Étude des Dangers : Analyse des Risques
Étude des Dangers : Analyse des Risques
DE DANGERS
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Programme
Avant-propos
▪ Historique,
▪ Définition et terminologie,
▪ Objectifs de l’ EDD,
▪ Stratégie de la prévention des risques industriels,
▪ Finalités et cadre de L’ EDD,
▪ Démarche globale ‘’EDD’’,
▪ Concepts d’une ‘’EDD’’
▪ Analyse Préliminaire Des Risques (APR),
▪ Méthodes d’analyse des risques (organisation et outils),
▪ Méthode ‘’Nœud Papillon’’,
▪ Certification zone ‘’ALARP’’,
▪ Cycle de vie d’une EDD,
▪ Conclusion.
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Avant-propos
ENJEUX ➢ L’avenir de l’industrie est d’une importance
vitale pour l’économie de nos pays.
➢ Nous avons besoin de l’industrie pour notre
quotidien, notre santé et notre vie.
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HISTORIQUE
▪ 1977 l’EDD, un outil d'analyse des risques nécessaire,
▪ 1987, la réglementation a évoluée pour prendre en compte les accidents plus
importants. Cependant, les premières EDD utilisaient une méthodologie qui se
basait sur une approche déterministe, visant prévenir les risques les plus
dangereux, sans prise en compte de la probabilité d'apparition du risque,
▪ 1997 l’EDD s'appliquait uniquement aux installations nouvelles ; les analyses
de risques comme un pilier de toute EDD, se concentraient seulement sur les
situations ordinaires, négligeant les évènements improbables,
▪ Ce choix simplifie le travail de l'administration, mais provoque à nouveau des
critiques de la part des exploitants, car il concentre les investissements sur des
évènements improbables.
▪ Après la catastrophe d'AZF en 2001, l'approche change et devient
probabiliste, en étudiant tous les scénarios même les moins graves et en
incluant la probabilité dans l'évaluation du risque.
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HISTORIQUE
Exemple (catastrophe)
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HISTORIQUE
Exemple (catastrophe)
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DEFINITION
L’Etude de dangers (EDD) est une démarche fondée sur les principes
d’amélioration continue 1, du niveau de sécurité des ouvrages/installations et
instruite par le retour d’expérience.
Elle repose sur une approche théorique la plus exhaustive possible, qui met
en relief certaines méthodes adoptées par les industriels et les chercheurs :
🢫 pour analyser les risques (causes, probabilités d’occurrence, intensité des
dégâts et gravité des conséquences des accidents potentiels), et
🢫 en définir les mesures (techniques, organisationnelles,…) prises ou à
prendre à court ou moyen terme (10 ans maximum) afin de les maîtriser 2.
1 : des réexamens périodiques de l’EDD sont imposés par la réglementation ; les versions successives doivent prendre en
compte les évolutions des installations et de leur mode d’exploitation, ainsi des évolutions de l’environnement et des
connaissances techniques et scientifiques .
2 : les résultats d’une EDD ne peuvent pas aboutir à des certitudes mathématiques, (les évaluations varieront de 1 à 10/10 pour
une maîtrise totale), et ne cache pas que des accidents peuvent survenir là où on ne les attendait pas.
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TERMINOLOGIE
DANGER
Un DANGER est une propriété
propriété intrinsèque
intrinsèque d’une
d’une substance,
substance, d’un
d’un objet
objet
ou d’une situation physique qui, dans certaines circonstances, peut
provoquer des dommages pour la santé humaine, l’environnement ou
les biens matériels.
Un danger se caractérise par une propriété dangereuse telle que la
toxicité ou l’inflammabilité, associée aux quantités mises en œuvre.
Exemple :
Une bouteille d’un litre d’essence (inflammable) est dangereuse. La même bouteille remplie
d’eau (ininflammable et non toxique) n’est pas dangereuse.
Une bouteille d’un litre d’eau n’est pas dangereuse, mais des dizaines voire des milliers de
mètres cubes d’eau peuvent représenter un danger important .
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TERMINOLOGIE
DANGER - suite-
9
TERMINOLOGIE
PHENOMENE DANGEREUX - ALEAS
On désigne par
par PHÉNOMÈNE
PHÉNOMÈNE DANGEREUX,
DANGEREUX,l’événement
l’événementpar
parlequel
lequelsese
manifeste un danger.
danger.
Exemple :
Un incendie, une explosion ou la libération d’un gaz toxique.
Exemple :
Une ville recouverte d’une coulée de lave provenant d’autre site tout proche, cela correspond
à un certain niveau d’aléa.
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TERMINOLOGIE
VULNERABILITE - GRAVITE
❖ LaLa VULNÉRABILITÉ
VULNÉRABILITÉ d’un
d’un environnement
environnement est
est le
le nombre de
personnes, l’importance des biens, la faune ou la flore, exposés au
phénomène dangereux ; c’est leur susceptibilité à subir un niveau de
dommages.
❖ La
La GRAVITÉ
GRAVITÉ est associée aux dommages et peut se définir par les
dégâts (dommages) constatables ou prévisibles.
La gravité est fonction de l’intensité du phénomène et de la
vulnérabilité du voisinage (G = I x V).
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TERMINOLOGIE
RISQUE
Un RISQUE est la possibilité de
de survenance
survenance d’un
d’un dommage
dommage résultant
résultant
d’une exposition àà un
unphénomène
phénomènedangereux.
dangereux.
C’est la combinaison de la probabilité d’occurrence (P) d’un événement,
de l’intensité du phénomène dangereux (I) et de la vulnérabilité du
voisinage (V).
R = P x (I x V) = P x G
Exemple :
Une bouteille d’un litre d’essence présente un danger acceptable, mais si elle est manipulée par
des enfants dans leur habitation il y a un risque de feu et de brûlure.
Une cuve de plusieurs mètres cube d’essence présente un danger important, mais si elle est
implantée en plein désert il n’y a plus vraiment de risque.
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TERMINOLOGIE
BARRIERE
Tous dispositifs (technique, humain ou organisationnel) permettant la
réduction des risques :
▪ BARRIERES PRÉVENTIVES (de prévention) : empêchent la survenue
de l’événement redouté (soupapes de sécurité, qui empêchent la
pression dans un réservoir de dépasser un niveau dangereux).
3 : anti-explosion , réalisés sur mesure et selon un cahier des charges et pré-montés en usine (bâtiments modulaires qui sont
d’une structure métallique parfaitement dimensionnée).
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TERMINOLOGIE
Les EIPS (ÉLÉMENT IMPORTANT POUR LA SÉCURITÉ ) : sont des éléments dont la
défaillance aurait des conséquences inacceptables, sans rattrapage possible. Ils assurent
les fonctions de sûreté et ils font l'objet d'exigences techniques très rigoureuses.
Un équipement IPS est défini par l'exploitant dans le cadre de son étude de danger. Les
EIPS sont les équipements qui permettent de gérer les dérives de paramètres ou les
défaillances pour éviter une évolution vers une situation accidentelle
Dans le cadre de la prévention des risques et de la lutte contre les pollutions, éléments
pouvant être des équipements (vannes, lignes de mesures…), des dispositifs de sécurité ou
groupe de dispositifs de sécurité, des tâches, des opérations réalisées par un individu, des
procédures (formation, habilitation, fabrication, intervention…) ou des paramètres. Pour
être qualifié d’IPS, un élément doit être choisi parmi les barrières destinées à prévenir
l’occurrence ou à limiter les effets d’un événement redouté central susceptible de conduire
à un accident majeur. Il est recommandé que ces éléments, testables et suivis, soient
déclinés dans les SGS (voir plus loin).
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OBJECTIF DE L’EDD
L’EDD est obligatoire pour la majorité des ouvrages/installations industrielles
(particulièrement les installations classées ICPE 4 soumises à autorisation), a
pour but final la protection des personnes et de l’environnement :
4 : les installation classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ; article L.181-25 du code de l'environnement
5 : combinaison ou suite de circonstances (chargement, défaillance…)
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Stratégie de la prévention des risques industriels
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Stratégie de la prévention des risques industriels
2) Maîtrise du risque
Mise en place des dispositifs de prévention des accidents (supervision
humaine du bon fonctionnement de l’installation, systèmes instrumentés de
sécurité, …), des dispositifs de protection contre les effets des accidents
(systèmes d’alarme, dispositifs d’arrosage anti-incendie,…) et des moyens
humains et des procédures destinés à s’assurer que ces dispositifs
maintiennent leur performance dans le temps (facteurs humains et
organisationnels de la sécurité).
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Stratégie de la prévention des risques industriels
6 : c’est le risque qui reste non géré, même lorsque des mesures efficaces de réduction des risques sont en place, et pour
lequel les capacités d'intervention et de rétablissement en cas d'urgence doivent être maintenues.
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Stratégie de la prévention des risques industriels
4) Maîtrise de l’urbanisation
Il est important de mettre en place des moyens de maîtrise de l’urbanisation
autour des sites industriels présentant des risques d’accident majeur, afin
d’éviter d’augmenter la densité de population autour des sites.
Une réglementation doit être prévue dans ce cadre (Plan de prévention des
risques technologiques).
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FINALITE ET CADRE
Finalité
ouvrage/installation en cas d’accident majeur,
EDD
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FINALITE ET CADRE
L’EDD est en fait, un pilier de la politique de l’Etat en prévention du
risque technologique ; elle :
➢ constitue le "rapport de sécurité" prévu par la directive ‘’SEVESO’’ 7
pour les installations présentant des risques d'accident majeur.
➢ implique un état des lieux, fait pour un ouvrage/installation donnée,
pour une période donnée et au regard de son environnement
technologique, naturel et humain.
➢ définit et justifie les mesures à prendre afin de réduire la probabilité
et les effets d’accident majeur.
➢ démontre la compatibilité entre l'installation, ses risques accidentels
et l'environnement du site.
7 : La directive qui fait suite au rejet accidentel de dioxine en 1976 sur la commune de Seveso en Italie. Cet accident a incité les
Etats à se doter d’une politique commune en matière de prévention des risques industriels majeurs.
(le 24 juin 1982, la directive dite "Seveso" recommande aux Etats et aux entreprises d’identifier les risques associés à certaines
activités industrielles dangereuses et de prendre les mesures nécessaires pour y faire face).
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FINALITE ET CADRE
➢ justifie pour les installations classées ICPE "SEVESO’’ seuil haut/bas, la
mise en place d'une organisation permettant :
➢ de maitriser les risques liés à l'installation (système de gestion de la
sécurité ‘’SGS’’),
➢ de gérer des situations incidentelles ou accidentelles (plan d'opération
interne ‘’POI’’),
➢ pour les ICPE classées ‘‘SEVESO’’ seuil haut, les informations contenues
dans l'étude de dangers servent aux pouvoirs publics pour définir :
✓ les mesures de maitrise de l'urbanisation rendues nécessaires au vu
des risques générés par le site (servitudes d'utilité publique),
✓ le plan particulier de prévention ou d’intervention (installation du
dispositif ‘’ORSEC’’ 8 de gestion de crise des pouvoirs publics).
8 : Le dispositif ORSEC est un plan d'urgence polyvalent de gestion de crise sous la responsabilité de l’autorité. Il organise la
mobilisation, la mise en œuvre et la coordination des actions de toute personne publique et privée concourant à la protection
générale des populations.
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FINALITE ET CADRE
ENGAGEMENTS (Employeurs et Employés)
décrire
décrire les
les moyens
moyens et
et les
les outils
outils prévus pour limiter la probabilité
d’exposition aux risques, évaluer leurs effets et proposer des
mesures d’amélioration de la sûreté.
s’engager
s’engager pour
pour réduire
réduire les
les risques
risques en
en amont, en changeant ou en
modifiant si nécessaire de procédé industriel ou de produit, par les
moins dangereuses.
intégrer une évaluation géographique des zones susceptibles
d’être touchées par les conséquences d'accidents majeurs,
définir et lister les secours publics ou privés adaptés et disponibles.
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CONCEPTS d’une ‘’EDD’’
ILLUSTATION
Réduction Organisation
du danger à Barrière de Barrière de des
PREVENTION PROTECTION
la source SECOURS
Réduction du danger
à la source
NB : l’impact sur les travailleurs sur site sera considéré et pris en charge par l’exploitant, mais pas au titre de l’étude de
dangers qui ne concerne que les populations extérieures au site industriel.
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CONCEPTS d’une ‘’EDD’’
ILLUSTATION - suite-
▪ Une installation industrielle exploite un procédé qui nécessite l’utilisation d’un gaz
toxique.
▪ Le stockage de gaz toxique présente un DANGER.
▪ L’exploitant pourrait RÉDUIRE LE DANGER À LA SOURCE en modifiant le procédé
pour substituer un produit moins toxique au produit d’origine. Il pourrait
également réduire ce danger à la source en limitant les quantités de gaz stockées.
▪ Le principal ÉVÉNEMENT REDOUTÉ correspondant à ce stockage est la fuite de gaz
toxique à l’atmosphère.
▪ L’exploitant met en place des BARRIÈRES DE PRÉVENTION pour éviter ce
phénomène : les conteneurs de gaz sont stockés dans une enceinte de
confinement, et ce pour empêcher que le gaz n’atteigne l’atmosphère, même en
cas de fuite de l’un des conteneurs. D’autres barrières de prévention telles que la
conception robuste des conteneurs, leur inspection périodique et des procédures
spécifiques pour leur transport et manutention, peuvent être mises en place.
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CONCEPTS d’une ‘’EDD’’
ILLUSTATION - suite-
Si malgré toutes ces précautions, le gaz devait échapper à l’enceinte de confinement,
les principaux ENJEUX analysés dans le cadre réglementaire de l’étude de dangers
sont les populations riveraines pouvant être touchées par la dispersion du nuage
toxique.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
L’EDD comme démarche, est régie par plusieurs textes et lois, elle consiste en différentes
étapes :
1. Description des installations et de leur fonctionnement,
ETAPE 1
9 : Etat des Risques et Pollution (diagnostic immobilier qui regroupe les informations liées aux risques technologiques et
naturels et à certains effets de la pollution des sols).
10 : Action d'un phénomène accidentel affectant une ou plusieurs installations d'un établissement qui pourrait déclencher un
phénomène accidentel sur un établissement voisin, conduisant à une aggravation générale ...)
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DEMARCHE ‘’EDD’’
ETAPE 1 - suite -
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DEMARCHE ‘’EDD’’
ETAPE 2
4. IDENTIFICATION ET CARACTÉRISATION DES POTENTIELS DE DANGERS :
C’est une phase préparatoire et d’identification, qui consiste à :
référencer tous les potentiels de risque (éléments présents sur site qui
pourraient conduire à l’apparition d’un risque),
identifier les produits présents sur site,
Identifier les risques associés aux procédés,
inclure les dangers lors de l’approvisionnement et de l’acheminement des
produits sur site.
5. RETOUR D’EXPÉRIENCE ET ENSEIGNEMENTS TIRÉS : phase consistant à
étudier les accidents ayant eu lieu sur son installation, sur les installations
similaires, et sur les installations utilisant des procédés similaires, en tirer des
hypothèses sur les risques possibles.
Les dangers potentiels identifiés doivent être cartographiés (création des plans de
l’établissement, avec localisation des procédés, produits, conduites….)
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DEMARCHE ‘’EDD’’
ETAPE 2 - suite -
L’exploitant doit s’appuier sur les bonnes pratiques et veille pour s’informer des
évolutions technologiques qui pourraient lui permettre d’améliorer la sécurité.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
ETAPE 3
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DEMARCHE ‘’EDD’’
ETAPE 3 - suite -
▪ Prendre compte des ‘’effets dominos’’ (les accidents induits sur le site même
ou sur les installations voisines),
▪ Pour chaque scénario, une cartographie des effets doit être présentée.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
ETAPE 4
Cette étape finale consiste à :
11. ÉLABORATION D’UN RÉSUMÉ NON TECHNIQUE (par l’exploitant), qui doit
être compréhensible par la population.
11: l'acceptabilité des risques et accidents est fortement liée à la reconnaissance de leur nature et à leur gestion à travers un
ensemble de procédures, de controverses, d'expertises. Un risque est considéré comme acceptable (ou tolérable) par une
personne ou une collectivité lorsqu'elle peut en supporter les conséquences, les dommages, au regard de sa probabilité
d’occurrence (aléa). De fait, l'acceptabilité est variable dans le temps et dans l'espace. Les législations et les réglementations,
fixent des normes, des seuils, des compensations….
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DEMARCHE ‘’EDD’’
1. Description des installations et leur fonctionnement
Compte tenu de la diversité technique des activités industrielles à risque, nous nous nous
limiterons à donner des indications générales sur le type d’éléments qu’il peut être
intéressant de voir figurer dans cette partie, et des conseils sur la manière de les présenter.
Dans la description de l’utilité sociale de l’installation, les points suivants peuvent être
décrits :
▪ l’utilisation faite des produits dans la vie courante,
▪ le nombre d’emplois sur site, d’emplois en sous-traitance, d’emplois induits par l’activité,
▪ l’insertion dans le tissu industriel local : synergies avec d’autres activités industrielles
voisines fournissant des matières premières, employant les produits finis ou utilisant des
moyens communs (centrale d’énergie, traitement d’effluents, …),
▪ la raison pour laquelle l’installation se trouve à cet endroit particulier : histoire de
l’entreprise, facilité des transports, proximité avec d’autres installations industrielles,
proximité de sources de matières premières, énergie bon marché, …
▪ le montant de la taxe professionnelle payée par l’entreprise
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DEMARCHE ‘’EDD’’
1. Description des installations et leur fonctionnement - suite -
▪ Dans la description des installations et de leur fonctionnement, il est suggéré
d’éviter l’utilisation de termes et d’acronymes excessivement techniques.
▪ Certaines mesures physiques comme des températures et pressions extrêmes
sont peu parlantes pour la population (températures de 1000 °K, pressions de
30 bars par exemple). Il est utile d’utiliser des échelles connues de la
population (températures exprimées en degrés Celsius plutôt qu’en Kelvin,
par exemple).
▪ Il peut être utile de compléter le chiffre « brut » par une explication en «
langage naturel », si possible issue de données de la vie quotidienne,
caractérisant ces valeurs « brutes » (termes comme « température
extrêmement élevée »
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DEMARCHE ‘’EDD’’
2. Description et caractérisation de l’environnement
▪ Description de l’environnement naturel (relief, données géologiques,
hydrogéologiques, topographiques, météo, sismicité),
▪ Description de l’environnement en relation avec la présence humaine : zones
d’habitation/activité, ERP (Etablissements Recevant du Public), équipements et
établissements industriels proches, voies de communication, réseaux publics, etc.
▪ Illustration si nécessaire de ces données sur une carte.
Vérifier que tous les points vulnérables des voisinages du site ont été bel et bien
identifiés (habitations, rivières, nappes phréatiques),
S’assurer que toutes les sources de dangers pour l’établissement (usines à
proximité, inondations, séisme…) ont été identifiées,
Identifier aussi les gênes que l’installation pourra faire supporter au voisinage
(nuisances sonores, dépôts de poussières, odeurs, etc.).
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DEMARCHE ‘’EDD’’
3. Présentation du SGS (Système de Gestion de la Sécurité)
L’exploitant d’un établissement classé « Seveso seuil haut » est tenu de mettre en place, un
Système de Gestion de la Sécurité, qui doit s’inscrire dans le système de gestion général de
l’établissement.
Il définit en particulier l’organisation, les fonctions des personnels, les procédures et les
ressources qui permettent de déterminer et mettre en œuvre la politique de prévention des
accidents majeurs de l’établissement.
Il statue et confirme la prise des dispositions spécifiques des activités :
3.1 ORGANISATION ET FORMATION
▪ Les fonctions des personnels associés à la prévention et au traitement des accidents
majeurs, à tous les niveaux de l’organisation, sont décrites.
▪ Les besoins en matière de formation du personnel associé à la prévention des accidents
majeurs sont identifiés.
▪ L’organisation de la formation ainsi que la définition et l’adéquation du contenu de
cette formation sont explicitées.
▪ Le personnel extérieur à l’établissement susceptible d’être impliqué dans la prévention
et le traitement d’un accident majeur est identifié.
▪ Les modalités d’interface avec ce personnel sont explicitées.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
3. Présentation du SGS (Système de Gestion de la Sécurité)- suite -
3.2 IDENTIFICATION ET ÉVALUATION DES RISQUES D’ACCIDENTS MAJEURS
Des procédures sont mises en œuvre pour permettre une identification systématique des
risques d’accident majeur (en toute configuration d’exploitation des installations).
Ces procédures permettent d’apprécier les possibilités d’occurrence et d’évaluer la gravité
des risques d’accidents identifiés.
L’exploitant doit justifier que sa politique de prévention est adaptée au niveau de risque
des installations et il est en mesure de répondre aux points suivants :
▪ Choix de méthode d’analyse des risques bien adaptée aux risques présents et à la
culture de son entreprise,
▪ Mise en place de moyens nécessaires pour conduire cette analyse : personnels formés
et disponible, nombre de réunions et temps de réalisation de l’étude adaptés à la
difficulté de l’analyse,
▪ Identification de tous les scénarios accidentels (mise en place de groupes de travail),
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DEMARCHE ‘’EDD’’
3. Présentation du SGS (Système de Gestion de la Sécurité)- suite -
▪ Analyse des risques vérifiée en interne avant d’être publiée, puis par un expert si
nécessaire,
▪ Analyse basée sur des connaissances (bases de données sur les fréquences d’occurrence
des événements initiateurs, disponibilité des barrières et logiciels d’évaluation des
effets),
▪ Analyse lors des périodes de fonctionnement normal des installations, et en phases
transitoires (arrêts et redémarrages, marche dégradée,…),
▪ Moyens suffisants et disponibles pour réaliser et suivre les investissements en matière
de sécurité dont la nécessité serait démontrée par l’analyse de risques,
▪ Moyens suffisants et disponibles pour assurer la maintenance des barrières de
prévention et de protection dont l’importance est soulignée par l’analyse de risques,
▪ Moyens d’inspection (du matériel) et d’audit (des procédures et de leur respect) mis en
œuvre et leurs résultats sont suivis par la direction de l’établissement,
▪ Résultats de sécurité régulièrement communiqués aux employés du site, au personnel
des entreprises intervenantes, et aux riverains de l’installation.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
3. Présentation du SGS (Système de Gestion de la Sécurité)- suite -
3.3 MAÎTRISE DES PROCÉDÉS ET DE L’EXPLOITATION
▪ Procédures et instructions mises en œuvre et permet la maîtrise des procédés et
l’exploitation des installations dans des conditions de sécurité optimales (les phases de
mise à l’arrêt et de démarrage des installations, les opérations d’entretien et de
maintenance, même sous-traitées, y sont intégrées).
3.4 GESTION DES MODIFICATIONS
▪ Procédures pour l’analyse préalable mises en œuvre, en particulier de la sécurité, lors
des modifications apportées aux installations et aux procédés et pour la conception de
nouvelles installations ou de nouveaux procédés.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
3. Présentation du SGS (Système de Gestion de la Sécurité)- suite -
3.6 GESTION DU RETOUR D’EXPÉRIENCE
▪ Des procédures mises en œuvre pour détecter les accidents et les accidents évités de
justesse, notamment lorsqu’il y a eu des défaillances de mesures de prévention, pour
organiser les enquêtes et les analyses nécessaires, pour remédier aux défaillances
détectées et pour assurer le suivi des actions correctives.
▪ Des procédures mises en œuvre pour assurer une veille documentaire, en particulier via
des organismes professionnels et des bases de données telles que la base ARIA (**),
permettant de connaître les accidents graves survenant dans des installations similaires
et d’en tirer les leçons.
(**) : ARIA (Analyse, Recherche et Information sur les Accidents), répertorie les incidents, accidents ou presque accidents qui
ont porté, ou auraient pu porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques ou à l’environnement (activité d’usines, ateliers,
dépôts, chantiers, carrières, élevages… classés au titre de la législation relative aux Installations Classées, du transport de
matières dangereuses par rail, route, voie fluviale ou maritime , de la distribution et de l’utilisation du gaz, des équipements
sous pression, des mines et stockages souterrains…)
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DEMARCHE ‘’EDD’’
3. Présentation du SGS (Système de Gestion de la Sécurité)- suite -
3.7 CONTRÔLE DU SYSTÈME DE GESTION DE LA SÉCURITÉ, AUDITS ET REVUES
▪ Des dispositions prises pour s’assurer du respect permanent des procédures élaborées
dans le cadre du système de gestion de la sécurité, et pour remédier aux éventuels cas de
non-respect constatés.
▪ Des procédures sont mises en œuvre pour évaluer périodiquement :
✓ le respect des objectifs fixés dans le cadre de la politique de prévention des
accidents majeurs,
✓ l’efficacité du système de gestion de la sécurité et son adéquation à la prévention
des accidents majeurs.
▪ Analyse régulière et documentée de la mise en œuvre de la politique de prévention des
accidents majeurs et de la performance du système de gestion de la sécurité.
Vérifier que l’exploitant fait évoluer son système de gestion de la sécurité suite à
tout audit ou contrôle.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
4. Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Vérifier l’existence et la fiabilité des listes des dangers liés :
▪ aux produits utilisés sur le site (inflammabilité, toxicité, ……),
▪ aux procédés utilisés,
▪ aux conditions opératoires (températures ou pressions élevées, etc.),
▪ aux équipements (machines tournantes, manipulations humaines complexes).
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques
Un accident peut prendre des formes différentes (explosion, feu ou dispersion de
produits toxiques.. et peut avoir des effets divers sur les personnes et sur les biens ;
ces effets sont caractérisés par leur nature et par leur intensité.
1- PAR NATURE
▪ EFFETS THERMIQUES : brûlures.
L’exposition à un flux thermique lié à un incendie, à une explosion ou à la formation d’une boule
de feu peut provoquer des brûlures à des degrés variables, en fonction de la distance à laquelle on
se trouve. Les installations voisines peuvent également être endommagées en fonction de la durée
d’exposition à ce flux thermique.
▪ EFFETS TOXIQUES : empoisonnements ou suffocations.
Suite à une fuite de gaz toxique, l’inhalation d’une telle substance peut provoquer l’intoxication
des individus exposés (principalement par les poumons que les produits pénètrent dans le corps,
mais la peau et les yeux peuvent aussi être atteints). Au-delà des effets sur les hommes, les fuites
de gaz toxiques peuvent avoir un impact aigu sur l’environnement.
▪ EFFETS PHYSIQUES liés à la surpression : chocs et des commotions.
Ces effets se font sentir suite à une explosion qui provoque une onde de surpression pouvant
déstabiliser les structures matérielles (projections, effondrement des bâtiments) et causer des
lésions corporelles (lésions internes , des poumons, traumatismes).
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques - suite -
1- PAR NATURE
▪ EFFETS THERMIQUES : brûlures.
➢ Dépendent de la durée d’exposition et surtout de l’intensité de la flamme,
donc de l’énergie reçue :
Exprimée en kilowatt/mètre carré (kW/m2) de surface exposée.
➢ le seuil des effets ne dépend pratiquement pas de la durée d’exposition au-
delà de 2 minutes d’exposition, ; ce sont des valeurs de flux qui utilisées.
➢ Le principal effet thermique est la brûlure, qui se manifeste de façon plus ou
moins intense suivant le niveau de rayonnement auquel la personne a été
exposée. La gravité d’une brûlure dépend de son étendue et de sa
profondeur.
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques - suite -
1- PAR NATURE
▪ EFFETS TOXIQUES : empoisonnements ou suffocations.
➢ Dans le cas d’un accident, on n’envisage que la toxicité aiguë par inhalation
ou par contact résultant de la dispersion d’un nuage formé par perte
d’intégrité d’un équipement.
➢ Les effets dépendent du temps d’exposition et de la concentration dans l’air.
Exprimée en milligrammes/mètre cube (mg/m3) ou en Partie Par Million (ppm 2 ).
➢ Les différents seuils d’effet se présentent sous forme de tableaux (ou de
courbes) concentration/durée d’exposition, spécifiques pour chaque produit.
NB : La connaissance des effets toxiques est obtenue essentiellement à partir d’essais sur animaux, et
l’extrapolation à l’homme est une opération délicate. C’est pourquoi les valeurs prises dans les études
de dangers sont issues d’un collège d’experts et sont publiées par des organismes reconnus.
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques - suite -
1- PAR NATURE
▪ EFFETS PHYSIQUES liés à la surpression : chocs et des commotions.
➢ ONDES DE CHOC : sont produites par une explosion et se manifeste par une
surpression.
✓ Lorsque cette surpression arrive au contact d’une surface, elle exerce des
forces importantes susceptibles d’entraîner des destructions.
On mesure ces surpressions en millibars ou hectopascal.
✓ Les effets sur l’homme sont soit directs (l’éclatement d’organes), soit
indirects (projection d’objets, éclats de verre, chute d’éléments …..).
✓ Prise en compte des valeurs d’effets indirects sur l’homme (Les effets sur
les constructions apparaissent pour des valeurs très inférieures ).
Nota : L’explosif de référence est le TNT (trinitrotoluène) dont les effets sont bien connus et pour
lequel il existe des échelles d’effet sur les constructions et sur les personnes.
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques - suite -
1- PAR NATURE
▪ EFFETS PHYSIQUES liés à la surpression : chocs et des commotions.
➢ PROJECTILES : tout objet émis soit lors d’une explosion soit lors de la
destruction d’une machine en mouvement.
Il n’existe pas de valeur « officielle » pour évaluer les effets d’éventuels
projectiles sur les personnes. Un calcul balistique est nécessaire à chaque fois.
Il est admis qu’une énergie balistique de 80 Joules peut être létale.
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques - suite -
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Identification et caractérisation des potentiels de dangers
Effets des accidents technologiques - suite -
Les accidents technologiques sont souvent classés sur une échelle de
gravité en fonction de leurs effets sur les personnes et l’environnement
et leurs conséquences financières (impact sur les biens, pertes de
production).
Cette classification s’appuie souvent sur une matrice de gravité des effets.
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DEMARCHE ‘’EDD’’
5. Retour d’expérience et enseignements tirés
On constate de moins en moins d’accidents ; la fiabilité des installations industrielles a
tendance à augmenter.
L’une des raisons de cette amélioration tient de l’expérience acquise du
fonctionnement passé, qui permet de mieux comprendre et donc de mieux maîtriser
les risques.
On distingue deux moyens permettant d’alimenter cette expérience :
▪ L’accidentologie, ou l’analyse des accidents majeurs, permet de comprendre en quoi les
dispositifs de prévention des risques ont fait défaut, et d’analyser l’efficacité des
dispositifs de protection contre les effets des accidents.
▪ Le retour d’expérience consistant à saisir et analyser tous les dysfonctionnements
(même mineurs) dans le fonctionnement quotidien d’une installation, et à mettre en
place des actions d’amélioration permettant d’éviter la répétition de ces écarts au
fonctionnement prévu. Le retour d’expérience peut également porter sur des situations
positives (bonnes pratiques, réflexes ayant permis d’éviter un incident), afin d’en faire la
publicité et chercher à les renforcer .
53
DEMARCHE ‘’EDD’’
5. Retour d’expérience et enseignements tirés - suite -
54
DEMARCHE ‘’EDD’’
5. Retour d’expérience et enseignements tirés - suite -
55
DEMARCHE ‘’EDD’’
7. Analyse Préliminaire des Risques
APR : une méthode proactive et systématique pour gérer les risques dès les
premières étapes d'un projet ou d'un processus. Elle est particulièrement utile pour
prévenir les problèmes potentiels, optimiser les ressources et garantir la sécurité et la
conformité tout au long du cycle de vie du projet.
Elle se construit à partir de l’identification des dangers, puis on remonte leurs causes,
leurs conséquences, leur probabilité, leur gravité, le niveau de risque, les mesures
préventives et leur suivi.
CN°EI/ER
ette m éthode EI/ER Phaseal Fonction
a pour princip avantageou s a simplicit
Gravitéé d’application (généralement
Traitement proposé un
tableau) et sa rapidit é. Cons tr uite grâce à une app roche
éléments montante,
AdD AMDECelle permet
Recom.,d’
identifie r rapidement les dan gers dès la ph ase de co nception. essais
[1] [2] [3] [4] [5] [6] [7] [8]
But de l ’APR : mise en évidenc e des Événem ents Indés irables (EI ) et/ou Re doutés (ER)
c’est-à-d ire des EI à impa ct sur la sécurité.
56
DEMARCHE ‘’EDD’’
7. Analyse Préliminaire des Risques
Vérifier le choix de la méthode d’analyse des risques utilisée,
Vérifier que les hypothèses d’analyse sont bien explicitées et réalistes,
S’assurer de la participation de groupe multidisciplinaire dans l’analyse des
scénarios de potentiels de dangers
Vérifier l’exploitation du REX ainsi la veille sur ses évolutions,
Confirmer qu’outre les phases de fonctionnement nominal, l’analyse des risques
traite aussi les phases transitoire (maintenance, arrêts et redémarrages),
Vérifier l’évaluation des « effets dominos »,
S’assurer que lors de tout changement au niveau des politiques de maintenance,
une revue de l’analyse des risques est opérée,
Vérifier que des dispositions sont prises pour mettre à jour l’analyse des risques,
lorsque les installations subissent des changements techniques,
Vérifier que des dispositions sont prises pour mettre à jour l’analyse des risques,
lorsque l’organisation du travail (nombre de postes, tâches du personnel) est
modifiée,
S’assurer que les systèmes de détection et dispositifs de sécurité fonctionnent
toujours en cas de coupure d’électricité,……
57
Analyse Préliminaire des Risques
Selon la norme CEI 300-3-9-1995, l’analyse préliminaire des risques (APR), est une technique
ou méthode d’identification et d’analyse de la fréquence du danger qui peut être utilisée
lors des phases amont de la conception pour identifier les dangers et évaluer leur criticité.
Elle peut combiner plusieurs méthodes d’analyse des risques, à savoir :
► L'AMDE (Analyse des modes de Défaillance et de leur Effets) : traite et qualifie le
moment à partir duquel un système ou un élément n'est plus apte à fonctionner
correctement. (analyse des effets provoqués par la défaillance d'un élément du
système)
► L'AMDEC (Analyse des Modes de Défaillance et de leurs Effets et de leur Criticité) :
similaire à l'AMDE elle ajoute cependant l'évaluation semi-quantitative des causes
(probabilité) et effets (gravité).
► L'HAZOP (HAZard Operability, fonctionnement du risque) : analyse de la sécurité des
industries de process (chimique, pharmaceutique, pétrolière…). Indispensable pour
l'examen de systèmes dont la sécurité de l'installation dépend en grande partie de la
maîtrise des conditions opératoires (débit, pression, température…).
(analyse systématique de la potentialité et des conséquences d'une dérive des
paramètres d’un système tél le ‘’PID’’ Piping and Instrumentation Diagram plans de circulation des
fluides ou schémas)
58
Analyse Préliminaire des Risques
► La "What-if" de l'anglais "que-si" : analyse semblable à l'HAZOP mais plus succincte, elle
se limite aux conséquences sans identifier les causes. Son procédé se base sur la
supposition d'apparition d'événements lorsqu'une anomalie dans le fonctionnement
d'un composant survient.
► L'HAZID (HAZard IDentification) : revue d’identification des dangers et d’analyse des
risques par estimation des causes et des conséquences et de définition des dispositifs
pour pallier ses dysfonctionnements.
(analyse de l'accidentologie et distinction des scénarios d'accidents potentiels)
► L’ADC : un arbre des causes ou des conséquences selon que la démarche soit préventive
ou a posteriori, est un schéma sous la forme d’une arborescence représentant à sa base
un “fait ultime”, par exemple un accident puis d’en faire remonter les causes
représentées sous forme de branches, car rares sont les accidents ayant une cause
unique, puis les causes de ces causes jusqu’à une cause racine (root cause).
59
DEMARCHE ‘’EDD’’
8. QUANTIFICATION ET HIÉRARCHISATION DES SCÉNARIOS
60
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
L'exploitant définit des zones autour de son établissement où ces seuils sont
susceptibles d'être atteints en cas d'accident, et évalue ensuite le nombre de
personnes susceptibles de se trouver dans cette zone 12.
12 : La méthodologie nécessaire à l'évaluation du nombre de personnes touchées est détaillée dans la circulaire du 10 mai 2005.
61
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
INTENSITE DES EFFETS (sur les personnes, les biens et l’environnement)
L’intensité des effets des phénomènes dangereux est définie par rapport à des
valeurs de référence exprimées sous forme de seuils toxiques, d’effets de
surpression, d’effets thermiques et d’effets liés à l’impact d’un projectile.
Concernant le flux thermique, le seuil de 8 kW.m-² correspondant au seuil pouvant engendrer des effets
dominos sur les autres bâtiments n’est étudié que si la pertinence de ce calcul est démontrée.
Pour chaque phénomène dangereux, les zones délimitées par les effets physiques seront étudiées, pour chaque
événement redouté central.
62
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
GRAVITE DES CONSEQUENCES PROTENTIELLES PREVISIBLES
La gravité des conséquences potentielles prévisibles est cotée pour deux cibles
d’après la vulnérabilité :
▪ des personnes physiques,
▪ des biens et de l’environnement.
Tout calcul fait, les conséquences potentielles prévisibles des effets sur les
personnes, les biens et l’environnement sont évalués à partir de l’inventaire
réalisé dans ces zones en terme de :
➢ nombre de personnes résidents à demeure ou de passage,
➢ nombre et de type d’urbanisation,
➢ présence de zones sensibles pour l’environnement (eau, air, sol, etc.).
63
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
GRAVITE DES CONSEQUENCES PROTENTIELLES PREVISIBLES
EFFETS D’UN ACCIDENT MAJEUR (sur les personnes physiques et les biens)
64
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
VULNERABILITE DES PERSONNES PHYSIQUES ET DES BIENS
En connaissance des cibles touchées, le niveau de gravité des conséquences des effets,
peut être côté comme suit :
66
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
PROBABILITE D’OCCURRENCE DES PHENOMENES DANGERTEUX
(1) : n’est pas impossible au vu des connaissances actuelles, mais non rencontré au niveau mondial.
(2) : s’est déjà produit dans ce secteur d’activité mais a fait l’objet de mesures correctrices réduisant sa probabilité.
(3) : évènement similaire déjà rencontré dans le secteur d’activité ou dans ce type d’organisation au niveau mondial.
(4) : s’est produit et/ou peut se produire dans la durée de vie de l’installation.
(5) : s’est produit sur le site considéré et/ou peut se produire à plusieurs reprises pendant la durée de vie de l’installation,
malgré d’éventuelles mesures correctrices
67
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
EVALUATION DES INCERTITUDES DE QUANTIFICATION
▪ Les sources d’incertitude sont multiples : sur les scénarios accidentels, sur les
probabilités d’occurrence, sur la disponibilité et l’efficacité des barrières (techniques,
humaines, organisationnelles), sur l’évaluation de la gravité, sur la probabilité de
présence humaine dans les zones exposées aux effets.
▪ Les analyses de risques fournissent une image « raisonnablement majorant » des
événements susceptibles de se produire. Elles ont davantage vocation à permettre une
hiérarchisation des scénarios accidentels et à guider le choix des barrières à mettre en
place, plutôt qu’à calculer un niveau de risque absolu.
▪ Les calculs effectués lors des analyses de risques fournissent un INTERVALLE DE
CONFIANCE et non un chiffre unique. Les périmètres de sécurité sont approximatifs.
▪ Pour certains types de phénomènes dangereux (en particulier s’agissant de dispersion
de gaz), les calculs, mêmes lorsqu’ils sont réalisés sur des bases scientifiques solides,
n’ont pas un degré de précision suffisant pour trancher dans le cas des dispersions
atmosphériques de toxiques).
69
QUANTIFICATION ET HIERCHISATION
CLASSIFICATION DES SCENARIOS D’ACCIDENT
Zone de risque élevé, figurée par le mot « NON » : dans cette zone, le risque est présumé
important. Ce domaine désigne les couples gravité /probabilité des situations qui sont
considérées comme « inacceptables ».
Des mesures de réduction complémentaires à la source doivent être envisagées. En effet, lorsque de
telles situations sont détectées en cours d’analyse, on doit proposer des solutions compensatoires qui
devront être étudiés afin de vérifier que celles-ci sont réalisables sans créer de risque nouveau.
Zone de risque intermédiaire, figurée par le sigle « MMR » pour Mesure de Maîtrise des
Risques : dans ce domaine, une démarche d’amélioration continue est particulièrement
pertinente, en vue d’atteindre, dans des conditions économiquement acceptables, un
niveau de risque aussi bas que possible.
Zone de risque moindre, qui ne comporte ni NON, ni MMR : dans cette zone, le risque
résiduel, compte tenu des mesures de maîtrise de risque, est modéré et n’implique pas
d‘obligation de réduction complémentaire du risque d’accident.
70
DEMARCHE ‘’EDD’’
9. Évaluation de l’acceptabilité
Classe probabilité d’occurrence
(de très peu probable à probable)
E D C B A
Classe de gravité des conséquences
Désastreux
Scénarios jugés NON ACCEPTABLES
Catastrophique
Scénarios jugés TOLERABLES (Zone ALARP)
Important
Scénarios jugés ACCEPTABLES
Sérieux
Modéré
Exemple de matrice Probabilité – Gravite
(ACCEPTABILITE)
Les seuils intégrés à cette matrice (à partir de quel nombre de blessés et de morts considère-t-on que
les effets d’un accident sont « catastrophiques » plutôt qu’« importants », et à quelles probabilités
d’occurrence correspondent les classes A à E), qu’on appelle les critères de risque qui sont définis par
l’exploitant suivant sa politique de sécurité.
Le placement ou le positionnement dans cette matrice permet à l’exploitant de décider de
L’ACCEPTABILITÉ des scénarios d’accident.
71
DEMARCHE ‘’EDD’’
10. Représentation cartographique
▪ Une cartographie est une représentation visuelle pouvant prendre différentes
formes : tableau, logigramme, processus, carte mentale, etc.
▪ Elle facilite la compréhension de l’EDD menée et la transmission d’informations
entre toutes les parties prenantes.
▪ La cartographie des risques est un outil de gestion de pilotage permettant de
représenter tous les risques inhérents au projet et de définir leurs impacts.
15 20 25
16 20
d’ occurrence
3 15
Probabilité
2
1 2 3
Exemple de Cartographie des risques
72
DEMARCHE ‘’EDD’’
11. Elaboration d’un résumé non technique
▪ Les personnes n’ayant pas subi une formation scientifique peuvent rencontrer des
difficultés à s’approprier les unités et grandeurs de différents phénomènes
physiques (températures ou pressions,…), Il est conseillé, d’accompagner les
chiffres bruts par une analogie à des situations qu’ils peuvent connaître de leur vie
quotidienne.
Exemple :
la pression :
▪ 2 bars (deux fois la pression atmosphérique), c’est la pression dans un autocuiseur (marmite à pression),
▪ 3 bars, c’est la pression qui règne à 30 mètres de profondeur sous la mer, ou la pression dans un pneu de voiture.
la surpression (ondes de pression provoquées par une explosion, par exemple) :
▪ de 20 à 50 hPa (hectopascals, ou millibars en terminologie météorologique) de surpression dans une onde de choc,
est suffisant pour briser les vitres d’habitations,
▪ 100 hPa provoquent des dégâts légers sur les bâtiments.
la température :
▪ 60 ℃, c’est la température au-delà de laquelle on ne peut plus tenir un objet à la main,
▪ 180 ℃ c’est la température de l’huile dans une friteuse.
les nuisances sonores :
▪ de 50 à 60 dB (décibel) : niveau sonore à proximité d’un lave-linge,
▪ de 80 à 90 dB : niveau sonore d’un klaxon de voiture.
les concentrations :
▪ 0,09 ppm (ou 180 μg/m3), c’est le seuil d’information européen pour la concentration d’ozone (O3) dans l’air.
73
Méthodes d’analyse de risques
Organisation
Pour mener à bien une analyse de risque, il est nécessaire de disposer d’un grand
nombre d’information, telles que :
▪ la description générale du procédé (marche normale et situations intermédiaires),
▪ les fiches de données de sécurité (FDS) des substances dans l’installation,
▪ la connaissance des réactions chimiques,
▪ les tableaux d’interaction produit-produit et produit-matériau,
▪ les schémas de procédé et décrivant l’ensemble des canalisations et des systèmes
de conduite et de contrôle de l’installation (instrumentation),
▪ les plans d’implantation et les plans des bâtiments,
▪ les modes opératoires et l’organisation prévue (rythme de travail, nombre et
qualification du personnel, …),
▪ les bilans matières et thermiques,
▪ les spécifications des appareils et des tuyauteries,
▪ les agressions naturelles possibles (séisme, inondations, vent, neige, …)
▪ ……..
74
Méthodes d’analyse de risques
Organisation - suite -
Vue l’étendue des compétences nécessaires pour l’analyses de risque, celles-ci
impliquent :
▪ une approche pluridisciplinaire,
▪ la constitution de groupe de travail avec compétences et expériences
requises,
▪ une animation par une personne compétente.
Compte tenu de l’importance des moyens humains à mobiliser pour mener à bien
l’analyse de risque, celle-ci nécessite plusieurs réunions et s’étale sur plusieurs
mois (variable suivant l’importance de l’installation)
75
Méthodes d’analyse de risques
Outils d’analyse
Les méthodes retenues seront adaptées à la complexité, aux quantités de substances
dangereuses présentes et aux procédés étudiés.
Plus le niveau de risque est élevé, plus l’analyse de risque devra être approfondie,
donc plus les méthodes devront être détaillées.
Ces méthodes sont :
soit inductives : on part des causes (déviation d’un paramètre – température, débit,
pression, ou erreur humaine) pouvant engendrer un événement redouté (explosion,
incendie, perte de confinement type dégagement de gaz toxique) et on identifie les
différentes barrières à mettre en place pour que l’événement ne puisse se produire qu’à
une fréquence extrêmement faible.
soit déductives : on part de l’événement redouté et on recherche l’enchaînement de
causes (défaillances matérielles ou erreur humaine) pouvant y conduire (on remonte de
l’événement vers les causes).
Méthodes INDUCTIVES
Causes Evènement redouté
Méthodes DEDUCTIVES
76
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Principe
NB : La mise en œuvre de cet outil peut être particulièrement coûteuse en temps. Son
utilisation doit être décidée pour des cas justifiant effectivement un tel niveau de détail.
77
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Schéma
La partie gauche du nœud représente l’identification des dangers, des causes possibles
Le NŒUD
d’accident et desPAPILLON est un outilou
divers enchaînements quicombinaisons
combine un arbre de engendrer
pouvant défaillancel’accident
et un arbre
non
désiré d'événements.
ou redouté. EntreCi-dessous, un exemple
ces causes possiblesde
etprésentation : barrières de prévention
l’accident, des
doivent être installées.
SCENARIOS
CONSEQUENCES
DANGERS
78
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Schéma
SCENARIOS
CONSEQUENCES
DANGERS
79
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Légende
80
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Déroulement
82
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Déroulement
84
Méthode ‘’ NŒUD PAPILLON ‘’ Déroulement
Si les conséquences des accidents identifiés ont des effets à l'extérieur du système, on devra
évaluer également les dommages matériels potentiels aux tiers.
(*) : le plan d’opération interne (POI) est un document opérationnel d’aide à la décision qui décrit l’organisation,
l’intervention et les moyens disponibles sur un site industriel pour faire face à un sinistre majeur.
L’obligation d’un POI pour les établissements Seveso seuil haut s’impose également aux établissements Seveso seuil
bas à compter du 1er janvier 2023 en application de l’article 5 de l’arrêté du 26/05/14 relatif à la prévention des
accidents majeurs dans les installations classées mentionnées à la section 9, chapitre V, titre Ier du livre V du code de
l’environnement.
85
Certificat ‘’ Zone ALARP ‘’
Certificat zone ALARP (As Low As Reasonnably Practicable) 13 :
Certificat par lequel, l’industriel doit démontrer que toutes les mesures de maîtrise des
risques ont été envisagées et mises en œuvre dans la mesure du techniquement et
économiquement réalisable.
Il s’agit de définir et d’évaluer les trois types de risques :
Risque
RISQUE NÉGLIGEABLE : largement accepté par la plupart des
gens dans leur vie quotidienne (risque d’être frappé par la foudre Risque Inacceptable
ou d’avoir une défaillance des freins d’une voiture). Risque maximum toléré
Nota : Un risque est jugé « ALARP » si le coût d’une mesure de réduction supplémentaire est non proportionnelle par rapport à
la réduction du risque escomptée.
13
86 : aussi bas que raisonnablement réalisable (ALARP).
CYCLE DE VIE ‘’EDD’’
▪ Une étude de dangers est réalisée par l’industriel ou l’exploitant (parfois avec
l’appui de cabinets d’expertise), sous la responsabilité du chef de l’établissement. Il
s’appuie pour cela sur les bonnes pratiques de conception et les standards
professionnels qui ont été utilisés lors de la construction des unités et leurs
évolutions ; le respect de ces règles de l’art permet généralement de bien maîtriser
les séquences accidentelles.
▪ L’étude de dangers consiste essentiellement à vérifier que la conception de l’unité
et l’organisation mise en place pour l’exploiter correspondent au niveau de risque
attendu (ce travail permet de faire évoluer les standards de procédé et de
construction).
▪ L’EDD doit donner une description des installations et de leur environnement ainsi
que des produits utilisés, identifier les dangers et justifier les moyens prévus pour
limiter la probabilité et les effets des accidents.
▪ Il comporte une évaluation des zones risquant d’être affectées en cas d’accident,
malgré les moyens de prévention mis en place et même si leur probabilité est très
faible.
▪ Il doit enfin comporter une description des moyens de secours publics ou privés
disponibles en cas d’accident.
87
CYCLE DE VIE ‘’EDD’’
L’étude de dangers intervient dans un certain nombre de processus sous contrôle de
l’administration en vue de :
➢ Réglementer et autoriser la ou les installations dont elle est l’objet (l’exploitant
soumet l’étude de dangers à l’Inspection des Installations Classées dans le cadre de
la demande d’autorisation d’exploiter),
➢ Procéder à l’information préventive sur les risques des tiers et des exploitants des
installations classées voisines (pour la prise en compte d’éventuels effets
dominos),
➢ Favoriser la prise en compte du risque industriel au voisinage des établissements,
➢ Servir de base à l’élaboration des Plans de Prévention des Risques Technologiques
et à la définition de règles d’urbanisation,
➢ Élaborer les plans d’urgence (plans d’opérations interne POI, plans particuliers
d’intervention ,…)
L’étude de dangers doit être réexaminée tous les 5 ans, ou lors de tout changement
significatif des installations, ou encore lors de chaque changement significatif de la
législation en la matière.
88
CONCLUSION
Les études de dangers des installations à risque d’accident majeur soulèvent de
nombreux problèmes : elles sont difficiles à comprendre pour la population ; les
conclusions des études sont par nature incertaines alors que les décisions qui en
découlent sont le plus souvent binaires.
Malgré ces imperfections, les EDD présentent plusieurs avantages importants :
▪ elles sont systématiques,
▪ elles sont auditables,
▪ elles obligent les exploitants à se remettre en cause, à se poser des questions, à
écouter celles de la population et à s’inscrire dans une dynamique de progrès.
Les études de dangers fournissent également un grand nombre de renseignements
sur des éléments qui peuvent intéresser certains riverains des installations
industrielles, et d’autres parties intéressées :
▪ les principaux dangers des installations,
▪ la justification des choix technologiques réalisés par l’exploitant,
▪ le rôle des barrières de prévention et de protection,
▪ la description des processus/activités pour maîtriser les risques.
89
Merci
de votre attention
90