PCSI 1 - Stanislas Devoir Maison N◦ 2 - 10/10/22 - (durée 2H30) A.
MARTIN
ÉLECTROCINÉTIQUE
Soignez la présentation et la rédaction, qui doit être complète et concise. Tout résultat doit être justifié, et
mis en valeur. Les résultats doivent d’abord être écrits sous forme littérale et doivent être homogènes. Les ré-
sultats numériques doivent avoir un nombre de chiffres significatifs vraisemblable. Les schémas doivent être clairs,
suffisamment grands et lisibles. Si vous n’arrivez pas à montrer un résultat, admettez-le clairement et poursuivez.
CALCULATRICES AUTORISÉES
I. Photodiode
I.1. Caractéristique
Une photodiode est dipôle électro-optique dont la caractéristique élec-
trique dépend de la puissance lumineuse moyenne qu’elle reçoit au niveau
de sa surface sensible. Une photodiode, représentée sur la figure 1, a une
loi de fonctionnement donnée par
i(u) = I0 eu/V0 − 1 − Ip
où I0 et V0 sont des constantes strictement positives, et où l’intensité Ip ,
nommée « photocourant », est proportionnelle à la puissance lumineuse
P` reçue, selon la loi Figure 1 – Schéma électrique
Ip = kP` d’une photodiode
avec k une constante strictement positive.
1. Rappeler les unités SI d’une intensité et d’une puissance, et leur correspondance en unités fonda-
mentales. En déduire l’unité SI de k.
2. Déterminer la tension uCO de la diode en circuit ouvert, en fonction de V0 , Ip et I0 .
3. Déterminer l’intensité iCC de court-circuit de la diode.
4. Représenter graphiquement l’allure de la caractéristique de la diode i(u). On y placera, entre autres,
les grandeurs uCO et iCC .
5. Dans quel domaine de la caractéristique la photodiode fournit-elle une puissance positive au circuit
dans lequel elle se trouve ?
6. On considère une photodiode recevant une puissance lumineuse P` = 1, 0 mW. Calculer uCO et
iCC , en prenant I0 = 10 µA, V0 = 26 mV et k = 0, 50 uSI.
Afin de simplifier l’analyse, dans toute la suite
on représentera désormais la caractéristique
i(u) de façon approchée, par deux segments
de droite (cf. figure 2) :
— pour u < uCO , i = −Ip − I0 ;
— pour i > −Ip − I0 , u = uCO .
Figure 2 – Caractéristique courant-tension simplifiée.
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I.2. Utilisation en cellule photovoltaïque
On branche un résistor de résistance Rc aux bornes de la photodiode.
7. a) Déterminer la tension u et l’intensité i du courant en fonction
de Rc , Ip , et I0 et uCO . On pourra raisonner graphiquement
et on sera amené à distinguer 2 cas selon la valeur de Rc . On
introduira la résistance R0 = Iu0 CO
+Ip .
b) Déterminer la puissance P fournie par la photodiode en fonc-
tion de Rc , uCO , I0 et Ip .
c) Représenter l’allure de la courbe P(Rc ).
d) Déterminer la puissance maximale, notée Pmax et calculer
sa valeur pour P` = 1, 0 mW. On donnera l’expression et la
valeur de la résistance Rc réalisant ce maximum, qu’on notera Figure 3 – Cellule photovol-
Ropt . taïque
8. On définit le rendement de conversion de la photodiode par η = Pmax /P` .
a) Exprimer η en fonction de V0 , k et de la quantité x = kP` /I0 . Calculer la valeur de η pour
P` = 1, 0 mW.
b) Dans la limite x → ∞, que pensez-vous du modèle utilisé pour décrire la caractéristique de
la diode ?
c) De manière générale, justifier que le modèle simplifié de la figure 2 surévalue le facteur η.
9. On associe en série un nombre N de photodiodes identiques, chacune recevant la même puissance
lumineuse P` .
a) Procéder comme à la section I.1. pour modéliser le dipôle constitué des N photodiodes par
une caractéristique formé de deux demi-droites analogue à celle de la figure 2. On précisera
les expressions du courant iCC N et de la tension uCON correspondant.
b) Déterminer la puissance maximale PN max et préciser la valeur notée RN opt de la résistance
qu’on doit brancher aux bornes de cette association série pour récupérer la puissance PN max .
10. Reprendre les questions précédentes pour une association parallèle de N photodiodes. On préci-
sera en particulier la nouvelle valeur notée RN ||opt permettant de récupérer la nouvelle puissance
maximale, notée PN ||max dont on donnera également l’expression.
11. On souhaite alimenter une résistance Rc = 1, 0 kΩ par un ensemble de photodiodes associées soit
en série, soit en parallèle, chacune étant soumise à la même puissance lumineuse P` = 1, 0 mW.
Déterminer le nombre de photodiodes et la manière de les connecter (soit en série, soit en parallèle)
permettant de récupérer un maximum de puissance dans Rc . Quelle est alors la valeur du rendement
de conversion η ?
I.3. Utilisation en détecteur
On utilise désormais la photodiode comme détecteur de lumière, afin de mesurer la puissance lumi-
neuse P` . On utilise pour cela le montage de la figure 4 dans lequel la source de tension idéale fournit
une tension E négative.
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Figure 4 – Utilisation de la photodiode en récep-
teur. La tension E est négative. Figure 5 – Modélisation d’une diode soumise à une
tension u négative.
On admet que quand la tension u à laquelle est soumise la photodiode est strictement inférieure à uCO , on
peut la modéliser par le dipôle de la figure 5 dans lequel le photocourant Ip est celui défini à la section I.1.
(I0 est supposé négligeable). On prendra Rd = 10 MΩ, Cd = 2, 0 pF, R = 10 kΩ et E = −15 V.
Réponse statique
On se place ici en régime stationnaire, de sorte que l’on peut négliger la présence de la capacité Cd dans
le modéle.
12. Comment doit-on modifier la caractéristique simplifiée de la figure 2 pour tenir compte de la
résistance Rd ? On représentera l’allure correspondante.
13. a) Quel est le point de fonctionnement dans l’hypothèse où u < uCO ? On exprimera i et u en
fonction de E, Ip , R et Rd .
On supposera la condition u < uCO vérifiée dans toute la suite.
b) On note α le coefficient de proportionnalité (positif) donnant les variations de |vs | = −vs en
fonction de celles de P` . Donner l’expression de α et sa valeur numérique.
14. Déterminer en fonction de uCO , de E et des paramètres nécessaires la puissance lumineuse maximale
P` max pour laquelle on a u < uCO . Calculer sa valeur numérique.
15. Déterminer de même le seuil de détection, ie la puissance lumineuse minimale notée P` min pour
laquelle la tension vs est minimale en valeur absolue : |vs |min = 20 mV.
Réponse à une impulsion lumineuse
On s’intéresse maintenant à la réponse du détecteur lorsqu’il est exposé à une impulsion lumineuse de
durée ∆t telle que
P` (t) = P0 si t ∈ [0, ∆t] et P` (t) = 0 si t ∈
/ [0, ∆t] .
Cette réponse n’est pas instantanée à cause de la capacité Cd (cf figure 5).
16. Montrer que la tension vs (t) évolue de façon continue.
17. On suppose qu’avant l’impulsion lumineuse, le circuit était en régime stationnaire (la photodiode
étant donc dans l’obscurité). Donner l’expression de vs (t = 0) dans ces conditions, valeur qu’on
notera par la suite vS 0 .
18. En raisonnant sur un circuit asymptotique en régime stationnaire, établir l’expression du régime
permanent vS ∞ vers lequel vs (t) convergerait pour t → ∞ si l’impulsion était de durée infinie.
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19. On cherche maintenant à établir l’équation différentielle vérifiée par vS (t) en présence d’une puis-
sance lumineuse P` (t) variable.
a) En appliquant la loi des nœuds en A, exprimer le courant id qui traverse Rd de A vers B en
fonction de Ip , de i et de la dérivée de la tension u (et des paramètres nécessaires).
b) En déduire l’équation différentielle entre vS (t) et P` (t) dans le cas général. On introduira la
constante de temps τ du circuit en fonction des paramètres nécessaires.
20. Déterminer la tension vS (t) observée pour t ∈ [0, ∆t]. Représenter graphiquement l’allure de vS (t).
On précisera les valeurs remarquables sur le graphe. On pourra supposer que ∆t > τ pour ce
graphe.
21. Déterminer ensuite la tension vS (t) observée pour pour t > ∆t. Représenter son allure en prolon-
geant le graphe précédent, en ajoutant aussi les valeurs remarquables.
Le montage détecteur de la figure 4 est utilisé dans un système de communications optiques dans lequel
l’information est transmise sous forme binaire, par le biais d’impulsions de durée ∆t ajustable. On appelle
« bande passante » B du système de détection le nombre maximal d’impulsions pouvant être détectées
par unité de temps.
En aval du détecteur, l’algorithme de traitement numérique ne valide une impulsion que si vS (t) dépasse
(en valeur absolue) la valeur vS 2 = vS2 0 + vS2∞ après être d’abord descendu au moins sous (en valeur
absolue) la valeur vS 1 = 3v2S 0 + vS4∞ .
22. Établir l’expression de la durée minimale ∆tm entre les commencements de deux impulsions suc-
cessives, en fonction de τ . En déduire l’expression de la bande passante B en fonction de τ , puis
sa valeur numérique pour P0 = 1 mW.
* * * Fin de l’épreuve * * *