Chapitre IV : Schémas blocs et algèbre de diagrammes
IV.1 Schémas blocs
Les schémas fonctionnels constituent une représentation graphique abrégée de systèmes
physiques, indiquant les relations fonctionnelles existant entre leurs éléments. Ceci permet
d’évaluer quelle est la contribution de chacun de ces éléments au comportement d’ensemble du
système.
IV.1.1 Définition des schémas blocs (ou schémas fonctionnels) : les rôles des blocs sont
fonction des différents éléments de la boucle de régulation. Ils sont reliés entre eux par des
flèches annotées et représentant les signaux qui y circulent. Ces blocs sont indépendants de la
nature du signal à réguler.
IV.1.2 Simplification – Réduction
Quand on établit le schéma-blocs d'une installation, on obtient souvent une structure complexe.
On peut, grâce aux quelques règles qui suivent, simplifier ces diagrammes.
Règle 1 : série
X(p) 𝑌1 (𝑝) Y(p) X(p) Y(p)
𝐺1 (𝑝) 𝐺2 (𝑝) 𝐺1 (𝑝) × 𝐺2 (𝑝)
Figure IV.1 : Association en série
On peut écrire :
𝑌(𝑝) = 𝑌1 (𝑝) × 𝐺2 (𝑝)
{
𝑌1 (𝑝) = 𝑋(𝑝) × 𝐺1 (𝑝)
Donc :
𝑌(𝑝)
𝐺 (𝑝 ) = = 𝐺1 (𝑝) × 𝐺2 (𝑝)
𝑋(𝑝)
Règle 2 : parallèle
X(p) 𝑌1 (𝑝)
𝐺1 (𝑝)
Y(p) X(p) Y(p)
𝐺1 (𝑝) + 𝐺2 (𝑝)
𝐺1 (𝑝)
𝑌2 (𝑝)
Figure IV.2 : Association en parallèle
On peut écrire :
𝑌(𝑝) = 𝑌1 (𝑝) + 𝑌2 (𝑝)
{𝑌1 (𝑝) = 𝑋(𝑝) × 𝐺1 (𝑝)
𝑌2 (𝑝) = 𝑋(𝑝) × 𝐺2 (𝑝)
Donc :
𝑌(𝑝)
= 𝐺1 (𝑝) + 𝐺2 (𝑝)
𝑋(𝑝)
Règle 3 : boucle fermée
X(p) + (p) Y(p) X(p) Y(p)
G(p) 𝐺(𝑝)
1 + 𝐻 (𝑝 )𝐺(𝑝)
-
M(p)
H(p)
Figure IV.3 : Boucle fermée
On peut écrire :
𝑌(𝑝) = 𝜀(𝑝) × 𝐺(𝑝)
{ 𝜀(𝑝) = 𝑋 (𝑝) − 𝑀(𝑝)
𝑀(𝑝) = 𝐻(𝑝) × 𝑌(𝑝)
Donc :
𝑌(𝑝) = [𝑋(𝑝) − 𝐻 (𝑝)𝑌(𝑝)] × 𝐺(𝑝)
𝑌(𝑝) 𝐺(𝑝)
Alors : 𝑋(𝑝) = 1+𝐻(𝑝)×𝐺(𝑝)
On montre de la même manière les équivalences entre les schéma-blocs suivants :
Règle 4 : Déplacement d’un point de prélèvement arrière
E(p)
E(p) G(p) 𝑦1 (𝑝) G(p) 𝑦1 (𝑝)
𝑦2 (𝑝) 1 𝑦2 (𝑝)
𝐺(𝑝)
Figure IV.4 : Lien arrière
Règle 5 : Déplacement d’un point de prélèvement avant
E(p) E(p)
G(p) 𝑦1 (𝑝) G(p) 𝑦1 (𝑝)
𝑦2 (𝑝)
G(p) 𝑦 2 (𝑝)
⬚
Figure IV.5 : Lien avant
En pratique, on simplifiera toujours en premier lieu les boucles les plus internes (les plus
imbriquées).
Exemple
Simplifier le schéma bloc du système suivant :
Première étape de simplification
Deuxième étape de simplification
Ce qui permet d'écrire :
𝑌(𝑝) 𝐺1 (𝑝)𝐺2 (𝑝)𝐺3 (𝑝)
=
𝑋(𝑝) 1 + 𝐻1 (𝑝)𝐺2 (𝑝)𝐺3 (𝑝) + 𝐻2 (𝑝)𝐺1 (𝑝)𝐺2 (𝑝) + 𝐺1 (𝑝)𝐺2 (𝑝)𝐺3 (𝑝)
IV.2 Diagrammes de fluence
Les diagrammes de fluence sont une alternative aux schémas blocs. Ils sont constitués de
branches et nœuds.
E(p) + Y(p) G(p)
1
G(p) E(p) S(p)
H(p)
H(p)
Figure IV.6 : Equivalence schéma bloc - diagramme de fluence
Règle de Mason
Pour réduire les diagrammes de fluence, on se sert de la Règle de Mason. Avant de procéder à
l’explication de la Règle de Mason, il faut premièrement énumérer quelques définitions.
G6(p)
G1(p) G2(p) G3(p) G4(p) G5(p) G7(p)
E(p) Y(p)
H1(p) H2(p)
H3(p)
Figure IV.7 : Exemple, diagramme de fluence
Gain de boucle : Le produit des gains dans un parcours qui débute et finit au même nœud.
Dans le circuit de la figure IV.7, on a 4 boucles. Les gains des 4 boucles sont :
𝐺2 𝐻1 , 𝐺4 𝐻2 , 𝐺4 𝐺5 𝐻3 , 𝐺4 𝐺6 𝐻3
Gain en parcours direct : Le produit des gains d’un parcours allant du nœud du début au nœud
de fin (sans revenir en arrière).
Dans l’exemple précédent, les gains en parcours direct sont : 𝐺1 𝐺2 𝐺3 𝐺4 𝐺5 𝐺7 , 𝐺1 𝐺2 𝐺3 𝐺4 𝐺6 𝐺7
Boucles sans contact : Des boucles qui n’ont aucun nœud en commun.
Dans le circuit de la figure IV.7, la boucle G2H1 n’a aucun nœud en commun avec les autres
boucles.
Gain des boucles sans contact : Le produit des gains des boucles qui ne se touchent pas pris 2,
3, 4, etc à la fois.
Dans l’exemple précédent, les gains prit deux à la fois sont :
1. [𝐺2 𝐻1 ] × [𝐺4 𝐻2 ]
2. [𝐺2 𝐻1 ] × [𝐺4 𝐺5 𝐻3 ]G(p)
3. [𝐺2 𝐻1 ] × [𝐺4 𝐺6 𝐻3 ]
Il n’y pas trois boucles indépendantes dans l’exemple.
Règle de Mason
𝐶(𝑝) ∑𝑘 𝑇𝑘 ∆𝑘
𝐺 (𝑝 ) = =
𝑅(𝑝) ∆
Où
k = nombre de parcours direct.
Tk = gain du ke parcours direct.
∆= 1 − ∑ gains de boucle + ∑ gain sans contact pris 2 à la fois −
∑ gains pris 3 à la fois + ∑ gains pris 4 à la fois +…
∆𝑘 = ∆ − ∑ gains de boucles de ∆ qui touchent au k e parcours direct