hétérogénéité des individus. Cet
effet spécifique à chaque individu peut être pris en compte en faisant la régression des écarts
entre la valeur associée à un individu à une période donnée et la moyenne des valeurs associés
à ce même individu sur la période étudiée.
[Link]. Nature et sources des données
Cette étude s’intéresse à cinq banques commerciales évoluant en RDC : TMB,
RAWBANK EQUITY-BCDC, ECOBAN et ACCES-BANK. Les données exploitées sont
quantitatives, annuelles et des sources secondaires. Elles proviennent des différents rapports
financiers annuels des banques susmentionnées, de 2010 à 2022. Le choix de cette période
d’étude s’explique par la disponibilité des données.
Nous avons pris les données sous format brut, ensuite nous les avons
transformées en format Excel-16 pour pouvoir les traitées sur STATA 16. Elles portent sur
des variables telles que : le niveau production, la taille ou l’effectif d’agents, l’enveloppe
234
salariale et le nombre de demandes d’explication infligées aux agents suite à leurs
comportements déviants.
Tableau synoptique d’Analyse de la surliquidité de PANEL de banques sous examen
de 2010 à 2022 (en milliers de CDF)
Tableau n°32: Analyse de la surliquidité à la RAWBANK
CREDITS RATIO DE
AUX LA
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES SURLIQUIDT
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES E
389183 88450665 272136473 2020347 3,0767
2010
11335958 2576354118 6531086360 29691427 2,5350
2022
MOYENN 3862609,923 877865887 2108419263 12377891,54 2,259353846
E
Source : Rapports annuels de la RAWBANK
La RAWBANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 3862609,92
milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 877865887,00 et contre le
dépôt moyen annuel collecté de 2108419263 et une réserve légale de 12377891,54. Soit un
ratio de surliquidité de 2,26 largement supérieur à 1 et à la norme.
Tableau n° 33 : Analyse de la surliquidité à la TMB
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
2010 321264,5744 73014676 175548456 1200365 2,404290009
2022 2504143,206 569123456 1989652123 13568925 3,495993887
MOYENN
E 1171297,252 266203921,00 900355568,8 4929903,769 3,219052123
Source : Rapports annuels de la TMB
La TMB a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 1171297,25
milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 266203921,00 et contre le
dépôt moyen annuel collecté de 900355568,8 et une réserve légale de 4929903,77. Soit un
ratio de surliquidité de 3,22 largement supérieur à 1 et à la norme.
235
Tableau n°34: Analyse de la surliquidité à l’AQUITY-BCDC (montants en milliers de
CDF).
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
877682,524 199473301 247613522 88611312 1,24133666
2010
9258971,27 2104311652 6742412711 298872448 3,20409418
2022
MOYENN 3653591,17 830361631 2052470242 323934507 1,99834514
E
Source : Rapports annuels de l’EQUITY-BCDC
L’EQUITY-BCDC a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de
3653591,17 milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 830361631 et
contre le dépôt moyen annuel collecté de 2052470242 et une réserve légale de 323934507.
Soit un ratio de surliquidité de 1,99 largement supérieur à 1 et à la norme.
Tableau n°35: Analyse de la surliquidité à l’ECOBANK.
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
131727,719 29938118 68720583 105608 2,29542094
2010
424215,356 96412581 342463511 722314 3,55206247
2022
MOYENN 253270,034 57561371,3 148652177 348293,769 2,4457635
E
Source : Rapports annuels de l’ECOBANK
L’ECOBANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 253270,03
milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 57561371,3 et contre le
dépôt moyen annuel collecté de 148652177 et une réserve légale de 348293,77. Soit un ratio
de surliquidité de 2,44 largement supérieur à 1 et à la norme.
Tableau n°36: Analyse de la surliquidité à l’ACCES-BANK.
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
108719,838 24709054 35890626 134629 1,45252934
2010
1907242,32 433464163 710311201 823446 1,63868495
2022
236
MOYENN 970786,233 220633235 339442229 515299,308 1,48654447
E
Source : Rapports annuels de l’Accès-Bank
L’ACCES-BANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux
entreprises de 970786,23 milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de
220633235 et contre le dépôt moyen annuel collecté de 339442229 et une réserve légale de
515299,31. Soit un ratio de surliquidité de 1,49 largement supérieur à 1 et à la norme.
Cette variable, permet de faire le jugement sur la portée de la surliquidité
bancaire, sur l'économie congolaise, c'est-à-dire savoir si cette surliquidité a des effets positifs
ou négatifs sur l'économie de la RDC. Ce qui veut dire que si cette surliquidité bancaire est
déterminé par un déterminant qui permet de garder la banque en bonne santé et le système
bancaire en général, alors cette surliquidité sera positive pour l'économie du pays. Si nous
savons que le financement bancaire est encore la seule source de financement accessible à
toute l'économie, ainsi si ce système bancaire est en bonne santé, alors l'économie peut se
financer sans difficultés.
[Link]. Définition des variables
Du point de vue économétrique, nous avons deux catégories de variables : la première, ce sont
des variables exogènes ou encore explicatives, qui ne prennent pas leur valeur dans le modèle
et la seconde, une variable endogène qui est la variable qu'on cherche à expliquer. Pour être
pragmatique, le niveau de production (en USD) est considéré comme variables endogène et la
taille ou l’effectif d’agents, l’enveloppe salariale (en USD) et le nombre de demandes
d’explication infligées aux agents sont des variables exogènes.
a) Spécification du modèle empirique
Le modèle empirique provient des travaux antérieurs où le volume de crédits alloués aux
entreprises ou PME est influencé par le niveau de surliquidité et des réserves des banques.
RCREPME = f (RSURLIQ, RRESERVLEG ) (1)
La relation entre les variables explicatives et la viable expliquée peut s’écrire sous la forme :
RCREPMEit=αit+α1 RSURLIQit+α2 RRESERVLEG +Ɛit (2)
237
Ɛit est le terme de l’erreur : i = 1,2,3, 4 ,5 et t = 1,2,3, 4,…13 ; représentent respectivement
l’indice de la banque et celui de l’année. Il s’agit d’un panel non cylindrique, car i différent de
t et αit , α1 et α2 sont des paramètres à estimer.
238
4.2.2. Méthode d’estimation
L’estimation du modèle empirique de cette étude se fera par la méthode
Within/Between.
Auparavant, les tests statistiques permettront de valider ledit modèle.
[Link]. Description
Ce travail privilégie la prise en compte de l’hétérogénéité du panel à travers
l’usage de la méthode d’estimation Within/Between du modèle de panel à effets individuels.
Le recours à cette méthode est nécessaire dans la mesure où l’évolution de la surliquidité et
des réserves expliqueraient le volume des crédits alloués par les banques aux entreprises et
PME. En fixant un individu observé (une banque), la série chronologique ou la coupe
longitudinale le concernant est obtenue. Si c’est la période examinée qui est fixée, une coupe
transversale ou instantanée pour l’ensemble des individus est obtenue. Un modèle à effets
individuels fixes est estimé. L’hypothèse de base de ce modèle est que l’hétérogénéité des
comportements est modélisée par un effet individuel. Il s’agit donc d’un modèle avec une
variable muette individuelle. Par conséquent, ce modèle ressort la variabilité intra-individuelle
(estimation Within). Si les perturbations aléatoires croisées satisfont aux hypothèses
classiques des Moindres Carrés Ordinaires (MCO), c’est-à-dire, centrées, homoscédastiques,
indépendantes et normales, alors l’estimation par les MCO est optimale (Sevestre, 2002).
Ensuite, un modèle à effets individuels aléatoires est estimé. Ici, l’effet
individuel n’est plus un paramètre fixe à estimer mais une variable aléatoire non observable.
Ce modèle ressort la variabilité inter-individuelle (estimation Between). L’estimation de ce
modèle procède par deux étapes : la première consiste à estimer les composantes de la
variance de l’aléa et la deuxième consiste à utiliser le résultat de ces estimations pour estimer
le modèle par la méthode des Moindres Carrés Généralisés (MCG), la structure de la variance
des résidus étant approximativement connue.
[Link]. Tests de validation
Il s’agit des tests de présence des effets individuels de Fisher, d’hétéroscédasticité de
Breusch-Pagan, d’autocorrélation de Wald, de normalité et d’Hausman.
239
a) Test de présence des effets individuels de Fisher
Ce test est utilisé pour discriminer le modèle à effet individuel et le modèle
sans effet individuel. Concrètement, l’objectif est de déterminer si le modèle théorique étudié
est parfaitement identique pour toutes les banques commerciales, ou au contraire s’il existe
des spécificités propres à chaque banque. Le logiciel STATA-16 permet de calculer deux
statistiques de Fisher. La première teste la significativité conjointe des variables explicatives,
tandis que la seconde teste la significativité conjointe des effets individuels fixes introduits.
Une p-value inférieure au seuil de signification α (5%) traduit la présence d’effets individuels
spécifiques.
b) Test d’hétéroscédasticité de Breusch-Pagan
Le test de Breusch-Pagan est utilisé pour détecter la présence
d’hétéroscédasticité.
L’hypothèse nulle (H0) est celle de l’homoscédasticité, tandis que l’hypothèse alternative
(H1) est celle de l’héteroscedasticité. Si la p-value est inférieure au seuil de signification α
(5%), on rejette H0 et il y a héteroscedasticité.
c) Test d’autocorrélation de Wald
Le test d’autocorrélation de Wald permet de détecter la présence
d’autocorrélation des résidus. Les hypothèses à tester sont :
- H0 : il n’y a pas d’autocorrélation des résidus,
- H1 : il y’a autocorrélation des résidus.
Si la plus-value est inférieure au seuil de signification α (5%), H1 est acceptée.
d) Test de Normalité
Le Skewness/Kurtosis tests for Normality permet d’analyser le comportement des résidus :
- Si Prob > Chi2 < 0,05 ; les résidus sont normalement distribués ;
- Si Prob > Chi2 > 0,05 ; les résidus ne sont pas normalement distribués.
240
e) Test d’Hausman
Le test d’Hausman permet de choisir entre le modèle à effets individuels fixes et le modèle à
effets individuels aléatoires. Ce test permet de déterminer si les coefficients des deux
estimations (Within et Between) sont statistiquement différents. Les hypothèses à tester sont
les suivantes :
- H0 : les coefficients des deux estimations ne sont pas statistiquement différents ;
- H1 : les coefficients des deux estimations sont statistiquement différents.
Si le p-value est supérieur au seuil de signification α (5%), on accepte
l’hypothèse nulle (H0).
Le modèle à effets individuels aléatoires est donc le plus approprié. Dans le cas
contraire, le modèle à effets individuels fixes est plus adapté.
f) Le test d’homogénéité d’HSIAO : permet de vérifier si nos données répondent à la
structure de panel.
La statistique d’HSIAO est basée sur le F de Fisher et est calculée comme suit :
Rnc−Rc
n−1
F¿ à comparer avec la statistique théorique (de table) : Fα(n-1,nt-k-1), avec RNC =
1−Rnc
nT −k−1
R NC = Coefficient de détermination du modèle non contraint ( R NC = 0,8556) et RC = R2C =
2
Coefficient de détermination du modèle contraint ( Rc = 0,7636). Avec T = 13 ans et n = 5
individus (ou provinces).
0,8556−0,7636
5−1
Dans notre cas : F¿ = 9,56 et F 0,05(5-1 ; Nt-k-1) = F0,05(4 ; 65-4-1) =
1−0,8556
65−4−1
0,05
F (4 ; 60) = 2,52
H0 : Homogénéité (Fcal < Ftab , P-value > 5% ) : α1 = α2 = 0 (Modèle contraint), donc Rejet de la
structure de panel ;
H0 : Hétérogénéité (Fcal > Ftab , P-value < 5% ) : α1 ≠ α2 ≠ 0 (Modèle non contraint), donc la
structure de panel est acceptée.
241
En effet, Fcal = 9,56 > F0,05(4 ;60) = 2,52 ; nous concluons qu’il y a hétérogénéité. Nos données
acceptent la structure de panel.
242
[Link]. Analyse des données
Dans notre travail, il sera question de faire plusieurs types d'analyses, d'abord
une analyse des statistiques descriptives et une analyse graphique des séries d’une manière
globale et d’une manière détaillée. Ensuite nous effectuerons une analyse bivariée et une
analyse multivariée.
1°) Analyse univariée
Cette analyse mettra l'accent sur les mesures descriptives en l'occurrence les
caractéristiques de position (moyenne), de dispersion (écart-type) et du coefficient de
variation des variables explicatives. Ce, pour nous permettre d'avoir une idée de la
distribution et du degré d'homogénéité des séries.
Afin d'évaluer les caractéristiques de nos différentes séries, notre analyse
descriptive tourne autour des mesures de bases telles que la moyenne (mesure de position),
l'écart-type et le coefficient de variation (mesure de dispersion). Avant d'entamer cette
analyse, nous allons considérer brièvement l'importance ou encore l'utilité de ces dernières.
Tableau n°32 : Calculs des statistiques descriptives
Variable | Mean Std. Dev. Min Max | Observations
-----------------+--------------------------------------------+----------------
RCREPME overall | 0 .0021853 0.0006807 0 .000615 0.0038217 | N= 65
between | 0.0005371 0.0015816 .0029868 | n= 5
within | 0.0004784 0.0011624 0 .0033338 | T= 13
RSURLIQ overall | 2.28181 1.00319 1.151322 7.154851 | N= 65
between | 0.6361226 1.486544 3.219052 | n= 5
within | 0.8231709 1.077092 6.217609 | T= 13
RRESEVL overall | 0.05429 0.1635539 0.0011593 1.190731 | N= 65
between | 0.1119918 0 .0018491 0.2545877 | n= 5
within | 0 .1286832 -0.157331 0.9904328 | T= 13
Source : Nos estimations sur SATATA
Les statistiques présentées dans ce tableau, montrent que le ratio moyen annuel
des crédits allouées aux PME est très fable dans l’ensemble des banques, soit 0,0021853. Par
contre, le ratio moyen annuel de la surliquidité (Dépôts/crédits) est très élevé dans
l’ensemble des banques, soit 2,28181 > 1 ; toutes les banques sont surliquides au cours de la
243
période sous examen. Le ratio de la réserve légale moyenne annuelle dans l’ensemble des
banques est faible, soit 0,05429.
.004
.003
.002
.001
.004
.003
.002
.001
Figure n°2 : Evolution du ratio des crédits alloués aux PME
Y
1 2 3
2010 2015 2020 2025
4 5
2010 2015 2020 20252010 2015 2020 2025
ANNEES
Graphs by BANQUES
Source : Nos estimations sur STATA
Nous présentons l’évolution de la production dans chacune des entreprises,
dans l’ordre suivant :
1 = TMB ; 2 = RAWBANK ; 3 = EQUITY-BCDC, 4 = ECOBANK et 5 = ACCES-BANK
En effet, le graphique global ci-dessus montre, malheureusement que, le ratio des crédits
octroyés par les banques aux PME est décroissant, et cela condamne cette catégorie
d’entreprises dans le sous financement en RDC.
244
0
Figure n°3 : Evolution du ratio de la surliquidité
X1
1 2 3
2010 2015 2020 2025
4 5
2010 2015 2020 20252010 2015 2020 2025
ANNEES
Graphs by BANQUES
Source : Nos estimations sur STATA
1 = TMB ; 2 = RAWBANK ; 3 = EQUITY-BCDC, 4 = ECOBANK et 5 = ACCES-BANK
En effet, le graphique global ci-dessus montre que le ratio de la surliquidité dans les banques a
toujours une tendance croissante, sauf pour la TMB, à parti 2020, où nous observons une
tendance décroissante. Cette tendance croissante de ce ratio explique la basse du ratio des
crédits octroyés par ces banques aux PME en RDC.
245
1.5
1.5
.5
.5
1
0
X2
Figure n°4 : Evolution des demandes d’explication dans les entreprises ciblées
1 2 3
2010 2015 2020 2025
4 5
2010 2015 2020 20252010 2015 2020 2025
ANNEES
Graphs by BANQUES
Source : Nos estimations sur STATA
La réserve légale est restée quasi-constante, selon les normes éditées par la
Banque Centrale du Congo(BCC), sauf pour l’EQUITY-BCDC où cette réserve légale a
connu des fluctuations.
2°) Analyse bivariée
a) Analyse graphique
L'analyse des graphiques va nous permettre d'apprécier la nature et le type de
relation existant entre la variable endogène et les variables exogènes prises deux à deux.
Autrement dit, elle nous permet de détecter la présence de relation statistique entre les
variables.
246
Figure n°5 : Corrélation entre le ratio de crédits alloués aux PME et le ratio de la
-.001
.004
.003
.002
.001
surliquidité
0 2 4 6 8
X1
Y Fitted values
Source : Nos estimations sur STATA
Ce graphe confirme le lien négatif entre le ratio de crédits alloués aux PME et
le ratio de la surliquidité ; et cela vérifie la théorie selon laquelle « plus les banques sont
surliquides, plus elles octroient moins les crédits aux entreprises ou PME ».
247
Figure n°5 : Corrélation entre le ratio de crédits alloués aux PME et le ratio de la
.004
.003
.002
.001
réserve légale des banques à la BCC
0 .5 1 1.5
X2
Y Fitted values
Source : Nos estimations sur STATA
Ce graphe confirme qu’il n’y a pas un lien direct entre le volume des crédits
que les banques commerciales octroient aux PME et leurs réserves légales à la BCC, car la
norme fixée par cette dernière n’evicte pas les actons des banques aux PME. Les nouages
sont restés dispersés.
b) Analyse algébrique de la corrélation
Cette analyse nous permet d’établir le sens de la liaison entre les variables de
contrôle retenues.
Hypothèses :
H0 : Pas de corrélation : la P-value n’est pas significative, c’est-dire que la probabilité
obtenue est supérieure au seuil critique de 5% ou 0,05.
H1 : Il y a corrélation : la P-value est significative, c’est-dire que la probabilité obtenue est
inférieure ou égale au seuil critique de 5% ou 0,05.
248
249
Tableau n°33: Matrice des corrélations entre les variables du modèle
Correlation
Probability RCREPME RSURLIQ RRESVL
RCREPME 1.000000 /////////////////////////////// ////////////////////////////
RSURLIQ -0,8721 1.000000 /////////////////////////////
0.0000 ///////////////////////// ////////////////////////////
RRESVL 0,2021 0,1691 1.000000
0.4215 0.0068 //////////////////////////
Source : Nos estimations sur Eviews-09
Cette étude des corrélations montre que le ratio de crédits alloués aux PME est
corrélé négativement et significativement au ratio de la surliquidité. La théorie se vérifie de
bout en bout. Par contre, le ratio de crédits alloués n’est pas corrélé significativement à la
réserve des banques commerciales. Mais le ratio de la surliquidité et la réserve des banques
commerciales à la BCC sont corrélés significativement.
3°) Analyse multivariée
Entre le modèle à effets fixes et le modèle à effets aléatoires, il va falloir
identifier le meilleur qui met en exergue l’incidence de la surliquidité bancaire sur le volume
des crédits alloués aux entreprises ou PME.
L’estimation du modèle à effets fixes donne les résultats du tableau ci-après :
250
Tableau n°34 : Résultats de l’estimation du modèle à effets fixes
Fixed-effect(within)regresion Number of obs = 65
Group variable : BANQUES Number of groups =5
R-sq : Obs per groupe :
Within = 0,7077 Min = 13
Avg = 13,0
Between = 0,9017
Max = 13
Overall = 0,7619
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ F( 2,58 ) = 70,20
Corr(u_i,xb) = 0,4363 Prob > F = 0,0000
RCREPME Coefficients Ecart-type t P > |t [95% Conf. Interval ]
|
RSURLIQ -0,004791 0,000416 -11,51 0,000 - -
0,0005624 0,0003958
RRESVL 0,003394 0,0002662 1,27 0,207 - 0,0008723
0,0001935
Cons 0,0032601 0,0001036 31,48 0,000 0,0030528
0,0034674
Sigma _u = 0,00025689 (fraction de la variance des effets aléatoires)
Sigma _ e = 0,00027172 (fraction de la variance des effets fixes )
Rho = 0,471972 (fraction de la variance des effets individuels sur la variance
totale ou corrélation intragroupe)
F test that all u_ i = 0 : F (4, 58) = 9,23 et Prob > F =
0,0000
Source : Nos estimations par STATA 16.
Dans le tableau, il existe deux statistiques de Fisher. La première (en haut du
tableau) teste la significativité conjointe des variables explicatives et la seconde (en dessous
du tableau) teste la significativité conjointe des effets fixes introduits. L’examen de ces deux
tests (Prob > F =0 ,0000 et Prob> F = 0,0000) montre qu’il existe au moins un coefficient
significativement différent de zéro et les effets fixes sont significatifs.
L’estimation du modèle nous donne trois R² (R-sq Within, Between et
Overall). Pour le modèle à effets fixes, le R² le plus pertinent est le R² within car il donne une
idée de la part de la variabilité intra-individuelle de la variable dépendante expliquée par celle
des variables explicatives. Ainsi, R-sq within est élevé et montre que 70,77 % de la variabilité
de crédits octroyés par les banques aux Banques (variabilité intra-individuelle) est expliquée
par la variabilité intraindividuelle des variables explicatives (le ratio de surliquidité et le ratio
de réserve légale).
Le test de Student mesure la significativité des coefficients du modèle. Ce test
montre que la surliquidité a impact négatif et significatif sur le volume des crédits octroyés
251
par les banques commerciales aux PME, car la probabilité associée à son coefficient est
inférieure à 5%. La statistique "Rho" permet de montrer que 47 % de la variance est due aux
effets individuels du modèle.
L’estimation du modèle à effets aléatoires donne les résultats consignés dans le
tableau suivant :
Tableau n°35 : Résultats de l’estimation du modèle à effets aléatoires
Random-effect(Between)regresion Number of obs = 65
Group variable : BANQUES Number of groups =5
R-sq : Obs per groupe :
Within = 0,7076 Min = 13
Between = 0,9039 Avg = 13,0
Overall = 0,7625 Max = 13
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ Wald Chi2 (2) = 156,02
§§§§§§
Corr.(u_i,x) = 0 (assumed) Prob > Chi2 = 0,0000
RCREP Coefficient Ecart- z P > | z [95% Conf. Interval ]
ME s type |
RSURLIQ -0,0004971 0,000041 -12,14 0,000 - -0,0004168
0,0005774
RRESVL 0,0003246 0,00026 1,25 0,212 - 0,0008342
0,0001851
Cons 0,003302 0,0001372 24,07 0,000 0,0030331 0,0035709
Sigma _u = 0,00020212 (fraction de la variance des effets aléatoires)
Sigma _ e =0,00027172 (fraction de la variance des effets fixes )
Rho = 0,35621999 (fraction de la variance des effets individuels sur la
variance totale ou corrélation intragroupe)
Source : Nos estimations par STATA 16.
Dans le cas du modèle à effets aléatoires, le R² pertinent est le R² Between. Il
mesure la part de la variabilité inter-individuelle de la variable dépendante expliquée par celle
des variables explicatives. Le R² Within quant à lui donne une idée de la contribution des
effets aléatoires des banques au modèle.
Le R² Between montre que 90,39% de la variabilité inter-bancaire de volume
de crédit aux PME est expliquée par la variabilité inter-bancaire des variables explicatives du
modèle.
252
Les résultats du modèle à effets aléatoires montrent toujours que la surliquidité
bancaire a impact négatif et significatif sur le volume des crédits octroyés par les banques
commerciales aux PME, car la probabilité associée à son coefficient est inférieure à 5%.
Pour aboutir à un choix, il sera par la suite procédé aux tests de Breusch et
Pagan (le test du Multiplicateur de Lagrange) et de Hausman.
Le LM test permet de voir si l’estimateur Between est plus efficace et s’il est
nécessaire de rejeter l’estimation par les MCO dans sa dimension totale.
Le test de Hausman s’il est concluant, permet quant à lui, de choisir lequel des
estimateurs Within et Between est le plus efficace.
a) Test d’hétéroscédasticité : le LM test
Le test d’hétéroscédasticité effectué ici est celui de Breuch et Pagan ou encore
le LM test (Test du Multiplicateur de Lagrange). Il teste la significativité des effets
spécifiques.
La statistique est basée sur le test de Chi2.
Hypothèse du test :
H0 : Absence d’effets spécifiques
H1 : Présence d’effets spécifiques
En effet, Ho est rejetée si la probabilité du test de Breusch et Pagan est
inférieure à 5% et est acceptée dans le cas contraire.
Le test de Breusch et Pagan conclut ici au rejet de l’hypothèse nulle (Prob > Chibar2 = 0,0884
> 0,05), il y a donc des effets spécifiques entre les banques. L’estimation des MCO dans la
dimension totale peut alors être rejetée.
b) Test de Hausman
Le modèle à effets fixes et le modèle à effets aléatoires permettent de prendre
en compte l’hétérogénéité des données. Mais, les hypothèses sur la nature des effets
spécifiques diffèrent d’un modèle à un autre. Dans le premier modèle, il est supposé que les
effets peuvent être corrélés avec les variables explicatives du modèle. Dans le second cas, il
supposé que les effets spécifiques sont orthogonaux aux variables explicatives du modèle.
253
Le test de spécification d’Hausman permet de tester laquelle de ces deux
hypothèses du modèle est appropriée aux données. En d’autres termes, ce test permet de
choisir entre le modèle à effets fixes et le modèle à effets aléatoires, le meilleur.
Tableau n°36 : Test d’Hausman
---- Coefficients ----
| (b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
| FE RE Difference S.E.
-------------+---------------------------------------------------------------
RSURLIQ| -0,0004791 -0,0004971 0,000018 0,0000740
RRESVL| 0,0003394 0,0003246 0,0000148 0,0000571
------------------------------------------------------------------------------
b = consistent under Ho and Ha; obtained from xtreg
B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained from xtreg
Test: Ho: difference in coefficients not systematic
chi2(2) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B) = 6,02
Prob>chi2 = 0.0495
Le test d’Hausman indique une valeur inférieure à 5% (Prob > Chi2 = 0,0495 <
0,05). Le test de Hausman permet ainsi de différencier le modèle à effets fixes du modèle à
effets aléatoires. Le modèle à effets fixes est donc plus efficace que le modèle à effets
aléatoires.
Le modèle à effets fixes estimé donne ce qui suit :
RCREPMEit= 0,0032601 – 0,004791RSURLIQit +0,003394RRESVLit (3)
Le test individuel réalisé dans le modèle à effets fixes révèle que, seul le
coefficient du ratio de la surliquidité bancaire est significativement différent de zéro ; c’est-à-
dire que la surliquidité bancaire a des effets négatifs et significatifs sur le volume des crédits
octroyés aux PME par les banques commerciales en RDC (P > | z | = 0,000 < 5%).
Ces résultats corroborent avec notre analyse graphique faite dans l’approche
bivariée ; car la surliquidité bancaire était corrélée significativement et négativement au
volume des crédits octroyés aux PME par les banques commerciales.
254
4.1. Discussion partielle des résultats
Le test d’Hausman réalisé, montre que le modèle à effets fixes est préférable au
modèle à effets aléatoires.
Ce faisant, le test individuel réalisé dans le modèle à effets fixes révèle que,
seul le coefficient du ratio de la surliquidité est significativement différent de zéro ; c’est-à-
dire que la forte surliquidité des banques en RDC affecte négativement et significativement le
volume des crédits alloués aux PME ; donc cette catégorie d’entreprises est privée des
moyens financiers qu’elle juge importante pour financer leurs activités productives ; (P > | z |
= 0,000 < 5%). En effet, toute augmentation du ratio de surliquidité de 1 %, entraine la
baisse du volume des crédits que ces banques allouent aux PME de 0,47%.
4.2 Discussions des résultats et vérification des hypothèses
Vue sous l’angle macroéconomique : la surliquidité bancaire peut être
appréhendée par la somme des avoirs des banques auprès de la Banque centrale. Partant de
cette définition, on parlera de surliquidité du système bancaire lorsque le niveau de crédit
bancaire à l’économie, pour un niveau de transformation, n’augmente pas dans la même
proportion près au niveau des dépôts. Elle se traduirait dans ce cas par un gonflement des
avoirs des banques auprès de la Banque Centrale au-delà du niveau requis.
Ce faisant, la majorité des économies d'Afrique subsaharienne sont
caractérisées depuis plusieurs années par une situation de surliquidité de leur secteur bancaire,
reflet de la frilosité des banques commerciales à accorder des crédits au secteur privé. Cette
surliquidité bancaire, dont l'origine est à rechercher dans la faiblesse de l'environnement
institutionnel et juridique de ces pays, constitue un puissant frein à l'investissement et au
développement de l'activité des Petites et Moyennes Entreprises (PME).
La théorie des barrières à l'accès aux crédits bancaire (dans le cas de
l’exclusion bancaire comme facteur de la surliquidité bancaire) a été développée par plusieurs
auteurs qui ont procédé à des études comparatives sur le niveau de pénétration des services
bancaires et financiers dans différents pays. Certaines de ces études ((Caskey et al. ;
Chamberlain et Walker , Honohan , Ketley, Davis et Truen , Peachey et Roe ) se sont
limitées à une analyse statistique simple tandis que d'autres (Beck, Demirguc-Kunt et Peria,
Beck et al. ) ont procédé à une analyse économétrique des phénomènes observés et en ont
déduit les facteurs explicatifs provenant des banques.
255
Ainsi, les banques mettent des barrières financières à l'accès aux crédits par
particuliers lorsque celles-ci sont sur liquides. C'est ainsi que les barrières financières peuvent
se traduire par les conditions d'ouverture et de maintien d'un compte de dépôt. Elles sont
évaluées sur la base du montant minimal d'ouverture et des frais de tenue d'un compte chèque.
Beck, Demirguc-Kunt et Peria mesurent cette barrière par un indicateur qui représente la part
du PIB/habitant nécessaire à l'ouverture d'un compte et à son entretien.
Chamberlain et Walker estiment à 2%, la part maximale de revenu qu'une
personne peut consacrer aux frais bancaires. Au-delà, se crée un obstacle. Ketley, Davis et
Truen insistent particulièrement sur la barrière financière en détaillant davantage son contenu.
Ils y incluent notamment les charges liées au retrait à un distributeur automatique (DAB) ou
dans une agence, et les charges liées aux opérations de transfert électronique, aux paiements
par carte, etc. Alors, lorsqu'une banque est sur liquide elle a tendance à augmenter le montant
initial auquel un particulier devrait ouvrir un compte et même des frais que celui-ci devrait
débourser pour la tenue de son compte.
D'autres barrières financières utilisées par les banques pour exclure les
particuliers surtout lorsque celles-ci sont sur liquide, concerne l'accès aux crédits, à l'épargne
et aux assurances. Les refus de crédits bancaires sont fréquents, avec des variations selon les
banques. L'ancienneté dans la banque est un élément déterminant, avec l'emploi occupé et les
revenus, si bien que beaucoup de ménages s'en trouvent exclus (Sophie Ebermeyer, 2004).
Les ménages confrontés au refus, se tournent vers des organismes de crédit à la
consommation, qui ne servent parfois qu'à combler des découverts, à rembourser d'autres
crédits ou des membres de la famille. Pouvant souscrire à plusieurs de ces prêts, certains
ménages les multiplient et parviennent à des situations inextricables de surendettement, qui
les excluent des moyens de paiement momentanément. L'incitation à l'épargne, notamment
auprès des ménages modestes, semble être la stratégie partout suivie dans une perspective de
sécurisation du client, plus ou moins adaptée en fonction de la clientèle lorsque la banque est
sur liquide.
D’autres auteurs ont analysé le phénomène de la surliquidité pour en
déterminer les principaux facteurs endogènes et exogènes qui l'engendrent :
Pour AGENOR, AIZENMAN et HOFFMAISTER (2004), le phénomène dérive de la
contraction de l'offre de crédit par les banques commerciales.
256
DOLLAR et HALLWARD-DRIEMEIER (2000), affirment par contre que la
surliquidité, résulte de la baisse de la demande de crédit qui est due à la contraction de
la demande agrégée engendrée par la crise.
Le constat sur les idées émises par les deux groupes démontre que la surliquidité bancaire
peut être engendrée par plusieurs facteurs autres que la bonne gestion des risques auxquels les
banques commerciales sont exposées. Ces facteurs peuvent être soit externes ou internes aux
banques.
Albert KABANGU (2019), a montré que le secteur des PME en RDC occupe 90% du
marché de l’emploi au Congo, selon les statistiques de l’Office de promotion des
Petites et Moyennes Entreprises Congolaises (OPEC). Mais il est confronté au défi de
financement. Selon cet auteur, les promoteurs des PME de COPEMECO disent qu’ils
sont victimes d’une discrimination dans l’octroi des crédits auprès des banques.
Quelquefois elles leur imposent les taux d’intérêt très élevés enfin de les amener à se
décourager et rendre l’opération difficile.
En effet, les résultats de notre double analyse (statistique et économétrique)
confirment la thèse d’ AGENOR, AIZENMAN et HOFFMAISTER et celle d’Albert
KABANGU ; et, celle de l’exclusion bancaire comme facteur de la surliquidité bancaire a
été développée par Caskey et al. ; Chamberlain et Walker , Honohan , Ketley, Davis et Truen
, Peachey et Roe ) se sont limitées à une analyse statistique simple tandis que d'autres (Beck,
Demirguc-Kunt et Peria, Beck et al. ) ; car :
- Sur 146 PME enquêtées, 113 soit 77 % n’ont pas accès aux crédits bancaires, contre
33 PME, soit 23% qui ont accès aux crédits bancaires ;
- Sur 146 PME enquêtées, 138 soit 95 % ont exprimé le besoin de financement bancaire
soit 69 %, contre 8 soit 5 % qui n’en ont pas exprimé ;
- Sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles ont confirmé que le taux d’intérêt
bancaire est la grande contrainte à l’accès aux crédits, car il n’est pas bénéfique pour
elles, donc 135 soit 93 % l’ont confirmé, contre 6 soit 4 % qui ont parlé de l’exigence
d’avoir des hypothèques et autres garanties comme grande contrainte et 5 soit 3% ont
parlé des échéances de remboursement courtes et ne sont pas bénéfiques pour elles.
La méthode économétrique basée sur la technique de la modélisation des
données de panel nous nous permet de confirmer, à partir de la validation du modèle à effets
257
fixes par le test d’Hausman, que l’impact de la surliquidité sur le volume des crédits alloués
aux PME est très significatif et négatif.
Au regard de ces résultats, notre hypothèse de base est confirmée car les PME
accusent un sous financement des crédits suites aux facteurs endogènes et exogènes aux
banques commerciales. En effet, la surliquidité des banques commerciales évoluant en RDC a
une incidence significative et négative sur le volume des crédits accordés aux PME. Chaque
fois que les banques veulent devenir trop liquides, elles augmentent les barrières d’accès aux
crédits par les PME et maintiennent cette catégorie d’entreprises dans le sous financement.
- APPORT PERSONNEL
Autres que ceux que nous avons cité ci haut :
Berger et Udell (1998), ont insisté à travers leur recherche que certaines entreprises peuvent
rencontrer des contraintes financières spécifiques lorsqu’elles sont petites, jeunes ou
présentent des opportunités d’investissement risquées, telles que les activités d’innovation.
Les entreprises innovantes doivent être sujettes à de fortes contraintes financières, en raison
du risque élevé, du manque de garanties ainsi que de la forte opacité informationnelle qui les
caractérisent ;
Pour Fazzari, Hubbard et Petersen (1988), la contraintes de financement, en observant si
l’investissement est affecté significativement et positivement par l’indicateur de richesse
interne. Les études confirment la présence de contraintes financières si l’investissement est
affecté positivement par l’indicateur de richesse interne, introduit dans l’équation
d’investissement, mesuré le plus souvent par le cash-flow ;
Doumbia quant à lui argumente sa théorie par la faiblesse de l'environnement institutionnel et
judiciaire qui rendrait les banques frileuses dans leur offre de prêts aux entreprises du secteur
privé, particulièrement aux petites et moyennes entreprises.
La réticence des banques à fournir davantage de crédits à l'économie résulte principalement
du manque de projets d'investissement bancables, des lacunes en matière de normes
comptables, et d'un système judiciaire faiblement développé et souvent incapable de régler les
litiges potentiels entre prêteurs et emprunteurs ;
258
Kauffmann, propose que les gouvernements concernés, avec l'appui des organisations
internationales (Banque Mondiale, FMI), prennent les dispositions qui s'imposent pour
permettre de mieux orienter l'épargne au profit de l'investissement et du développement
économique. Parmi les mesures envisageables, il faudrait bien sûr améliorer l'environnement
des affaires, avec en particulier l'adoption de normes comptables et la création de cabinets
comptables indépendants, mais également la mise sur pied d'un système judiciaire sain,
facilitant le règlement des litiges contractuels entre prêteurs et emprunteurs ;
D’après le rôle stratégique du secteur bancaire dans l'économie, les autorités
congolaises doivent être plus décisives sur des réformes de secteur financier. Cependant,
davantage de progrès sur la réforme de secteur financier est plus que nécessaire pour
permettre aux banques de jouer entièrement leur rôle en augmentant l'efficience économique
et la croissance, et en aidant la RDC à réaliser son potentiel économique et à œuvrer pour
intégrer le système commercial multilatéral.
Cette modeste contribution à la compréhension d’une facette de l’univers
bancaire où les études empiriques abordant cette thématique viennent s’ajouter aux
nombreuses études empiriques sur les déterminants de la performance bancaire dans le
contexte congolais. Il est très important de souligner que cette étude présente certaines limites
méthodologique et/ou conceptuelle. Même si le panel des banques échantillonnées
représentent celle qui présentent des tableaux financiers fiables, la disponibilité des données a
limité les choix quant aux variables et aux analyses économétriques à appliquer à cette
recherche. Les résultats obtenus offrent des opportunités à des recherches futures et
s’appliquent à la théorie issue de notre recherche.
Notre apport dans cette recherche consiste à impliquer l’Etat Congolais
d’intégrer le circuit de demande des crédits pour garantir la relance économique des PME en
République Démocratique du Congo. Son rôle dans ce circuit n’est pas d’un observateur
plutôt de garant et d’un opérateur économique faisant partie intégrante aux opérations. Nous
l’avons illustré par une triangulation EBP (Etat, Banque et PME) cfr, schéma au deuxième
chapitre.2, dénommée théorie EBP Kally MB. qui se résume brièvement par:
Implication de l’Etat dans les relations qui opposent les pme et les banques :
Jouant ainsi le rôle de parrain auprès des pme à travers notre triangulation,
Restaurer les banques publiques de développement
obligation pour les banques de mettre les pme au centre de leurs activités
259
obligation pour les pme de former un personnel de qualité en matière.
Nous sommes heureux d’avoir apporté au monde scientifique et aux autorités
monétaires notre contribution par la théorie Kally KMB., laquelle va apporter à l’ETAT
Congolais, aux PME et aux BANQUES COMMERCIALES une solution aux difficultés liées à
la surliquidité bancaire et à l’octroi des crédits bancaires. La RDC doit tenir compte de son
environnement bancaire lequel opère avec des banques à capitaux étrangers qui ne favorisent
pas le décollage de son économie par PME locales. Elle doit s’impliquer à cette théorie Kally
KMB en investissant dans le secteur bancaire et jouir enfin son vrai rôle d’un opérateur
économique. Les études qui testent empiriquement cette relation sont plutôt rares.
Schéma 1. Faillite des PME et surliquidité des banques (résultats de nos prédécesseurs)
E B
PME
FAILLITE DES PME
et
SURLIQUIDITE
DES BANQUES
260
Schéma 2. Développement durable (notre APPORT)
E B P
DEVELOPPEMENT DURABLE
Théorie KallyKEMBO EBP
E : Etat
L’Etat s’implique dans le système financier par la création des banques
publiques d’une part et garant des crédits octroyés aux PME auprès d’autres Banques. Il cesse
d’etre observateur et simple percepteur d’impôts et taxes et favorise le blanchiment des
capitaux par les banques.
B : Banque
Elle est un Opérateur économique qui a la mission de faire le dépôt et retrait
des fonds des clients (ménages, entreprises ….) et octroyer des crédits aux opérateurs en
besoin de financement..
PME : Petites et Moyennes Entreprises en RDC
D'après la Charte des PME, rentre dans cette catégorie la micro entreprise
(moins de 50 employés) et la moyenne entreprise (51 à 200 employés.
Non seulement les PME sont les moteurs de la croissance et de la création
d'emplois au niveau local, mais elles contribuent aussi, de plus en plus, à relever des défis
prioritaires notamment en ce qui concerne le développement durable et la prestation des
services publics
261
Grace à cette recherche à travers ce schéma nous pouvons arriver à un
développement durable qui est Le développement durable est « un développement qui répond
aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux
leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987).
262
Conclusion du chapitre 4
L’approche méthodologique adoptée dans cette étude nous a permis de réaliser
l’analyse statistique et l’analyse économétrique.
1°) L’analyse statistique nous a permis d’dentier les facteurs qui expliquent le non accès des
PME aux crédits bancaires. Nous avons que certains facteurs sont endogènes aux PME (
l’ancienneté de la PME, la taille de la PME, le niveau d’alimentation du compte bancaire par
la PME, le niveau de rentabilité de la PME, le niveau de risque présenté par la PME , la nature
de la PME , le chiffre d’affaires de la PME et la tenue régulière des états financiers selon la
norme de l’OHADA ), et d’autres sont exogènes ( Les contraintes des garanties exigées par
les banques commerciales et les taux d’intérêt fixés par les banques , jugés moins bénéfiques
par les PME).
2°) L’analyse économétrique réalisée à travers un modèle des données de panel pour 5
banques opérationnelles dans la Ville de Kinshasa, nous a permis d’évaluer l’impact de la
surliquidité bancaire sur le volume des crédits alloués aux entreprises (PME). Le non accès de
plusieurs PME aux crédits bancaires fait que les banques évoluant en RDC soient surliquides
et cette surliquidité a impact négatif et significatif sur le volume des crédits accordés aux
PME. L s’ensuit que lesdites entreprises sont privées des moyens financiers qu’elles jugent
importantes pour le développement de leurs activités.
3°) Partant de ces deux analyses liées à la problématique de notre rédaction doctorale, cela
vient de chuter par notre apport si considérable illustré par la théorie EBP Kally MB et
importante et solution au décollage de l’économie congolaise en particulier et, aussi des autres
pays dont les PME sont confrontés aux mêmes difficultés d’accès aux crédits bancaires.
263
Conclusion partielle
L’approche méthodologique et l’analyse empirique réalisées dans cette partie
du travail constituent le levier décisionnel et d’efficacité de notre réflexion dans l’atteinte des
objectifs et dans la vérification des hypothèses.
Nous avons présenté l’état des lieux des banques, où chaque banque enquêtée
est surliquide et les dépôts collectés sont largement supérieurs aux crédits de ces banques à
l’économie.
La technique d’échantillonnage basée sur un questionnaire nous a permis de
collecter les données auprès des responsables des PME.
L’analyse statistique basée sur les tests de corrélation et de la régression
logistique nous a permis de visualiser les liens entre nos variables de contrôle.
La méthode économétrique basée sur la technique de la modélisation des
données de panel nous a permis, à partir de la validation du modèle à effets fixes par le test
d’Hausman, d’évaluer l’impact de la surliquidité sur le volume des crédits alloués aux PME.
264
CONCLUSION GENERALE
1. Voici le dénouement de notre recherche qui a traité de la « Surliquidité bancaire et sous
financement des PME en République Démocratique du Congo de 2010 à 2022 ».
2. Ce travail est divisé en deux parties hormis l’introduction générale la conclusion générale.
La première partie présente l’aspect théorique et la deuxième l’aspect pratique. La première
partie est subdivisée en deux chapitres.
Le premier chapitre a abordé les considérations générales. Il comprend deux
sections à savoir :
(i) étude théorique sur les concepts fondamentaux de base.
(ii) revue de la littérature empirique sur la surliquidité et financement des PME
Congolaises,
Le deuxième chapitre a mis l’accent sur le cadre d’étude sur le système bancaire congolais
avec deux sections :
(i) Aperçu historique du système bancaire congolais ;
(ii) Structures organiques et fonctionnelles des Banques Congolaises.
La deuxième partie a traité l’aspect pratique est subdivisé aussi en deux chapitres à savoir :
chapitre 3 : L’approche méthodologique de la recherche qui comprend trois sections à
savoir :
(i) présentation des milieux d’étude ;
(ii) méthodes et techniques de la recherche ;
(iii) thématique ou modèle de la recherche.
Le chapitre 4 : Présentation, Analyse et interprétation des résultats est subdivisé en deux
sections :
(i) Présentation, Analyse et interprétation des résultats des tableaux chiffrés et
(ii) Discutions des résultats et vérification des hypothèses.
- Résultats des tableaux ; et -Apport personnel.
265
3. L'objectif principal de cette étude est donc d’apprécier les effets positifs et négatifs de
la surliquidité bancaire sur le financement des PME. Deux autres objectifs spécifiques
découlent de cette étude qui sont :
Identifier les contraintes d’accès au financement bancaire ;
Proposer un modèle pour améliorer la bonne gouvernance entre les
banques et les PME,
4. Pour réaliser cette recherche doctorale, nous avons fait appel aux approches
quantitatives, qualitatives appuyées par les méthodes comparatives, statistiques,
systémiques, des ratios et techniques de sondage d’enquête, documentaires et
d’interview en utilisant le logiciel STATA 16
5. Existe-t-il un problème de sous-financement des Petites et Moyennes Entreprises et
de surliquidité bancaire en RDC ?
6. De cette problématique, nous avons retenu des hypothèses ci-après :
1°. Les facteurs qui expliquent l’accès difficile des PME aux crédits bancaires sont de
plusieurs ordres :
- la nature de la PME ou des activités qu’elle réalise ;
- le niveau du chiffre d’affaires ;
- la tenue régulière des états financiers selon la norme de l’OHADA ;
- leur incapacité à répondre aux obligations et conditions posées par les banques ;
- Et, à l’asymétrie de l’information.
2°. Les stratégies de la BCC en lutte contre la surliquidité bancaire consistent principalement
à contrôler la masse monétaire.
7. Les résultats de notre recherche, ont été rendus possibles grâce aux méthodes statistiques et
économétriques pour la collecte et le traitement des données.
1°) L’approche statistique réalisée nous a permis de faire une analyse univariée, une analyse
bivarée et une multivariée.
Dans l’analyse univariée, nous avons trouvé que :
- Sur 146 PME enquêtées, 113 soit 77 % n’ont pas accès aux crédits bancaires, contre
33 PME, soit 23% qui ont accès aux crédits bancaires ;
- Sur 146 PME enquêtées, 138 soit 95 % ont exprimé le besoin de financement bancaire
soit 69 %, contre 8 soit 5 % qui n’en ont pas exprimé ;
266
- Sur 146 PME enquêtées, 58 soit 40 % ont un chiffre d’affaires compris entre 10.001 et
20.000 USD ; 38 PME, soit 26 % ont un chiffre d’affaires compris entre 20.001 à
50.000 USD ; 20 soit 14% ont un chiffre d’affaires moins de 5.000 USD ; 17 soit 11%
ont un chiffre d’affaires 50.001 à 100.000 USD ; 13 soit 9 % ont un chiffre d’affaires
compris entre 5001 et 10.000 USD et aucune PME n’a un chiffre d’affaires supérieur à
100.000 USD ;
- Sur 146 PME enquêtées, la majorité d’entre elles ont confirmé que le taux d’intérêt
bancaire est la grande contrainte à l’accès aux crédits, car il n’est pas bénéfique pour
elles, donc 135 soit 93 % l’ont confirmé, contre 6 soit 4 % qui ont parlé de l’exigence
d’avoir des hypothèques et autres garanties comme grande contrainte et 5 soit 3% ont
parlé des échéances de remboursement courtes et ne sont pas bénéfiques pour elles.
Dans l’analyse bivariée, nous avons trouvé que l’accès aux crédits bancaires
par les PME est lié significativement :
à la nature de la PME ;
au chiffre d’affaires de la PME ;
à la tenue régulière des états financiers selon la norme de l’OHADA ;
aux contraintes imposées par les banques commerciales ;
au paiement des impôts et taxes par les PME.
La différence des moyennes pour les PME qui accèdent et celles qui n’accèdent
pas aux crédits bancaires par rapport à leurs ancienneté est négative et significative car la P-
Value associée est inférieure à 0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0069 < 0,05. L’accès aux crédits
bancaires est lié aussi à l’ancienneté de la PME.
La différence des moyennes pour les PME qui accèdent et celles qui n’accèdent
pas aux crédits bancaires par rapport à leurs tailles est négative et significative car la P-Value
associée est inférieure à 0,05 ; soit Pr(T < t) = 0.0001 < 0,05. L’accès aux crédits bancaires est
lié aussi à la taille de la PME.
Dans l’analyse multivariée, nous avons trouvé que , sur 16 variables
exogènes, 8 ont des incidences significatives sur l’accès des PME aux
crédits bancaires car leurs P-Values sont inférieures à 5%. Il s’agit de :
La nature de la PME ;
L’ancienneté des agents ;
Le niveau d’alimentation du compte bancaire pour les PME ;
Le niveau du chiffre d’affaires pour les PME ;
267
La tenue régulière de la comptabilité et des états financiers selon les normes
OHADA ;
Les contraintes des garanties exigées par les banques commerciales ;
Le niveau de rentabilité de la PME ;
Le niveau de risque présenté par la PME.
En somme, les 8 facteurs énumérés, sont ceux qui expliquent le non accès des
PME aux crédits bancaires dans la ville province de Kinshasa.
2°) La méthode économétrique nous a permis d’utiliser les données de panel afin de prendre
en compte la dimension temporelle et en coupe transversale ; et aussi prendre en compte
l'hétérogénéité des différents individus observés, ce qui revient à parler de l'hétérogénéité
entre les 5 banques commerciales de notre panel (TMB, RAWBANK, Equity-BCDC,
ECOBANK et Accès-Bank). Basée sur la technique de la modélisation des données de panel
nous a permis, à partir de la validation du modèle à effets fixes par le test d’Hausman,
d’évaluer l’impact de la surliquidité sur le volume des crédits alloués aux PME.
Le test d’Hausman indique une valeur inférieure à 5% (Prob > Chi2 = 0,0495 <
0,05). Le test de Hausman permet ainsi de différencier le modèle à effets fixes du modèle à
effets aléatoires. Le modèle à effets fixes est donc plus efficace que le modèle à effets
aléatoires.
Le modèle à effets fixes estimé donne ce qui suit :
RCREPMEit= 0,0032601 – 0,004791RSURLIQit +0,003394RRESVLit (3)
Le test individuel réalisé dans le modèle à effets fixes révèle que, seul le
coefficient du ratio de la surliquidité bancaire est significativement différent de zéro ; c’est-à-
dire que la surliquidité bancaire a des effets négatifs et significatifs sur le volume des crédits
octroyés aux entreprises ( PME) par les banques commerciales en RDC (P > | z | = 0,000 <
5%).
Ces résultats corroborent avec notre analyse graphique faite dans l’approche
bivariée; car la surliquidité bancaire était corrélée significativement et négativement au
volume des crédits octroyés aux PME par les banques commerciales.
8. RECOMMANDATIONS
268
Faisant suite aux obstacles ci-après énumérés confrontés par les banques dans
le ciblage des PME et les PME à obtenir les crédits sollicités auprès des banques ; incitant
ainsi la surliquidité à savoir : (i) manque d'information sur les activités des PME ; (ii)
réticence des PME à rembourser le prêt ; (iii) gestion et situation financière opaque des PME ;
(iv) demande de prêts des PME est disproportionnelle à leur activité ; (v) PME trompent à
dessein ;(vi) absence d'une culture financière ; (vii) PME gardent trop d'argent en espèce, ne
mettent pas leur argent à la banque ;(viii) absence de documents financiers audités ;(ix)
comptabilité non fiable ;(x) PME ont une demande très diversifiée ; (xi) profil des PME ne
convainc pas nos banques ;(xii) Systèmes informatiques ;(xiii) manque d'information a été
l’obstacle principal identifié par les banques) ;
Nous recommandons ce qui suit :
Implication de l’Etat dans les relations qui opposent les pme et les banques :
Jouant ainsi le rôle de parrain auprès des pme à travers notre triangulation,
Restaurer les banques publiques de développement
obligation pour les banques de mettre les pme au centre de leurs activités
obligation pour les pme de former un personnel de qualité en matière.
Ces recommandations qui corroborent à notre théorie ou ajout de recherche.
Au terme de cette étude qui a porté sur « la Surliquidité bancaire et le sous-
financement des Petites et Moyennes Entreprises en République Démocratique du Congo,
« cas du panel bancaire de 2010 à 2022 », nos objectifs ont été atteints à travers une
approche méthodologique adaptée. Ces résultats viennent de confirmer nos hypothèses et
nous permettent d’aboutir à notre apport dans cette recherche.
Notre apport dans cette recherche consiste à impliquer l’Etat Congolais
d’intégrer le circuit de demande des crédits pour garantir la relance économique des PME en
République Démocratique du Congo. Son rôle dans ce circuit n’est pas d’un observateur
plutôt de garant et d’un opérateur économique faisant partie intégrante aux opérations. Nous
l’avons illustré par une triangulation (schéma) au deuxième chapitre que nous avons baptisé
théorie EBP Kally MB.
RECOMMANDATIONS
269
Faisant suite aux obstacles ci-après énumérés confrontés par les banques dans
le ciblage des PME et les PME à obtenir les crédits sollicités auprès des banques ; incitant
ainsi la surliquidité à savoir : (i) manque d'information sur les activités des PME ; (ii)
réticence des PME à rembourser le prêt ; (iii) gestion et situation financière opaque des PME ;
(iv) demande de prêts des PME est disproportionnelle à leur activité ; (v) PME trompent à
dessein ;(vi) absence d'une culture financière ; (vii) PME gardent trop d'argent en espèce, ne
mettent pas leur argent à la banque ;(viii) absence de documents financiers audités ;(ix)
comptabilité non fiable ;(x) PME ont une demande très diversifiée ; (xi) profil des PME ne
convainc pas nos banques ;(xii) Systèmes informatiques ;(xiii) manque d'information a été
l’obstacle principal identifié par les banques) ;
Nous recommandons ce qui suit :
Implication de l’Etat dans les relations qui opposent les pme et les banques :
Jouant ainsi le rôle de parrain auprès des pme à travers notre triangulation,
Restaurer les banques publiques de développement
obligation pour les banques de mettre les pme au centre de leurs activités
obligation pour les pme de former un personnel de qualité en matière.
Ces recommandations qui corroborent à notre théorie ou ajout de recherche.
270
BIBLIOGRAPHIE
1. OUVRAGES
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- érudit, J, St Pierre, Revue internationale PME et l’entrepreneur.
- ESKA/Banque et industrie
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différentes étapes de Développement du marché.
- Fonds monétaire international, (2005) : « Mise en œuvre de la politique monétaire à
différentes étapes de Développement du marché.
- Gestion scientifique Marocaine
- Le Monde 7
- OCDE sur le développement 2004
- Revue Française d’économie, J.B Chatelin
- Système financier et création de valeur ; Revue d'économie financière
- VAR bayésiens : une enquête sur les récentes littératures with an Application to the
European Monetary System,’’ Rapport technique Document de travail du FMI
WP/03/102 Washington, DC : Fonds monétaire international.
Articles scientifiques récents
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faux-semblants ;
- Alain P (2005), L'économie faite homme ;
- Étienne. A (2016) : La Banque-carrefour de la sécurité sociale et les interlocuteurs
- Hubert B : Le Crédit agricole (1951-2001) : De la banque des campagnes à la
banque universelle ;
- Magne C, F. Villot (2020): D’un contrôle de la chaîne comptable et financière à un
contrôle à 360° de la chaîne productrice d’action publique dans les collectivités
territoriales ;
- Narassigui P. (2009), Fiches de Monnaie, banque et financement de l'économie ;
- Nicolas F Les salariés de PME : d'une spécificité des relations sociales à un
rapport particulier aux Prud'hommes ?
283
- Olivier M (2011) ; Les règles d'or pour réussir le financement de votre entreprise
- Olivier M ; (2009) : Les règles d'or pour réussir le financement de votre entreprise ;
Sociaux ;
- Sylviane G.J. (2020) :L'indépendance de la Banque Centrale des États de l'Afrique de
l'Ouest : une réforme souhaitable ?;
- Sylvie C (2012) : Quel avenir pour la relation banque – entreprise ?
- Xavier V. (2007), Actualité de la responsabilité financière des gestionnaires
publics
b) Rapports Officiels
- African Banker (magazine, éd. Française). RDC Congo: Un tournant pour les
Investisseurs?, France, avril, mai et juin 2011
- BANQUE DES RÈGLEMENTS INTERNATIONAUX (2001), « 1e rapport annuel : 1er avril 2000-31
mars 2001 », Banque des règlements internationaux
- Bulletin de la BCCBRU janvier 1957
- Bulletin de la BCCBRU, cité par MABI MULUMBA 2002
- COMITÉ DE BÂLE Septembre 1997
- COMITÉ DE BÂLE, “Saines pratiques pour la gestion et la surveillance du risque
opérationnel”, Banque des Règlements Internationaux. 2003
- J-C MASANGU au journal Observateur sur la journée internationale de l’épargne ;
multipay Congo SA, une stard-up mature active pour l’inclusion financière. Published 21
aout 2019/Rédaction
- L’ordonnance loi n°72004 du 14 janvier1972 relative à la production ou l'épargne ou
contrôle des intermédiaires
- Interview de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et de
Bertille Delaveau, Responsable du Centre sur le Changement Climatique de la Banque de
France ;
- L’accompagnement des entreprises en difficulté (Annales des Mines - Réalités
industrielles) ;
- RAPPORT Annuel de TMB 2018
284
- RAPPORT D'INFORMATION : en application de l'article 145 du Règlement par la
commission des finances, de l'économie générale et du plan sur la régulation de la
mondialisation financière, et présenté par Mme. gérard fuchs et daniel feurtet
- SA MULTIPAY CONGO, une stard-up mature active pour l’inclusion financière. Published
21 aout 2019 .
-Denis C. (2020) : Rapport pour la création d’un Centre interdisciplinaire et international
sur les handicaps au sein de l’EHESP : formation, recherche et expertise;
-Les NTIC en petites entreprises Réseaux 2003 ;
-Rapport de la Banque Centrale du Congo 2003, 2004,2007, 2009, 2011-2022.
-Rapport de la CEMAC 2003, 2020
Mémoires de DEA et THESES
Mémoires de DEA
- ANTEBLIAN, F ET ROEDERER (2013) : Comment les banques valorisent-elles le multicanal
auprès de leurs clients pour leur donner confiance et les fidéliser ?
- BULABI R. B. (2019) : Quels sont les défis de l'adoption des systèmes de planification
des ressources d'entreprise ERP à la demande dans les PME ?
- Croissance organique, croissance externe, quel impact sur la culture d'entreprise d'une
PME ?
- KEMBO M K. (2021) : Problématique de la gestion des risques et les dispositifs de Bale
dans le système bancaire en République Démocratique du Congo »Cas de TMB et
RAWBANK de 2014 – 2018
- OUDRAGO F.R (2007) : Innovation managériale - Croissance de l'entreprise et travail à
distance dans les PME et JEI
- ROMER F (2014) .Comment les banques privées peuvent-elles adapter leurs stratégies
d'investissement pour protéger et faire fructifier le patrimoine de leurs clients dans un
environnement marqué par l'inflation et des taux d'intérêt élevés ?
285
THESES
- Emmanuel DREYFUS,(2013) Idées économiques et formation des élites
- Albert SCHATZ (2013) : L’Individualisme économique et social (1907), Paris, Les Belles
Lettres, coll. « Bibliothèque classique de la liberté ».
- BEGUY Olivier (2012) : Trois essais sur la surliquité bancaire dans la communauté
économique et monétaire d’Afrique centrale (cemac)
- HEEM G. : Le contrôle interne du risque de crédit bancaire, thèse de doctorat, Université
de Nice – Sophia Antipolis (2000)
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Nîmes. ,
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de doctorat, Université Lumière Lyon 2, 2005.
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sciences de gestion, ESA de Lille. 1994
- Seydou Ouédraogo : BANQUES ET TRANSMISSION MONETAIRE DANS L’UEMOA :
Effets des bilans bancaires, de la concentration bancaire et de l’excès de liquidité bancaire
sur l’efficacité de la politique monétaire de la BCEAO
-ASMA G,: « Traitement des dossiers refuses dans le processus d'octroi de crédit aux
particuliers » Thèse de doctorat en Gestion, l’institut Supérieur de gestion (Sousse) (2014)
c) SEMINAIRES SUIVIS
- Problèmes actuels des institutions financières Internationales
- Audit et Révisions des comptes
- Comptabilité de gestion
- Economie financière appliquée
- Analyse, décisions et chois des investissements
- Marché et financement du développement
286
- Méthodes de recherche en sciences de gestion
- Théories et gestion du portefeuille
- Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
- Information Psycho Pédagogique
- Système comptable comparé Approfondi
- Psychologie pour adulte
- Technique de communication Pédagogique
- Anglais Scientifique
- Théorie Financière et création des valeurs
- Colloque sur l’épistémologie
- Colloque sur les techniques de recherche et de rédaction des thèses.
2. DICTIONNAIRES
- Larousse.
- Le Robert
- Hachette Livre.
- Oxford University Press
- Garnier.
3. WEBOGRAPHIE
- Chandra, N., E. W. Tallman (1997) : « Les agrégats financiers comme informations
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Taux de change : une analyse comparative de la zone CFA », https//[Link]
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- Saxegaard (2006), « Les mécanismes qui sous-tendent ces différentes situations de
surliquidité peuvent être mis en évidence à travers une analyse en termes d’offre et de
demande de crédit », https//[Link]
- Rachida HENNANI, (2016), « Surliquidité bancaire et le comité de Bale »
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- Mohanty M.S., P. Tumer, (2006) : « Accumulation des réserves de changement dans les
économies émergentes, https//[Link]
Moriyama K, A. Naseer, (2009) : « Prévisions d'inflation au Soudan »,
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- Stock J., M. Watson, (2002) : « Prévisions macroéconomiques à l'aide d'indices de
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Preston J. M., W. Roberds, (1987) : « La signification quantitative de la critique de Lucas »,
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289
ANNEXES
Annexe 1
290
BASE DES DONNEES (Statistiques des banques en milliers des CDF)
DEPOTS RESERVE
ANNEE CREDITS AUX CREDITS EFFECTUE S
BANQUES S PME OCTROYES S LEGALES
TMB 2010 321265 73014676 175548456 1200365
2011 519312 118025521 237742866 1420325
2012 538120 122299944 309260299 1689750
2013 854050 194102293 396047439 1989369
2014 808385 183723870 471273333 2252368
2015 893211 203002455 509015474 2895452
2016 1232396 280090000 592773742 3251352
2017 1556553 353762057 850782958 3659872
2018 1906846 433374001 1196521729 4562365
2019 893211 203002455 1452452311 6856892
2020 1335670 303561456 1645231520 8952152
2021 1863703 423568789 1878320145 11789562
2022 2504143 569123456 1989652123 13568925
RAWBANK 2010 389183 88450665 272136473 2020347
2011 621033 141143791 367242839 2304729
2012 914801 207909408 448571827 2929472
2013 1171025 266141935 511554734 4700622
2014 1365029 310233944 634634523 5217060
2015 2087037 474326520 807426720 7413814
2016 3048438 692826840 1067826780 9508612
2017 4310416 979640075 1586145135 13312125
2018 4771033 1084325635 1889847314 16357987
2019 5715443 1298964357 2521440435 18985063
2020 6628369 1506447538 4367754887 22630145
2021 7856164 1785491705 6403782392 25841187
2022 11335958 2576354118 6531086360 29691427
EQUITY-BCDC 2010 877683 199473301 247613522 88611312
2011 912907 207478908 356078672 92875652
2012 1120141 254577412 382472852 98622388
2013 1308445 297373891 412586947 101657675
2014 1414233 321416580 512340950 112584314
2015 1726882 392473113 632311412 122542982
2016 2042682 464245977 994602713 182412892
2017 3145370 714856737 1221284698 199314882
2018 4375720 994481908 1793530686 2135611712
2019 5343789 1214497405 2750153734 234562315
2020 7190957 1634308359 4264784865 269698880
2021 8778906 1995205955 6371939386 273781143
291
2022 9258971 2104311652 6742412711 298872448
ECOBANK 2010 131728 29938118 68720583 105608
2011 138894 31566766 72598788 128352
2012 169060 38422723 80582989 150968
2013 180109 40933772 84585415 180603
2014 195725 44482998 96492344 204147
2015 220960 50218190 108942312 302981
2016 244696 55612706 112882144 335444
2017 274325 62346623 126443455 395668
2018 305038 69326788 132611542 403195
2019 316675 71971487 164629009 472239
2020 336524 76482763 251146063 501158
2021 354562 80582312 290380140 625142
2022 424215 96412581 342463511 722314
ACCES-BANK 2010 108720 24709054 35890626 134629
2011 278678 63335922 72920061 153160
2012 388058 88195081 114774723 192660
2013 489951 111352612 162121307 436226
2014 617339 140304291 218591043 462740
2015 765502 173977821 248682326 478680
2016 918600 208772785 342168728 542720
2017 1083948 246351877 382563412 584663
2018 1257380 285768183 421658223 642522
2019 1433413 325775735 501675148 689330
2020 1605423 364868823 550673840 752763
2021 1765965 401355705 650718340 805352
2022 1907242 433464163 710311201 823446
Annexe 2
292
Tableau n°32: Analyse de la surliquidité à la RAWBANK (montants en milliers de
CDF).
CREDITS RATIO DE
AUX LA
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES SURLIQUIDT
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES E
389183 88450665 272136473 2020347 3,0767
2010
621033 141143791 367242839 2304729 2,6019
2011
914801 207909408 448571827 2929472 2,1575
2012
1171025 266141935 511554734 4700622 1,9221
2013
1365029 310233944 634634523 5217060 2,0457
2014
2087037 474326520 807426720 7413814 1,7023
2015
3048438 692826840 1067826780 9508612 1,5413
2016
4310416 979640075 1586145135 13312125 1,6191
2017
4771033 1084325635 1889847314 16357987 1,7429
2018
5715443 1298964357 2521440435 18985063 1,9411
2019
6628369 1506447538 4367754887 22630145 2,8994
2020
7856164 1785491705 6403782392 25841187 3,5866
2021
11335958 2576354118 6531086360 29691427 2,5350
2022
MOYENN 3862609,923 877865887 2108419263 12377891,54 2,259353846
E
Source : Rapports annuels de la RAWBANK
La RAWBANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 3862609,92 milliers
de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 877865887,00 et contre le dépôt moyen
annuel collecté de 2108419263 et une réserve légale de 12377891,54. Soit un ratio de surliquidité de
2,26 largement supérieur à 1 et à la norme.
293
Tableau n° 33 : Analyse de la surliquidité à la TMB (montants en milliers de CDF).
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
2010 321264,5744 73014676 175548456 1200365 2,404290009
2011 519312,2924 118025521 237742866 1420325 2,014334391
2012 538119,7536 122299944 309260299 1689750 2,528703521
2013 854050,0892 194102293 396047439 1989369 2,040405772
2014 808385,028 183723870 471273333 2252368 2,565117603
2015 893210,802 203002455 509015474 2895452 2,507435065
2016 1232396 280090000 592773742 3251352 2,116368817
2017 1556553,051 353762057 850782958 3659872 2,404958195
2018 1906845,604 433374001 1196521729 4562365 2,76094488
2019 893210,802 203002455 1452452311 6856892 7,154850965
2020 1335670,406 303561456 1645231520 8952152 5,419764227
2021 1863702,672 423568789 1878320145 11789562 4,43451027
2022 2504143,206 569123456 1989652123 13568925 3,495993887
MOYENN
E 1171297,252 266203921,00 900355568,8 4929903,769 3,219052123
Source : Rapports annuels de la TMB
La TMB a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 1171297,25 milliers de
CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 266203921,00 et contre le dépôt moyen annuel
collecté de 900355568,8 et une réserve légale de 4929903,77. Soit un ratio de surliquidité de 3,22
largement supérieur à 1 et à la norme.
294
Tableau n°34: Analyse de la surliquidité à l’AQUITY-BCDC (montants en milliers de
CDF).
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
877682,524 199473301 247613522 88611312 1,24133666
2010
912907,195 207478908 356078672 92875652 1,71621624
2011
1120140,61 254577412 382472852 98622388 1,5023833
2012
1308445,12 297373891 412586947 101657675 1,38743501
2013
1414232,95 321416580 512340950 112584314 1,59400909
2014
1726881,7 392473113 632311412 122542982 1,61109485
2015
2042682,3 464245977 994602713 182412892 2,14240459
2016
3145369,64 714856737 1221284698 199314882 1,7084328
2017
4375720,4 994481908 1793530686 2135611712 1,80348247
2018
5343788,58 1214497405 2750153734 234562315 2,26443772
2019
7190956,78 1634308359 4264784865 269698880 2,609535
2020
8778906,2 1995205955 6371939386 273781143 3,19362488
2021
9258971,27 2104311652 6742412711 298872448 3,20409418
2022
MOYENN 3653591,17 830361631 2052470242 323934507 1,99834514
E
Source : Rapports annuels de l’EQUITY-BCDC
L’EQUITY-BCDC a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 3653591,17
milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 830361631 et contre le dépôt
moyen annuel collecté de 2052470242 et une réserve légale de 323934507. Soit un ratio de
surliquidité de 1,99 largement supérieur à 1 et à la norme.
295
Tableau n°35: Analyse de la surliquidité à l’ECOBANK (montants en milliers de CDF).
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
131727,719 29938118 68720583 105608 2,29542094
2010
138893,77 31566766 72598788 128352 2,29984877
2011
169059,981 38422723 80582989 150968 2,09727429
2012
180108,597 40933772 84585415 180603 2,06639679
2013
195725,191 44482998 96492344 204147 2,16919606
2014
220960,036 50218190 108942312 302981 2,1693795
2015
244695,906 55612706 112882144 335444 2,02979053
2016
274325,141 62346623 126443455 395668 2,02807223
2017
305037,867 69326788 132611542 403195 1,91284705
2018
316674,543 71971487 164629009 472239 2,28741986
2019
336524,157 76482763 251146063 501158 3,28369495
2020
354562,173 80582312 290380140 625142 3,60352207
2021
424215,356 96412581 342463511 722314 3,55206247
2022
MOYENN 253270,034 57561371,3 148652177 348293,769 2,4457635
E
Source : Rapports annuels de l’ECOBANK
L’ECOBANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de 253270,03
milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 57561371,3 et contre le
dépôt moyen annuel collecté de 148652177 et une réserve légale de 348293,77. Soit un ratio
de surliquidité de 2,44 largement supérieur à 1 et à la norme.
296
Tableau n°36: Analyse de la surliquidité à l’ACCES-BANK (montants en milliers de
CDF).
CREDITS
AUX
ENTREPRISE CREDITS DEPOTS RESERVES RATIO DE LA
ANNEES S OCTROYES EFFECTUES LEGALES SURLIQUIDTE
108719,838 24709054 35890626 134629 1,45252934
2010
278678,057 63335922 72920061 153160 1,15132233
2011
388058,356 88195081 114774723 192660 1,30137329
2012
489951,493 111352612 162121307 436226 1,45592729
2013
617338,88 140304291 218591043 462740 1,55797832
2014
765502,412 173977821 248682326 478680 1,42939097
2015
918600,254 208772785 342168728 542720 1,63895274
2016
1083948,26 246351877 382563412 584663 1,55291454
2017
1257380,01 285768183 421658223 642522 1,47552544
2018
1433413,23 325775735 501675148 689330 1,53994019
2019
1605422,82 364868823 550673840 752763 1,50923786
2020
1765965,1 401355705 650718340 805352 1,62130084
2021
1907242,32 433464163 710311201 823446 1,63868495
2022
MOYENN 970786,233 220633235 339442229 515299,308 1,48654447
E
Source : Rapports annuels de l’Accès-Bank
L’ACCES-BANK a un volume moyen annuel des crédits alloués aux entreprises de
970786,23 milliers de CDF sur une moyenne annuelle des crédits octroyés de 220633235 et
contre le dépôt moyen annuel collecté de 339442229 et une réserve légale de 515299,31. Soit
un ratio de surliquidité de 1,49 largement supérieur à 1 et à la norme.
297
298
Annexe 3.
QUESTIONNAIRE DE L’ENQUETE SUR NOS RECHERHES
SUR LA SURLIQUIDITE BANCAIRE ET LE SOUS FINANCEMENT DES PME EN
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO « 2010-2020 »
L’enquête est conduite par nous-mêmes (KEMBO MBATU KALLY), doctorant
en sciences économiques et de gestion de l’Université Pédagogique
Nationale(UPN) en vue de rendre fiable et crédible notre étude à travers les
données sur la question de recherche. Notre questionnaire s’adresse à 146 PME
et un panel de 5 banques Commerciales qui exercent leurs activités en RDC ;
nous citons : RAWBANK, TMB, EQUITY BANK, ECOBANK et ACCESS BANK, un
échantillon que nous jugeons valablement représentatif en vue de vérifier les hypothèses
émises dans notre recherche.
Sachant combien est sensible la question de la trésorerie tant auprès des PME qu’aux
banques, cette enquête est réalisée en vertu d’un accord de confidentialité avec chacune
d’elles auprès des hauts responsables des PME et banques concernées. Ces banques à
majorité à capitaux étrangers sont des filiales exerçant leurs activités en RDC et c’est auprès
d’elles que la collecte d’informations a été possible. Pour certaines autres questions jugées
très pertinentes, nos interlocuteurs ont émis des sérieuses retenues et de réserves.
Questionnaire
Notre objectif est de recueillir vos opinions sur « les déterminants d’accès aux crédits
bancaires par les PME »
La réalisation et l’objectivité d’une telle démarche n’est possible que si votre participation et
franche collaboration sont incluses, et nous vous prions de bien répondre au questionnaire
suivant :
299
1° Identification de l’Enquêté.
I. Votre ancienneté est de : ……………….ans
II. Nature de la PME
1. Entreprise individuelle : 2. Entreprise collective 3. Entreprise familiale :
III. Votre domaine d’activité
1 .Commerce 5. Santé
2. Agriculture
3. Service
4. Industrielle
IV. Taille de votre PME(ou nombre de personnes employés) :………………….
2° Aspects liés à l’accès aux crédits bancaires
V. Avez-vous besoin de financement bancaire pour augmenter votre capital ?
VI. Accédez-vous aux crédits bancaires ?
1. OUI : 0 NON :
VII. Formulez-vous combien de demandes des crédits bancaires par année ?....................
VIII. Votre PME a au moins un compte bancaire ?
1. OUI : 0. NON
IX. Votre compte bancaire est –il régulièrement alimenté ?
1. OUI 0. NON
X. Votre chiffre d’affaires est compris entre (en dollars américains)
1. Moins de 5 000 USD 6. Plus de 100 000 USD
2. De 50001 à 10 000 USD
300
3. De 10 001 à 20 000 USD
4. De 20 001 à 50 000 USD
5. De 50 0001 à 100 000 USD
XI. Tenez-vous régulièrement la comptabilité et vos états financiers ?
1. OUI [Link]
XII. Vos états financiers sont-ils tenus et actualisés selo n la norme de l’OHADA ?
1. OUI [Link]
XIII. Quelle est la grande contrainte posée par les banques et qui vous empêche
d’accéder à leurs crédits ?
1 .Le taux d’intérêt n’est pas bénéfique pour nous.
2. L’exigence d’avoir des hypothèques et autres garanties
3. Les échéances de remboursement sont très courtes et non bénéfiques pour nous.
IX. Votre PME paie régulièrement les impôts et taxes de l’Etat ?
1. OUI 0. NON
X. Votre PME paie régulièrement les salaires des employés ?
1. OUI 0. NON
XI. Votre activité est-elle ?
1. Moins rentable [Link] 3..Très rentable
XII. Votre activité est :
1. Moins risquée [Link]ée 3..Très risquée
Merci d’avance
301
TABLE DES MATIERES
Dédicace..................................................................................................................................................i
Epigraphe...............................................................................................................................................ii
Remerciements......................................................................................................................................iii
Abréviations Et Sigles...........................................................................................................................iii
Liste Des Tableaux...............................................................................................................................vii
Liste des graphiques.............................................................................................................................viii
Liste des diagrammes.............................................................................................................................x
Résume..................................................................................................................................................xi
Abstract................................................................................................................................................xii
INTRODUCTION GENERALE............................................................................................................1
1. Contexte de l’étude........................................................................................................................1
2. Etat de la question..........................................................................................................................6
3. Problématique..............................................................................................................................19
4. Hypothèses de la recherche.........................................................................................................23
5. Objectifs de la recherche..............................................................................................................24
3.1. Objectif Général......................................................................................................................24
6. Méthodologie sommaire.............................................................................................................24
7. Délimitation..................................................................................................................................24
8. Structure du travail.......................................................................................................................25
Première partie : CADRE THEORIQUE.............................................................................................26
Chapitre premier : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LA POLITIQUE MONETAIRE ET
LE FINANCEMENT DES PME..........................................................................................................27
1.1. La revue théorique des concepts fondamentaux de base............................................27
Surliquidité...........................................................................................................................27
[Link]. Définitions :......................................................................................................29
[Link]. L'entreprise selon l'approche juridique............................................................30
Tableau N°1 : Eléments de la définition de PME selon l’Union Européenne.............33
Tableau N°2 : Classification des PME Congolaises....................................................34
[Link] Définition............................................................................................................................35
1.1.2. Origine de la banque et monnaie..........................................................................................35
1.1.3. Sortes des banques................................................................................................................35
1.1.4. Rôle des banques.................................................................................................................36
[Link]. La monnaie : fonctions, formes et défaillances...................................................................39
[Link]. Définition............................................................................................................................40
302
1.1.1. Crédit...............................................................................................................................40
[Link]. Objectifs finals...................................................................................................................51
[Link]. Objectifs intermédiaires.....................................................................................................51
[Link]. Objectifs opératoires...........................................................................................................52
1.2.4 Instruments de la politique monétaire...................................................................................52
1.2.5. Les canaux de transmission de la politique monétaire.........................................................54
a) Définition....................................................................................................................................54
b) Les différentes catégories des canaux de transmission..............................................................55
Évaluation générale..........................................................................................................................64
Quatre leçons à tirer pour ce mécanisme de la politique monétaire...............................................65
Les canaux de transmission de la Banque Centrale du Congo (BCC)................................................67
[Link]. Le canal de crédits bancaires............................................................................................67
[Link]. Le canal de taux de change...............................................................................................68
[Link]. Le canal de taux d’intérêt.................................................................................................68
1°. Le taux de réescompte........................................................................................................69
Fonctionnement des canaux de transmission de la politique monétaire.........................................70
Graphe 1 : Courbe IS......................................................................................................................72
Graphe 2 : Courbe LM....................................................................................................................74
Graphe 3 : Courbe BP.....................................................................................................................75
La liquidité et la surliquidité.............................................................................................................75
[Link]. Fondements théoriques de la question de surliquidité.......................................................78
Conclusion...........................................................................................................................................87
Chapitre deuxième : CADRE DE L’ETUDE SUR LE SYSTÈME BANCAIRE CONGOLAIS........90
2.1. Aperçu historique......................................................................................................................90
2.1.1. Surliquidité bancaire et risque................................................................................................91
[Link]. Présentation des différents risques auxquels les banques sont exposées...........................92
[Link]. Fondements théoriques sur la relation entre la surliquidité bancaire et la gestion des
risques par les banques....................................................................................................................99
2.1.2. Surliquidité bancaire comme résultat d'une bonne gestion de risques................................107
2.2. Structures organiques et fonctionnelles..................................................................................114
2.2.1. Manifestations de la surliquidité en RDC.............................................................................119
2.2.4. Causes de la surliquidité bancaire........................................................................................127
1. le dirigeant de PME..........................................................................................................132
2. la taille d'une PME......................................................................................................................132
3. l'organisation....................................................................................................................132
303
4. la gestion............................................................................................................................133
2.2 Suggestions sur les PME...........................................................................................................136
2.2.6. Avantage de la proposition et rôle de l’Etat sur les PME......................................................136
2.2.7. Identification du modèle de référence.................................................................................141
2.2.8. Surliquidité bancaire et exclusion bancaire de particuliers par les banques.......................143
[Link]. L'exclusion bancaire des particuliers : Quelle relation entretient-elle avec le niveau de
surliquidité des banques................................................................................................................144
[Link]. Fondements théoriques sur la relation entre la surliquidité bancaire et l'exclusion bancaire
des particuliers par les banques.....................................................................................................153
2.2.10. Les limites relevées dans la littérature sur la relation entre surliquidité bancaire et
l'exclusion bancaire des particuliers par les banques.....................................................................159
[Link]. L'auto exclusion ou exclusion volontaire des particuliers................................................159
2.2.2. La différence entre exclusion bancaire et faible bancarisation.............................................161
Conclusion.........................................................................................................................................164
Conclusion partielle........................................................................................................................164
Deuxième partie : CAS PRATIQUE..................................................................................................165
Chapitre troisième : APPROCHE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE..........................................166
3.1. Présentation du milieu de l’étude.........................................................................................166
3.1.1. Organisation bancaire..........................................................................................................168
[Link]. Les institutions monétaires..............................................................................................169
1. Conseil d’Administration de la BCC.................................................................................169
[Link]. La crise bancaire en RDC................................................................................................176
3.2.1. Présentation de la RAWBANK...............................................................................................177
[Link]. Aperçu historique............................................................................................................177
[Link]. Objectif, activités et missions..........................................................................................178
[Link]. La vision de la RAWBANK...................................................................................................179
[Link]. La stratégie de la RAWBANK..............................................................................................179
[Link]. Les valeurs de la RAWBANK...............................................................................................180
3.5.2. Présentation de la TMB......................................................................................................182
1. Création et cadre juridique............................................................................................182
2. Siège, raison et objet social............................................................................................182
3. Les objectifs et les activités............................................................................................183
4. Vision et mission de la TMB..........................................................................................183
5. Produits et services offerts par la TMB.........................................................................184
6. Stratégie de la TMB.......................................................................................................184
304
3.5.6. Liste des autres institutions de dépôt et institutions financières évoluant en RDC en 2023
......................................................................................................................................................186
3.2. METHODES ET TECHNIQUES....................................................................................................196
3.2.1 Approche Méthodologique..................................................................................................196
3.3 Thématique (modèle de la recherche)....................................................................................201
4.2.4. Détermination de la taille d’échantillon...............................................................................203
4.2.5. Outils de collecte des données............................................................................................204
4.2.6. Analyse statistique des facteurs explicatifs de non accès aux crédits bancaires par les PME
de la ville de Kinshasa..................................................................................................................206
[Link]. Variables d’intérêt et de décision....................................................................................206
Tableau n°06: Description des variables......................................................................................207
3.4 Difficultés rencontrées.............................................................................................................208
Conclusion partielle......................................................................................................................209
Chapitre Quatrième : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS...................210
4.1. Analyse statistique des pme et interprétation des résultats des tableaux chiffres.................210
4.2.1. Analyse des facteurs explicatifs de non accès aux crédits bancaires par les PME dans la ville
de Kinshasa.....................................................................................................................................210
4.2.2. Population d'étude et population cible................................................................................210
[Link]. Analyse statistique proprement dite.................................................................................210
4.1.3. Discussion partielle des résultats........................................................................................229
4.2: Analyse économétrique des données de panel des banques..................................................231
4.2.1. Des modèles de panel et estimateurs..................................................................................231
[Link]. Modèle de Panel..............................................................................................................231
[Link]. Nature et sources des données.........................................................................................232
[Link]. Définition des variables...................................................................................................235
4.2.2. Méthode d’estimation.........................................................................................................236
[Link]. Description.......................................................................................................................236
[Link]. Tests de validation...........................................................................................................236
1°) Analyse univariée..................................................................................................................239
2°) Analyse bivariée...........................................................................................................242
Conclusion du chapitre 4..............................................................................................................258
CONCLUSION GENERALE....................................................................................................................260
RECOMMANDATIONS.........................................................................................................................265
BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................................................266
ANNEXES............................................................................................................................................285
TABLE DES MATIERES.........................................................................................................................296
305
306
307