0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues8 pages

Probabilités : Rappels et Compléments

Transféré par

ayaouaazzano
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues8 pages

Probabilités : Rappels et Compléments

Transféré par

ayaouaazzano
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CPGE Bab Essahra-Guelmim  Année scolaire : 2024-2025

CH 5 : PROBABILITÉS : RAPPELS ET COMPLÉMENTS

Classe : ECS 2

I. Espaces probabilisables • [a; +∞[ est le complémentaire de ] − ∞; a[.

• si a < b, alors [a; b] = [a; +∞[∩] − ∞; b]


Définition 1

Soit Ω un ensemble. Une partie A ⊂ P(Ω) est appelée tribu (ou σ-algèbre) si II. Espace probabilisé
• Ω∈A
Définition 6
• ∀A ∈ A , Ā ∈ A
[ Soit (Ω, A ) un espace probabilisable.
• si (An )n∈N est une suite d’éléments de A , alors An ∈ A . Une application P : A → [0, 1] est appelée probabilité si :
n∈N
• P(Ω) = 1
On dit alors que (Ω, A ) est un espace probabilisable, et les éléments de A sont appelés évé-
nements. • Si (An )n∈N est une suite d’événements deux à deux incompatibles, alors

X
!
[
P An = P (An ) .
L Exemple 2 n∈N n∈N

Donner différentes tribus sur Ω = N.


On dit alors que (Ω, A , P) est un espace probabilisé.
{∅, N},
{∅, N, {0}, N∗ } ,

L Exemple 7
Définition 3Tribu engendrée par une famille) On tire aléatoirement un entier de N∗ avec la probabilité P qui à n ∈ N∗ associe une
1
chance de tirer n de n . Calculer la probabilité P1 de tirer un nombre n > 10, la proba-
Soit Ω un univers et B une famille d’éléments de P(Ω). On appelle tribu engendrée par cette 2
famille la plus petite tribu, au sens de l’inclusion, contenant cette famille. On la note A (B) bilité P2 de tirer un nombre n multiple de 3.
Autrement dit, si A est une tribu telle que B ⊂ A , alors A (B) ⊂ A .

Définition 4

On appelle tribu des boréliens la tribu de R engendrée par les intervalles ] − ∞; a], a ∈ R. On
la note B(R).

Remarque 5
Tous les intervalles sont dans B(R) car :
• ] a; +∞[ est le complémentaire de ] - ∞; a], donc appartient à B(R)
[  1

• ] − ∞; a[= −∞; a −
n∈N∗
n

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 1/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


On commence par définir des événements élémentaires plus manipulables. Soit n ∈ Démonstration. Suite croissante : Si (An )n∈N est une suite croissante d’événements, nous pouvons
N∗ , on pose An = « tirer le nombre n». Puisque ces événements sont incompatibles définir une suite (Bn )n∈N d’événements deux à deux incompatibles par :
deux à deux, on trouve alors par σ-additivité de P : 
B0 = A0
X X
+∞
! +∞ +∞ 1
1 1 1
∀n ∈ N, Bn+1 = An+1 \An
[ 11
P1 = P An = P (An ) = n
= 2 1 = 10 = .
n=11 n=11 n=11
2 1 − 2
2 1024
et nous pouvons vérifier que, pour tout entier n :
X X X
+∞
! +∞ +∞ +∞
[ 1 1 1 8 1
P2 = P A3n = P (A3n ) = = = 1 −1 = −1= .
[
2 3n 8n 1− 8 7 7 An = Bk
n=1 n=1 n=1 n=1
k⩽n

Nous en déduisons :
Proposition 8 Les événements (Bn )n∈N étant deux à deux incompatibles, nous pouvons appliquer la propriété d’ad-
ditivité dénombrable :
X X
+∞
! +∞ n
Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé et (A, B) ∈ A2 . Alors : [
P An = P (Bk ) = lim P (Bk )
n→+∞
n=0 k=0 k=0
• P(Ā) = 1 − P(A) [
Comme An = Bk , où les événements (Bk )0⩽k⩽n sont deux à deux incompatibles, nous savons
• P(∅) = 0 k⩽n
que :
• Si A ⊂ B, alors P(B\A) = P(B) − P(A), X
n
P (An ) = P (Bk )
• P(A ∪ B) = P(A) + P(B) − P(A ∩ B) k=0
Nous avons donc démontré :
• ∀(A, B) ∈ A2 , A ⊂ B =⇒ P(A) ⩽ P(B). +∞
!
[
P (An ) −→ P An
n→+∞
n=0
Définition 9 ■
Soit (Ai )i∈I une famille d’événements deux à deux incompatibles indicée par I. On dit que :
[ Définition 11
• (Ai )i∈I est un système complet d’événements si Ai = Ω.
i∈I Soit (Ω, T, P) un espace probabilisé. Tout événement A tel que P(A) = 0, différent de ∅, est
! dit négligeable ou quasi-impossible.
[ Tout événement de probabilité 1 , différent de Ω, est dit presque certain ou quasi-certain.
• (Ai )i∈I est un système quasi-complet d’événements si P Ai =1 Toute propriété vérifiée sur un ensemble de probabilité 1 est dite presque sûrement vraie ou
i∈I
presque sûre.

Théorème 10(Théorème de limite monotone)

• Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé, et soit (Cn )n∈N∗ une suite d’événements de A III. Conditionnement et indépendance
croissante au sens de l’inclusion. Alors
+∞
! Définition 12
[
P Cn = lim P (Cn ) .
n→+∞ Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé et soit B ∈ A tel que P(B) ̸= 0. On définit un nouvel
n=1
espace probabilisé (Ω, A, PB ) par
• Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé, et soit (Dn )n∈N∗ une suite d’événements de A dé- P(A ∩ B)
croissante au sens de l’inclusion. Alors PB (A) = pour tout A ∈ A.
P(B)
+∞
!
\
P Dn = lim P (Dn ) PB est appelée probabilité conditionnelle relative à B, et PB (A) est la probabilité de A sachant
n=1
n→+∞
B, parfois aussi notée P(A | B)

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 2/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


Proposition 13 Proposition 17 (Formules de Bayes)

PB (A) est une probabilité sur (Ω, A) • Si A et B sont deux événements de probabilités non nulles,

PA (B)P(A)
PB (A) = .
P(B)
Proposition 14 (Formule des probabilités composées)
• Si (Ai )i∈I est un système complet d’événements fini ou dénombrable, si J =
Soient A1 , A2 , . . . , An des événements tels que P (A1 ∩ · · · ∩ An−1 ) ̸= 0. Alors
{i ∈ I : P (Ai ) ̸= 0}, alors pour tout événement B de probabilité non nulle, et pour tout
\n
! i∈J
P Ai = P (A1 ) PA1 (A2 ) PA1 ∩A2 (A3 ) · · · PA1 ∩···∩An−1 (An ) . PAi (B)P (Ai )
PB (Ai ) = P .
i=1 j∈J PAj (B)P (Aj )

Proposition 15 Formule des probabilités totales Définition 18

• Deux évènements A et B sont dits indépendants lorsque P(A ∩ B) = P(A) × P(B).


Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé. Soit I ⊂ N et (Ai )i∈I un système complet d’événements
de Ω. Alors pour tout B ∈ A, X • Soit (Ai )i∈I une famille d’évènements. Les évènements Ai sont mutuellement indépen-
P(B) = P (B ∩ Ai ) . dants si :
i∈I
∀k ∈ N, ∀ (i1 , . . . , ik ) ∈ Nk , 0 ⩽ i1 < · · · < ik ,
 
P Ai1 ∩ · · · ∩ Aik = P (Ai1 ) × · · · × P Aik
Démonstration.
On décompose l’événement B sur le système complet d’événements (Ai )i∈I :

L Exemple 19 Un joueur joue indéfiniment à un jeu qui conduit à 1 chance sur 100 de ga-
[
B= (B ∩ Ai ) ,
i∈I
gner. On note G l’événement «le joueur gagne au moins une fois », et pour n ∈ N∗ , Gn
l’événement « le joueur gagne au moins une fois au cours des n premières parties ».
Montrer que G est un événement presque sûr.
et les (B ∩ Ai ) sont incompatibles deux à deux. La σ-additivité de la probabilité donne alors le résul-
tat. ■ On remarque que les Gn forment une suite d’événements croissants car ∀i ∈ N∗ , Gi ⊂
+∞
[
Gi+1 . De plus, G = Gn . Soit i ∈ N∗ , on pose Ai l’événement « le joueur perd la
n=1
i-ème partie », l’indépendance des parties donne alors :
L Exemple 16
Y
n
! n  n

 \ 99
On considère une infinité d’urnes numérotées par les entiers de N∗ , et telles que pour ∀n ∈ N , P (Gn ) = 1 − P Gn = 1 − P Ai = 1 − P (Ai ) = 1 −
100
i ∈ N∗ , l’urne Ui contienne i ! boules numérotées de 1 à i !. On choisit une urne au i=1 i=1
1
hasard selon la loi suivante : pour tout i ∈ N∗ , on choisit l’urne Ui avec probabilité i . 99
2 Donc par théorème de limite monotone et puisque <1
Puis on tire une boule au hasard dans cette urne. Calculer la probabilité de tirer la boule 100
numéro 1. Soit i ∈ N∗ , on note Ai l’événement « l’urne i est choisie », et G l’événement   n 
« on tire la boule numéro 1 ». Comme les Ai forment un système complet d’événements 99
P(G) = lim P (Gn ) = lim 1 − = 1.
1 n→∞ n→∞ 100
et que ∀i ∈ N∗ , P (Ai ) = i ̸= 0, la formule des probabilités totales donne :
2
X
+∞ X
+∞ X
+∞
1 1 1
P(G) = P (G ∩ Ai ) = P (Ai ) PAi (G) = × = e 2 − 1 ≃ 0, 35
2i i! L Exercice 20 On lance deux fois de suite un dé à 6 faces équilibré. On définit les événe-
i=1 i=1 i=1
ments :
A :"le premier lancer donne un chiffre pair"

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 3/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


B :"le deuxième lancer donne un chiffre impair" IV. Variables aléatoires réelles
C :"l’un des lancer donne un chiffre pair, l’autre un chiffre impair"
IV.1. Définitions
1) Montrer que les événements A et B sont indépendants, que les événements A et
C sont indépendants et que les événements B et C sont indépendants. Définition 22

2) Les événements A, B et C sont-ils mutuellement indépendants ? Soit (Ω, A ) un espace probabilisable. Une variable aléatoire réelle sur Ω est une application
X : Ω → R telle que :
Solution 1 ∀x ∈ R, [X ⩽ x] = {ω ∈ Ω : X(ω) ⩽ x} ∈ A .
Les événements A, B et C sont deux à deux indépendants, mais pas mutuellement indépendants.
A = {2, 4, 6} × [|1, 6|], B = [|1, 6|] × {1, 3, 5}, C = {2, 4, 6}2 ∪ {1, 3, 5}2
Proposition 23
3×6 1 1 18 1
P(A) = = P(B) = P(C) = =
36 2 2 36 2 Soit X une variable aléatoire réelle définie sur (Ω, A ). Alors

A ∩ B = A ∩ C = B ∩ C = {2, 4, 6}2 , ainsi : ∀B ∈ B(R), [X ∈ B] = {ω ∈ Ω : X(ω) ∈ B} ∈ A .

9 1
P(A ∩ B) = P(A ∩ C) = P(B ∩ C) = = = P(A)P(B) = P(A)P(C) = P(B)P(C) Remarque 24
36 4
Si X est une variable aléatoire réelle sur (Ω, A ) alors, pour tout intervalle I de R, l’ensemble
Enfin, A ∩ B ∩ C = A ∩ B. Ainsi, {ω ∈ Ω, X(ω) ∈ I} est un événement (i.e. appartient à A ). En particulier, pour tout réel x, l’en-
semble {ω ∈ Ω, X(ω) = x} appartient à A .
9 1 1 Si on prend B =] − ∞, x], ] − ∞, x[, [x, +∞[, cela signifie notamment que si x ∈ R, alors les ensembles
P(A ∩ B ∩ C) = = et P(A)P(B)P(C) = .
36 4 8 [X ⩽ x], [X < x], [X ⩾ x], etc, sont bien des événements.

[X = x] = X−1 ({x}) = {ω ∈ Ω, X(ω) = x}


[X ⩾ x] = X−1 ([x, +∞[) = {ω ∈ Ω, X(ω) ⩾ x}
L Exercice 21 On lance une pièce de monnaie équilibrée une infinité de fois. On note B
l’événement « n’obtenir que des faces au cours du jeu », et pour n ∈ N∗ , Bn l’événe- [X < x] = X−1 (] − ∞, x[) = {ω ∈ Ω, X(ω) < x}
ment « n’obtenir que des faces aux n premiers lancers ». Montrer que B est un événe- [X > x] = X−1 (| x, +∞[) = {ω ∈ Ω, X(ω) > x}
ment négligeable. A-t-on B = ∅ ?
On remarque que
[X ⩽ x] = [X < x] ∪ [X = x].
Solution 2
De même, on écrit, pour tous réels a et b,
Les Bn forment une suite d’événements décroissants, puisque ∀i ∈ N∗ , Bi+1 ⊂ Bi . De plus, B =
+∞
\ [a ⩽ X ⩽ b] = X−1 ([a, b]) = {ω ∈ Ω, a ⩽ X(ω) ⩽ b}
Bn . Soit i ∈ N∗ , on pose Ai l’événement « obtenir face au i-ème lancer », l’indépendance des
n=1
lancers donne alors : Proposition 25

Y Soient X et Y deux variables aléatoires réelles définies sur (Ω, A ), et soit λ ∈ R. Alors
n
! n  n

\ 1
∀n ∈ N , P (Bn ) = P Ai = P (Ai ) = X + Y, XY, λX et max(X, Y), min(X, Y) sont également des variables aléatoires réelles sur
2
i=1 i=1
(Ω, A )
1
Donc par théorème de limite monotone et puisque <1
2 Définition 26

Soit (Ω, A , P) un espace probabilisé. Soit X : Ω −→ R une v.a.r. 


 
1
P(B) = lim P (Bn ) = lim = 0. L’application PX : B(R) −→ [0, 1] définie par PX (B) = P X−1 (B) est appelée loi de la v.a.r
n→∞ n→∞ 2n
X.
Mais B ̸= ∅ : il peut être réalisé en ne tirant que des faces.

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 4/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


IV.2. Fonction de répartition • La fonction FX est croissante sur R et majorée par 1. Par le théorème de la limite monotone (pour
les fonctions), elle admet donc une limite finie en +∞, et on trouve par composée :
Définition 27 (Fonction de répartition)
lim FX (t) = lim FX (n)
t→+∞ n→+∞
Soit X une variable aléatoire, on appelle fonction de répartition de X la fonction FX définie
pour tout x ∈ R par La suite ([X ⩽ n])n∈N∗ est une suite croissante d’événements, donc d’après le théorème de la
FX (x) = P(X ⩽ x). limite monotone (pour les probabilités),
+∞
!
[
lim P(X ⩽ n) = P [X ⩽ n] = P(Ω).
Proposition 28Propriétés de la fonction de répartition n→+∞
n=1

Si FX est la fonction de répartition d’une variable aléatoire X, alors Donc lim FX (t) = P(Ω) = 1, et lim FX (t) = 1.
t→+∞ t→+∞

• FX est croissante sur R, ■


• FX est continue à droite sur R,
Corollaire 29
• lim FX (x) = 0, Pour toute variable aléatoire réelle X de l’espace probabilisé (Ω, A , P), la fonction de répartition de X
x→−∞
est continue en x si, et seulement si, P([X = x]) = 0.
• lim FX (x) = 1. Démonstration.
x→+∞
D’après le théorème précédent FX est continue à droite en tout point de R. Par suite FX est continue
en x si, et seulement si, FX est continue à gauche en x, donc si, et seulement si, lim FX (t) = FX (x),
Démonstration. t→x
t<x

• Soit x et y deux réels tels que x ⩽ y. Alors [X ⩽ x] ⊂ [X ⩽ y], donc par croissance de la c’est-à-dire FX (x) − P([X = x]) = FX (x). Ainsi FX est continue en x si, et seulement si, P([X = x]) = 0.
probabilité, FX (x) ⩽ FX (y). La fonction FX est donc croissante sur R. ■

• Soit x ∈ R. La fonction FX est croissante sur R. Elle admet donc une limite à droite finie en x
Définition 30
(théorème de la limite monotone pour les fonctions), et par composition de limites :
Soit X une variable aléatoire réelle sur (Ω, A , P). Alors la tribu engendrée par X, notée AX ,
 
1
lim FX (t) = lim FX x + est la plus petite tribu contenant tous les événements [X ⩽ x], x ∈ R. En particulier, puisque
t→x,t>x n→+∞ n
  ∀x ∈ R, [X ⩽ x] ∈ A , on a AX ⊂ A .
1
La suite X ⩽ x + est une suite décroissante d’événements, donc d’après le théorème
n n∈N∗
de limite monotone (pour les probabilités), Définition 31
  +∞
\ !
1 1 oit (Ω, A ) un espace probabilisable, et soit A ∈ A . On appelle variable indicatrice de A, et on
lim P X ⩽ x + =P X⩽x+ = P(X ⩽ x)
n→+∞ n n=1
n note 1A la fonction 1A : Ω → R définie par
Donc lim FX (t) = P(X ⩽ x) = FX (x) et FX est continue à droite en x. 0 si ω ∈
t→x,t>x
1A (ω) = /A
1 si ω ∈ A
• La fonction FX est croissante sur R et minorée par 0 . Par le théorème de la limite monotone (pour
les fonctions), elle admet donc une limite finie en −∞, et on trouve par composée :
lim FX (t) = lim FX (−n) Proposition 32
t→−∞ n→+∞

La suite ([X ⩽ −n])n∈N∗ est une suite décroissante d’événements, donc d’après le théorème de Si A ∈ A , alors 1A est une variable aléatoire réelle.
limite monotone (pour les probabilités),
Démonstration. Soit x ∈ R. Si x < 0, alors [1A ⩽ x] = ∅ ∈ A . Si 0 ⩽ x < 1, alors
+∞
!
\
lim P(X ⩽ −n) = P [X ⩽ −n] = P(∅).
n→+∞
n=1 [1A ⩽ x] = [1A = 0] = {ω ∈ Ω : ω ∈
/ A} = Ā ∈ A .
Donc lim FX (t) = P(∅) = 0, et lim FX (t) = 0.
t→−∞ t→−∞
Enfin, si x ⩾ 1, alors [1A ⩽ x] = [1A ⩽ 1] = Ω ∈ A .

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 5/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


Ainsi, ∀x ∈ R, [1A ⩽ x] ∈ A : 1A est bien une variable aléatoire réelle sur (Ω, A ). ■ Proposition 37

Si X et Y sont indépendantes alors pour toutes fonctions f et g dont les ensembles de défi-
nition contiennent respectivement X(Ω) et Y(Ω), les variables aléatoires f(X) et g(Y) sont
L Exemple 33 indépendantes.
On lance n fois une pièce équilibrée. On note Ai l’événement « on fait pile au ième
lancer ». Alors
X
n
V.2. Indépendance mutuelle de variables aléatoires réelles
• 1A i
est le nombre de piles obtenu au cours des n lancers.
i=1 Définition 38
Y
n
• 1− 1A i
est la variable indicatrice de l’événement "faire au moins un face lors Soit (Xn ) une suite de variables aléatoires réelles définie sur un même espace probabi-
i=1 lisé (Ω, A , P). On dit que les variables aléatoires Xn sont mutuellement indépendantes
des n lancers ». si : Cas d’une suite finie (X1 , . . . , Xn ) : pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , les évènements
[X1 ⩽ x1 ] , . . . , [Xn ⩽ xn ] sont mutuellement indépendants, soit encore :

Y
n
! n
\
n
∀ (x1 , . . . , xn ) ∈ R , P [Xi ⩽ xi ] = P (Xi ⩽ xi ) .
V. Indépendance des variables aléatoires i=1 i=1

V.1. Indépendance de deux variables aléatoires


Proposition 39
Définition 34
Soient X1 , . . . , Xn des variables aléatoires sur (Ω, A , P). Alors les assertions suivantes sont
On dit que les variables aléatoires X et Y sont indépendantes lorsque pour tout (x, y) ∈ R , 2 équivalentes :
les évènements [X ⩽ x] et [Y ⩽ y] sont indépendants, c’est-à-dire : 1) X1 , . . . , Xn sont mutuellement indépendantes
P([X ⩽ x] ∩ [Y ⩽ y]) = P(X ⩽ x)P(Y ⩽ y). 2) pour tous I1 , . . . , In intervalles de R, on a P ([X1 ∈ I1 ] ∩ · · · ∩ [Xn ∈ In ]) =
Yn
P (Xi ∈ Ii )
Proposition 35 i=1

3) pour tout A1 ∈ AX1 , . . . , An ∈ AXn , les événements A1 , . . . , An sont mutuellement in-


Soient X et Y deux variables aléatoires d’un espace probabilisé (Ω, A , P). Alors il y a équiva- dépendants.
lence entre :
1) X et Y sont indépendantes ; Proposition 40Lemme des coalitions)
2) pour tous intervalles I et J de R, P([X ∈ I] ∩ [Y ∈ J]) = P(X ∈ I)P(Y ∈ J)
Soit (X1 , X2 , . . . , Xn ) une famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes sur
3) pour tout événement A ∈ AX et tout événement B ∈ AY : P(A ∩ B) = P(A)P(B) (Ω, A , P), et soit p ∈ J1, n − 1K. Alors toute variable aléatoire fonction de X1 , X2 , . . . , Xp est
indépendante de toute variable aléatoire fonction de Xp+1 , Xp+2 , . . . , Xn .

Proposition 41
L Exemple 36 On lance deux dés, on note X la variable aléatoire somme des deux dés, et
Y la variable aléatoire égale au produit des deux dés. Si [Y = 6], alors l’une des variables Soit (X1 , X2 , . . . , Xn ) une famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes
vaut 2 et l’autre vaut 3 ou l’une vaut 1 et l’autre vaut 6 . Donc [X = 5] ou [X = 7]. Par
sur (Ω, A , P). Pour toutes fonctions f1 , . . . , fn définies sur un ensemble contenant
conséquent, P([X = 6] ∩ [Y = 6]) = 0 ̸= P(X = 6)P(Y = 6). Et donc X et Y ne sont
indépendantes. X1 (Ω), . . . , Xn (Ω) respectivement, les variables aléatoires f1 (X1 ) , . . . , fn (Xn ) sont mutuel-
lement indépendantes.

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 6/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


Remarque 42 • En particulier, si X et Y sont indépendantes, alors f(X) et g(Y) sont indépen- Définition 48
2
dantes, quelles que soient les fonctions f et g. Par exemple, X2 est indépendante de eY .
Soit I un ensemble dénombrable, et soit (ui )i∈I une famille de réels indexée par I. On dit que
X
• Ce résultat peut être généralisé de la manière suivante : si (X1 , . . . , Xn ) sont mutuellement indé- la famille (ui )i∈I est sommable s’il existe une bijection φ : N → I telle que uφ(n) converge
pendantes, et si 1 ⩽ k1 < k2 < · · · < kp = n, alors n⩾0

 absolument.
Y1 = f1 (X1 , . . . , Xk1 ) , Y2 = f2 (Xk1 +1 , . . . , Xk2 ) , . . . , Yp = fp Xkp−1 +1 , . . . , Xn
Proposition 49
sont mutuellement indépendantes.

X
+∞
Si la famille (ui )i∈I est sommable, alors la somme uφ(n) est indépendante de l’indexation
L Exemple 43 n=0 X
• Si (X1 , X2 , X3 ) sont mutuellement indépendantes, alors Y = X1 + X2 est indépen- φ. On appelle ce réel la somme de la famille (ui )i∈I et on la note simplement ui .
i∈I
dante de Z = eX3 .
• Si (X1 , . . . , X2n ) sont mutuellement indépendantes, alors Y = max (X1 , . . . , Xn ) est
indépendante de min (Xn+1 , . . . , X2n ). Théorème 50de sommation par paquets, ou de Fubini

Soit I un ensemble dénombrable, et (ui )i∈I une famille de réels indexés par I. On suppose que
[
I= In , où les In sont des ensembles dénombrables ou finis, deux à deux disjoints. Alors la
VI. Séries doubles n∈N
famille (ui )i∈I est sommable si et seulement si :
VI.1. Ensembles dénombrables X
• ∀n ∈ N, la famille (ui )i∈In est sommable (et donc |ui | existe)
Définition 44 i∈In

X X
!
Un ensemble I est dit dénombrable si il est fini ou s’il existe une bijection φ : N → I.
• |ui | est convergente. Dans ce cas, on a alors
n∈N i∈In

Remarque 45 X X X
!
Cela signifie que l’on peut « numéroter » les éléments de I : φ(0) est le "premier" élément de I, φ(1) ui = ui .
le « second », etc. i∈I n∈N i∈In

L Exemple 46
L Exemple 51
• N est dénombrable
(−1)m
• N∗ est dénombrable, avec φ : N → N∗ , n 7→ n + 1 Prenons I = N × N, et pour (m, n) ∈ N × N, um,n = .
m!n!
• Z est dénombrable Alors I est dénombrable, et si on pose
In = {(m, n), m ∈ N}
Proposition 47 on a bien I =
[
In , avec les In deux à deux disjoints.
n∈N
• Si I et J sont dénombrables, alors I × J est dénombrable. X 1 X
1 X 1
Pour n ∈ N, (ui )i∈In est sommable car um,n =
= est une série
m!n! n! m m!
[
• Si (Ij )j∈N est une suite d’ensembles dénombrables, alors Ij est encore dénombrable. m
j∈N X 1 X 1
+∞
e X e
absolument convergente. On a alors |um,n | = = . Mais alors
m∈I
n! m=0 m! n! n
n!
n

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 7/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim


est convergente, donc (um,n )(m,n)∈N×N est sommable, et Proposition 52

X X
+∞ X
+∞
!
X
+∞ −1 X
+∞ Si I = N × N et si (um,n )(m,n)∈N×N est sommable, alors
(−1)m 1 e 1
um,n = = = e−1 = e−1 × e = 1
(m,n)∈N×N n=0 m=0
m! n! n=0
n! n=0
n! X X
+∞ X
+∞ X
+∞ X
+∞
um,n = um,n = um,n
(m,n)∈N×N n=0 m=0 m=0 n=0

CH 5: Probabilités: Rappels et compléments 8/8 CPGE Bab Essahra-Guelmim

Vous aimerez peut-être aussi