TD 1 : Le paiement
Question des parties au paiement
Solvens : celui qui paie => normalement le débiteur
MAIS POSSIBLE : solvens pas le débiteur => remboursement du tiers qui a payé
⁃ 2 recours : personnel et subrogatoire
⁃ Subrogatoire : tiers prends la place du créancier => il bénéficie de tous les
accessoires de la créance
⁃ Personnel : recours fondé sur le droit commun : soit si mandat, soit si gestion
d’affaire
=> prouver l’absence d’intention libérale : mandat ou gestion d’affaires
⁃ Gestion d’affaires : quasi-contrat => trois conditions :
⁃ Pas d’opposition du maitre d’affaire à la réalisation
⁃ Gestion doit être utile au maître de l’affaire
⁃ Gérant doit agir dans l’intérêt du maitre d’affaire
⚠️possible que l’intérêt soit partagé
Civ. 1e, 12/01/2012 : n’exclue pas la qualification de gestion d’affaire lorsque celle-ci sert
également l’intérêt du gérant
⁃ Recours subrogatoire
Réforme de 2016 : art. 1346 : recours subrogatoire => 1 condition : l’intérêt du solvens au
paiement
Accipiens : Art. 1342-2 al.1 : celui qui reçoit le paiement => normalement le créancier
POSSIBLE : accipiens pas créancier
Principe : le paiement fait à la mauvaise personne n’est pas libératoire
MAIS : exceptions où le paiement est libératoire
⁃ Art. 1342-2 al.2: ratification du paiement par le créancier ou s’il en profite :
Art. 1342-2 al.2
⁃ Art. 1342-3 : Théorie de l’apparence : paiement de bonne foi entre les mains
d’un créancier apparent est libératoire
=> dans ce cas là, il appartient au créancier de se retourner contre celui qui a reçu le paiement
(enrichissement sans cause : art. 1303)
Question du moment du paiement
Art. 1342 al. 2 : « Il doit être fait sitôt que la dette devient exigible. »
=> terme suspensif : débiteur non tenu de la régler avant l’échéance
MAIS : débiteur peut se libérer par anticipation si le terme était stipulé en sa faveur
=> art. 1305-3 : « la loi présume que le terme est stipulé en faveur du débiteur »
À l’inverse : débiteur peut ne pas payer sa dette même si elle est exigible
⁃ Si délai de grâce par le juge
⁃ Si délai supplémentaire dans le cadre d’une procédure de sur-endettement (par le
juge)
Question du lieu du paiement
Art. 1342-6 : « A défaut d'une autre désignation par la loi, le contrat ou le juge, le paiement
doit être fait au domicile du débiteur »
=> dettes non portables mais quérables : créancier doit venir quérir la prestation auprès du
débiteur
Principe pas impératif et en + principe ne s’applique pas aux obligations monétaires (art.
1343-4 : paiement au domicile)
Question de la preuve du paiement
Charge de la preuve
Art. 1353 al.1 : « Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. »
Si créance prouvée mais que le débiteur prétend qu’il ne doit rien parce qu’il a déjà payé
=> al. 2 : « Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le
fait qui a produit
l'extinction de son obligation. »
Mode de preuve : distinction entre acte et fait juridique :
⁃ Acte juridique : manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit
⁃ Fait juridique : fait volontaire auquel le droit attache des conséquences
=> art. 1358 et 1359
⁃ Art. 1358 : hors des cas où la loi en dispose autrement, la preuve se fait par
tout moyen
⁃ Art. 1359 : régime de la preuve de l’acte juridique
écrit si montant supérieur à 1 500€ (sinon : liberté de la preuve)
DONC : mode de preuve du paiement mettra en place la nature de la preuve
Art. 1342-8 : « le paiement se prouve par tout moyen » => paiement : fait juridique
En général : preuve du paiement se fait par une quittance
DONC : comment prouver l’absence de paiement, malgré l’existence d’une quittance
=> Quittance : acte sous sein privé : fait foi jusqu’à preuve du contraire
Art. 1342-9 al.1 : présomption simple de libération du débiteur quand remise par le
créancier soit de l’original sous signature privée ou la copie exécutoire de l’acte notarié
constatant la créance
=> remise du titre qui établit la créance
=> on considère que le débiteur ne doit plus rien au créancier
Règle : art. 1359 al.2 : si un écrit constate un acte juridique => document utilisé contre doit
être un écrit
Civ. 1e, 09/05/2019 : Cour d'appel considère que la quittance étant un écrit et qu’un aveu peut
être un mode de preuve contre => implique que la quittance constatant le paiement reconnait
un fait juridique
=> censure de l’arrêt : preuve testimoniale contre une quittance n’est pas admissible :
besoin d’un
écrit => la quittance constate un acte juridique
Question de l’imputation du paiement :
⁃ Dette unique
Paiement partiel ou non et acceptation par le créancier l’accepte.
Art. 1342 al.1 : possible pour le créancier de refuser le paiement partiel
⁃ Ch. Com. 1997, 94-19.347 : paiement partiel d’une dette unique partiellement
cautionnée s’impute d’abord sur la partie non cautionnée de la dette
⁃ Pluralité de dettes : art. 1342-10
=> paiement imputé sur la dette choisie par le débiteur
=> si n’a rien précisé :
⁃ Art. 1343-1 : imputation sur les intérêts en premier
ENSUITE : art. 1342-10 :
⁃ Dette échue
⁃ Dette qu’il a le plus d’intérêt à payer
=> plutôt la dette cautionnée (moyen d’éviter un recours de la caution)
TD 2 : la compensation
I. La compensation légale
Conditions de la compensation légale
Art. 1347 al.1 : « La compensation est l'extinction simultanée d'obligations réciproques entre
deux personnes. »
CONDITIONS : art. 1347-1
⁃ Réciprocité : doivent exister entre les deux mêmes personnes réciproquement
créancières et débitrices
⚠️réciprocité entre 2 patrimoines => si les deux mêmes personnes ne fonctionne pas
nécessairement
=> Civ.1e, 02/05/2001 => distinction des patrimoines => pas de compensation
Si communauté universelle entre époux : pareil : séparation des patrimoines
⁃ Art. 1347-1 : Fongibilité : doivent être interchangeables
⚠️condition essentielle pour toute compensation
⁃ Certaines et liquides : obligations existant réellement évaluées en argent de manière
objective
⁃ Exigibles (= échues)
=> en l’espèce : si toutes les conditions sont remplies : compensation légale s’applique
SINON : est ce qu’il serait possible de demander la compensation judiciaire ?
Obstacles à la compensation légale
⁃ Art. 1347-7 : « La compensation ne préjudicie pas aux droits acquis par des tiers. »
⁃ Si conditions remplies avant l’acquisition du droit => compensation d’applique
⁃ Si conditions pas remplies avant l’acquisition du droit => obstacle à la
compensation
⁃ Art. 1347-2 : compensation soumise au consentement du créancier => QUE pour la
compensation légale
⁃ Cass., 11 mai 2022
⁃ Pas de compensation après l’ouverture d’une procédure collective
⁃ Si conditions remplies avant ouverture : compensation s’applique
⁃ Si conditions pas remplies avant ouverture : pas de compensation
Compensation de dettes cautionnées
Art. 1347-6 al.1 : « La caution peut opposer la compensation de ce que le créancier doit au
débiteur principal. »
=> caution peut forcer le débiteur à payer sa dette par le jeu de la compensation
Compensation de dettes solidaires
Art. 1347-6 al.2 : « Le codébiteur solidaire peut se prévaloir de la compensation de ce que
le créancier doit à l'un de ses coobligés pour faire déduire la part divise de celui-ci du total
de la dette. »
=> droit pour les codébiteurs => force le codébiteur à régler sa part
⁃ Si créancier agit contre un codébiteur, celui-ci peut invoquer la compensation d’un
autre pour payer moins (à hauteur de la part à la dette de celui qui a une créance)
⁃ Si le créancier agit contre le codébiteur dont il est lui-même débiteur : codébiteur peut
faire descendre la dette à hauteur de sa créance entière
II. La compensation judiciaire
Conditions de la compensation judiciaire
Compensation judiciaire : accordée par le juge sur demande reconventionnelle d’un défendeur
assigné en paiement et qui avait une créance contre le demandeur mais qui ne remplissait pas
encore toutes le conditions de la compensation légale
=> besoin de remplir certaines conditions obligatoirement (réciprocité, fongibilité, certitude)
Art. 1348 : « La compensation peut être prononcée en justice, même si l'une des obligations,
quoique certaine, n'est pas encore liquide ou exigible.»
=> 2 cas où la compensation judiciaire peut s’appliquer
⁃ Cas de la créance non exigible => supposerait que le juge prononce la déchéance du
terme qui rend automatiquement la dette exigible
OR : déchéance du terme : mesure exceptionnelle : art. 1305-4 : suppose que le débiteur ait
porté atteinte aux suretés qui garantissaient l’obligation => pas de pouvoir général pour
prononcer la déchéance du terme d’une créance à tout moment
DONC : galère d’appliquer la compensation mais possible
⁃ Cas de la créance non liquide => 2 possibilités : art. 1348 :
⁃ Refus de la compensation => art. 70 du Code de procédure civile : examen
de la demande reconventionnelle du défendeur risque de retarder à l’excès le
jugement sur l’action principale
⁃ Juge reçoit la demande reconventionnelle en compensation => se prononce
dans un seul jugement sur l’action principale en paiement et sur la demande
reconventionnelle
Dans ce cas là : juge liquide la créance du défendeur et prononce la compensation due
concurrence
Obstacles à la compensation judiciaire
Art. 1347-2 : obstacles à la compensation légale
=> Civ. 1e, 11/05/2022 => exceptions de l’art. 1347-2 ne s’appliquent pas à la compensation
judiciaire
MAIS : compensation judiciaire ne pourrait surmonter les autres obstacles à la compensation
légale :
⁃ Aucune dérogation à art. 1347-7 : « La compensation ne préjudicie pas aux droits
acquis par des tiers. »
⁃ Pas après l’ouverture d’une procédure collective : qu’en cas de connexité entre les
obligations en présence
III. Compensation de dettes connexes
Art. 1348-1 => « juge ne peut pas refuser la compensation de dettes connexes au seul motif
que l’une des obligation se serait pas liquide ou exigible »
=> mêmes conditions que la compensation judiciaire MAIS besoin de prouver que les deux
dettes sont connexes
Dettes connexes : dettes issues d’un même rapport juridique
=> cas le plus général : contrat synallagmatique
Conditions :
⁃ Dettes issues d’un même rapport juridique
⁃ Dettes fongibles
⁃ Dettes certaines
Les dettes sont connexes dès lors qu’elles sont issues d’un ensemble contractuel (ensemble de
contrats qui concourent au même but)
⚠️si deux dettes ne sont pas issues d’un même contrat, elles peuvent quand même être
connexes
POSSIBLE : Art. 1348-2 : rendre conventionnellement connexes des obligations
réciproques pour une compensation future => pas une véritable compensation
conventionnelle => connexité fondée sur la volonté des parties => obligations liées en vu
d’une compensation car connexité conventionnelle
Jurisprudence :
⁃ Com., 22/04/1997 : si deux personnes ont des créances réciproques l’une envers
l’autre, elles ne sont pas nécessairement connexes => besoin d’avoir le même
fondement (en l’espèce : une obligation de paiement de loyers et une obligation de
réparation)
⁃ Ch. Com. 27/09/2016 : l’astreinte affiliée à une obligation contractuelle a pour
fondement le contrat parce qu’elle est l’accessoire de l’obligation
Dès qu’il est établi que les dettes sont connexes => art. 1348-1 : le juge n’a aucun pouvoir
d’appréciation
=> la compensation est automatique entre les deux créances
Art. 1348-1 al.3 : si cession ou saisie de la créance => possible pour le tiers de se prévaloir de
la compensation
TD 3 : les autres modes d’extinction de l’obligation
I. La novation
1. Caractérisation de la novation
Art. 1329 al.1 : novation = acte juridique qui remplace une obligation par une nouvelle.
=> changement substantiel de l’obligation (succession dans le temps de deux obligations
valables)
Conditions de l’art. :
⁃ Changement de débiteur/créancier/d’objet
⁃ Intention claire et non équivoque des parties de substituer l’ancienne obligation par
une nouvelle.
Art. 1330 : pas possible de présumer la novation => intention des parties de nover doit être
prouvée
Art. 1331 : « La novation n'a lieu que si l'obligation ancienne et l'obligation nouvelle sont
l'une et l'autre valables, à moins qu'elle n'ait pour objet déclaré de substituer un engagement
valable à un engagement entaché d'un vice. »
SI :
⁃ Nouvelle obligation nulle : réactivation de l’ancienne rétroactivement
⁃ Première obligation pas valable : seconde pas valide
Changement d’objet : discussion entre novation et modification du contrat
⁃ Novation : volonté claire des parties d’éteindre la première obligation pour en créer
une nouvelle
⁃ Modification contractuelle : ne pas changer d’obligation mais simplement modifier
l’objet de l’obligation
=> l’obligation initiale doit clairement avoir été éteinte
SI :
⁃ Changement d’un accessoire de l’objet : pas un changement substantiel de l’objet du
contrat
⁃ Modification des modalités de l’obligation : convention modificative ou avenant au
contrat
=> jurisprudence en pratique : jamais d’intention novatoire si changement des
modalités de
l’obligation
Changement des parties de l’obligation
⁃ Changement de créancier : art. 1333 : besoin du cst du débiteur
⁃ Changement de débiteur : art. 1332 : faite sans le concours du débiteur
=> en pratique : novation moins avantageuse que transfert de dette donc pas hyper utilisé
2. Effets de la novation
Art. 1329 al.1 : « La novation est un contrat qui a pour objet de substituer à une obligation,
qu'elle éteint, une obligation nouvelle qu'elle crée. »
Art. 1334 : extinction des accessoires de la créance (suretés)
Art. 2313 : libération de la caution
MAIS : art. 1334 al.2 : « Par exception, les sûretés d'origine peuvent être réservées pour la
garantie de la nouvelle obligation avec le consentement des tiers garants. » => texte qui
s’applique à toutes les suretés, même celles consenties par le débiteur
SI : novation d’une dette avec codébiteurs solidaires et que pas de consentement de tous les
codébiteurs : libération de ceux qui n’y ont pas consenti
II. La dation en paiement
Art. 1342-4 al.2 : Convention par laquelle le créancier accepte de recevoir en paiement
une prestation différente de celle qui lui est due => substitution d’une prestation à une
autre après la naissance de l’obligation
Civ. 1e, 27/01/1993 : dation transfert immédiat de la propriété du bien dès que les parties se
sont mises d’accord sous réserve d’une manifestation de volonté en sens contraire
⚠️pas une vente => extinction de la dette
Conditions à la dation :
⁃ Consentement du créancier
⁃ Changement de l’objet de l’obligation
=> assez proche de la novation MAIS : contrairement à la novation pas besoin d’intention
claire de nover
III. La remise de dette
Art. 1350 : « La remise de dette est le contrat par lequel le créancier libère le débiteur de
son obligation »
⚠️Ch. Comm => distingue :
⁃ Remise de dette
⁃ Remise des poursuites => renonciation du créancier à son droit d’agir en paiement
contre le débiteur (ø exception forcée) => pas l’extinction de l’obligation => créancier
conserve son droit d’agir contre la caution du débiteur => Com., 22/05/2007
⚠️Civ. 1e, 13/11/1996 : plans conventionnels de règlement : pas une remise de dette
Effets :
⁃ Art. 1350-1 al.1 : « La remise de dette consentie à l'un des codébiteurs solidaires
libère les autres à concurrence de sa part »
⁃ Art. 1350-2 : « La remise de dette accordée au débiteur principal libère les cautions,
même solidaires// La remise consentie à l'une des cautions solidaires ne libère pas le
débiteur principal, mais libère les autres à concurrence de sa part. »
IV. L’impossibilité d’exécution
Art. 1351 : « L'impossibilité d'exécuter la prestation libère le débiteur à due concurrence
lorsqu'elle procède d'un cas de force majeure et qu'elle est définitive »
Com., 16/09/2014 : pas possible de caractériser l’impossibilité d’exécution pour les
obligations monétaires
TD 4 : la prescription extinctive
I. Le délai
1. La prescription
Art. 2224 : délai de droit commun => applicable par défaut sauf s’il existe un délai spécial
⁃ Principe général si opposition entre droit commun et droit spécial : application du droit
spécial
⁃ Civ. 3e, 26/01/2017 : opposition entre 2 droits spéciaux : application du droit le plus
spécial
⁃ Civ. 2e, 18/04/2019 : opposition entre droit commun et droit spécial MAIS droit
spécial ne prévoie pas de délai : délai de droit commun
Art. 2225 à 2227 : autres délais prévus par le Code Civil
Art. 2254 : aménagement conventionnel de la prescription => si respect des conditions de
l’article
⚠️art. L.218-1 cconso : prohibition des aménagements contractuels entre professionnels et
consommateurs
2. Le délai butoir
Art. 2232 : encadrement du délai de prescription dans un délai de 20 ans MALGRÉ sa
potentielle interruption/suspension/report du PDD
=> délai de 20 à compter du jour de la naissance du droit : plus d’action en justice possible
=> 2 situations :
⁃ Si connaissance du droit avant la fin du délai butoir : application de 2232 => délai de
prescription sera réduit
⁃ Si connaissance du droit après la fin du délai butoir : Soc., 3/04/2019 : écarte le délai
butoir car atteinte
Interprétation de l’art. 2232 à la lumière de l’art. 6 CESDH
II. Point de départ du délai
Art. 2224 : point de départ de droit commun : jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait
dû connaître les faits lui permettant de l'exercer
Comment faire lorsque la dette a plusieurs termes ?
=> Civ. 1e, 11/02/2016 : il y a autant de PDD que de délais de prescription
⚠️si prononciation de la déchéance du terme => rend tout la dette exigible au même moment
=> termes déchus sont regroupés en un seul
Art. 2225 à 2227 : autres délais prévus par le Code Civil
Civ. 1e, 19/05/2021 : SI : délai spécial qui ne précise pas de PDD : application du délai de
2224 au délai spécial
⚠️art. 2233 : report du PDD de la prescription
III. Computation du délai
Art. 2228 : se compte par jours
Art 2229 : prescription acquise lorsque le dernier jour du terme est acquis
IV. Causes d’interruption/suspension
Art. 2254 : aménagements conventionnels possibles => les parties peuvent ajouter des causes
de suspension de la prescription
Art. 2230 : définition de la suspension => application : art. 2234 à 2239
Art. 2231 : définition de l’interruption => régime à partir de l’art. 2240
TD 1 : Le paiement
1.1 Les parties au paiement
- Solvens (celui qui paie) : En principe, c’est le débiteur, mais un tiers peut payer à sa place.
Deux recours sont possibles pour ce tiers :
- Recours personnel : basé sur le mandat ou la gestion d'affaires. Il doit prouver l’absence
d’intention libérale (art. 1301 et suivants du Code civil).
- Recours subrogatoire : le tiers qui paie à la place du débiteur prend la place du créancier et
bénéficie de tous les accessoires de la créance (art. 1346).
- Gestion d’affaires (quasi-contrat) :
- Trois conditions doivent être remplies : pas d’opposition du maître d’affaires, gestion utile
et dans l’intérêt de celui-ci.
- Arrêt Civ. 1ère, 12 janvier 2012 : la gestion d'affaires peut aussi servir l'intérêt du gérant.
1.2 Accipiens (celui qui reçoit le paiement)
- Principe : En vertu de l’article 1342-2 al.1, le paiement doit être fait au créancier.
- Exceptions : le paiement à une mauvaise personne n’est pas libératoire, sauf si le créancier
ratifie le paiement ou en profite (art. 1342-2 al.2). De plus, la théorie de l’apparence permet
de libérer le débiteur en cas de paiement de bonne foi à un créancier apparent (art. 1342-3).
1.3 Moment et lieu du paiement
- Moment du paiement : Le paiement doit intervenir dès que la dette est exigible (art. 1342
al.2). Le débiteur peut cependant se libérer avant l’échéance si le terme est en sa faveur (art.
1305-3).
- Lieu du paiement : Par défaut, le paiement doit être effectué au domicile du débiteur (art.
1342-6), sauf pour les obligations monétaires (art. 1343-4).
1.4 La preuve du paiement
- Charge de la preuve : Le créancier doit prouver l’existence de l’obligation, et le débiteur doit
prouver qu’il s’en est libéré (art. 1353 al.1 et al.2).
- Mode de preuve : Le paiement est un fait juridique et se prouve par tout moyen (art. 1342-
8).
- Quittance : La remise d’une quittance constitue une présomption simple de libération du
débiteur (art. 1342-9).
1.5 Imputation du paiement
- Dette unique : Le créancier peut refuser un paiement partiel (art. 1342 al.1). En cas de
paiement partiel, celui-ci s’impute en priorité sur la partie non cautionnée (Com., 1997).
- Pluralité de dettes : En l’absence de précision du débiteur, le paiement s’impute d’abord sur
les intérêts puis sur la dette échue la plus avantageuse à payer (art. 1342-10, 1343-1).
TD 2 : La compensation
2.1 Compensation légale
- Conditions :
- Réciprocité : Les deux personnes doivent être réciproquement créancières et débitrices
(art. 1347-1).
- Fongibilité : Les dettes doivent être de même nature et évaluables en argent.
- Certaines, liquides, et exigibles : La dette doit exister de manière objective et être échue.
- Jurisprudence :
- Si les patrimoines des personnes sont séparés (ex. communauté universelle), la
compensation n’est pas possible (Civ. 1ère, 2 mai 2001).
2.2 Obstacles à la compensation légale
- La compensation ne doit pas porter préjudice aux droits des tiers (art. 1347-7).
- Procédures collectives : La compensation n’est pas possible après l’ouverture d’une
procédure collective, sauf si les conditions étaient remplies avant (Cass., 11 mai 2022).
2.3 Compensation de dettes cautionnées et solidaires
- Caution : La caution peut opposer la compensation de ce que le créancier doit au débiteur
principal (art. 1347-6 al.1).
- Codébiteur solidaire : Peut invoquer la compensation pour déduire la part divisée d’un
coobligé (art. 1347-6 al.2).
2.4 Compensation judiciaire
- Conditions : Prononcée par le juge même si une dette n’est pas liquide ou exigible (art.
1348).
- Exemple : Le juge peut déclarer la déchéance du terme dans des circonstances
exceptionnelles (art. 1305-4).
- Connexité : Le juge ne peut refuser la compensation de dettes connexes (art. 1348-1).
TD 3 : La novation
3.1 Caractérisation
- Définition : La novation est un acte juridique qui remplace une obligation par une nouvelle
(art. 1329 al.1). Elle suppose un changement substantiel (débiteur, créancier ou objet) et
l’intention claire de novation (art. 1330).
- Preuve de la novation : La volonté de novation ne se présume pas (art. 1330).
3.2 Effets de la novation
- Extinction des accessoires : Par principe, la novation éteint les accessoires de la créance,
sauf exception (art. 1334).
- Libération de la caution : La novation libère la caution sauf si elle a donné son consentement
exprès pour maintenir les sûretés (art. 2313).
TD 4 : La prescription extinctive
4.1 Délais et point de départ
- Délai de droit commun : 5 ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû
connaître les faits permettant d’exercer son droit (art. 2224).
- En cas de pluralité de termes, il y a autant de points de départ que de termes (Civ. 1ère, 11
février 2016).
- Délai butoir : Limite de 20 ans, même en cas de suspension ou interruption du délai (art.
2232).
4.2 Causes d’interruption et de suspension
- Interruption : Par un acte du créancier ou du débiteur (art. 2240 et suivants).
- Suspension : Intervient dans des cas particuliers comme la minorité ou la force majeure (art.
2234 à 2239).