A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
É TIENNE D ELASSUS
Sur la méthode de Cremona pour déterminer les tensions
dans les systèmes articulés
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2e série, tome 2, no 1 (1900), p. 67-70
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SUR LA MÉTHODE DE CREMONA
POUR DÉTERMINER LES
TENSIONS DANS LES SYSTÈMES ARTICULÉS,
PAR M. ÉTIENNE DELASSUS,
Chargé de Cours à l’Université de Toulouse.
Dans un Mémoire antérieur (’), j’ai démont.ré que les seuls systèmes indéfor-
mables dans lesquels on peut déterminer les tensions de proche en proche
par
un
diagramme réciproque sont ceux qu’on obtient en partant d’un triangle et lui
accolant d’autres triangles de façon que chaque nouveau triangle ait deux côtés
libres et un côté confondu avec un des côtés libres des triangles précédemment
placés.
Dans les Traités de Statistique graphique on se contente de constate~° l’exis-
tence du diagramme réciproque pour certains systèmes particulièrement
simples
sans démonotrer l’existence effective de ce
diagramme pour les systèmes les plus
généraux construits d’après la loi énoncée plus haut.
Je crois donc utile de publier la démonstration générale suivante
qui est très
élémentaire et montre bien que les règles données partout pour la construction
des diagrammes réciproques sont absolument nécessaires.
I. Considérons d’abord un triangle articulé en équilibre sous l’action de trois
forces (fig’. i et 2). On constate immédiatement que le polygone des forces relatif
à chaque sommet est un triangle et que ceux-ci
peuvent toujours se juxtaposer de
façon à former un diagramme réciproque. En outre, ce diagramme satisfait aux
conditions suivantes :
i" Le polygone des forces extérieures est construit en prenant ces forces
dans l’ordre où on les rencontre en suivant le contour du
triangle;
(1) DELASSUS, Sur l’équilibre des systèmes articulés (Annales de la Faculté des
Sciences de Toulouse,. 1899). Je ferai remarquer, à cette occasion,
que les systèmes consi-
dérés dans la troisième Partie de ce Mémoire sont
supposés indéformables.
L’omission de
ce qualificatif provient de ce que ce sont les seuls systèmes que l’on a intérêt à considérer.
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2° Une barre de pourtour comprise entre deux forces consécutives F a pour
homologue dans le diagramme une ligne parallèle issue du sommet du polygone
des forces qui est à l’intersection des deux f correspondants;
Fig. I. Fig. 2.
3° Trois barres formant un triangle (barres A, B, C) ont pour homologues dans
le diagramme trois lignes concourantes ( lignes a, b, c).
Pour abréger, nous désignerons l’ensemble de ces trois conditions par r.
Il. Remarquons d’abord que, pour les systèmes considérés, on peut toujours
définir le pourtour, c’est-à-dire une ligne polygonale fermée ayant pour côtés des
barres du système et pour sommets tous les noeuds, chacun d’eux n’étant traversé
qu’une fois quand on parcourt ce polygone.
C’est vrai pour un triangle. Supposons qu’on lui ajoute un autre triangle, ce
dernier sera accolé au premier par une barre du pourtour; supprimons cette barre,
nous obtenons un nouveau
polygone fermé composé de barres du nouveau sys-
tème et ayant pour sommets tous ses noeuds ; c’est donc le nouveau pourtour.
Supposons que la loi soit vraie pour un système ~,l composé de n triangles,
c’est-à-dire que ~,t ait un pourtour, et que, pour obtenir un système à
n +i triangles, il soit nécessaire d’ajouter un nouveau triangle en l’accolant à 1,1
par une barre de son pourtour. Supprimons cette barre de pourtour et rempla-
çons-la par les deux autres côtés du triangle ajouté, on voit immédiatement que
le pourtour ainsi modifié de ~,l sera le pourtour de ~,l+,.
Ainsi la loi est générale :: Tout systènze 03A3n a un pourtour et tout système 03A3n+1
se déduit d’un système 03A3n en lui accolant un triangle suivant une de ses
barres de pourtour.
III. Pour démontrer que tous les systèmes considérés ont cnectivement un
diagramme réciproque satisfaisant aux conditions r, il nous suffit, puisque la
propriété a été démontrée pour 1, , de prouver que si elle est vraie pour ~,t elle
est vraie pour E"+~ .
.
Soit donc ~,l et considérons obtenu en lui accolant le triangle (9 suivant la
barre de pourtour AB. Supposons qu’en outre des forces extérieures appliquées
aux noeuds de 03A3n on
applique une force 03A8 au sommet libre C de G et soient T et T’
les tensions sur les deux côtés libres de ce triangle, T et T’ont ’If pour résultante.
On peut supprimer le triangle G et considérer En comme étant en équilibre en
remplaçant simplement les forces extérieures F et F’ qui agissent en A et en B
par les résultantes ~ et ~’ que l’on obtient en les composant respectivement avec
T et’l’’. On ne modifie pas les forces extérieures qui agissent sur les autres noeuds
et les tensions de toutes les barres de sont les mêmes que dans
Mais 03A3n a, par hypothèse, un diagramme réciproque satisfaisant aux conditions r.
AB est une barre ( fig. 3 et 4) de pourtour et 03A6, 03A6’ sont deux forces c.onsécu-
Fig. 3. Fie. a.
tives, de sorte que ; sont deux côtés consécutifs du polygone des forces et
et 03C6’
que t"ligne homologue de AB dans le diagramme partira de l’intersection de ; et c~’.
Les polygones des forces relatifs à A et B auront donc la disposition marquée sur
la figure.
Dans le diagramme, décomposons 03C6 suivant ses deux composantes y. t prises
dans cet ordre et de même suivant t’ et f’; nous obtenons ainsi deux triangles t~~
et il est bien visible qu’en joignant les deux sommets libres on obtient un
segment 03C8 équipollent à ’If et constituant avec t et t’ le polygone des forces Pc
relatif au noeud C de .
Considérons alors le diagramme ainsi modifié et dans lequel nous supprimerons
les deux lignes et dis que c’est le diagramme de et qu’il satisfait encore
aux conditions r :
1° C’est bien un diagramme
réciproque, car chaque tension n’est tracée qu’une
fois. En effet, toutes les tensions autres que t et t’ n’ont pas été retracées à nou-
veau et elles étaient tracées une seule fois dans le
diagramme de Quant à t et tf,
chacune d’elles n’a été tracée qu’une fois. Enfin, on trouve dans la figure les
poly-
gones des forces relatifs à tous les noeuds; ceux des noeuds autres que ABC étaient
tracés dans le diagramme de 1,1 et l’on
n’y a pas touché. Ceux de A et B sont 1’,,
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etPn respectivement augmentes des triangles {9 et c~’ après suppression de Q et ~?’.
Quant à celui de C, c’est le triangle P~;
~°Le polygone des forces extérieures est bien construit en prenant les forces
dans l’ordre où on les rencontre en suivant le pourtour. Le pourtour de ~,1.~,
s’obtient en intercalant C entre A et B sans changer les autres sommets. Pour
prendre les forces consécutives sur le pourtour de ~"+,, il faudra donc prendre
les forces consécutives sur le pourtour de ~,t et, entre celle appliquée en A et
celle appliquée en B, intercaler celle appliquée en C. On voit que c’est ce qui
est arrivé en remplaçani la portion q, T’ par la portion f, Ay f’;
3° Une barre de pourtour comprise entre deux forces extérieures consécutives
11"co F~, a pour homologue dans le diagramme une ligne parallèle menée par l’in-
tersection de f«, f~.
C’est vrai pour toutes les barres de pourtour autres que AC et BC, car elles
étaient de pourtour pour in et il n’y a qu’un seul sommet du polygone relatif à ~,l
qui a été supprimé : c’est celui qui était à l’intersection de ; et p’ et d’où partait
la ligne homologue de AB. Or AB n’est plus barre de pourtour.
Quant à AC comprise en F et ~", on voit que son homologue t part du point
de rencontre de f et A; la même vérification se fait pour BC;
/° Trois barres formant un triangle ont pour homologues trois lignes concou-
rantes. En efl’et, cela est vrai pour tous les triangles qui composaient ~,1, puisque le
diagramme de ~,Z satisfaisait aux conditions r. C’est encore vrai pour le triangle
car on constate sur le diagramme que t, ~’, t" sont concourantes.
L’exislence du diagramme réciproque est donc démontrée dans le cas général et
en même temps nous obtenons les règles nécessaires qu’il faut suivre pour sa
construction.
On démontre avec la plus grande facilité que ces règles sont suffisantes et l’on
voit aisément dans quel ordre il fau t suivre successivement les différentes branches
pour faire la construction effective du diagramme réciproque d’après les règles r
dans le cas des systèmes ramifiés.