Concepts clés des espaces fonctionnels et EDP
Thèmes abordés
Concepts clés des espaces fonctionnels et EDP
Thèmes abordés
1 Généralistes 1
1.1 Espace Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Formule de Green . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Rappels d’analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 La transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2 Sobolev 7
i
Chapitre 1
Généralistes
1.1 Espace Lp
∫
Soit Ω un ouvert de RN . L1 (Ω) = {f : Ω −→ C mesurable, ∥f ∥1 = |f |dx < +∞}.
Ω ∫
En général si 1 ≤ p < +∞, Lp (Ω) = {f : Ω −→ C mesurable, ∥f ∥p = |f |p dx < +∞},
Ω
(Lp (Ω), |∥p ) est un espace de Banach.
Si p = +∞, L∞ (Ω) = {f : Ω −→ C mesurable, ∃c > 0, |f | ≤ c p.p} et la norme est
∥f ∥∞ = inf{c / |f (x)| ≤ c p.p}. L∞ (Ω) est aussi un espace de Banach.
Pour 1 ≤ p ≤ +∞, p′ tel que p1 + p1′ = 1 est appelé le conjugué de p.
∫
Seul l’espace L2 (Ω) est hilbertien avec le produit scalaire ⟨f, g⟩L2 (Ω) = f (x)g(x)dx.
Ω
p′
Proposition 1.1.1 Pour tout f ∈ L (Ω) et g ∈ L (Ω), |f g| ∈ L (Ω) et on a l’inégalité:
p 1
∫
|f (x)g(x)|dx ≤ ∥f ∥p ∥g∥p′ .
Ω
≤ |f |p dx × 1dx
Ω Ω
pq
∫
= |f |p dx (µ(Ω)) p
p−q
Ω
< ∞.
1
Si p = ∞. On considérons M > 0 tel que µ{x ∈ Ω / |f (x)| > M } = 0, alors
∫ ∫
|f | dx ≤ M q µ(Ω) < ∞.
q
Ω Ω
Dans tout les cas on a obtenu f ∈ Lq (Ω), ce qui montre l’inclusion demandée.
Cette inclusion n’est pas vraie en générale car si Ω − R et f ≡ 1, alors f ∈ L∞ (R) mais
f∈/ L1 (R).
Remarque 1.2.1 Dans cette formule, n(n) est le vecteur unitaire normal à Γ au point x,
dirigé vers l’extérieur de Ω.
2
Corollaire 1.2.1 (Formule de Green) Soit Ω un ouvert régulier de classe C 1 . Soit u une
fonction de C 2 (Ω) et v une fonction de C 1 (Ω). Alors elles vérifient la formule d’intégration
par parties ∫ ∫ ∫
∂u
∆u(x)v(x)dx = (x)v(x)dσ − ∇u(x)∇v(x)dx.
∂n
Ω Γ Ω
−→ →
Où ∂u
∂n
= ∇u.−
n est la dérivée normale de u, Γ = ∂Ω et dσ l’élément d’aire sur Γ.
Notation
√
On notera x = (x1 , x2 , ..., xN )T les éléments de RN (N ∈ N, N ≥ 1), |x| := x11 + ... + x2N
est la norme euclidienne de x et B(x, R) est la boule ouverte de centre x et de rayon R. Nous
′
désignerons par RN + le demi-espace de R . Plus précisément notant x := (x1 , ..., xN −1 ) les
N T
∂ |α| F (x)
Dα F (x) := .
∂ α1 x1 ∂ α2 x2 ...∂ αN xN
Espaces fonctionnels
L’espace des fonctions C ∞ à support compact inclus dans un ouvert Ω de RN est noté D(Ω)
(espace des fonctions test). On dira que une suite de fonctions (un )n converge vers u dans
D(Ω) si:
L’espace des distributions à support dans Ω est le dual topologique de D(Ω), on le note
D′ (Ω). Rapplons que une distribution sur Ω est une fonction linéaire T de D(Ω) dans C telle
que ∀K compact inclue dans Ω, ∃MK > 0, mK ∈ N, tel que
∑
|⟨T, φ⟩| ≤ MK sup|Dα φ(x)|, ∀φ ∈ D(Ω, K).
x∈K
|α|≤mK
∫
Exemple 1.3.1 ⟨δa , φ⟩ = φ(a), ⟨Tf , φ⟩ = f (x)φ(x)dx où f ∈ L1loc (Ω).
Ω
3
Si les Tj forment une suite de distributions telle que ∀φ ∈ D(Ω), ⟨Tj , φ⟩ converge, alors la
suite Tj converge dans D′ (Ω), soit vers T, et on a
Exemple 1.3.2
j 2 ( 1 − |x|), si |x| ≤ 1 ,
j j
fj (x) =
0 sinon.
On aura
∫ 0 ( ) ∫ 1 ( )
1 j 1
⟨Tfj , φ⟩ = j 2
+ x φ(x)dx + j 2
− x φ(x)dx
j j
− 1j 0
∫ 0 ( ) ∫ 1 ( )
y y
= (1 + y) φ dy + (1 − y) φ dy
j j
−1 0
Si la fonction f est régulière sur chacun des segments [ai , ai+1 ], (et donc localement inté-
grable), alors la dérivée de f au sens des distributions est donnée par
∑( )
−
(Tf )′ = Tf ′ + f (a+
i − f (a i ) δai ,
i
où f ′ est la fonction définie presque partout comme étant égale à la dérivée de f au sens des
fonctions, sur chaque intervalle ]ai , ai+1 [ séparément.
Enfin le support de la distribution T ∈ D′ (Ω), le complémentaire dans Ω du plus grand
ouvert où elle est nulle. Précisément
On désigne par S(RN ) l’espace des fonctions C ∞ à décroissance rapide (espace de Schwartz)
c’est-à-dire des fonctions φ ∈ C ∞ (RN ) telles que pour tout α, β ∈ NN (multi-indices),
où α = (α1 , α2 , ..., αN ), β = (β1 , β2 , ..., βN ). On dira qu’une suite de fonctions (un )n converge
vers u dans S(RN ) si
4
Exemple 1.3.5 D(RN ) ⊂ S(RN ), e−x ∈ S(R).
2
1
1+x2
∈
/ S(R) car |x3 1+x
1
2 | 9 0 quand x −→ +∞.
Le dual topologique de S(RN ) est S ′ (RN ), l’espace des distributions tempérées. Une distri-
bution tempérée si elle est une distribution sur RN continue pour la topologie induite sur
D(RN ) pour celle de S(RN ). T ∈ S ′ (RN ) si seulement si T|D(RN ) ∈ D′ (RN ) vérifiant
Définition 1.4.1 Pour toute fonction f ∈ S(RN ), on définit sa transformée de Fourier par:
∫
b 1
f (ξ) = F(f )(ξ) := N f (x)e−ix.ξ dx ∀ξ ∈ RN . (T F )
(2π) 2 N
R
2. F : S(RN ) → S(RN ) est un homéomorphisme. Son inverse, noté F est défini par
∫
1
F(f )(x) := N f (ξ)eix.ξ dξ ∀x ∈ RN . (T F I)
(2π) N
2
R
5
∫ ∫
4. Parseval dans S(RN ): Si f, g ∈ S(RN ), alors f (y)b
g (y)dy = fb(ξ)g(ξ)dξ.
RN RN
∩ ∩
′ F ′
S (R ) → S (RN ),
N
F
où → désigne un homéomorphisme et où les inclusions sont toutes continues et denses.
∫
b = 1 N e−ixa φ(x)dx ⇒ δba = 1 N e−ixa dans S ′ (RN ), et
Exemple 1.4.1 ⟨δba , φ⟩ = φ
(2π) 2 (2π) 2
RN
δb = 1
N
′
1RN dans S (R ),
N
(2π) 2
6
Chapitre 2
Sobolev
Bien entendu, dans cette définition, la dérivée ∂ α u est à prendre au sens de D′ (Ω).
Alors pour m = 0, on a H 0 (Ω) = L2 (Ω).
On munit H m (Ω) du produit scalaire:
∑∫
(u, v)m = Dα uDα vdx
|α|≤m Ω
Théorème 2.0.1 L’espace H m (Ω) muni de la norme ∥.∥m est un espace de Hilbert.
Preuve 2.0.1 Soit (uj )j∈N une suite de Cauchy pour la topologie de H m (Ω). Alors ∀α ∈
NN , |α| ≤ m, la suite (Dα uj )j∈N est de Cauchy dans L2 (Ω) qui est complet, par conséquent
(uj )j∈N converge vers u ∈ L2 (Ω), de même ∀α ∈ NN , |α| ≤ m, la suite (Dα uj )j∈N convergé
vers un élément ωα de L2 (Ω) pour topologie de L2 (Ω) et L2 (Ω) ,→ D′ (Ω) donc (uj )j∈N
converge vers u pour la topologie de D′ (Ω) comme l’opérateur Dα est continu de D′ (Ω) dans
D′ (Ω), la suite (Dα uj )j∈N converge vers Dα u pour la topologie de D′ (Ω). La topologie de
D′ (Ω) étant séparée, on a nécessairement ωα = Dα u, |α| ≤ m.
Finalement pour tout α ∈ NN , |α| ≤ m, la suite (Dα uj )j∈N converge vers Dα u pour la
topologie de L2 (Ω). D’oú (uj )j∈N converge vers u pour la topologie de H m (Ω).
7
Remarque 2.0.1 En théorie des EDP, on utilise aussi les espaces W m,p , m ∈ N, p ≥ 1
obtenus en remplaçant L2 (Ω) par Lp (Ω) dans la définition précédent.
′
Proposition 2.0.1 Si m ≥ m′ . H m (Ω) est contenu avec injection continue dans H m (Ω).
′
Preuve 2.0.2 Si m ≥ m′ , u ∈ H m (Ω) =⇒ u ∈ H m (Ω) et ∥u∥m′ ≤ ∥u∥m .
et de la norme associe
∑N
∂u
∥u∥2H 1 (Ω) = ∥u(x)∥2L2 (Ω) + ∥ (x)∥2L2 (Ω) = ∥u∥2L2 (Ω) + ∥∇u∥2L2 (Ω) .
i=1
∂xi
Lorsque Ω est un ouvert de R2 , on peut défini H 1 (Ω) en utilisant les coordonnée polaire
par la paramétrisation
8
e 1 ∂u
e
Donc pour que ∂x∂ 1 , ∂
∂x2
soient dans L2 (Ω), il faut et il suffit que ∂u
,
∂r r ∂θ
appartiennent
à L2 (Ω).
Par conséquent,
{ }
e = e drdθ), ∂e
u 1 ∂e
u e drdθ) .
1
H (Ω) e ∈ L (Ω,
u 2
et ∈ L (Ω,
2
∂r r ∂θ
Muni de sa norme naturelle:
∫ ∫ ∫
∂e
u 1 ∂e
u
∥e
u∥H 1 (Ω)
2
e = |e
u(r, θ)| rdrdθ + | (r, θ)| rdrdθ +
2 2
| (r, θ)|2 drdθ.
∂r r ∂θ
e
Ω e
Ω e
Ω
{ }
∂2u
b) H 2 (Ω) = u ∈ L2 (Ω), ∂x
∂u
i
∈ L 2
(Ω), ∂xi ∂xj
∈ L 2
(Ω), i, j = 1, ..., N . H 1 (Ω) est un es-
pace de Hilbert lorsque il est muni de produit scalaire
∫ ∑ N ∫ ∑ N ∫
∂u ∂v ∂ 2u ∂ 2v
(u, v)H 2 (Ω) = u(x)v(x)dx + (x) (x)dx + (x) (x)dx
i=1
∂x i ∂x i i,j=1
∂x i ∂x j ∂x i ∂x j
Ω Ω Ω
et de la norme associe
∑
N
∂ 2u
∥u∥2H 2 (Ω) = ∥u∥2L2 (Ω) + ∥∇u∥2L2 (Ω) + ∥ (x)∥2L2 (Ω) .
i=1
∂xi ∂xj
N
Remarquons ici que si u ∈ H 2 (Ω) alors ∇u ∈ (H 1 (Ω)) .
Quelques propriétés immédiates:
1. S(RN ) ,→ H m (Ω), ∀m ∈ N. Cette inclusions est stricte car si m = 1 et u(x) = 1
1+x2
∈
H m (R) mais u ∈/ S(R).
2. H m (RN ) ,→ L2 (RN ) ,→ S ′ (RN ).
m
b(ξ) ∈
3. H m (RN ) coïncide avec l’espace des distributions tempérée telles que (1 + |ξ|2 ) 2 u
2 N
L (R ).
4. la norme de H m (RN ) est équivalant à la norme définie par
∫
∥u∥m = (1 + |ξ|2 )m |b
2
u(ξ)|2 dξ.
RN
{ }
5. Pour s ∈ R, on peut défini H s (RN ) = u ∈ S ′ (RN ) : (1 + |ξ|2 ) 2 u
s
b(ξ) ∈ L2 (RN ) .
Exemple 2.0.1 1. Soit u(x) = xα , α ∈ R défini sur I =]1; +∞[. Cherchons les α pour
lesquelles u ∈ H 1 (I).
Il faut que xα et αxα−1 dans L2 (I) ce qui donne:
∫ +∞ [ 2α+1 ]+∞
x −1
2α
x dx = < ∞ si α > ,
1 2α + 1 1 2
et ∫ [ ]+∞
+∞
x2α−1 1
α 2
x 2α−2
dx = < ∞ si α > ,
1 2α − 1 1 2
−1
donc u ∈ H (I) si α <
1
2
.
9
2. Ω =] − 1; 1[, v(x) = |x|α , α > 0.
∫ [ ]1
1
x2α+1 −1
x dx = 2 2α
< ∞ si α > ,
−1 2α + 1 0 2
∫ 1
′
∀φ ∈ D(Ω), ⟨v , φ⟩ = − |x|α φ′ (x)dx
−1
∫ 0 ∫ 1
′
=− xα φ′ (x)dx
(−x) φ (x)dx −
α
−1 0
∫ 0 ∫ 1
= −α α−1
(−x) φ(x)dx + α xα−1 φ(x)dx
−1 0
= ⟨αsing(x)|x| α−1
, φ⟩.
(2π) 2
Proposition 2.0.2 Soit T ∈ E(RN ). Si p est l’ordre de T, alors T ∈ H s (RN ) des que
2(s + p) < −N.
10
Preuve 2.0.4 Puisque T est à support compact, Tb ∈ C ∞ (RN ) ⊂ L1loc (RN ). De plus
1
|(1 + |ξ|2 ) 2 Tb(ξ)| = |(1 + |ξ|2 ) 2 Tb(ξ)⟨Tx , e−ixξ ⟩|
s s
N
(2π) 2
∑
sup |Dxα (e−ixξ )|
s
≤ c(1 + |ξ|2 ) 2
|α|≤p
s
≤ c(1 + |ξ|2 ) |ξ|p 2
s+p
≤ c′ (1 + |ξ|2 ) 2 .
s+p
Donc T ∈ H s (RN ) si (1 + |ξ|2 ) 2 ∈ L2 (RN ).
Preuve 2.0.5 Puisque D(RN ) est dense dans S(RN ), on montre que S(RN ) est dense dans
H s (RN ).
Soit f ∈ H s (RN ) alors (1 + |ξ|2 ) 2 fb ∈ L2 (RN ). Comme D(RN ) est dense dans L2 (RN ), il
s
existe (φj ) ⊂ D(RN ) qui converge dans L2 (RN ) vers la fonction (1+|ξ|2 ) 2 fb lorsque j → +∞.
s
−s
d ∈ D(RN ) ⊂ S(RN ). Donc gy ∈ S(RN ) et par construction
Posons gb(ξ) = (1 + |ξ|2 ) 2 φ(ξ)
s
(1 + |ξ|2 ) 2 gby .
φj converge dans L2 (RN ) vers (1 + |ξ|2 ) 2 fb autrement dit (gy )j tend vers f dans H s (RN ).
s
Exemple 2.0.2 D(]0; 1[) n’est pas dense dans H 1 (]0; 1[).
En effet soit la fonction f (x) = ex ∈ H 1 (]0; 1[) et ∀φ ∈ D(]0; 1[), on a
∫ 1 ∫ 1
⟨f, φ⟩H1 (]0;1[) = f (x)φ(x)dx + f ′ (x)φ′ (x)dx
0 0
′ ′
= ⟨f, φ⟩D′ ,D′ + ⟨f , φ ⟩D′ ,D′
= ⟨f, φ⟩D′ ,D′ − ⟨f ′′ , φ⟩D′ ,D′
=0 car f = f ′′ .
D’où f ∈ D(]0; 1[)⊥H 1 (]0;1[) ̸= {0}, c’est à dire D(]0; 1[) ne peut pas être dense dans H 1 (]0; 1[).
Définition 2.0.2 On note H0m (Ω) l’adhérence (pour la norme ∥.∥H m (Ω) ) du sous-espace
D(Ω) dans H0m (Ω), m ∈ N∗ .
11
Remarque 2.0.3 1. H0m (RN ) = H m (RN ).
3. ∀m ≥ 1, H0m (Ω) est un espace de Hilbert, par définition H0m (Ω) est fermé dans H m (Ω)
est donc complet.
Théorème 2.0.3 Le complement orthogonale de H0m (Ω) dans H m (Ω) est l’ensemble des
u ∈ H m (Ω) vérifiant l’équation aux dérivées partielles
∑
(−1)|α| D2α u = 0.
|α|≤m
Preuve 2.0.6 Soit u ∈ H m (Ω), alors si u ∈ (H0m (Ω))⊥ = (D(Ω))⊥ = (D(Ω))⊥ = (D(Ω))⊥ .
D’où, ∀φ ∈ D(Ω), on a
∑ ∑
0 = ⟨u, φ⟩H m (Ω) = ⟨Dα u, Dα φ⟩L2 (Ω) ⇔ ⟨(−1)|α| D2α u, φ⟩D′ (Ω),D(Ω) = 0
|α|≤m |α|≤m
∑
⇒ (−1)|α| D2α u = 0
|α|≤m
∑N
∂h ∂v ∑N
∂ 2h
⟨h, v⟩D′ ,D + ⟨ , ⟩D′ ,D = 0 ⇔ ⟨h, v⟩D′ ,D − ⟨ 2 , v⟩D′ ,D = 0
i=1
∂xi ∂xi i=1
∂xi
⇔ ⟨h − ∆h, v⟩ = 0, ∀v ∈ D(Ω).
D’où −∆h + h = 0.
Notion de trace.
On sait que les fonctions de H 1 (Ω) ne sont pas nécessairement continues. Pour définir leur
valeur au bord, on va les approche par des fonctions réguliers telles que celle de D(Ω) par
densité dans H 1 (Ω) etc.
On montre ici que le fait d’associer une valeur au bord pour une fonction est une opération
continue par la topologie de H 1 (Ω).
Plus précisément, on a:
12
Théorème 2.0.4 Théorème de trace
Soit Ω un ouvert borné régulier de classe C 1 , ou bien Ω = Rn . On défini l’application trace
De plus
H01 = Ker γ0 = {u ∈ H 1 (Ω) / γ0 u = u|∂Ω }.
′
Preuve 2.0.7 On montre le résultat pour le demi-espace Ω = RN
+ = {x = (x , xN ) ∈
RN , xN > 0}. Soit v ∈ D(RN
+ ), on a
∫ +∞
′ ∂v ′
|v(x , 0)| ≤ −22
v(x′ ; xN ) (x ; xN )dxN
0 ∂xN
et en utilisant 2ab ≤ a2 + b2 ,
∫ +∞ ( )
′ ′ ∂v ′
|v(x , 0)| ≤2
|v(x ; xN )| + |
2 2
(x ; xN )| dxN .
0 ∂xN
c’est à dire
∥v∥L2 (∂RN+ ) ≤ ∥v∥H 1 (RN+ ) .
+ ), γ0 u = 0 alors u ∈ H0 (Ω).
si u ∈ H 1 (Ω = RN 1
Par densité de H 1 (Ω) à support compact dans Ω, on peut supposer que u ∈ H01 (Ω), γ0 u =
0, supp u compact.
Vérifions que u est limite dans H 1 (Ω) d’une suite des fonctions uj ∈ H01 (Ω) ce qui impliquer
13
a u ∈ H01 (Ω) car H01 (Ω) est fermé par sa définition dans H 1 (Ω).
Pour cela on introduit la fonction θj défini par:
1 si xN ≥ 2j ,
θj (xN ) = jxN − 1 si xN ∈ [ 1j ; 2j ],
0 ailleurs.
On pose uj (x) = uj (x′ , xN ) = θj (xN )u(x). Alors par régularisation, on peut approcher pour
j fixé, uj par des fonctions de D(Ω). Soit φl = uj ∗ ρl où ρl (x) = lN ρ(lx) où ρ est un élément
d’une suite régularisant dans RN .
Or, d’après les propriétés de la convolution si v ∈ L2 (RN ), on a v ∗ ρl → v dans L2 (RN ), et
si ∂v
∂xi
∈ L2 (RN ), alors ∂(v∗ρl )
∂xi
= ρl ∗ ∂v
∂xi
→ ∂x
∂v
i
dans L2 (RN ).
∂uj
Dans montre cas, uj ∈ L (R ) et 2 N
∂xi
∈ L2 (RN ), i = 1, ..., N, car
∫ ∫ (∫ +∞
)
|uj |2 dx = |θj (x)|2 |u(x)|2 dxN dx′ ≤ ∥u∥2L2 (RN ) .
1
j
RN RN −1
De même,
∂uj ∂θ u
Pour 1 ≤ i ≤ N − 1, ∂xi
∂u
= ∂xji = θj ∂x i
∈ L2 (Ω).
Pour i = N, ∂xNj = uθj′ + θj ∂x
∂u ∂u
N
, ∈ L2 (RN ) car θj ∂x
∂u
N
→ ∂u
∂xN
dans L2 (Ω) et nous allons montrer que θ′ u → 0 dans L2 (Ω).
En effet,
∫ ∫ 2
j
∥θj′ u∥2L2 (Ω) = j 2 |u′ (x′ , xN )|2 dxN .
1
j
RN −1
Mais pour tout x′ ∈ RN −1 , xN → u(x′ , xN ) est dans H 1 (]0; +∞[), donc est pour tout
x′ représentée par une fonction continue par rapport à xN et u(x′ , 0) = 0 (voir Lemme
suivante).
On peut alors écrire:
∫ xN ∫ xN
′ ∂u ′ ∂u ′
|u(x , xN )| ≤ | 2
(x , y)dy|2 ≤ xN | (x , y)|2 dy
0 ∂xN 0 ∂xN
14
pour l’inégalité de Cauchy-Schwartz.
∫2
D’où, |u(x′ , xN )|2 ≤ xN 0j |u(x′ , y)|2 dy pour xN ≤ 2j .
Ainsi
∫ ∫ 2 ∫ 2
j j ∂u ′
∥θj′ u∥2L2 (Ω) ≤ ′ 2
dx j xN | (x , y)|2 dy
2
j
0 ∂xN
RN −1
∫ ∫ 2
3 ′
j ∂u ′
≤ dx | (x , y)|2 dy → 0.
2 0 ∂xN
RN −1
Lemme 2.0.1 Soit v ∈ H 1 (R+ =]0; +∞[). Alors v est une fonction continue sur R+ et on
a
|v(0)|2 ≤ 2∥v∥LR+ ∥v ′ ∥R+ .
Preuve 2.0.8 Puisque D(R+ ) est dense dans H 1 (R+ ), il suffit d’établir l’inégalité pour
v ∈ D(R+ ).
d d dv dv(t)
|v(t)|2 = (v(t)v(t)) = v(t) + v(t)
dt dt dt dt
dv(t)
= 2Re (v(t) ).
dt
Pour la continuité, on montre d’une manier générale que si N = 1, alors H 1 (Ω) ⊂ C(Ω),
c’est à dire si v ∈ H 1 (Ω), on montre qu’il existe u ∈ C(Ω) tel que v = u presque partout
dans Ω.
On fixé un point quelque x0 dans Ω et on défini u par:
∫ x
u(x) = v ′ (t)dt pour tout x ∈ Ω.
x0
15
si supp (φ′ ) ⊂ [a; b], alors le théorème de Fubini, donne
∫ x0 ∫ x ∫ b∫ x
′ ′ ′
⟨u , φ⟩D′ (Ω),D(Ω) = − v (t)φ (x)dtdx − v ′ (t)φ′ (x)dtdx
a x0 x0 x0
∫ x0 ∫ x0 ∫ b∫ x
= v ′ (t)φ′ (x)dtdx − v ′ (t)φ′ (x)dtdx
a x x0 x0
∫ x0 ∫ t ∫ b∫ b
= v ′ (t)φ′ (x)dxdt − v ′ (t)φ′ (x)dxdt
a a x0 t
[ ] [ ] [ ]
a ≤ x ≤ x0 a≤x≤t x0 ≤ x ≤ b
car dans la 1er intégrale ⇒ , dans la 2eme intégrale ⇒
x0 ≤ t ≤ x a ≤ t ≤ x0 x0 ≤ t ≤ x
[ ]
t≤x≤b
.
x0 ≤ t ≤ b
D’où
∫ x0 ∫ b
′ ′
⟨u , φ⟩D′ (Ω),D(Ω) = v (t) (φ(t) − φ(a)) dt − v ′ (t) (φ(t) − φ(a)) dt
a x0
∫ b
= v ′ (t)φ(t)dt car φ(a) = φ(b) = 0.
a
=| v ′ (t)dt|
√x
≤ |x − y|∥v ′ ∥L2 (Ω) .
∂ iu
H0m = {u ∈ H m (Ω), |∂Ω = 0, i = 0, 1, ..., m − 1}.
∂xi
Exemple 2.0.4 Soit f ∈ H 1 (RN ), cherchons u ∈ S ′ (RN ) solution de l’équation −∆u+k 2 u =
f, k ∈ R∗ .
b(ξ) =
Par la transformée de Fourier, on a u 1
|ξ|2 +k2
fb(ξ).
Or,
s+2
(1 + |ξ|2 ) 2 b
|f (ξ)| ≤ c(1 + |ξ|2 ) 2 |fb(ξ)| ∈ L2 (RN ).
s+2 s
(1 + |ξ| )2 2 |b
u(ξ)| =
|xi| + k
2 2
Donc, u = F −1 u
b ∈ H s+2 (RN ). Cette solution est unique car si u, v ∈ H s+2 (RN ) sont solution
alors −∆ω = k 2 ω où ω = u − v ∈ H s+2 (RN ). D’où (|ξ|2 + k 2 )b b = 0.
ω = 0 donc ω
16
Nous savons que D(Ω) est dense dans H0m (Ω) pour la topologie de H m (Ω). Par conséquence,
le duale de H0m (Ω), c’est à dire l’espace des formes linéaire continues sur H0m (Ω), est un
sous-espace de D′ (Ω). On peut introduire la définition suivante:
′
2. Si m ≥ m′ , H −m (Ω) ,→ H m (Ω) avec injection continue.
′ ′
Donc H −m (Ω) ⊂ H m (Ω) et i : H −m (Ω) → H m (Ω) est continue car ∥.∥−m|H −m′ (Ω) =
∥.∥−m′ .
∑
Preuve 2.0.10 Soit g ∈ H m (Ω) et posons T = (−1)|α| D2α g. Montrons que T est
|α|≤m
identifiable à un élément de H −m (Ω). En effet, ∀φD(Ω), on a
∑
⟨T, φ⟩ = ⟨Dα g, Dα φ⟩L2 (Ω) = ⟨g, φ⟩
b H m (Ω) = ⟨b
g , φ⟩.
|α|≤m
Par conséquence, T est continue sur D(Ω) muni de la topologie de H m (Ω), donc T peut être
prolongée en une forme linéaire continue L sur H0m (Ω), de plus on a:
L(u) = ⟨b
g , u⟩H m (Ω) , u ∈ H0m (Ω).
Ce qui prouve que L ∈ H −m (Ω) et ∥L∥H −m (Ω) = ∥g∥H m (Ω) si g ∈ H0m (Ω).
∑
Il reste à démontre que l’image de H0m (Ω) par l’application (−1)|α| D2α est égale à
|α|≤m
H −m (Ω).
En effet, d’après le théorème de Riesz si L est une forme linéaire continue sur H0m (Ω), il
17
existe g ∈ H0m (Ω) tel que ∀u ∈ H0m (Ω), on ait L(u) = ⟨u, g⟩H m (Ω) .
Soit T la distribution associée à L c’est à dire T = L|D(Ω) ∀φ ∈ D(Ω), on a
∑
L(φ) = ⟨T, φ⟩ = ⟨φ, g⟩H m (Ω) = (−1)|α| ⟨Dα φ, Dα g⟩L2 (Ω)
|α|≤m
∑
=⟨ (−1)|α| D2α g, φ⟩D′ (Ω),D(Ω) .
|α|≤m
∑
Ce qui montre que T = (−1)|α| D2α g.
|α|≤m
∑ ∑
N
Exemple 2.0.5 1. u ∈ H −1 (Ω) ⇔ u = (−1)|α| Dα fα = f0 + ∂fi
∂xi
où f0 , f1 , ..., fN ∈
|α|≤m i=1
L2 (Ω).
∂φ ∂φ
|L(φ)| = |⟨u, ⟩L2 (Ω) | ≤ ∥u∥L2 (Ω) ∥ ∥L2 (Ω)
∂xi ∂xi
≤ ∥u∥L2 (Ω) ∥φ∥H01 (Ω) .
18
3. On a H01 (Ω) ⊂ L2 (Ω) ≡ (L2 (Ω))′ ⊂ H −1 (Ω) et les inclusion sont strictes.
Ω Ω
∫R
Preuve 2.0.12 Soit φ ∈ D(Ω), on a φ(x′ , xN ) = −R
∂φ
1−R;xN (t) ∂x N
(x′ , t)dt.
En utilisant Cauchy-Schwartz, on a alors
∫ R
′ ∂φ ′ 2
|φ(x , xN )| ≤ 2R 2
| (x , t)| dt.
−R ∂xN
Corollaire 2.0.2 Soit m ∈ N∗ et u ∈ H01 (Ω), Ω ouvert de RN borné dans une direction,
alors:
∑
∥u∥L2 (Ω) ≤ cm ∥Dα u∥2L2 (Ω) , cm > 0.
|α|≤m
Exercice 2.0.2 Montrer l’inégalité de Poincaré si Ω =]0; 1[. Soit u ∈ H01 (]0; 1[) ⊂ H 1 (]0; 1[),
alors pour tout x ∈]0; 1[, on a
∫x
u(x) = u(x) − u(0) = 0 u′ (t)dt et donné
∫ 1 ∫ 1 (∫ x )2 ∫ 1 (∫ 1 )2 (∫ 1 )2
′ ′ ′
∥u∥2L2 (]0;1[) = |u(y)| dy =
2
|u (y)|dy dx ≤ |u (y)|dy dx = |u (y)|dy .
0 0 0 0 0 0
On finalement
(∫ 1 ) (∫ 1 )
′
∥u∥L2 (]0;1[) ≤ |u (x)| dy 2
1dy = ∥u′ ∥2L2 (]0;1[) .
0 0
19
Exercice 2.0.3 Si Ω est un ouvert de RN borné dans une direction alors ∥u∥H01 (Ω) =
∥∇u∥L2 (Ω) est une norme équivalente à la norme usuelle de H 1 (Ω) sur H01 (Ω).
En effet,
On achevé ce chapitre par le théorème de Rellich d’injection compacte sur certains espace
de Sobolev.
Le résultat de ce théorème ne subsiste pas si Ω n’est pas bornée, l’injection n’est pas continue.
En particulier, l’injection d’une manier compacte dans H 1 (Ω) et L2 (Ω) lorsque Ω est borné
de bord ∂Ω de classe C 2 pour tout intervalle ]a; b[ borné.
20
Chapitre 3
∑
N
∂ 2u ∂u ∂u
aij + f (x, u, , ..., ) = 0 où x = (x1 , ..., xN ) ∈ RN , (3.1.1)
i,j=1
∂xi ∂j ∂x1 ∂xN
∑
N 2
∂ u
et la matrice des coefficients de la partie principale aij ∂xi ∂j
, A = (aij )N
i,j=1 est constante
i,j=1
ne dépendent pas de x.
Nous allons aussi supposer que aij = aji , ∀i, j = 1, ..., N c’est à dire A est une matrice réelle
symétrique. On sait que les valeurs propres de A sont toutes réelles, on pose Np nombre des
valeurs propres strictement positives, Nn nombre des valeurs propres strictement négative.
∑
N
∂ 2u
+ f (.) = 0.
i=1
∂x2i
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
+ − − 2 − 2 + f (.) = 0, N = 5.
∂x21 ∂x22 ∂x3i ∂x4 ∂x5
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
+ − + f (.) = 0, N = 3.
∂x21 ∂x22 ∂x3i
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
+ − − 2 + f (.) = 0, N = 4.
∂x21 ∂x22 ∂x3i ∂x4
21
3. 3.1.1 est générale parabolique si Np + Nn < N, exemple:
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
+ − 2 + f (.) = 0, N = 4.
∂x21 ∂x3i ∂x4
Remarque 3.1.1 1. Si l’on veut classifier une équation donnée, il faut premièrement
précise le nombre N des variable indépendantes. Par exemple, l’équation
∂ 2u ∂ 2u
+ + f (.) = 0
∂x21 ∂x22
3. Si enfin ac − b2 < 0 les deux racines sont signe contraire Np = 1, Nn = 1, c’est le cas
normal hyperbolique.
Extensions.
On considère une généralisation de 3.1.1 où les coefficients constants aij par des fonctions
∂u
aij = aij (x, u, ux1 , ..., uxN ). Les aij dépendent de x mais nos des u et ∂x i
, on peut classifier
l’équation
∑N
∂ 2u ∂u ∂u
aij (x) + f (x, u, , ..., ) = 0,
i,j=1
∂x i ∂ j ∂x 1 ∂x N
séparément dans chaque point x0 , l’on étudie ses solutions, selon la paire (Np , Nn ) associée
à la matrice (aij (x0 ))N
i,j=1 , comme précédemment.
Prenons l’exemple suivant (l’équation de Tricomi): yuxx + uyy = 0. Ici N = 2 et en se basant
sur les calculs précédents, on a ac − b2 = y.
22
∂u
Si les coefficient aij dépendent aussi de la fonction inconnue u et ses dérivées partielles ∂x i
,
on peut encore obtenir une espèce de classification, en correspondance à un point x0 fixé et
à une solution u0 (x) donné. Un exemple assez instructif est fourni par l’équation:
( ( )2 ) 2 ( ( )2 ) 2
∂u ∂ u ∂u ∂u ∂ 2 u ∂u ∂ u
γ −
2
2
−2 + γ − 2
=0
∂x ∂x ∂x ∂y ∂x∂y ∂y ∂y 2
où γ est constante réelle. C’est encore une équation en 2 variables, et le calcul de ac − b2
nous donne ac − b2 = γ 2 (γ 2 − u2x − u2y ), on a donc l’équation sera elliptique pour toutes les
solutions u telles que u2x + u2y < γ 2 , hyperbolique pour les solutions u avec u2x + u2y > γ 2 et
parabolique que si solutions u vérifie u2x + u2y = γ 2 .
Rappelons les forme canonique possible dans les trois cas lorsque N = 2 :
1. uxy = F (x, y, u, ux , uy ), cas hyperbolique.
∂2u ∂2u
2. ∆u = ∂x2
+ ∂y 2
= G(x, y, u, ux , uy ), cas elliptique.
Remarque 3.2.1 1. Cette formule reste valable pour des fonction f moins régulier pour
que l’intégrale généralisée converge.
1
∫ +∞ yf (t)
est donnée par u(x, y) = π −∞ (t−x)2 +y 2
dt, ce qui correspond exactement au résultat
général si on permet N = 2, sachant que Γ(1) = 1.
23
1, x>0
Exemple 3.2.1 f (x) = est une distribution tempérée sur R, mais f ∈
/
0, x ≤ 0
S(R).
∫ +∞
1 y 1 x
u(x, y) = dt = + arctan( ).
π 0 (t − x) + y
2 2 2 y
3. Le problème de Dirichlet dans un disque et dans une sphère sont résolu au cours du L3
” Équation de la physique mathématique”.
Équation de la Chaleur
Définition 3.2.1 Soit I un intervalle de R et u : I → S.
On dit que u est continue de I dans S et on écrit u ∈ C 0 (I, S) si ∀t ∈ I et ∀(tn )n ⊂ I, tn → t
alors u(tn ) → u(t) dans S.
Pour tout k ≤ 1, l’espace C k (I, S(RN
x )) est l’espace des fonctions u ∈ C
k−1
(I, S(RN
x )) telles
que ∂tk−1 u ∈ C 1 (I, S(RN
x )).
∩
C ∞ (I, S(RN
x )) = C k (I, S(RN
x )).
k∈N
∞
Théorème 3.2.2 Si f ∈ S(RN
x ), alors il existe une unique solution u ∈ C ([0; +∞[, S(Rx ))
N
Théorème 3.2.3 Si f, g ∈ S(RN ), il existe une unique solution u ∈ C ∞ ([0; +∞[, S(RN ))
de (PO ) où u est donnée par F x u(ξ, t) = fb(ξ) cos(c∥ξ∥t) + gb(ξ) sin(c∥ξ∥t) .
c∥ξ∥
24
Remarque 3.2.3 Si N = 1, alors F −1 [fb(ξ) cos(c|ξ|)](x) = 1
(f (x + ct) + f (x − ct)) et
∫ ct 2
g (ξ) sin(c∥ξ∥t)
F −1 [b c|ξ|
1
](x) = 2c −ct
g(x + s)ds.
P (D) = f
au sens ordinaire du mot, vérifier aussi l’équation P (D) = f au sens faible. En effet, il suffit
d’observer que, moyennant des intégrations successives par parties, on utilisant l’annulation
de φ en dehors d’un compact, on a l’égalité
∫ ∫
u(x)P (−D)φ(x)dx = P (D)u(x)φ(x)dx, ∀φ ∈ C0∞ (Ω).
Ω Ω
Aussi, il est important de signaler qu’une limite (uniforme sur tout compact) de solutions
faibles est encore une solution faible. Si en effet on a l’égalité
∫ ∫
un (x)P (−D)φ(x)dx = fn (x)φ(x)dx, ∀φ ∈ C0∞ (Ω)
Ω Ω
si un (x) → u(x), fn (x) → f (x), uniformément sur tout compact de Ω, on dérive que
∫ ∫
u(x)P (−D)φ(x)dx = f (x)φ(x)dx, ∀φ ∈ C0∞ (Ω).
Ω Ω
Une dernière propriété importante se réfère aux solutions faibles qui sont
∫ assez régulier.
∂2u ∂2φ
Comme exemple simple à deux variables ∂x∂y = 0. ∀φ ∈ D(R2 ), on a u(x, y) ∂x∂y dxdy = 0.
R2
On remarque ensuite que si u ∈ C 2 vérifiant uxy = 0 elle vérifie aussi l’équation de la solution
faible ∫ ∫ 2
∂ 2φ ∂ u
u(x, y) dxdy = φ(x, y)dxdy = 0, ∀φ ∈ C0∞ (R2 ).
∂x∂y ∂x∂y
R2 R2
25
Il est intéressant de nous des exemples de solutions faibles non régulières. Soient F et G
deux fonctions continues non différentiables d’une seule variable.
La fonction u(x, y) = F (x) + G(y) est une solution faible de l’équation uxy = 0 car
∫ ∫ ∫
∀φ ∈ D(R ), u(x, y)φxy (x, y)dxdy = F (x)φxy (x, y)dxdy + G(y)φxy (x, y)dxdy
2
R2 R2 R 2
∫ ∫ ∫ ∫
= F (x) φxy (x, y)dy dx + G(y) φxy (x, y)dx dy
R R R R
= 0.
Théorème 3.3.1 Soit H un espace de Hilbert réel et a une forme bilinéaire continue sur
H:
∃ca > 0, ∀x, y ∈ H, |a(x, y)| ≤ ca ∥x∥H ∥y∥H .
∀x ∈ H, a(x, x) ≥ ∥x∥2H
∀x ∈ H, |L(x)| ≤ ∥L∥∥x∥H .
∀v ∈ H, a(u, v) = L(v),
∥L∥
où ∥u∥ ≤ αa
.
Si plus a est symétrique, a(x, y) = a(y, x), ∀x, y ∈ H, alors u est l’unique élément de H qui
minimise la fonctionnelle (dite d’énergie)
1
J(v) = a(u, v) − L(v).
2
26
3.4 Exemples du cadre elliptique
∫
A- Soit a(u, v) = u(−∆v)dx. Pour que celle-ci ait un sens il faut pouvoir défini ∆v,
Ω
ce qui incite à choisir H = H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω). Ceci fournira bien une forme bilinéaire
continue, d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz:
|a(u, v)| ≤ ∥u∥L2 (Ω) ∥∆v∥L2 (Ω) ≤ ∥u∥L2 (Ω) ∥v∥H 2 (Ω) ≤ ∥u∥H ∥∥H .
Ω Ω ∂Ω Ω Ω
ce qui impliquerait que H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω) serait égale à H01 (Ω).
∫
B- Prenons maintenant a(u, v) = ∇u∇vdx et H = H 1 (Ω). Donc ce cas la continuité est
Ω
assurée mais pas la coercivité car
a(u, v) = 0 ⇔ u = constante.
a(u, v) = L(v), ∀v ∈ H
D’où, −∆u = f dans D′ (Ω) comme u ∈ H, on a, γ0 u = u|∂Ω = 0 (on exige ici un bord
C 2 régulier), donc le problème résolu est le problème de Dirichlet homogène pour le
Laplacien par la technique des solutions faibles.
27
Remarque 3.4.1 Le problème résolu reste valable sans changement lorsque f ∈
H −1 (Ω) au lieu de L2 (Ω).
et
|L(v)| = |⟨f, v⟩L2 (]a;b[) | ≤ ∥f ∥L2 (]a;b[) ∥v∥H .
28
E- Problème de Neumann pour l’équation de Poisson
On a d’abord l’inégalité de Poincaré-Wirtinger, si Ω est un ouvert bornée de RN , alors
il existe une constante c > 0 telle que ∀u ∈ H 1 (Ω), on ait:
∫ ∫ ∫
1
|u − udx| dx ≤ c |∇u|2 dx.
2
vol(Ω)
Ω Ω Ω
où f ∈ L2 (Ω) et g ∈ L2 (Ω).
On pose H = H 1 (Ω) et
∫
a(u, v) = ∇u∇vdx, u, v ∈ H,
∫ Ω
∫
L(v) = f vdx + gvdx, v ∈ H
Ω ∂Ω
∫
gvdx est définie car l’application de trace se prolonge en linéaire continue de H 1 (Ω)
∂Ω
dans L2 (∂Ω), ∃c > 0, ∥v∥L2 (∂Ω) ≤ c∥v∥H 1 (Ω) .
Il est important de remarquer que la condition aux limites s’incere ici de maniéré
naturelle dans la formulation variationnelle et n’est pas incluse dans l’espace fonction-
nel, la situation est donc différent du cas des condition aux limites de Dirichlet pour
lesquelles on tient compte de ces conditions dans l’espace fonctionnel de Hilbert.
a est bien définie bilinéaire continue sur H 1 (Ω).Des que f ∈ L2 (Ω), L aussi puisque
g ∈ L2 (∂Ω), L est linéaire et trivialement continue car d’après le théorème de trace si
v ∈ H 1 (Ω), on a
∥v∥L2 (∂Ω) ≤ c∥v∥H 1 (Ω) .
A ce stade il est important de remarquer que le problème (PN ) peut avoir de solution
que si f et g vérifient la condition de compatibilité (prendre v = 1 ∈ H 1 (Ω))
∫ ∫
f dx + gdx = 0
Ω ∂Ω
un second point à notre est que si u est solution de (PN ), (u + constante est aussi
solution de (PN ). Il n’y a pas donc unicité de la solution sans ∫restreindre l’espace
fonctionnel, on introduit par exemple l’espace V = {u ∈ H 1 (Ω) / u(x)dx = 0}.
∫ ∫ ∫ Ω
u1 − u2 = c, (u1 − u2 )dx = u1 dx − u2 dx = 0 = c, d’où u1 = u2 .
Ω Ω Ω
1
V est un sous-espace fermé
∫ de H (Ω), donc V est Hilbert comme noyau de la forme
1
linéaire continue h(u) = u(x)dx sur H (Ω).
Ω
On reformule alors le problème de Neumann (PN ) sur H = V.
a est coercive sur V d’après l’inégalité de Poincaré-Wirtinger:
1
∀u ∈ V, a(u, u) = ∥∇u∥2L2 (Ω) ≥ ∥u∥L2 (Ω)
c
29
or
1 1
∥u∥2L2 (V ) = (∥u∥2L2 (Ω) + ∥∇u∥2L2 (Ω) )
c c
1 1
≤ a(u, u) + ∥∇u∥2L2 (Ω) = (1 + )∥u∥2V .
c c
D’où, a(u, u) ≥ c(1+
1
1 ∥u∥L2 (V ) .
)
2
c
Donc le problème (PN ) admet une solution unique u ∈ V telle que a(u, v) = L(v).
En particulier,
∫ en prenant v = φ ∈ D(Ω) et en tenant compte que ω = (φ −
1
vol(Ω)
φ(x)dx) ∈ V, on trouver que −∆u = f au sens des distributions et alors
Ω
u ∈ H 2 (Ω).
∫ ∫ ∫
∇u∇v + uv = f v, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω
Alors
u ∈ H 2 (Ω) et ∥u∥H 2 (Ω) ≤ c∥f ∥L2 (Ω)
30
(c est une constante positive ne dépendant que de Ω.)
De plus, si Ω est de classe C m+2 et si f ∈ H m (Ω), alors u ∈ H m+2 (Ω) avec ∥u∥H m+2 (Ω) ≤
c∥f ∥H m (Ω) , en particulier si m > N
2
, alors u ∈ C 2 (Ω) (ici la solution faible dérivent classique).
Enfin, si Ω est de classe C ∞ et si f ∈ C ∞ (Ω), alors u ∈ C ∞ (Ω).
Remarque 3.5.1 Avec les mêmes hypothèses, on obtient les mêmes conclusions pour la
solution du problème de Neumann:
∫ ∫ ∫
∇u∇vdx = f v + gv, ∀v ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω ∂Ω
e ∈ H 1 (Ω) ∩ C ∞ (Ω),
n 0
−∆e = λ e sur Ω.
n n n
On dit que les (λn ) sont les valeurs propres de −∆ avec conditions de Dirichlet et que les
(en )n sont les fonctions propres associées.
Preuve 3.6.1 Étant donnée f ∈ L2 (Ω), on note u = T f l’unique solution u ∈ H01 (Ω) du
∫ ∫
problème variationnel a(u, v) = ∇u∇vdx = f vdx = ⟨f, v⟩L2 (Ω) , ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω
On considéré S = JT l’opérateur correspondant de L2 (Ω) dans L2 (Ω), où J est l’injection
de H01 (Ω) dans L2 (Ω).
T est linéaire continue de L2 (Ω) dans H01 (Ω) car on a:
c∥T f ∥2H 1 ≤ a(T f, T f ) = |⟨f, T f ⟩L2 (Ω) | ≤ ∥f ∥L2 (Ω) ∥T f ∥H01 (Ω)
0
31
D’autre part, ∀f ∈ L2 (Ω), on a:
En conséquent, il existe une suite décroissante des valeurs propres de S des réels positifs
(µk )k≥1 tendant vers 0 et une base hilbertienne (ek )k≥1 constituée des vecteurs propres de S
associées aux valeurs propres correspondantes (µk )k≥1 c’est à dire Sek = µk ek , ∀k ≥ 1.
D’où ek ∈ L2 (Ω), ∀k ≥ 1. Or, Sek = T ek = µk ek ∈ H01 (Ω) donc ek ∈ H01 (Ω), ∀k ≥ 1.
On a aussi a(T ek , v) = ⟨ek , v⟩L2 (Ω) ie,
∫ ∫
1
∇ek ∇vdx = ek avdx, ∀v ∈ H01 (Ω), ∀k ≥ 1.
µk
Ω Ω
32
Chapitre 4
De plus on a ∀t ≥ 0 :
du
∥u(t)∥ ≤ ∥u0 ∥ et ∥ (t)∥ = ∥Au(t)∥ ≤ ∥Au0 ∥.
dt
33
Grâce au théorème de Hille-Yosida on peut maintenant montrer un résultat d’existence et
d’unicité pour l’équation de la Chaleur (équation parabolique).
Soit Ω un ouvert de RN de frontière ∂Ω de classe C ∞ et borné. On note Q = Ω×]0; +∞[ et
Σ = ∂Ω×]0; +∞[ la frontière latérale du cylindre Q.
On considère le problème suivant: Trouver u(x, t) définie de Ω × [0; +∞[ dans R vérifiant
l’équation de la Chaleur, la condition initiale et les données aux limites:
du
dt + ∆u = 0 sur Q,
(PC ) u(0) = 0 sur Σ,
u(x, 0) = u0 (x) sur Ω
∑
N
où ∆ = ∂x2i , t est la variable de temps.u(x, t) est définie de [0; +∞[ à valeurs dans
i=1
l’espace de Hilbert H = L2 (Ω) qui dépend seulement de la variable d’espace x ∈ Ω. Ainsi
u(x, t) = u(t) désigne un élément de H. L’équation de la Chaleur ∂u∂t
= ∆u modélise la
distribution de la température u dans le domaine Ω à l’instant t.
Théorème 4.0.2 On suppose que u0 ∈ L2 (Ω). Alors il existe une fonction u(x, t) unique
solution du problème (PC ) et u ∈ C 1 (]0; +∞[, L2 (Ω)) ∩ C([0; +∞[, H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω)).
Preuve 4.0.1 On introduit l’opérateur non bornée sur L2 (Ω), Au = −∆u, de domaine
D(A) = H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω)).
Il est important de noter que l’on impose la condition aux limites u|Σ = 0 dans la définition
du domaine de A (u = 0 sur ∂Ω). A monotone car ∀u ∈ D(A) :
∫
⟨Au, u⟩L2 (Ω) = ⟨−∆u, u⟩L2 (Ω) = − ∆uudx = ∥∇u∥2L2 (Ω) ≥ 0.
Ω
De plus A est maximal monotone car Im(I + A) = L2 (Ω). En effet, on sait que f ∈ L2 (Ω)
il existe u ∈ H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω) unique solution de l’équation −∆u + u = f (voir l’exemple G
avec c = 1 et aussi le théorème de régularité des solutions faibles.)
Donc en appliquant le théorème de Hille-Yosida on obtient une solution unique u(x, t) du
problème (PC ) où u ∈ C 1 (]0; +∞[, L2 (Ω)) ∩ C([0; +∞[, H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω)) et ∀t ≥ 0, on a
34
Remarque 4.0.1 1. Si u0 ∈ H01 (Ω), alors la solution de (PC ) vérifie
u ∈ C 1 (]0; +∞[, H01 (Ω)) ∩ L2 ([0; +∞[, D(−∆) = {u ∈ H 3 (Ω) ∩ H01 (Ω); ∆u ∈ H01 (Ω)}).
(PC ), u ∈ C 1 (]0; +∞[, H 2 (Ω)∩H01 (Ω))∩C([0; +∞[, D(−∆) = {u ∈ H 4 (Ω); u ∈ H01 (Ω) et ∆u ∈ H01 (Ω
3. Lorsque Ω est borné, le problème (PC ) peut être résolu par décomposition sur une base
hilbertienne de L2 (Ω). A cet effet, il est très commande de choisir une base (ek )k≥1 de
L2 (Ω).
Constitué des fonctions propres de −∆ :
−∆e = λ e sur Ω
k k k
e = 0 sur ∂Ω.
k
∑
∞
On cherche la solution de (PC ) sous la forme u(x, t) = ak (t)ek (x). Alors, on a
k=1
nécessairement
∂u ∑ ∑
∞ ∞
= ak (t)ek (x) = ∆u = ak (t)(−λk ek (x)).
∂t k=1 k=1
Donc a′k (t) + λk ak (t) = 0, d’où ak (t) = ak (0)e−λk t et les conditions ak (0) sont déter-
minées à partir de la condition initiale u0 (x) :
∑
∞
u(x, 0) = ak (0)ek (x) = u0 (x)
k=1
c’est à dire les ak (0) sont les composantes de u0 (x) dans la base (ek (x))k≥1 .
∑
∞ ∑
∞ √
On sait que ak (t)ek (x) = ak (0)e−λk t ek (x) où ek (x) = 2 sin(kπx) sont les vecteurs
k=1 k=1
propres normalisés de −∆ dans L2 (]0; 1[) associés aux valeurs propres λk = k 2 π 2 , k ∈
N∗ . u(t, x) vérifie les conditions aux limites.
∑∞ ∑∞ √
La condition initiale donne 1 = u(0, x) = ak (0)ek (x). D’où, 1 = 2ak (0) sin kπx avec
√ k=1 k=1
bk = 2ak (0) sont les coefficients du développement en série de Fourier sinus de la fonction
35
constant 1 sur ]0; 1[.
Soit f le prolongement impair 2-périodique sur ] − 1; 1[ de la fonction 1 :
1 , 0<x<1
−1 , −1 < x ≤ 0.
4 ∑ sin(2k + 1)πx ∑
∞ ∞
√
∀x ∈]0; 1[, 1 = = ak (0) 2 sin kπx.
π k=1 2k + 1 k=1
Par identification, on a
4
a2k = 0 et a2k+1 (0) = √ , k ∈ N.
π 2(2k + 1)
Finalement, la solution du problème est donnée par
∑
∞
4 sin(2k + 1)πx
e−π
2 (2k+1)2 t
u(t, x) = .
k=1
π(2k + 1)
On établit dans ce qui suit un résultat similaire pour l’équation des Ondes (cas hyperbolique).
Soit Ω un ouvert de RN de frontière ∂Ω de classe C ∞ et bornée. Comme précédemment
Q = Ω×]0; ∞[ et Σ = ∂Ω×]0; +∞[. On cherche u(x, t) : Ω×]0; +∞[→ R vérifiant le problème
de propagation des Ondes à l’instant t dans un milieu homogène Ω.
∂2u
∂t2 − ∆u = 0
sur Q
u = 0 sur Σ
(PO )
u(x, 0) = u0 (x) sur Ω
∂u
∂t
(x, 0) = v0 (x) sur Ω
Théorème 4.0.3 On suppose que u0 ∈ H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω) et que v0 ∈ H01 (Ω). Alors il existe
une solution unique de (PO ) avec
u ∈ C([0; +∞[, H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω)) ∩ C 1 ([0; +∞[, H01 (Ω)) ∩ C 2 (]0; +∞[, L2 (Ω)).
De plus, on a:
∂u
∥ (t)∥2L2 (Ω) + ∥∇u∥2L2 (Ω) = ∥v0 ∥L2 (Ω) + ∥∇u0 ∥L2 (Ω) , ∀t ≥ 0.
∂t
Cette égalité exprime une loi de conservation montrant que l’énergie du système reste invari-
ante au cours du temps.
∂2u
Écrivons l’équation des Ondes ∂t2
− ∆u = 0 sous la forme d’un système du premier ordre:
v = ∂u sur Q
∂t
(E1 )
∂v − ∆u = 0 sur Q
∂t
36
( )
u
et on pose U = de sorte que (E1 ) devient
v
dU
(E2 ) − AU = 0
dt
( ) ( ) ( ) ( )
0 −1 −v u(0) u0 (x)
avec A = ie AU = . U (0) = = .
−∆ 0 −∆u v(0) v0 (x)
On applique maintenant le théorème de Hille-Yosida dans l’espace de Hilbert H = H01 (Ω) ∩
L2 (Ω) muni du produit scalaire:
∫Ω ∫Ω ∫ Ω
∫ Ω Ω Ω
≥0
37
c’est à dire,
∥u∥L2 (Ω) ∥v∥L2 (Ω)
⟨(A + I)V, V ⟩H ≥ + + ∥∇u∥L2 (Ω) .
2 2
ii) (A + I) est maximal
( ) monotone, il suffit de vérifier que (A + 2I) est surjectif. Étant
f
donné F = , on doit donc résoudre l’équation AU + 2U = F, c’est à dire le
g
système
−v + 2u = f sur Ω
−∆u + 2v = g sur Ω
avec u ∈ H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω) et v ∈ H01 (Ω).
On en déduit de ce dernier système que
−∆u + 4u = 2f + g sur Ω.
Or, d’après l’exemple G avec c = 4, cette equation admet une solution unique u ∈
H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω), ensuite v = 2u − f ∈ H01 (Ω).
En appliquant maintenant le théorème de Hille-Yosida, on voit qu’il existe une solution
unique U du système E3 , avec
et ∫ ∫
∂u 1∂
(−∆u) dx = (∇u)2 dx.
∂t 2 ∂t
Ω Ω
D’où,
∫ ( ) ∫ ( )2 ∫
∂ 2u ∂ 1∂ ∂u 1∂
0= − ∆u = dx + (∇u)2 dx,
∂t2 ∂t 2 ∂t ∂t 2 ∂t
Ω Ω Ω
ou bien,
∂ ∂u 2 ∂
∥ ∥L2 (Ω) + ∥∇u∥2L2 (Ω) = 0.
∂t ∂t ∂t
En intégrant cette égalité de 0 à t ≥ 0, on a
∂u 2
∥ ∥ 2 − ∥v0 ∥2L2 (Ω) + ∥∇u∥2L2 (Ω) − ∥∇u0 ∥2L2 (Ω) = 0.
∂t L (Ω)
D’où,
∂u 2
∥ ∥ 2 + ∥∇u∥2L2 (Ω) = ∥v0 ∥2L2 (Ω) + ∥∇u0 ∥2L2 (Ω) = 0.
∂t L (Ω)
38
Remarque 4.0.2 Lorsque Ω est borné le problème (PO ) peut être résolu comme l’équation
de la Chaleur par décomposition sur une base hilbertienne.
On choisit la base hilbertienne (ek (x))k≥1 de L2 (Ω) constituée des fonctions propres de (−∆)
avec conditions de Dirichlet
−∆e = λ e sur Ω
k k k
e | = 0.
k ∂Ω
On a nécessairement
a′′k (t) + λk ak (t) = 0, k > 0, t ≥ 0.
D’où,
√ a′ (0) √
λk t) + √k
ak (t) = ak (0) cos( sin( λk t).
λk
′
Les constantes ak (0) et ak (0) sont déterminées à partir des relations
∑
∞
u0 (x) = u(x, 0) = ak (0)ek (x)
k=1
∂u ∑∞
v0 (x) = (x, 0) = a′k (0)ek (x)
∂t k=1
∑
∞
√
u0 (x) = 1 = ak (0) 2 sin kπx
k=1
∑∞
√
v0 (x) = 0 = a′k (0) 2 sin kπx.
k=1
a2k = 0, a2k+1 = 4 √
(2k+1)π 2
, a′k (0) = 0, k ≥ 1.
39