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UE : AFFECTIONS SYSTEME REPRODUCTEUR

CIBLE : IDE 2
DUREE 30H
ENSEIGNNTE : Dr TCHIFAM BERTHE EPSE DJALLO

PARTIE A : SEMIOLOGIE

LEUCORRHÉES

a. Définition
Les leucorrhées ou pertes blanches, sont des pertes non sanglantes venant des voies génitales de la
femme. Elles peuvent être physiologiques ou d'origine infectieuse. De pertes malodorantes (jaunâtres,
verdâtres) sont généralement le signe d'une pathologie associée. Le diagnostic se fait par prélèvement
des pertes. Le traitement dépendra de la cause.

b. Leucorrhées physiologiques
Elles proviennent essentiellement de la glaire cervicale, de la desquamation vaginale, du
transsudat vaginal des plexus veineux, et des secrétions des glandes vulvaires (glandes de Skene et de
Bartholin). Les femmes adultes non ménopausées en produisent entre 1 ml et 4 ml par jour, avec des
variations en fonction de l'âge, de la date dans le cycle menstruel, de la prise éventuelle d'hormones.
Ces secrétions présentent naturellement des pics importants en cas d'excitation sexuelle.

c. Les sécrétions normales : la glaire d'ovulation et les sécrétions vaginales


Il existe une sécrétion normale de survenue cyclique et régulière : la glaire d'ovulation. Elaborée à
l'intérieur du col de l'utérus, elle apparaît 48 heures avant l'ovulation et parvient à son maximum
d'abondance et de fluidité au moment même de l'ovulation.

Elle est blanche, inodore et empèse le linge. Elle ne provoque pas de symptôme. L'examen ne
montre pas d'inflammation, ni de rougeur.

Quand elle est d'abondance modérée, cette sécrétion ne s'extériorise pas trop, mais si elle est
importante, elle apparaît à la vulve sous forme d'un liquide muqueux filant comparable au blanc d'œuf
cru.

Il n'y a pas de traitement puisqu'il s'agit d'un phénomène normal.

Les leucorrhées en cas d'irritation et/ou d'infection

• Les pertes anormales provenant du col de l'utérus : cervicites.

Les pertes anormales provenant du vagin : vaginites

L'hygiène locale de la femme

L'hygiène de la vulve doit être quotidienne. Il est déconseillé de pratiquer des douches vaginales
quotidiennes. L'hygiène peut être réalisée à l'eau ou en utilisant un savon doux à pH neutre ou alcalin.

Cours proposé par Dr. TCHIFAM DJALLO BERTHE Page 1


MÉTRORRAGIES

1. Définition
Une métrorragie correspond à une perte de sang d'origine utérine plus ou moins importante
survenant en dehors de la période des règles chez la femme.

2. Symptômes
Le sang peut se présenter sous diverses apparences : rouge, noirâtre, avec ou sans caillot, etc. Par
ailleurs, le saignement peut survenir sur plusieurs jours.

3. Causes
Beaucoup de causes de métrorragies sont sans gravité, notamment un déséquilibre hormonal, des
fibromes, des polypes, des troubles de la coagulation ou une anomalie de l'endomètre appelé
adénomyose. Certaines causes peuvent cependant être plus graves comme les tumeurs malignes.

Les métrorragies survenant avant la puberté ou après la ménopause doivent a priori être
considérées comme anormales. Les métrorragies survenant au moment de la puberté sont
généralement associées à des règles trop abondantes, qui touchent 2 à 5% des adolescentes dans les
deux années suivant les premières règles.

4. Conséquences
Si elles ne sont pas prises en charge, les métrorragies peuvent conduire à des anémies. Mais le
problème est surtout que la pathologie sous-jacente n'est pas traitée.

5. Grossesse
Les métrorragies du premier trimestre sont relativement fréquentes puisqu'elles concernent une
femme sur quatre en début de grossesse. Dans tous les cas, et quel que soit le stade de la grossesse une
consultation est impérative car, chez la femme enceinte, une métrorragie peut être le signe d'une
fausse-couche, d'une grossesse extra-utérine ou, vers la fin de la grossesse, de deux pathologies graves
: l'hématome rétro-placentaire ou le placenta prævia.

6. Traitement : dépend de la cause

LES TROUBLES DES RÈGLES

Il existe différents troubles des règles. De nombreuses causes peuvent être à l'origine de ces
troubles. Les traitements seront proposés au cas par cas.

1. L'aménorrhée
L'aménorrhée se définit par l'absence totale de règles. Elle peut-être primaire ou secondaire. Dans
le cas d'une aménorrhée primaire, il s'agit de jeunes filles âgées de 16 ans et plus qui n'ont jamais eu
leurs règles. L'aménorrhée secondaire touche quant à elle des femmes non ménopausées, ayant déjà eu
leurs règles, et qui ne les ont plus depuis au moins trois mois.

Primaire ou secondaire, l'aménorrhée peut avoir plusieurs causes, notamment un retard


pubertaire, une malformation congénitale de l'utérus, une maladie génétique, la prise de contraceptifs
œstroprogestatifs l'arrêt d'un contraceptif, on parle alors d'aménorrhée transitoire, etc. D'autres causes
sont possibles : les suites d'une IVG ou d'une intervention chirurgicale sur l'utérus, une ménopause
précoce, un stress, choc psychologique, une anorexie provoquent aussi parfois une aménorrhée.

Le traitement de l'aménorrhée repose sur la prise d'hormones : œstrogènes, progestatifs, contraceptifs


œstroprogestatif.

2. Dysménorrhées
Les dysménorrhées se définissent par des douleurs qui précèdent, accompagnent ou font suite aux
règles. Elles peuvent être primaires ou secondaires. Différentes causes sont possibles : endométriose,

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fibrome utérin, tuberculose génitale, etc. Le traitement de la cause est mis en place. La prise
d'antalgiques pour calmer les douleurs est également proposée aux patientes.

3. Cycles irréguliers
Les règles chez la femme surviennent habituellement tous les 28 jours. À côté de ce schéma
classique, les variantes individuelles sont fréquentes : il y a par exemple des cycles courts de 22-25
jours et des cycles longs de 30-32 jours qui sont tout à fait normaux.

De même, si l'écoulement menstruel dure en général 3 ou 4 jours, il peut s'arrêter chez certaines
femmes après 2 jours ou se prolonger chez d'autres pendant 5 ou 6 jours.

Il faut donc faire la part des choses et ne s'alarmer que lorsqu'il s'agit d'un fait nouveau
d'apparition plus ou moins récente. C'est la modification des règles par rapport à ce qu'elles sont
d'habitude qui doit faire consulter.

La terminologie médicale est d'origine grecque :

• Les règles abondantes sont des hyperménorrhées ;

• Les règles abondantes et prolongées sont les ménorragies ;

• Les règles espacées sont des spanioménorrhées ;

• Les règles peu abondantes sont des oligoménorrhées ;

• Les métrorragies sont des hémorragies utérines survenant en dehors des règles ;

• Les ménométrorragies sont des règles abondantes accompagnées d'hémorragies utérines


survenant au cours du cycle.

Les causes de ces modifications menstruelles sont nombreuses :

• Une anomalie de la grossesse : fausse couche, grossesse extra-utérine...

• Une hémorragie d'origine tumorale : fibromes, cancers...

• Une endométriose ;

• Une tumeur ovarienne : kystes de l'ovaire...

• Une infection génitale chronique (salpingite chronique, tuberculose...) ;

• Un trouble fonctionnel des règles...

Lorsqu'une femme se plaint d'un trouble récent des règles, le premier réflexe est d'évoquer la
grossesse. Dans le cas de règles plus abondantes ou plus importantes, la hantise reste la grossesse
extra-utérine. Les menaces de fausse couche sont également causes d'hémorragies.

4. Causes et facteurs de risque


Les causes des troubles des règles sont nombreuses.

Rarement, il existe une cause organique :

• Maladie de la coagulation (maladie de Willebrand avec allongement du temps de saignement


(TS) et déficit en facteur de coagulation VIII) ;

• Rétrécissement mitral ;

• Polype, endométrite, dystrophie ovarienne ;

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• Adénose vaginale (Distilbène pendant la vie in utero) ;

• Traumatisme génital ;

• Complication de la grossesse (fausse couche, grossesse extra-utérine...) etc...

Le plus souvent, il s'agit d'une cause fonctionnelle :

• L'absence de formation de corps jaune provoque une hyperplasie de l'endomètre ;

• La muqueuse utérine, friable, est le siège d'une desquamation prolongée et incomplète ;

• La muqueuse utérine présente une anomalie de régénération.

• Altérations hormonales ponctuelles.

Le traitement dépend de la cause organique, générale ou fonctionnelle.

6. Syndromes prémenstruels

a. Définition
Le syndrome prémenstruel recouvre l'ensemble des troubles survenant avant les règles, qu'ils
soient d'ordre physique ou psychologique. Ils touchent environ 10 à 20 % de femmes. La cause de ces
troubles est inconnue mais semble, au moins en partie, d'origine hormonale.

b. Les symptômes
Environ une semaine (parfois un peu plus) avant les règles la femme présente différents troubles
qui disparaissent deux jours avant les règles. Ces troubles évoquent une rétention d'eau et de sel :

• Sensation de seins gonflés, tendus, douloureux rendant parfois impossible le port du soutien-
gorge ;

• Abdomen ballonné : sensation de prendre du ventre ;

• Visage bouffi avec gonflement des paupières, doigts boudinés interdisant le retrait des bagues
plusieurs jours par mois, chevilles enflées conservant la marque des chaussures le soir ;

• Prise de poids (1 à 2 kg), diminution des urines, œdèmes ;

• Troubles veineux : jambes lourdes, varices sensibles, poussées d'hémorroïdes...

• Maux de tête.

Elle peut présenter également des troubles du caractère ou psychologiques (asthénie,


dépression, tristesse, crises de larmes, nervosité, irritabilité, agressivité, anxiété, sautes d'humeur,
insomnie, manque d'énergie, fatigabilité, difficultés de concentration etc.…).

L'apparition des règles fait disparaître ces symptômes qui ne reviennent que le mois suivant.

c. Traitement
La relaxation, le repos, un exercice physique régulier, une alimentation équilibrée peuvent
apporter une aide. Cependant, ces méthodes ne sont pas officiellement admises comme recours
thérapeutiques. La progestérone naturelle ou de synthèse du 15e au 25e jour du cycle est très efficace.
Les médicaments veinotoniques peuvent soulager les troubles veineux.

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Partie B : PATHOLOGIES INFECTIEUSES

CANDIDOSES GÉNITALES (Mycoses génitales)

Les candidoses génitales, plus connues sous le nom de mycoses génitales touchent le plus souvent
les femmes. En cause ? Des circonstances particulières telles que les règles, la grossesse ou la prise
d'antibiotiques. La mycose génitale entraîne une rougeur et des démangeaisons. Le traitement est la
plupart du temps local.

1. Définition
C'est une infection des organes génitaux par un champignon. Elle est extrêmement fréquente et
banale notamment chez la femme. Le champignon en cause est pratiquement toujours le Candida
albicans. L'infection survient le plus souvent de façon endogène, liée au développement de Candida
déjà présents dans le vagin ou sur la peau. Elle peut également survenir de façon exogène, dans le
cadre d'une contamination par voie sexuelle, par piscine, plages... Cependant la candidose vaginale
n'est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible.

2. Causes et facteurs de risque des mycoses vaginales


Le vagin comporte à l'état normal et pour son équilibre des germes regroupés sous le terme de
flore de Döderlein. Cette flore est composée de plusieurs germes, principalement le lactobacillus.
Quand un des ces germes devient prépondérant, la flore est déséquilibrée : on parle de vaginose. C'est
ce qui se passe avec la mycose vaginale.

Certaines femmes sont prédisposées :

• Grossesse, prise de pilule, période des règles ;

• Prise d'antibiotiques, de corticoïdes ;

• Fatigue, autre maladie ;

• Défenses immunitaires affaiblies ;

• Diabète.

3. Signes de la maladie
Chez l'homme, la candidose se manifeste par une inflammation avec démangeaisons du gland et
du prépuce. À l'extrême, ces lésions peuvent évoluer vers un phimosis avec écoulement purulent. La
plupart du temps, l'infection est inapparente chez l'homme.

Chez la femme, il s'agit d'une infection de la vulve et du vagin (vulvo-vaginite) avec pertes
blanches inodores, démangeaisons s'accompagnant de brûlures locales et de douleurs pendant les
rapports sexuels. Ces symptômes sont exacerbés dans les jours qui précèdent les règles. Les pertes
blanches sont épaisses et ont l'aspect typique dit "lait caillé".

4. Diagnostics
Le diagnostic est souvent fait dès l'interrogatoire. L'examen standard (inspection de la vulve,
examen du col et du vagin sous spéculum) permet de retrouver les lésions typiques. Cet examen peut
être pratiqué par un médecin généraliste, un gynécologue ou un dermatologue.

5. Analyses et examens complémentaires


Ils ne sont pas indispensables au diagnostic. On peut réaliser un prélèvement si l'aspect est inhabituel,
s'il y a un doute avec un autre diagnostic ou si l'infection résiste à plusieurs traitements bien conduits.

6. Évolution de la maladie
La plupart du temps, le traitement est efficace rapidement. Cependant, malgré un traitement bien
conduit, la candidose a tendance à récidiver chez certaines femmes prédisposées.

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7. Traitement
Le respect de quelques mesures d'hygiène favorise la guérison et permettent d'éviter les récidives :

• Utiliser des sous-vêtements en coton ;

• Éviter les vêtements collants, moulants, étriqués ;

• Ne pas utiliser de savon à pH acide car un pH acide au niveau local favorise le développement
des candidoses ;

• Pas plus de deux toilettes intimes par jour ;

• Jamais d'instillation d'eau et de savon directement dans le vagin ;

• Eviter les irritations locales.

Le traitement est la plupart du temps local : ovules, comprimés vaginaux et crèmes ou gels sont
efficaces et ont relativement peu d'effets secondaires. Le traitement du partenaire n'est pas
systématique si celui ou celle-ci ne présente pas de symptomes (uniquement en cas de récidives
fréquentes).

• Ovules vaginaux pendant 1 à 3 jours parfois à renouveler au bout de quelques jours ;

• Crème ou lait antifongique à appliquer généreusement sur la vulve ou sur le gland pendant 10
jours ;

• Ovules antifongiques pendant 20 jours ((mycostatine, fungyzone, gyopevaryl) ou fazol en cure


2 cures de 3 jours séparées de 15jours,)

• Savon gynécologique spécial afin de calmer les irritations ;

• Un traitement par comprimés est indiqué en cas de récidives fréquentes. En effet, un foyer de
Candida présent au niveau digestif peut être la cause d'infections gynécologiques à répétition.
L'éradication du champignon permet d'enrayer le phénomène ;

• Un traitement préventif peut être indiqué en cas de prise d'antibiotiques chez les femmes qui
présentent des candidoses fréquentes. En effet, lors d'un traitement antibiotique, un déséquilibre de la
flore vaginale peut survenir qui favorise le développement de candidoses.

LES MÉTRITES

Nom générique à toutes les affections inflammatoires de l’utérus. Elles sont pratiquement toujours
associées à des salpingites ou à des cervicites.

1. Signes
• Douleurs pelviennes permanentes

• Hydrorrhées, parfois même hydrorrhées fétides

• Métrorragies intermittentes

L’examen ne permet de retrouver qu’une augmentation de volume et plus souvent ue sensibilité du


corps utérin lui-même ou à la mobilisation, mais surtout des lésions cervicales ou annexielles

2. Étiologie
Leur étiologie peut être gonococcique, colibacillaire, mais surtout apportés par les infections du
post-partum, post-abortum ou traumatique ; la tuberculose

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3. Complications
• Stérilité

• Synéchies

• Abcès utérins

4. Traitement
Nécessite des antibiotiques

SALPINGITE

1. Définition
La salpingite est une maladie gynécologique fréquente chez la femme jeune. C'est une infection
génitale qui touche les trompes de Fallope, qui coiffent chaque ovaire et mènent à l’utérus, à droite et à
gauche. Le germe le plus souvent responsable est Chlamydia trachomatis, suivi par le gonocoque ou le
mycoplasme, tous des germes sexuellement transmissibles.

2. signes cliniques
• Une douleur du bas ventre plus ou moins importante qui augmente au cours des rapports
sexuels.

• Des pertes vaginales anormales accompagnées de nausée.

• Des pertes de sang.

• Une association des trois à des degrés divers.

• Une fièvre plus ou moins élevée, avec ou non des frissons

3. Les facteurs de risque


• Une maladie sexuellement transmissible.

• La présence d'un stérilet.

• Le jeune âge de la femme.

• Des partenaires sexuels multiples.

4. Conduite à tenir
Après un interrogatoire détaillé (dont la notion de rapport non protégé qui pourrait mettre sur la piste
d'une grossesse extra-utérine), le médecin procède à un examen gynécologique.

o Il peut retrouver une infection du col de l'utérus (cervicite).

o Les touchers pelviens (vaginal et rectal) sont douloureux.

o Il demande un prélèvement cervico vaginal , une prise de sang (avec si possible l'obtention des
résultats dans les 6 heures) comportant une numération formule sanguine et une vitesse de
sédimentation à la recherche d'un foyer infectieux et une échographie pelvienne.

o Le traitement antibiotique est commencé le plus rapidement possible, en comprimé ou par une
injection en intramusculaire ou intraveineuse (suivant la gravité de l'infection ou le choix de
l'antibiotique).

o Une coelioscopie est pratiquée en cas de doute ou d'échec du traitement antibiotique.

o Enfin, il vous invitera à consulter dans les 3 jours pour vous commenter les résultats des
examens et apprécier l'évolution sous traitement

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5. Traitement
• Le traitement antibiotique associe toujours 2 antibiotiques (Ampicilline/gentamicine). Il est
commencé le plus rapidement possible et dure de 3 à 6 semaines selon l'évolution. Il est guidé par
l’antibiogramme).

• Repos absolu au lit

• Le traitement du partenaire est systématique.

• Recours à la chirurgie (salpingectomie) en cas de salpingite compliquée (hématosalpynx ou


présence de sang dans les trompes, pyosalpynx ou présence de pus).

Les suites

• Surveillance gynécologique régulière durant plusieurs mois (minimum 6 mois).

• Il est déconseillé de remettre un stérilet dans les suites d'une salpingite.

• Consultation dès le moindre problème génital (comme des pertes blanches abondantes par
exemple, des douleurs pelviennes typiques ou atypiques aussi bien en intensité que dans le temps).

• Il existe un risque de stérilité si la salpingite est mal ou insuffisamment traitée.

6. La salpingite chronique
La salpingite aiguë peut devenir chronique si elle n'est pas détectée à temps ou insuffisamment traitée.
Le risque est alors celui d'une infertilité.

Les signes sont:

• des douleurs pelviennes,

• des douleurs au cours des rapports que l'on retrouve lors du toucher vaginal,

• des pertes blanches,

• des saignements.

Les trompes sont "bouchées" et après un traitement antibiotique, si la femme désire une
grossesse, le chirurgien pourra envisager une reperméabilisation tubaire.

En cas d'échec de l'opération, la femme pourra avoir recours à l'assistance médicale à la procréation).

TRICHOMONAS

1. Définition
La Trichomonose uro-génitale est une infection sexuellement transmissibles (IST), bénigne,
cosmopolite et fréquente, due à Trichomonas vaginalis, protozoaire flagellé, parasite des voies uro-
génitales, mais qui peut être rencontré au niveau de la bouche, des amygdales, du rectum, en fonction
des pratiques sexuelles.

2. Epidémiologie
Parasite strictement humain, il n’existe que sous forme végétative et meurt rapidement dans le
milieu extérieur. Très sensible à la dessiccation, sa transmission d’un individu à un autre ne peut
s’effectuer qu’en milieu humide. Il peut survivre 1 à 2 heures sur une surface humide et jusqu'à 24
heures dans les urines ou le sperme.

Les conditions optimales de croissance sont une température de 35-37°C, un pH de 5,5 – 6, en


anaérobiose.

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Il s'agit d'une parasitose très fréquente puisque l'OMS estime que 170 millions de personnes sont
atteintes chaque année dans le monde dont 5 millions uniquement aux Etats-Unis.

Il s’agit d’une IST, mais on ne peut exclure la possibilité de contamination par du linge de toilette
humide. On peut noter la fréquente coexistence Trichomonas / Candida albicans, mais également
l'association avec d'autres microorganismes : gonocoque, Chlamydiae, mycoplasmes, VIH.

3. Diagnostic clinique
Les manifestations cliniques sont très différentes selon les sexes : manifestations bruyantes chez la
femme, a contrario l'homme est souvent porteur asymptomatique.

La période d'incubation silencieuse est en moyenne de 7 à 10 jours (5 à 28 jours).

a. Chez la femme
La forme classique de la vulvo-vaginite aigüe à T. vaginalis (25 % des vulvo-vaginites) associe
des leucorrhées spumeuses, aérées, jaune vert, (parfois blanchâtres) continuelles et nauséabondes, un
prurit vulvaire avec sensation de brûlure, des dyspareunies et parfois une cystite (dysurie, pollakiurie,
brûlures mictionnelles).

A l'examen, la vulve est rouge vif avec un exsudat et l'introduction du spéculum est douloureuse.
La muqueuse vaginale est rouge écarlate avec un piqueté hémorragique plus foncé.

b. Chez l’homme
Le parasite se localise aux glandes urétrales, à la prostate, aux vésicules séminales. Il est difficile à
mettre en évidence.

Le patient peut présenter une urétrite subaiguë avec un écoulement urétral plus ou moins purulent.
Il peut aussi exister des signes urinaires (dysurie, pollakiurie). Les complications à type de prostatites
sont exceptionnelles.

La plupart du temps le patient est asymptomatique ou pauci-symptomatique (qui se traduit


seulement par une goutte de sérosité matinale au niveau du méat).

L’absence de signes cliniques favorise la dissémination de la maladie.

4. Diagnostic biologique
4.1. Prélèvements

4.1.1. Chez la femme

La glaire cervicale doit être prélevée avant toute toilette intime et tout traitement. La patiente
doit éviter toutes relations sexuelles 24 à 48 heures avant le prélèvement.

L’examen est difficile et douloureux, il faut donc utiliser avec précaution un spéculum sans
lubrifiant. Il permet d’observer une muqueuse inflammatoire avec un piqueté hémorragique très
évocateur. Le prélèvement s’effectue au niveau des culs de sac vaginaux et de la glande de Bartholin
avec un écouvillon stérile imbibé de sérum physiologique.

4.1.2. Chez l’homme

Le prélèvement s'effectue avant toute miction matinale; on recueille la première sérosité


matinale au niveau du méat et les urines du premier jet.

Le massage de la prostate augmente la sensibilité du prélèvement.

Si le prélèvement est effectué en dehors du laboratoire il faut utiliser un écouvillon avec milieu
de transport (milieu de Stuart) qui permet la conservation des parasites 24 heures à température
ambiante. On peut également trouver les Trichomonas dans les urines.

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4.2. Examen biologique

L'examen direct doit être effectué le plus rapidement possible dans de l'eau physiologique à 37°C
ou sur platine chauffante. Cet examen permet de repérer les parasites mobiles, réfringents de forme
ovalaire ou arrondie.

5. Traitement
Il repose sur la prescription de nitro-imidazolés et dans tous les cas le traitement simultané du (ou des)
partenaire(s) est indispensable.

a. Traitement "minute"
Métronidazole (FLAGYL®) 2g per os en dose unique

Ce traitement est répété 15 jours après.

b. Traitement long
Le traitement long est préconisé dans les formes avec signes urinaires, en cas de rechute et chez
l'homme pour éviter les atteintes prostatiques.

- Métronidazole (FLAGYL®) 500 mg par jour en deux prises pendant 10 jours. Chez la femme, un
traitement local peut être associé : comprimé gynécologique tous les soirs pendant 10 jours.

- Ténonitrozole (ATRICAN®) 1 capsule matin et soir pendant 4 jours.

Chez la femme enceinte bien qu'il n'y ait pas de contre-indication à l'utilisation du
métronidazole on préférera un traitement local pendant le premier trimestre de la grossesse.

Chez la femme qui allaite, on pourra prescrire le métronidazole per os en dose unique avec
arrêt de l'allaitement pendant 24 heures.

6. Prévention

Les rapports sexuels protégés et le traitement simultané du ou des partenaires lors du dépistage
d’un cas sont la base de la prévention.

Points essentiels

● La trichomonose uro-génitale est une IST (Infection Sexuellement Transmissible).

● Elle est fréquemment associée à d'autres pathogènes (levures, bactéries ou virus).

● Les manifestations cliniques sont souvent bruyantes chez la femme.

● Le traitement du ou des partenaire(s), même asymptomatique(s), est obligatoire.

CHLAMYDIAE

La chlamydiose est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes dans le
monde entier. On estime à près d’un million de personnes infectées par le chlamydia aux États-Unis.
Des antibiotiques sont utilisés pour le traitement de la chlamydiose.

L'infection à chlamydia est une maladie sexuellement transmissible commune chez les humains. Elle
est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis.

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6. Symptômes de la chlamydiose
Maladie se présente sous deux variantes, à savoir la forme génitale et la chlamydiose oculaire.

Symptômes de la chlamydiose sexuelle

La forme sexuelle de la chlamydiose infecte aussi bien les femmes que les hommes.

a. Chez les femmes


La Chlamydiose du col de l'utérus est une infection sexuellement transmissible qui est
asymptomatique chez environ 50 à 70 % des femmes infectées. La moitié des femmes qui ont une
infection asymptomatique, développeront une maladie inflammatoire pelvienne se traduisant par une
infection de l'utérus, des trompes de Fallope, et/ou des ovaires. Ces inflammations peuvent provoquer
des cicatrices à l'intérieur des organes reproducteurs, qui plus tard peuvent entraîner des complications
dangereuses de la grossesse.

b. Chez les hommes


Environ 50% des hommes atteints de chlamydiose génitale développent des symptômes d'urétrite
infectieuse (inflammation de l'urètre). Les symptômes qui peuvent se produire sont : une sensation de
douleur ou de brûlure au moment d'uriner, un écoulement inhabituel du pénis, des testicules gonflés ou
flasques et la fièvre.

L'écoulement purulent observé est généralement moins visqueux et de couleur plus claire que celui
de la gonorrhée. Si elle n'est pas traitée à temps, il est possible que la chlamydiose génitale se propage
aux testicules provoquant une épididymite, qui dans de rares cas, peut provoquer la stérilité. La
chlamydia est également une cause potentielle de prostatite chez les hommes.

7. Symptômes de la chlamydiose oculaire


La conjonctivite à Chlamydia ou trachome était autrefois la cause la plus importante de cécité dans
le monde. En 1995, ce taux était de 15%, puis il est descendu à 3,6% en 2002. L'infection peut se
propager d'un œil à l'autre par le biais des doigts, des serviettes ou des mouchoirs. Les nouveau-nés
peuvent également développer une infection oculaire à chlamydia pendant l'accouchement. L'OMS
s'est fixé comme objectif l'élimination du trachome d'ici 2020.

8. Traitement de la chlamydiose
L'infection à C. trachomatis peut être efficacement traitée avec des antibiotiques, une fois
qu'elle est détectée. Les directives actuelles recommandent l'azithromycine, la doxycycline,
l'érythromycine ou l'ofloxacine. Les antibiotiques recommandés pour les femmes enceintes incluent
l'érythromycine et l'amoxicilline.

Le personnel soignant peut recommander que le partenaire soit traité afin de prévenir la
réinfection et la propagation de la maladie. Avec le traitement, l'infection devrait se dissiper dans
environ une semaine ou deux. Il est important de finir tous les antibiotiques, même si on se sent
mieux. Les femmes atteintes d'une infection à chlamydia graves peuvent nécessiter une hospitalisation,
un traitement de la douleur et une prise d'antibiotiques par intraveineuse.

VAGINITE

1. Description
Le vagin a son propre équilibre chimique, qui peut facilement être perturbé. Lorsque la muqueuse
du vagin présente une inflammation, ce trouble est appelé vaginite. Les jeunes filles et les femmes de
tout âge peuvent en être atteintes.

2. Causes
La vaginite peut s'expliquer par un grand nombre de causes.

La vaginite non infectieuse désigne une inflammation vaginale provoquée par des produits
chimiques irritants ou une allergie. Les spermicides, les douches vaginales, les détergents, les

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adoucisseurs de tissu et les condoms en latex peuvent tous irriter la paroi vaginale. Certaines serviettes
hygiéniques peuvent également provoquer une irritation à l'entrée du vagin.

La vaginite atrophique peut survenir avec la ménopause. Cette vaginite est provoquée par la
baisse de la concentration d'hormones (œstrogènes) et l'amincissement de la muqueuse vaginale. Le
vagin est donc plus sujet aux irritations.

La vaginite infectieuse est provoquée par une infection causée par des bactéries ou des levures.
Le trichomonas est un type d'infection vaginale causé par un parasite appelé Trichomonas vaginalis
qui se transmet lors d'un rapport sexuel non protégé avec un partenaire infecté. D'autres types
d'infections vaginales surviennent lorsqu'une femme présente une fistule, un conduit anormal reliant
l'intestin au vagin. Ce conduit permet aux matières fécales de pénétrer dans la région vaginale, ce qui
accroît grandement les risques d'infection.

Une vaginose bactérienne peut s'expliquer par un déséquilibre entre les bactéries présentes
normalement le vagin, qui le protègent, et des bactéries potentiellement nuisibles. Il a été démontré
que le tabagisme, le port d'un dispositif intra-utérin, l'utilisation de douches vaginales ou le fait d'avoir
des partenaires sexuels multiples peuvent tous augmenter le risque d'infection. La vaginose
bactérienne n'est pas considérée comme une infection transmissible sexuellement, car elle peut se
produire chez des femmes qui n'ont jamais eu de relations sexuelles vaginales.

Les infections à levures, également connues sous le nom de candidose vaginale, sont provoquées
par la croissance excessive d'une levure appelée Candida qui fait partie de la flore vaginale normale.
Elles peuvent survenir pendant une prise d'antibiotiques, lorsque votre concentration en œstrogène est
élevée (par exemple, pendant la grossesse ou si vous prenez un contraceptif oral), en cas de diabète
non contrôlé ou si votre système immunitaire est déprimé. Tout ce qui modifie le type et la quantité de
bactéries normalement présentes dans le vagin, par exemple la douche vaginale ou l'irritation causée
par une lubrification vaginale insuffisante, peut augmenter le risque. Une infection à levure peut être
transmise sexuellement, surtout lors de rapports sexuels oro-génitaux. Par contre, l'infection à levure
n'est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible parce qu'elle se produit chez des
femmes qui ne sont pas actives sexuellement et que le champignon Candida est présent naturellement
dans le vagin.

3. Symptômes et Complications
Les symptômes généraux de la vaginite comprennent des écoulements, des odeurs, une irritation et
des démangeaisons. Dans certains cas, il n'y a aucun symptôme même si une infection bactérienne est
présente. De façon générale, la vaginite bactérienne entraîne des démangeaisons et une sensation de
brûlure au moment d'uriner ou après les rapports sexuels. Il peut également y avoir des écoulements
blanchâtres nauséabonds (odeur de poisson), parfois plus faciles à remarquer après les rapports
sexuels.

Certaines femmes qui souffrent de trichomonas présentent des symptômes assez importants, alors
que d'autres n'en ont aucun. Le trichomonas entraîne des douleurs vaginales et, parfois, des douleurs
abdominales. Des écoulements abondants jaunâtres, verdâtres ou gris nauséabonds peuvent apparaître,
et le fait d'uriner ainsi que les rapports sexuels peuvent provoquer des douleurs. S'il n'est pas traité
pendant la grossesse, le trichomonas peut entraîner un début prématuré du travail.

Les symptômes des infections à levures sont des démangeaisons vaginales et des douleurs au
moment d'uriner. Les lèvres sont souvent gonflées et assez douloureuses. Des écoulements épais
blanchâtres peuvent ressembler à du fromage cottage. Les infections à levures peuvent également
provoquer de l'inconfort au cours des relations sexuelles.

Les vaginites allergiques ou irritantes peuvent provoquer des démangeaisons légères à graves ou une
sensation de brûlure sur la vulve, laquelle gonfle et rougit souvent. Ce type de vaginite n'entraîne pas
d'écoulements.

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La vaginite atrophique ne provoque souvent aucun symptôme, mais certaines femmes souffrent de
douleurs et d'un assèchement du vagin, qui peut devenir rouge et irrité. Les rapports sexuels sont
douloureux et suivis d'une sensation de brûlure. Des écoulements aqueux et des pertes vaginales
légères (légers saignements) sont fréquents avec ce type de vaginite.

4. Diagnostic
Le personnel soignant commencera par poser des questions sur les antécédents d'infections
vaginales ou d'infections transmissibles sexuellement puis il procédera à un examen physique ou
gynécologique. Les écoulements vaginaux sont envoyés au laboratoire afin d'être analysés et d'établir
s'il s'agit ou non d'une infection. Le médecin vérifie également le pH vaginal, ce qui peut indiquer la
cause de la vaginite.

S'il n'y a pas d'infection, le médecin posera des questions afin de déterminer s'il y a eu une
exposition vaginale à des produits chimiques ou irritants. Il peut notamment s'agir de douches
vaginales ou de condoms en latex.

Dans certains cas, la vaginite peut être diagnostiquée tout simplement en fonction de l'âge, étant
donné que les femmes ménopausées sont sujettes à une irritation de la muqueuse vaginale.

5. Traitement et Prévention
Le choix du traitement de la vaginite dépend de sa cause :

Des comprimés, des gels ou des crèmes peuvent être administrés afin de traiter la vaginite
bactérienne. Certains traitements peuvent être dangereux en cas de consommation d'alcool ou pendant
la grossesse, et certaines crèmes peuvent fragiliser les condoms en latex. Consultez pour savoir
comment utiliser sans danger le médicament prescrit.

Le traitement du trichomonas exige l'administration d'une seule dose d'antibiotique disponible sur
ordonnance, et les partenaires sexuels doivent être traités simultanément afin d'éviter les rechutes. Les
femmes enceintes devraient consulter leur médecin en ce qui concerne les éventuels risques liés au
traitement. Pour prévenir le trichomonas, limitez le nombre de vos partenaires sexuels et veillez à ce
que votre partenaire utilise toujours un condom en latex pendant les rapports.

On peut également recommander un onguent ou une crème à base de stéroïdes pour réduire la
rougeur, l'enflure et les démangeaisons qui sont causées par la vaginite irritative ou allergique. 4 ou 5
cuillères à soupe de bicarbonate de soude dans de l'eau tiède peuvent apporter un certain soulagement.
Il importe de déterminer la cause de la vaginite afin d'éviter par la suite les produits irritants.

La vaginite atrophique peut être réduite grâce à un traitement de substitution de l'œstrogène ou


par des lubrifiants (comme la gelée K-Y®)é .Les femmes qui souffrent de diabète devraient équilibrer
leur concentration sanguine de sucre afin de réduire les risques de vaginite.

La vaginite infectieuse peut être prévenue par l'utilisation de condoms. Aux toilettes, de
bonnes habitudes hygiéniques importent également : après être allée à la selle, s'essuyer de l'avant vers
l'arrière réduit les risques que les bactéries se propagent de l'anus au vagin.

Quelques conseils pour garder un tissu cutané vaginal sain et prévenir les vaginites non
infectieuses :

• éviter l'humidité prolongée et les frictions (par exemple ne pas se frotter vigoureusement à
l'aide d'une serviette);

• ne pas porter un costume de bain ou des vêtements d'exercice pendant de longues périodes;

• porter des sous-vêtements en coton, qui permettent le passage de l'air;

• porter des pantalons amples et éviter les collants;

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• adopter une autre méthode de contraception si les condoms lubrifiés, les gelées, les crèmes ou
les éponges provoquent une irritation de la peau;

• maintenir la région génitale propre et sèche;

• éviter les produits irritants comme les douches vaginales, les vaporisateurs hygiéniques
féminins, les serviettes hygiéniques ou les tampons désodorisés et le papier de toilette coloré ou
parfumé.

FISTULES VÉSICO-VAGINALES

1. Définition
La fistule vésico-vaginale (FVV) aussi appelée fistule obstétricale est une communication
anormale entre la vessie et le vagin entrainant une perte involontaire d’urine. Elle survient
généralement suite à un accouchement prolongé et difficile.

2. Symptômes
La fistule étant située entre le vagin et la vessie (vésico-vaginale), l’urine s’écoule en permanence
sans que la femme ne puisse rien contrôler. L’incontinence ne peut être stoppée que lorsque la fistule
est réparée. Sans soins, des complications (infections, insuffisance rénale) peuvent survenir.

Les femmes peuvent également souffrir d’une paralysie partielle des membres inférieurs en raison
de l’atteinte compressive des nerfs moteurs des membres inférieurs.

Au-delà de ces conséquences physiques, le traumatisme psychique peut également être important.
En raison de la gêne occasionnée par leur incontinence permanente, elles sont rejetées par leur
entourage (mari, famille…) et blâmées par leur communauté. Les femmes qui ne parviennent pas à se
faire soigner vivent souvent exclues et dans la honte.

3. Causes
Les fistules surviennent la plupart du temps pendant un accouchement dystocique (compliqué) où
la tête du bébé est venue exercer une pression trop prolongée sur le bassin, interrompant ainsi l’afflux
du sang dans tous les tissus mous ( vessie, vagin, rectum…). S’ensuit une nécrose de ces tissus.

Dans les pays en voie de développement, la précocité des grossesses chez des femmes encore
pubères, associée à une malnutrition, est bien souvent la cause première des accouchements difficiles.
Le bassin de ces jeunes filles n’est pas assez développé et ne permet donc pas un passage aisé de la
tête du nouveau-né. L'accouchement devrait alors être assisté par césarienne ou extraction
instrumentale (forceps, ventouse) mais cette assistance médicale ne peut être réalisée partout en temps
utile et de manière correcte, surtout dans des lieux isolés ou pauvres. L’accouchement est souvent fait
à domicile et peut alors durer plusieurs jours sans prise en charge médicale adaptée. Souvent, le bébé
est mort-né.

D’autres causes, moins fréquentes, peuvent être à l’origine des fistules notamment des causes
traumatiques (violences sexuelles) ou chirurgicales.

4. Diagnostic
Le diagnostic de la pathologie se fait à l’observation de symptômes en clinique mais pour
connaître le degré de lésions des tissus et l’exact trajet de la fistule, il est indispensable d'effectuer un
examen en profondeur par un expert en fistule.

5. Traitement
Les progrès de la chirurgie permettent désormais une très bonne prise en charge des fistules
vésico-vaginales. Cette chirurgie réparatrice consiste à reconstituer les tissus lésés et à refermer la

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fistule. Des séances de rééducation fonctionnelle sont nécessaires pour que les femmes retrouvent la
maitrise du sphincter et du périnée, ainsi que la marche en cas d’atteinte nerveuse.

Soins post-opératoire

Au terme d’une réparation d’une fistule vésico-vaginale, on placera une sonde à demeure pour
une durée de deux semaines au moins. Cette sonde sera irriguée continuellement ou occasionnellement
avec une solution d’antiseptique ou antibiotique.Un suivi social est aussi indispensable à la totale
réhabilitation de ces femmes auprès de leur entourage.

6. Prévention
Le traitement préventif le plus efficace demeure dans l'amélioration de la prise en charge médicale
des accouchements et plus particulièrement des accouchements difficiles. Ceci passe par un
développement des structures de santé, du système de référence et de professionnels formés. Il est
essentiel en parallèle d’informer les femmes et leur famille des risques liés à l’accouchement et de la
nécessité d’aller accoucher dans une structure de soins. Le soutien des responsables locaux et
nationaux est nécessaire à toutes les activités d’éducation et de sensibilisation.

La seconde prévention consiste à poser une sonde de Foley pour toutes les femmes ayant eu des
accouchements prolongées ou à risque de développer une fistule.

FISTULE RECTO-VAGINALE

1. DEFINITION
C'est une communication anormale entre le rectum et le vagin à travers la cloison recto-vaginale.

2. CLASSIFICATION
On peut classer les fistules recto-vaginales de différentes façons en fonction de leur localisation,
de la taille de l'étiologie d'où va découler la plus ou moins grande complexité du traitement. Il ne sera
pas question ici de fistule recto-vaginale congénitale.

a. localisation :
- les fistules recto-vaginales hautes, où la communication se fait à la partie haute de l'ampoule rectale
et le tiers supérieur du vagin.

- les fistules recto-vaginales basses dont la communication se fait entre la partie basse du rectum et le
tiers inférieur du vagin et entre les deux, les fistules recto-vaginales moyennes.

b. La taille :
On distingue des fistules de petite taille, c'est-à-dire inférieure à 0,5 cm, moyenne, entre 0,5 et 2,5
cm et de grande taille supérieure à 2,5 cm de diamètre.

c. L'étiologie :
Il existe de nombreux facteurs responsables de fistules recto-vaginales :

- Obstétrical : les fistules recto-vaginales ne se voient que dans 0,12% des 20 500 accouchements dans
la série de VENKATESH.

- Inflammatoire : essentiellement dans la maladie de Crohn où elles sont présentes dans 6 à 23% des
cas ; elles peuvent se voir également dans la recto-colite ulcéro-hémorragique.

- Infectieux : plus rare car l'origine cryptique des abcès donne plutôt une fistule

ano-vulvaire.

- Tumoral : tumeur maligne de l'utérus, du vagin, du rectum ou de l'anus.

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- Radique : 0,4% des irradiations pelviennes.

- Traumatique : avec des causes multiples : empalement, viol, canule de lavement, fécalome, objet ou
manœuvres érotiques…

- Iatrogène : soit médicamenteux par utilisation de suppositoire contenant de l'ergotamine, de


l'eucalyptine, du paracétamol et du dextropropoxyphène soit chirurgical :

hémorroïdectomie, anopexie de Longo, cure de rectocèle, anastomose iléo-anale (de 2 à 6% des cas)
ou colo-rectale basse (inférieure à 5% des cas), pelvectomie postérieure (7.7%), résection transanale
de petits cancers du rectum (4%).

La fréquence de ces étiologies varie considérablement d'une série à une autre en fonction de
l'orientation du service d'où elle provient (chirurgie, gynécologie obstétrique, proctologie, gastro-
entérologie).

3. L'ASPECT CLINIQUE
- Le signe le plus constant et le plus évocateur est la perception du passage de gaz et parfois de selles
liquides par le vagin. Peuvent s'y associer ou exister indépendamment des écoulements plus ou moins
purulents par le vagin, des infections vaginales et/ou urinaires récidivantes.

L'examen clinique comporte un interrogatoire portant en particulier sur les antécédents


obstétricaux et la continence (score). On inspectera avec soin l'anus, le vagin, le périnée et on
pratiquera toucher rectal et vaginal pour apprécier l'état de la cloison recto-vaginale, repérer les
orifices de communication et une éventuelle masse intra-rectale.

En fonction de l'étiologie, des signes gastro-intestinaux généraux plus ou moins intenses


peuvent être associés, en particulier une pseudo-incontinence, le passage des selles par le vagin étant
parfois perçu comme une incontinence.

- Un bilan complémentaire doit comporter une échographie endo-anale pour dépister une éventuelle
rupture sphinctérienne, apprécier les trajets, les logettes purulentes et les lésions périnéales associées.

- Les autres examens (I.R.M., opacification rectale, coloscopie, biopsie) sont faits à la demande.

On peut ainsi distinguer des fistules simples, basses non inflammatoires comportant peu ou pas de
rupture sphinctérienne et de petit diamètre ; les fistules complexes hautes, d'origine tumorale ou
s'accompagnant de rectite radique ou inflammatoire et de grande taille.

4. Diagnostic différentiel :
Dans les fistules hautes, il faudra éliminer une fistule entre grêle et vagin (surtout dans le cadre de
la maladie de Crohn) ou une fistule colo-vaginale (diverticule, cancer) ; dans les fistules basses, les
fistules ano-vulvaires d'origine crypto-glandulaire dont le trajet intéresse toute la musculature et dont
le traitement peut être différent.

5. TRAITEMENT
De nombreux traitements ont été proposés dans les fistules recto-vaginales et sur le plan
chirurgical il faut savoir ne pas se presser en particulier dans le cas de la maladie de Crohn où il faut
intervenir en phase quiescente, dans certaines fistules radiques pour s'assurer de l'absence de reprise du
processus néoplasique ou encore dans certaines fistules d'origine obstétricale qui peuvent s'arranger
spontanément.

a. Le traitement médical
Il est utilisé essentiellement dans le cas de la maladie de Crohn.

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- Les traitements classiques (5ASA, corticoïdes, immuno-suppresseurs) n'ont que peu d'intérêt ; seul
l'Infliximab dans de petites séries a donné des résultats encourageants à la dose de 5 mg/kilo en
perfusion à répéter toutes les 8 semaines. On peut l'associer à un drainage par séton.

Il faut savoir également que les deux tiers des fistules recto-vaginales d'origine crohniennes
sont relativement bien tolérées car peu productives, sans retentissement sur la continence et qu'un
traitement médical général et local est parfois suffisant pour avoir une qualité de vie correcte.

- La colle biologique : après curetage et drainage de la fistule, on injecte par un des orifices une colle
biologique autologue ou commerciale. Les séries actuellement publiées comportent un très petit
nombre de cas, un suivi court et un succès variable de 30 à 75 %.

b. Le traitement chirurgical
Les indications dépendent pour la plus grande part de l'étiologie des fistules recto-vaginales et de
l'état anatomique de l'appareil sphinctérien. On peut utiliser la technique de Musset dans les fistules
recto-vaginales basses avec lésions musculaires ; le lambeau d'avancement nécessite une muqueuse
rectale de bonne qualité ce qui exclut les atteintes rectales de la maladie de Crohn et la plupart des
rectites radiques.

c. Soins post-opératoire
Après réparation d’une fistule recto-vaginale,certais sois serot impératifs :

• Interdiction de tout examen rectal


• Institution d’u régime à faible résidu
• Les antibiotiques seront utilisés dans certains cas
CONCLUSION

Les fistules recto-vaginales sont fréquentes, d'étiologies très variées, leur traitement parfois
difficile dépend de multiples facteurs qu'il faudra apprécier avant toute démarche thérapeutique.

Kystes de l'ovaire

1. Définition
Il existe de nombreuses variétés de tumeurs ovariennes à contenu liquidien et l'on distingue
engénéral :
• les kystes fonctionnels qui doivent être respectés,

• les kystes organiques qui doivent être étudiés histologiquement car ils peuvent se compliquer,
dégénérer.

En ce qui concerne la dégénérescence, on pense, à l'heure actuelle, qu'il existe des kystes
bénins, cystadénomes bénins, des kystes à la limite de la malignité dits tumeurs "borderline".

Les kystes bénins sont classés en quatre catégories principales :

• les kystes séreux,

• les kystes dermoïdes,

• les kystes muqueux,

• les kystes endométriosiques à contenu hémorragique.

2. Clinique
Les kystes de l'ovaire sont très souvent latents et découverts par la perception d'une masse
pelvienne ou remontant au-dessus de la symphyse ou encore lors d'un examen échographique

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systématique dans la période péri-ménopausique. Parfois, c'est à l'occasion d'un examen décidé devant
:

• une sensation de pesanteur,

• tiraillement dans le petit bassin,

• des anomalies des règles,

• des troubles urinaires : dysurie, pollakiurie,

• une infécondité.

2.1. L'examen révèle

Une masse pelvienne d'abord qui est tendue, indolore, mais surtout indépendante de
l'utérus.Les mouvements du col, pris entre deux doigts vaginaux, n'entraînent pas le déplacement de la
main abdominale posée sur le pôle supérieur de la masse. Un doigt vaginal dans le cul-de-sac latéral
s'interpose facilement entre le corps utérin et le kyste donnant l'impression d'un sillon entre l'utérus et
la masse annexielle. Si le kyste est volumineux ou évolué, il a alors une localisation abdomino-
pelvienne voire abdominale. Il convient alors de le distinguer cliniquement de l'ascite par l’existence :

• d’une matité convexe en haut

• d'un vide sous-costal en position demi-assise

• et par l’absence de matité dans le flanc.

Toutefois, le diagnostic est très difficile cliniquement car il peut être gêné par des adhérences
ou encore par un kyste enclavé dans le Douglas ou inclus dans le ligament large.

2.2. Les examens complémentaires

Trois examens sont particulièrement importants :

2.2.1. L’échographie

L'échographie qui va permettre de préciser qu'il s'agit bien d'un kyste dont on précise les
dimensions et les caractères : uni ou multiloculaire, l'épaisseur des parois, l'existence ou non de
végétations endo ou exokystiques. Les caractéristiques échographiques font évoquer en présence d'un
kyste la possibilité d'une dégénérescence maligne.

2.2.2. La radiographie simple de l’abdomen

La radiographie simple de l'abdomen peut être utilisée pour rechercher des calcifications

lorsqu'il y a un kyste dermoïde.

2.2.3. La coelioscopie

La coelioscopie sera indiquée pour préciser la nature histologique du kyste et procéder à

l’exérèse endoscopique de la paroi du kyste.

3. Les complications
3.1. Les complications dégénératives

Actuellement l’ensemble des auteurs modernes, F. CABANNE (Dijon), R.E. SCULLY

(Boston), estiment que le caractère bénin ou malin des tumeurs ovariennes est fixé d’emblée

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et que les formes de passage de l’une à l’autre de ces états, bien qu’encore admises pour les tumeurs «
borderline », soient de plus en plus rarement rencontrées. Le problème reste donc posé des kystes
présentant des végétations intra mais surtout extra-kystiques qui doivent être considérées comme des
tumeurs « borderline ».

3.2. Les complications non dégénératives

3.2.1. La torsion du kyste de l’ovaire

La torsion du kyste de l’ovaire est le plus fréquemment rencontrée. Il s’agit d’un accidentaigu,
avec de violentes douleurs abdominales constantes, vives, sans colique véritable. Un état de choc
s’installe rapidement et le ventre se météorise sans que la défense pariétale soitévidente. L’examen
échographique reconnaît la présence d’une tumeur kystique en localisation soit pelvienne, soit
abdominale.

3.2.2. L’hémorragie

L’hémorragie : elle est le plus souvent intra-kystique mais elle peut être intra-péritonéale.

3.2.3. La rupture

La rupture : la rupture du kyste ovarien, même volumineux ,se traduit cliniquement par
uneviolente abdomino-pelvienne et la disparition à l’examen clinique de la masse pelvienne. Il existe
des ruptures :

• aseptique s’accompagnant d’un syndrome abdominal aigu, rappelant à l’étage hypogastrique celui de
la perforation de l’ulcération duodénale,

• septique qui surviendra à la suite, d’une torsion du pédicule du kyste et du sphacèle

qui en résultera et/ou de la perforation d’un kyste infecté.

3.2.4. L’infection subaiguë

L’infection subaiguë : elle évolue aussi par poussées successives qui résisteront aux traitements
médicaux.

3.2.5. Compressions

• Compression vésicale avec une pollakiurie digestive avec des constipations et un état sub-occlusif.

• Les développements monstrueux de certains kystes, atteignant plusieurs décalitres avec œdème des
membres inférieurs, compression de la veine cave, menant au faciès de Spencer Wells.

3.2.5.1. Au cours de la grossesse

Au cours de la grossesse :

• Les kystes peuvent se compliquer : torsion, infection, voire rupture. Il faut y penser dans les suites de
couches.

• Un kyste abdominal peut déterminer une présentation dystocique.

• Les kystes pelviens praevia forment des obstacles irréductibles car ils n’ascensionnent pas
contrairement aux fibromes.

L’intervention se justifie au cours du quatrième mois (après le relais placentaire).

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4. Le traitement
4.1. La coeliochirurgie représente le traitement préférentiel des kystes ovariens

L’endoscopie gynécologique permet de contrôler l’état de la paroi du kyste, de procéder à son


exérèse dans le même temps opératoire : kystectomie par coeliochirurgie.

La présence d’une endométriose évoluée avec de très nombreuses localisations péritonéales et


des adhérences digestives indiquera un traitement antigonadotrope mettant au repos complet

Les ovaires permettra d’obtenir une régression des kystes et facilitera leur exérèse endoscopique
ultérieure, après 6 à 9 mois de traitement.

L’examen histologique extemporané de la tumeur apporte le diagnostic POSITIF.

4.2. La laparotomie

La laparotomie n’est indiquée que lorsqu’il existe une suspicion de malignité ou pour les
tumeurs à la limite de la malignité.

La laparotomie permet d’effectuer un contrôle de l’ensemble de la cavité abdominale et, en cas


de signes de malignité, une intervention élargie et radicale de sécurité.

FIBROMES

1. Définition et particularités
Tumeur bénigne qui se développe aux dépens des fibres musculaires de l'utérus.

Les fibromes sont les tumeurs bénignes les plus fréquentes de la femme ; leur fréquence en Europe est
de l'ordre de 20 % des femmes à partir de 30 ans et de 40 % des femmes à 50 ans. Cette fréquence
augmente chez les femmes noires.

Ils croissent sous l'influence de plusieurs facteurs et en particulier, les œstrogènes et l'hormone de la
croissance.

Il s'agit d'une tumeur solide, très ferme de volume variable (de quelques mm à plusieurs dizaines de
cm) et d'un poids allant de quelques grammes à plus de 1000 grammes.

L'utérus peut être le siège d'un seul fibrome, mais en vérité, dans 2/3 des cas, les fibromes sont
multiples (de quelques noyaux fibromateux à plusieurs dizaines chez la même femme,)

Leurs limites sont arrondies, régulières mais sans vraie capsule et à la coupe, ils prennent l'aspect d'une
structure fasciculée de coloration beige rosée.

Le réseau sanguin vascularisant le fibrome se trouve dans le plan de clivage le spérant du myomètre
contigu, avec parfois quelques rares vaisseaux qui pénètrent au sein de sa structure léiomyomateuse.

Voir l'aspect macroscopique d'un fibrome de l'extérieur peut l'aspect de son contenu

• Synonyme

• Myome utérin
• Léiomyome
2. Localisations :
Classification des myomes : FIGO 2011

La localisation du fibrome peut être :

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Au niveau de l'utérus :

Les localisations des fibromes au niveau de l'utérus sont très variables, elles peuvent être classées en
localisations :

• sur le corps utérin : dans ce cas le fibrome peut être :

Interstitiel (ou intramural) quand il est localisé dans la paroi musculaire de l’utérus, (image
échographique ; IRM ; myomectomie par laparotomie) ;

Sous muqueux (endocavitaire) quand il se développe dans la cavité utérine et que l'endomètre recouvre
la partie saillante dans cette cavité, (image échographique, hystérosalpingographique et par IRM ) .

Sous séreux quand il se développe sur la surface externe de l'utérus

• Sur l'isthme utérin (isthmique) : le fibrome peut se développer dans la paroi utérine mais dans
certains son développement se fait dans le paramètre entraînant des phénomènes de compression
urétérale

• sur le col utérin (cervical) quand il se développe au niveau du col utérin :

Le fibrome cervical peut se développer soit dans la lumière du canal cervical sous forme de
fibrome sessile ou pédiculé (plypoïde), soit il se développe dans la paroi du col utérin (fibrome
intramural cervical) ; Il évolue souvent dans la portion sus-vaginale du col utérin et rarement dans sa
portion intra-vaginale, puis parfois il se développe dans les deux parties du col utérin (la portion supra
vaginale et intra vaginale) ; dans certains cas, il peut être très volumineux .

• Intra ligamentaire quand le fibrome est situé sur un ligament maintenant l'utérus comme par
exemple le ligament rond.

• Les fibromes de l'ovaire : des localisations rares par rapporte aux localisations au niveau de
l'utérus ; ils sont souvent l'élément principal et causal du syndrome de Demons-Meigs, une triade
associant : fibrome de l'ovaire (plus rarement, certaines types de tumeurs solides de l'ovaire) + ascite +
épanchement pleural.

3. Évolution des fibromes :


Modifications de volume :

Les fibromes peuvent restés stables en volume, mais la tendance à l'augmentation de volume
est l'événement le plus habituel.

L'augmentation de volume des fibromes se fait soit verticalement, c'est-à-dire vers la cavité
abdominale, soit horizontalement et à partir de certain volume il peut être à l'origine de phénomènes
de compression au niveau des organes avoisinants (vessie, uretères rectum, vaisseaux pelviens...).

o Transformations :

• Les fibromes sont des tumeurs susceptibles d'être le théâtre de perturbations de la


vascularisation ; l'insuffisance vasculaire aiguë ou chronique explique certaines
transformations structurelles comme :
• L’œdème ; la hyalinisation ; la thrombose ;
• La calcification (l'aspect échographique ; et l'aspect radiologique) ;
• L’involution adipeuse ou le fibrome prend l'aspect d'un lipome ;
• La nécrobiose aseptique : c'est un infarctus du fibrome, il se voit fréquemment pendant la
grossesse et dans le post-partum immédiat (après l'accouchement).
La nécrobiose aseptique du fibrome peut se traduire plusieurs années plus tard par son involution et la
réduction importante de son volume.

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La cavitation (la transformation pseudokystique) suite à une nécrobiose où une partie du
fibrome se liquéfie aboutissant à des formations cavitaires irrégulières, à contenu trouble dépourvu de
revêtement, creusé en plein tissu myomateux ;

• La dégénérescence kystique des fibromes sans nécrobiose


• La torsion des fibromes sous séreux pédiculés qui entraîne la nécrobiose du fibrome et la
rupture de ses pédicules veineux superficiels avec le risque de l'hémorragie intra-péritonéale.
• L’accouchement par le col utérin des fibromes sous muqueux à long pédicule avec l'infection
et la nécrose (séphacèle) qui sont associé souvent à cet événement.
4. Manifestations cliniques :
o Les fibromes utérins peuvent rester asymptomatique mais peuvent aussi, être à l'origine de un
ou plusieurs symptômes comme :

• les hydrorrhées ;
• les douleurs pelviennes : ce sont des douleurs chroniques mais dans certains cas ce sont des
douleurs aiguës (en cas torsion d'un fibrome sous séreux pédiculé, ou une nécrobiose
aseptique aiguë...) ;
• les ménorragies ;
• les métrorragies ;
• des symptômes et des signes de la compression des organes avoisinant tel que la vessie,
l'uretère et le rectum ;
• les fibromes pourraient être responsables de 2 à 10 % des problèmes de stérilité, soit parce
qu'ils compriment les trompes, soit parce qu'ils empêchent l'implantation de l'embryon ;
• en cours de la grossesse, ils peuvent provoquer des avortements à répétition et dans certains
cas particuliers des troubles dans le déroulement du travail, de l'accouchement et de la
délivrance du placenta ; puis le cas particulier de fibrome prævia (précédant la présentation
fœtale ) où l'accouchement par voie naturelle est impossible, donc la césarienne s'impose mais
l'intervention est souvent délicate et nécessite une grande expérience chirurgicale.
5. Diagnostic :
Le diagnostic des fibromes utérins et leurs localisations peut être fait :

• Par l'examen clinique (physique) ;


• Par l'échographie par voie abdominale et endovaginale ,et ;
• le scanner ;
• L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est un des meilleurs moyens de diagnostic des
myomes utérins et leurs localisations.
• L'hystéroscopie diagnostique surtout pour les fibromes sous muqueux ; la cœlioscopie dans
certain fibrome sous séreux.
6. Traitements :
Les fibromes utérins asymptomatiques de petite taille n'ont pas besoin d'être traités (50 à 80 % des
fibromes) ; par contre les fibromes symptomatiques doivent être traités ; ce traitement est différent
selon l'âge de la femme et son désir de grossesse ; pour cette raison :

Chez la femme jeune, et la femme désireuse d'enfants, le traitement consiste à l'ablation du fibrome
(cet acte chirurgical prend le nom de myomectomie ) et qui peut se faire : soit par hystéroscopie
opératoire pour les fibromes sous muqueux de petite taille :

Généralement la résection hystéroscopique est indiquée pour les fibromes :

• sous muqueux à grand diamètre intracavitaire (type II, ou à angle aigu) de taille inférieure ou
égale à 5 cm,
• les fibromes d'une taille de 3 à 5 cm, peuvent bénéficier d'un traitement préalable par les
analogues de GnRH car ce traitement peut réduire, après 2 à 3 mois de 20 à 50 % le volume du
fibrome ;

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• selon l'opérateur, ce même traitement médical préalable peut être administré pour les fibrome
de moins de 3 cm de diamètre.
• soit par cœlioscopie opératoire pour les fibromes interstitiels et sous séreux de moins de 8 cm
de taille et de moins de trois en nombres ;
• pour tous les autres cas la myomectomie se fait par laparotomie (ouverture classique de la
paroi abdominale) ;
• Il faut savoir que la grossesse est tout à fait possible même en présence d'un fibrome utérin. ,
• Chez la femme âgée et la femme non désireuse d'enfant ; l'hystérectomie est souvent
envisagée
• Dans certains centres, les médecins proposent un traitement appelé l'embolisation qui consiste
à assécher le fibrome ce qui permet de réduire sa taille et par conséquences faire disparaître les
symptômes qui l'accompagnent. Dans ce traitement le médecin radiologue, par des techniques
radiologiques repère et bouche l'artère qui alimente le fibrome ce qui permet d'arrêter sa
croissance et entraîner sa décroissance.
• Il existe un traitement connu sous le nom de "Myolyse coelioscopique" Il est basé sur la
combinaison d'une traitement médical préalable par un analogues GnRH suivi d'une
dévascularisation de fibrome effectuée par des tires au laser Yag sur sa couronne vasculaire
(repérée par échographie-Doppler au cours de l'intervention).

Syphilis

1. Généralités
La syphilis est une maladie sexuellement transmissible, très contagieuse, due à la bactérie
Treponema pallidum faisant partie de la famille des spirochètes.. La maladie se manifeste d'abord par
un chancre au niveau des organes génitaux, puis par des atteintes des nerfs et des viscères, parfois
plusieurs années après la contamination.

Maladie sexuellement transmissible (MST), la syphilis touche tout particulièrement les sujets ne se
protégeant pas lors des rapports sexuels.

2. Les symptômes de la syphilis


La maladie évolue en phases successives.

a. La syphilis primaire

L'incubation silencieuse (entre la contamination et les premiers symptômes) est en moyenne


de 3 semaines, mais peut se prolonger jusqu'à 3 mois.

La première phase se caractérise par l'apparition d'un chancre : lésion rosée, indolore, non
inflammatoire, propre, bien limitée devenant dure, laissant sortir un liquide clair. Il est localisé au
niveau des organes génitaux (gland, peau des testicules, grandes lèvres, clitoris, paroi du vagin, col
utérin). Il peut aussi être également extra-génital (lèvres, langue, amygdale, anus) et peut donc passer
inaperçu.

Des ganglions durs et indolores sont perçus dans la zone du chancre.

c. La syphilis secondaire

Elle survient entre 1 mois et 1 an après le rapport sexuel contaminant.

La bactérie est responsable de manifestations variées en particulier cutanées (nombreuses


lésions dont certaines sont contagieuses) et au niveau des muqueuses (bouche, langue, vulve, gland,
anus). Ces signes cutanés et muqueux sont associés à de nombreux ganglions palpables indolores, une

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fatigue, une température corporelle légèrement augmentée, des maux de tête. Méningite, hépatite,
atteintes rénales et articulaires sont possibles.

C. La syphilis tertiaire

Elle survient en l'absence de traitement, après quelques mois ou années silencieuses.

Elle est caractérisée par des atteintes neurologiques (on parle de neuro-syphilis), cardiaques,
hépatiques, digestives, rénales, laryngées, oculaires et des troubles psychiatriques. Pendant cette phase
de la maladie, le patient n'est plus contagieux.

La syphilis latente se définit comme l'infection par la bactérie sans manifestation clinique mais les
réactions sérologiques sanguines sont retrouvées positives. On distingue la syphilis latente précoce
(pendant la première année suivant la contamination) et la syphilis latente tardive (après la première
année).

3. Le diagnostic de syphilis
L'examen clinique

La syphilis étant une maladie sexuellement transmissible, le personnel soignant doit rechercher par
l'interrogatoire et l'examen clinique des éléments en faveur d'une autre MST (infection à VIH, hépatite
B…).

Au stade de syphilis primaire : le personnel soignant s'attache à rechercher des localisations


atypiques (extra-génitales) du chancre. Celui-ci peut passer inaperçu et la syphilis ne sera donc pas
traitée pouvant évoluer vers sa phase secondaire.

Au stade de syphilis secondaire : le médecin examinera et décrira les lésions cutanées et


muqueuses (pouvant siéger sur la langue, les plis, la muqueuse anale ou rectale).

4. Les examens complémentaires


Le diagnostic de syphilis, orienté par les données de l'interrogatoire et de l‘examen clinique, est
confirmé par les examens effectués au laboratoire de biologie.

Au stade de syphilis primaire

L'ultramicroscope à fond noir (microscope particulier pour la détection de cette bactérie) met
en évidence le tréponème sur les prélèvements (sérosité au niveau du chancre) qui doivent être
effectués avant l'administration d'antibiotiques. C'est le seul examen permettant de faire un diagnostic
précoce à ce stade, les réactions sérologiques devenant positives 15 jours après l'apparition du chancre.

Au stade de syphilis secondaire

L'examen à l'ultramicroscope à fond noir met en évidence la bactérie au niveau de certaines


lésions cutanées (plaques érosives).

Les réactions sérologiques visant à mettre en évidence des anticorps dirigés contre la bactérie
sont positives à ce stade. On distingue :

• Le VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) se positive 2 à 3 semaines après


l'apparition du chancre. C'est un test non spécifique (la positivité du test peut survenir en présence
d'autres maladies comme les hépatites virales, la mononucléose infectieuse, la varicelle, la tuberculose,
la toxoplasmose…) utilisé pour le dépistage de l'infection et son suivi. Ce test reste légèrement positif
ou négatif en cas de syphilis tertiaire. Le traitement antibiotique fait diminuer fortement le taux
d'anticorps en quelques mois.

• Le TPHA (Treponema Pallidum Haemagglutination Assay) plus spécifique, plus précoce


(positif vers le 10e jour du chancre) et persistant.

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• Le FTA (Fluorescent Treponemal Antibody) de spécificité quasi-parfaite (quand le test est
positif, on peut affirmer quasiment sans se tromper qu'il s'agit d'une syphilis) et plus précoce (positif
vers le 7 ème jour du chancre).

• Le test de Nelson représente le test de référence en termes de spécificité. Il se positive


tardivement (plus d'un mois) et ce de façon définitive. Ce test n'est cependant presque jamais utilisé, le
FTA étant suffisant.

• Les tests ELISA qui détectent des anticorps contre le Treponema sont encore peu utilisés.

4. Evolution de la syphilis

Les formes primaires et secondaires traitées correctement guérissent sans séquelle.

Sans traitement, l'évolution se fait dans un tiers des cas vers la guérison spontanée, dans un autre tiers
des cas vers les formes secondaires et tertiaires et dans un dernier tiers vers une syphilis latente.

5. Traitement de la syphylis
La syphilis est une maladie à déclaration obligatoire (nominale si le patient refuse de se traiter).

Il repose sur l'administration d'antibiotiques. La pénicilline G représente l'antibiotique de référence.


D'autres antibiotiques peuvent être utilisés en cas d'allergie à la pénicilline G (macrolides, cyclines).

Les modalités de traitement (en particulier la posologie) varient en fonction du caractère primaire,
secondaire ou tertiaire de la syphilis.

• Syphilis primaire : 1 seule injection intra-musculaire de benzathine-pénicilline


(Extencillinne 2,4M en IM STRICTE). En cas d'allergie, macrolides (Érythromycine 2g/J pendant 15
jours) ou cyclines pendant 15 jours par voie orale.

• Syphilis secondaire : 3 injections intra-musculaire à une semaine d'intervalle de benzathine-


pénicilline ou une injection de pénicilline retard. En cas d'allergie, macrolides ou cyclines pendant 15
jours par voie orale.

• Syphilis tertiaire (atteinte neurologique) : 3 injections de benzathine-pénicilline à une


semaine d'intervalle, ou pénicilline G par voie intra-veineuse pendant 15 jours.

La réaction d'Herxheimer est l'aggravation subite des symptômes 6 à 12 heures après la


première dose d'antibiotique (fièvre, malaises, douleurs musculaires). Pour éviter cette réaction, on
administre des corticoïdes 48 heures avant le début de l'antibiothérapie.

La surveillance comprend des examens sérologiques tous les 6 mois. La décroissance du taux
d'anticorps est variable après la syphilis secondaire. Sous traitement, elle décroît plus vite. Cette
surveillance permet de dépister des réinfections (réascension des anticorps).

Chez le patient infecté, le personnel soignant recherche de façon systématique d'autres


maladies sexuellement transmissibles (de façon systématique une infection à VIH) et les traite si
nécessaire.

Le personnel soignant doit dépister et traiter si nécessaire les partenaires sexuels du sujet
infecté.

La prévention est primordiale : éducation du patient (rapports sexuels protégés).

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Gonococcie

1. Généralités

Maladie sexuellement transmissible dont la déclaration est obligatoire, touchant les deux sexes
mais préférentiellement l'homme chez qui elle est symptomatique le plus souvent, autrement dit
s'accompagnant de symptômes et plus particulièrement d'un écoulement purulent par l'urètre. C'est une
maladie transmise par contact sexuel due à l'infection de l'organisme par le gonocoque et se
caractérisant par des atteintes des muqueuses (couche de cellules recouvrant l'intérieur des organes
creux) de l'appareil urinaire et génital et d'autres organes. La gonococcie est quelquefois à l'origine
d'une gonococcémie correspondant à la présence du gonocoque dans le sang ou encore à une
septicémie à gonocoque.

• Blennorragie chez la femme

Mécanisme de l'infection (physiopathologie) Le gonocoque est une espèce de bactérie


appartenant au genre Neisseria dont l'homme est le seul réservoir spécifique de la maladie vénérienne.
Les gonocoques se présentent sous la forme de 2 petits grains de café accolés généralement par la face
concave (bombée). Ils sont détruits par l'absence d'humidité et par une température supérieure à 41
degrés centigrades, c'est la raison pour laquelle en milieu humide et dans une température ambiante ce
germe est dangereux. La coloration nécessaire pour leur mise en évidence est celle de Gram-. Ce
germe provoque une inflammation de l'urètre (canal transportant l'urine de la vessie vers l'extérieur)
chez l'homme à l'origine de brûlures urinaires intenses lors des mictions (émission des urines)
persistantes au moins depuis 48 heures avec un écoulement jaunâtre par le méat urinaire (orifice situé
à l'extrémité du pénis).

Présent dans le pus de l'urètre le gonocoque pénètre l'intérieur d'une variété de globules blancs
: les polynucléaires et les fait éclater. La présence de germes libres caractérise habituellement les
formes chroniques. C'est la femme, comme porteuse saine, qui constitue le réservoir à l'origine de la
diffusion de l'infection.

On distingue classiquement les formes bruyantes et les formes non compliquées.

6. Symptômes

• L'incubation (période comprise entre la contamination et l'apparition des premiers symptômes


de la maladie) dure en principe moins de cinq jours mais peut dépasser 15 jours surtout quand il a été
prescrit des antibiotiques au préalable.

a) Chez l'homme
En ce qui concerne la première forme c'est-à-dire la forme bruyante, les symptômes sont :
Un écoulement par l'urètre d'un liquide purulent, de coloration jaunâtre s'accompagnant de…

Brûlures à la miction, intenses qualifiées de chaude pisse, de blennorragie.

Il existe chez certains patients une balanite (inflammation du gland)

Pour la forme non compliquée il n'y a pas de ganglions anormalement développés ou


douloureux, de température et le reste de l'examen effectué par le médecin est normal.

Quelquefois l'écoulement qui apparaît au bout de l'urètre n'est pas trouble et plus rarement on
constate aucun écoulement. Du reste environ 5 % des personnes réellement porteuses du gonocoque ne
présente pas de signe clinique.

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b) Chez la femme

Le plus souvent il s'agit d'une forme asymptomatique (sans signes cliniques). Dans ce cas la
gonococcie débute par une phase aiguë se caractérisant par une urétrocervicite (inflammation de
l'urètre et du col de l'utérus) avec symptômes discrets :

Une pollakiurie (fréquence excessive des mictions)

Des brûlures à l'évacuation des urines

Des pertes contenant du pus

3.Évolution et complications

Le gonocoque n'entraîne pas d'immunité ce qui explique que les réinfections sont fréquentes.

Quand une infection par le gonocoque n'est pas diagnostiquée à temps et donc non traitée, elle
est susceptible de se compliquer et d'entraîner une orchi-épididymite. L'épididyme est un organe
cylindrique situé derrière chaque testicule et s'étalant en "embrassant " celui-ci, faisant suite aux
canaux déférents qui sont des sortes de petits tubes sortant du testicule.

L'épididyme se prolonge par le canal déférent ou canal spermatique, qui débouche dans l'urètre
et qui est destiné à évacuer à la fois les urines et le sperme. Le canal de l'épididyme est microscopique
et très long. Sa forme anatomique le maintien pelotonné sur lui-même. C'est à l'intérieur de celui-ci
que les cellules spermatiques, c'est-à-dire les précurseurs des spermatozoïdes produits dans le testicule,
progressent lentement en achevant leur maturation. L'inflammation de l'épididyme, appelée également
épididymite, est presque toujours associée à une inflammation du testicule dans le cadre d'une
orchiépididymite. Parfois les deux épididymes sont atteints, ce qui provoque une obstruction des
canaux évacuateurs et donc une hypofertilité (fertilité plus faible que la normale).

L'évolution peut également se faire vers l'inflammation de la prostate (prostatite), ou des


vésicules séminales qui sont alors affectées par la suite (vésiculite). Il s'ensuit quelquefois une
rétention d'urine très douloureuse. La chronicité s'installe et se traduit par la présence d'une goutte
matinale n'ayant plus l'allure de la goutte de pus du début, on parle de la goutte du bonjour, et les
troubles urinaires sont variables. À la suite de cette affection de l'appareil urinaire on constate
quelquefois la survenue de petits papillomes au niveau du méat (crêtes de coq) ayant tendance à
saigner facilement. Chez certains patients on remarque la survenue d'une conjonctivite dite
conjonctivite gonococcique, traduction dela transmission du germe par l'intermédiaire des mains.

Enfin une septicémie gonococcique se traduit par le passage du gonocoque dans le sang
s'accompagnant d'une élévation importante de la température et qui nécessite la mise en évidence du
germe dans le sang (hémocultures). Chez la femme il est possible d'observer quelquefois des
complications locales (inflammation des glandes de Skene et de Bartholin) avec quelquefois plus
tardivement une inflammation du col de l'utérus et une salpingite (à l'origine de stérilité) aiguë ainsi
qu'une inflammation du rectum comme chez l'homosexuel (s'accompagnant quelquefois d'excoriations
avec petite perte de substance non associée à une atteinte des couches profonde de la peau) et une
atteinte abdominale basse.

Les autres complications susceptibles de survenir après une gonococcie sont :

a) L'arthrite gonococcique ou rhumatisme blennorragique qui est une des complications les plus
fréquentes se caractérisant par la présence dans le liquide synovial de l'articulation du gonocoque qui
est mis en évidence (dans seulement 1/4 des cas). Les patients souffrent dans ce cas de douleurs
articulaires et d'autres symptômes survenant généralement une à trois semaines après l'inflammation
de l'urètre. Quelquefois les symptômes apparaissent que quelques mois après l'urétrite. En dehors des
douleurs articulaires qui touchent les petites articulations et qui se caractérisent par des douleurs

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fugaces, on constate quelquefois une arthrite chronique ankylosante (inflammation des articulations
s'accompagnant d'une difficulté à bouger).

b) La ténosynovite qui correspond à une inflammation des gaines contenant les tendons se localisant
préférentiellement au niveau du poignet et du pied. Une des caractéristiques de la ténosynovite est
d'être la seule manifestation de la maladie dans certains cas.

c) La conjonctivite gonococcique est due au contact des yeux par des mains souillées (10 % des cas).
Elle se caractérise par la présence de pus parfois l'origine de lésions graves. En effet cette pathologie
est susceptible d'entraîner la présence d'ulcères, d'abcès et quelquefois une perforation de la cornée à
l'origine d'un iritis (inflammation de l'iris) qui récidive.

d) La gonococcie cutanée est une éruption de papules (petite surélévation de la peau) de coloration
rouge généralement associée à une adénopathie (anormalité des ganglions) de l'aine.

e) La péri hépatite survient rarement et a été décrite chez la femme. Appelée également syndrome de
Fitz- Hugh et Curtis ou péritonite gonococcique, il s'agit d'une inflammation des tissus et des organes
au voisinage du foie (péri hépatite) se traduisant par une douleur vivre de l'hypochondre droit (zone
située sous les côtes à droite), chez les individus ayant des antécédents d'infections génitales dues à
certains germes. Les symptômes sont les suivants :

• Douleurs qui irradient dans les régions de voisinage


• Contractures des muscles de l'abdomen
• Légère hyperthermie (fièvre).
Son évolution peut se faire vers : une cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire). Son
pronostic hépatique (concernant le foie) est bon. Le traitement à base d'antibiotiques en vient à bout.

f) La kératodermie gonococcique correspond à des complications rares susceptibles d'accompagner


l'arthrite touchant essentiellement la plante des pieds.

Casparticulier:

La vulvo-vaginite de la fillette se caractérise par la présence de rougeur, d'œdème de la vulve, de


pertes contenant du pus par le vagin. L'infection se transmet par le contact direct soit par des objets de
toilette souillés soit par des sécrétions provenant d'adultes.

La gonococcie du nouveau-né et plus particulièrement l'ophtalmie à gonocoque. Dans ce cas


l'infection est due au passage du germe dans les voies génitales de la mère. La conjonctivite purulente
qui en est le résultat va se manifester dès la première semaine de la vie et se compliquer quelquefois
d'ulcérations (perte du revêtement de surface constitué de cellules, plus ou moins profond survenant
localement) susceptible d'aboutir à une cécité visuelle (perte de la vue). Cette pathologie est
quelquefois confondue avec une conjonctivite à Chlamydia.

7. Diagnostic différentiel (ne pas confondre cette pathologie avec) :


• Chlamydia
• Trichomonases
• Gardnerella
• Candidat

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Lelabo

Des prélèvements, obtenus par deux écouvillons. Au niveau du méat, de l'urètre et du col utérus
sont nécessaires. Un écouvillon (prélèvement) de l'anus et du pharynx est systématiquement effectué
en cas de rapport par l'anus et les organes génitaux ou par la bouche et les organes génitaux.

La mise en évidence au microscope du gonocoque qui apparaît sous la forme d'une double coque
par la coloration gram-négatif est la certitude d'une gonococcie.

Il est particulièrement recommandé d'effectuer une recherche de la syphilis. Pour les spécialistes,
la culture sur milieux spéciaux (des résultats sont obtenus en 2 jours) va permettre d'effectuer un
antibiogramme (mis en évidence de l'antibiotique ou des antibiotiques efficaces contre le germe) et de
rechercher la production d'une bêtalactamase. La recherche de l'antigène spécifique est possible par la
méthode immunoenzymatique ou par la technique des sondes nucléiques. La réaction de polymérase
en chaîne (PCR) est une méthode rapide qui est quelquefois utilisée pour déceler dans un même temps
l'infection à Chlamydia.

8. Traitement et surveillance
D'autres maladies sexuellement transmissibles doivent être systématiquement recherchées il s'agit
entre autres d'un ou d'une :

• Herpès génital
• Infection par le virus de l'immunodéficience humaine
• Condylome
• Chlamydia
• Syphilis
La gonococcie réagit bien au traitement minute qui permet d'interrompre rapidement la
contagiosité. En France environ 30 % des gonocoques produisent de la bêtalactamase et 45 % résistent
à une variété d'antibiotiques : les tétracyclines.

Le traitement habituellement utilisé est :

• L’Oroken à 200 mg deux fois


• L'ofloxacine(oflocet) 400 mg
• La ciprofloxacine (Uniflox) à 250 mg
• Ceftriaxone à 250 mg intramusculaire

Quand il existe une résistance aux fluoroquinolones il est nécessaire d'avoir recours aux
céphalosporines à spectre large. En cas de présence de gonocoque sensible à la pénicilline on peut
remplacer la ceftriaxone par l'amoxicilline 3 g en une prise.

En ce qui concerne les gonococcies du pharynx et du rectum il est nécessaire d'utiliser des
mêmes molécules mais pendant cinq jours.

En présence d'une énophtalmie gonococcique il semble intéressant de pratiquer une injection


intramusculaire unique de 125 mg de ceftriaxone et d'effectuer des irrigations fréquentes des yeux.
Toujours dans le domaine ophtalmologique la conjonctivite gonococcique de l'adulte nécessite une
injection intramusculaire unique de 125 à 250 mg de ceftriaxone ou d'ampicilline à 3,5 g en une prise
unique avec un gramme de probénécide. L'utilisation d'un collyre contenant l'antibiotique est prescrite
généralement de façon associée. Étant donné que l'infection à Chlamydia est souvent associée à la
gonococcie, les équipes médicales conseillent habituellement d'associer la doxycycline à la dose 200
mg par voie buccale deux fois par jour pendant une semaine qui est remplacée par l'érythromycine
chez la femme enceinte à la dose de 500 mg toutes les quatre.

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En présence d'une vulvovaginite de la fillette il est nécessaire de traiter par la benzylpénicilline
ou l'ampicilline.

En ce qui concerne le nouveau-né il est nécessaire d'effectuer la prophylaxie de l'ophtalmie à


gonocoque. Chez l'homme il est nécessaire de faire revenir le patient après un traitement au troisième
et le septième jour et il faut insister sur le fait qu'il ne faut pas reprendre les rapports sexuels avant le
contrôle de la guérison.

Chez la femme le contrôle des prélèvements du col de l'utérus et du rectum doit avoir lieu 7 à
14 jours après le traitement. Dans l'ensemble des cas il est toujours nécessaire de vérifier la sérologie
de la syphilis deux semaines et deux mois après le traitement.

VIH/SIDA

Le virus du SIDA fait partie des lentivirus .Il s’agit d’un virus possédant un génome sous
forme ARN, contenu dans une capside protéique, elle-même entourée d’une enveloppe formée d’une
membrane lipidique.

Le Virus de l’immunodéficience humaine cible le système immunitaire et affaiblit les


systèmes de défense de l’organisme contre les infections et certains types de cancer. Avec l’altération
et la destruction des cellules immunitaires par les virus, l’immunodéficience s’installe progressivement
chez les sujets infectés. L’état immunitaire du sujet est classiquement mesuré par la numération des
CD4.

L’immunodéficience entraine une augmentation de la sensibilité à un grand nombre


d’infections et de maladies que l’on peut combattre normalement avec un système immunitaire sain.
Le stade le plus avancé de l’infection à VIH est le syndrome d’immunodéficience acquise(SIDA), qui
peut apparaitre au bout de 2 à 15ans selon le cas. Ce stade se définit par l’apparition de certains
cancers, d’infections et d’autres manifestations cliniques sévères.

1. Signes et symptômes
Les symptômes varient en fonction du stade de l’infection. Bien que les personnes vivant avec le
VIH tendent à être les plus contagieuses dans les premiers mois, nombreux sont ceux qui ignorent leur
situation jusqu’à un stade tardif. Dans les premières semaines qui suivent l’infection initiale, le sujet
peut rester asymptomatique ou présenter un syndrome grippal avec de la fièvre, des céphalées, un
érythème ou une irritation de la gorge

À mesure que l’infection affaiblit progressivement le système immunitaire, d’autres signes et


symptômes peuvent apparaitre, comme une tuméfaction des ganglions ,une perte de poids, de la fièvre,
de la diarrhées et de la toux .En l’absence de traitement ,de graves maladies peuvent survenir comme,
entre autres ,la tuberculose, la méningite à cryptocoque et certains cancers, comme des lymphomes ou
le sarcome de Kaposi,notament.

2. Modes de transmission
Le VIH peut se transmettre par le contact étroit et non protégé avec les liquide organiques d’un
sujet infecté : Sang, lait maternel, sperme et secrétions vaginales. Les trois principaux modes de
transmission sont :la transmission par voie sexuelle, la transmission par voie sanguine et la
transmission verticale(mère-enfant)

N.B : On ne contracte pas l’infection lors des gestes courants de la vie quotidienne : baisers, étreintes,
poignées de mains, partage d’objets personnels, ingestion d’eau ou de nourriture.

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3. Facteurs de risque
Parmi mes comportements et affections qui exposent les personnes à risque accru de contracter
l’infection à VIH, figurent :

• La pénétration anale ou vaginale non protégée


• La présence d’une autre infection sexuellement transmissible comme la syphilis, l’herpès, la
chlamidiose, la gonorrhée ou une vaginite bactérienne
• Le partage d’aiguille, seringues, de matériel d’injection et de solutions contaminées lors de
l’injection de drogues
• Les injections, les transfusions sanguines à risque, les gestes médicaux impliquant de couper
ou de percer la peau dans des conditions stériles
• Les piqures accidentelles, notamment chez les agents de santé.
4. Diagnostic
Le test révèle l’infection à VIH en détectant la présence ou l’absence d’anticorps dans le sang.
Ceux-ci sont produits par le système immunitaire pour lutter contre les agents pathogènes .Pour la
plupart des personnes, le délai de séro conversion, la « fenêtre sérologique», est en général de 3à 6
semaines au cours desquels l’organisme produit des anti-corps contre le VIH mais en quantité
insuffisante pour être détecté

Cette phase précoce de l’infection est aussi celle où la contagiosités la plus grande, mais la
transmission peut avoir lieu à tous les stades de l’infection .En cas d’exposition récente possible au
VIH, un second test doit être fait six semaines plus tard pour confirmer les premiers résultats après
avoir laissé suffisamment de temps aux sujets infectés pour fabriquer des anticorps

5. Conseil de dépistage
Le test de dépistage doit être e volontaire et il faut reconnaitre le droit de la personne à le refuser.
Le dépistage obligatoire ou contraint par un prestataire de soins, une autorité ,un partenaire ou un
membre de la famille n’est pas acceptable, car il compromet les bonnes pratiques de la santé publique
et constitue une violation des droits de l’Homme .Tous les services de conseil et de dépistage doivent
comporter les cinq éléments préconises par l’OMS :consentement éclairé, confidentialité, conseil,
résultats corrects des tests, lien avec les soins, le traitement et d’autres service.

6. Prévention
Au niveau individuel, on peut réduire le risque d’infection à VIH en limitant l’exposition aux
facteurs de risques ; Les principales méthodes de prévention, souvent appliquées en associant plusieurs
d’entre elles, sont les suivants :

1. Utilisation du préservatif

L’usage correct et régulier des préservatifs masculin ou féminin pendant la pénétration


vaginale ou anale protège de la propagation des infections sexuellement transmissible, parmi
lesquelles le VIH.

2. Conseil et dépistage du VIH et des IST

Le dépistage du VIH et des autres IST est fortement conseillé à tous ceux qui sont exposés à
n’importe lequel des facteurs de risque, de façon à ce qu’ils connaissent leurs état infectieux et
accèdent sans retard aux services de prévention et de traitement. L’OMS préconise aussi de proposer
le dépistage aux partenaires ou aux couples.

3. Prévention basée sur les ARV

3.1 Le traitement antirétroviral en que moyen de prévention

Un essai récent a confirmé que si une personne séropositive respecte un schéma thérapeutique
antirétroviral efficace, le risque de transmission du virus au partenaire sexuel indemne peut être réduit

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de 96%.Pour les couples serodiscordants, l’OMS recommande de proposer le traitement ARV au
partenaire séropositif quelle que soit sa numération des CD4.

3.2Prophylaxie pré-exposition(PrEP) pour le partenaire séronégatif

Des essais réalisés auprès des couples sérodiscordants ont montré que les ARV pris par le
partenaire séronégatif peuvent être efficace pour prévenir la transmission de l’infection par le
partenaire séropositif. C’est ce qu’on appelle la prophylaxie pré-exposition(PrEP)

3.3 Prophylaxie post-exposition(PPE)

La PPE consiste à prendre immédiatement des ARV dans les 72 heures suivant une exposition
accidentelle au VIH pour prévenir l’infection. On recommande souvent la PPE aux agents de santé
exposés à des piqures accidentelles sur le lieu de travail.

La PPE comporte le conseil, les premiers soins, le dépistage du VIH et, suivant le niveau de risque,
l’administration d’un traitement ARV pendant 28 jours avec suivi médical.

4.Élimination de la transmission mère-enfant(ETME)

On appelle transmission verticale ou TME la transmission du VIH par une mère séropositive à son
enfant au cours de la grossesse, du travail, de l’accouchement ou de l’allaitement. En l’absence de
toute intervention, les taux de transmission se situent entre 15 à45% ; On peut prévenir totalement la
TME si on donne à la mère comme à l’enfant le traitement ARV ou une prophylaxie ARV à tous les
stades où l’infection peut se produire.

7. Traitement

TUMEUR : CANCER DU COL DE L'UTERUS

1. Qu'est-ce que c'est ?


C'est, après le cancer du sein, un des plus fréquents des cancers de la femme.

On compte tous les ans 23 nouveaux cas pour 100 000 femmes.

Il survient chez la femme avant la ménopause le plus souvent.

2. Anatomie
L'anatomopathologie permet de distinguer au microscope deux cas très différents.

La partie superficielle du col de l'utérus est un épithélium. Le cancer du col de l'utérus est un
épithélioma.

Entre la partie extérieure du col (exocol) et la partie intérieure (endocol), existe une zone de
jonction qui est la zone fragile où débute en général la cancérisation.

se compose d'une couche superficielle et d'une couche profonde. Ces deux couches sont séparées
par une formation histologique appelée lame basale.

Lorsque la lame basale n'est pas touchée, seules les cellules épithéliales sont modifiées en surface ;
il s'agit d'un épithélioma intra-épithélial ou épithélioma pré-invasif ou cancer au stade 0 ou cancer in
situ.

Lorsque les cellules cancéreuses ont perforé la lame basale et envahi le tissu conjonctif sous-
jacent, il s'agit d'un cancer invasif.

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3. Facteurs favorisants
• Les infections vaginales et cervicales (condylomes ou infections à papillomavirus du groupe
herpès HPV) ;

• Les remaniements de la muqueuse d'origine hormonale : les états dysplasiques et


inflammatoires du col sont considérés comme des états précancéreux ;

• Le nombre de grossesses supérieur à 1

• La précocité des rapports sexuels

• Le changement fréquent de partenaires ;

• Multiplicité des partenaires

• Partenaire sexuel ayant lui-même plusieurs partenaires

• Le tabagisme ;

• L'exposition in utero au DES (diéthylstilbestrol).

N. B: Le cancer du col est possible pendant une grossesse.

4. LES SYMPTÔMES
• Le premier symptôme est le saignement au contact
• Un petit cancer peut provoquer un saignement minime à l'occasion d'un rapport sexuel, il doit
entraîner une consultation médicale avec frottis de dépistage.
• Le cancer qui guérit à près de 100 % est celui que l'on dépiste avant tout symptôme.
5. Les signes de la maladie
L'épithélioma non invasif in situ est totalement muet : il n'y a aucun symptôme. C'est une
découverte d'examen systématique du col fait dans le cadre du bilan gynécologique annuel ou au cours
de la surveillance médicale d'un état inflammatoire ou d'une dysplasie cervicale (polype, ulcération
etc...)

Lorsque le cancer fait parler de lui, la patiente consulte en général pour des pertes de sang
(métrorragies ) souvent provoquées (rapports sexuels, toilette intime etc.). Des leucorrhées (pertes
blanches) indolores sont parfois associées.

De toute façon des frottis cervicovaginaux sont pratiqués, ainsi qu'une colposcopie, qui vont
permettre la biopsie.

6. Examen
L'examen au spéculum peut aussi révéler la lésion bourgeonnante ou ulcérée.

Le frottis cervico-vaginal

Le frottis cervical est un examen simple. Il consiste à prélever des cellules du col de l'utérus
par un simple grattage indolore, et d'étaler ce prélèvement sur une lame. Après fixation, les lames sont
examinées au microscope par un médecin spécialisé dans cette lecture, l'anatomo-pathologiste.

Celui-ci décrit dans son compte-rendu les cellules qu'il a vues et peut classer le frottis en
classes I à V, mais cela n'est plus absolument nécessaire, la description des cellules suffisant à
départager ce qui est normal de ce qui est suspect ou franchement pathologique.

Il est recommandé de pratiquer deux frottis à un an d'intervalle à toutes les femmes ayant des
rapports sexuels, et ce à partir de l'âge de 25 ans. Il semble suffisant ensuite de contrôler un frottis
normal tous les trois ans, jusqu'à l'âge d'environ 65 ans. Cette fréquence peut être augmentée si le
médecin le juge nécessaire.

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En cas de dysplasie, celle-ci est classée (classification de Bethesda) en fonction de son
importance en CIN (néoplasie intra-épithéliale cervicale) I, II, ou III. La présence de koïlocytes signe
une infection à papillomavirus et est un équivalent de CIN I. Si une surveillance étroite, tous les deux
ou trois mois peut suffire devant un CIN I, la biopsie cervicale sous contrôle colposcopique s'impose
devant un CIN II ou III.

Le compte rendu du frottis cervicovaginal va décrire les cellules épithéliales observées, l'état
hormonal, la présence éventuelle d'une inflammation, de lésions dystrophiques ou métaplasiques, de
signes d'infection virale à papillomavirus (HPV) ou de néoplasies.

Le frottis cervical est donc un examen important, car il est simple, indolore, et permet de dépister les
lésions à leur tout début, à un stade où le traitement est extrêmement efficace.

La colposcopie après application d'une solution de Lugol (test de Schiller) permet de guider la biopsie
fondamentale pour le diagnostic.

Il est parfois nécessaire d'effectuer une biopsie étendue (conisation du col).

Le bilan de l'extension du cancer

• L'extension est surtout loco-régionale et lymphatique.


• L'extension de la tumeur se fait localement vers le vagin, la vessie, le rectum, les uretères.
• L'extension lymphatique se fait vers la paroi pelvienne.
• Les métastases sont toujours tardives (foie, poumons)
Ce bilan est très important puisque le traitement et le pronostic en dépendent.

Les touchers pelviens (toucher vaginal et toucher rectal) sont complétés par les examens
complémentaires :

• Cystoscopie (état de la vessie) ;

• Rectoscopie et lavement baryté (état du rectum) ;

• Hystérographie (état de l'utérus et des trompes) ;

• Urographie intraveineuse (état des uretères et des reins) ;

• Lymphographie (extension ganglionnaire lymphatique) ;

• Scanner et imagerie par résonance magnétique si nécessaire.

A la suite de ce bilan, il devient possible de classer le stade de la tumeur, ce qui va guider le


traitement.

7. PRONOSTIC
Quand le diagnostic est fait au tout début, la guérison est complète dans la presque totalité des cas.

8. L'ÉVOLUTION
Elle est surtout locale et régionale:

Latéralement dans les ligaments qui relient l'utérus à la paroi de la ceinture osseuse pelvienne (les
paramètres)

En avant vers la vessie et en arrière vers le rectum

Comme tous les cancers développés sur les muqueuses, le cancer du col utérin essaime plus ou moins
rapidement dans les ganglions régionaux

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9. TRAITEMENT
Il utilise la radiothérapie (curiethérapie utéro-vaginale et cobaltothérapie) et la chirurgie. La
chimiothérapie est utilisée dans certains cas.

La curiethérapie utéro vaginale consiste à mettre une source radioactive dans la cavité utérine et le
vagin au contact direct de la tumeur. Le principe d'une dose homogène élevée, dans un petit volume,
est à la base de l'efficacité et de la bonne tolérance de la curiethérapie. L'applicateur est mis en place
sous anesthésie générale. Une fois en place, il est chargé dans un deuxième temps grâce à un
projecteur de sources. La dosimétrie est pratiquée par ordinateur.

Au stade de cancer in situ, l'intervention peut se limiter chez la femme jeune désirant encore des
enfants à une simple conisation ou amputation du col sous couvert d'une surveillance attentive. Chez la
femme plus âgée, l'ablation de l'utérus (hystérectomie totale simple) est réalisée.

Dans des formes plus avancées, une chirurgie plus large est pratiquée, et peut être associée à une
radiothérapie externe du petit bassin.

HYDROCÈLE

Une hydrocèle est une accumulation anormale de fluide dans l’organisme. Dans le cas de
l’hydrocèle testiculaire, la plus courante, l’épanchement de liquide se produit entre le feuillet viscéral
et le feuillet pariétal de la tunique vaginale, membrane qui enveloppe les testicules.

Il existe deux types d’hydrocèle en fonction de la cause qui la provoque. En fonction de la


gravité et des symptômes, il faudra envisager un traitement pour l’éliminer.

1. Types et causes d’hydrocèle testiculaire


Les testicules se trouvent dans les bourses, un sac de peau et de tissu fibromusculaire aussi appelé
scrotum. Ils s’y trouvent immergés dans une petite quantité de liquide qui leur confère une certaine
mobilité et les rend moins vulnérables aux coups.

On parle d’hydrocèle testiculaire quand un épanchement de liquide se produit et fait gonfler la


zone concernée d’une façon anormale.

On distingue entre :

• Hydrocèle bilatérale
Si elle se produit de façon simultanée aux deux testicules

• Hydrocèle unilatérale
Si elle se produit à un seul testicule

Par ailleurs, il existe deux causes principales expliquant les deux types de base d’hydrocèle. En
fonction de la cause responsable de la pathologie, on sera en présence d’une hydrocèle congénitale ou
acquise.

a. Hydrocèle communicante ou congénitale


L’hydrocèle congénitale apparaît chez le nourrisson. C’est le type d’hydrocèle testiculaire le plus
fréquent, aussi connu comme hydrocèle communicante.

Elle se produit lorsque la tunique vaginale du testicule ne s’est pas complètement fermée, de sorte
que la communication avec la cavité péritonéale est conservée, ce qui provoque un épanchement du
liquide vers la cavité scrotale.

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Si le développement est normal, les testicules descendent de l’abdomen au scrotum par un conduit.
Les hydrocèles se forment lorsque ce conduit n’arrive pas à se fermer et le liquide s’accumule. C’est
pour cette raison qu’on observe que le testicule est enflé.

L’hydrocèle congénitale peut s’accompagner ou non d’une hernie inguinale.

L’hydrocèle congénitale est très fréquente chez le nourrisson. Elle disparaît généralement entre le
18e et le 24e mois. Si ce n’est pas le cas, le traitement prescrit sera l’opération.

b. Hydrocèle acquise
En opposition au type antérieure, elle est appelée hydrocèle non communicante. La raison
principale pour laquelle l’accumulation de liquide se produit est une inflammation causée pour
différentes raisons comme :

• Infection

• Torsion testiculaire

• Traumatisme

• Épididymite

• Tumeur

Par ailleurs, une intervention chirurgicale dans la zone testiculaire peut également être cause
de l’apparition de l’hydrocèle comme la vasectomie, une opération de la varicocèle ou de la hernie
inguinale.

L’hydrocèle acquise se produit chez les enfants et les adultes. En général, elle apparaît chez les
hommes à partir de 40 ans.

2. Symptômes et diagnostic
Les manifestations cliniques de l’hydrocèle sont l’inflammation ou gonflement indolore du
testicule concerné ou des deux testicules dans le cas de l’hydrocèle bilatérale.

Cette inflammation cause parfois des douleurs et rougeurs de la zone. Cependant, les symptômes
sont en général légers et ne sont pas un problème pour la vie quotidienne.

Le diagnostic de l’hydrocèle doit être établie par un urologue, qui va effectuer les examens suivants :

Palpation

Le liquide qui circule rend le testicule mou et peu perceptible au toucher. À la palpation du
scrotum, le personnel soignant va pouvoir sentir le gonflement mais le testicule a un volume normal à
l’intérieur du scrotum. De plus, s’il y a des variations dans la quantité de liquide, cela se doit en
principe à une hernie inguinale.

Transillumination du scrotum

C’est un examen diagnotique qui consiste à appliquer une source de lumière derrière le
scrotum pour l’illuminer. En présence d’une hydrocèle testiculaire, celui-ci s’illumine parce qu’il est
plein de liquide transparent.

Échographie

Elle est utilisée pour confirmer le diagnostic et vérifier qu’il n’y a pas de tumeur testiculaire.

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3. Traitement de l’hydrocèle
Normalement, l’hydrocèle n’est pas dangereuse. On la traite lorsqu’elle cause des gênes
importantes, de la honte ou que les testicules atteignent une taille si grande qu’elle rend l’apport
sanguin difficile.

En général, une hydrocèle simple disparaît sans besoin de traitement. Cependant, il y a des cas
dans lesquels il faut intervenir.

Nous vous expliquons les deux opérations utilisées actuellement pour éliminer l’hydrocèle.

a. Hydrocélectomie
Il s’agit d’une chirurgie ambulatoire de faible complexité avec d’excellents résultats. Son seul
handicap est qu’elle nécessite une anesthésie générale.

Résumée simplement, l’intervention chirurgicale consiste à pratiquer une légère incision dans le
scrotum ou dans la partie basse de l’abdomen, d’en extraire l’excès de liquide et d’éliminer une partie
des tissus pour éviter que le liquide revienne.

Les complications qui peuvent surgir après une opération d’hydrocélectomie sont les suivantes :

• Caillots de sang

• Infection

• Lésion des tissus ou structures du scrotum

b. Ponction ou aspiration scrotale


L’alternative est de retirer le liquide du scrotum avec une aiguille, ce qui est connu comme
ponction ou aspiration scrotale.

La ponction est généralement associée à une sclérothérapie, qui consiste à injecter des
médicaments sclérosants (qui durcissent ou épaississent) pour fermer l’ouverture. L’avantage de
recourir à cette technique est qu’elle aide à prévenir l’accumulation de liquide a posteriori.

Les risques associés à la ponction et la sclérothérapie sont les suivants :

• Fibrose

• Infection

• Douleur légère ou modérée dans la zone scrotale

• Retour de l’hydrocèle

En raison du risque élevé d’infection et de la probabilité de réapparition de l’hydrocèle, on préfère


généralement la chirurgie. La ponction peut être une alternative valide pour des personnes qui
présentent certaines contre-indications pour la chirurgie.
De plus, les hydrocèles qui apparaissent associés à une hernie inguinale doivent être réparées par
chirurgie le plus rapidement possible grâce à une hernioplastie.

c. Hydrocèle et fertilité
L’hydrocèle n’est pas une cause directe d’infertilité et n’affecte généralement pas la capacité
reproductive de l’homme de façon drastique.

Cependant, dans certains cas d’hydrocèle, il y a des facteurs qui, eux, peuvent compromettre la
fertilité, par exemple une infection.

Ainsi, l’hydrocèle peut indirectement compliquer l’obtention de la grossesse. Dans ce cas, il faut
envisager l’option de l’opérer.

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ORCHI-EPIDIDYMITE

L’infection des testicules et/ou de l’épididyme se rencontre à l’occasion d’une maladie


sexuellement transmissible ou plus volontiers d’une infection du carrefour urétro-prostatique chez le
sujet plus âgé.

1.1. Physiopathologie

L’infection urinaire ou urétrale migre vers les organes génitaux.

Plus rarement, il s’agit d’une localisation septique au décours d’une bactériémie.

1.2. Manifestations cliniques

Elles sont dominées par 2 symptômes :

- la douleur inguino-testiculaire, lancinante, pulsatile,

- le syndrome infectieux variable dans son début (pseudo palustre) ou dans son évolution.

Des signes urinaires ou des signes d’urétrite peuvent être associés.

L’examen retrouve des signes d’inflammation situés au niveau de l’épididyme : nodule isolé ou
atteinte de la totalité de celui-ci.

L’atteinte épididymaire peut gagner le testicule et être responsable d’un tableau d’orchi-épididymite.
La douleur est alors très intense ; la bourse est oedématiée, rouge, douloureuse. Il est impossible de
distinguer l’épididyme du testicule.

La recherche d’une prostatite est systématique par le toucher rectal en particulier.

1.3. Diagnostic différentiel

• torsion du testicule : absence de fièvre, examen échodoppler au moindre doute,

• orchite ourlienne, rare,

• cancer du testicule

• localisation d’une maladie générale, type périartérite noueuse, maladie de Behcet.

1.4. Examens complémentaires

• Biologie :

- Syndrome inflammatoire + polynucléose

• Hémocultures : le plus souvent négatives

• Prélèvements uro-génitaux :

- ECBU 1er jet

- ECBU 2ème jet

- Frottis urétral, prélèvement de pus urétral

- Recherche de BK dans les formes subaiguës ou chroniques, sérologie de la brucellose : localisation


secondaire, sérologie Chlamydia dans l’hypothèse d’une pathologie sexuellement transmissible.

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1.5. Enquête étiologique

L’étiologie sera précisée par l’interrogatoire :

- notion d’exposition sexuelle,

- manœuvre urétrale,

- sondage.

Les étiologies se répartisseent en deux groupes principaux :

- d’une part, les orchi-épididymites liées à une maladie sexuellement transmissible :

Gonocoque surtout, éventuellement Chlamydia.

Dans ce contexte, il existe une urétrite ± une prostatite.

L’atteinte orchi-épididymaire par du Candida, du Trichomonas, voire du Mycoplasme, est rare ou


discutable.

Il s’agit plutôt d’une pathologie du sujet jeune.

- D’autre part, les infections urinaires et prostatiques en rapport avec un uropathogène type
Escherichia coli, voire Pseudomonas ou Entérocoque lors de manoeuvres ou de pathologies iatrogènes.

Ceci se rencontre lors de la pathologie du carrefour urétro-prostatique (sténose, adénome),


prostatite postendoscopique.

1.6. Traitement, évolution

Selon l’étiologie :

- Ceftriaxone 500 puis Doxycycline 200 mg par jour, dans l’hypothèse d’une maladie sexuellement
transmissible.

- Ou Oflocet 200 mg 2 fois par jour pendant 10 jours.

- Le Cotrimoxazole, Bactrim peut être utilisé si une prostatite est associée, si le germe est sensible.
Dans l’hypothèse d’une prostatite, un traitement long de 4 à 6 semaines, voire 12 semaines, peut être
justifié.

- Outre le traitement antibiotique, un repos de l’organe, avec repos au lit, suspensoir et anti-
inflammatoires non stéroïdiens sont souvent indispensables.

La guérison est le plus souvent obtenue, parfois au prix d’un petit nodule résiduel.

Les complications sont rares : abcédation testiculaire, sur un terrain débilité (diabète, retard
diagnostique). Une récidive est possible si le traitement a été insuffisant.

Les séquelles sont représentées par :

- un obstacle canalaire, responsable d’une azoospermie,

- exceptionnellement, une nécrose testiculaire.

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LA TORSION TESTICULAIRE,

1. Définition
La torsion testiculaire correspond à un enroulement du cordon spermatique, contenant les veines et
les artères qui permettent l'irrigation du testicule, autour de celui-ci. De ce fait, l'irrigation du testicule
(glande reproductrice mâle) est interrompue. Cela risque donc de mettre en péril la vie de cette glande.

Cette atteinte est la conséquence d'une anomalie anatomique. Celle-ci peut avoir de grandes
conséquences et venir endommager la glande génitale de façon irréversible.

Le diagnostic, la prise en charge et l'intervention chirurgicale doivent être précoces et rapides afin de
limiter tout risque de dégradation importante.

Dans la majorité des cas (entre 50% et 80%), la maladie touche les deux testicules. De plus, deux
phases sont à distinguer dans le développement de la maladie : lors du développement périnatal et
pendant la phase post-pubertaire.

2. Les causes
La torsion testiculaire est la conséquence d'une anomalie anatomique, d'une déficience mécanique.
La maladie apparaît lors du développement du fœtus et peut se traduire sous deux formes :

• une anomalie de fixation de la membrane du testicule à la bourse : défaut d'accolement

• une déficience dans la résistance entre la glande (testicule) et le scrotum (sac de peau situé
entre le pénis et l'anus)

3. Les symptômes
Les signes cliniques et les symptômes généraux de la torsion testiculaire se traduisent par :

• un grossissement de la bourse avec douleurs et inflammation

• des douleurs irradiantes au niveau de l'aine et de la fosse iliaque

• des gênes pour marcher

• un risque de nausées, de vomissements ou encore de malaises

Il s'agit d'une urgence thérapeutique dont la prise en charge et le traitement doivent être immédiats.

4. Traitement
• Il est urgent et toujours chirurgical.

• Il s'agit d'une exploration du testicule (ouverture des enveloppes du testicule) sous anesthésie
générale. Cette exploration doit être réalisée au moindre doute sur une torsion.

• Le patient doit être prévenu de la possibilité de nécrose et perte définitive du testicule et donc
de son ablation.

• Après une courte incision sur la bourse, le testicule est détordu. S'il reste noir (nécrosé), on
peut être amené à le retirer et à le remplacer par une prothèse. S'il reprend une coloration rosée, le
testicule est gardé et fixé dans la bourse pour prévenir les récidives.

• Certaines équipes réalisent systématiquement la fixation préventive de l'autre testicule.

• Lorsque la prise en charge est retardée pour une raison quelconque, il est parfois possible de
gagner un temps précieux en détordant manuellement le cordon testiculaire en attendant l'intervention.

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• En cas de torsion-détorsion, ou lorsqu'une manoeuvre de détorsion a pu être réalisée par le


médecin, la fixation chirurgicale du testicule est moins urgente. Elle doit cependant être réalisée le
plus rapidement possible suivant l'épisode. L’attachement de chaque testicule à sa propre bourse.

CRYPTORCHIDIE

1. Définition
Il s’agit d’une anomalie de migration embryologique du testicule. Elle correspond à un arrêt de
migration sur le trajet normal entre l’aire lombaire et le scrotum. Le plus souvent unilatérale, elle peut
être bilatérale.

Elle est à distinguer de l’ectopie testiculaire (testicule en dehors du trajet physiologique de


migration). L’incidence des testicules cryptorchides est plus importante chez les nouveau-nés
prématurés. Dans plus de 50 % des cas, le testicule descend dans les 6 premiers mois de vie et la
majorité dans la première année de vie. La présence de deux testicules en position normale doit être
recherchée à la naissance et consignée dans le carnet de santé.

2. Signescliniques
Au cours de l’examen clinique, on note qu’il est impossible de palper le testicule dans la bourse.
Le testicule est parfois palpable à l’orifice inguinal.

Il faut évaluer le volume du testicule ectopique (atrophie ?) et rechercher une hypertrophie


controlatérale compensatrice.

En cas de cryptorchidie bilatérale, il faut rechercher un hypospadias ou un micropénis (ambiguïté


sexuelle) . Le testicule est parfois très mobile chez l’enfant et il peut facilement remonter en dehors de
la bourse. Si l’abaissement manuel se fait facilement et sans tension, il s’agit alors d’un testicule
oscillant et non d’une cryptorchidie.

3. Complications
La cryptorchidie peut se compliquer de :

• d’un cancer du testicule (risque relatif de 30 à 40), surveillance et diagnostic difficile en cas
de testicule cryptorchide. Même après abaissement testiculaire, le risque de cancer testiculaire reste
plus élevé que dans la population générale ;

• d’une torsion du cordon spermatique méconnue ;

• d’une infertilité, la température abdominale n’étant pas adaptée et trop élevée pour le
développement testiculaire. Le risque n’est réel qu’en cas de cryptorchidie bilatérale et est d’autant
plus élevé que les testicules sont abaissés tardivement ;

• d’une hernie inguinale souvent associée (persistance du canal péritonéo-vaginal).

4. Examens complémentaires
Le diagnostic est clinique, les examens complémentaires servent à localiser le testicule lorsqu’il
n’est pas palpable. L’échographie et TDM abdomino-pelviennes sont les plus utilisées. En cas de
négativité, une laparoscopie abdominale exploratrice est parfois préconisée.

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5. Priseencharge
Elle se fait à partir de l’âge de 1 an. Le traitement hormonal par injection intramusculaire d’hCG
n’est plus recommandé chez l’enfant de moins de 4 ans. Il faut informer le patient et les parents du
risque de récidive, du risque de lésion possible du canal déférent et du risque d’atrophie testiculaire.

Le traitement de référence est chirurgical. Plusieurs situations sont possibles :

• soit le testicule cryptorchide est palpable et on réalise alors un abaissement testiculaire par
voie inguinale avec fixation par voie scrotale ;

• soit le testicule cryptorchide n’est pas palpable, et on commence alors l’intervention par une
laparoscopie exploratrice à la recherche du testicule. S’il s’avère que le testicule est retrouvé très
atrophique, on peut discuter une orchidectomie. Si le testicule est de taille satisfaisante et bas situé, il
est abaissé en un temps. Si le testicule est très haut situé, l’abaissement se déroule en deux temps :
ligature première des vaisseaux spermatiques puis abaissement secondaire par voie inguinale.

La chirurgie de la cryptorchidie ne doit pas s’envisager avant l’âge d’un an.

Puis l’abaissement chirurgical doit être réalisé afin de limiter le risque d’infertilité et de cancer
du testicule.

Le recueil du consentement parental après informations des risques de la chirurgie est obligatoire chez
les mineurs.

INFERTILITÉ/INFÉCONDITÉ

I- DEFINITION

La fertilité correspond à la capacité pour un couple de concevoir (débuter une grossesse). On


parle d’infertilité lorsqu’au terme d’un an de rapports sexuels pénio-vaginaux réguliers (au moins 2
fois par semaine et en absence de toute contraception, ne survient toujours pas de grossesse.

NB : La fertilité d’un couple dépend de la fécondité des deux membres du couple.

La stérilité correspond au sens strict du terme à un état définitif et irréversible pour un couple
d’avoir un enfant. Ce terme ne peut être employé qu’à la fin de toute vie reproductive ou en cas
d’échec de toute thérapeutique. Il est souvent confondu et utilisé avec le terme infertilité.

Lorsqu’un couple consulte pour la première fois pour le désir d’un enfant qui tarde à venir, il
s’agit la plupart du temps d’une infertilité et non d’une stérilité. Au terme d'un bilan de stérilité,
souvent, la cause est retrouvée et un traitement est alors proposé.

On parle d’infécondité primaire si aucune grossesse n’a jamais eu lieu au sein du couple et
d’une infécondité secondaire si une ou plusieurs grossesses évolutives ou non est/sont intervenue/s
(enfant vivant, fausse couche spontanée, interruption volontaire de grossesse, grossesse extra-utérine).

Un couple sur sept (16%) consultera au cours de sa vie reproductive pour des difficultés à
concevoir. Dans 35 % des cas l’infertilité est d’origine féminine, dans 25 % des cas d’origine
masculine, dans 35 % des cas d’origine mixte. Dans les 8 % restants, le bilan d’infertilité du couple
est normal. On parle alors d’une stérilité inexpliquée ou stérilité idiopathique.

Cours proposé par Dr. TCHIFAM DJALLO BERTHE Page 42


II- CAUSES DE STERILITE FEMININE

1- Les anovulations (absence d’ovulation) ou dysovulations (trouble de l’ovulation)

Il s’agit d’une cause fréquente d’infertilité d’origine féminine (32%). Ce diagnostic est évoqué
devant l’existence d’une aménorrhée (absence de règles) ou de spanioménorrhée (irrégularités
menstruelles).

• Syndrome des ovaires polykystiques

• Hyperprolactinémie (4%)

• Causes hypophysaires (causes tumorales ou malformation)

• Causes hypothalamiques (causes congénitales, tumorales ou malformation)

• Insuffisance ovarienne primitive

o Anomalies chromosomiques (syndrome de Turner 45X0, mosaïques, etc.)

o Ménopause précoce

• Tumeurs ovariennes

• Pseudohermaphrodisme masculin

• Endocrinopathies périphériques extra gonadiques (glande thyroïde, glandes surrénales).

2 - Stérilité d’origine tubo-péritonéale

Il s’agit d’une cause fréquente d’infertilité féminine (26%). Ce diagnostic est évoqué devant
l’existence d’antécédents d’infection sexuellement transmissible ou de chirurgie pelvienne.

• Obstruction tubaire ou « trompes bouchées » (séquelles de maladies sexuellement


transmissibles à chlamydiae ou gonocoques, salpingite, pelvipéritonite) ; infections du post-partum
(après un accouchement) ou du post-abortum (après un avortement) ; après manoeuvre intra-utérines
(stérilet, curetage, etc.) ; appendicite avec péritonite ; tuberculose uro-génitale

• Adhérences pelviennes (post infectieuses ; post-opératoires ; endométriose)

• Malformation congénitale des trompes (après exposition in utero au Distilbène DES).

3- Endométriose (4%)

4- Stérilité d’origine utérine (4%)

• Malformations congénitales de l’utérus (utérus cloisonné, utérus bicorne, exposition in utero


au Distilbène DES)

• Infection (endométrite)

• Fibromes utérins, polypes utérins

• Synéchie utérine (après manoeuvre intra-utérines ou post-opératoire (stérilet, curetage,


ablation de fibrome)).

5- Stérilité d’origine cervicale (4%)

• Causes iatrogènes (conisation, laser, curetage, etc...)

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• Malformations congénitales du col utérin

• Fibromes ou polypes

• Infection (cervicite)

• Causes immunologiques (anticorps anti spermatozoïdes)

• Hyperacidité de la glaire cervicale (la glaire cervicale devient imperméable au passage des
spermatozoïdes).

6- Stérilité d’origine vulvo-vaginale

• Malformations congénitales du vagin ou de la vulve

• Vaginisme (contraction des muscles de la vulve).

III- CAUSES DE STERILITE MASCULINE

1- Hypogonadismes hypogonadotropes

Il s’agit d’une insuffisance de fonctionnement des testicules, due à un trouble de leur contrôle
hormonal.

• Déficits congénitaux de la sécrétion de l’hormone LHRH (GnRH) qui est normalement


fabriquée par l'hypothalamus

• Facteurs psychiques et nutritionnels

• Syndromes polymalformatifs

• Maladies générales chroniques

• Tumeurs, infections ou traumatismes du système nerveux central

• Causes iatrogènes (chirurgicales, pharmacologiques, chimiothérapie, radiothérapie).

2- Insuffisance testiculaire primaire hyper ou normogonadotrope

Il s’agit d’une anomalie de la production des spermatozoïdes au niveau des testicules.

• Anomalies chromosomiques (syndrome de Klinefelter 47XXY, mosaïques, translocations,


inversions, microdélétions du chromosome Y etc.)

• Tumeurs testiculaires (tumeurs bénignes et cancers)

• Cryptorchidie (anomalie de position du testicule qui n'est pas au fond de la bourse)

• Orchite (infection du testicule par des virus, celui des oreillons par exemple)

• Torsion du cordon spermatique entraînant une nécrose ischémique testiculaire (trouble de la


vascularisation du testicule)

• Varicocèle (dilatation de veines autour du testicule)

• Traumatismes testiculaires (coup de pied, accident de vélo ou de voiture)

• Infection généralisée virale ou bactérienne, états fébriles

• Antécédent de chirurgie (hernie inguinale, torsion du cordon spermatique)

Cours proposé par Dr. TCHIFAM DJALLO BERTHE Page 44


• Antécédent de radiothérapie ou de chimiothérapie

• Exposition professionnelles et environnementales à des toxiques : insecticides, métaux lourds,


herbicides (agents anti spermatogéniques)

• Exposition professionnelle à la chaleur (sidérurgiste, métallurgiste, boulanger)

• Exposition professionnelle aux radiations ionisantes

• Alcool, drogues, tabac

• Syndromes polymalformatifs.

3- Causes obstructives par anomalies du transport des spermatozoïdes : obstruction ou absence


des voies spermatiques

Les canaux qui acheminent les spermatozoïdes des testicules vers l'urètre peuvent être obstrués
(bouchés) ou absents.

• Malformations congénitales de la voie séminale : absence des canaux déférents associée à des
anomalies rénales

• Anomalies génétiques avec agénésie des canaux déférents (gène de la mucoviscidose CFTR)

• Séquelles d'infections génitales ou urinaires

• Tumeurs des voies excrétrices (tumeurs de l’épididyme)

• Antécédent de chirurgie (post vasectomie) ou de radiothérapie pelvienne

• Tumeurs.

4- Pathologie prostato-vésiculaire

• Infections de la prostate et des vésicules séminales (épididymite, déférentite, vésiculite,


prostatite, urétrite)

• Malformations congénitales

• Tumeurs de la prostate (bénigne ou maligne).

5- Causes immunologiques (2%)

• Production d’anticorps anti spermatozoïdes (auto-immunisation).

6- Anomalies de la structure ou de la mobilité des spermatozoïdes

• Anomalies spécifiques de la tête spermatique (globozoospermie, microcéphalie)

• Anomalies structurales du flagelle (syndrome des cils immobiles).

7- Troubles du comportement sexuel

• Troubles de l’érection (impuissance)

• Anéjaculations : éjaculation rétrograde (absence d’éjaculat, existence d’un orgasme, présence


de spermatozoïdes dans les urines); orgasme sans éjaculation (éjaculation sèche: absence d’éjaculat,
absence de spermatozoïdes dans les urines); anéjaculation sans orgasme (absence d’éjaculat, absence
de spermatozoïdes dans les urines)

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• Ejaculation prématurée ante portas (éjaculation avant pénétration).

8- Causes idiopathiques

Une cause à l'infertilité masculine est retrouvée dans 50 à 60 % des cas à la suite de tous les
examens pratiqués. Lorsqu'aucune cause n'est retrouvée on parle d'infertilité masculine « idiopathique
». Dans ces cas, les causes de l'anomalie spermatique restent inconnues.

IV- PRISE EN CHARGE D’UN COUPLE INFERTILE

Ce qu’il faut savoir :

- Homme : 50% Femme : 50%

- Pour résoudre le problème, il faut poser le diagnostic : notre démarche est donc une démarche
diagnostique

- Toujours amener l’époux à consulter et faire son bilan car il s’agit d’un problème de couple.

Première consultation :

- Identification

- Anamnèse

- Examen physique

- Premier bilan

- NFS

- VDRL/TPHA

- Chlamydia

- Mycoplasme

-PCV

- bilan hormonal (fonction de l’anamnèse et de l’examen physique) : FSH/LH, Prolactinemie, E2,

- Echographie pelvienne (chez la femme).

Deuxième consultation :

- Analyse des résultats du bilan et prescription si indiquée

- Investigations :

- HSG

- Spermogramme

Troisième consultation

- Analyse des résultats :

Cours proposé par Dr. TCHIFAM DJALLO BERTHE Page 46


- Si les résultats sont normaux : faire stimulation ovarienne de niveau I sur 3 cycles. Si échec de la
stimulation de niveau I, laisser reposer les ovaires pendant un mois puis faire stimulation de niveau II
avec monitorage ovarien par échographies sériées. Si echec, recours à la PMA

- Technique de PMA :

• La micro-injection (ICSI)
• Insémination artificielle (IAC)
• Fécondation in vitro (FIV)

PATHOLOGIES MAMMAIRES

ABCÈS DU SEIN

Introduction

Les abcès du sein se définissent par la formation d’une collection purulente dans la glande
mammaire ou le tissu périglandulaire. On les diagnostique plus fréquemment chez les femmes allaitant
que chez les femmes n’allaitant pas. Ils sont donc soit puerpéraux , soit non puerpéraux. Les abcès
puerpéraux peuvent compliquer une mastite. Ils sont favorisés par des rhagades et des blessures du
complexe aréolo-mammelonnaire. La prescription précoce d’une antibiothérapie en cas de mastite a
grandement diminué leur fréquence. Les abcès non puerpéraux sont favorisés par une anomalie
anatomique (inversion du mamelon, ectasie des canaux galactophores, métaplasie malpighienne des
sinus lactifères ou piercing) ou par des facteurs généraux (diabète, obésité, immunodépression ou
tabagisme).Ils peuvent aussi toucher l’homme, sans âge de prédilection.

1. Clinique
Les signes cliniques associent la douleur, la rougeur et la tuméfaction. Les abcès puerpéraux sont
généralement unilatéraux et profonds. Les abcès non puerpéraux sont souvent superficiels et para-
aréolaires.

2. Étiologie
Les germes impliqués dans les abcès du sein sont aérobis et anaérobes. Le Staphylocoque aureus
est le germe aérobe le plus fréquemment isolé dans les abcès puerpéraux. Le peptostreptocoque et le
propionibacterium sont des germes anaérobes isolés dans les infections aiguës, chroniques ou
récidivantes ; on les trouve souvent associés à d’autres germes anaérobes ou aérobes.

3. Diagnostic
L’échographie est l’examen de choix pour confirmer le diagnostic, réaliser des prélèvements
bactériologiques et biopsiques et surveiller l’évolution des lésions.L’échodoppler n’apporte rien au
diagnostic. La mammographie n’a pas non plus de place en phase aiguë ; on y recourt si la
symptomatologie ne cède pas aux traitements de première intention. Le diagnostic différentiel se pose
parfois avec les cancers inflammatoires. La fréquence d’une association entre un abcès et un cancer
varie de 2 à 20%. Enfin, toute infection récidivante inexpliquée ne doit pas faire oublier la tuberculose
mammaire.

4. Traitement
Le traitement de première intention des abcès du sein associe une antibiothérapie par voie générale
(amoxicilline et acide clavulanique 2 x 1 g/j ; érythromycine 3-4 x 250 mg/j ; clindamycine 3 x 300
mg/j) à une ponction-aspiration échoguidée à l’aiguille 14 G et à une irrigation d’une solution
isotonique. Il est souvent nécessaire de répéter plusieurs fois cette ponction. Lorsque l’abcès mesure
plus de 3 cm, il est conseillé d’insérer un drain percutané de 6-8 F avant de procéder à des rinçages
quotidiens, car ponctionner fait mal ! Ce traitement ne nécessite pas d’hospitalisation. Le taux de
succès varie de 82 à 91%. Le cloisonnement d’un abcès est une cause d’échec. L’acide hyaluronique,

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ajouté au liquide de rinçage, peut favoriser la rupture des cloisons ; contre-indiqué pendant
l’allaitement, il impose le recours à un tire-lait pendant la durée de sa prescription.

La chirurgie trouve sa place en cas d’échec des drainages percutanés. Elle consiste à inciser le
sein en anesthésie générale, à effondrer les logettes au doigt, à prélever et à évacuer le pus,puis à
laisser en place un drain souple. Les abcès non puerpéraux récidivent plus souvent que les abcès
puerpéraux. Ils peuvent fistuliser, imposant alors une exérèse chirurgicale (figure 5).

Conclusion

Les ponctions-aspirations percutanées échoguidées devraient constituer le traitement de


première intention des abcès du sein.17 Le traitement chirurgical garde une place en cas d’échec des
procédures conservatrices et d’abcès récidivant ou chronique.

Mammite

1. Description
La mastite, également connue sous l'appellation infection du sein, est une infection du tissu
mammaire. Elle est causée par des bactéries qui pénètrent habituellement dans le sein par de petites
fissures dans le mamelon et qui se multiplient ensuite dans le tissu graisseux du sein.

2. Causes
La mastite peut se produire lorsque les bactéries retrouvées communément à la surface du sein
pénètrent dans le mamelon par de petites fissures. Les bactéries se multiplient ensuite dans le tissu
graisseux du sein qui entoure les canaux lactifères (par lesquels le lait s'écoule), ce qui provoque de
l'enflure, de la chaleur ou de la douleur. L'enflure peut exercer une pression sur les canaux lactifères et
les bloquer.

Une mastite apparaît plus communément chez les femmes qui allaitent au sein. Elle peut toutefois
également se produire chez des femmes qui n'allaitent pas. Staphylococcus aureus est la bactérie
associée le plus souvent à ce type d'infection.

L'infection peut également se produire après que du lait bloque l'un des nombreux canaux
lactifères du sein, emprisonnant ainsi les bactéries dans le tissu mammaire. De cette façon, le blocage
d'un canal lactifère est également susceptible de provoquer une infection du sein.

3. Symptômes et Complications
Les femmes qui ont contracté une mastite peuvent ressentir de la douleur au sein et peuvent
présenter de la fièvre ou une sensation de malaise. La douleur est provoquée par l'enflure du tissu
mammaire. Les autres symptômes incluent :

• une douleur mammaire au toucher, de la rougeur, une enflure ou de la sensibilité,

• une zone de chaleur dans le tissu mammaire,

• des démangeaisons,

• un écoulement de liquide ou de pus du mamelon,

• des changements de la sensation au sein,

• une fièvre;

• une enflure des ganglions lymphatiques du même côté que le sein atteint,

• une masse au sein.

Les infections importantes peuvent évoluer en kystes remplis de pus à l'intérieur du tissu
mammaire; c'est ce que l'on appelle des abcès. Dans certains cas semblables, il peut s'avérer nécessaire
Cours proposé par Dr. TCHIFAM DJALLO BERTHE Page 48
qu'une femme arrête temporairement d'allaiter son bébé et même qu'elle subisse une intervention
chirurgicale.

4. Diagnostic
Pour déterminer si vous avez une mastite, le personnel soignant vous fera subir un examen
physique et vous posera certaines questions sur vos symptômes. Il n'est pas habituellement nécessaire
de recourir à des tests chez les femmes qui allaitent.

Toutefois, si vous n'allaitez pas, il se peut que le personnel soignant demande certaines analyses
pour mieux comprendre votre affection. Parmi celles-ci, il pourrait y avoir une mammographie ou une
biopsie (prélèvement d'un échantillon de tissu).

5. Traitement et Prévention
Les femmes qui allaitent et sont atteintes d'une mastite devraient :

• beaucoup se reposer;

• appliquer une étoffe chaude et humide sur la région affectée plusieurs fois par jour;

• allaiter leur bébé fréquemment et utiliser différentes positions d'allaitement pour aider à ouvrir
le canal lactifère qui est bloqué.

On peut également utiliser des antibiotiques pour soigner la mastite lorsque les symptômes
durent plus de 24 heures malgré le repos, la chaleur et l'allaitement fréquent. Si on prescrit des
antibiotiques, il est essentiel de terminer le traitement d'antibiotiques pour prévenir la récidive de
l'infection. Prenez toujours le médicament conformément aux directives de votre médecin.

On encourage typiquement les mères qui allaitent à continuer à donner le sein à leur bébé
pendant qu'elles reçoivent le traitement pour la mastite. L'allaitement maternel peut aider à ouvrir les
canaux lactifères qui sont bloqués, ce qui réduira l'accumulation de lait et aidera le nourrisson à
conserver de bonnes techniques d'allaitement. En général, les mères n'ont pas à s'inquiéter de faire du
tort à leur bébé, car les antibiotiques utilisés pour traiter ces infections sont habituellement sans danger
pour l'allaitement.

Beaucoup de mères atteintes d'une mastite craignent de passer l'infection à leur nourrisson. Il
importe de comprendre que le lait maternel contient plusieurs composantes antibactériennes qui
protègent le nourrisson de l'infection.

Il est possible de prévenir de futures infections au sein. Essayez de porter un soutien-gorge


bien ajusté, allaitez votre nourrisson fréquemment pour empêcher les canaux lactifères de se bloquer,
évitez de porter des objets lourds sur les épaules (par ex. un sac à main, des sacs à couches, etc.), et
utilisez plusieurs positions différentes pendant l'allaitement pour faciliter le drainage de différentes
régions du sein

CANCER DU SEIN

Le cancer du sein prend naissance dans les cellules du sein. La tumeur cancéreuse (maligne)
est un groupe de cellules cancéreuses qui peuvent envahir et détruire le tissu voisin. Elle peut aussi se
propager (métastases) à d’autres parties du corps.

Les cellules du sein subissent parfois des changements qui rendent leur mode de croissance ou leur
comportement anormal. Ces changements peuvent engendrer des affections non cancéreuses
(bénignes) du sein, comme l’hyperplasie atypique et des kystes. Ils peuvent aussi entraîner la
formation de tumeurs non cancéreuses, dont les papillomes intracanalaires.

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1. Les seins
La femme et l’homme ont des seins, mais la femme a plus de tissu mammaire que l'homme. Les
seins renferment des glandes mammaires. Seules les glandes mammaires chez la femme peuvent
produire du lait pour nourrir un bébé. C’est pourquoi les seins sont des organes accessoires de
l’appareil reproducteur féminin.

Les seins sont divisés par une ligne invisible qui va de haut en bas et de gauche à droite en passant
par le mamelon. Chacune de ces 4 régions est appelée quadrant. La plupart des cancers du sein
apparaissent dans le quadrant externe supérieur, près de l’aisselle puisque cette région comprend
beaucoup de tissu glandulaire.

a. Structure
Chaque sein repose sur un large muscle du thorax appelé muscle grand pectoral. Le sein couvre
une région assez grande : en hauteur jusqu'à la clavicule et en largeur, de l'aisselle (creux axillaire)
jusqu'au milieu du sternum environ.

b. Parties du sein
Le sein est fait de graisse, de tissu conjonctif, de glandes et de canaux.

Les ligaments sont des bandes serrées de tissu conjonctif qui soutiennent les seins. Ils
traversent le sein de la peau jusqu'aux muscles où ils se fixent au thorax.

Les lobules sont des groupes de glandes qui produisent le lait. Chaque sein comporte de 15 à
25 lobules. Les glandes produisent du lait quand elles sont stimulées par les hormones de la femme en
cours de grossesse.

Les canaux sont des tubes qui transportent le lait des lobules au mamelon.

Le mamelon est la région située au centre de l’aréole et d’où sort le lait à une extrémité. Le
mamelon est fait de fibres musculaires. Quand ces fibres se contractent, le mamelon durcit, ou pointe
vers l’extérieur.

L’aréole est la surface ronde, rosée ou brunâtre qui entoure le mamelon. Elle contient de petites
glandes qui libèrent, ou sécrètent, une substance huileuse qui agit comme lubrifiant pour le mamelon
et l’aréole.

c. Système lymphatique du sein


Le sein contient de nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques. Les vaisseaux lymphatiques
sont des tubes minces semblables aux vaisseaux sanguins. Ils recueillent et transportent la lymphe loin
du sein jusqu'à de petites masses de tissu lymphatique en forme de haricot appelées ganglions
lymphatiques, qui entourent la région mammaire. Les vaisseaux et les ganglions lymphatiques font
partie du système lymphatique, qui aide à combattre les infections.

Plusieurs groupes de ganglions lymphatiques évacuent la lymphe de chaque sein. On les


trouve des deux côtés du corps.

Les ganglions sus-claviculaires se trouvent au-dessus de la clavicule.

Les ganglions infra-claviculaires, ou sous-claviculaires, se trouvent sous la clavicule.

Les ganglions mammaires internes se trouvent à l'intérieur du thorax, autour du sternum.

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Les ganglions lymphatiques axillaires se trouvent à l’aisselle (creux axillaire). On en compte
de 30 à 50 par aisselle. Ils sont répartis en 3 niveaux selon leur proximité au large muscle du thorax
appelé grand pectoral. Quand le cancer du sein se propage, il le fait habituellement aux ganglions de
niveau I, puis aux ganglions de niveau II et ensuite aux ganglions de niveau III.

• Les ganglions de niveau I (région axillaire inférieure) longent le bord externe du muscle situé
sous le grand pectoral appelé petit pectoral.

• Les ganglions de niveau II (région axillaire centrale) se trouvent sous le muscle petit pectoral.

• Les ganglions de niveau III (région axillaire supérieure) longent le bord interne du petit
pectoral.

d. Développement des seins chez la femme


Les seins de la femme commencent à se développer à la puberté, qui arrive habituellement entre
10 et 12 ans. Ils réagissent alors aux changements hormonaux qui se produisent dans le corps, dont
une hausse des taux d'œstrogène et de progestérone. Les seins commencent à former une réserve de
graisse et les canaux à se développer et à se ramifier. Les glandes commencent également à se
développer à la puberté. La peau des seins s'étire lorsqu’ils se développent, créant ainsi une apparence
plus ronde.

Les jeunes femmes ont tendance à avoir des seins plus denses avec plus de tissu glandulaire que
les femmes plus âgées. Au cours du vieillissement, la plus grande partie des tissus glandulaire et
canalaire est remplacée par de la graisse, ce qui rend les seins moins denses. Les ligaments perdent
également de leur élasticité lorsqu'une femme vieillit, faisant ainsi que les seins changent de forme et
perdent un peu de volume.

Les seins des femmes varient en taille et en forme. La taille dépend de la quantité de graisse dans
le sein. Les seins d’une femme sont rarement de la même taille. Habituellement, un sein est légèrement
plus gros ou plus petit, plus haut ou plus bas que l'autre ou qu'il n'ait pas tout à fait la même forme.

e. Changements mammaires lors des menstruations et de la ménopause


L’œstrogène et la progestérone provoquent des changements dans les tissus mammaires à chaque
cycle menstruel. Au cours de la première phase du cycle, l’œstrogène stimule le développement des
canaux mammaires. La progestérone prend le relais lors de la deuxième phase du cycle menstruel en
stimulant les glandes présentes dans les lobules afin de les rendre prêtes à produire du lait si la femme
tombe enceinte.

Après la ménopause, les ovaires ne fabriquent plus d’œstrogène et de progestérone, donc les seins
ne subissent plus ces changements mensuels.

f. Changements mammaires lors de la grossesse et de la lactation


La fonction principale des seins de la femme est de produire, d’entreposer et d’évacuer le lait pour
nourrir un bébé. Après la naissance, les hormones dans le corps de la femme incitent les glandes
présentes dans les lobules de tout le sein à produire du lait. Les canaux transportent le lait au mamelon.
Le lait passe du mamelon au bébé lors de l’allaitement.

Les seins de la femme qui n’est pas enceinte ou qui n’allaite pas contiennent surtout de la graisse
et des canaux. Il y a une petite quantité de tissu glandulaire, mais les glandes mammaires ne se
développent pas complètement avant le 6e mois de la grossesse chez la plupart des femmes.

Les seins de la femme qui est enceinte et qui allaite contient surtout du tissu glandulaire qui
produit du lait. C’est pourquoi les seins ont tendance à grossir lors de la grossesse et de l’allaitement.

g. Les hormones et le sein

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L’œstrogène est la principale hormone femelle. Il agit sur les caractères sexuels féminins, comme
le développement des seins, et est nécessaire à la reproduction. La plus grande partie de l’œstrogène
dans le corps d’une femme est produit par les ovaires, mais une petite quantité est fabriquée par les
glandes surrénales.

La progestérone est l’autre hormone sexuelle femelle produite par les ovaires. Son rôle est de
préparer l’utérus (matrice) à la grossesse à chaque cycle menstruel. La progestérone joue également un
rôle dans le développement des glandes mammaires en cours de grossesse afin qu’elles produisent du
lait après l’accouchement.

h. Tumeurs cancéreuses du sein


Une tumeur cancéreuse du sein peut envahir les tissus voisins et les détruire. Elle peut aussi se
propager (métastases) à d’autres parties du corps. Les tumeurs cancéreuses sont aussi appelées
tumeurs malignes.

i. Carcinome canalaire et carcinome lobulaire


Presque tous les cancers du sein sont des adénocarcinomes. Ces tumeurs prennent naissance dans
les cellules glandulaires. Les adénocarcinomes du sein les plus courants sont les suivants :

• carcinome canalaire, dont le carcinome canalaire in situ (CCIS), qui prend naissance dans les
canaux galactophores

• carcinome lobulaire, qui prend naissance dans les groupes de glandes qui produisent le lait
(lobules)

Les médecins classent ces tumeurs dans les catégories « non infiltrante » ou « infiltrante ». Non
infiltrante signifie que les cellules cancéreuses ne se sont pas propagées au-delà du canal ou de la
glande où elles ont pris naissance. Infiltrante signifie que les cellules cancéreuses ont commencé à se
propager dans le tissu voisin.

j. Autres types de cancer du sein


Les types suivants de cancer peuvent aussi prendre naissance dans le sein :

• cancer inflammatoire du sein

• maladie de Paget du sein

• cancer du sein triple négatif

Tumeurs rares du sein

Les tumeurs cancéreuses du sein qui suivent représentent moins de 1 % de tous les cancers du sein :

• lymphome diffus à grandes cellules B, qui est un type de lymphome non hodgkinien

• sarcome des tissus mous

• mélanome

• tumeurs métaplasiques

• carcinome adénoïde kystique

• tumeur phyllode

• carcinosarcome

• cancer du sein de type basal

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Carcinome canalaire

Le carcinome canalaire prend naissance dans les cellules glandulaires des canaux mammaires.
C’est le type le plus fréquent de cancer du sein. Il peut être non infiltrant (carcinome canalaire in situ)
ou infiltrant.

Carcinome canalaire in situ (CCIS)

Le CCIS peut aussi être appelé carcinome intracanalaire ou carcinome canalaire non infiltrant.
C’est le type le plus courant de cancer du sein non infiltrant. Les cellules cancéreuses ne sont présentes
que dans le revêtement du canal mammaire. Elles ne se sont pas propagées hors du canal jusqu’aux
tissus mammaires voisins ou à d’autres organes.

Le CCIS est généralement trop petit pour être senti au toucher, alors on le détecte le plus
souvent à la mammographie de dépistage.

On donne un grade au CCIS qui décrit l’apparence de ses cellules et la rapidité à laquelle elles
se développent comparativement aux cellules normales. Les 3 grades du CCIS sont bas, intermédiaire
et haut. Il est important de connaître le grade puisque cela peut aider les médecins à prévoir la
probabilité de réapparition du CCIS après le traitement ou d’évolution en cancer du sein infiltrant.

On peut également décrire le CCIS en fonction de l’apparence des cellules observées au


microscope.

Le CCIS de type comédocarcinome est fait de cellules dont le centre semble être obstrué de
tissus morts. Ce type de CCIS est de haut grade, ce qui signifie que les cellules se développent
rapidement et qu’il risque davantage de réapparaître après le traitement. Le CCIS de type
comédocarcinome est également plus susceptible d’évoluer en cancer du sein infiltrant.

Le CCIS de type non comédocarcinome est de bas grade ou de grade intermédiaire, c’est-à-
dire qu’il se développe lentement et qu’il est moins susceptible d’évoluer en cancer du sein infiltrant.

Carcinome canalaire infiltrant

Le carcinome canalaire infiltrant est aussi appelé carcinome canalaire invasif ou


adénocarcinome canalaire. C’est le type le plus courant de cancer du sein infiltrant.

Le carcinome canalaire infiltrant prend naissance dans les canaux mammaires, il traverse leurs
parois et envahit le tissu mammaire voisin. Les cellules peuvent continuer à se développer et ainsi
former une masse ou un épaississement dans le sein. Les cellules du cancer du sein peuvent également
se propager (métastases) aux ganglions lymphatiques et à d’autres parties du corps.

Les médecins peuvent classer le carcinome canalaire infiltrant en fonction de l’apparence des
cellules cancéreuses observées au microscope :

• infiltrant sans autre indication (SAI), ou de type non spécifique (TNS)

• infiltrant à prédominance intracanalaire

• mucineux, ou colloïde

• papillaire

• tubulaire

• médullaire

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• squirrheux

On traite tous ces types différents de carcinome canalaire infiltrant de la même manière. Les
types mucineux, papillaire et médullaire sont généralement d’évolution lente et ne se propagent
habituellement pas aux ganglions lymphatiques. Le carcinome canalaire infiltrant tubulaire est moins
susceptible de réapparaître après le traitement. Quant au carcinome canalaire infiltrant squirrheux, il se
développe plus rapidement que les autres types.

Carcinome lobulaire infiltrant

Le carcinome lobulaire infiltrant, ou invasif, représente environ 10 % de tous les cancers du


sein infiltrants.

Le carcinome lobulaire infiltrant prend naissance dans les lobules du sein puis traverse ces
lobules et envahit le tissu mammaire voisin. Il peut aussi se propager (métastases) aux ganglions
lymphatiques et à d’autres parties du corps.

Le carcinome lobulaire infiltrant peut apparaître dans plus d’une région du sein (maladie
multifocale, ou multicentrique). Il est plus susceptible d'affecter les deux seins que d'autres types de
cancer du sein.

Cellules du carcinome lobulaire infiltrant ne forment pas de masse. Elles forment plutôt une
seule bande dans les tissus graisseux du sein, créant ainsi une zone épaisse de tissu mammaire. Il peut
alors y avoir des changements de la peau du sein, comme une texture différente ou des capitons.

Il est difficile de diagnostiquer le carcinome lobulaire infiltrant par mammographie. Si votre


médecin pense que vous pourriez être atteinte d’un carcinome lobulaire infiltrant, il est possible qu’on
vous fasse une biopsie. On a aussi recours à l’échographie et à l’imagerie par résonance magnétique
(IRM) pour le diagnostiquer.

Cancer inflammatoire du sein

Le cancer inflammatoire du sein apparaît quand les cellules cancéreuses bloquent les vaisseaux
lymphatiques de la peau du sein. On dit qu’il est inflammatoire puisque le sein devient rouge et enflé.

Le cancer inflammatoire du sein affecte plus souvent les jeunes femmes et les femmes d’origine
africaine.

Le cancer inflammatoire du sein est rare et agressif, ce qui signifie qu’il se développe et se
propage rapidement. Dans la plupart des cas, le cancer inflammatoire du sein s’est déjà propagé aux
ganglions lymphatiques ou à d’autres organes quand on le diagnostique.

2. Symptômes
Le cancer inflammatoire du sein commence à causer des symptômes peu après être apparu. De
nombreux symptômes se manifestent en même temps.

Le symptôme le plus fréquent du cancer inflammatoire du sein est un changement de la


couleur de la peau sur au moins le tiers du sein. La peau devient très rouge ou violacée. Voici d’autres
symptômes du cancer inflammatoire du sein :

• sein enflé

• peau capitonnée qui ressemble à l’écorce de l’orange (peau d'orange)

• épaississement de la peau du sein ou du tissu mammaire

• sein qui est chaud au toucher

• augmentation de taille du sein


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• changements mamelonnaires, comme un mamelon qui commence soudainement à pointer vers
l’intérieur (mamelon inversé)

• sensibilité ou douleur mammaire

• démangeaisons ou sensation de brûlure

• masse à l’aisselle (creux axillaire) ou près de la clavicule

Les symptômes du cancer inflammatoire du sein ressemblent beaucoup aux symptômes d’une
infection du tissu mammaire appelée mastite, qui est plus fréquente chez les femmes qui allaitent. Les
médecins peuvent prescrire des antibiotiques pour traiter la mastite, mais attendre que les antibiotiques
fassent effet peut retarder le diagnostic de cancer inflammatoire du sein. Il est donc souvent
diagnostiqué à un stade avancé. On considère que le cancer inflammatoire du sein est un cancer du
sein de stade 3B, ou localement avancé, ce qui signifie qu’il a commencé à envahir les tissus voisins.

3. Diagnostic
Le cancer inflammatoire du sein peut être difficile à diagnostiquer puisque ce type de cancer ne
forme habituellement pas de masse au sein qui peut être palpée par le médecin ou révélée à la
mammographie. Le diagnostic de cancer inflammatoire du sein repose beaucoup sur la présence de
signes et de symptômes et la rapidité à laquelle ils se manifestent.

On a habituellement recours aux tests qui suivent pour diagnostiquer le cancer du sein, dont le
cancer inflammatoire du sein. Bien des tests permettant de poser le diagnostic de cancer sont
également employés pour en déterminer le stade, c’est-à-dire jusqu'où la maladie a progressé. Votre
médecin pourrait aussi vous faire passer d'autres examens afin de vérifier votre état général de santé et
d’aider à planifier votre traitement :

• examen physique

• examen clinique des seins

• mammographie diagnostique

• biopsie

• analyse du statut des récepteurs hormonaux

• analyse du statut HER2.

4. Traitements
Si vous êtes atteinte d’un cancer inflammatoire du sein, votre équipe de soins élaborera un plan de
traitement juste pour vous. Il se basera sur votre santé et des renseignements spécifiques sur le cancer.

a. Chimiothérapie
La chimiothérapie est le premier traitement administré pour un cancer inflammatoire du sein. On y
a recours pour détruire les cellules cancéreuses présentes dans le sein et partout ailleurs dans le corps
s’il y en a. On l’administre avant la chirurgie, ce qu’on appelle traitement néoadjuvant. On
l’administre également pendant un certain temps à la suite de la chirurgie (traitement adjuvant).

La chimiothérapie pour un cancer inflammatoire du sein comprend habituellement une association


de médicaments puisque la recherche démontre que c’est plus efficace que l’administration d’un seul
médicament à la fois. Les types de chimiothérapie employés comportent une anthracycline et un
taxane. Ces médicaments sont administrés l’un après l’autre parce que si on les administre en même
temps, le risque de troubles cardiaques augmente.

On peut avoir recours aux associations chimiothérapeutiques suivantes :

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• CEF – cyclophosphamide (Cytoxan, Procytox), épirubicine (Pharmorubicin) et 5-fluorouracil
(Adrucil, 5-FU)

• AC > Taxol – doxorubicine (Adriamycin) et cyclophosphamide, suivies de paclitaxel (Taxol)

• Taxol > FAC – paclitaxel suivi de cyclophosphamide, de doxorubicine et de 5-fluorouracil

Après plusieurs cycles de chimiothérapie, vous passerez une mammographie afin qu’on connaisse
le degré d’efficacité du traitement. Si la première association d’agents chimiothérapeutiques n’a pas
été efficace, on pourrait vous en administrer d’autres.

b. Traitement ciblé
Le trastuzumab (Herceptin) est un type de médicament ciblé. On l’administre avec une
chimiothérapie si le cancer est HER2 positif. Jusqu’à 60 % des cancers inflammatoires du sein sont
HER2 positifs..

c. Chirurgie
On propose une chirurgie si la chimiothérapie réduit la taille de la tumeur. On a recours aux types
suivants de chirurgie pour le cancer inflammatoire du sein.

La mastectomie radicale modifiée permet de traiter un cancer inflammatoire du sein qui ne s’est
pas propagé à d’autres parties du corps. Les médecins doivent enlever tout le sein puisque le risque de
réapparition (récidive) du cancer est élevé. C’est pourquoi on ne propose pas de chirurgie mammaire
conservatrice en présence d’un cancer inflammatoire du sein.

L’évidement ganglionnaire axillaire permet d’enlever les ganglions lymphatiques de l’aisselle. On


fait cette chirurgie parce que le cancer inflammatoire du sein s’est souvent déjà propagé à ces
ganglions quand on le diagnostique..

d. Radiothérapie
On administre habituellement une radiothérapie après une chirurgie du cancer inflammatoire du
sein. Elle permet de réduire le risque de réapparition du cancer dans la région où le sein a été enlevé.
On dirige la radiothérapie vers les muscles et les ganglions lymphatiques du thorax, l’épaule et
l’aisselle.

e. Hormonothérapie
On peut offrir une hormonothérapie aux femmes atteintes d’un cancer inflammatoire du sein qui
présente certains récepteurs hormonaux (tumeur à récepteurs hormonaux positifs). Le type
d’hormonothérapie proposé variera selon que vous êtes ménopausée ou non.

Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est offert aux femmes qui ne sont pas encore ménopausées
(préménopausées).

L’anastrozole (Arimidex) et le létrozole (Femara) sont des inhibiteurs de l’aromatase. On


proposera l’un de ces médicaments aux femmes postménopausées, c’est-à-dire qui ont passé à travers
la ménopause.

Pronostic et survie

Si vous êtes atteinte d’un cancer inflammatoire du sein, vous vous posez peut-être des
questions sur votre pronostic. Un pronostic est l’acte par lequel le médecin évalue le mieux comment
le cancer affectera une personne et comment il réagira au traitement. Le pronostic et la survie
dépendent de nombreux facteurs. Seul un médecin qui connaît bien vos antécédents de santé, le type
de cancer dont vous êtes atteinte, le stade et les caractéristiques de la maladie, les traitements choisis et
la réaction au traitement peut examiner toutes ces données de concert avec les statistiques de survie
pour en arriver à un pronostic.

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Le cancer inflammatoire du sein a un taux de survie inférieur à celui d’autres types de cancer
du sein. Selon des statistiques américaines de 1988 à 2001, la survie relative après 5 ans des femmes
atteintes d’un cancer inflammatoire du sein est de 34 %, ce qui signifie qu’une femme ayant reçu un
diagnostic de cancer inflammatoire du sein aurait, en moyenne, 34 % de chances de vivre 5 ans à la
suite de son diagnostic comparativement aux personnes qui font partie de la population générale.

Maladie de Paget du sein

La maladie de Paget du sein est un type rare de cancer du sein. Elle apparaît sous la forme
d’une éruption cutanée ou d’autres changements sur la peau du mamelon, habituellement sur un seul
sein.

La maladie de Paget du sein affecte davantage les femmes âgées de plus de 50 ans.

La plupart des femmes atteintes de la maladie de Paget ont également un carcinome canalaire
infiltrant ou un carcinome canalaire in situ (CCIS). Le cancer peut ensuite se propager à la peau de
couleur foncée qui entoure le mamelon (aréole).

1. Symptômes
La maladie de Paget du sein cause habituellement des changements au mamelon dont ceux-ci :

• encroûtement, peau qui s’écaille ou qui pèle

• rougeur du mamelon et de l’aréole

• brûlure ou démangeaisons

• saignement ou écoulement

• mamelon inversé (qui pointe vers l’intérieur)

• mamelon aplati

• masse au sein, souvent près ou en-dessous du mamelon

2. Traitements
Si vous êtes atteinte de la maladie de Paget du sein, votre équipe de soins élaborera un plan de
traitement juste pour vous. La chirurgie en est habituellement le traitement principal. On peut vous
proposer d’autres traitements selon que vous avez un carcinome canalaire infiltrant ou un CCIS et que
le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques. Ce sont entre autres la radiothérapie,
l’hormonothérapie, la chimiothérapie ou le traitement ciblé.

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