Physique: Fondamentaux: Jean-Michel Génevaux, Nicolas Joly
Physique: Fondamentaux: Jean-Michel Génevaux, Nicolas Joly
Physique : fondamentaux.
7 septembre 2015
Table des matières
1 Méthode de travail 4
1.1 Les objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 La pédagogie utilisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 L’évaluation des compétences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Plan de progression dans cet enseignement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.1 Les compétences de physique de l’ingénieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.2 J’ai lu les pages : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3 J’ai obtenu les brevets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.4 Je suis référent des brevets : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.5 Lors de cette séance... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2 Physique fondamentaux 10
2.1 Unités et dimensions (1 séances) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1 Objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2 Homogénéité, adimensionalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.3 Adimensionalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.4 Unités logarithmiques relatives ou absolues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.5 Ordres de grandeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.6 Brevets d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.7 Brevets de vérification de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Grandeurs en Mécanique (2 séances) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.2 Force et couple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.3 Principe d’action - réaction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.4 Moment d’une force . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.5 Brevets d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.6 Une action fictive : la ”force” d’inertie et le ”moment” d’inertie . . . . . . . . . . . 16
2.2.7 Puissance, travail d’une force, et les forces qui ne travaillent pas ? . . . . . . . . . . 16
2.2.8 Brevets d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2.9 Forces à distance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2.10 Brevets d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2.11 Forces de contact et forces internes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2.12 Brevets d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3 Instrumentation (1 séance) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.1 Objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.2 Pied à coulisse, vernier angulaire, butée micrométrique. . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.3 Usage d’un générateur de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.4 Usage d’un multimètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3.5 Usage d’un oscilloscope. Modes AC/DC. Zéro et masse. Réglages pour un usage à
pleine échelle/plein cadran. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3.6 Brevet d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1
2.3.7 Brevet de vérification de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4 Représenter des mesures (1 séances) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4.1 Objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4.2 Echantillonner intelligemment une série de mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4.3 Présenter des mesures : Chiffres significatifs ; tableaux ; graphes . . . . . . . . . . . 24
2.4.4 Brevet d’acquisition de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.4.5 Brevet de vérification de connaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2
Si vous êtes l’une des 300 personnes qui téléchargent annuellement ce polycopié et que vous passez au
Mans, venez m’offrir un café (sans sucre)... et on en profitera pour parler du contenu afin de l’améliorer.
Jean-Michel
3
Chapitre 1
Méthode de travail
4
Figure 1.1 – Chaı̂nage des compétences pour quelques enseignements à l’Ensim.
5
aux erreurs rencontrées les plus fréquemment dans les copies d’examen. Cette banque de brevets
concerne l’ensemble des trois années de formation à l’ENSIM. Un arbre des connaissances vous
permet, en grisant les brevets dont vous êtes détenteur-trice de savoir où vous en êtes dans la
formation proposée. Pour un brevet que vous avez bien compris, vous pouvez en devenir le référent :
votre rôle est alors d’aider les autres à l’obtenir. Un système de drapeau, que vous posez sur votre
table lors des séances suivantes, permet aux étudiants de vous identifier et de venir chercher de
l’aide. Vous n’êtes pas obligé de répondre instantanément à la demande d’aide : finissez ce que vous
êtes en train de faire. Néanmoins, bien que le demandeur d’aide puisse commencer un autre brevet
en vous attendant, ne le laissez pas mariner pendant 1/2 h. L’aide de l’enseignant se concentre sur
les brevets pour lesquels il n’y a pas encore de référent. Afin que chacun puisse se concentrer sur
son travail, si vous échangez avec vos voisins, merci de le faire en chuchotant.
— Les deux dernières minutes d’une séquence sont utilisées pour noter votre progression sur le plan
de travail et de prendre un peu de recul sur votre activité pendant cette séance.
La validation des compétences est faite par des bretelles et peut être complétée par la réussite à des
item d’un examen.
La note est fournie par la réussite d’items à l’examen.
Ne disposant que de 40 minutes pour les compétences associées à l’enseignement dispensé par JM
Génevaux, toutes ne seront pas testées lors de l’examen. Vous pouvez néanmoins les valider en passant
des bretelles qui ne comptent pas dans la note. Vous pouvez tenter d’obtenir une bretelle lorsque vous
vous sentez prêt-e à le faire. Vous ne pouvez tenter qu’une bretelle à la fois. Vous pouvez tenter une
bretelle au maximum 3 fois. Si au bout de 3 tentatives, vous ne la détenez pas, vous pouvez tenter la
bretelle n + 1 suivante (3 fois). L’obtention de la bretelle de niveau n + 1 vous attribue alors les bretelles
de niveaux n + 1 et n.
Le passage d’une bretelle peut se faire jusqu’à 10 jours avant le dernier jury de 5ième année.
— Vous téléchargez le sujet sur UMTICE
— Sur votre copie (fournie), à côté de la déclaration suivante : ”Je m’engage sur l’honneur à n’évoquer
avec personne le contenu du sujet de passage de cette bretelle. Cependant, dans le cas où je ne
réussirais pas à l’obtenir, j’ai compris pouvoir discuter de mon travail avec les étudiants ayant
acquis cette bretelle. Si l’enseignant a la preuve que je n’ai pas respecté mon engagement (j’ai
admis le non-respect, je suis incapable de refaire la ceinture en mode surveillé...), un rapport
de fraude est fait par l’enseignant et transmis au directeur de l’école ou au directeur de l’UFR
qui transmet à la commission de discipline de l’université. L’enseignant y demandera que je ne
puisse plus passer de bretelles et ceintures en autonomie dans la matière concernée pour l’année
universitaire en cours.”, vous écrivez ”lu et approuvé” et vous signez. Cela permet à vos camarades
de faire une mesure ”libre et non faussée” de leurs savoirs scientifiques et non de leur compétence
de mémorisation... ou de (risquée) recopie.
— Vous répondez au sujet en respectant votre engagement. Ceci peut être fait chez vous, dans une
autre salle, informatique si nécessaire, au moment qui vous convient.
6
— Vous apportez votre sujet, copie et brouillon, le tout agrafé, à l’enseignant de la matière concernée
pendant une séance d’enseignement du responsable de cette ceinture, que ce soit dans cette matière
ou dans une autre, à l’Ensim ou à l’UFR Sciences. Pour trouver les heures et salles où le trouver,
consultez ADSOFT filtre ”genevaux”.
— L’enseignant décide alors soit de vous poser une question sur au moins un des items de votre copie
et brouillon pour estimer si vous en êtes l’auteur, soit ne pas vous demander de justification.
Etre détenteur d’une bretelle implique qu’en tant qu’expert de celle-ci vous aidiez vos camarades à
l’obtenir : en les orientant sur les brevets afférents, en répondant à leurs questions sur ces brevets, en
insistant sur des points qui vous ont éventuellement fait rater la ceinture dans des tentatives précédentes,
en inventant des exercices similaires, sans dévoiler le contenu du sujet de la bretelle ni les réponses.
Une cartographie des compétences que vous avez validées une fois, un jour, vous sera fournie, et sera
mise à disposition des enseignants de l’ensim dont ces compétences représentent des prérequis pour de
l’enseignement qu’ils vous délivreront. Si un enseignant de votre scolarité à venir, constate que vous avez
oublié cette compétence, je suis à votre disposition pour vous la faire retravailler et vous proposer de la
ré-activer par le passage d’une nouvelle tentative de bretelle.
L’interfaçage avec les modalités de contrôle des connaissances nécessite, hélas, une note... (Relire
l’invariant pédagogique 19 de Célestin Freinet [?]). Le sujet d’examen comportera des items similaires
aux sujets de bretelles. Insistons : si vous validez une compétence par une bretelle en autonomie, et
échouez à la validation de cette compétence lors de l’examen,
— la détention de la bretelle ne permet pas d’avoir les points associés à cet item à l’examen,
— ne vous enlève pas la compétence dans le graphe,
— vous indique que cette compétence avait été validée en bretelle par chance : retravaillez-là !
Nous vous souhaitons une bonne découverte, une intéressante confrontation des modèles que nous
développerons lors de cette formation à la réalité des essais effectués en travaux pratiques, et bien sûr...
une bonne coopération entre vous, sauf pour le passage des bretelles..
7
Figure 1.2 – Progressions des brevets et ceintures.
8
1.4.4 Je suis référent des brevets :
1.4.5 Lors de cette séance...
Compléter * avec ”content”, ”énervé”, ”déçu”, ”inquiet”, ”fatigué”, ”satisfait”, ”soulagé”, ...
— Aujourd’hui, je me sens * ...
du travail que j’ai effectué durant le cours, car ...
9
Chapitre 2
Physique fondamentaux
F~ = m~ΓG,S/R0 , (2.1)
exprime une relation entre un effort F , une masse m et l’accélération du centre de gravité d’un solide Γ
(voir cours de ”Mécanique Générale”). Cette écriture est intrinsèque : elle ne dépend pas du repère dans
lequel les grandeurs sont exprimées (repère cartésien, cylindrique, sphérique, curviligne...). Vous vous
devez de vérifier pour chaque loi, que l’équation est homogène : que les dimensions sont les mêmes de
part et d’autre d’un signe égalité. Dans l’exemple précédent, l’équation est homogène à une masse fois
une longueur divisée par un temps au carré :
M LT −2. (2.2)
Les équations sont donc indépendantes de l’unité prise pour chaque grandeur (pour la longueur L : le
mètre, le centimètre, le pouce...). Il suffit de choisir les mêmes unités de part et d’autre de l’équation.
Lorsque vous sommez deux termes, ils doivent aussi être homogènes. Ajouter une carotte et un chou ne
fera pas deux quelque chose, mais juste un début de pot-au-feu. Essayez d’additionner des km/h et des
kg pour vous en convaincre. La norme internationale ISO 1000 (ICS 01 060) décrit les unités du Système
International et les recommandations pour l’emploi de leurs multiples et de certaines autres unités. Le
Système International compte sept unités de base : le mètre, le kilogramme, la seconde, l’ampère, le
kelvin, la mole et la candela, censées quantifier des grandeurs physiques indépendantes.
10
Lorsqu’une grandeur est définie par une dérivée, une dérivée partielle ou une intégrale, l’équation
aux dimensions est construite comme si les dérivées correspondaient à une division et l’intégrale à une
multiplication. Par exemple,
— si f (s) = dg(s) avec g(s) en m et s en kg, alors f (s) s’exprime en m/kg,
Rdst1
— si k(t1 ) = t0 g(t)dt avec g(t) en V et t en s, alors k(t1 ) s’exprime en V.s.
2.1.3 Adimensionalisation
Des grandeurs sont sans dimension. Vous n’ignorez pas que le périmètre d’un cercle de rayon r est
p = 2πr. Si on ne décrit qu’une partie du cercle une relation similaire lie la longueur de l’arc de cercle c au
rayon : c = αr. L’angle est donc α = c/r un rapport de deux longueurs : l’angle, exprimé en radian est sans
dimension. De même, l’écoulement d’un fluide visqueux dépend du rapport entre les effets dynamiques et
les effets visqueux. Lorsque l’on souhaite faire une maquette à échelle réduite, il faut conserver ce rapport
ρvd
entre les différentes forces : on conservera le nombre de Reynolds Re = vd ν = η , avec d une dimension
caractéristique de l’écoulement, v une vitesse caractéristique de l’écoulement, ν la viscosité cinématique,
ρ la masse volumique et η la viscosité dynamique. L’adimensionalisation des équations est très utilisée
en mécanique des fluides, hélas beaucoup moins en mécanique des solides. Ceci n’est en fait dû qu’à des
habitudes différentes au sein des deux communautés. Adimensionaliser les équations a l’avantage de faire
apparaı̂tre les groupements adimensionels de paramètres qui régissent le comportement, mais présente
l’inconvénient, en cas d’erreur de calcul par une omission d’un terme adimensionnel, de laisser l’équation
homogène (ce ne sont que des multiplications/additions/divisions de nombres sans dimension), et donc
enlève un moyen de vérifier le résultat final.
11
Si vous avez des difficultés, je vous invite à contacter le référent du brevet correspondant, dont le mél
est disponible sur http ://umtice.univ-lemans.fr/course/view.php ?id=403.
12
2.2 Grandeurs en Mécanique (2 séances)
2.2.1 Objectifs
— distinguer les concept de force, moment, puissance, travail
— savoir calculer une force, un moment, une puissance, un travail
dJ˘
C̆ = , (2.4)
dt
où J˘ [kg.m2 .s−1 ] est le moment cinétique du corps, où I [kg.m2] est le moment d’inertie du corps autour de
l’axe de rotation considéré et ω̆ [rad/s] la vitesse de rotation (pointe dans la direction de l’axe de rotation
du corps, dans le sens direct). Dans le cas d’un solide mobile indéformable, I est en fait une composante
du tenseur d’inertie I, ¯ une caractéristique du solide qui quantifie comment est répartie la masse par
rapport aux différents axes potentiels de rotation. Exprimé dans une base (~i, ~j, ~k), il est représenté par
une matrice symétrique appelée matrice d’inertie.
La force et le couple, appelés actions de l’extérieur sur Σ permettent de mettre en mouvement (en
translation et en rotation) un corps mobile.
Ce sont deux grandeurs indépendantes. Par exemple, si l’on considère le point de contact entre la roue
avant de votre vélo et la route, la route exerce une force sur la roue qui évite que votre roue ne pénêtre
dans le sol, et elle exerce aussi un couple de résistance au roulement. Si vous dégonflez votre roue, la
force ne change pas (votre roue ne pénêtre toujours pas dans le sol), mais le couple augmente car il est
bien plus difficile de pédaler lorsque votre pneu est dégonflé. Voilà pourquoi, les pneus sont gonflés à 8
bars pour les vélos de route.
Les relations 2.3 et 2.4 ci-dessus ne sont rien d’autre que l’écriture de la conservation fondamentale
de la quantité de mouvement et du moment cinétique exprimées dans un référentiel inertiel (Galiléen en
mécanique classique), sous la forme usuelle du ”principe fondamental de la dynamique”, en translation
et en rotation. La notion de force est donc étroitement liée à cette présentation, et constitue un moyen
très pratique et très utilisé pour aborder les problèmes de mécanique. Cette approche n’est cependant
pas indispensable, et d’autres présentations permettent également de résoudre les problèmes mécaniques
en s’affranchissant totalement du concept de force ou de moment.)
13
quantité de mouvement ~ p (J˘ de moment cinétique) permet d’énoncer le principe d’action-réaction, ou
principe des actions réciproques :
On considère le transfert de quantité de mouvement entre deux systèmes Σ1 et Σ2 disjoints (Σ1 ∩Σ1 =
∅), en faisant abstraction d’éventuels transferts avec le reste de l’univers. La quantité de mouvement ~p1
du système Σ1 évolue par unité de temps d’une quantité d~ p1
dt qui est transférée par le système 2 sur le
système 1 : dt = F~21 , qui est la force appliquée par le système 2 sur le système 1. Symétriquement,
d~p1
p~2 la quantité de mouvement du système Σ2 évolue par unité de temps d’une quantité transférée par le
système 1 sur le système 2 d~ p2 ~ ~
dt = F12 , où F12 est la force appliquée par le système 1 sur le système 2.
Cependant, la quantité de mouvement du système Σ12 = Σ1 ∪ Σ2 ne change pas au cours du temps :
d~
p12
= 0, (2.5)
dt
d~p1 d~p2
+ = 0, (2.6)
dt dt
F~21 + F~12 = 0, (2.7)
F~21 = −F~12 . (2.8)
car
1. les forces F~21 et F~12 s’exercent à l’intérieur du système Σ12 ,
2. à l’intérieur de ce système il n’existe pas de source pour la grandeur conservative qu’est la quantité
de mouvement.
Le même raisonnement est applicable au transfert de moment cinétique par couple, et indépendant de
la définition des systèmes Σ1 et Σ2 et du mode de transfert ou du type de force. Il en résulte le principe
d’action-réaction, ou principe des actions réciproques :
Principe L’action, transfert par unité de temps de quantité de mouvement et/ou de moment cinétique,
d’un système Σ1 sur un système Σ2 au moyen d’une force F~12 et d’un couple C̆12 s’accompagne de l’action
réciproque, ou réaction du système Σ2 sur le système Σ1 , au moyen d’une force F~21 et d’un couple C̆21
opposés.
M̆ = F~ ∧ AO,
~ (2.9)
14
Figure 2.1 – Serrage d’un boulon à l’aide d’une clef plate.
Lorsque vous devez tarauder un percage, le taraud pour les faibles diamètre est tres fragile et il est
nécessaire d’éviter d’exercer une force F~ sur le taraud. Le tourne-à-gauche permet d’exercer deux forces
opposées, à la même distance de l’axe ∆ (Fig. 2.2).
Le moment de ces deux forces est alors
M̆ = M˘A + M˘B , (2.10)
= F~A ∧ AO
~ + F~B ∧ BO,
~ (2.11)
= F~A ∧ AO
~ + −F~A ∧ −AO~ , (2.12)
= 2M̆A . (2.13)
et avec une résultante de force nulle :
F~ = F~A + F~B , (2.14)
= 0. (2.15)
15
2.2.6 Une action fictive : la ”force” d’inertie et le ”moment” d’inertie
L’écriture des conservations de la quantité de mouvement et du moment cinétique a été ci-dessus
envisagée dans un repère d’inertie (ou Galiléen en mécanique classique), non soumis à une accélération.
Dans un repère accéléré, non inertiel, l’effet de l’inertie est perçu comme une force (par exemple, si vous
êtres assis dans le sens de la marche d’un train qui démarre, vous ressentez au cours de votre propre
accélération une ”force” qui vous enfonce dans votre siège, et que vous appelez ”force d’inertie” ; mais un
observateur qui vous voit partir depuis le quai [repère Galiléen] comprend que c’est le siège du train qui
exerce sur vous une pression vers l’avant pour vous mettre en mouvement, compte tenu de votre inertie).
Dans le repère accéléré, cette grandeur, alors appelée ”force d’inertie” est homogène à une force, peut
être perçue comme une force, mais ce n’est cependant pas une ”force” au sens défini ci-dessus, car il ne
s’agit pas du transfert de quantité de mouvement (ou de moment cinétique) reçu de l’action d’un autre
système, mais d’un effet de l’accélération subie en propre. C’est donc une force ou une action fictive,
dont l’usage peut cependant être commode pour résoudre certains problèmes de mécanique en repères
accélérés (voir un exemple en page suivante).
2.2.7 Puissance, travail d’une force, et les forces qui ne travaillent pas ?
La puissance P [W] = [J/s] = [N.m/s] = [kg.m2 .s−3 ] développée par l’action d’une force F [N] et
un couple C̆ [N.m] sur un corps animé d’un mouvement ~v (vitesse [m/s] en translation et Ω̆ [rad/s] en
rotation) est :
P = F~ .~v + C̆.Ω̆. (2.16)
Si cette action est appliquée de façon constante au cours d’un mouvement relevé par le vecteur du
déplacement d~ [m] et le vecteur de la rotation α [rad] effectués, le travail W [J] = [N.m] fourni au cours
du mouvement est :
W = F~ .d~ + C̆.ᾰ. (2.17)
Ces quantités énergétiques s’expriment à partir de produits scalaires. Cela signifie que la puissance et le
travail d’une force et d’un couple dépendent de l’orientation relative de la force et de la vitesse, et du
couple et de la vitesse angulaire.
En particulier, si force et vitesse sont perpendiculaires entre elles, la puissance échangée et le travail
effectué sont nuls : c’est par exemple le cas pour une masse ponctuelle m dans un mouvement de rotation
uniforme à la vitesse angulaire Ω au bout d’un fil de longueur r (donc avec la vitesse orthoradiale
~v = rΩ~eθ ) (Fig. 2.3). Au cours du mouvement, la force exercée par le fil sur la masse ponctuelle est
purement radiale :
T~ = mrΩ~er , (2.18)
mv 2
= ~er . (2.19)
r
La vitesse v est perpendiculaire à cette direction radiale ~er , donc cette force ne transmet aucune puissance
à la masse m dont l’énergie reste constante au cours de sa rotation, ce qui est cohérent avec des vitesses
de modules v et Ω uniformes.
Bref et ultime retour sur la force fictive d’inertie. Dans le repère accéléré de la masse ponctuelle
m, animée d’une accélération centripète ~a = −rΩ2~er , la ”force d’inertie” centrifuge Fi = mrΩ2~er vient
”équilibrer” la force T centripète exercée sur la masse ponctuelle par la tension du fil.
Dans le cas où une puissance P [W] et un travail W [J] non nuls sont développés par l’action (force et
couple) d’un système Σ1 sur un système Σ2 , cela signifie que non seulement une quantité de mouvement
et/ou un moment cinétique sont transférés* entre Σ1 et Σ2 , mais aussi éventuellement de la puissance et
de l’énergie. Ainsi, les transferts de quantité de mouvement sont souvent (mais pas toujours, comme le
montre ci-dessus l’exemple de la fronde) associés à des transferts d’énergie. (* le principe d’action-réaction
et la conservation de l’énergie imposent en effet que si un système augmente sa quantité de mouvement
ou son énergie, c’est le résultat du prélèvement sur un autre système.)
16
Figure 2.3 – Fronde.
17
1 est,
m1 m2
F~21 = G 2
~e12 , (2.20)
d
Gm
= m1 ~
e 12 , (2.21)
d2
= m1~g2 , (2.22)
avec ~e12 le vecteur de direction la droite entre les masses m1 et m2 , de sens de m1 à m2 , et unitaire, et
G = 6, 67428 10−11 m3 .kg−1 .s−2 est la constante universelle de gravitation. On notera que la masse se
manifeste en physique sous trois formes différentes, dont la reconnaissance de l’origine commune a pris
quelques siècles :
1. l’effet d’inertie,
2. le poids d’un corps,
3. l’énergie associée à la masse en relativité.
A la surface de la terre, une masse m [kg] subit donc une force Pg [N], appelée poids exercée ”vers le
bas” par la présence de la masse terrestre mt [kg] (r [m] étant le rayon terrestre et ~ez un vecteur unitaire
pointant ”vers le haut”) :
où g est appelée gravité. En lien avec de l’exposant 10−11 de la constante G, cette force est relativement
peu intense : deux masses de 1 kg distantes de 1 m sont attirées l’une vers l’autre par une force de
6, 67428 10−11 N. Bien que peu intense et décroissante en d−2 , elle devient pourtant dominante aux très
grandes échelles, faute de la concurrence avec des autres forces à distance. Sans que nous y pensions,
la gravitation façonne pourtant notre environnement : elle est responsable du fait que tout ce qui est
posé à terre ne bouge plus, du mouvement et de la forme des galaxies, des planètes et de la lune, de la
propagation des vagues sur la mer, des marées, de la chute des pommes et de toutes sortes d’objets.
où ǫ est la permittivité du milieu et prend la valeur ǫ0 = 8, 854187 10−12 kg−1 .m−3 .A2 .s4 dans le vide (et
augmente très légèrement pour de l’air), et E ~ 2 le champs électrostatique créé par la particule de charge
q2 .
Notez le signe ”-” de l’expression du champ électrique, qui n’est pas présent pour le champ gravita-
tionnel : deux masses positives s’attirent, mais deux charges de même signe se repoussent.
Bien que très similaires par leur structure et leurs propriétés, la comparaison des forces électrostatique
et de gravitation fait apparaı̂tre deux différences importantes :
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1. l’effet de la permittivité du milieu séparant les deux charges dans le cas de l’électrostatique, alors
que la constante de gravitation ne dépend pas du milieu dans le cas de la gravité,
2. le fait que les charges peuvent présenter les deux signes + ou -, alors que la masse (comme l’énergie à
laquelle elle est associée) est toujours positive. Ainsi, la force de gravitation est toujours attractive,
alors que la force électrostatique est attractive pour des charges de signes différents, et répulsive
pour des charges de même signe.
Une autre conséquence est que malgré la même décroissante suivant d−2 qu’en gravitation, les forces
électrostatiques ont en pratique une portée plus limitée, car la matière est le plus souvent neutre aux
grandes échelles (précisément car une charge a tendance à attirer les charges de signe opposé, ce qui
conduit à cette neutralité).
~ et magnétique B̆ sur
Force électrodynamique : force appliquée par les champs électrique E
une charge en mouvement
Le champ électrique E ~ [V.m−1 ] n’est pas seul à exercer une force sur une charge q : le champ
magnétique B̆ [T] contribue également à la force électromagnétique qui s’exprime, en présence de ces
deux champs, comme :
F~em = q E ~ + ~v ∧ B̆ , (2.29)
où ~v est la vitesse de la particule q par rapport au référentiel galiléen. Le champ magnétique agit donc
sur les seules charges en mouvement.
Les forces électromagnétiques exercées sur une charge dépendent des champs E ~ et B̆, qui résultent
eux aussi de la présence et de la vitesse des charges. Ces phénomènes sont particulièrement importants
à l’intérieur des couches électroniques des atomes, où les électrons (particule en mouvement présentant une
masse et une charge) génèrent et subissent les effets du champ électromagnétique. Les forces électromagnétiques
gouvernent donc, dans les couches électroniques extérieures, les liaisons entre les atomes pour former les
molécules, mais également la distribution des charges à l’intérieur des semi-conducteurs et, à une échelle
spatiale plus grande, les forces développées à l’intérieur des moteurs électriques (le courant électrique
dans un conducteur est un flux de charges, donc des charges en mouvement).
Autres forces
Les deux autres forces à distance ont une portée très limitée et n’ont d’effet qu’à l’échelle du noyau
atomique ; elles sont mentionnées ici pour mémoire :
— l’interaction forte assure la cohésion des noyaux atomiques malgré la force électrostatique répulsive
entre les protons de charge positive,
— l’interaction faible intervient dans le rayonnement β et l’interaction avec les neutrinos
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Force de contact
Le contact matériel entre deux milieux s’accompagne de forces à l’interface, par exemple entre deux
solides par leur incapacité à s’interpénétrer. Le contact s’accompagne d’un effort qui peut transférer une
quantité de mouvement, naturellement dans la direction normale à la surface de contact, mais souvent
également dans la direction tangentielle (dans une direction du plan tangent à la zone de contact), ce qui
développe des effets de frottement et contribue aux effets dissipatifs.
Force de pression
Dans le cas d’un fluide non visqueux (dit parfait) ou sans écoulement, l’état de contraintes à l’intérieur
du fluide se réduit au paramètre de pression p [Pa] = [N.m−2 ], qui est alors le seul présent, au signe près,
sur tous les termes de la diagonale du tenseur des contraintes. Par conséquent, la force F~p [N] exercée
sur une surface S [m2 ] de coupe ou sur une frontière externe du domaine fluide est
où ~n est la normale à la surface S orientée vers l’extérieur du volume fluide où règne la pression p.
Autres forces
Le transfert de quantité de mouvement peut se manifester sous de multiples formes, qui peuvent
par exemple combiner des effets d’inertie et de contraintes internes, comme par exemple les forces de
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radiation développées par des effets non linéaires de l’acoustique. Le transfert de quantité de mouvement
peut également, par exemple, être assuré par l’intermédiaire de photons. L’inventaire pourrait ne pas
trouver de fin...
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2.3 Instrumentation (1 séance)
2.3.1 Objectifs
— Pied à coulisse, vernier angulaire, butée micrométrique.
— Usage d’un générateur de fonctions
— Usage d’un multimètre
— Usage d’un oscilloscope. Modes AC/DC. Zéro et masse. Réglages pour un usage à pleine échelle/plein
cadran.
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2.3.4 Usage d’un multimètre
Un multimètre permet de mesurer une tension alternative ou continue, une intensité, une résistance.
Pour être le plus précis possible dans cette mesure, il est nécessaire de choisir correctement la gamme de
mesure. Bien que certains appareils soient d’utilisation intuitive, il est parfois utile d’avoir au moins lu
une fois la notice.
2.3.5 Usage d’un oscilloscope. Modes AC/DC. Zéro et masse. Réglages pour
un usage à pleine échelle/plein cadran.
Un oscilloscope permet de mesurer une tension, l’évolution dans le temps d’une tension. Pour être le
plus précis possible dans cette mesure, il est nécessaire de choisir correctement la gamme de mesure et
l’échelle de temps. On veillera à identifier l’existence ou non d’une composante continue dans le signal.
Bien que certains appareils soient d’utilisation intuitive, il est parfois utile d’avoir au moins lu une fois
la notice.
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2.4 Représenter des mesures (1 séances)
2.4.1 Objectifs
— Echantillonner intelligemment une série de mesures
— Présenter des mesures : chiffres significatifs ; tableaux ; graphes
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Figure 2.5 – Représentations graphiques d’un même jeu de données expérimentales dont les incertitudes
sont de ±0.1 m sur a et ±0.5 V sur b : le graphique a) est le plus explicite, le graphique c) empêche la
reconnaissance de la fonction tangente.
être présents sur chaque axe, les échelles, les unités, la grandeur représentée, ainsi qu’une légende. Si
vous souhaitez que l’amplitude de la variation de b en fonction de a soit estimable ”du premier coup
d’oeil”, l’échelle de b doit comporter la valeur 0. Si la répartition des valeurs de a et de b sont fortement
non linéaires, un graphe semi-logarithmique ou bi-logarithmique est à envisager. Dans un graphe sont
représentés des couples (ai ,bi ). Entre deux points, aucune mesure n’est faite, aussi il est scientifiquement
logique de ne pas relier ces points. Si plusieurs jeux de données sont présents dans un même graphe, (ai ,
bi ) et (ai , ci ), utilisez des formes de points différentes, et si la lisibilité entre les deux courbes n’est pas
suffisante, il est possible de relier les points par des segments de droite. Evitez absolument de relier
ces points par des courbes dérivables : vous pourriez faire croire que des points intermédiaires existent
entre vos points de mesures et vous faites croire au lecteur qu’un modèle sous-jacent à cette courbe a
été utilisé. A titre d’illustration sur la figure 2.5, des points expérimentaux sont tracés. Le graphique a)
est préférable. Le graphique b) n’apporte pas une lisibilité plus grande qui justifie de relier les points.
Le graphique c) est à proscrire absolument, car il vous empêche de détecter la fonction qui a servi à
construire ces points expérimentaux..., vous l’aviez deviné : b = tan(a).
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