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COURS:

STATIQUE APPLIQUEE

1ère Licence en Sciences de l’Ingénieur (Tous)

Par:
Prof. Dr. Ir. WADI TUSAMBILA Valéry
Tél: +243 82 280 41 28
E-mail: [Link]@[Link]
valerywadi@[Link]

Mars 2023
5. Analyse des structures

Pour des raisons à la fois pratiques et


économiques, les ingénieurs
construisent souvent des structures en
treillis, comme celle du pont
Laviolette, qui relie la ville de Trois-
Rivières à Bécancour sur la rive sud
du Fleuve Saint-Laurent.
5. Analyse des structures

V.1. INTRODUCTION

V.2. ANALYSE DES TREILLIS

V.3. ANALYSE DES CHARPENTES

V.4. ANALYSE DES MECANISMES


V.1. INTRODUCTION

Dans les chapitres précédents, nous avons étudié l’équilibre d’un seul
corps rigide, où toutes les forces impliquées étaient extérieures au
corps rigide. Considérons maintenant l’équilibre des structures
constituées de plusieurs parties reliées.
Cette situation nécessite de déterminer non seulement les forces
extérieures agissant sur la structure, mais également les forces qui
maintiennent ensemble les différentes parties de la structure. Du point
de vue de la structure dans son ensemble, ces forces sont des forces
intérieures.
Dans ce chapitre, nous considérons 3 grandes catégories de structures :
1. Les treillis qui sont des structures conçues pour supporter les charges et sont
généralement bloquées au stable. Les treillis sont constituées d’un ensemble de
barres, assemblées les unes aux autres à leurs extrémités articulées.
Les barres d’un treillis sont donc des éléments à deux forces, c’est-à-dire des
barres soumises à deux forcés égales et opposées.
2. Les charpentes qui sont également conçues pour supporter des charges et sont
aussi des structures fixes et complètement bloquées (stables). Cependant, les
charpentes contiennent toujours au moins un élément à 3 forces ou plus qui, en
général, ne sont pas dirigées le long de l’élément.
3. Les mécanismes qui sont conçus pour transmettre et modifier des forces et sont
des structures contenant des pièces mobiles. Les mécanismes, comme les
charpentes, contiennent toujours au moins un membre ou élément multi-force.
V.1. ANALYSE DES TREILLIS
Le treillis est l’un des principaux types d’ouvrages d’art. Il fournit une
solution pratique et économique à de nombreuses situations
d’ingénierie, en particulier dans la conception de ponts et de bâtiments.
Dans cette section, nous décrivons les éléments de base d’un treillis et
étudions une méthode courante d’analyse des forces agissant sur un
treillis
V.1.1 Treillis Simples
Un treillis est constitué d’éléments droits (barres
assemblées les unes aux autres à leurs extrémités
articulées de manière à former une structure
portante stable (non mobile) comme illustrée sur
la Figure V.1. Les barres du treillis sont
connectées uniquement à leurs extrémités. Sur la
Figure V.1 par exemple, il n’y a pas de barre AB, Figure V.1 : Treillis Simple

plutôt 2 membres AD et DB. La plupart des


structures réelles sont constituées de plusieurs
treillis pour former une charpente.
Chaque treillis est conçu pour supporter les charges qui agissent dans
son plan et donc peut être traitée comme une structure bidimensionnelle.
On suppose que les poids des barres du treillis peuvent être appliqués
aux nœuds, avec la moitié du poids de chaque barre appliquée à chacun
des 2 nœuds que la barre relie.
Bien que les barres soient en fait assemblées au moyen des connexions
soudées, boulonnées ou rivetées, il est habituel de supposer que les
barres sont parfaitement articulées.
Cela nous permet de modéliser les forces appliquées à une barre comme
une seule force à chaque extrémité. Nous pouvons alors traiter chaque
barre comme barre à 2 forces.
Ainsi, on a trois hypothèses principales dans l’analyse d’un treillis par
les équations de la statique :
 Le treillis constitue un système statique plan
 Les nœuds sont des articulations idéales
 Les charges sont exclusivement appliquées aux nœuds.
L’ensemble de ces hypothèses entrainent que les barres sont bi-
articulées sans frottement et que le seul effort qu’elles transmettent est
l’effort normal.
Il est important de comprendre qu’un
treillis réel ne satisfait pas entièrement et à
priori ces hypothèses, mais que s’il est
réalisé et chargé correctement, l’effort
normal est de loin le plus important des
efforts transmis par une barre. Figure V.2 : Types de sollicitation d’une barre
d’un treillis
Une barre peut être sollicitée comme
indiquée sur la Figure V.2 ci-dessous. A
gauche les forces ont tendances à tirer la
barre et cette dernière est tendue. A droite
les forces ont tendance à comprimer la
barre et cette dernière est comprimée.
La Figure V.3 ci-dessous illustre quelques types de treillis.
Considérons le treillis de la Figure V.4.a ci-dessous, composé de 4
barres assemblées en A, B, C et D. Si nous appliquons une charge en B,
le treillis se déformera considérablement, perdant ainsi complètement sa
forme.

Figure V.4 : Analyse d’un treillis rigide


En revanche, le treillis (b) qui est constitué de 3 barres assemblées en
A, B, C, ne se déformera que légèrement sous une charge appliquée en
B. La seule déformation possible pour ce treillis est celle qui implique
de petits changements dans la longueur de ses barres. Le treillis (b) est
donc dit ″rigide″. Le terme « rigide » ici étant utilisé pour indiquer que
le treillis ne s’effondra pas.
Comme le montre (c), on peut obtenir un treillis rigide plus grand en
ajoutant deux barres BD et CD au treillis triangulaire de base (b). Nous
pouvons répéter cette procédure autant de fois que nous le souhaitons,
et le treillis résultant sera rigide si chaque fois que nous ajoutons 2
nouvelles barres, elles sont attachées à 2 nœuds existantes. Un treillis
ainsi construit, est appelé treillis simple.
Un treillis simple n’est pas nécessairement constitué uniquement de
triangles. Le treillis (d) par exemple, est un treillis simple construit à
partir du triangle ABC en ajoutant successivement les nœuds D, E, F et
G.
D’autre part, les treillis rigides ne sont pas toujours simples, même
lorsqu’elles semblent être constituées de triangles.
Le treillis triangulaire de base (b) a 3 barres et 3 nœuds. Le treillis (c) a
5 barres et 4 nœuds. En observant chaque fois que nous ajoutons un
simple treillis, le nombre total de barres devient :
𝑏 = 2𝑛 − 3 (V.1)
Avec :
𝑏 : le nombre de barres
𝑛 : le nombre de nœuds
V.1.2. Isostaticité interne et externe d’un treillis
Un treillis est dit intérieurement isostatique si :
1)Il est rigide
2)Les liaisons utilisées pour le rigidifier sont en nombre strictement
nécessaire et judicieusement disposée.
Mathématiquement, la relation (𝑏 = 2𝑛 − 3 ) doit être respectée pour obtenir
l’isostaticité interne.
Un treillis est extérieurement isostatique s’il répond aux exigence ci-après :
1. Que la structure soit rigidement attachée à la fondation
2. Que la nature et la disposition des appuis soient telles que le nombre
d’inconnues scalaires apportées par les réactions soit égal au nombre
d’équation d’équilibre
V.1.3. Méthode des Nœuds
Nous venons de voir qu’un treillis peut être considéré comme un
ensemble de nœuds et barres à 2 forces. Ainsi, nous pouvons
démembrer le treillis de la Figure V.1 dont le schéma du Corps rendu
libre est illustré ci-dessous (Figure V.5 a) et tracer le schéma du Corps
rendu libre pour chaque nœud et barre (Figure V.5 b).

(a) (b)
Figure V.5 : (a) Schéma du Corps rendu libre du treillis (b)
Schémas du Corps rendu libre pour chaque nœud et barre
En plus, la troisième loi de Newton stipule que les forces d’action et
réaction entre une barre et un nœud sont égales et opposées. Par
conséquent, les forces exercées par une barre sur les 2 nœuds qu’elle
relie doivent être dirigées le long de la barre et être égales et opposées.
Connaissant les lignes d’actions de tous les efforts intérieurs d’un treillis,
l’analyse du treillis se résume donc à calculer les efforts dans ses
différentes barres et à déterminer si chacune d’elle est tendue ou
comprimée.
Etant donné que l’ensemble d’un treillis est en équilibre, chaque nœud
doit être en équilibre. On peut utiliser le fait qu’un nœud est en
équilibre pour tracer son schéma du corps rendu libre et écrire les
équations d’équilibre.
Ainsi, si le treillis contient n nœud, on a 2n équations disponibles qui
peuvent être résolues pour 2 inconnues. Dans le cas d’un treillis simple,
on a b = 2n-3, c’est-à-dire 2n = b+3, et le nombre d’inconnues que nous
pouvons déterminer à partir des schémas du corps rendu libre des
nœuds est b +3. Cela signifie que nous pouvons trouver les forces dans
toutes les barres, les composants de la réaction RA et la réaction B en
considérant les schémas du corps rendu libre des nœuds.
A titre d’exemple, analysons le treillis de la Figure V.5 en considérant
l’équilibre de chaque nœud successivement, en commençant par
l’articulation où seules deux forces sont inconnues.

Figure V.5 : (a) Schéma du Corps rendu libre du treillis (b)


Schémas du Corps rendu libre pour chaque nœud et barre
Dans ce treillis tous les nœuds sont soumis à au moins 3 forces
inconnues. Il faut d’abord déterminer les réactions aux appuis en
considérant l’ensemble du treillis comme un corps libre et en utilisant
les équations d’équilibre d’un corps rigide.

Figure V.5 : (a) Schéma du Corps rendu libre du treillis (b)


Schémas du Corps rendu libre pour chaque nœud et barre
De cette façon, nous trouvons que RA est vertical et nous déterminons
les grandeurs de RA et e RB. Ainsi, en allant nœud par nœud et en
utilisant les équations d’équilibre, on peut évaluer les efforts dans les
barres.

Figure V.5 : (a) Schéma du Corps rendu libre du treillis (b)


Schémas du Corps rendu libre pour chaque nœud et barre
V.1.4. Nœuds sous conditions de charge spéciales
Certaines dispositions géométriques des barres d’un treillis sont particulièrement
simples à analyser par observation. Par exemple, la Figure V.6 ci-dessous montre
un nœud reliant 4 barres se trouvant le long de deux lignes droites qui se croisent.
Le schéma du corps rendu libre (b) montre que le nœud A est soumis à 2 paires de
forces directement opposées.
Le polygone de force correspondant doit donc être un parallélogramme (c) et les
forces dans les barres doivent être égales.

Figure V.6 : Un nœud à 4 barres


Considérons ensuite la Figure V.7.a ci-dessous dans laquelle un nœud
relie 3 barres et supporte une charge P.
Figure V.7 : Un nœud à 3 barres

Deux barres se trouvent le long de la même ligne et la charge P agit de


la troisième barre. Le schéma du corps rendu libre du nœud A et le
polygone de force correspondant sont les mêmes que sur l’exemple
précédant avec FAE remplacée par la charge P. Ainsi, les forces dans les
2 barres opposées doivent être égales et la force dans l’autre barre doit
être égale à P.
La Figure V.7.b ci-dessous montre un cas particulier d’intérêt. Puisque,
dans ce cas aucune charge extérieur n’est appliquée au nœud, nous
avons P=0 et la force dans la barre AC est nulle. On dit que la barre AC
est une barre à force nulle.

Figure V.7 : Un nœud à 3 barres


Maintenant considérons une articulation ou un nœud reliant 2 barres
seulement (Figure V.8). Nous savons qu’une particule sollicitée par 2
forces est en équilibre si les deux forces ont la même grandeur, la
même ligne d’action et des sens opposés.

Figure V.8 : Un nœud à 2 barres


Dans le cas du nœud en (a) ci-dessous qui relie 2 barres AB et AD
situées sur la même ligne, les efforts dans les 2 barres doivent être
égaux pour que le nœud A soit en équilibre. Dans le cas du nœud en (b)
le nœud A ne peut être en équilibre que si les forces dans les 2 éléments
sont nulles. Les barres assemblées comme en (b) doivent être des barres
à force nulle.

Figure V.8 : Un nœud à 2 barres


Le repérage des nœuds soumis aux conditions de charges spéciales
décrites ci-haut accélère l’analyse d’un treillis.
Considérons par exemple un treillis chargée comme illustrée sur la
Figure V.9.

Figure V.9 : Exemple d’un treillis chargé


Nous pouvons reconnaitre toutes les barres représentées par des lignes
vertes comme des barres à force nulle. Le nœud C relie 3 barres, dont 2
se trouvent dans la même ligne, et n’est soumis à aucune charge
extérieur. La barre BC est donc une barre à force nulle. En appliquant le
même raisonnement au nœud K, on constate que la barre JK est
également une barre à force nulle. Le nœud J est maintenant dans la
même situation que les nœuds C et K. Donc la barre IJ doit également
être une barre à force nulle.
L’examen des nœuds C, J et K montre également que les efforts dans les AC
et CE sont égaux, que les efforts dans les barres IK et KL sont égaux.
En portant notre attention sur l’articulation I où la charge de 20 kN et la
barre HI sont colinéaires, on remarque que la barre HI est soumise à une
traction de 20kN et que les forces dans les barres GI et IK sont égales.
Par conséquent, les forces dans les membres GI, IK et KL sont égales.
Une remarque concernant les barres à force nulle est qu’elles ne sont pas inutiles.
Par exemple, bien que les barres à force nulle de la Figure V.9 ne supportent
aucune charge dans les conditions de chargement indiquées, les mêmes barres
supporteraient probablement des charges si les conditions chargement étaient
modifiées. En plus, même dans les cas le considéré, ces barres sont nécessaires
pour supporter le poids du treillis et pour maintenir le treillis dans la forme
souhaitée.
Exemple 5.1 : En utilisant la méthode des nœuds, déterminez la force
dans chaque barre du treillis ci-dessous :
V.1.5. Méthode des coupes
La méthode des nœuds est plus
efficace lorsqu’on peut déterminer les
efforts dans toutes les barres d’un
treillis. Si toutefois, on veut
déterminer la force dans une seule
barre ou dans très peu de barres, la
méthode coupes est plus efficace.
Supposons, par exemple, qu’on veut
déterminer la force dans la barre BD
du treillis illustré sur la Figure V.10.a.
Pour ce faire, nous devons déterminer la
force avec laquelle la barre BD agit sur le
nœud B ou le nœud D. Si on devait
utiliser la méthode des nœuds, on
choisirait soit le nœud D, soit B comme
corps libre.
Cependant, nous pouvons également
choisir une plus grande partie du treillis
qui est composée de plusieurs nœuds et
barres, à condition que la force qu’on veut
trouver soit l’une des forces agissant sur
cette partie.
Si en plus nous choisissons la partie du treillis
comme un corps libre où un total de seulement 3
forces inconnues agissent sur elle, nous pouvons
obtenir la force désirée en résolvant les équations
d’équilibre pour cette partie du treillis.
En pratique, on isole la partie du treillis en faisant
passer une coupe à travers 3 barres du treillis dont
l’une est la barre souhaitée. C’est-à-dire qu’on
trace une ligne qui divise le treillis en deux parties
complètement séparées mais ne croise pas plus de
3 barres. On peut alors considérer comme corps
libre l’une ou l’autre des deux parties du treillis
obtenu.
Dans la Figure V.10.a, nous avons fait
passer une coupe nn par les barres BD, BE
et CE et nous avons choisi la partie ABC
du treillis comme corps libre (Figure
V.10.b). Les forces agissant sur ce corps
libre sont P1 et P2 aux points A et B et les
forces inconnues FDB, FBE et FCE. Comme
nous ne savons pas si les barres
supprimées sont tendues ou comprimées,
nous savons arbitrairement supposée que
les 3 barres sont tendues.
On utilise le fait que le corps rigide ABC est en
équilibre pour écrire trois équations que nous
pouvons résoudre pour les 3 forces inconnues. Si
nous voulons déterminer uniquement la force FDB,
nous n’avons besoin d’écrire qu’une seule équation,
à condition que l’équation ne contiennent pas les
autres inconnues. Ainsi, l’équation ∑ME = 0 donne
la valeur de la grandeur FDB. Un sens positif dans la
réponse indique que notre hypothèse initiale
concernant le sens de FBD était correcte et que la
barre BD est tendue. Un signe négatif indiquera que
notre hypothèse était incorrecte et que BD est
comprimée.
Exemple 5.2 : Déterminez les efforts dans les barres FH, GH et GI du
treillis ci-après
V.2. ANALYSE DES CHARPENTES
Lorsque nous étudions les treillis, nous examinons des structures
entièrement constituées des nœuds et éléments droits à 2 forces
(barres). Les forces agissant sur les barres à 2 forces sont dirigées le
long des barres elles-mêmes.
Nous considérons maintenant des structures dans lesquelles au moins
une des barres est une barre multi-forces, c’est-à-dire une barre
sollicitée par 3 forces ou plus. Ces forces ne sont généralement pas
dirigées le long des barres sur lesquelles elles agissent, leurs directions
sont inconnues. Par conséquent, nous devons les représenter par deux
composantes inconnues.
Les charpentes et les machines sont des structures contenant des
éléments multi-forces. Les charpentes sont conçues pour des charges et
sont généralement des structures fixes et entièrement bloquées. Comme
premier exemple d’analyse d’une charpente, nous considérons à
nouveau la grue décrite précédemment qui supporte une charge donnée
W (Figure V.11.a). Le schéma du corps rendu libre du portique est
illustré sur la Figure V.11.b.

Figure V.11 : Un portique en équilibre


Nous pouvons utiliser ce schéma du corps rendu libre pour déterminer les
forces extérieures agissant sur le portique.
En sommant les moments par rapport à A, on détermine d’abord la force T
exercée pour câble. En somment les composantes x et y, on détermine
ensuite les composantes Ax et Ay de la réaction en A. Pour déterminer les
efforts intérieurs qui maintiennent ensemble les différentes parties du
portique, il faut le démembrer et tracer un schéma du corps rendu libre pour
chacune de ses parties constitutives (Figure V.11.c)
Premièrement, on examine les barres à 2 forces. Dans ce portique, la
barre BE est la seule barre à barre à 2 forces. Les forces agissant à
chaque extrémité de cet élément doivent avoir la même grandeur, la
même ligne d’action et sens opposés. Elles sont donc orientées selon la
ligne d’action BE et sont notées respectivement FBE et –FBE.
Nous supposons arbitrairement leur sens comme le montre la Figure
V.11.c. Le signe obtenu pour la grandeur commune FBE des deux forces
confirmera ou infirmera cette hypothèse.
Ensuite, on considère les barres multi-forces, c’est-à-dire celles qui sont
sollicitées par 3 forces ou plus. Selon la 3ème loi de Newton, la force
exercée en B par la barre BE sur la barre AD doit être égale et opposée
à la force FBE exercée par AD sur BE. De même, la force exercée en E
par la barre BE sur la barre CF doit être égale et opposée à la force –FBE
exercée CF sur BE. Ainsi, les forces que la barre bi-force BE exerce sur
AD et CF sont respectivement égales à –FBE et FBE. Elles ont la même
grandeur FBE, sans opposés et doivent être dirigées comme indiqué sur
Figure V.11.c.
Le nœud C relie 2 barres multi-forces. Puisque ni la direction, ni la
grandeur des forces agissant en C ne sont connues, nous représentons
ces forces par leur composantes x et y. Les composantes Cx et Cy de la
force agissant sur l’élément AD sont arbitrairement dirigées vers la
droite et vers le haut.
Puisque, selon la 3ème loi de Newton, les forces exercées par la barre CF
sur AD et par AD sur CF sont égales et opposées, les composantes de la
force agissant sur CF doivent être dirigées vers la gauche et vers le bas.
On les note –Cx et Cy. On complète les diagrammes de corps libre des
barres multi-force en montrant les forces extérieures en A, D et F. Nous
pouvons maintenant déterminer les efforts intérieures en considérant le
diagramme de corps libre de l’un ou l’autre des deux élément multi-
forces
Exemple 5.3 : Dans le portique représenté, les barres ACE et BCD sont
assemblées par un nœud en C et par une liaison DE. Pour le
chargement indiqué, déterminez la force dans la barre DE et les
composantes de force exercée en C sur la barre BCD.
V.3. ANALYSE DES MECANISMES
Les mecanismes sont des structures conçues pour transmettre et modifier les
forces. Qu’elles soient simples outils ou les mécanismes compliqués, leur
fonction principale et de transformer les forces d’entrée en forces de sortie.
Considérons par exemple une paire de pince coupantes utilisées pour couper
un fil (Figure V.12.a). Si on applique deux forces égales et opposées P et –P
sur les poignées ou les bras, la pince exercera deux forces égales et opposés
Q et- Q (Figure V.12. b).

Figure V.12 : Forces d’entrée et de sortie sur une pince coupante


Pour déterminer la grandeur Q des forces de sortie lorsque l’on connait
la grandeur P des forces d’entrée (ou à d’inverse, déterminer P lorsque
Q est connu), on trace un schéma du corps rendu libre de la pince seule
(c’est-à-dire sans le fil à couper), montrant les forces d’entrée P et –P,
et les réactions Q et –Q que le fil exerce sur la pince (Figure V.13)

Figure V.13 : Schéma du corps rendu libre de la pince


Cependant, comme une pince forme une structure non rigide, il faut
traiter l’une des pièces constitutives comme un corps libre pour
déterminer les forces inconnues. Considérons par exemple la Figure
V.14,

Figure V.14 : Schémas du corps rendu libre des parties


constituants de la pince
En prenant le moment par rapport à A, on obtient la relation :
P.a = Q.b (V.2)

qui définit la grandeur Q en fonction de P (ou P en fonction de Q). Nous


pouvons utiliser le même schéma du corps rendu libre pour déterminer
les composantes de l’effort intérieur en A. On trouve :

Ax = 0 et Ay = P+Q (V.3)
Dans le cas des mécanismes plus compliqués, il est généralement
nécessaire d’utiliser plusieurs schémas de corps rendus libres et
éventuellement, de résoudre simultanément des équations faisant
intervenir différentes forces intérieures.
On doit choisir les corps libres pour inclure les forces d’entrée et les
réactions aux forces de sortie, et le nombre total de composantes de
force inconnues impliquées ne doit pas dépasser le nombre d’équations
indépendantes disponibles. Il convient donc avant de tenter de résoudre
un problème, de déterminer si la structure considérée est isostatique ou
pas. Il n’y a donc cependant aucun intérêt de discuter de la rigidité
d’une machine, car une machine comprend des pièces mobiles et doit
donc être non rigide.
Exemple 5.3 : Une table élévatrice hydraulique permet de soulever une caisse de
100 kg. La table se compose d’une plate-forme et de deux liaisons identiques
égales (seule une liaison et un vérin sont représentés). Les barres EDB et CG
sont chacune de longueur 2a et la barre AD est articulée au milieu de EDB.
Si la caisse est sur la table de manière à ce que la moitié de son poids soit
supportée par le système indiqué, déterminez la force exercée par chaque vérin en
soulevant la caisse pour θ = 60°, a = 0,70 m et L = 3,20m. Montrer que le résultat
est indépendant de la distance d.

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