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Séries numériques : convergence et calculs

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PSI*- cours de mathématiques SÉRIES NUMÉRIQUES Lycée Dumont d’Urville

SÉRIES NUMÉRIQUES

Table des matières Rappelons qu’une suite (u n )n∈N ∈ CN est dite

I Séries convergentes 2 ∗ bornée si la suite de ses modules (|u n |)n∈N est majorée, c’est-à-dire :
I.1 Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2 Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 ∃m ∈ R+ ∀n ∈ N |u n | ≤ m;
I.3 Calculs avec des sommes de séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.4 Séries de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 ∗ convergente vers ℓ ∈ K, et on note

II Étude pratique de la nature d’une série 11 u n −−−−−→ ℓ ou lim u n = ℓ,


n→+∞ n→+∞
II.1 Le cas des séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
II.2 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 lorsque la suite (|u n − ℓ|)n∈N a pour limite 0, c’est-à-dire :
II.3 Règle de d’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
II.4 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 ∀ϵ ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ≥ N |u n − ℓ| ≤ ϵ.
II.5 Autres exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
∗ divergente si elle n’est pas convergente. C’est notamment (mais pas uniquement) le
III Produit de séries 17 cas des suites réelles de limite infinie.
III.1 Produits de sommes finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
III.2 Produit de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
La borne supérieure sup u n d’une suite réelle majorée (u n )n∈N est son plus petit majo-
n∈N
rant. Par convention on pose sup u n = +∞ si la suite (u n ) n’est pas majorée.
n∈N
Le théorème de limite monotone assure qu’une suite croissante a pour limite sa borne
supérieure.
Étant données deux suites (u n ) et (v n ) de C, dont les termes sont non nuls à partir d’un
certain rang, on définit les relations de comparaison asymptotique « O (), o(), ∼ » :
³ ´
∗ u n = O (v n ) ⇔ uv nn est bornée ⇔ ∃m ∈ R+ ∀n ∈ N |u n | ≤ m|v n |

un
∗ u n = o(v n ) ⇔ lim =0
n→+∞ vn
un
∗ u n ∼ v n ⇔ lim = 1.
n→+∞ vn

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Voici quelques comparaisons remarquables quand n → +∞ (α, β > 0) : I Séries convergentes


∗ croissances comparées logarithmes/puissances (ln(n))α = o(n β ), I.1 Vocabulaire
α βn
∗ croissances comparées puissances/exponentielles n = o(e ),
Définition 1. série numérique
∗ croissances comparées exponentielles/factorielles e αn = o((n!)β )
données : Soit n 0 ∈ N un entier naturel.
p 1
∗ formule de Stirling : n! ∼ 2πn n+ 2 e −n Ï Une série numérique est un couple (a n , S n )n≥n0 de suites de C telles que
Nous aurons aussi besoin des développements limités usuels quand x → 0 (p ∈ N, α ∈ R) : n
X
p ∀n ≥ n 0 Sn = ak .
xk k=n 0
∗ ex = + o(x p )
X
k=0 k!
Ï La suite (a n )n≥n0 est appelée le terme général de la série.
p
x 2k
+ o(x 2p+1 )
X
∗ ch(x) = Ï La suite (S n )n≥n0 est appelée suite des sommes partielles de la série.
k=0 (2k)!
p
x 2k+1
+ o(x 2p+2 )
X
∗ sh(x) = Une série (a n , S n )n≥n0 sera notée symboliquement
k=0 (2k + 1)! X X
p 2k
a n ou simplement an
x k n∈N nÊn 0
+ o(x 2p+1 )
X
∗ cos(x) = (−1) n≥n 0
k=0 (2k)!
p
x 2k+1
(−1)k + o(x 2p+2 )
X
∗ sin(x) = Exemple 1. Considérons la série
X
n2 :
k=0 (2k + 1)!
n∈N
p ∗ Son terme général est la suite (n 2 )n∈N = (02 , 12 , 22 , · · · ) ;
1
(−1)k x k + o(x p )
X
∗ = ∗ Ses premières sommes partielles sont
1 + x k=0
S 0 = 02 = 0
p k
x S 1 = 02 + 12 = 1
(−1)k−1 + o(x p )
X
∗ ln(1 + x) =
k=1 k S 2 = 02 + 12 + 22 = 5

x3 S 3 = 02 + 12 + 22 + 32 = 14
∗ tan(x) = x + + o(x 4 )
3 ∗ Pour tout n ∈ N, la somme partielle de rang n se calcule et vaut
p 2k+1 n n(n + 1)(2n + 1)
x X
k2 =
(−1)k + o(x 2p+2 ) Sn = .
X
∗ arctan(x) = 6
k=0 2k + 1 k=0


p
α α(α − 1) · · · (α − k + 1) k
x + o(x p )
X
∗ (1 + x) = 1 +
k=1 k!
X 1
Exemple 2. Considérons la série harmonique :
n∈N∗ n
³ ´
∗ Son terme général est la suite n1 = (1, 12 , 13 , · · · ) ;
n∈N∗

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∗ Ses premières sommes partielles sont sommes partielles (S n ) est convergente (resp. divergente).
1
S1 =
1
=1 Ï En cas de convergence, le nombre lim S n est appelé somme de la série, notée
n→+∞
1 1 3 +∞
S2 = + = X
1 2 2 ak .
1 1 1 11 k=0
S3 = + + =
1 2 3 6
1 1 1 1 25
S4 = + + + =
1 2 3 4 12 On dit que deux séries ont même nature lorsqu’elles sont toutes les deux convergentes
ou toutes les deux divergentes.
∗ Il n’y a pas de formule explicite de S n en fonction de n. Nous verrons plus loin que ln(n) est une bonne
Exemple 4. Si ∀n ∈ N
X
valeur approchée de S n . a n = 0 alors la série a n converge et sa somme est nulle.
n∈N

Si ∃c ∈ C∗ ∀n ∈ N
X
a n = c, alors la série a n diverge ; en effet
n∈N

Exemple 3. Soit z ∈ C. Les sommes partielles de la série géométrique z n se calculent (formules à


X
n
X
n≥n 0 a k = (n + 1)c ̸→ 0.
k=0 n→+∞
connaître) :
 n
 z 0 − z n+1 ■
n

 si z ̸= 1
1−z

k
X
∀n ≥ n 0 Sn = z =
k=n 0


2

n − n 0 + 1 sinon
 X
Exemple 5. Étudions la série 2n+1
:
n∈N 3
■ ³ ´
2
∗ Son terme général est une suite géométrique de raison 19 ;
32n+1 n∈N
Pour simplifier l’exposé, les définitions et théorèmes de ce chapitre seront énoncés dans ∗ Pour tout n ∈ N, la somme partielle S n se calcule et vaut
le cas particulier n 0 = 0. 2 2
n 2 3 − 32n+3
N
Dans tout le reste de ce chapitre, on se donne une suite (a n )n∈N ∈ C et on note,
X
Sn = =
n k=0 3
2k+1 1 − 19
pour tout entier n ∈ N, S n =
X
ak . 1
k=0 ∗ Puisque lim = 0, nous voyons que la suite (S n ) converge vers
32n+3
2
3 3
lim S n = =
Propriété 1. différence de deux sommes partielles 1 − 19 4

n
X 2
2 En conclusion, la série est convergente et sa somme vaut
Ï ∀(p, n) ∈ N
X 2n+1
p ≤ n ⇒ Sn − S p = ak n∈N 3
k=p+1 +∞
X 2 3
= .
Ï ∀n ∈ N ∗
a n = S n − S n−1 . n=0 3
2n+1 4

I.2 Convergence
n 2 , de sommes partielles respectives
X X X
Exemple 6. Les séries 1, n et
n∈N n∈N n∈N
Définition 2. convergence et somme d’une série
n(n + 1) n(n + 1)(2n + 1)
n
X 2 6
Ï La série a n est dite convergente (resp. divergente) lorsque la suite des
n sont divergentes.

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X 1
■ ce qui est absurde : diverge.
n≥1 n

X 1
Exemple 7. Étudions la convergence de la série .
n≥1 n(n + 1)
Nous allons calculer ses sommes partielles en exploitant la relation suivante : Propriété et définition 3. reste d’une série convergente
1 1 1
∀k ∈ N∗ = − données : Soit p ∈ N.
k(k + 1) k k + 1 X
hypothèses : On suppose la série a n convergente.
(on aura reconnu la décomposition en éléments simples de la fraction rationnelle X (X1+1) ). n∈N
Pour tout n ∈ N∗ , X
n µ1 ¶ Ï La série a n est convergente.
X 1
Sn = − n≥p+1
k=1 k k +1
X
Xn 1 Xn 1 Ï Sa somme R p est appelée reste de rang p de la série an .
= − n∈N
k=1 k k=1 k + 1
Xn 1 n+1X 1 +∞
X +∞
X p
X
= − (décalage d’indices) Ï Rp = an = an − an .
k=1 k k=2 k
n=p+1 n=0 n=0
1 X n 1 Xn 1 1
= + − −
1 k=2 k k=2 k n +1
1
= 1− « télescopage » des termes
n +1 Propriété 2. différence de deux restes
X 1 X
Nous constatons que lim S n = 1, donc la série est convergente et sa somme vaut hypothèses : On suppose la série a n convergente.
n≥1 n(n + 1)
n∈N
+∞
X 1
= 1. Ï La suite (R n )n∈N converge vers 0.
n=1 n(n + 1)
n

Ï ∀(p, n) ∈ N2
X
p ≤ n ⇒ R p − Rn = ak
k=p+1
X 1
Exemple 8. Montrons que la série harmonique diverge. Ï ∀n ∈ N∗ a n = R n−1 − R n .
n≥1 n
Procédons par l’absurde en supposant que
n 1 Intuitivement, le comportement du reste R n quand n → +∞ permet d’estimer la vitesse
−−−−−−→ ℓ ∈ R .
X
Sn = X
k=1 k
n→+∞ de convergence de la série an .
n∈N
Pour tout n ∈ N∗ ,
2n
X 1
S 2n − S n = . X 2
k=n+1 k Exemple 9. Reprenons la série de l’exemple 5. Nous avons vu qu’elle converge, et pour tout
2n+1
1 1 n∈N 3
Or ∀k ∈ ‚n + 1, 2nƒ k
≥ 2n , donc n ∈ N son reste de rang n est
+∞ 2
2n 2 2n+3 1
1 n 1 = 3 1 =
X
X Rn =
S 2n − S n ≥ = = (∗) 3 2k+1 1 − 4 · 3 2n+1
2n 2n 2 k=n+1 9
k=n+1
P 1
Le reste de la série n(n+1) de l’exemple 7 vaut
Or (S 2n ), suite extraite de (S n ) converge aussi vers ℓ. Donc si nous faisons tendre n vers +∞ dans l’inégalité
(∗), nous obtenons n 1 1
1 R n′ = 1 −
X
=
ℓ−ℓ ≥ k(k + 1) n + 1
2 k=1

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λa n est convergente, et
X
Il est clair que Ï La série
Rn n∈N
lim ′ =0 ie R n = o(R n′ )
n→+∞ R n
+∞ +∞
2 1
λa n = λ
X X X X
nous en concluons que la série converge plus vite que la série . an .
n∈N 32n+1 n≥1 n(n + 1) n=0 n=0

X 3n − 2n
Propriété 3. condition nécessaire de convergence Exemple 11. Étudions la convergence de la série .
n≥0 4n
X ∗ Pour tout n ∈ N,
Ï Si la série a n converge, alors lim a n = 0. 3n − 2n
µ ¶n
3
µ ¶n
2
n = a n − b n où a n = et b n = .
5n 5 5
X ¯ ¯ ¯ ¯
Ï Si la suite (a n ) ne converge pas vers 0, alors la série a n diverge.. ∗ Comme ¯ 53 ¯ < 1 et ¯ 25 ¯ < 1, les séries géométriques a n et b n convergent (cf propriété 11) de
¯ ¯ ¯ ¯ P P
n sommes
+∞
X 1 5
ak = =
1 − 35
P
Lorsque (a n ) ne converge pas vers 0 nous dirons que la série a n diverge grossièrement. k=0 2
+∞ 1 5
La propriété 3 est à utiliser avec précaution : sa réciproque est fausse, comme le montre
X
bk = =
k=0 1 − 25 3
l’exemple 8 de la série harmonique !
P
∗ D’après la propriété de linéarité 4, la série (a n − b n ) est convergente de somme

(−1)n , n+1 X 3n − 2n +∞
+∞ +∞
P P P P P
Exemple 10. Les séries 1, n, n!, n+2 divergent toutes grossièrement.
X X 5 5 5
■ n
= an − bn = − = .
n=0 5 n=0 n=0 2 3 6


I.3 Calculs avec des sommes de séries
Remarque.
Dans les exemples de cette section, nous utiliserons les propriétés de la partie II pour établir P P P
la convergence des séries considérées. ∗ Si a n converge et b n diverge alors (a n + b n ) diverge. En effet, si on suppose que
P P P
(a n + b n ) converge, alors par linéarité la série ((a n + b n ) − a n ) converge, donc b n
Soient (a n )n∈N et (b n )n∈N des suites de complexes. converge : contradiction.
Quelques propriétés usuelles des sommes finies s’étendent aux sommes de séries P P
∗ Si a n et b n divergent, alors on ne peut pas conclure a priori sur la nature de la série
convergente : P
(a n + b n ).

Propriété 4. linéarité de la somme Exemple 12. Les séries n1 et (− n+1


P P 1
) divergent, mais leur somme ( n1 − n+1
P 1
) converge (cf exemple 7).
P 1 1
A contrario, la série ( n + n+1 ) est bien divergente.
données : Soient λ ∈ C2 .X X ■
hypothèses : Les séries a n et b n sont supposées convergentes.
n∈N n∈N

Ï La série
X
(a n + b n ) est convergente, et Propriété 5. séparation des parties réelles et imaginaires
n∈N
Ï La série a n converge si et seulement si les séries Re (a n ) et I m (a n )
P P P
+∞
X +∞
X +∞
X convergent.
(a n + b n ) = an + bn .
n=0 n=0 n=0 Ï Le cas échéant,

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+∞ +∞ +∞
Nous pouvons en déduire d’autres formules par décalages d’indices :
Re (a n ) + i I m (a n )
X X X
∗ an =
n=0 n=0 n=0 +∞
X 1 +∞
X 1 +∞
X 1 π4
4
= 4
= 4
=
+∞
X +∞
X n=0 (n + 1) n=2 (n − 1) n=4 (n − 3) 90
∗ an = an . +∞
X 1 +∞
X 1 π4
n=0 n=0 4
= 4
= −1
n=1 (n + 1) n=2 n 90
P +∞ 1 +∞
X 1 π4 1 π4 17
Nous obtenons au passage, sous réserve que a n converge,
X
= = −1− 4 = − .
n=4 (n − 1)4 n=3 n4 90 2 90 16
µ +∞ ¶ +∞ µ +∞ ¶ +∞ ■
Re Re (a n ) Im I m (a n )
X X X X
an = et an =
n=0 n=0 n=0 n=0 La propriété suivante permet de déterminer la nature d’une suite en utilisant une série :

Exemple 13. Soit x ∈ R. Calculons les sommes


Propriété 7. télescopage
+∞ +∞
X
c(x) =
X cos(nx)
s(x) =
X sin(nx) Ï La suite (a n )n∈N et la série (a n+1 − a n ) sont de même nature.
n=0 2n n=0 2n nÊ0
!n
Ï En cas de convergence,
Ã
X e i nx X ei x ¯ ix ¯
∗ La série géométrique = est convergente puisque ¯ e 2 ¯ = 12 < 1 (propriété 11) et
¯ ¯
2 n 2
n∈N n∈N +∞
a pour somme X ³ ´
!n −i x (a n+1 − a n ) = lim a n − a 0 .
1− e 2
Ã
X ei x
+∞ 1 4 − 2e −i x n→+∞
= =¯ ¯2 = n=0
2 ix 5 − 4 cos(x)
n=0 1 − e2 i x
¯1 − e 2 ¯
¯ ¯

(a n+p − a n ) où p ∈ Z.
X
∗ D’après la propriétés 5, les sommes c(x) et s(x) sont bien définies et valent : Le principe du télescopage s’étend sans difficulté aux séries
à ! à ! n∈N
X e i nx
+∞ 4 − 2e −i x 4 − 2 cos(x)
c(x) = Re n
= Re =
n=0 2 5 − 4 cos(x) 5 − 4 cos(x) ³ ´
Exemple 15. Étudions la série de terme général 21 .
n −1 n≥2
à ! à !
+∞
X e i nx 4 − 2e −i x 2 sin(x)
s(x) = I m =Im =
³ ´
n=0 2
n 5 − 4 cos(x) 5 − 4 cos(x) ∗ Pour tout k ≥ 2, 21 = 12 k−1 1 1
− k+1 .
k −1

■ ∗ Les sommes partielles de la série considérée se calculent par télescopage :


n
X 1 1 Xn µ 1 1
¶ µ
1 1 1 1 1

∀n ≥ 2 2
= − = + − −
k=2 k − 1 2 k=2 k − 1 k + 1 2 1 2 n n +1
Propriété 6. décalage d’indices
∗ Faisons tendre n vers +∞ : la série étudiée est convergente de somme
données : Soit p ∈ N. +∞
X 1
µ
1 1 1 1 1

3
2
= lim + − − = .
X X k=2 k − 1 n→+∞ 2 1 2 n n + 1 4
Ï Les séries a n et a n+p ont même nature, et même somme en cas de
nÊp nÊ0 ■
convergence.
Il est parfois possible d’utiliser la propriété 7 pour montrer la convergence de la suite
(a n ).
Exemple 14. Admettons la formule suivante :
+∞
X 1 π4 Exemple 16. Posons, pour tout n ∈ N∗ ,
4
= . n 1
n=1 n 90 X
an = − ln(n).
k=1 k

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X
Nous allons montrer que la suite (a n ) converge en étudiant la nature de la série (a n+1 − a n ). ³ Par ´exemple, on montre que la série harmonique alternée de terme général (a n ) =
n≥1 (−1)n P P 1
Pour tout n ≥ 1, n converge (exemple 37). Cependant la série a 2n = 2n diverge.
1 Nous verrons toutefois que ces difficultés disparaissent si (a n ) est une suite de réels po-
a n+1 − a n = − ln(n + 1) + ln(n)
n +1
µ ¶ sitifs.
1 1
= + ln 1 −
n +1 n +1
µ ¶ X (−1)n
1 1 1 1 Exemple 17. La série converge (exemple 37), donc
= − − 2
+o 2 n≥1 n
n + 1 n + 1 2(n + 1) (n + 1)
1 X (−1)n
+∞ +∞ +∞
µ ¶
X 1 1 X 1
∼ − 2 = − =−
n→+∞ 2n n
n=1 n=1 2n 2n + 1 n=1 2n(2n + 1)
P 1
Or la série de Riemann converge, donc d’après la règle de comparaison par équivalents (propriété ??), ■
P n2
la série (a n+1 − a n ) converge : la suite (a n ) est bien convergente.
Comme conséquence de ce résultat nous obtenons l’estimation suivante quand n → +∞ :
Voici une variante utile de la propriété 8 :
Xn 1
∼ ln(n)
k=1 k
n 1
Propriété 9. regroupement de termes selon la parité de leur indice
X
En particulier lim = +∞ : nous retrouvons la divergence de la série harmonique.
k=1 k
n→+∞ P P
hypothèses : Les deux séries a 2n et a 2n+1 sont supposées convergentes.
La limite γ de (a n ) est appelée constante d’Euler. On montre que γ ≈ 0, 577.
■ P
Ï Dans ces conditions la série n∈N a n converge et
+∞ +∞ +∞
Propriété 8. sommation par tranches
X X X
an = a 2n + a 2n+1 .
X n=0 n=0 n=0
hypothèses : La série a n est supposée convergente.
n≥0
X
Ï Dans ces conditions la série (a 2n + a 2n+1 ) converge et Exemple 18. En admettant la formule suivante :
n∈N +∞
X 1 π2
S= 2
=
+∞
X +∞
X n=1 n 6
an = (a 2n + a 2n+1 ). nous allons calculer les sommes suivantes :
n=0 n=0
+∞
X 1 +∞
X 1 X (−1)n−1
+∞
A= B= C=
(2n)2 (2n + 1)2 n2
Plus généralement soit ϕ : N → N strictement croissante telle que ϕ(0) = 0. Considérons n=1 n=0 n=1
1
= 14 × 12 converge et
P
les tranches extraites de la série a n :
P P
∗ Par linéarité, la série
(2n)2 n
ϕ(n+1)−1
X 1 π2
bn = ak A=
4
S=
24
.
k=ϕ(n)
1
∼ 1 2 > 0 et
P 1 P 1
∗ converge, donc par comparaison (propriété ??) la série converge.
(2n+1)2 n2 (2n+1)2
P P
Si a n converge, alors on démontre que la série b n converge et que les deux séries ont la 4n
D’après la propriété 9, S = A + B donc
même somme.
La propriété 8 correspond au cas particulier ϕ(n) = 2n, et devrait suffire pour les situa- 1 3 π2
B =S− S = S = .
tions rencontrées en PSI. 4 4 8
¯ (−1)n−1 ¯ n−1
X X ¯ ¯
Remarque. Les séries « extraites » a 2n et a 2n+1 peuvent diverger, même si la série ¯ = 12 donc la série (−1)2
P
∗ ∀n ≥ 1 2 converge absolument (propriété ??).
n n n
¯
X n∈N n∈N
complète a n converge.
n∈N

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Toujours avec la propriét{e 9, I.4 Séries de référence


X (−1)2n−1 +∞
+∞ X (−1)2n+1−1 S 3S S π2
C= 2
+ 2
= −A + B = − + = = . Propriété 11. séries géométriques
n=1 (2n) n=0 (2n + 1) 4 4 2 12

■ données : Soient n 0 ∈ N et z ∈ C.
X n
Ï La série géométrique z converge si et seulement si |z| < 1.
nÊn 0

Propriété 10. sommation d’inégalités Ï Le cas échéant,


+∞ z n0
zn =
P X
hypothèses : Les suites (a n )n∈N et (b n )n∈N sont supposées réelles, et les séries a n et
P
b n convergentes. n=n 0 1−z

+∞ +∞
Ï [∀n ∈ N
X X
an ≤ bn ] ⇒ an É bn Remarque. Plus généralement pour toute suite géométrique (a n )n≥n0 de raison z telle que
n=0 n=0 |z| < 1,
+∞ an0
+∞ +∞
∀n ∈ N a n ≤ b n et
· ¸ X
X X an = .
Ï ⇒ an < bn 1−z
∃n ∈ N a n < b n n=0 n=0
n=n 0

∀n ∈ N a n ≤ b n et
 
X −qn
Exemple 20. Soit q ∈ R. La série e , géométrique de raison e −q , converge si et seulement si q > 0. Le
Ï  +∞
X +∞
X  ⇒ [∀n ∈ N a n = b n ]. n∈N
an = bn cas échéant,
n=0 n=0 +∞ 1
e −qn =
X
.
n=0 1 − e −q

Nous utiliserons fréquemment le dernier point de la propriété 10 dans le cas particulier
(a n ) = (0) : si une somme de termes positifs est nulle, alors tous ses termes sont nuls.
Propriété 12. exponentielle et logarithme
Exemple 19. Pour tout entier n ≥ 2, X zn
1

1

1 Ï Pour tout z ∈ C la série est convergente et
n(n + 1) n 2 n 2 − 1 n∈N n!
D’après la propriété 10 et les exemples 7 et 15,
+∞ +∞ +∞
+∞ zn
= ez.
X
X 1 X 1 X 1
≤ ≤
n=2 n(n + 1) n=2 n 2
n=2 n 2 −1 n=0 n!
+∞
X 1 1 +∞X 1 +∞
X 1
donc − ≤ −1 ≤
n=1 n(n + 1) 2 n=1 n 2 2
n=2 n − 1
X (−1)n−1 n
Ï Pour tout réel x ∈] − 1, 1[ la série x est convergente et
1 +∞
X 1 3 n∈N∗ n
donc 1 − ≤ −1 ≤
2 n=1 n 2 4
+∞
X 1
+∞
X (−1)n−1 n
donc 1, 5 ≤ ≤ 1, 75 x = ln(1 + x).
n=1 n2 n=1 n
à comparer avec la valeur exacte (nettement plus difficile à obtenir !)
+∞
X 1 π2 Remarque. On peut montrer que cette dernière formule reste vraie pour x = 1 :
2
= ≈ 1, 645.
n=1 n 6
+∞
X (−1)n−1
■ = ln(2).
n=1 n

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Attention : ce prolongement n’est pas un théorème du cours de PSI ; il faudra systématique-


Propriété 14. lemme de comparaison séries intégrales
ment le redémontrer dans les exercices.
données : Soit f : [n 0 , +∞[→ R une fonction continue par morceaux et décroissante.
Exemple 21. Soient p, q des entiers tels que n 0 ≤ p ≤ q.
∗ En remplaçant z par −z dans la propriété 12, nous obtenons : Z k+1 Z k
X (−1)n n
+∞ Ï ∀k ≥ n 0 , f ≤ f (k) et ∀k ≥ n 0 + 1, f (k) ≤ f
∀z ∈ C z = e −z . k k−1
n=0 n!
Z q+1 q
X
∗ Pour z = ±1 nous obtenons les formules Ï f É f (k)
+∞
X 1 X (−1)n
+∞ 1 p k=p
=e =
n=0 n! n=0 n! e
q Z q
X
■ Ï Si p > n 0 alors f (k) ≤ f
k=p p−1

Z q+1 q Z q
Exemple 22.
X
Ï f ≤ f (k) ≤ f (p) + f
∗ En remplaçant x par −x dans la propriété 12, nous obtenons : p k=p p

X xn
+∞
∀x ∈] − 1, 1[ = − ln(1 − x).
n=1 n
X 1 X 1
∗ Le choix x = ± 12 donne les formules suivantes : Exemple 23. Les séries 2
et p sont des séries de Riemann convergentes.
n≥1 n n≥1 n n
X 1 X 1
+∞
X 1
µ
1

Les séries et p sont des séries de Riemann divergentes.
n
= − ln 1 − = ln(2) n≥1 n n≥1 n
n=1 n2 2 ■
X (−1)n−1
+∞ µ ¶
1
n
= ln 1 + = ln(3) − ln(2).
n=1 n2 2 La technique de comparaison séries-intégrales fournit des
Xencadrements intéressants de
■ sommes/sommes partielles/restes de toute série de type f (n) où f : [n 0 , +∞[→ R est
n≥n 0
une fonction continue par morceaux et monotone.
P n
Les séries de la propriété 12, et aussi la série géométrique z , sont des exemples de
séries entières. Nous reviendrons en détail sur ce sujet dans un chapitre dédié. n 1
Exemple 24. Pour tout n ∈ N∗ posons S n =
X
, somme partielle de la série harmonique (divergente).
k=1 k
Propriété 13. séries de Riemann La comparaison série-intégrale appliquée à la fonction continue décroissante f : x 7→ x1 permet d’obtenir
un encadrement et un équivalent de S n :
données : Soit α ∈ R. Z n+1
dx
Z n
dx
≤ Sn ≤ 1 +
X 1 1 x 1 x
Ï La série de Riemann α
converge si et seulement si α > 1.
nÊ1 n donc ln(n + 1) ≤ S n ≤ 1 + ln(n)

Pour la démonstration nous allons utiliser la technique de comparaison séries intégrales


exposée dans le lemme suivant (qu’il faudra systématiquement redémontrer en exercice) :

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Pour obtenir un équivalent, divisons cet encadrement par ln(n) pour tout n ≥ 2 : La fonction f : x 7→ 12 est continue et décroissante sur [1, +∞[, donc par comparaison série intégrale,
x
ln (n + 1) Sn 1 + ln(n) Z N +1 N Z N
≤ ≤ X 1
ln(n) ln(n) ln(n) ∀n ≥ 1 ∀N ≥ n f ≤ ≤ f (∗)
³ ´ n+1 k=n+1 k2 n
ln(n) + ln 1 + n1 Sn 1 + ln(n)
donc ≤ ≤ Ces intégrales se calculent :
ln(n) ln(n) ln(n)
³
1
´
1 1 N 1 1 1
ln 1 + n
X
Sn 1 ∀n ≥ 1 ∀N ≥ n − ≤ ≤ −
donc 1+ ≤ ≤ 1+ . n + 1 N + 1 k=n+1 k 2 n N
ln(n) ln(n) ln(n)
³ ´! Faisons tendre N vers +∞ dans cet encadrement :
ln 1+ n1
Ã
³ ´
1 Sn
Or lim 1 + ln(n)
= lim 1 + ln(n) = 1, donc lim ln(n) = 1 et S n ∼ ln(n) . 1 1
∀n ≥ 1 ≤ Rn ≤
n +1 n

1 1
Or n+1 ∼ n1 d’où Rn ∼ .
n
n
NB. Les intégrales impropres n+∞ f et n+1
R R +∞
f sont convergentes (cf chapitre « intégrales généralisées » ) ;
X
Exemple 25. Déterminons un équivalent de S n = ln(k) quand n → +∞.
k=2 nous aurions pu faire tendre N vers +∞ dans l’encadrement (∗) :
La fonction f : x 7→ ln(x) est continue et croissante sur [1, +∞[, donc Z +∞ Z +∞
Z k Z k+1 ∀n ≥ 1 f ≤ Rn ≤ f
n+1 n
∀k ≥ 2 f ≤ f (k) ≤ f
k−1 k avant de calculer ces intégrales. Les calculs sont souvent moins pénibles si l’on procède de la sorte.
Ajoutons ces encadrements pour k allant de 2 à n : ■
Z n Z n+1
∀n ≥ 2 f ≤ Sn ≤ f
1 2
Après calcul de ces intégrales nous obtenons l’encadrement :

∀n ≥ 2 n ln(n) − n + 1 ≤ S n ≤ (n + 1) ln(n + 1) − n + 1 − 2 ln(2)

Puisque n ln(n) − n + 1 ∼ (n + 1) ln(n + 1) − n + 1 − 2 ln(2) ∼ n ln(n), nous en déduisons S n ∼ n ln(n) .


Cette estimation peut être grandement améliorée si on admet la formule de Stirling (qui est à connaître
en PSI) :
p 1
n! ∼ 2πn n+ 2 e −n
Puisque S n = ln(n!),
³p 1 ´
S n = ln 2πn n+ 2 e −n · (1 + o(1))
1 p
= n ln(n) − n + ln(n) + ln( 2π) + ln(1 + o(1))
2
1 p
= n ln(n) − n + ln(n) + ln( 2π) + o(1)
2
Il s’agit là d’un développement asymptotique à la précision o(1), chaque terme est négligeable devant le
terme précédent. Le premier terme redonne bien S n ∼ n ln(n).

+∞
X 1 P 1
Exemple 26. Déterminons un équivalent de R n = 2
, reste de la série convergente 2.
n
k=n+1 k

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II Étude pratique de la nature d’une série Propriété 17. règles de comparaisons pour des séries à termes positifs

II.1 Le cas des séries à termes positifs hypothèses : On suppose que (a n )n∈N et (b n )n∈N sont des suites de réels positifs.

Ï Si l’une des conditions suivantes est vérifiée :


Propriété 15. convergence d’une série à termes positifs
(a) ∀n ∈ N 0 ≤ an ≤ bn
hypothèses : On suppose que (a n )n∈N est une suite de réels positifs.
X (b) a n = O (b n )
Ï La série a n converge si et seulement si la suite (S n )n∈N de ses sommes par-
n∈N (c) a n = o(b n )
tielles est majorée.
alors :
+∞
X
Ï Le cas échéant, a n = sup(S n ).
X X
i) b n converge ⇒ a n converge ;
n=0 n∈N n n
X X
ii) a n diverge ⇒ b n diverge.
n n
Pour une série à termes positifs et divergente, lim S n = +∞.
+∞ X X
On pourra poser, dans ce cas uniquement,
X
a n = +∞. Ï Si a n ∼ b n alors les séries a n et b n ont même nature.
n n
n=0

L’intérêt de la propriété 15 est qu’il permet d’établir la convergence d’une série sans avoir P
besoin de calculer sa somme. Ces règles sont très utiles pour déterminer la nature d’une série a n sans calculer la
moindre somme.
En pratique on compare le terme général (a n ) au terme général (b n ) d’une des séries de
Propriété 16. convergence d’une série extraite pour des termes positifs références vues dans la partie I, par exemple une série de Riemann.
hypothèses
X : On suppose que (a n )n∈N est une suite de réels positifs et que la série
a n converge. 1
Exemple 27. a n = 5 :
n∈N n ln(n)
P
∗ n≥2 a n est une série à termes positifs ;
Ï Pour toute fonction ϕ : N → N strictement croissante, la série extraite
X
a ϕ(n) 1
³ ´
n∈N
5
∗ n a n = ln(n) → 0 donc a n = o 15 ;
n
converge P 1
∗ La série de Riemann 5 , d’exposant 5 > 1, est convergente (prop 13) ;
n
+∞ +∞
∗ D’après la règle de comparaison par « o() » (prop 17),
X X
Ï a ϕ(n) ≤ an
n=0 n=0 X
X X la série a n est convergente.
n≥2
Ï Les séries a 2n et a 2n+1 convergent.
n∈N n∈N

Remarque. Cette propriété ne se généralise pas à une série quelconque. p


n P (−1)2n Exemple 28. a n = ne −3n :
Ainsi la série (−1)
P
n converge mais la série extraite 2n diverge. P
∗ n≥0 a n est une série à termes positifs ;
La propriété suivante, conséquence directe de la propriété 15, est certainement l’une des 5 ³
1
´
∗ n 2 a n = n 2 e −3n → 0 (croissance comparée puissances/exponentielles) donc a n = o ;
plus importantes de tout ce chapitre ; n2
P 1
∗ La série de Riemann n≥1 n 2 , d’exposant 2 > 1, est convergente ;

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∗ D’après la règle de comparaison par « o() » (prop ??), ■


P
la série n≥0 a n est convergente. Nous allons maintenant étendre, dans la mesure du possible, ces règles de comparaisons
à des séries à termes réels ou complexes quelconques.

Exemple 29. a n = ln(n + π) − ln(n) : II.2 Convergence absolue


¡ π¢ π
∗ a n = ln 1 + n ∼ n > 0 (développement limité usuel de ln à l’ordre 1) ;
(a n )n∈N est une suite de nombres complexes.
∗ La série de Riemann n≥1 n1 diverge ;
P

∗ D’après la règle de comparaison par « ∼ » (prop ??),


P
Définition 4. série absolument convergente
la série n≥0 a n est divergente. X
Ï On dit que la série a n est absolument convergente, ou que la suite (a n )n∈N
■ n∈N X
est sommable, lorsque la série |a n | est convergente.
n∈N
Exemple 30. Soit a n = n 3 ln(1 + e n ) − n :
¡ ¢

∗ a n = n 3 ln e n (e −n + 1) − n = n 3 ln e −n + 1 ∼ n 3 e −n ≥ 0 ;
¡ ¡ ¢ ¢ ¡ ¢
Remarque. Pour une série à termes positifs, il n’y a pas de différence entre convergence et
∗ or n 3 e −n = o( 12 ), donc a n = o( 12 ) ;
n n convergence absolue.
1
C’est plus généralement la même chose pour toute suite (a n ) de signe constant à partir
P
∗ La série de Riemann n≥1 n 2 converge, donc par comparaison

P d’un certain rang.


la série n≥0 a n est convergente.

n(n+1)
■ X e i nx X (−1)n−1 X (−1) 2
Exemple 33. Soit (x, α) ∈ R2 . Les séries α
, α
ou encore convergent abso-
n≥1 n n≥1 n n≥1 nα
1 lument si et seulement si α > 1.
Exemple 31. Soit a n = p : ■
n ln(n)
P
∗ n≥2 a n est une série à termes positifs ;
p
n
∗ na n = ln(n) → +∞, donc n1 = o(a n ) ; Exemple 34. Soit x ∈ R, étudions la convergence absolue de la série de terme général

∗ La série de Riemann n≥1 n1 diverge, donc par comparaison (1 + xi )n


P µ ¶
(a n ) = .
2n + 1 n∈N
P
la série n≥2 a n est divergente. n
x|n 2) 2
∗ ∀n ∈ N, |a n | = |1+i
2n +1
= (1+x
2n +1
;
■ µp ¶n
1+x 2
∗ Quand n → +∞, |a n | ∼ 2 ;
p p p µp ¶n ¯p
p
¯
1+ 2+···+ n 1+x 2 2¯
converge si et seulement si ¯¯ 1+x
P ¯
Exemple 32. Soit a n = : ∗ La série géométrique 2 2
¯ < 1, c’est-à-dire |x| < 3.
13 + 23 + · · · + n 3
¯
p p p p
n + n +···+ n n n 1 ∗ D’après la règle de comparaison par équivalents (prop 17),
∗ Pour tout n ≥ 1, 0 ≤ a n ≤ = = 3 ;
0 + 0 + · · · + 0 + n3 n3 n2 P p
a n converge absolument si et seulement si |x| < 3.
X 1
∗ La série de Riemann 3
d’exposant 23 > 1 converge, donc par comparaison
n≥1 n 2 ■
P
la série n≥1 a n est convergente.

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X (−1)n−1
Propriété 18. sommabilité et opérations Exemple 37. Montrons que la série harmonique alternée , qui visiblement ne converge pas
nÊ1 n
Ï L’ensemble des familles sommables est un sous-espace vectoriel de CN . absolument, est bien convergente.
pour tout n ≥ 1, exprimons la somme partielle S n ainsi :
Ï Les propositions suivantes sont équivalentes : n (−1)k−1 n Z 1
(−1)k−1 x k−1 d x
X X
Sn = =
k=1 k k=1 0
i) (a n )n∈N est sommable ; Z 1Ã X !
n
ii) (Re (a n ))n∈N et (I m (a n ))n∈N sont sommables ; = (−x)k−1 d x (linéarité de l’intégrale)
0 k=1
iii) (a n )n∈N est sommable. Z 1
1 + (−1)n+1 x n
= d x (somme géométrique)
0 1+x
Z 1 Z 1 n Z 1 n
L’importance de la convergence absolue apparaît dans le résultat suivant : dx x x
= + (−1)n+1 d x = ln(2) + (−1)n+1 d x.
0 1+x 0 1+x 0 1+x

donc
Propriété 19. convergence absolue et convergence Z 1 n
x
Z 1
1
|S n − ln(2)| = dx ≤ xn d x = −−−−−−→ 0
0 1+x 0 n + 1 n→+∞
Ï Toute série absolument convergente est convergente.
X (−1)n−1
+∞
La série considérée est bien convergente de somme = ln(2)
Ï Le cas échéant, ¯ ¯ n=1 n
¯ +∞ ¯ +∞
¯X ¯ X ■
ak ¯ É |a |
¯k=0 ¯ k=0 k
¯

(inégalité triangulaire)
Propriété 20. règles de comparaisons étendues

X e i nx données : Soient (a n )n∈N et (b n )n∈K des suites de complexes.


Exemple 35. Pour tout x ∈ R et pour tout réel α > 1, la série α
converge absolument, donc converge. hypothèses : On suppose que l’une des conditions suivantes est vérifiée :
n≥1 n
En prenant les parties réelles et imaginaires nous obtenons aussi la convergence des séries
(a) ∀n ∈ N |a n | É |b n |
X cos(nx) X sin(nx)
et
n≥1 nα n≥1 n
α
(b) a n = O (b n )
Le comportement de ces séries pour α ≤ 1 est loin d’être évident...
■ (c) a n = o(b n )

(d) |a n | ∼ |b n |
P (−1)n−1
Exemple 36. La série n≥1 n(n+1) est absolument convergente et l’inégalité triangulaire donne (cf exemple X
7) : ¯ ¯ et que la série |b n | converge.
¯ +∞ n−1 ¯ +∞ n
¯ X (−1) ¯ X 1
¯ ¯≤ =1
¯n=1 n(n + 1) ¯ n=1 n(n + 1) X
Ï Dans ces conditions, la série a n converge (absolument).
à comparer avec la valeur exacte (exercice !) : n

X (−1)n−1
+∞
= 2 ln(2) − 1 ≈ 0, 386
n=1 n(n + 1) p
Exemple 38. a n = sin( n)e −n :
■ p
∗ ∀n ∈ N |a n | = | sin( n)|e −n ≤ e −n ;
∗ Or |e −1 | < 1 donc la série géométrique
P −n
Remarque. La réciproque de la propriété 19 est fausse : on trouve des séries, dites e converge
semi-convergentes qui sont convergentes mais pas absolument convergentes. En voici un
exemple à retenir :

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Remarque. Lorsque ℓ = 1, il n’y a pas de règle : la série


P
a n peut converger ou diverger.
P
∗ Par comparaison, a n converge .


z 3n+1
Exemple 41. Soit z ∈ C et a n = p .
³
(−1)n
´ n!
Exemple 39. a n = ln 1 + :
n2
P
∗ Si z = 0, a n converge.
(−1)n n n
³ ´ ³ ´
∗ lim 2 = 0 donc a n = (−1)2 + o 12 ∼ (−1)2 ; ∗ Supposons z ̸= 0, de sorte que ∀n ∈ N a n ≠ 0 et
n n n n

∗ Nous en déduisons |a n | ∼ 12 .
¯ 3n+4 ¯
¯ ¯ z
¯ a n+1 ¯ ¯¯ p(n+1)!
¯
n |z|3
¯ ¯
¯ a ¯ = ¯¯ z 3n+1 ¯= p −−−−−−→ 0
¯ ¯ ¯
P 1
n + 1 n→+∞
P
∗ La série 2 converge, donc par comparaison, a n converge . n ¯ p
¯
n n!
¯

P
∗ 0 < 1 donc la règle de d’Alembert (prop 21) s’applique : a n converge
Remarque. Il faudra être prudent avec les comparaisons par équivalents ; en général, ■
P P
a n ∼ b n n’implique pas que les séries a n et b n soient de même nature. Voici un contre-
exemple :
Exemple 42. Soit α ∈ R et a n = n1α (série de Riemann).
Exemple 40. Posons Pour tout α ∈ R,

¯ ¯
¯ a n+1 ¯
µ ¶
(−1)n (−1)n 1 lim ¯¯ ¯ = lim =1
an = p et b n = p + . n→+∞ a n ¯ n→+∞ (n + 1) α
n n n
P La règle de d’Alembert est inappliquable sur cet exemple.
∗ La série a n converge ; on le montre facilement à l’aide du critère spécial des séries alternées, prop.

22, plus loin dans ce chapitre ;
∗ b n − a n = n1 = o (a n ) donc a n ∼ b n ;
En pratique la règle de d’Alembert est efficace lorque le terme général a n s’exprime par
(b n − a n ) = n1 serait convergente, ce qui est
P P
∗ La série diverge ; en effet dans le cas contraire, la série
des produits ou quotients de puissances ou de factorielles.
absurde. P
Elle ne marche jamais si la série a n converge lentement !

II.3 Règle de d’Alembert II.4 Séries alternées


Dans cette section, (a n ) est une suite de nombres réels.
Propriété 21. règle de d’Alembert

hypothèses : On suppose les deux conditions suivantes satisfaites : Définition 5. suite ou série alternée

a n , est dite alternée lorsque la suite ((−1)n a n )n∈N


X
(a) ∀n ∈ N a n ̸= 0 ; Ï La suite (a n )n∈N , ou la série
¯ ¯ n∈N
¯ a n+1 ¯ est de signe constant.
(b) ∃ℓ ∈ R+ ∪{+∞} lim ¯ ¯ = ℓ.
n→+∞ ¯ a n ¯

Ï Si ℓ < 1 alors la série a n converge absolument ;


X
Autrement dit, (a n ) est alternée si on se trouve dans un des cas suivants :
n
(a) ∀n ∈ N a n = (−1)n |a n |
Ï Si ℓ > 1 alors la série
X
a n diverge grossièrement.
n (b) ∀n ∈ N a n = (−1)n+1 |a n |
¯ ¯
¯ a n+1 ¯
L’hypothèse lim ¯¯ ¯ = ℓ signifie intuitivement que la suite (a n ) a un comportement
n→+∞ a n ¯
« proche » de celui de la suite géométrique (ℓn ).

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³ n+1 ´ ³ ³ n ´´ X (−1)n
Exemple 43. La suite nulle, les suites ((−1)n )n∈N , (−1)n , ln 1 + (−1)
n sont alternées. Exemple 44. Soit α ∈ R, étudions la convergence de la série de Riemann alternée :
n≥1 n≥2 α
à n(n+1)
! n≥1 n
2
Les suites (sin(n))n∈N , (−1) n ne le sont pas. n
∗ Si α ≤ 0, le terme général a n = (−1)nα
ne converge pas vers 0, la série diverge grossièrement ;
n≥1
■ ∗ Si α > 0, alors (a n ) est une suite alternée, et la suite
µ ¶
1
(|a n |)n≥1 = α
Le critère suivant est très pratique pour déterminer la nature d’une série alternée qui n n≥1
n’est pas absolument convergente : est décroissante de limite nulle. Toutes les hypothèses du critère 22 sont vérifiées, donc la série
P
an
converge.
X (−1)n
Propriété 22. critère spécial des séries alternées converge si et seulement si α > 0.
α
n≥1 n
hypothèses : On suppose que les conditions suivantes sont toutes satisfaites : En examinant le premier terme a 0 , le critère nous donne de plus l’information suivante :
X (−1)n
+∞
(a) la suite (a n )n∈N est alternée ; −1 ≤ ≤0
α
n=1 n
(b) la suite (|a n |)n∈N est décroissante ; ainsi qu’une estimation des restes de la série :
¯ ¯
(c) lim a n = 0. ¯ +∞ k¯
¯ X (−1) ¯ 1
n→+∞ ∀n ∈ N ¯ ≤
α ¯¯ (n + 1)α
k=n+1 k
¯
X
Ï La série a n est convergente ; ■
n∈N

Ï Pour tout n ∈ N, n
Exemple 45. Considérons la suite alternée définie par ∀n ≥ 2 a n = (−1) nln(n) .
+∞
∗ la somme ρ n = ∗ ∀n ≥ 2 |a n | = ln(n)
X
a k a même signe que son premier terme a n ; n ;
k=n
∗ La fonction f : x 7→ ln(x) ′
x est dérivable sur ]0, +∞[ de dérivée f : x 7→
1−ln(x)
. Nous en déduisons
x2
∗ |ρ n | ≤ |a n | facilement que f est décroissante sur l’intervalle [e, +∞[ ;
∗ La suite (|a n |)n≥3 est donc décroissante, et de plus lim |a n | = 0 ;
La dernière conclusion de la propriété 22 s’applique notamment à la somme ∗ Nous pouvons appliquer le critère spécial des séries alternées :
X
+∞ la série a n est convergente.
S = ρ0 =
X
ak n≥2
k=0

de la série alternée.
On peut même aller plus loin : dans les conditions du critère spécial, toute « tranche » de
Xq II.5 Autres exemples
la forme a k (0 ≤ p ≤ q ≤ +∞) est du signe de son premier terme a p et
k=p Nous présentons ici quelques méthodes plus élaborées pour déterminer la nature d’une
¯ ¯ série. À utiliser avec discernement !
¯Xq ¯
a k ¯ ≤ |a p |
¯ ¯
(−1)n
¯ µ ¶
¯k=p ¯
Exemple 46. a n = ln 1 + p .
n
∗ Observations préliminaires :
n
• a n a un équivalent évident (−1)
p qui n’est pas de signe constant... Par ailleurs |a n | ∼ p1 donc
n n

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P
la série a n ne converge pas absolument ; comparaison avec des intégrales (voir lemme 14). Nous trouvons :
• (a n ) est une suite alternée (l’expression « dans ln() » est alternativement < 1 et > 1) qui tend Z n+1
x 1
Z n
x
vers 0, mais le sens de variation de la suite ≤ Sn ≤ +
2 x ln(x) 2 ln(2) 2 x ln(x)
(−1)n 1
µ µ ¶¶
(|a n |)n≥2 = (−1)n ln 1 + p donc ln(ln(n + 1)) − ln(ln(2)) ≤ S n ≤ + ln(ln(n)) − ln(ln(2))
n n≥2
2 ln(2)

n’est pas évident du tout. Signalons à ce propos que les équivalents ne conservent pas le sens de
P
Or lim (ln(ln(n + 1)) − ln(ln(2))) = +∞, donc lim S n = +∞ : la série a n diverge .
variation. Le critère spécial (prop. 22) ne semble pas adapté à notre exemple.
1
, α ∈ R.
X
Cette méthode est bien adaptée à l’étude de toutes les séries de Bertrand
n(ln(n))α
P
∗ Pour déterminer la nature de a n nous allons exploiter un développement asymptotique à plusieurs
termes de a n . À l’aide du développement limité usuel de ln à l’ordre 2 nous trouvons ■
(−1)n
µ ¶
1 1
an = p − +o = bn + cn
n 2n n n(n+1)
n 2
Exemple 48. a n = (−1) n
µ ¶
(−1) 1 1 .
où b n = p et c n = − +o .
n 2n n ∗ Observations préliminaires :
Or : ³ ´
• (|a n |) = n1 , la série a n ne converge pas absolument.
P
P
• La série b n vérifie toutes les hypothèses du critère spécial des séries alternées, donc
• La suite (a n ) est réelle de signe variable. Cependant ce n’est pas une série alternée, comme on
converge ;
peut le constater en écrivant ses premiers termes :
1
< 0 et la série de Riemann n1 diverge, donc par comparaison (possible ici car (c n )
P
• c n ∼ − 2n
P X 1 1 1 1 1 1 1
est de signe constant à partir d’un certain rang) c n diverge. an = − − + + − − + + · · · · · · · · ·
n≥1 1 2 3 4 5 6 7
P
Par linéarité, nous concluons que la série a n diverge . P
∗ Nous allons profiter de la périodicité du signe de a n et estimer les sommes partielles (S n ) de a n en
■ regroupant les termes par paquets de 4. Pour tout n ≥ 1,
4n
X n
X
S 4n = ak = (a 4p−3 + a 4p−2 + a 4p−1 + a 4p )
1 k=1 p=1
Exemple 47. a n = .
n ln(n)
 
n
X 1 1 1 1 
∗ Observations préliminaires : = − − + + .
p=1 | 4p − 3 4p − 2 4p − 1 4p
• (a n )n≥2 est une suite positive sans équivalent remarquable.
{z }
bp
• On peut tenter une comparaison avec les séries de Riemann. Les propriétés de ln(n), notam- P
ment les croissances comparées logarithmes/puissances, donnent au mieux les estimations
Nous sommes conduits à étudier la série p≥1 b p . Or après calcul on trouve
suivantes : µ ¶ −1
1 1 bp ∼ <0
an = o et = o(a n ) (ϵ > 0 quelconque) (∗) 4p 2
n n 1+ϵ P
Malheureusement
P1 P 1 donc , par comparaison avec une série de Riemann, la série b p converge.
n diverge et n 1+ϵ
converge... Les estimations (∗) ne sont pas
concluantes. Nous en déduisons que la suite (S 4n ) converge. Or la suite (a n ) tend vers 0, donc les expressions
suivantes :
∗ Voici la méthode adaptée à cet exemple : nous allons estimer sa somme partielle
S 4n+1 = S 4n + a 4n+1
n
X 1
Sn = S 4n+2 = S 4n + a 4n+1 + a 4n+2
k=2 k ln(k) S 4n+3 = S 4n + a 4n+1 + a 4n+2 + a 4n+3
1
Comme la fonction f : x 7→ x ln(x) est continue et décroissante sur ]1, +∞[, nous pouvons tenter une ont toutes même limite que S 4n quand n → +∞. Donc la suite (S n ) est convergente :
X
La série a n converge .
n≥1

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III Produit de séries Définition 6. produit de Cauchy de deux suites


Soient a = (a n )n∈N et b = (b n )n∈N des suites de complexes. Ï Le produit de Cauchy des suites (a n )n∈N et (b n )n∈N est la suite (c n )n∈N définie
par :
n
∀n ∈ N c n =
X
III.1 Produits de sommes finies a k b n−k
k=0
Propriété 23. produits et carrés de sommes finies
Dans ce cours, la suite c = (c n )n∈N sera aussi notée (a n )n∈N ⋆(b n )n∈N ou plus simplement
données : Soient (p, q) ∈ N2 a ⋆ b.
Ã
p
X
! Ã
q
X
!
X L’opération « ⋆ » est une loi de composition interne sur l’ensemble CN des suites de
Ï ak · bk = ak bℓ complexes.
k=0 k=0 0≤k≤p Le changement d’indice ℓ = n − k donne immédiatement
0≤ℓ≤q
n n
∀n ∈ N
X X
Ã
p
!2
p a k b n−k = a n−ℓ b ℓ
a k2 + 2 ℓ=0
X X X X
Ï ak = ak aℓ = ak aℓ k=0
k=0 0≤k≤p k=0 0≤k<ℓ≤p
0≤ℓ≤p autrement dit a ⋆ b = b ⋆ a . Le produit de Cauchy est commutatif.

Exemple 49. Supposons a 0 = 1 et ∀n ≥ 1 a n = 0. Dans ce cas :


Le changement d’indice n = k + ℓ dans la somme double
X
a k b ℓ donne :
0≤k≤p n
∀n ∈ N
X
0≤ℓ≤q cn = a k b n−k = b n
k=0

donc a ⋆ b = b. La suite a définie dans cet exemple est neutre pour le produit de Cauchy.
à ! à !
p
X q
X p+q
X X
ak · bk = a k b n−k (∗) ■
k=0 k=0 n=0 0≤k≤p
n−q≤k≤n
Exemple 50. Soient λ, µ ∈ C. Supposons que a = (λ)n∈N et b = (µ)n∈N sont des suites constantes.
Dans le cas particulier où les suites (a n ) et (b n ) sont nulles à partir d’un certain rang, par n
∀n ∈ N λµ = λµ(n + 1)
X
cn =
exemple si k=0
∀k > p a k = 0 et ∀k > q b k = 0
donc a ⋆ b = λµ(n + 1) n∈N .
¡ ¢

alors la relation (∗) prend la forme simplifiée : ■

à ! à !
p q p+q n
X X X X Exemple 51. Soit λ ∈ C. Supposons que a = b = (λn )n∈N est une suite géométrique.
ak · bk = a k b n−k
n=0 k=0 n n
k=0 k=0
∀n ∈ N λk λn−k = λn = (n + 1)λn
X X
cn =
k=0 k=0
Nous allons voir que cette dernière formule reste valable, avec quelques hypothèses rai- donc a ⋆ b = λµ(n + 1) n∈N .
¡ ¢

sonnables, lorsque p = q = +∞. ■

³ n´
µ
³ n´
Exemple 52. Soient λ, µ ∈ C. Supposons que a = λn! et b = n! .
III.2 Produit de Cauchy n∈N n∈N
à !
n λk µn−k 1 Xn n (λ + µ)n
∀n ∈ N λk µn−k =
X
cn = =
k=0 k!(n − k)! n! k=0 k n!

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(λ+µ)n
³ ´
donc a ⋆ b = .
n! n∈N Propriété 25. lemme : produit de séries à termes positifs

Ï La propriété 24 est vraie lorsque les suites (a n ) et (b n ) sont réelles positives.
Nous aurons parfois besoin d’effectuer des produits de Cauchy de suites incomplètes

(a n )n≥p (b n )n≥q
Exemple 54. Soit λ ∈ C, et (a n ) = (b n ) = (λn )n∈N . Le produit de Cauchy de ces suites est
Il suffit pour cela de prolonger ces deux suites par : (c n ) = (n + 1)λn n∈N .
¡ ¢

P P P
∀n < p an = 0 et ∀n < q b n = 0. Si |λ| < 1 alors les séries géométriques a n et b n convergent absolument, donc c n aussi et nous obte-
nons la formule :
+∞ 1
(n + 1)λn =
X
Le produit de Cauchy (c n )n∈N = a ⋆ b est alors donné par (1 − λ)2
n=0
 ■

 0 si n < p + q



∀n ∈ N
X
cn = a k b n−k = n−q
³ n´ ³ n´
µ
0≤k≤n
 X Exemple 55. Soient λ, µ ∈ C, a = λn! et b = n! . Le produit de Cauchy de ces deux suites est
a k b n−k sinon n∈N n∈N


p≤k 

k=p (λ + µ)n
µ ¶
k≤n−q
(c n ) =
n! n∈N
P P
Les séries a n et b n convergent absolument (on reconnait des séries de type exponentielle ; on peut aussi
P
³ ´ appliquer la règle de d’Alembert). Par conséquent la série c n converge absolument et nous obtenons la
Exemple 53. Pour les suites a = n1 et b = (1)n∈N , le produit de Cauchy est donné par
n≥1 formule : Ã ! Ã !
X (λ + µ)n
+∞ X λn
+∞ X µn
+∞
Xn 1 = ·
c 0 = 0 et ∀n ≥ 1 c n = . n=0 n! n=0 n! n=0 n!
k=1 k
qui correspond à la propriété bien connue e λ+µ = e λ · e µ .
■ ■

³ n´
Propriété 24. produit de deux séries absolument convergentes Exemple 56. Soit x ∈ R, a = xn et b = (x n )n∈N . Leur produit de Cauchy est donné par
n≥1

données : Soit (c n )n∈N leX


produit de
X Cauchy des suites (a n )n∈N et (b n )n∈N .
à !
n 1
xn
X
c 0 = 0 et ∀n ≥ 1 c n =
hypothèses : Les séries a n et b n sont supposées absolument convergentes. k=1 k
n∈N n∈N P P
X Pour |x| < 1 Les série a n et b n convergent absolument (on reconnait respectivement la série logarithme
Ï Dans ces conditions, la série c n est absolument convergente et et la série géométrique) et
n∈N Ã ! Ã ! Ã !
+∞ n 1 X xn
+∞ +∞ ln(1 − x)
xn =
X X X n
µ +∞ ¶ µ +∞ ¶ +∞ · x =−
X X X n=1 k=1 k n=1 n n=0 1−x
Ï an · bn = cn .
n=0 n=0 n=0 ■

La démonstration (non exigible en PSI) se fait en deux étapes :

1. Cas particulier des séries à terme positifs

2. Cas général.

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Index
définitions séries de Riemann (prop 13) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
convergence absolue d’une série (def 4) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 séries exponentielle et logarithme (prop 12) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
convergence et somme d’une série (def 2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 séries géométriques (prop 11) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
produit de Cauchy (def 6) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 sommation d’inégalités (prop 10) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
série, terme général, sommes partielles (def 1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 sommation par tranches (prop 8) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
suites et séries alternées (def 5) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 télescopage (prop 7) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
reste d’une série convergente (def 3) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

exemples
calcul d’une somme par télescopage (ex 7) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
calcul d’une somme par un produit de Cauchy (ex 54) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
calcul de sommes par regroupement des termes de rang pair/impair (ex 18) . . . . . . 7
calcul de sommes trigonométriques à l’aide des complexes (ex 13) . . . . . . . . . . . . . . . . 6
calcul et comparaison de restes (ex 9) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
convergence et calcul de la série harmonique alternée (ex 37) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
divergence de la série harmonique (ex 8) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
divergence de la série harmonique par comparaison avec des intégrales (ex 24) . . 9
divergence grossière (ex 10) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
encadrement obtenu par sommation d’inégalités (ex 19) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
estimation d’un reste par comparaison avec des intégrales (ex 26) . . . . . . . . . . . . . . . 10
nature d’une série à termes positifs par comparaison (ex 27) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
nature d’une série par comparaison étendue (ex 38) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
nature d’une série par comparaison avec des intégrales (ex 47) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
nature d’une série par développement asymptotique du terme général (ex 46) . . 15
utilisation d’une série pour étudier la nature d’une suite (ex 16) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
utilisation de la règle de d’Alembert (ex 41) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
utilisation du critère spécial des séries alternée (ex 44) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

propriétés
condition nécessaire de convergence (prop 3) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
convergence absolue et convergence (prop 19) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
critère spécial des séries alternées (prop 22) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
décalage d’indices (prop 6) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
inégalité triangulaire (prop 19) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
linéarité de la somme (prop 4) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
produit de Cauchy (prop 24) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
règle de d’Alembert (prop 21) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
règles de comparaisons étendues (prop 20) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
règles de comparaisons pour des termes positifs (prop 17) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
séparation des parties réelles et imaginaires (prop 5) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

19

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