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DISSERTATION

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Introduction

Le Maroc a fait sensation lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar en se hissant en 4ème position.
Pour la première fois de l’histoire, une nation africaine rejoint le carré d’or et termine dans le top 4 de
la Coupe du monde après une demi-finale historique. Un plafond de verre brisé au Qatar grâce à
Walid Regragui et sa nouvelle stratégie. Ancien international marocain et auteur d’une carrière très
honorable, Walid Regragui a succédé à Vahid Halilhodžić sur le banc des Lions de l’Atlas au mois
d’août dernier, après avoir accumulé les titres au FUS de Rabat, à Al-Duhail (Qatar) et au Wydad
Casablanca. Pour ceux qui le connaissent, avoir vu l’ex-défenseur embrasser le métier d’entraîneur est
tout sauf une surprise.

Walid qui a pris les rênes de l’équipe nationale moins de trois mois avant le coup d’envoi de la Coupe
du monde Qatar 2022 en remplacement de Vahid Halilhodzic, a réussi à reconstruire une équipe qui a
progressivement développé une personnalité et une force de caractère, pour s’imposer au Qatar en
tant que leader du groupe F, devant de grosses pointures, Croatie et Belgique, finaliste et 3ème au
Mondial Russie 2018.

Comment Walid Regragui est arrivé à bien gérer les talents des joueurs / Exploitez-vous les bons
talents dans les bonnes positions ??

1- formuler une stratégie et définir l’objectif

La formulation d’une stratégie consiste à définir des objectifs à atteindre. Ainsi, l’entreprise motorise
tous ses moyens matérialisés en un plan d’action détaillé. La définition des objectifs est ensuite liée à
une projection du positionnement de l’organisation dans le moyen et long terme. La formulation des
objectifs nécessite donc de faire des choix, de privilégier une solution possible plutôt qu’une autre.
Dans une entreprise, le dirigeant doit décider, tel est le cas avec Walid Regragui.

Le Maroc a pris la décision risquée de changer d’entraîneur à l’approche de la compétition. Bien que
Walid ait rejoint l’équipe nationale quelques mois avant les matchs de sélection, il définit un objectif
clair et net : changer de mentalité, autrement dit gagner. En effet, il a instauré un plan d’action
précisant les tactiques pour chaque adversaire.

2- se démarquer avec une devise

La formule du coach Walid Regragui qui nous a accompagné du tout début est « Dirou niya » (Ayez
foi). Elle est devenue non seulement le mot d’ordre de tout un peuple, mais aussi une devise. Walid
Regragui s’est démarqué avec “niya” en exposant les valeurs et l’esprit de l’équipe nationale.
Parallèlement en marketing, c’est l’un des éléments fondateurs de votre branding : se démarquer de
vos concurrents et partager vos valeurs. D’ailleurs, des entreprises marocaines n’ont pas tardé à
s’outiller de cet emblème pour leurs nouvelles campagnes marketing. La coupe du monde 2022
achevée et “niya” continue de faire des ravages sur la toile et dans les réseaux sociaux sous divers
formats.

son objectif est d’impressionner et de toucher un public plus large que la cible traditionnelle. Ce qui
dévoile une image plus humaine et accessible. Par conséquent, cette tactique donne le jour à la
fidélisation.
3- l’impact d’une communication fluide et l’importance de la structure d’équipe

Pensez-vous que la visibilité des femmes, des personnes de couleur et une certaine image de
l’unité (entre amis, coéquipiers, famille…) chez les Lions de l’Atlas est un marqueur sociologique
important qui a été sous les projecteurs lors de ce Mondial 2022 ?

Dans les sociétés modernes, qui sont censées être représentées sous la forme politique de la
Nation, avec l’Etat comme garant, ce qu’on appelle Etat-nation, la question se pose souvent sur
comment s’identifier à la nation, et qu’est-ce qu’un peuple. Avec les hiérarchies sociales, les
antagonismes sociaux, les positions de dominant et de dominé, on n’est pas tous membre de la
même manière. Nous ne sommes plus dans un petit village où tout le monde se connaît. Ce sont
des institutions intermédiaires qui permettent de faire société. Il y en a plusieurs, mais le football
permet de s’identifier aux joueurs et à ce qui se passe autour du terrain.

Le football joue de catalyseur, avec des visages, des personnes, des noms, des situations sociales
faisant que des populations s’attachent. Chacun va donc voir en un joueur ou un autre des
caractéristiques auxquelles il se rattache. Cela peut être de différents ordres, notamment
politiques avec la visibilité du drapeau palestinien ou du symbole amazigh, comme cela peut être
l’ensemble des histoires personnelles, avec un tout dont on peut parler et qu’on ne vit pas seul,
mais plutôt collectivement.

Des dizaines de millions de Marocains regardent les matchs, les interventions de joueurs, chacun
s’identifie à sa manière et on imagine partager les mêmes formes d’identification et donc faire
partie de la même communauté nationale. Tout ce qui va être ici mis en avant et montre la
pluralité, la diversité culturelle du Maroc est en force. Nous avons une équipe multiculturelle avec
un ensemble de chose qui nous rattachent.

Le Point

« Une des « grandes richesses » du football marocain est la diversité de sa diaspora, incarnée par des
joueurs venant d’horizons différents, pour un football aux influences espagnoles, françaises,
hollandaises, belges en grande partie, estimant qu’il s’agit d’un contexte idéal pour l’entraîneur
Regragui, qui, au-delà de son palmarès et du fait d’être polyglotte, est reconnu pour sa gestion très
pédagogue et pragmatique de ses joueurs. Pour preuve, la gestion des cas Ziyech et Mazraoui, qui
affichent leur meilleur visage depuis leur retour en sélection et s’affirment comme des leaders
naturels des Lions de l’Atlas ».

Polyglotte, pédagogue et fin communicant. Avant de devenir footballeur professionnel, Regragui a


mené avec un certain succès ses études, puisqu’il est titulaire d’un bac S et d’un DEUG en sciences
économiques. Outre le français, il parle l’arabe, l’anglais et l’espagnol, ce qui facilitera les échanges
avec ses joueurs. Le nouveau sélectionneur des Lions de l’Atlas, réputé bon communicant, proche de
ses joueurs, mais aussi très à cheval sur le respect des règles collectives, devra aussi gérer un vestiaire
peuplé d’egos.
Polyglotte, notre “rass l’avocat” (tête d’avocat) parle arabe, français, anglais et espagnol, ce qui
facilite les échanges avec ses joueurs. Le nouvel entraîneur des Lions de l’Atlas, réputé pour être un
bon communicant, proche de ses joueurs, mais aussi très enclin à respecter les règles collectives. Le
directeur artistique Walid a compris l’impact d’une communication effective. Il a su fédérer une
équipe toute entière autour d’un même objectif.

Impossible de réussir sa communication sans une stratégie digitale cohérente et pertinente !

D’ailleurs, une communication effective facilite la mise en place d’actions pertinentes, d’outils et de
ressources bien pensés. Pour cette raison, nous avons témoigné d’une équipe soudée et cohérente
où chaque joueur sait précisément où il doit aller, ce qui est plus efficace que la technique.

Le coach Walid Regragui a démontré une excellente gestion de talent. Walid a habilement conçu sa
stratégie : une mise en avant des points forts et des compétences de chaque joueur en les mettant
exactement là où ils appartiennent. Il a pu ressortir le meilleur de chacun pour le bien du groupe. Il
est proche des joueurs, mais très exigeant par rapport au cadre qu’il a défini, un cadre dans lequel il
accorde une certaine liberté. Son approche humaine est différente.

4- Confiance

« Il a toujours dit qu’il allait gagner le titre, et il l’a fait », se rappelle, admiratif, Mustapha El Khalfi, qui
était son adjoint au FUS de Rabat, l’année du titre. Les dirigeants fussistes se souviennent : « Il sait ce
qu’il veut. Le poste de sélectionneur national était dans un coin de sa tête depuis ses débuts. » Mais
pour arriver à la tête du « Mountakhab » (nom de la sélection marocaine), il a dû s’adapter aux
joueurs qu’il avait sous la main.

Sowetan

« L’entraineur Walid Regragui, jusque-là inconnu du grand public, a orchestré une victoire longtemps
attendue contre la puissante sélection espagnole lors des huitièmes de finale. L’entraîneur de 47 ans,
qui a mené le Wydad Casablanca au doublé du championnat marocain et de la Ligue des champions
de la CAF la saison dernière, a expliqué qu’il a inculqué à ses joueurs une mentalité de gagnant,
rapporte la publication… L’importance de Regragui s’étend bien au-delà des tactiques sur le terrain.
Elle se voit également dans la manière dont il donne confiance et motive ses joueurs à sa manière »,
poursuit le média, notant qu’il est possible de sentir la chaleur amicale entre le coach et ses protégés
pendant les séances d’entraînement ».

5- Une intelligence situationnelle et émotionnelle


Une intelligence situationnelle sur le terrain, qui s’accompagne d’une intelligence émotionnelle en
dehors. Avec un management de « grand frère », proche de ses joueurs, « Coach Walid » semble
conscient des spécificités de la nouvelle génération. « Les mentalités ont changé, les joueurs sont plus
individualistes. Je me dois de m’y adapter », avait-il déclaré au micro de Canal +. Mais être à l’écoute
des joueurs ne l’empêche pas de se faire entendre. « Il pouvait être très cash. S’il doit leur rentrer
dedans, il ne se gênera pas. Après une défaite, les murs pouvaient trembler », se rappelle Mustapha
El Khalfi.

« Il va toujours chercher à protéger ses joueurs en public. S’il doit les complimenter, il le fera devant
tout le monde. En revanche, s’il a des choses à dire à un joueur, il le fera entre quatre yeux. C’est un
coach qui est proche de son effectif, qui aime déconner, mais il est exigeant, sait être dur quand il le
faut », confirme l’international qatarien Karim Boudiaf (32 ans), qui l’a eu comme coach à Al-Duhail.

La Estrella de Panamá

Accompagnant son article d’une photo du gardien de but marocain, la publication met aussi en avant
le “grand effort” déployé par le sélectionneur Walid Regragui en l’espace de trois mois seulement. «
Le manager marocain a donné la priorité à l’esprit d’équipe et à l’harmonie entre les joueurs avant de
s’atteler aux aspects techniques et tactiques des matchs ».

6- optimisme et ambition : le travail qui paie

Rejoindre l’équipe à la dernière minute et réussir ensemble n’est pas donné. Walid Regragui disait
que tout est possible quand on travaille dur et qu’on a foi en soi. Dans une interview, le coach déclare
: « Nous voulons nous maintenir au même niveau et progresser vers le meilleur. C’est pour cela que
ce mindset (état d’esprit en anglais, NDLR) de vainqueur doit se maintenir, nous devons d’abord
rester parmi les quatre premières équipes du continent. À mon niveau, je veux arriver au minimum
en demi-finale de la prochaine CAN. » L’entraîneur de l’équipe nationale a implanté un esprit
optimiste pour motoriser l’ambition des Lions, mais aussi des supporters.

Il ne faut pas négliger que la régularité et la discipline ont fait leurs preuves lors de la coupe du
monde, et les Lions d’Atlas n’ont pas fait l’exception. Quant à votre stratégie, outre sa cohérence,
pensez à sa régularité : un contenu pertinent et régulier, des campagnes ordonnées et rythmées, des
tactiques uniformes et cadencées. La réussite de votre stratégie marketing nécessite un certain
budget et la détermination des personnes, internes ou externes, qui seront responsables du projet.

7- Question d’identité

les Lions de l’Atlas ont dépassé toutes les attentes en battant trois anciennes puissances coloniales
européennes, et affrontent la France pour les demi-finales.

Lors de la dernière victoire contre le Portugal, ce même commentateur a fini en disant :


« Mabrouk aux Arabes, aux Amazighs, aux musulmans, aux Africains », ce qui confirme à
quel point la victoire marocaine a fait « accepter » le concept d’amazighité/berbérité.
L’équipe marocaine s’est attiré des éloges bien sûr : son ascension serait le signe « de
l’ambition arabe » et de la « fierté arabe ». Ses atouts prouvent qu’« impossible » ne figure
pas dans le dictionnaire arabe. Les commentaires arabes autour des Lions de l’Atlas sont
enivrants. Dans le contexte d’un système d’État en ruine au Proche-Orient, sur fond de
guerres civiles et d’une féroce campagne contre-révolutionnaire en cours, la soudaine
possibilité, le temps de 90 minutes de jeu, d’une identité, d’une langue et d’une communauté
partagées se fait grandissante, touchant les téléspectateurs à travers le monde arabophone.

Quelle langue, quels traducteurs ?


Sitôt que les interviews d’après-match débutent, des fissures apparaissent dans le miroir. Des
traducteurs sont convoqués, des sous-titres arabes sont rapidement ajoutés à l’écran, et ce afin
de traduire ce que disent les Marocains lorsqu’ils parlent en darija. L’une des dimensions les
plus fascinantes de cette Coupe du monde est de voir la méfiance occidentale à l’égard de la
langue et de la culture arabes se conjuguer à l’ambivalence proche-orientale à propos de la
langue et de l’identité marocaines. Lors des conférences de presse, de nombreux joueurs
marocains et Walid Regragui lui-même ne comprennent pas les questions posées par les
journalistes arabophones et ont besoin de traducteurs. Un clip viral montre l’attaquant Hakim
Ziyech écoutant patiemment une longue question posée en arabe, puis répondant : « English,
please ». Ziyech, comme Amrabet, a grandi en parlant le tarifit, une langue berbère du nord
du Maroc. Le défenseur Abdelhamid Sabiri parle le tachelhit, une langue berbère du sud, en
plus de l’allemand, de l’anglais et du darija.

8- Les valeurs de l’Islam

Qatar 2022 : la Palestine, non qualifiée mais bien présente au Mondial

Depuis le début de la compétition, supporters et joueurs marocains affichent publiquement leur


soutien à la cause palestinienne.

Ils sont partout. Brandis à tour de rôle par les supporters et les joueurs des sélections arabes, les
drapeaux palestiniens flottent par milliers à Doha depuis le début de la Coupe du monde de football,
qui se déroule actuellement au Qatar. Un phénomène qui, pour de nombreux observateurs, reflète
l’unité du monde arabe et musulman dans son soutien inextinguible à la causev palestinienne.

« Nous ne t’abandonnerons pas, Gaza, même si tu es loin... »

Ce brassage culturel marocain est désormais parvenu au Qatar. Deux chants caractéristiques des
stades de football marocain se sont répandus dans la région. Le premier est « Fi bladi Dalmouni »
(Dans mon pays, je souffre d’injustice), qui s’est lentement propagé vers l’ouest à travers l’Afrique du
Nord, et est maintenant chanté à Gaza. Ce chant a été repris par plusieurs groupes de musique. «
Dans ce pays, nous vivons dans un nuage sombre. Nous ne demandons que la paix sociale », dit la
chanson. « Les talents ont été détruits, détruits par les drogues que vous leur fournissez. Comment
voulez-vous qu’ils brillent ? Vous volez les richesses de notre pays et les dilapidez avec des étrangers.
»
L’autre chant est Rajawi Falastini, chantée par les ultras du Raja : « Nous ne t’abandonnerons pas
Gaza, même si tu es loin… les Rajawi est la voix des opprimés ». Ce chant est maintenant devenu un
incontournable de la Coupe du monde qatarie, chanté autant dans les stades que dans les rues de
Doha.

Les liens historiques que le Maroc entretient avec l’Orient arabe sont forts, soutenus par une langue,
une foi, ainsi que par une souffrance commune. La politique du régime et l’autoritarisme
transnational ont néanmoins provoqué un contrecoup. Et « l’Afrique », avec laquelle le Maroc
entretient également des liens longtemps négligés, est récemment apparue — également en raison
de la politique de l’État — comme une alternative politique, une échappatoire à la domination et à
l’effacement arabes. Il n’est pas surprenant que des tensions autour de ces alternatives se jouent
dans les stades qatariens. Dès le coup d’envoi du tournoi, les militants marocains criaient à
l’appropriation culturelle, demandant pourquoi la cérémonie d’ouverture comportait une réplique du
palais marocain, Bab El-Makhzen à Fès. D’autres ont été particulièrement irrités par la vue
d’autocrates bedonnants sur le balcon du VVIP agitant des drapeaux marocains, mais aussi par tous
ces chefs d’État arabes qui s’approprient le succès des Lions comme une victoire arabe.

Accaparement des terres, sape des mouvements démocratiques, oppression ethnique, arrogance
linguistique et maintenant appropriation de notre succès footballistique ? C’est ainsi que se décline
l’argumentaire. Il est tout à fait possible que l’on se souvienne de cette Coupe du monde 2022
comme de la Coupe du monde des rois, rappelant celle de 1978 en Argentine, qui avait autant permis
à la junte militaire de Buenos Aires de consolider son pouvoir qu’elle avait attiré l’opprobre mondial
et l’attention sur le côté répressif du régime. Qatar 2022 braque également les projecteurs sur tous
les damnés de la terre : les travailleurs, les minorités et les militants des droits humains en difficulté.

Depuis que le Maroc a joué contre la Croatie, les journalistes et les influenceurs YouTube implorent
les diffuseurs du beIN de reconnaître la diversité ethnique des joueurs. Le 6 décembre dernier, alors
qu’Achraf Hakimi intervenait pour tirer son penalty lors du match contre l’Espagne, le commentateur
du beIN Jaouad Badda priait, haletant, la voix tremblante. Lorsque Hakimi a tiré un audacieux penalty
à la Panenka et s’est retourné pour faire sa danse du pingouin, Badda s’est effondré de joie. «
L’histoire est écrite… L’impossible n’est pas marocain… Lève la tête, tu es marocain ! Lève la tête, tu es
arabe ! Lève la tête, tu es amazigh ! Tu es un Arabe, un Amazigh, un Marocain, un Africain ! » Et
d’ajouter, en tamazight : « Tanmirt ! Tanmirt ! Tanmirt ! » (merci !).

Tanmirt, en effet.

Les changements intergénérationnels et culturels


au sein de
l'équipe sont également visibles dans la nouvelle façon
de penser le
football lui-même. Le fait qu’un entraîneur et des
joueurs mettent en
avant leur africanité et dédient leurs victoires au
peuple marocain - au
lieu du mantra habituel de dédier chaque succès aux
autorités
politiques - constitue un changement radical pour une
équipe qui,
malgré elle, a toujours été embourbée dans la politique
d'État. En
outre, Walid Regragui, le manager de l'équipe
marocaine, attribue les
tours de force de son équipe à des valeurs marocaines
chères, telles la
niya (bonne intention), lma'qul (rectitude), sbar
(endurance/patience), lqana'a (satisfaction), nafs
(combativité) et
rdat al-walidine (bénédiction des parents). Dans notre
monde à
l’orientation hyper-scientifique, ces notions peuvent
sembler désuètes
et non académiques ; dans le monde des joueurs
marocains, ce sont au
contraire des valeurs qui donnent au football une
dimension collective,
bien au-delà de la façon dont un jeu se déroule
L'appréciation et le respect des joueurs pour leurs mères sont au

cœur de tout cela. Le monde entier a vu des mères dans leurs djellabas

La sélection marocaine et les multiples significations d’une Coupe du ...

marocaines danser avec leurs fils et fêter les victoires, spectacle qu'un

commentateur du Golfe a critiqué, suscitant aussitôt des réactions qui

affirmaient encore plus l'amazighité culturelle du Maroc. Dans leur

sens simple et rudimentaire, ces images brisent de nombreuses idées

reçues sur la femme et la féminité maghrébines, et remettent en

question la manière dont les femmes sont mises à part et traitées par la

recherche académique. Le monde a appris que les Marocains

idolâtrent leurs mères, et que la mère est l'un des piliers de la foi. La
niya pour réussir dans le jeu ou dans toute autre action nécessite le

soutien moral de la mère et ses prières. De tout cela dépend la volonté

du joueur de travailler dur, d'être satisfait et patient. Le monde a

également appris que ces mères ont travaillé comme femmes de

ménage et ont relevé toutes sortes de défis pour élever des

enfants qui ont un accès limité au rêve européen. Les joueurs leur

rendent aujourd'hui la monnaie de leur pièce en les aidant

financièrement et, contrairement à de nombreuses équipes, ces

joueurs sont rejoints par leurs épouses, leurs enfants, des membres de

leur famille élargie et surtout de leurs mères.

Le monde a ainsi eu l'occasion de voir des formes de solidarité

familiale qui ont peut-être cessé d'exister ailleurs.

La figure de la mère occupe donc une place très forte. On le voit ailleurs en Méditerranée,
notamment en Espagne ou en Italie, sans oublier qu’une importante partie de nos joueurs en
sélection nationale sont issus de ces régions marocaines, où l’on a vécu, jusqu’à récemment, cette
forme matriarcale de la famille, qui a évolué. Mais lors de ce Mondial, je n’ai pas vu ces
représentations-là comme matriarcales ou patriarcales. J’y vois plutôt un hommage aux ancêtres, à la
famille, et bien-sûr aux femmes et au respect envers les mères. Cela touche beaucoup et traduit une
dimension générationnelle, surtout pour ces jeunes joueurs qui ont grandi en Europe.

Quelque part, à travers les ancêtres et notamment la maman, on se relie plus fortement au pays et à
la mère patrie. Cela fait miroir à ce qui se passe parfois ailleurs à travers le monde, où même si la
famille reste une instance de socialisation importante, les décohabitations intergénérationnelles et le
monde moderne obligent à être mobile pour trouver du travail. Même si les liens perdurent, ils
deviennent donc distants, sans parler des personnes âgées qui se retrouvent seules.

Les images que nous avons vues sont universelles, tout en dénotant de la centralité de la famille dans
le fonctionnement des solidarités et des sociabilisations en Afrique du Nord et donc au Maroc, même
si cela change peu à peu. C’est inédit et c’est une image de l’universalité de la famille, surtout que
cela est venu plus souvent de joueurs évoluant en Europe (Sofiane Boufal, Achraf Hakimi, Abdelhamid
Sabiri…), où nous voyons très peu de joueurs se mettant en scène avec leurs mères après un match
de football.

Il existe une sorte de hiérarchie mondiale liée au football, avec les équipes européennes et sud-
américains qui ont longtemps dominé. A partir du football, certains européens retrouvent donc des
hiérarchies coloniales de domination d’un monde où ils se voient détenir la civilisation et où les les
autres seraient non-civilisés, proches de l’état de nature. Tout cela n’est pas nouveau et il ressort à
chaque fois. C’est pour cela que j’estime que même si l’équipe du Maroc avait eu ce même parcours,
mais dans un Mondial tenu en Europe, le traitement médiatique n’aurait pas été le même. Il y aurait
eu une sorte de pression qui n’aurait pas permis des célébrations sur place comme on les a vues.

Pour conclure

La coupe du monde 2022 a marqué nos esprits, et Walid Regragui a réécrit l’histoire du football
marocain. Un succès digne de mention : le Maroc a volé le cœur du monde entier et nous avons, sans
doute, appris de belles leçons. L’une d’entre elles concerne comment bien travailler sa stratégie et
son équipe. Pour que votre stratégie Marketing Digital fonctionne et donne des résultats concrets, il
faut simplement connaître et appliquer les bonnes pratiques sur le long terme. Cela implique :

Une stratégie et un plan d’action bien pensés,

Un objectif commun,

Un branding ou image de marque unique,

Une communication fluide et cohérente,

Un management souple,

Une bonne gestion de talents,

Un esprit optimiste et ambitieux.

Grâce à la bonne gestion de Walid Regragui, les Lions de l’Atlas ont repris leur habitude de rugir. Le
Maroc a fait sensation dans cette grand-messe footballistique créant la surprise, en tant que seule
équipe hors d’Europe ou d’Amérique du Sud à répondre présente parmi les huit derniers. Ce succès
retentissant de l’équipe nationale doit certainement être en grande partie l’œuvre de coach Walid.

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