Cours RTV g1
Cours RTV g1
Mais, cela suppose aussi que le message est destiné à attendre un public.
Pour cela, il doit se présenter dans un cadre intelligible, compréhensible
et immédiatement déchiffrable. Cela nécessaire évidemment un cadre
de référence et un langage commun entre l’émetteur et le récepteur.
Le cadre de référence d’un individu ou d’un groupe est un ensemble
constitué de ses acquis, de ses concepts, de ses connaissances. La
communicabilité c’est en fait le style de l’homme.
Après que vous ayez vérifié ces caractéristiques, c’est-à-dire les attributs de
l’information, il ne vous restera qu’à relater votre information en ayant soin
de cerner les éléments suivants :
1. Le fait brut ;
2. Les circonstances qui entourent ou président l’éclosion de ce fait,
3. L’environnement dans lequel ce fait a pris corps ou s’est
enraciné ;
4. La dimension temporelle de l’événement.
Tout cela nous amène à pose la question de savoir quel rôle l’information
joue auprès du public.
Questions
Première partie
I. LA COLLECTE DE L’INFORMATION
Dans les années 1980, il y avait six agences mondiales. Aujourd’hui, il n’en
reste que trois : Associated press, Reuters et l’agence France presse
(AFP).
Associated press (A.P) est une agence américaine qui a son siège à
New York et fonctionne comme une coopérative.
L’agence Reuters emploie 2400 journalistes répartis dans plus de 190
bureaux à travers le monde. Elle a son siège à Londres.
L’agence France Presse est basée à Paris. Elle est présente dans 165
pays.
Les trois autres agences qui ont dégringolé sont : United press international
(UPI), inter Fax et la chine nouvelle. La première est américaine ; la
deuxième est russe et la troisième est chinoise.
Ces trois agences ne couvrent plus l’ensemble de cinq continents. C’est pour
cela qu’on ne les qualifie plus d’agences mondiales. Elles sont devenues
agences internationales ou régionales.
Ces agences couvrent l’étendue d’une région ou d’un continent. C’est le cas
de PANA (Agence Panafricaine de Presse). La PANA est en fait un organe
technique de l’union africaine.
La PANA à son siège à Dakar (Sénégal) et est financée par les cotisations
des Etats africains et des opérateurs privés. Elle dispose d’une centaine de
correspondance répartis dans l’ensemble du continent africain et elle est
précieuse pour les informations africaines. Il y a aussi [Link].
celle-ci est basée à l’ile Maurice et elle est spécialisée sur les informations
africaines qu’elle transmet via son site internet [Link] .
1. Les agences nationales
Ex. ACP : agence congolaise de presse pour la RDC, belge pour la Belgique,
Agence télégraphique suisse, pour la Suisse ou l’angop pour l’Angola.
Les reporters sont des envoyés chargés d’une mission rapide d’un événement
qui peut être instantané dans le cas des reportages en direct ou en différé
rapproché.
Ex : Reporter sportif
I.1.8. L’internet
I.2.1. La collecte
I.2.2. La découverte
I.2.3. Le dépistage
Cette technique est utilisée pour les informations qui sont délibérément
cachées à l’opinion publique. Le journaliste devra invertir son
intelligence, son savoir-faire et ses relations. Son travail s’apparente à
celui de police. Le cas le plus célèbre de dépistage est celui de l’affaire
« Watergate ».
Il faut retenir que ces informations ne sont pas seulement de nature
politique ou économique. Il peut s’agir aussi des faits divers (Crimes :
assassinant du président John F. Kennedy, de Patrice Emery Lumumba,
ou encore de l’activiste des droits de l’homme Floribert Chebeya en Juin
2010)
Le choix des informations devant être diffusées par une station de radio
constitue l’une des opérations les plus délicates pour un journaliste. En
effet, n’est pas facile. Chacun de nous ayant des gouts différents. Chaque
jour il se produit de centaines d’événements dans le monde. Il en est
même au niveau de chaque pays. Non seulement que ces événement
nombreux et variés ne peuvent être diffusés tous (le temps réservé au
journal) mais ils ne sont pas tous intéressants pour être mis à la
disposition du public, il faut donc choisir quelques-uns. Et ce choix doit
être fait par le journaliste. Il doit donc se mettre à la place des milliers
d’auditeurs et choisir les informations et risque de paraître arbitraire.
Alors, le journaliste s’entoure d’un certain nombre de précautions. Il
choisira ces événements ou ces faites considérés significatifs en
considérant les critères de choix des informations. Ces critères doivent
objectifs.
1. l’actualité
2. la signification ou l’importance
3. l’intérêt
6. La proximité
5. La densité événementielle
C’est la capacité de l’événement à toucher le plus grand nombre du
public (des gens). Entre deux événements qui viennent de se
produire ; le journaliste accordera la priorité à celui dans lequel a été
impliqué le plus grand nombre des personnes ou des vies humaines
dont les conséquences (positive ou négative) sont plus importantes.
6. La notoriété ou la célébrité
Ex : La maladie d’un chef d’Etat est plus importante que la mort d’un
étudiant, même le plus brillant.
7. Le conflit
Nous avons peut être aussi des instincts animaux. Un certain nombre
des sports que nous pratiquons ou admirons sont en fait des conflits
ritualisés.
8. Les conséquences
Un fait d’apparence banale peut se révéler par la suite riche en
rebondissement. Il est recommandé au journaliste de faire souvent
preuve d’un esprit d’observation et de déduction. Cela dépend
évidemment de sa capacité de raisonner correctement et du volume
de connaissances générales dont il dispose. Le flair du journaliste
expérimenté lui permettra aussi de repérer les faits aux conséquences
graves.
9. L’insolite
1. Pour une radio quels sont les trois critères de choix des
informations ?
2. Pourquoi à un moment donné, la densité événementielle peut
devenir un critère intéressant ?
3. Est le conflit ?
4. Expliquez pourquoi le progrès doit être considéré comme un
critère important dans le choix des informations ?
5. Que signifie insolite ?
Les critères de choix des informations que nous avons vus plus
haut permettent de décider quels reportages ou événements
constituent de la copie en puissance pour le journal. Mais, ils
n’aident pas à classer les informations par ordre de priorité.
D’ailleurs, une grille universelle permettant de classer les
informations n’existe pas. Chaque station de radio ou de télévision
dispose d’une échelle de classement. De même, la plupart de
professionnels de l’information audiovisuelle établissent leur
classement distinct en fondant sur leur longue expérience.
En tout cas, c’est à partir de l’analyse des besoins de son public que
le journaliste classe ses informations. Malgré cela, pour éviter la
routine, il est préférable que dégager l’ordre de priorité des
informations à l’intérieur du journal.
A titre d’indication, voici quelques questions que doit se poser le
journaliste et qui lui permettront de dégager un schéma de
classement des nouvelles.
1. S’agit-il d’une nouvelle que le public doit connaitre
immédiatement afin de protéger sa santé ou sa curiosité ?
2. Mon public doit-il être informé de cette nouvelle pour pouvoir
poursuivre sans encombre ses activités quotidiennes normales
ou remplir ses devoirs de citoyen dans la société ?
3. S’agit-il d’une nouvelle que mon public doit connaitre, mais
d’une nature qui permette de la livrer à retardement ?
4. S’agit-il d’une nouvelle importante pour une partie considérable
de mes auditeurs ?
5. S’agit-il d’un reportage de divertissement ?
Si vous répondez «Oui» à la première question, l’information est
d’une extrême importance. Si c’est à la deuxième, elle l’est un peu
moins et ainsi de suite. Ces cinq questions déterminent les
informations à continu prioritaire et peuvent se résumé en deux
grandes règles en matière de classement des informations :
La première grande règle est d’ouvrir le journal avec les gros
titres de l’actualité ou les reportages les plus importants du
moment. Ce sont ces nouvelles là que vos auditeurs ou
téléspectateurs désireront entendre avant tout.
La deuxième grande règle est d’agencer les reportages de façon
que chacun amène logiquement le suivant, dans le cadre d’un
schéma global facile à saisir.
De cette manière, il convient de partir de gros titres du jour et de
passer à un ensemble des reportages de mêmes types, qui
s’enchaineront logiquement les uns les autres. Avec le temps,
l’expérience aidant, le journaliste ne posera plus ces questions telles
que nous venons de les énumérer plus haut. Il passera directement
aux deux grandes règles que nous venons d’exposer.
En fin, compte tenu de l’exigence de temps très limité à la radio et à
la télévision, si l’on doit consacrer le temps d’antenne à un sujet plus
important, il faut se résoudre à différer la diffusion d’autres sujets de
l’actualité en les reportant aux journaux ou bulletins ultérieurs.
Question relatives au classement des informations
1. Existe-t-il un modèle de classement universel des informations ?
2. Justifiez votre réponse.
3. Expliquez le processus de classement des informations.
4. Enoncez les deux règles de classement des informations.
Deuxième partie
II. LE TRAITEMENT DE L’INFORMATION
II.1. Les genres journalistiques
En journalisme, il existe de genre mineurs et genres majeurs. On
distingue deux genres mineurs : le flash et bulletin d’information et
plusieurs genres majeurs. Nous citerons notamment le journal, le
reportage, l’interview et l’enquête.
Dans ce chapitre nous parlerons du flash, du bulletin d’information et
du journal.
II.1.1. Les genres mineurs
On appelle genre mineur la catégorisation de nouvelles brèves. Une
nouvelle brève est courte. Elle permet à l’auditeur d’apprendre, à
l’instant même où il se produit, l’existence d’un d’événement et d’être
tenu d’heure, au courant de son développement.
La nouvelle brève est concis, et dépouille, c’est à l’aide sec. Le debout
doit comporter un ou au maximum quatre mots clés caractérisant
l’événement. Autrement dit, ces trois ou quatre il existe deux types de
nouvelles brèves : le flash et le bulletin d’information.
a. Le flash
Il existe deux sortes de flash :
Le flash est l’annonce rédigée en style lapidaire d’un fait
concret d’une importance exceptionnelle. On appelle souvent
« nouvelle en trois lignes ». Le flash doit littéralement brûler les
doigts. Généralement, on interrompt les émissions pour
l’annoncer. C’est une mise en alerte du public. Le
développement ou le complément doit suivre dans les plus brefs
délais.
Ex : le Pape vient de mourir.
Pour ce genre d’information, la tendance dans les rédactions consiste.
Le flash horaire : intervient à une heure régulière et apporte le
développement de l’information. Avant le journal, il existe aussi
de flash sous forme d’annonce des grands titres. Un flash
horaire peut comporter quelques résultats sportifs. Dans tous
les cas, le flash ne doit pas dépasser trois minutes.
b. Le bulletin d’information
Le bulletin d’information est une vie panoramique de l’actualité
présentée de façon succincte. Il donne, en quelques lignes, une
version concise mais se suffisant à elle-même de la nouvelle, c’est-à-
dire comportant la réponse au moins quatre questions de référence.
Le bulletin d’information est utilisé pour annoncer des événements de
moindre importance que ceux qui font l’objet d’un flash mais qui
cependant, doivent être portés de toute urgence à la connaissance du
public. Il est également le complément d’obligatoire du flash dont il
reprend et amplifie le contenu (situe l’information et si possible
l’explique).
Par ailleurs, le bulletin d’information permet à celui qui n’a pas en eu
le temps de suivre le journal parlé de connaitre suffisamment
l’actualité. En définitive, le bulletin d’information est un petit journal.
A ce titre, on peut y inclure un sommaire et des documents sonores
(reportage ou correspondances). C’est ainsi que dans un bulletin
d’information, on peut avoir un petit reportage sportif. Mais il
demeure bref (5minutes).
Le bulletin d’information peut être présenté par une ou deux voix.
Questions relatives aux genres journalistiques
1. Citez trois genres majeurs du journalisme ?
2. Quel est le style d’une nouvelle brève ?
3. Quelle est la différence entre le flash et le flash horaire ?
4. Donnez un exemple d’un flash (une phrase)
5. Le bulletin d’information peut-il comporter des informations
sportives ? Pourquoi ?
II.2. Les règles de rédaction à la radio
L’information radiophonique est un récit d’un événement que le
journaliste rapporte, après l’avoir mis en forme, à ceux qui n’ont pas
eu, comme lui, la chance ou l’occasion d’assister à son déroulement ou
à ceux qui ne sont pas équipés adéquatement pour recevoir les
informations transmises par les anges de presse. Quand on dit que le
journaliste a mis le récit en forma, cela veut dire qu’il donne une
structure à ce récit afin de le rendre accessible, c’est-à-dire
consommable par le public. Cela signifie qu’il a rédigé ou à réécrire
l’information conformément au style parlé.
Cette structure suppose d’abord sur le plan matériel, de dimensionner
le papier sur lequel on va écrire.
Comme on le sait, les micros sont sensibles à tout bruit se produisant
aux alentours. C’est pour cela qu’il faut couper le papier de dimension
normale 27*21 en deux. Cette opération rend chaque partie plus
rigide. Donc résistance au vent.
Qu’on dispose ou non d’un ordinateur, il faut, quand l’information est
transmise par une dépêche d’agence :
1. Lire la dépêche deux ou trois fois attentivement et
intégralement ;
2. Avoir une vue globale de l’information, cela veut dire qu’on doit
la déchiffrer mentalement ;
3. Relever et souligner les passages importants ;
4. Enfin commencer par rédiger l’information principale avec le
souci de répondre aux questions de référence.
Si l’information n’a pas été transmise par une dépêche d’agence, c’est-
à-dire le journaliste a été oculaire.
Il faut que le journaliste structure mentalement son récit, qu’il le
mâche pour ses auditeurs avant de le transmettre sur le papier en
ayant soin de répondre aux questions de référence.
Le journaliste commencera son papier par une attaque. Il doit ensuite
développer l’ensemble de son récit par des phrases courtes, concises et
claires selon le style radiophonique.
Tout papier se termine par une chute, c’est-à-dire une conclusion.
II.3. Le style radiophonique
Il se caractérise essentiellement par sa brièveté. Nous savons
qu’entre les 8 ème minutes et la 10ème l’attention de l’auditeur
faiblit. Il faut alors renouveler son centre d’intérêt. Si le thème
évoque suscite l’intérêt de l’auditeur, il va de nouveau
concentrer son attention et suivre attentivement le journal. On
ne peut aussi réveiller son attention par la voix. Vous savez que
c’est grâce à la voix que le message passe.
L’information radiophonique évolue par explications
progressives. Pour expliquer, il faut simplifier. Et pour
simplifier, il faut vulgariser. Le journaliste doit démontrer que
le problème qu’il expose intéresse directement et
individuellement chaque auditeur. Il est inutile d’insister sur le
style simple, direct, clair et vivant.
II.4. Les principes de la phrase radiophonique
Pour que le journaliste rédige son papier selon le style radiophonique,
il doit appliquer et respecter les principes de la phrase radiophonique.
Ils sont au nombre de cinq.
1. Une idée égale à une phrase ;
2. Une phrase est égale à une information, il faut une seule
information par phrase ;
3. Une phrase correspond à plus ou moins cinq mots. C’est le
principe de la concision ;
4. Une phrase est égale à une proposition et…
5. Application du principe de l’enchainement logique des phrases.
II.5. Les éléments du style radio
1. La dimension : le journaliste doit savoir amplifier certains
détails significatifs. Sans trucage ni exagération. La
dramatisation sert à valoriser une information.
2. La simplification : le journaliste s’adresse à tout le monde, à
toutes les catégories socioprofessionnelles. Il doit alors exposer
son récit sous une forme simple, vulgarisée simple, direct et
essaiera de définir les termes techniques contenus dans son
journal.
3. Utilisation du langage imagé, il sert à toucher personnellement
chaque auditeur en faisant appel à l’intérêt humain. Il se
caractérise par le choix des mots, la vulgarisation des éléments
techniques, la dynamique du dynamisme du style, la recherche
du détail précis et évocateur. Il va de soi que cela exige du
journaliste beaucoup de talent.
4. La logique dans les idées : nous avions dit que le journaliste de
radio conduit son récit pas à son en utilisant le langage simple,
direct et clair, il doit veiller à la recherche des idées qu’il expose
car, il sait qu’il exerce sur son auditoire un pouvoir énorme.
II.6. Les attaques à la radio
L’attaque est la première phrase d’un papier radio. Toute information
doit comporter une attaque. C’est l’entrée en matière, l’introduction.
Elle remplit deux fonctions, à savoir : Orienter l’auditeur et le
motiver.
Il s’agit d’accrocher l’attention de l’auteur pour qu’il ait envie
d’écouter la suite. C’est presque l’argument publicitaire.
II.6.1. Les sortes d’attaques
Traditionnellement, l’usage consacre cinq sortes d’attaques :
Attaque classique : c’est l’information principale telle que
nous venons de décrire. Elle convient pour l’information
courante à propos de laquelle, il serait déplacé de faire jouer les
grands orgues.
Ex : Ouverture ce matin au département des affaires étrangères des
travaux de la commission mixte franco-congolaise.
Attaque suspens : son art est de tenir l’auditeur en suspens.
Elle est susceptible de faire naitre en lui, un sentiment d’attente
parfois angoissée.
Attaque métaphorique : l’attaque métaphorique est
généralement utilisée pour mettre en relief un détail
pittoresque ou pour relever un fait assez mineur. Elle sert à
établir une comparaison entre deux objets.
Ex : Ramsès il vient d’être admis ce matin à l’hôpital de la salpêtre
à Paris.
- Picasso réapparait aux Etats Unis.
- La Joconde quitte Paris ce matin pour un séjour de deux
semaines à Tokyo.
Attaque surprise : ou encore coup de poing. C’est le direct à
l’estomac destiné à couper le souffle. Elle doit être percutante
pour secouer l’auditeur.
Ex : - Benoit XVI disparait avec la caisse du Vatican.
- Une irlandaise de 33 ans met au monde un chat.
- Ce genre d’attaque ne souffre pas de médiocrité : maquée, elle
devient ridicule et hermétique.
Attaque ironique : attaque ironique use de l’ironie dans
l’attention du persiflage ou pour dire le contraire de ce qu’on
veut faire entendre.
- Imana perd sur le terrain mais gagne dans les bureaux de la
FECOFA.
- La violence se porte bien au stage du 20 mai. (après
l’augmentation du nombre d’agents chargés du maintien de
l’ordre au stage du 20 mai).
- Il importe de retenir que ces différentes attaques peuvent être
utilisées concurremment selon les circonstances, sans
préférence exclusive.
Il ne va pas abuser d’un genre d’attaque, car l’habitude tue la
surprise.
II.6.2. Les techniques de l’attaque radiophonique
L’attaque est en effet la partie la plus importante du texte. Si elle
est mauvaise, l’auditeur ne se donnera pas la peine d’écouter le
reste. Il faut se rappeler que l’attaque pour le public est un signal
qui ne doit comporter aucun détail crucial. Cela ne doit être en
aucun cas le chapeau de la presse écrite, avec ses (Qui, Quoi,
Pourquoi, Quand, Comment).
Le journaliste de l’audiovisuel répond peut être à une ou deux de
ces six questions traditionnelles mais jamais à toutes.
L’attaque ne doit pas comporter que peu, voire pas du tout de
détails importants ; et si vous décidez d’en incorporer un, il doit
être placé en fin de phrase. Parmi les six questions traditionnelles
des chapeaux de la presse écrite, deux auxquelles vous répondez le
plus souvent, dans votre attaque précisera, de façon très générale,
ce qui s’est passé « il y a eu un incendie » et fréquemment aussi où
cela s’est passé.
Qui ? Dans une attaque, ce quoi peut représenter bien des choses.
Il s’agit le plus souvent d’un simple énoncé du sujet en question.
Ex :
- La rentrée scolaire approche
- Le coût de la vie augmente ;
- Le président de la république se rendra en visite officielle au
Rwanda le 29 Janvier prochain
- Lassan n’est plus
Une autre axée sur quoi, et excellent au lendemain au demeurant est
celle qui souligne l’effet que l’événement aura sur le public. Cette
façon de faire implique directement les auditeurs ou les
téléspectateurs a donc beaucoup plus de chance d’attirer leur
attention.
Ainsi, « le prix du ticket de bus va augmenter » est une attaque tout à
fait correcte, mais « les usages des transports en commun paieront leur
ticket de bus plus cher le mois prochain » est encore meilleur.
Les attaques qui mettent l’accent sur les effets qu’aura l’événement
sont en général très bonnes.
Où ?
Dans la nouvelle des journaux ou des agences de presse, provenance
d’une information est précise dès le départ. Il y a toujours un
changement minimal à effectuer par rapport à la dépêche du
téléspecteur. Lorsque vous décidez de citer lieux, faites le de façon très
précise. Ne croyez pas surtout que tout le monde sait où se trouve.
Ex : il y a deux Cuba (le pays et la ville) ; il y a deux Pittsburgh (aux
Etats Unis d’Amérique et en Angleterre). Rares sont ceux qui savent
où se trouve Vladivostok. Il vous suffira d’ajouter un ou deux mots pour
être clair.
Qui ?
En principe, le (qui) d’un reportage ne devrait pas figurer dans
l’attaque, sauf s’il s’agit de quelqu’un de très célèbre. Les noms peu
connus ne doivent jamais être cités tout de suite.
Alors qu’un nom célèbre peut inciter les auditeurs à se brancher, tout
autre nom aura plutôt un effet déconcertant.
Il n’est pas interdit de citer les principaux protagonistes d’une
nouvelle. Seulement, quand ils ne sont pas connus, il serait mieux de
les identifier par leur fonction plutôt que par leur nom.
Ex : Le président de la République sera bientôt aux U.S.A Pas de pas
de problème avec cette attaque, tout le monde ou presque sait qui est
le président de la République mais, si vous annoncez « Sean Mc
Bride sera bientôt au Congo » le public va sûrement se demander qui
est ce ? Par contre, si vous dites « le fondateur et président d’Amnesty
International, Mr Sean Mc Bride viendra en visite officielle au Congo,
le public est vite situé.
Quand ?
Les dates ne figurent pas souvent dans les attaques de la presse
audiovisuelle. Celle-ci met l’accent sur les nouvelles du jour et les
dates sont de ce fait exclues des reportages audiovisuels, ou en tout
cas ne figurent pas dans les attaques.
Pour éviter les dates, voici comment s’établit la priorité quant au
temps des verbes dans les attaques :
Si possible, utilisez le présent ou une tournure s’en
rapprochant ;
Lorsque c’est impossible, utilisez le passé composé ;
Si le contexte l’exige, précisez la date et l’heure, pour bien
marquer que l’événement appartient au passé.
Comment et combien ?
Comment est un autre élément des chapeaux de la presse écrite qui
n’a que rarement sa place dans les attaques de la presse parlée.
Quand à « combien », il faut s’en méfier tout particulièrement. Les
chiffres sont autant de poids morts dans un reportage audiovisuel.
Faites tout votre possible pour les écarter systématique des attaques.
En ce moment-là, le public n’en sera pas encore à se préoccuper de
chiffres.
Si vous êtes vraiment obligé d’utiliser des chiffres dans l’attaque,
observez les deux règles suivantes :
Essayez de ne pas en citer plus d’un ;
Rejetez-le en fin d’attaque.
Exemple : Cet après-midi, une collision d’un camion et d’une voiture
taxi sur le boulevard Lumumba a fait sept morts.
Pourquoi ?
C’est une question à laquelle les attaques des textes audiovisuels ne
répondent pratiquement jamais. Avant de dire pourquoi, en effet, il
faut commencer par expliquer. Le pourquoi est une question à
laquelle les attaques des textes audiovisuels ne répondent
pratiquement jamais. Avant de dire pourquoi ? En effet, il faut
commencer par expliquer ce qui s’est passé et le temps de le faire,
l’attaque devient assez longue. Le pourquoi attend généralement le
corps du reportage.
N.B : Ce qu’il faut éviter dans les attaques. Contrôlez toujours :
Les chiffres : ils sont à proscrire des attaques et même du reste du
texte si possible. Si vous ne pouvez en éviter un dans l’attaque,
rejetez-le en fin de phrase.
Les noms propres communs : à proscrire également. Dites toujours ce
que fait la personne en question avant de citer son nom (ou pourquoi
elle figure dans votre reportage) même s’il s’agit d’un nom célèbre
préciser l’activité de celui qui le porte.
Les dates et les heures
Faites un choix judicieux du temps des verbes. Il faut être prudent
dans l’utilisation du mot « aujourd’hui ». Des expressions telles que
« tôt ce matin », « il y a environ une heure » le remplaceront
avantageusement. N’utilisez les heures précises que si c’est essentiel
pour la compréhension du texte. S’il faut préciser une date ou une
heure, rejetez-la en fin d’attaque.
La forme
Préférez la forme active à la forme passive. Ne dites pas une
ordonnance vient d'être signée par…
Dites : le président de la république vient de signer une ordonnance.
Questions relative au style radio
1. Que doit faire un journaliste quand il doit traiter une
information transmise par une dépêche d’agence ?
2. Quelles sont les caractéristiques du style radio ?
3. Quels sont les principes de la phrase radiophonique ?
4. Citez les éléments du style radio.
5. Citez les différences attaques radiophoniques.
6. Quelles sont les fonctions d’une attaque ?
7. a) Il existe combien de sortes d’attaques ?
b) Citez-les et construisez chacune d’elles.
8. a) Peut-on construire une attaque avec la question pourquoi ?
b) Justifiez votre réponse ?
II.7. Le corps
Après l’attaque, c’est le développement de l’information. C’est la
partie essentielle de l’information. En d’autres termes, c’est le plat de
résistance.
Il faut soigner la rédaction de cette partie en choisissant le plan, les
phrases et les mots qui conviennent. Les phrases doivent être courtes,
précises et cela, selon une progression dynamique. Le style vivant et
concret.
Le journaliste choisira le plan approprié pour la progression de son
récit. Il y a quatre plans rédactionnels :
1. le plan chronologique
2. plan flash-back ou plan du retour en arrière ;
3. le plan en pyramide inversée
4. le plan démonstratif
Quand le journaliste choisit le plan chronologique, c’est qu’il veut
donner à son récit un caractère historique. Il commence son papier
par le début, c’est-à-dire par la séquence la plus ancienne de
l’événement. Il évoluera avec son récit jusqu’à la séquence la plus
récente (actuelle).
Le plan flash-back commence par la séquence la plus actuelle et le
journaliste va remonter au début de l’événement puis, fait la boucle
en rejoignant le point de départ.
Le plan en pyramide inversée, comme le suggère l’appellation, c’est
un plan qui commence par l’information principe. Le journaliste
évoluera vers les détails moins importants. Et dans le cas où il n’y
avait pas assez de temps, le journaliste le présentateur du journal
peut éliminer certains détails sans que cela puisse nuire à à la
compréhension de l’information.
Le plan démonstratif emprunte la démarche mathématique. Le
journaliste doit expliquer par des phrases simples, claires et concises
le point de départ de l’information qu’il diffuse. Comment cet
événement a évolué jusqu’au moment de son traitement ainsi que sa
diffusion.
II.8. La chute
Tout papier radiophonique se termine par une chute. C’est la
conclusion du récit. Cette chute est importante surtout pour un
papier de commentaire. Elle est soit synthèse de l’information qu’on
vient de développer soit le signal d’une information à venir.
Troisième Partie
III. LA PRESENTATION DU JOURNAL PARLE (J.P)
Après la recherche et la rédaction, la présentation des informations
au micro est la troisième étape de l’information radiophonique.
Ici, le journaliste utilise, pour sensibiliser son auditeur, sa voix alors
que son confrère de la presse écrite utilise les caractères d’imprimerie
afin de souligner l’importance de telle ou telle information, le
journaliste de radio recours à la force de sa voix.
En fait, il combine de manière équilibrée les trois éléments suivants :
La voix
Le ton
Le début
1. La voix
C’est l’élément primordial pour le journaliste de radio. Ses inflexions,
ses accents, ses temps forts, le cours de la voix souligne, renforce ou
nuance son texte.
Deux critères sont déterminants pour marquer la voix. La première
qualité d’une voix radiophonique, c’est la présence. On sait que
certaines voix passent bien au micro alors que d’autres ne passent
pas bien. Pour certains journalistes, dès la première minute, ils
deviennent sympathiques à l’auditeur. Ce dernier a l’impression
qu’on lui parle personnellement.
La présence du journaliste se manifeste par la voix. L’élément qui
détermine cette présence de la voix, c’est la conviction. Cela veut dire
que le journaliste doit monter qu’il s’intéresse personnellement à ce
qu’il fait et dit l’emploi de tel mot fera participer l’auditeur à cette
communion.
Une bonne voix, c’est aussi une question de don et de talent. Elle est
parfois innée. Ceux que la nature n’a pas comblés d’une voix
radiophonique peuvent toujours s’imposer à la radio grâce au second
critère, celui de la personnalité, car, la voix reflète la personnalité de
celui ou celle qui parle.
Elle peut convaincre d’autant plus qu’elle est sincère et naturelle.
On se souvient de la voix de Kwebe Kimpele à la RTNC.
2. Le ton
La totalité indique le niveau de la voix que le journaliste adopte pour
transmettre le message. Le journal est une conversation qui se passe
au salon. Il est donc inutile de parler trop fort. Les micros sont
sensibles et ils laissent passer aisément les propos de celui qui les
utilise.
Le ton doit être adapté aux circonstances : à chaque type
d’information correspond un ton déterminé.
Il ne faut pas oublier que chaque voix a ses qualités propres. C’est
ainsi que, parfois le genre d’information que l’on donne commande le
choix du journaliste.
Il y a des journalistes qui conviennent pour des informations
politiques ou économiques alors que d’autres diffuseraient mieux des
informations politiques ou économiques alors que d’autres
diffuseraient mieux des informations de faits divers.
Il faut aussi savoir que le micro peut déformer la voix : une voix
banale qu’on remarquerait à peine dans une conversation peut se
révéler étonnement radiophonique. Ainsi les liaisons techniques
peuvent altérer une bonne voix.
On peut cependant corriger et améliorer ces altérations par des
exercices pratiques.
3. Le débit
C’est la vitesse de lecture du texte. Il va de soi que ce texte doit être
adapté au minutage arrêté lors de la conférence de rédaction.
Le journaliste doit savoir qu’une minute de parole vaut 900 signes et
intervalles, soit 150 mots moyens. Il est demandé à chaque
journaliste de connaitre, selon son débit, le temps qu’il mettra à lire
un papier rédigé par lui-même.
Un débit trop lent tout comme une voix sourde, ronronnant
endorment l’auditeur. Pour éviter tout cela, le journaliste doit tenir
compte de la sensibilité du public.
L’idéal, c’est une voix claire, bien posée, agréablement modulée avec
des variations du débit et service par une bonne respiration.
L’essentiel c’est de parler distinctement à la vitesse normale.
Questions relatives à la présentation du journal parlé (JP)
1. Quels sont les trois éléments que combine de manière équilibrée
un journaliste pour souligner l’importance d’une information ?
2. Quels sont les deux critères déterminants qui marquent la voix
d’un journaliste ?
3. Que doit faire un journaliste pour améliorer les altérations de
sa voix ?
4. Pour qu’un journaliste se fasse bien comprendre par son public,
que doit-il faire ?
III.1. L’aisance au micro
La qualité de la voix est un facteur très important pour la prestation
devant le micro. Toutefois, l’aisance au micro s’obtient à la force de la
pratique au micro.
Mais elle dépend également de trois facteurs :
1. Une aptitude individuelle que l’on peut développer mais qui est
ou non innée.
2. Une faculté d’assimilation des informations pour les présenter
d’une façon agréable et vivante. On rappelle souvent l’image de
la mère-oiseau qui part à la quête de nourriture, à la pré-digére
et la sert sous forme de bouillie à ses partis. Le journaliste est
dans une certaine mesure, la mère oiseau de l’auditeur.
3. Une mise en bouche constante de son texte. Il ne faut pas
hésiter de modifier une phrase, à remplacer un mot à partir du
moment où la langue risque de buter sur un succession de
syllabes particulièrement périlleuse, à partir du moment où le
rythme de telle ou telle phrase n’est pas adapté à celui de votre
respiration. Pour éliminer toutes ces difficultés, il faut
employer des mots simples, des phrases courtes, incisives, qui
auront, en outre, le mérite de tenir éveillé l’auditeur sinon de
l’intéresser.
Questions relatives à l’aisance au micro
1. Quels sont les facteurs qui facilitent l’aisance au micro ?
2. Pour éviter des difficultés liées à la prononciation des mots, que
doit faire le journaliste ?
III.2. Quelques conseils pratiques
Si les réalités (les répétitions des mots) peuvent être tolérées, il faut
veiller aux répétitions phoniques, en particulier aux finales en
« ions », « ant » ou « ment ».
A proscrire aussi un accent régional trop marqué qui agacerait
certains auditeurs d’autres régions. Un accent régional n’est tolérable
que jusqu’à un certain point.
- Le moindre défaut de prononciation
- Un zozotement même léger
- Le froissement du papier en tournant les pages
- Les toux, éternuement ou le fou-rire provoqué par les facéties
des collègues trop bienveillants.
III.3. Autres conseils :