ÉCOLE NATIONALE VÉTÉRINAIRE D’ALFORT
Année 2014
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES MOYENS DE
PRÉVENTION DE LA SALMONELLOSE DANS
L’ÉLEVAGE DU PIGEON DE CHAIR EN
FRANCE
THÈSE
Pour le
DOCTORAT VÉTÉRINAIRE
Présentée et soutenue publiquement devant
LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE CRÉTEIL
le……………
par
Amaury BRIAND
Né le 22 Novembre 1987 à Fontenay-Le-Comte
JURY
Président : Pr.
Professeur à la Faculté de Médecine de CRÉTEIL
Membres
Directeur : Monsieur Karim Adjou
Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
Assesseur : Monsieur Pascal Arné
Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
Septembre 2014 version 5
LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT
Directeur : M. le Professeur GOGNY Marc
Directeurs honoraires : MM. les Professeurs : COTARD Jean-Pierre, MIALOT Jean-Paul, MORAILLON Robert, PARODI André-Laurent, PILET Charles, TOMA Bernard.
Professeurs honoraires : Mme et MM. : BENET Jean-Jacques, BRUGERE Henri, BRUGERE-PICOUX Jeanne, BUSSIERAS Jean, CERF Olivier, CLERC Bernard,
CRESPEAU François, DEPUTTE Bertrand, MOUTHON Gilbert, MILHAUD Guy, POUCHELON Jean-Louis, ROZIER Jacques.
DEPARTEMENT D’ELEVAGE ET DE PATHOLOGIE DES EQUIDES ET DES CARNIVORES (DEPEC)
Chef du département par intérim : M. GRANDJEAN Dominique, Professeur - Adjoint : M. BLOT Stéphane, Professeur
UNITE DE CARDIOLOGIE DISCIPLINE : NUTRITION-ALIMENTATION
- Mme CHETBOUL Valérie, Professeur * - M. PARAGON Bernard, Professeur
- Mme GKOUNI Vassiliki, Praticien hospitalier
DISCIPLINE : OPHTALMOLOGIE
- Mme SECHI-TREHIOU Emilie, Praticien hospitalier
- Mme CHAHORY Sabine, Maître de conférences
UNITE DE CLINIQUE EQUINE
- M. AUDIGIE Fabrice, Professeur UNITE DE PARASITOLOGIE ET MALADIES PARASITAIRES
- Mme BERTONI Lélia, Maître de conférences contractuel - M. BLAGA Radu Gheorghe, Maître de conférences (rattaché au DPASP)
- Mme BOURZAC Céline, Maître de conférences contractuel - M. CHERMETTE René, Professeur (rattaché au DSBP)
- M. DENOIX Jean-Marie, Professeur - Mme COCHET-FAIVRE Noëlle, Praticien hospitalier
- Mme GIRAUDET Aude, Praticien hospitalier * - M. GUILLOT Jacques, Professeur *
- Mme MESPOULHES-RIVIERE Céline, Praticien hospitalier - Mme MARIGNAC Geneviève, Maître de conférences
- Mme TRACHSEL Dagmar, Maître de conférences contractuel - M. POLACK Bruno, Maître de conférences
- Mme RISCO CASTILLO Véronica, Maître de conférences (rattachée au DSBP)
UNITE D’IMAGERIE MEDICALE
- Mme PEY Pascaline, Maître de conférences contractuel UNITE DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
- Mme STAMBOULI Fouzia, Praticien hospitalier - M. FAYOLLE Pascal, Professeur
- M. MAILHAC Jean-Marie, Maître de conférences
UNITE DE MEDECINE - M. MANASSERO Mathieu, Maître de conférences
- Mme BENCHEKROUN Ghita, Maître de conférences - M. MOISSONNIER Pierre, Professeur*
- M. BLOT Stéphane, Professeur* - Mme RAVARY-PLUMIOEN Bérangère, Maître de conférences (rattachée au DPASP)
- M. CAMPOS Miguel, Maître de conférences associé - Mme VIATEAU-DUVAL Véronique, Professeur
- Mme FREICHE-LEGROS Valérie, Praticien hospitalier - M. ZILBERSTEIN Luca, Maître de conférences
- Mme MAUREY-GUENEC Christelle, Maître de conférences
DISCIPLINE : URGENCE SOINS INTENSIFS
UNITE DE MEDECINE DE L’ELEVAGE ET DU SPORT - Mme STEBLAJ Barbara, Praticien Hospitalier
- Mme CLERO Delphine, Maître de conférences contractuel
- M. FONTBONNE Alain, Maître de conférences DISCIPLINE : NOUVEAUX ANIMAUX DE COMPAGNIE
- M. GRANDJEAN Dominique, Professeur * - M. PIGNON Charly, Praticien hospitalier
- Mme MAENHOUDT Cindy, Praticien hospitalier
- M. NUDELMANN Nicolas, Maître de conférences
- Mme YAGUIYAN-COLLIARD Laurence, Maître de conférences contractuel
DEPARTEMENT DES PRODUCTIONS ANIMALES ET DE LA SANTE PUBLIQUE (DPASP)
Chef du département : M. MILLEMANN Yves, Professeur - Adjoint : Mme DUFOUR Barbara, Professeur
UNITE D’HYGIENE QUALITE ET SECURITE DES ALIMENTS UNITE DE REPRODUCTION ANIMALE
- M. AUGUSTIN Jean-Christophe, Professeur - Mme CONSTANT Fabienne, Maître de conférences
- M. BOLNOT François, Maître de conférences * - M. DESBOIS Christophe, Maître de conférences (rattaché au DEPEC)
- M. CARLIER Vincent, Professeur - Mme MASSE-MOREL Gaëlle, Maître de conférences contractuel
- M. MAUFFRE Vincent, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel
UNITE DES MALADIES CONTAGIEUSES - Mme EL BAY Sarah, Praticien hospitalier
- Mme DUFOUR Barbara, Professeur*
- Mme HADDAD/HOANG-XUAN Nadia, Professeur UNITE DE ZOOTECHNIE, ECONOMIE RURALE
- Mme PRAUD Anne, Maître de conférences - M. ARNE Pascal, Maître de conférences
- Mme RIVIERE Julie, Maître de conférences contractuel - M. BOSSE Philippe, Professeur*
- M. COURREAU Jean-François, Professeur
UNITE DE PATHOLOGIE DES ANIMAUX DE PRODUCTION - Mme DE PAULA-REIS Alline, Maître de conférences contractuel
- M. ADJOU Karim, Maître de conférences * - Mme GRIMARD-BALLIF Bénédicte, Professeur
- M. BELBIS Guillaume, Assistant d’enseignement et de recherche contractuel - Mme LEROY-BARASSIN Isabelle, Maître de conférences
- M. MILLEMANN Yves, Professeur - M. PONTER Andrew, Professeur
- Mme ROUANNE Sophie, Praticien hospitalier - Mme WOLGUST Valérie, Praticien hospitalier
DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PHARMACEUTIQUES (DSBP)
Chef du département : Mme COMBRISSON Hélène, Professeur - Adjoint : Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences
UNITE D’ANATOMIE DES ANIMAUX DOMESTIQUES UNITE D’HISTOLOGIE, ANATOMIE PATHOLOGIQUE
- M. CHATEAU Henry, Maître de conférences* - Mme CORDONNIER-LEFORT Nathalie, Maître de conférences*
- Mme CREVIER-DENOIX Nathalie, Professeur - M. FONTAINE Jean-Jacques, Professeur
- M. DEGUEURCE Christophe, Professeur - Mme LALOY Eve, Maître de conférences contractuel
- Mme ROBERT Céline, Maître de conférences - M. REYES GOMEZ Edouard, Maître de conférences
DISCIPLINE : ANGLAIS UNITE DE PATHOLOGIE GENERALE MICROBIOLOGIE,
- Mme CONAN Muriel, Professeur certifié IMMUNOLOGIE
- M. BOULOUIS Henri-Jean, Professeur
UNITE DE BIOCHIMIE
- Mme LE ROUX Delphine, Maître de conférences
- M. BELLIER Sylvain, Maître de conférences*
- Mme QUINTIN-COLONNA Françoise, Professeur*
- Mme LAGRANGE Isabelle, Praticien hospitalier
- M. MICHAUX Jean-Michel, Maître de conférences UNITE DE PHARMACIE ET TOXICOLOGIE
- Mme ENRIQUEZ Brigitte, Professeur
DISCIPLINE : BIOSTATISTIQUES
- M. PERROT Sébastien, Maître de conférences
- M. DESQUILBET Loïc, Maître de conférences
- M. TISSIER Renaud, Professeur*
DISCIPLINE : EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE
- M. PHILIPS Pascal, Professeur certifié UNITE DE PHYSIOLOGIE ET THERAPEUTIQUE
- Mme COMBRISSON Hélène, Professeur
DISCIPLINE : ETHOLOGIE - Mme PILOT-STORCK Fanny, Maître de conférences
- Mme GILBERT Caroline, Maître de conférences - M. TIRET Laurent, Professeur *
UNITE DE GENETIQUE MEDICALE ET MOLECULAIRE
DISCIPLINE : VIROLOGIE
- Mme ABITBOL Marie, Maître de conférences
- Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences *
- M. PANTHIER Jean-Jacques, Professeur*
DISCIPLINE : SCIENCES DE GESTION ET DE MANAGEMENT
- Mme FOURNEL Christelle, Maître de conférences contractuel
* responsable d’unité
REMERCIEMENTS
Au Professeur de la faculté de Médecine de Créteil,
Qui nous a fait l’honneur d’accepter la présidence de notre jury de thèse, Hommage
respectueux.
A M. Karim Adjou, Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Pour son aide tout au long de ce travail, ses conseils précieux et sa disponibilité,
Mes sincères remerciements.
A M. Pascal Arné,
Maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Pour l’intérêt porté à mon travail, sa relecture et ses remarques constructives,
Un grand merci.
A M. Samuel Boucher,
Pour m’avoir fait découvrir le monde de l’élevage du pigeon de chair, pour son
encadrement tout au long de mon travail qui m’a aide à comprendre cette production
particulière.
Toute ma gratitude.
A Mme. Karine Grange,
Pour toutes les réponses apportées à mes interrogations, pour son écoute et son aide,
Un immense merci.
A M. Guy Emeriau,
Pour sa grande disponibilité, sa gentillesse, sa volonté de transmettre son savoir et sa
passion,
Un grand merci.
A toute l’équipe LABOVET,
Pour votre accueil, votre volonté de transmettre et pour avoir fait naître en moi un intérêt
grandissant pour la profession de vétérinaire en medicine aviaire,
Merci.
A mes proches, famille et amis,
Pour votre amour, votre soutien et tous ce que vous me transmettez au quotidien,
Mon amour profond.
TABLE DES MATIÈRES
Liste des figures : ............................................................................... 6
Liste des tableaux : ............................................................................ 8
Liste des abréviations : ...................................................................... 9
INTRODUCTION ..............................................................................11
PREMIÈRE PARTIE : L’ÉLEVAGE DU PIGEON DE CHAIR
EN FRANCE..................................................................................13
1. La place de l’élevage du pigeon de
chair dans l’économie : .....................................................................15
1.1. La production mondiale : ......................................................15
1.2. La production française : ......................................................16
1.2.1. Importance de la filière en France : ................................16
1.2.2. Répartition de la filière en France : .................................17
1.2.3. Consommation :..............................................................19
2. Les races de pigeon de chair : ...................................................19
2.1. L’évolution des races de pigeon de chair : ...........................19
2.2. La sélection et les croisements : ..........................................21
3. Comportement et physiologie du pigeon: ...................................25
3.1. L’œuf : ..................................................................................25
3.2. Le comportement sexuel : ....................................................25
3.2.1. La maturité sexuelle :......................................................25
3.2.2. L’accouplement :.............................................................25
3.3. La ponte : .............................................................................26
3.4. La couvaison : ......................................................................26
3.5. Le lait de jabot : ....................................................................27
3.6. L’éclosion : ...........................................................................27
3.7. La nourriture des pigeonneaux : ...........................................28
3.8. La croissance des pigeonneaux : .........................................28
3.9. Le plumage et la mue : .........................................................29
4. Les pigeonniers : ........................................................................32
4.1. Les bâtiments semi-ouverts ou « type ouest » : ...................32
4.2. Les bâtiments fermés : .........................................................33
4.3. Les bâtiments ouverts avec cages individuelles : .................34
4.4. Les autres types de bâtiments :............................................35
4.4.1. Les anciens bâtiments d’élevage reconvertis : ...............35
4.4.2. Les serres d’élevage : .....................................................35
1
4.4.3. Les pigeonniers fermés et contrôlés : .............................36
5. L’aménagement des pigeonniers : .............................................36
5.1. Le sol : ..................................................................................36
5.1.1. La terre battue et le sable : .............................................36
5.1.2. Le béton : ........................................................................36
5.1.3. Les grillages et les caillebotis surélevés : .......................37
5.2. Les pondoirs et les nids : ......................................................37
5.3. Les abreuvoirs : ....................................................................40
5.4. La densité dans les parquets :..............................................41
5.5. L’élimination des déjections :................................................41
6. L’alimentation du pigeon de chair : .............................................42
6.1. Les besoins des pigeons : ....................................................42
6.2. Les principaux aliments en élevage : ...................................42
6.2.1. Les céréales : .................................................................42
6.2.2. Les légumineuses : .........................................................42
6.2.3. Les oléagineuses : ..........................................................42
6.2.4. Les granulés complémentaires : .....................................43
6.2.5. Le granulé complet : .......................................................43
6.2.6. Les minéraux, les oligo-éléments et les
vitamines :..................................................................................43
6.2.7. L’eau : .............................................................................43
6.3. Les modes de distribution :...................................................44
6.4. Le gavage des pigeonneaux : ..............................................44
7. Les étapes de l’élevage : ............................................................46
7.1. L’élevage des futurs reproducteurs : ....................................46
7.2. La mise en place des nouveaux reproducteurs : ..................46
7.3. L’entrée en production : ........................................................47
7.4. La conduite d’élevage et la réforme : ...................................47
7.4.1. Gestion et visite du nid : .................................................47
7.4.2. Gestion du parquet et réforme : ......................................48
8. Optimisation de la production : ...................................................48
8.1. Les programmes lumineux : .................................................48
8.2. L’incubation artificielle : ........................................................49
8.3. Le triplage :...........................................................................50
8.4. Le cyclage : ..........................................................................50
9. Les pertes de production ou le manque à produire : ..................53
9.1. Pertes par manque de ponte : ..............................................53
9.2. Perte en œufs :.....................................................................53
9.3. Perte en pigeonneaux : ........................................................53
9.4. Déclassement des pigeonneaux : ........................................53
10. L’élevage du pigeon et l’environnement : .................................53
2
DEUXIÈME PARTIE : LA SALMONELLOSE EN ÉLEVAGE
AVICOLE .......................................................................................55
1. Généralités sur les salmonelloses : ............................................57
1.1. Nomenclature et classification : ............................................57
1.2. Caractères morphologiques et culturaux : ............................58
1.3. Caractères biochimiques : ....................................................58
1.4. Caractères antigéniques :.....................................................61
1.4.1. Les antigènes de paroi O : ..............................................61
1.4.2. Les antigènes flagellaires H : ..........................................61
1.4.3. Les antigènes d’enveloppe Vi : .......................................62
1.4.4. Le schéma de Kauffmann-White :...................................62
1.5. Résistance et pouvoir pathogène : .......................................62
2. Les salmonelloses aviaires :.......................................................63
2.1. Infection à Salmonella Gallinarum et Pullorum : ...................64
2.1.1. Signes cliniques : ............................................................64
2.1.2. Lésions caractéristiques : ...............................................64
2.2. Infections à Salmonella Typhimurium et à Salmonella
Enteritidis :.....................................................................................65
2.2.1. Introduction : ...................................................................65
2.2.2. Importance : ....................................................................65
2.2.3. Pathogénie :....................................................................68
2.2.4. Epidémiologie : ...............................................................70
2.2.5. Diagnostic : .....................................................................72
2.3. Prophylaxie appliquée à la filière avicole : ............................74
2.3.1. Prophylaxie sanitaire : ....................................................74
2.3.2. Bases réglementaires dans plusieurs filières : ................76
2.3.3. Prophylaxie médicale : ....................................................88
3. La salmonellose du pigeon de chair : .........................................91
3.1. Importance : .........................................................................91
3.1.1. Introduction : ...................................................................91
3.1.2. Etude de la prévalence en élevage depuis 5 ans : .........91
3.2. Pathogénie : .........................................................................93
3.2.1. Signes cliniques : ............................................................93
3.2.2. Tableau lésionnel :..........................................................96
3.2.3. Méthodes diagnostiques : ...............................................98
3.3. Epidémiologie : .....................................................................98
3.3.1. Sources :.........................................................................98
3.3.2. Résistance : ....................................................................99
3.3.3. Transmission : ................................................................99
3
TROISIÈME PARTIE : ÉTUDE DES MOYENS DE
PRÉVENTION DE LA SALMONELLOSE EN ÉLEVAGE DE
PIGEON DE CHAIR ....................................................................103
1. Prophylaxie sanitaire : ..............................................................105
1.1. Prévention au sein de l’élevage : ........................................105
1.1.1. Organisation et conception des élevages : ...................105
1.1.2. Lutte contre les nuisibles et traitement de
l’alimentation : ..........................................................................106
1.1.3. Nettoyage, désinfection et vide sanitaire dans
l’élevage du pigeon de chair. ...................................................106
1.2. Les contrôles dans la lutte contre la salmonellose : ...........108
1.2.1. La recherche et les prélèvements en élevage : ............109
1.2.2. Le bilan sanitaire d’élevage (BSE) : ..............................111
1.3. Le rôle des abattoirs dans la prophylaxie : .........................112
1.3.1. Organisation de l’abattoir : ............................................112
1.3.2. Points sensibles et contrôles : ......................................113
1.3.3. Points à améliorer : .......................................................115
2. Prophylaxie médicale : .............................................................116
2.1. L’antibiothérapie : ...............................................................116
2.1.1. Utilisation en élevage de pigeon de chair : ...................116
2.1.2. Les antibiotiques d’importance critique : .......................117
2.2. La vaccination : ..................................................................120
2.2.1. Utilisation : ....................................................................120
2.2.2. Efficacité de la vaccination :..........................................124
2.3. Utilité des flores de barrière :..............................................124
3. Pistes d’évolution vers une amélioration de la
prévention : .....................................................................................126
3.1. Les autres filières, des modèles applicables ? ...................126
3.1.1. Des spécificités difficiles à dépasser : ..........................126
3.1.2. Les cages individuelles, un modèle
envisageable ?.........................................................................127
3.1.3. L’intérêt de la réglementation :......................................128
3.2. Le risque zoonotique de la salmonellose du pigeon
de chair :......................................................................................129
CONCLUSION ................................................................................131
BIBLIOGRAPHIE.........................................................................133
ANNEXES ...................................................................................141
Annexe 1 : Fiches commémoratives accompagnant les
prélèvements pour effectuer les contrôles. .....................................143
Annexe 2 : Modèle utilisé pour effectuer le BSE (bilan
sanitaire d’élevage). ........................................................................149
4
5
Liste des figures
Figure 1 : Principaux producteurs de viande de volailles dans le
monde en 2012 (pourcentage de production en millions de
tonnes avec un tonnage global de 104,6.106 t). ............................ 15.
Figure 2 : Production mondiale de pigeonneaux de chair en
nombre de pigeonneaux abattus par semaine (en milliers
de pigeonneaux par semaine) en 2011. ....................................... 16.
Figure 3 : Répartition des élevages de pigeon de chair sur le
territoire français avec le nombre de pigeonneaux abattus
par semaine en moyenne. ............................................................ 18.
Figure 4 : Photographie de deux variétés de pigeons TEXAN. ............ 20.
Figure 5: Photographie d’un pigeon Hubbell blanc. ............................. 21.
Figure 6 : Croisements et sélections effectués par HYPHARM. .......... 22.
Figure 7 : Photographie des produits parentaux MIRTHYS blancs
A, MIRTHYS colorés B, MIRTHYS pies C et TITAN super
lourds D. ....................................................................................... 24.
Figure 8 : Dans un bâtiment d’élevage, à gauche les pigeonniers
avec les couples reproducteurs et à droite les cages
d’engraissement. .......................................................................... 29.
Figure 9 : État d'emplumement et âge des pigeonneaux. .................... 31.
Figure 10 : Bâtiment d’élevage semi-ouvert. ........................................ 32.
Figure 11 : Bâtiment d’élevage semi-ouvert. ........................................ 33.
Figure 12 : Bâtiment fermé formé par deux bâtiments semi
ouverts face à face et présentant des puits de lumière au
dessus du couloir de distribution................................................... 34.
Figure 13 : Exemples de nids couramment utilisés. ............................. 39.
Figure 14 : Différents modèles de pipettes utilisés en élevage. ........... 40.
Figure 15 : Parquet d’élevage aménagé avec un sol en grillage
surélevé, des pondoirs avec des nids juxtaposés en carton
jetables et une rangée de pipettes sous les pondoirs. .................. 41.
6
Figure 16 : Mangeoire disposée sur le côté, commune à deux
parquets, avec système de distribution automatique (tube en
polychlorure de vinyle). ................................................................. 45.
Figure 17 : Schéma du cycle de production avec l’intervalle de
temps recherché entre les deux cycles. ........................................ 52.
Figure 18 : Cycle simplifié de la transmission des salmonelles
dans la filière avicole. ................................................................... 71.
Figure 19 : Prélèvements pour application des arrêtés du 26
février 2008 modifiés par les arrêtés du 3 et 17 décembre
2009 dans les élevages de futurs reproducteurs (chair et
ponte)............................................................................................80.
Figure 20 : Prélèvements pour application des arrêtés du 26
février 2008 modifiés par l’arrêté du 3 décembre 2009 dans
les élevages de reproducteurs chair en production.......................81.
Figure 21 : Prélèvements pour application des arrêtés du 4
décembre 2009 dans les élevages de futurs reproducteurs
dindes (Meleagris gallopavo). .......................................................83.
Figure 22 : Prélèvements pour application des arrêtés du 4
décembre 2009 dans les élevages de reproducteurs dindes
(Meleagris gallopavo). ........................... .......................................84.
Figure 23 : Participation financière de l’Etat selon adhésion ou
non à la Charte sanitaire. .............................................................. 87.
Figure 24 : Photographie de pigeon présentant des signes
d’atteinte articulaire : ..................................................................... 95.
Figure 25 : Lésions hépatiques observées chez la dinde,
hypertrophie et congestion............................................................ 97.
Figure 26 : Lésion observée sur une grappe ovarienne de poule :
Dégénérescence caséeuse. ......................................................... 97.
Figure 27 : Protocole vaccinal contre la salmonellose du pigeon
mettant en œuvre une primovaccination en trois injections
puis un rappel annuel (BOUCHER, 2004)...................................122.
Figure 28 : Protocole de supplémentation des pigeons pour
optimiser l’efficacité de la vaccination lors du rappel annuel
(BOUCHER 2004). ..................................................................... 123.
7
Liste des tableaux
Tableau 1 : Évolution de la production de volaille et du pigeon de
chair entre 2007 et 2011 en France. ............................................. 17.
Tableau 2 : Caractéristiques des produits parentaux : MIMAS,
MIRTHYS et TITAN (LARDEUX et BOYER, 2006)....................... 23.
Tableau 3 : Caractéristiques des nouveaux produits parentaux :
MIRTHYS blancs, MIRTHYS colorés, MIRTHYS pies et
TITAN super lourds. (HYPHARM, 2014)....................................... 23.
Tableau 4 : Caractères biochimiques du genre Salmonella
(GLEDEL, 1996). .......................................................................... 59.
Tableau 5 : Caractères différentiels des sous-espèces de
Salmonella (TINDALL et al., 2005). ....... .......................................60.
Tableau 6 : Détail des foyers de TIAC déclarés aux ARS ou au
DDPP en France en 2012 (InVS, 2012). ....................................... 66.
Tableau 7 : Distribution des trois sérotypes les plus fréquents par
année (CNR Salmonella, 2011). ................................................... 67.
Tableau 8 : Nombre de foyers de TIAC déclarés, selon le type
d’aliment incriminé ou suspecté en France en 2012 (InVS,
2012). ........................................................................................... 67.
Tableau 9 : Récapitulatif des différentes propositions de
prélèvements pour la recherche de salmonelles dans
l’élevage du pigeon de chair. ...................................................... 110.
8
Liste des abréviations
ADN : Acide désoxyribonucléique.
Ag : Antigène.
AgO : Antigène O.
AgH : Antigène H.
AMM : Autorisation de mise sur le marché.
ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament.
APMS : Arrêté préfectoral de mise sous surveillance.
APDI : Arrêté préfectoral portant déclaration d’infection
ARS : Agence régionale de santé.
BLSE : β-lactamase à spectre étendu.
BSE : Bilan sanitaire d’élevage.
CFU : Unité formant une colonie.
CMV : Compléments minéraux et vitaminiques.
CNR : Centre national de référence.
COFRAC : Comité français d’accréditation.
COHS : Contrôle officiel hygiénique et sanitaire.
DDPP : Direction départementale de la protection de la
population.
DGAL : Direction générale de l’alimentation.
FAO : Food and agriculture organisation.
GMQ : Gain moyen quotidien.
HACCP : Hazard analysis critical control points.
ICA : Information sur la chaîne alimentaire.
IgA : Immunoglobuline A.
IgG : Immunoglobuline G.
9
IgM : Immunoglobuline M.
IgY : Immunoglobuline Y.
InVS : Institut de veille sanitaire.
ITAVI : Institut technique de l’aviculture.
LDC : Lambert, Dodard, Chancereul.
LPS : Lipopolisaccharides.
MLRC : Maladies légalement réputées contagieuses
NDVS : Nettoyage désinfection vide sanitaire.
OMS : Organisation mondiale de la santé.
OIE : Organisation Mondiale de la Santé Animale.
PCR : Réaction de polymérisation en chaîne.
SARL : Société anonyme à responsabilité limitée.
TIAC : Toxi-infection alimentaire collective.
UE : Union européenne.
10
INTRODUCTION
Aujourd’hui, les salmonelles sont les premiers agents de TIAC (Toxi-Infection
Alimentaire Collective) avec en chefs de file Salmonella Enteritidis et
Salmonella Typhimurium. Ce sont des salmonelles ubiquistes qui touchent à
la fois les volailles et l’homme. C’est dans les années 1980, suite à des
épidémies de salmonelloses liées à la consommation d’œufs de poules
contaminés, que les salmonelles ont été connues du grand public. Les
pouvoirs publics, en collaboration avec les éleveurs, ont alors mis en place
des mesures sanitaires préventives, d’abord dans la filière œufs de
consommation, puis dans toutes les filières de production avicoles.
D’abord sur la base du volontariat, la prévention a ensuite été réglementée
pour une meilleure efficacité. La lutte contre la salmonellose humaine
d’origine aviaire est un enjeu majeur dans les grandes filières de production
aviaires ; et aujourd’hui elle est codifiée, appliquée et maîtrisée sur tout le
territoire.
Néanmoins, certaines productions sont encore à part. C’est le cas de
l’élevage du pigeon de chair, qui reste en marge des autres grandes filières
avicoles. En effet, contrairement aux autres, l’élevage du pigeon de chair
n’est soumis à aucune réglementation stricte concernant la lutte contre la
salmonellose. Pourtant, d’après certains auteurs (BOUCHER, 2004), la
salmonelle du pigeon (Salmonella Typhimurium majoritairement) est présente
dans plus de 80 % des élevages français et représente donc un risque
sanitaire réel. Ce décalage est lié au fait que l’élevage du pigeon est unique
en son genre ; les producteurs de pigeon de chair sont avant tout des
passionnés désireux de perpétuer les traditions liées au caractère si
particulier de l’élevage de ce colombidé. En effet, c’est le seul élevage avicole
dont l’espèce est nidicole et la présence simultanée des adultes et des
pigeonneaux est à l’origine de nombreuses spécificités d’élevage.
Même si cette filière reste marginale et traditionnelle, elle est en constante
évolution et la lutte contre la salmonellose est une priorité des éleveurs. Elle
repose sur le volontariat et la collaboration avec les vétérinaires conseillers et
sanitaires.
L’objectif de cette thèse est de comprendre comment s’organise la prévention
de la salmonellose dans l’élevage du pigeon de chair aujourd’hui en France.
La physiologie, le mode de reproduction et les spécificités d’élevage du
pigeon seront présentés dans une première partie.
Dans une deuxième partie seront traitées les salmonelloses aviaires, puis
plus spécifiquement, la salmonellose du pigeon de chair.
Enfin, dans une troisième partie, les mesures de prévention de la
salmonellose dans l’élevage du pigeon et les perspectives d’amélioration
seront exposées.
11
12
PREMIÈRE PARTIE : L’ÉLEVAGE DU
PIGEON DE CHAIR EN FRANCE
13
14
1. La place de l’élevage du pigeon de chair dans
l’économie
1.1. La production mondiale
Pour comprendre la place de la filière pigeon de chair dans l’économie, il est
intéressant de la replacer au sein de la production mondiale de volailles. En
2012, cette dernière atteignait les 104,6 millions de tonnes et pour l’année
2013 des premières estimations évaluent la production à 106.106t. Cela place
les volailles au second rang derrière le porc (112,5.106t) et devant la viande
bovine (67,6.106t) (ITAVI, 2013).
En 2012, les principaux producteurs de volailles au niveau mondial sont les
Etats Unis d’Amérique, la Chine, le Brésil, l’Union Européenne (UE) à 27, la
Russie et l’Inde (figure 1).
Figure 1 : Principaux producteurs de viande de volailles dans le monde en
2012 (pourcentage de production en millions de tonnes avec un tonnage
global de 104,6.106 t).
Etats Unis; 19%
Autres pays du
monde; 33%
Chine; 18%
UE (à 27); 12% Brésil; 13%
Inde; 2%
Russie; 3%
Source : d’après ITAVI, 2013.
Par rapport à la production globale de volailles, la viande de pigeon est très
marginale en raison du coût élevé et de la spécificité de la production de
pigeonneaux de chair. Très peu de données sont disponibles sur la
production mondiale et les chiffres présentés dans ce travail sont des
estimations ; en 2004 elle correspond à 0,1 % de la production totale de
viande de volaille avec 70.000 t produites (LARDEUX et BOYER, 2006).
15
D’autres données, répertoriant le nombre de couples de pigeons de chair par
pays, permettent d’avoir une bonne vision d’ensemble de la filière à l’échelle
mondiale. En 2011, la Chine est largement en tête avec 2 millions de couples
estimés et 450.000 pigeonneaux abattus par semaine, la France arrive en
deuxième position loin derrière avec 500.000 couples et 115.000
pigeonneaux abattus par semaine, et en troisième position les Etats-Unis
avec 200.000 couples et 40.000 pigeonneaux abattus par semaine (figure 2).
Figure 2 : Production mondiale de pigeonneaux de chair en nombre de
pigeonneaux abattus par semaine (en milliers de pigeonneaux par semaine)
en 2011.
Italie ; 12 Espagne ; 8
Etats Unis ; 40
France ; 115
Chine; 450
Source : EMERIAU, G. Association des Pigeonneaux du Grand Ouest, 2013.
1.2. La production française
1.2.1. Importance de la filière en France
Là encore, il est intéressant de replacer le pigeon de chair au sein de la
production de volaille mais cette fois ci, en France.
En 2011, la France demeure le premier producteur de volailles de l’Union
Européenne (FranceAgriMer, 2013). En 2012, la production de volaille
française atteint 1,842.106 t et arrive deuxième derrière la production de porc
et devant la viande bovine.
De manière générale, la production française de volaille est en baisse et la
filière pigeon de chair ne déroge pas à la règle, même si elle parvient
toutefois à se maintenir à un niveau acceptable pour une filière confidentielle
(tableau 1) (Agreste, 2013).
16
Tableau 1 : Évolution de la production de volaille et du pigeon de chair entre
2007 et 2011 en France.
Production en t Volaille Pigeon
2007 1 863 400 1550
2008 1 857 000 1774
2009 1 784 300 1528
2010 1 818 100 1490
2011 1 865 000 1469
Source : Agreste 2013.
Comme le montrent ces chiffres, la filière pigeon de chair est très marginale
par rapport à d’autres productions. Elle est donc plus fragile.
Malgré une faible production, celle-ci n’est pas entièrement consommée en
France : 75 à 80 % de la production y est commercialisée, dans la
restauration gastronomique, les grandes et moyennes surfaces ainsi que les
boucheries traditionnelles ; et 20 à 25 % est exporté en UE (pays nordiques
principalement), au Japon ou au Moyen Orient (EMERIAU, 2013).
1.2.2. Répartition de la filière en France
Tout d’abord, il faut savoir que la taille des élevages est très hétérogène en
fonction de l’activité de l’exploitation.
En effet, trois grands types d’exploitations sont identifiables. Le premier
représente 25 % des élevages et plus de 65 % de la production globale, dans
lequel la production de pigeonneaux de chair est l’activité exclusive et pour
lequel on aura des structures d’élevage importantes avec plus de 2 000
couples. Le second, où l’élevage du pigeonneau est effectué en atelier
complémentaire d’une autre production, dans ce cas on compte entre 200 et
2000 couples. Et enfin, les élevages avec une production dite « de plaisir »
pour la consommation personnelle ou de l’entourage avec en général moins
de 100 couples (LARDEUX et BOYER, 2006).
Ensuite, la répartition géographique n’est pas homogène sur le territoire
français. Les élevages de pigeon de chair restent très concentrés
17
géographiquement ; en 2008, 253 exploitations sont recensées (AGRESTE,
2008) dont 80 % sont situées proches de l’arc atlantique.
La région Pays de la Loire est la première productrice avec 60 élevages et 30
000 pigeonneaux abattus par semaine, ensuite c’est la région Poitou-
Charentes avec 50 élevages environ et 20 à 30 000 pigeonneaux abattus par
semaine, puis la Bretagne qui compte environ 20 élevages et 13 000
pigeonneaux abattus par semaine, et enfin l’Aquitaine arrive en quatrième
position avec une quinzaine d’élevages et 5 000 pigeonneaux abattus par
semaine (figure 3), (EMERIAU, 2013). Une enquête Agreste Pays de la Loire
effectuée en 2009 a montré que 56,4 % des abattages nationaux de
pigeonneaux s’effectuaient en Vendée ce qui renforce le constat d’une
régionalisation de la production (AGRESTE, 2010).
Figure 3 : Répartition des élevages de pigeon de chair sur le territoire français
avec le nombre de pigeonneaux abattus par semaine en moyenne.
20 élevages
13 000
pigeonneaux
60 élevages
30 000
pigeonneaux
15 élevages
5 000
pigeonneaux
50 élevages
25 000
pigeonneaux
Source : EMERIAU, G. Association des Pigeonneaux du Grand Ouest, 2013.
18
Cette répartition ne dépend pas de facteurs climatiques mais s’explique par la
présence de grands abattoirs autour desquels s’organise la filière. Par
exemple, l’abattoir Les Charmilles situé à Maulévrier (49) abat environ 45 000
pigeonneaux chaque semaine (LARDEUX et BOYER, 2006).
1.2.3. Consommation
La consommation de pigeonneaux de chair reste très marginale en France
puisqu’elle se situe aux environs de 500 g par habitant et par an ce qui est
très faible à côté de la consommation globale de volailles estimée à 25,5 kg
de volaille par habitant et par an dont 15,6 kg pour le poulet, 5,3 kg pour la
dinde et 3,1 kg pour le canard (ITAVI, 2013). La situation pourrait se résumer
ainsi : un français sur huit mange un pigeonneau par an.
Actuellement, les consommateurs se tournent volontiers vers les produits déjà
découpés ou préparés et transformés. Il en est de même pour les
pigeonneaux ; et les structures d’abattage françaises proposent des produits
nouveaux : pigeonneaux farcis, pigeonneaux confits, pigeonneaux découpés
etc.
La production du pigeon de chair, bien que marginale, s’inscrit dans la
dynamique économique agricole française. Néanmoins, même si elle répond
aux contraintes liées au modèle économique actuel, elle n’en reste pas moins
très particulière du fait de son caractère traditionnel et par la conduite
d’élevage qui sera présentée dans la suite de ce travail.
2. Les races de pigeon de chair
2.1. L’évolution des races de pigeon de chair
Seules les races utilisées dans la production de pigeonneaux de chair seront
présentées. Néanmoins, il existe une multitude d’autres races pour les
concours sportifs (pigeons voyageurs) ou les concours de beauté avec des
variétés dites fantaisies ou d’ornement.
Les éleveurs ont toujours cherché à développer et à sélectionner deux
caractéristiques majeures dans les races de pigeon : la robustesse et la
productivité (PERIQUET, 1998).
Au départ, la première race utilisée était le Carneau blanc pour sa grande
productivité (15 à 16 pigeonneaux par an). Puis est apparu le King blanc, un
peu plus lourd et ensuite le Texan autosexable (figure 4) très pratique
puisqu’il est possible d’identifier le sexe de l’individu dès la naissance (la
femelle se distingue par la présence d’un point noir sur la partie supérieure du
bec à la naissance). Plus tard, dans les années 1980, c’est le King argenté
qui fait son entrée dans l’élevage de chair grâce à une bonne conformation,
une productivité comparable à celle du Carneau et un poids vif à quatre
semaines compris entre 550 et 570 g (LARDEUX et BOYER, 2006).
19
Figure 4 : Photographie de deux variétés de pigeons TEXAN.
Source : Photographies personnelles, avril 2014.
20
2.2. La sélection et les croisements
C’est à la fin des années 1980 que l’élevage connaît une révolution avec
l’arrivée depuis les Etats-Unis d’Amérique du pigeon dit « double breast »
appelé Hubbell du nom de son créateur. L’appellation « double breast » vient
du fait que cette race a un bréchet particulièrement développé chez les
individus de 25 à 40 jours avec un poids vif de 580 à 600 g à quatre
semaines. Deux variétés se distinguent : le Hubbell blanc (figure 5) et le
Hubbell coloré, ce dernier étant un peu plus lourd et plus calme (LARDEUX et
BOYER, 2006).
Plus récemment, dans les années 1990, des sociétés comme HYPHARM ont
développé des ateliers de croisement et de sélection pour aboutir à des types
génétiques métissés performants alliant une bonne productivité et un poids vif
important (figure 6).
Figure 5: Photographie d’un pigeon Hubbell blanc.
Source : Photographies personnelles, avril 2014.
21
Figure 6 : Croisements et sélections effectués par HYPHARM.
Hubbells Hubbells Kings Carneaux
blancs colorés argentés blancs
Croisements effectués
entre ces quatre variétés
et analyse des résultats
Sélection de 600 couples
avec 4 lignées distinctes
Exclusion des Carneaux blancs
et des Kings argentés :
Conformation et poids vif non
conformes aux objectifs
2 lignées 2 lignées
1 2
“productivité” “poids et rendement”
Croisements
Produits parentaux finaux :
MIRTHYS, MIMAS et TITAN
1 : ponte, pourcentage d’éclosion, intervalle de ponte.
2 : poids, conformation et homogénéité, rendement.
À partir de quatre races : Hubbells blancs, Hubbells colorés, Kings argentés
et Carneaux ils ont abouti à des produits parentaux performants appelés
Europigeons et nommés respectivement : MIMAS, MIRTHYS et TITAN ;
chacun avec des caractéristiques différentes (tableau 2).
22
Tableau 2 : Caractéristiques des produits parentaux : MIMAS, MIRTHYS et
TITAN (LARDEUX et BOYER, 2006).
MIMAS MIRTHYS TITAN
Pigeonneaux
par couple et 15,5 à 16,5 14,5 à 15,5 12,5 à 13,5
par an
Poids vif à 28
610 à 630 g 630 à 650 g 700 à 740 g
jours
En 2014, la société HYPHARM commercialise les produits parentaux
suivants : MIRTHYS blancs, MIRTHYS colorés, MIRTHYS pies et TITAN
super lourds. Ces produits sont issus de recherches et d’améliorations à partir
des produits parentaux initiaux et leurs caractéristiques sont présentées dans
le tableau 3. Ces variétés sont présentées figure 7.
Tableau 3 : Caractéristiques des nouveaux produits parentaux : MIRTHYS
blancs, MIRTHYS colorés, MIRTHYS pies et TITAN super lourds.
(HYPHARM, 2014).
MIRTHYS MIRTHYS MIRTHYS TITAN super
blancs colorés pies lourds
Pigeonneaux
par couple et 15,8 15,3 15,2 12,6
par an
Poids vif à 28
640 g 645 g 650 g 740 g
jours
Productivité
globale 10 9,9 9,9 9,3
(kg/couple/an)
Globalement, des performances de l’ordre de 9 à 10 kg de pigeonneaux par
couple et par an sont observées et la productivité apparaît inversement
proportionnelle au poids vif à 28 jours. Une étude effectuée en 2000 a
néanmoins montré que si l’héritabilité du poids était élevée, celle de la
prolificité l’était beaucoup moins (MIGNON-GRASTEAU et al., 2000).
En 2006, les Hubbells, les Europigeons et les croisements effectués entre les
deux représentent près de 95 % de la population de reproducteurs en élevage
de pigeon de chair (LARDEUX et BOYER, 2006).
23
Figure 7 : Photographie des produits parentaux MIRTHYS blancs A,
MIRTHYS colorés B, MIRTHYS pies C et TITAN super lourds D.
B
A
C
D
Source : HYPHARM, 2014.
24
3. Comportement et physiologie du pigeon
Pour comprendre et appréhender l’organisation de l’élevage du pigeon et les
grandes étapes de son fonctionnement, il est important d’aborder quelques
particularités du pigeon.
3.1. L’œuf
L’anatomie de l’appareil reproducteur et la formation de l’œuf sont très
comparables à ce qui est observé chez la poule et ne seront pas détaillées
dans ce travail. Seules les spécificités du pigeon seront traitées.
Le poids de l’œuf du pigeon de chair varie de 20 à 24 g, il est composé de 56
% d’eau et de 44 % de matière sèche. L’albumen représente 72,5 %, le jaune
18 % et la coquille 9,5 % de la masse totale de l’œuf. Par comparaison avec
d’autres espèces de volailles de chair comme la poule (albumen : 55 %,
jaune : 33 %, coquille : 12 %), la part de jaune dans l’œuf du pigeon est 30 à
40 % moins importante. Cela est imputable au fait que c’est une espèce
nidicole et qu’en étant nourri par les parents, le jeune pigeonneau ne dépend
pas autant du vitellus dans les premiers jours de sa vie. Enfin, l’œuf du pigeon
est un des plus fragiles à cause du faible pourcentage de coquille (ROYER,
1983) ce qui représente un risque en terme de contamination du milieu par
des germes ; ce point sera développé plus loin.
3.2. Le comportement sexuel
3.2.1. La maturité sexuelle
Elle intervient entre 3 mois et demi et 6 mois selon les individus. Plusieurs
facteurs interviennent (LARDEUX et BOYER, 2006)
- la race : les petites races sont matures plus tôt ;
- le sexe : les mâles ont tendance à être matures plus tôt ;
- la saison : les jeunes nés au printemps bénéficieraient de journées
plus longues et de conditions plus favorables à leur développement et
donc à l’acquisition plus précoce de la maturité sexuelle ;
- la pression infectieuse : selon les conditions sanitaires le
développement des pigeonneaux sera plus ou moins optimal.
3.2.2. L’accouplement
Les pigeons sont bien connus du grand public pour la fidélité des couples, qui
une fois formés, dure tout au long de la vie des individus. Néanmoins, un
mâle peut féconder plusieurs femelles au sein d’un même parquet (LARDEUX
et BOYER, 2006).
Tout commence par une phase d’approche lors de laquelle le mâle effectue
des mouvements de va-et-vient en direction de la femelle choisie : il se
pavane tout en émettant des roucoulements. Lorsque la femelle est réceptive,
le couple se forme et se met en recherche d’un nid. C’est le mâle qui apporte
25
les matériaux et la femelle qui construit le nid. Avant la copulation, les deux
individus s’échangent des « baisers », la femelle introduit son bec dans celui
du mâle.
Lors de l’accouplement appelé « cochage », le mâle monte sur le dos de la
femelle, les deux individus abouchent leurs cloaques et le mâle dépose le
sperme à l’aide de deux papilles éjaculatrices dans l’orifice de l’oviducte
présenté par la femelle.
3.3. La ponte
Elle intervient en moyenne 8 à 12 jours après la formation du couple. En
général, les couples élèvent deux pigeonneaux par cycle et l’intervalle de
temps entre la ponte des deux œufs est de 44 heures environ. Comme
évoqué précédemment, les œufs pèsent entre 20 et 24 g et il existe une
corrélation positive entre le poids de l’œuf et le poids du pigeonneau
(LARDEUX et BOYER, 2006).
Un certain nombre d’anomalies de ponte intéressantes à noter peuvent se
manifester (LARDEUX et BOYER, 2006) :
- une ponte abdominale : l’ovule manque le pavillon de l’oviducte et va
directement dans l’abdomen de la femelle. Cela conduit à la mort de la
femelle ;
- des œufs doubles non viables (présence de deux jaunes) ;
- la rétention d’œufs (trop gros le plus souvent) qui finissent par être
résorbés ;
- des œufs mous ou sans coquilles lors de carences en calcium (apports
insuffisants dans la ration par exemple) ou de dérèglements
hormonaux chez les femelles âgées ;
- des œufs de la taille d’une bille sans jaune.
Si ces anomalies persistent chez une femelle, l’éleveur devra la réformer.
3.4. La couvaison
Lorsque le premier œuf est pondu, les parents alternent pendant 45 heures
pour le réchauffer en attendant la ponte du deuxième pour commencer
véritablement l’incubation.
Cette dernière dure 18 jours, le mâle et la femelle participent à tour de rôle
pour couver les œufs (la femelle reste plus longtemps que le mâle, en
moyenne 16-17 heures par jour). La transmission de la chaleur du corps
(41°C) vers l’œuf s’effectue efficacement grâce à une spécificité de la peau
de l’abdomen : la plaque incubatrice, zone cutanée sans duvet dotée de très
peu de graisse sous-cutanée ce qui facilite la transmission de la chaleur à
l’œuf, ainsi qu’une hygrométrie optimale. Longtemps, l’influence de la
prolactine dans la couvaison a été suspectée ; et une étude a montré que, si
elle ne l’initiait pas, elle pouvait néanmoins la prolonger. Une baisse de la
prolactinémie précéde l’arrêt de la couvaison ainsi que le sevrage des jeunes
(SILVER, 1984).
26
Pour distinguer les œufs fécondés des non fécondés, un mirage est effectué
à 3-5 jours: par transparence, à l’aide d’une lampe ou de la lumière du jour,
l’opérateur observera la présence ou l’absence d’un point duquel partent de
nombreux vaisseaux sanguins et qui signe la fécondation effective de l’œuf
(LARDEUX et BOYER, 2006 ; EMERIAU, 2013).
3.5. Le lait de jabot
C’est une substance nutritive produite par la femelle et le mâle au niveau du
jabot et qui sert de nourriture aux pigeonneaux dans leurs premiers jours de
vie. Par analogie avec l’allaitement assuré par les femelles chez les
mammifères cette substance est appelée « lait de jabot ». Néanmoins, il ne
contient pas de glucides et est riche en eau (72 %), en protéines (16 %), en
lipides (10 %) et en minéraux (6 %) (ROYER, 1983).
Il n’y a pas de glande mammaire correspondante ; c’est en réalité une
hyperplasie tissulaire et une néovascularisation qui s’effectuent dans cette
portion du tube digestif. Les cellules épithéliales se modifient et accumulent
des nutriments au cours de leur migration vers la lumière du jabot pour former
des amas jaunâtres graisseux qui après désquamation seront distribués aux
pigeonneaux par leurs parents. Une étude a montré l’implication de plusieurs
centaines de gènes dans la régulation et la formation du lait de jabot via
l’expression de récepteurs membranaires permettant l’endocytose puis la
vacuolisation de lipides dans les cellules épithéliales (GILLESPIE et al.,
2011).
De plus, l’augmentation de la concentration de prolactine sanguine joue
encore une fois un rôle important puisqu’elle provoque une polyphagie qui
permet d’assurer la formation du lait de jabot tout en induisant les
comportements de régurgitation chez les adultes (HORSEMAN et BUNTIN,
1995). Enfin, une étude menée par le Dr J.-P. Stosskopf en 2002 a montré
que la perception des mouvements des pigeonneaux dans l’œuf était à
l’origine des mécanismes menant à la synthèse du lait de jabot
(STOSSKOPF, 2002).
3.6. L’éclosion
Le pigeon est une espèce nidicole : à la naissance, les petits sont vulnérables
et totalement dépendants des parents pour leur survie.
Entre 24 heures et 36 heures avant l’éclosion, le pigeonneau perfore la
chambre à air et commence à respirer. Puis, à l’aide du diamant situé sur la
partie supérieure de son bec et grâce à un puissant muscle localisé à l’arrière
de la nuque, il découpe la coquille et s’en extrait. Il arrive qu’il n’y parvienne
pas et meure dans la coquille. Si ce problème est récurrent, il peut s’agir d’un
problème génétique ou nutritionnel. En élevage, un taux d’éclosion de 88 à 90
% est toujours recherché (LARDEUX et BOYER, 2006).
27
3.7. La nourriture des pigeonneaux
Le lait de jabot constitue la seule nourriture durant les quatre premiers jours
de vie des pigeonneaux. Ensuite, les parents complémentent
progressivement le nourrissage avec des graines prédigérées, c’est la
période de transition alimentaire. Le passage à une alimentation adulte
s’effectue à 12-15 jours et cela correspond à une période critique puisqu’il n’ y
a alors plus de couverture immunitaire parentale apportée au préalable par le
lait de jabot qui contient notamment des immunoglobulines de type A (IgA)
(GOUDSWAARD et al., 1979). Parfois, la transition alimentaire s’effectue trop
rapidement et cela entraîne un taux de mortalité plus élevé. De plus, le mode
de distribution de bec à bec est un facteur favorisant la transmission de
maladies des parents aux pigeonneaux qui sont particulièrement vulnérables
dans cette période.
3.8. La croissance des pigeonneaux
La croissance du pigeonneau est exceptionnelle. En effet, il double son poids
de naissance en 36 heures et, .entre le cinquième et le dixième jour, le gain
moyen quotidien (GMQ) peut atteindre 50 g/j. D’ailleurs, les jeunes
pigeonneaux sont souvent comparés à des « tubes digestifs ambulants »
puisque jusqu’à 10 jours, le jabot représente 50 % de leur poids. Lors des
trois premières semaines de croissance, la musculature ne se développe pas
et la chair du pigeonneau est molle et « aqueuse » ; c’est dans la quatrième
semaine de vie qu’intervient la phase de musculation donnant à la chair une
fermeté appréciée. En effet, c’est à ce moment-là qu’il commence à se
déplacer, et il arrive même qu’il quitte le nid. Hors du nid, la croissance est
fortement ralentie et les éleveurs préfèrent dans la mesure du possible
effectuer le ramassage des pigeonneaux pour l’abattoir à 4 semaines soit 28
jours (LARDEUX et BOYER, 2006 ; ROYER, 1983).
Dans certaines couvées, les deux pigeonneaux n’ont pas le même gabarit et
le plus gros a tendance à monopoliser l’attention des parents. Les éleveurs
effectuent alors des rééquilibrages de couvée en plaçant ensemble des
pigeonneaux de même gabarit. L’adoption doit intervenir le plus tôt possible et
les parents adoptifs doivent avoir de bonnes qualités parentales (bons
nourriciers notamment) (EMERIAU, 2006).
Il existe une autre pratique visant à optimiser le poids des pigeonneaux à
l’abattage (ce qui évite les refus et les déclassements des carcasses trop
maigres par les abattoirs). Il s’agit de mettre les pigeonneaux mal nourris en
cage d’engraissement pendant une période de 10 à 15 jours maximum (au-
delà il y a un risque d’apparition de défaut de plumaison, les sicots). Les
éleveurs sélectionnent le plus tôt possible les individus dont la croissance
n’est pas optimale (par exemple un pigeonneau tombé du nid à 3 semaines).
Ces derniers y reçoivent une alimentation complète ou un mélange de blé et
de chènevis ainsi que des compléments vitaminés, des oligoéléments et des
minéraux dans l’eau de boisson. Ces cages sont de petites tailles et
empêchent le vol (figure 8).
28
Figure 8 : Dans un bâtiment d’élevage, à gauche les pigeonniers avec les
couples reproducteurs et à droite les cages d’engraissement.
Source : photographie personnelle lors d’une visite d’élevage.
Enfin, il est intéressant de noter que le poids des pigeonneaux varie au cours
de l’année. En effet, pendant les mois les plus chauds (juillet et août) il peut y
avoir une baisse de croissance allant jusqu’à une perte de 10 % du poids
normal. De plus, à Noël et à Pâques, la demande est plus importante et
certains éleveurs effectuent le triplage (rééquilibrage des couvées et adoption
d’un troisième pigeonneau par couple) qui a pour conséquence une
croissance moins optimale. Des problèmes sanitaires récurrents peuvent
aussi impacter fortement la bonne croissance des pigeonneaux.
3.9. Le plumage et la mue
La mue est un phénomène important qui impacte directement les
performances des pigeons reproducteurs.
C’est en fait le processus qui permet le renouvellement continuel du plumage
tout au long de l’année. Même si le phénomène est annuel, la mue est plus
marquée en automne avec la baisse de l’ensoleillement et de la durée des
jours. La phase de mue automnale consomme beaucoup d’énergie et de
protéines, ce qui a pour conséquence de fragiliser et de fatiguer les pigeons
reproducteurs et donc d’occasionner une chute de ponte. L’utilisation de
programmes lumineux associée à la sélection d’individus performants permet
toutefois de minimiser cette phase automnale qui passe souvent inaperçue
dorénavant.
29
L’emplumement des pigeonneaux s’effectue en plusieurs étapes :
- le premier jour : le pigeonneau est nu ;
- 6-8 jours : ébauches de plumes de 0,5 à 1 cm non éclatées appelées
sicots ;
- 12 jours : les premières plumes apparaissent. Les pigeonneaux restent
sensibles au froid jusqu’à 15 jours ;
- 28 jours : emplumement (notamment sous les ailes) terminé.
Lors des visites d’élevages il est ainsi aisé de donner un âge approximatif aux
pigeonneaux présents dans les nids (figure 9).
Le plumage reflète l’état de santé des pigeons ; ainsi est-il toujours important,
lors des visites d’élevages, d’observer dans les bâtiments l’état
d’emplumement des jeunes mais aussi des adultes. Deux troubles sont à
évoquer : les pennes de sang et les sicots.
Les « pennes de sang » sont des jeunes plumes encore richement irriguées
qui sont fragilisées et se cassent facilement, provoquant des hémorragies
abondantes. Cette fragilité peut être provoquée par la présence de
staphylocoques à la base des follicules ou par un déséquilibre alimentaire
(défaut d’apport en minéraux notamment). Les « sicots », quant à eux, sont
physiologiques mais posent problème à l’abattoir ; en effet la cire utilisée pour
plumer les carcasses n’adhère pas aux sicots qui doivent être extraits à la
main et cela peut entraîner des lacérations de la peau et des contaminations
exogènes sur la chaîne d’abattage. Il n’y a pas vraiment de solution pour
prévenir la présence en très grand nombre de sicots ; certains auteurs
estiment que la qualité de l’eau et de l’alimentation peut jouer un rôle non
négligeable (LARDEUX et BOYER, 2006).
30
Figure 9 : État d'emplumement et âge des pigeonneaux.
1 et 2 jours : présence de duvet. 4 à 5 jours : le duvet s’affine.
10 jours : présence de sicots. 15 à 17 jours : les plumes sont
éclatées sur tout le corps.
19 à 21 jours : emplumement presque
terminé sous les ailes. Source : Photographies personnelles lors
d’une visite d’élevage.
31
4. Les pigeonniers
Il existe de très nombreux types de bâtiments d’élevage, que ce soit pour les
pigeons de sport, de concours ou de rapport. Seuls les bâtiments les plus
courants en élevage de pigeon de chair seront abordés (LARDEUX, 1989 ;
ROYER, 1998 ; LARDEUX et BOYER, 2006).
4.1. Les bâtiments semi-ouverts ou « type ouest »
C’est actuellement le type de bâtiment le plus rencontré en élevage. Il est
qualifié de « semi-plein air » par la présence d’une façade entièrement
grillagée. Les pondoirs sont situés au fond des parquets et les mangeoires
sont généralement disposées sur les côtés, communes à deux parquets, ou
bien sur la façade grillagée (figure 10 et figure 11).
Ces bâtiments présentent plusieurs avantages :
- un coût d’installation raisonnable grâce à la légèreté des matériaux ;
- une bonne vue d’ensemble sur les nids sans déranger les pigeons au
nid.
L’inconvénient majeur est le manque de protection contre le froid et les
nuisibles et pour l’éleveur les conditions climatiques peuvent être rudes.
Figure 10 : Bâtiment d’élevage semi-ouvert.
Source : photographie personnelle lors de visite d’élevage, 2013.
32
Figure 11 : Bâtiment d’élevage semi-ouvert.
Source : Emeriau, 2013.
4.2. Les bâtiments fermés
Schématiquement, ils sont formés par deux bâtiments semi-ouverts mis face
à face. Les pigeons ont des besoins spécifiques en lumière et en ventilation et
il convient de les respecter. De nos jours, il existe des modèles standards de
bâtiments fermés, ce qui facilite l’installation des jeunes éleveurs. Il
conviendra d’installer des plaques translucides au dessus de chaque parquet
pour un apport optimal de lumière ou au-dessus du couloir intérieur (figure
12). Par rapport aux bâtiments semi-ouverts, il existe certains avantages:
- l’éleveur travaille à l’abri des intempéries ;
- une protection relative contre les grands froids et les canicules (2 à 5
degrés de différence maximum) ;
- une meilleure protection contre les nuisibles ;
- l’orientation de ces bâtiments pose moins de problème.
En revanche, la ventilation doit être maîtrisée et contrôlée pour éviter la
présence de poussière en trop grande quantité qui peut gêner l’éleveur et les
oiseaux ou encore une humidité trop élevée qui favorise la multiplication de
germes.
33
Figure 12 : Bâtiment fermé formé par deux bâtiments semi ouverts face à face
et présentant des puits de lumière au dessus du couloir de distribution.
Source : photographie personnelle lors de visite d’élevage, 2013.
4.3. Les bâtiments ouverts avec cages individuelles
Ce sont des cages individuelles conçues pour un ou deux couples qui sont
ensuite regroupées et empilées. Chaque cage mesure environ 1,50m de long
pour 1m de profondeur et 1m de hauteur. Ce type de bâtiment a été
développé dans les années 1990 par un éleveur et aujourd’hui, après de
nombreuses modifications, il est utilisé par un petit nombre d’entre eux. Le
recul acquis sur cette méthode d’élevage permet d’énumérer ses avantages
et ses inconvénients (LARDEUX et BOYER, 2006).
Les principaux avantages d’une telle structure sont :
- une meilleure gestion individuelle des couples ; l’éleveur remplacera
plus facilement un des deux pigeons en cas de problème ou même le
couple en fonction de sa productivité et non en fonction de l’âge du
cheptel ;
- il n’y a pas d’interactions négatives entre les couples ;
- chaque cage est utilisée alors que parfois, dans les parquets, des nids
ne le sont pas ; c’est un gain de productivité par rapport à l’espace
utilisé ;
- le nettoyage et la désinfection sont beaucoup plus efficaces et faciles à
effectuer ;
- l’élevage des races lourdes est facilité.
34
Les inconvénients d’un autre côté sont :
- un investissement financier très important avec des coûts d’installation
multipliés par deux (cette installation nécessite un système de
distribution d’eau et d’aliments dont l’installation est coûteuse par
exemple) ;
- un temps de travail par couple plus important ;
- une mauvaise image pour le public qui est sensible à l’image
traditionnelle de l’élevage du pigeon ;
- des conditions d’élevage plus difficiles à supporter pour les pigeons.
4.4. Les autres types de bâtiments
4.4.1. Les anciens bâtiments d’élevage reconvertis
Dans ce cas, les éleveurs utilisent des structures déjà existantes (poulaillers
par exemple) et en aménagent l’intérieur. L’avantage majeur est une
installation à moindre coût. Néanmoins, il existe de nombreux inconvénients
liés au fait que les pigeons ont des besoins spécifiques (LARDEUX et
BOYER, 2006):
- une ventilation insuffisante dans des bâtiments clos et isolés entraînant
des problèmes de hausse de température ;
- l’obligation de mettre en place une ventilation dynamique dont
l’efficacité sera réduite par la présence d’obstacles dans le bâtiment
(rangées de nids par exemple) ;
- l’obligation de mettre en place un programme lumineux avec
l’utilisation de néons ;
- l’évacuation des fientes est très contraignante et il faut prévoir
l’installation d’un racleur.
Pour toutes ces raisons, ce type d’installation est généralement déconseillé.
4.4.2. Les serres d’élevage
Elles ont été développées en Bretagne dans les années 1980. Elles sont
construites à l’aide d’une bâche blanche laissant passer la lumière. Il n’y a
pas de volières extérieures dans ce type de structure. On distingue plusieurs
avantages pour ces serres (LARDEUX et BOYER, 2006):
- une rapidité d’installation et d’aménagement ;
- une luminosité très importante ;
- l’éleveur travaille à l’abri des intempéries.
En revanche, il existe certains inconvénients :
- une ventilation difficile à mettre en place dans des bâtiments en couloir
fermés ;
- un nettoyage difficile sauf en utilisant des racleurs ;
- en cas d’intempéries importantes (grêle, tempête) la bâche, même
solide, peut être lourdement endommagée.
35
4.4.3. Les pigeonniers fermés et contrôlés
Ce sont des bâtiments totalement hermétiques aux fluctuations extérieures de
luminosité et de température. Une ventilation dynamique et efficace assure
une ambiance moins poussiéreuse que dans les autres types de bâtiments
même semi ouverts. En revanche, les résultats ne sont pas meilleurs et, plus
étonnant encore, la mue automnale est toujours observable comme si celle-ci
était sous contrôle de l’horloge biologique interne des pigeons (ROYER,
1983 ; LARDEUX et BOYER, 2006).
Enfin, ce type de bâtiment est peu utilisé en raison de son coût élevé
d’installation et il est préconisé d’utiliser d’anciens bâtiments d’élevage
comme structure de base.
5. L’aménagement des pigeonniers
5.1. Le sol
La nature du sol est très importante pour l’hygiène du parquet ainsi que pour
le confort des animaux. Plusieurs options existent, certaines sont plus
couramment rencontrées : la terre battue, le sable, le béton, les caillebotis en
plastique surélevés et les grillages surélevés.
5.1.1. La terre battue et le sable
Les sols en sable ou en terre battue présentent une certaine perméablilité et
permettent une bonne évacuation des eaux de pluie d’une part et
l’assèchement des déjections dans les régions à faible degré d’hygrométrie
d’autre part. Dans les régions à forte hygrométrie il y a des risques de
formation de flaques par compaction de la terre battue ainsi que de
ruissellements. Ils sont préconisés dans les élevages du sud-ouest où le
climat est plus sec que dans l’ouest de la France (ROYER 1983). Toutefois,
avec ce substrat, les jeunes reproducteurs ont tendance à pondre au sol
plutôt que dans les nids. L’autre problème des sols en terre est la mauvaise
protection contre les nuisibles tels que les surmulots (Rattus norvegicus) et
les taupes (Talpa europaea) et ils ne conviennent pas pour des régions trop
pluvieuses où l’eau aurait tendance à former des flaques. De plus, le
problème majeur est le risque de prolifération bactérienne et le manque
d’hygiène dans les parquets. En outre, l’ingestion par les pigeons de sable
souillé par les fientes peut accentuer les risques de transmission horizontale
de germes.
5.1.2. Le béton
Le béton est une bonne option puisqu’il protège les parquets de l’intrusion de
nuisibles par le sol. En revanche, il est imperméable et le sol doit être
légèrement en pente afin de faciliter l’évacuation de l’eau. Selon la disposition
des abreuvoirs, on formera la pente différemment ; si ce sont des pipettes
placées sous les nids, la pente sera effectuée vers l’arrière du parquet ; et si
ce sont des abreuvoirs à niveau constant disposés du côté du couloir, le sol
36
du parquet sera bipente : une pente partant du milieu du parquet jusqu’au
couloir et l’autre partant du milieu du parquet vers l’arrière de celui-ci. En
revanche, s’il y a possibilité d’installer un racloir, la pente se fera dans la
longueur du bâtiment. La présence d’un racloir sur sol bétonné permet un
meilleur entretien (retrait des déjections). Les élevages récents utilisent
souvent ce type de sol rehaussé de grillage ou de caillebotis (ROYER, 1983 ;
LARDEUX, 1989).
5.1.3. Les grillages et les caillebotis surélevés
Leur utilisation évite que les jeunes reproducteurs ne nichent au sol car ces
substrats ne sont pas confortables. Le nettoyage est facilité avec ces
matériaux donc l’hygiène est meilleure et le temps de nettoyage réduit dans
ces cas là (LARDEUX, 1989). Attention toutefois à prévoir un sol perméable
pour éviter que les fientes ne s’accumulent en restant humides ou bien il
faudra prévoir l’option du sol bétonné en pente qui semble adaptée pour
résoudre ce genre de problèmes.
5.2. Les pondoirs et les nids
Tout d’abord il est important de noter qu’il faut prévoir deux nids par couple.
En effet deux cycles se superposent: lorsque les petits ont 10 jours un
nouveau cycle commence (ce point sera abordé plus en détail dans l’étude du
cycle de reproduction). Le pondoir est la structure accueillant les nids et il
existe plusieurs options (LARDEUX et BOYER, 2006 ; EMERIAU, 2013) :
- les pondoirs en bois : dans ces cas-là il faut prévoir un bois résistant à
l’humidité et aux déjections. Le bois facilite aussi la multiplication de
nuisibles comme les insectes ou les acariens donc il faudra le traiter
avant de le réutiliser ;
- les pondoirs en tôle galvanisée : ils sont inspirés des modèles trouvés
en élevage hors-sol et présentent de gros avantages : solidité, faciles à
nettoyer. Ces pondoirs accueillent ensuite un nid en carton ;
- les pondoirs en grillage soudé : ils présentent l’avantage de permettre
une ventilation et une luminosité optimale. Là encore des nids en
carton y sont disposés.
Le nid en lui même peut avoir plusieurs dimensions selon le choix des
éleveurs mais deux dimensions sont souvent choisies: un carré de 25 cm de
côté ou bien un rectangle de 25 cm de profondeur pour 27 cm de largeur. Ces
dimensions prennent en compte plusieurs facteurs :
- un espace qui doit être suffisant pour accueillir les pigeons adultes et
deux pigeonneaux ;
- un espace qui ne doit pas permettre l’accumulation d’une trop grande
quantité de déjections.
La plupart des nids sont en pente ; ils sont inclinés vers le fond ce qui permet
une plus grande luminosité des nids, une meilleure visibilité et donc une
facilité de contrôle des couples au nid. Le plus souvent, les deux nids d’un
même couple sont juxtaposés mais certains éleveurs préfèrent les
superposer même si cela demande plus de travail : les jeunes sont
37
descendus dans le nid du bas pour éviter qu’ils ne descendent eux-même et
perturbent la couvée suivante.
Certains préfèrent les nids en carton jetables entre chaque cycle parce que
cela facilite les nettoyages des pondoirs ; mais d’autres utilisent des
matériaux réutilisables sur plusieurs cycles avec pour argument l’installation
d’une flore protectrice contre les germes pathogènes comme les salmonelles.
Plusieurs formes existent et les plus courantes sont exposées figure 13.
À l’intérieur des nids plusieurs matériaux sont utilisables :
- de la paille de blé : elle doit être souple et avoir la capacité de
s’entremêler ;
- des aiguilles de pin : elles sont très appréciées des pigeons et leur
résine empêche la multiplication de certains insectes ;
- des tiges de lavande ou de lavandin au pouvoir antiseptique
intéressant ;
- des copeaux de bois tendre non traités.
- des fientes sèches prélevées en élevage ; mais les risques de
transmission d’agents pathogènes contre-indiquent cette pratique
ancienne.
Dans tous les cas, il faut que le matériau soit bien sec car l’humidité
provoque des pertes importantes de pigeonneaux (multiplication des
germes, froid, mauvaise hygiène). Une nouvelle technique consiste à
utiliser des nids préformés alvéolés qui accueillent les œufs et les
maintiennent en place. Ces nids sont en carton, jetables ou nettoyables.
Diverses options existent donc et tentent de répondre aux besoins des
couples reproducteurs et des pigeonneaux tout en assurant un minimum
de confort et en optimisant le mieux possible l’hygiène.
38
Figure 13 : Exemples de nids couramment utilisés.
Nid alvéolé
Nid format coupelle
Nid paillé
Source : EMERIAU 2013.
39
5.3. Les abreuvoirs
Deux techniques sont majoritairement utilisées : les abreuvoirs à niveau
constant et les pipettes. Les premiers ont longtemps été utilisés pour leur côté
pratique mais ce système entraîne des pertes d’eau et un risque important de
transmission de maladies avec un effet « bouillon de culture ». Le système
des pipettes constitue une très bonne alternative qui est de plus en plus
utilisée puisqu’elle est pratique, qu’elle limite les risques de transmission de
germes avec un temps de nettoyage très réduit. Ce sont des pipettes pour
poule adaptées aux pigeons (il existe plusieurs modèles qui sont présentés
figure 14) ; au départ les pigeons doivent s’habituer à utiliser ces pipettes
mais ensuite cela ne pose plus aucun problème. Les pipettes sont disposées
sous les pondoirs et en pratique il faut compter une pipette pour cinq couples
(figure 15). L’inconvénient majeur est le gaspillage d’eau qui selon les
systèmes va de 5 à 25 % (BOYER, 2014).
Figure 14 : Différents modèles de pipettes utilisés en élevage.
Source : EMERIAU 2013.
Selon les systèmes, le débit est plus ou moins important. Les pipettes notées
1/10 ont un débit trop important, sont difficiles à régler et ne conviennent pas
pour les pigeons qui n’arrivent pas à boire toute l’eau distribuée ce qui
provoque des pertes en eau. En revanche, les pipettes notées 9/10 ont un
débit plus faible, bien adapté à l’élevage du pigeon (EMERIAU, 2013).
40
Figure 15 : Parquet d’élevage aménagé avec un sol en grillage surélevé, des
pondoirs avec des nids juxtaposés en carton jetables et une rangée de
pipettes sous les pondoirs.
Source : photographie personnelle lors de visite d’élevage, 2013.
5.4. La densité dans les parquets
La densité des pigeons reproducteurs est de 3,5 à 4 couples par m2 en
bâtiment semi-ouvert et de 3 à 3,5 couples par m2 en bâtiment fermé. Les
parquets ont généralement une surface de 3 mètres de côté au sol.
Concernant les futurs reproducteurs, on observe selon les élevages des
densités allant de 6 à 20 pigeons au mètre carré (ROYER, 1983 ; LARDEUX
et BOYER, 2006).
5.5. L’élimination des déjections
La gestion et l’élimination des déjections doivent être anticipées lors de la
mise en place de l’élevage et des bâtiments. En effet, plusieurs techniques
plus ou moins pratiques permettent d’évacuer les fientes et facilitent ainsi le
nettoyage régulier des parquets. Certains éleveurs glissent des bâches (3 m2
maximum) sous les parquets et les tirent ensuite pour récolter les déchets qui
s’y sont accumulés. D’autres s’équipent des racleurs mécaniques, mais cette
technique est encore peu utilisée actuellement (LARDEUX, 1989 ; EMERIAU,
2013).
41
6. L’alimentation du pigeon de chair
L’alimentation des pigeons de chair reste un point critique et difficile à
systématiser dans tous les élevages. Chaque éleveur applique des modèles
de rations différents selon sa propre expérience. De plus, il faut bien avoir en
tête que ce n’est pas un élevage en bande unique. Tous les individus d’un
même parquet ne sont pas aux mêmes stades physiologiques et ont donc des
besoins différents. L’éleveur ne peut adapter la ration en fonction de la
période de production comme cela se fait en bande unique. De plus, les
pigeons nourrissent leurs petits par régurgitation pendant toute la croissance
jusqu’à l’abattage à 28 jours. C’est donc la nourriture des parents qui
conditionne la croissance optimale des pigeonneaux et une carence
alimentaire pendant cette période aura un impact important sur la qualité de la
carcasse et donc le rendement final du produit.
6.1. Les besoins des pigeons
Les pigeons ont des besoins nutritionnels qui peuvent évoluer durant l’année
selon le stade du cycle de production. Globalement, ils ont besoin d’énergie
métabolisable (2 900 kcal/kg d’aliment soit 12 400 kJ), de protéines (13,4 à
14,4 % de protéine brute par kg d’aliment), de vitamines, de minéraux et
d’oligoéléments. Aujourd’hui, avec une productivité en hausse et un poids
moyen des pigeonneaux en augmentation, la consommation des couples
varie de 54 kg à plus de 60 kg/couple/an (BOYER, 2014).
6.2. Les principaux aliments en élevage
6.2.1. Les céréales
Le maïs est l’élément de base et représente plus de 50 % de la ration. Il est
très énergétique mais pauvre en protéines. Le blé est mieux équilibré en
protéines et à ce titre est aussi utilisé (LARDEUX et BOYER, 2006).
6.2.2. Les légumineuses
Elles ont pratiquement disparu des élevages parce que les mélanges
complémentaires (granulés complémentaires) apportent des protéines à
moindres frais. De plus, les légumineuses contiennent des facteurs anti-
trypsiques qui sont des facteurs antinutritionnels (LARDEUX et BOYER,
2006).
6.2.3. Les oléagineuses
Elles sont très riches en énergie. Par exemple, les graines de tournesol sont
utilisées pour augmenter les apports énergétiques de la ration ; en effet une
étude a montré qu’un apport en graisse optimise la productivité et que les
pigeons ont tendance à se rationner seuls en fonction de l’apport énergétique
de la ration (WALDIE et al., 1991).
42
En pratique, on n’utilise plus les graines oléagineuses parce que les pigeons
adorent ces graines et auront parfois tendance à préférer les oléagineuses
même lorsque les besoins diminuent.
6.2.4. Les granulés complémentaires
Ils complètent une alimentation à base de céréales en apportant des
protéines, des minéraux ainsi que des vitamines. Ils sont essentiels à la
bonne croissance des pigeonneaux. D’ailleurs, en élevage, leur
consommation augmente juste avant l’éclosion (pour la production du lait de
jabot) et pendant les premiers jours suivant l’éclosion. Certains éleveurs
utilisent aussi des CMV (compléments minéraux et vitaminiques). Tout
dépend de la ration de base (ROYER, 1983 ; LARDEUX, 1989).
6.2.5. Le granulé complet
C’est une bonne alternative pour les éleveurs qui ne peuvent pas se fournir
facilement en céréales. Néanmoins, les fientes seront plus molles qu’avec
des céréales et les granulés sont plus coûteux.
6.2.6. Les minéraux, les oligo-éléments et les vitamines
Ils sont indispensables et sont apportés par la ration. Il faut tout de même
prévoir une distribution de compléments calciques à part. Ainsi les pigeons
auront la possibilité de se rationner en fonction de leurs besoins. Par
exemple, le besoin calcique au repos est d’environ 0,5 g par jour et par
couple, alors qu’en période de ponte et de nourrissage il s’élève jusqu’à 4 g.
Les vitamines sont utilisées pour le métabolisme calcique ainsi que dans la
prévention des infections (vitamine C par exemple).
Des essais de supplémentation avec de la L-carnitine sur des pigeons en
couvaison ont montré de bons résultats. En effet l’adjonction quotidienne de
80 mg de L-carnitine entraîne une augmentation de la croissance des
pigeonneaux et une limitation de la perte de poids des mâles adultes. Une
des explications serait l’accroissement de la production de lait de jabot
provoquée par cette supplémentation (JANSSENS et al., 2000).
6.2.7. L’eau
Une eau de qualité doit être disponible en permanence ; elle doit présenter
une bonne qualité chimique (apports d’ions) et un pH adéquat (un pH de 6
prévient le développement de nombreux germes). Il est possible de traiter
l’eau (avec du chlore par exemple) pour lutter contre certains agents
pathogènes (ROYER, 1983 ; COULANGE, 1997 ; LARDEUX et BOYER,
2006).
43
6.3. Les modes de distribution
Il existe trois grandes stratégies pour choisir la ration des pigeons. Tout
dépend de l’expérience et des préférences de l’éleveur :
- une alimentation 100 % traditionnelle avec un mélange de graines et
un CMV. Seuls les petits élevages continuent à l’utiliser ;
- une alimentation à base de céréales mais avec comme principale
source de protéines un aliment complémentaire contenant un CMV ;
- un aliment complet, de plus en plus utilisé dans les élevages du sud-
ouest où il offre une solution pratique pour assurer une ration
équilibrée tout au long de l’année.
D’après plusieurs études, seule la forme « granulés » convient à l’alimentation
des pigeons (COULANGE, 1997).
Il existe plusieurs modèles de mangeoires et leur disposition dans les
parquets est importante à prendre en compte.
- Les mangeoires communes à deux parquets : elles sont disposées le
long des parois séparant les parquets (figure 16). L’avantage est la
grande visibilité pour l’éleveur qui n’est pas gêné par la présence de la
mangeoire sur la façade et contrôle mieux les parquets de loin.
L’inconvénient est qu’avec cette disposition, les pigeons ont tendance
à avoir peur de venir se servir près des façades et donc l’espace à la
mangeoire par pigeon est souvent inférieur à ce qui est prévu en
théorie (EMERIAU, 2013).
- Les mangeoires disposées contre les façades des parquets : elles
limitent la visibilité du parquet et l’éleveur doit vraiment s’approcher des
parquets pour contrôler l’état de santé des pigeons, ce qui est toujours
une situation stressante pour les animaux. En revanche, toute la
longueur de la mangeoire est utilisée de façon homogène cette fois
(EMERIAU, 2013).
6.4. Le gavage des pigeonneaux
Des essais ont été réalisés avec du lait de jabot reconstitué (sorte de lait
maternisé très riche en huile végétale) distribué à l’aide de pipettes dans les
premières 24 heures avant l’adoption par les adultes pour des pigeonneaux
nés en couvoir. Cette technique n’est plus utilisée actuellement parce qu’elle
est trop contraignante mais aussi parce que l’utilisation des couvoirs reste
peu répandue dans l’élevage du pigeon de rapport (LARDEUX et BOYER,
2006).
44
Figure 16 : Mangeoire disposée sur le côté, commune à deux parquets, avec
système de distribution automatique (tube en polychlorure de vinyle).
Source : photographie personnelle lors de visite d’élevage, 2013.
La distribution de minéraux et de compléments calciques est généralement
effectuée à part et les pigeons se rationnent en fonction de leurs besoins.
45
7. Les étapes de l’élevage
7.1. L’élevage des futurs reproducteurs
Les futurs reproducteurs sont issus du cheptel ou bien achetés à 5 semaines
d’âge dans des élevages spécialisés. L’éleveur doit apporter des soins et une
surveillance particulière pour le bon développement des futurs adultes
reproducteurs (ROYER, 1983 ; LARDEUX et BOYER, 2006).
Ceux-ci sont choisis selon plusieurs critères :
- l’aspect hygiénique: bon aspect et bon état général ;
- la conformation : une musculature bien développée ;
- la productivité des parents (fournis par les producteurs à l’achat) ;
- l’absence de peau noire : les carcasses dont la peau est foncée se
vendent moins bien, leur aspect rebute les consommateurs.
Lors de leur sélection, les individus de 5 semaines sont en phase de post-
sevrage et l’éleveur doit bien surveiller leur acclimatation dans les enclos
dédiés aux futurs reproducteurs. Plusieurs types de bâtiments existent mais
en règle générale ce sont souvent des volières qui devront ressembler aux
parquets pour faciliter l’adaptation des nouveaux reproducteurs lorsqu’ils y
seront installés.
A ce stade, l’alimentation de ces oiseaux est particulière ; il faut en effet que
les apports nutritionnels soient optimaux pour assurer un bon développement.
La meilleure solution est l’utilisation des granulés complets puisqu’au départ
les pigeons n’ont pas la faculté de sélectionner les aliments en fonction de
leurs besoins. L’accès à l’alimentation doit être facilité par un nombre de
mangeoires plus important que dans les parquets des adultes.
C’est aussi le moment des premières vaccinations. C’est le moment idéal
puisque lors de leur sélection chaque pigeonneau passe dans la main de
l’éleveur ; la vaccination contre la paramyxovirose est obligatoire en France
depuis 2001.
Le plan vaccinal le plus courant est le suivant:
- au sevrage une primovaccination paramyxovirose et salmonellose ;
- rappel 4 semaines après pour la paramyxovirose et la salmonellose ;
- rappel à la mise en place dans le parquet des reproducteurs pour les
deux vaccins.
De la 4ème semaine au 4ème mois c’est une étape cruciale au niveau
sanitaire pendant laquelle l’éleveur doit être vigilant.
7.2. La mise en place des nouveaux reproducteurs
Les jeunes pigeons arrivent à maturité sexuelle entre 6 et 8 mois. Pour
optimiser l’installation dans les parquets il faut, dans l’idéal, que les couples
soient déjà formés et qu’il y ait déjà eu une ponte. Ainsi, la productivité est
optimale dès l’installation des couples (l’éleveur s’assure ainsi que dès
l’installation, les couples commenceront un cycle). Pour s’assurer qu’on aura
un maximum de couples formés il faut sexer les individus pour avoir des
46
répartitions homogènes de mâles et de femelles dans les bâtiments des futurs
reproducteurs (les individus sont sexés et bagués).
Lorsque les pigeons atteignent 5 à 6 mois, l’éleveur commence à observer
des appariements et des accouplements et il pourra placer des nids paillés
dans l’enclos pour stimuler les pontes et la formation de nouveaux couples.
L’éleveur peut ainsi identifier les couples avant l’installation dans les parquets
de production.
L’utilisation de programmes lumineux permet d’optimiser la mise en place des
couples ; en effet une augmentation de la photopériode a tendance à avancer
l’âge de la maturité sexuelle et favorise donc les appariements dans les
meilleurs délais.
Les couples ainsi formés sont ensuite placés dans les parquets de
production. Le parquet est installé lorsque 75 à 90 % des couples ont un nid
après 15 jours dans leur nouveau local (LARDEUX et BOYER, 2006).
7.3. L’entrée en production
La femelle pond un ou deux œufs puis les parents couvent pendant 18 jours.
À l’éclosion, les pigeonneaux sont nourris avec le lait de jabot puis les parents
effectuent une transition alimentaire vers une nourriture exclusivement
composée de graines. Lorsqu’ils atteignent l’âge de 28 jours, les pigeonneaux
sont ramassés pour l’abattoir ou en vue de renouveler le cheptel des
reproducteurs (COULANGE, 1997).
Simultanément à la croissance des pigeonneaux, la femelle pond deux
nouveaux œufs. Les deux parents alternent pour couver et s’occuper des
pigeonneaux. C’est le début d’un nouveau cycle.
7.4. La conduite d’élevage et la réforme
L’éleveur effectue un contrôle régulier des couples tout au long de leur
carrière. Il va à la fois surveiller chaque nid mais aussi la tenue globale de
chaque parquet.
7.4.1. Gestion et visite du nid
Deux à trois fois par semaine, l’éleveur effectue une visite des nids. C’est
l’occasion de surveiller plusieurs points clés (LARDEUX et BOYER, 2006 ;
EMERIAU, 2013) :
- le contrôle des œufs : il doit s’effectuer sans perturber les adultes en
train de couver. Il faut retirer les œufs clairs, pondus au sol, fendillés
ou anormaux. Les œufs pondus au sol, s’ils sont viables, peuvent être
placés en incubateur ;
- les pigeonneaux : les deux pigeonneaux d’un même nid doivent être de
même gabarit et dans le cas contraire l’éleveur procédera à des
échanges de pigeonneaux entre différents couples ;
- les nids : état des nids et des fientes.
Lorsque les pigeonneaux ont 8 jours, l’éleveur prépare le deuxième nid pour
accueillir la nouvelle couvée à venir. L’ancien nid en carton est jeté, la case
47
est nettoyée et un nouveau nid paillé y est placé. Cette méthode permet de
nettoyer régulièrement le parquet et d’assurer une bonne hygiène dans le
parquet.
7.4.2. Gestion du parquet et réforme
Généralement deux méthodes de gestion sont utilisées. Soit l’éleveur
surveille la productivité individuelle de chaque couple et procède à une
réforme couple par couple, soit il évalue la productivité globale du parquet et
lorsqu’elle diminue il réforme tout le parquet. Les meilleurs couples peuvent
être conservés et replacés dans de nouveaux parquets.
Auparavant les couples pouvaient, en fonction de leur productivité, rester
jusqu’à 5 à 6 ans en production ; mais de plus en plus d’éleveurs
programment à l’avance la durée de vie des parquets. Sur une durée de 2 à 3
ans la productivité globale des parquets est optimale et la plupart des
éleveurs effectuent ensuite une réforme. Cette programmation permet une
gestion plus globale de l’élevage et il est plus aisé d’effectuer un nettoyage et
une désinfection efficace dans chaque parquet (LARDEUX et BOYER, 2006 ;
EMERIAU, 2013).
8. Optimisation de la production
Différents moyens sont utilisés pour optimiser la production parmi lesquels
l’utilisation de programmes lumineux, l’incubation artificielle, l’élevage de trois
jeunes par les parents et le cyclage.
8.1. Les programmes lumineux
L’activité et la productivité des pigeons diminuent avec la baisse de la
luminosité et de la photopériode notamment en automne où intervient la
grande mue annuelle. L’utilisation de programmes lumineux permet de limiter
cette baisse d’activité en augmentant artificiellement la durée des jours en
automne et en hiver.
La durée d’éclairement voulue est de 15 à 16 heures par jour. Il est préférable
d’éclairer le matin plutôt que le soir ; cela permet aux pigeons de se coucher
naturellement avec la fin de la journée qui arrive progressivement.
En effet, les pigeons sont très sensibles à la lumière et un éclairage
supplémentaire en fin de journée risquerait de les perturber pour le reste de la
nuit ; certains pigeons peuvent abandonner leur nid toute une nuit suite à un
éclairage intervenu après la tombée du jour (LARDEUX, 1989).
Peu d’études ont été menées pour déterminer la luminosité optimale à
apporter. Certains éleveurs préconisent une intensité de 30 lux mesurée au
niveau du sol ; les zones à éclairer sont les zones d’activité des pigeons à
savoir les mangeoires, les abreuvoirs et les perchoirs (LARDEUX, 1989).
Certains éleveurs utilisent un programme lumineux toute l’année pour éviter
une baisse de productivité en automne et en hiver, alors que d’autres ne
48
l’utilisent qu’en période de forte demande pour augmenter la production
ponctuellement.
Enfin, l’utilisation de programmes lumineux augmente la productivité mais
cela a un coût. Les couples ne peuvent pas produire pendant 5 à 6 ans de
manière optimale sans phase de repos annuelle. L’utilisation de programmes
lumineux épuise les couples et il faudra prévoir la réforme à 2 ou 3 ans. Selon
Bernard LARDEUX, (1989) il faut bien retenir que plus on augmente la durée
du jour plus on diminue la vie des reproducteurs.
8.2. L’incubation artificielle
L’utilisation d’incubateurs permet d’améliorer la productivité de l’élevage et
d’augmenter ponctuellement la production en fonction des périodes de
l’année.
L’incubation est possible pour les œufs fraîchement pondus ou de tous âges.
Contrairement aux autres filières, le stockage préalable des œufs est
impossible car la conservation est très mauvaise au-delà de 3 jours.
Avant d’être placés en incubateur, les œufs sont désinfectés avec une
solution nettoyante et désinfectante (PROPHYL à 1 %). Ils sont ensuite
placés la pointe en bas quand le support est alvéolé, sinon à plat. La
température d’incubation est comprise entre 37,7°C et 38,5°C (selon la
ventilation) et l’humidité relative est comprise entre 50 % dans les niveaux
supérieurs où sont stockés les œufs et 70 % dans les étages inférieurs où
sont déposés les œufs bêchés et les pigeonneaux de un jour.
Ce système permet de récupérer tous les œufs dans les nids que l’on
réforme, les œufs des jeunes reproducteurs avant introduction dans le
parquet, les œufs pondus au sol, etc.
En théorie ces œufs incubés permettent la production de pigeonneaux qui
sont placés sous les couples en remplacement de pigeonneaux morts ou bien
en complément. Ainsi, un cycle pourra compter trois petits au lieu de deux ou
deux au lieu d’un seul, ce qui augmente la productivité par couple. En
pratique, cette technique est difficile à mettre en œuvre parce que les parents
adoptifs doivent être prêts à s’occuper des nouveaux pigeonneaux. En effet, il
faut qu’ils soient déjà en train de couver pour que la production de lait de
jabot soit optimale au moment de l’adoption (selon STOSSKOPF, 2002, ce
sont les mouvements des pigeonneaux dans l’œuf qui stimulent la production
du lait de jabot).
Il faut donc que les œufs bêchés ou les pigeonneaux éclos soient placés sous
les couples qui sont à 15 jours de couvaison et qui n’ont qu’un œuf (qui sera
retiré) ou des œufs clairs (mais il n’y aura pas eu de stimuli pour la production
du lait de jabot).
Aucun vide sanitaire n’est effectué dans les incubateurs car ils fonctionnent
en continu ; donc un nettoyage et une désinfection sont régulièrement
effectués en présence des œufs. Certains éleveurs procèdent tout de même à
une décontamination complète une à deux fois par an. Malgré ces
49
précautions, il y a de forts risques de transmission de germes des nids à
l’incubateur puis de l’incubateur aux nids.
Enfin, l’utilisation des incubateurs représente une augmentation du temps de
travail non négligeable et paradoxalement, un contrôle de productivité plus
difficile : par exemple, le fait de spécialiser les couples pour la ponte permet
de doubler le nombre d’œufs produits mais le taux d’éclosion n’est que de
75,5 % au lieu d’un optimum à 90 % (LARDEUX et BOYER, 2006).
Actuellement la production d’œufs à couver n’existe pas dans l’élevage du
pigeon de chair et l’utilisation des incubateurs reste un moyen de limiter les
pertes en œufs.
8.3. Le triplage
C’est une technique qui consiste à faire élever trois pigeonneaux par couple.
L’éleveur rajoute des petits supplémentaires aux couples les plus performants
pour augmenter le rendement.
Il existe plusieurs méthodes pour aboutir à trois petits par couple :
- l’éleveur prend les œufs d’un autre couple et les fait couver en même
temps que les œufs des parents adoptifs ;
- l’éleveur prélève un pigeonneau d’un couple et le place dans un nid
avec deux autres pigeonneaux de même âge et de même gabarit
provenant de la couvée des parents adoptifs ;
- l’éleveur place des jeunes tout juste éclos en incubateur sous les
parents adoptifs.
Le triplage permet d’éviter les baisses de production au moment du
renouvellement des reproducteurs (COULANGE, 1997).
Avec trois pigeonneaux par nid il faut : une bonne qualité de nid, un bon
équilibre des gabarits et des parents ayant de bonnes qualités nourricières.
Actuellement cette méthode est difficile à mettre en place et les gabarits des
pigeonneaux sont moins bons à l’abattage ; des progrès génétiques sont en
cours pour améliorer ces points.
8.4. Le cyclage
Le cycle est l’intervalle de temps entre la ponte et le sevrage. Il y a
superposition de deux cycles chez un couple. C’est l’intervalle entre les deux
cycles et donc l’intervalle entre les deux pontes qui est important à
considérer ; il est de 28 à 38 jours (LARDEUX et BOYER, 2006).
En période de reproduction, les cycles se chevauchent car la femelle pond à
nouveau lorsque les pigeonneaux ont entre 8 et 18 jours. L’objectif en
élevage est d’atteindre un intervalle moyen entre deux pontes de 37 jours en
suivant au mieux le modèle présenté figure 17.
Pour rappel, il est important d’avoir les données suivantes en mémoire :
- ponte de 2 œufs : 2 jours ;
- incubation artificielle ou couvaison : 18 jours ;
- nourrissage de l’éclosion au sevrage : 30 jours.
50
Soit une durée totale de 50 jours.
Le but du cyclage est d’obtenir au sein d’un même parquet des adultes
reproducteurs au même stade de production, ceci afin de compenser le fait
que l’élevage du pigeon de chair n’est pas un élevage en bande unique.
C’est une méthode qui permet de progresser dans la dynamique de
rationalisation de l’élevage du pigeon de chair et elle présente de nombreux
avantages :
- une augmentation de la productivité ;
- un gain de main-d’œuvre important par couple et une meilleure
organisation des différents travaux au cours de l’année en fonction de
l’avancement des cycles ;
- une meilleure gestion de l’hygiène en élevage (travaux simultanés de
nettoyage et de désinfection dans tous les parquets par exemple) ;
- un suivi des couples facilité ;
- des meilleures performances d’élevage : augmentation du taux
d’éclosion et du poids des pigeonneaux à l’abattage.
En revanche, cela implique de nouvelles contraintes :
- le travail de l’éleveur doit être très organisé et les tâches programmées
au jour près parfois ;
- le triplage et l’incubation artificielle doivent être maîtrisés ;
- la gestion de l’abattage est moins souple et il est donc difficile
d’adapter la production au rythme fluctuant des demandes, notamment
pendant les fêtes de Noël et de Pâques ;
- cette méthode n’est pas encore totalement maîtrisée et peut poser
problème en cas de rupture des cycles.
Pour cycler, c’est à dire pour synchroniser les couples, l’éleveur retire tous les
œufs et les pigeonneaux de moins de 6 jours. Cela entraîne généralement la
synchronisation de 80 % des couples qui vont recommencer une nouvelle
couvée au même moment. Les 20 % non cyclés peuvent être retirés du
parquet et seront réintroduits plus tard progressivement. Si on réitère
l’expérience 15 jours après le premier ramassage, on aboutit à une
synchronisation de l’ordre de 95 à 98 % (COULANGE, 1997). L’éleveur doit
prévoir des couples en nombre suffisant dans d’autres parquets pour adopter
les œufs et les pigeonneaux de moins de 6 jours. D’autres méthodes plus
progressives existent mais dépendent des capacités de l’élevage ainsi que
des habitudes de l’éleveur.
Une des principales difficultés provient du fait que le cyclage est facilement
perturbé. En effet, l’intervalle moyen entre deux couvées est de 32 jours mais
certains couples auront des cycles courts (28 jours) et d’autres plus longs (38
jours), ce qui provoquera un décyclage très rapidement pour les couples les
plus précoces ou les plus tardifs.
51
Figure 17 : Schéma du cycle de production avec l’intervalle de temps recherché ente les deux cycles.
52
9. Les pertes de production ou le manque à
produire
C’est la différence entre ce que chacun des couples devrait produire chaque
année et les résultats effectifs. Les causes majeures de pertes vont être
abordées succinctement sans faire un état des lieux de la pathologie du
pigeon de chair (LARDEUX et BOYER, 2006). Les problèmes liés à la
salmonellose seront détaillés dans une autre partie.
9.1. Pertes par manque de ponte
Les traitements antibiotiques peuvent provoquer une chute des pontes. De
même, un stress peut être à l’origine d’une baisse de productivité et donc des
pontes : la baisse de luminosité et la mue sont de bons exemples.
Enfin, à partir de deux ou trois ans, les couples reproducteurs sont moins
productifs, et ce d’autant plus avec l’utilisation de programmes lumineux
empêchant une phase de repos.
9.2. Perte en œufs
On peut évoquer de manière assez intuitive les facteurs suivants : mauvaise
santé globale de l’élevage, mauvaise hygiène du nid, présence de nuisibles
dans l’élevage, parquets mal entretenus (pontes au sol, chute d’œufs,
concurrence pour l’accès aux nids).
9.3. Perte en pigeonneaux
Le plus souvent ces pertes sont liées à des problèmes sanitaires (la
salmonellose peut provoquer de la mortalité chez les pigeonneaux par
exemple). Il peut y avoir des problèmes climatiques et donc des défauts
d’ambiance dans les parquets. Enfin, interviennent toutes les causes
accidentelles comme les chutes et enfin les nuisibles.
9.4. Déclassement des pigeonneaux
Encore une fois, il est possible d’incriminer les facteurs suivants : problèmes
sanitaires, chute du nid, froid mais aussi d’autres facteurs liés à la durée et
aux conditions de transport vers l’abattoir.
10. L’élevage du pigeon et l’environnement
Les élevages de pigeons de chair, comme tout élevage de volaille, ont un
impact sur l’environnement. Il faut en effet mettre en place des moyens
suffisants pour gérer les déchets, les stocker et les détruire ou les
transformer. De plus, certaines maladies du pigeon peuvent être
53
transmissibles à d’autres espèces ; c’est le cas de la maladie de Newcastle
par exemple. Il faut donc délimiter des périmètres de sécurité autour des
exploitations et en contrôler les accès.
Pour le voisinage direct il faut éviter autant que possible la prolifération des
mouches (musca domestica) qui peuvent constituer une réelle nuisance en
été.
Les nuisibles posent de réels problèmes pour les élevages. Ils causent des
pertes parfois significatives et représentent des risques sanitaires importants ;
par exemple les rongeurs sont porteurs de salmonelles qui peuvent être
transmises aux pigeons. Les larves du dermeste (dermestes spp), un
coléoptère, peuvent causer d’importants dégâts en se nourrissant de la chair
des pigeonneaux. Il faut donc prendre des mesures de protection qui seront
traitées plus loin dans ce travail.
Aujourd’hui, avec plus de 200 élevages de pigeons de chair et une production
annuelle proche des 2.000 tonnes, la France est le premier producteur
européen et le deuxième au niveau mondial derrière la Chine. La filière
française du pigeon de chair subit la même baisse de production que les
autres filières de volailles, néanmoins elle reste dynamique et maintient son
niveau de productivité.
Le pigeon de chair est une espèce de rente à part. Cet oiseau, considéré
comme une volaille, présente de nombreuses particularités qui sont liées à
son caractère nidicole et à son comportement reproducteur notamment.
Toutes ces caractéristiques influencent directement la structure et la conduite
d’élevages qui se veulent traditionnelles et respectueuses des animaux.
D’ailleurs, il n’y a pas deux élevages identiques et chacun applique sa
« recette ». Les éleveurs sont avant tout des passionnés ; en se regroupant
autour de grosses structures d’abattage, ils organisent la filière française de
façon à la rendre viable et rentable sans jamais perdre de vue les valeurs
fondamentales de l’élevage traditionnel.
Tous ces aspects sont importants à connaître pour comprendre la
problématique liée à la salmonellose dans ces élevages. De plus, cette
maladie est bien maîtrisée dans les autres filières avicoles. Il est donc
intéressant de traiter la salmonellose aviaire et les méthodes de lutte mises
en place par les grandes filières pour mieux appréhender le problème dans
l’élevage du pigeon de chair.
54
DEUXIÈME PARTIE : LA
SALMONELLOSE EN ÉLEVAGE
AVICOLE
55
56
1. Généralités sur les salmonelloses
1.1. Nomenclature et classification
Les salmonelles sont des bactéries appartenant à la famille des
Entérobactéries et au genre Salmonella.
Kauffmann est le pionnier en matière d’étude du genre Salmonella. Il a
déterminé plusieurs sous-genres et de nombreuses sous-espèces sur la base
de caractères phénotypiques et de tests sérotypiques (par exemple
Salmonella typhi, espèce responsable de la fièvre typhoïde).
Depuis 2005, une nouvelle nomenclature est en vigueur sur le plan
international (TINDALL et al., 2005). Cela fait suite aux travaux sur
l’hybridation ADN-ADN effectués dans les années 1970 et qui expliquent que
l’espèce bactérienne est définie grâce à l’étude de l’hybridation des ADN
bactériens : « au sein d’une même espèce, l’hybridation ADN-ADN des
souches doit dépasser 70 %, avec une instabilité thermique des hybrides
inférieure à 5°C » (FRENEY et al., 1994).
En suivant ce critère, seulement deux espèces peuvent être différenciées :
Salmonella enterica (espèce majoritaire) et Salmonella bongori (très rarement
rencontrée).
S. enterica est elle même divisée en 6 sous espèces différenciables par leurs
caractères biochimiques :
- S.e.enterica ;
- S.e. salamae ;
- S.e. arizonae ;
- S.e. diarizonae ;
- S.e. houtenae ;
- S.e. indica.
L’espèce S. bongori et les différentes sous espèces de S. enterica sont
ensuite subdivisées en serovars (ou serotypes) grâce aux caractères
antigéniques. Seuls les serovars de la sous espèce S.enterica enterica
portent un nom. Le schéma de White-Kauffmann-Le Minor contient les
formules antigéniques des différents sérovars de Salmonella (GRIMONT et
WEILL, 2007).
La nomenclature est donc complexe et est simplifiée dans la pratique ; par
exemple, selon la nomenclature, la salmonelle la plus courante en élevage du
pigeon devrait être dénommée Salmonella enterica subsp. enterica ser.
Typhimurium mais en réalité c’est la forme simplifiée S. Typhimurium qui est
utilisée.
57
1.2. Caractères morphologiques et culturaux
Les salmonelles sont des bacilles droits à Gram négatif, non sporulés, parfois
encapsulés, intracellulaires facultatifs (notamment dans les macrophages), de
dimension moyenne (environ 0,5 µm de largeur et 3 µm de longueur), mobiles
(sauf le sérotype Gallinarum-Pullorum) à ciliature péritriche (FRENEY et al.,
1994).
Les salmonelles sont cultivables sur milieu usuel. Après 24 heures
d’incubation à 37°C sur un milieu ordinaire, les colonies mesurent de 2 à 3
mm de diamètre, sont légèrement bombées et de coloration grisâtre. En
culture fraîche, ces colonies se présentent généralement sous forme lisse
(smooth : S) mais elles peuvent évoluer en forme rugueuse (rough : R)
(MINOR et VÉRON, 1989).
Deux situations peuvent être rencontrées lorsqu’un prélèvement est mis en
culture en vue d’une identification bactérienne. Dans la première, le
prélèvement n’est pas contaminé et sera qualifié de monomicrobien (le sang
par exemple), dans ce cas une gélose ordinaire (milieu de culture ordinaire)
suffira à la croissance des colonies. Dans la deuxième situation le
prélèvement est dit polymicrobien et nécessite l’utilisation de milieux sélectifs
pour empêcher la croissance d’autres bactéries ; par exemple le milieu
Salmonella-Shigella contient des substances (sels biliaires et vert brillant) qui
inhibent la croissance d’autres bactéries. L’ajout de lactose à ce milieu permet
de distinguer Salmonella qui ne produit pas d’acide, cela a pour conséquence
la formation de colonies incolores à centre noir (réduction du thiosulfate en
H2S).
Il est aussi possible d’utiliser des milieux d’enrichissement avant
d’ensemencer les géloses. Ces milieux sont des bouillons soit à base de
sélénite soit à base de tétrathionate. Certains bouillons sont plus sélectifs et
donc recommandés. Dans l’étude des salmonelloses aviaires les techniques
de culture spécifiques pour les différentes salmonelles seront détaillées.
1.3. Caractères biochimiques
Les caractères biochimiques permettent d’assigner l’appartenance d’un
germe au genre Salmonella. Comme toutes les Entérobactéries, les
salmonelles sont des bacilles aéro-anaérobies facultatifs, ne possédant pas
d’oxydases. Elles réduisent les nitrates en nitrites et fermentent le glucose
(Freney et al., 1994).
Ensuite, certains caractères biochimiques propres au genre Salmonella se
distinguent (tableau 4) :
- absence d’uréase (permet d’éviter toute confusion avec Proteus) ;
- absence de tryptophane et de phénylalanine désaminases ;
- absence de production d’acétoïne (test de Voges-Proskauer) ;
- absence de fermentation du lactose, de l’adonitol et du 2-
cétogluconate ;
- production de H2S à partir du thiosulfate ;
58
- décarboxylation fréquente de la lysine et de l’ornithine ;
- croissance fréquente sur le milieu au citrate de Simmons.
Tableau 4 : Caractères biochimiques du genre Salmonella (GLEDEL, 1996).
De nombreux critères biochimiques supplémentaires permettent de
différencier les différentes sous-espèces (tableau 5).
Toutefois, les critères biochimiques ne permettent pas d’identification plus
précise et aujourd’hui c’est à l’aide des caractères antigéniques que sont
différenciés plus de 2500 sérovars dont 1400 appartiennent à la sous-espèce
Salmonella enterica enterica (LEADER et al., 2009).
59
Tableau 5 : Caractères différentiels des sous-espèces de Salmonella (TINDALL et al., 2005).
(a)
60
1.4. Caractères antigéniques
Le sérotypage est la méthode de référence pour le typage des salmonelles.
Elle utilise pour cela les propriétés antigéniques des bactéries : à l’aide
d’antisérums polyclonaux de lapin, les antigènes O, H et Vi sont identifiés. Ce
sont les différentes combinaisons entre ces antigènes qui permettent
d’identifier les sérovars.
1.4.1. Les antigènes de paroi O
Cet antigène dit somatique est présent dans la paroi des salmonelles au
niveau du LPS. Il participe au pouvoir pathogène de la bactérie. Encore notée
AgO, c’est une endotoxine thermostable responsable de la plus ou moins
grande gravité des symptômes. Il en existe 67 et deux catégories se
distinguent (GLEDEL, 1996):
- les antigènes O majeurs : ils sont caractéristiques des sérotypes
classés dans un même groupe antigénique O, tel l’antigène O2 du
groupe antigénique A, O4 du groupe antigénique B par exemple ;
- les antigènes O accessoires : ils sont toujours associés à un antigène
O majeur. Leur recherche n’est pas indispensable à l’identification d’un
sérotype. Ils peuvent être sans intérêt diagnostique lorsqu’ils existent
chez de nombreuses souches des différents groupes ou bien un simple
intérêt de marqueur épidémiologique. Ils dérivent des antigènes
majeurs par mutations génétiques ou via la lysogénisation par des
bactériophages qui sélectionnent des nouveaux mutants.
En pratique, pour identifier l’antigène O, la colonie de salmonelles est mise
tour à tour en présence de plusieurs solutions contenant chacune des
anticorps spécifiques d’un antigène O précis. La formation d’un agglutinat
indique la présence de l’antigène O correspondant à la surface de la
salmonelle.
1.4.2. Les antigènes flagellaires H
Ils sont notés AgH, thermolabiles et ne sont présents que sur les formes
mobiles. Les antigènes flagellaires, comme leur nom l’indique, sont portés par
les flagelles des bactéries. Ils sont constitués de flagelline dont la séquence
caractérise un type antigénique (MINOR et VÉRON, 1996).
Plusieurs types de souches bactériennes se distinguent : des souches dites
monophasiques (rares) qui n’expriment qu’une seule spécificité de flagelline à
leur surface et des souches diphasiques, qui peuvent exprimer
alternativement deux spécificités de leur antigène H à leur surface. Dans le
cas des souches biphasiques une des deux spécificités s’exprime plus que
l’autre et peut masquer la seconde (il y aura alors une majorité de flagellines
d’un type et les autres flagellines moins nombreuses seront « masquées » et
non détectables par les anticorps), ce qui pose problème pour l’identification
du sérovar.
61
Par exemple:
- le sérovar Paratyphi A exprime uniquement la spécificité désignée
« a » de son antigène H ; il sera immobilisé en présence du sérum anti-
H : a. C’est une souche monophasique ;
- le sérovar Paratyphi B peut exprimer alternativement deux spécificités
de son antigène H qui sont les facteurs « b » et « 1,2 ». C’est un
moyen d’échappement aux défenses de l’hôte qui sera dirigé au départ
contre un des deux antigènes.
L’utilisation d’anticorps anti-H spécifiques permet de déterminer le ou les
antigènes H exprimés : ces anticorps ont le pouvoir d’agglutiner les bactéries
qui possèdent des flagelles ayant l’antigène de la spécificité correspondante
et également celui d’immobiliser les bactéries quand ils se fixent sur les
flagelles. Dans le cas des souches biphasiques, il faudra effectuer la méthode
de l’inversion de phase (méthode de Sven-Gard) pour inhiber la phase
majoritaire (qui aura été préalablement identifiée) et laisser la phase
minoritaire s’exprimer et se développer pour qu’elle soit à son tour détectable
par des anticorps spécifiques.
1.4.3. Les antigènes d’enveloppe Vi
Il n’existe qu’un type d’antigène d’enveloppe, c’est l’antigène Vi qui n’existe
que chez trois sérovars : S. Typhi, S. Parathyphi C et S. Dublin. L’antigène Vi
masque les antigènes O et les colonies sont dites alors « O-inagglutinables »
en présence d’un sérum sauf après un traitement de dix minutes à 100 °C
(MINOR et VÉRON, 1989).
1.4.4. Le schéma de Kauffmann-White
Le schéma de Kauffmann-White regroupe les formules antigéniques des
différents sérovars. Dans l’ordre des colonnes, y sont reportés le nom de la
sous-espèce, puis le numéro des antigènes O, ensuite les antigènes H et
enfin s’il existe l’antigène Vi (GRIMONT et WEILL, 2007).
D’autres méthodes existent pour identifier les sérovars, comme par exemple
l’utilisation de bactériophages qui vont définir des lysotypes. Cette technique
utilise la sensibilité ou la résistance des souches à divers bactériophages.
Actuellement, pour identifier rapidement et efficacement les sérovars les plus
courants, des techniques d’identification par PCR sont développées et
contribuent à la simplification des méthodes de recherche et de typage
(LEADER et al., 2009 ; PORWOLLIK et al., 2004).
1.5. Résistance et pouvoir pathogène
Les salmonelles, comme de nombreuses entérobactéries, sont excrétées via
les selles dans l’environnement extérieur. Elles peuvent survivre plusieurs
mois si l’humidité et la température sont optimales (jusqu’à 28 mois en
anaérobiose) (MINOR et VÉRON, 1989). La température optimale de
croissance est de 35 à 37°C avec une multiplication possible entre 5 et 47°C
62
(aux températures extrêmes, elle est fortement ralentie). Les salmonelles sont
résistantes au froid mais sensibles à la chaleur et par exemple une
pasteurisation à 72°C pendant 15 secondes permet leur destruction dans le
lait. Le pH optimal pour leur croissance se situe entre 6,5 et 7,5 mais elles
résistent entre 4,5 et 9. Actuellement, le phénomène d’antibiorésistance prend
de l’ampleur avec notamment Salmonella Typhimurium DT 104 qui est
résistante à de nombreux antibiotiques : ampicilline, chloramphénicol et
florfénicol, streptomycine et spectinomycine, sulfamides et tétracylcines
(BLONDELET-CADOT, 2001).
Certaines salmonelles ont un pouvoir pathogène dirigé contre une espèce
hôte spécifique comme par exemple Salmonella Typhi qui provoque chez
l’Homme la fièvre typhoïde ou encore Salmonella Pullorum qui induit la
pullorose chez les volailles. Mais la plupart des salmonelles sont ubiquistes
comme Salmonella Typhimurium qui sera pathogène pour l’Homme, les
volailles, les bovins… Elle est à l’origine des toxi-infections alimentaires.
La contamination s’effectue le plus souvent via l’alimentation et il faut
absorber un grand nombre de bactéries ou présenter un état de faiblesse
immunitaire pour qu’ait lieu une infection. Pour rappel, le pouvoir pathogène
des salmonelles provient en partie de l’antigène de paroi.
Les Salmonella font partie des bactéries entéropathogènes invasives. Elles
pénètrent dans les cellules intestinales en détruisant la bordure en brosse des
entérocytes puis, de proche en proche, elles atteignent la lamina propria de la
jonction iléo-caecale ce qui provoque une réaction inflammatoire très
importante. Des ulcères peuvent apparaître suite à la multiplication des
bactéries dans les foyers de pénétration.
Une autre voie de pénétration est possible via les cellules M des plaques de
Peyer. Les bactéries peuvent aussi se multiplier de manière circonscrite dans
la sous-muqueuse puis atteindre les nœuds lymphatiques mésentériques où
elles seront phagocytées (EUZEBY, 1997). Ce sont les réactions
inflammatoires au niveau de l’iléon et du caecum qui sont à l’origine des
symptômes observés. Exceptionnellement on peut observer une bactériémie
(MINOR et VÉRON, 1989). Les mécanismes en jeu seront détaillés dans une
prochaine partie concernant les salmonelloses aviaires.
2. Les salmonelloses aviaires
Il est important de distinguer les salmonelloses strictement aviaires causées
par Salmonella Gallinarum et Salmonella Pullorum et les salmonelloses dites
ubiquistes causées entre autres par Salmonella Typhimurium et Salmonella
Enteritidis. En effet, les salmonelles ubiquistes constituent, du fait d’un
portage intestinal asymptomatique davantage un problème de santé publique
majeur de nos jours et non un problème de santé animale. Aujourd’hui, la
pullorose (provoquée par S. Pullorum) et la typhose (provoquée par S.
Gallinarum) sont des maladies graves mais qui ont quasiment disparu en
Europe; elles sont retrouvées dans les pays en voie de développement. Elles
seront donc évoquées succinctement à travers les signes cliniques et
lésionnels rencontrés ; puis le cas des salmonelles ubiquistes sera traité plus
en détail.
63
2.1. Infection à Salmonella Gallinarum et Pullorum
2.1.1. Signes cliniques
La pullorose et la typhose ont été éliminées du secteur de production avicole
grâce à une politique ciblée d’éradication menée en France dans les années
1970. Néanmoins ces maladies peuvent réapparaître, notamment dans
certaines basses-cours ou grands élevages organisés ; ces maladies peuvent
rester endémiques dans les élevages organisés de certains pays comme
dans le Maghreb. L’espèce la plus sensible est Gallus gallus mais l’infection
par l’un ou l’autre de ces deux agents pathogènes se rencontre également
chez la dinde (Meleagris gallopavo), la pintade (Numida meleagris), le faisan
(Phasianus colchidus) et la caille (Coturnix coturnix). Les palmipèdes et les
pigeons semblent résistants (BALLOY et al., 2012).
Deux expressions cliniques sont décrites : la pullorose sur les jeunes et la
typhose sur les adultes :
La pullorose :
Elle touche majoritairement les poussins et les poulets âgés de 1 à 3
semaines. Lorsque la transmission verticale est importante, elle se
caractérise par une mortalité dès l’éclosion, puis un pic de mortalité à 2 ou 3
semaines d’âge après une phase silencieuse (BRUGÈRE-PICOUX, 1992).
Les individus touchés présentent une dépression intense, se regroupent sous
les radiants, émettent des fèces liquides et peuvent parfois présenter une
détresse respiratoire.
La typhose :
Trois grandes entités cliniques sont observables chez l’adulte :
- les troubles de la ponte : une chute du taux de ponte, des œufs sans
jaune, des coquilles molles, des pontes abdominales…
- des diarrhées ;
- des troubles nerveux et une atteinte oculaire dans certains cas.
2.1.2. Lésions caractéristiques
Concernant les signes lésionnels, certains sont communs aux différentes
espèces comme : une hypertrophie du foie et de la rate, des foyers
nécrotiques pulmonaires, hépatiques ou cardiaques.
D’autres signes sont caractéristiques pour certaines filières ou stades :
- chez les dindes : foyers nécrotiques enchâssés dans la muqueuse
intestinale observables à travers la paroi ;
- chez les jeunes poussins : persistance du sac vitellin à l’aspect
congestif ou caséofibrineux, aérosaculite, péricardite et signes de
septicémie ;
- chez les poules : hépatomégalie très marquée avec de nombreux
foyers nécrotiques.
64
D ‘autres lésions sont observables comme des exsudats purulents dans les
articulations, des follicules ovariens congestifs et dégénératifs, une salpingite
caséeuse et des péritonites fibrineuses (BALLOY et al., 2012 ; ADJOU et al.,
2013).
2.2. Infections à Salmonella Typhimurium et à
Salmonella Enteritidis
2.2.1. Introduction
De nombreux sérovars de salmonelles ubiquistes sont connus chez les
volailles (plus de 200 sérovars identifiés) et notamment chez le poulet.
Néanmoins, comme évoqué plus haut, les sérovars Typhimurium et Enteritidis
sont prédominants dans les problèmes de santé publique. Les pertes en
élevage sont mineures mais les conséquences sur la santé humaine en
termes de prévention et de pertes économiques qui en découlent, de par leur
fréquence et leur gravité, font de ces salmonelloses des zoonoses majeures.
Ces deux infections ont été mises sur la liste des maladies légalement
réputées contagieuses (MLRC) en 1995 suite à la recrudescence des toxi-
infections alimentaires collectives (TIAC) consécutives à la consommation
d’œufs et d’ovoproduits mettant l’accent sur l’importance de la contamination
de la filière avicole par ces bactéries.
2.2.2. Importance
En France, en 2012, la responsabilité de Salmonella a été confirmée ou
fortement suspectée dans 19 % des foyers de toxi-infection alimentaire
collective (TIAC) (InVS, 2012). De plus, comme le montre le tableau 6,
Salmonella est incriminée dans 49,5 % des foyers de manière certaine avec
une nette prédominance des sérovars Typhimurium (23,4 % des cas) et
Enteritidis (20,6 % des cas).
De plus, en 2011, le centre national de référence (CNR) des Salmonella a
enregistré 11069 isolements chez l’homme de Salmonella en France
métropolitaine, dans les territoires d’outre-mer et à Monaco. La distribution
des sérotypes par année montre la prépondérance de Salmonella
Typhimurium et de Salmonella Enteritidis dans les cas de salmonellose
humaine avec, depuis 2005, une augmentation de la fréquence du sérovar
Typhimurium qui passe à la première place et une baisse du sérovar
Enteritidis qui se retrouve en troisième position avec l’arrivée d’un nouveau
variant de Typhimurium (tableau 7).
Enfin, comme le montre le tableau 8, les sources d’infections sont le plus
souvent des œufs ou bien des ovoproduits d’où l’importance de s’intéresser à
la présence de ces bactéries dans les filières avicoles.
65
Tableau 6 : Détail des foyers de TIAC déclarés aux ARS ou au DDPP en
France en 2012 (InVS, 2012).
* S. arizonae (1 foyer, 12 cas, 2 hospitalisations), S. Dublin (10F, 56C,5H), S. Infantis 3F, 6C,
0H), variant monophasique de S. Typhimurium (1F, 4C,1H), S. Newport (1F, 3C, 3H), S.
Oranienbourg (10F, 37C, 2H), S. Thompson (1F, 5C, 1H) ‡ Pour les différents agents, % du
total des agents déterminés. § Pour les sérotypes de salmonelles, % du total des salmonelles
(1) Foyers dans lesquels un agent pathogène compatible avec les signes cliniques présentés
par les malades est isolé dans un échantillon d'origine humaine (selles, sang, vomissement)
et/ou dans les aliments consommés par les malades.
(3) Ciguatera (10 foyers), E. coli (5F), toxine diarrhéique DSP (2F), Virus de l’hépatite A (2F),
C . botulinum (1F), Brucella melitensis (1F), Francisella tularensis (1F), autre pathogène non
précisé sur la DO (5F)
66
Tableau 7 : Distribution des trois sérotypes les plus fréquents par année
(CNR Salmonella, 2011).
Tableau 8 : Nombre de foyers de TIAC déclarés, selon le type d’aliment
incriminé ou suspecté en France en 2012 (InVS, 2012).
67
2.2.3. Pathogénie
2.2.3.1. Infection
Lors d’affection systémique, la mortalité par septicémie est une conséquence
possible mais en général l’infection par les salmonelles aboutit à trois formes
(HUMBERT et SALVAT, 1997):
- le portage latent : c’est le cas le plus courant ; l’infection reste localisée
à l’appareil digestif et l’individu excrète les salmonelles via les fèces
par intermittence (10 à 107 germes par g de fèces). La multiplication a
lieu préférentiellement dans le caecum et en dehors des phases
d’excrétion les individus restent indétectables ;
- le portage actif : l’infection devient systémique et l’individu présente
des signes cliniques. Les bactéries sont présentes en grand nombre
dans les sécrétions, les excrétions, l’appareil génital et ce, de manière
constante ;
- le portage chronique : chez les adultes le plus souvent, l’infection est
systémique mais les bactéries restent dans les organes cibles sans
provoquer de troubles.
Suite à l’ingestion par l’hôte, les salmonelles atteignent l’intestin grêle. Dans
un premier temps, elles colonisent l’épithélium en adhérant aux microvillosités
des cellules épithéliales de la zone iléo-caecale. Puis, par endocytose, elles
pénètrent dans la muqueuse intestinale via les entérocytes et dans les tissus
lymphoïdes en colonisant les cellules M des plaques de Peyer. L’interaction
entre les salmonelles et les cellules intestinales provoque l’arrivée, par
chimiotactisme, des macrophages et des hétérophiles qui détruisent les
salmonelles et initient une réaction inflammatoire locale (POWELL, 1987). Les
salmonelles ayant pénétré les entérocytes peuvent y survivre et se multiplier
à l’intérieur de vacuoles et atteignent la sous muqueuse où elles sont
phagocytées par les macrophages et les hétérophiles. En inhibant la fusion
phagosome/lysosome, elles survivent à l’intérieur des macrophages et des
hétérophiles et sont transportées vers les nœuds lymphatiques
mésentériques, le foie, la rate et la moelle osseuse dans laquelle survient une
nouvelle phase de multiplication (HENDERSON et al., 1999). L’importance de
la multiplication et l’impact sur l’hôte dépendent de la virulence de la souche
et de l’état du système immunitaire de l’individu.
2.2.3.2. Signes cliniques
Ils sont le plus souvent assez similaires pour la plupart des sérovars et
dépendent de plusieurs facteurs :
- la virulence de la souche et du sérovar ;
- L’âge et le statut immunitaire de l’individu infecté (par exemple les
poussins de moins de 15 jours présenteront des symptômes alors que
les poulets de plus de 4 semaines en présentent rarement) ;
- les conditions d’élevage.
68
Néanmoins, une atteinte par les sérovars Enteritidis et Typhimurium ne se
traduira pas de la même manière.
Salmonella Enteritidis a plutôt tendance à contaminer durablement les
troupeaux via des formes chroniques chez les individus adultes. En effet, ce
sérovar provoque une infection systémique suivie d’une contamination des
organes profonds et, compte tenu de sa forte affinité pour le tractus génital,
elle colonise les ovaires. De plus, sa capacité d’adaptation à l’hôte permet un
portage chronique chez les adultes avec une transmission verticale via la
contamination du tractus génital.
Salmonella Typhimurium peut provoquer des formes beaucoup plus graves.
Chez les jeunes animaux, elle peut induire une mortalité périnatale, avant ou
après bêchage de l’œuf ou quelques jours après l’éclosion. De plus, les
poussins malades présentent des signes cliniques non spécifiques : une tête
basse, des plumes ébouriffées, des yeux mi-clos, des ailes tombantes, une
diarrhée aqueuse et profuse… On observe une chute de la consommation
des aliments ainsi qu’une augmentation de la prise de boisson. Les sujets
atteints manifestent des signes de déshydratation et se regroupent sous les
sources de chaleur. Beaucoup meurent de déshydratation et de septicémie.
La mortalité et la morbidité restent habituellement inférieures à 20 % mais
dans certains cas elles peuvent atteindre 100 % notamment en cas de
salmonellose à Salmonella Typhimurium (GANIERE, 2008).
2.2.3.3. Lésions
On ne retrouve pas les mêmes lésions à tous les stades de croissance :
- les poussins présentent une déshydratation et sont émaciés ; on
observe une persistance et une infection du sac vitellin, un coprodeum
dilaté par de la diarrhée, une typhlite catarrhale, une entérite, des
foyers de nécrose hépatique, des pétéchies sur le foie et la rate ainsi
qu’une hypertrophie et une congestion de ces deux organes. On
enregistre aussi parfois une péricardite, une aérosaculite et une
méningite ;
- les adultes présentent des lésions hépatiques avec une
dégénérescence et une choléstase (foie de couleur bronze), une
ovario-salpingite et une péritonite due aux pontes intra-abdominales
(BALLOY, VILLATE et GUERIN, 2012).
69
2.2.4. Epidémiologie
2.2.4.1. Sources
Du fait de son caractère ubiquiste, la salmonelle peut être présente dans des
milieux très différents. Elle supporte des gammes de pH et de températures
assez larges et on peut la retrouver à tous les étages de la filière : dans les
incubateurs des couvoirs, sur la litière en élevage, dans les aliments, dans les
cages de transport, à l’abattoir…
Les premières sources sont représentées par les déjections des animaux
malades ou porteurs (pour rappel 10 à 107 germes par g de fèces pour un
individu porteur latent et jusqu’à 1010 germes par g de fèces pour un individu
malade). Une fois excrétées, les salmonelles peuvent survivre dans le milieu
extérieur (ADJOU et al., 2013) :
- 4 à 9 mois dans le sol ou l’eau ;
- plus d’un an dans les poussières ;
- jusqu’à 28 mois dans les fientes ;
- 6 à 8 mois dans la litière ;
- jusqu’à 5 ans dans le duvet.
Ces délais de survie dépendent des conditions extérieures comme l’humidité
relative et la température.
2.2.4.2. Transmission
Transmission horizontale :
Elle peut s’effectuer dans le couvoir, dans les bâtiments d’élevage ou à
l’abattoir.
Dans le couvoir, la transmission à lieu par contamination des œufs
fraîchement pondus dont la surface est souillée par des fèces contaminées
par les salmonelles présentes chez les adultes. Le passage de la température
du corps de la poule à la température ambiante provoque un refroidissement
qui induit une rétraction tissulaire in ovo entraînant alors les salmonelles à
l’intérieur de l’œuf. La multiplication interne qui s’ensuit est favorisée par la
température d’incubation. Une étude a montré que 44 % des poussins issus
d’œufs sains présentaient des salmonelles dans leur tractus digestif après
avoir été en contact avec des œufs contaminés dans l’incubateur (CASON et
al., 1994). La contamination horizontale à partir des œufs souillés a pu avoir
lieu via la présence et la colonisation des salmonelles sur des supports dans
l’incubateur, l’éclosoir, le tapis de tri et les boîtes de transport.
Au sein de l’élevage, la contamination peut avoir lieu si le bâtiment n’a pas
été correctement nettoyé ou si la phase de nettoyage-désinfection-vide
sanitaire (NDVS) n’a pas été correctement mise en oeuvre. De plus, les
aliments non thermisés peuvent contenir des salmonelles et l’eau des
abreuvoirs peut être contaminée si elle provient d’une source contaminée (à
proximité d’une zone d’épandage par exemple). La présence de nuisibles est
70
une source importante de contamination en élevage : certains insectes
(mouches, ténébrions, poux), les rongeurs et les oiseaux sont porteurs de
salmonelles. Le personnel représente aussi une source de contamination qu’il
faut prendre en compte lors des visites des bâtiments. Enfin, les poussins
contaminés dans les incubateurs vont excréter des salmonelles dans le
milieu.
La mécanisation de l’abattage représente un risque de contamination croisée
à l’intérieur de l’abattoir. En effet plusieurs postes sont à risques :
- le bain d’échaudage qui devient rapidement un bouillon de culture en
présence de salmonelles si la température ne dépasse pas 53°C ;
- le plumage des carcasses avec l’utilisation de doigts en caoutchouc qui
peuvent être souillés et transmettre des germes sur les carcasses
suivantes ;
- l’éviscération qui, mal effectuée, peut contaminer la carcasse mais
aussi toutes les suivantes jusqu’au prochain nettoyage.
Enfin, les opérateurs, via leurs outils ou leurs mains sont de bons vecteurs
(COLIN, 1992). La figure 18 présente un schéma synthétique des voies de
contamination horizontale.
Figure 18 : Cycle simplifié de la transmission des salmonelles dans la filière
avicole.
Transmission verticale :
La transmission verticale peut s’effectuer selon trois modalités :
- transmission ovarienne au sens strict : par des sérovars « invasifs »
comme le sont les sérovars Enteritidis et Typhimurium (dans une
moindre mesure pour ce dernier) qui infectent les follicules ovariens.
Seulement 1 % des œufs pondus par une femelle contaminée seront
infectés (HUMBERT et SALVAT, 1997) ;
71
- transmission par l’appareil génital : contamination des œufs en
formation dans l’oviducte par remontée des bactéries à partir du
cloaque ;
- transmission par les fèces: les œufs souillés par des fèces peuvent
être contaminés selon le mode décrit précédemment. La contamination
est d’autant plus importante si la coquille a été nettoyée ou fêlée.
Une étude a montré que des poules infectées artificiellement pouvaient
pondre des œufs contaminés par transmission verticale avec un taux allant de
0 % à 27,5 % selon les individus (ZHANG et al., 2011). Mais en conditions
naturelles, selon des estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé
(OMS), seulement 0,03 % des œufs seraient contaminés verticalement
lorsque les poules sont infectées. En effet, en conditions naturelles, tout
dépend de la prévalence de la salmonellose au sein du troupeau et de la
fréquence à laquelle les poules infectées pondent des œufs contaminés.
2.2.4.3. Facteurs de risque
Il existe des facteurs de risque intrinsèques et extrinsèques (BALLOY et al.,
2012 ; ADJOU et al., 2013).
Facteurs intrinsèques :
- âge des animaux : les jeunes sont plus sensibles ;
- stade de production : les poules au pic de production ou les poulets en
croissance sont fragiles.
Facteurs extrinsèques :
- le type d’élevage : l’élevage intensif favorise le stress et donc la
sensibilité des individus ;
- la qualité du nettoyage des bâtiments et des silos d’aliments ;
- la présence de bâtiments industriels ou d’autres élevages aux
alentours qui peuvent attirer des nuisibles.
2.2.5. Diagnostic
Le diagnostic de la salmonellose fait appel à trois techniques : le diagnostic
bactériologique, le diagnostic sérologique et le diagnostic par lysotypage. Le
diagnostic bactériologique est le plus souvent utilisé dans la recherche
obligatoire des salmonelles en élevages de volailles et les techniques mises
en jeu seront détaillées ultérieurement.
72
2.2.5.1. Diagnostic bactériologique
Tout d’abord il est important de noter que le diagnostic bactériologique est
plus facile sur les formes aiguës chez les poussins que sur les formes
chroniques où les bactéries restent concentrées dans certains organes. De
plus, l’excrétion des bactéries est intermittente dans les formes chroniques et
cela peut être à l’origine de faux négatifs surtout si les prélèvements
proviennent uniquement d’écouvillons cloacaux ou de litières (LECOANET,
1992).
Les examens bactériologiques effectués dans les dépistages réglementaires
de la salmonellose illustrent bien les différentes techniques mises en œuvre
dans le diagnostic bactériologique.
Selon l’arrêté du 26 octobre 1998 (JOURNAL OFFICIEL DE LA
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, 1998), un dépistage systématique doit être
effectué dans les parquets de reproducteurs et de poules pondeuses d’œufs
à destination de la consommation humaine ainsi que dans les élevages de
poulets de chair en ante mortem en vue d’un éventuel abattage préventif. Ces
dépistages doivent être effectués par des laboratoires accrédités Cofrac
(Comité français d’accréditation) suivants deux protocoles : la technique NF U
47-100 et la technique NF U 47-101 toutes deux appliquées dans le
laboratoire LABOVET. Ces techniques doivent être appliquées selon un
cahier des charges précis et des fiches techniques sont éditées dans les
laboratoires pour permettre aux techniciens d’appliquer correctement les
normes et d’assurer ainsi la qualité des analyses.
Outre les examens effectués dans un cadre préventif et réglementaire, le
diagnostic bactériologique est avant tout utilisé pour la mise en place de
traitements antibiotiques adaptés. L’utilisation d’antibiogrammes permet de
cibler et de lutter efficacement contre les infections bactériennes.
2.2.5.2. Diagnostic sérologique
En règle générale, le diagnostic sérologique désigne les techniques
permettant la détection dans le sang d’anticorps dirigés contre un agent
pathogène et signant une infection ancienne ou récente.
Néanmoins, Il désigne aussi les techniques qui permettent de typer une
souche bactérienne à l’aide d’anticorps dirigés contres les antigènes de
surface des bactéries. En effet, comme évoqué précédemment, chaque
sérotype de Salmonella est caractérisé par des antigènes somatiques O et un
ou deux antigènes flagellaires H.
Les tests sérologiques vont permettre de déterminer les antigènes
somatiques puis flagellaires des bactéries.
La sérologie est aussi intéressante pour détecter les porteurs sains (latents)
dont l’excrétion est intermittente. Dans le sérum, le test sérologique détecte la
présence d’anticorps anti-salmonelles synthétisés lors d’une infection. Les
immunoglobulines M (IgM) ne sont pas toujours détectées car elles sont
synthétisées précocement et disparaissent rapidement. En revanche, les IgY
73
(équivalent aux IgG chez les oiseaux) apparaissent en 2 semaines avec un
pic à 5 semaines et persistent longtemps ensuite ce qui permet de les
détecter longtemps après la contamination (EUZEBY, 1997). Néanmoins, il
faudra toujours confirmer le diagnostic par un test bactériologique.
2.2.5.3. Diagnostic lysotypique
Le lystotypage est l’étude des souches par leur sensibilité ou leur résistance à
une série de bactériophages. Cette technique est très intéressante du point
de vue épidémiologique. En effet, elle permet de caractériser différentes
souches d’un même sérotype. Il est ainsi possible d’identifier et de suivre
l’évolution de certaines souches, par exemple le lysotype Salmonella
Enteritidis phage type 4 (PT4) qui est très invasif : il colonise les grappes
ovariennes et infecte les ovules. Un autre exemple qui montre l’importance
majeure de l’identification de souches en terme de santé publique est le
lysotype Salmonella Typhimurium DT 104 qui est résistant à de nombreux
antibiotiques et a la capacité de coloniser des environnements très divers
(BLONDELET-CADOT, 2001).
2.3. Prophylaxie appliquée à la filière avicole
2.3.1. Prophylaxie sanitaire
Les principales règles sanitaires sont édictées dans l’arrêté du 26 octobre
1998. De plus, les éleveurs ont la possibilité d’adhérer à une Charte, laquelle
indique les normes d’installation, d’aménagement des locaux, de
fonctionnement et d’hygiène à mettre en place. En adhérent à cette Charte,
l’éleveur s’engage à tenir un cahier d’élevage qui assure la bonne traçabilité
des lots. En effet, il y consigne les différentes opérations effectuées en
élevage : nettoyage, désinfection, dératisation, désinsectisation, prophylaxie,
actes thérapeutiques, prélèvements de contrôle et leurs résultats,
performances et mortalités enregistrées sur chaque lot.
2.3.1.1. Organisation et conception de l’élevage
Le principe majeur des mesures de biosécurité est le tout plein tout vide avec
des animaux de même âge constituant les bandes. Il est permis grâce à
l’utilisation de l’incubation artificielle, seule condition pour pouvoir séparer les
étages reproduction et engraissement.
Pour limiter les risques de contamination, il faut utiliser des barrières
physiques pour délimiter différents secteurs. Tout d’abord une barrière
délimitant le site de production, puis aux alentours du bâtiment d’élevage et
enfin un sas à l’entrée du bâtiment. De plus, l’utilisation de pédiluves à
l’entrée des bâtiments et parfois même de rotoluves complètent le rôle des
barrières physiques et prévient les contaminations à l’intérieur des bâtiments
par le personnel franchissant les barrières. L’accès est limité au personnel qui
devra revêtir une tenue adaptée au niveau du sas (cote de travail et bottes
spécifiques) avant d’entrer dans le bâtiment d’élevage. Des passages
74
spécifiques sont aménagés pour les véhicules transportant les aliments ou les
animaux.
Certains étages de la filière requièrent des mesures supplémentaires : c’est le
cas des couvoirs dont la conception permet :
- la marche en avant en instituant une progression du secteur sain au
secteur sale avec retour en arrière interdit ;
- la compartimentation des secteurs ;
- le non entrecroisement des circuits.
Enfin, l’utilisation de surfaces lisses, sans coins, de matériaux non poreux et
de matériel amovible contribuent à garantir une qualité de nettoyage et de
désinfection optimale.
2.3.1.2. Désinfection et lutte contre les nuisibles
Les infections virales, bactériennes et parasitaires peuvent persister
longtemps dans l’environnement des volailles. Il est donc important de lutter
contre ces agents et éviter le maintien de ces populations dans l’élevage.
C’est pour cela qu’à chaque fin de bande il faut effectuer un NDVS: un
nettoyage méticuleux suivi d’une première désinfection avant vide sanitaire,
puis une deuxième désinfection (souvent par voie aérienne) après la remise
en place du matériel, lui même désinfecté, et de la litière. Ce vide sanitaire
dure au moins 15 jours et permet de casser les cycles de prolifération des
agents infectieux potentiels (BALLOY et al., 2012).
L’efficacité du protocole sera contrôlée par des examens bactériologiques :
les techniciens de l’élevage utilisent des boîtes de contact, des chiffonnettes
ou encore des pédichiffonnettes afin d’échantillonner toutes les surfaces de
l’élevage.
Il est aussi nécessaire de protéger les élevages des rongeurs, des oiseaux
sauvages et des insectes qui sont des vecteurs de Salmonella. En outre, ces
nuisibles peuvent attaquer les animaux et provoquer un stress, spolier et
souiller la nourriture. La première mesure à prendre est de s’assurer de la
bonne étanchéité des bâtiments. Ensuite, l’utilisation régulière de produits de
dératisation et de désinsectisation permet de limiter leur développement.
Enfin, les cadavres doivent être ramassés et stockés dans des bacs
hermétiques puis au congélateur.
2.3.1.3. L’alimentation et l’eau
Les aliments et l’eau sont des sources potentielles d’infection par les
salmonelles. Il existe diverses solutions visant à limiter ce risque.
L’acidification de l’alimentation est une solution qui présente plusieurs
avantages (HINTON et LINTON, 1988; IBA et BERCHIERI, 1995) :
- Une diminution du pH intestinal qui limite la colonisation des germes ;
- La prévention de la contamination future des aliments.
Cette acidification est très utile pour les stades juvéniles qui sont
particulièrement sensibles aux contaminations. Elle est effectuée à l’aide
d’acide formique associé à de l’acide propionique.
75
La thermisation est une autre technique qui consiste en un chauffage
contrôlé des aliments entre 70 et 85°C pendant plus de 30 minutes. Elle
diminue efficacement la contamination en Salmonella (DOYLE, 1989).
Néanmoins, cette technique est coûteuse et est utilisée seulement à l’étage
reproducteur.
La qualité de l’eau doit être optimale et répondre aux normes de potabilité.
Ainsi, des contrôles réguliers doivent être effectués (d’autant plus en cas
d’approvisionnement à partir d’un captage privé) pour s’assurer de la qualité
bactériologique de l’eau avec notamment une absence totale de Salmonella.
L’utilisation de chlore permet de décontaminer ou de prévenir une
contamination par des germes. Les réservoirs d’eau et les systèmes de
distribution doivent être propres, protégés des souillures et subir
régulièrement un nettoyage et une désinfection. En effet même si des
produits désinfectants sont utilisés il faut avant tout luter contre l’installation
du biofilm via des nettoyages réguliers.
2.3.1.4. A l’abattoir et dans l’industrie agro-alimentaire
A l’abattoir, la conception des locaux et l’organisation du travail doivent
permettre de prévenir les contaminations lors du transport des volailles, à leur
arrivée et tout le long de la chaîne d’abattage. Cela est permis par :
- la marche en avant : progression du secteur sain au secteur sale avec
un retour en arrière interdit ;
- la compartimentation des secteurs ;
- le non entrecroisement des circuits ;
- la suspension des carcasses ;
- l’utilisation de circuits avec des postes dédiées dont les tâches sont
précisément décrites ;
- la formation d’un personnel compétent à l’hygiène irréprochable.
De plus, l’utilisation de la méthode HACCP (hazard analysis critical control
points, analyse des dangers et points critiques à maîtriser) permet d’identifier
les stades qui représentent un risque et de contrôler ce risque pour limiter la
survenue d’une contamination (AUGUSTIN, 2013).
Dans l’industrie agro-alimentaire la méthode HACCP est aussi appliquée.
Néanmoins, le risque principal provient du personnel qui peut être porteur et
parfois excréteur de Salmonella.
2.3.2. Bases réglementaires dans plusieurs filières
2.3.2.1. Généralités
Les bases réglementaires sont données dans l’arrêté du 26 octobre 1998
traduisant la directive européenne 92/117/CEE du 17 décembre 1992
(JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, 1998). Cet arrêté
définit les modalités de prophylaxie et de police sanitaire à mettre en place
lorsqu’un cas de salmonellose est avéré en filière ponte d’œufs de
consommation et en filière chair. De nombreux arrêtés ont été publiés depuis
pour intégrer des nouvelles modifications. Les notes de service publiées par
76
la Direction Générale de l’Alimentation permettent de se tenir à jour sur les
dernières modifications. Antérieurement à cet arrêté il existait le Contrôle
Officiel Hygiénique et Sanitaire (COHS) de 1991 qui engageait les éleveurs
volontaires, contre aide financière, à mettre en place des mesures
préventives comme la mise aux normes des bâtiments d’élevage selon des
critères définis. Ces éleveurs s’engageaient aussi à effectuer des auto-
contrôles en vue du dépistage des salmonelles et à déclarer, le cas échéant,
les cas positifs. En cas de présence avérée de Salmonella Enteritidis les
troupeaux étaient abattus moyennant une subvention de l’Etat.
L’arrêté du 26 octobre 1998 stipule que Salmonella Enteritidis et Salmonella
Typhimurium sont recherchées dans tous les troupeaux de plus de 250
animaux dans les filières chair alors que seule Salmonella Enteritidis est
recherchée dans tous les troupeaux d’œufs de consommation. Pour illustrer
ce qui peut être fait en France il est intéressant de prendre l’exemple de
filières dynamiques qui luttent efficacement contre la salmonellose. Les
filières poulet de chair et dinde d’engraissement sont de bons exemples et
permettront dans un second temps de comparer ce qui est fait actuellement
dans la filière du pigeon de chair.
2.3.2.2. Exemples de grandes filières de volailles de
chair
La prévention de la salmonellose passe par la recherche des salmonelles qui
est effectuée à différentes étapes de production selon les filières.
Dans les troupeaux de reproduction de poulets (Gallus gallus) en filière chair,
arrêté du 24 avril 2013 (JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE, 2013):
(figures 19 et 20)
Il existe deux phases lors desquelles devront intervenir plusieurs
prélèvements, une phase dite d’élevage pendant laquelle les futurs
reproducteurs arrivent en élevage et atteignent la maturité sexuelle puis une
phase de production lors de laquelle intervient la ponte des reproducteurs.
En phase d’élevage il y a trois prélèvements obligatoires :
- à un jour d’âge, avant l’entrée dans le bâtiment d’élevage, le
prélèvement sera constitué de 5 fonds de boîte de transport
rassemblés en un échantillon. Il faudra conserver 5 autres fonds de
boîte pendant 8 semaines au laboratoire de préférence ;
- à 4 semaines : le prélèvement sera constitué de 2 paires de
chaussettes (ou pédichiffonnettes) qui permettent de recueillir les
matières organiques présentes sur la litière d ‘élevage et de 2
chiffonnettes poussiéreuses passées sur le maximum de surfaces
situées à l’intérieur du bâtiment. Le tout forme 4 échantillons. Dans le
cas d’un élevage en cage il faudra 4 échantillons constitués de 2
chiffonnettes passées sur les tapis de fientes, une chiffonnettes passée
77
sur 20 fonds de cages et une chiffonnette sur un maximum de
surfaces ;
- 2 semaines avant la ponte ou 2 semaines avant transfert (s’il y a
changement de bâtiment avant la phase de production) : les
prélèvements seront similaires à ceux effectués à 4 semaines.
Ensuite en phase de production des prélèvements sont régulièrement
effectués :
- toutes les 2 semaines dans le couvoir de préférence un jour
d’éclosion : le prélèvement sera constitué au choix de 250 g de
coquilles (25 fois 10 g de coquilles différentes de 25 paniers), d’un
composite de 5 fonds d’éclosoirs souillés ou encore d’une chiffonnette
passée juste après l’enlèvement des poussins dans 5 paniers
d’éclosoirs ou sur du duvet ;
- dans les bâtiments d’élevage des reproducteurs : les prélèvements
seront effectués dans les 4 semaines après l’entrée en ponte puis à
34, 42 et 50 semaines d’âge et dans les 8 semaines avant la réforme ;
dans le cas d’une seconde ponte, deux semaines avant et deux
semaines après l’entrée en ponte puis toutes les douze semaines. Ces
prélèvements seront constitués au choix de 2 paires de
pédichiffonnettes, de 2 chiffonnettes passées sur les surfaces, les
fientes et les tapis quand les animaux sont en cage et dans tous les
cas ces prélèvements seront complétés par une chiffonnette passée
sur les surfaces à l’intérieur du bâtiment d’élevage.
Dans le cas où la production est à destination de l’export, les prélèvements
seront effectués toutes les deux semaines de l’entrée en ponte à l’abattage et
seront constitués au choix de 5 paires de pédichiffonnettes passées sur 20 %
de la surface totale, une paire de pédichiffonnettes passées sur toute la
surface ou de 2 fois 250 g de fèces.
Dans les troupeaux de reproduction de dindes (Meleagris gallopavo) arrêté du
4 décembre 2009 (JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
2009) (figures 21 et 22) :
Comme précédemment on retrouve une phase d’élevage et une phase de
production.
En phase d’élevage il y a trois prélèvements obligatoires :
- à un jour d’âge, avant l’entrée dans le bâtiment d’élevage, le
prélèvement sera constitué de 5 fonds de boîte de transport
rassemblés en un échantillon. Il faudra conserver 5 autres fonds de
boîte pendant 8 semaines au laboratoire de préférence ;
- à 4 semaines : le prélèvement sera constitué de 2 paires de
pédichiffonnettes et de 2 chiffonnettes poussiéreuses passées sur le
78
maximum de surface situées à l’intérieur du bâtiment. Le tout forme 4
échantillons ;
- 2 semaines avant la ponte ou 2 semaines avant transfert (s’il y a
changement de bâtiment avant la phase de production) : les
prélèvements seront similaires à ceux effectués à 4 semaines.
Ensuite en phase de production des prélèvements sont régulièrement
effectués. Quatre semaines à partir de l’entrée en ponte puis toutes les 3
semaines jusqu’à la réforme ; les prélèvements seront constitués au choix de:
- 5 paires de pédichiffonnettes.
- une paire de pédichiffonnettes et une chiffonnette poussiéreuse.
- de deux échantillons de 150 g de fèces si les animaux sont maintenus
en cage.
79
Figure 19 : Prélèvements pour application des arrêtés du 26 février 2008 modifiés par les arrêtés du 3 et 17 décembre 2009 dans
les élevages de futurs reproducteurs (chair et ponte).
80
Figure 20 : Prélèvements pour application des arrêtés du 26 février 2008 modifiés par l’arrêté du 3 décembre 2009 dans les
élevages de reproducteurs chair en production.
81
Dans les troupeaux de poulets de chair et de dindes d’engraissement arrêté
du 24 avril 2013 (JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
2013):
Le dépistage est obligatoire dans les troupeaux de plus de 250 volailles. Les
prélèvements sont effectués dans les trois semaines précédent l’abattage ou
6 semaines avant l’abattage si les volailles sont âgées de plus de 81 jours ou
si la production est labélisée agriculture biologique.
Le prélèvement comprendra au choix :
- deux paires de pédichiffonnettes couvrant chacune 50 % de la surface
de la litière ;
- une paire de pédichiffonnettes couvrant 100 % de la surface de la
litière associée à une chiffonnette couvrant le plus de surfaces
intérieures possible.
Certains traitements peuvent interférer avec les tests : les traitements
antibiotiques et la vaccination. Les antibiotiques ciblant les salmonelles sont
interdits sauf en cas d’infection avec des signes cliniques. En cas d’utilisation
d’un antibiotique visant une autre entérobactérie, il ne faudra pas effectuer de
prélèvements pendant le traitement ou dans les délais imposés par le temps
d’attente. Si cela est impossible, notamment à cause des délais d’abattages, il
sera possible d’effectuer les prélèvements mais ceux-ci seront complétés par
deux chiffonnettes supplémentaires frottées sur les bas des parois des
bâtiments. Enfin, pour interférer le moins possible avec les tests, en cas de
vaccination, on utilisera des vaccins inactivés.
Chaque prélèvement doit être accompagné d’un formulaire commémoratif
donnant des informations sur l’élevage, les animaux et le stade de production.
Des exemples de formulaires sont fournis dans l’annexe n°1.
82
Figure 21 : Prélèvements pour application des arrêtés du 4 décembre 2009 dans les élevages de futurs reproducteurs dindes
(Meleagris gallopavo).
83
Figure 22 : Prélèvements pour application des arrêtés du 4 décembre 2009 dans les élevages de reproducteurs dindes (Meleagris
gallopavo).
84
2.3.2.3. Conséquences
Lorsque les prélèvements effectués mettent en évidence la présence de
Salmonella ou d’inhibiteurs pouvant induire des résultats négatifs, on est alors
en situation de suspicion d’infection salmonellique réputée contagieuse des
volailles. Selon le type de production concerné (chair ou reproduction), les
conséquences seront légèrement différentes.
En troupeau de chair, arrêté du 24 avril 2013 (JOURNAL OFFICIEL DE LA
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, 2013) :
Cette suspicion entraîne la mise en place par le préfet d’un arrêté préfectoral
de mise sous surveillance (APMS) du troupeau concerné. Les mesures à
prendre sont les suivantes :
- inscription des résultats d’analyses dans le registre d’élevage ;
- séquestration du troupeau ;
- après abattage du troupeau (si le délai d’abattage prévu initialement
est trop court), un nettoyage suivi d’une désinfection et d’un vide
sanitaire (NDVS) dont l’efficacité est contrôlée ;
- élimination des effluents du troupeau en respectant l’environnement et
la sécurité des troupeaux environnants ;
- interdiction de remettre en place un troupeau avant la levée de
l’APMS ;
- interdiction de déroger aux futurs contrôles.
Si les animaux du troupeau sont âgés de moins de 6 semaines, il est possible
d’effectuer une enquête épidémiologique auprès des couvoirs. De même, si
les élevages environnants sont trop proches il est possible d’y effectuer une
enquête et des contrôles préventifs.
Des contrôles sont effectués pour confirmer ou non la suspicion d’infection
salmonellique. En cas de négativité, l’APMS est levé (il sera levé après
abattage et NDVS de toute façon). En revanche, en cas de positivité du
contrôle, le troupeau sera mis sous arrêté préfectoral portant déclaration
d’infection (APDI). Les mesures à prendre sont alors les suivantes :
- inscription des résultats sur le registre d’élevage ;
- abattage de tout le troupeau dans un délai court ;
- NDVS dont l’efficacité sera contrôlée ;
- élimination des effluents du troupeau en respectant l’environnement et
la sécurité des troupeaux environnants ;
- interdiction de remettre en place un troupeau avant la levée de l’APDI ;
- interdiction de déroger aux futurs contrôles.
L’APDI est levé lorsque l’efficacité du NDVS est testée et avérée. Ces
mesures peuvent parfois être appliquées dans des troupeaux à proximité si le
vétérinaire sanitaire juge la situation risquée du point de vue épidémiologique.
85
A l’étage reproducteur arrêté du 4 décembre 2009 (JOURNAL OFFICIEL DE
LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, 2009) :
Si les résultats suspects proviennent de couvoirs, une enquête sera effectuée
pour déterminer quels troupeaux sont concernés par l’APMS. En effet, selon
les cas, l’APMS peut porter sur le troupeau dont les œufs ont été déposés le
jour où le prélèvement a été effectué ou bien sur le troupeau dont les œufs
ont éclos le jour du prélèvement. Si les résultats proviennent d’un troupeau en
production c’est ce dernier qui subira l’APMS. Les mesures sont alors les
suivantes :
- interdiction d’effectuer un traitement antibiotique ;
- les œufs produits sont stockés ou commercialisés après traitement
thermique ;
- le troupeau est séquestré ;
- les mouvements des fientes et des déchets sont interdits ;
- les œufs en incubation sont traités à part et des mesures de
désinfection spécifiques sont mises en place au couvoir ;
- interdiction de transférer des jeunes d’un jour issus du troupeau
suspect dans un nouvel élevage.
L’APMS est levé lorsque des contrôles supplémentaires effectués s’avèrent
négatifs. En cas de positivité de ces derniers, l’APDI est posé et les mesures
imposées sont les suivantes :
- inscription des résultats d’analyse sur le registre d’élevage :
- séquestration des animaux et des œufs produits sauf en cas
d’abattage hygiénique ou pour la transformation des œufs avec
assainissement thermique ou destruction ;
- réalisation de tests diagnostics et d’enquêtes épidémiologiques afin
d’identifier l’origine de la contamination (notamment lorsque les
animaux concernés sont âgés de moins de 6 semaines) ;
- abattage du troupeau et destruction des œufs au couvoir ;
- destruction des aliments stockés sur l’élevage ;
- NDVS suivi d’un contrôle d’efficacité ;
- élimination des effluents du troupeau en respectant l’environnement et
la sécurité des troupeaux environnants ;
- interdiction de remettre en place un troupeau avant la levée de l’APDI.
Comme précédemment, il est possible d’effectuer une enquête
épidémiologique et de contrôler des élevages proches et donc à risque.
Dans toutes les productions, en chair ou en reproduction, les volailles sont
abattues selon les consignes suivantes : elles seront prises en charge en fin
de chaîne d’abattage, des précautions particulières seront prises pour éviter
que les carcasses ne soient souillées par des matières fécales, les carcasses
seront identifiées puis traitées thermiquement ou bien destinées à la
consommation après cuisson. Enfin, avant de quitter l’abattoir, les véhicules
et les contenants ayant servi au transport des volailles devront être nettoyés
et désinfectés.
Toutes ces mesures ont un coût pour l’éleveur. Néanmoins, comme évoqué
précédemment, l’adhésion à une Charte sanitaire conditionne la participation
86
financière de l’Etat pour l’élimination anticipée éventuelle des animaux lors
d’infection par Salmonella Enteritidis, Salmonella Infantis, Salmonella Hadar,
Salmonella Typhimurium ou Salmonella Virchow, selon le type de production
concerné, et au coût des opérations de nettoyage et désinfection des
élevages de poulettes futures pondeuses ou de poules pondeuses d’œufs de
consommation, réalisées après élimination lors d’infection (figure 23). La
Charte accorde une assurance gratuite vis-à-vis du risque salmonelle pour le
propriétaire adhérent qui respecte ou fait respecter par l’éleveur les arrêtés «
lutte » et « financiers » tout au long de la période couverte par la convention;
c’est aussi une garantie pour un éleveur s’approvisionnant en circuit « Charte
» de recevoir des oiseaux de qualité sanitaire supérieure, et un gage de
qualité demandé par les distributeurs. C’est pour l’Etat un moyen de limiter le
risque financier pour son budget et d’engager la filière dans une démarche de
progrès (DGAL, 2010).
Figure 23 : Participation financière de l’Etat selon adhésion ou non à la Charte
sanitaire.
DISPOSITIF GENERAL DE LUTTE CHARTE SANITAIRE
Obligatoire Volontaire
- Déclaration obligatoire des troupeaux. - Aménagement et fonctionnement de
- Dépistage de SE, ST, SH, SV, SI selon l’établissement.
l’étage et la filière. - Origine des animaux.
- Mesures de police sanitaire.
+ Respect du dispositif obligatoire + Respect de la CHARTE
Non adhésion
ou non respect de la CHARTE
Absence de participation
financière de l’Etat Participation
financière de
Aux frais d’élimination et de l’Etat
décontamination.
Aux frais d’élimination
Participation financière de l’Etat aux et de décontamination.
frais d’analyse Aux frais d’analyses.
pour les troupeaux de reproduction
et les couvoirs.
Abréviations : -SE : Salmonella Enteritidis -SI :
Salmonella Infantis -SH : Salmonella Hadar - ST : Salmonella Typhimurium - SV :
Salmonella Virchow
87
2.3.3. Prophylaxie médicale
La réglementation en France évolue vers une prophylaxie strictement
sanitaire. Néanmoins, plusieurs techniques de prophylaxie médicales sont
toujours utilisées en élevage et présentent un réel intérêt dans le cadre d’une
utilisation mesurée et contrôlée.
2.3.3.1. Antibiothérapie
L’utilisation d’antibiotiques comme promoteurs de croissance est interdite en
France depuis le 1er janvier 2006. L’antibiothérapie curative vis-à-vis des
salmonelles couvertes par le programme de dépistage est interdite sauf en
cas d’infection avec apparition de signes cliniques en élevage selon l’arrêté
du 4 décembre 2009 (JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE, 2009). De plus, tout traitement antibiotique est interdit en cas
d’APMS ou d’APDI sauf si l’infection est susceptible d’entraîner une
souffrance chez les animaux ou s’il s’agit de préserver le matériel génétique
de troupeaux « élites », de troupeaux de races menacées ou de troupeaux
d’animaux de recherche. Le traitement sera effectué après réalisation d’un
antibiogramme.
L’antibiothérapie permet de diminuer la mortalité et l’importance des signes
cliniques pour les animaux infectés mais n’élimine pas l’infection. De plus, les
animaux infectés et traités excrètent moins de bactéries dans l’environnement
mais restent porteurs latents. Enfin, rien ne les empêche de se réinfecter
ultérieurement (BARROW et FREITAS NETO, 2011).
Enfin, l’antibiothérapie représente un enjeu en terme de santés animale et
publique puisque depuis plusieurs années apparaissent des souches
bactériennes résistantes aux antibiotiques. En effet, depuis 1993 un niveau
élevé d’antibiorésistance est observé pour Salmonella Typhimurium avec en
particulier le caractère multirésistant du clone DT104 évoqué précédemment
(WEILL, 2008). De plus, plusieurs études montrent une augmentation de la
résistance des salmonelles à de nombreuses classes d’antibiotiques avec des
taux en progression : jusqu’à 6,5 % de résistance aux fluoroquinolones, 13 %
à l’ampicilline et 43 % à la gentamicine (BARROW et FREITAS NETO, 2011).
Le caractère multirésistant serait acquis via le transfert d’intégrons entre les
bactéries (KWON et al., 2002).
En outre, afin de prévenir la pénétration des salmonelles dans les œufs il est
possible d’effectuer le trempage de ces derniers ou bien de réaliser une
injection in ovo. Le produit de trempage peut contenir des molécules
bactéricides ou des antibiotiques. Toutefois cette technique présente une
efficacité limitée et risque de provoquer des résistances croisées avec
d’autres germes pathogènes comme Escherichia coli ( BARROW et FREITAS
NETO, 2011).
88
2.3.3.2. Vaccination
La vaccination est un procédé dont l’efficacité est reconnue dans la
prévention de nombreuses maladies. En ce qui concerne les infections par
des salmonelles ubiquistes elle présente plusieurs intérêts :
- diminution de l’excrétion fécale de salmonelles ;
- diminution de la colonisation intestinale et des organes par les
salmonelles ;
- diminution de la contamination externe et interne des œufs (même si
ce critère reste difficile à évaluer) ;
- diminution des signes cliniques et de la durée de l’état infectieux chez
les jeunes animaux ;
- diminution de la morbidité et de la mortalité chez les jeunes animaux.
La prévalence des salmonelles ubiquistes (notamment S. Enteritidis) diminue
dans tous les pays de l’UE et ce phénomène est explicable en partie par
l’utilisation de la vaccination (MATULOVA et al., 2013). Néanmoins,
l’évaluation de l’efficacité de la vaccination reste difficile sur le terrain pour
deux raisons majeures. La première est que les infections par des
salmonelles ubiquistes restent rares et les signes cliniques en cas d’infection
passent inaperçues la plupart du temps. La deuxième raison est la difficulté
de trouver des troupeaux témoins non vaccinés.
En France, la vaccination est interdite au stade sélection. Elle est autorisée
pour les volailles de reproduction au stade de multiplication et pour les
volailles de chair avec des vaccins inactivés autorisés disposant d’une
autorisation de mise sur le marché (AMM). L’arrêté du 26 février 2008 (DGAL
2010) relatif à la lutte contre Salmonella dans les élevages de la filière ponte
autorise la vaccination des poulettes futures pondeuses avec un vaccin vivant
atténué lorsque le troupeau est destiné à un site d’élevage infecté par
Salmonella Enteritidis ou Salmonella Typhimurium au cours des deux années
antérieures et sous réserve que l’exploitant respecte la Charte sanitaire. La
réglementation française privilégie la prophylaxie sanitaire plutôt que
l’utilisation de vaccins pour laquelle plusieurs risques ont été identifiés par
l’ANSES en 2001 dans le cas des vaccins vivants atténués (FEUILLET,
2007) :
- la transmission verticale de certaines souches vaccinales ;
- la diffusion de certaines souches à l’environnement et à d’autres
volailles ;
- l’interférence avec les programmes de dépistage utilisant le diagnostic
bactériologique et sérologique ;
- l’interférence éventuelle pour le dépistage des autres salmonelles
aviaires (Salmonella Gallinarum et Salmonella Pullorum).
Une autre méthode préventive se développe depuis plusieurs années et met
en jeu les principes d’écologie microbienne dans la prévention de la
salmonellose. C’est l’utilisation des flores de barrière.
89
2.3.3.3. Flores de barrière
La flore digestive est un des moyens de défense présent au niveau du tube
digestif lorsqu’il est soumis à l’agression par des agents pathogènes. Elle
entre en compétition avec les bactéries pathogènes ou étrangères et
s’oppose à leur multiplication, leur implantation ainsi qu’à leur translocation.
A partir de ce principe, NURMI et RANTALA en 1973 ont développé le
concept de flore de barrière ou flore d’exclusion qui repose sur les bases
suivantes (CASTAGNOS, 2003) :
- une seule salmonelle peut infecter le poussin d’un jour ;
- les oiseaux plus âgés sont davantage résistants à l’infection par les
salmonelles grâce à leur flore digestive, particulièrement celle des
cæca et du côlon mais probablement aussi celles des autres portions
du tractus digestif ;
- l’administration d’une flore intestinale d’adultes procure à un jeune
poussin une résistance immédiate à une infection par 103 à 108
salmonelles ;
- les poussins couvés par leur mère sont probablement colonisés
rapidement par la microflore digestive de l’adulte ;
- les conditions actuelles de production font que les poules couveuses
ont été remplacées par des couvoirs dont l’environnement sanitaire ne
permet pas une transmission de la flore adulte ;
- à l’arrivée des poussins dans l’élevage, le bâtiment est propre et
désinfecté ce qui empêche la flore autochtone adulte de coloniser le
tractus digestif des poussins ;
- la flore intestinale adulte peut provenir d’une suspension de fèces, de
contenu cæcal ou d’une culture anaérobie de ce contenu. On peut
l’administrer par gavage, par l’eau de boisson, dans la nourriture ou
par nébulisation;
- la flore doit provenir d’une espèce homologue à celle de l’animal traité
bien qu’un traitement issu de poulets protège les dindes et vice-versa.
Cette flore de barrière permet de protéger l’organisme via plusieurs
mécanismes. Tout d’abord, elle représente une barrière physique face aux
agents pathogènes qui ont alors plus de difficulté à adhérer à la muqueuse
digestive (SOERJADI et al., 1981). Ensuite, le métabolisme de cette flore crée
un environnement hostile avec notamment la production d’acides gras volatils
dont l’acide propionique qui acidifient le milieu lequel devient alors hostile
pour les salmonelles (CORRIER et al., 1995). Enfin, il semblerait que la flore
de barrière produise des facteurs d’inhibition et qu’elle entre en compétition
pour l’accès aux ressources pénalisant ainsi les agents extérieurs
(SCHNEITZ, 2005).
La composition de cette flore peut être déterminée ou indéterminée. Elle est
produite à partir des caecas de poulet qui contiennent de nombreuses
espèces bactériennes (jusqu’à 200) et qui sont mis en culture. La flore
obtenue est ensuite lyophilisée et standardisée pour en faire un produit
commercialisable. Des analyses sont effectuées avant la mise en vente pour
s’assurer de l’absence de bactéries pathogènes. Le mode d’administration
90
doit conserver la viabilité, la survie et l’établissement de la flore dans
l’écosystème des sujets traités. La distribution peut être effectuée par spray,
via l’eau de boisson ou directement in ovo au couvoir ; chacune de ces
techniques est comparable en terme d’efficacité.
Une dernière technique de prophylaxie médicale consiste à sélectionner
génétiquement des individus plus résistants aux infections par les salmonelles
(PROTAIS et al., 1996). Néanmoins elle ne sera pas développée dans cette
thèse puisqu’elle n’est pas encore appliquée.
Après les salmonelloses aviaires, le cas précis de la salmonellose du pigeon
de chair va maintenant être présenté.
3. La salmonellose du pigeon de chair
3.1. Importance
3.1.1. Introduction
La salmonellose est une des préoccupations majeures des éleveurs de
pigeonneaux de chair. Des estimations montrent que 80 % des élevages de
pigeons de chair en France présentent des cas des salmonellose (BOUCHER
et LARDEUX, 1995). Néanmoins, les pigeons sont le plus souvent porteurs
asymptomatiques mais à la faveur d’un stress (animaux juvéniles, arrivée en
élevage) la maladie peut se déclarer et les signes cliniques apparaissent. La
mortalité et les arthrites sont les principaux troubles observés et entraînent
des pertes et des coûts liés aux traitements qui sont non négligeables pour
les éleveurs. Les cas de salmonellose sont très majoritairement dus à une
infection par Salmonella Typhimurium var Copenhagen (DORN et al., 2002)
et dans une moindre mesure Salmonella Enteritidis a été identifiée comme
agent responsable (PROUX et al., 1998). De plus, l’excrétion intermittente de
Salmonella par les animaux porteurs chroniques latents représente un risque
important d’infection des autres pigeons d’une part et de TIAC pour les
consommateurs d’autre part.
3.1.2. Etude de la prévalence en élevage depuis 5 ans
Comme évoqué précédemment, certains auteurs estiment que la salmonelle
est présente dans 80 % des élevages. Pour avoir une vision de la réalité du
terrain une base de données créée par les laboratoires d’analyses du réseau
CRISTAL (Réseau CRISTAL, 2013) a été consultée. Les données concernent
les résultats des demandes de recherche de salmonelles dans les élevages
de pigeon de chair en France.
Les différents laboratoires reçoivent des demandes des élevages les plus
proches géographiquement. La récupération des données a été effectuée
selon le mode opérationnel suivant :
91
- pour chacun des laboratoires il a été demandé le nombre d’analyses
effectuées chaque année depuis 5 ans pour rechercher la présence de
salmonelles chez les pigeons et le nombre de résultats positifs ;
- les recherches sont effectuées le plus souvent à partir de prélèvements
effectués dans les élevages (chiffonnettes par exemple) ou à partir de
pigeons (autopsie, bilan lésionnel et diagnostic bactériologique) ;
- le sérovar est précisé lorsqu’un typage a été effectué ;
- dans certains cas, la présence de salmonelles est fortement suspectée
par la présence de lésions caractéristiques. Ces résultats sont comptés
comme positifs même en absence de diagnostic bactériologique ;
- les résultats sont fournis par les laboratoires en respectant des clauses
de confidentialité ;
- chaque recherche correspond à un élevage ;
- il n’a pas été possible de préciser si des élevages ont effectués des
recherches plusieurs années consécutives.
Globalement, les résultats actuels ne sont pas exploitables pour différentes
raisons. Tout d’abord le nombre de données est insuffisant pour pouvoir
émettre des conclusions représentatives de la situation actuelle. Ensuite, les
conditions dans lesquelles sont effectuées les recherches de salmonelles ne
permettent pas d’émettre des conclusions certaines : la manière dont les
prélèvements sont effectués n’est pas contrôlée par un organisme accrédité,
parfois les prélèvements sont des chiffonnettes de surface et parfois ce sont
des animaux ou des cadavres, certains éleveurs effectuent des recherches
préventivement alors que d’autres ont déjà connu des cas de salmonellose en
élevage et seront peut être moins enclins à effectuer des recherches au
risque d’être pénalisés à l’abattoir. Enfin, certains prélèvements sont effectués
peu consciencieusement en l’absence de directives claires et cela entraîne
des résultats faussés. L’analyse des résultats conduit à une très importante
sous-estimation de la gravité de la situation actuelle en élevage.
En l’état actuel des choses il n’est pas utile de publier les résultats obtenus
auprès des laboratoires puisqu’ils sont trop faussés. En l’absence de règles
strictes et de contrôles réguliers concernant les prélèvements pour la
recherche de salmonelles dans les élevages de pigeons de chair il est
impossible d’effectuer un état des lieux fiable.
92
3.2. Pathogénie
Salmonella Typhimurium var. Copenhagen est l’agent principal mis en cause
dans les cas de salmonellose du pigeon de chair. C’est à la faveur d’un stress
que les individus porteurs ou nouvellement infectés déclarent la maladie. De
nombreux organes sont touchés ce qui donne un aspect polymorphe à cette
maladie.
3.2.1. Signes cliniques
Contrairement à la plupart des filières, l’élevage de pigeon est caractérisé par
la présence simultanée d’individus à différents stades de croissance qui ont
chacun leur sensibilité spécifique. On peut ainsi regrouper les signes cliniques
par âge (BOUCHER et LARDEUX, 1995).
Pigeonneaux au nid :
- mortalité brutale : elle intervient à 10-12 jours. Le pigeonneau présente
l’aspect d’un individu en bonne santé avec le jabot plein et un bon état
corporel. Tous les pigeonneaux du même nid ne sont pas forcément
touchés mais c’est possible. La mort survient suite à une septicémie
donc une forme suraiguë de la maladie.
- atteinte articulaire: appelée « mal d’aile » ; c’est une forme particulière
d’arthrite qui touche l’articulation du coude. Elle se traduit par une
inflammation (douleur, chaleur) de l’articulation et l’aile est tombante
(figure 24). Cette forme se rencontre à partir de 3 semaines et les
femelles semblent être plus souvent touchées.
Jeunes, du sevrage à 3-4 mois :
- atteinte digestive : elle se traduit par la présence de diarrhées
aqueuses, de couleur vert bouteille lorsque les individus ne se
nourrissent plus (la couleur provient alors de la bile) ou bien de couleur
jaune lorsqu’ils se nourrissent encore. Ces diarrhées s’accompagnent
d’un amaigrissement important dû à une entérite chronique entrainant
une mauvaise assimilation ;
- atteinte du système nerveux: elle se traduit par un torticolis. Il ne faut
pas confondre salmonellose et paramyxovirose laquelle provoque
également des signes nerveux mais dans ce cas tous les individus
touchés présentent ces signes alors que pour la salmonellose cette
atteinte nerveuse est présente dans quelques cas isolés.
Adultes :
- atteinte articulaire: mal d’aile et boiterie caractérisée par une
hypertrophie de l’articulation touchée (figure 24) et des signes de
douleur (le pigeon ne pose plus la patte) ;
- atteinte nerveuse: torticolis.
93
- atteinte digestive : diarrhées similaires à celles du jeune et
amaigrissement aussi présent avec cette fois des baisses de
performances très importantes ;
- mortalité sur le nid : elle est foudroyante et consécutive à une forme
septicémique ;
- forme génitale : les adultes touchés par la salmonellose peuvent
présenter une stérilité, des troubles de la ponte et une mortalité
embryonnaire (appelée « œufs noirs »). Les modalités de
transmissions seront détaillées ultérieurement.
94
Figure 24 : Photographie de pigeon présentant des signes d’atteinte
articulaire :
Hypertrophie de l’articulation touchée.
Aile tombante.
Source : BOUCHER 2004
95
Il existe une autre classification des signes cliniques intéressante à évoquer
puisqu’elle met en avant la dualité forme aiguë versus forme chronique de la
salmonellose et c’est une bonne manière d’appréhender la maladie puisque
cette infection, souvent présente de façon latente en élevage, peut s’exprimer
de manière aiguë lors d‘un stress (HOSTE, 1985).
Forme septicémique : se traduit par une mortalité brutale.
Forme aiguë : avec une atteinte polymorphe comme décrit plus haut.
Forme chronique : avec des individus qui acquièrent une certaine résistance à
la salmonellose. Néanmoins, ils présentent une baisse de performance et
constituent une source d’infection. Il faut les éliminer.
La forme latente : certains pigeons sont porteurs asymptomatiques. Ils ont été
infectés par les salmonelles sans développer la maladie. En revanche, ils
disséminent les salmonelles dans leurs fèces et représentent donc un risque
du point de vue épidémiologique.
Dans cette classification il faut retenir que plus les individus sont jeunes plus
ils sont susceptibles de contracter les formes les plus sévères.
3.2.2. Tableau lésionnel
Tout comme les signes cliniques, le tableau lésionnel est varié. La distinction
forme chronique versus forme aiguë se retrouve sur le plan anatomo-
pathologique avec dans le cas des affections aiguës une congestion et une
augmentation du volume des organes touchés et pour les cas chroniques des
lésions organisées et la présence de signes de processus dégénératifs.
Les deux organes les plus touchés sont le foie et les intestins (HOSTE, 1985).
- Le foie présente une congestion, une augmentation de volume et des
pétéchies dans les cas de septicémie comme observé parfois chez la
dinde (figure 25). Des foyers de suppuration sont rencontrés en cas
d’atteinte aiguë.
- Les intestins présentent des lésions d’entérites catarrhales voire
hémorragiques dans les cas suraigus.
Ensuite, d’autres organes sont touchés par cette maladie polymorphe.
- Les organes génitaux sont touchés avec, chez les femelles, des
lésions de nécrose des oviductes et de dégénérescence caséeuse des
follicules comme observé parfois chez la poule (figure 26) et chez les
mâles des orchites.
- Les articulations touchées présentent des lésions d’arthrites aiguës ou
chroniques.
- Certains organes peuvent, de manière sporadique, présenter des
foyers de nécrose et d’abcédation (pancréas, rate et péritoine).
96
Figure 25 : Lésion hépatique observées chez la dinde, hypertrophie et
congestion.
Source : BOUCHER 2004
Figure 26 : Lésion observée sur une grappe ovarienne de poule :
Dégénérescence caséeuse.
Source : BOUCHER 2004
97
3.2.3. Méthodes diagnostiques
Trois outils sont utilisés dans le diagnostic des salmonelloses : l’analyse des
signes cliniques en élevage, l’examen des lésions réalisé lors de l’autopsie et
enfin la recherche bactériologique. De nombreuses maladies provoquent des
signes cliniques et lésionnels similaires et c’est alors la recherche
bactériologique qui permettra d’aboutir au diagnostic. Il faudra tenir compte
des traitements antibiotiques effectués qui peuvent fausser les résultats. La
recherche bactériologique sera développée dans une prochaine partie
concernant les méthodes de prévention de la salmonellose en élevage.
3.3. Epidémiologie
L’agent causal majeur étant Salmonella Typhimurium et donc une salmonelle
ubiquiste, l’épidémiologie est par de nombreux aspects similaires à ce qui a
été exposé dans la partie sur les salmonelloses aviaires. Néanmoins, les
spécificités de l’élevage du pigeon de chair doivent être prises en compte
dans l’étude de cette maladie.
3.3.1. Sources
La première source d’infection est l’introduction d’individus porteurs de
salmonelles. En effet, comme exposé précédemment, l’excrétion fécale chez
un individu porteur asymptomatique est de 107 salmonelles par g de fèces et
peut atteindre jusqu’à 1010 salmonelles par g de fèces en cas de maladie ; par
extrapolation à partir des autres espèces il est fort probable que des pigeons
porteurs excrètent fortement dans le milieu extérieur. L’introduction de
nouveaux animaux est un phénomène assez régulier et intrinsèque à la
conduite d’élevage du pigeon de chair qui, contrairement à de nombreux
élevages de volailles, ne se fait pas en tout plein tout vide. L’arrivée au sein
d’un parquet d’un individu infecté représente un risque non négligeable de
transmission aux autres animaux du parquet puis de l’élevage.
Ensuite la présence d’animaux sauvages porteurs et excréteurs potentiels,
comme les pigeons sauvages, les moineaux (Passer domesticus), les
rongeurs ou les insectes, favorise la transmission de la salmonelle. La
structure des bâtiments (par exemple les bâtiments semi-ouverts de type
ouest) facilite les contaminations par des agents extérieurs. Il est en effet aisé
pour des rongeurs ou des oiseaux de pénétrer dans les parquets à travers
des mailles de grillage endommagées par exemple.
En outre, les œufs contaminés sont de véritables bouillons de culture qu’il
convient de retirer rapidement pour éviter toute contamination en cas de
casse. En effet, c’est particulièrement le cas dans l’élevage du pigeon à
cause de la fragilité naturelle de la coquille.
Les hommes peuvent aussi apporter la salmonelle dans l’élevage lorsque les
mesures sanitaires (mise en place de périmètre de sécurité par exemple, de
sas etc.) ne sont pas respectées. C’est souvent le cas dans les petits
élevages où les normes de préventions ont du mal à être appliquées. Il ne
98
faut pas oublier l’eau et les aliments souillés qui sont des sources importantes
de contamination à prendre en compte.
Enfin, l’abattoir peut être une source de contamination pour les élevages. En
effet via les cages de transports qui y sont apportées et stockées il peut y
avoir des contaminations d’un élevage à un autre. Ce point sera développé
dans une prochaine partie concernant la prévention de la salmonellose.
3.3.2. Résistance
Les salmonelles résistent dans de nombreuses matières présentent dans les
élevages de pigeon.
La liste suivante donne un ordre d’idée et permet de se rendre compte des
risques de pérennisation de la salmonellose dans les élevages de pigeons de
chair qui ne connaissent pas de nettoyages et de vides sanitaires
réguliers (BOUCHER, 2004):
- fientes : jusqu’à 28 mois ;
- poussières : plus d’1 an ;
- litières : 6 à 8 mois ;
- sol et eau : 4 à 9 mois ;
- excréments d’insectes : 200 jours ;
- coquilles : de 21 jours à 1 an ;
- vêtements : 230 jours.
Comme cela a été exposé précédemment les salmonelles ubiquistes résistent
à de larges gammes de températures, d’hygrométrie et de pH.
3.3.3. Transmission
Il y a deux matières virulentes : les fientes et le lait de jabot (BOUCHER et
LARDEUX, 1995). Dans une moindre mesure il est possible de considérer
que la salive est également virulente. Cela détermine alors trois modes de
transmission :
- horizontale directe : via le lait de jabot et la salive, les parents peuvent
contaminer les pigeonneaux ;
- horizontale indirecte : via les excréments (surtout lorsque les
pigeonneaux sont au nid et particulièrement vulnérables), les
poussières (dans les bâtiments fermés et mal ventilés), la nourriture et
l’eau (surtout dans les abreuvoirs à niveau constant) ;
- verticale : les salmonelles peuvent atteindre la grappe ovarienne par la
circulation sanguine en cas d’affection systémique ou en remontant via
le cloaque en cas d’excrétion fécale de salmonelles. Comme pour les
contaminations verticales chez la poule, l’infection et la multiplication
des salmonelles dans l’œuf entraîne la mort de l’embryon en quelques
jours. Il n’y a donc pas de transmission directe des parents aux
99
pigeonneaux aboutissant à l’éclosion d’individus porteurs ou malades.
En revanche, les œufs sont très contaminants et il faut les éliminer.
Le pigeon ne déroge pas à la règle, c’est toujours la voie digestive qui est la
voie de pénétration principale. Elle est dose dépendante.
Tous les individus ne sont pas au même stade de développement et il
n ‘existe pas deux élevages similaires. De nombreux facteurs interviennent
donc dans la contamination, la réceptivité et la sensibilité des individus.
Des facteurs intrinsèques :
- l’âge : les individus sont plus sensibles en période périnatale, l’atteinte
et les symptômes seront plus sévères à ce stade ;
- le comportement alimentaire du pigeon : le nourrissage des
pigeonneaux par les parents via le lait de jabot favorise la transmission
des adultes moins sensibles vers les juvéniles qui présenteront plus
facilement les signes cliniques ;
- le stress : un individu stressé ou affaibli sera plus sensible ;
- Le sexe : les femelles fatiguées par la ponte peuvent être aussi plus
sensibles que les mâles.
Des facteurs extrinsèques :
- l’environnement : l’entretien des parquets et des pondoirs joue un rôle
prépondérant dans la prévention de salmonellose. Des parquets très
souillés où les fientes et les œufs cassés s’accumulent présentent un
risque majoré de contamination avec une forte charge bactérienne ;
- la présence d’individus porteurs : accroît les risques de contamination
et d’expression de la maladie chez les individus sensibles ;
- la conduite d’élevage : elle peut favoriser le stress chez les pigeons.
Par exemple, le triplage systématique ou encore l’utilisation de
programmes lumineux sur toute l’année peuvent fatiguer les couples et
donc favoriser l’infection.
La salmonellose aviaire est présente à tous les niveaux de production. Selon
les souches, les signes cliniques sont différents et l’impact de la maladie en
élevage est variable. De plus, l’identification de souches ubiquistes
dangereuses pour les volailles mais aussi les consommateurs a entrainé la
mise en place de méthodes de luttes efficaces et strictement encadrées par la
législation française. La prophylaxie sanitaire et médicale permet de prévenir
la pérennisation de la salmonelle dans l’aviculture française.
Comme les autres salmonelloses aviaires, la salmonellose du pigeon de chair
provoquée majoritairement par Salmonella Typhimurium var. Copenhagen,
est une maladie polymorphe et les voies de contamination sont nombreuses.
De plus, la diversité des élevages, dans leur forme et leur conduite,
représente de réels enjeux en terme de risque mais plus encore en terme de
prévention. Il est donc intéressant de comprendre de quelle manière il est
possible de prévenir l’apparition de la salmonellose mais aussi de traiter les
élevages en cas d’infection. En outre, l’évolution de la lutte dans cette filière
traditionnelle est difficile à appréhender ; La mise en place d’un cadre
100
réglementaire serait susceptible d’améliorer la lutte contre cet agent
spécifique mais ne représente-t-elle pas une menace pour cette filière
traditionnelle ?
101
102
TROISIEME PARTIE : ETUDE DES
MOYENS DE PREVENTION DE LA
SALMONELLOSE EN ELEVAGE DE
PIGEON DE CHAIR
103
104
1. Prophylaxie sanitaire
1.1. Prévention au sein de l’élevage
1.1.1. Organisation et conception des élevages
Un des principes fondamentaux dans la prophylaxie sanitaire est le
fonctionnement en bande unique avec des individus tous au même stade et
élevés pendant une période prédéfinie ce qui permet ainsi d’opérer selon le
mode « tout plein tout vide ». En effet, les traitements préventifs ou curatifs
adaptés seront administrés à tous les individus et les périodes de « vide »
permettront d’effectuer un nettoyage et une désinfection suivis d’un vide
sanitaire prévenant ainsi la multiplication et la pérennisation d’agents
infectieux au sein de l’élevage.
Ce fonctionnement n’est cependant pas adapté à l’élevage du pigeon de
chair. En effet, il est actuellement impossible de séparer les étages
reproduction et production puisque les pigeonneaux sont dépendants des
parents tout au long de leur croissance jusqu’à l’abattage. Tous les individus
ne sont pas au même stade ce qui complique la mise en place des
traitements et comme cela a été présenté précédemment, le cyclage, c’est à
dire la synchronisation des couples, est très difficile à mettre en place et
actuellement le système « tout plein tout vide » est peu appliqué.
La prévention des infections passera donc, dans un premier temps, par la
conception des bâtiments d’élevage avec la mise en place de plusieurs
barrières pour prévenir les contaminations. Une première barrière délimite le
périmètre de l’élevage. Ensuite, une seconde barrière est franchissable en
passant par un sas dans lequel l’éleveur s’équipe d’une tenue dédiée. La
plupart des élevages visités dans le cadre de l’élaboration de ce travail de
thèse présentaient ces barrières et certains éleveurs utilisent même des
pédiluves à l’entrée du sas.
Il faut aussi avoir en tête le caractère « plein air » des bâtiments d’élevage
dans le cas des bâtiments « semi-ouverts » ; l’éleveur ne pénètre pas dans un
bâtiment clos mais il longe une série de volières. L’utilisation d’un chemin
bétonné le long des volières crée une dernière séparation avec le milieu
extérieur et c’est une surface facilement nettoyable contrairement aux
chemins de terre parfois observés.
Actuellement, il n’existe pas un modèle de bâtiment donné et sur le terrain de
nombreuses options sont utilisées comme cela a été présenté dans la
première partie de ce travail. Dans un cadre préventif, il faut privilégier
l’utilisation de bâtiments semi-ouverts ou fermés et bien ventilés conçus avec
des matériaux résistants et qui facilitent le nettoyage et la désinfection. A titre
d’exemple, la tôle galvanisée utilisée dans les élevages les plus récents est à
privilégier puisqu’elle permet un nettoyage et une désinfection beaucoup plus
efficace que le bois utilisé dans les bâtiments plus anciens.
105
1.1.2. Lutte contre les nuisibles et traitement de
l’alimentation
Comme dans beaucoup de filières, la contamination d’un élevage est possible
via l’alimentation ou des animaux porteurs de la salmonellose et excrétant les
bactéries dans l’environnement.
La thermisation des aliments et le traitement de l’eau à l’aide de produits
chlorés permettent de prévenir les risques de contamination (ces points ont
déjà été traités précédemment et ne seront pas développés dans cette
partie).
La gestion des nuisibles est un point essentiel dans l’élevage du pigeon de
chair. En effet, les bâtiments semi-ouverts sont particulièrement exposés à
l’intrusion d’insectes, d’oiseaux sauvages et de rongeurs. Plusieurs points
sont à surveiller :
- les parquets doivent être hermétiques à toute intrusion d’oiseaux avec
une surveillance particulière de l’entretien des façades grillagées ;
- le sol doit prévenir les intrusions de rongeurs au sein des parquets et
l’utilisation du béton et des caillebottis surélevés est préférable à
l’utilisation d’un sol en terre battue ou au sable ;
- les matériaux comme le bois sont à éviter car ils favorisent l’installation
d’insectes et d’acariens.
Ces mesures doivent être complétées par des traitements réguliers dans les
parquets.
1.1.3. Nettoyage, désinfection et vide sanitaire dans l’élevage
du pigeon de chair
Il faut distinguer deux situations qui s’appliquent en élevage de pigeon de
chair : les mesures à mettre en œuvre au quotidien lorsqu’il y a un risque
identifié d’infection et des mesures préventives intégrées dans le processus
de décontamination des locaux (nettoyage-désinfection-vide sanitaire).
Au quotidien, Il est possible de traiter les parquets avec des produits
désinfectants qui ont une action bactéricide, fongicide et virucide large
spectre. Ces produits doivent être utilisés en l’absence des animaux.
Beaucoup d’éleveurs utilisent des produits tel que le VIRKON® au dosage 1
% à raison de 0,25 l par m2.
De plus, les éleveurs interrogés sont, en général, très attentifs à la présence
de nuisibles et ils utilisent très régulièrement des rodenticides ainsi que des
leurres et des pièges à insecte pour limiter leur pullulation.
Des passages deux à trois fois par semaine dans les parquets permettent
d’effectuer régulièrement un ramassage des cadavres, une destruction des
« œufs noirs » ainsi que l’élimination des individus qui semblent malades.
Ensuite, même si la conduite en bande unique et en « tout plein tout vide »
n’est pas le modèle appliqué actuellement dans l’élevage du pigeon de chair
106
les éleveurs s’en inspirent pour tenter d’effectuer un nettoyage vide sanitaire
le plus efficace possible.
En effet, de nombreux éleveurs programment une réforme des parquets
lorsque les couples reproducteurs ont 3 ou 4 ans de carrière. Si les couples
sont bien cyclés et synchronisés il est ainsi possible de vider plusieurs
parquets en même temps voire tout un bâtiment. C’est à ce moment que
l’éleveur peut effectuer une phase de nettoyage désinfection vide sanitaire
(NDVS).
Certains élevages, notamment à l’étage sélection, préconisent d’effectuer les
tâches suivantes (BOYER, 2014) :
- recherche parasitologique trimestrielle en laboratoire ;
- utilisation régulière de rodenticides : pâtes à base de coumatétralyl, de
difethialone ou des céréales enrobés avec d’autres molécules ;
- effectuer régulièrement des apports en vitamines, minéraux et oligo-
éléments (surtout en phase de reproduction et d’engraissement) ;
- ajouter à l’eau de boisson des composés désinfectants : auparavant
des produits à base d’iode étaient utilisés en tant que fongicides mais il
n’y a pas d’homologation donc ils ne sont plus utilisés. D’autres
produits contenant du chlore (si l’eau est acide) ou du peroxyde
d’hydrogène sont régulièrement utilisés ; des acidifiants à base
d’acides organiques sont aussi un moyen fréquent de gestion des
flores.;
- vacciner tous les 8 mois contre la salmonelle et tous les ans contre la
paramyxovirose ;
- pulvérisation hebdomadaire d’un désinfectant à l’intérieur des parquets
par atomisation ou brumisation à l’aide de produits d’ambiances. Il est
possible d’utiliser ces produits en présence des animaux mais il faut
out de même bien viser les bâtiments et les sols.
- pulvériser un insecticide une fois par trimestre : les mouches (Musca
domestica) sont les insectes qui représentent la principale nuisance et
elles sont éliminés avec des produits à base de permethrine par
exemple. En pratique il faut augmenter la fréquence des
désinsectisations en été car avec l’augmentation de la chaleur les
cycles de reproduction des mouches sont plus rapides ;
- vider, laver et désinfecter le matériel et les parquets une fois par an ;
- effectuer un nettoyage à haute pression, une fumigation et une
désinfection des silos de nourriture tous les trimestres : en pratique les
fumigènes utilisés en élevage de pigeon contiennent de
l’Orthophenylphenol ; ces fumigènes ont une action de désinfection
bactéricide, fongicide et levuricide des surfaces par voie aérienne, des
locaux d’élevage et des silos de stockage.
Après discussion avec des techniciens de la filière voici un exemple de ce qui
devrait être idéalement effectué en élevage lors du NDVS :
- élimination de toutes les fientes (nids et sols) ;
- vidange de toutes les mangeoires ;
- détrempage des surfaces ;
107
- nettoyage à la pompe à pression ;
- désinfection de tout le parquet avec un canon à mousse en utilisant un
agent désinfectant bactéricide, fongicide et virucide à large spectre et
ayant une activité longue durée même en présence de matière
organique ;
- vide sanitaire sur une ou deux semaines ;
- réinstallation des nids ;
- remplissage des mangeoires ;
- mise en place de rodenticides ;
- mise en place des couples en parquet.
Plusieurs critiques peuvent être émises quant à la faisabilité et l’observance
de telles consignes en élevage sur le terrain : tous les matériaux ne sont pas
forcément adaptés à un traitement sous pression ni à un détrempage très
important (vieilles structures en bois par exemple), de plus, concernant le
traitement de désinfection, il faudrait plutôt préconiser un nettoyage efficace
ne laissant aucune matière organique persistante dans les parquets plutôt
que l’utilisation d’un produit qui agirait même en présence de matière
organique. Enfin, en pratique, il est difficile de procéder à un vide sanitaire
d’une durée de deux semaines en raison du rythme de la production et pour
des raisons économiques.
En conséquence, en pratique la procédure est plus sommaire :
- élimination de toutes les fientes (nids et sols) ;
- élimination des nids ;
- grattage des parois ;
- désinfection de tout le parquet avec un pulvérisateur en utilisant des
produits désinfectants ;
- réinstallation des nids ;
- mise en place des couples en parquet.
Certains éleveurs épandent de la chaux vive sur le sol des parquets pour les
désinfecter.
Il sera toujours intéressant de discuter de ces différents points avec les
éleveurs lorsque ceux-ci ont des problèmes sanitaires en général puisque de
nombreux conseils pourront être donnés dans le but d’améliorer ces points.
1.2. Les contrôles dans la lutte contre la
salmonellose
Comme dans les autres grandes filières, la lutte contre les salmonelles passe
par le dépistage en élevage. Néanmoins, aucune réglementation n’encadre
ces contrôles dans la filière pigeon de chair et ils sont effectués à l’initiative
des éleveurs, sous forme d’autocontrôles.
108
1.2.1. La recherche et les prélèvements en élevage
En pratique, le nombre de contrôles est différent selon le contexte : pour les
élevages dont les résultats sont habituellement négatifs, le contrôle s’effectue
une fois par an ; en revanche, pour les élevages dont la présence de
salmonelles a déjà été objectivée, le contrôle s’effectue jusqu’à trois fois par
an pour avoir un meilleur suivi.
Les échantillons sont toujours constitués d’une chiffonnette passée sur un
maximum de surfaces dans l’élevage. Les autres échantillons comme les
pédichiffonnettes où les excréments ne sont jamais utilisés lors des
autocontrôles.
Parfois, la recherche est effectuée lorsque l’éleveur suspecte une atteinte de
l’élevage. C’est le cas lorsque des animaux présentent des signes cliniques
de la maladie (boiterie, torticolis, mal d’aile etc.). Les recherches s’effectuent
alors directement sur les animaux douteux ainsi que sur des animaux témoins
sur lesquels une analyse lésionnelle et bactériologique permettra de conclure
à la présence ou non de la salmonellose au sein de l’élevage.
Actuellement des formations permettent de conseiller les éleveurs sur les
bonnes pratiques à appliquer (tableau n°12). Elles s’inspirent des autres
filières et proposent ainsi des protocoles plus complets et mieux encadrés en
ce qui concerne les prélèvements et à quels moments les effectuer
(BOUCHER, 2000). Cela reste de l’ordre du conseil et ne revêt en rien un
caractère obligatoire.
Les prélèvements :
- sur les oiseaux : le contenu intestinal, le sang cardiaque, le foie,
l’encéphale et les articulations. Cela peut être effectué en contrôle de
routine ou précocement en cas de suspicion d’infection. Dans le cas de
suspicions, il faut prélever les animaux morts récemment ou ceux qui
présentent des signes cliniques ;
- au cours des transferts : les fonds de boîte à l’arrivée des pigeons
dans l’élevage, les chiffonnettes sur les fonds de cages de transport,
les fientes émises lors du transport des pigeons. Cela permet de
prévenir l’introduction de salmonelles en élevage mais aussi d’identifier
une source possible d’infection ;
- dans le milieu de vie avant arrivée des pigeons : chiffonnettes et
pédichiffonnettes d’environnement. Cela permet de s’assurer que les
jeunes pigeons (fragiles à ce stade) sont introduits dans un milieu
sain ;
- dans le milieu de vie au cours de l’élevage : analyse de l’eau (sur 3 à 5
litres d’eau), des poussières à l’aide de chiffonnettes, des fientes
fraîches, utilisation des pédichiffonnettes pour prélever des
échantillons au sol de manière aléatoire afin de détecter précocement
et en l’absence de signes cliniques une éventuelle infection ;
109
- boîte de contact : surtout utilisées pour contrôler la bonne désinfection
des locaux. Actuellement les milieux utilisés ne ciblent pas la
recherche des salmonelles mais d’autres germes de l’environnement
(tableau 9) et il pourrait être intéressant de développer de nouveaux
milieux ciblants ces germes.
Pour assurer un suivi sérieux et des résultats fiables, les analyses doivent
être effectuées dans des laboratoires accrédités COFRAC en suivant les
normes NF U 47-100 et NF U 47-101. Une fois encore, les autres filières
soumises à la réglementation sont de bons exemples.
Tableau 9 : Récapitulatif des différentes propositions de prélèvements pour la
recherche de salmonelles dans l’élevage du pigeon de chair.
Âge/moment Prélèvements Analyses
Chiffonnettes sur
Recherche Salmonella
Avant l’entrée dans l’ensemble du parquet
Typhimurium et
l’élevage (sol, perchoirs, pondoirs,
Enteritidis
nids etc.)
Fientes et chiffonnettes Recherche Salmonella
A l’arrivée dans
dans les boîtes ou cages Typhimurium et
l’élevage
de transport Enteritidis
Après l’installation des Chiffonnettes de parois,
Recherche Salmonella
pigeons à 5 semaines, pédichiffonnettes, fientes
Typhimurium et
puis 20 semaines puis à caecales et recherche
Enteritidis
50 semaines aléatoire sur corps
Flore mésophile,
En vide sanitaire Boîtes de contact Colibacilles,
Streptocoques
Flore totale
Eau sur boîte stérile
Streptocoques fécaux,
Au moins une fois par contenant un
coliformes, Clostridium,
an neutralisant du chlore si
Salmonelles sur
besoin
demande
Source : BOUCHER 2000.
110
1.2.2. Le bilan sanitaire d’élevage (BSE)
Le BSE est effectué par le vétérinaire sanitaire d’élevage une fois par an.
Cette visite est l’occasion de dresser un bilan des problèmes rencontrés par
l’éleveur et des points à améliorer dans la gestion de l’élevage. Dans le cadre
de ce travail, il a été possible d’assister à deux visites d’élevage pour
effectuer le BSE. En s’appuyant sur un modèle de rapport type (modèle de
rapport présenté dans l’annexe n°2), le vétérinaire sanitaire a évalué les
points suivants :
- bonne tenue des documents d’élevage, qualité de la traçabilité et
adhésion ou non à une charte sanitaire ;
- caractéristiques de l’élevage (nombre de bâtiments et d’animaux) ;
- présence ou non de dépistage de la salmonellose et contrôle de la
qualité du traitement mis en place le cas échéant ;
- si l’éleveur n’adhère à aucune charte sanitaire, les points suivants sont
évalués: qualité de l’eau de boisson, qualité du NDVS, présence de
barrières sanitaires (barrières, sas, etc…) ;
- les maladies rencontrées, les traitements mis en place ainsi que la
tenue de la pharmacie ;
- la prophylaxie avec notamment les protocoles vaccinaux.
Le vétérinaire sanitaire donne ensuite des directives quant aux points à
améliorer et l’année suivante il pourra contrôler l’application ou non de ses
consignes ; à titre d’exemple, le vétérinaire sanitaire s’est assuré à son
arrivée dans l’élevage X que l’éleveur avait bien installé un sas à l’entrée
dans la zone d’élevage. Pour des raisons de confidentialité, il n’a pas été
possible de rapporter le contenu des BSE mais globalement, en ce qui
concerne la salmonellose, les éleveurs sont assez inquiets puisqu’ils
n’arrivent pas encore à l’éradiquer. Ils sont donc particulièrement motivés et
demandeurs de conseils auprès du vétérinaire. Actuellement, la plupart des
éleveurs n’appliquent que certaines mesures prophylactiques. Il existe donc
une marge de progression importante et c’est le suivi régulier des élevages,
via les visites sanitaires et les autocontrôles, qui permettra d’optimiser
l’évolution de la prophylaxie et son amélioration dans les élevages de pigeons
de chair.
Outre le manque de mesures prophylactiques relevé dans de nombreux
élevages, certains éleveurs émettent une hypothèse qui expliquerait la
présence récurrente de la salmonelle en élevage : les abattoirs pourraient
être une source indirecte de contamination puisque c’est un lieu où se
croisent chaque semaine de très nombreux véhicules provenant de nombreux
élevages. Il est donc important de s’intéresser au rôle joué par les abattoirs
dans la filière du pigeon de chair.
111
1.3. Le rôle des abattoirs dans la prophylaxie
Les abattoirs sont des acteurs majeurs de la filière. En effet, c’est autour
d’eux que s’organise la filière puisqu’un abattoir draine de très nombreux
élevages. Ce point a été évoqué dans la répartition géographique des
élevages de pigeons de chair : le premier facteur influençant la répartition
géographique est la présence de grosses structures d’abattage.
Progressivement, les abattoirs sont devenus des acteurs incontournables de
la filière en centralisant les données de production des différents élevages et
en organisant peu à peu la filière via la distribution et la promotion des
produits d’élevage en France et à l’étranger.
De plus, les abattoirs sont particulièrement sensibilisés au risque sanitaire lié
à la salmonellose qui concerne les élevages et les consommateurs de pigeon
de chair. Ils ont donc un rôle central. Dans le cadre de ce travail, il a été
possible de visiter un des plus gros abattoirs de pigeon de chair en France,
l’abattoir du site des Charmilles à Maulévrier en Maine-et-Loire. La SARL,
créée en 1991, a toujours été un défenseur de la filière du pigeon de chair. Le
groupe LDC a racheté la SARL en 2007.
Dans un premier temps l’organisation de l’abattoir et l’abattage seront
présentés puis il sera question des points critiques vis-à-vis de la
salmonellose.
1.3.1. Organisation de l’abattoir
Pour rappel, chaque semaine les pigeonneaux de 28 jours sont ramassés
pour être acheminés à l’abattoir en vue de l’abattage. Avant d’apporter les
pigeonneaux à l’abattoir l’éleveur doit fournir un document de transmission de
l’information sur la chaîne alimentaire (ICA). Ce document fournit les
informations suivantes :
- nombre d’individus livrés ;
- production globale de l’élevage et état sanitaire du lot ;
- programme alimentaire dans l’élevage (mise en place de suppléments
ou d’aliments médicamenteux) ;
- épisodes de mortalité ou de maladies spécifiques.
En fonction des données, l’abattoir prendra des mesures préventives avec par
exemple un passage en fin de chaîne pour les lots qui présentent un risque
de contamination.
Les différentes étapes, de l’arrivée des pigeonneaux à l’expédition des
carcasses, sont les suivantes:
- ramassage, transport et déchargement des pigeonneaux à l’abattoir
sous la responsabilité de l’éleveur ;
- accrochage des pigeonneaux par une patte à la chaine d’abattage ;
- étourdissement par électronarcose ;
112
- saignée des oiseaux ;
- plumage: effectué à sec. Les pigeons une fois saignés sont passés sur
des limes (limes rotatives) manipulées par des opérateurs (6 mois de
formation sont nécessaires pour maîtriser la technique correctement).
Toute lacération de la peau entraîne un déclassement des futures
carcasses ;
- finition du plumage : passage dans un bain de cire chaude à 50-60°C
suivi d’un refroidissement dans un bac d’eau froide permettant la
formation d’une pellicule de cire solide qui est ensuite retirée avec les
plumes restantes. La cire est recyclée et chauffée à 150 °C. Les sicots
persistants sont retirés à la main. Encore une fois la peau doit rester
exempte de lésions ;
- tri des carcasses selon les gabarits : les petits gabarits sont vidés
mécaniquement d’abord (une éviscéreuse retire l’intestin et le gésier)
puis à la main et les pattes sont coupées alors que les plus gros sont
envoyés entiers pour la consommation ;
- calibrage automatique : les carcasses sont posées sur un tapis roulant,
passent ensuite sur une calibreuse et sont automatiquement
regroupées selon leur poids ;
- étiquetage : permet une traçabilité interne à l’abattoir grâce à un code
spécifique. Cette traçabilité est interne et ne permet pas un suivi précis
des lots à la sortie de l’abattoir. De plus, les carcasses sont regroupées
par lots de passage sur la chaîne d’abattage ; un lot peut comprendre
les individus de plusieurs élevages ;
- ressuage : les carcasses sont stockées dans des caisses à une
température de 4°C. Le fait que le plumage soit effectué à sec et non
après un échaudage (humide donc) permet une meilleure conservation
et un délai de consommation supérieur.
Certaines étapes présentent un risque vis-à-vis de la salmonellose et il
convient de les identifier et d’apporter des solutions pour prévenir une
éventuelle contamination.
1.3.2. Points sensibles et contrôles
Le risque de contamination concerne les futurs consommateurs et les
différents élevages. Il concerne les points suivants :
- les caisses de transport et les véhicules sont des vecteurs parfaits.
Deux cas de figures se présentent lorsqu’un élevage est contaminé.
Soit les salmonelles sont présentes dans l’environnement, sur le
véhicule et sur les caisses de transport et les pigeonneaux sont alors
contaminés pendant le transport. Soit les pigeonneaux sont porteurs et
excrètent les salmonelles au cours du voyage vers l’abattoir. Lorsque
113
les pigeonneaux sont livrés à l’abattoir il y a donc une possible
diffusion des germes dans l’environnement, aux autres véhicules et par
extension dans de nouveaux élevages indemnes ;
- le plumage est une étape dangereuse puisque la contamination peut
s’effectuer d’une carcasse à une autre via les plumes et les
poussières ;
- le bain de refroidissement après passage des carcasses dans la cire
chaude peut devenir rapidement contaminant par effet bouillon de
culture ;
- le retrait des plumes et des sicots ne doit pas endommager la peau
pour éviter toute contamination des carcasses ;
- l’éviscération est une étape délicate puisqu’il y a un fort risque de
contamination des carcasses et de la chaine d’abattage via le contenu
digestif ;
- le calibrage et la répartition des carcasses sont effectués sur un tapis
roulant qui peut être souillé et contaminé ;
- le ressuage doit permettre d’atteindre rapidement (quelques heures)
une température assez basse (4°C) pour éviter que les salmonelles
éventuellement présentes ne se multiplient.
Certaines mesures sont mises en place pour limiter les risques de
contamination :
- contrôles des cages de transport stockées : certains éleveurs stockent
des cages de transport dans les locaux de l’abattoir. Elles doivent être
désinfectées au préalable et des contrôles réguliers sont effectués
pour prévenir toute contamination. Ils ont lieu une fois tous les deux
mois sur un lot de caisse de transport. En cas de présence de
salmonelles, il y a une nouvelle désinfection des cages et les éleveurs
sont prévenus ;
- nettoyage et désinfection des cages de transport : après l’abattage, les
caisses sont nettoyées puis désinfectées par le personnel de l’abattoir
avant d’être rendues aux éleveurs. Les éleveurs ont tendance à
effectuer un nouveau cycle nettoyage désinfection par peur de
contaminer leur élevage à leur retour ;
- analyses sur la chair des filets : elles sont effectuées de manière
aléatoire sur quelques sujets après passage sur la chaîne d’abattage ;
- traçabilité interne : elle permet d’avoir une trace des lots abattus et
donc en quelque sorte d’effectuer un suivi des chiffres (nombre de
pigeonneaux abattus pendant telle ou telle période par exemple). En
114
revanche, cette traçabilité ne s’étend pas au delà des murs de
l’abattoir ;
- nettoyage et désinfection quotidiens de la chaîne d’abattage.
Ces mesures sont mises en place par l’abattoir mais aucune réglementation
ne les encadre. Rien n’est figé et il est intéressant d’évoquer certaines idées
supplémentaires en termes de mesures préventives.
1.3.3. Points à améliorer
Après avoir visité l’abattoir et assisté à l’abattage et la découpe des
carcasses, il a été possible d’échanger avec des employés d’abattoir et des
éleveurs présents sur place. Même si tous les acteurs de la filière sont
solidaires face à la salmonellose, il persiste une méfiance des deux parties
l’une envers l’autre. Actuellement, il est très difficile d’identifier les sources de
contamination et l’amélioration du système de prévention pourrait passer par
la mise en place de mesures supplémentaires :
- effectuer le nettoyage désinfection des cages de transport dans un lieu
dédié. Actuellement, il a lieu à l’entrée de l’abattoir à côté de l’aire de
livraison des animaux. Il serait préférable d’effectuer cette étape dans
un lieu à part et compartimenté pour que les cages ne puissent pas
être contaminées à nouveau entre le nettoyage et la désinfection. Les
caisses laissées à l’abattoir devraient être stockées dans des
chambres froides pour limiter tout développement de germes ou, à
défaut, il faudrait interdire le stockage de ces caisses ;
- optimiser et contrôler le nettoyage des véhicules : l’utilisation d’un
rotoluve pourrait compléter les mesures actuelles de nettoyage et de
désinfection des véhicules. Des tests d’efficacité (boîtes de contact)
pourraient être fréquemment effectués pour s’assurer de la bonne
désinfection des matériaux ;
- mettre en place une traçabilité plus efficace : chaque carcasse serait
alors identifiée avec un numéro permettant de savoir de quel élevage
elle provient, à quelle date elle a été livrée et abattue. Ainsi, en cas de
résultats positifs lors de recherche de salmonelles sur les carcasses, il
serait possible d’identifier l’élevage concerné. L’éleveur serait prévenu
et pourrait agir plus efficacement (mise en place de contrôle en
élevage et de traitement en cas de présence avérée de salmonelle par
exemple) ;
- changer de chaîne d’abattage après le plumage : cela éviterait les
contaminations après ce secteur particulièrement souillé ;
- éviter l’utilisation du tapis roulant au moment de la répartition des
carcasses après calibrage : une contamination du tapis est toujours
possible et risquerait de toucher plusieurs lots de carcasses. Il faudrait
115
toujours privilégier le transport des carcasses suspendues sur des
chaines d’abattage ;
- rechercher la salmonelle plus souvent sur les carcasses : Il faudrait
augmenter le nombre de contrôles pour que chaque élevage soit testé
indirectement plusieurs fois dans l’année. On pourrait ainsi savoir quels
élevages sont contaminés, mettre en place des mesures de sécurité
renforcées comme un passage des lots à risque en fin de chaîne
d’abattage par exemple ou bien une désinfection renforcée des
véhicules et des cages…
- rechercher régulièrement les salmonelles à toutes les étapes de la
chaîne d’abattage sur le matériel : chaîne, outils, cire chaude, bain
d’eau froide et ainsi identifier plus efficacement quels points posent
problèmes et pourraient être améliorés.
Actuellement, aucun rappel de lot n’est effectué en cas de positivité des
carcasses puisque les pigeonneaux sont déjà consommés dans les délais
d’obtention des résultats. Les mesures actuelles ainsi que les idées
d’amélioration auront donc un impact limité en terme de prévention des TIAC
et seront plus utiles aux éleveurs pour prévenir la salmonellose bien plus en
amont. Pour limiter le risque de TIAC, il faudrait stocker les carcasses plus
longtemps avant leur distribution.
La mise en place et l’application de la prophylaxie sanitaire sont très
complexes et il est nécessaire d’y associer des techniques de prophylaxie
médicale.
2. Prophylaxie médicale
Dans l’élevage du pigeon de chair la prophylaxie médicale repose sur trois
éléments qui sont utilisés de façon complémentaire : l’antibiothérapie, la
vaccination et les flores de barrière.
2.1. L’antibiothérapie
2.1.1. Utilisation en élevage de pigeon de chair
L’antibiothérapie est un élément important de la prophylaxie. En effet, bien
que son premier objectif soit le traitement de la maladie et la disparition des
signes cliniques, elle permet de limiter la diffusion de la maladie et sa
pérennisation au sein de l’élevage. En traitant les symptômes et l’excrétion
des bactéries dans l’environnement elle contribue à la prévention de
l’infection de tout le cheptel.
L’utilisation d’antibiotique s’appuie toujours sur un antibiogramme pour
garantir une utilisation raisonnée et ciblée. En règle générale, la salmonelle
du pigeon de chair (Salmonella Typhimurium var Copenhagen) est sensible
aux antibiotiques usuels qui sont distribués dans l’eau de boisson. Une étude
116
a notamment montré la sensibilité de S. Typhimurium var Copenhagen aux
molécules suivantes : aminoglycosides, triméthoprime, fluméquine,
tétracyclines, lincomycine, macrolides, fluoroquinolones et ampicilline (KIMPE
et al., 2002).
La complexité de l’antibiothérapie dans l’élevage du pigeon de chair concerne
la gestion et le respect des temps d’attente après traitement. La molécule
utilisée devra avoir un temps d’attente très faible. En effet, le ramassage des
pigeonneaux pour l’abattoir a lieu toutes les semaines. Or, lorsqu’un
traitement est mis en place il est impossible d’exclure les pigeonneaux du
protocole et l’éleveur est parfois obligé de retarder le ramassage des
pigeonneaux de quelques jours. A titre d’exemple, les antibiotiques suivants
peuvent être utilisés :
- la combinaison triméthoprime-sulfadiméthoxine avec un temps
d’attente de 7 jours ;
- la fluméquine avec un temps d’attente de 2 jours.
Une autre difficulté apparaît ensuite. La majorité des traitements est
administré via l’eau de boisson et des études ont montré que le
comportement alimentaire des pigeons peut compromettre la bonne
distribution de la molécule. En effet, pour certaines molécules comme le
florfénicol, la prise de boisson est trop faible et espacée dans le temps pour
permettre une concentration intracellulaire efficace. Ainsi, le traitement permet
de diminuer la gravité des signes cliniques et de limiter l’excrétion fécale des
bactéries mais il n’empêche pas la multiplication intracellulaire (dans les
organes internes) des bactéries et favorise la sélection d’individus porteurs
chroniques et latents (PASMANS et al., 2008).
La plupart des éleveurs associent au traitement antibiotique un traitement du
milieu. Certains épandent de la chaux vive sur le sol, d’autres procèdent à un
nettoyage des parquets touchés avec un produit comme le VIRKON®. Il faut
toutefois que le traitement de l’environnement ne soit pas toxique pour les
oiseaux présents dans le parquet.
En plus des difficultés de mise en place des traitements antibiotiques, il faut
garder en tête que, le plus souvent, la salmonellose du pigeon passe
inaperçue ; les signes cliniques peuvent être frustres, non pathognomoniques
ou détectables sur le long terme (perte de productivité par exemple). De plus,
comme dans toutes les filières de production animale, l’emploi d’antibiotiques
doit tenir compte des problèmes liés à l’antibiorésistance et plus précisément
à la notion d’antibiotique d’importance critique.
2.1.2. Les antibiotiques d’importance critique
Il s’agit des antibiotiques dont il faut en priorité préserver l’efficacité pour
l’homme. Une liste d’antibiotiques en médecine vétérinaire a été établie et
leur utilisation doit être encadrée pour limiter les risques de diffusion par
l’animal et préserver leur efficacité pour l’homme (MINISTÈRE DE
L’AGRICULTURE DE L’AGROALIMENTAIRE ET DE LA FÔRET, 2012).
117
Actuellement, l’augmentation du nombre de phénomènes d’antibiorésistance
et le fait que peu de nouvelles familles antibiotiques soient développées
entraînent une prise de conscience sur les risques de l’utilisation non
raisonnée d’antibiotiques (notamment en médecine vétérinaire) pour la santé
humaine.
Dès 1990, les grandes instances mondiales comme la FAO (Food and
Agriculture Organization), l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et l’OIE
(Organisation Mondiale de la Santé Animale) ont abordé le problème de
l’antibiorésistance croissante. Ensuite, en 2004, l’OIE a mis en place un
groupe de réflexion pour établir les lignes directrices d’appréciation des
risques d’antibiorésistances secondaires aux traitements chez les animaux.
La liste des antibiotiques d’importance critique a été élaborée par l’OIE et par
l’OMS. Les instances européennes (Parlement, Conseil et Commission)
soutiennent cette mesure et les pays membres appliquent des restrictions
voire des interdictions d’utilisation de ces antibiotiques. De plus, ces pays
définissent les modalités d’utilisation spécifiques aux filières.
En France, le plan « ECO-ANTIBIO 2017 » a été mis en place par le Ministère
de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Ce plan est cohérent avec
le plan national d’alerte sur les antibiotiques 2011-2016 conduit par le
ministère en charge de la santé ainsi qu’avec le plan d’action de la
Commission européenne pour combattre les menaces croissantes de la
résistance aux antimicrobiens. Plusieurs objectifs se distinguent :
- diminuer la contribution des antibiotiques utilisés en médecine
vétérinaire à la résistance bactérienne, et à ses conséquences sur la
santé des animaux et la santé publique ;
- préserver de manière durable l’arsenal thérapeutique dans un contexte
où peu de nouveaux antibiotiques sont produits.
Outre l’élaboration d’une liste d’antibiotiques d’importance critique, plusieurs
axes d’actions sont développés :
- promotion des bonnes pratiques et sensibilisation aux risques liés à
l’antibiorésistance et à la nécessité de préserver l’efficacité des
antibiotiques ;
- développement des alternatives permettant d’éviter les recours aux
antibiotiques ;
- renforcement de l’encadrement et réduction des pratiques à risque ;
- renforcement du dispositif de suivi de la consommation des
antibiotiques et de l’antibiorésistance ;
- promotion des recommandations européennes et des initiatives
internationales.
118
Trois catégories d’antibiotiques se distinguent (ANSM, 2013) :
Les antibiotiques particulièrement générateurs de résistances bactériennes :
- association amoxicilline-acide clavulanique ;
- céphalosporines : particulièrement administrées par voie orale et les
céphalosporines de troisième et quatrième générations.
Les antibiotiques de dernier recours :
- vis à vis des cocci à Gram positif : daptomycine, linézolide ;
- vis à vis des bactéries à Gram negatif : colistine injectable , tigécycline ,
pénèmes, fosfomycine injectable, phénicolés, témocilline (en
perspective d’une réflexion sur une AMM nationale).
En conséquence, il faut prendre des mesures de contrôle pour la distribution
et l’utilisation de ces antibiotiques. Les antibiotiques concernés sont inscrits
dans un troisième groupe.
Antibiotiques dont la prescription et/ou la dispensation doivent être contrôlées
par des mesures spécifiques :
- association amoxicilline-acide clavulanique ;
- céphalosporines : plus grande préoccupation pour les spécialités
administrées par voie orale que par voie injectable; plus grande
préoccupation pour les céphalosporines de troisième et quatrième
générations (céfovécine, céfquinome, ceftiofur) ; préoccupation pour la
ceftriaxone ;
- fluoroquinolones : danofloxacine, difloxacine, enrofloxacine,
ibafloxacine, marbofloxacine, orbifloxacine, pradofloxacine ;
- daptomycine ;
- linézolide ;
- colistine injectable ;
- tigécycline ;
- pénèmes ;
- fosfomycine injectable ;
- phénicolés ;
- témocilline (en perspective d’une réflexion sur une AMM nationale).
De nombreuses mesures sont mises en œuvre pour les animaux de
compagnie ainsi que dans les élevages d’animaux de rente. Plus
particulièrement, dans les grandes filières avicoles les recommandations sont
les suivantes :
- arrêt de l'utilisation des céphalosporines de troisième et quatrième
génération in ovo et sur le poussin d'un jour dans les couvoirs, sauf
exigences particulières liées à l’exportation ;
- mise en place d'indicateurs de suivi de l'usage des antibiotiques dans
les couvoirs et des gènes de résistance BLSE sur la flore indicatrice
récoltée en élevage ;
119
- amélioration de la disponibilité des autovaccins qui semblent constituer
une alternative intéressante dans les filières mineures (canard,
pintade, dinde) sous réserve d’une évaluation bénéfice / risque
préalable ;
- examen des modalités pour permettre le recours à la bacitracine-zinc.
En revanche, comme présenté précédemment, l’élevage du pigeon de chair
ne respecte pas toujours ces recommandations pour des raisons d’efficacité
et de temps d’attente notamment. En effet, l’emploi de fluméquine qui est une
fluoroquinolone doit être contrôlé et limité autant que possible (d’ailleurs,
comme présenté précédemment, l’antibiothérapie, à visée curative en
présence de signes cliniques, repose le plus souvent possible sur un
antibiogramme). Néanmoins, la production du pigeon de chair est une filière
très mineure en France et en Europe et l’impact des traitements effectués en
élevage est moins important que pour d’autres grands élevages. Dans ce
cadre, la vaccination avec notamment l’utilisation d’autovaccins est une
bonne alternative.
2.2. La vaccination
2.2.1. Utilisation
La vaccination des pigeons de chair n’est soumise à aucune réglementation
mais elle est actuellement appliquée dans tous les élevages. Deux types de
vaccins existent et sont actuellement utilisés :
- les vaccins inactivés et adjuvés composés d’une souche de Salmonella
Typhimurium inactivée ;
- les auto-vaccins composés d’une souche de Salmonella Typhimurium
isolée dans l’élevage et inactivée.
Auparavant, la vaccination concernait surtout les pigeons adultes puis l’idée
de vacciner les pigeonneaux avant leur entrée en élevage a été évoquée en
2000 (BOUCHER, 2000) et s’est répandue depuis. Le protocole vaccinal
utilise une primo-vaccination en trois fois puis un rappel annuel (figure 27)
(BOUCHER, 2004). Deux modes d’administration existent, en voie sous-
cutanée ou en intramusculaire à l’aide d’une injection sous pression pour
cette dernière voie. D’après certains auteurs la vaccination serait plus efficace
par la voie intramusculaire et présenterait l ‘avantage de ne pas provoquer de
lésions sur les carcasses.
En outre, il est possible d’optimiser à la fois l’efficacité de la prise vaccinale et
la réponse du système immunitaire en effectuant une supplémentation en
parallèle avec deux molécules (figure 28) (BOUCHER, 2004) :
- FORCILND: produit commercialisé par Géosan. C’est un extrait de
citrus riche en vitamine C qui agit en stimulant le système immunitaire
de l’animal ;
- Vitamine E : elle permet une meilleure prise vaccinale.
120
Dans les élevages fortement touchés par la salmonellose, la vaccination peut
entraîner un effet inverse à celui escompté. En effet, il est possible d’observer
l’apparition de signes cliniques graves ainsi qu’une mortalité importante
lorsque la vaccination intervient dans ce contexte sanitaire dégradé
(VEREECKEN et al., 2000). Pour les élevages à risque, il est donc préconisé
de procéder à un traitement antibiotique préalable à la vaccination des
individus (figure 28).
121
Figure 27 : Protocole vaccinal contre la salmonellose du pigeon mettant en œuvre une primovaccination en trois injections puis un
rappel annuel (BOUCHER, 2004).
122
La dose dépend du vaccin utilisé, ici c’est un autovaccin développé par le laboratoire FILAVIE pour lequel la dose préconisée est 0,2 ml par injection.
Figure 28 : Protocole de supplémentation des pigeons pour optimiser l’efficacité de la vaccination lors du rappel annuel
(BOUCHER, 2004).
123
2.2.2. Efficacité de la vaccination
Aujourd’hui la majorité des éleveurs français utilisent la vaccination pour
prévenir l’apparition de la salmonellose dans leurs élevages. Néanmoins, de
nombreuses structures présentent régulièrement des résultats positifs lors
des contrôles bactériologiques annuels ou lorsque des animaux présentent
des signes cliniques. Il est donc légitime de s’interroger sur l’efficacité de la
vaccination.
Plusieurs études ont tenté de répondre à cette question.
Il apparaît qu’une vaccination à l’aide d’auto-vaccins inactivés assure une
protection de 85 % des pigeons vaccinés avec un protocole en deux
injections contre 50 % avec un protocole en une seule injection. De plus, la
mortalité est très élevée après inoculation expérimentale (chez des individus
de 7 ou 8 semaines avec une dose allant de 103 à 109 CFU/pigeon) chez les
sujets non vaccinés (PROUX et al., 1998).
La vaccination ne protège pas contre l’infection et n’exclut pas le portage
mais limite la gravité des signes cliniques ainsi que l’excrétion fécale des
salmonelles (BOUCHER et LARDEUX, 1995; PROUX et al., 1998;
VEREECKEN et al., 2000; DE HERDT, 2008;).
En conclusion l’efficacité de la vaccination réside dans la prévention de la
mortalité, dans la diminution de l’intensité des signes cliniques et de
l’excrétion fécale mais elle n’empêche pas le portage latent. Elle doit donc
être associé aux autres méthodes prophylactiques présentées
précédemment.
Comme dans d’autres filières d’élevage de volailles, Il existe une méthode qui
complète la vaccination en stimulant les défenses naturelles du pigeon. C’est
l’utilisation des flores de barrière.
2.3. Utilité des flores de barrière
Les flores de barrière accélèrent la colonisation intestinale par des germes
commensaux et permettent de protéger l’organisme en renforçant la barrière
intestinale et en créant un milieu hostile au développement des salmonelles.
Comme cela a été présenté précédemment, les autres filières utilisent
fréquemment ces flores et présentent de bons résultats. Certains éleveurs de
pigeons de chair préconisent leur utilisation pour minimiser les risques
d’infections.
Dans les élevages où les nids sont réutilisés sur plusieurs cycles la présence
de fèces dans l’environnement des pigeonneaux prévient le risque de
contamination et d’infection par des bactéries pathogènes. Ainsi, des
nettoyages trop fréquents peuvent paradoxalement entraîner une fragilisation
de la flore commensale des pigeonneaux et une augmentation des risques de
contamination (JEFFREY et al., 2001). Ainsi, en cas de nettoyage et de
désinfection de l’environnement ou après avoir changé les nids entre deux
cycles il serait intéressant d’enrichir le milieu avec de la flore de barrière. De
124
même, après un traitement antibiotique, la reconstruction de la flore sera
facilitée par l’utilisation de flores de barrière.
De plus, certaines caractéristiques de l’élevage du pigeon de chair sont
importantes à prendre en compte dans l’utilisation des flores de barrière :
- les pigeonneaux restent en contact avec les adultes tout au long de
leur croissance et sont exposés à leurs fèces dès la naissance ;
- les adultes nourrissent les pigeonneaux par régurgitation ;
- la conduite d’élevage et le rythme d’abattage ne permettent pas la
mise en place d’un réel NDVS régulièrement.
Depuis leur naissance les pigeonneaux ont donc la possibilité d’être
contaminés par la flore commensale des parents présente dans
l’environnement et transmise lors du nourrissage. Lorsque l’élevage est sain,
cela présente un avantage pour les pigeonneaux mais en cas de portage
latent et d’excrétion intermittente de Salmonella les jeunes sont exposés à
l’infection. L’utilisation précoce et préventive de flores de barrière permettrait
donc de limiter les risques de contamination.
Les flores de barrière utilisées en élevage de pigeon se présentent sous deux
formes : en solution buvable et en « ambiance » (le produit est diffusé dans
l’environnement).
En produit d’ambiance il existe de nombreux produits utilisés en élevage de
pigeon de chair comme par exemple les produits suivants : BactivorND,
CobiotexND, FilafilmND… Chacun des produits a une composition bactérienne
différente qui empêchent la multiplication des germes pathogènes comme les
salmonelles. En effet elles sont compétitives pour l’accès aux ressources et
produisent des facteurs bactéricides.
En solution buvable, les produits suivants sont couramment rencontrés :
FilactisND, AmbiofloreND, DigestifloreND, ProbiovolND…
En général, les éleveurs procèdent préalablement à un nettoyage et une
désinfection de l’environnement et dans la mesure du possible à un vide
sanitaire. Ensuite, l’utilisation des flores de barrière sous la forme
« ambiance » et solution buvable permettent de réensemencer le milieu avec
une flore compétitive et un renforcement de la flore intestinale ce qui
protègera les individus introduits dans les parquets.
D’autres pistes ont été testées comme la supplémentation des pigeons en
lactose ou en fructo-oligosaccharides sans résultats probants (JANSSENS et
al., 2004).
Actuellement il existe des produits désinfectants à rajouter dans l’eau de
boisson qui peuvent être intéressants : il s’agit d’acides et de peroxydes qui
agissent en maîtrisant le développement des agents pathogènes dans la
sphère digestive. Certains désinfectants ont aussi obtenu une homologation
pour être utilisés dans l’eau de boisson à dose moindre par rapport à une
désinfection extérieure.
125
La prophylaxie médicale combinant la vaccination régulière, l’utilisation des
flores de barrière et l’emploi de l’antibiothérapie pour limiter l’excrétion au sein
de l’élevage permet de limiter le risque d’apparition et de pérennisation de la
salmonellose dans l’élevage du pigeon de chair. Néanmoins, toutes ces
mesures n’assurent pas une protection parfaite et il est indispensable d’y
associer la prophylaxie sanitaire. En effet, la conception des bâtiments, les
contrôles bactériologiques réguliers, la mise en place des bilans sanitaires
d’élevage et les mesures appliquées par les abattoirs jouent un rôle majeur
dans la prévention de la salmonellose dans la filière pigeon de chair.
Actuellement, la salmonellose est encore très présente dans les élevages
français du fait très souvent de méthodes prophylactiques insuffisantes.
L’élevage du pigeon de chair reste encore assez traditionnel ; bien que des
progrès soient observés et appliqués en s’inspirant des autres filières,
l’élevage du pigeon de chair est loin de répondre aux contraintes imposées
ailleurs. Mais le pourrait-elle réellement ? Serait-il envisageable d’imposer les
mêmes règles ? Il est intéressant d’étudier ces questions pour appréhender
l’évolution possible de cette filière.
3. Pistes d’évolution vers une amélioration de la
prévention
3.1. Les autres filières, des modèles applicables ?
3.1.1. Des spécificités difficiles à dépasser
Les autres filières luttent efficacement contre la salmonellose. L’exemple des
filières chair et ponte en poule et dinde a été traité précédemment et il illustre
parfaitement la nécessité d’appliquer des mesures préventives codifiées et
réglementées. Il est légitime de vouloir s’en inspirer pour améliorer la lutte
dans l’élevage du pigeon de chair. Néanmoins, de nombreuses spécificités de
cet élevage constituent des limites à l’application totale des modèles connus.
Le rythme d’abattage :
Le ramassage des pigeonneaux de 28 jours est une tâche hebdomadaire. Il
n’est pas possible d’effectuer des prélèvements avant chaque abattage
comme cela est effectué en élevage de poulet de chair par exemple (30 jours
avant abattage). Cela serait beaucoup trop contraignant pour l’éleveur, les
coûts liés aux analyses seraient trop importants et les délais de résultats
d’analyses trop longs par rapport au rythme imposé par l’abattage des
pigeonneaux.
Conduite d’élevage et NDVS :
Le modèle d’élevage en bande unique et en tout plein tout vide n’est pas
applicable à l’élevage des pigeonneaux. Il est donc impossible d’effectuer un
NDVS régulièrement. Le cyclage des couples reproducteurs n’est pas
maîtrisé ni effectué dans tous les élevages donc il semble impossible à
126
l’heure actuelle d’imposer un rythme de NDVS aux éleveurs. Tout dépendra
de la conduite individuelle d’élevage et du rythme que l’éleveur peut suivre.
Une espèce nidicole :
Les pigeonneaux sont totalement dépendants des parents pour le
nourrissage. Tout traitement administré par voie orale, même destiné aux
pigeonneaux, devra être administré en premier lieu aux pigeons adultes. La
qualité des traitements sera donc dépendante de la prise de boisson des
parents et de la qualité nourricière de ces derniers. L’optimisation des
traitements sera toujours plus difficile à mettre en place que dans les autres
élevages.
Différentes structures d’élevage :
Plusieurs types d’élevages de pigeons différents ont été présentés et ont
permis d’illustrer la grande diversité de ces structures. En effet, actuellement il
n’est pas exagéré d’affirmer qu’il existe autant de bâtiments que d’élevages. Il
semble donc difficile de faire appliquer les mêmes règles à tous. Par exemple,
en ce qui concerne les traitements de l’environnement, un élevage utilisant un
ancien bâtiment de porcherie avec un sol en terre battue et des parquets en
bois n’aura pas la même pression infectieuse qu’un bâtiment semi-ouvert neuf
construit en tôle galvanisée… Il est donc impossible de faire appliquer un
protocole type à tous les élevages. Il appartient donc à chacun d’adapter les
stratégies préventives et curatives à la structure de son élevage et là encore
le vétérinaire conseiller a un rôle majeur à jouer dans la mise en place de
méthodes prophylactiques adaptées.
3.1.2. Les cages individuelles, un modèle envisageable ?
Malgré les difficultés énumérées, un modèle d’élevage se dégage des autres
et pourrait répondre aux contraintes liées à la lutte contre la salmonellose des
pigeons.
C’est le modèle des cages individuelles qui a été présenté dans la partie
concernant l’élevage du pigeon. En effet, la gestion au couple par couple
permet d’adapter les traitements, de nettoyer et de désinfecter
l’environnement plus régulièrement, d’éliminer les couples à risque ou des les
isoler. De plus, c’est un modèle facilement standardisable et reproductible qui
permettrait l’application des mêmes règles à tous les élevages.
Cependant, ce modèle est très coûteux à mettre en place et il semble
impossible d’imposer ce coût aux éleveurs. De plus, la conduite au couple par
couple représente un temps de travail plus important et donc potentiellement
un coût supplémentaire lié à la main d’œuvre. Cela impacterait directement le
prix de vente des pigeonneaux. Actuellement il est d’environ 15 à 16 € le
kilogramme ce qui est cher comparé aux autres volailles. Une augmentation
du prix du pigeonneau représenterait une menace supplémentaire pour la
filière qui reste fragile face à la concurrence des autres volailles notamment.
La dernière difficulté réside dans l’image de l’élevage du pigeonneau. La
filière défend ardemment l’image d’un l’élevage traditionnel extensif et
127
respectueux des animaux ce qui est plutôt incompatible avec le modèle des
cages individuelles.
3.1.3. L’intérêt de la réglementation
Actuellement, il est difficile d’appliquer les mêmes règles à tous les élevages
de pigeons de chair. En revanche, les méthodes de prélèvements et de suivi
du statut de l’élevage vis à vis de la salmonellose peuvent être similaires dans
tous les élevages.
Il semble donc possible de créer un cadre réglementaire à la lutte contre la
salmonellose dans cette filière. Aujourd’hui, les éleveurs adhèrent ou non à
une charte sanitaire et les prélèvements annuels effectués dans le cadre de la
recherche de salmonelles relèvent du volontariat sur la base d’autocontrôles.
Cela pose des problèmes : il est par exemple difficile d’effectuer un état des
lieux convenable de la situation actuelle de la salmonellose dans l’élevage du
pigeon de chair. En effet, dans le cadre de ce travail il n’a pas été possible de
réaliser un état des lieux représentatif de la situation réelle en France.
Ainsi, la création d’un cadre réglementaire permettrait de répondre aux
objectifs suivants :
- identifier clairement tous les élevages présents en France;
- améliorer la détection des salmonelles ;
- établir une carte de la situation épidémiologique à tout moment ;
- responsabiliser les éleveurs et les abattoirs ;
- améliorer le suivi des élevages infectés ;
- prévenir la contamination des élevages indemnes.
Actuellement, ce n’est qu’une idée et tous les éleveurs n’y sont pas
favorables. Pour certains, cette réglementation représente des contraintes
supplémentaires. Pour d’autres en revanche, la mise en place de cadres
réglementaires permettrait une meilleure efficacité et l’assurance de résultats
satisfaisants.
Compte tenu de la diversité des élevages et des situations, la meilleure
alternative est le suivi régulier de l’élevage par le vétérinaire conseil et le
technicien d’élevage. Tous deux mettront en place des traitements adaptés et
des mesures de prévention en cas de maladie (le plus souvent, la
salmonellose évolue à bas bruits et les signes cliniques sont inconstants voir
absents dans de nombreux cas).
Néanmoins, face à une maladie encore souvent présente en élevage,
plusieurs interrogations apparaissent : est-il possible d’éradiquer la
salmonellose ? Est-ce un agent pathogène inféodé à l’élevage du pigeon de
chair ? Quel risque représente la salmonellose du pigeon de chair pour les
consommateurs et les éleveurs ?
Cette dernière question est importante à traiter. La salmonellose entraîne des
pertes économiques puisqu’elle entraîne de la mortalité et une baisse de
productivité sans compter les coûts liés aux divers traitements. Dans les
autres filières, il existe un risque zoonotique avéré qui justifie toutes les
128
mesures appliquées et réglementées. Existe-il un risque zoonotique dans la
salmonellose du pigeon de chair ?
3.2. Le risque zoonotique de la salmonellose du
pigeon de chair
Certaines salmonelles aviaires sont régulièrement responsables de TIAC et
représentent donc un enjeu important en terme de santé publique. Elles ont
été présentées précédemment ; ce sont les salmonelles aviaires ubiquistes.
C’est le cas de Salmonella Typhimurium phage DT49 et DT104 qui sont très
régulièrement incriminées (RABSCH et al., 2002). Néanmoins, certaines
souches ont été identifiées dans l’avifaune sauvage et semblent être très
spécifiques de leur hôte et particulièrement pathogènes pour l’espèce
touchée (HUGHES et al., 2010). Ces souches ne représenteraient que très
peu de risque pour les autres espèces.
Les pigeons font partie de l’avifaune sauvage et sont suspectés d’être
vecteurs de nombreuses zoonoses. A ce titre, des recherches ont été menées
pour caractériser les salmonelles retrouvées chez le pigeon et étudier le
potentiel zoonotique de cette maladie. En comparant expérimentalement le
comportement d’une souche de salmonelles retrouvée chez l’homme et une
souche retrouvée chez les pigeons il est clairement apparu que les
salmonelles du pigeon étaient très peu virulentes pour l’espèce humaine.
Néanmoins, elles se multiplient bien dans les organes internes des rongeurs
et entrainent une excrétion fécale importante chez ces derniers faisant d’eux
des réservoirs et des bons vecteurs pour cette maladie (PASMANS et al.,
2004).
Les techniques actuelles de typage des différentes souches de salmonelles a
permis d’identifier chez le pigeon des souches dites « type pigeon » :
Salmonella Typhimurium phage DT2 et DT99. Ces souches sont
responsables de la très grande majorité des cas de salmonelloses chez le
pigeon et sont très spécifiques de leur hôte (RABSCH et al., 2002). De plus,
des analyses génomiques ont permis de conclure que ces souches étaient
génétiquement différentes des souches retrouvées dans les cas de
salmonelloses humaines (TESKE et al., 2013). L’analyse des caractéristiques
génomiques a aussi permis d’étudier les phénomènes impliqués dans la
spécialisation d’hôte et a montré que ces souches ont un génome stable
(HELM et al., 2004; KINGSLEY et al., 2013). Pour certains auteurs les
pigeons ne constitueraient donc pas une source d’infection (RABSCH et al.,
2002).
D’après ces études récentes, la salmonellose du pigeon présente un risque
zoonotique minime. Néanmoins, il est difficile d’appréhender le comportement
de souches bactériennes au sein des élevages de pigeons de chair. En effet,
la pression infectieuse en élevage est plus importante qu’en milieu naturel et
les souches bactériennes, même stables, pourraient muter et devenir
pathogènes pour les hommes. De plus, via l’avifaune sauvage et les rongeurs
qui sont de bons vecteurs, la salmonellose du pigeon, en mutant, pourrait
contaminer d’autres élevages de volailles et évoluer au contact d’autres
129
souches de salmonelles. Même si certains auteurs minimisent le risque
zoonotique, ce dernier existe potentiellement et les mesures prophylactiques
doivent être mises en œuvre pour prévenir les risques d’infections humaines.
La prévention de la salmonellose dans l’élevage du pigeon de chair repose à
la fois sur des mesures sanitaires et sur des traitements médicaux.
Actuellement, la prophylaxie n’est pas réglementée et est effectuée sur la
base du volontariat. La salmonellose persiste encore en élevage. Cela doit
motiver les éleveurs et les acteurs de la filière à améliorer les méthodes de
prévention. De nombreuses pistes d’amélioration sont toutefois envisageables
en prenant comme exemple d’autres filières de volaille dynamiques qui luttent
efficacement contre cette maladie. Néanmoins, les caractéristiques de
l’élevage du pigeon et son rythme d’élevage particulier représentent des
contraintes qui limitent les possibilités. La première mesure envisageable
serait la mise en place d’une réglementation obligeant les élevages à
effectuer des prélèvements pour contrôler la présence de salmonelles au sein
des élevages. Ceci permettrait d’effectuer un suivi précis de l’état des lieux de
la salmonellose dans cette filière. Les éleveurs sont désireux d’améliorer les
méthodes de lutte puisque la salmonellose du pigeon représente avant tout
un manque à gagner en plus du risque pour les consommateurs ; même si
certaines études minimisent le risque zoonotique des souches de Salmonella
Typhimurium retrouvées chez les pigeons, il faut prendre des mesures
préventives visant à protéger les consommateurs. En effet, les connaissances
actuelles montrent que la pathogénicité et la spécificité de certaines souches
bactérienne peuvent évoluer rapidement et représenter des risques
importants pour la santé publique.
130
CONCLUSION
La production du pigeon de chair se veut inscrite dans la tradition et sa
richesse actuelle réside dans la diversité des techniques d’élevage, dans
l’investissement d’éleveurs passionnés et dans le respect du mode de vie des
pigeons. L’élevage du pigeon de chair reste marginal et traditionnel mais avec
une deuxième place mondiale derrière la Chine, la filière française demeure
compétitive et viable sur un plan économique. En revanche, elle semble
rencontrer des problèmes dans la lutte contre certaines maladies comme la
salmonellose.
Les salmonelles sont responsables de près de 50 % des foyers d’infections
alimentaires en France. De plus, La majorité des cas de salmonelloses
humaines sont imputables aux sérovars aviaires ubiquistes Salmonella
Enteritidis et Salmonella Typhimurium faisant suite à la consommation
d’ovoproduits ou de viandes de volailles. Elles représentent des coûts
supplémentaires en élevage et un risque zoonotique majeur pour les
consommateurs. En conséquence, la prévention de la salmonellose est
devenue un enjeu majeur tout au long des filières avicoles. D’abord avec le
COHS de 1991 puis à partir de l’arrêté du 26 octobre 1998 traduisant la
directive européenne 92/117/CEE du 17 décembre 1992, la prévention de la
salmonellose s’est organisée et a permis de lutter efficacement contre cette
maladie.
En revanche, le problème est loin d’être résolu dans l’élevage du pigeon de
chair. En effet, les données actuelles recueillies sur le terrain montrent qu’au
moins 20 % des élevages français sont touchés et Salmonella Typhimurium
var. Copenhagen est responsable de la grande majorité des cas (les auteurs
évoquent même des chiffres de l’ordre de 80 %). La salmonellose du pigeon
de chair touche tous les stades de développement de l’oiseau et est
polymorphe : elle provoque une mortalité et des diarrhées chez les juvéniles
alors que chez les adultes elle entraîne des arthrites et des torticolis. Elle
évolue très souvent à bas bruit au sein de l’élevage et provoque une baisse
de productivité. Les éleveurs appliquent donc des mesures de prophylaxie
sanitaires et médicales qui s’appuient sur la conception des bâtiments, des
traitements de l’environnement et l’utilisation de traitements préventifs comme
la vaccination. De plus, l’adhésion à des chartes sanitaires et l’intervention de
vétérinaires conseillers permettent d’améliorer la lutte contre cette maladie.
En revanche, l’impossibilité de fonctionner en tout plein tout vide, le manque
de consensus au sein de la filière quant aux mesures à appliquer et l’absence
de réglementation sont des freins très importants. Par exemple, les contrôles
au sein des élevages ne sont pas obligatoires et cela rend très difficile le suivi
épidémiologique de la maladie. La standardisation des contrôles et la
réglementation des mesures de prophylaxie sont donc des pistes
envisageables pour améliorer la lutte. Même si d’après certaines études, le
risque zoonotique est limité dans le cas de la salmonellose du pigeon, il ne
faut pas minimiser les risques pour les consommateurs. Des contrôles
réguliers et réglementés permettraient un suivi et l’identification des souches
impliquées dans les élevages français et pourraient être utiles pour évaluer
l’évolution de la situation en France.
131
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chickens. Avian Dis., 25, 706.
138
STOSSKOPF, J. (2002). Passer des œufs. In : Les dossiers du Dr JP
Stosskopf.
(http://www.starpigeons.com/veto/stosskopf_013.Passer%20des%20oeufs.ht
m) (Consulté le 20/11/13).
TESKE, L., RYLL, M., RUBBENSTROTH, D., HANEL, I., HARTMANN, M.,
KREIENBROCK, L et al. (2013). Epidemiological investigations on the
possible risk of distribution of zoonotic bacteria through apparently healthy
homing pigeons. Avian Pathol, 42, 397–407 (2013).
TINDALL, B. J., GRIMONT, P. A. D., GARRITY, G. M. et EUZEBY, J. P.
(2005). Nomenclature and taxonomy of the genus Salmonella. Int. J. Syst.
Evol. Microbiol., 55, 521–524.
VEREECKEN, M., DE HERDT, P., DUCATELLE, R. et HAESEBROUCK, F.
(2000). The effect of vaccination on the course of an experimental
Salmonella typhimurium infection in racing pigeons. Avian Pathol., 29,
465–471.
WALDIE, G. A., OLOMU, J. M., CHENG, K. M. et SIM, J. (1991). Effects of
two feeding systems, two protein levels, and different dietary energy
sources and levels on performance of squabbing pigeons. Poultry. Sci.,
70, 1206–1212.
WEILL, F.X. (2008). Salmonella: épidémiologie, typage et résistance aux
antibiotiques. Rev. Fr. Lab., 38, 37–47.
ZHANG, W., ZHENG, J.X. et XU, G.-Y. (2001). Toward better control of
Salmonella contamination by taking advantage of the egg’s self-defense
system: a review. J. Food Sci. 76, R76–81.
139
Législation
DGAL (Direction Générale de l’Alimentation). (2010). Révision de la note
relative à la maîtrise du danger salmonelles dans les troupeaux de
reproducteurs Gallus gallus, et dans les troupeaux de poulettes et poules
pondeuses d’œufs de consommation. (Ministère de l’Alimentation, de
l’Agriculture et de la Pêche, 2010).
JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE (1998). Arrêté du
26 octobre 1998 Relatif à la lutte contre les infections à Salmonella
Enteritidis ou Salmonella Typhimurium dans les troupeaux de l'espèce
Gallus gallus en filière ponte d'oeufs de consummation. (Ministère de
l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, 2009).
JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. (2009). Arrêté du 4
décembre 2009 relatif à la lutte contre les infections à Salmonella dans les
troupeaux de dindes de reproduction de l’espèce Meleagris gallopavo et fixant
les modalités de déclaration des salmonelloses aviaires, visées à l’article D.
223-1 du code rural, dans ces mêmes troupeaux. (Ministère de l’Alimentation,
de l’Agriculture et de la Pêche, 2009).
JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. (2013). Arrêté du
24 avril 2013 relatif à la lutte contre les infections à salmonelles
considérées comme dangers sanitaires de première catégorie dans les
troupeaux de poulets de chair et de dindes d’engraissement et fixant les
modalités de déclaration des salmonelles considérées comme dangers
sanitaires de deuxième catégorie dans ces troupeaux. (Ministère de
l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, 2013).
140
ANNEXES
141
142
Annexe 1 : Fiches commémoratives accompagnant
les prélèvements pour effectuer les contrôles.
LABORATOIRE D’ANALYSES de BIOLOGIE VETERINAIRE
PATHOLOGIE des PRODUCTIONS ANIMALES INTENSIVES
Autopsies Tous examens parasitologiques Bactériologiques Mycologiques Sérologiques
N° Analyse : Histologiques Antibiogrammes Analyses d’eau d’Aliments d’Air Contrôles d’Ambiance
E 12 / 01 – 04
SALMO
Rev. : H
Page : 1 / 1
POULETTES : Filière FUTUR
Repro Chair
( < 18 semaines ± 2 )
DELAI Prélèvement – Analyse < 4 JOURS (Les prélèvements doivent parvenir au
laboratoire dans les 48 heures ouvrables suivant leur collecte)
Date Prélèvement : ____/____/____/ Nom / Fonction Préleveur :
____________________
ELEVEUR
Nom et Adresse
Téléphone : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Fax : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
E Mail : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
N° Bâtiment : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Age des animaux : _ _ _ _ _ _ _ Date de
Mise en Production : ____ / ____ / ____ /
Origine couvoir : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ N° de lot : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ N°
E.D.E. : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Nombre d’animaux : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
N° I.N.U.A.V.E. : V 0 ___ ___ ___ ___ ___
FACTURATION : GROUPEMENT : Technicien :
TRANSMISSION des ELEVEUR → par Fax Courrier E Mail TECHNICIEN → par
RESULTATS Fax Courrier E Mail
D. S. V. : _ _ _ _ _ _ _ AUTRES (à
préciser)
143
Recherche de SALMONELLES en Aviculture NF U 47
/ 100
1 jour 5 fonds de boite (= 1 échantillon) (+ 5 fonds de boite à
conserver 8 sem. au labo)
Recherche ST, SE, S.Hadar, S.Infantis, S.Virchow
4 semaines : Elevage au SOL : 2 paires de pédichif
( Age : _ _ _ _ _ )
2 chiffonnettes (parois et matériel)
soit au total 4 échantillons pour Recherche ST, SE, S.Hadar,
S.Infantis, S.Virchow
18 semaines ± 2 (= 2 semaines avant transfert)
( Age : _ _ _ _ _ )
Elevage au SOL : 2 paires de pédichif
2 chiffonnettes (parois et matériel)
soit au total 4 échantillons pour Recherche Salmonelle spp
(dont 5 sérotypes majeurs)
Conservation des souches Gallus gallus (2 ans) = Suivi épidémiologique
Références Echantillons : Code labo
1
2
3
4
5
RECEPTION (Cadre réservé au laboratoire) :
Date Dépôt au
Techn. LABOVET : _ _ _ _ _ _ _ _ _ DATE réception : _______ /
laboratoire :
_______ / _______
______ / ______ /
: Petite lettre T : Grande lettre T CONFORME : Oui : ______
Non : (si non conforme, Cf E12/01-01(2))
.Le client s’engage par ce commémoratif à adhérer sans réserve aux conditions générales d’analyses et de vente du
laboratoire sauf convention écrite spécifique contraire.
ZAC de la Buzenière BP 539 85505 Les Herbiers Cedex Tel : 02 51 91 29 05 Fax : 02 51 91 29 00 ZI Evre et Loire, Rue des
Forges 49600 Beaupreau Tel : 02 41 63 52 44 Fax : 02 41 63 52 41
SARL au capital 60 000 € RC La Roche sur Yon B 315 965 343 DOM. BANC. CIO Vendée Entreprises Compte 00027267001
144
L A B O V E T A N A L Y S E S
RESALAB GROUPE CRISTAL
L A B O R A T O I R E D ’ A N A L Y S E S D E B I O L O G I E V E T E R I N A I R E e t A G R O A L I M E N TA I R E
ZAC DE LA BUZENIERE BP 539 85505 LES HERBIERS CEDEX TEL. 02 51 91 29 05 FAX 02 51 91 29 00
www.groupecristal.fr
RC LA ROCHE SUR YON B 315 965 343
E 12 / 01 – 08
SALMO
N° Analyse : Rev. : J
Page : 1 / 1
: POULETS de CHAIR
: DINDES d’engraissement
:Mâles :Femelles
DELAI Prélèvement – Analyse < 4 JOURS (Les prélèvements doivent parvenir au laboratoire
dans les 24 heures suivant leur collecte ou être réfrigérés)
Date Prélèvement : ____/____/____/ Nom / Fonction Préleveur :
____________________
ELEVEUR
Nom et Adresse
Téléphone : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Fax : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
E Mail : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
N° Bâtiment : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Age des animaux : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Date de
Mise en Place : ____ / ____ / ____ /
Origine couvoir : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ N° de lot : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ N°
E.D.E. : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Nombre d’animaux : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
N° I.N.U.A.V. : V 0 ___ ___ ___ ___ ___
FACTURATION : GROUPEMENT : Technicien :
TRANSMISSION des ELEVEUR → par Fax Courrier E Mail TECHNICIEN
RESULTATS → par Fax Courrier E Mail
DSV : _ _ _ _ _ _ _ AUTRES (à préciser) _
___________
145
Recherche de SALMONELLES : Variante à la méthode NF U 47
/ 100 (Méthode COFRAC)
• Analyse à réaliser dans les exploitations de plus de 250 volailles
• Les prélèvements sont à réaliser dans les 3 semaines précédant l’abattage (Le
prélèvement peut être réalisé dans les 6 semaines
précédant l’abattage dans le cas des poulets de production biologique ou de poulets de chair de plus
de 81 jours.
Idem pour les dindes d’engraissement de production biologique et les dindes d’engraissement de plus
de 100 jours)
2 paires de pédichiffonnettes réunies à l’élevage (chaque paire de
pédichiffonnettes doit couvrir environ 50% de la surface du poulailler et être portée pendant
au moins 3 minutes)
OU 1 paire de pédichiffonnettes (couvrant 100% de la surface du poulailler) et
une chiffonnette réunies à l’élevage (la chiffonnette est frottée à la main sur les lieux
d’accumulation de fientes et de poussières)
OU 2 chiffonnettes réunies à l’élevage (dans les bâtiments hébergeant moins de
100 volailles où il n’est pas possible d’utiliser des pédichiffonnettes)
EN CAS de TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE, le prélèvement ne doit pas être réalisé
pendant le traitement ni le délai d’attente. Si cette obligation ne peut être respectée
compte tenu du planning d’abattage, les prélèvements supplémentaires suivants sont
réalisés :
2 chiffonnettes réunies à l’élevage (ces chiffonnettes doivent être passées
sur 5 à 10 mètres au bas des murs et/ou en contact avec la litière afin de collecter les
poussières et les fientes témoins du statut sanitaire avant le traitement)
EXAMENS DEMANDES :
Typage COMPLET (dont 2 sérotypes majeurs)
Suivi Epidémiologique ( = Conservation des souches pour envoi à
l’AFSSA)
Références Echantillons : Code labo
1
2
3
RECEPTION (Cadre réservé au laboratoire) : Techn. LABOVET : _ _ _ _ _ _ _ _ _ Date Dépôt au
DATE réception : ______/______/_______ labo :
: Petite lettre T : Grande lettre T : Grande lettre T CONFORME : Oui : _____/_____/_____
Non : (si non conforme, Cf E12/01-01(2))
Le client s’engage par ce commémoratif à adhérer sans réserve aux conditions générales d’analyses et de vente du
laboratoire sauf convention écrite spécifique contraire.
146
N° Analyse :
LABORATOIRE D’ANALYSES de BIOLOGIE VETERINAIRE
PATHOLOGIE des PRODUCTIONS ANIMALES INTENSIVES
Autopsies Tous examens parasitologiques Bactériologiques Mycologiques Sérologiques
Histologiques Antibiogrammes Analyses d’eau d’Aliments d’Air Contrôles d’Ambiance
POULES :Filière Repro Chair ( > 18 ± 2
semaines )
DELAI Prélèvement – Analyse < 4 JOURS (Les prélèvements doivent parvenir au laboratoire dans les 48 heures
ouvrables suivant leur collecte)
Date Prélèvement : ____/____/____/ Nom / Fonction Préleveur :
____________________
ELEVEUR
Nom et Adresse
Téléphone : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Fax : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
E Mail : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
N° Bâtiment : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Age des animaux : _ _ _ _ _ _ _ Date de
Mise en Production : ____ / ____ / ____ /
Origine couvoir : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ N° de lot : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ N°
E.D.E. : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Nombre d’animaux : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
N° I.N.U.A.V.E. : V 0 ___ ___ ___ ___ ___
FACTURATION : GROUPEMENT : Technicien :
TRANSMISSION des ELEVEUR → par Fax Courrier E Mail TECHNICIEN → par
RESULTATS Fax Courrier E Mail
DSV : _ _ _ _ _ _ _ AUTRES (à préciser)
Recherche de SALMONELLES en Aviculture NF U 47 / 100
26 semaines au plus tard (< 4 sem après transfert)
(Age : _ _ _ _ _ )
34 semaines (Age : _ _ _ _ _ ) Elevage au SOL :
2 paires de pédichiffonnettes (=1
42 semaines (Age : _ _ _ _ _ ) échantillon)
1 chiffonnette (parois, matériel)
50 semaines (Age : _ _ _ _ _ )
soit au total 2 échantillons pour Recherche ST,
En cas de MUE : SE, HIV
2 sem.avant mue (Age : _ _ _ _ _ )
2 sem. Après Entrée Ponte (Age : _ _ _ _ _ )
puis toutes les 12 sem. (Age : _ _ _ _ _ )
Elevage au SOL : 2 paires de pédichiffonnettes
(=1 échantillon)
au cours des 8 semaines 1 chiffonnette (parois, matériel)
avant la réforme : soit 2 échantillons pour Recherche Salmonelle spp
(Age : _ _ _ _ _ ) (dont 5 sérotypes majeurs)
Conservation des souches Gallus gallus (2 ans) = Suivi épidémiologique
147
Références Echantillons : Code labo
1
2
3
4
5
RECEPTION (Cadre réservé au laboratoire) :
Date Dépôt au
Techn. LABOVET : _ _ _ _ _ _ _ _ _ DATE réception : _______ /
laboratoire :
_______ / _______
______ / ______ /
: Petite lettre T : Grande lettre T CONFORME : Oui : ______
Non : (si non conforme, Cf E12/01-01(2))
Le client s’engage par ce commémoratif à adhérer sans réserve aux conditions générales d’analyses et de vente du laboratoire sauf convention écrite
spécifique contraire.
ZAC de la Buzenière BP 539 85505 Les Herbiers Cedex Tel : 02 51 91 29 05 Fax : 02 51 91 29 00 ZI Evre et Loire, Rue des
Forges 49600 Beaupreau Tel : 02 41 63 52 44 Fax : 02 41 63 52 41
SARL au capital 60 000 € RC La Roche sur Yon B 315 965 343 DOM. BANC. CIO Vendée Entreprises Compte 00027267001
148
Annexe 2 : Modèle utilisé pour effectuer le BSE
(bilan sanitaire d’élevage).
BILAN SANITAIRE PIGEONS
SELARL LABOVET CONSEIL LES HERBIERS BEAUPREAU
CHALLANS N° …………………………
Vétérinaire (responsable sanitaire permanent) : ELEVAGE : Date :
Organisation de production : Adresse :
Technicien(ne) :
Audit précédent : N° EDE :
Production :
I) Actualité : Etablir un compte rendu de visite, (N° à reporter). Animaux présents – conditions
d’élevages – performances
II) Bilan depuis 12 mois
(Traçabilité des traitements : FE et FSE) Vérification sur le lot :
Tenue
Présence de registre d’élevage à jour : oui – non
documen
taire
Charte
sanitaire
référence
bâtiment /
parquet / lot :
Nombre de
ACTIVITE
bâtiments :
Résultats
tech/éco :
Remarques :
Dépistage,
SALMONELLE
Positivité,
(occasionnelle
ou résidente)
149
Date : Résultat : Nouveau
CONTROLE contrôle
prévu :
A remplir en cas d’absence de charte sanitaire
Origine
Traitement à l’élevage
QUALITE DE L’EAU
(potabilisation, acidification)
DE BOISSON
Analyses dans le sas Date de Résultat et Commentaire
réalisation
Analyse bout de ligne Date de Résultat et Commentaire
réalisation
Analyse Chimique Date de Résultat et Commentaire
réalisation
Contrôle boites de contact Date de Résultat et Commentaire
réalisation
DESINFECTION
NETTOYAGE
Pratique de nettoyage et Commentaire
désinfection
Gestion des vides sanitaires Commentaire
Sas Commentaire
BARRIERES SANITAIRES
Clôture Commentaire
Hygiène permanente Commentaire
Gestion des épandages Commentaire
Médicalisation
Le matériel de traitement Commentaire
MEDICALISATION
Les techniques de vaccination Commentaire
150
Gestion du stock de médicaments : Commentaire
Demande d’ordonnance :
Maladie, espèce, bâtiment Les examens complémentaires ayant permis le Incidence
concerné : diagnostic : dates et résultats tech éco et
santé
publique
MALADIE RENCONTREE DEPUIS 12 MOIS
Reprendre les maladies des audits précédents ou donner les références
Identifier les maladies prioritaires : nécessitant des mesures sanitaires ou techniques spécifiques.
III) Protocole de soin
PROPHYLAXIE : plan de prévention
Médicalisation Administration Age Médicalisation Administration Age
Vaccin anti-
salmonelles
Vaccin anti PMV
151
Mise en œuvre des traitements Surveillance post traitement Hors Mesures
Espèce / Hors Examen Clinique : Examen Clinique : Critères d’alerte techniques
maladie Identification de la maladie par déclenchant un contact vétérinaire et sanitaires pour
l’éleveur. pour un examen complémentaire ou les maladies
une visite. identifiées comme
prioritaires
de cet élevage
PROTOCOLE DE SOIN SPECIFIQUE
Remarque : Dans tous les cas les critères d’alerte doivent être au moins égaux à ceux de l’arrêté
du 5 février 2007.
Synthèse Commentaires et conclusion.
Modifications à prévoir.
Points positifs
Points à surveiller
Evolution
CONCLUSION
vétérinaires ou intervenant
AUDIT SPECIFIQUE
152
ELEVEUR TECHNICIEN VETERINAIRE
SIGNATURES
153
154
CONTRIBUTION A L’ETUDE DES MOYENS DE PREVENTION
CONTRE LA SALMONELLOSE DANS L’ELEVAGE DU PIGEON
DE CHAIR
BRIAND Amaury
Résumé
Ce travail a pour thème l’étude des moyens de prévention contre la
salmonellose dans l’élevage du pigeon de chair. Il est composé de trois
parties.
Dans une première partie, à travers une étude bibliographique et des visites
d’élevages sur le terrain, nous présentons l’élevage du pigeon de chair et les
caractéristiques physiologiques du pigeon. La France est le deuxième
producteur mondial derrière la Chine avec une production annuelle d’environ
70 000 t. Le pigeon est une espèce nidicole et les adultes nourrissent les
pigeonneaux de l’éclosion à l’abattage à 28 jours. La richesse de la filière
réside dans la diversité des élevages.
Dans une deuxième partie nous rappelons l’importance de la salmonellose
aviaire puis nous traitons le cas précis de la salmonellose du pigeon de chair.
Les salmonelloses aviaires provoquent des baisses de production en élevage
et sont responsables d’infections alimentaires chez le consommateur. De
nombreuses mesures prophylactiques existent et la réglementation assure
leurs bonnes applications dans les grandes filières avicoles. La salmonellose
est aussi présente dans l’élevage du pigeon. Elle y est polymorphe, touche
tous les individus et représente des pertes économiques pour les éleveurs.
Les données recueillies sur le terrain sous estiment la réalité et montrent que
la salmonellose est encore souvent présente en élevage de pigeonneaux.
Enfin, dans une troisième partie, face à une récurrence des infections
salmonelliques en élevages, nous présentons les moyens de prévention
actuels et les perspectives d’évolution dans la filière. La prophylaxie s’effectue
sur la base du volontariat à travers la conception des bâtiments, la conduite
d’élevage, les nettoyages, l’utilisation de flores de barrière et la vaccination
des animaux. L’antibiothérapie est utilisée en cas de maladie. Les abattoirs
jouent aussi un rôle important dans la prophylaxie. Une amélioration et une
réglementation des contrôles en élevage et à l’abattoir sont des pistes
envisageables pour rendre la prévention de la salmonellose plus efficace.
Mots clés
Salmonellose, élevage, filière avicole, prévention, prophylaxie,
réglementation, contrôle, hygiène, volaille, pigeon de chair, pigeonneau,
France.
Jury
Président : Pr.
Directeur : Dr. Adjou Karim
Assesseur : Dr. Arné Pascal
Invité : Dr Samuel Boucher
155
CONTRIBUTION TO THE STUDY OF THE MEANS USED TO
PREVENT SALMONELLOSIS IN PIGEON FARMING
Briand Amaury
Summary
This work, focusing on the study of the means used to prevent salmenellosis
in pigeon farming, is threefold.
In the first part, we present pigeon farming and the bird’s physiological
caracteristics. By producing about 70 000 T of pigeon meat each year, France
is the second producer worldwide after China. Pigeons are nidicole and the
adults feed the squabs from hatching to slaughtering at 28 days. The richness
of this production lies in the diversity of the farming systems.
In the second part, we remind how important the avian salmonellosis is and
then explain in details the case of pigeon salmonellosis. Salmonellosis is
responsible for both production decrease in the farms and diseases in
consumers. Many prophylactic measures exist and regulation procedures
ensure their implementation in the main poultry productions. Salmonellosis is
also found in pigeon farming and affects adults and squabs. It is responsible
for important economic losses. Data gathered from laboratories show that
salmonellosis is frequently detected in pigeon farms.
As salmonellosis is still encountered in many pigeon farms, we finally present
in a third part, the different means to prevent salmonellosis and how they
could evolve in the future. Prevention is not compulsory, and can be done
through building structures, husbandry, cleaning, desinfection, competitive
exclusion products and vaccination. Antibiotics can be used in case of
disease. Slaughterhouses play a major role in the prevention as well.
reglementation of the Prophylactic measures should be improved and
regulated in both farms and slaughterhouses in order to increase the
efficiency of the prevention.
Key words
Salmonellosis, farming, poultry sector, prevention, prophylaxis,
reglementation, control, hygiene, poultry, squab, France.
Jury
President : Pr.
Director : Dr. Karim Adjou
Assesor : Dr Pascal Arné
Invited : Dr Samuel Boucher
156