Les valeurs (ou emplois) des temps de l’indicatif.
Vous pourrez, au choix, soit coller cette fiche de cours, soit recopier l’essentiel.
A. Le présent : On distingue 6 valeurs du présent de l’indicatif :
1. Le présent d’énonciation : correspond au moment de la parole, moment où on formule un énoncé, à l’oral ou à
l’écrit. On le trouve dans les dialogues, les lettres…
2. Le présent de narration : dans un récit situé dans le passé, certains passages sont écrits au présent pour rendre
plus proche et plus intense ce qui est raconté. Nous avons l’impression que les faits se déroulent sous nos yeux. Ce
présent peut être remplacé par l’imparfait et le passé simple. « Je porte une jupe ; j’ai deux ans »
3. Le présent de vérité générale : on l’emploie pour énoncer des faits toujours valables, quelle que soit la situation
d’énonciation : « On ne doit pas gaspiller son argent. »
4. Le présent peut exprimer le passé proche / le futur proche : « il vient de sortir », « il arrive dans 2 heures »
5. Le présent d’habitude : il exprime des faits qui se répètent habituellement « il se lève tous les matins à 7 h »
6. Le présent descriptif : il est utilisé dans les descriptions « les volets sont bleus »
B. Le passé composé situe l’action avant le moment de l’énonciation, dans un passé plus ou moins
proche. Ce temps s’emploie surtout à l’oral. Il peut être employé avec les valeurs suivantes:
Vérité générale. Ex: Le chien a toujours été le meilleur compagnon de l’homme.
Futur proche. Ex: Dans une heure, j’ai terminé mon travail.
Habitude. Ex: Cet été-là, il a plu tous les jours.
C. L’imparfait est le temps du passé qui présente l’action envisagée dans la durée, et n’est pas délimitée
dans le temps. Dans un énoncé au passé, il sert de toile de fond du récit.
L’imparfait de description ou le commentaire. Ex: Pierre devait avoir peur: il tremblait et haletait.
L’imparfait de durée : Ex: Depuis des mois, la neige recouvrait les champs.
L’imparfait de répétition ou d’habitude. Ex: Elle buvait du café au petit-déjeuner.
L’imparfait d’hypothèse. Ex: Si vous écoutiez, vous comprendriez.
D. Le passé simple est un temps du récit qui présente l’action comme achevée et limitée dans le temps. Il
est employé pour les actions de premier plan. Quand plusieurs verbes au passé simple se suivent, leurs
actions sont perçues comme successives. Ex: Il ouvrit la porte, entra, s’assit et se mit à écrire.
E. Le plus-que-parfait situe une action dans le passé. Il a deux valeurs fondamentales :
Il exprime l’accompli par rapport à l’imparfait. Ex: Il exultait: il avait enfin atteint son but.
Il indique l’antériorité par rapport à une autre action passée. Ex: Quand on avait été sage, on recevait une image.
Exercice d’application : Relevez les verbes conjugués au présent et donnez la valeur de ces présents.
Un des peignes de Mlle Lambercier, où Jean-Jacques Rousseau enfant est en pension près de Genève, a été brisé. On
accuse Jean-Jacques de l’avoir cassé volontairement.
À qui s’en prendre de ce dégât ? Personne autre que moi n’était entré dans la chambre. On m’interroge ; je
nie avoir touché le peigne. M. et Mlle Lambercier se réunissent, m’exhortent, me pressent, me menacent ;
je persiste avec opiniâtreté ; mais la conviction était trop forte, elle l’emporta sur toutes mes protestations.
La chose fut prise au sérieux ; elle méritait de l’être. La méchanceté, le mensonge, l’obstination parurent
également dignes de punition. […] Il y a maintenant près de cinquante ans de cette aventure, et je n’ai pas
peur d’être aujourd’hui puni une nouvelle fois pour le même fait. Eh bien ! Je déclare à la face du Ciel que
j’en étais innocent, que je n’avais ni cassé ni touché le peigne.
CORRECTION DES EXERCICES :
Extrait de Rousseau (donnez la valeur des verbes au présent) :
« On m’interroge ; je nie ; M. et Mlle Lambercier se réunissent, m’exhortent, me pressent, me
menacent ; je persiste » sont des présents de NARRATION (car l’action s’est produite lorsque Jean-
Jacques était petit et il se remémore ces souvenirs.
« Il y a ; je n’ai pas peur ; Je déclare » sont des présents d’ENONCIATION car ils correspondent au
moment actuel c’est-à-dire au moment où Jean6jacques, adulte, raconte et écrit.