Section VI.
Fraude et Corruption
(Le texte de cette Section VI ne doit pas être modifié)
1. Objet
1.1 Les Directives de la Banque en matière de lutte contre la fraude et la corruption, ainsi
que la présente section, sont applicables à la passation des marchés dans le cadre des
Opérations de Financement de Projets d’Investissement de la Banque.
2. Exigences
2.1 La Banque exige, que les Emprunteurs (y compris les bénéficiaires de ses
financements), les Soumissionnaires (candidats/proposants), consultants, entrepreneurs
et fournisseurs, les sous-traitants, sous-consultants, prestataires de services, tous les
agents (déclarés ou non) ; ainsi que leur personnel se conforment aux normes les plus
strictes en matière d’éthique, durant le processus de passation, la sélection, et
l’exécution des contrats financés par la Banque, et s’abstiennent de toute fraude et
corruption.
2.2 En vertu de ce principe, la Banque
a. aux fins d’application de la présente disposition, définit comme suit les expressions
suivantes :
i. est coupable de « corruption » quiconque offre, donne, sollicite ou accepte,
directement ou indirectement, un quelconque avantage en vue d’influer
indûment sur les actions d’une autre personne ou entité ;
ii. se livre à des « manœuvres frauduleuses » quiconque agit, ou dénature des
faits, délibérément ou par négligence grave, ou tente d’induire en erreur une
personne ou une entité, afin d’en retirer un avantage financier ou de toute autre
nature, ou se dérober à une obligation ;
iii. se livrent à des « manœuvres collusives » les personnes ou entités qui
s’entendent afin d’atteindre un objectif illicite, notamment en influant
indûment sur l’action d’autres personnes ou entités ;
iv. se livre à des « manœuvres coercitives » quiconque nuit ou porte préjudice, ou
menace de nuire ou de porter préjudice, directement ou indirectement, à une
personne ou entité, ou à leurs biens, en vue d’influer indûment sur les actions
de cette personne ou entité ; et
v. se livre à des « manœuvres obstructives » :
(a) quiconque détruit, falsifie, altère ou dissimule délibérément les preuves sur
lesquelles se base une enquête de la Banque en matière de corruption ou de
manœuvres frauduleuses, coercitives ou collusives, ou fait de fausses
déclarations à ses enquêteurs destinées à entraver son enquête ; ou bien
menace, harcèle ou intimide quelqu’un aux fins de l’empêcher de faire part
d’informations relatives à cette enquête, ou bien de poursuivre l’enquête ;
ou
(b) celui qui entrave délibérément l’exercice par la Banque de son droit
d’examen tel que stipulé au paragraphe (e) ci-dessous.
b. rejettera la proposition d’attribution d’’un marché ou contrat si elle établit que la
personne physique ou morale à laquelle il est recommandé d’attribuer ledit marché
ou contrat, ou l’un des membres de son personnel ou de ses agents, sous-
consultants, sous-traitants, prestataires de service, fournisseurs, ou un de leurs
employés, s’est livré, directement ou indirectement, à un acte de corruption, une
manœuvre frauduleuse, collusive, coercitive ou obstructive en vue de l’obtention
dudit marché ou contrat ;
c. outre les recours prévus dans l’Accord de Financement, pourra décider d’autres
actions appropriées, y compris déclarer la passation du marché non-conforme si elle
détermine, à un moment quelconque, que les représentants de l’Emprunteur ou d’un
bénéficiaire du financement, s’est livré à la corruption ou à des manœuvres
frauduleuses, collusives, coercitives ou obstructives pendant la procédure de
passation du marché, de sélection ou d’exécution du marché, sans que l’Emprunteur
ait pris, en temps voulu et à la satisfaction de la Banque, les mesures nécessaires
pour remédier à cette situation , y compris en manquant à son devoir d’informer la
Banque lorsqu’il a eu connaissance desdites pratiques ;
d. sanctionnera une entreprise ou un individu, dans le cadre des Directives de la
Banque en matière de lutte contre la fraude et la corruption, et conformément aux
règles et procédures de sanctions applicables de la Banque, y compris en déclarant
publiquement l’exclusion de l’entreprise ou de l’individu pour une période indéfinie
ou déterminée (i) de l’attribution d’un marché financé par la Banque ou de pouvoir
en bénéficier financièrement ou de toute autre manière 1 (ii) de la participation2
comme sous-traitant, consultant, fabricant ou fournisseur de biens ou prestataire de
services désigné d’une entreprise par ailleurs éligible à l’attribution d’un marché
financé par la Banque ; et (iii) du bénéfice du versement de fonds émanant d’un
prêt de la Banque ou de participer d’une autre manière à la préparation ou à la mise
en œuvre d’un projet financé par la Banque ;
e. exigera que les dossiers d’appel d’offres/appel à propositions, et que les contrats et
marchés financés par la Banque, contiennent une disposition exigeant des
Soumissionnaires (candidats/proposants), consultants, fournisseurs et entrepreneurs,
ainsi que leurs sous-traitants, sous-consultants, prestataires de services,
fournisseurs, agents, et personnel, autorisent la Banque à inspecter 3 les pièces
1 Pour écarter tout doute, les effets d’une telle sanction sur la partie concernée concernent, de manière non
exhaustive, (i) le dépôt de candidature à la préqualification, l’expression d’intérêt pour une mission de
consultant, et la participation à un appel d’offres directement ou comme sous-traitant, consultant, fabricant ou
fournisseur, ou prestataire dans le cadre d’un tel contrat, et (ii) la conclusion d’un avenant ou un additif
comportant une modification significative à un contrat existant.
2 Un sous-traitant, consultant, fabricant ou fournisseur de biens ou services (différents intitulés sont utilisés en
fonction de la formulation du dossier d’appel d’offres) désigné est une entreprise ou un individu qui (i) fait
partie de la demande de pré qualification ou de l’offre du Proposant compte tenu de l’expérience spécifique et
essentielle et du savoir-faire qu’il apporte afin de satisfaire aux conditions de qualification pour une offre
déterminée ; ou (ii) a été désigné par l’Emprunteur.
3 Les inspections menées dans ce cadre sont des vérifications sur pièces du fait de leur nature. Ils
comprennent des activités de recherche documentaire et factuelle entreprises par la Banque, ou des
personnes désignées par elle, afin de vérifier des aspects spécifiques relevant d’une enquête ou d’un audit,
tel que l’évaluation de la véracité d’une accusation éventuelle de Fraude et Corruption, par le moyen de
comptables, relevés et autres documents relatifs à la passation du marché, à la
sélection et/ou à l’exécution du marché ou contrat, et à les soumettre pour
vérification à des auditeurs désignés par la Banque.
dispositif approprié. De telles activités peuvent inclure, sans limitation, d’avoir accès à des documents
financiers d’une entreprise ou d’une personne et les examiner, faire des copies de ces documents selon les
besoins, d’avoir accès à tous autres documents, données et renseignements (sous forme de documents
imprimés ou en format électronique) jugés pertinents aux fins de l’enquête ou de l’audit et les examiner,
faire des copies de ces documents selon les besoins, avoir des entretiens avec le personnel et toute autre
personne, mener des inspections physiques et des visites de site, et obtenir la vérification de renseignements
par une tierce partie.